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Cours 4 : Les unités de traduction

Introduction

Traduire, c'est exprimer, dans la langue d'arrivée, le message puisé dans le texte en langue de
départ. Or, il est impossible d'atteindre ce but en traduisant mot à mot. Le plus souvent, le résultat
est un non-sens: le message qu'on cherche à transmettre ne passe pas. Par exemple, l’équivalent
anglais de l’expression grand magasin n'est pas big shop, mais department store, et faire une croix
sur qqch correspond, non à to mark a cross on sthg, mais à to write sthg off. C'est que ces
expressions sont des unités de traduction.
1. Définition
En traductologie, J.-P. Vinay et J. Darbelnet sont les premiers à proposer d’opérer avec des unités
de traduction. Ils ont défini l’unité de traduction comme étant le plus petit segment de l’énoncé
dont la cohésion des signes est telle qu’ils ne doivent pas être traduits séparément.
Autrement dit, il s’agit de groupes de mots si étroitement liés qu'il est impossible de les séparer.
Pour les traduire, il faut donc trouver, à 1'aide d'un bon dictionnaire ou en puisant dans ses
propres connaissances, 1'unité qui y correspond dans la langue d'arrivée.
Plus spécifiquement, les unités de traduction sont les unités lexicologiques dans lesquelles les
éléments du lexique concourent à l'expression d'un seul élément de pensée. Ces unités, étant les
composants de chaque phrase, jouent autant dans 1'expression orale et écrite que dans la
traduction.

2. Types d’unité de traduction

a) Unités simples :
II arrive qu'un seul mot soit une unité de traduction. Chacune d'elles correspond à un seul mot.
Par exemple, dans la phrase suivante, il y a autant d'unités que de mots:
Unfortunately,/ she/ is/ absent.→ Malheureusement,/ elle/ est/ absente.

b) Unités complexes :
Elles s'étendent sur plusieurs mots qui forment une unité lexicologique du fait qu'ils se partagent
l'expression d'une seule idée ou dont les éléments participent à la même fonction grammaticale.
 Le nom et 1'adjectif qui le qualifient peuvent former une unité de traduction. E.g. :
 Un gros plan→ a close up (au cinema)
 Le premier plan→ the foreground

 Le nom et son complément déterminatif forment une unité de traduction. E.g. :


 un plan→ a plan, a project
 un plan de travail→ a work surface (dans une cuisine)
 un plan de cuisson→ a cook top
 un plan de Paris→ a street map of Paris

 Le verbe et sa structure forment une unité de traduction. E.g. :


 plaindre qqn→ to feel sorry for s.o.
 se plaindre de qqn, de qqch→ to complain about s.o., sthg
 attendre qqn, qqch→ to wait for s.o., sthg
 s'attendre à qqch→ to expect sthg
 s'attendre à ce que + subjonctif→ to expect sthg [to happen]
 La conjonction et la préposition et sa structure forment aussi une unité de traduction. E.g. :
 Au cas où → in case
 Malgré →despite the fact that
 devant [+ nom ou pronom] → in front of [+ nom ou pronom]
 II en est de même de la locution adverbiale. E.g. :

 avec une grande gentillesse→ very kindly


 en ville→ downtown
 II arrive également qu'une phrase entière soit une unité de traduction. Par exemple, les proverbes et
les expressions idiomatiques sont des unités de traduction.
 Un tiens vaut mieux que deux tu 1'auras. → A bird in the hand is worth two in the bush.
 Faire des pieds et des mains. → To move heaven and earth in order to[do sthg]
 Ne pas savoir sur quel pied danser→ to not know what to do
 Avoir bon pied bon oeil→ to be as fit as a fiddle
 Faire le pied de grue→ to stand around waiting

3. Le découpage en unité de traduction

L'approche de la traduction se fait dans un ordre séquentiel, étant donné que la saisie du sens d'un
discours suit l'ordre linéaire du signe linguistique. L'acte traductif proprement dit s'opère sur une
unité de traduction, c'est-à-dire sur une unité de sens du texte de départ, pour laquelle le
traducteur cherche une reformulation en langue d'arrivée. Le découpage en unité de traduction
est la délimitation des unités de traduction soit à l’étape de l’interprétation du texte en vue d’en
dégager le sens, soit à celle de la vérification des équivalences.

Certains auteurs décrivent les U.T. en tant qu'unités à double face: une base (une phrase, un
segment, des morphèmes etc. dans le texte en L1) et un aboutissement dans le texte en L2
reformulé par le traducteur. Ce sont les mécanismes de la compréhension qui conduisent à
découvrir les U.T., et qui permettent de faire passer le sens du texte source dans le texte cible.

Mais le problème ponctuel auquel le traducteur doit faire attention, quand il détermine l'unité de
traduction est celui de considérer que deux ou plusieurs mots forment ou non une seule unité de
traduction. Si un groupe de mots forme une U.T., la traduction s'applique sur le groupe tout entier
et non pas sur les éléments pris à part. Pour déterminer si le groupe est sécable ou non (c'est-à-
dire s'il s'agit d'un syntagme à traduire globalement ou non), il faudra tenir compte d'un double
critère: syntaxique et sémantique.

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