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Ecole Nationale du Génie de l'Eau et Centre d'Ecologie Végétale et

de l'Environnement de Strasbourg d'Hydrologie

CARACTÉRISATION DE L'ÉROSION HYDRIQUE


SUR LE BASSIN VERSANT DE ROUFFACH
(HAUT-RHIN, ALSACE) ET CONSÉQUENCES SUR LE
BASSIN D'ORAGE ASSOCIÉ

Mémoire de fin d'études présenté pour l'obtention du diplôme


d'ingénieur de l'ENGEES

Sonia BARON Juin 2008


REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribuées de près ou de loin à
l’élaboration de ce mémoire.

Tout d’abord je remercie particulièrement mon maître de stage Sylvain Payraudeau ainsi
que Caroline Grégoire qui a co-encadré ce travail pour leur aide précieuse, leur apport technique,
leur soutien, leur patience et leur disponibilité.

Je remercie également Paul Van Dijck ainsi que ses deux stagiaires Elodie Hofstetter et
Anne Jacob, pour toute l’aide qu’ils ont pu m’apporter sur le logiciel LISEM et pour la
campagne de mesure de cohésion des sols réalisée ensemble.

Je tiens à remercier Eric Pernin, technicien au CEVH pour son aide sur le terrain, en
particulier pour la mise en place de la parcelle expérimentale.

Je remercie André Roth, responsable de l’exploitation viticole du lycée pour la mise à


disposition de ses parcelles.

Merci à la ville de Rouffach pour nous permettre d'expérimenter le bassin d'orage.

Merci également à Martine Trautmann du laboratoire d’étude des sols de l’EOST pour les
analyses granulométriques.

Merci à Patrick Meier et Marie-Pierre Ottermatte du Laboratoire d'Etude des Eaux de


l'ENGEES pour m'avoir permis de réaliser les mesures de MES.

Merci à l’ensemble du CEVH pour m’avoir accueillie dans l’équipe.

Et puis ce travail n’aurait pas été ce qu’il est sans mes collègues stagiaires : Eric, Pierre-
Louis et les deux Julien qui ont contribués à une bonne ambiance de travail. Merci à eux.

2
RESUME

Caractérisation de l'érosion hydrique sur le bassin versant de Rouffach (Haut-Rhin,


France) et conséquences sur le bassin d'orage associé

Le projet européen LIFE ENVIRONMENT ArtWET vise à étudier et à optimiser


l'abattement par les zones humides artificielles des concentrations des produits phytosanitaires
provenant des bassins versants agricoles.
Un des sites d’étude est situé à Rouffach dans le Haut-Rhin, France. C’est un bassin
viticole avec, à son exutoire, un bassin d’orage jouant le rôle de zone humide artificielle. Une
parcelle expérimentale est instrumentée pour la mesure du ruissellement.
Quantifier les apports solides est essentiel pour déterminer les règles de gestion du bassin
d’orage (fréquence de curage), mais aussi pour estimer le flux de pesticides adsorbés sur la phase
particulaire et ainsi disposer d’un bilan total des quantités exportées.
La quantification de l'érosion a été réalisée pour les différents événements pluvieux du
printemps 2008 aux échelles de la parcelle et du bassin versant. Pour analyser spatialement la
dynamique de l'érosion, une modélisation des flux d’eau et de matière érodée est effectuée à
l’aide du modèle événementiel distribué LISEM (LImbourg Soil Erosion Model) (De Roo et al.
1996). Les résultats du modèle sont confrontés aux observations en termes de volumes ruisselés
et de quantités exportées. Le modèle LISEM permet de reproduire assez fidèlement ruissellement
et érosion.
Pour analyser la contribution des pesticides adsorbés sur les sédiments au flux total, le
premier événement ruisselant après le début des traitements herbicides a été étudié, le 9/04/08.
C'est un événement ruisselant peu sur les parcelles. Aucune exportation de pesticides sur phase
solide n'a été établie, les sédiments provenant majoritairement des routes et ayant sûrement été
déposés sur celles-ci avant les traitements.
Le volume de sédiments accumulé dans le bassin d'orage entre son agrandissement en
2002 et le curage d'automne 2007 donne un ordre de grandeur des dépôts moyens annuels. Ceux
ci sont de 40 m3/an ce qui implique des curages fréquents tous les ans.

Mots-clés: érosion, ruissellement, parcelles expérimentales, USLE, modélisation, LISEM,


PCraster, vignoble, bassin versant de Rouffach, Alsace

3
ABSTRACT
Hydric erosion on Rouffach catchment (Haut-Rhin, France) and its
consequences on the associated storm basin

The European project LIFE ENVIRONMENT Artwet, aims at studying and optimizing
the abatement by artificial wetlands of pesticides concentrations coming from agricultural
watersheds.
One of the studied sites is the Rouffach vineyard catchment, a 60 hectares catchment
basin located in Haut-Rhin, France. A detention pond situated at the outlet acts as an artificial
wetland. An experimental plot is equipped to quantify surface runoff production.
Quantifying erosion is necessary not only to determine management rules of storm basin
(cleaning out frequency) but also to estimate pesticides concentration adsorbed on solid phase in
order to obtain a total assessment of exported quantities.
Quantification of soil detachment is realized for several raining events during spring
2008 at the experimental plot and catchment outlet. To spatially analyze erosion, surface runoff
and sediment transport are simulated with the help of the physically based model LISEM
(LImbourg Soil Erosion Model) (De Roo et al. 1996). The results of this model are compared to
the observations, on total discharges and eroding sediments. LISEM can reproduce runoff and
erosion.
To analyze pesticides adsorption on sediments, the first event after herbicides spreading
was studied. It’s an event with few surface runoffs on fields. Sediments at the outlet don’t
contain pesticides because they come from roads and were deposed here before spreading.
Sediment volume trapped in storm basin between his creation (2002) and the cleaning out
(autumn 2007) can give a value of annual average deposits. This one is 40 m3 per year which
leads to a cleaning out once a year.

Keywords: erosion, runoff, experimental plot, USLE, modeling, LISEM, PCraster, vineyard,
Rouffach watershed, Alsace

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SOMMAIRE

Remerciements _______________________________________________________________ 2
Résumé _____________________________________________________________________ 3
Abstract _____________________________________________________________________ 4
Liste des figures ______________________________________________________________ 7
Liste des tableaux _____________________________________________________________ 8
Liste des sigles et symboles _____________________________________________________ 10
Introduction ________________________________________________________________ 11

1. Erosion en contexte viticole : état de l’art sur le sujet ________12


1.1 Les phénomènes érosifs _______________________________________________ 12
1.1.1 Le déclenchement de l’érosion ______________________________________ 12
1.1.2 Les différents paramètres de contrôle du ruissellement et de l’érosion et leur
hiérarchisation ___________________________________________________ 12
1.1.3 La lutte contre l'érosion en contexte viticole ____________________________ 15
1.2 Méthodes de quantification____________________________________________ 17
1.2.1 Méthodes expérimentales __________________________________________ 17
1.2.2 Modèles empiriques_______________________________________________ 19
1.2.3 Modèles déterministes _____________________________________________ 22
1.2.4 Conclusion ______________________________________________________ 27
2. Site expérimental _____________________________________28
2.1 Caractéristiques du bassin versant de Rouffach __________________________ 28
2.1.1 Les enjeux ______________________________________________________ 28
2.1.2 Caractéristiques générales du bassin versant____________________________ 28
2.1.3 Fonctionnement hydrologique du bassin versant ________________________ 30
2.1.4 Les parcelles expérimentales ________________________________________ 30
2.1.5 L’exutoire du bassin versant et le bassin d’orage ________________________ 31
2.1.6 La pluviométrie et le ruissellement ___________________________________ 31
2.2 Bilan ______________________________________________________________ 33
3. Quantification et modélisation de l'érosion ________________34
3.1 Estimation des pertes en sol par mesures expérimentales ___________________ 34
3.1.1 Détermination d’un protocole _______________________________________ 34
3.1.2 Résultats________________________________________________________ 35
3.2 Equation universelle des pertes en sols __________________________________ 40
3.2.1 USLE __________________________________________________________ 40
3.2.2 MUSLE ________________________________________________________ 42
3.3 Modèle déterministe : Le LImburg Soil Erosion Model (LISEM) ____________ 42
3.3.1 Acquisition des données d’entrées ___________________________________ 42
3.3.2 Calage du modèle ________________________________________________ 50
3.3.3 Validation du modèle______________________________________________ 55
3.3.4 Sensibilité du modèle______________________________________________ 57

5
4. Conséquences sur le bassin d'orage ______________________60
4.1 Flux de pesticides sur phase solide ______________________________________ 60
4.1.1 Modalité d’adsorption des pesticides _________________________________ 60
4.1.2 Molécules suivies ________________________________________________ 61
4.1.3 Méthode de suivi _________________________________________________ 62
4.1.4 Bilan: flux total de pesticides arrivant au BO ___________________________ 63
4.2 Sédimentation dans le bassin d'orage _____________________________________ 65
5. Discussions et perspectives _____________________________67
5.1 Au niveau expérimental ______________________________________________ 67
5.1.1 Des visites après chaque événement pluvieux___________________________ 67
5.1.2 Des résultats à nuancer : les sources éventuelles d’erreur__________________ 67
5.1.3 Mise en place d'une nouvelle parcelle plus ruisselante ____________________ 68
5.1.4 Une étude à compléter… ___________________________________________ 68
5.2 Les limites du modèle LISEM _________________________________________ 69
5.2.1 Utilisation de TCRP_______________________________________________ 69
5.2.2 Les données d'entrées _____________________________________________ 69
5.2.3 Application de LISEM_____________________________________________ 69

Conclusion _________________________________________________________________ 70

Bibliographie________________________________________________________________ 71

Annexe 1 - Photos du site de mesure du bassin versant de Rouffach ___________________ 76


Annexe 2 - Granulométrie laser_________________________________________________ 79
Annexe 3 - Coefficients de Ruissellement observés sur le bassin_______________________ 81
Annexe 4 - Protocole d'analyse des MES _________________________________________ 82
Annexe 5 – Relation entre les quantités de terre érodée et les caractéristiques de la pluie et du
ruissellement ________________________________________________________________ 83
Annexe 6 - Normographe de Wischmeier , Johnson et Cross, 1971 ____________________ 85
Annexe 7 – Calcul du volume piégé dans le bassin d'orage pendant 5 ans _______________ 86
Annexe 8 - Réalisation des cartes sous PCRaster - codage ___________________________ 87
Annexe 9 - Les principales cartes de LISEM ______________________________________ 92
Annexe 10 - Chemins de l'eau établis par Madier (2007)_____________________________ 93
Annexe 11 - Fonctions de pédotransfert __________________________________________ 94
Annexe 12 - Campagne de mesure de la cohésion du sol ____________________________ 95
Annexe 13 - Enquête réalisée auprès des exploitants ________________________________ 98
Annexe 14 - Problèmes de mesure durant la phase de récession _______________________ 99
Annexe 15 - Erosion dans le bassin versant de Rouffach, observations de terrain________ 101

6
LISTE DES FIGURES

Figure 1: Triangle textural renseigné en classes de stabilité structurale (Macary et Berville,


2003) ______________________________________________________________________ 13
Figure 2: Schéma comparatif de l'infiltration réelle et de l'infiltration simulée (Chartin, 2006) 25
Figure 3: Distinction entre bassin versant topographique (en bleu) et hydrologique (en rouge)
(Domange, 2005) _____________________________________________________________ 28
Figure 4: Occupation du sol du bassin versant de Rouffach ___________________________ 29
Figure 5: Bassin versant ruisselant de Domange à gauche et de Madier à droite (Madier, 2007)
___________________________________________________________________________ 30
Figure 6: Localisation des parcelles expérimentales sur le bassin versant de Rouffach ______ 31
Figure 7: Méthodologie d'étude de l'érosion________________________________________ 34
Figure 8: Volume ruisselé en fonction de la pluviométrie de février à mai 2008 – bassin versant
de Rouffach, France __________________________________________________________ 36
Figure 9: Suivis des concentrations en MES et des débits pour deux événements pluvieux - bassin
versant de Rouffach, France ____________________________________________________ 39
Figure 10: Cartographie du flux modélisé sous LISEM (A) et vérification sur le terrain (B) _ 43
Figure 11: Direction d'écoulement, pente et travail du sol sur deux zones du BV ___________ 44
Figure 12 : Différences entre le MNT 1m et 2 m (A) et zoom sur la partie 1 (B) ____________ 44
Figure 13 : Schématisation des parcelles enherbées un rang sur deux ___________________ 45
Figure 14: Courbe granulométrique moyenne du sol de Rouffach _______________________ 48
Figure 15: Etapes de calage et de validation du modèle LISEM ________________________ 50
Figure 16: Carte d’érosion du bassin versant de Rouffach, France, sous LISEM (23/03/08) __ 52
Figure 17: Carte du ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM
(23/03/08) __________________________________________________________________ 53
Figure 18: Détail de l'écoulement dans la partie basse du bassin _______________________ 53
Figure 19: Hydrogrammes réel et simulés (26/04/06) ________________________________ 54
Figure 20: Carte d'érosion du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM (26/04/06) ___ 55
Figure 21: Carte de ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM
(26/04/06) __________________________________________________________________ 55
Figure 22: Hydrogrammes réel et simulés (09/04/08) ________________________________ 56
Figure 23: Carte du ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM
(9/04/08) ___________________________________________________________________ 56
Figure 24: Carte d'érosion (A) et de dépôt (B) du bassin versant de Rouffach, France sous
LISEM (9/04/08) _____________________________________________________________ 57
Figure 25: Impact du pas de temps sur l'érosion ____________________________________ 57
Figure 26: Carte de ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM
MNT 1 m (A) et MNT 2 m (B) ___________________________________________________ 58

7
Figure 27: Carte d'érosion du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM MNT 1m (A) et
MNT 2 m (B) ________________________________________________________________ 58
Figure 28: Méthodes d'évaluation de l'incidence de l'érosion sur le bassin d'orage _________ 60
Figure 29: Log Koc en fonction du temps de demi-vie des différents pesticides (FootPrint) ___ 62
Figure 30: Chemogrammes des 5 pesticides en phase liquide le 9/04/08, bassin versant de
Rouffach, France _____________________________________________________________ 63
Figure 31: Coupe transversale du Bassin d'orage (adapté de Thouvenot, 2008)____________ 66
Figure 32: Schéma du vignoble du Domaine du Hohrain avec choix des implantations des
parcelles____________________________________________________________________ 68

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: L'érosion en chiffres dans différentes régions (Sebbab, 2000) _________________ 16


Tableau 2: Comparaison des différents modèles d'érosion et de ruissellement (Joannon, 2004) 22
Tableau 3: Comparaison des modèles STREAM et LISEM ____________________________ 24
Tableau 4: Moyenne pluviométrique de 1946-2002 à Rouffach _________________________ 32
Tableau 5: Coefficients de ruissellement moyen de 2003 à 2006 ________________________ 32
Tableau 6: Caractéristiques des événements parcellaires , mixtes et imperméables (Domange,
2005) ______________________________________________________________________ 33
Tableau 7 : Composition moyenne des sédiments et des MES (%) ______________________ 35
Tableau 8: Coefficients de ruissellement moyen février- mai 2008 (%) - bassin versant de
Rouffach, France _____________________________________________________________ 36
Tableau 9: Coefficients de ruissellement sur la parcelle expérimentale, Rouffach, France en
avril 2008___________________________________________________________________ 36
Tableau 10: Bilan des différents événements suivis à l'échelle du bassin versant de Rouffach,
France, au printemps 2008 _____________________________________________________ 38
Tableau 11: Evénements suivis à l'échelle parcellaire en avril 2008 - bassin versant de Rouffach,
France _____________________________________________________________________ 38
Tableau 12:Totaux pluviométriques mensuels à Rouffach – CHS (1946-2002) _____________ 40
Tableau 13: Classe de perméabilité (d'après Nafo, 2000) _____________________________ 40
Tableau 14: Valeur de l'indice C pour la vigne (Fournier, 1988) _______________________ 41
Tableau 15: Bilan de l'utilisation de l'USLE________________________________________ 42
Tableau 16: Paramètres de végétation pour différentes occupations du sol _______________ 46

8
Tableau 17: Paramètres de rugosité pour différentes occupations du sol _________________ 47
Tableau 18: Valeur moyenne de Ksat de Madier (2007) ______________________________ 47
Tableau 19: Paramètres de cohésion pour différentes occupations du sol_________________ 49
Tableau 20: Valeur de Ksat pour le premier calage __________________________________ 51
Tableau 21: Résultats de la simulation du 23/03/08 __________________________________ 51
Tableau 22: Impact d'une variation de Ksat sur le ruissellement et l'érosion (23/03/08)______ 51
.

Tableau 23: Impact de la cohésion sur l'érosion_____________________________________ 52


Tableau 24: Impact du coefficient de Manning sur le ruissellement et l'érosion (23/03/08) ___ 52
Tableau 25: Résultats de la simulation de l'événement du 26/04/06______________________ 53
Tableau 26: Impact du Ksat sur le ruissellement et l'érosion (26/04/06) __________________ 54
Tableau 27: Impact de la teneur en eau initiale et du potentiel hydrique sur l'infiltration
(26/04/06) __________________________________________________________________ 54
Tableau 28: Résultats des simulations du 9/04/08 ___________________________________ 56
Tableau 29: Impact du MNT sur le ruissellement et l'érosion __________________________ 58
Tableau 30: Valeur théorique de la fraction de pesticide transportée sous forme dissoute pour le
glyphosate et l'AMPA, année 2003 (Domange, 2005)_________________________________ 60
Tableau 31: Concentrations et masses des 5 pesticides en phase liquide, le 9/04/08, parcelle
expérimentale, Rouffach, France_________________________________________________ 64
Tableau 32: Pourcentages d'exportation de l'isoxaben et du glyphosate , le 9/04/08, bassin
versant de Rouffach, France ____________________________________________________ 65
Tableau 33 : Abattement des MES dans le bassin d’orage de Rouffach – événements d'avril 2008
___________________________________________________________________________ 65

9
LISTE DES SIGLES ET SYMBOLES

ARAA : Association pour la Relance Agronomique d'Alsace

BO : Bassin d’Orage

BV : Bassin Versant

D50: Diamètre médian

ENGEES : Ecole Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg

EOST : Ecole et Observatoire des Sciences de la Terre

GPS : Global Positioning System

Ksat : Conductivité hydraulique à saturation

LDD : Local Direction Drainage

LISEM : Limburg Soil Erosion Model

MES : Matières en Suspension

MNS : Modèle Numérique de Surface

MNT : Modèle Numérique de Terrain

MO: Matière Organique

MUSLE : Modified Universal Soil Loss Equation

N: Coefficient de Manning

RUSLE : Revised Universal Soil Loss Equation

SIG : Système d'Information Géographique

STREAM : Sealing and Transfer by Runoff and Erosion related to Agricultural Management

TCRP : Tillage Control Runoff Pattern

USLE : Universal Soil Loss Equation

10
INTRODUCTION
La viticulture ne représente que 3% de la Surface Agricole Utile (SAU) en France mais
20% des pesticides commercialisés sont utilisés dans le vignoble (INRA – Cemagref, 2005). Cet
usage intensif des pesticides pose la question de la pérennité de la qualité de la ressource en eau,
telle qu’elle est exposée dans la directive cadre (2000/60/EC).
Le projet européen LIFE ENVIRONMENT ArtWet1 (Mitigation of agricultural nonpoint-
source pesticide pollution and phytoremediation in artificial wetland ecosystems), coordonné par
l'UMR CEVH (Centre d'Ecologie Végétale et d'Hydrologie) s'intéresse à la réduction de la
pollution diffuse due aux phytosanitaires et à la bioremédiation dans les zones humides
artificielles. Ce projet, qui a débuté en octobre 2006 pour une durée de 3 ans, vise à étudier et à
optimiser l’abattement des produits phytosanitaires provenant de bassins versants agricoles par le
biais de zones humides artificielles. Il tend à améliorer les dispositifs éprouvés dans d'autres
contextes tels que les fossés végétalisés (Dabrowski et al, 2005), les bassins d'orage à vocation
hydraulique (Aaron Hipp et al, 2006) ou encore les zones humides naturelles, aménagées,
agricoles ou forestières (Williams, 2002) dans le but de réduire la charge polluante en sortie.
Sur le territoire européen, six prototypes de zones humides sont analysés dont le bassin
d'orage de Rouffach, cadre de l'étude. Le bassin versant de Rouffach couvre une soixantaine
d'hectares et à son exutoire un bassin d’orage joue le rôle de zone humide artificielle. Sa vocation
première est de protéger les habitations situées à l'aval contre les événements ruisselants
extrêmes mais il permet également la remédiation des phytosanitaires par voie biologique. Le
bassin versant est le siège d’une érosion qui a pu être mise en évidence lors des épisodes de
pluies. Le bassin d’orage, situé préférentiellement de manière à intercepter les eaux de
ruissellement, va également piéger les sédiments générés par l'érosion hydrique.
Quantifier les apports solides est nécessaire pour déterminer les règles de gestion du
bassin (fréquence de curage, entretien), mais aussi pour estimer le flux de pesticides adsorbés sur
la phase solide afin de disposer d’un bilan total des quantités exportées.
Dans cette optique, l'objectif de cette étude est d'élaborer et de tester une méthode de
quantification de l’érosion hydrique en contexte viticole. Pour cela les performances des
méthodes expérimentales aussi bien que des modèles empiriques ou déterministes seront
confrontées. A partir des différentes méthodes retenues, des bilans des quantités exportées à
l’exutoire du bassin versant ainsi que des flux de pesticides associés seront effectués et une étude
de la variabilité spatiale et temporelle de l'érosion au sein du bassin versant sera réalisée.
La première phase bibliographique couplée à l'étude du bassin versant de Rouffach
permettra de retenir une ou plusieurs méthodes présentant le meilleur compromis
opérationnalité/pertinence. Les données requises par ces méthodes seront soit extraites de la base
de données du CEVH collectée depuis 1998 (Tournebize, 2001, Domange, 2005, Madier, 2007),
soit observées sur le terrain, soit dérivées d'une analyse spatiale des caractères physiques du site
d'étude.
Au final, un protocole expérimental sera retenu et un modèle sera testé. Le volume de
sédiments piégés présent dans le bassin d'orage permettra de valider les ordres de grandeurs
fournis par le ou les méthodes empiriques.
Les conséquences de cette érosion sur le bassin d’orage en matière de gestion (curage) et
de traitement (pesticides adsorbés sur la phase particulaire) seront ensuite évaluées. La
contribution des pesticides adsorbés au flux total sera estimée. Un suivi de l'abattement des MES
en aval du bassin d'orage, permettra de caractériser la décantation au niveau du bassin.

1
Site du projet: www.artwet.fr

11
1. EROSION EN CONTEXTE VITICOLE : ETAT DE L’ART SUR LE SUJET
1.1 Les phénomènes érosifs
1.1.1 Le déclenchement de l’érosion
L'érosion des sols intervient lorsque les eaux de pluie ne pouvant plus s'infiltrer dans le
sol, ruissellent le long de la parcelle et emportent avec elles des particules de terre. Le sol ne peut
plus absorber les eaux en excédent si l'intensité des pluies est supérieure à l'infiltrabilité de la
surface du sol, c'est le ruissellement dit "Hortonien ", ou bien si la pluie arrive sur une surface
partiellement ou totalement saturée par la nappe, c'est le ruissellement par saturation (Le
Bissonais et al, 2002).
Le phénomène de ruissellement est ainsi précédé d’un phénomène d’infiltration qui
dépend lui-même des conditions initiales d’humidité ou de l’état de surface du sol.

L’érosion peut prendre plusieurs formes:


- L'érosion diffuse est due à l'impact des gouttes de pluies. L’énergie de la pluie
provoque l’éclatement des agrégats et les particules arrachées rejaillissent à la surface. Cette
érosion par effet "splash" apparaît sur des pentes même faibles et n'affecte que les éléments fins,
argiles et limons. La disponibilité des fines est donc accrue, elles pourront être mobilisées même
avec un ruissellement faible. Cette érosion est donc sélective, les éléments grossiers s'accumulent
en surface.
- L'érosion linéaire ou concentrée apparaît sur les pentes plus fortes et le plus
souvent dans des zones de concentration (fossé, talweg, traces de roues et d'outil, chemins,
rigoles…). Les sols en argile sont les plus touchés. L’énergie forte de l’eau concentrée conduit
au transport et à l'arrachement des particules. Des rigoles peuvent se former dans les traces de
roues.
Parfois, dans le cas de fortes pentes, sur du substrat marneux, des mouvements de
masse, véritables coulées de boues peuvent se former (Le bissonais et al, 2002).

Selon la fréquence des phénomènes érosifs, on parle d'érosion chronique et


exceptionnelle. L'érosion exceptionnelle, ressentie par l'exploitant comme catastrophique, se
caractérise par une période de retour de 4 à 10 ans dans le vignoble alsacien (Vogt et al, 1986).
Les techniques d'action ne sont pas les mêmes. Pour une érosion chronique, il convient d'agir à
l'échelle de la parcelle, alors que pour l'érosion exceptionnelle, c'est au niveau du bassin versant
qu'il faut agir.
Les dépôts de particules ont lieu lorsque la charge sédimentaire excède la capacité de
transport du flux, lors d'une diminution de la vitesse de ruissellement. Par exemple, un
changement de pente va favoriser les dépôts.

1.1.2 Les différents paramètres de contrôle du ruissellement et de


l’érosion et leur hiérarchisation
a) Le contrôle du ruissellement et de l'érosion
- Les caractéristiques de la pluie : l'efficacité de la pluie dépend de son intensité
(énergie cinétique des gouttes), de la hauteur totale des précipitations, de la durée de la pluie
(une pluie courte et intense peut être plus érosive qu'une pluie longue de plus faible intensité),
mais aussi de l'histoire climatique des jours précédents et donc de l'état hydrique de la parcelle
(cf. 1.1.1) (Litzler, 1988).
- L'état de surface du sol : il contrôle le stockage superficiel et donc le début du
ruissellement. Si le sol a une rugosité importante, des "flaques " vont se former avant le
déclenchement du ruissellement. L'infiltration est fortement dépendante de l'état de surface.
La formation de croûte de battance par la pluie va fermer la surface du sol et donc
augmenter le ruissellement mais favoriser également la résistance à l'entraînement des particules

12
réarrangées de manière plus compacte. Les sols limoneux sont plus sensibles à la battance
provoquée par "l'effet splash ". Dans un premier temps, l'éclatement et la dispersion des fines
autour de leur point de chute provoquent le colmatage et la fermeture de la surface du sol. Dans
un deuxième temps, lorsque l'intensité de la pluie dépasse la capacité d'infiltration, des flaques
vont se former dans le microrelief et les particules sédimentent. Cette croûte sédimentaire accroît
encore davantage l'imperméabilité (Macary et Berville, 2003).
- L'état hydrique du sol : si l’humidité est faible, le sol se comporte comme un
solide et se fissure sous les forces de cisaillement. Lorsque la teneur en eau augmente, le sol
devient plastique. Selon Boiffin, cité par Léonard (2003), la stabilité du sol augmente si le sol
reste faiblement humide pendant plusieurs jours, et inversement diminue s’il est à proximité de la
saturation. Cet état a donc son importance sur la résistance à l'entraînement par le ruissellement
et le "splash ". L'humidité du sol affaiblit les agrégats car elle diminue leur cohésion.
Notons également que l'humectation rapide d'un sol initialement sec a pour conséquence
une désagrégation des agrégats plus importante que si le sol est déjà humide. Les cycles
d'humectation – dessiccation répétés diminuent la stabilité des agrégats (Macary et Berville,
2003).
- Les caractéristiques du sol : un des critères le plus important pour apprécier la
résistance d'un sol à l'érosion est la stabilité structurale. Si un sol est stable, il sera moins
sensible à la battance et résistera mieux au tassement et à l'arrachement. Cette stabilité dépend de
la texture du sol, de la nature minéralogique des argiles, de la teneur en matières organiques
(MO), de la teneur en calcium et de l’état et l’histoire hydrique. Si les argiles sont orientés, ils
vont avoir tendance à gonfler avec l'eau, ils seront alors peu stables. La matière organique quant
à elle facilite la formation du complexe argilo-humique et augmente la résistance. Le calcium
favorise lui aussi la formation de l'humus. La résistance aux contraintes de cisaillement du sol
est d’autant plus importante que le sol est riche en argile, compact, et que de nombreuses racines
fines et denses sont présentes et constituent une armature. L’infiltrabilité du sol est également un
paramètre important pour la genèse du ruissellement. Elle dépend de l'état de surface et de la
porosité. Elle est influencée par l'état de compacité, la fissuration et l'activité biologique du sol
(responsable de la formation de macropores ou de galeries).

Figure 1: Triangle textural renseigné en classes de stabilité structurale (Macary et Berville, 2003)
Kheyrabi et Monnier, cités par Macary (2003), ont mis en évidence l'influence de la
composition granulométrique sur la stabilité structurale en l'absence d'autres facteurs. Le triangle
textural montre que les sols limoneux apparaissent comme les plus instables au contraire des sols
à texture plus grossière ou plus fine (Figure 1). Les sols limoneux sont très sensibles à la
battance. Les particules grossières du fait de leur masse plus importante sont moins sensibles au
détachement par la pluie. De plus, les éléments de taille supérieure à 2 mm protègent le sol de
l'impact des gouttes de pluie et s'opposent au ruissellement. Les argiles et les colloïdes offrent

13
une résistance à l'érosion du fait des fortes liaisons. Les oxydes de fer et d'aluminium, en
particulier sous forme colloïdale, permettent la création d'agrégats stables.
- Les paramètres topographiques : l'augmentation de la pente accroît la capacité
de ruissellement, qu'il soit diffus ou concentré. L'énergie du ruissellement est liée à la pente. Son
rôle est toutefois complexe car la pente tend à améliorer le drainage oblique et donc favoriser
l'infiltration et elle rend également plus difficile la formation de croûte de battance. Si la pente
est faible, les particules libérées par effet splash restent à côté et vont former des croûtes de
battance ce qui tend à imperméabiliser le sol et l’infiltration est alors limitée. Roose (cité par
Macary et Berville, 2003) dans ses travaux sur les fortes pentes estime que le ruissellement
diminue lorsque la pente s'accroît. En effet, quant la pente augmente, le sol reçoit moins d'eau
par unité de surface pour une pluie donnée et le rapport ruissellement sur infiltration tend à être
moins élevé. L'influence de la longueur est aussi importante, mais seulement si le ruissellement
à la possibilité de se concentrer. La forme intervient également, une rupture de pente concave
favorise le dépôt, une convexe accroît la possibilité d'érosion (Litzler, 1988).
Peu d'auteurs s'accordent d'une manière générale en ce qui concerne l'influence de la
pente sur le ruissellement, mais la majorité reconnaît son rôle essentiel sur les volumes de
matières solides transportés.
- La végétation: le couvert végétal joue un rôle important. Il retarde l'apparition du
ruissellement car l’infiltration est accrue du fait d’une porosité plus importante et la capacité
hydrique du sol augmente par la présence de matière organique. Elle limite également les pertes
en terre par diminution de l’effet "splash " et renforcement de la résistance au cisaillement par les
racines (Litzler, 1988).
- Le travail du sol: il augmente la perméabilité du sol. Il ameublit les sols tassés et
aère le sol. La rugosité du sol et donc la détention superficielle sont aussi accrues. La pluie fait
toutefois rapidement diminuer cette rugosité. L'opération la plus efficace consiste à faire des
mottes grossières (Van Dijck, 2000). Le travail d'un sol trop humide diminue la perméabilité par
formation d'une zone de tassement et de lissage. La répétition de travaux superficiels provoque
un affinement excessif des mottes de terre (diminution de la rugosité) et augmente le
détachement des particules de terre.
Les techniques sans labour (TSL) du fait d'un tassement superficiel du sol, réduisent
quant à elles la détachabilité des particules et limitent le départ de terre. Seules les fines partent.
Le désherbage supprime la couche protectrice et le ruissellement peut se concentrer dans des
traces de roues ou d'érosion (griffures, rigoles...).
Que préconiser en terme de travail du sol? Le travail du sol réduit ruissellement et érosion
jusqu'à un certain seuil de pluie. Si ce seuil est dépassé, le ruissellement démarre et l’érosion est
favorisée car la détachabilité des particules est importante. Par contre lors de faibles pluies, les
dégâts sont plus importants pour un sol non travaillé (Litzler, 1988)
- Le compactage du sol: les engins mécaniques tassent le sol ce qui favorise le
ruissellement. Trois types de compaction sont à distinguer: la compaction de surface, la
compaction de profondeur et entre les deux, la semelle du labour qui correspond à une couche de
sol très dense se trouvant sous les passages fréquents du soc de la charrue. La compaction de
surface, au niveau des traces de roues, causées par le trafic de la machinerie agricole, tend à
diminuer l’infiltration et la porosité. Le fort pouvoir érosif de l'eau provoque alors ruissellement
et érosion. En effet même si la cohésion augmente, le fort ruissellement augmente les risques
d'érosion (Macary et Berville, 2003). La compaction de profondeur est causée le plus souvent par
un poids à l’essieu dépassant les 5-7 tonnes/essieu sur un sol humide (Tsague, 2005).
- L’apport de matériaux de surface: la présence de sarments, paille, composts,
écorces ou encore marc favorise la dissipation des gouttes de pluie ainsi que l'infiltration, et
limite la vitesse ruissellement et le départ des particules de terre (Litzler, 1988)
- La voirie: la modernisation du travail de la viticulture a favorisé le développement
du réseau vicinal dans l'ensemble des vignobles français. L'augmentation des surfaces
imperméables accroît la concentration des eaux. Les routes non pavées semblent d'ailleurs la

14
source principale de sédiments d'autant plus que le passage des machines sur ces routes est
fréquent (Rijsdijk, 2006 Mc Donald, 2001 cités par Madier, 2007).

b) Hiérarchisation des différents paramètres


L'ensemble des paramètres cités ci dessus affecte ruissellement et érosion. Toutefois, ils
n'ont pas tous le même poids et peuvent être hiérarchisés. Par exemple, les précipitations
provoquent le détachement des particules localement. L'érosion qui correspond à leur transport
est dépendante du ruissellement.
Plusieurs études dont celle de Herbreteau (2003), suggèrent que le facteur déterminant
dans l'érosion des vignobles est la couverture végétale. S'en suivent la texture du sol et la pente
avec des poids plus faibles. Selon Herbreteau, la pente et la texture se combinent et caractérisent,
pour chaque parcelle, un degré de sensibilité à l'érosion potentielle. Le viticulteur peut alors
raisonner l'entretien de sa parcelle et le sens de plantation de la vigne pour limiter l'ampleur de
l'érosion sur la parcelle. Les pratiques culturales ont un rôle non négligeable dans le
déclenchement de l'érosion, en particulier le taux de couverture végétale va avoir un rôle
fondamental sur l'intensité de l'érosion des sols en retardant ou en accélérant les phénomènes.
Le Bissonais (2002) confirme les observations de Herbreteau en affirmant que la
couverture végétale est considérée comme le facteur principal de l'aléa d'érosion. La
classification des autres facteurs est dans l’ordre, la sensibilité à la battance, la topographie
(pente et surfaces drainées), l'érodibilité des terrains, et enfin les caractéristiques des
précipitations. Le Bissonais se base sur les principes suivants:
- Seuls les sols nus et les sols cultivés sont sensibles à la battance. Elle n’a pas
d’influence sur les prairies et les forêts ;
- L’influence de la pente augmente quand elle est associée à la battance ;
- Seules des pentes fortes sont sensibles à l'érosion.
La sensibilité potentielle des terrains est ensuite combinée avec les données climatiques.
L’effet du climat augmente avec la sensibilité à l’érosion. Dans des cas de très faible sensibilité à
l'érosion, par exemple des sols couverts en permanence sur de faibles pentes, le risque reste très
faible quelque soit l’érosivité des pluies.
Nous retiendrons que l'érosion est un phénomène complexe qui ne saurait être
appréhendé par l'un ou l'autre des facteurs étudiés précédemment. L'érosion résulte de
l'interaction de différents processus élémentaires qui peuvent varier spatialement au sein d'un
bassin versant et temporellement durant l'année.

1.1.3 La lutte contre l'érosion en contexte viticole


a) Les dégâts de l’érosion dans le vignoble
L’érosion provoque des dégâts à plusieurs échelles (Sebbab, 2000):
- Dans le vignoble, les pieds, plus particulièrement ceux des jeunes plants, peuvent
être arrachés. En outre, l'exportation des éléments fins conduit à une dégradation qualitative et
quantitative du sol. En effet, le volume de terre et la réserve utile sont réduits, la quantité
d'humus et donc la fertilité diminuent et le sol est moins stable du fait de la battance qui est
facilitée. Les dépôts de terre peuvent enterrer les jeunes plants en bas de parcelles et gêner la
circulation des engins. En bas de parcelle la stagnation des eaux peut conduire à l'asphyxie des
plants et perturber leur croissance. De plus, l’envasement des canaux de drainage, le risque de
gel (cicatrice mise à nu) et de phylloxera sur les ceps enfouis sont des conséquences indirectes
non négligeables d’une érosion.
- Au niveau des collectivités locales, le colmatage des réseaux de collecte et la
dégradation de la qualité des eaux sont les dégâts les plus importants. Dans les cours d'eau, les
matières en suspension provoquent l'envasement et le colmatage des lits et la dégradation de la
qualité piscicole. D'autre part de nombreux travaux de nettoyage et d'entretien doivent être
supportés par la commune.

15
b) Synthèse des résultats des masses érodées observés en contexte viticole
Depuis environ deux décennies (Sebbab, 2000), beaucoup de viticulteurs se sont
spécialisés dans le vignoble classé A.O.C. L’objectif de rationalisation pousse le viticulteur à
accroître ses productions en augmentant sa surface d'exploitation sur des terrains à forte pente ou
au détriment des zones boisées. L'érosion des sols viticoles français est observée partout mais à
des degrés divers. La situation géographique conditionne l’érosion par le biais de plusieurs
facteurs. Le premier est le facteur climatique, l’érosion variant en effet selon la hauteur des
pluies, l'intensité et la fréquence des orages. Puis, vient ensuite le facteur pente avec une
distinction entre les vignobles de coteaux, ceux de plaine ou encore ceux en terrasse. Et enfin, le
facteur sol est pris en compte avec la texture et la structure.
Une hiérarchisation du risque d'érosion a été réalisée en France en combinant le caractère
géomorphologique, l'érosivité des précipitations et les résultats des mesures sur parcelles
expérimentales (Sebbab, 2000).
En Languedoc et Provence, l'agressivité du climat est élevée avec beaucoup d'orages en
automne. Sur les vignobles de coteaux l'érosion est forte, elle est plus modérée sur les vignobles
de plaine
Dans le Sud Ouest les vignobles sont situés sur des terrasses alluviales à faibles pentes ou
des coteaux. La forte teneur des sols en argile implique une bonne cohésion. Les vignobles sont
alors peu sensibles à l'érosion sauf au printemps avec des fortes averses.
L’influence de la pente, de l’exposition, de l’agressivité climatique font des vignobles du
Centre, Bourgogne et Beaujolais des zones sensibles à l'érosion (même si elles le sont moins
que les vignobles du Sud Est).
Les vignobles de coteaux du Nord Est sont exposés au risque érosif en particulier au
printemps et en été avec des orages
Le bilan des taux d'érosion obtenus par l'étude des parcelles expérimentales dans
différentes régions de France est synthétisé dans le Tableau 1.
Tableau 1: L'érosion en chiffres dans différentes régions (Sebbab, 2000)
Région Erosion (t/ha/an)
Alsace 0.07-0.4
Bourgogne 6
Champagne 0.8-4
Provence (Drôme) 14-15
Provence (Var) 2-54

Les vignobles du Sud-Est sont très exposés aux risques érosifs a contrario des vignobles
alsaciens qui ont des taux d'érosion assez faibles.

c) Mesures agronomiques pour prévenir et réduire l'érosion au sein de la parcelle


Le travail du sol reste controversé car s'il augmente la perméabilité et la rugosité, il
diminue aussi la cohésion des particules. Il faut donc éviter de travailler le sol avant une forte
pluie. Les techniques sans labour quant à elles augmentent la cohésion des particules et le
ruissellement, les traces de roues perdurent et l'écoulement peut s'y concentrer.
L'apport de matériaux de surface favorise la dissipation de l'énergie des gouttes de
pluie, augmente l'infiltration et limite la vitesse de ruissellement
L'enherbement permet de lutter contre l'érosion, il retarde le ruissellement et limite les
départs de terre.
Les aménagements de la parcelle pour limiter l'érosion sont variés: limiter la longueur
des rangs, installer des arrêts d'eau tels que des fossés, des monticules de terre voire des planches
à l'amont de la parcelle, disposer des murets en bas de parcelle pour stopper la terre et la
récupérer, ou encore mettre en place des terrasses (Litzler, 1988).

16
1.2 Méthodes de quantification
Ce paragraphe a pour but de présenter de manière non exhaustive les méthodes
expérimentales, empiriques et déterministes de quantification de l'érosion.

1.2.1 Méthodes expérimentales


a) Les parcelles expérimentales
Dans de nombreux vignobles français, des parcelles expérimentales ont été installées, la
plupart implantées sur des coteaux (Sebbab, 2000). Les chercheurs américains furent les
premiers à mener des recherches sur l'érosion et ils employèrent largement les parcelles
expérimentales. La parcelle type définie par Wischmeier et utilisée pour l'Universal Soil Loss
Equation (USLE) (cf. 1.2.2) est de 4m x 22m. Afin de limiter les quantités d'eau de
ruissellement, les chercheurs ont été amenés à réduire la taille de ces parcelles par rapport à celle
fixée par Wischmeier. Par exemple, Messer, 1978 a choisi des parcelles de 3,4 m x 20 m et
Ballif, 1985 de 1 m x 30 m (cités par Sebbab, 2000).
La méthode consiste à délimiter une parcelle qui fonctionne comme un véritable bassin
hydrologique parce qu'elle est limitée latéralement et en amont. Cette parcelle est définie par sa
pente, son sol, sa végétation et son état. Un système de recueil des eaux, constitué d'une gouttière
collectrice, limite la parcelle à sa base et reçoit l'eau et la terre du ruissellement. Les eaux de
ruissellement sont conduites vers des bacs de stockage constitués de cuves communiquant par
des partiteurs ou vers des appareils d'enregistrement de débit. Le volume d'eau ruisselé après
chaque pluie est évalué à partir de mesures dans les cuves. La mesure des Matières en
Suspension (MES) est réalisée sur des prélèvements d'échantillons d'eau. Les particules plus
grossières se déposent au fond de la première cuve.

Les résultats obtenus par des parcelles expérimentales sont toutefois à nuancer (Fournier,
1965). En effet, les parcelles utilisées de quelques centaines de m², représente une surface
restreinte par rapport à celle du bassin versant sur lequel elles se situent. Elles représentent un
milieu étroitement défini par une pente, un sol et un état de surface. Or les phénomènes
hydriques qui se produisent en un point d'un bassin versant dépendent de ceux qui affectent
l'ensemble de celui-ci.
Les données résultant de l'étude de parcelles expérimentales ne peuvent donc fournir,
qu'une estimation de l'ampleur que peut présenter un phénomène dans une région et dans des
conditions données.
Les parcelles sont souvent utilisées pour faire varier un facteur de l'érosion du sol et du
ruissellement, tous les autres restant fixes, et ainsi étudier l’influence dudit facteur comme
l'influence de la nature pédologique, du traitement de surface, de la pluie et de l'état hydrique ou
de l'intensité de la pluie (Viguier, 1993).
Les parcelles expérimentales peuvent toutefois fournir un bon ordre de grandeur de
l'érosion sur une petite surface. Le problème principal reste le changement d'échelle car l'étude à
la parcelle ne permet pas d'identifier le comportement des interfaces (bandes enherbées, fossés,
routes) dont le rôle est prédominant à l'échelle du bassin versant. Comment généraliser les
résultats au bassin versant?

b) La simulation de pluie sur placette


La simulation de pluie est une méthode permettant de compléter les données issues des
parcelles expérimentales. Elle permet notamment d'isoler l'étude du sol. Les techniques de
simulation de pluie consistent à soumettre une parcelle de sol à un arrosage provoqué par un
simulateur de pluie. Le simulateur de pluie le plus utilisé de type ORSTOM est composé d'un
gicleur calibré monté sur un bras mobile relié à un moteur qui l'anime d'un mouvement
pendulaire à vitesse constante (Léonard, 2003). Il est alimenté par une pompe réglée à une
pression constante d'environ 1,1 bar. Cet arrosage a des caractéristiques très proches de ceux
d'une pluie naturelle. Ces simulations permettent d'obtenir des hydrogrammes et des

17
turbidigrammes pour des pluies d'intensité connue et constante en fonction des autres paramètres
intervenant dans le ruissellement.
La simulation de pluie s’effectue sur des micro-parcelles de l'ordre du mètre carré
caractérisées par une pente et une texture représentatives du versant (Sebbab, 2000). Elles sont
délimitées par un cadre métallique enfoncé dans la terre jusqu'à une profondeur de 10 cm. Ce
cadre est conçu pour récupérer les eaux de ruissellement lors d'un épisode pluvieux artificiel dont
le volume apporté et l'intensité des pluies sont connus. Le cadre est muni côté aval de
perforations et d'une gouttière guidant les eaux de ruissellement jusqu'à un dispositif de collecte.
Ce dernier est généralement composé d'une gouttière positionnée à l'exutoire de la placette, d'un
tuyau d'arrosage et d'un bidon ou bac collecteur enterré dans le sol. Les mesures sont effectuées
le plus souvent manuellement avec des prélèvements d'eau à la sortie de l'exutoire. En réalisant
des prélèvements toutes les minutes, il est ainsi possible d'établir des hydrogrammes.
L’étude sur des placettes de 1 m², permet de réaliser des expérimentations rapides, sur
divers types de sol ou d'occupation du sol. Elle ne permet pas de tenir compte de "l'effet
versant " : longueurs et formes des pentes, discontinuités pédologiques et discontinuités dans le
ruissellement. Les départs de terre sur la placette expérimentale sont dus essentiellement à
l'énergie des gouttes de pluie, l'énergie de ruissellement étant faible. Or sur une parcelle, le
ruissellement dispose d'une longueur de pente lui permettant de se concentrer et d'acquérir un
pouvoir érosif. Cette technique reste donc plus un test de comportement relatif des sols vis à vis
des paramètres testés, qu'un test quantitatif. Van Dijck (2000) a utilisé cette méthode pour
déterminer la concentration en sédiments dans les inter-rangs, les sillons ou les traces de roues.
Comme pour les parcelles expérimentales, le problème de généralisation des résultats au
bassin versant se pose.

c) D'autres méthodes expérimentales


La mesure de "l’effet Splash " (Van Dijck, 2000)
La quantité de terre érodée par l’impact des gouttes de pluie sur le sol peut être mesurée
grâce à des coupelles. Des boîtes en tôle d'acier sont utilisées. Il existe une relation entre le
diamètre D de la coupelle, la masse de sédiments récupérée (MSA) et la masse de sédiment
érodée par unité de sol (MSAR).
MSAR = MSA * e0.054*D
Des diamètres de 2,5, 5 et 10 cm sont utilisés. Les coupelles sont placées à moins de
20 cm car la fraction de sol qui gicle à plus de 50 cm est inférieure à 5 % et les distances de jet
moyennes sont de 20 cm (Van Dijck, 2000).
Il est difficile d'obtenir des résultats significatifs mais des ordres de grandeurs peuvent
être obtenus.
Les repères (Fournier, 1965)
Pour mesurer le phénomène d'érosion tel qu'il se déroule réellement dans le milieu naturel
des repères stables sur le terrain peuvent permettre d'évaluer les variations du niveau du sol. Ces
repères sont par exemple un simple piquet, ou encore un fil tendu horizontalement, selon la
direction des isohypses, entre deux points d'appui fixes et stables, distants de 1 à 2 m. L’érosion
ou les dépôts de terre sont alors estimés en observant soit le déchaussement ou le recouvrement
des piquets, soit la variation de la surface entre le fil et sa projection verticale sur le terrain.
Ces mesures sont toutefois la source d'erreurs importantes à cause de la faible épaisseur
de l'érosion annuelle, du micro-relief et de la présence de débris de végétaux. La mesure directe
de l’érosion des sols est finalement plus sûrement fournie par les parcelles expérimentales.
La mesure de l'érosion concentrée (Fox et al, 2006)
La mesure de l'érosion sur les placettes de 1 m² permet seulement d'estimer l'érosion
diffuse. En complément, l'érosion linéaire peut être quantifiée en mesurant le volume des rigoles
sur chaque parcelle viticole. La surface est mesurée, puis connaissant la longueur, le volume de
terre érodée pendant l'érosion linéaire peut être évalué. De nombreuses rigoles peuvent avoir
plusieurs années d'existence et il est alors difficile de distinguer les rigoles annuelles et

18
pluriannuelles. Toutes les valeurs sont donc divisées par l'âge de la plantation afin d'éviter toute
surestimation grossière.
Le Caesium 137 (Loughran et al, 2000)
Le Caesium 137 (Cs 137) est un radioélément artificiel introduit dans l'atmosphère par les
essais nucléaires. Il est absorbé à la surface du sol et peut être utilisé comme traceur du
mouvement de sol. En relation avec un site stable, non érodé, la perte de sol ou le gain de sol
(SL) peut être évalué comme un pourcentage de la valeur de référence.
Pour convertir le pourcentage de sol perdu ou gagné en quantité, les équations de
Loughran et Elliot (Loughran et al, 2000) sont utilisées:
-
pour un sol cultivé : SLC (kg/ha/an) = 296.1 * (1.0539)x
- pour un sol non cultivé : SLG (kg/ha/an) = 17.5 * (1.0821)x
avec x le pourcentage de gain ou perte en Cs 137 par rapport à la valeur de référence.
Un autre modèle peut être utilisé prenant en compte le fait que l'isotope n'est pas
uniformément réparti dans le sol avec le labour et que la quantité de sol perdue ou gagnée SL est
proportionnelle au pourcentage de Cs 137 perdu ou gagné.
SL (t/ha/an) = 10*(D.B.X/100)/T
avec D la profondeur de labour (m), B la masse volumique du sol (kg/m3), X le pourcentage de
sol perdu ou gagné et T le temps passé depuis l'accumulation initiale de Cs 137 (an).

1.2.2 Modèles empiriques


a) L'équation Universelle des pertes en terre: USLE
De nombreux essais sur l’érosion des sols ont été conduits aux Etats-Unis par différents
chercheurs, dès 1932, sous la direction du service de la conservation du sol et du ministère de
l'agriculture. En 1960, Wishmeier et Smith ont finalement abouti à l'Universal Soil Loss
Equation due à l'érosion pluviale (Wishmeier et Smith, 1960). En 1991, Renard propose la
Revised Universal Soil Loss Equation (Renard et al, 1991). Cette équation est utilisée aux Etats-
Unis depuis cette date en agriculture.
Son principe est de comparer l'érosion d'un site quelconque à l'érosion d'une parcelle
témoin ayant une longueur de 22 m et une pente de 9 % sur jachère nue, c'est à dire labourée
périodiquement de manière à ce qu'aucune végétation ne puisse s'y développer et tel que le sol ne
puisse former une croûte superficielle.
Ce modèle empirique a été établi à partir du traitement statistique des résultats de
nombreuses mesures en parcelles expérimentales menées sur plus de 20 ans. Il exprime les pertes
en sol comme le produit de différents facteurs. E exprimé en t/ha/an est la perte de sol due à
l'érosion et constatée par unité de surface pendant une année:

E=RxKxSxLxCxP

- R est appelé facteur pluie ou indice d'érosivité. Il a été défini comme le produit de
l'énergie de la pluie Ec exprimée en MJ/ha par son intensité maximum durant 30 minutes I30
exprimé en mm/h (Viguier, 2003). C'est l'indice moyen annuel d'érosion par la pluie. La valeur
annuelle de R est obtenue comme la somme de tous les I 30 x Ec de chaque pluie de l'année
(Diodato et Bellochi, 2007).
La Food and Agriculture Organisation en 1977 propose un indice moyen annuel faisant
intervenir le cumul mensuel de chaque mois: R = Σ pi²/p. Cet indice à l’avantage d’être utilisé là
où les données de pluie instantanée ne sont pas disponibles.
Wishmeier et Smith élimine les pluies les plus faibles c'est à dite celles dont la hauteur est
inférieure à 12,7 mm et qui sont séparées par plus de 6 heures avec la condition que pas plus de
6,3 mm ne tombe en 15 minutes.

- K est appelé facteur sol et caractérise l'érodibilité du sol. C’est la sensibilité du sol à
l'érosion établie par rapport à une parcelle standard, en tenant compte de la texture, de la teneur

19
en matière organique, de la structure et de la perméabilité du sol. A partir de leurs observations,
Wischmeier et Smith ont crée un normographe permettant de calculer l'érosivité en fonction de la
teneur en limons et sables fins, du pourcentage de sables et de matières organiques, de la
structure et de la perméabilité (Viguier, 2003).
De nombreux auteurs ont essayé d'estimer l'érosion des sols en fonction de leurs
propriétés. Des index ont été crées tenant compte de la granulométrie ou de la stabilité des
agrégats (Anderson, 1954, ou encore Bennett, 1926, et Schwing, 1978, cités par Viguier, 1993).
Ils ne considèrent qu'un nombre limité de facteur et ne sont pas représentatifs de l'érosion en
conditions naturelles. L’indice de Wischmeier et Smith a été établi à partir de mesures réalisées
sur le terrain dans une dizaine d'états d'Amérique de Nord.

- SL est le facteur topographique. Il tient compte à la fois de la longueur de la


parcelle L et de l'inclinaison de la pente S. Les deux facteurs Let S sont combinés en un seul
facteur topographique qui permet d'évaluer globalement l'influence de la pente sur la vitesse de
l'érosion. Des formules, tables et abaques permettent de quantifier les valeurs du facteur
topographique. La formule de Wischmeier et Smith (1960) est la suivante:
LS = λ0.5(0.0076 + 0.0053*α + 0.00076* α²)
avec λ la longueur de la parcelle en pieds et α la pente en %.

- C, le facteur de couverture végétale est défini dans l'USLE comme le rapport


entre l'érosion mesurée sur une parcelle de référence (jachère nue) et une parcelle test sous une
culture bien précise. Il existe des abaques pour calculer C en fonction de la couverture végétale
et des effets du mulch (couche de protection sur le sol). La valeur du facteur C dépend de
plusieurs variables : la couverture des feuilles et des branches qui interceptent les gouttes de
pluie et dissipent une partie de leur force érosive; la couverture végétale au sol composée de
résidus de culture et de végétation vivante à la surface du sol; la biomasse du sol qui améliore
l'écoulement de l'eau dans le sol ainsi que la capacité de rétention et le type et la fréquence de
travail du sol qui influent sur la porosité, la rugosité de surface et la compaction du sol. Chacune
de ces variables est traitée comme un sous facteur et C est le produit de ceux ci.

- P, le facteur des pratiques culturales anti-érosives permet d’évaluer l'action des


pratiques visant à modifier la vitesse, le profil, la pente ou la direction de l'écoulement en surface
et à réduire ainsi l'érosion. Par exemple, la culture en pente transversale, la culture en courbes de
niveau, la culture en bandes alternées, l'aménagement de terrasses, la présence de bandes
enherbées ou encore l'enherbement des rangs dans le sens de la pente sont des types d'actions
anti-érosives. Le facteur P est le rapport de la perte de sol observée sur le terrain étudié travaillé
mécaniquement d'une certaine façon et protégé contre l'érosion d'une certaine façon avec celle
qui a lieu sur la parcelle de référence où le terrain est labouré fréquemment dans le sens de la
plus grande pente.

Cette équation permet d'avoir une idée de la quantité moyenne de terre exportée pour
différents types d'occupation du sol, mais elle a ses limites.
Elle ne tient pas compte des interactions entre les différents facteurs. En effet, elle se
présente sous la forme d'un produit et ne fait donc pas intervenir les liaisons causales qui peuvent
exister entre les différents facteurs. Or, dans les régions peu accidentées, à climat peu agressif,
les relations entre les facteurs peuvent être plus déterminantes que les facteurs eux-mêmes
(Auzet, 1987 cité par Macary et Berville, 2003). Par exemple la dégradation progressive du sol
sous l'action de la pluie et la formation de croûte permet à des pluies de plus en plus faibles de
provoquer ruissellement et érosion.
D’autre part dans l’USLE la topographie est représentée seulement par le gradient de
pente et la longueur de la parcelle. Or l’écoulement peut emprunter des micro-reliefs et être à
l’origine de la formation de rigoles ou de ravins. Toutefois le facteur topographique est considéré

20
comme le plus "universellement" applicable de tous les facteurs de l'équation tout du moins pour
des longueurs de parcelle comprises entre 10 et 100m et des pentes entre 4 et 25% car sur des
pentes inférieures à 4%, il induit une sous estimation importante de l'érosion (Bolline, 1983 cité
par Macary et Berville, 2003).
Bolline (1983) critique les valeurs seuils retenues pour caractériser l'érosivité des
précipitations. Il conclut de ses mesures réalisées en Belgique que le seuil de 12,7 mm est trop
élevé pour l'Europe Occidentale. Même de petites pluies peuvent provoquer du ruissellement et
de l'érosion. En particulier, des différences apparaissent entre l'hiver et l’été. En hiver, le
ruissellement par saturation provoque un ruissellement même pour des faibles pluies avec des
faibles volumes.
De plus les expérimentations (Wishmeier, 1960) ont été conduites sur des parcelles de
22 m sur 4 m. Le modèle ne permet donc pas d'évaluer l'érosion liée à la concentration du
ruissellement.
Ce modèle s'applique à des valeurs de pluviométries moyennes. Il n'est en aucun cas
valable à l'échelle de l'averse. Des données sur une longue durée sont donc nécessaires. Pour
estimer les transports solides à chaque averse, un modèle MUSLE a été mis en place
(Williams, 1975).

b) L'équation Universelle des pertes en terre modifiée: le modèle MUSLE


L'équation universelle des pertes en sol USLE ne s'applique que pour des données
pluviométriques moyennes à l'échelle annuelle. Elle n'est donc pas valable à l'échelle de l'averse.
Le modèle MUSLE a été mis au point pour estimer les transports solides de chaque averse. Il ne
tient plus compte de l'érosivité de la pluie mais du volume ruisselé (Williams, 1975).
L'équation MUSLE (Williams 1975), se présente sous la forme suivante pour un
événement pluvieux donné sur un bassin versant:
SY = 11.8 x (Q*qp) 0.56 x K x C x P x LS
SY: production en sédiments d'un événement particulier (tonnes)
Q : volume de ruissellement consécutif à l'averse (m3) au niveau du bassin versant
Qp : débit de pointe (m3/s)
Lv : longueur du versant
Les autres termes, K, C, P et LS sont les mêmes que ceux de l'USLE. L'utilisation de
MUSLE nécessite de la métrologie pour connaître les débits et volumes ruisselés.

c) L'équation Universelle des pertes en terre révisée: le modèle RUSLE


Le modèle RUSLE propose la même formule que l’USLE mais plusieurs améliorations
sont réalisées pour la détermination des différents facteurs. Ceci inclus, une approche différente
de l'érodibilité des sols K, une nouvelle équation pour le facteur topographique LS, et une
nouvelle valeur pour le facteur C et les pratiques de conservation (Renard et al, 1997).
La méthode retenue par USLE et MUSLE pour calculer l'influence de la topographie LS
ne considère qu'une pente simple alors que RUSLE permet de diviser une pente irrégulière en
plusieurs segments. Le facteur des pratiques culturales C est calculé dans l'USLE pour une
culture selon la période de croissance et la quantité de résidus au sol, alors que la méthode
retenue par RUSLE fait plutôt intervenir l'érosivité des pluies et le rapport de pertes de sol .C'est
le rapport entre la perte de sol d'une pratique spécifique durant la période culturale et la perte de
sol d'un sol nu dans un contexte similaire (Renard et al, 1997). Le terme représentant l’érodibilité
des sols K est quant à lui dépendant de la saison.

Les méthodes empiriques ont été établies sur des petites parcelles (100 m²) ou de petits
bassins versants (quelques hectares), nous pouvons donc légitimement nous interroger sur la
pertinence du modèle USLE et des modèles dérivés appliqués sur de plus grandes étendues.

21
1.2.3 Modèles déterministes
a) Comparaison de différents modèles
Le tableau 2 recense les différents modèles de ruissellement et d’érosion à l’échelle du
bassin versant actuellement utilisés et leurs caractéristiques.
Tableau 2: Comparaison des différents modèles d'érosion et de ruissellement (Joannon, 2004)
Prise en compte du
Modèle spatial Paramètres de
Echelle couvert, de la rugosité et
simulant les modélisation des
temporelle du faciès dans le module
chemins de l'eau chemins de l'eau
infiltration
ANSWERS2 Oui Evt pluvieux Couvert/rugosité T
EPIC3 Non Jour Couvert/rugosité -
EROSION 3D4 Oui Evt pluvieux Couvert/rugosité T
EUROSEM5 Partiel Evt pluvieux Couvert/rugosité -
KINEROS6 Partiel Evt pluvieux Couvert/rugosité -
LISEM7 Oui Evt pluvieux Couvert/rugosité/faciès T – TR - EL
RuiCells8 Oui Evt pluvieux Non T
STREAM9 Oui Evt pluvieux Couvert/rugosité/faciès T – WS - EL
TOPMODEL10 Oui Jour Non -
WEPP11 Partiel Année Couvert/rugosité/faciès -
Avec T = topographie / TR = trace de roue / EL = éléments linéaires / WS = travail du sol / -
= information non pertinente pour le modèle

La plupart des modèles d'érosion ont été établis pour des contextes agricoles et leur
applicabilité au vignoble devra donc être vérifiée. Les différents paramètres devront être adaptés
à la vigne.
Il semble indispensable de choisir un modèle qui ne considère pas seulement la
topographie comme facteur de direction d’écoulement mais qui prenne également en compte le
sens du travail du sol et les éléments linéaires. Dès lors, seul deux modèles conviennent, LISEM
et STREAM.

b) Le modèle STREAM
Le modèle STREAM (Sealing and Transfer by Runoff and Erosion Related to
Agricultural Management) élaboré par les équipes INRA de Science du Sol d’Orléans et de
l’UMR SAD APT de Grignon, est un modèle de prédiction opérationnel du ruissellement et de
l'érosion (Souchère et al, 2005). Ce modèle dont les échelles spatiales et temporelles sont le
bassin versant et l’événement pluvieux est structuré en quatre modules interdépendants
décrivant le réseau d'écoulement, le ruissellement, l'érosion diffuse et l'érosion linéaire.
Ce modèle permet de quantifier le ruissellement et les pertes en terre, tout en localisant
les zones où ces phénomènes se produisent. Il peut également être utilisé pour simuler les effets
liés à la modification de la localisation des cultures, des façons culturales, de la disposition des
parcelles, du sens de travail du sol ou pour tester l'impact d'aménagements destinés à lutter
contre l'érosion (bandes enherbées, mares tampons…).

2
ANSWERS: Aeral Non point Source Watershed Environment Response Simulation, Beasley et al, 19802
3
EPIC: Erosion Productivity Impact Calculator, Williams et al, 1984
4
EROSION 3D: Schmidt et al, 1997
5
EUROSEM: EUROpean Soil Model, Morgan et al, 1998
6
KINEROS: Kinematic runoff and erosion model, Smith et al, 1995
7
LISEM: Limburg Soil Erosion Model, De Roo et al, 1996
8
RuiCells: Langlois et Delaye , 2002
9
STREAM: Sealing and Transfer by runoff and erosion related to agricultural management, Cerdan 2001, Cerdan et al, 2002c
10
TOPMODEL: Beven et Kirkby, 1979
11
WEPP: Water erosion prediction project, Flanagan et Nearing, 1995

22
Les paramètres d’entrée du module de ruissellement de STREAM sont peu nombreux :
- les états de surface du sol : faciès, rugosité, taux de couverture végétale
- les motifs agraires et parcellaires : parcellaire et occupation du sol, sens de
travail du sol, dérayures, fourrières, fossés, routes et chemins
- le Modèle Numérique de Terrain (MNT): topographie, pente
- les caractéristiques de l’événement pluvieux: cumul des pluies, pluie
antécédente cumulée sur les 48h précédent l’événement pluvieux, durée efficace
(durée de la pluie qui provoque du ruissellement)
- La hauteur initiale de la nappe
Le module infiltration permet pour chaque pixel (STREAM est incorporé dans un SIG
Raster sous ArcView) de calculer le volume d’eau s’infiltrant ou ruisselant à partir de la capacité
d’infiltration, de la pluie d’imbibition et des caractéristiques de l’événement pluvieux. La
capacité d'infiltration est déterminée à partir de règles de décision (Souchère et al, 2005).
Le module écoulement permet de déterminer la direction de l’écoulement pour chaque
pixel et de relier les pixels entre eux. La direction de l’écoulement dépend de la topographie, des
motifs agraires et des éléments linéaires.
Au niveau du module érosion, la concentration potentielle en sédiment est évaluée par
des règles de décision. Un tableau relie la rugosité, le taux de couverture végétal et l’intensité
maximale à 6 mm à une gamme de concentration en sédiments (Souchère et al, 2005). Les
valeurs s’étalent de 0-1 g/l, pour des sols dégradés avec un couvert végétal développé et pour des
pluies d’intensité maximale à 6 min inférieure à 10 mm/h, à 25-35 g/l pour des sols nus motteux
soumis à des pluies d’intensité maximale à 6 min supérieure à 40 mm/h. Ce tableau a été
construit à partir de résultats expérimentaux pour la plupart obtenus en conditions naturelles. Il
permet de tenir compte de manière simple des interactions entre facteurs, l’effet d’un paramètre
pouvant être catalysé ou, au contraire, inhibé en fonction du degré d’expression des autres. Par
exemple l’importance de l’effet de la rugosité sur la concentration potentielle en sédiment varie
en fonction du couvert végétal (Souchère et al, 2005).

c) Le modèle LISEM
LISEM est un modèle à base physique d'érosion de sol couplé au SIG PCRaster (De Roo
et al, 1996). LISEM simule les phénomènes hydrologiques, le transport et le dépôt de sédiments
pendant et juste après un événement pluvieux dans un petit bassin versant. LISEM est construit
pour simuler les effets de l'utilisation actuelle du sol et les effets de mesure de conservation du
sol.
Les processus incorporés au modèle sont : les précipitations, l’interception de l'eau par la
végétation, le stockage dans les micro-dépressions, l’infiltration, le mouvement vertical de l'eau
dans le sol, l’écoulement de surface, l’écoulement dans les fossés, l’érosion par "effet splash" et
par le ruissellement ou encore la capacité de transport des écoulements (De Roo et al, 1996).
L’influence des petites routes et des croûtes de battance est aussi prise en compte. LISEM est
conçu pour les petits bassins versants, de l'hectare à quelques km² (Nearing et al, 2005).
Les données d'entrée nécessaires sont la direction locale de l'écoulement, le gradient de
pente, la végétation, les états de surface (rugosité, surface encroûtée, cohésion, stabilité des
agrégats, traces de roues), le diamètre médian (D50), la conductivité hydraulique du sol à
saturation, la profondeur du sol, la localisation et la largeur des routes, les cours d'eau et les
fossés.
L'influence du tassement (par exemple par les roues des tracteurs) et des petites routes
pavées (plus petites que la taille de Pixel) sur les processus hydrologiques et d’érosion des sols
peut être prise en considération. Les derniers développements permettent de modéliser les traces
de roues comme des petits canaux, et de considérer des multiples classes d'érosion ou de dépôt
ou encore l'incision et la formation des ravins si ces processus sont significatifs sur la zone
d'étude.
Le code source est un mélange de code de C++ et de routines sous SIG.

23
d) Comparaison de STREAM et LISEM
Le Tableau 3 présente une comparaison des deux modèles STREAM et LISEM
Tableau 3: Comparaison des modèles STREAM et LISEM

STREAM LISEM
Prend en compte les traces de roues
Prend en compte le travail du sol
Peut être couplé à TCRP pour le travail du sol
Modèle dynamique durant l'événement ce qui
Modèle statique à l'événement, les paramètres
lui permet à chaque pas de temps de
sont fixés pendant toute la durée de
réactualiser les propriétés d'infiltration et de
l'événement pluvieux
détention superficielle
Peu de paramètres d'entrée nécessaires
Modèle mécaniste qui reproduit les processus
Modèle expert qui se base sur des règles de
élémentaires.
décision issues de résultats expérimentaux

D'autre part, LISEM a déjà fait ses preuves au niveau de l’érosion (Chartin, 2006,
Pichaud, 2001), alors que STREAM est plus utilisé pour le ruissellement (Souchère et al, 2005,
Lheriteau et al, 2007). D'après Jetten, concepteur de LISEM, (com. Orale), LISEM est
parfaitement applicable en contexte viticole.

e) Les principes de base de LISEM


Précipitation
LISEM utilise des intensités de précipitations par intervalle de temps, supposées être des
données ponctuelles. Dans le cas où plusieurs pluviomètres sont situés sur la zone, une carte avec
les aires d'influence des stations pluviométriques détermine la distribution spatiale des
précipitations. Cette carte peut être basée par exemple sur des polygones de Thiessen ou sur une
analyse géomorphologique assignant des vallées aux pluviomètres.
Les précipitations sont ajoutées en chaque cellule à la hauteur d'eau actuelle en veillant à
prendre en compte l'angle de la pente:
hi = hi −1 + P × cos(a) (Equation 1)
P = hauteur de précipitation (mm)
a = angle de la pente
hi: hauteur d'eau à l'instant i (mm)

Interception
L'interception par la végétation est considérée comme un simple stockage pour la
modélisation. S l'interception cumulée pendant un événement pluvieux est donnée par la formule
suivante:
⎛ −k×
Pcum

S = c p × S max × ⎜⎜1 − e S max ⎟⎟ (Equation 2)
⎝ ⎠
S est l'interception cumulée en mm, Pcum est la pluie cumulée en mm, k est un facteur de
correction pour la densité de végétation, k = 0.046*LAI (Leaf Area Index: indice de surface
foliaire), et cp la fraction de couverture végétale.

Smax est la capacité de stockage (mm) estimée comme suit :


S max = 0.935 + 0.498 × LAI − 0.00575 × LAI 2 (Equation 3)

24
Infiltration
L’infiltration peut être calculée avec divers concepts en fonction des données disponibles.
Les concepts actuellement disponibles sous LISEM sont:
- Swatre
- Holtan
- Green et Ampt pour 1 ou 2 couches
- Morel-Seytoux et Verdin
- Soustraction de Ksat
Au vu des paramètres d'infiltration connus sur la zone (conductivité hydraulique, pression
hydrique, teneur en eau (Tournebize, 2001)), le modèle Green et Ampt apparaît le plus approprié
(Jetten, 2002). Ce modèle est le plus souvent appliqué.
Cette méthode simule le ruissellement hortonien. En 1911, Green et Ampt sont les
premiers à appliquer l’équation de Darcy à la zone mouillée du sol.
Figure 2: Schéma comparatif de l'infiltration réelle et
de l'infiltration simulée (Chartin, 2006)

En pointillé, la représentation réelle du


processus d'infiltration
En trait plein, la représentation simplifiée
du processus, traitée par les équations de
Green et Ampt

Le modèle de Green et Ampt repose sur des hypothèses simplificatrices pour la


schématisation des processus d'infiltration (Figure 2).
Basé sur la loi de Darcy, il repose sur les paramètres hydrodynamiques du sol tels que les
charges hydrauliques totales. Ces charges sont notées Hf au niveau du front d'humidification (Hf
est la somme de la hauteur d'eau infiltrée depuis le début de l'alimentation Lf et de la charge de
pression au front d'humidification hf) et Ho en surface (H0 = ho = charge de pression en surface).
Considérons qu'au temps t < t0, le sol soit soumis à une charge d'eau h0 à la surface. A t = t0, un
profil d'humectation sera établi. On suppose que ce profil est homogène avec θ = θs en arrière du
front d'humectation et θ = θi en avant du front. ∆θ correspond à la capacité totale de stockage du
sol pendant ∆T.
L'équation de Darcy entre la surface et le front d'humectation donne une relation entre
l'infiltration et la variation de charge:
dI ∆H Hf − Ho hf − Lf − Ho
i (t ) = = −ks × = − ks × = − ks × (Equation 4)
dt ∆z Lf Lf
Une des hypothèses du modèle de Green et Ampt stipule que la teneur en eau de la zone
de transmission est uniforme. L'infiltration cumulative I(t) résulte alors du produit de la variation
de teneur en eau et de la profondeur du front d'humidification.
I (t ) = Lf (t ) × (θ s − θ i ) (Equation 5)
dI dLf
=− × (θ s − θ i ) (Equation 6)
dt dt
En combinant les équations 4 et 6 et en intégrant entre t = 0 et t on obtient le modèle de
Green et Ampt.
θs − θi ⎡ Lf ⎤
t= ⎢ Lf + (hf − ho) × ln(1 −
ho − hf ⎥⎦
(Equation 7)
ks ⎣
Cette équation donne par inversion Lf en fonction de t

25
Stockage dans les micro-dépressions
Le stockage de surface est calculé en utilisant le stockage maximum des dépressions
(MDS). C'est la valeur seuil au dessus de laquelle les micro-dépressions de surface débordent.
Le MDS est déterminé à partir de l'équation de Kamphorts (Jetten, 2002) à partir de 221
modèles digitaux d'altitude de divers micro-reliefs, dans une grande variété d'utilisations
agricoles et de types de sol. Le MDS est lié à la rugosité du sol RR par la relation suivante:
MDS = 0.243*RR + 0.010*RR2 + 0.012*RR*S (Equation 8)
RR: rugosité aléatoire en cm (écart type des hauteurs du micro-relief)
S : pente de terrain (%)
La rugosité détermine également la largeur de l'écoulement de surface dans LISEM. En
prenant une largeur de cellule dx, la largeur d'écoulement et le rayon hydraulique sont supposés
associés linéairement à la fraction de surface pondérée fPA. Cette dernière est liée à la profondeur
de l'eau à la surface h (en mm).
fPA = 1- e-ah (Equation 9)
-0.942
avec a est un facteur empirique lié fortement à RR: a = 1.406*(RR)

Ecoulement de surface et écoulement canalisé


Une cellule de grille peut avoir plusieurs types de surface. L'infiltration est alors calculée
pour chacun de ces types. Les résultats sont combinés dans une seule couche moyenne
représentant l'eau disponible pour le ruissellement. Un débit moyen est alors calculé pour chaque
cellule. Chaque surface a sa rugosité et seulement une partie de l'eau sera déplacée, l'autre sera
stockée.
Avec la formule de Manning, la vitesse V vaut :
S
V = R2/3 × (Equation 10)
n
R : rayon hydraulique (m) calculé avec la largeur d'écoulement et la hauteur d'eau moyenne
S : sinus de la pente
n : Manning n (sans dimension)
Le débit Q (m3/s) est alors obtenu à partir de la formule de Chow (Jetten, 2002):
b
⎡ nP 2 / 3 ⎤
Q = (A/α) 1/b
où α = ⎢ ⎥ (Equation 11)
⎣ S ⎦
b: constante = 0.6
A: section mouillée (m2)
P : périmètre mouillé (m)
Erosion et dépôt
L'érosion est la somme du détachement par splash (Ds) et du détachement dû à
l'écoulement(DF). La quantité de sédiments en suspension est alors calculée par :
E = Ds + Df –DP (Equation 12)
avec DP le dépôt.

Le détachement par splash est simulé en fonction de la stabilité des agrégats du sol,
de l'énergie cinétique des précipitations et de la hauteur de la lame d'eau en surface.
2.82
Ds = ( × Ke × e −1.48×h + 2.96) × P × A (Equation 13)
As
Ds : détachement par splash (g/s)
As : stabilité des agrégats (nombre médian de goutte pour diminuer l'agrégat de 50%)
Ke : énergie cinétique de précipitations (J/m²)
h : hauteur de la lame d'eau en surface (mm)
P : hauteur de pluie tombée pendant le pas de temps défini (mm)
A : aire à partir de laquelle le splash a lieu (m²)

26
La capacité de l'écoulement à éroder son lit est indépendante de la quantité de
matériel qu'elle transporte. Elle est seulement fonction de l'énergie dépensée par
l'écoulement.
Le taux de dépôt des particules en kg/s est de:
w*C*Vs (Equation 14)
w : largeur de l'écoulement (m)
C : concentration en sédiments (kg/m3)
Vs : vitesse de dépôt des particules (m/s)
Lorsque la concentration C de sédiments dans l'écoulement est égale à la concentration à
la capacité de transport CT, le taux d’érosion par le flux et le taux de déposition s’équilibrent de
manière à ce que le taux net d’érosion soit nul.

L'équation pour le détachement de sol et de dépôt durant le ruissellement est:


D = Y*(Tc-C)*Vs*w*dw (Equation 15)
D est égal à Df détachement de l'écoulement ou DP dépôt (kg/s)
Tc : capacité de transport du flux (kg/m3)
Y: facteur d'efficacité sans dimension
dw : variation de largeur de l'écoulement

Si, dans un premier cas, la concentration C de sédiment dans le flux s’avère moins
importante que Tc, le flux aura la capacité d’augmenter sa charge, et donc d’éroder le sol. Le
taux de détachement Df sera pondéré par Y. Y est un coefficient sans unité qui permet de prendre
en compte le facteur cohésion du sol qui est limitant. Si, dans un second cas, la concentration C
de sédiment dans le flux est supérieure à sa capacité Tc de transport alors on va avoir un dépôt
DP de particules. Dès lors, Y est égal à 1.
Pour les phases d'érosion:
u min 1
Y= = (Equation 16)
uc 0.89 + 0.56 × Coh
uc : vitesse critique de cisaillement (cm/s)
umin : vitesse maximale de cisaillement (cm/s)
Coh : cohésion du sol (kPa)
La capacité de transport est modélisée en fonction de la puissance du courant:
Tc = δs*c*(ω-ωc)d (Equation 17)
Tc : capacité de transport (kg/m3)
∆s : densité des sédiments (2650kg/m3)
ω : puissance du courant (cm/s)
ωc : puissance critique du courant approximativement 0.4 cm/s
c et d sont des coefficients expérimentaux selon la texture médiane (D50) du matériel

1.2.4 Conclusion
Les méthodes d’estimation de l’érosion sont diverses. Au vu de nos objectifs, certaines
méthodes paraissent plus ou moins bien appropriées. Si LISEM paraît le modèle déterministe le
plus adapté, au niveau expérimental, les parcelles de Wischmeier semblent pouvoir fournir des
ordres de grandeur intéressants.
L'équation USLE permettrait quant à elle d'estimer l'érosion à l'échelle annuelle
Cette première analyse des méthodes doit maintenant être couplée à l'étude du bassin
versant afin de retenir celles présentant le meilleur compromis opérationnalité / pertinence.

27
2. SITE EXPERIMENTAL
2.1 Caractéristiques du bassin versant de Rouffach
2.1.1 Les enjeux
Le vignoble alsacien s'étend de Thann au Sud jusqu'à Nordheim au Nord. Il occupe trois
unités géomorphologiques : la montagne vosgienne, les collines sous-vosgiennes et la plaine du
Rhin. La vigne est généralement plantée entre 200 et 300 mètres d'altitude voire jusqu'à 450 m
exceptionnellement. Sur une superficie de 15 000 ha, dont 14 700 ha en AOC, le vignoble
compte une dizaine de cépages différents, Gewurtztraminer, Riesling, Tokay Pinot Gris, Muscat
Ottonel, Muscat d'Alsace, Sylvaner, Pinot Blanc, Auxerrois et Chasselas.
La nappe de la vallée du Rhin supérieur est l'une des ressources en eau les plus
importantes d'Europe. Elle est la principale ressource en eau potable de la région est elle est
également largement utilisée pour les besoins industriels et l’irrigation. Le piémont viticole
vosgien contribue à la recharge de la nappe même s'il n'est pas directement à la verticale de
celle-ci. L'eau ruisselant sur ces zones peut également s'infiltrer une fois en plaine où la nappe
est peu profonde. Le ruissellement peut aussi être collecté par le réseau hydrographique de la
plaine.
Une zone d'action prioritaire vis à vis de la nappe dans le cadre de la contamination des
ressources en eau par les produits phytosanitaires est localisée sur les bassins versants du
piémont. Le bassin versant d’étude est situé sur la commune de Rouffach, au Sud/Sud-Ouest de
Colmar, dans le Haut Rhin sur le piémont viticole vosgien. Localisé au Nord Ouest de la ville, il
englobe le domaine du Hohrain du lycée viticole de Rouffach de 13 ha et fait l'objet d'un suivi
hydrologique et des transferts de pesticides depuis 2002 (Domange, 2005, Madier, 2007).

2.1.2 Caractéristiques générales du bassin versant


a) Caractéristiques physiques et morphologiques
La superficie du bassin versant topographique est de 61,5 ha et celle du bassin versant
hydraulique est de 40,7 ha. Les altitudes varient de 230 à 370 m avec une pente moyenne de
15%. La distinction entre le bassin versant topographique et hydraulique est nécessaire car le site
se trouve en zone rurale anthropisée (Figure 3). Du fait de ces aménagements, les écoulements de
surface ne suivent pas forcement la ligne de plus grande pente. L'exutoire du bassin est une route
qui canalise les écoulements du bassin.

Figure 3: Distinction entre bassin versant topographique (en bleu)


et hydrologique (en rouge) (Domange, 2005)

28
Sur les 162 parcelles du bassin versant, 112 sont occupées par la culture de la vigne, soit
une surface de 27,2 ha (69 %) (Figure 4). La quasi totalité du vignoble est enherbé un rang sur
deux. Les 12,2 ha soit 31 % restant sont couverts par des vergers, des bois et des friches et se
situent majoritairement à l'amont de bassin. Le seul bâti présent sur le bassin est le hangar
d’exploitation du lycée viticole. Le Domaine du lycée viticole de Rouffach représente 51% de la
surface cultivée en vignoble du bassin versant.

Figure 4: Occupation du sol du bassin versant de Rouffach

b) Géologie
Rouffach est situé dans le champ de fractures de Guebwiller dont les 2 axes principaux
ont donné naissance à des vallons à flancs abrupts allongés Nord/Sud. La géologie est
caractérisée par du loess würmien dans la partie aval et par des conglomérats et des marnes
stratifiées à dominante de galets du Muschelkalk et du Bruntsandstein.
Le système hydrogéologique est complexe. L'eau rejoint sûrement la nappe en contrebas
mais les processus sont mal connus.

c) Pédologie
Plusieurs études successives ont permis de caractériser la pédologie du bassin (Bois,
2000, Tournebize, 2001).
Le sol est un sol brun calcaire peu évolué (Calcosol, classification FAO – UNESCO,
1981) moyennement profond. La profondeur du sol semble diminuer de l’amont vers l’aval du
bassin versant. Les limons calcaires issus de l’érosion éolienne (loess) se sont majoritairement
déposés en aval, puis ont été sans doute remaniés par du colluvionnement de bas de versant. Ces
limons recouvrent les parties inférieures des versants sous-vosgiens exposés vers l’Est et le Sud-
Est. En amont du bassin versant, le sol s’est constitué sur le substrat calcaire compact.
D’après les travaux de Tournebize (2001), le sol se caractérise par une granulométrie
limoneuse (devenant limono-argileuse) avec 70% de limon (fin et grossier), 15 à 32% d’argile et
moins de 2% de sable. Le sol présente une porosité globale importante (50%). Le sol calcaire dès
la surface, repose sur un loess blanc beige, entre 1,5 et 3 m de profondeur. Il ne présente pas de
contrainte particulière à la pénétration des racines. La caractérisation hydrodynamique réalisée
sur deux parcelles du bassin, montre que la conductivité hydraulique varie entre 10-5 et 10-6 m/s.

29
2.1.3 Fonctionnement hydrologique du bassin versant
Le bassin de Rouffach est dit "sec" car il ne contient pas de réseau hydrographique
pérenne.
Domange et Pasquet (2005) ont identifié le réseau hydrographique actif durant les
épisodes de pluie et les parcelles raccordées à ce réseau.
La partie supérieure du bassin constituée de bois et prairies d’une superficie de 12 ha est
considérée comme non ruisselante dû à une forte infiltration par la présence de matière
organique, des racines et de l’humus ainsi qu’à une interception importante par la végétation.
Toutes les parcelles ne sont pas contributives à l’exutoire, les parcelles non contributives ont pu
être identifiées et représentent 8 ha. Ces parcelles sont rattachées à des chemins qui ne sont pas
connectés au réseau soit parce qu’ils sont obstrués à leur aval par des accumulations de terre et
de débris végétaux, soit à cause de la pente. La superficie contributive totale est alors de 18,6 ha
(Figure 5). Il est à noter que ce travail a été réalisé par temps sec, la délimitation est basée
uniquement sur l'observation des routes et de leur pente. Les parcelles contributives
correspondent ainsi aux parcelles connectées à ces routes.
Cette délimitation hydraulique a été affinée par Madier (2007) (Figure 5). Sont
différenciées (1) les parcelles potentiellement contributives en fonction de leur connexion aux
réseaux de routes, (2) les parcelles effectivement contributives dont le nombre varie selon les
épisodes et qui nécessitent une caractérisation lors de chaque épisode de pluie. L'identification
des parcelles non connectées au réseau de transfert a été réalisée essentiellement par temps sec,
sur les critères de non connexion identifiés pendant l'orage du 29 juin 2006 à savoir, la présence
de talus, une connexion enherbée ou encore une connexion concave. L'identification du réseau de
routes de transfert à quant à lui était réalisé sous pluie, par trois fois.

Figure 5: Bassin versant ruisselant de Domange à gauche et de Madier à droite (Madier, 2007)

2.1.4 Les parcelles expérimentales


Le bassin versant a été initialement choisi dans le cadre du projet EVA (Enherbement du
Vignoble Alsacien) et de la thèse de Tournebize (2001) pour étudier l'impact de l'enherbement
sur le transfert de nitrates. Deux parcelles, l'une enherbée un rang sur deux et l'autre désherbée
avaient été choisies pour zone d'étude (Figure 6). Dans ces parcelles, trois placettes, dont deux
sur la parcelle désherbée (une partie haute et une partie basse) ont été isolées hydrauliquement
pour constituer des parcelles de Wischmeier. A l'exutoire de chaque placette, une cuve permettait
de recueillir les eaux de ruissellement pour évaluer le volume ruisselé et la concentration des
eaux en nitrates.

30
Figure 6: Localisation des parcelles expérimentales sur le bassin versant de Rouffach

En 2002, un nouveau dispositif a été mis en place lors de la thèse de Domange (2005) et
le projet SEAUPHYA (Sol, EAU et PHYtosanitaire en Alsace). Les trois placettes de
Tournebize, sont remplacées par deux plus grandes au sein de chaque parcelle. L'eau ruisselée
est collectée par un caniveau puis dirigée vers des canaux venturi équipés de bulle à bulle et d'un
préleveur.
En 2004, pour compléter l'information donnée par les débitmètres bulle à bulle, des bacs
répartiteurs de débit sont installés en aval des canaux venturi. Ces bacs permettent de quantifier
les volumes et les concentrations pour tous les écoulements et notamment ceux qui sont hors
gamme de mesure des canaux venturi car leurs volumes sont trop faibles.

2.1.5 L’exutoire du bassin versant et le bassin d’orage


Un bassin d'orage est situé à l'exutoire du bassin pour protéger la ville de Rouffach contre
les inondations. A l’amont de ce bassin d'orage, un canal venturi équipé d'un débitmètre bulle à
bulle (gamme de débit de 5.25 à 248 l/s) et un préleveur permettent de mesurer le débit et de
recueillir des échantillons d'eau. Le canal venturi a été installé avec une pente quasiment nulle
avec un chenal d’approche comportant un canal d’amenée et une section de mesurage et un
chenal de dégagement. De plus, une cuvette bétonnée a été creusée en amont du canal d’amenée
pour limiter l’engorgement du canal par les sédiments. La mesure de hauteur d’eau se fait par
bulle à bulle qui relie la pression à une hauteur d'eau avec une gamme de 0 à 1 m et une précision
de 1 mm. Le débitmètre (DPN 7/2 d’HYDROLOGIC1) est associé à une centrale d’acquisition.
Le préleveur est réfrigéré avec une température constante de + 4°C (4010 d’HYDROLOGIC) et
est équipé avec un carrousel de 24 bouteilles de 0,9 L en verre et un tuyau de prélèvement de
12 m en PVC. Le volume de prélèvement est fixé à 300 mL. L’échantillonnage est réalisé à
volume passé constant (8 m3 ou 5 m3). Des photos du dispositif de mesure sont disponibles en
Annexe 1.
En aval du bassin d'orage, un système de mesure du débit avec un déversoir triangulaire
ainsi qu'un préleveur sont également en place (le dispositif est détaillé en Annexe 1)

2.1.6 La pluviométrie et le ruissellement


a) Analyse de la pluviométrie moyenne sur 20 ans
Une station météorologique automatique de météo France est située au cœur du bassin.
Nous disposons sur cette station depuis 1991 de mesures au pas horaire et au pas de 6 minutes.
Les chroniques de cette station ne sont donc pas très longues mais nous disposons depuis 1946,
d’une station climatologique au niveau du Centre Hospitalier Spécialisé de Rouffach, à 1 km du
site expérimental. Une étude de Gregoire (1998) montre la très forte corrélation entre les pluies
enregistrées au CHS et celles du BV. Les données moyennes recensées sur le site sont
synthétisées dans le tableau 4.

31
Tableau 4: Moyenne pluviométrique de 1946-2002 à Rouffach

Moyenne interannuelle 599.3 mm


Ecart type 106.2 mm
Maximum 867.3 mm (en 1999)
Minimum 361.2 mm (en 1953)

La moyenne interannuelle de 599,3 mm, correspond à un climat sec pour la France.

b) Calcul des coefficients de ruissellement


Le coefficient de ruissellement est évalué avec la formule, R = E P × 100 , où E est le
volume ruisselé et P le volume d'eau précipité.

A l’échelle du bassin versant


A partir des données de pluie et de volumes ruisselés obtenues entre 2003 et 2006, nous
avons évalué les coefficients de ruissellement suivants pour les différentes hypothèses de bassins
(Tableau 5)
Tableau 5: Coefficients de ruissellement moyen de 2003 à 2006

Coefficient de ruissellement Coefficient de ruissellement


moyen (2003-2006) max (2003-2006)
Bassin versant topographique (60.7 ha) 1.21 5.2
Bassin versant hydraulique (41.5 ha) 1.82 7.9
Bassin versant contributif (18.6 ha) 3.1 17.8
Bassin versant contributif (7.5 ha) 7.75 44.3

Les coefficients de ruissellement moyens restent assez faibles quelque soient les bassins
considérés.

A l’échelle de la parcelle
De 1998 à 2001, le site de recherche de Rouffach était constitué de 3 parcelles de
70 m², une enherbée un rang sur deux et deux désherbées. Pour les parcelles désherbées,
Tournebize (2001) a obtenu un coefficient de ruissellement entre 0 et 20% avec en moyenne 2%.
Sur la parcelle enherbée un rang sur deux, le coefficient de ruissellement est toujours inférieur à
5%, avec une moyenne de 0,5%
Pour les travaux qui ont suivi, Domange (2005) a délimité deux placettes. L'une sur la
parcelle enherbée un rang sur deux avec une superficie de 255m² (6 inter-rangs soit 10,2 m de
largeur, et longueur 25 m), et l'autre sur la parcelle désherbée de 102,5 m² (3 inter-rangs de
largeur 4,1 m et longueur 25 m). En 2004, pour la parcelle désherbée les coefficients de
ruissellement ne dépassent pas 2% et pour la parcelle enherbée un rang sur deux, le coefficient
maximum est de 5.3%, ce qui concorde avec les résultats de Tournebize (2001). La parcelle
enherbée un rang sur deux ruisselle au maximum plus que la désherbée ce qui est étonnant.
L'enherbement est en effet un moyen de ralentir l'écoulement.
Les coefficients de ruissellement de Domange ont été établis à partir des mesures dans les
bacs. Il a en effet remarqué des problèmes de batillage (clapotis) au niveau du venturi engendrant
un long temps de récession. De plus, les débitmètres ne détectent pas tous les épisodes décelés
par les bacs.

32
c) Typologie des événements
L'exploitation des travaux précédents permet d'identifier trois types d’événements
ruisselants à l’exutoire du bassin versant (Domange, 2005, Madier, 2007).
- Les événements parcellaires : détection par les bacs et les débitmètres à l’exutoire des
parcelles expérimentales. Ce sont des événements intenses.
- Les événements mixtes : détection seulement par les bacs
- Les événements imperméables : non détection par les bacs et les débitmètres mais
détection à l’exutoire du bassin versant.
Le parcellaire de Rouffach est quadrillé par des routes. Ces routes ont une capacité
d’infiltration faible, elles sont donc des sources de ruissellement hortonien. En temps de pluie le
Ksat des autres occupations du sol y compris de la vigne n'est souvent pas dépassé. La majorité
des routes est imperméable (goudronnée ou bétonnée). En contrepartie il ne peut y avoir de
production de particules depuis les routes. Toutefois, les particules détachées au sein des
parcelles et déposées sur les routes par les machines agricoles sont facilement exportables.
Domange (2005) a réalisé une Analyse Factorielle Discriminante avec les événements des
années 2003 et 2004 et a montré que les événements parcellaires et mixtes sont expliqués soit par
une forte intensité soit par un fort volume de précipitation. Le bilan des caractéristiques obtenues
est synthétisé dans le Tableau 6.
Tableau 6: Caractéristiques des événements parcellaires , mixtes et imperméables (Domange, 2005)

2.2 Bilan
Ces premières considérations morphologiques, pédologiques et hydrologiques sur le
bassin versant nous apportent des indications essentielles pour évaluer l'érosion. La métrologie
existante au niveau de la parcelle et du bassin versant sera utilisée pour l'étude des phénomènes
érosifs.
L'instrumentation à l'exutoire du bassin permettra de quantifier les volumes ruisselés et
les quantités érodées notamment pour déterminer les règles de gestion du bassin (fréquence de
curage, entretien).
L'instrumentation à la parcelle couplée à la modélisation avec LISEM va permettre
d'identifier la contribution des parcelles de vignes en termes de ruissellement et d'érosion et le
réseau hydrographique actif en temps de pluie.

33
3. QUANTIFICATION ET MODELISATION DE L'EROSION

Les différentes méthodes proposées ont pour objectif de quantifier les matières exportées
à l'exutoire du bassin versant et de déterminer la variabilité spatiale et temporelle de l'érosion.
(Figure 7).

Quelles sont les quantités érodées? Quelle est la variabilité spatiale et temporelle de
l’érosion?
Gestion du BO (court terme) Tester des aménagements anti-érosion (moyen terme)

Méthodes Métrologie SIG Métrologie Modèle


empiriques BV (validation) BV/parcelle déterministe

Figure 7: Méthodologie d'étude de l'érosion

3.1 Estimation des pertes en sol par mesures expérimentales


3.1.1 Détermination d’un protocole
L'objectif est de mesurer pour différents événements pluvieux, à l’échelle du bassin
versant et de la parcelle, les volumes ruisselés ainsi que la quantité de sédiments exportés.

a) Etude sur une parcelle expérimentale


Comme nous l'avons vu précédemment, deux parcelles expérimentales sont équipées sur
le site. Afin de rendre notre étude parcellaire plus pertinente, nous avons supprimé la parcelle
désherbée de Riesling qui n’est plus représentative. L'enherbement s’impose en effet de plus en
plus sur le vignoble alsacien. Seule la parcelle de Pinot Gris enherbée un rang sur deux est
considérée dans cette étude.
Les cuves existantes sont conservées mais la superficie de la placette expérimentale est
étendue afin de travailler sur une surface plus importante. Jusqu'alors, pour la parcelle enherbée,
6 rangs sur 25m étaient isolés soit une superficie de 255 m². La parcelle totale a une superficie
de 1100 m².
Nous allons dimensionner le système pour que les cuves puissent accueillir la pluie
maximale journalière de période de retour 10 ans. Cette pluie est de 50 mm (Pasquet, 2005).
Avec un coefficient de ruissellement supposé de 10 %, pour que le dimensionnement soit
réalisable au risque de perdre quelques informations lors d'un événement exceptionnel, la pluie
ruisselante est de 5 mm. Les trois cuves de contenance 68L chacune, permettent la collecte de
7548 L au maximum grâce à un système de répartition du volume. Seul un dixième du volume se
déverse d'un bac à l'autre. Des photos des bacs sont disponibles en Annexe 1. En considérant
5 mm de ruissellement, la superficie que les cuves sont capables de capter est donc de
7.548/0.005 soit 1500 m².
L'intégralité de la parcelle est donc considérée pour l'étude. Cette parcelle, avec une
pente de 13% est représentative du bassin versant topographique dont la pente moyenne de 14%.

Nous prévoyons pour les événements pluvieux ruisselant de (1) mesurer le volume
ruisselé dans les bacs à partir de la hauteur d’eau, (2) prélever un échantillon moyen pour
quantifier les MES et (3) récupérer et peser les sédiments déposés dans le bac de dépôt, les
cuves, voire dans le caniveau.

34
b) Etude à l’échelle du bassin versant
A l'exutoire du bassin versant, un canal venturi permet d'avoir une relation univoque
hauteur – débit. La mesure de la hauteur se fait avec un bulle à bulle. Un débitmètre mesure les
débits toutes les 30 s. Un préleveur est associé à la mesure du débit. Un volume de 300mL est
prélevé tous les 5 ou 8m3 selon les réglages. Des photos des équipements sont également
disponibles en Annexe 1.
Pour les événements pluvieux ruisselants, les différentes mesures consistent à (1) relever
les données du débitmètre pour obtenir les débits et volumes ruisselés, (2) récupérer les
échantillons du préleveur et mesurer les MES dans un échantillon moyen ou sur tous les flacons
et (3) peser les sédiments déposés dans le piège et le canal venturi avec un pèse-personne.

3.1.2 Résultats
a) Analyse granulométrique des sédiments déposés et des matières en suspension
Lors de chaque événement pluvieux, une certaine quantité de sédiments se dépose lors de
l'arrivée de l'eau dans les dispositifs de mesure. Au niveau parcellaire, la quantité déposée lors
des événements observés durant le printemps 2008 est très faible et se révèle non mesurable. Par
contre au niveau du venturi à l'exutoire du bassin versant, des quantités beaucoup plus
importantes se déposent. Le laboratoire d'étude des sols de l'EOST (Ecole et Observatoire des
Sciences de la Terre) a réalisé des granulométries laser sur trois échantillons, deux provenant du
curage du venturi réalisé en janvier 2008 après 5 mois de non entretien, et un provenant de
l'événement ruissellant du 10 mars 2008 (cf. Annexe 2).
Sur les trois échantillons, le pourcentage de particules supérieures à 2 mm est en
moyenne de 58.5%. Pour les particules fines, la répartition moyenne est détaillée dans le
Tableau 7. Les particules déposées sont les plus grossières. En effet en moyenne 87% des dépôts
sont des sables avec des tailles entre 50 et 2000 µm. Sachant que 58.5% sont des particules
supérieures à 2 mm, peu de fines (<50µm) se déposent. Ceci paraît cohérent puisque l'eau passe
rapidement dans le venturi et les particules les plus fines ne peuvent pas sédimenter. Seules les
plus grosses particules transportées par charriage se déposent.
L'écart type entre les compositions des sédiments de janvier et mars 2008 est faible
(moins de 2) ce qui signifie que les pourcentages sont très proches. La matière organique varie
de 2% (janvier 2008) à 6% (mars 2008). Le pH est compris entre 7,6 et 8.

Une analyse des matières en suspension de l'événement du 9/04/08 a également été


réalisée. Elles sont composées à 70% de silt et 30% d'argile (Tableau 7) (cf. Annexe 2).

Tableau 7 : Composition moyenne des sédiments et des MES (%)

Sédiments déposés Matières en suspension (MES)


% Argile inférieur à 2µm 3.7 % Argile inférieur à 2µm 30.1
% Silts de 2µm à 50µm 9.03 % Silts de 2µm à 50µm 69.1
limons fins 2µm à 20µm 5.33 limons fins 2µm à 20µm 54.5
limons grossiers 20µm à 50µm 3.7 limons grossiers 20µm à 50µm 14.6
% Sables 50µm à 2000 µm 87.27 % Sables 50µm à 2000 µm 0.8
sables fins 50µm à 200µm 9.83 sables fins 50µm à 200µm 0.8
sables fins 50µm à 100µm 3.3 sables fins 50µmà 100µm 0.8
sables fins 100µm à 200 µm 6.53 sables fins 100µm à 200 µm 0
sables grossiers 200µm à 2000µm 77.43 sables grossiers 200µm à 2000µm 0
sables grossiers 200µm à 500µm 17.77 sables grossiers 200µm à 500µm 0
sables grossiers 500µm à 1000µm 26.97 sables grossiers 500µm à 1000µm 0
sables grossiers 1000µm à 2000µm 32.7 sables grossiers 1000µm à 2000µm 0

35
b) Evaluation des coefficients de ruissellement
A l’échelle du bassin versant
En considérant les 19 événements observés depuis le mois de février 2008, les
coefficients de ruissellement moyens sont synthétisés dans le Tableau 8. Le détail de tous les
événements est disponible en Annexe 3.
Tableau 8: Coefficients de ruissellement moyen février- mai 2008 (%) - bassin versant de Rouffach, France

BV topographique BV hydraulique BV contributif BV contributif


(61.5 ha) (40.7 ha) (18.6 ha) (7.5 ha)
1.5 2.2 4.9 12.1
Ces coefficients sont dans les gammes de valeurs calculées depuis 2003 (cf. section
2.1.6).

L'influence forte de la pluie sur le ruissellement est mise en évidence sur le graphique 8.
Lors des différents événements pluvieux, si certains paramètres sont constants (occupation du
sol, pente, texture du sol), d’autres sont plus variables (travail du sol, humidité initiale). Avec la
plupart des paramètres constants, le volume ruisselé est logiquement fonction prioritairement de
la pluie (Figure 8).
volum e (m 3)
450
400
R2 = 0.9487
350
300
250
200
150
100
50
0
0 5 10 15 20 25 30
pluie (m m )

Figure 8: Volume ruisselé en fonction de la pluviométrie de février à mai 2008 – bassin versant de Rouffach,
France

A l’échelle de la parcelle
La mise en place de la parcelle expérimentale n'a pu être réalisée que fin mars - début
avril. Par conséquent pour les 8 événements précédent cette date, aucune donnée parcellaire n'est
disponible.
Nous n'avons pu nous rendre sur le terrain qu'une fois par semaine durant le mois d'avril.
Par conséquent, le coefficient de ruissellement calculé est un coefficient global s'il y a eu
plusieurs événements dans la semaine. En effet, les volumes contenus dans les bacs intègrent
l'ensemble des épisodes qui se sont succédés depuis la vidange des bacs.
Les coefficients obtenus sur la parcelle enherbée un rang sur deux pour les différents
événements sont regroupés dans le Tableau 9.
Tableau 9: Coefficients de ruissellement sur la parcelle expérimentale, Rouffach, France en avril 2008
Date de Pluviométrie Volume ruisselé Coefficient de ruissellement
l’événement (mm) (l) de la parcelle (%)
9 - 14/04/2008 42.4 56 0.121
15 – 19/04/2008 12.4 2,5 0.0183
21 – 23/04/2008 23.6 5,3 0.0205
Les coefficients de ruissellement sont très faibles voire quasi nuls (Tableau 9).
L'événement du 25/05/2008, seul événement ruisselant du mois de mai n'a quant à lui pas
ruisselé sur la parcelle.

36
Pour la semaine du 9 au 14 avril 2008, nous avons retrouvé de l'eau dans la première cuve
alors que pour les deux autres, l'eau était seulement présente dans le petit bac juste avant les
cuves (cf. Annexe 1). Ces trois événements sont très peu ruisselants. Sur la parcelle enherbée un
rang sur deux, la moyenne établi par Tournebize (2001) et de 0,5%. Les valeurs sont en dessous
de cette moyenne.
Pour l'ensemble des événements la contribution parcellaire est très faible. Nous pouvons
donc supposer, au vu de nos résultats que le ruissellement est essentiellement dû aux chemins et
aux routes. Les parcelles enherbées et les inter-rangs labourés qui sont majoritaires sur la zone
ralentissent l'écoulement et favorisent l'infiltration.

c) Relation entre l'érosion et la pluviométrie, le débit et le volume ruisselé à l'échelle du


bassin versant
Le but de cette partie est d’analyser les relations existantes entre les quantités de terre
érodée et la pluviométrie, le débit et le volume ruisselé.
La quantité de terre érodée représente la terre déposée ainsi que les Matières En
Suspension (MES) analysées dans les échantillons. Pour ces dernières connaissant les
concentrations dans chaque prélèvement, le flux en kg a été établi en multipliant la moyenne
entre deux prélèvements successifs par le volume de prélèvement. La mesure des MES au
laboratoire est décrite dans l'Annexe 4. L'erreur sur la mesure des MES est de 10% (cf 5.1.2)
Les valeurs des quantités déposées au niveau du canal venturi sont à nuancer. D'une part
le piège à sédiments fonctionne mal, la majeure partie des sédiments se dépose dans le Venturi
lui même et non pas dans le piège. D'autre part, entre deux visites de terrain, il y avait parfois
plusieurs événements pluvieux. Attribuer une fraction des dépôts à chaque épisode est délicat.
Nous avons considéré deux cas:
- soit les événements de la semaine sont comparables et nous supposons une
proportionnalité avec les MES sachant que l'érosion sera sous-estimée car des dépôts auront pu
être emportés par le flux. Par exemple, pour les épisodes du 4 et du 10 mars 2008, 3 kg se sont
déposés. Le 4 mars nous avions 7,5 kg de MES et 10 kg le 10 mars. Par conséquent, en
considérant le même ratio, nous avons attribué 1,3 kg de dépôts au 4 mars et 1,7 au 10 mars.
- soit nous considérons des dépôts nuls pour le premier événement si le deuxième
événement à une intensité très forte. L'ensemble des sédiments déposés est attribué à l'événement
le plus intense. Les dépôts ne pourront être évalués pour le premier événement mais seront
cohérent pour le second.
Les résultats suivants sont donc à nuancer, ils permettent d’obtenir des ordres de
grandeurs et des tendances

Caractéristiques des précipitations – quantité de terre érodée


Les pertes en terre augmentent avec l’accroissement du volume de pluie et de l’intensité
des pluies (Tableau 10). Le coefficient de corrélation R² est de 0,42 avec le volume précipité et
de 0,3 avec l'intensité de pluie (cf. Annexe 5). Il est en général admis sur des surfaces agricoles
que les pluies agissent plus par leur intensité que par leur abondance (effet du détachement par
splash). Or la corrélation est meilleure entre le volume de pluie et l’érosion qu’entre l’intensité
des pluies et l’érosion. La majorité des événements ruissellent sur les routes imperméable, par
conséquent, il paraît logique que plus le volume précipité est important, plus la quantité
transportée est élevée (la terre étant déjà présente sur les routes).

Caractéristiques du ruissellement – quantité de terre érodée


L’augmentation des pertes solides est liée à l’augmentation du flux liquide (Tableau 10).
Une meilleure relation est obtenue avec le débit qu'avec le volume (R² = 0,63 avec le débit
moyen, 0,64 avec le débit de pointe et 0,42 avec le volume). Les courbes sont disponibles en
Annexe 5. Ceci confirme l'action érosive du débit.

37
Les corrélations avec les quantités de MES seules, montrent la même variation des
coefficients R² mais avec des valeurs un peu plus faibles (0,3 en fonction du volume et 0,55
environ en fonction des débits moyens et maximaux).
Ces corrélations prouvent que le débit, le ruissellement ou l'intensité et la quantité de
pluie ne peuvent à eux seuls expliquer les phénomènes érosifs. D'autres paramètres interviennent
comme la durée de la pluie par exemple.
En étudiant les durées de tous les événements pluvieux, nous constatons qu'un événement
sort un peu du lot, l'événement du 25/05/2008 (Tableau 10). En effet, cet événement est assez
bref, moins de 1h, et très intense (intensité maximale de pluie de 2,6 mm/6min).
Une pluie courte et intense se révèle plus érosive qu'une pluie longue de faible intensité.
Tableau 10: Bilan des différents événements suivis à l'échelle du bassin versant de Rouffach, France, au
printemps 2008

Hauteur Intensité max Volume Débit


Pic débit
Evénement Durée de la pluie de pluie de pluie ruisselé moyen kg MES kg total
(m3/h)
(mm) (mm/6min) (m3) (m3/h)
06-févr-08 2h 4.20 0.8 37.65 5.5 15.8 48 53
01-mars-08 4h06 4.80 0.2 31.48 2.4 8.6 3 6
04-mars-08 1h54 2.40 0.2 27 3.2 11.2 5.7 7
10-mars-08 3h18 4.20 0.2 20.12 4.1 10.8 7 8.7
12-mars-08 89.3 19.4 48 225.5 259.5
17-mars-08 2h42 5.00 0.6 25.18 5.74 11.6 9.2 11
21-mars-08 6h18 + 42min+1h 7.00 0.4 82.3 2.62 12.8 74.2 77.2
23-mars-08 1h42 2.20 0.2 16.7 1.67 6.2 2.6 2.7
09-avr-08 7h06 13.80 0.8 150.47 22.8 52.5 206 206
15-avr-08 48 min 2.00 0.6 18.8 4 16.7 17.4 17.4
16-avr-08 42 min 0.80 0.2 4.76 1.9 5.8 2.7 2.7
16-avr-08 1h12 4.60 1.2 43.06 16.4 34.2 44.2 54.2
2h54 + 1h12 +
21-avr-08 15.20 0.2 149 4.6 16.7 31 33
5h54 + 3h24
25-mai-08 54min 7.20 2.6 37.9 27.2 69.3 80.5 120.5

Les cases non remplies correspondent à un manque de données.


Des meilleures corrélations sont obtenues sans le dernier événement (au maximum 0,73
entre l'érosion totale et le débit moyen et 0,83 entre l'érosion totale et le débit de pointe). Pour cet
événement, les processus en jeu ne sont pas les mêmes. Malgré un fort pic de débit l'érosion est
quasi la même que le 21 mars 2008 du fait de la rapidité du phénomène.

Ces résultats nous montrent le rôle essentiel du débit sur l'érosion et le transport des
particules.

d) Relation entre l'érosion et la pluviométrie, le débit et le volume ruisselé à l'échelle de


la parcelle
A l’échelle de la parcelle, nous disposons de très peu d’événements significatifs car sa
mise en place fut tardive pour des problèmes techniques. Nous observons toutefois une relation
entre les volumes ruisselés et les quantités érodées. Les pertes en terre semblent donc liées au
flux solide. Le tableau 11 résume tous les événements ruisselants à la parcelle.
Tableau 11: Evénements suivis à l'échelle parcellaire en avril 2008 - bassin versant de Rouffach, France
Evénement Intensité (mm) Ruissellement(l) Quantité de matière érodée (g)
09/04/2008 - 14/04/08 42.8 56 9.5
15/04/2008 - 19/04/08 12.4 2.5 0.455
21/04/2008 - 23/04/08 23.6 5.3 0.584
25/05/2008 7.2 0 0

L'érosion est très faible sur les parcelles, de l'ordre du gramme. Les événements observés
ne ruissèlent que très peu sur ces parcelles. Pour ces événements, nous pouvons donc conclure

38
que la quantité de matières emportées en bas de bassin versant provient essentiellement des
routes ou des chemins. Sur les routes, les machines agricoles peuvent déposer des particules
détachées sur les parcelles, et de la terre provenant de dépôt antérieur peut être présente.

e) Dynamique du transport des MES au cours du temps


Depuis le 6 février 2008, nous avons suivi 14 événements. La dynamique de la
concentration en MES de ces événements n'a pu cependant être exploitée que peu de fois. En
effet, au départ avec des volumes prélevés tous les 8 m3, la quantité de prélèvement par
événement était assez faible. Cette valeur a été modifiée à 5 m3 à partir du 2/04/08 au prix de
voyage plus fréquent à Rouffach et de la perte de certaines informations si l'événement est très
ruisselant (supérieur à 24 x 5 soit 120 m3).
La figure 9, représente l'évolution de la concentration en MES et des débits pour les
épisodes du 12/03/08 et du 9/04/08.

débit (m3/h) 21/03/08 MES (mg/l)


14 3500
12 3000
10 2500
8 2000
6 1500
4 1000
2 500
0 0
00:00:00 04:48:00 09:36:00 14:24:00 19:12:00 00:00:00 04:48:00
débit
temps
MES

9/04/08
débit (m3/h) MES (mg/l)
60 4000
50 3500
3000
40 2500
30 2000
20 1500
1000
10 500
0 0
10:48 13:12 15:36 18:00 20:24 22:48
débit temps (s)
MES

Figure 9: Suivis des concentrations en MES et des débits pour deux événements pluvieux - bassin versant de
Rouffach, France

L’évolution de la concentration en MES suit généralement l’évolution du débit. Nous


pouvons distinguer deux cas. Pour l’événement du 21/03/08, nous observons un pic important de
MES en début d'événement et par la suite les quantités de MES emportées sont moins fortes
malgré de forts débits. Dans ce cas l'hypothèse d'un stock fini de sédiments sur les routes peut
être avancée. Le premier flux lessive les matières les plus fines. Moins de particules sont alors
disponibles pour les autres flux. L'épisode du 9/04/08 montre au contraire qu’à chaque pic de
débit peut correspondre une mobilisation des particules fines si tout le stock n'a pas été épuisé
lors du premier flux.

39
3.2 Equation universelle des pertes en sols
3.2.1 USLE
Nous avons cherché à déterminer les différents facteurs requis dans l'équation USLE.

a) Calcul du facteur pluie R


Au vu des données disponibles, nous proposons d'utiliser l’indice de Fournier modifié par
la Food and Agriculture Organisation en 1977 pour calculer R. Cet indice fait intervenir la pluie
de chaque mois: R = Σ pi²/p.
Nous disposons des pluies mensuelles moyennes de 1946 à 2002 (Grégoire, 1998
Pasquet, 2003) (Tableau 12).
Tableau 12:Totaux pluviométriques mensuels à Rouffach – CHS (1946-2002)

Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Pi (mm) 43 38 36 41 66 65 60 63 48 42 51 46

En considérant la pluviométrie des différents mois, le facteur de pluie R est de 52,1 sur le
bassin versant de Rouffach.

b) Calcul du facteur sol K


Le sol est de type limoneux argileux (Tournebize, 2001). Il se compose de 70% de limon,
de 15 à 32 % d'argile et de moins de 2% de sable.
La matière organique varie de 1,3% à 1,6% selon la profondeur (données SADEF,
Tournebize, 2001)

Utilisation de la formule de Wischmeier et Smith


La formule de Wischmeier et Smith (1960) permet de déterminer K:
100 K = 2.1 × 10 −4 × M 1.14 × (12 − a) + 3.25 × (b − 2) + 2.5 × (c − 3) (Equation 18)
M : produit du pourcentage de limon compris entre 0.1 et 0.002 mm par le pourcentage de tout
ce qui n'est pas de l'argile
a : pourcentage de matière organique
b : code de structure du sol utilisé dans la classification
c : classe de perméabilité du profil

Les valeurs des classes de structure sont explicitées ci dessous (Arnoldus, 1977):
1 = granulaire très fin et grumeleux très fin (< 1 mm)
2 = granulaire fin et grumeleux fin (1 à 2 mm)
3 = granulaire moyen, grumeleux moyen (2 à 5 mm) et granulaire grossier (5 à 10 mm)
4 = lamellaire, prismatique, colomnaire, polyédrique et granulaire très grossier.

Notre sol sera considéré comme un sol très fin de classe 1.


D'après les valeurs expérimentales obtenues par Tournebize (2001), la conductimétrie est
en moyenne de 68,5 cm/j pour la parcelle désherbée et 121,5 cm/j pour la parcelle enherbée. Le
sol est donc de faible perméabilité de classe 4-5 (d'après Nafo, 2000) (Tableau 13).

Tableau 13: Classe de perméabilité (d'après Nafo, 2000)


Classe 1 2 3 4 5 6
Perméabilité (cm/j) <1 1 à 10 10 à 40 40 à 100 100 à 300 > 300

La valeur obtenue par cette équation est de 0,40.

40
Utilisation du normographe de Wischmeier, Johnson et Cross
Wischmeier, Johnson et Cross ont établi un normographe permettant de déterminer de
manière rapide la valeur du facteur K (Viguier, 2003). Celui ci est disponible en Annexe 6 et se
base sur les mêmes principes que la formule. La valeur obtenue est de 0,38
Retenons donc la valeur supérieure calculée par Wischmeier et Smith de 0,40 proche de
la valeur issue de l'utilisation du normographe.

c) Détermination du facteur topographique SL


Des formules, tables et abaques permettent de quantifier les valeurs du facteur
topographique. La formule de Wischmeier et Smith (1960) est la suivante:
LS = λ0.5(0.0076 + 0.0053*α + 0.00076* α²) (Equation 19)
La pente et la longueur des parcelles sont des données disponibles dans la base de
données SIG du CEVH sur Rouffach.

d) La couverture végétale C
C est défini dans l'USLE comme le rapport entre l'érosion mesurée sur une parcelle de
référence (jachère nue) et une parcelle test sous une culture bien précise. Il existe des abaques
pour calculer C en fonction de la couverture végétale et des effets du mulch mais pour la vigne,
nous considérerons les valeurs de l'indice de couverture végétale de Fournier (Fournier 1988 cité
par Viguier, 1993) (Tableau 14).
Tableau 14: Valeur de l'indice C pour la vigne (Fournier, 1988)
Stades de végétation
1 - novembre à avril 2 - mai à juin 3 - juillet à octobre
% % %
Mode de culture C1 C2 C3
couverture couverture couverture
Vigne palissée
0 à 10 0.95-1 10 à 20 0.95-0.85 20 0.85
(hauteur 1.5 m)
Vigne en gobelet
0 à 10 0.95-1 10 à 20 0.95-0.85 30 à 50 0.75-0.58
(hauteur 0,5 m)
Dans notre cas, nous avons des vignes palissés. Le coefficient C est plus grand en hiver
qu'en été car il n’y a pas de feuilles et la couverture végétale est moindre.
Nous ferons un bilan érosif moyen sur l'année en prenant une valeur moyenne pour C de
0,90.
e) Le facteur des pratiques culturales anti-érosives P
L’enherbement se traduit par des valeurs de P de 0,5 à 0,1. Les parcelles travaillées
peuvent être assimilées aux parcelles de référence de Wischmeier et Smith et ont un coefficient
de 1. Les cas des parcelles désherbées chimiquement n'apparaissent pas dans la littérature
(Viguier, 1993).
Pour les cultures en courbes de niveau, la valeur de P est de 0,8 si la pente est entre 12 et
18 %, est de 0,6 si elle est entre 7 et 12% (ENGREF, 1973).
Nous considérerons donc les valeurs suivantes:
- 0.2 pour les parcelles enherbées
- 0.5 pour les parcelles enherbées un rang sur deux
- 1 pour le labour et les parcelles désherbées.

f) Résultats obtenus
Les résultats obtenus sont variables et dépendent du nombre de parcelles considérées
(Tableau 15). En effet, nous savons qu'il existe une distinction entre le bassin versant
hydraulique et réellement ruisselant. Considérer que l’ensemble des parcelles ruissellent jusqu’à
l’exutoire revient à surévaluer la production de sédiment. En effet, Domange (2005) puis Madier
(2007) ont retenu un nombre restreint de parcelles contributives.

41
La surface du bassin versant hydraulique est de 40,7 ha, celle du bassin versant
effectivement ruisselant déterminée par Domange est de 18,6 ha, et enfin celle du bassin versant
contributif de Madier n’est que de 7,5 ha.
Les différents résultats obtenus en considérant les différents bassins versants sont
résumés dans le Tableau 16, en considérant une masse volumique pour les sédiments de
2650 kg/m3 (Jetten, 2002).
Tableau 15: Bilan de l'utilisation de l'USLE
Bassin versant Quantité de terre érodée Volume de sédiments sur 5 ans
40.7 ha 890 t/an 1680 m3
18.6 ha 555 t/an 1050 m3
7.5 ha 253 t/an 480 m3
Le volume de sédiments érodés sur 5 ans est de 190 m3 plus ou moins 40 m3. Cette valeur
a été obtenue en mesurant le volume de sédiments déposés dans le bassin d'orage pendant ces 5
années et en considérant une décantation approchant les 100% dans le bassin.
Le volume de sédiments déposé sur 5 ans correspond au volume piégé entre la
construction du bassin d'orage dans sa configuration actuelle (2002) et le dernier curage réalisé
en automne 2007. En utilisant des données GPS du bassin après curage et un MNT réalisé juste
avant (septembre 2007), nous avons estimé le volume déposé. Les détails sont disponibles en
Annexe 7. L'érosion annuelle serait ainsi d'environ 40 m3 +/- 10 m3.
Sur les mois de mars et d'avril suivis en continu, nous avons 0,3 m3 de sédiments soit
2 m3 à l'année. Il est délicat d'extrapoler deux mois à une année entière et nous sous-estimons de
cette manière la valeur au vu des 40 m3 trouvés précédemment. D'autre part, la configuration du
piège à sédiments sous estime les dépôts car il ne piège pas tout et les sédiments peuvent être
emportés directement dans le bassin par le flux.
USLE semble surestimer fortement les quantités exportées. Dans l'USLE, la topographie
est seulement représentée par un facteur pente et longueur de parcelle. Les changements de
pente, les zones éventuelles de dépôts ne sont pas prises en compte. Les parcelles sont
considérées individuellement. Cette méthode n'est donc pas adaptée à l'estimation de l'érosion
sur notre bassin versant.

3.2.2 MUSLE
L’utilisation de MUSLE n'est pas applicable à notre bassin versant, en effet nous
disposons bien des volumes ruisselés et des débits de pointe de chaque événement ruisselant
nécessaires pour calculer le facteur R (R = 11.8*(Q*qp)0.56), mais la détermination du facteur LS
pose problème.
L représente la longueur de versant, mais tout le bassin versant ne contribue pas. Le
bassin versant contributif est composé de regroupement de parcelles, trois sous bassins pour
Domange (2005) et des parcelles plus disparates pour Madier (2007). Estimer L au sens de
MUSLE n'est pas envisageable.

3.3 Modèle déterministe : Le LImburg Soil Erosion Model (LISEM)


3.3.1 Acquisition des données d’entrées
La base de données d’entrée se compose d’une série de cartes de format Raster. LISEM a
besoin au minimum de 24 cartes selon les options d’entrée choisies dans l’interface. Par exemple
la simulation de fossés exige des cartes supplémentaires. De plus LISEM a besoin des données
pluviométriques.
Toutes les cartes peuvent dériver de 4 cartes essentielles (Jetten, 2002) ::
- Le MNT : Modèle Numérique de Terrain
- L'occupation du sol
- Le type de sol
- Les zones imperméables telles les routes goudronnées.
42
La procédure pour réaliser les différentes cartes est détaillée en Annexe 8.

a) Le Modèle Numérique de Terrain (MNT)


Nous disposons d'un MNT couvrant l'amont (1 point tous les 25 cm), un couvrant l'aval
(1 point tous les 50 cm) et du Modèle Numérique de Surface (MNS) de la zone.
Des données sont manquantes pour une partie du bassin versant à hauteur de 4 %. Les
données issues d'une campagne GPS en 2003 sont valorisées pour compléter l'information. A
partir de ces points bruts, plusieurs MNT de résolution 1 m, 2 m et 2,5 m sont générés avec
l'option plus proche voisin, c'est à dire que le pixel reçoit l'altitude du point le plus proche de son
centre. Ces données sont très riches en terme de topographie, la précision est de moins de 10 cm
en altitude.
Le MNT qui sera utilisé pour la modélisation est un MNT à 2 m, le MNT à 1 m étant
incompatible avec la capacité de calcul du logiciel. Le MNT est illustré en Annexe 9.

Les chemins de l'eau


A partir de ce MNT, plusieurs cartes sont crées dont le LDD (direction locale de
drainage). Cette carte se base sur la topographie et donne pour chaque cellule la direction
d'écoulement des eaux de surface.
L'option accuflux permet de calculer pour chaque cellule la quantité d'eau accumulée qui
va sortir de la cellule pour aller dans les cellules voisines en dessous.

En transformant notre carte accuflux disponible sous PCRaster sous Arcgis et en


superposant les directions d'écoulement à l'orthophotographie de 2002 nous obtenons le résultat
ci dessous:

A
B

Figure 10: Cartographie du flux modélisé sous LISEM (A) et vérification sur le terrain (B)
L'écoulement suit majoritairement les routes et les chemins du vignoble (Figure 10A). Au
niveau de certaines parcelles, l’eau semble toutefois traverser les chemins sans s'arrêter. C'est le
cas au niveau deux intersections modélisées par un point noir et un point blanc. A certains
endroits les chemins n'ont pas assez de pente et l'eau traverse donc pour aller dans la parcelle
d'en face. Par exemple au niveau du point noir, le chemin forme une cuvette. Au niveau du point
blanc (détaillé sur la Figure 10B) au vu de la topographie du chemin et des connexions de celui-
ci avec les parcelles, l'eau peut effectivement facilement traverser. Le LDD est donc cohérent
avec les observations de terrain.
Globalement, les chemins de l'eau semble assez cohérents avec ceux obtenus par Madier
(2007) lors de trois événements pluvieux (cf. Annexe 10). La zone entourée de noir sur notre
carte a été reconnectée au chemin en pointillé, après observation sur le terrain. L'eau en effet suit
le chemin et ne coupe pas au milieu des parcelles.

43
Le LDD étant dérivé du MNT, l'écoulement de l'eau suit la topographie et non pas le
travail du sol qui n'est qu'imparfaitement représenté dans le MNT.

Figure 11: Direction d'écoulement, pente et travail du sol sur deux zones du BV
La Figure 11 représente deux agrandissements de la carte d'écoulement du flux. Elle
montre que l'eau ne suit pas le travail du sol mais la pente (figurée par une flèche noire). Dans le
cas de droite, le travail du sol est perpendiculaire à la pente. Le fait que l'écoulement ne suive pas
le travail du sol n'apparaît donc pas comme incohérent car la rugosité orientée n'est pas assez
forte pour permettre à l'eau de suivre le travail du sol d'après les observations de terrain. Par
contre à d'autres endroits, comme sur l'exemple de gauche, le flux suit la topographie mais
comme l'angle est plus fermé, l'eau pourrait suivre les rangs au lieu de la topographie.
Notre carte LDD aurait pu être affinée en couplant l'utilisation de TCRP et de LISEM. Le
module TCRP (Tillage Control Runoff Patern) prend en compte le travail du sol et la
topographie pour la direction d'écoulement.

Effet de la résolution du MNT sur la modélisation des chemins de l'eau


La comparaison de l'écoulement de l'eau obtenu avec un MNT à 1 m et à 2 m a pu être
réalisée sous Arcgis. La carte 12A représente la soustraction des deux cartes d'accumulation des
surfaces amont par pixels.

2
1

Figure 12 : Différences entre le MNT 1m et 2 m (A) et zoom sur la partie 1 (B)


Globalement deux différences principales apparaissent. Dans la zone 1, avec le MNT 1 m
le flux suit le chemin alors qu'avec le MNT 2 m il passe par la parcelle (Figure 12A). Au vu de
l'analyse de la zone (Figure 12B), le flux suit le chemin.
Pour utiliser le MNT à 2 m, le court-circuit a été corrigé sans succès dans le module
cartographique de PCraster. Faute de temps, le traitement du MNT en amont de LISEM au sein

44
du SIG ArcGIS n'a pas été effectué. Une solution envisageable au sein du SIG est en effet de
surcreuser les chemins pour assurer une cohérence entre le terrain et le modèle.
Au niveau de la zone 2, l'eau suit les chemins avec le MNT 2 m et par contre coupe les
parcelles avec le MNT 1 m (Figure 12A). Le MNT 2 m est dans ce cas plus proche de la réalité
car l'eau coule sur le chemin d'après nos observations sur le terrain et les données de Madier
(2007) (Annexe 10)

Autres cartes du bassin versant


Les autres cartes obtenues à partir du MNT sont:
- AREA : masque du bassin. Toutes les cartes sont confrontées avec cette carte pour
s'assurer du nombre et de l'emplacement des cellules à valeur manquante
- GRAD : gradient dans la direction du LDD obtenu à partir du MNT (sinus de la
pente).
- ID : aire d'influence des pluviomètres.
- OUTLET : carte localisant l'exutoire.

b) L’occupation du sol
La carte d'occupation du sol (cf. Annexe 9) se base sur la carte réalisée par Madier (2007)
le 05/06/2007. Les parcelles enherbées un rang sur deux sont représentées par des parcelles
coupées en deux, en considérant une partie enherbée et une partie travaillée ou non selon les cas
(Figure 13). Cette carte met aussi en évidence les routes.

Figure 13 : Schématisation des parcelles enherbées un rang sur deux

Nous avons apporté quelques changements à la carte d'origine à partir des observations
réalisées lors de nos sorties terrains. Entre 2007 et 2008, certaines parcelles ont vu leur
occupation de sol modifiée. Deux parcelles ne sont plus occupées par les vignes qui ont été
arrachées. D'autre part, Madier avait dans sa carte pris en compte les traces de roues. Or celles ci
varient dans le temps et la présence des traces de roues localisées le 05/06/2007 n'est
probablement pas la même aujourd'hui. Il semble plus cohérent d'utiliser un pourcentage de
traces de roues sur l'ensemble des parcelles enherbées et désherbées. Ce pourcentage qui
interviendra dans le pourcentage de compaction sera pris égal à 25%. Les traces de roues
représentées sur la carte d'origine par des bandes sur les parcelles sont remplacées par de l'herbe
ou du sol non travaillé selon les cas.

c) Les cartes de végétation


Trois cartes permettent de prendre en compte l'impact de la végétation sur l'interception
du ruissellement ainsi que sur l'énergie cinétique de chute d'eau intervenant pour l'érosion par
"splash ". En fonction de l'occupation du sol et du type de parcelle nous avons déterminé les
valeurs des différents paramètres, PER (couverture végétale), CH (hauteur de la végétation) et le
LAI (indice de surface foliaire) (Tableau 16).

45
Tableau 16: Paramètres de végétation pour différentes occupations du sol

PER CH LAI
Parcelle de vigne non travaillée 0 1 1.5
Passage enherbé 1 0 0
Sol nu labouré 0 0 0
Forêt 1 20 6
Verger 1 6 3
Fossé non entretenu/ broussailles 1 1 0
Parcelle de vigne enherbée 1 1 1.5
Parcelle de vigne avec travail du sol 0 1 1.5
Chemin caillouteux 0.5 0 0
Route goudronnée 0 0 0

Les valeurs de l'indice de surface foliaire (LAI) proviennent :


- pour la vigne des données de l'ITV (Institut Technique de la Vigne et du vin). Le LAI est
d'environ 1,5 m²/m²
- pour la forêt des données du SIEF (Site d'Information sur les Ecosystèmes Forestiers). Le
LAI varie de 3 m²/m² (peu dense) à 8 m²/m² (très dense)
- pour le verger des données de l'INRA qui préconise une valeur de 2 à 3 m²/m² pour un
bon rendement.

d) Les cartes de surface du sol


Les caractéristiques de rugosité et les pourcentages de croûte, de surface compactée et de
pierre ont été établis pour les différentes occupations du sol.

La rugosité aléatoire
La carte de rugosité aléatoire RR, écart type des hauteurs du micro-relief, a été obtenue à
partir des données de Madier (campagne de mesure) complétées là où il manquait des mesures.
Cette carte est disponible en Annexe 9. Dans une première approche, nous avons estimé les
données manquantes lors de nos visites de terrain :
- Pour la forêt : 1 cm
- Pour les routes goudronnées et le bâti : faible rugosité, 0,1 cm
- Pour les forêts/broussailles : 1 cm
- Pour les chemins caillouteux : 0,5 cm

Le coefficient de Manning
Les valeurs des coefficients de Manning, N, sont obtenues à partir des données de la
littérature sur différents matériaux et types de sol.
Pour le labour le coefficient de Manning sera pris égal à 0.08, 0.035 pour les cultures, les
vergers et les chemins, 0.05 pour les fossés non entretenus, 0.1 pour la forêt et 0.01 pour les
routes goudronnées ou bétonnées (Vidal, 2005).

La compaction du sol
Le pourcentage de traces de roues a été évalué à 25% sur les inter-rangs enherbés et non
travaillés. Le trafic des véhicules est le plus important pendant la saison de croissance (mars –
juillet, avec un pic plus important au début mars-avril). Il est plus faible en hiver (Van Dijck,
2000). Sur les zones compactées, une infiltration séparée est calculée (Ksat des zones
compactées).

La présence de croûte
Le pourcentage de croûte est variable selon le type de parcelles, que ce soit les croûtes de
battance ou les croûtes sédimentaires (Litzler, 1988). Madier (2007) a étudié les états de surface

46
du sol sur 1 m² de parcelle sur des inter-rangs enherbés et désherbés. La valeur moyenne obtenue
est de 80% de croûte sur les inter-rangs désherbés et 15% sur les enherbés. Cette valeur de 15%
est extrapolée aux vergers, à la forêt et aux fossés. Pour les parcelles labourées, le pourcentage
de croûte est également faible, 15%, tout du moins au départ. Il augmentera ensuite avec la pluie
et le phénomène de battance. Une infiltration séparée est également calculée pour les croûtes.

Le pourcentage de cailloux
Lors des sorties sur le terrain, la présence de cailloux sur les parcelles, en proportion
variable selon les cas a pu être constatée. Sur l'ensemble des parcelles un pourcentage de 20% de
cailloux sera pris en compte. Sur les chemins caillouteux, 50% de la surface est occupée par des
cailloux.

Bilan des valeurs des différents paramètres


Le tableau 17 résume les valeurs des différents paramètres de surface du sol utilisés sous
LISEM
Tableau 17: Paramètres de rugosité pour différentes occupations du sol

Manning % COMP %CRUST % STONE


Parcelle de vigne non travaillée 0.035 0.25 0.8 0.2
Passage enherbé 0.035 0 0 0
Sol nu labouré 0.08 0 0.15 0
Forêt 0.1 0 0.15 0
Verger 0.035 0 0.15 0
Fossé non entretenu/ broussailles 0.05 0 0.15 0
Parcelle de vigne enherbée 0.035 0.25 0.15 0.2
Parcelle de vigne avec travail du sol 0.08 0 0.15 0.2
Chemin caillouteux 0.035 0 0 0.5
Route goudronnée 0.01 0 0 0

Autres cartes de surface


Deux autres cartes permettent de localiser dans LISEM les routes imperméables
(Roadwidt) et les bandes enherbées (Grasswidt).

e) Les cartes d’infiltration


L'option d'infiltration choisie est celle de Green et Ampt avec un sous sol imperméable.
La profondeur du sol varie entre 1,5 et 3 m soit 2,25 m en moyenne (Tournebize, 2001).

La conductivité hydraulique à saturation Ksat


Si un sol a un Ksat plus faible qu'un autre, sa capacité d’infiltration sera plus facilement
atteinte ce qui provoquera un ruissellement hortonien.
Tournebize (2001), a réalisé des expériences sur des fosses pédologiques et a mesuré une
valeur de Ksat de 50,6 mm/h pour les inter-rangs enherbées et 28,5 mm/h pour les inter-rangs
désherbées. Madier (2007) dans sa thèse a également estimé des valeurs de Ksat en fonction des
états de surface. Les moyennes obtenues sont représentées dans le tableau 18.
Tableau 18: Valeur moyenne de Ksat de Madier (2007)
Occupation du sol Ksat (mm/h)
enherbé 2500
travaillé 2500
désherbé chimiquement
900
traces de roues

47
La méthode de Belkran utilisée par Madier (2007) pour mesurer l'infiltration fournit des
Ksat avec un biais de deux ordres de grandeur à cause de la mise à contribution artificielle des
macropores. La valeur d'infiltration est largement supérieure aux valeurs attendues. Cette
méthode est utile néanmoins pour la comparaison en relatif.
Les valeurs de Ksat obtenues avec des fonctions de pédotransfert (Nemes 2001, Mailhe
2002, Bois 2000) sont plus faibles que celles obtenues expérimentalement (Annexe 11).
Nous préconisons l’utilisation des valeurs expérimentales de Tournebize pour l’utilisation
de LISEM. La conductivité hydraulique à saturation est considérée comme l’un des paramètres
de calage clé de LISEM.

Selon Macary, le Ksat pour une croûte structurale peut varier entre 2 et 6 mm/h et il peut
atteindre 1 mm/h pour une croûte sédimentaire
L'indice de battance est calculé sur la base de la formule de Remy et Marin Lafleche
(Mailhé, 2002):
E 1.5LF + 0.75LG
R= (Equation 20)
A + 10 MO
avec : LF le pourcentage de limons fins, LG le pourcentage de limons grossiers, A le
pourcentage d’argile et MO le pourcentage de matière organique.
Au niveau du bassin versant de Rouffach, R est égal à 2,4, le sol est donc très battant
(Bois, 2000).
Au niveau des zones compactées (traces de roues, chemins), les valeurs initiales sont très
faibles (3 à 5 mm/h) et peuvent atteindre rapidement la valeur de 1 mm/h (Ouvry, 1986 cité par
Macary et Berville, 2003).

Les autres paramètres d’infiltration


En ce qui concerne les autres paramètres d'infiltration, le potentiel hydrique, et les teneurs
en eau initiale et à saturation, les valeurs utilisées proviennent des expériences de Tournebize
(2001) sur les parcelles expérimentales.
- potentiel hydrique PSI : 30 cm
- teneur en eau initiale θi : 0.05
- teneur en eau à saturation θs : 0.48

f) Les cartes érosion-dépôt


Le module érosion de LISEM fait intervenir des cartes de cohésion des sols, de cohésion
avec les racines, de stabilité des agrégats et la carte du diamètre médian D50.

Le diamètre médian (D50)


Le D50 a pu être estimé à partir de la composition du sol soit 70% de limon (dont environ
50% de fin (2-20µm) et 20% de grossier (20-50µm)), entre 15 et 32% d'argile (<2µm) et moins
de 2% de sable (entre 50-2000µm))
La courbe granulométrique donne une valeur de D50 d'environ 10µm (Figure 14).
%
100
80
60
40
20
0
0.01 0.1 1 10 100 1000 10000
taille des particules (µm)

Figure 14: Courbe granulométrique moyenne du sol de Rouffach

48
La cohésion et la cohésion additionnelle par les racines (COH et COHADD)
Le Torvane est un instrument qui mesure la résistance au cisaillement des sols. Il est
composé d'un disque rotatif avec des pales sur la surface inférieure enfoncées dans le sol. Quand
la partie supérieure reliée au disque par un ressort hélicoïdal est tournée avec les doigts, le sol
offre une résistance. Le cadran étalonné convertit alors cette résistance en kg/cm². Une
campagne de mesure a été réalisée durant cette étude (détail en Annexe 12).
La cohésion additionnelle par les racines ne peut pas être mesurée par le Torvane, elle est
seulement estimée. Nous rajouterons 1kPa dans les zones où il y a des racines (com. Orale, Van
Dijck, ARAA).
Pour les inter-rangs enherbés ou désherbés où des traces de roues sont présentes, la
cohésion est une cohésion pondérée avec les mesures sur les traces de roues et les mesures sur
lesdits inter-rangs (25% pour 75%).
Les différentes valeurs obtenues lors des mesures sont recensées dans le Tableau 19.
Tableau 19: Paramètres de cohésion pour différentes occupations du sol
Cohésion du sol (kPa) Cohésion additionnelle (kPa)
Parcelle de vigne non travaillée 1 1
Passage enherbé 4 5
Sol nu labouré 0.4 0.4
Forêt A caler A caler
Verger A caler A caler
Fossé non entretenu/ broussailles A caler A caler
Parcelle de vigne enherbée 1.9 2.9
Parcelle de vigne avec travail du sol 0.4 0.4
Chemin caillouteux 4 5
Route goudronnée A caler A caler

Pour les vergers et les fossés non entretenus la valeur retenue correspond à celle trouvée
sur les parcelles enherbées sans les traces de roues soit 1,75 kPa et donc 2,75 kPa avec les
racines (Tableau 19).
Pour les routes goudronnées, la valeur de cohésion sera un paramètre de calage.
Pour la forêt, la cohésion est assez forte à cause de la présence d'un important système
racinaire qui stabilise le sol et des matières organiques qui contribuent à la formation de l'humus,
sorte de ciment qui permet l'agrégation des particules de sol. Finalement, une valeur de cohésion
de 2 kPa sans les racines et de 3 kPa avec les racines sera retenue (Buchanan et Savigny, 1990).

La stabilité des agrégats (AGGRSTAB)


Aucune donnée n’est actuellement disponible sur le site concernant la stabilité des
agrégats c'est à dire le nombre de gouttes nécessaires pour diminuer la taille des agrégats par
moitié. Après discussion avec Paul Van Dijck de l'ARAA nous avons opté pour une valeur de
20. En effet les cohésions habituelles sont de 60 pour un sol argilo-calcaire et 20 pour des limons
dominants, avec 30 si le taux d'argile est supérieur à 20% et plutôt 15-20 s’il est inférieur à 20%.
Les valeurs sur les chemins et les routes seront des paramètres de calage.
Des échantillons de sols ont été prélevés et seront analysés par le laboratoire d'analyse
des sols de l'EOST. Les résultats ne sont pas disponibles au moment de la rédaction de ce
mémoire.

g) Le fichier pluie
Le fichier pluie est un fichier ASCII composé de deux colonnes, une première
comprenant le temps en minutes et une seconde qui contient l’intensité de pluie en mm/h au
temps correspondant.

49
3.3.2 Calage du modèle
La démarche de calage et de validation du modèle LISEM sur notre bassin versant est
présentée sur la Figure 15.

ETAPE 1 ETAPE 2 ETAPE 3

Calage des paramètres des routes Calage des paramètres des parcelles Validation
Evénement imperméable Evénement parcellaire Evénement du 9/04/08
23/03/08 26/04/06
Ksat Ksat
Cohésion
Coefficient de Manning

Figure 15: Etapes de calage et de validation du modèle LISEM


LISEM propose une grande variété de données de sorties. Outre les valeurs totales du
bilan eau-érosion avec le volume ruisselé, le pic de débit, les dépôts et les pertes en sol, des
séries de cartes (Timeseries) peuvent être générées à intervalle régulier et permettent de
visualiser l’évolution dans le temps de l’érosion, des dépôts ou encore du ruissellement.

a) Le pas de temps
Avant de lancer une simulation, le pas de temps doit être précisé.
L’intervalle de temps est en secondes. Le rendre trop petit ou trop grand peut causer des
instabilités.
Le MNT utilisé depuis le départ est un MNT 2 m alors qu'un MNT à 1 m est disponible.
Les simulations posent problème avec ce dernier. Avec une maille de 1 m, le pas de temps
conseillé est de 5 secondes en considérant une vitesse de ruissellement de l'ordre de 10-20 cm/s
(com.orale Van Dijck et Jetten). Les 5 secondes correspondent au temps nécessaire pour
parcourir une maille. Si le pas de temps est trop grand, l’érosion peut être surestimée car il y aura
moins de dépôt. Les zones de ralentissement, comme des changements de pente par exemple, ne
seront en effet peut-être pas prises en compte.
LISEM n’est pas capable de simuler avec un tel pas de temps de 5 secondes sur des
matrices correspondant au bassin de Rouffach. Seul un pas de temps de 30 secondes rend les
calculs possibles. Ce pas de temps étant beaucoup trop grand, nous avons opté pour une
utilisation du MNT à 2 m avec un pas de temps de 10 secondes.

b) Un événement peu ruisselant et peu érosif


Le modèle a d'abord été calé avec l’événement du 23/03/08 qui correspond à un
événement peu ruisselant et peu érosif. Pour ce type d’événement, le ruissellement est en
majorité déclenché sur les routes. Les paramètres de ces dernières pourront ainsi être validés
et/ou calés.
1ère modélisation
Les valeurs de conductivité prises au départ sont les valeurs expérimentales de
Tournebize (2001) extrapolées à d'autres occupations du sol (Tableau 20).
La conductivité des chemins est évaluée à 2mm/h de même que le Ksat des croûtes et des
zones compactées.
En forêt, le Ksat sera de 70 mm/h à cause de la présence de matières organiques, de
racines et de l’humus qui favorisent l'infiltration. De même, le travail du sol augmente
l'infiltration en aérant le sol et en augmentant la macroporosité. Une valeur de 70 mm/h sera
également choisie.
Les routes imperméables ont un Ksat nul mais la valeur 0 n'est pas autorisée par LISEM.

50
Tableau 20: Valeur de Ksat pour le premier calage

Ksat (mm/h)
Parcelle de vigne non travaillée 28.5
Passage enherbé 2
Sol nu labouré 70
Forêt 70
Verger 50.6
Fossé non entretenu/ broussailles 50.6
Parcelle de vigne enherbée 50.6
Parcelle de vigne avec travail du sol 70
Chemin caillouteux 2
Route goudronnée 0.01

La cohésion des routes sera estimée en premier lieu à 20kPa car celles ci sont très
cohésives. La stabilité des agrégats sera de 50 pour les chemins, 150 pour la forêt et 200 pour les
routes.

Les autres paramètres sont ceux fixés dans le paragraphe précédent. Le résultat de la
simulation est synthétisé dans le Tableau 21.
Tableau 21: Résultats de la simulation du 23/03/08
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation 6.6 1.71 79.67 552
Résultats expérimentaux 16,7 1,7 120 3
Si la valeur du pic du débit est cohérente, le volume ruisselé ne correspond pas aux
données des débitmètres et les quantités érodées sont bien supérieures à celles trouvées
expérimentalement. D'autre part, le pic simulé est atteint plus rapidement que le pic observé.

Influence du Ksat
Nous avons cherché à tester la sensibilité du volume ruisselé au Ksat. Au vu du temps
mis pour une simulation (2 h), nous avons réalisé deux tests. Dans un premier temps, toutes les
conductivités exceptées celle des routes ont été diminuées d’un facteur 10. Puis, dans un second
temps, nous avons joué sur le Ksat des routes seul. Les résultats obtenus sont illustrés dans le
Tableau 22.
Tableau 22: Impact d'une variation de Ksat sur le ruissellement et l'érosion. (23/03/08)
Volume Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
ruisselé (m3) (l/s) (min)
Simulation Ksat des parcelles
7.9 2.27 42 664
divisé par 10
Simulation
18.8 4.27 42 1 716
Ksat routes = 0.00001mm/h
Résultats expérimentaux 16,7 1,7 120 3
Seul le Ksat des routes a réellement une influence. Ceci est cohérent avec le type
d’événement qualifié d’imperméable.

La cohésion des routes


En testant les paramètres, nous remarquons que seule une modification de la cohésion des
routes est vraiment influente sur l'érosion (une augmentation de toutes les autres cohésions n'a
pas d'impact). Celle-ci doit être augmentée jusqu'à 1500 kPa pour avoir une quantité de
sédiments cohérente (Tableau 23). L'augmenter revient à dire que peu de sédiments constitutifs

51
de la route sont mobilisables. Seuls les sédiments déposés par les machines ou les dépôts
d'érosion sont disponibles.
Tableau 23: Impact de la cohésion sur l'érosion
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation cohésion des
17 4.27 42 36
routes : 1500 kPa
Résultats expérimentaux 16,7 1,7 120 3

La rugosité et le pic de débit


Le pic de débit dépend du coefficient de Manning N. En augmentant la rugosité des
routes (la seule vraiment influente), nous obtenons les résultats présentés dans le Tableau 24. Le
coefficient de Manning était initialement de 0,01.
Tableau 24: Impact du coefficient de Manning sur le ruissellement et l'érosion (23/03/08)
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation N = 0.02 18.4 4.11 42 16
Simulation N = 0.1 16.6 2.07 79 6
Résultats expérimentaux 16,7 1,7 120 3

L'augmentation de la rugosité des routes goudronnées diminue le pic de débit et


augmente le moment de son apparition. Le ruissellement est ralenti. La rugosité des routes étant
généralement comprise entre 0,01 et 0,02, l'augmenter jusqu'à 0,1 semble peut réaliste. Les
bilans obtenus semblent pourtant plus proches de la réalité avec cette valeur. Le coefficient de
Manning des routes semble compenser une limite du modèle.

Bilan du calage : ruissellement et érosion


La carte de l’érosion (Figure 16) et la carte du ruissellement maximum (Figure 17) pour
l’événement du 23/03/2008 permettent d’identifier les zones contributives sur le bassin. Sur ces
cartes et celles qui suivront, les valeurs sont en log (t/ha) pour l’érosion et en log (l/s) pour le
ruissellement.
L’érosion est localisée principalement sur les routes goudronnées où l’eau emporte les
particules déposées là soit par un événement antérieur soit par le trafic des véhicules agricoles.
Les parcelles en rose représentent les parcelles travaillées et désherbées. En rose un peu pus
foncé les parcelles
labourées sont plus
érodées. Les autres
parcelles en orange où
l'érosion est moindre
correspondent aux
parcelles enherbées et à
la forêt. En blanc les
chemins en herbe ne sont
pas érodés. (Figure
16).
Figure 16: Carte d’érosion
du bassin versant de
Rouffach, France, sous
LISEM (23/03/08)

52
Les routes imperméables sont les voies préférentielles d'écoulement. Deux directions
particulières sont ensuite remarquables, le fossé puis le chemin en bas et la traversée des
parcelles (Figure 17).

Figure 17: Carte du ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM (23/03/08)
Le dégradé de couleur plus visible sur la carte ci-dessous zoomée montre que
l’écoulement s’effectue par ordre d’importance sur les routes (1), le chemin et fossé (2) puis les
parcelles (3) (Figure 18).

Routes goudronnées
1
Traversée des parcelles
3
Fossé + chemin

Figure 18:Détail de l'écoulement dans la partie basse du bassin


Ces cartes ont été établies avec un coefficient de Manning pour les routes de 0,02. Avec
0,1, les tendances sont les mêmes, seules les valeurs changent un peu puisque l'érosion est
moindre et l’hydrogramme est différent.

c) Un événement intense, ruisselant et érosif


Pour caler le modèle plus précisément au niveau des parcelles et des chemins,
l’événement du 26/04/06 classé comme événement parcellaire par Domange (2005) a été étudié.
Les données d'érosion n'étant pas disponibles pour cet événement, seul l'hydrogramme pourra
être calé.
1ère modélisation test avec les valeurs calées pour l'épisode du 23/03/08
Les bilans de ruissellement et d’érosion simulés avec les valeurs calées précédemment
sont synthétisés dans le Tableau 25.
Tableau 25: Résultats de la simulation de l'événement du 26/04/06
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation (N=0.02 ) 434 833 24.7 91 000
Simulation (N=0.1) 425 613 27.2 89 000
Résultats expérimentaux 97 76 22 -

53
Le ruissellement est beaucoup trop fort ainsi que l'érosion. En effet bien que nous ne
disposions pas de valeur pour cette dernière, les moyennes annuelles de 40 m3 soit 100 tonnes,
montre que l'ordre de grandeur de ces valeurs est incohérent.

Modification du Ksat
Le Ksat des parcelles obtenu par des mesures de terrain ne sera pas changé. Par contre,
nous allons caler le Ksat des zones compactées, des croûtes et des chemins. Avec un Ksat pour
les croûtes et les zones compactées de 4 mm/h, de 3mm/h pour les chemins et un pourcentage de
croûte abaissé sur les parcelles désherbées de 80% à 50% nous obtenons les bilans détaillés dans
le Tableau 26.
Tableau 26: Impact du Ksat sur le ruissellement et l'érosion (26/04/06)
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation (N=0.02) 116 132 24.7 3 000
Simulation (N=0.1) 107 73 27.7 4 000
Résultats expérimentaux 97 76 22 -

Les valeurs simulées sont très proches des valeurs expérimentales. Le débit de pointe
semble là encore plus cohérent avec un coefficient de Manning de 0,1. Les quantités érodées
atteignent des valeurs plus réalistes.

L'hydrogramme obtenu avec un coefficient de 0,1 pour les routes se superpose bien à
l'hydrogramme réel (Figure 19).
Q (l/s)
140
120 Q réel
100 Q simulé N=0.1
Q simulé N=0.02
80
60
40
20 temps (s)
0
511
931
1201
1291
1381
1471
1591
1681
1771
1891
2011
2191
2401
2671
3031
4861
11851

Figure 19: Hydrogrammes réel et simulés (26/04/06)


Les changements de conductivité réalisés n'ont pas d'impact sur l'événement du
23/03/2008.

Rôle des autres paramètres d'infiltration


En reprenant les valeurs de Ksat initiales, la pression hydrique et la teneur en eau initiale
ont alternativement été modifiées. La teneur en eau initiale a été diminuée de moitié soit 0,025
puis la pression hydrique a été augmentée à 100 cm au lieu des 30 cm. Avec une rugosité des
routes de 0,02, les résultats sont détaillés dans le Tableau 27.
Tableau 27: Impact de la teneur en eau initiale et du potentiel hydrique sur l'infiltration (26/04/06)
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation (θi = 0.025) 416 801 25 86 500
Simulation (PSI = 100cm) 158 241 25.5 13 000
Résultats expérimentaux 97 76 22 -
La pression hydrique au front d'humectation du sol est un paramètre influant assez
fortement sur les volumes ruisselés, le débit de pointe et donc l'érosion (Tableau 28). La valeur
de 100 paraît toutefois élevée c'est pourquoi nous modifierons plutôt les valeurs de conductivité.

54
Bilan du calage : ruissellement et érosion
Comme pour l’événement du 23/03/08, la carte totale de l’érosion (Figure 20) et la carte
de ruissellement maximum (Figure 21) ont été établies avec un coefficient de Manning des
routes de 0,02.

Figure 20: Carte d'érosion du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM (26/04/06)

Figure 21: Carte de ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM (26/04/06)
L’érosion est importante sur les chemins et les routes. Par rapport à l’événement du
23/03/2008, les chemins caillouteux sont beaucoup plus érodés alors que les chemins enherbés le
sont toujours peu.
L’érosion est plus forte que pour l'événement du 23/03/08 mais nous retrouvons la même
variation sur les parcelles à savoir plus d’érosion sur les parcelles labourées, puis les désherbées
et enfin les parcelles enherbées et la forêt.
L’écoulement est quand à lui beaucoup plus important, les parcelles ruissellent plus et il y
en a plus qui sont contributives. Les routes et chemins restent néanmoins les voies privilégiées
d’écoulement.

3.3.3 Validation du modèle


a) Etude de l'événement du 9/04/08
L’événement du 9/04/2008 qui fut le seul pour lequel des analyses de pesticides ont pu
être réalisées, a été étudié en détail à l’aide du modèle LISEM. Les résultats obtenus sont
détaillés dans le Tableau 28. Les simulations ont été réalisées avec les deux valeurs du
coefficient de Manning des routes N car les calages ont montré l’influence de ce paramètre.

55
Tableau 28: Résultats des simulations du 9/04/08
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
Simulation (N=0.02) 123 17,4 330 202
Simulation (N = 0.1) 118 11,65 336 72
Résultats expérimentaux 150 14.4 326 206

La dynamique simulée et observée des débits est illustrée dans la figure 22.

Q (l/s)
20
18
16 Qréel
14 Q simulé N= 0.02
12
Q simulé N = 0.1
10
8
6
4
temps (s)
2
0
0
1920
3840
5760
7680
9600
11520
13440
15360
17280
19200
21120
23040
24960
26880
28800
30720
32640
34560
36480
38400
Figure 22: Hydrogrammes réel et simulés (09/04/08)
Les hydrogrammes obtenus avec les coefficients de Manning pour les routes de 0,02 et
0,1 ne sont pas très différents et tous les deux assez proches de l’hydrogramme réel. La quantité
de sédiments érodés se rapproche des valeurs expérimentales pour le cas où le coefficient de
Manning de 0,02. Par conséquent, nous validerons l’hydrogramme qui se base sur une valeur
beaucoup plus réaliste du coefficient de Manning.

b) Ruissellement
Les parcelles sont peu contributives mais toutefois plus que pour l’événement du
23/03/2008 si nous comparons les valeurs maximales. L’écoulement est majoritaire sur les routes
et les chemins mais une partie de l’écoulement traverse les parcelles en aval du bassin (Figure
23).

Figure 23: Carte du ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM (9/04/08)
La quantité d’eau récoltée à l’échelle parcellaire dans les cuves est assez faible (56L sur
la semaine) ce qui concorde avec ces observations. Les parcelles sont peu ruisselantes pour cet
événement.

c) Bilan érosif
Les cartes bilan d’érosion (Figure 24 A) et de dépôt (Figure 24 B) permettent une
première spatialisation de ces deux processus antagonistes.

56
A B

Figure 24: Carte d'érosion (A) et de dépôt (B) du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM (9/04/08)
L’érosion sur les routes est prépondérante. Sur les parcelles, l’érosion est moindre avec
toujours dans le même ordre, les parcelles labourées, désherbées puis enherbées. La faible
quantité d’érosion (9g) sur la parcelle expérimentale enherbée un rang sur deux concorde avec la
carte simulé (Figure 24 A).
Les zones de dépôts sont difficilement visibles sur les cartes car les valeurs étant
négatives, il est impossible de représenter l'échelle en logarithme. Les valeurs sont donc en t/ha.
La carte 24 B est la meilleure obtenue. Les principales zones de dépôt sont le long des routes
goudronnées ou bétonnées. Ces dépôts pourront éventuellement être repris lors d’un prochain
épisode et expliquent la présence de sédiments sur les routes.

3.3.4 Sensibilité du modèle


Pendant le calage, le modèle s'est avéré très sensible à la conductivité hydraulique à
saturation et à la pression hydrique. Au delà de la sensibilité du modèle aux paramètres, il est
crucial de connaître la sensibilité du modèle au pas de temps de calcul et au pas d’espace afin de
connaître la validité du modèle vis à vis des résolutions spatiales et temporelles. Pour cela,
l’événement du 9/04/2008 sera pris comme témoin.

a) Sensibilité temporelle
Le pas de temps a un rôle clé sur les simulations. Sa variation n'entraîne pas de
changement significatif de l'hydrogramme. Par contre, la quantité érodée augmente fortement
avec le pas de temps (Figure 25).

quantité (t)
1.8
1.6 dépôt

1.4 érosion par splash


1.2 érosion par
1 ruissellement
érosion totale
0.8
0.6
0.4
0.2
0
pas de temps (s)
0 50 100

Figure 25: Impact du pas de temps sur l'érosion


L’érosion par effet splash est quasiment constante. L’augmentation de l’érosion totale
semble due aux dépôts qui diminuent. Toutefois, si les dépôts diminuent fortement pour les
petites valeurs de pas de temps, ils diminuent moins vite par la suite. Par contre plus les pas de
temps sont importants, plus l’érosion par ruissellement contribue à augmenter l’érosion totale.
Entre 10 et 20 secondes, l’augmentation de l’érosion totale est de plus de 60% et
s’explique en grande partie par les dépôts qui sont beaucoup moins nombreux pour une même

57
érosion par splash et par ruissellement. Le pas de temps correspond au temps que met l’eau pour
traverser une cellule. Avec un pas de temps 2 fois plus importante, l’eau traversera dans un pas
de temps 2 cellules. Les zones éventuelles de dépôts peuvent être non considérées par le modèle.

b) Sensibilité spatiale
Nous avons testé l’impact du changement de MNT sur nos résultats en comparant le
MNT à 1 m et à 2 m avec un pas de temps de 30 secondes. Seul ce pas de temps permet de
réaliser une simulation avec le MNT à 1 m. Les résultats sont synthétisés dans le Tableau 29.
Tableau 29: Impact du MNT sur le ruissellement et l'érosion
Volume ruisselé Qpointe Pic de débit Quantité érodée (kg)
(m3) (l/s) (min)
MNT 2m (T = 30s) 123 17,17 330 408
MNT 1m (T = 30s) 210 34 330.5 2 330
Résultats expérimentaux 150 14.4 326 206

Nous observons beaucoup plus de ruissellement et d'érosion avec le MNT 1m qu'avec le


MNT 2m. La comparaison porte sur les cartes d'écoulement (Figure 26 A et B) et d'érosion
(Figure 27 A et B).

A B

Figure 26: Carte de ruissellement maximal du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM MNT 1 m (A)
et MNT 2 m (B)

A
B

Figure 27: Carte d'érosion du bassin versant de Rouffach, France sous LISEM MNT 1m (A) et MNT 2 m (B)
Avec le MNT à 1m, l'écoulement est beaucoup plus important dans la partie amont du
basson versant (Figure 26A). Ceci peut s’expliquer en partie par les chemins qui sont pris en
compte dans le MNT 1 m et non pas dans celui à 2 m (zone entourée en blanc (cf. 3.3.1 a))
(Figure 26 A et B).
Pour l'érosion, proportionnellement à un écoulement plus important, l'érosion est plus
marquée dans le cas d'un MNT à 1m. (Figure 27A). Pour le MNT à 1m, l'érosion par écoulement

58
est de 6340 kg contre 550 kg pour le MNT à 2m pour une même érosion par "effet splash ".
D'autre part, l'érosion sur les chemins est plus importante (zones fléchées) (Figure 27A).
Finalement, l'utilisation du MNT 1m pourrait être plus cohérente et permettrait de
modéliser l'écoulement du haut de bassin. Toutefois, les volumes ruisselés et les quantités
érodées seraient surestimés car les paramètres Ksat et cohésion ont été calés pour le MNT à 2 m.
Il faudrait pouvoir caler sur 1 m pour affiner la comparaison mais c’est impossible car le pas de
temps devrait être dégradé et nous nous placerions hors des gammes de valeurs recommandées
(par rapport à la taille des cellules).

Les quantités de matières érodées arrivant au bassin d’orage sont loin d’être négligeables.
Quelles vont être les conséquences sur celui-ci ? Quel est le flux réel de pesticides atteignant le
bassin ? Quel est l’efficacité du bassin vis-à-vis de l’abattement des MES ?

59
4. CONSEQUENCES SUR LE BASSIN D'ORAGE

L’objectif de cette partie est d’évaluer l’incidence de l’érosion sur le transport des
pesticides et la gestion du bassin d’orage (Figure 28)

Quelle est l’incidence de l’érosion sur Comment déterminer la fréquence de


les flux de pesticides arrivant au BO ? curage du BO ?

Métrologie Modèle de type Métrologie SIG


BV MHYDAS (complexe) Entrée/Sortie BO Volume annuel

Figure 28: Méthodes d'évaluation de l'incidence de l'érosion sur le bassin d'orage


Le modèle MHYDAS (Modélisation HYdrologique Distribué pour les AgroSystèmes) est
un modèle de ruissellement, d'érosion et de transferts des pesticides. La modélisation de
l’érosion et des flux de pesticides s’avère néanmoins complexe.

4.1 Flux de pesticides sur phase solide


D’après les premiers résultats obtenus par Domange (2005), il serait possible que dans le
cas du glyphosate et de l’AMPA (AMinomethyl Phosphonic Acid) la majorité de la fraction de
pesticides soit transportée sur phase solide (Tableau 30). Pour ces deux molécules, les flux
exportés par le ruissellement à l’exutoire du bassin versant pourraient donc être au moins deux
fois plus importants que ceux évalués uniquement dans la forme dissoute. Un suivi de la forme
adsorbée s’avère donc indispensable.

Tableau 30: Valeur théorique de la fraction de pesticide transportée sous forme dissoute pour le glyphosate et
l'AMPA, année 2003 (Domange, 2005)

4.1.1 Modalité d’adsorption des pesticides


Après son application au champ, selon le type de molécule et de formulation, une fraction
plus ou moins importante de la solution est rapidement volatilisée (aérosols et évaporation), et
atteint le compartiment atmosphérique. Une autre partie rejoint le sol. Une fraction est absorbée
par la plante qui peut la stocker, la métaboliser (la détruire) ou la véhiculer dans différents
organes. Une autre fraction passe dans la solution du sol et peut être métabolisée par les micro-
organismes ou peut percoler vers les eaux souterraines. Enfin, une dernière fraction est adsorbée
sur les particules organiques et minérales du sol et va alors soit être entraînée par l'érosion et le
ruissellement aboutissant à un re-largage de la molécule en milieu aquatique soit rester dans le
sol pendant une durée variable dépendant du milieu et de la molécule.

a) Le coefficient d’adsorption Kd / Koc


L’adsorption représente le phénomène majeur d’immobilisation des composés dans le sol.
Des molécules ou ions vont se fixer sur des composés insolubles. L’adsorption d’un produit par
un substrat résulte de l’implication de différentes forces chimiques (échange ionique, ponts
hydrogènes), physiques (Van der Waals) ou électrostatiques (polarité de la molécule)
(Munoz, 1992)
La description des mécanismes d’adsorption utilise les isothermes d’adsorption qui sont
déterminées par l’étude à l’équilibre de la concentration de produit adsorbé en fonction de la
concentration en solution. Plusieurs descripteurs mathématiques sont utilisés pour analyser les
60
isothermes d’adsorption (Munoz, 1992). Le plus couramment utilisé est le formalisme de
Freundlich:
1
S = K ×C N
éq (Equation 21)
avec S la concentration de pesticides adsorbés (µg/kg de sol),
Ceq la concentration de pesticides dans la phase soluble (µg/l)
K et N deux constantes dépendant du système sol/pesticides.
Les observations expérimentales montrent souvent que n=1. Dans ce cas l’isotherme
d’adsorption est dite linéaire. Sa formulation est la suivante : Q=Kd*Ce, avec Kd le coefficient
d’adsorption dans le sol ou coefficient de partition eau-sol (l/kg)
Les principaux adsorbants dans le sol sont les colloïdes minéraux (oxydes et hydroxydes
de fer et d'aluminium, argiles) et les matières organiques.

Pour les molécules non ionisées les quantités adsorbées dépendent de la quantité de
matière organique du sol et plus particulièrement du carbone organique du sol. Le Koc est défini
comme le rapport entre le Kd et la teneur en carbone organique du sol:
Kd
K oc = (Equation 22)
f oc
avec Koc : coefficient d’adsorption sur la matière organique ou coefficient de partition matière
organique – eau
Foc : teneur en matière organique du sol

b) Le temps de demi-vie (DT50)


La demi-vie exprime 50% de disparition du produit. Les données sur ce paramètre
peuvent présenter de grandes dispersions dans la littérature car les facteurs qui conditionnent les
mécanismes de la dégradation sont nombreux (volatilisation, dégradation biotique ou abiotique).
La signification du paramètre DT50 reste cependant floue. Pour Carluer (cité par Madier, 2007),
il englobe la volatilisation, le prélèvement par les plantes et la photolyse.
La biodégradation biotique aérobique ou anaérobique correspond à une dégradation par
les microorganismes du sol. Ces derniers utilisent les pesticides comme source de carbone et
d’énergie. Les mécanismes de biodégradation sont dépendants des conditions de sol, du pH, de la
température, de l’humidité ou encore de l’aération.
La dégradation abiotique se réalise par des réactions photochimiques (rayonnement UV)
ou par des réactions chimiques (réactions d’hydrolyse, oxydoréductions) dans le sol. Le plus
souvent cette dégradation se fait en présence d’argile (catalyseurs de surface, donneurs de
protons) ou de matière organique (grande réactivité de leurs groupements fonctionnels
notamment des fonctions acides).

4.1.2 Molécules suivies


a) Liste des molécules étudiées
Les mêmes molécules que les années précédentes ont été analysées, ceci bien que
certaines ne soient plus appliquées comme le Diuron par exemple qui a été retiré du marché. La
date limite d'écoulement des stocks personnels est prévue le 13 décembre 2008. Suivre ces
particules permettra de caractériser un bruit de fond éventuel.

La liste des molécules étudiées est la suivante:


- Herbicides : Diuron et ses produits de dégradation: 1-(3,4-dichlorophenyl)-3-uree, 1-
(3,4-diClphényl)-3-méthyl uree, 3-4 dichloroaniline, Gluphosinate, Glyphosate et son
produit de dégradation AMPA, Isoxaben, Norflurazon, Oryzalin, Simazine,
Terbuthylazine

61
- Fongidides: Azoxystrobine, Carbendazime, Cymoxanil, Krésoxym-méthyl, Pyrimethanil,
Tetraconazole, Penconazole
- Insecticides: Thiodicarbe

b) Synthèse des Koc – temps de demi-vie


L’intérêt de l’analyse de ce panel de molécules permet de considérer une diversité de
propriétés physico-chimiques synthétisées ici en termes de log de Koc et de temps de demi-vie
(DT50) (Figure 29). Toutes les données proviennent de la base de données FootPrint12.

log Koc
6
Fongicide
Herbicide
5 Insecticide
adsorption

4
Glyphosate AMPA

Tetraconazole penconazole
3 Terbuthylazine Oryzalen
Azoxystrobine Isoxaben
Norflurazon
Krésoxym Dimethomorphe Pyrimethanil
carbendazime Diuron
Cymo2xanil Simazine
Thiodicarbe Glufosinate

0
0 50 100 150 200 250
Persistance DT50 plein champ (j)

Figure 29: Log Koc en fonction du temps de demi-vie des différents pesticides (FootPrint)
Les molécules étudiées ont des persistances variables avec des temps de demi-vie variant
de 5 à 231j. Le coefficient d'adsorption représenté par le log Koc est compris entre 1,73 et 3,73.

4.1.3 Méthode de suivi


Toutes les analyses ont été réalisées par le laboratoire "Eaux et Environnement " de
l’Institut Pasteur de Lille certifié par les ministères français de la santé et de l’environnement.
Les analyses requièrent une quantité minimale de 50g de matière pour l’analyse des
pesticides adsorbés sur les sédiments. Les MES récupérées sur les filtres ne peuvent pas être
analysées car il n’y a pas assez de matière. Les analyses se feront sur les dépôts de sédiments
récupérés soit au niveau du venturi pour le bassin versant dans le bac de dépôt ou dans le chenal,
soit au niveau des cuves de la parcelle ou du caniveau. Pour la phase aqueuse, les échantillons
proviennent du préleveur à l'exutoire du bassin versant ainsi que des bacs répartiteurs au niveau
des parcelles.
Les échantillons liquides et solides sont transportés jusqu’à Strasbourg dans des glacières,
préservés ainsi de la chaleur et de la lumière afin d’éviter la dégradation des pesticides. Arrivé au
Laboratoire d’Etude des Eaux de l’ENGEES, les échantillons solides sont directement congelés.
Les échantillons liquides sont répartis dans deux flacons : 50 ml dans un flaconnage plastique et
50 ml dans un flaconnage verre. Le flacon en plastique est en effet préconisé par le laboratoire de
l’Institut Pasteur de Lille pour l’analyse du glyphosate et du glyphosinate – ammonium.

12
Projet européen FootPrint pour l’évaluation et la réduction du risques pesticides

62
Toutes les molécules en phase liquide sont analysées par LC-MS-MS (chromatographie
liquide avec détection par double spectrométrie de masse) avec concentration en ligne sauf pour
le glyphosate, l’AMPA et le glufosinate-ammonium pour lesquels la méthode d'analyse consiste
en une dérivation avec du fluorenemethoxycarbonyle (FMOC) et une détection par LC-MS-MS.
En phase solide, les pesticides sont également analysés par LC-MS-MS. Ils sont au préalable
extraits soit par ultrasons dans l’eau pour le glyphosate, l’AMPA et le gluphosinate, soit par
solvant organique pour tous les autres.

4.1.4 Bilan: flux total de pesticides arrivant au BO


Les premiers traitements ont commencé début avril avec l'application des herbicides les
1, 2 et 3 avril 2008. L'événement du 9/04/2008 est le premier intervenant après l'épandage. Les
analyses passées ont montré que la majorité des pesticides sont emportés par le premier flux. En
2003, les deux événements survenus juste après application ont représenté 95% du flux annuel
(Domange, 2005). Cet événement a donc été analysé de manière complète avec des analyses
d'eau à la parcelle et des analyses d'eau et de sédiment en aval du bassin versant.
Les molécules actives contenues dans les pesticides épandus par le lycée sont l'isoxaben,
le glyphosate, l'AMPA, le gluphosinate. Les analyses concernent l'ensemble des molécules citées
dans le paragraphe précédent mais notre attention s’est portée particulièrement sur les herbicides.

a) Chemogrammes au niveau du bassin versant


Au niveau du bassin versant, 5 pesticides sont systématiquement détectés dans les
diverses analyses en phase liquide : le glyphosate, l’AMPA, l’isoxaben, la simazine et le diuron
(Figure 30).
Q (l/s) concentration (µg/l)
60 120
Débit
50 AMPA 100
glyphosate
40 80

30 60

20 40

10 20

0 0
11:13:55 13:37:55 16:01:55 18:25:55 20:49:55
temps

Q (l/s) concentration (µg/l)


60 1.2

50 Débit 1
Isoxaben
Simazine
40 Diurion 0.8

30 0.6

20 0.4

10 0.2

0 0
11:13:55 13:37:55 16:01:55 18:25:55 20:49:55 temps

Figure 30: Chemogrammes des 5 pesticides en phase liquide le 9/04/08, bassin versant de Rouffach, France

63
Pour la majorité des pesticides (excepté la simazine), le lessivage s’effectue avec le
premier flux. La simazine est interdite, les résultats indiquent une rémanence du produit.
Les concentrations de molécules adsorbées sur les sédiments sont en dessous des limites
de détection (0,05 mg/kg pour le glyphosate et AMPA et 0,02 mg/kg pour l’isoxaben, la
simazine et le diuron).

b) Flux de pesticides aux deux échelles


A l'échelle de la parcelle
Aucun dépôt de sédiments n'ayant eu lieu à la parcelle, aucun échantillon n'a pu être
analysé. Les résultats en phase liquide, sur un échantillon moyen, sont synthétisés dans le
Tableau 31.
Tableau 31: Concentrations et masses des 5 pesticides en phase liquide, le 9/04/08, parcelle expérimentale,
Rouffach, France

concentration (µg/l) ruissellement (l) masse (mg)


Glyphosate 360 56 20.16
AMPA 4.7 56 0.2632
Isoxaben 2 56 0.112
Simazine 0.06 56 0.00336
Diuron 0.07 56 0.00392

Une forte quantité de glyphosate est emportée par le flux ruisselant sur les parcelles, à
hauteur de 3600 fois la norme de potabilité. Son métabolite l’AMPA et l’isoxaben sont
également détectés avec une forte concentration. La simazine et le diuron sont sous la norme de
potabilité.

A l'échelle du bassin versant


La présence nulle de matières actives sur les sédiments peut être expliquée par plusieurs
éléments.
Tout d’abord, lors de l'événement du 9/04/2008, l’eau a peu ruisselé sur les parcelles. En
effet, seul 56L ont été récoltés sur les 3 événements de la semaine contenant 9,5 g de matières en
suspension. La majorité des particules emportées provenaient sûrement des routes (terre
provenant des machines agricoles ou de dépôts antérieurs). Comme nous avons suivi le premier
événement pluvieux après les traitements, les sédiments sur les routes, même s'ils provenaient
des parcelles, n'étaient sûrement pas contaminés (plus de traces de pesticides après l'hiver). Lors
du trajet de l'eau avec les sédiments ceux-ci n'ont pas le temps d'adsorber les pesticides.
D'autre part, nos sédiments sont restés à l'air libre, à température ambiante, exposés à la
lumière pendant 3 ou 4 jours le temps que nous allions les prélever. Il est alors possible que les
pesticides se soient dégradés.
La forte concentration en glyphosate obtenue en sortie indique que du ruissellement qui
s'est chargé sur la parcelle a forcement atteint l'exutoire du bassin versant.
Une étude de l'adsorption sur les sédiments à l'échelle parcellaire s'avèrerait indispensable
pour compléter les informations issues du bassin versant. Un événement parcellaire serait
intéressant à suivre. De plus, d'autres événements, considérés comme perméables (Domange,
2005) pourraient être suivis tout au long de la saison.
En effet, l'étude sur les années 2003 et 2004 par Domange (2005) a révélé que les
écoulements parcellaires, constituent ainsi en moyenne selon les années de 58 % à 75% des flux
de pesticides exportés annuellement. Toutefois, les épisodes plus faibles représentaient en 2004
en moyenne 17 % des pertes annuelles par ruissellement à l’exutoire du bassin versant. C'est
pourquoi le transfert de pesticides sur des sédiments provenant des routes ne doit pas être
négligé. Vallet (2006) a montré que les concentrations en glyphosate et AMPA sur les surfaces
imperméables étaient très proches de celles retrouvées sur les parcelles.

64
Cet événement fut le seul suivi, par manque de temps. Les autres traitements sont
intervenus le 22 et le 23 mai avec le Microthiol (soufre) et le Ridgol (folpel + Mefonoxam).
Nous ne connaissons pas encore les quantités épandues mais des enquêtes (Annexe 13)
seront envoyées fin août afin de connaître les pratiques des viticulteurs et ainsi pouvoir
déterminer les flux emportés. En nous référant au programme prévisionnel du lycée, les flux de
matières actives exportées sont recensés dans le Tableau 33.

Tableau 32: Pourcentages d'exportation de l'isoxaben et du glyphosate , le 9/04/08, bassin versant de


Rouffach, France
Matières actives Isoxaben Glyphosate
Flux (g) pourcentage Flux (g) pourcentage
épandus bassin versant 607 9655
amont bassin orage 0.05 0.01 5.37 0.06

Les exportations représentent 0,01% des quantités épandues pour l'isoxaben et 0,06%
pour le glyphosate. Domange (2005) sur les années 2003 et 2004 a obtenu des flux en sortie de
0,3 % en moyenne. Selon Blanchoud (2007) à l'échelle annuelle, les exportations sont de 1 à 5 %
dans la Marne.
Les valeurs calculées sont plus faibles mais sont à nuancer car nous nous sommes référés
à des valeurs prévisionnelles de traitement et seulement à l'épandage du lycée.

4.2 Sédimentation dans le bassin d'orage


Les quantités de matières érodées sur bassin versant et emportées avec l'écoulement vont
atteindre l’exutoire et le bassin d’orage. Estimer les dépôts dans le bassin d'orage permettra de
déterminer la fréquence de curage du bassin.

a) Abattement des MES dans le bassin d’orage


Une partie des sédiments va décanter dans le bassin d'orage. Cette décantation est
favorisée par la présence du filtre à sable qui augmente le temps de séjour.
La source secondaire a un débit de 0,15 l/s, les flux en kg, sont alors estimés à partir du
volume de sortie Vsortie = Ventrée + Vsource secondaire.
Les bilans de décantation pour les événements des 9, 15, 16 et 21 avril 2008, montrent de
bons abattements entre 90 et 98% (Tableau 34).

Tableau 33 : Abattement des MES dans le bassin d’orage de Rouffach – événements d'avril 2008

MES amont BO MES aval BO quantité entrant quantité sortant abattement


(mg/l) (mg/l) (kg) (kg) (%)
09/04/2008 1493 93 224 14 93
15/04/2008 1118 23 21 0.6 97
16/04/2008 1152 12 5.5 0.1 98
16/04/2008 968 21 42 1.2 97
21/04/2008 202 18 30 3 90

Les temps de séjour dans le bassin pour ces trois événements sont équivalents de l’ordre
de 7h. (Thouvenot, 2008). La décantation est assez uniforme selon les épisodes, en moyenne
95% des MES sédimentent (Tableau 31). La quasi-totalité des particules érodées sur le bassin
terminent leur route dans le bassin d’orage.

65
b) Fréquence de curage
Les bilans érosifs réalisés à partir des données expérimentales et de LISEM ne se situent
qu’à l’échelle événementielle. L'équation USLE surestiment les dépôts avec environ 340 m3/an.
L'analyse des données GPS et du MNT avant et après curage permet d'obtenir un volume annuel
de décantation qui est de l'ordre de 40 m3. Actuellement, le bassin d’orage est équipé d’un filtre à
sable (Figure 31). La superficie du bassin est de 350 m² et celle du filtre de 130 m². Les
sédiments vont se déposer dans les 220 m² restants. La hauteur à ne pas dépasser correspond à la
hauteur des premières ouvertures en sortie soit 30 cm afin de conserver un volume "stagnant "
qui est épuré. Le volume de dépôt maximal est de 33 m3. Un curage tous les ans semble
nécessaire au bon fonctionnement du bassin d’orage. Cette valeur dépendra évidemment des
événements de l'année.

Figure 31: Coupe transversale du Bassin d'orage (adapté de Thouvenot, 2008)

66
5. DISCUSSIONS ET PERSPECTIVES
5.1 Au niveau expérimental
5.1.1 Des visites après chaque événement pluvieux
Les sorties terrain s’effectuaient une fois par semaine (voire deux mais de façon
irrégulière). Les sédiments pouvaient donc rester à l’air libre pendant plusieurs jours jusqu’à
qu'ils soient récupérés. La photodégradation peut fausser les analyses. Des visites devraient être
réalisées après chaque événement pluvieux. Mais comment savoir s’il a plu ? Une liaison avec le
personnel du lycée pourrait s’établir pour renseigner le CEVH en cas de pluie.
D’autre part, toujours suite à ce même problème de visites s’il y a plusieurs événements
pluvieux dans une semaine, les 24 flacons sont parfois pleins lors du premier événement et des
informations peuvent être non collectées. Il est également impossible pour les sédiments déposés
de déterminer quel événement les a emportés et la quantité correspondant à chaque événement.
Les résultats obtenus sont donc à nuancer fortement. Ils permettent cependant d’obtenir des
ordres de grandeurs et des tendances intéressantes.

5.1.2 Des résultats à nuancer : les sources éventuelles d’erreur


De l’auget basculeur dans la station pluviométrique aux mesures des dépôts avec un pèse-
personne, les erreurs peuvent être nombreuses. L’objectif de cette section est d’identifier les
incertitudes associées à ce travail et d’évaluer leurs ordres de grandeur.
a) La pluviométrie
La station pluviométrique de Rouffach mesure la pluviométrie par auget basculeur. Des
erreurs de mesure peuvent survenir en cas de fortes pluies ou au contraire de bruine. Dans le
premier cas, l'eau peut tomber pendant que l'auget se vide et avant que l'autre ne se relève et dans
le second cas, la quantité d'eau peut être trop faible pour le faire basculer. Ce dernier cas à des
conséquences moindres dans ce travail car ces événements sont inférieurs aux seuils de
ruissellement.

b) Mesure des débits amont et aval du bassin d’orage


La mesure des débits peut être faussée par d’éventuels dépôts de sédiments dans le
venturi à l’exutoire du bassin versant ou d’algues en aval du bassin d’orage. Un développement
algal important est en effet constaté à l’aval du bassin d’orage au niveau de la sortie et de la zone
de mesure.
Si les sédiments se déposent sous le bulle à bulle, la hauteur d’eau est surestimée. Une
méthode de correction est proposée en Annexe 14. L’hydrogramme du 9 au 14 avril 2008 révèle
des problèmes durant la phase de récession en fin d'événement. En effet, le débit en aval du
bassin d'orage est à 0 alors que le débit amont continue et plafonne à un certain niveau. Les
différents relevés sur le terrain montrent qu’une certaine quantité de sédiments s’accumulent au
niveau du bulle à bulle pouvant atteindre plus de 1 cm. Sur les 521 m3 comptabilisés par le
débitmètre, 120 m3 sont ainsi probablement dus à ce problème. L’erreur est de plus de 20%.
Avec le nouveau volume d'entrée, le bilan entrée/sortie du BO est ainsi équilibré.

c) Mesure des MES


La mesure des MES effectuée en laboratoire selon le protocole détaillé en Annexe 4 est
associée à des erreurs potentielles liées aux différentes manipulations, que ce soit
l’homogénéisation du mélange dans les flacons, la mesure du volume versé avec une éprouvette
graduée (erreur de 0,5 mL), la manipulation de filtration, le temps pour mettre les échantillons à
l’étuve ou le transport de l’étuve au dessiccateur. L'erreur estimée à partir des résultats de
différents laboratoires est de 10%.

67
d) Mesure des dépôts de sédiments
Cette mesure est la moins précise de toute non seulement parce qu’elle est réalisée avec
un pèse-personne, mais surtout comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent si plusieurs
événements ont lieu entre deux sorties terrain.
Le piège à sédiments n'est pas bien adapté, des quantités non négligeables de sédiments
se retrouvent dans le venturi et peuvent être emportées par le flux faussant ainsi les mesures. La
mise en place d'un système forçant l'eau à passer sous un obstacle permettant de bloquer les
sédiments pourrait être envisagée.

e) Calcul des flux d’eau et de MES


Le calcul des flux d’eau (m3) et de MES (kg) s’effectue respectivement à partir des débits
des débitmètres et des concentrations en MES obtenues en laboratoire. Entre deux mesures
ponctuelles de débit et de concentration, nous supposons une moyenne des deux bornes que nous
multiplions par l’intervalle de temps. Cette hypothèse de calcul suppose une évolution linéaire
des MES entre deux prélèvements. L’erreur réalisée est fonction de la dynamique de la
concentration en MES par rapport au pas d’échantillonnage tous les 5 m3.

f) Stockage des échantillons


Pendant le temps de stockage d’un échantillon d’eau ou de sédiment destiné à l’analyse,
les produits chimiques organiques peuvent être exportés ou transformés par des réactions de
volatilisation, de sorption ou de dégradation. Malgré un soin particulier pris pour conserver les
échantillons à l’abri de la lumière et de la chaleur, nous ne pouvons garantir une diminution de la
quantité des molécules présentes.

5.1.3 Mise en place d'une nouvelle parcelle plus ruisselante


Le ruissellement observé sur la parcelle est très faible. Si les événements étudiés sont
quasiment tous des événements imperméables, ruisselants sur les routes, Domange (2005) a
observé des événements ruisselants à l'échelle de la parcelle, même si les coefficients restent
faibles. Une étude parcellaire s’avère donc indispensable pour savoir d’où viennent les sédiments
qui parviennent au bassin d’orage (parcelles, routes…). Le choix d’une parcelle plus ruisselante
comme zone d’étude complémentaire
pourrait être envisagé. Après discussion
avec André Roth, le responsable de
l’exploitation du lycée viticole, une
parcelle d’Auxerrois, avec une pente de
l’ordre de 20% située en amont des
précédentes parcelles, pourrait
éventuellement servir de parcelle de
Wischmeier (Figure 32). Mais la pente de
la parcelle est supérieure à la moyenne
(15%). L’érosion parcellaire sera
maximisée si nous extrapolons le
comportement observé.
Figure 32: Schéma du vignoble du Domaine du Hohrain avec choix des implantations des parcelles

5.1.4 Une étude à compléter…


L'événement étudié, le 9 avril 2008 ruisselle majoritairement sur les routes. L'érosion au
niveau des parcelles est très faible. L'analyse des pesticides adsorbés donne des résultats en
dessous des limites de détection. Un événement de type parcellaire devrait être étudié en détail
(parcelle et bassin versant). Pour ce type d'événement, le ruissellement et l'érosion au niveau des
parcelles sont plus marqués et par conséquent, à l'exutoire, les sédiments recueillis seront
éventuellement plus chargés en pesticides.

68
Il serait intéressant d'étudier également un autre événement imperméable mais plus tard
dans la saison. En effet, nous étions à l'état zéro, juste après l'hiver, mais maintenant que les
traitements ont commencés, les sédiments des routes provenant des parcelles, seront
éventuellement contaminés. Une étude plus poussée serait donc essentielle afin d'évaluer
réellement quels sont les risques d'adsorption des pesticides sur les sédiments et de transfert au
bassin d'orage.

Chaque année, des enquêtes sont envoyées aux viticulteurs sur leurs pratiques
phytosanitaires. Cette année nous adjoindrons un questionnaire sur l'érosion afin de connaître à
la fois les dégâts occasionnés et les moyens de lutte (cf. Annexe 13)

5.2 Les limites du modèle LISEM


5.2.1 Utilisation de TCRP
Les chemins de l'eau suivent la topographie et non pas le travail du sol comme il a été vu
dans la section 3.3.1. Dans certains cas, la rugosité orientée canalise l'écoulement qui ne suit pas
forcement la pente. Les chemins de l’eau utilisés sous LISEM peuvent donc être parfois éloignés
de la réalité. Afin de restituer les conditions réelles d’écoulement, l’utilisation de TCRP (Tillage
Control Runoff Patern) en complément de LISEM pourrait être envisagée.
La direction du labour dans les champs oriente souvent le ruissellement plutôt que la
direction topographique (Takken et Govers, 2001). De plus, les bordures entre les parcelles
peuvent jouer le rôle de collecteur et l'eau peut suivre ces figures linéaires (comme les routes)
même si elles sont orientées parallèlement aux courbes de niveau.
Takken (2001) propose une méthodologie qui peut être utilisée pour créer un réseau
d'écoulement où les effets du labour sont pris en compte. Cette méthode inclut quatre étapes.
Tout d'abord, un réseau d'écoulement basé sur la topographie est établi. Ensuite un même réseau
basé cette fois sur le travail du sol est crée partant du principe que l'eau coule toujours dans la
direction de travail du sol. Des règles de décision sont ensuite appliquées pour déterminer pour
chaque cellule si l'eau doit couler dans la direction topographique ou dans la direction du travail
du sol. La carte de direction d'écoulement est ensuite générée combinant les deux réseaux
d'écoulement.
Le MNT utilisé est un MNT à 2m, un MNT plus précis à 1m est disponible mais le
modèle LISEM ne peut pas gérer autant de maille avec un pas de temps adéquat.

5.2.2 Les données d'entrées


Les données d'entrées de LISEM ont été obtenues pour la plupart par mesures
expérimentales sur une ou deux parcelles (Tournebize, 2001). D'autres, viennent de la littérature.
Ces données ont ensuite été extrapolées au bassin versant. Cette transposition introduit
probablement des incertitudes. Les paramètres les plus influents pour l'infiltration sont le Ksat, la
pression hydrique et la teneur en eau initiale et pour l'érosion, la cohésion des agrégats. Les
mesures de cohésion ont été réalisées sur les différents types d'occupations du sol. Il serait
intéressant de faire de même pour les autres paramètres.

5.2.3 Application de LISEM


LISEM semble applicable au contexte viticole, les résultats obtenus ne sont pas éloignés
de la réalité, les hydrogrammes réels et simulés concordent. LISEM simule la majorité de
l'érosion sur les routes imperméables malgré des valeurs de cohésion très fortes. Ces résultats
s'ils semblent surprenants peuvent s'expliquer par les dépôts nombreux observés sur les routes.
Le modèle LISEM pourrait être utilisé dans le futur pour évaluer l'impact d'éventuels
aménagements pour limiter ruissellement et érosion sous réserve que le rôle de ces
aménagements puisse être reproduit dans le modèle.

69
CONCLUSION

Cette étude avait pour but d’étudier l'érosion au niveau du bassin versant de Rouffach,
enjeu important pour la gestion du bassin d'orage situé à l'exutoire.
Ce bassin d'orage permet la bioremédiation des produits phyosanitaires. Les études
précédentes ont évalué les flux de pesticides en phase liquide, une étude en phase solide
permettra d'estimer les flux totaux. D’autre part, quantifier l’érosion est essentiel pour déterminer
les volumes qui vont sédimenter à l'intérieur du bassin et prévoir la fréquence de curage.

Le premier objectif était de proposer et tester différentes méthodes de quantification de


l’érosion, expérimentales, déterministes ou empiriques. Ces méthodes se complètent et
permettent de caractériser les phénomènes érosifs sur le bassin versant de Rouffach.
Des bilans de matières ont pu être établis ainsi qu'une spatialisation de l'érosion. Les
informations obtenues par les mesures expérimentales permettent d'obtenir un ordre de grandeur
global de l'érosion. L'utilisation des parcelles expérimentales permet de déterminer d'où
proviennent les sédiments lors d’un événement particulier. Le modèle LISEM complète ces
informations en spatialisant l'écoulement, l'érosion et les dépôts.
LISEM est un modèle simulant assez bien les processus et dont les résultats concordent
avec les observations de terrain. Plusieurs types d'événements peuvent être distingués sur le
bassin, entraînant du ruissellement seulement sur les routes (événements imperméables) ou sur
les routes et les parcelles (événements parcellaires).
L'érosion est importante sur les routes imperméables, qui sont des voies préférentielles
d'écoulement, du fait de la présence de terre emportée par les engins agricoles ou déposée lors
des événements pluvieux antérieurs. Les parcelles travaillées, désherbées mais aussi les chemins
sont également des sources de sédiments non négligeables sur le bassin (cf. Annexe 15).
L'enherbement protége le sol contre l'érosion mais par contre le travail du sol favorise les départs
de terre.
En ce qui concerne la gestion du bassin, la méthode USLE de détermination empirique
des volumes érodés semble surestimer les dépôts annuels, 336 m3 par an. Les résultats
expérimentaux ou de LISEM sont événementiels et ces données ne peuvent être extrapolées à
l’année. Considérer une moyenne de 40 m3 à l’année obtenue à partir du volume accumulé entre
l’agrandissement du bassin en 2002 et son curage en automne 2007 paraît convenable. Avec un
tel volume, un curage annuel est nécessaire.

Le deuxième objectif, était d'évaluer l'incidence de cette érosion sur le flux de pesticides.
Aucune exportation de pesticides sur phase solide n'a pu être établie en début de saison de
traitement. Les sédiments analysés pour l’événement du 9 avril 2008 provenaient sûrement des
routes et non pas des parcelles. L’événement étant intervenu juste après les premiers traitements,
les sédiments sur les routes n’étaient pas contaminés car ils avaient sûrement été déposés pour la
majorité avant les traitements.

L'étude de l'adsorption des pesticides devra être complétée par le suivi d'autres
événements à la fois parcellaires et imperméables tout au long de la saison de traitement.
Vallet (2006) a montré que des résidus glyphosate et d'AMPA étaient tout aussi présents sur les
parcelles que sur les surfaces imperméables.

70
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74
ANNEXES
Annexe 1 - Photos du site de mesure du bassin versant de Rouffach

1. Les parcelles expérimentales

Une parcelle enherbée un rang sur deux est


isolée hydrauliquement sur 6 rangs (3 inter-
rangs enherbés et 3 travaillés)
La bordurette de jardin verte isole notre
parcelle expérimentale. Un caniveau au bas
recueille les eaux

Figure1: Parcelle expérimentale enherbée un rang sur deux – bordurette de jardin et caniveau

Trois cuves en série permettent de mesurer


les volumes ruisselés et de recueillir les
eaux afin de mesurer MES et pesticides.
Un bac juste avant permet le dépôt des plus
grosses particules.

La série de cuves sur la droite n'est plus


utilisée car elle était reliée à l'ancienne
parcelle désherbée

Figure 2: Cuves avec partiteur de débit

76
2. L'exutoire du bassin versant

Figure 4: Piège à sédiments

Figure 3: Canal Venturi à l'exutoire du bassin versant


Figure 5: Bulle à bulle

Un capteur bulle à bulle relie la pression à une


hauteur d’eau (photo ci-dessus).
A gauche le système de prélèvement de l'eau
tous les 5 m3 assure la prise d’échantillons.
Le piège à sédiment (en haut) évite le dépôt de
sédiments en trop grand nombre dans le venturi
ce qui pourrait fausser les mesures
Figure 6: Prise d'eau

Le préleveur réfrigéré asservi au débit permet


de recueillir des échantillons. 24 flacons de
prélèvements sont disponibles.

Figure7: Préleveur réfrigéré

77
3. En aval du bassin d'orage

Figure9: Préleveur non réfrigéré de


remplacement
Le déversoir triangulaire permet d'évaluer le
débit.
Le préleveur réfrigéré ISCO ci dessous ne
fonctionne pas (monoprélèvement au lieu de
24 prélèvements). Seul le débitmètre est
utilisé et il est relié à un préleveur de terrain
non réfrigéré de remplacement

Figure8: Déversoir triangle en aval du BO

Figure10: Préleveur fixe réfrigéré


avec débitmètre

78
Annexe 2 - Granulométrie laser

La granulométrie laser par diffraction et diffusion est la technique la plus récente, la plus
rapide et la plus pratique. Le modèle LS230 utilisé au laboratoire d'étude des sols de l' EOST est
le plus complet de la gamme COULTER BECKMANN pour l’analyse des sols et des formations
superficielles. Il consiste en un banc optique laser et deux modules d’échantillonnage
interchangeables suivant le type d’échantillon permettant la mesure en voie aqueuse (module
fluide pour les suspensions) et en voie sèche (sables meubles et propres).
Sa gamme d’analyse va de 0,04 µm à 2 mm. Un faisceau laser à l’arséniure de gallium
(longueur d’onde 750 nm) émet une lumière rouge de faible puissance. La quantité de lumière
déviée et l’importance de l‘angle de déviation permettent de mesurer avec précision la taille des
particules. Les intensités reçues aux différents angles par les 126 détecteurs (photodiodes) sont
numérisées puis analysées par calcul sur des matrices inverses.

1. Granulométrie laser sur les dépôts de sédiments

Nous disposons de 3 échantillons. Les échantillons 1 et 2 proviennent du curage du


Venturi réalisé au mois de Janvier (sédiments déposés de juillet 2007 à janvier 2008). L'intérêt
de réaliser deux mesures sur le même échantillon est de tester la reproductibilité des résultats.
L'échantillon 3 provient de l’événement du 10/03/08.
L'échantillon total est pesé puis passé sur un tamis de 2 mm. Les particules qui ne passent
pas dans le tamis sont pesées.
Tableau 1: Evaluation de la fraction supérieure à 2 mm
Echantillon Poids sortie Poids >2mm (g) Poids barquette Fraction supérieure
étuve (g) (g) à 2mm (%)
1 1538.1 843.8 19.5 55
2 1431.0 807.4 19.9 56
3 1014.3 651.3 20.1 64

Les particules inférieures à 2 mm sont analysées. Le résultat du calcul est représenté sous
forme d’histogramme ou de courbe cumulative.

Echantillon 1 - Curage du Venturi 01/08

% Argile inférieur à 2µ 2.97


% Silts de 2µ à 50µ 8.93
limons fins 2µ à 20µ 5.38
limons grossiers 20µ à 50µ 3.55
% Sables 50µ à 2000 µ 88.10
sables fins 50µ à 200µ 10.90
sables fins 50µ à 100µ 3.50
sables fins 100µ à 200 µ 7.40
sables grossiers 200µ à 2000µ 77.20
sables grossiers 200µ à 500µ 19.10
sables grossiers 500µ à 1000µ 30.50
sables grossiers 1000µ à 2000µ 27.60

Figure 11: Analyse granulométrique de l'échantillon 1


79
Echantillon 2 - Curage du Venturi 01/08
% Argile inférieur à 2µ 3.15
% Silts de 2µ à 50µ 7.55
limons fins 2µ à 20µ 4.59
limons grossiers 20µ à 50µ 2.96
% Sables 50µ à 2000 µ 89.30
sables fins 50µ à 200µ 7.90
sables fins 50µ à 100µ 2.50
sables fins 100µ à 200 µ 5.40
sables grossiers 200µ à 2000µ 81.40
sables grossiers 200µ à 500µ 17.60
sables grossiers 500µ à 1000µ 28.10
sables grossiers 1000µ à 2000µ 35.70

Figure 12: Analyse granulométrique de l'échantillon 2

Echantillon 3 - Evénement du 10/03/2008

% Argile inférieur à 2µ 4.98


% Silts de 2µ à 50µ 10.62
limons fins 2µ à 20µ 6.02
limons grossiers 20µ à 50µ 4.60
% Sables 50µ à 2000 µ 84.40
sables fins 50µ à 200µ 10.70
sables fins 50µ à 100µ 3.90
sables fins 100µ à 200 µ 6.80
sables grossiers 200µ à 2000µ 73.70
sables grossiers 200µ à 500µ 16.60
sables grossiers 500µ à 1000µ 22.30
sables grossiers 1000µ à 2000µ 34.80

Figure 13: Analyse granulométrique de l'échantillon 3

2. Granulométrie laser sur les MES (9/04/08)

% Argile inférieur à 2µ 30.10


% Silts de 2µ à 50µ 69.10
limons fins 2µ à 20µ 54.50
limons grossiers 20µ à 50µ 14.60
% Sables 50µ à 2000 µ 0.80
sables fins 50µ à 200µ 0.80
sables fins 50µ à 100µ 0.80
sables fins 100µ à 200 µ 0.00
sables grossiers 200µ à 2000µ 0.00
sables grossiers 200µ à 500µ 0.00
sables grossiers 500µ à 1000µ 0.00
sables grossiers 1000µ à 2000µ 0.00

Figure 14: Analyse granulométrique des MES

80
Annexe 3 - Coefficients de Ruissellement observés sur le bassin

Le calcul des coefficients de ruissellement a été réalisé a partir des données obtenues lors
des différents événements depuis février 2008.

Tableau 2: Coefficients de ruissellement des différents événements – février à mai 2008 – bassin versant de
Rouffach, France

Coefficient de ruissellement (%)


Date de Pluviométrie Volume BV BV BV BV
3
l’évènement (mm) ruisselé (m ) topographique hydraulique contributif contributif
(61.5 ha) (40.7 ha) (18.6 ha) (7.5 ha)
06/02/2008 4.2 37.75 1.5 2.2 4.8 11.9
01/03/2008 4.8 31.5 1.1 1.6 3.5 8.7
04/03/2008 1.4 9.16 1.1 1.6 3.5 8.7
04/03/2008 2.4 27 1.8 2.8 6 15
10/03/2008 4.2 20.12 0.8 1.2 2.6 6.4
17/03/2008 5 25 0.8 1.2 2.7 6.7
21/03/2008 7 82.3 1.9 2.9 6.3 15.7
23/03/2008 2.2 16.7 1.2 1.9 4.1 10.1
09/04/2008 13.8 150.47 1.8 2.7 5.9 14.5
10/04/2008 27.8 401 2.3 3.5 7.75 19.2
14/04/2008 0.8 11.71 2.4 3.6 7.9 19.5
15/04/2008 2 18.77 1.5 2.3 5.04 12.5
16/04/08 0.8 4.76 1.0 1.5 3.2 7.9
matin
16/04/08 4.6 43.06 1.5 2.3 5.03 12.5
après midi
19/04/2008 3.6 19.9 0.9 1.4 2.98 7.3
21/04/2008 15.2 149 1.6 2.4 5.3 13.1
22/04/2008 6.2 76.5 2.0 3.0 6.6 16.5
23/04/2008 1.4 17.5 2.0 3.1 6.7 16.7
05/05/2008 7.2 37.9 0.9 1.3 2.8 7
Moyenne 1.5 2.2 4.9 12.1
Ecart type 0.5 0.8 1.7 4.2

81
Annexe 4 - Protocole d'analyse des MES

La détermination des MES qui fait l'objet de la norme NF T 90-105 de juin 1978
réactualisée en avril 1996 est réalisée soit par une filtration sur fibre de verre, soit par filtration
sur couche d'amiante, soit par centrifugation. Cette dernière méthode est utilisée dans le cas de
filtration d'une eau trop chargée qui entraînent le colmatage du filtre.

1. Appareillage de filtration

La filtration est réalisée sur une fiole à vide sur laquelle est placé un appareil de filtration
constitué d'un disque en verre fritté complété d'un récipient en verre ou vase de filtration.
Le filtre en fibre de verre de porosité 0.45µm sera disposé sur l'appareil filtrant

2. Préparation des filtres et coupelles

Les coupelles sont passées au four à 550°C pendant 2h. Un paquet de filtre est mis à
l'étuve à 105°C pendant 4h.
Un ou deux filtres sont placés par coupelles selon la turbidité de l'eau à analyser, puis le
tout est pesé à 0,1mg près.
Tableau 3: Tableau type de mesures

réf réf. volume Nombres pesée pesée MES


coupelle éch Ve de filtres initiale après
(ml) Mo (g) étuve
M1 (g)

3. Filtration

Les différentes manipulations sont les suivantes:


o Rincer le dispositif de filtration avec de l'eau déminéralisée en aspirant
o Poser le filtre de fibre de verre sur l'appareil de filtration
o Homogénéiser l'échantillon avant la prise d’essai
o Mettre en route le système d'aspiration
o Verser progressivement le volume Ve
o Rincer le récipient qui a contenu l'échantillon puis filtrer les eaux de lavage
o Rincer à la pissette les bords intérieurs du vase de filtration
o Couper le vide
o Retirer le filtre
o Mettre le filtre à sécher à 105°C pendant 4h
o Laisser au dessicateur ½ journée minimum pour éviter l’humidité
o Peser les coupelles

Les MES sont ensuite déterminées en considérant la masse finale moins la masse initiale
selon la formule suivante:
( M 1 − M 0) *1000
= MES (mg / l )
Ve

82
Annexe 5 – Relation entre les quantités de terre érodée et les
caractéristiques de la pluie et du ruissellement

quantité
érodée
250
(kg)
200
2
R = 0.3084
150
100
50
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
intensité maximale de pluie (mm/6min)

Figure 15: Erosion en fonction des caractéristiques de l’intensité maximale – février à mai 2008 – bassin versant
de Rouffach, France

quantité
érodé (kg)
250

200
2
R = 0.4197
150

100

50

0
0.00 5.00 10.00 15.00 20.00
pluie (mm)

Figure 16: Erosion en fonction de la hauteur de pluie – février à mai 2008 – bassin versant de Rouffach, France

quantité
érodée (kg)
300
250 2
R = 0.4198
200
150
100
50
0
0 50 100 150 200
volume ruisselé (m3)

Figure 17: Erosion en fonction du volume ruisselé– février à mai 2008 – bassin versant de Rouffach, France

83
quantité
érodée(kg)
300
2
250
R = 0.6296
200
150
100
50
0
0 10 20 30
débit moyen (m3/h)

Figure 18: Erosion en fonction du débit moyen – février à mai 2008 – bassin versant de Rouffach, France

quantité
érodée (kg) 300
2
250
R = 0.6445

200
150
100
50
0
0 20 40 60 80
débit maximal (m3/h)

Figure 19: Erosion en fonction du débit maximal – février à mai 2008 – bassin versant de Rouffach,
France

84
Annexe 6 - Normographe de Wischmeier , Johnson et Cross, 1971

Le normographe de Wischmeier, Johnson et Cross, permet de déterminer le facteur K de


l’USLE (Universal Soil Loss Equation) :

% Matières organiques

% sables (0.1 à 2 mm)

Figure 20: Normographe de Wishmeier, Johnson et Cross

A partir du pourcentage de limons et de sables très fins du sol, tracer une horizontale
jusqu’à rencontrer le pourcentage de sable plus grossier. Remonter alors à la verticale jusqu’au
pourcentage de matière organique. Repartir ensuite vers la droite à l’horizontale puis redescendre
à la verticale quand le code structure de notre sol est atteint. Rejoindre enfin la classe de
perméabilité adéquate puis finir horizontalement vers la gauche pour lire la valeur de 100 K.

85
Annexe 7 – Calcul du volume piégé dans le bassin d'orage pendant 5 ans

Le bassin d'orage a été curé en automne 2007. La quantité de sédiments enlevée


correspond à la quantité de sédiment accumulée depuis la construction du bassin dans sa
configuration actuelle en 2002.
En septembre 2007, avant le curage, un modèle numérique de terrain a été établi sur le
bassin versant de Rouffach (1 point tous les 50cm). A la suite de ce curage, un relevé GPS
différentiel a été effectué sur le bassin d'orage.
Le MNT et le fichier des points GPS sont représentés ci après:

Figure 21: MNT ombré et points GPS sur le bassin d'orage de Rouffach, France

En calculant la hauteur de sédiments par différence nous obtenons (en m):

Figure 22: Hauteur de sédiments accumulés sur 5 ans dans le bassin d'orage de Rouffach, France
En considérant une superficie du bassin de 346 m², le volume obtenu est de 190 m3. Pour
réaliser ce calcul, la hauteur moyenne a été évaluée en sommant l'ensemble des hauteurs de tout
le bassin et en divisant par le nombre de pixel. Celle ci est de 54 cm.
Les données aux GPS différentiel ont une précision de quelques cm et les données du
MNT sont précises à plus ou moins 10 cm. L'erreur de calcul sur la hauteur différentielle sera de
+/- 10cm ce qui correspond à une plage de volume entre 150 et 220 m3, soit +/- 20 %.

86
Annexe 8 - Réalisation des cartes sous PCRaster - codage

Les différentes cartes nécessaires au fonctionnement de LISEM sont réalisées à partir de


4 cartes de bases : le MNT, l’occupation du sol, les types de sol et les zones imperméables.

Ces cartes sont disponibles sous format ArcGIS, la conversion en format PCraster passe
par les fichiers ASCII
Raster sous ArcGIS ASCII Raster sous PCraster
La conversion d'un fichier raster sous ArcGIS en fichier ASCII est effectuée avec l'outil
de conversion (Conversion tools raster vers ASCII)
Pour convertir ce fichier ASCII en couche raster sous PCraster, deux étapes sont
nécessaires:
- création d'une carte clone. Cette carte est une carte vide où sont seulement spécifiés le
nombre de rang et de colonne, la taille des mailles ainsi que les attributs géographiques.
mapattr clone.map
- transformation du fichier ASCII en carte raster result.map:
asc2map –clone clone.map –S –a ASCII.txt result.map

Dans notre étude, la carte de base "types de sol" n’a pas servi, le sol étant homogène sur
le bassin versant mais nous avons utilisé la carte rugosité comme carte de base.
Des tables sont également indispensables pour associer à chaque occupation du sol une
valeur des différents paramètres ainsi que pour établir la carte de rugosité. Cette dernière est en
effet codée et nous devons faire correspondre à chaque code de rugosité une valeur.

Voici les lignes de codes à intégrer dans PCRaster :

1. Binding: cartes de base, tables et cartes produites


####################
### input maps ###
####################
# digital elevation model
dem = dem.map;
# field id's
fields = landuse.map;
# road mask map,
road = roadwidt.map;
# rugosite.map
rugosite = rugosite2.map;

####################
### input tables ###
####################
# table with crop and soil parameters for each field id
unittbl = unitbase.tbl;
# table with RR parameters
unittbl2 = unitbase2.tbl;

87
# unitbase table layout #
#-------------------------#
# 01 ksat (mm/h)
# 02 porosity (cm3/cm3)
# 03 psi initial (cm)
# 04 initial moisture content (cm3/cm3)
# 05 Manning's n (-)
# 06 surface cover (-)
# 07 Crop height (m)
# 08 LAI m2/m2)
# 09 D50 (-) median texture
# 10 cohesion sol (kPa)
# 11 cohesion roots (kPa)
# 12 aggregate stability (number)
# 13 compacted area fraction (-)
# 14 crust area fraction (-)
# 15stone area fraction (-)

# unitbase2 table layout #


#-------------------------#
# 01 RR (cm)

#######################
### input constants ###
#######################

Soildepth = 2250;
Ksatcr = 4;
Ksatco = 4;

#####################
### output maps ###
#####################

# basic topography related maps


Ldd = C:\Rouffach\maps\ldd.map; # Local Drain Direction
area = C:\Rouffach\maps\area.map; # reference map for Lisem
grad = C:\Rouffach\maps\grad.map; # max slope
id = C:\Rouffach\maps\id.map; # pluviograph influence zones
outlet = C:\Rouffach\maps\outlet.map; # location outlets and checkpoints

# impermeable roads
roadwidt = C:\Rouffach\maps\roadwidt.map;

# crop maps
coverc=C:\Rouffach\maps\per.map;
lai=C:\Rouffach\maps\lai.map;
cropheight=C:\Rouffach\maps\ch.map;
grass=C:\Rouffach\maps\grasswid.map;
ksat=C:\Rouffach\maps\ksat1.map;

88
psi=C:\Rouffach\maps\psi1.map;
pore=C:\Rouffach\maps\thetas1.map;
thetai=C:\Rouffach\maps\thetai1.map;
soildep=C:\Rouffach\maps\soildep1.map;
ksatcrst=C:\Rouffach\maps\ksatcrst.map;
ksatcomp=C:\Rouffach\maps\ksatcomp.map;
ksatgras=C:\Rouffach\maps\ksatgras.map;

# surface maps
rr=C:\Rouffach\maps\rr.map;
mann=C:\Rouffach\maps\n.map;
stone=C:\Rouffach\maps\stonefrc.map;
crust=C:\Rouffach\maps\crustfrc.map;
comp=C:\Rouffach\maps\compfrc.map;

# erosion maps
cohsoil =C:\Rouffach\maps\coh.map;
cohplant =C:\Rouffach\maps\cohadd.map;
D50 = C:\Rouffach\maps\d50.map;
aggrstab =C:\Rouffach\maps\aggrstab.map;

2. Initial : création des différentes cartes

######################
### BASE MAPS ###
######################

mask=dem/dem;

unitsbase=fields;
unitsbase2=rugosite;

# correct topo for local depressions


report Ldd = lddcreate (dem, 1e20, 1e20, 1e20, 1e20);
report outlet = pit(Ldd);

# reference catchment boundaries, based on watershed from outlet


report area = catchment(Ldd, outlet);

# sine gradient (-), make sure slope > 0.001


report grad = max(sin(atan(slope(dem))),0.001);

#########################################
### MAPS WITH RAINFALL INFLUENCE ZONE ###
#########################################

report id = nominal(scalar(area)*mask);

89
#######################
### CROP MAPS ###
#######################

# fraction soil cover (including residue)


report coverc = lookupscalar(unittbl, 6, unitsbase) * mask;

# crop height (m)


report cropheight = lookupscalar(unittbl, 7, unitsbase) * mask;

# LAI (m2/m2)
report lai = lookupscalar(unittbl, 8, unitsbase) * mask;

###########################################################
### INFILTRATION MAPS for option one layer GREEN & AMPT ###
###########################################################

report ksat = lookupscalar(unittbl, 1, unitsbase) * mask;


report pore = lookupscalar(unittbl, 2, unitsbase) * mask;
report psi = abs(lookupscalar(unittbl, 3, unitsbase)) * mask;
report thetai = lookupscalar(unittbl, 4, unitsbase) * mask;
report soildep = scalar(Soildepth);
report ksatcrst = scalar(Ksatcr)*mask;
report ksatcomp = scalar(Ksatco)*mask;
report ksatgras = scalar(Ksatgr)*mask;

#############################
### SOIL SURFACE MAPS ###
#############################

# micro relief, random roughness (=std dev in cm)


report rr = max(lookupscalar(unittbl2, 1, unitsbase2) * mask,0.01);

# Manning's n (-)
# take from table
report mann = lookupscalar(unittbl, 5, unitsbase) * mask;

# crust fraction map, SWATRE option 2 in LISEM. Note that this demands an extra
# profile definition in PROFILE.INP and PROFILE.MAP
report crust=lookupscalar(unittbl,14,unitsbase)*mask;

# stone fraction
report stone = lookupscalar(unittbl,15,unitsbase)*mask;

#fraction compacted
report comp = lookupscalar(unittbl, 13, unitsbase) * mask;

90
######################
### EROSION MAPS ###
######################

report D50 = lookupscalar(unittbl, 9, unitsbase) * mask;


report cohsoil = lookupscalar(unittbl, 10, unitsbase) * mask;

report cohplant = lookupscalar(unittbl, 11, unitsbase) * mask;


report aggrstab = lookupscalar(unittbl, 12, unitsbase) * mask;

report roadwidt = road;

Les cartes produites peuvent être visualisées sous ArcGis en repassant par un fichier
ASCII. L'outil de conversion est alors:
map2asc -m -9999 -a result.map ASCII.txt

Plusieurs fonctions sont disponibles sous PCraster, comme la création de carte


d'accumulation de flux:
pcrcalc flux.map = accuflux(ldd.map,1)

L'aide en ligne de Pcraster disponible sur le site pcraster.geo.uu.nl, recense l'ensemble des
commandes et fonctions de ce SIG.

91
Annexe 9 - Les principales cartes de LISEM
1. Le Modèle Numérique de Terrain:

Figure 23: Modèle numérique de terrain: classes de hauteur à gauche et ombrage à droite - bassin versant de
Rouffach, France

2. L’occupation du sol:

Figure 24: Carte de l'occupation du sol – bassin versant de Rouffach, France

3. La rugosité:

Figure 25 : Carte de la rugosité-– bassin versant de Rouffach, France

92
Annexe 10 - Chemins de l'eau établis par Madier (2007)

Figure 26: Chemins de l'eau les 25 juin et 25 juillet Figure 27: Chemins de l'eau le 29 juin 2006– bassin
2005 – bassin versant de Rouffach, France versant de Rouffach, France

93
Annexe 11 - Fonctions de pédotransfert

Les fonctions de pédotransfert peuvent être utilisées pour déterminer le Ksat. Bois (Bois,
2000), a préconisé l'usage des CPTF (class pedotransfert functions).
Tableau 4: Classes de fonction de pédotransfert (adapté de Bois, 2000)
Classes de texture Définition Valeur de Perméabilité
Ksat
(cm/j)
Grossier A<18% et S>65% 60 Très perméable
18%<A<35% et 15%<S ou
Moyen 12.061 Peu perméable
A<18% et 15%<S<65%
Moyen fin A<35% et S<15% 2.272 Très peu perméable
Fin 35%<A<60% 24.8 Perméable
Très Fin 60%<A 15 Moyennement perméable
Le sol de Rouffach se situe dans la classe de texture "Moyen Fin" (Tableau 3) soit un
Ksat de 2,272 cm/j ou 0,9 mm/h. Cette valeur semble sous-estimée en comparant aux gammes de
conductivité courantes pour les différents sols.
Les valeurs de Ksat peuvent être aussi déterminées par les formules de Saxton, Cosby et
Nemes (Mailhé, 2002), (Nemes, 2001). Les résultats sont synthétisés dans le Tableau 4.

Tableau 5: Fonctions de pédotransfert usuelles pour déterminer Ksat

Ksat = 7.755+0.0352*Si + 1.93*topsoil-0.967*Da²-


0.000484*C² - 0.000322*Si²+0.001*Si-1-0.0748*MO-1 –
0.643*ln(Si) – 0.01398*Da*C – 0.1673*Da*MO +
0.02968*topsoil*C – 0.03305*topsoil*Si
Nemes Si: teneur en limon (2-50µm) en % Ksat = 2.4 mm/h
C: teneur en argile (<2 µm) en %
MO : teneur en matières organiques en %
Da : densité apparente = 1.3
topsoil = 1 pour Ksat topsoil et 0 pour Ksat subsoil,
ksat = 2/3 * Ksattopsoil + 1/3* Ksatsubsoil
Ksat = 60.96*10(-0.6+0.0126S*0.0064*C)
Ksat = 25.3 mm/h
Cosby S la teneur en sable en %
C la teneur en argile en %
−3.895+ 3.671×10 −2 S − 0.1103C + 0.8756×10 −4 C .C
12.012 − 7.55×10 − 2 S +
0.332 − 7.251×10 − 4 S + 0.1276 log10 C
Saxton a Ksat = 24 * e Ksat = 12.9 mm/h
S la teneur en sable en %
C la teneur en argile en %

La valeur de Cosby semble assez proche des valeurs expérimentales de Tournebize. Les
autres sont plus faibles.
Le logiciel SPAW, se basant sur l’équation de Saxton, peut faire intervenir en plus les
paramètres de matière organique et de compaction. Les résultats obtenus sont là aussi plus
faibles que les valeurs expérimentales (Tableau 5).
Tableau 6: Résultats obtenus avec le logiciel SPAW
Compaction 0 -1 1 0.5
Type de sol enherbée Forêt/labour Passage désherbée
Ksat 5.07 12.11 1.36 2.87

94
Annexe 12 - Campagne de mesure de la cohésion du sol

Nous avons réalisé une campagne de mesure de la cohésion des sols grâce au Torvane sur
le bassin de Rouffach pour déterminer ce paramètre clé pour la modélisation de l'érosion.
Le Torvane est un instrument utilisé pour avoir une estimation rapide de la cohésion du
sol aussi bien directement sur le terrain qu'en laboratoire. Il mesure la résistance au cisaillement
des sols. Il est composé d'un disque (rotatif) avec des pales sur la surface inférieure enfoncées
dans le sol. Quand la partie supérieure reliée au disque par un ressort hélicoïdal est tournée avec
les doigts, le sol offre une résistance. Le cadran étalonné convertit alors cette résistance en
kg/cm².

Le 28 Mai 2008, nous avons réalisé une série de mesure sur différentes occupation du sol:
traces de roues, sol enherbé, rang de vigne, chemin, inter-rang travaillé, inter-rang non travaillé.

1. Traces de roues

Figure 28: Photographie d'une trace de roue et zoom sur la partie analysée
Le sol est au préalable mouillé par un vaporisateur afin de faciliter l'insertion du Torvane
et briser les croûtes qui fausseraient les mesures (le Torvane lâche de suite car les croûtes se
rompent facilement). Les pales sont enfoncées dans le sol puis la partie supérieure est tournée.

Figure 29: Humidification de la zone (gauche), positionnement du Torvane (milieu) et manipulation (droite)

Les résultats obtenus sont les suivants:


Tableau 7: Résultats des 10 essais sur les traces de roues

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 moyen
2.2 2.3 0.8 2.3 2.6 1.6 2.8 3.6 2.7 1.8 2.3

95
2. Inter-rang enherbé

Figure 30: Photographie d'une bande enherbée et zoom sur le partie étudiée

Tableau 8: Résultats des 4 essais en inter-rang enherbé


1 2 3 4 moyen
1.4 1.3 1 3.3 1.75

3. Rang de vigne

Figure 31: Rang de vigne

Tableau 9: Résultats des 10 essais dans le rang de vigne


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Moyen
1.4 0.8 1 0.6 0.5 1.5 0.4 0.6 0.5 0.9 0.8

4. Inter-rang travaillé

Figure 32: Inter-rang labouré

Tableau 10: Résultats des 10 essais en inter-rang labouré


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Moyen
0.5 0.4 0.4 0.6 0.7 0.2 0.5 0.5 0.5 0.2 0.4

96
5. Inter-rang non travaillé

Figure 33: Inter-rang non travaillé

Tableau 11: Résultats des 9 essais en inter-rang non travaillé


1 2 3 4 5 6 7 8 9 Moyen
0.5 0.4 1.1 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.5 0.5

6. Chemin

Figure 34: Photographie du chemin et zoom sur la zone expérimentale

Tableau 12: Résultats des 6 essais sur le chemin


1 2 3 4 5 6 Moyen
2.5 2.4 2.3 3 3.3 5.5 3

Les trois premiers essais sont à nuancer, en effet, nous avons probablement cassé la
structure lors de la mise en place. L'ordre de grandeur auquel on pourrait s'attendre est un peu
plus élevé. Nous avons rehumidifié le sol entre les 3 premiers essais et les 3 derniers. Nous
retiendrons la moyenne des trois dernières valeurs soit 4 kPa.

97
Annexe 13 - Enquête réalisée auprès des exploitants
Tous les ans, afin de connaître les pratiques phytosanitaires des viticulteurs du bassin
versant de Rouffach, des enquêtes sont adressées aux exploitants. Cette année, elles seront
envoyées vers la fin août avec un questionnaire sur l'érosion dans le vignoble. Celui ci aura la
forme suivante:

1– Etes vous confrontés à des problèmes d'érosion sur vos parcelles?


Oui Non

2 – S'agit-il de problèmes?
Chroniques Ponctuels

3 – Quelles sont les traces d'érosion sur vos parcelles?


Rigoles
Ravines
Déchaussements des pieds de vigne
Dégâts sur les chemins
Accumulation de terre en bas des terrains

4 – Savez vous si l’origine de ces marques d’érosion vient de votre parcelle ou de celle du dessus, il
y a t-il un sens d’écoulement préférentiel ?
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
5 – Ces problèmes constituent-ils une gène pour vous?
Oui Non

6 – Si oui lesquels (pour le passage des engins…):


…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….

7 –Considérez-vous les problèmes d’érosion que vous rencontrez comme étant :


Importants Secondaires

8 – Avez-vous des actions de prévention contre l'érosion :


Oui Non

9 – Si oui, actions préventives


canalisation de l'eau
enherbement
traitement du sol
tenue des talus
apport de matériaux en surface (sarments, paille, compost, écorces, marcs…)
autres

10 – Autres, précisez :
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………….

98
Annexe 14 - Problèmes de mesure durant la phase de récession
g
( ρ S − ρ e ) × d ² , nous avons estimé la vitesse de
D'après la loi de Stockes, V =
18η
sédimentation des particules de diamètre D50 soit 600 µm (cf. Annexe 2) à 0,3 m/s.
Avec ρS : masse volumique de la particule grenue = 2.65 t/m3
ρe : masse volumique du liquide = 1 t/m3

La comparaison des hydrogrammes en aval du bassin versant (amont du bassin d'orage)


et en aval du bassin d’orage des événements du 9 au 14 avril 2008, met en évidence un problème
lors des phases de récession.
60 0.4

vitesse (m/s)
débit (m3/h)

0.35
50
dépôt dépôt dépôt
0.3

40
0.25
débit aval BV - amont BO
débit aval BO
vitesse (m/s)
30 0.2

0.15
20

0.1

10
0.05

0 0

temps
4

2
4

0
:5

:2

:5

:1

:4

:1

:4

:1

:3

:0

:0

:2

:2
:3

:3

:5

:5

:5
06

13

19

02

08

15

21

04

10

17

06

01

14
23

12

18

07

20
08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08
08

08

08

08

08
20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20
4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/
/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0
/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0
09

09

09

10

10

10

10

11

11

11

11

12

12

12

13

13

13

13

Figure 35: Comparaison des débits en amont et aval du bassin d'orage du 9 au 14 avril 2008

Au niveau des zones entourées en noir le débit en sortie du bassin d’orage est nul mais en
entrée, il plafonne à une certaine valeur. Ceci peut s’expliquer par le fait que des sédiments qui
se déposent dans le Venturi vont fausser les valeurs du bulle à bulle. Ce dernier va confondre la
hauteur de sédiments avec une hauteur d'eau.
Nous avons établi la loi débit-hauteur associé au Venturi. Nous savons que celle-ci est de
la forme : Q = 0.0001941 x C x b x h3/2
Q : le débit en m3/h
C : coefficient de débit fonction de h, b, B, L
b : largeur de contraction en mm (267 mm)
h : hauteur de mesure en mm
B : largeur du chenal d'approche en mm (400mm)
L : longueur en mm (810 mm)
Ne connaissant pas le coefficient C, nous supposerons que l'équation est du type:
Q = A x hα .
Nous avons à notre disposition un tableau reliant Q à h (Tableau 13). Les coefficients A
et α seront déterminés sous Excel à partir du tableau des valeurs en ajustant une courbe de
tendance puissance.

99
Tableau 13: Equivalence hauteur – débit pour le Venturi Endress Hauser ISO 440

L'équation est alors: Q = 0,0436*h1,5527


En enlevant 1 cm (hauteur de sédiments mesurée sur le terrain) à la hauteur d’eau que
considère le bulle à bulle dans les zones qui posent problème, la nouvelle courbe est alors :
débit (m3/h) 60

50

40

débit aval BV - amont BO

débit aval BO
30

20

10

0
4

22

02

6
:5

:4

:3

:3

:1

:0

:5

:5

:4

:3

:2

:1

:1

:5

:4
0:

7:
06

13

17

00

06

13

20

03

10

13

20

temps
2

0
08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08

08
0
20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20
4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/

4/
/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0

/0
09

09

09

10

10

10

11

11

11

11

12

12

12

13

13

13

13

Figure 36: Comparaison débit amont et aval du BO après modification

Pour l’événement des 10, 11 et 12 avril, le volume ruisselé du bassin versant est ainsi
diminué d’environ 120 m3. Cette valeur fait alors coïncider les volumes d'entrée et de sortie du
bassin d'orage

100
Annexe 15 - Erosion dans le bassin versant de Rouffach, observations
de terrain
L’érosion des chemins est importante sur le bassin comme le témoigne la photo 37 prise
lors d’une visite de terrain.

Figure 37: Traces d'érosion sur un chemin du vignoble – 28/05/08


Dans le bassin, des exemples frappants de source de sédiments ponctuelle:

Sur la photo de gauche, le chemin bétonné


passe à côté d’une parcelle sans vignes
fraichement travaillée. Nous observons une
quantité très importante de sédiments
déposés sur la route. Ceux-ci pourront être
emportés lors de la prochaine pluie.

Figure 38: Labour récent à côté d'une route – 28/05/08

Un amas de terre est situé à l’entrée du


fossé. Dans le fossé une quantité très
Fossé importante de terre a également été
observée. Cette terre, déposée là par les
exploitants, sera facilement mobilisable par
le ruissellement.

Figure 39: Présence de terre en entrée d'un fossé – 28/05/08

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