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GCU 561

ÉQUIPEMENT TECHNIQUE DU BÂTIMENT:


ÉLECTRICITÉ DU BÂTIMENT & DOMOTIQUE

Par
Prof. Thomas Tamo Tatietse

Assisté de
Dr Giscard Desting Nimpa
CHAPITRE 7:
MÉTHODE D’ÉLABORATION
D’UN PROJET D’ÉCLAIRAGE
BÂTIMENT
I. INTRODUCTION
Partant d'un local à éclairer dont on connaît :
- les dimensions,
- la couleur des parois (plafond, murs, sol ou plan utile)
- la nature des tâches qui y seront accomplies,
le projet consiste à déterminer le type, le nombre et la disposition des
luminaires nécessaires pour réaliser un éclairage convenable.

Un éclairage rationnel doit présenter le meilleur rendement en énergie,


et ne doit pas perturber notre vision.
La méthode générale d’établissement d’un projet d’éclairage est
constituée de plusieurs étapes.

Un projet d'éclairage comporte :


- un cahier des charges qui indique les données.
- le projet proprement dit, qui utilise une méthode de calcul
d'éclairage.
- l'implantation des lampes et l'alimentation électrique.
II. CAHIER DES CHARGES
Le cahier des charges précise particulièrement les données sur :
1. Le local à éclairer 2. Les types de lampes préconisées
- la nature de l'activité prévue. Selon le type de travail, on précisera le type de
- les dimensions. lampe à employer ( incandescence, fluorescence,
- la couleur des murs et du plafond. led) sans en donner les caractéristiques précises.
Le choix peut être aussi fonction des économies
d'énergie.
3. Les appareils d'éclairage
- En fonction des dispositions constructives, on peut être conduit à choisir un type d'appareil à
encastrer ou à suspendre.
- Selon la nature de l'activité, certains règlements relatifs aux locaux spécialisées sont à
prendre en compte : indice de protection, classe d'appareillage électrique, température
ambiante, luminance acceptable, ambiances dangereuses, etc...

4. Autres conditions
Le cahier des charges peut préciser par exemple :
- les critères d'implantation ( pour éviter des reflets gênants ).
- les conditions de maintenance ( aspect esthétique à concilier avec les facilités d'accès ).
- l'éclairage de sécurité ( les normes imposent un éclairage de sécurité dans tous les
établissement assujettis à la législation du travail ).
III. ÉCLAIREMENT (1/2)
Eclairage intérieur
La destination d'un local permet de
déterminer le niveau d'éclairement à
réaliser sur le plan de travail.
Le tableau des éclairements recommandés
en fonction de la destination des locaux
donne des indications sur les éclairements
recommandés ( voir fichier des abaques).

Eclairage localisé
Pour les éclairages localisés (Ex. lampe
de bureau), il est nécessaire que la
différence entre l’éclairement localisé
et l’éclairement général soit dans les
limites données par la figure ci-contre
afin d’éviter tout éblouissement par un
trop fort contraste d’éclairement.
III. ÉCLAIREMENT (2/2)
CHOIX D’UN MODE D’ÉCLAIRAGE ET DE LUMINAIRE
 Le choix du mode d’éclairage (direct, semi-direct, mixte, semi-indirect et
indirect) est surtout lié à l’architecture du local et à son utilisation.

 Le choix des sources s’effectue en fonction :

 de la qualité du spectre lumineux désiré;


 du niveau d’éclairement;
 de la durée d’utilisation;
 de la nature du local;
 de l’ambiance souhaitée

Comparaison des sources lumineuses


Lampe à
Caractéristiques Tube fluorescent Lampe led
incandescence
Flux lumineux (lm) 250 à 40000 57 à 8000
Puissance (W) 25 à 2000 4 à 120
Efficacité lumineuse (lm/W) 10 à 20 2 à 75
Durée de vie (h) 1000 4000
IV. CARACTERISTIQUES DU LOCAL (1/3)
Un local, généralement de forme parallélépipédique, est caractérisé par le rapport
de ses dimensions.
On utilise pour cela deux facteurs : K et J.
1. Indice du local (K)
 
 
A (m) : longueur du local
B (m) : largeur du local
H3 (m) : hauteur du luminaire au dessus du plan utile
ou distance de la source au plan utile
On arrondit les valeurs de K aux nombres :
0,6 – 0,8 – 1 – 1,25 – 1,5 – 2 – 2,5 – 3 – 4 – 5

2. Rapport de suspension (J)


𝑯𝟐 H1 (m) : hauteur du plan utile ( en général 0,85 m )
 
𝑱= H2 (m) : hauteur de suspension du luminaire
𝑯𝟐+ 𝑯𝟑
H (m) : hauteur totale du local
 On ne retient pour usage que deux valeurs : Remarque :
J = 0 ( pour le luminaire contre le plafond ) On ne considère jamais H la hauteur
J =   ( pour le luminaire suspendu, totale d'un local mais la hauteur des
luminaires au-dessus du plan utile.
IV. CARACTERISTIQUES DU LOCAL (2/3)
3. Facteurs de réflexion
La lumière émise par le luminaire est réfléchie en partie par les parois du local éclairé.
On caractérise en pourcentage les facteurs de réflexion du plafond, des murs et du plan utile.
Facteurs de réflexion
Quelques valeurs de réflexion couramment utilisées

Très clair

Sombre
Moyen
- Blanc brillant : 80 %

Clair
- Blanc mat : 70 %

Nul
- Couleurs claires (jaune) : 50 %
- Couleurs vives : 30 % Plafond 8 7 5 3 0
- Couleurs foncées : 10 % Murs 7 5 3 1 0
- Vitrages sans rideaux : 10 % Plan utile 3 3 1 1 3

Lorsque l’on ne connait pas la nature ou la couleur exacte des parois, on peut s’aider du
tableau ci-dessus où:
- on a retenu cinq valeurs caractéristiques: très clair, clair, moyen, sombre, nul;
- pour éviter une surcharge du tableau, les facteurs de réflexion ne sont donnés en
pourcentage, mais par le chiffre des dizaine de cette valeur.

Exemple : 753 signifie


- réflexion du plafond 70 % (plafond clair)
- réflexion des murs 50 % (murs clairs)
- réflexion du plan utile 30 % (plan utile clair)
IV. CARACTERISTIQUES DU LOCAL (3/3)
3. L’utilance
C'est le rapport du flux utile ( reçu par le plan utile )
au flux total sortant des luminaires.
Son symbole est U.
On détermine le facteur d'utilance à l'aide de
tableaux comportant trois variables :
- la valeur de J ( facteur de suspension );
- la valeur de K ( indice du local );
- les facteurs de réflexion des parois.
Il existe autant de tableaux que de classes de
luminaires ( voir fichier des abaques).
Utilisation du tableaux des utilances

1) Choisir le tableau correspondant à la classe du


luminaire de A à T ( voir Chap 3, Paragraphe
3.5.5.).
2) Retenir le tableau correspondant à J ( soit J = 0,
soit J = 1 / 3 ).
3) Rechercher le facteur U à l'intersection de la
ligne donnant la valeur K et de la colonne
correspondant aux trois facteurs de réflexion.
4) Si la valeur trouvée est 88 on obtient : U = 0,88.
V. CALCULS (1/2)
1. Facteur de dépréciation (D)
En cours d'utilisation, le flux émis par une lampe baisse. Le facteur de dépréciation a
pour but de tenir compte de cette diminution avec le temps.
Les causes sont diverses et la valeur du facteur de dépréciation dépend:
 de l’atmosphère du local (± chargé en poussière) ;
 du luminaire choisi ;
 du type de lampe.
Les valeurs moyennes admises pour D sont les suivantes :
 d=1,3 dans les conditions très favorables ;
 d=1,4 dans la plus part des cas ;
 d=1,5 dans les conditions très défavorables

2. Rendement d’un luminaire.

  𝒇𝒍𝒖𝒙 𝒔𝒐𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕 𝒅𝒖 𝒍𝒖𝒎𝒊𝒏𝒂𝒊𝒓𝒆


𝜼=
𝒇𝒍𝒖𝒙 é 𝒎𝒊𝒔 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒂 𝒔𝒐𝒖𝒓𝒄𝒆

η est donné par les fabricants.


Il varie de 0.4 à 1.
Il baisse au fur et à mesure que la classe se rapproche de la classe A.
V. CALCULS (2/2)
3. Flux lumineux à fournir F
Pour éclairer la totalité du plan utile d'une pièce rectangulaire ( surface = A . B ) au
niveau d'éclairement E avec des lampes, il faut installer des lampes donnant au total
un flux F ( en lumens ).
  E (lux) : éclairement demandé
  𝑬𝑨𝑩𝑫 A (m) : longueur du local
𝑭=
𝜼𝑼 B (m) : largeur du local
S (m2) : surface du local
  𝑬𝑺 𝑫 U : facteur d'utilance.
𝑭= S=AB  : rendement du luminaire ( voir fichier des abaques)
𝜼𝑼 D : facteur de dépréciation

4. Nombre de sources (N)


Connaissant le flux lumineux total, et le flux lumineux produit par chaque luminaire, on en
déduit le nombre de luminaires à installer.

En effet, si
F (lm) : flux luminaire total à produire
f (lm) : flux luminaire produit par une source   𝑭
il faut tenir compte du fait que les sources lumineuses 𝑵=
sont installées dans un luminaire et que le rendement 𝒇
du luminaire a déjà été pris en compte dans la
détermination du flux luminaire total
VI. IMPLANTATION DES SOURCES
La répartition des luminaires peut être fonction :
 de l'emplacement des postes de travail;
 de la constitution du plafond;
 de la présence d'obstacle ( poutres
apparentes, caissons, etc... );
 du nombre de point lumineux.

Disposition des luminaires dans le sens de la hauteur


Les valeurs des distances entre luminaires
dépendent de la classe des luminaires et de la
hauteur utile H3 (distance de la source au plan
utile).

Le tableau ci-contre donne des coefficients δ de


distance maximale entre deux luminaires, en
fonction de la classe du luminaire.

Les valeurs des interdistances e ( distance entre les


luminaires ) sont des valeurs minimales.
En bordure des murs, on prendra e/2 de façon à ce
que les angles ou le milieu du local présentent le
même éclairement.
VI. IMPLANTATION DES SOURCES
Exemple
Des Luminaires de classe B encastrés dans le plafond sont implantés dans un local de
hauteur 3m, longueur 10 m et largeur 4,75 m ( hauteur du plan utile : 0,85 m ).
1) Calculer la distance entre les luminaires (e).
2) Calculer le nombre de luminaires dans le sens longitudinal (N A).
3) Calculer le nombre de luminaires dans le sens transversal (N B).

Solution (1)
Luminaire de classe B donc e = 1,1 . H3
Or H3 = H – H1 = 3 – 0,85 = 2,15 m (H2 = 0, car luminaires encastrés)
d’où e= 2,36.
(2)
Calculer le nombre NA de luminaires dans le sens longitudinal (A).
Il faudra dans le sens de la longueur NA = A /e = ( 10 / 2,36 ) = 4,23
On retiendra 4 appareils dans la longueur.
(3)
Calculer le nombre NB de luminaires dans le sens transversal (B).
Il faudra dans le sens de la longueur NB = B/e = ( 4,75 / 2,36 ) = 2
On retiendra 2 appareils dans la largeur.
Conclusion
Il faut 8 appareils dans ce local.

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