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CACAOCULTURE EN COTE D’IVOIRE

INTRODUCTION

Une culture industrielle est une espèce végétale cultivée dans le but d'alimenter
en matières premières des industries de transformation, y compris dans le
secteur agro-alimentaire. C'est une activité qui permet de diversifier et de
valoriser la production agricole, et également de limiter les besoins
d'importation. Ces cultures sont généralement des cultures de plein champ.

Dans le cas de notre étude nous nous intéresserons à la culture du cacaoyer.

I°) ORIGINE DE LA CACAOCULTURE EN COTE D’IVOIRE

Avant d’arriver en terre ivoirienne en 1880, le cacaoyer a eu une longue histoire qu’il n’est
pas superflu de raconter brièvement.

En effet, reconnu comme boisson sacrée des dieux mexicains, ce qui confirme son nom
scientifique <<Théobroma cacao >>le cacaoyer cultivé au Mexique, fut introduit dans les iles
du vent à Trinidad en 1529, puis en Jamaïque. Il est cultivé sporadiquement au Brésil et il faut
attendre le XIXe siècle pour que les ports de l’Amazonie deviennent des exportateurs de
cacao. C’est vers le milieu du XIXe siècle, à l’initiative de missionnaire suisse que des essais
de culture de cacao furent réalisés à akropong au Ghana avec des fèves provenant du
Surinam. Ce fut un échec car la sécheresse et les insectes causèrent des ravages. D’autres
expériences seront réalisées jusqu'à une maitrise des conditions de culture. C’est seulement en
1888, que la cacaoculture sera introduite en Côte d’ivoire par verdier.

II°) PRESENTATION DU CACAOYER

2.1 Botanique
2.1.1 Position systématique
Le cacaoyer (Théobroma cacao) appartient à la famille des sterculiacées comprenant mille
espèces réparties en cinquante genres. La classification classique de Théobroma cacao est la
suite :
Règne : Plantae
Division : Magnoliophida
Classe : Magnoliopsida
Ordre : malvales
Famille : Sterculiacea
Tribu : Byttnerieae

Genre : Théobroma
Espèce : Théobroma cacao

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KOUAME Bohoussou Ingénieur Agronome INP-HB
2.1.2 : Racines

Après germination de la graine, la racine prend la forme d’un pivot, qui donne naissance à
des racines latérales.

Les racines latérales sont abondantes chez le jeune cacaoyer et se repartissent sur toute la
couche humifère superficielle du sol.

-un pivot central, vertical qui s’enfonce jusqu’à 2 mètres.

- des racines latérales qui naissent sur le pivot :

*Sur les premiers 50 cm,

*à direction sensiblement horizontale,

*pouvant atteindre 2 à 3 m de longueur.

-de très nombreuses racines superficielles fibreuses :

* sur le second se développant les racines latérales,

*se situant principalement dans la couche superficielle du sol.

2.1. 3 .But de la culture

Le cacao est une culture de rente dont le commerce présente environ 4 milliards de dollars
US par an, soit 2284 milliards de CFA. Il est cultivé pour ses fèves dont une grande partie est
exportée généralement vers les pays du nord ou il est ensuite transformé en divers produits
finis ou semi-finis (poudre, beurre, tourteaux, pâte, liqueur, chocolat et produits chocolatés).

2.1.4 .Caractères de l’appareil reproducteur


 Les fleurs
Les fleurs se développent à même le tronc, sur des coussinets foliaires floraux situé à
l’aisselle des anciennes feuilles. On peut voir sur chaque coussinet plusieurs fleurs à des
stades de développement différents et groupés en une inflorescence en cyme. Chaque fleur
comprend :
 Cinq pétales blanc rosé, soudés à la base ;
 Cinq pétales libres, de forme très particulière. Leur partie basale est en effet renflée en
une poche se prolongeant par une languette dont l’extrémité est étalée en spatule.
 L’androcée, qui est formée de dix pièces soudées à leur base en un tube très court. On
trouve cinq staminodes, dépourvues d’anthères qui alternent avec les pétales et cinq
étamines ;
 L’ovaire supère qui est divisé en cinq loges contenant chacune six à dix ovules à
placentation axile.

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FIGURE I: FLEURES ET BOUTONS DU CACAOYER
 Voie de reproduction

La pollinisation entomophile est de règle chez le cacaoyer, le contact du pollen avec les
stigmates de la même fleur étant rendu difficile par la suit par la disposition des anthères
cachées dans les pétales. Aussi le vent ne peut-il pas jouer un rôle important dans le transport
des graines de pollen visqueux, qui restent agglomérés en une masse. Par ailleurs les fleurs
sont visitées par des insectes variés, en particulier des Diptères (forcipomya) qui se couvrant
de pollen au contact des étamines, vont le porter sur le stigmate d’autre fleurs au gré de leur
voyage.

2.1.5. Appareil végétatif

 La feuille
Les feuilles, molles, poilues, et colorées en vert jaunâtre ou rose à l’éclosion des bourgeons
deviennent glabre (dépourvu de poils voir figure 2), vert foncé et luisantes à maturité. A leur
base, se trouvent deux stipules caduques. Le limbe entier, ovale, lancéolé, à nervation pennée,
peut atteindre 50 cm de long sur 20 cm de large.

FIGURE II : UNE FEUILLE DE CACAOYER

Le tronc

La croissance en hauteur de la tige n’est pas continue. Vers l’âge de 18 mois elle est
interrompue. L’extrémité présente l’aspect caractéristique d’un massif de 5 bourgeons
axillaires (se dit des organes qui naissent dans l’angle formé par les tiges et le rameau ou les

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feuilles) disposés en verticille (groupe de plus deux feuilles qui naissent au même niveau sur
la tige) et dont le développement donne naissance à 5 branches plagiotropes (oblique)
formant la couronne. Le port des branche et des ramifications secondaires est subhorizontal
(plagiotropie).

FIGUREIII : TRONC DE CACAOYER

2.1.6. Exigences écologique

Deux types d’exigences peuvent être relevés :

- les exigences édaphiques ;

- les exigences climatiques ;

Parlant des exigences édaphiques, on note que la morphologie du cacaoyer impose un volume
de sol suffisant pour que la racine pivotante puisse s’enfoncer sans être gênée par de
mauvaises conditions physiques. Il faut donc un sol assez profond dont les horizons
présentent les caractéristiques suivantes :

-première horizon : 30 cm d’épaisseur, humifère à texture légère, constitué par décomposition


de feuille de matières organiques ;

-deuxième horizon : 60 à 90 cm d’épaisseur, argile plus ou moins sableuse ;

-troisième horizon : de profondeur variable, plus argileux.

Quant aux exigences climatiques, on retient que le cacaoyer exige un minimum de 1500
millimètre de pluies par an. Il peut cependant végéter correctement avec 1100 et 1200
millimètre de pluies dans les régions à sols riches et profonds.
Aussi l’optimum en termes d’humidité doit se situer autour de 85%. Toutefois une humidité
supérieure à cette valeur peut être cause de maladies cryptogamique (due aux champignons)
telle la pourriture brune des cabosses. Par ailleurs il est établit que le cacao peut supporter des
températures allant à 31°C. Il peut en supporter de base à condition qu’elle soit de courte
durée.

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III°) DESCRIPTION DU FRUIT DU CACAOYER : LE CACAO

3.1 Description morphologique

Le fruit du cacaoyer est appelé cabosse. C’est une baie (fruit indéhiscent (qui ne s’éclate pas à
maturité) dont le péricarpe entièrement charnu, renfermé des graines ou pépins) dont la
forme est en général ovoïde. Les cabosses poussent sur le tronc et les grosses branches de
l’arbre. Elles mesurent de 15 à 20 cm de long et 10 à 15 cm de large. Elles contiennent entre
30 et 40 graines chacune. Les graines sont entourées d’une pulpe abondante et sucrée : le
mucilage.

FIGURE IV : FEVE DE CACAO

Presque toute le volume de la graine est occupé par deux cotylédons réunis à leur base au
germe (radicelle et gemmule : embryon de la plante. Contrairement à la plupart des fruits, les
cabosses ne peuvent pas répandre leurs graines sur le sol pour se reproduire : elle ne tombe
jamais! Quant à leurs fèves, elles se dessèchent sur place et disparaissent. La propagation du
cacaoyer par graine n’est donc possible que lorsque le fruit, cassé par accident (par un animal
qui cherche à le manger), laisse tomber quelques fèves ou lorsque l’homme entreprend de le
cultiver.

Criollo x Forastero = Trinitario

FIGURE V : DIFFERENTES COULEURS DE CABOSSES DE CACAO

3.2 Variété de cacao et caractéristique

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Il en existe trois :

 Le Criollo est fin est originaire d’Amérique centrale et du Mexique. Ses cabosses
sont de couleur verte ou rouge à maturité, verruqueuse (voir plume de papillon) et de
forme allongée. Quant aux fèves, elles sont grosses, claire il ne correspond cependant
qu’à 1% de la production mondiale car il est fragile et sensible aux maladies.

 Le Forastero présente des cabosses le plus souvent vertes et jaune à maturité. Ses
fèves sont violettes. Il provienne de l’Amazonie. C’est le cacao le plus produit dans
le monde (près de 80%).

 Le Trinitario est un hybride entre les deux groupes précédents. Il a été identifié à
Trinidad. Ce cacao représente 20% de la production mondiale.

IV°) IMPORTANCE DE LA CACAOCULTURE

4.1 Importance alimentaire

Certes, plus de 80% de la production cacaoyère en côte d’ivoire est importée. Cependant il
existe plusieurs industries de transformations telles qui mettent à la disposition des
populations des produits finis comme le chocolat.

4.2 Importance économique

La côte d’ivoire demeure, avec 40% de la production, le premier producteur mondial de cacao
devant le Ghana. La production provient de 2,5 millions d’hectares de plantations exploité par
environ 700.000 producteurs avec un rendement moyen de l’ordre de 500 kg /ha, c’est dire
que cette culture a un point économique incontestable en côte d’ivoire.

Zones de production du cacao en côte d’ivoire

Le cacao est cultivé dans la moitié sud de la côte d’ivoire surtout dans la région de la
moyenne côte d’ivoire (Gagnoa, Tiassalé, Divo, Lakota Soubré, Daloa…etc.). On trouve
également des cacaoyères dans la basse côte d’ivoire (Guiglo).

V°) SYSTEME TECHNIQUE DE PRODUCTION

Le système technique de production constitue l’ensemble des processus techniques adoptés


par un exploitant dans la conduite des cultures.

5.1 Opérations avant exploitation

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Choix du terrain

Le choix du terrain est définitif qu’après la réalisation d’un test de fertilité. Ce test mené par
l’exploitant lui-même consiste à analyser la structure du sol en prenant en compte les
paramètres suivants :

 Le taux d’éléments grossier ;


 Le taux d’humidité ;
 La proportion de sable
Ainsi une forte proportion en éléments grossiers et/ou, un taux d’humidité élevé et /ou un sol
trop sableux sont des indices de l’inaptitude d’un sol à la culture du cacao. De façon pratique,
affirme, ces tests font par simple observation et par le toucher. On creuse un trou d’environ
1m de profondeur pour vérifier la présence ou l’absence de cailloux qui pourrait dans le
deuxième cas empêcher le développement du système racinaire.

5.2 Défrichement

Une fois le terrain choisi, celui-ci doit faire l’objet d’un défrichement qui par principe consiste
pour l’exploitant à couper le sous-bois et à abattre les gros arbres en prenant soin toutefois
d’en laisser quelque uns pour l’ombrage.

FIGURE VI : UNE PARCELLE DEFRICHEE

VI°) ITINERAIRE TECHNIQUE DE PRODUCTION

6.1 Acquisition du matériel végétal

L’acquisition des semences dans le passé, passait par des jours de travaux chez un exploitant
disposant déjà d’une cacaoyère. Précisément, un jour de travail donnait droit à 20 cabosses.
Mais aujourd’hui les cabosses proviennent des structures de recherches, il s’agit de semences
sélectionnées.

6.2 Réalisation de la pépinière

Définition de la pépinière :

La pépinière est le lieu où l’on produit les plants à mettre en terre.

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La réalisation de la pépinière constitue une étape incontournable dans la réalisation d’une
cacaoyère. Cette méthode s’est avéré plus prolifique que le semis directe et cela parce qu’elle
favorise une entrée en production plus précoce, une production plus abondante, une sélection
des plants au moment de la mise en terre, une meilleure résistance des semences aux parasites.
Concrètement cette méthode consiste pour l’exploitant à semer les fèves sélectionnées
(provenant de cabosses bien mûres), dépourvues de leur mucilage, dans des sachets de
polyéthylène perforés et remplis de bonne terre végétale. La fève est enfoncée à 1,5 cm de
profondeur, l’hile vers le bas. Une fois ensemencés, les sachets sont séparés l’un de l’autre de
7 à 8 cm et disposés par rangée distants de 20 cm pour faciliter les opérations d’entretien.
Tous ces plants sont sous un abri constitué de feuille de Raphia ou de palme et admettant la
moitié de la luminosité extérieure.

FIGUREVII : DEUX TYPES DE PEPINIERE

Entretien de la pépinière

Une fois la pépinière réalisée, elle doit être l’objet de soins particuliers. Des fréquences
d’arrosage et de désherbage doivent être rigoureusement respectées par le paysan. Par
principe, la fréquence d’arrosage est déterminée par l’état de dessiccation des pots : une
pression du doigt sur toute la hauteur du pot doit donner une impression de <<moelleux>>, (la
douceur) le pot est alors suffisamment humecté (rendre humide). En générale les pépinières
sont irriguées deux fois par jour en période sèche, de préférence tôt le matin et tard le soir afin
d’éviter tout déséquilibre hydrique des feuilles. En période pluvieuse, un seul arrosage par
jour devrait suffire. Quant au désherbage, il est effectué régulièrement ainsi que le

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redressement des pots tombé ou inclinés. De l’engrais (urée) peut-être apportés aux jeunes
plants 1à 2 fois durant le séjour en pépinière (le cinquième et le septième mois). L’ombre est
diminué progressivement un mois environ avant la transplantation pour habituer les jeunes
plants à un éclairage plus fort. Il est aussi très important de réaliser la pépinière à proximité
d’un point d’eau pour faciliter les opérations d’arrosage.

FIGURE VIII : OPERATIONS D’ARROSAGE.

6.3 Préparation de l’exploitation et mise en terre des pépinières (planting)

 Le piquetage

Le piquetage à lieu en avril et fait suit au défrichement. Il consiste à prévoir l’emplacement


des plants par des piquets en bois ou en bambou. Plusieurs dispositifs peuvent être adoptés
(plantation en quinconce, en triangle équilatéral ou isocèle, en ligne équidistants). Le plus
simple et le plus utilisé est le dispositif en ligne car il permettrait d’obtenir de meilleur
rendement du fait que le sol est entièrement exploité par les racines.

 La trouaison

Elle s’effectue en mai, une quinzaine de jour avant la date prévue pour le planting. Elle
consiste à creuser des trous suivant la disposition adoptée lors du piquetage. En général, les
trous sont creusés à une profondeur de 30cm, et ont un volume de 30 cm3. Ils doivent être
comblés dans les jours qui suivent afin d’éviter la dessiccation des parois sous l’effet du
soleil et de permettre au sol de se tasser.

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Terre rouge Terre noire

Pelle
40cm

Profondeur du trou 40cm

FIGURE IX: OPERATION DE TROUAISON

6.4 Le planter (planting)

Le planting a lieu en mai-juin au début de la grande saison des pluies, seul les plants
vigoureux seront sélectionnés pour cette opération. De façon pratique elle consiste à couper
la base du sa chet à l’aide d’une machette. La racine pivotante est également coupée si elle
présent une extrémité tordue ou repliée. Ensuite le sachet est placé dans le trou de manière à
ce que le collet soit au niveau du sol. Le sachet de polyéthylène est alors déchiré sur les côtés
et retiré du trou sans endommager la motte de terre qu’il contient. Il est indispensable de
retirer le sachet de polyéthylène pour faciliter le développement des racines. On rebouche le
trou en plaçant au fond la terre superficielle. Cette étape est achevée en piétinant le sol autour
du plant. Le cacaoyer est planté sous forêt, soit sous recrû végétale naturel, soit sous
bananiers. Cependant plusieurs rejets de bananes vont mourir, par conséquent, il a fallut
mettre en place une ombrière de secours constituer de plants de manioc pour remplacer les
plants de bananier La densité recommandée par les agents de l’ANADER, est de 3 m ×2,5 m,
soit environ 1333 pieds de cacaoyer par hectare. Quant aux plants constituant l’ombrière, ils
ont été disposés comme suit :

 Les plants de manioc ont été disposés dans les interlignes des cacaoyers sur la
longueur ;
 Quant aux rejets de bananiers, un rejet est disposé entre 2 plants de cacaoyers en
quinconce.

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FIGURE X : TROU DE PLANTATION ET PLANT DE CACAOYER EN TERRE

FIGUREXI: PLANTS DE MANIOCS ET DE BANANIERS DISPOSES ENTRE 4


PLANTS DE CACAOYERS.

FIGURE XII ET XIII : OPERATION D’ENTRETIEN DE LA CACAOYERE

6.5 Lutte contre les mauvaises herbes

C’est une opération très importante de l’itinéraire technique. Elle va consister à


débarrasser la plantation des adventices, des gourmands et des plantes parasites telles le

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Loranthus de sorte à minimiser les compétitions nutritionnelles avec les plants de
cacaoyer. La lutte contre les adventices peut prendre deux formes :

 Elle peut être chimique


 Elle peut être manuelle.

Dans le premier cas, l’exploitant utilise des herbicides qu’il épand sur les herbes à l’aide d’un
pulvérisateur. Quant à la seconde méthode, elle s’appuie sur l’utilisation d’outils tels que les
machettes ou les dabas pour l’élimination des mauvaises herbes

VII °) MALADIES ET ENNEMIS

Maladies

Les maladies cryptogamiques notamment la pourriture brune des cabosses est causée par
phytophtora palmivora. L’infection, née de la pénétration d’une zoospore dans le péricarpe,
est visible deux ou trois jours sous l’aspect d’une tache brune qui va porter des sporocystes 3
à 5 jours plus tard.

Matures en quelques heures sous atmosphère humide, ceux-ci libèrent leur zoospore qui est
dispersés par de fortes pluies. En plus l’action des ras et les écureuils est aussi notable sur
l’exploitation. Ils rongent les cabosses pour en sucer le jus. La lutte contre ces différentes
maladies et leurs agents exige des traitements phytosanitaires. Parmi les produits utilisés par
l’exploitant précisément contre les insectes on distingue l’Engeo (Lambdacyhalothrine 10g/l
et thiamethane 14g/l), le cacaonet et le Caoforce.

- Dépérissement des jeunes cabosses (Wilt)

Il s’observe aux environs du 2ème mois de la formation des cabosses. Cette maladie semble
liée aux déficiences du sol en eau et en éléments fertilisants.

 Maladies cryptogamiques

- Les pourridiés

Ils sont provoqués par un champignon des racines qui provoque la mort subite de l’arbre, c’est
l’apoplexie.

Il y a un risque de contamination lorsque les arbres morts sont laissés en place.

Il faut donc arracher les plantes atteintes

- Pourriture des cabosses

Elles sont provoquées par :

Phytophtora palmivora spéciés pour la pourriture brune

BotrygdiloÏdia Théobroma, pour la pourriture noire et à Trachysphora.

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Les dégâts peuvent être importants sur les jeunes cabosses.

Moyen de lutte :

Il faut enlever et détruire les cabosses attentes pour éviter la propagation.

Appliquer des bouillies cupriours.

-Maladies à virose :

Swollen-Shoot (rameaux gonflés).

Les symptômes sont divers :

On observe les tâches sur les feuilles, rameaux gonflés, raccourcissement des entre-nœuds.

Moyen de lutte :

Arracher des arbres malades et des voisins immédiats

Ennemis

Les dégâts les plus importants rencontrés sur les exploitations sont dus à une famille
d’insectes piqueurs de morphologie diverses : les mirides. Les piqures, principalement sur les
jeunes cabosses et jeunes rameaux, se traduisent par des nécroses pouvant entrainer la mort
de ces derniers. Le jaunissement de façon précoce des cabosses. Ce symptôme est imputable à
l’action de la punaise pentatomide (Bathucoelia ovalis). D’autres insectes tels que les
coléoptères et les lépidotères défoliateurs, la chenille mineuse du tronc causent d’énorme
dégât à l’exploitation.

*Mirides (DISTANTIELLA ET SAHLBERCELLA)

Dégâts :

- Piqure se traduisant par des tâches noires sur les gourmands et cabosses ;
- Dessèchement des branchettes et des feuilles ;
- Pourriture des cabosses ;

Moyens de lutte :
- gamma 20
- Carbamate 80 ,300 gr ma /ha dans 100 litres d’eau, soit 375 gr de poudre mouillable
- effectuer 2 passages à 1 mois d’intervalle (28 jours)en juillet- août jusqu’à mi-
septembre
Helopeltis
(Voir mirides)
Cicadelles
Dégâts

Nécrose de l’extrémité des feuilles jeunes tâches gagnant les bords des limbes.

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Feuilles se recroquevillant, leur chute entrainant le dessèchement des rameaux.

Moyens de lutte

Le même que pour les mirides, en insistant sur la surface inférieur des feuilles.

Il faut faire 2 à 3 passages à 3 semaines d’intervalle avec Magirol 30 à raison de 4 litres de


produit dans 100 litres d’eau.

Punaise pentatomide (BATHYCOELIA SP).

Dégâts

Se rencontre essentiellement sur les plantes adultes. Elles attaquent sur les cabosses qui
jaunissent avant maturité à partir du pédoncule, et pourrissent par la suite

Moyens de lutte

Sumifène : 1 litre dans 100 litres d’H2O

Thiodan : 1 litre dans 100 litres d’H2O

Thrips (HELIOTHIOS RUBROCINSTUS).

Dégâts

Insecte noirâtre (2 mm) se fixant sur la face inferieure des feuilles.

Larves jaunâtres aux 2 premiers segments abdominaux colores en rouge.

Ces insectes pullulent en saison des pluies en général

On observe la piqûre de larves et des adultes sur les nervures et le limbe, avec apparition de
tâches jaunes (chlorose), devenant noirâtres.

Si l’attaque est sérieuse, on peut avoir la défoliation du du cacaoyer

Moyens de lutte

Olaldrina 20 à raison de 300 cc dans 10 litres d’eau en atomisation

Précaution d’emploi des produits

-Eviter le contact du produit avec les yeux et la peau ;

-Ne pas inhaler les vapeurs du produit et le brouillard de pulvérisateur ;

-Ne pas fumer, boire ou manger pendant la manipulation du produit ;

-Porter une tenue de protection (botte, gants, masque et chapeau).

Laver tout ce équipement après chaque traitement

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-Après chaque traitement, se laver avec du savon ;

-Ne pas contaminer les puits, les étangs et les cours d’eau en y déversant du produit, du
mélange et des emballages vides, les brûler ou les enterrer après avoir bien rincés ;

-Stocker les produits et les appareils hors de portée des enfants et les animaux.

VII. Récolte

La récolte est l’opération qui consiste pour le paysan à détacher le cacao à maturité des
coussinets floraux en évitant de blesser ceux-ci. En général, on distingue deux récoltes, celle
de septembre à janvier et celle réalisé entre avril et juin. Dans la pratique, cette opération est
réalisée manuellement à l’aide de sécateurs, de machettes ou d’émondoirs. Une fois que les
cabosses sont détachées des coussinets, elles sont recueillies dans des paniers et acheminées
vers le lieu ou se fera l’écabossage.

FIGURE XIV : CACAO RECOLTE

Opérations post récolte

Ecabossage

C’est l’opération qui permet d’ouvrir les cabosses et d’en extraire les grains (fèves). Elle a
lieu après la récolte et constitue l’une des opérations qui requiert le plus de main d’œuvre.
C’est précisément à ce stade de l’itinéraire technique qu’interviennent des groupes
d’entraides. Le matériel utilisé pour cette opération est constitué de machettes normales et de
machettes confectionnées en réduisant la lame de machettes usées. Selon l’exploitant cet outil
est très pratique et plus rapide dans l’exécution de la tache comparativement aux gourdins
recommandés.

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FIGURES XV ET XVI: OPERATION D’ECABOSSAGE ET PETITE MACHETTE
UTILISEE POUR L’ECABOSSAGE.

Par ailleurs, l’écabossage a lieu insitu, c’est-à-dire sur l’exploitation donc les débris de cacao
(cortex) sont laissés au champ. Voir Figure XVII ci-dessous.

FIGUREXVII : CORTEX DE CACAO

VIII. Fermentation

La fermentation du cacao est l’étape la plus importante de la première transformation.

Elle a pour but d’éliminer une grande partie de la pulpe qui entoure les grains, de supprimer le
pouvoir germinatif et de développer les précurseurs de l’arôme.

8.1 Comment est réalisée cette opération

Les fèves obtenues à la suite de l’écabossage sont recueillies dans des sceaux ou des bassines
et ensuite déversées sur des feuilles de bananier. Préalablement ces feuilles sont placées dans
un petit cadre réalisé à l’aide de tronc de bananier et le tout est disposé sur une pente. Ainsi,
cette disposition favorise l’extraction du jus de cacao très prisé par les exploitants et leurs
familles.

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FIGURE XVIII: DIPOSITIF POUR LA FERMENTATION

Les fèves une fois déposées sur les feuilles de bananiers, sont recouvertes. Elles subissent un
brassage d’aération par intervalle régulier de temps. Ainsi procéder au brassage 3 jours après
que les fèves soient recouvertes, puis recouvrir les fèves jusqu’au 7e jour ou les fèves
devraient être pour le séchage.

8.2 Séchage

Son but est d’arrêter la fermentation, de diminuer la teneur en eau des fèves fermentées de
55% à 7% pour assurer leur bonne conservation et d’éliminer une grande partie de l’acide
acétique formé pendant la fermentation. Pour le séchage, l’on utilise des bâches sur lesquels
sont étalées les fèves au soleil. La durée de cette opération est fonction des données
climatiques. En effet en saison sèche, 5jours suffisent pour sécher convenablement les fèves
ce qui n’est pas le cas pour une période moins ensoleillée. Les fèves sont bien sèches
lorsqu’elles croustillent si on les pressent dans la main.

8.3 Stockage

Cette opération intervient après le séchage. Elle va consister à mettre les fèves séchées dans
des sacs. Pour ce faire des sacs de 65 kg qui une fois remplit de fèves sont stockés dans le
magasin pré- collecteur. Il est important de stocker les sacs sur des palettes et d’éviter de les
disposer contre le mur pour empêcher que les fèves s’humidifient.

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CONCLUSION

La Côte d’Ivoire reste toujours le premier producteur mondial du cacao et le prix bord champ
de la campagne 2017-2018 est fixé à 700 FCFA. Ce prix est fixé par le gouvernement
Ivoirien.

La majeure partie des plantations situées dans les zones forestières de basses et moyennes
altitudes, sont familiales.

Les cacaoyères fournissent deux grandes récoltes principales, de novembre à janvier et la


petite récolte intermédiaire (10 à15 %) du total entre avril et mai.

Cette petite récolte est caractérisée par la cueillette de fèves de plus petite taille.

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Innovation dans la recherche agronomique

08/07/2010

Le cacao Mercedes est une innovation dans la recherche agronomique et cela grâce à la station de
recherche sur le cacao de Divo, ville située à plus de 200km d’Abidjan.

Crée en 1957 sur une superficie de 35 ha, la station du Centre Nationale de Recherche
Agronomique en abrégé CNRA de Divo est située à 17 km de ladite ville et est spécialisé dans la
production des semences et de la recherche sur le cacao.

Actuellement, elle livre gratuitement les cabosses Mercedes à celui qui en fait la demande.

Mais avant de recevoir ces cabosses, il doit préparer une pépinière. Comment cela se passe t’il ?

D’abord le demandeur doit :

Construire une ombrière : c’est un Apatam dont la toiture est faite de feuilles de palme afin de
protéger les plants du soleil. Il faut la dresser à au moins 2 mètres de hauteur pour faciliter l’aération
de la pépinière et permettre une bonne circulation pendant les travaux.

Il est conseillé d’éviter de mettre la pépinière sous les arbres car 2 à 3 mois avant la plantation, il faut
réduire régulièrement l’ombrage pour préparer les plants à sa vie en plantation (à supporter la chaleur
du soleil).

L’ombrière doit être placée près de la future exploitation et près d’un point d’eau permanent pour
permettre l’arrosage des plants afin qu’ils se développent bien et soient vigoureux pour la plantation.

Remplir les sachets avec de la bonne terre ( terre humifère ’noire’, terre argileux ’rougeâtre’.)

Faites un mélange 2/3 1/3 de bonne terre c'est-à-dire si j’ai 2 brouettes de terre noire alors je dois
prendre 1 brouette de terre rouge.

Disposer les sachets sous l’ombrière : ils sont disposés selon un lot de 20 à 24 sachets jusqu’à
l’extrémité de l’ombrière. C’est à dire qu’on fait une double rangée de 20 à 24 sachets et on revient
pour installer une autre bande.

Entre la première et la deuxième bande, il faut laisser une allée d’au moins 0,60 mètres afin de
permettre l’entretien (désherbage..) et l’aération des plants.

Le semis : Semer les fèves dans les trois jours qui suivent et éviter de conserver les cabosses pendant
longtemps à cause de la fermentation.

Enfoncer le bout enflé de la fève (la gemmule) dans la terre ou bien du fait du mucilage semé en

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KOUAME Bohoussou Ingénieur Agronome INP-HB
le couchant dans la terre du sachet. Enfoncer la fève jusqu’à 2 cm.

Mettre une fève par sachet

Arroser les sachets qui ont reçu une fève par sachet.

Au bout de quelques jours (5 jours) a lieu la germination .Les deux cotylédons s’ouvrent pour laisser
s’élever la tige et 3 semaines après apparaissent les feuilles. Pendant la période pluvieuse (5 à 6 mois)
a lieu le planting.

La Côte d’Ivoire reste toujours le premier producteur mondial du cacao et le prix bord champ de la
campagne 2016-2017 est fixé à 1000 FCFA.

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KOUAME Bohoussou Ingénieur Agronome INP-HB

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