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Université de Liège

Faculté des Sciences Appliquées

CONCEPTION ASSISTEE PAR


ORDINATEUR DU MATERIEL
ELECTRIQUE

Notes de cours
V2.4

2005
Date d’impression : 22/02/2007 à 14:56:55

André GENON
2

REFERENCES
Dhatt et Touzot, Une présentation de la méthode des éléments finis, éditions Laloine, 1984
Hari and Silvester, Finite elements for electrical and magnetic problems, J.Whiley, 1980
Zienkiewicz, La méthode des éléments finis, Mc Graw Hill, 1979
Lascaux et Théodor, Analyse numérique matricielle appliquée à l’art de l’ingénieur, 2
volumes, Masson, 1987
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION

1. SCHEMA GENERAL DE CONCEPTION





 
 



   
 
  !


 
  


 



 

   



 


  


 



 


  


Figure 1.1

Dans le domaine de l'électricité, la conception d'un produit nouveau est un processus itératif
dont la première itération est généralement basée sur :
• l’extrapolation de systèmes analogues réalisés précédemment;
• des calculs basés sur des hypothèses simplificatrices;
• des résultats d’expérience.
CAO des systèmes électriques Chapitre 1 : Introduction 4

La simulation sur ordinateur nécessite en général le calcul numérique du champ


électromagnétique. La structure générale du ou des logiciels de simulation est la suivante :



 
   

   
  
 



  







  




 

Figure 1.2

2. METHODES NUMERIQUES
Les trois principales méthodes numériques utilisées pour la résolution d’équations aux
dérivées partielles sont la méthode des différences finies, la méthode des éléments finis et la
méthode des équations intégrales.

2.1. LA METHODE DES DIFFERENCES FINIES

• la plus ancienne, la plus simple à mettre en œuvre;


• nécessite un maillage régulier, ce qui rend souvent difficile l’application à des
géométries complexes;
• le maillage doit souvent être serré pour bien épouser les contours et pour avoir une
précision valable;
• la résolution de problèmes non bornés n’est en toute rigueur pas possible ;
• le système d’équations résultant comporte généralement beaucoup d’inconnues et est
très creux; il peut être résolu par des techniques spéciales.

2.2. LA METHODE DES ELEMENTS FINIS

• basée sur le découpage de l’espace en morceaux de dimensions finies sur lesquels on


approxime la fonction inconnue par une fonction plus simple (souvent un polynôme)
dépendant des inconnues (nodales, d’arête, ...);
• le découpage épouse facilement des formes complexes;
• la prise en compte de problèmes non bornés peut s’effectuer en utilisant des éléments
finis spéciaux;
CAO des systèmes électriques Chapitre 1 : Introduction 5

• le système d’équations obtenu, fort creux et généralement symétrique peut être résolu
par des techniques très performantes.

2.3. LA METHODE DES ELEMENTS DE FRONTIERES

• les inconnues sont situées sur les frontières;


• le découpage épouse facilement des formes complexes;
• la méthode réduit d’un ordre la dimension du problème, ce qui facilite les opérations
de maillage et réduit le nombre d’inconnues;
• la prise en compte de géométries non bornées s’effectue naturellement;
• le système d’équations à résoudre ne possède généralement pas de propriétés
remarquables (pas très creux, ni symétrique) permettant d’utiliser les méthodes
efficaces de résolution.

3. MODELISATIONS
A priori, les structures à étudier se trouvent dans l’espace à trois dimensions.
Cependant, dans de nombreux cas, on peut admettre que la géométrie et les champs sont quasi
invariants dans une direction privilégiée. A ce moment, il est possible de simplifier le
problème et de ne l’étudier que dans un seul plan. On parle alors de problème bidimensionnel
(2D)
Dans d’autres cas fréquents, le problème est axisymétrique. Dans ce cas, il est souvent
avantageux de modifier les équations de telle sorte qu’au niveau modélisation et maillage, il
suffise de considérer une coupe passant par l’axe de symétrie.
CHAPITRE 2
EQUATIONS DE MAXWELL.
FORMULATIONS POTENTIELLES.

1. EQUATIONS DE MAXWELL
Les phénomènes électromagnétiques sont régis par les équations de Maxwell. Dans un milieu
continu, celles-ci s’écrivent :

∂D loi de Maxwell-Ampère
rot H = i + j +
∂t
div D = ρ loi de Gauss
∂B loi de Faraday
rot E = −
∂t
div B = 0 conservation du flux d’induction magnétique

Ces équations font apparaître les champs vectoriels suivants :


• le champ magnétique H (A/m) ;
• la densité de courant i forcés (A/m2) ;
• la densité de courant j qui respecte la loi d'Ohm (A/m2) ;
• le déplacement électrique D (C/ m2);
• le champ électrique E (V/m) ;
• l'induction magnétique B(T).
Le champ scalaire ρ désigne la densité volumique de charge électrique (C/m3).
Ces champs sont reliés entre eux par les équations de Maxwell et par les caractéristiques
de la matière dans laquelle ils sont présents.
On sait que l'induction magnétique dépend du champ magnétique, mais également d'autres
caractéristiques de la matière, telles la température, les traitements mécaniques subis
antérieurement, etc. ... . On exprime généralement cette liaison par la relation :

B=µH
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 8

dans laquelle le coefficient µ (en H/m), appelé perméabilité magnétique n'est pas
nécessairement une constante, ni même un scalaire ( µ peut être de nature tensorielle) ; de
plus, la relation liant B et H peut ne pas être biunivoque (phénomène d'hystérésis).
De même, le déplacement électrique dépend du champ électrique :

D=ε E

où ε (en F/m) est la permittivité diélectrique du milieu matériel. Comme µ , ε n'est pas
nécessairement une constante ni même un scalaire.
Dans les milieux conducteurs, la densité de courant est reliée au champ électrique par la
loi d'Ohm :

j=σ E

où σ est la conductivité du milieu (en Ω −1m −1 ou S / m ) qui peut dépendre de diverses


autres propriétés (température, tensions mécaniques, ... ).

A la frontière entre deux matériaux, on a (figure 2.1) :

rot s H = 0 ou (H + − H − ) Λ n + = 0
rot s E = 0 ou (E + − E− ) Λ n + = 0
divs D = σ d ou (D+ − D− ). n + = σ d
divs B = 0 ou (B + − B − ). n + = 0

n+

+
-

Figure 2.1
Les équations de Maxwell peuvent être séparées en 3 groupes :
a) les équations aux dérivées partielles (linéaires) reliant H et D avec les charges
et les courants :

∂D
rot H = i + j +
∂t
div D = ρ
∂ρ
[div(i + j) + = 0] (conservation de la charge électrique)
∂t

b) les équations aux dérivées partielles (linéaires) reliant E et B :


CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 9

∂B
rot E = −
∂t
[div B = 0]

c) les lois de comportement (généralement non linéaires et tensorielles) :

B=µH
D=ε E .
j=σ E

Remarque

L’équation de conservation du flux d’induction n’est pas indépendante de l’équation de


Faraday car, si on prend la divergence de celle-ci, on obtient :

∂divB
div rot E = − = 0.
∂t

Cela signifie que si, à un moment donné, div B = 0 dans un système, le respect de la loi de
Faraday entraîne que div B = 0 est nul à tout autre moment. En pratique, cela signifie que
la loi de Faraday assure la conservation du flux d’induction magnétique, pour autant que
les conditions initiales du problèmes aient été bien définies.

2. FORMULATION ELECTROSTATIQUE
2.1. ELECTROSTATIQUE : POTENTIEL SCALAIRE

Formulation générale
Dans le cadre de l’électrostatique, on ne considère que les phénomènes engendrés par des
charges fixes. Les équations de Maxwell se réduisent donc à :

rot E = 0
div D = ρ
D=εE

De la première équation, on peut déduire qu’il existe un potentiel V tel que :

E = − grad V .

Dès lors, on a :
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 10

div(ε grad V ) + ρ = 0 .

Quand ε est constant, la relation précédente conduit à l’équation de Poisson :

ρ
∆V + =0.
ε

Condition d’unicité
Le potentiel trouvé est unique si, en chaque point de la frontière du domaine étudié, on
connaît la valeur du potentiel (condition de Dirichlet) ou de sa dérivée normale (condition
de Neumann).

Démonstration :
Considérons 2 solutions V1 et V2 satisfaisant l’équation de Poisson dans le domaine
considéré. Définissons :

DV = V1 − V2 .

Dès lors, puisque les 2 solutions satisfont l’équation de Poisson, on a, dans le volume v
considéré :

∆ DV = 0 .

On peut écrire successivement :

div( DV .grad DV ) = DV .∆ DV + grad DV


2

∫ div( DV .grad DV ) dv = ∫ grad DV


2
dv
v v

∫ DV grad DV .n ds = ∫ grad DV
2
dv
Σ v

∂DV
∫ DV ds = ∫ grad DV dv .
2

Σ
∂n v

De la relation précédente, on déduit immédiatement que grad DV sera nul en tout point
du volume v si DV ou ∂DV / ∂n est nul en tout point de la frontière Σ délimitant le
volume v.
Dès lors, la solution de l’équation de Poisson est unique (à une constante près) si, en tout
point de la frontière, on impose, soit :
• la valeur du potentiel (condition de Dirichlet)
• la valeur de la dérivée normale du potentiel (condition de Neumann)
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 11

• le rapport entre la valeur du potentiel et celle de sa dérivée normale (condition de


Robin) (ce dernier point, bien que ne découlant pas de la démonstration
précédente, peut être démontré par ailleurs).

Remarque :

∂V
= n.gradV = −n.E = −ε Dn .
∂n

3. FORMULATIONS MAGNETOSTATIQUES
Dans le cas où on n’envisage que les effets de courants invariants dans le temps, on se
trouve dans le cadre de la magnétostatique. Les équations de Maxwell deviennent:

rot H = i
div B = 0
B=µH.

Plusieurs formulations sont possibles.

3.1. MAGNETOSTATIQUE : POTENTIEL VECTEUR

Formulation générale
Etant donné que la divergence de B est nulle, il est possible trouver un potentiel vecteur A
tel que :

B = rot A .

La circulation du potentiel vecteur le long d’une courbe fermée représente le flux


d’induction magnétique qui traverse la courbe. En effet (figure 2.2) :

∫ A . dl = ∫ B . n ds
Σ

Figure 2.2
Ce potentiel n’est pas unique : en effet, si A est une forme du potentiel vecteur,
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 12

A 2 = A + grad f

est également une solution valable (f désigne un champ scalaire quelconque). En fait,
seuls deux champs scalaires indépendants sont strictement nécessaires pour définir
n'importe quel champ indivergentiel. Dès lors, on peut choisir arbitrairement une relation
scalaire (appelée jauge) entre les trois composantes de A. Souvent, on choisit la jauge de
Coulomb :

divA = 0 .

Celle-ci présente l’avantage de simplifier l’écriture vectorielle des équations (voir plus
loin). Une autre jauge, couramment utilisée en calcul numérique est la suivante :

w.A = 0 .

w est une champ vectoriel non nul, défini en tout point du domaine étudié et dont les
lignes de champ ne se referment pas sur elles-mêmes à l’intérieur de ce domaine. Cette
dernière jauge génère une relation linéaire entre les 3 composantes de A en chaque point
du domaine étudié. D’autres jauges peuvent être envisagées ( Ax = 0 , … ).
En introduisant l’expression du potentiel vecteur A dans la loi de Maxwell-Ampère, on
obtient :

1
rot ( rot A) = i .
µ

Si on adopte la jauge de Coulomb et si la perméabilité magnétique est une constante, on


retrouve la forme bien connue de l’équation vectorielle de Poisson :

∆A + µ i = 0 .

Conditions d'unicité
Soient A1 et A2 deux solutions différentes qui satisfont les équations dans un volume v.
Définissons la différence :

DA = A1 − A 2 .

Alors, on peut écrire successivement :

∫ div(DA Λ ν rot DA) dv = ∫ (ν rot DA − DA . rot (ν rot DA)) dv ,


2

v v
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 13

∫ div(DA Λ ν rot DA) dv = ∫ν


2
rot DA dv ,
v v

∫ (DA Λ ν rot DA).n ds = ∫ν


2
rot DA dv
Σ v

et, finalement :
∫ DA.(DH Λ n) ds = ∫ν
2
rot DA dv.
Σ v

G1 : Ht = 0

G2 : At = constante H G2 : At = constante

G1 : Ht = 0
Figure 2.3
Etant donné que :

(DH Λ n) . DA = (n Λ DA) . DH ,

le potentiel vecteur A sera unique dans le domaine considéré (à la jauge près) si, en tout
point de la frontière délimitant le domaine considéré, on impose :
• soit la composante tangentielle de A (condition de Dirichlet),
• soit la composante tangentielle du champ magnétique H (condition de Neumann)
• soit une relation entre les deux composantes précédentes (condition de Robin).
Signalons que la dernière condition ne se déduit pas immédiatement de la démonstration
qui précède.
Notons que connaître la composante tangentielle de A sur une surface est équivalent à
connaître le flux d’induction qui traverse cette surface. Dire que le potentiel vecteur est
constant sur une surface implique qu’aucun flux ne traverse cette surface (figure 2.3).
De même, connaître la valeur de la composante tangentielle de H sur une surface est
équivalent à connaître le courant qui traverse cette surface.

3.2. MAGNETOSTATIQUE : POTENTIEL SCALAIRE TOTAL

Formulation générale
Dans les zones où il n’y a pas de courant, le rotationnel de H est nul. Dans ces zones, on
peut considérer que le champ magnétique dérive d’un potentiel scalaire :

H = − grad Φ .
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 14


Figure 2.4
Puisque :

divB = 0 ,

on obtient :

div( µ grad Φ ) = 0 .

La différence de potentiel magnétique entre deux points représente la circulation de H le


long d'une courbe reliant les deux points (figure 2.4) :

2
Φ1 − Φ 2 = ∫ H . dl
1

L’unicité du potentiel scalaire n’est assurée que si son domaine de définition est
simplement connexe. En effet, considérons un parcours fermé entourant des conducteurs :

Φ A − Φ A' = ∫ (− grad Φ ).dl = ∫ H.dl = ∑ I entourés par la courbe

Γ0 )
)
.
(Ω) Ω
1

1 
Γ2 Σ2
Γ1
Σ1

Figure 2.5 : domaine multiplement connexe

Si la perméabilité µ est constante, on retrouve l’équation de Laplace

∆Φ = 0
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 15

Unicité de la solution
Supposons que nous disposions de deux expressions du potentiel scalaire Φ1 et Φ2
satisfaisant l’équation de Laplace en tout point d’un domaine v simplement connexe.
Définissons :

DΦ = Φ1 − Φ 2 .

On peut écrire successivement :

∫ div(µ DΦ grad DΦ) dv = ∫ (µ grad DΦ + DΦ div( µ grad DΦ )) dv ,


2

v v

∫ µ DΦ grad DΦ .n ds = ∫ µ grad DΦ
2
dv ,
Σ v

soit
− ∫ DΦ dB .n ds = ∫ µ grad DΦ dv .
2

Σ v

Le potentiel scalaire Φ sera unique (à une constante près) si en tout point de la frontière
délimitant le domaine considéré, on impose :
• soit la valeur du potentiel Φ (condition de Dirichlet),
• soit la composante normale de l’induction (condition de Neumann)
• soit une relation entre les deux grandeurs précédentes (condition de Robin).
Remarquons que connaître le potentiel scalaire sur une surface est équivalent à connaître
la valeur du champ tangentiel sur cette surface. Dire que le potentiel scalaire est constant
sur une surface signifie que le champ magnétique est perpendiculaire à cette surface
(figure 2.6)

G1 : F = constant

G2 : Bn = 0 H G2 : Bn = 0

G1 : F = constant
Figure 2.6

3.3. MAGNETOSTATIQUE : POTENTIEL SCALAIRE PARTIEL

Dans les zones où circulent des courants, on peut décomposer le champ magnétique en
deux composantes :
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 16

H = Hs + Hr .

Si on suppose que Hs est donné par la loi de Biot et Savart :

1 iΛr
4π ∫ r 3
Hs = dv

on a :

rot H = rot H s + rot H r = rot H S

et, par conséquent :

H r = − gradΦ r .

Hs est dénommé champ source. C’est le champ magnétique que l’on aurait en l’absence
des matériaux magnétiques. Hr est le champ de réaction. En exprimant la divergence de
B, on obtient :

div(µ grad Φ r ) = 0

ou, si la perméabilité magnétique est constante :

∆ Φr = 0

Comme pour le potentiel magnétique total, l’unicité de la solution est assurée si, en tout
point de la surface extérieure au domaine étudié, on connaît soit le potentiel scalaire
partiel, soit sa dérivée normale.

Remarques :
• Le potentiel scalaire partiel n’est généralement pas utilisé à l’intérieur des milieux
magnétiques non conducteurs. En effet, dans ces milieux, le champ magnétique de
réaction est généralement démagnétisant et du même ordre de grandeur que le
champ source. La figure 2.7 montre un exemple monodimensionnel. Dans ces
conditions, la méthode du potentiel scalaire partiel est souvent fort imprécise.
• Nous avons choisi comme champ Hs le champ donné par la loi de Biot et Savart.
Celui-ci est indivergentiel. En réalité, il n’est pas nécessaire que le champ Hs soit
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 17

indivergentiel ; la seule condition qu’il doit satisfaire est que son rotationnel soit
égal à la densité de courant.

Bn = 0
m=m0 m=10 m0 m=m0

F = constant

F = constant
0=0s 0s 0=0s

0 0r
Bn = 0
Figure 2.7

4. FORMULATION ELECTROCINETIQUE
L’électrocinétique étudie la répartition des courants dans les conducteurs en régime
continu. Elle se situe donc dans le même cadre que la magnétostatique, mais, alors qu’en
magnétostatique, on suppose la distribution des courants connue, en électrocinétique, on
s’intéresse précisément à déterminer cette distribution de courants.
Les équations de Maxwell qui régissent l’électrocinétique sont donc :

rot E = 0
div(i + j) = 0
j = σ .E

Deux types de potentiels peuvent être envisagés : un potentiel vecteur dont dériverait la
densité de courant (car div(i + j) = 0 ) ou un potentiel scalaire dont dérive le champ
électrique (car rot E = 0 ). Généralement, c’est la seconde possibilité qui est utilisée. Dans
ces conditions, on peut écrire :

E = − grad V .

Dès lors, on obtient :

div(i − σ grad V ) = 0

et, là où σ est constant :

1
∆V- div i = 0
σ

Les conditions d’unicité de la solution sont les mêmes qu’en électrostatique.


CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 18

5. FORMULATION MAGNETODYNAMIQUE
Dans le cadre de l’électrotechnique classique, les courants de déplacement sont
généralement négligeables vis-à-vis des courants de conduction. Dans ces conditions, en
l’absence de charge d’espace, les équations de Maxwell deviennent :

rot H = i + j
∂B
rot E = −
∂t
div D = 0
div B = 0
B=µH
D=ε E
j=σ E.

5.1. MAGNETODYNAMIQUE : FORMULATION A-V

Formulation générale
Etant donné que div B = 0 , on peut définir le potentiel vecteur magnétique A :

B = rot A .

Si on introduit cette expression dans la loi de Faraday, on obtient :

∂A
rot (E + )=0 ,
∂t

ce qui permet de définir le potentiel scalaire électrique V :

∂A
E+ = − grad V .
∂t

Le potentiel vecteur A s’interprète comme en magnétostatique : sa circulation le long


d’une courbe fermée représente le flux d’induction magnétique traversant toute surface
s’appuyant sur la courbe.
Le potentiel scalaire V représente ce qu’on appelle communément la tension : c’est la
grandeur que l’on peut mesurer avec un voltmètre. En effet, intégrons la dernière relation
le long d’une spire filiforme de faible section (figure 2.8) :
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 19

Figure 2.8
2 2
∂A 2

V1 − V 2 = − ∫ grad V . dl = ∫ (E + ) . dl = ∫ ρ j . dl + ∫ B . n ds
1 1
∂t 1
∂t Σ
soit
∂Φ
V1 − V 2 = R I + .
∂t

En introduisant les potentiels dans la loi d’Ampère, on obtient :

∂A
rot (ν rot A) + σ + σ grad V − i = 0 .
∂t

Si les propriétés physiques du milieu sont linéaires (ν ,σ et ε constants), on peut écrire :

∂A
ν rot (rot A) + σ + σ grad V − i = 0 .
∂t

En utilisant la jauge de Coulomb ( div A = 0 ), la relation précédente devient :

∂A
∆A − σµ − σµ grad V + µ i = 0 .
∂t

Si on utilise la jauge de Lorentz ( divA = −σµ V ), on obtient :

∂A
ν rot (rot A) + σ + σ grad V − i = 0
∂t
∂A
grad div A − ∆ A + σµ + σµ grad V − µ i = 0
∂t
∂A
∆ A −σ µ +µi =0
∂t

Unicité de la solution
Supposons que l’on a choisi la jauge de Lorentz et que l’on dispose de deux solutions A1
et A2 satisfaisant les équations suivantes à l’intérieur d’un domaine v :
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 20

∂A
∆A − σµ +µi =0
∂t
divA = −σµ V

Recherchons les conditions sous lesquelles les deux solutions sont équivalentes. Soit :

DA = A1 − A 2 .

Dès lors :

∂ DA
∆ DA − σ µ =0
∂t
divDA = 0
soit
∂DA
ν rot (rot DA) + σ = 0.
∂t

On a donc également :

t ⎛ ∂DA ⎞
∫ ∫ DA . ⎜⎝ν rot (rot DA) + σ
0 v
⎟ dv dt = 0 ,
∂t ⎠
σ ∂ DA
2
t
∫0 ∫v(ν DA . rot (rot DA) + 2 ∂t ) dv dt = 0 ,
⎛ ⎞
⎜ν rot DA 2 − ν div( DA Λ rot DA) + σ ∂ DA ⎟ dv dt = 0
2
t
∫0 ∫v⎜ 2 ∂t ⎟
⎝ ⎠

et, en utilisant le théorème d’Ostrogradski :

t σ
∫ ∫ν rot DA dv dt + ∫ DA(t ) dv =
2 2
0 v v 2
t σ
∫ ∫ ν ( DA Λ rot DA) . n ds dt + ∫ 2
2
DA(0) dv
0 Σ v

Notons également que :

ν ( DA Λ rot DA) . n = (ν rot DA Λ n) . DA = − ( DA Λ n) .ν rot DA

Dès lors, l’unicité de la solution est assurée si le second membre de la relation intégrale
précédente est identiquement nul, c’est-à-dire si les deux conditions suivantes sont
vérifiées :
• la valeur du potentiel vecteur A est connue en tout point du domaine étudié à l’instant
initial ;
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 21

• la valeur de la composante tangentielle du potentiel vecteur ( A Λ n ) ou celle de la


composante tangentielle du champ magnétique (ν rot A Λ n = H Λ n ) est connue tout
point de la surface extérieure au domaine à tout instant postérieur à l’instant initial.

Dans les conditions aux limites que nous venons d’établir, on reconnaît les conditions aux
limites des équations de type parabolique.

Cas du régime sinusoïdal


Le régime sinusoïdal peut être étudié en utilisant les nombres complexes. L’équation générale
devient :

rot (ν rot A) + j ω σ A + σ grad V − i = 0 .

Si les propriétés physiques du milieu sont linéaires (ν ,σ et ε constants), on peut écrire :

rot (rot A) + j ω σ µ A + σ µ grad V − µ i = 0 .

En utilisant la jauge de Coulomb ( divA = 0 ), la relation précédente devient :

∆A − j ω σ µ A − σ µ grad V + µ i = 0 .

Si on utilise la jauge de Lorentz ( divA = −σµ V ), on obtient :

∆ A − jω σ µ A + µ i = 0 .

Dans ce cas, l’équation est de type elliptique et l’unicité de la solution est unique si on
connaît :
• soit la composante tangentielle de A (condition de Dirichlet),
• soit la composante tangentielle du champ magnétique H (condition de Neumann)
• soit une relation entre les deux composantes précédentes (condition de Robin).
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 22

5.2. MAGNETODYNAMIQUE : FORMULATION T-Ω

Formulation générale
Puisque :

div(i + j) = 0 ,

on peut définir un potentiel vecteur électrique T tel que :

i + j = rot T .

Dans ces conditions, la loi d’Ampère devient :

rot (H − T) = 0

et on peut définir le potentiel scalaire magnétique Ω tel que :

H = T − grad Ω .

Le potentiel vecteur T est lié aux courants. Sa circulation le long d’une courbe fermée
représente le courant qui traverse n’importe quelle surface qui s’appuie sur cette courbe. Le
fait que la composante tangentielle de ce potentiel soit constante sur une surface signifie
qu’aucun courant ne traverse cette surface.
Le potentiel vecteur T est défini à un gradient près ; pour rendre la solution unique, il faut
donc lui adjoindre une jauge.
Si on choisit comme jauge divT = 0 , T est solution du système d’équations suivant :

i + j = rot T
divT = 0 .

Dans ce cas, T représente le champ magnétique engendré dans le vide par la répartition totale
de courants et Ω peut donc être regardé comme le champ de réaction.
En remplaçant T et Ω dans la loi de Faraday, on obtient :

1 ∂ µT ∂
rot ( rot T) + − ( µ gradΩ) − rot (γ i ) = 0
σ ∂t ∂t

Si µ et σ sont constants, l’équation devient :

∂T ∂
rot rot T + σ µ − σ µ grad Ω − rot i = 0
∂t ∂t

En adoptant comme jauge :


CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 23

∂Ω
divT − σ µ = 0,
∂t

on obtient :

∂T
∆T − σ µ + rot i = 0 .
∂t

On peut montrer que l’unicité de la solution est assurée si on connaît


• les valeurs de T en tout point du domaine étudié à l’instant initial
• la valeur de la composante tangentielle du potentiel vecteur ( T Λ n ) ou celle de la
composante tangentielle du courant ( rot T Λ n = (i + j) Λ n ) en tout point de la surface
extérieure au domaine à tout instant postérieur à l’instant initial.

Cas du régime sinusoïdal


Le régime sinusoïdal peut être étudié en utilisant les nombres complexes. Les équations
deviennent

1
rot ( rot T) + jω µ T − jω µ gradΩ − rot (γ i ) = 0 .
σ

Si µ et σ sont constants, l’équation devient :

rot rot T + jω σ µT − jω σ µ grad Ω − rot i = 0

En adoptant comme jauge :

divT − jω σ µ Ω = 0 ,

on obtient :

∆T − jω σ µT + rot i = 0 .
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 24

Dans ce cas, l’équation est de type elliptique et l’unicité de la solution est unique si on
connaît :
• soit la composante tangentielle de T (condition de Dirichlet),
• soit la composante tangentielle du courant i+j (condition de Neumann)
• soit une relation entre les deux grandeurs précédentes (condition de Robin).

5.3. MAGNETODYNAMIQUE : FORMULATION A*.

Le potentiel vecteur modifié A* est défini par les deux relations suivantes :

B = rot A* ,
∂A *
E=− .
∂t

Dans ces conditions, la loi de Faraday et celle de la conservation du vecteur induction


magnétique sont vérifiées automatiquement. En effet :

divB = div rotA ≡ 0


et
∂B ∂A* ∂
rotE + = −rot + rotA* ≡ 0 .
∂t ∂t ∂t

Le potentiel vecteur modifié A* peut être considéré comme une primitive temporelle du
champ électrique car :

t
A * = − ∫ E dt .
0

En introduisant le potentiel vecteur modifié dans la loi d’Ampère et en utilisant la loi d’Ohm,
on obtient :

∂A *
rot (ν rot A* ) + σ =i .
∂t

REMARQUE

Si on prend la divergence de l’expression précédente, on obtient :


σ divA* = div i ≡ 0
∂t
soit
divA* = constante
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 25

Dans les régions conductrices où s'applique la loi d’Ohm ( σ ≠ 0 ), il existe donc une
jauge implicite liée au choix du potentiel.
Par contre, dans les régions non conductrices, une jauge doit être imposée
classiquement.

On peut montrer que l’unicité de la solution est assurée si on connaît


• les valeurs de A* en tout point du domaine étudié à l’instant initial
• la valeur de la composante tangentielle du potentiel vecteur ( A* Λ n ) ou celle de la
composante tangentielle du champ magnétique (ν rot A* Λ n = H Λ n ) en tout point de
la surface extérieure au domaine à tout instant à partir de l’instant initial.

6. FORMULATIONS ELECTROMAGNETIQUES
Dans les milieux non conducteurs (σ = 0 , donc j = 0 ), en l’absence de densité de charge
macroscopiques, les équations de Maxwell s’écrivent :

∂D
rot H = i +
∂t
∂B
rot E = −
∂t
div D = 0
div B = 0
B=µH
D=ε E.

Comme il a été dit plus haut, la loi de Faraday assure la conservation de l’induction
( div B = 0 ), pour autant que les conditions initiales soient formulées correctement. De même,
la loi de Maxwell-Ampère assure la loi de Gauss ( div D = 0 dans ce cas-ci), pour autant que
les conditions initiales relatives aux courants imposés soient formulées correctement.

6.1. ELECTROMAGNETISME : FORMULATION A-V

Formulation générale
Comme en magnétodynamique, on peut définir, on peut définir le potentiel vecteur A et le
potentiel scalaire V à partir des lois de conservation du flux d’induction et de Faraday par les
relations suivantes :

B = rot A ,
∂A
E+ = − grad V .
∂t

En introduisant ces relations dans la loi de Maxwell-Ampère, on obtient :


CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 26

1 ∂⎛ ⎛ ∂A ⎞ ⎞
rot rotA = i + ⎜⎜ ε ⎜ grad V + ⎟⎟
µ ∂t ⎝ ⎝ ∂t ⎠ ⎟⎠

Si le milieu est linéaire, on obtient :

∂ 2A ∂V
rot rot A +ε µ +ε µ grad − i= 0
∂t 2
∂t

L’unicité du potentiel vecteur A peut être fixée au moyen d’une jauge convenable.
Le choix de la jauge de Lorentz généralisée :

∂V
divA + εµ =0
∂t

conduit à la relation suivante :

∂ 2A
∆A − ε µ +µi=0
∂t 2

L’équation est cette fois de type hyperbolique. On peut montrer que l’unicité de la solution est
assurée si on connaît
• les valeurs de A ainsi que ses dérivées premières en tout point du domaine étudié à
l’instant initial (conditions de Cauchy)
• les valeurs des composantes tangentielles du potentiel vecteur (condition de Dirichlet)
ou des composantes tangentielles du champ magnétique (condition de Neumann) en
tout point de la surface extérieure au domaine à tout instant postérieur à l’instant
initial.

Cas du régime sinusoïdal


Le régime sinusoïdal peut être étudié en utilisant les nombres complexes. Dans ce cas, en
utilisant la jauge de Lorentz généralisée :

∂V
divA + jω ε µ =0
∂t

on obtient, pour les matériaux linéaires, la relation suivante :

∆A + ω 2ε µ A + µ i = 0
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 27

L’équation est de type elliptique et l’unicité de la solution est assurée si on connaît les valeurs
des composantes tangentielle du potentiel vecteur ou du champ magnétique en tout point de la
surface extérieure au domaine.

6.3. ELECTROMAGNETISME: POTENTIEL DE HERTZ

Formulation générale
Nous introduirons le potentiel de Hertz dans les milieux linéaires. Le potentiel de Hertz Π est
lié aux potentiels A et V par les relations suivantes :

∂Π
A = εµ
∂t
et
V = − div Π .

Dans ce cas, on a :

∂ rot Π
B = rot A = ε µ
∂t
et
∂A ∂2 Π
E = − gadV − = grad (divΠ ) − εµ 2 .
∂t ∂t

Les équations de conservation de l'induction et de Faraday ainsi que la jauge de Lorentz


généralisée sont ainsi vérifiées identiquement car :

⎛ ⎛ ∂ Π⎞⎞
div B = div⎜⎜ rot ⎜ ε µ ⎟⎟ ≡ 0
⎝ ⎝ ∂t ⎠ ⎟⎠
∂B ⎛ ∂ ⎛ ∂Π ⎞ ⎞ ∂ ⎛ ⎛ ∂ Π⎞⎞
rotE − = rot ⎜⎜ grad (divΠ ) − ⎜ εµ ⎟ ⎟⎟ − ⎜⎜ rot ⎜ ε µ ⎟⎟ ≡ 0
∂t ⎝ ∂t ⎝ dt ⎠ ⎠ ∂t ⎝ ⎝ ∂t ⎠ ⎟⎠
∂V ⎛ ∂ Π⎞ ∂
div A + ε µ = div⎜ ε µ ⎟ + ε µ (divΠ) ≡ 0 .
∂t ⎝ ∂t ⎠ ∂t

En introduisant le potentiel de Hertz dans l’équation de Maxwell-Ampère, on obtient :

∂ Π 2 2 ∂ 3Π
∆εµ −ε µ +µ i =0.
∂t ∂t 3

Si on simplifie et intègre cette dernière relation, on obtient :

∂ 2Π 1 t
∆Π − ε µ 2 + ∫ i dt = 0 .
∂t ε −∞
CAO des systèmes électriques Chapitre2 : Equations de Maxwell 28

Les conditions d’unicité de la solution sont, comme pour les autres équations de type
hyperbolique, la fixation :
• des valeurs de Π en tout point du domaine étudié à l’instant initial
• la valeur de la composante tangentielle du potentiel (Π Λ n ) ou celle de la composante
tangentielle de son rotationnel ( rot Π Λ n ) en tout point de la surface extérieure au
domaine à tout instant à partir de l’instant initial.

Cas du régime sinusoïdal :


En régime sinusoïdal, l’équation du potentiel de Hertz s’écrit :

i
∆Π + ω 2ε µ Π + =0.
jωε

On obtient à nouveau une équation elliptique ; l’unicité de la solution est assurée si on connaît
les valeurs des composantes tangentielle du potentiel de Hertz (condition de Dirichlet) ou de
son rotationnel (condition de Neumann) en tout point de la surface extérieure au domaine.
CHAPITRE 3 :
METHODE DES ELEMENTS FINIS

1. PRINCIPES GENERAUX
1.1. AVERTISSEMENT

Ce chapitre n’a pas pour prétention de traiter de manière exhaustive la méthode des éléments
finis. D’excellents ouvrages sont disponibles et d’autres cours universitaires sont spécialisés
dans ce domaine. Nous n’envisagerons ici que le cas des éléments finis du premier ordre et
insisterons par contre plus particulièrement sur les aspects spécifiques liés à la résolution des
équations de Maxwell.

1.2. NOTION D’ELEMENT FINI

La méthode des éléments finis est basée sur une discrétisation de l’espace à étudier en
éléments de forme simple (triangles, quadrangles en 2D, tétraèdres, hexaèdres, prismes ... en
3D) et de taille suffisamment faible. Des inconnues sont associées à ces éléments. Selon le
cas, ces inconnues sont liées aux nœuds de l’élément (éléments finis nodaux), aux arêtes (cas
des éléments d’arête), aux facettes (cas des éléments de facette) ou aux éléments de volume
(éléments finis volumiques). L’utilisation d’une fonction d’évolution, souvent un polynôme
d’ordre 0, 1 ou 2, permet d’approximer la valeur des grandeurs inconnues sur chaque élément
fini.

1.4. ELEMENTS FINIS NODAUX TRIANGULAIRES DU PREMIER ORDRE

Définition
Considérons un problème à 2 dimensions discrétisé en éléments finis triangulaires. A titre
d’exemple, la figure 3.1 représente le maillage en éléments triangulaires de la coupe
transversale d’un câble triphasé blindé.
Remarque : On note que les éléments finis doivent respecter les frontières des objets et qu'ils
ne peuvent se chevaucher.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 30

Conducteurs
/PVC

Figure 3.1 : exemple de maillage

Figure 3.2 : assemblage d’éléments finis


A chaque nœud du maillage obtenu, on associe une inconnue qui est la valeur de la fonction
recherchée en ce nœud. On exprime ensuite la fonction recherchée sous la forme suivante :

) N
U ( x, y, z ) = ∑ β iU i .
i =1

)
• U ( x, y, z ) est la valeur estimée de la fonction inconnue U au point de coordonnées
(x,y,z) ;
• N est le nombre de nœuds ;
• U i est la valeur estimée de la fonction inconnue U au nœud i ;
• β i ( x, y ) est la fonction de forme associée au nœud i.

La fonction de forme β i ( x, y ) possède les propriétés suivantes (figure 1.2) :


• elle vaut 1 au nœud i : β i ( xi , yi ) = 1 ;
• elle est nulle en tout autre nœud : β i ( x j , y j ) = 0 si j ≠ i ;
• sa valeur évolue d’une certaine manière (linéairement pour des fonctions de forme
linéaires) sur les éléments finis qui touchent le nœud i.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 31

Les éléments finis nodaux assurent naturellement la continuité d’une fonction lorsque l’on
passe d’un élément à l’autre. Ils conviennent donc particulièrement bien lorsque l’inconnue
est un potentiel.

> E



E

Figure 3.3 : fonction de forme d’un nœud (2D - 1er degré)

Espace réel et espace de référence


Considérons un des éléments finis triangulaires (figure 3.4). Afin de faciliter la mise en œuvre
des calculs, il est habituel d’associer à l'élément fini réel, un élément fini de référence situé
dans un plan ξ, η dit plan de référence. A chaque point du triangle situé dans l’espace réel x,y
est associé un et un seul point du triangle de référence situé dans l’espace de référence ξ, η.
Si U1, U2 et U3 sont les valeurs de U aux 3 sommets du triangle (on les appelle valeurs
nodales). Dans l’espace de référence, on peut écrire :

⎛ U1 ⎞
) ⎜ ⎟
U (ξ ,η ) = (1 − ξ − η ξ η ) ⎜U 2 ⎟ .
⎜U ⎟
⎝ 3⎠

La relation précédente permet d’évaluer la fonction inconnue U en tout point de l’élément de


référence en fonction des valeurs nodales de la fonction.
Les fonctions de forme des nœuds 1,2 et 3 sont respectivement :

β1 (ξ ,η ) = 1 − ξ − η
β 2 (ξ ,η ) = ξ
β 3 (ξ ,η ) = η

On peut également écrire :

U (ξ ,η ) = N T (ξ ,η ) U N (1)
avec
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 32

⎛1 − ξ − η ⎞ ⎛ β1 (ξ ,η ) ⎞ ⎛ U1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
N(ξ ,η ) = ⎜ ξ ⎟ = ⎜ β 2 (ξ ,η ) ⎟ et U N = ⎜U 2 ⎟ .
⎜ η ⎟ ⎜ β (ξ ,η ) ⎟ ⎜U ⎟
⎝ ⎠ ⎝ 3 ⎠ ⎝ 3⎠

y D

!
(x3,y3)
(0,1)
!


(x1,y1)
(x2,y2)

(0,0)
x  (1,0) N

Figure 3.4 : élément de référence triangulaire


De même, on peut définir les transformations de coordonnées, qui permettent d’associer à tout
point de l’élément fini de référence un et un seul point de l’élément réel :

x(ξ ,η ) = N'T (ξ ,η )x N = β1' ( β 2' β 3' ) x N (2)


y (ξ ,η ) = N' (ξ ,η )y N
T
= (β 1
'
β '
2 β ) yN
'
3 (3)
si
⎛ x1 ⎞ ⎛ y1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
x N = ⎜ x2 ⎟ et y N = ⎜ y2 ⎟ .
⎜x ⎟ ⎜y ⎟
⎝ 3⎠ ⎝ 3⎠

Les relations (1), (2) et (3) permettent d’associer tout point (ξ,η) de l’élément de référence un
et un seul point (x, y) de l’espace réel ainsi que la valeur en ce point de la fonction approchée.
Quand β'i = β i , les mêmes fonctions de forme sont utilisées pour l’approximation des
inconnues et pour les transformations de coordonnées et on parle de transformations
isoparamétriques.
Le passage de l’espace (ξ,η) à l’espace (x,y) est donc particulièrement simple. La
transformation inverse est généralement plus compliquée.

Formule de transformation pour les dérivées


On calcule :

⎛∂ ⎞ ⎛ ∂x ∂y ⎞⎛ ∂ ⎞ ⎛∂ ⎞

⎜ ∂ξ ⎟ ∂ξ ∂ξ ⎟⎟⎜ ∂x ⎟ ⎜ ∂x ⎟
⎜ ∂ ⎟ F ( x, y ) = ⎜ ⎜
∂y ⎟⎜ ∂ ⎟ ⎟ F ( x , y ) = J ⎜ ∂ ⎟ F ( x, y )
⎜ ⎟ ⎜ ∂x ⎜ ∂y ⎟
⎝ ∂η ⎠ ⎜ ∂η ∂η ⎟⎠⎝ ∂y ⎠ ⎝ ⎠

avec
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 33

⎛ ∂x ∂y ⎞

∂ξ ∂ξ ⎟⎟
J =⎜ .
⎜ ∂x ∂y ⎟
⎜ ∂η ∂η ⎟⎠

J est dénommée la matrice jacobienne de la transformation. Dans le cas des éléments finis
triangulaires du premier ordre, la matrice jacobienne vaut :

⎛x − x y2 − y1 ⎞
J = ⎜⎜ 2 1 ⎟
⎝ x3 − x1 y3 − y1 ⎟⎠
et
dtm(J ) = ( x2 − x1 )( y3 − y1 ) − ( x3 − x1 )( y2 − y1 ) = 2 A

où A représente l’aire du triangle réel. On a également :

1 ⎛ y3 − y1 x1 − x3 ⎞
J −1 = ⎜ ⎟
2 A ⎜⎝ y1 − y2 x2 − x1 ⎟⎠

et, finalement :

⎛∂ ⎞ ⎛∂ ⎞
⎜ ∂x ⎟ ⎜ ⎟
−1 ∂ξ
⎜∂ ⎟ = J ⎜∂ ⎟
⎜ ∂y ⎟ ⎜ ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ∂η ⎠

Formule de transformation pour les intégrales


L’intégrale d’une fonction sur un élément réel peut se calculer en intégrant sur l’élément de
référence par la formule suivante :

∫ f ( x, y) dx dy = ∫ f ( x(ξ ,η ), y(ξ ,η )) dtm(J) dξ dη


∆ ∆réf

= 2A ∫f (ξ ,η ) dξ dη
*

∆réf
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 34

1.5. ELEMENTS FINIS D’ARETE DU PREMIER ORDRE


k
i
i f ijk
noeud j
l k
i facette triangulaire
a ij f ijkl
j
i j
arête facette quadrangulaire

Figure 3.5 : nœuds, arêtes et facettes


Au lieu de choisir comme inconnues la valeur de la fonction recherchée aux nœuds du
maillage, on peut choisir comme inconnues la circulation d’un vecteur (E ou H par exemple)
le long des arêtes du maillage. On parle alors d’éléments finis d’arête. Dans ce cas, si U est la
grandeur vectorielle inconnue, on peut écrire :

) NA
U( x, y, z ) = ∑ p ijU ijdl
ij

)
• U ( x, y, z ) est la valeur estimée de la fonction vectorielle inconnue en x,y,z ;
• N A est le nombre d’arêtes ;
• U ijdl est la circulation du vecteur U le long de l’arête ij ;
• p ij est la fonction de forme (vectorielle) associée à l’arête ij.
La fonction de forme p ij associée à une arête ij est une fonction vectorielle possédant les
propriétés suivantes :
j
• sa circulation le long de l’arête ij (dans le sens i => j) vaut 1 : ∫p
i
ij . dl = 1 ;
l
• sa circulation le long de toute autre arête est nulle : ∫p
k
kl .dl = 0 si kl ≠ ij ;
• sa valeur n’est non nulle que sur les éléments finis dont ij est une arête.

j j

i i

Figure 3.6 : désignation de la facette j, i

Les éléments finis d’arête assurent naturellement la continuité de la composante tangentielle


des vecteurs inconnus. Ils conviennent donc particulièrement bien lorsque le champ vectoriel
inconnu est le champ électrique E ou le champ magnétique H.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 35

En 3D, dans le cas d’éléments finis comportant 3 arêtes par nœud, la fonction de forme d’une
arête ij reliant les nœuds i et j peut se déduire des fonctions de forme nodales par la formule :

p ij = β j grad ∑β
r∈N F , ji
r − β i grad ∑β
r∈N F ,ij
r

où N F , ji désigne l'ensemble des nœuds de la facette de l'élément fini considéré qui contient le
nœud j mais pas le nœud i . Une telle facette est unique pour des éléments possédant trois
arêtes issues de chaque nœud ainsi que l’indique la figure 3.6. C’est le cas des tétraèdres,
hexaèdres, pyramides à base triangulaire et des prismes). Le cas des éléments finis
comportant plus de 3 arêtes par nœud n’est pas traité ici. Sur la figure 3.7a, on remarque que
le vecteur



  
  
 

(a) (b)
+


F 

 
 
 
 

(c)
Figure 3.7 : interprétation de la fonction de forme d'arête

β j grad ∑β
r∈N F , ji
r

• est nul sur toutes les arêtes qui ne touchent pas le nœud j (car β j y est nul);
• est perpendiculaire à la facette hachurée (car ∑β
r∈N F , ji
r = 1 est constant sur cette facette);

• s'annule au nœud i (car β j y est nul).

1.6. ELEMENTS FINIS DE FACETTE

De même que l’on a défini des éléments finis nodaux et d’arête, on peut définir des éléments
finis de facette où les inconnues sont le flux d’une grandeur vectorielle au travers d’une
facette (flux d’induction magnétique par exemple). La grandeur vectorielle inconnue
s’exprime alors sous la forme :
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 36

) NF
U( x, y, z ) = ∑ s ijkU ijkΦ
ijk

)
• U ( x, y, z ) est la valeur estimée de la fonction vectorielle inconnue en x,y,z ;
• N F est le nombre de facettes ;
• U ijkΦ est le flux du vecteur U au travers de la facette ijk ;
• s ijk est la fonction de forme vectorielle associée à la facette ijk.

La fonction de forme s ijk associée à une arête ijk est une fonction vectorielle possédant les
propriétés suivantes :
• son flux au travers de la facette ijk (dans le sens positif choisi) est égal à 1 :


ijk
s ijk . ds = 1 ;

• son flux au travers de toute autre facette est nul : ∫


lmn
s ijk .ds = 0 si lmn ≠ ijk ;
• sa valeur n’est non nulle que sur les éléments finis dont ijk est une facette.

Les éléments de facette assurent naturellement la continuité de la composante normale du


champ vectoriel approximé. Elles conviennent donc particulièrement bien à l'approximation
du champ d'induction magnétique B..










= =Ù>



>

Figure 3.8
Les expressions des fonctions de forme de facette peuvent être dérivées des fonctions de
forme d’arête. Pour les facettes à 3 nœuds, on a :

3 ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
s f = 2∑ β i grad ⎜ ∑ β j ⎟Λ grad ⎜ ∑ β j ⎟
⎜ j∈N ⎟ ⎜ j∈N ⎟
i =1
⎝ F ,i,i +1 ⎠ ⎝ F ,i ,i −1 ⎠

et pour celles comportant 4 nœuds :


CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 37

4 ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
s f = ∑ β i grad ⎜ ∑ β j ⎟Λ grad ⎜ ∑ β j ⎟ .
⎜ j∈N ⎟ ⎜ j∈N ⎟
i =1
⎝ F ,i ,i+1 ⎠ ⎝ F ,i ,i−1 ⎠

Dans les expressions précédentes :


• la première sommation s’effectue sur chacun des nœuds i de la facette f ;
• la seconde sommation s’effectue sur les nœuds de la facette adjacente qui contient
le nœud i, mais pas le nœud i+1 (obtenu par permutation circulaire) ;
• la troisième sommation s’effectue sur les nœuds de la facette adjacente qui
contient le nœud i, mais pas le nœud i-1 (obtenu par permutation circulaire).
La figure 3.8 illustre la sélection des facettes adjacentes, tandis que la figure 3.9 montre
l’allure du champ vectoriel engendré par la fonction de forme s f .


 
 
 
 

 
   

 
 
 
 
 
 

Figure 3.9

1.7. ELEMENTS FINIS DE VOLUME

Des éléments finis de volume peuvent également être définis. Dans ceux-ci, les inconnues
sont des scalaires représentant l’intégrale volumique de l’inconnue sur l’élément fini
considéré. La grandeur inconnue s’exprime alors par :

) NE
U ( x, y, z ) = ∑ vijklU ijkl
v

ijkl

)
• U ( x, y, z ) est la valeur estimée de la fonction inconnue en x,y,z ;
• N E est le nombre d’éléments finis ;
• v
U ijkl est l’intégrale de l’inconnue U sur l’élément fini ijkl ;
• vijkl est la fonction de forme associée à l’élément fini ijkl.
La fonction de forme vijkl associée à un élément fini ijkl est possède les caractéristiques
suivantes :
• elle est égale à l’inverse du volume de l’élément fini ijkl en tout point de celui-ci,
si bien que son intégrale volumique sur cet élément fini est égale à 1 ;
• elle vaut 0 en tout partout ailleurs, si bien que son intégrale volumique sur tout
autre élément fini est égale à 0.
Les éléments finis de volume conviennent bien à l'approximation de la charge électrique.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 38

1.8. ESPACES FONCTIONNELS

On peut associer à chaque type d’élément fini un espace fonctionnel dans lequel il est défini.
L’espace fonctionnel dans lequel sont définis les éléments finis nodaux est baptisé S0 (on
parle également de 0-formes). Celui des éléments finis d’arêtes se dénomme S1 (1-formes),
celui des éléments finis de facettes, S2 (2-formes) et celui des éléments finis de volume, S3 (3-
formes). Ces espaces fonctionnels ne sont pas indépendants et on peut montrer que :
• le gradient d’une fonction scalaire définie dans l’espace S0 est une fonction
vectorielle définie dans l’espace S1 ;
• le rotationnel d’une fonction vectorielle définie dans l’espace S1 est une fonction
vectorielle définie dans l’espace S2 ;
• la divergence d’une fonction vectorielle définie dans l’espace S2 est une fonction
scalaire définie dans l’espace S3.
La figure 3.10 illustre cette propriété remarquable.

grad rot div


S0 ⎯ ⎯
⎯→ S1 ⎯⎯→ S 2 ⎯ ⎯
⎯→ S3
Figure 3.10

Exemples :
• Si le potentiel scalaire électrique V est défini dans l’espace des éléments nodaux (S0), le
champ électrique E qui en dérive est situé dans l’espace S1 des éléments d’arêtes
(Ε = − grad V ) . Dans les mêmes conditions, l’induction magnétique se trouve dans
l’espace S2 des éléments de facette (dB / dt = rotE) (figure 3.11).
• De manière analogue, si le potentiel scalaire magnétique Φ est défini dans l’espace S0 des
éléments finis nodaux, le champ magnétique H est défini dans l’espace S1 des éléments
d’arêtes (H = − grad Φ ) . Dans les mêmes conditions, la densité de courant i et le
déplacement électrique D se trouvent dans l’espace S2 des éléments de facette
(dD / dt + i = rotH ) . Dans le même contexte, la densité de charge électrique se trouve dans
l’espace S3 (div D = ρ ) (figure 3.11).
• Si le potentiel vecteur magnétique A est défini dans l’espace S1 des éléments finis
d’arêtes, l’induction magnétique B (B = rotA) se trouve dans l’espace S2 des éléments
finis de facettes (figure 3.11).

1.9. DIAGRAMME DE TONTI

La figure 3.11 montre les 2 suites d’espaces fonctionnels naturels dans lesquels évoluent les
grandeurs électromagnétiques ainsi que les lois de comportement qui les relient. Les lois de
comportement relient des grandeurs situées dans des espaces fonctionnels différents (par
exemple H défini dans l’espace des éléments d’arêtes et B défini dans l’espace des éléments
de facettes). On peut en déduire que dans un espace discrétisé, il est impossible de satisfaire
en tout point à la fois les équations de Maxwell et les lois de comportement. Le diagramme de
la figure 3.11 est appelé diagramme de Tonti.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 39

1.10. AUTRES TYPES D’ELEMENTS FINIS

D'autre types d’éléments finis sont utilisés :


• Les éléments finis polynomiaux d’ordre supérieur (second ordre, troisième ordre, ...)
• Les éléments finis nodaux décrits précédemment assurent naturellement la continuité
des inconnues au passage d’un élément à un autre. On peut envisager également
d’assurer la continuité de la dérivée de la fonction inconnue au passage d’un élément à
un autre. On parle alors d’éléments finis d’Hermite.

Pour la théorie complète des éléments finis nodaux, on consultera la littérature spécialisée
(voir bibliographie).

1.11. CONCLUSION

D’une manière générale, la ou les grandeurs inconnues peuvent s’exprimer sous la forme :
)
U (x, y ) = ∑ f i ( x, y )Ui

où fi ( x, y ) est la fonction de forme associée à l’inconnue Ui . Rappelons que cette fonction de


forme (ou son intégrale) vaut 1 sur l’élément auquel elle est associée (nœud, arête, facette, ...).
Dans le cas des éléments finis nodaux, d’arête et de facette, la fonction de forme est non nulle
sur les éléments finis qui touchent l’élément associé et elle est nulle partout ailleurs.

Une fois la modélisation choisie, il s’agit de rechercher les valeurs des grandeurs inconnues
de telle manière que l’ensemble de ces valeurs fournisse une solution acceptable au problème
posé. Pour ce faire, plusieurs techniques peuvent être mises en œuvre.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 40

EF ... EF ...
nodaux V ρ volume
↓ ↑
grad div
↓ ↑
→ε → (jω) D
arêtes (jω)A → E →σ → j← ↑ facettes
i← ↑
↓ ↓ ↑
→ rot rot
↓ ↑
facettes (jω)B ←µ ← H arêtes
↓ ↑
div grad
↓ ↑
volume 0 Φ nodaux
Figure 3.11

2. ELECTROSTATIQUE
2.1. METHODE VARIATIONNELLE DE RITZ-RAYLEIGH

2.1.1. Principe
Soit un domaine Ω de l’espace délimité par une frontière Γ1 + Γ2 constituée d’une partie Γ1 où
le potentiel scalaire VD est connu (condition de Dirichlet) et d’une partie Γ2 où est connue la
composante normale du déplacement électrique Dn (condition de Neumann).
Considérons une fonction scalaire V définie sur le volume Ω et satisfaisant la condition de
Dirichlet V = VD sur Γ1 ainsi que la fonctionnelle Ψ (V ) définie par :

⎛ ε E2 ⎞
Ψ (V ) = ∫ ⎜⎜ − ρV ⎟⎟dv + ∫ DnV ds .
Ω⎝ ⎠
2 Γ2

Parmi l’ensemble des fonctions V, celle qui minimise Ψ est celle qui satisfait aux équations
de l’électrostatique.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 41

/

Figure 3.12 : conditions aux limites

2.1.2. Démonstration
Calculons :

∂ Ψ (V ) ∂ Ψ (V )
dΨ (V ) = . dV − . d ( grad (V )) ,
∂V ∂E
dΨ (V ) = ∫ (− ε E.grad (dV ) − ρ dV )dv + ∫ Dn dV ds .
Ω Γ2

Comme :
div(dV E) = grad dV .E + dV divE ,
on obtient :
dΨ (V ) = ∫ (− ε div(dV E) + ε dV divE − ρ dV )dv + ∫ Dn dV ds
Ω Γ2

dΨ (V ) = ∫ (ε divE − ρ )dV dv − ∫ ε E.ndV ds + ∫ D dV dsn


Ω Γ1 +Γ2 Γ2

Puisque, par définition, dV est nul sur Γ1 , on obtient :

dΨ (V ) = ∫ (ε divE − ρ )dV dv − ∫ (ε E.n − Dn )dV ds .


Ω Γ2

Etant donné que dV est quelconque (sauf sur Γ1 ), Ψ (V ) sera extrémale si et seulement si :

• ε divE − ρ = 0 en tout point de Ω et


• ε E.n − Dn = 0 sur Γ2 .

Par ailleurs, étant donné que E = − gradV , le rotationnel de E est identiquement nul. Le
potentiel scalaire V obtenu satisfait donc aux équations de l’électrostatique et aux conditions
limites imposées.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 42

2.1.3. Interprétation physique


Reprenons l’expression de la fonctionnelle, dans le cas où le volume Ω s’étend jusqu’à
l’infini :

⎛ ε E2 ⎞
Ψ (V ) = ∫Ω∞ ⎜⎜⎝ 2 − ρV ⎟⎟⎠dv .

On se souviendra des deux expressions de l’énergie électrostatique :


• la première, évaluée à partir du champ électrique :
ε E2
Ω∞
∫ 2
dv

• et la seconde, calculée à partir de la valeur des charges et du potentiel auquel elles


sont portées
ρV
∫Ω∞ 2 dv .
On en déduit que, lorsque V est le potentiel électrostatique, la fonctionnelle Ψ (V ) représente
au signe près l’énergie électrostatique contenue dans le système.

2.1.4. Construction du système d’équations à résoudre


)
Discrétisons l’espace Ω en éléments finis nodaux. Soit une fonction V ( x, y ) satisfaisant les
conditions de Dirichlet sur la frontière Γ1 :

) N
V ( x, y ) = ∑ β i ( x, y ) Vi .
i =1

On peut écrire :

) N
E = −∑ grad β i ( x, y ) Vi
i =1

et
)
) ⎛ ε E2 )⎞ )
Ψ (V ) = ∫ ⎜⎜ − ρV ⎟⎟dv + ∫ DnV ds
Ω⎝ ⎠
2 Γ2

)
Minimisons la fonctionnelle Ψ (V ) par rapport à Vj :

) ) ) )
∂Ψ (V ) ⎛ ) ∂ gradV ∂V ⎞⎟ ∂V
= ∫ ⎜ ε gradV . −ρ dv + ∫ Dn ds = 0 ,
∂V j ⎜ ∂V j ⎟
∂V j ⎠ ∂V j
Ω⎝ Γ2
)
∂Ψ (V )
= ∫ (ε gradV .grad β j − ρ β j )dv + ∫ Dn β j ds = 0
)
∂V j Ω Γ2
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 43

)
∂Ψ (V ) ⎛ N ⎞
= ∫ ⎜ ε ∑ Vi grad β i .grad β j − ρ β j ⎟dv + ∫ Dn β j ds = 0 .
∂V j Ω ⎝ i =1 ⎠ Γ2

Dès lors, on obtient le système d’équations suivant :

∑V ∫ ε grad β .grad β
i =1
i i j dv − ∫ ρ β j dv+ ∫ Dn β j ds = 0 ( j = 1, ...., N ).
Ω Ω Γ2

Le système d’équations peut s’écrire sous forme matricielle :

MV=B
où :
• M ij = ∫ ε grad β i .grad β j dv est le terme général d’une matrice M symétrique et creuse,

puisque grad β i .grad β j n’est non nul que si les nœuds i et j sont voisins ;
• V est le vecteur contentant les inconnues Vi ;
• B est un vecteur dont le terme général vaut B j = ∫ ρ β j dvdv − ∫ Dn β j ds .
Ω Γ2

La résolution du système d’équations fournit la solution du problème.

2.2. METHODE DES RESIDUS PONDERES

Discrétisons, comme précédemment le domaine à étudier en éléments finis et définissons la


)
fonction V ( x, y ) qui satisfait aux conditions de Dirichlet sur la frontière Γ1 :

)
V (x, y ) = ∑ β i ( x, y ) Vi
i

Dans ces conditions, le champ électrique a pour expression :


) )
E = − grad V = −∑ grad β i ( x, y ) Vi
i

)
Dès lors le rotationnel de E sera identiquement nul. La méthode des résidus pondérés
consiste à déterminer les coefficients Vi qui vérifient « au mieux » l'expression de la
divergence du vecteur déplacement dans le volume considéré ainsi que les conditions de
Neumann sur la frontière Γ2 .
Soit une fonction de pondération η ( x, y ) quelconque définie sur Ω et nulle sur la frontière
Γ1 . Formons le résidu :

(
)
) )
R = ∫ divε E − ρ η dv + ∫ ( Dn − ε E.n)η ds
Ω Γ2
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 44

soit
( )
) )
R = ∫ − divε gradV − ρ η dv + ∫ ( Dn + ε gradV .n)η ds
Ω Γ2

Ce résidu est à annuler. En observant la relation précédente, on constate qu’elle fait apparaître
les dérivées secondes du potentiel. Cette expression constitue ce qu'on appelle la formulation
forte de la méthode des résidus. Si le résidu est nul pour n’importe quelle fonction de
pondération η ( x, y ) , la solution obtenue est la solution exacte.
Généralement, on préfère utiliser une formulation faible, obtenue en réalisant une intégration.
Puisque
) ) )
ηdivε gradV = div(ηε gradV ) − ε gradη.gradV ,

on obtient successivement :

( ) )
) )
R = ∫ − div(ηε gradV ) + ε gradη.gradV − ρη dv + ∫ ( Dn + ε gradV .n)η ds ,
Ω Γ2

R=∫ ( )
)
ε gradη.gradV − ρη dv −
) )
∫ ε gradV .nηds + ∫ ( Dn + ε gradV .n)ηds
Ω Γ1 + Γ2 Γ2

R=∫ ( )
)
ε gradη.gradV − ρη dv + ∫ Dnη ds ,
Ω Γ2

soit :
N
R = ∑ Vi ∫ ε gradη.grad β i dv− ∫ ρη dv+ ∫ Dnη ds
i =1 Ω Ω Γ2

L’annulation du résidu pour N fonctions de pondérations indépendantes fournit N équations à


N inconnues. Au niveau des fonctions de pondération, plusieurs choix sont possibles :
• si les fonctions de pondération sont des fonctions de Dirac centrées sur chaque nœud
inconnu, on parle de collocation ;
• si on choisit comme fonctions de pondération les fonction de forme, on obtient la
méthode de Galerkin:

R j = ∑ Vi ∫ ε grad β j .grad β i dv− ∫ ρ β j dv+ ∫ Dn β j ds = 0 .


i Ω Ω Γ2

On remarque que la méthode de Galerkin conduit aux même système d’équations que la
méthode de Ritz-Rayleigh.

2.3. ASPECTS PARTICULIERS

2.3.1. Symétries
Bien souvent, les structures à étudier possèdent des symétries qui permettent de simplifier le
problème.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 45

Symétrie plane
Dans bien cas, les structures à étudier ont une dimension beaucoup plus importante que les
autres et, en négligeant les effets de bord, on peut admettre que la structure s’étend jusqu’à
l’infini dans cette direction privilégiée (baptisons-la z). C’est par exemple souvent le cas de
jeux de barres dans des postes électriques de transformation. Dans ces conditions, le vecteur
champ électrique se trouve dans le plan perpendiculaire à la direction z et les grandeurs
inconnues ne dépendent pas de z. A ce moment, il suffit d’étudier ce qui se passe dans un des
plans x,y et le problème devient bidimensionnel.

Symétrie axiale
Lorsque la géométrie présente une symétrie axiale (cas des isolateurs par exemple), on
simplifie fortement le problème en en tenant compte. On choisit alors comme éléments finis
des éléments toroïdaux dont la section droite est un élément fini 2D (triangle, quadrangle, ...).

j
r

Figure 3.13 : symétrie axiale


Les intégrales volumiques et de surface deviennent respectivement des intégrales de surface et
de contour dans le plan r,z :

∫ f ( x, y, z ) dv = ∫ 2πr f (r , z ) dr dz = ∫ 2πr f (r , z ) ds
v s s

∫ f ( x, y, z ) ds = ∫ 2πr f (r , z ) dl .
s c

Plan de symétrie/ d’antisymétrie


Dans certains cas, la géométrie possède des propriétés de symétrie par rapport à un plan,
accompagnées d’une symétrie ou d’une antisymétrie électrique.
• Dans le cas d’une symétrie électrique, le champ est tangent au plan de symétrie et
on peut se contenter d’étudier un côté du plan, en imposant sur le plan la condition
limite de Neumann suivante :

Dn = 0 .

• Dans le cas d’une antisymétrie électrique, le plan de symétrie est à potentiel nul.
On y impose donc la condition de Dirichlet :
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 46

V =0.

Symétries et antisymétries cycliques


Dans les cas de symétries cycliques, il suffit d’étudier un quartier (voir figure 3.14)

- + Dn=0

+
-

V=0
-
+

+ -

Figure 3.14 : symétrie/antisymétrie cyclique

2.3.2. Points anguleux


On sait que le champ électrique devient très intense au voisinage de points anguleux. Si on n'y
prend garde, la méthode des éléments finis lissera ce phénomène, dont la cause n’est pas une
valeur importante du potentiel, mais bien une variation rapide du celui-ci. Cette variation
rapide du potentiel au voisinage d’un point anguleux n'est généralement pas rendue
correctement par les fonctions de forme. Si on désire déterminer la valeur correcte du champ
au voisinage d'un point anguleux, il faut d'abord représenter correctement ce point (s'il s'agit
d'une pointe parfaite, il n'y a pas besoin de calcul, puisque le champ est infini !) et ensuite
mailler son voisinage de manière suffisamment fine.

2.3.3. Conducteurs à potentiel flottant


Aux frontières des conducteurs à potentiel fixe, on impose simplement des conditions de
Dirichlet (valeur du potentiel fixé). Pour un conducteur à potentiel flottant (donc inconnu), il
faut exprimer que tous les points du conducteur sont au même potentiel et que la charge totale
du conducteur est connue (généralement nulle).
Une première méthode pour résoudre ce problème consiste à considérer chaque point de la
frontière du conducteur à potentiel flottant comme un point où s’applique une condition de
Neumann de valeur Dn inconnue. S'il y a NF nœuds sur cette frontière, il y aura donc 2
inconnues en chaque nœud, soit en tout 2NF inconnues. L'annulation des résidus fournira NF
équations auxquelles on ajoutera les relations suivantes :

V1 = V2
V1 = V3
...
V1 = VN F

∫ D ds = ∫ D
SF
n n ds = 0
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 47

La dernière relation exprime que la charge totale du conducteur est nulle.


Une autre méthode consiste à fusionner tous les nœuds situés à la surface de l’objet à potentiel
flottant en un seul
) nœud inconnu et d’attribuer à ce nœud une fonction de forme spéciale.
Dans ce cas, si V(x, y) désigne la fonction inconnue et si Ω F est un objet à potentiel flottant,
on peut regrouper les nœuds portés au même potentiel VF :

) Ω −Ω F ΩF
V ( x, y ) = ∑ β i ( x, y ) Vi = ∑ β i ( x, y )Vi + ∑ β i ( x, y )VF
i

soit
) Ω −Ω F
V ( x, y ) = ∑ β i ( x, y )Vi + β F ( x, y )VF

avec
β F = ∑ βi .
i∈Ω F

La fonction de forme vaut 1 en tout point de la surface du conducteur à potentiel flottant et est
nulle en tous les autres nœuds. Dans le système d’équations, le terme correspondant au nœud
"fusionné" sera :

ΩF
R * = ∑ R j =∑ Vi ∫ ε grad β F .grad β i dv− ∫ ρ β F dv+ ∫ Dn β F ds = 0 .
i Ω Ω Γ2

Le dernier terme de la relation précédente représente la charge portée par le conducteur à


potentiel flottant :

∫D
Γ2
n β F ds = ∫ Dn ds .
ΩF

L’intérêt de cette seconde méthode est qu’elle ne rompt pas la symétrie du système matriciel à
résoudre.

2.3.4. Espaces non confinés


D'un manière générale, le champ électromagnétique s'étend jusqu'à l'infini. Dans beaucoup de
situations, il est assez aisé de délimiter le domaine d'étude soit par une condition de symétrie
ou par une frontière suffisamment éloignée de la zone d'intérêt pour qu'on puisse supposer
que le potentiel électrique y est nul.
Une autre méthode permettant de tenir compte de l'espace situé au-delà d'une certaine limite
consiste à utiliser une transformation géométrique transformant cette partie (infinie) de
l'espace en un espace de dimension finie qu'il est possible de mailler.
Considérons une géométrie bidimensionnelle et la transformation géométrique suivante :

x = f1 ( X , Y )
y = f2 ( X ,Y )
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 48

reliant les coordonnées x, y de l'espace réel infini Ω ∞ aux coordonnées X, Y de l'espace fini
(élément de volume Ω* ).
Dans les équations d’éléments finis, les termes correspondant à l’intégration sur l’espace
infini deviennent :

⎛ ∂β j ⎞
⎜ ⎟
⎛ ∂β i ∂β i ⎞ ⎜ ∂x ⎟
∫ f ( x, y)gradβ .grad β
Ω∞
i j dv = ∫ f ( x, y)⎜⎜⎝ ∂x
Ω∞
⎟⎟
∂y ⎠ ⎜ ∂β j ⎟
dv
⎜ ∂y ⎟
⎝ ⎠
⎡ ⎛ ∂β j ⎞⎤
⎡⎛ ∂β ∂β i ⎞ −1 ⎤ ⎢ −1 ⎜⎜ ∂X ⎟⎥
⎟⎥ dtm J dv*
= ∫ f ( X , Y ) ⎢⎜ i ⎟ J ⎢J
⎣⎝ ∂X ∂Y ⎠ ⎥⎦ ⎢ T ⎜ ∂β j ⎟⎥
⎢⎣ ⎜⎝ ∂Y ⎟⎥
Ω*
⎠⎦
⎛ ∂β j ⎞
⎛ ∂β i ∂β i ⎞ ⎜⎜ ∂X ⎟⎟ *
= ∫ f ( X , Y ) ⎜⎝ ∂X ⎟T
∂Y ⎠ ⎜ ∂β j ⎟
dv
Ω*
⎜ ⎟
⎝ ∂Y ⎠

avec
⎡ ∂f1 ∂f1 ⎤
⎢ ∂Y ⎥
J = ⎢ ∂X
∂f ∂f 2 ⎥
⎢ 2 ⎥
⎣ ∂X ∂Y ⎦
⎡ ∂f12 ∂f 22 ∂f1 ∂f1 ∂f 2 ∂f 2 ⎤
⎢ + + ⎥
⎢ ∂Y 2 ∂Y 2 − ∂X ∂Y ∂X ∂Y ⎥
⎢ ∂f1 ∂f 2 − ∂f 2 ∂f1 ∂f1 ∂f 2 ∂f 2 ∂f1 ⎥

T = J −1 J T−1 dtm J = = ⎢ ∂X ∂Y ∂X ∂Y ∂X ∂Y ∂X ∂Y ⎥
⎢ ∂f1 ∂f1 ∂f 2 ∂f 2 ∂f12 ∂f 22 ⎥
⎢ + + ⎥
⎢− ∂ X ∂ Y ∂X ∂Y ∂X 2
∂X 2

⎢ ∂ f ∂ f ∂f ∂f ∂f1 ∂f 2 ∂f 2 ∂f1 ⎥
1 2
− 2 1 −
⎢⎣ ∂X ∂Y ∂X ∂Y ∂X ∂Y ∂X ∂Y ⎥⎦

Si la transformation f1 + j f 2 est conforme, c’est-à-dire si :

∂f 1 ∂f 2
=
∂X ∂Y ,
∂f 2 ∂f
=− 1
∂X ∂Y

la matrice T est la matrice unité.


CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 49

O
;

N :

) )

Figure 3.15
La transformation de Kelvin :

A2 X
x = f1 ( X , Y ) =
X 2 +Y2
A2 Y
y = f2 ( X ,Y ) = 2
X +Y2

est une transformation conforme qui associe la partie de l'espace située au-delà d'un cercle de
rayon A à l'intérieur d'un cercle de rayon A.

La transformation cylindrique :

O ;

N :

) )

Figure 3.16

X A(B − A)
x = f1 ( X , Y ) =
X 2 +Y2 B − X 2 +Y2
Y A(B − A)
y = f2 ( X ,Y ) =
X 2 +Y2 B − X 2 +Y2

transforme l'espace situé au-delà d'un cercle de rayon A en une couronne circulaire située
entre A et B.
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 50

Il est également possible de définir des couronnes rectangulaires ou elliptiques.

3. MAGNETOSTATIQUE
En magnétostatique, plusieurs modélisations sont possibles :
• potentiel vecteur ;
• potentiel scalaire (total et partiel) ;
• éléments d’arête ;
• éléments de facette.

3.1. MODELISATION NODALE UTILISANT LE POTENTIEL VECTEUR

3.1.1. Méthode variationnelle de Ritz-Rayleigh


La fonctionnelle à minimiser a pour expression :

( )
Ψ ( A) = ∫ ∫ 0B H ( B).dB − j.A dv − ∫ H t .Ads .
Ω Γ2

Si on discrétise l’espace Ω en éléments finis nodaux, on obtient :

)
A( x, y ) = ∑ β i ( x, y ) Ai
)
B(x, y ) = ∑ grad β i Λ A i .

)
La fonction A est supposée satisfaire les conditions de Dirichlet sur la frontière Γ1 . Dès lors,

)
( )
) )
)

Ψ ( A) = ∫ ∫ H ( B) . dB − j . A dv − ∫ H t . A ds .
rot A

0
Ω Γ2

)
Minimisons la fonctionnelle Ψ ( A) par rapport à une composante (x par exemple) de Ai :

) ) ) )
∂Ψ ( A ) ⎛ ) ∂ rot A ∂A ⎞ ∂A
= ∫ ⎜⎜ν rot A. − j. x ⎟⎟dv − ∫ H t . x ds = 0 ,
∂A ix
Ω⎝
∂A i
x
∂A i ⎠ Γ2
∂A i
)
= ∫ (ν rot A.( grad β i Λ1x ) − j.β i 1 x ) dv − ∫ H t . β i 1x ds = 0
∂Ψ ( A ) )
∂A ix
Ω Γ2
)
∂Ψ ( A) ⎛⎜ ⎞
= ⎜ ∑ ∫ν (grad β j ΛAj )Λ grad β i dv − ∫ β i jdv − ∫ β i H t ds ⎟⎟.1 x = 0 .
∂A ix
⎝ j Ω Ω Γ2 ⎠

Sous forme vectorielle, on a donc :


CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 51

∑ ∫ν (grad β
j Ω
j Λ Aj )Λ grad β i dv − ∫ jβ i dv − ∫ H t β i ds = 0
Ω Γ2

On obtient par conséquent un système d’équations symétrique et creux (puisque


grad β j Λ grad β i n’est non nul que si les nœuds i et j sont voisins) comportant autant
d’équations que d’inconnues.
On peut montrer aisément que la solution qui minimise le fonctionnelle est celle qui satisfait
l’équation d’Ampère rot H = j à l’intérieur du domaine étudié et les conditions de Neumann
sur la frontière Γ2 .
Le potentiel vecteur ainsi obtenu n’est pas unique. Si on désire assurer l’unicité du potentiel
)
vecteur, il faut choisir une jauge, c’est-à-dire une relation scalaire entre les composantes de A
en chaque point.
On remarque qu’ici aussi, la valeur de la fonctionnelle représente, au signe près, l'énergie
magnétique du système, car :

(
Wmag = ∫ ∫ 0B H ( B).dB dv = ) 1
2 V∫
j.Adv .
V

3.1.2. Méthode des résidus pondérés


Subdivisons le domaine à étudier en éléments finis et soit

∑ β (x, y) A
)
A(x , y) = i i

une fonction vectorielle qui satisfait aux conditions de Dirichlet sur la frontière Γ1 . Dès lors,
puisque

) )
B = rot A = ∑ grad β i ΛAi ,

)
la divergence de B sera identiquement nulle. Il restera à vérifier « au mieux » l’équation
d’Ampère ainsi que les conditions de Neumann sur la frontière concernée.
Soit une fonction de pondération η ( x, y )u nulle sur Γ1 (u est un vecteur quelconque).
Formons le résidu :

( )
) )
R = ∫ rot (ν rot A ) − j .ηudv − ∫ (Ht − ν rot AΛn).ηuds
Ω Γ2

C’est ce résidu que l’on va minimiser. En observant l’expression précédente, on constate


qu’elle fait apparaître les dérivées secondes du potentiel vecteur. Cette formule constitue ce
qu'on appelle la formulation forte de la méthode. Généralement, on lui préfère une
formulation faible, obtenue en réalisant une intégration. Puisque :
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 52

) ) )
ηu.rot (ν rot A) = div(ν rot AΛηu) + ν rot A.rot (ηu)
) ) )
ηu.rot (ν rot A) = div(ν rot AΛηu) + ν rot A.gradη Λu
()
)
R = ∫ ν rot AΛ gradη − jη dv − ∫ H tη ds
Ω Γ2

∑ ∫ν (grad β ΛA )Λ gradη dv − ∫ jηdv − ∫ H ηds = 0 .


j Ω
j j t
Ω Γ2

En utilisant les fonctions de forme comme fonctions de pondération, on obtient la formulation


de Galerkin :

∑ ∫ν (grad β
j Ω
j ΛAj )Λ grad β i dv − ∫ jβ i dv − ∫ H t β i ds = 0 .
Ω Γ2

La remarque faite au paragraphe précédent concernant l’unicité du potentiel vecteur reste


valable.

3.2. MODELISATION NODALE UTILISANT LE POTENTIEL SCALAIRE

Dans les zones sans courant, on a rotH = 0 et H = − grad Φ . Le potentiel magnétique est
multiforme si le domaine considéré est multiplement connexe et traversé par un courant. Dans
ce cas, il est nécessaire de réaliser des coupures de manière à rendre le domaine simplement
connexe. Après avoir discrétisé le domaine d’étude, on écrira :

)
Φ ( x, y ) = ∑ β i ( x, y ) Φ i

en respectant les conditions de Dirichlet. Dans ce cas, la loi d’Ampère est automatiquement
vérifiée et restera à vérifier « au mieux » :
)
divB = 0 dans Ω et
)
B.n = Bn sur Γ2 .

La formulation forte s'écrit :

)
) ∂Φ
∫ β i div(µ grad Φ) dv − Γ∫2(µ ∂n + Bn ) β i ds = 0 .

En tenant compte de

β i div(µ grad Φ ) = div(β i µ grad Φ ) − µgrad β i .grad Φ


) ) )
)
∂Φ
∫ β i div (µ grad
)
Φ )dv = ∫ ∂n Ω∫
β i µ − µ grad β i . grad
)
Φ dv ,
Ω Γ2
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 53

on obtient la formulation faible :

∑ ∫ µ grad β
j Ω
j .grad β i Φ j dv + ∫ Bn β i ds = 0 .
Γ2

3.3. MODELISATION NODALE UTILISANT LE POTENTIEL SCALAIRE PARTIEL

Dans les zones comportant du courant, on peut utiliser le potentiel scalaire partiel tel que

H = Hs + Hr
avec
µ0 j Λ r
4π ∫ r 3
Hs = dv

et
H r = − gradΦ r .

Dès lors, la formulation forte s'écrit :

)
) ⎛ ⎛ ∂ Φr ⎞ ⎞
∫Ω β i div(µ (H s − grad Φ r ))dv − Γ∫2⎜⎜⎝ µ ⎜⎜⎝ H s .n − ∂n ⎟⎟ − Bn ⎟⎟ β i ds = 0 .
⎠ ⎠

En tenant compte de

β i div(µ (H s − grad Φ r )) = div(µβ i (H s − grad Φ r )) − µ grad β i .(H s − grad Φ r )


) ) )
)
⎛ ∂Φ r ⎞
∫Ω β i div(µ (H s − grad Φ r ))dv = Γ∫2µβ i ⎜⎜⎝ H s .n − ∂n ⎟⎟⎠ds
)

)
− ∫ µ grad β i .H s dv + ∫ µgrad β i .grad Φ r dv
V V

on obtient la formulation faible :

∑ ∫ µ grad β .grad β Φ
j Ω
j i r, j dv − ∫ µ H s .grad β i dv + ∫ Bn β i ds = 0 .
Ω Γ2

3.4. ELEMENTS D’ARETE - FORMULATION EN A

Les inconnues (circulation du potentiel vecteur le long des arêtes) sont associées aux arêtes du
maillage.
On peut montrer qu'imposer (en pratique, annuler) les valeurs de la circulation de A le long
des branches d’un arbre topologique construit sur le maillage constitue une jauge valable (un
arbre topologique est une ligne constituée d’arêtes qui passe par tous les nœuds du problème
sans jamais se refermer ; l’ensemble des autres arêtes constituent le co-arbre). On peut vérifier
que le nombre de branches du co-arbre est égal au nombre de facettes. La définition complète
du flux d’induction requiert une inconnue par facette, donc un nombre d’inconnues égal au
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 54

nombre de branches du co-arbre. Convenons donc d'annuler la circulation de A le long des


branches de l’arbre topologique.
Si Nc désigne le nombre de branches du co-arbre, on peut donc écrire :

) Nc
A = ∑ s ij Aijdl
ij =1

et
) Nc
B = ∑ Aijdl rot s ij .
ij =1

arbre
co-arbre

Figure 3.17 : arbres et co-arbres topologiques


Il s’ensuit que B est indivergentiel et il reste à vérifier « au mieux » la loi de Maxwell-
Ampère, ce qui fournit la formulation forte :

∫ (rot (ν rot A ) − i ). s
) )
ij dv + ∫ (HΛn − H t ) . s ij ds = 0 .
Ω Γ2

En tenant compte de

) ) )
rot (ν rot A) . s ij = div(ν rot A Λ s ij ) + ν rot A . rot s ij ,

on obtient la formulation faible :

Nc

∑ A ∫ν rots
kl =1
dl
ij ij . rots ij dv − ∫ i . s ij dv − ∫ H t . s ij ds = 0 pour ij = 1, ... , N c .
Ω Ω Γ2
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 55

3.5. ASPECTS PARTICULIERS

Symétries.
On peut simplifier l’étude de problèmes comportant des symétries en utilisant des conditions
limites adéquates :
Sur un axe ou un plan de symétrie électrique, le champ tangentiel est nul. Dès lors, sur
l’élément de symétrie :

H t = 0 ; Φ = constante .

L’induction normale à un axe ou un plan de symétrie est nulle ; dès lors, sur l’élément de
symétrie :


= 0 ; A t = constante .
dn

Espaces non confinés


Les espaces non confinés peuvent être traitées de manière analogue à ce qui a été présenté en
électrostatique.

Couplage entre méthodes


Dans un même problème, on peut traiter des domaines différents par des méthodes
différentes, pour autant que l’on puisse exprimer les conditions de passage d’un domaine à
l’autre. Pour ce faire, toutes les frontières séparant des domaines utilisant des méthodes
différentes sont traitées en y plaçant en chaque nœud (arête ou facette) deux inconnues
correspondant aux conditions aux limites classiques (Dirichlet, Neumann). On exprime
ensuite les conditions de passage d’un domaine à l’autre :
• la continuité de la composante tangentielle de H ;
• la continuité de la composante normale de B.

Exemple : modélisations par potentiel scalaire partiel et potentiel scalaire total


A la limite entre les deux modèles, on écrit en chaque nœud :

Bn ⇒ Bn1 = Bn 2

et, le long des arête constituant la frontière :

j
H t ⇒Φ i − Φ j = ∫ H s .dl + Φ ri − Φ rj .
i
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 56

4. MAGNETODYNAMIQUE
4.1. METHODE NODALE A-V

Afin de ne pas alourdir inutilement la présentation de ce paragraphe, nous supposerons que le


problème comporte :
• Des courants imposés i
• Des courants induits j
• Des conditions limites de Dirichlet (A connu sur Γ1 ) et de Neuman (Ht connu sur Γ2 )
Dans ces conditions, on a

B = rotA
et
dA
E = − grad V − .
dt

Dans l’expression précédente, V représente la tension appliquée au système. Dans le cas de


courants induits, celle-ci est nulle et on a :

dA
E=−
dt

Nous adopterons également la jauge de Coulomb :

div A = 0 .

Choisissons comme inconnues le potentiel vecteur A aux nœuds du maillage et construisons


les fonctions de forme vérifiant les conditions de Dirichlet :

)
A = ∑ βi Ai .

Donc
) )
B = rotA = ∑ grad β i Λ A i
)
) dA dA i
E=− = −∑ β i
dt dt

Grâce au choix des potentiels, on aura automatiquement


)
div B = 0
et
)
) ∂B
rot E = − .
∂t
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 57

Il reste à vérifier "au mieux" :

) )
rot H = i + j
et
)
div D = 0

(notons que, dans le cas linéaire, la dernière relation est automatiquement vérifiée dans les
conducteurs si la précédente l’est, car

) ) ) σ )
div(i + j) = div j = divσ E = divD = 0 )
ε

En formulation forte, on aura donc

) ) )
R j = ∫ (rot H − i − σ E)β j dv + ∫ (HΛn − H t )β j ds = 0
Ω Γ2
)
⎛ dA ⎞
( )
R j = ∫ ⎜⎜ rot ν rot A − i + σ ) )
⎟ β j dv + ∫ (HΛn − H t )β j ds = 0 .
dt ⎟⎠
Ω⎝ Γ2

Pour obtenir la formulation faible, on projette le résidu sur un vecteur u constant quelconque :

)
⎛ dA ⎞
( )
)
u . R j = ∫ ⎜⎜ rot ν rot A − i + σ
)
⎟⎟ .u β j dv + ∫ (HΛn − H t ) .u β j ds = 0
Ω⎝
dt ⎠ Γ2

et on utilise l’identité suivante :

) ) )
β j u . rot (ν rot A) = div(ν rot AΛ β j u) + ν rot A . grad β j Λu

( )
) )
( )
u . R j = ∫ div(ν rot AΛ β j u) dv + ∫ ν rot A . grad β j Λu dv − ∫ i . u β j dv
Ω Ω Ω
)
dA )
+ ∫σ . u β j dv + ∫ (HΛn − H t ) . u β j ds = 0

dt Γ2

) )
(
u . R j = ∫ (HΛ β j u) .n ds + ∫ ν rot A . grad β j Λu dv )
Γ2 Ω
)
dA )
− ∫ i .u β j dv + ∫ σ .u β j dv + ∫ (HΛn − H t ) . u β j ds = 0
Ω Ω
dt Γ2

soit
)
(
)
)
u . R j = ∫ ν rot A . grad β j Λu dv − ∫ i .u β j dv + ∫ σ
dA
dt
.u β j dv − ∫ H t .u β j ds = 0
Ω Ω Ω Γ2
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 58

car
β j HΛ u .n = β j nΛ H .u = − β j HΛn .u .

On aura également :

)
()
)
u . R j = ∫ ν rot A Λ grad β j .u dv − ∫ i .u β j dv + ∫ σ
dA
dt
.u β j dv − ∫ H t .u β j ds = 0
Ω Ω Ω Γ2
ou
)
()
)
R j = ∫ ν rot A Λ grad β j dv − ∫ i β j dv + ∫ σ
dA
dt
β j dv − ∫ H t β j ds = 0
Ω Ω Ω Γ2

Finalement, on obtient :

N ⎛ ⎞
R j = −∑ ⎜⎜ ∫ (ν gradβ i Λ A i Λgrad β j )dv ⎟⎟ − ∫ i β j dv
i =1 ⎝ Ω ⎠ Ω
N ⎛ ⎞ dA i
+ ∑ ⎜⎜ ∫ σ β i β j dv ⎟⎟ − ∫ H t β j ds = 0
i =1 ⎝ Ω ⎠ dt Γ2

Exercice : poursuivre le développement et l'appliquer au cas bidimensionnel


( A = Az 1z ; i = iz 1z )

4.2. METHODE NODALE T-Ω

On choisit comme inconnues le potentiel scalaire magnétique (partiel ou total selon le cas) et
le potentiel vecteur électrique aux nœuds du maillage.
S'il y a des courants imposés dans le domaine, on définit Hs par la loi de Biot et Savart
(d’autres solutions sont possibles)

i Λ r

1
Hs = 3
4π r
alors
rot H = j + i = j + rot H s
rot (H − H s ) = j ⇒ div j = 0 ⇒ j = rot T
rot (H − H s − T) = 0 ⇒ H = H s + T − grad Ω

Dès lors, on aura automatiquement :

rot H = j + i
div D = div εE = div εγ j = 0

si εγ est constant. Soit


CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 59

∑β
)
T= i Ti

Ω = ∑β
)
i Ωi

On aura

∑ grad β Λ T
)
j= i i

E = γ ∑ grad β Λ T
)
i i

B = µ (H + ∑ β T − ∑ Ω )
)
s i i i grad β i

Il reste à vérifier au mieux


)
) ∂B
rot E = −
∂t
)
( div B = 0 est identiquement vérifiée si la précédente l’est)

En formulation forte, on aura donc


)

⎜ rot E + ∂B ⎞⎟ β j dv − (E t − E Λ n) β j ds = 0
) )
Rj = ∫ ∫
V
⎝ ∂t ⎠ Γ2

et en formulation faible
)
⎛) ∂ B ⎞
R j = ∫ ⎜ E Λ gradβ j + β j ⎟ dv − ∫ E t β j ds = 0
V
⎝ ∂t ⎠ Γ2

Notons qu'ici aussi, il convient de choisir une jauge pour T

4.3. METHODE DES ELEMENTS D'ARETE - FORMULATION EN H.

4.3.1. Zones sans courants


Les zones sans courants sont traités par potentiel scalaire comme en magnétostatique.

4.3.2. Zones à courants induits (et forcés)


Choisissons comme inconnues la circulation de H le long des arêtes. On pourra donc écrire
(Nb désigne le nombre de branches)

∑p
)
H= i Hli
Nb
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 60

Calculons E à partir de l'équation de Maxwell-Ampère

∑ Hl
) )
E = γ rot H − γ i = γ i rot pi − γ i
Nb

Dans ces conditions, pour autant que div i soit nul et que ε et γ soient constants, on aura
)
div D = 0

Il reste à vérifier "au mieux" l'équation de Faraday qui implique elle-même que div B soit nul.
La formulation forte s'écrira donc
)
⎛ ) ∂B⎞ )
∫ ⎜ rot E + ⎟ . p j dv −
⎝ ∂t ⎠ ∫ (Et − E Λ n) . p j ds = 0
V Γ2

et la formulation faible
)
⎛) ∂ B ⎞
∫ ⎜ E . rot p j +
⎝ ∂t
. p j ⎟ dv −
⎠ ∫E t . p j ds = 0
V Γ2
⎛ ⎞
∫ ∑ ∑
∂Hli
⎜γ Hl i rot pi . rot p j + µ pi . pj − γ i . rot p j ⎟ dv −
⎝ ∂t ⎠
V Nb Nb


∫E t . pj ds = 0
Γ2

4.4. METHODE DES ELEMENTS D'ARETE - FORMULATION EN A*.

Choisissons comme inconnues la circulation du potentiel vecteur modifié A* le long des


arêtes. Dans ces conditions, la somme algébrique des circulations le long des arêtes d’une
facette fournit le flux d’induction magnétique qui traverse cette facette.

4.4.1. Zones sans courants (ou à courants imposés)


Nous avons vu que dans les zones ne comportant pas de courants soumis à la loi d’Ohm, une
jauge doit être définie pour assurer l’unicité du potentiel vecteur. On peut montrer que le
nombre de composantes de A* que l’on peut fixer arbitrairement sont associées aux arêtes
d’un arbre topologique. On peut donc annuler arbitrairement les inconnues associées aux
branches d’un arbre topologique convenablement choisi.
On pourra donc écrire (Nc désigne le nombre de branches du co-arbre)

∑p
)
A* = i Al*i
Nc
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 61

On a donc

∑ Al
) *
B= i rot pi
Nc

B est donc indivergentiel et il reste à vérifier « au mieux » la loi de Maxwell-Ampère:

)* )
∫ (rot(ν rot A ) − i) . p j dv +
∫ ( H Λ n − H t ) . p j ds = 0
V Γ2

et en formulation faible en tenant compte de

) ) )
rot(ν rot A* ) . p j = div(ν rot A* Λ p j ) + ν rot A* . rot p j

∫ (ν∑ Al ∫H
*
i rot pi . rot p j − i . pj ) dv − t . p j ds = 0
V Nc Γ2

4.4.2. Zones à courants induits


Dans ces zones, il n’y a pas besoin de jauge. Les inconnues sont donc en nombre égal aux
arêtes.
On pourra donc écrire (Nb désigne le nombre de branches)

∑p
)* *
A = i Al i
Nb

On a donc

∑ Al
) *
B= i rot pi
Nb
)
∂A * ∂Al*i

)
E=− =− pi
∂t ∂t
Nb

B est donc indivergentiel et la loi de Faraday est vérifiée. Il reste à vérifier « au mieux » la loi
de Maxwell-Ampère.
En formulation forte, on aura donc

) ) )
∫ (rot H − i − σ E) . p j dv +
∫ ( H Λ n − Ht ) . p j ds = 0
V Γ2

et en formulation faible
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 62

) )
∫ (H . rot p j − i . p j − σ E . p j ) dv −
∫H t . pj ds = 0
V Γ2
∂Al*i
∫ ∑ (ν
Nb
Al *i rot pi . rot p j − i . pj + σ ∑
Nb
∂t
pi . pj ) dv −
V

− ∫H t . pj ds = 0
Γ2

5. RESUME DES METHODES (MAGNETOSTATIQUE ET


MAGNETODYNAMIQUE)
Méthode équations vérifiées équations vérifiées
identiquement "au mieux"
A divB = 0 rotH = j
Φ,Φ r rotH = j divB = 0
A,V divB = 0 rotH = i + j
∂B divD = 0
rotE = −
∂t
T,Ω rotH = i + j divB = 0
divD = 0 ∂B
rotE = −
∂t
formulation en H rotH = i + j divB = 0
divD = 0 ∂B
rotE = −
∂t
A* divB = 0 rotH = i + j
∂B divD = 0
rotE = −
∂t
Figure 3.18

6. ENCADREMENT DE LA SOLUTION PAR DES METHODES


DUALES DANS LES CAS STATIQUES

Considérons un problème fermé de magnétostatique ( B.n = 0 sur la frontière extérieure):


div B = 0
rot H = i
Supposons que par une méthode, on puisse obtenir une estimation de H*(x,y) de H qui
respecte rot H* = i (potentiel scalaire partiel par exemple).
Soit B*(x,y) obtenu par une autre méthode qui respecte div B* = 0 (potentiel vecteur par
exemple).
Définissons l’erreur d'énergie par :
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 63

⎛H ⎞
* *
B
∆Er ( B , H ) = ∫ ⎜ ∫ µH.dH + ∫νB.dB − B * .H * ⎟dv = Ec1 − Ec 2 ≥ 0 (voir figure 3.19).
* *

v⎝ 0

0 ⎠
⎛H ⎞
*

avec Ec1 = ∫ ⎜ ∫ µH dH ⎟dv



v⎝ 0


⎛B ⎞
*

et Ec 2 = − ∫ ⎜ ∫νBdB − B * H * ⎟dv

v⎝ 0


B B
B* B*

H H
H* H*
Figure 3.19

Ec1 et Ec 2 constituent deux approximations de la coénergie. Leurs valeurs sont égales lorsque
en tout point, la solution ( B* , H * ) se trouve sur la courbe de magnétisation (solution exacte).
Puisque la solution H * satisfait l'équation d'Ampère, on peut écrire H * = Hs − grad φ*r . et

∫ B H dv = ∫ B (H )
− gradφr* dv = ∫ B* H s dv + ∫ φr* divB*dv − ∫ φr* B*.ndv = ∫ B* H s dv .
* * *
s
v v v v Γ v

L’erreur en énergie peut par conséquent se mettre sous la forme


⎛H ⎞ ⎛ * ⎞
* *
B
∆Er ( B , H ) = ∫ ∫ µH.dH dv − ∫ B .H s − ∫νB.dB ⎟dv ≥ 0
* ⎜
* ⎟ ⎜

v⎝ 0
⎟ ⎜ ⎟
⎠ v⎝ 0 ⎠
soit ∆Er ( B* , H * ) = Ec1 ( H * ) − Ec 2 ( B* ) ≥ 0
L’erreur d’énergie est toujours positive (voir figure 3.19) à cause de la courbure négative de la
courbe de saturation. La solution exacte correspond donc au minimum (zéro) de la fonction
∆ E r (B* ,H* ) .
Etant donné que cette fonction est la somme de deux fonctions de variables indépendantes
( H * et B* ), le minimum sera le minimum de chacune de ces deux fonctions. La solution
exacte sera donc le minimum de la fonction

EC1 EC2

H* B*
He Be
CAO des systèmes électriques Chapitre3 : Eléments finis 64

Figure 3.20

⎛H ⎞
*

Ec1 ( H ) = ∫ ⎜ ∫ µH dH ⎟dv
*

v⎝ 0


et le maximum de la fonction
⎛ ⎞
*
B
Ec 2 ( B ) = ∫ ⎜ B* H s − ∫νBdB ⎟dv .
*

v⎝
⎜ ⎟
0 ⎠
Dès lors, on peut écrire :

E c (H * ) ≥ E c (H e ) = E c (Be ) ≥ E c (B* ) .
ANNEXE AU CHAPITRE 3

NOTE
Les lignes qui suivent sont extraites de « Modélisation du champ magnétique et des
courants induits dans des systèmes tridimensionnels non linéaires » P. DULAR, Thèse de
doctorat,
ELEMENTS DE REFERENCE TRIDIMENSIONNELS
Nous définissons ci-après les éléments de référence qui sont associés aux trois types
d’éléments géométriques considérés, c’est-à-dire aux tétraèdres, aux hexaèdres et aux prismes
à base triangulaire. Des éléments finis nodaux, d’arête, de facette et de volume, sont définis
sur ces éléments géométriques.

TETRAEDRE DE REFERENCE DE TYPE I

Le tétraèdre de référence de type I est un élément à 4 noeuds dont les coordonnées sont
données sur la figure 1. Les entités géométriques associées, ainsi que leur numérotation, sont
mises en évidence sur la figure 2. Les fonctions de base nodales et d’arête de cet élément sont
données dans les tableaux 1 et 2. Le tableau 3 reprend la numérotation des facettes. Les
matrices d’incidence sont données par (2), (3) et (4).
n4 (0, 0, 1)

w
n1 (0, 0, 0)
n3
(0, 1, 0)
v

n2 (1, 0, 0) u

Fig. 1. Tétraèdre de référence de type I.


CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 66

f3
n4 f4

f1
a3 a6

a5 a2
n1
a1 n3
a4
n2
f2

Entité Noeud (ni) Arête (ai) Facette (fi) Volume


Nombre 4 6 4 1
Fig. 2. Entités géométriques définies sur un tétraèdre de type I.

Noeud Fonction de base nodale


i∈N pi (u, v, w) = si (u, v, w)
1 1–u–v–w
2 u
3 v
4 w
Tableau 1. Fonctions de base nodales du tétraèdre de type I.

Arête a = {i, j} sa(u) , u = (u, v, w)


a∈A i∈N j∈N sa,u sa,v sa,w
1 1 2 1 – v –w u u
2 1 3 v 1 – u –w v
3 1 4 w w 1 – u –v
4 2 3 –v u 0
5 2 4 –w 0 u
6 3 4 0 –w v
Tableau 2. Numérotation des arêtes du tétraèdre de type I et fonctions de base d’arête associées (sa).

Facette f = {i, j, k}
f∈F i∈N j∈N k∈N
1 1 2 4
2 1 3 2
3 1 4 3
4 2 3 4
Tableau 3. Numérotation des facettes du tétraèdre de type I.
CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 67

Matrice d’incidence arête - noeud Matrice d’incidence facette - arête

aO
n 1 2 3 4
1 −
⎛ 1 1 . .⎞
fO
a 1 2 3 4 5 6
⎜ ⎟
2 ⎜ −1 . 1 .⎟ 1 ⎛1 . −1 . 1 .⎞
⎜ −1 . ⎜ ⎟
GAN = 3 . 1⎟ , RFA = 2 ⎜ −1 1 . −1 . .⎟ (2-3)
⎜ ⎟
4 ⎜ . −1 1 .⎟ 3 ⎜ . −1 1 . . −1⎟
⎜ . −1 . ⎜ ⎟
5 1⎟ 4 ⎝ . . . 1 −1 1 ⎠
⎜ ⎟
6 ⎝ . . −1 1⎠
Matrice d’incidence volume - facette

vO
f 1 2 3 4
DVF = (4)
1 ( 1 1 1 1)

HEXAEDRE DE REFERENCE DE TYPE I

L’hexaèdre de référence de type I est un élément à 8 noeuds dont les coordonnées sont
données sur la figure 3. Les entités géométriques associées, ainsi que leur numérotation, sont
mises en évidence sur la figure 4. Les fonctions de base nodales (dites trilinéaires) et d’arête
de cet élément sont données dans les tableaux 4 et 5. Le tableau 6 reprend la numérotation des
facettes. Les matrices d’incidence sont données par (5), (6) et (7).
n5 n8
(–1, –1, 1) (–1, 1, 1)

n6 n7
( 1, –1, 1) ( 1, 1, 1)

n1 n4 w
(–1, –1, –1) (–1, 1, –1)

v
n2 n3
u
( 1, –1, –1) ( 1, 1, –1)

Fig. 3. Hexaèdre de référence de type I.


CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 68

f6
f3
n5 a 10 n8

a9
f1 a 11 a 12
n6 n7
a3 a8

a5 n1 a2 n4
a1 a7 f5
a6

n2 a4 n3

f4
f2

Entité Noeud (ni) Arête (ai) Facette (fi) Volume


Nombre 8 12 6 1
Fig. 4. Entités géométriques définies sur un hexaèdre de type I.

Noeud Fonction de base nodale


i∈N pi (u, v, w) = si (u, v, w)
1 (1 – u) (1 – v) (1 – w) / 8
2 (1 + u) (1 – v) (1 – w) / 8
3 (1 + u) (1 + v) (1 – w) / 8
4 (1 – u) (1 + v) (1 – w) / 8
5 (1 – u) (1 – v) (1 + w) / 8
6 (1 + u) (1 – v) (1 + w) / 8
7 (1 + u) (1 + v) (1 + w) / 8
8 (1 – u) (1 + v) (1 + w) / 8
Tableau 4. Fonctions de base nodales de l’hexaèdre de type I.

Arête a = {i, j} sa(u) , u = (u, v, w)


a∈A i∈N j∈N sa,u sa,v sa,w
1 1 2 (1 – v) (1 – w) / 8 0 0
2 1 4 0 (1 – u) (1 – w) / 8 0
3 1 5 0 0 (1 – u) (1 – v) / 8
4 2 3 0 (1 + u) (1 – w) / 8 0
5 2 6 0 0 (1 + u) (1 – v) / 8
6 3 4 –(1 + v) (1 – w) / 8 0 0
7 3 7 0 0 (1 + u) (1 + v) / 8
8 4 8 0 0 (1 – u) (1 + v) / 8
9 5 6 (1 – v) (1 + w) / 8 0 0
10 5 8 0 (1 – u) (1 + w) / 8 0
11 6 7 0 (1 + u) (1 + w) / 8 0
12 7 8 –(1 + v) (1 + w) / 8 0 0
Tableau 5. Numérotation des arêtes de l’hexaèdre de type I et fonctions de base d’arête associées (sa).
CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 69

Facette f = {i, j, k, l}
f∈F i∈N j∈N k∈N l∈N
1 1 2 6 5
2 1 4 3 2
3 1 5 8 4
4 2 3 7 6
5 3 4 8 7
6 5 6 7 8
Tableau 6. Numérotation des facettes de l’hexaèdre de type I.
Matrice d’incidence arête - noeud

aO
n 1 2 3 4 5 6 7 8
1 ⎛ −1 1 . . . . . .⎞
⎜ ⎟
2 ⎜ −1 . . 1 . . . .⎟
3 ⎜ −1 . . . 1 . . .⎟
⎜ ⎟
4 ⎜ . −1 1 . . . . .⎟
5 ⎜ . −1 . . . 1 . .⎟
⎜ ⎟
G AN = 6 ⎜ . . −1 1 . . . .⎟ (5)
7 ⎜ . . −1 . . . 1 .⎟
⎜ ⎟
8 ⎜ . . . −1 . . . 1⎟
9 ⎜ . . . . −1 1 . .⎟
⎜ ⎟
10 ⎜ . . . . −1 . . 1⎟
⎜ ⎟
11 ⎜ . . . . . −1 1 .⎟
⎜ ⎟
12 ⎝ . . . . . . −1 1 ⎠
Matrice d’incidence facette - arête

fO
a 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
1 ⎛1 . −1 . 1 . . . −1 . . .⎞
⎜ ⎟
2 ⎜ −1 1 . −1 . −1 . . . . . .⎟
RFA = 3 ⎜ . −1 1 . . . . −1 . 1 . .⎟ (6)
⎜ ⎟
4 ⎜ . . . 1 −1 . 1 . . . −1 . ⎟
5 ⎜ . . . . . 1 −1 1 . . . −1⎟
⎜ ⎟
6 ⎝ . . . . . . . . 1 −1 1 1 ⎠
Matrice d’incidence volume - facette

vO
f 1 2 3 4 5 6
DVF = (7)
1 (1 1 1 1 1 1)

PRISME A BASE TRIANGULAIRE DE REFERENCE DE TYPE I

Le prisme à base triangulaire de référence de type I est un élément à 6 noeuds dont les
coordonnées sont données sur la figure 5. Les entités géométriques associées, ainsi que leur
numérotation, sont mises en évidence sur la figure 6. Les fonctions de base nodales et d’arête
CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 70

de cet élément sont données dans les tableaux 7 et 8. Le tableau 9 reprend la numérotation des
facettes. Les matrices d’incidence sont données par (8), (9) et (10).
n4 (0, 0, 1)
n6
(0, 1, 1)

n5 (1, 0, 1)

w
n1 (0, 0, –1)
n3
(0, 1, –1)
v
n2 (1, 0, –1) u

Fig. 5. Prisme à base triangulaire de référence de type I.

f5
f3
n4 a8
f1 a7 n6

a9
n5

a3 a6

a5
n1 a2
a1 n3
a4 f4
n2
f2

Entité Noeud (ni) Arête (ai) Facette (fi) Volume


Nombre 6 9 5 1
Fig. 6. Entités géométriques définies sur un prisme de type I.

Noeud Fonction de base nodale


i∈N pi (u, v, w) = si (u, v, w)
1 (1 – u – v) (1 – w) / 2
2 u (1 – w) / 2
3 v (1 – w) / 2
4 (1 – u – v) (1 + w) / 2
5 u (1 + w) / 2
6 v (1 + w) / 2
Tableau 7. Fonctions de base nodales du prisme de type I.
CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 71

Arête a = {i, j} sa(u) , u = (u, v, w)


a∈A i∈N j∈N sa,u sa,v sa,w
1 1 2 (1 – v) (1 – w) / 2 u (1 – w) / 2 0
2 1 3 v (1 – w) / 2 (1 – u) (1 – w) / 2 0
3 1 4 0 0 (1 – u – v) / 2
4 2 3 – v (1 – w) / 2 u (1 – w) / 2 0
5 2 5 0 0 u/2
6 3 6 0 0 v/2
7 4 5 (1 – v) (1 + w) / 2 u (1 + w) / 2 0
8 4 6 v (1 + w) / 2 (1 – u) (1 + w) / 2 0
9 5 6 – v (1 + w) / 2 u (1 + w) / 2 0
Tableau 8. Numérotation des arêtes du prisme de type I et fonctions de base d’arête associées (sa).

Facette f = {i, j, k (, l)}


f∈F i∈N j∈N k∈N l∈N
1 1 2 5 4
2 1 3 2 –
3 1 4 6 3
4 2 3 6 5
5 4 5 6 –
Tableau 9. Numérotation des facettes du prisme de type I.
Matrice d’incidence arête - noeud

aO
n 1 2 3 4 5 6
1 ⎛ − 1 1 . . . .⎞
⎜ ⎟
2 ⎜ −1 . 1 . . .⎟
3 ⎜ −1 . . 1 . .⎟
⎜ ⎟
4 ⎜ . −1 1 . . .⎟
G AN = ⎜ . −1 . (8)
5 . 1 .⎟
⎜ ⎟
6 ⎜ . . −1 . . 1⎟
7 ⎜ . . . −1 1 .⎟
⎜ ⎟
8 ⎜ . . . −1 . 1⎟
⎜ ⎟
9 ⎝ . . . . −1 1 ⎠
Matrice d’incidence facette - arête

fO
a 1 2 3 4 57 8 96
1 ⎛ 1 . −1 . 1−1 . ..⎞
⎜ ⎟
2 ⎜ −1 1 . −1 . . . . .⎟
RFA = ⎜ . (9)
3 −1 1 . . −1 . 1 .⎟
⎜ ⎟
4 ⎜ . . . 1 −1 1 . . −1⎟
⎜ ⎟
5 ⎝ . . . . . . 1 −1 1 ⎠
Matrice d’incidence volume - facette

vO
f 1 2 3 4 5
DVF = (10)
1 ( 1 1 1 1 1)
CAO des systèmes électriques Chapitre 3 : Annexe 72

FONCTIONS DE BASE D’ARETE DANS LES ELEMENTS REELS


L’expression générale des fonctions de base d’arête pour les éléments de type I est
s a ij ( x ) = p j grad x ∑r∈N p r ( x ) − p i grad x ∑r∈N p r (x) ,
F , ji F , ij

pour une arête aij={i, j} dont les noeuds origine et extrémité sont respectivement i et j ;
l’indice associé à l’opérateur grad indique le système de coordonnées utilisé.
Les fonctions de base étant en général exprimées dans des éléments de référence, des
transformations de coordonnées sont nécessaires pour les exprimer dans les éléments réels.
Plus précisément, la présence de l’opérateur gradient dans l’expression de sa va nécessiter,
dans ce but, l’application de la matrice jacobienne de transformation. En effet, nous avons
⎛ ∂x ⎞ ⎛ ∂ x u ∂ x v ∂ x w⎞ ⎛ ∂u ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
grad x p r ( x ) = ⎜ ∂ y ⎟ p r ( x ) = ⎜ ∂ y u ∂ y v ∂ y w⎟ ⎜ ∂ v ⎟ p r ( u)
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎝ ∂z ⎠ ⎝ ∂ z u ∂ z v ∂ z w⎠ ⎝ ∂w ⎠
⎛ ∂u ⎞
⎜ ⎟
= J −1 −1
⎜ ∂ v ⎟ p r (u) = J grad u p r (u)
⎜ ⎟
⎝ ∂w ⎠
et donc,
s a ij ( x ) = p j J −1 grad u ∑r∈N p r (u) − p i J −1 grad u ∑ r∈N p r (u)
F , ji F , ij

⎛ ⎞
= J −1 ⎜⎜ p j grad u ∑r∈N p r (u) − p i grad u ∑ r∈N p r (u)⎟⎟
⎝ F , ji F , ij ⎠

= J −1 s a ij (u)

Il suffit donc de prémultiplier la fonction de base d’arête exprimée dans l’élément de


référence par l’inverse de la matrice jacobienne de transformation, pour obtenir la fonction de
base exprimée dans l’élément réel.
CHAPITRE 4
METHODES NUMERIQUES

1. INTEGRATION NUMERIQUE
L’intégration analytique n’est réalisable que dans des cas simples. Même dans ces conditions,
l’intégration numérique est bien souvent préférée pour des raisons de précision. En éléments
finis, les fonctions à intégrer ne présentent normalement pas de singularité sur l’élément, ce
qui fait que leur intégration numérique ne pose généralement aucun problème. La méthode
d’intégration numérique la plus utilisée est la méthode de Gauss.

1.1. INTEGRATION A UNE DIMENSION.

1.1.1. Méthode de Gauss.


Les n coefficients wi et les n abscisses ξi sont déterminés de manière à intégrer exactement
tout polynôme d’ordre m ≤ 2n − 1 .
n

∫ y(ξ) dξ = ∑ w
1
i y(ξi )
−1
i =1
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 74

Méthode d’intégration de GAUSS


n ξi wi Degré du
polynôme
1 0 2 1
2 1 1 3
±
3
3 0 8 5
3 9
± 5
5
9
4 3−2 6 / 5 1 1 7
± +
2 6 6/5
7
1 1
3+2 6 / 5 −
± 2 6 6/5
7

1.1.2. Méthode de Newton-Cotes


Les abscisses sont régulièrement espacées. A ce moment, avec n coefficients, on intègre
exactement un polynôme d’ordre n (si n impair) ou n-1 (n pair).

Méthode d’intégration de NEWTON-COTES


n ξi wi Degré du
polynôme
2 ±1 1 1
3 0 4/3 3
±1 1/ 3
4 ±1 / 3 3/ 4 3
±1 1/ 4
5 0 12 / 45 5
±1 / 2 32 / 45
±1 7 / 45

1.1.3. Méthode de Patterson


La méthode de Patterson, basée sur la méthode de Gauss, a été conçue pour être utilisée dans
le cadre de méthodes d'intégrations adaptatives. Connaissant une évaluation de l'intégrale
basée sur n points on ajoute p points supplémentaires. Disposant ainsi de n+2p degrés de
liberté (n+p coefficients de pondération et p abscisses), on peut intégrer exactement tous les
polynômes de degré m ≤ 2 p + n − 1 .
Si, par exemple, on part d'une formule de Gauss à 3 points, on obtient le schéma représenté
sur le tableau suivant :
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 75

Méthode d’intégration de PATTERSON


n p degré max m
base (Gauss) 3 5
+4 3 4 10
+8 7 8 22
+16 15 16 46

1.2. INTEGRATION A 2 ET 3 DIMENSIONS

1.2.1. Utilisation de formules produit


Cette méthode consiste à utiliser dans chacune des directions une intégrations numérique à
une dimension. Ces formules fournissent souvent des points d’intégration mal répartis.

1.2.2. Formules directes


Voir par exemple l’ouvrage de Datt et Touzot cité en référence.

2. INTEGRATION TEMPORELLE
2.1. METHODES EN "THETA"

Dans les problèmes d’évolution temporelle, le système d’équations à résoudre peut se mettre
sous la forme

S y& (t ) + M y (t ) = b(t )
ou encore :
y& (t ) = f (y(t ), t ) .

Ce système peut être non linéaire, car les coefficients des matrices peuvent dépendre des
inconnues. Il s’agit de trouver une solution y = y (t ) satisfaisant le système d’équations et la
condition initiale y (0) = y 0 .
Linéarisons la fonction y (t ) entre les points tn et tn+1 . A un instant quelconque tθ compris
dans l’intervalle [t n , t n+1 ] tel que :

tθ = θ t n +1 + (1 − θ ) t n ( θ ∈ [tn , t n+1 ]),

la fonction peut être approchée par la relation suivante :

y(tθ ) = θ y n +1 + (1 − θ ) y n .

En discrétisant l’équation différentielle y& (t ) = f (y(t ), t ) dans l’intervalle considéré, on peut


écrire :
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 76

y n+1 − y n
y& (t ) ≈ = f (y(tθ ), tθ ) = f (y n + θ (y n+1 − y n ), t n + θ (t n+1 − t n ) )
∆t

Si on choisit :
• θ=0, on obtient la méthode d’Euler explicite :

y n+1 − y n
= f (y n , t n )
∆t

• θ=0,5, on parle de méthode de Crank-Nicholson :

y n+1 − y n ⎛ y + y n t n+1 + t n ⎞
= f ⎝ n+1 ,
∆t 2 2 ⎠

• θ=2/3, la méthode est dite de Galerkin :

y n+1 − y n ⎛
= f ⎝ y n + (yn +1 − y n ),t n + (t n +1 − t n )⎞⎠
2 2
∆t 3 3

• θ=1, on parle de méthode d’Euler implicite :

y n+1 − y n
= f ( y n+1 , t n+1 )
∆t

Notons que la méthode est dite implicite à partir du moment où θ ≠ 0

Stabilité de la méthode
Considérons l’équation différentielle suivante :

y& + α 2 y = 0 .

Sa solution est
y = Ce −α
2
t
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 77

+1

θ=1

θ=2/3 α 2t
1 2 3 4

θ=0.5
-1

θ=0
Figure 4.1
Appliquons le schéma en « théta » à cette équation :

y n+1 − y n
= −α 2 ((1 − θ ) yn + θ yn+1 )
∆t
soit
1 − α 2 (1 − θ )∆t
y n+1 = y n = F (θ ) y n .
1 + α 2θ∆t
La figure 4.1 montre l’évolution de la fonction F (θ ) en fonction de α 2 ∆t .
Pour θ ≥ 0.5 , l’algorithme est inconditionnellement stable. Sinon, la stabilité n’est assurée que
pour des pas de calcul suffisamment faibles.

2.2. METHODES DE RUNGE-KUTTA

Soit à résoudre :

y& (t ) = f (y(t ), t ) .

Supposons connu y n en tn . Nous recherchons la valeur y n +1 en tn +1 = tn + ∆t . En développant


la solution en série de Taylor au voisinage de y n , on obtient :

∂y n ∆t 2 ∂ 2 y n ∆t 3 ∂ 3y n
y n+1 = y n + ∆t + + + ...
∂t 2! ∂t 2 3! ∂t 3
ou
∆t i ∂ i y n
( )
k
y n+1 = y n + ∑ + O ∆t k +1 .
i =1 i! ∂t i
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 78

1 2 ... s
1 α1 β11 β12 ... β1s
2 α2 β 21 β 22 ... β 2s
... ... ... ... ... ...

s αs β s1 β s2 ... β ss
µ1 µ2 ... µs
Tableau 4.1
La méthode de Runge-Kutta consiste à utiliser le schéma d'intégration suivant :

s
y n+1 = y n + ∑ µ i ki
i =1

avec
⎛ s

ki = ∆t f y n + ∑ β ij k j,t n + α i ∆t ⎟

⎝ j =1 ⎠

où les coefficients α i , β ij et µ i sont choisis de telle sorte que l'erreur soit d'ordre aussi élevé
que possible. Les coefficients de Runge-Kutta se placent usuellement dans un tableau (tableau
4.1).
Lorsque tous les coefficients β ij situés sur et au-dessus de la diagonale sont nuls, la méthode
est dite explicite. Le tableau 4.2 indique les coefficients de la méthode de Runge-Kutta
explicite du quatrième ordre (erreur proportionnelle à ∆t 5 ) :

1 2 3 4
1 0 0 0 0 0

2 1/2 1/2 0 0 0

3 1/2 0 1/2 0 0

4 1 0 0 1 0

1/6 1/3 1/3 1/6

Tableau 4.2
Le schéma d’intégration est dans ce cas :

k 1 = ∆t f (y n , t n )
⎛ k ∆t ⎞
k 2 = ∆t f ⎜⎜ y n + 1 , t n + ⎟⎟
⎝ 2 2⎠
⎛ k ∆t ⎞
k 3 = ∆t f ⎜⎜ y n + 2 , t n + ⎟⎟
⎝ 2 2⎠
k 4 = ∆t f (y n + k 3 , t n + ∆t )
k1 k2 k3 k4
y n +1 = y n + + + +
6 3 3 6
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 79

3. RESOLUTION DE SYSTEMES NON LINEAIRES : METHODE DE


NEWTON-RAPHSON
Nous allons illustrer cette méthode à partir de l’exemple de la magnétostatique 2D utilisant le
potentiel vecteur. Le système à résoudre est de la forme :

∑M
k
ik Ak = bi (i=1,... N)

où Ak désigne la valeur du potentiel vecteur au nœud k et Mik dépend du champ magnétique :

M ik = ∫∫ ν ( H ) grad β i .grad β k dΩ e
Ωe

La résolution de ce problème s’effectue de manière itérative. Le système d’équations peut


s’écrire également :

) N )
Ri ( A) = ∑ M ik ( A) Ak − bi = 0 pour i = 1,..., N .
k =1

) )
Supposons que le résidu R i (A ) ne soit pas nul. Soit ∆A l’incrément nécessaire pour obtenir la
bonne solution. En développant en série de Taylor et en le limitant au premier terme, on a :

)
) ) ) N
∂Ri ( A)
Ri ( A + ∆A) = Ri ( A) + ∑ ∆Aj = 0.
j =1 ∂A j

On obtient donc un nouveau système d’équations linéaires où les inconnues sont les ∆A j . La
matrice :

)
∂R ( A)
J ij = i
∂A j

est appelée matrice jacobienne du système. Dans notre cas particulier, elle se met sous la
forme

)
∂R ( A) ∂ ⎛ N ) ⎞
J ij = i = ⎜ ∑ M ik ( A) Ak − bi ⎟
∂A j ∂A j ⎝ k =1 ⎠
soit
N
J ij = M ij + ∑ ∂M
∂A
ik
j
Ak = M ij + Kij
k =1
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 80

La matrice jacobienne est donc égale à la somme de la matrice Mij et d’une matrice de
correction Kij. Evaluons la contribution K ije d’un élément fini :

∂Meik ∂ ⎡
Ne N
K ij = ∑ Ak = ∑ ν gradβ i .gradβ k dΩe ⎤ A k ,
e

∫∫
e

k =1 ∂A j k =1 ∂A j
⎣ Ωe ⎦

Si on suppose que la réluctivité dépend de l’induction (ou de son carré), on aura


successivement:

ν = ν(B2 )
et
∂ν ∂ν ∂(B2 ) ∂ν e
N
= = 2 2 ∑ A lgradβ l .grad β j ,
∂A j ∂(B ) ∂A j ∂(B ) l=1
2

car, en 2D,
Ne
B = rot A = rot A1 z = grad A Λ1 z = ∑ Al gradβ l Λ1 z
l =1

d’où
∂ν N e N e
K eij = 2 ∫∫Ω
e
∑ ∑ (A gradβ l.gradβj )(A kgradβi .gradβk )dΩ e .
∂(B2 ) k =1 l=1 l

La matrice jacobienne obtenue est creuse et symétrique, si bien que l’on peut utiliser des
méthodes de résolution adaptées.
L’algorithme de résolution prend dès lors la forme suivante :
1. initialisation de la solution : A(0),
2. résolution du système : [J(k)]. DA(k) = -R(k),
3. correction de la solution: A(k+1) = A(k) + DA(k),
4. test de convergence:
⎧> ε : k = k + 1, go to 2,
A ( k +1) − A ( k ) ⎨
⎩ < ε : end.

4. RESOLUTION DE SYSTEMES LINEAIRES


Soit à résoudre le système d’équations linéaires suivant :

Ax = b

où A désigne une matrice carrée de dimensions nxn; x le vecteur des n inconnues et b le


vecteur second membre.
La méthode la plus efficace pour résoudre ce système d’équations va dépendre des propriétés
de la matrice A. Celle-ci peut être symétrique ou non; pleine ou creuse. Les algorithmes de
résolution sont groupés en deux catégories : les méthodes directes et les méthodes itératives.
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 81

4.1. METHODES DIRECTES

Les méthodes directes sont basées sur l’élimination de Gauss. La méthode classique consiste à
factoriser la matrice A en un produit d’une matrice triangulaire inférieure (L) et supérieure
(U) :

A = LU .

Dans ce cas, si on introduit un vecteur intermédiaire w, le système d’équations peut se mettre


sous la forme suivante :
Lw = b
Ux = w .

L’intérêt de cette méthode est que la résolution d’un système triangulaire est triviale. En effet,
la résolution de la première équation matricielle s’effectue par substitution avant :

b1
w1 = ,
l11
1 ⎡ i −1 ⎤
wi = ⎢ i ∑ lij w j ⎥ pour
b − i = 2,3,K, n ,
lii ⎣ j =1 ⎦

tandis que la seconde se résout par substitution arrière :

wn
xn =
unn
1 ⎡ n ⎤
xi = ⎢ i ∑ uij x j ⎥
w − pour i = n − 1, n − 2,K,1
uii ⎣ j =i +1 ⎦

4.1.1. Réalisation de la LU décomposition


Calculons le terme général du produit des matrices L et U :

li1u1 j + li 2u2 j +L+ lii uii = aij ∀i, j pour i < j


li1u1i + li 2u2i +L+ lii uii = aii ∀i, j pour i = j
li1u1 j + li 2u2 j +L+ l jj u jj = aij ∀i, j pour i > j

On obtient ainsi n2 équations avec n2+n inconnues. On peut donc choisir arbitrairement n
inconnues. On choisit généralement :

lii = 1 pour i = 1,K, n .

L’algorithme de Crout permet de résoudre aisément le système de la manière suivante :


1. Assignons lii = 1 pour i = 1,K, n
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 82

2. Pour j=1, ..., n, on calcule dans l’ordre :


i −1
uij = aij − ∑ lik ukj pour i = 1,K, j
k =1

1 ⎛ i −1

lij = ⎜ aij − ∑ lik ukj ⎟ pour i = j + 1,K, n
u jj ⎝ k =1 ⎠

4.1.2. Stratégie de pivotage


Dans la dernière relation du paragraphe précédent, on voit apparaître ujj comme diviseur. La
méthode de Crout devient imprécise ou peut être mise en échec si ce coefficient devient trop
petit, voire nul. Pour ce faire, on effectue un pivotage partiel : à l’étape j de l’algorithme
précédent, on permute les lignes de telle sorte à faire apparaître en position jj le coefficient de
valeur absolue la plus importante possible :

a jj = max akj .
j ≤k ≤n

4.1.3. Raffinement itératif de la solution


Les méthodes directes appliquées à des grands systèmes d’équations conduisent à des
imprécisions quelquefois importantes au niveau de la solution. Pour améliorer la précision des
résultats, on peut recourir au raffinement itératif. Soit x la solution exacte du système :

Ax = b .

Supposons que nous connaissions une solution approchée x + δx où δx désigne l’erreur


commise. On aura :

A( x + δx ) = b + δb
soit
Aδx = δb .

L’évaluation de l’erreur δx s’effectuera en résolvant le système

Aδx = A( x + δx ) − b .

4.1.4. Autres méthodes (pour mémoire)


Méthode frontale
Méthode « ligne du ciel » (skyline)
Ces méthodes ont connu un grand succès lorsque les ordinateurs possédaient une mémoire
vive peu importante et que les méthodes itératives n’étaient pas encore utilisées. Elles ne sont
plus guère utilisées aujourd’hui.
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 83

4.2. METHODES ITERATIVES1

4.2.1. Cas des matrices symétriques définies positives


Principe des méthodes de pente.
Si A est une matrice symétrique et définie positive, résoudre le système :

Ax = b

revient à minimiser la fonctionnelle :

E (x ) = A (x − x) . (x − x)

si x est la solution du système.

En effet, si :

x = x + ∂x ,
alors
E(x) = A ∂x . ∂x ≥ 0

est nul si et seulement si ∂x est nul.

Dans les méthodes de pente, à chaque itération, on détermine une direction de recherche pk et
un scalaire αk, et on calcule xk+1 par la formule :

x k +1 = x k + α k p k

Si la direction pk est imposée, l’évaluation de αk, s’effectue en minimisant


E(x k +1 ) = E(x k + α k p k ) par rapport à α k :
On a en effet ;

E (x k + α k p k ) = A(x k + α k p k − x )(x k + α k p k − x )
= A(x k − x )(x k − x ) + α k Ap k (x k − x )
+ α k2 Ap k p k + α k A(x k − x )p k
En posant :
A(x k − x ) = −rk ≡ Ax k − b ,
on obtient :
E (x k + α k p k ) = E (x k ) − 2α k rk p k + α k2 Ap k p k
car

1
Pour plus de renseignements, consulter par exemple P.LASCAUX et R.THEODOR :
« Analyse numérique matricielle appliquée à l’art de l’ingénieur » Ed Masson, 1986
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 84

Ap k (x k − x ) = (x k − x )Ap k = A t (x k − x )p k = A(x k − x )p k = −rk p k

Dès lors, le minimum s'obtient pour :

rk ⋅ p k
αk =
A pk ⋅pk

Les propriétés suivantes peuvent être vérifiées :

• rk+1 = rk − α k A p k

En effet : rk+1 = b − A x k+1 = b − A (x k + α k pk ) = rk − α k A pk

• pk . rk +1 = 0

rk .p k
En effet : p k .rk +1 = p k .(rk − α k Ap k ) = p k .rk − p k .Ap k = 0
Ap k .p k

• E (x k +1 ) = E (x k )(1 − γ k )
avec
(rk .p k )2
γk = ≥0
(Ap k .pk )(A−1 rk .rk )

En effet :

E (x k + α k p k ) = E (x k ) − 2α k rk p k + α k2 Ap k p k = E (x k ) −
(rk p k )2
Ap k .p k
⎛ 1 (rk p k ) ⎞ ⎛ (rk p k ) ⎞
2 2
1
= E (x k )⎜⎜1 − ⎟ = E (x k )⎜1 −
⎟ ⎜ r .A −1r Ap .p


⎝ E (x k ) Ap k .p k ⎠ ⎝ k k k k ⎠

Pour un problème à deux inconnues, E (x) = constante est l’équation d’une ellipse centrée sur
la solution. Les dimensions de cette ellipse sont d’autant plus faible que l’on est près de la
solution. le vecteur pk est tangent à E (x k +1 ) et rk +1 est normal à cette ellipse (figure 4.2).
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 85

X1
E(xk)

E(xk+1)

x rk+1 xk

pk X2
xk+1

Figure 4.2
On peut également montrer que :

2
1 ⎛⎜ rk .p k ⎞⎟
γk ≥
K ( A) ⎜⎝ rk p k ⎟⎠

où K(A) est le nombre de conditionnement de la matrice A (rapport entre la plus grande


valeur propre et la plus petite)
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 86

Méthode du gradient
Dans la méthode du gradient, le résidu rk est choisi comme direction de recherche p k . Alors

x k +1 = x k + α k rk
et
2
r
αk = k
Ark .rk

Si l’ellipse d’équation E (x) = constante est un cercle (cas des valeurs propres égales), la
direction de recherche pointe vers la solution. Par contre, plus l’ellipse est allongée et plus la
convergence risque d’être longue. On peut montrer que la rapidité de la convergence est
donnée par la formule :

⎛ K −1 ⎞
2k

E (x k ) ≤ 4⎜ ⎟ E (x 0 )
⎝ K +1⎠

K = K (A) .

Méthode du gradient conjugué


Dans la méthode du gradient conjugué, la direction de recherche p k est prise dans le plan
( p k −1 , rk ) de manière à réduire autant que possible l’erreur restante (figure 4.3) (il s’agit donc
de maximiser γ k ). On a :

p k = rk + β k p k −1 .

Dès lors :
rk .p k = rk .(rk + β k p k −1 ) = rk + β k rk .p k −1 = rk
2 2

et
2
r
αk = k
Ap k .p k

On a donc :
⎛ rk
2
1 ⎞

E (x k + α k p k ) = E (x k ) 1 − ⎟
⎜ rk .A rk Ap k .p k
−1

⎝ ⎠

Minimiser E (x k + α k p k ) revient donc à maximiser Ap k .p k . Comme :


CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 87

Ap k .p k = A(rk + β k p k −1 )(. rk + β k p k −1 ) = β k2 Ap k −1.p k −1 + 2 β k Ap k −1.rk + Ark .rk ,

β k est donné par la formule suivante :

Ap k −1.rk
βk = − .
Ap k −1.p k −1

Dès lors,
Ap k −1.rk
Ap k −1.p k = Ap k −1.(rk + β k p k −1 ) = Ap k −1.rk − Ap k −1.p k −1 = 0
Ap k −1.p k −1

Les vecteurs p k −1 et p k sont dits A-conjugués. Par ailleurs, on a les propriétés suivantes :

rk +1 .rk = 0

En effet :
rk +1.rk = (rk − α k Ap k ).rk = rk − α k Ap k .rk = rk − α k Ap k .(p k − β k p k −1 )
2 2

= rk − α k Ap k .p k + α k β k Ap k .p k −1 = 0
2

De manière générale, on peut montrer (par récurrence) que :


rk +1 .r j = 0 ∀j ⊂ (1, k )

Les résidus sont donc tous orthogonaux entre eux.

X1
E(xk-1)

E(xk)

x
rk xk-1

X2
pk pk-1
xk
pk-1

Figure 4.3
D’autre part,
Ap k −1.rk =
1
(rk −1 − rk ).rk =−
1
rk
2

αk αk
et
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 88

Ap k −1.p k −1 =
1
(rk −1 − rk ).p k −1 = 1
rk −1.p k −1 =
1
rk −1
2

αk αk αk
d’où
2
Ap k −1.rk r
βk = − = k
Ap k −1.p k −1 rk −1
2

En théorie, la méthode des gradients conjugués converge en au plus N itérations. En effet les
résidus étant tous orthogonaux les uns aux autres, le (N+1)ième ne peut être que nul. Dans la
pratique, si le système est bien conditionné, la convergence est rapide, voire très rapide ; par
contre si le conditionnement est mauvais, la méthode peut ne pas converger, suite aux erreurs
numériques de troncature des calculateurs.

L’algorithme de résolution est le suivant


1. initialisation : x0 ; p0=r0=b-Ax0,
2. tant que rk ≥ ε ,
3. calculer :
2
rk
αk =
Ap k .p k
x k +1 = x k + α k p k
rk +1 = rk − α k A p k
2
rk +1
β k +1 = 2
rk
p k +1 = rk +1 + β k +1 p k

La rapidité de la convergence est donnée par la formule suivante :

2k
⎛ K ( A) − 1 ⎞
E (x k ) ≤ 4⎜⎜ ⎟ E (x 0 ) .

⎝ K ( A ) + 1 ⎠

Préconditionnement
La rapidité de la convergence des méthodes de descente dépend du nombre de
conditionnement K (A) de la matrice A. Plus K (A) est proche de 1, plus vite l’algorithme
converge. Le principe de préconditionnement d’une matrice A consiste à remplacer la
résolution du système A x = b par celle du système équivalent C−1A x = C−1b . La matrice
( )
C −1 doit être choisie de telle sorte que K C−1A soit beaucoup plus petit que K (A) . En
( )
théorie, le meilleur choix est C −1 = A −1 car alors K C −1A = 1 . Il faut donc trouver C−1 la plus
proche de A −1 sans que les calculs pour l’obtenir soient trop importants. Une fois C trouvée,
l’algorithme du gradient conjugué préconditionné devient :

1. initialisation : x0 ; r0 = b - Ax0 ; Cp0 = r0 ; z0 = p0,


CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 89

2. tant que rk ≥ ε
3. calculer :
rk . zk
αk =
Ap k . p k
x k +1 = x k + α k p k
rk +1 = rk − αk A p k
C zk +1 = rk +1
rk +1 . zk +1
βk +1 =
rk . zk
p k +1 = zk +1 + βk +1 p k

On constate qu’à chaque itération, il faut, en plus des opérations habituelles, résoudre un
système de la forme :

Cz = r .

Il est donc indispensable que cette résolution soit facile à réaliser. On choisit souvent C de
telle manière qu’elle soit factorisée de manière évidente en un produit d’une matrice
triangulaire inférieure par sa transposée, soit :

C = TTt .

Exemple 1: factorisation SSOR d’Evans


La matrice A, symétrique et définie positive, est mise sous la forme :

A = D − E − Et .

D est la diagonale de A, E est la triangulaire inférieure et Et la triangulaire supérieure. La


matrice T est déterminée par la relation suivante :

1
T= (D − ωE) D−1/ 2
ω(2 − ω )
avec
0 <ω <2.

Dès lors,
1
C= (D − ωE)D−1 (D − ωE)t .
ω(2 − ω )

La matrice T se déduit donc immédiatement de A sans calculs compliqués.

Exemple 2: factorisation incomplète de Choleski


CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 90

La factorisation complète d’une matrice A symétrique, creuse et définie positive sous forme
A = LL t conduit généralement à un remplissage important de la matrice L.
La méthode dénommée « IC(0) » consiste à calculer la matrice T de telle sorte qu’elle ait la
même structure que la partie triangulaire inférieure de A c’est-à-dire :

tij = 0 si aij = 0 .

Pour déterminer les valeurs non nulles de tij , on impose la condition suivante :

(A − TTt )ij = 0 si aij ≠ 0 .

4.2.2. Extension de la méthode du gradient conjugué à des matrices quelconques


La méthode du gradient conjugué est extrêmement efficace, mais elle ne s’applique qu’aux
matrices définies positives. De nombreuses recherches ont été faites pour adapter cette
méthode à la résolution de systèmes comportant des matrices quelconques.

Méthode de l’équation normale


Soit A une matrice régulière. En prémultipliant par A t les deux membres de l’équation
Ax = b , on obtient l’équation dite normale A t Ax = A t b . La matrice A t A est symétrique et
définie positive et on peut dès lors appliquer la méthode du gradient conjugué. On minimise
alors

E(x) = ( A t A ) r.r
−1


r = b − Ax .

La relation de conjugaison des directions de descente est :

(A A)
t
−1
p k .p k −1 = 0 .

La rapidité de la convergence est donnée par la formule :

2k
⎛ K − 1⎞
E ( x k ) ≤ 4⎜ ⎟ E(x 0 )
⎝ K + 1⎠

K = K( A t A ) = K 2 ( A ) .

L’algorithme converge théoriquement pour toute matrice régulière, mais


la rapidité de convergence est plus faible ;
à chaque itération, il faut effectuer deux produits d’une matrice par un vecteur
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 91

Méthode du résidu minimal (MINRES)


Dans la méthode du résidu minimal, on cherche à minimiser :

E(r ) = r.r = r
2


r = b − Ax .

La relation de conjugaison est :

(A A)
t
−1
p k .p k −1 = 0 .

L’algorithme de résolution est le suivant :


1. initialisation : x0 ; r0 = b - Ax0 ; p0 = r0 ; q0 = A p0,
2. tant que rk ≥ ε ,
3. calculer :
rk .q k
αk =
q k .q k
x k +1 = x k + α k p k
rk +1 = rk − α k q k
Ark +1.q k
β k +1 = −
q k .q k
p k +1 = rk +1 + β k +1 p k
q k +1 = Ark +1 + β k +1 q k

On peut montrer que Ark .rj = 0 ∀ j ≠ k . Cet algorithme ne converge pas pour toute matrice
A. On peut démontrer la convergence dans certains cas et notamment lorsque partie
symétrique de A est définie positive. La rapidité de la convergence est donnée par la formule :

2k
⎛ K − 1⎞
E ( x k ) ≤ 4⎜ ⎟ E(x 0 )
⎝ K + 1⎠

K = K( A ) .

Méthode généralisée du résidu minimal (GMRES2)


Dans cette méthode, on cherche à minimiser :

E(r ) = r.r = r
2

2
Voir par exemple : Iterative solution of linear systems ; RW Freud, GH Golub, NM
Nachtigal, Acta Numerica, 1992, pp 1-44
CAO des systèmes électriques Chapitre 4 : Méthodes numériques 92


r = b − Ax .

La relation de conjugaison est :

A p k .p j = 0 ∀ j ⊂ (1, k − 1) .

La matrice A n’ayant aucune propriété particulière, l’évaluation de la direction p k nécessite


d’utiliser tous les p j précédents. Pour limiter l’espace mémoire, on utilise souvent des
algorithmes avec « restart », redémarrant le processus après un nombre donné d’itérations.
CHAPITRE 5
METHODE DES ELEMENTS FRONTIERES

1. INTRODUCTION
Les méthodes d'éléments finis vues précédemment nécessitent une discrétisation volumique
du domaine à étudier et la connaissance de conditions aux limites de ce domaine. Les
méthodes des éléments frontières (BEM = Boundary Element Methods), objets de ce chapitre,
ne nécessitent que la discrétisation des surfaces de discontinuité, lorsque les matériaux ont un
comportement linéaire.

2. CAS DE L’ELECTROSTATIQUE
2.1. POSITION DU PROBLEME

Considérons un domaine V comportant des diélectriques et des conducteurs à potentiels fixes


et flottants. Supposons de plus que ce domaine est limité par une frontière Γ sur une partie de
laquelle (Γ1) le potentiel est connu (condition de Dirichlet) tandis que la composante normale
du déplacement est connue sur la partie Γ2 de cette frontière (condition de Neumann). On
recherche la répartition du potentiel et du champ électrique dans le domaine.
Les équations à résoudre sont les suivantes :
• dans le volume :

rot E = 0
div D = ρ
D=ε E

• sur les surfaces de discontinuité :

rot s E = 0
divs D = σ

Si on pose E = − grad V , on peut écrire :


CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 94

div(ε grad V ) + ρ = 0
ε ∆ V + grad ε . grad V + ρ = 0

ρ grad ε
∆ V = −div E = − + .E
ε ε

Lorsque le milieu possède une permittivité constante, on retrouve l’équation de Poisson :

ρ
∆V + =0
ε

2.2. FONCTION DE GREEN

La fonction de Green est la solution fondamentale de l'équation aux dérivées partielles à


résoudre lorsque la source est ponctuelle et unitaire. La fonction de Green de notre problème
est donc la solution de l'équation :

∆ G ( P, Q ) + δ ( P − Q ) = 0 .

R
PQ

Figure 5.1
C'est donc le potentiel engendré au point P par une charge de valeur ε 0 placée au point Q
situé dans le vide (figure 5.1) , soit :

1 1
G ( P, Q ) =
4π rPQ

Cas bidimensionnel plan


Dans ces conditions, on a :

V = V ( x, y )
et
∂ 2V ∂ 2V
∆V = + .
∂ x2 ∂ y2

La fonction de Green est le potentiel engendré par une densité de charge linéique ε 0 située sur
le fil Q (figure 5.2) :
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 95

1 1
G ( P, Q ) = ln .
2π rPQ

P
Q r
y
x

Figure 5.2
Cas axisymétrique
Dans le cas présent :

V = V (r , z )
et
∂ 2V 1 ∂V ∂ 2V
∆V = + + .
∂ r2 r ∂ r ∂ z2
r P
P

y Q
x r Q

Figure 5.3
La fonction de Green est le potentiel engendré par une spire filiforme de rayon rQ portant une
charge ε 0 :

1 rQ K (k 2 )
G ( P, Q ) =
π ( z P − zQ ) 2 + (rP + rQ ) 2
avec
π /2

K (k 2 ) = ∫
0 1 −k 2sin 2 Ψ
4 rP rQ
k2 =
( z P − zQ ) 2 + (rP + rQ ) 2
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 96

2.3 PROPRIETE FONDAMENTALE DE LA FONCTION DE GREEN


P

Q
dv

Figure 5.4
Considérons l’intégrale suivante :

I = ∫ ∆ G ( P, Q) dvQ = − ∫ δ ( P, Q) dvQ .
V V

1. Si le point P est extérieur au volume V (figure 5.4), on aura I = 0 .

P r

Figure 5.5
2. Si le point P est intérieur au volume V, isolons une petite sphère s centrée sur le point P
(figure 5.5), on a :

I = ∫ ∆G ( P, Q) dvQ = ∫ ∆G( P, Q) dv Q = ∫ div( grad G( P, Q)) dv


Q
v sphère sphère

n e .r 1
= ∫ n e .grad G ( P, Q)dsQ = − ∫
4 π ∫s
dsQ = − dΩ = −1
s s
4π r 3

3. Si le point P situé est sur la surface délimitant le volume, on isole encore la singularité par
une portion de sphère (figure 5.6) et on obtient :

n e .r 1 Ω
I = ∫ ∆ G ( P, Q) dvQ = − ∫ dsQ = − ∫ dΩ = −
v s
4π r 3
4π s 4π

où Ω est l'angle solide sous lequel le domaine considéré est vu du point P.( Ω / 4π =1 / 2
dans le cas d’une frontière lisse)
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 97

Figure 5.6

En résumé, on peut écrire :

I = ∫ ∆ G ( P, Q) dvQ = − ∫ δ ( P, Q) dvQ = − h
V V

où h = 0 si P est extérieur au volume V


h = 1 si P est intérieur au volume V
h = Ω / 4π si P se trouve sur la frontière du volume V.

2.4. INVERSION DES OPERATEURS DIFFERENTIELS

La formule de Green

∂ϕ ∂ψ
∫ (ϕ ∆ψ − ψ ∆ϕ ) dv = ∫ (ψ ∂n
v Σ i
−ϕ
∂ni
) ds

est valable pour toute fonction ϕ et ψ.


En remplaçant dans la formule de Green ϕ par G(P,Q) et ψ par V(Q), on obtient :

∂G ∂V
∫ (G ( P, Q) ∆ V (Q) − V (Q) ∆
v
Q Q G ( P, Q)) dv = ∫ (V
Σ
∂ni
−G
∂ni
) ds

ou
∂G ∂V
− ∫ V (Q) ∆ Q G ( P, Q) dv = ∫ G divQ E dv + ∫ (V −G ) ds
v v Σ
∂ni ∂ni
soit
∂G ∂V
h V ( P) = ∫ G div E dv + ∫ (V −G ) ds
v Σ
∂ni ∂ni

où h = 0 si P est extérieur au volume V


h = 1 si P est intérieur au volume V
h = Ω / 4π si P se trouve sur la frontière du volume V.
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 98

n
i

Figure 2.7

Interprétation physique
Dans le cas 3D, l’équation précédente devient :

1 div E 1 r 1 1 ∂V
hV ( P) = ∫
4π v r
dv − ∫
4π Σ
Vni 3 ds −
r 4π ∫Σ r ∂ni
ds

ou
1 ρ 1 (E.gradε ) dv − 1 (εVni ).r ds− 1 (ε∂V / ∂ni ) ds
hV ( P) =
4πε ∫r
v
dv −
4πε ∫
v
r 4πε ∫
Σ
r 3
4πε ∫
Σ
r
Les deux premiers termes du second membre de la relation précédente représentent la
contribution des charges contenues dans le volume V considéré ainsi que l’effet de
l’inhomogénéité éventuelle des matériaux.
Les 2 termes suivants représentent l’influence sur le potentiel du point P des charges et
matériaux situés à l’extérieur du volume V. L’influence de l’extérieur du volume V sur le
potentiel d’un point situé à l’intérieur de celui-ci peut être traduite par deux répartitions de
charges électriques situées sur la frontière du volume considéré :
• une répartition de charges électriques superficielles de densité égale à
∂V
−ε
∂ni
• une répartition de superficielle de dipôles électriques de densité dipolaire égale à
− εVn i .

Remarque
A partir de la relation suivante :

∂G ∂V
h V ( P ) = ∫ G div E dv + ∫ (V −G ) ds
v Σ
∂ni ∂ni

on a développé deux types de méthodes :


• La méthode indirecte où le volume V s’étend jusqu’à l’infini.
Dans ce cas, l’équation précédente devient :

V ( P) = ∫ G div E dv
v
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 99

car d’une part le point P se trouve toujours à l’intérieur du domaine étudié et d’autre part,
les intégrales sur la surface extérieure s’annulent à l’infini. Dans ce cas, les inconnues sont
div E en tout point. Si les milieux sont linéaires par morceaux, les inconnues sont divs E
sur les surfaces de discontinuités.
• La méthode directe où les volumes Vi sont des volumes continus à caractéristiques
linéaires.
Dans ce cas, dans chaque volume, on a div E = 0 et pour chacun, on a l’équation :

∂G ∂V
h V ( P) = ∫ (V −G ) ds
Σ
∂ni ∂ni

Actuellement, les méthodes directes sont les plus utilisées. Nous limiterons par conséquent
l’exposé à ces méthodes.

2.5. METHODE DIRECTE

2.5.1. Principe
Supposons les milieux matériels linéaires et les charges électriques disposées à la surface des
conducteurs. On subdivise le domaine à étudier en sous-domaines de telle sorte que les
discontinuités (changement de permittivité, conducteurs) soient situées à la frontière des sous-
domaines. Dans ce cas, chaque sous-domaine constitue un milieu homogène ne comportant
pas de charges internes et on a pour chaque sous-domaine :

∂G ∂V
h V ( P ) = ∫ (V −G ) ds
Σ
∂ni ∂ni

Le problème consiste à déterminer les valeurs correctes des coefficients V et ∂V / ∂ni sur les
frontières des sous-domaines.
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 100

Exemple en 3D

1 1
G ( P, Q ) =
4π rPQ
1 rQP
grad G ( P, Q) =
4π rPQ3
1 n .r 1 ∂V
h V ( P) = ∫
4π Σ
(V i 3 QP −
rPQ rPQ ∂ni
) ds

Cette dernière équation indique que l'influence du milieu extérieur peut être traduite par une
simple et une double couche de charges équivalentes situées sur la surface extérieure du
domaine considéré.

2.5.2. Etablissement du système d’équations


Discrétisation des frontières
Divisons le problème étudié en un nombre suffisant de sous-domaines de telle sorte que dans
chaque sous-domaine, le milieu puisse être considéré comme homogène. Discrétisons ensuite
les frontières des sous-domaines de manière à faire apparaître des nœuds auxquels nous
associerons des inconnues. Pour la facilité de l'exposé, associons à chaque nœud 2 inconnues
dans chaque domaine touchant ce nœud. Choisissons des fonctions de forme convenables
pour interpoler l'évolution des grandeurs inconnues sur les frontières :

V = ∑α jV j
∂V ⎛ ∂V ⎞
= ∑ α j ⎜⎜ ⎟⎟
∂ni ∂
⎝ i ⎠j
n

+V

ε
V?

-V

Figure 5.8
Dans ce cas, dans chaque domaine, on pourra écrire

) ⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h V ( P) = ∑ ⎜V j ∫ α j ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫ α j G ds ⎟ .
⎜ Σ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j Σ ⎟
j
⎝ ⎠
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 101

Conducteur à potentiel fixe


Il n'y a pas besoin de placer d'inconnues à l'intérieur du conducteur, puisqu'on sait que le
potentiel y est constant et connu et que le champ y est nul. En chaque point k de la surface
(extérieure), on aura donc 2 inconnues et donc 2 relations :

Vk = Vdonné
⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h Vk = ∑ ⎜V j ∫ α j ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫ α j G ds ⎟
⎜ Σ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j Σ ⎟
j
⎝ ⎠

Conducteur à potentiel flottant


Dans ce cas s’ajoute une inconnue pour l'ensemble du conducteur: la valeur du potentiel. On
aura donc 2 inconnues pour chaque nœud k :

Vk = Vinconnu
⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h Vk = ∑ ⎜V j ∫ α j ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫ α j G ds ⎟
⎜ Σ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j Σ ⎟
j
⎝ ⎠

Pour l'ensemble du conducteur, il manquera donc une relation. Celle-ci exprimera que la
charge totale du conducteur est connue (généralement nulle). On sait que la densité
superficielle de charge d'un conducteur vaut :

∂V
σ =ε
∂n

En intégrant sur la surface du conducteur, on obtient la relation supplémentaire :

)
) ∂V
∫ σ ds =
surface _ du _ conducteur

surface _ du _ conducteur
ε
∂ n
ds = 0

Frontière entre deux diélectriques


A la frontière entre 2 diélectriques, on a en chaque point k 4 inconnues (2 de chaque côté m et
n de la frontière). On exprimera donc :

Vkm = Vkn (continuité du potentiel)

⎛ ∂V ⎞ ⎛ ∂V ⎞
m n

εm ⎜ ⎟ + εn ⎜ ⎟ =0 (continuité de Dn)
⎝ ∂n ⎠ k ⎝ ∂n ⎠ k
⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h Vkm = ∑ ⎜V j ∫ α mj ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫ α mj G ds ⎟ (dans domaine m)
⎜ Σ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j Σ ⎟
j
⎝ ⎠
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 102

⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h Vkn = ∑ ⎜V j ∫ α nj ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫ α nj G ds ⎟ (dans domaine n)
⎜ Σ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j Σ ⎟
j
⎝ ⎠

2.6. PRISE EN COMPTE DES SYMETRIES AU MOYEN DE FONCTIONS DE GREEN MODIFIEES

Cas d'un plan d'(anti)symétrie


En 3D, on utilisera la fonction de Green modifiée suivante (figure 5.9) :

1 ⎛ 1 1 ⎞⎟
G= ⎜ ±
4π ⎜R ⎟
⎝ PQ RPQ ' ⎠

P
Q

Q'

Figure 5.9

Cas d'une géométrie cyclique


Dans ce cas, on pourra utiliser la fonction de Green suivante (figure 5.10) :

n
1 1
G=

∑± R
i =1 PQi

Qn
Q1 P

Q2

Q3

Figure 5.10

2.7. DIFFICULTES NUMERIQUES

Dans les expressions précédentes, on voit apparaître deux types d'intégrales, dont les
intégrants sont singuliers au voisinage du point potentié. Ces singularités sont néanmoins
intégrables.

Premier type de singularité :


CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 103

∫α
m
j G ( P, Q) ds
Σ

La fonction G(P,Q) tend vers l’infini si P tend vers Q. Isolons un petit cercle centré sur le
point P et plaçons en ce point l'origine du système de coordonnées. On aura donc :

ds = 2 π ρ dρ
1
G=
4π ρ

∫α G ds ≈ ∫α G ds + α mj ∫ G ds = ∫α G ds + α mj ∫ → ∫ α mj G ds
m m m
j j j
Σ Σ−s s Σ−s s
2 Σ−s

Second type de singularité :

∂G
∫α
m
ds
∂ni
j
Σ



 
 θ 
π/2−θ


 


  

 
  

Figure 5.11

En isolant le voisinage du point potentié P, et en prenant un système de coordonnées centré


sur ce point (figure 5.11), on a :

∂G m ∂G
α mj 1r .1n
∫ α ∂ni ds ≈ α j ∫ ∂ni ds = 4π ∫ r 2 ds
m
j

r dr dϕ
ds =
sinθ Q
1r .1n cosθ Q 1 1 1
ds = dr dϕ = dr dϕ
r 2
sinθ Q r sinθ Q 2 RQ
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 104

∂G 1 1
∫α ds ≈ α mj ∫ dr dϕ → 0
m

∂ni sinθ Q 2 RQ
j

2.8. RESOLUTION DU SYSTEME D'EQUATIONS

Le système d'équations à résoudre ne possède pas de particularités intéressantes: la matrice


n'est ni creuse ni symétrique. Les méthodes classiques d'élimination sont souvent utilisées.
Note :
Les équations BEM que nous avons écrites vérifient la continuité du potentiel et de la
composante normale du vecteur déplacement électrique aux nœuds du maillage (collocation) :

⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h Vkm = ∑ ⎜V j ∫ α mj ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫ α mj G ds ⎟
⎜ Σ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j Σ ⎟
j
⎝ ⎠

On pourrait également envisager d'effectuer cette vérification "au mieux " sur les frontières et
intégrer l'équation multipliée par les fonctions de forme :

⎛ ∂G ⎛ ∂V ⎞ ⎞
h ∫ α km Vkm ds = ∑ ⎜V j ∫∫α kmα mj ds − ⎜⎜ ⎟⎟ ∫∫α kmα mj G ds ⎟
⎜ ∂ni ⎝ ∂ni ⎠ j ⎟
j
⎝ ⎠

Dans ces conditions, la matrice se symétrise. Cette dernière technique est peu utilisée, car elle
rend le volume de calculs numériques encore plus important.

3. MAGNETOSTATIQUE
Le cas de la magnétostatique est formellement très analogue à celui de l’électrostatique. en
adoptant la jauge de Coulomb, l’équation différentielle à résoudre est :

∆A + µ i = 0

La fonction de Green est la même que celle de l’électrostatique et on obtient aisément pour
chaque sous-domaine :

µ i 1 n .r 1 1 ∂A
hA ( P ) = ∫
4π v r
dv − ∫ A i 3 ds −
4π Σ r 4π ∫Σ r ∂ni
ds

A la frontière entre deux sous-domaines, on exprime la continuité du potentiel vecteur et de la


composante tangentielle du champ magnétique.

∂A
Remarque : = µH t
∂n
En effet, exprimons que l’intégrale du potentiel vecteur sur un petit contour (figure 5.12) situé
dans le plan n, t1 est égal au flux d’induction qui traverse ce contour dans la direction t2 :
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 105

n
+ t2

dn
t1
- a

Figure 5.12

∫ A.dl = a(A + − A − ).t1 = aµH.t 2 dn = aµH.(nΛt1 )dn


⇒ dA.t1 = µ (HΛn).t1dn
dA
⇒ µ (HΛn) =
dn

INCONNUES ET MISE EN EQUATIONS

⎛ dA ⎞ ⎛ dA ⎞ ⎛ dA ⎞
A chaque nœud de la frontière d’un domaine, on associe 6 inconnues : Ax , Ay , Az , ⎜ ⎟ ,⎜ ⎟ ,⎜ ⎟ .
⎝ dn ⎠ x ⎝ dn ⎠ y ⎝ dn ⎠ z
µ i 1 n .r 1 1 ∂A
L’équation hA( P) = ∫
4π v r
dv − ∫ A i 3 ds −
4π Σ r 4π ∫Σ r ∂ni
ds utilisant les nœuds frontières de

ce domaine fournit 3 équations scalaires.


Les trois autres équations scalaires dérivent des conditions de passage d’un domaine à l’autre
(continuité ou non du potentiel vecteur et de sa dérivée normale)

4. MAGNETODYNAMIQUE TRANSITOIRE
EQUATIONS

A titre d’exemple, nous traiterons de la méthode A-V. Les autres modélisations sont
également utilisables. Nous avons vu qu'en choisissant la jauge de Lorentz :

divA + σµV = 0 ,

on obtient les équations suivantes :

∂A
∆A − σ µ +µi=0
∂t
∂V
∆V − σ µ =0
∂t

FONCTION DE GREEN

La fonction de Green de la magnétodynamique est la solution de l'équation :


CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 106

∂G
∆ P G ( P, t , Q,τ ) − σµ + δ (t − τ )δ ( P − Q) = 0
∂t

où δ (t − τ )δ ( P − Q) désigne une impulsion de Dirac apparaissant au point Q à l'instant τ. Son


expression à n dimensions s'écrit :

n σµR 2
1 ⎛1 σµ ⎞⎟ − 4 (t −τ )
G ( P, t , Q , τ ) = ⎜ e u (t − τ )
σµ ⎜⎝ 2 π (t − τ ) ⎟⎠

Figure 5.13
La figure 5.13 représente cette fonction de Green.

INVERSION DES OPERATEURS DIFFERENTIELS

Considérons l'identité suivante :

⎛ ∂A ⎞ ⎛ ∂G ⎞ ∂G Ax
G⎜ ∆ Q Ax − σµ x ⎟ − Ax ⎜ ∆ QG + σµ ⎟ = divQ (G gradAx − Ax grad G ) − σµ
⎝ ∂τ ⎠ ⎝ ∂τ ⎠ ∂τ

Etant donné que :

∆ Q G ( P, t , Q , τ ) = ∆ P G ( P , t , Q, τ )
∂G ∂G
=− car G ( P, t + dt , Q,τ ) = G ( P, t , Q,τ − dt ) ,
∂τ ∂t
on obtient :
∂G ∂G
∆ QG ( P, t , Q,τ ) + σµ = ∆ PG ( P, t , Q,τ ) − σµ = −δ (t − τ )δ ( P − Q)
∂τ ∂t
et
∂G Ax
Axδ (t − τ )δ ( P − Q) = divQ (G gradAx − Ax grad G ) − σµ − GµixQ
∂τ
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 107

Intégrons cette dernière équation sur un domaine où σµ est constant et de t0 jusqu'à t+ de telle
sorte que δ (t − τ ) se trouve à l’intérieur de l’intervalle et que G ( P, t , Q, t + ) soit nul en
application du principe de causalité :

t t
⎛ ∂G ∂A ⎞
h Ax ( P, t ) = ∫ ∫ µGix dvdτ + ∫ ∫ ⎜⎜ Ax − G x ⎟⎟dsdτ − σµ ∫ G ( P, t , Q, t0 ) Ax (Q, t0 )dv
v t0 Σ t0 ⎝
∂ni ∂ni ⎠ V

En regroupant les 3 composantes, on a :

t
⎛ ∂G
t
∂A ⎞
hA( P, t ) = ∫ ∫ µGidvdτ + ∫ ∫ ⎜⎜ A −G ⎟dsdτ − σµ ∫ G ( P, t , Q, t0 )A(Q, t0 )dv
V t0 Σ t0 ⎝
∂ni ∂ni ⎟⎠ V

Remarques :
• Les formules précédentes ne sont valables que dans des domaines où le produit σµ est
constant
• Le calcul du potentiel à un instant t nécessite la connaissance :
• du potentiel en tout point du domaine à un instant initial t0
• des valeurs des inconnues sur les frontières à tout instant compris entre t0 et t
INCONNUES ET MISE EN EQUATIONS

⎛ dA ⎞ ⎛ dA ⎞ ⎛ dA ⎞
A chaque nœud de la frontière d’un domaine, on associe 6 inconnues : Ax , Ay , Az , ⎜ ⎟ ,⎜ ⎟ ,⎜ ⎟ .
⎝ dn ⎠ x ⎝ dn ⎠ y ⎝ dn ⎠ z
t t
⎛ ∂G ∂A ⎞
L’équation hA( P, t ) = ∫ ∫ µGidvdτ + ∫ ∫ ⎜⎜ A −G ⎟dsdτ − σµ ∫ G ( P, t , Q, t0 )A(Q, t0 )dv
V t0 Σ t0 ⎝
∂ni ∂ni ⎟⎠ V

utilisant les nœuds frontières de ce domaine fournit 3 équations scalaires.


Les trois autres équations scalaires dérivent des conditions de passage d’un domaine à l’autre
(continuité ou non du potentiel vecteur et de sa dérivée normale)

5. MAGNETODYNAMIQUE SINUSOÏDALE
EQUATIONS

En régime sinusoïdal, les équations du paragraphe précédent deviennent, en utilisant les


nombres complexes :

divA + σµV = 0 ,
∆A − j ω σ µ A + µ i = 0
∆V − j ω σ µ V = 0

FONCTION DE GREEN

La fonction de Green des équations précédentes est la solution de l'équation :


CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 108

∆ P G ( P, Q ) − j ω σ µ G + δ * ( P − Q ) = 0

où δ * ( P − Q) désigne une impulsion de Dirac apparaissant au point Q et d’amplitude variant


de manière sinusoïdale dans le temps. La fonction de Green tridimensionnelle est :

1+ j
1 − R
G= e δ
4π R

2
où δ = s’appelle la profondeur de pénétration.
ωσ µ

INVERSION DES OPERATEURS DIFFERENTIELS

L'identité

G (∆ Q Ax − j ωσµ Ax ) − Ax (∆ QG − j ωσµG ) = divQ (G gradAx − Ax gradG )

intégrée sur le domaine considéré fournit le résultat suivant :

∂G ∂A
hA( P) = ∫ µGidv + ∫ ( A −G )ds .
V Σ
∂ni ∂ni

INCONNUES ET MISE EN EQUATIONS

⎛ dA ⎞ ⎛ dA ⎞ ⎛ dA ⎞
A chaque nœud de la frontière d’un domaine, on associe 6 inconnues : Ax , Ay , Az , ⎜ ⎟ ,⎜ ⎟ ,⎜ ⎟ .
⎝ dn ⎠ x ⎝ dn ⎠ y ⎝ dn ⎠ z
∂G ∂A
L’équation hA( P) = ∫ µGidv + ∫ ( A −G )ds utilisant les nœuds frontières de ce
V Σ
∂ni ∂ni
domaine fournit 3 équations scalaires.
Les trois autres équations scalaires dérivent des conditions de passage d’un domaine à l’autre
(continuité ou non du potentiel vecteur et de sa dérivée normale)

6. ELECTROMAGNETISME
Considérons le cas de matériaux linéaires non conducteurs (ε et µ peuvent être tensoriels et
complexes). Dans ce cas, les équations de Maxwell deviennent :
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 109

∂E
rot H = ε
∂t
divH = 0
∂H
rot E = − µ
∂t
divE = 0

Dès lors,

∂rotE
rot rot H = grad divH − ∆H = ε
∂t
∂rotH
rot rot E = grad divE − ∆E = − µ
∂t
∂ H
2
et ∆H − εµ 2 = 0
∂t
∂ 2E
∆E − εµ 2 = 0
∂t

CAS DU REGIME SINUSOÏDAL

Les équations deviennent :

∆E + ω 2εµE = 0
∆H + ω 2εµH = 0

La fonction de Green des équations précédentes est la solution de l'équation

ω2
∆ P G ( P, Q ) + G + δ * ( P − Q) = 0
c2

où δ * ( P − Q) désigne une impulsion de Dirac sinusoïdale apparaissant au point Q et


sinusoïdale dans le temps et

1
c=
εµ

est la vitesse de propagation de la lumière dans le milieu considéré. La fonction de Green


tridimensionnelle s'écrit :

ω
j R
c
e
G=
4π R
CAO des systèmes électriques Chapitre 5 : Eléments frontières 110

Exercice : poursuivre les calculs …


CHAPITRE 6
COUPLAGE ENTRE METHODES

COUPLAGE ENTRE METHODES DE CALCUL DE CHAMP


COUPLAGE ENTRE ELEMENTS FINIS ET METHODES INTEGRALES.

On a vu que dans les méthodes intégrales, il y a toujours 2 types d’inconnues par nœud et que
ces inconnues sont toujours reliées aux champs normal et tangentiel.
Dans les équations d’éléments finis, on peut également faire apparaître ces deux types
d’inconnues à la frontière d’un domaine, si on suppose que Γ = Γ2 (frontière de Neumann) .
Dès lors, les équations du couplage exprimeront :
• la continuité ou la discontinuité de la composante normale de l’induction
magnétique et du déplacement électrique au travers de la surface de séparation des
domaines concernés :
(B1 - B2) . n = 0
(D1 - D2) . n = σ
• la continuité de la composante tangentielle du champ magnétique (et du champ
électrique) au travers de la surface
(H1 - H2) Λ n = 0
(E1 - E2) Λ n = 0

EXEMPLE en magnétostatique
Dans le domaine traité par éléments finis, on écrira pour le nœud i (inconnues A i et H ti :

∑ ∫ν (grad β ΛA )Λ grad β dv − ∫ jβ dv − ∫ H β ds = 0
j Ω
j j i i t i
Ω Γ2

Γ2 désigne la frontière commune entre les domaines FEM et BEM (+ éventuellement les
frontières de Neumann)
Dans le domaine traité par éléments frontières, on aura pour le nœud k (frontières lisses,
inconnues A i et (∂A / ∂ni )i ) :
⎛ ⎞
Ai µ i 1 ⎜ α A ni .r ds + α 1 ⎛⎜ ∂A ⎞⎟ ds ⎟
= ∫
2 4π v r
dv −

∑j ⎜ ∫ j j r 3 ∫Σ j r ⎜⎝ ∂ni ⎟⎠ ⎟
⎝Σ j ⎠
A la frontière entre les deux domaines, on exprimera les conditions de passage :
CAO des systèmes électriques Chapitre 6 : Couplage 112

A iEF = A iBEM (continuité de la composante normale de B)


1 ⎡ dA ⎤
H ti FEM = (continuité de la composante tangentielle de H)
µ ⎢⎣ dn ⎥⎦ iBEM
COUPLAGE ENTRE MODELES D’ELEMENTS FINIS.

Pour coupler deux modèles d’éléments finis, on fait apparaître sur la frontière de séparation
les deux types d’inconnues dont il est question au paragraphe précédent. Le couplage est
effectué en écrivant les mêmes équations exprimant le comportement des champs au passage
de la frontière.

EXEMPLE en magnétostatique
A : domaine traité par potentiel scalaire total :
H = − grad Φ
En tout nœud du domaine :
∑ ∫ µ grad β
j Ω
j .grad β i Φ j dv + ∫ Bn β i ds = 0
Γ2

B : domaine traité par potentiel scalaire partiel :


H = H s − gradΦ r
En tout nœud du domaine :
∑ ∫ µ grad β .grad β Φ
j Ω
j i r, j dv − ∫ µ H s .grad β i dv + ∫ Bn β i ds = 0 .
Ω Γ2

A la limite entre les deux domaines, on exprime en chaque nœud :


- la continuité de la composante normale de l’induction :
Bn ⇒ Bn1 = Bn 2
- la continuité de la composante tangentielle du champ :
j j
∫ i
H.dl = Φ i − Φ j = ∫ H s .dl + Φ ri − Φ rj
i

COUPLAGE AVEC D’AUTRES PHENOMENES PHYSIQUES


INTRODUCTION

Les phénomènes électriques sont généralement accompagnés d’autres phénomènes physiques,


comme des échauffements, des mouvements, des déformations mécaniques, des écoulements,
... .
Bien souvent, les phénomènes en question ne sont pas indépendants et ils s’influencent
mutuellement, si bien qu’une approche réaliste nécessite de tenir compte de ces interactions.
Le couplage entre les différents modèles physiques peut être envisagé de deux manières :
• couplage fort : les différents phénomènes sont étudiés simultanément, ce qui nécessite
que le logiciel soit conçu de telle sorte à permettre cette résolution globale du
problème ;
• couplage faible : dans un processus itératif, les différents phénomènes sont étudiés
tour à tour ; les résultats obtenus lors d’une itération permettent de modifier les
données relatives à l’itération suivante. Cette technique permet d’utiliser des logiciels
non intégrés.
CAO des systèmes électriques Chapitre 6 : Couplage 113

COUPLAGE AVEC LA MECANIQUE

Souvent, les dispositifs électrotechniques sont utilisés pour effectuer une conversion
électromécanique. Pour simuler complètement ces dispositifs, il est généralement nécessaire
d’adjoindre aux équations électriques les équations mécaniques du mouvement. A ce niveau
apparaissent deux difficultés :
• le mouvement déforme la géométrie. Le maillage doit donc être conçu de telle sorte
qu’il permette ces déformations sans nécessiter un remaillage total à chaque pas de
calcul. Une solution consiste à définir l’entrefer, ou une partie de celui-ci comme étant
un domaine BEM qui ne sera maillé qu’aux frontières. Une autre solution, applicable
dans le cas des entrefers des machines électriques tournantes consiste à définir dans
l’entrefer une zone cylindrique maillée de manière régulière. Le pas de calcul est alors
choisi de telle sorte qu’au bout de celui-ci, le maillage ait retrouvé la même forme
qu’au début.
• le couplage avec la mécanique nécessite l’évaluation des forces mécaniques liées aux
phénomènes électriques. Ces forces sont des fonctions quadratiques des inconnues qui
compliquent la résolution du système d’équations.

COUPLAGE AVEC LA THERMIQUE

Qu’ils soient souhaités (chauffage par induction par exemple) ou parasites (pertes dans les
moteurs par exemple), des phénomènes thermiques sont toujours associés aux phénomènes
électriques. La simulation complète des dispositifs électrotechniques nécessite donc de tenir
compte de ces phénomènes. Les sources de chaleurs à considérer sont :
• les pertes Joule apparaissant dans les matériaux conducteurs parcourus par des
courants (sources volumiques) ;
• les pertes par courants de Foucault apparaissant dans des matériaux conducteurs
soumis à un champ magnétique variable ;
• les pertes par hystérésis apparaissant dans le matériaux magnétiques soumis à un
champ magnétique variable ;
• les pertes diélectriques apparaissant dans les diélectriques soumis à un champ
électrique variable.

Les modes d’évacuation de la chaleur sont bien connus :


• la conduction thermique dans les matériaux ;
• la convection naturelle au contact des matériaux avec un milieu gazeux ou liquide ;
• la convection forcée là où une ventilation forcée a été mise en place ;
• le rayonnement.
Les constantes de temps thermiques et électriques ne sont généralement pas du même ordre de
grandeur. Dans les systèmes alimentés par des courants sinusoïdaux, il est souvent acceptable
d’admettre que les constantes de temps thermiques sont beaucoup plus longues que les
constantes de temps électriques. On peut dès lors admettre qu’au point de vue électrique, le
système est en régime harmonique (résolution par nombres complexes), tandis qu’au point de
vue thermique, on est en régime transitoire.
CHAPITRE 7
ANALYSE DES RESULTATS

1. REPRESENTATION GRAPHIQUE DES RESULTATS

Evolution temporelle de l’induction magnétique source.

Variation de l’induction le long de la coupe OX.


CAO des systèmes électriques Chapitre 7 : Analyse des résultats 115

Champ d’induction b en x = 0 et y = 0 (t = 20 ms et maillage Mh3) ;


(bmin = 0.00604 T, bmax = 0.0563 T).

Champ d’induction b en z = 0.0254 m (t = 20 ms et maillage Mh3) ;


(bmin = 0.0154 T, bmax = 0.0500 T).
CAO des systèmes électriques Chapitre 7 : Analyse des résultats 116

Lignes d’isovaleurs de la densité de courant à la surface de la brique (t = 20 ms et maillage Mh3) ;


(jmin = 0, jmax = 2.46 106 A/m2, nombre de niveaux = 12, niveau 1 = 1.89 105 A/m2, niveau 12 = 2.27 106 A/m2,
écart entre niveaux = 1.89 105 A/m2).

Champ de densité de courant j en z = 0.0230 m (t = 20 ms et maillage Mh3) ;


(jmin = 3.44 105 A/m2, jmax = 2.28 106 A/m2).

2. EVALUATION DE GRANDEURS GLOBALES


2.1. CALCUL DES COURANTS

... à partir de la densité de courant :


I = ∫ (i + j) . n ds

... à partir de la loi d’Ampère :


I = ∫ H . dl
CAO des systèmes électriques Chapitre 7 : Analyse des résultats 117

Cette formulation est très efficace lorsque le champ magnétique tangentiel a été calculé. C’est
par exemple le cas sur les frontières séparant deux domaines couplés. C’est également le cas
en éléments frontières et en éléments d’arête en H.

2.2. CALCUL DES PERTES JOULE

... à partir de la densité de courant :


PJ = ∫ ρ i + j ds
2

... à partir du vecteur de Poynting


Le flux du vecteur de Poynting R = E Λ H au travers d’une surface fermée est égal à la
puissance électromagnétique qui traverse cette surface dans le sens de la normale positive.
Cette propriété peut être utilisée pour calculer dans certaines conditions (pas de conversion
électromécanique à l’intérieur de la surface, régime permanent) la puissance dissipée par effet
Joule à l’intérieur d’un domaine.
On a
R.n = (EΛH ).n = ((E t + E n )Λ(H t + H n )).n = (E t ΛH t ).n
En notations complexes, on aura
R = E* Λ H
et le flux de ce vecteur au travers d'une surface fermée représente la puissance complexe qui
traverse cette surface dans le sens de la normale positive.

2.3. CALCUL DE L’ENERGIE MAGNETIQUE

... à partir du champ :


B
Wm = ∫ ( ∫ H . db ) dv
v∞ 0

Cette intégrale doit s’étendre en principe jusqu’à l’infini.

... à partir des courants et du potentiel vecteur


A
Wm = ∫ ( ∫ (i + j) . da) dv
conducteurs 0

Cette intégrale s’étend à tous les volumes conducteurs. Notons que l’énergie magnétique
emmagasinée dans les aimants permanents n’est pas prise en compte par cette formulation.

2.4. CALCUL DES INDUCTANCES

... à partir du flux embrassé :


Le flux total embrassé par un conducteur peut s’évaluer par
Φt = ∑
toutes _ les _ spires
∫ B . ds
chaque _ spire
= ∫ A . dl

Pour calculer le coefficient de self-inductance d’une bobine i, on alimente cette bobine par un
courant Ii et on détermine le flux total embrassé par la bobine. On a donc :
Φ t = Lii I i
CAO des systèmes électriques Chapitre 7 : Analyse des résultats 118

Pour calculer le coefficient d’inductance mutuelle entre les bobines i et j, on alimente la


bobine j par un courant Ij et on détermine le flux total embrassé par la bobine i. On a donc :
Φ ti = Lij I j
Rappelons que
Lij = L ji .

... à partir de l’énergie magnétique


Dans le cas d’une bobine seule, on a
1 2W
Wm = Lii I i2 Î Lii = 2m
2 Ii
Dans le cas de 2 bobines couplées, on obtient
1 1
Wm = Lii I i2 + L jj I 2j + Lij I i I j
2 2
En inversant le sens du courant dans une des bobines, on a
1 1
Wm' = Lii I i2 + L jj I 2j − Lij I i I j
2 2
Dès lors :
Wm − Wm'
Lij =
2I i I j

2.5. CALCUL DES CAPACITES

Lorsqu'on a un système de conducteurs chargés, on peut écrire pour le conducteur i :


N
Qi = ∑ Cij V j
j =1

La charge s'évalue en intégrant sur la surface extérieure du conducteur la composante normale


du déplacement :
Qi = ∫ D.nds
Si

La matrice des capacitances s'évalue en calculant :


Cij = Qi (Vk = 0∀k ≠ j ; V j = 1) .

2.6. CALCUL DES FORCES

... à partir de la loi de Laplace


La force qui s’exerce sur un conducteur parcouru par un courant s’exprime par :
F = ∫ (i + j) Λ B dv
v

Cette formule ne permet pas de calculer les forces dues aux aimants permanents ni à la
variation de perméabilité. La formule complète est en fait :
H2
F = ∫ rot HΛBdv − ∫ grad µ dv
v v 2
CAO des systèmes électriques Chapitre 7 : Analyse des résultats 119

... à partir des travaux virtuels


On suppose les courants constants et une faible variation de la géométrie dans la direction où
on souhaite évaluer la force.

i=cst
F, dl
e

On peut écrire : e i dt = dWmag + dWméc = dWmag + F . dl .



Comme e=
dt
et dWmag = ABE − DCE = (i (Ψ + dΨ ) − Wc (i, Ψ + dΨ ) ) − (i (Ψ ) − Wc (i, Ψ ) )
soit dWmag = idΨ − dWc

A B
Ψ+δΨ
Ψ C
D

E F i
⎛ dW ⎞
d’où F=⎜ c⎟
⎝ dl ⎠i=cst
où Wc désigne la coénergie du système. Notons qu’en régime linéaire, l’énergie et la
coénergie ont la même valeur :
1
Wmag = Wc = L I 2
2

... à partir du tenseur de Maxwell


Nous avons vu que la force magnétique totale s'exerçant sur un volume v a pour expression :
H2
F = ∫ rot HΛBdv − ∫ grad µ dv .
v v 2
CAO des systèmes électriques Chapitre 7 : Analyse des résultats 120

On montre que cette force peut également se mettre sous la forme d'une intégrale de surface :
F = ∫ T . n ds
s

avec
⎡ 1 2 ⎤
⎢H x H x − 2 H HxH y HxHz ⎥
⎢ 1 ⎥
T = µ⎢ HyHx HyHy − H 2 H yHz ⎥
⎢ 2 ⎥
⎢ HzHx HzH y HzHz − H
1 2⎥
⎢⎣ 2 ⎥⎦
Les densités normale et tangentielles de force valent donc
1
Fn = µ ( H n2 − H 2 ) n
2
Ft = µ H n H t
Notons que l’intégrale de la force ne fournit pas d’information sur le point d’application de
celle-ci
CHAPITRE 8
CONCEPTION DES DISPOSITIFS
ELECTROTECHNIQUES STATIQUES.

1. BOBINE D’INDUCTANCE A AIR


L’inductance d’une bobine de rayon moyen a et de longueur l comportant n spires par mètre
est donnée par la formule suivante :

Figure 8.1

2a
L = µ0 π n 2 a 2 l Φ ( )
l

2a 4 2a 2k 2 − 1 1− k 2
Φ( )= { 3 E (k ) + 3 K (k )} (figure 8.1)
l 3π l k k

k=
(2a / l )2
1 + (2a / l )
2

K (k ) et E (k ) sont des fonctions elliptiques de première et de seconde espèce :


CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 122

π /2 dφ
K (k ) = ∫
0
(1 − k 2 sin 2 φ
π /2
E (k ) = ∫ (1 − k 2 sin 2 φ dφ
0

Cette formule donne des résultats précis. Lorsque plusieurs couches de conducteurs sont
superposées et/ou lorsque les conducteurs ont une section importante, se pose la question de
définir correctement le rayon a et de tenir compte de l’effet pelliculaire. Dans ces conditions,
la formule précédente constitue un bon point de départ et la modélisation permet d’affiner le
modèle.
La section du conducteur est déterminée en se basant sur les 2 critères suivants :
ωL l
• Le facteur de qualité Q désiré : R = =ρ
Q s
• Les échauffements admissible : La chaleur produite par les pertes Joule
P = R I 2 = ρ j 2 l s doit pouvoir être évacuée. Dans le cas de convection naturelle et en
régime permanent, on peut écrire
P = h Se (Tc − Ta )
où Se est la surface d’échange, Tc la température du conducteur, Ta la température
ambiante et h le coefficient d’échange (souvent voisin de 5 watts/m2°K)

Remarques:
• Lors du dimensionnement, il faut prévoir l’isolation entre spires ;
• Les efforts doivent également être pris en compte. Le cas échéant; il faut prévoir un
calage efficace des conducteurs. L’effort tendant à allonger la bobine a pour
expression :
I 2 dL
F=
2 dl
et l’effort tendant à augmenter le diamètre de la bobine vaut
I 2 dL
F= ;
2 da
• Si les dimensions des conducteurs sont du même ordre de grandeur ou supérieures à la
profondeur de pénétration, l’effet pelliculaire doit être pris en considération.
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 123

2. BOBINE COMPORTANT UN CIRCUIT MAGNETIQUE


Dans ce cas, les formules du paragraphe précédent ne sont plus valables. Si la bobine est
destinée à être utilisée en régime variable, il faut penser aux pertes dans le circuit magnétique.
• Les pertes par hystérésis (par unité de masse) sont données par les fabricants. On peut
approximativement les écrire sous la forme :
ν
pH = k H f B
où f désigne la fréquence et ν est le coefficient de Steinmetz compris entre 1,4 et 1,7.
• Les pertes par courants de Foucault (par unité de volume) dans les matériaux
ferromagnétiques feuilletés sont données par la formule :
π 2 f 2e 2 2 e ρ
pF = Bmax F ( ) avec δ =
2ρ δ π f µ
si f désigne la fréquence, e l’épaisseur des tôles, δ la profondeur de pénétration et ρ la
résistivité du matériau et
e δ sh(e / δ ) − sin (e / δ )
F( ) =
δ e ch(e / δ ) − cos(e / δ )
e 1 e
NOTE : F ( ) ≈ pour < 1
δ 3 δ
e δ e
F ( ) ≈ pour > 4
δ e δ

0,4
0,35
0,3
F(e/delta)

0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
0 2 4 6 8
e/delta

Figure 8.2
Les courants de Foucault sont également responsables d’une réduction de la valeur de
l’induction magnétique qui peut être évaluée par :
B ( e) δ ch(e / δ ) − cos (e / δ )
= 2
B(e = 0) e ch(e / δ ) + cos(e / δ )
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 124

0,8

B(e)/B(0)
0,6

0,4

0,2

0
0 1 2 3 4 5 6
e/delta

Figure 8.3
Pour les ferrites (3C90) : δ

soit pour Bmax = 0,3 T : 20 W/kg à 10 kHz et 1kW/kg à 100 kHz


2.1. BOBINE COMPORTANT UN CIRCUIT MAGNETIQUE A PETIT ENTREFER OU SANS ENTREFER

Dans ces conditions, on évalue la réluctance ℜ du circuit magnétique vue depuis la bobine et
on réalise un premier dimensionnement sur base de la formule suivante :
N2
L=

où N désigne le nombre de spires.
La section du conducteur s’évaluera selon les mêmes critères que dans le cas précédent.
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 125

Figure 8.4
Notes
• On se rappellera que la réluctance de circuits magnétiques comprenant des matériaux
ferromagnétiques dépend du niveau de saturation atteint;
• En première approximation, on peut négliger le flux de fuite qui est en principe beaucoup
plus faible que le flux principal;
• La section du fil à utiliser se calculera comme pour une bobine à air en tenant compte des
conditions particulières d’évacuation de la chaleur;
• Il ne faut pas oublier les entrefers « parasites » (d’air à la jointure entre pièces différentes
du circuit magnétique). Retenons qu’un entrefer de 0,1 mm présente la même réluctance
qu’un mètre de matériau magnétique (µ=10000). Pour réduire l’entrefer effectif, on utilise
des techniques spéciales pour réaliser les joints entre les tôles (voir figure 8.5)
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 126

Figure 8.5

2.2. BOBINE COMPORTANT UN CIRCUIT MAGNETIQUE A GRAND ENTREFER

Dans le cas d’un grand entrefer, la difficulté consiste à évaluer l’allure des lignes d’induction
dans cet entrefer. Si on y parvient, on peut calculer la réluctance des différents tubes
d’induction obtenus par la formule suivante :
1 l
ℜ=
µ0 s
et tenir compte du fait qu’ils sont en parallèle. Si cette évaluation n’est pas réalisable,
quelques calculs de champ exploratoires ou l’expérience peuvent guider le concepteur pour un
premier dimensionnement.

3. INDUCTANCES SATURABLE
Ces bobines sont dimensionnées de telle sorte qu’elles présentent une grande impédance
lorsque le courant qui les traverse est faible (matériau magnétique non saturé) et une
impédance faible pour de grands courants (matériau magnétique saturé).

4. TRANSFORMATEUR
D’une manière générale, le transformateur sera dimensionné de telle sorte qu’il ait une
impédance suffisamment élevée à vide (impédance magnétisante) et une impédance de court-
circuit (due aux flux de fuite principalement) donnée, généralement (mais pas toujours) faible.
En général, les données de base d’un transformateur sont sa fréquence, ses tensions nominales
et sa puissance apparente. Les courants nominaux sont ainsi connus car :
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 127

PN = U N 1I N 1 = U N 2 I N 2

4.1. SCHEMA EQUIVALENT


' ' '
R1 I1 j X1 R2 I2 j X2

Im

'
U1 E1 j Xm U2

4.2. CIRCUITS MAGNETIQUES MONOPHASES

4.2.1 Transformateurs basse fréquence

     

 

4.2.1 Transformateurs haute fréquence


Le matériau magnétique est généralement de la ferrite. Le circuit magnétique peut avoir différentes formes.
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 128

4.3. CIRCUITS MAGNETIQUES TRIPHASES

B?

B>
B=

= = = = > > > > ? ? ? ?

= = = = > > > > ? ? ? ?

= > ?
= > ?

.= . > . ?

= > ?
= > ?

4.4. FORMULES ET REGLES DE BONNE PRATIQUE :

• Force électromotrice
U1 U 2 E1 E2 ω ω
≈ ≈ ≈ ≈ k n S n Bmax ≈ Ae Bmax
n1 n2 n1 n2 2 2
avec ω = 2 π f
Sn section brute du noyau
kn coefficient d’utilisation du noyau (+/- 0,9)
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 129

Ae section nette
Bmax induction maximum dans le noyau, limitée par la saturation
(1,1 à 1,9 Tesla selon la qualité des tôles et les performances désirées ;
0,3 à 0.4 tesla pour les ferrites)

• Pertes magnétiques (hystérésis et courants de Foucault)


Pfer = Vfer δ fer pfer
avec Vfer volume de l’acier constituant le circuit magnétique
δfer masse spécifique des tôles magnétiques (7.500 kg/m3)
pfer pertes fer spécifiques (0,6 à 1,3 W/kg selon la qualité des tôles)
En réalité cette valeur dépend de l’induction dans le noyau
Pour les ferrites (voir plus haut)

• Pertes Joule :
(
PJ = ρqδ l m1n1I1 + l m 2 n2 I 2 )
avec ρ résistivité du cuivre (1,785 10-8 Ωm à 20 °C, avec un
coefficient de température égal à 3,8 10-3).
δ densité de courant dans les conducteurs (1.5 A/mm² si pas de
ventilation à 3 A/mm² si refroidissement forcé)
q nombre de phases
l m1 , lm2 longueur moyenne d’une spire primaire, secondaire
s1 , s2 section des conducteurs primaires, secondaires

• Lorsque le rendement du transformateur est maximum, les pertes joules et


magnétiques sont égales.
h
• L’élancement du noyau λ = n est généralement compris entre 2 et 4 (hn est la
Sn
hauteur du noyau et Sn sa section).
• La résistance des bobinages est souvent référencée par rapport à l’impédance du base
du transformateur :
U
R1 = k R1 N 1
I N1
UN2
R2 = k R 2
IN2
k R1 et k R 2 sont généralement compris entre 0.5 et 2%
U N 1 , I N 1 , U N 2 , I N 2 sont les tension et courants nominaux
• Le bobinage basse tension sera placé près du noyau. Les bobinages seront isolés par
rapport au noyau ainsi qu’entre eux au moyen d’isolants (cartons, films plastiques ...).
En première approximation , on pourra adopter pour l’épaisseur d’isolant la formule
suivante :
e is = (2 + U is / 5000)mm
où U is est le niveau d’isolement souhaité.
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 130

• Les conducteurs d’un même bobinage devront également être isolés entre eux
(émaillage, ...). Il ne faut pas oublier de tenir compte du facteur de remplissage des
bobinages ( de l’ordre de 0,6 en tenant compte de l’isolant pour des bobinages en fil
rond).
• Self de magnétisation :
n2
Lµ = = n 2 AL

4.5. CALCUL ET OPTIMISATION

 

 



 l

Pour fixer les idées, on va raisonner sur un transformateur monophasé cuirassé à section de
noyau carrée. On suppose connus a priori :
• La tension, le courant et la puissance apparente nominaux primaires
( U N1, I N1, S N1 = U N1 * I N1 )
• La tension nominale secondaire U N 2
• La fréquence
Mode opératoire
• On s’impose la valeur de la densité de courant δ (1.5 à 3 A/mm²), ce qui permet de
calculer les sections de cuivre :
I
s1 = n1
δ
• On se fixe la valeur moyenne de k R (0.01 par exemple, ce qui fixe l’importance des
pertes joules) et on évalue la longueur moyenne des conducteurs du primaire à l’aide
de la relation suivante :
U l
R1 = k R N 1 = ρ Cu ,1 Î on déduit l Cu ,1
I N1 s1
Dès lors : 4n1 (cn + lF ) = l Cu ,1 (1)
NOTE : A ce stade, la quantité de cuivre du transfo est fixée car
VCu = 2 * l Cu ,1 * s1
• D’autre part, si kCu est le coefficient de remplissage de la fenêtre (0.6 par exemple) et
λ l’élancement du noyau (entre 2 et 4), on aura :
2n s lF cn 2s
lF hn = lF cn λ = 1 1 Î = 1 (2)
kCu n1 λkCu
• Par ailleurs, à partir de la relation donnant la force électromotrice, on obtient
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 131

2U N 1
n1cn2 = (3)
ω kn Bmax
• Les relations (1) à (3) permettent de déterminer les valeurs de n1 , cn et lF
UN2 n
• On détermine ensuite n2 = n1 et s2 = 1 s1
U N1 n2
• A ce moment, on peut recalculer avec plus de précision les valeurs de R1 et de R2
• On vérifiera :
o La valeur coefficient de remplissage de la fenêtre kCu
o L’échauffement du bobinage
o L’échauffement du matériau magnétique
• En modifiant la valeur de l’élancement du noyau, il est possible d’optimiser la quantité
de matériau magnétique utilisée.

4.6. EVALUATION DE LA REACTANCE MAGNETISANTE

n12
La réactance magnétisante (vue du côté 1) vaut X µ = ω où ℜ désigne la réluctance du

circuit magnétique. Par ailleurs, on a :
1 2hn + 2lF + 2.5cn 1 ε
ℜ= +
µ cn2 µ0 cn2
où µ est la perméabilité magnétique du matériau magnétique
ε est la longueur cumulée des entrefers parasites
Notes :
• la contribution des entrefers parasites n’est en général pas négligeable
• dans un transformateur bien dimensionné, la réactance magnétisante vaut entre 20
et 40 fois l’impédance de base du transformateur :
U U
20 1 ≤ Xµ ≤ 40 1
I1 I1

4.7. EVALUATION DE LA REACTANCE DE FUITE

Supposons que les enroulements soient concentriques (l’extension à d’autres types


d’enroulements est aisée).
hypothèses :
• l’énergie du champ est confinée dans les bobinages et dans l’espace qui les sépare ;
• géométrie plane 2D
• densité de courant uniforme dans les bobinages
Soit
• l m1 longueur moyenne des spires de la bobine 1
• l m2 longueur moyenne des spires de la bobine 2
• l0 longueur moyenne de l’espace situé entre les bobines
• h hauteur des bobines
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 132

n I/h

a1 e1 a2 e2

On aura
dH n1 I1
= à l’intérieur du conducteur intérieur et
dr h e1
dH nI
= − 2 2 à l’intérieur du conducteur extérieur.
dr h e2
1 µh
W= L I 2 = 0 ∫ H 2 l dx
2 2
soit
µ0 n12 ⎛ l m1 e1 + l m 2 e2 ⎞
L= ⎜ + l 0 a2 ⎟
h ⎝ 3 ⎠

4.8. PARAMETRES SUPPLEMENTAIRES A CONSIDERER

• Résistance: lorsque les dimensions des conducteurs sont importantes, il faut tenir compte
de l’effet pelliculaire. En première approximation, on calcule les pertes supplémentaires
comme si les conducteurs se trouvaient dans une encoche ouverte (voir plus loin);
• Echauffement: le calcul se fera comme pour les bobines.
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 133

• Efforts électrodynamiques: pour limiter les efforts électrodynamiques, les différentes


bobines placées sur une même colonne ont généralement la même longueur et sont
centrées sur la hauteur de la colonne. Les efforts électrodynamiques peuvent être
importants lors de la mise sous tension et il importe de les calculer et d’assurer un calage
convenable des bobines .

4.9. SUITE DES OPERATIONS

Le recours au calcul de champ permet de préciser les différents paramètres importants :


• courant magnétisant (amplitude et harmoniques) ;
• impédance de court-circuit ;
• pertes joules et magnétiques ;
• forces électrodynamiques
et d’affiner le dimensionnement du transformateur.

5. AUTOTRANSFORMATEUR
I1

I1
I2

U1

I 1- I 2
U2

I1 I2

Pour une densité de courant δ donnée, la section totale de cuivre d’un transformateur (courant
nominal I1; rapport de transformation n1/n2 et n1 > n2 ) est donnée par
I I I
Str = n1 1 + n 2 2 = 2 n1 1
δ δ δ
Pour un autotransformateur, on aura
I I −I I n
Satr = (n1 − n2) 1 + n 2 2 1 = 2 n1 1 (1 − 2 )
δ δ δ n1
Le gain sera donc d’autant plus important que le rapport de transformation sera proche de 1.
Par ailleurs, l’inductance de fuite de l’autotransformateur sera plus faible. On trouve aisément
que :
µ l ( n1 − n 2 ) 2
L= 0 ( e1 + e2 )
3 h
où l est la longueur moyenne d’un spire ;
h est la hauteur commune des 2 bobines ;
CAO des systèmes électriques Chapitre 8 : Dispositifs électriques statiques 134

e1 et e2 sont les épaisseurs des 2 bobinages accolés.


CHAPITRE 9
CONCEPTION DE DISPOSITIFS
COMPORTANT DES AIMANTS
PERMANENTS

1. INTRODUCTION

Fig 1
Un aimant permanent est constitué d'un matériau ferromagnétique à large cycle d'hystérésis.
Si la plupart des alliages de fer, de cobalt et de nickel présentent un cycle d'hystérésis, les
matériaux à large cycle sont beaucoup plus rares.
Un aimant permanent doit être stable (insensibilité aux chocs, aux cycles thermiques et au
viellissement) et présenter de bonnes caractéristiques mécaniques.
La physique des matériaux permet de lier les caractéristiques des aimants permanents aux
phénomènes atomiques et corpusculaires. Si la notion de dipôle magnétique est associée au
spin de l'électron, celle de ferromagnétisme est liée à la création de domaines magnétiques
d'un seul tenant, dans lesquels les moments magnétiques atomiques sont alignés parallèlement
les uns aux autres, les domaines de Weiss. Ces domaines sont séparés entre eux par des zones
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 136

de transition, dites parois de Bloch. C'est le comportement de celles-ci qui est responsable du
phénomène de rémanence.

fig 2

2. CARACTERISTIQUE MAGNETIQUE
La caractéristique magnétique d’un aimant permanent est représentée dans le second quadrant
du plan B-H (fig 2). Le cycle magnétique de l’aimant permanent est caractérisé par :
• l'induction rémanente Br qui correspondant à H = 0,
• le champ coercitif Hc , qui correspond à une induction B = 0 .
• la perméabilité (∆B / ∆H ) qui a une valeur proche de 1.
La caractéristique magnétique principale ou de désexcitation (fig 2) est obtenue à la suite
d’une forte magnétisation du matériau (B et H positifs dans le 1er quadrant).

3. LA DROITE DE RECUL
Partant d'un point de la caractéristique principale (Q sur la figure 3), on constate qu'on quitte
celle-ci lorsque l'induction augmente. Le chemin suivi peut être approché par une droite qui
est approximativement parallèle à la tangente de la caractéristique de désexcitation au point
(O, Br). Cette droite, appelée droite de recul, est également parcourue lors d’une diminution
de l'induction, jusqu'à ce que le point de fonctionnement rejoigne la caractéristique principale.
Si, partant du point Q l’induction diminue, l’état magnétique suit la caractéristique principale.

Le point de fonctionnement d’un aimant permanent dépend donc de la valeur minimale


atteinte par l’induction dans l’aimant après sa magnétisation initiale.

Note : dans la réalité, la droite de retour présente également un phénomène d'hystérésis


(figure 3b). Pour des fréquences importantes, ce phénomène doit être pris en considération.
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 137

fig 3

4. POINT DE FONCTIONNEMENT
Considérons le dispositif de la figure suivante, supposé sans flux de fuites. a est un aimant
permanent, f sont des structures en matériau magnétique à haute perméabilité et e est un
entrefer.

a Br

ul
rec
de
te
f f droi

H0 Hc
point de fonctionnement

fig 4
Loi d’Ampère : Ha l a + Hf lf + He l e = 0
Conservation du flux : Ba Sa = µ 0 He Se = µ f Hf Sf ,
Ba Sa ⎛⎜ l f l ⎞
+ e ⎟ = − a a (ℜ f + ℜe )
BS
Dès lors : Ha = −
⎜ ⎟
l a ⎝ µ f S f µ0 Se ⎠ la
la
Ba = − H a
S a (ℜ f + ℜe )
ou .

ℜ désigne la réluctance d’un élément de circuit magnétique.


La droite Ba = f ( H a ) que nous venons de définir possède une pente inversement
proportionnelle à la réluctance du circuit magnétique vu de l’aimant.
Le point de fonctionnement Ba , H a de l’aimant se trouve donc à l’intersection de cette droite
et de la droite de recul :
Ba = µ a (H a − H0 ) (H 0 ≤ 0)
Certains aimants, de type ferrite ou samarium-cobalt (voir figure) présentent une
caractéristique principale linéaire. Elle est alors confondue avec l’ensemble des droites de
recul.
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 138

5. SCHEMA EQUIVALENT D’UN CIRCUIT MAGNETIQUE


COMPORTANT UN AIMANT PERMANENT
Comme Ha l a + Hf lf + He l e = 0
Ba S a = µ0 H e Se = µ f H f S f = Φ
et Ba = µ a (H a − H0 ),
la lf l
on peut écrire : H 0l a + Ba S a la + Bf S f + Be Se e = 0
µa Sa µf Sf µ0 Se
ou Fa = Φℜ f + Φℜ e + Φℜ a
où Fa = − H 0l a
désigne la force magnétomotrice. On en déduit le schéma équivalent suivant :

Fa
Ra
Br F
l
recu
droit
e de
Rf/2 Rf/2

H0 Hc
Re
fig 5

6. FORCE PORTANTE
Supposons que l’on écarte légèrement les deux extrémités de l’entrefer d’un dispositif
comprenant un aimant permanent. L’énergie mécanique fournie servira :
• à augmenter l’énergie magnétique contenue dans l’entrefer ( We = (S e l e ) e e ) de
H B
2
dWe :
HB
dWe = Se l e H e dBe + Se dl e e e
2
• à augmenter l’énergie magnétique contenue dans le matériau magnétique de dWf :
dW f = S f l f H f dB f
• à augmenter l’énergie magnétique de l’aimant de dWa :
dWa = S a l a H a dBa
H e Be
D’où F.dl = Sel e H e dBe + Se dl e + S f l f H f dB f + Sa l a H a dBa .
2
Comme Ba = µ a (H a − H0 )
Ba Sa = BeSe = Bf Sf = Φ Î Sa dBa = Se dBe = Sf dBf = dΦ ,
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 139

le dl Φ 2 l l
on a F.dl = Φ dΦ + e + f Φ dΦ + a Φ dΦ + l a H 0 dΦ
µe Se µe Se 2 µ f S f µa Sa
Φ2
soit F.dl = (ℜ e + ℜ f + ℜ a )Φ dΦ + dℜ e − Fa dΦ
2
Puisque Fa = (ℜ e + ℜ f + ℜ a ) Φ (cfr schéma équivalent),
Φ2 B2
on peut écrire F.dl = dℜe = e Se dl e .
2 2µ0

L’énergie fournie pour augmenter la taille de l’entrefer de l’aimant est égale à l’énergie
magnétique contenue dans le supplément d’entrefer.

Fa Fa Fa
Φ= = dΦ = − dℜ ,
(ℜe + ℜ f + ℜa )2 e
Comme
ℜ ℜe + ℜ f + ℜ a
Fa2 1 H dB
F.dl = dℜe = − Fa dΦ = va 0 a
2(ℜe + ℜ f + ℜa )
on a aussi 2
2 2
H 0 dBa
d’où F.dl = va
2

La force portante d’un aimant est donc proportionnelle au volume de l’aimant ainsi qu’au
champ coercitif.

7. MODELISATION DES AIMANTS.


Considérons l’aimant représenté que la figure 6. On lui associe le coefficient de fuite σ tel
que
Φ flux circulant dans l' aimant
σ= a = ≥1
Φu flux utile
En pratique, ce coefficient est généralement compris entre 1,1 et 3.

S’il est relativement facile de déterminer les flux de fuite associés aux parties du circuit
magnétique ayant une grande perméabilité, les flux de fuite directement associés à l'aimant
sont plus délicats à évaluer. En effet, d’une part la perméabilité de l’aimant est faible et
d’autre part la distribution locale des domaines de Weiss sur les bords des aimants est
déterminante quant à la répartition spatiale des lignes de fuite.
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 140

fig 6

RELATIONS APPROCHEES

Les expressions du facteur de fuite qui suivent sont connues sous le nom de relations de
Maynard et Tenzer. Elles concordent avec une précision de ± 10% avec les valeurs réelles
dans la plupart des cas pratiques.
Les pa pb et pc désignent les périmètres de la section droite des éléments de longueur a, b, c.
Aδ représente la section de l’entrefer.
Les autres paramètres sont définis sur les figures.

fig 7
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 141

fig 8

fig 9

fig 10
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 142

fig 11

8. OPTIMISATION DU VOLUME DE L’AIMANT

fig 12
En négligeant le flux de fuite de l’aimant, on a :
Ba S a = Be Se = B f S f et l e H e + l f H f + l a H a = 0
H e Be ⎛ H B ⎞ H B H B
Dès lors ve ⎜⎜ + v f f f ⎟⎟= − va a a ≈ ve e e .
2 ⎝ 2 ⎠ 2 2

Le volume minimum d’aimant nécessaire pour accumuler une certaine énergie magnétique
dans l’entrefer s’obtient pour le maximum du module du produit Ha Ba .

9. CIRCUITS MAGNETIQUES DEFORMABLES


Dans beaucoup d’applications, l’aimant fonctionne avec un circuit magnétique déformable.
C’est le cas des fermetures magnétiques de porte, des moteurs pas à pas, ....
CAO des systèmes électriques Chapitre 9 : Dispositifs à aimants permanents 143

aimant

acier

fig 13 fig 14
Considérons par exemple le cas d’une fermeture magnétique (figure 13). Le point de
fonctionnement se situe sur la droite de recul SB0 (figure 14).
Le point N correspond à l’entrefer maximum et le point M à l’entrefer minimum.
Le point S correspond au niveau d’induction minimum atteint lors des opérations antérieures
(montage par exemple).
L’énergie mécanique développée pour passer du point M au point N peut se calculer à partir
de l’expression vue plus haut (§ 6)
1
dWmec = F.dl = va H 0 dBa
2
(B − BM )H 0 v
d’où Wmec = N a.
2
CHAPITRE 10
CONCEPTION DES MACHINES
ELECTRIQUES TOURNANTES

1. CALCUL DU STATOR D’UNE MACHINE TRIPHASEE


En général, on dispose a priori des données suivantes :
• puissance utile Pu;
• tension nominale par phase V = U (couplage triangle) ou V =U / 3 (couplage
étoile);
• fréquence d’alimentation f ;
• vitesse synchrone ωs = ω / p = 2πf / p .

1.1. BOBINAGE ET FORCE ELECTROMOTRICE

Les conducteurs sont logés dans des encoches (figure 1). Lors de la conception, il faut songer
que les dents situées entre les encoches doivent véhiculer tout le flux traversant l’entrefer. Par
ailleurs, ces encoches sont soumises à des efforts non négligeables.
Par définition, le pas polaire τ est la distance, mesurée à la périphérie de l'entrefer, séparant
les axes de deux pôles magnétiques successifs de polarité différente. Par conséquent, si ρ I
désigne le rayon de la machine et si celle-ci comporte 2p pôles, on a :
2 π ρI π ρI
τ= = .
2 p p
Soit q le nombre de phases et m le nombre d'encoches par pôle et par phase. Le bobinage
comporte alors 2 pm q encoches identiques réparties uniformément à la périphérie de
l'entrefer. La distance τ d séparant les axes de deux encoches successives est appelée pas de
denture et vaut :
2 πρ I τ
τd = = .
2p q m q m
Dans chaque encoche sont logés n a conducteurs identiques. La figure 1 montre la disposition
des conducteurs d'un bobinage statorique triphasé tétrapolaire comportant deux encoches par
pôle et par phase (p = 2, q = 3, m = 2). Afin de ne pas surcharger le dessin, un seul conducteur
a été dessiné dans chaque encoche. La figure 2 représente une vue développée de cet
enroulement.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 146

dent

entrefer
µ = µ0

rotor
µ >>
τ

m=2
p=2
stator q=3
µ >>
fig 1
τ τ τ τ

τd µ >>
1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1

µ = µ0 m=2
p=2
2 τ/3 2 τ/3 q=3

Fig 2.
Le nombre total de conducteurs logés dans les encoches est égal à :
n = 2 pqmna
Supposons que l'encoche située à l'extrême gauche de la figure 2 constitue le départ de la
première phase et qu’en suivant le bobinage, cette encoche soit parcourue dans le sens
indiqué sur la figure (du recto vers le verso de la feuille). Comme la première encoche, les
(m-1) encoches suivantes font partie de la première phase et sont parcourues dans le même
sens que la première.
L’encoche distante d’un pas polaire τ de la première encoche, ainsi que les (m-1) encoches
suivantes, font également partie de la première phase, mais elles sont parcourues dans le sens
contraire de l’encoche de départ.
S'il y a plusieurs paires de pôles, la disposition précédente (m encoches parcourues dans un
sens, m encoches parcourues en sens contraire) est répétée à des distances 2 τ , 4 τ ,...
2(p − 1) τ de la première encoche.
L'ensemble de ces conducteurs ainsi que leurs interconnexions constituent la première phase
du bobinage.
La seconde phase est identique à la première, mais elle est décalée spatialement de 2 τ / q par
rapport à la première. La troisième phase, également identique à la première, est décalée
spatialement de 2τ / q par rapport à la seconde et ainsi de suite...
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 147

Tous les bobinages polyphasés à un étage sont réalisés de cette manière. Ils se distinguent
néanmoins par la manière dont les conducteurs sont reliés entre eux en dehors des encoches,
c’est-à-dire au niveau des têtes de bobines.
La figure 3 montre une vue développée d’un tel bobinage. Sur cette figure, les parties de
conducteurs situées dans les encoches sont représentées en traits épais.
D’autres types de bobinages sont présentés dans l’annexe A de ce chapitre.

1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2'

m=2
p=2
q=3

1 2 3 3' 1' 2'

Fig 3.

mKdE

π/qm
E

fig 4
D’une manière générale, la force électromotrice totale développée aux bornes d’un
enroulement vaut (figure 4):
ω n
E= K d K eΦ
2 2 qd
π
sin
2q
Kd =
π
m sin
2qm
⎛ π y1 ⎞
K e = sin ⎜ ⎟
⎝2 τ ⎠
• ω est la pulsation;
• d est le nombre de dérivations d’une phase (conducteurs en parallèle);
• Kd est le facteur de bobinage;
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 148

• Φ est le flux d’induction magnétique par pôle


• τ est le pas polaire
• y1 / τ est l’embrassement relatif des sections du bobinage, égal à 1 dans le cas des
bobinages à un étage.

1.2. DIMENSIONS PRINCIPALES : RELATION DE FISHER-HINNEN

Ce sont le diamètre D et la longueur L du stator. On les déduit des considérations suivantes :


Puissance utile : Pu = q V I cos ϕ η
• Pu : puissance utile ou puissance mécanique (watt)
• q : nombre de phases
• V : tension aux bornes d’une bobine
• I : courant dans une bobine
• cos ϕ : cosinus phi
• η : rendement
ω n
Tension aux bornes d’une phase V ≅E= Kd Ke Φ
2 2 qd
• n : nombre total de conducteurs périphériques du stator
• d : nombre de dérivations d’une phase
• Φ : flux par pôle dans l’entrefer
π
sin
2q
• Kd =
π
m sin
2qm
π y1
• K e = sin
2 τ
• m : nombre d’encoches par pôle et par phase
• y1 : largeur des sections (distance séparant des conducteurs aller des conducteurs
retour)
• τ : pas polaire
Si l’induction était répartie sinusoïdalement le long de l’entrefer, le flux par pôle serait égal à
τ
⎛πx ⎞ 2
Φ t = ∫ Be max sin ⎜ ⎟ L dx = Be max τ L
0 ⎝ τ ⎠ π
En réalité, on a
2
Φ =α Be max τ L avec α ≤ 1
π
L
En introduisant le coefficient d’élancement du stator λ = , on obtient :
τ
2
Φ = α B e max τ λ
2

π
Par ailleurs, définissons la densité linéique (efficace) de courant :
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 149

nI
A=
2 pτ d
La densité linéique de courant est une grandeur importante, car elle
conditionne l’échauffement du stator : en effet, le rapport entre l’effet joule
dissipé dans les encoches et la surface de l’entrefer vaut ρ A δ ( ρ résistivité
des conducteurs; δ : densité de courant dans les conducteurs). En effet, si on
I
désigne par δ = la densité de courant dans les conducteurs ( sc est la
sc d
section d’un conducteur) et par Se = Lτ 2 p la surface de l’entrefer, le rapport
entre les pertes Joule et la surface de l’entrefer vaut :
PJ nρ L ⎛ I ⎞ nρLI 2
2
nI
= ⎜ ⎟ = 2 =ρ δ = ρ Aδ
Se Se s ⎝ d ⎠ sd Lτ 2 p 2 pτ d
A partir des formules (encadrées) précédentes, on obtient aisément la relation de Fischer-
Hinnen :
2 1 Pu
τ3 =
4 α λ η cos ϕ Kd Ke A Be max p f
On en déduit :
D = 2 pτ / π
L = λτ

Remarque
π
π ⎛ 2 pτ ⎞
2

Le volume du rotor de la machine vaut V = D L = ⎜ ⎟ λτ , soit


2

4 4⎝ π ⎠
2 1 p Pu
V=
4 π α η cos ϕ K d K e A Be max f

Ordres de grandeur
• α est compris entre 0,7 (grosses machines) et 0,9 (petites machines)
• λ est compris entre 1 à 1,5 (p=1) et 2,5 (p=10)
• η et cos ϕ sont donnés en première approximation par le tableau suivant

Pu 100 W 1 kW 10 kW 2000 kW
η 55% 75% 87% 96%
cos ϕ 0,7 0,75 0,84 0,87
(1500 tr/min)

Le cos ϕ décroît si la vitesse diminue : pour une machine de 10 kW, il varie de 0.88
(3000 tr/min) à 0.82 (750 tr/min)

• K d K e ≅ 0, 9
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 150

• A varie entre 250 et 400 A/cm pour des puissances croissantes (plus A est élevé, plus
la réactance de fuite est importante)
• Be max est compris entre 0,65 et 1 Wb/m2 (limité par la nécessité de limiter la
saturation dans les dentures)
• τ doit être supérieur à 6 cm (pour avoir des dents suffisamment larges) et inférieur à
80 cm (pour limiter les forces centrifuges car la vitesse périphérique vaut v=2 f τ )

Algorithme :
soient α, λ, η, cos φ, K, A, Bemax, q, p, f, Pu
calculer le pas polaire : τ
la longueur du stator L= τ λ
le diamètre intérieur du stator D=2pτ/π

1.3. ENCOCHES

Il y a intérêt à choisir un nombre d’encoches par pôle et par phase m élevé afin de réduire la
réactance de fuite X1. Néanmoins, le pas de denture τd ne peut être trop faible
• 8 à 25 mm en BT < τd < 40 à 50 mm en HT
La largeur minimale de dent ld sera choisie de telle sorte que l’induction maximum dans les
dents Bdmax ne soit pas trop élevée (1,5-1,8 Tesla). On a donc
Bd max ld = Be maxτ d
Le type d’encoche sera choisi correspondra à un des modèles représentés sur la figure 5.
Notons
o les types a et b sont des encoches rectangulaires pour des bobinages à un ou
deux étages (machines de grosse puissance)
o les types c et d sont utilisés pour les rotors à cages
o les types e et f sont dimensionnées de telle sorte que la largeur de la denture
est constante (machines de faible puissance)
o l’ouverture de l’encoche c et la valeur de h4 doivent être choisis pour limiter le
flux de fuite d’encoche (c > 1,5 mm; h4 < 0,75 mm)

Le nombre de conducteurs par encoche se déduit de la formule


I
n ce = A τ d
d
La section des conducteurs sc dépend de la densité de courant admissible, laquelle est en
corrélation avec A, car l’échauffement du stator dépend de A δ.
• En unités MKSA, le produit A δ est compris entre 10 1010 et 20 1010 selon l’efficacité
de la ventilation.
• δ est généralement compris entre 4 et 8 A/mm2.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 151

fig 5
L’intérieur de l’encoche doit être tapissé d’un isolant afin de protéger électriquement et
mécaniquement les conducteurs. L’épaisseur indicative de cet isolant est donnée par le
tableau suivant

U (volts) <500 500 1000 2000 4000 6000


e (mm) 0,3 0,7 1,3 1,3 1,7 2,3

Pour le dimensionnement de l’encoche, il faut également tenir compte de l’isolant qui doit
entourer chaque conducteur et du coefficient de remplissage.
Les conducteurs sont maintenus dans l’encoche grâce à une cale en bakélite de 2 à 5 mm
d’épaisseur (selon la largeur de l’encoche).

Algorithme :
• sachant que τ=q m τd,
• déterminer m de telle sorte que τd soit acceptable
• choisir le type d’encoche
• choisir la largeur des dents ld
• calculer nce
• fixer δ de telle sorte que Aδ soit acceptable
• calculer sc
• en tenant compte des encombrements, dimensionner l’encoche
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 152

1.4. NOYAU

Le flux produit se referme sous les encoches et vaut Φ/2. L’induction maximum dans le
noyau Bnmax sera limitée à 1,2 à 1,4 T.

1.5. ENTREFER

Pour les moteurs asynchrones, l’épaisseur de l’entrefer sera choisie le plus faible possible, en
tenant compte que le stator et le rotor ne peuvent entrer en contact . En pratique, on peut
adopter comme première approximation :
−3
δ entrefer = (0,2 + D.L ) 10 (longueurs exprimées en m)

1.6. EVALUATION DE LA RESISTANCE DES BOBINAGES

Pour calculer la résistance d’une phase, il faut évaluer la longueur des conducteurs en tenant
compte des têtes de bobine. Si les dimensions des conducteurs ne sont pas négligeables vis-à-
vis de la profondeur de pénétration, il faut tenir compte de l’effet pelliculaire (voir annexe B
de ce chapitre).

1.7. EVALUATION DE L’INDUCTANCE DE FUITE DES BOBINAGES

L’inductance de fuite d’un bobinage représente la partie du flux produit par ce bobinage et
qui n’influence pas les bobinages situés de l’autre côté de l’entrefer.
On distingue :
• l’inductance de fuite d’encoche : elle résulte du fait qu’une partie du flux produit
par les conducteurs situés dans une encoche n’entre pas dans l’entrefer (voir
annexe). Cette inductance de fuite est influencée par l’effet pelliculaire qui peut
naître dans les conducteurs de l’encoche.
• l’inductance de fuite des têtes de dents : représente la partie du flux produit par les
conducteurs qui se referme dans l’entrefer sans atteindre l’autre côté de celui-ci.
Elle est souvent négligeable .
• l’inductance de fuite des têtes de bobines : elle représente le flux entourant les
conducteurs situés aux extrémités du bobinage et servant à relier les encoches
entre elles (voir annexe)
• l’inductance de fuite de dispersion différentielle : le flux produit par un bobinage
n’est pas sinusoïdal et il comporte des harmoniques spatiaux; il en résulte qu’une
partie de ce flux traverse l’entrefer mais ne produit pas de force électromotrice
dans les bobinages situés de l’autre côté de l’entrefer
L’inductance de fuite totale est la somme de ces quatre termes :
λ = λtd + λtb + λd
L’annexe C de ce chapitre fournit des indications relatives à l’évaluation des inductances de
fuite.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 153

2. CALCUL DU ROTOR D’UN MOTEUR ASYNCHRONE A ROTOR


BOBINE
Le calcul du rotor s’effectue comme celui du stator en tenant compte des remarques
suivantes :
• le nombre de pôles et de phases rotoriques sont identiques à ceux du stator;
• le rotor est couplé en étoile (pour éviter les courants homopolaires);
• la tension rotorique est choisie inférieure à 220 V pour les petites et moyennes
puissances afin de faciliter l’isolement;
• pour éviter des points morts au démarrage, m2 est choisi premier avec m1 et le plus
grand possible en maintenant τd compris entre 15 et 30 mm;
• à vide : U2I2 ≈ 0,9 U1I1;
• les résistance R2 et la réactance de fuite X2 se calculent comme pour le stator;
E Knd
• R’2 = R2 / τ2 X’2 = X2 / τ2 I’2 = τ I2 τ = 2 = 2 2 1.
E1 K1n1d 2

3. CALCUL DU ROTOR D’UN MOTEUR ASYNCHRONE A SIMPLE


CAGE
Les encoches sont généralement de forme circulaire ou telles que la denture soit de section
constante:
Le nombre de barres N2 sera choisi de telle sorte qu’il n’y ait pas de points morts dans le
couple. En pratique, on choisit N2 pair et N 2 ≅ 0, 9 N 1 ( N1 = 2p m1 q1 est le nombre
d’encoches statoriques);
Les barres de cuivre ou d’aluminium sont logées dans des encoches sans isolation
intermédiaire. La densité de courant admissible est de l’ordre de 3 à 6 A/mm2;
Aux deux extrémités, les barres sont court-circuitées par des anneaux de court-circuit.

Evaluation du courant dans une barre


Sachant que N 2 E2 I 2 ≅ 0,9 q1 E1 I1
ω n1
avec E1 = K1 Φ
2 2 q1 d1
ω
et E2 = Φ,
2 2
I
on obtient : I 2 = 0,9 1
τ
d1 N 2
avec τ=
n1K1
Dans l’anneau, le courant vaut
I2
Ia =
πp
2 sin
N2
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 154

car I 2 = I a − I a e j 2πp / N 2 = 2 I a sin (πp / N 2 ) (voir figure 6)

I2

Ia

j2πp/N2
Iae

fig 6

4. CALCUL DU ROTOR D’UN MOTEUR ASYNCHRONE A


ENCOCHES PROFONDES
Dans ces moteurs, les encoches rotoriques sont allongées (type c voir figure 5). Pour le calcul,
on peut admettre en première approximation qu’entre la vitesse de synchronisme et le
glissement correspondant au couple maximum, le courant est quasiment réparti uniformément
dans la barre.
Au démarrage (g=1), on peut considérer que la résistance est celle d’une barre de même
largeur et de hauteur égale à 1 cm (pour 50 Hz). Dans les mêmes conditions, l’inductance de
fuite d’encoche est approximativement celle d’une barre de 1,5 cm de hauteur (50 Hz)
parcourue par un courant uniforme.

5. CALCUL DU ROTOR D’UN MOTEUR ASYNCHRONE A DOUBLE


CAGE
La figure 7 montre les configurations les plus fréquentes. La réactance de fuite de la cage
intérieure est élevée et sa résistance faible, de telle sorte que c’est elle qui prédomine lorsque
le glissement est faible. La cage extérieure, dont la résistance est élevée et la réactance faible
intervient au démarrage.
Les calculs s’effectuent de la manière suivante :
• On effectue un premier calcul de N2 et de la section des barres sb et de l’anneau sa
comme pour une simple cage.
• Ensuite, on répartit la résistance de barre et d’anneau entre les 2 cages de la
manière suivante : 80 % pour la cage extérieure et 20 % pour la cage intérieure.
Les 2 cages sont distantes de 10 à 20 mm.
• Au démarrage, la cage extérieure intervient pratiquement seule, tandis qu’à la
vitesse de synchronisme, c’est principalement la cage intérieure qui travaille.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 155

fig 7

6. CALCUL DU ROTOR D’UN MOTEUR A RELUCTANCE VARIABLE


La figure 8 représente un tel moteur comportant 4 pôles.

Fig 8
L’expression générale du couple est :
pq ⎛ U ⎞ Ld − Lq
2

C= ⎜ ⎟ sin 2δ int
2 ⎝ ω ⎠ Lq Ld
avec q nombre de phases statoriques
p nombre de paires de pôles
U tension d’alimentation du stator
Ld inductance directe de la machine
Lq inductance transversale de la machine
δ int angle interne de la machine (angle entre l’axe du champ
statorique et l’axe magnétique du rotor divisé par la nombre de
paires de pôles)
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 156

. .

= >

Fig 9

Dans le cas d’un bobinage triphasé, on pourra évaluer les valeurs de Ld et Lq à partir du
calcul de l’énergie magnétique emmagasinée dans le cas où l’axe magnétique correspond
à celui du flux (fig 9.a pour une machine bipolaire) et dans le cas où l’axe magnétique est
orthogonal à celui du flux (fig 9.b)
I M2 B2
(a) Î Ld =∫ dv
4 2µ0
I M2 B2
(b) Î Lq =∫ dv
4 2µ0
• I M est la valeur de crête des courants triphasés circulant dans les bobinages
• l’intégrale de la densité d’énergie magnétique s’effectue en principe sur tout
l’espace, mais les contributions des éléments suivants sont généralement
négligeables :
o l’espace extérieur au moteur
o les circuits magnétiques.

7. CALCUL DU ROTOR D’UN MOTEUR A AIMANTS PERMANENTS


L’expression générale du couple est :
⎛ UE 1 1 ⎛ U ⎞ Ld − Lq
2

C = pq⎜ 2v sin δ int + ⎜ ⎟ sin 2δ int ⎟
⎜ω Ld 2 ⎝ ω ⎠ Lq Ld ⎟
⎝ ⎠
avec q nombre de phases statoriques
p nombre de paires de pôles
U tension d’alimentation du stator
Ld inductance directe de la machine
Lq inductance transversale de la machine
Ev force électromotrice induite par les aimants
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 157

δ int angle interne de la machine (angle entre l’axe du champ


statorique et l’axe magnétique du rotor divisé par le nombre de
paires de pôles)

N
S
N

N
S
S

N S

S
N
N
S

N
N
S

S
S N

N
S
N
S
N

(a) (b) (c)


Fig 10

Le bobinage rotorique des moteurs synchrones peut être remplacé par des aimants
permanents. Il en résulte un meilleur rendement du moteur vu l’absence de pertes joules
rotoriques. Différentes possibilités existent quant à la disposition des aimants sur le rotor
(voir figure 10). Selon le matériau utilisé pour réaliser les aimants, la valeur moyenne de
l’induction dans l’entrefer varie de 0.3 à 0.7 Tesla.
Du fait de la très faible perméabilité des aimants permanents, il résulte que la largeur de
l’entrefer est augmentée fictivement de h / µ a ou h est l’épaisseur de l’aimant et µ a sa
perméabilité relative.

Dans certains cas, l’entrefer effectif selon l’axe d peut être supérieur à celui de l’axe q. Alors
X d < X q et le couple a l’allure indiquée sur la figure 10. Dans ce cas, la machine ne possède
pas de point de fonctionnement stable au voisinage de δ int = 0 .
Les moteurs synchrones à aimants permanents possèdent généralement une cage rotorique.
Cette cage permet d’une part le démarrage autonome de la machine et d’autre part elle
protège les aimants permanents contre la désaimantation pendant la phase de démarrage, du
moins lorsque les aimants se trouvent à l’intérieur de la cage.
A faible vitesse, à côté du couple asynchrone engendré par la cage, le moteur possède un
couple de freinage, dû au fait que les bobinages statoriques court-circuitent la force
électromotrice engendrée par la rotation des aimants permanents. Ce phénomène détériore les
performances de ce type de moteur au démarrage.
Lors du dimensionnement du moteur, il faut s’assurer que dans tous les cas de
fonctionnement, l’état magnétique de l’aimant demeure sur la droite de recul (figure 12).
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 158

-p -p/2 p /2 d int
p

Fig 11

B


droite de recul

 H
Fig 12
Le tableau suivant indique quelques caractéristiques d’aimants permanents :

(BH)max Br Hc
(kJ/m3) (T) (kA/m)
Alnico 40 1,2 52
Ferrite 26 0,37 240
SmCo5 160 0,9 660
Sm(0.5)Pr(0,5)Co5 200 1,0 800
Sm2Co17 200 1,025 730
Nd2Fe14B 250 1,12 775
Re2Fe14 238 1,13 835

Si les aimants comprenant des terres rares paraissent plus intéressants que ceux au Samarium-
Cobalt, il faut cependant tenir compte de leur prix plus élevé et du fait que leurs propriétés
magnétiques se dégradent plus rapidement lorsque la température de fonctionnement
augmente (voir tableau suivant).
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 159

Coefficient de température
de Br (%/K) de Hc (%/K)
SmCo -0,03 -0,3
Nd2Fe14B -0,126 -0,6

8. MOTEURS PAS A PAS


Les moteurs pas à pas font partie de la famille des moteurs à réluctance variable et/ou à
aimants permanents.
L’expression générale du couple est :
⎛ UEv 1 δ 1 ⎛ U ⎞ Ld − Lq
2
2δ ⎞⎟
C=K ⎜ sin + ⎜ ⎟ sin
⎜ ω 2 Ld α p 2 ⎝ ω ⎠ Lq Ld β p ⎟⎠

avec U tension d’alimentation du stator
Ev force électromotrice induite par les aimants éventuels
Ld inductance directe de la machine (réluctance minimale)
Lq inductance transversale de la machine (réluctance maximale)
δ angle interne de la machine (angle entre l’axe du champ statorique
et la position de réluctance minimale la plus proche)
αp pas angulaire du moteur

Note : les lignes et les illustrations qui suivent sont inspirées de JUFER « Electromécanique »
publié chez Dunod

8.1. MOTEUR RELUCTANT MULTICIRCUITS

Ces moteurs comportent plusieurs circuits statoriques indépendants (un par phase) ; les
circuits rotoriques sont communs ou indépendants. Les nombres de dents du stator et du rotor
sont égaux ( Z r = Z s ).

Fig 13

La figure 13 représente un tel moteur triphasé. Si Z r est le nombre de dents rotoriques, le pas
dentaire angulaire du rotor vaut α r = 2π / Z r . Les trois parties du stator sont décalées l’une
par rapport à l’autre d’un angle α p = α r / q où q désigne le nombre de phases. Le nombre de
pas par tour vaut par conséquent N p = 2π / α p = qZ r .
Propriétés :
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 160

• moteur relativement volumineux.


• nécessite un minimum de 3 phases
• inductance mutuelle nulle entre les phases statoriques.
• pas de couple à courant nul

8.2. MOTEUR RELUCTANT A SIMPLE CIRCUIT

Fig 14
Un tel moteur est représenté sur la figure 14. Le stator de ce moteur est triphasé et possède un
pas dentaire α s = 2π / Z s . Le pas dentaire du rotor est égale à α r = 2π / Z r . Le pas angulaire
du moteur vaut α p = α r − α s = 2π Z r − Z s / Z s Z r .
Le nombre de pas par tour vaut par conséquent
N p = 2π / α p = Z r Z s / Z r − Z s
Une période électrique correspond à q (nombre de phases) impulsions, soit à une rotation
d’un angle égal à α r = qα p . Dès lors,
q = Zs / Zr − Zs .
Le nombre de phases est généralement compris entre 3 et 8.
Le tableau suivant donne quelques exemples :
N p α p
q Zs Zr
6 60° 3 3 2
12 30° 3 6 4
120 3° 3 60 40
24 15° 4 8 6
60 6° 4 20 15
120 3° 4 24 30

La figure 15 présente un autre type de moteur réluctant à simple circuit comportant le même
pas dentaire au stator et au rotor. Dans ce cas-ci, les pôles du stator sont décalés l’un par
rapport à l’autre d’un angle α p = α r / q . Alors, le nombre de pas par tour est égal à
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 161

N p = 2π / α p = qZ r
Cette disposition permet d’obtenir un nombre de pas par tour est élevé avec une nombre de
bobines statoriques faible.
Le moteur représenté sur la figure 15 comporte 4 phases et il effectue 72 pas par tour.

Fig 15
Propriétés :
• moteur compact
• nécessite un minimum de 3 phases
• pas de couple à courant nul
• possibilité d’obtenir un grand nombre de pas par tour avec peu de bobinages
statoriques

8.3. MOTEUR ELECTROMAGNETIQUE

Ce type de moteur comporte un aimant permanent (figure 16 et 17). En l’absence de courant :


• le rotor n’est pas libre de tourner comme dans le cas des moteurs réluctants.
• ce moteur possède un nombre de positions d’équilibre stable égal au nombre de pas.
Contrairement au moteur réluctant qui nécessite un minimum de 3 phases, le moteur
électromagnétique peut ne comporter que deux phases pour autant que l’on puisse inverser le
courant dans ces phases. Le moteur représenté sur la figure 15 comporte deux phases. En les
alimentant dans l’ordre +A, +B, -A, -B, on fait tourner le moteur dans le sens antihoraire.

Fig 15 Fig 16
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Moteurs électriques 162

Le moteur de la figure 16 comporte 8 pas par tour.


Propriétés :
• moteur compacts.
• possibilité de réaliser des version biphasées
• couple non nul à courant nul
• moteur comportant peu de pas par tour

8.4. MOTEUR RELUCTANT POLARISE

Le moteur réluctant polarisé est un moteur réluctant auquel on a ajouté un aimant permanent
afin de lui permettre de développer un couple à courant nul. La figure 18 montre le principe
d’un tel moteur à 4 phases et 72 pas par tour. Le rotor comporte deux parties, reliées par un
aimant permanent à aimantation axiale. Le circuit magnétique de l’aimant se referme par les
entrefers et le stator. Les positions d’équilibre stable au repos sont celles correspondant à la
réluctance minimale de ce circuit magnétique (en nombre égal au nombre de pas par tour).

Propriétés :
• moteur compact
• nécessite un minimum de 3 phases
• couple non nul à courant nul
• possibilité d’obtenir un grand nombre de pas par tour avec peu de bobinages
statoriques

Fig 18
CHAPITRE 10 - ANNEXE A
BOBINAGES POLYPHASES

1. INTRODUCTION
Les machines tournantes à courants alternatifs sont composées d’un stator et d’un rotor
séparés par un entrefer. Le stator et le rotor comportent des enroulements parcourus par des
courants continus ou alternatifs qui produisent dans l'entrefer des champs magnétiques
glissants. L'interaction entre les champs glissants produits par le stator et par le rotor
engendre le couple mécanique dans la machine.

2. CONSTITUTION DES BOBINAGES POLYPHASES.


2.1. ENROULEMENT A UN ETAGE A M ENCOCHES PAR POLE ET PAR PHASE.

2.1.1. Disposition des conducteurs dans les encoches.


Par définition, le pas polaire τ est la distance, mesurée à la périphérie de l'entrefer, séparant
les axes de deux pôles magnétiques successifs de polarité différente. Par conséquent, si ρ I
désigne le rayon de la machine et si celle-ci comporte 2p pôles, on a :
2 π ρI π ρI
τ= = .
2 p p
Soit q le nombre de phases et m le nombre d'encoches par pôle et par phase. Le bobinage
comporte alors 2 pm q encoches identiques réparties uniformément à la périphérie de
l'entrefer. La distance τ d séparant les axes de deux encoches successives est appelée pas de
denture et vaut :
2 πρ I τ
τd = = .
2p q m q m

Dans chaque encoche sont logés n a conducteurs identiques. La figure 1 montre la disposition
des conducteurs d'un bobinage statorique triphasé tétrapolaire comportant deux encoches par
pôle et par phase (p = 2, q = 3, m = 2). Afin de ne pas surcharger le dessin, un seul conducteur
a été dessiné dans chaque encoche et on a supposé que les encoches enveloppent
complètement les conducteurs. La figure 2 représente une vue développée de cet
enroulement.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 166

2'
1
1 entrefer
2' 3' µ = µ0
3 3'

3 τ 2

1' 2

1' 1'

2 rotor 1'
µ >>
2 τ 3

3' 3

3' 2'
1 2' m=2
1
p=2
stator q=3
µ >>
Fig 1.

τ τ τ τ

τd µ >>
1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1

µ = µ0 m=2
p=2
2 τ/3 2 τ/3 q=3

Fig 2.
Le nombre total de conducteurs logés dans les encoches est égal à :
n = 2 pqmna
Supposons que l'encoche située à l'extrême gauche de la figure 2 constitue le départ de la
première phase et qu’en suivant le bobinage, cette encoche soit parcourue dans le sens
indiqué sur la figure (du recto vers le verso de la feuille). Comme la première encoche, les
(m-1) encoches suivantes font partie de la première phase et sont parcourues dans le même
sens que la première.
L’encoche distante d’un pas polaire τ de la première encoche, ainsi que les (m-1) encoches
suivantes, font également partie de la première phase, mais elles sont parcourues dans le sens
contraire de l’encoche de départ.
S'il y a plusieurs paires de pôles, la disposition précédente (m encoches parcourues dans un
sens, m encoches parcourues en sens contraire) est répétée à des distances 2 τ , 4 τ ,...
2(p − 1)τ de la première encoche.
L'ensemble de ces conducteurs ainsi que leurs interconnexions constituent la première phase
du bobinage.
La seconde phase est identique à la première, mais elle est décalée spatialement de 2τ / q par
rapport à la première. La troisième phase, également identique à la première, est décalée
spatialement de 2τ / q par rapport à la seconde et ainsi de suite...
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 167

Tous les bobinages polyphasés à un étage sont réalisés de cette manière. Ils se distinguent
néanmoins par la manière dont les conducteurs sont reliés entre eux en dehors des encoches,
c’est-à-dire au niveau des têtes de bobines.

2.1.2. Disposition des têtes de bobines.


Enroulement concentrique avec têtes de bobines sur trois rangs.
La figure 3 montre une vue développée d’un tel bobinage. Sur cette figure, les parties de
conducteurs situées dans les encoches sont représentées en traits épais. Ce type de bobinage
peut être fractionné en plusieurs parties en ne sectionnant que des raccords monofilaires entre
bobines (section PQ sur la figure). Il est utilisé pour la réalisation du stator des très grosses
machines qui doivent être démontées pour le transport.

1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2'

m=2
p=2
q=3

1 2 3 3' 1' 2'

Fig 3.
Enroulement concentrique avec têtes de bobines sur deux rangs.
La figure 4 représente un tel bobinage. Il est plus compact que le précédent, mais il n'est pas
fractionnable.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 168

1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2' 1 1 3' 3' 2 2 1' 1' 3 3 2' 2'

m=2
p=2
q=3
1 3' 3 2' 2 1'

Fig 4.

Bobinage Alioth.
Comme indiqué sur la figure 5, les sections de ce type de bobinage sont de forme
trapézoïdale. Le bobinage Alioth est compact, mais il ne convient qu'en basse tension, car les
têtes de bobines des différentes phases sont accolées.

1 1 1 3' 3' 3' 2 2 2 1' 1' 1' 3 3 3 2' 2' 2' 1 1 1 3' 3' 3' 2 2 2 1' 1' 1' 3 3 3 2' 2' 2'

m=3
p=2
q=3
1 1'

Fig 5.

2.1.3. Force électromotrice induite dans les enroulements à un étage


ω n
E= Kd Φ
2 2 qd
π
sin
2q
Kd =
π
m sin
2qm
• ω est la pulsation;
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 169

• d est le nombre de dérivations d’une phase (conducteurs en parallèle);


• Kd est le facteur de bobinage;
• Φ est le flux d’induction magnétique par pôle

2.2. ENROULEMENT A DEUX ETAGES.

Dans les enroulements à deux étages, également appelés enroulements à deux couches,
chaque encoche comporte deux groupes de conducteurs identiques (de même section et en
même nombre) qui sont disposés l’un au-dessus de l’autre (voir figure 6).

étage 2

étage 1

Fig 6.

2.2.1. Enroulement imbriqué diamétral.


Dans l’enroulement imbriqué diamétral, la disposition des conducteurs dans les encoches est
identique à celle des bobinages en une seule couche, sauf qu'il y a deux groupes de
conducteurs dans chaque encoche. La figure 7 montre le schéma des connexions de ce type
d’enroulement. Pour faciliter la lisibilité de la figure, les conducteurs situés dans le haut de
l’encoche sont représentés en trait plein tandis que ceux situés dans le bas de l’encoche sont
dessinés en pointillés et légèrement décalés par rapport aux premiers. Les têtes de bobines
sont, comme dans les machines à courant continu, de forme hélicoïdale.

m=2
p=2
q=3
1 1'

Fig 7.

2.2.2. Enroulement imbriqué à pas raccourcis.


Dans l'enroulement imbriqué à pas raccourcis (voir figure 8), la partie du bobinage située au
fond des encoches est décalée par rapport à la partie supérieure d'un nombre entier d'encoches
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 170

de telle sorte que l'ouverture des sections est inférieure au pas polaire. Nous verrons plus loin
l'avantage que l'on peut retirer d'une telle disposition. La figure 8 montre le schéma des
connexions d'un tel enroulement lorsque le raccourcissement de pas est d’une encoche.

m=2
p=2
q=3
1 1'

Fig 8.

2.2.3. Enroulement ondulé.


La figure 9 représente un tel enroulement qui peut être, soit diamétral, soit à pas raccourcis.

m=2
p=2
q=3

1 1'

Fig 9.

2.2.4. Force électromotrice induite dans les enroulements à deux étages


ω n
E= K d K eΦ
2 2 qd
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 171

π
sin
2q
Kd =
π
m sin
2qm
⎛ π y1 ⎞
K e = sin ⎜ ⎟
⎝2 τ ⎠
• ω est la pulsation;
• d est le nombre de dérivations d’une phase (conducteurs en parallèle);
• Kd est le facteur de bobinage;
• Ke est le facteur d’embrassement
• Φ est le flux d’induction magnétique par pôle
• τ est le pas polaire
• y1 / τ est l’embrassement relatif des sections du bobinage.

3. INTERET DE MULTIPLIER LE NOMBRE D'ENCOCHES PAR POLE


ET PAR PHASE
La répartition des conducteurs d'un bobinage dans plusieurs encoches a pour effet de réduire
l'amplitude de la composante fondamentale du champ magnétique produit par un bobinage
ainsi que celle de la composante fondamentale de la force électromotrice produite aux bornes
de ce bobinage. Le tableau suivant, qui indique la valeur du facteur de distribution pour des
enroulements triphasés, montre que le facteur de distribution relatif au fondamental reste
élevé lorsque le nombre d'encoches par pôle et par phase augmente.

Dans ce même tableau, on peut voir que la multiplication du nombre d'encoches par pôle et
par phase produit par contre une réduction importante de l'amplitude des harmoniques.
En multipliant le nombre d'encoches, l'allure du champ magnétique se rapproche de la
sinusoïde idéale. Cette remarque est également valable pour les forces électromotrices que
nous évaluerons au paragraphe suivant.
Nous avons vu que le champ magnétique produit par un enroulement comporte une
composante fondamentale et des harmoniques. La composante fondamentale étant la seule
recherchée, le reste du flux produit par le bobinage (celui relatif aux harmoniques) constitue
un flux de fuite, dénommé flux de dispersion différentielle. On peut montrer que l'inductance
associée à ce flux de fuite (voir annexe C) est proportionnelle à
2
∞ ⎛K
⎜ d,2 j+1 ⎞
Σ=∑ .
j=1 ⎝ 2j + 1 ⎠

La dernière colonne du tableau précédent indique la valeur de ce dernier coefficient.


CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 172

valeur de Kd pour un bobinage triphasé


m fondamental harmonique
5
harmonique
7
harmonique
11
harmonique
13
harmonique
17
harmonique
19 1000 Σ
1 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 96.6
2 0.966 0.259 0.259 0.966 0.966 0.259 0.259 26.5
3 0.960 0.218 0.177 0.177 0.218 0.960 0.960 13.0
4 0.958 0.205 0.158 0.126 0.126 0.158 0.205 8.2
5 0.957 0.200 0.149 0.109 0.102 0.102 0.109 5.9
6 0.956 0.197 0.145 0.102 0.092 0.084 0.084 4.7
7 0.956 0.196 0.143 0.097 0.086 0.075 0.072 4.0
8 0.956 0.194 0.141 0.095 0.083 0.070 0.066 3.5
9 0.955 0.194 0.140 0.093 0.081 0.066 0.062 3.2
10 0.955 0.193 0.140 0.092 0.079 0.064 0.060 3.0
11 0.955 0.193 0.139 0.091 0.078 0.063 0.058 2.8
12 0.955 0.193 0.139 0.090 0.078 0.062 0.057 2.7
13 0.955 0.192 0.138 0.090 0.077 0.061 0.056 2.5
14 0.955 0.192 0.138 0.089 0.076 0.060 0.055 2.5
15 0.955 0.192 0.138 0.089 0.076 0.060 0.054 2.4

4. INTERET DU RACCOURCISSEMENT DE PAS


Le raccourcissement du pas a un effet analogue à celui de la multiplication du nombre
d'encoches par pôle et par phase. Le tableau suivant indique la valeur du coefficient de
bobinage (produit du facteur de distribution et du facteur d'embrassement) ainsi qu'en
dernière colonne, le coefficient de flux de fuite de dispersion différentielle
2
∞ ⎛K
⎜ d,2 j+1 K d,2 j+1 ⎞
Σ=∑ .
j=1 ⎝ 2j + 1 ⎠
Ce tableau montre que le raccourcissement du pas d'enroulement permet de réduire, voire
d'annuler les harmoniques 5 et 7 qui sont les plus gênants. Dans les moteurs asynchrones,
l'harmonique 7 du champ magnétique est le plus gênant, car il se déplace dans le même sens
que le champ magnétique fondamental.
En pratique, afin de ne pas trop réduire l'amplitude du champ magnétique fondamental, on
choisit généralement un rapport y1 / τ > 2 / 3 . L'optimum se trouve généralement au voisinage
de y1 / τ = 0.8, valeur qui conduit à l'annulation de l'harmonique 5.
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 173

valeur de Kd Ke pour un bobinage triphasé


rang de l'harmonique
y1 / τ 1 5 7 11 13 17 19 1000 Σ

m=1
3/3 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 96.62
2/3 0.866 0.866 0.866 0.866 0.866 0.866 0.866 72.47
m=2
6/6 0.966 0.259 0.259 0.966 0.966 0.259 0.259 26.53
5/6 0.933 0.067 0.067 0.933 0.933 0.067 0.067 20.49
4/6 0.837 0.224 0.224 0.837 0.837 0.224 0.224 19.90
m=3
9/9 0.960 0.218 0.177 0.177 0.218 0.960 0.960 12.95
8/9 0.945 0.140 0.061 0.061 0.140 0.945 0.945 10.27
7/9 0.902 0.038 0.136 0.136 0.038 0.902 0.902 9.02
6/9 0.831 0.188 0.154 0.154 0.188 0.831 0.831 9.72
m=4
12/12 0.958 0.205 0.158 0.126 0.126 0.158 0.205 8.16
11/12 0.949 0.163 0.096 0.016 0.016 0.096 0.163 6.65
10/12 0.925 0.053 0.041 0.122 0.122 0.041 0.053 5.34
9/12 0.885 0.079 0.146 0.048 0.048 0.146 0.079 5.39
8/12 0.829 0.178 0.136 0.109 0.109 0.136 0.178 6.12
7/12 0.760 0.204 0.021 0.077 0.077 0.021 0.204 5.34
m=5
15/15 0.957 0.200 0.149 0.109 0.102 0.102 0.109 5.93
14/15 0.951 0.173 0.111 0.045 0.021 0.021 0.045 4.97
13/15 0.936 0.100 0.016 0.073 0.093 0.093 0.073 3.82
12/15 0.910 0.000 0.088 0.104 0.060 0.060 0.104 3.41
11/15 0.874 0.100 0.146 0.011 0.068 0.068 0.011 3.82
10/15 0.829 0.173 0.129 0.095 0.089 0.089 0.095 4.45
m=6
18/18 0.956 0.197 0.145 0.102 0.092 0.084 0.084 4.72
17/18 0.953 0.179 0.119 0.058 0.039 0.007 0.007 4.05
16/18 0.942 0.127 0.050 0.035 0.059 0.082 0.082 3.09
15/18 0.924 0.051 0.038 0.098 0.089 0.022 0.022 2.50
14/18 0.898 0.034 0.111 0.078 0.016 0.079 0.079 2.51
13/18 0.867 0.113 0.145 0.009 0.075 0.035 0.035 3.00
12/18 0.828 0.171 0.126 0.088 0.080 0.072 0.072 3.54
CHAPITRE 10 - ANNEXE B :
RESISTANCE DE CONDUCTEURS DE
SECTION IMPORTANTE

EVALUATION DES PERTES JOULES


Dès que les dimensions des conducteurs ne sont plus négligeables vis à vis de la profondeur
de pénétration, l’effet pelliculaire se fait sentir et la résistance effective des bobinages est
supérieure à leur résistance en courant continu. Soit
Ra
K=
Rc
le coefficient de majoration de la résistance.
Considérons une encoche comportant des conducteurs rectangulaires (figure 1).

a b
d dx
c

le

fig 1
L’application de la loi d’Ampère le long du contour abcd donne immédiatement
H(x + dx)l e − H(x)l e = a l J(x) dx
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 176

dH ( x) a l
= J ( x)
dx le
• J(x) est la densité de courant
• a est le nombre de conducteurs disposés côte à côte
• H(x) est le champ dans l’encoche.

L’application de la loi de Faraday le long d’un contour orthogonal au précédent et situé dans
un conducteur donne immédiatement
E(x + dx) L− E(x) L = jωµ0 H(x) dx L
J
E=
σ
dJ ( x)
= j ω σ µ0 H ( x)
dx
• ω est la pulsation
• σ est la conductivité électrique
• µ 0 = 4π 10 −7 est la perméabilité du vide.

d 2 J ( x) al
On obtient donc 2
= j ω σ µ0 J ( x)
dx le
ω σ µ0 a l h
Si on pose γ =α h = h =
2 le δ
( α est l’inverse de la profondeur de pénétration), la solution générale de l’équation
précédente s’écrit :
J ( x) = J a sh(1 + j )α x + J b ch(1 + j )α x

En poursuivant les calculs, Emde a trouvé que pour une barre donnée, le coefficient de
majoration de la résistance est donné par
R(ω ) ⎡⎛ J ⎞ 2 J ⎤
= K = ϕ (γ ) + ⎢⎜ i ⎟ + i cos δ * ⎥ψ (γ )
R (0) ⎢⎣⎝ J ⎠ J ⎥⎦
ω σ µ0 a l
γ =α h = h
2 le
sh 2γ + sin 2γ
ϕ (γ ) = γ
ch 2γ − cos 2γ
sh γ − sin γ
ψ (γ ) = 2γ
ch γ + cos γ
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe B 177

ψ ϕ
"

γ
  ! "
fig 6
Ji est la valeur efficace du courant total circulant au-dessous du niveau de la barre considérée
J est la valeur efficace du courant total circulant dans l’ensemble des barres situées au même
niveau que la barre considérée
δ * est le déphasage entre les courants Ji et J
Note : dans le cas d’un conducteur unique (moteurs asynchrones à encoches profondes), la
formule se simplifie et on a :

R (ω )
= ϕ (γ )
R (0)
Dans ce cas, si h / δ est supérieur à 3, on a approximativement :
h L
R(ω ) = R(0) = ρ
δ lδ
CHAPITRE 10 - ANNEXE C
EVALUATION DES INDUCTANCES DE FUITE

1. INDUCTANCE DE FUITE D’ENCOCHE


Celle-ci résulte du fait qu’une partie du flux produit par les conducteurs situés dans une
encoche n’entre pas dans l’entrefer (voir figure 1). Cette inductance de fuite est influencée par
l’effet pelliculaire qui peut naître dans les conducteurs de l’encoche.

Fig 1
La figure ci-dessus montre l’allure du champ magnétique. L’énergie magnétique
correspondant au flux de fuite d’encoche est essentiellement concentrée dans les conducteurs
et le dessus de l’encoche. On pourra donc écrire pour une encoche
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe C 180

1 1 µ H2 ⎛ ch ⎞
λe1 I 2 = ∫ µ 0 H 2 dv = 0 m ⎜ c h2 + 1 ⎟ L
2 2 2 ⎝ 3 ⎠
n I
H m = ce
dc
n2 ⎛ h h ⎞ n2
λe1 = µ 0 2ce L⎜ 2 + 1 ⎟ = µ 0 2ce L Σ e
d ⎝ c 3c ⎠ d
⎛h h ⎞
avec Σ e = ⎜ 2 + 1 ⎟
⎝ c 3c⎠
d’où
2
µ0 ⎛ n ⎞
λe = λe1m2 p = ⎜ ⎟ L Σe
2 p m ⎜⎝ q d ⎟⎠

On trouvera ci-dessous les valeurs de Σe valables pour d’autres types d’encoches.

Fig 2
Note : dans la figure g, l’abscisse représente l’embrassement relatif des sections (= 1 dans le cas
d’enroulements à une couche)
encoche a :
h1 h2 2h3 h4
Σe = + + +
3a a a + c c
encoche b :
2h1' ⎛h 2h h ⎞ h'
Σ e = k1 + k2 ⎜ 2 + 3 + 4 ⎟ +
3a ⎝ a a + c c ⎠ 4a
(pour k1 et k2, voir graphique g)
encoche c :
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe C 181

h4
Σ e = 0,623 +
c
encoche d :
h1 h4
Σ e = 0,623 + +
3a c
encoches e et f :
h ⎛ h ⎞
Σ e ≅ k1 1 + k 2 ⎜ 0,623 + 4 ⎟
3a ⎝ c ⎠

2. INDUCTANCE DE FUITE DES TETES DE BOBINES


L’inductance de fuite des têtes de bobines représente le flux entourant les conducteurs situés
aux extrémités du bobinage et servant à relier les encoches entre elles . Elle est très difficile à
calculer analytiquement (lignes de champ complexes, interaction avec les autres phases ....)
Aussi se contente-t-on généralement d’une approximation semi-empirique:
µ 0 ⎛⎜ n ⎞⎟
2

λ tb ≅ 0, 45 L tb
2 p m ⎝ q d⎠
Ltb est la longueur des têtes de bobines (1,6 à 2,3 τ)

3. INDUCTANCE DE FUITE DE DISPERSION DIFFERENTIELLE


Le flux produit par un bobinage n’est pas sinusoïdal et il comporte des harmoniques spatiaux;
il en résulte qu’une partie de ce flux traverse l’entrefer mais ne produit pas de force
électromotrice dans les bobinages situés de l’autre côté de l’entrefer. La figure 3 montre
l’allure du champ et de sa composante fondamentale pour un bobinage triphasé à 2 encoches
par pôle et par phase.

Fig 3
En calculant l’énergie magnétique associée aux champs harmoniques (située essentiellement
dans l’entrefer), on obtient l’inductance de dispersion différentielle.
Tous calculs faits, on trouve:
µ0 ⎛ n ⎞ τ L
2

λd = Σd
2 q ⎝ π d⎠ p δe
CAO des systèmes électriques Chapitre 10 : Annexe C 182

où Σd est donné par la table qui suit:

enroulement diamétral y1/τ idéal


m y1/τ 103 Σd y1/τ 103 Σd
2 1 26,5 5/6 20,5
3 1 12,9 7/9 9
4 1 8,16 10/12 5,34
5 1 5,94 12/15 3,41
6 1 4,72 15/18 2,5
7 1 4 17/21 1,84
8 1 3,51 20/24 1,5
9 1 3,19 22/27 1,19
10 1 2,96 24/30 1,01
11 1 2,78 27/33 0,86
12 1 2,65 29/36 0,76
13 1 2,13 34/39 0,76

On remarquera que l’inductance de dispersion différentielle décroît si le nombre d’encoches


par pôle et par phase m augmente (c’est normal, car le champ dans l’entrefer devient de plus
en plus sinusoïdal). Pour m donné, il y a une valeur optimale du raccourcissement de pas qui
conduit à un minimum de cette inductance.
RAPPELS D'ANALYSE VECTORIELLE
FORMULES
grad ( a + b) = grad a + grad b
div (a + b) = div a + div b
rot (a + b) = rot a + rot b

div ( ab) = grad a . b + a div b


rot ( ab) = grad a Λ b + a rot b
div (a Λ b) = b . rot a − a . rot b

div rot a = 0
rot grad a = 0
rot ( rot a ) = grad ( div a ) − ∆ a

(a Λ b) . c = (c Λ a ) . b = (b Λ c) . a

THEOREMES

∫ div
V
a dv = ∫ a . n ds (Théorème d'Ostrogradski)
Σ

∫ rot a dv = ∫ n Λ a ds
V Σ

∫ rot a . n ds = ∫ a . dl (Théorème de Stokes)


Σ

∫ grad a dv = ∫ a n ds
V Σ

IDENTITES DE GREEN

∫ (a ∆ b − b∆ a)dv = ∫ (a grad b − bgrad a). n e ds


V Σ

∫ (a . ∆ b − b.∆ a) dv = ∫ (a div b + a Λ rot b − b div a − b Λ rot a).ne ds


V Σ

car
a .∆ b = a .grad(div b) − a .rot(rot b)
= div(a div b)− div a div b + div( a Λ rot b) − rot a .rot b
TABLE DES MATIERES

Références............................................................................................................................... 2
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION ............................................................................................ 3
1. Schéma général de conception............................................................................................ 3
2. Méthodes numériques ......................................................................................................... 4
2.1. La méthode des différences finies ................................................................................ 4
2.2. La méthode des éléments finis...................................................................................... 4
2.3. La méthode des éléments de frontières......................................................................... 5
3. Modélisations...................................................................................................................... 5
CHAPITRE 2 EQUATIONS DE MAXWELL. FORMULATIONS POTENTIELLES.......... 7
1. Equations de Maxwell......................................................................................................... 7
2. Formulation électrostatique ................................................................................................ 9
2.1. Electrostatique : Potentiel scalaire................................................................................ 9
Formulation générale...................................................................................................... 9
Condition d’unicité....................................................................................................... 10
3. Formulations magnétostatiques ........................................................................................ 11
3.1. Magnétostatique : Potentiel vecteur ........................................................................... 11
Formulation générale.................................................................................................... 11
Conditions d'unicité...................................................................................................... 12
3.2. Magnétostatique : Potentiel scalaire total................................................................... 13
Formulation générale.................................................................................................... 13
Unicité de la solution.................................................................................................... 15
3.3. Magnétostatique : Potentiel scalaire partiel................................................................ 15
4. Formulation électrocinétique ............................................................................................ 17
5. Formulation magnétodynamique ...................................................................................... 18
5.1. Magnétodynamique : Formulation A-V ..................................................................... 18
Formulation générale.................................................................................................... 18
Unicité de la solution.................................................................................................... 19
Cas du régime sinusoïdal.............................................................................................. 21
5.2. Magnétodynamique : Formulation T-Ω ..................................................................... 22
Formulation générale.................................................................................................... 22
Cas du régime sinusoïdal.............................................................................................. 23
5.3. Magnétodynamique : Formulation A*. ....................................................................... 24
6. Formulations électromagnétiques ..................................................................................... 25
6.1. Electromagnétisme : Formulation A-V ...................................................................... 25
Formulation générale.................................................................................................... 25
CAO des systèmes électriques Table des matières 186

Cas du régime sinusoïdal.............................................................................................. 26


6.3. Electromagnétisme: Potentiel de Hertz ...................................................................... 27
Formulation générale.................................................................................................... 27
Cas du régime sinusoïdal : ........................................................................................... 28
CHAPITRE 3 : METHODE DES ELEMENTS FINIS ........................................................... 29
1. Principes généraux ............................................................................................................ 29
1.1. Avertissement ............................................................................................................. 29
1.2. Notion d’élément fini.................................................................................................. 29
1.4. Eléments finis nodaux triangulaires du premier ordre................................................ 29
Définition ..................................................................................................................... 29
Espace réel et espace de référence ............................................................................... 31
Formule de transformation pour les dérivées............................................................... 32
Formule de transformation pour les intégrales............................................................. 33
1.5. Eléments finis d’arête du premier ordre ..................................................................... 34
1.6. Eléments finis de facette............................................................................................. 35
1.7. Eléments finis de volume ........................................................................................... 37
1.8. Espaces fonctionnels................................................................................................... 38
1.9. Diagramme de TONTI................................................................................................ 38
1.10. Autres types d’éléments finis ................................................................................... 39
1.11. Conclusion ................................................................................................................ 39
2. Electrostatique................................................................................................................... 40
2.1. Méthode variationnelle de Ritz-Rayleigh................................................................... 40
2.1.1. Principe............................................................................................................... 40
2.1.2. Démonstration .................................................................................................... 41
2.1.3. Interprétation physique....................................................................................... 42
2.1.4. Construction du système d’équations à résoudre ............................................... 42
2.2. Méthode des résidus pondérés.................................................................................... 43
2.3. Aspects particuliers..................................................................................................... 44
2.3.1. Symétries............................................................................................................ 44
Symétrie plane.......................................................................................................... 45
Symétrie axiale......................................................................................................... 45
Plan de symétrie/ d’antisymétrie .............................................................................. 45
Symétries et antisymétries cycliques........................................................................ 46
2.3.2. Points anguleux .................................................................................................. 46
2.3.3. Conducteurs à potentiel flottant ......................................................................... 46
2.3.4. Espaces non confinés ......................................................................................... 47
3. Magnétostatique................................................................................................................ 50
3.1. Modélisation nodale utilisant le potentiel vecteur...................................................... 50
3.1.1. Méthode variationnelle de Ritz-Rayleigh .......................................................... 50
3.1.2. Méthode des résidus pondérés............................................................................ 51
3.2. Modélisation nodale utilisant le potentiel scalaire ..................................................... 52
3.3. Modélisation nodale utilisant le potentiel scalaire partiel .......................................... 53
3.4. Eléments d’arête - formulation en A .......................................................................... 53
3.5. Aspects particuliers..................................................................................................... 55
Symétries...................................................................................................................... 55
Espaces non confinés ................................................................................................... 55
Couplage entre méthodes ............................................................................................. 55
Exemple : modélisations par potentiel scalaire partiel et potentiel scalaire total..... 55
4. Magnétodynamique........................................................................................................... 56
4.1. Méthode nodale A-V .................................................................................................. 56
CAO des systèmes électriques Table des matières 187

4.2. Méthode nodale T-Ω .................................................................................................. 58


4.3. Méthode des éléments d'arête - formulation en H. ..................................................... 59
4.3.1. Zones sans courants............................................................................................ 59
4.3.2. Zones à courants induits (et forcés).................................................................... 59
4.4. Méthode des éléments d'arête - formulation en A*..................................................... 60
4.4.1. Zones sans courants (ou à courants imposés)..................................................... 60
4.4.2. Zones à courants induits..................................................................................... 61
5. Résumé des méthodes (magnétostatique et magnétodynamique)..................................... 62
6. Encadrement de la solution par des méthodes duales dans les cas statiques .................... 62
ANNEXE AU CHAPITRE 3 ................................................................................................... 65
Note....................................................................................................................................... 65
Eléments de référence tridimensionnels ............................................................................... 65
Tétraèdre de référence de type I ........................................................................................ 65
Hexaèdre de référence de type I ........................................................................................ 67
Prisme à base triangulaire de référence de type I .............................................................. 69
Fonctions de base d’arête dans les éléments réels ................................................................ 72
CHAPITRE 4 METHODES NUMERIQUES ......................................................................... 73
1. Intégration numérique....................................................................................................... 73
1.1. Intégration à une dimension. ...................................................................................... 73
1.1.1. Méthode de Gauss. ............................................................................................. 73
1.1.2. Méthode de Newton-Cotes................................................................................. 74
1.1.3. Méthode de Patterson ......................................................................................... 74
1.2. Intégration à 2 et 3 dimensions................................................................................... 75
1.2.1. Utilisation de formules produit .......................................................................... 75
1.2.2. Formules directes ............................................................................................... 75
2. Intégration temporelle....................................................................................................... 75
2.1. Méthodes en "théta".................................................................................................... 75
Stabilité de la méthode ................................................................................................. 76
2.2. Méthodes de Runge-Kutta .......................................................................................... 77
3. Résolution de systèmes non linéaires : Méthode de Newton-Raphson ............................ 79
4. Résolution de systèmes linéaires ...................................................................................... 80
4.1. Méthodes directes ....................................................................................................... 81
4.1.1. Réalisation de la LU décomposition .................................................................. 81
4.1.2. Stratégie de pivotage .......................................................................................... 82
4.1.3. Raffinement itératif de la solution...................................................................... 82
4.1.4. Autres méthodes (pour mémoire)....................................................................... 82
Méthode frontale ...................................................................................................... 82
Méthode « ligne du ciel » (skyline).......................................................................... 82
4.2. Méthodes itératives..................................................................................................... 83
4.2.1. Cas des matrices symétriques définies positives................................................ 83
Principe des méthodes de pente. .............................................................................. 83
Méthode du gradient................................................................................................. 86
Méthode du gradient conjugué................................................................................. 86
Préconditionnement.................................................................................................. 88
4.2.2. Extension de la méthode du gradient conjugué à des matrices quelconques ..... 90
Méthode de l’équation normale................................................................................ 90
Méthode du résidu minimal (MINRES)................................................................... 91
Méthode généralisée du résidu minimal (GMRES) ................................................. 91
CHAPITRE 5 METHODE DES ELEMENTS FRONTIERES .............................................. 93
CAO des systèmes électriques Table des matières 188

1. Introduction....................................................................................................................... 93
2. Cas de l’électrostatique ..................................................................................................... 93
2.1. Position du problème .................................................................................................. 93
2.2. Fonction de Green ...................................................................................................... 94
Cas bidimensionnel plan .............................................................................................. 94
Cas axisymétrique ........................................................................................................ 95
2.3 Propriété fondamentale de la fonction de Green ......................................................... 96
2.4. Inversion des opérateurs différentiels......................................................................... 97
Interprétation physique................................................................................................. 98
Remarque ..................................................................................................................... 98
2.5. Méthode directe .......................................................................................................... 99
2.5.1. Principe............................................................................................................... 99
Exemple en 3D ....................................................................................................... 100
2.5.2. Etablissement du système d’équations............................................................. 100
Discrétisation des frontières ................................................................................... 100
Conducteur à potentiel fixe .................................................................................... 101
Conducteur à potentiel flottant............................................................................... 101
Frontière entre deux diélectriques .......................................................................... 101
2.6. Prise en compte des symétries au moyen de fonctions de Green modifiées ............ 102
Cas d'un plan d'(anti)symétrie ................................................................................ 102
Cas d'une géométrie cyclique................................................................................. 102
2.7. Difficultés numériques ............................................................................................. 102
Premier type de singularité :....................................................................................... 102
Second type de singularité : ....................................................................................... 103
2.8. Résolution du système d'équations ........................................................................... 104
3. Magnétostatique.............................................................................................................. 104
Inconnues et mise en équations ....................................................................................... 105
4. Magnétodynamique transitoire ....................................................................................... 105
Equations ......................................................................................................................... 105
Fonction de Green ........................................................................................................... 105
Inversion des opérateurs différentiels.............................................................................. 106
Inconnues et mise en équations ....................................................................................... 107
5. Magnétodynamique sinusoïdale...................................................................................... 107
Equations ......................................................................................................................... 107
Fonction de Green ........................................................................................................... 107
Inversion des opérateurs différentiels.............................................................................. 108
Inconnues et mise en équations ....................................................................................... 108
6. Electromagnétisme.......................................................................................................... 108
Cas du régime sinusoïdal................................................................................................. 109
CHAPITRE 6 COUPLAGE ENTRE METHODES ............................................................. 111
Couplage entre méthodes de calcul de champ .................................................................... 111
Couplage entre éléments finis et méthodes intégrales..................................................... 111
EXEMPLE en magnétostatique ................................................................................. 111
Couplage entre modèles d’éléments finis........................................................................ 112
EXEMPLE en magnétostatique ................................................................................. 112
Couplage avec d’autres phénomènes physiques ................................................................. 112
Introduction ..................................................................................................................... 112
Couplage avec la mécanique ........................................................................................... 113
Couplage avec la thermique ............................................................................................ 113
CHAPITRE 7 ANALYSE DES RESULTATS ................................................................... 114
CAO des systèmes électriques Table des matières 189

1. Représentation graphique des résultats........................................................................... 114


2. Evaluation de grandeurs globales ................................................................................... 116
2.1. Calcul des courants................................................................................................... 116
... à partir de la densité de courant :............................................................................ 116
... à partir de la loi d’Ampère : ................................................................................... 116
2.2. Calcul des pertes Joule ............................................................................................. 117
... à partir de la densité de courant :............................................................................ 117
... à partir du vecteur de Poynting .............................................................................. 117
2.3. Calcul de l’énergie magnétique ................................................................................ 117
... à partir du champ :.................................................................................................. 117
... à partir des courants et du potentiel vecteur........................................................... 117
2.4. Calcul des inductances.............................................................................................. 117
... à partir du flux embrassé : ...................................................................................... 117
... à partir de l’énergie magnétique............................................................................. 118
2.5. Calcul des capacités.................................................................................................. 118
2.6. Calcul des forces....................................................................................................... 118
... à partir de la loi de Laplace .................................................................................... 118
... à partir des travaux virtuels .................................................................................... 119
... à partir du tenseur de Maxwell............................................................................... 119
CHAPITRE 8 CONCEPTION DES DISPOSITIFS ELECTROTECHNIQUES STATIQUES.
................................................................................................................................................ 121
1. Bobine d’inductance à air ............................................................................................... 121
2. Bobine comportant un circuit magnétique...................................................................... 123
2.1. Bobine comportant un circuit magnétique à petit entrefer ou sans entrefer ............. 124
2.2. Bobine comportant un circuit magnétique à grand entrefer ..................................... 126
3. Inductances saturable ...................................................................................................... 126
4. Transformateur................................................................................................................ 126
4.1. Schéma équivalent.................................................................................................... 127
4.2. Circuits magnétiques monophasés............................................................................ 127
4.2.1 Transformateurs basse fréquence ...................................................................... 127
4.2.1 Transformateurs haute fréquence ...................................................................... 127
4.3. Circuits magnétiques triphases ................................................................................. 128
4.4. Formules et règles de bonne pratique :..................................................................... 128
4.5. Calcul et optimisation............................................................................................... 130
4.6. Evaluation de la réactance Magnétisante.................................................................. 131
4.7. Evaluation de la réactance de fuite ........................................................................... 131
4.8. Paramètres supplémentaires à considérer ................................................................. 132
4.9. Suite des opérations .................................................................................................. 133
5. Autotransformateur ......................................................................................................... 133
CHAPITRE 9 CONCEPTION DE DISPOSITIFS COMPORTANT DES AIMANTS
PERMANENTS ..................................................................................................................... 135
1. Introduction..................................................................................................................... 135
2. Caractéristique magnétique............................................................................................. 136
3. La droite de recul ............................................................................................................ 136
4. Point de fonctionnement ................................................................................................. 137
5. Schéma équivalent d’un circuit magnétique comportant un aimant permanent ............. 138
6. Force portante ................................................................................................................. 138
7. Modélisation des aimants................................................................................................ 139
Relations approchées ....................................................................................................... 140
8. Optimisation du volume de l’aimant............................................................................... 142
CAO des systèmes électriques Table des matières 190

9. Circuits magnetiques deformables.................................................................................. 142


CHAPITRE 10 CONCEPTION DES MACHINES ELECTRIQUES TOURNANTES ....... 145
1. Calcul du stator d’une machine triphasée ....................................................................... 145
1.1. Bobinage et force électromotrice.............................................................................. 145
1.2. Dimensions principales : relation de Fisher-Hinnen ................................................ 148
1.3. Encoches................................................................................................................... 150
1.4. Noyau........................................................................................................................ 152
1.5. Entrefer ..................................................................................................................... 152
1.6. Evaluation de la résistance des bobinages................................................................ 152
1.7. Evaluation de l’inductance de fuite des bobinages................................................... 152
2. Calcul du rotor d’un Moteur asynchrone à rotor bobiné................................................. 153
3. Calcul du rotor d’un Moteur asynchrone à simple cage ................................................. 153
4. Calcul du rotor d’un Moteur asynchrone à encoches profondes..................................... 154
5. Calcul du rotor d’un Moteur asynchrone à double cage ................................................. 154
6. Calcul du rotor d’un Moteur à réluctance variable ......................................................... 155
7. Calcul du rotor d’un Moteur à aimants permanents........................................................ 156
8. moteurs pas à pas ............................................................................................................ 159
8.1. Moteur réluctant multicircuits .................................................................................. 159
8.2. Moteur réluctant à simple circuit.............................................................................. 160
8.3. Moteur électromagnétique........................................................................................ 161
8.4. Moteur réluctant polarisé.......................................................................................... 162
CHAPITRE 10 - ANNEXE A BOBINAGES POLYPHASES ............................................ 165
1. Introduction..................................................................................................................... 165
2. Constitution des bobinages polyphasés. ......................................................................... 165
2.1. Enroulement à un étage à m encoches par pôle et par phase.................................... 165
2.1.1. Disposition des conducteurs dans les encoches. .............................................. 165
2.1.2. Disposition des têtes de bobines....................................................................... 167
Enroulement concentrique avec têtes de bobines sur trois rangs. .......................... 167
Enroulement concentrique avec têtes de bobines sur deux rangs. ......................... 167
Bobinage Alioth. .................................................................................................... 168
2.1.3. Force électromotrice induite dans les enroulements à un étage ....................... 168
2.2. Enroulement à deux étages. ...................................................................................... 169
2.2.1. Enroulement imbriqué diamétral...................................................................... 169
2.2.2. Enroulement imbriqué à pas raccourcis. .......................................................... 169
2.2.3. Enroulement ondulé. ........................................................................................ 170
2.2.4. Force électromotrice induite dans les enroulements à deux étages.................. 170
3. Intérêt de multiplier le nombre d'encoches par pôle et par phase ................................... 171
4. Intérêt du raccourcissement de pas ................................................................................. 172
CHAPITRE 10 - ANNEXE B : RESISTANCE DE CONDUCTEURS DE SECTION
IMPORTANTE ...................................................................................................................... 175
Evaluation des pertes joules................................................................................................ 175
CHAPITRE 10 - ANNEXE C EVALUATION DES INDUCTANCES DE FUITE ............ 179
1. Inductance de fuite d’encoche ........................................................................................ 179
2. Inductance de fuite des têtes de bobines ......................................................................... 181
3. Inductance de fuite de dispersion différentielle .............................................................. 181
RAPPELS D'ANALYSE VECTORIELLE ........................................................................... 183
Formules ............................................................................................................................. 183
Théorèmes........................................................................................................................... 183
Identités de Green ............................................................................................................... 183
CAO des systèmes électriques Table des matières 191

TABLE DES MATIERES ..................................................................................................... 185