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Université A-Mira de Bejaia

Faculté des Sciences Economiques, Commerciales et des Sciences de Gestion


Département des Sciences de Gestion

Support cours :
Chapitre 1 : Analyse du Bilan
Master I : Management
Cours préparé par : M. AMIMER

La gestion financière n’est pas qu’une accumulation d’outils permettant d’évaluer le passé et/ou
prévoir l’avenir de l’entreprise. C’est aussi et surtout une façon de transcrire la réalité économique de
l’entreprise en un langage universel permettant le développement d’outils de suivi de l’activité.
Introduction

La notion de l’analyse financière et de diagnostic doivent être distinguées. En effet, analyser c’est
décomposer un tout en ses éléments constitutifs (analyse des comptes, des SIG, des Bilans, des flux et
des crédits). Diagnostiquer, c’est identifier une maladie en repérant des signes et des symptômes
(repérer les signes par exemples difficultés de trésorerie, puis identifier les causes et enfin proposer
des remèdes).

La gestion financière n’est pas qu’une accumulation d’outils permettant d’évaluer le passé et/ou
prévoir l’avenir de l’entreprise. C’est aussi et surtout une façon de transcrire la réalité économique de
l’entreprise en un langage universel permettant le développement d’outils de suivi de l’activité. Pour
maîtriser ces outils, il importe de définir certains des concepts sur lesquels se basent les techniques
financières.

I. Construction de l’information comptable

1. Notion de flux

L’activité d’une entreprise est rythmée par les opérations effectuées. La finalité productive est
rarement discutable, quelle que soit la forme (juridique, structurelle), les objectifs (profit, service
public, assistance) ou la nature du capital de l’organisation (publique ou privée). Dans tous les cas,
l’entreprise est une structure humaine organisée visant à mobiliser des ressources pour produire des
biens et/ou services.

Pour ce faire, l’organisation réalise différentes opérations que l’on peut classifier selon leur objectif :
les opérations d’exploitation, d’investissement et de financement.

Les opérations d’exploitation relèvent de l’activité courante, de la finalité de l’entreprise.
Acheter de la matière première, payer les salaires, vendre des produits ou des prestations sont
des activités d’exploitation. Le cycle d’exploitation comprend donc toutes les opérations
relatives à la production et à la vente des produits ou services de l’entreprise. Il débute donc
avec la livraison des fournisseurs et se termine avec le règlement des clients. La différence
entre les encaissements et les décaissements générés par les opérations d’exploitation est alors
l’excédent de trésorerie d’exploitation.


Les opérations d’investissement concourent à la modification du périmètre de l’entreprise,
de son appareil productif et/ou de sa stratégie. Le cycle d’investissement rassemble les
opérations ayant pour objet l’acquisition ou la cession d’immobilisations. L’achat d’un terrain,
la construction d’une usine, la vente d’une machine sont des opérations d’investissement.

Les opérations de financement permettent à l’entreprise de disposer des ressources
nécessaires à son activité. Elles concernent les opérations d’emprunt et de remboursement,
mais également les opérations sur fonds propres (augmentations de capital, distribution de
dividendes par exemple).

Ces différentes opérations (exploitation, investissement, financement) génèrent deux types de flux : les
flux physiques et les flux monétaires. C’est le décalage entre les flux physiques et monétaires qui
crée pour l’entreprise un besoin de financement ou un excédent de financement. Ainsi, un fournisseur
payé 60 jours après la livraison de sa marchandise permet à l’entreprise de disposer d’un excédent de
financement durant 60 jours. À l’inverse, un client qui règle sa dette 30 jours après avoir pris livraison
du bien ou service génère pour l’entreprise un besoin de financement durant 30 jours.

2. Analyse de l’information Comptable

L’analyse de l’information comptable vise à porter un diagnostic sur la santé de l’entreprise, en vue de
prendre des décisions. Pour réaliser un tel diagnostic, l’analyste utilise quelques concepts de base qu’il
est essentiel de comprendre avant d’entamer l’étude des comptes de l’entreprise : la rentabilité, le
risque, la solvabilité, la liquidité.


La rentabilité est généralement l’objectif principal des dirigeants et actionnaires de
l’entreprise. Elle mesure la capacité de l’entreprise à dégager des bénéfices. La rentabilité est
évaluée en comparant l’accroissement de la richesse (le résultat) aux moyens mis en œuvre
pour l’obtenir. C’est donc le rapport d’un flux (issu du compte de résultat et d’un stock (issu
du bilan). On distingue la rentabilité économique de la rentabilité financière.

Le risque est la variable pondératrice des décisions des investisseurs et des dirigeants. Les
partenaires financiers ou les futurs actionnaires réalisent un arbitrage rentabilité/risque.
L’analyse financière a donc pour objectif, après avoir mesuré la rentabilité de l’entreprise,
d’évaluer le degré de risque auquel les ressources prêtées ou investies sont soumises. Le risque
peut notamment se mesurer en comparant les ressources propres de l’entreprise et ses dettes
financières. Une entreprise plus endettée est synonyme de risque potentiellement supérieur. Le
niveau de risque est notamment appréhendé au travers de la notion de solvabilité.

La solvabilité mesure la capacité de l’entreprise à faire face à moyen ou long terme à ses
obligations. Pour être solvable, l’entreprise doit donc avoir un actif supérieur à ses dettes.
Cette définition de la solvabilité générale inclut donc la notion de liquidité.

La liquidité mesure la capacité de l’entreprise à faire face à court terme à ses obligations
(salaires, charges fiscales, etc.). Elle est évaluée en comparant l’actif à moins d’un an de
l’entreprise (stocks, créances clients, disponibilités, etc.) au passif exigible à moins d’un an
(fournisseurs, salaires, dettes fiscales et sociales, concours bancaires, etc.). Plus l’actif
disponible est supérieur au passif exigible, plus le degré de liquidité de l’entreprise est élevé.

L’objectif de l’analyse financière est alors de combiner les outils permettant d’évaluer ces quatre
dimensions caractéristiques de la santé de l’entreprise pour faciliter la prise de décision (pour les
investisseurs, partenaires financiers, clients, fournisseurs, etc.).

II. L’analyse du bilan


Le bilan est la photographie du patrimoine de l’entreprise le jour de clôture de l’exercice. Ce
patrimoine peut être présenté selon deux méthodes :

- Le bilan fonctionnel ;

- Le bilan de liquidité ou patrimonial ou financier.

Le bilan fonctionnel est une présentation du patrimoine en fonction des différents cycles de
l’entreprise (investissement, exploitation et financement). Ce bilan permet le calcul du Fonds
de Roulement Net Global (FRNG) et le Besoins en Fonds de Roulement (BFR).

Le bilan patrimonial permet d’évaluer l’actif et le passif de l’entreprise à sa valeur actuelle. Il


permet, en fait, de vérifier la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes. Pour cette
approche financière, les actifs sont évalués par ordre de liquidité croissante et les passifs par
ordre d’exigibilité croissante.

1. Présentation schématique du bilan fonctionnel

Actif immobilisé brut - Capitaux propres


Fonction invest - Amortissements et provisions Fonction financement
- Dettes financières (ressources stables)
Fonction Actif circulant brut
exploitation Fonction exploitation
Dettes d’exploitation
Fonction hors exploit Actif hors exploitation
Passif hors exploitation Fonction hors exploit

Disponibilités Ressources de trésorerie


Le critère de classement : natures et destinations des postes d’actif et de passif (classement par
fonction).

2. Les reclassements nécessaires

- Les amortissements et les provisions pour dépréciation de l’actif du bilan sont


reclassés en ressources stables au passif du bilan :

- Les provisions pour dépréciation des stocks et des clients qui sont justifiées ne peuvent
être considérées comme des ressources stable. Ces postes doivent figurer pour leurs
valeurs nettes ;

- Les charges à répartir sont reclassées avec les immobilisations ;

- Le capital souscrit non appelé est soustrait des capitaux propres ;

- Les primes de remboursement des emprunts obligataires, figurant à l’actif du bilan,


sont reclassées au passif, en moins des emprunts obtenus ;

- Les intérêts courus intégrés dans les dettes financières sont reclassés avec la trésorerie
négative ;

- Les écarts de conversion sont éliminés et réintégrés dans les postes concernés ;

- Les clients créditeurs (avances et acomptes reçus sur commande) sont reclassés avec
les créances commerciales ;

- Les valeurs mobilières de placement dont le montant est liquide et sans risque de perte
sont inscrites en disponibilités.

3. Les retraitements


Les effets non échus : faire figurer à l’actif du bilan le montant des effets avec une
contre partie au passif en concours bancaire ;


Les frais d’établissement et charges à répartir : ce sont des non valeurs à supprimer de
l’actif de l’entreprise et les capitaux propres étant diminuer d’autant (à utiliser
uniquement dans l’évaluation des entreprises).

4. Le bilan patrimonial ou financier

Son utilisation est généralement bancaire et a pour but d’apprécier la solvabilité de


l’entreprise.
- Les postes de l’actif sont regroupés par ordre de liquidité croissante ;

- Les postes du passif sont regroupés par ordre d’exigibilité croissante ;

- Les actifs immobilisés figurent pour leurs valeurs nettes ;

- L’ensemble des valeurs mobilières de placement est inclus dans les disponibilités

Schématisation :

Actif Immobilisé Capitaux propres


(Emplois à plus d’un an)
Provision pour risques Ressources à plus
et charges d’un an = capitaux
permanents
Actif Circulant (emplois
à moins d’un an) Dettes à Long Terme

Dettes à Court Terme


Disponibilités (trésorerie) (ressources à - d’un an)

Règle générale

Dans le bilan financier, la notion d’actif net est extrêmement importante :

Actif net = Actif – Dettes = Capitaux propres

Elle représente le patrimoine de l’entreprise sans tenir compte de son origine (exploitation,
investissement, …).

5. Les retraitements du bilan financier

- Suppression des non valeurs (charges à répartir, frais d’établissement, prime de


remboursement) ;

- Les provisions pour risques et charges pourraient être éclatées :



Dans les capitaux propres pour la partie à caractère de réserve ;


Dans les dettes à long terme pour la partie destinée à couvrir une charge
décaissable à plus d’un an ;

Dans les dettes à court terme pour la partie décaissable à moins d’un an.
- Les dividendes à payer sont retirés des capitaux propres et inscrits en dettes à court
terme ;

- Le stock permanent est retraité en actif immobilisé ;

- L’entreprise n’étant pas propriétaire des biens acquis en crédit bail : pas de
retraitement ;

- La part des créances à plus d’un an est retraité en actif immobilisé.

Résumé

Bilan Fonctionnel Bilan Financier

Analyse en terme de
Approche Analyse économique par cycle financement : liquidité et
exigibilité

Mesure de l’influence de Mesure de la solvabilité


Utilisation
l’activité par le patrimoine financière et du risque

FR Permanent = Capitaux
Mesure du Fonds de FRNG = Ressources durables –
permanents – Actif
Roulement emplois stables
immobilisé

BFR d’Exploitation = Actif BFR = actif à moins d’un an


circulant d’exploitation – (hors trésorerie) – passif à
Mesure du BFR
passif circulant d’exploitation moins d’un an (hors concours
+ BFR hors exploitation bancaire)

6. Analyse FR ; BFR et Trésorerie

a. Le FRNG

C’est l’excédent de ressources durables après financement des emplois stables. C’est donc
les capitaux permanents qui restent dans l’entreprise, pour faire fonctionner son
exploitation.
Immobilisation Brutes Capitaux propres

Charges à répartir Provision pour risques


Emplois et charges
stables
Ressources
Primes de Durables
Amortissement et
remboursement provision actif

Dettes financières
FRNG
b. Le BFR d’Exploitation

Le BFRE est la différence entre actif et passif cyclique d’exploitation. On entent par cycle
d’exploitation, le temps nécessaire pour que l’entreprise accomplisse l’ensemble des phases
de son activité économique.

Il ya besoin de financement dans la mesure où :

- Il y a des délais de paiement (clients et fournisseurs) ;

- Il y a un délai de fabrication (cycle de production) ;

- Il y a stockage des matières premières, des produits finis et des marchandises.

Le BFRE est fonction des délais d’écoulement ou de rotation des éléments qui le composent.

Stocks Bruts BFRE

Fournisseurs
d’exploitation
Actif circulant Clients Bruts
d’exploitation Passif circulant
Dettes fiscales et d’exploitation
sociales

Autres créances Autres dettes


d’exploitation brutes. d’exploitation

c. Le BFR Hors Exploitation

Le BFRHE est la différence entre actifs et passifs des cycles d’investissement, de répartition
du résultat de l’entreprise.
Autres Créances hors BFRHE
exploitation
Actif hors
exploitation Passif hors
Autres dettes hors exploitation
VMP non liquides exploitation

d. La Trésorerie

La TR est la résultante entre le FRNG et le BFR (d’exploitation+hors exploitation). C’est


aussi l’ensemble des disponibilités sous déduction des concours bancaires.

C. Analyses diverses

a. Les équilibres FR/BFR/Trésorerie

Nous distinguons six situations possibles :

 ère
1 situation : FR+ ; BFR+ ; TR+

Dans ce cas, Le BFR est entièrement financé par les ressources permanentes dont
l’importance permet de dégager des disponibilités. C’est la situation la plus favorable pour
l’entreprise.

Il convient de s’interroger sur la rentabilité des excédents de trésorerie qui peuvent être trop
importants ou mal placés.

 ème
2 situation : FR+ ; BFR+ ; TR-

Le BFR est financé en partie par les ressources permanentes et en partie par un excédent des
concours bancaires courants sur les disponibilités. C’est la situation la plus courante dans les
entreprises.

Il convient d’apprécier, dans ce cas, le risque bancaire. Pour réduire le niveau des concours
bancaires, l’entreprise peut augmenter le FR en augmentant les ressources propres ou les
DLT. Elle peut également réduire le BFR par une variation des stocks, une réduction des
créances et une augmentation des dettes fournisseurs.
 ème
3 situation : FR- ; BFR+ ; TR-

Dans ce cas, les concours bancaires courants couvrent une partie des actifs fixes, le BFR et les
disponibilités. Cette situation est mauvaise.

L’entreprise doit restructurer son FR en augmentant les financements à LT et en améliorant


son autofinancement. Elle peut également diminuer son BFR.

 ème
4 situation : FR+ ; BFR- ; TR+

Les ressources induites par le cycle d’exploitation s’ajoutent à un excédent de ressources


permanentes pour dégager un excédent de liquidités important. C’est une situation
exceptionnelle.

L’entreprise doit surveiller davantage les modalités de gestion de sa trésorerie, existe il un


sous emploi des capitaux.

 ème
5 situation : FR- ; BRF- ; TR+

Les ressources issues du cycle d’exploitation couvrent un excédent de liquidité,


éventuellement excessives mais encore une partie de l’actif immobilisé. Les fournisseurs et
les avances de la clientèle financent le cycle mais aussi une partie des immobilisations. Il
s’agit d’un cas typique de la grande distribution.

L’entreprise risque d’être dépendante de ses fournisseurs. Il convient donc de s’interroger sur
l’insuffisance du FR, conjoncturel ou structurel. Un renforcement des ressources stables est à
examiner.

 ème
6 situation : FR- ; BFR- ; TR-

Les ressources permanentes ne couvrent qu’une partie de l’actif immobilisé et leur


insuffisance est compensée par les fournisseurs, les avances de la clientèle et des banques. Il
s’agit d’une situation similaire à la précédente.

C’est une situation précaire pour l’entreprise. Le risque est plus important dans le cas d’une
entreprise industrielle. La structure de financement est à revoir pour reconstituer le FR.
b. Croissance de l’entreprise et risques de déséquilibrés

Il s’agit de l’analyse de la structure financière au regard du cycle de vie de l’entreprise. Cinq


risques peuvent être envisagés :

 er
1 risque : Croissance trop rapide et non maitrisée

C’est le cas d’augmentation du chiffre d’affaire afin de répondre à une forte demande sans
actions spécifiques sur la gestion du stock et/ou sur les délais de règlement accordés aux
clients ou accordés par les fournisseurs. Le BFR augmente très rapidement au même rythme
que le chiffre d’affaire. Si les ressources stables n’augmentent pas, l’équilibre FR/BFR se
détériore et l’entreprise connaitra des problèmes de trésorerie.

 ème
2 risque : Croissance insuffisante

Pour doper ses ventes et augmenter son volume d’activité, l’entreprise accepte d’allonger les
délais de règlement accordés aux clients sans contre partie des fournisseurs, le BFR augmente
rapidement, ce qui implique des difficultés de trésorerie.

 ème
3 risque : Retard d’investissement

Pas d’investissements nécessaires durant les dernières années, ce qui implique une baisse de
la productivité et une mévente de produits, les dirigeants décident de rattraper le retard par
des investissements massifs dans l’outil productif. Si l’investissement est autofinancé, les
ressources stables n’augmentent pas alors que les emplois stables progressent. Le FRNG
diminue ce qui engendrera des problèmes de trésorerie.

 ème
4 risque : pertes accumulées

L’accumulation des pertes durant plusieurs exercices entraine une baisse des ressources
stables par le biais du report à nouveau, le FRNG se dégrade, ce qui entrainera des problèmes
de trésorerie.

 ème
5 risque : Paradoxe du déclin

Pour différentes raisons possible, les ventes de l’entreprise diminuent de manière sensible. Les
composantes du BFRE se dégradent, mais les créances clients diminuent plus rapidement que les
dettes fournisseurs. Le BFR diminue entrainant une amélioration de la trésorerie. Cette
amélioration est illusoire et temporaire dans la mesure où la baisse des résultats implique une
baisse des ressources stable ce qui engendrera une baisse du FRNG et par conséquent de la
trésorerie

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