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Module: Anatomie et physiologie de l’appareil phonatoire

Licence 2

Enseignant: Y. BEN YAHIA

Bibliographie:
David MCARLAND: l’anatomie en orthophonie Ed Masson

P. Vincent: le corps humain Ed Vuibert

J.M Bourcery, N H Jacob: Atlas of human anatomy and surcery. Ed Taschen

Richard L drak & all : Gray’s Anatomie pour les etudiants Ed elsevier

Netter F.H : Atlas d’anatomie humaine Ed Masson 2009

Stéphane de CORBIERE Elisabeth FRESNEL : LA VOIX : LA CORDE VOCALE ET SA


PATHOLOGIE
Introduction
Chez les mamifères une partie des voies respiratroires s’est modifiée pour permettre
l’émission volontaire des sons. Chez l’homme, cette région spécialisée est située
immédiatement sous la glotte ; c’est le larunx, protégé par le cartilage thyroïde, qui l’encercle
presque complétement et sous lequel se trouve un second anneau cartilagineux , le cartilage
cricoïde.

La glotte est traversé, d’avant en arriere, par deux bourrlets musculaires quasi horizontaux, les
cordes vocales. Vers l’avant, les cordes vocales s’attachennt toutes deux au point central du
cartilage thyroïde ; à l’arriére elles sont séparées et vont se fixer chacune à un petit cartilage
appelé arythénoïde. Cet ensemble des cordes vocales et des cartilages constitues le larynx,
qui est l’organe de la phonation (ou émission de sons articulés).

I- LE LARYNX
Le larynx est une structure musculoligamentaire creuse renforcée par une armature
cartilagineuse, qui constitue la portion initiale de l'appareil respiratoire.

Il assure trois fonctions biologiques primaires. En premier lieu, il empêche les objets étrangers
de pénétrer dans les voies respiratoires. Il permet également de bloquer l’air dans les poumons
afin de stabiliser le torse pendant un effort physique important. Finalement, il modifie la
résistance des voies respiratoires pendant la respiration au repos et favorise ainsi un échange
gazeaux maximal.

1- Situation :

Le larynx a une longueur approximative de 5 cm. Il s’étend de 3 e ou 4e vertebre cervicale


jusqu’à la 6e. La cavité du larynx est en continuité à sa partie inférieure avec la trachée,
et s'ouvre dans sa partie supérieure dans le pharynx, immédiatement en arrière et
légèrement en dessous de la langue et de l'ouverture postérieure de la cavité orale (isthme du
gosier) .

2- Composition :

Le larynx se compose de :

 trois grands cartilages impairs (cricoïde, thyroïde et épiglotte) ;


 trois paires de pelits cartilages (aryténoïdes, corniculés et cunéiformes);
 une membrane fibroélastique et plusieurs muscles intrinsèques.

3- Cartilages du larynx

a- Cartilage thyroïde

 il est situé au-dessus du cartilage cricoïde et l’entoure en partie


 il est composé de deux lames recourbées formant un dièdre, l’angle est plus ouvert
chez la femme que chez l’homme.
 les lames latérales sont des quadrélatères. La fusions incomplètes des quadrélatères
supérieurs crée une depression que l’on peut palper (la pomme d’adam)
 ce cartilage se calcifie partiellement chez l’adulte.
 il y a deux paires de « cornes » les deux cornes supérieures, qui sont plus longues,
s’articulent avec l’os hyoïde alors que les deux corns inférieures s’articulent avec le
cartilage cricoïde.

b- Le cartilage cricoïde :

 Situé juste au-dessus de l’anneau trachéal supérieur


 Il forme la portion inférieure du larynx
 Il forme un anneau complet
- en avant faible hauteur = arc
- en arrière plus haut = chaton de la bague ou lame postérieure
 Il a deux paires de fossettes articulaires
- une pour les cartilages aryténoïdes, qui est située en arrière, au bord
supérieur, les articulations entre le crtilage cricoïde et les cartilages
arythénoïdes sont les articulations crico-arythénoïdes,
-une pour les cornes inférieures du cartilage thyroïde, qui est située sur les
faces latérales du cartilage cricoïde. Elle permet un mouvement entre le
cartilage cricoïde et le cartilage thyroïde pour ajuster la longueur et la tension
des plis vocaux.

c- Les cartilages aryténoïdes

De forme pyramidale, les deux cartilages aryténoïdes reposent au-dessus des parties latérales
du cartilage cricoïde. Chaque cartilage présente à décrire une base qui se prolonge
latéralement par l’apophyse musculaire et vocale ; et trois faces : interne, antéro-externe et
postérieure.

d- Autres cartilages accessoires :

· Deux cartilages corniculés de Santorini : sont deux petits noyaux cartilagineux de forme
conique qui surmontent le sommet des aryténoïdes. Ils sont légèrement incurvés en arrière et
en dedans en forme de crochet.

· Deux cartilages cunéiformes de Wrisberg : Inconstants, de très petites dimensions, ils ont
l'aspect d'un nodule enchâssé dans les replis aryténo-épiglottiques, en avant et en dehors des
cartilages corniculés.

· Deux cartilages sésamoides antérieurs: au niveau les ligaments thyroaryténoidiens


Inférieurs.
4- Articulation, ligaments et membranes du larynx :

a- Articulations intrinsèques du larynx :

On distingue deux articulations principales:

 Articulation crico-aryténoïdienne: Unit la base de l’aryténoïde au bord supérieur du


cricoïde, elle a une capsule lâche et mince, renforcée par le ligament crico-
aryténoidien postérieur. Elles permettent des mouvements de translation frontale
(rapproche ou écarte les aryténoïdes) et des mouvements de rotation latérale ou
médiale (rapproche ou écarte les processus vocaux).
 Articulation crico-thyroïdienne : Moins importantes sur le plan fonctionnel que les
précédentes, les articulations crico-thyroïdiennes jouent néanmoins un rôle non
négligeable dans la modulation de la voix en permettant l’élongation des cordes
vocales.

b- Membranes et ligaments :

Les différentes pièces cartilagineuses du larynx sont unies par des membranes renforcées
éventuellement par des ligaments :

 Intrinsèques : La membrane crico-thyroidienne, le ligament thyro-épiglottique, le


ligament jugal, la membrane élastique: comprenant les ligaments thyro-
aryténoïdiens supérieurs et inférieurs, ainsi que les ligaments thyro- épiglottiques.
 Extrinsèques : La membrane thyro-hyoidienne, la membrane cricotrachéale, la
membrane hyo-épiglottique, les ligaments pharyngo-épiglottiques.

5- Les muscles du larynx :

Il existe deux sortes de muscles : les muscles extrinsèques, qui vont du larynx aux organes de
voisinage, ils sont élévateurs ou abaisseurs du larynx, et les muscles intrinsèques. Seul ce
dernier groupe sera décrit ici.

Ces muscles se répartissent en trois groupes en fonction de leur action sur les cordes vocales :

 Les muscles tenseurs : les muscles crico-thyroïdiens


 les muscles dilatateurs ou abducteurs : les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs
 Les constricteurs ou adducteurs : les muscles crico-aryténoïdiens latéraux, thyro-
aryténoïdiens inférieurs et supérieurs, interaryténoïdien.

Tous ces muscles sont pairs sauf l’inter-aryténoïdien qui est impair et médian.
6- Vascularisation du larynx :

Elle est assurée par trois pédicules :

 Artère laryngée supérieure : provient de l’artère thyroidienne supérieure, branche de la


carotide externe. Elle perfore la membrane hyo-thyroidienne et vascularise l’étage
supra- glottique.
 Artère laryngée inférieure ou crico-thyroidienne: branche de l'artère thyroïdienne
supérieure. Elle pénètre le larynx par la membrane cicothyroïdienne et se distribue à la
partie antérieure de l’étage sous-glottique.
 Artère laryngée postérieure : branche de l’artère thyroidienne inférieure. Elle monte
verticalement à côté du nerf réccurent dans l’angle trachéooesophagien et vascularise
la muqueuse laryngée postérieure. Se termine en s’anastomosant avec l’artère
laryngée supérieure.

7- Innervation du larynx :

L’innervation du larynx est assurée par les nerfs laryngés supérieur et inférieur, branches du
nerf vague ou pneumogastrique, dixième paire des nerfs crâniens.

 Nerf laryngé supérieur : C’est un nerf mixte assurant essentiellement un rôle


sensitif. Il provient du nerf vague au-dessous du ganglion plexiforme, se dirige
obliquement en bas et en avant pour se terminer un peu en arrière de la grande corne
de l’os hyoïde en donnant deux branches :
 Nerf laryngé interne : perfore la membrane thyro-hyoïdienne et donne
l’innervation sensitive de la muqueuse supérieure du larynx, de la partie
adjacente du pharynx et de la base de la langue.
 Nerf laryngé externe : innerve le muscle crico-thyroïdien, puis perfore la
membrane crico-thyroïdienne et donne l’innervation sensitive des étages
moyen et inférieur du larynx et assure le tonus des muscles du larynx.
 Nerf laryngé inférieur ou récurrent : Branche du nerf vague, son origine est
différente à droite et à gauche. Le nerf récurrent nait à gauche sous la crosse de
l’aorte, et à droite sous l’artère sub-clavière droite. Il s’engage dans le larynx en
passant sous le muscle constricteur inférieur et donne plusieurs branches : des
branches motrices pour tous les muscles du larynx sauf le crico-thyroidien ; une
branche ascendante sensitive, s’anastomosant avec la branche du laryngé supérieur
pour former l’anse de Galie.

Planche d’anatomie voir annexe


II) Les cordes vocale (les plis vocaux)
Les cordes vocales au nombre de deux constituent l’élément essentiel du larynx.Les fonctions
sphinctériennes laryngées (respiratoires et phonatoires) dépendent de l’aspect et de l’état de
ces deux éléments.

La corde vocale va d’avant en arrière de l’angle rentrant du cartilage thyroïde ou commissure


antérieure, située en avant de l’organe laryngé jusqu’à la base du cartilage aryténoïdien en
arrière ou apophyse vocale.

Leur dimension est variable surtout en fonction du sexe puisqu’elle est estimée à 22 mm chez
l’homme et 18 à 20 mm chez la femme.

Leur situation est considérée à 8 mm du bord inférieur du cartilage thyroïde.

Les cordes vocales contiennent différents éléments anatomiques (muqueuse, muscles,


cartilage).

1- La muqueuse :

La muqueuse de la corde vocale est constituée d’un épithélium pavimenteux stratifié, reposant
sur un chorion. Selon les auteurs, l’importance de cet épithélium est variable mais il semble
dans tous les cas recouvrir sur toute sa longueur la corde vocale, du bord libre jusqu’au
plancher du ventricule.

• Epithélium :

Il présente 3 couches :

– Superficielle : constituée de plusieurs couches cellulaires avec des cellules aplaties.

– Epineuse : épaisse avec plusieurs couches cellulaires mais variable en fonction des papilles
dermiques.

– Basale : Cette couche repose sur la membrane basale. Les cellules sont cylindriques.

La structure épithéliale de la muqueuse de la corde vocale est différente de l’épithélium cilié


pseudo-stratifié respiratoire constituant l’ensemble de l’arbre aérien dont le larynx.

Le chorion est riche en fibres élastiques et constitué surtout de faisceaux ondulés parallèles.
Ces faisceaux constituant le ligament vocal.

• Espace de Reinke :

Il est très important de préciser à ce niveau qu’il existe un espace virtuel ou espace de Reinke
situé entre le ligament vocal et la muqueuse. C’est dans cet espace ou plan de clivage que
peuvent se trouver un bon nombre de pathologies.
Si les limites de l’espace de Reinke sont variables, il est avasculaire et joue un rôle
physiologique essentiel dans les mécanismes vibratoires et de glissement de la muqueuse
cordale.

2- L’apophyse vocale ou élément cartilagineux :

Il s’agit d’un squelette cartilagineux, l’apophyse constituant le tiers antéro-interne de la base


du cartilage aryténoïdien. Ces différentes faces sont variables. La face interne est dépourvue
d’insertion musculaire ou ligamenteuse et recouverte simplement de muqueuse. Par contre,
son extrémité antérieure ainsi que sa face antéro-externe donnent lieu à l’insertion de ligament
thyro-aryténoïdien inférieur ou ligament vocal.

3- Le ligament vocal :

Il s’agit du ligament thyro-aryténoïdien inférieur. Il est donc en position horizontale, double, à


droite et à gauche, situé en avant dans l’angle rentrant du cartilage thyroïde en contact avec le
ligament controlatéral, juste au-dessous de l’insertion du ligament thyro-épiglottique. En
arrière, ce ligament vocal passe sur l’extrémité antérieure de l’apophyse vocale. Le ligament
vocal est un élément essentiel dans la dynamique du sphincter laryngé.

4- Les muscles :

• Le muscle vocal : il est aussi appelé le muscle thyro-aryténoïdien interne situé dans
l’épaisseur de la corde vocale. Il donne l’aspect volumétrique de la corde vocale.

• Le muscle crico-thyroïdien : Il est constitué de deux faisceaux l’un droit et l’autre oblique,
c’est le muscle tenseur des cordes vocales par des mouvements de bascule en arrière et en bas
du chaton crico-thyroïdien ainsi que des cartilages thyroïdes. Ce mouvement de bascule des
cartilages aryténoïdes entraîne la tension des cordes vocales.

5- Vascularisation des cordes vocales :

Les faces inférieures des cordes vocales sont mieux irriguées que les faces supérieures. La
vascularisation des cordes vocales dépend de l’arcade artérielle profonde du larynx (Guerrier).
Cette arcade est située sous la muqueuse de la corde vocale, c’est-à-dire entre muqueuse et
muscle vocal.

6- Innervation périphérique des cordes vocales :

Elle est de trois ordres : sympathique, sensitive, motrice.

 L’innervation sympathique : Elle suit la vascularisation artérielle issue du plexus


laryngé.
 L’innervation sensitive : Elle est assurée par le nerf laryngé supérieur. Il faut noter
que les récepteurs sensitifs sont très nombreux et surtout responsables d’une grande
sensibilité (spasme glottique) de la muqueuse laryngée.
 L’innervation motrice : Elle dépend du nerf récurrent pour le muscle vocal et du
nerf laryngé externe, branche du nerf laryngé supérieur, pour le muscle crico-
thyroïdien.

III- LA PHONATION :
Lors de la respiration calme, qui est un phénomène automatique et passif, les cordes vocales
sont ouvertes.

Lors de l‘émission vocale, qui se produit sur la phase d’expiration, les cordes vocales vont
d‘abord se rapprocher en position de fermeture, grâce aux cartilages aryténoïdes.

La pression de la colonne d‘air expiratoire (pression sous glottique) se heurte à un obstacle


(fermeture des cordes). Elle va augmenter et contraindre les bords libres des cordes à s‘écarter
légèrement, laissant passer une petite quantité d‘air ou puff.

Ce puff d‘air aussitôt libéré, les bords libres vont à nouveau se rapprocher, à la fois :

– sous l’action de la diminution de la pression sous glottique,


– par effet Bernouilli (effet de rétro-aspiration de la muqueuse cordale)
– et grâce à l’élasticité propre des cordes vocales.

Le phénomène va se reproduire de façon périodique car la pression sous glottique augmente à


nouveau, les cordes étant refermées, créant ainsi une nouvelle vibration.

L‘énergie aérienne se transforme en énergie acoustique .

Les puffs d’air libérés successivement vont créér le son laryngé, assimilé à une impulsion
acoustique, qui a une structure discontinue. Son rythme détermine la fréquence de la voix, son
amplitude l’intensité, sa forme le timbre.

Ces petits mouvements très rapides de fermeture ouverture des cordes vocales représentent la
fréquence fondamentale de la voix (nombre de vibrationpar seconde exprimé en Hertz).

En plus de ces mouvements d’ouverture fermeture, la muqueuse cordale va être soulevée par
le passage de l’air et onduler, en glissant sur le ligament sous jacent.

La vibration des cordes vocales est représentée par ce double phénomène :

a- l‘écartement et le rapprochement des bords libres des cordes vocales ou amplitude


vibratoire,

b- l‘ondulation de la muqueuse.

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