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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
UNIVERSITE DE DOUALA THE UNIVERSITY OF DOUALA

ECOLE NORMALE SUPERIEURE


D’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ENSET
ENSET

DIVISION DES TECHNIQUES INDUSTRIELLES


DEPARTEMENT DU GENIE MECANIQUE

Mécanique des Matériaux Composites


Programme destiné aux étudiants de Master à l’Université de DOUALA

1
 ( )  Cijkl  ij kl  ij   ( )   ij  Cijkl kl
2  ij

 C2 S2 0 0 0 CS 
 2 2 
 S C 0 0 0 CS 
 0 0 1 0 0 0 
T 1   
 0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0 
 
 2CS 2CS 0 0 0 C 2  S 2 

M 1  L X f

M m 1 L X f
Par Dr. NOAH Pierre Marcel Anicet
Enseignant au Département de Génie Mécanique
de l’ENSET de Douala
Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

PROGRAMME MASTER
MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES

ENSET

ECOLE NORMALE SUPERIEURE D’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE DE DOUALA


DIVISION DES TECHNIQUES INDUSTRIELLES
DEPARTEMENT DE GENIE MECANIQUE
FILIERE : GENIE MECANIQUE
UNITE D’ENSEIGNEMENT : MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES
NOMBRE DE CREDITS : 3-4
NIVEAU : MASTER

ENSEIGNANT : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

Contact Tel : 694 93 99 85 / 673 32 85 07 - Mail : noahpierre@yahoo.fr


Mail : noahpierremarcelanicet@gmail.com

PLAN DU COURS :

CHAPITRE I : PREREQUIS MATHEMATIQUES

1ERE PARTIE : PRESENTATION DU MONDE DES MATERIAUX COMPOSITES

CHAPITRE II : LES COMPOSITES

2EME PARTIE : PRINCIPE DU CALCUL MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES

CHAPITRE III : COMPORTEMENT ELASTIQUE DES MATERIAUX ANISOTROPES


CHAPITRE IV : COMPORTEMENT ELASTIQUE DES PLAQUES COMPOSITE STRATIFIEES
CHAPITRE V : CALCULS D'HOMOGENEISATIONS DES MATERIAUX COMPOSITES
CHAPITRE VI : THEORIE DES PLAQUES STRATIFIEES DE LOVE-KIRCHHOFF
CHAPITRE VII : DIMENSIONNEMENT DES STRUCTURES COMPOSITES
CHAPITRE VIII : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE POUR LES MATERIAUX COMPOSITES

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

CHAPITRE I : PREREQUIS MATHEMATIQUES

I.1. OPERATIONS SUR LES VECTEURS

I.2. DEFINITION

I.3. CLASSIFICATION DES VECTEURS

I.4. COMPOSANTES D’UN VECTEUR

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I.5. LOI DE COMPOSITION INTERNE : SOMME VECTORIELLE

I.5.1 Propriétés de la somme vectorielle

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I.5.2 Multiplication par un scalaire

I.6. COMBINAISON LINEAIRE DES VECTEURS

I.6.1. Dépendance et indépendance linéaire entre les vecteurs


I.6.1.1. Définition

I.6.1.2. Propriétés sur l’indépendance des vecteurs

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I.6.1.3. Propriétés sur la dépendance des vecteurs

I.7. PRODUIT SCALAIRE DE DEUX VECTEURS

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I.7.1 Propriétés du produit scalaire

I.7.2 Expression analytique du produit scalaire

I.7.3. Norme ou module d’un vecteur

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I.7.4. Vecteurs orthogonaux

I.7.5. Base orthonormée

I.8. PRODUIT VECTORIEL DE DEUX VECTEURS

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I.8.2. Produit vectoriel des vecteurs unitaires d’une base orthonormée

I.8.3. Expression analytique du produit vectoriel dans une base orthonormé


direct

I.8.4. Produit mixte

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I.8.5. Double produit vectoriel

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I.9. PROJECTION DES VECTEURS


I.9.1. Projection orthogonale d’un vecteur sur un axe

I.9.2. Projection orthogonale d’un vecteur sur un plan

I.10. DIVISION VECTORIELLE

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I.11. REGLE DES SINUS DANS UN TRIANGLE

I.12. LES SYSTEMES DE COORDONNEES (CARTESIENNES,


CYLINDRIQUES, SPHERIQUES…)
Selon la nature de la trajectoire d’une particule, sa position sera repérée par l’un des
systèmes de coordonnées : cartésiennes, cylindriques ou sphériques.
Soient R0 (o, x0 , y0 , z0 ) un repère direct orthonormé de base (i, j, k ) et M la particule à
repérer.

I.12.1. Système de coordonnées cartésiennes.


Dans R0, la position de la particule M est donnée par ses trois coordonnées
cartésiennes (x,y,z) telles que :

x = abscisse de M ; y = ordonnée de M ; z = côte de M.

x  Pr ojox OM ; y  Pr ojoy OM ; z  Pr ojoz OM

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Dans R0, le vecteur position s’écrit :

I.12.1.1. Déplacement élémentaire

Le vecteur déplacement élémentaire (M’est très voisin de M) s’écrit:

I.12.1.2. Longueur

I.12.1.3. Aires

I.12.1.4. Volumes

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I.13. Systèmes de coordonnées cylindriques.


Si la trajectoire du point M possède une symétrie axiale de révolution, il est intéressant
d’utiliser les coordonnées cylindriques de ce point (  ,  , z ) définies comme suit :  = Om
(m est la projection de M sur le plan (x0Oyo),   angle(Ox0 , Om) et z est la projection du
vecteur position OM sur l'axe Oz 0 .

Quand le point M décrit tout l’espace, les intervalles de variation de  ,  et z sont :


0< ρ< +∞ ; 0<φ<2π ; -∞< z < +∞

I.13.1.Deplacement élémentaire:
Le vecteur déplacement élémentaire MM ' (M’ très voisin de M) est:

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I.13.2. Cas particulier:


Si la trajectoire de M est plane, ce point peut être repéré par ses coordonnées polaires

I.13.3. Longueur élémentaire

I.13.4. Surface élémentaire

I.13.5. Volumes en coordonnées polaires et cylindriques


I.13.5.1. Volume du cylindre

I.13.5.2. Coordonnées polaires

I.14. Système de coordonnées sphériques.

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Lorsque le problème présente une symétrie sphérique autour d’un point O que l’on
prend pour origine du repère d’espace, il est pratique d’utiliser les coordonnées sphériques
(r , ,  ) de la particule à étudier telles que :

Quand M décrit tout l’espace,


0< r < +∞ ; 0<φ<2π ; 0< θ< π

I.14.1. Deplacement elementaire :


Le déplacement élémentaire de la particule M en coordonnées sphériques est donné
par:

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I.15. OPERATEURS ET VECTEURS


I.15.1 Opérateur gradient dans un repère orthonormé

Operateur 'NABLA'

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I.15.2 Opérateur divergence dans un repère orthonormé

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I.15..3 Opérateur rotationnel dans un repère orthonormé

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I.16. ROTATIONNEL

 Az ( x, y, z ) Ay ( x, y, z ) 
  
  y z 
 Ax ( x, y, z ) Az ( x, y, z ) 
xA    
  z x 
 Ay ( x, y, z ) Ax ( x, y, z ) 
  
 x y e x ,e y ,e z

En coordonnées sphériques :

 1   (h A )  (h A )    1   (sin  A )  ( A )  


       
 h h       r sin      
   1   ( A ) (r sin  A )  
1   (hr Ar )  (h A )  
xA        
r
 

 hr h   r   r sin    r 
   
 1   (h A )  (hr Ar )    1   (rA )  ( Ar )  
 r       
hh   er ,e ,e  r  r   
  r er ,e ,e

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I.17. LAPLACIEN

I.18. QUELQUES PROPRIETES

Exercice 1 : Rotation en bloc

Exercice 2

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Exercice 3

RESUME :
On va admettre un champ scalaire f et un champ vectoriel A .

 Coordonnées cartésiennes

 Coordonnées cylindriques

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 Coordonnées sphériques

EXERCICES ET SOLUTIONS

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I.19. CALCUL INDICIEL

I.19.1.convention d’Einstein

I.19.2. Symbole de KRONECKER

I.19.3. Symbole d'antisymétrie

I.19.4. Propriétés

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I.19.5. Notations

Exercice 1

Exercice 2

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1ERE PARTIE :

PRESENTATION DU
MONDE DES MATERIAUX
COMPOSITES

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CHAPITRE II : LES COMPOSITES

II.1.ORIGINE DES MATERIAUX COMPOSITES


Il y a plusieurs millénaires en Egypte ancienne: ils ont constatés une augmentation
significative des propriétés mécaniques des briques par adjonction de paille courte à l’argile
fraîche.

II.2. QU’EST-CE-QU’UN MATERIAU COMPOSITE ?


C’est un matériau en phase solide constitué d’au moins deux constituants gardant leur
nature intrinsèque et dont les qualités respectives se complètent pour former un matériau aux
performances globales améliorées.
Les matériaux composites sont différents d’un alliage métallique ou d’un composé
céramique

FigureII.1. Principe de fabrication d’un matériau composite.

FIGURE 1.1. Matériau composite.


Exemple de matériaux composites naturels :
– Bois : fibre de cellulose (renfort) dans une matrice de lignine ;
– Os : mélange complexe de collagène (matrice) et de phosphate de calcium
(renfort).

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II.3. ATOUTS DES MATERIAUX COMPOSITES :


Quelques atouts des matériaux composites sont :
Légèreté, résistance mécanique et chimique ;
Maintenance réduite, libertés de forme ;
Augmentation de la durée de vie de certains équipements ;
Meilleure tenue aux chocs et au feu, dont sont à l’origine du renforcement de la
sécurité ;
Meilleure isolation thermique, phonique et électrique.

Ils ont des Performances remarquables à l’origine de solutions technologiques


innovantes.

II.4. COMPOSITION D’UN COMPOSITE :


Un matériau composite est constitué de deux phases :
 La matrice: continue et qui enveloppe l’autre phase. C’est une phase continue qui assure
la cohésion, transfère et répartit les contraintes, protège des agressions extérieures
les renforts et commande la mise en œuvre ;
 Le matériau de renfort, enveloppé par la matrice. C’est une phase discontinue et souvent
filamentaire ou particulaire, à très hautes caractéristiques mécaniques, qui supporte le
principal des contraintes mécaniques, du composite (résistance et rigidité, tenue aux
chocs…) ;
 Charges et additifs: adhérence fibre/matrice (compatibilisants), pigments de coloration,
agents anti-UV…

Les propriétés des composites dépendent :

 Des propriétés et proportions des deux phases ;


 De la géométrie de la phase de renfort.

II.5. CLASSIFICATION DES COMPOSITES :

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

FigureII.1.1. Classification des composites.

II.6.COMPOSITES RENFORCES PAR DES PARTICULES :

II.6.1. RENFORCEMENT PAR DISPERSION (PETITES


PARTICULES) :
La Présence de petites particules freine le déplacement des dislocations (matrice
métallique) ;
L’efficacité de ce type de renforcement dépend des interactions à l’échelle atomiques
ou moléculaires (métal) entre la matrice et le renfort ;
Il faut des particules beaucoup plus petites (diamètre de 0,01μm à 0,1μm) ;
La matrice supporte la charge appliquée et les particules freinent les déplacements
des dislocations, ce qui entraine une diminution de la déformation plastique et une
augmentation de la résistance à la traction, limite d’élasticité et dureté ;
La Géométrie des particules est généralement variable, MAIS les dimensions sont
quasiment similaires dans toutes les directions ;
Le Renforcement est prononcé si on a des petites particules. Elles doivent être réparties
uniformément dans la matrice ;
On a une augmentation des propriétés mécaniques avec l’augmentation de la fraction
volumique de la phase de renfort.

II.6.2. GROSSES PARTICULES :


Les Interactions entre les particules et la matrice ne sont ni atomique ni moléculaire
MAIS relèvent de la mécanique classique ;

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

Les Particules de renforts, doivent être plus dures et plus rigides que la matrice, afin
de l’empêcher de se déplacer autour d’elles ;
Transmission des contraintes de la matrice aux particules, doit etre assurée, pour
optimiser des propriétés intrinsèques ;
Le Degré de renforcement des propriétés mécaniques pour ce type de composite,
dépend de la force de liaison (encrage mécanique) entre la matrice et les
particules ;
Elles sont Fabriquées à partir de métaux, de céramiques et de polymères. On rencontre
aussi des renforts biologiques (coques de noix…).

II.7. COMPOSITES RENFORCES PAR DES FIBRES :


Les fibres sont les matériaux de renfort les plus efficaces. Le renforcement par les
fibres est marqué lorsqu’il y a une bonne adhésion avec la matrice.
 Souvent la matrice est ductile. Dans ce cas, elle transmet aux fibres les contraintes
appliquées au composite ;
 La disposition et de la longueur des fibres, les unes par rapport aux autres ont une
influence sur les propriétés du composite.

II.8. COMPOSITES STRUCTURAUX :


On rencontre deux types : les stratifiés et les sandwichs.

II.8.1. COMPOSITE STRATIFIE :


Il est Composé de plusieurs couches (feuilles ou de panneaux) d’un matériau
anisotrope (unidir orthotrope);
On procède à une Superposition, entrecroisement et collage des couches. On obtient
généralement un produit isotrope dans le plan ;
Les Couches sont superposées et collées de façon à ce que la direction de leur plus
grande résistance varie d’une couche à l’autre.

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

FigureII.4. Représentation schématique d’un composite stratifié

 Exemple dans un contreplaqué, les fibres d’un pli font un angle droit avec celles du
pli précédent ;
 On rencontre plusieurs Fabrication de composites à fibres de coton, de papier ou de
verre dans une matrice polymère, qui possèdent des propriétés mécaniques
intéressantes ;
 Ils présentent une Grande résistance dans beaucoup de directions d’un même plan.

FIGURE : Architectures de renforts rencontrées

NB : cette partie est développée dans les Annexes de ce document.

II.3.2.1. ARCHITECTURE DES STRATIFIES :

Définition : Stratifié à base de plis unidirectionnels.

a. Elément de base : le pli unidirectionnel ou « unidir ».

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

FigureII .5. Présentation d’un pli « unidir »

Toutes les fibres sont orientées dans une seule direction.


b. Architecture : Le stratifié est constitué d’une superposition de pli unidirectionnels,
dont la direction des fibres est décalée dans chaque pli.

FigureII .6. Architecture des stratifiés.

II.3.2.2. DESIGNATION D’UN PLI :

 La numérotation des plis se fait à partir du pli inférieur ;


 On repère les plis par leurs côtes suivant la direction transversale et mesurées à partir
du milieu de l’épaisseur du stratifié : un pli numéroté n aura pour côte hn-1 et hn , hn-1
est la cote inférieure et hn est la cote supérieur du pli n ;
 Hn> 0 si elle est au-dessus du plan milieu et hn< 0 si elle est en dessous ;
 L’épaisseur du pli n est en = hn-hn-1 ;
 Le direction des fibres du pli n avec l’axe de référence x est d’signé par l’angle θn , en
degrés, entre la direction des fibres et x.

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

FigureII .7. Modélisation d’un stratifié.

II.3.2.3. DESIGNATION D’UN STRATIFIE :

La désignation d’un stratifié est effectué selon la convention suivante :


 Chaque pli est désigné par un nombre indiquant la valeur en degré de l’angle entre la
direction des fibres et l’axe de référence ;
 Les plis successifs sont séparés par un « / » si les angles sont différents ;
 Les plis successifs de même orientation sont désignés par un indice numérique
donnant le nombre de répétition pour cette orientation ;
 La répétition de séquences est indiquée par un indice qui indique le nombre à la fois
où la séquence est répétée ;
 Les plis sont nommés successivement à partir du pli inférieur ;
 Stratifiés symétriques : un indice S indique que le stratifié est symétrique par rapport
au plan milieu ;
 Stratifiés hybrides : si les plis successifs comportent des fibres de natures différentes,
la nature de fibres est indiquée en indice (V : verre ; C : Carbone ; K : kevlar ou
aramide).
Exemple: [Ov/±45c/90c]s

II.3.2.4. SYMBOLE D’UN STRATIFIE:


Dans ce symbole sont représentés :
Le nombre total de plis constituant le stratifié : n ;
Le nombre de plis (ou les pourcentages des fibres dans le cas où les plis ne sont pas
identiques) dans chacune des 4 directions principales : 0°, ±45° et 90°, respectivement
n0 ; n+45 ; n-45 et n90 ;

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Exemple : Stratifié symétrique de 26 unidirs, fibre de même nature.


Pli 26 : orientation 90° par rapport à x
Pli 25 : orientation 45° par rapport à x h23
Pli 24 : orientation 90° par rapport à x h22
Pli 23 : orientation 45° par rapport à x
Pli 22 : orientation 90° par rapport à x
Pli 21 : orientation 45° par rapport à x
Pli 20 : orientation 90° par rapport à x
Pli 19 : orientation -45° par rapport à x
Pli 18 : orientation 0° par rapport à x
Pli 17 : orientation 90° par rapport à x
Pli 16 : orientation -45° par rapport à x
Pli 15 : orientation 0° par rapport à x
Pli 14 : orientation 45° par rapport à x
Plan milieu
Pli 13 : orientation 45° par rapport à x
Pli 12 : orientation 0° par rapport à x
Pli 11 : orientation -45° par rapport à x
Pli 10 : orientation 90° par rapport à x
Pli 9 : orientation 0° par rapport à x
Pli 8 : orientation -45° par rapport à x
Pli 7 : orientation 90° par rapport à x
Pli 6 : orientation 45° par rapport à x
Pli 5 : orientation 90° par rapport à x
Pli 4 : orientation 45° par rapport à x
Pli 3 : orientation 90° par rapport à x
Pli 2 : orientation 45° par rapport à x
Pli 1 : orientation 90° par rapport à x
h1
h0
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Si l’épaisseur de chaque pli est de 0,125mm ;

1. Déterminer l’épaisseur totale du stratifié.


2. Calculer les cotes des plis 1 et 23.
3. Donner la désignation de ce stratifié.
4. Donner le symbole de ce stratifié.

II.3.2.5. REGLES DE FABRICATION D’UN STRATIFIE:

1. Le choix de la nature et de la séquence des plis dépendra essentiellement de


l’utilisation du matériau composite, en optimisant son comportement mécanique ou
champ des contraintes imposées ;
2. Pour supprimer l’effet de couplage, l’empilement des plis doit être symétrique par
rapport au plan milieu. La symétrie porte sur la nature des fibres, l’orientation des
fibres et l’épaisseur des plis, (c’est la règle des empilements équilibrés) ;
3. Les orientations courantes des fibres sont : 0°, ±45° et 90° avec comme choix de
l’axe de référence à 0°, optimum pour les calculs ;
4. Par mesure de sécurité, prévoir un minimum de 10% de pli (ou fibre) pour
chacune de ces 4 direction, même si elles sont non-travaillantes ;
5. Toutes direction de contraintes doit être une direction de fibres. Le partage des 60%
des plis (ou fibres) restants pour chacune des 4 directions est fonction des contraintes
imposées, il est directement proportionnel à la composante résultante des contraintes
dans chacune de ces directions ;
6. Pour éviter le délaminage, le nombre de pli unidirs consécutifs dans une direction ≤
4.

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II.8.2. COMPOSITE SANDWICH:


Constitué de deux couches résistantes et rigides séparées par un matériau de cœur.
Résistance et rigidité prononcées MAIS densité plutôt faible.

AUTRES CARACTERISTIQUES :

 Ils sont Constitués de deux couches d’un matériau très résistant entre lesquelles est
intercalé un cœur, d’une matière moins dense, moins résistante et moins rigide ;
 Les Couches extérieures (faces), supportent la majeure partie des contraintes ;
 Les Faces sont généralement fabriquées en alliages d’Al, en polymères renforcés par
des fibres, en Ti, en acier et contreplaqués….

II.3.3.1. LE CŒUR :
Il a deux fonctions :
 Il S’oppose aux déformations perpendiculaires au plan des faces qu’il sépare ;
 Il Confère une rigidité permettant de résister aux forces de cisaillement dans les plans
perpendiculaires aux faces.
Les Cœurs sont généralement fabriqués en mousses de polymère, caoutchoucs
synthétiques, ciments inorganiques et balsa.

II.3.3.2. SANDWICH A CŒUR ALVEOLAIRE :


 Le Cœur est une structure alvéolaire constituée de feuilles ayant la forme de
cellules hexagonales ;
 Les Alvéoles sont placées côte à côte comme dans une ruche.

FigureII .8. Sandwich à cœur alvéolaire.

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FigureII .9. Pâle de rotor d’hélicoptère en structures sandwiches très complexes.

II.10.3. LES CERMETS :


 Ce sont des composites à grosse particules céramiques-métal ;
 Les Cermets les plus courants sont les carbures cémentés ;
 Ce sont des Particules très dures de céramique réfractaire (WC ou TiC) liées par une
matrice métallique (Co ou Ni) ;
 La principale Application des cermets est : fabrication des outils d’usinage des
aciers durs ;
 Dans certains cermets, la fraction volumique des particules > 90% ce qui implique
leur confère une excellente résistance à l’abrasion.

FigureII.3. Micrographie d’un WC-Co ; Co (10% vol.) en noir

TableauII.1. Propriétés mécaniques des grains de WC et de la matrice de Co

II.10.4. ELASTOMERES ET PLASTIQUES :

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 Ils sont Souvent renforcés par des particules (noir de carbone) ;


 Le Noir de carbone est peu coûteux, et est constitué de fines particules de carbone ±
sphériques ;
 Présent entre 15 et 30% vol dans les pneus ils sont responsables de l’amélioration
de la ténacité et de la résistance à la traction, à l’abrasion et à la lacération ;
 Les élastomères tels que les EPR, EPDM, ABS sont aussi renforcés par les
nanocharges de carbonates (SOCAL312, SOCAL322V, WINNOFIL SPM…).

FigureII.4. Micrographie d’un caoutchouc synthétique. Diamètre des particules de noir de C


de 20 à 50 nm

II.10.5. BETON
 C’est un composite à grosses particules ;
 La Matrice est le ciment et les renforts sont des granulats de sable et de gravier. C’est
un matériau céramique ;
 Le béton est un composite constitué de granulats réunis par un liant le ciment, et
formant un corps solide.

II.10.6. METAUX ET ALLIAGES METALLIQUES


L’Amélioration de la résistance et de la dureté par dispersion uniforme et fines
particules (quelques pourcents) inertes et très dures. On obtient ainsi des composites ;
En Phase dispersée on trouve souvent des oxydes ;
Le renforcement de ces composites, dépend des interactions matrice-renfort qui
freinent le déplacement des dislocations ;
Le renforcement ne s’atténue pas avec le temps même à haute T° car les particules
sont inertes.

II.4. COMPOSITES RENFORCES PAR DES FIBRES :

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II.4.1. PROPRIETES RECHERCHEES :


La Résistance et la rigidité alliées à la légèreté, ce qui correspond à une caractérisation
fréquente des composites à fibres par leurs propriétés spécifiques.
Résistance spécifique = résistance à la traction/densité
Module spécifique = module d’élasticité/densité

Remarque: la résistance est peu améliorée plus les fibres sont courtes

II.4.2. ROLE DE LA LONGUEUR DES FIBRES :


 Les Propriétés mécaniques des composites dépendent :
Des propriétés des fibres ;
De l’ampleur du transfert de charge matrice/ fibres.

 Le transfert de charge :
Est déterminé par la qualité de l’adhérence matrice/fibres ;
Il est nul aux extrémités de chaque fibre, ce qui correspond en ces lieux
uniquement à la déformation de la matrice.

FigureII .10. Mécanisme de transfert de charge fibre/matrice.

II.4.3. LONGUEUR CRITIQUE DES FIBRES


La résistance et la rigidité se trouve renforcées si la fibre possède une longueur
minimale lc (longueur critique).

vf
Xf 
vc
 *f = résistance rupture fibre (MPa) d = diamètre des fibres courtes (en mm)
 c = Contrainte de cisaillement (MPa) de la fibre (contrainte de déchaussage)
V f = fraction volumique des fibres (sans unité) lc = longueur critique des fibres (en mm)

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Pour un composite à fibres de verre ou de Carbone : lc ≈1mm (soit 20 à 150 fois le


diamètre de la fibre).
 Si l > 15lc, les fibres sont considérées comme continues ou longues, ce qui induit un
bon renforcement du composite ;
Sinon, on a à faire à des fibres discontinues ou courtes.
 Si l <lc, déformation matrice et renforcement faible.

II.4.4. ROLE DE L’ORIENTATION ET DE LA CONCENTRATION DES FIBRES.


 Les Propriétés des composites sont influencées par la disposition des fibres dans la
matrice ;
 Il faut prendre en compte l’Importance de l’orientation, de la concentration et de la
répartition des fibres ;
 Il existe deux arrangements différents pour l’orientation des fibres dans les composites :
o Même direction: cas des fibres continues et discontinues orientées ;
o Orientation aléatoire (Random) : cas des fibres discontinues.
 Lorsque la Répartition des fibres est uniforme, on obtient des propriétés optimales.

II.4.5. DURCISSEMENT AU MOYEN DE FIBRES

FigureII.11.

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II.5. COMPOSITES A FIBRES CONTINUES ET ALIGNEES :


II.5.1. COMPORTEMENT EN TRACTION – CHARGE LONGITUDINALE :

La réaction du composite à une contrainte dépend :


o Du comportement et de la fraction volumique de chacune des deux phases
(matrice et fibres) ;
o De la direction d’application de la contrainte ;
o De l’anisotropie du composite.

A. COMPORTEMENT EN TRACTION D’UN COMPOSITE CONSTITUE DE


FIBRES FRAGILES ET D’UNE MATRICE DUCTILE.

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FigureII.12. Courbe contrainte-déformation des constituants

= résistance rupture fibre (MPa) = déformation fibres (sans dimension)


= résistance rupture matrice (MPa) = déformation matrice (sans dimension).
On pose

FigureII.13. Courbe contrainte-déformation du composite.

 Il y a défaillance du composite lorsque les fibres se rompent ( )


 La rupture est non brutale car :

La résistance à la rupture des fibres est différente → pas de rupture simultanée


Matrice conserve ses propriétés si

→ Les fibres rompues, plus courtes, noyées dans la matrice sont intactes et supportent
toujours la charge.

APPLICATION :

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II.8. FIBRES DE RENFORT : GENERALITES :


 Les fibres possèdent les Caractéristique des matériaux fragiles. Elles sont moins
résistantes sous forme de bloc que sous forme de fibres de faible diamètre ;

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 Lors de l’extraction ou de la fabrication, il faut Éliminer une grande partie des défauts
de surface lors de la fabrication des fibres. En effet, la probabilité de rupture d’une
fibre diminue quand son diamètre diminue ce qui est un avantage pour la fabrication.

II.8.1. TYPES DE FIBRES DE RENFORT :


 Il existe trois sortes de fibres de renfort: les trichites, les fibres et les fils
A. TRICHITES:
longueur
Ce sont des Monocristaux filamentaires ayant un rapport très élevé ;
diamètre
Elles ont une Structure cristalline presque parfaite ;
Une Résistance à la traction exceptionnelle et insurpassée ;
Elles ont un Coût très élevé et il est difficile voire impossibilité de les intégrer à une
matrice. Par conséquent, elles ne sont pas souvent utilisées comme fibres de renfort ;
Elles sont généralement Faites de graphite, carbures, nitrure de silicium ou oxyde
d’aluminium.

B. FIBRES:

Les fibres synthétiques sont généralement Polycristallines ou amorphes ;


Elles ont un Diamètre peu élevé ;
Elles sont Fabriquées (fibres synthétiques) à partir d’un polymère ou d’une céramique
: c’est le cas des fibres aramide, de verre, C, B, oxyde d’Al, carbure de Si, …

C. FILS:

Ils sont Fins mais de diamètre très important ;


Ils sont généralement Faits d’aciers, de Mo ou de W ;
Applications : pneus à carcasse radiale, enveloppes extérieures de fusées, …

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II.8.2. EXEMPLES DE FIBRES DE RENFORT :


TableauII.5. Exemples de fibres de renforts.

II.9. MATRICE : GENERALITES


 Elle peut être : un Métal, un polymère ou une céramique ;
 Une matrice ductile peut être un métal ou un polymère ;
 Le renfort améliore la ténacité des composites à matrice céramique ;
 La matrice joue Différents rôles:
o C’est un agent de Liaison des fibres, elle assure la répartition des contraintes et
les transferts des charges aux fibres ;
o Elle Protège les fibres contre abrasion et les réactions chimiques ;
o Elle Isole les fibres les unes des autres et bloque l’évolution des fissures.
 Le composite reste résistant tant que le nombre de fibres rompues reste inférieur au
seuil critique ;
 La Liaison fibres-matrice doit être assez forte pour réduire les risques de
déchaussement des fibres ;
 La Résistance à la rupture du composite est liée à la force de cette liaison interfaciale ;
 L’Adhérence optimale au sein du composite, maximise transfert de charge entre
matrice (assez faible) et fibres (résistantes).

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II.9. LES COMPOSITES ACTUELS


 99% de composites actuels sont à matrice organique ;
 Les Composites à matrice inorganique (métallique ou céramique) possèdent une
diffusion marginale des renforts.

II.10. LES TECHNOLOGIES DE MISE EN ŒUVRE

II.10.1. MOULAGE AU CONTACT

A. PRINCIPE :
Procédé manuel pour la réalisation de pièces à partir de résines thermodurcissables, à
température ambiante et sans pression. Les renforts sont déposés sur le moule et imprégnés
de résine liquide, accélérée et catalysée. Après durcissement de la résine, la pièce est
démoulée et détourée.

FigureII.14. Principe du moulage au contact.


B. MATIERES PREMIERES :
 Renforts : mats, tissus de fibre de verre, de carbone ou d'aramide (taux de renfort
volumique allant jusqu’à 35 % dans le cas du verre) ;
 Résines : polyesters, époxy, phénoliques, vinylesters ;
 Divers : catalyseur, accélérateur, charges, pigments, agent de démoulage, acétone ;

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C. MATERIEL :
 Moule : simple coque généralement en composite, éventuellement en plusieurs
éléments assemblés ;
 Outillages à mains : ciseaux, pinceaux, ébulleurs, pistolet à peinture ou gelcoat ;

II.10.2. MOULAGE PAR PROJECTION SIMULTANEE :

A. PRINCIPE :
Procédé manuel ou robotisé permettant la réalisation de pièces à partir de résines
thermodurcissables à température ambiante et sans pression. Les matières premières sont
mises en œuvre à l'aide d'une machine dite "de projection" comprenant :
 un dispositif de coupe - projection du renfort (roving) ;
 un ou deux pistolets projetant simultanément la résine.

Les fils coupés et la résine sont projetés sur la surface du moule puis compactés et
ébullés à l'aide de rouleaux et d'ébulleurs. La résine pré accélérée est catalysée en continu lors
de sa projection.

FigureII.15. Principe du moulage par projection simultanée.

B. MATIERES PREMIERES :
 Renfort : fibre de verre sous forme de roving assemblés, taux de renfort de 25 à 35 %
en volume ;
 Résines : principalement polyesters mais aussi phénoliques ou hybrides ;
 Divers : catalyseurs, accélérateur, pigments, charges, agent de démoulage, solvant.

C. MATERIEL :
 Moules en composites (simple coque) ;
 Machine de projection (mélange interne ou externe) ;
 Dispositif de ventilation, extraction des vapeurs de styrène ;
 Petit outillage de stratification à la main.

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II.10.3. MOULAGE SOUS VIDE :

A. PRINCIPE
 Le moulage sous vide s'effectue entre moule et contre-moule rigide, semi-rigide ou
souple suivant la technologie de mis en œuvre ;
 Le renfort (mat, tissu, préforme) est placé à l'intérieur du moule ; la résine catalysée
est versée sur le renfort. On utilise la pression qui s'exerce sur le moule lors de la mise
sous vide pour répartir la résine et imprégner le renfort ;
 La résine peut également être injectée par l'aspiration consécutive au vide.
B. MATIERES PREMIERES :
Renforts : mats fils coupés ou fils continus, préformes, tissus ;
Résines : polyester, vinylester, phénolique, époxy ;
Divers : catalyseur, accélérateur, pigments, charges, agent de démoulage, solvant.

C. MATERIEL :
Moules et contre-moules en composites ou pellicules souples.
Pompes à vide avec réservoir tampon.

II.10.4. MOULAGE PAR INJECTION BASSE PRESSION DE RESINE -


RTM :

A. PRINCIPE
Le moulage par injection de résine liquide RTM (Résine Transfert Molding) s'effectue
entre moule et contre-moule rigides. Le renfort (mats, préforme, éventuellement tissus) est
disposé dans l'entrefer du moule. Une fois celui-ci solidement fermé, la résine, accélérée et
catalysée, est injectée sous faible pression (1.5 à 4 bars) à travers le renfort jusqu'au
remplissage complet de l'empreinte. Après durcissement de la résine, le moule est ouvert et la
pièce démoulée.

FigureII.16. Principe du moulage par injection basse pression de résine - RTM.

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B. MATIERES PREMIERES
Renforts : mats de fils coupés ou continu, préformes, voiles de surface ou/et tissus de verre,
carbone, aramide. Taux de renfort : 20 - 60 % ;
Résines : polyesters, phénoliques (résols), époxydes, vinylesters ;
Divers : catalyseurs, accélérateur, pigments, charges, agents démoulants, solvant de rinçage.

C. MATERIEL
 Moule et contre-moule en composite rigides et résistants avec système de fermeture
rapide. Variantes métallo-composites et métalliques ;
 Appareillage d'injection de résine : pot sous pression ou système à pompes doseuses ;
 Appareillage de manutention des moules (ouverture/fermeture).

II.10.5. MOULAGE A LA PRESSE A FROID "VOIE HUMIDE" BASSE


PRESSION :

A. PRINCIPE :
 Moulage à l'aide d'une presse à compression entre moule et contre-moule rigides en
composite, initialement sans apport thermique extérieur ;
 Moule ouvert, le renfort (mat) est posé sur la partie inférieure du moule et la résine,
dotée d'un système catalytique très réactif, est versé en vrac sur le renfort ;
 La fermeture du moule sous pression (2 à 4 bars) entraîne la répartition de la résine
dans l'empreinte et l'imprégnation du renfort. Le durcissement de la résine est accéléré
progressivement par l'élévation de température du moule due à l'exothermie de la
réaction, ce qui permet un démoulage rapide.

Les performances du procédé peuvent être considérablement améliorées par l'usage de


moules métalloplastiques, voire métalliques, et d'un système de régulation thermique basse
température.

FigureII.17. Principe du moulage à la presse à froid "voie humide" basse pression

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B. MATIERES PREMIERES :
Renforts : mat de fils continus, liant basse solubilité ;
Résine : polyester ;
Divers : catalyseurs, accélérateurs, charges, pigments, agents démoulant.

C. MATERIEL :
 Presse compression basse pression (30 t/m² utiles) à vitesse de fermeture réglable ;
 Moule et contre-moule : caissons en composites et béton de résine.

II.10.6. L’INFUSION DE RESINE SOUS MEMBRANE SOUPLE :


Le principe repose sur le dépôt, dans un moule femelle, des renforts secs (tissus, âmes,
etc.) qui vont concevoir la pièce composite, et de créer un système étanche à l’air à l’aide
d'une bâche à vide. L’infusion consiste ensuite à injecter de la résine, par dépression réalisée
sur la pièce, sur les tissus déposés à sec.

A. MATIERES PREMIERES :
Résines : polyester, époxyde
Renforts : Tous types de renfort (tissus, matériaux sandwiches etc.)

FigureII.18. Principe de l’infusion de résine sous membrane souple.

B. MATERIEL
 Pompe à vide
 Fût de résine
 Moule femelle gel-coaté, tissus de drainage (Soric®, mousses Diab®, filet Diatex®) et
une bâche souple

II.10.7. MOULAGE PAR INJECTION DE COMPOUND – BMC :

A. PRINCIPE :
Le compound B.M.C (BulkMolding Compound) préparé dans un malaxeur est une masse
à mouler constituée de résine, de charges et d'adjuvants divers, renforcée par des fils de verre
coupés.

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Le compound est moulé à chaud (130 - 150 °C) par injection (principalement) entre moule
et contre-moule en acier usiné. La pression (50 à 100 bars) de fermeture du moule entraîne le
fluage de la matière préalablement dosée et le remplissage de l'empreinte. Le temps de
durcissement très court permet un démoulage rapide.

B. MATIERES PREMIERES
 Compound du commerce ou compound préparé en interne ;
 Résine polyester (principalement), catalyseur à chaud, agent de démoulage, charges,
pigments, éventuellement agents anti-retrait et de mûrissement ;
 Renfort : fils de verre coupés (6 à 25 mm) à raison de 10 à 28 %.

C. MATERIEL
 Préparation : moyens de pesée, malaxeur pour la préparation du compound ;
 Moulage : moule en acier usiné chromé thermo régulé, presse d'injection ou de
compression à vitesse de fermeture réglable.

II.10.8. MOULAGE PAR COMPRESSION DE MAT PREIMPREGNE –


SMC :
A. PRINCIPE
Le mat pré imprégné SMC (SheetMolding Compound) est constitué d'une nappe de
fils coupés ou continus, imprégnée par un mélange de résine polyester, de charges et
d'adjuvants spécifiques divers.
Découpé en flans de masse et dimensions déterminées, le mat pré imprégné est moulé
à chaud (140 à 160 °C) par compression entre un moule et un contre-moule en acier usiné. La
pression (50 à 100 bars) entraîne le fluage de la matière et le remplissage de l'empreinte. Le
temps de durcissement très court (en fonction de l'épaisseur) permet un démoulage rapide.

FigureII.19. Principe du Moulage par compression de mat preimprégné – SMC.

B. MATIERES PREMIERES
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 Mat pré imprégné du commerce ou compound préparé en interne ;


 Mélange d'imprégnation : polyesters, agents compensateurs de retrait, charges,
catalyseurs, inhibiteurs, agents de mûrissement, agents de démoulage, pigments ;
 Renfort : fils de verre spécifique sous forme de roving (taux de renfort 25 à 50 %
pondéral).

C. MATERIEL
Eventuellement, ligne de production de mat pré imprégné ;
Presse compression haute pression, à vitesses de fermeture réglables ;
Moules en acier chromés thermo régulés.

II.10.9. MOULAGE PAR ENROULEMENT FILAMENTAIRE :


A. PRINCIPE :
Procédé de moulage limité aux formes de révolution. Initialement, destiné à la réalisation
d'enveloppes de révolution nécessitant de hautes performances mécaniques par enroulement
progressif sur un mandrin, selon un angle déterminé de fils de verre imprégnés de résine.
 Par la suite, le procédé a été étendu à des structures moins performantes en associant
aux rovings bobinés d'autres types de renfort (fils coupés, mat, tissu) appliqués de
façon adaptée.

FigureII.20. Principe du Moulage par enroulement filamentaire.

B. MATIERES PREMIERES
Renforts :rovings spécifiques à l’enroulement (éventuellement pré imprégnés), roving coupé,
mats de fils coupés, tissus uni/bidirectionnels, mats de surface ;
Résines : polyester, époxy, vinylester, phénoliques ;
Divers : catalyseurs, accélérateurs.

C. MATERIEL
 Machines d'enroulement, très nombreux types adaptés à chaque cas d'application ;
 Mandrins.

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D. DOMAINE D'APPLICATION
 Tuyaux devant résister à de fortes pressions, citernes de transport, réservoirs de
stockage ;
 Appareillage de génie chimique ;
 Industrie électrique ;
 Armement (tubes lance-roquettes…) ;
 Automobile : ressorts de suspension ;
 Sport : perche, canne à pêche, bouteille de plongée.

II.10.10. MOULAGE PAR CENTRIFUGATION


A. PRINCIPE
Procédé de moulage limité aux enveloppes cylindriques. A l'intérieur d'un moule
cylindrique en rotation à basse vitesse, on dépose des fils coupés à partir de roving (ou du
mat), de la résine catalysée et accélérée et éventuellement des charges granulaires. Puis, on
augmente la vitesse de rotation du moule pour densifier et débuller la matière. Après
durcissement de la résine, éventuellement accélérée par un apport thermique, on peut extraire
très facilement la pièce du moule.

FigureII.21. Principe du Moulage par centrifugation.

B. MATIERES PREMIERES
Résines : polyesters, vinylesters, éventuellement époxy ;
Renforts :roving coupé in situ (mats disposés à l'arrêt pour petits diamètres) ;
Divers : systèmes catalytiques, pigments, sable.

C. MATERIEL
 Machine de centrifugation, dispositif d'alimentation / coupe de roving, résine ;
 Moules : diamètre 0,1 à 0,5 mètres.

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II.10.11. MOULAGE PAR PULTRUSION :

A. PRINCIPE
Le procédé est destiné à la réalisation en continu de profilés de sections constantes.
Des renforts continus, rovings divers, mats et tissus en bandes de largeurs appropriées,
tirés par un banc de traction situé en fin de ligne de production, sont successivement
prédisposés de façon précise, imprégnés de résine et mis à la forme désirée par passage à
travers une filière chauffée dans laquelle s'effectue le durcissement de la résine.

B. MATIERES PREMIERES
Renforts : rovings directs, fils texturés, mats fil continus (liant insoluble), tissus ;
Résines : polyester, époxy, vinylester, acrylique, phénolique ;
Divers : systèmes durcisseurs, charges, pigments, lubrifiants.

C. MATERIEL
Ligne de pultrusion : cantres (alimentation renforts), organes de guidage, système
d'imprégnation, filière avec système de chauffage, banc de traction, banc de découpe.

II.10.12. MOULAGE PAR INJECTION DE RESINE REACTIVE


RENFORCEE FIBRES BROYEES (R.R.I.M.) :

A. PRINCIPE
Il s'agit principalement du moulage de polyuréthannes rigides.
Le renfort, fibre de verre broyée, est incorporé dans le polyol, à raison de 10-20 %
pondéral (sur le produit final).
Le processus de moulage reste le même que pour les PU non renforcés : alimentation
dosée sous pression de chacun des deux composants (polyol et isocyanate), mélange, injection
dans un moule fermé, réaction, durcissement, démoulage.

B. MATIERES PREMIERES
Résines : polyols et isocyanate ;
Renfort : fibre de verre broyée (0,1 à 0,3 mm).

C. MATERIEL
Machine à injecter les polyuréthannes
Moule / contre-moule : composite, alliage léger, acier (selon les séries à produire), système
de fermeture de moule

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II.10.13.MOULAGE PAR INJECTION DE RESINE REACTIVE


RENFORCEE FIBRES LONGUES (S.R.I.M.) :

A. PRINCIPE

Il s'agit d'un moulage entre moule et contre-moule. Le renfort sous forme de mats ou de
tissus (20 à 60 % pondéral) est disposé préalablement dans le moule chauffé (100 - 150 °C).
Le système de résine à deux composants très réactifs est injecté sous pression (20 - 30
bars). Après durcissement (1 à 3 min), la pièce peut être démoulée.

B. MATERIEL
Machine d'injection des mélanges à deux composants
Moule acier usiné, poli, avec système de chauffage
Presse pour ouverture / fermeture du moule sous pression

C. DOMAINE D'APPLICATION
Industrie automobile
Poutre de pare-chocs
Traverse, longeron, châssis

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2EME PARTIE :

PRINCIPE DU CALCUL
MECANIQUE DES
MATERIAUX COMPOSITES

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CHAPITRE III :
COMPORTEMENT ELASTIQUE DES
MATERIAUX ANISOTROPES

III.1. INTRODUCTION

Les composites sont intrinsèquement des matériaux hétérogènes. Pris sous cette
acception, le terme «composite» recouvre pratiquement l’ensemble des matériaux. Ainsi les
matériaux métalliques eux-mêmes sont des alliages, composés de plusieurs phases, de
microstructure et/ou de compositions distinctes : il suffit de changer d’échelle pour passer de
l’image d’un milieu homogène à celle d’un milieu hétérogène. Le type d’approche à utiliser se
décidera d’une part en fonction du rapport entre les dimensions de la structure à modéliser et
une dimension caractéristique du milieu à représenter, d’autre part en fonction du but
poursuivi (schématisation globale d’un système ou étude locale). Ceci conduit à utiliser plutôt
le terme de structure composite lorsqu’il est naturel de modéliser séparément chaque matériau
dans la pièce à traiter, par exemple pour :

 le béton armé, ou encore le béton pré– ou post–contraint, pour lesquels béton et acier
sont pris en compte chacun de leur côté, avec en première approximation un modèle où
le béton apporte une résistance à la compression, et l’acier une résistance à la traction ;

 les pneumatiques, qui sont calculés comme de véritables structures, assemblages de


caoutchouc et de câbles métalliques en acier à très forte limite d’élasticité.

Cependant, dans un système mécanique complexe, la représentation individuelle


précise de chaque élément n’est plus possible, si bien qu’il faut se résoudre à ne retenir qu’un
comportement moyen. La modélisation effectuée comporte alors une opération
d’homogénéisation, qui fournit par exemple des rigidités équivalentes dépendant des
propriétés élémentaires de chaque matériau et de leur géométrie. Le terme de matériau
composite est donc réservé aux cas où la taille caractéristique de la microstructure est faible
devant celle de la pièce, comme pour les matériaux composites à matrice continue renforcée
par des fibres ou des particules. Comme nous l’avons vu au chapitre I, les matrices peuvent
être minérales, résineuses ou métalliques, les fibres sont en verre, kevlar, carbone, bore, etc. et
leur diamètre typique est de l’ordre du centième de millimètre : matrices époxydes.

Les appellations « Composites », « matériaux composites », « structure composite »


sont équivalentes.

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L'élaboration de la structure est non séparée de celle du matériau. Le comportement


résulte de celui des composants par l'intermédiaire de différents types d'interaction, d'où
l'importance de l'interface entre les composants. Le comportement des composants est
différent d'où l'intérêt de les faire travailler ensemble. La question de base qui se pose est de
savoir décrire le comportement du composite connaissant celui des constituants. La spécificité
du calcul mécanique des matériaux composites vient donc de l'hétérogénéité par conception,
et des discontinuités par des microvides. Il faut donc recourir à des techniques
d'homogénéisation pour obtenir la relation de comportement tant au niveau d’une
monocouche que du composite ou du sandwich. L'homogénéisation consiste en la
représentation d'un milieu équivalent, et la construction d'un modèle de calcul permettant
d'appliquer la MMC (Mécanique des Milieux Continus) au domaine correspondant à ce milieu
équivalent. Le milieu équivalent est caractérisé en décomposant le matériau en parties
irréductibles définissant le VER (Volume Elémentaire Représentatif réduit à la géométrie des
éléments constitutifs de l'hétérogénéité, géométrie caractérisée par des conditions de symétrie
et de périodicité de ces éléments) de l'état mécanique de ce milieu et susceptible de
représenter le comportement réel du matériau. Dans ce chapitre nous allons, définir la notion
de VER, présenter les calculs inhérents aux différents types de matériaux composites
anisotropes, présenter les différents modèles d’homogénéisations ces matériaux composites, la
théorie des fibres et leurs équations constitutives, et le dimensionnement des matériaux
composites.

III.2. NOTION DE VOLUME ELEMENTAIRE REPRESENTATIF DU


MATERIAU (VER)

On caractérise les propriétés d’un matériau à une échelle donnée. A cette échelle le
matériau est considéré comme homogène et continu. Si l’échelle à laquelle est caractérisée la
propriété est comparable à l’échelle de l’hétérogénéité interne du matériau, les résultats seront
alors dispersés. Il faudra réaliser de nombreux essais pour déterminer une valeur moyenne et
une distribution statistique de la propriété. Prenons un exemple très simple, la détermination
de la masse volumique du béton armé. La masse volumique peut-être caractérisée à l’échelle
métrique. Elle est fonction de la fraction volumique de béton multipliée par la masse
volumique du béton et de la fraction volumique d’acier multipliée par la masse volumique de
l’acier. A une échelle inférieure, centimétrique, la masse volumique du béton sera fonction de
la fraction volumique de granulats et de pâte cimentaire. Et ainsi de suite pour les échelles
inférieures... Ainsi, peut-on optimiser une propriété du matériau à une échelle donnée en

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fonction de la connaissance du comportement de ses constituants. Cette démarche de


changement d’échelle, tantôt qualitative, tantôt quantitative est couramment employée en
science des matériaux.

FIG III.1. Représentation des échelles de modélisation des matériaux et des techniques de
caractérisation

Chaque propriété est donc associée à une échelle caractéristique (volume ou surface
élémentaires représentatifs) au-delà de laquelle elle peut être considérée comme une moyenne
représentative du matériau. A chaque échelle sont associés des moyens de mesure et
d’observation adaptés. On observe donc différents niveaux d'échelles d'étude, principalement
pour les composites stratifié ou sandwichs : deux niveaux d'observation

 Le niveau micromécanique au niveau méso : les hétérogénéités de base sont les


fibres et la matrice. On effectue ici une étape d'homogénéisation locale.

 Le niveau méso au niveau macro : les hétérogénéités de base sont les différentes
couches du stratifié. Ces couches sont considérées comme "homogènes" (étape
précédente). Cette fois, il s'agit d'une homogénéisation dans l'épaisseur du stratifié.

Lorsqu’un système est hétérogène, la relation de comportement dépend du point étudié, et


lorsqu’il est anisotrope, la relation de comportement dépend de la direction.

III.3. NOTATIONS VECTORIELLE ET MATRICIELLE DE


L’INGENIEUR
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Le tenseur des contraintes et celui des déformations sont des tenseurs d’ordre deux
symétriques. Il faut donc six composantes pour représenter chacun des deux tenseurs dans une
base. On rappelle la représentation matricielle classique des tenseurs des contraintes   et des

déformations   en un point P dans une base orthonormée directe N1 , N 2 , N3   1


:

III.3.1. NOTATION MATRICIELLE

  11  12  13   11 12 13 


  P, N1 , N2 , N3     21  22  23  et    

   21  22  23  ( II .1)
  P , N1 , N 2 , N3
  33 
 31  32  33   31  32

III.3.2. NOTATION DE VOIGT OU NOTATION VECTORIELLE

  11   11 
   
  22    22 
    33 
  P, N1 , N2 , N3    33  et      ( II .2)
  32  P , N1 , N 2 , N3   2 32 
   2 
 13   13 
   2 
 12   12 
Pour la suite du rapport on considèrera les égalités (III.3) suivantes :
   P, N , N , N      
1 2 3
: Matrice des contraintes au point P dans la base initiale ou

repère de base  P, N1 , N2 , N3  , et les  ij sont ses composants.

  ' P, x, y, z    '   ' : Matrice des contraintes au point P en dehors de la base initiale

ou en dehors du repère de base  P, N1 , N2 , N3  (hors axe) , et les  'ij sont ses composants.

   P, N , N , N      
1 2 3
: Matrice des déformations au point P dans la base initiale ou

repère de base  P, N1 , N2 , N3  , et les  ij sont ses composants.

  ' P, x, y, z    '   ' : Matrice des déformations au point P en dehors de la base

initiale ou en dehors du repère de base  P, N1 , N2 , N3  (hors axe), et les  'ij sont ses

composants.

1
C’est le repère de base

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 C  N , N , N   C  : Matrice de rigidité du matériau composite dans la base initiale ou


1 2 3

repère de base  P, N1 , N2 , N3  , et les Cij sont ses composants en GPa.

 C ' x, y, z   C ' : Matrice de rigidité du matériau composite en dehors de la base

initiale ou en dehors du repère de base  P, N1 , N2 , N3  (hors axe), et les C 'ij sont ses

composants en GPa.
  S  N , N , N    S  : Matrice de souplesse du matériau composite dans la base initiale ou
1 2 3

repère de base  P, N1 , N2 , N3  , et les Sij sont ses composants en 10-3mm²/MPa.

  S ' x, y, z    S '  S : Matrice de souplesse du matériau composite en dehors de la base

initiale ou en dehors du repère de base  P, N1 , N2 , N3  (hors axe), et les S 'ij sont ses

composants 10-3mm²/MPa.

 DENSITE D’ENERGIE DE LA STRUCTURE

i,j =<1,2,3>
Edef  Tr ( )   ii ii  2 ij ij Avec  ( II .4)
i  j
Donc

 11 
 
  22 
   11  12  13  11 12 13  
    
Edef  Tr    21  22  23   21  22  23     11 ,  22 ,  33 ,  32 ,  13 ,  12   33 
   33    2 32 
  31  32  33   31  32  2 
 13 
 2 
 12 

 Edef   1111   22 22   33 33  2( 23 23   1313   1212 )( II .5)

Dans le cas des matériaux anisotropes, on utilise classiquement une notation vectorielle
pour représenter les tenseurs symétriques d’ordre deux. La notation retenue ici diffère des
notations classiques et ses avantages seront soulignés. En notation vectorielle, les

composantes des contraintes et des déformations dans la base N1 , N 2 , N3 sont rangées dans 
deux vecteurs notés respectivement  et  avec un unique indice :

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  11    1    11   11   1   11 
           
  22    2    22    22    2    22 
           
   33    3    33  ;    33    3    33  ( II .6)
  32    4    32   2 32   2 4   2 32 
       2   2   2 
 13   5   13   13   5   13 
       2   2   2 
 12   6   12   12   6   12 

La densité d’énergie interne de déformation est retrouvée en fonction des


représentations vectorielles des contraintes et des déformations :

Edef  Tr ( )  T ( II .7)

III.4. CHANGEMENT DE BASE

III.4.1.REPERAGE DES MATERIAUX COMPOSITES

 
FIG III.2. Axes de base2 (1, 2,3) ou N1 , N 2 , N3 , sont les axes alignés dans le sens des fibres

d’une couche fibrée ou d’un composite quelconque. Les axes de référence (x,y,z) ou (1’,2’,3’)

 
ou x, y, z sont orientés d’un angle θ par rapport aux axes de base, ils peuvent par exemple

coïncider avec les axes de symétrie (principaux) de la géométrie du composite [1].

Dans cette partie, on définit les matrices de changement de base afin d’exprimer les
contraintes ou les déformations dans un repère quelconque. Par la suite X est la représentation
d’un tenseur d’ordre deux symétrique dans une base orthonormée directe, autrement dit :
X  PX P 1 ( II .8)
 x, y , z   N1 , N2 , N3 


où P représente la matrice de passage de la base N1 , N 2 , N3 vers la base x, y, z elle est   
définie dans le cas général comme suit :

2
Cette observation est valable pour tous les composites étudiés dans ce cours

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 x  A11 N1  A12 N 2  A13 N3 x  A A12 A13   N1   A11 A12 A13 


    11    
 y  A21 N1  A22 N 2  A23 N 3   y    A21 A22 A23   N 2   P   A21 A22 A23  ( II .9)
   A  
 z   31 A33   N3  A A33 
 z  A31 N1  A32 N 2  A33 N3  31
A32 A32
   
Avec
1 T
P 1  Com( P)( II .10)
det( P)

En notation vectorielle, la relation X  PX P 1 s’écrit sous la forme


 x, y , z   N1 , N2 , N3 
X  TX ( II .11) et l’expression de T sera donnée ultérieurement. Les composantes
 x, y , z   N1 , N2 , N3 

  
de X respectivement dans les bases N1 , N 2 , N3 et x, y, z sont alors notées : 
T
X   X 11 , X 22 , X 33 , X 32 , X 13 , X 12 
 N1 , N2 , N3 
(III.12)
T
X   X xx , X yy , X zz , X zy , X xz , X xy 
 x, y , z 
On pose également les notations (III.13) X  X et X '  X . Il faut bien
 N1 , N2 , N3   x, y , z 
noter que X représente indifféremment les contraintes ou les déformations car la notation
retenue dans ce mémoire symétrise la notation vectorielle classiquement admise. Par la suite,
le changement de base dans le cas d’une rotation autour de l’axe N 3 est développé à titre
d’exemple.

III.5. RELATIONS D’ELASTICITE DES MATERIAUX ANISOTROPES

  C   ( II .14)


   S  ( II .15)

Des expressions précédentes on peut déduire que :
  C    C  S 
 C  S   I
 C    S  ( II .16)
1

 '  P P 1  T  ( II .17)



 '  P P  T  ( II .18)
1

 '  T    '  T C    T C T 1 '  C '  '


 C '  T C T 1 ( II .19)

De même,

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 '  T    '  T  S   T  S T 1 '   S ' '


  S '  T  S T 1 ( II .20)

 T est la matrice de changement de base des contraintes ;

 T est la matrice de changement de base des déformations.

Pour l’instant le calcul des matrices T et T est inconnu, nous verrons par la suite comment

les calculer notamment dans le cas d’un changement de base par la rotation autour d’un axe.

On montre que : T  (T1 )t et T1  Tt


Cependant d’après la figure III.2., le passage de la base d’orthotropie N1 , N 2 , N3 à la 
base hors axe d’orthotropie  x, y , z  se fait, par une rotation d’angle  . Les relations à

utiliser sont les relations II.21 et II.22 qui s'écrivent ici :

C '  T 1 C T

( II .21)
et
 S '  T  S T 1

( II .22)

III.6. ETUDE DE LA ROTATION AUTOUR DE L’AXE N 3

On cherche à exprimer les contraintes et les déformations dans la base  x, y, z  en


 
fonction des composantes dans la base N1 , N 2 , N3 dans le cas d’une rotation d’un angle θ

autour de l’axe N 3 .

FIG III.3. Reperage de la rotation d’axe N 3


D’apres (III.9) on a:

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 x  C N1  S N 2  0 N3 x  C S 0   N1  C S 0 
       
 y   S N1  C N 2  0 N3   y     S C 0   N2   P   S C 0  ( II .21)
    0  
z   1   N3   0 1 
 z  0 N1  0 N 2  N3 
0 0
   

III.6.1. CALCUL DE P-1


La matrice de passage inverse P−1 est telle que :
1 T
P 1  Com( P)  II .21.1
det( P)

C S 0
C 0 S 0
det( P)   S C 0 C S  C2  S 2 1
0 1 0 1
0 0 1

 P 1  T Com( P )
 C 0 S 0 S C 
    
 0 1 0 1 0 0 
 C S 0 
S 0 C 0 C S   
Com( P)        S C 0 P
 0 1 0 1 0 0  
   0 0 1 
 S 0

C 0

C S 
 C S S C 
 0 0

C S 0 
 
 P 1  T P   S C 0  ( II .22)
 0 1 
 0

Avec   ( N1 , x) , C  cos( ); S  sin( ) . On va utiliser la notation vectorielle, (III.17) et


(III.18), de cette manière, les contraintes et les déformations sont exprimées dans la base

 x, y, z  à partir de leurs composantes dans la base  N , N , N  à partir de la matrice T


1 2 3  et T

III.6.2. CALCUL DE T ET T 1

D’après les relations (III.1), (III.12), (III.17) et (III.21) on a :

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 '  P P 1  T 
  xx  xy  xz   C S 0   11  12  13  C S 0 
 
   yx  yy  yz     S C
 
0   21  22  23  S C 0 


 zx  zy  zz   0 0 1  
  31  32  33  0 0 1 
  xx  xy  xz   C S 0   C 11  S 12  S 11  C 12  13 
 
   yx  yy  yz     S C

0   C 21  S 22  S 21  C 22  23 


 zx  zy  zz   0 0 1   C 31  S 32  S 31  C 32  33 

  xx  xy  xz   C (C 11  S 12 )  S (C 21  S 22 ) C ( S 11  C 12 )  S ( S 21  C 22 ) C 13  S 23 
 
   yx  yy  yz     S (C 11  S 12 )  C (C 21  S 22 )  S ( S 11  C 12 )  C ( S 21  C 22 )  S 13  C 23



 zx  zy  zz   C 31  S 32  S 31  C 32  33 

  xx  xy  xz   C  11  2CS 12  S  22
2 2
CS 11  (C  S ) 21  CS 22
2 2
C 13  S 23 
   
   yx  yy  yz    CS 11  (C  S ) 21  CS 22
2 2
S 2 11  2CS 21  C 2 22  S 13  C 23 
   
 zx  zy  zz   C 31  S 32  S 31  C 32  33 

Par identification on trouve :


  xx   C 2 S2 0 0 0 2CS    11 
    
  yy   S 2CS    22 
2 2
C 0 0 0
   0 0 1 0 0 0    33 
 
zz
 
  yz   0 0 0 C S 0    32 
  
  xz   0 0 0 S C 0    13 
 
    CS CS 0 0 0 C 2  S 2  
  12 
 xy 

D’où dans le cas d’une rotation d’axe N 3

 C2 S2 0 0 0 2CS 
 
 S
2
C 2
0 0 0 2CS 
 0 0 1 0 0 0 
T    ( II .23)
 0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0 
 
 CS CS 0 0 0 C 2  S 2 

En outre on a la relation :
T 1 ( )  T ( )( II .24)
D’où
 C2 S2 0 0 0 2CS 
 2 2 
 S C 0 0 0 2CS 
 0 0 1 0 0 0 
T 1   
 0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0 
 
 CS CS 0 0 0 C 2  S 2 

III.6.3. CALCUL DE T ET T 1

On a exactement le même raisonnement pour les déformations :

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 '  P P 1  T 
  xx  xy  xz   C S 0  11 12 13  C S 0 
 
   yx  yy  yz     S C

0   21  22  23 
 S C 0 


 zx  zy  zz   0 0 1 
  31  32  33 
 0 0 1 
  xx  xy  xz   C S 0   C11  S 12  S11  C12 13 
 
   yx  yy  yz     S C

0   C 21  S 22  S 21  C 22  23 


 zx  zy  zz   0 0 1   C 31  S 32  S 31  C 32  33 

  xx  xy  xz   C (C11  S12 )  S (C 21  S 22 ) C ( S11  C12 )  S ( S 21  C 22 ) C13  S 23 
 
   yx  yy  yz     S (C11  S12 )  C (C 21  S 22 )  S ( S11  C12 )  C ( S 21  C 22 )  S13  C 23



 zx  zy  zz   C 31  S 32  S 31  C 32  33 

  xx  xy  xz   C 11  2CS12  S  22
2 2
CS11  (C  S ) 21  CS 222 2
C 13  S 23 
   
   yx  yy  yz    CS11  (C  S ) 21  CS 22
2 2
S 211  2CS 21  C 2 22  S 13  C 23 
 
 zy  zz    C 31  S 32  S 31  C 32  33 
 zx 

Par identification on trouve :


  xx   C 2 S2 0 0 0 CS   11 
    
  yy   S CS    22 
2 2
C 0 0 0
   0 0 1 0 0 0    33 
 
zz
 
 2 yz   0 0 0 C S 0   2 32 
  
 2 xz   0 0 0 S C 0   213 
 
 2   2CS 2CS 0 0 0 C  S 2 
2 
 212 
 xy 

D’où dans le cas d’une rotation d’axe N 3

 C2 S2 0 0 0 CS 
 
 S
2
C 2
0 0 0 CS 
 0 0 1 0 0 0 
T    ( II .25)
 0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0 
 
 2CS 2CS 0 0 0 C 2  S 2 

En outre on a la relation :
T 1 ( )  T ( )( II .26)
D’où
 C2 S2 0 0 0 CS 
 2 2 
 S C 0 0 0 CS 
 0 0 1 0 0 0 
T 1    ( II .27)
 0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0 
 
 2CS 2CS 0 0 0 C 2  S 2 

III.7. ETUDE DE LA ROTATION AUTOUR DE L’ AXE N 2

COURS DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES-ENSET-MASTER 89/198


Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

On cherche à exprimer les contraintes et les déformations dans la base  x, y, z  en


 
fonction des composantes dans la base N1 , N 2 , N3 dans le cas d’une rotation d’un angle θ

autour de l’axe N 2 .

FIG III.4. Reperage de la rotation d’axe N 2


D’apres (III.9) on a:
 x  C N1  0 N 2  S N3 x  C 0  S   N1  C 0 S 
       
 y  0 N1  N 2  0 N3   y    0 1 0   N2   P   0 1 0  ( II .28)
    S  
z   C   N3   S C 
 z  S N1  0 N 2  C N3 
0 0
   

III.7.1. CALCUL DE P-1

La matrice de passage inverse P−1 est telle que :


1 T
P 1  Com( P )
det( P)
C 0 S
1 0 0 1
det( P)  0 1 0 C S  C2  S 2 1
0 C S 0
S 0 C
 P 1  T Com( P )
 1 0 0 0 0 1 
    
 0 C S C S 0 
 0 C 0 S 
S C S C 0   
Com( P )       0 1 0 P
 0 C S C S 0  
   S 0 C 
 0 S C S C 0 
 1  
 0 0 0 0 1 

C 0 S 
 
 P 1  T P   0 1 0  ( II .29)
 S C 
 0

COURS DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES-ENSET-MASTER 90/198


Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

Avec   ( N3 , z ) , C  cos( ); S  sin( ) . On va utiliser la notation vectorielle, (III.17) et


(III.18), de cette manière, les contraintes et les déformations sont exprimées dans la base

 x, y, z  à partir de leurs composantes dans la base  N , N , N  à partir de la matrice T 1 2 3  et T

III.7.2. CALCUL DE T ET T 1

D’après les relations (III.1), (III.12), (III.17) et (III.21) on a :


 '  P P 1  T 
  xx  xy  xz   C 0  S   11  12  13  C 0 S 
 
   yx  yy  yz    0 1
 
0   21  22  23  0 1 0 


 zx  zy  zz   S 0 C   31  32  33 

  S 0 C 
  xx  xy  xz   C 0  S   C 11  S 13  12 S 11  C 13 
 
   yx  yy  yz    0 1

0   C 21  S 23  22 S 21  C 23 


 zx  zy  zz   S 0 C   C 31  S 33  32 S 31  C 33 
  xx  xy  xz   C (C 11  S 13 )  S (C 31  S 33 ) C 12  S 32 C ( S 11  C 13 )  S ( S 31  C 33 ) 
 
   yx  yy  yz    C 21  S 23  22 S 21  C 23


   S ( S 11  C 13 )  C ( S 31  C 33 ) 
 zx  zy  zz   S (C 11  S 13 )  C (C 31  S 33 ) S 12  C 32
  xx  xy  xz   C  11  2SC 31  S  33
2 2
C 12  S 32 CS 11  (C 2  S 2 ) 31  CS 33 
   
   yx  yy  yz    C 21  S 23  22 S 21  C 23 
  zz   CS 11  (C 2  S 2 ) 31  CS 33 S  11  2CS 31  C  33 
 zx  zy S 12  C 32 2 2

Par identification on trouve :


  xx   C2 0 S2 0 2CS 0    11 
    
  yy   0 1 0 0 0 0    22 
   S 2
0 C 2
0 2CS 0    33 
 
zz
 
  yz   0 0 0 C 0 S    32 
     
  xz   CS C S
2 2
CS 0 0 0
 13 
    0 0 0 S 0 C 
  12 
 xy 

D’où dans le cas d’une rotation d’axe N 2

 C2 0 S2 0 2CS 0 
 
 0 1 0 0 0 0 
 S 2
0 C 2
0 2CS 0 
T    ( II .30)
 0 0 0 C 0 S 
 CS 0 CS 0 C S
2 2
0 
 
 0 0 0 S 0 C 
En outre on a la relation :
T 1 ( )  T ( )
D’où

COURS DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES-ENSET-MASTER 91/198


Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

 C2 0 S2 0 2CS 0 
 
 0 1 0 0 0 0 
 S2 0 C 2
0 2CS 0 
T 1    ( II .31)
 0 0 0 C 0 S 
 CS 0 CS 0 C S2 2
0 
 
 0 0 0 S 0 C 

III.7.3. CALCUL DE T ET T 1
On a exactement le même raisonnement pour les déformations :
 '  P P 1  T 
  xx  xy  xz   C 0  S  11 12 13  C 0 S 
 
   yx  yy  yz    0 1

0   21  22  23 
 0 1 0 


 zx  zy  zz   S 0 C   31  32  33 
  S 0 C 
  xx  xy  xz   C 0  S   C11  S13 12 S 11  C13 
 
   yx  yy  yz    0 1

0   C 21  S 23  22 S 21  C 23 


 zx  zy  zz   S 0 C   C 31  S 33  32 S 31  C 33 
  xx  xy  xz   C (C11  S13 )  S (C 31  S 33 ) C12  S 32 C ( S11  C 13 )  S ( S 31  C 33 ) 
 
   yx  yy  yz    C 21  S 23  22 S 21  C 23


  
 zy  zz   S (C11  S13 )  C (C 31  S  33 ) S12  C 32 S ( S 11  C13 )  C ( S  31  C 33 ) 
 zx
  xx  xy  xz   C 11  2SC 31  S  33
2 2
C12  S 32 CS 11  (C 2  S 2 ) 31  CS 33 
   
   yx  yy  yz    C 21  S 23  22 S 21  C 23 
  
 zy  zz   CS11  (C 2  S 2 ) 31  CS 33 S12  C 32 S 211  2CS 31  C 2 33 
 zx

Par identification on trouve :


  xx   C 2 0 S2 0 CS 0   11 
    
  yy   0 1 0 0 0 0    22 
   S 2 0 C 2
0 CS 0    33 
 
zz
 
 2 yz   0 0 0 C 0 S   2 32 
     2 
 2 xz   2CS 2CS C S2 2
0 0 0
 13 
 2   0 0 0 S 0 C  212 

 xy 

D’où dans le cas d’une rotation d’axe N 2

 C2 0 S2 0 CS 0 
 
 0 1 0 0 0 0 
 S2 0 C 2
0 CS 0 
T    ( II .32)
 0 0 0 C 0 S 
 2CS 0 2CS 0 C S
2 2
0 
 
 0 0 0 S 0 C 
En outre on a la relation :
T 1 ( )  T ( )
D’où

COURS DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES-ENSET-MASTER 92/198


Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

 C2 0 S2 0 CS 0 
 
 0 1 0 0 0 0 
 S2 0 C 2
0 CS 0 
T 1    ( II .33)
 0 0 0 C 0 S 
 2CS 0 2CS 0 C S
2 2
0 
 
 0 0 0 S 0 C 

III.8. ETUDE DE LA ROTATION AUTOUR DE L’ AXE N1

On cherche à exprimer les contraintes et les déformations dans la base  x, y, z  en


 
fonction des composantes dans la base N1 , N 2 , N3 dans le cas d’une rotation d’un angle θ

autour de l’axe N1 .

FIG III.5. Reperage de la rotation d’axe N1


D’apres (III.9) on a:
 x  1N1  0 N 2  0 N3 x  1 0 0   N1   1 0 0 
       
 y  0 N1  C N 2  S N 3   y   0 C S   N2   P   0 C S  ( II .34)
    0  
z   S C   N3   0 S C 
 z  0 N1  S N 2  C N3     

III.8.1.CALCUL DE P-1

La matrice de passage inverse P−1 est telle que :

COURS DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES-ENSET-MASTER 93/198


Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

1 T
P 1  Com( P )
det( P)
1 0 0
C S
det( P)  0 C S 1  C2  S 21
S C
0 S C
 P 1  T Com( P )
 C S 0 S 0 C 
   
 S C 0 C 0 S 
 0  1 0 0 
0 1 0 1 0   
Com( P)       0 C S P
 S C 0 C 0  S  
   0 S C 
  0 0

1 0

1 0 
 C C 
 S 0 S 0

 1 0 0 
 1 
P  P 0 T
C  S  ( II .35)
 0 C 
 S

Avec   ( N2 , y) , C  cos( ); S  sin( ) . On va utiliser la notation vectorielle, (III.17) et


(III.18), de cette manière, les contraintes et les déformations sont exprimées dans la base

 x, y, z  à partir de leurs composantes dans la base  N , N , N  à partir de la matrice T 1 2 3  et T

III.8.2. CALCUL DE T et T 1

D’après les relations (III.1), (III.12), (III.17) et (III.21) on a :


 '  P P 1  T 
  xx  xy  xz   1 0 0   11  12  13  1 0 0 
 
   yx  yy  yz    0 C
 
S   21  22  23  0 C

S 

 zx  zy  zz   0 S C   31  32  33 

 0 S C 
  xx  xy  xz   1 0 0   11 C 12  S 13  S 12  C 13 
 
   yx  yy  yz    0 C

S   21 C 22  S 23  S 22  C 23 


 zx  zy  zz   0 S C    31 C 32  S 33  S 32  C 33 
  xx  xy  xz    11 C 12  S 13  S 12  C 13 
 
   yx  yy  yz    C 21  S 31 C (C 22  S 23 )  S (C 32  S 33 ) C ( S 22  C 23 )  S ( S 32  C 33 ) 


 zx  zy  zz    S 21  C 31  S (C 22  S 23 )  C (C 32  S 33 )  S ( S 22  C 23 )  C ( S 32  C 33 ) 
  xx  xy  xz    11 C 12  S 13  S 12  C 13 
   
   yx  yy  yz    C 21  S 31 C 2 22  2CS 32  S 2 33 CS 22  (C 2  S 2 ) 32  CS 33 ) 
  zz   
 zx  zy  S 21  C 31 CS 22  ( S 2  C 2 ) 32  CS 33 S 2 22  2CS 32  C 2 33 ) 

Par identification on trouve :

COURS DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES-ENSET-MASTER 94/198


Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

  xx   1 0 0 0 0 0    11 
    
  yy      22 
2 2
0 C S 2CS 0 0
   0 S 2
C 2
2CS 0 0    33 
 
zz
 

 yz   0 CS CS C S2 2
0 0    32 
     
  xz   0 0 0 0 C S
 13 
    0 0 0 0 S C 
  12 
 xy 

D’où dans le cas d’une rotation d’axe N1

 1 0 0 0 0 0 
 2 2 
 0 C S 2CS 0 0 
 0 S 2
C 2
2CS 0 0 
T    ( II .36)
 0 CS CS C2  S 2 0 0 
 0 0 0 0 C S 
 
 0 0 0 0 S C 
En outre on a la relation :
T 1 ( )  T ( )
D’où
 1 0 0 0 0 0 
 
 0 C2 S2 2CS 0 0 
 0 S 2
C 2
2CS 0 0 
T 1   
 0 CS CS C S 2 2
0 0 
 0 0 0 0 C S 
 
 0 0 0 0 S C 

III.8.3. CALCUL DE T et T 1

On a exactement le même raisonnement pour les déformations :


 '  P P 1  T 
  xx  xy  xz   1 0 0  11 12 13  1 0 0 
 
   yx  yy  yz    0 C

S   21  22  23 
 0 C

S 

 zx  zy  zz   0 S C 
  31  32  33 
 0 S C 
  xx  xy  xz   1 0 0  11 C12  S13  S12  C13 
 
   yx  yy  yz    0 C

S   21 C 22  S 23  S 22  C 23 


 zx  zy  zz   0 S C    31 C 32  S 33  S 32  C 33 
  xx  xy  xz   11 C12  S13  S12  C13 
 
   yx  yy  yz    C 21  S 31 C (C 22  S 23 )  S (C 32  S 33 ) C ( S 22  C 23 )  S ( S 32  C 33 ) 


 zx  zy  zz    S 21  C 31  S (C 22  S 23 )  C (C 32  S  33 )  S ( S  22  C 23 )  C ( S  32  C 33 ) 
  xx  xy  xz   11 C12  S 13  S 12  C 13 
   
   yx  yy  yz    C 21  S 31 C 2 22  2CS 32  S 2 33 CS 22  (C 2  S 2 ) 32  CS 33 ) 
  zy  zz    S 21  C 31 CS 22  ( S 2  C 2 ) 32  CS 33 S 2 22  2CS 32  C 2 33 ) 
 zx 

Par identification on trouve :


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  xx   1 0 0 0 0 0   11 
    
  yy      22 
2 2
0 C S CS 0 0
   0 S 2
C 2
CS 0 0    33 
 
zz
 
2 
 yz   0 2CS 2CS C S
2 2
0 0   2 32 
     2 
 2 xz   0 0 0 0 C S
 13 
 2   0 0 0 0 S C  212 

 xy 

D’où dans le cas d’une rotation d’axe N1

 1 0 0 0 0 0 
 2 2 
 0 C S CS 0 0 
 0 S 2
C 2
CS 0 0 
T    ( II .37)
 0 2CS 2CS C S
2 2
0 0 
 0 0 0 0 C S 
 
 0 0 0 0 S C 
En outre on a la relation :
T 1 ( )  T ( )
D’où
 1 0 0 0 0 0 
 
 0 C 2
S 2
CS 0 0 
 0 S 2
C 2
CS 0 0 
T 1    ( II .38)
 0 2CS 2CS C S 2 2
0 0 
 0 0 0 0 C S 
 
 0 0 0 0 S C 

III.9.LOI DE COMPORTEMENT ELASTIQUE LINEAIRE

III.9.1. SYMETRIES DES SOUPLESSES ET RIGIDITES

Un matériau possède un comportement élastique linéaire s’il existe une relation


linéaire bi-univoque entre le tenseur des contraintes et le tenseur des déformations :

  C  


   S 

Des considérations thermodynamiques indiquent qu’il existe une énergie de
déformation élastique  exprimée en déformation  ( ) dont dérive la loi de comportement
élastique linéaire :
1  ( )
 ( )  Cijkl  ij kl ( II .38)  ij    ij  Cijkl  kl ( II .39)
2  ij

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 ij  Cijkl  kl

 ( II .40)
 ij  Sijkl kl


 Cijkl représente le tenseur des rigidités ;

 Sijkl représente le tenseur des souplesses,

Ils sont des tenseurs d’ordre quatre et inverses l’un de l’autre. Le respect des symétries
matérielles impose les symétries suivantes Cijkl  C jikl ( II .41) car  est symétrique et

Sijkl  S jikl ( II .42) car 𝜀 est symétrique. Ces tenseurs sont donc définis par 36 composantes

indépendantes.
La convexité de l’énergie de déformation  ( ) impose la relation Cijkl  C jikl . Le

tenseur des modules Cijkl est donc composé de vingt et une (21) constantes élastiques

indépendantes pour un matériau anisotrope triclinique.


On adopte la notation matricielle à deux indices pour écrire les relations de
comportement élastiques linéaires sous forme matricielle. On pose la règle de conversion
suivante :
CIJ  Cijkl

(i, j )  I  1  (1,1)
(i, j )  2  (2, 2)

(i, j )  3  (3,3) ( II .43)
(i, j )  4  (2,3)

(i, j )  5  (1,3)
(i, j )  6  (1, 2)

À titre d’exemple, les relations de comportement s’écrivent en notation vectorielle sous
la forme suivante :

 Pour la relation   C   dans la base de départ N1 , N 2 , N3  


  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 
    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    ( II .44)
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

 Pour la relation    S  dans la base de départ N1 , N 2 , N3  

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 11   S11 S12 S13 S14 S15 S16    11 


    
  22   S21 S22 S23 S24 S25 S26    22 
  33   S31 S32 S33 S34 S35 S36    33 
    ( II .45)
 2 32   S41 S42 S43 S44 S45 S46    32 
 2   S S52 S53 S54 S55 S56    13 
 13   51  
 2 
 12   S61 S62 S63 S64 S65 S66    12 

III.10. CALCUL GENERALISE DES CONSTANTES DES MATRICES


DE SOUPLESSE DES MATERIAUX COMPOSITES TRICLINIQUES

Notons tout d’abord qu’il s’agit du cas le plus complexe des comportements des
matériaux composite, car les autres cas découlent des simplifications diverses du fait des
différentes symétries observées.

III.10.1. HYPOTHESES DE TRAVAIL

 Le milieu élastique entraîne la réversibilité des phénomènes ;

 On travaille sous les HPP : hypothèse de petites déformations, qui est une théorie du
premier gradient, c’est-à-dire qu’on a des petits déplacements par rapport aux
dimensions de la pièce ;

 Les actions mécaniques sont appliquées progressivement, donc le chargement est


quasi-statique ;

 Pas de couplage des phénomènes : hygrothermiques et mécaniques ;

 Relations de comportements linéaires ;

 Existence d'un potentiel élastique  ( ) voir les relations (III.38) et (III.39) ;

La forme quadratique définie positive des composantes du tenseur des déformations est:

 ij  2 ( )
 ij  Cijkl  kl  Cijkl   ( II .46)
 kl  ij  kl

Lorsque le matériau est quelconque et ne présente pas de symétrie élastique, il est dit
anisotrope triclinique. Un tel matériau est caractérisé par 21 constantes élastiques
indépendantes. la relation (III.45) definit le comportement qui lie les déformations aux
contraintes.

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 11   S11 S12 S13 S14 S15 S16    11 


    
  22   S21 S22 S 23 S24 S25 S26    22 
  33   S31 S32 S33 S34 S35 S36    33 
   
 2 32   S41 S42 S 43 S44 S45 S46    32 
 2   S S52 S53 S54 S55 S56    13 
 13   51  
 2 
 12   S61 S62 S63 S64 S65 S66    12 

Le tenseur des souplesses s’écrit :

 S11 S12 S13 S14 S15 S16 


 
 S21 S22 S23 S24 S25 S26 
S S32 S33 S34 S35 S36 
 S    S31 S42 S43 S44 S45 S46 
 ( II .47)
 41
 S51 S52 S53 S54 S55 S56 
 
 S61 S62 S63 S64 S65 S66 

Ce tenseur est symétrique, donc il suffira de calculer les coefficients d’un côté de la
symétrie pour complètement le définir. Les constantes que nous cherchons sont :
S11 , S12 , S13 , S14 , S15 , S16 , S22 , S23 , S24 , S25 , S26 , S33, S34, S35 , S36 , S44 , S45 , S46 , S55 , S56 , S66  (II .48) , il

s’agit de 21 coefficients.

III.10.2. CALCUL DES COEFICIENTS DE LA MATRICE DE SOUPLESSE

 Calcul des coefficients Sii pour i, j  1, 2,3

On applique une traction dans une direction N i pour i  1ou 2 ou3 , à partir de ce

moment  ii  0 et  ij  0 pour i  j . En appliquant la relation (III.45), on cherche  ii :

 ii  Sii ii or  ii  Ei ii ( II .49)

 ii traduit un allongement unitaire dans la direction i.

1
  ii  Sii Ei ii par simplification on trouve : 1  Sii Ei  Sii  ( II .50) ;
Ei
1 1 1
On peut donc dire que S11  ; S22  ; S33  .
E1 E2 E3

 Calcul des coefficients Sij pour i, j  1, 2,3, i j

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On applique une traction dans une direction N i , à partir de ce moment  ii  0 et les autres

contraintes sont nulles. En appliquant la relation (III.45), on cherche  ii :

 ii  S ji ii or ( II .49)   ii  Ei ii

 jj
  ii  S ji Ei ii On définit le coefficient de poisson  ij   ( II .51)   jj   ij ii
 ii

 jj traduit un allongement unitaire dans la direction j.

 ij
  ij ii  S ji Ei ii par simplification on trouve :  ij  S ji Ei  S ji   ( II .52) ;
Ei
 12  13  23
On en déduit donc que S21   ; S31   ; S32  
E1 E1 E2

La condition de symétrie des coefficients de souplesse impose que :


 ji  ij
Sij  S ji    ( II .53)
Ej Ei

 Calcul des coefficients S kk pour k   4,5,6 et i, j  1, 2,3

On applique une contrainte de cisaillement dans le plan constitué des vecteurs ( Ni , N j ) en

respectant les conventions de notation des relations (III.43), qui relient l’indice k au couple
(i,j) ; à partir de ce moment  ij  0 et toutes les autres contrainte sont nulles. En appliquant la

relation (III.45), on cherche  ij :

2 ij  Skk ij or  ij  Gij ij  2Gij ij ( II .54)

1
 2 ij  Sij ij  2Sij Gij ij par simplification on trouve : 1  Skk Gij  Skk  ( II .55) ;
Gij
On en déduit que :
1 1 1
S44  ; S55  ; S66 
G23 G13 G12

Gij
 Calcul de :

Lorsqu’on applique une traction dans une direction N i (la base N , N , N 


i j k étant

orthonormée directe) à une poutre, le cercle de Mohr en traction conduit à :


e
 lim  Gij ij  2Gij ij  ( II .56)
2
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 ii   jj  ij
Et  ij  sin(2 )  cos(2 ) , or le cisaillement est maximal pour   45
2 2
 ii   jj  ii  ij ii 1  ij
  ij  or ( II .51)   jj   ij ii   ij    ii
2 2 2
En remplaçant dans (III.56) on a :
1  ij e Ei ii
 2Gij  ii  
2 2 2
 2Gij (1  ij )  Ei

Ei
 Gij 
2(1  ij )
Ei
Dans la suite du mémoire on considèrera que : Gij  ( II .57)
2(1  ij )

 Calcul des coefficients S ji pour i, k , l  1, 2,3, k l et j   4,5,6

On applique une contrainte de traction suivant la direction N i , à partir de ce moment,

 ii  0 , et les autres contraintes sont nulles. On calcule ensuite un demi-distorsion  ij , on a :

2 kl  S ji ii
 2 kl S ji
et    kl ,i ( II .58)
  S   ii Sii
 ii ii ii

 Les kl ,i sont des coefficients d'influence de 1ère espèce. Pour les déterminer,
l’opérateur doit déterminer un état de déformation  ij avec i, j  1, 2,3 par

extensométrie ou photoélasticité ;
 L’indice j est relié au couple d’indice (k,l) suivant la convention de la relation
(III.43) ;

212 213 2 23
12,1  ;13,1  ;23,1  ;
11 11 11
2 2 2
12,2  12 ;13,2  13 ;23,2  23 ;
 22  22  22
2 2 2
12,3  12 ;13,3  13 ;23,3  23 ;
 33  33  33

 Les coefficients Sii sont connus d’après la relation (III.50)

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( II .58)  S ji  kl ,i Sii


 kl ,i
 1   S ji  ( II .59)
( II .50)  Sii  E Ei
 i

On en déduit donc que :


23,1 23,2 23,3
S 41  ; S 42  ; S 43 
E1 E2 E3
13,1 13,2 13,3
S51  ; S52  ; S53 
E1 E2 E3
12,1 12,2 12,3
S61  ; S62  ; S63 
E1 E2 E3

 Calcul des coefficients S kl pour i, j, m, n  1, 2,3, i  j; m  n et k , l   4,5,6


Les conditions suivantes doivent être respectées
 l  k  2, k  1
 L’indice l doit être est lié au couple d’indice (i,j) suivant la convention
de la relation (III.43) ;
 L’indice k ne doit pas est lié au couple d’indice (i,j) suivant la
convention de la relation (III.43) ;

On applique une contrainte de cisaillement dans un plan formé par les vecteurs
( Ni , N j ) , à partir de ce moment,  ij  0 , et les autres contraintes sont nulles. On calcule

ensuite la demi-distorsion  ij , on a :

2 mn  Skl ij
  mn Skl
et    k ,ij ( II .60)
2  S   ij Sll
 ij ll ij

 Les k ,ij sont des coefficients d'influence de 2nde espèce. Pour les déterminer,
l’opérateur doit déterminer un état de déformation  ij avec i, j  1, 2,3 par

extensométrie ou photoélasticité ; Les coefficients qui en découlent sont :

4,12 ;5,12 ;6,12 ;


4,13 ;5,13 ;6,13 ;
4,23 ;5,23 ;6,23 ;

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 D’après les conventions précédentes on a :


4,ij ( RAS ) 3 car l=2 ou 3<4 ;
13 S54
5,12   ( RAS ) car l=4 n’est pas lié au couple (1,2) mais (2,3) d’après
12 S44
(III.43) , et l=2 n’a aucun sens;
13 S54
5,13   ( RAS ) car l= 4 n’est pas lié au couple (1,3) mais (2,3) d’après
13 S44
(III.43), et l=2 n’a aucun sens ;
13 S54
5,23   (OK ) 4 ;
 23 S44
12 S64
6,12   ( RAS ) car 4 n’est pas lié au couple (1,2) mais (2,3) d’après
12 S44
(III.43) ;
12 S64
6,13   ( RAS ) car 4 n’est pas lié au couple (1,3) mais (2,3) d’après
13 S44
(III.43) ;
12 S65
6,13   (OK )
13 S55
12 S64
6,23   (OK )
 23 S44
12 S65
6,23   ( RAS ) car 5 n’est pas lié au couple (2,3) mais (1,3) d’après
 23 S55
(III.43) ;

 Les coefficients Sll sont connus d’après la relation (III.55)

 mn Skl
  k ,ij
 ij Sll

( II .60)  Skl  k ,ij Sll


 k ,ij
 1   Skl  ( II .61)
( II .55)  Sll  G Gij
 ij

On en déduit donc que :


5,23 6,13 6,23
S54  ; S65  ; S64  ;
G23 G13 G23

3
RAS signifie Rien à Signaler, car les conditions ne sont pas réunies pour opérer les calculs.
4
OK signifie que les conditions sont respectées pour faire des calculs.

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Ces valeurs correspondent à celles trouvées par CHENTSOV [22] dans son calcul des
coefficients du tenseur de souplesse s'expriment à l'aide de constantes mécaniques. La matrice
de souplesse d’un matériau triclinique peut donc s’écrire comme suit :
 1  12  13 23,1 13,1 12,1 
   
 E1 E1 E1 E1 E1 E1 
  12 1  23 23,2 13,2 12,2 
  
 E1 E2 E2 E2 E2 E2 
   23 1 23,3 13,3 12,3 
  13  
 E E2 E3 E3 E3 E3 
S    1
6,23 
( II .61.1)
 23,1 23,2 23,3 1 5,23
 E1 E2 E3 G23 G23 G23 
 
 13,1 13,2 13,3 5,23 1 6,13 
 E1 E2 E3 G23 G13 G13 
 
 12,1 12,2 12,3 6,23 6,13 1 
 E G12 
 1 E2 E3 G23 G13

La matrice de rigidité d’un matériau composite anisotrope triclinique est déterminée


en inversant la matrice de souplesse ci-dessus d’après la relation (III.16).
Dans les paragraphes qui suivent, nous allons introduire des symétries matérielles
permettant de simplifier la matrice de souplesse Sijkl, Les coefficients des matrices pourront
alors être calculés et démontrés rationnellement.

III.10.3. RESTRICTION SUR LES COEFICIENTS D’ELASTICITE :

Si une seule contrainte suivant un axe principal est appliquée au matériau, la déformation
suivant cette direction est de meme signe que la contrainte. Il en résulte les ingalités
suivantes :
 Sii 0; i  1, 2,3, 4,5,6

Cii 0; i  1, 2,3, 4,5, 6


  det(C ) 0
 det( S ) 0

III.11. SYMETRIES ELASTIQUES

Dans cette partie, on établit l’expression que doit vérifier le tenseur des modules
élastiques Cijkl et le tenseur des complaisances élastiques Sijkl dans le cas d’un plan de
symétrie élastique. Considérons à titre d’exemple un matériau unidirectionnel carbone-époxy.

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On découpe deux éprouvettes. Il est évident que ces deux éprouvettes ont des caractéristiques
mécaniques identiques : il suffit de regarder la plaque de l’autre côté, voir la figure ci-
dessous :

FIG III.6. Schéma miroir de la structure [2]

Pour effectuer la comparaison entre ces deux échantillons, il faut se placer dans une
même base.

III.11.1. MATERIAUX MONOCLINIQUES

Par définition, un matériau monoclinique possède un plan de symétrie matériel. Dans


ce cas, la matrice de comportement doit être telle qu’un changement de base effectué par
rapport à ce plan ne modifie pas la matrice. On montre dans cette partie que lorsque des
symétries matérielles existent le nombre de composantes nécessaires à décrire le
comportement élastique linéaire est égal à 13.
L’effet des symétries élastiques par rapport aux plans ( N1 , N2 ), ( N1 , N3 ), ( N2 , N3 ) sur
la relation de comportement élastique linéaire est étudiée dans la suite. Il faut bien noter que
lorsque l’on tient compte d’une symétrie, la forme de la matrice C  de rigidité est identique à

celle de la matrice des souplesses  S  .

III.11.1.1. SYMETRIE PAR RAPPORT AU PLAN ( N1 , N 2 )

Le matériau étudié présente un plan de symétrie ( N1 , N 2 ) , c’est un matériau

monoclinique de plan ( N1 , N 2 ) . Dans ce cas, la forme de la matrice de rigidité doit être telle
qu’un changement de base effectué par rapport à ce plan ne modifie pas la matrice. Calculons
la nouvelle forme de la matrice de rigidité en tenant compte de la symetrie de plan ( N1 , N 2 ) .

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FIG III.7. Reperage de la symetrie par rapport au plan ( N1 , N 2 )

III.11.1.1.1. CALCUL DE P
D’apres (III.9) on a:
 x  1N1  0 N 2  0 N3 x  1 0 0   N1  1 0 0
       
 y  0 N1  1N 2  0 N3   y    0 1 0   N2   P   0 1 0  ( II .62)
   0  
z   1  N3  0 1
 z  0 N1  0 N 2  1N3 
0 0
   

III.11.1.1.2. CALCUL DE P-1

La matrice de passage inverse P−1 est telle que :


1 T
P 1  Com( P )
det( P)
1 0 0
1 0
det( P)  0 1 0 1  1
0 1
0 0 1
 P 1   T Com( P )
 1 0 0 0 0 1 
   
 0 1 0 1 0 0 
 0  1 0 0
0 1 0 1 0   
Com( P)        0 1 0
 0 1 0 1 0 0  
  0 0 1 
 0 0

1 0

1 0 
 1 0 1 
 0 0 0

1 0 0
1  
 P   Com( P )   0
T
1 0   P( II .63)
0 1
 0

III.11.1.1.3. CALCUL DE LA MATRICE DE RIGIDITE

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La relation (III.6) nous donne le vecteur et par ricochet la matrice des contraintes dans
le repère de base, cherchons la forme de cette matrice dans le plan de symétrie.
  11 
 
  22     12  13 
  33   11
       21  22  23 
  32    
    31  32  33 
 13 
 
 12 
Appliquons la relation de changement de base (III.17)  '  P P1 , avec P=P-1 calculé
ci-dessus.  ' est la matrice des contraintes dans le plan de symétrie.
1 0 0   11  12  13  1 0 0
 '   0  
1 0   21  22  23  0 1 0

0 0 1  1
   31  32  33  0 0
  11  12  13 
 '    21  22  23 

  
 31  32  33 
  11 
 
  22     12  13 
  33   11
 '     21  22  23 
  32     32  33 
    31
 13 
 
 12 
On obtient alors dans la base ( N1 , N2 ,  N3 ) ,

  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 


    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    ( II .64)(Re lationI )
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32 
    C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

Et dans la base ( N1 , N2 , N3 ) , d’après (III.44) on a :

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  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 


    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    (Re lationII )
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

 Calculons  11 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 11 .

 11  C1111  C12 22  C13 33  2C14 23  2C1513  2C1612 (1)



 11  C1111  C12 22  C13 33  2C14 23  2C1513  2C1612 (2)
(1)  (2)  C14 23  C1513  0(3)
 C14  C15  C41  C51  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  22 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 22 .

 22  C2111  C22 22  C23 33  2C24 23  2C2513  2C2612 (1)



 22  C2111  C22 22  C23 33  2C24 23  2C2513  2C2612 (2)
(1)  (2)  C24 23  C2513  0(3)
 C24  C25  C42  C52  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  33 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 33 .

 33  C3111  C32 22  C33 33  2C34 23  2C3513  2C3612 (1)



 33  C3111  C32 22  C33 33  2C34 23  2C3513  2C3612 (2)
(1)  (2)  C34 23  C3513  0(3)
 C34  C35  C43  C53  0(4)

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La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  23 dans la base d’arrivée (relation I), puis son opposée dans la base de
départ (relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux
valeurs de  23 .

 23  C4111  C42 22  C43 33  2C44 23  2C4513  2C4612 (1)



 23  C4111  C42 22  C43 33  2C44 23  2C4513  2C4612 (2)
(1)  (2)  C4111  C4213  C43 33  4C4612  0(3)
 C41  C42  C43  C46  C14  C24  C34  C64  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  13 dans la base d’arrivée (relation I), puis son opposée dans la base de
départ (relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux
valeurs de  13 .

 13  C5111  C52 22  C53 33  2C54 23  2C5513  2C5612 (1)



 13  C5111  C52 22  C53 33  2C54 23  2C5513  2C5612 (2)
(1)  (2)  C5111  C5213  C53 33  4C5612  0(3)
 C51  C52  C53  C56  C15  C25  C35  C65  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  12 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 12 .

 12  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  2C6513  2C6612 (1)



 12  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  2C6513  2C6612 (2)
(1)  (2)  C64 23  C6513  0(3)
 C64  C65  C46  C56  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
On peut dont définir la matrice de souplesse des matériaux monocliniques de plan
( N1 , N 2 ) ,

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 1  12  13 12,1 
   0 0 
 E1 E1 E1 E1 
  12 1  23 12,2 
  0 0 
 S11 S12 S13 0 0 S16   E1 E2 E2 E2 
 
 S21 S22 S23 0 0 S 26    13  23 1 12,3 
  0 0 
S S32 S33 0 0 S36   E1 E2 E3 E3 
 S    031 
0    ( II .65)
 0 0 S44 S45
 0 1 5,23
0 0 0 
 0 0 0 S54 S55 0   G23 G23 
   
 S61 S62 S63 0 0 S66   5,23
0 
1
0 0 0
 G23 G13 
 
 12,1 12,2 12,3 1 
 E 0 0
 1 E2 E3 G12 

La matrice de rigidité d’un matériau composite monoclinique de plan ( N1 , N 2 ) est


déterminée en inversant la matrice de souplesse ci-dessus d’après la relation (III.16),
cependant cette matrice a la forme suivante :
 C11 C12 C13 0 0 C16 
 
 C21 C22 C23 0 0 C26 
C C C33 0 0 C36 
C    031 032 0 C44 C45 0 
 ( II .66)

 0 0 0 C54 C55 0 
 
 C61 C62 C63 0 0 C66 

III.11.1.1.4. RESTRICTION SUR LES COEFICIENTS D’ELASTICITE

Si une seule contrainte suivant un axe principal est appliquée au matériau, la déformation
suivant cette direction est de meme signe que la contrainte. Il en résulte les inégalités
suivantes :
 Sii 0; i  1, 2,3, 4,5,6

Cii 0; i  1, 2,3, 4,5, 6


  det(C ) 0
 det( S ) 0

III.11.1.2. SYMETRIE PAR RAPPORT AU PLAN ( N1 , N3 )

Le matériau étudié présente un plan de symétrie ( N1 , N3 ) , c’est un matériau

monoclinique de plan ( N1 , N3 ) . Dans ce cas, la forme de la matrice de rigidité doit être telle

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qu’un changement de base effectué par rapport à ce plan ne modifie pas la matrice. Calculons
la nouvelle forme de la matrice de rigidité en tenant compte de la symetrie de plan ( N1 , N3 ) .

FIG III.8. Reperage de la symetrie par rapport au plan ( N1 , N3 )

III.11.1.2.1. CALCUL DE P
D’apres (III.9) on a:
 x  1N1  0 N 2  0 N3 x  1 0 0   N1  1 0 0
       
 y  0 N1  1N 2  0 N3   y    0 1 0   N2   P   0 1 0  ( II .67)
   0  
z   1   N3  0 1 
 z  0 N1  0 N 2  1N3 
0 0
   

III.11.1.2.1. CALCUL DE P-1


La matrice de passage inverse P−1 est telle que :
1 T
P 1  Com( P )
det( P)
1 0 0
1 0
det( P)  0 1 0 1  1
0 1
0 0 1
1
 P   Com( P )
T

 1 0 0 0 1 
0
   
 0 1 0 1 0 0 
 0 0  1 0 0
1 0 1 0   
Com( P)       0 1 0
 0 1 0 1 0 0  
  0 0 1
 0 0 
1 0

1 0 
 1 0 0 1 
 0 0

1 0 0
1  
 P   Com( P )   0
T
1 0   P( II .68)
0 1 
 0

III.11.1.2.3. CALCUL DE LA MATRICE DE RIGIDITE

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La relation (III.6) nous donne le vecteur et par ricochet la matrice des contraintes dans
le repère de base, cherchons la forme de cette matrice dans le plan de symétrie.
  11 
 
  22     12  13 
  33   11
       21  22  23 
  32    
    31  32  33 
 13 
 
 12 
Appliquons la relation de changement de base (III.17)  '  P P1 , avec P=P-1 calculé
ci-dessus.  ' est la matrice des contraintes dans le plan de symétrie.
1 0 0   11  12  13  1 0 0
 '   0 1
 
0   21  22  23  0 1 0

0 1   1 
 0   31  32  33  0 0
  11  12  13 
 '    21  22 
 23 
  32  33 
 31
  11 
 
  22     12  13 
  33   11 
 '     21  22  23 
  23     32  33 
    31
 13 
  
 12 
On obtient alors dans la base ( N1 ,  N2 , N3 ) ,

  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 


    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    ( II .69)(Re lationI )
  23   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 23 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
   C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

Et dans la base ( N1 , N2 , N3 ) , d’après (III.44) on a :

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  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 


    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    (Re lationII )
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

 Calculons  11 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 11 .

 11  C1111  C12 22  C13 33  2C14 23  2C1513  2C1612 (1)



 11  C1111  C12 22  C13 33  2C14 23  2C1513  2C1612 (2)
(1)  (2)  C14 23  C1612  0(3)
 C14  C16  C41  C61  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  22 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 22 .

 22  C2111  C22 22  C23 33  2C24 23  2C2513  2C2612 (1)



 22  C2111  C22 22  C23 33  2C24 23  2C2513  2C2612 (2)
(1)  (2)  C24 23  C2613  0(3)
 C24  C26  C42  C62  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  33 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 33 .

 33  C3111  C32 22  C33 33  2C34 23  2C3513  2C3612 (1)



 33  C3111  C32 22  C33 33  2C34 23  2C3513  2C3612 (2)
(1)  (2)  C34 23  C3612  0(3)
 C34  C36  C43  C63  0(4)

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La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  23 dans la base d’arrivée (relation I), puis son opposée dans la base de
départ (relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux
valeurs de  23 .

 23  C4111  C42 22  C43 33  2C44 23  2C4513  2C4612 (1)



 23  C4111  C42 22  C43 33  2C44 23  2C4513  2C4612 (2)
(1)  (2)  C4111  C4213  C43 33  4C4513  0(3)
 C41  C42  C43  C45  C14  C24  C34  C54  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  13 dans la base d’arrivée (relation I), dans la base de départ (relation II), le

matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de  13 .

 13  C5111  C52 22  C53 33  2C54 23  2C5513  2C5612 (1)



 13  C5111  C52 22  C53 33  2C54 23  2C5513  2C5612 (2)
(1)  (2)  C54 23  C5612  0(3)
 C54  C56  C45  C65  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  12 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 12 .

 12  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  2C6513  2C6612 (1)



 12  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  2C6513  2C6612 (2)
(1)  (2)  C6111  C62 22  C63 33  C6513  0(3)
 C61  C62  C63  C65  C16  C26  C36  C56  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
On peut dont définir la matrice de souplesse des matériaux monocliniques de plan
( N1 , N3 ) ,

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 1  12  13 13,1 
   0 0 
 E1 E1 E1 E1 
  12 1  23 13,2 
  0 0 
 S11 S12 S13 0 S15 0   E1 E2 E2 E2 
 
 S21 S22 S23 0 S25 0    13  23 1 13,3 
  0 0 
S S32 S33 0 S35 0   E1 E2 E3 E3 
 S    031 
S46   6,23 
( II .70)
 0 0 S44 0 1
 0 0 0 0
 S51 S52 S53 0 S55 0   G23 G23 
   
 0 0 0 S64 0 S66   13,1 13,2 13,3
0 
1
0
 E1 E2 E3 G13 
 
 6,23 1 
 0 0 0 0
G12 
 G23

La matrice de rigidité d’un matériau composite monoclinique de plan ( N1 , N3 ) est


déterminée en inversant la matrice de souplesse ci-dessus d’après la relation (III.16),
cependant cette matrice a la forme suivante :
 C11 C12 C13 0 C15 0 
 
 C21 C22 C23 0 C25 0 
C C C33 0 C35 0 
C    031 032 0 C44 0 C46 
 ( II .71)

 C51 C52 C53 0 C55 0 
 
 0 0 0 C64 0 C66 

III.11.1.2.4. RESTRICTION SUR LES COEFICIENTS D’ELASTICITE

Si une seule contrainte suivant un axe principal est appliquée au matériau, la déformation
suivant cette direction est de meme signe que la contrainte. Il en résulte les inégalités
suivantes :
 Sii 0; i  1, 2,3, 4,5,6

Cii 0; i  1, 2,3, 4,5, 6


  det(C ) 0
 det( S ) 0

III.11.1.3. SYMETRIE PAR RAPPORT AU PLAN ( N 2 , N3 )

Le matériau étudié présente un plan de symétrie ( N 2 , N3 ) , c’est un matériau

monoclinique de plan ( N 2 , N3 ) . Dans ce cas, la forme de la matrice de rigidité doit être telle

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qu’un changement de base effectué par rapport à ce plan ne modifie pas la matrice. Calculons
la nouvelle forme de la matrice de rigidité en tenant compte de la symetrie de plan ( N 2 , N3 ) .

FIG III.9. Reperage de la symetrie par rapport au plan ( N 2 , N3 )

III.11.1.3.1. CALCUL DE P
D’apres (III.9) on a:
 x  1N1  0 N 2  0 N3  x   1 0 0   N1   1 0 0
       
 y  0 N1  1N 2  0 N3   y    0 1 0   N2   P   0 1 0  ( II .72)
   0  
z   1   N3  0 1 
 z  0 N1  0 N 2  1N3 
0 0
   

III.11.1.3.2. CALCUL DE P-1


La matrice de passage inverse P−1 est telle que :
1 T
P 1  Com( P )
det( P)
1 0 0
1 0
det( P)  0 1 0  1  1
0 1
0 0 1
 P 1   T Com( P )
 1 0 0 0 0 1 
    
 0 1 0 1 0 0 
 0 0 1 0 0
1 0 1 0   
Com( P)       0 1 0 
 0 1 0 1 0 0  
  0 0 1
 0 0 1 0 1 0 
 1 0  
 0 0 0 1 

 1 0 0
1  
 P   Com( P )   0
T
1 0   P( II .73)
0 1 
 0

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III.11.1.3.3. CALCUL DE LA MATRICE DE RIGIDITE

La relation (III.6) nous donne le vecteur et par ricochet la matrice des contraintes dans
le repère de base, cherchons la forme de cette matrice dans le plan de symétrie.
  11 
 
  22     12  13 
  33   11
       21  22  23 
  32    
    31  32  33 
 13 
 
 12 
Appliquons la relation de changement de base (III.17)  '  P P1 , avec P=P-1 calculé
ci-dessus.  ' est la matrice des contraintes dans le plan de symétrie.
 1 0 0   11  12  13  1 0 0
 '   0  
1 0   21  22  23  0 1 0

0 0 1   1 
   31  32  33  0 0
  11  12  13 
 '    21  22  23 
   32  33 
 31
  11 
 
  22     12  13 
  11

 '   33     21  22  23 
  32     32  33 
    31
 13 
  
 12 

On obtient alors dans la base ( N1 , N2 , N3 ) ,

  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 


    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    ( II .74)(Re lationI )
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32 
    C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
   C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

Et dans la base ( N1 , N2 , N3 ) , d’après (III.44) on a :

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  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11 


    
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33 
    (Re lationII )
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213 
 13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212 

 Calculons  11 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 11 .

 11  C1111  C12 22  C13 33  2C14 23  2C1513  2C1612 (1)



 11  C1111  C12 22  C13 33  2C14 23  2C1513  2C1612 (2)
(1)  (2)  C1513  C1612  0(3)
 C15  C16  C51  C61  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  22 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 22 .

 22  C2111  C22 22  C23 33  2C24 23  2C2513  2C2612 (1)



 22  C2111  C22 22  C23 33  2C24 23  2C2513  2C2612 (2)
(1)  (2)  C2513  C2612  0(3)
 C25  C26  C52  C62  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  33 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 33 .

 33  C3111  C32 22  C33 33  2C34 23  2C3513  2C3612 (1)



 33  C3111  C32 22  C33 33  2C34 23  2C3513  2C3612 (2)
(1)  (2)  C3513  C3612  0(3)
 C35  C36  C53  C63  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
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 Calculons  23 dans la base d’arrivée (relation I), puis son opposée dans la base de
départ (relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux
valeurs de  23 .

 23  C4111  C42 22  C43 33  2C44 23  2C4513  2C4612 (1)



 23  C4111  C42 22  C43 33  2C44 23  2C4513  2C4612 (2)
(1)  (2)  C4513  C4612  0(3)
 C45  C46  C54  C64  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  13 dans la base d’arrivée (relation I), puis son opposée dans la base de
départ (relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux
valeurs de  13 .

 13  C5111  C52 22  C53 33  2C54 23  2C5513  2C5612 (1)



 13  C5111  C52 22  C53 33  2C54 23  2C5513  2C5612 (2)
(1)  (2)  C5111  C5213  C53 33  4C54 23  0(3)
 C51  C52  C53  C54  C15  C25  C35  C45  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
 Calculons  12 d’abord dans la base d’arrivée (relation I), puis dans la base de départ
(relation II), le matériau étant continue et homogène, on va égaler les deux valeurs de
 12 .

 12  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  2C6513  2C6612 (1)



 12  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  2C6513  2C6612 (2)
(1)  (2)  C6111  C62 22  C63 33  2C64 23  0(3)
 C61  C62  C63  C64  C16  C26  C36  C46  0(4)

La relation (4) est vrai car les  ij ci-dessus sont des familles libres, et la matrice C est

symétrique.
On peut dont définir la matrice de souplesse des matériaux monocliniques de plan

( N 2 , N3 ) ,

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 1  12  13 23,1 
   0 0 
 E1 E1 E1 E1 
  12 1  23 23,2 
  0 0 
 S11 S12 S13 S14 0 0   E1 E2 E2 E2 
 
 S21 S22 S23 S 24 0 0    13  23 1 23,3 
  0 0 
S S32 S33 S34 0 0   E1 E2 E3 E3 
 S    S31 
0   23,1  ( II .75)
 41 S42 S43 S 44 0
 23,2 23,3 1
0 0 
 0 0 0 0 S55 S56   E1 E2 E3 G23 
   
 0 0 0 0 S65 S66   1 6,13 
0 0 0 0
 G13 G13 
 
 6,13 1 
 0 0 0 0
G12 
 G13

La matrice de rigidité d’un matériau composite monoclinique de plan ( N 2 , N3 ) est


déterminée en inversant la matrice de souplesse ci-dessus d’après la relation (III.16),
cependant cette matrice a la forme suivante :
 C11 C12 C13 C14 0 0 
 
 C21 C22 C23 C24 0 0 
C C C33 C34 0 0 
C    C31 C32 C43 C44 0 0 
 ( II .76)
 41 42
 0 0 0 0 C55 C56 
 
 0 0 0 0 C65 C66 

III.11.1.3.4. RESTRICTION SUR LES COEFICIENTS D’ELASTICITE

Si une seule contrainte suivant un axe principal est appliquée au matériau, la déformation
suivant cette direction est de meme signe que la contrainte. Il en résulte les inégalités
suivantes :
 Sii 0; i  1, 2,3, 4,5,6

Cii 0; i  1, 2,3, 4,5, 6


  det(C ) 0
 det( S ) 0

III.11.2. MATERIAUX ORTHOTROPES

Un matériau monoclinique suivant deux plans perpendiculaires est dit orthotrope. De


plus, un matériau qui possède deux plans de symétries perpendiculaires possède
obligatoirement le troisième et ce type de matériau est dit orthotrope.Un matériau orthotrope

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est caractérisé par 9 constantes élastiques indépendantes si les plans de symétries sont connus.

Dans le cas où les plans ( N1 , N 2 ) , ( N1 , N3 ) et ( N 2 , N3 ) sont des plans de symétries


perpendiculaires, il faut vérifier les trois relations de symétrie simultanément. À partir des
relations de comportement des matériaux monocliniques, on obtient facilement la relation
(III.14), (III.15) et (III.16) de comportement des matériaux orthotropes . Dans la base

d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) , la relation de comportement exprimée en rigidité est   C   .

  11   C11 C12 C13 0 0 0   11 


    
  22   C21 C22 C23 0 0 0    22 
  33   C31 C32 C33 0 0 0    33 
    ( II .77)
  32   0 0 0 C44 0 0   2 32 
   0 0 0 0 C55 0   213 
 13    
 
 12   0 0 0 0 0 C66   212 

Un matériau orthotrope est caractérisé par 9 constantes élastiques indépendantes si les


plans de symétries sont connus.

III.11.2.1. LOI DE HOOKE DANS LES AXES D’ORTHOTROPIE

III.11.2.1.1. FORMULATION EN SOUPLESSE

Dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) , la matrice des souplesses S d’un matériau


orthotrope est exprimée en fonction des modules d’élasticité et coefficients de Poisson sous la
forme suivante compte tenu de la relation (III.53):

 1  21  31 
 E   0 0 0 
E2 E3
 1 
  12 1  23 
 
 11   E1
0 0 0 

 
E2 E2   11 
  22     13 
 23 1  
0   22 
  33   E1
0 0
 
 
E2 E3    33  ( II .78)
 32   0
2  1  
0   32 
 2  
0 0 0
 
 13  
G23    13 
 2   1   
 12   0 0 0 0 0   12 
 G13 
 1 
 0 0 0 0 0 
 G12 

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 1  21  31 
 E   0 0 0 
E2 E3
 1 
  12 1  23 
  0 0 0 
 E1 E2 E2 
  13  23 1 
  0 0 0 
E E2 E3
 S    1  ( II .79)

1
 0 0 0 0 0 
 G23 
 1 
 0 0 0 0 0 
 G13 
 1 
 0 0 0 0 0 
 G12 

Si la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) est connue, les propriétés mécaniques élastiques


d’un matériau orthotrope sont déterminées par neuf constantes d’élasticité indépendantes. On
peut choisir les neuf constantes suivantes Ei , Gij ,ij ; i, j  1, 2,3 car la matrice des souplesses

S est symétrique.
 Ei ; i  1, 2,3 : sont les modules d'élasticité longitudinaux ;

 Gij ; i, j  1, 2,3 : sont les modules de cisaillement ;

 ij ; i, j  1, 2,3 : sont les coefficients de Poisson ;

La matrice des souplesses S étant symétrique, on impose alors les égalités de la


relation (III.53) suivantes sur les modules d’élasticité et coefficients de Poisson :
 21  12  31  13  32  23
  ;  ; 
E2 E1 E3 E1 E3 E2

III.11.2.1.2. FORMULATION EN RIGIDITE

Dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) , la matrice de rigidité d’un matériau


orthotrope est exprimée en fonction des modules d’élasticité selon la relation (III.77) :
  11   C11 C12 C13 0 0 0   11 
    
  22   C21 C22 C23 0 0 0    22 
  33   C31 C32 C33 0 0 0    33 
   
  32   0 0 0 C44 0 0   2 32 
   0 0 0 0 C55 0   213 
 13    
 
 12   0 0 0 0 0 C66   212 

Et sa matrice de rigidité est définie par :

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 C11 C12 C13 0 0 0 


 
 C21 C22 C23 0 0 0 
C C C33 0 0 0 
C    031 032 0 C44 0 0 
 ( II .80)

 0 0 0 0 C55 0 
 
 0 0 0 0 0 C66 

III.11.2.1.2.1. CALCUL DES COEFICIENTS DE LA MATRICE DE RIGIDITE

 Calculons les coefficients Cij en fonction de Ei , Gij ,ij ; i, j  1, 2,3

Il faut calculer l’inverse de la matrice de souplesse relation (III.79) en utilisant la


relation
1 T
Si 1  Com(Si )( II .81) , i  1, 2,3, 4 et
det( Si )

  1    
   21  31  
  E1 E 2 E3  0 0 0 
  12 1     
 S1     32  S2   0 0 0 
  E 1 E2 E3  0 0  
     0 
 1
   13  23  
  E1 E2 E3  
S  
  1  
  0 0 

 0 0 0  G23  
    1  
S3   0 0 0  S4   0 0 
 G13 
 0 0 0   
  
 1  
  0 0  
  G12  
et
 S 1 S 2 1 
S 1   1 1 
 S3 S 4 1 

III.11.2.1.2.2. CALCUL DE L’INVERSE DE S

On va diviser la matrice [S] (6x6) en quatre matrices (3x3), nous allons ensuite inverser
indépendamment chacune des matrices 3x3.

 Pour la première matrice

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1 21 31
 
E1 E2 E3 1 32 12 32 12 1
   
12 1 32 1 E2 E3 21 E1 E3 31 E1 E2
det( S1 )      ( )  ( )
E1 E2 E3 E1 23 1 E2 13 1 E3 13 23
   
13 23 1 E2 E3 E1 E3 E1 E2
 
E1 E2 E3
1
det( S1 )  (1  2332  3113  1221  211332  311223 )
E1 E2 E3
Or compte tenu des relations (III.53) on a :
 21  12 E1
    12   21
E2 E1 E2
 31  13 E3
    31   13
E3 E1 E1
 32  23 E2
    23   32
E3 E2 E3
E3 E E
 311223   13 * 1  21 * 2  32  132132
E1 E2 E3
D’où
1  2332  3113  1221  2211332
  det( S1 )  ( II .82)
E1E2 E3
 1 32 12 32 12 1 
     
  E2 E3

E1 E3

E1 E2 
 23 1 13 1 13  
     23 
 E2 E3 E1 E3 E1 E2   1 1 1 
  (1  2332 ) (12  1332 ) (1223  13 ) 
 31 1 31 1   EE E1 E3 E2 E3
  21    21   2 3 
 E2 E3 E1 E3 E1 E2   1 1 1 
Com( S1 )       (21  3123 ) (1  1331 ) (23  1321 ) 
 1 13 1 13   EE E1 E3 E1E2
  23    23   2 3 
 E2 E3 E1 E3 E1 E2   1 1 1 
   (2132  31 ) (32  1231 ) (1  1221 ) 
  21 31 1 31 1 21   E2 E3 E1E3 E1E2 
  
 E2 E3 E1 E3 E1 E2 
   
 1 32 12 32 12 1 
   
 E E3 E1 E3 E1 E2 
 2

 1 1 1 
 (1  2332 ) (21  3123 ) (2132  31 ) 
 E 2 E3 E2 E3 E2 E3 
 1 1 1 
T
Com( S1 )   (12  1332 ) (1  1331 ) (32  1231 ) 
 E1 E3 E1 E3 E1 E3 
 1 1 1 
 (1223  13 ) (23  1321 ) (1  1221 ) 
 E2 E3 E1E2 E1E2 

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 1 1 1 
 (1  2332 ) (21  3123 ) (2132  31 ) 
E 2 E3 E2 E3 E2 E3
 C11 C12 C13   
   1 1 1 
S 1
 C1   C21 C22 C23    (12  1332 ) (1  1331 ) (32  1231 ) 
E E E1E3 E1E3
1
C
 31 C32 C33   1 3 
 1 1 1 
 (1223  13 ) (23  1321 ) (1  12 21 ) 
 E2 E3 E1 E2 E1 E2 

Par identification on trouve les relations ( II .83) ci-dessous:


1 1 1
C11  (1  2332 ); C22  (1  1331 ); C33  (1  1221 )
E2 E3 E1 E3 E1 E2
1 1 1
C12  (21  3123 ); C13  (2132  31 ); C23  (32  1231 )
E2 E3 E2 E3 E1E3

 S2 1  C2  S31  C3  0 ;
En généralisant on a :
pour i, j, k  1, 2,3
 1
 E E (1  ij ji ) si i=j
 i j
Cij  
 1 (    ) si i  j
 Ei E j ik ij ji

1  C44 0 0   G23 0 0 
 1     
 Pour i   4,5, 6,  S4 1
  1
  Gii  S4  C4   0 C55 0  0 G13 0 
 ii 
G
ii
 0 C66   0 G12 
 0 0
Par identification on trouve :
C44  G23 ; C55  G13 ; C66  G12 ;

III.11.2.1.3. RESTRICTION SUR LES COEFICIENTS D’ELASTICITE

Si une seule contrainte suivant un axe principal est appliquée au matériau, la déformation
suivant cette direction est de meme signe que la contrainte. Il en résulte les inégalités ( II .84)
suivantes :
 Sii 0; i  1, 2,3, 4,5,6

Cii 0; i  1, 2,3, 4,5, 6


  1   jiij 0; i, j  1, 2,3
 0  1  2332  3113  1221  211332  311223 0

III.11.2.2. LOI DE HOOKE HORS AXES D’ORTHOTROPIE


Les expressions des matrices de rigidité et de souplesse dans la base ( x, y, z ) sont

développées en fonction des composantes dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) dans les cas

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particuliers d’une rotation entre les deux bases autour de l’axe N3  z, N2  y, N1  x . En


utilisant la notation vectorielle, on reprend les relations de changement de base (III.19) et
(III.20).

III.11.2.2.1. CAS D’UNE ROTATION AUTOUR DE N3  z

III.11.2.2.1.1. CALCUL DE LA MATRICE DE RIGIDITE HORS AXE

C '  T 1 C T
 C2 S2 0 0 0 2CS   C11 C12 C13 0 0 0  C2 S2 0 0 0 CS 
   
 S2 C2 0 0 0 2CS  C21 C22 C23 0 0 0  S2 C2 0 0 0 CS 
 0 0 1 0 0 0  C31 C32 C33 0 0 0  0 0 1 0 0 0 
 C '     
 0 0 0 C S 0  0 0 0 C44 0 0  0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0  0 0 0 0 C55 0  0 0 0 S C 0 
   
 CS CS 0 0 0 C 2  S 2   0 0 0 0 0 C66   2CS 2CS 0 0 0 C 2  S 2 
 C 2
S 2
0 0 0 2CS   C 2C11  S 2C21 S C11  C C21
2 2
C13 0 0 CS (C11  C12 ) 
  
 S2 C2 0 0 0 2CS   C 2C21  S 2C22 S 2C21  C 2C22 C23 0 0 CS (C21  C22 ) 
 0 0 1 0 0 0   C 2C31  S 2C32 S 2C31  C 2C32 C33 0 0 CS (C31  C32 ) 
 C '    
 0 0 0 C S 0  0 0 0 CC44  SC44 0 
 0 0 0 S C 0  0 0 0 SC55 CC55 0 
   
 CS CS 0 0 0 C 2  S 2   2CSC66 2CSC66 0 0 0 C66 (C 2  S 2 ) 

On obtient les relations ( II .85)

C11 '  C 4C11  2C 2 S 2 (C21  2C66 )  S 4C22


C22 '  S 4C11  2 S 2C 2 (C21  2C66 )  C 4C22
C33 '  C33
C44 '  C 2C44  S 2C55
C55 '  S 2C44  C 2C55
C66 '  C 2 S 2 (C11  C22  2(C12  C66 ))  C66 (C 4  S 4 )
C12 '  C21 (C 4  S 4 )  S 2C 2 (C11  C22  4C66 )
C16 '  C 3 S (C11  C12  2C66 )  S 3C (C21  C22  2C66 )
C26 '  S 3C (C11  C12  2C66 )  C 3 S (C21  C22  2C66 )
C45 '  SC (C44  C55 )
C13 '  C 2C13  S 2C23
C23 '  S 2C13  C 2C23
C36 '  CS (C31  C32 )
C '14  C '15  C '24  C '25  C '34  C '35  C '46  C '56  0

On remarque que lorsque la traction est exercée en dehors des axes d’orthotropie (axes
principaux), il existe des couplages entre les déformations longitudinale, transversale et de
cisaillement. La matrice [C’] est donc de la forme :

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 C '11 C '12 C '13 0 0 C '16 


 
 C '21 C '22 C '23 0 0 C '26 
C' C' C '33 0 0 C '36 
C '   031 032 0 C '44 C '45 0 
 ( II .86)

 0 0 0 C '54 C '55 0 
 
 C '61 C '62 C '63 0 0 C '66 

III.11.2.2.2. CAS D’UNE ROTATION AUTOUR DE N 2  y

III.11.2.2.2.1. CALCUL DE LA MATRICE DE RIGIDITE HORS AXE

C '  T 1 C T
 C2 0 S2 0 2CS 0   C11 C12 C13 0 0 0  C2 0 S2 0 CS 0 
   
 0 1 0 0 0 0   C21 C22 C23 0 0 0  0 1 0 0 0 0 
 S2 0 C2 0 2CS 0   C31 C32 C33 0 0 0  S2 0 C2 0 CS 0 
 C '     
 0 0 0 C 0 S  0 0 0 C44 0 0  0 0 0 C 0 S 
 CS 0 CS 0 C2  S2 0  0 0 0 0 C55 0   2CS 0 2CS 0 C2  S2 0 
    
 0 0 0 S 0 C  0 0 0 0 0 C66   0 0 0 S 0 C 
 C2 0 S2 0 2CS 0   C 2C11  S 2C13 C12 S 2C11  C 2C13 0 CS (C11  C13 ) 0 
  2 
  C C21  S C23 S 2C21  C 2C23 CS (C21  C23 )
2
 0 1 0 0 0 0 C22 0 0 
 S2 0 C2 0 2CS 0   C 2C31  S 2C32 C32 S 2C31  C 2C33 0 CS (C31  C33 ) 0 
 C '    
 0 0 0 C 0 S  0 0 0 CC44 0 SC44 
 CS 0 CS 0 C2  S 2 0  2CSC55 0 2CSC55 0 C55 (C 2  S 2 ) 0 
   
  SC66 
 0 0 0 S 0 C  0 0 0 0 CC66 
On obtient les relations ( II .87)

C11 '  C 4C11  2C 2 S 2 (C31  2C55 )  S 4C32


C22 '  C22
C33 '  S 4C11  2S 2C 2 (C13  2C55 )  C 4C33
C44 '  C 2C44  S 2C66
C55 '  C 2 S 2 (C11  C33  2(C13  C55 ))  C55 (C 4  S 4 )
C66 '  S 2C44  C 2C66
C12 '  C 2C12  S 2C32
C13 '  C13 (C 4  S 4 )  S 2C 2 (C11  C33  4C55 )
C15 '  C 3 S (C11  C13  2C55 )  S 3C (C31  C33  2C55 )
C23 '  S 2C21  C 2C23
C25 '  SC (C21  C23 )
C35 '  S 3C (C11  C13  2C55 )  C 3 S (C31  C33  2C55 )
C13 '  C 2C13  S 2C23
C46 '  CS (C44  C66 )
C '14  C '16  C '24  C '26  C '34  C '36  C '54  C '56  0

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On remarque que lorsque la traction est exercée en dehors des axes d’orthotropie (axes
principaux), il existe des couplages entre les déformations longitudinale, transversale et de
cisaillement. La matrice [C’] est donc de la forme :
 C '11 C '12 C '13 0 C '15 0 
 
 C '21 C '22 C '23 0 C '25 0 
C' C' C '33 0 C '35 0 
C '   031 032 0 C '44 0 C '46 
 ( II .88)

 C '51 C '52 C '53 0 C '55 0 
 
 0 0 0 C '64 0 C '66 

III.11.2.2.3. CAS D’UNE ROTATION AUTOUR DE N1  x

III.11.2.2.3.1. CALCUL DE LA MATRICE DE RIGIDITE HORS AXE

C '  T 1 C T
 1 0 0 0 0 0   C11 C12 C13 0 0 0  1 0 0 0 0 0 
   
 0 C2 S2 2CS 0 0   C21 C22 C23 0 0 0  0 C2 S2 CS 0 0 
 0 S2 C2 2CS 0 0   C31 C32 C33 0 0 0  0 S2 C2 CS 0 0 
 C '     
 0 CS CS C2  S2 0 0  0 0 0 C44 0 0  0 2CS 2CS C2  S2 0 0 
 0 0 0 0 C S  0 0 0 0 C55 0  0 0 0 0 C S 
    
 0 0 0 0 S C  0 0 0 0 0 C66   0 0 0 0 S C 
 1 0 0 0 0 0  C11 C C12  S 2C13
2
S 2C12  C 2C13 CS (C12  C13 ) 0 0 
  
 0 C2 S2 2CS 0 0  C21 C 2C22  S 2C23 S 2C22  C 2C23 CS (C22  C23 ) 0 0 
 0 S2 C2 2CS 0 0  C31 C 2C32  S 2C33 S 2C32  C 2C33 CS (C32  C33 ) 0 0 
 C '    
 0 CS CS C S
2 2
0 0  0 2CSC44 2CSC44 C44 (C 2  S 2 ) 0 0 
 0 0 0 0 C S  0 0 0 0 CC55  SC55 
   
S  
 0 0 0 0 C  0 0 0 0 SC66 CC66 
On obtient les relations ( II .89)

C11 '  C11


C22 '  C 4C22  2C 2 S 2 (C23  2C44 )  S 4C33
C33 '  S 4C22  2S 2C 2 (C23  2C44 )  C 4C33
C44 '  C 2 S 2 (C22  C33  2(C23  C44 ))  C44 (C 4  S 4 )
C55 '  C 2C55  S 2C66
C66 '  S 2C55  C 2C66
C12 '  C 2C12  S 2C13
C13 '  S 2C12  C 2C13
C14 '  CS (C12  C13 )
C23 '  C 2 S 2 (C22  C33  4C44 )  C23 (C 4  S 4 )
C24 '  C 3 S (C22  C23  2C44 )  S 3C (C32  C33  2C44 )
C34 '  S 3C (C22  C23  2C44 )  C 3 S (C32  C33  2C44 )
C56 '  SC (C55  C66 )
C '15  C '16  C '25  C '26  C '35  C '36  C '54  C '64  0

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On remarque que lorsque la traction est exercée en dehors des axes d’orthotropie (axes
principaux), il existe des couplages entre les déformations longitudinale, transversale et de
cisaillement. La matrice [C’] est donc de la forme :
 C '11 C '12 C '13 C '14 0 0 
 
 C '21 C '22 C '23 C '24 0 0 
C' C' C '33 C '34 0 0 
C '   C '31 C '32 C '43 C '44 0 0 
 ( II .90)
 41 42
 0 0 0 0 C '55 C '56 
 
 0 0 0 0 C '65 C '66 

III.11.3. MATERIAUX ISOTROPES TRANSVERSES

Un matériau composite isotrope transverse ou matériau unidirectionnel d’axe l’axe


d’orthotropie, est un matériau orthotrope possédant de plus une symétrie de révolution autour
d’un axe d’orthotropie. Un matériau isotrope transverse ou unidirectionnel est caractérisé par
cinq constantes élastiques indépendantes si la base est connue. Par la suite, les relations

d’invariances matérielles par rapport à une rotation autour des axes d’orthotropies N1 , N 2 et

N 3 sont développées. La relation de comportement d’un matériau unidirectionnel d’axe

N1 , N 2 ou N 3 exprimée en rigidité et en souplesse est développée.

III.11.3.1. CAS D’UNE REVOLUTION AUTOUR DE L’AXE N1 OU MATERIAU

UNIDIRECTIONNEL D’AXE N1
Les relations d’invariances s’expriment ici par le fait de la symétrie de revolution

autour de l’axe N1 on a : S1 j  cte, C1 j  cte, E j  cte, G1 j  cte et 1 j  cte pour j  2,3

(III.91)
À partir d’un matériau orthotrope, en exprimant les relations d’invariances matérielles

par rapport à l’axe N1 , on obtient d’après la relation (III.91) et compte tenu des relations
(III.43):
1 1
S55  S66  
G13 G12
1
Et S44  , et compte tenu de la relation (III.57) on a :
G23

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2(1  23 ) 1    1   
S44   2   23   2     23    2( S22  S23 )( II .92)
E2  E2 E2   E2  E2  
E2
C44   S44   G23 
1
( II .93)
2(1  23 )

1
C44  (C22  C23 )
 Montrons que 2
D’après les relations ( II .83) on a:
1 1 1
C22  C23  (1  1331 )  (32  1231 )  (1  32  2132 )
E1E2 E1E2 E1E2
On a d’apres les relations (III.82) et (III.91)

1  32 2  2132  213232 1  32   213 1  32 


2 2

 
E1 E2 2 E1 E2 2
1  32  1  32  2132 

E1 E2 2

1 E1E2 2 1 E2
 C22  C23  (1  32  2132 )  * (1  32  2132 )   2C44
E1E2 1  32  1  32  213  E1E2
2
1  32 

1
D’où C44  (C22  C23 )( II .94) CQFD
2
D’après les calculs ci-dessus, la relation de comportement est la suivante :
 
 C11 C12 C12 0 0 0 
 
 
  11   C12 C22 C23 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C12 C32 C33 0 0 0
 33 
 
    2  ( II .95)
  32   0 0 0
C22  C23
0 0   32 
   2   213 
 13     
  
 12   0 0 0 0 C66 0   212 
 
 
 0 0 0 0 0 C66 
 

La relation de comportement (III.96) exprimée en souplesse est   S avec S  C 1 .


 11   S11 S12 S13 0 0 0    11 
     
  22   S21 S22 S23 0 0 0   22 
  33   S31 S32 S33 0 0 0    33 
   
 2 32   0 0 0 2( S22  S23 ) 0 0    32 
 2   0 0 0 0 S55 0   
 13     13 
 2 
 12   0 0 0 0 0 S66    12 

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III.11.3.1.1. LOI DE HOOKE DANS LA BASE D’ORTHOTROPIE

III.11.3.1.1.1. FORMULATION EN SOUPLESSE

Dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) , d’axe de revolution N1 , la matrice de

souplesse est exprimée en fonction des modules d’élasticité sous la forme    S  pour

j   2,3 :

 1  j1  j1 
   0 0 0 
 E1 Ej Ej 
  j1 1  23 
   0 0 0 
 11   Ej Ej Ej    11 
    j1
 
     23 1    22 
22
  0 0 0
  33   Ej Ej Ej   
    33  ( II .97)

 32  
2 2(1  23 )    32 
 2   0 0 0 0 0  
 13  
Ej    13 
 2      12 
 12  1
 0 0 0 0 0 
 G1 j 
 
 0 0 0 0 0
1 
 G1 j 
 
 1  j1  j1 
   0 0 0 
 E1 Ej Ej 
  j1 1  23 
   0 0 0 
 Ej Ej Ej 
 
  j1  23 1 
  0 0 0
 Ej Ej Ej 
S     ( II .98)
 2(1  23 ) 
 0 0 0 0 0 
 Ej 
 1 
 0 0 0 0 0 
 G1 j 
 
 0 0 0 0 0
1 
 G1 j 
 

Les propriétés mécaniques élastiques d’un matériau isotrope transverse sont


déterminées par cinq constantes d’élasticité indépendantes. Dans le cas d’un matériau isotrope

transverse d’axe N1 , les constantes sont E1, Ej, ν1j et ν23. Dans le cas d’un matériau isotrope

transverse d’axe N 2 , il suffit d’effectuer des permutations sur les axes et les indices.

III.11.3.1.1.2. FORMULATION EN RIGIDITE

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Dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) , d’axe de revolution N1 , la matrice de


rigidité d’un matériau isotrope transverse ou unidirectionnel est exprimée en fonction des
modules d’élasticité sous la forme :
 
 C11 C12 C12 0 0 0 
 
 
  11   C12 C22 C23 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C12 C32 C33 0 0 0
   33 
    2  ( II .99)
  32   0 0 0
C22  C23
0 0   32 
   2   213 
 13     
  
 12   0 0 0 0 C66 0   212 
 
 
 0 0 0 0 0 C66 
 

Et sa matrice de rigidité est définie par :


 
 C11 C12 C12 0 0 0 
 
 C12 C22 C23 0 0 0 
 
 
 C12 C32 C33 0 0 0 
C    
 ( II .100)
C22  C23
 0 0 0 0 0 
 2 
 
 0 0 0 0 C66 0 
 
 
 0 0 0 0 0 C66 
 

Pour j   2,3
1 1
C11  (1  232 ); C22  (1  1 j 2 )  C33 ;
E j 2
E1 E j
1 j 1
C12  (1  23 )  C13 ; C23  (32  1 j 2 )( II .101)
E j 2
E1 E j
(1  23  21 j 2 )(1  32 )
 ; C44  G23 ; C55  C66  G1 j ;
E1 E j 2

Ces relations sont établies à partir d’une simple inversion matricielle.

III.11.3.1.2. LOI DE HOOKE HORS DES AXES PRINCIPAUX


Les expressions des matrices de rigidité et de souplesse dans la base ( x, y, z ) sont

développées en fonction des composantes dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) dans le

cas particulier d’une rotation entre les deux bases autour de l’axe N1  x . En utilisant la
notation vectorielle, les formules de changement de base pour les relations de comportement
s’écrivent sous la forme suivante en utilisant les relations (III.19) et (III.20):

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 1 0 0 0 0 0   C11 C1 j C1 j 0 0 0  1 0 0 0 0 0 
 C 
0   
 0 C2 S2 2CS 0 0  1j C jj C23 0 0 0 C2 S2 CS 0 0 
 0 S2 C2 2CS 0 0   C1 j C23 C jj 0 0 0  0 S2 C2 CS 0 0 
 C '     
 0 CS CS C2  S2 0 0  0 0 0 C44 0 0  0 2CS 2CS C2  S2 0 0 
 0 0 0 0 C S  0 0 0 0 C55 0  0 0 0 0 C S 
    
 0 0 0 0 S C 
 0 0 0 0 0 C66   0 0 0 0 S C 
 1 0 0 0 0 0  C11 (C 2  S 2 )C1 j ( S 2  C 2 )C1 j 0 0 0 
  
 0 C2 S2 2CS 0 0  C1 j C 2C jj  S 2C23 S 2C jj  C 2C23 CS (C jj  C23 ) 0 0 
 0 S2 C2 2CS 0 0  C1 j C 2C32  S 2C jj S 2C32  C 2C jj CS (C23  C jj ) 0 0 
 C '    
 0 CS CS C2  S2 0 0  0 2CSC44 2CSC44 C44 (C 2  S 2 ) 0 0 
 0 0 0 0 C S  0 0 0 0 CCkk  SCkk 
   
S  
 0 0 0 0 C  0 0 0 0 SCkk CCkk 
On obtient les relations ( II .89)

Pour j   2,3 et k  5,6( II .102)


C11 '  C11
C22 '  (C 4  S 4 )C jj  2C 2 S 2 (C23  2C44 )
C33 '  ( S 4  C 4 )C jj  2S 2C 2 (C23  2C44 )
C44 '  C 2 S 2 (2C jj  2(C23  C44 ))  C44 (C 4  S 4 )
C55 '  Ckk
C66 '  Ckk

C12 '  C1 j
C13 '  C1 j
C23 '  C 2 S 2 (2C jj  4C44 )  C23 (C 4  S 4 )
C24 '  C 3 S (C jj  C23  2C44 )  S 3C (C23  C jj  2C44 )
C34 '  S 3C (C jj  C23  2C44 )  C 3 S (C23  C jj  2C44 )
C '15  C '16  C '25  C '26  C '35  C '36  C '54  C '64  C '14  C '56  0

On remarque que lorsque la traction est exercée en dehors des axes d’orthotropie (axes
principaux), il existe des couplages entre les déformations longitudinale, transversale et de
cisaillement. La matrice [C’] est donc de la forme :
 C '11 C '12 C '13 0 0 0 
 
 C '21 C '22 C '23 C '24 0 0 
C ' C' C '33 C '34 0 0 
C '   031 C '32 C '43 C '44 0 0 
 ( II .103)
 42
 0 0 0 0 C '55 0 
 
 0 0 0 0 0 C '66 

III.11.3.2. CAS D’UNE REVOLUTION AUTOUR DE L’AXE N 2 OU MATERIAU

UNIDIRECTIONNEL D’AXE N 2

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Les relations d’invariances s’expriment ici par le fait de la symétrie de revolution

autour de l’axe N 2 on a : S2 j  cte, C2 j  cte, E j  cte, G2 j  cte et 2 j  cte pour j  1,3

(III.104)
À partir d’un matériau orthotrope, en exprimant les relations d’invariances matérielles

par rapport à l’axe N 2 , on obtient d’après la relation (III.91) et compte tenu des relations
(III.43):
1 1
S44  S66   ;
G23 G12
1
Et S55  , et compte tenu de la relation (III.57) on a :
G13

2(1  13 ) 1    1   
S55   2   13   2     13    2( S11  S13 )( II .105)
E1  E1 E1   E1  E1  
E1
C55   S55   G13 
1
( II .106)
2(1  13 )

1
C55  (C11  C13 )
 Montrons que 2
d’apres les relations ( II .83) on a:
1 1 1
C11  C13  (1  2332 )  (2132  31 )  (1  31  2232 )
E2 E3 E2 E3 E2 E3

1  2232  132  223213


 ( II .107)
E12 E2
On a d’apres les relations (III.82) et (III.91)


1     2 1   
13
2
23
2
13
2
E2 E
1

1  13  1  13  2122 



E2 E12

1 E2 E12 1 E1
 C11  C13  (1  31  223 ) 
2
* (1  13  2232 )   2C55
E2 E3 1  13  1  13  223  E2 E1
2
1  13 

1
D’où C55  (C11  C13 )( II .108) CQFD
2
D’après les calculs ci-dessus, la relation de comportement est la suivante :

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 
 C11 C12 C12 0 0 0 
 
 
  11   C12 C22 C23 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C12 C32 C33 0 0 0
   33 
    2  ( II .109)
  32   0 0 0 C66 0 0   32 
     213 
 13     
  C11  C13 
 12   0 0 0 0 0   212 
 2 
 
 0 0 0 0 0 C66 
 

La relation de comportement exprimée en souplesse est   S avec S  C 1 ( II .110) .

 11   S11 S12 S13 0 0 0    11 


     
  22   S21 S22 S23 0 0 0   22 
  33   S31 S32 S33 0 0 0    33 
   
 2 32   0 0 0 S66 0 0    32 
 2   0 0 0 0 2( S11  S13 ) 0   
 13     13 
 2 
 12   0 0 0 0 0 S66    12 

III.11.3.2.1. LOI DE HOOKE DANS LES AXES D’ORTHOTROPIE


III.11.3.2.1.1. FORMULATION EN SOUPLESSE

Dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) , d’axe de revolution N 2 , la matrice de

souplesse est exprimée en fonction des modules d’élasticité sous la forme   S pour
j  1,3 :

 1  j2  13 
   0 0 0 
 Ej Ej Ej 
  1  j2 
  j2  0 0 0 
 11   Ej E2 Ej    11 
    j2
 
  22     13 
1
0 0 0    22 
  33   Ej Ej Ej   
    33  ( II .111)
 2 32   1    32 
 2   0 0 0 0 0  
 13
 
Gj2    13 
 2      12 
 12  2(1  13 )
 0 0 0 0 0 
 Ej 
 
 0 0 0 0 0
1 
 Gj2 
 

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 1  j2  13 
   0 0 0 
 E j Ej Ej 
  j2 1  j2 
   0 0 0 
 Ej E2 Ej 
 
   13  j2 1 
 0 0 0
 Ej Ej Ej 
S     ( II .112)
 1 
 0 0 0 0 0 
 Gj2 
 2(1  13 ) 
 0 0 0 0 0 
 Ej 
 
 0 0 0 0 0
1 
 Gj2 
 

Les propriétés mécaniques élastiques d’un matériau isotrope transverse sont


déterminées par cinq constantes d’élasticité indépendantes. Dans le cas d’un matériau isotrope

transverse d’axe N 2 , les constantes sont Ej, E2, ν13 et ν2j. Dans le cas d’un matériau isotrope

transverse d’axe N 2 , il suffit d’effectuer des permutations sur les axes et les indices.

III.11.3.2.2. FORMULATION EN RIGIDITE

Dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) , d’axe de revolution N 2 , la matrice de


rigidité d’un matériau isotrope transverse ou unidirectionnel est exprimée en fonction des
modules d’élasticité sous la forme :
 
 C11 C12 C13 0 0 0 
 
 
  11   C21 C22 C12 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C31 C12 C11 0 0 0
   33 
   2  ( II .113)

  32   0 0 0 C66 0 0   32 
     213 
 13     
  C11  C13 
 12   0 0 0 0 0   212 
 2 
 
 0 0 0 0 0 C66 
 

Et sa matrice de rigidité est définie par :


 
 C11 C12 C13 0 0 0 
 
 C21 C22 C12 0 0 0 
 
 
 C31 C12 C11 0 0 0 
C    
 ( II .114)
 0 0 0 C66 0 0 
 
 C11  C13 
 0 0 0 0 0 
 2 
 
 0 0 0 0 0 C66 
 

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Pour j  1,3
1 1
C11  (1  2 j 2 )  C33 ; C22  (1  132 );
E2 E j E j 2

2 j 1 2 j
C12  (1  13 ); C13  (2 j 2  13 ); C23  (1  13 )( II .115)
E2 E j E2 E j E j 2
(1  13  22 j 2 )(1  13 )
 ; C55  G13 ; C44  C66  G2 j ;
E2 E j 2

Ces relations sont établies à partir d’une simple inversion matricielle.

III.11.3.2.3. LOI DE HOOKE HORS DES AXES PRINCIPAUX

Les expressions des matrices de rigidité et de souplesse dans la base ( x, y, z ) sont

développées en fonction des composantes dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) dans le

cas particulier d’une rotation entre les deux bases autour de l’axe N 2  y . En utilisant la
notation vectorielle, les formules de changement de base pour les relations de comportement
s’écrivent sous la forme suivante en utilisant les relations (III.19) et (III.20):
Pour j  1,3 et k   4,6
 C2 0 S2 0 2CS 0   C jj C2 j C13 0 0 0  C2 0 S2 0 CS 0 
 C C22 C2 j 0 0

0   0 
 0 1 0 0 0 0  2 j 1 0 0 0 0 
 S2 0 C2 0 2CS 0   C31 C2 j C jj 0 0 0  S2 0 C2 0 CS 0 
 C '     
 0 0 0 C 0 S  0 0 0 Ckk 0 0  0 0 0 C 0 S 
 CS 0 CS 0 C2  S2 0  0 0 0 0 C55 0   2CS 0 2CS 0 C2  S2 0 
   
 0 0 0 S 0 C  0 0 0 0 0 Ckk   0 0 0 S 0 C 
 C2 0 S2 0 2CS 0   C 2C jj  S 2C13 C2 j S 2C jj  C 2C13 0 CS (C jj  C13 ) 0 
  
 0 1 0 0 0 0  C2 j C22 C2 j 0 0 0 
 S2 0 C2 0 2CS 0   C 2C13  S 2C2 j C2 j S 2C13  C 2C jj 0 CS (C13  C jj ) 0 
 C '    
 0 0 0 C 0 S  0 0 0 CCkk 0 SCkk 
 CS 0 CS 0 C2  S 2 0  2CSC55 0 2CSC55 0 C55 (C 2  S 2 ) 0 
   
  SCkk 
 0 0 0 S 0 C  0 0 0 0 CCkk 
On obtient les relations ( II .116)

C11 '  C 4C jj  2C 2 S 2 (C13  2C55 )  S 4C2 j


C22 '  C22
C33 '  S 4C jj  2S 2C 2 (C13  2C55 )  C 4C jj
C44 '  Ckk
C55 '  C 2 S 2 (2C jj  2(C13  C55 ))  C55 (C 4  S 4 )
C66 '  Ckk
C12 '  C2 j
C13 '  C13 (C 4  S 4 )  S 2C 2 (2C jj  4C55 )

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C15 '  C 3 S (C jj  C13  2C55 )  S 3C (C13  C jj  2C55 )


C23 '  C2 j
C35 '  S 3C (C jj  C13  2C55 )  C 3 S (C13  C jj  2C55 )
C13 '  C 2C13  S 2C2 j
C '14  C '16  C '24  C '26  C '34  C '36  C '54  C '56  C '23  C '46  0

On remarque que lorsque la traction est exercée en dehors des axes d’orthotropie (axes
principaux), il existe des couplages entre les déformations longitudinale, transversale et de
cisaillement. La matrice [C’] est donc de la forme :

 C '11 C '12 C '13 0 C '15 0 


 
 C '21 C '22 0 0 C '25 0 
C ' 0 C '33 0 C '35 0 
C '   031 0 0 C '44 0 0 
 ( II .117)

 C '51 C '52 C '53 0 C '55 0 
 
 0 0 0 0 0 C '66 

III.11.3.3. CAS D’UNE REVOLUTION AUTOUR DE L’AXE N 3 OU MATERIAU

UNIDIRECTIONNEL D’AXE N 3
Les relations d’invariances s’expriment ici par le fait de la symétrie de revolution autour de

l’axe N 3 , on a : S3 j  cte, C3 j  cte, E j  cte, G3 j  cte et 3 j  cte pour j  1, 2 (III.118)

À partir d’un matériau orthotrope, en exprimant les relations d’invariances matérielles par

rapport à l’axe N 3 , on obtient d’après la relation (III.91) et compte tenu des relations (III.43):

1 1
S44  S55   ;
G23 G13
1
Et S66  , et compte tenu de la relation (III.57) on a :
G12

2(1  12 ) 1    1   
S66   2   12   2     12    2( S11  S12 )( II .119)
E1  E1 E1   E1  E1  
E1
C66   S66   G12 
1
( II .120)
2(1  12 )
1
C66  (C11  C12 )
 Montrons que 2
d’apres les relations ( II .83) on a:

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1 1 1
C11  C12  (1  32 2 )  (12  232 )  (1  12  2232 )
E2 E3 E2 E3 E2 E3
On a d’apres les relations (III.82) et (III.91)

1  2232  12 2  212232 1  12   223 1  12 


2 2

 
E12 E3 E12 E3
1  12  1  12  2232 

E12 E3

1 E12 E3 1 E1
 C11  C12  (1  12  223 ) 
2
* (1  12  2232 )   2C66
E1E3 1  12  1  12  223  E1E3
2
1  12 

1
D’où C66  (C11  C12 )( II .121) CQFD
2
D’après les calculs ci-dessus, la relation de comportement est la suivante :
 
 C11 C12 C12 0 0 0 
 
 
  11   C12 C22 C23 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C12 C32 C33 0 0 0
   33 
    2  ( II .122)
  32   0 0 0 C44 0 0   32 
     213 
 13     
  
 12   0 0 0 0 C55 0   212 
 
 C22  C23 
 0 0 0 0 0 
 2 

La relation de comportement exprimée en souplesse est    S  avec

 S   C 
1
( II .123) .

 11   S11 S12 S13 0 0 0    11 


     
  22   S21 S22 S23 0 0 0   22 
  33   S31 S32 S33 0 0 0    33 
   
 2 32   0 0 0 S55 0 0    32 
 2   0 0 0 0 S55 0   
 13     13 
 2  2( S11  S12 )    12 
 12   0 0 0 0 0

III.11.3.3.1. LOI DE HOOKE DANS LA BASE D’ORTHOTROPIE

III.11.3.3.1.1. FORMULATION EN SOUPLESSE

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Dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) , d’axe de revolution N 3 , la matrice de

souplesse est exprimée en fonction des modules d’élasticité sous la forme    S  , pour

j  1, 2 :

 1  j2  j3 
   0 0 0 
 Ej Ej Ej 
  1  j3 
  j2  0 0 0 
 11   Ej Ej Ej    11 
    
  j3
  22    j 3 
1
0 0 0    22 
  33   Ej Ej E3   
    33  ( II .124)
 2 32   1    32 
 2   0 0 0 0 0  
 13
  G3 j    13 
 2      12 
 12  1
 0 0 0 0 0 
 G3 j 
 
 2(1  12 ) 
0 0 0 0 0
 Ej 
 
 1  j2  j3 
   0 0 0 
 Ej Ej Ej 
  1  j3 
  j2  0 0 0 
 Ej Ej Ej 
 

  j3  j3 1 
 0 0 0
 Ej Ej E3 
S     ( II .125)
 1 
 0 0 0 0 0 
 G3 j 
 1 
 0 0 0 0 0 
 G3 j 
 
 2(1  12 ) 
0 0 0 0 0
 Ej 
 

Les propriétés mécaniques élastiques d’un matériau isotrope transverse sont


déterminées par cinq constantes d’élasticité indépendantes. Dans le cas d’un matériau isotrope

transverse d’axe N 3 , les constantes sont E3, Ej, ν3j et ν12. Dans le cas d’un matériau isotrope

transverse d’axe N 3 , il suffit d’effectuer des permutations sur les axes et les indices.

III.11.3.3.1.2. FORMULATION EN RIGIDITE

Dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) , d’axe de revolution N 3 , la matrice de


rigidité d’un matériau isotrope transverse ou unidirectionnel est exprimée en fonction des
modules d’élasticité sous la forme :

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 
 C11 C12 C13 0 0 0 
 
 
  11   C12 C11 C13 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C13 C13 C33 0 0 0
   33 
    2  ( II .126)
  32   0 0 0 C44 0 0   32 
     213 
 13     
  
 12   0 0 0 0 C44 0   212 
 
 C11  C12 
 0 0 0 0 0 
 2 

Et sa matrice de rigidité est définie par :


 
 C11 C12 C13 0 0 0 
 
 C12 C11 C13 0 0 0 
 
 
 C13 C13 C33 0 0 0 
C    
 ( II .127)
 0 0 0 C44 0 0 
 
 
 0 0 0 0 C44 0 
 
 C11  C12 
 0 0 0 0 0 
 2 

Pour j  1, 2
1 1
C11  (1  3 j 2 )  C22 ; C33  (1  12 2 )
E j E3 E12
1 3 j
C12  (12  3 j 2 ); C13  (12  1)  C23 ;( II .128)
E j E3 E j E3
(1  12  23 j 2 )(1  12 )
 ; C66  G12 ; C44  C55  G3 j ;
E3 E j 2

Ces relations sont établies à partir d’une simple inversion matricielle.

III.11.3.3.2. LOI DE HOOKE HORS DE LA BASE D’ORTHOTROPIE

Les expressions des matrices de rigidité et de souplesse dans la base ( x, y, z ) sont

développées en fonction des composantes dans la base isotrope transverse ( N1 , N2 , N3 ) dans le

cas particulier d’une rotation entre les deux bases autour de l’axe N3  z . En utilisant la
notation vectorielle, les formules de changement de base pour les relations de comportement
s’écrivent sous la forme suivante en utilisant les relations (III.19) et (III.20):

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 C2 S2 0 0 0 2CS   C jj C12 C3 j 0 0 0  C2 S2 0 0 0 CS 
  
0   S 2 
 S2 C2 0 0 0 2CS   C21 C jj C3 j 0 0 C2 0 0 0 CS 
 0 0 1 0 0 0   C3 j C3 j C33 0 0 0  0 0 1 0 0 0 
 C '     
 0 0 0 C S 0  0 0 0 Ckk 0 0  0 0 0 C S 0 
 0 0 0 S C 0  0 0 0 0 Ckk 0  0 0 0 S C 0 
   
 CS CS 0 0 0 C 2  S 2   0 0 0 0 0 C66   2CS 2CS 0 0 0 C 2  S 2 
 2CS   C C jj  S C12 S 2C jj  C 2C12 CS (C jj  C12 ) 
2 2
C2 S2 0 0 0 C3 j 0 0
  2 
2CS   C C12  S C jj S 2C12  C 2C jj CS (C12  C jj ) 
2
 S2 C2 0 0 0 C3 j 0 0
 0 0 1 0 0 0   C 2
C  S 2
C3 j S 2C3 j  C 2C3 j C33 0 0 0 
 C '   
3j

 0 0 0 C S 0  0 0 0 CCkk  SCkk 0 
 0 0 0 S C 0  0 0 0 SCkk CCkk 0 
  
C  S 2   2CSC66
2 
 CS CS 0 0 0 2
2CSC66 0 0 0 C66 (C  S ) 
2

On obtient les relations ( II .129)

Pour j  1, 2 et k  3, 4

C11 '  (C 4  S 4 )C jj  2C 2 S 2 (C12  2C66 )


C22 '  ( S 4  C 4 )C jj  2S 2C 2 (C12  2C66 )
C33 '  C33
C44 '  Ckk
C55 '  Ckk
C66 '  C 2 S 2 (2C jj  2(C12  C66 ))  C66 (C 4  S 4 )
C12 '  C12 (C 4  S 4 )  S 2C 2 (2C jj  4C66 )

C16 '  C 3 S (C jj  C12  2C66 )  S 3C (C12  C jj  2C66 )


C26 '  S 3C (C jj  C12  2C66 )  C 3 S (C12  C jj  2C66 )
C13 '  C3 j
C23 '  C3 j
C '14  C '15  C '24  C '25  C '34  C '35  C '46  C '56  C '45  C '36  0

On remarque que lorsque la traction est exercée en dehors des axes d’orthotropie (axes
principaux), il existe des couplages entre les déformations longitudinale, transversale et de
cisaillement. La matrice C’ est donc de la forme :
 C '11 C '12 C '13 0 0 C '16 
 
 C '21 C '22 C '23 0 0 C '26 
C ' C' C '33 0 0 0 
C '   031 032 0 C '44 0 0 
 ( II .130)

 0 0 0 0 C '55 0 
 
 C '61 C '62 0 0 0 C '66 

III.11.4. LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX ISOTROPES

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Un matériau pour lequel, en un point quelconque, les composantes du tenseur Cijkl sont
identiques dans toutes les directions est un matériau isotrope. Dans le cadre de l’élasticité
linéaire, un tel matériau est fonction uniquement de deux paramètres caractéristiques
indépendants. On peut démontrer qu’un matériau isotrope correspond en fait à un matériau
orthotrope possédant de plus une symétrie de révolution autour de chacun de ces axes
d’orthotropie.

III.11.4.1. NOTATIONS EN SOUPLESSE

À partir d’un matériau orthotrope, en exprimant les relations d’invariances matérielles

par rapport aux axes ( N1 , N2 , N3 ) , on obtient après calcul la relation de comportement d’un

matériau isotrope. La relation de comportement exprimée en souplesse est    S  , on

demontre qu’il y a uniquement deux paramètres caractéristiques indépendants :


Ei  cte  E;ij  cte   ( II .131) .

Soit un matériau orthotrope, les relations (III.95), (III.96), (III.109), (III.110),


(III.122), (III.123) de comportement en souplesse montre les conséquences d’une symétrie de
revolution dans les trois axes d’orthotropie. En généralisant ces relations on trouve que :
 11   S11 S12 S12 0 0 0    11 
     
  22   S12 S11 S12 0 0 0   22 
  33   S12 S12 S11 0 0 0    33 
    ( II .132)
 2 32   0 0 0 2( S11  S12 ) 0 0    32 
 2   0 0 0 0 2( S11  S12 ) 0   
 13     13 
 2 
 12   0 0 0 0 0 2( S11  S12 )    12 

et
 
 C11 C12 C12 0 0 0 
 
 
  11   C12 C11 C12 0 0 0
  11 
      22 
  22    
  33   C12 C12 C11 0 0 0
  33 

    2  ( II .133)
  32   0 0 0
C11  C12
0 0   32 
   2   213 
 13     
  C11  C12  
 12   0 0 0 0 0   2 12 
 2 
 C11  C12 
 0 0 0 0 0 
 2 

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1 1  
Avec (III.134) pour i, j  1, 2,3 Sii  S11   ; Sij  S12     et pour
Ei E Ei E

i, j   4,5,6 Sii  2(S11  S12 ) , les autres coefficients étant nuls.


(C11  C12 )
Pour (III.135) i, j  1, 2,3 Cii  C11; Cij  C12 et pour i, j   4,5,6 Cii  ,
2
les autres coefficients étant nuls.
Les propriétés mécaniques élastiques d’un matériau isotrope sont déterminées par
deux constantes d’élasticité indépendantes S11 et S12. On pose classiquement le module
d’Young et du coefficient de Poisson E,υ avec les relations suivantes :
1  1
S11  S12   ( )  ( II .136)
E E E

S12   ( II .137)
E

III.11.4.2. NOTATIONS EN RIGIDITE

À partir d’un matériau orthotrope, en exprimant les relations d’invariances matérielles

par rapport aux axes ( N1 , N2 , N3 ) , on obtient après calcul la relation de comportement d’un
matériau isotrope (III.132) et (III.133). Il y a bien deux paramètres caractéristiques
indépendants . Les propriétés mécaniques élastiques d’un matériau isotrope sont déterminées
par deux constantes d’élasticité indépendantes λ, μ qui sont appelés coeficients de lamé. On
pose classiquement :
C11  C12  2 ( II .138)
C12   ( II .139)

Calculons  ij pour i, j  1, 2,3, i  j; k  4,5,6

 ij  2Ckk  ij ( II .139.1)
or
 ij  2Gij ij  2Gij ij  2Ckk  ij
E
 Ckk  Gij 
2(1   )
et
C11  C12 2  E
Ckk   
2 2 2(1   )
E
 2  ( II .140)
(1   )

Calculons  ii pour i, j  1, 2,3, i  j

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 ii  C11 ii  2C12 jj  Ei ii ( II .140.1)

C11  C12  2
  C11  2  
C12  
 jj   ii  (2   ) ii  2 ii  Ei ii
 (2   )  2  Ei  E
E E
  (1  2 )  E  2  E  
1 1
E
  ( II .141)
1   1  2 
La relation (III.141) est valable dans :
 Un état tridimensionnel des contraintes et en deformation plane.
 En contrainte plane la relation (III.140.1) devient :
 ii  C11 ii  C12 jj  Ei ii ( II .142)
 jj   ii  (2   ) ii   ii  Ei ii
 (2   )    Ei  E
E E
  (1   )  E  2  E  
1 1
E E
   ( II .143)
1   1    1   2
 La relation (III.140) est vraie quelque soit l’état tridimensionnel, contrainte plane ou
déformation plane.

III.11.4.2.1. GENERALISATION
Pour les matériaux isotropes, on utilise classiquement la relation de comportement
sous forme indicielle σij = Cijkl𝜀kl . La notation vectorielle utilisée pour les matériaux isotropes
est en fait peu utile pour les matériaux élastiques linéaires isotropes. On peu réunir les
relations (III.139.1) et (III.141.1) en une seule en utilisant l’indice de kronecker, on a :
Pour i, j, l  1, 2,3, i  l
 ij  Cii ij  2Cil  ll
or
Cii  2   ij ; Cil   ij
  ij  (2   ij ) ij  2 ll ij

On pose  kk  ( ij  2 ll )  trace( )( II .144) , on a:

 ij  2 ij   kkij ( II .145)

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Calculons la trace de  ij de l’expression (III.145)

trace( ij )  trace(2  ij   kk  ij )   kk
  kk  trace(2 ij )  trace( kk  ij )
  kk  2 trace( ij )   kk trace( ij )
  kk  2 kk  3 kk
 kk
  kk  ( II .146)
2  3
Insérons (III.146) dans (III.145) on a :
 ij  2 ij   kk ij
1   kk
  ij   ij  *  ij ( II .147)
2 2 2  3
Or
E
1 1 
 ; 
1   1  2    ;
2 E 2 E 1  2
(1   )
E 3 E E  2 E  3 E E (1   ) E
2  3     
(1   ) 1   1  2  1   1  2  1   1  2  1  2
La relation (III.147) devient :
1  1  2
 ij   ij  *  kk ij
E 1  2 E
1 
  ij   ij   kk ij ( II .148)
E E
 La relation (III.145) est connue sous le nom de loi de lamé
 La relation (III.148) est connue sous le nom de loi de Hooke.

La Loi de comportement des matériaux isotropes en souplesse est :

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 1   
 E   0 0 0 
E E
 
  
0    11 
1
 11     0 0

   E E E
    22 
     1  
0 
22
  33    E 
E E
0 0
 33 

      ( II .132)
 2 32   0 0 0
2(1   )
0 0   32 
 2   E    13 
 13     
 2  2(1   ) 
 12   0 0 0 0 0    12 
 E 
 2(1   ) 
 0 0 0 0 0 
 E 

La matrice de souplesse des matériaux composites isotropes est :


 1   
 E   0 0 0 
E E
 
  1


0 0 0 
 E E E 
 
  
 1
0 0 0 
 S    E E E 

2(1   )
 0 0 0 0 0 
 E 
 2(1   ) 
 0 0 0 0 0 
 E 
 2(1   ) 
 0 0 0 0 0 
 E 

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CHAPITRE IV :
COMPORTEMENT ELASTIQUE DES PLAQUES
COMPOSITE STRATIFIEES

Il faut bien noter que le comportement mécanique des structures composites stratifiées
n’est pas toujours linéaire jusqu’à la phase ultime de la rupture. En particulier, les
empilements constitués de couches désorientées présentent généralement un comportement
non linéaire dès que le chargement dépasse une valeur critique à partir de laquelle les
dégradations s’accentuent. Néanmoins, dans une première phase de la conception, la théorie
élastique linéaire des plaques fibrées permet d’effectuer le dimensionnement des structures
composites. De nombreux travaux ont été consacrés à la mise au point de théories de plaques
composites multicouches.Ces différentes théories vont d’une théorie quasi-tridimensionnelle,
à la théorie de Love-Kirchhoff. Ce dernier modèle convient lorsque les plaques sont minces.
En revanche, pour des plaques épaisses ou sandwiches, les effets du cisaillement transverse
deviennent importants et la théorie de Reissner-Mindlin est plus appropriée. Dans cette partie
du mémoire, on développe, sous l’hypothèse des petites perturbations (HPP), les équations de
comportement élastiques linéaires de la théorie des plaques composites fibrées de Love-
Kirchhoff. En théorie HPP, les déplacements et les déformations restent petits.

IV.1. RELATION DE COMPORTEMENT EN CONTRAINTES PLANES

Le tenseur des contraintes et celui des déformations sont des tenseurs d’ordre deux
symétriques. En contraintes planes, le nombre de composantes nécessaire pour représenter
chacun des deux tenseurs dans une base est donc de trois. On rappelle la représentation
matricielle classique des tenseurs des contraintes et des déformations dans une base
orthonormée directe :
  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11   11   S11 S12 S13 S14 S15 S16    11 
         
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22    22   S21 S22 S23 S24 S25 S26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33  et   33   S31 S32 S33 S34 S35 S36    33 
       
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32   2 32   S41 S42 S43 S44 S45 S46    32 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213   2   S S52 S53 S54 S55 S56    13 
 13   51     13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212   2 
 12   S61 S62 S63 S64 S65 S66    12 

Dans le cas où les plaques composites fibrées sont minces, le comportement de


chacune des couches peut être supposé dans un état de contraintes planes. En conséquence, les

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équations de comportement de matériaux élastiques orthotropes en contraintes planes sont


présentées.

Si la normale à la surface est N1 on a :

  22   S22 S23 0    22 
    
  33    S32 S33 0    33  ( II .177)
 2   0 S44    23 
 23   0

Si la normale à la surface est N 2 on a :

 11   S11 S13 0    11 


    
  33    S31 S33 0    33  ( II .178)
 2   0 S55    13 
 13   0

Si la normale à la surface est N 3 on a :

 11   S11 S12 0    11 


    
  22    S21 S22 0    22  ( II .179)
 2   0 S66    12 
 12   0

Dans cette partie, les relations de comportement en contraintes planes de matériaux

orthotropes sont exprimées dans la base d’orthotropie de la couche ( N1 , N2 , N3 ) et dans la

base globale de la structure fibrée ( x, y, z ) .

De nombreuses structures stratifiées présentent des couches décalées les unes par
rapport aux autres par rotation autour de la normale au plan de la structure. En conséquence,

les composantes du comportement dans la base ( x, y, z ) sont exprimées en fonction des

composantes dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) dans le cas d’une rotation d’axe

Ni , i  1, 2,3 . La forme de l’expression du comportement dans la base ( x, y, z ) en fonction

de ses composantes dans la base ( N1 , N2 , N3 ) est identique que la loi de comportement soit

exprimée en rigidité Q ou en souplesse S .

IV.2. BASE D’ORTHOTROPIE

Dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) , la relation de comportement élastique linéaire


en contrainte plane de la couche k s’écrit formellement en notation vectorielle sous les formes
suivantes :

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k k k
  Q  ( II .180)
k k k
  S  ( II .181)
1
Avec S  Q . Les matrices sont symétriques.

IV.2.1. EXPRESSION EN SOUPLESSE

Si les contraintes sont planes dans le plan ( Ni , N j ); i, j  1, 2,3, i  j . La loi de

comportement en contraintes planes s’obtient facilement à partir de la loi de comportement


élastique orthotrope tridimensionnelle exprimée en souplesse en tenant compte de l’hypothèse
des contraintes planes  kk   ik   jk  0 . La relation de comportement exprimée en

souplesse est l’inverse de la relation de comportement exprimée en rigidité. Le comportement


exprimé en souplesse s’écrit sous la forme suivante : i, j  1, 2,3 et l en relation avec la

couple  i, j  .

 k  Sk 0   iik 
  ii   ii
k
S ij
 
 k  k   k 

  jj   S ji
0  jj
k
S jj  
 k  0 k  k 
 2 ij   S ll   ij 
0 

avec :
1 1  ji 1  ji ij Ei
 ; S jj  ; S ij   ; S ij  S ji; S ll  ;   ; Gij 
k k k k k k
S ii
Ei Ej Ej Gij E j Ei 2(1  ij )
( II .182)

NB : Silk = Sjlk= Slik= Sljk = 0 car une déformation suivant un axe de la base d’orthotopie n’est
jamais la conséquence d’une contrainte de cisaillement appliquée au matériaux mais d’une
contrainte normale sivant cet axe. Les autres composants sont déterminés par la loi de Hooke
classique pour une traction exercée suivant un seul axe de la base d’orthotropie. D’autre part
E1, E2 et ν12 sont les constantes d’élasticité de la couche k.
 1  ji 
  0 
 k   Ei   ii 

Ej k

 ii     
 k     ij 1  k 

  jj   Ei
0   jj ( II .183)
Ej   
 k
  k
 2 ij   1   ij 

0 0
 Gij 
 k

IV.2.2. EXPRESSION EN RIGIDITE

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La relation de comportement exprimée en rigidité est l’inverse de la relation de


comportement exprimée en souplesse. Le comportement exprimé en rigidité s’écrit dans la

base d’orthotropie5 ( N1 , N2 , N3 ) :

  Q ii 0  k 
k k
 Q
  ii      ii 
k
ij

 k   k
 0    jj 
k k
 Q Q
 jj   ji jj
  k 
 k k 
 2 ij   0 0 Q ll    ij 
Avec
1
 1  ji 
  0 
 k k
0   Ei
 Q ii Q Ej 
ij 
 k   ij 
  Sk 
k 1 1
Qk   Q Q 0  0
   Ei Ej 
ji jj

 0 Q ll   0 
k
0 1 
 0
 Gij k
 
1
Qk  k
T
Com( S k )
det( S )
1  ji
 0
Ei Ej 1 ij
0  0
ij 1 1 Ej   ji  Ei 1  jiij
  det( S )  
k
0     
Ei Ej Ei 1  E j  0 1 Ei E j Gij E j Ei Gij
0
1 Gij Gij
0 0
Gij
1
 (1   jiij )
Ei E j Gij

 1 ij 
 0  0 ij 1 
 E j Ei  
  Ei Ej 
 1 1
0 0 0 0 
 Gij Gij   1 ij 
   0 
  ji 1   E j Gij Ei Gij 
 E 0 0 
 ji  
1 

Ei  ji 1
com( S )    Ei Ej    
j
0
 1 1   E j Gij Ei Gij 
 0 0 0 0   
 Gij Gij   1
 0 0 (1  ij ji ) 
   ji 1 1  ji   Ei Ei 

0 0 
 Ej Ei Ei Ej 
  
 1 ij ij 1 
 E 0  0 
 j Ei Ei E j 

5
La base d’orthotropie est encore appelée « sens des fibres » spécialement dans le cas des stratifiés.

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 1  ji 
 0 
 E j Gij E j Gij 
 ij 1 
T
com( S )   0 
 Ei Gij Ei Gij 
 
 1
0 0 (1  ij ji ) 
 Ei Ei 
 

 1 Ei E j Gij  ji Ei E j Gij 
 0   k
0 
k
 E j Gij (1   jiij ) E j Gij (1   jiij )   Q ii Q ij 
 ij Ei E j Gij   k 
1 Ei E j Gij
Q    Q
k
k

 Ei Gij (1   jiij ) Ei Gij (1   jiij )


0
  ji
Q 0 

jj

 
(1  ij ji ) Ei E j Gij   0 Q ll 
k
 
0
 0 0
 Ei Ei (1   jiij ) 
k
d’où
k Ei k Ej k  ji Ei k ij E j k
Q  ;Q  ;Q  Q  ; Q  Gij ( II .184)
ii (1   jiij ) jj (1   jiij ) ij (1   jiij ) ji (1   jiij ) ll

En particulier si i=L et j=T, on a :


k EL k ET k TL EL k LT ET k
Q  ;Q  ;Q  Q  ; Q  GLT ( II .185)
L (1  TLLT ) T (1  TLLT ) LT (1  TLLT ) TL (1  TLLT ) ll

 L est la direction des fibres.


 T est la direction perpendiculaire à la direction des fibres.

IV.3. BASE GLOBALE

Dans la base globale ( x, y, z ) , la relation de comportement élastique linéaire en


contrainteplane de la couche k s’écrit formellement en notation vectorielle sous les formes
k k k 1
suivantes :   Q  et   S  avec S  Q . Dans cette base globale, les composantes
k k k

des matrices de rigidités et des souplesses sont surlignées S ij , Qij . L’expression des  
composantes dans la base globale S ij 
, Qij en fonction des composantes dans la base

d’orthotropie  Sij , Qij  fait apparaître de nouveaux couplages.

IV.3.1. EXPRESSION EN SOUPLESSE

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1
L’expression du comportement en souplesse S  Q dans la base globale ( x, y, z ) fait
intervenir dans le cas général de nouveaux couplages : pour i, j   x, y, z et l en relation avec

la couple  i, j  .

 k   S ii  k 
k k k

  ii    ii 
S ij S il

 k  k k 
 k
  jj   S ji S jl   jj 
k

 k
S jj
 k k  k 
 2 ij   S li   ij 
k

S lj S ll 
À partir d’un essai de traction unidirectionnel dans la direction Ni
 ii  0,  jj  0,  ij  0, i  j on obtient :

Ei
1
 ii  S  ii   ii  S
k k k k
S 
k k k
ii ii ii ii Ei

  ; 2 
k k
S S
k k k k
jj ji ii ij li ii

On en déduit alors les rapports suivants :

2 
k k k k
ij ,i S  ij
S
k k
ij ,i li

ij
S  ;  ij 
ji

jj
S  ;
 
k k k k
li Ei ji Ei
S ii ii S ii ii

À partir d’un essai de cisaillement dans le plan ( Ni , N j ); i, j   x, y, z, i  j

 ii  0,  jj  0,  ij  0, i  j , on définit :

2Gij 1
k

2 ij  S  ij  2 ij  S
k k k
S 
k k k
ll ll ij ll Gij

  ; 
k k
S S
k k k k
ii il ij jj jl ij

On en déduit alors le rapport suivant :

 
k
i ,ij
k

S
k
i ,ij il ii
S 
2
k k il Gij
S ll ij

1
En conclusion, on peut identifier les éléments de la matrice de souplesse S  Q en
fonction des modules apparents de l’ingénieur. Dans la base globale, on constate qu’il existe
des coefficients de couplages non classiques appelés coefficients d’influences mutuelles ηij,i ;
ηi,ij . Par analogie avec les relations dans les axes principaux, on note, dans la base globale

( x, y, z ) , la matrice de souplesse en fonction des modules apparents de l’ingénieur sous la


forme suivante :

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 1  ji i ,ij 
 
 Ei Ej Gij 
   j ,ij 
1
S   ( II .186)
k ij

 Ei Ej Gij 
 
 ij ,i ij , j 1 
 E Ej Gij 
 i k

IV.3.2. EXPRESSION DES RELATIONS D’ELASTICITE HORS AXES


PRINCIPAUX

Dans cette partie, les relations entre les composantes de la matrice de rigidité ou de
souplesse hors axes et les composantes exprimées dans les axes principaux de la couche k
sont développées.

 Cas d’une rotation autour de l’axe z  N3 (cas des stratifiés de normale z  N3 ). On

note θ l’angle de rotation autour de l’axe z  N3 tel que   x, N1 . La matrice de  


rigidité s’exprime alors en fonction des composantes dans la base d’orthotropie sous
la forme suivante :
k
Q  T1Q kT

avec T    T    . En notation vectorielle, le changement de base s’écrit pour les


1

contraintes et les déformations sous la forme suivante :


 C2 S2 2CS 
1  
T   S 2
C 2
2CS  ( II .187)
 CS CS C 2  S 2 

 C2 S2 CS 
 
T   S 2 C 2
CS  ( II .188)
 2CS 2CS C 2  S 2 

k
avec C = cos (θ) et S = sin(θ). La relation entre les composantes Q ij dans la base globale
k
( x, y, z ) et les composantes Q ij dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) s’écrit formellement

sous laforme suivante :


k
Q  T 1QkT ( II .189)

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Pour simplifier l’écriture, l’indice k est omis dans la suite. Les composantes dans la
base globale s’écrivent en fonction des composantes dans la base d’orthotropie sous la
formesuivante :
 k k k
  k 0 
k
 Q ii Q Q  Q Q
 k
ij
  C
il 2
S2 2CS   ii ij  C2 S2 CS 
k k     

Q jl    S
k k
2 2
2CS   Q Q 0  S2 2
CS 
 Q ji Q C C
C 2  S 2     2CS
ji jj
 CS C 2  S 2 
jj
 k k   CS 2CS
 0 Q ll  
k k
Q Q Q ll  
0
 li lj

   2 k 2 k
Q  Q  CS 
k k k k k k k

 Q ii Q Q il   C Q ii S Q ij S 2Q  C 2Q 
  C 2CS  
ij 2 2 ii ij ii ij
 k S 
 
2CS   C 2Q  S 2Q Q  Q  CS 
k k k k k k
 Q Q jl    S
k k
S 2 Q  C 2Q
2
Q C2
 ji  ji jj 
 CS C 2  S 2  
jj ji jj ji jj
 k k   CS 
 2CSQ ll Q C  S2 
k k k k
Q Q ll  2CSQ 
2

 li
Q lj  ll ll

Q 2Q 
k k k k k
Q  C 4Q  S 4Q  2C 2 S 2
ii ii jj ij ll

Q  S 4Q  C 4Q  2S C Q 2Q 
k k k k k
2 2
jj ii jj ij ll

Q  C S Q  Q  2Q  2Q   Q  C  S 
k k k k k k
2 2 4 4
ll ii jj ij ll ll

Q  Q  C  S   Q  Q  4Q  C S
k k k k k
4 4 2 2
ij ij ii jj ll

Q  C S Q  Q  2Q   S C  Q Q  2Q 
k k k k k k k
3 3
il ii ij ll jj ji ll

Q  S C Q  Q  2Q   C S Q  Q  2Q  ( II .190)
k k k k k k k
3 3
jl ii ij ll ji jj ll

Pour la rotations autour des autres axes, le calcul ci-dessus reste identique, mais il faut
k k
juste faire une permutation des indices des Q et Q .

La notation vectorielle retenue permet d’obtenir à partir des relations précédentes les
k
composantes de la matrice de souplesse S dans la base globale ( x, y, z ) en fonction des

k
composantes S dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) . Pour obtenir l’expression de la

k k
relation entre les composantes de S dans la base globale noté S ij
et celles dans la base

k
, il suffit d’utiliser l’expression S  T1S kT .
k
d’orthotropie noté S ij

IV.3.3. RELATIONS HORS AXES PRINCIPAUX EN FONCTION DES MODULES


D’ELASTICITE

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On peut exprimer les caractéristiques mécaniques des modules d’élasticité, les

coefficients de Poisson et les coefficients de mutuelle influence dans la base globale ( x, y, z )

en fonction des composantes dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) .

S
k

ii
k
 C 4 S  S 4 S  2C 2 S 2
ii
 S 2S  k

jj
k
ij
k
ll

 S 4 S  C 4 S  2S C  S 2S 
k k k k k
2 2
S jj ii jj ij ll

 C S  S  S  2S  2 S   S  C  S 
k 2 2 k k k k k 4 4
S ll ii jj ij ll ll

 S  C  S    S  S  4S  C S
k k 4 4 k k k 2 2
S ij ij ii jj ll

 C S   S  S  2 S   S C  S S  2S 
k 3 k k k 3 k k k
S il ii ij ll jj ji ll

 S C  S  S  2S   C S  S  S  2S  ( II .191)
k 3 k k k 3 k k k
S jl ii ij ll ji jj ll

avec :
 1  ji i ,ij 
 k k
  E
k 
 S ii S ij S il   i Ej Gij 
 k k   ij 1  j ,ij 
S jl    Ei  ( II .192)
k k
S S S
 k
ji jj Ej Gij 
  
S ll   ij ,i
k k
ij , j 1 
 S li S lj
 E Ej Gij 
 i k

En injectant les définitions des modules d’élasticité, des coefficients de Poisson et le


module de cisaillement plan dans l’expression des souplesses et si i=1, j=2, on obtient les
relations suivantes :
k 1 1   2  1
S  C4  S4  2C 2 S 2  21  
E1 E2  E2 G12  Ex
ii

E1
 Ex  ( II .193)
E   2 
C  S 1  2C 2 S 2 E1   21 
4 4

E2  E2 G12 
k 1 1   2  1
S  S4  C4  2S 2C 2  21  
E1 E2  E2 G12  E y
jj

E1
 Ey  ( II .194)
E   2 
S  C 1  2S 2C 2 E1   21 
4 4

E2  E2 G12 

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 1 1 221 2  1
 C4  S 4  
1
k

S  C 2S 2     
 E1 E2 E2 G12  G12 Gxy
ll

E1
 Gxy  ( II .195)
2 2 E1 221 E1 2 E1  E1
C S 1     C  S 
4 4

 E2 E2 G12  G 12

 21 4  1 4  2 2  yx
 C  S4    
1
k

S   C S 
E2  E1 E2 G12  Ey
ij

  12 4  E1 4 E1  2 2 
  C  S   1   C S 
4

 E1  E2 G12   ( II .196)
  yx 
 4 4 E1   2 
S C  2S 2C 2 E1   21  
 E2  E2 G12  

k 3  1  21 2  3  1  12 2   x , xy
S il  C S       S C    
 E1 E2 G12   E2 E1 G12  Gxy
  E 2E  E 2E 
C 3 S  1  21 1  1   S 3C  1  12  1 
  x , xy   E2 G12   E2 G12 
( II .197)
 2 2 E1 221 E1 2 E1  E1 
 C S 1     C 4  S 4  
  E2 E2 G12  G 12 

Toutes les autres constantes sont obtenues par permutation circulaire des constantes ci-dessus.

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CHAPITRE V :
CALCULS D'HOMOGENEISATIONS DES
MATERIAUX COMPOSITES

La première étape dans le calcul mécanique des matériaux composites consiste à


déterminer les caractéristiques mécaniques du matériau en fonction de celles de ses
composants. Dans la plupart des cas, ces calculs se réduisent uniquement au calcul du module
d'Young. Il existe divers modèles d'homogénéisations pour l'obtenir. Nous présenterons dans
ce mémoire, les plus classiques seront présentées ici.

Fractions volumiques

Considérons un volume vc de matériau composite, composé d'un volume vf de fibres et d'un


volume vm de matrice. La fraction volumique de fibres et de la matrice sont :

vf vm
Xf  et Xm 
vc vm
Soit un volume élémentaire représentatif de fraction volumique X c  1 constituée de
fibres et de matrice. Nous adopterons les conventions de notation suivantes :

 X m : Fraction volumique de la matrice ;

 X f : Fraction volumique de la fibre ;

On a ;
vc  v f  vm
 Xc  Xm  X f  1 ( II .149)
La réaction du composite à une contrainte dépend :
o Du comportement et de la fraction volumique de chacune des deux phases (matrice et
fibres) ;
o De la direction d’application de la contrainte ;
o De l’anisotropie du composite.
Il y a défaillance du composite lorsque les fibres se rompent. La rupture est non brutale car
:
La résistance à la rupture des fibres est différente donc on n’a pas de rupture
simultanée ;
La matrice conserve ses propriétés si sa déformation est supérieure à celle des fibres.

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Les fibres rompues, plus courtes, sont noyées dans la matrice et sont intactes et supportent
toujours la charge.
A l'échelle locale, on a les hypothèses suivantes :
 Les Fibres: ont un comportement élastique linéaire fragile isotrope de coefficients Ef
et νf.
 La Matrice: possède un comportement élastique non-linéaire, isotrope de
coefficients Em et νm.

Fractions massiques
Les fractions massiques sont définies de la même manière à partir des masses mc , m f et mm ,

respectives de matériau composite, de fibres, de matrice. Les fractions massiques ou fractions


en masse de fibres et de matrice s'écrivent respectivement :

mf mm
Pf  et Pm 
mc mc
Où :
 Pm : Fraction massique de la matrice ;

 Pf : Fraction massique de la fibre ;

mc  m f  mm
 Pc  Pm  Pf  1 ( II .150)
Relations entre fractions volumiques et massiques
Les relations entre les fractions volumiques et massiques font intervenir les masses
volumiques  c ,  f ,  m respectives du matériau composite, des fibres, de la matrice. Les
masses mc , m f , mm et volumes vc , v f et vm , sont liés par les relations :
mc  c vc mf   f v f mm  mvm

en partant de la masse total du composite :


mc  m f  mm
 c vc   f v f   m vm
vf vm
 c   f  m
vc vc
La masse volumique du matériau composite s'écrit donc en fonction des fractions volumiques
suivant :
c   f X f   m X m
De même, en partant du volume total du composite :

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vc  v f  vm
mc mf mm
  
c f m
D'où l'expression de la masse volumique en fonction des fractions massiques :
mc mc Pf mc Pm
  
c f m
1 Pf Pm
  
c f m
1
 c 
Pf Pm

f m
Les relations entre fractions massiques et fractions volumiques peuvent maintenant être
établies, en partant des relations de définition :
mf  f vf  f mm m vm m
Pf    X et Pm    X
mc c vc c f mc c vc c m

Les expressions précédentes entre fractions volumiques et fractions massiques peuvent être
étendues au cas d'un nombre quelconque de constituants. Les expressions générales s'écrivent
pour n constituants :
mi i vi i
Pi    Xi
mc c vc c
Avec
n
 c   i X i
i 1

Et
c
Xi  P
i i
Avec
1
c  n
Pi

i 1 i

Présence de porosités
Il peut arriver que la masse volumique mesurée expérimentalement ne coïncide pas avec la
valeur calculée à partir des masses des constituants introduites. Dans le cas où ce désaccord
dépasse les précisions expérimentales, il peut être attribué à la présence de porosités. La
différence entre la masse volumique ct calculée et la masse volumique ce mesurée
expérimentalement permettra d'estimer la fraction volumique X p de porosités par
l'expression :

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ct  ce
Xp 
ct
La présence de porosités dans un composite peut entraîner une diminution significative de ses
caractéristiques mécaniques, en augmentant la dispersion de ses valeurs. La présence de
porosités augmente également la sensibilité du matériau composite à l'environnement
extérieur : augmentation de l'absorption de l'humidité, diminution de la résistance aux
produits chimiques, etc. Il sera donc important d'avoir une estimation de la proportion de
porosités, de manière à évaluer la qualité d'un composite. Un matériau composite de qualité
contiendra moins de 1 % en volume de porosités, alors qu'un composite de médiocre qualité
pourra atteindre 5 %.

V.1. HOMOGENEISATION SIMPLIFIEE : LES MODELES A «BORNES »

 
Soit un matériau composite de repère d’orthotropie L, T , constitué de fibres noyées dans une

matrice.

Composites à deux phases : Calcul du module d’élasticité longitudinal.

Avec :
 Ec : Module d’élasticité longitudinal de composite.
 Em : Module d’élasticité longitudinal de la matrice.
 Ep : Module d’élasticité longitudinal des particules.
 Vm : Fraction volumique de la matrice.
 Vf : Fraction volumique de la matrice.

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FigureII.2. Exemple de calcul des modules d’élasticité longitudinal d’un composite


renforcé par dispersion des particules de tungstène.

B. COMPORTEMENT ELASTIQUE – CHARGE LONGITUDINALE

Lorsque le composite, la matrice et le renfort ont la même longueur :

(fractions volumiques).

Avec l’hypothèse d’isodéformation on peut diviser chaque terme par sa déformation


respective :

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 Or si les déformations sont élastiques :

Ecl : Module d’élasticité longitudinal du composite.

On a seulement deux phases (matrice et renfort)


Par conséquent :

C. COMPORTEMENT ELASTIQUE – CHARGE TRANSVERSALE

 Charge est perpendiculaire à la direction d’alignement des fibres

→ Hypothèse d’isocontrainte :

 Déformation du composite :

 Or

En divisant par σ on obtient : soit :

Ect : Module d’élasticité transversal du composite.

D. RESISTANCE A LA TRACTION LONGITUDINALE


 On admet que la résistance en traction du composite est égal à la contrainte max.
 La contrainte maximum correspond à la rupture des fibres et au début de la défaillance
composite.

TableauII.2. Résistance à la traction longitudinale de 3 composites courants

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E. RESISTANCE A LA TRACTION LONGITUDINALE


 Le mécanisme de ruptures est complexe; plusieurs modes existent :
 Mode déterminé par :
o Les propriétés fibres et matrice.
o Nature et résistance liaison fibres-matrice.

 Si pas de rupture des fibres avant la matrice.


 Quand les fibres sont rompues, la charge est totalement transférée à la matrice.

F. RESISTANCE A LA TRACTION TRANSVERSALE :


 Matériaux conçus pour supporter les charges dans le sens des fibres → s’il est soumis
à une contrainte transversale, il y a risque de rupture.
 Si la résistance est très faible, voire inférieure à la résistance en traction de la matrice,
alors le renforcement par les fibres est négatif.

TableauII.3. Résistance à la traction transversale de 3 composites courants.

 Les facteurs influençant la résistance à la traction transversale :


o Les propriétés des fibres et de la matrice
o La qualité d’adhérence fibre-matrice.
o La présence de bulles d’air, …
 On peut améliorer la résistance à la traction transversale par modification propriétés
matrice.

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II.6. COMPOSITES A FIBRES DISCONTINUES ET ALIGNEES :


A. RESISTANCE A LA RUPTURE EN TRACTION LONGITUDINALE :

 Le renforcement par les fibres discontinues est inférieur au renforcement par les fibres
continues.
 MAIS il y a un intérêt commercial des fibres de verres, de C et d’aramide courtes

= résistance rupture fibre (MPa) = déformation fibres (sans dimension)


= résistance rupture matrice (MPa) = déformation matrice (sans dimension).

= fraction volumique des fibres = diamètre des fibres courtes (en mm)
= longueur des fibres courtes (en mm) = Contrainte de cisaillement (MPa)

, = résistance à la rupture du composite suivant les directions d et d’.

II.7. COMPOSITES A FIBRES DISCONTINUES ET ORIENTEES


ALEATOIREMENT :
 Caractéristiques :
 Module d’élasticité :

 K = coefficient d’efficacité des fibres, dépend de Vf et de , compris entre 0,1 et


0,6.
 E augmente avec Vf MAIS quand on a une orientation aléatoire des fibres, E
augmente proportionnellement à K.

TableauII.4. Propriétés polycarbonates sans et avec fibres de verre orientées aléatoirement

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II.7. RESUME :

 Composites à fibres alignées :

o Essentiellement anisotropes.
o Propriétés optimales dans le sens des fibres.
o Dans la direction transversale, le renforcement est presque nul et la contrainte
de rupture est assez faible.
o Si la contrainte est orientée différemment, la résistance à la traction est située
entre ces deux extrêmes.

V.2. DETERMINATION LES RELATIONS EXISTANT ENTRE EL, ET, Ef, Em, Xm et
Xf

V.2.1. HYPOTHESES

 On travaille en élasticité linéaire.


 On suppose que la liaison fibres/matrices est parfaite.
 Localement, on a :  f  E f  f et  m  Em m ( II .150)

V.2.2. MODULES LONGITUDINALE ET TRANSVERSE D'UN MATERIAU


COMPOSITE PAR LA LOI DES MELANGES

On associe deux matériaux de caractéristiques distinctes dans le but d'estimer les


caractéristiques élastiques du matériau équivalent, c'est à dire du composite.

V.2.2.1. COMPORTEMENT ELASTIQUE – MODULE LONGITUDINALE

V.2.2.1.1. HYPOTHESES

 On a une forte adhérence des fibres à la matrice : Fc  Fm  Ff ( II .151)

 On a une isodéformation :  c   m   f ( II .152)

V.2.2.1.2. DETERMINATION DE EL

Fi   i Si , (IV.151) devient  c Sc   m Sm   f S f ( II .153)

En divisant (IV.153) par SC (la section transversale) on a :


Sm Sf
c  m  f ( II .154)
Sc Sc

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On détermine les fractions volumiques lorsque les fibres et la matrice ont la même longueur.
S Sf
Xm  m ; X f  ( II .155)
Sc Sc
La relation (IV.154) devient :
 c   m X m  f X f ( II .155)
Avec l’hypothèse d’isodéformation on peut diviser chaque terme de la relation
(IV.154) par sa déformation respective, on a:
c m f
 Xm  X ( II .156)
c m f f
 EL  Em X m  E f X f ( II .157)

EL est le module longitudinal du matériau composite.

Compte tenu de la relation (IV.149), on a :

EL  Em (1  X f )  E f X f ( II .158)

V.2.2.2. COMPORTEMENT ELASTIQUE – MODULE TRANSVERSALE

V.2.2.2.1. HYPOTHESES

 La charge est perpendiculaire à la direction d’alignement des fibres ;


 On fait une hypothèse d’iso contrainte :  c   m   f ( II .159)

 La déformation du composite obéi à la loi des mélanges :  c   m X m  f X f ( II .160) ;

V.2.2.2.2. DETERMINSATION DE ET
i
i  ( II .161) ; La relation (IV.160) devient :
Ei

c m f
 X m X f ( II .161)
Ec Em Ef

L’hypothèse d’iso contrainte relation (IV.159), conduit à :

1 1 1
 X m X f ( II .162)
ET Em Ef

1 Em E f Em E f
On obtient ainsi : ET    ( II .163)
X m Xf E f X m  Em X E f (1  X f )  Em X
 f f
Em E f

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ET : est la Module d’élasticité transversal du composite.

V.2.2.2. MODULE DE CISAILLEMENT ET COEFFICIENT DE POISSON D'UN


COMPOSITE PAR LA LOI DES MELANGES

De façon analogue, on détermine ces deux coefficients et on trouve que :

Xf
 LT = f Xf + m Xm ( II .164) et
1 X
 m ( II .165)
GLT Gm G f

  LT est le coefficient de poisson du matériau composite dans le plan ( L, T )


 GLT est le module de coulomb du matériau composite dans le plan ( L, T )

Rappelons que du fait de l’hypothèse d’isotropie des fibres et des matrices, on a les
égalités (IV.166) suivantes:  LT = LT' et GLT =GLT'

  LT' est le coefficient de poisson du matériau composite dans le plan ( L, T ')


 GLT' est le module de coulomb du matériau composite dans le plan ( L, T ')

 T ' est la deuxième direction transversale au composite de sorte que le repère


( L, T , T ') soit orthonormé direct.

Rappelons que les modèles à bornes donnent un encadrement du comportement


mécanique du matériau composite par des comportements mécaniques limites (bornes). Les
modèles que nous allons voir maintenant sont applicables à des mélanges de polymères
(matériaux composés) et à des composites chargés par des particules diverses. Nous
remplacerons donc les termes fibres et matrices par des phases. Les bornes correspondent aux
associations série des deux phases (REUSS, équivalent au modèle du module transverse
équivalent de la loi des mélanges) et parallèle (VOIGT, équivalent au modèle du module
longitudinal équivalent de la loi des mélanges). Aucune hypothèse n'est faite sur la
morphologie du matériau. Il est simplement admis que pour le modèle de REUSS, la
contrainte est homogène dans les deux phases (continuité de la contrainte) et, pour le modèle
de VOIGT, la déformation est constante (continuité de la déformation) dans tout le composite.
L'intérêt est limité dès que l'écart des caractéristiques des deux phases est important.

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FIG V.10. Modélisation du comportement mécanique des matériaux composite par les
modèles à bornes de Voigt et Reuss [2]

V.2. HASHIN ET SHTRIKMAN (1963)

L’expression des bornes est plus resserrée que Voigt et Reuss. Ils rajoutent une
hypothèse supplémentaire sur la géométrie : il existe une phase continue et une discontinue.
Ce modèle utilise le principe variationnel : les différents constituants sont noyés dans un
matériau de comparaison. Si le matériau de comparaison est "plus souple" Lmin ou "plus raide"
Lmax que toutes les phases du matériau composite, on obtiendra une borne inférieure LHS- et
supérieure LHS+ pour les modules du matériau composite.

1G1  (1  2 )G2 2G2  ( 2  1 )G1


G1 G G2 ( II .167)
(1  12 )G1  11G2 (1   21 )G2   22G1
2(4  5 i )
Avec  i  ( II .168)
7  5 i
Les limites supérieure et inférieure sont équivalentes aux relations obtenues par
KERNER, basées aussi sur le principe variationel de la méthode auto-cohérente mais Kerner
n'a pas émis d'hypothèses sur la morphologie du mélange. Ses seules hypothèses sont :

 Les propriétés du mélange : isotrope.


 Le comportement des constituants dans le composite est le même que dans le produit
en masse.
 L’adhésion parfaite entre les constituants.

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FIG V.11. Représentation du module de coulomb d’un composite par la méthode à borne de
Voigt et Reuss puis par la modélisation de Hashin et Shtrikman [2]

V.3. LES APPROCHES PHENOMENOLOGIQUES

Dans le modèle à bornes de Voigt et Reuss, les phases sont en état de contrainte ou
déformation constante. Mais dans la réalité, la répartition des contraintes et déformations
entre les particules n'est pas aussi simple. La prise en compte de ceci va se faire par
combinaison des modèles de bases de Voigt et Reuss. Différents modèles ont donc été
développés, mais la description la plus utilisée est celle de TAKAYANAGI. Il fait
l’hypothèse selon laquelle existe un paramètre de forme ajustable.

FIG V.12. Modélisation du comportement mécanique des matériaux composite par les
modèles de TAKAYANAGI [2]

Ce modèle donne une bonne description phénoménologique du système mais pas sur sa
morphologie (arrangement entre phase).

  (1   )(1   )G1G2   (1   )G12


G ( II .169)
G2 (1   )  G1

  V  Fraction volumique de la phase 2


 ou  sont des paramètres ajustables.

V.4. LES APPROCHES BASEES SUR LES EQUATIONS D'HALPIN-TSAI

Elles permettent de prédire le module longitudinal d'un composite renforcé par des
fibres courtes alignées. Les auteurs ont généralisé l'équation de KERNER (1956) issue d'un
schéma auto cohérent et écrite pour le cas de renforts sphériques au cas des renforts allongés.

 Par la loi des mélanges on détermine le module ELC et le coefficient υLTC :

ELC  Em (1  X f )  E f X f et LTC  m (1  X f )   f X f

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NB : quelques notations :   nu   êta  = zêta

 Et par l’expression générale suivante pour les autres modules :

M 1   X f
 ( II .170)
M m 1  X f

Avec
Mf
1
M
 m ( II .171)
Mf

Mm
2L
 : est la mesure du facteur de forme de la fibre  où L : est la longueur et d diamètre de la
d
fibre.

   2 pour déterminer le module ETC ;


   1 pour déterminer le module GLTC ;

 M est le module considéré : ETC, GLTC ou TT ' c ;


 Mf est le module correspondant des fibres : Ef, Gf, ou υf ;
 Mm est le module de la matrice : Em, Gm, ou υm ;

A partir des équations d'Halpin-Tsai, on peut estimer le module d'un composite renforcé
par des fibres courtes orientées aléatoirement dans un plan ou dans un volume.

V.5. L'APPROCHE DE TSAI-PAGANO

Elle est basée sur la théorie de l'élasticité orthotrope. Elle donne un module E d'un
composite à fibres courtes, isotrope dans le plan.
3 5
E  EL  ET ( II .172)
8 8

V.6. L'APPROCHE D'HALPIN-KARDOS

Elle est similaire à la précédente mais le composite isotrope dans le plan est traité
comme un composite stratifié composé de plis unidirectionnel, chaque pli étant tourné d'un

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angle donné par rapport au précédent. Le calcul analytique d'HALPIN-KARDOS a été réalisé
sur un assemblage de 4 plis orientés à (0°, -45°, +45°, 90°).

FIG V.13. Modélisation du comportement mécanique des matériaux composite par les
modèles d'HALPIN-KARDOS [2]

On a donc un composite quasi-isotrope. Les modules de chaque pli sont estimés à


partir des équations d'HALPIN-TSAI.
Eii 2 Eiif (1  m )(1  ii X f )  4ii (1  m )
2

 ( II .173)
Em Eiif (1  X f )  2(ii  X f )(1  m )Gm
G12 G f (1  12 X f )  12 (1  X f )Gm
 ( II .174)
Gm G f (1  X f )  (12  X f ) X f

On fait l’hypothèse suivante : E11 f E22 f


3
L l l
Avec 11  2 ; 22  2 ; 12    ( II .175)
e e e
L : est la longueur des fibres, l : largeur des fibres, e : épaisseur des fibres.
ξ: facteurs de forme.
Le module G du composite est :
E  E22 (1  12 ) G12
G  11  ( II .176)
8(1  12 21 ) 2
E
Avec 12  X f f  (1  X f ) m et  21   12 22
E11

V.7. CONCLUSION

Les approches basées sur les équations d'HALPIN-TSAI sont semi-empiriques mais
simples à utiliser.

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CHAPITRE VI :
THEORIE DES PLAQUES STRATIFIEES DE
LOVE-KIRCHHOFF

Les structures planes minces et d’épaisseur faible par rapport aux autres dimensions du
plan sont correctement modélisées par le modèle de Love-Kirchhoff.

FIG VI.14. Section de plaque stratifiée constituée de couches [2]

VI.1. HYPOTHESES

Les hypothèses de Love-Kirchhoff sont les suivantes : une section droite rigide,
normale à la surface moyenne avant déformation, reste normale à cette surface moyenne après
déformation. La cinématique du modèle impose que les normales à la surface moyenne
subissent un déplacement de solide rigide. Il en résulte que les déplacements entre deux points
M et G situés sur une même normale sont liés par la relation :

U (M )  U (G)    GM ( II .198)

Où    y ( x, y) x   x ( x, y) y( II .199) est la rotation de la normale et GM  zz ( II .200) est le

point moyen par rapport au plan moyen.

VI.2. MODELISATION DE LA THEORIE DE LOVE-KIRCHHOFF

On définit les coordonnées suivantes :


x u ( x, y, z  0) U ( x, y )  y ( x, y ) 0
G y ; U (G ) v( x, y, z  0) ; U ( M ) V ( x, y ) ;   x ( x, y ) ; GM 0
z0 w( x, y, z  0) W ( x, y ) 0 z

La relation ( II .198) devient

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U ( x, y ) u ( x, y, z  0)  y ( x, y ) 0
V ( x, y )  v( x, y, z  0)   x ( x, y)  0
W ( x, y ) w( x, y, z  0) 0 z

On obtient :
U ( x, y )  u ( x, y, z  0)  z x ( x, y )

V ( x, y )  v( x, y, z  0)  z y ( x, y ) ( II .201)

W ( x, y )  w( x, y, z  0)

VI.2.1. CINEMATIQUE

La théorie des plaques de Love Kirchhoff impose les conditions suivantes sur les
déformations :
 1  U W  1  w  w
 xz  0  2  z  x   2  0   x ( x, y )  x   0   x ( x, y )   x
    

 1  V W  1  w  w
 yz  0       0   y ( x, y )    0   y ( x, y )  ( II .202)
 2  z y  2  y  y
 W ( x, y ) w
 zz  0   0

 z z

VI.2.2. DEFORMATIONS

Le champ des déformations dans le plan de la plaque s’écrit à partir du champ de


déplacement et de la définition du tenseur des déformations tel que :
1 T
 ( M )  ( grad (M )  grad (M ))( II .203)
2
Autrement dit, en coordonnées cartésiennes :
 U    w  u 2w

 xx   ( u  z  ( x , y ))  ( u  z   )   z ;
     
x
 
2
 x x x x x x
 V    w  v 2w

 yy   ( v  z ( x , y ))  ( v  z   )   z ;
     
y 2
 y y y  y  y y
 W w
 zz    0;
 z z
 ( II .204)
 yz  1  V  W   1  v( x, y, z  0)   y ( x, y )   y ( x, y )   0;
 2  z y  2  z 

  1  U  W   1  u ( x, y, z  0)   ( x, y )   ( x, y )   0;
 xz 2  z 
x  2 

z
x x 


 1  U V  1  u  w v
2
 w  1  u v 
2
2w
  
 xy 2  y x  2  y   z   z       z ;
    yx x yx  2  y x  yx

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On pose la notation vectorielle suivante :     z  ( II .205)


0

Dans la base globale ( x, y, z ) , le tenseur des déformations se met sous la forme :


  xx    0 xx    xx 
     
   0  z     yy     0 yy   z   yy 
   0   
 2  xy   2 xy    xy 
NB : notation :   Khi

  0 représente les déformations de membrane ;


  représente les courbures ;
 La quantité z  représente les déformations de flexion et torsion :

 xx   0 xx  z  xx ;  yy   0 yy  z  yy ;  xy   0 xy  z  xy
Avec :
u 0 v 1  u v 
 0 xx  ;  yy  ;  0 xy     ;
x y 2  y x 
2w 2w 2w
 xx   2 ;  yy   2 ;  xy  2 ;( II .206)
x y xy

VI.3. EFFORTS GENERALISES

VI.3.1.EFFORTS DE MEMBRANE
On suppose que les contraintes sont homogènes dans l’épaisseur de chacune des n
couches de la plaque stratifiée. Cette hypothèse est utilisée pour pouvoir intégrer dans
l’épaisseur de la plaque. Les efforts généralisés sont définis par les formules suivantes :

 Nxx : effort résultant dans la direction x , par unité de largeur selon y ;

 Nyy: effort résultant dans la direction y , par unité de largeur selon x ;


 Nxy : effort de cisaillement de membrane par unité de largeur selon y ;
 Nyx =Nxy : effort de cisaillement de membrane par unité de largeur selon x.

Les expressions des efforts généralisés (la somme des efforts sur chaque couche) en
fonction des contraintes dans chacune des couches s’écrivent :

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h n
N xx    xx dz     xx k dz
hk
2
h
 hk 1
2 k 1
h n
N yy    yy dz     yy k dz ( II .207)
hk
2
h
 hk 1
2 k 1
h n
N xy    xy dz     xy k dz
hk
2
h
 hk 1
2 k 1

En notation vectorielle, on introduit les quantités suivantes :


 N xx 
n  
N     dz ( II .208)
hk k
avec N   N yy 
hk 1
k 1  
 N xy 

VI.3.2. EFFORTS DE FLEXION ET TORSION

On pose les efforts généralisés suivants :

 Mxx : moment fléchissant d’axe y , par unité de largeur suivant la direction y :

h n
M xx   z xx dz   
hk
2
h z xx k dz
 hk 1
2 k 1

 Myy : moment fléchissant d’axe x , par unité de largeur suivant la direction x :

h n
M yy   2h z yy dz   
hk
z yy k dz
 hk 1
2 k 1

 Mxy : moment de torsion d’axe x par unité de largeur suivant la direction y :

h n
M xy   z xy dz   
hk
2
h z xy k dz
 hk 1
2 k 1

 Myx : moment de torsion d’axe y par unité de largeur suivant la direction x :

M xy  M yx

En notation vectorielle, on introduit les quantités suivantes :

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 M xx 
n  
M  
hk k
z dz ( II .209) avec M   M yy 
 
hk 1
k 1
 M xy 

VI.4. RELATIONS DE COMPORTEMENT

En injectant la relation de comportement en contrainte plane de chacune des couches


dans la définition des efforts généralisés et moments généralisés, on obtient la relation de

comportement. L’ensemble des expressions est exprimé dans la base ( x, y, z ) :

k
  Q    k  Q  0  z
k k k
 
 Q  
n n
 N     dz   
hk k hk k 0
 z  dz
hk 1 hk 1
k 1 k 1
n n
 N   Q  0 dz   
hk k hk k
Q z  dz
hk 1 hk 1
k 1 k 1
n n

Q  dz    Q
hk hk

k k
 N  0
zdz
hk 1 hk 1
k 1 k 1
hk
n
 z2  n
 N    Q (hk  hk 1 )    Q  
0 k k

k 1 k 1  2  hk 1
n n
h 2
 hk 12 
Q (hk  hk 1 )    Q
k k
 N  0 k
( II .210)
k 1 k 1 2
Et

 Q z  
n n
 M   z dz   
hk k hk k 0
 z  dz
hk 1 hk 1
k 1 k 1
n n
 M   zQ  0 dz    Q z 2  dz
hk k hk k

hk 1 hk 1
k 1 k 1
n n
 M   0Q zdz    Q
hk hk
 
k k
z 2 dz
hk 1 hk 1
k 1 k 1
hk hk
 z2 
n n
 z3 
 M   Q    Q
0 k
k
3
k 1  2  hk 1 k 1   hk 1
n
h 2
 hk 12  n
h 3
 hk 13 
Q  Q
k k
 M  0 k k
( II .211)
k 1 2 k 1 3
On pose :

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n n
A   Q (hk  hk 1 )  Aij   Qij k (hk  hk 1 )( II .212)
k

k 1 k 1

h 2
h 2
B
 Qij k  hk 2  hk 12 ( II .213)
n
1 n
B  Q
k k 1

k
ij
k 1 2 2 k 1
h 3
 hk 13 
 Qij k  hk 3  hk 13 ( II .214)
n
1 n
D  Q
k
 Cij 
k

k 1 3 3 k 1

On a :

N   A   B
0
 N   A B   0 
      ( II .215)
M   B   D  M   B D    
0

La relation ( II .215) 6 est celle du comportement des plaques de Love-Kirchhoff.


Les matrices caractérisent le comportement équivalent de la plaque respectivement en
membrane, flexion-torsion, et le couplage membrane-flexion. Si une structure est fibrée de
façon quelconque, il existe un couplage entre le comportement membranaire et le
comportement de flexion et torsion. Ce couplage est dû à la matrice B . Cette dernière est
nulle si l’empilement des couches est symétrique par rapport au plan moyen de la plaque, en
effet :
n

B   Q  hk  hk 1    Q  hk  hk 1    Q  hk 2  hk 12 
n
1 2 2 1k k 2 2 1 n 2 k

2 k 1 2 k 1 2 k  n 1
2
Or pour
 n 2 2
k  0,  , 0 h h  h h 0
 2 k k 1 k k 1
n  2 2 2 2
k   1,n  , 0 h h h h h h 0
2  k 1 k k 1 k k k 1

La somme des deux configurations ci-dessus donne zéro  B  0, k dans le cas d’un
stratifié symétrique.
Il faut noter également que ce couplage n’existe pas si la plaque est constituée d’un
seul matériau homogène.

VI.4.1. STRATIFIES EQUILIBRES

6
Cette relation est l’équation constitutive du stratifié, qui relie les efforts et moments résultants des membranes
aux déformations et distorsions de membrane, reliés par la matrice constitutive du stratifié.

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Les structures stratifiées équilibrées comportent le même nombre de plis dans chacune
des directions θ et −θ. Il y a alors découplage entre les déformations de tension et les
déformations de cisaillement plan.

N 0 A

 Q  hk  hk 12 
1 n k 2
En effet B 
2 k 1
or
k k k k
Q ( )  Q ( )  Q ( )  Q ( )  0
 B  0, k

 N xx   A11 0    xx 
0
A12
   
  N yy    A21 A22 0    0 yy  ( II .216)
   0 A66   2 0 
 N xy  
0
 xy 

Les Aij sont indépendants de l’ordre de l’empilement des plis. En effet pour ces fibres

on a dans le cas de couches à ±θ les relations suivantes :


Q16 ( )  Q16 ( )  A16  0
 
Q26 ( )  Q26 ( )  A26  0

VI.4.2. STRATIFIES A SYMETRIE MIROIR

Les structures stratifiées à symétrie miroir comportent un nombre de plis pair dans
chacune des directions, répartis de manière symétrique par rapport au plan moyen de la plaque
fibrée. Le comportement de membrane est découplé du comportement de flexion-torsion :
N   A 0   0 
   
 M   0 D    

Avec :
 A11 A12 A16 
A   A21 A22 A26 
 A61 A62 A66 

Où les Aij sont indépendants de l’ordre de l’empilement des plis.

VI.4.3. STRATIFIES EQUILIBRES A SYMETRIE MIROIR

Ce type de structures stratifiées comporte à la fois les propriétés de stratifiés équilibrés


et les propriétés des structures stratifiés à symétrie miroir. Il y a alors découplage entre les

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déformations de tension et les déformations de cisaillement plan. Les termes A16 et A26 sont
nuls. Le comportement de membrane est découplé du comportement de flexion-torsion :

N   A 0   0 
   
 M   0 D    

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CHAPITRE VII :
DIMENSIONNEMENT DES STRUCTURES
COMPOSITES

VII.1. INTRODUCTION

Les spécialistes disposent actuellement de méthodes d’investigation de plus en plus


puissantes pour étudier les matériaux composites. Ces méthodes permettent une définition
quasi optimale des associations renfort-matrice pour une application donnée. Paradoxalement,
les méthodes de dimensionnement et d’analyse des structures stratifiées reposent sur des
approches pragmatiques et primitives. Pour évaluer la résistance d’une structure stratifiée, il
faut disposer de critères de dimensionnement. Les critères de limites de dimensionnement en
chargement monotone ou critères de rupture reposent sur l’hypothèse de comportement
élastique fragile des constituants de base, fibre et matrice. Ils sont généralement déduits des
critères limites d’élasticité isotrope. Ces critères sont généralement exprimés en fonction des
contraintes par l’intermédiaire d’une fonction scalaire dénommée critère limite. Cette fonction
permet de quantifier l’intensité de sollicitations appliquées. Classiquement on utilise le critère
de contrainte maximale, le critère de déformation maximale et les critères énergétiques de
Hill, Tsai-Hill. Ils permettent d’avoir une première évaluation de la résistance mécanique du
stratifié. Ces critères nécessitent la connaissance des contraintes ou déformations à rupture.

VII.2. MECANISMES DE DEGRADATION D’UNE STRUCTURE STRATIFIEES

Les structures stratifiées sont constituées d’empilements de nappes unidirectionnelles.


Ces nappes sont formées de renforts en fibres longues liées par de la matrice. Le rôle du
renfort est d’assurer la fonction de résistance mécanique aux efforts. La matrice assure quant à
elle la cohésion entre les renforts de manière à répartir les sollicitations mécaniques. Les
pièces structurelles sont réalisées par empilement de nappes en optimisant les directions des
renforts en fonction des charges qu’elles doivent subir. Trois principaux modes de
dégradation sont observés dans les couches unidirectionnelles FIG VII.15:

 la micro fissuration de la matrice parallèlement aux fibres ;


 la dégradation de l’interface fibre matrice ;
 la rupture des fibres.

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Les structures stratifiées, par nature fortement hétérogènes, sont sujettes à l’apparition
de délaminages multiples près des bords libres et des zones où règne un état de sur contrainte.

FIG VII.15. Modes de rupture et front de délaminage [2]

Le mécanisme de délaminage est initié par des phénomènes d’endommagement


microscopiques complexes. Ce mode de dégradation ne peut être imputé entièrement à la
détérioration de la liaison inter laminaire car les fronts de délaminage peuvent se transférer
d’une interface à une autre au cours de l’évolution des dégradations dans la structure. Dans la
suite, on précise les différents critères classiquement utilisés pour évaluer le domaine
admissible dans lequel aucune dégradation des couches ne doit être observée. Ces critères
sont couramment utilisés dans l’industrie et permettent de dimensionner les pièces composites
en supposant un comportement élastique linéaire des couches.

VII.3. CRITERES POUR MATERIAUX ISOTROPES

Les critères limites de dimensionnement en chargement monotone ou critères de rupture


reposent sur l’hypothèse d’un comportement élastique fragile. Ils sont en général déduits des
critères de limite d’élasticité utilisés notamment pour l’analyse du comportement en plasticité
des matériaux métalliques :

 dans le cas unidimensionnel (traction) cette vérification se réduit à assurer  11   e

avec σe, limite élastique en traction ;


 dans le cas tridimensionnel, il faut vérifier un critère de limite d’élasticité qui s’écrit
f ( )   e , ou est une fonction réelle, la fonction seuil élastique.

Il existe un grand nombre de critères, certains sont valables pour des matériaux
isotropes fragiles (fontes, béton), d’autres, pour des matériaux ductiles (alliages cuivreux,

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alliages d’aluminium, aciers doux). Il n’existe pas de critères universels valables pour tous les
matériaux.

VII.3.1. CRITERE DE RANKINE

Ce critère s’applique plutôt aux matériaux fragiles. Ce critère considère que la limite
d’élasticité (ou de rupture) est atteinte lorsqu’une, au moins, des contraintes principales atteint
une valeur limite obtenue par test uni–axial, de traction ou de compression :
Sup( I ,  II ,  III )   Te ( II .217)

VII.3.2. CRITERE DE TRESCA

Ce critère s’applique plutôt aux matériaux ductiles. Des essais sur des matériaux
ductiles confirment que le début de la plastification en traction à lieu suivant des plans
inclinés à 45° par rapport à la direction de chargement. Cette direction correspond à un état de
contrainte de cisaillement maximum. Si τe est la contrainte tangentielle de cisaillement, alors :
1
Sup  I   III   e ou Sup  I   III   e ( II .218)
2

VII.3.3. CRITERE DE VON MISES

Ce critère s’applique également aux matériaux ductiles. Notant qu’un état de


contrainte hydrostatique change seulement le volume et non la forme du matériau, la partie
hydrostatique du tenseur des contraintes est telle que :

3 1
 eq  tr ( D ,  D )   e   y ( II .219) Avec  ijD   ij  tr ( ) ij
2 3

VII.4. CRITERES POUR MATERIAUX ANISOTROPES

VII.4.1. CRITERE DE CONTRAINTE MAXIMALE

Ce critère relativement rustique reste très utilisé pour rechercher une première solution
technologique dans la conception d’une pièce composite. En contrainte plane, le critère s’écrit
pour i, j  1, 2 :

 ii  ii  ij
 1 si  ii  0 et  1 si  ii  0 de plus  1( II .220)
  
t c r
ii ii ij


t
 ii
valeurs ultimes des contraintes en traction ;

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c
 ii
valeurs ultimes des contraintes en compression ;


r
 ii
valeurs ultimes à la rupture au cisaillement.

VII.4.2. CRITERE DE DEFORMATION MAXIMALE

Ce critère est utilisé conjointement au critère en contrainte :


 ii   ij
 1 si  ii  0 et iic  1 si  ii  0 de plus r  1( II .221)
  
t
ii ii ij


t
 ii
valeurs ultimes des déformations en traction ;


c
 ii
valeurs ultimes des déformations en compression ;


r
 ii
valeurs ultimes des demi-distorsions angulaires au cisaillement.

VII.4.3. CRITERES ENERGETIQUES

VII.4.3.1. CRITERE DE HILL

Ce critère est utilisé pour définir le domaine d’élasticité d’un matériau orthotrope :

F ( 22   33 )2  G( 33  11 )2  H (11   22 )2  2L 12  2M 13  2 N 23  1( II .222)


2 2 2

On suppose la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) connue. Pour identifier ce critère, il faut


réaliser suivant les axes d’orthotropie, trois expériences de traction et trois expériences de
cisaillement qui permettent d’écrire les relations suivantes :

 Trois essais de traction suivant chacune des directions Ni , i  1, 2,3 , on obtient les
1 1 1
relations suivantes: G  H  ; FH  ; F G  ( II .223)
  
2 e 2 e 2 e
11 22 33
 Résolution de ce système :

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G  H  1 (1)


e 2

 11

 1
 F  H  e 2 (2)


 22
 F  G  1 (3)

 33
e 2

1 1
(2)  (1)  F  G   (4)
 
e 2 e 2
22 11

1 1 1
(3)  (4)  2 F   
  
e 2 e 2 e 2
33 22 11

 
1 1 1 1 
F   
2 e 2 e 2 
  33  22  11 
e 2

 
1 1 1 1 1 
(2)  H   F  H    
2 e 2 
   33  22  11 
e 2 e 2 e 2
22

 
1 1 1 1 1 
(1)  G  H G   
2 e e 
   33  22  11 
e 2 2 e 2 2

11

 
 Trois essais de cisaillement suivant les plans Ni , N j ; i, j  1, 2,3, i  j , on obtient les

1 1 1
relations suivantes : 2 L  ; 2M  ; 2N  ( II .224)
  
e 2 e 2 e 2
12 13 23

 Résolution du système :


2 L  1  L  1

 
e 2 e 2

 12 2 12

 1 1
2M  e 2  M 
 
e 2
 2

13 13

2 N  1  N  1

 23 2 23
e 2 e 2

Il suffit d’exploiter les essais pour identifier les six paramètres du critère F,G,H,L,M,N
en fonction des limites d’élasticité du matériau considéré. Il faut noter que lorsque F = G = H
= L =M= N, le critère de Hill correspond à celui de Von Mises. Le critère s’écrit sous la
forme suivante à la limite supérieure :

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F ( 22   33 ) 2  G ( 33   11 ) 2  H ( 11   22 ) 2  2 L 12  2 M  13  2 N 23  1
2 2 2

   
1 1 1 1  1 1 1 1 
    ( 22 2  2 22 33   332 )     ( 332  2 33 11   112 )
   
  33  22  11    33  22  11 
2 2 2 2 2 2
2 e e e 2 e e e

 
  
2 2 2
1 1 1 1 
    ( 2
 2    2
)  12
 13
 23
1
2 e 2 
     
e 2 e 2 11 11 22 22 e 2 e 2 e 2
 33 22 11  12 13 23

   
1 1 1 1 1 1 1  1 1 1 1 1 1 
  112 *         2
     
2 e 2 e 2   e2
  33  22  11  33  22  11    33  22  11  33  22  11 
e 2 e 2 e 2 e 2 22 e 2 e 2 e 2 e 2 e 2

     
1 1 1 1 1 1  1 1 1  1 1 1 
 332         11 22       33 11   
 e e   e   e e 
  33  22  11  33  22  11    33  22  11    33  22  11 
2 e 2 e 2 e 2 e 2 2 e 2 e 2 2 2 e 2 2

 
1    12    13    23 
2 2 2

 1 1
 22 33    e   e   e  1
  33  22  11    12    13    23 
 e2 e 2 e 2       

D’où le critère de HILL

      
  11 
2 2 2
   1 1 1  1 1 1 
   22
   33
             
  11    22    33 
 e   e   e   e 2   e2 e 2 
  33  22  11    33  22  11 
11 22 e 2 e 2 33 11 e 2

       
    12    13    23   1( II .225)
2 2 2
1 1 1
 22 33   
  33  22  11    12    13    23 
 e2 e 2 e 2   e
  e   e 

où les caractéristiques injectées dans le critère sont les limites élastiques. D’un point de vue
conception, lors du dimensionnement des structures, les valeurs limites dans le critère sont
généralement les contraintes enregistrées à rupture.

VII.4.3.1.1. CRITERE DE HILL EN CONTRAINTES PLANES

On considère un état de contraintes planes dans le plan


 
Ni , N j , i, j, k  1, 2,3, i  j, k  i, k  j , le critère se réduit à :

   jj    

2 2

  iie    e    ii jj  
2
 1

1

1    ij   1( II .226)
 e 2  
  ii    jj     ij 
   
  
e 2 e2 e

 kk ii jj 

VII.4.3.2. CRITERES DE TSAI-HILL


Le critère proposé par Tsai-Hill correspond au critère de Hill écrit en contrainte plane :

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 dans le cas d’un matériau isotrope transverse d’axe N1 . Ce critère ne tient pas compte
des différences de comportement en traction et en compression. Dans la base d’orthotropie
connue, le critère s’écrit :

F ( 22   33 )2  G( 33 )2  H ( 22 )2  2 N 23  1( II .227)


2

Pour identifier ce critère, il faut réaliser suivant les axes d’orthotropie, deux
expériences de traction et une expérience de cisaillement comme suit :

 Deux essais de traction suivant chacune des directions Ni , i   2,3 , on obtient les
1 1
relations suivantes: F  H  ; F G  ( II .228)
 
2 e 2 e
22 33

 
 Un essai de cisaillement suivant le plan N 2 , N3 , on obtient la relations suivante :
1
2N  ( II .229)

e 2
23

Les valeurs caractéristiques du matériau sont accompagnées de l’exposant e.


Le critère est classiquement utilisé sous la forme :

        

2 2 2

 e22    33    22 33    23   1( II .230)
  22    33    22    23 
   e   e 2   e

 dans le cas d’un matériau isotrope transverse d’axe N 2 . Ce critère ne tient pas compte
des différences de comportement en traction et en compression. Dans la base d’orthotropie
connue, le critère s’écrit :

F ( 33 )2  G( 33  11 )2  H (11 )2  2M 13  1( II .231)


2

Pour identifier ce critère, il faut réaliser suivant les axes d’orthotropie, deux
expériences de traction et une expérience de cisaillement comme suit :

 Deux essais de traction suivant chacune des directions Ni , i  1,3 , on obtient les
1 1
relations suivantes: G  H  ; F G  ( II .232)
 
2 e 2 e
11 33

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 
 Un essai de cisaillement suivant le plan N1 , N3 , on obtient la relations suivante :
1
2M  ( II .233) ;

e 2
13

Les valeurs caractéristiques du matériau sont accompagnées de l’exposant e.


Le critère est classiquement utilisé sous la forme :

        
  11
2 2 2

   33    11 33    13   1( II .234)
  11    33    11    13 
 e   e   e 2   e

 dans le cas d’un matériau isotrope transverse d’axe N 3 . Ce critère ne tient pas compte
des différences de comportement en traction et en compression. Dans la base d’orthotropie
connue, le critère s’écrit :

F ( 22 )2  G(11 )2  H (11   22 )2  2 L 12  1( II .235)


2

Pour identifier ce critère, il faut réaliser suivant les axes d’orthotropie, deux
expériences de traction et une expérience de cisaillement comme suit :

 Deux essais de traction suivant chacune des directions Ni , i  1, 2 , on obtient les
1 1
relations suivantes: G  H  ; FH  ( II .236) ;
 
2 e 2 e
11 22

 
 Un essai de cisaillement suivant le plan N 2 , N3 , on obtient la relations suivante :
1
2L  ( II .237) ;

e 2
12

Les valeurs caractéristiques du matériau sont accompagnées de l’exposant e.


Le critère est classiquement utilisé sous la forme :

    
  11     22    11 22     12   1( II .238)
2 2 2
   

  11    22    11    12 
 e   e   e 2   e

VII.4.3.3. CRITERE HOFFMAN

Ce critère généralise dans le cas tridimensionnel, le critère de Hill. Il est utilisé pour
définir le domaine d’élasticité d’un matériau orthotrope en tenant compte des limites en
compression :

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F ( 22   33 )2  G( 33  11 )2  H (11   22 )2  2L 12  2M 13  2 N 23  P11  Q 22  R 33  1( II .239)


2 2 2

On suppose la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) connue. Pour identifier ce critère, il faut


réaliser suivant les axes d’orthotropie, trois expériences de traction, trois expériences de
compression et trois expériences de cisaillement.

Pour ce qui concerne la modélisation des matériaux composites, la mécanique de


l’endommagement fournit actuellement un outil extrêmement puissant à la disposition des
mécaniciens des structures, intégrant par l’introduction de variables internes judicieusement
choisies, l’essentiel des phénomènes mécaniques de dégradation dans le comportement.
L’analyse des matériaux composites par la mécanique de l’endommagement suppose une
nouvelle approche de l’étude des composites, tant sur le plan expérimental que théorique.

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CHAPITRE VIII :
METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE POUR
LES MATERIAUX COMPOSITES

Exemple de la recherche dans ce domaine effectuée à l’UTC (collaboration contrat Cifre UTC
/ Bombardier Transport, thèse J. Pasquiet) : canon pneumatique pour le crash permettant d’atteindre
des énergies de 10 kJ et des vitesses de 100 m/s soit 400 km/h.

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Figure VIII.1 : Canon pneumatique de crash pour essais sur structures et composants

Figure VIII.2 :Exemple de test sur structure sandwiche composite

Figure VIII.3 :Projectile avec électronique embarqué pour test sur structure sandwiche composite

Figure VIII.4 :Exemple de dommage engendré sur structure sandwiche composite

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CONSEILS POUR L’EXAMEN :

Pour ce programme l’étudiant doit connaitre :

 Les 5 matrices des différentes formes de symétrie des matériaux composites. Pour les
matériaux orthotropiques, connaitre les formes des matrices en fonction des plans de symétrie.
 Savoir calculer les coefficients des différentes matrices en souplesse et en rigiditéen utilisant
les lois de HOOKE.
 Etre capable de calculer les coefficients de matrices en souplesse et en rigidité hors axe.
 Etre capable d’appliquer les règles de l’homogénéisation (adapté au cas), pour calculer les
différents modules longitudinaux et transversaux ainsi que le coefficient de poisson et le
module de cisaillement théorique des matériaux composite.
 Calculer les déformations et les courbures de membranes dans le cas des plaques de Love-
Kirchhoff.
 Appliquer un critère de résistance à un matériau composite pour le dimensionner.

Pendant le cours il sera fait une démonstration pour la maîtrise des matrices et du calcul des leurs
coefficients dans et hors axes. Des applications numériques seront ainsi proposées encours de séance.

POINTS POUR LES PROCHAINS DOCUMENTS :

 La théorie de Reissner-Mindlin ( pour plaque épaisses)


 Calcul des modules de flexion des stratifiées.

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TD DE MECANIQUE DES MATERIAUX COMPOSITES

Exercice N°1 :

Une structure en composite doit être réalisée en un composite contenant une


proportion V f en volume de fibres. La structure à réaliser a un volume c . Calcul les masses
de fibres et de matrice nécessaires.

Application : V f  50 0 0 , c  0.01m3 . Calculer les masses dans chacun des cas suivants :
fibre de verre (  f  2500kg / m3 ), fibre de carbone (  f  1900kg / m3 ), de Kevlar (
 f  1500kg / m3 ), pour une même matrice ( m  1200kg / m3 ).

Exercice N°2 :

Expliquez les procédés de mise en œuvre suivants (Schéma, Principe, matières premières,
matériel):

- Moulage au contact ;
- Moulage par projection simultanée ;
- Moulage par injection de résines ;
- Moulage par compression à froid ;
- Moulage par injection ;
- Moulage par centrifugation ;
- Moulage par enroulement filamentaire ;

Exercice N°3 :

Définir les termes suivants : Random, composite, stratifié, renfort, matrice, pli, unidir, mat,
composite triclinique, composite monoclinique, composite orthotrope, composite isotrope
transverse, composite isotrope.

Exercice N°4 :

Expliquer la désignation des composites suivants : 90 / 452 / 0s , (0 / 45 / 90)s ,
(30 / 60)3 (90 / 45 / 0)2  , 02C /(45 / 90) SV / 02 K ) 
 

V=Verre ; C=Carbone ; K=Kevlar.

Exercice N°5 :

Trouver la forme la matrice de rotation T ou de changement de base en contrainte puis en


déformation dans les cas suivants :

1°)

- Rotation d’axe N 3 ;

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- Rotation d’axe N 2 ;
- Rotation d’axe N1 ;

2°) En déduire T 1 dans chacun des cas précédents.

3°) Dans le cas d’un état de contrainte plane dans le plan (1,2), expliciter la matrice 3x3 de
changement de base, dans le cas d’une rotation  autour de la direction3.

Exercice N°6 :

Un état de contrainte en un point M d’une structure est défini dans les axes (Mxyz) par :

1°) Déterminer analytiquement les valeurs des contraintes principales en M et les directions
principales des contraintes.

2°) Reprendre la question précédente en utilisant le cercle de Mohr.

3°) Exprimer le vecteur contrainte t ( M , n) qui s’exerce au point M sur la surface unité
d’orientation n de composantes (nx,ny,nz)

4°) Etudier le cas où la surface unité est orthogonale à Mx , orthogonale à My , orthogonale à


Mz .

5°) Trouver la valeur maximale de la contrainte tangentielle et les directions des surfaces
correspondantes.

6°) Reprendre la question précédente en utilisant le cercle de Mohr de la question 2°) .

Exercice N°7 :

On considère une plaque de surface limite (S), sur laquelle est dessinée un quadrillage de côté
l (voir la figure ci-dessous). Cette plaque est soumise à un état de déformation tel que :

a) La direction orthogonale à la surface (S) reste orthogonale à la surface au cours de la


déformation ; l’allongement unitaire suivant l’épaisseur est  3 ;

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b) Après déformation, le quadrillage MACB au point M a subi une déformation


M’A’C’B’ défini par :
δMA =MA’-MA = δl1
δMB =MB’-MB = δl2

Les directions MB ' et MA' font un angle de  
2
1°) Déterminer le tenseur des déformations au point M dans le cas où :

l=1cm ,  l1  3 m ,  l2  1 m ,   5.104 rad ,  3  3.104

2°) Montrer que la direction orthogonale à la plaque est direction principale. Déterminer les
déformations principales et les directions principales.

3°) Déterminer dans le plan de la plaque : les directions des allongements nul ; les directions
pour lesquelles l’allongement est extrémal ; les directions pour lesquelles il n’y a pas de
déformation angulaire.

4°) On considère maintenant les directions Mx1' et My1' du plan de la plaque, obtenues à partir
des directions MA et MB par une rotation d’angle θ=20°.

Déterminer : la déformation dans la direction Mx1' ; la déformation dans la direction


My1' ; la déformation de cisaillement des deux directions Mx1' et My1' .

5°) En explicitant les relations de changement de base, déterminer les éléments des tenseurs
des déformations dans le système d’axe ( Mx1' , My1' , direction orthogonale à la plaque).

Comparer avec les résultats obtenus dans la question 4°)

Exercice N°8 :

Dans le cas d’un état de contrainte plane dans le plan (1,2), expliciter la matrice 3x3 de
changement de base, dans le cas d’une rotation  autour de la direction 3.

Exercice 9 :

On considère un solide réel. En un point M de la surface libre du solide, le plan tangent (P) au
solide peut être considéré comme confondu avec cette surface. Ce plan est plan principal du
tenseur des déformations au point M.

Pour déterminer le tenseur des déformations, on place au point M une rosette extensométrique
à trois jauges dont les directions ( Mx1 , Mx2 , Mx3 ) font entre elles des angles 12 , 12 , 12 .
(La résistance électrique d’une jauge varie fonction de l’allongement de la jauge et la mesure
de cette variation de résistance permet de mesurer l’allongement correspondant).

Lors d’une sollicitation, les allongements mesurés sont  1 ,  2 ,  3 respectivement suivant les
directions. L’objet du problème est de déterminer : les valeurs propres  (1) ,  (2) ,  (3) du plan

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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

principal (P), l’orientation de la direction propre (1) avec la direction Mx1 par exemple. On
appellera par la suite θ, l’angle (figure ci-dessous) que fait la direction Mx1 avec la direction
propre (1).

1°) Trouver les relations exprimant  1 ,  2 ,  3 en fonction de sinθ, cosθ et des valeurs
principales  (1) ,  (2) .


2°) Les trois jauges sont généralement disposées à 45° ( 12  13  )
4
Expliciter, dans ce cas, les relations exprimant  1 ,  2 ,  3 en fonction de  (1) ,  (2) , sinθ et cosθ.

En déduire l’expression qui permet de trouver, en fonction de  1 ,  2 et  3 , l’angle θ que fait


la direction propre (1) avec la direction Mx1 .

Application : 1  4.104 ,  2  5.104 ,  3  2.104 .

Trouver ensuite les expressions des valeurs propres  (1) ,  (2) . Faire l’application numérique.

Exercice N°10 :
Montrer que dans le cas d’un materiau monoclinique de plan de symétrie (1,2), que la matrice
de rigidité est de la forme ci-dessous.

Exercice N°11 :
Au matériau monoclinique, on ajoute le plan de symétrie (1,3) pour obtenir un matériau
orthotrope. Montrer que la matrice de rigidité est de la forme ci-dessous.

Exercice N°12 :

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On considere une rotation d’angle θ autour de l’axe N 3 d’un matériau orthotrope.

1°) Exprimer la matrice de rigidité dans les nouveaux axes.


2°) Déduire de la question précédente la forme de la matrice de rigidité d’un matériau isotrope
transverse.
Exercice N°13 :
On considere un un matériau orthotrope d’axe (1,2,3) et en un point de ce matériau, on exerce
un état de déformation de directions principales (1’,2’,3’) et de déformations principales
 '1  5.103 ,  '2  2.103 ,  3  4.103 .Les directions (1’,2’) font un angle θ=30° avec les
directions (1,2) du matériau de constante de rigidité :
C11=32GPa ; C12=4.2GPa ; C13=3.8GPa ; C22=20GPa ; C23= 4GPa ; C33=12GPa ;
C44=2.5GPa ; C55=3.5GPa ; C66=12GPa .
Determiner la matrice des contraintes dans les axes (1,2,3), puis les contraintes et directions
principales.

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INERN, " Les matériaux composites à structure sandwich ", recueil des 5èmes Journées d'automne,
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LES TECHNIQUES DE L’INGENIEUR.

PHYSIQUE DE L’ETAT SOLIDE, Charles Kittel, Dunod, 1983

MECANIQUE DES MATERIAUX SOLIDES, Jean Lemaître, Jean louis Chaboche, Dunod, 1996

COMPORTEMENT MECANIQUE DES MATERIAUX, D. François, A.Pineau, A. Zaoui, tomes


1 et 2, Hermès, Paris, 1993

ETUDE DE LA PLASTICITE ET APPLICATION AUX METAUX, D. Jaoul, Dunod, Paris 1965.

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MATERIAUX ET PROPRIETES, Y. Berthaud, Polycopié, 2004.

SYLVAIN JACQUES, Cours M1-05, Université Claude Bernard Lyon1.

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CHAPITRE 2

Les Éléments Constituants


d'un Matériau Composite

2.1 INTRODUCTION

Un matériau composite (pris au sens adopté dans cet ouvrage) est constitué
d'une matrice et d'un renfort, constitué de fibres.
La matrice est elle-même composée d'une résine (polyester, époxyde, etc.) et
de charges dont le but est d'améliorer les caractéristiques de la résine tout en
diminuant le coût de production. D'un point de vue mécanique, l'ensemble résine-
charges se comporte comme un matériau homogène, et le composite est considéré
comme constitué d'une matrice et d'un renfort.
Le renfort apporte au matériau composite ses performances mécaniques
élevées, alors que la matrice a pour rôle de transmettre aux fibres les sollicitations
mécaniques extérieures et de protéger les fibres vis-à-vis des agressions exté-
rieures.
Le type d'association matrice-renfort dépend des contraintes imposées au con-
cepteur : caractéristiques mécaniques élevées, tenue en température, coût, résis-
tance à la corrosion, etc.
L'objet de ce chapitre est de dégager une synthèse générale mais non
exhaustive des divers constituants. Cette synthèse est abordée avec l'œil d'un
mécanicien. Pour une étude plus approfondie, le lecteur pourra se reporter à divers
ouvrages [1 à 5].

2.2 LES RÉSINES

2.2.1 Les divers types de résines


Les résines utilisées dans les matériaux composites ont pour rôle de transférer
les sollicitations mécaniques aux fibres et de les protéger de l'environnement
extérieur. Les résines doivent donc être assez déformables et présenter une bonne
compatibilité avec les fibres. En outre, elles doivent avoir une masse volumique
faible de manière à conserver aux matériaux composites des caractéristiques
mécaniques spécifiques élevées.
16 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

Compte tenu de ces contraintes, les résines utilisées sont des polymères,
modifiés par différents adjuvants et additifs : agents de démoulage, stabilisants,
pigments, etc. Les résines sont livrées en solution, sous forme de polymères non
réticulés en suspension dans des solvants qui empêchent le pontage entre les
macromolécules prépolymérisées. Sous l'action de la chaleur, des liaisons se
développent entre les chaînes du prépolymère pour constituer un polymère
réticulé suivant une structure tridimensionnelle. Deux grandes familles de résines
polymères existent : les résines thermoplastiques et les résines thermo-
durcissables. Ces deux types de résine possèdent la faculté de pouvoir être moulés
ou mis en forme, pour donner soit un produit fini, soit un produit semi-fini dont la
forme peut être modifiée.
Les résines thermoplastiques, dont la fabrication atteint de loin le plus gros
tonnage du fait d'un faible coût, possèdent la propriété de pouvoir être mises en
forme plusieurs fois par chauffages et refroidissements successifs. Ces résines
peuvent donc être récupérées et facilement recyclées.
Par contre, les résines thermodurcissables ne peuvent être mises en forme
qu'une seule fois. En effet, après polymérisation par apport de chaleur en présence
d'un catalyseur, ces résines conduisent à une structure géométrique qui ne peut
être détruite que par un apport important d'énergie thermique. Ainsi, les résines
thermodurcissables possèdent des propriétés mécaniques et surtout thermo-
mécaniques plus élevées que les résines thermoplastiques.
Du fait de ces caractéristiques plus élevées, les résines thermodurcissables sont
les plus employées actuellement dans la mise en œuvre des matériaux composites.
Cependant, l'amélioration des caractéristiques des résines thermoplastiques
conduit à une utilisation qui ne cesse de croître.
Deux autres classes de résines à usages spécifiques sont également utilisées, ce
sont :
— les résines thermoplastiques qui peuvent résister en service continu à des
températures de l'ordre de 200 °C et plus,
— les élastomères dont le renforcement par différentes fibres conduit à
diverses applications dans le domaine de l'automobile.

2.2.2 Les résines thermodurcissables


Les principales résines thermodurcissables utilisées dans la mise en œuvre des
matériaux composites sont par ordre décroissant en tonnage :
— les résines polyesters insaturées : polyesters condensés, vinylesters,
dérivés allyliques, etc.,
— les résines de condensation : phénoliques, aminoplastes, furaniques (peu
utilisées en France), etc.,
— les résines époxydes.

2.2.2.1 Les résines polyesters


Les résines polyesters insaturées viennent de très loin en tête dans la mise en
œuvre des matériaux composites. Leur développement est le résultat :
2.2 Les résines 17

— d'un faible coût de production,


— de leur diversité offrant de multiples possibilités,
— d'une adaptation à des procédés de fabrication faciles à mettre en œuvre et
à automatiser.
D'où un développement industriel sans cesse croissant.
Suivant leur module d'élasticité, les résines polyesters sont classées en : résines
souples, résines semi-rigides et résines rigides. Les résines habituellement
utilisées dans la mise en œuvre des matériaux composites sont du type rigide, et
nous retiendrons pour ces résines durcies les caractéristiques suivantes :
Masse volumique 1 200 kg/m3
Module d'élasticité en traction 2,8 à 3,5 GPa
Module d'élasticité en flexion 3 à 4,5 GPa
Contrainte à la rupture en traction 50 à 80 MPa
Contrainte à la rupture en flexion 90 à 130 MPa
Allongement à la rupture en traction 2à5%
Allongement à la rupture en flexion 7à9%
Résistance en compression 90 à 200 MPa
Résistance au cisaillement 10 à 20 MPa
Température de fléchissement sous charge (1,8 MPa) 60 à 100 °C
Parmi les avantages des polyesters insaturés, nous retiendrons :
— une bonne rigidité résultant d'un module d'élasticité assez élevé,
— une bonne stabilité dimensionnelle,
— une bonne mouillabilité des fibres et des tissus,
— la facilité de mise en œuvre,
— une bonne tenue chimique,
— un faible coût de production,
— une bonne résistance chimique aux hydrocarbures (essence, fuel, etc.) à
température ambiante, etc.
Parmi les inconvénients, nous noterons :
— une tenue médiocre en température : inférieure à 120 °C en service continu,
— une sensibilité à la fissuration, essentiellement dans le cas de chocs,
— un retrait important de l'ordre de 8 à 10 %,
— un mauvais comportement à la vapeur, à l'eau bouillante avec risque
d'hydrolyse, d'où la nécessité de recouvrir les matériaux composites à
résines polyesters d'une couche de “gel-coat” de manière à les rendre
étanches,
— une dégradation à la lumière par les rayons ultraviolets,
— une inflammabilité.

2.2.2.2 Les résines de condensation


Les résines de condensation comportent les résines phénoliques, les ami-
noplastes et les résines furaniques.
18 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

1. Les résines phénoliques sont les plus anciennes des résines thermodur-
cissables dont la plus connue est la bakélite. Les caractéristiques de ces résines
sont les suivantes :
Masse volumique 1 200 kg/m3
Module d'élasticité en flexion 3 GPa
Contrainte à la rupture en traction 40 MPa
Allongement à la rupture en traction 2,5 %
Contrainte à la rupture en flexion 90 MPa
Résistance à la compression 250 MPa
Température de fléchissement sous charge 120 °C
Parmi les avantages, nous citerons :
— une excellente stabilité dimensionnelle,
— une bonne tenue à la chaleur et au fluage,
— une bonne résistance aux agents chimiques,
— un faible retrait,
— de bonnes caractéristiques mécaniques,
— un faible coût.
Parmi les inconvénients, nous noterons :
— une mise en œuvre sous pression, donc à faibles cadences,
— les couleurs foncées des résines,
— une non adaptation à des utilisations alimentaires.
Les résines phénoliques seront donc utilisées dans le cas de pièces nécessitant une
tenue élevée en température ou une bonne résistance aux agents chimiques.
2. Les caractéristiques des résines aminoplastes sont voisines de celles des
résines phénoliques. Aux avantages de ces résines, il faut ajouter :
— la possibilité d'utilisations alimentaires,
— la possibilité de colorer les résines.
3. Les résines furaniques sont assez peu utilisées en France à cause de leur
coût, trois fois plus élevé que les résines polyesters. Parmi leurs avantages :
— un durcissement plus rapide que les résines phénoliques,
— une grande inertie vis-à-vis des agents chimiques corrosifs.
Cette dernière caractéristique conduit à utiliser les résines furaniques dans le
cas de matériaux devant résister aux produits chimiques : citernes, tuyaux, bacs,
etc.

2.2.2.3 Les résines époxydes


Les résines les plus utilisées après les résines polyesters insaturées sont les
résines époxydes. Elles ne représentent cependant que de l'ordre de 5 % du
marché composite, à cause de leur prix élevé (de l'ordre de cinq fois plus que celui
des résines polyesters).
2.2 Les résines 19

Du fait de leurs bonnes caractéristiques mécaniques, les résines époxydes,


généralement utilisées sans charges, sont les matrices des composites à hautes
performances (constructions aéronautiques, espace, missiles, etc.).
Les caractéristiques mécaniques générales des résines époxydes sont les
suivantes :
Masse volumique 1 100 à 1 500 kg/m3
Module d'élasticité en traction 3 à 5 GPa
Contrainte à la rupture en traction 60 à 80 MPa
Contrainte à la rupture en flexion 100 à 150 MPa
Allongement à la rupture 2à5%
Résistance au cisaillement 30 à 50 MPa
Température de fléchissement sous charge 290 °C

Les résines époxydes conduisent donc à un ensemble de performances élevées.


Toutefois, pour bénéficier réellement de ces performances, il est nécessaire
d'avoir des durées de transformation et surtout de recuisson très longues (de
plusieurs heures à plusieurs dizaines d'heures), à des températures relativement
élevées (50 à 100 °C).
Parmi les avantages des résines époxydes, nous retiendrons :
— de bonnes propriétés mécaniques (en traction, flexion, compression, choc,
fluage, etc.) supérieures à celles des polyesters,
— une bonne tenue aux températures élevées : jusqu'à 150 °C à 190 °C en
continu;
— une excellente résistance chimique,
— un faible retrait au moulage (de 0,5 à 1 %),
— une très bonne mouillabilité des renforts,
— une excellente adhérence aux matériaux métalliques.
Parmi les inconvénients, nous citerons :
— un temps de polymérisation long,
— un coût élevé,
— la nécessité de prendre des précautions lors de la mise en œuvre,
— une sensibilité à la fissuration.

2.2.3 Les résines thermoplastiques


La famille des résines thermoplastiques (on parle de “plastiques”) est très
vaste, et peut être séparée en plastiques de grande diffusion et plastiques tech-
niques (ou technopolymères).
Les plastiques de grande diffusion sont mis en œuvre soit par injection pour
obtenir des objets moulés, soit par extrusion pour obtenir des films, des plaques,
des tubes, des profilés, etc. Les plastiques techniques sont généralement mis en
œuvre par injection.
20 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

Parmi les résines thermoplastiques, nous citerons : le polychlorure de vinyle


(PVC), le polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène, le polyamide, le
polycarbonate, etc. L'intérêt des thermoplastiques réside dans leur faible coût,
résultant à la fois de matières premières disponibles et des procédés de fabrication
(injection, extrusion). Toutefois, ce faible coût est lié à des propriétés mécaniques
et thermomécaniques faibles. Nous donnons ci-après quelques caractéristiques
pour le polypropylène et le polyamide.

Polypropylène Polyamide
Masse volumique (kg/m3) 900 1 140
Contrainte à la rupture (MPa) 20−35 60−85
Module d'élasticité (GPa) 1,1−1,4 1,2−2,5
Température de fléchissement
sous charge (°C) 50−60 65−100

Les divers thermoplastiques peuvent être renforcés par des fibres et font partie
alors des matériaux composites. Cependant, dans le domaine des composites, les
résines thermoplastiques ont un développement limité, du fait de la nécessité de
faire appel à des transformations à hautes températures de produits solides.

2.2.4 Les résines thermostables


Les résines thermostables se distinguent des autres résines, précédemment
considérées, essentiellement par leurs performances thermiques qui conservent
leurs propriétés mécaniques pour des températures plus élevées que 200°C. Dans
la pratique nous retrouvons pour ces résines les deux grandes familles des résines
thermoplastiques et thermodurcissables.
Les résines thermostables sont développées surtout dans les domaines de
l'aviation et de l'espace, où les laboratoires cherchent à mettre au point de
nouvelles résines. Parmi les résines thermostables, les résines bismaléimides et
polyimides sont les plus utilisées.
Les résines bismaléimides sont des résines dont le réseau est élaboré à des
températures de 180 à 200°C. Les procédés de moulage sont identiques à ceux des
composites à matrice thermodurcissable de type polyester ou époxyde.
Les résines polyimides sont apparues sur le marché vers 1970. Ce sont des
résines à haute résistance thermique, mais de prix très élevé. Ces résines
permettent d'obtenir des composites de résistance supérieure, à 250 °C, à la
résistance de l'aluminium.

2.3 LES CHARGES ET ADDITIFS


2.3.1 Introduction
Différents produits peuvent être incorporés à la résine pour lui conférer des
2.3 Les charges et additifs 21

caractéristiques particulières ou en réduire le coût. La quantité des produits


ajoutés peut varier de :
— quelques dizaines de % dans le cas de charges,
— à quelques % et moins dans le cas d'additifs.
L'addition de ces produits a pour fonction soit d'améliorer les caractéristiques
mécaniques et physiques du produit fini, soit d'en faciliter la mise en œuvre. Nous
donnons dans ce paragraphe des exemples de charges et d'additifs.

2.3.2 Les charges


2.3.2.1 Charges renforçantes
L'objet de l'incorporation de charges renforçantes est d'améliorer les caracté-
ristiques mécaniques de la résine. Ces charges peuvent être classées suivant leur
forme géométrique en :
— charges sphériques et
— charges non sphériques.

2.3.2.1.1. Charges sphériques


L'intérêt essentiel de ces charges réside dans leur forme sphérique qui évite les
concentrations de contraintes et, par conséquent, diminue la susceptibilité à la
fissuration de la matrice par rapport à des charges non sphériques. Les charges
sphériques se présentent sous forme de sphères, appelées généralement
microbilles ou microsphères. Ces sphères pleines ou creuses ont un diamètre
généralement compris entre 10 et 150 µm. Elles peuvent être en verre, en carbone
ou en matière organique (époxyde, phénolique, polystyrène, etc.). Les microbilles
de verre creuses représentent plus de 99 % des charges sphériques utilisées.
Les microbilles de verre creuses
Le principal avantage des microbilles de verre creuses réside dans une masse
volumique faible (100 à 400 kg/m3), apportant une augmentation du module
spécifique de la résine chargée et de sa tenue en compression.
La fabrication des microbilles de verre creuses se fait par passage dans une
zone à haute température, de fines particules de verre contenant un gaz
d'expansion (généralement un mélange d'azote et de gaz carbonique). Lors de
l'élévation de température des particules, le gaz est expansé dans la particule de
verre en fusion. Les particules sont ensuite refroidies rapidement, provoquant une
solidification de la paroi des microbilles avant que la pression du gaz ne diminue.
Les microbilles ainsi obtenues ont un diamètre de l'ordre de 20 à 130 µm, avec
une épaisseur de paroi de 0,5 à 2 µm. Les microbilles peuvent être ensuite
sélectionnées en fonction de leurs dimensions. Les microbilles sont enfin
soumises à des traitements de surface permettant d'améliorer la liaison des
microbilles avec la résine.
Les microbilles de verre creuses sont le plus souvent incorporées à des résines
époxydes ou polyesters. Leur usage est limité à des mises en œuvre à basse
pression du fait de la faible résistance à l'écrasement des sphères creuses.
22 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

Les avantages essentiels de leur incorporation dans une résine sont :


— la diminution de la masse volumique,
— l’augmentation du module de la résine,
— l’amélioration de la tenue en compression.
Autres microbilles
Il existe d'autres microbilles creuses :
— Microbilles de carbone :
Masse volumique 120 kg/m3
Diamètre 5 à 150 µm
— Microbilles organiques (époxyde, phénolique, etc.) :
Masse volumique 100 à 500 kg/m3
Diamètre 10 à 800 µm
Ces microbilles sont généralement plus chères (jusqu'à 5 fois pour les micro-
billes de carbone) que les microbilles de verre.
Parmi les autres microbilles utilisées figurent les microbilles de verre pleines.
Par rapport aux microbilles de verre creuses, les caractéristiques des microbilles
pleines sont :
— Masse volumique élevée : 2 500 kg/m3,
— Prix plus faible,
— Possibilité de mise en œuvre avec les résines à des pressions élevées.
2.3.2.1.2. Charges non sphériques
Parmi les charges renforçantes non sphériques, le mica est le matériau le plus
utilisé. Il est alors incorporé sous forme d'écailles de dimensions de 100 à 500 µm,
et d'épaisseur de 1 à 20 µm. Le mica est ajouté à des résines thermoplastiques ou
thermodurcissables, pour des applications électriques ou électroniques.

2.3.2.2 Charges non renforçantes


Les charges non renforçantes ont pour rôle soit de diminuer le coût des résines
en conservant les performances des résines, soit d'améliorer certaines propriétés
des résines.
2.3.2.2.1. Charges de faible coût
Ces charges sont extraites de roches ou de minerais, d'où leur faible coût.
Généralement, l'incorporation de ces charges conduit à :
— une augmentation :
• de la masse volumique de la matrice,
• du module d'élasticité,
• de la dureté,
• de la viscosité,
• de la stabilité dimensionnelle.
— une diminution :
• du prix,
• de la résistance à la traction et à la flexion.
2.3 Les charges et additifs 23

Les principales charges sont :


— les carbonates : craies ou calcites (CaCO3). Ce sont les charges les plus
utilisées,
— les silicates : talc, kaolin, feldspath, wollastonite,
— les silices, obtenues par broyage et tamisage de sable de quartz.

2.3.2.2.2. Charges ignifugeantes


Ces charges ajoutées aux résines ont pour rôle de réduire ou d'empêcher les
phénomènes de combustion. Parmi les charges solides utilisées dans les résines
thermodurcissables, nous citons :
— l'hydrate d'alumine, produit le plus utilisé dans les résines thermodur-
cissables,
— l'oxyde d'antimoine.

2.3.2.2.3. Charges conductrices et antistatiques


Les résines organiques sont des isolants thermiques et électriques. Pour
certaines applications, il est donc nécessaire d'ajouter un élément conducteur. Les
principales charges utilisées sont :
— des poudres ou paillettes métalliques : cuivre, fer, aluminium, etc.,
— des microbilles de verre métallisées (cuivre, argent),
— des particules de carbone (noir de carbone),
— des filaments métalliques.

2.3.3 Les additifs


Les additifs se trouvent en faible quantité (quelques % et moins) et inter-
viennent comme :
— lubrifiants et agents de démoulage,
— pigments et colorants,
— agents anti-retrait,
— agents anti-ultraviolets.

2.3.3.1. Lubrifiants et agents de démoulage


Ces additifs ont pour objet de faciliter le façonnage de la résine et de réduire la
tendance de la résine à adhérer aux moules, aux mandrins, etc.

2.3.3.2. Pigments et colorants


Les pigments sont des produits insolubles se présentant sous forme de poudres
ou de paillettes. Ils sont obtenus à partir d'oxydes ou de sels métalliques. À partir
de ces pigments, il est possible d'obtenir des pâtes colorantes constituées de dis-
persions de pigments dans une pâte (résine, plastifiant), pour une utilisation aisée.
Les colorants sont des composés organiques solubles dans un solvant adapté.
Leur emploi est limité, du fait d'une mauvaise tenue chimique et thermique.
24 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

2.3.3.3. Agents anti-retrait et agents de fluage


La polymérisation des résines conduit à une diminution des distances inter-
atomiques du monomère initial. Il s'ensuit un retrait de la résine polymérisée, qui
peut aboutir à un mauvais état de surface, à un gauchissement ou à des micro-
fissurations des pièces moulées. Bien que l'incorporation des charges à la résine
en limite le retrait, il est souvent nécessaire d'ajouter des produits spécifiques anti-
retrait (additifs dits “low profile” et “low shrink”), qui diminuent ou annulent le
phénomène de retrait. Ces produits améliorent également l'écoulement de la
matière dans certaines techniques de moulage. Ces agents anti-retrait sont géné-
ralement des produits à base de thermoplastiques ou d'élastomères, se présentant
sous forme de poudre ou en solution dans du styrène.

2.3.3.4. Agents anti-ultraviolets


Les agents anti-ultraviolets ont pour fonction de protéger les résines de l’action
des rayons ultraviolets contenus dans le rayonnement solaire. Le principe de ces
agents est d'absorber le rayonnement ultraviolet et d'éviter ainsi une détérioration
prématurée de la résine par rupture de liaisons atomiques ou par passage à un état
excité qui favorise l'oxydation (phénomène de photo-oxydation).

2.4 LES FIBRES ET TISSUS


2.4.1 Généralités
Les matériaux de renfort confèrent aux composites leurs caractéristiques méca-
niques : rigidité, résistance à la rupture, dureté, etc. Ces renforts permettent égale-
ment d'améliorer certaines des propriétés physiques : comportement thermique,
tenue en température, tenue au feu, résistance à l'abrasion, propriétés électriques,
etc. Les caractéristiques recherchées pour les renforts sont : des caractéristiques
mécaniques élevées, une masse volumique faible, une bonne compatibilité avec
les résines, une bonne facilité de mise en œuvre, un faible coût, etc. En fonction
des utilisations, les renforts peuvent être d'origines diverses : végétale, minérale,
artificielle, synthétique, etc. Toutefois, les renforts les plus utilisés se présentent
sous forme de fibres ou formes dérivées, et constituent une fraction volumique du
matériau composite généralement comprise entre 0,3 et 0,7. Les renforts fibres se
présentent sous diverses formes commerciales :
— sous forme linéique (fils, mèches, etc.),
— sous forme de tissus surfaciques (tissus simples, mats, etc.),
— sous forme multidirectionnelle (tresses, tissus complexes, etc.).

2.4.2 Formes linéiques


Les fibres sont élaborées suivant un diamètre de quelques micromètres (une
dizaine), et ne peuvent par conséquent pas être utilisées sous forme unitaire. Pour
2.4 Les fibres et tissus 25

leur utilisation pratique, ces fibres sont réunies en fils ou en mèches de différentes
formes. La nomenclature générale des diverses formes linéiques est encore mal
déterminée, et généralement dérivée de celle utilisée pour les fibres de verre.
La fibre unitaire est généralement appelée filament élémentaire ou mono-
filament. Les monofilaments sont ensuite réunis en fils ou mèches. Les fils
continus ou discontinus sont caractérisés par leur masse linéique ou titre. Cette
masse linéique est une mesure de la finesse des fils, et elle dépend du diamètre et
du nombre de monofilaments. L'unité de masse linéique est le tex, masse d'un fil
de longueur égale à 1 000 m. Soit :
1 tex = 1 g/km.
En fait, on devrait plutôt écrire :
1 tex = 10-6 kg/m.
conformément au système S.I. d'unités. La première définition est toutefois mieux
adaptée à l’usage pratique.

2.4.3 Formes surfaciques


Les fils peuvent être utilisés pour réaliser des formes surfaciques de divers
types : mats, tissus ou rubans, essentiellement développés dans le cas de fibres de
verre.

2.4.3.1. Les mats


Les mats sont des nappes de fils continus ou discontinus, disposés dans un plan
sans aucune orientation préférentielle. Ils sont maintenus ensemble par un liant
soluble ou non dans les résines, suivant la mise en œuvre. L'absence d'orientation
préférentielle des fibres conduit à une isotropie des propriétés mécaniques du mat
dans son plan.
La différence entre les mats à fils coupés et les mats à fils continus se situe
essentiellement au niveau de leur propriété de déformabilité. Les premiers sont
peu déformables alors que les seconds permettent d'obtenir des “emboutis”
profonds par un allongement régulier du mat dans toutes les directions. Une des
principales applications des mats à fils continus est le moulage entre moule et
contre-moule, de pièces pouvant avoir des formes complexes, par compression,
injection ou moulage sous vide.

2.4.3.2. Les tissus et rubans


Un tissu (ou ruban) est un ensemble surfacique de fils, de mèches, etc., réalisé
sur un métier à tisser. Il est constitué (figure 2.1) :
— d'une chaîne, ensemble de fils parallèles répartis dans un plan suivant la
longueur du tissu,
— d'une trame, ensemble de fils s'entrecroisant avec les fils de chaîne.
26 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

trame

chaîne

FIGURE 2.1. Chaîne et trame d'un tissu.

Les tissus diffèrent par le type de fils utilisés (fils simples, mèches, etc.), donc
par la masse linéique des fils, et par le mode d'entrecroisement (ou armure) des
fils de chaîne et des fils de trame. La figure 2.2 illustre les armures classiques
utilisées : toile ou taffetas, sergé, satin, armure croisée, armure unidirectionnelle.

Taffetas
Dans l’armure taffetas (figure 2.2), les fils de chaîne et de trame s'entrecroisent
alternativement, conduisant à un tissu très plat, stable, mais peu déformable. Cette
armure confère au tissu des propriétés mécaniques sensiblement identiques dans
les deux directions chaîne et trame (pour des fils de tissage identiques). Toutefois,
l’armure taffetas conduit à un haut degré de courbure des fibres qui induit une
diminution des performances mécaniques des composites.
Sergé
Pou l’armure sergé, le nombre de fils chaîne et de fils trame qui s’entrecroisent
peut varier. Dans un sergé 2  1, les fils trame passent sur un fil chaîne et sous
deux fils chaînes, et dans un sergé 2  2, les fils trame passent sur deux fils chaîne
et sous deux fils chaîne. Ce type d’entrecroisement conduit à un motif répétitif du
tissu (Figure 2.16) sous forme de nervures diagonales. L’armure sergé offre
l'avantage d'être à la fois souple et dense. Le tissu sergé permet ainsi un
glissement entre les fils chaîne et trame et s’adapte bien à des moulages de formes
complexes.

Satin
L’armure satin est assez semblable à celle du sergé, mais le nombre de fils
chaîne et de fils trame qui passent les uns sur les autres avant de s’entrecroiser est
plus élevé. Chaque tissu satin est caractérisé par un nombre, usuellement 4 ou 8,
indiquant que les fils chaîne passent sur 4 ou 8 fils trame. Il en résulte un tissu
avec une face qui contient plus de fils chaîne et une autre face plus de fils trame.
L’armure satin est bien adaptée au moulage de formes complexes.
2.4 Les fibres et tissus 27

armure taffetas armure sergé armure satin (ici satin de 8)

FIGURE 2.2. Les principaux types d'armures utilisées pour le tissage des tissus.
armure croisée (non tissée) armure unidirectionnelle
Tissu croisé sans entrecroisement

Dans un tissu croisé, deux nappes de fils sont superposées sans entrecroisement
des fils, et réunies par une chaîne et une trame de fils fins, n'intervenant
pratiquement pas sur les performances mécaniques du tissu. L'absence d'entre-
croisement supprime les effets de cisaillement et donne un tissu très performant
mais coûteux.

Tissu à armure unidirectionnelle

Dans un tissu unidirectionnel, les fils sont alignés parallèlement à la direction


chaîne, et ils sont réunis par un fil fin dans la direction trame. Ainsi, le tissu est
unidirectionnel avec des performances élevées dans la direction chaîne.

Les performances mécaniques des divers tissus dépendent :


— du type de fils constituant le tissu : nature (verre, carbone, etc.), fils avec
ou sans torsion, etc.
— de l'armure. Les armures unidirectionnelles et haut module donnent les
meilleures performances. L'armure satin et, à un degré moindre, le sergé
ont des performances supérieures à celles de l'armure toile.
— de la contexture, par le taux de renfort global et selon chacune des
directions chaîne et trame du tissu.
28 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

2.4.4 Structures tissées multidirectionnelles


2.4.4.1 Tresses et préformes
Il est possible de réaliser des tresses ou préformes par tissage cylindrique ou
conique d'un tissu tubulaire. Les fils s'entrecroisent en hélice, dont la variation du
pas (figure 2.3) permet d'ajuster la tresse à la forme qu'elle doit recouvrir. Il est
ainsi possible de réaliser une pièce de révolution ayant un diamètre variable le
long de son arc. Par ce procédé, divers tissus peuvent être obtenus en forme de
“chaussettes” coniques, ogivales ou hémisphériques, utilisées pour satisfaire aux
besoins de la construction aéronautique (cône de rentrée, tuyères, etc.).

2.4.4.2 Tissus multidirectionnels


Des tissages volumiques sont également utilisés, et caractérisés par le nombre
de directions de tissage : 3D, 4D, etc. La structure la plus simple est celle du
tissage 3D, où les fils sont disposés suivant 3 directions orthogonales (figure 2.4).
Dans un tissage 4D, les fils sont disposés suivant 4 directions (figure 2.5).
L’objectif est d’obtenir des matériaux composites isotropes.

2.5 LES PRINCIPALES FIBRES


2.5.1 Les fibres de verre
2.5.1.1 Généralités
Le verre sous forme massive est caractérisé par une très grande fragilité, attri-
buée à une sensibilité élevée à la fissuration. Par contre, élaboré sous forme de
fibres de faibles diamètres (quelques dizaines de micromètres), le verre perd ce

FIGURE 2.3. Tissages cylindrique et conique.


2.5 Les principales fibres 29

1
2

FIGURE 2.4. Tissage 3D orthogonal.


4

3 1

4
FIGURE 2.5. Tissage 4D.

caractère et possède alors de bonnes caractéristiques mécaniques. Les fibres de


verre sont élaborées à partir d'un verre filable, appelé verre textile, composé de
silice, alumine, chaux, magnésie, etc. Ces produits peu coûteux, associés à des
procédés assez simples d'élaboration, confèrent aux fibres de verre un excellent
rapport performances/prix, qui les place de loin au premier rang des renforts
utilisés actuellement dans les matériaux composites.
Suivant leurs compositions, différents types de verres filables peuvent être
obtenus (tableau 2.1). Dans la pratique, les verres de type E constituent la presque
totalité du tonnage de verre textile produit actuellement. Les autres verres,
représentant globalement une faible quantité (environ 1 %), sont réservés à des
applications spécifiques :
— le verre D, à hautes propriétés diélectriques, pour la construction de
matériel électronique de télécommunications, en particulier les radomes;
— le verre C, résistant aux agents chimiques pour les couches superficielles
des structures particulièrement exposées sur le plan chimique;
— les verres R et S, à caractéristiques mécaniques élevées pour la réalisation
de structures à hautes performances mécaniques.
30 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

TABLEAU 2.1. Différents types de verres filables.

Type Caractéristiques générales


E à usage général; bonnes propriétés électriques
D hautes propriétés diélectriques
A haute teneur en alcali
C bonne résistance chimique
R, S haute résistance mécanique

Nous ne considérerons par la suite que les fibres de verre de type E et de type
R, dont les compositions sont reportées au tableau 2.2. Il est à noter la très faible
proportion ou l'absence d'oxydes alcalins à la différence des verres d'usage
courant. Ce fait conduit à des températures de transformation élevées, avec des
conséquences techniques et économiques.

2.5.1.2 Élaboration des fibres de verre


Les fibres de verre sont élaborées par fibrage du verre fondu (figure 2.6) à
travers des filières, sortes de bacs réalisés en alliage platine-rhodium, et percés à
leurs bases d'orifices calibrés d'environ 2 mm de diamètre. Le verre fondu est
maintenu dans les filières, chauffées par effet Joule, aux environs de 1 250 °C. À
cette température, la viscosité du verre permet un écoulement par gravitation à
travers les orifices, sous forme de fibres de quelques dixièmes de millimètres. À la
sortie de la filière, le verre en phase plastique est simultanément étiré à grande
vitesse et refroidi. Les conditions de refroidissement et de vitesse d'étirage
permettent d'obtenir des fibres discontinues de diamètres différents (généralement

TABLEAU 2.2. Compositions des verres de type E, D et R.


Composition en masse (%)
Constituants
Verre E Verre D Verre R
Silice SiO2 53−54 73−74 60
Alumine Al2O3 14−15,5 25
Chaux CaO   9
 20 - 24  0,5 - 0,6
Magnésie MgO   6
Oxyde de bore B2O3 6,5−9
Fluor F 22−23
0-0, 7
Oxyde de fer Fe2O3 
 <1
Oxyde de titane TiO2  0,1−0,2
Oxyde de sodium Na2O 
 <1 1,3
Oxyde de potassium K2O 
1,5
2.5 Les principales fibres 31

alumine
magnésie
silice
chaux oxide de bore

four
verre en
fusion

filière

monofilament

ensimage
fil de base

FIGURE 2.6. Schéma de principe du procédé d'étirage mécanique ou silionne.

de 5 à 15 µm).
Les monofilaments sont ensuite rassemblés sans torsion pour constituer un fil
de base (appelé fil silionne), qui est enroulé sur une bobine ou sous forme de
pelote. Ces fils de base sont les plus utilisés comme renforts verre dans les maté-
riaux composites.
Des fibres de verre discontinues peuvent également être élaborées et assem-
blées suivant un assemblage appelé verranne. Les fils verranne se distinguent des
fils continus par un aspect pelucheux.

2.5.1.3 Ensimage des fibres de verre


Les filaments de verre issus de la filière ne peuvent pas être utilisés direc-
tement pour diverses raisons :
32 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

— l'absence de cohésion entre les filaments, qui s'oppose à la constitution de


fils;
— la sensibilité du verre à l'abrasion, conduisant à une détérioration lors des
manipulations postérieures au fibrage;
— la sensibilité à l'attaque de l'eau;
— la création de charges électrostatiques consécutive aux divers frottements.
Pour pallier ces défauts, on réalise à la sortie de la filière une opération dite
d'ensimage, qui consiste à déposer à la surface des filaments de verre un produit
d'ensimage de composition complexe. A la lumière des défauts évoqués ci-avant,
les diverses fonctions de l'ensimage sont :
— établir une certaine cohésion entre les filaments;
— donner une plus ou moins grande raideur aux fils (un fil destiné à être
coupé doit être raide, un fil destiné au moulage ou au tissage doit être
souple);
— protéger les filaments contre l'abrasion;
— éviter l'apparition de charges électrostatiques;
— faciliter l'imprégnation des filaments par la résine (mouillage superficiel et
pénétration au cœur des filaments);
— favoriser la liaison verre-résine dont dépendent les performances méca-
niques du composite, mais également le comportement du matériau au
vieillissement, la sensibilité à l'humidité, à la corrosion, etc.

2.5.1.4 Propriétés mécaniques des fibres de verre


Il est de coutume de donner comme caractéristiques mécaniques de référence
les caractéristiques mesurées sur monofilaments prélevés à la sortie de la filière.
Le tableau 2.3 donne les valeurs usuelles de ces grandeurs.

À la suite du fibrage, les filaments de verre sont soumis à diverses sollicitations


mécaniques (abrasion, etc.), chimiques (humidité, etc.) qui réduisent leurs
caractéristiques mécaniques initiales. Le tableau 2.4 donne les valeurs de la
contrainte à la rupture, mesurées sur monofilaments et fils de base ayant subi un
ensimage. Les valeurs obtenues semblent indiquer une chute des caractéristiques
lorsque le nombre de filaments augmente. En fait, les valeurs mesurées sur les fils

TABLEAU 2.3. Caractéristiques mécaniques des verres types E et R, mesurées sur fila-
ments à la sortie de la filière.

Caractéristiques Verre E Verre R


Masse volumique  kg/m3 2 600 2 550
Module d'Young Ef GPa 73 86
Contrainte à la rupture fu MPa 3 400 4 400
Allongement à la rupture fu % 4,4 5,2
Coefficient de Poisson vf 0,22 –
2.5 Les principales fibres 33

TABLEAU 2.4. Contraintes à la rupture mesurées sur monofilaments et fils de base (en
MPa).
Verre E Verre R
Monofilament prélevé à la sortie de la filière 3 400 4 400
Monofilament prélevé sur fil silionne
industriel 2 000−2 400 3 600
Fil silionne industriel comportant un grand
nombre de filaments 1 200−1 550 1 700−2 000

TABLEAU 2.5. Caractéristiques à la rupture d'un fil silionne industriel, déduites des
caractéristiques mesurées sur un composite unidirectionnel résine époxyde/fil de verre.

Verre E Verre R

Contrainte à la rupture (MPa) 2 400−2 600 3 000−3 600


Allongement à la rupture (%) 3,4 4

ne sont pas réellement significatives en raison des difficultés à charger simulta-


nément et uniformément tous les filaments constituant le fil. Dans les matériaux
composites, la liaison verre-résine par l'intermédiaire de l'ensimage assure une
répartition assez homogène de la charge. Les mesures, déduites de la rupture de
matériaux composites unidirectionnels, conduisent aux valeurs des contraintes et
allongement à la rupture des fibres reportées au tableau 2.5.
Ces valeurs, voisines de celles mesurées sur monofilament prélevé sur fil
industriel (tableau 2.4), doivent être considérées comme étant représentatives des
caractéristiques à la rupture des fibres de verre.
Enfin, il est intéressant de noter que les fibres de verre conservent leurs
caractéristiques mécaniques jusqu'à des températures assez élevées, de l'ordre de
200 °C pour le verre E et de 250 °C pour le verre R. Ces fibres sont donc bien
adaptées pour le renforcement des résines à tenue thermique élevée.

2.5.1.5 Produits industriels en verre textile


2.5.1.5.1. Les fils de base
Nous avons vu que les fils de base étaient élaborés par assemblage parallèle
sans torsion des monofilaments à la sortie de la filière, pour aboutir soit à des fils
continus (fils silionne), soit à des fils discontinus (fils verranne). Ces fils ne sont
qu'un intermédiaire dans l'élaboration des produits industriels en verre textile, et
ne présentent pas un intérêt direct pour le fabricant de matériaux composites. Les
fils de base sont caractérisés par :
— la désignation du verre utilisé (E, R, etc.),
— le type de fil : silionne (C : continu) ou verranne (D : discontinu),
— le diamètre nominal des filaments,
— la masse linéique du fil exprimée en tex.
34 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

Nous aurons par exemple, le fil de base EC 9 34 : fil silionne de verre E,


diamètre des filaments : 9 µm, masse linéique du fil : 34 tex. Cette désignation est
conforme à la norme ISO 2078.
2.5.1.5.2. Fibres broyées
Ces fibres sont obtenues par broyage des fils de base. Leur longueur est de
l'ordre de quelques dixièmes de millimètre, avec un rapport longueur sur diamètre
de 10 à 40 environ. Les fibres broyées sont utilisées pour le renforcement de
certaines résines thermoplastiques, de résines de coulée, de mastics, etc.
2.5.1.5.3. Fils de base coupés
Les fils de base coupés sont obtenus par coupe des fils de base silionne. Les
longueurs les plus courantes sont : 3, 4,5, 5, 13, 25 et 50 mm. Les fils de base
coupés sont utilisés pour le renforcement de divers matériaux, en particulier les
résines thermoplastiques.
2.5.1.5.4. Stratifil
Le stratifil (ou “roving” en anglais) est obtenu par assemblage sans torsion de
fils de base silionne, et présenté en pelotes (sans tubes) ou en bobines (sur tubes)
(figure 2.7).
La désignation du stratifil indique soit la masse linéique, soit le nombre de fils de
base (norme ISO 2078). Par exemple, pour le stratifil EC 10 2400 (désignation
globale), ou stratifil EC 10 4060 (désignation complète), EC 10 40 désigne le fil
de base, 60 désigne le nombre de fils de base assemblés sans torsion et 2400
indique la masse linéique globale en tex.
Les divers types de stratifils varient suivant :
— le nombre de fils de base : 2, 8, 15, 30, 60 par exemple ;
— la masse linéique globale : 600, 1 200, 2 400, 4 800, 9 600 tex.

FIGURE 2.7. Différentes présentations des stratifils : 1. Pelotes – 2. Bobines (sur tubes)
(Documentation Vetrotex).
2.5 Les principales fibres 35

Les utilisations du stratifil sont nombreuses :


— coupe pour la fabrication de mats, pour le moulage par projection;
— tissage pour la fabrication de tissus ;
— imprégnation en continu : enroulement filamentaire, pultrusion.
Chez le fournisseur de verre textile, le stratifil constitue une étape dans la
fabrication des tissus stratifils et mats à fils coupés. En excluant cette part, le reste
du marché stratifil (moulage, imprégnation, etc.) représente plus de 40 % de
l'ensemble du marché du verre textile, tous produits confondus.

2.5.1.5.5. Stratifil bouclé


Le stratifil bouclé (figures 2.8 et 2.9) est constitué par assemblage de fils
silionne “bouclés”. Du fait de sa structure, le stratifil bouclé donne des possibilités
de renforcement dans la direction transverse (ou voisine) de l'axe des
fils. Le stratifil bouclé est essentiellement utilisé dans le tissage des tissus lourds.
Ce tissu permet une amélioration de la tenue des stratifiés, en cisaillement
interlaminaire entre couches de tissus.

2.5.1.5.6. Mats à fils coupés


Les mats à fils coupés (figures 2.10 et 2.11) se différencient les uns des autres
par :
— les caractéristiques du fil de base: type de verre, diamètre nominal, masse
linéique, ensimage ;
— les caractéristiques du liage, quelquefois mécanique (aiguilletage), mais
généralement chimique. Le taux de liant varie alors d'environ 3 à 15 %, et
confère au mat une plus ou moins grande souplesse.
La longueur de coupe du fil de base est généralement de 50 mm. La masse
surfacique est couramment de 300, 450 et 600 g/m2. Pour des besoins spécifiques,
il est possible d'obtenir des produits de masses surfaciques inférieures à 300 g/m2,
ou supérieures à 600 g/m2, par exemple 900, 1 200 g/m2.

2.5.1.5.7. Mats à fils continus


Les mats à fils continus (figures 2.12 et 2.13) sont caractérisés (paragraphe
2.4.3) par une meilleure déformabilité que les mats à fils coupés. Généralement,
les mats à fils continus sont élaborés à partir de fils de base ayant une masse
linéique faible, de l'ordre de 25 tex, et un diamètre nominal supérieur à celui des
fils utilisés pour les mats à fils coupés.

2.5.1.5.8. Tissus (figures 2.14 à 2.18)


Nous avons présenté (paragraphe 2.4.3) les divers types de tissus dans le cas
général. Les tissus de verre textile sont présentés en rouleaux :
— soit de grande largeur (figures 2.14 à 2.16), voisine du mètre pour les
tissus “silionne” ou “verranne” ou jusqu'à environ 3 m dans le cas des
tissus stratifils ;
— soit de largeur réduite sous forme de rubans (figure 2.17).
36 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

FIGURE 2.8. Stratifil bouclé : présentation commerciale (Documentation Vetrotex).

FIGURE 2.9. Stratifil bouclé : vue de détail (Documentation Vetrotex).


2.5 Les principales fibres 37

FIGURE 2.10. Présentation commerciale d'un mat à fils coupés (Documentation Vetrotex).

FIGURE 2.11. Vue de détail d'un mat à fils coupés (Documentation Vetrotex).
38 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

FIGURE 2.12. Présentation commerciale d'un mat à fils continus (Documentation


Vetrotex).

FIGURE 2.13. Vue de détail d'un mat à fils continus (Documentation Vetrotex).
2.5 Les principales fibres 39

FIGURE 2.14. Exemples de trois tissus, armure toile, réalisés à partir de stratifils de
masses linéiques différente : 2 400, 1 200 et 320 tex (Documentation Vetrotex).

FIGURE 2.15. Tissu verranne, armure toile (Documentation Vetrotex).

FIGURE 2.16. Tissu stratifil, armure sergé (Documentation Vetrotex).


40 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

FIGURE 2.17. Tissus stratifils, armures unidirectionnelles: 1. Tissu unidirectionnel, sens


trame, 2. Tissus unidirectionnels, sens chaîne (DocumentationVetrotex).

FIGURE 2.18. Complexe mat-tissu stratifil unidirectionnel, avec liage chimique (Docu-
mentation Vetrotex).
2.5 Les principales fibres 41

Les masses surfaciques sont fonction de la référence du fil et des paramètres de


tissage. Elles s'échelonnent couramment:
— de 50 à 500 g/m2 pour les tissus silionne ou verranne,
— de 150 à 1 000 g/m2 pour les tissus stratifils.
Il existe également des complexes mats-tissus (figure 2.18) mis au point pour
répondre à des exigences particulières. Leur principale application est le renfor-
cement de pièces de formes planes ou à grands rayons de courbure, et plus parti-
culièrement de grandes dimensions. Dans de telles pièces sollicitées en flexion, le
tissu est disposé dans la zone sollicitée en traction, et le mat dans la zone sollicitée
en compression, compte tenu de leurs bonnes adéquations respectives à ces deux
types de sollicitations.

2.5.2 Les fibres de carbone


2.5.2.1 Généralités
Le graphite a une structure hexagonale d'atomes de carbone, disposés en plans
cristallographiques parallèles (figure 2.19). Ces plans sont décalés de telle sorte
qu'un atome de carbone se projette au milieu d'un hexagone des plans voisins. Les
liaisons entre atomes de carbone de plans voisins sont faibles, et confèrent au
graphite de bonnes propriétés de conduction thermique et électrique. Par contre,
les liaisons entre atomes voisins d'un même plan sont fortes, et donnent au
graphite des propriétés mécaniques élevées dans la direction parallèle aux plans
cristallographiques. L'étude théorique des liaisons prévoit dans cette direction un
module d'Young de 1 200 GPa et une résistance à la rupture de 20 000 MPa.
D'autre part, la masse volumique faible (inférieure à 2 000 kg/m3) conduit à des

couche 3

couche 2

3.35 Å

couche 1
1.42 Å

FIGURE 2.19. Structure cristalline du graphite.


42 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

propriétés mécaniques spécifiques théoriques remarquablement élevées. Ces faits


expliquent les nombreux développements de différents procédés d'élaboration,
permettant d'obtenir des fibres de carbone les plus parfaites possibles, et dont la
direction des plans cristallographiques soit le plus parallèle possible à l'axe des
fibres. Les fibres industrielles n'atteignent toutefois pas les valeurs mécaniques
théoriques, du fait des imperfections des structures cristallines obtenues. Les
caractéristiques des fibres élaborées restent cependant élevées et peuvent atteindre
aujourd'hui pour les fibres les plus performantes de l'ordre de 650 GPa pour le
module d'Young et de 4 000 MPa pour la contrainte à la rupture.

2.5.2.2 Élaboration des fibres de carbone


2.5.2.2.1. À partir des fibres acryliques
Les fibres de carbone sont élaborées à partir d'un polymère de base appelé
précurseur, se présentant lui-même sous forme de fibres orientées et réticulées.
Actuellement, les fibres utilisées sont les fibres acryliques élaborées à partir du
polyacrylonitrile (PAN). Ces fibres acryliques sont connues sous divers noms
commerciaux: crylor, courtelle, dralon, orlon, etc. La qualité des fibres de carbone
finales dépend des qualités du précurseur.
Le principe d'élaboration est de faire subir aux fibres acryliques une décom-
position thermique, sans fusion des fibres, aboutissant à une graphitation dans
laquelle on retrouve la structure initiale des fibres. Les procédés actuels utilisent
des mèches de filaments acryliques assemblés sans torsion (généralement 500,
1 000, 6 000, 10 000, etc. filaments), et leur font subir quatre traitements
successifs: une oxydation, une carbonisation, une graphitation et un traitement de
surface (figure 2.20).
L'oxydation. Les fibres acryliques étant fusibles, la phase d'oxydation a pour but
de supprimer artificiellement le point de fusion. Cette opération est effectuée en
chauffant les fibres à environ 300 °C en atmosphère d'oxygène. Il se produit

gaz inerte
GRAPHITATION

HNO3

OXYDATION CARBONISATION 2 600 °C fibres


HM ou UHM
300 °C 2 voies
OXYDATION
possibles

fibres HS

oxygène HNO3
gaz inerte
fibres acryliques

FIGURE 2.20. Élaboration des fibres de carbone.


2.5 Les principales fibres 43

alors une oxydation conduisant à une réticulation des chaînes moléculaires et à la


création d'un réseau tridimensionnel :

CN CN CN CN

CH CH CH CH
CH2 CH2 CH CH CH

2 molécules PAN 300 °C


+ O2 O O O
CH2 CH2
CH CH CH
CH CH
CH CH
CN CN
CN CN

La carbonisation. La deuxième phase consiste à chauffer progressivement les


fibres réticulées de 300 °C à 1 100 °C environ, en atmosphère inerte. Il y a alors
élimination de l'eau et de l'acide cyanhydrique, seuls les carbones étant conservés
dans la chaîne :

CN CN

CH CH
CH CH CH C C
 1,100 °C C C C
O O O + H20 + 4HCN
C C C
CH CH CH C C
CH CH

CN CN

Les fibres obtenues après cette phase ont de bonnes caractéristiques mécaniques et
peuvent être utilisées après traitement de surface (figure 2.20). Les fibres sont
alors dénommées fibres HR (haute résistance) ou fibres HT (haute ténacité).
La graphitation. La phase de graphitation est utilisée lorsque l'on souhaite
obtenir des fibres à module d'Young élevé. Cette phase consiste à effectuer à la
suite de la carbonisation, une pyrolyse des fibres, en atmosphère inerte, jusqu'à
2 600 °C ou à des températures supérieures. La graphitation provoque une
réorientation des réseaux hexagonaux de carbone suivant l'axe des fibres, ce qui
aboutit à une augmentation du module d'Young. Toutefois, simultanément à cette
réorientation, des défauts se créent dans la structure, entraînant une diminution de
la contrainte à la rupture. Suivant le taux de graphitation, on obtient des fibres
HM (fibres à haut module) ou des fibres THM (à très haut module).
Le traitement de surface. – La dernière phase de l'élaboration consiste en un
traitement de surface, par oxydation ménagée en milieu acide (nitrique ou sulfu-
rique). Cette phase a pour objet d'accroître la rugosité des filaments ainsi que la
nature des liaisons chimiques, afin d'améliorer la liaison fibre-résine.
44 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

2.5.2.2.2. À partir du précurseur brai


Depuis les années 1970, des procédés d’élaboration de fibres de carbone ont
été développés à partir du brai, qui est un résidu de raffinerie issu du pétrole ou de
la houille. Dans ce procédé, le brai est chauffé à 350 °C- 450 °C pour obtenir une
mésophase (intermédiaire entre liquide et cristal), puis filé pour améliorer
l’orientation. Comme dans le cas du procédé PAN, les filaments sont oxydés et
carbonisés, et enfin pyrolysés à des températures supérieures à 2 000 °C pour
obtenir des fibres haut module.
Les fibres de carbone produites par ce processus ont divers avantages:
― un rendement massique filaments/précurseur élevé de l’ordre de 75 à 90 %
(50 % for le procédé PAN),
― une vitesse de graphitation plus élevée,
― une matière première bon marché.
Le développement de cette technique devrait permettre aux fibres de carbone
d'atteindre les grands marchés industriels (type industrie automobile, etc.), par
diminution notable du prix de revient, par rapport aux fibres obtenues à l'aide du
précurseur PAN.

2.5.2.3 Caractéristiques mécaniques des fibres de carbone


Les fibres de carbone possèdent de très bonnes caractéristiques mécaniques,
d'autant plus que leur masse volumique est faible (généralement inférieure à
2 000 kg/m3). Le tableau 2.6 compare les caractéristiques des fibres de carbone à
celles des fibres de verre E. En outre, il faut noter que les fibres de carbone ont
une excellente tenue en température, en atmosphère non oxydante. En effet, leurs
caractéristiques mécaniques sont maintenues jusqu'à 1 500 °C environ. Cette
propriété a conduit à développer des composites fibres de carbone/matrice de
carbone, à haute tenue thermique, utilisés dans les tuyères de fusée, les plaquettes
de freins (camions, formule 1, avions), les éléments de fours, etc. Ces matériaux,
revêtus d'une couche protectrice anti-oxydante, trouvent également des appli-
cations en atmosphère oxydante dans le domaine spatial : bords d'attaque, tuiles,
etc.

2.5.2.4 Produits industriels


Le produit de base est le fil continu ou stratifil carbone, constitué de mono-
filaments de carbone (par exemple: 500, 1 000, 3 000, 6 000, 10 000, etc.
filaments) assemblés sans torsion. Ces stratifils peuvent être utilisés directement
pour les procédés de fabrication de composites par pultrusion ou par enroulement
filamentaire. Les stratifils peuvent être également tissés pour obtenir des rubans,
des tresses, des tissus unidirectionnels ou multidirectionnels, des tissus hybrides
(verre-carbone, Kevlar-carbone).etc.
Ces diverses formes peuvent éventuellement être préimprégnées.
Les stratifils peuvent également être coupés à des longueurs de quelques milli-
mètres et utilisés pour l'élaboration de résines chargées.
2.5 Les principales fibres 45

TABLEAU 2.6. Caractéristiques des fibres de carbone, comparées à celles des fibres de
verre E.

Verre Carbone Carbone Carbone Carbone


Caractéristiques HM
E HR HM THM
(brai)
Masse volumique
 (kg/m3) 2 600 1 750 1 810 1 950 2 000
Diamètre (µm) 10 à 20 5à7 5à7 5à7 12
Module d'Young
Ef (GPa) 73 230 400 600 280

Module spécifique
Ef / (MNm/kg) 28 130 210 310 140

Contrainte à la rupture 3 000− 2 000−


fu (MPa) 3 400 2 800 2 000
4 000 2 400
Contrainte spécifique
fu/ (kNm/kg) 1 300 1 710− 1 550 1 030 1 000−
2 290 1 200
Prix de revient
rapporté aux fibres de 1* 10−15 30−50 200−400 50−100
verre E
1*  4 €/kg en 2009 HM (brai): fibres élaborées à partir du brai.

2.5.3 Les fibres aramides à caractéristiques


mécaniques élevées
2.5.3.1 Généralités
Les fibres aramides à caractéristiques mécaniques élevées sont généralement
connues sous le nom de “Kevlar”, nom commercial de la fibre mise au point par
Dupont de Nemours (USA), et commercialisée en 1972. D'autres groupes
élaborent également des fibres aramides, en particulier le groupe AKZO
(Allemagne-Hollande) qui produit des fibres aramides sous la désignation de
fibres “Twaron”, et le groupe japonais Teijin Ltd les fibres “Technora”.
Les fibres aramides sont des fibres polyaramides ou polyamides aromatiques
de synthèse dont la structure est constituée de noyaux benzéniques reliés par des
groupes CO et HN :
H H O O

N N C C
n
L'élaboration des fibres aramides est effectuée par synthèse à basse
température (–10 °C), puis par filage en solution. Les fibres sont ensuite étirées et
traitées thermiquement pour augmenter leur module d'élasticité.
46 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

2.5.3.2 Caractéristiques
Les caractéristiques mécaniques des fibres aramides sont reportées dans le
tableau 2.7 pour des monofilaments. Sur fils multifilaments, les caractéristiques
sont généralement plus faibles. Le tableau montre une contrainte spécifique à la
rupture élevée, du même ordre de grandeur que les fibres de carbone haute
résistance HR (tableau 2.6), toutefois avec un prix de revient 4 à 6 fois
moindre. Néanmoins, leur utilisation est limitée par diverses faiblesses des maté-
riaux composites à fibres aramides :
— résistances faibles à la compression, à la flexion, au flambement;
— sensibilité au cisaillement interlaminaire.
Ces faiblesses sont généralement attribuées à une mauvaise adhérence fibre-
matrice. Pour y remédier, des ensimages adaptés sont développés. Des composites
hybrides (verre-Kevlar, carbone-Kevlar) sont également utilisés.

2.5.3.3 Utilisations industrielles


Les fibres aramides sont disponibles sous forme de stratifils, de tissus, de
tresses et de rubans. L'une de leurs premières utilisations grand public a été de
remplacer les armatures d'acier dans les pneumatiques, les courroies et les tuyaux.
Compte tenu de leur légèreté et de leur bonne résistance au choc, à l'impact et à
l'abrasion, les fibres aramides sont utilisées pour la fabrication de certains articles
de sports (skis, raquettes de tennis, etc.) et pour la fabrication de protections
contre les projectiles (blindages, gilets pare-balles, casques, gants, etc.), de
produits de friction et de joints, de renforcement de câbles, etc.

TABLEAU 2.7. Caractéristiques mécaniques de monofilaments aramides.

Kevlar Kevlar Kevlar


Caractéristiques Twaron Technora
29 49 149
Masse volumique
ρ (kg/m3) 1 440 1 450 1 470 1 440 1 390
Diamètre (μm) 12 12 12 12 12
Module d’Young
Ef (GPa) 60 120 160 60 90
Module spécifique
Ef /ρ (MNm/kg) 42 83 110 42 65
Contrainte à la rupture
σfu (MPa) 3 000 3 000 2 400 2 600 2 800
Contrainte spécifique
σfu /ρ (kNm/kg) 2 080 2 070 1 630 1 800 2 010
Allongement à la
rupture (%) 3,6 1,9 1,5 3 4
2.5 Les principales fibres 47

2.5.4 Les fibres céramiques


2.5.4.1 Généralités
Diverses fibres de matériaux réfractaires ou céramiques (carbures, borures,
nitrures, etc.) peuvent être élaborées par dépôt chimique en phase vapeur sur un fil
support. Actuellement, les fibres obtenues par ce procédé, et faisant l'objet d'une
production, sont :
— les fibres de bore (B),
— les fibres de bore (B)-carbure de bore (B4C),
— les fibres de carbure de silicium (SiC),
— les fibres de bore-carbure de silicium, appelées BorSiC.
Les fibres sont en réalité de gros filaments (diamètre de l'ordre de 100 µm),
formés d'une âme (le fil support) en tungstène ou en carbone d'un diamètre
d'environ 10 µm, recouverts :
— d'une couche de bore d'épaisseur environ 40 µm (fibres de bore),
— d'une couche de bore d'épaisseur 40 µm et d'une couche de carbure de bore
de 4 µm d'épaisseur (fibres B-B4C),
— d'une couche de carbure de silicium (fibres SiC),
— d'une couche de bore et d'une couche de carbure de silicium (fibres BorSic).

2.5.4.2 Caractéristiques mécaniques et utilisation


Les caractéristiques mécaniques des diverses fibres sont assez voisines (par
exemple, tableau 2.8). Ces caractéristiques sont maintenues jusqu'à des tem-
pératures pouvant aller de 500 à 1 000 °C.
Du fait d'un prix de revient élevé, l'utilisation de ces fibres est limitée.
Actuellement, les fibres SiC et BorSiC sont essentiellement utilisées avec des
matrices métalliques (aluminium, par exemple) ou des matrices céramiques,
conduisant à des matériaux composites de coûts très élevés, utilisés pour les aubes
de compresseur, les turbines, etc.

TABLEAU 2.8. Caractéristiques mécaniques des fibres de bore, bore-carbure de bore et


carbure de silicium.

Caractéristiques Bore Bore + B4C SiC

Masse volumique  (kg/m3) 2 600 2 600 3 000


Diamètre (µm) 100−150 100−150 100−150
Module d'Young Ef (GPa) 430 430 410
Module spécifique Ef / (MNm/kg) 165 165 140
Contrainte à la rupture fu (MPa) 3 800 4 000 3 900
Contrainte spécifique fu / (kNm/kg) 1 460 1 540 1 300
48 Chapitre 2 Les éléments constituants d'un matériau composite

Les fibres de bore et les fibres bore-carbure de silicium sont disponibles sous
forme :
— de fils continus constitués de monofilaments parallèles,
— de rubans préimprégnés pour enroulement filamentaire,
— de tissus unidirectionnels.
Ces fibres associées avec des résines époxydes, avec lesquelles l'adhérence est
très bonne, ou avec d'autres résines thermoplastiques ou thermodurcissables, sont
utilisées dans les domaines des sports et des loisirs.

2.5.4.3 Autres générations de fibres céramiques


D'autres générations de fibres céramiques en carbure de silicium (SiC) ou
carbotitanate de silicium (SiCTi) sont obtenues par la voie précurseur, suivant un
procédé comparable à celui de l'élaboration des fibres de carbone via le poly-
acrynotrile. Cette voie précurseur conduit, contrairement au procédé précédent, à
des fibres céramiques de faibles diamètres. Les caractéristiques mécaniques de ces
fibres sont reportées dans le tableau 2.9. Ces fibres présentent une bonne stabilité
de leurs propriétés jusqu'à des températures de 1 200 °C à 1 600 °C.
Des fibres céramiques à base d'alumine sont également développées , telles des
fibres d'alumine (Al2O3), des fibres d'aluminosilicate (Al2O3,SiO2), des fibres de
boroaluminosilicate (Al2O3,SiO2,B2O3). Les caractéristiques mécaniques des ces
fibres, obtenues par voie sol-gel, sont reportées dans le tableau 2.10.

2.5.5 Les fibres synthétiques thermostables


Les fibres synthétiques thermostables sont des fibres organiques obtenues par
synthèse, et qui conservent leurs caractéristiques mécaniques à températures
élevées. Associées à des résines thermostables, elles permettent d'obtenir des
matériaux dont les caractéristiques mécaniques en température sont conservées.
Les caractéristiques mécaniques de ces fibres sont toutefois nettement plus faibles
que celles des fibres usuelles. Elles sont utilisées dans les isolants électriques et
thermiques, les protections thermiques: boucliers de missiles, cônes de rentrée de
véhicule spatial, etc.

2.5.6 Autres fibres


Il existe diverses autres fibres utilisées pour des applications particulières. Ces
fibres sont généralement à faibles module et contrainte à la rupture, excepté les
fibres métalliques. Généralement, leur utilisation est réservée à une recherche de :
— produits à bas prix de revient,
— produits à haute isolation thermique,
— produits à bonne conductibilité thermique ou électrique,
— produits à haute absorption acoustique,
— etc.
2.5 Les principales fibres 49

TABLEAU 2.9. Caractéristiques mécaniques des fibres SiC, SiNC et SiCTi.

SiC SiNC SiCTi


Caractéristiques
Nicalon HPZ Tyranno
Masse volumique  (kg/m3) 2 550 2 350 2 400
Module d'Young Ef (GPa) 180−200 170 200
Module spécifique Ef / (MNm/kg) 70−80 70 85
Contrainte à la rupture fu (MPa) 3 000 2 400 3 000
Contrainte spécifique fu / (kNm/kg) 1 200 1 000 1 250

TABLEAU 2.10. Caractéristiques mécaniques des fibres céramiques à base d'alumine.

Borosilico-
Alumino-
Alumine aluminate
Caractéristiques silicate
Al2O3 Al2O3,SiO2,
Al2O3,SiO2
B2O3
Masse volumique  (kg/m3) 3 400− 3 100− 2 700−
3 950 3 200 3 100
Module d'Young Ef (GPa) 300−390 190−250 150−200
Module spécifique Ef / (MNm/kg) 90−100 60−80 55−65
Contrainte à la rupture fu (MPa) 1 500− 2 100− 1 700−
2 000 2 200 1 800
Contrainte spécifique fu / (kNm/kg) 440−500 685 580−630

Parmi ces fibres nous avons:


1. Les fibres d'origine végétale, telles que le bois utilisé sous forme de fibres
orientées, le sisal, le jute, le lin, etc.
2. Les fibres synthétiques, telles les fibres polyester (tergal, dacron, térylène,
etc.), les fibres polyamides, les fibres polyéthylène, les fibres polypropylène, etc.
3. Les fibres métalliques, comme les fibres d’acier, de cuivre, d’aluminium. Ces
fibres sont utilisées avec des matrices métalliques pour leurs bonnes conduc-
tibilités thermique et électrique et leurs caractéristiques thermomécaniques
élevées.
CHAPITRE 3

Mise en œuvre et Architecture


des Matériaux Composites

3.1 INTRODUCTION

L'objectif de ce chapitre n'est pas de faire une étude approfondie de la


technologie de mise en œuvre des matériaux composites. Il se propose simplement
de dégager les principes de différents processus de mise en œuvre, et de constituer
une introduction à l'étude du comportement mécanique des matériaux composites.
La plupart des méthodes de mise en œuvre consistent à élaborer les pièces en
matériaux composites par couches successives comportant matrice et renfort.
Cette technique générale appelée stratification, conduisant à l'élaboration de
stratifiés, nous amènera ensuite à nous intéresser à l'architecture des matériaux
composites.

3.2 MISE EN ŒUVRE DES MATÉRIAUX COMPOSITES

3.2.1 Moulages sans pression


Les méthodes de moulage à froid et sans intervention d'une presse sont les
méthodes les plus simples à mettre en œuvre. Elles nécessitent un minimum
d'équipement et par conséquent d'amortissement. Cette facilité a été à l'origine du
succès des matériaux composites à fibres de verre, dans l'industrie et l'artisanat.
Ces méthodes permettent la réalisation de pièces en petites et moyennes séries,
sans restriction de formes et dimensions. Bien que la proportion de fibres puisse
varier, elle reste toutefois limitée. Les pièces comportent une seule face lisse,
reproduisant l'aspect du moule. Enfin, la qualité de la pièce moulée dépend dans
une large mesure du savoir-faire du mouleur.

3.2.1.1 Moulage au contact (figure 3.1)


Avant moulage, le moule est revêtu d'un agent de démoulage, puis
généralement d'une fine couche de résine de surface, souvent colorée, dénommée
“gel coat”.
3.2 Mise en œuvre des matériaux composites 51

matrice matériau
composite
renfort

moule
rouleau

FIGURE 3.1. Principe du moulage au contact.

Le moulage est ensuite effectué selon les opérations suivantes :


1. Le moule est enduit avec de la résine catalysée et accélérée, au pinceau ou
au rouleau.
2. Le renfort : mat, tissu, etc., est disposé dans le moule. Divers types de
renforts peuvent être utilisés suivant les différentes parties de la pièce. Les
renforts doivent alors se superposer.
3. Le renfort est ensuite imprégné avec la matrice, puis un ébullage est
effectué avec un rouleau cannelé.
4. Après gélification de la première couche, les couches suivantes sont
appliquées, en utilisant la même technique. Des inserts peuvent être mis
entre ces couches : tubes, vis, écrous, armatures, etc.
5. Le démoulage est ensuite effectué après un temps qui dépend de la résine
et de la température (de l'ordre de 10 heures).
6. La polymérisation est ensuite effectuée en milieu ambiant pendant
plusieurs semaines. Cette polymérisation peut éventuellement être accélérée
par étuvage (par exemple 5 à 10 heures, aux environs de 80 °C).
7. Après polymérisation, on procède à la finition de la pièce : ébarbage,
ponçage, éventuellement peinture, etc.

3.2.1.2 Moulage par projection simultanée (figure 3.2)


Le moulage est effectué par projection simultanée de fibres coupées et résine
catalysée sur un moule. L'équipement à projeter est constitué d'une machine à
couper le stratifil et d'un pistolet projetant la résine et les fibres coupées,
l'ensemble fonctionnant par air comprimé. La couche de fibres imprégnées de
résine est ensuite compactée et débarrassée des bulles au rouleau cannelé.
52 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

résine

matériau
composite

stratifil
coupé
et
stratifil résine moule

FIGURE 3.2. Principe du moulage par projection simultanée.

Le moulage par projection permet d'obtenir de grandes séries de pièces, avec


un bas prix de revient. Le renfort est toutefois limité à des fibres coupées, et les
caractéristiques mécaniques du matériau restent moyennes.
Il est possible d'obtenir deux faces lisses en utilisant un moule et contre-moule,
chargés séparément, puis accolés. Ce procédé réserve également la possibilité
d'interposer une couche de tissu entre les deux, et permet alors d'obtenir des
pièces ayant de meilleures caractéristiques mécaniques.

membrane (élastomère)

contre-
moule
renfort

résine
pompe à vide

FIGURE 3.3. Moulage sous vide.


3.2 Mise en œuvre des matériaux composites 53

3.2.2 Moulage sous vide (figure 3.3)


Le moulage sous vide consiste à utiliser simultanément le vide et la pression
atmosphérique. Après enduction de gel-coat, on dispose le renfort sur un moule
rigide, puis on coule la matrice. Le contre-moule, recouvert d'une membrane
assurant l'étanchéité (feuille de caoutchouc, nylon, etc.), est ensuite emboîté. Une
pompe à vide crée une dépression à travers le moule et le contre-moule poreux,
qui étale et débulle la résine. Le contre-moule peut éventuellement être limité à la
seule membrane d'étanchéité.
Ce procédé de moulage convient pour la fabrication de pièces en petites et
moyennes séries. Il permet d'obtenir de bonnes qualités mécaniques, grâce à une
proportion de résine uniforme et à une diminution des inclusions d'air. Dans le cas
de l'utilisation d'un contre-moule rigide, un bel aspect de surface est obtenu sur les
deux faces. Les cadences de production sont toutefois assez lentes.

3.2.3 Moulage par compression


3.2.3.1 Moulage par injection de résine (figure 3.4)
Le moulage consiste, par injection de résine sous pression, à imprégner un
renfort placé à l'intérieur d'un ensemble moule et contre-moule très rigide et
fermé. L'alimentation automatique des résines élimine leur manipulation. La
proportion de renfort peut être élevée, d'où l'obtention de pièces à caractéristiques
mécaniques élevées.
Ce procédé de moulage convient à la réalisation de pièces profondes et de
formes compliquées.

contre-moule

moule

FIGURE 3.4. Moulage par injection de résine.


54 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

contre- contre-
moule résine moule résine
chauffé

renfort renfort

moule
moule
chauffé

Figure 3.5.1. À froid Figure 3.5.2. À chaud

FIGURE 3.5. Principe du moulage par compression.

3.2.3.2 Moulage par compression à froid (figure 3.5.1)

Le moulage est effectué à basse pression (< 5 bars) sans chauffage du moule,
en utilisant l'exothermie de polymérisation de la résine. L'énergie calorifique
accumulée par le moulage des pièces est alors suffisante pour maintenir le moule
à des températures de 50 à 70 °C, en fonctionnement permanent.
Moule et contre-moule sont enduits d'agent de démoulage et de gel-coat. Puis
le renfort et la matrice sont déposés sur le moule. L'ensemble moule/contre-moule
est fermé, puis pressé. Le temps de polymérisation est lié au type de résine, au
catalyseur et à la température atteinte par le moule en régime continu de
production.
Ce procédé de moulage est adapté à la fabrication de pièces de moyennes séries
(4 à 12 pièces par heure). L'investissement (matériel et moule) est moins
important que le procédé de compression à chaud. La presse basse pression est
simplifiée. Les moules peuvent être réalisés par le transformateur en matériaux
composites. Les pièces possèdent un bel aspect de surface sur chaque face. La
productivité est inférieure au moulage à la presse à chaud.

3.2.3.3 Moulage par compression à chaud (figure 3.5.2)

Cette technique permet d'obtenir des pièces en grandes séries au moyen de


presses hydrauliques et de moules métalliques chauffants.
Le renfort, constitué par du mat à fils coupés ou à fils continus, par des tissus
ou par des préformes, est déposé sur le moule chauffant, enduit au préalable d'un
agent de démoulage. Puis la résine catalysée est coulée en vrac sur le renfort. Le
moule est fermé suivant un cycle déterminé par descente et pressage du contre-
moule. Le temps de pressage est lié au temps de polymérisation de la résine,
3.2 Mise en œuvre des matériaux composites 55

fonction de la réactivité de la résine et de l'épaisseur de la pièce. Le moule est


ensuite ouvert, et la pièce éjectée.
Ce procédé de moulage permet d'obtenir des proportions importantes de
renfort, et par conséquent des pièces de bonnes caractéristiques mécaniques. Les
dimensions des pièces sont fonction de l'importance de la presse. La pression de
moulage est de l'ordre de 10 à 50 bars, la température des moules de l'ordre de 80
à 150 °C. Les cadences de fabrication peuvent atteindre 15 à 30 pièces par heure.
Elles nécessitent un investissement important en matériel, presse et moule.

3.2.3.4 Moulage par injection (figure 3.6)

La méthode de moulage par injection est la méthode la plus répandue des


méthodes de mise en œuvre des thermoplastiques armés (les autres méthodes étant
l'extrusion, l'extrusion soufflage, le thermoformage, etc.).
Le moulage par injection est réalisé sur les presses conventionnelles utilisées
pour l'injection des résines thermoplastiques.
Des granulés comportant la résine et le renfort (fibres courtes, billes, etc.) ou
des mats préimprégnés sont extrudés par une vis d'Archimède. La matrice est
fluidifiée par chauffage et injectée sous pression élevée dans un moule chauffé, où
a lieu la polymérisation.
Le type de matériaux obtenus est plus généralement appelé “plastiques
renforcés” que matériaux composites. En effet, compte tenu de la nature des
renforts (fibres courtes, sphères, etc.), la contrainte à la rupture et le module
d'Young des résines sont multipliés par un facteur de l'ordre de 2 à 4. Cette
technique est adaptée à la production de pièces en très grandes séries.

moule
mat préimprégné contre-moule
chauffé
chauffé

FIGURE 3.6. Moulage par injection.


56 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

renfort
film de
démoulage
résine

étuve
coupe

rouleaux de
film de calandrage
démoulage

FIGURE 3.7. Moulage en continu de plaques.

film de mise en forme


démoulage et polymérisation
résine renfort coupé

coupe

rouleaux de
film de calandrage
démoulage

FIGURE 3.8. Moulage en continu de panneaux ondulés.

3.2.4 Moulage en continu


Le moulage en continu permet la fabrication de plaques planes, panneaux,
sandwiches (figure 3.7), de panneaux ondulés pour toitures (figure 3.8), plaques
nervurées, etc.
Schématiquement, ce procédé peut être séparé en plusieurs phases.
1. Une phase d'imprégnation des renforts : fibres, mats ou tissus. La résine
catalysée et le renfort sont véhiculés sur un film de démoulage (cellophane,
mylar, polyéthylène, etc.).
2. Une phase de mise en forme.
3.2 Mise en œuvre des matériaux composites 57

3. Une phase de polymérisation, effectuée dans une étuve (60 à 150 °C) en
forme de tunnel, dont la longueur est fonction de la température et de la
résine (15 à 50 m de long).
4. Une phase de refroidissement et découpage.
Dans le cas de la fabrication de plaques planes (figure 3.7), la mise en forme
est simplement réalisée par une mise à l'épaisseur de la plaque, par pressage entre
des rouleaux de calandrage.
Dans le cas de panneaux ondulés, la mise en forme intervient au cours de la
polymérisation (figure 3.8), par l'intermédiaire de rouleaux mobiles.
Le procédé de moulage en continu peut être entièrement automatisé, et permet
alors d'élaborer des plaques ou panneaux en continu. Il nécessite toutefois un
investissement très important en matériel.

3.2.5 Moulage par pultrusion


Le procédé de moulage par pultrusion sert pour la fabrication de profilés,
rectilignes ou courbes, à section constante, hautement renforcés dans la direction
principale.
Dans cette technique (figure 3.9), les renforts : fils, stratifils, rubans, etc.,
passent dans un bain de résine catalysée où ils sont imprégnés. Ils traversent
ensuite une filière chauffée dans laquelle ont lieu simultanément mise en forme du
profilé et polymérisation de la résine.
Ce procédé est applicable aux résines thermoplastiques et thermodurcissables.
Les profilés obtenus ont des caractéristiques mécaniques élevées, compte tenu de
la possibilité d'obtenir des proportions de renfort élevées jusqu'à 80 % en volume.
Le procédé est adapté aux productions d'assez grandes séries (vitesse de
défilement jusqu'à 20 m/h). Il nécessite un investissement important de matériel.
Exemples de fabrication : cannes à pêche, profilés divers, raidisseurs, etc.

renfort
fibre filière
four

résine

FIGURE 3.9. Moulage par pultrusion.


58 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

3.2.6 Moulage par centrifugation


Cette technique est réservée au moulage de pièces de révolution, en particulier
tubes, tuyaux, cuves, etc. Elle est une extrapolation (figure 3.10) de la technique
de fabrication des tuyaux en fonte ou en béton centrifugé.
Le moule de révolution, enduit d'agent de démoulage, est mis en rotation (à
environ 2 000 tours/min). Après dépôt éventuel de gel coat, on introduit simul-
tanément en continu :
— le renfort : fibres coupées ou stratifil coupé;
— la résine catalysée et accélérée (résines époxydes, polyesters, etc.)
durcissant à froid.
L'imprégnation du renfort par la résine est réalisée sous l'effet de la centri-
fugation. La stratification s'effectue par passages successifs de la buse d'ali-
mentation en résine et renfort. La polymérisation est effectuée à température
ambiante, ou éventuellement accélérée dans une étuve.
Un renfort sous forme de rouleau (mat, tissu, etc.) peut être introduit éven-
tuellement en discontinu avant rotation du moule. La résine est introduite ensuite
lors de la centrifugation.
Après polymérisation, la pièce cylindrique est extraite du moule, le retrait des
résines permettant le démoulage. Cette technique permet d'obtenir un bel aspect
de surface à l'extérieur, avec un diamètre et une épaisseur des pièces bien calibrés.
Ce processus d'élaboration nécessite un matériel de grande précision et un très
bon équilibrage du moule.

moule

résine

renfort

FIGURE 3.10. Moulage par centrifugation.


3.2 Mise en œuvre des matériaux composites 59

3.2.7 Moulage par enroulement filamentaire

3.2.7.1 Principe
Le renfort (fil continu, ruban, etc.) imprégné de résine catalysée est enroulé
avec une légère tension, sur un mandrin cylindrique ou de révolution en rotation.
Ce type de moulage est bien adapté aux surfaces cylindriques et sphériques, et
permet une conception avancée des pièces. Les stratifiés obtenus peuvent
comporter des proportions élevées de renfort (jusqu'à 80 % en volume),
permettant donc d'obtenir de hautes caractéristiques mécaniques. L'investissement
en matériel est très important.
Suivant les mouvements relatifs du mandrin et du système d'approvisionne-
ment en renfort, divers types d'enroulements (et par conséquent de stratifications)
sont obtenus. On distingue : l'enroulement circonférentiel, l'enroulement
hélicoïdal, l'enroulement polaire.

3.2.7.2 Enroulement circonférentiel (figure 3.11)


Le bobinage est effectué à 90 ° par rapport à l'axe du mandrin et confère une
résistance tangentielle élevée. Pour obtenir une résistance longitudinale satis-
faisante, il est nécessaire d'intercaler des couches de tissus unidirectionnels dans
le sens axial du mandrin.
Ce type d'enroulement est assez peu utilisé.

tissu
unidirectionnel

mandrin

résine renfort

FIGURE 3.11. Principe de l'enroulement circonférentiel.


60 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

3.2.7.3 Enroulement hélicoïdal


1. Enroulement discontinu
La direction d'enroulement des fils est inclinée par rapport à l'axe du mandrin
d'un angle dont la valeur est déterminée par le mouvement relatif du guide-fils par
rapport à la rotation du mandrin (figure 3.12). La valeur de l'angle est choisie en
fonction du rapport souhaité entre la résistance tangentielle et la résistance
transversale. La nappe de fils est régulièrement répartie et stratifiée sur toute la
surface du mandrin par des mouvements alternatifs du guide-fils parallèlement à
l'axe du mandrin. Ce type d'enroulement donne une grande liberté pour la
disposition angulaire des fils. Il permet en particulier de réaliser des couches
successives avec des angles différents.
Ce procédé d'enroulement a de nombreuses applications pour la fabrication de
pièces de grandes dimensions comme des conteneurs, la fabrication d'enveloppes
de fusées, de torpilles, de tubes de forage pétrolier, de bouteilles de gaz, etc.

2. Enroulement continu
L'enroulement continu (figure 3.13) permet la fabrication industrielle de tubes
et tuyaux hautes performances de divers diamètres et grandes longueurs.

3.2.7.4 Enroulement polaire


L'enroulement polaire permet de fabriquer des pièces à extrémités sphériques
sans discontinuité de l'enroulement (figure 3.14). Dans ce type d'enroulement, le
mandrin doit posséder trois degrés de liberté en rotation, permettant de
commander 3 rotations simultanées ou non.
Cette technologie sert à fabriquer des réservoirs haute pression, des réservoirs
de moteurs de fusée, des équipements spatiaux, etc.

mandrin

bobines de
stratifil

guide-fils

résine

FIGURE 3.12. Principe de l'enroulement hélicoïdal.


3.2 Mise en œuvre des matériaux composites 61

four de polymérisation
renfort

renfort
imprégné

mandrin

FIGURE 3.13. Enroulement hélicoïdal continu.

FIGURE 3.14. Enroulement polaire (Documentation Vetrotex).


62 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

3.2.7.5 Mandrins
Les mandrins pour l'enroulement filamentaire doivent permettre le démoulage.
Ils peuvent être :
— en métal, en bois, etc., monobloc ou en plusieurs éléments démontables;
— en matériau à bas point de fusion ;
— en matériau soluble : par exemple grains de sable agglomérés dans un liant
soluble dans l'eau ;
— en élastomère gonflable.

3.2.7.6 Applications
Les applications de l'enroulement filamentaire ont été dégagées dans les
paragraphes précédents. D'une manière générale, ce processus de mise en œuvre
est utilisé pour fabriquer des pièces ayant une symétrie de révolution : tuyaux,
tubes, réservoirs, bouteilles de gaz, enveloppes cylindriques, etc. Des pièces de
grandes dimensions peuvent être réalisées : conteneurs, silos, etc. Les dimensions
des pièces sont limitées par le type de machine utilisée. L'intérêt de l'enroulement
filamentaire réside également dans la possibilité d'une automatisation assistée par
ordinateur.
Le procédé d'enroulement filamentaire est également applicable à des pièces
sans symétrie de révolution : pales d'hélicoptères et de turbines, réservoirs à
sections rectangulaires, etc.

3.3 UTILISATION DE DEMI-PRODUITS

3.3.1 Introduction
La mise en œuvre de demi-produits (préimprégnés, compounds) fait appel aux
mêmes techniques que le moulage (paragraphe 3.2) à partir de fils ou tissus, dont
l'imprégnation par la résine est effectuée au moment de la mise en œuvre. Nous en
avons séparé la présentation, compte tenu du caractère propre de ces demi-
produits : facilité de manipulation, possibilité d'automatisation avancée des
procédés de mise en œuvre à partir de ces produits, etc. Il est ainsi concevable de
penser que l'utilisation et le développement de préimprégnés et compounds de
divers types, associés à une conception assistée par ordinateur et à une
robotisation, permettront de pénétrer de plus en plus les marchés industriels :
construction automobile, construction navale, armement, etc.

3.3.2 Préimprégnés
3.3.2.1 Principe
Les préimprégnés (en anglais : les “prepregs” de pre-impregnated) sont des
3.3 Utilisation de demi-produits 63

produits vendus sous forme de stratifils, rubans, tissus, etc., imprégnés de résine
généralement dissoute dans un solvant.
Les résines peuvent être phénoliques, des polyesters, des résines époxydes, des
polyimides, etc. Le pourcentage en volume de fibres est élevé (50 à 80 %) de
manière à obtenir des composites à hautes performances mécaniques.
Le stratifil imprégné ou “stratipreg” (désignation de Vetrotex-Saint Gobain
dans le cas de fibres de verre) est principalement destiné à l'enroulement fila-
mentaire. Les tissus imprégnés sont généralement minces (de l'ordre de 1/10 mm),
et par conséquent de faible masse surfacique : 100 à 300 g/m2. Toutefois, pour les
besoins de la construction navale, certains préimprégnés épais ont été mis au point
pour simplifier la mise en œuvre.

3.3.2.2 Élaboration
La fabrication des préimprégnés se fait sur une machine verticale ou hori-
zontale, suivant le schéma de principe de la figure 3.15. Le fil ou tissu est déroulé
à vitesse lente (1 à 10 m/min), et passe dans un bac contenant une résine
d'imprégnation diluée dans un solvant. À la sortie, des racleurs et des rouleaux
essoreurs éliminent l'excès de résine. En effet, nous avons indiqué qu'un des
intérêts des préimprégnés est d'être à faible proportion de résine. Le fil ou tissu
imprégné passe ensuite dans un four, où la plus grande partie du solvant s'évapore,
et où s'amorce un début de polymérisation. A la sortie du four, le préimprégné est
refroidi par ventilation, de manière à stopper la polymérisation qui doit rester
inachevée. Le tissu est ensuite :
— soit enroulé entre deux feuilles de polyéthylène pour être livré en rouleau,
— soit coupé et empilé entre deux feuilles de polyéthylène pour être livré en
plaques.

film de
polyéthylène
four
essorage

tissu

racleur rouleau de
air froid préimprégné
résine
et solvant

FIGURE 3.15. Schéma de principe de l'élaboration d'un préimprégné.


64 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

moule
chauffé

préimprégné

contre-moule
chauffé

FIGURE 3.16. Moulage par compression à partir d'un préimprégné.

3.3.2.3 Intérêt des préimprégnés


Les avantages essentiels des préimprégnés résident dans :
— des performances mécaniques élevées du stratifié obtenu, résultant de la
forte proportion de fibres ;
— une amélioration des conditions de travail et de sécurité, du fait de la
suppression des manipulations de résine et du dégagement de vapeurs
toxiques ;
— une automatisation possible par drapage, à l'aide d'automates ou de robots,
permettant de diminuer les prix de revient des produits finis.

3.3.2.4 Mise en œuvre


Les préimprégnés peuvent être mis en œuvre :
— par compression à chaud, puis cuisson ;
— par moulage sous vide, avec cuisson dans des moules chauffants.
Lors de la mise en œuvre, les préimprégnés doivent être découpés aux
dimensions des pièces à réaliser (figure 3.16). Il en résulte que seules les formes
simples peuvent être réalisées. Après mise en place des préimprégnés dans le
moule, sous l'action de la chaleur, la résine redevient fluide, puis durcit pour
obtenir la pièce finale.

3.3.3 Les compounds de moulage


3.3.3.1 Généralités
Les “compounds” (composés) de moulage sont des demi-produits livrés en
rouleaux ou feuilles d'épaisseur d'environ 3 mm, composés généralement de
3.3 Utilisation de demi-produits 65

SMC-R SMC-D SMC-C

FIGURE 3.17. Différentes distributions des fibres dans les SMC.

résine polyester-fibres de verre, placés entre deux films de polyéthylène. Ils sont
parfois considérés comme des préimprégnés, leur utilisation les différencie
toutefois nettement. Parmi ces compounds, les plus utilisés sont :
— les SMC : Sheet Moulding Compounds,
— les HMC : High Moulding Compounds.
Divers autres types de compounds existent et sont développés pour chaque
utilisation spécifique. Un des intérêts des compounds polyesters réside dans un
temps de polymérisation très court (quelques minutes), d'où la possibilité de les
utiliser dans des productions de grandes séries.

3.3.3.2 Principe
Le SMC est un composé de moulage lamifié (“sheet” signifie “feuille”),
comportant une proportion de fibres assez faible (30 % en masse), et une forte
proportion de charges (50 % en masse) dans la résine. Les fibres peuvent être
(figure 3.17) :
— soit des fibres coupées (généralement 25 à 50 mm), réparties au hasard
dans le plan de la feuille (SMC-R) ;
— soit des fibres coupées unidirectionnelles (SMC-D) ;
— soit des fibres continues unidirectionnelles (SMC-C).
Il existe également des SMC mixtes : par exemple SMC-D/R (fibres coupées
unidirectionnelles et réparties au hasard), SMC-C/R (fibres continues unidi-
rectionnelles et fibres coupées réparties au hasard).
Les fibres peuvent être de diverses natures : verre, carbone, Kevlar, ou mixtes.
En diminuant la proportion des charges dans la résine, il est possible d'augmenter
la proportion de fibres de 30 à 50 % en masse. Le compound est alors appelé
HMC et possède des caractéristiques mécaniques élevées.

3.3.3.3 Élaboration
Le principe d'élaboration des compounds est donné à la figure 3.18 pour les
SMC-R et à la figure 3.19 pour les SMC-D/R. La résine sous forme de pâte est
66 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

stratifil

film de
démoulage
résine

rouleau de
SMC

rouleaux de
film de calandrage
démoulage

FIGURE 3.18. Principe d'élaboration d'un SMC-R.

stratifil
renfort
continu film de
résine démoulage

rouleau de
SMC

rouleaux de
calandrage
film de
démoulage

FIGURE 3.19. Principe d'élaboration d'un SMC-C/R.

véhiculée sur une feuille de polyéthylène. Les fibres sont déposées sur la résine,
puis recouvertes par une deuxième feuille de polyéthylène. L'ensemble passe dans
un système de compactage, pour être ensuite enroulé.
La polymérisation de la résine est retardée par adjonction d'oxyde de
magnésium. Le compound se présente alors sous forme de feuilles molles et
poisseuses.
3.3 Utilisation de demi-produits 67

3.3.3.4 Mise en œuvre


Le moulage est effectué selon les techniques traditionnelles de moulage par
compression (figure 3.20). Des “flans” de compounds sont découpés dans les
feuilles et placés entre le moule et le contre-moule. La forme des flans ne doit pas
nécessairement être adaptée aux dimensions du moule. En effet, à la différence
des préimprégnés, les compounds ont une proportion élevée (50 à 70 % en masse)
de matrice. Lors de la compression à chaud, la matière s'écoule (on dit qu'elle
“flue”), et vient remplir tout le moule. Lors de cet écoulement, il peut y avoir
réorientation des fibres. Le rôle du concepteur sera de rechercher la forme et
l'épaisseur optimales des flans pour obtenir les caractéristiques finales souhaitées
de la pièce après durcissement.
Ainsi les compounds permettent la fabrication de très grandes pièces à formes
éventuellement complexes comportant nervures et bossages à embouti profond,
telles que cabines de camions, de voitures, etc. Le fait de mouler des pièces de
surfaces de plus en plus grandes conduit à utiliser des presses de plus en plus
puissantes.
Les gros tonnages ont d'abord été réalisés dans le domaine de l'électro-
technique (figure 3.21), puis dans celui de l'automobile (par exemple pare-chocs
d'automobiles, capot-moteur d'automobiles, etc.). Les applications des compounds
touchent aujourd'hui tous les secteurs industriels.

moule
chauffé

préimprégné

contre-moule
chauffé

FIGURE 3.20. Moulage par compression à partir d'un compound.


68 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

FIGURE 3.21. Coffret de comptage électrique pour maisons individuelles.

3.4 ARCHITECTURE DES MATÉRIAUX COMPOSITES

3.4.1 Introduction
L'ensemble des procédés de mise en œuvre montre la prépondérance d'une
conception des pièces en matériaux composites :
— par surface: plaques, coques,
— par stratification de couches successives.
3.4 Architecture des matériaux composites 69

Ce concept justifie l'importance qui sera donnée par la suite à l'étude des
matériaux composites considérés sous la forme de plaques ou de coques,
constituées de couches différentes (ou non). Les coques peuvent être modélisées
comme un ensemble de plaques, et leur étude déduite de l'étude des plaques.
L'objet de ce paragraphe est de dégager l'architecture générale des matériaux
composites.

3.4.2 Stratifiés
Les stratifiés sont constitués (figure 3.22) de couches successives (appelées
parfois plis) de renforts (fils, stratifils, mats, tissus, etc.) imprégnés de résines.
Nous examinons les divers types de stratifiés.

3.4.2.1 Stratifiés à base de fils ou de tissus unidirectionnels


Les stratifiés à base de fils ou de tissus unidirectionnels constituent un type de
stratifié de base auquel peut se ramener en théorie tout autre type de stratifié. Ces
stratifiés sont constitués (figure 3.23) de couches de fils ou de tissus unidi-
rectionnels, dont la direction est décalée dans chaque couche.

couches

stratifié

FIGURE 3.22. Constitution d'un stratifié.


70 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

stratifié

45° 30° 90° 90° 45° 0° 45°


z

45°
y
90°

90° x
30°
désignation: 30 / 902 / 45 / 0 / 45

FIGURE 3.23. Désignation d'un stratifié.

La désignation de ces stratifiés est généralement effectuée selon le code


suivant :
1. Chaque couche est désignée par un nombre indiquant la valeur en degrés de
l'angle que fait la direction des fibres avec l'axe x de référence.
2. Les couches successives sont séparées par un / si leurs angles sont
différents.
3. Les couches successives de même orientation sont désignées par un indice
numérique.
4. Les couches sont nommées successivement en allant d'une face à l'autre.
Des crochets (ou parenthèses) indiquent le début et la fin du code.
La désignation dépend du système d'axes choisi. Un exemple est donné à la
figure 3.23.

30° 90° –45° 0° 45°


z

30° 90° 45° 0° –45°

FIGURE 3.24. Convention de signe pour la désignation des stratifiés.


3.4 Architecture des matériaux composites 71

Angles positifs et négatifs


Lorsque des couches sont orientées à des angles égaux en valeurs absolues,
mais de signes opposés, les signes + ou – sont utilisés. La convention pour les
angles positifs ou négatifs dépend du système d'axes choisi : une inversion peut
apparaître suivant le choix effectué (figure 3.24).
Nous donnons ci-après quelques exemples de désignation de stratifiés.

Stratifié Désignation


30 °
– 30 ° [ ± 45 /  30 / 0 ]
– 45 °
45 °

30 °
– 60 °
– 60 ° [ 45 / 0 / – 602 / 30 ]

45 °


– 45 °
– 45 ° [ 452 / – 452 / 0 ]
45 °
45 °


– 45 ° [ ±  ± 45 / 0 ]
45 °
45 ° ou [ 45 / – 452 / 452 / – 45 / 0 ]
– 45 °
– 45 °
45 °
72 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

Stratifiés symétriques
Un stratifié est symétrique si son plan moyen est plan de symétrie. Sa dési-
gnation ne nécessite alors que la moitié des couches successives.
Si le stratifié a un nombre pair de couches, la désignation débute sur une face
pour finir au plan de symétrie. Un indice S indique que le stratifié est symétrique.
Par exemple :
90 °
45 °
45 ° [ 90 / 452 / 0 ]S


45 °
45 °
90 °
Si le stratifié comporte un nombre impair de couches, la désignation est
semblable à la précédente, la couche centrale étant surlignée. Par exemple :
90 °
45 °
45 ° [ 90 / 452 / 0 ]S

45 °
45 °
90 °

Séquences
La répétition de séquences peut être indiquée par un indice indiquant le
nombre de fois où une séquence est successivement répétée. Par exemple :

45 °
90 ° [ (0 / 45 / 90)2 ]S

45 ° ou [ 0 / 45 / 90 ]2S
90 °
90 °
45 °

90 °
45 °

3.4 Architecture des matériaux composites 73


45 °
90 °
0° [(30 / 60)3 (90 / 45 / 0)2]
45 °
90 °
60 °
30 °
60 °
30 °
60 °
30 °

L'alternance [0 / 90]n est souvent désignée par stratifié croisé.

Stratifiés hybrides
Les stratifiés hybrides sont constitués de couches successives comportant des
fibres de natures différentes. Il sera alors nécessaire de les mentionner dans la
désignation. Par exemple, pour des stratifiés avec la même résine :

0° V
45 ° C
– 45 ° C
90 ° C [ 0V / ± 45C / 90C]S
90 ° C
– 45 ° C
45 ° C
0° V

0° K
0° K
45 ° V
90 ° V [ 02C / (45 / 90 )SV / 02K ]
45 ° V
0° C
0° C
avec V : verre, C : carbone, K : Kevlar
74 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

mat

unidirectionnel

FIGURE 3.25. Poutre sollicitée en flexion.

3.4.2.2 Structure générale d'un stratifié


Dans le cas général, le renfort de chaque couche sera de natures diverses : fils,
stratifils, mats, tissus, fibres de verre, fibres de carbone, etc. Chaque couche doit
alors être désignée par l'indication de la nature des fibres, du type de renfort : fils,
mat, tissu avec indication de la proportion de fibres suivant le sens chaîne et
trame.
Le choix de la nature et de la séquence des couches dépendra de l'utilisation du
matériau composite, en l'adaptant au mieux au champ des contraintes imposé :
— les couches unidirectionnelles ont de bonnes performances mécaniques
dans la direction des fibres ;
— les mats sont peu résistants en traction et devront être réservés aux zones
comprimées : par exemple (figure 3.25) couches unidirectionnelles dans la
zone de traction, mat dans la zone de compression d'une poutre sollicitée
en flexion ;
— une stratification croisée sera sensible au délaminage interlaminaire ;
— une stratification avec au moins trois directions de fibres sera nécessaire
pour avoir une pseudo-isotropie dans le plan du stratifié.
Enfin, il est intéressant de noter qu'une stratification symétrique garantira
généralement une bonne planéité du stratifié après démoulage.
Stratifiés hybrides
Les stratifiés hybrides permettent d'être plus performants en utilisant au mieux
les propriétés des diverses fibres disponibles. Parmi les différents hybrides, on
peut distinguer :
— des hybrides intercouches, constitués d'une suite de couches, chacune de
nature différente ;
— des hybrides intracouches, constitués par une séquence de couches
identiques, chaque couche étant constituée de renforts différents ;
— des couches métalliques peuvent également être intercalées entre les
couches.

3.4.3 Composites sandwiches


3.4.3.1 Généralités
Le principe de la technique sandwich consiste à appliquer sur une âme
3.4 Architecture des matériaux composites 75

(constituée d'un matériau ou d'une structure légère possédant de bonnes propriétés


en compression) deux “feuilles”, appelées peaux, possédant de bonnes caracté-
ristiques en traction. L'objectif d'un tel procédé est de constituer une structure
permettant de concilier légèreté et rigidité.
Généralement, le choix des matériaux est fait avec pour objectif initial d'avoir
une masse minimale en tenant compte ensuite des conditions d'utilisation
(conditions thermiques, corrosion, prix, etc.).
Les matériaux les plus couramment utilisés sont :
— pour les âmes pleines (figure 3.26) :
• le balsa ou bois cellulaire ;
• diverses mousses cellulaires ;
• des résines chargées de microsphères creuses de verre, appelées mousses
syntactiques ;
• etc. ;
— pour les âmes creuses (figure 3.27), essentiellement nid d'abeilles et
profilés :
• des alliages métalliques légers ;
• du papier kraft (enduit ou non de résine) ;
• du papier polyamide, type papier Nomex ;
• etc.;
Des âmes mixtes peuvent être utilisées.
Les peaux sont le plus souvent des stratifiés (verre, carbone, Kevlar) ou des
feuilles d'alliages légers.
Pour que les structures sandwiches jouent pleinement leur rôle, il est nécessaire
de veiller à avoir une solidarisation parfaite de l'ensemble âme-peaux, de manière
à répartir les efforts entre âme et peaux. L'assemblage est réalisé par un collage à
l'aide de résines compatibles avec les matériaux en présence.

3.4.4 Autres architectures


Les autres architectures des matériaux composites peuvent être schématique-
ment classées en : plastiques renforcés et composites volumiques.

3.4.4.1 Plastiques renforcés


Ces matériaux sont constitués de résines ou matrices dans lesquelles sont
introduits des renforts de type :
— fibres courtes,
— billes pleines ou billes creuses,
— poudres : métalliques, de graphite.
Les renforts permettent généralement d'augmenter le module d'élasticité d'un
facteur 2 à 5. Le comportement mécanique de ces matériaux peut être homo-
généisé, et son étude est ramenée à celle d'un matériau usuel isotrope.
76 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

stratifiés

âme en
mousse

âme en
balsa

sens du
fil
du balsa
stratifié

FIGURE 3.26. Matériaux sandwiches à âmes pleines.

nid d’abeilles

âme ondulée

FIGURE 3.27. Matériaux sandwiches à âmes creuses.


3.4 Architecture des matériaux composites 77

3.4.4.2 Composites volumiques


Les composites volumiques ont été introduits pour des besoins spécifiques de
l'aéronautique. Ils sont élaborés à partir de tissages volumiques (paragraphe
2.4.4.2). Ces matériaux sont très onéreux. Outre des intérêts spécifiques, ils
permettent d'obtenir des caractéristiques mécaniques très élevées, avec un
comportement sensiblement isotrope en volume.

3.4.5 Conséquences sur l'étude du comportement


mécanique des matériaux composites
L'étude de la mise en œuvre des matériaux composites a montré l'importance
des stratifiés et des matériaux sandwiches. L'architecture de ces matériaux nous
permet maintenant de dégager les grandes lignes de l'étude de leur comportement
mécanique.
Cette étude comportera deux phases :
1. L'étude du comportement mécanique de chaque couche, parfois appelé
comportement micromécanique ou microscopique du matériau composite. Cette
étude est assez souvent désignée par microanalyse du matériau composite.
2. L'étude du comportement global du matériau constitué de plusieurs couches,
et désigné généralement par comportement macroscopique du matériau composite
ou comportement du stratifié.
Ces deux études étant effectuées, le comportement mécanique global d'une
structure en composite sera ensuite analysé en adaptant les outils classiques du
calcul des structures au comportement macroscopique des matériaux composites.
L'analyse des structures simples (poutres et plaques) peut généralement être
abordée par une méthode analytique, alors que l'étude de structures complexes
nécessite l'utilisation de la méthode des éléments finis.
L'analyse du comportement mécanique d'une structure en matériau composite
est schématisée sur la figure 3.28.
78 Chapitre 3 Mise en œuvre et architecture des matériaux composites

stratifié
comportement analyse à l’échelle
du stratifié des constituants
d’une couche

F3

F2
F1

F1 F2 F3
STRUCTURE charges imposées

conditions de déplacement
imposées sur la frontière

Pour caractériser le comportement mécanique de la structure composite


il est nécessaire de connaître le champ des contraintes et celui des déplacements
en tout point de la structure

Processus d’étude

Analyse à l’échelle des Comportement du Analyse de la


constituants d’une couche stratifié ou sandwich structure composite

Analyse à l’échelle des constituants

Analyse des propriétés élastiques et du comportement à la rupture


d’une couche en fonction des constituants

Comportement du stratifié ou sandwich

Étude des propriétés élastiques et du comportement à la rupture


du matériau stratifié ou sandwich en fonction des couches
.

FIGURE 3.28. Schéma d'étude du comportement mécanique d'une structure en matériau


composite.

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