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Les Fichiers YDMAJ HEC Abidjan

LES FLUX DE TRESORERIE

Les flux de trésorerie sont l’alpha et l’oméga de la finance. Ne dit-on pas « Cash is king ? » Un
titre financier quel qu’il soit, une entreprise, s’évalueront à partir des flux de trésorerie auxquels
ils donnent droit ou qu’ils dégagent. De la même façon, une entreprise qui dégage suffisamment
de flux de trésorerie n’aura pas de problème pour financer son développement et échapper à la
faillite.

Commençons donc notre compréhension de l’entreprise par l’analyse de ces flux de


trésorerie.
Considérons, à titre d’exemple, le relevé bancaire que reçoit une entreprise. Ce document se
présente comme une suite de lignes comptables enregistrant les différentes sorties et entrées
d’argent à des dates précises, et mentionnant la nature de l’opération bancaire (remise de
chèques par exemple).

Le financier d’entreprise reclasse ces flux par nature, afin d’aboutir à un document de trésorerie
permettant :

 soit d’analyser l’évolution passée de la trésorerie (on l’appellera alors tableau des flux
de trésorerie ou encore tableau de flux ou tableau de financement) ;

 soit de prévoir l’évolution future de celle-ci sur une période plus ou moins longue (on
l’appellera alors budget de trésorerie ou plan de financement).

En fait, les flux de trésorerie se rattachent aux processus suivants :

 les processus qui caractérisent l’activité économique de l’entreprise :


 le cycle d’exploitation ;
 le cycle d’investissement ;
 les processus relatifs aux ressources financières qui en sont la contrepartie :
 le processus d’endettement ;
 le processus des capitaux propres.

LES CYCLES ECONOMIQUES (D'EXPLOITATION ET D'INVESTISSEMENT)

L’importance du cycle d'exploitation

Prenons l’exemple d’un marchand de primeurs qui « fait sa caisse » le soir. Que constate-t-il ?
D’abord, des dépenses liées aux achats qu’il a effectués le matin chez son grossiste et qu’il a
payés comptant. Puis des recettes liées aux ventes de ses fruits et légumes dans la journée,
réglées également comptant.

Supposons que le commerçant ait vendu tout ce qu’il a acheté le matin, en prélevant une marge.
Le solde des dépenses et des recettes de la journée fait donc apparaître un excédent de trésorerie.
Toutefois, la réalité est bien souvent plus compliquée. Il est rare que les produits achetés le
matin soient vendus le soir, surtout si l’entreprise a une activité de transformation.
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En effet, l’entreprise transforme des matières premières suivant un cycle de production plus ou
moins long : il y a donc un décalage entre les achats de matières premières et la vente des
produits finis correspondants. Pour chaque activité le cycle d’exploitation est différent et
généralement, plus le produit est complexe, plus le cycle d’exploitation est long.
À ce premier décalage vient s’en ajouter un second : les entreprises achètent et vendent rarement
comptant. Leurs fournisseurs leur accordent des délais de paiement, et elles-mêmes en
accordent à leurs clients. L’argent reçu dans la journée ne correspond donc pas nécessairement
aux ventes de la journée.

Du fait du crédit client, du crédit fournisseur et des délais de fabrication et de


commercialisation, le cycle d’exploitation de toute entreprise s’étend sur une période plus ou
moins longue, conduisant à un décalage entre les dépenses nécessaires à l’exploitation et les
recettes d’exploitation correspondantes.

Toute activité a un cycle d’exploitation propre plus ou moins long qui, en termes de trésorerie,
se traduit par des flux positifs ou négatifs à des moments différents. Les dépenses et les recettes
d’exploitation correspondant à des cycles différents sont regroupées par période : le mois,
l’année... Le solde de ces flux est l’excédent de trésorerie d’exploitation (ETE). Il traduit les
flux de trésorerie dégagés par l’exploitation pendant une période.

Il va de soi que, sauf décalage particulièrement important dû à des occasions exceptionnelles


(commencement d’activité, très forte croissance, amplitude saisonnière très forte), le solde des
recettes et des dépenses d’exploitation doit être positif.

LES DEPENSES D'INVESTISSEMENT ET LES DEPENSES D'EXPLOITATION

Quelle différence y a-t-il du seul point de vue de la trésorerie entre une dépense dite d’«
investissement » et les dépenses d’exploitation ?
La dépense d’investissement paraît être un préalable. Cette dépense correspond à une nouvelle activité
dont on ne connaît pas l’issue. Elle paraît plus risquée, et n’a d’intérêt que si, au total, le commerçant
dégage un excédent de trésorerie d’exploitation supérieur. Enfin, même si les progrès technologiques
nous obligent à investir continuellement, les dépenses d’investissement sont faites dans une
perspective de long terme et concernent plusieurs cycles d’exploitation.

Ainsi se justifie la distinction, en termes de trésorerie, entre les dépenses d’exploitation et les
dépenses d’investissement.

Dans une optique de trésorerie, l’investissement est une dépense devant dégager ultérieurement
un excédent de trésorerie d’exploitation supérieur ; de telle sorte qu’au total, l’individu sera
satisfait d’avoir renoncé à une consommation immédiate.
C’est la définition de la rentabilité de tout investissement (économique ou financier) en termes
de flux de trésorerie.

Le cycle d’investissement apparaît donc caractérisé, tout comme le cycle d’exploitation, par
une suite de dépenses et de recettes, et diffère essentiellement de celui-ci par sa durée beaucoup
plus longue.
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Les dépenses d’investissement ont pour but de modifier le cycle d’exploitation : faire croître les flux qu’il
dégage, l’améliorer, etc.

LES RESSOURCES FINANCIERES

Les cycles d’exploitation et d’investissement impliquent un décalage des flux de trésorerie. Il


faut le plus souvent payer les ouvriers et les fournisseurs avant que les clients ne paient ; il faut
réaliser l’investissement avant d’en récolter les fruits. Naturellement, ces décalages génèrent
des déficits de trésorerie qui doivent être comblés. C’est le rôle des ressources financières.
Ces ressources financières ne sont pas accordées par des investisseurs sans contrepartie. Dans
la mesure où les investisseurs financiers ont permis l’investissement et l’exploitation, ils
entendent bien recevoir, sous différentes formes, leur quote-part de l’excédent de trésorerie
dégagé par ces cycles.

Le cycle du financement est donc le « négatif », au sens photographique du terme, des cycles
d’investissement et d’exploitation.
Les déficits de trésorerie peuvent être financés par des capitaux qui courent le risque de
l’entreprise ; ce sont les capitaux propres. Ces ressources sont la pierre angulaire de tout le
système financier et leur importance conduit à ce que les actionnaires qui les apportent aient le
pouvoir de décision et de contrôle de l’entreprise. En termes de trésorerie, le cycle des capitaux
propres se traduit par le produit d’augmentations de capital et le décaissement des dividendes
décidés par les actionnaires.
Mais l’entreprise peut, pour combler une impasse de trésorerie, faire appel à des prêteurs et non
à des actionnaires. Le banquier ne prêtera qu’après avoir bien analysé la situation financière de
l’entreprise, il tient à être sûr d’être remboursé, il ne veut pas prendre le risque économique que
court l’entreprise. Ces impasses de trésorerie peuvent être à moyen terme, à long terme, voire
permanentes mais conceptuellement les prêteurs ne supportent pas le risque économique : les
capitaux correspondants constituent les ressources d’emprunt.
Le cycle des ressources d’emprunt est le suivant : l’entreprise contracte un emprunt en
contrepartie duquel elle s’engage à payer des flux de remboursement et des flux de
rémunération indépendants de l’évolution de l’exploitation et de l’investissement (les intérêts).
Ce sont donc des engagements fermes qui permettent au prêteur d’être assuré de retrouver ses
fonds... pour autant que les engagements soient tenus. Cette définition s’applique à la fois :

 au financement du cycle d’investissement, dans le cadre duquel l’augmentation des


recettes nettes futures doit assurer le remboursement et la rémunération des emprunts
contractés ;
 au financement du cycle d’exploitation, dans le cadre duquel le crédit permet d’anticiper
certaines recettes ou de différer certaines dépenses.

Dans la mesure où l’univers n’est pas certain, il est possible de distinguer :


• les ressources dont le seul engagement est de faire profiter intégralement les
pourvoyeurs de fonds du succès des activités de l’entreprise. Ce sont les capitaux propres ;
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• les ressources dont les flux de remboursement et de rémunération sont prévus


contractuellement et indépendamment du succès ou de l’échec des activités de l’entreprise : ce
sont les capitaux d’emprunt.

Le risque encouru par le prêteur est que cet engagement ne soit pas tenu. Conceptuellement,
l’endettement peut donc être considéré comme une avance sur des flux de trésorerie futurs
secrétés par les investissements réalisés et qui est garantie par les capitaux propres de
l’entreprise.

Par ailleurs, il peut aussi arriver à un moment donné que l’entreprise ait un excédent de capitaux
par rapport à ses besoins. Les fonds sont alors placés avec la double préoccupation de pouvoir
céder les placements très rapidement et sans risque de perte de valeur.
Les placements financiers constituent l’opposé de l’endettement. Un trésorier est souvent
amené, en bonne gestion, à s’endetter et au même moment à placer des fonds sans pour autant
spéculer. L’endettement et le placement ne doivent donc pas être considérés indépendamment
l’un de l’autre, mais comme intrinsèquement liés, et nous suggérons au lecteur de raisonner en
endettement net des placements financiers et en charges financières nettes des produits
financiers.
On obtient ainsi le tableau de flux suivant, dont le solde traduit le désendettement net de
l’entreprise à l’issue d’une période :

Recettes d'exploitation
- Dépenses d'exploitation
= Excédent de trésorerie d'exploitation (ETE)
- Investissements
+ Cessions d'actifs
= Flux de trésorerie disponible avant impôt
- Charges financières nettes des produits financiers
- Impôt sur les sociétés
+ Augmentations de capital
- Dividendes versés
= Désendettement net
Se décomposant ainsi :
Remboursements d'emprunts
- Nouveaux emprunts bancaires ou financiers + Variation des placements financiers
+ Variation du disponible
= Désendettement net

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