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Eau chaude sanitaire

par Patrice BRAUD


Ingénieur ENSAIS (École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg )

1. Bases de dimensionnement. Définition des besoins ..................... B 9 190 - 2


1.1 Généralités ................................................................................................... — 2
1.2 Installations individuelles ........................................................................... — 2
1.3 Installations collectives dans l’habitat ....................................................... — 3
1.4 Installations du secteur tertiaire ................................................................. — 3
2. Règlements et normes ............................................................................ — 4
2.1 Préambule .................................................................................................... — 4
2.2 Qualité de l’eau ............................................................................................ — 4
2.3 Qualité des installations.............................................................................. — 5
2.4 Maîtrise de l’énergie.................................................................................... — 6
3. Systèmes de production d’eau chaude. Règles de conception .. — 7
3.1 Composition générale ................................................................................. — 7
3.2 Classification et choix.................................................................................. — 7
3.3 Description technique ................................................................................. — 8
3.4 Règles de calcul ........................................................................................... — 12
3.5 Bilans énergétiques prévisionnels ............................................................. — 17
4. Exemple chiffré de production collective ......................................... — 17
4.1 Solution semi-accumulation....................................................................... — 17
4.2 Solution « semi-instantané » ...................................................................... — 17
4.3 Comparaison................................................................................................ — 18
5. Annexe : besoins d’ECS ......................................................................... — 19
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. B 9 190

et article a pour objet de fournir aux techniciens et ingénieurs les bases


C de conception et de calcul des installations de production et de distribution
d’eau chaude sanitaire, qu’il s’agisse d’équipement individuel ou collectif. Il a
été réalisé à partir de l’ouvrage intitulé « ECS. L’eau chaude sanitaire dans les
bâtiments résidentiels et tertiaires. Conception et calcul des installations ».
Comme le précise cet ouvrage, les publications relatives à ce sujet sont nom-
breuses, mais, toutefois, les informations sont dispersées, parfois même
contradictoires.
Le dimensionnement d’une installation d’ECS (comme nous l’appellerons
11 - 1996

désormais tout au long de ce document ), ne répond pas à des règles déter-


ministes. Les besoins sont généralement fluctuants, dans le temps ou d’un lieu
à l’autre, avec des comportements et des attentes très variables suivant les
usagers ; leur définition est parfois malaisée. Cet article ne prétend pas fixer des
règles de dimensionnement, ce qui serait risqué du fait de la fluctuation des coûts
d’énergie et d’équipement.
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1. Bases de dimensionnement. Terminologie


Définition des besoins Bouclage : technique visant à maintenir la température de
distribution ECS proche de la valeur fixée, par circulation forcée
d’eau chaude dans le collecteur, au moyen d’une canalisation
1.1 Généralités retour parallèle et d’une pompe, formant ainsi une boucle eau
chaude.
■ Les besoins d’une installation d’ECS dépendent de trois para- Efficacité du stockage (ou facteur de mélange) : coeffi-
mètres [1] : la température d’utilisation, le débit instantané, le cient égal au rapport entre la capacité utile du stock à la tempé-
volume disponible. Ces valeurs peuvent varier en fonction des habi- rature de distribution ECS prévue et la capacité réelle.
tudes, voire du contexte social. Préparateur (ou chauffe-eau)) : appareil de production
d’ECS comportant un dispositif de réchauffage (faisceau tubu-
● La température de l’eau utilisée varie généralement selon les
laire, serpentin, résistance électrique), par opposition à ballon
usages entre 33 et 40 oC (bains, douches) et 55 oC (lavage sans
ECS (capacité de stockage ne contenant aucun dispositif de
détergent), avec une limite fixée réglementairement à 60 o C, à
réchauffage).
l’exception des cuisines ou buanderies des établissements recevant
Recalage : terme qualifiant les valeurs des besoins ECS pour
du public, où l’ECS peut être distribuée à 90 oC en certains points,
les logements en 1986, par comparaison avec ceux de 1979.
moyennant une signalisation particulière (§ 2.3).
Relance : utilisation du dispositif de réchauffage, en dehors
● Le débit instantané est, quant à lui, affecté d’un coefficient de de la période de charge (généralement en heures creuses), pour
foisonnement variable en fonction du nombre de points de puisage. un système de production d’ECS à accumulation.
● Enfin, le volume d’ECS nécessaire a vu sa valeur croître régu- Relève : substitution d’une énergie à une autre (par exemple
lièrement, y compris durant la période de crise de l’énergie, malgré électricité au lieu de fuel ou de gaz).
l’utilisation de robinets limiteurs de débit d’eau, à coupure automa- Rendement de distribution : coefficient donné par :
tique de débit, par temporisation hydraulique (genre Presto), ou de
robinets mitigeurs automatiques diminuant le temps d’attente pour E dis
η dis = 1 – ----------
-
l’obtention de l’eau mitigée à la température voulue. Ainsi, entre E ut
deux enquêtes effectuées par le Centre Scientifique et Technique du
Bâtiment (CSTB) en 1979 et 1986 [2] [3], dans les logements collectifs, avec Edis énergie perdue lors de la distribution,
la progression des volumes consommés pour des installations Eut énergie utile apportée par l’eau puisée.
comparables a été de 27 %. Néanmoins, la consommation reste Rendement de stockage : rapport de la quantité d’énergie
globalement moins élevée en France que dans certains autres pays puisée en ECS, à la quantité d’énergie introduite en stockage.
industrialisés. Traçage : technique consistant à appliquer un cordon chauf-
■ Face à ces besoins, le concepteur dispose d’un large éventail de fant sur le collecteur ECS (généralement sous l’isolant), de
solutions : manière à maintenir la température de distribution ECS à la
valeur fixée, en dehors des périodes de soutirage.
— système individuel ou collectif ;
— système instantané ou à accumulation ou intermédiaire ;
— choix de la température de production et de distribution ; ● La durée moyenne d’utilisation s’établit à environ 340 jours par
— choix de l’énergie et du mode de production (simple ou an (durée moyenne constatée lors de l’enquête de 1986, pour un
mixte). logement type T3 c’est-à-dire avec 3 pièces principales).
Le choix opéré dans l’une de ces quatre rubriques dépend de ceux ● Le rendement de distribution dépend généralement de deux
des trois autres, mais aussi et surtout du système de chauffage facteurs :
retenu par ailleurs. — le refroidissement entre deux puisages du volume mort
compris entre chaque point d’utilisation et l’équipement de produc-
tion (de l’ordre de 0,5 à 1 litre par point) ;
— les déperditions thermiques en cours de puisage.
1.2 Installations individuelles À l’intérieur d’un logement, ce rendement de distribution peut
ainsi varier entre 80 et 95 %, selon le degré d’isolation des canali-
■ La température de l’eau distribuée n’est pas constante. Aussi, pour sations et leur position dans ou hors le volume chauffé.
la définition des besoins, les calculs sont-ils effectués pour une Cela étant, ces valeurs probables de consommation annuelle
température de puisage équivalente à 60 o C. Ces besoins sont n’entrent pas dans le calcul du dimensionnement des installations,
synthétisés dans le tableau 3, qui provient des enquêtes effectuées lequel prend en compte les besoins extrêmes et non les besoins
par le CSTB [2] [3]. On y trouve : moyens.
— les besoins moyens annuels, selon le nombre de pièces que ■ En individuel, deux systèmes de production d’ECS existent
comporte le logement, en litres/jour pris à 60 oC, en 1979 et en 1986, généralement : le système à accumulation et le système instantané.
enfin ceux à adopter pour le dimensionnement – soit 1,5 fois les
● Le système à accumulation est surtout électrique, bien que
valeurs de 1986 – pour tenir compte de l’évolution probable des
consommations dans les années à venir ; l’utilisation de combustible fossile se justifie au moins pendant la
— les consommations annuelles d’énergie, selon le nombre de saison de chauffe, puisque les chaudières sont alors utilisées pour
pièces, ou énergie utile (en kilowatt heure) pour une température des durées significatives et à des charges optimales, offrant en outre
d’eau froide de 12 o C ; ces consommations correspondent en un temps de réponse plus court.
revanche aux valeurs de 1986, sans coefficient de majoration de 1,5. La capacité du préparateur à retenir s’échelonne généralement de
Par ailleurs, dans le paragraphe 5, les trois tableaux 4 précisent 100 à 300 litres pour un logement de 1 à 5 pièces, par pas de 50
les coefficients de répartition à appliquer à ces valeurs selon litres par pièce. Une étude réalisée par EDF en 1985 a, par ailleurs,
l’heure, le jour et le mois. confirmé ces valeurs moyennes [4].
● Le dimensionnement du système instantané, presque toujours
La consommation annuelle tient bien évidemment compte de
à combustible fossile vu le coût relativement important de la prime
la durée moyenne d’utilisation ainsi que du rendement de distribu-
fixe (abonnement relatif à la puissance souscrite) pour la production
tion, tels qu’ils ressortent des relevés effectués en 1986.
d’ECS électrique, conduit à déterminer la puissance de la chaudière,

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à partir du débit maximal probable de l’installation. Ce dernier est — de l’efficacité du stockage, ou facteur de mélange, qui peut aller
obtenu en additionnant les débits spécifiques à chaque usage de 0,75 à 0,95 pour des ballons verticaux (0,9 minimum pour les
susceptibles d’être simultanés, et en multipliant le total obtenu par ballons électriques, selon la norme NF C 73-221) ; une valeur élevée
1,5 pour couvrir les pertes de distribution et anticiper l’évolution des du facteur de mélange est d’autant plus nécessaire si l’on compte
besoins. sur une possibilité de restitution rapide, comme dans les systèmes
à semi-accumulation ;
— des pertes en boucle, qui ne sont jamais négligeables.
1.3 Installations collectives dans l’habitat Exemple : pour un écart de température eau chaude – ambiance de
40 K, la valeur des pertes (en W/m) par les canalisations non
Si les avantages liés au regroupement de la demande semblent calorifugées est de l’ordre de 1,6 fois la valeur du diamètre extérieur en
a priori l’emporter (limitation de la puissance maximale et du volume millimètres. Pour une isolation équivalente à 1 cm de laine de verre,
de stockage du fait du décalage des besoins, limitation des déper- cette valeur est ramenée à 0,5 fois le diamètre.
ditions par fourniture à température plus basse de certains usages,
réduction des coûts d’investissement et d’entretien par rapport à plu- Le choix du débit de boucle est généralement défini pour une chute
sieurs installations individuelles cumulées), il convient pour autant de 5 K, peu ressentie par l’usager le plus défavorisé. Ce débit peut
de ne pas en sous-estimer les inconvénients (augmentation des être modulé (avec 2 pompes différentes), voire interrompu durant
déperditions du fait de la création d’un réseau de distribution qu’il les périodes de non puisage.
faut maintenir en température pour garantir une équivalence de four- Exemple : le rendement de distribution ou de bouclage varie de
niture en tout point du réseau, augmentation des coûts d’investis- 30 % en l’absence d’isolation à 60 ou 70 % avec une isolation correcte.
sement et d’entretien du fait du comptage de répartition).
La définition précise des volumes totaux simultanés, mais surtout
des profils de puisage, est donc déterminante pour satisfaire au Concernant ce dernier point, le choix ou non du bouclage et
mieux les besoins et au moindre prix. de son utilisation peut se résumer de la façon suivante :
— en pratique, il est bon de prévoir soit le bouclage, soit le tra-
■ Préalable au choix de l’équipement, il y a celui du ou des niveaux çage de la canalisation, pour une distance supérieure à 10 mètres
de température d’ECS distribuée, lesquels peuvent varier de 45 oC entre le point d’utilisation et la source ;
(nécessaire en pratique pour l’obtention de 40 oC à tous les robinets) — l’arrêt de la circulation d’eau n’est pas autorisé par les avis
à 60 oC, maximum réglementaire. Les recommandations peuvent se techniques relatifs aux produits de traitement d’eau quand l’eau
résumer ainsi : est l’objet d’un traitement chimique. En tout cas, il n’est possible
— limiter si possible la température de production à 55 oC, pour que si l’installation est correctement équilibrée, de manière à ne
limiter les déperditions et les risques d’entartrage et de corrosion ; pas laisser de branches mortes après redémarrage ;
— prévoir la possibilité de régler la température à des valeurs dif- — le traçage électrique, qui permet de faire l’économie du col-
férentes, suivant l’usage et la longueur des circuits de distribution lecteur retour et de ne maintenir en température qu’une seule
(45 oC généralement pour les salles d’eau représentant environ 2/3 longueur, nécessite la pose d’un traceur en continu, solidaire
des besoins, 55 oC pour les cuisines), le coût d’exploitation étant avec le tuyau, protégé par l’isolant, avec une alimentation
directement lié à la température de distribution. asservie à la température. L’intérêt du traçage dépend pour
beaucoup de la nature de l’énergie employée pour la préparation
■ La définition précise du profil des puisages n’est pas aisée, de l’ECS ; il est évident si cette énergie est l’électricité.
c’est pourquoi l’étude visera à calculer certaines grandeurs caracté-
ristiques, variables selon le système retenu :
— la capacité nominale de stockage, à partir des besoins journa-
liers maximaux, pour un système à accumulation totale (nocturne 1.4 Installations du secteur tertiaire
généralement), en tenant compte de l’efficacité du stockage ou
facteur de mélange, paramètre caractérisant la qualité de la strati-
fication, à garantir par le constructeur ; Bien que répondant à des situations très variées, le dimension-
— la capacité de stockage et la puissance appelée pour la relance, nement des installations de ce secteur répond aux mêmes règles
à partir des besoins estimés pendant les périodes où la relance peut que pour les installations individuelles et collectives.
être appelée, pour un système à accumulation avec relance ; selon Le tableau 5 rassemble, pour divers utilisateurs du secteur ter-
le profil de puisage établi pour chaque type de jour (12 mois et 3 tiaire, les ratios des besoins d’ECS probables, pour de l’eau à 60 oC,
types, cf. tableau 4), on cherchera alors à exploiter au mieux l’équi- provenant de sources diverses. Les écarts sont parfois importants
pement de production selon ses propres caractéristiques (1 ou (nombre de chambres, de repas, de lits...) pour une même famille
plusieurs ballons, relance dans le ballon ou séparée) ; d’établissements, rendant le dimensionnement des équipements
— le plus gros volume appelé en continu, sur une durée de souvent délicat. L’extrapolation de valeurs en provenance de sites
quelques heures, ainsi que l’appoint fourni par le réchauffage réalisé équivalents en cours d’exploitation, si elle est possible, est donc
pendant le même temps, pour un système à semi-accumulation ; particulièrement recommandée. Le concepteur fondera en outre son
— la puissance nécessaire pour répondre à un puisage court et approche à partir des éléments suivants :
important, après épuisement du stock, pour un système semi-
instantané ; — les bâtiments d’hébergement (hôtel, maison de retraite, foyer,
— la puissance nécessaire au réchauffage pour la minute la plus camping) présentant généralement des profils de puisage assez
chargée, pour un système instantané ; toutefois, tenant compte de réguliers, les solutions à semi-accumulation sont souvent retenues,
l’inertie thermique de l’installation (quelques litres par logement), avec des températures de distribution variant entre 40 et 50 oC ;
le calcul est rapporté à une durée de pointe de 10 minutes à laquelle — pour les établissements hospitaliers, la variété des besoins
est associée le volume de pointe correspondant. (hébergement, restauration, blanchissage...) conduit à séparer ther-
miquement les divers usages ;
■ Le calcul des grandeurs caractéristiques ci-dessus doit éga- — pour les établissements scolaires et sportifs ainsi que sur les
lement tenir compte : lieux de travail, la température est généralement limitée à 40 oC,
— du rendement de stockage, lequel varie généralement entre voire 35 oC ; la simultanéité des puisages est maximale, lors des
80 et 93 %, si toute l’énergie est utilisée sur un cycle diurne ; pauses, entraînant un débit de pointe maximal.

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2. Règlements et normes de clapet de non-retour, avec soupape de sûreté et rejet du volume


excédentaire par un entonnoir siphonné (groupe de sécurité hydrau-
lique) permet de répondre à cette exigence.
2.1 Préambule
2.2.2 Traitement thermique
Les exigences de qualité auxquelles toute installation de distri-
bution d’eau chaude doit répondre, qu’elle soit individuelle ou col-
lective, peuvent se décliner comme suit : Concernant le traitement thermique de l’eau potable, c’est-à-dire
son réchauffage pour l’amener à l’état d’ECS, on distingue deux
— le réglage de la température doit être possible, précis et fidèle ;
modes de préparation :
— la température, une fois réglée, doit être stable ;
— le temps d’attente, nécessaire à l’écoulement d’eau refroidie — la préparation directe : chauffe-eau électrique (résistances
avant l’arrivée de l’eau chaude, doit être aussi court que possible blindées en contact avec l’eau ou résistances boudinées sur stéatites
(quelques secondes) ; en gaine étanche), chauffe-bain ou chaudière de chauffage central
— la fourniture d’eau chaude doit être continue, c’est-à-dire fiable, à double usage, à combustible (avec échangeur entre produits de
sauf interruption accidentelle de l’alimentation en eau froide du pré- combustion et eau potable) ;
parateur ou consommation excessive. — la préparation indirecte : par échangeur incorporé à une chau-
dière ou indépendant, avec utilisation d’un fluide caloporteur d’ori-
Pour satisfaire ces exigences, il convient de rappeler les gine variée (chaudière, capteur solaire, pompe à chaleur, rejet
règlements et normes relatifs à la qualité de l’eau et des installations thermique, réseau de chaleur, eau géothermale...).
d’ECS, ainsi qu’à la maîtrise de l’énergie.
C’est dans ce dernier cas qu’une pollution est à craindre par le
fluide caloporteur, celui-ci étant souvent chargé d’impuretés et de
produits additifs (antigel non sanitaire, par exemple). Certaines
2.2 Qualité de l’eau dispositions sont donc à respecter, que nous résumons ci-après.
■ Règlement sanitaire départemental type (article 16.9) et
Seules sont rappelées ci-après les exigences relatives à la prépa- instruction technique pour la réalisation et l’installation des
ration et à la distribution de l’ECS, à l’exclusion de celles concernant dispositifs de traitement thermique de l’eau potable [5].
l’eau froide potable. ● Fluide caloporteur ne contenant que des produits à usage
alimentaire ou autorisés (fluide type I) – Cas 1
— Installations multifamiliales : l’échangeur à simple paroi est
2.2.1 Hygiène admis moyennant soit l’utilisation d’un appareil de classe B
(tableau 1), soit le maintien d’une différence de pression (pression
Sur ce plan, le texte de base est le règlement sanitaire d’eau potable toujours supérieure à celle du fluide caloporteur) avec
départemental type , complété le cas échéant par l’autorité un échangeur de classe C. Néanmoins dans ce dernier cas, comme
départementale. L’eau chaude sanitaire y est considérée comme eau la pression d’eau potable ne peut être garantie en permanence,
destinée à la consommation humaine, puisqu’utilisable en particulier l’alimentation en fluide chauffant doit être équipée de vannes d’iso-
pour la cuisine. Rappelons-en les principales prescriptions : lement automatiques et d’une vanne de mise à l’air libre, actionnées
— produits additionnels : l’adjonction de produits antigel est par un détecteur de pression différentielle (figure 1), avec mise en
interdite ; l’utilisation de produits tels que catio-résines, polyphos- sécurité par manque de courant.
phates, silicates, pour lutter contre la corrosion et l’entartrage, doit En outre, dans les deux cas, il doit être possible de contrôler
être pratiquée conformément à la réglementation en vigueur et en l’existence d’une fuite éventuelle (par manomètre, par exemple).
respectant les avis techniques spécifiques à chaque fournisseur ; Enfin, conformément aux prescriptions du DTU no 65.11 (Disposi-
— l’installation doit être pourvue de dispositif anti-retour, per- tifs de sécurité des installations de chauffage central concernant le
mettant d’éviter la pollution du réseau public d’eau potable ou du bâtiment ), l’échangeur doit avoir subi, côté fluide caloporteur, une
réseau intérieur de distribution ; épreuve de tenue à une pression au moins égale à 1,5 fois la pres-
— tout poste de traitement d’eau doit être, de même, pourvu en sion maximale de service, avec un minimum de 6 bar.
amont d’un clapet de non-retour, le déversement des rejets se fai- — Installations unifamiliales : l’échangeur à simple paroi peut
sant par un entonnoir siphonné ; être de classe C (tableau 1), sans qu’il soit nécessaire de maintenir
— la dilatation de l’eau engendrée par son réchauffage ne doit une différence de pression.
provoquer ni retour en amont, ni détérioration des appareils qui la
produisent ou des canalisations qui la véhiculent ; la mise en place Le contrôle de fuite éventuelle doit être possible et l’épreuve de
tenue à la pression réalisée comme indiqué précédemment. (0)

Tableau 1 – Traitement thermique de l’eau potable par échangeur (préparation indirecte)


Classe Échangeur Matériau Fluides Cas
A double paroi (1) non oxydable à l’air tous (type II) 2
acier inoxydable usage alimentaire
B simple paroi 1
ou cuivre ou produits autorisés (type I)
traditionnel usage alimentaire
C simple paroi (acier noir) ou produits autorisés (type I) 1 (2)

(1) deux parois distinctes entre fluide chauffant et ECS


(2) utilisation unifamiliale ou maintien d’une différence de pression si installation multifamiliale

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2.2.3 Qualité sanitaire

Dernier point et non le moindre, la qualité sanitaire de l’ECS doit


faire l’objet d’une surveillance régulière et les installations doivent
faire l’objet d’un contrôle technique préalablement à leur utilisation.
Ce contrôle technique permet de vérifier le mode d’alimentation
et de vidange de tous les appareils raccordés, complété par un
contrôle analytique de l’eau après désinfection des réseaux
intérieurs.
À Paris, ces contrôles sont confiés au Centre de Recherches et
d’Études du Contrôle des Eaux de la Ville de Paris (CRECEP) ; dans
les autres départements, les DDASS désignent l’organisme
compétent.
Ce contrôle, réalisé aux frais du propriétaire, s’applique à tout
Figure 1 – Maintien d’une différence de pression réseau collectif neuf, public ou privé (cf. article 20 du règlement sani-
avec un échangeur de classe C taire départemental type). La même disposition s’applique aux
réseaux anciens, mais seulement en cas de transformation, adjonc-
tion ou réhabilitation.
● Fluide caloporteur contenant des produits à usage non ali-
mentaire ou non autorisés (fluide type II) – Cas 2
Dans ce cas, seuls sont autorisés les échangeurs à double paroi 2.3 Qualité des installations
ou les systèmes à double échange.
— Échangeur à double paroi de classe A (tableau 1) : l’espace
■ La pérennité des installations est directement liée aux caracté-
compris entre les parois, même rempli d’un matériau inerte à l’air
ristiques physico-chimiques de l’eau utilisée et à la température
et aux fluides, doit permettre l’évacuation par gravité, sans rétention,
de production, ces deux facteurs intervenant dans le processus de
des fuites éventuelles de l’un ou l’autre des fluides.
formation du tartre ou des corrosions.
L’échangeur doit avoir subi séparément sur chacun des circuits
Les caractéristiques principales d’une eau sont les suivantes :
une épreuve de tenue à la pression identique à celle du cas 1. La
conformité à ces conditions, ainsi qu’à celles relatives aux ponts — la dureté, relative à la teneur en sels dissous de calcium ou
thermiques entre les deux enveloppes ou à l’utilisation d’un fluide de magnésium ; plus celle-ci est élevée, plus l’eau est dite dure et
intermédiaire de type I à l’intérieur de ces deux enveloppes, doivent entartrante ;
faire l’objet d’une attestation du CSTB, sous couvert du ministère — l’agressivité, relative à la présence de gaz carbonique dissous
de la Santé. dans l’eau ; le réchauffage a généralement pour effet de réduire
l’agressivité de l’eau ;
— Système à double échange : ce dispositif comprend un premier — la corrosivité, liée à la composition physico-chimique de l’eau
échangeur, réalisant l’échange thermique du fluide primaire vers un (pH, résistivité, teneur en oxygène dissout, en chlorures...) ; le
fluide intermédiaire de type I, et un second échangeur distinct du réchauffage, mais aussi le renouvellement, la stagnation, les dépôts,
premier et réalisant l’échange du fluide intermédiaire vers le fluide ont pour effet d’accroître la corrosivité. On distingue plusieurs types
secondaire (eau potable). Le premier échangeur ne fait l’objet de corrosion : par courants galvaniques, par oxydation, par aération
d’aucune prescription particulière. Le second doit pour sa part être différentielle.
conforme aux indications du cas 1.
● Règles communes de réalisation.
Les échangeurs, qu’ils soient à simple ou à double paroi, ne En règle générale, l’entartrage concerne surtout les appareils
doivent pas comporter de raccord démontable sur les surfaces de production instantanée, alors que la corrosion se manifeste
d’échange. Ils doivent être munis d’une plaque indicatrice men- davantage dans les appareils à accumulation. Par ailleurs, ces
tionnant : désordres sont plus fréquents lorsque l’eau est agressive ou
que sa température dépasse 60 oC, d’où l’intérêt de maintenir
— la pression d’épreuve ; celle-ci à une valeur inférieure, si possible.
— la pression maximale de service de chaque circuit ; En outre, il faut rappeler la nécessité de placer les canalisa-
— la classe (tableau 1). tions en cuivre toujours en aval de celles en acier galvanisé, ceci
■ Circulaires des 2 juillet 1985 et 2 mars 1987 relatives au traite- afin d’éviter la formation du couple électrolytique cuivre-zinc
ment thermique des eaux destinées à la consommation humaine. conduisant à des perforations rapides.
● La circulaire du 2 juillet 1985 établit la classification des fluides
caloporteurs de type I. Cette classification comporte : Les traitements anticorrosion (sur l’eau ou sur l’installation) et
— une liste A regroupant les fluides pouvant être dilués dans les antitartre (toujours complété par un traitement anticorrosion) ne
circuits primaires de chauffage, installation solaire notamment ; doivent en aucun cas altérer les qualités de l’eau, laquelle doit rester
— une liste B regroupant les additifs pouvant être introduits dans potable. Le DTU 60.1, additif no 4, précise les conditions pour
les circuits de chauffage destinés à la production d’ECS ; lesquelles l’eau doit faire l’objet d’un traitement ; ce dernier peut
— une liste C regroupant les fluides frigorigènes pouvant être revêtir trois formes :
introduits dans les pompes à chaleur, ainsi que les lubrifiants des — la filtration, lorsque l’eau contient des matières en suspension ;
compresseurs de pompes à chaleur. — la neutralisation, pour une eau chargée en CO 2 agressif (10 à
● La circulaire du 2 mars 1987 est relative à la mise à jour de ces 15 mg/L) ;
mêmes listes. — le traitement filmogène, par addition de produits autorisés
(silicates ou phosphates).

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■ Les obligations réglementaires en matière de distribution — le DTU 65-9 fixe les règles relatives aux installations de trans-
d’ECS varient selon l’usage des locaux : port de l’ECS hors de l’emprise des bâtiments (en sol, en élévation
— pour les logements neufs, l’article 111.3 du Code de la cons- ou en galerie technique), à l’exception de celles relatives aux cana-
truction et de l’habitation précise les obligations, complétées pour lisations préisolées ou sous gaine étanche qui font l’objet d’avis
les HLM par les recommandations de la Fédération des organismes techniques séparés, ou des canalisations sous voie publique ;
HLM ; — le DTU 65-10 concerne notamment les règles générales de
— pour les logements existants, voir le règlement sanitaire mise en œuvre des canalisations d’ECS sous pression à l’intérieur
départemental type, article 40 ; des bâtiments.
— pour les bâtiments et locaux autres que d’habitation, plusieurs ■ Outre l’arrêté du 23 juin 1978 (art. 35e), le Syndicat National de
textes mentionnent les obligations d’aménagement sanitaire, l’Isolation a établi des recommandations donnant les épaisseurs
notamment : minimales d’isolation, en fonction des diamètres extérieurs des
• le règlement sanitaire départemental type, pour les locaux tubes (pour ECS à 60 oC, ambiance entre 10 et 20 oC), soit :
anciens (art. 58), les établissements recevant du public – ERP
(art. 67), les locaux de sport (art. 68) ; • 30 mm, pour des diamètres compris entre 21 et 60 mm ;
• l’arrêté du 23 juillet 1983, pour les hôtels ; • 40 mm, pour des diamètres compris entre 70 et 114 mm ;
• le code du travail, pour les lieux de travail (art. R 232.22) ; • 50 mm, pour des diamètres compris entre 139 et 219 mm.
• les documents techniques, circulaires et les cahiers des clauses Ces épaisseurs sont valables pour des isolants dont la conductivité
techniques particulières (CCTP) émanant du ministère de l’Éducation thermique est comprise entre 0,035 et 0,040 W/m2 · K (par exemple,
nationale, pour les écoles maternelles [circulaire du 23.03.72 – coquilles en mousse de polyuréthane, de caoutchouc, en polys-
brochure no 211 CS (Constructions Scolaires), limitant notamment tyrène, en laine de roche ou de verre...).
à 45 oC la fourniture de l’ECS], pour les écoles élémentaires (circu-
laire du 20.08.73 – brochure no 8 207) et les établissements du second ■ Enfin, pour terminer ce paragraphe consacré aux normes et
degré (CCTP). règlements régissant les installations d’ECS, il convient de citer les
labels PROMOTELEC relatifs aux installations utilisant l’énergie
■ Autre texte réglementaire important visant les installations électrique en tout ou partie :
d’ECS, l’arrêté du 23 juin 1978 porte notamment sur les points — le label Confort Plus est dédié aux logements neufs, avec des
suivants : productions d’ECS de type électrique individuel, thermodynamique
— la classification des installations, suivant leur puissance utile (pompe à chaleur) ou électro-solaire ;
(supérieure ou non à 70 kW) et leur destination (titres I, II et III) ; — le label Confort-Sécurité s’applique aux logements existants et
— la limitation de la température de production de l’ECS, soit fixe comme précédemment certaines règles relatives à la capacité
100 oC (art. 33) ; minimale des ballons électriques, à l’asservissement horaire de fonc-
— le calorifugeage des tuyauteries de distribution d’ECS tionnement, à la longueur maximale de raccordement... Depuis le
(art. 35e) ; 1er avril 1993, les exigences de ce label sont identiques à celles de
— la limitation de la température de l’ECS distribuée, soit 60 oC Confort Plus, en cas de rénovation totale.
au point de puisage, excepté pour les cuisines ou buanderies des
ERP où elle peut atteindre 90 oC, moyennant une signalisation
particulière (art. 36) ;
— la protection par sécurité positive des dispositifs limitant la 2.4 Maîtrise de l’énergie
température ou la pression de l’ECS (par mise en sécurité automa-
tique en cas d’incident ou de coupure d’alimentation), avec réar-
mement manuel (art. 37). ■ La répartition des frais d’ECS dans un immeuble collectif fait
l’objet du décret du 19 juin 1975, complété par l’arrêté du 25 août
■ Enfin, la norme NF P 40-202 (DTU 60.11) fixe les conditions 1976. Il s’applique à tous les immeubles existants ou à construire. Le
minimales d’exécution des travaux de plomberie, notamment : décret offre deux possibilités :
— le niveau de pression résiduelle à chaque appareil, pour le débit — soit la mesure des quantités d’ECS ;
de base requis, soit 3 m CE (colonne d’eau) minimum, au robinet — soit la mesure des quantités de chaleur nécessaire au chauf-
le plus défavorisé (environ 0,3 bar), et 1 bar minimal à l’entrée de fage de l’ECS, fournie à chaque occupant.
chacun des logements, en collectif ; Comme la température de l’eau distribuée est généralement
— le débit de base des appareils, ainsi que le diamètre intérieur constante, le compteur volumétrique est le système économique-
minimal des canalisations d’alimentation à ces appareils. ment le mieux adapté.
■ Les DTU (Document Technique Unifié), qui n’ont pas encore Ce décret a pour effet d’inciter les concepteurs d’immeubles col-
acquis le statut de norme, fixent néanmoins de nombreuses règles lectifs (dont les logements sont le plus souvent superposés) :
très souvent contractuelles : — soit à créer une colonne montante unique par logement (ou
— le DTU 60-1 (et ses additifs), à l’exception des règles ci-dessus groupe de logements), avec distribution horizontale vers les loge-
(DTU 60.11), lesquelles s’inscrivent dans le cadre d’une révision ments, en installant le comptage en partie commune ;
générale de ce document, fixe les conditions de réalisation des — soit à préférer les techniques de préparation individuelles aux
travaux de plomberie (nature des canalisations, température d’uti- techniques collectives, en comparant les coûts d’investissement,
lisation, composition électrochimique de l’eau en relation avec le trai- d’exploitation, d’entretien et de renouvellement des compteurs.
tement anticorrosion, vitesse de circulation, purges, tubes témoins
Sauf contraintes particulières, les immeubles existants doivent
et robinets de prise d’essai) ;
être équipés de compteurs depuis le 15 septembre 1977.
— le DTU 60-5 traite des conditions d’utilisation des canalisations
en cuivre ; La répartition des frais de réchauffage de l’eau se présente de
— le DTU 65-3 concerne les installations de sous-station deux manières :
d’échange à eau chaude sous pression, limitant à 110 oC la tempé- — le système de production d’ECS est indépendant de l’installa-
rature du fluide primaire utilisé pour le réchauffage de l’ECS, sa pres- tion de chauffage : dans ce cas, la répartition des frais est propor-
sion ne devant pas dépasser celle de l’eau froide à réchauffer (§ 1.3) ; tionnelle à la consommation de chacun ;

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— la même chaufferie assure le chauffage et la production d’ECS : ● Chauffe-eau thermodynamique


le calcul de consommation de combustible pour la part revenant à On se référera aux normes NF E 38-151, 38-152 et 38-200 (récupé-
l’eau chaude est effectué en tenant compte de la consommation glo- ration à partir d’équipements frigorifiques).
bale d’eau froide correspondante, de l’écart de température en
● Chauffe-eau solaire
moyenne annuelle et du rendement moyen de production (hors
boucle) ; ce sont les 2/3 du coût global ainsi établi qui sont répartis Les capteurs doivent satisfaire aux normes NF P 50-111, 50-501,
proportionnellement à la consommation de chacun, les autres 50-502, 50-511, les ballons à la norme NF P 50-301 et les chauffe-
dépenses étant réparties conformément aux conventions et usages eau solaires individuels à la norme NF P 50-521. Enfin, la norme
en vigueur. Chaque propriétaire ou organisme locatif fixe en général NF P 50-601 retranscrit le DTU 65-12 (Réalisation des installations de
ces règles, qui ne sont pas touchées par le décret de 1975. capteurs solaires plans à circulation de liquide ).
Le matériel de comptage fait l’objet du décret du 22 juin 1982, ● Réseaux de chaleur : pour les réseaux d’eau surchauffée (tem-
lequel réglemente cette catégorie d’instruments de mesure pérature du fluide primaire supérieure à 110 oC), on se référera au
(compteurs d’eau chaude), et de l’arrêté du 14 décembre 1982 portant DTU 65-9, et pour les réseaux de vapeur, au Guide Pratique des Pos-
approbation du modèle de compteur d’ECS. tes de Raccordement [10].

■ Enfin, certains modes de préparation font l’objet de prescrip-


tions particulières selon l’énergie utilisée.
● Utilisation de l’électricité 3. Systèmes de production
Le lecteur pourra utilement se reporter, dans le traité Génie élec-
trique, aux articles spécialisés et notamment aux différents articles d’eau chaude.
Installations électriques et à l’article Applications électrodomes-
tiques. Généralités [D 5 330].
Règles de conception
— Les installations de branchement et de raccordement doivent
être conformes aux normes NF C 14-100 et 15-100, ainsi qu’aux 3.1 Composition générale
DTU 70-1 et 70-2.
— Les appareils de production peuvent être estampillés Toute installation peut se décomposer ainsi :
« CONTRÔLE NF limité à la sécurité » ou « NF ÉLECTRICITÉ », ces ■ la production, dont les éléments constitutifs sont :
deux marques, étant gérées par l’Union technique de l’Électricité
— la source d’énergie : combustible traditionnel (fuel, gaz, char-
(UTE). La marque « NF ÉLECTRICITÉ » suppose la conformité aux
bon, bois), électricité, réseau de chaleur, énergie solaire ou de
normes suivantes.
récupération (condenseur de groupe frigorifique, par exemple) ;
● Chauffe-eau Fixe non instantané (ou à accumulation ) : NF C 73- — le dispositif de transfert de chaleur, qui peut être intégré à
220 (règles de sécurité relatives à la pression d’essai, à la température l’appareil de production d’ECS, ou faire appel à des chaudières ou
limite de l’eau, à l’indice de protection électrique), NF C 73-221 (per- échangeurs réchauffant un fluide intermédiaire (production dite
formances relatives à la durée de mise en température, à la tem- indirecte) ;
pérature moyenne de l’eau, au rendement, à la constante de — un ensemble facultatif de stockage de l’eau chaude, soit consti-
refroidissement et au facteur de mélange), et NF C 73-222 (cotes de tué par le système de réchauffage lui-même, soit séparé physi-
fixation et de raccordement pour les appareils de 50 à 150 L) ; quement.
● chauffe-eau instantané (puissance inférieure à 10 kW) :
■ la distribution, par un réseau ouvert en ligne ou en boucle, où
NF C 73-139 ;
l’eau chaude puisée est remplacée en amont du dispositif de pro-
● lave-mains (chauffe-eau instantané de puissance inférieure à duction par de l’eau froide.
3 kW) : NF C 73-142 ;
■ la fourniture, constituée par les appareils sanitaires et leur robi-
● groupe de sécurité hydraulique : cet ensemble, obligatoire pour
netterie.
tout appareil sous pression, comprend un robinet d’arrêt, un clapet
de retenue, une soupape de sûreté et un dispositif de vidange ; la
norme NF C 73-301 fixe ses caractéristiques de fonctionnement.
● Utilisation du gaz 3.2 Classification et choix
Le lecteur pourra utilement se reporter, dans le présent traité,
aux articles spécialisés.
■ Production individuelle ou collective
— L’installation de chauffe-eau à gaz dans les logements est sou-
● En général, une installation collective présente un coût d’instal-
mise à l’arrêté « gaz » du 2 août 1977, rendant obligatoire certaines
prescriptions des DTU 61-1 Installations de gaz, 65-4 Prescriptions lation inférieur à la somme des coûts des installations individuelles
techniques relatives aux chaufferies et 24-1 Travaux de fumisterie. qu’elle remplace ; elle dure plus longtemps et coûte aussi moins cher
en entretien. Elle est également moins encombrante et, éventuelle-
Pour les ERP, et selon la nature des établissements concernés, il ment, moins bruyante que les équipements individuels situés dans
convient de se reporter aux articles GZ et CH du « Règlement de les locaux occupés, sauf dans le cas de préparation électrique.
Sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les Établis-
sements Recevant du Public ». En outre, elle conduit à des rendements de production souvent
supérieurs à ceux des systèmes individuels, et permet d’exploiter
— Les appareils fonctionnant au gaz font eux aussi l’objet d’une le foisonnement des puisages. Néanmoins, le rendement global de
marque nationale « NF GAZ », certifiant la conformité aux normes : l’installation collective se trouve affecté (du fait des pertes calori-
NF D 35-321, pour les appareils de production instantanés. fiques) par le rendement moyen annuel de distribution, lequel
NF D 35-325, pour les appareils à accumulation. dépasse rarement 70 % et dépend bien sûr de la qualité du
NF D 35-336, pour les chaudières à double usage. calorifugeage (§ 1.3).

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● Toutefois, on notera la souplesse de fonctionnement de l’instal- • le choix d’une puissance de chaudière adaptée aux besoins
lation individuelle, l’autonomie des usagers et l’absence de gestion d’ECS pour les installations collectives à plusieurs chaudières,
des consommations. • le choix d’une chaudière à faibles pertes à l’arrêt, l’utilisation de
la condensation ou la mise en œuvre d’une deuxième source
d’énergie hors saison de chauffe, généralement l’électricité ; dans
En conclusion, on adopte généralement la production collec- ce dernier cas, l’installation de production d’ECS à accumulation
tive, sauf dans les cas suivants : permet d’exploiter la tarification EDF en heures d’été.
— distance importante séparant la production des points de ● L’installation spécifique ou simple usage permet de dimen-
puisage, et foisonnement mauvais (appels maximaux à peu près sionner au mieux chacune des deux installations, associant par
simultanés ; par exemple, la restauration, les douches d’entre- exemple un chauffage collectif à des productions d’ECS indivi-
prise...) ; duelles, et rendant possible l’utilisation d’énergies différentes.
— besoins faibles, compte tenu de la distance [besoins peu
élevés, par utilisateur, et trop dispersés géographiquement (col-
lectif diffus)].
3.3 Description technique
■ Énergie
Tout type d’énergie est susceptible d’être utilisé pour produire Le lecteur pourra se reporter aux articles spécifiques dans les
l’ECS. Les énergies le plus fréquemment employées sont le fuel et traités Génie électrique et Génie énergétique.
le gaz pour les installations double usage (chauffage et ECS), le gaz
et l’électricité pour les installations spécifiques (ECS seule).
3.3.1 Production individuelle, simple usage
En règle générale, et compte tenu de la hiérarchie actuelle des
■ Production semi-instantanée par l’électricité
coûts des énergies :
— le gaz naturel, lorsqu’il est disponible sur le site, est fré- Dans cette catégorie, on distingue deux types d’appareils :
quemment employé ; — les chauffe-eau électriques instantanés, de puissance 10 à
— dans le cas contraire, si les besoins sont importants, 24 kW ; ils sont peu utilisés, car pénalisés par leur forte puissance
l’énergie fuel est retenue, avec variante biénergie électrofuel si électrique appelée ;
les besoins en été le justifient ; — les chauffe-eau dits rapides, de capacité 50 L maximum, de
— si les besoins sont faibles, on retient généralement l’élec- puissance 120 à 200 W/L avec temps de chauffe inférieur à 45
tricité, le gaz naturel ou le GPL (gaz de pétrole liquéfié). minutes ; peu encombrants, ils s’installent directement à proximité
du point de puisage.
■ Production instantanée ou à accumulation ■ Production à accumulation par l’électricité
À l’inverse de la production instantanée, le système à accumu- Cet appareil d’usage très fréquent, de capacité 50 L minimum, de
lation permet de dissocier le rythme de la production des varia- puissance 10 à 12 W/L est équipé d’un thermostat limitant la tempé-
tions brusques de la demande, en effectuant un écrêtage des rature de l’eau à 60 ou 65 oC, dont le point de consigne n’est géné-
pointes de consommation et un lissage des besoins d’énergie. Il ralement pas modifiable. Il peut être de type horizontal ou vertical
réduit donc le coût de la puissance. En contrepartie, le stockage (meilleure efficacité).
présente deux inconvénients :
■ Production par pompe à chaleur (chauffe-eau thermodynamique)
— investissement supplémentaire (coût direct et coût du volume
occupé) ; Le plus souvent, il s’agit d’une pompe air/eau, prélevant l’énergie
— perte d’énergie sous forme de déperditions thermiques par sur l’air extérieur, l’air ambiant d’un local secondaire (sous-sol,
les parois. cellier) ou l’air extrait du logement. Cette dernière solution est la plus
recommandée car la plus performante (température constante et
relativement élevée de la source froide).
En général, la solution à accumulation est la plus souvent Le ballon à accumulation complétant l’équipement (généralement
retenue, notamment dans le cas du préparateur ou chauffe-eau 300 L) est souvent doté d’une résistance d’appoint de 2 kW environ
électrique (fonctionnement en heures creuses à tarif réduit). pour faire face aux besoins (figure 2).
La production instantanée ou semi-instantanée trouve son
application lorsque les besoins sont importants et avec un profil Malgré tout, le marché du chauffe-eau thermodynamique reste
de puisage continu. modeste comparé à celui des pompes à chaleur destinées au chauf-
fage des locaux. La rentabilité sur le long terme est plutôt faible,
du fait notamment de la température élevée de production d’ECS
■ Installation double usage (chauffage et ECS) ou spécifique (45 à 50 oC minimum), entraînant un coefficient de performance
(production ECS seule) modeste (≈ 2).
● L’installation double usage permet de réduire le coût d’instal-
■ Production instantanée par le gaz
lation, la production de chaleur étant commune. Ses principaux
inconvénients sont : Le fonctionnement de ces appareils est limité à celui du soutirage
d’ECS. On distingue :
— une puissance installée excessive, pour la fonction chauffage,
avec les systèmes de production instantanée (§ 3.3.2) et, dans une — les appareils non raccordés à un conduit d’évacuation ;
moindre mesure, avec les systèmes à accumulation ; — ceux conçus pour être raccordés à un conduit ;
— une élévation excessive de la température en début de souti- — les appareils à circuit de combustion étanche à ventouse.
rage, pour les chaudières individuelles double usage à production Fonction de la puissance utile nominale, la terminologie employée
instantanée ; est la suivante :
— la nécessité de conserver le système de production de chaleur — chauffe-eau, pour une puissance de l’ordre de 8 à 9 kW ;
en service, hors saison de chauffe, donc avec un rendement — chauffe-bains, pour une puissance comprise entre 17 et 28 kW ;
médiocre ; ce rendement peut néanmoins être amélioré de diverses — générateurs d’eau chaude, pour une puissance comprise entre
manières : 29 et 70 kW.

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Figure 3 – Schéma d’installation d’un générateur d’eau chaude


à gaz à accumulation avec ballon tampon

Figure 2 – Vue éclatée d’un chauffe-eau thermodynamique

Ces appareils sont habituellement réservés à la desserte d’un petit


nombre de points de puisage.
■ Production à accumulation par le gaz
L’eau est stockée dans un réservoir calorifugé, dont la capacité
varie de 75 à 200 L, à une température limitée à 60 oC. L’eau étant
réchauffée avant et durant les puisages, ce système permet de dis-
tribuer de grandes quantités d’ECS et d’alimenter plusieurs postes
de puisage. Suivant le type d’appareil (chauffe normale, rapide ou
ultra-rapide), la reconstitution de la réserve s’effectue entre 20 min
et 1 h 30. Ce temps de chauffage dépend bien sûr du rapport entre
le volume de stockage et la puissance utile de l’appareil. En outre,
le volume de stockage peut être augmenté par adjonction d’un ballon
tampon relié par une boucle de charge au départ de l’installation
(figure 3). Figure 4 – Schéma de principe d’une installation de production
Les appareils sont disponibles en version haut rendement ou d’ECS solaire individuelle
condensation.
■ Production par énergie solaire ■ Production par le gaz : dans ce cas, il s’agit de chaudières de
L’impossibilité de compter avec certitude sur une couverture faible puissance (< 28 kW) de type mural.
solaire totale des besoins d’ECS conduit à mettre en œuvre des sys- ● Production instantanée
tèmes bi-énergie, dont le coût d’installation est plus élevé que celui
des systèmes traditionnels. Parmi ceux-ci, le système électrosolaire Comme indiqué au paragraphe 3.2, la puissance de la chaudière,
est le plus fréquemment rencontré, suivant deux types d’installation. déterminée pour la couverture des besoins en ECS, est souvent
disproportionnée pour la fonction chauffage (de l’ordre de 23 à 28 kW
● Un ballon de préchauffage de l’ECS, situé juste au-dessus du
pour l’ECS, au lieu de 5 à 8 kW pour le chauffage). C’est pourquoi
capteur solaire et alimenté par thermosiphon, est placé en série sur les chaudières fonctionnent pour la plupart selon deux régimes : un
l’alimentation en eau froide de l’installation traditionnelle (en régime réduit pour le chauffage, adapté automatiquement ou
l’occurrence, un chauffe-eau électrique). manuellement à l’installation, et un régime maximal pour la pro-
● Afin d’éviter le coût d’un deuxième stockage, on fait appel à un duction d’ECS. Deux types de conception se distinguent :
ballon électrosolaire recevant le serpentin du circuit solaire en partie — le chauffage de l’ECS est direct : la chaudière est équipée de
basse et la résistance électrique d’appoint en partie haute. De la sorte, deux circuits hydrauliques alimentant deux surfaces d’échange
la stratification des températures à l’intérieur du ballon garantit la séparées, une pour le chauffage, l’autre pour l’ECS ; en cas de souti-
non-dégradation de la performance solaire par l’énergie d’appoint rage, une valve à venturi coupe la pompe du circuit de chauffage
(figure 4). et ouvre en grand le robinet d’arrivée du gaz pour assurer le
Ce système nécessite par ailleurs une régulation stoppant la circu- réchauffage de l’ECS ;
lation de la boucle de récupération solaire, lorsque celle-ci n’est plus — le chauffage de l’ECS est indirect : le circuit primaire est envoyé
permise par les différents niveaux de température. soit vers le circuit de chauffage, soit vers un échangeur secondaire
pour le réchauffage de l’ECS en cas de soutirage ; cet échangeur sup-
plémentaire conduit à des temps de réchauffage plus longs que dans
3.3.2 Production individuelle, double usage le cas précédent.

Dans ces appareils, la priorité est toujours donnée à la produc-


tion d’ECS par rapport à la fonction chauffage.

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Une évolution de ces chaudières est proposée par la mise en — séparé de la chaudière, avec un circuit de charge également
œuvre d’un échangeur complémentaire à condensation, générale- équipé d’un circulateur fonctionnant en tout ou rien suivant la
ment placé au-dessus du corps de chauffe principal, et raccordé demande ; cette solution permet de choisir plus librement le volume
hydrauliquement en amont de ce dernier. Il permet d’augmenter le de stockage à mettre en œuvre.
rendement de l’échange en préchauffant l’ECS avant l’entrée dans
l’échangeur principal, par diminution de la température des fumées
(condensation de la chaleur latente). 3.3.3 Production collective
● Production à accumulation
Dans ce cas la réserve d’eau chaude permet de réduire nota- ■ Production instantanée par l’électricité
blement la puissance utile de la chaudière et apporte une souplesse Ce système associe une chaudière électrique à un préparateur
d’utilisation et une stabilité de température ECS accrues. Pour un d’ECS instantané, dont le volume de stockage est inférieur aux
débit instantané de 170 à 350 L/h, la puissance nécessaire n’est plus besoins maximaux susceptibles d’être appelés en une heure. Géné-
que de 7 à 14 kW. ralement, ce principe est mis en œuvre sur une installation existante
Ce système associe, dans une même enveloppe ou sous forme fonctionnant avec des chaudières à combustible fossile (figure 6),
d’éléments séparés, la chaudière à deux circuits hydrauliques indé- sur le principe de la relève.
pendants et le ballon de stockage. Ce dernier peut d’ailleurs être L’électricité est alors utilisée durant les périodes tarifaires favo-
combiné, en première installation ou après coup, à une chaudière rables, selon le combustible employé (heures creuses, hiver et/ou
double usage à production instantanée, pour faire face à des besoins été). La chaudière électrique alimente le primaire du préparateur
d’ECS plus importants par exemple. existant, et permet également d’assurer le maintien en tempéra-
ture de la boucle de distribution, en enclenchant tout ou partie de
■ Production à accumulation par combustible la puissance électrique.
On se réfère non aux chaudières de type mural, mais plutôt aux L’inconvénient de ce système réside principalement dans la néces-
chaudières au sol de puissance moyenne. sité de prévoir une puissance électrique importante, d’où une inci-
Plusieurs variantes de ce système sont disponibles sur le marché, dence sur la prime fixe non négligeable. Cette incidence pour une
suivant l’énergie utilisée et la position du réservoir d’ECS. Dans tous utilisation réduite (durée de production ECS limitée à la seule relève)
les cas, la chaudière assure le chauffage d’un fluide primaire destiné a pour effet d’augmenter la durée de l’amortissement faible.
d’une part au chauffage des locaux et d’autre part au réchauffage
de l’ECS, soit par l’intermédiaire d’un serpentin, soit par un réservoir
à double enveloppe.
Le réservoir peut être situé de trois façons différentes :
— intégré à la chaudière, au-dessus du corps de la chaudière, le
circuit primaire fonctionnant en thermosiphon ; dans ce cas, la tem-
pérature du stock ne se stabilise qu’en période de non-soutirage
(figure 5a ) ;
— intégré à la chaudière, en dessous du corps de la chaudière ;
ce montage, de plus en plus souvent adopté par les fabricants,
permet de mieux contrôler la température du stock par la nécessité
d’installer une pompe de charge, laquelle assure de plus le fonction-
nement prioritaire de la production d’ECS (figure 5b ) ;
Figure 5 – Schémas de principe d’une chaudière à combustible
avec ballon de production d’ECS intégré

Figure 6 – Schéma de principe


d’une production d’ECS instantanée électrique
en relève de chaudière

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■ Production instantanée à combustible chauffage et le maintien en température de l’ECS. Ils sont montés
L’installation comprend, dans ce cas, un échangeur alimenté par en série sur le circuit hydraulique, avec un by-pass permettant
le primaire de la chaudière à combustible, la modulation de puis- d’isoler chacun d’eux séparément si nécessaire (figure 7).
sance étant habituellement réalisée à partir d’une vanne de Leur capacité totale doit permettre de couvrir la totalité des
régulation à trois voies. Le schéma de principe est donc équivalent besoins journaliers. L’installation comprend notamment :
à celui de la figure 6, à l’exception de la chaudière électrique. — un dispositif de sécurité hydraulique (groupe de sécurité) par
Du fait des inconvénients inhérents à ce système (mauvaise exploi- appareil ;
tation de la puissance nécessaire à la production d’ECS notamment), — une canalisation de retour ou de boucle, avec pompe de
ce principe est de moins en moins exploité. Toutefois, les rendements circulation ;
élevés (supérieurs ou égaux à 90 % sur PCI), obtenus à partir de chau- — le cas échéant, un réchauffeur de boucle (dont la puissance est
dières à condensation, rendent cette solution encore acceptable, à souscrire en heures pleines) ; dans ce cas, la boucle doit être rac-
pour le gaz notamment. Dans ce cas, on veillera à installer une cordée en aval des capacités de stockage (figure 7).
réserve sur l’arrivée d’eau de ville pour garantir une irrigation On peut aussi maintenir la température de boucle à l’aide du stoc-
constante du condenseur et assurer ainsi le préchauffage de l’ECS. kage, ce qui revient à réduire la puissance souscrite en heures plei-
■ Production semi-instantanée ou en semi-accumulation nes.
Nota : pour maintenir la température de boucle à l’aide du stockage, on fait le bouclage
par l’électricité sur un ballon ECS, avec suppression du réchauffeur de boucle, donc réduction de la puis-
Ce système s’apparente à celui décrit pour la production instan- sance souscrite, mais aussi diminution de la capacité de stockage, du fait du refroidisse-
ment par la boucle.
tanée. Toutefois, le volume de stockage, inférieur aux besoins maxi-
maux susceptibles d’être appelés en 3 heures, permet de limiter la Il est possible également de réduire le volume de stockage en choi-
puissance nécessaire pour la chaudière électrique. sissant une température supérieure à 60 oC, ce qui nécessite alors
l’installation d’un mitigeur thermostatique au départ du réseau de
■ Production semi-instantanée par combustible distribution ECS.
ou à partir d’un réseau
Bien entendu, afin d’optimiser le coût d’installation d’un tel
Ce type d’installation associe soit une chaudière à combustible, système, l’alimentation électrique des thermoplongeurs doit être
soit un échangeur de chauffage urbain, utilisable simultanément rigoureusement pilotée et programmée en fonction des différentes
pour le chauffage des locaux, à un préparateur séparé de type semi- tranches tarifaires EDF. Outre l’exploitation des heures creuses EDF,
instantané, alimenté par une boucle primaire. Cet ensemble de pré- les avantages d’une telle solution sont identiques à ceux énumérés
paration comprend, d’une part, une surface d’échange (serpentin ou pour la production semi-instantanée par combustible. Côté incon-
double enveloppe de réservoir, échangeur tubulaire ou à plaques) vénients, il convient de noter ceux relatifs à l’encombrement et aux
et, d’autre part, le réservoir de stockage. pertes thermiques dues aux préparateurs.
Les avantages reconnus de ces systèmes sont les suivants :
■ Production à accumulation par combustible
— la limitation de la puissance nécessaire, du fait de l’étalement ou à partir d’un réseau
de la charge ;
● Le schéma de principe de ce système s’apparente à celui du cas
— la grande stabilité de la température de distribution d’ECS ;
— la bonne tenue dans le cas de pointes de soutirage importantes. précédent, à la différence près du dispositif de réchauffage, constitué
ici d’une épingle alimentée en fluide primaire à partir d’une chaudière
En contrepartie, il faut noter le problème posé par l’entartrage ou à combustible ou d’une sous-station raccordée à un réseau de chauf-
la corrosion des surfaces d’échange, ainsi que le surcoût du réservoir fage urbain. Néanmoins, le fait d’utiliser une source d’énergie à tari-
de stockage, par rapport au système instantané. fication unique conduit à étendre la période de fonctionnement des
■ Production à accumulation par l’électricité réchauffeurs à toute la journée. De ce fait, il est possible de réduire
le volume de stockage à la valeur permettant d’effacer les pointes de
Un tel système est constitué d’un ou plusieurs appareils de stoc- soutirage les plus élevées dans l’année.
kage de forte capacité, équipés de résistances électriques pour le

Figure 7 – Installation de production


d’ECS à accumulation électrique

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Par ailleurs, la puissance de réchauffage étant faible par rapport En contrepartie de la réduction du coût de production d’ECS, les
aux besoins hivernaux de chauffage, il est conseillé de prévoir une principaux inconvénients d’une telle installation sont les suivants :
chaudière de puissance adaptée, spécifique aux besoins d’eau — la difficulté d’implantation des capteurs (orientation, absence
chaude, qui sera utilisée seule en été, pour ne pas dégrader trop de masque) ;
fortement le rendement global de production. Pour le chauffage — les servitudes du nettoyage régulier des capteurs ;
urbain, un échangeur de puissance adaptée est recommandé, — l’importance du volume de stockage nécessaire ;
notamment pour permettre un fonctionnement des vannes de — l’investissement assez lourd.
régulation dans la plage optimale.
● Une autre solution, de type bi-énergie, consiste à prévoir l’ins-
tallation de résistances électriques dans le ballon de stockage, en 3.4 Règles de calcul
plus du réchauffeur à eau chaude. L’ECS est alors produite à partir de
l’électricité au tarif d’été. La détermination du volume de stockage 3.4.1 Généralités
doit alors tenir compte de l’accumulation nécessaire pour la période
de fonctionnement retenue en été. ■ Grandeurs à déterminer
■ Production par énergie solaire Le calcul d’un système doit aboutir à la détermination :
— de la puissance thermique nécessaire au réchauffage de l’ECS
L’intérêt d’une installation solaire réside dans l’utilisation d’une
(ou la puissance complémentaire pour les installations double
énergie gratuite, permettant de réduire le coût annuel de la produc-
usage) et, le cas échéant, au maintien en température de la boucle
tion ECS, tout en faisant appel néanmoins à un système d’appoint
de recyclage ou du réseau de distribution (traceur) ;
garantissant le niveau de température. La décision de réaliser une
— du volume de stockage, sauf pour les systèmes instantanés ;
telle installation est directement liée à la durée d’ensoleillement local
— des débits maximaux d’ECS, pour le calcul du réseau de distri-
(environ 1 600 h par an à Lille, 2 800 h à Nice).
bution.
Les valeurs habituelles des besoins en secteur résidentiel
conduisent à l’installation de 2 m2 de capteurs plans par personne, ■ Droites d’égal confort
associés à un stockage de 100 à 150 L par personne également. Un — Convenons, pour un système déjà chargé, c’est-à-dire où le
calcul spécifique est toutefois indispensable pour chaque cas. volume destockage VS est à la température de consigne Tgen , que
Parmi les différentes solutions techniques, celle réalisant un bou- le besoin à satisfaire soit le puisage d’un volume VP en un temps t P .
clage sur un stockage purement solaire, placé sur le circuit La puissance P (en watts) de réchauffage nécessaire en complé-
d’alimentation en eau froide, est intéressante (figure 8). Moyennant ment peut s’exprimer par :
une vanne de régulation à trois voies placée sur le circuit primaire,
fonctionnant en tout ou rien et by-passant l’échangeur dès que l’écart P = 1,16 (Tgen – T S min) (V P – V S)/t P (1)
de température primaire/secondaire n’est plus favorable, l’efficacité
de la récupération d’énergie est optimale. avec T S min variable entre T F (température entrée de l’eau froide),
si la stratification dans le ballon est parfaite, et T dis – 5 K (T dis étant
Un deuxième ensemble de régulation permet d’ajuster le niveau la température de distribution au départ du réseau), selon le confort
de température requis, à partir du système d’appoint placé en aval garanti.
du stockage.
Le coefficient 1,16 indique qu’il faut 1,16 W pour élever 1 litre d’eau
de 1 oC en 1 h.
Les volumes sont exprimés en litres, les températures en oC et
le temps en heures.

Figure 8 – Production d’ECS solaire collective

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Ainsi, pour un besoin (V P /t P), P dépend linéairement de V S . Sur


un diagramme P/V S , nous pouvons ainsi définir quatre demi-droites
caractérisant chacune un système spécifique (figure 9) :
— le système instantané (verticale V S min ), correspondant au
minimum technique de stockage (admis 10 L/logement) ;
— le système semi-instantané (demi-droite biaise de gauche), où
la capacité maximale de stockage correspond au volume puisé sur
une courte période (t P = 1 h au maximum) ;
— le système à semi-accumulation (demi-droite biaise de droite),
où la capacité de stockage dépasse généralement deux ou trois
heures de besoins maximaux ;
— le système à accumulation totale (horizontal C j /24), C j (en
Wh) correspondant à la consommation d’énergie sur une journée.
Figure 9 – Système ECS : droites d’égal confort
On qualifie ces quatre demi-droites « d’égal confort » :
au-dessus, on est dans la zone de confort ; en dessous, et dans
la limite des demi-droites inférieures en trait discontinu, le Après quoi, on ajoute à cette puissance celle nécessaire au
confort risque d’être insuffisant. En réalité, sans les simplifica- maintien en température de la boucle de recyclage ou du réseau de
tions d’hypothèses, le diagramme formerait une branche distribution ; elle est de l’ordre de 40 à 50 % de P pour un circuit
d’hyperbole dont les demi-droites seraient les tangentes. bouclé et calorifugé, à circulation permanente, et de 25 à 30 % pour
un réseau calorifugé, avec traçage électrique.
■ Système à accumulation par l’électricité
3.4.2 Production d’eau chaude
Ce système se rencontre surtout en installation individuelle.
■ Système instantané La capacité du ballon peut être déterminée à partir des valeurs
recommandées du tableau 3, majorées à partir des coefficients de
La puissance P (W) dépend de l’appel le plus important de répartition mensuel et hebdomadaire (tableau 4) pour faire face aux
l’année, soit Q pte , c’est-à-dire le débit de pointe d’ECS à 60 oC besoins extrêmes. Cette méthode peut néanmoins conduire à des
appelé en 10 min, exprimé en L/h : valeurs excessives ; on la réservera donc à des systèmes à accu-
P = 1,16 Q pte (60 – TF) (2) mulation ou semi-accumulation à combustible, pour lesquels la
capacité et la puissance de relance doivent être prévues d’emblée.
Nota : par convention, le débit de pointe théorique est calculé pour une température
ramenée à 60 oC, quelle que soit l’utilisation. On retiendra donc plutôt les valeurs fixées par le label « Confort
Plus » pour la solution électrique, soit une capacité variant de 100
Les valeurs à retenir pour la température minimale de l’eau froide
à 300 L, par pas de 50 L, pour un logement de 1 à 5 pièces principales
T F , disponibles auprès des services concessionnaires des grandes
ou plus.
villes, s’échelonnent de 5 oC (pour le Nord et l’Est) à 10 oC (pour les
villes côtières en bordure de Méditerranée). Pour la plupart, les villes La puissance se détermine en général pour un temps de chauffage
du Centre et de l’Ouest de la France ont une température minimale de 8 heures. En prenant un coefficient de surpuissance égal à 0,9
comprise entre 6 et 7 oC. pour tenir compte des déperditions du stockage pendant le
réchauffage, la puissance (en W) s’établit ainsi :
Pour les logements équipés de façon autonome, les débits de
pointe Q pte réels (non ramenés à 60 oC) ont été proposés dans une 1,16 V S ( 60 – T F )
étude réalisée par l’ATG (Association Technique Gaz) en 1986 [6]. À P = ----------------------------------------------
- (6)
8 × 0,9
défaut, on retiendra les débits de base figurant au DTU 60.11, avec
des températures de puisage de l’ordre de 35 à 50 oC, voire 60 oC, En pratique, on sélectionne le chauffe-eau en fonction de sa capa-
pour la cuisine, et de 35 à 40 oC pour les autres usages (toilette, cité. La puissance électrique est celle définie par le fabricant, et est
bain). Le débit de pointe (en L/h) se détermine alors comme suit : généralement comprise entre 10 et 12 W/ L, limitant la durée du
chauffage à moins de 7 heures, selon la température de l’eau froide.
Q P ( T P – T F min )
Q pte = ----------------------------------------------
- (3) Nota : les fabricants adoptent cette marge de sécurité pour répondre notamment à la
( 60 – T F min ) chute du rendement de production liés à l’entartrage des résistances, alors que la tarifica-
tion heures creuses porte sur 8 h.
Q P et T P correspondant au débit et température de puisage réels,
■ Système à accumulation par combustibe ou à partir d’un réseau
pour chaque usage.
Celui-ci se rencontre habituellement en installation collective, les
Les profils de puisage n’étant généralement pas continus, le
ballons étant généralement chauffés par de l’eau à 90 oC assurant
système instantané n’est pas préconisé pour des immeubles avec
également le chauffage des locaux.
production collective, excepté pour couvrir les besoins d’été à partir
d’une chaudière électrique. Dans ce cas, après avoir déterminé le La capacité de stockage peut être déterminée à partir des valeurs
débit de pointe appelé pour un logement équipé de façon autonome, des tableaux 3 et 4 (base des calculs techniques majorée des coef-
on lui applique un coefficient de simultanéité s (donné par une étude ficients maximaux cm et cj ), soit 180 L × 1,4 × 1,3 = 328 L pour un T4
statistique) égal à : (logement de 4 pièces principales), par exemple. On peut réduire
les valeurs ainsi obtenues, parfois importantes, soit en prévoyant
1 une relance (ce qui revient à la semi-accumulation), soit en
s = -------------------- + 0,17 (4)
N–1 choisissant une température de production Tgen supérieure à la tem-
pérature de distribution T dis (avec mitigeur thermostatique et sécu-
d’où, d’après la relation (2) : rité au départ de l’installation).
P = 1,16 s N Q pte (60 – TF min) (5) Le nouveau volume de stockage V S′ devient alors :

où N le nombre de logements standards ou équivalents (avec V S ( T dis – T F )


V S′ = --------------------------------------
-
N > 2). ( T gen – T F )

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La capacité unitaire des ballons de stockage est choisie dans une d’où l’importance de raccorder le retour de la boucle de recyclage
gamme allant jusqu’à 5 000 L. Sauf impossibilité, on adopte géné- en aval du stockage, pour ne pas détruire la stratification dans le
ralement un nombre de ballons égal à 2 ou 3 (5 au maximum), chacun ballon. Sinon, dT sera ramené à la variation admissible par l’usager
d’eux étant équipé d’un jeu de vannes (figure 7) pour l’entretien, la de la température de l’eau distribuée, soit 5 oC pour les immeubles
réparation ou la limitation des pertes en période de faible de standing, 7,5 oC en valeur courante et 10 oC dans les installations
consommation. économiques.
Comme précédemment, le temps de réchauffage est évalué à 8 h, En pratique, et sauf indication précise du constructeur, on retiendra
ordre de grandeur de la période de non-puisage. En tenant compte pour un ballon vertical (hauteur minimale = 2 diamètres) un facteur
de la puissance thermique P b dissipée par la boucle de recyclage, de mélange de 0,8 à 0,9, avec bouclage en aval du départ de l’ECS
la formule générale à appliquer est donc : distribuée, ce qui revient à multiplier V S par un facteur variant de
1,10 à 1,25.
1,16 V S ( T dis – T F )
- + Pb
P = ---------------------------------------------------- (7) ■ Système semi-instantané
8 × 0,9
À l’exception du volume de stockage plus faible, ce système est
Le calcul conduit couramment à des valeurs comprises entre 10 constitué comme le précédent. On détermine tout d’abord Q pte (pour
et 12 W/L de stockage, 10 étant la valeur minimale conseillée pour un logement) et le coefficient de simulltanéité s comme pour un
le maintien des performances, même pour des valeurs de T F très système instantané, et on en déduit le volume V P m puisé en
basses. t Pm = 10 min (ou 1/6 h) :
■ Système à semi-accumulation V Pm = t Pm s N Q pte (12)
Dans ce cas, la capacité de stockage permet de réaliser un écrêtage
Connaissant alors V Pm et t Pm , on applique la formule (1) :
des pointes, la puissance devant couvrir les débits moyens de sou-
tirage et permettre la régénération du stock en dehors des pointes. 1,16 ( T gen – T S min ) ( V P m – V S )
On définit, par convention, V Ph [volume maximal de puisage sur P = ----------------------------------------------------------------------------------------- (13)
tP m
une période t Ph de quelques heures (environ 3 h, le dimanche matin
en décembre, cf. tableaux 3 et 4)] comme égal à 75 % de V P j (volume On choisit alors un couple de valeurs V S et P possible, par exemple
puisé journalier moyen, calculé sur l’année) : V S = V Pj /10, et on procède à une recherche d’optimum économique,
V Ph = 0,75 VP j (8) comme pour la semi-accumulation.
Nota : le choix (arbitraire) de VS = VPj / 10 détermine une valeur de P selon la
Ainsi, le total de l’énergie stockée et de l’énergie produite pendant formule (13).
le puisage doit être supérieur ou égal à 75 % de l’énergie utilisée En fonction de l’optimum économique recherché, ce choix peut varier selon le type
d’énergie et de préparateur retenus, le volume V S restant néanmoins compris entre 1 h et
pour le volume V P j . 3 h de volume maximal puisé (variable selon le profil de puisage).
V P j pourra être déterminé à partir des valeurs figurant dans les En pratique pour les installations importantes, on a intérêt à définir
tableaux 3, 4 et 5. Par ailleurs, l’énergie contenue dans V P h est d’emblée les équations des deux demi-droites d’égal confort (semi-
appelée sur une période t Ph qui croît avec le nombre de logements accumulation et semi-instantané), pour aboutir à une optimisation
standards ou équivalents (moins de 2 h pour les ensembles correcte de l’installation (§ 4.1).
comportant 10 logements, plus de 4 h pour ceux de 200 logements
Enfin, le calcul de la capacité de stockage réelle se mène comme
et plus).
précédemment.
Une étude réalisée par GDF [7] a conduit à déterminer la valeur
de t Ph (h) comme suit : ■ Installations à double usage
Le complément de puissance à apporter aux équipements de
5 N 0,905 chauffage se définit comme suit.
t Ph = -------------------------------
- (9)
( 15 + N 0,92 ) ● Systèmes à accumulation ou semi-accumulation : la puissance

où N est le nombre de logements standards. de chauffage de l’ECS est appelée de manière continue pendant la
pointe de puisage, augmentée du temps de réchauffage du stock,
Connaissant alors V Ph et t Ph , on applique la formule (1) : c’est-à-dire pendant plusieurs heures. La période de chauffage des
1,16 ( T gen – T S min ) ( V Ph – V S ) locaux pouvant être concomitante, la puissance de réchauffage de
P = ---------------------------------------------------------------------------------------- (10) l’ECS doit être ajoutée en totalité à celle du chauffage des locaux.
t Ph
● Systèmes instantanés ou semi-instantanés : l’appel de puis-

On en déduit les couples des valeurs de V S et P correspondant sance pour le réchauffage de l’ECS est de courte durée. L’inertie ther-
à la demi-droite d’égal confort (§ 3.4.1). Généralement, on choisit mique des bâtiments permet de ne pas le prendre en compte tel quel
celui pour lequel : pour la détermination de la puissance globale, une réduction de la
puissance fournie pour le chauffage des locaux pouvant être tolérée.
VS = VP j /2 On procède donc comme suit :
— on ajoute à la puissance de chauffage des locaux la puissance
et on étudie ensuite l’incidence économique du déplacement de ce
journalière moyenne du jour le plus chargé requise par l’ECS ;
point sur la demi-droite, avant d’effectuer le choix définitif.
— on compare ensuite cette valeur avec celle de la puissance ins-
La capacité de stockage réelle V S′ devra enfin tenir compte de tantanée maximale appelée par l’équipement de production d’ECS,
l’efficacité du stockage, c’est-à-dire de l’écart de température en retenant la plus forte des deux comme valeur de la puissance
dT = Tgen – TF à l’intérieur du ballon. Plus celui-ci sera faible, plus globale.
la correction à apporter au volume V S théorique sera importante :
3.4.3 Réseau de distribution
V S ( T dis – T F )
V S′ = --------------------------------------
- (11)
dT Les règles de calcul à prendre en compte pour le dimensionnement
— si Tgen = Tdis : V S′ = V S du réseau de distribution sont celles définies par le DTU 60.11
d’octobre 1988. Ce paragraphe s’adresse uniquement à la détermina-
— si Tgen > Tdis : V S′ < V S tion des diamètres des canalisations d’ECS, permettant de contrôler
la pression résiduelle aux points les plus éloignés, après calcul des
pertes de charge.

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■ Débits de base. Diamètre des tuyauteries


Le tableau I du DTU fixe les valeurs des débits minimaux d’ECS
(en L/s), ainsi que les diamètres intérieurs minimaux (en mm) des
canalisations d’alimentation, pour chaque appareil.
À partir de là, le dimensionnement de chaque tronçon s’opère
comme suit.
● Installations individuelles : chaque appareil est affecté d’un
coefficient qui traduit le foisonnement de l’installation ; la somme
des coefficients relative à un groupe d’appareils déterminé, si elle
est inférieure à 15, permet de définir le diamètre intérieur minimal
du tronçon à partir d’un graphique. Si la somme des coefficients est
supérieure à 15, le calcul du diamètre se fera selon la formule
ci-après.
● Installations collectives : le calcul des diamètres des canali-
sations d’ECS s’effectue, pour l’eau chaude sanitaire, selon la for-
mule de Flamant (cf. DTU 60.11) :

7
dJ = 0,000 46 4
V ⁄d
avec d (m) diamètre intérieur,
J (m CE/m) perte de charge,
V (m/s) vitesse.
Plus simplement, on utilise l’abaque (figure 10) qui en découle,
lequel permet de définir le diamètre du tronçon et la perte de charge
à partir de deux autres éléments : le débit et la vitesse ; générale-
ment, cette dernière est prise dans une fourchette variant de 0,5 à
1,5 m/s, exceptionnellement 2 m/s en cave.
Cette méthode est couramment utilisée par les prescripteurs et
les installateurs.
■ Débits d’alimentation des parties collectives. Hypothèses
de simultanéité
Pour l’utilisation de l’abaque de Flamant, le débit d’alimentation
à prendre en compte est obtenu en multipliant la somme des débits
de base des appareils par le coefficient de simultanéité :

y = 0,8 ⁄ x – 1 (14)
x étant le nombre d’appareils desservis à partir du tronçon considéré.
Cette formule est valable pour x > 5. En dessous de 5 appareils, Figure 10 – Abaque pour le calcul des conduites d’eau chaude
le dimensionnement s’effectue suivant le principe des installations
individuelles ci-avant.
Selon la nature des établissements desservis, ce coefficient peut distribuée et l’ambiance. Les pertes du réseau ECS (canalisation prin-
être corrigé : c’est le cas des hôtels, où il est généralement multiplié cipale) déterminent le débit nécessaire de la boucle (canalisation
par 1,25. Pour les installations pourvues de robinets à fermeture tem- retour).
porisée, une étude particulière est nécessaire. (0)
La répartition du débit Q ainsi obtenu s’effectue comme suit :
3.4.4 Boucle eau chaude — soit P 1 la puissance thermique dissipée par le premier tron-
çon partant du ballon, et ayant Q pour débit total de boucle ; la
Le dimensionnement de la boucle de recyclage doit être tel qu’en chute de température sera :
période de non-puisage l’eau en circulation ne puisse se refroidir d T1 = P1 /1,16 Q
de plus de 5 oC, depuis le départ du ballon jusqu’aux robinets de
puisage les plus éloignés. — le ou les tronçons placés en aval auront une chute de tempé-
rature disponible équivalente à [(5 – dT1) oC] ; pour une puissance
■ Calcul des débits dissipée P 2 (perte thermique du tronçon ECS de diamètre d 2), le
Soit Q le débit total à fournir (en L/h) pour la boucle de recyclage. débit à fournir est donc :
Si P (W) est la puissance totale dissipée par le réseau d’alimentation,
on obtient la relation : Q2 = P2 /1,16 (5 – dT1)

P = 1,16 × 5 Q et ainsi de suite pour les tronçons suivants : pour P n , le débit à


fournir sera Q n .
5 oC représentant la chute de température maximale de la boucle
en l’absence de puisage. ■ Calcul des diamètres
Plusieurs tableaux [Delbecque, par exemple (tableau 2)] Connaissant le débit, la détermination des diamètres de la
permettent de définir les pertes thermiques des canalisations calo- boucle se ramène à un calcul classique de réseau de chauffage :
rifugées en fonction du diamètre extérieur, de l’épaisseur et de la — on commence par le circuit le plus éloigné ;
nature de l’isolant, et de l’écart de température ∆T entre l’ECS — on veille à assurer un équilibrage correct entre les différents
circuits, pour obtenir une perte de charge identique pour chaque
circuit ; la correction apportée par les vannes ou tés d’équilibrage

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Tableau 2 – Déperditions thermiques des tuyauteries (en W par mètre de tuyau et par Kelvin d’écart
entre les températures du fluide et de l’ambiance) [d’après Delbecque]
Diamètre Diamètre Conductivité  T de 40 à 60 K  T de 60 à 80 K
nominal extérieur thermique
intérieur Épaisseur de calorifuge en
(mm)

0
20 30 40 50 0 20 30 40 50
(mm) (mm) (W/m · K) (tube nu)
0,03 0,15 0,13 0,12 0,16 0,14 0,13
0,04 0,18 0,16 0,14 0,19 0,17 0,15
15 21 0,65 0,75
0,05 0,22 0,19 0,16 0,23 0,20 0,17
0,06 0,26 0,22 0,19 0,28 0,24 0,20
0,03 0,16 0,15 0,13 0,17 0,16 0,14
0,04 0,20 0,18 0,16 0,21 0,19 0,17
20 27 0,80 0,90
0,05 0,24 0,21 0,19 0,25 0,22 0,20
0,06 0,28 0,25 0,23 0,29 0,26 0,24
0,03 0,19 0,16 0,15 0,13 0,20 0,17 0,16 0,14
0,04 0,24 0,20 0,17 0,16 0,25 0,21 0,19 0,17
26 34 1,00 1,10
0,05 0,29 0,24 0,21 0,19 0,30 0,25 0,22 0,20
0,06 0,34 0,28 0,25 0,22 0,34 0,29 0,26 0,23
0,03 0,23 0,18 0,16 0,15 0,24 0,19 0,17 0,16
0,04 0,28 0,23 0,20 0,18 0,30 0,25 0,21 0,19
33 42 1,15 1,40
0,05 0,34 0,28 0,24 0,22 0,36 0,30 0,26 0,23
0,06 0,39 0,33 0,28 0,26 0,41 0,35 0,30 0,27
0,03 0,26 0,20 0,18 0,16 0,27 0,21 0,19 0,17
0,04 0,33 0,26 0,23 0,21 0,34 0,28 0,23 0,21
40 49 1,40 1,55
0,05 0,39 0,31 0,28 0,25 0,41 0,34 0,28 0,26
0,06 0,46 0,37 0,33 0,30 0,48 0,40 0,34 0,31
0,03 0,32 0,24 0,20 0,18 0,33 0,25 0,21 0,19
0,04 0,40 0,30 0,25 0,23 0,40 0,31 0,26 0,23
50 60 1,70 1,90
0,05 0,48 0,36 0,30 0,27 0,49 0,37 0,31 0,28
0,06 0,57 0,42 0,35 0,32 0,58 0,43 0,36 0,33
0,03 0,35 0,27 0,21 0,19 0,36 0,27 0,23 0,21
0,04 0,45 0,34 0,27 0,25 0,46 0,34 0,29 0,27
65 76 2,15 2,35
0,05 0,53 0,40 0,33 0,29 0,54 0,41 0,35 0,32
0,06 0,62 0,47 0,38 0,34 0,63 0,48 0,40 0,37
0,03 0,40 0,31 0,24 0,23 0,41 0,33 0,25 0,23
0,04 0,50 0,39 0,31 0,28 0,51 0,40 0,32 0,29
80 90 2,40 2,65
0,05 0,60 0,47 0,39 0,34 0,61 0,47 0,40 0,35
0,06 0,69 0,54 0,46 0,39 0,71 0,56 0,47 0,40
0,03 0,60 0,40 0,31 0,27 0,63 0,43 0,33 0,27
0,04 0,76 0,51 0,39 0,34 0,78 0,53 0,40 0,34
100 114 3,00 3,35
0,05 0,91 0,61 0,47 0,40 0,93 0,63 0,48 0,41
0,06 1,06 0,71 0,54 0,47 1,09 0,73 0,56 0,48

pouvant ne pas être suffisante, on peut être amené à prévoir des Le débit devient nul au moment où la perte de charge du réseau
retours bouclés en Tischelmann (figure 11), assurant l’équilibrage (distribution et retour) est égale à la hauteur manométrique totale
des pertes de charge, par équivalence de longueur de raccordement. de la pompe (Hmt), soit ∆ p masse.
■ Pompe de circulation ou pompe de boucle Pour des puisages plus importants, le clapet de retenue placé en
aval de la pompe permet alors d’éviter l’inversion du sens de circu-
Le débit et la perte de charge ainsi définis (figure 10) permettent lation sur le retour de boucle (figure 11).
d’effectuer la sélection de la pompe. Le fonctionnement de cette der-
nière, son débit notamment, varie néanmoins en fonction du puisage Pour être certain d’alimenter correctement l’installation lors des
de l’ECS. pointes de puisage, il est indispensable que la différence de pression
entre le refoulement et l’aspiration (Hmt) de la pompe soit au moins
En effet, s’il est maximal en période de non-puisage, il diminue égale à la perte de charge totale du réseau aller de distribution.
au fur et à mesure que le puisage augmente, du fait de l’accrois-
sement des pertes de charge sur le réseau de distribution ; avec le À défaut, certains usagers peuvent être obligés de puiser préa-
soutirage d’ECS, on a (figure 12) : lablement de l’eau refroidie, et ce paradoxalement au cours de
périodes de puisage important.
— augmentation du débit de la canalisation principale ;
— augmentation des pertes de charge, soit ∆ p 1 ; Enfin, pour le calcul des pertes en boucle P b , lequel détermine
— diminution du débit de boucle, soit Q 1 . la puissance du réchauffeur ou du traceur le cas échéant, il convient
d’ajouter aux déperditions thermiques déterminées pour le réseau

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— des pertes de distribution, lesquelles déterminent l’énergie


distribuée E dis :
Edis = Eut + pertes
ou Edis = Eut / ηdis
Pour aboutir à l’énergie consommée, il faut affecter E dis du ren-
dement de stockage η S et du rendement de génération η gen .
Pour le calcul du rendement de distribution, des rendements de
stockage et de génération selon le mode de préparation, on se réfé-
rera aux Règles Th-C ainsi qu’aux compléments et annexes de ces
mêmes règles [8].

4. Exemple chiffré
de production collective
Figure 11 – Boucle de Tischelmann
L’exemple qui suit vise à optimiser l’installation de production
d’ECS d’un petit collectif de 12 logements type F4 (ou T4) comprenant
chacun 4 appareils raccordés en ECS, à savoir un évier, un lavabo,
un bidet et une baignoire.
La préparation est prévue à partir d’une installation à double usage
(chaudière à combustible ou réseau de chaleur), avec préparateur
à serpentin alimenté en eau chaude à 90 oC.
L’eau froide est à 10 oC ; la température de puisage supposée uni-
forme pour les différents usages est de 37 oC ; la température de
préparation est de 60 oC.

4.1 Solution semi-accumulation

D’après le tableau 3, on a, dans le cas d’un logement F4, pour


volume puisé journalier moyen :
V Pj = 180 L
d’où, d’après la relation (8), pour le collectif de 12 logements, un
volume maximal de puisage :
Figure 12 – Pompe de boucle : perte de charge en fonction du débit
V Ph = 0,75 × 180 × 12 = 1 620 L
d’alimentation celles du retour de boucle. À ce propos, il convient sur une période, d’après la relation (9) de :
de souligner le caractère indispensable du calorifugeage du réseau,
aller et retour. En effet, en établissant le rapport des coefficients de t Ph = 5 × 120,905/(15 + 120,92) = 1,91 h
transmission thermique K entre un tube nu et le même tube calo-
ce qui permet d’obtenir la puissance de réchauffage nécessaire,
rifugé par 30 mm de laine de verre ou équivalent, celui-ci varie de
d’après la relation (10) :
4,8 à 8,4 pour un diamètre nominal intérieur de canalisation variant
de 12 à 100 mm. P = 1,16 (60 – 10) (1 620 – V S)/1,91
soit P = 49 194 – 30,37 V S [W]

3.5 Bilans énergétiques prévisionnels


4.2 Solution « semi-instantané »
Outre la détermination de l’investissement, l’évaluation des
charges d’exploitation est parfois nécessaire pour le choix de la solu-
tion technique optimale. Cela implique l’application de tarifs Suivant le DTU 60.11, le débit de base par logement est de :
(énergie, puissance souscrite, avec modulation éventuelle selon les
0,2 + 0,2 + 0,2 + 0,33 = 0,93 L/s, ou 55,8 L/min
périodes) à des quantités. Pour la définition technique des installa-
tions, nous avons abordé le calcul : Le débit de puisage réel Q P est obtenu par application du coef-
— des puissances (préparateur, réchauffeur de boucle ou traceur) ; ficient de simultanéité défini par le DTU (bien que le nombre
— de l’énergie utile E ut (besoins moyens annuels, en kWh) ; d’appareils soit inférieur à 5) [relation (14)] :

y = 0,8 ⁄ 4 – 1 = 0,46
donc Q P = 55,8 × 0,46 = 25,67 L/min

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Le débit de pointe d’un logement est donc égal [relation (3)] à : Il est commode de partir de ce point limite pour estimer si l’on
doit aller vers plus d’accumulation ou plus d’instantané. Partant de
Q pte = 25,67 (37 – 10)/(60 – 10) = 13,86 L/min la gamme généralement proposée par les constructeurs, nous obser-
NB : ce débit doit être au moins équivalent à celui du plus fort verons la variation des coûts pour un préparateur de 800 L, puis pour
consommateur, à savoir la baignoire, ce qui est le cas ici (10,7 L/min un préparateur de 500 L.
à 60 oC pour la baignoire). Sur la base des conditions économiques 1996, on peut estimer
Le coefficient de simultanéité s [relation (4)] est égal à : que la valeur moyenne des prix varie pour un préparateur à serpentin
d’environ 1 000 F par tranche de 100 L de capacité, et d’environ 100 F
s = 1 ⁄ 12 – 1 + 0,17 = 0,47 par kW de puissance installée, ces conditions pouvant varier assez
sensiblement suivant les différents constructeurs.
On en déduit le volume puisé en 10 min [relation (12)] :
■ En allant vers plus d’accumulation, avec un préparateur de 800 L,
V Pm = 10 × 0,47 × 12 × 13,86 = 782 L soit une augmentation de capacité de 100 L, la puissance est
ramenée à 24,9 kW, par application de la formule (10). Au total, le
ce qui permet d’obtenir la puissance de réchauffage nécessaire surcoût est donc d’environ 1 000 – 300 = 700 F.
[relation (13)] :
■ En allant vers plus d’instantané, avec un préparateur de 500 L, soit
P = 1,16 (60 – 10) (782 – V S) 6
une diminution de capacité de 200 L, la puissance est portée à
soit P = 272 136 – 348 V S [W] 98,1 kW, par application de la formule (13). Au total, le surcoût est
donc d’environ 7 000 – 2 000 = 5 000 F.
● La solution optimale est donc celle de la semi-accumulation,
avec un préparateur de 800 L. La puissance théorique sera majorée
4.3 Comparaison de 50 % pour les pertes de distribution et la sécurité de fonction-
nement, en première approximation, soit une puissance d’échange
de 37 kW environ. Toutefois, le choix définitif tiendra compte de la
L’intersection des deux demi-droites d’égal-confort répond donc gamme du ou des fabricants ainsi que de la puissance disponible au
à l’égalité : primaire.
P = 49 194 – 30,37 VS = 272 136 – 348 VS ● Enfin, pour le calcul de la consommation énergétique annuelle,
on retient la valeur des besoins journaliers moyens figurant au
et nous obtenons le couple de valeur : tableau 3 (recalage 1986),
V S = 702 L soit 120 L × 12 = 1 440 L/j à 60 oC

et P = 27,9 kW d’où Eut = 1 440 × 365 (60 – 10) 1,16 · 10–3 ≈ 30 500 kWh
● Pour aboutir à l’énergie consommée, il convient d’ajouter à cette
valeur les pertes de distribution d’ECS, les déperditions du ballon
ainsi que les pertes du réseau primaire.

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5. Annexe : besoins d’ECS (0) Tableau 3 – Valeurs recommandées pour l’évaluation


des besoins moyens annuels d’ECS
Tableau 3 – Valeurs recommandées pour l’évaluation (en litres/jour) à 60 oC, dans les logements [2] [3] (suite)
des besoins moyens annuels d’ECS
Nombre de pièces 1 2 3 4 5
(en litres/jour) à 60 oC, dans les logements [2] [3]
Base des calculs
Nombre de pièces 1 2 3 4 5 techniques ................. (L/j) 75 105 150 180 240

Enquête 1979 ............. (L/j) 40 55 75 95 125 Consommations d’énergie


annuelles ............... (kWh) 1 020 1 420 1 930 2 440 –
Recalage 1986............ (L/j) 50 70 95 120 160
(0)

Tableau 4 – Coefficients de répartition des besoins d’ECS dans les logements [2] [3]

Répartition horaire. Coefficients


 i (   i = 24 )
Période J1 J2 J3
0à1h 0,02 0,06 0,05
1à2h 0,02 0,04 0,05
2à3h 0,01 0,02 0,02
3à4h 0,01 0,02 0,02
4à5h 0,02 0,01 0,02
5à6h 0,20 0,05 0,02
6à7h 1,60 0,35 0,04
7à8h 3,30 1,07 0,36
8à9h 1,80 2,21 1,28
9 à 10 h 1,50 2,59 2,63
10 à 11 h 1,23 2,63 3,53
11 à 12 h 0,90 1,83 2,94
12 à 13 h 1,10 1,50 1,74
13 à 14 h 1,42 1,94 1,38
14 à 15 h 0,80 1,72 1,56
15 à 16 h 0,50 1,06 1,00
16 à 17 h 0,54 0,73 0,74
17 à 18 h 0,85 0,89 0,68
18 à 19 h 1,65 1,38 1,30
19 à 20 h 1,90 1,34 1,59
20 à 21 h 2,25 1,19 1,59
21 à 22 h 1,30 0,60 0,68
22 à 23 h 0,78 0,44 0,59
23 à 24 h 0,30 0,33 0,19

Répartition hebdomadaire. Coefficients cj (  cj = 7)


Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
0,96 0,86 0,92 0,87 0,90 1,19 1,30
moyenne semaine = 0,90

Répartition mensuelle. Coefficients cm (  cm = 12)


Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
1,26 1,20 1,10 1,06 1 0,80 0,50 0,60 0,90 1,05 1,15 1,40

(0)
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Tableau 5 – Besoins d’ECS à 60 oC dans le secteur tertiaire [9]


Famille Caractéristiques Besoins en litres (3)
Hôtel 3 étoiles en montagne (sports d’hiver) Par chambre/jour 170
Hôtel 3 étoiles tous lieux Par chambre/jour 130 à 140
Hôtel de vacances à la semaine avec bain Par chambre/jour 100
Hôtellerie
Hôtel 1 étoile avec douche (50 %) et bain (50 %) (1) Par chambre/jour 75
Restaurant (150 à 50 repas/jour) Par repas 12 à 20
Lingerie Par kg de linge sec 4à5
Grandes Cuisine à liaison froide (2) Par repas 2à3
cuisines
Chambres Par lit/jour 30 à 40
Établissements
scolaires
Repas  – hors lave-vaisselle
– avec lave-vaisselle
Par repas
Par repas
3à5
9 à 10

Maisons Chambres Par lit/jour 40


de
retraite
Cuisine
 – hors lave-v.
– avec lave-v.
Par repas
Par repas
3à5
9 à 10

Maternités Chambres Par lit/jour 60


Cliniques Cuisine avec lave-vaisselle Par repas 10 à 15 (3)
Établissements
de Hôpitaux Chambres Par lit/jour 50 à 60
santé Cuisine avec lave-vaisselle Par repas 8 à 12 (3)
de 1 700 à 300 repas/jour
Foyers Chambres Par lit/jour 100
pour Cuisine avec lave-vaisselle Par repas 9 à 10
handicapés
Centres d’aide Chambres Par lit/jour 60
par le travail Cuisine Par repas 9 à 10
Campings Campings 3 et 4 étoiles Par campeur/jour 12
Par emplacement/jour 45
Nota : pour calculer une installation d’ECS, il faut cumuler les différents usages.

 50 % de chambres avec douche seule


(1) répartition 
 50 % de chambres avec bain.
(2) « liaison froide » définit le mode de fabrication des repas, par opposition à la cuisine traditionnelle (liaison chaude)
(3) les écarts sont liés, pour l’essentiel, à la capacité moyenne d’accueil de ces établissements

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P
O
U
Eau chaude sanitaire R

E
par Patrice BRAUD N
Ingénieur ENSAIS (École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg)

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(1986).
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(CPCU).
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Normalisation
P
Association française de Normalisation (AFNOR) NF E 38-200 04.1987 Pompes à chaleur et échangeurs thermiques.
NF C 14-100 02.1984 Installations de branchement de première catégorie
comprises entre le réseau de distribution et l’origine
Appareils pour la récupération d’énergie sous forme
d’eau chaude à partir des équipements frigorifiques
(dits récupérateurs de chaleur).
L
des installations intérieures : Règles.
NF C 15-100 05.1991 Installations électriques à basse tension : Règles (Voir
série 364... et documents d’harmonisation du
NF P 50-101
NF P 50-102
05.1983
05.1983
Énergie solaire. Vocabulaire. Partie I : Généralités.
Énergie solaire. Vocabulaire. Partie II : capteurs
U
CENELEC de la série HD 384) (Remplace éd.
1981 + add 2 + erratum).
NF P 50-111 08.1988
solaires à conversion thermique.
Énergie solaire. Capteurs solaires à circulation de
S
NF C 15-100 12.1994 Additif à la norme 15-100 – mai 1991 (série CEI 364 liquide. Présentation et contenu des fiches
et série HD 394) (71 pages). techniques.
NF C 73-221 10.1985 Aptitude à la fonction des chauffe-eau fixes non NF P 50-301 08.1988 Énergie solaire. Ballons solaires. Mesure des perfor-
instantanés (Add. 1 06-1989). mances thermiques.
NF C 73-222 11.1987 Chauffe-eau muraux verticaux fixes non instantanés : NF P 50-501 11.1980 Capteurs solaires à circulation de liquide. Mesure
Cotes de fixation et de raccordement aux installations des performances thermiques.
d’eau (4 pages).
NF P 50-501-2 12.1988 Énergie solaire. Capteurs solaires sans vitrage.
C 73-223 09.1983 Chauffe-eau mixtes à appoint partiel électrique : Mesure des performances thermiques.
Règles d’aptitude à la fonction de l’appoint électrique.
NF P 50-511 12.1985 Énergie solaire. Capteurs solaires à circulation de
C 73-225 05.1986 Appareils électrodomestiques chauffants. Chau-
11 - 1996

liquide. Aptitude à l’emploi.


dières électriques de puissance au plus égale à
36 kW : Aptitude à la fonction (Add. 1 02-1988). NF P 50-601 05.1993 Énergie solaire. Chauffe-eau solaires individuels.
Référence commerciale des parties 1/2 (changement
NF D 35-321 12.1985 Appareils de production instantanée d’eau chaude de statut du DTU 65.12). 25 p. Constituée par
pour usages sanitaires utilisant les combustibles NF P 50-601 partie 1 : cahier des clauses techniques
gazeux, à variation automatique de puissance. NF P 50-601 partie 2 : cahier des clauses spéciales.
NF D 35-325 06.1986 Appareils ménagers de production d’eau chaude NF P 50-601-1 05.1993 Travaux de bâtiment. Réalisation des installations de
par accumulation, avec brûleur sans ventilateur, uti-
Doc. B 9 190

capteurs solaires plans à circulation de liquide pour


lisant les combustibles gazeux. le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire.
NF D 35-336 11.1989 Dispositif de puisage d’eau chaude sanitaire des Partie 1 : cahier des clauses techniques.
chaudières à deux services utilisant les combustibles NF P 50-601-2 05.1993 Travaux de bâtiment. Marché privés. Réalisation des
gazeux. installations de capteurs solaires plans à circulation
E 38-151 07.1983 Chauffe-eau thermodynamique à accumulation de liquide pour le chauffage et la production d’eau
(pompe à chaleur). Aptitude à l’emploi. chaude sanitaire. Partie 2 : cahier des clauses spé-
ciales.
E 38-152 07.1983 Chauffe-eau thermodynamique à accumulation
(pompe à chaleur). Modèle de fiche technique.

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