Vous êtes sur la page 1sur 94

SOMMAIRE

Page i
DEDICACE

MA FAMILLE

Page ii
REMERCIEMENTS

La rédaction de ce travail est le fruit d’une franche collaboration entre tous ceux qui de
près ou de loin nous ont apporté leur contribution, si minime qu’elle soit. A toutes ces
personnes, nous disons merci. Nos remerciements vont ensuite à ces personnes qui n’ont
ménager aucun effort pour nous encadrer :
 Dr BIMEME Bengono Isidore notre superviseur académique, pour sa disponibilité et
ses remarques ;
 M. ALEXANDRE Moka, notre encadreur professionnel, pour sa franchise et le temps
qu’il a toujours su nous accordé ;
 Tous les enseignants de l’Institut Universitaire de la côte, pour leurs efforts consentis à
notre égard ;
 A mes parents : M. KUEKEO André et Mme DJUISSE Brigitte pour leur soutien
morale et indéfectible ;
 A mes oncles : M. DJEU Martin, M. FOFOU Guy Alain et M. KOHO Joseph pour
leur soutien sans égal ;
 Toute la grande famille KUETE James, pour les encouragements qu’ils n’ont cessé
de nous donner ;
 A tous les camarades de promotion de Master II, pour leurs aides, collaborations et
conseils ;

Page iii
LISTE DES ABREVIATIONS

 AUDCIF : L’acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière ;

 DGE : Direction des grandes entreprises ;

 EFMK : Exploitation forestière Miguel Khoury ;

 GMK : Groupe Miguel Khoury ;

 IAS : International accounting standards ;

 IASB : International accounting standards board ;

 IRFS : International Financial Reporting Standards ;

 IUC : Institut Universitaire de la Cote ;

 OHADA : Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires ;

 OIT : Organisation international du travail ;

 RSE : Reporting sociétal et environnemental ;

 SA : Société anonyme ;

 SARL : Société à responsabilité limitée ;

 SABM : Société africaine des bois du Mbam

 SABC : Société anonyme des brasseries du Cameroun ;

 SN COCAM : Société nouvelle des placages et contreplaquées du Cameroun ;

 SYNDUSTRICAM : l’Association des gestionnaires des ressources humaines du

Cameroun et du Syndicat des industriels du Cameroun.

Page iv
RESUME

L’objet de notre étude porte sur le reporting sociétal que peuvent faire les grandes entreprises.
L’objectif de notre étude est de montré que la communication sociétal est importante car elle
favorise la performance et améliore l’image de l’entreprise, elle permet de préserver et
développer l’environnement de façon durable. Nous avons procédé par l’analyse
documentaire, et des questionnaires d’enquêtes pour comprendre comment la question est
gérée par le groupe Miguel Khoury ; puis nous avons fait une étude sur certaines entreprises
industrielles du Cameroun pour comprendre comment est abordée la notion de reporting
sociétal et comment est-elle appliquée. De par les études que nous avons menées nous
pouvons affirmer sans risque de nous tromper que la communication sociétale produit des
effets bénéfiques car elle participe à l’amélioration des performances de l’entreprise, tout en
prenant en compte l’intérêt de toutes parties prenantes. Au terme de nos travaux, nous avons
ressortis des implications managériales, notamment sur la performance, qui consiste de
manière globale à la mise sur pied d’une politique de responsabilité social, la formation du
personnel en la matière et la communication sociétale ciblée.

Mots clés : reporting sociétal et environnemental, image d’entreprise, performance.

Page v
ABSTRACT

The purpose of our study relates to the societal reporting that large companies can do. The
objective of our study is to show that societal communication is important because it
promotes performance and improves the image of the company, it allows to preserve and
develop the environment in a sustainable manner. We proceeded through documentary
analysis, and survey questionnaires to understand how the issue is handled by the Miguel
Khoury group; then we did a study on certain industrial companies in Cameroon to
understand how the notion of societal reporting is approached and how it is applied. From the
studies we have conducted, we can safely say that societal communication produces beneficial
effects because it contributes to improving the performance of the company, while taking into
account the interests of all stakeholders. . At the end of our work, we emerged from the
managerial implications, in particular on performance, which generally consists of the
establishment of a social responsibility policy, staff training, and targeted societal
communication.

Keywords: societal and environmental reporting, corporate image, performance.

Page vi
EPIGRAPHE

« Si chaque entreprise posait une action sociétale dans ce qu’elle sait faire de mieux, selon son
champ de compétences, la société se porterait mieux. » 

Cristiane Bourbonnais (Cohésion)

Page vii
INTRODUCTION GENERALE

1. CONTEXTE DE
L’ETUDE

L’attention portée en Europe et aux États-Unis à l’impact des activités économiques sur
l’environnement social et naturel s’est tantôt renforcée, tantôt affaiblie au fil des quarante
dernières années. Entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1980, des activistes
sociaux, des managers, des universitaires, mais aussi des législateurs ont développé un certain
nombre des modèles et ont mené de nombreuses expériences visant à renforcer et élargir les
responsabilités des entreprises à l’égard de la société et à mettre en place des formes de
reporting sociétal.

Par la suite, l’attention portée à la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise et


à la manière d’en rendre compte a nettement diminué, ce qui peut s’expliquer par des facteurs
divers. D’une part, l’arrivée au pouvoir de gouvernements conservateurs dans de nombreux
pays a réduit la pression sur les entreprises dans ce domaine. D’autre part, de nouvelles modes
dans le domaine du management ont retenu l’attention des managers, dont tout
particulièrement celle de la « share-holder value », qui vise à mettre l’accent sur l’intérêt à
court terme des actionnaires. Enfin, l’influence de certains des groupes de pression
initialement très forts a diminué, certains disparaissant même au cours de cette période. Cela
étant, malgré la baisse momentanée d’intérêt pour l’impact sociétal et environnemental des
entreprises, le problème de fond n’avait pas disparu.

Aujourd’hui, on note un regain d’intérêt évident pour ce thème dont l’ampleur se situe cette
fois-ci à une plus grande échelle. Des acteurs aussi divers que les Nations Unies, la
Commission européenne, les gouvernements nationaux ou des organisations syndicales et non
gouvernementales réclament ainsi aux entreprises, non seulement une reconnaissance de leur
responsabilité sociale et environnementale par des chartes ou des codes de conduite, mais
surtout une plus grande transparence sur la mise en œuvre des engagements pris dans ces
documents et, d’une manière plus générale, sur l’impact des activités de l’entreprise sur la
société. Par ailleurs, si l’intérêt de ces différents acteurs s’est dans un premier temps
concentré sur les grandes entreprises transnationales et leurs sous-traitants, le phénomène

Page 1
s’est aujourd’hui élargi à des entreprises de toutes les tailles, voire à d’autres types
d’organisation, pour devenir à l’heure actuelle l’un des enjeux majeurs du management des
entreprises. Cette période est donc marquée par un regain d’intérêt pour les modèles de
reporting sociétal, afin d’atteindre la transparence désirée.

Ce qui est frappant et inquiétant dans le regain d’intérêt pour le reporting sociétal depuis la fin
des années 1990, c’est que de nombreux acteurs, aussi bien dans le milieu académique que
dans les entreprises, semblent découvrir cette problématique sans tenir suffisamment compte
des expériences théoriques et pratiques de la période antérieure.

La mondialisation a accéléré le mouvement d’internationalisation des entreprises. Nous


constatons dès lors que la majorité des entreprises sont exclusivement concentrés vers la
communication financière (états financiers). C’est de là que viens l’un des entraves à
l’application du reporting sociétal.

2. INTERET DE L’ETUDE

Durant notre période de stage, il nous a été donné de constater que le groupe exploite des
forets, mais n’applique pas toujours ou presque pas de reboisement (reforestation), ce qui
constitue une infraction sur le plan juridique. Nous pouvons mentionner la LOI N° 96/12 du 5
aout 1996 PORTANT LOI-CADRE RELATIVE A LA GESTION DE L’ENVIRONNEMENT :

ARTICLE 6.- (1) Toutes les institutions publiques et privées sont tenues, dans le cadre de leur
compétence, de sensibiliser l’ensemble des populations aux problèmes de l’environnement.
(2) Elles doivent par conséquent intégrer dans leurs activités des programmes
permettant d’assurer une meilleure connaissance de l’environnement.

ARTICLE 9.- La gestion de l’environnement et des ressources naturelles s’inspire, dans le


cadre des lois et règlements en vigueur, des principes suivants :

c) le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des mesures de
prévention, de réduction de la pollution et de la lutte contre celle-ci et de la remise en
l’état des sites pollués doivent être supportés par le pollueur ;
d) le principe de responsabilité, selon lequel toute personne qui, par son action, crée
des conditions de nature à porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement,
est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer l’élimination dans des conditions propres à
éviter lesdits effets ;

Page 2
ARTICLE 82.- (1) Est punie d’une amende d’un million (1.000.000) à cinq millions

(5.000.000) de FCFA et d’une peine d’emprisonnement de six (6) mois à un (1) an ou de l’une
de ces deux peines seulement, toute personne qui pollue, dégrade les sols et sous-sols, altère
la qualité de l’air ou des eaux, en infraction aux dispositions de la présente loi.
(2) En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé.

Le non-respect des dispositions précédentes peut avoir des conséquences lourdes tant sur le
point financier que sur la réputation du groupe.

Depuis la révision du système comptable OHADA (en vigueur depuis le 1er janvier 2018
pour les comptes personnels des entités, et le 1er janvier 2019 pour les comptes consolidés)
des réformes ont été mis sur pieds. Elles obligent les entreprises à communiquer au sujet de
l’impact de leurs activités sur l’environnement, et de procéder à la remise en état de cet
environnement.

Lors de notre stage au Groupe Miguel Khoury, nous avons constaté que le groupe n’effectue
pas le reporting social, il y’a aucune communication sur l’impact environnementale faite par
le groupe, d’où le contraste avec l’article 33 de l’acte uniforme relatif au droit comptable et à
l’information financière du 26 janvier 2017 ; plus précisément dans les notes annexes (note
35 : Liste des informations sociales, environnementales et sociétales à fournir). Ceci étant
ces manquements peuvent entrainés des conséquences.

3. PROBLEME, PROBLEMATIQUE ET QUESTION DE RECHERCHE

Le non-respect de la loi N° 96/12 du 5 aout 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de


l’environnement, expose le groupe au paiement des amendes, et suivi d’une peine de prison
(responsables).

Le non-respect ou le manquement des dispositions de l’AUDCIF (Acte uniforme relatif au


droit comptable et à l’information financière)  expose le groupe (les dirigeants) aux sanctions
et sont punies conformément aux dispositions du droit pénal en vigueur dans l’état membre.

Au regard de cela, compte tenu de la législation en la matière, nous nous posons les questions
suivantes : Quelles est la contribution du reporting sociétal à la performance de entreprise ?
Quelle est l’impact du reporting sociétal sur la performance de l’entreprise ?

Page 3
4. HYPOTHESES

Les recherches empiriques tentant de cerner le lien entre la Reporting sociétal et la performance
financière se sont ancrées dans la littérature anglo-saxonne depuis une trentaine
d'années (Zeribi-Benslimane O. et Boussorra E., 2008). Toutefois, il est à remarquer que la
littérature empirique ne fait pas état d'un consensus sur la nature du sens du lien de causalité.
L'examen des résultats des études existantes traduit pour une part l'influence de la Reporting
sociétal sur sa performance financière, et pour une autre part, le sentiment d'un lien fragile
voire inexistant et quelque peu contrasté (Allouche J. et Laroche P., 2005).

Cependant, quel que soit le contexte, Charreaux G. (1997) souligne que toute firme dont


l'objectif est de créer durablement de la valeur, doit disposer d'un savoir-faire et d'un avantage
compétitif difficilement imitable par ses concurrents.

Les réponses aux questions de recherches mentionnées plus haut nous permettront de valider
ou de rejeter les hypothèses que nous avons retenues. Nous avons proposés les hypothèses
suivantes :

H1 : l’application du reporting social a un effet positif dans la performance des entreprises. 

H2 : l’application du reporting social a un effet négatif dans la performance des entreprises. 

La vérification de ces hypothèses requiert au préalable une collecte et une analyse des
données. Cette étape de la recherche repose sur un processus méthodologique bien élaboré.

5. OBJECTIFS

L’objectif général de notre travail est d’examiner l’impact du reporting social dans la
performance globale (financière et organisationnelle) de l’entreprise, « nous voulons
progressivement amener les entreprises à se détacher d’une communication purement
financière, vers une communication social » ; et l’objectif spécifique est d’apprécier la
contribution du reporting social dans la performance financière de l’entreprise (but
fondamentale des entreprises).

Page 4
6. METHODOLOGIE

Pour mener à bien notre travail de recherche, il faut qu’il soit limité dans le temps et dans un
domaine. Notre thème de recherche nous conduit à nous limiter dans le domaine de l’impact
de la communication faite par les entreprises de leurs actions sociétales, plus précisément
dans le strict respect du système comptable OHADA révisé.

Nous avons procédé par approche qualitative qui consiste en des questionnaires d’enquêtes,
l’analyse documentaire, et des entretiens pour comprendre comment la question est gérée par
le groupe Miguel Khoury. Sur le point quantitatif, nous nous sommes appuyés sur certaines
informations statistiques; par la suite nous avons mené une étude pratique sur certaines
entreprises, pour comprendre l’intérêt et les enjeux que représente le reporting social au sein
de leurs organisations.

7. PLAN DE TRAVAIL

Dans cet exposé nous consacrerons notre première partie à la présentation panoramique du
groupe Miguel Khoury, et ensuite nous procéderons à la revue de littérature concernant le
Reporting social, l’analyse de la notion de RSE pour les entreprises et la fiabilité de
l’information comptable (selon le référentiel OHADA révisé ainsi que les approches
théoriques)

La seconde partie de cette étude sera consacrée à l’appréciation empirique du reporting social
dans les entreprises, plus précisément le cas du groupe. Nous présenterons le cadre
méthodologique et la discussion des résultats de l’étude sur le reporting social dans le groupe
Miguel Khoury.

Page 5
PARTIE 1 : Panoramique de l’entreprise et revue de littérature du
Reporting sociétal dans les entreprises

Dans cette première partie nous procèderons à la présentation panoramique de l’entreprise


(Groupe Miguel Khoury), son évolution historique ainsi que sa structure interne (chapitre 1).
Par la suite nous allons aborder l’état de la littérature concernant le reporting sociétal. Nous ne
saurons parler de reporting sociétal sans aborder la notion de RSE (responsabilité sociale des
entreprises, puis nous allons évoquer les approches théorique du reporting sociétal ainsi que la
perception du reporting sociétal dans le cadre OHADA (chapitre 2). 

Page 6
CHAPITRE 1 : Panoramique de l’entreprise

Le groupe Miguel Khoury (GMK), est situé à Douala Bonapriso (Direction générale).
Le groupe est spécialisé dans l’exploitation forestière, la transformation, le négoce et le
transport. Le groupe dispose de trois entreprises.

SECTION 1 : Présentation de l’organisation et fonctionnement du groupe


Miguel Khoury

Cette section présentera succinctement l’évolution historique et l’organisation


fonctionnelle du groupe Miguel Khoury.

1. Historique et évolution du groupe.

L’exploitation forestière Miguel Khoury (EFMK), est la première entreprise du


groupe, fondée en 1970 par Monsieur Miguel Khoury. Elle pratique l’activité forestière
depuis près une cinquantaine d’année, en exploitant des forets situés à Ngoro dans le Mbam
et Kim, région du centre. L’expérience et la maitrise des activités acquise au fil des années, a
poussé le promoteur (Monsieur Miguel Khoury) à acquérir l’entreprise dénommé SCAC
Inter lorsque cette dernière avait arrêté ses activités. SCAC Inter était une société Française
qui a exercée l’exploitation forestière au Cameroun, cette entreprise entretenait par le passé
une relation professionnel avec EFMK. La SCAC Inter était installés dans la localité de
BIAKOUA (lieu du site d’exploitation).

A la suite de cette acquisition, un réaménagement complet a été effectué et par la suite


le nom Société Africaine des Bois du Mbam (SABM) a été attribué à cette structure. Rendu à
deux entreprises (EFMK et SABM) le promoteur a fait appel à des actionnaires pour
l’accompagné dans l’exploitation. Au fil des années, compte tenue de la qualité du marchés,
ces entreprises ont connu une forte croissance et disposait de moyens considérables. En 1993
lors de la période de privatisation, la société SN COCAM a été rachetée par les promoteurs.

Page 7
A la suite de cette acquisition, la SN COCAM a fait l’objet d’une restructuration complète
(réaménagement, investissement, etc.) ; il est tout de même utile de rappeler qu’à cette
époque, les 03 entreprises disposaient chacune de scierie (pour le traitement du bois).
Quelques années plus tard Coron (une entreprise avec laquelle le Groupe collaborait) a
exprimé le vœu de vendre son entreprise (patrimoine).

Le promoteur du groupe a manifesté son intérêt, suite à l’offre de Coron, c’est ainsi que plus
tard il y’a eu une fusion absorption entre SABM et CORON (SABM a absorbé CORON). A
la suite de cette opération il y’a eu un transfert de site d’exploitation de BIAKOUA pour
PELA.

2. Les entreprises du groupe Miguel Khoury (GMK)

Aujourd’hui, le groupe Miguel Khoury regroupe plusieurs entreprises en son sein. Ces
entreprises partagent la même adresse, qui abrite la direction générale, situé la rue 107
Dominique Savio Primaire. Nous avons présenté ces entreprises dans le tableau ci-dessous :

A. Tableau de présentation des entreprises du groupe

SITE
DOMAINE
SOCIETES INFORMATIONS FISCALES PRODUITS D’EXPLOIT
D’ACTIVITES
ATION

 numéro registre de commerce


: n° RC/DLN/2004/B/2325  BOIS EN
Exploitation Forestière NGORO,
GRUMES
EFMK et Transformation du région du
 numéro identifiant unique :
bois centre
M040400018203-U  BOIS DEBITES
 BP : 3247 Douala
 numéro registre de commerce
 BOIS EN
n° RC/DLA/2000/B/024356 Exploitation Forestière PELA,
GRUMES
SABM  numéro identifiant unique : et Transformation du région du
M027800001456-F bois centre
 BOIS DEBITES
 BP : 3181 Douala

Page 8
 numéro registre de commerce
n°RC/DLA/2000/B/024357  PLACAGES MBALMAYO,
SN
 numéro identifiant unique : Transformation du Bois région du
COCAM
M019300001421-D  CONTREPLAQUE centre
 BP : 3238 Douala
Source : documents interne du groupe

Il est important de rappeler que la quasi-totalité de la production est vendu sur le marché
étranger (95% de la production est exporté : Chine, Turquie, usa etc…).

SECTION 2 : Structure interne du groupe Miguel Khoury 

Le GMK est constitué des services du directeur général (qui définit la stratégie à suivre), par
la suite nous avons la Direction Administrative et financière, ressources humaines suivi de la
direction technique et commercial qui sont chargés de l’implémentation de la stratégie défini
par la direction générale.

1. Organigramme du groupe Miguel Khoury

Le graphique ci-dessous représente l’organigramme du Groupe Miguel Khoury, mais nous


tenons à rappeler que cette organigramme n’a pas été révisé, ou mise à jour au fil du temps.

Page 9
Direction
générale

Direction Direction Direction des


Technique et Direction Direction de la
Administrative ressources
production commerciale logistique
et financière humaines

Département Département Département en


Département de Département Département
administratif charge du
la comptabilité financier production des ventes Services de
transport
gestion du
personnel
Service du Service Service (paie, ...)
controle et du Sécrétariat Technique et Service clientèle
Achats
reporting de liaison

service des
opérations Tresorerie

Service Banques

Source : Documentation interne du groupe Miguel Khoury

Page 10
2. Points de forces 

Lors de notre stage, nous avons constaté des avantages sur le plan économique, financier et
social du fait de l’existence du groupe.

A. Points de force sur le plan économique  et financier :

Parmi les points forts, nous avons recensé les éléments suivants :

 L’expérience dans le domaine de l’exploitation forestière : le groupe exerce cette


activité depuis plus cinquante années, ce qui traduit sans doute sa maitrise et son
expertise dans ce domaine.

 La forte contribution à la production nationale : de par le volume annuel de la


production et de sa capacité à créer de la valeur, le groupe paye divers impôts et taxes
par années. Le tableau suivant récences de manière non exhaustive les impôts et taxes
payés par le groupe ces trois dernières années (2017,2018 et 2019)

ETAT DES IMPOTS ET TAXES PAYES DE 2017 A 2019

Impôts et EFMK SABM SN COCAM


Taxes 2017 2018 2019 2017 2018 2019 2017 2018 2019
PATENTE 5 491 423 5 823 146 6 401 404 4 500 000 5 744 818 5 582 136 5 022 660 5 000 000 5 000 000
TAXE
116 056 122 112 768 768 180 420 818 83 858 409 88 162 188 152 755 917 - - -
D'ABATTAGE
TAXE A
10 945 125 6 715 625 8 835 500 4 750 500 3 058 000 4 332 500 4 762 500 2 437 500 3 279 500
L'ESSIEU
DROITS DE
155 697 227 153 353 144 72 585 639 191 850 442 252 293 793 113 118 562 4 565 668 8 575 000 10 525 725
DOUANE

TOTAL 288 189 897 278 660 683 268 243 361 284 959 351 349 258 799 275 789 115 14 350 828 16 012 500 18 805 225

Source : Balance générale des sociétés du Groupe, de 2017 à 2019

Nous n’avons pas listé la totalité les impôts et taxes payé par le groupe, mais à la lecture du
tableau ci-dessus nous constatons que le groupe a versé en moyenne par année 598 089 920
FCFA, pour un total cumulé (des 03 exercices) de 1 794 269 759 FCFA représentant une
somme considérable en terme d’impôts et taxe. La SN COCAM ne paye pas de taxe
d’abattage car elle n’exploite pas de foret.

Page 11
 le groupe améliore la compétitivité du pays à l’échelle internationale : dans le cadre
de ses relations d’affaire, le groupe exporte la quasi-totalité de sa production dans divers
pays du monde (États-Unis, France, Espagne, chine, Sénégal etc.)

B. Points de force sur le plan social :

 la participation à la réduction du chômage : au vue du nombre de personnes qui


travaillent sous la bannière du groupe Khoury, nous pouvons dire sans risque de nous
tromper que le groupe aide à lutter contre le chômage et permet aux employés d’avoir
un pouvoir d’achat pour subvenir à leurs besoins. Le tableau ci-dessous montre
l’effectif du personnel sur les 03 derniers exercices.

TABLEAU DE L'EFFECTIF DU PERSONNEL

Sociétés EFMK SABM SN COCAM


Exercices
2017 353 265 361

2018 384  326 486

2019  426 395   213


Source : Tableau 19B de DSF : Effectif, Masse salariale et Personnel extérieur.

Toute fois nous avons aussi relevé des limites (en dehors de notre domaine d’étude) dont la
correction pourrait améliorer l’efficacité et l’efficience du groupe.

3. Points de Faiblesses :
Nous avons relevé plusieurs limites que nous détaillerons ci-dessous :

A. Lacunes sur le plan Organisationnel :


 Le groupe Khoury ne dispose pas d’un organigramme à jour et qui définit les
positions hiérarchiques de chacun des acteurs ;
 Le groupe ne dispose pas de jobs description qui décris les missions et les travaux
(périodicité, délais, méthodes) pour chaque poste de travail ;
 Le groupe ne dispose pas des manuels de procédures à jour, qui décrit le processus
de traitement des opérations, pour chaque poste de travail ;

Page 12
 Le contrôle n’est pas exécuté de manière régulière après le traitement des
opérations ;

B. Lacunes sur le plan Matériel :

 Le groupe ne dispose pas d’un serveur de messagerie interne pour améliorer les
conditions de communication entre les membres du personnel ;
 Certains postes de travail (ordinateurs, copieurs) sont obsolètes ;
 Le logiciel de traitement de texte et le tableur n’est pas à jour, car il n’offre pas les
nouvelles avantages et fonctionnalités en matière de traitement de données ;

4. Propositions et recommandations par rapports aux lacunes observés


(en dehors de notre sujet de recherche)

Après avoir relevé des points forts, nous avons aussi mentionné les lacunes que nous avons
observées dans l’entreprise, dans ce titre nous allons énumérer nos propositions.

A. Propositions sur le plan Organisationnel

 La mise à jour de l’organigramme de l’entreprise : soit par la direction ou par un


cabinet de consultant approprié ;

 La mise sur pied des Fiches de poste : qui décrit les missions et les travaux
(périodicité, délais, méthodes) pour chaque poste de travail ;

 La mise à jour du manuel de procédure : qui décrit le processus de traitement des


opérations, pour chaque poste de travail.

B. Proposition sur le plan matériel

 L’installation d’un serveur de messagerie interne : qui va améliorer la communication


entre les membres du personnel ;
 L’acquisition des nouveaux matériels de bureau pour améliorer l’efficacité et les délais
de traitement des taches ;

Page 13
 La mise à jour des applications de traitement des données (Microsoft Office) qui
permettra de gagner en efficacité en offrant un plus grande fonctionnalité dans la
manipulation ;
 La formation du personnel : qui permettra aux employés d’améliorer leurs
compétences.

Page 14
CHAPITRE 2 : Analyse de la notion de Reporting sociétal,
approches théorique et regard selon OHADA

Dans ce chapitre nous allons présenter l’état de la littérature concernant le reporting sociétal.
Nous ne saurons parler de reporting sociétal sans aborder la notion de RSE (responsabilité
sociale des entreprises, puis nous allons évoquer les approches théorique du reporting sociétal
ainsi que la perception du reporting sociétal dans le cadre OHADA. 

Section 1 : Analyse du contour de la notion de Reporting sociétal

Dans cette section nous allons énoncer l’importance du reporting sociétal pour les
entreprises et son lien avec la RSE.

1. Précisions sémantiques

A. Le concept de « Responsabilité Sociale de l’Entreprise » (RSE)

Une revue de la littérature effectuée par Carroll (1999) souligne l’évolution


sémantique du concept de RSE. Bowen (1953) fut ainsi l’un des premiers à en donner une
définition considérant qu’« elle se réfère aux obligations d’un homme d’affaires en ce qui
concerne la poursuite de politiques, la prise de décisions et la poursuite de lignes de conduite
qui répondent aux objectifs et aux valeurs considérées comme désirables par notre société ». 
Les recherches sur la RSE des années 1950-60 visaient ainsi essentiellement à identifier les
responsabilités des entreprises et leur étendue (Gond, 2003). Friedman (1962) s’est opposé
vivement à cette conception en déclarant que « rien n’est plus dangereux pour les fondements
de notre société que l’idée d’une responsabilité sociale des entreprises autre que de générer un
profit maximum pour leurs actionnaires ». En 1973, Eilbert & Parket partagent une définition
de la RSE fondée sur l’approche pragmatique et managériale propre aux années 1970 (Gond,
2003). Selon eux, « peut-être que la meilleure manière de comprendre la responsabilité sociale
est de la penser comme un bon voisinage. Ce concept implique deux phases. Premièrement, il
signifie qu’il ne faut pas faire des choses de nature à perturber le voisinage. Deuxièmement, il

Page 15
peut s’exprimer comme l’hypothèse de l’obligation volontaire d’aider à résoudre les
problèmes de voisinage ». Les années 1980-90, se caractérisent par une réflexion plus
profonde sur les valeurs de l’entreprise et leur mise en oeuvre (Gond, 2003). Ainsi, Carroll
élabore en 1979 un des premiers modèles conceptuels de mesure de la performance sociétale
sur la base d’une matrice opposant quatre niveaux de performance (économique, légale,
éthique et discrétionnaire), à quatre attitudes de l’entreprise (dénier, faire le minimum, être
progressiste et prévenir pour être leader). Plus récemment, Reynaud (2003) a proposé un
schéma de la performance globale composée de la performance financière, sociale et
environnementale mais dont l’interaction entre les différents niveaux de performance n’a pas
été identifiée.

Ainsi, le concept de RSE a évolué d’une approche philosophique relative à la responsabilité


de l’entreprise dans son acception la plus large, vers une réflexion sur les facteurs susceptibles
de satisfaire le développement durable sans toutefois sacrifier sa performance économique
(Gond, 2003).

B. Le concept de « Reporting Sociétal »

Owen, Swift, Humphrey & Bowerman (2000) considèrent que le débat sur les parties
prenantes de la fin des années 80 et début des années 90, de même que la globalisation de
l’économie et le changement rapide du monde, ont joué le rôle de catalyseur dans les
tentatives de démonstration de la responsabilité et de la transparence des entreprises. Les
premiers dirigeants d’entreprise qui se sont aventurés dans la publication d’un rapport sociétal
ont ainsi clairement exprimé leur volonté d’adopter un comportement responsable (Persais,
2003). Un effet de mimétisme combiné à des initiatives collectives ont par la suite participé à
la reconduction de cette démarche responsable. Persais (2003) considère toutefois que cette
mobilisation managériale est empreinte d’opportunisme, les entreprises souhaitant par là
même satisfaire les attentes de leurs principales parties prenantes. Aujourd’hui, les
dispositions réglementaires nationales et internationales contraignent les entreprises les plus
réticentes à s’engager dans cette voie.

A l’instar de Capron & Quairel (2003), le reporting sociétal peut se définir comme la
« diffusion d’informations environnementales et sociales, produites par les entreprises à

Page 16
destination des tiers, simultanément ou indépendamment de la reddition financière ». Ce
reporting sociétal prend généralement la forme d’un rapport le plus souvent qualifié de
« sociétal » c'est-à-dire résumant les dimensions économiques, sociales et environnementales
de la responsabilité de l’entreprise. Pesqueux (2002) définit ainsi les rapports sociétaux
comme «  des rapports d’activité sur l’impact écologique et social des éléments de la politique
de responsabilité sociale ».

2. La notion de RSE dans les entreprises


Les auteurs qui se préoccupent de la responsabilité sociale des entreprises déterminent le
plus souvent ce terme comme un engagement volontaire d’améliorer le bien-être commun en
exerçant les activités commerciales responsable dans trois domaines : économique, social et
environnemental. La RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) regroupe l’ensemble des
pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les principes du
développement durable : social, environnemental et économique (https://e-rse.net/RSE
(Responsabilité Sociale des Entreprises).

A. La notion de RSE en gestion

À cause de l‘ampleur de ce domaine et de la diversité des opinions, la terminologie


concernant la RSE est pour l’instant assez imprécise. Même la définition internationale
unifiée de la notion de RSE n’existe pratiquement pas. Il existe de nombreux efforts de définir
et d’encadrer cette notion, néanmoins, les chercheurs ne sont pas arrivés à une même
définition qui serait généralement acceptée. Dans la littérature concernant la RSE, nous
pouvons trouver plusieurs définitions possibles de cette notion.

Auteurs et date
Définitions
de publication
Le reporting sociétal peut se définir comme « la divulgation de l'information par
Rhouma et
Scotto (2014)
les grandes entreprises, sur leurs engagements en matière sociale,
environnementale et sociétale ».

Capron et La communication sociétale peut se définir comme la « diffusion d’informations


Quairel (2009, environnemental et sociales produites par les entreprises à destination des tiers
p.19) simultanément ou indépendamment de la reddition financière ».

Page 17
La communication sociétale peut être définie comme « l'activité qui permet à
Damak-Ayadi
l'entreprise de rendre compte auprès des différentes parties prenantes de ses
(2006)
activités et de leurs impacts sur la Société et l'environnement».
Le reporting sociétal identifie toute publication à destination d'utilisateurs
(Capron &
externes qui porte sur les dimensions sociales et environnementales de l'activité
Quairel, 2004)
des entreprises.
Arcimoles
Les rapports sociétaux sont « des rapports d'activité sur l'impact écologique et
etTrébucq
social des éléments de la politique de responsabilité sociale ».
(2003)
Pesqueux Le reporting sociétal est définit comme étant « des rapports d'activité sur l'impact
(2002, p. 1661) écologique et social des éléments de la politique de responsabilité sociale.}

Source : Dongmo Roméo Martial ; Le reporting sociétal des entreprises dans l’espace
OHADA : Une étude en contexte camerounais

B. La RSE et le reporting sociétal : un mariage ou un divorce

L’obligation légale de réaliser un rapport RSE a pour objectif d’améliorer la transparence sur
l’activité des entreprises. Le but est double :
D’abord, en interne, le rapport RSE devait permettre aux entreprises de mesurer les
conséquences de leurs activités sur leur environnement, sur la société et sur l’écosystème
économique et donc d’améliorer leurs processus afin d’avoir un impact plus positif.
Ensuite, en externe, le rapport RSE permet aux parties prenantes de l’entreprise de mieux
comprendre l’implication dans le développement durable et la RSE de l’entreprise et
éventuellement de mieux évaluer les conséquences à moyen et long terme de ses activités. De
ce fait, ces parties prenantes peuvent faire des choix plus éclairés vis-à-vis de l’entreprise. Par
exemple, les investisseurs potentiels connaissent les crises environnementales que pourraient
causer les activités de l’entreprise, ce qui leur permet de mieux évaluer leur risque.
Le reporting social permet donc à l’entreprise de centralisé tous ces informations (sociales,
environnementale et économique) sur un support précis qui dois être mis à la disposition des
destinataires du reporting. Nous pouvons donc affirmer sans risque de se tromper que le lien
entre RSE et reporting sociale est positif car cette association produit des avantages pour
l’entreprise : en attirant des nouveaux clients soucieux de la préservation de l’environnement,
en pérennisant la clientèle déjà acquise, et ayant une image d’entreprise citoyenne

Page 18
C. Déterminants de la divulgation d’informations RSE

En termes de facteurs explicatifs de la communication extra-financière des entreprises,


Damak-Ayadi (2006) retient la taille, le secteur d’activité tandis qu’Oxibar (2007) et
Rhouma (2008) proposent en sus, la présence dans l’entreprise d’une structure relative à la
RSE ou au Développement Durable. La divulgation d’informations RSE dépend de ces
facteurs, qui peuvent être d’ordre économique et social.

 La taille de l’entreprise
Les variables reliées à la taille de l’entreprise sont fréquemment utilisées comme mesures de
la visibilité politique (Oxibar, 2007 et 2011 ; Khémir, 2010). A cet effet, Cowen et al
(1987) parviennent à démontrer que la taille de l'entreprise influe significativement sa
divulgation au sujet de l'environnement et de l'énergie. Ils considèrent que les grandes
entreprises font le plus souvent l'objet d'une grande attention de la part du public ce qui les
exposent a une plus forte pression en ce qui a trait à la divulgation d'information au sujet de
leur responsabilité sociale. De même, Hackston et Milne (1996) ont obtenu une association
positive et significative entre la taille de l'entreprise et son niveau de divulgation sociétale
dans le contexte néo-zélandais. Aussi, Belkaoui et Karpick (1989) et Patten (1991) ont
démontré que la taille de l'entreprise a une influence positive et significative sur sa
divulgation sociétale. D’où on suppose que : Il existe une association positive entre la taille
de l'entreprise et ses pratiques de divulgation sociétale

 Le secteur d’activité de l’entreprise

Parlant du secteur d’activité, Les études qui ont mis en relation entre cette variable et les
pratiques de diffusion sociétale ont effectué une distinction entre les secteurs d’activité
présentant une forte visibilité et ceux présentant une faible visibilité (Rhouma, 2010). Les
secteurs peuvent présenter une faible ou forte visibilité d’un point de vue environnemental et /
ou éthique ou vis-à-vis du grand public. Les études de Patten (1991) et de Roberts (1992)
ont présenté un classement entre secteurs fortement (faiblement) exposés d’un point de vue
environnemental ou éthique. Cormier et al (2006, 31) trouvent que le niveau de la
divulgation sociétale dans les rapports annuels varie de 7.84 dans les secteurs des services à
77.68 pour les secteurs industriels. Sur la base des études antérieures nous émettons
l’hypothèse suivante : Plus le secteur d’activité est réputé être sensible aux problèmes
sociaux et environnementaux, plus les entreprises ont tendance à publier des rapports
sociétaux.

Page 19
 La présence dans l’entreprise d’une structure liée à la RSE ou au
Développement Durable

Enfin, le quatrième déterminant social est relatif à la présence d’une structure liée à la RSE ou
au DD. En effet, les arguments militant en faveur d’une influence de la présence d’une
structure chargée de la RSE sur leur niveau de diffusion d’information sociétale ont été
avancés par Cowen et al (1987) qui estiment que les dirigeants ayant choisi de mettre en
place une telle entité au sein de l’entreprise souhaiteront faire état de ses travaux dans le cadre
des diffusions de l’entreprise. En allant dans le même sens, Oxibar (2007) a trouvé une
relation positive entre la présence dans l’entreprise d’une structure liée à la RSE ou le DD et
le volume de publication d’informations sociétales. Les études qui ont retenu cette hypothèse
ont proposé différentes traductions de la notion de structure chargée de la RSE. Il s’agit d’un
comité de la RSE pour Cowen et al. (1987) et Cournac (2013), du département des relations
publiques pour Roberts (1992) et Adams (2002), ou d’une fondation pour Decock (2000) et
Yunus (2007) ou enfin les départements et/ou services Qualité-Hygiène-Sécurité-
Environnement pour Riot (2014) et Rambaud (2016). Il existe une relation positive entre
la présence d’une structure liée à la RSE ou au DD et son niveau de communication
sociétale.

C. Les théories qui justifient la RSE

Parmi les raisons qui justifient l’importance du RSE pour l’entreprise, nous pouvons noter que
selon Wernerfelt (1984), et Barney (1991) :  Elle légitime la propriété de l'entreprise par
ses salariés en tant que détenteurs du « capital humain », à l'inverse des actionnaires
détenteurs du « capital financier ». Il en résulte une obligation d'information de la part des
dirigeants vis à vis de leurs salariés. 
D’après la théorie du mimétisme de DiMaggio et Powell (1983) : Les ressources
humaines (formation du personnel, expériences acquises, relations sociales) sont perçues
comme un facteur rare spécifique et difficilement imitable, devenant de une clé de
compétitivité et de performance durable. 

Selon la montée du lobbying par Deegan et Gordon (1996) :  La diffusion d'information


sociétale jouie d'une attractivité que l'entreprise peut exercer vis-à-vis de nouvelles recrues ou

Page 20
de la fidélisation des salariés à leur entreprise, ou encore financières, en bénéficiant de
l'apport des fonds dits « éthiques ».

Et ensuite La théorie du signal développée par Quairel (2004), Akerlof (1970), Spence
(1974) montre que : On peut comprendre les raisons d'un éventuel accroissement des
publications dans le domaine sociétal par l'hypothèse d'un comportement mimétique des
entreprises. 

D. Le rapport RSE : une notion à dimension multiple

Il est possible de caractériser le domaine du reporting social en fonction des thèmes


qu'il aborde, de ses destinataires, de sa forme, de ce qui le motive, de sa fiabilité. Ainsi,
Gray, Owen, Adams (1996, p. 83) précisent-ils quelques aspects du reporting social en
fonction de ces 5 dimensions.

Tableau 6 - Les dimensions du reporting sociétal


Thèmes Destinataires Formes Motivations Fiabilité
 Actionnaires  Actionnaires  Qualitative  Ethique  Données
 Investissements  Marchés et Assertions  Comportement partielles ou
 Employés intermédiaires Faits individuel estimées
 Consommateurs financiers Intentions  Comptabilité  Systèmes
 Communauté  Employés  Quantitative  Juridique internes d'audit
 Environnement  Dirigeants Réalisé  Usage et d'information
 Impact global  Syndicats Objectif  Anticipation de  Préparateur
 Politique  Employés Comparaison réglementation externe
générale potentiels  Monétaire  Marketing  Commentateur
 Ethique  Communautés Dépenses  Image publique externe
 Gouvernement  Groupes de Engagements  Défense  Auditeur
 Commerce avec  pression Besoins  Détourner externe
d'autres pays  Media Estimations l'attention
 Gouvernement Impact  Influencer les
 Organismes de Dettes  perceptions
régulation  Répondre aux
 Concurrents Pressions
 Groupes  Dépasser ou
industriels rattraper les
 Consommateurs concurrents
 Fournisseurs  Expérimentation
 Société en  Investisseurs
général éthiques

Page 21
 Légitimité
Source : Gray et al (1996)

Pour mieux cerner ces dimensions du reporting sociétal, nous attarderons sur les thèmes de
diffusion et les destinataires jugés moins exhaustifs dans le tableau par rapport aux autres
dimensions.

E. Les destinataires du reporting sociétal et environnemental

La diffusion d'information sociétale a fait l'objet de recommandations de la part


d'organismes professionnels et de peu de réglementations de la part du législateur. Gray et al.

(1996) constatent l'implication initiale considérable de la profession comptable sur le thème


de la comptabilité sociétale. Plusieurs rapports relatifs aux diffusions à l'attention des
employés (employee reporting) ou à propos des employés (employment reporting) ou bien
encore du reporting d'informations comptables à destination des syndicats, avant ouverture de
négociations collectives, sont publiés à l'issue de ces débats'". Ce rapport est fondé sur l'idée
selon laquelle toutes les organisations ont un devoir d'information du public. Ainsi, ce
reporting externe doit satisfaire les besoins d'information de "ceux qui ont des droits à
l'information sur l'entité publiant l'information". Parmi ces ayants droit, le Corporate Report
identifie : le groupe des actionnaires, celui des obligataires, celui des employés, celui des
analystes, et du monde des affaires, le gouvernement, et enfin le public ; ce dernier groupe
comprenant, entre autres, les clients, la communauté dans son ensemble ou les groupes de
protection de l'environnement.
Ces destinataires ont plus facilement accès aux rapports sociétaux lorsqu'il existe un
cadre réglementaire de la diffusion d'informations sociétales ainsi que des supports adaptés.

F. Contenu d’un Reporting sociale et environnemental

Un rapport RSE doit contenir certaines informations, réparties en trois catégories : sociale,
économique/sociétale, et environnementale

 Catégories sociales

Rubriques ou volets Eléments du rapport

Page 22
Emploi  L’effectif total et la répartition des salariés par sexe, par âge et
par zone géographique
 Les embauches et les licenciements
 Les rémunérations et leur évolution
Organisation du
 L’organisation du temps de travail
travail  L’absentéisme

Relations sociales  L’organisation du dialogue social, notamment les procédures


d’information et de consultation du personnel et de négociation
avec celui-ci
 Le bilan des accords collectifs
Santé et sécurité  Les conditions de santé et de sécurité au travail
 Le bilan des accords signés avec les organisations syndicales ou
les représentants du personnel en matière de santé et de sécurité
au travail
 Les accidents du travail, notamment leur fréquence et leur
gravité, ainsi que les maladies professionnelle

Formation  Les politiques mises en œuvre en matière de formation


 Le nombre total d’heures de formation

Diversité et égalité  La politique mise en œuvre et les mesures prises en faveur de


des chances / l’égalité entre les femmes et les hommes
égalité de  La politique mise en œuvre et les mesures prises en faveur de
traitement l’emploi et de l’insertion des personnes handicapées
 La politique mise en œuvre et les mesures prises en faveur de la
lutte contre les discriminations
Promotion et  Au respect de la liberté d’association et du droit de négociation
respect des collective
 À l’élimination des discriminations en matière d’emploi et de
stipulations des
profession
conventions  À l’élimination du travail forcé ou obligatoire
fondamentales de  À l’abolition effective du travail des enfants
l’OIT relatives :

Source : You matter : Rapport RSE, Le 11 Février 2020 (https://cutt.ly/XpOI2xM)

 Catégories économique/sociétale

Rubriques ou volets Eléments du rapport

Page 23
Impact territorial,
économique et social
de l’activité de la  En matière d’emploi et de développement régional
société  Sur les populations riveraines ou locales

Relations entretenues
avec les personnes ou  Les conditions de dialogue avec ces personnes ou
organisations
organisations
 Les actions de partenariat ou de mécénat
intéressées par
l’activité de l’entreprise
 La prise en compte dans la politique d’achat de la société des
Sous-traitance et enjeux sociaux et environnementaux
 L’importance de la sous-traitance et la prise en compte dans
fournisseurs
les relations avec les fournisseurs et les sous-traitants de leur
responsabilité sociale et environnementale

 Les actions engagées pour prévenir la corruption


Loyauté des pratiques
 Les mesures prises en faveur de la santé et de la sécurité des
consommateurs

Droits de l’homme  Les actions engagées en faveur des droits de l’homme

Source : You matter : Rapport RSE, Le 11 Février 2020 (https://cutt.ly/XpOI2xM)

 Catégories environnementale

Rubriques ou volets Eléments du rapport


 L’organisation de la société pour prendre en compte les
questions environnementales et, le cas échéant, les démarches
d’évaluation ou de certification en matière d’environnement
 Les actions de formation et d’information des salariés menées en
Politique générale en matière de protection de l’environnement
matière  Les moyens consacrés à la prévention des risques
environnementale environnementaux et des pollutions
 Le montant des provisions et garanties pour risques en matière
d’environnement, sous réserve que cette information ne soit pas
de nature à causer un préjudice sérieux à la société dans un litige
en cours

Page 24
 Les mesures de prévention, de réduction ou de réparation de
rejets dans l’air, l’eau et le sol affectant gravement
l’environnement
 Les mesures de prévention, de recyclage et d’élimination des
Pollution et gestion des déchets La prise en compte des nuisances sonores et de toute
autre forme de pollution spécifique à une activité
déchets
 Sous-traitance et fournisseurs
 La prise en compte dans la politique d’achat de la société des
enjeux sociaux et environnementaux
 L’importance de la sous-traitance et la prise en compte dans les
relations avec les fournisseurs et les sous-traitants de leur
responsabilité sociale et environnementale
 La consommation d’eau et l’approvisionnement en eau en
fonction des contraintes locales
Utilisation durable des  La consommation de matières premières et les mesures prises
ressources pour améliorer l’efficacité de leur utilisation
 La consommation d’énergie, les mesures prises pour améliorer
l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables
 L’utilisation des sols
Changement
 Les rejets de gaz à effet de serre
climatique
 L’adaptation aux conséquences du changement climatique

Protection de la
 Les mesures prises pour développer la biodiversité
biodiversité
Source : You matter : Rapport RSE, Le 11 Février 2020 (https://cutt.ly/XpOI2xM)

Section 2 : Approches théorique du Reporting sociétal

En ce qui concerne l’état de l’art, on peut noter que depuis les années 50, les différentes
approches de la RSE ont fait apparaître de nombreux questionnements, que ce soit sur le plan
conceptuel, théorique, pratique ou managérial (Attarça et Jacquot, 2005). Dans cette section,
nous allons nous limiter sur les théories qui sous-tendent le reporting sociétal : la théorie des
parties prenantes puis la théorie de l’agence.

1. La théorie des parties prenantes

Au début des années 1980, une nouvelle approche plus globale et relationnelle de la RSE a
émergé, celle des parties prenantes qui a conceptualisé la RSE à travers les relations entre
l’entreprise et les acteurs sociétaux avec lesquels elle interagit (clients, associations, pouvoirs
publics…) (Freeman, Reed, 1983). En plus des tentatives de définition et de

Page 25
conceptualisation de la RSE, plusieurs travaux ont cherché à comprendre quelles stratégies
pouvaient adopter les entreprises vis-à-vis de cet objet RSE (Caroll, 1979, Bellini, 2003,
Martinet et Reynaud, 2004), certaines se montrant plutôt volontaristes, d’autres réfractaires
et les dernières se contentant de s’adapter aux évolutions de leur contexte institutionnel. Cela
a amené d’autres chercheurs à caractériser les différentes modalités à travers lesquelles les
entreprises déploient et opérationnalisent la RSE (Martinet, Payaud, 2013).

C'est dans le sillage des approches managériales de la Corporate Social Responsiveness


(CSR) que le terme de stakeholders va se développer, à partir de la fin des années 1970 et du
début des années 1980. Ces approches ont ceci d'original qu'elles rapprochent et font
cohabiter des groupes aux intérêts contradictoires. A ce titre, on peut définir un stakeholders
comme « n'importe quel groupe dont le comportement collectif peut affecter de manière
directe le futur de l'organisation, mais qui n'est pas sous son contrôle direct » (Emshoff et
Freeman, 1978)

Le concept cosmopolite de stakeholders constitue une deuxième occasion de synthèse


théorique majeure. Ce concept est doublement intéressant. Premièrement, il bénéficie d'une
large diffusion au sein des milieux académiques. De plus, le concept de stakeholders apparaît
aujourd'hui comme le concept fédérateur pour mener à bien une unification voire une
refondation théorique du champ Business and Society (Freeman, 1994). Deuxièmement, le
concept de stakeholders se distingue par son appropriation massive et inédite dans le champ
des pratiques managériales (A. ACQUIER & F. AGGERI, 2008). Ainsi, le management des
parties prenantes occupe une place centrale dans la conceptualisation et la mise en oeuvre de
la RSE au sein des entreprises. Les stakeholders constituent alors un outil stratégique de
management, car la prise en compte de leurs intérêts n'a d'importance que lorsqu'elle est
associée aux objectifs de l'entreprise.

Arguant du côté peu opérationnel du concept de CSR, Carroll (1991) préconise d'utiliser la


notion de partie prenante pour mieux identifier les responsabilités sociétales. Notons tout de
même que les stakeholders ne sont pas les mêmes pour toutes les entreprises et au cas où, par
hasard, elles le seraient, ils n'ont pas la même importance au sein de ces entreprises.

Toutefois, l'approche des parties prenantes a été acceptée et adoptée par de nombreux auteurs
et est d'ailleurs considérée comme élément de cohésion quant aux acceptions divergentes de la
RSE.

Page 26
Pour représenter l'entreprise et ses parties prenantes, le schéma que Freeman propose est le
suivant :

Sources : Les parties prenantes de l’entreprise. Source: adapté du modèle simplifié de


Freeman (1984).

La question des parties prenantes pose la question de leur recensement. F. Lépineux


(2003) propose ainsi de distinguer entre les parties prenantes sur la base d'une classification
en catégories d'acteurs : les parties prenantes internes (actionnaires, salariés, syndicats), les
partenaires opérationnels (clients, fournisseurs avec, parmi ceux-ci, les sous-traitants, les
banques dans la position de prêteur mais aussi en attente d'une stabilité et d'une solvabilité, les
compagnies d'assurance dans les termes d'une confrontation au risque dont la substance se
renouvelle profondément aujourd'hui), la communauté sociale (pouvoirs publics,
organisations spécialisées de type syndicat professionnel, organisations non
gouvernementales, société civile).

Page 27
Le tableau ci-dessous recense et reprend de manière synthétique, les parties prenantes ainsi
qu’un aperçu de leurs objectifs et intérêts.

Parties Exemples de leurs objectifs, intérêts


Prenantes
Gouvernance, Culture d'entreprise, ventes à l' exportation, risque juridique, risque de
Équipe de réputation, stratégie (court et moyen terme), responsabilité civile, risque de perte de
direction / Dé compétence, performance, rémunération, lien de subordination
cideurs

Propriétaires Profit, valeur de l'action en bourse, information, stratégie (long et moyen terme)


/ actionnaires
Qualité et absence de défaut des produits/Coût et délai de livraison des
Clients produits/qualité de service, relation de confiance et partenariat

Souveraineté, sécurité collective
( défense), indépendance énergétique, sécurité des approvisionnements ( énergie, ma
État, Mission
tières premières), exportations, respect des principes du droit (sécurité juridique),
économique
respect des règles ( comptabilité publique, loi),monnaie, impôts

Citoyens des Information sur les impacts environnementaux et sociaux (emplois), taxes et


communautés contributions financières, risque juridique
locales
Rémunération, sécurité de l' emploi, intérêt du travail, conditions de travail, hygiène
Employés et sécurité au travail ( CHSCT)

Négociation d'accords, rémunération, conditions de travail, hygiène et sécurité au


Syndicats travail ( CHSCT)

Fournisseurs / Prix et volume d'achat, continuité, retombées technologiques, partenariat


sous-traitants
Fiabilité des systèmes de paiement
Banques
Informations sur la solvabilité, la liquidité,
Investisseurs

Compagnie Informations sur la gestion des risques et la solvabilité, sur la sécurité


d'assurance informatique ( profil de protection)

Source: 1. Post, Preston, Sachs (2002),

Page 28
2. La théorie de l’agence

Toute organisation est constituée d’un ensemble de contrats qui définissent les relations des
acteurs. Parmi ces relations, les auteurs distinguent les « relations d’agence ». Le terme
« agence » est à entendre dans le sens étymologique « faire », « agir ». Il y a un « mandant »
qui fait faire à un « mandataire ». Par exemple un actionnaire fixe des objectifs à un dirigeant
d’entreprise qui « est agi ». On peut se reporter aux travaux de Jensen, Meckling aux Etats-
Unis, et, en France, à ceux de Charreaux (notes de travail de 1998 et de 1999).

Elle est classiquement appliquée en économie pour analyser les relations dans
lesquelles le principal (celui qui délègue un pouvoir décisionnel) délègue son pouvoir de
choix à un second, l'agent ou le mandataire. La théorie de l'agence analyse les relations de
délégation et de contrôle établies entre les différents acteurs, notamment entre les
propriétaires et les dirigeants d'une entreprise. Appliquée à l'occasion d'une augmentation de
capital, la théorie de l'agence met notamment en avant le fait, qu'un financement par
augmentation de capital oblige les dirigeants d'une entreprise, qui pourrait y préférer
l'autofinancement ou le crédit, à faire paraitre une série d'informations financières qui ne sont
pas toujours données en temps habituel.

Section 3 : Regard du reporting sociétal selon l’OHADA

Dans cette section nous allons faire un état des lieux du reporting sociétal selon le cadre
OHADA. En commençant par son évolution, nous montrerons la prise en compte du reporting
sociétal dans l’OHADA, de par les actes concrets pris par ce dernier en vue de son
application dans son espace juridique.

1. La lecture de la RSE au regard de l’évolution de la normalisation


comptable

Après avoir positionné les publications d’informations sociétales dans l’éventail des
dispositifs de communication financière, nous avons argumenté que ces publications étaient
susceptibles de véhiculer des valeurs implicites du système économique que forme
l’entreprise, révélant une certaine logique de responsabilité sociétale. Ainsi, tandis que
l’approche contractuelle, orientée actionnaires ou parties prenantes directes de l’entreprise,
nous a conduit à identifier une logique de la création et de l’appropriation de la valeur,

Page 29
l’approche institutionnaliste, qui interroge la légitimité de la firme dans ses relations avec son
environnement, traduit une logique centrée sur l’équilibre des échanges dans les transactions
avec les partenaires externes.

Au cœur du croisement fertile des théories de la RSE et des théories comptables, le reporting
sociétal peut faire l’objet d’une lecture renouvelée, porteuse de sens sur les valeurs implicites
que cette pratique véhicule. Nous nous interrogeons en particulier sur la concomitance de
l’adoption d’une comptabilité en « juste valeur » et de la diffusion volontaire des rapports
« développement durable » pour les sociétés cotées les plus exposées.

A. Reporting sociétal et « comptabilité en coût historique »

La comptabilité en coût historique vise à traduire l’efficacité de l’entreprise envisagée comme une
entité productive qui poursuit un objectif économique. L’enjeu du reporting sociétal est alors envisagé
au regard de sa capacité à compenser la sous-représentation comptable des échanges socio-
économiques de l’entreprise.

B. Reporting sociétal et normes comptables internationales ou


« comptabilité en juste valeur »
L’avènement de la « juste valeur », caractéristique des normes comptables internationales,
traduit le renouveau de l’approche statique de la comptabilité (Aglietta et Rébérioux, 2004)
qui prévalait en France jusqu’au XIXe siècle sous l’influence des juristes. L’objectif de la
comptabilité ne consiste plus à traduire le capital économique de l’entreprise mais son capital
financier, représentatif de l’investissement réalisé par les actionnaires. Dans ce contexte, le
reporting sociétal serait voué à réduire encore l’asymétrie informationnelle des actionnaires et
ainsi faciliter leur arbitrage entre des investissements alternatifs portant sur le capital des
firmes.

L’approche statique de la comptabilité postule que celle-ci a « pour objet de mesurer la valeur
liquide (liquidité) des actifs sur un marché actif d’une entreprise pour vérifier la capacité de
cette entreprise à rembourser immédiatement son passif » (Richard et Colette, 2005, p. 171).
L’objectif de la représentation financière de l’entreprise est celui de la garantie donnée aux
créanciers financiers plus que de la capacité économique mise en œuvre. Dans cette optique,
la valeur in fine des actifs détenus est celle qui peut être donnée par les marchés externes de
l’entreprise et qui est à l’extrême une valeur de démantèlement. Contrairement à l’approche
dynamique qui postulait un principe de continuité d’exploitation, l’approche statique postule

Page 30
ainsi un « principe de mort » de l’entreprise à tout instant. Si dans l’approche conceptuelle
pure, toutes les catégories de créanciers financiers sont visées par une telle logique de
représentation comptable de l’entreprise, l’adaptation empirique de ce modèle privilégie
exclusivement les apporteurs de fonds propres.

Le cadre conceptuel de l’IASB fait le choix de principes directeurs en fonction de l’objectif


assigné au reporting financier et repose en ce sens sur une théorie normative de la
comptabilité. Ce cadre conceptuel n’a pas le caractère de norme et ne fait donc pas
expressément partie des textes adoptés par l’Union européenne applicables aux sociétés cotées
pour leurs comptes consolidés à compter de l’exercice 2005.

D’une part, il est explicitement énoncé que les états financiers ont pour objectif de représenter
un capital financier, représentatif de l’investissement réalisé par les actionnaires, par
opposition à un capital économique   Plus précisément, le choix est possible entre un capital....
Il est supposé que si les états financiers sont pertinents pour les investisseurs, ils le sont
« naturellement » pour la grande majorité des autres utilisateurs.

C. L’intégration De La RSE Dans Le Droit Ohada : Une Rencontre,


Deux Idées

Les entreprises de la zone OHADA ont toujours perçu reporting comme une communication
purement financière, il est question pour nous ici de montrer comment ces dernières peuvent
passer d’une communication financière à une communication extra financière. C’est dans ce
sens que le SYSCOHADA préconise que : toutes entreprise dont l’exploitation a répercussion
sur l’environnement doivent pouvoir prendre les dispositions pour traiter ces déchets.

En veillant à l’application de l’article 33 de l’acte uniforme relatif au droit comptable et à


l’information financière du 26 janvier 2017 ; plus précisément dans les notes annexes (note
35 : Liste des informations sociales, environnementales et sociétales à fournir) ; les
entreprises pourront dès lors procéder de façon progressive à une communication sociétale.

a. L’idée de RSE dans le droit Ohada, fondement et ouverture

L’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires a suscité ces dernières
années de grands débats depuis la montée en puissance des scandales financiers et leur impact

Page 31
sur la gouvernance des entreprises (Ndjetcheu, 2012 ; Bimémé, 2016). Comme le montre
Moskolaï (2016), certains pays de l’espace OHADA à l’instar du Cameroun, ont adopté des
lois et décrets et ratifié des traités concernant la RSE, montrant ipso facto une réelle pratique
sociétale dans cette sous-région. De par sa construction (L’article 1er du Traité Ohada énonce
l’objet de celui-ci...) et sa nature, le droit Ohada est un modèle innovant qui ne s’appuie pas,
de manière normative, sur une intégration économique, mais qui crée un espace juridique et
judiciaire. En effet, le Traité de Port-Louis  a institué de manière inédite et originale un espace
juridique et judiciaire au sein duquel différentes matières non exhaustives, relevant en
principe du droit des affaires, ont été uniformisées bien que le Traité de Port-Louis évoque
la notion d’harmonisation, entre différents États d’Afrique subsaharienne. Ces derniers,
tout en appartenant à ce dit espace juridique et judiciaire, ont aussi adhéré à différentes
organisations régionales ou communautaires.

 L’ouverture du droit OHADA à une dimension sociale

Dans le cadre de la rencontre entre les finalités de l’Ohada et les objectifs de la RSE, la
question qui se pose est de savoir si un cadre normatif permettant la promotion de la RSE
pourrait également permettre d’accroître la sécurité juridique et l’attractivité économique dans
l’espace Ohada, tout en contribuant à rendre les entreprises plus novatrices et compétitives ?
Selon nous, la réponse ne peut être qu’affirmative au moins selon un triple point de vue.
D’abord, l’intégration de la RSE dans le droit Ohada lui permettrait enfin de s’ouvrir vers une
perspective téléologique sociale, indispensable à l’aube de ce siècle. Ensuite,
le momentum semble approprié, car il coïncide avec la période de pause réflexive de plusieurs
chantiers de l’Ohada. Enfin, le contexte international au sein duquel évolue le droit Ohada, et
dont il éviterait d’être exclu, rend cette ouverture nécessaire. Premièrement, le développement
de normes juridiques portant sur l’intégration des préoccupations sociales et
environnementales dans les activités économiques est essentiel pour que le droit Ohada
permette de renforcer un courant de confiance en faveur des économies de ses pays membres.
Cela semble nécessaire afin de répondre aux besoins de modernité et d’adaptabilité auxquels
adhère et sur lesquels insiste le Traité de Port-Louis  Traité relatif à l’harmonisation du droit
des affaires... pour assurer l’ouverture et l’effectivité des règles élaborées par l’Ohada   V. J.
Gatsi (dir.), L’effectivité du droit de l’Ohada,.... L’intégration de la RSE dans le droit Ohada
pourra grandement contribuer à sa modernité et son adaptabilité, notamment par l’adoption
d’une conception de la RSE fondée sur la théorie des parties prenantes. Selon la théorie des
parties prenantes  R.E. Freeman, Strategic Management: A Stakeholder Approach,...,

Page 32
l’entreprise doit considérer dans sa prise de décisions une panoplie d’intérêts incluant de
manière holistique toutes les parties prenantes qui peuvent être les actionnaires, les
travailleurs, l’État, les communautés locales, les consommateurs, bref les citoyens. Les
intérêts ainsi protégés vont au-delà des seuls intérêts économiques et spéculatifs pour inclure
des finalités de nature sociale ou environnementale comme la protection de l’environnement,
le développement social ou les droits de l’homme, ce qui contribue à une croissance
économique durable dans le temps.

 L’article 27 du Traité constitutif révisé, comme « porte d’entrée »

Le fondement possible de l’intégration des dispositions relatives à la RSE dans le droit


OHADA pourrait être l’article 27 du Traité Ohada dont la révision, en 2008, offre cette
opportunité dans la mesure où il institue une Conférence des chefs d’États et de
Gouvernement qui « statue sur toute question relative au Traité ». Selon nous, compte tenu de
l’objet de l’Ohada qui est d’organiser l’harmonisation du domaine du droit des affaires en
Afrique, ce texte confère à ce nouvel organe qu’est la Conférence des chefs d’États et de
Gouvernement la compétence pour prendre des dispositions relatives à la RSE puisque
celles-ci relèvent de manière connexe du droit des affaires ou peuvent être simplement
incluses, selon l’article 2 du Traité, parmi les « autres matières ».

Le pouvoir de statuer sur toute question relative au Traité offre également la possibilité
d’instituer un organe spécialisé sur la RSE. Des propositions ont été formulées en ce sens
dans le cadre de la CEMAC. La création d’une agence sous régionale de notation de la RSE
figure parmi les recommandations de l’atelier tenu au Congo. Dans la perspective de la
création et de la mise en œuvre d’un standard RSE pour les industries extractives, un Guide
de la politique RSE est annexé à la synthèse des travaux de l’atelier national tenu en juillet
dernier à Yaoundé La 2e édition du forum international des pionniers de la RSE s’est tenue
sur le thème « Afrique responsable, les pionniers de la RSE et de la croissance verte
inclusive », à Tunis en 2012. Le Manifeste de Tunis mentionne au paragraphe 7 que
« l’approche RSE dans le monde étant à ses débuts, la construction d’une vision de la
responsabilité économique, sociale et environnementale des entreprises en Afrique sera
d’autant plus inclusive qu’elle tient compte à la fois des spécificités des territoires, du
contexte, de la législation nationale, des référentiels internationaux ainsi que de la
jurisprudence en la matière » 

Page 33
La rencontre entre le droit Ohada et un dispositif fondé sur la RSE ne déroge pas au
mouvement mondial de Co-régulation marqué par une cohabitation et une coexistence qui
devraient tendre vers l’équilibre entre des normes volontaires et des normes contraignantes,
des initiatives de sources privées et des actions d’origine publique rappelant
l’imperium étatique. Cette mixité et cette hybridation constituent l’essence même du droit
postmoderne qui régit la RSE. Comme l’atteste cette affirmation d’une spécialiste du
domaine : « La normativité induite par la RSE à visée supranationale peut être regardée non
pas comme une forme de dégénérescence du droit, mais comme la participation à une
évolution du droit, un droit en gestation, in statu nascendi. On peut estimer que ces formes
nouvelles de régulation étendent l’empire du droit.

2. Perceptions et pratiques de la RSE au Cameroun

La responsabilité sociétal est un concept qui est appliqué par les entreprises en occidents, mais
encore peu connu en Afrique ; mais nous pouvons néanmoins noter que certaines entreprises
camerounaise ont déjà développé une politique RSE de manière notoire telle que : ORANGE
CAMEROUN, LA SABC, EXPRESS UNION. Certaines entreprises Camerounaise
pratiquent la RSE mais ces dernières ne le font pas savoir au public ce qui a pour
conséquence : la perte d’un potentiel qui aurais pu servir à cette entreprise, car
lorsqu’une entreprise opère une communication sociétale, elle améliore son image face à la
clientèle et donne une figure d’entreprise citoyenne.

Page 34
Partie 2 : Appréciation empirique du reporting sociétal dans les
entreprises : Cas Groupe Miguel Khoury

La première partie
de notre mémoire a passé en revue, la présentation de l’entreprise, et l'essentiel de la
littérature au sujet du reporting sociétal. Les deux chapitres qui ont constitués cette partie ont
apportés des éclaircissements théoriques sur la thématique du reporting sociétal et de son
importance pour l'entreprise. Dans cette seconde partie, nous allons procéder à l’appréciation
empirique du reporting sociétal dans le groupe Miguel Khoury. Cette partie énonce le
parcours que nous avons suivi tout au cours de nos travaux. Cette partie est subdivisée en
deux chapitres : l'un décrit le cadre méthodologique de notre étude (chapitre 3) et l’autre
présente le cas pratique, le résultat et implications managériales du reporting sociétal dans le
groupe Miguel Khoury (chapitre 4).

Page 35
CHAPITRE 3 : Cadre Méthodologique du reporting sociétal
dans une entreprise

Dans ce chapitre, nous montrerons dans un premier temps, comment est abordée la
responsabilité sociétale dans le groupe Miguel Khoury, et par la suite nous allons présenter la
méthodologie que nous avons employée dans le cadre de nos travaux.

Section 1 : Actions sociétales menées par le groupe Miguel Khoury

Bien que l’objet de notre étude porte sur le reporting sociétal (communication des actions
menées par une entreprise du fait de son activité sur le plan économique, social et
environnementale), nous avons jugé utile de présenter les actions sociétales menées par le
groupe Miguel Khoury, du fait de son existence.

1. Les actions sociales

En ce qui concerne les actions sociales, nous pouvons citer :

 La tenue de l’arbre à palabre : c’est à dire la réunion effectuée lors de la mise en


place de l’assiette de coupe (c’est une étendue précise de la forêt qu'il est prévu de
récolter pendant une période donnée). A cet effet les dons (produits de première
nécessité, etc.) en nature sont faits à l’endroit des riverains et populations de la zone
concerné;
 Le groupe verse mensuellement des émoluments aux chefs de village ;
 Le paiement de salaires des enseignants des écoles des différents sites d’exploitations ;
 Dons et facilités (en Gasoil et ou essence) aux autorités locales (Brigade, agents des
eaux et forêt, etc.) ;
 L’entretien des routes et vois d’accès : permettant aux populations de se mouvoir avec
plus de facilités.

Page 36
2. L’action environnementale

La principale action environnementale effectuée ici est les pépinières (champ ou une
parcelle de terre réservée à la culture des jeunes plants en vue du reboisement des forêts) qui
sont confectionnés à proximité de tous les sites d’exploitation des forêts.

A la lecture de tous ce qui précède, nous pouvons constater que le groupe Miguel Khoury
mène quand même des actions sociétales, mais le véritable souci est la non communication de
ces actions de façons ordonnés, structurés et cohérente, d’où l’intérêt de notre travail.

Section 2 : Méthodologie du reporting sociétal dans une entreprise

Le présent travail de recherche vise principalement à déterminer les réalités des pratiques
du reporting sociétal dans le groupe Miguel Khoury. Pour atteindre cet objectif, nous avons
mené une étude sur certaines entreprises. La présente section expose la démarche (qualitative
et quantitative) qui nous a permis d'aboutir aux résultats que nous présenterons par la suite
(dans le chapitre suivant).

1. Cadre de recherches

Dans le cadre de nos travaux nous avons restreint notre démarche qualitative
(questionnaires et guide d’entretien) à l’entreprise dans laquelle, nous avons effectué notre
stage : le Groupe MK.

2. La démarche qualitative

Un travail de recherche, quelque soit le domaine, doit pouvoir répondre à trois questions
fondamentales : Quoi ? Pourquoi ? Et comment ? Dans le cadre notre recherche, nous avons
déjà apporté une réponse à la première question, car il s'agit des pratiques du reporting
sociétale. S'agissant du « pourquoi », l'étude qualitative est la mieux indiquée pour apporter
des éléments de réponse. A cet effet, nous avons choisi le groupe Miguel Khoury comme
champ d'investigation.

Page 37
A. Le guide d’entretien

Le guide d'entretien est un document qui précise à l'enquêteur, en plus de la consigne initiale


(identique à celle d'un entretien en profondeur), que l'ensemble des facettes du thème à étudier
doivent être abordées avec détail au cours de l'entretien.

Le guide d'entretien que nous avons élaboré est structuré en thèmes. Les titres de ces thèmes
ont été formulés en phase avec les besoins en informations qui nous permettrons d'atteindre
nos objectifs.

B. L’entretien

Avant d'aborder les différentes questions, il est nécessaire de définir les principaux concepts
dont on va parler et qui peuvent à priori paraître flous. Dans notre cas, il s'agit principalement
des concepts « reporting sociétal » et « impact environnemental ».

La question environnementale fait-elle partie des préoccupations de votre entreprise


?
La question de savoir si votre entreprise évalue-t-elle certains de ses impacts
environnementaux ? Si oui, lesquels ?

« Ces deux questions ont pour but d'introduire l’entretien et de rentrer petit à petit dans le
contexte étudié. La première question est accessoire et suppose nécessairement une réponse
positive, surtout lorsque l'interlocuteur est chargé de développement durable. Par conséquent,
il est possible de l'éviter. »

« La deuxième question aborde le thème de la mesure des impacts. Elle est très importante car
doit nécessairement mener à se demander le comment ? Et le pourquoi ? De cette mesure.
Elle sert également à introduire la suite. »

Quels sont les outils qui vous permettent d'évaluer ces impacts?

Cette question permet de passer en revue un à un les outils de gestion qui permettent
l'entreprise d'évaluer son impact environnemental. Elle permet de donner des éléments de
réponse à l’hypothèse H 1.1 dans la mesure où, selon la forme des outils utilisés, on peut
émettre des possibilités sur leur nature (voir figure 5). Il convient dans cette de laisser
l'interlocuteur parler spontanément des outils qui lui paraissent les plus important.

Utilisez-vous les outils suivants ? (question ouverte)

Page 38
- Ecobilan

- Tableau de bord vert/ indicateurs environnementaux - Evaluation des coûts


environnementaux externes

- Budgets environnementaux

- Comptes verts

- Autres (lesquels) ?

Au fur et à mesure que la question précédente est traitée, le meneur de l`entretien passe en
revue les différents outils de la liste. Quand l'interviewé a fini de répondre, le meneur
l'interroge sur les outils e la liste qui n'ont pas été cités. En traitant cette question, ainsi que la
précédente, on est amené à parler des types de données qui alimentent les outils en question,
afin de pouvoir vérifier les hypothèses H 2.1 et H 2.2. Pour approfondir cette recherche, il
convient de traiter la question suivante :

A l'aide de quelles données alimentez-vous ces outils ? Quelles sont les données
sortantes ?
Ces données sont-elles : - Physiques ? - Qualitatives ? - Financières ?

Ces deux questions doivent permettre de récolter toutes les informations nécessaires à valider
ou invalider les hypothèses H2.1 et H 2.2. Il est probable que les réponses soient différentes
selon les outils de gestion dont on parle. Il faut donc récolter assez d'informations pour
adopter par la suite un point de vue analytique.

Pour les utilisateurs, la finalité de ses outils de gestion est plutôt :

- De guider la gestion de l'entreprise au quotidien ?


- De surveiller de manière indirecte les performances des unités opérationnelles ?
- D'établir à intervalles réguliers un diagnostic global des performances de la société ?
- Une autre finalité (laquelle) ?

Secteur Nombre Responsables Dates des Durée de


Sociétés
d'activités d'entretiens rencontrés entretiens l'entretien
DAF 15/06/2020 50 min
S.A.B.M Foresterie 2 Chef Département
18/06/2020 65 min
comptable

Page 39
Directeur technique
E.F.M.K Foresterie 1 22/06/2020 70 min
/ production

SN COCAM Foresterie 1 Responsable de site 22/06/2020 82 min

TOTAL 04 267 min


Source : conçu par l’auteur

Le tableau ci-dessus nous donne une durée moyenne des entretiens de 67 minutes soit, une
heure onze minutes (01 heure 11 minutes). Ce qui est nettement supérieur à 45 minutes et
inférieur à 1h30mn. Ce qui nous permet de conclure que, du point de vue de Jolibert et
Jourdain, nos entretiens sont valides.

3. La démarche quantitative

Nous allons appuyer notre démarche quantitative par des études réalisées par des instituts
compétents dans le domaine de la responsabilité sociétale et environnemental.

A. L’Institut RSE

L’Institut RSE Afrique que dirige le Camerounais Thierry Téné, a publié une enquête sur
la perception et la pratique de la Reporting sociétale des entreprises au sein des entreprises
camerounaises. Ce sondage dont l’agence Ecofin a eu copie des résultats, apprend-on, a été
réalisé avec le concours de l’Association des gestionnaires des ressources humaines du
Cameroun et du Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam).

Selon les résultats de ce sondage réalisé sur un échantillon de 16 entreprises revendiquant un


chiffre d’affaires cumulé de 710 milliards de francs Cfa et plus de 20 000 employés, «Les
gestionnaires des ressources humaines ne sont pas suffisamment imprégnés de la notion de
responsabilité sociétale des entreprises».

Plus grave, révèle le sondage de l’Institut RSE Afrique, «73 % des sociétés sondées ne
disposent pas d’un service développement durable ou RSE», tandis que 57 % d’entre elles
n’ont aucune idée de l'existence de la norme ISO 26 000 régissant cette pratique.

Au demeurant, bien qu’ignorant pour la plupart les réalités de la RSE, une immense majorité
des entreprises (92%) camerounaises ont confié aux enquêteurs de l’Institut RSE

Page 40
Afrique, que l’implémentation de cette pratique est susceptible d’améliorer leurs
performances.

En rappel, selon les experts, la RSE est la prise en compte et la communication par les
entreprises, des incidences de leurs activités sur la société et l’environnement. De part cette
étude nous pouvons dire que bien que certaines entreprises la pratique, il reste tout de même
une majorité d’entreprises camerounaises qui n’appliquent pas le reporting sociétal.

B. Publication du reporting sociétal et environnemental

En date du 10 mai 2017, l’hebdomadaire Jeune Afrique a de publié son classement annuel
des meilleures entreprises africaines, grâce auquel a pu être produite, à une échelle réduite, la
liste des douze structures camerounaises les plus rentables. La première citée  dans ce sens est
la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Ladite entreprise enregistre un chiffre
d’affaires de plus de 818 milliards de FCFA. Elle est suivie par la Société nationale des
raffineries (Sonara) dont le chiffre d’affaires s’élève à plus de 589 milliards de F CFA. Nous
somme intéressé par l’aspect communication c'est-à-dire par la publication du reporting
sociétal de la part de ces entreprises.

Classement des 12 meilleures entreprises


Chiffre d’affaire
N° Ordre Entreprises
en milliards
1 SNH 818
2 SONARA 589
3 SABC 352
4 ENEO 331
5 TRADEX 294
6 MTN CAMEROUN 228
7 PERENCO DEL RIO 209
8 ORANGE CAMEROUN 208
9 CFAO CAMEROUN 159
10 TRADOMA 148
11 CONGELCAM 142
12 CORLAY CAMEROUN 133
TOTAL 3 611
Source : Le Journalducameroun.com Publié le 10.05.2017 à 14h30

Page 41
Total
900
800
700
600
500
400
300
200 Total
100
0
N N M EO N N IO BC H
AR
A
DE
X A
ROU ROU LCA EN ROU R OU ELR SA SN N A O M
E E E E E D SO TR AD
AM M NG M AM O TR
C CA O CA C C
Y A C
TN GE EN
RLA CF M A N P ER
O
CA OR

Parmi ces entreprises déclarées comme étant les meilleures selon le chiffre d’affaire par le
magazine jeune Afrique, nous ne retenons que 03 qui pratiquent un reporting sociétal, soit
un pourcentage de 30 par rapport au total. Dans le but de sensibiliser et informé toutes les
parties prenantes de l’impact de son activité sur le plan environnementale, économique et
sociale.

Section 3 : Etude de cas du reporting sociétal au sein du groupe Miguel


Khoury et dans d’autres entreprises.

Dans cette section, il sera question pour nous, de présenter des études de cas réalisé dans
le groupe, puis nous allons présenter l’étude que nous avons effectué dans d’autres entreprises
industrielle, présentes dans la ville de Douala.

Page 42
1. Etude de cas réalisé dans le groupe Miguel Khoury
Nous montrerons de manière concrète, des cas pratiques qui illustrent les défaillances que
nous avons observées en entreprise.

a. Le non-respect de l’article 33 de l’acte uniforme relatif au droit comptable et à


l’information financière

«… Les notes annexes comportent tous les éléments de caractère significatif qui ne sont pas
mis en évidence dans les autres états financiers et sont susceptibles d'influencer le jugement
que les utilisateurs des documents peuvent porter sur le patrimoine. La situation financière et
le résultat de l'entité…». Vous trouverez ci-dessous l’extrait des états financiers de l’exercice
2019, plus précisément dans les notes annexes (note 35) des sociétés du groupe Khoury :

Cas d’EFMK (Exploitation forestière Miguel Khoury)

Page 43
Page 44
L’observation du tableau ci-dessus nous permet de conclure EFMK ne renseigne les
informations sociales et environnementales de son activité.

Page 45
Cas de SABM (Société africaine des bois du Mbam)

Page 46
L’observation du tableau ci-dessus nous permet de conclure SABM ne renseigne les
informations sociales et environnementales de son activité.

Cas de SN COCAM (Société nouvelle des placages et contreplaquées du Cameroun)

Page 47
L’observation du tableau ci-dessus nous permet de conclure SN COCAM ne renseigne les
informations sociales et environnementales de son activité.

2. Etude de cas réalisé dans d’autres entreprises

Dans cette rubrique, nous avons mené une étude empirique pour appuyer nos travaux de
recherches. Nous allons présenter la méthodologie employée afin de réaliser l’étude terrain.
Puis, nous exposerons la technique d’analyse utilisée avant d’examiner les résultats
obtenus.

a. Méthodologie
Afin de répondre à notre problématique, nous avons réalisé une étude qualitative sur
certaines des entreprises relevant de la DGE (direction des grandes entreprises). Cette étude
qualitative se justifie par l’aptitude et la disposition à effectuer un reporting sociale. Etant
donné la nature de la question centrale de recherche, il serait difficile de réaliser une
démarche quantitative. Cette démarche qualitative permettra d’obtenir des informations plus
précises sur la perception de chaque personne interviewée quant au sujet étudié. C’est
également un sujet qui nécessite un réel échange avec les interviewés qui doivent pouvoir
approfondir leurs réponses pour que nous puissions réellement comprendre l’impact du
reporting sociale pour leurs entreprises.

 La collecte des données


Afin de collecter l’ensemble des données nécessaires à la validation ou au rejet de l’hypothèse
de recherche, nous réaliseront des entretiens semi directifs auprès des personnes ressources.
Ce seront des entretiens téléphoniques pour des raisons de praticité et de disponibilité
des interlocuteurs. Les personnes interrogées seront contactées par e-mail dans un premier
temps afin de convenir d’un entretien téléphonique. Ils se dérouleront de manière semi
directive à l’aide d’un questionnaire réalisé préalablement (cf. annexe 2).

 Choix de l’échantillon

L’échantillon envisagé pour cette étude empirique sera constitué des entreprises (pour la plus
part industrielles) qui relèvent de la DGE. Pour des raisons de temps limité et de disponibilité

Page 48
réduite des interlocuteurs, nous avons réalisé deux entretiens avec chacun des membres de ces
entreprises. Afin de compenser ce faible nombre de répondants, nous avons pris soin
d’effectuer une sélection rigoureuse des interviewés afin d’obtenir des résultats valides.

Notre question centrale de recherche visant à décrire les impacts et enjeux du reporting
sociétal, nous avons interrogé des professionnels travaillant dans services adapté. Nous avons
également sélectionné ces personnes en fonction de notre réseau personnel.

b. Technique d’analyse utilisée


Dans cette section nous allons expliquer la technique de construction de matrices inter sites
ordonnées autour de concepts clés.

 La construction de matrices inter sites ordonnées autour de concepts clés

La technique utilisée pour l’analyse des résultats de notre étude consiste à réaliser des
matrices ordonnées autour des concepts clés, définis précédemment dans la partie
théorique. L’objectif est de répondre précisément à l’hypothèse de recherche afin de le
valider ou de le réfuter. Ces matrices sont des matrices inter sites c’est-à-dire que nous
allons analyser simultanément les réponses des différents acteurs interrogés.
Cela nous permettra d’effectuer une confrontation des différents points de vue des
personnes interviewées. Voici ci-dessous un exemple de matrice qui sera utilisée pour
l’analyse des résultats :

H1 : La pratique et la communication du reporting sociétal à un effet positif sur la


gestion de l’entreprise (tant sur l’image que sur la performance).

Concepts liés à l’hypothèse Résultats Entreprise Eléments de preuve


Résultat 1 Entreprise 1 « Verbatim »
L’image de l’entreprise
Résultat 2 Entreprise 2 « Verbatim »

 Déroulement de l’étude

Le questionnaire (cf. annexe 2) est l’outil empirique qui nous permettra de valider ou non
notre hypothèse. Il déclinera chaque proposition de recherche en différentes questions posées
aux interlocuteurs terrains. 

Page 49
État synoptique des entreprises et personnes ayant participé à notre recherche.

N° RAISON_SOCIALE SIGLE
BOITE
LOCALISATION ACTIVITE_PRINCIPALE
personnes
POSTALE
ressources
STE NATIONALE
GESTION DES INTERETS DE
1 DES SNH 955 YAOUNDE Mme Mayo Aurelie
L'ETAT
HYDROCARBURES
ZONE INDUS M. Djansep
2 ALPICAM ALPICAM 2130 EXPLOITANT FORESTIER
BBERI Emmanuel
Mme Raphaella
3 CIMENCAM CIMENCAM 1323 DOUALA FABRICATION DE CIMENT
Epse Wamba
Mme Yimgang
4 DIAGEO GCSA 8149 DOUALA BRASSEUR
Sandrine

Page 50
N° Ordre Concepts liés à l’hypothèse Entreprises Résultats Eléments de preuve

Dans l’accomplissement de ses missions, la SNH veille au respect scrupuleux des


dispositions légales régissant la protection de l’environnement. La société met en
outre en œuvre, à travers le Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines (CPSP), un
Plan National de Lutte contre les Déversements Accidentels d’Hydrocarbures
(PNLDAH).

S’agissant du volet infrastructurel, l’on peut citer la construction ou la


SNH réhabilitation d’axes routiers et la construction de forages pour permettre l’accès
des populations locales à l’eau potable notamment à Mvia (Edéa) et Bipaga (Kribi).

La SNH accorde en outre selon ses disponibilités, des dons et subventions à


Influence positive, caractère social, au bénéfice, notamment, des défavorisés sociaux.
visibilité d'une En somme, nous menons bien des actions sociétales, qui figurent dans nos
1 L’image de l’entreprise entreprise citoyenne rapports annuels, et nous pouvons dire que cela améliore favorablement notre
de par les actions image.
menées Oui, car le système documentaire est caractérisé par :

         La politique environnementale, sociale qui fixe la vision à travers les


procédures spécifiques via les composantes suivantes

·         Les gestions de conflits,


ALPICAM ·         Les  gestions des déchets,
·         La cartographie sociale  participative précisément en forets,
·         La réalisation des œuvres sociales,
·         Les gestions des EPI,
·         Les gestions des urgences,
·         Les gestions des produits chimiques,
·         La mise en œuvre des PGES (plan de gestion environnemental et social) et la

Page 51
production des rapports semestriels,
·         La VR (veille règlementaire) de façon dynamique  
De par notre expérience, et nos efforts à restaurer l’environnement, nous
déclarons que l’image de notre organisation a été améliorée.

CIMENCAM ambitionne de maintenir sa croissance industrielle tout en réduisant


son empreinte écologique.
Au titre des activités menées dans le cadre de nos actions en vue de protéger
l’environnement:
* Plus de 30 000 arbres plantés dans les régions du Grand Nord et du Littoral.
CIMENCAM * Réhabilitation de la mangrove au bois des singes à Douala.
* Remblayage des routes dégradées par l’érosion, dans la ville de Douala-
Bonabéri.

A lecture de tout ce qui précède, nous affirmons que ces actions nous donnent une
image d’entreprise citoyenne.

Page 52
Nous nous sommes fixés des objectifs ambitieux à atteindre d'ici 2020, qui ont été
sélectionnés pour nous aider à atteindre les objectifs mondiaux de l'ONU. Nos
objectifs couvrent l'eau, les émissions de carbone, les emballages durables et les
déchets.
L'eau : Nous avons amélioré notre efficacité en eau de 43,8% par rapport à notre
référence de 2007.
GUINNES le carbone : Nous avons réduit les émissions absolues de carbone de 44,7% depuis
S 2007 et réalisé une réduction de 27,1% tout au long de la chaîne
d'approvisionnement totale.
les déchets : Nous avons réduit nos déchets mis en décharge de 96,2% depuis
2007.

Etant conscient de nos effort dans le domaine environnemental, nous sommes


heureux de savoir que notre clientèle, ainsi que les autres partie prenante, nous
considère comme une entreprise citoyenne.

2 Performance de SNH incidence favorable La Société nationale des Hydrocarbures (SNH) est en effet la mieux cotée dans le
l’entreprise classement annuel des 500 meilleures entreprises du continent (114e) du
sur l'efficacité à
magazine Jeune Afrique.
moyen et long terme La publication de nos rapports annuels, que vous pouvez consulter dans notre
des entreprises site internet, indique nos performances sont très encourageants, ceci étant grâce
à nos actions sociétales

Page 53
   Si on part du principe selon lequel la performance peut être analysée sur les
différents créneaux ci-après.

·         Financières,
·         Commerciales,
·         Technologiques et environnementales,
ALPICAM ·         Managériales,
·         Humaines et sociales
Il ressort qu’en termes d’image et de satisfaction des exigences des différentes
parties, le respect des préoccupations  environnementales est une donnée
essentielle par, conséquent cette démonstration est la preuve
communicationnelle issue des audits des différentes parties tend ainsi à
améliorer la performance de l’entreprise dans ce cas.

Selon Emmanuel Rigaux, administrateur directeur général de Lafarge Holcim


Afrique, Cimencam est redevenu leader du marché du ciment au Cameroun. Ceci
se justifie par l’amélioration de ses parts de marché. D’après la direction générale
de l’entreprise, les ventes du premier trimestre 2019 connaissent une
progression de 30% par rapport à la même période en 2018.
CIMENCAM
Malgré cette dynamique concurrentielle, le prix moyen de vente du ciment reste
stable au fil des années. Au-delà de la meilleure qualité annoncée pour les
nouvelles productions, les clients espèrent bénéficier de réductions sur les prix
finaux.

En termes de performance, Guinness Cameroun est le 2e marché du groupe


Diageo en Afrique, derrière le Nigéria, et son 4e marché dans le monde.
GUINNES Guinness Cameroun a ainsi franchi de nombreuses étapes sur sa longue route vers
S la gloire, mais reste déterminé à prouver qu’elle n´est pas du genre à se reposer
sur nos lauriers. Toutes ces performances sont la résultante des efforts menés
dans tous nos domaines de compétences (y compris les actions sociétales).

Page 54
Page 55
c. Recommandations et conclusions

Cette dernière partie consacrée à l’étude terrain a pour objectif de conclure sur les résultats
obtenus lors des différentes interviews. Nous analyserons ensuite les apports de notre étude
avant d’étudier les limites relatives à notre étude. Enfin, nous décrirons certaines
recommandations destinées aux entreprises.

d. Conclusions de l’étude empirique

Afin de répondre à la question de recherche suivante : « Quelles sont les enjeux de


l’application du reporting social dans les entreprises et Comment peut-elle améliorer la
gestion de l’entreprise ? », Nous avons testé les hypothèses suivantes :

H1 : l’application du reporting social a un effet positif dans la performance des


entreprises. 

H2 : l’application du reporting social a un effet négatif dans la performance des


entreprises. 

Ces hypothèses ont été testées au cours d’une étude empirique. L’analyse des résultats de
cette étude terrain nous a permis de valider l’un de ces hypothèses.

Nous pouvons donc tirer différentes conclusions répondant à la question de recherche. Tout
d’abord, l’application du reporting social permet d’améliorer l’image des entreprises.
L’application du reporting social favorise donc la performance, car elle rend compétitif et
permet de gagner des parts de marchés. En somme le reporting social a un effet positif sur la
gestion de l’entreprise.

Page 56
CHAPITRE 4 : Résultats et implications managériales

Dans ce chapitre, nous allons présenter les


défaillances et conséquences observé en entreprise. Par la suite nous présenterons une étude
de cas, et enfin nous exposerons les résultats et implications managériales.

Section 1 : Défaillances observées dans l’application du reporting sociétal


dans l’entreprise

Dans cette section nous allons montrer les défaillances et leurs conséquences que nous
avons observées dans le groupe en ce qui concerne le reporting sociétal.

1. Défaillances observées
Durant notre période de stage, nous avons observés les défaillances suivantes :

 Le non reboisement systématique : à la suite de l’exploitation de certaines assiettes


de coupe (zones d’abattages) le groupe n’applique ne remet pas toujours en l’état
l’environnement dans ses sites de production.
 Dans les états financiers de synthèses : les informations relatives du reporting
sociétal ne sont pas renseignés : il y’a aucune communication sociétale faite par le
groupe. Nous tenons à rappeler que cette communication est obligatoire pour les
entités ayant un effectif de plus 250 salariés ;

 Le groupe ne dispose pas d’une politique ou une charte en matière de responsabilité


social (c'est-à-dire une démarche ou un canevas qui définit de manière claire et
détaillé), comment les actions restauration de l’environnement (gestion des déchets,
etc.) et actions sociales sont menés ;

 L’absence d’une communication (destiné aux parties prenante) : de manière


formelle destiné aux parties prenantes tel que : les ONG, l’état, les fournisseurs et les
clients étrangers (ce qui devrait leur permettre d’améliore l’image du groupe, en
mettant l’accent sur une activité commerciale responsable de l’environnement).

Page 57
Les défaillances que nous avons mentionnées ci-dessus entrainent évidement des
conséquences défavorables pour le groupe.

2. Conséquences de défaillances observées

Les défaillances précédemment observés entrainent des conséquences suivantes :


 Le non-respect de l’article 9 de la LOI N° 96/12 du 5 aout 1996 portant loi-cadre
Relative à la gestion de l’environnement : qui stipule que tout
exploiteur doit prendre les dispositions pour remettre l’environnement en l’état après
exploitation. Le non-respect de cette article expose le groupe à perte financière du au
paiement des amendes pouvant aller jusqu'à 5 millions de FCFA et d’une peine
d’emprisonnement de six (6) mois à un (1) an.

 Le non-respect de l’article 33 de l’acte uniforme relatif au droit comptable et à


l’information financière du 26 janvier 2017 ; plus précisément dans les notes annexes
(note 35 : Liste des informations sociales, environnementales et sociétales à fournir)
expose le groupe (les dirigeants) aux sanctions et sont punies conformément aux
dispositions du droit pénal en vigueur dans l’état membre.

 La conséquence de l’absence d’une politique ou charte de responsabilité social un


véritable entrave à toute tentative de pratique d’un reporting sociétal objectif, car les
actions menés ne sont pas structurés et planifiés ;

 Bien que le groupe mène des actions, l’absence d’une communication (reporting
sociétale) au public a pour conséquence : la perte d’un potentiel qui aurait pu servir
à cette entreprise, car lorsqu’une entreprise opère une communication sociétale, elle
améliore son image face à la clientèle et donne une figure d’entreprise citoyenne, et
favorise dans une certaine mesure à la performance de l’entreprise.

Section 2 : Résultat et implications managériale

Dans cette section, nous allons montrer les résultats et implications managériale, du
reporting sociétale dans le groupe Khoury.

Page 58
1. Résultats

Dans le cadre de notre recherche, nous avons abordé le problème qui porte sur le reporting
social effectué dans en entreprise. Après avoir présenté l’entreprise sur laquelle nous avons
mené nos travaux, nous avons montrés les défaillances et avons faits des propositions tant sur
les lacunes qui concerne notre sujet de recherche que les lacunes relevé sur l’entreprise en
général. Nous pouvons affirmer sans risqué de nous tromper en que l’absence de pratique du
reporting social entraine une perte de potentiel que l’entreprise pourrait exploiter, en sa faveur
en s’améliorant tant sur l’aspect social (image citoyenne) que sur l’aspect économique
(performances due aux gains de part de marché).

2. Implications managériales du reporting sociétal dans l’entreprise

Après avoir exposé les défaillances et les conséquences que nous avons observées, nous
avons montré à l’aide d’un cas pratique, le non-respect du caractère obligatoire de la pratique
d’un reporting sociétal (pour les entités ayant un effectif de 250 salariés). A présent nous
allons présenter les implications managériales en cas d’application des recommandations que
nous avons formulés plus haut.

A. Sur la performance

Les implications managériales sur la performance du groupe sont :

 L’amélioration des performances financières du groupe : le respect des articles


cité plus haut exonéra le groupe des amendes, et des poursuites judiciaire ; En effet
grâce à tous les effets bénéfiques d'une telle démarche, elle ne peut être que plus
performante sur l'aspect économique et financier.
 L’amélioration des performances organisationnel : car
 L’entreprise assure ainsi sa propre pérennité : tout en contribuant au
développement durable ;
  il est alors possible à l'entreprise d'être plus conquérant : ce qui lui permettra
de gagner de nouvelles parts de marché.

Page 59
B. Sur l’image du groupe

Les implications managériales sur l’image de l’entreprise sont :

 La rédaction d’une charte de responsabilité sociale et environnementale : pour


améliorer l’image du groupe vis-à-vis des parties prenantes ;
 La communication ou la publication des actions sociétales menées dans les
rapports annuels de gestion, dans les états financiers, et dans un site internet. Ce
qui permettra d’offrir une image valorisante  par rapport aux concurrents.

C. Sur le plan stratégique

Les implications managériales sur le plan stratégique sont :

 La formation du personnel dans le domaine de la responsabilité sociale et plus


précisément dans le reporting sociétale ;
 La mise sur pied d’une politique de communication sociétale : qui permettra
désormais de diffuser de manière cohérente et claire les actions sociétales
appliqués par le groupe ;
 Le respect de la loi : les dispositions de l’acte uniforme relatif au droit comptable
et à l’information financière du 26 janvier 2017 et surtout en matière reporting
social ; 
 Une veille renforcée et utile : En ouvrant une porte sur l’extérieur, en vous
informant sur les pratiques RSE, et en les appliquant, vous êtes en état permanent
de veille. L’entreprise se tient ainsi au courant de l’évolution des choses et se
trouve mieux placée pour prévoir les changements ;
 Anticipation des contraintes et la prévision des risques : en s'inscrivant dans
une telle démarche, cela permet à l'entreprise de prévenir d'éventuelles contraintes
liées à son secteur ou à son activité. Cela lui permet également de chercher à
réduire les risques sociaux et environnementaux liés à son activité.

Page 60
CONCLUSION GENERALE

Cette étude a permis de démontrer l'importance ainsi que les enjeux stratégiques liés à la
publication de l'information sociétale. Malgré que cette pratique ne soit pas récente, la
publication de l'information sociétale est depuis une décennie passée d'une place marginale
dans la préoccupation des entreprises à une pratique désormais « tendance » et démocratisée.
Désormais, les entreprises ont pris conscience le fait qu'une croissance durable suppose exige
la prise en compte des besoins de toute les parties prenantes aux attentes variés. D’où
l’objectif de notre étude qui est de montrer que les entreprises de notre sous-région OHADA
doivent aussi tenir compte de l'impact de leurs activité sur la société (environnement
"objectifs de développement durable", gouvernance, etc); en publiant un Reporting
financier (conforme au syscohada) et un Reporting extra financier (RSE). Même si cela n'est
pas explicitement affirmé par les entreprises il est facile de se rendre compte à la lecture des
rapports sociétaux que les destinataires les plus privilégiés parmi tous ceux auxquels s'adresse
l'entreprise sont les actionnaires et les investisseurs.

L'information sociétale est utile car elle permet de compléter les informations données par
la seule comptabilité purement financière souvent insuffisantes pour obtenir une vue
d'ensemble de l'organisation et orienter les décisions des investisseurs qui doivent se
reposer sur l'appréciation d'une multiplicité d’indicateurs.

Comme le rappelle justement Black (2003) « ce sont des indicateurs non financiers qui
permettront, mieux que les indicateurs financiers, de donner un avis sur les potentialités de
l'entreprise, son fonctionnement interne, l'application cohérente de sa stratégie ainsi que sur
l'opportunité ou non de participer à son capital ».

En utilisant ce type de données les entreprises montrent qu'elles sont capables de s'auto
évaluer et de prendre conscience de son rôle et de ses responsabilités au sein d'un
environnement multidimensionnel et de plus en plus complexe. Par ailleurs, ces informations
représentent une opportunité de communication hautement stratégique pour les entreprises
qui, en s'auto-félicitant pour leur comportement exemplaire et leur efforts, attendent en retour
des réactions positives de la part d'investisseurs potentiels, du cours bousier de leurs actions.
Ce serait là une piste de recherche importante.

Page 61
BIBLIOGRAPHIE

- Barmaki, L., Aitcheikh, D. 2014. Responsabilité sociétale des entreprises en Afrique:


approche comparative (Afrique du Sud, Maroc, Sénégal et Tunisie), Dossiers de Recherches
en Economie et Gestion, no3, septembre
- Bastianutti, J., & Dumez, H. 2012. Pourquoi les entreprises sont-elles désormais reconnues
comme socialement responsables ?, Annales des Mines - Gérer et comprendre, 3 (N° 109), p.
44-54
- Bellini, B. 2003. Un nouvel enjeu stratégique pour l’entreprise : La prise en compte de la
protection de l’environnement dans son management, État des lieux et perspectives, 37
AIMS, Cergy-Pontoise, France
- Biwole Fouda, J. 2011. La pertinence de la Performance sociétale des entreprises dans un
contexte de Développement équitable. Le cas des entreprises de production au Cameroun,
Revue des Sciences de Gestion, n°247-248
- Biwole Fouda, J. 2014. Le choix d’une stratégie RSE, Quelles variables privilégier suivant les
contextes ?, Revue Française de Gestion, n°244
- Carroll, A.B. 1979. A Three-Dimensional Conceptual Model of Corporate Performance, The
Academy of Management Review, 4(4), 497–505
- Cheung, D., Welford, R., Hills, P. 2009. CSR & the Environment: Business-Supply Chain
Partnerships in Hong Kong & the PRDR of China, Corporate Social Responsibility and
Environmental Management, 16(5)
- Christiane Bourbonnais (Cohésion)
- Gnanzou, D., Fosso Wamba, S. 2014. Opérationnalisation de la RSE dans les entreprises en
Afrique : Retours d’expériences à travers une étude comparative de deux entreprises
industrielles ivoiriennes, RSE Martinique, 25 au 28 février
- Joël Ntsondé, Franck Aggeri, Repenser la RSE dans le contexte d’un pays en voie de
développement, le cas de l’économie circulaire au Cameroun ; Centre de Gestion Scientifique
(CGS), UMR CNRS i3 9217, Mines ParisTech, PSL Research University
- Kamdem, E. 2013. Développement durable et responsabilité sociétale des entreprises : Regard
sur quelques expériences camerounaises, Université du GICAM, Douala, 21-23 juin
Kamdem, E. [dir] 2016. Innovation entrepreneuriale et développement durable en Afrique :
défis et opportunités, Etudes africaines

Page 62
- Moskolaï, D.D., Tsapi, V., Feudjo, J.R. 2016. État des lieux de la Responsabilité Sociétale des
Entreprises au Cameroun, Management & Avenir, no 86, p. 139-162
- Ngaha Bah, A. 2016. Entrepreneuriat social et stratégies RSE de grandes entreprises : un
rapprochement opportun dans les pays en développement ? Etudes de cas au Sénégal, dans 40
- Kamdem, E. [dir] Innovation entrepreneuriale et développement durable en Afrique : défis et
opportunités, Etudes africaines
- Ngongang, D. 2016. Préoccupations de développement durable dans les entreprises
camerounaises : une analyse empirique des déterminants dans Kamdem, E. [dir] Innovation
entrepreneuriale et développement durable en Afrique : défis et opportunités, Etudes
africaines
- Orlitzky, M., Schmidt, F.L., Rynes, S.L. 2003. Corporate Social and Financial Performance:
A Meta-Analysis, Organization Studies, 24(3), 103-141
- Tené, T. 2011. Manifeste de Douala sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises en
Afrique, Douala
- Wamba, L.D., Simo B. & Nimpa A.T. 2014. La responsabilité sociale d’entreprise dans les
P.M.E. africaines : bilan, enjeux et perspectives, Revue congolaise de gestion, vol I, n19 41
- Wong, A. 2012. Il existe une RSE africaine qui ne dit pas son nom, Novethic
- Wong, A. 2016. La dimension interculturelle de la RSE en Afrique : une RSE africaine qui ne
dit pas son nom, dans Kamdem, E. [dir] Innovation entrepreneuriale et développement
durable en Afrique : défis et opportunités, Etudes africaines
- Wood, D. 1991. Corporate Social Performance Revisited, The Academy of Management
Review, 16(4), 691–717
- Zahrani, F., Naquin, P., & Ngnikam, E. 2006. Précollecte des déchets ménagers dans les pays
en développement : comment évaluer les actions menées?, Revue francophone d’écologie
industrielle, n°43, septembre 2006. p.31 – 43

Page 63
1. Webographie

- https://www.investiraucameroun.com/ 
- https://www.mataf.net
- https://basepub.dauphine.fr
-  http://www.cemac.int/
- https://www.memoireonline.com/07/17/9979/Limpact-de-la-RSE-Responsabilite-Sociale-
des-Entreprises-dans-la-politique-de-communication-dun.html

2. Sources Internes du groupe Miguel Khoury

- Documents d’information sur le groupe Miguel Khoury ;


- Déclarations statistiques et fiscal 2017, 2018, 2019 ;
- Documents du département Hygiène et sécurité groupe Miguel Khoury.
-

Page 64
ANNEXES

Annexe 1 : Guide d’entretien

Annexe 2 : Questionnaire d’enquête

Annexe 3 : Note 35 (extrait des notes annexes du système comptable ohada révisé)

Annexe 4 : Reporting sociétale environnementale : cas de CITEL SCOP

Page 65
Annexe 1 : Guide d’entretien

De ce fait, après avoir opéré un bref détour sur la notion de RSE et sur les objectifs poursuivis
par notre étude, l'essentiel de l'entretien a porté sur les six thèmes suivants :

thème à étudier Détails


La responsabilité sociale de afin d'amener le répondant à définir la RSE, l'identifier
l'entreprise  au sein de son organisation et tester ses connaissances
des instances impliquées dans la RSE 
Engagement sociétal de l'entreprise  afin d'identifier les politiques de RSE de l'entreprise,
ses démarches et les domaines couverts par ses actions 
Place de la RSE et implication dans afin de déterminer la place tant interne qu'externe
la stratégie d'entreprise  qu'occupe la RSE dans le management d'entreprise 
Évaluation des conséquences des : afin de déceler l'incidence et les avantages inhérents à
activités de RSE  la mise en œuvre d'une politique responsable au sein
l'entreprise 
Difficultés rencontrées lors de la afin de discerner les types de difficultés rencontrées
mise en œuvre de la RSE  par l'entreprise camerounaise dans la mise en œuvre
d'une politique de RSE 

Page 66
Annexe 2 : Questionnaire d’enquête

 La question de savoir : S’ils mènent-ils des actions socialement responsables ?

 La question de savoir : S’ils Publient ou communiques-t-il des actions menées ?

 Si oui, ont-elles une charte pour le reporting social ?

 Améliore-t-il l’image de leurs entreprises vis-à-vis des parties prenantes ?

 Existe-t-il une corrélation (positive ou négative) en l’application d’un reporting social

et la performance de leurs entreprises ?

Page 67
Annexe 3 : Note 35 (extrait des notes annexes du système comptable ohada révisé)

Page 68
ANNEXE 4 : Exemple (ou modèle) de Reporting sociétale environnementale : cas de CITEL
SCOP qui est spécialisé dans la fabrication du matériel électrique et des télécommunications.

Page 69
Page 70
Page 71
Page 72
Page 73
Page 74
Page 75
Page 76
Page 77
Page 78
Page 79
Page 80
Page 81
Page 82
Page 83
Page 84
TABLE DES MATIERES

Table des matières

SOMMAIRE...........................................................................................................................................i
DEDICACE............................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS.............................................................................................................................iii
LISTE DES ABREVIATIONS..............................................................................................................iv
RESUME................................................................................................................................................v
ABSTRACT..........................................................................................................................................vi
EPIGRAPHE........................................................................................................................................vii
INTRODUCTION GENERALE............................................................................................................1
PARTIE 1 : Panoramique de l’entreprise et revue de littérature du Reporting sociétal dans les
entreprises..............................................................................................................................................6
CHAPITRE 1 : Panoramique de l’entreprise......................................................................................7
SECTION 1 : Présentation de l’organisation et fonctionnement du groupe Miguel Khoury..........7
SECTION 2 : Structure interne du groupe Miguel Khoury............................................................9
CHAPITRE 2 : Analyse de la notion de Reporting sociétal, approches théorique et regard selon
OHADA...........................................................................................................................................15
Section 1 : Analyse du contour de la notion de Reporting sociétal...............................................15
Section 2 : Approches théorique du Reporting sociétal................................................................25
Section 3 : Regard du reporting sociétal selon l’OHADA............................................................29
a. L’idée de RSE dans le droit Ohada, fondement et ouverture....................................................31
Partie 2 : Appréciation empirique du reporting sociétal dans les entreprises : Cas Groupe Miguel
Khoury.................................................................................................................................................35
CHAPITRE 3 : Cadre Méthodologique du reporting sociétal dans une entreprise...........................36
Section 1 : Actions sociétales menées par le groupe Miguel Khoury...........................................36
Section 2 : Méthodologie du reporting sociétal dans une entreprise.............................................37
Section 3 : Etude de cas du reporting sociétal au sein du groupe Miguel Khoury et dans d’autres
entreprises....................................................................................................................................43
CHAPITRE 4 : Résultats et implications managériales....................................................................56
Section 1 : Défaillances observées dans l’application du reporting sociétal dans l’entreprise......56
Section 2 : Résultat et implications managériale..........................................................................57
CONCLUSION GENERALE..............................................................................................................60
BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................................................61
ANNEXES...........................................................................................................................................64
TABLE DES MATIERES....................................................................................................................84

Page 85
Page 86