Vous êtes sur la page 1sur 3

Le 4 juin 2019, la Cour rend une ordonnance relative à l’interprétation de la notion de liberté de prestation de service garantie par

l’article 56 du TFUE.

Une société commerciale prénommée POLUS VEGAS établie en Hongrie exploite en l’espèce des machines à sous dans des salles de jeux.
La Hongrie décide d’adopter une taxe au titre de l’exploitation de machines à sous et d’ainsi modifier la loi sur les jeux de hasard.
Cette mesure est indistinctement applicable à tous les prestataires exerçant leur activité sur le territoire de cet État membre, que ces
prestataires fournissent des prestations aux ressortissants nationaux ou aux ressortissants des autres États membres.

La société Polùs Vegas décide de contester cette taxe qui entraine le déficit de la société, celle-ci serait contraire à la liberté de prestation de
service garantie par l’article 56 du TFUE, elle demande une rectification de la taxe en s’appuyant sur la jurisprudence Berlington
Hungary rendue le 11 juin 2015. ( il s’agit d’une jurisprudence extrêmement similaire à celle-ci, elle concerne une société qui possède des
machines de jeux de hasard en Hongrie également et pareil une taxe vient restreindre la liberté de prestation de service ).

Elle fait valoir que les modifications apportées à la loi sur les jeux de hasard sont contraires à l’article 56 TFUE et réclame un différentiel
de taxe en sa faveur.

Par décision du 13 février 2017, l’autorité fiscale hongroise de premier degré rejète la demande au motif que la Cour, dans l’arrêt
Berlington Hungary n’a pas explicitement déclaré que la législation hongroise en cause était contraire au droit de l’Union.
La société saisi la direction des recours qui confirme la décision, en considérant que les conclusions tirées sont correctes.
La société Pólus Vegas forme alors un recours contre la décision de la direction des recours devant la juridiction de renvoi, en faisant valoir
que cette décision est contraire à l’article 56 TFUE et ne tiens pas compte de l’arrêt du 11 juin 2015, Berlington Hungary .
Cette juridiction va faire observer que les juridictions nationales hongroises ont interprété diversement cet arrêt et eu égard aux incertitudes
liées à l’interprétation de l’ arrêt, la juridiction de renvoi demande à la Cour de préciser les aspects sur la base desquels il peut être constaté,
que les activités sont gênées au sens du même arrêt donc toujours l’arrêt Berlington Hungary

Se pose, notamment, la question de savoir si le fait qu’une activité qui était de base rentable et qui est devenue déficitaire à la suite de
l’augmentation de l’imposition nationale permet de conclure que la législation nationale qui prévoit cette augmentation constitue une
restriction à la libre prestation des services garantie par l’article 56 TFUE.
Néanmoins, avant de vérifier si la taxe est contraire au principe de libre prestation de service il s’agira de vérifier si la société peut
s’en prévaloir. Si le principe s’applique en l’espèce.

En effet, pour se prévaloir de la législation européenne et donc en l’espèce de l’article 56 qui exige « la suppression de toute restriction à la
libre prestation des services, même si cette restriction s’applique indistinctement aux prestataires nationaux et à ceux des autres États
membres, lorsqu’elle est de nature à prohiber, à gêner ou à rendre moins attrayantes les activités du prestataire établi dans un autre État
membre IL y'a des conditions a respecter et notamment l’élément d’extranéité.

La société répond qu’elle peut se prévaloir du principe de liberté de prestation de service car des ressortissants d’autres États membres
viennent jouer aux jeux de hasard en Hongrie.

Concrètement, la question qui se pose ici est : Peut-on, dans le cadre de l’application de l’arrêt Berlington Hungary interpréter la notion de
libre prestation des services d’une manière telle que, dans le cas des salles de jeux et casinos exploités dans l’État membre, il convient
fondamentalement de supposer l’existence d’un élément de rattachement au droit de l’Union, à savoir les citoyens de l’Union provenant
d’autres États membres qui viennent jouer ?

Plus vulgairement, est-ce que des citoyens ressortissants d’autres EM qui viennent jouer aux jeux peuvent être qualifiés d’élément
transfrontalière ?

L’extrait répond à cette question préjudicielle :

J’ai découpé l’extrait en deux parties pour l’analyser.

Dans une première partie la Cour va complètement s’appuyer sur l’arrêt Berlington Hungary et rappeler les décisions prises et dans un
second temps elle va démontrer que la situation en l’espèce est purement interne et que le principe de liberté de prestation de service ne
peut s’appliquer.
I./

La Cour débute par énoncer que : les dispositions du TFUE en matière de libre prestation des services ne trouvent pas à s’appliquer à une
situation dont tous les éléments se cantonnent à l’intérieur d’un seul État membre, en effet les situations purement interne sont exclues de
l’application des dispositions au regard de l’arrêt Berlingotn Hungary lui même interprété à la lumière de l’article 56 du TFUE.
Il est nécessaire de dégager l’existence d’une situation transfrontalière, le règlement opposé à la société POLÙS VEGAS doit s’appliquer à
une situation ayant un lien avec les échanges entre EM.

La Cour va d’autant plus rappeller que l’arrêt Berlington n’a pas reconnue l’existence d’un élément transfrontalier au motif que la
clientèle serait, potentiellement, constituée de citoyens de l’Union ressortissants d’autres États membres.

II./

Il va ressortir que tout les éléments en l’espèce se cantonnent à une situation purement interne en effet, la société commerciale de jeux est
Hongroise et exploite ses machines en Hongrie. Aucun opérateur extérieur, lien ou élément d’extranéité qui peut se rattacher aux
dispositions du TFUE et plus précisément à la libre prestation de service.
De plus la jurisprudence sur laquelle se base la société ne retient pas les clients ressortissants d’autres EM comme élément transfrontalier.

Ainsi, à la lumière de l’arrêt Berlington Hungary, le seul motif que des citoyens provenant d’autres EM ne qualifie pas une situation
transfrontalière ou bien un élément d’extranéité . L’article 56 du TFUE est inapplicable au litige, la société POLUS VEGAS ne peut se
prévaloir du PRINCIPE DE LA LIBRE PRESTATION DE SERVICE.

Vous aimerez peut-être aussi