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Chapitre 2 :

Les sources de la comptabilité générale

I/ Le code général de la normalisation comptable : C.G.N.C


1 – Définition du CGNC :
Le CGNC est un document qui a une valeur de loi constitué par
l’ensemble des règles et modalités (Principes comptables
fondamentaux et méthodes d’évaluation) permettant à la comptabilité
de fournir une image fidèle de la situation de l’entreprise.
En effet, son application est obligatoire pour toutes les entreprises
en vertu du Dahir du 25 Décembre 1992 portant loi comptable (loi n°
9-88.
2 – Objet du CGNC :
Le code général de normalisation comptable traite de l’ensemble
des règles et des normes pour tenir les comptes d’une entreprise
marocaine.
Il se subdivise en deux principales parties :
• Première partie : Norme générale comptable (NGC) qui
englobe l’ensemble des principes comptables.
• Deuxième partie : plan comptable général. (PCGM)
3 – Champ d’application du CGNC :
Le champ d'application du CGNC est très vaste puisqu'il concerne a
priori la majorité des agents économiques quelle que soit leur taille
(des petites et moyennes aux plus grandes entreprises, leur secteur
(public ou privé), leur objet (agricole, industriel, commercial ...) et
leur forme juridique (Etat, établissement public, entreprise
individuelle, société, association ...). En effet, il s’applique à
l’ensemble des entreprises marocaines et de manière plus générale à
tous les commerçants.

4– Objectifs du CGNC :
➢ Le (C.G.N.C) est conçue de façon à satisfaire les 2 objectifs
primordiaux de la normalisation comptable qui sont :
- De servir de base à l’information et la gestion de
l’entreprise ;
- De fournir une image fidèle que possible de ce que
représente l’entreprise à tous les utilisateurs des
comptes, privés ou publics.
➢ La conception de la Norme Générale Comptable a un objectif
d’information et de mettre en place un moyen pour présenter
un dispositif légal cohérent quant au fond et quant à la forme
de la comptabilité normalisée.
➢ La norme doit présenter un ensemble d’informations
pertinentes et fiables et qui traduisent de façon fidèle la vie
économique et financière de l’entreprise.
➢ La comptabilité doit donc présenter des informations
pertinentes et fiables présentant une signification précise pour
tous les utilisateurs, pouvant constituer des outils d’analyse
sérieux et efficaces pour ces utilisateurs.
5 – l’utilité du CGNC :
• Réhabiliter l’information comptable et financière pour les
gestionnaires de l’entreprise :
• Adopter un langage commun avec les tiers et entre les
gestionnaires d’entreprise ;
• S’insérer au processus mondial de normalisation comptable ;
• Répondre à des demandes d’informations macro-économiques
• Répondre aux besoins du chef d’entreprises. Et ce à travers :
✓ La normalisation des méthodes d’enregistrement
comptable
✓ La normalisation de la présentation des états de synthèse
✓ La mise en place des outils d’uniformisation et
d’harmonisation de l’information comptable.
6- Les étapes (historique) de la mise en place de la
normalisation comptable :
Le processus de l’élaboration du code générale de la normalisation
comptable a débuté en 1982 et ce à travers plusieurs assemblées
plénières effectués par le conseil de la normalisation comptable.
- 1982 : le ministre des finances lance un projet de réforme
du plan comptable marocain, inspiré par les dispositions du
plan comptable général français.
- 1986 : l’élaboration du Code Générale de normalisation par
la commission de normalisation comptable comprenant :
*La Norme Générale Comptable (NGC)
*Le1er Plan Comptable Général marocain (PCGM).
- 1988 : Mise en place du Projet de loi n° 9-88 relative aux
obligations comptables des commerçants (NGC et PCGM).
- 1989 : Mise en application par les entreprises publiques,
par décret du 10 novembre 1989, les entreprises publiques
doivent tenir leur comptabilité suivant les règles du CGNC
(Code général de Normalisation Comptable), à l’échelle
expérimentale.
- La loi n°9/89 relatives aux obligations comptables des
commerçants ou loi comptable a rendu son application
obligatoire pour l’ensemble des commerçants à partir du
mois de Janvier 1994.
- 1995 les premiers états de synthèse, selon la norme
comptable marocaine verront le jour
L’article 1er de la loi comptable stipule que : « Toute personne
physique ou morale ayant la qualité de commerçant au sens du code
de commerce est tenue de tenir une comptabilité dans les formes
prescrites par la présente loi et les indications figurants aux tableaux
annexes…. »
II/ Le cadre conceptuel de la comptabilité marocaine
1- Les sources de la comptabilité générale :
a- Aperçu sur l’origine de la comptabilité marocaine :
Avant la mise en place d’une loi comptable La comptabilité marocaine
tirait ses sources du :
✓ Code du commerce
✓ Code pénal
✓ Droit de travail
✓ Législation fiscale
✓ Droit de société
Tout en recommandant aux sociétés l’utilisation d’un plan comptable
minimum inspiré du Plan Comptable Français de 1957, qu’elles
doivent adapter à leurs besoins spécifiques. C’est ainsi, que dans
l’absence des principes comptables clairement exprimés et donc des
normes communes, la comptabilité marocaine était marquée par des
pratiques erronées donnant lieu à une méfiance des opérateurs
économiques à l’égard des informations financières et comptables.
Et c’est seulement durant les années quatre-vingts et avec l’arrivée
du programme d’ajustement structurel édicté par la Banque Mondiale.
Le Maroc a procédé à une série de réformes entre autre la réforme de
la comptabilité.
b- Les sources de la loi comptable marocaine :
Dans le but d’améliorer la qualité des informations économiques et
financières générées par la comptabilité des entreprises et
s’uniformiser aux normes internationales, la loi comptable marocaine
s’est inspirée :
➢ Des normes comptables internationales :
IAS (International Accounting Standards) dont certaines ont été
remplacées par les Normes Internationales d'Information Financière
(International Financial Reporting Standards), élaborées par le Bureau
des Standards Comptables Internationaux (International Accounting
Standards Board) ; une institution qui a été créé en 1973 à Londres et
remplacée à partir de 2001 par l’International Accounting Standards
Committee.
➢ Les normes comptables régionales
Telles que l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du Droit
des Affaires OHADA : une organisation qui a été créée par le traité
pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires le 17/10/1993
aux ILES MAUTRICES. Elle regroupe actuellement 16 pays et parmi
ses principaux apports la mise en place d’un Système Comptable du
Ouest Africain connu sous le nom de SYSCOA.

Ces normes ont été adaptées aux spécificités de l’économie


marocaine pour donner naissance à une loi comptable marocaine.
Ce qui a donné naissance à :

- Un plan comptable marocain ;


- Un état de synthèse marocaine ;
- Une organisation de la comptabilité ;
- Un cadre juridique de référence ;
2- les aspects généraux et principes comptables fondamentaux
L’activité comptable est strictement encadrée par des aspects
généraux ainsi par des principes comptables fondamentaux qui la
régissent et lui donne un cadre conceptuel.
A - Aspects généraux d’organisation comptable :
1- Les entreprises doivent établir à la fin de chaque exercice
comptable les états de synthèse aptes à donner une image fidèle de
leur patrimoine, de leur situation financière et de leurs résultats.
2 - La représentation d'une image fidèle repose nécessairement sur un
certain nombre de conventions de base - constitutives d'un langage
commun - appelées principes comptables fondamentaux.
3 - Lorsque les opérations, événements et situations sont traduits en
comptabilité dans le respect des principes comptables fondamentaux
et des prescriptions du Code Général de la Normalisation Comptable,
les états de synthèse sont présumés donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et des résultats de l’entreprise.
4- Dans le cas où l’application de ces principes et de ces prescriptions
ne suffit pas à obtenir des états de synthèse une image fidèle,
l’entreprise doit obligatoirement fournir dans l’état des informations
complémentaires (ETIC), toutes indications permettant d'atteindre
l’objectif de l’image fidèle.
5 - Dans le cas exceptionnel où l’application stricte d'un principe ou
d'une prescription se révèle contraire à l’objectif de l’image fidèle,
l’entreprise doit obligatoirement y déroger. Cette dérogation doit être
mentionnée dans l’ETIC et dûment motivée, avec indication, de son
influence sur le patrimoine, la situation financière et les résultats de
l’entreprise.
6 - Les principes comptables fondamentaux retenus sont au nombre
de sept :
- Le principe de continuité d'exploitation ;
- Le principe de permanence des méthodes ;
- Le principe du coût historique ;
- Le principe de spécialisation des exercices ;
- Le principe de prudence ;
- Le principe de clarté ;
- Le principe d'importance significative.

B - Les principes comptables fondamentaux

1- Le principe de Continuité d'exploitation :


Selon le principe de Continuité d'exploitation, l'entreprise doit établir
ses états de synthèse dans la perspective d'une poursuite normale de
ses activités. Par conséquent, en l'absence d'indication contraire, elle
est censée établir ses états de synthèse sans l'intention ni l'obligation
de se mettre en liquidation ou de réduire sensiblement l'étendue de ses
activités. Dans le cas où les conditions d'une cessation d'activité totale
ou partielle sont réunies, l'hypothèse de continuité d'exploitation doit
être abandonnée au profit de l'hypothèse de liquidation ou de cession.
2- Principe permanence des méthodes
En vertu du principe permanence des méthodes, l’entreprise établit ses
états de synthèse en appliquant les mêmes règles d'évaluation et de
présentation d'un exercice à l'autre. L’entreprise ne peut introduire de
changement dans ses méthodes et règles d'évaluation et de
présentation que dans des cas exceptionnels. Dans ces circonstances,
les modifications intervenues dans les méthodes et règles habituelles
sont précisées et justifiées, dans l'état des informations
complémentaires, avec indication de leur influence sur le patrimoine,
la situation financière et les résultats.
3- principe du cout historique :
En vertu du principe du coût historique, la valeur d'entrée d'un
élément inscrit en comptabilité pour son montant exprimé en unités
monétaires courantes à la date d'entrée reste intangible quelle que soit
l'évolution ultérieure du pouvoir d'achat de la monnaie ou de la valeur
actuelle de l'élément, sous réserve de l'application du principe de
prudence. Par dérogation à ce principe, l’entreprise peut décider à la
réévaluation de l'ensemble de ses immobilisations corporelles et
financières, conformément aux prescriptions du CGNC.
4- LE PRINCIPE DE SPECIALISATION DES EXERCICES
En raison du découpage de la vie de l’entreprise en exercices
comptables, les charges et les produits doivent être, en vertu du
principe de spécialisation des exercices, rattachés à l'exercice qui les
concerne effectivement et à celui-là seulement. Les produits sont
comptabilisés au fur et à mesure qu'ils sont acquis et les charges au fur
et à mesure qu'elles sont engagées, sans tenir compte des dates de leur
encaissement ou de leur paiement.
5- LE PRINCIPE DE PRUDENCE
En vertu du principe de prudence, les incertitudes présentes
susceptibles d'entraîner un accroissement des charges ou une
diminution des produits de l'exercice doivent être prises en
considération dans le calcul du résultat de cet exercice. Ce principe
évite de transférer sur des exercices ultérieurs ces charges ou ces
minorations de produits, qui doivent grever le résultat de l'exercice
présent. En application de ce principe, les produits ne sont pris en
compte que s'ils sont certains et définitivement acquis à l’entreprise ;
en revanche, les charges sont à prendre en compte dès lors qu'elles
sont probables.
LE PRINCIPE DE Clarté
Selon le principe de clarté :
• Les opérations comptables doivent être inscrites dans
les comptes sous la rubrique adéquate du PCGM, avec
la bonne dénomination et sans compensation entre elles;
• Les éléments d'actif et de passif du bilan doivent être
évalués séparément ;
• Les éléments des états de synthèse doivent être inscrits
dans les postes adéquats sans aucune compensation
entre ces postes.
En application de ce principe, l’entreprise doit organiser sa
comptabilité, enregistrer ses opérations, préparer et présenter ses états
de synthèse conformément aux prescriptions du présent plan
comptable. Les méthodes utilisées doivent être clairement indiquées
notamment dans les cas où elles relèvent d'options autorisées par le
présent plan comptable ou dans ceux où elles constituent des
dérogations à caractère exceptionnel. A titre exceptionnel, des
opérations de même nature réalisées en un même lieu, le même jour,
peuvent être regroupées en vue de leur enregistrement selon les
modalités prévues par le présent plan comptable. Par dérogation aux
dispositions du paragraphe 1, des postes relevant d'une même rubrique
d'un état de synthèse peuvent exceptionnellement être regroupés si
leur montant respectif n'est pas significatif au regard de l'objectif
d'image fidèle.
LE PRINCIPE D'IMPORTANCE SIGNIFICATIVE
Selon le principe d'importance significative, les états de synthèse
doivent révéler tous les éléments dont l'importance peut affecter les
évaluations et les décisions. Est significative toute information
susceptible d'influencer l'opinion que les lecteurs des états de synthèse
peuvent avoir sur le patrimoine, la situation financière et les résultats.
Ce principe trouve essentiellement son application en matière
d'évaluation et en matière de présentation des états de synthèse. Il ne
va pas à l'encontre des règles prescrites par le CGNC concernant
l'exhaustivité de la comptabilité, la précision des enregistrements et
des équilibres comptables exprimés en unités monétaires courantes.
Dans les évaluations nécessitant des estimations, les méthodes par
approximation ne sont admises que si leurs incidences par rapport à
des méthodes plus élaborées n'atteignent pas des montants significatifs
au regard de l'objectif de l'image fidèle. Dans la présentation de
l'ETIC, le principe d'importance significative a pour conséquence
l'obligation de ne faire apparaître que les informations d'importance
significative.
III/ Les modèles comptables :
Le plan comptable marocain a retenu 2 modèles comptables :
• modèle simplifié destiné aux petites entreprises
• modèle normale pour les moyennes et grandes
entreprises

1. Le modèle simplifié
Ce modèle s'applique aux petites entreprises dont le C.A (chiffre
d'affaires) est inférieur ou égal à 7.500.000 DH.
Les entreprises sont tenues d'établir

- Le bilan
- Le compte de produits et charges (C.P.C)
- Le tableau de financement (T.F)
- l'état des informations complémentaires
(E.T.I.C)

2. Le modèle normale :
Ce modèle s'applique pour les entreprises dont le chiffre
d'affaires (C.A) est supérieur de 7.500.000 DH
Les entreprises sont tenues d'établir 5 états de synthèses :

- Le bilan
- Le compte de produits et charges (C P C)
- Le tableau de financement (T F)
- l'état des informations complémentaires (E T I C)
- l'état des soldes de gestion (E S G)

Texte pour la lecture :


S'agissant du "PCGE" qui s'adresse à la très grande majorité des
entités économiques, il était indispensable de moduler les exigences
de l’information en fonction de la taille des entreprises ; deux modèles
sont proposés :
L’un de droit commun qui est prévu pour toute entreprise : c'est le
"modèle normal" ; l’autre réservé aux entités de petite dimension est
simplifié par rapport au modèle normal : c'est le "modèle simplifié".
Le modèle simplifié "emboîtable" dans le modèle normal, est
considéré comme suffisant aux besoins d'information des petites
entreprises et aussi incitatif vers des méthodes rationnelles de gestion.
Les critères de taille de l’entreprise pouvant recourir au modèle
simplifié, sont fondés sur un plusieurs critères, qui pourraient être le
chiffre d'affaires, le total du bilan et l’effectif ; les chiffres limites sont
à fixer par le législateur.

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