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Schémas de résolution de Cas Pratiques en DIP

Droit international privé (Université Paris II Panthéon-Assas)

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Schémas de résolution de Cas Pratiques en DIP :


PARTIE I : DESIGNATION DU JUGE COMPETENT

I. Les règles d’attribution de compétence juridictionnelle sur le fondement du Règlement


Bruxelles I bis

Lorsque la situation présente 1 ou + éléments d’extranéité : nationalité des personnes, lieu de signature du
contrat, lieu de survenance du dommage… Il y a lieu de s’interroger sur l’applicabilité d’un texte international.
Comme on se situe en France, on invoque l’article 55 de la Constitution : tout Traité international régulièrement
ratifié a une autorité supérieure à la loi nationale.
Ensuite, on invoque l’arrêt CJCE 1964, Costa c/Enel : primauté du DUE sur le droit français.
 Avant de se questionner sur l’applicabilité d’un traité international, il convient de s’interroger sur
l’applicabilité d’un texte européen permettant de résoudre le litige.
Si en l’espèce, on se situe dans le champ d’application du règlement, soit compétence judiciaire, la
reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale, alors il y a lieu de vérifier
l’applicabilité du Règlement Bruxelles I bis.
A. Applicabilité du Règlement Bruxelles I bis
 Champ d’application rationae temporis
o Article 66 § 1 : « Le présent règlement n’est applicable qu’aux actions judiciaires intentées,
aux actes authentiques dressés ou enregistrés formellement et aux transactions judiciaires
approuvées ou conclues à compter du 10 janvier 2015 »
 Champ d’application rationae materiae
o Article 1 § 1 : « Le présent règlement s’applique en matière civile et commerciale et quelle que
soit la nature de la juridiction. Il ne s’applique notamment ni aux matières fiscales, douanières
ou administratives, ni à la responsabilité de l’État pour des actes ou des omissions commis
dans l’exercice de la puissance publique (acta jure imperii) »
o CJCE 1976, Eurocontrol : « est exclue du champ d'application de la convention une décision
rendue dans un litige, opposant une autorité publique à une personne privée, où l'autorité
publique a agi dans l'exercice de la puissance publique »
 Restructuration de la dette grecque : CJUE 2018, Kuhn -> l’Etat peut émettre des
titres obligataires sur le marché financier, comme une personne privée, mais dès lors
que la valeur de ceux-ci dépasse le cadre purement privé, par leur amoindrissement
via une mesure législative, alors on sort du cadre privé -> action régalienne de l’Etat,
donc pas MCC
 Procédure d’exécution forcée diligentée par une société détenue par une personne
publique : CJUE 2017, Pula Parking : « une procédure d’exécution forcée diligentée
par une société détenue par une collectivité territoriale contre une personne physique
domiciliée dans un autre Etat-membre, aux fins de recouvrement d’une créance
impayée de stationnement dans un parking public, dont l’exploitation a été déléguée à
cette société par ladite collectivité, ne présentant aucun caractère punitif mais

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constituant a simple contrepartie d’un service fourni, relève du champ d’application de


ce règlement ».
 Exclusion générale de la responsabilité de l’Etat pour des « actes ou des omissions
commis dans l’exercice de la puissance publique », CJCE 2018, Lechouritou
 Champ d’application rationae loci
o Principe : article 6§1 : « Si le défendeur n’est pas domicilié sur le territoire d’un Etat membre,
́ sur le territoire d
la compétence est, dans chaque Etat membre, réglée par la loi de cet Etat membre, sous
réserve de l’application de l’article 18, paragraphe 1, de l’article 21, paragraphe 2, et des
articles 24 et 25 »
 Check domicile selon les articles 62 pour les PP et 63 pour les PM :
 Art 62 « 1. Pour déterminer si une partie à un domicile sur le territoire de l’Etat
membre dont les juridictions sont saisies, le juge applique sa loi interne.
 2. Lorsqu’une partie n’a pas de domicile dans l’Etat membre dont les juridictions sont
saisies, le juge, pour déterminer si elle a un domicile dans un autre Etat membre,
applique la loi de cet Etat membre. »
 Art 63 « 1. Pour l’application du présent règlement, les sociétés et les personnes
morales sont domiciliées là où est situé : a) leur siège statutaire ; b) leur
administration centrale ; ou c) leur principal établissement. »
o La règle de l’arrêt Owusu, CJCE 2015 : interprétation littérale de la notion de « domicile du
défendeur », alors même que la majorité des points de rattachement était liée à la Jamaïque.
« L’article [6] s’applique à une situation […] couvrant les rapports entre les juridictions d’un seul
Etat contractant et celles d’un Etat non contractant et non es rapports entre les juridictions de
plusieurs Etats contractants ». > dès lors que les conditions de 6§1 sont remplies, le fait qu’il y
ait un élément extra-communautaire importe peu.
o « Sous réserve de l’application » des articles 18, 21, 24 et 25.

 Check si on est dans une situation avec : travailleur, conso, contrat d’assurance, ou
compétence exclusive ou CAJ => Cette vérification doit être faite quand on
commence à APPLIQUER le Règlement !
o Article 6§2 : extension des privilèges (de l’article 14 et 15 du CC français) : « Toute personne,
quelle que soit sa nationalité, qui est domiciliée sur le territoire d’un État membre, peut, comme
les ressortissants de cet État membre, invoquer dans cet État membre contre [un défendeur
domicilié dans un État tiers] les règles de compétence qui y sont en vigueur et notamment
celles que les États membres doivent notifier à la Commission en vertu de l’article 76,
paragraphe 1, point a) » -> si ni en vertu du §1, et ni en vertu des articles 18, 21, 24 et 25, il
n’est possible d’appliquer spatialement le règlement, alors on se tourne vers le §2, si défendeur
ou demandeur seulement domicilié en France, il peut bénéficier de ces privilèges de juridiction,
et alors RB1b est applicable.

B. Application du Règlement Bruxelles I bis : appréciation des chefs de compétence

 Vérification de sa compétence directe par le juge saisi :


o Si le défendeur comparaît : vérification d’office de la seule absence d’une compétence
exclusive des tribunaux d’un autre EM : art. 26 (1) « outre les cas où sa compétence résulte

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d’autres dispositions du présent règlement, la juridiction d’un État membre devant laquelle le
défendeur comparaît est compétente. Cette règle n’est pas applicable si la comparution a pour
objet de contester la compétence ou s’il existe une autre juridiction exclusivement compétente
en vertu de l’article 24 » → comparution volontaire
 Exceptions : si le défendeur comparaît, mais pour un déclinatoire de compétence et si
on est dans le cas d’une compétence exclusive, au sens de l’article 24.
o Si le défendeur ne comparaît pas : art. 28 « Lorsque le défendeur domicilié sur le territoire d’un
État membre est attrait devant une juridiction d’un autre État membre et ne comparaît pas, la
juridiction se déclare d’office incompétente, sauf si sa compétence découle des dispositions du
présent règlement »

 Chef de compétence de principe : le for du défendeur, si l’applicabilité ne résulte ni d’une


compétence exclusive, ni d’une CAJ !
o Art. 4 (1) : « Sous réserve du présent règlement, les personnes domiciliées sur le territoire d’un
État membre sont attraites, quelle que soit leur nationalité, devant les juridictions de cet État
membre »
o Art 4 (2) : « Les personnes qui ne possèdent pas la nationalité de l’État membre dans lequel
elles sont domiciliées sont soumises aux règles de compétence applicables aux ressortissants
de cet État membre »
 + appréciation du domicile en vertu des articles 62 et 63 du règlement

 Les options de compétence, ou compétence spéciale :


o L’article 7 ne joue pas de manière autonome ! Si en vertu de l’article 4, on ne peut placer le
litige sur le territoire d’un EM, alors on oublie l’article 7.
o Avant de regarder l’article 7, se demander si on est en matière contractuelle ou
délictuelle : Jakob Handte, 1992 : matière contractuelle = « tout engagement librement
assumé d’une partie envers l’autre », Kalfelis,1988 : relève de la matière délictuelle toute action
visant à engager la responsabilité du défendeur, et qui ne relève pas de la matière
contractuelle
o L’option de compétence en matière contractuelle : article 7§1 :

 « Une personne domiciliée sur le territoire d’un État membre peut être attraite dans un
autre État membre…
 (a) en matière contractuelle, devant la juridiction du lieu d’exécution de
l’obligation qui sert de base à la demande : de Bloos, 1976 : l’obligation qui
sert de base à la demande est l’obligation caractéristique du contrat ; ou
l’obligation principale parmi les obligations litigieuses (accessoire suit le
principal) : CJ Shenavai, 1987. Si nous ne connaissons pas le lieu
d’exécution : : « le lieu où l’obligation a été ou doit être exécutée au sens de
l’article 5-1° […] est déterminé conformément à la loi qui régit l’obligation
litigieuse selon les règles de conflit de la juridiction saisie », CJ 1976, Tessili
 (b) aux fins de l’application de la présente disposition, et sauf convention
contraire, le lieu d’exécution de l’obligation qui sert de base à la demande est
- pour la vente de marchandises, le lieu d’un État membre où, en vertu du
contrat, les marchandises ont été ou auraient dû être livrées
o Le lieu de livraison de la marchandise : Car Trim, 2010 : s’il n’est
pas stipulé quelque part, deux lieux sont possibles : le lieu de la

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remise matérielle de la marchandise à l’acheteur, ou le lieu de la


remise de la marchandise au premier transporteur en vue de la
transmission à l’acheteur. Soit, dans tous les cas, le lieu de la
remise matérielle des marchandises par laquelle l’acheteur a acquis
ou aurait dû acquérir le pouvoir de disposer effectivement de ces
marchandises à la destination finale de l’opération de vente
- pour la fourniture de services, le lieu d’un État membre où, en vertu du
contrat, les services ont été ou auraient dû être fourni
o Interprétation autonome : CJ 2010, Car Trim : modus operandi pour
qualifier une opération soit de vente soit de prestation de service.
« Un contrat dont l’obligation caractéristique est la livraison d’un
bien sera qualifié de « vente de marchandises » […] un contrat dont
l’obligation caractéristique est une prestation de service sera qualifié
de « fourniture de services ». « Les contrats dont l’objet est la
livraison de marchandises à fabriquer ou à produire, alors même
que l’acheteur a formulé certaines exigences concernant l’obtention,
la transformation et la livraison des marchandises, sans que les
matériaux aient été fournis par celui-ci, et que le fournisseur est
responsable de la qualité et de la conformité au contrat de la
marchandise, doivent être qualifiés de « vente de marchandises »
 Si obligation d’une délivrance conforme -> vente, si bonne
exécution du contrat : prestation de service
o Contrat de distribution exclusive : contrat de prestation de service,
CJ 2018, Saey Home & Garden
 (c) le point a) s’applique si le point b) ne s’applique pas »
o L’option de compétence en matière délictuelle : article 7§2 :

 « Une pers domiciliée sur le territoire d’un Etat membre peut être attraite dans un
autre Etat membre … devant la juridiction du lieu où le fait dommageable s’est produit
ou risque de se produire. »
 Hypothèse de délits complexes : CJCE, 30 novembre 1976, Mines de Potasse
d’Alsace : possibilité de saisine des juridictions du lieu où le fait dommageable s’est
produit ou risque de se produire, même lorsque ce ne sont pas les juridictions du lieu
où le fait générateur du dommage a eu lieu
 Atteinte aux droits de la personnalité par voie de presse : CJCE, 7 mars 1995, Fiona
Shevill : il y a survenance du dommage partout où la publication litigieuse est diffusée.
Choix : soit saisir juridiction du lieu de survenance du dommage (lieu du siège du
journal) pour connaitre de l’intégralité du préjudice, soit saisine des juridictions du lieu
où la publication est accessible, pour connaître du seul préjudice subi dans ce pays-là.
« Le lieu de matérialisation du préjudice est l’endroit où le fait générateur, engageant
la responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle de son auteur, a produit ses effets
dommageables à l’égard de la victime. Dans le cas d’une diffamation internationale
par voie de presse, l’atteinte portée par une publication diffamatoire à l’honneur, à la
réputation et à la considération d’une personne physique ou morale se manifeste
dans les lieux où la publication est diffusée, lorsque la victime y est connue».
 Atteinte aux droits de la personnalité par voie de presse : CJUE, 25 octobre 2011,
eDate Advertising et Olivier Martinez : le dommage est ressenti partout où le site peut

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être consulté, donc partout dans le monde. Comment faire ? On se tourne vers le lieu
du centre des intérêts de la victime, qui sera le tribunal compétent pour juger de
l’intégralité du dommage subi.
 EN SOMME :
o Le tribunal du fait générateur compétent pour l’intégralité

o On a aussi un autre tribunal compétent pour l’intégralité => le


tribunal du centre des intérêts de la victime dont la Cour nous dit
que ce sera très souvent le lieu où habite la victime.
o Tribunal de la matérialisation du dommage défini comme la simple
accessibilité (là où les articles sont montrés) -> compétent
uniquement pour la partie du préjudice qui se localise sur leur
territoire.
 Atteinte aux droits de la personnalité de la personne morale + for du droit à l’oubli :
CJUE, 17 octobre 2017, Bolagsupplysningen : la PM ou la PP qui veut bénéficier du
droit à l’oubli a le choix entre :
 Le tribunal du fait générateur du dommage (lieu d’établissement de l’auteur
du dommage)
 La compétence distributive (là où on a pu consulter le site)
 Le tribunal du centre de ses intérêts (souvent le siège social mais pas tout le
temps)
Le centre des intérêts d’une PM peut être le « lieu où sa réputation commerciale est la
plus établie et doit, donc, être déterminé en fonction du lieu où elle exerce l’essentiel
de son activité économique » -> la localisation du siège n’est donc pas forcément
pertinente.
o Les for protecteurs :

 Les contrats de consommation :


 Conditions pour être dans le cadre d’un tel contrat : article 17
o Définition de l’« action dirigée vers » : faisceau d’indices de CJ
2010, Peter Pammer & Hotel Alpenhof : « il convient de vérifier si,
avant la conclusion éventuelle d’un contrat avec le consommateur, il
ressort de ces sites Internet et de l’activité globale du commerçant
que ce dernier envisageait de commercer avec les consommateurs
[…] sont susceptibles de constituer des indices permettant de
considérer que l’activité est dirigée vers l’EM du domicile du
consommateur, à savoir la nature internationale de l’activité :
o La mention d’itinéraires

o L’utilisation d’une langue ou d’une


monnaie autre
o Préfixe international

o Référencement sur des moteurs de


recherches étrangers
 > Simple accessibilité du site ne suffit pas

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 Si les conditions de 17 sont remplies, alors on peut regarder 18 et 19 :


 Règles objectives : article 18 :
o Si le professionnel agit c/ le consommateur, il doit saisir les
tribunaux du domicile du consommateur.
o Si le consommateur est demandeur, le consommateur a une
option : Soit devant les juridictions de l’Etat membre sur le territoire
duquel est domiciliée la partie professionnelle
o Soit, qq soit le domicile de l’autre partie, devant la juridiction du lieu
où le consommateur est domicilié
 Contrat de consommation et CAJ : article 19 : OK CAJ à condition de
respecter le régime de l’article 25.
o Les for exclusifs de l’article 24 : en instance directe, cet article est à coupler avec l’article 26
(même si le défendeur comparaît, le juge doit vérifier si un autre tribunal est compétent en vertu
d’une compétence exclusive)
 §1 : En matière de droits réels immobiliers et de baux d’immeubles, les juridictions de
l’État membre où l’immeuble est situé. […] Ex. CJUE, 17 déc. 2015, Komu : si action
mixte, le tribunal du lieu de situation de l’immeuble est le tribunal compétent pour
connaître des deux actions (réelle et personnelle)
 §2 : En matière de validité, de nullité ou de dissolution des sociétés ou personnes
morales, ou de validité des décisions de leurs organes, les juridictions de l’État
membre sur le territoire duquel celles-ci ont leur siège. Pour déterminer le siège, le
juge applique les règles de son droit international privé ; […] Ex. CJUE, 7 mars 2018,
E. ON Czech Holding […]
o L’autonomie de la volonté : article 25 et possibilité de prévoir des CAJ. « A l’occasion d’un
rapport de droit déterminé ». Les parties ne peuvent pas conclure une CAJ pour régir
l’ensemble des pb. Souci de prévisibilité.
 Clause valable pour des actions en nullité : CJ 1997, Benincasa
 Clause valable si elle a été formalisée dans des factures : si contrat oral et que les
factures font référence aux CGV d’une entreprises, qui contiennent une CAJ, alors
c’est OK, si cela respecte les points b et c de l’article 25 > si elles sont
mentionnées dans le contrat initial, qui renvoie aux CGV, et que ce contrat est
signé par les parties, CJ 2018, Saey Home & Garden.
 Validité de la clause en elle-même : ->CJ 2018 Apple Sales international :
interprétation de la validité de la clause incombe au juge devant lequel elle est
soulevée + « Cela étant, une clause attributive de juridiction ne peut concerner
que des différends nés ou à naître à l’occasion d’un rapport de droit déterminé,
ce qui limite la portée d’une clause attributive de juridiction aux seuls différends
qui trouvent leur origine dans le rapport de droit à l’occasion duquel cette
clause a été convenue. Cette exigence a pour objectif d’éviter qu’une partie ne soit
surprise par l’attribution à un for déterminé de l’ensemble des différends qui
surgiraient dans les rapports qu’elle entretient avec son cocontractant et qui
trouveraient leur origine dans des rapports autres que celui à l’occasion duquel
l’attribution de juridiction a été convenue, arrêt du 21 mai 2015, Hydrogen
Peroxide.  Il faut un lien entre le litige et les obligations faisant l’objet d’une CAJ.

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 CAJ et tiers : CJ 2013, Refcomp : la CAJ est inopposable aux tiers (tiers au contrat qui
veut s’en saisir, ou opposabilité de la CAJ à un tiers au contrat), à mois qu’il n’ait
donné son consentement effectif à la clause, dans les conditions acceptables au fond
selon le dt de l’Etat membre dont les juges sont saisis et dans les conditions formelles
énoncées par l’art 25.

C. Les facteurs de complication


 Les procédures parallèles : article 29, article 33 pour les Etats tiers : « (1) Sans préjudice de
l’article 31, paragraphe 2, lorsque des demandes ayant le même objet et la même cause sont
formées entre les mêmes parties devant des juridictions d’États membres différents, la
juridiction saisie en second lieu sursoit d’office à statuer jusqu’à ce que la compétence de la
juridiction première saisie soit établie. (2) Dans les cas visés au paragraphe 1, à la demande
d’une juridiction saisie du litige, toute autre juridiction saisie informe sans tarder la première
juridiction de la date à laquelle elle a été saisie conformément à l’article 32. (3) Lorsque la
compétence de la juridiction première saisie est établie, la juridiction saisie en second lieu se
dessaisit en faveur de celle-ci ».
 Pour la litispendance, pour déterminer le tribunal premier saisi, il faut se fonder sur les règles
de saisine du tribunal telles qu’issues de l’article 22.
 Si CAJ et litispendance : c’est le juge élu par la CAJ qui est prioritaire

 Si COMPETENCE EXCLUSIVE et litispendance : la partie défenderesse peut demander une


dérogation de compétence, en prouvant que le litige fait l’objet d’une C.E du tribunal qu’elle a
saisi. Article 27 : « la juridiction d’un EM saisie à titre principal d’un litige pour lequel les
juridictions d’un autre EM sont exclusivement compétentes en vertu de l’article 24 se déclare
d’office incompétente » -> peu importe si elle a été saisie en 1 er ou 2nd lieu.
o La règle du prior tempore : CJUE, 27 février 2014, Cartier parfums : IN LIMINE
LITIS ! La CJ considère que si le tribunal premier saisi n’a pas relevé d’office son
incompétence et si aucune des parties ne l’a contesté il doit être déclaré compétent.
« En conséquence, il convient de considérer qu’il résulte tant de l’économie générale
que de la finalité du règlement nº 44/2001 que, pour que la compétence du tribunal
saisi en premier lieu soit établie au sens de l’article 27, paragraphe 2, de ce
règlement, il suffit, lorsque le tribunal saisi en second lieu ne dispose pas d’une
compétence exclusive en vertu dudit règlement, que le tribunal saisi en premier lieu
n’ait pas décliné d’office sa compétence et qu’aucune des parties ne l’ait
contestée avant ou jusqu’au moment de la prise de position considérée, par son
droit procédural national, comme la première défense. »

 La connexité : article 30 RB1b, article 34 pour les Etats tiers : (1) Lorsque des demandes
connexes sont pendantes devant des juridictions d’États membres différents, la juridiction saisie
en second lieu peut surseoir à statuer. (2) Lorsque la demande devant la juridiction première
saisie est pendante au premier degré, toute autre juridiction peut également se dessaisir, à la
demande de l’une des parties, à condition que la juridiction première saisie soit compétente
pour connaître des demandes en question et que sa loi permette leur jonction. (3) Sont
connexes, au sens du présent article, les demandes liées entre elles par un rapport si étroit qu’il

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y a intérêt à les instruire et à les juger en même temps afin d’éviter des solutions qui pourraient
être inconciliables si les causes étaient jugées séparément.
o La connexité est définie par une notion autonome, issue de l’arrêt Ship Tatry, 1994 :
lien tel entre les affaires qui fait qu’il y a un intérêt de les instruire et juger en même
temps. L’art 30§3 pose une restriction. On a l’air de penser que la connexité ne peut
être retenue avec les effets du pt 1 et 2 que si les jugements qui seraient rendus
étaient inconciliables. La JP dans l’arrêt de 1994 donne un exemple : c’est une
hypothèse de transport maritime où les marchandises sont avariées. La Cour considère
que même si les décisions ne seraient pas inconciliables l’exception de connexité peut
jouer.

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II. Etablissement de la compétence internationale du juge français saisi du litige (ou à saisir) :

Une fois qu’on a démontré qu’un instrument du DUE n’est pas applicable, il faut appliquer les règles unilatérales
de compétence internationale du juge français.

A. Etablissement de la compétence du juge français :

1. Civ. Pelassa, 1959/ Civ., 30 oct. 1962, Scheffel : « l’extranéité des parties n’est pas une cause
d’incompétence des juridictions françaises », « la compétence internationale du juge français se
détermine par extension des règles de compétence territoriale interne ».
a. Règles de compétence territoriale interne :
i. Article 42 s. du Code Civil, avec la règle de principe telle qu’issue de l’article 42 :
tribunal territorialement compétent = tribunal du ressort du domicile du défendeur
ii. En matière réelle immobilière : article 44 : juridiction du lieu de situation de l’immeuble
iii. En matière de succession, article 45 les demandes sont portées devant la juridiction
dans le ressort de laquelle est ouverte la succession. Cass.civ. 1re, 2009 : au visa de
l’article 3 : « en matière de succession immobilière, le renvoi opéré par la loi de
situation de l’immeuble ne peut être admis que s’il assure l’unité successorale et
l’application d’une même loi aux meubles et aux immeubles ».
Les tribunaux français ne sont compétents lorsque le litige est international que pour
les biens immobiliers sis en France, et les biens mobiliers du défunt décédé sur le
territoire français et le partage de succession se fait sur le fondement des règles
françaises : Cass.civ. 1878, Forgo.
iv. For optionnels tels qu’issus de l’article 46 : « le demandeur peut saisir à son choix,
outre la juridiction du lieu où demeure le défendeur :
1. En matière contractuelle, la juridiction du lieu de la livraison effective de la
chose ou du lieu de l'exécution de la prestation de service
2. En matière délictuelle, la juridiction du lieu du fait dommageable ou celle
dans le ressort de laquelle le dommage a été subi
3. En matière mixte, la juridiction du lieu où est situé l'immeuble
4. En matière d'aliments ou de contribution aux charges du mariage, la
juridiction du lieu où demeure le créancier
2. Si aucune règle de compétence territoriale interne n’est applicable, on applique les privilèges de
juridiction des articles 14 et 15, d’après l’arrêt Civ. 1re, 19 novembre 1985, Société « Cognac and
Brandies » dit Orliac.
a. Art. 15 CC : Cass. civ. 1re, 23 mai 2006, Prieur Art. 14 CC : Cass. civ. 1re, 22 mai 2007,
Fercométal -> articles 14 et 15 n’ont lieu de s’appliquer que lorsque aucun critère de
compétence ordinaire n’est réalisé en France
b. Privilèges de l’article 14 : « Attendu que ce texte, qui permet au plaideur français d'attraire un
étranger devant les juridictions françaises, a une portée générale s'étendant a toutes matières,

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à l'exclusion des actions réelles immobilières et demandes en partage portant sur des
immeubles situés à l'étranger ainsi que des demandes relatives à des voies d'exécution
pratiquées hors de France et s'applique notamment à tous litiges ayant pour fondement la
responsabilité extra-contractuelle », cass.civ.1re, 27 mai 1970, Weiss
c. Privilèges des articles 14 et 15 ne regardent que la nationalité des parties, même si elles sont
PM : 21 mars 1996, Cie la Métropole -> l’assureur étranger qui se subroge à un français ne
peut invoquer le privilège de juridiction de l’article 14.
d. Privilèges auxquels les parties peuvent renoncer : CAJ, parution volontaire devant un juge
étranger
3. Si là non plus cela ne donne rien, mais que pourtant il y a for necesitatis, alors JF compétent :
a. Un risque de déni de justice : Arrêt NIOC, cass.civ.1re, 4 février 2005
b. Une atteinte à l’OP français : Affaire de l’esclavage domestique du 10 mai 2006, Epoux
Moukarim c/ Demoiselle Isopehi

B. Déclinatoire de compétence du juge français :

Par le défendeur : nécessité de la soulever in limine litis (art. 74 al. 1er CPC) et de désigner de façon
globale les tribunaux de l’Etat qui devraient être compétents d’après le défendeur, article 75.
Le juge français peut soulever son incompétence d’office, à tout stade de la procédure : article 76.

C. Désignation de la compétence du juge français du fait d’une CAJ :

Article 48 du CPC : « Toute clause qui, directement ou indirectement, déroge aux règles de compétence
territoriale est réputée non écrite à moins qu'elle n'ait été convenue entre des personnes ayant toutes contracté
en qualité de commerçant et qu'elle n'ait été spécifiée de façon très apparente dans l'engagement de la partie à
qui elle est opposée », cass.civ.1re, SORELEC : licéité de la CAJ lorsqu’il s’agit d’un litige international, et que la
clause ne fait pas échec à la compétence territoriale impérative d’une juridiction française (même lorsque les
parties ne sont pas commerçantes).

D. Les facteurs de complication

 Exception de litispendance : article 100 CPC : « Si le même litige est pendant devant deux
juridictions de même degré également compétentes pour en connaître, la juridiction saisie en
second lieu doit se dessaisir au profit de l'autre si l'une des parties le demande. A défaut, elle
peut le faire d'office. » Cass.civ.1re, 1974, Miniera di Fragne : « l’exception de litispendance
peut cependant être reçue devant le juge français, en vertu du droit commun français, en raison
d’une instance engagée devant un tribunal étranger également compétent, mais ne saurait être
accueillie, lorsque la décision à intervenir à l’étranger n’est pas susceptible d’être reconnue en
France » + La règle prior tempore tombe lorsque le tribunal premier saisi n’est pas compétent
pour connaître de la demande et/ou, que la décision du tribunal premier saisi n’est pas
susceptible d’être reconnue dans le pays du co-contractant.

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o Conditions :
Juridiction française saisie en second
Triple identité de parties, d’objets et de cause
Compétence du juge étranger (approche pragmatique)
Décision étrangère susceptible d’être reconnue en France (pronostic)
o Effets : Dessaisissement du juge français second saisi, arrêt Civ 1, 17 juin 1987 a
semblé prendre parti pour un dessaisissement impératif du juge.
 Exception de connexité : article 101 du CPC : « S'il existe entre des affaires portées devant
deux juridictions distinctes un lien tel qu'il soit de l'intérêt d'une bonne justice de les faire
instruire et juger ensemble, il peut être demandé à l'une de ces juridictions de se dessaisir et de
renvoyer en l'état la connaissance de l'affaire à l'autre. »

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PARTIE II : DESIGNATION DE LA LOI APPLICABLE

Trois catégories de lois :


1- Lois personnelles qui suivent les personnes même lorsqu’elles changent de pays > Busqueta,
cass.civ.1re, 1814 (moine qui a épousé une américaine, alors que sa loi personnelle, française, lui
interdit le mariage -> mariage NUL devant le juge français, car empêchement prohibitif). Ces mêmes lois
personnelles sont des droits indisponibles, comme l’état et la capacité des personnes : cass.civ.1re,
1957, Epoux Silvia.
2- Lois territoriales qui obligent de la même manière tous ceux qui résident sur le même territoire
3- Lois volontaires ou d’ordre privé qui s’app seulement par présomption de volonté des parties ou l’une
d’elles
----------------------

I. Recherche de la loi applicable par le juge français dans le cadre des Règlements
Rome I et Rome II :
Considérant 7 du Règlement Rome I : « le champ d’application matériel et les dispositions du présent
règlement devraient être cohérents par rapport [au règlement B1b] et au règlement [RRII] ».
CJ 2016, Ergo Insurance : pose l’exigence de cohérence dans l’application des règlements RRI et RRII.
Entre RRI et RRII : action en cessation pour clauses prétendument illicites : article 6 RRII car concurrence
déloyale, action applicable pour apprécier la validité d’une clause contractuelle dans un contrat de conso : article
6 RRI, CJ 2016 VKI c/ Amazon.
Lorsqu’on applique le RRI, ne pas omettre de mentionner l’article 2 : « la loi désignée par le présent règlement
s’applique même si cette loi n’est pas celle d’un Etat-membre ».
1. Vérification de l’existence d’une loi de police conforme aux exigences du règlement
2. (À défaut) vérification que la question soulevée ne relève pas d’une règle impérative du règlement (s’il en
contient),
3. (À défaut) vérification de l’existence d’un accord des parties quant à la loi applicable sous réserve de
compatibilité avec les conditions prévues par le règlement (pensez à vérifier les règles protectrices des parties
faibles qui sont souvent prévues dans d’autres articles), -> Article 3 RRI
4. (À défaut) vérification de l’application par défaut d’un régime spécial,
5. (À défaut) vérification du régime général applicable par défaut, -> Article 4 RRI
6. (En toute hypothèse si la loi désignée n’est pas celle du for) vérification de la conformité de l’application de la
loi étrangère avec l’ordre public international du for + absence de fraude à la loi -> élément matériel : modification
du critère de rattachement, élément moral : intention frauduleuse, élément légal : existence d’une loi prohibitive à
laquelle on veut échapper.

A) Applicabilité du Règlement Rome I


 Champ d’application rationae materiae :
o L’article 1er du Règlement prévoit son application « dans les situations comportant un conflit de
lois, aux obligations contractuelles relevant de la matière civile et commerciale ». Une liste

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d’exclusions est prévue dans le champ d’application du règlement : « l'état et la capacité


juridique des personnes physiques […], les obligations découlant des relations de famille […] y
compris les obligations alimentaires, les obligations découlant des régimes matrimoniaux […]
au mariage et aux successions ; les obligations nées des lettres de change, chèques, billets à
ordre ainsi que d'autres instruments négociables […] les conventions d'arbitrage et d'élection
de for, les questions relevant du droit des sociétés, associations et personnes morales […] la
constitution des trusts […] les obligations découlant de tractations menées avant la conclusion
d'un contrat ; les contrats d'assurance […] »
o Arrêt Eurocontrol de 1976 : « est exclue du champ d'application de la convention une décision
rendue dans un litige, opposant une autorité publique à une personne privée, où l'autorité
publique a agi dans l'exercice de la puissance publique »
 Champ d’application rationae temporis
o L’article 28 dispose que le « présent règlement s’applique aux contrats conclus après le 17
décembre 2009 »
 Champ d’application rationae loci
o Le règlement ne définit pas son champ d’application spatial, il est
applicable si une juridiction d’un Etat-membre, soumis au
règlement, est saisie.
B) Application du Règlement Rome I
 D’abord vérifier l’applicabilité d’une loi de police, en vertu de l’article 9 RRI : « Une loi de police est une
disposition impérative dont le respect est jugé crucial par un pays pour la sauvegarde de ses intérêts
publics, tels que son organisation politique, sociale ou économique, au point d’en exiger l’application à
toute situation entrant dans son champ d’application, quelle que soit par ailleurs la loi applicable au
contrat d’après le présent règlement […] ».
o Lorsqu’en présence d’une loi de police, le juge saisi ne met pas en œuvre la RCL

 CJUE, 9 novembre 2000, Ingmar : application du droit US faisait obstacle à


l’application du droit UK pour un contrat de travail. CJ -> loi UK = LP, car activité
exercée sur le territoire d’un EM.
 CJCE, 23 novembre 1999, Arblade : application LP écartée car obstacle à la liberté de
circulation.
 CJUE, 18 octobre 2016, Nikiforidis : on a un contrat soumis au dt ALL (lege causae),
la loi du for est celle ALL mais on a une décision de l’Etat grec. Le contrat ne
s’exécutait pas en Grèce mais en ALL donc on n’est pas dans la condition du lieu
d’exécution, on n’est pas dans le cadre de l’art 9-3 -> LP grecque : diminution des
salaires du fait de la crise, est inopposable -> qu’il ne peut être donné effet qu’aux
seules lois de police du lieu d’exécution du contrat qui rendent l’exécution du
contrat légal.
 CJUE, 17 octobre 2013, Unamar : il appartient aux juges nationaux d’apprécier si la
disposition en cause est une loi de police au regard de la déf énoncée à l’art 9 et dans
les limites du dt de l’UE, au termes de l’économie générale de la loi, et de l’ensemble
des circonstances dans lesquelles ladite loi a été adoptée, pour pouvoir en déduire
qu’elle revêt un caractère impératif, dans la mesure où il apparaît que le législateur
national a adopté celle-ci en vue de protéger un intérêt jugé essentiel par l’EM
concerné.

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 S’il n’y a pas de loi de police applicable, alors le principe applicable est celui de la liberté de choix des
parties, en vertu de l’article 3.
o CJ 2016, VKI c/ Amazon : une CEL contenue dans les CGV conclues par voie électronique est
valable, seulement si elle ne donne pas l’impression que c’est la seule loi possiblement
applicable -> appréciation incombe au juge national.
 S’il n’y a pas de choix de loi applicable, mais que le contrat fait partie de la catégorie des contrats
spéciaux prévus par le règlement, alors on qualifie selon la matière et on applique l’article qui s’y
rattache : article 5 pour le contrat de transport, article 6 pour les contrats de consommation, article
7 pour les contrats d’assurance (CJ 2016, Ergo Insurance : l’obligation pour un assureur d’indemniser
le dommage causé à une victime résulte non pas du dommage causé à cette dernière, mais du contrat
le liant à l’assuré responsable -> obligation contractuelle  Les RRI et RRII doivent être interprétés en
ce sens que la loi applicable à une action récursoire de l’assureur d’un véhicule tracteur, qui a
indemnisé les victimes d’un accident causé par le conducteur dudit véhicule, à l’égard de l’assureur de
la remorque tractée lors de cet accident est déterminée en application de l’article 7 du RRI si les règles
de la responsabilité délictuelle applicables à cet accident en vertu des articles 4 s. RRII prévoient une
répartition de l’obligation de réparation du dommage), article 8 pour les contrats de travail.
 Si on est dans aucune de ces matières, alors on se réfère à l’article 4, qui traite de la loi applicable à
défaut de choix.
COMPLETER AVEC LE SCHEMA POSTE PAR EZGI AYDIN.

II. Recherche de la loi applicable par le juge français dans le cadre de


l’applicabilité du RRII :
A) Applicabilité du RRII
 Champ d’application rationae materiae :
o Article 1er : « obligation non contractuelle relevant de la MCC »  « toute demande qui vise à
mettre en cause la responsabilité d’un défendeur et qui ne se rattache pas à la matière
contractuelle », CJ 2016, Ergo Insurance.
o CJ 2015, Florin Lazar c/Allianz : aux fins d’identifier la loi applicable à une obligation non
contractuelle telle que décrite à l’article 4 RRII il faut tenir compte « la loi du pays où le
dommage survient, indépendamment du pays où le FGD se produit et de celui ou de ceux dans
lesquels les conséquences indirectes de ce fait surviennent », le lieu où le dommage survient
est le lieu où le DOMMAGE DIRECT survient -> considérant 16 RRII. Si victimes par ricochet -
> conséquences indirectes au sein du règlement
 Champ d’application rationae temporis :
o L’article 31 dispose que « le présent règlement s’applique aux faits générateurs de dommages
survenus après son entrée en vigueur »
o L’article 32 prévoit l’entrée en vigueur du règlement « à partir du 11 janvier 2009, à l’exception
de l’article 29 [applicable] à partir du 11 juillet 2008.
 Champ d’application rationae loci :
o ATTENTION LE DANEMARK N’EST PAS LIE PAR LE RRII !

o Comme pour le RRI, le RRII est applicable dès lors qu’une juridiction d’un EM signataire a été
saisie.
B) Application du RRII

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 Lois de police : Article 16 RRII : « dispositions impératives dérogatoires », au sens de la législation de


l’EM concerné, et doit être interprétée de manière stricte, CJ 2013, Unamar.

o Matière délictuelle et loi de police : CJUE, 31 janvier 2019, Da Silva Martins : idem que
Unamar, avec une adaptation à la matière délictuelle. Comment identifier une loi de police ? ->
la juridiction nationale doit constater, sur la base d’une analyse circonstanciée des termes, de
l’économie générale, des objectifs ainsi que du contexte de l’adoption de cette disposition,
qu’elle revêt une importance telle dans l’ordre juridique national qu’elle justifie de s’écarter de la
loi applicable, désignée en application de ce règlement.
 Clause d’élection de loi ? Article 14.
 Si absence de clause d’élection de loi : article 4 : règle générale : lex loci damni.
COMPLETER AVEC LE SCHEMA POSTE PAR EZGI AYDIN.

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III. Recherche de la loi applicable par le juge français hors applicabilité du RRI :
A. Droits disponibles ou indisponibles ?
 Qualification lege fori à chaque fois : cass.civ.1re, 1955, Caraslanis.
 Droits disponibles : RCL ne s’impose au juge que si les parties le font
Civ 1, 26 mai 1999, Société Mutuelle du Mans : « mais attendu que s’agissant de droits dont les parties ont la
libre disposition, la cour d’appel a légalement justifié sa décision sur le fondement de la loi française, dès lors
qu’aucune des parties n’avait invoqué la Convention de La Haye du 15 juin 1955pour revendiquer l’application
d’un droit étranger ».
 Droits indisponibles : la RCL s’impose au juge
Civ 1, 26 mai 1999, Belaïd : « il incombe au juge français, pour les droits indisponibles, de mettre en application
la règle de conflit de lois et de rechercher le droit étranger compétent ».
 Si équivalence : Civ 1, 13 avril 1999, Compagnie Royale belge : « l'équivalence entre la loi appliquée et
celle désignée par la règle de conflit en ce sens que la situation de fait constatée par le juge aurait eu
les mêmes conséquences juridiques en vertu de ces deux lois justifie la décision qui fait application
d'une autre loi que celle qui est désignée par la règle de droit international ».
 L’accord procédural : Civ 1, 6 mai 1997, Hannover international. La Cour de cass décide que « pour les
droits dont elles ont la libre disposition, les parties peuvent s'accorder pour demander l'application de la
loi française du for saisi, malgré l'existence d'une convention internationale désignant la loi compétente
».
B. Impérativité de la règle de conflit :
Cass.civ.1re, 1988  aux visas de l’article 3 CC + convention de La Haye de 1955 sur la loi applicables aux
ventes à caractère international d’objets mobiliers corporels : « à défaut de loi déclarée applicable par les parties,
la vente est régie par la loi interne du pays où le vendeur a sa RH au moment où il reçoit la commande » comme
la LF en matière de vente internationale de marchandises est la CH -> application de la CH.
Cass.civ.1re, 1990, Coveco c/ Sté Vesoul transports : « l’intérêt à agir s’apprécie au regard de la loi applicable au
fond que le juge doit rechercher d’office » « l’exigence d’un intérêt né et actuel est commandée, en raison de son
caractère procédural, par la loi du for, la loi applicable au fond n’étant à prendre en considération que si elle
n’accorde pas de droits à celui qui agit en justice »
Procédure : for
C. Loi de police du for
- Si on est hors champ d’application d’un règlement européen, il appartient au juge français de mettre en œuvre
la règle de conflit de lois lorsqu’il y a droits indisponibles, il n’a pas à le faire lorsqu’on est en présence de droits
disponibles et qu’aucune des parties n’a entendu se prévaloir d’une loi étrangère.
Dans tous les cas, la situation soulevée par le litige est en contradiction avec une loi de police du for français, le
juge français n’applique pas la règle de conflit de lois : Loi de police : loi qui peut s’app à une situation sans que
cette app se fasse par le biais d’une règle de conflit de lois. La loi s’app immédiatement parce qu’elle sert une
certaine politique législative, politique législative qui s’impose aux situations concernées par elle, et ce alors
même qu’il s’agit de situations internationales. Il s’agit d’une disposition interne càd d’une loi interne qui s’app en
France qq soit la loi app à la situation. Franceskakis : « lois dont l’observation est nécessaire pour la
sauvegarde de l’organisation politique, sociale ou économique ».
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Le juge français ne pourra pas appliquer la loi étrangère compétente si elle se heurte/fait obstacle à l’application
d’une loi de police, conformément à l’article 3 du CC : « les lois de police et de sûreté obligent tous ceux qui
habitent le territoire ».
CE, 29 juin 1973, Syndicat général du personnel de la Compagnie des Wagons-lits : « la circonstance qu’une
entreprise employant en France plus de 50 salariés a son siège social à l’étranger ne saurait la faire échapper à
l’application de la législation sur les comités d’entreprise ».
Pour qu’une LP française puisse trouver à s’appliquer, il faut que la situation présente un lien avec la France : par
le lieu de la prestation, lieu de paiement, lieu de situation des biens immeubles etc…
Chambre Mixte, 30 novembre 2007, Agentis : méthode du faisceau d’indices pour veiller à ce que la situation
présente un lien de rattachement avec la France.
+ CE 17 juin 2019 -> L 8251-1 CT = LP
ATTENTION, LE REGLEMENT ROME I N’EXIGE PAS UN TEL LIEN.
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
 Il faut rechercher quelle est la finalité poursuivie par la loi interne et vérifier si la disposition poursuit
un intérêt crucial pour l’organisation sociale, éco et politique de l’Etat français.

 Le cas échéant il faut vérifier si la situation en cause entretien un lien avec la France (lien définitif
en fonction de la finalité recherchée par la loi).
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

C. Loi de police étrangère appliquée par le for saisi

Com., 16 mars 2010, Viol frères : la cass casse l’arrêt des jdf car ils auraient dû d’abord s’intéresser à la teneur
de la loi ghanéenne (loi de police ou non) avant d’estimer que la loi ghanéenne imposant l’embargo n’était pas
opposable aux faits. « lors de l’application de la loi d’un pays déterminé, il peut être donné effet aux dispositions
impératives de la loi d’un autre pays avec lequel la situation présente un lien étroit, et dans la mesure où, selon le
droit de ce dernier pays, ces dispositions sont applicables quelle que soit la loi régissant le contrat ».

D. L’exception d’OP, empêchant l’application d’une loi désignée par la règle de conflit de lois bilatérale

Cass.civ.1re, 25 mai 1948, Lautour : «l’ordre public interne français n’[a] à intervenir qu’au regard du fait des
choses utilisées en France au moment de l’accident, sous la seule réserve de principes de justice universelle
considérés dans l’opinion française comme doués de valeur absolue ».
= conception monogamique du mariage, de l’indisponibilité du corps humain, du pp d’égalité entre les parents vis-
à-vis des enfants, du pp d’égalité h/f, du respect des dt de défense etc
Ce n’est pas systématique, et une loi d’OP interne n’est pas forcément une loi d’OPI : un dt étranger qui ne
connait pas de la réserve héréditaire (dt américain par exemple) n’est pas pour autant nécessairement c/ à l’OPI
alors même que la réserve héréditaire est d’OP interne : 2 arrêts Civ 1, 27 septembre 2017.
On parle aussi de « principes essentiels du droit français » : Civ 1re 6 avril 2011 « est justifié le refus de
transcription d'un acte de naissance établi en exécution d'une décision étrangère, fondé sur la contrariété à

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l'ordre public international français de cette décision, lorsque celle-ci comporte des dispositions qui heurtent
des principes essentiels du droit français »
Si concrètement l’app de la loi étrangère mène à une contrariété avec l’OPI ou les pp essentiels alors la loi
étrangère est écartée.
1. Caractériser l’existence d’un lien avec la France : nationalité, domicile, siège social…
Exemple : filiation : des arrêts ont considéré que l’interdiction énoncée par une loi étrangère de faire établir sa
filiation était contraire à l’OPI dès lors que l’enfant est FR ou réside en FR : Civ 1, 10 février 1993, Latouz : «
les lois étrangères qui prohibent l’établissement de la filiation naturelle ne sont, en principe, pas contraires à la
conception française de l’ordre public international ». Puis, « il en est autrement lorsque ces lois ont pour effet de
priver un enfant français ou résidant habituellement en France, du droit d’établir sa filiation ; que dans ce cas, cet
ordre public s’oppose à l’application de la loi étrangère normalement compétente ».
Cass.civ.1re, 10 mai 2006 : « la filiation est régie par la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de
l’enfant ; une loi étrangère qui ne permet pas l’établissement d’une filiation naturelle n’est pas contraire à [l’OPIF],
dès lors qu’elle n’a pas pour effet de priver un enfant de nationalité française ou résidant habituellement en
France du droit d’établir sa filiation ».
Les éléments relatifs à la proximité ne sont pas toujours pris en compte : Civ 1, 27 septembre 2017 « mais
attendu qu'après avoir relevé qu'aux termes de la loi camerounaise, l'action en recherche de paternité est
irrecevable lorsque, pendant la période légale de conception, la mère a été d'une inconduite notoire ou si elle a
eu commerce avec un autre homme, la cour d'appel a exactement retenu que ces dispositions, qui privaient
l'enfant de son droit d'établir sa filiation paternelle, étaient contraires à l'ordre public international français ; que le
moyen n'est pas fondé ; »
2. Une fois ce lien caractérisé, écarter la disposition étrangère si elle contrevient à l’OPI
> Exemple : absence de fraude à la loi, exigeant un élément matériel : modification du critère de
rattachement, un élément moral : intention frauduleuse, élément légal : existence d’une loi prohibitive à
laquelle on veut échapper : cass.civ. 1878, Princesse de Bauffremont c/ Prince de Bauffremont (modification de
catégorie)
Cass.civ.1re, 1985, Caron (modification de rattachement) : fraude à la loi lorsque la règle de conflit est
volontairement utilisée, en modifiant un élément de rattachement, à seule fin d’éluder l’application d’une loi
compétente.

3. Si litige consiste à faire reconnaître une situation valablement créée à l’étranger :


> l’effet perturbateur de la loi étrangère contraire à l’OPI est moindre lorsque la situation litigieuse a été créée
valablement à l’étranger : Cass.civ.1re, 17 avril 1953, Rivière : « la réaction à l’encontre d’une disposition contraire
à l’ordre public n’est pas la même suivant qu’elle met obstacle à l’acquisition d’un droit en France ou qu’il
s’agit de laisser se produire en France les effets d’un droit acquis sans fraude à l’étranger ».
Affaire Chemouni, 2 arrêts : 1958 et 1963 : Cour de cass considère que le mariage polygamique peut produire
des effets en France car la situation a été valablement créée à l’étranger -> versement d’aliments.
Répudiation et lien avec la France : cass.civ.17 février 2004 : cass s’oppose à la reconnaissance de la décision
étrangère de répudiation, en prenant en considération les liens entre la situations des personnes et l’OJ français
(nationalité et/ou résidence en France).
E. L’application concrète de la loi étrangère (une loi désignée, pas de LP du for compétent, pas d’exception
d’OPI)
1. Etablissement de la teneur de la loi étrangère :

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Cass.civ. 2005, Aubin (droit indisponible : force probante d’un acte notarié) + Itraco (droit disponible : exécution
d’un connaissement -contrat maritime) : il appartient à la partie désireuse de bénéficier des dispositions de la loi
étrangère d’apporter la teneur de ce droit : « Il incombe au juge français qui reconnaît applicable un droit étranger
d’en rechercher soit d’office, soit à la demande d’une partie qui l’invoque, la teneur, avec le concours des parties
et personnellement s’il y a lieu, et de donner à la question litigieuse une solution conforme au droit positif
étranger ».
Teneur établie très souvent par des certificats de coutume, qui doivent être étayées par des éléments de droit :
cass.civ.1re, 17 mai 2017.
Ou connaissances du juge + article 10 CC : expertise.
2. Application de la loi étrangère comme l’aurait fait le juge lege causae (sans réel contrôle pour autant
de la part de la c.cass -> pouvoir souverain des jdf ; mais un contrôle de la dénaturation de la loi
étrangère-> Montelfiore, 1961).
3. Application de la loi du for en cas d’échec :
Civ 1, 21 novembre 2006. « Si le juge français qui reconnaît applicable la loi étrangère se heurte à
l'impossibilité d'obtenir la preuve de son contenu, il peut, même en matière de droits indisponibles, faire
application de la loi française à titre subsidiaire ».

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Partie III : La reconnaissance d’un jugement étranger : lorsqu’on recherche


l’efficacité substantielle d’un jugement étranger
I. En matière de droits indisponibles
Req, Hainard, 3 mars 1930 : « les jugements rendus par un tribunal étranger, relativement à l’état et à la capacité
des personnes, produisent leurs effets en France indépendamment de toute déclaration d’exequatur ».
 Automatisme de la procédure de reconnaissance lorsqu’on est en matière extrapatrimoniale
 La régularité du jugement étranger bénéficie d’une présomption simple
Contrôle des décisions étrangères :
- A titre incident, dans le cadre d’une procédure préexistante
- A titre principal, et a posteriori, via une action en inopposabilité du jugement étranger en France
II. En matière de droits disponibles
 Jugements constitutifs de pouvoirs : jugement reconnu de plein droit et de façon immédiate
 Jugements déclaratifs : Civ 1, 14 mai 2014, la Cour de cass semble confirmer l’efficacité substantielle
immédiate du jugement déclaratif en matière patrimoniale
Hors jugement d’un tribunal de l’UE, la force exécutoire d’un jugement étranger ne peut exister qu’à l’issue d’un
contrôle préalable de sa régularité internationale -> procédure d’exequatur

Droit européen : RB1B interdit la procédure de reconnaissance lorsque la décision émane d’un juge de l’UE =
confiance mutuelle, article 53. Il existe tout de même des contrôles principal à fins de reconnaissance et
incident à fin de non reconnaissance.

Partie IV : L’exequatur d’un jugement étranger


 Droit commun français : TGI
 Droit européen : RB1B interdit la procédure d’exequatur lorsque la décision émane d’un juge de l’UE =
confiance mutuelle : article 39, l’accomplissement de certaines formalités est tout de même toujours
exigé. Refus de l’exequatur est possible, en vertu de l’article 45 lorsque le jugement n’est pas conforme
aux conditions de régularité énoncées par le règlement.

Partie V : Les conditions de régularité des jugements

 En droit international privé commun : cass.civ.1re, 20 février 2007, Cornelissen :


 Compétence du tribunal étranger (dite « compétence indirecte ») :
 Cass. 1re civ.,6 févr. 1985, Simitch « Le tribunal étranger doit être reconnu compétent
si le litige se rattache d’une manière caractérisée au pays dont le juge a été saisi »,
sauf s’il y a compétence exclusive du juge français, ou un autre juge.

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 Conformité du jugement étranger à l’ordre public international français (atténué, car on aura
vérifié la compétence indirecte du juge étranger) :
 Op de fond : annulation pour OP de fond s’il y a proximité avec le for français :
Cass.civ.1re 17 février 2004 (répudiation)
 Op procédural : toujours plein : droits fondamentaux de la procédure en vigueur en
France (article 6 CESDH).
 Absence de fraude :
 Fraude à la compétence judiciaire : cass.civ.17 décembre 2014
 Fraude aux droits de la défense, ou au jugement : obtention d’un jugement étranger
dans le seul but de paralyser la procédure en cours devant le tribunal français, ou le
fait d’obtenir un jugement à l’étranger afin qu’il puisse être exécuté en France, alors
que le résultat obtenu par le jugement étranger n’aurait pu être obtenu en France,
pour des raisons différentes.
 En droit international privé européen : si le jugement est obtenu conformément aux dispositions
du RB1B, les raisons de refus de reconnaissance et exequatur sont les mêmes.
 Art. 45 :
 Contrariété à l'ordre public de l’Etat requis (contrariété manifeste à l’OP substantiel et
procédural) :
 CJCE, 28 mars 2000, aff. Krombach : « S’il n’appartient pas à la Cour de
définir le contenu de l’ordre public d’un Etat contractant, il lui incombe
néanmoins de contrôler les limites dans le cadre desquelles le juge d’un Etat
contractant peut avoir recours à cette notion pour ne pas reconnaître une
décision émanant d’une juridiction d’un autre Etat contractant »
 Violation du principe du contradictoire (violation du pp du contradictoire du défendeur
défaillant ; cas où la décision a été rendue dans l’Etat d’origine par défaut et qu’on
relève une absence de signification / notification au défendeur de l’assignation)
 Contrariété de la décision étrangère avec une autre décision (la décision étrangère est
inconciliable soit avec une décision qui a été rendue dans l’EM requis soit avec une
décision qui aura été rendue dans un Etat tiers)
 Le défaut de compétence de la juridiction d’origine si violation des règles de
compétence exclusives (visées par le règlement Bruxelles I bis) et des règles
protectrices des parties faibles (consommateur, salarié, assureur).

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