Vous êtes sur la page 1sur 11

Les courbes paramétrées.

Première partie
Les courbes paramétrées en coordonnées
cartésiennes.
1 Généralités sur les fonctions de R dans le plan affine.
1.1 Différents points de vue.
1.1.1 Points mobiles.
Soit P un plan affine muni d’un repère R = (O;~ı, ~). Pour définir une application t 7→ M (t), il faut et il suffit de
définir les fonctions coordonnées de M c’est-à-dire deux applications t 7→ x(t) et t 7→ y(t) d’un intervalle I dans
R telles que pour tout t ∈ I, M (t) ait pour coordonnées (x(t), y(t)).
On dit qu’une application t 7→ M (t) est continue, dérivable, n fois dérivable etc. si et seulement si les fonctions x
et y sont continues, dérivables, n fois dérivables etc.
On appelle point mobile toute application dérivable d’un intervalle I dans P.

1.1.2 Fonctions vectorielles.


Soit E un plan vectoriel muni d’une base B = (~ı, ~). Une application vectorielle t 7→ F ~ (t) à valeurs dans E peut
être définie par ses fonctions coordonnées t 7→ x(t), y 7→ y(t). Comme précédemment, on dira que F~ est continue,
dérivable etc. si et seulement si x et y le sont.
Il y a une correspondance naturelle entre les fonctions ponctuelles et les fonctions vectorielles : si t 7→ M (t) est une
−−−−→ →

fonction ponctuelle alors t 7→ OM (t) est une fonction vectorielle ; inversement si F est une fonction vectorielle


alors t 7→ O + F (t) est une fonction ponctuelle.

1.1.3 Fonctions à valeurs dans R2 .


On peut considérer R2 aussi bien comme espace affine que comme espace vectoriel et ainsi considérer une appli-
cation à valeurs dans R2 aussi bien comme application ponctuelle que comme application vectorielle.

1.1.4 Fonctions à valeurs complexes


Une fonction t 7→ z(t) de variable réelle à valeurs dans C peut être définie par ses fonctions partie réelle t 7→ x(t)
et partie imaginaire t 7→ y(t) de sorte que ∀t ∈ Def(f ), z(t) = x(t) + iy(t).
Là encore, on dira que la fonction z est continue, dérivable... lorsque les fonctions x et y le sont.
Exemple pour z = a + bi, o peut considérert 7→ ezt = eat cos(bt) + ieat sin(bt).

1.2 Dérivation.
1.2.1 Cas d’une fonction vectorielle.

− →
− 1 − → →

Soit F : I → E ; on dit que F est dérivable en t0 ∈ I lorsque la fonction 7→ ( F (t) − F (t0 )) admet
t − t0


→′
− dF
une limite (vectorielle) finie quand t tend vers t0 cette limite est alors notée F (t0 ) ou (t0 ). Si on pose
dt

− 1 − → →
− x(t) − x(t0 ) y(t) − y(t0 )
∀t ∈ I, F (t) = x(t)~ı + y(t)~ alors ∀t 6= t0 ( F (t) − F (t0 )) = ~ı + ~. Il en résulte que
t − t0 t − t0 t − t0

→ →′

F est dérivable en t0 si et seulement si x et y le sont et qu’on a dans ce cas : F (t0 ) = x′ (t0 )~ı + y ′ (t0 )~

Un exemple important :
Le plan vectoriel euclidien est muni d’une base orthonormée directe (~ı, ~).

1
On pose, pour tout réel θ, ~u(θ) = cos(θ)~ı + sin(θ)~ı ; ~u(θ) est donc le vecteur unitaire tel que

~ı,\
~u(θ) ≡ θ [2π]
 π
On vérifie facilement que ~u est dérivable et que ∀θ ∈ R, ~u ′ (θ) = − sin(θ)~ı + cos(θ)~ = ~u θ + .
2
On a, de plus, la propriété importante : (~u(θ), ~u ′ (θ)) est une base orthonormée directe.
Cela nous sera très utile pour l’étude des courbes en coordonnées polaires.

1.2.2 Propriétés des dérivées des fonctions vectorielles.


→ −
− →
Les propriétés suivantes sont valables en tout point où les fonctions considérées sont dérivables. F et G sont des
fonctions vectorielles dérivables, λ et µ désignent des réels et f et g des fonctions dérivables à valeurs réelles.

− →
− →
− →

1. Combinaisons linéaires : (λ F + µ G )′ = λ F ′ + µ G ′

− →
− →

2. Produits : (f F )′ = f ′ F + f F ′
→−
− → → −
− → − →− →
3. Produit scalaire : (l’espace est euclidien). ( F . G )′ = F ′ . G + F . G ′ .



− → ′ F −
− →′
4. Norme : Si F ne s’annule pas alors F = − → . F
F
Remarque : Ces propriétés s’étendent sans difficulté à des fonctions à valeurs dans un espace euclidien ou non
de dimension 3.
Exercice 1
Dérivation de bases orthonormées.
1. En dimension 2.
Soient t 7→ ~u(t) et t 7→ ~v (t) deux fonctions vectorielles dérivables telles que ∀t, (~u(t), ~v (t)) soit une base
d~u d~v
orthonormée (directe). Montrer qu’il existe une fonction ρ telle que = ρ~v et = −ρ~u.
dt dt
2. En dimension 3.
Soient ~u, ~v , w
~ trois fonctions vectorielles dérivables telles que ∀t, (~u(t), ~v (t), w(t))
~ soit une base orthonormée
directe.
d~u d~v dw~
Montrer qu’il existe une fonction vectorielle ~ω telle que = ~ω ∧ ~u, =ω~ ∧ ~v , = ~ω ∧ w.
~
dt dt dt
ω
~ s’appelle le vecteur rotation instantanée.

1.2.3 Dérivée d’une fonction ponctuelle.


Soit t 7→ M (t) une application dérivable d’un intervalle I dans P. Si O est un point fixé quelconque de P, on
−−→
dOM −−→ −−→ −−−→
vérifie que ne dépend pas de O. En effet, si O1 est un autre point alors OM = OO1 + O1 M et comme
dt −−→ −−−→ −−→ −−→
−−→ dOM dO1 M dOM dM
OO1 est constante, sa dérivée est nulle donc = . se note alors . On a, pour tout
−−−−−→ −−−−→ −−− − −−−→ dt dt −−− − −−−dt
→ dt
−−→
OM (t′ ) − OM (t) M (t)M (t′ ) dM M (t)M (t′ )
t ∈ I, ∀t′ 6= t, ′
= ′
d’où = lim .
t −t t −t dt t′ →t t′ − t
−−→
dM
Si M a pour coordonnées (x,y) dans le repère R alors a pour coordonnées (x′ ,y ′ ) dans la base (~ı,~).
dt

1.2.4 Dérivée d’une fonction à valeurs complexes


Pour z = x + iy une fonction complexe dérivable de variable réelle (x et y sont des fonction dérivables réelles de
variable réelle), on pose ∀t, z ′ (t) = x′ (t) + iy ′ (t).
On vérifie les propriétés usuelles :
– Si f : R → C est dérivable et si λ ∈ C alors λf est dérivable et (λf )′ = λf ′ .. Pour le montrer, on pose
f = g + ih, λ = α + iβ et on calcule en séparant les parties réelle et imaginaire. Pas difficile, juste ennuyeux.
– Si f et g sont des fonctions complexes dérivables de variable réelle alors f g est dérivable et (f g)′ = f ′ g + f g′ .
Même méthode que précédemment.

2
1
– Si f est une fonction dérivable complexe de variable réelle ne s’annulant pas, alors est dérivable et
 ′ f
1 f′
= − 2.
f f
1 g h
À faire en exercice en posant f = g + ih, = 2 2
−i 2
h g +h g + h2
Exercice 2
Montrer que la dérivée de t 7→ ezt est t 7→ zezt .
On traitera d’abord le cas où z = bi et on utilisera la dérivée d’un produit.

2 Arcs paramétrés.
2.1 Définition et notations
2.1.1 Définition
On appelle arc paramétré plan toute application d’un intervalle I de R ou d’une réunion finie d’intervalles à valeurs
dans un plan P.

2.1.2 Notations, exemples



x = x(t)
Un arc paramétré est généralement donné par les fonctions coordonnées sous la forme où x et y
y = y(t)
désignent à droite des fonctions de variable réelle et à gauche les coordonnées du point courant M (t) de l’arc γ.

t t2
Exemple : x = , y= 3
t−1 t +1
Exercice 3
Soit f une fonction de la variable réelle et Γf sa courbe représentative. Exprimer Γf sous forme d’un arc paramétré.

2.2 Tangentes.
2.2.1 Définitions.
Vecteurs tangents.
Soit γ : t 7→ M (t) un arc paramétré et défini sur un intervalle I, t0 ∈ I et ~u0 6= ~0. On dit que ~u0 est un vecteur
tangent à γ en M (t0 ) s’il existe une fonction t 7→ ~u(t) définie au voisinage de t0 sauf en t0 , telle que ∀t 6= t0 , ~u(t)
dirige (M (t0 ),M (t)) et lim ~u(t) = ~u0 .
t→t0
Proposition :
Si ~v0 est un (autre) vecteur tangent à γ en M (t0 ), alors ~v0 est colinéaire à ~u0 .

Démonstration :
Soit t 7→ ~v (t) une fonction définie au voisinage de t0 sauf en t0 telle que ∀t 6= t0 , ~v (t) dirige (M (t0 )M (t)).
Il existe une fonction λ telle que ∀t 6= t0 , ~v (t) = λ(t).~u(t). Posons (x(t), y(t)) les coordonnées de ~u(t).
L’une des deux coordonnées de ~u, disons x pour fixer les idées, à une limite non nulle qui est la coordonnée
X(t)
correspondante de ~u0 6= ~0. Notons X(t) l’abscisse de ~v (t) ; alors ∀t au voisinage de t0 , on a : λ(t) = donc λ
x(t)
admet une limite finie λ0 en t0 . On a alors ~v0 = λ0 .~u0 puis, comme ~v0 6= ~0, on a λ0 6= 0 d’où la propriété.

Tangente.
Soit γ un arc paramétré et t0 tel que γ admette en M (t0 ) un vecteur tangent ~u0 6= ~0. On appelle tangente à γ en
M (t0 ) la droite D0 passant par M0 et dirigée par ~u0 .

3
2.2.2 Points réguliers ou singuliers.
−−→
dM
Soit γ : t 7→ M (t) un arc paramétré dérivable. On dit qu’un point M (t0 ) est régulier lorsque (t0 ) 6= ~0. Lorsque
−−→ dt
dM
(t0 ) = ~0, on parle de point singulier.
dt −−→
dM
Remarque : on devrait plutôt parler de valeur singulière pour désigner t0 tel que (t0 ) = ~0.
dt
−−→ −−−−−−−→
dM M (t0 )M (t)
Lorsque M (t0 ) est un point régulier, le vecteur (t0 ) est un vecteur tangent ; en effet, dirige
dt t − t0
−−→
dM
(M (t0 ),M (t)) et admet (t0 ) 6= ~0 pour limite finie non nulle quand t tend vers t0 .
dt
On verra plus tard qu’il existe une formule dite de Taylor-Young qui permet de préciser l’allure de la courbe au
voisinage d’un point où l’on connaı̂t les dérivées successives d’une fonction vectorielle même s’il s’agit d’un point
singulier.

2.3 Tableau de variations.


Dans la plupart des cas, les fonctions coordonnées d’un arc paramétré sont dérivables. On peut donc construire
un tableau des variations conjointes de x et y. Il peut se présenter sous le forme suivante :
t −∞ t1 t2 t3 t4 t5 +∞

x′ (t) + 0 − − 0 + + 0 −
x(t1 ) x(t5 )
x(t) 0 x(t2 ) x(t4 ) 0
x(t3 )
y(t2 ) y(t4 )
y(t) y(t1 ) y(t3 ) y(t5 )
−∞ −∞
y ′ (t) + + 0 − 0 + 0 − −

Selon les cas on a les allures et les sens de parcours suivants :

x croissante, y croissante. x croissante, y décroissante.

x décroissante, y croissante. x et y décroissantes.

4
Exercice 4
Représenter approximativement la courbe dont le tableau est donné plus haut.

3 Branches infinies, points limites.


3.1 Les branches infinies.
3.1.1 Définitions.
On note R l’ensemble R ∪ {−∞,  + ∞}.
x = x(t)
Soit γ un arc paramétré par t ∈ I. Soit t0 ∈ R ; on dit que γ admet une branche infinie quand t tend
y = y(t)
vers t0 lorsque l’une au moins des coordonnées de M (t) tend vers ±∞ quand t tend vers t0 .

3.1.2 Discussion.
1. Si l’une des coordonnées admet une limite finie, par exemple lim x(t) = x0 et lim y(t) = ±∞ alors on dit
t→t0 t→t0
que le droite d’équation x = x0 est asymptote verticale à γ.
Lorsque c’est y qui a une limite finie y0 et x une limite infinie, on parle d’asymptote horizontale d’équation
y = y0 .
On suppose désormais que les deux coordonnées ont des limites infinies.
y
2. On étudie alors le quotient .
x
y
(a) Si lim = 0 alors on dit qu’on a affaire à une branche parabolique horizontale.
t0 x
y
(b) Si lim = ±∞ alors on parle de branche parabolique verticale.
t0 x
y
(c) Si lim = a ∈ R∗ , alors on dit qu’on a affaire à une direction asymptotique de pente a.
t0 x
On doit alors envisager deux cas :
i. y(t) − ax(t) −→ ±∞, alors on dit que l’on a affaire à une branche parabolique oblique de pente a.
t→t0
ii. Si y(t) − ax(t) −→ b ∈ R alors on dit que la droite d’équation y = ax + b est asymptote oblique à
t→t0
γ.
On peut ensuite être amené à étudier la position de la courbe par rapport à ladite asymptote au
moyen du signe de y(t) − a.x(t) − b.

3.2 Points limites.


3.2.1 Définition.

x = x(t)
On dit que M0 : (x0 , y0 ) est un point limite d’un arc γ : I → P défini par , t ∈ I s’il existe
y = y(t)
t0 ∈ R, t0 ∈
/ I tel que lim x(t) = x0 et lim y(t) = y0
t→t0 t→t0

3.2.2 Tangente éventuelle en un point limite.


Pour étudier une éventuelle tangente en un point limite M0 : (x0 , y0 ), on cherche si la pente de la droite
y(t) − y0
(M0 ,M (t)) admet une limite dans R. On forme donc que l’on étudie quand t tend vers t0 .
x(t) − x0

4 Points multiples et éléments de symétrie.


4.1 Points multiples.
4.1.1 Définition.
Soit γ : t 7→ M (t) un arc paramétré. On dit qu’un point M ∈ P est un point multiple de γ s’il existe deux valeurs
distinctes t1 et t2 du paramètre t telles que M (t1 ) = M (t2 ).

5
Pour être tout-à-fait précis, cette définition n’est pas complètement satisfaisante ; par exemple, si la fonction
t 7→ M (t) est périodique, alors tous les points sont multiples mais cela n’apparaı̂t pas sur la courbe. En fait, il
faut exiger que t1 et t2 soient isolés.
Cela signifie qu’il existe α > 0 tel que ]t1 − α, t1 + α[∩]t2 − α, t2 + α[= ∅ et
∀t ∈]t1 − α, t1 + α[, ∀t′ ∈]t2 − α, t2 + α[, M (t) = M (t′ ) ⇔ t = t1 et t′ = t2 .

4.1.2 Et pratiquement ?
 
x = x(t) x(t1 ) = x(t2 )
γ étant donné par , on résout le système : (S ) : t 6= t2 .
y = y(t) y(t1 ) = y(t2 ) 1
Lorsque les fonctions x et y sont des fonctions polynômes ou des fractions rationnelles, il est toujours possible de
mettre (t2 − t1 ) en facteur. Il est ensuite possible de ramener (S) à un système d’inconnues S = t1 + t2 et P = t1 .t2 .
Ayant alors obtenu des valeurs pour S et P , on trouve t1 et t2 comme solutions de t2 − St + P = 0.

4.2 Éléments de symétrie.


4.2.1 Rappels.
On sait que si f est une fonction paire, alors sa courbe représentative admet l’axe (Oy) pour axe de symétrie et
que si f est impaire, alors le point O est centre de symétrie de la courbe représentative.
dans ces deux cas, on restreint l’ensemble d’étude à sa partie incluse dans R+ .
Exercice 5
1. À quelle condition doit satisfaire f pour que sa courbe représentative admette la droite d’équation x = x0
pour axe de symétrie?
2. Même question pour qu’elle admette le point Ω : (a, b) pour centre de symétrie.
3. On suppose qu’il existe deux réels a > 0 et b 6= 0 tels que ∀x, f (x + a) = f (x) + b. Qu’en déduit-on pour la
courbe représentative de f ?

4.2.2 Cas des arcs paramétrés.

Exercice 6
Que peut-on dire d’un arc paramétré γ donné par ses fonctions coordonnées x et y dans les cas suivants :
1. x et y sont paires?
2. x est paire et y est impaire?
3. x est impaire et y est paire?
4. x et y sont impaires?
5. Soit I l’ensemble des paramètres de γ. On suppose qu’il existe une bijection ϕ : I → I telle que ∀t ∈
I, y(ϕ(t)) = x(t) et x(ϕ(t)) = y(t). Quelle symétrie de γ en résulte-t-il?

Seconde partie
Les courbes en coordonnées polaires.
5 Généralités.
On travaille dans un plan affine euclidien P muni d’un repère orthonormé direct R = (O;~ı, ~)

5.1 Rappels.
5.1.1 Coordonnées polaires au sens strict.
On a le théorème suivant :
Pour tout point M ∈ P\{O} de coordonnées (x, y) dans R, il existe un unique réel ρ > 0, il existe θ réel unique

6
−−→
à 2kπ près (k ∈ Z) tel que OM = ρ.~u(θ) où ~u(θ) a été défini en 1.2.1. de la première partie. On dit que θ est une
mesure de l’angle polaire du point M . La demi-droite (O, ~ı) s’appelle l’origine des angles.

On a les formules : x = ρ cos(θ), y = ρ sin(θ).

5.1.2 Coordonnées polaires au sens large.


1. Définition : On dit qu’un couple (ρ, θ) ∈ R2 est une couple de coordonnées polaires d’un point M ∈ P si
−−→
l’on a OM = ρ~u(θ).
2. Relation entre deux couples de coordonnées polaires d’un même point.
Soient (ρ, θ) et (ρ′ ′
−− , θ ) deux couples de coordonnées polaires d’un même point M −.−→
→ p
On a alors OM = (ρ cos(θ)) + (ρ sin(θ)) = |ρ| et aussi, de la même façon, OM = |ρ′ | d’où |ρ| = |ρ′ |.
2 2
On a alors trois cas :
– ρ′ = ρ = 0 ; dans ce cas M = O et θ et θ ′ sont quelconques.
cos(θ ′ ) = cos(θ)


– ρ = ρ 6= 0 alors on a : d’où θ ′ = θ + 2kπ, k ∈ Z.
sin(θ ′ ) = sin(θ)
cos(θ ′ ) = − cos(θ)

– ρ′ = −ρ 6= 0 alors on a : d’où θ ′ = θ + π + 2kπ, k ∈ Z.
sin(θ ′ ) = − sin(θ)
Inversement si deux couples (ρ, θ), (ρ′ , θ ′ ) vérifient l’une des conditions ci-dessus, alors ils définissent le
même point en coordonnées polaires.

En résumé, notons M (ρ, θ) le point de coordonnées polaires généralisées (ρ, θ). On a :

ρ = ρ′ = 0










 ou



2 ′ ′ 2 ′ ′
∀(ρ, θ) ∈ R , ∀(ρ , θ ) ∈ R , M (ρ, θ) = M (ρ , θ ) ⇔ ρ′ = ρ 6= 0 et θ ′ = θ + 2kπ, k ∈ Z




ou








 ′
ρ = −ρ et θ ′ = θ + π + 2kπ, k ∈ Z

5.2 Courbe d’équation polaire r = ρ(θ).


5.2.1 Définition.
Soit ρ une fonction de R dans R. On appelle courbe d’équation polaire r = ρ(θ) l’ensemble des points M ∈ P
admettant un couple de coordonnées polaires généralisées (r, θ) tel que r = ρ(θ).

La courbe d’équation polaire r = ρ(θ) admet la représentation paramétrique :



x(θ) = ρ(θ) cos(θ)
,θ∈R
y(θ) = ρ(θ) sin(θ)

5.2.2 Signe et variations.


Observons que |ρ| = d(OM (θ)). Il en résulte qu’en tournant dans le sens trigonométrique (θ croissant) on a :

ρր ρց

ρ>0 Le point s’éloigne de O Le point se rapproche de O

ρ<0 Le point se rapproche de O Le point s’éloigne de O

7
5.2.3 Éléments de symétrie.
Soit γ une courbe d’équation polaire r = ρ(θ). Selon les propriétés de la fonction ρ, la courbe γ admet certains
éléments de symétrie. On complétera les résultats par des dessins.

1. Si ρ est 2π-périodique, il n’y a pas nécessairement de symétrie mais on obtient la courbe toute entière en
restreignant l’étude à un intervalle de largeur 2π.

2. Si ρ est π-périodique, alors O est centre de symétrie ; en effet :


x(θ + π) = ρ(θ + π) cos(θ + π) = −ρ(θ) cos(θ) = −x(θ) car cos(θ + π) = − cos(θ) et
y(θ + π) = ρ(θ + π) sin(θ + π) = −ρ(θ) sin(θ) = −y(θ) car sin(θ + π) = − sin(θ).

3. Si ∀θ, ρ(θ + π) = −ρ(θ), alors il n’y a pas nécessairement de symétrie mais on obtient la courbe toute entière
en réstreignant l’étude à un intervalle de largeur π. En effet :
x(θ + π) = ρ(θ + π) cos(θ + π) = ρ(θ) cos(θ) = x(θ) et
y(θ + π) = ρ(θ + π) sin(θ + π) = ρ(θ) sin(θ) = y(θ).

4. Si ρ est α-périodique, alors on étudie la courbe pour θ appartenant à un intervalle de largeur α puis on
complète au moyen de rotations d’angle kα, k ∈ Z.

5. Si ρ est paire, alors on restreint l’étude à R+ et on complète par une symétrie d’axe (O,x) .
En effet, dans ce cas, on a x(−θ) = ρ(−θ) cos(−θ) = ρ(θ) cos(θ) = x(θ) et
y(−θ) = ρ(−θ) sin(−θ) = −ρ(θ) sin(θ) = −y(θ).

6. Si ρ est impaire, alors on étudie sur R+ et on complète par une symétrie d’axe (Oy) ; en effet, dans ce cas
x est impaire et y est paire.

Exercice 7
Quelle relation suffit-il à ρ de vérifier pour que la droite d’angle polaire θ0 soit axe de symétrie de la courbe
d’équation polaire r = ρ(θ)?

6 Étude géométrique.
6.1 Tangentes.
6.1.1 Étude dans la base (~u(θ), ~u′ (θ))
On se donne une courbe d’équation polaire r = ρ(θ) où l’on suppose ρ dérivable.
−−−−→
Dérivons OM (θ) = ρ(θ).~u(θ) ; il vient :
−−→
dM
= ρ′ .~u + ρ.~u ′

8
2,4

1,6

ρ ' u
1,2

0,8

0,4

-0,4 0 0,4 0,8 1,2 1,6 2 2,4 2,8 3,2 3,6 4

Il résulte du calcul précédent qu’un point est singulier si et seulement si ρ = ρ′ = 0.

6.1.2 Angle V .
\ −−→
dM
Définition : On note V l’angle ~u, .
−−→ dθ
dM
Des coordonnées de dans (~u, ~u ′ ) on déduit, lorsque ρ′ 6= 0 que :

ρ
tan(V ) =
ρ′

Pour un point régulier tel que ρ′ = 0 (donc ρ 6= 0) la tangente est dirigée par ~u ′ . On retiendra en particulier que
−−→
si le rayon est extrémal, alors la tangente est est orthogonale à OM ce qui, somme-toute, est assez intuitif.

6.1.3 Cas d’un rayon extrémal.


Il résulte de l’étude précédente que lorsque le rayon est extrémal et non nul et plus généralement lorsque ρ′ = 0
avec ρ 6= 0, la tangente est orthogonale au rayon.

6.1.4 Tangentes à l’origine.


On suppose que ρ s’annule en θ0 mais pas au voisinage de θ0 alors ∀θ 6= θ0 , (M (θ0 )M (θ)) = (O,M (θ)) est dirigée
par ~u(θ) et l’on a lim ~u(θ) = ~u(θ0 ) 6= ~0. Il en résulte qu’on a une tangente à l’origine dirigée par ~u(θ0 ).
θ→θ0
On retiendra que, pour une courbe d’équation polaire r = ρ(θ), si le rayon s’annule pour une valeur (isolée) θ0 ,
alors la tangente correspondante est dirigée par ~u(θ0 ).

Exercice 8
Étudier l’allure de la courbe au voisinage de l’origine selon les cas où le rayon change ou non de signe.

6.1.5 Tangentes horizontales ou verticales.


π
Lorsque ρ(θ) = 0, la tangente n’est horizontale que si θ ≡ 0 [π] et verticale que si θ ≡ [π].
2
Pour les autre cas (ρ(θ) 6= 0) on revient en coordonnées cartésiennes : x = ρ(θ) cos(θ), y = ρ(θ) sin(θ). Comme ces
points sont alors réguliers, x′ et y ′ ne peuvent s’annuler simultanément ; on trouve donc les tangentes horizontales
en résolvant y ′ (θ) = 0 et les verticales pour x′ (θ) = 0.

9
6.2 Branches infinies.
Le programme n’envisage que les branches infinies verticales ou horizontales.

6.2.1 Les branches horizontales.


On a une branche infinie horizontale lorsque ρ(θ) −→ ±∞ pour θ0 ∈ πZ.
θ→θ0
On a alors lim ρ(θ) cos(θ) = ±1 × ±∞ selon que k est pair ou impair. D’après l’étude générale des branches
θ→θ0
infinies des courbes paramétrées, on est amené à étudier ρ(θ) sin(θ).
– Si ρ(θ) sin(θ) −→ y0 alors la droite horizontale d’équation y = y0 est asymptote à γ.
θ→θ0
y(θ)
– Si ρ(θ) sin(θ) −→ ±∞, comme on a lim = lim tan(θ) = 0, on conclut que γ admet une branche
θ→θ0 θ→θ0 x(θ) θ→θ0
parabolique horizontale.

6.2.2 Les branches verticales.


π
C’est le cas où ρ(θ) −→ ±∞ pour θ0 ≡ [π]. L’étude est analogue au cas précédent :
θ→θ0 2
– Si ρ(θ) cos(θ) −→ x0 alors la droite d’équation x = x0 est asymptote verticale à γ.
θ→θ0
– Si ρ(θ) cos(θ) −→ ±∞ alors γ admet une branche parabolique verticale.
θ→θ0

6.2.3 Branche infinie dans une direction θ0


Voir exercice 24 dans la feuille.

6.2.4 Branches spirales et point limite.


Lorsque lim ρ(θ) = ±∞, on dit que la courbe admet une branche infinie spirale.
θ→±∞
Lorsque lim ρ(θ) = 0, l’origine est un point limite vers lequel la courbe converge en spirale. On ne peut pas,
θ→±∞
dans ce cas, prolonger la courbe et il n’y a pas de tangente au point limite.

6.3 Étude des courbes en polaires.


6.3.1 Signe et variations du rayon.
Les arcs définis par une équation polaire sont orientés dans le sens des θ croissant c’est-à-dire qu’on tourne autour
de l’origine dans le sens trigonométrique. Lorsque le rayon est une fonction croissante positive, le point s’éloigne
de l’origine.

Exercice 9
Représenter les différentes situations :
1. ρ croissante positive,
2. ρ croissante négative,
3. ρ décroissante positive,
4. ρ décroissante négative.

Il résulte de ce qui précède que, lors de l’étude d’une courbe en polaires, il faut IMPÉRATIVEMENT mentionner
le signe du rayon sur son tableau de variations. Au passage, on trouve les valeurs des angles pour lesquelles le
rayon s’annule.

10
6.3.2 Points multiples.
D’après l’étude faite en 5.1.2, une courbe d’équation polaire r = ρ(θ) admet des points multiples si et seulement
si l’on est dans un des trois cas suivants :
– ρ(θ ′ ) = ρ(θ) = 0, θ ′ 6= θ
– ρ(θ + 2kπ) = ρ(θ) 6= 0, k ∈ Z∗ ,
– ρ(θ + π + 2kπ) = −ρ(θ) 6= 0, k ∈ Z

6.3.3 Pratique des courbes en polaires.


1. Réduction de l’intervalle d’étude et recherche des symétries.
2. Etude des variations et du signe de ρ.
3. Recherche d’éventuels points remarquables. Parmi les points remarquables, il y a (liste non exhaustive) :
– L’origine (quand le rayon s’annule),
– les points où le rayon est extrémal,
– les points où la tangente est horizontale ou verticale
– les points multiples (à réserver pour la fin si nécessaire).
4. Recherche et étude d’éventuelles branches infinies.
5. Représentation où l’on inclura les éléments remarquables.

11