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USTHB – Faculté d’Electronique et d’Informatique Département de Télécommunications 3ème Année Licence – Section A

Module : Systèmes et Réseaux de télécommunication Par : Dr. N. SADI-AHMED

Chapitre I
Systemes de transmission numerique
I. Introduction
Les télécommunications au sens large comprennent l’ensemble des moyens techniques nécessaires à
l’acheminement aussi fidèle et fiable que possible d’informations entre deux points a priori quelconques, à une
distance quelconque, avec des coûts raisonnables et à des instants quelconques.
❖ Classification des systèmes des télécommunications :
Lorsque l'on aborde le problème des télécommunications on est amené à faire usage de deux termes : réseau et
système.
• Le concept de système se rapporte essentiellement aux moyens de télécommunications mis en œuvre pour
constituer des réseaux.
• Les systèmes de télécommunication sont en quelque sorte les supports des réseaux.
• On peut définir un système comme un ensemble cohérent de moyens mis en œuvre pour réaliser tout ou partie
des fonctions des télécommunications.
Suivant cette terminologie on distingue, en général, dans le domaine des télécommunications, deux grands
systèmes spécifiques :
• Les systèmes de transmission
• Les systèmes de commutation

I.1. Les systèmes de transmission


Ils comprennent essentiellement les lignes de transmission proprement dites (ou les supports de transmission) et
les équipements de groupement (ou de multiplexage) de signaux à transmettre.

I.1.1 Les supports de transmission


Ces lignes peuvent être de nature très diverse (câbles, liaisons hertziennes, liaisons par satellites).
Actuellement, pour les liaisons entre stations fixes de télécommunications, on peut classer les supports de
transmission en cinq grandes catégories techniques :
1. Les câbles à paires symétriques torsadées,
2. Les câbles coaxiaux,
3. Les faisceaux hertziens,
4. Les satellites artificiels et
5. Les fibres optiques

I.1.2 Le multiplexage
Le multiplexage est en fait, le groupement de signaux émis par plusieurs émetteurs dans le but de les transmettre
sur un même support de transmission. Il existe trois types de multiplexage :
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Systèmes et Réseaux de Télécommunication Chapitre I : Systèmes de Transmission Numérique

- le multiplexage fréquentiel (ou par répartition de fréquence) ou FDM (Frequency Division


Multiplexing)
- le multiplexage temporel (ou par répartition dans le temps) ou TDM (Time Division Multiplexing)
- le multiplexage en longueur d’onde ou WDM (Wavelength Division Multiplexing).

a) Le multiplexage en fréquence ou FDM


Il consiste à partager la bande de fréquence disponible en un certain nombre de canaux ou sous-bandes plus
étroites et à affecter en permanence chacun de ces canaux à un utilisateur ou à un usage exclusif.
Le FDM est une technique utilisée pour accroître les débits sur les paires torsadées et plus particulièrement des
lignes téléphoniques.

b) Le multiplexage temporel ou TDM


Il consiste à affecter à un utilisateur unique la totalité de la bande passante pendant un court instant et à tour de
rôle pour chaque utilisateur. Le multiplexage TDM permet de regrouper plusieurs canaux de communications à
bas débits sur un seul canal à débit plus élevé.

c) Le multiplexage en longueur d’onde ou WDM


A l’inverse de la technologie TDM qui n’utilise qu’une seule longueur d’onde par fibre optique, la technologie
WDM (Wavelength Division Multiplexing) met en œuvre un multiplexage de longueurs d’onde. L’idée est
d’injecter simultanément dans une fibre optique plusieurs trains de signaux numériques sur des longueurs d’ondes
distinctes.

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I.2 Les systèmes de commutation


La commutation consiste à choisir un chemin particulier parmi tous les chemins possibles et disponibles
permettant de relier deux lignes téléphoniques données, le numéro composé par l’abonné servant d’instructions
au commutateur.
En effet, si au début on pouvait se contenter de faire communiquer entre eux quelques usagers, en embrochant
leurs postes sur une même ligne (principe de la ligne partagée) ou en les reliant deux à deux par des lignes
directes, cela n'était plus possible lorsque le nombre de personnes susceptibles de communiquer entre elles
dépassait la dizaine. Il était indispensable alors de mettre en œuvre d'autres moyens : la fonction commutation
s'imposait d'elle-même.

Les différents types de commutation :


• La commutation de circuits
• La commutation de messages
• La commutation par paquets
• La commutation de trames
• La commutation de cellules

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Coaxial
Câbles
Paires Torsadées

Supports de Fibre Optique


Terrestres
transmission
Faiseaux Hertziens
Satellite
Ondes
Electromagnétiques
Réseaux Locaux
(WLAN)

Transmission
Réseaux Sans Fils
Wi-Fi
(Wireless Fidelity)

Bluetooth
Multiplexage en Temps
(TDM) Laser
Télécommunication

Equipements de
Infrarouge
Systèmes de

Groupement Multiplexage en Fréquence


(Multiplexage) (FDM)

Multiplexage en longueur
d'onde (WDM)

Commutation de
circuits

Commutation de
messages

Commutation Commutation par


paquets

Commutation de
trames

Commutation de
cellules

Classification des Systèmes de Télécommunication

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II. Organismes de normalisation


II.1. Normalisation
La normalisation est essentielle pour les technologies de l’information et de la communication (TIC) : sans elle,
les réseaux, les services, incapables d’échanger des informations, ne fonctionneraient pas. Elle permet
l’interopérabilité entre systèmes et équipements et engendre la confiance chez les utilisateurs. Trois principaux
avantages pour les entreprises : ouverture de nouveaux marchés, économies d'échelle et baisse des coûts.
Les normes ont donc pour but une standardisation de tous les processus entrant dans la chaîne de communication,
de la partie matérielle à celles logicielle et organisationnelle. La finalité étant une communication simplifiée.
Pour faire respecter les normes, les organismes qui les créent doivent avoir une forte influence sur le monde de
l’informatique ainsi que sur les composantes qui gravitent autour.

II.2. Organismes de normalisation

III. Supports et canaux de transmission

ETTD : Equipement Terminal de Traitement de Données

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Les différents types de supports :


-les supports électriques,
-les supports optiques
-les supports aériens.

Les critères de comparaison


-bande passante,
-atténuation,
-sensibilités diverses,
-coût,
-encombrement,
-poids, … etc.

III.1. La paire symétrique torsadée


Le support le plus simple est la paire symétrique torsadée (UTP : Unshielded Twisted Pairs). Il s'agit de deux
conducteurs métalliques entremêlés (d'où le nom de paire torsadée). Le signal transmis correspond à la tension
entre les deux fils.
La paire peut se présenter emprisonnée dans une gaine blindée augmentant (comme la torsade) l'immunité
contre les perturbations électromagnétiques (STP : Shielded Twisted Pairs).

Pour les paires UTP, nettement moins onéreuses que les paires STP, plusieurs catégories sont définies (de 1 à 5).
Les catégories 1 et 2 correspondent à une utilisation en bande étroite, les catégories 3 à 5 (la meilleure) à une
utilisation en large bande (100 MHz pour la catégorie 5).
Les deux avantages principaux de ce type de support sont son coût très bas et sa facilité d'installation. Par contre,
les inconvénients sont assez nombreux : affaiblissement rapide, sensibilité aux bruits, faible largeur de bande,
faible débit. Pour de faibles distances, ce support est relativement utilisé : réseaux locaux, raccordements
téléphoniques, notamment.

Actuellement pour câblage RJ45, trois normes courantes :


➢ Catégorie 5e (Classe D) : fréquences jusqu'à 155 MHz, débit théorique 1000Mb/s.
➢ Catégorie 6 (Classe E) : fréquences jusqu'à 500 MHz, débit théorique 1Gb/s.
➢ Catégorie 7 (Classe F) : fréquences jusqu'à 600 MHz, débit théorique 10Gb/s.
➢ Catégorie 7a (Classe FA) : fréquences jusqu'à 1 GHz, débit théorique 10Gb/s.

Connecteur RJ45

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Selon la norme sur laquelle l'installation est réalisée, différents types de câbles :

• UTP (Unshielded Twisted Pair) est un câble non blindé, non


écranté.

• FTP (Foiled Twisted Pair) est un câble écranté avec une feuille
d'aluminium.

• STP (Shielded Twisted Pair) est un câble écranté paire par paire.

• SFTP (Shielded Foiled Twisted Pair) est un câble écranté paire


par paire et blindé.

• SSTP (Shielded and Shielded Twisted Pair) est un câble blindé


paire par paire avec un blindage autour.

III.2. Le câble coaxial


Le câble coaxial constitue une amélioration de la paire torsadée. Ce support constitué de 2 conducteurs à symétrie
cylindrique de même axe, l'un central de rayon R1, l'autre périphérique de rayon R2, séparés par un isolant.

Par rapport à la paire torsadée, le câble coaxial possède une immunité plus importante au bruit et permet d'obtenir
des débits plus importants. Une version du câble coaxial, le CATV, est utilisé pour la télévision par câble.

III.3 La Fibre Optique


La fibre optique est apparue vers 1972 (invention du laser en 1960). et elle
constitue un domaine en plein développement du fait d'un grand nombre
d'avantages :
● faible encombrement : diamètre de l'ordre du 1/10 de mm (les fibres sont en
fait groupées en faisceaux),
● légèreté
● largeur de bande de l'ordre du GigaHertz pour des distances inférieures à 1 km
ce qui permet un multiplexage composite (TV, HiFi, Téléphone, données informatiques, ...),

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● faible affaiblissement : à 140 Mbits/s, l'affaiblissement est 3 dB/km pour une longueur d'onde de 0,85
micromètre (régénération tous les 15 km) et de 0,7 dB/km pour une longueur d'onde de 1,3 micromètre
(régénération tous les 50 km).
● insensibilité aux parasites électromagnétiques (taux d'erreur approchant 10-12)
● matériau de construction simple et peu coûteux (silice pour les fibres en verre).

Les fibres optiques véhiculent des ondes électromagnétiques lumineuses ; en fait la présence d'une onde lumineuse
correspond au transport d'un "1" et son absence au transport d'un "0".

Les signaux électriques sont transformés en signaux lumineux par des émetteurs. Les émetteurs de lumière sont,
soit des LED (Light Emitting Diode ou Diode Électroluminescente) classiques, soit des diodes lasers (composants
plus délicats).

Les signaux lumineux sont transformés en impulsions électriques par des détecteurs. Les détecteurs de lumière
sont, soit des photodétecteurs classiques, soit des photodétecteurs à avalanche.

La propagation des signaux lumineux s'effectue par réflexion sur une surface ; en effet, pour une longueur d'onde
donnée et une inclinaison du rayon par rapport à la normale à la surface de séparation entre deux milieux, la
lumière incidente se réfléchit totalement (pas de réfraction) ce qui signifie que l'on peut "emprisonner" un ou
plusieurs rayons à l'intérieur d'un milieu tubulaire.

En fait, il existe actuellement trois types de fibres optiques ; le premier type est appelé monomode (un seul rayon
lumineux par transmission), les deux autres sont multimodes (plusieurs rayons transmis simultanément).

Fibre monomode
Les indices de réfraction sont tels que n2 > n1. Le rayon laser (longueur
d'onde de 5 à 8 micromètres est canalisé.
Cette fibre permet de hauts débits mais est assez délicate à manipuler et
présente des complexités de connexion.

Fibre multimode à saut d'indice


Les rayons lumineux se déplacent par réflexion sur la surface de
séparation (n2>n1) et mettent plus de temps en déplacement que le rayon
de la fibre monomode.
L'affaiblissement est de 30 dB/km pour les fibres en verre et de 100
dB/km pour les fibres en matière plastique.

Fibre multimode à gradient d'indice


L'indice de réfraction croît depuis centre vers les bords du tube. La
réflexion est plus "douce" de ce fait.

Il est possible depuis plusieurs années de multiplexer sur une fibre plusieurs messages numériques se différenciant
par la longueur d'onde ; la technologie correspondante s'appelle WDM (Wavelength Division Multiplexing).
La fibre optique possède aussi quelques inconvénients qui tendent cependant à s'amenuiser avec le développement
technologique :

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● matériels d'extrémité délicats et coûteux,


● courbures brusques à éviter,
● connexion délicate de deux fibres,
Toutefois, du fait de son grand nombre d'avantages, les réseaux utilisent de plus en plus la fibre optique.

III.4. Les Ondes électromagnétiques


Les ondes électromagnétiques permettent une transmission sans supports matériels. Déjà très utilisées pour la
radio et la TV, cette utilisation est dépendante de la fréquence de l'onde. Une onde électromagnétique est
caractérisée par sa polarisation et sa longueur d'onde. La polarisation correspond à la direction du champ
électrique de l'onde. Une antenne positionnée verticalement donnera lieu à une polarisation verticale, idem pour
l'horizontale.

𝑪
où 𝝀=𝒇
avec 𝐶 = 3. 108 𝑚⁄𝑠 ,

Pour simplifier :
300
𝜆[𝑚] =
𝑓 [𝑀𝐻𝑧]

❑ Bandes de fréquences et leurs utilisations

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SLF (super low frequency) 30 Hz - 300 Hz HF (high frequency) 3 MHz - 30 MHz


ULF (ultra low frequency) 300 Hz - 3000 Hz VHF (very high frequency) 30 MHz - 300 MHz
VLF (very low frequency) 3 kHz - 30 kHz UHF (ultra high frequency) 300 MHz - 3 GHz
LF (low frequency) 30 kHz - 300 kHz SHF (super high frequency) 3 GHz - 30 GHz
MF (medium frequency) 300 kHz - 3 MHz EHF (extremely high frequency) 30 GHz - 300 GHz

Pour les besoins de transmission, on peut classer les ondes en deux groupes :.
● Ondes non dirigées : l'émission a lieu dans toutes les directions (inondation) : pas vraiment d'intérêt pour des
communications personnalisées, sauf dans le cas de la téléphonie cellulaire (captage par relais). Par contre, pour
la diffusion d'informations, l'utilisation est courante (radio, télévision, ....)
● Ondes dirigées : les utilisations des ondes dirigées, c'est à dire émise dans une direction particulière, sont
principalement les faisceaux hertziens terrestres, les transmission satellite et les réseaux sans fils.

III.4.1. Faisceaux hertziens terrestres


Les ondes sont émises d'un relais à l'autre en ligne droite. La courbure de la Terre implique une distance maximum
entre les relais (tours hertziennes).

III.4.2. Transmission satellite


Le problème de la courbure de la Terre est résolu avec l'utilisation des satellites de télécommunication. Les
satellites sont situés sur des orbites géostationnaires et sont donc considérés comme fixes par rapport à la Terre.
(distance Terre-satellite : 36 000 km).

III.4.3. Réseaux sans fils


Les réseaux locaux (WLAN, Wireless Local Area Networks) permettent de s'affranchir des câbles, souvent
inesthétiques et surtout peu commodes. Les différentes catégories de ce type de réseaux sont :

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- L’Infrarouge : cette catégorie de réseau utilise des ondes dont les longueurs d'ondes sont situées dans l'infra-
rouge. Le principe est bien connu puisque les télécommandes infra-rouge sont maintenant d'un usage banal ;
les réseaux à infra-rouge permettent un "câblage" intérieur très fonctionnel (à condition d'éviter les obstacles).
A l'extérieur, l'utilisation de l'infra-rouge est plus délicate à cause des perturbations électromagnétiques.
- Le Laser : Une autre catégorie de réseau sans fils est celle des réseaux à ondes lumineuses (laser) ; le faisceau
laser est en effet suffisamment fin pour être dirigé vers un capteur ; cette technique est d'ailleurs utilisée pour
relier deux bâtiments voisins sans effectuer de câblage "en dur" (émetteurs et détecteurs sur les toits par
exemple). Toutefois la transmission par laser peut être affectée par les conditions météorologiques ; par ailleurs
elle est encore coûteuse.
- Le Bluetooth, qui signifie littéralement dent bleue est une technologie développée par plusieurs entreprises
(Agere, IBM, Intel, Microsoft, Motorola, Nokia et Toshiba) permettant la communication en utilisant l'espace
hertzien (qui permet la diffusion d'ondes radio) entre les équipements électroniques, afin de minimiser
l'utilisation des câbles entre les imprimantes, ordinateurs, scanners, PDA, téléphones, etc. Ce système
exploite donc les ondes radio. ce réseau formé est qualifié de piconet . Piconet vient de pico-network, en
français on peut traduire ça par picoréseau. Dans un picoréseau, les appareils utilisent la relation maître-
esclave : le maître donne des ordres, l'esclave obéit. Quand plusieurs picoréseaux sont reliés, les esclaves
peuvent avoir plusieurs maîtres, on parle alors de scatternet ou inter-réseau. Le mot "scatternet" signifie
littéralement "réseau dispersé".
- Le Wi-Fi est certainement le moyen de transmission de données sans fil le plus utilisé. Sa portée pouvant
excéder les 200 mètres en espace ouvert et sa vitesse de débit théorique de plus de 100 mégabits par seconde
(Mbps) ont permis une démocratisation de cette technologie qui est aujourd'hui très utilisée dans les réseaux
locaux pour accéder à Internet. Il est impressionnant de constater le nombre de points d'accès Wi-Fi sécurisés
ou non que l'on peut capter un peu partout. "Wi-Fi" peut être considéré comme le nom commercial de la
norme IEEE 802.11, norme qui régit cette technologie.

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Le spectre électromagnétique et son utilisation

IV. Principe d’une liaison de données


Une transmission de données met en œuvre des calculateurs d’extrémité et des éléments d’interconnexion
dont les appellations et fonctions sont codifiées (voir figure ci-dessous).

Eléments de base d’une liaison de données

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On distingue :
➢ Les équipements terminaux (End System) ou ETTD : Equipement Terminal de Traitement de Données,
appelés aussi DTE (de l’anglais ; Data Terminal Equipement) représentant les terminaux qui marquent la
fin d'un circuit de données, par exemple, un calculateur ou une imprimante.
Les ETTD sont dotés de circuits particuliers pour contrôler les communications. Ils réalisent la fonction
de contrôle du dialogue.
➢ Des équipements d’adaptation ou ETCD : Equipement Terminal de Circuit de Données, ou DCE (Data
Communication Equipement ou Data Circuit-terminating Equipment) réalisent l’adaptation entre les
calculateurs d’extrémité et le support de transmission.
Les ETCD permettent d'adapter le flux des données aux conditions de la ligne et de faire la transformation
analogique-numérique ou numérique-analogique. Ils modifient la nature du signal, mais pas sa
signification. Un exemple d'équipement ETCD est le modem.
➢ La jonction de données constitue l’interface entre ETTD (DTE) et ETCD (DCE), elle permet à l’ETTD
de gérer l’ETCD pour assurer le bon déroulement des communications (établissement du circuit,
initialisation de la transmission, échange de données et libération du circuit).
➢ Le support ou ligne de transmission est un élément essentiel de la liaison. Les possibilités de
transmission (débit, taux d’erreur...) dépendent essentiellement des caractéristiques physiques et de
l’environnement de celui-ci.

Effets du canal de transmission sur le signal


-Atténuation avec la distance
-Plus généralement, canal de transmission = filtre linéaire stationnaire ou non
- Ajout de bruit (blanc et gaussien) => dégradation du rapport signal sur bruit
- autres effets (doppler, écho, fading, …)

Caractéristiques d’une liaison de Données


Une liaison de données est caractérisée par :
• Son Mode d'exploitations,
• Sa Bande passante,
• Son Débit mesuré en nombre de bits par seconde,
• Sa Rapidité de modulation mesurée en baud,
• Sa Capacité,
• Son Type de modulation,
• Son Mode de transmission (synchrone ou asynchrone)…

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V. Structure Générale d’une Chaine de Transmission

CAN : Convertisseur Analogique-Numérique


CNA : Convertisseur Numérique-Analogique

• Source d’information
La source d’information est le premier maillon de la chaîne de transmission. Elle fournit le message
porteur de l’information. Le message peut être de nature analogique ou numérique et la source peut être
représentée par une interface homme-machine ou machine-machine.

• Codage source
Le codage source consiste d’une part à convertir le message continu en une séquence numérique
(utilisation d’un convertisseur analogique numérique : CAN) et à transformer le message de la source en
une séquence d’information « D(x) » de façon à :
– minimiser la taille du message en éliminant les redondances naturelles de l’information source
(algorithme de compression) ;
– pouvoir de retrouver le message originel à partir de la séquence de substitution « D(x) » (algorithme
réversible).
Le but de cette opération est d’optimiser les ressources nécessaires à la transmission (temps, puissance,
bande passante, etc.).
Il s'agit de traduire les états logiques en niveaux de tension : On utilise des codes binaires (2 niveaux) ou
des codes M-aires (M niveaux). Le résultat est un signal électrique à 2 ou M niveaux.

• Codage canal
Le codage canal a pour rôle de protéger l’information émise contre les perturbations du canal de
transmission susceptible de modifier son contenu. Il s’agit donc de rajouter de la redondance de manière
à détecter et éventuellement corriger les erreurs lors de la réception si la stratégie adoptée le permet.
L’information D(x) issue du codage source est transformée en séquence codée C(x).

• Modulation
Elle associe à chaque symbole émis un signal de durée Δ. Le type du signal dépend des propriétés
physiques du support de transmission (canal) choisi. Ainsi, l’information peut être véhiculée par une

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tension ou un courant si le support est filaire (cuivre), une onde lumineuse si le support est optique (fibre
optique) ou une onde électromagnétique ou radioélectrique dans le cas d’un support aérien (air ou vide).
La modulation permet de remédier à tous les inconvénients liés à une transmission en bande de base, citons
quelques limitations :
– les signaux basse fréquence sont les plus atténués sur la ligne ;
– pas de propagation pour les signaux de fréquence en dehors de la bande passante du canal ;
– pertes et affaiblissement proportionnels à la longueur et aux types du support de transmission ;
– impossibilité de différencier plusieurs communications sur un même support ;
– régénération périodique du signal sur une longue distance.
La modulation utilise une onde porteuse qui sert à transposer les données par modification d’une ou de
plusieurs caractéristiques de cette onde, amplitude (AM), phase (BPSK, QPSK, etc.) 1, fréquence (FM),
amplitude et phase (QAM) 2, etc.

• Canal de transmission
Il représente la liaison entre l’émetteur et le récepteur et peut être de différentes natures selon le type de
grandeur qu’il permet de véhiculer. Le canal de transmission est caractérisé par sa capacité et par sa bande
passante.
Les sources de perturbations sont diverses et dépendent essentiellement du milieu où se trouve le canal de
transmission. Les principaux types de bruits sont :
• les bruits galactiques entre 20 MHz et 200 MHz dus aux rayonnements des différentes sources
d’énergie de l’espace ;
• les bruits atmosphériques jusqu’à 20 MHz induit par les éclairs orageux ;
• le bruit industriel et le bruit urbain ;
• les micro-coupures correspondant à de courtes interruptions du signal
• les sauts de phase et scintillements liés à des variations brusques de phase ou lentes causées par les
alimentations électriques ;
• la diaphonie lors de l’acheminement de plusieurs liaisons par un même câble ; etc.

• Démodulation
La démodulation permet de récupérer chaque symbole émis à partir de chaque signal modulé reçu de durée
Δ. Le démodulateur fournit une tension continue ou un symbole binaire dans le cas où sa sortie est
quantifiée. Le démodulateur fournit au bloc décodeur une séquence binaire De(x) qui représente
l’information émise à laquelle est superposée une séquence d’erreur E(x), Ce(x) = C(x) + E(x).

• Décodage canal
Comme le décrit le théorème fondamental du codage canal, pour se rapprocher de la capacité du canal de
transmission, il est nécessaire de coder l’information avant de la transmettre. Au niveau du récepteur, le
décodage canal consiste dans un premier temps à détecter la présence d’erreurs dans l’information et puis
dans un deuxième temps de les corriger. A partir de ces deux actions découlent trois principales stratégies:
1. les stratégies ARQ (Automatic Repeat Request) qui se limitent à détecter la présence d’éventuelles
erreurs, la correction s’effectuant par retransmission des blocs erronés;

1
(B/Q)PSK : (Binary/Quadrature) Phase Shift Keying.
2
QAM : Quadrature Amplitude Modulation
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2. les stratégies FEC (Forward Error Correction) mettant en œuvre les codes permettant la détection
et la correction des erreurs sans aucune retransmission ;
3. les systèmes hybrides combinent entre les deux techniques.

• Décodage source
Le décodage source consiste à reconstituer, par l’application de l’algorithme de décodage source
(décompression par exemple), l’information originale à partir de la séquence de substitution « D(x) ».

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