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Dipôle RL

I- La bobine :
1) Définition :
Une bobine est un long fil de cuivre conducteur, recouvert d’une couche de vernis isolant,
enroulé sur un cylindre isolant.
La bobine est caractérisée électriquement par deux grandeurs :
- Sa résistance r, qui est la résistance du fil de cuivre, exprimée en Ohm (Ω).
- Son inductance L, qui représente l’effet magnétique de la bobine, elle est exprimée en
Henry (H).
Les inductances des bobines courantes sont de l’ordre du μH au mH. L’inductance est une
grandeur toujours positive.
La bobine Spire unique de 2000 1000 spires avec Enroulement
1m de diamètre spires noyau de fer d’électroaimant
L’inductance 1 μH = 10-6 H 1 mH 1H 1 à 100 H

Symbole de la bobine en convention récepteur :

ou

2) Comportement d’une bobine :


On réalise le montage suivant :
Les résistances r de la bobine et R du
conducteur Ohmique sont de la même
grandeur d’ordre.
On ferme l’interrupteur K, alors La lampe L2
s'allume avec un retard sur la lampe L1.
Il se produit un retard à l'établissement du
courant dans la portion de circuit qui comporte la bobine.
Une bobine s’oppose transitoirement à l’établissement du courant dans un circuit.
On observe le même phénomène quand on ouvre l’interrupteur K, la lampe L1 s’éteint
instantanément, alors que pendant une très courte durée la luminosité de la lampe L2
diminue progressivement jusqu’à son extinction.
Une bobine s’oppose transitoirement à l’interruption du courant dans un circuit.
3) Tension aux bornes de la bobine :
a- Première activité expérimentale :
On réalise le montage électrique suivant :
G : générateur de tension continue
Rh : rhéostat 33Ω
R : conducteur Ohmique de résistance 10Ω
L : bobine d’inductance L=0.5H et de
résistance r=8Ω
On déplace le curseur du rhéostat et à
chaque déplacement on mesure les valeurs de l’intensité de courant i traversant la bobine
et la tension uL à ses bornes.
Tableau de mesures :
uL(V) 0 0.8 1.6 2.4 3.2
i(A) 0 0.1 0.2 0.3 0.4
1- Tracer le graphe de variation de la tension uL en fonction de l’intensité de courant i
2- En déduire la relation entre uL et i.
3- Comment se comporte la bobine quand elle est traversée par un courant continu ?
4- Calculer sa résistance r.
Réponses :
1- Graphe uL = f(i)
2- La courbe est une droite qui passe par l’origine,
donc uL et i sont proportionnelles, on écrit : uL = ki
k à pour unité V/A qui l’Ohm Ω, unité de la
résistance ; donc k représente une résistance qui est r
la résistance de la bobine. uL = r.i
3- La relation précédente représente la loi d’Ohm
pour le conducteur Ohmique. Donc en courant continu
la bobine se comporte comme un conducteur
Ohmique de résistance r.
𝑢L2−𝑢L1 3.2−0.8
4- La résistance r est le coefficient directeur de la droite : r = = r = 8Ω
𝑖2−𝑖1 0.4−0.1

Conclusion :
Lorsqu’elle est traversée par un courant continu, la bobine se comporte comme un
conducteur Ohmique de résistance r.
b- Deuxième activité expérimentale :
Soit le circuit électrique suivant :
(L) : bobine d’inductance L=1H et de résistance faible
r=11Ω.
(R) : conducteur Ohmique de résistance R=1KΩ
(K) : interrupteur.
GBF : générateur à basse fréquence qui donne une tension triangulaire de fréquence
200Hz
La voie 1 de l’oscilloscope visualise la tension u1=uL aux bornes de la bobine.
La voie 2 visualise la tension u2= - uR = - R.i, donc elle visualise à un facteur prêt l’intensité i
du courant.
Fermons K et observons les courbes obtenues :
On observe, aux bornes de la bobine, une tension
en créneau qui est légèrement déformé
expérimentalement puisque la bobine possède une
petite résistance interne.
1- Ecrire l’expression de la tension u2 en fonction
de t, dans l’intervalle [0 ; T/2]
2- En déduire l’expression de l’intensité i en
fonction de t.
𝑑𝑖
3- Comparer L. avec u1
𝑑𝑡
Conclusion :
𝒅𝒊
La tension aux bornes d’une bobine de résistance négligeable s’écrit : uL = L.
𝒅𝒕
c- Expression de uL :
Des deux expérience précédentes on peut déduire que la tension aux borne d’une bobine
(L,r) s’écrit :
𝒅𝒊
uL = r.i + L.
𝒅𝒕

- Si l’intensité i est constante, sa dérivée est nulle et donc uL = r.i (activité 1)


𝒅𝒊
- Si la résistance de la bobine est négligeable r=0 alors uL = L. (activité 2)
𝒅𝒕
𝒅𝒊
- Si i varie d’une grande valeur pendant une petite durée dt alors la dérivée prend
𝒅𝒕
une grande valeur, donc la tension uL aux bornes de la bobine sera très grande, c’est ce
qu’on appelle phénomène de surtension, qui produit une étincelle aux bornes de
l’interrupteur lorsqu’on ferme ou on ouvre un circuit comportant une bobine.
II- Réponse d’un dipôle RL à un échelon de tension :
Le dipôle RL est constitué d’une bobine, de résistance r et d’inductance L, et d’un
conducteur Ohmique de résistance R. la résistance totale du dipôle est Rt = R + r
1) Réponse à un échelon montant :
1-1) Etude expérimentale :

- Générateur de tension : E = 6V
- R conducteur Ohmique : R = 0 : On
n’utilise pas de conducteur Ohmique. On
se contente de la résistance de la bobine
- Bobine : L = 1H et r = 11Ω
- K interrupteur.
- D diode à jonction.

à l‘instant t = 0 on ferme l’interrupteur K et à l’aide d’un programme d’acquisition


informatique on suit l’évolution du graphe i = f(t).
I0=0.4A

Tangente à t = 0
0.63I0
UC = f(t)
R = 1 KΩ
L=1H
r = 11 Ω

τ=0.08s

On constate que l’évolution de l’intensité de courant i au cours du temps suit deux


régimes :
- Régime transitoire : i augmente progressivement jusqu’à sa valeur maximale I0.
- Régime permanant : i reste constante est égale à I0.
1-2) Etude théorique :
a- Equation différentielle :
La loi d’additivité des tensions donne :
𝑑𝑖
uL + uR = E uR = R.i et uL = r.i + L.
𝑑𝑡
𝑑𝑖 𝑑𝑖
r.i + L. + R.i = E L. + (R+r).i = E
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑳 𝒅𝒊 𝑬
+i=
Rt 𝒅𝒕 Rt
b- Solution de l’équation différentielle :
La solution de l’équation différentielle s’écrit i(t) = A + B.e-t/τ. Où A, B et C sont des
constantes à déterminer en fonction des paramètres du circuit.
di 𝐵 di
= - e-t/τ remplaçant les expressions de i et dans l’équation différentielle :
dt 𝜏 dt
𝑳 𝒅𝒊 𝑬 𝑳 𝐵 𝑬 𝐿 1 𝐸
+i= (- e-t/τ) + A + B.e-t/τ = (- + 1) B.e-t/τ + A =
Rt 𝒅𝒕 Rt Rt 𝜏 Rt Rt 𝜏 Rt

Pour que cette équation soit vraie à n’importe quel instant il faut que :
𝐿 1 𝑳 𝑬
- +1=0 donc τ = et A =
Rt 𝜏 𝑹𝒕 Rt
E en volt et Rt en Ω donc A est en ampère c’est une intensité de courant représentée avec
le symbole I0.
A l’instant t=0 l’intensité de courant est nulle : i(t=0) = 0
𝐄
i(t) = A + B.e-t/τ i(t=0) = A + B A+B=0 B = - A = I0 =
Rt
-t/τ
Donc la solution s’écrit : i(t) = I0 ( 1 - e )
𝑳 𝑬
Avec : τ= et I0 =
𝑹𝒕 Rt
c- Intensité du courant en régime permanent :
𝑑𝑖
En régime permanent l’intensité de courant ipermanent est constante, donc =0
𝑑𝑡
𝐿 𝑑𝑖 𝐸 𝐸
+i= donc en régime permanent ipermanent = = I0
Rt 𝑑𝑡 Rt Rt
𝑬
L’expression de l’intensité du courant en régime permanent s’écrit : I0 =
Rt
d- Constante de temps :
Equation aux dimensions :
𝑳 [L]
En appliquant l’équation aux dimensions à la constante τ = on obtient [τ] =
𝑹𝒕 [R]
[𝑼] 𝑑𝑖 [I] [𝐔].[𝐓]
[R] = et u=L donc [U] = [L]. d’où [L] =
[𝑰] 𝑑𝑡 [T] [𝐈]
[𝐿] [𝑼].[𝑻] [𝑰]
[τ] = = . [τ] = [T]
[𝑅] [𝑰] [𝐔]
Donc la constante τ à les dimensions du temps, on
l’appelle constante de temps du dipôle RL, et elle est
exprimée en seconde.
Pour la déterminer expérimentalement on utile l’une
des méthodes suivantes :
i(t=τ) = 0.63I0
La tangente à la courbe i=f(t), à l’instant t=0, se coupe
avec l’asymptote horizontale i = I0 en un point dont
l’abscisse est t = τ
e- Tension uR aux bornes du conducteur ohmique :
𝐑𝐄
uR = R.i = R.I0 ( 1 - e-t/τ ) uR = ( 1 - e-t/τ )
𝐑+𝐫

Dans le cas où la résistance de la bobine et négligeable (r = 0) :


uR = E. ( 1 - e-t/τ )
f- Tension uL aux bornes de la bobine :
RE 𝐸
uL + uR = E uL = E – uR = E - ( 1 - e-t/τ ) = (r + R.e-t/τ)
R+r 𝑅+𝑟
𝐫.𝐄
uL(t=0) = E uL(∞) =
𝐑+𝐫
Dans le cas où la résistance de la bobine et négligeable (r = 0) : uL = E. e-t/τ
2) Réponse à un échelon descendant :
A l’instant t=0 on ouvre l’interrupteur K, la tension u aux bornes du dipôle RL passe
instantanément de la valeur u=E à la valeur u=0 (échelon descendant de tension).
a- Equation différentielle :
𝑑𝑖
uL + uR = 0 uR = R.i et uL = r.i + L.
𝑑𝑡
𝑑𝑖 𝑑𝑖 𝑳 𝒅𝒊
r.i + L. + R.i = 0 L. + (R+r).i = 0 +i=0
𝑑𝑡 𝑑𝑡 Rt 𝒅𝒕
b- Solution de l’équation différentielle :
La solution de l’équation différentielle s’écrit i(t) = A.e-t/τ. Où A et τ sont des
constantes à déterminer en fonction des paramètres du circuit.
di 𝐴 di
= - e-t/τ remplaçant les expressions de i et dans l’équation différentielle :
dt 𝜏 dt
𝑳 𝒅𝒊 𝑳 𝐴 𝐿 1
+i=0 (- e-t/τ) + A.e-t/τ = 0 (- + 1) A.e-t/τ = 0
Rt 𝒅𝒕 Rt 𝜏 Rt 𝜏

Pour que cette équation soit vraie à n’importe quel instant il faut que :
𝐿 1 𝑹𝒕
- +1=0 donc τ =
Rt 𝜏 𝑳
𝑬
i(t=0) = Ae0 = I0 donc A = I0 =
Rt
𝑳 E
Donc la solution s’écrit : i(t) = I0 e-t/τ avec : τ= et I0 =
𝑹t Rt
c- Constante de temps :
i(t=τ) = I0 e-τ/τ = I0/e i(t=τ) = 0.37 I0

III- Energie emmagasinée dans la bobine :


𝑑𝑖 𝑑𝑖
uL = ri + L. uL.i = ri2 + L.i.
𝑑𝑡 𝑑𝑡
uL.i : la puissance reçue par la bobine (W)
Pj = ri2 : la puissance dissipée par effet joule dans la bobine (W)
𝒅𝒊
Donc le terme L.i. représente aussi une puissance notée Pm est appelée puissance
𝒅𝒕
𝒅𝒊
magnétique de la bobine : Pm = L.i. (en W)
𝒅𝒕
1
𝑑(2.𝐿𝑖2) 𝑑𝐸𝑚
Pm = =
𝑑𝑡 𝑑𝑡
Donc l’énergie magnétique Em emmagasinée dans la bobine s’écrit :
1
Em = .L.i2 s’exprime en Joule (j)
2

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