Vous êtes sur la page 1sur 204

N.

BOURBAKI
N. BOURBAKI

ALGÈBRE
COMMUTATIVE

Chapitres 8 et 9
Réimpression inchangée de l'édition originale de 1983
Q Masson, Paris 1983

O N. Bourbaki et Springer-Verlag Berlin Heidelberg 2006

ISBN-10 3-540-33942-6 Springer Berlin Heidelberg New York


ISBN-13 978-3-540-33942-7 Spnnger Berlin Heidelberg New York

Tous droits de mduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.


La loi du 11 mars 1957 interdit les copies ou les reproductions destinées à une utilisation collective.
Toute représentation, reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement
de l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants
du Code pénal.
Springer est membre du Springer Science+Business Media
springer.com

Maquette de couverture: design &production, Heidelberg


Imprimé sur papier non acide 41B100NL - 5 4 3 2 1 0 -
CHAPITRE VI11

Dimension

Dans ce chapitre, tous les anneaux sont supposés commutatifs, les algèbres sont
associatives, commutatives et uni$ères.
Soit A un anneau. Si a est un idéal de A et n un entier négatif, on pose a" = A. Pour
tout idéal premier p de A, on note ~ ( ple) corps résiduel de l'anneau local A,; il est
canoniquement isomorphe au corps des fractions de l'anneau A/p ( I I , 3 3, no 1, prop. 2).
Si A est local, on note m , son idéal maximal et K , = Atm, = ~ ( m , )son corps résiduel.
Soit p : A -+ B un homomorphisme d'anneaux. On note "p l'application continue
de Spec(B) dans Spec(A) associée à p ( I I , § 4, no 3). On dit (V, 2, no 1, déf, 1) qu'un
idéal premier q de B est au-dessus de l'idéal premier p de A si p est l'image de q par ' p ,
c'est-à-dire si p-' ( q ) = p. Soit M un B-module ; lorsque nous considérerons M comme
A-module, il s'agira toujours de la structure de A-module p,(M) définie par la loi
externe (a, m) H p(a).m (A, I I , p. 30).
Soit M un A-module. Si U (resp. V ) est un sous-groupe additif de A (resp. M), on
note U V ou U.V le sous-groupe additifde M engendré par les produits U V , pour u E U
et v E V . Si S est une partie de A , on note SM le sous-module 1 SM de M ; l'idéal 6
rsS
de A engendré par S est égal ù S A et l'on a 6 . M = SM.

9 1. DIMENSION DE KRULL D'UN ANNEAU

1. Dimension de Kru11 d'un espace topologique

DÉFINITION 1. - Soit 1 un ensemble ordonné. Une partiefinie non vide et totalement


ordonnée de 1 est appelée une chaîne de 1. Soit c une chaîne de 1 ; le plus petit et le plus
grand élément de c sont appelés les extrémités de c. L'entier Card(c) - 1 est appelé la
longueur de c. La relation d'inclusion dans l'ensemble des parties de 1 induit une
relation d'ordre dans l'ensemble des chaînes de 1. Une chaîne c de 1 est dite saturée
si elle est maximale parmi les chaînes de 1 ayant les mêmes extrémités que c.
AC VI11 . 2 DIMENSION 91
Pour désigner une chaîne c de longueur n, on écrira souvent : « l a chaîne
i, < ... < in », où les i, sont les éléments de c indexés de façon strictement croissante
par les entiers de O à n.
Soit X rin espace topologique. On munit l'ensemble des parties fermées irréductibles
de X (II, 9 4, no 1, déf. 1) de la relation d'ordre définie par l'inclusion. Lorsque l'on
parlera d'une chaîne de parties fermées irréductibles de X, il s'agira toujours d'une
chaîne au sens de cette relation d'ordre.

DÉFINITION 2. - On appelle dimension de Krull de l'espace topologique X et on


note dim kr(X) ou simplement dim(X) la borne supérieure dans R de l'ensemble des
longueurs des chaînes de parties fermées irréductibles de X.
Pour tout point x de X, on appelle dimension de Krull de X en x et on note dim,(X)
lu borne inférieure des dimensions des voisinages ouverts de x.
On a dim(@) = - m. Par contre, si X n'est pas vide, l'adhérence de tout point de X
est une partie fermée irréductible de X (II, § 4, no 1, prop. 2) et la dimension de X
est donc + co ou un entier positif. Supposons que X soit séparé et non vide ; alors
toute partie irréductible de X est réduite à un point, et X est de dimension O.
La définition de la dimension de Krull est donc dénuée d'intérêt pour les espaces
séparés, mais elle est spécialement adaptée aux espaces topologiques rencontrés
en Algèbre Commutative (spectres d'anneaux, * schémas *, ...). Dans ce chapitre,
2 aucune confusion n'est à craindre avec d'autres notions de dimension des espaces
topologiques (par exemple, celle de Lebesgue), et nous dirons simplement « dimen-
sion » pour « dimension de Krull ».

PROPOSITION 1. - Soit X un espace topologique.


a ) Si Y est un sous-espace de X, on a dim(Y) < dim(X), et dim,(Y) < dim,(X)
pour tout point y de Y.
b ) Soient x un point de X et V un voisinage de x dans X. On a dim,(X) = dim,(V).
c ) Soit (Xi),,, une famille finie de parfies fermées de X telle que X = U X,. On a
IEI
alors dim(X) = sup dim(X,) et, pour tout point x de X, on a dim,(X) = sup dim,(X,),
iel iaJ,
où J, désigne l'ensemble des i G 1 tels que x E X,.
Démontrons a). Si Z est une partie fermée irréductible de Y, son adhérence Z
dans X est irréductible (II, 5 4 nu 1, prop. 2) et l'on a 2 n Y = Z. Ainsi, toute chaîne c
de parties fermées irréductibles de Y définit, par passage à l'adhérence dans X, une
chaîne de parties fermées irréductibles de X, de même longueur que c. L'inégalité
dim(Y) d dim(X) résulte de cela. Si U est une partie ouverte de X contenant un
point y de Y, on a donc dim(U n Y) ,< dim(U), d'où dim,(Y) < dim,(X).
Démontrons b). On a par définition dim,(X) < dim,(V), et l'inégalité opposée
résulte de a).
Démontrons c). Soit Z, c ... c Z, une chaîne de parties fermées irréductibles
de X. O n a Zn = U (Znn Xi) et chacun des ensembles Zn n Xi est fermé dans Z, ;
id
No 1 DIMENSION DE KRULL AC VI11 . 3

comme 1est fini, Z , est contenu dans l'un des Xi. Par suite, on a dim(X) < sup dim(Xi),
I

d'où l'égalité d'après a).


Soient maintenant x un point de X et n = sup dim,(X,), où J, est comme dans
itJ,
l'énoncé. On a dim,(X) 2 n d'après a), et, pour établir l'égalité, on peut supposer n
fini. Pour tout i E J,, soit Ui un voisinage ouvert de x dans X, tel que dim(Ui n Xi) < n.
Posons U = (n Ui) n ( n Xi) ; l'ensemble U est ouvert dans X. De plus, on a
C
id, it1 - J,
dim(U) = sup dim(U n Xi) < n d'après l'alinéa précédent, donc dim,(X) ,< n.
i&

COROLLAIRE. a ) La dimension de l'espace topologique X est la borne supérieure


-

des dimensions de ses composantes irréductibles (II, Q: 4, no 1, déf. 2).


b) Soit x un point de X. On a dim,(X) 2 sup dim,(Xi), où Xi parcourt la famille
1

des composantes irréductibles de X qui contiennent x ; il y a égalité si x possède un


voisinage V qui n'a qu'un nombre $ni de composantes irréductibles (ce qui est le cas
par exemple si V est noethérien).
La première assertion est immédiate puisque les chaînes de parties fermées irré-
ductibles de X sont les chaînes de parties fermées irréductibles des composantes
irréductibles de X (II, 4 4, no 1, prop. 5). L'inégalité dim,(X) 2 sup dim,(Xi) résulte
L

de la prop. 1, a). Soit V un voisinage de x qui ne possède qu'un nombre fini de compo-
santes irréductibles, et soit (Vj)j,J la famille des composantes irréductibles de V qui
contiennent x. Il résulte de la prop. 1, b ) et c ) qu'on a
dim,(X) = dim,(V) = sup dim,(V,);
jd

on conclut en remarquant que chacun des V, est contenu dans l'un des Xi, i E J,,
et qu'on a par conséquent sup dim,(Vj) < sup dim,(Xi).
jcJ itJ,

PROPOSITION
2. - Soit X un espace topologique. On a dim(X) = sup dim,(X).
XEX
En effet, on a par définition dim(X) 3 dim,(X) pour tout x EX. D'autre part,
si Z, c ... c Zn est une chaîne de parties fermées irréductibles de X, pour tout
x E ZOet tout voisinage ouvert U de x, les ensembles Z, n U, ..., Z, n U constituent
une chaîne de parties fermées irrkductibles de U (II, 5 4, no 1, prop. 7). On a donc
dim,(X) 2 n, d'où dim(X) ,< sup dim,(X).
XEY

COROLLAIRE. - Si (XJatA est un recouvrement ouvert, ou un recouvrement fermé

loculeinent fini, d'un espace topologique X, on a


dim(X) = sup dim(X,)
,GA

Il suffit de démontrer que, pour tout point x de X, on a dim,(X) = sup dim,(X,),


USA,
où A, est l'ensemble des a E A tels que x E X,. Ceci est clair dans le cas d'un recouvre-
AC VI11.4 DIMENSION 9l
ment ouvert, et rksulte de la prop. 1, c), dans le cas d'un recouvrement fermé locale-
ment fini.

2. Codimension d'une partie fermée

DÉFINITION3. - Soit X un espace topologique.


a ) Si Y est une partie fermée irréductible de X, on appelle codimension de Y dans X
la borne supérieure dans R des longueurs des chaînes de parties fermées irréductibles
de X dont Y est le plus petit élément.
b ) Si Y est une partie fermée de X, on appelle codimension de Y dans X, et on note
codim(Y, X) la borne inférieure dans R des codimensions, dans X, des composantes
irréductibles de Y.
Remarques. - 1 ) La codimension d'une partie fermée Y de X est donc la borne infé-
rieure des codimensions des parties fermées irréductibles de Y. On a
codim(@, X) = + CE et, si X n'est pas vide, codim(X, X) = O. Toute partie fermée
non vide de X contient une partie fermée irréductible (II, 9 4, no 1, prop. 5) ; la codi-
mension dans X d'une partie fermée Y est donc toujours un entier positif ou +
CE ;
elle est nulle si et seulement si Y contient une composante irréductible de X.
2) Si Y est une partie fermée non vide de X, on a codim(Y, X) < dim(X). On a
dim(X) = sup codim(Y, X), où Y parcourt l'ensemble des parties fermées irréduc-
Y
tibles de X. Si Y et Y' sont deux parties fermées de X telles que Y' c Y, on a
codim(Y, X) < codim(Y1,X).
3) Soient Y une partie fermée de l'espace topologique X et (X,),,, (resp. (Y,),,,)
la famille des composantes irréductibles de X (resp. de Y). Pour tout P E B, notons
A(P) l'ensemble des cc E A tels que YI, c X,. Du fait que toute partie irréductible de
X est contenue dans l'un des X, (II, 5 4, no 1, prop: 5), il résulte de la déf. 3 que l'on a :
codim(Y, X) = inf sup codim(Y,, X,) .
PeB aWB)

4) Soient (Y,),, une famille finie de parties fermées de X et Y = U Yi ; on a


isl

codim(Y, X) = inf codim(Yi, X) .


isl

En effet, toute composante irréductible de Y est contenue dans l'un des Y,.

PROPOSITION 3. - Soit X un espace topologique.


a ) Pour toute partie fermée non vide Y de X, on a

b ) Si Y, Z, T sont des parties fermées de X telles que Y c Z c T , on a


N" 2 DIMENSION DE KRULL AC VI11 .5

Il suffit de démontrer l'assertion a ) dans le cas où dim(X) est fini. Dans ce cas,
dim(Y) et codim(Y, X) sont finis. Il existe une chaîne Y, c ... c Y, de parties
fermées irréductibles de Y, de longueur n = dim(Y) et une chaîne Y, c ... c Y,,,
de parties fermées irréductibles de X, de longueur p 2 codim(Y, X). On en déduit
que dim(X) b n + p, d'où a). Pour établir b), on peut supposer Y irréductible.
Comme on a codim(Y, Z) < codim(Y, T), l'inégalité est démontrée si
codim(Y, Z) = + m. Sinon, soit Z, une composante irréductible de Z contenant
Y et telle que codim(Y, Z) = codim(Y, Z,). On a codim(Z, T) < codim(Z,, T),
et on voit, comme ci-dessus, que codim(Y, Z,) + codim(Z,, T ) < codim(Y, T),
d'où b).

DÉFINITION 4.- Un espace topologique X est dit catknaire si, pour tout couple (Y, Z)
de parties fermées irréductibles de X telles que Y c Z, toute chaîne saturée de parties
fermées irréductibles d'extrémités Y et Z est de longueur codim(Y, Z).
Il revient au même de dire que, pour tout couple (Y, Z) de parties fermées irré-
ductibles de X tel que codim(Y, Z) soit fini, toutes les chaînes saturées d'extrémités Y
et Z ont même longueur, et que, pour tout couple (Y, Z) tel que codim(Y, Z) = co, +
il n'existe aucune chaîne saturée d'extrémités Y et Z.
Tout sous-espace fermé d'un espace caténaire est caténaire. Pour qu'un espace
soit caténaire, il faut et il suffit que ses composantes irréductibles le soient.

PROPOSITION 4. - Soit X un espace topologique. Pour que X soit caténaire, il faut


et il sufit que, pour tout triplet (Y, Z, T ) de parties fermées irréductibles de X tel que
Y c Z c T, on ait :

Supposons X caténaire. Compte tenu de la prop. 3, b), il suffit de démontrer la


relation lorsque codim(Y, Z) et codim(Z, T) sont finis. En mettant bout à bout
une chaîne saturée de parties fermées irréductibles d'extrémités Y et Z de longueur
codim(Y, Z), et une chaîne saturée de parties fermées irréductibles d'extrémités Z
et T, de longueur codim(Z, T), on obtient une chaîne saturée d'extrémités Y et T,
de longueur codim(Y, Z) + codim(Z, T). Mais, comme X est caténaire, cette longueur
est nécessairement égale à codim(Y, T).
Réciproquement, supposons que l'on ait codim(Y, T) = codim(Y, Z) + codim(Z, T)
quelles que soient les parties fermées irréductibles Y, Z, T de X telles que Y c Z c T,
et démontrons que X est caténaire. Pour cela, démontrons par récurrence sur l'entier
n 3 O que, pour toute chaîne saturée Z, c ... c Zn de parties fermées irréductibles
de X, on a codim(Z,, Zn) = n. Si n = 0, c'est clair. Soit n > O, et supposons la
propriété satisfaite pour les chaînes de longueur < n - 1. Si Z, c ... c Z, est une
chaîne saturée de longueur n, alors Z, c ... c Zn-, est une chaîne saturée de
longueur n - 1, donc codim(Z,, Zn- ,) = n - 1. Vu l'hypothèse faite sur X, on a
codim(Z,, Zn) = codim(Z,, Z,,_,) + codim(Z,,_,,Zn) = (n - 1 ) + 1 = n.
AC VI11 . 6 DIMENSION 41
COROLLAIRE. - Soit X un espace topologique irréductible et de dimension finie. Pour

que X soit caténaire, il faut et il suffit que, pour tout couple (Y, Z) de partiesfermées
irréductibles de X telles que Y c Z, on ait codim(Y, X) = codim(Y, Z) + codim(Z, X).
La condition est nécessaire d'après la prop. 4. Inversement, supposons-la vérifiée,
et notons c(Z) l'entier codim(Z, X) pour toute partie fermée irréductible Z de X.
Si Y, Z, T sont trois parties fermées irréductibles de X telles que Y c Z c T, on a

et X est caténaire d'après la prop. 4.

PROPOSITION 5. - Soit X un espace topologique de dimension finie. Supposons que


toutes les chaînes maximales de parties fermées irréductibles de X aient même longueur.
Alors X est caténaire ; pour toute partie fermée irréductible Z de X, on a

pour tout couple (Y,Z ) de parties fermées irréductibles de X le1 que Y c Z, on a

Soient Y et Z deux parties fermées irréductibles de X telles que Y c Z. Soient


Y, c ... c Y, une chaîne telle que Y, = Y et p = dim(Y), Z, c ... c Z, une
chaîne telle que Z, = Z et q = codim(Z, X). Pour toute chaîne saturée T, c ... c T,
telle que T, = Y et T, = Z, la chaîne

est maximale, et de longueur p + q + r ; d'après l'hypothèse faite sur X, on a donc


p + q + r = dim(X), soit r = dim(X) - dim(Y) - codim(Z, X). Il en résulte que
X est caténaire et que, pour Y et Z comme ci-dessus, on a

Prenant Y = Z, on voit que le second membre est égal à dim(Z), d'où la propo-
sition.

3. Dimension d'un anneau, hauteur d'un idéal

DEFINITION 5. - On appelle dimension de Krull, ou simplement dimension, d'un


anneau (commutatif) A et l'on note dim(A), la dimension de Krull de l'espace topo-
logique Spec(A)( I I , § 4, no 3, déf. 4). Si p es1 un idéal premier de A, on appelle dimension
de A en p, et on note dim,(A), le nombve dim,(Spec(A)).
No 3 DIMENSION DE KRULL AC VI11 . 7

L'application p +-+ V(p) est une bijection décroissante de l'ensemble des idéaux
premiers de A sur l'ensemble des parties fermées irréductibles de Spec(A) (loc. cit.,
cor. 2 a la prop. 14). La dimension de A est donc la borne supérieure de l'ensemble
des loilgueurs des chaînes d'idéaux premiers de A ; elle est égale a - co, + co ou à
un entier positif.
Soit p E Spec(A); les ensembles Spec(A),-, où f parcourt A, forment une base
de la topologie de Spec(A), et p appartient à l'ouvert s p e ~ ( Asi) ~et seulement si f
n'appartient pas à p. Par conséquent, dim,(A) est la borne inférieure des nombres
dim(Af), où f parcourt A - p (II, # 5, nu 1, prop. 1).
Exemples. - 1) On a dim(A) < O si et seulement si A est réduit à O. Pour que l'on
ait dim(A) < O, il faut et il suffit que tout idéal premier de A soit maximal. Les anneaux
intègres de dimension O sont les corps. Un anneau noethérien est de dimension < O
si et seulement s'il est artinien (IV, fi 2, no 5, prop. 9).
2) Les anneaux de Dedekind sont les anneaux noethériens intégralement clos
de dimension d 1 (VII, fi 2, no 2, th. 1). Plus généralement, d'après V, Ci 1, no 2,
cor. 2 a la prop. 9, un anneau est un produit fini d'anneaux de Dedekind si et seule-
ment s'il est noethérien, rkduit, intégralement fermé dans son anneau total des
fractions, et de dimension < 1.
3) Si A est un anneau de valuation (VI, fi 1, no 2, déf. 2), sa dimension est égale à
la hauteur de la valuation (VI, 4, no 4, prop. 5).
4) Soit A un anneau. On a

En effet, si p, c ... c p, est une chaîne d'idéaux premiers de A, de longueur n,


on obtient une chaîne pb c ... c p;,, d'idéaux premiers de A[X], de longueur
n + 1, en posant pf = p,A[X] pour O < i < n, et pi,, = p,A[X] + XA[X].
Par le même raisonnement, on prouve l'inégalité dim(A[[X]]) 3 dim(A) + 1. On en
déduit par récurrence les inégalités
dim(A[X,, ..., X,]) 3 dim(A) +n,
dim(A[[X,, ..., X,]]) 3 dim(A) + n .

Nous démontrerons plus loin (fi3, no 4, cor. 3 de la prop. 7 et cor. 3 de la prop. 8) que
l'on a égalité dans les deux formules précédentes lorsque A est noethérien.
* 5) Soit X une variété analytique complexe. Si X est de dimension complexe n
en un point x de X, l'anneau local des germes en x de fonctions analytiques sur X est
de dimension n. *
6) Soient k un corps et A une k-algèbre entière non nulle. Alors on a dim(A) = 0.
Cela résulte du cor. 1 à la prop. 1 de V, # 2, no 1, et du fait que dim(k) = 0.
7) Si n est un nilidéal de A, Spec(A) est homéomorphe à Spec(A/n) (II, # 4, no 3,
remarque). On a donc dim(A/n) = dim(A) ; en particulier, on a dim(A) = dim(A,,,)
où A,,, est le quotient de l'anneau A par son nilradical.
AC VI11 .8 DIMENSION 3l
8) Il existe des anneaux noethériens de dimension infinie (p. 83, exerc. 13).
Nous verrons ci-dessous (Ij 3, nu 1, cor. 1 a la prop. 2) que tout anneau local noethérien
est de dimension finie.

PROPOSITION 6. - Soit A un anneau.


a ) Si a est un idéal de A, on a dim(A/a) 6 dim(A).
b ) Si S est une partie multiplicative de A, on a dim(S-'A) 6 dim(A).
c ) On a dim(A) = sup dim(A/p), où p parcourt l'ensemble des idéaux premiers
P
minimaux de A.
d ) Si A n'a qu'un nombre fini d'idéaux premiers minimaux (par exemple si A est
noethérien (II, 4 4, no 3, cor. 3 à la prop. 14))et si p est un idéal premier de A, on a

dim,(A) = sup dimw,(A/q),


q

où q parcourt l'ensemble des idéaux premiers minimaux de A contenus dans p.


e ) Soit a un idéal de A qui n'est contenu dans aucun idéal premier minimal de A ;on a
+
alors dim(A)> dim(A/a) 1. En particulier, si A est intègre, on a dim(A) > dim(A/a) 1 +
pour tout idéal non nul a de A.
D'après la remarque de II, 5 4, no 3, si a est un idéal de A, l'espace topologique
Spec(A/a) est homéomorphe au sous-espace fermé V(a) de Spec(A). L'assertion a )
résulte de cela et de la prop. 1, a )du no 1. L'assertion b ) résulte de loc. cit., corollaire à la
prop. 13. D'après loc. cit., cor. 2 à la prop. 14, les composantes irréductibles de Spec(A)
sont homéomorphes aux espaces Spec(A/p), où p est un idéal premier minimal de A,
et l'assertion c) résulte du corollaire de la prop. 1 du no 1. Sous l'hypothèse de d ) ,
l'espace Spec(A) n'a qu'un nombre fini de composantes irréductibles ; les compo-
santes irréductibles de Spec(A) contenant p sont les ensembles V(q), où q est un idéal
premier minimal contenu dans p. L'assertion d) résulte alors du cor., 6 ) de la prop. 1
du no 1.
Démontrons enfin e). Il s'agit de prouver que, pour toute chaîne p, c ... c p,
d'idéaux premiers de A telle que a c p,, on a dim(A) 3 n + 1. Vu l'hypothèse faite
sur a, il existe un idéal premier p - , de A contenu dans p,, distinct de p,, et
,
p - c p, c ... c p, est une chaîne d'idéaux premiers de A, de longueur n + 1.
Remarque 1 . - Soit p :A + B un homomorphisme d'anneaux. Alors dim(B) est la
borne supérieure des nombres dim(B/p(p).B), où p parcourt l'ensemble des idéaux
premiers minimaux de A : en effet, pour tout idéal premier minimal q de B, il existe
un idéal premier minimal p de A contenu dans p l ( q )(II, 4 2, no 6, lemme 2) et l'on a

par la prop. 6, a ) ; on conclut par la prop. 6, c).

DÉFINITION 6. - Soit a un idéal d'un anneau A. La codimension de V(a) dans Spec(A)


est appelée hauteur de l'idéal a et notée ht(a).
No 3 DIMENSION DE KRULL AC VI11 . 9

Supposons A intègre. Alors les idéaux premiers de hauteur 1 de A au sens de la déf. 4


de VII, 9 1, no 6, sont les idéaux premiers de hauteur 1 au sens de la définition ci-
dessus.

PROPOSITION 7. - a ) La hauteur d'un idéal premier p de A est la borne supérieure des


longueurs des chaînes d'idéaux premiers p, c ... c p,, telles que p,, = p.
b) Soient p un idéalpremier de A ~ r at un idéal de A. Alors on a dim(A,/aA,) = - cc
si a n'est pas contenu dans p et dim(AP/aAP)= codim(V(p), V(a)) si a est contenu dans
p. En particulier, si p est un idéal premier de A, on a dim(A,) = ht(p).
c ) Si a est un idéal de A, on a ht(a) = inf ht(p) = inf dim(A,) où p parcourt l'ensem-
P P
ble des idéaux premiers de A contenant a.
L'assertion a ) est la traduction de la déf. 3, a ) du no 2. L'assertion b ) résulte du
fait que l'application q ++q(AP/aAP)est un isomorphisme croissant de l'ensemble des
idéaux premiers q de A tels que a c q c p sur l'ensemble des idéaux premiers de
l'anneau local AP/aAP(II, 5 2, no 5, prop. 11). Soit a un idéal de A ;les parties fermées
irréductibles de V(a) sont les ensembles V(p), où p est un idéal premier de A contenant
a. L'assertion c ) résulte donc de la remarque 1 du no 2.

COROLLAIRE. - Soient p un idéal premier de A et S une partie multiplicative de A ne

rencontrant pas p. Alors ht(p) = ht(Sp'p).


Cela résulte de la prop. 7, a), et de 11, 4 2, no 5, prop. 11.

PROPOSITION 8. Soit A un anneau.


-

a ) On a dim(A) = sup dim(A,,) = sup ht(m), où m parcourt l'ensemble des idéaux


m m
maximaux (resp. premiers) de A.
b ) Soient b un idéal de A distinct de A et a un idéal de A contenu dans 6. Alors on a
codim(V(b), V(a)) + dim(A/b) < dim(A/a). En particulier, pour tout idéal b de A
distinct de A, on a l'inégalité ht(b) + dim(A/b) < dim(A).
La première assertion résulte de la remarque 2 du no 2 et de la prop. 7, b). La
seconde résulte de la prop. 3, a ) du no 2 et des relations dim(A/b) = dim(V(b)),
dim(A/a) = dim(V(a)).

DEFINITION 7. - On dit qu'un anneau A est caténaire si l'espace topologique Spec(A)


est caténaire (no 2, déf. 4).
Cela signifie donc que, pour tout couple (p, q) d'idéaux premiers de A tel que
q c p, toutes les chaînes saturées d'idéaux premiers de A d'extrémités p et q ont pour
longueur codim(V(p), V(q)) = dim(A,/qA,).
Remarques. - 2) Tout anneau quotient d'un anneau caténaire est caténaire. Pour
que l'anneau A soit caténaire, il faut et il suffit que, pour tout idéal premier p de A,
l'anneau Ap soit caténaire.
3) D'après la prop. 7, b ) et la prop. 4 du no 2, l'anneau A est caténaire si et seulement
si, pour tout triplet (p, q, r) d'idéaux premiers de A tel que r c q c p, on a
AC VI11 .10 DIMENSION 91
dim(A,/qA,) + dim(A,/rA,) = dim(A,/rAp). Si A est intègre et de dimension finie,
+
alors A est caténaire si et seulement si on a ht(q) dim(A,/qA,) = ht(p) pour tout
couple (p, q) d'idéaux premiers de A tel que q c p. En effet, l'espace topologique
Spec(A) est alors irréductible et de dimension finie, et on applique le corollaire à la
prop. 4 du no 2.
4) Soit A un anneau de dimension finie, dont toutes les chaînes maximales d'idkaux
premiers ont même longueur. Alors A est caténaire, on a ht(p) + dim(A/p) = dim(A)
pour tout idéal premier p de A, et dim(A,/qA,) + dim(A/p) = dim(A/q) pour tout
couple (p, q) d'idéaux premiers de A tel que q c p (no 2, prop. 5).
5) Nous verrons au $ 2, no 4, que toute algèbre de type fini sur un corps est un
anneau caténaire. 11 existe des anneaux locaux noethèriens qui ne sont pas caténaires
(p. 83, exerc. 16).

4. Dimension d'un module de type fini

DÉFINITION 8 . Soient A un anneau et M un A-module de type fini. On appelle


dimension de Krull (ou simplement dimension ') du A-module M et on note dimA(M)
(ou dim(M) s'il n'y a pas d'ambiguïté) la dimension de Krull du support de M (II, 9 4,
no 4, déf. 5).
Le support du A-module A est Spec(A) ; la dimension du A-module A est donc
égale à la dimension de l'anneau A.
Soient M un A-module de type fini et a son annulateur ; on a

(II, 5 4, no 4, prop. 17). Par suite coincident la dimension du A-mudule M, la dimension


du A-module A/a, la dimension de l'anneau A/a et la dimension du (A/a)-module M ;
c'est la borne supérieure de l'ensemble des longueurs des chaînes p, c ... c p,,
d'idéaux premiers de A telles que a c p,. D'après la prop. 6, c) du no 3, la dimension
de M est aussi la borne supérieure des dimensions des anneaux (ou des A-modules)
A/p, où p parcourt l'ensemble des idéaux premiers de A, minimaux parmi ceux qui
contiennent a.
Remarques. - 1 ) Soient A un anneau noethérien et M un A-module de type fini.
Il est équivalent de dire que dimA(M)< O, ou que les éléments de Supp(M) sont des
idéaux maximaux de A, ou que M est de longueur finie (IV, 9: 2, no 5, prop. 7).
2) Si M est un module de type fini sur un anneau noethérien A, dim,(M) est la
borne supérieure des nombres dim(A/p), où p parcourt l'ensemble AssA(M)des
idéaux prcmiers de A associés a M (IV, 5 1, no 4 th. 2).

l Si A est un corps, la dimension de Krull de M est < O. Il y aura lieu de ne pas confondre
la dimension de Krull de M et la dimension (ou rang) de l'espace vectoriel M sur le corps A
(A, II, p. 97, déf. 1).
No 5 DIMENSION DE KRULL AC VI11 .11

PROPOSITION 9. - Soient A un anneau et M un A-module de typejini.


a ) Pour tout p E Supp(M), on u dimAp(M,) = codim(V(p), Supp(M)).
b) dimA(M)est la borne supérieure des dimAp(M,),où p purcourt Spec(A) (resp. où p
parcourt l'ensemble des idéaux maximaux de A upparleiiant à Supp(M)).
c ) Soit M' un sous-module de typefini de M ;alors

a ) Soit a l'annulateur de M ; alors l'annulateur du A,-module M, est aA, (II, 5 2,


no 4, formule (9)), d'où dimA,,(M,) = dim(A,/aA,). On conclut par la prop. 7, h) du
no 3.
6 ) Cela résulte aussitôt de a ) et du fait que dimAp(M,)= - cc si p n'appartient
pas à Supp(M).
c) On a Supp(M) = Supp(M1)u Supp(M/M1)(II, 9: 4, nu 4, prop. 16), et on applique
la prop. 1 du no 1.
Remarque 3. - Sous les conditions de la prop. 9, c), on a codim(Supp(M), Spec(A)) =
inf(codim(Supp(M1),Spec(A)), codim(Supp(M/M1), Spec(A))). Cela résulte de la
formule Supp(M) = Supp(M1)u Supp(M/M1)et de la remarque 4 du no 2.

5. Cycles associés à un module

Dans ce numéro, on note A un unneau noethérien.


Soit Z(A) le Z-module libre de base l'ensemble des parties fermées irréductibles
de Spec(A); pour toute partie fermée irréductible Y de Spec(A), on note [Y] l'élément
correspondant de Z(A). Les éléments de Z(A) s'appellent parfois des cycles.
Soit M un A-module de type fini. Pour tout idéal premier p de A qui est un élément
minimal de Supp(M), on a O < longAp(M,) < co (IV, Q: 2, no 5, cor. 2 à la prop. 7 e,t
Q: 1, no 4, th. 2) ; on pose

où p parcourt l'ensemble fini des idéaux premiers minimaux de Supp(M).


Remarque. - Pour tout p E Spec(A), on a z(A/p) = [V(p)]. Plus généralement, soit
M un A-module de type fini, et soit (Mi),,,,, une suite de composition de M telle
que pour O < i < n - 1, le module MilMi+, soit isomorphe à Alpi, où pi est un
idéal premier de A (4IV, 9: 1, no 4, th. 1 ) ; alors on a z(M) = 1[V(pi)], où J est la
itJ
partie de 1 formée des i tels que pi soit un élément minimal de {p,, ..., p,-, 1 (IV, 5 1,
no 4, th. 2 et Q: 2, no 5, remarque 1).
Pour tout entier d, notons Z,, (resp. Z,, resp. Zad, resp. Zd)le sous-Z-module de
Z(A) engendré par les éléments [V(p)] où p est un idéal premier de A tel que
dim(A/p) ,< d (resp. dim(A/p) = d, resp. ht(p) 3 d, resp. ht(p) = d). On dit que les
AC VI11 .12 DIMENSION 9l
éléments de Zd (resp. Zd)sont les cycles de dimension d (resp. de codimension d). On a
évidemment
~ 3 -d z3d+1 O zd.
Z<d = Z,d- 1 @ Zd,
Soit par ailleurs C l'ensemble des classes de A-modules de type fini (A, VIII, $3, no 5),
et pour chaque entier d, soit C?,, (resp. Cad) la partie de C? formée des classes de
A-modules de type fini de dimension < d (resp. dont le support est de codimension
b d dans Spec(A)).

Lemme 1. Soient M un A-module de typejni et d un entier.


-

a) Pour que M soit de type(:,,, ilfaut et il suffitque z(M) E Zsd ; la projection zd(M)
de z(M) sur Z, parallèlekent à Z,,-, est alors dorznée par

b) Pour que M soit de type il faut et il suffit que z(M) E Z a d ; la projection


'
zd(M)de z(M) sur Zd parallèlement à Z3d+ est alors donnée par

Pour que M soit de type e,,, c'est-à-dire de dimension < d, il faut et il suffit que
pour tout idéal premier minimal p de Supp(M), on ait dim(A/p) d d, ce qui signifie
que z(M) E Zdd. Supposons qu'on ait dim(M) d d, et soit p E Spec(A) tel que
dim(A/p) = d ; alors, ou bien p $ Supp(M) et donc M, = O, ou bien p E Supp(M),
et p est un élément minimal de Supp(M) ; le coefficient de [V(p)] dans z(M) est dans
les deux cas longAp(Mp),d'où a). La partie b) se démontre de façon analogue ; on
notera qu'un module M de type fini est de type eadsi et seulement si l'on a M, = O
pour tout idéal premier p de hauteur < d.
D'après la prop. 9, c) et la remarque 3 du no 4, les ensembles C?,, et c~~sont hérédi-
taires (A, V111, $ 10, no 1, déf. l), et l'on peut considérer les groupes de Grothendieck
K(C",,) et K(C"ld)correspondants (loc. cit., no 2) ; pour tout A-module M de type
es, (resp. ead), notons [Ml,, (resp. [Mlad) l'élément associé dans K(C,,) (resp.
K(C3d)). D'après le lemme 1, les fonctions zd et zd sont additives; il existe donc
(loc. cit., prop. 3) des homomorphismes

tels que l,,([M],,) = zd(M)pour tout A-module M de type C,, et id([Nlad)= zd(N)
pour tout A-module N de type e a d .Par ailleurs, puisqueC,,-, c C,, etCdd+l =e>d,
on a des homomorphismes canoniques

Avec ces notations :


PROPOSITION
10. -- Les suites de Z-modules et d'homomorphismes

sont exactes.
On a ( , O id = O d'après le lemme 1. Pour tout p E Spec(A) tel que dim(A/p) = d,
on a C,([A/p],,) = zd(A/p) = [V(p)], donc l'homomorphisme 6, est surjectif. D'après
IV, 3 1, no4, th. 1, K((:,,) est engendré par les [A/p],,, où p E Spec(A)et dim(A/p) < d;
k
par conséquent, tout élément E, de K(C,,) peut s'écrire 5 = i,(q) + ni[A/pi],,,
i= 1
k
avec q E K ( ( i S d,), ni E Z et dim(A/pi)=d pour 1 6 i < k ; on a Cd(t)= C ni[V(pi)]
i= 1
et par conséquent cd(\) = O implique 5 = id(q)E Im(id),d'où Ker((,) = Im(i,).
On raisonne de même pour la seconde suite.
Exemples. - 1) Supposons A noethérien et intègre. Alors on a ZO = Z.[Spec(A)] ;
on a C"' = C et zO(M)= rg(M).[Spec(A)]. Les modules de type e2' sont donc les
modules de torsion.
2) Supposons A noethérien et intégralementclos. Alors Z1 s'identifie au groupe D(A)
des diviseurs de A introduit au chapitre VI1 (3 1, no 3, th. 2, et no 6, th. 3). Les modules
de type e" sont les modules pseudo-nuls (VII, $4, no 4, déf. 2) ; si M est un module de
torsion de type fini, alors zl(M) E Z1 = D(A) est le contenu x(M) de M (VII, 5 4, no 5,
déf. 4). Les prop. 10 et 11 de /oc. cit. sont donc équivalentes à l'exactitude de la suite
K ( P 2 ) + K ( e 2 ' ) + Z1 + 0.
3) Les modules de type C,, sont les modules de dimension < 0, c'est-à-dire les
modules de longueur finie (no 4, remarque 1). On a long,(M) = &(zO(M)) pour tout
A-module de longueur finie M, où E :ZO+ Z associe à la combinaison linéaire
2 n,[V(m)] l'entier n m (IV, $2, no 5, corollaire à la prop. 8).
m m
4) Supposons A intègre et de dimension jnie. Posons d = dim(A). Alors on a
C,, = C, Zd = Z.[Spec(A)] = ZO, zd(M) = rg(M).[Spec(A)] = zO(M),et les mo-
,
dules de type e , , sont les modules de torsion.

$ 2. DIMENSION DES ALGÈBRES

1. Dimension et platitude

Soit p :A -, B un homomorphisme d'anneaux. On note (PM) la condition sui-


vante :
(PM) Il existe un B-module N fidèlement plat sur A tel que, pour tout idéal premier q
de B, on ait N O ,~ ( q #
) O.
AC VI11 .14 DIMENSION 42

Remarques. - 1 ) La condition (PM) est satisfaite lorsqu'il existe un B-module de


type fini, fidèlement plat sur A et de support égal à Spec(B).C'est le cas, en particulier,
si le A-module B est fidèlement plat.
2) L'existence d'un B-module N fidèlement plat sur A implique I'injectivité de p
(1, $ 3, no 5, prop. 8), et la surjectivité de l'application "p :Spec(B) 4 Spec(A) (II, 9 2,
no 5, cor. 4 a la prop. 11).
3) Supposons que p :A -t B soit un homomorphisme local d'anneaux locaux et
qu'il existe un B-module N plat sur A et tel que N OB~ ( q #) O pour tout idéal pre-
mier q de B. Alors N est,fidèlement plat sur A et p jouit donc de la propriété (PM) :
en effet on a Njm,N = N @, ~ ( m , )# O, donc N # m,,N et a fortiori N # mAN,
et la conclusion résulte de la prop. 1 de 1,s 3, no 1.

PROPOSITION 1. - Soit p :A + B un homomorphisme d'anileaux satisfaisant à la


condition (PM).
a ) Soit h : A + A' un homomorphisme d'anneaux. Alors l'homomorphisme
p' :A' -t A' BAB déduit de p satisfait à la condition ( P M ) .
b ) Soient q un idéal premier de B et p = pp'(q). L'homomorphisme canonique
p, :A, -t B, satisfait à Eu condition (PM).
c ) Soient q un ideal premier de B et p = p-'(q). Pour tout idéal premier p' de A
contenu dans p , il existe un idéal premier q' de B au-dessus de p' et contenu dans q.
Soit N un B-module fidèlement plat sur A et tel que N O,, ~ ( q #) O pour tout idéal
premier q de B.
Démontrons a). Le A'-module N' = A' O, N est fidèlement plat (1, 5 3, no 3,
prop. 5) ;soient q' un idéal premier de B' = A' O, B et q son image réciproque dans B.
On a des isomorphismes

comme on a N O,, ~ ( q #) 0, on a aussi N' O, ~ ( q ' # ) 0.


Démontrons b). D'après les prop. 13 et 14 de 11,93, nu 4, le A,-module Nq est plat.
D'autre part, soit b' un idéal premier de Bq ; il est de la forme bB, où b est un idéal
premier de B contenu dans q (II, $ 3, no 1,prop. 3) ;on a N O,, ~ ( b #) 0 vu l'hypothèse
) isomorphe à N O,, ~ ( b ' )on
faite sur N, et comme N, Ollq~ ( b 'est , a N, ~ ( b '#) 0.
La remarque 3 permet de conclure.
Démontrons c). L'homomorphisme local p, :A, + Bq déduit de p satisfait à la
condition ( P M ) d'après b). L'application Spec(B,) + Spec(A,) est donc surjective
(remarque 2), ce qu'on voulait démontrer.

COROLLAIRE. - Soit F une partie fermée de Spec(A). Si Y est une composante irréduc-

tible de l'image réciproque de F par l'appliccition "p : Spec(B) + Spec(A), dors l'adhé-
rence de "p(Y) est une composante irréductible de F.
Soient en effet a un idéal de A tel que F = V(a) et q l'idéal premier de B tel que
Y = V(q). L'image réciproque par "p de F est la partie V(p(a)B) de Spec(B) et
l'adhérence de "p(Y)est la partie fermée irréductible V(p- ' (q)) de Spec(A).
AC VI11 .16 DIMENSION 92
canonique h :B -+ B O, ~ ( p ) induit
, un homéomorphisme de Spec(B 8, ~ ( p )sur ) le
sous-espace Tp)-'(p) de Spec(B)formé des idéaux premiers de B uu-dessus de p.
L'homomorphisme h est composé de l'homomorphisme de passage au quotient
de B dans B/p(p) B et de l'homomorphisme canonique de B/p(p) B dans son anneau de
fractions (p(A - p))- '(B/p(p) B). D'après la remarque et le corollaire à la prop. 13 de
II, 9: 4, no 3, "h induit donc un homéomorphisme de Spec(B O, ~ ( p )sur ) le sous-
espace de Spec(B) formé des idéaux premiers q de B qui contiennent p(p) et sont
disjoints de p(A - p), c'est-à-dire qui sont au-dessus de p.
Remarque 5. - D'après la prop. 2 et le lemme 1, on a donc, sous les hypothèses de la
prop. 2, l'inégalité
(4) dim(Spec(B)) 3 dim(Spec(A)) + inf dim("p- ' (p)) .
ptSpec(A)

2. Dimension d'une algèbre de type fini

PROPOSITION
3.-Soit p:A -+ B un homomorphisme d'anneaux. Posons
n = sup dim(B O, ~ ( p ) ) On
. a l'inégalité
pe Spcc(A)

On peut supposer dim(A) # - co et n < + co. Soit q, c ... c q, une chaîne


d'idéaux premiers de B ; posons p, = pP'(q,). La suite des p, est croissante, donc
l'ensemble de ses valeurs est de cardinal < dim(A) + 1. Pour chaque p E Spec(A),
l'ensemble des q, tels que p, = p est une chaîne de la partie "p-'(p) de Spec(B),
donc est de cardinal inférieur à dim(B O, ~ ( p ) +) 1 (no 1, lemme l), et par
conséquent à ( n + 1). Il en résulte que m + 1 < (dim(A) + l ) ( n + l), d'où la
proposition.
Remarque 1. - Si les anneaux A et B sont noethériens, nous verrons ci-dessous (5 3,
no 4, cor. 2 à la prop. 7) qu'on a l'inégalité dim(B) < dim(A) + n, plus forte que celle
de la prop. 3.

COROLLAIRE 1. - Supposons qu'on ait dim(A) < + co et qu'il existe un entier n tel
) n pour tout p E Spec(A). Alors on u dim(B) < + m.
que dim(B O, ~ ( p ) <

COROLLAIRE 2. - Soient A un anneuu et B = A[X] l'unneuu des polynômes en une


indéterminée à coefficients dans A. On a :

La première inégalité a déjà été démontrée (9 1, no 3, exemple 4). Démontrons la


seconde. Pour tout idéal premier p de A, l'anneau B O, ~ ( p )isomorphe
, à K(~)[X],
est principal et n'est pas un corps, donc est de dimension 1 (9 1, no 3, exemple 2), et
l'inégalité résulte de la prop. 3.
Remarque 2. - Nous verrons plus loin (9 3, no 4, cor. 3 à la prop. 7) que, si A est
noethérien, on a dim(A[X]) = 1 + dim(A).
Cependant, quels que soient les entiers n et q avec n + 1 d q d 2n + 1, il existe
un anneau A de dimension n tel que dim(A[X]) = q (voir p. 84, exerc. 7).

COROLLAIRE 3. - Si A est de dimension finie, toute A-algèbre non nulle de type fini
est de dimension finie.
On déduit en effet du cor. 2, par récurrence sur n, que l'anneau AIT,, ..., T,]
est de dimension finie si A est de dimension finie ;u fortiori, tout quotient non nul de
A[T,, ..., T,] est de dimension finie (3 1, no 3, prop. 6).

3. Dimension d'une algèbre entière

Lemme 2. - Soit p :A + B un homomorphisme d'anneaux tel que, pour touf idéal


premier p de A, la ~(p)-algèbreB O , ~ ( psoit
) entière (V, 1, no 1, déf. 2). Soient q
et q' deux idéaux premiers de B tels que q c q' et q # q'. Alors p-'(q) # p- '(q').
En effet, si q et q' sont au-dessus d'un même idéal premier p' de A, on a
dim(B 8, ~ ( p ) 3) 1 d'après le lemme 1 du no 1, ce qui contredit le fait que
) O (9 1, no 3, exemple 6).
dim(B O , ~ ( p ) d

THÉORÈME 1. - Soit p :A -t B un homomorphisme d'anneaux faisant de B une A-


algèbre entière.
a ) Soit M un A-module de type fini. Alors on a dim,(M 8 , B) < dimA(M).En
particulier, on a dim(B) < dim(A). Si l'application "p :Spec(B) + Spec(A) est sur-
jective, par exemple (V, § 2, no 1, th. 1) si p est injectif, on a dim,(M @, B) = dimA(M),
et en particulier dim(B) = dim(A).
b ) Soient b un idéal de B et a = pP1(b) son image réciproque dans A.
On a ht(b) d ht(a) et dim(B/b) = dim(A/a). Si "p :Spec B -, Spec A est surjective,
on a ht(aB) < ht(a) pour tout idéal a de A.
c ) Supposons B finie sur A et soit N un B-module de type fini. Alors on a
dim,(N) = dimA(N). En particulier, on a dim(B) = dimA(B).
Démontrons a). D'après la prop. 5 de V, fj 1, no 1, la ~(p)-algèbreB 8 , ~ ( p )
est entière pour tout idéal premier p de A. Soit q, c ... c q, une chaîne d'idéaux
premiers de B ;d'après le lemme 2, les idéaux p, = p- '(qi) sont deux à deux distincts,
donc p, c ... c p, est une chaîne d'idéaux premiers de A, d'où m < dim(A). On a
donc dim(B) < dim(A).
Supposons maintenant que l'application "p soit surjective. Soit p, c ... c p,
une chaîne d'idéaux premiers de A ; il existe donc un idéal premier q, de B au-dessus
de p,. D'après le cor. 2 au premier théorème d'existence (V, § 2 no 1, th. l), on peut
construire, par récurrence sur n, une chaîne q, c ... c q, d'idéaux premiers de B
telle que qi soit au-dessus de pi pour O d i d n. On a donc n < dim(B) et par suite
dim(A) d dim(B).
AC VIII. 18 DIMENSION 92

Cela démontre a) dans le cas où M = A. Dans le cas général, notons a i'annu-


lateur de M, de sorte que le support de M s'identifie à Spec(A/a), et qu'on a
dim,(M) = dim(A/a). D'après II, 4, no 4, prop. 19, le support de M 8 , B est
l'image réciproque par "p du support de M, donc s'identifie à Spec(B/p(a) B), et on a
dim,(M O, B) = dim(B/p(a) B). II reste à remarquer que I'homomorphisme
p' : A/a + B/p(a) B déduit de p fait de B/p(a) B une (A/a)-algèbre entière, et que "p'
est surjectif lorsque "p l'est.
Démontrons b). D'après la prop. 7 du § 1, no 3, il suffit de prouver que
ht(b) < dim(A,) pour tout idéal premier p de A contenant a ; soit p un tel idéal.
D'après V, 2, no 1, cor. 2 au th. 1, il existe un idéal premier q de B au-dessus de p
et contenant 6, et on a ht(b) < dim(Bq)d'après la prop. 7 du 5 1, no 3.
Or Bq s'identifie à un anneau de fractions de la A,-algèbre entière B @, A,,
d'où
dim(Bq) d dim(B O, A,) d dim(A,)

d'après la prop. 6 du 1, no 3 et l'assertion a) ci-dessus. On a ainsi prouvé l'iné-


galité ht(b) < ht(a). Par ailleurs, l'homomorphisme de A/a dans B/b déduit de p
est injectif et fait de B/b une (A/a)-algèbre entière; on a donc dim(B/b) = dim(A/a)
d'après a). Supposons "p surjective et soient a un idéal de A et p un idéal premier
de A contenant a. 11 existe par hypothèse un idéal premier q de B au-dessus die p.
On a aB c q, d'où ht(aB) d ht(q) < ht(p) d'après ce qui précède. Passant à la
borne inférieure, on obtient ht(aB) < ht(a).
Enfin, c) résulte de b) appliqué à l'annulateur b de N.

THÉORÈME 2. - Soient A un anneau intégralement clos, et B un anneau contenant A,


entier sur A. On suppose que B est un A-module sans torsion. Pour tout idéal a de A,
on a ht(a) = ht(aB). Soient b un idéal de B et a = b n A ; on a alors ht(a) = ht(b).
Soit p l'application canonique de A dans B. Soient a un idéal de A. Si a = A,
la première égalité est claire. Supposons a # A. Comme p est injectif, "p est sur-
jectif (V, $ 2, no 1, th. 1). Par suite aB # B. Soit alors q un idéal premier de B con-
tenant aB. Posons p = q n A. On a a c p, d'où ht(a) < ht(p). Soit p, c ... c p,
une chaîne d'idéaux premiers de A avec p, = p. D'après le deuxième théorème
d'existence (V, $ 2, no 4, th. 3), on construit par récurrence une chaîne q, c ... c q,
d'idéaux premiers de B telle que q, = q et q, soit au-dessus de pi pour O < i < n.
On a n < ht(q), d'où ht(a) ,< ht(q). En passant à la borne inférieure on obtient
ht(a) < ht(aB) ($ 1, no 3, prop. 7). L'inégalité ht(aB) < ht(a) résulte du th. 1, d'où
la première égalité. Soit b un idéal de B. Posons a = p-'(6). On a aB c b, d'où
ht(a) = ht(aB) < ht(b). L'inégalité ht(b) < ht(a) résulte du th 1, d'où le théorème.

Remarque. - Soient A un anneau intègre et B un anneau contenant A, entier sur


A. Soit p un idéal premier de A tel que la clôture intégrale de A, soit un anneau local.
O n peut démontrer que, pour tout idéal premier q de B au-dessus de p, on a
ht(p) = ht(q) (p. 85, exerc. 9) foisque B est ii~tègre.
4. Algèbres de type fini sur un corps

Dans ce numéro, k désigne un corps.


Lemme 3 . Soient A une k-algèbre de type fini et po c ... c p, une chaîne maximale
d'idéaux premiers de A. Il existe un entier n 3 m, une suite (x,, ..., x,) d'éléments
de A, algébriquement libre sur k (A, IV, p. 4), et telle que :
a ) A soit entier sur l'anneau B = k[xl, ..., x,] ;
b) pour tout j tel que O < j < m, l'idéal p, n B soit engendré par les x, avec
l<k<n-m+j.
D'après le lemme de normalisation (V, 9 3, no 1, th. 1), il existe un entier n 2 O,
une suite finie (x,, ..., x,) d'éléments de A algébriquement libre et une suite crois-
sante (h(j)),,,,, d'entiers < n telle que l'idéal p, n B soit égal à l'idéal premier q,
de B engendré par les x, avec 1 < k < h(j), et que A soit entier sur l'anneau B. Soit j
un entier tel que O < j c m. Par passage aux quotients, on déduit de l'injection
canonique de B dans A un homomorphisme injectif de B/ql dans A/p, qui fait de
A/pl une (B/q,)-algèbre finie. Comme l'anneau B/q, est isomorphe à une algèbre
de polynômes en n - h ( j ) indéterminées sur k, il est intégralement clos (V, 9 1,
no 3, cor. 3 de la prop. 13). D'après le th. 2 du no 3, on a donc

IlenrésultequeI'on a h ( j + 1) < h ( j ) + 1 et qj+, # q,, d'où h ( j + 1) = h(j) + 1.


Mais on a h(m) = n puisque q, est maximal (V, § 2, no 1, prop. l), d'où finalement
h(j) = n - m + j.

THÉORÈME3. - Soit A une k-algèbre de type fini.


a) Pour tout idéal premier minimal p de A, toutes les chaînes maximales d'idéaux
premiers de A d'origine p ont pour longueur l'entier deg.tr,~(p).
b) L'anneau A est caténaire et sa dimension est la borne supérieure des entiers
deg.tr,~(p),où p parcourt les idéaux premiers minimaux de A.
c) Si A est intègre, alors toutes les chaînes maximales d'idéaux premiers de A
ont la même longueur, et la dimension de A est le degré de transcendance sur k du corps
des fractions de A.
Supposons A intègre et considérons une chaîne maximale p, c ... c p, d'idéaux
premiers de A. On a p, = O. On déduit alors du lemme 3 l'existence d'un homo-
morphisme injectif <p :k[X, , ..., X,] + A de k-algèbres qui fait de A une k[X, , ..., X,]-
algèbre finie. Par suite, le degré de transcendance sur k du corps des fractions de A
est égal à m, d'où c). L'assertion a) résulte de l'assertion c ) appliquée à l'anneau A/p
et l'assertion b) est une conséquence immédiate de a) et de la prop. 5 du 5 1, no 2.

1. - Soit n un entier positif. On a


COROLLAIRE
dim(k[X,, ..., X,]) = n
AC VI11 .20 DIMENSION 92

Pour qu'une k-algèbre A de typefini soit de dimension n, il faut et il suffit qu'il existe
un k-homomorphisme injectif <p :k [ X ,, ..., X,] -+ A faisant de A une algèbre finie
sur k [ X ,, ..., X,].
Cela résulte du th. 3, du lemme de normalisation (V, § 3, no 1, th. 1) et du th. 1, a )
du no 3.

COROLLAIRE 2. - Soit A une k-algèbre intègre de typefini. Pour tout idéal premier p
de A, on a

En particulier, on a ht(m) = dim(A,) = dim(A) pour tout idéal maximal m de A.


Cela résulte du th. 3 et de la remarque 4 du 4 1, no 3.

COROLLAIRE 3. -Soit A une k-algèbre de typejini et soit f un élément de A qui n'appar-


tienne à aucun idéal premier minimal de A (par exemple un élément de A non diviseur
de zéro, c j IV, 9 1, no 1, cor. 3 à la prop. 2 et no 3, cor. 1 à la prop. 7). On a
dim(A) = dim(AJ).
L'application p ++ pAJ est une bijection de l'ensemble des idéaux premiers mini-
maux de A sur l'ensemble des idéaux premiers minimaux de As. Par ailleurs les
anneaux A/p et Af/pAJ = ont même corps des fractions. Il suffit donc d'appli-
quer le th. 3, b).

COROLLAIRE 4. - Soient A une k-algèbre de type fini et p un idéal premier de A.


a ) Pour que p soit maximal, il faut et il suffit que le corps des fractions de A/p soit
une extension finie de k.
b ) Soit f E A - p ; l'idéal p est un idéal maximal de A si et seulement si pAf est
un idéal maximal de Af .
Si p est un idéal maximal de A, alors A/p est un corps, donc un anneau de dimen-
sion 0 ; c'est une extension de type fini de k dont le degré de transcendance est O
(th. 3, c)), c'est donc une extension finie de k. Réciproquement, si le corps des fractions
de À/p est une extension finie de k, on a dim(A/p) = O donc p est maximal. L'asser-
tion b ) résulte de l'assertion a ) compte tenu que A/p et Af/pAf ont même corps des
fractions.
L'assertion a) du cor. 4 est une forme du théorème des zéros (V, 5 3, no 3, prop. 1).

COROLLAIRE 5. - Soient A une k-algèbre de typefini, p un idéal premier de A et (pi)itI


la famille des idéaux premiers minimaux de A contenus dans p. On a :

dim,(A) = sup dim(A/pi)


id

= dim(A,) + dim(A/p)
AC VI11 .22 DIMENSION 92

Passons au cas général. Tout idéal premier minimal p de B est formé de diviseurs
de zéro dans B, donc est au-dessus de l'idéal O de A. 11 en résulte que l'application
p H p .(B K) est une bijection de l'ensemble des idéaux premiers minimaux de B
sur l'ensemble des idéaux premiers minimaux de B O, K. La proposition résulte
donc de la première partie de la démonstration et de la prop. 6, c ) du 6 1, no 3.

COROLLAIRE.-- Soit p :A + B un homomorphisme injectif de k-algèbres de type fini.


On a dim(A) < dim(B).
En effet, soit p un idéal premier minimal de A tel que dim(A) = dim(A/p). Il
existe un idéal premier q de B au-dessus de p (II, 9 2, no 6, prop. 16). D'après la prop. 4
appliquée à A/p et B/q, on a dim(A) = dim(A/p) ,< dim(B/q) < dim(B), d'où le
corollaire.

Lemme 4. - Soient A et B deux k-algèbres intègres, M un A-module sans torsion,


N un B-module sans torsion. Si l'anneau A @, B est intègre, alors M @, N est un
module sans torsion sur A 8, B.
Soit K (resp. L) le corps des fractions de A (resp. B). Il existe un ensemble 1 (resp. J)
tel que M (resp. N) soit isomorphe à un sous-module de K'" (resp. L'J)). Le (A @, B)-
module M O, N est alors isomorphe à un sous-module de K(') O, L(", qui est iso-
morphe à (K @, L)"" ". Comme K @, L est un anneau de fractions de l'anneau
intègre A O, B, c'est un module sans torsion sur A O, B, d'où le lemme.

PROPOSITION 5. - Soient k' une extension de k, A une k-algèbre de type fini et B


une k'-algèbre de type,fini.
a ) La k'-algèbre A @, B est de type fini et on a

b) Soit r un idéal premier de A @, B ; notons p (resp. q) l'image réciproque de r


dans A (resp. B). On a
dim,(A @, B) = dim,(A) + dim,(B) .
Posons n = dim(A) et m = dim(B). Il existe d'après le cor. 1 au th. 3 des homo-
morphismes injectifs d'algèbres cp :k[Xl, ..., X,] -+ A et \I, :kf[Y1, ..., Y,] + B faisant
respectivement de A et B des algèbres finies sur k[X, , ..., X,] et kf[Y1, ..., Y,]. L'homo-
morphisme cp @ \Cr est alors injectif et fait de A @, B une algèbre finie sur la kt-algèbre
k[X,, ..., X,] O, k'w,, ..., Y,] qui s'identifie à k'[X,, ..., X,, Y,, ..., Y,]. On a
donc dim(A @, B) = n + m d'après le cor. 1 au th. 3, ce qui prouve a).
Remarquons que lorsque A et B sont intègres, A @,B est un k'[X, ,...,X,, Y,, ...,Y,]-
module sans torsion d'après le lemme 4 et qu'on a donc
dim,(A O, B) = n + m = dim(A) + dim(B)
pour tout idéal premier r de A O, B d'après la remarque 1.
Prouvons maintenant b). Soit r, un idéal premier minimal de A @, B contenu
dans r, et notons p , (resp. q,) l'image réciproque de r, dans A (resp. B). L'anneau
(A 8, B)/ro est isomorphe à un quotient de l'anneau (A/p,) O, (B/qo). On a donc,
d'après a),
dim((A 8 , B)/ro) d dim(A/p,) + dim(B/qo).
Appliquant le cor. 5 au th. 3, on en déduit l'inégalité

Inversement, soit p, (resp. q,) un idéal premier minimal de A (resp. B) contenu


dans p (resp. q). D'après la remarque faite ci-dessus, on a

où T est l'image de r par la surjection canonique A 8 , B + (A/po) O,(Blq,).


Le second membre de l'égalittt précédente est évidemment inférieur à dim,(A O , B).
Appliquant le cor. 5 au th. 3, on en déduit l'inégalité

ce qui achève la démonstration.

COROLLAIRE.Soient A une k-algèbre de type $ni, k' une extension de k, et A' la


-

k'dgèbre A 8, k'.
a ) On a dim(A1) = dim(A).
b ) Soient p' un idéal premier de A' et p son image réciproque dans A ; on a
dim,, (A') = dimp(A).
c ) Soient p' un idéal premier minimal de A' et p son image réciproque dans A. Alors
p est minimal et l'on a dim(A'/pl) = dim(A/p).
Les assertions a ) et b ) se déduisent de la prop. 5 en y prenant B = k'. Démontrons c).
L'idéal p est minimal (no 1, prop. 1) et l'on a

Remarque 2. - Supposons l'extension k' de k radicielle. Alors l'application cano-


nique f : Spec(A1)+ Spec(A) est un homéomorphisme.
Soit en effet p E Spec(A). D'après le lemme 1 du no 1, l'espace f -'({pl) est homéo-
morphe à Spec(~(p)8, k'). Or l'ensemble a des éléments nilpotents de ~ ( pO ) , k'
est un idéal premier (A, V, p. 134, corollaire) et l'anneau quotient ( ~ ( pO ) , kf)/a,
intègre et entier sur ~ ( p )est
, un corps (A, V, p. 16, cor. 1 et p. 10, prop. 1). Par consé-
quent j -'({ p )) est réduit à un élément. Il en résulte que l'application j est une
bijection croissante de Spec(Ar) sur Spec(A), ces deux insembles étant ordonnés par
l'inclusion des idéaux premiers, donc induit une bijection entre les parties fermées irré-
ductibles de Spec(A) sur celles de Spec(A'). Comme les parties fermées de Spec(A)
(resp. Spec.(A1))sont les réunions finies de parties fermées irréductibles, f est un
homéomorphisme.
Pour une généralisation, voir l'exerc. 24, p. 98.
AC VI11 .24 DIMENSION

5 3. DIMENSION DES ANNEAUX NOETHÉRIENS

1. Dimension d'un anneau quotient

PROPOSITION 1. - Soient A un anneau intègre noethérien, x un élément non nul de A


et p un élément minimal de l'ensemble des idéaux premiers de A contenant x. Alors p
est de hauteur 1 .
Soit q c p un idéal premier distinct de p. On a x 4 q vu le caractère minimal de p.
Comme A est intègre, A, s'identifie à un sous-anneau de A, ;pour tout entier n 3 0,
on note q, l'idéal qnA, n A, de A,. Le caractère minimal de p signifie que l'anneau
local A,jxA, est de dimension 0 ; il est donc de longueur finie (§ 1, no 3, exemple l),
et il existe un entier no 3 O tel que I'on ait

(1) qn + xAp = qn+l + xAp pour tout n 3 no.

Fixons l'entier n 3 no. Étant donné y E q,, il existe a E A, tel que y - ax E q,+ ; ,
on a alors ax E q,, d'où a E q, puisque x 4 q, et finalement on a y E q,+ + xq,. ,
On a donc

Comme x appartient à l'idéal maximal de l'anneau local noethérien A,, le lemme de


,
Nakayama montre que l'on a q, = q,, . Comme on a (qA,)" = qnA,, on en conclut

(3) ( q ~ , ) "= (qA,P+l pour tout n 3 n,

Comme l'anneau A, est local et noethérien, on a n


nàO
(qA,)" = ( O } (III, Q: 3, no 2,
corollaire de la prop. 5) d'où (qA,)"" = { O ) et finalement l'idéal premier qA, de A, est
réduit à O. On a donc q = {O}, ce qui prouve que p est de hauteur 1.

PROPOSITION 2. - Soient A un anneau noethérien, m un entier positiLf et a un idéal


contenu dans le radical de A et engendré par m éléments. On a

L'inégalité dim(A/a) < dim(A) résulte de la prop. 6 du 4 1, no 3. Une récurrence


immkdiate sur rn montre qu'il suffit d'établir l'inégalité

pour tout élément x du radical de A, c'est-à-dire de démontrer que l'on a


dim(AjxA) 3 n - 1 pour toute chaîne p, c ... c p, d'idéaux premiers de A, de
longueur n 2 1, et telle que x E p,. Il suffit de construire une chaîne q, c ... c q,
d'idéaux premiers de A, avec x E q, et cela résulte du lemme suivant :

Lemme 1.-Soient A un anneau noethérien, p, c ... c p, une chaîne d'idéaux premiers


de A de longueur n 3 1 et x un élément de p,. 11 existe une chaîne pb c ... c pn avec
PL = po,p; = ~ " e t x ~ p ; .
Raisonnons par récurrence sur n, le cas n = 1 étant trivial. Supposons donc
que l'on ait n 2 2 et que x n'appartienne pas à p,-, . Soit pn-, un élément minimal
de l'ensemble des idéaux premiers de A contenus dans pn = p, et contenant p,_, + Ax
(II, 9 2, no 6, lemme 2). D'après la prop. 1, l'idéal p;_,/p,-, de l'anneau A/p,-,
est de hauteur 1, et comme p,-, c p,-, c p, est une chaîne de longueur 2, il en
est de même de p,-, c pk-, c pn. On a x E PR-^. L'hypothèse de récurrence
appliquée à la chaîne p, c p l c ... c p,-, c pn-, montre qu'il existe une chaîne
pb c 7; c ... c p;-, c pLPi avec x E p; et pb = p,. La chaîne
ph C p; C ... c c p;
satisfait aux conditions exigées.

COROLLAIRE 1. - a) Tout anneau local noethérien est de dimensionfinie. Plus géné-


ralement, tout anneau semi-local (II, 5 3, no 5, déf. 4) noethérien non nul est de dimen-
sion finie.
b) Soit A un anneau noethérien. Tout idéal de A, distinct de A, est de hauteur finie.
c) Toute suite décroissante d'idéaux premiers d'un anneau noethérien A est sta-
tionnaire.
a) Soient A un anneau semi-local noethérien non nul et a son radical ; l'anneau
quotient A/a est artinien et non nul, donc de dimension O (9 1, no 3, exemple 1).
Il existe un entier m 2 O tel que l'idéal a de A soit engendré par m éléments ; on a
donc O < dim(A) < m d'après la prop. 2.
b) Soit a # A un idéal de A, et soit m un idéal maximal de A contenant a. On a
O d ht(a) d dim(A,) d'après la prop. 7 du Ej 1, no 3, et A, est un anneau local
noethérien. Donc ht(a) est finie d'après a).
c) Toute suite strictement décroissante finie (pi),,,,, d'idéaux premiers de A
définit une chaîne p, c ... c p,, d'où n < dim(APo)< + m. 11 ne peut donc exister
de suite strictement décroissante infinie d'idéaux premiers de A, d'où c).

COROLLAIRE 2. - Soit A un anneau local noethérien.


a) Soit x E m,. Alors dim(A/xA) est égal à dim(A) ou à dim(A) - 1. Pour que
l'on ait dim(A/xA) = dim(A) - 1, il faut et il sufit que x n'appartienne à aucun des
idéaux premiers minimaux p de A tels que dim(A/p) = dim(A), et il suffit que x ne
soit pas diviseur de O dans A.
b) Soit a un idéal de A distinct de A tel que dim(A/a) < dim(A). Il existe x E a
tel que dim(A/xA) = dim(A) - 1.
c) Si dim(A) 2 1, il existe x E m, tel que dim(A/xA) = dim(A) - 1.
D'après la prop. 2, dim(A/xA) est égal à dim(A) ou à dim(A) - 1. Pour que l'on
AC VI11 .26 DIMENSION §3

ait dim(A/xA) = dim(A), il faut et il suffit qu'il existe une chaîne p, c ... c p,
d'idéaux premiers de A telle que x E p, et n = dim(A), c'est-à-dire qu'il existe un
idéal premier p, de A contenant x tel que dim(A/p,) = dim(A). Mais un tel idéal
premier p, est nécessairement minimal, et tout élément de p, est donc diviseur
de O dans A (IV, 5 1, no 1, cor. 3 de la prop. 2 et no 4, th. 2). Ceci prouve a).
Soient @ l'ensemble des idéaux premiers minimaux de A, et (D' l'ensemble des
p E (D tels que dim(A/p) = dim(A). On sait (II, 5 4, no 3, cor. 3 de la prop. 14) que Q,
est fini, donc Q,' est fini. Soit a un idéal de A tel que dim(A/a) < dim(A). Pour tout
p E W, on a dim(A/a) < dim(A/p), donc a # p. D'après la prop. 2 de II, 5 1, no 1,
il existe donc un élément x de a qui appartient à aucun des p E Q,', et l'on a alors
dim(A/xA) = dim(A) - 1 d'après a). Ceci prouve b).
L'assertion c) est le cas particulier a = m, de b).

2. Dimension et suites sécantes

Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, S une partie du


radical de A, 6 l'idéal de A engendré par S et a I'annulateur de M. On a

donc, si A est local, on a dim,(M) < + m. Par ailleurs, le support du A-module


M/SM est égal à V(a + 6 ) d'après le corollaire de la prop. 18 de II, 4, no 4, d'où

Lorsque S est finie, ou que M n'est pas réduit à O, on a l'inégalité

(8) dim,(M/SM) b dim,(M) < Card(S) + dim,(M/SM);


lorsque S est finie, cela résulte de la prop. 2 du no 1 et des formules (6) et (7) ci-dessus,
et le cas ou S est infinie est trivial.

DÉFINITION1. - Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de


typefini et S une partie de l'idéal maximal nt, de A. On dit que S est sécante pour M
si l'on a

Si S est sécante pour M, on a Card(S) b dim,(M), donc S est finie. On dit qu'une
famille (xi)., d'éléments de in, est sécante pour M si l'on a

c'est-à-dire si i Hxi est une bijection de 1 sur une partie de m, sécante pour M.
On dit qu'un élément x de m, est sécant pour M si { x } est une partie sécante pour M,
c'est-à-dire si l'on a
dim,(M/xM) = dim,(M) - 1 .

Remarques. - 1 ) Il résulte des formules (6) et (7) que S est sécante pour M si et
seulement si elle est sécante pour A/a, où a est I'annulateur de M.
2) Soient S et Sr deux parties disjointes de m,. Pour que S u S' soit sécante pour
M, il faut et il suffit que S soit sécante pour M et S' sécante pour M' = MISM.
Cela résulte de l'inégalité (8) et de la formule
Card(S u S') + dim,(M/(SM + S'M)) dim,(M) =
-

= (Card(S) + dim,(M/SM) - dim,(M)) +

+ (Card(S1) + dimA(M'/SIM')- dimA(M1)).


3) Soient x E ntAet n 2 1 un entier. Il est immédiat que les modules MIxM et
M/xnM ont même support, donc même dimension. Par suite, x est sécant pour M
si et seulement si xn est sécant pour M. De là et de la remarque 2, on déduit aussitôt
le résultat suivant : soient x, , ..., x, des éléments de mA et n , , ..., n, des entiers > 0 ;
alors la suite (x, , ..., x,) est sécante pour M si et seulement si la suite (x;', ..., x): est
sécante pour M.

PROPOSITION 3. - Soient A un anneau local noethérien et M un A-module non nul


de type fiv! Pour qu'un élément x de m, soit sécant pour M, il faut et il suffit qu'il
n'appartienne à aucun des éléments minimaux p de Supp(M) tels que
dim(A/p) = dim,(M), et il suffit que l'homothétie x, de rapport x dans M soit injec-
tive.
Soit a l'annulateur de M. Dire que x est sécant pour M signifie que x est sécant
pour A/a, le support de M se compose des idéaux premiers p de A tels que a c p
et si x, est injective, l'image de x dans A/a n'est pas diviseur de O dans A/a. La prop. 3
résulte alors du cor. 2 de la prop. 2 du no 1 appliqué à l'anneau A/a.

COROLLAIRE. - Toute suite d'éléments de rn, qui est complètement sécante pour M
( A , X , p. 157, déf. 2) est sécante pour M.
Soit (x,, ..., x,) une suite d'éléments de rn, qui est complètement sécante pour M.
Posons M, = M et par récurrence M, = Mîpl/x,Mip,pour 1 6 i < r. D'après
le cor. 1 de A, X, p. 160, l'homothétie de rapport xi dans M,-, est injective, d'où
dimA(Mi)= dim,(M,-,) - 1 (pour 1 < i < r ) (prop. 3). On a donc
dim,(M) = r + dim,(M/(x,M + ... + x,M)),
donc la suite (x,, ..., x,) est sécante pour M.
Remarque 4. -Il n'est pas vrai en général qu'une suite sécante pour M soit complète-
ment sécante pour M (p. 87, exerc. 6). Nous étudierons plus tard les modules sur
un anneau local noethérien pour lesquels toute suite sécante est complètement
sécante.
BOURBAKI. - Algèbre commutative. - 2
AC VI11 .28 DIMENSION 53

THÉORÈME 1. - Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type


fini et S une partie de l'idéal maximal mA de A.
a ) Si M/SM est de longueurfinie, on a Card(S) 2 dim,(M) ;si S est sécante pour M ,
on a Card(S) d dim,(M).
b) Toute partie sécante pour M est contenue dans une partie sécante pour M maxi-
male.
c) Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) S est une partie sécante pour M maximale ;
(ii) S est une partie sécante pour M et Card(S) = dim,(M) ;
(iii) M/SM est de longueurfinie et Card(S) = dim,(M) ;
(iv) S est une partie sécante pour M et M/SM est de longueurjnie.
Comme on a S c m,, le lemme de Nakayama montre que l'on a M/SM # {O),
d'où dim,(M/SM) 3 O avec égalité si et seulement si M/SM est de longueur finie.
L'assertion a ) résulte alors des formules (8) et (9), ainsi que l'équivalence des pro-
priétés (ii), (iii) et (iv).
L'assertion 6) résulte du fait que le cardinal de toute partie de m, sécante pour M
est majorée par l'entier dim,(M).
D'après a), toute partie sécante pour M, de cardinal égal i dim,(M), est maximale.
Il reste à prouver que, si S est sécante pour M et si Card(S) < dim,(M), alors S n'est
pas maximale. Soient a I'annulateur de M, et B l'anneau local noethérien A/(a + SA).
D'après le cor. 2 de la prop. 2 du no 1, il existe un élément x de m, tel que
dim(B/xB) = dim(B) - 1 d'où x $ S. D'après la remarque 2, la partie S u { x ) de
m, est sécante pour A/a, donc pour M d'après la remarque 1.

COROLLAIRE.
- La dimension de M est le plus petit des entiers d 3 O pour lesquels il
d
existe une suite ( x , , ..., x,) d'éléments de rn, telle que le A-module M/ 1 x,M soit de
i= 1
longueur jnie.
Comme @ est une partie sécante pour M, le th. 1, b) démontre l'existence d'une
suite sécante pour M maximale, soit ( x , , ..., xd).Mais alors on a d = dim,(M) et le
d
A-module M/ x,M est de longueur finie d'après la propriété (iii) du th. 1, c).
i= 1
Réciproquement si ( x i , ..., x:.) est une suite d'éléments de t?tAtelle que le A-module
d'
M/ xJM soit de longueur finie, on a d' 3 dim,(M) d'après le th. 1, a).
~ = 1

Rappelons (III, 5 3, no 2, déf. 1) qu'un idéal q d'un anneau local noethérien A est un
idéal de définition de A si les topologies q-adique et nt,-adique de A coïncident.

Lemme 2. - Soient A un anneau local noethérien et q un idéal de A. Les conditions


suivantes sont équivalentes :
(i) q est un idéal de définition de A ;
(ii) il existe un entier n 3 O tel que m", q c mm,;
(iii) on a q # A et A/q est un A-module de longueurfinie ;
(iv) V(q)est égal à { m, ) (autrement dit, m, est le seul idéal premier de A contenant
4).
En effet, l'équivalence de (i), (ii) et (iv) a été démontrée en III, (i 2, no 5, et l'équiva-
lence de (i) et (iii) résulte de IV, Cj 2, no 5, cor. 2 à la prop. 9.
Le corollaire du th. 1 permet donc d'énoncer le scholie suivant :

SCHOLIE. La dimension d'un anneau local noethérien A est le plus petit tlc.c <wtirrs
-

d O pour lesquels il existe un idéal de définition de A engendré par d éléments.

3. Premières applications

Soient A un anneau noethérien, V = Spec(A) son spectre. Dans ce numéro, on


appelle hypersurface dans V toute partie de la forme V(x) avec x E A.

PROPOSITION 4. - Soient X une partie fermée de V, et H l , ..., Hm des hypersurjüces


dans V. Posons X' = X n H l n ... n Hm.
a ) Pour toute partie fermée Y de V contenue dans X', on a

codim(Y, X') 2 codim(Y, X) - m

b) On a codium(Z, X) < mpour toute composante irréductible Z de X'. Si X' est non
vide, on a codim(X1,X) < m.
c ) Si Z est une partie fermée irréductible de V contenue dans X telle que
codim(Z, X) < m, il existe des hypersurfaces H', , ..., Hm telles que Z soit une compo-
sante irréductible de X n H', n ... n Hm.
Soient a un idéal de A et x,, ..., xm des éléments de A tels que X = V(a) et
H, = V(x,) pour 1 < i < m. Soit Z une partie fermée irréductible de V contenue
dans X ; il existe un idéal premier p de A contenant a et tel que Z = V(p).
Supposons d'abord que Z soit contenue dans X' et notons 5,l'image de x, dans
l'anneau local noethérien B = A,/aA,. D'après la prop. 7, b ) du (i 1, no 3, on a

codim(Z, X) = dim(B), codim(Z, X') = dim(B/(k,B + ..- + 5,B)).


D'après la prop. 2 du no 1, on a donc

codim(Z, X') > codim(Z, X) - m .


Si Z est une composante irréductible de X', on a codim(Z, X') = 0, d'où
codim(Z, X) < m ;ceci prouve b). On prouve a ) en prenant dans les deux membres de
(11) la borne inférieure sur l'ensemble des composantes irréductibles Z de Y.

l Rappelons que V(x) se compose des idéaux premiers de A contenant x.


AC VI11.30 DIMENSION 53

Réciproquement, supposons qu'on ait codim(Z, X ) 6 m, c'est-à-dire dim(B) 6 m.


Comme tout élément de A, est le produit d'un élément inversible de A, par l'image
d'un élément de A, le scholie du no 2 démontre l'existence d'éléments x',, ..., xk de A
dont les images dans B engendrent un idéal de définition de B. Posons Hi = V(x;)pour
1 < i < m. 11 est clair que Z est une composante irréductible de X n Hl n ... n Hm.

COROLLAIRE 1. - Soit H une hypersurjàce non vide dans V. La codimension de H


dans V est égale à O ou 1 .
On a codim(H, V) = 1 si et seulement si H ne contient aucune composante irréduc-
tible de V .S'il en est ainsi, toutes les composantes irréductibles de H sont de codimension
1 dans V.
Pour toute composante irréductible Z de H, on a

d'après la prop. 4, b), et l'on a codim(Z V) = O si et seulement si Z est une compo-


sante irréductible de V. On a par définition
codim(H, V) = inf codim(Z, V)
z

où Z parcourt l'ensemble des composantes irréductibles de H. Le cor. 1 résulte aussitôt


de ces remarques.

COROLLAIRE 2. - Soient X une partie fermée irréductible de V et H une hypersurface


dans V. Trois cas seulement sont possibles :
1) o n a X c H ;
2) l'ensemble X n H est non vide et chacune de ses composantes irriductibles Z
satisfait à codim(Z, X ) = 1 ;
3 ) l'ensemble X n H est vide.
Supposons X' = X n H non vide et distinct de X ; toute composante irréductible
Z de X' est distincte de X et satisfait à codim(Z, X) 6 1d'après la prop. 4, b). Le cor. 2
résulte aussitôt de la.

COROLLAIRE 3. -Si A est factoriel (VII, 9 3, no 3, prop. 2), les idéaux premiers de
hauteur 1 de A sont les idéaux principaux engendrés par les éléments extrémaux de A.
Si de plus A est local, on a dim(A/p) = dim(A) - 1 pour tout idéal premier p de hau-
teur 1 de A.
Soit x un élément extrémal de A. Alors Ax est un idéal premier car x est extrémal,
de hauteur 1 car A est intègre (no 1, prop. 1). Soit p un idéal premier de hauteur 1 de A.
Alors V(p) est une composante irréductible d'une hypersurface V(Ax) pour un x
n
convenable (prop. 4, c)).Soit x = y:' une décomposition de x en produits d'éléments
i
extrémaux tels que y, et y j soient étrangers si i # j. Les composantes irréductibles de
V(Ax) sont les V(Ay,). Donc p = Ayi pour un i convenable. La dernière assertion
résulte du cor. 2 à la prop. 2 du no 1.
Remarques. - 1) Supposons que A soit un anneau local, noethérien et intègre de
dimension d ; soit x un élément non nul de m, et soit H = V(x). D'après le cor. 2 de
la prop. 4, toute composante irréductible de H est de codimension 1 dans X, donc de
dimension d d - 1 (Cj 1, no 2, prop. 3). D'après le cor. 2 de la prop. 2 du no 1, H est de
dimension d - 1 et l'une de ces composantes est donc de dimension d - 1 ; toutes
le sont si A est caténaire. Cependant, il se peut en général qu'il existe une composante
irréductible de H de dimension < d - 1 (cf. p. 87, exerc. 7).
2) Soient x , , ..., x, des éléments de A, et posons Hi = V(x,) pour 1 d i d n.
Supposons qu'il existe un A-module M de type fini de support V = Spec(A), tel que
(x,, ..., x,) soit une suite complètement sécante pour M. Alors toute composante
irréductible de H l n ... n H, est de codimension n dans V :cela résulte facilement du
corollaire de la prop. 3 du no 2.
3) Si l'idéal a de l'anneau noethérien A est engendré par m éléments, on a ht(a) d m.
Cela résulte aussitôt de la prop. 4.
PROPOSITION 5. -Soient A un anneau noethérien et p c q une chaîne non saturée
d'idéaux premiers de A. Censemble E des idéaux premiers r de A tels que p c r c q
soit une chaîne est infini. On a U r = q et n r = p.
TEE TEE
Quitte à remplacer A par A/p, on se ramène au cas où p = {O).
D'après le lemme 1 du no 1, on a q = U r, et la prop. 2 de II, Cj 1, no 1 montre
reE
que E est infini.
Soit y # O un élément de n r. La hauteur de (1 est finie (no 1, cor. 1 de la prop. 2),
ick-

et l'on a ht(q) 2 2 par hypothèse. 11 existe donc un idéal premier q' c q de hauteur 2.
La première partie de la démonstration appliquée à q' montre que l'ensemble E' des
idéaux premiers de hauteur 1 contenus dans q' est infini ;chacun de ces idéaux contient
y par hypothèse. Or l'anneau local noethérien B = Aq8/yA,, est de dimension 1
d'après le cor. 2 de la prop. 2 du no 1. Pour tout r E E', i'idéal premier r/yAq. de B
est donc minimal ; par suite, l'anneau noethérien B a une infinité d'idéaux premiers
minimaux, ce qui est absurde (II, 5 4, no 3, cor. 3 de la prop. 14).O n a donc n r = { 0).
rsE

PROPOSITION 6. - Soienl A un anneau noethérien de dimension 3 2, et h un entier


tel que O < h < dim(A).
a ) A possède une infinité d'idéaux premiers de hauteur h.
b ) Si A est de dimension finie, il possède une infinité d'idéaux premiers p tels que
ht(p) = h et dim(A/p) = dim(A) - h.
Comme la dimension de A est la borne supérieure des hauteurs des idéaux premiers
de A (5 1, no 3, prop. 8), que tout idéal premier de A est de hauteur finie (no 1, cor. 1
de la prop. 2) et que h < dim(A), il existe un entier n > h et un idéal premier p de
hauteur n, donc une chaîne p, c ... c p, = p d'idéaux premiers de longueur n. On a
ht(pi) = i pour O < i < n, d'où ht(r) = h pour tout idéal premier r de A tel que
ph-, c r c p h + , soit une chaîne. L'ensemble E de ces idéaux est infini d'après la
prop. 5, d'où a).
AC VI11 -32 DIMENSION §3

Si A est de dimension finie, on peut supposer qu'on a n = dim(A) dans ce qui


précède. Pour tout idéal r 6 E, on a ht(r) = h, d'où dim(A/r) < n - h, et comme
r c p h + , c ... c p, est une chaîne de longueur n - h, on a dim(A/r) = n - h.
Il existe des anneaux intègres non noethériens de dimension 2 ne possédant
qu'un seul idéal premier de hauteur 1, par exemple l'anneau d'une valuation de
hauteur 2 (VI, $4, no 4, prop. 5).

4. Changements d'anneaux

PROPOSITION 7. - Soient p :A + B un homomorphisme local d'anneaux locaux


noethériens,
- M un A-module de type fini et N un B-module de type fini. Posons
B = B O, KA = B/p(mA).B et N = N O, B = N/p(mA).N. On a

et il y a égalité si N est plat sur A.


On peut supposer M et N non nuls. D'après le corollaire du th. 1 (no 2), il existe
-
une partie S (resp. T) de m, (resp. m,) telle que Card(S) = dim,(M) (resp. Card(T) =
dimg@)) et que M/SM soit un A-module de longueur finie (resp. N/TN soit un
B-module de longueur finie). On a p(S) c m,. Soit E le B-module M O, N ; le
B-module E/(p(S).E + T.E) est isomorphe à M/SM O, N/TN, donc est de longueur
finie :d'après les prop. 18 et 19 de II, $ 4, no 4, on a

Il en résulte, d'après le th. 1, que l'on a l'inégalité

Supposons maintenant N plat sur A, et montrons qu'il y a égalité dans la formule


(12). Soit a (resp. b) l'annulateur de M (resp. N). D'après les prop. 18 et 19 de II, $ 4,
no 4, on a
S ~ P P ( E=
) S ~ P P ( Nn
) "P-'(SWP(MN
= V(b) n "p- '(V(a)) = V(b + p(a). B) .
O n a par suite
(13) dim,(M O, N ) = dim(B/(b + p(a).B))
et aussi
(14) dim,(M) + dim& = dim(A/a) + dim(B/(b + p(mA).B)).
+
Posons A' = A/a et B' = B/(b p(a).B) et soit p' :A' -+ B' I'homomorphisme local
déduit de p par passage aux quotients. Puisque l'annulateur de N est b, N est un
B/b-module dc type fini de support égal à Spec(B/b), et plat sur A. L'homomor-
phisme A + B/b déduit de p possède donc la propriété (PM) du 9 2, no 1 (foc. cit.,
remarque 3) ; par extension des scalaires (loc. cit., prop. 1, a)), on en déduit que p'
possède la propriété (PM). D'après loç. cit., prop. 2, on a donc

et comme l'anneau B'/p1(mA.).B'est isomorphe à B/(b + p(mA).B), notre assertion


résulte des formules (13), (14) et (15).

COROLLAIRE 1. - Soit p : A + B un homomorphisme local d'anneaux locaux noethé-


riens.
a ) On a

avec égalité si p fait de B un A-module plat.


b) Supposons que p fasse de B un A-module plat, et soit S une partie de m,. Alors S
est sécante pour A si et seulement si p(S) est sécante pour B.
L'assertion a ) est le cas particulier M = A, N = B de la prop. 7.
Prouvons b). Sous les hypothèses faites, on a

avec B = B @, KA = B/p(mA).B. Comme p est injectif (1, $3, no 5, prop. 9), on a

Enfin B' = B/p(S).B est un module plat sur A' = AISA, d'où

car B1/p(m,.).B' est isomorphe à B. Notre assertion résulte aussitôt des formules (l7),
(18) et (19).

COROLLAIRE
2. - Soit p :A + B un homomorphisme d'anneaux noethériens. On a

dim(B) < dim(A) + P Esup dim(B BA~ ( p ) )


SP~C(A)

Soient q un idéal premier de B et p = p-'(q). D'après le cor. 1, on a dim(Bq) ,<


dim(A,) + dim(B, 8, ~ ( p ) ) On
. en déduit (prop. 6, b) du § 1, no 3) l'inégalité
+
dim(Bq) < dim(A) dim(B O, ~ ( p ) )et, on conclut par la prop. 8 du $ 1, no 3.
AC VI11 .34 DIMENSION

COROLLAIRE
3. - Soient A un anneau noethérien et n un entier 2 O. On a

Posons B = A[X,, ..., X,]. Pour tout idéal premier p de A, l'anneau B @, ~ ( pest )
un anneau de polynômes à n variables sur un corps, donc est de dimension n (9 2,
no 4, cor. 1 au th. 3). D'après le cor. 2, on a dim(B) < dim(A) + n ;l'inégalité inverse
résulte de l'exemple 4 du 9 1, no 3.

COROLLAIRE 4. - Soient p :A -+ B un homomorphisme d'anneaux noethériens, et a


un idéal de A. On a l'inégalité

si l'application "p :Spec(B) -+ Spec(A) est surjective. Si B est un A-modulefidèlement


plat, on a ht(p(a).B) = ht(a).
Si B est fidèlement plat sur A, alors "p est surjective (II, 3 2 no 5, cor. 4 à la prop. 11)
et l'on a ht(a) < ht(p(a).B) (5 2 no 1, corollaire de la prop. 2).
Il reste donc à prouver l'inégalité (20) sous l'hypothèse que "p est surjective. Soit p
- idéal premier de A tel que a c p et ht(a) = ht(p) (3 1, no 3, prop. 7). Posons
un
B = B O, ~ ( pet) notons h l'homomorphisme canonique de B dans B. Si X = " p ' (p)
est l'ensemble non vide des idéaux premiers de B au-dessus de p, on sait (§ 2, no 1,
lemme 1) que i'application "h est un homéomorphisme de spec(B) sur le sous-espace X
de Spec(B). Soit q l'image par "h d'un idéal premier minimal de B; on a
dim(B, @, ~ ( p ) = ) O et le cor. 1 entraîne l'inégalité dim(B,) < dim(A,). On a
finalement

d'où le corollaire.

PROPOSITION 8. - Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A, M un A-module de


type fini, Â et M les séparés complétés de A et M respectivement pour la topologie
a-adique.
4 Soient m un idéal premier de A contenant a et fi = rnÂ. Alors fh est un idéal
premier de  et on a dim~,,(M,) = dimAm (Mm).
b ) On a dimÂ(M)= sup dimAm(M,), où rn parcourt l'ensemble des idéaux premiers
rn

(resp. maximaux)de A contenant a. En particulier, on a dimÂ(M)< dim,(M).


a ) Puisque Â/fh s'identifie à A/m, in est un idéal premier de Â. D'après le th. 3 de
III, 3, no 4, Â est plat sur A, donc Â;, est plat sur A,. Par ailleurs l'application cano-
nique de A dans  induit un isomorphisme de A/a sur Â/aÂ, donc aussi un iso-
morphisme de A,,/rnAm sur  1 & t  n l On . conclut en appliquant la prop. 7 aux
anneaux A,,, et Âln et aux modules Ml,,et Â,%car Ml,, OAniÂfi est isomorphe à Mm
(111, loc. cit. et prop. 8).
b) D'après la prop. 8 de III, § 3, no 4, l'application m H iîi est une bijection de
l'ensemble des idéaux maximaux de A contenant a sur l'ensemble des idéaux maxi-
maux de Â. L'assertion b) résulte de là et de la prop. 9 du § 1, no 4.
COROLLAIRE 1. -Soit A un anneau de Zariski(III,$3, no 3, déf. 2). Pour tout A-module
M de type fini, on a dimÂ(M) = dim,(M).
En effet, la topologie de A est la topologie a-adique, où a est un idéal contenu dans
le radical de A (loc. cit.), c'est-à-dire contenu dans tout idéal maximal m de A. Il suffit
donc d'appliquer l'assertion b) de la prop. 8.

COROLLAIRE 2. - Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A, et  le séparé


complété de A pour la topologie a-udique. On a dim(Â) < dim(A), avec égalité lorsque A
est local et a distinct de A.
3. - Soient A un anneau noethérien et n un entier 2 O. On a
COROLLAIRE
dim(A[[X,, ..., X,]]) = dim(A) + n
L'anneau A[[X, , ..., X,,]] est le séparé complété de l'anneau de polynômes
A[X,, ..., X,,] pour la topologie a-adique, où a est l'idéal engendré par X,, ..., X,,;
on a donc
dim(A[[X, , ..., X,]]) < dim(AIXl , ..., X,])
d'après le cor. 2. On a par ailleurs
dim(AIXl, ..., X,]) = dim(A) + n
d'après le cor. 3 de la prop. 7. Enfin, on a
dim(A) + n < dim(A[[X,, ..., X,]])
d'après l'exemple 4 du 5 1, no 3.

Remarques. - 1) Soient A un anneau noethérien et a un idéal de A. Suppo-


sons A séparé et complet pour la topologie a-adique, et considérons l'anneau
R = A { XI, ..., X,, )* des séries formelles restreintes (III, 8 4, no 2, déf. 2). On a
dim(R) = dim(A) + n. En effet, R est le complété de l'anneau B = AIXl, ..., X,,]
pour la topologie aB-adique, d'où dim(R) d dim(A[X, , ..., X,,]) = dim(A) + n.
L'inégalité inverse se démontre comme dans le cas des séries formelles.
2) Soient A un anneau local noethérien, identifié à un sous-anneau de son com-
plété Â, et B un sous-anneau de  contenant A. Supposons que B soit local noethérien
et que l'on ait m,B = m,. Alors, l'injection canonique de A dans B s'étend en un
isomorphisme de  sur le complété de B (III, 5 3, no 5, prop. 1l), d'où dim(B)= dim(A)
(cor. 2 à la prop. 8). Ceci s'applique notamment à la situation suivante. * Soient k un
corps valué complet non discret, A l'anneau local de l'anneau de polynômes
k[X,, ..., X,] en l'idéal premier engendré par XI, ..., X,, et B l'anneau des séries
Convergentes en XI, ..., X, à coefficients dans k. Alors les hypothèses précédentes sont
satisfaites, et par conséquent on a dim(B) = n. ,
DIMENSION

5. Construction de suites sécantes

PROPOSITION 9. - Soient A un anneau noethérien, M un A-module de typefini, a une


partie de A stable par addition et multiplication, q, , ..., q, des idéaux premiers de A ne
contenant pas a et r 3 1 un entier tel que

Il existe une suite (x, , ..., x,) d'éléments de a, n'appartenant à aucun des idéaux q, , ..., q,
et telle que la suite (x,/l, ..., x,/l) d'éléments de A, soit sécante pour le A,-module M,,
quel que soit l'idéal premier p E V(a) n Supp(M).
Raisonnons par récurrence sur r. Supposons d'abord r = 1, et notons @ l'ensemble
(fini) des éléments minimaux de Supp(M). Raisonnons par l'absurde et supposons
qu'il n'existe aucun élément x, de a satisfaisant aux conditions de l'énoncé. Soit
x E a, n'appartenant pas à q, u ... u q,. Il existe par hypothèse un élément p de
V(a) n Supp(M) tel que l'image x/l de x dans A, ne soit pas sécante pour M,. Soit Y
l'ensemble des idéaux q E <D contenus dans p ; alors les éléments minimaux de
Supp(M,) sont les idéaux premiers qA, de A,, où q parcourt Y. D'après la prop. 3 du
no 2, il existe donc un élément q de Y tel que x/l E qA,, d'où x E q. Autrement dit, on a
a c q, u ... u q, u U q. Comme on a a çf q, pour 1 < j < m, la prop. 2 de II,
qc*
$1, no 1 démontre l'existence d'un élément q de u> contenant a, d'où

Comme V(a) contient une composante irréductible de Supp(M), ceci contredit


l'hypothèse
codim(V(a) n Supp(M), Supp(M)) 3 1 .

Supposons maintenant r > 2. D'après l'hypothèse de récurrence, on peut trouver


une suite (x, , ..., x,- ,) d'éléments de a, n'appartenant pas à q, u ... u q, et telle que,
pour tout p E V(a) n Supp(M), la suite (xJ1, ..., x,-,il) d'éléments de A, soit
r- 1
sécante pour M,. Posons N = M/ 1 xiM. Il suffit de construire un élément x, de a
i= l
n'appartenant pas à q, u ... u q, et tel que, pour tout p E V(a) n Supp(M), l'élément
x,il de A, soit sécant pour Np.D'après la première partie de la démonstration, il suffit
d'établir les deux relations
,
d'après le corollaire de la prop. 18 de II, 3 4, no 4, et comme x , , ..., x,- appartiennent
à a, on en déduit (22).L'inégalité (23)résulte alors de Shypothèse (21) et de la prop. 4, a )
du no 3, où l'on fait

d'où X' = Supp(N).

COROLLAIRE 1. - Soient A un anneau noethérien, M un A-module de typefini, pl, ..., p,,


+
q,, ..., q, des idéaux premiers de A et r un entier > 1. On suppose qu'on a pi q, pour
1 < i < n et 1 < j < m, et dimAp~(M,,) 3 r pour 1 < i < n. Il existe alors une suite
(x,,..., x,) d'éléments de A appartenant à tous les pl et n'appartenant à aucun des qj,
telle que, pour 1 < i < n, les images de x , , ..., x, dans A,, forment une suite sécante pour
le module M,,.
Posons a = n pi. On a MPz# {O), donc pi E Supp(M) pour 1 d i < n, d'où
1

V(a) c Supp(M).On a

= inf (codim(V(p,),Supp(M))) = inf dim(M,,) 3 r


1 1

(9 1, no 4, prop. 9), et l'on applique la prop. 9.


COROLLAIRE 2. -Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de
type fini et a une partie de m,, stable par addition et multiplication et telle que
long(M/aM) < + m. Il existe une partie de a qui est sécante maximale pour M .
En effet, on a V(a) n Supp(M) = Supp(M/aM) = {m,) (3 1, no 4, remarque l),
donc codim(V(a) n Supp(M), Supp(M)) = dim(Supp(M)) = dim,(M), et on appli-
que la prop. 9.

g 4. SÉRIES DE HILBERT-SAMUEL

1. L'anneau Z((T))

Soit A un anneau. Munissons le A-module AZ de la topologie produit des topo-


logies discrètes. Les éléments (a,) E AZ tels qu'il existe no 6 Z avec a, = O pour
n < no forment un sous-module B de A'. Si pour a = (a,) E B, b E (b,) E B, on pose
ab = c, avec c, = aib,, on définit sur B une structure de A-algèbre. Soit T
i+j=n
l'élément (O,) de B tel que O, = O pour n # 1 et O, = 1. Alors T est inversible dans B ;
pour tout élément a = (a,) de B, la famille (a,Tn),,, est sommable dans A' et l'on a
AC VI11 .38 DIMENSION 94
Dans la suite de ce chapitre, on notera A((T))la A-algèbre B ;elle contient comme
sous-algèbres l'algèbre A[[T]] des séries formelles et l'algèbre AIT, T- '1 ; leur inter-
section est l'algèbre A[T] des polynômes.
Remarque. - L'anneau A((T)) s'identifie naturellement à l'anneau de fractions
A[[T]], de l'anneau A[lT]] défini par la partie multiplicative formée des puissances
de T.

Pour n, p dans Z, on définit l'entier naturel


[il par

On a [i][ ]
= n-P
pour n, p t Z.

Lemme 1 . -L'élément 1 - T de Z((T)) est inversible. Pour tout entier r >. O on a

En effet, 1 - T est inversible dans l'anneau Z[[l], d'inverse


m>O
x Tm;on a donc

et la formule annoncée résulte de E, III, p. 44, prop. 15.


Soient Q(T) E Z[T, T-'1, r un entier > O, et F = (1 - T)-'Q E Z((T)).Posons

Alors, d'après le lemme 1, on a

Soit n, la borne supérieure dans R de l'ensemble des entiers i E Z tels que ai # 0.


Pour tout entier n n , , on a a,, = E(n), où Fi est le polynôme de Q[X] défini par
Si l'on pose c = Q(l) = 1ai, on a E(X) = cX'-l/(r - 1) ! + 8(X), où 8 est un
ieZ
polynôme de degré <r - 2. Par conséquent, on a
nr - 1
a, = c-
(r - l ) !
+ ~,,nl-~,
où ie nombre rationnel p, tend vers une limite lorsque n augmente indéfiniment. On
en déduit la relation

Si F = 1 anTnet G = Ci bnTnsont deux éléments de Z((T)),on note « F < G


nt2 n&
))

la relation (( a, d b, pour tout n E Z ». C'est une relation d'ordre compatible avec


la structure d'anneau de Z((T)) (A, VI, p. 18, déf. 1). On a (1 - T)-' B 1. Si
Q E Z[T, T-'1 est 3 0, alors l'entier Q(l) est positif.

Lemme 2. - a) Soit F un élément non nul de Z((T)) tel qu'il existe r E Z, avec
(1 - T)'F EZ[T,T- '1 ;alors F s'écrit de manière unique sous la forme F = (1 - T)-d.Q,
ou Q E Z[T, Tpl], Q(1) # O et d E Z. Si F 3 0, alors on a Q(l) > O et d 2 0.
b) Soient Q, R dans Z[T, T-'1, d, d' dans Z avec Q(l) > O. Si
(1 - T)-d.Q < (1 - T)-d'.R,
alors, ou bien d < d', ou bien d = d' et Q(1) < R(1).
a) On peut écrire F = (1 - T)-"TnP(T)avec r, n E Z et P(T) E Z[T]. Par divi-
sion euclidienne, on peut écrire P(T) = (1 - T)PR(T)avec R(T) E Z[T] et R(1) # 0.
Donc F = (1 - T)-'r-P'Q(T), où Q(T) = TnR(T)E Z[T, T-'1 et Q(1) # O. Cela
démontre l'existence de d et Q. Par ailleurs, si (1 - T)*Q(T)= (1 - T)"R(T)avec
r > s et Q, R dans Z[T, T-'1, on a R(T) = (1 - T)'-"Q(T), donc R(l) = O ; cela
démontre l'unicité. Supposons que F soit 2 O ; si on avait d < O, alors on aurait
F(l) = O, ce qui est impossible puisque F est non nul et que tous ses coefficients
sont positifs; on a donc d 2 0 . Si d = O, alors Q = F 3 O, donc Q(l) est positif.
Si d 3 1, alors Q(l) est positif d'après la formule (3). Cela démontre a).
b) Supposons d 3 d'. Alors (1 - T)-d((l - T)d-d'R- Q) ), O ; comme
S(T) = (1 - T)d-d'R - Q appartient à Z[T, T-'1, cela implique S(l) 3 O d'après
ce qui précède. Si d > d', on a S(1) = Q(l) < O, d'où une contradiction ; si
d = d', on a S(1) = R(l) - Q(l) d'où Q(l) < R(1).

2. Série de Poincaré d'un module gradué sur un anneau de polynômes

Soient Ho un anneau, 1 un ensemble fini et H l'anneau de polynômes Ho[(Xi)it,].


Pour chaque i E 1, soit di un entier > O. Munissons H de la structure d'anneau gradué
de type Z telle que les éléments de Ho soient homogènes de degré O et chaque Xi
AC VI11 .40 DIMENSION 94
homogène de degré d,. Lorsque d, = lpour tout i, on retrouve la graduation usuelle
des anneaux de polynômes.
Soit M un H-module gradué de type fini dont tous les composants homogènes
sont des Ho-modulesde longueur finie ;on appelle série de Poincaré de M l'élément PM
de Z((T)) tel que PM= 1longHo(Mn).Tn,et l'on pose QM= P , . n (1 - Tdl).
ntZ itl

THÉOREME 1. - L'élément Q, de Z((T)) appartient à Z[T, T-'1.


Divisant Ho par l'annulateur du Ho-module M, on se ramène au cas où M est un
Ho-module fidèle. Si a, b E Z sont tels que M soit engendré comme H-module par
M' = 1Mi, alors M' est un Ho-module fidèle et de longueur finie; par suite,
a<i<b
l'anneau Ho est artinien (A, VIII, § 1, no 3), donc noethérien (loc. cit., Q: 9, no 1).
L'anneau de polynômes H est donc noethérien (loc. cit., 9 1, no 4). Si 1 est vide,
on a H = Ho, et la famille d'entiers (l~ng,~(M,))~,, est à support fini, puisque M
est un Ho-module de type fini ; d'où le théorème dans ce cas. Raisonnons alors par
récurrence sur le cardinal de l'ensemble 1, supposé non vide ;soientj E 1 et J = 1 - {j).
Notons H' le sous-anneau gradué de H engendré par Ho et les X ipour i dans J ;
considérons i'homothétie (Xj), de rapport X j dans M, son noyau R, et son conoyau S.
On a, pour chaque n E Z, une suite exacte de Ho-modules

donc Rn_,, et Sn sont de longueur finie, et i'on a

Puisque M est un module de type fini sur l'anneau noethérien H, les H-modules
R et S sont de type fini ; comme ils sont annulés par Xj, ce sont des Hl-modules de
type fini. D'après l'hypothèse de récurrence, les éléments P R . n(1 - Tdi) et
itJ
P , . n (1 - Tdz)de Z((T)) appartiennent donc à Z[T, T-'1 ; de (4), on tire
i d

c'est-à-dire (1 - Td]).PM= P, - Tdl.PR; on a donc

d'où la conclusion.
Exemple 1. - Supposons Ho artinien et prenons M = H. Alors, avec les notations
précédentes, on a R = O et S = Hf, donc d'après (5), on a Q , = QHr; comme on a
QHo= long(Ho), on en tire par récurrence Q, = long(H,), c'est-à-dire
Supposons désormais H muni de la graduation usuelle, pour laquelle di = 1
pour tout i E 1, et posons r = Card(1); on a PM= Q,(T).(l - T)-'. Posons
c, = QM(l).Alors, d'après la formule (2) du no 1, on a :

COROLLAIRE.- a) Si r = O, alors on a longHo(M)= c,.

b) Si r = 1, alors on a longHo(Mn)= c, pour n assez grand.


-1
c) Si r > 1, alors on a longHO(Mn)= c, -+ pnn'-2, où pn tend vers une
(r - l ) !
limite dans R lorsque n augmente indéfiniment.
Remarques. - 1) L'entier c, est positif d'après le lemme 2. On peut avoir M # O
et c, = O ( c j prop. 2).
2) Soit O -+ M' + M -+ M + O une suite exacte de H-modules gradués et
d'homomorphismes de degré O telle que M soit de type fini sur H et Mn de longueur
finie sur Ho pour chaque n. Alors, pour chaque n E Z, on a

donc PM = PM.+ P ,., Q, = Q,. + Qw et c, = c,, + cw.


3) Soit M(p) le module déduit de M par décalage de p de la graduation (A, II,
p. 165, exemple 3). Comme on a M(p), = M,,,, on a PM(,,= T-'PM, QM(,) = TPQM
et c,,,, = c,.
Exemples. - 2) Supposons Ho artinien, et soit M un H-module gradué libre engendré
par s éléments homogènes, linéairement indépendants, de degrés respectifs 6,, ..., 6,.
Alors M est isomorphe à H(- 6,) 0 ... O H(- 6,). D'après les remarques 2 et 3
et l'exemple 1, on a donc

3) Supposons toujours Ho artinien; soit M un H-module gradué, et supposons


qu'il existe une suite exacte de H-modules gradués et d'homomorphismes de degré O

où, pour k = O, 1, ..., n, L, est un H-module gradué libre engendré par des éléments
homogènes linéairement indépendants, de degrés respectifs F,,,, ..., 6,,,(,,. Alors,
d'après la remarque 2 et l'exemple 2, on a
AC VI11 .42 DIMENSION 94
Remarque 4. - On peut prouver (p. 88, exerc. 4) que sous les hypothèses du th. 1,
les Ho-modules Tory(Ho, M) sont de longueur finie, nuls pour j > r, et qu'on a
cM = x
]=O
(- 1Y 1ongHo(Tory(H0,M)). Plus précisément, les H-modules

Tj = Tory(Ho, M) sont munis naturellement de graduations et on a

PROPOSITION 1. -Soit M un H-module gradué. On suppose que M est engendré par Mo


et que Mo est un Ho-module de longueurfinie. Alors on a

De plus, les conditions suivantes sont équivalentes :


(il c, = longHo(Mo);
(ii) PM = longHo(Mo).(l- T)-', c'est-à-dire M = Mo si r = O ef

pour EN s i r > 0 ;
(iii) l'hornoriio~~)ll~.~n~e
canonique dc H-modules

est bijectif:
Notons R le noyau de cp. Comme cp est surjectif, on a
PM = PHOMo- PR = longHo(MO) (1 - T)-" - PR et cM = longH,(Mo) - c , .
Les conditions (i), (ii) et (iii) équivalent respectivement a c, = O, PR = O et R = 0.
On a donc (iii) =s-(ii) => (i) et il suffit de prouver que c, = O implique R = O. Sup-
posons R f O et soit O = Nh c Nh-' c ... c No = Mo une suite de Jordan-
Holder du Ho-module Mo. Soit Rm l'intersection de R et de l'image de H @ ,, Nm
dans H O,, Mo ;il existe un entier m compris entre 1 et h tel que Rm # Rm-'. Posons
L = Rm-'IRrn;on a O d c, < c, et il suffit de prouver que c, # O. Or, si k est le
corps quotient de Ho par i'idéal maximal annulateur de Nm-'/Nm, L s'identifie à
un sous-module gradué non nul de k[(X,),,,]. Donc L contient un sous-module
isomorphe à un module décalé de k[(X,),,,] ; comme ckI( = 1, on a donc c, 3 1
(remarques 2 et 3), ce qu'on voulait démontrer.
Remarque 5. - D'après A, X, p. 160, th. 1, la condition (iii) signifie que ( X I , ..., X,)
est une suite complètement sécante pour le H-module M.

PROPOSITION 2. - Supposons que Ho soit un corps, et soit M un H-module gradué


de typefini. Soit K le corps des fractions de H. Alors c, est égal au rang du H-module M,
c'est-à-dire à la dimension du K-espace vectoriel M @, K .
Cela est clair si M = H, puisque c, = 1. Par ailleurs, soit x E H, homogène de
degré d, et non nul ; on a (HIxH) O , K = O ; de la suite exacte
O-+H(-d)-+H-+H/xH-+O,
et des remarques 2 et 3, on tire c,,, = O. La proposition est donc vérifiée lorsque M
est engendré par un élément homogène. Le cas général s'en déduit, puisque tout
H-module gradué de type fini possède une suite de composition dont les quotients
sont de la forme précédente.
Remarque 6. - Sous les hypothèses de la prop. 2, on a donc c, = O si et seulement
si M est un H-module de torsion, ou encore si et seulement si dim,(M) < r ($ 1, no 5,
exemple 4).

3. Série de Hilbert-Samuel d'un module bien filtré

Dans la suite de ce paragraphe, nous utiliserons la notation suivante : si G E Z((T))


et si r E N, on pose G''' = (1 - T)-'G ; en particulier, si G = x
a,Tn, alors
nez

G'" = 1
nez
(z
i<n
a,) Tn .

Si G 3 0, on a G") 3 O pour tout r E N.


Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A et M un A-module de type fini.
Rappelons (III, 3, no 1, déf. 1) qu'une filtration q-bonne sur M est une application
F :n H F, de Z dans l'ensemble des sous-modules de M satisfaisant aux trois condi-
tions suivantes :
a) on a qF, c F,+, c F, pour tout n E Z,
,
b) il existe no E Z tel que qF, = F,, pour n 3 no,
c) il existe n, E Z tel que Fnl = M.
Si no et n, satisfont aux conditions précédentes, on a, pour tout n E 2,

(rappelons que l'on a posé qr = A pour r < O, par convention).


Lemme 3. - Si F et F' sont deuxjîltrations q-bonnes sur M, il existe un entier m tel que
Fnc FR_, pour tout n E Z.
En effet, il existe n, tel que F:, c qM-"'M pour tout n, donc F:, c F,,-(,,*_,,,,pour
tout n.
Lemme 4. - Soit F une filtration q-bonne sur M. Si M/qM est de longueur jnie,
,
M/F,+ et FJF,, ,
sont de longueur finie pour tout n E Z.
Avec les notations de (7), on a long(M/F,+,) d long(M/qn-"'+' M) et il suffit
de prouver que q"M/qn+'M est de longueur finie pour tout n. On est donc ramené
au cas de la filtration q-adique. Soit (x,, ..., x,) un système générateur fini
du A-module q, et soit I l'ensemble fini des monômes de degré total n en r variables
AC VI11 .44 DIMENSION §4

Xi, ..., X,. L'homomorphisme de ( M / ~ M )dans


' qnM/qnf'M qui applique la famille
(u,),,~ sur l'élément C
m(x1, ..., x,) u, est surjectif. Comme M/qM est de longueur
finie, qnM/qn+'M l'est aussi.
Supposons désormais M/qM de longueur finie. Soit F une filtration q-bonne
sur M. Il existe n, E Z tel que F,, = M, donc Fn = M pour n < n, ; on définit
donc un élément HM,, de Z((T)) en posant

HM,, = C longA,q(Fn/Fn+1.T" E Z((T)) .


n€Z
1

DÉFINITION 1. - On appelle HM,, la série de Hilbert-Samuel du A-module M (relative-


ment à la filtration q-bonne F).
L'application n H long,(Fn/Fn+ ,) s'appelle souvent la fonction de Hilbert-
Samuel de M (relativement a F).
Cela s'applique notamment au cas de la filtration q-adique (F, = qnM); on pose
alors HM,, = HM,q.On a donc

PROPOSITION
3. - a ) Si F est unefiltration q-bonne sur M, on a

b) Si F et F' sont deux filtrations q-bonnes sur M, il existe un entier m tel


que H&. 2 TmH(') M,F.
La partie a) résulte aussitôt de la définition de HG.\ ; la partie b) résulte de a)
et du lemme 3.

THÉORÈME 2. - Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A, M un A-module


de typefini tel que M/qM soit non nul et de longueurfinie et F unefiltration q-bonne
sur M.
a) Il existe un entier d 2 O, et un élément R de Z[T, T-'1, uniquement déterminés,
tels que R(1) > O et HM,, = (1 - T)-dR.
b) Les entiers d et R(l) sont indépendants de la jiltration q-bonne F choisie.
a) Considérons l'anneau gradué gr(A) tel que grn(A) = qn/qn+'et le gr(A)-module
gradué gr(M) tel que gr,(M) = F,/Fn+,. Puisque l'on a F,, = M et qFn = F n + ,
pour n 3 no, gr(M) est engendré par @ grn(M), donc est de type fini. Par
ni <n<no
ailleurs, si (x, , ..., x,) est un système générateur fini du A-module q, gr(A) est engendré
par gr,(A) et les classes des xi modulo q2, donc est isomorphe à un anneau gradué
quotient de H = (A/q) [Xi, ..., X,]. D'après le th. 1 du no 2, on a
(1 - T)iHM,FE Z[T, T-'1 .
On a HM,, # O et il existe donc d E N et R E Z[T, T-'1 uniquement déterminés tels
que R(l) > O et HM,, = (1 - T)-d.R (lemme 2 du no 1).
NO 3 SÉRIES DE HILBERT-SAMUEL AC VIII .45

b) Soit F' une autre filtration q-bonne et écrivons de même


H ~ , , ,= ( 1 - T)-#R'.
D'après la prop. 3, b), il existe un entier m tel que (1 - T)-d'-lR' 2 Tm(l - T)-d- IR.
D'après le lemme 2, b) du no 1, cela implique d' 2 d et, si d' = d, R'(1) 3 R(1).
Échangeant les rôles de F et F', on obtient d = d' et R(1) = R'(1).

Remarque 1. - Avec les notations de a), écrivons R = 1 aiTi, et supposons d > 0.


isZ
D'après le no 1, la relation HM,, = (1 - T)-dR s'écrit aussi

De même, puisque Hg,), = (1 - T ) - d - l ~ ,on a

Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A, M un A-module de type fini


tel que M/qM soit de longueur finie. Si M # qM, il existe d'après le th. 2, b) des
entiers dq(M) 2 O et eq(M) > O tels que, pour toute filtration q-bonne F sur M,
il existe R E Z[T, T-'1 avec

Si M = qM, on pose par convention d,(M) = - co, eq(M) = O.


Remarque 2. - Dire que M/qM est de longueur finie signifie que
Supp~M/qM)= S ~ P P ( Mn ) V(q)
est formé d'idéaux maximaux (IV, 9 2, no 5, prop. 7). Nous verrons ci-dessous (no 4,
corollaire au th. 3 ) que dq(M)est la borne supérkure des nombres dimAm(M,,),où nt
parcourt l'ensemble Supp(M) n V(q).

COROLLAIRE. - Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A, M un A-module


de type $ni tel que M/qM soit de longueur finie et F une filtration q-bonne sur M.
a) Pour que l'on ait dq(M) < O, il faut et il suffit que la suite (qnM)soit stationnaire,
ou encore que la suite (F,) soit stationnaire. On a alors, pour tout n assez grand,

b) Supposons que l'on ait d,(M) > O. On a alors

(13) longA(Fn/Fn ,
+ ) = eq(M)ndqtM'-'/(d,(M) - 1) ! + pnnd@- ,

(14) long,(M/Fn+ ,) = ! + onnd@- ,


eq(M)ndqtM)/dq(M) '
où p, et O, tendent vers une limite lorsque n augmente indéfiniment.
Cela résulte aussitôt du th. 2 et de la formule (2) du no 1.
AC VI11 .46 DIMENSION $4

Remarque 3. - Supposons q contenu dans le radical de A. Alors, d'après le lemme de


Nakayama, la suite (qnM)est stationnaire si et seulement si l'on a qnM = O pour n
assez grand. Il résulte alors de la partie a) du corollaire que l'on a dq(M) < O si et
seulement si M est de longueur finie et qu'on a alors e,(M) = long,(M).

PROPOSITION 4. --Soient A un anneau noethérien, x,, ..., x, des éléments de A,


x l'idéal qu'ils engendrent et M un A-module de typefini tel que M/xM soit non nul et de
longueur finie.
a) On a d,(M) < r.
b) Si d,(M) = r, alors e,(M) < long,(M/xM).
c) Si la suite (x,,..., x,) est complètement sécante pour M (A, X, p. 157), dors
d,(M) = r et e,(M) = long,(M/xM). La réciproque est vraie si les xi appartiennent au
radical de A.
Soit H l'anneau de polynômes (A/x) [X,, ..., X,]. Munissons G = @ x n ~ / r " + ' M
n

de la structure de H-module gradué pour laquelle (Xi), est la multiplication par la


classe de xi modulo x2. Avec les notations P,, QG,cGdu no 2, on a HM,,= P,, donc
(1 - T)-dz(M)R= (1 - T)-'QG, où R(l) = e,(M) > O et Q,(1) = c,.
On a donc, soit d,(M) < r et c, = O, soit d,(M) = r et c, = e,(M). Par ailleurs,
d'après la prop. 1 du no 2, on a c, < long(M/xM), et il y a égalité si et seulement si
l'homomorphisme canonique A/x[X, , ..., X,] O,,, M/xM -+ @ xnM/xn+'M est bijec-
n
tif. Cela entraîne la proposition, compte tenu de A, X, p. 160, th. 1.

PROPOSITION 5. -Soient O -+ M' -+ M -+ M" -+ O une suite exacte de modules de


typefini sur un anneau noethérien A, et q un idéal de A.
a) Pour que M/qM soit de longueur finie, il faut et il suffit qu'il en soit ainsi de
M'/q M' et M"/q Mu.
b) Supposons M/qM de longueurfinie. Alors l'on est dans l'un des trois cas suivants :
1) d,(M) = dq(M1)> dq(MW) et eq(M) = eq(M1),
2) d,(M) = dq(M") > d,(Mf) et eq(M) = e,(MU),
3) dq(M) = dq(M1)= d,(MU) et eq(M) = e,(Mf) + e,(MU).
a) On a Supp(M) = Supp(M1)u Supp(MU)et l'assertion résulte de la remarque 2.
b) Munissons M d'une filtration q-bonne F (par exemple la filtration q-adique),
M" de la filtration quotient F", et M' de la filtration induite F'. Les filtrations F' et F"
sont q-bonnes (III, $ 3, no 1, prop. 1). Alors on a pour chaque n une suite exacte de
A-modules
O -+ F;/K+, + Fn/F,+, -+ F./C+, -+ O

avec R, R', R" E Z[T, T-'1, ~ ( 1 =) eq(M), R'(1) = eq(Mf),R"(1) = eq(MU).L'asser-


tion b) en résulte aussitôt.
4. Degré de la fonction de Hilbert-Samuel

THÉORÈME 3. - Soient A un anneau local noethérien, q un idéal de A distinct de A et


M un A-module de typefini tel que M/qM soit de longueurfinie. Alors l'entier d,(M)
est la dimension du A-module M (9 1,no 4 déf. 8).
On peut supposer M # O. Démontrons l'inégalité dq(M) < dim,(M). D'après le
cor. 2 à la prop. 9 du § 3, no 5, il existe x,, ..., x, E q, avec r = dim,(M) et
I r

long(M/ x,M) < + co ; posons x = x,A. D'après la prop. 4 du no 3, on a


i= 1 i =1

d,(M) < r ;on a x c q, d'où Hg,; < Hg,\ et donc (lemme 2 du no 1)

Démontrons maintenant, par récurrence sur dim,(M), l'inégalité dim,(M) < d,(M),
évidente lorsque dim,(M) = O.
Supposons qu'on ait dim,(M) > O, et dim,(N) < dq(N)pour tout A-module de
type fini N tel que dim,(N) < dim,(M). Si O = Mo c Ml c ... c Mn = M est une
suite de composition de M, on a dim,(M) = sup(dim,(M,/M,- ,)) (9 1, no 4, prop. 9)
,
et d,(M) = sup(d,(M,/M, - )) (no 3, prop. 5). D'après IV, 5 1, no 4, th. 1, on peut donc
supposer que M est de la forme A/p, où p est un idéal premier de A, et l'on a p # nt,
car dim,(M) > O. Soit x E m, - p ; l'homothétie x, de M = A/p est injective, et
l'on a la suite exacte

D'après le 9 3, no 2, prop. 3, on a dim,(M/xM) = dim,(M) - 1 ; d'après la prop. 5


du no 3, et la suite exacte précédente, on a dq(M/xM) < d,(M) - 1. D'après l'hypo-
thèse de récurrence, on a donc

ce qui achève la démonstration.

COROLLAIRE. - Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et q un

idéal de A tel que M/qM soit de longueurfinie. Alors dq(M)est la borne supérieure des
dimensions dimAm(M,,,),où m parcourt l'ensemble fini S = Supp(M) n V(q), et
e,(M) est la somme des eqn,(Ml,) étendue Li ceux des éléments m de S pour lesquels on a
dim,,,, (Mm) = dq(M)-
Pour chaque entier n, la longueur de M/qnM est la somme des longAm(M,/q",,,,)
(IV, 1) 2, no 5, cor. 1 à la prop. 7 et corollaire a la prop. 8). Par conséquent, on a
HM,, = l,& H , d'où le corollaire.
AC VI11 .48 DIMENSION 54
Remarques. - 1) On a aussi d,(M) = sup dim(M,), c'est-à-dire d,(M) =dim(~),
mtv(q)
ou M est le complété de M pour la topologie q-adique (5 3. no 4, prop. 8).
2) Supposons q contenu dans le radical de A ; alors d i m ( ~ =
) dim(M) (loc. cil.,
cor. l), donc d (M) = dim(M).

5. Série de Hilbert-Samuel d'un module quotient

Lemme 5. Soient A un anneau, M un A-module et (P,), (Q,) deuxfiltrations décrois-


-

santes sur M formées de sous-modules. Supposons que l'on ait P, 3 Q, et


longA(P,/Q,) < + co pour tout n E Z et qu'il existe un entier n, tel que Q,, = M.
Dans Z((T)), on a les inégalités

11 s'agit de prouver qu'on a les inégalités

La première est évidente. D'autre part, on a P,+, n Qi = Pn+ pour i < n, et


, , ,
P,+ n Q,, = Q,+ ; on en déduit l'inégalité

, , ,
Mais le A-module (P, + n Qi)/(P,+ n Qi+ ) est isomorphe à un sous-module de
,
(Pi+ n Qi)/Qi+,, et l'inégalité (16) en résulte.
Lemme 6. Soient A un anneau, M un A-module et (F,) unefiltration décroissante sur
-

M formée de sous-modules ; on suppose qu'il existe un entier n , tel que F,, , = M. Soientj
un endomorphisme de M, M' son noyau et Mn son conoyau. On munit M' de lafiltration
(Fk) induite par (F,) et M" de lafiltration (Fi) quotient de (F,). On suppose que F,,/F,+ ,
est de longueur finie pour tout n E Z et qu'il existe un entier 6 tel que f (F,) c F,+@
Soit <p l'endomorphisme gradué de degré 6 du module gradué gr(M) = @ F,/F,+,
ntZ
qu'on déduit de$ Entre les éléments suivants de Z((T))

H,.. = C longA(F~/Fi+,).Tn
nez
on a les inégalités

La suite des sous-modules G, = f - l (F,,,) de M est une filtration décroissante, et


l'on a F, c G, pour tout entier n.
,
Par définition, on a Ker(cp,) = (G,+ n F,)/F,+, , d'où

Pour tout n, le A-module (M' n Fn)/(M1n F,+ ,) s'identifie à un sous-module de


(G,,, n F,)/F,+,, et l'inégalité (17) résulte aussitôt de (19). D'après le lemme 5,
on a par ailleurs

Pour tout n E 2, on a une suite exacte de A-modules

où f, se déduit de f par passage aux quotients. On a par conséquent

Multipliant par Tn+' et sommant sur n, on obtient

et l'inégalité (18) résulte aussitôt de (20) et (21).


Lemme 7. - Conservons les notations du lemme 6.
1 - T6
a ) On a l'inégalité Hg! 3 - 1- -- T HM.
b ) Pour que l'on ait égalité, il faut et il suffit que cp soit injectif:
c) S'il en est ainsi, on a M' c n F,, et la suite de A-modules
n

où v est l'application canonique, est exacte.


Les assertions a ) et b) résultent de la formule (18) du lemme 6, et de la définition
HM' = (1 - T)-'.Hm
Supposons que <p soit injectif. D'après III, § 2, no 8, th. 1, (i), on a
AC V I I I . 50 DIMENSION §4

pour tout n, d'où la première assertion de c). On a par ailleurs une suite exacte

où f ' est déduit de ,f par passage au quotient. Si <p est injectif, on a comme ci-dessus
f'-'(F,) = F,-,/Ml. Par suite la filtration sur M/M' déduite par image réciproque
par f' de la filtration F sur M est la filtration n H Fn-,/Mt; le gradué associé est
gr(M)(- 6 )et on a une suite exacte de modules gradués ( I I I , 9 2 no 4, prop. 2 )

où = q,-, pour tout n. Cela achève de démontrer c).


PROPOXTION 6. - Soient A un anneau noethérien, M un A-module de typefini et q un
idéal de A tels que M/qM soit de longueur,finie. Soit F unefiltration q-bonne de M, et
soit gr(A) = @ (qn/qn+')l'anneau gradué associé à A pour la filtration q-adique.
na0
Soient ( x , , ..., x,) une suite d'éléments de A, ( F I ,..,, 6,) une suite d'entiers strictement
positiji telle que x, E q6' pour 1 < i < S , et soit 6,la classe de x , dans gr,,(A) = q"/q6~ . + '
a ) Munissons le A-module = M/(x,M + ... + x,M) de la filtration q-bonne F
quotient de F. On a alors dans Z ( ( T ) )l'inégalité

b ) Pour qu'il y ait igalité dans (22),il faut et il sufit que la suite (5, , ..., 5,) d'éléments
de Panneau gr(A) soit complètement sécante pour le module gr(M) = @ (FJF,, ,).
n

En ce cas, I'homomorphisme canonique de gr(M)/ C c,.gr(M) dans gr(M) =


- - i= 1
,
@ (FJF,,+ ) est un isomorphisme.
II

c ) Supposons les conditions de b) satisfaites, et que chacun des A-modules


M l = M/(x,M + ... + x , M ) (O 6 i < s ) soit séparé pour la topologie q-adique '.
Alors la suite ( x , , ..., x,) est complètement sécante pour le A-module M .
Lorsque s = 1, on a flF , = qnM et la suite { 6,) est complètement sécante pour
II ,,
gr(M) si et seulement si l'homothétie de rapport 5, dans gr(M) est injective. La prop. 6
résulte alors aussitôt du lemme 7 appliqué a l'homothétie f = (x,), dans M.
Supposons que i'on ait s 3 2 et raisonnons par récurrence sur S. L'hypothèse de
récurrence appliquée au A-module M l = M/x,M muni de la filtration G quotient
de F, et à la suite (x,, ..., x,) fournit l'inégalité

Ceci se produit en particulier si q est contenu dans le radical de A (III, 4 3, no 3, prop. 6).
il y a égalité si et seulement si la suite (t,, ..., 5,) est complètement sécante pour le
1 - T6a
gr(A)-module gr(M1) = @ GJG,,
n
,.
Comme les éléments --- de Z((T)) sont
1-T
positifs, le cas s = 1 déjà traité et la formule (23) fournissent les inégalités

W,F P i=2
1 T61
(fi --+G,~
-
1 T
- 2 (fi 1 - T6t
T_T-)a~M,r -
Ceci prouve a). -

On ne peut avoir égalité dans (22) que si l'on a simultanément l'égalité dans (23) et
l'égalité
(25)

Cette dernière relation signifie que (5, ) est complètement sécante pour gr(M) et
implique que l'homomorphisme canonique de gr(M)/\, .gr(M) dans gr(M,) est un
isomorphisme. Autrement dit, on a égalité dans (22) si et seulement si {\, ) est complè-
tement sécante pour gr(M) et { c,,
..., 5, ) complètement sécante pour gr(M)/\, .gr(M).
Ceci signifie que { 5, , ..., 5,) est complètement sécante pour gr(M) (A, X, p. 160,
cor. 2). On a ainsi démontré l'équivalence des deux conditions de b). Sup-
posons-les satisfaites; alors, d'après l'hypothèse de récurrence gr(M) s'identifie
S

a gr(M,)/ 1Si.gr(M1); comme par ailleurs gr(Ml) s'identifie à gr(M)/\,.gr(M),


. -
i= 7

la dernière assertion de 6) est ainsi satisfaite.


Supposons maintenant que ( E l , ..., 5,) soit complètement sécante pour gr(M)
et Mi séparé pour la topologie q-adique (pour O d i < s). D'après ce qui précède et
l'hypothèse de récurrence, la suite (x,, ..., x,) est complètement sécante pour M l ;
comme on a Ml = M/xlM et que {x, ) est complètement sécante pour M, la suite
(x,, x,, ..., x,) est complètement sécante pour M (A, X, p. 160, th. 1).

8 5. ANNEAUX LOCAUX RÉGULIERS

1. Définition des anneaux locaux réguliers

Soit A un anneau local noethérien. Soit (xi),, une famille d'éléments de m,. D'après
le cor. 2 à la prop. 4 de II, 8 3, no 2, il revient au même de supposer que la famille
(xi),, engendre l'idéal m, de A, ou que les classes des xi modulo m i engendrent le
K,-espace vectoriel mA/mA; s'il en est ainsi, on a dim(A) d Card(1) d'après le scholie
du 9: 3, no 2. On a donc l'inégalité

pour toute famille (xi),, engendrant l'idéal m, de A.


AC VI11 .52 DIMENSION $5

DÉFINITION 1. -On dit que l'anneau local noethérien A est régulier si l'on a
dim(A) = [m,/m; :K,]. On appelle alors système de coordonnées de A toute famille
d'éléments de m, dont les classes modulo m i forment une base du K,-espace vectoriel
mA/mA.
Un système de coordonnées dans un anneau local noethérien régulier A est donc
une famille finie (xi),, engendrant l'idéal m, de A et telle que Card(1) = dim(A).
Réciproquement, si l'idéal m, d'un anneau local noethérien A est engendré par d
éléments avec d < dim(A), l'anneau A est régulier.

Exemples. - 1) Les anneaux locaux noethériens réguliers de dimension O (resp. 1)


sont les corps (resp. les anneaux de valuation discrète) (VI, 4 3, no 6, prop. 9 et cor. 1
du th. 1 ci-dessous). Soit A un anneau de valuation discrète ; alors un élément t de m,
est une uniformisante si et seulement si { t ) est un système de coordonnées de A.
2) Soit k un corps et soit n un entier positif. L'anneau de séries formelles
k[[X,, ..., X,]] est un anneau local noethérien régulier de dimension n (4 3, no 4, cor. 3
à la prop. 8). Soient F,, ..., F, des séries formelles sans terme constant dans
k[[X,, ..., X,]]; pour que la suite (F,, ..., F,) soit un système de coordonnées de
k[[X,, ..., X,]], il faut et il suffit que la matrice
Plus généralement, soit A un.anneau local noethérien régulier de dimension r ;
alors A[[X,, ..., X,]] est un anneau local noethérien régulier de dimension r + n. Si
(a,, ..., a,) est un système de coordonnées de A, alors (a,, ..., a,, X , , ..., X,) est un
système de coordonnées de A[[X,, ..., X,]].
3) Soit A un anneau local noethérien régulier complet de dimension r. L'anneau
A {X, , ..., X,} des séries formelles restreintes est local noethérien régulier de dimen-
sion r + n (§ 3, no 4, remarque 1). Si (a,, ..., a,) est un système de coordonnées de A,
alors (a,, ..., a,, X,, ..., X,) est un système de coordonnées de A {X,, ..., X,).
* 4) Soit k un corps valué complet non discret. L'anneau des séries formelles à n
variables qui convergent dans un voisinage de O dans knest un anneau local noethérien
régulier de dimension n (4 3, no 4, remarque 2). ,
5) Soient k un corps, A une k-algèbre intègre de type fini et m un idéal maximal de
A. L'anneau local noethérien A, est régulier si et seulement si l'on a dim(A) =
[m/m2 :A/m] : en effet, on a dim(A,,) = dim(A) ($2, no 4, cor. 2 au th. 3) et les espaces
vectoriels m/m2 et mA,,/(mA,)2 sur le corps A/m sont isomorphes (II, $ 3, no 3,
prop. 9). En particulier, si k est algébriquement clos, la condition énoncée équivaut à
dim(A) = [m/m2 :k] (V, 4 3, no 3, prop. 1).
* 6) Soit X une variété algébrique sur un corps parfait k. Alors X est non singulière
en un point x si et seulement si l'anneau local de X en x est régulier. *
* 7) Soit A un anneau local noethérien régulier. On verra plus tard que l'anneau
local noethérien A, est régulier pour tout idéal premier p de A. ,
PROPOSITION 1. - Soient A et B des anneaux locaux noethériens et p :A + B un
homomorphisme local faisant de B un A-module plat. On suppose que l'on a
mB = B.p(m,). On a alors dim(A) = dim(B) et B est régulier si et seulement si A
est régulier.
La première assertion résulte du cor. 1 de la prop. 7 du 9 3, no 4. Comme B est plat
sur A, on peut identifier m i = B.p(mA) à B 8, m i pour tout entier k 2 0, donc
m,/mi à B @A (mA/mi)OU encore à K~ OKA (m,/mA). On a donc

d'où aussitôt la proposition.

COROLLAIRE. - U n anneau local noethérien A est régulier si et seulement si son com-

plété Â l'est.
En effet, Â est plat sur A, et l'on a rnz = Â.m, (III, Cj 3, no 4, th. 3 et Cj 2, no 12,
cor. 2 à la prop. 16).

2. Anneau gradué associé à un anneau local régulier

THÉORÈME1. -Soit A un anneau local noethérien. Les conditions suivantes sont


équivalentes :
(i) A est régulier.
(ii) L'idéal m, est engendré par une partie sécante pour A (Cj 3, no 2, déf. 1).
(iii) L'idéal m, est engendré par une suite complètement sécante pour A (A,X , p. 157,
déf. 2).
(iv) Soit S l'algèbre symétrique du K,-espace vectoriel mA/mA, et soit gr(A) =
@ m;/m;+' l'anneau gradué associé à A. L'homomorphisme canonique y de S sur
1130
gr(A) est bijectij

:
(v) I l existe un entier r 2 O tel que l'on ait HAimA
= (1 - T)-,, c'est-à-dire

m, = osi r = 0 et [mA/mrl :K,] = (n ') pour tout entier n 3 O si r > O.


(vi) On a HA,,,, = (1 - T)-davec d = dim(A).
Si ces conditions sont remplies, tout système de coordonnées de A est une suite
complètement sécante pour A.
(ii) =. (i) : en effet, toute partie sécante a au plus dim(A) éléments (Cj 3, no 2, th. 1).
(iii) =-(ii) : en effet, toute suite complètement sécante est sécante (§ 3, no 2, corol-

-
laire de la prop. 3).
(iv) (iii) : soit ( x , , ..., x,) une suite d'éléments de m, dont les classes modulo m i
forment une base (t,, ..., 5,) de m,/mA sur le corps KA.Si la propriété (iv) est satis-
faite, gr(A) est l'algèbre de polynômes K,[C,, ..., k,] et la suite ( x , , ..., x,) est complète-
ment sécante (A, X, p. 160, th. 1). Ceci prouve aussi la dernière assertion du th. 1.
(i) (iv) : posons r = [m,/m; :K,] D'après la formule (6) du Cj 4, no 2, la série
de Poincaré de l'espace vectoriel gradué S sur le corps K, est égale à
AC VI11 .54 DIMENSION §5

Supposons que l'homomorphisme canonique y :S + gr(A) ne soit pas bijectif.


Comme y est surjectif, il existe un élément homogène u de S, de degré d > O annulé
par y. On a alors
HA,,, = Ps -pK,,(,, d Ps - Pus = (1 - Td)/(l - T)'
= (1 + T + ... + Tdpl)/(l - T)rpl.

D'après le th. 3 du $ 4, no 4 et le lemme 2 du 9 4, no 1, on a donc dim(A) < r, et A


n'est pas régulier.
Prouvons enfin l'équivalence des conditions (iv) à (vi). Or (iv) signifie que l'on a
H ~ , m= ~(1 - T)-"avec s = [mA/mi:KA].Donc les conditions (iv), (v), (vi) signi-
fient que l'on a HA,,, = (1 - T)-", avec respectivement m = [mA/mA: K ~ ]m, 3 0,
m = dim(A). Mais, si l'on a H,,,, = (1 - T)-", on a dim(A) = m d'après tj 4,
no 4, th. 3 et [mA/rni:KA]= m (puisque (1 - T)-" = 1 + mT + ...). L'équivalence
des conditions (iv) à (vi) en résulte aussitôt;

COROLLAIRE 1. - Tout anneau local noethérien régulier est intégralement clos, et


en particulier intègre.
Supposons A régulier. Alors gr(A) est isomorphe a une algèbre de polynômes
en un nombre fini d'indéterminées sur un corps (th. 1, (iv)). Par suite, gr(A) est un
anneau noethérien intégralement clos (V, $ 1, no 3, cor. 3 de la prop. 13), et A est
donc intégralement clos (V, fj1, no 4, prop. 15).

Nous verrons dans un chapitre ultérieur que tout anneau local noethérien régulier
est factoriel.

COROLLAIRE 2 . S o i e n t A et B des anneaux locaux noethériens et o un homomorphisme


local de B dans A. On suppose A régulier et B complet. Pour que o soit bijectif, il faut
et il suj)t qu'il induise des bijections de K, sur K, et de m,/m; sur mA/m&
La condition énoncée est évidemment nécessaire.
Supposons inversement que o induise des isomorphismes de gro(B) sur gr,(A)
et de gr, (B) sur gr, (A). Comme l'anneau gr(B) est engendré par gro(B) u gr, (B)
et que gr(A) est l'algèbre symétrique de l'espace vectoriel gr, (A) sur le corps gr,(A),
l'homomorphisme gr(o) est bijectif. Par suite, o est bijectif (III, § 2, no 8, cor. 3 du
th. 1).

COROLLAIRE 3. - Soient k un corps et A une k-algèbre locale noethérienne, dont le


corps résiduel est égal à k. Pour que A soit régulière, il faut et il suffit que son complété Â
soit isomorphe à une k-algèbre de séries formelles k [ [ X , , ..., X,]].
Cela résulte de l'équivalence de (i) et (iv) dans le th. 1, et de la prop. 11 de III, 4 2,
no 9.
3. Quotients d'anneaux locaux réguliers

PROPOSITION 2. - Soient A un anneau local noethérien, x = (x,, ..., x,) une suite
d'éléments de m, et x l'idéal engendré par x. Les conditions suivantes sont équiva-
lentes :
(i) l'anneau A est régulier, et x fait partie d'un système de coordonnées de A ;
(ii) l'anneau A/x est régulier et x est une suite sécante pour A ;
(iii) l'anneau A/x est régulier et x est une suite complètement sécante pour A.
En outre, lorsque ces conditions sont satisfaites, x est un idéal premier de A.
(iii) 3 (ii) : cela résulte du corollaire de la prop. 3 du 4 3, nO 2.
(ii) = (i) : supposons que x soit une suite sécante pour A et que l'anneau local
,,
noethérien A/x soit régulier. Soit (x,, ..., x,) une suite d'éléments de A, dont les
classes modulo x forment un système de coordonnées de A/x. Alors la suite (x, , ..., x,)
engendre l'idéal m, de A, et l'on a

Par suite, A est régulier et (x,, ..., x,) est un système de coordonnées de A.
(i) * (iii) : si la condition (i) est satisfaite, la suite x est complètement sécante
(no 2, th. l), donc sécante d'après le corollaire de la prop. 3 du 4 3, no 2. On a donc

de plus, les classes de x,, ..., x, modulo nzi sont linéairement indépendantes sur le
corps K,, et l'on a donc

Les formules (3) et (4) montrent que AIXest régulier.


Tout anneau local noethérien régulier est intègre d'après le cor. 1 du th. 1 du no 2.
Par suite, x est premier si A/s est régulier.

COROLLAIRE 1. - Soient A un anneau local noethérien, et t un élément de m,. Les


conditions suivantes sont équivalentes :
(i) A est régulier, et t n'appartient pas à m i ;
(ii) A/tA est régulier et dim(A/tA) < dim(A);
(iii) A/tA est régulier, et t n'est pas diviseur de O dans A.

COROLLAIRE 2. - Soient A un anneau local noethérien régulier, et q un idéal de A.


Alors A/q est régulier si et seulement si q est engendré par une partie d'un système
de coordonnées de A.
La condition est suffisante d'après la prop. 2.
Supposons A/q régulier, et soit x = (x, , ..., x,) une suite d'éléments de q dont les
AC VI11 .56 DIMENSION 55
classes modulo m i forment une base de (q + mA)/m; sur le corps KA.Soit x l'idéal
de A engendré par x. On a donc x c q et x fait partie d'un système de coordonnées
de A, donc l'anneau local noethérien A/x est régulier (prop. 2) ; de plus, les espaces
vectoriels mA/(q + m i ) et mA/(x + m i ) ont même dimension sur K ~Par . suite,
les anneaux locaux noethériens réguliers A/q et A/x ont même dimension. Comme
les idéaux q et x sont premiers et que i'on a x c q, on a finalement q = x.
Exemple. - Soient k un corps, A = k[[X,, ..., X,]] et q un idéal de A, distinct de A.
Pour que A/q soit régulier, il faut et il suffit qu'on puisse trouver un entier r 2 O et des
éléments F,, ..., Fr de A, engendrant q, et tels que la matrice
de rang r (« critère jacobien »). O n a alors dim(A/q) = n - r.
Remarque. - Soient A un anneau local noethérien régulier et q c mA un idéal de A
tel que A/q soit régulier. Soit (x,, ..., x,) une suite d'éléments de q dont les classes
modulo m i engendrent l'espace vectoriel (q + mA)/mA sur le corps KA.La démonstra-
tion du cor. 2 montre que l'idéal q de A est engendré par (x, , ..., x,).

4. Polynômes d'Eisenstein

DÉFINITION 2. - Soient A un anneau, p un idéal premier de A, et P un polynôme de


A[T]. On dit que P est un polynôme d'Eisenstein pour p s'il satisfait aux conditions
suivantes :
a) P est unitaire de degré d 2 1 ;
b) on a P(T) r Td mod. pA[T] ;
c) on a P(0) 4 pz.
Autrement dit, un polynôme d'Eisenstein pour p est un polynôme de la forme
d
P(T) = Td + aiTd-', avec d 1, où a,, ..., ad-, appartiennent à p et ad à
i= 1

P - pz.
On dit que P est un polynôme d'Eisenstein pour PA,, si l'image canonique de P
dans l'anneau de polynômes A,[T] est un polynôme d'Eisenstein pour l'idéal PA,;
cela signifie aussi que P est un polynôme d'Eisenstein pour p et qu'il satisfait en
outre à la condition suivante, plus forte que c) :
c') tout élément a de A tel que aP(0) E pz appartient à p.

PROPOSITION 3. - Soient A un anneau, p un idéal premier de A et P E A[T] un poly-


nôme d'Eisenstein pour p.
a) I l n'existe pas de décomposition de la forme P = P , P z où P l et Pz sont deux
polynômes unitaires de A[T] distincts de 1.
b) Supposons A intégralement clos, de corps desfractions K. Alors P est irréductible
dans K[T].
Soit cp l'homomorphisme canonique de A dans le corps des fractions k de A/p
et soit 9': A [ T ]-+ k [ T ] l'extension de cp telle que cp1(T)= T . Supposons qu'on ait

-
P = P I P , où Pl et P2 sont deux polynômes unitaires de A[T] distincts de 1. On a
alors T d = cpf(P1) cpr(P2)dans k[T],en notant d le degré de P. Si di est le degré de
Pi, on a donc cpf(Pi)= T d l ,c'est-à-dire Pi(T) T d zmod. pA[T], et en particulier
Pi(0)E p. Mais alors P(0) = Pl(0).P2(O) appartient à p2 contrairement aux hypo-
thèses. Ceci prouve a).
L'assertion b ) résulte de a) et de la prop. 11 de V, 5 1, no 3.
Soient A un anneau local noethérien et P l , ..., Pr des polynômes unitaires dans
A[T], de degré 3 2. Soit q l'idéal de AITl, ..., T r ] engendré par P l ( T l ) , ..., Pr(Tr)
et soit B la A-algèbre quotient A[T,, ..., T,]/q. Pour 1 < i < r, on note di le degré

-
de Pi, ti la classe de T i modulo q, et yi la classe de ci = Pi(0)modulo m i . On suppose
que l'on a P i ( T ) Td' mod. m,A[T] pour 1 < i < r.

PROPOSITION
4. - a ) L'anneau B est local et noethérien, d'idéal maximal

m, = Bm, + zr

i= 1
Bt, .

On a dim(A) = dim(B) et [ K , :K,] = 1. Les monômes t:(" ... t,"('),avec O < a ( i )


pour 1 < i < r, forment une base du A-module B.
b ) Soit h l'homomorphisme canonique de m A / m i dans m,/m;. Alors le noyau
- -

est le K,-espace vectoriel engendré par y,, ..., y,. Les classes des éléments t , , ..., t,
forment une base sur K A du conoyau de h.
c ) Pour que B soit régulier, il jaut et il suffit que A soit régulier et que y,, ..., y,
soient linéairement indépendants dans le K,-espace vectoriel m,/mi.
La A-algèbre B est isomorphe au produit tensoriel B I 8, ... 8, Br avec
B, = A[T]/(Pi)pour 1 d i d r. Il en résulte que les monômes t:(l) ... t;('), avec
O < a ( i ) < di pour 1 < i d r, forment une base du A-module B. En particulier,
B est entier sur A, donc A et B ont même dimension d'après le th. 1 du 5 2, no 3.
D'après le cor. 3 de la prop. 9 de IV, 4 2, no 5, l'anneau B est noethérien, et tout
idéal maximal de B contient B.m,. Par ailleurs, vu l'hypothèse faite sur P l , ..., Pr
et la relation Pi(ti) = O, on a t: E B.mA pour 1 < i < r. Donc tout idéal maximal
de B contient t , , ..., t,, donc aussi l'idéal q' = B.m, + Bt, + ... + Bt,. Or on a
m , = A n q' et B = A + q', donc B/q' est isomorphe à A/m, et q' est un idéal
maximal de B ; par suite, B est local et l'on a [ K :K,]~ = 1. Ceci prouve a).

Posons r = mi + z
i= 1
Ac,, et notons cp l'homomorphisme canonique de

( A l m i ) [ T l , ..., T,] sur B/m;. Comme on a m , = B.m, + i=1Bti,


1
le noyau n
de cp est l'idéal engendré par les classes P,(T,) des polynômes Pi(Ti) modulo
m;.A[T,, ..., T,] et les monômes T i T j et xTi pour 1 d i, j d r et x dans m,/mi.
D'après l'hypothèse faite sur Pi, à savoir P i ( T ) = T d zmod. m,.A[T], on peut rem-
placer P,(T,) par yi dans cette description de n ; par suite, l'anneau B / m i est iso-
AC VI11 .58 DIMENSION 35

morphe au quotient de (A/r) [Tl, ..., T,] par l'idéal gradué engendré par les monômes
T,T, et xTi pour x dans m,/r. Notons T , la classe de ci modulo m i ; on a donc

(5)
d'où

L'assertion b) résulte aussitôt de là.


D'après la formule (6) et la relation [K, :K,] = 1, on a

Or, le K,-espace vectoriel r/mA est engendré par y,, ..., y, et l'on a

L'assertion c ) résulte aussitôt des formules (7) et (8).

COROLLAIRE. - Soit A un anneau local noethérien régulier et soit P E ACT] un poly-

nôme d'Eisenstein pour m,. L'anneau B = A[T]/(P) est local noethérien régulier,
de même dimension que A, et l'on a [ K ~ : K ,= ] 1. EnJin, on a m, = B.m, + Bt,
où t est la classe de T modulo (P).
Le cas où P est de degré 2 résulte de la prop. 4, où l'on fait r = 1 ; lorsque P
est de degré 1, c'est-à-dire de la forme T - c avec c E ni, le corollaire est immédiat.
PROPOSITION 5. - Soit A un anneau intègre, de corps des fractions K, et soit L une
extension algébrique de degréjini de K. On noie B lafermeture intégrale de A dans L
et p urz idéal premier de A.
Supposons que l'anneau local A, soit noethérien et régulier; soit t un élément de L
tel que L = K(t)el supposons qu'il existe dans A[T] un élément P, polynôme d'fiisenstein
pour pAp, dont t soit racine.
a ) Il existe dans B un unique idéal premier q LIU-dessusde p.
b ) L'anneau local Bq est noethérien et régulier, de même dimension que A,.
c ) On a Bq = A,[t].
d ) L'homomorphisme canonique de A/p dans Bjq induit un isomorphisme des corps
des fractions de ces anneaux.
Posons C = A,[t] et notons d le degré de P. D'après la prop. 3 appliquée à
l'anneau A,, le polynôme d'Eisenstein P est irréductible dans K[T] et (1, t , ..., r d ' )
est une base de L sur K, donc de C sur A,. Comme P est unitaire, le noyau de I'homo-
morphisme canonique de A,[T] sur C est égal à (P). D'après le corollaire de la prop. 4
ci-dessus, C est donc un anneau local noethérien régulier de même dimension que
A,, l'idéal maximal m, de C est engendré par p u { t ) et le corps K, est une extension
triviale du corps des fractions de Alp. Pour prouver la prop. 5, il suffit donc de montrer
qu'il existe un unique idéal premier q de B au-dessus de p, et qu'on a C = Bq.
Posons S = A - p. On sait (V, $ 1, no 5, prop. 16) que la fermeture intégrale de
A , dans L est égale à S p l B . Par ailleurs t est entier sur A,, et l'anneau C = A J t ]
est local noethérien régulier, donc intégralement clos (no 2, cor. 1 du th. 1). On a
donc C = S p ' B . Par conséquent, l'anneau S - ' B est local et possède un unique
idéal maximal. D'après V, 5 2, no 1, prop. 1, il existe un unique idéal premier de
S-'B au-dessus de PA,, donc B possède un unique idéal premier q au-dessus de p
(loc. cil., lemme l), et l'on a Bq = S-'B = C.

COROLLAIRE. - Supposons que A, soit un anneau de vuluation discrète. Alors Bq est

un unneuu de valuation discrète, t est une unformisante de B q , et l'on a

(VI, 5 8, no 1).
En effet, les anneaux de valuation discrète sont les anneaux locaux noethériens
réguliers de dimension 1 ;posant d = [L :KI, on a t d E nt, - m i , d'où d = e(B,/A,).
On a [ K ,:~K*] = 1, d'où f ( B q / A p) = 1.
Exemples. - 1) Posons A = Z et L = Q(pl'd), où p est un nombre premier et d
un entier 3 2. Notons B la fermeture intégrale de Z dans L. Comme le polynôme
Td - p de Z [ T ] est un polynôme d'Eisenstein pour pz(,,, il existe un unique idéal
premier q de B au-dessus de p z . Il existe donc une unique valuation discrète nor-
malisée v du corps Q(p'id) telle que v(p) > O ; on a [L :K] = v(p) = d, et B/q est
un corps à p éléments. L'anneau Bq de la valuation v est égal à Z,,,[p'id].
2) Posons A = Z et L = R,,(Q) où p est un nombre premier et f un entier 3 1
<
(cf: A, V , p. 78). On a donc L = Q(<)avec = exp(2xi/ps). Soient B la fermeture
intégrale de Z dans L et P le polynôme de Z[T] tel que

Posons d = p* - p f - l . On a P(< - 1) = O, P(0) = p et

- P(T - 1) E (T - l)d mod. pZ[T],


d'où P(T) Td. Par suite, P est un polynôme d'Eisenstein pour pz(,,. Il y a donc
un unique idéal premier q de B au-dessus de pz, et l'on a Bq = Z(,,[(] ; de plus,
( - 1 est une uniformisante de Bq et l'on a

Si o est l'unique valuation normalisée de Q(<) telle que v(p) > O, on a v(p) = d.
De plus, le corps B/q a p éléments. On peut prouver (cf. p. 96, exerc. 13) que B est
égal à Z[<].
BOURBAKI. - Algèbre commutative. - 3
AC VI11 .60 DIMENSION

* 5. Structure des anneaux locaux noethériens réguliers complets

Dans ce numéro, nous utilisons des définitions et des résultats du chapitre IX.
Soit A un anneau local noethérien régulier et complet ; notons p la caractéristique
de son corps résiduel KA, et distinguons deux cas.
A) p = O. Alors (IX, $ 3, no 3, th. l), il existe un sous-corps K de A tel que la
projection canonique de A sur K, induise un isomorphisme de K sur K,. Appliquant
alors le cor. 3 du th. 1 du no 2 à la K-algèbre A, on en déduit :

PROPOSITION 6. Soit A un anneau local noethérien régulier et complet, dont le corps


-

résiduel K, est de caractéristique 0. Posons n = dim(A). Alors A est isomorphe ri


l'anneau de séries formelles K * [ [ X , , ..., X,]].
B ) p # O. On appelle sous-anneau de Cohen de A tout sous-anneau V de A qui
est un panneau tel que A = m, + V (IX, $ 2, no 2, déf. 2). L'anneau V est local;
son idéal maximal m, est engendré par p. 1, ; par suite on a nt, n V = in, et l'in-
jection canonique de V dans A définit par passage au quotient un isomorphisme
du corps K, sur le corps K,. Si p. 1, = O, V est un corps de caractéristique p. Sinon V
est un anneau de valuation discrète dont le corps des fractions est de caractéristique
zéro (IX, 2, no 1, cor. 1 à la prop. 1). On démontre (IX, no 2, th. 1) que A possède
des sous-anneaux de Cohen.
Exemples. - 1 ) Soient k un corps de caractéristique p # O et n un entier positif.
L'anneau de séries formelles k [ [ X , , ..., X,]] est local noethérien régulier complet,
de dimension n et k est un sous-anneau de Cohen de k [ [ X , , ..., X,]].
2) Soient V un anneau de valuation discrète complet et n un entier positif. L'anneau
de séries formelles V, = V [ [ X , ,..., X,]] est local noethérien régulier complet,
de dimension n + 1, et V est un sous-anneau de Cohen de V,.
3) Gardons les notations précédentes. On dit qu'un polynôme P de V , [ T ]de degré
d
d 2 2 est spécial s'il est d s l a forme T d + aiTd-', où a , , ..., a , , appartiennent
i= 1
à mvn,a, appartient à m, + mVn mais non à mVn.En particulier, P est un polynôme
d'Eisenstein pour mvn.Posons A = V,[T]/(P).D'après le corollaire de la prop. 4
du no 4, l'anneau A est local noethérien régulier complet, de dimension n + 1.
Si t est la classe de T modulo (P),la suite (1, t, ..., t d ' ) est une base du V,-module A,
et (XI, ..., X,, t ) est un système de coordonnées de A : en effet, il existe une unifor-
misante n. de V telle que a, = n mod. m t n; comme on a aussi
a, = - t(td-' + + ... + a , - , ) ,
on a n E m i ; comme m, est engendré par {n,X I , ..., X,, t ) , cela prouve notre
assertion. En outre, V est un sous-anneau de Cohen de A, car K, s'identifie i K,,,
et K,, à K, d'après le corollaire à la prop. 4 du no 4.
THÉORÈME 2. - Soit A un anneau local noethérien régulier et complet dont le corps
résiduel est de caractéristique # O, et soit V un sous-anneau de Cohen de A. Posons
n = dim(A).
a ) Supposons que V soit un corps. Alors la V-algèbre A est isomorphe à l'algèbre
de séries formelles V [ [ X l ,..., X,]].
b ) Supposons que V soit un anneau de valuation discrète complet et que I'on ait
m , q! m i . Alors, la V-algèbre A est isomorphe à l'algèbre de séries formelles
V [ [ X l ,..., x,- I l l .
c ) Supposons que V soit un anneau de valuation discrète complet et que l'on ait
m , c m i . Il existe alors un polynôme spécial P dans V [ [ X , ,..., X,_ ,II [Tl et un
V-isomorphisme de A sur V [ [ X , ,..., X,- , ] ] [T]/(P).
L'assertion a ) résulte aussitôt du cor. 3 du th. 1 du no 2.
Prouvons b). Soit ( x , , ..., x,,) une suite d'éléments de m,, et soit cp, l'homo-
morphisme de V [ X , , ..., X,] dans A qui coïncide avec l'identité sur V et envoie
Xi sur xi pour 1 < i < m. Si a est l'idéal de V [ X , ,..., X,] engendré par X I , ..., X,,,
on a cpo(a) c m,, donc cpo se prolonge par continuité en un homomorphisme cp
de V , = V [ [ X , ,..., X,]] dans A. Soit rc une uniformisante de V . D'après le cor. 2
du th. 1 du no 2, cp est un isomorphisme de V , sur A si et seulement si ( K , x , , ..., x,,)
est un système de coordonnées de A. Mais l'application canonique de m,/mt dans
m,/mS, est injective, puisque i'on a m , ç t mi et que m,/m$ est de rang 1 sur K,.
Donc m,/(m, + m i ) est de rang FI - 1 et (rc, x 1 , ..., x , ~ est ) un système de coor-
données de A si et seulement si les classes des xi forment une base de m,/(m, + nt:)
sur K,. D'où b).
Prouvons c). Soit ( y , , ..., y,) un système de coordonnées de A. Comme ci-dessus,
posons V , = V [ [ Y l ,..., Y , ] ] et considérons l'homomorphisme cp de V, dans A
qui coïncide avec l'identité sur V et envoie Y i sur yi pour 1 < i < n. Alors gr(<p)
est surjectif, donc cp est surjectif ( I I I , Q: 2, no 8, cor. 2 du th. 1). Le noyau p de cp est
un idéal premier de V , ; comme on a

l'idéal premier p est de hauteur 1 (Q: 1, nc)3, prop. 8). Mais l'anneau V , est factoriel
d'après la prop. 8 de V I I , 5 3, no 9 ; par suite, l'idéal p est principal (VII, 9: 3, no 2,
th. 1).
Soit R un générateur de l'idéal p de V,. D'après le lemme 3 de V I I , § 3, no 7, il
existe des entiers u(l), ..., u(n - 1) au moins égaux à 1, et un isomorphisme o de
,_,,
V [ [ X , ,..., X T l ] sur V , tels que

= Yi + Yi"' pour 1<i <n


o(T) = Y,

et que o - ' ( R ) = Q satisfasse à Q(0, ..., O, T) # O. De plus, d'après le théorème de


AC VI11 .62 DIMENSION 96
préparation (VII, 5 3, no 8, prop. 6), il existe un polynôme P dans V[[X, , ..., X,- ]] [Tl,
de la [orme
d
P = Td + 1 ai(X,,..., X , p l ) T d - i ,
i= 1

,
engendrant le même idéal que Q dans V[[X, , ..., X,- , Tl], et tel que ai(O, ..., 0) E m,
pour 1 6 i < d. On en déduit que A est V-isomorphe à V[[X,, ..., X , T]]/(P). ,,
Mais V[[X,, ..., X n p l ,Tl] est somme directe de l'idéal (P) et du sous-
V[[Xl, ..., X,_ ,]]-module de base 1, T, ..., Tb' (VII, § 3, no 8, prop. 5); par suite,
A est V-isomorphe à V[[X, , ..., X,_, 11 [T]/(P).
, ,
Posons C = V[[X, , ..., X , ]] et notons ci la classe de a,(Xl , ..., X , ) modulo mg.
On a K" = K~ = KA. D'après la prop. 4 du no 4, le noyau de l'homomorphisme
canonique de m,/m$ dans mA/mi est égal à K,N. Comme l'image de m,/m; dans
mA/mi est nulle et que m,/mV est de rang 1 sur K,-, il en résulte que ud appartient
à m, + mg, mais non à mg. Par conséquent, le polynôme P est spécial, ce qu'on
voulait démontrer.
* Remarque. - Soient k un corps, A une k-algèbre noethérienne locale complète
régulière. Lorsque K, n'est pas une extension séparable de k, il n'est pas vrai en
2 général que A soit isomorphe comme k-algèbre à K,[[T,, ..., T,]] où il = dim(A)
(p. 98, exerc. 29). *

5 6. DIMENSION DES ANNEAUX GRADUÉS

Dans ce paragraphe, on désigne par H un unneau gradué de type Z, Li degrés positifs,


et par (H,),,, su graduufion; ainsi, ail u H, = {O} pour n < 0.

1. Anneau filtré associé à un anneau gradué

Pour tout n E Z, on pose Hg, = 1 Hi. On a H = H,,


iàn
; les H,, sont des idéaux
gradués de H. Notons S la partie multiplicative 1 + H,, formée des éléments
de H dont la composante de degré O est égale à 1, et considérons l'anneau de fractions
S-'H. Identifions H à un sous-anneau de son complété H = n
H, (III, 3 2, no 12,
II

exemple 1);comme les éléments de S sont inversibles dans fi (III, 3 2 no 13, lemme 3),
S-'H s'identifie à un sous-anneau de f? contenant H. Pour s E S et h E H.,,. . l'élément
s-'h - hdefiappartientà nHi;parconséquentonaSIH,, = ( S - ' H ) n
iàn
Hi. n
iàn
On en déduit :

PROPOSITION 1. - a) Les idéaux S- 'H,, forment unefiltration exhaustive et séparée


de l'anneau S I H .
b ) L'homomorphisme canonique de H dans S-'H induit pour chaque n un isomor-
phisme un de H, sur S-'H,,/SIH,,+, ; les un sont les composants homogènes d'un
isomorphisme d'anneaux gradués de H sur l'anneau gradué associé à S-'H, filtré
par les S-'H,,.
Remarques. - 1 ) Un élément h/s de S- 'H avec h E H, s E S, est inversible si et
seulement si la composante de degré O de h est inversible dans Ho. Par conséquent,
si l'anneau Ho est local, l'anneau S-'H est local et l'injection canonique Ho --+ S- 'H
induit un isomorphisme sur les corps résiduels.
2) Supposons H engendré par Ho et H l ; alors pour tout n, on a H a + , = H l .Hn,
donc H a n + , = Hl .H,, et S-'Ha,+, = H, .SP'H,,. Par suite, la filtration
(S. 'H,,) de SP'H est la filtration S- 'H, ,-adique.
Exemples. - 1 ) * Soit p un idéal premier gradué de CIXo, ..., X,] différent de l'idéal
engendré par les Xi; soient V la sous-variété algébrique de Pn(C)définie par p et C
la sous-variété algébrique de C f ' définie par p. Alors C est le cône de base V,
H = C[X,, ..., X,]/p est l'algèbre affine de C et S-'H l'anneau local du cône C
en son sommet. *
2) Soient A un anneau local et a un idéal de A distinct de A. Alors H = @ an/an+'
n

est un anneau gradué tel que Ho = A/a soit local; il est engendré par Ho et H l .
L'anneau S-'H est donc local et la filtration (S-'H,,) est la filtration S I H , , -
adique. On prendra garde qu'en général les anneaux A et S-'H ne sont pas iso-
morphes. * En particulier une variété algébrique n'est pas en général localement
isomorphe au voisinage d'un point à son cône des tangentes en ce point. *

2. Dimension et chaînes d'idéaux gradués

Dans ce numéro, nous noterons dimgr(H) la borne supérieure des longueurs


des chaînes d'idéaux premiers gradués de H ; de même, si p est un idéal premier
gradué de H, nous noterons htgr(p) la borne supérieure des longueurs des chaînes
d'idéaux premiers gradués de H dont p est le plus grand élément. Si p est un idéal
premier gradué de H, on a p n S = ; sinon, en effet p contiendrait un élément
dont la composante de degré O serait égale à 1, donc contiendrait 1 puisqu'il est
gradué. L'application p H SP'p de l'ensemble des idéaux premiers gradués de H
dans l'ensemble des idéaux premiers de S- 'H est donc injective et croissante (II, $ 2,
no 5, prop. 11) ; par conséquent, compte tenu du 9: 1, no 3, prop. 6 et corollaire à la
prop. 7, on a :

PROPOSITION 2. - a ) On a dimgr(H) < dim(SP1H)< dim(H).


b ) Pour tout idéal premier gradué p de H, on a htgr(p) < ht(S-'p) = ht(p).
Pour tout idéal a de H, notons agr le plus grand idéal gradué contenu dans a ;
on a agr = C (a n H,).
n
AC VI11 .64 DIMENSION 96
Lemme 1. - a ) Si p est un idéal premier de H, pgrest un idéal premier.
b) Tout élément maximal de l'ensemble des idéaux grududs de H distiricts de H
est un idéal maximal de H qui contient H, . ,
c ) Tout idéal premier minimal de H est gradué.
a ) Cela résulte de III, 5 1, no 4, prop. 4.
b) Soit m un idéal gradué de H distinct de H. Alors on a
m c (mnH,) +
H,, # H .
Si m est maximal, alors on a rn = m, + H,, , où mo est un idéal maximal de Ho,
d'où b).
c ) Soit p un idéal premier minimal de H. Comme pgr est premier d'après a ) et
contenu dans p, on a p = pgr, d'où c ) .

Lemme 2. -Soient p et q des idéaux premiers de H tels que q c p et q # p. Si qgr= pgr,


alors q est gradué, p ne l'est pas et ht(p/q) = 1.
* Remarque 1 .Reprenons les notations de l'exemple 1 du no 1. Le lemme 2 implique
que, si deux sous-variétés irréductibles Y et Z de Cnfl ont le même cône projetant
et si Z c Y et Z # Y, alors Y est le cône projetant de Z, et Z est de codimension 1
dans Y. ,
Remplaçant H par H/qgr on se ramène au cas où qg' = {O}. Alors H est intègre
(lemme 1, a)), pgr = O, et il s'agit de prouver que ht(p) < 1 : cela entraînera en effet
que ht(q) = O, donc que q = {O}. Puisque pg' = {O}, on a p n Hn = {O} pour
tout n, et p est disjoint de la partie multiplicative T = U (H, - {O}). L'anneau HP
n
est donc isomorphe à un anneau de fractions de Tp'H, et l'on a donc
ht(p) = dim(Hp) < dim(T-'H)
(5 1, no 3, prop. 6 et 7). Mais, d'après le lemme 4 de V, 5 1, no 8, T-'H
est un corps
ou est isomorphe a un anneau K[X, Xpl], où K est un corps; on a donc
dim(T-'H) < 1 et ht(p) < 1, ce qu'on voulait démontrer.

PROPOSITION 3. - Soit p un idéal premier de H. Si p # pg', on a ht(pgr) = ht(p) - 1.


D'après le lemme 1, a), l'idéal pg' est premier et contenu dans p, donc
ht(pgr) < ht(p) - 1. La proposition étant triviale lorsque ht(pgr)= + co, on peut
supposer ht(pgr)c + co. Démontrons l'inégalité ht(p) < ht(pgr) + 1 par récur-
rence sur ht(pgr). Il suffit de prouver que, pour tout idéal premier q contenu dans p
et distinct de p, on a ht(q) < ht(pgr).Distinguons deux cas suivant que qgr # pg'
ou que qgr = pgr. Si qgr # pgr, alors on a ht(qgr)< ht(pg') ; on a
ht(q) < ht(qgr)+ 1 ,
d'après l'hypothèse de récurrence si q # qgret trivialement si q = qgr;par conséquent,
on a ht(q) < ht(qgr) + 1 d ht(pgr),ce qu'on voulait démontrer. Si qgr = pg', alors
on a q = qg' d'après le lemme 2, donc ht(q) = ht(qgr)< ht(pgr), d'où encore la
conclusion voulue.
THÉORÈME 1. - Supposons H noethérien.
a) Toute chaîne d'idéaux premiers gradués de H, saturée comme chaîne d'idéaux
premiers gradués, est saturée comme chaîne d'idéaux premiers.
b) Pout tout idéal premier gradué p de H, on a htgr(p) = ht(S-'p) = ht(p).
c ) On a dimgr(H) = dim(S-'H) = dim(H).
Pour démontrer a), il suffit de prouver que, si p et q sont deux idéaux premiers
gradués distincts de H tels que q c p et que tout idéal premier gradué compris
entre q et p soit égal à p ou à q, alors ht(p/q) = 1. En divisant par q, on se ramène
au cas où q = {O). Il s'agit donc de prouver que, si H est intègre, et si p est un idéal
de H, minimal parmi les idéaux premiers gradués # {O}, on a ht(p) = 1. Or, soit a
un élément homogène non nul de p, et soit r un idéal premier de H tel que a G r c p
et minimal pour ces propriétés (II, 5 2, no 6, lemme 2). Puisque rgr est premier
(lemme 1, a)) et non nul, on a rgr = p, donc p = r. Comme H est intègre et noethérien,
p est de hauteur 1 (5 3, no 1, prop. 1), d'où a).
Démontrons b). Soit p un idéal premier gradué de H. On a

(prop. 2); démontrons l'inégalité ht(p) < htgr(p) par récurrence sur htgr(p). Si
htgr(p) = O, p est minimal parmi les idéaux premiers gradués, donc minimal
(lemme 1, c ) ) et l'on a ht(p) = O. Supposons que l'on ait htgr(p) > O et prouvons
l'inégalité ht(q) d htgr(p) - 1 pour tout idéal premier q contenu dans p et distinct
de p. Distinguons deux cas. Si q est gradué, on conclut par l'hypothèse de récurrence.
Si q n'est pas gradué, alors on a qgr # p, donc ht(qgr)< htgr(qgr)d'après l'hypothèse
de récurrence, d'où ht(q) < htgr(qgr)+ 1 d'après la prop. 3 ; il reste à prouver
l'inégalité htgr(qgr)d htgr(p) - 2 ; mais si l'on avait htgr(qgr)= htgr(p) - 1, la
chaîne qgr c p serait saturée d'après a), ce qui n'est pas puisque qg' # q # p.
Prouvons enfin c). On a dimgr(H) < d i m ( S I H ) < dim(H) (prop. 2), et il reste à
prouver dim(H) d dimgr(H), ou encore ht(p) < dimgr(H) pour tout idéal premier p
de H. Soit donc p un idéal premier de H. Si p est gradué, on a ht(p) = htgr(p) <
dimgr(H). Si p n'est pas gradué, on a ht(p) = htgr(pgr)+ 1 d'après la prop. 3 ; soit m
un idéal gradué maximal de H contenant pgr ;d'après le lemme 1, b), m est maximal,
donc distinct de pgr, et l'on a htgr(pg') + 1 ,< htgr(m) < dimgr(H), d'où encore
ht(p) d dimgr(H). Cela achève la démonstration.
Remarque 2.-Il existe des anneaux gradués non noethériens H tels que
dimgr(H) < dim(H) (p. 99, exercice 1).

3. Dimension des modules gradués

Dans ce numéro, on note M un H-module gradué (de type Z).


Alors S-'M est un S- 'H-module, et si l'on pose M,, = @ Mi, on voit comme au
i3n
'
no 1 que la suite des ensembles S- M,, est une filtration exhaustive et séparée sur
AC VI11 .66 DIMENSION 96
S- 'M et que l'application canonique M -+ S- 'M induit un isomorphisme de M sur le
modulegradué @ S-'M, JS-'M,,,.,.
n

Lemme 3. - Supposons H engendré par Ho u H l et M engendré par @ Mi pour un


i<n~
entier ni convenable. Alors la filtration (S-'M,,) sur S-'M est bonne pour l'idéal
S-lH,, de S-'H.
On a, pour n a n o , M,,+,=H,.M,,, donc S-'M,n+l=Hl.S-'M,n=
S-lH,l.S-lM,n.

PROPOSITION 4. -Supposons H noethérien et M de type fini. Alors dimH(M)=


'
dim,- ,,(SP M).
Soit a i'annulateur du H-module M ;c'est un idéal gradué de H. Comme M est un
H-module de type fini, l'annulateur du S 'H-module S- 'M est l'idéal S- 'a de S-'H.
On a dimH(M)= dim(H/a) et dims-lH(S-lM) = dim(S-'H/SP'a). La prop. 4
rÈsulte alors du th. 1, c ) du no 2 appliqué à l'anneau gradué H/a.

PROPOSITION 5. - Supposons Holocal et artinien, H engendré par Ho u H l , H l de


typefini comme Ho-module, M non nul et de typefini comme H-module. Alors Mn est
un Ho-module de longueur finie pour chaque n, et il existe Q(T) E Z[T, T-'1 tel que
Q ( l ) > O et que l'on ait dans l'anneau Z((T))

avec d = dimH(M).
L'anneau S- 'H est local et noethérien (no 1, remarque l), le S- 'H-module S- 'M est
non nul de type fini, et de dimension d = dim,(M) (prop. 4). Par ailleurs, S-'H, , est
un idéal de définition de S-'H (9 3, no 2, lemme 2) et S-'Man est une filtration
S-'Hal-bonne sur S-'M (lemme 3). Enfin, on a Io~~,-,,S-'M,~/S-'M,,., =
longH,(M,) pour tout n. Il suffit donc d'appliquer les th. 2 et 3 du § 4 (nos 3 et 4).
Remarque. - A l'exception de la détermination de l'entier d, la prop. 5 résulte directe-
ment du th. 1 du § 4, no 2.

COROLLAIRE. - Soient A un anneau local noethérien et q un idéal de déJinition de A.

Alors on a dim(A) = dim(gr,(A)).


Appliquant la prop. 5 au cas M = H = gr,(A), on obtient la relation

avec d = dim(gr,(A)) et Q(l) # O. On a d = dim(A) d'après le th. 3 du 4, no 4, d'où


le corollaire.

PROPOSITION 6. - Supposons Ho local et artinien, H de typefini comme Ho-algèbre et


M de typefini comme H-module.
a ) Soient a , , ..., a, des éléments de H, homogènes de degrés > O, et soit <p l'homo-
morphisme (de Ho-algèbres) de Ho[Xl, ..., X,] dans H qui transforme X, en a, pour
n
1<i < n. Le S- 'H-module SP1M/ 2 (ai/l).S-'M est de longueurfinie si et seulement
i=1
si <p,(M) est un module de typefini sur Ho[Xl , ..., X,].
b) Il existe une famille (a,, ..., a,) d'éléments de H, tous homogènes d'un même
degré > O, avec d = dimH(M),et telle que (a,/l, ..., adIl) soit une suite sécante maxi-
male pour le S 'H-module S-'M. Si de plus H est engendré par H l comme Ho-algèbre,
et si le corps résiduel de Ho est infini, on peut prendre les a, de degré 1.
n
a ) Posons N = M/C aiM. On a dim,(N)
i=l
= dim,-,,(SIN) d'après la prop. 4.
Par suite, le S 'H-module S I N est de longueur finie si et seulement si le H-module N
est de longueur finie, c'est-à-dire si et seulement si N est un Ho-module de type fini.
Si <p,(M) est le module sur Ho[Xl, ..., X,] déduit de M par l'homomorphisme
n
<p:Ho[Xl,..., X,] -t M,onaN = cp,(M)/x Xi.<p,(M).Parsuite(A,II,p. 171,cor.3
i= 1
et remarque) <p,(M) est un module de type fini sur Ho[Xl, ..., X,] si et seulement si N
est un Ho-modulede type fini. Ceci prouve a).
Pour prouver b), nous établirons d'abord un lemme.
Lemme 4. - Soit b un élément de H, homogène de degré > O, et n'appartenant ii aucun
des éléments minimaux p de Supp(M), tels que dim(H/p) = dimH(M).On a alors
dim,(M/bM) = dim,(M) - 1.
Posons d = dim,(M). D'après la définition de b, on a dim,(M/bM) < d. D'après
la prop. 4 on a
dim,(M/bM) = dims- ,,(S-'M/(b/l).S-'M)

et la formule (8) du 3 3, no 2 fournit l'inégalité


dim,- ,,(S-'M/(b/l).SIM) 3 d i m , ,,(SPIM) - 1.

Enfin, on a
dim,- ,,(SP1M) = dimH(M) = d
d'après la prop. 4. On a donc dim,(M/bM) 3 d - 1, d'où le lemme 4.
Reprenons la démonstration de la prop. 6, b). On peut supposer dimH(M)> O.
Remarquons que tout élément minimal de Supp(M) est gradué (appliquer le lemme 1
du no 2 au quotient de H par l'annulateur de M). D'après la prop. 8 de III, tj 1, no 4,
il existe donc un élément homogène b de H, de degré > O, n'appartenant à aucun des
éléments minimaux p de Supp(M) tels que dim(H/p) = dimH(M).D'après le lemme 4,
on a dim,(M/bM) = dim,(M) - 1. Supposons de plus H engendrée par H l comme
Ho-algèbre et le corps résiduel k de Ho infini. Pour tout élément minimal p de
Supp(M), tel que dim(H/p) = dimH(M), considérons le sous-espace vectoriel
V, = (p n H l ) OHok du k-espace vectoriel V = Hl O,, k. Si on avait V, = V,
AC VI11 .68 DIMENSION 36

on aurait p n H l = H l (II, 3, no 2, prop. 4), d'où H , c p et dim,(M) = dim(H/p) ,<


iim(H/H, ,) = O, ce qui n'est pas. Puisque k est supposé infini, la réunion des V, est
distincte de V ; si b E H l est tel que b @ 1 n'appartient à aucun des V,, on a
aim(M/bM) = dim,,(M) - 1.
Procédant par récurrence sur d = dim,(M), on construit alors une suite (b, , ..., b,)
d'éléments de H, avec bi homogène de degré ni > O et telle que M/ biM soit un
i= 1
H-module de longueur finie. Si on suppose H engendrée par H l comme Ho-algèbre
et le corps résiduel de Ho infini, on peut supposer ni = 1 pour i = 1, ..., d. D'après la
prop. 4, on a dim,- ,,(S-'M) = d et

Alors (bl/l, ..., bd/l) est une suite sécante maximale pour le S-'H-module SPIM.
Posons ai = byl-.nd)lnlpour 1 < i < d ; alors les ai sont tous de même degré, et
(alIl, ..., a,/l) est une suite sécante maximale pour S - l M (4 3, no 2, remarque 3).

COROLLAIRE 1. - Supposons que Ho soit un corps et que H soit de type $ni comme
Ho-algèbre. Posons n = dim(H). Il existe des éléments homogènes a , , ..., a, de H
tous de même degré > O, tels que le Ho-homomorphisme cp :Ho[Xl, ..., X,] -+ H déjini
par cp(X,) = a,, i = 1, ..., n, soit injectifet fasse de H une Ho[Xl, ..., X,]-algèbrefinie.
Si H est engendrée pur H, comme Ho-algèbre et si H o est injini, on peut supposer les a,
de degré 1.
Il existe d'après la prop. 6 un Ho-homomorphisme <p de la forme indiquée qui fait
de H une Ho[X,, ..., X,]-algèbre finie. D'après le th. 1 du 2, no 3, on a alors

comme on a
dim(H) = n = dim(Ho[X1, ..., X,]),
et que Ho[Xl , ..., X,] est intègre, ceci implique Ker cp = { 0).
Remarque. - Soit (hl, ..., h,) un système générateur fini du Ho-espace vectoriel H,.
Pour h = (hl, ..., h,) E HO, posons h, = h,hl + + ... hJ,. Les démonstrations de
la prop. 6 et du cor. 1 entraînent le résultat suivant : l'ensemble des éléments
(A1, ..., h,,) de (HL)" tels que les éléments ai = h,, E H l satisfassent à la conclusion du
cor. 1, contient le complémentaire de la réunion d'un nombre fini de sous-espaces
vectoriels de (HO)" distincts de l'espace entier.
COROLLAIRE 2. - Soient A un anneau local noethérien et n E N . Pour que l'on ait
dim(A) 2 n, il faut et il suffit que pour tout entier r 2 O, on ait

on a l'égalité pour tout r si et seulement si A est régulier de dimension n.


La condition est suffisante (5 4, no 4, th. 3 et $ 5, no 2, th. 1). Montrons qu'elle est
nécessaire. Considérons l'anneau gradué gr(A) = gr,,(A); soit k une extension
infinie du corps K A , et posons H = k O,, gr(A). L'anneau H est de dimension 2 n
(prop. 5 et son corollaire) ;on déduit donc du cor. 1 l'existence d'un homomorphisme
gradué injectif de k-algèbres graduées cp :Ho[Xl, ..., XJ + H. On a par conséquent,
pour tout entier r 3 0,

et l'égalité pour tout r implique la bijectivité de cp, donc la régularité de A ($ 5, no 2,


th. 1).
Les égalités

impliquent alors les assertions analogues pour la fonction r tt long,(A/mA ').

4. Semi-continuité de la dimension

Lemme 5. -Soient A un anneau, r son radical, R = @ Ri une A-algèbre graduée,


itZ
M = @ Mi un R-module gradué. On suppose que chaque Mi est un A-module de type
ieZ
fini et que M/rM est un RlrR-module de typefini. Alors M est un R-module de typefini.
Soient m , , ..., m, des éléments homogènes de M, dont les images dans MjrM
engendrent le R/rR-module MjrM. Soit N le sous-R-module (gradué) de M engendré
par { m l , ..., m,). Pour tout i E Z, on a Mi = N, + rMi, donc Mi = N i (II, 5 3, no 2,
prop. 4) ; par suite on a M = N.
Lemme 6. Soient p : B + C un homomorphisme d'anneaux et S une partie multi-
-

plicative de B. On suppose que C est une B-algèbre de typefini, et que S-'C est une
S-'B-algèbrefinie. I l existe alors f E S tel que Cf soit une Bf-algèbrefinie.
Soit X un ensemble générateur fini de la B-algèbre C . Pour tout x E X, l'image de x
dans S-'C est entière sur S-'B, et il existe par conséquent un entier n(x) 3 0, des
éléments b,(x), ..., b,(,,(x) E B et un élément f (x) E S tels que

Soit f = nf
XFX
(x) ;l'image de tout élément x de X dans Cf est entière sur B f , donc C f
est une B (-algèbre finie (V, 5 1, no 1, prop. 4).
AC VI11 .70 DIMENSION 96
PROPOSITION 7. Supposons que H soit une Ho-algèbre de typefini. Alors lu fonction
-

p H dim(H @,O ~ ( p )est ) semi-continue supérieurementsur Spec(Ho).


Puisque H est de type fini comme Ho-algèbre, chaque H, est un Ho-module de type
fini (III, 5 1, no 2, corollaire à la prop. 1) et H est engendrée comme Ho-algèbre par
Ho O H l O ... O H, pour un entier r b O convenable. Soit p E Spec(Ho)et posons
dim(H @Ho ~ ( p ) = ) n 2 O. ' ~ a ~ rleè corollaire
s 1 à la prop. 6, il existe des éléments
a,, ..., a, de H, tous homogènes de même degré d > O, tels que le ~(p)-homomor-
phisme @: K ( ~ ) [ X ,...,
, X,]-+ H @,O ~ ( pqui ) applique X, sur a, O 1 pour 1 < i < n,
fasse de H ) K ( ~ ) [ X ,...,
~ ( p une , X,]-algèbre finie. Notons <p le Ho-homomor-
phisme de Ho[X,, ..., X,] = R dans H qui applique X, sur a, pour 1 < i < n. Si
l'on pose, pour tout m E Z, Hm = 1 H,, on obtient une graduation de
(m- l ) d < i < m d
type Z sur H, compatible avec la structure de R-module donnée par <p. Chaque HL
est de type fini sur Ho. D'après le lemme 5, HP est un R,-module de type fini. D'après
le lemme 6, il existe donc f E Ho - p tel que Hf soit un Rf-module de type fini. Pour
tout q E s p e ~ ( H , ) ~ H
, @,O ~ ( q )est une K(~)[X,, ..., X,]-algèbre finie, donc
dim(H ~ ( q )<
) n (5 2, no 3, th. l), ce qui achève la démonstration.
Remarques. - 1) * En géométrie algébrique, la prop. 7 implique que la dimension
des fibres d'un morphisme projectif de variétés algébriques est semi-continue supé-
rieurement. *
2) Nous verrons plus tard que si p :A B est un homomorphisme d'anneaux qui
-+

fasse de B une A-algèbre de type fini, la fonction q H dim,(B @, ~(p-'(q)))est


semi-continue supérieurement sur Spec(B) (cf: p. 101, exerc. 10).

5. Algèbres graduées régulières

Duns ce numéro, on suppose que Ho est un corps et que H est une Ho-algèbre de
type fini.
On pose H + = H,, ; c'est un idéal maximal de H. L'anneau S-'H s'identifie à
l'anneau local H, de H en l'idéal H + ; son idéal maximal est (H+ ,) = S - H + ,
+ +

son corps résiduel s'identifie à Ho.

PROPOSITION S. - a) On a dim(H) < [H +/H$ :Ho].


b) Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) dim(H) = [H+/H; :Ho] ;
(ii) l'anneau local noethérien S-'H est régulier ;
(iii) H est engendré comme Ho-algèbre par une famille d'éléments homogènes de
degrés > 0, algébriquement indépendants sur Ho.
c) Supposons les conditions de b) satisfaites, et soient a,, ..., a, E H des éléments
homogènes de degrés > O. Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) les classes des a, forment une base du Ho-espace vectoriel H+/H* ;
(ii) les a,/l forment un système de coordonnées de l'anneau local noethérien régulier
s- l H ;
No 1 MULTIPLICITES AC VIII. 71

(iii) les a, sont algébriquement indépendants sur Ho et engendrent H comme Ho-


algèbre.
Onadim(H)=dim(S-'H)(n02,th.l),et[H+/H; :H0]=[(S-1H+)/(S-1H+)2:Ho]
(II, Ej 3, no 3, prop. 9) ; d'après le Ej 5, no 1, cela entraîne a) et les équivalences (i) o (ii)
dans b) et c). Les deux implications (iii) * (i) dans b) et c) sont triviales. Démontrons
les implications (i) (iii). Supposons donc qu'on ait dim(H) = [H+/H$ :Ho] et
soient a,, ..., a, des éléments homogènes de H, de degrés > O, dont les classes forment
une base de H+/H: ; considérons l'homomorphisme d'algèbres graduées
<P :Ho[X,, ..., XJ + H qui envoie XEsur a,. L'idéal H + de H est engendré par les a,
(A, II, p. 171, cor. 2 et remarque); par conséquent I'homomorphisme <p est surjectif
(III, Cj 1, no 2, prop. 1). Mais on a

dim(Ho[Xl, ..., X,]) = n = dim(H) = dim(Ho[X,, ..., XJ/(Ker 9))

($ 2, no 4, cor. 1 du th. 3), donc Ker <p = O puisque Ho[X,, ..., X,] est intègre. Cela
implique les assertions (iii).
Sous les hypothèses de b), on dit que H est une Ho-algèbre graduée régulière, ou
une Ho-algèbre graduée de polynômes. Sous les hypothèses de c), on dit que les ai
forment un système de coordonnées gradué de H.
Remarques. - 1) Avec les notations de c), soit di le degré de ai (1 d i d n). Alors la
série de Poincaré PH =
nez
n
[H, :Ho]. Tnest égale a (1 - Tdl)- (Ej 4, no 2, exemple 1).
I

Par conséquent, si H est une Ho-algèbre graduée de polynômes, on a

PH = n (1
n
- T1')-'(") , avec S(n) = [(H + /H$ ), :Ho]

2) Inversement, le fait qu'il existe des entiers di > O tels que PH= n1
(1 - Td8)-'
n'implique pas que H soit une algèbre graduée de polynômes ;par exemple, si H est
engendrée par un élément X de degré 1 et un élément Y de degré 2, soumis à la seule
relation X2 = 0, on a PH = (1 - T)-l.

Dans tout ce paragraphe, on note A un anneau noethérien.

1. Multiplicité d'un module relativement à un idéal

Soient M un A-module de type fini et q un idéal de A contenu dans le radical de A


et tel que M/qM soit de longueur finie. Supposons M non réduit a O et posons
1
AC VI11 .72 DIMENSION 97
d = dimA(M).D'après # 4, no 3, corollaire du th. 2 et no 4, remarque 2, il existe un
unique entier eq(M) > O tel que l'on ait, pour tout entier n 3 1

où pn tend vers une limite lorsque n augmente indéfiniment.

DEFINITION 1. - L'entier eq(M)s'appelle la multiplicité du A-module M relativement ci


l'idéal q.
On le note aussi 4 ( M ) lorsque l'on désire mentionner l'anneau A. Lorsque A est
local d'idéal maximal m, on écrit e(M) ou eA(M)pour e,(M) ou e;(M).
Remarques. - 1) Si q' est un idéal de A contenu dans le radical de A et contenant q,
on a eq.(M)<eq(M)et, si la filtration q'-adique de M est q-bonne, on a e,.(M) = e,(M)
($ 4, no 3, th. 2).
2) Si M est de longueur finie, on a eq(M) = long,(M) (3 4, no 3, remarque 3).
3) Si d > O on a

où a, tend vers une limite lorsque n augmente indéfiniment (8 4, no 3, corollaire au


th. 2).
4) On peut ramener le calcul des multiplicités au cas où A est local puisque,
d'après $4, no 4, corollaire au th. 3, on a

la sommation etant étendue aux idéaux maximaux m de A tels que

11 résulte des remarques 2 et 3 que e,(M) ne dépend que du A/q-module gradué


grq(M). Par conséquent :

PROPOSITION 1. - Soient  et M les complétés de A et M pour leurs topologies


q-adiques ; alors es(M) = 44~).
PROPOSITION2. - Supposons A local régulier (5 5, no 1, déf. 1 ) ; on a e(A) = 1.
Cela résulte du th. 1 du 5 5, no 2.
Remarque 5. - On peut avoir e(A) = 1 sans que A soit régulier (p. 104, exerc. 5).
En fait, un anneau local noethérien A est régulier si et seulement si  est intègre et si
l'on a e(A) = 1 (p. 108, exerc. 24).
Exemple. - On a par définition e,,.(M) = rdeq(M)où d = dim,(M). Par conséquent,
si A est local régulier, on a e,,,L(A)= rd. Par exemple, si A est un anneau de valuation
discrète, on a e,(A) = long(A/q).
Soient q un idéal de A contenu dans le radical de A et e ( q ) l'ensemble des classes
des A-modules M de type fini tels que M/qM soit de longueur finie. Pour tout d E N,
notons C(q),, la partie de C(q)formée des classes de A-modules de dimension d d.
On définit une application eqc :e(q),, -+ Z par e,,,(M) = e q ( M ) si dim(M) = d,
e,,,(M) = O sinon. Cette application est additive d'après la prop. 5 du 4 4, no 3 ;
on en déduit (A, VIII, 10, no 2) un homomorphisme, encore noté e,,,, du groupe de
Grothendieck K(e(q),,) dans Z, qui est nul sur K(e(q),,- ,). En raisonnant comme
au 4 1, no 5, on en déduit :

PROPOSITION 3. - Soit M un A-module de typefini, de dimension d 2 O. Soit @ l'en-


semble des éléments minimaux p de Supp(M) tels que dim(A/p) = d. Soit q un idéal
de A, contenu dans le radical de A, et tel que M/qM soit de longueurfinie. On a

COROLLAIRE.- Supposons A semi-local et soit q un idéal de définition de A.

a ) On a eq(A)= e,(A/p), où p parcourt l'ensemble des idéaux premiers mini-


P
maux de A tels que dim(A/p) = dim(A).
b ) Supposons A intègre et soit M un A-module de typefini tel que dim,(M) = dim(A).
Alors on a e q ( M ) = rg(M).e,(A).

2. Multiplicités et extensions plates

PROPOSITION 4. - Soit p : A -+ B un homomorphisme local d'anneaux locaux noethé-


riens, et soit N un B-module de typefini, plat sur A, et tel que N @, K , soit un B-module
de longueur finie. Si M est un A-module de type fini non nul et q un idéal de A distinct
de A et tel que M/qM soit de longueurfinie, alors (M @, N ) / ( q B )( M @, N ) est un
B-module de longueur jnie, et l'on a
eqB(M O , N ) = longB(N O, K,).&M).
Soit L un A-module de longueur finie r. Alors L possède une suite de Jordan-
Holder de longueur r, à quotients isomorphes à K, ; comme N est plat sur A, le
B-module L @, N possède une suite de composition de longueur r, a quotients
isomorphes à N 8, K,, donc est de longueur r. long, (N 8 , K,). Comme le B-module
(M O, N)/(qB)"(M @, N ) est isomorphe à ( M / q n M )O , N pour tout n E N, la
proposition résulte de la définition des multiplicités.

- On suppose que B est plat sur A et que p(m,) B


COROLLAIRE. = ntB.Alors

,
Cela s'applique notamment lorsque B est le complété * ou l'hensélisé de A rela-
tivement a un idéal distinct de A, * ou un gonflement de A, par exemple un hensélisé
strict de A. *
AC VI11 .74 DIMENSION 97

Exemple. - * Soient X une variété algébrique complexe, O,,, l'anneau local de X


en un point rationnel x, X"" l'espace analytique associé à X ; notons encore x le
point de Xa" correspondant à x, et soit O,,,,, l'anneau local de Xan en x. Alors
e(%.,,) = e(Ox,,). *

3. Multiplicités et extensions finies

PROPOSITION 5. - Supposons A semi-local et soit p : A -+ B un homomorphisme


d'anneaux faisant de B un A-module de typefini. Soit N un B-module non nul de type
fini et soit q un idéal de A contenu dans le radical de A, et tel que N/qN soit de longueur
finie. Parmi les idéaux maximuux de B (en nombrejini, d'après IV, § 2, no 5, cor. 3
à la prop. 9), notons m,, ..., m, ceux pour lesquels on a dimBm, (N,,,) = dim,(N).
Posons B, = B,, et qi = qBi pour 1 < i < r. Alors on a les égalités

La première é'galité résulte de 2, no 3, th. 1, c ) ;la seconde résulte de la remarque 4


du no 1 (noter que m, appartient à V(qB) pour 1 d i < r puisque p-'(mi) 3 q
d'après V, 5 2, no 1, prop. 1). Démontrons la troisième égalité. Soit E un B-module
de longueur finie; on a

m parcourant l'ensemble des idéaux maximaux de B ; c'est en effet évident lorsque E


est l'un des B/m, et le cas général s'en déduit, puisque E possède une suite de compo-
sition dont les quotients sont isomorphes a des B/m. Appliquant cette formule aux
B-modules N/qn+'N, on en déduit l'égalité cherchée par définition des multiplicités.

- Si [B/mi :A/p- ' (mi)]


COROLLAIRE. = 1 pour tout i, on a e q ( ~ =
) et,(N).
Lemme 1. - Soit p :A -t B un homomorphisme d'anneaux, et soit p un idéal premier
de A. Considérons les deux propriétés suivantes :
(i) l'homomorphisme canonique j3 de A, dans A, BAB est bijeclf;
(ii) il existe un seul idéal premier r de B au-dessus de p et l'homomorphisme cano-
nique pp de A, dans B, est bijectilf:
On a (i) 3 (ii). Si p est minimal, ou bien si B est entier sur A, on a (i) o (ii) '.

Ce lemme reste valable lorsque l'anneau A n'est pas noethérien.


NO 3 MULTIPLICITÉS AC VIII .75

L'anneau A, BAB s'identifie à l'anneau de fractions S ' B de B défini par la partie


multiplicative S = p(A - p) de B. Les idéaux premiers de S I B sont donc les S-'q,
où q est un idéal premier de B tel que pP'(q) c p ; si q est un tel idéal, (S-'B), ,,
s'identifie à B, (II, § 2, no 5, prop. 11).
Si la condition (i) est satisfaite, il existe (V, 9 2, no 1, lemme 1) un unique idéal
premier r de B tel que p-'(r) = p. De plus, B, s'identifie à l'anneau de fractions
( S 'B), ,,, donc aussi à (A,),, où s est l'image réciproque de S 1 r par l'isomorphisme
p:A, + S-'B; or p-'(S-'r) = (A - p)-'p = pA,, d'où (ii).
Inversement, supposons (ii) satisfaite, et soit r l'unique idéal premier de B au-dessus
de p. Puisque ( S i B ) , - ,, s'identifie à Br, il suffit de prouver que S p l B est local
d'idéal maximal S-Ir, c'est-à-dire que tout idéal premier q de B tel que p-'(q) c p
est contenu dans r. Si p est minimal, on a p ' (q) = p, donc q = r. Si B est entier
sur A, il existe d'après V, 5 2, no 1, cor. 2 au th. 1, un idéal premier r' de B tel que
q c r' et p-'(r') = p ; on a nécessairement r' = r, donc q c r.
Lemme 2 . Supposons A semi-local ; soit q un idéal de déjnition de A, et soit p :A + B
un homomorphisme d'anneaux faisant de B un A-module de type fini. Supposons que,
pour tout idéal premier (nécessairement minimal) p de A tel que dim(Ajp) = dim(A),
il existe un unique idéal premier r de B au-dessus de p et que l'homomorphisme cano-
nique p, :Ap + B, soit bijectif Alors on a dim,(B) = dim(A) et et(B) = eq(A).
Soit 6, (resp. 6,) l'ensemble des idéaux premiers p de A tels que
dim(A/p) = dim(A) (resp. dim, (B/pB) = dim, (B)) ;
on a GA f @. Soit p E GA; il existe par hypothèse un idéal premier de B au-dessus
de p. On a alors p-' (pB) = p (II, 4 2, no 5, cor. 3 à la prop. Il), et

d'après le th. 1, b) et c) du 5 2, no 3. Par suite, on a

Cela implique 6, c 6, et dim(A) = dimA(B).Inversement, si p E G,, on a les


inégalités

d'où p E GAet 6,= GA.D'après la prop. 3 du no 1 et son corollaire, on a

d'après le lemme 1, on a longAp(A, 0, B) = 1 pour tout p E GA,d'où et(A) = et(B).

PROPOSITION 6. - Supposons A semi-local et réduit ; soit q un idéal de définition de A ;


soit A' l'anneau total desfractions de A, et soit B une sous-A-algèbrefinie de A'. Alors B
est semi-local et qB erz est un idéal de définition. Supposons que, pour tout idéal maxi-
AC VI11 .76 DIMENSION 37

mal m de B tel que dim(B,) = dim(B), on ait [B/m :A/(A n m ) ] = 1. Alors on a


e q ( A ) = e:,(B).
D'après IV, 5 2, no 5, cor. 3 de la prop. 9, B est semi-local d'idéal de définition qB.
On a eq,(B) = e(~)d'après le corollaire à la prop. 5. Comme A' s'identifie à A, n
D
où p parcourt l'ensemble des idéaux premiers minimaux de A (IV, # 2, no 5, prop: IO),
l'application canonique A, + A, 8, B est bijective pour tout idéal premier mini-
mal p de A. Il résulte alors des lemmes 1 et 2 que e s ( B ) = e t ( A ) , d'où la propo-
sition.
Exemple. - Soit k un corps de caractéristique # 2 et prenons pour A l'anneau local
k [ [ X ,Y ] ] / ( X 2+ Y 2 ) de corps résiduel k. Prenons B = k[[X,T ] ] / ( T 2+ 1) où
T = Y / X . Distinguons deux cas : si - 1 est le carré d'un élément i de k, B possède
deux idéaux maximaux engendrés respectivement par {X, T + i} et { X , T - i},
ils sont de corps résiduel k, et l'on a emA(A)= emA,(B) = 2. Si - 1 n'est pas un carré
dans k, B possède un unique idéal maximal ( X ) de corps résiduel k [ T ] / ( T 2+ 1),
et l'on a e k A ( A ) = 2, emAB(B)= 1.

4. Multiplicités et suites sécantes

PROPOSITION 7. - Supposons A local. Soit s un entier >, 1 et, pour 1 < i < s, soient
c,
6, un entier > O, x, un élément de m:, et sa classe dans m2/mAf '. On suppose que
(x,, ..., x,) est une suite sécante pour A. Notons x l'idéal de A engendré par ( x , , ..., x,).
Alors on a e(A/x) 3 6 , ... 6,.e(A) avec égalité si (5, , ..., 6,) est une suite complètement
sécante pour gr(A).
Posons B = A/x, et considérons les séries formelles

et Hg) = (1 - T ) - W H , D'après
. la prop. 6 du 9: 4, no 5, on a dans Z [ [ T ] ] l'inégalité
,

(Dl =) 1 - Tb1
HA,
et il y a égalité lorsque la suite ( C l , ..., 5,) est complètement sécante. Mais

est un polynôme de Z [ T ] tel que R ( l ) = 6, ... 6,. Posons dim(A) = d; on a


dim(B) = d - S. D'après le th. 2 du 4, no 3, il existe des éléments R A et R, de
Z [ T , T - ' 1 tels que
Donc on a

et l'égalité a lieu si la suite ( k , , ..., (5,) est complètement sécante. On conclut par le
lemme 2 du 9 4, no 1.
Remarque. - On peut montrer réciproquement (cf: p. 103, exerc. 4) que si A est
régulier et e(Ajr) = 6, ... 6,, alors la suite (Cl, ..., 5,) est complètement sécante.
Exemple. - Prenons pour A un anneau de séries formelles k[[Xl, ..., X,]] sur un
corps k ; soient F I , ..., F, des éléments de A, a l'idéal qu'ils engendrent et B = Aja.
Notons Pl, ..., P, E k[X1, ..., X,] les formes initiales des séries FI, ..., F, et 6,, ..., 6,
leurs degrés respectifs. Si la suite F I , ..., F, est sécante dans A, on a e(B) 3 6, ... 6,;
si la suite P l , ..., P, est complètement sécante dans l'anneau k[X,, ..., X,], on a
e(B) = 6, ... 6,.
Considérons par exemple l'anneau B = k[[X, Y]]/a, où a est engendré par X2 + Y3
et XZ + Y4 ;l'inégalité précédente donne e(B) à 4 ;en remarquant que a est engendré
par les éléments X2 + Y3 et Y4 - Y3, pour lesquels la suite des formes initiales
est complètement sécante, on obtient e(B) = 6.

5. Eiéments superficiels

Dans ce numéro on note q un idéal de A contenu dans le radical de A, et M un


A-module non nul de type fini tel que M/qM soit de longueur finie.

PROPOSITION 8. - Soient 6 > O un entier, x un élément de q6, (5 sa classe dans


gr,(A) = q"q6"+' et <p la multiplica~ionpar (5 dans le gr(A)-module gr(M).
a ) La dimension du A-module M/xM est égale à dimA(M) ou à dimA(M)- 1.
Dans le deuxième cas, on a e,(MjxM) 2 6e,(M).
b) Supposons que l'on ait dimA(M) 3 1 et que le noyau de <p soit de longueurfinie
sur Ajq. Alors on a dimA(MjxM)= dimA(M)- 1. De plus :
(i) Si dimA(M)> 1, on a e,(MjxM) = 6eq(M).
(ii) Si dimA(M)= 1, on a pour tout entier n > O

où <pn est le n-ième itéré de l'endomorphisme <p, et

Posons M" = MIxM; considérons les séries de Hilbert-Samuel HM= HM,, et


Hw = Hw,q>ainsi que la série de Poincaré P(T) = 1
longAiq(Ker<p,).Tn.D'après
n>O
5 4, no 3, th. 2 et no 4, remarque 2, on a
AC VI11 .78 DIMENSION $7

avec d = dim,(M), d" = dim,(M1'), R, et R,,, dans Z[T], R,(1) = eq(M),


Rw(l) = e,(MU). D'après le lemme 6 du .j 4, no 5, on a dans Z((T)) les inégalités

(1 - TS)HM) d HM! < (1 - TS)HM) + T V 1 ) .


Posant R(T) = (1 - Tb)/(l - T) = 1 + T + ... + T6-', cela s'écrit aussi

(1) (1 - T)-~R(T)R,(T) < (1 - T)-~-'R,..(T) 6

D'après le lemme 2 du $ 4, no 1, la première inégalité (1) implique soit d" à d, soit


d u = d - 1 et R(1) RM(l)d Rw(l), c'est-à-dire6eq(M) d eq(MU). Celadémontrea),
puisque d u < d.
Sous l'hypothèse de b), on a P(T) E Z[T'j et P(l) = long,(Ker cp). La seconde
inégalité (1) s'écrit

Supposons qu'on ait d > 1 ; alors le lemme 2 du .j 4, no 1 entraîne d" + 1 < d,


d'où d" = d - 1 d'après la partie a) de la démonstration; on a alors
Rhl"(l)< R(1)-RM(l)
(loc. cit.), d'où (i).
Supposons maintenant d = 1. D'après loc. cit., on a d u = O et

Par conséquent, M" est de longueur finie égale à e,(M") = Rw(l) et l'on obtient

(2) 6eq(M) d long,(M/xM) < 6eq(M) + long, (Ker <p) .

Soit n B 1 un entier. Remplaçons x par xn dans (2) ; on a donc

Il est immédiat que les sous-modules Ker <pn du gr(A)-module noethérien gr(M)
forment une suite croissante donc stationnaire et que chacun d'eux est de longueur
finie sur A/q. Divisant par n à 1 dans l'inégalité (3) et faisant tendre n vers + CD,
on trouve e,,(M) = 6e,(M) par définition de e,,(M).
Lemme 3. - Soient R un anneau noethérien gradué ù degrés 3 0, E un R-module
gradué de type fini tel que En soit un Ro-module de longueur finie pour tout n 6 Z.
Les conditions suivantes sont équivnlenies :
(i) E est un R-module de longueur finie;
(ii) il existe un entier no tel que En = O pour n 3 no ;
(iii) tout idéal premier de R associé à E contient R+ = Rn.
na 1
(i) o (ii) : c'est clair.
(iii) * (i) : soit p un idéal premier associé à E. Si (iii)est satisfaite, on a p = p, + R+
où p, est un idéal premier de R,, et le R-module R/p est isomorphe à R,/p,. D'après
IV, 9: 3, no 1, corollaire de la prop. 1, le Ro-module R,/p, est isomorphe à,un sous-
module d'un des E,, donc est de longueur finie. Par conséquent, R/p est de longueur
finie. D'après IV, 9: 2, no 5, prop. 7, p est donc maximal. Vu l'arbitraire de p, le R-
module E est de longueur finie (loc. cit.).
(i) * (iii) : soit p un idéal premier associé à E. Alors p est gradué (IV, # 3, no 1,
prop. 1) et maximal (IV, # 2, no 5, prop. 7), donc contient R + (9: 6, no 2, lemme 1).

PROPOSITION 9. Notons p l , ..., pl ceux des idéaux premiers de l'anneau gradué


-

gr(A) = @ (qn/qn+')qui sont associés au module gradué gr(M) = @(qnM/qnf'M)


n n
et ne contiennent pas gr, (A) = q/q2. Soient 6 un entier > O, E, un élément de gr6(A),
et <p :gr(M) + gr(M) l'homothétie de rapport 5 dans gr(M). Pour que <pn soit injec-
tive pour tout n assez grand, il faut et il sufJit que E, n'appartienne à aucun des pl.
En effet, les idéaux premiers associés au gr(A)-module Ker <p sont ceux des idéaux
premiers associés à gr(M) qui contiennent 5 (IV, 9: 1, no 1, déf. 1). D'après le lemme 3,
(Ker <p),est nul pour n assez grand, si et seulement si ces idéaux contiennent tous
gr, (A) (ou ce qui revient au même gr, (A)), d'où la proposition.

DÉFINITION 2. - Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A contenu dans le


radical de A et M un A-module de type fini tel que M/qM soit de longueur finie. U n
élément x de A est dit superficiel pour M relativement à q s'il appartient à q et si, pour
tout n assez grand, l'application qnM/qn+'M-+ qnf1M/qnt2M induite par la multi-
plication par x est injective.
Remarques. - 1) Soit 6 un entier > O. On dit parfois qu'un élément x de A est
superficiel d'ordre 6 pour M relativement à q si x E q6, et si, pour tout n assez grand,
'
l'application qnM/qn' M -+ q"+"/qn+'+ l M induite par la multiplication par x
est injective. Avec cette terminologie, les éléments superficiels au sens de la déf. 2
sont les éléments sup&ficiels d'ordre 1.
2) Avec les notations de la prop. 9, x est superficiel d'ordre 6 si et seulement si
sa classe 5 dans gr,(A) n'appartient à aucun des pi.
3) D'après III, $ 1, no 4, prop. 8, il existe un élément homogène de gr(A) de
degré > O qui n'appartient à aucun des pi. Par conséquent, il existe un entier 6 > O
et un élément superficiel d'ordre 6 pour M.
4) Supposons A local de corps résiduel k, et considérons l'application surjective
canonique h :q + q BAk. Elle est la composée des applications canoniques q + q/q2
et h:q/q2 + q BAk. D'après le lemme de Nakayama, chacun des sous-espaces
vectoriels Vi = h(pi n (q/q2)) de q @, k est distinct de q 8, k ; si a E q O, k
'
n'appartient à aucun des Vi, alors h- (a) est formé d'éléments superficiels pour M
(prop. 9). Si k est infini, la réunion des Vi est distincte de q O , k et il existe donc des
éléments superficiels pour M.
A C VI11 .80 DIMENSION 97
THÉORÈME 1. -Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A contenu dans le radical
de A et M un A-module de typefini tel que M/qM soit de longueurfinie. Soit x, , ..., x,
une suite finie d'éléments de q. Posons x = Ax, + ... + Ax, c q.
a) On a dim,(M/xM) 3 dim,(M) - m.
b) Si dim,(M/xM) = dim,(M) - m, alors e,(M/xM) 3 e,(M).
c) Si m < dim,(M), et si pour i = 1, ..., m, l'élément xi de A est superficiel pour
M/(x,M + ... + x,-,M) relativement à q, alors on a

dim,(M/xM) = dim,(M) - m et e, (M/xM) = e, (M) .

d) Si m = dimA(M),et si, pour i = 1, ..., m, l'élément x, de A est superficiel pour


+
M/(x,M + ... xi-,M) relativement à q, alors on a

e, (M) = e,(M) long(M/xM) < + co .


Les parties a), b), et c) résultent pour m = 1 de la prop. 8, et le cas général s'en
déduit par récurrence. Supposons les hypothèses de d) satisfaites et posons
+
r' = Ax, + ... Ax,-, et M' = MJx'M de sorte que M/xM s'identifie à M'/xmMf.
Alors, d'après c), on a dimA(Mf) = 1 et e, (M) = e, (M'). D'après la prop. 8, M/xM
est de longueur finie et l'on a eq(Mf)= eXmA(M1) < long(M/rM). Mais, puisque
xkM' = xnM'pour tout n, on a ex_, (M') = e, (M'). On a par ailleurs e, (Mt) 2 e,(M) :
cela résulte de b) où l'on remplace m par m - 1, x par x' et q par x. Par conséquent,
on a

e,(M) < e,(Mf) = eXmA(M1)


= e, (M') = e, (M) .

Puisque x est contenu dans q, cela implique e,(M) = e,(M) (no 1, remarque l),
et achève la démonstration.

COROLLAIRE. - Supposons A local, à corps résiduel infini, et posons d = dim,(M).


Il existe une suite x,, ..., x, d'éléments de q tels que, en posant x = Ax, + ... + Ax,,
on ait

e, (M) = e,(M) < long(M/xM) < + co .


Cela résulte aussitôt du théorème et de la remarque 4.

Remarque 5. - Dans la situation du corollaire précédent, on a

e, (M) = e,(M) d long(M/xM)

Let long(M/qM) a long(M/xM) ; les trois cas


EXERCICES AC VIII. 8 1

Exercices

1) Soient X un espace topologique et Y un sous-espace de X. On dit que Y est très dense dans X
si pour toute partie fermée F de X, F est l'adhérence de F n Y.
a) Pour que Y soit très dense dans X, il faut et il suffit que pour toute partie localement fermée
non vide F de X, F n Y soit non vide.
b) Si Y est très dense dans X et Z un sous-espace de Y très dense dans X, Z est très dense
dans X. Si Y est très dense dans X et F une partie localement fermée de X, Y n F est très dense
dans F.
c ) Si Y est très dense dans X, on a dim(Y) = dim(X).

2) Soient A un anneau et Specmax(A) l'ensemble des idéaux maximaux de A. Pour que


Specmax(A)soit très dense dans Spec(A), il faut et il sufîït que A soit un anneau de Jacobson
(V, 3 3, no 4). On a alors dim Specmax(A) = dim(A).
3) Montrer que si A est un anneau de Jacobson, A[[X]] n'est pas un anneau de Jacobson.
(On comparera Specmax(A) et Specmax(A[[X]]).)

4) a ) Montrer qu'on peut associer de manière unique à tout ensemble ordonné E un élément
de { - or, } u N u { + co }, noté dev(E) (déviation de E), de façon que les propriétés suivantes
soient satisfaites :
cl) On a dev(E) = - co si et seulement si la relation a < b dans E implique a = b.
p) Soit n un entier positif. La déviation de E est < n si et seulement si, pour toute suite
infinie décroissante (a,),,, d'éléments de E, on a dev((a,, a,-,)) < n - 1 pour tout k suffi-
samment grand.
b) Pour que l'on ait dev(E) < O, il faut et il suffit que toute suite strictement décroissante
d'éléments de E soit stationnaire. On a dev(N) = 0, dev(Z) = 1, dev(Q) = + co.
c) Si E et F sont des ensembles ordonnés et f :E + F est une application strictement crois-
sante, on a dev(E) < dev(F). On a dev(E x F) = sup(dev(E), dev(F)).
d) Soit S(E) l'ensemble des suites infinies croissantes stationnaires d'éléments de E, ordonné
par l'ordre produit. Alors on a dev(S(E)) = dev(E) + 1.

5) Si A est un anneau (non nécessairement commutatif), M un A-module a gauche, on note


Kdev(M) la déviation de l'ensemble des sous-modules de M, ordonné par inclusion. On pose
Kdev(A) = Kdev(A,).
a) Si N est un sous-module d'un A-module M, on a

b) Supposons A commutatif. Si p et q sont deux idéaux premiers de A tels que p c q et p # q,


on a dev(A/p) > dev(A/q). (Utiliser les idéaux p + Ax, où x est un élément de q - p.) En
déduire dim(A) < Kdev(A).
c) Supposons A commutatif et noethérien. Démontrer que l'on a dim(A) = Kdev(A) (rai-
sonner par récurrence sur dim(A), en supposant que Kdev(B) < dim(B) pour tout anneau
commutatif noethérien B tel que dim(B) < dim(A) ; soit S l'ensemble des s E A qui n'appar-
tiennent a aucun des idéaux premiers p de A tels que dim(A) = dim(A/p); montrer que,
AC VI11 .82 DIMENSION 91
pour tout A-module de type fini M tel que S -'M = O, on a Kdev(M) < dim(A); en utilisant
le fait que S-'A est artinien, en déduire que Kdev(A) < dim(A)). Prouver que l'on a
dim(M) = Kdev(M) pour tout A-module de type fini M.

6).a) Soient A un anneau (commutatif) noethérien, m un idéal de A contenu dans le radical


de A, et gr(A) I'anneau gradué associé à la filtration m-adique de A. Associer a chaque idéal de A
un idéal de gr(A), et en déduire que Kdev(A) < Kdev(gr(A)) (cf. exerc. 4, c)). Par conséquent,
on a dim(A) < dim(gr(A)) (exerc. 5, c)).
b) On suppose désormais que l'on a m = xA, où x appartient au radical de A. Montrer que
gr(A) est isomorphe à un quotient de l'algèbre graduée (A/m) [Tl ; montrer que l'ensemble
ordonné F des idéaux gradués de (A/m) [Tl est isomorphe à l'ensemble des suites croissantes
d'idéaux de A/m; en déduire (exerc. 4, d)) que l'on a dev(F) = Kdev(A/(x)) + 1, puis
dim(A) < dim(A/m) + 1.

7) Soit A l'anneau des germes en O de fonctions de classe Cmsur R + . On se propose de montrer


que l'anneau A est de dimension infinie. On note C l'algèbre des fonctions de classe Cm sur
R,, F l'idéal formé des fonctions nulles au voisinage de O, de sorte que A = C/F.
a) Soit (x,),,, une suite strictement décroissante, tendant vers 0, d'éléments de R + , et soit 'U
un ultrafiltre sur N plus fin que le filtre des complémentaires des parties finies. Montrer que
l'ensemble J, des f G C telles que l'ensemble des n E N tels que j'(x,) = O appartienne à U,
est un idéal premier de C.
b) On note ~ , ( f ) la fonction x H f(x + x,). Montrer que si J est un idéal premier de C,
l'ensemble q(J) des f tels que l'ensemble des n E N avec Tf E J appartienne à 'U est un idéal
premier de C.
c ) On définit une suite 1, d'idéaux de C par 1, = J,, I n + , = q(1,). Montrer que (I,),,, est
une suite strictement décroissante d'idéaux premiers de C contenant F.

8) Soit X un espace topologique. Montrer que l'application x H dim,(X) de X dans R est


semi-continue supérieurement.

9) Soient A un anneau, p un idéal premier de A et M un A-module de type fini. Montrer que


l'on a :
+
dimAp(M,) dim,,,,(M/pM) < dim,(M) .
10) On dit qu'un anneau A est équidimensionnel si toutes les composantes irréductibles de
Spec(A) ont la même dimension. Soient A un anneau et n un entier. Les conditions suivantes
sont équivalentes :
a) toute chaîne d'idéaux premiers de A est contenue dans une chaîne de longueur n ;
b) pout tout idéal maximal m de A, l'anneau A,,, est équidimensionnel, caténaire et de dimen-
sion n.
11) Soit (A,, f i j ) un système inductif d'anneaux relatif à un ensemble ordonné filtrant 1,
de limite inductive A. Montrer que l'on a dim(A) < 1im.inf dim(Ai) et qu'on a égalité lorsque
les homomorphismes fij sont fidèlement plats. Donner un exemple où les homomorphismes
Ji,sont plats et où l'on a dim(A) < lim.inf dim(Ai) (prendre 1 = N, A, = Z[n-'1, A = Q).
T 12) a ) Soient A un anneau, 1 et J deux idéaux de A. On suppose que pour tout idéal maxi-
mal m de A, on a IA,,, = JA ,,,. En déduire que l'on a 1 = J.
b) Soit A un anneau tel que, pour tout idéal maximal m de A, l'anneau A,,, soit noethérien
et que, pour tout élément f non nul de A, il n'existe qu'un nombre fini d'idéaux maximaux
de A contenant f. Alors A est noethérien. (Soit a un idéal de A. On montrera d'abord qu'il
existe une famille finie (x,, ..., x,) d'éléments de a telle que les idéaux maximaux de A qui
contiennent {x,, ..., x,} contiennent a. On construira alors une famille finie d'éléments y,, ..., y,
de a telle que pour tout idéal maximal m de A, f y,, ..., y,) engendre l'idéal aA,,, de A ,,,. On
conclura en utilisant a).)
c) Soit A un anneau semi-local tel que, pour tout idéal maximal m, l'anneau A,, soit noethé-
rien. Alors A est noethérien.
9l EXERCICES AC VIII. 83

,
13) Soient K un corps, (n,),, une suite strictement croissante d'entiers > O ; pour tout entier
i > O, notons pi l'idéal de l'anneau K[(Xj),,,] engendré par les Xj pour n, + ... + ni < j <
,
n, + ... + ni + ni+ ,et soit S l'ensemble des éléments de K[(Xj)] qui n'appartiennent à aucun
des pi. Alors l'anneau S-'K[(Xj)] est noethérien et de dimension infinie (utiliser l'exercice 12
pour montrer que S-'K[(Xj)] est noethérien) '.

14) Soit V un anneau de valuation discrète, et soit n une uniformisante de V. Dans l'anneau
V[T], l'idéal m, = (xT - 1) est maximal et de hauteur 1, l'idéal m2 = (x) + (T) est maximal et
de hauteur 2. Les corps V [ I / m , et V[T]/m, sont isomorphes au corps des fractions de V et au
corps résiduel de V respectivement. On a dim(V[T]) = 2, mais dim(V[Tl/m,) + dim(VIT],,,l)= 1
et dim(gr,11,~V[Tl))= 1.

7i 15) Avec les notations de l'exercice précédent, on suppose que le corps résiduel et le corps
des fractions de l'anneau V sont isomorphes (c'est le cas par exemple lorsque V = k[[U]], le
corps k étant le corps des fractions d'un anneau de séries formelles à un nombre infini d'indé-
terminées à coefficients dans un corps). Soit o un isomorphisme de V[TJ/m, sur V[Tl/m2.
Notons C le sous-anneau de V[T] = E formé des éléments de E dont les classes modulo ml et m,
se correspondent par o. Montrer que C est noethérien et que m,m2 = ml n in, est un idéal
maximal de C. Montrer que E est la clôture intégrale de C (noter que l'on a E = C + C.(xT - 1)
et que (nT - 1)' + (KT - 1) appartient à C).
Soit A l'anneau local Cmlm2. Alors A est intègre et de dimension 2, donc caténaire ; la clôture
intégrale B = E @, A de A est un anneau semi-local noethérien possédant exactement deux
idéaux maximaux n, et n,, et on a dim(B,,,) = 1, dim(Bl,2)= 2.

B 16) On conserve les notations de l'exercice précédent, et on identifie B au quotient de


l'anneau de polynômes A[U] par l'idéal premier p engendré par U2 + U - xT(xT - 1). Soit
qi l'idéal de A[U] tel que ni = qi/p. Alors ht(q,) = 3, ht(p) = 1 et la chaîne p c q, est saturée.
En particulier, A[U] et A[U],, ne sont pas caténaires.

17) a) Soient A un anneau intègre et f E A[T], f # O. Montrer qu'il existe un idéal maximal m
de AIT] tel que f $ m (prendre un idéal maximal contenant T.f - 1).
b) Soit A un anneau. Montrer que I'on a dim(Specmax(A[T])) 2 dim(A) + 1. (Soit
p, c p, ... c p, une chaîne d'idéaux premiers de A. Considérons la chaîne

d'idéaux premiers de A[T] et posons


Ui = V(pi[T]) n Specmax(A[T]), O <i4 n
Un+, = V(p,, T) n Specmax(A[T]) .
Montrer en utilisant a) que (U,),,,,,, ,est une suite strictement croissante de parties fermées
irréductibles de Specmax (A[T]).)
c) Soient k un corps, S la partie de k[X, Y] formée des éléments de la forme 1 + Xg(X, Y), et
A = S-'k[X, Y].
Montrer que I'on a dim(Specmax(A)) = 1 et dim(Spec(A)) = 2. Généraliser au cas de
plusieurs indéterminées.
d) Montrer que pour tout couple d'entiers O < n < rn, il existe un anneau noethérien A tel que
dim(Specmax(A)) = n et dim(Specmax(A[T])) = m.
e ) Soit A l'anneau noethérien défini dans I'exerc. 13. Montrer que l'on a dim(Specmax(A)) = 1
et dim(Specmax(A[q)) = m.

Cet exemple est dû à M. Nagata, Local Rings, Interscience Publishers, 1960.


DIMENSION

1) Soient V un anneau de valuation discrète, de corps de fractions K et n un entier. Soit A le


sous-anneau de l'anneau de polynômes K[X, ,..., X,] formé des polynômes dont le terme cons-
tant est dans V. L'homomorphisme canonique de V dans A satisfait la propriété(PM) et i'homo-
morphisme canonique V/mv -+ A/mvA est un isomorphisme. Par ailleurs o n a dim(A) 2 n 1 +
et dim(V) = 1. Dès que n 2 1, on a donc dim(A) > dim(V) + dim(A/m,A). Montrer que A
n'est pas noethérien. En utilisant des séries formelles, construire un exemple analogue où A
est local et non noethérien.

2) Soient V un anneau de valuation discrète, de corps de fractions K et de corps résiduel k.


Notons A l'anneau K x k et p :V * A I'homomorphisme déduit des homomorphismes cano-
niques de V dans K et k. L'homomorphisme p est injectif, l'application "p :Spec(A) + Spec(V)
est surjective, A est une V-algèbre de type fini et l'on a dim(A) < dim(V).

3) Soient A un anneau intègre de dimension 1, p, c p, c p, trois idéaux premiers distincts


non nuls de A[X]. Montrer qu'on a p, n A = { O}, p l = (pl n A).A[X], et que p, est un idéal
maximal de A[X].

4) Soient A un anneau local intégralement clos, m, son idéal maximal et K son corps des
fractions. Pour tout élément x de K, on note A[x] la sous-A-algèbre de K engendrée par x.
Soit x un élément de K* tel que x- ' n'appartienne pas à A. Soient A[X] l'anneau des polynômes
en une indéterminée X, à coefficients dans A, et <p l'application d'évaluation P H P(x) de A[X]
sur A[x].
a) Le noyau de <p est l'idéal Q engendré par les polynômes de la forme aX + b, où a, b E A et
ax + b = O. (Si P(X) = aiXi est tel que P(x) = O, remarquer qu'alors - b, = a,x est
entier sur A donc appartikiit à A.)
b) L'idéal m,A[x] de A[x] est premier, et il est maximal si et seulement si x appartient à A.

5) Soit A un anneau intégralement clos de corps de fractions K. Étant donnés un idéal premier p
'
de A, et un élément x de K tel que x $ A,, et x- gf A,, l'idéal pA[x] de A[x] est premier ;on a :
pA[x] n A = p et l'homomorphisme canonique (A/p)[X] + A[x]/pA[x] est un isomorphisme.

6) a) Utilisant les exercices précédents, montrer que si A est un anneau intègre de dimension 1,
on a dim(A[X]) = 2 si et seulement si tous les localisés en un idéal premier de la clôture inté-
grale de A sont des anneaux de valuation.
b) Montrer que si l'on a dim(A) = n et dim(A[X]) n + 1, il existe un idéal premier p de A
tel que ht(p) = 1 et, ou bien dim(A,[X]) > 2, ou bien dim((A/p)[X]) > dim(A/p) + 1.
c) En déduire que si A est prüférien (VII, 9: 2 exerc. 12), on a dim(A[X,, ..., X,]) = dim(A) + n,
pour tout entier n 2 O.

1T 7) Soit B un anneau intégralement clos, de corps des fractions L. O n pose d = dim(B) et


t = dim(B[X]). Soit L' une extension non triviale de L dans laquelle L est algébriquement fermé
et soit V un anneau de valuation discrète (qui n'est pas un corps) ayant pour corps résiduel L'.
O n notera K le corps des fractions de V et A l'ensemble des éléments de V dont l'image dans L'
par i'homomorphisme canonique V + L' appartient à B. L'anneau A est intégralement clos de
corps des fractions K. Notons p le noyau de i'homomorphisme surjectif A + B. Montrer que
tout idéal premier non nul de A contient p d'où dim(A) = dim(B) + 1.Considérant un élément
x de V dont l'image: dans L' n'appartient pas à L, montrer que l'anneau de fractions A, n'est
pas un anneau de valuation, et que pA,[x] n'est pas minimal parmi les idéaux premiers non nuls
de A,[x]. En utilisant l'exerc. 6, en déduire que l'on a dim(A[x]) 2 t + 2. Conclure que l'on a
dim(A[x]) = t + 2 par un argument direct. Montrer enfin que pour tout couple (d, t) d'entiers
avec d + 1 < t < 2d + 1, il existe un anneau intègre A de dimension d tel que dim(A[X]) = t.
92 EXERCICES AC VI11 .85

8) Montrer que l'anneau de polynômes A[X] est un A-module fidèlement plat, que pour tout
idéal maximal m de A on a dim(A[X]/mA[X]) = 1 et déduire de l'exercice précédent l'existence
d'homomorphismes d'anneaux p :A -, B satisfaisant la condition (PM) et tels que dim(B) >
dim(A) +inf dim(B/mB) (ou S est l'ensemble des idéaux maximaux de A).
1116s

9) Soient A un anneau intègre et B un anneau intègre contenant A et entier sur A. Soit p un


idéal premier de A tel que la clôture intégrale de l'anneau de fractions A,, soit un anneau local.
Pour tout idéal premier q de B au-dessus de p, on a ht(q) = ht(p) (utiliser V, 5 2, no 1, prop. 2).

11 10) a) Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions et m un entier positif. Soient
t , , ..., t, des éléments de K et (p:A[X,, ..., X,] + A[t,, ..., t,] l'unique homomorphisme
de A-algèbres tel que <p(X,) = t,. Montrer que la hauteur de l'idéal noyau de (p est égale a m.
b) En déduire que pour tout m-uple (t,, ..., t,) d'éléments de K, on a dim(A[t,, ..., t,]) <
dim(A[X,, ..., X,]) - m.
T 11) Soient A un anneau intègre et K son corps de fractions. Soit (O) c p l c ... c ph une
chaîne d'idéaux premiers de A. Montrer qu'il existe un anneau de valuation V de K et une chaîne
d'idéaux premiers (0) c q, c ... c q, de V tels que qi n A = p,. (On procédera par récurrence
sur h, en se ramenant au cas où A est un anneau local et en utilisant, pour le cas h = 1, l'exerc. 7
de VI, 5 1.)

12) a) Soient A et K comme ci-dessus, B un anneau intègre contenant A et entier sur A, L le


corps de fractions de B. Soit k > O un entier. Si, pour tout m-uple (t, , ..., t,) d'éléments de L, on
a dim(A[t,, ..., t,]) < k, pour tout m-uple d'éléments u , , ..., u, de L, on a dim(B[u, , ..., u,]) 2 k.
b) Soit p un idéal premier de A. Montrer que si, pour tous les m-uples (t, , ..., t,) d'éléments de
K, on a dim(A[t,, ..., t,]) < k, alors on a pour tous les m-uples (s,, ..., s,) d'éléments du corps
des fractions de A/p, l'inégalité dim((A/p)[s,, ..., s,]) < k - ht(p).

11 13) Soient A un anneau intègre et K son corps des fractions. Pour tout entier k > O, les
propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) Tout sous-anneau B de K contenant A est de dimension < k.
(ii) Tout anneau de valuation V de K contenant A est de dimension d k.
(iii) Pour tout choix de k éléments t, , ..., t, de K, on a dim(A[t, ,..., t,J) d k.
(iv) O n a dim(A[X,, ..., XJ) < k + m pour tout entier m > 0.

14) Soient A un anneau intègre, de corps des fractions K, et m E N. Montrer que l'on a
dim(A[X,, ..., X,]) = m + sup {dim(A[t,, ..., t,])lti 6 K, 1 <id m) .
(On utilisera l'exerc. 10). Plus généralement si F est un corps, extension de K, montrer que l'on a

15) Avec les notations des exercices précédents, montrer que si pour un certain entier k 2 O,
on a dim(A[X,, ..., X,]) > k m + +1 pour un entier m on a l'inégalité dim(A[X,, ..., X,]) >
2k + 1.

T 16) Soient A un anneau intègre et K son corps des fractions. O n appelle dimension valuative
de A et l'on note dimv(A) le nombre réel sup dim(V), où V parcourt l'ensemble des anneaux
AcvcK
de valuation de K contenant A.
a) Montrer que l'on a dim(A) < dimv(A) (exerc. 11).
b) Si A est prüférien (VII, 4 2, exerc. 12), montrer que l'on a dim(A) = dimv(A).
c ) Montrer que, pour tout m E N, on a
dim,(A[X,, ..., X,]) = dim,(A) + m.
(On remarquera qu'un anneau de valuation est prüférien et l'on utilisera b) et l'exerc. 6, p. 84.)
AC VI11 .86 DIMENSION 93
d ) Montrer que si i'on a dimv(A) = s < co,on a pour tout entier rn 2 s - 1 l'égalité
dim(A[X,, ..., X,]) = rn +s
e) Soit s E N. Montrer que i'on a dimv(A) = s si et seulement si dim(A[X,, ..., X,]) = 2s
(utiliser d ) et les exerc. 13 et 14).
En déduire que, pour tout anneau A intègre et noethérien, on a dim(A) = dim,(A).

17) Soit A un anneau intègre. Posons n,(A) = dim(A[X,, ..., XJ) pour tout entier k 2 0.
,
Soit 3 i'ensemble des suites d'entiers (ni);. telles qu'il existe un anneau intègre A avec ni = ni(A)
pour tout entier i 2 0.
a ) Démontrer les inégalités

b) Montrer que la seule suite d'entiers commençant par 1, 2 et qui appartient à 3 est la suite
n, = 1 + 1. (Soit A tel que n,(A) = 1, n,(A) = 2. D'après I'exerc. 6, p. 84, la clôture intégrale
de A est prüférienne. Utiliser i'exerc. 6, c), p. 84 pour conclure.)
c) Démontrer les inégalités

En déduire que si l'on a n,(A) = O, alors on a ni(A) = i pour tout i E N.


( 1 ) 'Montrer que la suite des différences ni+,(A) - ni(A) est stationnaire.
e ) On utilise les notations de l'exerc. 7, p. 84. Soit 6 le degré de transcendance de L' sur L.
Alors :
(i) Si 6 = O, on a n,(A) = n,(B) + 1 pour tout i.
(ii) Si 1 < 6 < co, on a ni(A) = ni(B) + i + 1 pour O < i < 6 et ni(A) = ni(B) + 6 + 1
pour i 2 6.
(iii) Si 6 = co,on a n,(A) = ni(B) + i + 1 pour tout i.
(Pour une caractérisation des éléments de 9, on pourra consulter T. Parker, Amer. J. Math.,
97 (1975), p. 308-311.)

* 18) Notons A (resp. B) l'algèbre C {z, ,z,, z,} (resp. C {u, v)) des séries convergentes en les
variables z, ,z, ,z, (resp. u, v) et <p :A +B runique homomorphisme d'algèbres tel que ~ ( z ,=) UV,
<p(z,) = v(eu- l), <p(z,) = v. Montrer que <p est injectif, et que i'on a dim(A) = 3 et dim(B) = 2. ,

1) Soient A un anneau, U une partie ouverte de Spec(A).


a) Montrer que l'application p H V(p) n U induit une bijection de U sur l'ensemble des
parties fermées irréductibles de U.
b) Montrer que dim(U) est la borne supérieure de l'ensemble des longueurs des chaînes d'idéaux
premiers de A appartenant à U.
c) Soit @ l'ensemble des idéaux premiers minimaux de A appartenant à U. Montrer que l'on a
dim(U) = sup dim(V(p) n U)
{l CO

d ) O n suppose désormais A local et U # Spec(A). Si A est noethérien, établir l'égalité


dim(U) = sup(dim(A/p) - 1).
Pe@
e ) Soit h un entier tel que O < h < dim(A). Soit Eh i'ensemble des idéaux premiers p
E U tels
que ht(p) = h et dim(A/p) = dim(A) - h. Si A est noethérien, montrer que Eh est infini.
Montrer que Eh peut être fini lorsque A n'est pas noethérien (prendre pour A un anneau de
valuation de hauteur 2, pour U l'ouvert Spec(A) - { m, 1, et choisir h = 1).
94 EXERCICES AC VI11 .87

2) Soit A un anneau noethérien intègre. On suppose que A n'est pas un corps et que le corps des
fractions de A est une A-algèbre de type fini. Alors A est semi-local et de dimension 1. (Montrer
qu'il existe un élément nori nul et non inversible f de A tel que A[f - '1 soit un corps, et se rame-
ner à démontrer que dim(A/(f)) = O ; s'il en était autrement, A/(f ) posséderait un idéal
premier de hauteur 1 dont l'image réciproque p dans A serait un idéal premier de hauteur 2 ;
mais l'anneau local A, de dimension 2 ne pourrait avoir qu'un nombre fini d'idéaux premiers,
contrairement à la prop. 6 du $3, no 3.)

3) a) Soient A un anneau local noethérien, p un idéal premier de A. Démontrer l'inégalité


dimp(A) ht(p) + dim(A/p) - 1.
b) Prouver qu'il existe un anneau local noethérien R de dimension 3 ayant un idéal premier q
tel que ht(q) = 1, dim(R/q) = 1. (Utiliser i'exerc. 16, p. 83, en prenant R = A[U],, et q = pR.)
Soit f E mR - q ; montrer que l'on a dim(R,) = 2 (utiliser I'exerc. 1, p. 86); on a donc
dim,(R) = 2 tandis que ht(q) + dim(R/q) - 1 = 1.

4) Soient k un corps, n un entier > 1. Pour chaque entier r E (O, n), soit M, le sous-espace
vectoriel de k(Xl, ..., X,) engendré par les monômes X",' .....XT avec cc,, ..., a, dans Z et
a, > O. Posons a, = M, + ... + Mn, pour O < r < n + 1. Alors a, est un sous-anneau de
k(X,, ..., X,), et les a, sont des idéaux premiers de a,. Posons A = (a,),, et p, = (a,),, pour
1 < r < n + 1. Montrer que les seuls idéaux premiers de l'anneau local A sont les pl, que I'on a
ht(p,) = n + 1 - r et dim(A) = n. De plus p, est principal.

5) Soit p :A -+ B un homomorphisme local d'anneaux locaux noethériens complets, tel que


[K(B):K(A)] < m. Posons n = dim(B/m,B); montrer qu'il existe un A-homomorphisme
local u:A[[T,, ..., TA] -+ B qui fasse de B une A[[Tl, ..., TJ]-algèbre finie. (Relever dans B
une suite sécante maximale de B/m,B et utiliser III, $ 3, exerc. 18.)

6) Soient k un corps et A l'anneau des séries formelles k[[Xl , X,]]. Considérons un idéal n de A
contenant une puissance de l'idéal maximal m de A, et l'idéal1 engendré par (XI - X,).n, M le
module A/I. Montrer que la suite (X,) est sécante pour M sans être complètement sécante pour
M.

7) Soient A un anneau local, intègre, noethérien, non caténaire, de dimension 3 (exerc. 16,
p. 83), p c A un idéal premier tel que ht(p) = 1, dim(A/p) = 1. Montrer qu'il existe un élé-
ment x E p tel que p soit minimal parmi les idéaux premiers contenant Ax. En déduire que V(x)
admet une composante irréductible de dimension 1.

1) Soient r un groupe commutatif et H un anneau gradué de t y p e r (A, II, p. 164).


Pour y E r , on note H, le composant homogène de degré y de H. O n suppose que H est engen-
dré par Ho et une famille finie(x,),, d'éléments homogènes de degré #O. On note y, le degré de x,.
Pour tout groupe commutatif K, on note K[[r]] le groupe produit Kr et on désigne par
1 m Y Tl'élément (m.,) de KT. On note K[T] le sous-groupe K(') de K[[T]]. On munit K[[r]]
Y E ~
de sa structure naturelle de module sur l'algèbre Z[r] du groupe r. Soient enfin C un ensemble
héréditaire de classes de Ho-modules (A, VIII, $ 10, no 1, déf. 1) et K(C) le groupe de Grothen-
dieck correspondant (loc. cit., no 2). Pour tout Ho-module E de type C, on note [El sa classe dans
K(C).
a) Supposons Ho noethérien, et soit M un H-module gradué de type fini tel que pour tout
y E r, le Ho-module M, soit de type (3. Montrer que l'élément n 1
(1 - TYR) [My]TYde
ZEF
K(e)[[U] appartient à K(C)[T].
AC VI11 .88 DIMENSION 94
b) Supposons maintenant que l'on ait r = ZS, H, = O et M, = O pour y $ Ns,et que les y,
soient des vecteurs de base de Zs ;notant a, le nombre de y, qui sont égaux au k-ième vecteur de
base, prouver que l'on a

où T = (Tl, ..., T,), et (m,) est une famille à support fini. En déduire l'existence d'éléments c,,
pour b E ZS,de K(Q, nuls sauf pour un nombre fini de b et tels que, pour y E NSassez grand,
on ait
[My] = x c,B,(y)

la somme étant prise sur les éléments b de Zs vérifiant b, < a, pour 1 6 i < S.
2) Soit f : Z + Z une application. Montrer que les trois propriétés suivantes sont équiva-
lentes :

rn t il
a) Il existe no, nl dans Z et P dans Q[T] tels que f(n) = O pour n 6 n, et f(n) = P(n) pour
n 2 no.
b) Il existe une famille à support fini (a,),,, d'éléments de Z telle que f (n) = 1 ai
itZ
pour
- -
tout n E Z.
c) Il existe r E Z et Q E Z[T, T - '1 tels que 1 f (n) T" = (1 - T)'Q(T).
nez
On dit alors que f est polynomiale à l'infini.
Généraliser au cas des applications de Z dans un Z-module quelconque.

3) a) Donner un exemple d'algèbre graduée H de type Z, sur un corps K, engendrée par un


nombre fini d'éléments homogènes de degrés > O, et telle que i'application n +-+ dim,H, ne soit
pas polynomiale à l'infini.
b ) Avec les notations et hypothèses du th. 1 du 3 4, no 2, soit D le ppcm des di. Montrer que H
est un module de type fini sur l'anneau Ho[(Xyldt)ieJ.
P (Tl où
En déduire que pour tout no EN, la série 1 l ~ n g ~ ~ ( M Tt'
nez
, , est ~ )forme no-
~ +de~ la
(1 T y -
c = Card(I) et Pno(T)E Q[T, T l ] . En déduire que l'application n H l~ng,~(M,,~+,,,)
est poly-
nomiale à l'infini.

4) Plaçons-nous dans la situation du th. 1 du 3 4 no 2, et notons (2 l'ensemble des classes de


H-modules gradués de type fini à composantes de longueur finie sur Ho, et K(e) le groupe de
Grothendieck correspondant.
a) Pour tout H-module M comme ci-dessus, montrer qu'il existe un Ho-module gradué de
longueur finie Mo et un homomorphisme gradué surjectif p :H Q,, Mo -+ M. En déduire que
tout H-module M comme ci-dessus admet une résolution graduée (A, X, p. 56) par des H-
modules :
... -+ H QHoMl -+ H QHoMo -+ M -+ O
où pour tout i, Mi est un Ho-module gradué de longueur finie.
b) En utilisant une résolution de Koszul du H-module Ho (A, X, p. 152), montrer que pour tout
H-module gradué M, Tory(Ho, M) est muni canoniquement d'une graduation, que
TorY(Ho, M) = O pour j > Card(I) et que torr(^,, P QHoH) est un Ho-module de longueur
finie pour tout j lorsque P est un Ho-module de longueur finie.
44 EXERCICES AC VI11 .89

c ) Montrer que pour tout j, TorY(H,, M) est un Ho-module gradué de longueur finie lorsque M
est de type C. (On pourra le montrer par récurrence croissante sur j. Si j = O utiliser a) et b).
Dans le cas général, utiliser une suite exacte O + N + H QHoMo + M + 0, l'hypothèse de
récurrence et b).)
d ) Pour tout H-module M de type (2, on pose

obtenant ainsi un élément de K(C,)[T, T-'1 ou K(C,) est le groupe de Grothendieck des
HO-modules de longueur finie. Montrer que M H e(M) est additif sur les suites exactes de
H-modules gradués, et que par suite M i-t e(M) détermine un homomorphisme de groupes

Pour tout Ho-module gradué P de longueur finie, on pose

Montrer que P H r(P) est additif sur les suites exactes et que par suite P i-t r(P) détermine un
homomorphisme entre les groupes de Grothendieck correspondants

Montrer que e et r sont des isomorphismes de groupes inverses l'un de l'autre. (On montrera
d'abord que e o r est l'identité. Pour démontrer l'assertion, il suffit donc de montrer que z est
surjectif, c'est-à-dire de montrer que pour tout H-module M de type C, [Ml appartient à l'image
de z. On remarquera que M admet une filtration finie dont les quotients successifs sont annulés
par un idéal maximal de Ho et qu'un H-module M de type (3, annulé par un idéal maximal m
de Ho, admet une résolution graduée finie par des H/mH-modules libres de type fini (A, X,
P 561.1
e) Soit M un H-module de type C. Montrer qu'on a dans K(C)
[Ml = 1 (-
i30
1?[H OHo TO~:(H,,, M)]

f ) Soient T un groupe commutatif et @ :K(C) + r un homomorphisme de groupes. Pour tout


Ho-module de longueur finie P, posons
$(pl = W H OH,, PI).
Montrer que pour tout H-module M de type (2, on a
@([Ml)= 1 ( - 1)J$(TorjH(Ho, Ml) .
j30

En particulier, avec les notations de la remarque 4 du 4 4, no 2 montrer que l'on a

et par suite que


r
cM = M)) .
( - l)ilongHo(Tor~(Ho,
j= O

g ) Donner à l'aide des résultats précédents une nouvelle démonstration du th. 1 du 9 4 no 1.


h ) Soit T un groupe commutatif. Décrire toutes les applications additives M H @(M)sur les
H-modules de type C à valeurs dans T,en termes d'applications de Specmax(H,) x Z dans T.
i ) On suppose que Ho est un corps. Soit A un anneau. Décrire toutes les applications additives
1
M H C(M) à valeurs dans A telles que C(M).C(N) = ( - lYC(Tor:(M, N)) pour tout
J
couple M et N de H-modules gradués de type fini.
AC VI11 .90 DIMENSION 94
5) a) Soit H un anneau gradué de type N, tel que HOsoit un corps et H une HO-algèbrede
type fini. Soient M et N deux H-modules gradués de type fini. Posons Ti = Tor"M, N).
Démontrer l'égalité

b) Soient A un anneau local noethérien, M et N deux A-modules. Montrer que si, pour m E Z
et i 2 1, ~orf'-(~)(gr,(M),gr,(N)) est nul, alors on a Tor;(M, N) = O pour i > 1 et
- HM,~-HN,~
H ~ ~ n ~-, r n pour m E Z.
HA.,,,

6) Soit H un anneau gradué de type Z, tel que H, = { O ) pour n < 0, que HOsoit un anneau
local artinien et que H soit une HO-algèbrede type fini. Soit L. un complexe borné de H-modules
libres gradués de type fini (L$ A, X, p. 56). Ainsi pour chaque i, L; est isomorphe à un H-module
ri
de la forme @ H(- qj), avec nijE Z, où H(- k) est le H-module gradué tel que H(- k),, = H,,_,.
i= 1
Pour tout H-module gradué M de type fini, notons G, E Q[T] l'unique polynôme tel qu'il
existe un entier n, > O satisfaisant à
G,(n) = 1longHo(Mi), pour n 2 n, .
i<n

Démontrer la relation

où p, = 1(-
i2 O
1)'
j=i
nij, les nij étant les degrés associés à Li, et où Hi(L .) désigne l'homo-
logie du complexe L..

Ti 7) a) Soient 1 un entier > 1 et n E N. Montrer qu'il existe une unique suite décroissante
d'entiers : a,,,(n) 2 a ,,,-,
(n) > ... > ~ , , ~ ( >
n )O telle que

Montrer que I'on a n < m si et seulement si (a,,,(n),a ,,,-,(n), ..., a,,,(n)) est inférieur à
(a,,,(m),..., a,,, (m)) pour l'ordre lexicographique.
On pose

et pour 1 2 2, on note d;"(n)le plus petit entier p tel que a, - ,(p) 2 n.


Calculer a,, ,&,(n)), a,_l,i(a;"(n))en fonction des ~ , , ~ ( n ) .
b) On dit qu'une application H :N + N est une fonction de Macaulay si
H(0) = 1,
H(1 + 1) < a,(H(l)) pour tout 12 1.

Montrer qu'il revient au même de dire que


H(0) = 1 ,
alH(1) < H(l - 1) pour tout 1 >2
94 EXERCICES AC VIII. 91

Soit H :N + N une fonction de Macaulay. Montrer que deux cas seulement sont possibles
a ) Il existe r E N tel que H(j) = O pour tout j r.
p) 11existe r E N et une suite finie d'entiers
b, 2 bl 2 ... 2 b, 2 O
tels que pour tout j 2 r, on ait

Montrer que r et la suite b, 2 b, 2 ... 2 b, 2 O sont uniquement déterminés par la fonction H.


On pose d(H) = O dans le cas a ) et d(H) = b, + 1 dans le cas P) de sorte que d(H) - 1 est le
jd(H)-1
degré du polynôme (*) en la variable j. Soit a(H) le terme de plus haut degré du
(d(H) - 1) !
polynôme (*). Montrer que a(H) est un entier >
0.
Montrer qu'un polynôme en une variable j à coefficients dans Q, qui prend des valeurs
entières sur les entiers et qui est strictement positif pour j assez grand, n'est pas nécessairement
de la forme (*).
c) Soit H : N -+N une fonction de Macaulay. On pose

de sorte que S,(T) E Z[[T]]. Montrer que SH(T)E Z[T] ou bien qu'il existe une suite finie
d'entiers
c, 2 c , 2 ... 2 c, > O
uniquement déterminée par H, et un polynôme P E Z[T] tels qu'on ait

Montrer que c, = d(H) et que a(H) est le nombre d'entiers ci tels que ci = d(H).
r
La fraction rationnelle --
T"- est appelée le développement asymptotique de H.
(1 - T P
,,=O
Soient A,, ..., A, des entiers, avec A, # O, tels que la fraction rationnelle

C- -
An - - SH(T)
(1 - T)"
.=i

soit un polynôme. Montrer que la suite (A,), ,,,,


détermine uniquement et est uniquement
déterminée par le développement asymptotique de H. En particulier on a d = d(H), A, = a(H).
Examiner le cas d(H) = 2 plus en détail.
d) Soit H : N + N une fonction de Macaulay. Montrer que les conditions suivantes sont
équivalentes :
(i) ûTH(1) = H(I - 1) pour tout 1 2 2 ,
(ii) H est la plus petite des fonctions de Macaulay qui possèdent le même développement
asymptotique que H.
De telles fonctions de Macaulay sont dites extrémales. Soit c, 2 cl 2 ... 2 c, > O une suite
d'entiers. Montrer qu'il existe une et une seule fonction de Macaulay extrémale ayant pour
T"

développement asyn~ptotique1--L-- . Montrer que, si H est une fonction de Macaulay


n = , (1 - T F

+
extrémale, on a H(l) = d(H) ou bien H ( l ) = d(H) 1. En déduire que pour toute fonction
de Macaulay H, on a H(l) 2 d(H).
e ) Soit H :N + N une fonction de Macaulay. Montrer que les propriétés suivantes sont
équivalentes :
1
(i) on a S,(T) = (1 - T)W" '

BOURBAKI. - Algèbre commutative. - 4


DIMENSION

(ii) H(1) = d(H),


(iii) a,H(l) = H(l +1) pour tout 1 2 1.
En particulier, toute fonction telle que H(l) = d(H) est extrémale.

8) Soit E un ensemble. On pose &(E) = N(E)et on note multiplicativement la composition


dans .M,(E). Un idéal de .M(E) est une partie 1 de .M(E) telle que I..l)t(E) c 1. Un escalier
de &(E) est le complémentaire d'un idéal. On note d:A(E) + N l'unique homomorphisme
de monoïdes tel que d(x) = 1, pour tout x E E. Soit A c .M,(E). Pour tout 1 E N, on note A,
l'ensemble A n d-'(1). On note de plus 6A l'ensemble des m E &(E) tels que, pour tout
élément x de E qui divise m, on ait m/x E A et dA l'ensemble des m tels qu'il existe un x E E
avec mx E A.
a) Montrer que pour toute partie A de A(E), on a d6A c A et A c 6dA ; si A et B sont deux
parties de &(E), les relations dA c B et A c 6B sont équivalentes. Montrer que les trois
propriétés suivantes d'une partie A de &(E) sont équivalentes :
(i) A est un escalier ;
(ii) A 3 dA ;
(iii) 6A 2 A.
b) Soit F une partie de E et identifions A ( F ) à son image canonique dans .k(E). Montrer
qu'une partie de &(F) est un escalier de A ( F ) si et seulement si elle est un escalier de A(E).
Montrer que, pour un escalier A de &(E), les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) A, est fini pour tout 1E N ;
(ii) A, est fini ;
(iii) il existe une partie finie F de E telle que A c A(F).
Un tel escalier est dit de type fini.
c) On suppose dorénavant que E = N et on pose A ( E ) = A . Soit k un corps. On note R
l'algèbre graduée K(") = K[(X,),,]. On identifie A à l'ensemble des monômes dans K[(Xi)i,N]
et, pour toute partie A de A , on note k(A) le sous-espace vectoriel de R engendré par A. Soit 1
un idéal de ,M et A l'escalier complémentaire. Alors k(1) est un idéal de R et k(A) est un sous-
espace supplémentaire de k(1). Soit J c R un idéal gradué de R. Montrer qu'il existe un
escalier A c A tel que k(A) soit un supplémentaire de J. (Mettre sur A l'ordre lexicographique
inverse pour lequel on a X;' ... XF < Xtl ... X? s'il existe O < p < n tel que aj = bj pour
j > p, et a, < b,. Définir par récurrence ml, ..., m,, ... dans A de la manière suivante : pour
tout p, m, est le plus petit monôme de .M, linéairement indépendant de ml, ..., m modulo J.
Soit A l'ensemble des mi. Montrer que A est un escalier.) Montrer qu'un tel escaii;est de type
fini si et seulement si l'algèbre R/J est de type fini sur k.

T 9) On utilise les notations de l'exercice précédent. On met sur & l'ordre lexicographique.
Soit 1E N. Une partie A de A, est dite initiale si pour tout rn E A, l'ensemble

est contenu dans A.


a ) Soient 1 E N (resp. 1 E N - {O)) et A c A, une partie initiale. Montrer que 6A (resp. dA)
est une partie initiale de A,,, (resp. Al-,). Supposons que A possède un plus grand élément
m = Xy ... XF. Déterminer le plus grand élément de 6A (resp. dA).
b) Soient 1E N - {O) et A c A, une partie initiale finie non vide. Soit X la plus grande
variable telle que [Xf,,] c A. Montrer que tout m dans A - [Xi,] est égalal 1 ou divisible
par XaI+, et que A' = {m E A,- lmX,,+ E A - [Xf, 1) est une partie initiale de A,-,.
Déduire de ce qui précède une expression de ~ a r d ( [ ~...+X?]).
c ) Déduire de ce qui précède que, pour tout 1E N - {O) et toute partie finie initiale A de A , ,
on a Card(6A) = a,(Card(A)), où 8, a été défini dans l'exerc. 7. Calculer'de manière analogue
Card(dA).
d ) Pour tout 1 E N et tout n E N, posons

et notons m, le n-ième monôme de Al pour l'ordre lexicographique (on posera m, = 1).


94 EXERCICES AC VI11 .93

Pour toute partie finie A de A , , notons CA la partie initiale de A, telle que


Card(A) = Card(CA). Montrer que les trois assertions suivantes sont équivalentes :
(MC1) pour tout 1 E N et tout A c .A,, on a C6A c 6CA;
(MC2) pour tout 1 E N et tout A c A , , on a dCA c CdA ;
(MC3) pour tout 1 E N et tout n E N , on a Card(d[m,]) = p(n).

10) On utilise les notations des deux exercices précédents. Soient 1 E N et A c A,. Pour tout
couple (i, d) on pose
A(,,,, = { m E Alm est divisible par Xf et non divisible par Xf + '}
et on note C(,,,,A l'ensemble des I Card(A(,,,,) premiers éléments de (pour I'ordre lexi-
cographique). On pose CiA = U C(,,,,A.
d= 1
a) Pour tout m E AI, on note n(m) le prédécesseur dans A, de m pour I'ordre lexicographique
inverse, lorsqu'il existe (i.e. m # Xi). Soient i un entier tel que 1 < i et ai un entier strictement
positif. Montrer que I'on a
n(Xf' ... XP) = Xi- ... X P
n(X<;'Xq'... Xp) = X"Xq'-' ... xp .
6 ) Soient A c A, et p 2 4 tels que I'on ait A c [Xi] (i.e. tel que les monômes appartenant
à A ne fassent intervenir que les variables Xj, 1 < j < p). On suppose que pour tout entier i,
tel que 1 < i < p, on a A = CiA. Montrer que A = CA (notations de i'exerc. 9, d)).
I
c ) Soit A c A, tel que A c [Xi] et que A = CiA pour i = 1, 2, 3. Posons A = u BkXk,
k=O
avec Bk c [Xk-'] et b(k) = Card(Bk).Montrer que Bk est une partie initiale de A,-,, qu'on a
+
O $ b(0) $ 1 1, b(k +
1) < b(k) si b(k) # O, et que k H b(k) est décroissante. Examiner
la réciproque de cette assertion. Soit p le nombre des entiers k tels que b(k) = 1 1 - k. +
Montrer que Card(dA) = (Card(A)) - p.

11) On se propose de démontrer les assertions MCl, MC2, MC3 de I'exerc. 9, d) (théo-
rème de Macaulay). Soient 1 E N, A c A!, et p le plus petit entier tel que A c [Xi]. Nous
allons démontrer MC2 par récurrence sur p.
a) Démontrer le théorème pour p = 1 et p = 2.
b) Utilisant l'hypothèse de récurrence, montrer que pour tout i $ p, dC,A c C,dA (nota-
tions de I'exerc. 8).
c) On pose A' = A, AJfl = C,AJ où 1 = j mod. p et 1 < i < p. Montrer que pour J assez
grand on a AJ" = AJ. (Pour tout a E A,, noter n(a) E N le rang de a pour i'ordre lexico-
graphique et poser n(A) = n(a). Montrer que n(AJ+') < n(AJ) et que n(AJ+') = n(AJ)
asA
si et seulement si AJ+' = Al.)
d) Démontrer le théorème dans le cas général. (Une partie A c [Xa] c A, est dite minimale
si Card(dA) $ Card(dA') pour les parties A' c [Xa] telles que Card(A') = Card(A). 11
s'agit de montrer que si A est minimale, CA est minimale. Soit A minimale. Utilisant b), montrer
que C,A est minimale pour tout i $ p. En déduire, en utilisant les notations de c), que AJ
est minimale pour tout j. En déduire d'après c) qu'il existe B minimale telle que
Card(B) = Card(A) et CiB = B pour 1 $ i < p. Dans le cas p = 3, utiliser I'exerc. 10, c)
pour conclure. Dans le cas p 2 4, utiliser I'exerc. 10, b) pour en déduire que B = CA '.)

' Pour des généralisations et des compléments sur cet exercice, on pourra consulter
G. F. Clements et B. Lindstrom, A Generalization of a Combinatorial Theorem of Macaulay,
J. of Combinatorial Theory 7 (1969), p. 230-238.
AC V111.94 DIMENSION §5
12) Soient H : N -, N une application et k un corps. On se propose de démontrer l'équi-
valence des propriétés suivantes :
(i) H est une fonction de Macaulay (p. 90, exerc. 7).
(ii) Il existe un escalier (p. 92, exerc. 8) de type fini A c A tel que pour tout 1 E N, on ait
H(1) = Card(A,).
(iii) Il existe une k-algèbre graduée A, de type N, engendrée par un nombre fini de ses
éléments de degré 1, telle que pour tout 1, on ait H(1) = dim,A,.
a ) Pour démontrer (ii) 9 (iii), on utilisera I'exerc. 8, c).
b ) Démontrons (i) * (ii). Soit H une fonction de Macaulay. Pour tout 1, soit A, c .M,, la partie
initiale telle que Card(A,) = H(1) et posons A = U A,. Pour montrer que A est un escalier, on
1
utilisera I'exerc. 9, c).
c ) Démontrons (ii) (i). Soit A un escalier. Pour montrer que H :1H Card(A,) est une fonction
de Macaulay, on utilisera le théorème de Macaulay (MC1) (exerc. 11) et l'exerc. 9, c) '.

1) Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A. Montrer que l'on a dh(S- 'A) < dh(A)
(A, X, p. 138, déf. 2). (Prendre des résolutions des S-'A-modules par des A-modules projectifs
et localiser.)

2) Soient A un anneau noethérien et B une A-algèbre fidèlement plate. Alors on a


dh(A) < dh(B).

a 3) Soit A un anneau local noethérien. On se propose de montrer que A est régulier si et


seulement si dh(A) est fini.
a ) Slipposons dh(A) fini. Pour montrer que A est régulier, utiliser A, X, p. 208, exerc. 13.
b) Supposons A régulier. Soit x une famille complètement sécants engendrant m,. Alors,
le complexe de Koszul correspondant à x est une résolution finie de A/m, par des A-modules
libres. Appliquer alors A, X, p. 203, exerc. 16.
4) Soit A un anneau local noethérien régulier. Alors on a dim(A) = dh(A). (Pour montrer
que I'on a dh(A) < dim(A), utiliser le complexe de Koszul associé à un système de coordonnées.
Déterminer ensuite les groupes E x t i ( ~ , , K,).)

5) Soient A un anneau local noethérien régulier, p un idéal premier de A. Alors A, est régulier
(utiliser l'exerc. 1 et I'exerc. 3).

6) On dit qu'un anneau noethérien A est régulier si pour tout idéal premier p de A, l'anneau
local Ap est régulier.
a ) Soit A un anneau noethérien. Alors A est régulier si et seulement si A,,, est régulier pour
tout idéal maximal m de A (utiliser I'exerc. 5).
b) Soit A un anneau noethérien. Montrer que A est régulier de dimension finie si et seulement
si dh(A) est fini (utiliser I'exerc. 4).
c) Montrer que I'anneau décrit dans l'exerc. 13, p. 83 est régulier de dimension infinie.
d) Soient A un anneau noethérien régulier, S une partie multiplicative. Montrer que S-'A
est régulier.
e ) Soit A un anneau noethérien régulier. Montrer que A[X] est régulier. (Se ramener en loca-
lisant au cas ou dh(A) est fini. Utiliser A, X, p. 143, th. l, et b).)

' Pour des compléments sur cet exercice, on pourra consulter R. Stanley, The Hilbert
function of a graded algebra, Advances in Math., 28 (1978), p. 57-83.
EXERCICES

7) Soient 1 un ensemble ordonné filtrant croissant admettant une partie cofinale dénom-
brable et A un anneau (non nécessairement commutatif). On se propose de montrer que toute
limite inductive, suivant 1, de A-modules (à gauche) projectifs est de dimension projective < 1
(A, X, p. 134).
a) Soient ((Qi)iei, (<pi,j)i<j)
un système inductif de A-modules projectifs et Q = lim Qi. Pour
-7'
montrer que Q est de dimension projective < 1, se ramener au cas où 1 = N. On a alors
une suite exacte

où pour tout n E N et tout x E Q,, on a

6) Soit ((Pi)i,,, (<pi,j)i,j)un système inductif de A-modules projectifs tel que pour tout couple
< j, <pi,, soit injectif et le module C~ker(<p,,~)
( i , j) avec i soit projectif. Montrer que le module
P = lim Pi est projectif. (Soit O -+ Mt -r M -+ M" -+ O une suite exacte de A-modules.
T*
Alors
O + HomA(Pi,M') -+ HomA(Pi,M) -r HomA(Pi,M") + O
est une suite exacte de systèmes projectifs de groupes commutatifs et le système projectif
i H HomA(Pi,M') possède la propriété de Mittag-LeMer pour la topologie discrète (TG, II,
p. 18). On en déduira que la suite des limites projectives est exacte.)
c) Soit ( Q i ) , un système inductif de A-modules projectifs. Pour tout i E 1, soit Ri = @
- Qi <

ibi
et pour i < i' soit $i,i.
:Ri -r Ri. l'injection canonique. Définir une suite exacte de systèmes
inductifs O + (Pi) + (Ri) + (Qi) + O telle que (Pi) vérifie les hypothèses de 6). En déduire
une autre démonstration de a).

8) Soient A un anneau et n un entier > 1. Montrer que les conditions suivantes sont équi-
valentes :
(i) On a dh(A) < n.
(ii) Pour tout A-module M monogène, on a dpA(M) < n.
(iii) Pour tout idéal 1 de A, on a dpA(I)< n - 1.
(Utiliser A, X, p. 138, prop. 4 pour prouver l'équivalence (i) o (ii) et A, X, p. 93, prop. 11 pour
prouver (i) 9 (iii).)

9) Soient r un groupe commutatif totalement ordonné et T f l'ensemble des éléments positifs


de r. Notons (GOD) la propriété suivante :
(GOD) : Toute partie majeure M c T + (VI, Q: 3, no 5, déf. 2) possède une partie dénombrable,
cofinale pour l'ordre opposé.
a) Montrer que si r est de hauteur 1, la propriété (GOD) est satisfaite.
6) Pour tout entier n, montrer qu'il existe un groupe totalement ordonné r de hauteur n
possédant la propriété (GOD) (prendre r = Zn muni de l'ordre lexicographique).

1T 10) Soit A un anneau de valuation dont le groupe des ordres l- possède la propriété (GOD).
a) Montrer que dh(A) < 2. (On remarquera que tout idéal de A est limite inductive dénom-
brable d'idéaux principaux et on utilisera les résultats des exerc. 7 et 8.)
6) Tout anneau de valuation de dimension de Krull 1 est de dimension homologique < 2.
Il est de dimension homologique 2 si et seulement s'il n'est pas noethérien. (Utiliser l'exerc. 9, a)
et A, X, p. 208, exerc. 12.)
c) Pour tout entier n > 1, il existe un anneau de dimension de Krull égale à n et de dimen-
sion homologique égale à 2. (Utiliser l'exerc. 9, 6) et A, X, p. 208, exerc. 12.)

I l ) Tout anneau local noethérien et régulier est factoriel. (Utiliser VII, Q: 4 no 7, cor. 3.)
12) Soient A un anneau et a un idéal de type fini de A.
a) Montrer que s'il existe un idéal b de A tel que a = a. b, il existe b E b tel que (1 - b) a = (0).
b) Montrer que si a2 = a, il existe un élément a E a tel que a2 = a et a = Au.
c) On suppose que a est maximal et que le A-module a/a2 peut être engendré par n éléments.
Montrer que l'idéal a peut être engendré par n + 1 éléments. (On prendra des éléments
x, , ..., x, dans a dont les images dans a/a2 engendrent ce dernier. Notant x l'idéal de A engendré
par { x , , ..., x,}, on remarquera que dans A/x on a (a/x)' = (a/x).)

<
13) Soient p un nombre premier, f un entier > O. Posons L = Q(6) ou est une racine pri-
mitive pf -ième de 1, B = Z[<] le sous-anneau de L engendré par 6. Montrer que B est la fer-
meture intégrale de Z dans L. (Par un calcul de discriminant, on montrera que B
El
- est la

on en déduira
IP1
fermeture intégrale de Z - (V, Q 1, no 6, lemme 3); en notant
L 2
B la clôture intégrale
B c n Z,[<] où q parcourt les nombres premiers, d'où B c Z[<].)
de B,

14) Soit p :A -+ B un homomorphisme d'anneaux noethériens faisant de B un A-module


fidèlement plat.
a) Si B est régulier, alors A est régulier (cf: p. 94, exerc. 2 et 3).
b) Si A est régulier et si, pour tout idéal maximal m de A, B/mB est régulier, alors B est régu-
lier. (En localisant se ramener au cas où A et B sont locaux et p local. On a alors
dim(B) = dim(A) + dim(B/mB) (§ 3, no 4, cor. 1 à la prop. 7). Construire une suite sécante
pour B possédant dim(B) termes.)

15) Soient X un espace noethérien et U une partie de X. Si pour toute partie fermée
irréductible Y de X rencontrant U, U n Y contient une partie ouverte non vide de Y, alors U
est ouvert dans X. (En supposant par l'absurde que U ne soitpas ouvert, considérer un ensemble
fermé minimal Z c X tel que Z n U ne soit pas ouvert.)

16) Soit A un anneau noethérien. On appelle lieu singulier de Spec(A) et on note Sing(A),
l'ensemble des p E Spec(A) tels que A, ne soit pas régulier. On pose

Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :


(i) Pour tout anneau quotient B de A, Reg(B) est ouvert dans Spec(B).
(ii) Pour tout anneau quotient intègre B de A, Reg(B) est une partie ouverte non vide de
Spec(B).
(iii) Pour tout anneau quotient intègre B de A, Reg(B) contient une partie ouverte non
vide de Spec(B).
(Pour démontrer (i) => (ii), remarquer que I'on a (O) E Reg(B). Pour démontrer (iii) 3 (i),
montrer que pour tout p E Spec(A) tel que V(p) n Reg(A) # @, l'anneau A, est régulier
(p. 94, exerc. 5). En utilisant (iii) et en construisant des suites complètement sécantes, montrer
que V(p) n Reg(A) contient une partie ouverte non vide de Vip). Conclure en utilisant
l'exerc. 15.)

17) Soit p :A -+ B un homomorphisme injectif d'anneaux noethériens intègres faisant de B


un A-module de type fini.
a) On suppose que Reg(B) contient une partie ouverte non vide de Spec(B). Montrer que
Reg(A) contient une partie ouverte non vide de Spec(A). (Se ramener au cas ou B est plat
sur A en utilisant II, 4 5, no 1, corollaire à la prop. 2, puis au cas où B est régulier en localisant
par rapport à un élément convenable x E A. Conclure en utilisant I'exerc. 14, a).)
b) On suppose que Reg(A) contient une partie ouverte non vide de Spec(A) et que le corps K'
des fractions de B est une extension séparable du corps K des fractions de A. Montrer que
Reg(B) contient une partie ouverte non vide de Spec(B). (Soit Z E K' tel que K' = K(Z)
(A, V, p. 39), et soit P(X) E K[X] le polynôme minimal de Z. Quitte à remplacer A par
35 EXERCICES AC VI11 .97

l'anneau AJ pour un élément f convenable de A, montrer qu'on peut se ramener a démontrer


la propriété demandée de Spec(B) dans le cas suivant :
cc) Z E B et A est régulier ;
p) on a P(X) E A[X] ;
y) on a B = A[X]/(P(X)) (II, 5, no 1, prop. 2);
6) P'(Z) est inversible dans B (remarquer que P'(Z) f O dans K' car K' est séparable sur K.
Utiliser alors II, jj 5, no 1, corollaire a la prop. 3).
Montrer que dans ce cas, pour tout idéal maximal rn de A, B/mB est une (A/m)-algèbre étale
(A, V, p. 32), donc régulière. Conclure en utilisant I'exerc. 14, b).)

IT 18) Soient k un corps, A une k-algèbre de type fini. Montrer que Reg(A) est une partie
ouverte de Spec(A). (En utilisant i'exerc. 16, se ramener à démontrer que Reg(A) contient
une partie ouverte non vide lorsque A est intègre. En utilisant le lemme de normalisation
(V, 5 3, no 1, th. 1) et I'exerc. 17, a), se ramener a démontrer cette dernière propriété lorsque A
est la clôture intégrale de k[Xl, ..., X,] dans une extension finie quasi-galoisienne K de
k(Xl, ..., X,). Soient K' la clôture radicielle de k(X,, ..., X,) dans K et A' la clôture intégrale
de k[X,, ..., X,] dans K'. Se ramener à démontrer la propriété demandée pour A' grâce à
l'exerc. 17, b). En s'inspirant de la démonstration du th. 2 de V, 5 3, no 2 inclure K' dans une
extension k'(X1-', ..., Xn-') = K" où k' est une extension radicielle de k et se ramener au
cas où A' est la clôtu:e intégrale de k[Xl, ..., X,] dans K" grâce a l'exerc. 17, a). Remarquer
alors que A' = k1[X4, , ..., x:-'] (V, jj 1, no 3, cor. 2 à la prop. 13) et que A' est régulier (p. 94,
exerc. 6).)

19) Soit A une algèbre intègre et de type fini sur un corps k. L'ensemble des idéaux maximaux
m E Specmax(A) tels que A,,, soit régulier est ouvert et dense dans Specmax(A).

20) Soient k un corps, k, (i = 1,2) deux extensions de k, ni (i = 1,2) le degré de transcendance


de k, sur k si celui-ci est fini ou le symbole + CQ sinon. Montrer que l'on a
dim(k, 8, k,) = inf(nl, n,)
et que k, 8, k, est noethérien si i'une des extensions k, est de type fini.

21) Soient I.un ensemble ordonné filtrant, (A,, cpij) un système inductif d'anneaux de limite
inductive A. On suppose que, pour tout i, l'anneau Ai est noethérien, que pour tout couple (i, j)
tel que i < j, cp, fait de Aj un Ai-module plat et que A est noethérien. Montrer que si les Ai
sont réguliers pour tout i E 1, alors A est régulier. (On pourra tout d'abord se ramener au cas
où les A, et A sont locaux et les <pi, sont locaux. On utilisera ensuite les exerc. 3, p. 94 et 14,
p. 96.)

22) a) Soient k un corps, A une k-algèbre de type fini, k' une extension finie et séparable de k.
Montrer que si A est régulière, alors A Qkk' est régulière. (On pourra utiliser l'exerc. 14, b),
p. 96.)
b) Avec les mêmes hypothèses sur A, soit k' une extension finie et radicielle de k. Montrer
qu'en général A Q, k' n'est pas régulière (prendre A = k').

IT 23) Soient k un corps d'exposant caractéristique p, A une k-algèbre de type fini, p un idéal
premier de A. Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) l'anneau A, 8, k' est régulier pour toute extension k' de k ;

-
(ii) l'anneau A, Okkp-mest régulier ;

-
(iii) l'anneau A , O, k' est régulier pour toute extension finie et radicielle k' de k.
(Pour démontrer (ii) (iii), utiliser I'exerc. 14, a), p. 96. Pour démontrer (iii) (i), il suffit
de montrer que A, O, k' est régulier lorsque k' est une extension de type fini de k (exerc. 21),
extension radicielle d'une extension transcendante pure (exerc. 22 et 14, a), et majoration de
l'extension k' par une extension finie quasi-galoisienne d'une extension transcendante pure).
Majorer alors k' par une extension k ( X l , ..., X,) où k est une extension finie et radicielle
de k et se ramener au cas k' = kV(Xl,..., X,) par I'exerc. 14, a). En posant B = A, @, k",
AC VI11 .98 DIMENSION 45
algèbre régulière d'après (iii), on a Ap Q kk' = B Bk"k ( X i , ..., X,), algèbre régulière d'après
l'exerc. 6, e), p. 94.)
On dit que p E Spec(A) est lisse s'il possède les propriétés équivalentes ci-dessus.
24) Soient k un corps, A une k-algèbre, k' une extension radicielle de k, A' = A O, k'. Montrer
que l'application canonique Spec(A1)+ Spec(A) est un homéomorphisme. (Lorsque A est
un corps, A' est de dimension O (exerc. 20); on montrera qu'il ne possède qu'un seul idéal
premier. On en déduira que pour tout idéal premier p de A, la racine p' de pA' est un idéal
premier et que l'application p H p' est continue.)

25) Soient k un corps, A une k-algèbre de type fini, Lis(A) l'ensemble des p E Spec(A) qui
sont lisses (exerc. 23). Montrer que Lis(A) est ouvert dans Spec(A). (Utiliser les exerc. 18, 23
et 24.)

26) Soient k un corps, A une k-algèbre intègre de type fini. Montrer que Lis(A) est dense si
et seulement si A est une k-algèbre séparable ;il revient au même de supposer que le corps des
fractions de A est une extension séparable de k (A, V, p. 115).

27) Soient k un corps, A une k-algèbre de type fini intègre et séparable. L'ensemble des idéaux
maximaux et lisses de A est une partie ouverte dense de Specmax(A).

28) Soient k un corps, k' une extension de k. Montrer que pour toute extension k" de k, k' Q k k"
est un anneau noethérien régulier si et seulement si k' est une extension séparable de type fini
de k.

T 29) Soient k un corps, A une k-algèbre locale noethérienne complète, K, le corps résiduel
de A.
a) Supposons que K, soit une extension séparable de k. Montrer qu'il existe un homomor-
phisme de k-algèbres de K, dans A, section de l'homomorphisme canonique de A dans K,
(IX, 5 3, no 2, prop. 1).
b) Supposons que K, soit une extension radicielle de k. Montrer qdil n'existe pas nécessaire-
ment de section de k-algèbres de K, dans A. (Prendre un corps k de caractéristique 2, un élé-

+
par X2 a, et poser A = k[X],.)
-
ment a de k qui n'est pas un carré (par exemple k = F, (T), a = T), l'idéal p de k[X] engendré

c) On suppose A régulière et K, extension séparable de k. Montrer que A est isomorphe


comme k-algèbre à K,[[T,, ..., T,,]] ou n = dim(A).
d) Montrer qu'il n'en est pas nécessairement de même lorsque K, n'est pas une extension
séparable de k.

30) Soient k un corps et A une k-algèbre locale, noethérienne et complète. On dit que A est
,formellement lisse si pour toute extension finie k' de k, l'anneau A Q kk' est régulier. Montrer
que A est formellement lisse si et seulement si, pour toute extension radicielle finie k' de k,
l'anneau A 8,k' est régulier (on pourra utiliser l'exerc. 14, p. 96 et imiter la démonstration
de l'exerc. 23, p. 97).

31) Soit k un corps.


a) Soit A une k-algèbre noethérienne, locale, complète, régulière, dont le corps résiduel K,
soit extension séparable de k. Montrer que A est formellement lisse et isomorphe à
KA[[T~,..., TJ.
b) Soient B une k-algèbre de type fini, p E Spec(B) un point lisse (p. 97, exerc. 23). Montrer
que Gp est une k-algèbre formellement lisse.
c) Soit K une extension de type fini de k et soit n E N. Montrer qu'il existe une k-algèbre for-
mellement lisse de corps résiduel K et de dimension n.
d) Soit A une k-algèbre formellement lisse dont le corps résiduel K, ne soit pas une extension
séparable de k. Montrer que A n'est pas isomorphe comme k-algèbre à K,[[T,, ..., T,]].
96 EXERCICES AC VI11 .99

32) Soient k un corps, K une extension de type fini de k, n un entier positif, A et B deux
k-algèbres formellement lisses, de dimension n, telles que les extensions K, et K, de k soient
isomorphes à K. On se propose de montrer que A et B sont des k-algèbres isomorphes.
a) Se ramener au cas où K est une extension radicielle finie de k (exerc. 29, a)).
b) Considérer l'algèbre complétée C = A Q, B de A Q, B par rapport à l'idéal

Montrer que C est une k-algèbre noethérienne, locale, complète et régulière. (Pour ce dernier
point, on utilisera l'homomorphisme canonique p de A dans C. On montrera qu'il fait de C
un A-module plat et que C Q, K, est isomorphe à K, Qk B. On utilisera alors l'exerc. 14,
p. 96.)
c) Montrer que p induit un isomorphisme sur les corps résiduels et une injection de mA/mA
dans mJm;. Construire alors une rétraction n: de p qui est un homomorphisme de k-algèbres.
Montrer que n. o p' :B -+ A est un isomorphisme de k-algèbres. (On a noté p' l'homomor-
phisme canonique de B dans C.)

1) Soient A un anneau, p un idéal premier gradué de A[T] et po l'idéal premier p n A de A.


a) Si T E p, alors p = p, + T.A[T].
h) Si T $ p, alors p = p,. A[T].
c) En déduire que, dans le cas a) on a htgr(p) = ht(p,) + 1, et dans le cas b), on a
htgr(p) = ht(p0).
d) Montrer que dimgr(A[T]) = dim(A) + 1.
e) En déduire un exemple d'anneau gradué B tel que dim(B) # dimgr(B) (p. 84, exerc. 7).

2) Soient A un anneau, et 9 = (Fi),, une filtration décroissante de A telle que 3, = A


pour i < O. Soit A le sous-anneau @ Fi.v-' de A[v, v- '1 et soit gr,(A) l'anneau gradué associé
iËZ
à l'anneau filtré (A, 9).
a) Montrer que l'homomorphisme f :A -+ gr,(A) défini par f(z aiv-') =
L
a i , où aiest
,,
la classe de ai dans Fi/Fi+ induit un isomorphisme de A/v.A avec gr,(A).
b) Montrer que pour tout élément v, inversible dans A, l'homomorphisme e,, : A+ A défini

induit un isomorphisme de A/(u - va) A avec A.


c) Montrer que A/A[v] est un A[v]-module de torsion.
d) Supposant maintenant que A contient un corps k, montrer que le morphisme composé

fait de A un k[v]-module sans torsion. En déduire que A est un k[u]-module plat.


e) Supposons que A soit local, d'idéal maximal m, et contienne un corps k tel que A soit
somme directe de k et m (comme groupe additif). Montrer qu'il existe un idéal S de A tel que
A soit somme directe de k[v] et S (on a posé Fi = mi pour tout i E Z).

3) Reprenons les notations de l'exercice précédent. Soit M un A-module, muni d'une filtra-
tion (Ki),, telle que K, = M pour i < 0.
a) Montrer que le A-module gradué A = Kiv-' possède une structure naturelle de A-
PZ
module gradué.
b) Montrer que la A-algèbre graduée A est engendrée par ses éléments de degré 1 et - 1
si et seulement s'il existe un idéal q de A tel que Fi = q' (i E Z).
c) Supposant cette dernière condition réalisée, montrer que la filtration (Ki),, est q-bonne
si et seulement si le A-module gradué .M est de type fini.
AC VI11 .Io0 DIMENSION 36
d) Montrer que si la filtration (Ki),, est q-bonne, le A-module A est sans v-torsion, et que
inversement, étant donné un A-module de type fini A sans v-torsion, on peut lui associer
un A-module de type fini M muni d'une filtration q-bonne tel que le A-module associé à M
soit A.

4) Reprenons les notations et hypothèses de l'exerc. 2. On dit que la filtration 9 est une fil-
tration par des quasi-puissances s'il existe un entier k > O tel que
k
9, = di.d,-i pour n 2 1
i=l

Montrer que si l'anneau A est noethérien, les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) La filtration d est une filtration par des quasi-puissances.
(ii) L'anneau A est noethérien.
(iii) L'idéal N = uv-'Fi de A est de type fini.
ib 1
(iv) II existe un entier k 2 1 tel que d soit la plus petite filtration de A, pour la relation
d'ordre « X, c Sn pour tout n » dont les premiers termes soient 9,,..., 9,.
(v) La A-algèbre A est de type fini.

5) Soit p :A + B un homomorphisme injectif d'anneaux noethériens faisant de B une A-algèbre


de type fini. Appelons degré de transcendance de B sur A, et notons dA(B),le plus grand
entier d tel qu'il existe un homomorphisme injectif de A-algèbres b :AIXl, ..., X,]
a) Montrer que si o :B + C satisfait aux mêmes hypothèses que p, on a l'inégalité
B. -
b) Montrer que si A et B sont intègres, d,(B) est égal au degré de transcendance du corps
des fractions de B sur celui de A. De plus si dans a) on suppose C intègre, on a l'égalité
dA(C) = dA(B) + dB(C).
c) Montrer que si B est une sous-algèbre de A[v, v-'1 contenant A[v], où v est une indéter-
minée, on a dA(B)= 1.

T 6) Soit p :A + B un homomorphisme injectif d'anneaux noethériens, faisant de B une


A-algèbre de type fini. Soit q un idéal premier de B distinct de B, et posons p = p- '(q).
a) Montrer que I'on a, avec les notations de l'exercice précédent, l'inégalité

(On pourra procéder par récurrence sur dA(B).)


b) Montrer que si la A-algèbre B est engendrée par d éléments et dA(B)= d, on a égalité
dans (*).
c) Montrer que si A est intègre et tel que l'anneau de polynômes A[T,, ..., T,] soit caténaire
pour tout n, on a égalité dans (*) pour toute A-algèbre intégre de type fini B et tout idéal pre-
mier q de B distinct de B.

1IT 7) Soient A un anneau noethérien et 9 = (di),, une filtration décroissante de A telle


que 9, = A, 9, # A et que la A-algèbre B = d i v - ' soit de type fini.
isZ
On se propose de montrer que l'on a dim(B) = dim(A) + 1 et d'utiliser ce fait pour géné-
raliser le résultat du Ç: 6, no 3, corollaire de la prop. 5. On utilisera les résultats des deux exercices
précédents.
a ) Soit !IR un idéal maximal de B. Montrer que l'on a

et en déduire l'inégalité
46 EXERCICES AC VI11 . 1 01

6) Utilisant le fait que tout élément du A[v]-module A[v, Ü1]/A[v] est annulé par une puis-
sance de v, montrer que l'on a

+
et en déduire que l'on a dim(B) > dim(A) 1, d'où finalement dim(B) = dim(A) +1
(on pourra utiliser le fait que l'anneau A[v, v-'1 est un anneau de fractions de B).
c) Montrer que les idéaux premiers minimaux de B sont les idéaux de la forme :

où p est un idéal premier minimal de A.


d) Montrer que l'on a vB f B et que v n'appartient à aucun des idéaux premiers minimaux
de B. En déduire l'inégalité dim(B/vB) < dim(A) (on pourra utiliser le Q 1 et 4 3, no 3, cor. 1
de la prop. 4).
e ) Supposons maintenant qu'il existe un idéal maximal m de A contenant 9, et tel que
ht(rn) = dim(A). Montrer que dans ce cas on a dim(B/vB) > dim(A) et donc
dim(B/vB) = dim(A). (On pourra se ramener au cas où A est un anneau local d'idéal maxi-
mal rn, montrer que l'idéal Y 3 de B engendré par v et C
- (si
n rn) v-' est un idéal maximal
isZ
de B ayant pour hauteur dim(A) + 1 et localiser B en YJl.)
f ) Si A est un anneau local noethérien, et 9 une filtration décroissante de A telle que 9, = A,
9, + A, on a l'égalité

8) Soient A un anneau noethérien, et B une sous-A-algèbre graduée de l'anneau de poly-


nômes A[T].
u) Montrer que l'on a les inégalités

b) Soit Bi l'ensemble des b G A tels que bTi E B. Montrer que si l'on a dim(B) = dim(A),
il existe un entier positif k tel que pour tout i > k, Bi soit contenu dans l'intersection des
idéaux premiers minimaux de A.

9) Soient A un anneau et M un A-module de présentation finie. Pour tout p E Spec(A), on

--
pose ~ ( p =
) Ap/p.Ap Montrer que pour tout k E N, l'ensemble des p E Spec(A) tels que
dim,,,,(M BA~ ( p ) >
) k est une partie fermée de Spec(A). (On pourra prendre une présenta-
tion Am +A" M O de M et considérer les mineurs de la matrice de u.)

7i 10) Soit p :A -+ B un homomorphisme d'anneaux. Pour tout p E Spec(B), on pose


d(p) = dimp(B O, ~ (-'(p))).
f
On se propose de démontrer dans cet exercice, que lorsque B est une A-algèbre de type fini,
l'application p H d(p) de Spec(B) dans R est semi-continue supérieurement (« théorème de
Chevalley D).
Notons 6 c B @, B le noyau du A-homomorphisme canonique B @,B -+ B. Pour tout
entier r on pose

La B BAB-algèbre PL,, est appelée l'algèbre des parties principales d'ordre r. On considère
B BAB comme une B-algèbre par l'homomorphisme b H b @ 1, de sorte que PBlAest, pour
tout r, une B-algèbre et que les homomorphismes canoniques de passage au quotient
PB: -. PL,, définissent un système projectif de B-algèbres.
;

' Il s'agit de la dimension comme espace vectoriel sur le corps ~ ( p ) .


AC VI11 .102 DIMENSION 56
a ) Soit p : A + A' un homomorphisme d'anneaux. Posons B' = B @, A' et notons q :B + B'
l'homomorphisme canonique. Soit r un entier. Montrer que l'unique homomorphisme de
Br-algèbres
P B l A O BB' -t PL,lA,

qui associe à la classe de (b, @ b,) @ 1(bi E B), la classe de q(b,) @ q(b,), est un isomorphisme.
b) Soit S une partie multiplicative de B. Montrer que l'homomorphisme canonique

est un isomorphisme.
c) On suppose que B est une A-algèbre de présentation finie, c'est-à-dire isomorphe à un
quotient de A[T,, ..., TJ par un idéal de type fini. Montrer que pour tout r EN, PIBlAest un
B-module de présentation finie. Pour tout p E Spec(B), on pose PgA[p] = lim PLlA OB~ ( p ) .
Montrer que P,i,[p] est une ~(p)-algèbrelocale complète de corps résiduel &). Soit k E N.
Montrer que l'ensemble des p E Spec(B) tels que dim(P,"/,[p]) 2 k est une partie fermée de
Spec(B). (Pour tout r E N, soit Fr,, l'ensemble des p tels que dim,(,,(P~lA@ ~ ( p )2)
On montrera que Fr,, est fermé (exerc. 9) et que par suite <D, = n Fr,,est fermé.
alors Q: 6, no 3, cor. 2 à la prop. 6.)
d ) Soient m un idéal de B et p c (B/m) QA B le noyau de l'application canonique
(B/m) QA B + B/m. Montrer que l'on a un isomorphisme canonique

On suppose que A est un corps, que B est une A-algèbre de type fini et que m est un idéal
maximal de B. Montrer que PB/,[m] est isomorphe au localisé complété de (B/m) 8, B en
l'idéal maximal p. En déduire que l'on a dim(PGA[m])= dim,,,(B). (Appliquer le théorème des
zéros et le th. 1 du 3 2, no 3. On remarquera que l'extension B/m de A est contenue dans une
extension galoisienne finie d'une extension radicielle finie de A.)
e) On suppose que B est une algèbre de type fini sur A. Soit p E Spec(B). Montrer que l'on a

(Remarquer d'abord que pour tout r E N, on a PBIA OB~ ( p = ) (YBlAOBB') OB*K(P) en


posant B' = B @, ~ ( p - l ( p ) )et
, que par suite, en vertu de a), on a P,!,[p] = P~l,(,-l(,,,[pB'].
On se ramènera ainsi à démontrer, dans le cas où A est un corps, l'égalité

Remarquer alors que dans le cas où p est maximal, cette égalité résulte de d). Dans le cas
général, soient q,, ..., q, les idéaux premiers minimaux de B contenus dans p. Montrer en utili-
sant le théorème des zéros qu'il existe un ouvert dense U de V(p) tel que pour tout idéal maximal
m appartenant à U, les idéaux premiers minimaux contenus dans m, soient contenus dans U.
En utilisant c), montrer qu'on peut, en diminuant U, supposer de plus que, pour tout p' E U,
on a dim(P,"/,[p]) = dim(P,i,[pl]). Conclure.)
f ) On suppose que B est une A-algèbre de type fini. Montrer que la fonction p H d(p) =
dimp(B QA ~ ( p - ' ( p ) ) )est semi-continue supérieurement. (Lorsque B est de présentation finie,
utiliser e) et c). Dans le cas général, B est de la forme A[T,, ..., TJ3. Soit 3, la famille des
idéaux de type fini de A[T,, ..., TJ contenus dans 3, ordonnée par inclusion et posons
B, = A[T,, ..., T,]/J,. Pour tout a, on a Spec(B) c Spec(B,) c Spec(A[T,, ..., T,]), et
Spec(B) = n Spec(B,). Pour tout p E Spec(B), posons
a
~ J P =) dimp(B, @ K(P-' (PI)) .
Montrer que d,(p) d(p) et que d(p) = inf d,(p) en vertu du caractère noethérien de
Spec(~(p-'(p))[T,,..., T,]). En déduire que p +-+ d(p) est la borne inférieure d'une famille
filtrante décroissante de fonctions semi-continues supérieurement.)
97 EXERCICES AC VI11 ,103

11) Soient p : A --+ B un homomorphisme d'anneaux, "p :Spec(B) -P Spec(A) l'application


correspondante.
a) Montrer que pour tout q E Spec(A), Spec(B O A , ~ ( qs'identifie
)) à "p-'(q).
b) Supposons que B soit une A-algèbre de type fini. Montrer que p est un point isolé dans sa
fibre "p-l("p(p)) si et seulement si dimp(B 8, ~("p(p))) est nul.
c) Déduire de l'exerc. 10 que sous les hypothèses de b), l'ensemble des points de Spec(B) qui
sont isolés dans leur fibre, est une partie ouverte de Spec(B).
12) Soient H une algèbre graduée de type fini, telle que Ho soit un corps, et (ka),,, des éléments
homogènes de H qui engendrent H. On suppose qu'il existe une famille d'entiers strictement
positifs (d,),,, telle que PH =n(1 - Tdr)-'. On note 6, > O le degré de 5,.
id
a) Montrer qu'il existe une injection cp :1 + A telle que pour tout i, d,'divise 6,(,,. (On pourra
utiliser le Q 4 no 2, th. 1.)
b) Montrer que l'on a inf 6, < inf di.
(IEA r d
c) En déduire que si les 6, sont égaux entre eux, l'algèbre graduée H est régulière.
d ) On suppose que A possède deux éléments a, a' que 6, < 6,. et que 6,. n'est pas un multiple
de 6,. Montrer que l'algèbre graduée H est régulière.

1) Soit ï c N un sous-monoïde de N tel que N - r soit un ensemble fini. Soit (a,, ..., a,)
(O < a, < ... < a,) un système minimal de générateurs de r, et soit k un corps. Posons
A = k[rJ
a) Montrer que A est isomorphe à la sous-k-algèbre de k[T] engendrée par Ta', ..., Ta'-.
b) Soit m l'idéal maximal de A engendré par Ta', ..., T".; soit A,,, l'anneau local de A en m, et
posons q = mA,,. Montrer que l'on a dim,q/q2 = r et eq(Am)= a,.
2) Soient k un corps, m un entier 2 1, et 1 un idéal de l'anneau de polynômes k[Tl, ..., Tm]
engendré par des monômes représentés par des points M l , ..., M, du quadrant positif » Ry
de Rm. Notons N' l'enveloppe convexe dans Ry de la réunion des ensembles Mi + R* pour
l<i<s.
a) Posons m = (Tl, ..., Tm),A = k[T,, ..., TJ,et q = I.A. Montrer que A/q est de longueur
finie si et seulement si le volume de ,
"R N' est fini.
b) Démontrer l'égalité e,(A) = m ! Vol(Ry - N').
3) Soient k un corps, et f,, ...,f, des éléments homogènes de l'anneau gradué k[X,, ..., X,]
formant une suite complètement sécante. On dira que l'anneau quotient

est un anneau gradué d'intersection complète. Soit 1 un idéal gradué non nul de l'an-
neau H = k[X,, ..., X,]/(f,, ..., f,) muni de la graduation quotient. Montrer que l'on a
dim(1)= dim(H). En déduire que l'on a ou bien dim(H/I) < dim(H), ou bien dim(H/I)= dim(H)
et c,, < c, (3 4 no 2). (On considérera l'idéal b formé des s E H tels que s.1 = {O} et on mon-
trera que si l'on a dim(1) < dim(H), alors b contient un élément non diviseur de zéro, en exa-
minant la position de b par rapport aux idéaux premiers minimaux de H et à H + = H, ,.)
4) Soit A un anneau local noethérien, d'idéal maximal m.
a) Supposons qu_egr,(A) soit un anneau gradué d'intersection complète (cf:exerc. 3). Montrer
que le complété A de A est d'intersection complète, c'est-à-dire le quotient d'un anneau local
régulier par un idéal engendré par une suite complètement sécante.
b) Soit x E m, et soit 6l'image de x dans mv/mv+', où v est tel que x E mVet x $ mV+'.Montrer
que l'on a em(A/x.A) = v.e,,(A) si et seulement si 6 n'est pas diviseur de zéro dans grm(A),et
que dans ce cas on a gr,,(A/x.A) = gr,,(A)/c.gr,(A) et x n'est pas diviseur de zéro dans A.
(Soit 1l'idéal homogène de gr,,,(A)formé des éléments q G grm(A)tels que 5.q = O. Considérons
l'idéal N, = mvf":x de A et l'application de 1, dans N,, ,/mnf qui à q E 1, associe la classe
AC VIH. 104 DIMENSION §7

mod. m"+' d'un élément y E A relevant q. On montrera qu'elle est injective, et on en déduira
l'inégalité

par ailleurs, on démontrera l'égalité


(ii) (1 - T")Hg' = T-vHg)xA - z
nav
long, ,,,,(N,/mn).T".

On remarquera enfin que 6 est diviseur de O si et seulement si 1 # { O 1, et utilisant l'exercice


précédent, on déduira de (i) que l'on a z
naCi
l ~ n g ~ , ~ +( Jmn+').
N,, T" = - s'-
TI -avec ~ ( 1 ) 0,
(1 - T)"
+
et de (ii) l'inégalité e,(A/xA) > e,,(A).)
c ) Soit (x,, ..., x,) une suite d'éléments de l'idéal maximal m. Supposons qu'on ait xi E mvxet
x, 4 m"' + ',
et soit 5, la classe de x, dans mV./m"'+'. Montrer que l'on a e,,,(A/x) > e,(A).vl ... v,
et que l'égalité a lieu si et seulement si la suite (cl, ..., 5,) est complètement sécante dans l'anneau
grm(A).Dans ce cas on a un isomorphisme d'anneaux gradués de grm(A/x)avec (grm(A))/Gavec
I
3 1
x = C x,A 5 = 5, gr,(A).
t

5 ) Soit k un corps. Posons R = k[[X, Y, Z]] et considérons l'anneau local A = R/(XY, XZ),
d'idéal maximal m. Montrer que l'on a
HA = (1 - T)(1 - T - T2)HR = 1 + z
n 31
(n + 2) S n .
En déduire que l'on a dim(A) = 2, dimk(m/m2)= 3 et e,(A) = 1. (On a HA = P, où G =
gr,,(A) = k[X, Y, Z]/(XY, XZ). On démontrera l'existence d'une suite exacte de H-modules
gradués
O -t H(- 3) -t H ( - 2) 0 H(- 2) -+ H -, G -, O

où H = k[X, Y, Z].)

6) Soient k un corps, A une k-algèbre locale, complète, réduite, de dimension 1 et m son idéal
maximal. Montrer que le nombre minimum de générateurs d'un idéal de A est au plus égal à
e,(A) (il existe X E A tel que l'injection de k[[X]] dans A fasse de A un k[[X]]-module libre de
rang elll(A)).

7) Soient A un anneau local, d'idéal maximal m, M un A-module de type fini, (x, , ..., x,) une
suite d'éléments de m sécante pour le A-module M, et x l'idéal x,A + ... + x,A.
a) Supposons le A-module M fidèle. Alors le quotient de gr,(A) par son nilradical n est iso-
morphe à (A/m) [X,, ..., X,] et (gr,(M)),, est un (gr,(A)),,-module de longueur e,(M).
b) Dans le cas général, gr,(A) possède un unique idéal premier minimal n et (gr,(M)), est un
gr,(A)-module de longueur e,(M).

8) Soient A un anneau et a un idéal de A. Posons ai = A pour i < O et considérons la A-algèbre


&(a) = z
a-'vi c A[v, v-'1 et la A-algèbre P(a) =
i d
z
aivi c A[v]. Ce sont deux A-algèbres
iàO
graduées ayant même anneau total de fractions. Montrer que pour un élément a E A les condi-
tions suivantes sont équivalentes :
(i) L'élément av de la &(a)-algèbre A[u, op'] est entier sur A(a).
(ii) L'élément au de la P(a)-algèbre A[v] est entier sur P(a).
(iii) Il existe une relation de dépendance intégrale :
ak + b,ak-1 + ... + b, = O avec bj E aJ
On dira que a est entier sur l'idéal a.
97 EXERCICES AC VI11 . IO5

9) a) Soient A et a comme ci-dessus et soit b un idéal de A contenant a. Montrer que les


conditions suivantes sont équivalentes :
(i) Tout élément de b est entier sur a.
(ii) La &(a)-algèbre graduée &(b) est entière.
(iii) La P(a)-algèbre graduée P(b) est entière.
(iv) Il existe un entier k O tel que a.bk = bk+' et donc a".bk = bkf"pour tous les entiers
positifs n. On dit que b est entier sur a.
b) Montrer qu'il existe un plus grand idéal parmi ceux qui sont entiers sur a. On le note et on
i'appelle la fermeture intégrale de a dans A. Vérifier que si a c b alors E c b et w e 3
Montrer que si la fermeture intégrale P(a) est un P(a)-module de type fini, alors a.ak = akf '
pour k assez grand.
c) Montrer que si a E A satisfait la relation de dépendance intégrale
ak + b,ak-' + ... + b, = O avec k 2 1 et b, e a i ,
alors a.(a + = (a + En déduire que la fermeture intégrale de a dans A coïncide
avec l'ensemble des éléments de A qui sont entiers sur a.

10) Soit A un anneau.


a) Soit B une A-algèbre entière. Montrer que pour tout élément a de A et tout idéal a de A,
l'élément a est entier sur a si et seulement si a est entier sur l'idéal a.B engendré par a dans B.
b) Supposant A noethérien et réduit, notons pl, ..., p, les idéaux premiers minimaux de A et
considérons l'injection naturelle :

Montrer qu'elle fait de fl


lsibr
Alp, une A-algèbre entière.
c) En déduire que, étant donné un anneau noethérien A, pour qu'un élément a de A soit entier
sur un idéal a, il est nécessaire et suffisant que, pour tout idéal premier minimal p de A, l'image
de a dans A/p soit entière sur l'idéal (a + p)/p.
d) Montrer que si ii = 5, les idéaux a et b ont mêmes idéaux premiers minimaux associés.

11) Soient A un anneau noethérien, et a, b deux idéaux de A tels que Supp(a) = Supp(b) =
Spec(A). Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) Il existe un A-module de type fini M tel que Supp(M) = Spec(A) et tel que b .M c a. M.
(ii) On a b c Z.

12) Soient A un anneau noethérien, a, b et c trois idéaux de A tels que c soit contenu dans le
radical de A.
a) Montrer que si l'on a l'inclusion b + s a b c a.
c.a c Z, a l o ~ on
b) En déduire que si A est local, et si l'on a b c a et b = Z, il existe au moins un idéal b, c b
tel q- -
cl) b, = a, - -
B) b, est minimal poÙr cette propriété, c'est-à-dire que si b; c b, et b; = b,, alors 6; = 6,.
13) Soient-A un anneau local et a et b deux idéaux de A distincts de A. Montrer que si a c 6,
on a ii = b si et seulement si l'algèbre graduée grb(A)est entière_surl'algèbre graduée gr,(A).
En déduire que si a = (x, , ..., x,) c b OU d = dim(A), on a E = b si et seulement si les formes
initiales 5, , ..., 5,dans grb(A)des x, sont de degré 1 et forment une suite sécante maximale pour
grb(A).
14) Soient A un anneau local, rn son idéal maximal, et q un idéal de &distinct de A, tel que A/q
soit de longueur finie. On suppose que A contient un sous-corps k tel que A = k + m.
a) Montrer qu'il existe des éléments x, ,..., x, de q, où d = dim(A), avec x, E q6,,tels que, pour
tout entier v assez grand, on ait qv = x, .qVP6'+ ... + xd.qV-".
b) Si l'on suppose le corps A/m infini, on peut trouver un idéal a engendré par d éléments de q,
où d = dim(A), tel que ?Ï = q. (On pourra utiliser 5 7, no 5.)
AC VIII. 106 DIMENSION 97
15) Soit A un anneau local noethérien, complet, d'idéal maximal m. Posons d = dim(A). On
suppose que A contient un sous-corps k tel que A = k + m.
Montrer que l'on peut trouver x,, ..., x, dans m tels que :
a ) le morphisme cp :k[[X,, ..., X,]] -t A défini par q ( X J = xi fasse de A une k[[X,, ..., X,]]-
algèbre entière ;
0) en notant m, = (XI, ..., X,) l'idéal maximal de k[[X, , ..., X,]], on ait m,A = m, et donc
e~~,-,A(A)= etn(A).
Montrer que si x, , ..., x, satisfont la condition CL),la condition P) est satisfaite si et seulement si
les formes initiales c l , ..., 6, des xi dans gr,(A) forment une suite sécante maximale.

16) Soient A un anneau local noethérien et x = (x,, ...,x,) un idéal engendré par une suite
sécante maximale pour A. Montrer que l'on a l'inégalité e,(A) < long(A/x) et que l'égalité n'a
lieu que si l'homomorphisme (A/x)[T,, ..., T,] --P+ gr,(A) défini par cp(T,) = ci, ci
où est la
classe de xi modulo xZ,est un isomorphisme (ce qui signifie que (x, , ..., x,) est complètement
sécante).

17) Soient A un anneau local noethérien possédant une suite complètement sécante de longueur
d = dim(A), a l'idéal engendré par une telle suite et f E A un élément entier sur a mais n'appar-
tenant pas a a (par exemple A = k[[X,, ..., X,]], où k est un corps, a = (Xt, ..., Xi) et
f = Xk,-'X,). Soit a' = a +
fA. Montrer que l'on a l'inégalité e,.(A) > long(A/af).

c$)
18) Soient A un anneau et a un idéal de A. Pour tout élément a E A, on note v,(a) la borne
supérieure de l'ensemble des entiers v E N tels que a E a".
m
a) Montrer que si a $ n ak la suite est convergente. On notera v,,(a) sa limite. Si
k= O
"2

aE n ak on pose V,(a) = + co.


k=O
b) Montrer que, pour tout a E A, on a i,(a) = &(a) et en déduire que les conditions suivantes
sont équivalentes :
(il V&a) 1,
(ii) a E a.
(Étudier la monotonie de la suite considérée en a).)

19) Soient A un anneau noethérien et q un idéal de A tel que A/q soit de longueur finie et q
contenu dans le radical de A. Montrer que l'on a
e,(A) = eG(A).

20) Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, et q,, ..., q, des idéaux de A
tels que M/qi. M soit de longueur finie pour tout i. On suppose M # O et on pose d = dimA(M).
a) Montrer que M/q;' ... q?.M est de longueur finie pour tout k-uple d'entiers positifs
(ni, -.., a!).,
b) Considerons l'anneau gradué H de type N, tel que

et le H-module gradué N tel que

montrer que N est un H-module gradué de type fini engendré par No, ,, et un nombre fini
d'éléments dont les degrés sont des vecteurs de la base canonique de Zk.
En déduire qu'il existe un polynôme Q(T) E Z[T, , .., Tk]et des entiers s, > 1 , ..., sk 3 1 tels
aue l'on ait

(On procédera par récurrence sur d.)


97 EXERCICES AC VI11 .107

c) En déduire, en étendant à Z((Tl, ..., T,)) les résultats du $ 6, no 1, l'existence d'entiers


k
c(a, , ..., a,) pour les suites (a,, ..., a,) telles que 1 a 1 = cli = d, tels que l'on ait
i= 1

d!
. = C
lml=, a1 ! ..-CLk ! c(a, , ..., a,) vy ... vF
pour (v,, ..., v,) dans Nk.
d ) Supposons maintenant A local, à corps résiduel K infini. Montrer, en utilisant l'existence
d'éléments superficiels pour le H-module gradué N, que l'on a

où q, parcourt l'ensemble des idéaux de A engendrés par a , éléments de q,, a, éléments de


q,, ..., cl, éléments de q,. On note parfois e(q[P1l+ ... + q p l ; M) l'entier c(cll, ..., a,), ce
+
qu'on abrège en e(qy1I ... + q p l ) lorsque M = A.
e) Démontrer l'égalité

f ) Montrer que l'on a :


e(4[1"ll+ ... + $21; M) = e(qpl + ... + q p l .> M)
où qidésigne la fermeture intégrale dans A de l'idéal qi (cf: exerc. 19).

21) Soient A et A' deux anneaux noethériens, et q (resp. q') un idéal de A (resp. A') contenu
dans le radical de A (resp. A') et tel que long(A/q) (resp. long(A'/qf)) soit fini. Soit C1 l'idéal
q @ A' + A @ q' de l'anneau A @, A'. Montrer qu'il est contenu dans le radical de A @, A'
et que l'on a l'égalité
ea(A A') = eq(A).e,,(A1).

T 22) * Soient A un anneau intègre noethérien, qui soit local et complet (resp. une algèbre
de type fini sur un corps k), a E A un élément non inversible et non nul. On fait les hypothèses
suivantes :
a ) Supp(A/aA) possède un seul élément minimal p.
p) On a UA, = pA,.
y) A/p est un anneau intégralement clos.
On se propose dans cet exercice de montrer que, pour tout idéal maximal m de A contenant a,
l'anneau A, est alors intégralement clos et qu'on a p = UA («lemme d'Hironaka »).
On utilisera dans cet exercice la propriété de caténarité. Cette propriété est satisfaite par les
anneaux intègres, noethériens, locaux, complets, ainsi qu'on le verra au chapitre X. Elle est
aussi satisfaite par les algèbres intègres de type fini sur un corps (5 2, no 4, th. 3).
a) Montrer que A, est un anneau de valuation discrète (5 3, no 1, prop. 1 et VI, 3 3, no 6,
prop. 9).
h ) On fait les hypothèses a ) et fi) et on suppose A intégralement clos. Montrer que l'on a
p = UA (VII, 5 1, no 4, prop. 8).
c) Soit A' la clôture intégrale de A. Démontrer que A' est un anneau intègre, noethérien,
local et complet (resp. que c'est une algèbre de type fini sur k). (On remarquera que A est
japonais (IX, 3 4 no 2, th. 2), donc que A' est intègre, noethérien, semi-local et complet et, par
suite, local (III, 3 2, no 13, corollaire à la prop. 19). Dans le cas où A est une algèbre de type
fini sur k, on utilisera V, $ 3, no 2, th. 2.)
d ) Montrer que l'on a A' @, A, = A , (utiliser a) et V, 5 1, no 5, prop. 16). En déduire qu'il
existe un seul idéal premier p' de A' au-dessus de p et qu'on a A, = A',., aA,, = p'AP..
e) Soit q un élément minimal du support de A'IaA'. Montrer que q est un idéal premier de A'
au-dessus de p. (Remarquer que q est de hauteur 1 (5 3, no 1, prop. 1) et que par suite en vertu
AC VIII. 108 DIMENSION 97

de la caténarité, on a dim(A1/q)= dim(A) - 1. En déduire que l'on a dim(A/(q n A)) =dim(A) - 1


et par suite que q n A = p.)
f ) Déduire de e) que UA' est un idéal premier de A' et qu'on a UA' = p' = PA' (on pourra
utiliser b)).
g) Montrer que l'on a A',,, = A,, pour tout idéal maximal m de A contenant a. (Des inclusions
A c A' c Ap déduire les inclusions A/p c A'/pf c A,/pA,. En déduire que A/p et Af/p' ont
le même corps des fractions et par suite, d'après y), que A/p = A'/pf = A' @, (A/p), la dernière
égalité résultant de f). On a donc (A'/A) @, (A/p) = O. Conclure.) Achever alors la démonstra-
tion du lemme d'Hironaka. *
23) a) Soit A un anneau local noethérien tel que e(A) = 1. Montrer que A possède un seul
idéal premier minimal p tel que dim(A) = dim(A/p). Montrer que de plus on a long(A,) = 1
et e(A/p) = 1 ($ 7, no 1, remarque 4).
b) Rappelons (p. 82, exerc. 10) qdur, anneau local est équidimensionnel si, pour tout idéal
premier minimal q de A, on a dim(A/q) = dim(A) et qu'il est sans idéaux premiers immergés
si le A-module A, ne possède pas d'idéaux premiers associés immergés (IV, 3 2, no 3, remarque).
* (On verra au chapitre X que les complétés de quotients intègres d'anneaux locaux de Macaulay
possèdent ces deux propriétés.) * Soit A un anneau local, noethérien, équidimensionnel et
sans idéaux premiers immergés, tel que e(A) = 1. Montrer que A est intègre.
T 24) * Soient A un anneau local noethérien, Â son complété. On se propose dans cet exercice
de démontrer l'équivalence des propriétés :
.+
(i) est régulier ;
(ii) 4 est équidimensionnel et sans idéaux premiers immergés, et e(A) = 1 ;

-
(iii) A est intègre et e(A) = 1.
Démontrer les implications (i) =. (ii) =+ (iii). Remarquer que (?i) entraîne l'égalité e(Â) = 1
et que, pour démontrer (iii) (i), il suffit de démontrer que A est régulier. On peut donc,
pour démontrer (iii) =+ (i), supposer A complet, ce que nous ferons désormais. Nous traiterons
d'abord le cas où le corps résiduel K, possède une infinité d'éléments. On procède par récur-
rence sur la dimension de A. Examiner le cas dim(A) = O, et supposer désormais dim(A) > 0.
11 existe alors un élément superficiel x E A ($ 7, no 5, remarque 4). En vertu de la propriété
de caténarité (exerc. 22) et de 3 3, no 1, prop. 1, pour tout idéal minimal p parmi ceux contenant
xA, on a dim(A/p) = dim(A/xA). Comme on a e(A/xA) = 1 ($ 7, no 5, th. l), il existe un
seul idéal premier minimal p parmi ceux contenant xA, et l'on a xAe = PA,, e(A/p) = 1
(exerc. 23). Par l'hypothèse de récurrence, A/p est régulier, donc integralement clos (5 5,
no 2, cor. 1 au th. 1). Par le lemme de Hironaka (exerc. 22), on en déduit p = xA. Donc A/xA
est régulier et comme A est intègre, A est régulier ($ 5, no 3, prop. 2).
Supposons maintenant que K, soit un corps fini. Prouver qu'il suffit de démontrer que le
gonflement AIX[ (IX, App., no 2) est régulier. Remarquer que A et par suite AIX[ est isomorphe
a un quotient d'un anneau régulier (IX, 3 2, no 5, th. 3) et e(A]X[) = 1. D'après la théorie des
anneaux de Macaulay (chapitre X) le complété [A - est équidimensio* et sans idéaux
premiers immergés. En déduire que A T [ est intègre (exerc. 23) et que e(A]X[) = 1, donc que
AX est régulier. Conclure. *
B 25) Soient k un corps, A une k-algèbre locale, localisée en un idéal premier d'une k-algèbre
de type fini. Montrer que A est régulière si et seulement si A est intègre et e(A) = 1.(On pourra
s'inspirer de la méthode suivie dans l'exerc. 24 ou enzore remarquer que comme A est un
quotient intègre d'un anneau régulier, l'anneau local A est équidimensionnel et sans idéaux
premiers immergés.)
CHAPITRE IX

Anneaux locaux noethériens complets

Dans ce chapitre, tous les anneaux sont supposés commutatifs; les algèbres sont
associatives, commutatives et unifères. On note 1, l'élément unité d'un anneau A.
Si A est un anneau et p un idéal premier de A, on note ~ ( ple)corps résiduel de l'anneau
local A,. Si l'anneau A est local, on note m, son idéal maximal et K A ou ~ ( m , son
) corps
résiduel.
On dit qu'un homomorphisme d'anneaux p : A + B est plat (resp. fidèlement plat)
s'il fait de B un A-module plat (resp. fidèlement plat). Rappelons (1, § 3, no 5, prop. 9)
que si A et B sont locaux, p est fidèlement plat si et seulement s'il est plat et local.

9 1. VECTEURS DE W I T T

Dans tout ce paragraphe, p désigne un nombre premier.

1. Polynômes de Witt

Pour tout entier n à O, on appelle n-ième polynôme de Witt l'élément 0, de


Z B 0 , ..., X,] défini par

On a évidemment a>, = Xo et les relations de récurrence

Lorsqu'on affecte Xi du poids pi, le polynôme <D, est isobare de poids pn (A, IV,
p. 3).
PROPOSITION 1. - Soient A un anneau filtré et (J,),,, sa filtration. On suppose que
l'on a J O = A et p. 1, E J,. Soient m et n des entiers tels que m 2 1 et n 2 0, et
a,, ..., a,, b,, ..., b, des éléments de A.

-
a ) Si l'on a ai r bi mod. Jm pour O < i < n, alors on a
Qi(a0,..., a i ) cDi(b,, ..., b,) mod. Jm+i pour O < i < n .
b ) Supposons que, pour tout entier k 3 1, et tout x E A, la relation p.x E J k + ,
entraîne x E Jk. Si l'on a <ii(ao,..., ai) = Qi(bO,..., b i )mod. J,, pour O < i < n,
alors on a ai = b, mod. Jm pour O < i < n.

Lemme 1. - S i x et y sont deux éléments de A congrus modulo J,, on a


xPn = yPnmod. J,,, .
Par récurrence sur n, on se ramène au cas où n
P- 1
1 XiYP-'-'
i.= O.
= 1. Notons F le polynôme
de Z[X, Y ] .Vu l'hypothèse faite sur x et y, on a P(x, y ) z P(x, x )
p.xP-1 mod. J,. Or on a J , + p.A c J , , d'où P(x, y ) E J , . Finalement, xP - yP =
-
( x - y ) P(x, y ) appartient à J m J , c Jm+ ,.
Démontrons a ) par récurrence sur n. Le cas n = O est immédiat. Supposons
n 2 1, Sous les hypothèses de a), on a
(4) a: = bf mod. J,,, pour O <i<n - 1 d'après le lemme 1 ,
(5) <on- ,(a;, ..., ai- ,) r a,_, (b;, ..., bn- ,) mod. Jm+,
d'après l'hypothèse de récurrence appliquée aux éléments 4 ,..., ai-,, bg, ..., bi-,
de A, et
(6) @,(aor ..., a,) - pn.a, r @,(b,,..., b,) - pn.b,mod.Jm+,

d'après les formules (2) et (5). Comme a, - b, appartient à .Tm, l'élément

@,(a,, ..., a,) -


pn.a, - pn.b, appartient à Jm+, et on déduit de (6) la congruence
@,(b,, ..., b,) mod. Jm+, ,

-
d'où a).
Démontrons b ) par récurrence sur n. Le cas n = O est immédiat. Supposons
n 3 1. Sous les hypothèses de b), on a ai bi mod. Jm pour O < i < n - 1 d'après
l'hypothèse de récurrence, et on en déduit comme précédemment les congruences (4),
(5) et (6). Mais par hypothèse @,(ao, ..., a,) et @,(b,, ..., b,) sont congrus mod. J,+,,
et Son a donc pn.(a, - b,) E J,+,. Comme la relation p.x E Jk+ entraîne x E Jk ,
pour tout x E A et tout k 2 1, on a a, - b, E J,, ce qui achève la démonstration.

2. Les applications f , v et @

Soit A un anneau. Munissons AN de la structure d'anneau produit. Notons f,,


,
ou simplement S, l'endomorphisme (a,),,, H (a,, ,,,) de AN.Notons v,, ou simple-
NO 2 VECTEURS DE WITT A C IX.3

ment v, l'endomorphisme du groupe additif sous-jacent à AN qui à (a,),,, associe


(0, P.%,> P . U l , ...1.
Pour tout entier m 3 0, notons cD, l'application de AN dans A qui à a = (a,),,,
associe @,(ao, ..., a,). On note BA, ou simplement 0,l'application aw(<D,(a)),,,
de AN dans lui-même.

-
Lemme 2. -Soit A un anneau muni d'un endomorphisme o vérijiant o ( a ) aPmod. p. A
pour tout a E A. Soient n 3 1 un entier et a,, ..., a,_, des éléments de A. Posons
ui = @,(ao,..., a,) pour O d i < n - 1. Soit un un élément de A. Les conditions
suivantes sont équivalentes :
a ) Il existe a, E A tel que un = @,(a,, ..., a,).
b ) On a o(u,-, ) = u, mod. pn. A.
Pour O < i < n - 1, on a o ( a i ) = a; mod. p. A. D'après la prop. 1 du no 1 appliquée
au cas où J, = pk.A (pour k E N) et où m = 1, on a la congruence
(7) @,-l(o(ao), ..., o(u,-,)) r @,-,(a:, ..., a:-,) mod. pn.A,
c'est-à-dire
(8) o(u,_ ) - @,- ,(a;, ..., a:-, ) mod. pn.A

Or, d'après la formule (2), la relation un = @,(ao, ..., a,) équivaut à

Le lemme en résulte.

PROPOSITION 2. - Soit A un anneau.


a ) Si p. 1, est non diviseur de O dans A, l'application <DA est injective.
b ) Si p.1, est inversible dans A, l'application @, est bijective.

-
c ) Si o est un endomorphisme de l'anneau A, vérijiant o ( a ) r aPmod. p.A pour
tout a E A , l'image A' de <DA est un sous-anneau de AN, stable par f, et v,. C'est l'en-
semble des éléments (un),,, de AN tels que o(u,) un+,mod. pn+'.A pour tout
n E N.
Si a = (a,),,, et u = (u,),,, sont des éléments de AN, la relation % ( a ) = u est
équivalente, d'après la formule (2), aux égalités

Soit u = (un),,, dans AN. Lorsque p. 1, est non diviseur de O dans A (resp. lorsque
p. 1, est inversible dans A), il existe au plus une suite (a,),,, dans A (resp. exactement

-
une suite (a,),, dans A ) satisfaisant aux égalités (IO), d'où a ) et b).
Démontrons c). D'après le lemme 2, l'image A' de AN par @, est l'ensemble des
u = (u,),,, dans AN tels que o(u,) un+,mod. P"+'.A pour tout n E N. Il en
résulte aussitôt que A' est un sous-anneau de AN, stable par f, et .,O
Remarque. -Soient a = (a,),, et u = (un),,, des éléments de AN tels que u = @,(a),
et m un entier 2 O. On déduit de (10) les assertions suivantes :
Si les un, pour O < n < m, appartiennent à un sous-anneau B de A et si, pour
tout x E A, la relation p.x E B entraîne x E B, alors les a,, pour O d n < m, appar-
tiennent à B.
Si A est muni d'une graduation de type N, si p. 1, est non diviseur de O dans A,
si d E N et si un est homogène de degré dp" pour O < n d m, alors a, est homogène
de degré dpn pour O < n < m.

3. Construction de polynômes

Soit A l'anneau Z[X, Y] des polynômes à coefficients entiers en deux familles


d'indéterminées X = (X,),,, et Y = (Y,),,,.

- Soit 0 l'endomorphisme de A défini


par 0(X,) = Xn et O(Y,) = Y; pour tout n E N. Alors p n'est pas diviseur de O dans
A et l'ensemble des a dans A tels que @(a) aP mod. p.A est un sous-anneau de A
contenant les X, et les Y,, donc égal à A tout entier.
D'après la prop. 2 a) et c) du no 2, il existe des éléments S = (S,),,,, P = (P,),,,,
1 = (In)naNet F = (F,),,, de AN caractérisés respectivement par les égalités

Les éléments Sn, P,, 1, et F, de A sont donc caractérisés par les formules suivantes
(où n parcourt N) :

Affectons X, et Y, du poids pn pour tout n E N. On déduit de la remarque du no 2


les assertions suivantes :
a) On a Sn E ZIXo, ..., X,, Y,, ..., Y,] et Sn est isobare de poids pn.
b) On a P, E ZIXO,..., X,, Y,, ..., Y,] et P,, est isobare de poids pn en chacune
des familles (X,, ..., X,) et (Y,, ..., Y,).
c) On a 1, E ZD<,, ..., X,] et 1, est isobare de poids pn.
d) On a F, E ZIXO,..., X, + et F, est isobare de poids pn l. +

La formule (2) permet dans la pratique de déterminer les polynômes Sn, P,, 1,
et F, de proche en proche.
NO 3 VECTEURS DE WITT

Exemples. - 1) On a
S, = X, + Y,

De plus, Sn - X, - Y, appartient à l'anneau Z[X,, ..., X,- ,,Y,, ..., Y,- ,].
2) O n a

3) Lorsque p f 2, on a 1, = - X,. Pour p = 2, on a


1, = - X,
Il = - (X2, + XI)
I2 = - x: - x;x, - x: - X,.
4) On a
F, = XP, + pX1

- '
Comme on a @,(F,, ..., F,) = @,(XP,, ..., X,P) mod. pn+ .A pour tout n E N (formules
(2) et (15)), il résulte de la prop. 1, b) qu'on a F, X,P mod. p.A pour tout n E N.

Remarque. -Soit J l'ensemble des entiersj 3 1. Pour tout élémentj de J, définissons


le polynôme q j de Z[(Xj),,,] par la formule

où la somme porte sur les éléments de J qui divisent j. Pour tout entier n 3 O, on a

Pour tout anneau A et tout élément m de J, on note cp, l'application de AJ dans A


qui à (aj)j,J associe q,((~~)~,,);on note q,, ou simplement q , l'application de AJ dans
lui-même qui à a = (u~)~,,associe (q,(a)),,.
Soit A = Z[(Xj),,, (Yj)j,J] l'anneau des polynômes à coefficients entiers en les
deux familles d'indéterminées X = (Xj)j,J et Y = (Yj)j,J. On peut montrer (p. 51,
exerc. 34) qu'il existe dans A des éléments
AC IX. 6 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS

caractérisés par les égalités suivantes :

4. L'anneau W(A) des vecteurs de Witt

Soit A un anneau. Si a = (a,),,, et b = (b,),,, sont des éléments de AN, nous


noterons SA(a, b) (resp. PA(a, b), resp. IA(a))ou simplement S(a, b) (resp. P(a, b),
resp. Va)) la suite (Sn(ao,..., an; bo, .-.,bn))nGN (resp. (Pn(ao,..., an; bo, ..., bn))nGN,
resp: (In(ao,..., a,)),,). En substituant a, à X, et b, à Y,, pour tout n E N, dans les
formules (12), (13) et (14), on obtient les égalités

Nous noterons W(A) l'ensemble ANmuni des lois de composition SAet PA.
Soit p :B + A un homomorphisme d'anneaux. Nous noterons pNou encore W(p)
i'application de BN dans AN qui à l'élément b = (b,),,, de BN associe (~(b,)),,,. Il
résulte aussitôt des définitions qu'on a

Lemme 3. - Soit A un anneau. I l existe un homomorphisme surjectg d'anneaux


p :B 4 A, où B est un anneau satisfaisant aux conditions suivantes : p n'est pas diviseur
de O dans B, et il existe un endomorphisme o de B tel que o(b) = bP mod. p. B pour tout
b E B.
Il suffit en effet de poser B = Z[(X,),,], de prendre pour o l'endomorphisme de B
défini par o(Xa) = Xa pour tout a E A, et pour p l'homomorphisme de B dans A
défini par p(Xa) = a pour tout a G A.

THÉORÈME 1. -a) Soit A un anneau (commutatif). Muni de l'addition SA et de la


multiplication PA,W(A) est un anneau (commutatif). L'élément neutre pour l'addition
est la suite O, dont tous les termes sont nuls ; l'élément neutre pour la multiplication est
la suite 1, dont tous les termes sont nuls sauf celui d'indice O qui vaut 1,. L'opposé d'un
élément a de W(A) est IA(a).
No 5 VECTEURS DE WITT AC IX.7

b ) Soit p : B + A un homomorphisme d'anneaux. Alors W ( p ) : W ( B + ) W ( A ) est


un homomorphisme d'anneaux.
c) Soit A un anneau. L'application @, est un homomorphisme d'anneaux de
W ( A ) dans l'anneau produit AN. En particulier, pour tout n E N , l'application
@,, :a H @,,(ao,..., a,,) est un homomorphisme d'anneaux de W ( A )dans A.
Compte tenu des formules (16), (17),(19)et (20),il suffit de démontrer l'assertion a).
Soit p : B + A un homomorphisme d'anneaux satisfaisant aux conditions du
lemme 3. Soit B' le sous-anneau de BN formé des éléments (b,),,, tels que o(b,) =b,+ ,
mod. pn+' .B pour tout n E N. D'après la prop. 2 du no 2 @, induit une bijection @;
de W ( B ) sur B'. Au vu des formules (16) à (18) et des relations @,(O,) = O et
@JIB) = 1, (n E N ) , on voit par transport de structure que W ( B ) est un anneau,
d'élément neutre O, pour l'addition, 1, pour la multiplication, l'opposé de b étant
IB(b).
L'application W ( p ):W ( B )+ W ( A )est surjective. D'après les formules (19) et (20),
la relation d'équivalence R sur W ( B )associée à l'application W ( p ) est compatible
avec la structure d'anneau de W ( B ) .Comme W ( p )induit une bijection Y de l'anneau
quotient W ( B ) / Rsur W ( A ) ,compatible avec les lois d'addition et de multiplication,
l'assertion a ) se déduit de là par transport de structure.

DÉFINITION 1. - Soit A un anneau. L'anneau W ( A )est appelé l'anneau des vecteurs


de Witt à coefficients dans A.
Pour a dans W ( A )et n dans N, l'élément @,(a) = @,(ao,..., a,) est parfois appelé
la composantefantôme d'indice n de a.

Remarque. - Reprenons les notations de la remarque du no 3. Soit A un anneau. Si


a et b sont des éléments de AJ et u = (rj),,, un élément de A ~on , note r,(a, b) l'élément
(rj(a,b)),,, de AJ. Notons U ( A )l'ensemble AJ muni des lois de composition s, et p,.
On peut montrer (p. 52, exerc. 35) que, muni de i'addition s, et de la multiplication
p,, U ( A )est un anneau (commutatif); on l'appelle l'anneau de Witt universel de A.
L'élément neutre pour l'addition est l'élément de U ( A )dont toutes les composantes
sont nulles ;l'élément neutre pour la multiplication est l'élément de U ( A )dont toutes
les composantes sont nulles sauf celle d'indice 1 qui vaut 1, ;l'opposé d'un élément a
de U ( A )est i,(a). L'application <p, est un homomorphisme d'anneaux de U ( A )dans
l'anneau produit AJ.
Soit p :B + A un homomorphisme d'anneaux ; on note U ( p ) l'application de BJ
dans AJ qui à l'élément (b,),,, de BJ associe l'élément (p(b,)),,, de AJ. On peut montrer
(loc. cit.) que U ( p )est un homomorphisme d'anneaux de U ( B )dans U ( A ) .

5. L'homomorphisme F et le décalage V

Soit A un anneau. Dans la suite de ce paragraphe, on note respectivement + et x


les lois d'addition et de multiplication dans W ( A ) .Nous écrirons aussi O pour O, et 1
'
pour 1,. On définit deux applications FAet V A(notées aussi simplement F et V )de
W ( A )dans lui-même par les formules

FA@) = (Fn(ao9 ..-y a,+ 1


V A @ ) = (0, a,, a,, .-

(pour a = (an),,, dans W ( A ) ) .L'application V As'appelle le décalage.


La formule
(25) @ R o b ) ,..., Fn(a)) = @,+,(a,, ..., an+,) (nE N )
résulte aussitôt de (15). On peut aussi l'écrire sous la forme

résulte de la relation (3).


Soit p :B -t A un homomorphisme d'anneaux. Les relations

résultent aussitôt des définitions.

PROPOSITION 3. - Soit A un anneau.


a ) L'application FA est un endomorphisme de l'anneau W ( A ) .
b ) L'application V Aest un endomorphisme du groupe additif sous-jacent à l'anneau
W(A).
c ) Pour tout a dans W ( A ) ,on a FA(VA(a))= p.a (somme dans W ( A )de p termes
égaux à a).
d ) Quels que soient a et b dans W ( A ) ,on a

(somme dans W ( A )de p termes égaux à V A ( a x b)).


e ) Posons p = V A ( l )= ( O 1, O , ...). Pour tout b dans W ( A ) ,on a

La lettre F est l'initiale du nom de Frobenius, et la lettre V celle du mot allemand


Verschiebung.
No 5 VECTEURS DE WITT AC IX.9

f ) Pour tout élément a de W(A) notons a*P le produit dans W(A) de p éléments
égaux a a. Alors on a

(33) FA(a) = a*P mod. p. W(A) (idéal de W(A) engendré par p. 1)

Soit p :B + A un homomorphisme d'anneaux satisfaisant aux conditions du


lemme 3 du no 4. Alors W(p):W(B) + W(A) est un homomorphisme surjectif
d'anneaux, et @, : W(B) + BN est un homomorphisme injectifd'anneaux. De plus,
fB : BN + BN est un homomorphisme d'anneaux. D'après les formules (26) et (28),
on a
@B FB = f~O @B, O Fg = FA O W(P) 3

d'où aussitôt l'assertion a). L'assertion b) résulte de manière analogue des formules
(27) et (29) et du fait que vB est un endomorphisme du groupe additif sous-jacent à
BN.
Soit a un élément de W(A), et choisissons un élément x de W(B) que W(p) applique
sur a. Posons 5 = @,(x). Il résulte aussitôt des définitions de fB et v, qu'on a
fB(vB(c))= p.5 (somme dans BNde p termes égaux à 5). D'après les formules (26) et
(27) (où l'on remplace A par B), les éléments FB(VB(x))et p.x de W(B) ont donc même
image p.5 par l'application injective QB, et ainsi sont égaux. La formule
FA(V,(a)) = p.a résulte alors des relations (28) et (29). Ceci prouve c).
Raisonnant de manière analogue, on ramène la démonstration de la formule (30) à
celle de la relation

pour 5, q dans BN.O r cela résulte des égalités

Compte tenu de b) et c), la formule (31) résulte de la formule (30), où l'on remplace b
par V,(b). La formule (32) est le cas particulier a = 1 de la formule (30).
De façon analogue, on ramène la démonstration de la formule (33) à celle de la
relation

cP
fe(5) - 5" mod. p.@,(BN),
où désigne le produit dans BNde p éléments égaux à 5. Par la prop. 2, c) du no 2,
ceci équivaut au fait que pour tout n 3 O, on ait

O(&,) -
Or, pour tout n 3 O, on a, par loc. cit.,

5,+ mod. P"+'B


AC IX. 10 ANNEAUX LOCAUX NOETHERIENS COMPLETS

puisque 5 = @,(x) ;on en déduit, grâce au lemme 1 du no 1,

Ceci prouve la relation voulue.

Remarque. - Pour la définition d'applications analogues aux applications F et V ,


dans le cas de l'anneau de Witt universel, voir les exerc. 36,37 et 38, p. 52 et suivantes.

6. Filtration et topologie de l'anneau W(A)

Lemme 4. - Soient A un anneau et m 2 1 un entier. On a

(34) a = (ao, ..., am- 1 , O, ...) + (O,+


..., O, am,am+ 1, ...)
m termes
pour tout a dans W ( A ) .
Soit p : B -+ A un homomorphisme d'anneaux satisfaisant aux conditions du
lemme 3 du no 4. Alors W ( p ):W ( B ) + W ( A ) est un homomorphisme surjectif
d'anneaux, et @, :W ( B )+ BN est un homomorphisme injectif. Il suffit donc de prou-
ver que l'on a

quels que soient b dans W ( B )et les entiers m >, 1, n 2 O. Or on a

m- 1
= C pi.bf"-' si m d n
i=O

d'où la formule (35).


Soit A un anneau. Pour tout entier m >, O, on note V m ( A )l'ensemble des vecteurs
de Witt a = (a,),,, tels que a, = O pour O S n < m. C'est l'image de la puissance
m-ième V mde l'application V A .Les formules

résultent de la prop. 3 du no 5 par récurrence sur m. Elles entraînent que V m ( A )est


un idéal de W ( A ) .
No 6 VECTEURS DE WITT AC I X . l l

On pose V,(A) = W(A) si m < O. La suite (V,(A)),,, est unefiltration décroissante


sur le groupe additif de l'anneau W(A). Elle est compatible avec la structure d'anneau
2
de W(A) (III, 5 2, no 1, déf. 2) si et seulement si A est un anneau de caractéristique p
(cj no 3, exemple 2 et infra, no 8, corollaire de la prop. 5).
Dans la suite, on munira W(A) de la topologie b associée à la filtration (V,(A)),,,.
Comme V,(A) est un idéal de W(A) pour tout m E Z, la topologie Z est compatible
avec la structure d'anneau de W(A) (TG, III, p. 49, exemple 3). Soit a E W(A); les
+
ensembles a V,(A), où m parcourt N, forment un système fondamental de voisi-
nages de a pour Z. Or, il résulte du lemme 4 que a + V,(A) se compose des vecteurs
de Witt b tels que ai = b, pour O < i < m. Par suite, G n'est autre que la topologie
produit sur ANde la topologie discrète sur chacun des facteurs, et W(A) est donc un
anneau topologique séparé et complet (TG, II, p. 17, prop. 10 et TG, III, p. 22, prop. 4).
Notons r, (ou simplement r ) l'application de A dans W(A) qui à un élément a de A
associe (a, 0, O, ...). On a @,(.t(a)) = aPnpour tout n E N. Pour tout homomorphisme
d'anneaux p :B -+ A, on a W(p) o r, = r, o p.

PROPOSITION 4. - Soient a et b dans A et x = (x,),,, un élément de W(A).


a) On a les formules

b) La série de terme général Vn(r(x,)) est convergente dans W(A), de somme x.


Soit n un entier positif. Le polynôme P,,(Xo, ..., X,, ; Y,, ..., Y,,) introduit au no 3 est
isobare de poids pnen la famille (X,, ..., X,) lorsqu'on affecte Xi du poids pi. On a donc

(40) P,(X,, O, ..., O; Y,, ..., Y,) = XX"P,(l, O, ..., O ; Y,, ..., Y,).

Comme 1 = (1,0, O, ...) est élément unité de l'anneau des vecteurs de Witt à coefficients
dans ZC(X,),N, (Yn)nE~I, on a

(41) P,(l, O, ..., O; Y,, ..., Y,) = Y,.

Par substitution de a à X, et de xi à Yi, on déduit de (40) et (41) la relation :

P,(a, O, ..., 0 ; x,, ..., x,) = apx,.

D'après la définition de la multiplication dans W(A), on a prouvé (39) ;la formule (38)
est un cas particulier de (39).
Démontrons b). Par définition, Vn(.t(x,)) est la suite dont toutes les composantes
sont nulles, sauf celle d'indice n qui est égale à x,. Il résulte du lemme 4, par récurrence
sur m, qu'on a
AC IX. 12 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS 31

pour tout entier m 2 O ;on en déduit b) par passage à la limite puisque la topologie
ïZ. sur W(A) est produit des topologies discrètes des facteurs A.

7. Les anneaux W,(A) des vecteurs de Witt de longueur finie

DÉFINITION 2. -Soient A un anneau et n 2 1 un entier. On note W,(A) l'anneau


quotient W(A)/V,(A).
Étant donnés des éléments a,, ..., a,-, de A, on note [a,, ..., a,- ou [ u , ] , ~ , <la~
classe modulo V,(A) de l'élément (a,, ..., a,-, ,O, O, ...) de W(A). D'après le lemme 4
du no 6, l'application (a,, ..., an-, ) H [a,, ..., a,- ,] de Andans W,(A) est une bijection.
Pour cette raison, on dit que les éléments de Wn(A) sont les vecteurs de Witt de lon-
gueur n ;par analogie, on qualifie parfois de vecteurs de Witt de longueur infinie les
éléments de W(A).
On note n, l'homomorphisme canonique de W(A) dans W,(A). D'après le lemme 4
du no 6, on a

pour tout a = (a,),,, dans W(A).


D'après la définition des opérations dans W(A), on a la description suivante des
opérations dans W,(A) :

De plus, l'élément neutre de l'addition dans W,(A) est [O, ..., O] et celui de la multipli-
cation est [l, 0, ..., O].
Soit i un entier tel que O < i < n. Par passage au quotient, l'homomorphisme <Di
de W(A) dans A définit un homomorphisme Qi de W,(A) dans A. Celui-ci associe au
vecteur de Witt [a,, ..., a,- l'élément @,(a,, ..., a,) de A (appelé aussi composante
fantôme d'indice i de [a,, ..., a,- ,]).
Soit p :B -+ A un homomorphisme d'anneaux. Par passage aux quotients, l'homo-
morphisme W(p) de W(B) dans W(A) définit un homomorphisme W,(p) de W,(B)
dans W,(A). Il se décrit par la formule

pour tout [b,, ..., b,-,] dans W,(B).


Soient m et n deux entiers tels que 1 < n < m. On a V,(A) 3 V,(A), d'où un
homomorphisme canonique de W,(A) = W(A)/V,(A) sur W,(A) = W(A)/V,(A);
on notera n,,, cet homomorphisme. On a explicitement
NO7 VECTEURS DE WITT AC IX.13

pour [a,, ..., am-,] dans W,(A). La famille (W,(A), n,,,) est un système projectif
,
d'anneaux et l'application 7c :a H(n,(a)),, est un homomorphisme d'anneaux de
W(A) dans i @ W,(A), dit canonique. Comme W(A) est séparé et complet pour la
filtration (V,(A)),,z (cf: no 6), I'homomorphisme canonique n est un isomorphisme
d'anneaux topologiques, lorsque I'on munit W,(A) de la topologie discrète pour tout
entier n 2 1 (III, 5 2, no 6).
Désormais, les homomorphismes 7c, et n,,, seront qualifiés d'homomorphismes de
projection de W(A) dans W,(A), et de W,(A) dans W,(A) respectivement.

Exemples. - 1) L'homomorphisme Bo :W, (A) -+ A est un isomorphisme.


2) Explicitons les opérations dans W2(A).On a

pour [a,, a,] et [b,, b,] dans W2(A). Les composantes fantômes de [a,, a,] sont a,
et aP, + p.al.

-
3) Soit n 2 1 un entier. Si a,, ..., a,-, ,b,, ..., b,-, sont des entiers tels que
ai bi mod. p pour O 9 i < n, on a (no 1, prop. 1)

Par suite, 0 - ,définit par passage aux quotients un homomorphisme d'anneaux


q, :W,(Z/pZ) + Z/pnZ. L'image de q, est un sous-groupe de Z/pnZ contenant 1,
donc q, est surjectif.Comme les ensembles finis W,(Z/pZ) et Z/pnZont même cardinal
pn, <p, est un isomorphisme.
Soient m et n des entiers tels que 1 < n < m. II existe un seul homomorphisme
d'anneaux a,,, :Z/pmZ -, Z/pnZ ; par suite le diagramme

est commutatif. Il en résulte que <p = @ q, est un isomorphisme d'anneaux topo-


logiques de W(Z/pZ) = @ W,(Z/pZ) sur Z, = @ Z/p"Z (III, § 2 no 12, exemple 3).
Soient m et n deux entiers 2 1. Par construction, on a une suite exacte de groupes
additifs
Par passage aux quotients, i'endomorphisme Vn du groupe additif de W(A) définit un
homomorphisme Vk du groupe additif de Wm(A)dans celui de Wm+,(A). Autrement
dit, on a un diagramme commutatif

Par passage aux quotients, on déduit de la suite exacte (E) une suite exacte

On a
(45) vmraO,..., am-,1 = [O,..., O, a,, ..., am- ,l,
+
n fois

pour tout élément [a,, ..., am-,] de Wm(A).


D'après la prop. 3, c) du no 5, on a FVm+'(a) = p.Vm(a) pour tout a dans W(A)
et on a par suite F(Vm+,(A))c Vm(A).Par récurrence sur n, on en déduit que Fn
applique V,+,(A) dans Vm(A),et définit donc, par passage aux quotients, un homo-
morphisme d'anneaux Fk :W,+,(A) + Wm(A).Par construction, on a un diagramme
commutatif
Fn

Rappelons (no 3) que le polynôme Fi appartient à ZIXo, ..., Xi+,] pour tout entier
i 3 O ; l'homomorphisme Fm de Wm+,(A) dans Wm(A)s'explicite donc comme suit :

Soient a E Wm(A),a' E Wm(A)et b E Wm+,(A). Les formules suivantes résultent par


passages aux quotients de la prop. 3 du no 5 :
F;(Vm(a)) = p.a
V;(U FA(^)) = b
VA(a) x VA(a1) = p.Vk(a x a')
vk(Fm<b)) = Pm + 1 X b
(avec pm+ , = [O, 1, 0,u
..., O]).
m - 1 fois
No 8 VECTEURS DE WITT AC IX.15

8. L'anneau des vecteurs de Witt à coefficients dans un anneau de caractéristique p

PROPOSITION 5. - Soit A un anneau de caractéristique p (A, V , p. 2). Quels que soient


les éléments a et b de W ( A ) ,et les entiers positqs mm,
n, on a, si a = (a,),,,,

(51) F(a) = (a:),,,


(52) p.a = V F ( a ) = FV(a) = (O, a!, a l , ...)
(53) V m ( a )x V n ( b )= Vm+"(Fn(a)x Fm(b)).

La formule (51)résulte de l'exemple 4 du no 3. On déduit aussitôt de la l'égalité

V F ( a ) = F V ( a ) = (O, a!, a;, ...),

et l'égalité p.a = FV(a) a été prouvée (no 5, prop. 3), d'où (52).
Prouvons (53).D'après la formule (37)(où l'on substitue V n ( b )à b),on a

De la formule (37), on déduit aussi

La formule (53) résulte alors de (54) et (55) et de la relation Fmo V" = V n0 Fm,
elle-même conséquence de (51).

- Si m et n sont deux entiers positifs, on a


COROLLAIRE.

Cela résulte de la formule (53),car V m ( A )est l'image de V m:W ( A ) + W ( A ) .


1

PROPOSITION 6. - Soit A un anneau.


a ) Pour tout entier k > 1, on a ( V I(A))k= pk- '.Vl(A).
b ) Supposons que A soit un anneau de caractéristique p. Sur l'anneau W ( A ) , la
topologie V,(A)-adique et la topologie p-adique coïncident, et elles sont plusfines que
la topologie produit 3 (cJ: no 6). L'anneau W ( A )est séparé et complet pour la topologie
p-adique.
Prouvons a ) par récurrence sur k. Le cas k = 1 est évident. Supposons k > 2.
D'après l'hypothèse de récurrence, on a V l ( A ) k - l = pk-2.V,(A) et par suite
V , (A)k = pk-2 .(VI (A))'. Mais il résulte de la prop. 3, d), formule (31),du no 5 qu'on
a ( V I(A))2= p.Vl ( A ) , d'où a).
Supposons maintenant que A soit de caractéristique p. Comme on a
p. W ( A ) = V F ( W ( A ) )c V , ( A ) (formule (52)),
BOURBAKI. - Algèbre coiniriiriiiiii c. - i
AC IX. 16 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS 01

on déduit de a ) les inclusions pk.W(A) c ( V l ( A ) ) kc pk-'.W(A), et du corollaire à


la prop. 5 l'inclusion ( V , (A))kc V k ( A ) pour
, tout entier k > 1. La première assertion
de b ) en résulte.
Soit k un entier b 1. D'après la formule (52),l'idéal p k . W ( A )de W ( A )est l'ensemble
des éléments a = (a,,),,,, de W ( A ) tels qu'on ait a,, = O pour n < k et a,, E A P ~ pour
n 3 k. Il est donc fermé pour la topologie G. Comme W ( A )est séparé et complet
pour la topologie Z (no 6 ) et que les idéaux pk.W(A) de W ( A ) ,pour k 1, forment
une base de voisinages de O dans W ( A ) pour la topologie p-adique, l'anneau W ( A )
est séparé et complet pour la topologie p-adique (TG, III, p. 26, cor. 1 à la prop. 10).

PROPOSITION 7.- Soit A un anneau parjàit de caractéristique p.


a ) Pour tout élément a = (a,),,, de W ( A ) , la série de terme général pnz(ai-")
est convergente dans W ( A ) , de somme a.
b ) Sur W ( A ) , la topologie V , (A)-adique, la topologie p-adique et la topologie 'e
coïncident. Plus précisément, on a V n ( A )= pn.W(A) = (V,(A))" pour tout entier
n 3 0. En particulier @, déjinit un isomorphisme de W ( A ) / p . W ( A )sur A.
Par définition (A, V , p. 5), l'application a H aP est un automorphisme de I'an-
neau A. D'après la prop. 5, F est donc un automorphisme de l'anneau W ( A ) , et
l'on a, pour tout n E N,

En particulier, on a (V,(A))" = (p.W(A))" = pn.W(A). L'assertion b ) résulte de là.


D'après la prop. 5, on a

et l'assertion a ) résulte de la prop. 4 du no 6.

PROPOSITION 8.
- Soit A un corps de caractéristique p. L'anneau W ( A )est un anneau
local intègre séparé et complet, d'idéal maximal V I( A ) et de corps résiduel isomorphe
a A. Si le corps A est parjàit, l'anneau W ( A ) est un anneau de valuation discrète, et
son idéal maximal est p. W ( A ) .
L'homomorphisme <Do définit un isomorphisme de W ( A ) / V , ( A ) sur A (no 7,
exemple 1). L'idéal V I(A)de W ( A ) est donc maximal. Comme l'anneau W ( A ) est
séparé et complet pour la topologie V I(A)-adique (prop. 6, b)), c'est un anneau
local, d'idéal maximal V , ( A ) (III, 5 2, no 13, prop. 19).
Soient a et b deux éléments non nuls de W ( A ) .Il existe des entiers m > O et n > 0,
et des éléments a' = (a:),,, et b' = (K),,, de W ( A )tels que a = Vm(a'),b = V"(bl)
et que les éléments ab et i$ de,A soient non nuls. Alors la composante d'indice m + n
de a x b est égale à la composante d'indice O de Fn(a') x Fm(b') (formule (53)),
c'est-à-dire à a:"@"' (formule (51) et no 3, exemple 2). Par suite a x b est non nul
et W ( A )est intègre.
Si le corps A est parfait, l'idéal maximal V l ( A ) de W ( A ) est égal à p.W(A)
NO 1 ANNEAUX DE COHEN AC IX.17

(prop. 7,b))et par suite W ( A )est un anneau de valuation discrète (VI, 5 3, no 6, prop. 9,
cl).
Remarques. - 1) Soit A un corps de caractéristique p. On peut montrer que l'anneau
W ( A )est noethérien si et seulement si A est parfait (p. 43, exerc. 9).
2 ) Soit A un anneau de caractéristique p. D'après la prop. 5, on a les formules

pn.[ao, ..., an+,- ,] = [O, ..., O, aPgn,...,


C-rJ
n fois

pour tout vecteur de Witt [a,, ..., a,+,- ,] de longueur n + m.


En fait, l'application F : W ( A ) -, W ( A ) permet, par passage aux quotients par
V,(A), de définir une application :W,(A) -+ W,(A). On a la formule

-
,
Les applications VA 0 Fm et Fm+,0 VA de W,(A) dans W,+ ( A ) sont égales et
sont déduites, par passage au quotient, de la multiplication par p dans W,,, (A).

$ 2. ANNEAUX DE COHEN

Dans tout ce paragraphe, p désigne un nombre premier.

1. p-anneaux

DÉFINITION 1. - On dit qu'un anneau C est un p-anneau si l'idéal pC de C est maximal,


et si C est séparé et complet pour la topologie pC-adique.
Soit C un anneau ; si pl, est nilpotent et si l'idéal pC de C est maximal, C est un
panneau, car la topologie pl-adique de C est discrète. Plus particulièrement, tout
corps de caractéristique p est un p-anneau.

PROPOSITION 1. - Soit C un p-anneau.


a ) L'anneau C est local, d'idéal maximal pC.
b ) Supposons pl, nilpotent. Soit d le plus petit entier positif tel que pdl, = O. Les
zdéaux de C sont de laforme pkC avec O < k < d et l'on a pkC # p' C lorsque k et 1
sont deux entiers distincts vériJiant O < k < d, O < 1 < d. Le C-module C est de
longueur d.
c ) Supposons que pl, ne soit pas nilpotent. Alors C est un anneau de valuation
discrète dont le corps résiduel est de caractéristique p, et le corps des fractions de
caractéristique O. Les idéaux de la forme pnC, avec n E N , sont deux à deux distincts ;
ils forment tous les idéaux non nuls de C. Le C-module C n'est pas de longueurfinie.
AC IX. 18 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS 52

L'assertion a) résulte de la prop. 19 de III, 9 2, no 13.


On a fl pnC = { O ) par hypothèse. Soit x # O dans C ; il existe un entier n 3 O
na0
tel que x E pnC,x 4 p"+ 'C ;il existe donc un élément y de C tel que x = pny; comme y
n'appartient pas à pC, y est inversible.
Supposons que pl, ne soit pas nilpotent. Si x et x' sont deux éléments non nuls
de C, il existe deux entiers n 3 0, n' 3 O et deux éléments inversibles y, y' de C tels
que x = pny,x' = pn'y'.On a alors xx' = pn+n'yy' # O, donc C est intègre. Comme C
est un anneau local, mais n'est pas un corps et que l'idéal maximal m, = pC de C
est principal, C est un anneau de valuation discrète (VI, 3 3, no 6, prop. 9). Les idéaux
non nuls de C sont alors de la forme pnC d'après loc. cit., prop. 8, et sont deux à
deux distincts. En particulier, l'anneau C n'est pas artinien, donc le C-module C
n'est pas de longueur finie. Le corps résiduel C/pC de C est de caractéristique p.
Soit q la caractéristique du corps des fractions de C. On a pl, # O, d'où p # q.
Par ailleurs, si q était non nulle, on aurait ql, = O donc C/pC serait de caracté-
ristique q # p, ce qui est absurde. Ceci prouve c).
Supposons que pl, soit nilpotent. Soit d le plus petit entier positif tel que pdlc= 0.
On a une suite d'idéaux
iE) C 3 pc 3 p2C 2 ... 3 3 pdC = { O ) .
Si k est un entier tel que O < k < d et pkC = pk+lC, on en déduit
pd-k-lpkC = p d - k - l p k + l c = { O ]
contrairement à l'hypothèse pd-'l, # O. Donc les éléments de la suite (E) sont
deux à deux distincts. Soit a un idéal de C et soit k le plus petit entier positif tel que
a 3 pkC. Soit x un élément non nul de a ; on a vu que x est de la forme pmu avec
m 3 O et u inversible dans C. On a donc pmC c a, d'où m 3 k, et finalement x E pkC.
En conclusion, on a a = pkC. La suite (E) est alors une suite de Jordan-Holder du
C-module C, qui est de longueur d.

COROLLAIRE 1. - Si le p-anneau C est intègre, c'est un anneau de valuation discrète,


ou un corps de caractéristique p.
Supposons C intègre. Si pl, est nilpotent, on a pl, = O, et {O 1 est un idéal maximal
de C, donc C est un corps de caractéristique p. Si pl, n'est pas nilpotent, alors C
est un anneau de valuation discrète d'après la prop. 1, c).

COROLLAIRE 2. - Soient C un p-anneau et a un idéal de C distinct de C. L'anneau C/a


est un p-anneau.
On peut supposer a # {O). Il existe alors un entier i 3 1 tel que a = pic ; l'idéal
pC/a de C/a est maximal et l'on a pile, = O, donc C/a est un p-anneau.
Soit C un p-anneau. On appelle longueur de C, et l'on note l(C), la borne supé-
rieure dans R de l'ensemble des entiers n 3 1 tels que pn-'1, # O. Lorsque l(C)
+
est finie, c'est la longueur du C-module C, et lorsque 1(C)est égale à co,le C-module
C n'est pas de longueur finie (prop. 1).
No 1 ANNEAUX DE COHEN AC IX. 19

Exemples. -1) Pour tout entier n 2 1, l'anneau Z/pnZest un p-anneau de longueur n.


L'anneau Z, des entiers p-adiques est un p-anneau de longueur infinie.
2) Soit K un corps parfait de caractéristique p. D'après la prop. 8 du § 1, no 8,
l'anneau W(K) des vecteurs de Witt est un p-anneau de longueur infinie. L'appli-
cation (a,),,, H a. induit par passage au quotient un isomorphismede W(K)/pW(K)
sur le corps K (loc. cit., prop. 7). Pour tout entier n 3 1, l'anneau
W,(K) = W(K)/P"W(K)
est un p-anneau de longueur n.

PROPOSITION 2. - Soient C et C' deux panneaux et u un homomorphisme de C dans


C'. Soit v l'homomorphisme de K, = C/pC dans K,, = C1/pC'déduit de u par passage
aux quotients.
a) On a 1(C) 2 1(C') et u est injectifsi et seulement si l'on a l(C) = l(C').
b) Pour que u soit surjectif; il faut et il sufit que v soit un isomorphisme.
c) Pour que u soit un isomorphisme, il faut et il sufit que v soit un isomorphisme
et qu'on ait 1(C) = 1(Cf).
Soit n 2 1 un entier. On a U(~"-'I,) = pn-Il,., donc la relation pn-'l,, # O
entraîne pn-'1, # O et lui est équivalente si u est injectif. On a donc l(C') d 1(C)
avec égalité si u est injectif. Si u n'est pas injectif, il existe un entier i < l(C) tel que
le noyau de u soit l'idéal pic de C ;on a alors pilC. = O, d'où l(C') d i. Ceci prouve a).
Comme K~ et K ~ sont. des corps, l'homomorphisme v est injectif. Si u est surjectif,
il en est de même de v qui est donc un isomorphisme. Réciproquement, supposons v
surjectif. Alors pour tout entier n 2 0, l'application v, :pnC/pn+'C -+ pnC'/pn+'C'
déduite de u est surjective. Comme C est complet pour la filtration pC-adique et
C' séparé pour la filtration pC'-adique, u est surjectif d'après le cor. 2 du th. 1 de III,
§ 2, no 8. Ceci prouve b).
Enfin, c) résulte de a) et b).

PROPOSITION 3. - Soit (C,, n,,,) un système projectifd'anneaux relatifà l'ensemble


d'indices N. On suppose que C, est un p-anneau pour tout n E N et que les homowior-
phismes IT,,, sont surjectifs. Alors C = @ C, est un p-anneau, et pour tout n E N ,
l'homomorphisme canonique n, :C + C, est surjectif et induit un isomorphisme de K,
sur K,--.
Comme les applications n,,, sont surjectives, il en est de même des applications n,
(E, III, p. 58, prop. 5). Montrons que C est un p-anneau. Soit d, la longueur de C,.
D'après la prop. 2 a), la suite des éléments d, de N u ( + co ) est croissante ; si elle
est stationnaire, il existe un entier no tel que n,,, soit un isomorphisme de Cmsur C,
lorsque no ,< n < m, de sorte que C, isomorphe à C,,, est un p-anneau.
Il suffit donc de considérer le cas ou chaque d, est fini et où la suite (d,) tend vers
+ m. Munissons l'anneau C de la filtration triviale (III, 9 2, no 1, exemple 5). Pour
n E N, soit 1, le noyau de n, ;posons In = C si n < O. Notons E le C-module C muni
de la filtration (I,),,. Il est séparé et complet, car la topologie b définie par la fil-
tration (In),,, est la topologie limite projective des topologies discrètes sur les C,.
Soit k un entier 3 1. On a P ~ C c li@pkC,) (E, III, p. 55, formule (9)). Réciproque-
ment, si x = (x,),,, ~l@(p~C,)et si on pose X, = {y E CInn(pky)= x,), la suite
(X,),,, est une suite décroissante de parties affines fermées non vides de E. Comme
E/I, est un C-module artinien, l'intersection des X, est non vide (III, 4 2, no 7, prop. 7) ;
pour tout z E r) X, on a pkz = X. NOUSavons donc prouvé qu'on a pkC = l & pkC,
nsN
pour tout entier k 2 1. En particulier l'idéal pkCde C est fermé pour la topologie Z.
Sur C, la topologie p-adique est plus fine que la topologie Z car on a pdnCc 1,.
Il résulte alors de TG, III, p. 26, cor. 1 à la prop. 10, que C est séparé et complet
pour la topologie pl-adique. En outre on a pC = lim pC, = n;'(pC,) et donc
l'homomorphisme surjectif de C/pC dans C,/pC, déduitde n, est un isomorphisme.
Ceci montre que l'idéal pC de C est maximal et par suite que C est un p-anneau.
La dernière assertion de la prop. 3 résulte de la prop. 2 b).

2. Anneaux de Cohen

DÉFINITION 2. - Soit A un anneau local séparé et complet, dont le corps résiduel est
de caractéristique p. On appelle sous-anneau de Cohen de A un sous-anneau C de A
qui est un p-anneau tel que A = m, + C (i.e. A/mA = C/(m, n C)).
Si C est un sous-anneau de Cohen de A, l'idéal mA n C de C est maximal, donc
égal à pC. L'application canonique de K, = C/pC sur KA = A/m, est donc un iso-
morphisme de corps.

Exemple. - Soit C un p-anneau. L'anneau de séries formelles A = C[[T,, ..., T,]]


est un anneau noethérien, local, séparé et complet, dont l'idéal maximal est engendré
par la suite (p, T l , ..., T,). Il est immédiat que C est un sous-anneau de Cohen de A.
Ceci s'applique en particulier lorsque C est égal à Z,, à Z/pnZou à un corps de caracté-
ristique p.

THÉORÈME 1. - Soit A un anneau local, séparé et complet, dont le corps résiduel k


est de caractéristique p. Soit n l'application canonique de A sur k, et soit S une partle
de A, telle que n induise une bijection de S sur une p-base de k (A, V, p. 95).
a) Il existe un sous-anneau de Cohen C de A contenant S, et un seul.
b) Le sous-anneau C de A est fermé, et la topologie pl-adique de C est induite par
la topologie mA-udique de A.
c) Tout sous-anneaufermé A' de A, contenant S, et tel que A = A' + m,, contient C.

A) Cas particulier : m, nilpotent


Soit n un entier positif tel que m"' = {O}. Si @, est le n-ième polynôme de Witt
(4 1, no l), l'application u :[a,, ..., a,] H @,(a,, ..., a,) est un homomorphisme
d'anneaux de W,+,(A) dans A (4 1, no 7). Soit B, l'image de u et soit C, le sous-
anneau de A engendré par B, u S.
No 2 ANNEAUX DE COHEN AC IX.21

Lemme 1. - Soit A' un sous-anneau de A contenant S. Pour que A' contienne C,,
il faut et il sufit qu'on ait A' + m, = A.
On a pA c m, et B, se compose des éléments de la forme a$" + pu;"-' + ... + pna,
avec a,, ..., a, dans A. Par suite, on a n(B,) = kP", d'où n(C,) = kPn[n(S)]. Mais
comme n(S) est une p-base de k, on a k = kP"[n(S)] (A, V, p. 96), d'où n(C,) = k,
c'est-à-dire C, + m, = A.
Soit A' un sous-anneau de A contenant S. Si A' contient C,, on a
A ' + m , ~ C , + m , = A , d'où A 1 + m A = A .
Réciproquement, supposons qu'on ait A' + m, = A. Soient a,, ..., a, des éléments
de A; il existe par hypothèse des éléments a;, ..., an de A' tels que ai r a; mod. m,
pour O d i d n. D'après la prop. 1 du 1, no 1 et l'hypothèse m A = {O}, on a donc
@,(a,, ..., a,) = @,(ab, ..., ai) E A', d'où B, c A'. Comme C, est l'anneau engendré
par B, u S, on a C, c A'.
+
Dans l'ensemble S des sous-anneaux A' de A contenant S et tels que A' m, = A,
il existe d'après le lemme 1 un plus petit élément C, et Von a C, = C pour tout entier
n 3 O tel que m;" = {O}.
On a C + m, = A par construction et pl, est nilpotent. On a évidemment
pC c C n m, et le lemme 2 qui suit montre donc que pC est un idéal maximal
de C et par suite que C est un sous-anneau de Cohen de A.

Lemme 2. - On a C n m, c pC.
Choisissons un entier m 2 1 tel que m; = (O}, d'où C = Cm = Cm-,. Soit A
la partie de N(S)formée des familles à support fini d'entiers (a,),,, satisfaisant a
O d a, < pm pour tout s E S. Comme Bm contient sPm= am(s,O, ..., 0 ) pour tout
s E S, les monômes Z, = nsas, où a parcourt A, engendrent Cmcomme B,-module.
SES
De plus, d'après la formule
@,(a,, ..., a,) = + fl,-,(a,, ..., a,),
tout élément de Bmest de la forme aPm+ pb avec a E A et b E B,- ,.Par suite tout
élément de C = Cmest de la forme

avec c, E A pour tout a E A, et y E Cm- = C. Six appartient à C n m,, on an(x) = O


d'où 1
n(c,)Pmn(Z,) = O. Comme x(S) est une p-base de k, on a n(c,) = O pour
asA
tout a E A d'après A, V, p. 96. On a alors c, E m,, d'où ca = O et a fortiori eu"' = 0.
D'après (l),on a x = py, d'où le lemme 2.

On a pmC = m; = {O} pour m assez grand et l'assertion b) est donc triviale.


L'assertion c) résulte du lemme 1. Si C' est un sous-anneau de Cohen de A contenant S,
on a C' 3 C d'après le lemme 1. Mais comme l'inclusion de C dans C' induit un
isomorphisme de K, sur K,, , on a C = C' (no 1, prop. 2, b)), et ceci achève de prouver
a).
B) Cas général
Pour tout entier n 2 O, notons A, l'anneau local A/mA1, m, = mA/m;+' son
idéal maximal et TC, l'homomorphisme canonique de A sur A,. D'après A), il existe
un unique sousianneau de Cohen C, de A, contenant TC,(S).Lorsque O < n < m,
on note TC,,, l'homomorphisme canonique de A, sur A,. D'après le cor. 2 de la prop. 1
du no 1, TC,,,(C,) est un p-anneau; on a x,,,(C,) + m, = A,, donc a,,,(C,) est
égal au sous-anneau de Cohen C, de A,. D'après la prop. 3 du no 1, le sous-anneau
lim C, de @ A, est un p-anneau. Posons C = n TC,-'(C,). Comme C est l'image
t n tN
réciproque de & I C, par l'isomorphisme a H (n,(a)),,, de A sur @I A,, c'est un
sous-anneau fermé de A, et un p-anneau. On a TC,(C)= C, pour tout n E N (no 1,
prop. 3), et en particulier TC,(C)= A,, c'est-à-dire TC(C)
= k. Donc C est un sous-
anneau de Cohen de A.
Pour tout entier n >, O, posons J, = C n mi. Comme l'anneau local A est séparé,
on a fl J, = {O), et vu la structure des idéaux d'un p-anneau (no 1, prop. l), tout
ntN
idéal de C de la forme pkC contient l'un des J,. Réciproquement, J, contient pnC.
Par suite, la topologie pC-adique de C est induite par la topologie mA-adiquede A.
Ceci prouve b).
Soit A' un sous-anneau fermé de A, contenant S et tel que A' + m, = A. Comme A'
est fermé, on a A' = n x;'(nn(Ai)). On a n,(A') 2 TC,(S)et n,(A1) + m, = A,,
neN

'
d'où TC,(A')2 C, d'après ce qu'on a vu en A). Finalement, on a TC; '(n,(A')) 3 TC; (C,)
d'où A' 3 C. Ceci prouve c). On en déduit l'unicité d'un sous-anneau de Cohen
comme en A).
Remarque. - Supposons que pl, ne soit pas nilpotent (ceci a lieu en particulier
lorsque A est un anneau intègre dont le corps des fractions est de caractéristique 0).
Alors C est un anneau de valuation discrète dont le corps des fractions est de caracté-
ristique O.

3. Existence et unicité des p-anneaux

PROPOSITION 4.
- Soient C et C' deux p-anneaux tels que 1(C) l(C'), TC (resp. TC')
l'homomorphisme canonique de C (resp. C') sur ic, (resp. K,,). Soit (x,),,, (resp. (xi),,,)
une famille d'éléments de C (resp. C') dont l'image par TC (resp. TC')soit une p-base de
K~ (resp. ic,.). Soit v un isomorphisme de K, sur K., tel que v(Tc(x,))= n'(xi) pour tout
h E A. I l existe alors un unique homomorphisme u de C dans C', tel que v 0 TC = n' 0 u et
u(x,) = xi pour tout h E A. Il est surjectif: Si l(C) = /(CI), c'est un isomorphisme.
Prouvons l'existence de u. Soit A le sous-anneau de C x C' formé des couples
(x, x') tels que u(x(x)) = TC'(X').L'application (x, x') H ~ ( xest
) un homomorphisme
No 3 ANNEAUX DE COHEN AC IX.23

surjectif d'anneaux de A sur K ~ Son. noyau m, égal à pC x pC' est donc un idéal
maximal de A. Le sous-espace topologique A de C x C' est fermé dans C x C',
donc complet, et la topologie induite sur A par celle de C x C' est la topologie m-
adique. Par suite A est un anneau local séparé et complet d'idéal maximal m (III,
§ 2, no 13, prop. 19). Pour tout h E A, on a (x,, xi) E A par hypothèse ; si E,, est Ia
classe de (x,, xi) modulo m, la famille (E,,),,, est une p-base du corps A/m. D'après
le th. 1 du no 2, il existe un sous-anneau de Cohen C" de A, et un seul, contenant
(x,, xi) pour tout L E A. On a 1(CW) = 1(C) 3 l(C'). La restriction à C de la pro-
jection de C x C' sur C est un homomorphisme h : C -+ C qui induit un isomor-
phisme de K~ sur K,. D'après la prop. 2, c) du no 2, h est un isomorphisme de C" .
sur C. On voit de même que la restriction h' à C" de la projection de C x C' sur C'
est un homomorphisme surjectif de C dans C'. Par suite, C" est le graphe d'un homo-
morphisme surjectif u = h' o h-' de C sur C', et l'on a évidemment v o x = x' o u,
u(x,) = xi pour tout h E A. En outre, si 1(C) = l(C1),u est un isomorphisme.
Prouvons l'unicité de u. Soit ul un homomorphisme de C dans C' tel que
v 0 x = n' 0 u, et ul (x,) = x; pour tout h E A, et soit Cl le graphe de u,. Il est immé-
diat que Cl est un sous-anneau de Cohen de A, contenant (x,, x;) pour tout h E A,
d'où Cl = C (th. 1 du no 2) et finalement u, = u.

PROPOSITION 5. - Soit k un corps de caractéristique p, et soit n un entier 3 1, ou


+ co.Il existe un p-anneau de longueur n dont le corps résiduel est isomorphe à k.
L'anneau W(k) des vecteurs de Witt à coefficients dans k est un anneau local
intègre séparé et complet, dont le corps résiduel est isomorphe à k ($ 1, no 8, prop. 8),
et on a p. 1,(,, # O (loc. cit., formule (52)).Soit C un sous-anneau de Cohen de W(k)
(no 2, th. 1). Alors C est un p-anneau de longueur + co dont le corps résiduel est
isomorphe à k, et, si n est un entier 3 1, le quotient C/pnC est un p-anneau de lon-
gueur n dont le corps résiduel est isomorphe à k.

Remarques. - 1) Soient n un entier > 1 et S une p-base de k. On peut montrer que


le sous-anneau de Wn(k)engendré par Wn(kP")et par les éléments [E,, O, ..., O ] (6 E S),
est un p-anneau de longueur n dont le corps résiduel est isomorphe à k (cf. p. 72,
ex.erc. 10).
2) Le lecteur trouvera en Appendice une démonstration de la prop. 5 qui n'utilise
ni les résultats du 1, ni le théorème d'existence de sous-anneaux de Cohen (no 2,
th. 1).

COROLLAIRE. - Soit C un p-anneau de longueur $nie n. Il existe un p-anneau C' de


longueur infinie tel que C soit isomorphe à C'/pnC'.
D'après la prop. 5, il existe un p-anneau C' de longueur infinie tel que K,. soit
isomorphe à K,. Alors C'/pnC' = CEest un p-anneau de longueur n, et le corps K , ~
est isomorphe à K,., donc à K,. D'après la prop. 4, les anneaux C et Cfnsont donc
isomorphes.
4. Représentants multiplicatifs

PROPOSITION 6. - Soit C un p-anneau, dont le corps résiduel k soit parfait. Supposons


C de longueur finie n (resp. infinie). Il existe un unique isomorphisme u :W , ( k ) + C
(resp. u :W ( k ) -+ C) qui induise par passage aux quotients l'application identique
de k.
Comme W,(k) (resp. W ( k ) )est un p-anneau de corps résiduel k, et de longueur n
(resp. de longueur infinie) (no 1, exemple 2), et que 0est une p-base du corps parfait k,
la prop. 6 est un cas particulier de la prop. 4 du no 3.

THÉORÈME 2. - Soient A un anneau local séparé et complet, k son corps résiduel et


n l'homomorphisme canonique de A sur k. On suppose que k est un corps parfait de
caractéristique p.
a ) Il existe un unique homomorphisme d'anneaux u :W ( k )-+ A tel que n(u(a))= a,
pour a = (a,),,, dans W ( k ) .
b ) L'homomorphisme u est continu lorsqu'on munit W ( k ) de la topologie pW(k)-
adique, et l'image de u est l'unique sous-anneau de Cohen de A.
D'après le th. 1du no2, il existe un unique sous-anneau de Cohen de A ;notons-le C.
Soit u un homomorphisme de W ( k )dans A tel que n(u(a))= a, pour tout a = (a,),,,
dans W ( k ) ;il est immédiat que l'image de u est un sous-anneau de Cohen de A,
donc égal à C. L'existence et l'unicité de u résultent alors de la prop. 6. La topologie
pC-adique de C est induite par la topologie mA-adiquede A (no 2, th. 1, b)), d'où la
continuité de u.
Pour une construction directe de u, voir p. 70, exerc. 6.

PROPOSITION 7. - Conservons les hypothèses et notations du th. 2.11 existe une unique
partie multiplicative S de A telle que n induise une bijection de S sur k. Pour qu'un
élément a de A appartienne à S, il faut et il suffit que pour tout n E N , il existe un élé-
ment a, de A tel que a = an". L'ensemble S est l'ensemble des éléments de la forme
u(x,O, O, ...).
Prouvons tout d'abord l'unicité de S. Soit S une partie multiplicative de A, telle
que 71. induise une bijection de S sur k. Soit T Sensemble des éléments de A qui sont
des puissances pn-ièmes pour tout n E N.
a ) On a S c T : Soient a E S et n E N ; comme le corps k est parfait, il existe un
élément x, de k tel que xff = n ( a ); comme on a x ( S ) = k, il existe un élément a,
de S tel que x, = n(a,). On a alors 7t(ann)= n(a) d'où ann = a puisque la restriction
de 7t à S est injective.

-
b ) La restriction de K à T est injective : soient a et b deux éléments de T tels que

-
~ ( a=) a(b).Soit n E N ;il existe deux 6léments a, et b, de A tels que a = ann,b = b;".
On a alors . n ( ~ , ) ~=" n(b,)Pn, d'où nia,) = n(b,), c'est-à-dire a, b, mod. m,.
D'après le lemme 1 du § 1, no 1, on a a;" bnZnmod. mA1 c'est-à-dire a = b
mod. m"'. Comme n est arbitraire, on a a = b.
NO 4 ANNEAUX DE COHEN AC IX.25

Les propriétés a) et b) ci-dessus, jointes a la formule n(S) = k, entraînent la


relation S = T, d'où l'unicité.
Prouvons maintenant l'existence de S. Avec les notations du th. 2, posons cp = u 0 z,,
c'est-à-dire Q
( 1, no 6)

pour tout x E k. D'après la prop. 4 de loc. cit., on a

Il est clair que l'application n 0 cp est l'application identique de k. Donc l'image S


de cp satisfait aux conditions de la prop. 7.
Les éléments de S sont souvent appelés les représentants multiplicatifs (ou de
Teichmüller) de A.
Remarques. - 1) Conservons les hypothèses et notations précédentes. On a

d'après la prop. 7 du Q 1, no 8. On a donc

pour tout a = (a,),,, dans W(k), car u est continu (th. 2, b)). D'après la formule (4),
m
l'unique sous-anneau de Cohen de A se compose des éléments de la forme pns,
n=O
avec s, E S pour tout entier n S 0.
2) Soient A un anneau local séparé et complet, k son corps résiduel et n l'homo-
morphisme canonique de A sur k. On peut montrer qu'il existe une partie multi-
plicative S de A (non unique en général) telle que n induise une bijection de S sur k
(cf.p. 72, exerc. 1 1).
Exemples. - 1) Soit k un corps parfait de caractéristique p. Les représentants
multiplicatifs de l'anneau W(k) sont les vecteurs de Witt ~ ( x = ) (x, 0, O, ...) pour
x E k.
2) Soit A un anneau local intègre, séparé et complet. On suppose que le corps
résiduel k de A est fini à q = pf éléments, donc parfait de caractéristique p. On a
xq = x pour tout x E k, d'où sq = s pour tout représentant multiplicatif S.Il en résulte
que l'ensemble des représentants multiplicatifs se compose de O et des q - 1 racines
(q - 1)-ièmes de l'unité dans le corps des fractions de A. Si le corps des fractions
de A est localement compact, l'existence des représentants multiplicatifs découle
aussi de VI, Q 9, no 2, prop. 3 (cf: aussi VI, 3 9, exerc. 5).
3) Plus particulièrement, considérons le cas A = Z,. Alors les représentants
multiplicatifs sont O et les racines (p - 1)-ièmes de l'unité dans le corps des fractions
Q p de Z p .

5. Structure des anneaux locaux noethériens et complets


Soient A et C des anneaux locaux noethériens complets et soit u un homomor-
phisme local de C dans A, induisant par passage aux quotients un isomorphisme de
K, sur KA. Soit (pl, ..., pm) une suite engendrant l'idéal m, de C, et soient t,, ..., t,
des éléments de m,. Posons B = C[[Tl, ..., T,]].
Lemme 3. -a) I l existe un unique homomorphisme v :B -+ A qui prolonge u et applique
Ti sur ti pour 1 < i ,< n.
b) Pour que v soit surjectg ilfaut et il suffit que la suite (u(pl), ..., u(p,), t,, ..., t,)
engendre l'idéal m, de A, ou encore que les classes de ces éléments modulo m i engendrent
m,/mA comme espace vectoriel sur le corps KA.
c) Pour que u fasse de A une B-algèbre finie, il jaut et il sudit que la suite
@(pi), ..., u(pm),t , ..., t,,) engendre un idéal de déjinition de (la topologie m,-adique
de) A.
Notons n l'idéal de l'anneau B engendré par T l , ..., T,. Tout homomorphisme v
de B dans A qui prolonge u et tel que v(Ti) = t, applique n dans m,, donc est continu
lorsqu'on munit B de la topologie n-adique. L'existence et l'unicité de v résultent
alors de A, IV, p. 26, prop. 4.
L'anneau B = C[[Tl, ..., TA] est un anneau local noethérien complet (III, § 2,
no 10, cor. 6 du th. 2 et no 6, prop. 6), dont l'idéal maximal m, est engendré par
pl, ..., p,, T l , ..., T,. On a donc ~(m,)c m, et v définit un homomorphisme gr(v)
a) u
'
de gr(B) = @ m;/m;+ dans gr(A) = @ mA/mA l. O r l'anneau gr(A) est engendré
n=O n=O
par A/mA = K, et m,/mA, gr(v) induit un isomorphisme de K, = K, sur KA, et les
classes modulo m i des éléments pl, ..., p,, T l , ..., T, engendrent m,/mi comme
espace vectoriel sur K, ; de plus v est surjectif si et seulement si gr(v) est surjectif
(III, § 2 no 8, cor. 2 du th. 1).Ceci prouve b).
, u(p,), t , , ..., t,,)n'est autre que v(m,) A.
L'idéal de A engendré par la suite ( ~ ( p , )...,
Puisque m, contient o(m,), A est un anneau de Zariski pour la topologie
u(m,) A-adique. L'anneau A/v(rn,) A est artinien si et seulement si sa longueur en tant
que A-module est finie. Mais comme tout module simple sur A est annulé par ni, et
que, par hypothèse, A/m, et B/m, sont isomorphes, cela se produit si et seulement si la
dimension sur le corps B/m, de l'espace vectoriel A/v(m,) A est finie. Par IV, 5 2,
no 5, cor. 2 de la prop. 9, on voit donc que v(m,) A est un idéal de définition de A si
et seulement si la dimension de A/v(m,) A sur B/m, est finie. C'est bien le cas si A est
une B-algèbre finie.
Supposons que v(m,) A soit un idéal de définition de A. La topologie m,-adique
du B-module A coïncide alors avec la topologie m,-adique de l'anneau A, donc est
séparée. Comme A/v(m,) A est un module de type fini sur B/m,, A est un B-module
de type fini (III, 5 2, no3, exemple 3 et no 9, cor. 1de la prop. 12).Ceci prouve c).
NO 5 ANNEAUX DE COHEN AC IX. 27

Lemme 4. - Supposons que l'anneau local noethérien C soit régulier, et que ( p l , ..., p,)
soit un système de coordonnées de C (VIII, 5, no 1, déf. 1).
a ) Si la suite ( ~ ( p , )..., , u(pm),t , , ..., t,) est sécante pour A (VIII, 5 3, no 2, déf. l ) ,
l'homomorphisme v :B + A est injectg
b ) Pour que v soit injectifet fasse de A une algèbrefinie sur B, il faut et il sufit que
, ~ ( p , ) ,t,, ..., t,) soit une suite sécante maximale pour A. Alors A est de
( ~ ( p , )...,
dimension m + n.
Pour que la suite ( ~ ( p , )..., , u(pm),t , , ..., t,) soit une suite sécante maximale pour A,
il faut et il suffit qu'elle engendre un idéal de définition de A, et que A soit de dimension
m + n (VIII, 9 3, no 2, th. 1). D'après le lemme 3, c), il revient au même de dire que A
est une B-algèbre finie, et un anneau de dimension m + n. Or C est un anneau intègre
noethérien de dimension m, donc B = C[[T, , ..., T,]] est un anneau intègre noethé-
rien de dimension m + n (VIII, 4 3, no 4, cor. 3 de la prop. 8). Si A est une B-algèbre
finie, et si a est le noyau de v, on a dim(A) = dim(B/a)(VIII, 4 2, no 3, th. 1,c'));comme B
est un anneau intègre de dimension finie, on a dim(B/a) < dim(B) si a # ( O } (VIII,
4 1, no 3, prop. 6, e)).Donc, si A est une B-algèbre finie, v est injectif si et seulement si A
est de dimension m + n. Ceci prouve b).
Supposons que la suite ( ~ ( p , )..., , u(pm),t,, ..., t,) d'éléments de m, soit sécante.
,
On peut lui adjoindre (VIII, 9 3, no 2, th. 1) des éléments t,, , ..., t, +, de m, pour en
faire une suite sécante maximale. D'après ce qui précède, il existe alors un homomor-
, ,
phisme injectif w de C[[T, , ..., T,, T,, , ..., T,+,]] = B[[T,+ , ..., T,,,]] qui pro-
longe v et applique T,,, sur t,,, pour 1 < j < r. Donc v est injectif. Ceci prouve a).

THÉORÈME 3. - Soit A un anneau local, noethérien et complet dont le corps résiduel k


soit de caractéristique p. Soit C un p-anneau de longueur infinie, dont le corps résiduel
soit isomorphe à k (no 3, prop. 5).
a ) Soit m la dimension de l'espace vectoriel m,/(m; + P A ) sur le corps k. Il existe
un idéal a de l'anneau C[[T,, ..., TA] tel que A soit isomorphe à C[[T,, ..., Tm]]/a.
b ) Soit d la dimension de A. Supposons que pl, ne soit pas diviseur de O dans A. Alors
il existe un sous-anneau A' de A isomorphe à C[[T,, ..., Td- ,]] et tel que A soit une
algèbre finie sur A'.
Soit C' un sous-anneau de Cohen de A (no 2, th. 1). Comme C est de longueur infinie,
il existe un homomorphisme de C sur C' (no 3, prop. 4). Par suite, il existe un homo-
morphisme local u :C + A. Choisissons des éléments t , , ..., tmde m, dont les classes
forment une base de l'espace vectoriel mA/(mA + P A ) sur le corps k. On a
u(p1,) = pl,, et le lemme 3, b) prouve l'existence d'un homomorphisme surjectif de
C[[T,, ..., T,,]] dans A, prolongeant u et appliquant T, sur t, pour 1 d i d m. Ceci
prouve a).
Supposons que pl, ne soit pas diviseur de O dans A donc sécant pour A (VIII, 5 3,
no 2, prop. 3). Il existe alors (VIII, 5 3, no 2, th. 1) des éléments t , , ..., td-, de m,
tels que la suite (pl,, t , , ..., t,- ,) soit sécante maximale pour A. L'anneau local
noethérien C est régulier, et (pl,) est un système de coordonnées de C. L'assertion b )
du th. 3 résulte alors du lemme 4, b).
5 3. CORPS DE REPRÉSENTANTS

1. Anneaux locaux d'égales caractéristiques

Soit A un anneau. Rappelons (A, V, p. 2) que la caractéristique de A est définie


lorsque A contient un sous-corps. Elle est égale à O si et seulement si A contient un
sous-corps isomorphe à Q, et égale à un nombre premier p si et seulement si on a
pl, = O. Si la caractéristique de A est définie, et si f :A -+ B est un homomorphisme
non nul d'anneaux, la caractéristique de B est définie et elle est égale à celle de A.
Soit A un anneau local, d'idéal maximal m, et de corps résiduel k.
a ) Supposons k de caractéristique 0 . Alors A contient un corps et la caractéristique
de A est égale à O. En effet, l'homomorphisme canonique de Z dans A est injectif, et
pour tout entier n non nul, n l , est inversible dans A, car il n'appartient pas à m.
b ) Supposons k de caractéristiquep # O. Alors A contient un corps si et seulement
si pl, = O. Dans ce cas la caractéristique de A est égale à p.
Supposons que A soit un anneau local intègre, de corps des fractions K et de corps
résiduel k.
a') L'anneau A contient un sous-corps si et seulement si les caractéristiques de k
et K sont égales. Dans ce cas, la caractéristique de A est égale à celle de k et de K , et
on dit que A est un anneau local d'égales caractéristiques.
b') Supposons que les corps k et K n'aient pas même caractéristique. Alors il
existe un nombre premier p tel que k soit de caractéristique p. Comme on a q l , # O
pour tout nombre premier q # p, le corps K est de caractéristique 0 . On dit alors que
A est un anneau local d'inégales caractéristiques.

2. Un théorème de relèvement

PROPOSITION 1 . - Soient k, un corps, A une k,-algèbre qui est un anneau local séparé
et complet, K une sous-ko-extension de KA qui possède une base de transcendance
séparante (<,.) sur kO(A, V, p. 130, déf. 1).Pour tout h E A, soit x, un représentant de
CAdans A. Il existe un unique sous-corps L de A, contenant k, et les éléments x,, et tel que
l'homomorphisme canonique 7c de A sur KA induise un isomorphisme de L sur K .
Soit cp le ko-homomorphismede l'anneau de polynômes k0[(X,),,,] dans A qui
applique X, sur x, pour tout h E A. Soit u un élément non nul de ko[(X,),,] ; on
a x(<P(u))# 0, car la famille (E,,),,, est algébriquement libre sur k, dans KA ; par
suite, cp(u) est inversible dans l'anneau local A. Il en résulte que <p se prolonge en un
homomorphisme @ du corps k, = k,((X,),,,) dans A. Alors A est une k,-algèbre, KA
est une extension de k , et K une sous-extension de KA qui est algébrique et séparable
sur k,. Il s'agit de prouver qu'il existe un unique sous-corps L de A contenant $ ( k t )
et tel que n ( L ) = K.
a ) Existence de L : Soit S l'ensemble des sous-corps L de A, contenant $(k,) et
tels que n ( L ) c K ; il est inductif pour la relation d'inclusion. Soit L un élément
maximal de S ;on considère K comme une extension (algébriqueet séparable, d'après
A, V, p. 40, prop. 9) de L. Soit 5 E K et soit P E L[X]son polynôme minimal sur L.
Comme 6 est racine simple de P, le lemme de Hensel ( I I I , # 4, no 5, cor. 1 du th. 2)
assure l'existence d'un élément x de A tel que n ( x ) = 5 et P(x) = O. Le sous-anneau
L[X]de A appartient a S ; d'après le caractère maximal de L, on a donc x E L, d'où
5 E TC(L).Finalement on a n ( L ) = K.
b ) Unicité de L : Soient L et L' deux sous-corps de A contenant $ ( k t ) et tels que
x ( L ) = K(L')= K. Soit 5 E K, et soient x E L et x' E L' les éléments tels que
) 6. Si P E kl[X] est le polynôme minimal de 5 sur k t , alors 6 est
R ( X ) = ~ ( x '=
racine simple de P, et l'on a P(x) = P(x') = O. D'après le lemme de Hensel (loc. cit.)
on a x = x'. On a donc L = L'.
Remarque. - * La démonstration précédente s'applique plus généralement au cas où
on suppose seulement que A est un anneau local hensélien,. La démonstration
d'unicité utilise l'hypothèse que l'anneau local A est séparé, mais non qu'il est complet.

3. Corps de représentants

DÉFINITION 1. - Soit A un anneau local. On appelle corps de représentants de A tout


sous-corps K de A tel que l'homomorphisme canonique de A sur K , induise un isomor-
phisme de K sur K A (autrement dit, tel que A = K + m,).
Il ne peut exister de corps de représentants de A que si A admet une caractéristique.
Cette condition est suffisante lorsque A est séparé et complet. Plus précisément, on a le
théorème suivant :

THÉOREME 1. -Soit A un anneau local séparé et complet de caractéristique p.


a) Supposons p = O et soit (x,),,, unefamille d'éléments de A dont les classes modulo
m Aforment une base de transcendance de K A sur Q. Il existe un unique corps de repré-
sentants de A contenant les éléments x,.
b ) Supposons p # O. Soit (x,),,, unefamille d'éléments de A dont les classes modulo
m , forment une p-base de K A (A,V ,p. 95). 11 existe un unique corps de représentants de A
contenant les éléments xh. C'est un sous-anneau de Cohen de A.
Supposons qu'on ait p = O de sorte que A est une Q-algèbre. Toute base de trans-
cendance de K~ sur Q étant séparante, l'assertion a) résulte de la prop. 1 du no 1
appliquée au cas k , = Q, K = K,.
Supposons maintenant qu'on ait p # O. Alors on a pl, = O, et tout sous-anneau de
Cohen C de A satisfait à pC = O. Autrement dit, il y a identité entre les notions de
corps de représentants et de sous-anneau de Cohen de A. L'assertion b ) résulte alors
du 9 2, no 2, th. 1.
COROLLAIRE 1. - Soit A un anneau local séparé et complet, dont le corps résiduel est
une extension algébrique de Q. 11 existe alors un unique corps de représentants de A.
En effet l'anneau A est de caractéristique O (no 1).

COROLLAIRE2. - Soit A un anneau local séparé et complet de caractéristique p # 0.


Supposons que le corps résiduel K A soit parfait. Alors il existe un unique corps de repré-
sentants de A, à savoir l'ensemble des représentants multiplicatiji
Le cor. 2 résulte aussitôt du th. 1et de la prop. 7 du $2, no 4.

THÉORÈME2. - Soit A un anneau local noethérien complet de dimension d contenant


un corps. Soit K un corps de représentants de A, et soit m la dimension de l'espace
vectoriel mA/misur le corps K.
a ) Il existe un idéal a de K [ [ T , , ..., T m ] ]tel que la K-algèbre A soit isomorphe à
KIPI, ..., Tmll/a.
b ) Il existe une sous-K-algèbre A' de A, isomorphe à K [ [ T , , ..., T,]] et telle que A
soit une algèbre finie sur A'.
c ) Supposons que l'anneau local noethérien A soit régulier, i.e. d = m. Alors il existe
un K-isomorphisme de A sur K [ [ T , , ..., T,]].
Soient t , , ..., tm des éléments de m A dont les classes modulo m i engendrent le
K-espace vectoriel m A / m i . D'après le lemme 3 du $ 2, no 5, il existe un K-homomor-
phisme surjectif de K [ [ T , , ..., T JI dans A, transformant T i en ti pour 1 < i < m.
Ceci prouve a).
De même, l'assertion b ) résulte du lemme 4 de loc. cit. et de l'existence d'une suite
sécante maximale pour A (VIII, 5 3, no 2, th. 1).
Enfin, l'assertion c ) n'est autre que le cor. 3 du th. 1 de VIII, $ 5, no 2.

$4. FERMETURE INTÉGRALE D'UN ANNEAU L O C A L COMPLET

1. Anneaux japonais

DÉFINITION 1. - Soit A un anneau noethérien intègre. On dit que A est japonais si la


fermeture intégrale de A dans toute extensionjnie de son corps des fractions est une
A-algèbre finie.
Remarques. - 1 ) Il revient au même de dire que A satisfait à la condition suivante :
toute A-algèbre intègre B entière sur A, contenue dans une extension de type fini du
corps des fractions K de A, est une A-algèbre finie. En effet, le corps des fractions L
de B est une extension algébrique de K , donc est de degré fini sur K (A, V, p. 112, cor. 1
de la prop. 17). La A-algèbre B est contenue dans la fermeture intégrale de A dans L,
et est donc finie si cette dernière est finie.
2) Soient A un anneau noethérien intègre japonais et S une partie multiplicative
de A ne contenant pas 0. L'anneau de fractions S ' A est japonais. Soient en effet L
une extension finie du corps des fractions de A et B la fermeture intégrale de A dans L ;
alors la fermeture intégrale de S-'A dans L est S-'B (V, j3 1, no 5, prop. 16), donc est
'
une S- A-algèbre finie.
Exemple. - Toute algèbre intègre de type fini sur un corps est un anneau japonais
(V, 4 3, no 2, th. 2).

P ~ o r o s i ~ i1.o-~ Soient A un anneau noethérien intègre, K son corps des fractions.


Supposons que pour toute extensionfinie radicielle L de K, la fermeture intégrale de A
dans L soit une A-algèbrefinie. Alors l'anneau A est japonais.
Soit E une extension finie de K. Soient N une extension finie quasi-galoisiennede K
contenant E (A, V, p. 54, cor. 1j, et L le corps des invariants du groupe des K-auto-
morphismes de N. Alors (A, V, p. 73, prop. 13), L est une extension radicielle de K et N
est une extension séparable de L. La fermeture intégrale B de A dans L est donc par
hypothèse une A-algèbre finie ;la fermeture intégrale C de B dans N est une B-algèbre
finie (V, 4 1, no 6, cor. 1 a la prop. 18j, donc une A-algèbre finie. La fermeture intégrale
de A dans E est contenue dans C, donc est une A-algèbre finie puisque A est noethé-
rien.

COROLLAIRE.Supposons le corps K parfait (par exemple de caractéristique 0). Alors


-

A est japonais si et seulement si sa clôture intégrale est une A-algèbre finie.

PROPOSITION 2. Soient B un anneau noethérien intègre et A un sous-anneau noethé-


-

rien de B, tel que B soit une A-algèbreJinie. Pour que A soit japonais, i l faut et il suffit
que B soit japonais.
Notons K (resp. Lj le corps des fractions de A (resp. B). Supposons d'abord A
japonais, et soit M une extension finie de L. Notons C la fermeture intégrale de B
dans M. D'après V, 4 1, no 1, prop. 6, C est la fermeture intégrale de A dans M, donc
est une A-algèbre finie puisque M est une extension finie de K et que A est japonais.
A forfiori, C est une B-algèbre finie. Ceci prouve que B est japonais.
Inversement, supposons B japonais et soit N une extension finie de K. Notons D
la fermeture intégrale de A dans N. Soit E une extension de K composée de L et N ;
comme B est japonais, la fermeture intégrale D' de B dans E est une B-algèbre finie,
donc une A-algèbre finie ; le A-module D qui est un sous-module de D' est donc de
type fini, ce qui entraîne que A est japonais.

2. Théorème de Nagata

THÉORÈME 1 (Tate). - Soient A un anneau noethérien intégralement clos, a un élément


de A. On suppose que l'idéal aA est premier, que l'anneau A/aA est japonais et que A
est complet pour la topologie UA-adique.Alors l'anneau A est japonais.
a) Soit K le corps des fractions de A. L'assertion étant triviale lorsque K est de
caractéristique O (no 1, corollaire de la prop. l), on peut supposer K de caractéristique
p > O. On peut aussi supposer a # 0.
Soient L une extension finie radicielle de K et q une puissance de p telle que
L c KIIq. Posons x = ailq et M = L(x). D'après la prop. 1 du no 1, il suffit de
démontrer que la fermeture intégrale B de A dans M est une A-algèbre finie.
b) Démontrons d'abord que l'idéal xB est runique idéal premier de B au-dessus
de UA.Il existe en effet au moins un idéal premier de B au-dessus de UA(V, 9 2, no 1,
th. 1). Soit q l'un de ces idéaux. On a x4 = a E q, d'où xB c q puisque q est premier.
Inversement, soit y un élément de q ;l'élément y4 de K est entier sur A, donc appartient
à A puisque A est intégralement clos. Puisque q n A = UA, il existe un élément a
de A tel que yq = aa = xqa.Par conséquent l'élément y/x de M est entier sur A, donc
appartient à B ;ainsi on a y E xB, d'où q = xB, ce qui démontre notre assertion.
c) Il en résulte que l'anneau B,, est la fermeture intégrale dans M de l'anneau A,,
(V, 5 1, no 5, prop. 16 et 9 2, no 1, prop. 2). D'après VI, 5 3, no 6, prop. 9, A,, est un
anneau de valuation discrète ; on déduit alors du théorème de Krull-Akizuki (VII,
Q: 2, no 5, prop. 5) que le corps K(xB)est une extension finie de K(uA)et que B,, est
noethérien.
d ) L'anneau BIxB est entier sur l'anneau japonais AIaA et son corps des fractions
est une extension finie du corps des fractionsde ce dernier. Par conséquent, B/xB est un
(A/aA)-module de type fini. Pour tout entier i 2 0, il en est de même du module
x1B/x'+'B ; par suite le (A/aA)-module BIaB possède une suite de composition de
longueur q dont les quotients sont des (A/aA)-modulesde type fini, donc est lui-même
un (A/aA)-module de type fini.
e) Munissons l'anneau A de la filtration (UA)-adiqueet l'anneau B de la filtration
(aB)-adique. Alors A est complet par hypothèse ;comme B,, est intègre et noethérien,
la filtration aB,,-adique de B,, est séparée (III, Cj 3, no 2, corollaire à la prop. 5) ;par
suite on a fi anB c n anB,, = {O), et la filtration aB-adique de B est séparée;
le gr(A)-module gr(B) est engendré par gr,(B), donc est de type fini d'après d). Il
résulte alors de III, 2, no 9, cor. 1 à la prop. 12, que B est un A-module de type fini,
ce qui achève la démonstration.
COROLLAIRE. - Soient R un anneau noethérien intigre et n un entier. Si R est japonais,

l'anneau R[[T, , ..., T,J] est japonais.


Raisonnant par récurrence, on peut supposer n = 1. Notons S la clôture intégrale
de R ;si R est japonais, S est une algèbre finie sur R, donc un anneau japonais (no 1,
prop. 2). L'anneau S[[T]] est noethérien et intégralement clos (V, 1, no 4, prop. 14);
appliquant le th. 1 à A = S[[T]] et a = T, on en déduit que S[[T]] est japonais. Par
conséquent R[[T]] est japonais (no 1, prop. 2).
THÉORÈME 2 (Nagata).- Tout anneau A local noethérien intègre et complet est japo-
nais.
D'après le th. 3 du 5 2, no 5 et le th. 2 du 5 3, no 3, il existe un entier n 3 0, un
anneau R qui est un corps ou un anneau de valuation discrète de corps des fractionsde
caractéristique O et un sous-anneau B de A, isomorphe à R[[Tl, ..., TA] et tel que A
soit une B-algèbre finie. Alors R est japonais (no 1, exemple et corollaire de la prop. l),
donc B est japonais (corollaire au th. l), et A est japonais (no 1, prop. 2).
COROLLAIRE.Soit A un anneau semi-local noethérien dont le complété est réduit.
-

Alors la fermeture intégrale A' de A dans son anneau total des fractions R est une A-
algèbre $nie.
Supposons d'abord A local et complet, et soient p l , ..., p, les idéaux premiers
minimaux (distincts) de A ; pour i = 1, ..., n, notons Ki le corps des fractions de
Ajp, et A: la clôture intégrale de A/pi. Comme A est réduit, R est le produit des
anneaux K, et A' le produit des anneaux A: (V, 1, no 2, cor. 1 à la prop. 9). Puisque les
anneaux locaux Ajp, sont intègres et complets, ils sont japonais (th. 2), de sorte que
chaque A: est une A-algèbre finie, et A' est une A-algèbre finie.
Si A est semi-local et complet, il est isomorphe à un produit fini d'anneaux locaux
complets (III, 9 2, no 13, corollaire à la prop. 19), et on conclut aussitôt d'après ce
qui précède.
Passons au cas général et notons que le complété Â de A est un anneau semi-local,
complet, noethérien et fidèlement plat sur A (III, loc. cit., t/ 3, no 4, corollaire de la
prop. 8 et 9 3, no 5, prop. 9). Soit S l'ensemble des éléments non diviseurs de zéro de A ;
on a R = S- 'A. Puisque  est plat sur A, les éléments de S sont non diviseurs de
zéro dans Â, et S p l  s'identifie à un sous-anneau de l'anneau total des fractions T
de Â. Toujours puisque  est plat sur A, l'anneau A' @,  s'identifie à un sous-
anneau de R @, Â = S- '& donc aussi à un sous-anneau de T entier sur Â. D'après
la première partie de la démonstration, A' @, Â est donc un Â-module de type fini ;
par suite, A' est un A-module de type fini (1,s 3, no 6, prop. 11).
Rappelons (A, V, p. 114, déf. 1) qu'une algèbre E sur un corps K est dite séparable
si l'anneau L @, E est réduit pour toute extension L de K ;il suffit qu'il en soit ainsi
pour toute extension finie de K. La proposition suivante généralise le th. 2 :
PROPOSITION 3. - Soient A un anneau semi-local noethérien int@gre,K son corps des
Jractions. Si la K-ulgèbre K @,A est séparable, I'unneuu A est japonais.
Soient L une extension finie de K et B la fermeture intégrale de A dans L. Soit F
une partie finie de B telle que L = K[F] (V, 9 1, no 5, cor. 2 à la prop. 16) ;notons C
la A-algèbre (finie) engendrée par F. Puisque L est le corps des fractions de C,
l'anneau B est la clôture intégrale de C (V, 9 1, no 1, prop. 6) et il suffit de prouver
que B est une C-algèbre finie. Or, C est un anneau semi-local noethérien (IV, 9 2,
n'] 5, cor. 3 à la prop. 9 ) ; son complété s'identifie à C @, Â (III, t/ 3, no 4, th. 3 (ii)),
donc aussi à un sous-anneau de l'anneau réduit L @, Â = L @, (K @, Â) et par
suite est réduit. La prop. 3 résulte donc du corollaire au th. 2.

3. Quelques lemmes
Lemme 1. - Soient A un anneau semi-local noethérien et B une A-algèbre finie. Alors
l'anneau B est semi-local et noethérien; soient m l , ..., m, ses idéaux maximaux.
L'homomorphisme canonique de B dans n fi,,,,
n

i=1
se prolonge en un isomorphisme de

 B sur fi B,,,,.
i= 1
D'après IV, 8 2 no 5, cor. 3 à la prop. 9, l'anneau B est semi-local et m,B en est
un idéal de définition. D'après III, Q: 3, no 4, th. 3, (ii), l'anneau  @, B est le complété
de B pour la topologie définie par son radical ; on applique alors III, 9 2 no 13,
corollaire à la prop. 19.
Lemme 2. -Soient A un anneau noethérien et M un A-module. L'application canonique
de M dans le produit n
M , est injective.
ptAss(M)
Soit en effet m un élément non nul de M ; alors Ann(m) est contenu dans un idéal
premier p de A associé à M (IV, 9 1, no 1, prop. 2), et l'image de m dans M p est non
nulle (II, Q: 2, no 2, prop. 4).
Lemnze 3. - Soient A un anneau noethérien, x un élément de A, M un A-module d/e
type fini, et p un idéal premier de A associé à M. On suppose que l'homothétie xMest
injective. Soit q un idéal premier de A, minimal parmi ceux qui contiennent p +
xA.
Alors q est associé au A-module M / x M .
Notons N le sous-module de M formé des éléments m tels que prn = O. On a
N n xM = xN ; en effet, si un élément m de M est tel que pxm = O, on a pm = O
puisque x, est injective, donc m E N. Par conséquent, le A-module N/xN est iss-
morphe au sous-module (N + xM)/xM de MIxM, et il suffit de démontrer que q
est associé à NIxN. Puisque p est associé à M, il existe un élément m de M tel que
p = Ann(m) ; on a 7n E N d'où p = Ann(N) et-par suite Supp(N/xN) = V(p + x A )
d'après II, ji 4, no 4, corollaire à la prop. 18 ; par conséquent, q est associé à N/xN
(IV, 1, no 4, th. 2).
Lemme 4. - Soient A un anneau de valuation discrète, B un anneau local noethérien,
et p : A + B un homornorphisme local et plat. Si l'anneau K~ @JA B est réduit, alors B
est réduit.
Supposons qu'il existe un élément nilpotent non nul x de B, et soit R une uni-
formisante de A. Puisqu'on a RB c m,, l'anneau B est séparé pour la topologie
nB-adique. Il existe donc n 6 N et y G B avec x = ~ " ety y 4 RB. Puisque B est plat
sur A, la multiplication par n est injective dans B. La classe de y dans B/nB est donc
un élément nilpotent non nul, ce qui contredit l'hypothèse.

4. Anneaux de Nagata

DÉFINITION 2. - On dit qu'un anneau A est un anneau de Nagata s'il est noethérien
et si, pour tout idéal premier p de A, l'anneau noethérien intègre A/p est japonais
(no 1, déf. 1).
Exemples. - 1) Toute algèbre de type fini sur un corps est un anneau de Nagata
(nu 1, exemple).
NO 4 FERMETURE INTÉGRALE AC IX. 35

2) Tout anneau noethérien local complet est un anneau de Nagata (no 2, th. 2).
3) L'anneau Z est un anneau de Nagata (no 1, exemple et corollaire de la prop. 1).
4) On peut montrer (exerc. 30) que toute algèbre de type fini sur un anneau de
Nagata est un anneau de Nagata.

PROPOSITION 4. - Soit A un anneau de Nagata.


a ) Toute A-algèbre jinie est un anneau de Nagata.
b ) Pour toute partie multiplicative S de A, l'anneau S-'A est un anneau de Nagata.
a ) Soit B une A-algèbre finie, p :A -+ B l'homomorphisme canonique. Pour tout
idéal premier p de B, l'anneau B/p qui est une algèbre finie sur l'anneau japonais
A/pT1(p), est japonais (no 1, prop. 2).
b) Soit q un idéal premier de S- 'A ; alors il existe un idéal premier p de A tel que
q = S ' p . L'anneau (SIA)/q est un anneau de fractions de l'anneau japonais A/p,
donc est japonais (no 1, remarque 2).

THEOREME 3 (Zariski-Nagata).- Soit A un anneau semi-local noethérien. Les condi-


tions suivantes sont équivalentes :
(i) A est un anneau de Nagata ;
~ ( p@), Â est séparable ;
(ii) pour tout idéal premier p de A, la ~(p)-algèbre
(iii) pour toute A-algèbre réduite R, l'anneau R @, Â est réduit.
Démontrons d'abord l'équivalence des conditions (ii) et (iii). L'implication
(iii) * (ii) est triviale; supposons inversement que A satisfasse à la condition (ii).
Alors, pour toute A-algèbre K qui est un corps, l'anneau K @, Â est réduit. Soit
maintenant C une A-algèbre réduite de type fini; l'anneau C, étant noethérien, est
isomorphe à un sous-anneau d'un produit fini KI x ... x K, de corps (IV, 5 2,
no 5, prop. 10) ;puisque  est plat sur A, l'anneau C @,  est isomorphe à un sous-
n
anneau de l'anneau réduit (Ki @, Â), donc est réduit. Soit enfin R une A-algèbre
I

réduite quelconque ;alors R est réunion de la famille filtrante (C,) de ses sous-algèbres
de type fini, et R @, Â est limite inductive de la famille filtrante (C, 0, A) d'anneaux
réduits, donc est réduit.
Montrons que (ii)implique (i). Soit p un idéal premier de A ;le corps des fractions K
de l'anneau A/p s'identifie à ~ ( p ) ,et la K-algèbre K O,,,
~ ( p O,,,,
) Â/p& donc à ~ ( pBA ) Â. Si ~ ( p@
(a) s'identifie à
), Â est une ~(p)-algèbreséparable,
l'anneau A/p est japonais (no 2, prop. 3).
Démontrons l'implication (i) + (ii) par récurrence sur dim(A). Elle est évidente
si dim(A) = O puisqu'alors A est artinien, donc complet. Soit n un entier > 0 ;
considérons l'hypothèse suivante :
pour tout anneau local noethérien de Nagtrrir C de dimension < n et tout idéal
premier r de C , l'anneau K(T)OCS' est réduit.

Soit A un anneau semi-local noethérien de Nagata de dimension n, soient p un


idéal premier de A et L une extension finie du corps ~ ( p )il; suffit de démontrer,
sous l'hypothèse (R,), que i'anneau L O, Â est réduit. Notons B la fermeture inté-
grale de A/p dans L ; puisque A/p est japonais, B est une A-algèbre finie donc un
anneau de Nagata semi-local (prop. 4). Notons m l , ..., m, les idéaux maximaux
de B ; l'anneau L O, Â s'identifie à un anneau de fractions de B O, Â, et ce dernier
s'identifie au produit des complétés des anneaux locaux BmI(no 3, lemme 1). Il
suffit donc de prouver que, pour tout idéal maximal m de B, l'anneau fi,,, est réduit
(II, Ej 2, no 6, prop. 17). L'anneau B,, est local, intégralement clos, de Nagata (prop. 4),
et l'on a dim(B,) < dim(B) < dim(A) = n (VIII, Ej 1, no 3, prop. 6 et Ej 2, no 3,
th. 1). Changeant de notations, on est ramené à prouve6 sous l'hypothèse (R,),
que pour tout anneau local noethérien A intégralement clos, de Nagata et de dimen-
sion < n, l'anneau  est réduit, c'est-à-dire (no 3, lemme 2) que Â, est réduit pour
tout idéal premier p' E ASS(Â).Comme cela est immédiat si dim(A) = O, on peut
supposer dim(A) > O. Soient alors x un élément non nul de m,, et q' un idéal premier
de Â, minimal parmi ceux qui contiennent x + p' ; puisque Â,. s'identifie à un
anneau de fractions de l'anneau Â,,., il suffit de prouver que ce dernier est réduit
(II, Ej 2, no 6, prop. 17). D'après le lemme 3, l'idéal q' est associé au Â-module Âjx ;
puisque  est plat sur A, l'image réciproque q de q' dans A est associée au A-module
AjxA (IV, Ej 2, no 6, cor. 1 au th. 2). L'anneau A étant supposé intégralement clos,
cela implique que q est de hauteur 1 (VIL 4 1, no 6, prop. IO), donc que l'anneau A,
est de valuation discrète (/oc of.,nll 3, corollaire au th. 2 et no 6, th. 4). Puisque
A/q est un anneau de Nagata de dimension < n, l'anneau ~ ( q O ), est réduit
d'après l'hypothèse (R,). L'anneau ~ ( qO, ) Â, qui lui est isomorphe, est réduit,
ainsi par conséquent que i'anneau ~ ( q OAq ) Â,,, qui en est un anneau de fractions.
On peut donc appliquer à l'homomorphisme canonique de A, dans Â,. le lemme 4
du no 3 et on en conclut que l'anneau Â,, est réduit, ce qu'on voulait prouver. Le th. 3
est ainsi démontré.

COROLLAIRE 1.- Le complété d'un anneau de Nagata local et réduit est réduit.
Il suffit en effet de poser R = A dans le th. 3, (iii).

COKOLLAIKE 2 (Chevalley). -Soient A une algèbre réduite de typeJini sur un corps, et


p un idéal premier de A. Le complété de l'anneau local A, est réduit.
Comme A est réduit, l'anneau local A, est réduit; de plus A est un anneau de
Nagata (exemple 1), donc A, est un anneau de Nagata (prop. 4), et le cor. 2 résulte
du cor. 1, appliqué à l'anneau A,.

COROLLAIRE 3. - Soient k un corps de caractérislique 0, et A une k-algèbre locale


et noethérienne. Pour que A soit un anneau de Nagata, il faut et il sufJit que, pour
tout idéal premier p de A, l'anneau (~76)
soit réduit.
) de caractéristique 0, il est équivalent de dire
En effet, puisque les corps ~ ( psont
que les algèbres ~ ( p@), Â = ~ ( pO,,,
) (x/P)sont réduites ou qu'elles sont sépa-
rables (A, V, p. 117, th. 1), ce qui montre que la condition énoncée est suffisante
(th. 3, (ii) (i)); elle est par ailleurs nécessaire (th. 3, (i) (iii) avec R = Ajp).
APPENDICE

APPENDICE

1. Limite inductive d'anneaux locaux

Soit 1 un ensemble préordonné non vide filtrant à droite et soit (A,, cpgu)un système
inductif d'anneaux relatif à 1. On suppose que, pour tout a E 1, l'anneau A, est local,
d'idéal maximal mu, que les homomorphismes <pgu sont locaux et plats, et
qu'on a <pp,(m,) Ag = mg pour p 2 cc. Notons A la limite inductive des A,, et pour
tout a E 1, soit <pu:&+ A l'homomorphisme canonique.

PROPOSITION 1. - a ) L'anneau A est local, d'idéal maximul m = k m , . Pour tout


a E 1, l'homomorphisme <pu est local et plat, et on a <p,(m,) A = in.
b) Si A, est noethérien pour tout a E A, alors A est noethérien.
a ) Posons m = %in,; c'est un idéal de A. L'anneau quotient A/m est limite
inductive des corps A,/m,, donc est un corps (A, 1, p. 116, prop. 3). Par ailleurs,
tout élément de A - m est inversible dans A : en effet, soit x E A - m ; il existe
a E 1 et 6 E A, tels que x = <p,(c); on a 5 $ mu, donc 5 est inversible dans A, et x
est inversible dans A. Par conséquent, A est un anneau local, d'idéal maximal m.
Soit a E 1. Des relations cps,(m,) Ag = ms pour p 2 a, on déduit, par passage à
la limite inductive, q,(m,) A = m ; enfin, l'homomorphisme cp, est plat d'après 1,
4 2, no 7, prop. 9.
b) Soient  l'anneau séparé complété de A pour la topologie m-adique et 7c l'appli-
cation canonique de A dans Â. Supposons les anneaux A, noethériens. Fixons a E 1
et prouvons que l'anneau  est noethérien et plat sur A,. Par hypothèse, mu est un
idéal de type fini de A,, donc m = <p,(m,). A est un idéal de type fini de A. Il s'ensuit
que l'idéal maximal fi de  est égal à m (III, 3 2, no 12, cor. 2 à la prop. 16 et no 13,
prop. 19), donc est de type fini. Par conséquent, l'anneau  est noethérien (loc. cit.,
no 10, cor. 5 au th. 2). D'autre part, pour tout n E N, le quotient  / W est isomorphe
à A/m" (loc. cit., nb 12, cor. 2 à la prop. 16 et formule (21)), ce qui signifie que
Â/x 0 <p,(m:) Â est isomorphe à A O, (Adm:) ; puisque A est un A,-module plat,
le @dm:)-module Â/n 0 cp,(m;) Â est plat pour tout n E N. D'après III, 9 5, no 4,
prop. 2, le A,-module  est idéalement séparé pour nt, ; d'après l m . cit., no 2, th. 1,
le A,-module  est donc plat. Il en résulte par passage à la limite inductive que Â
est (fidèlement) plat sur A (1, 9 2, no 7, prop. 9), donc que A est noethérien (1, 9 3,
no 5, corollaire à la prop. 8).

2. Gonfiement d'un anneau local

Soit A un anneau local.


On note AIX[ l'anneau local de l'anneau de polynômes A[X] en l'idéal premier
m,A[X]. C'est un anneau local d'idéal maximal mAA]X[,l'homomorphisme cano-
nique A + AIX[ est local et plat, et le corps résiduel de AIX[ est l'extension pure de
K~ engendrée par la classe de X.

Lemme 1. - Soit P E A[X] un polynôme unitaire dont l'image P dans K ~ [ X est ] irré-
ductible. Alors la A-algèbre B = A[X]/(P) est locale et $nie sur A, d'idéal maximal
mAB, l'homomorphisme canonique p :A + B est local et plat, l'extension résiduelle
K~ K, est algébrique et engendrée par la classe x de X, et le polynôme minimal de x
-f
-
sur K~ est P.
Comme le polynôme P est unitaire, le A-module B est libre de type fini (A, IV,
p. 10). L'anneau B/mAB s'identifie à ic,[~]/(P), donc est un corps ; l'idéal mAB est
donc maximal. Soit q un idéal maximal de B ;alors l'idéal p ' (q) est maximal (V, 9 2,
no 1, prop. 1); on a donc p-'(q) = m,, d'où q 3 mAB et enfin q = m,B. Ainsi
l'anneau B est local. Le lemme 1 en résulte aussitôt.

DÉFINITION 1. - Soit A un anneau local. On dit qu'une A-algèbre B est un gonflement


élémentaire de A si B est isomorphe à la A-algèbre AIX[, ou bien s'il existe un polynôme
unitaire P de A[X], d'image irréductible dans K~[X],tel que B soit isomorphe à la
A-algèbre A[X]/(P).

Soit B un gonflement élémentaire de A. De ce qui précède résultent les propriétés


suivantes :
a ) L'anneau B est local et l'homomorphisme canonique de A dans B est local et
plat, et en particulier injectif (1, 5 3, no 5, prop. 8).
b ) Le corps résiduel K, de B est une extension monogène du corps résiduel KA de
A. Si K~ est de degré fini d sur K A , alors B est un A-module libre de rang d.
c ) On a m, = mAB.En particulier, si A est un corps, il en est de même de B. Une
extension de corps est un gonflement élémentaire si et seulement si elle est mono-
gène.
d ) Si A est noethérien, il en est de même de B.

DÉFINITION 2. - Soit A un anneau local. On dit qu'une A-algèbre B est un gonflement


de A s'il existe un ensemble bien ordonné A ayant un plus grand élément o,et une,famille
croissante (B,),,, de sous-algèbres de B satisfaisant aux conditions suivantes :
a ) On a B, = B et l'anneau B, est local pour tout h E A.
b ) Si cl est le plus petit élément de A, la A-algèbre B, est isomorphe à A.
c ) Soit v # a dans A et soit Sv l'ensemble des h E A tels que h < v. Si Sv n'a pas
de plus grand élément, on a B, = U B,; si Sv a un plus grand élément p, alors B,
,ES,
est un gonflement élémentaire de B,.

Soient B un anneau et p :A + B un homomorphisme d'anneaux. On dit que p


est un gonflement (resp. un gonflement élémentaire) si la A-algèbre définie par p
a cette propriété. S'il en est ainsi, p est injectif.
No 2 APPENDICE A C 1X. 39

Exemples. - 1) Toute extension de corps est un gonflement. Soit en effet K une exten-
sion d'un corps k. Munissons K d'un bon ordre pour lequel O est le plus grand élément,
et pour h E K, soit K, la sous-k-extension de K engendrée par les éléments f3 de K
tels que p < h. La vérification des conditions a), b), c),pour k, K et la famille (K,),,,,
est immédiate.
2 ) Soient A un anneau local, et 1 un ensemble d'indices. Notons A](Xi),,[ l'anneau
local de l'anneau de polynômes A[(Xi),,] en l'idéal premier mAA[(Xi)i,l].La
A-algèbre A](Xi),,[ est un gonflement de A. En effet, munissons l'ensemble 1 d'un
bon ordre ;soit A l'ensemble bien ordonné obtenu en adjoignant à 1 un plus grand
élément o.Pour i E 1, identifions A](Xj)j,i[ à une sous-algèbre Bi de B = A](Xi)iEi[,
et posons B, = B. La famille (B,),,, satisfait aux conditions a), b), c).
Remarque. - Avec les notations de la déf. 2, l'anneau B, est un gonflement de B,
lorsque h < p.

PROPOSJTION 2. - Soient A un anneau local et B un gonflement de A.


u ) L'anneau B est local et l'on a mAB = nt,.
h ) La A-algèbre B est fidèlement plate.
c ) L'homomorphisme canonique

est bijectg
d ) Si A est noethérien, il en est de même de B et les séries de Hilbert-Samuel (VIII,
Cj 4, no 3 ) de A et B sont égales.
Soit (B,),,, une famille de sous-algèbres de B satisfaisant aux conditions a),
b ) et c ) de la déf. 2.
Soit A' l'ensemble des indices h E A tels que, pour tout p < h dans A, la A-algèbre B,
soit locale et fidèlement plate, et qu'on ait m,,, = mAB,. Supposons qu'on ait A' # A
et soit v le plus petit élément de A - A'. On a cr E A', d'où v # cr. Or Svest contenu
dans A'. Si Sv n'a pas de plus grand élément, on a Bv = U B, et v appartient à A'
,ES,
d'après la prop. 1 du no 1. Si Sv a un plus grand élément p, on a p E A' et Bv est un
gonflement élémentaire de B, : on a encore v E A' d'après les remarques qui suivent
la déf. 1, d'où une contradiction.
Lorsque A est noethérien, on prouve de manière analogue que l'ensemble A"
des indices h E A tels que l'anneau B, soit noethérien est égal à A.
On a donc w E A', d'où les assertions a ) et b). Lorsque A est noethérien, on a
w E An, donc B = B, est noethérien.
L'assertion c ) résulte de a), b), et du th. 1 de I I I , Cj 5, no 2. Supposons A (donc B )
noethérien ; comme on a

pour tout n E N, les séries de Hilbert-Samuel de A et B sont égales.


COROLLAIRE. - Supposons A noethérien.

a) On a dim(A) = dim(B).
b) Supposons A régulier, et soit (x,, ..., x,) un système de coordonnées de A. Alors B
est régulier et la suite (x, l,, ..., xJ,) est un système de coordonnées de B.
Cela résulte de la prop. 1 de VIII, 5, no 1.

PROPOSITION 3.
- Soient A, B, C trois anneaux locaux et u :A + B, v :B + C deux
gonjlements. Alors v 0 u est un gonflement.
Soient (B,),,, et (C,),,, des familles de sous-A-algèbres de B et de sous-B-algèbres
de C respectivement, ayant les propriétés a), b), c) de la déf. 2. Sur l'ensemble N
somme de A et M, considérons la relation d'ordre induisant sur A et M les ordres
donnés et telle qu'on ait h < y pour h E A, p E M. C'est une relation de bon ordre.
Pour h E A c N, posons C, = v(B,). Alors la famille (C,),,, satisfait aux condi-
tions a), b), c) de la déf. 1 relativement à la A-algèbre C.

THÉORÈME1. - Soientf :A + A' un homomorphisme local surjectifd'anneaux locaux


et B' un gonjlement de A'. Il existe un gonflement B de A et un isomorphisme de A-
algèbres de B @, A' sur B'.
A) Supposons que B' soit un gonflement élémentaire de A'. Distinguons deux cas :
1) Si B' est finie sur A', choisissons un isomorphisme de A'-algèbres
<P :A'P]/(P1) + B', où P' E A1[X] est un polynôme unitaire d'image irréductible
dans K,.[X] Choisissons un polynôme unitaire P E A[X] dont l'image dans A'[X]
est P'. Il est nécessairement irréductible modulo l'idéal maximal de A. Posons alors
B = A[X]/(P). La A-algèbre B est un gonflement élémentaire de A et cp induit un
isomorphisme de A-algèbres de B @, A' sur B'.
2) Si B' n'est pas finie sur A', choisissons un isomorphisme de A'-algèbres
I) :A1]X[ -+ B'. Posons B = AIX[. La A-algèbre B est un gonflement élémentaire
de A, et B @, A' est canoniquement isomorphe à A1]X[.Par suite JI induit un iso-
morphisme de A-algèbres de B 8 , A' sur B'.
B) Passons au cas général. Soit (Bi),, une famille de sous-A'-algèbres de Br
ayant relativement à A' et B' les propriétés a), b), c) de la déf. 2. Nous allons définir
par récurrence transfinie un système inductif (B,, i,,) relatif à A d'anneaux locaux
et d'homomorphismes locaux injectifs, et des isomorphismes u , : ~ , BAA' + Bi
tels que, pour h < p, W, 0 (iWh @ Id,,) O uhl soit l'injection canonique de Bi dans
BI.
Si a est le plus petit élément de A, on pose B, = A, i,, = Id, et on prend pour
u, l'isomorphisme canonique A 8, A' + A'.
Soit v E A, et supposons B,, u, et i,, construits lorsque h d p < v. Soit S, l'en-
semble des éléments E de A tels que E < v. Si S, n'a pas de plus grand élément, on
prend pour B, la limite inductive des B, pour h E Sv,pour u, l'isomorphisme composé
B, BAA' + l i m ( ~ ,0,A') + ii+Bh + B,, et pour i,,, lorsque h E S,, l'appli-
cation canonique de B, dans B,. Si S, a un plus grand élément p, alors B: est un
gonflement élémentaire de Bk. D'après A), il existe un gonflement élémentaire
No 3 APPENDICE AC I X . 4 1

i,, :BP B, et un isomorphisme de B,-algèbres de B, Oe,, B; sur Bk. Prenons pour


-+

u, l'isomorphisme de A-algèbres composé


$ @A A' -+ Oep(B, BAA') + Bv Be,, B;
B, Bk -+

et pour i,,, lorsque h 6 Sv, l'homomorphisme i,, 0 i,,.


Posons alors B = B, et, pour tout h E A, notons B, l'image de B, par l'injection
canonique B, B. La famille (B,),,, satisfait aux conditions a), b), c ) de la déf. 2,
-+

et B est un gonflement de A. D'autre part, l'homomorphisme u, est un A'-isomor-


phisme de B @, A' dans B'.

COROLLAIRE. - Soient A un anneau local et K une extension de son corps résiduel K,.
Il existe un anneau local B et un gonflement A -+ B tels que la K,-algèbre K , soit
isomorphe à K .
En effet, l'homomorphisme K , K est un gonflement (exemple 1). Appliquant le
-+

th. 1 avec A' = K , et B' = K, on obtient l'existence d'un gonflement B de A et d'un


A-isomorphisme de B/m,B sur K, d'où le corollaire.

3. Existence des p-anneaux

PROPOSITION 4.
- Soient p un nombre premier, k un corps de caractéristique p, et
soit n un entier 3 1, ou + m. Il existe un p-anneau (9 2, no 1, déf. 1) de longueur n
dont le corps résiduel est isomorphe à k.
O n peut considérer k comme une extension du corps résiduel Z / p Z de l'anneau
local Z,,,. D'après le corollaire du th. 1, il existe un anneau local B, gonflement de
Z(,,, tel que K , soit isomorphe à k. L'anneau local Z(,, est régulier et { p ) est un système
de coordonnées de Z(,,. D'après le corollaire de la prop. 2 du no 2, l'anneau B est
régulier et { pl, 1 est un système de coordonnées de B. Autrement dit, B est un anneau
de valuation discrète, d'idéal maximal pB. Le complété C de B est alors un p-anneau
de longueur infinie et le corps résiduel K , est isomorphe à K,, donc à k. De plus,
pour tout entier n 3 1, C/pnC est un p-anneau de longueur n, de corps résiduel
isomorphe à K,, donc à k.
Exercices

Dans les exercices 1 à 27, p est un nombre premier fixé. Si A est un anneau, l'anneau des vecteurs
de Witt W(A) est celui attaché au nombre premier p.

1) Soit A un anneau. L'endomorphisme V du groupe additif W(A) peut-il être compatible


a la multiplication de W(A) ?

2) Notons A l'anneau Z[(X,),,,, (Y,),,,] des polynômes en les deux familles d'indéterminées
(X,) et (Y,), et B l'anneau Z[X, Y] des polynômes en deux indéterminées X et Y. Pour tout
polynôme R de B, il existe une suite unique de polynômes (R,),,, de A telle que l'on ait, pour
tout n E N,
R(@AXO>...> Xn), @,JYo, ..., Y J ) = a n @ " , ..., R n ) .
O n a R, = R(X,, Y,) et Rn ne dépend pas des Xi et Yi pour i > n. Si R est homogène de degré r
par rapport a X (resp. Y, resp. (X, Y)) et qu'on attribue pour tout i E N, le poids pi à Xi et Yi,
alors R, est isobare de poids rpn par rapport a (Xi)itN (resp. (Yi)itN, resp. ((Xi)itN,(Yi)itN)).
Si R est constant, Rn est constant. Examiner les cas R = 0, 1, - 1, X + Y, XY, - X.

3) a) II existe une unique suite de polynômes (R,),,, de Z[X, Y] telle que, pour tout entier
n 2 O, on ait
n
XP" + YP" = 1 piRi(X, Y)Pn-'.
i=O

b) Si p est impair, on a, pour tout n E N,

Si p = 2, on a

et
R,(X, Y)

R,(X, X)

4) Soient A un anneau, a = (a,),,,


-
= - XY

O mod. 2

un élément de W(A),
pour n 2

l'élément (ai),,, de W(A). Posons

Prouver que l'on a b, - pu, E pP-'A pour tout n E N. (Se ramener au cas où A = Z[(X,),,,]
et a = (X,),,, et utiliser la prop. 1 du 4 1, no 1.)

5) Soit A un anneau de caractéristique p.


a ) L'anneau W(A) est intègre si et seulement si A est intègre.
b ) W(A) est réduit si et seulement si A est réduit.
c) Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) A est un anneau parfait de caractéristique p.
(ii) W(A)/pW(A) est réduit.
4 1 EXERCICES AC IX.43

6) Soit A une Z,,,-algèbre. Soient n un entier, n > 1, g = (go, ..., g,,_,) un élément de
W,(A), et f = go. Alors notant Af (resp. W,(A),) le localisé de A (resp. W,(A)) par rapport
au système multiplicatif des puissances de f (resp. g), on a W,(AJ) = W,(Alg.

7) Soit A un anneau de caractéristique p. Prouver que les topologies L; et p-adique de W(A)


coïncident si et seulement si A est parfait.
P- 1
8) Soient A un anneau, et 5 un élément de A vérifiant C 4' = O. O n a alors, dans W(A),
i=O
l'équation

En déduire que si A est de caractéristique p, on a


VAo FA(a) = p. a pour tout a E W(A)

9) Soit A un corps de caractéristique p. Montrer que l'anneau W(A) est noethérien si et seule-
ment si A est parfait. (Calculer la dimension sur A de l'espace vectoriel Vl(A)/Vl(A)Z.)

10) Soit k un corps de caractéristique p, possédant une p-base finie. Soient A un anneau et cp
un homomorphisme de k dans A, qui fasse de A une k-algèbre de type fini.
a ) Pour tout entier n 3 1, A est un module de type fini sur AP".
b) Pour tout entier n > 1, W,(A) est une W,(k)-algèbre de type fini.
(Si a , , ..., a, engendrent A comme k-algèbre et comme Ap"'-module, prouver que les éléments
Vjz(ai), 1 < i < N, O < j ,< n - 1, engendrent la W,(k)-algèbre W,(A).)

) Soit A un anneau de caractéristique p.


Soit n E N ; prouver qu'on a p n - ' l n ! E Z,P,.Prouver que (nm) !ln !(m !)" est un entier pour
m dans N.
Pour n E N, soit y,, :Vl(A) + W(A) l'application définie par
yn(Vx) = 1 s i n = O,
y,(Vx) = (p"- 'ln !) V(xn) si n 2 1 .

(i) Prouver qu'on a y,,(x) E V1(A) si n 1 et x E V,(A).


(ii) Pour x, y E Vl(A) et n E N, on a

(iii) Pour h E W(A), x E V1(A), n E N, on a


y,(hx) = h"y,(x)
(iv) Pour x E Vl(A) et n, m dans N, on a
12) Soit A un anneau de caractéristique p. Pour tout élément a = (a,),,, de W(A) et tout
entier n E N, posons a + = (a,+ .,)
a) On a a = ~ ( a , )+ V a + .
h ) Notons a :W(A) + W(A) l'application qui à a = (a,),,, associe

où (cg exercice précédent) on a posé y,(Va+) = (pP-'/p !) V(aP,). Prouver que l'on a, dans
W(A), l'égalité Fa = a P + p ( a ) .
c) Prouver que, pour tout entier n 1, a définit, par passage aux quotients, une application a,
de W,+,(A) dans W,(A).

13) Soit A un anneau de caractéristique p. La filtration de W(A) par les idéaux V,,(A) est
compatible à la structure d'anneau de W(A) et on note grv(W(A)) l'anneau gradué associé.
Pour tout entier n 2 O, on notera <p*A l'anneau A muni de la structure de A-algèbre donnée
par l'homomorphisme <pn :A -+ A, où <p désigne l'élévation à la puissance p-ième. Prouver que,
pour tout entier n 0, l'application de A dans V,,(A)/V,+ ,(A) qui à x E A associe la classe
de Vnz(x), est un isomorphisme du A-module <p*A sur le A-module grk(W(A)).
Munissons le A-module @ <p*A de la structure d'anneau gradué donnée par les applications
,,EN
(x, y) H <pUx.<p'"yde cp;A x cp;A dans <p;+"A (pour tout couple d'entiers positifs (m, n)).
Montrer que les isomorphismes précédents définissent un isomorphisme de A-algèbres
graduées de @ <p", sur grv(W(A)).
"EN

14) Soit A un anneau. On suppose que la multiplication par p. 1, est injective dans A. Soit o
un endomorphisme de A tel que o(x) = xP mod. pA, pour tout x E A.
a ) Il existe un unique homomorphisme d'anneaux su de A dans W(A) qui vérifie
sa O o = FA O sa

@, o sa = Id,.
C'est aussi l'unique homomorphisme sa de A dans W(A) qui vérifie, pour tout entier n positif,
@" O Su = on.

b) Soit B un anneau. On suppose que la multiplication par p. 1, es^ injective dans B. Soit o' un
endomorphisme de B tel que ol(x) =- xP mod. pB pour tout x E B. Soit u un homomorphisme
de A dans B vérifiant u o o = o' 0 u. Alors on a W(u) 0 s, = s,. o u.
c) Si t, désigne le composé de s, et de la projection canonique de W(A) sur W(A/pA), prouver
que tu induit, pour tout entier n 2 1, un homomorphisme t, de A/p"A dans W,(A/pA).
d ) Si A/pA est parfait, prouver que tu,, est un isomorphisme. u unissant A de la filtration par les
puissances de l'idéal pA et notant gr (A) l'anneau gradué associé, on montrera que I'homomor-
pbisme de grp(A)dans g r v ( ~ ( ~ / p ~ ) f exerc.
( c f : 13) induit par tu est un isomorphisme.)
e ) Si AIpA est parfait, et que A est séparé et complet pour la topologie p-adique, t, est un iso-
morphisme de A sur W(A/pA).

15) a ) Soit A un anneau tel que la multiplication par p. 1, dans A soit injective. Alors il existe
un unique homomorphisme d'anneaux s, de W(A) dans W(W(A)) qui vérifie
S~ O F~ = F W ( ~ )O S~
et
@O SA = Id,(,,

(où @, est la projection de W(W(A)) sur W(A)). C'est aussi l'unique homomorphisme d'anneaux
qui vérifie @, 0 s, = F i pour tout entier n E N (où @, :W(W(A)) -+ W(A) est la n-ième compo-
sante fantôme dans W(W(A))).
b) Considérons l'anneau A = Z[(X,),,,] des polynômes en une famille d'indéterminées
(X,),,,. Soit X l'élément (X,),,, de W(A). Posons s,(X) = (s,(X)),,,, où s,(X) E W(A). Pour
tout anneau A, définissons l'application s, de W(A) dans W(W(A)) par la formule
sA(a) = (~"(a)),,~.Prouver que s, est un homomorphisme d'anneaux vérifiant

c) Pour tout homomorphisme d'anneaux u :B + A, on a

d) Les applications W(s,) o s, et s,(,, o s, de W(A) dans W(W(W(A))) sont égales.


e ) Pour tout x E A, on a s,(T,(x)) = ~~(,fi,(x)).
f ) O n a s, O VA = V,(, O s,, et l'applications, est continue quand on munit W(A) et W(W(A))
des topologies S.

16) a) Soient A, B deux anneaux et <p un homomorphisme de A dans B. Alors l'application


W(q) permet de munir l'ensemble W(B) et, pour tout m E N, l'ensemble W,(B), d'une structure
de W(A)-module. Si m et n sont deux entiers 2 O, tels que n 2 m, l'application canonique de
W,(B) sur W,(B) est W(A)-linéaire. En outre, W(B) est le W(A)-module limite projective des
WAB).
b) Soient A, B deux anneauxet \Ir un homomorphisme de W(A) dans B. Posons = w($) o s,
(cf: exerc. 15). L'application Jr de W(A) dans W(B) permet de munir l'ensemble W(B) et, pour
tout m E N, l'ensemble W,(B), d'une structure de W(A)-module, et les deux dernières assertions
+
Ge a ) sont encore vraies. Si <p est un homomorphisme de A dans B tel que = <p 0 O,, on a
Jr = W(<p).
17) Soit A l'anneau Q[X]. Soit 0 = (Cl,),,, l'élément de A qui vérifie @,(Cl) = (X, X, ..., X, ...).
Pour tout élément a de Z,, posons
W a ) = (Q,k))"SN.
a) Pour tout a E Zp, et tout entier n E N, on a Q,(a) E Z,.
b) Pour tout a E Z et tout entier n E N, on a Cl&) E Z, et, si a E N, a ( a ) est l'élément de W(Z)
somme de a termes égaux à l'élément unité de W(Z).
c ) L'application a ++0 ( a ) définit un homomorphisme de Z dans W(Zp)qui, quand on iden-
tifie Z, avec W(F,) (5 1, no 7, exemple 3), coïncide avec 1Phomomorphisme sFp défini dans
l'exerc. 15.

18) a) Soit L un corps (commutatif). Soient G un groupe d'automorphismes de L et K le corps


des invariants de G. Alors tout élément g de G agit sur W(L) (par W(g)) et, pour tout entier
n 3 1, sur W,(L). L'ensemble des éléments de W(L) (resp. W,(L)) invariants sous l'action de G
est W(K) (resp. W,(K)).
b) Supposons que L soit une extension galoisienne finie de K, et notons Z[G] l'algèbre sur Z
du groupe (fini) G. Pour tout Z-module M, notons M~ le Z[G]-module Hom,(Z[G], M)
(muni de sa structure naturelle de Z[G]-module à gauche). Prouver que le Z[G]-module W(L)
(resp. W,(L)) est isomorphe à W(K)G (resp. W,(K)G). En déduire qu'on a
Hi(G, W(L)) = O (resp. Hi(G, W,(L)) = 0)
pour tout entier i > O. (Utiliser le théorème de la base normale A, V, p. 70, th. 6 et A, X, p. 111
à 113.)

19) Soient K un corps de caractéristique p, P son sous-corps premier, Q une clôture algébrique
de K. On note 8 l'endomorphisme x H Fx - x du groupe W(Cl), et aussi, pour tout entier
n 2 1, l'endomorphisme de W,(Q) qu'il induit par passage aux quotients.
a) Fixons un entier n 2 1. L'endomorphisme p de W(0) (resp. W,(Q)) laisse stable W(K)
(resp. W,(K)) et son noyau est W(P) (resp. W,(P)).
O n identifiera, dans la suite de cet exercice, W(P) et Z,, W,(P) et Z/pnZ (§ 1, no 7, exemple 3).
b) Soit a E W,(K). Notant V l'homomorphisme de décalage W,(K) -+ W,+,(K), prouver
que i'on a a E pW,(K) si et seulement si l'on a V a E p,+ ,(K). Si K est séparablement clos,
on a p WJK) = W,(K).
c ) Soit a E W,(R) tel que a E W,(K). On note K(a) le sous-corps de R engendré par K et les
<;,
composantes a,. .., a n , a. Si A est une partie de Wn(K), on note K ( p '(A)) la sous-exten-
sion de R engendrée par les corps K(a), pour tous les éléments a de W,,(R) vérifiant p u E A .
Raisonnant comme dans A, V. p. 87 et utilisant I'cxcrcice précédent, prouver les assertions
suivantes :
(i) Soit L une extension galoisienne de K dans R. Il existe une unique application
(O, a) ++ [o, a ) de Gal(L/K) x (pW,(L) n W,(K))/pW,(K) dans Z/pnZ>le que pour tout
o E Gal(L/K) et tout x E W,(L) tel que $(x) E W,(K), on ait, en notant @(x)la classe de ~ ( x )
modulo 8 WJK)
-
[O, @(x)) = 0" - x .

Si o,O' E Gal(L/K) et a, a' E (d, W,,(L) n W,(K))/pW,(K), on a


[ou', a ) = [O, a ) + [cs', a )
[O, a + a' ) = [O, a ) + [o, a' ) .
(ii) Notons, pour toute extension galoisienne L de K dans Q

les homomorphismes déduits de l'application (o,a) ++ [o, a ) construite en (i). Pour toute
extension galoisienne L de K dans Q I'homomorphisme a, est injectif, et son image est le
groupe des homomorphismes continus du groupe topologique Gal(L/K) dans le groupe
discret Z/pnZ.
(iii) L'application A ++ K(8-'(A)) est une bijection de l'ensemble des sous-groupes de
W,(K) contenant pW,(K) sur l'ensemble des extensions de K dans R, abéliennes sur K et
d'exposant divisant pn. L'application réciproque est L H #W,(L) n W,(K).
(iv) Pour tout sous-groupe A de W,(K) contenant #W,,(K), l'homomorphisme

cst bijcctif. Lorsqu'on munit Hom(A/ pW,(K), Z/pnZ) de la topologie de la convergcnce simple,
c'est un homéomorphisme.

20) Conservons les hypothèses et notations de l'exercice précédent.


a) Pour chaque extension L de K dans Q, considérons le Z,-module

et pour chaque cnticr 11 2 O bon souh-niocl~ile

Prouver que W(L) s'identifie à la limite inductive de ses sous-modules W,(L) selon les applica-
tions d'inclusion
in :W"(L) + V"+ 1(LI .
b) Pour tout entier n O, soit 9, l'application de W,(L) dans W,(L)/#W,(L) qui à x @ p-"
associe la classe de x. Prouver que $, est un isomorphisme et qu'on a

où V, est l'application de W,(L)/pW,(L) dans W,+, (L)/#W,+ ,(L) induite par le décalage V.
En déduire que W(L) s'identifie à la limite inductive des groupes W,(L)/&W,(L) selon les
applications V,.
91 EXERCICES AC IX.47

c) Soit a E W(K). Si n est un entier tel que a appartienne à W,(K), on a construit à l'exerc. 19,
C)l'extension K(p- '(+,(a))). Cette extension ne dépend pas du choix de l'entier n ; on la note
K(8-'(a)). Si A est une partie de W(K), on notera K(@-'(A)) l'extension engendrée par les
corps K@.'(a)) pour a parcourant A. Prouver que K ( p l ( A ) )est une extension abélienne de K.
Prouver dans cette situation des assertions analogues aux assertions (i) à (iv) de l'exerc. 19, c).

21) Conservons les hypothèses et notations des deux exercices précédents.


a) La multiplication par p dans W(K)/BW(K) est injective.
b) Soit a un élément de W(R) tel que a 6 W(K) et @ a E W(K). On note K(a) le sous-corps de R
engendré sur K par les composantes (a,),,, de a. Prouver que K(a) est une extension abélienne
de K, dont le groupe de Galois est isomorphe au groupe topologique Z,.
c) Si A est une partie de W(K), on note K(m-'(A)) la sous-extension de R engendrée par les
corps K(a) pour tous les éléments a de w ( R ~tels q u e p a E A. Prouver dans cette situation des
assertions analogues aux asiiertions (i) à (iv) de l'exerc. 19, c).
d ) Soit r le groupe des automorphismes de R sur K. Soient n un entier 2 1 et <p, un homo-
morphisme continu de r dans Z/pnZ. Prouver qu'il existe un homomorphisme continu <p de l-
dans Z, qui induise q, par passage au quotient. Désignant par Hom,(T, Y ) le groupe des
homomorphismes continus de r dans Y, T' étant un groupe topologique, prouver que I'appli-
cation canonique
HomAr, Z,) O z p(QplZp) Hom,(l-, Q,/Z,) +

est un isomorphisme.

22) Soit A une Z(,,-algèbre. On note 9, l'algèbre sur W(A) engendrée par deux indéterminées
F et V soumises aux relations
F a = (Fa). F pour a E W(A)
aV = V(Fa) pour a E W(A)
FV = p
VaF = Va pour a E W(A),

où F et V désignent respectivement les homomorphismes de Frobenius et de décalage de W(A).


a ) Soit B une A-algèbre. Faisant agir F et V sur W(B) par les homomorphismes de Frobenius
et de décalage de W(B), on munit W(B) d'une structure de 9,-module. De même pour chaque
entier n 1, WJB) est un 9,-module.
b) Pour tout élément x de 9,, il existe une famille (a,),,,, à support fini, d'éléments de W(A),
caractérisée par l'égalité
x= 1a-, Fn + a, + Vna,.
"31 "à 1

c) Supposons W(A) intègre. Soit x 6 9,. On note 6(x) le plus grand entier n tel que a, soit non
+
nul. Si x et y sont deux éléments non nuls de 'DA,on a 6(xy) = S(x) S(y). En déduire que
9, est intègre.
d ) Si A est un anneau parfait de caractéristique p, on peut remplacer la condition VaF = Va
pour a E W(A) par la condition VF = p. L'idéal à gauche 9,V de 9, est bilatère.
e) Si k est un corps parfait de caractéristique p, 9, est noethérien. (Considérer 3, comme
quotient de l'anneau engendré sur W(k) par deux indéterminées X et Y soumises aux relations
XY = YX et Xa = (Fa) X, aY = Y(Fa) pour a E W(k). Appliquer ensuite, III, 9 2, no 8, corol-
laire 2 au th. 1 et exerc. 10.)

23) Soient A un anneau et 1 l'ensemble des entiers négatifs. Soient rn un entier 2 1 et


[a0, ..., a , ,] un élément de W,(A). Associons-lui l'élément (bi),, de A' défini par
a,+,-, pour 1-rn<i<O
bi = O pour i $ - m.
BOURBAKI. - AlgPbre cornmurotrue. - 6
On identifie ainsi WJA) à un sous-ensemble de A'.
a ) Pour tout entier n 2 O, l'application V, :W,(A) + W,, ,(A) induite par le décalage est un
homomorphisme de groupes. Les identifications des groupes WJA) à des sous-ensembles de A'
sont compatibles aux applications V, et permettent d'identifier le groupe i & W,(A), limite
inductive des groupes WJA) suivant les V,, au sous-ensemble CWu(A)de A' formé des éléments
dont les composantes sont nulles sauf un nombre fini, éléments qu'on appellera covecteurs de
Witt unipotents. Par transport de structure, on obtient sur ce sous-ensemble une structure de
groupe.
b) Pour a = (ai),,, et b = (b,),, dans CWu(A),on a
a +b = où C-, = S,(a -,-,, ..., a-,_, , a-, ; b -,-,, ..., b-,-, , b-,)
pour tout entier m suffisamment grand.
c) Pour tout homomorphisme d'anneaux <p :A + B, l'application CWu(<p):CWU(A)-+ CWu(B)
= (cp(ai)),, est un bomomorphisme de groupes.
définie par CW"(<~)(U,),~,

24) Soit 1 l'ensemble des entiers négatifs. Pour tout anneau A, tout idéal nilpotent n de A, et
tout entier r 2 O, soit CW(A, n, r) le sous-ensemble de A' formé des éléments (a,),,, tels que
a-, E n si n 2 r. Autrement dit, on a
CW(A, n, r) = ~ (,-01 ,...,1-'1 n{-r,-r-l,...)

On munit CW(A, n, r) de la topologie produit, chaque facteur A ou n étant muni de la topologie


discrète. On note CW(A) la réunion des CW(A, n, r) et on munit CW(A) de la topologie limite
inductive. Pour cette topologie, CW(A) est séparé et CWU(A)(cf: exerc. 23) est dense dans
CW(A). Les éléments de CW(A) sont appelés covecteursde Witt de A.
u) Soit t un entier positif, et soient o,, ..., o, des entiers positifs tels que oosoit non nul et que
pi+' divise pio,. Alors on a mi 2 t(p - 1) p. +
b) Soit A l'&&eau Z[X, Y] desi&aôrnes en deux familles d'indéterminées X = (Xi)i,, et
Y = (Y,),,. Pour tout entier r 2 O, soit n, l'idéal de A engendré par les X-, et Y -,
pour n 2 r.
Soient r et s deux entiers 2 1. Alors on a

modulo nr pour tout entier rn 2 r - 1 si s < p et pour tout entier in 2 r - 1 (s - p)/(p - 1) +


si s 3 p. (Par des arguments de poids, montrer que la différence des deux membres est combi-
naison linéaire à coefficients entiers de termes de la forme X?,_ ,Y?,' - ,X'!!,Y?,,, ... X?+ 'Y?+'
mfl
où, si l'on pose mi = ui + vi pour O < i < m + 1, on a oo # O et 1 pioi = pm+'. Utiliser
i=O
alors a).)
c) Soient A un anneau, n un idéal nilpotent de A, r un entier positif et a, b deux éléments de
CW(A, n, r). Alors :
(i) Pour tout entier n 2 O, la suite des éléments
dm = Sm(a-n-m,..., a-,,; b-,-rn, ..., b - , - l , b-")

de A est stationnaire.
(ii) Pour tout entier n 2 O, soit c-, la limite de la suite précédente. Alors l'élément c =(c,),,,
appartient à CW(A, n, r). On posera a +
b = c.
(iii) La loi d'addition précédente munit CW(A) d'une structure de groupe commutatif,
compatible avec sa topologie. Pour tout idéal nilpotent n de A et tout entier r 2 O, le sous-
ensemble CW(A, n, r) de CW(A) en est un sous-groupe topologique. 11 en est de même de
CWu(A).
d) Soient A et B deux anneaux, <p un bomomorphisme d'anneaux de A dans B. Notons CW(<p)
l'application de CW(A) dans CW(B) qui à (a,),, associe (~(a,)),,. Alors CW(<p)est un homo-
morphisme de groupes et une application continue.
§ l EXERCICES AC IX.49

25) Soit A un anneau parfait de caractéristique p.


a) Soient B une A-algèbre et <p :A -t B l'homomorphisme structural. Pour tout entier n 2 1,
munissons le groupe W,(B) de la structure de W(A)-module définie par
(a, b) w <p(F1-"a).b pour (a, b) E W(A) x W,(B).
Muni de l'action de F par l'homomorphisme de Frobenius F et de V par l'homomorphisme de
décalage V, W,(B) est alors un 9,-module (exerc. 22). L'application V, :W,(B) + W,, ,(B)
induite par le décalage est un homomorphisme de 3,-modules.
Par transport de structure, on munit le groupe CWu(B)d'une structure de 9,-module.
b) Soit A l'anneau de polynômes A[X] en une famille X = (X,),,, d'indéterminées. Pour tout
entier r 2 O, soit b, l'idéal de A engendré par les X-,, pour n 2 r. Soient r et s des entiers 2 1.
Alors, pour tout élément a = (a,),,, de W(A), on a
, X_,-,, ..., X,) mod. b;,
,-"-1.
P,(ai-"', ..., a:-"; X-,, ..., X,) = P,+,(a$-"-', ..., a,,,
pour tout entier m 2 r - 1 si s < p, et pour tout entier m 2 r - 1 + (s - p)/(p - 1) si
s 2 P:
c) Soient B une A-algèbre et <p :A -+ B l'homomorphisme structural. Soient a = (a,),,, un
élément de W(A), et b = (b,),,_élément de CW(B). Pour tout entier n 2 O, la suite des
éléments P,(cp(ai-"-"), ..., q(a; ) ; b_,-,, . .., b-,? est stationnaire.
Notant c-,, la limite de cette suite, l'élément c = (ci),,, appartient à CW(B). Posons c = a.b.
L'application de W(A) x CW(B) dans CW(B) qui à (a, b) associe c, munit CW(B) d'une
structure de W(A)-module, qui prolonge la structure de W(A)-module de CWu(A).
Pour tout a E A et tout b E CW(B), on a
~ ( a )b. = (ci),, avec ci = aP'bi pour tout i E 1
et
p. b = (bT- ,)isl .
Si pour tout b E CW(B), on pose
Fb = (b;)i.r

alors F et V sont des endomorphismes continus de CW(B) et permettent de munir CW(B) d'une
structure de 9,-module. Le 3,-module CWu(B)est un sous-3,-module de CW(B).
26) Soit M l'ensemble des nombres rationnels positifs dont le dénominateur est une puissance
de p, muni de la structure de monoïde donnée par l'addition. Soit k un corps parfait de caracté-
ristique p. On munit W(k) et son corps de fractions K de la topologie donnée par la valuation
de W(k). Soit n un entier positif. Soit C l'algèbre sur K du monoïde produit Mn.Pour 1 < i < n,
on notera Ti l'image dans C de l'élément de M ayant pour i-ième composante 1 et pour autres
composantes O, et pour CL E Mnon notera T l'image de a. Pour a E Mn,on posera

où w, désigne la valuation p-adique de Q. On note A l'anneau k[T,, ..., T,], B l'anneau


W(k)[T, , ..., T,],? l'algèbre de Mnsur W(k), A l'algèbre de Mnsur k. On considère A comme un
sous-anneau de A, B comme un sous-anneau de B, B comme un sous-anneau de C.
Soit E l'ensemble des éléments de C de la forme 1
den(a) a,Ta où la famille a support
stM"
fini (a,) est formée d'éléments de W(k).
Soient F l'automorphisme de C coincidant avec l'automorphisme de Frobenius sur W(k) et
vérifiant F ( T ) = T i pour tout i (1 < i < n) et tout a E M, et V l'automorphisme du groupe
additif de C défini par V = pF-'.
a) E est un sous-anneau de C, contenant B et stable par F et V.
b) E est un W(k)-module, et est somme de ses sous-modules V'B, pour i E N.
c) On a n V'E = 0.
IEN
d ) Pour tout z E N, on a B n VIE = pLB.
AC IX. 50 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS $1

e) Notons p :B -+ A l'application obtenue en réduisant les coefficients des éléments de Mn


modulo pW(k). Alors on a p(E) = A, et p induit un isomorphisme p' de E/VE sur A.
f ) Pour tout entier r 2 O, V'E/Vr+'E est un module sur EIVE. Par p ' ',on peut le considérer
comme un A-module. L'application de A dans VrE/Vr+'E. qui à a E A associe la classe de V'e,
pour tout élément e E E vérifiant p(e) = a, est un isomorphisme du A-module <p*A (p. 44,
exerc. 13) sur le A-module VrE/V'+'E.
g ) Il existe un unique homomorphisme de W(k)-algèbres o :B + W(Z) tel que pour 1 < I < n
et r E M, on ait o(T:) = rA(T;). On a o 0 F = FAet o 0 V = VA0 o (s'inspirer de l'exerc. 14,
p. 44).
h ) L'homomorphisme o induit un homomorphisme de W(k)-algèbres 6 : E -+ W(A), qui est le
seul W(k)-homomorphisme de E dans W(A) vérifiant 6(T,) = T,(T,) pour 1 < i < n et
6 0 V = VAo6.
i) Pour tout entier r > 1, 6 induit un isomorphisme de E/V'E et W,(A) (utiliser l'exerc. 13,
.D. 441, : 6 est iniectif.
j ) Soit C le complété de C pour la topologie p-adique. Pour tout x E C, il existe une unique
famille (u,),,~, d'éléments de K, telle que a, tende vers O quand a tend vers l'infini suivant le
filtre des complémentaires des parties finies de Mn, et que x soit la somme de la famille a,T.
k) Soit Ê l'ensemble des éléments x = den(a) cc,Tm de (? tels qu'on ait a, E W(k) pour
=SM"
tout a E M". Prouver que 6 : E -+ W(A) se prolonge en un isomorphisme de Ê sur W(A).
27) Soient r,, r,, n des entiers vérifiant
l<rl<r,<n
Soient T l , ..., T, des indéterminées. Par des arguments analogues à ceux de l'exercice précé-
dent, donner une description de l'anneau des vecteurs de Witt sur l'anneau

28) Soit J l'ensemble des entiers 2 1. Pour tout n E J, notons J, l'ensemble des entiers d 1
qui divisent n. Soit A un anneau. On munit AJ de sa structure d'anneau produit. On définit
les applications @, f , , v, (n E J)de AJ dans lui-même par les formules suivantes. Pour a =
on pose

on convient que amln= O si m/n $ J. Remarquons que @, ne dépend que des a, (d E J,). On
écrira parfois @,((u,),,,~) au lieu de @,(a).
Pour tout nombre premier p, on note w, la valuation p-adique de Q. Ces notations seront
conservées dans la suite des exercices du 9 1.
a) f, est un endomorphisme de l'anneau AJ, et S,, 0 j, = j,,, quels que soient n, m dans J.
b) v, est un endomorphisme du groupe additif de AJ, et v, 0 v, = v,, quels que soient n, m
dans J.
Soient n, m dans J et d = pgcd(m. n)
c ) On a f,oo, = d.vml,of,,. En particulier f,ov, = n.Id, et f , o v , = v , o f , si d = 1.
d ) Quels que soient a, 6 dans AJ on a

(La seconde formule résulte de la première, et la troisième de la seconde en prenant a = 1.)


En particulier, on a
v,(a).v,(b) = nv,(a.b),
EXERCICES

et

sid = 1.

29) Soit A un anneau. Soient n E J , p un nombre premier, et a E AJ. Établir la relation


@,,,(a)= @,(aP) + pw@,,,(fp,(a)), où w = w,(pn) et pn = pwm. O n a donc
@,,(a) = @,(aP) mod. pwp(Pn)A, et en particulier @,,(a) = @,(a)' mod. pA .

a) Si l'on a a,-
30) Soit p un nombre premier. Soient A un anneau filtré et (J,),,, sa filtration. O n suppose
que l'on a JO = A et p. 1, E J I . Soient a et b des éléments de AJ et r E N.

b) Supposons que, pour tout entier m > 1 et tout x E A, la relation p.x E J,,
x E J,. Si l'on a @,(a) = @,(b) mod. Jr+Wp(d), pour tout d E J,, alors a, -
b, mod. J, pour tout d E J,, alors on a @,(a) = @,(b) mod. J,,, où k = w,(n).
,entraîne
b, mod. J, pour
tout d E J,.

p E J,, supposons donné de plus un endomorphisme opde A tel que o,(a)


tout-ag A. Alors les conditions suivantes sont équivalentes :
a) 11 existe un élément a, de A tel que un =
-
31) Soit A un anneau. Soit n E J. Soit (a,),,," - ,) une famille d'éléments de A. Posons
ud = @d((ae)etJù)pour d E J, - {n}, et soit un un élément de A. Pour tout nombre premier
aP mod. pA pour

b) Pour tout nombre premier p E J,, on a un = op(unlp)mod. pwp(")A.

32) Soit A un anneau.


a) Le noyau de @ :AJ + A" est formé des éléments a tels que da, = O pour tout d E J.

un, -
b) Supposons donné pour tout nombre premier p un endomorphisme op de A tel que
o,(a) E aP mod. pA pour tout a E A. Alors l'image de @ est formée des éléments u tels que
A tout n E J. Cette image est un sous-anneau de AJ stable
o,(u,) mod. ~ " P ( " ~ )pour
par f , et v, pour tout n E J.
c) Soit q E J. Si la multiplication par q dans A est bijective, alors la multiplication par q est
encore bijective dans Ker(@) et dans Im(@).

33) a) Soit J' une partie de J. Soient R un anneau commutatif et R[X] la R-algèbre de poly-
nômes en une famille X = (X,),,,. d'indéterminées, munie de la graduation de type Z telle
que X, soit de degré n pour tout n E J'. Soit, pour tout n E J', <p,(X) un élément de R[X] homo-
gène de degré n où le coefficient de X, soit inversible dans R. Alors l'endomorphisme <p de
R[X] tel que <p(X,) = <p,(X) est un automorphisme de la R-algèbre graduée R[X].
b) Soient J' = J, R = Q, et <p,(X) = @,(X). Il existe, pour tout n E J , un et un seul élément
'I',,(X) de Q[X], homogène de degré n, qui ne dépend que des indéterminées (X,),,,", et tel que
Y,(@(X)) = X,. (Appliquer a) avec J' = J,.)
c) Si A est une Q-algèbre, @ :AJ + AJ est bijectif, son inverse étant donné par a H (Y!,(a)),,,.
d) Si A est un anneau dont le groupe additif est sans Z-torsion, @ :AJ + AJ est injectif. (Plonger
AJ dans (Q Q A)J.)

34) Soit R = Z p , Y] la Z-algèbre des polynômes en deux familles d'indéterminées X = (X,),,,


et Y = (Y,),,,. Pour tout nombre premier p, soit op l'endomorphisme de R défini par
op(X,) = XE et o,(Y,) = Y: pour tout n E J ; on a alors op(a) i aP mod. pR pour tout
a E R. De plus, R est sans Z-torsion.
a) Il existe dans RJ des éléments S = (Sn),,,, P = (P,) ,,,, 1 = (I,),,, et, pour tout q E J ,
F, = (F,,,),, et V, = (V,,,),,, caractérisés respectivement par les égalités
AC IX. 52 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS 9l
(En plongeant R dans Q @ R, on a, avec les notations de l'exerc. 33,
S"(X, Y ) = Y"(@(X)+ @ ( Y ) ) , PAX, Y ) = Y,(@(X).@(Y)),In@) = Y , ( - @(XI),
F,,"(X) = Y , ( f , ( @ ( X ) ) ) >et v,.m = Y,(u,(@(X))).)
b ) Pour tout n E J, affectons X , et Y, du poids n. Alors Sn, P, et In ne dépendent que des familles
(Xd),,," et (Y,),,,". De plus :
a ) Sn est isobare de poids n.
p) P, est isobare de poids 2n, et isobare de poids n en chacune des familles (Xd)d,,net (Y,),,,".
y ) 1, est isobare de poids n.
c ) F,,, est isobare de poids qn, et ne dépend que de la famille (X,),,,
d ) On a V,.(X) = Xnl,, où on convient que X,/ = O si nlq $ J. (1f sufit de vérifier qu'avec
cette définition de V,, on a u,(@(X))= @(v,(x)\.)

35) Soit A un anneau.


a ) L'ensemble AJ, muni de l'addition
a + b = S(a, b )
et de la multiplication
a x b = P(a, b ) ,
est un anneau commutatif, noté U(A).L'élément neutre pour l'addition est la suite O dont
tous les termes sont nuls ; l'élément neutre pour la multiplication est la suite 1 dont tous les
termes sont nuls sauf celui d'indice 1, qui vaut 1,. L'opposé d'un élément a de U ( A )est I(a).
b ) Soit p : B -+ A un homomorphisme d'anneaux. Alors U ( p ) : U ( B -r ) U ( A ) défini par
U ( p )(b,),,, = (p(b,)),,, est un homomorphisme d'anneaux.
c) L'application @ : U ( A )+ AJ est un homomorphisme d'anneaux. En d'autres termes
@,:U(A)+ A est un homomorphisme d'anneaux pour tout n E J.
d ) Si le groupe additif de A est sans Z-torsion, le groupe additif de U ( A )l'est aussi.
e ) Soit q E J. Si la multiplication par q est bijective dans A, elle est encore bijective dans U ( A ) .
(Utiliser l'exerc. 32, c), p. 5 1.)

36) Soit A un anneau. Soient n, m dans J et d = pgcd(n, m).


a) L'application a H F,(a) = (F,,,(a)),,, est un endomorphisme de l'anneau U(A),et l'on a
F" O Fm = Fm,, @" O Fm = @.,"
b) L'application a I-+ V,(a) = (V,,,(a)),, est un endomorphisme du groupe additif de U ( A ) ,
et l'on a V , o V , = V,,. De plus, @, 0 V , est égal à O si q ne divise pas n et à q@,/, si q divise n.
c ) On a F, o V , = d x V,!, o F,/, ; autrement dit F,(V,(a)) (pour a E U ( A ) )est somme dans
U ( A )de d termes égaux à Vmld(Fnl,(a)).En particulier, on a Fn(V,(a))= n x a et F, 0 V , = V,o F,

En particulier, on a
V,(a) x V,(b) = n x V,(a x b ) ,

V & ) x V,(b) = V,,(F,(a) x F,(b))

si d = 1. (Se ramener au cas où A = Z n Y ] ,a = X, b = Y et utiliser l'exerc. 33, d), p. 51


et I'exerc. 28, p. 50.)
8 l EXERCICES

37) Soit A un anneau.


a) Soit rn E J. Pour tout élément a = (a,),,, de U(A), on a

=
a = (a,, ..., a,, 0, ..., O, ...) + (O, ..., O, a,+i,a,+2r ...).

b ) On munit U ( A )de la topologie produit sur AJ de la topologie discrète sur chacun des
facteurs. Elle fait de U ( A )un anneau topologique séparé et complet.
c ) On note T , (ou T ) l'application de A dans U ( A ) qui à a E A associe (a, O, ..., O ) E U(A).
Soient a, b deux éléments de A, x = (x,),,, un élément de U ( A ) .
(i) On a les formules
ab) = ~ ( ax) r(b) , ~ ( ax) x = (anx,),,, ,
' w a ) ) = (an)& >
F,(r(a)) = ~ ( a " )pour tout n E J .
(ii) La série de terme général V,T(X,)est convergente dans U(A),de somme x.

38) Soient p un nombre premier, A un anneau et a E U(A).


a) On a Fp(a)E aP mod. autrement dit, on a Fp,,(a) r an mod. pA pour tout n E J.
b) On a Fp(a)L a*Pmod. p x U(A), où a*P désigne le produit dans U ( A ) de p termes
égaux à a, et où p x U ( A )désigne l'idéal de U ( A )engendré par p x lu(,,, somme dans U ( A )
de p termes égaux à lu,,,. (Il suffit de traiter le cas ou A = Z[X]et a = X . Alors A est sans
Z-torsion et @ :U ( A ) + AJ est injectif. Pour a) il suffit (p. 51, exerc. 30, b)) de montrer que,
pour tout n E J, @,(F,(X)) = @,,(X) est congru à @ , ( X P ) modulo pwp(P"'A,ce qui résulte de
l'exerc. 29, p. 51. Pour h) il sufit de montrer que @(Fp(X)) = fp(@(X)) est congru à
@(X*P)= @(X)Pmodulo p.@(U(A)).Or il existe un élément u E AJ tel que
fp(@(X))- @(X)P= (@,,(X) - <D,(X)P),,, = p.u ( p 51, exerc. 29)
et il s'agit de montrer que u E @(U(A)). Pour tout nombre premier q, soit o, l'endomorphisme
de l'anneau A = Z [ X ]tel que o,(X,) = X; pour tout n E J. D'après l'exerc. 32, p. 51, il suffit
de montrer que, pour tout nombre premier q et pour tout n E J, on a u,, = o,(u,) mod. qwq'q"'A,
ce qui équivaut à prouver la congruence suivante
(1) @,"(X) - @,,(X)P = oq(Qpn(X) - @,(X),) mod. pqWq'4"'A.

-
Or le terme de droite est égal à @,,(X4) - @,,(X4)P. D'après l'exerc. 29, p. 5 1, on a
ap,,( X ) Qpn( X I ) mod. qwg(pqn)A
@,,(X) .
= @,(Xq) mod. qwq(q")A
Les termes de droite et de gauche de (1) sont tous deux congrus à zéro modulo pA (p. 51,

de (3) et du lemme 1 qu'on a


(4) @,,(X)P
et ( 1 )résulte de (2)et (4).)
-
exerc. 29), donc (1)résulte de ( 2 ) et (3)si q # p. Supposons que l'on ait q = p. Alors il résulte

@n(XP)P ' A,
mod. pWp(P")+

39) Soit S une partie non vide de J telle que pour tout n dans S, S contienne J,. Notons ns
la projection canonique de AJ sur AS.
a) Le noyau de xS est un idéal de A. On notera U s ( A )l'anneau obtenu en munissant AS de la
structure d'anneau quotient. On a un diagramme commutatif d'homomorphismes d'anneaux
O
+ AJ
b) Pour tout n E J, Ker(as) est stable par V,, et Ker(a,) contient V,(U(A))si n $ S. Par passage
au quotient V , définit un endomorphisme, encore noté V,, du groupe additif de U,(A).
c ) Si n E J et si nS c S alors Ker(xS) est stable par F,, qui définit, par passage au quotient,
un endomorphisme, encore noté F,, de l'anneau &(A).
4 Soit n E J. L'anneau Us(A) se notera aussi U,(A) si S = J,,, et U,,(A) si S = U JI,,.
va 1
r U,,(A) s'identifie à l'anneau de Witt W(A), et que,
Soit p un nombre ~ r e m i z ~. o n t r e que
pour tout n E N , U,,(A) s'identifie à l'anneau W,+,(A) (on identifiera I'élément (u,, u,,
up2,..., upn ,, u ) de U,,(A) au vecteur de Witt [a,, , a,] avec a, = u,, pour O < I d n).
p:
Les endomorphismes de groupes V et F, de U,,(A) correspondent respectivement, par
cette identification, au décalage et à I%ndomorphisme de Frobenius de W ( A ) .

40) Soit A un anneau. Soit J = P x Q une décomposition du monoïde J en produit de sous-


monoïdes P et Q (qui sont donc engendrés par les nombres premiers qu'ils contiennent).
On suppose que tout q E Q est inversible dans. A, donc aussi dans U ( A )(p. 52, cxcrc. 35, e)).
a) Pour tout a E U(A), la série
PM
= 17
VqFq(a)
~ E Q
>

où p désigne la fonction de Mobius (Lie, II, p. 71), est convergente pour la topologie produit
de U ( A ) = AJ. On définit ainsi l'endomorphisme additif sQ =
1' ( 97) V,F, de U ( A ) pour
WQ
tout n E J, l'application @, 0 aQ de U ( A )dans A est égale à O si n $ P et à @, si n E P.
b) Pour tout q E Q, q # 1, on a
aQVq= O = FqaQ.
(Utiliser l'exerc. 36, c), p. 52.)
c ) Montrer que aQ est un idempotent ayant pour image l'intersection des noyaux des F,
(4 E Q, 9 Z 1).
En déduire que le noyau de aQ est l'ensemble des élé-
Pour rn E J et a E A, calculer sQ'Vm.r(a).
1
ments de la forme - V,T(~,),avec a, E A. Le sous-ensemble E,U(A) de U ( A ) est stable par
neQ
addition et multiplication. Muni de ces deux opérations, c'est un anneau commutatif, d'unité
~ ~ ( l ~ et
( ~l'application
, ) , aQ : U ( A )-+ aoU(A) est un homomorphisme d'anneaux.
1
d) Pour tout q E Q, posons eu = VqaQFw.
Montrer que l'on a ei = eq et eqeq.= O si q # q',
et que, pour tout a E U ( A ) on a
où la somme est convergente pour la topologie produit de U(A).(Pour (*) se ramener au cas où
a = X E U(R[X]),R étant le sous-anneau de Q formé des nombres rationnels à dénominateur
dans Q. Il suffit alors d'appliquer @ et de vérifier l'analogue de (*) dans R[XIJce qui résulte
de la formule @, o e,. = @,,6,,, si p E P, q E Q, q' E Q.
Le sous-ensemble e,U(A) de U ( A ) est stable par addition et multiplication. Muni de ces
deux opérations, c'est un anneau commutatif, d'unité e,(lUo,) et l'application
e, :U ( A )-+ e,U(A) est un homomorphisme d'anneaux.
e) Pour tout q E Q, on a F,e, =

est un isomorphisme d'anneaux e,U(A) -+


(
aQFqet - V , aQ
1 (i 1
= e, - V , . En conclure que a
,
aQU(A),d'inverse a t+'V,(a).
H Fq(a)

4
f ) Montrer que la projection canonique np : U ( A )-+ U p ( A )(exerc. 39) définit un isomor-
phisme d'anneaux aQU(A)-+ U p ( A ) .En déduire un isomorphisme d'anneaux de U ( A ) sur
U p ( A ) Qtransformant a en ( a , ~ ~ F , ( a ) ) ,pour
, ~ tout a E U(A).
g ) Si A est une Q-algèbre, on peut prendre P = { 1 ) et Q = J. On déduit un isomorphisme
d'anneaux U ( A ) + AJ, qui n'est autre que @.
91 EXERCICES AC IX.55

h) Supposons que P = {pnlnE N), où p est un nombre premier. Ainsi tout nombre premier
q # p est inversible dans A. On obtient un isomorphisme d'anneaux U(A) + W(A)Q (cJ:
exerc. 39, d)).
On notera w, l'application de W(A) dans U(A), qui, par l'isomorphisme de U(A) et w(A)Q,
correspond à l'inclusion de W(A) dans W(A)Q selon la première composante.

41) Soit A un anneau.


a) Soit p :A + U(A) un homomorphisme d'anneaux tel que (Dlo p = Id,. Posons o = (D o p
et o(a) = (o,(a)),,, pour a E A. Les applications on:A + A (n E J) satisfont aux conditions
suivantes :
(1) o, est un homomorphisme d'anneaux pour tout n E J, et o, = Id,.
(2) Pour tout nombre premier p et pour tout a E A, on a o,(a)
op(on(a)) = op,,
-
(a) mod. pwp'p"'A pour tout n E J .
aP mod. pA et

b) Supposons que le groupe additif de A soit sans Z-torsion. Soit o = (o,),,, une famille
d'applications o, :A + A satisfaisant aux conditions (1) et (2) de a). Il existe un unique homo-
morphisme d'anneaux p :A + U(A) tel que @, 0 y = Id, et @ o p = o. (Appliquer les exerc. 32
et 33, d),p. 51.)
c) Supposons que le groupe additif de A soit sans Z-torsion. Il existe un unique homomor-
phisme d'anneaux
pA:U(A) + U(U (A))
tel que <DU(,) o pA soit i'application
FA: U (A) + U(A)'
définie par FA(a) = (F,,(a)),,,. (Se ramener au cas où A = Z[X]. Appliquer b) et les exerc. 36
.
,, D. 52 et 53.)
et 38., bl.
d ) Soit X = (X,),,, une famille d'indéterminées considérée comme élément de U(Z[X]).
Posons

où p,, (X) E Z[X] pour n, m dans J. Pour tout anneau A définissons pA:U(A) + U(U(A))
par pk(a) = ((p,,m(a))m,J)ntJ.Montrer que pA est un homomorphisme d'anneaux tel que
le diagramme suivant soit commutatif

Ici par définition, f ,(a) = (f,(a)),,, pour a E AJ, et (DA (resp. (DU(,))est l'homomorphisme @
associé à l'anneau A (resp. U(A)).
e) Pour tout homomorphisme d'anneaux p :B -+ A le diagramme

est commutatif.
AC IX. 56 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS

f ) Montrer que le diagramme suivant est commutatif

(Se ramener au cas où A = Q[X]. Alors A est une Q-algèbre, donc QA:U ( A ) -. AJ est un iso-
morphisme et U ( A )est également une Q-algèbre. Si, à l'aide du diagramme (1) et par transport
de structure, on remplace par f A lorsque A est une Q-algèbre, on est ramené à démontrer
la commutativité du diagramme

f 'AJ'(f A(X))= f (AJ'((.L(~))nEJ) = ((~XL(X))),,,J),.J


= ((fmri(X)),it.r)msJ 9

et
( f A I J ( f A ( X )=) ( f A ) J ( ( f n ( X ) ) n=
E J(fA(.L(X)))wsJ
) .)
= ((fmn(X))m,.r)neJ
g ) Pour tout a E A, on a

h ) On a le diagramme commutatif suivant

où l'application s, est celle définie à I'exerc 15, p. 44, où l'application <p de U ( A )dans W ( A )
est obtenue par identification de W ( A ) et U,,(A) (p. 53, exerc. 39), et l'application )I est com-
posée de U ( q ) et de l'application de U ( W ( A ) )dans W ( W ( A ) )obtenue par identification de
W ( W ( A ) )à UPrn(W(A)).

42) Soient A un anneau et T une indéterminée. On note A ( A ) (ou A,(A)) l'ensemble


1 + T A [ [ T ] ]des séries formelles à coefficients dans A de terme constant égal à 1 ; c'est un
sous-groupe du groupe multiplicatif de A[[T]]. On définit
L:NA) + AJ , L ( f = (L"(fN,,J >

Par

a ) Montrer que l'on a L(fg) = L ( f ) + L ( g ) quels que soient f, g E A(A).


91 EXERCICES AC IX.57

b) Si A est une Q-algèbre, alors L est bijectif, son inverse E étant donné par

pour a E AJ.

43) Soit E :U ( A )+ A(A) l'application définie par


E(a) = n( 1
ntJ
- an(- T)")

pour a E U(A).
a) Démontrer la commutativité du diagramme

En déduire que si A est une Q-algèbre, on a

quel que soit a E U(A).


b) Montrer que E est bijectif. (Si l'on pose n (1
nsJ
- a,(- T)")=
n30
c,(a)(- T)", il suffit
d'appliquer l'exerc. 33, a), p. 51 à la famille de polynômes c,(X) de Z[X].)
c ) On munit A(A)de l'unique structure d'anneau telle que E soit un isomorphisme d'anneaux.
Montrer que l'addition de A(A)est la multiplication des séries, d'élément neutre 1. La multipli-
cation de l'anneau A(A)notée (f, g ) ~f * g, est définie par la formule

quels que soient a, b E U ( A ) ;son élément neutre est 1 + T .


d ) Soit T : A -+ U ( A )l'application définie dans l'exerc. 37, c), p. 53. On a
E(.r(a))= 1 + aT
(1 + aT) * ( 1 + bT) = 1 + abT
( 1 + aT) * f ( T ) = f (UT)
L(l + aT) = (a"),,,
quels que soient a, b dans A et f ( T )dans A(A).
e ) Soient f et g deux éléments de A(A) qui soient des polynômes en T , et soit rn le degré de f:
Posons

Ce sont des polynômes en X à coefficients dans A[T];<p est unitaire et f *g est le résultant
res(<p,y) des polynômes <p et y (cf:A, IV, p. 75).
(On pourra partir de la formule

en déduire le résultat si A = Z [ X ,, ..., X,] et f = n


i= 1
(1 + XiT),et passer de là au cas général.)
44) Soit A un anneau.
a) L'ensemble U(A) des éléments de U(A) à coordonnées nilpotentes, nulles sauf un nombre
fini d'entre elles, est un idéal de l'anneau U(A). Pour tout n E J, il est stable par F, et V,.
b) Soit a E QA). Alors l'élément E(a) de A(A) est un polynôme en T. Sa valeur en - 1 est un
élément inversible de A, qui est aussi, pour tout n E J, la valeur en - 1 du polynôme E(V,a).
c) Si a E U(A) et b E Û(A), on note ( a, b ) la valeur en - 1 du polynôme E(ab). On définit
ainsi une application Z-bilinéaire de U(A) x U(A) dans A* et on a

45) Par pré-h-anneau on entend un anneau A muni d'applications h, :A + A (n E N) telles que


6) ho(a) = 1,
(ii) h, (a) = a,
(iii) hn(a + b) = 2 &(a) h, _,(b) ,
" = O-

quels que soient a, b dans A. Les conditions (i) et (iii) s'expriment également en disant que

définit un homomorphisme du groupe additif de A dans le groupe multiplicatif A(A).


Par h-morphisme d'un pré-h-anneau A dans un autre B, on entend un homomorphisme
p :A + B d'anneaux tel que p(h,(a)) = h,(p(a)) quels que soient a E A, n E N, autrement dit
tel que le diagramme

soit commutatif (l'application A(p) transforme la série 1 + a,Tn en la série 1 +2 p(a,) Tm).
nb 1 n 31
Soit A un anneau. Nous nous proposons de munir A(A) d'une structure de pré-h-anneau.
Notons EA:U(A). , + M.~
A ), I>isomorvhismed'anneaux défini dans l'exerc. 43. Soit S une autre
indéterminée.
a) Montrer que les deux isomorphismes composés

coïncident; on les notera EA.


On définit l'application LApar la commutativité du diagramme

où désigne l'homomorphisme défini dans I'exerc. 41, d), p. 55.


3 l EXERCICES AC IX. 59

b) L'anneau A(A), muni de hA, est un pré-h-anneau. Pour tout homomorphisme d'anneaux
p :A -+ B, A(p) :A(A) -+ A(B) est un h-morphisme.
c) Un pré-h-anneau A s'appelle un h-anneau si h:A -. A(A) est un h-morphisme (pour la
structure de pré-h-anneau sur /\(A) qu'on vient de définir).
Soit A un anneau. Montrer que @(A), LA)est un h-anneau. (Utiliser I'exerc. 41, j),p. 56.)
46) a ) Soient A un pré-h-anneau et a t A. O n appelle h-rang de a la borne supérieure dans R
de l'ensemble des entiers n E N tels que h,(a) # O. Soit P une partie multiplicative de A formée
1
d'éléments de h-rang < 1. Soit a = ai la somme d'une famille finie d'éléments de P. O n a
h(a) = n (1 + aiT), donc hn(a)
i€I
=
id
s,((a,),,), où s, désigne le polynôme symétrique élémentaire
de degré n (A, IV, p. 63).
b) Soient A un anneau et a, b des éléments de A. Alors dans A(A) les éléments 1 a T et +
+
(1 + UT) * (1 + bT) = 1 abT sont de h-rang < 1.
c ) Soit A un pré-h-anneau. Supposons qu'il existe un sous-monoïde multiplicatif de A, formé
d'éléments de h-rang < 1, qui engendre le groupe additif de A. Montrer que A est alors un

-
h-anneau. Plus généralement, A est un h-anneau s'il existe un h-morphisme injectif de A dans un
pré-h-anneau satisfaisant à la propriété précédente (« Principe de scindage »). (Il s'agit de
montrer que I'application Z-bilinéaire (a, b) h(a) * h(b) h(ab)-' est nulle et que les appli-
cations Z--linéaires a H AS(hT)[hS(a)] et a ++ht(hT(a)) de A dans A,(A,(A)) coïncident. Il
suffit de vérifier ces propriétés pour a, b E P.)
d) Soit A = Z[(Xi)ie,, (Xf')i.,,.] l'anneau des polynômes en deux familles finies d'indéterminées.
On a

(:) désignant l'ensemble des parties ti n éléments de 1, et où XH = n


heH
X,,. En afïectant les Xi
(et Xi.) d u poids 1, s, est homogène de poids n. Tout polynôme symétrique en (X,),,, s'exprime de
façon unique comme polynôme en les s, (n 2 1) (A, IV, p. 58). En particulier, pour tout m 2 0,
on a
%((X,),+)) = Q..m(s,, --.> snm)

où Q, ,est homogène de poids nm en les s, = s,((X,),,) (r = 1, ..., nm). C'est le coefficient de Tm


dans n
(1 + X,T), et il est bien défini et indépendant de 1, pourvu que Card(1) 2 nm.
"a
Le coefficient de Tn dans n (1 + XiXi.T) est
(i,iZ)dX 1'

où si = S,((X;,)~.,,,),et où P, est homogène de poids n en chacune des familles de variables (s,)


et (s:). Il est bien défini et indépendant de 1et 1' pourvu que 1et i' soient de cardinaux 2 n.
Montrer que dans le h-anneau A(A) on a
( 1 s,Y) * ( 1s:T) = P,(sl, ..., s,, s i , ..., sk) Tn
r>O r3O n>O
et
1s,T)
r2O
= C
m>O
Q,,,(s1, ...> s,,) Tm

D'après a) et b), on a
e ) Soit A un pré-h-anneau. Pour que A soit un h-anneau, il faut et il suffit que les conditions
suivantes soient satisfaites, quels que soient a, b dans A, et n, rn dans N.
(i) h(1) = 1 + T,
( 4 %(ab) = P,,(hl(a), ..., h,,(a), %(b), ..., Ub)),
(iii) L ( ~ , , ( a )=
) Qn.",(h,(4, hnm(a)).
...2

J) Soit p :A + B un h-morphisme de pré-h-anneaux. Si A est un h-anneau et p surjectif,


alors B est un h-anneau. Si B est un h-anneau et si p est injectif, alors A est un h-anneau.

47) Soit A un anneau. On définit des applications F,, V, (n E J)de A(A) dans lui-même par les
formules
F,(E(a)) = E(F,(a)) > V,(E(a)) = E(V,(a))
quel que soit a E U(A).
a) On a L(F,(f)) = f"(L(f)) et L(V,(f 1) = v,(L(f 1) quel que soit f E NA).
Soient n, rn dans J et posons d = pgcd(n, m).
h) Montrer que F, est un endomorphisme de l'anneau A(A), et que l'on a F, 0 Fm = F,,. Pour
tout nombre premier p et pour tout f E A(A), on a Fp(f) = f * P mod. p * A(A), où f*O
désigne le produit dans l'anneau A(A) de p termes égaux à f ; et où p * A(A) désigne l'idéal
principal de A(A) engendré par la somme dans A(A) de p termes égaux à l'élément neutre 1 T, +
autrement dit par (1 + T)P.
c ) Prouver que V, est un endomorphisme du groupe additif de A(A), et que l'on a V,oVm = V,,.
d) Pour tout f E A(A), on a F,(Vm(f)) = V,,d(F,ld(f))d. En particulier F,(V,( f)) = f", et
F,oV, = V , o F , s i d = 1.
e ) Quels que soient j; g dans A(A), on a
v n ( f ) * Vm(g)= Vnm/d(Fm/d(f)
* 3

V,(f * F,(g)Yd = V"(f * V,/d(Fm/d(g)),


V,(F,(S))"'~ = VA1 + T) * V",d(F,/d(~)).
En particulier, on a
V,(f * V,(g) = V"(f * g)"
et
VAf) * Vrn(g)= Vnm(Fm(f* F"(9)) si d = 1.
f ) On a
V"(f )(Tl = f (- ( - T)")
quel que soit f E A(A). En particulier
V,(l + UT) = 1 - a(- T)"
pour tout a E A.
g) Pour tout a E A, on a
F,(l + UT) = 1 + anT.
Pour tout f E A(A), on a
F"(f)(- ( - T)") = Nf (Tl)
où N désigne la norme dans l'extension A[[Tn]] c A[[T]]. (II suffit de traiter le cas ou f E A [ l ,
puis de plonger A dans un anneau B où f se décompose en produit de facteurs linéaires, aux-
quels on peut appliquer la première formule.)
9l EXERCICES

Pour tout a E A, on a
F,(1 - a(- T)") = (1 - a"ld(- T)m'd)d.
(Observer que 1 - a(- T)" = Vm(l + UT) et utiliser c) et f).)
h) Quels que soient a, b E A, on a
(1 - a( - T)") * (1 - b( - T)") = (1 - - T)""ld)d .
amldb"ld(
(Utiliser la première formule de e).)

48) Soit A un pré-h-anneau. Notons Y le composé A A A(A) 2AJ, de sorte que


Va) = où

Les applications \Ir,, :A -+ A s'appellent opérations d'Adams.


Lorsque (A, h) = (A(B), hB),B étant un anneau, on écrira aussi Y Bpour Y.
a) Soit B un anneau. Montrer que pour tout n E J, on a
$: = F, :A(B) + A(B) .

(Utiliser le diagramme commutatif

où toutes les applications horizontales sont bijectives.)


b) Soit A un pré-h-anneau. Pour tout n E J , \Ir,, est un endomorphisme du groupe additif de A,
et \Irl = Id,. Si A est un h-anneau, $, est un endomorphisme de l'anneau A, et \Ir, o \Irm = \Ir,
quels que soient n, rn dans J. De plus, pour tout nombre premier p on a $ (a) = aP mod. pA
quel que soit a E A. (Utiliser l'injectivité de h :A -, A(A), et les proprié%s analogues des
\Ir: = ,Fm.)
c) Soit A un pré-h-anneau dont le groupe additif soit sans Z-torsion. Pour que A soit un h-
anneau, il faut et il suffit que les conditions suivantes soient satisfaites pour tous les entiers
n>2etm22:

(i) $"(Il = 1 ;
(ii) $,(ab) = $,(a) $,(b) quels que soient a, b dans A ;
(iii) \Ir,, O 4fm = $"m.
(Puisque L :A(A) + AJ est un homomorphisme injectij"d'anneaux, Y = L 0 h est un homo-
morphisme d'anneaux si et seulement si h en est un. De même du diagramme

on déduit que
A(h) O h = hA0 h (h est un h-morphisme)
o h J o Y = Y A o h t > h o + , = $;ohpourtoutn
o L o h o + , = Lo+~ohpourtoutn.

A ( h ) ~ h= h A o h o ~ o $ = , f,oYpourtoutn
o +, O Ji, = +, quels que soient m et n.)
d) Soit A un h-anneau. Soit a E A un élément de h-rang < 1 (i.e. h(a) = 1 + UT). Alors
+,(a) = an quel que soit n E J. Si P est une partie multiplicative de A formée d'éléments de
+
h-rang < 1 et si a l , ..., a, appartiennent à P, on a +,(al + ... + a,) = a; ... + a:.
Dans l'algèbre de polynômes Z[(Xi),,,], notons (s,,)les polynômes symétriques élémentaires,
x
na0
s,T" = n1
+
(1 X,T), et

v"(%r ..., s,) = 1X:


1

le n-ième polynôme de Newton. Montrer que, quel que soit a E A, on a

(Vérifier d'abord cette relation lorsque a est de la forme a l + ... + a, comme ci-dessus. Passer
de là au cas où a = 1 + x
ha1
shThE A(Z[(Xi),,]). Ensuite déduire le cas général en plongeant A
dans le h-anneau A(A) et en utilisant I'homomorphisme Z[(sh),, ,,.,,,,]-+ A qui envoie sh sur
hh(a).)

49) Soient A un anneau, E un A-module projectif de type fini, et u E EndA(E).Si E est un A-


module libre, on note detE(u)le déterminant de u. En général, on peut choisir un A-module F
tel que E O F soit un A-module libre de type fini, et on pose

a) Montrer que detE(u)est indépendant du choix de F, que det(1,) = 1, et que det,(u 0 v ) =


det,(u).det,(v) quels que soient u, v dans EndA(E).
b) Supposons que L soit un sous-module facteur direct de E stable par u, et notons u, E EndA(L)
et u , , ~ E EndA(E/L)les endomorphismes définis par u. Alors on a detE(u)= detL(u,).det,lL(u,lL).
Soient T une indéterminée, E[T] = A[T] BAE, et identifions u à lA[,,QAu E End,[,,(E[T]).
Posons
EXERCICES

(polynôme caractéristique de u) et

où 1 désigne lEITl (cf: A, III, p. 107).


c) On a ?,(O) = 1. Supposons que E soit localement libre de rang constant r. On a X,(l,) =
(1 + T)". Si or:A[T, T-'1 + A[T, T L ]désigne l'application (o,f)(T) = T*.f((- T ) ' ) on a
f ) ) = (- lyf et o~(XE(U))=.xE(u).
d) Soit a :A -, A' un homomorphisme d'anneaux. On a BAE(IdA, QA U) = a(X,(u)), où on
note sc aussi i'homomorphisme A[T] + A ' [ l défini par a.
e ) On a TE(u)E A(A). Pour tout n e J, on a

(Il suffit de vérifier les formules localement sur le spectre de A, donc on peut supposer E égal à
A'. Soit (uij)iQi,jQr la matrice de u, soit (Xij),,i,j,, une famille d'indéterminées, posons
,
B = Z [( Xij)l, et soit v l'endomorphisme de B'de matrice X = (X,), i,j,,. 11suffit de vérifier les
formules pour B'et v E End,(Br). On peut plonger B dans un corps C algébriquement clos, et il
suffit de vérifier les formules pour Cr et w = Id, Q, v. Soient a,, ..., a, les valeurs propres de w,
de sorte que z,,(wn) = n (1 + a,T). On a $;&(w)) = fl (1 + a:T)
,= 1
= ~ c . ( ~ nDe
) . plus
X,,,.(~.,(A"(W)) = n (1 + aHT), OU H parcourt l'ensemble des parties à n éléments de { 1, ..., r ) ,
et où a, = n a,,. On peut maintenant appliquer I'exerc. 46, d), p. 59, pour montrer que
htH
H

h;(X&))L XA"(c#w)).)
f) ona

neJ

autrement dit L,(X,(u)) = Tr(un)pour n E J. (Raisonner comme dans e).)


g) Soient E' un A-module projectif de type fini, et u' E EndA@'). On a, dans i'anneau A(A),

(Raisonner comme dans e).)


h ) Soient k un corps algébriquement clos de caractéristique p non nulle, E un espace vectoriel
sur k de dimension finie n, u un endomorphisme de E. On notera X,(u) l'image de %(u) dans
W(k) par les homomorphismes canoniques (exerc. 43, p. 57 et exerc. 39, p. 53) :

Prouver que si a,, ..., a, sont les valeurs propres de i'endomorphisme u, on a

XE(u) = x
n

i= 1
7(mi) dans W(k).

50) Soit A un pré-h-anneau. Par h-idéal de A on entend un idéal a de A tel que h,(a) c a
pour tout n E J.
a) Soit a un h-idéal de A. Montrer qu'il existe une unique structure h :A/a -, A(A/a) de pré-h-
anneau sur A/a telle que la projection canonique A + A/a soit un h-morphisme.
b) Les h-idéaux de A sont précisément les noyaux des h-morphismes de A dans d'autres
pré-h-anneaux.
c ) Soit (a,),, une famille de h-idéaux de A. Alors n ai et 1ai sont des h-idéaux de A.
d) Soit A un h-anneau. Si a et a' sont des h-idéau; de A, alors aa' est un h-idéal.
e) Soit A un h-anneau et soit a E A. L'idéal a de A engendré par a, &(a), &(a), ...est un h-idéal.
51) Soit A un h-anneau et soit (Xi),, une famille d'indéterminées. Introduisons la famille d'indé-
terminées (h,X,)c,,i,,Jx, telle que AlXi = X iquel que soit i E 1. Considérons l'algèbre de poly-
nômes B = A[(A,,X,),,,., 1.
,S.,.,

L'homomorphisme d'anneaux h : A + A(A) c A(B) se prolonge de façon unique en un


homomorphisme d'anneaux h :B + A(B) tel que

et, pour q 2 2,

a) Montrer que (B, h) est un h-anneau. (Il s'agit de montrer que le diagramme d'homomor-
phismes d'anneaux
MAT)
As(B) + &(MB))
t t

est commutatif. 11 suffit de le vérifier sur un système générateur de l'anneau B.)


h ) Soient C un h-anneau, p :A + C un h-morphisme, et (ci),, une famille d'éléments de C. Il
existe un et un seul h-morphisme p' :B + C prolongeant p et tel que pl(Xi) = ci pour tout
i E 1.

52) Soient (A,),,, une famille d'anneaux, A =


pour tout i E 1. ,
n
A , et pi :A -+ Ai la projection canonique

n
a) L'application a :A[[T]] + A,[[T]], qui applique a,Tn sur ( 1 p,(a,) Sn),,est un iso-
morphisme
a :A(A) + nd'anneaux.
L
~ l l e -définit, par restriction, un isomorphisme d'anneaux
A(A,). De plus on a, pour tout n J, a hf
E 0 (nkti) a. (utiliser les poly-
= 0 ((

nômes universels 2 de l'exerc. 46, d), p. 59.)


b) Supposons que, pour tout i E 1, Ai soit muni d'une structure hi :Ai + A(Ai) de pré-h-anneau.
En identifiant A(A) à n
A(Ai) au moyen de a, on définit h =
1
fl
L
hi:A + A(A). Alors (A, h)
est un pré-h-anneau, appelé produit de la famille ((A,, A,)),,,. Pour que (4h) soit un h-anneau,
il faut et il suffit que (A,, h,) en soit un pour tout i E 1.

53) Soit u = 1 +T + 2 a,,Tnun élément de A(Z). Il existe un et un seul homomorphisme de


-
n=2
groupes hu : Z -+ A(Z) tel que hu(l) = u, et ( Z h") est un pié-h-anneau. O n a hU(n)= un
+
quel que soit n E Z. Pour que (Z, hU)soit un h-anneau, il faut et il suffit que u = 1 T, auquel
,cas on a

quels que soient n E Z et m E N.


54) Soient C un anneau et A une C-algèbre (non nécessairement commutative). O n note
Repc(A) l'ensemble additif des classes des A-modules qui sont des C-modules projectifs de
type fini, et on note Rc(A) le groupe de Grothendieck K(Repc(A)) (cf: A, VIII, fj 10, no 6).
a) Soit a : A 1+ A un homomorphisme de C-algèbres. Si E est un A-module de type Rep,(A),
alors le module CL*Eobtenu par restriction à A' de l'anneau des scalaires A (A, II, p. 30) est un
A'-module de type Rep,(Af), et [El H [cL*E]définit un homomorphisme a, :&(A) + R,(A1).
91 EXERCICES AC IX.65

Si a , : A, + A' est un homomorphisme de C-algèbres, on a (a O a,), = a,, o a,.


b) On pose K,(C) = R,(C). L'homomorphisme structural E : C + A définit un homomor-
phisme E , :R,(A) + K,(C). S'il existe un homomorphisme y :A + C de C-algèbres, alors
y, :K,(C) + R,(A) est un inverse à droite de E,.
c) Soit y :C + C' un homomorphisme d'anneaux. Si E est un A-module de type Rep,(A),
alors y*E = C' @, E est un A,.-module de type Rep,.(A,.), où Ac = C' Qc A, et [El H [y*E]
définit un homomorphisme y* :R,(A) + R,.(A,.). Si y; :Cr + C l est un autre homomor-
phisme d'anneaux, on a (y, o y)* = :
Y Y*-
d ) Soient E & F s* G des homomorphismes de A-modules, et posons h = g 0 f: Cons-
truire une suite exacte de A-modules

Déduire de là que si f et g sont injectifs, et si Coker(f) et Coker(g) sont de type Rep,(A),


alors Coker(h) est de type Rep,(A), et on a

[Coker(h)] = [Coker( f )] + [Coker(g)]


dans R,(A).

55) Soit C un anneau. Soit G un monoïde et soit son algèbre sur C. Au lieu de Repc(C(G))
et R,(C'G)), on écrira Rep,(G) et Rc(G). Si a :G' + G est un homomor hisme de monoïdes,
8
on notera aussi a l'homomorphisme de C-algèbres C(G" + C( ) qu'il définit, et
a* :Rc(G) -t R,(G') l'homomorphisme correspondant.
D'après A, VIII, $ 10, no 5, il existe sur R,(G) une structure d'anneau (commutatif) telle que

si E et F sont des modules de type Rep,(G). L'élément neutre pour cette multiplication est
la classe du module C l , égal à C avec opération triviale de G.
a) L'anneau R,(G) admet une unique structure de pré-h-anneau telle que

pour tout module E de type Repc(G). (Observer tout d'abord que An(E)est encore un module
de type Repc(G). Ensuite, si F est un sous-module tel que F et E/F sont de type Rep,(G),
montrer que

dans Rc(G). Pour cela notons Lp l'image de AP(F) Qc A"-P(E), par la multiplication, dans
An(E). On a An(E) = L, 2 LI 2 ... 3 L, = An(F) 3 Ln+, = O, et il existe un isomor-
,
phisme canonique de C(G)-modulesde Lp/Lp+ sur AP(F) @ An-P(E/F).)
b) Pour tout homomorphisme a :G' + G de monoïdes, l'application a, :Rc(G) -+ R,(Gf)
est un h-morphisme. En particulier K,(C) est un pré-h-anneau et E, :Rc(G) + K,(C) est un
h-morphisme. L'homomorphisme G + { l ) en fournit un inverse à droite.
c) Soient G un monoïde et R un ensemble. Une fonction j':G + R sera dite centrale si
f (st) = f(ts) quels que soient s, t E G. Notons FC(G, R) l'ensemble de ces fonctions.-Si R
est un h-anneau, FC(G, R) est canoniquement muni d'une structure de hlanneau telle que
Cf + f? (4 = f(s) + f ' b )
( f - f'1 (s) = f (s).f '(s)
( L f )(s) = hAf (SI)
quels que soient f, f ' dans FC(G, R) et s dans G. Ceci s'applique notamment lorsque R = A(C).
d) Soit E un module de type Rep,(G). Pour tout s E G, notons s, l'homothétie de rapport s
dans E, et posons
-
XE(') = detEITl(l + A(C)
(cj. p. 62, exerc. 49). Montrer que
-
x:[EI -XE

définit un h-morphisme
-
x :R,(G) -+ FC(G, A(C)) .
e ) Si C est un corps, alors X est injectif(A, VIII, 9 10, no 6, prop. 10). En déduire dans ce cas que
R,(G) est un h-anneau.

56) Soit G le monoïde libre engendré par un élément T, de sorte que C'G' s'identifie à C[T].
Notons Co le module C[T]/TC[T]. Alors [Co] est un élément idempotent de R,(C[T]). Le
noyau du h-morphisme canonique R,(C[T]) -t Ko(C) est I'idéal engendré par 1 - [Co].
Posons
~ c ( c [ T l= RC(CtT1) .
) ~c(C[Tl)/[CoI-
a ) Montrer que [Co].R,(C[T]) est un h-idéal, donc que R,(c[T]) admet une structure quotient
de pré-h-anneau.
b) Pour tout module E de type Rep,(C[T]), notons TE l'homothétie de rapport T dans E.
On a
-
XE(^) = detEITl(l + TET)
et
XE(^) = detEITl(T - TE)
est le polynôme caractéristique de TE (cf. cxerc. 49, p. 62). Montrer que [El w &(T) définit
un h-morphisme Rc(C[T]) -+ A(C) dont le noyau contient [Co]. Par passage au quotient,
on obtient un h-morphisme
-
X :~ c ( ~ [ 7 1 )A C ) .
+

c) Notons A,,,(C) le sous-groupe de A(C) engendré par les éléments de A(C) qui sont des
X
polynômes en S. Montrer que l'image de est A,,,(C). En conclure que A,,,(C) est un sous-h-
anneau de A(C).
d) Pour tout r E Z, définissons o,:C[T, T-'1 + C[T, T-'1 par (OS)(T) = Trf((- T)-').
On a (o,(o,f)) (T)= ( - l)"Tr-sf'(T),en particulier o,(of) = ( - 1)% et (of). (o,g) = or+.(f-g),
quels que soient r, s dans Z et f, g dans C[T, T l ] . Si f est un polynôme en T de degré < r
(r 2 O), alors af en est un aussi. Si de plus f E A(C) (i.e. f(0) = l), alors of est unitaire
de degré r. Si E cst un C[T]-modulequi est un C-module libre de rang r, on a o,(X,(T)) = x,(T).
e ) Si f E A(C) est un polynôme en T de degré < r, posons Er,, = C[T]/of.C[T]; c'est un
C-module libre de rang r. Si f = 1 on a E,,, = C[T]/TrC[T]. Si g E A(C) est un polynôme
en T de degré < s, on a une suite exacte de C[T]-modules
(*) 0 -, Es,, -+ Er,,
Er+,,, + 0 -+

(utiliser d)). Montrer que la classe T(f ) de dans R,(c[T]) est indépendante de r (>_deg(f)).
(En effet c,,,f = (O$). ( p f ) = Ts. ( o f ), et la classe du module C[T]/TsC[T] dans Rc(C[T])
est nulle.) Montrer que si g est un polynôme dans A(C), on a z(fg) = t(f) + r(g). (Utiliser
encore la suite exacte (*).) Déduire de la que t s'étend en un homomorphisme de groupes
:A,,,(c) -t R,(c[TI) .
X
f ) Montrer que 0 t est l'application identique de A,,,(C). (Utiliser le fait que si f E A(C)
est un polynôme de degré < r, alors le polynôme caractéristique de TET est of:)
g) Montrer que tout élément de R,(C[T]) est la classe d'un C[T]-module Ifqui est un C-module
libre.
91 EXERCICES AC IX.67

h) Soit E un C[T]-module, et notons u E Endc(E) l'homothétie de rapport T dans E ; soit


Ü = Id,,,,O c u E EndcI,,(EIT]). On a une suite exacte de C[T]-modules

(A, III, p. 106). Supposons que E soit un C-module libre de base (el, ..., e,). Alors E[T] est un
C[T]-module libre de base (1 e,). Si la matrice de u pour la base (e,) est (aij), la matrice
de T - Ü pour la base (1 Q e,) est (TGij - a,).
i) Soit f = (f,), une matrice à coefficients dans C[T]. On dira que f est spéciale si,
quels que soient i, j dans (1, ..., r), i # j, jii est un polynôme unitaire et deg(Ji) > deg(f,,).
Montrer alors que det(f) est un polynôme unitaire (de degré deg(J;,) + ... + deg(f,,))
et que f définit un endomorphisme injectif de C[TIr. Déduire de h) que tout C[T]-module
qui est un C-module libre de rang r est isomorphe au conoyau d'un tel endomorphisme de
C[T]'.
j ) Soit f une matrice spéciale comme dans i). Posons f = ;)oùf+, f-,frsont
des matrices de types (1, r - l), (r - 1, 1) et (r - 1, r - l)'respectivément. Posons

Montrer que h est une matrice spéciale. De plus, en identifiant les matrices carrées aux endo-
morphismes correspondants, on obtient des suites exactes de C[T]-modules
O -+ Coker(f) -, Coker(h) + Coker(g) -+ O,
(où Coker(g) est isomorphe à C[TIr-'/,f,,C[T]'-') et

Déduire de là, par récurrence sur r, que Coker(f) est un C-module projectif dont la classe
dans Rc(C[T]) est combinaison Z-linéaire d'éléments de la forme [C[T]/pC[T]] où p est un
polynôme unitaire.
k) Utiliser les parties f), g), i ) et j ) précédentes pour montrer que T :A,,,(C) -+ R,(c[T]) est
X
surjectif, donc que :R,(c[T]) + A,,, (C) est un isomorphisme.
1) Montrer que A,,,(C) est stable par V, et F, pour chaque n E J. Il leur correspond donc des
endomorphismes V, et F, de R,(C[T]), par l'isomorphisme précédent. Soit <p, l'homomor-
phisme de C-algèbres de C[T] dans lui-même qui applique T sur T". Montrer que V, (resp. F,,)
se déduit de l'endomorphisme <p,* (resp. (q,),) de R,(C[T]) par passage aux quotients.

Dans les exercices ci-après, p est un nombre premier fixé, et les anneaux de vecteurs de Witt
sont relatifs à ce nombre premier.

57) Soient m, n deux entiers 2 1. Pour tout anneau A de caractéristique p, notons ,W,(A)
le noyau de l'endomorphisme Fmde W,(A).
a) Pour m 2 et n 1, le diagramme suivant est commutatif

où les applications V, F sont induites par les homomorphismes de décalage et de Frobenius


respectivement, 1 est l'injection naturelle et R la projection naturelle.
b) Pour n 3 1 et a = [a,, ..., a,-l] dans W,(A), on note iï l'élément (a,, ..., a, _ , , O, ...)
de W(A).
Soient a E ,W,(A), b E ,,W,(A). On pose alors
( a , b ) = E(oA(a)o A ( Q ) , 1 )
(cj. p. 57, exerc. 43 pour la notation E, et p. 54, exerc. 40 pour la notation a,). Prouver que
l'application (a, b) H ( a, b ) de ,W,(A) x .W,(A) dans A* est Z-bilinéaire.
c ) Avec les notations de a), on a
( a , V b ) = ( F a , b ) pour aE,W,(A) et b ~ , w , - , ( A )
et
(Ra,b)=(a,Ib) pour aE,W,(A) et BE,-,W,(A).
m
5 8 ) a) Soit E(T) la série formelle ex& TP"/p")de Q[[Tl].On a
n=O
G(T)= n
in,^) = 1
(1 - Tn)"(n)'n
n entier 3 1
où p est la fonction de Mobius. Les coefficients de G(T)appartiennent à Z(,,.
b) Soit X = (X,),,, une famille d'indéterminées. Dans l'algèbre Q[(X,),,,], on a l'égalité
fi G ( x , T ~ " ) exp(-
n=O
=
m
1 @,(XI TP",~).
n=O

c) Soit A une Z(,,-algèbre. On suppose que la multiplication par p. 1, est injective dans A. Soit
a = (a,),,, E AN.Pour que la série exp(
ai

n=O
il faut et il suffit que a appartienne à @,(W(A)).
a,TP"/pn)
LI
de A - [[Tl]ait ses coefficients dans A,

4 Soit A une Z(,,-algèbre. L'application E O o, de W ( A )dans A(A) ( c f . p. 54, exerc. 40 et


nai

-
p. 57, exerc. 43) associe à a = (a,),,, l'élément G(a,(- T)p")de A(A).
n=O
e) Soit A une Z(,,-algèbre. Supposons que la multiplication par p. 1, soit injective dans A.
Soit o un endomorphisme de A vérifiant ou apmod. pA. Soit s,:A + W ( A ) l'homo-
morphisme associé à o (p. 44, exerc. 14).Alors, pour tout a E A, la série formelle
E,(a, T ) = exp( xm

,=O
c'(a)TP'/p')
a ses coefficients dans A, et on a
E O o, o s,(a- ') = exp( x
m

,=O
ol(a)( - T)P'/p')= E,(a, - T ) .

f ) Soit .k l'anneau Z(,,[(X,),,,] et soit X = (X,),, E W(A).La série E, (X, T ) a ses coeffi-
cients dans W ( A )Pour toute Z(,,-algèbre A et tout élément r = (a,,),, j e W(A),on notera
E,(a, T ) la série obtenue en appliquant W(<p)aux coefficients de E,,(X, T ) où <p : A -+ A
est l'application qui à X, associe a,. Alors E,(a, T )a ses coefficients dans W ( A )et si sA désigne
l'homomorphisme W ( A )-+ W(W(A))défini à I'exerc. 15, p. 44, on a
E 0 o,(,, o sA(a-') = E,(a, - T ) pour tout a E W ( A ).

Dans les exercices du § 2, p est un nombre premier fixé. Si a est un idéal d'un anneau A, on
note aP l'idéal engendré par les éléments aP,ou a parcourt a.

1 ) Soit (Cn,TC,,,) un système projectif d'anneaux relatif à l'ensemble d'indices N. On suppose


que C , est artinien pour tout n E N et que les homomorphismes TC,,, sont surjectifs. Soit n,
l'homomorphisme canonique de CI J=I $ C, dans C,. Montrer que pour tout x E C, on a
xC = @ TC,(X) C,. (Raisonner comme dans la démonstration de la prop. 3 du § 2, no 1.)
92 EXERCICES AC IX. 69

2) Soient A un anneau et (J,),,, une suite décroissante d'idéaux de A, telle que pJ, + Jn c J,+ ,
pour tout n E N.
a) Prouver que les assertions du lemme 1 et de la prop. 1 du $ 1, no 1 sont encore vraies sous
cette hypothèse.
b) Soient i et n deux entiers positifs. Lorsque i < n l'application x t+ pixp"-' de A dans A
définit, par passage aux quotients, une application

Pour i > n, on pose pki = O. Pour x E A/J, et a E A/Jo, on a xp"-'p$(a) = &(xa), ou 7


est l'image de x dans A/Jo. Si j est un entier positif et que a, b sont deux éléments de A/J,,
on a
pn,,(a) pk,(b) = ~ n , i + ~ ( a -~ j b ~ ~ )
c) Soit (R,),,, la suite de polynômes constrilite dans l'exerc. 3, p. 42. Soient n et i deux entiers
positifs, a et b deux éléments de A/Jo. On a alors, dans A/J,, l'égalité

3) Soit n un entier positif. Soit C un p-anneau de Cohen, de corps résiduel k, et de longueur


n + 1. Soit (x,),, une famille d'éléments de C relevant une p-base (E,,),,, de k. On notera
pi :k -+ C pour tout i E N, l'application p:,i définie à l'exerc. 2, où l'on prend pour J, l'idéal
p m + lC.
a) Pour r E N, soit M, l'ensemble des multi-indices m E N(") tels que, pour tout h E A, on ait
O < m, < pr. Alors, pour tout élément cx de C, il existe une unique famille à support fini (a,,,)
(O < i < n, m E Mn-,) d'éléments de k, telle que

ou la notation xm désigne le produit n x;.".


,th
b) Considérons l'anneau U engendré par des générateurs [x,], h parcourant A, et [p,(a)],
i parcourant N et a parcourant k, et soumis aux seules relations suivantes (où les polynômes R,
sont ceux introduits dans l'exerc. 3, p. 42)
(i) [p,(a)] = O pour a E k, i > n,
(ii) CPO(l)l = 1 et [p,(O)l =
(iii) [p,(a)] [p,(b)] = [p,,,(aP b )] pour 1, j dans N et a, b dans k,
n-i
(iv) [p,(a)l + [p,(b)] = C
m=O
[p,+,(R,(a, b))] pour i E N et a, b dans k,
(v) [x,IP" '[p,(a)] = [pt(5,a)] pour O < i < n, h E A, a E k.
Prouver qu'on a [p,(O)] = O pour tout i E N .
Prouver, grâce à l'exerc. 3, b), p. 42, que sip est impair, on a [po(- l)] = - 1 ; sip est pair,

c) Il existe une seule application de U dans C, qui, pour toute famille à support fini
(aiJO ",meM, - , d'éléments de k, associe à l'élément

i = O ,SM,-, Ath

de U l'élément C
i = O msMn-,
pi(ai,,) xm de C ; c'est un isomorphisme d'anneaux.
d) Déduire de ce qui précède une autre démonstration des résultats du $ 2, no 3.
4) Soient C un p-anneau de Cohen de longueur infinie, et k son corps résiduel. Soient A un
anneau, et (J,),,, une suite décroissante d'idéaux de A vérifiant pJn + Jf: c Jnil pour tout
n E N . Soient enfin <p:k + A/Jo un homomorphisme d'anneaux, (c,), ,
une pzbase de k,
(x,),,, une famille d'éléments de C, relevant cette p-base, (a,),,, une famille d'éléments de A,
telle que l'image de a, dans A/Jo soit $5,).
a) Pour tout n E N , il existe un unique homomorphisme <p, de C/pn+'C dans A/J, tel que
<p, O &, = ,p; O <P et que l'image par <p, de la classe de x, soit la classe de u,. (Utiliser les
exerc. 2 et 3.)
b) Supposons que A soit séparé et complet pour la topologie définie par la filtration (J,),,,.
Alors il existe un unique homomorphisme d'anneaux <p de C dans A, tel que <p(x,) = u,
pour h E A, et que <p induise <p par passage aux quotients. Cet homomorphisme est continu.
c) Supposons que l'anneau A soit local, séparé et complet, qu'on ait J, = mn+' pour tout
n E N, qu'on ait A/Jo = k et que <p soit l'application identique. Prouver que 4. 1image par <p
de C dans A est l'unique sous-anneau de Cohen de &contenant chacun des éléments a,, et
donner ainsi une autre démonstration de la partie a) du th. 1 du 5 2 no 2 ; si k est parfait et
que C est l'anneau W(k), on obtient une autre démonstration du th. 2 du Q 2, no 4.

5: Soient A un anneau et (J,),,, une suite décroissante d'idéaux de A, vérifiant pJ,, +


Jf c J,+
pour tout entier n 3 O. Soient R un anneau de caractéristique p et <p un homomorphisme
d'anneaux de R dans A/Jo. On appelle relèvement de à A/J, une application <pH :R + A/J,
) ~ x E R, et qui redonne <p par passage au quotient.
telle que <p,(xP)= < P " ( Xpour
a) Soient Q,, @, deux relèvements de <p à A/J,. Alors <p, et @, coïncident sur RF".
b) Si R est parfait, il existe un unique relèvement <p, de <p à A/J,. On a <p,(l)= 1 et <p,(xy) =
<p,(x) <p,(y) Pour x> Y E R.

6) Soient A un anneau et (J,),,, une suite décroissante d'idéaux de A. On suppose que A est
séparé et complet pour la topologie définie par la filtration (J,),,, et qu'on a pJ, + Jf: c JE+,
pour tout entier n O. On note R, l'application canonique de A sur A/J,. Soient R un anneau
parfait de caractéristique p et un homomorphisme d'anneaux de R dans A/J,.-
u) Il existe une application <p de R dans A, et une seule, telle que l'on ait <p = no 0 <p et
<p(xP)= <p(x)Opour tout x E R. De plus, on a ~ ( 1 =) 1et ~ ( x y = ) q ( x ) < p ( y )pour x et y dans R.
Lorsque A est un anneau de caractéristique p, <p est un homomorphisme d'anneaux. (On
pourra utiliser l'exercice précédent.)
b) Pour tout n E N, il existe un unique homomorphisme d'anneaux V, :W,+ ,(A/Jo) + A/J,
rendant commutatif le diagramme

c) Posons u,, = a , p W,, lmO F-". Alors, pour tout n E N, le diagramme suivant, où les

flèches verticales designent les projections canoniques, est commutatif


92 EXERCICES AC IX.71

d) 11 existe un unique homomorphisme d'anneaux u rendant commutatif le diagramme


suivant
L<
A

L'homomorphisme u est continu quand on munit W(R) de la topologie p-adique, et pour tout
rn

a = (a,),,, E W(R), on a u(a) = pn<p(a;-").


n=O
(L'existence de u découle de ce qui précède. Pour prouver l'unicité de u, sa continuité et son
expression explicite, utiliser l'égalité <p = u 0 r où <p est l'application de R dans A construite
en a) et z :R + W(R) l'application définie au 9 1, no 5.)
e ) Donner du th. 2 du $ 2, nu 4, une démonstration autre que celle du texte et que celle de
l'exerc. 4, c).

7) a) Soient R un anneau parfait de caractéristique p, et R' un anneau de caractéristique p.


Soit f un homomorphisme de R dans R'. Alors I'homomorphisme W(f): W(R) + W(R') est
l'unique homomorphisme rendant commutatif le diagramme suivant

(Utiliser l'exercice précédent.)


En particulier, prenant pour f l'élévation à la puissance p-ième dans R, prouver que F, est
l'unique endomorphisme de W(R) tel que 0,O F, = f 0 (Do. Il est caractérisé par les égalités
F,(r(x)) = r(xP) pour tout x E R.

unique endomorphisme o de A tel que o(x) -


b) Soit A un anneau séparé et complet pour la topologie p-adique. O n suppose que la multi-
plication par p.1, dans A est injective et que A/pA est un anneau parfait. Alors il existe un
xP mod. pA pour x E A, et l'inverse de I'iso-
morphisme t, :A + W(A/pA) décrit dans l'exerc. 14, p. 44 est donné par

où <p :A/pA -t A est l'unique application qui donne l'identité de A/pA par passage au quotient
et vérifie cp(xP) = < p ( ~pour
) ~ x E R (cf: exerc. 6, a)).

8) Soit C un panneau de longueur infinie, de corps résiduel k. Tout automorphisme de k se


prolonge en un automorphisme de C. Pour que tout automorphisme de C induisant par passage
aux quotients l'identité sur k soit l'identité, il faut et il suffit que k soit parfait.

9) Soient k un corps de caractéristique p, C, un p-anneau de longueur infinie, et de corps résiduel


k. Soient A un anneau local séparé et complet et u :C, + A un homomorphisme local tel que
l'homomorphisme déduit de u par passage aux quotients fasse du corps résiduel K de A une
extension séparable de k. Soit C , un p-anneau de longueur infinie, de corps résiduel K. Prouver
qu'il existe des homomorphismes locaux i :C, -t C, et v :C, + A tels que u = v o i et que v
induise l'identité sur K par passage aux quotients.
10) Soient k un corps de caractéristique p, (<,),,, une p-base de k, et pour chaque entier n 2 1,
soit C, le sous-anneau de W , ( k ) engendré par w , ( k p " - ' ) et les éléments .r(E,,) = [ch,0, ..., O],
pour h E A. Pour tout entier n 2 1, la projection de W , + , ( k ) sur W , ( k ) applique C,+ dans C,. ,
On note C le sous-anneau de W ( k )limite projective des C,.
a ) Soit n un entier 3 O. Posons A = W , + , ( k ) et pour tout entier i 2 O soit pi = l'appli-
cation de k dans A définie à l'exerc. 2, p. 69. Prouver qu'on a, pour a E k, pi(a) ='Vi.r(aP").
) a E k, engendrent le sous-anneau W,+ (kp")de A.
En déduge que les éléments ~ , - ( apour ,
b ) Soit C un p-anneau de corps résiduel k et de longueur infinie, et soit (x,),,, une famille
d'éléments de relevant'la p-base (5,),,,. Utilisant l'exerc. 4, p. 7 0 , prouver qu'il existe, pour
chaque entier n > 1, un unique homomorphisme d'anneaux <pn : -+ W , ( k ) induisant l'iden-
tité sur k par passage aux quotients, et envoyant x, sur ~ ( 5 pour 3 tout h E A. Déduire de
l'exerc. 3, p. 69 que l'image de 9, est C,.
c) Les applications <(p,), ,
forment u_n système projectif d'applications de C dans les C , et
<p = lim <p, est un isomorphisme de C sur C. Pour chaque n 2 1, la projection canonique
C -t C,identifie C, à C/pnC.
11) Soient k un corps de caractéristique p, (E,,)htA une p-base de k, C le sous-anneau de Cohen de
W ( k ) contenant ~ ( 5 ,pour
) tout h E A. Soit (E,),,, une base de k*/(k*P)comme F,-espace vec-
toriel. Soient n un entier O et (x,),,, une famille d'éléments de k* telle que l'image de x, dans
k*/k*O soit E,, pour tout j E J.
a ) Le groupe k*/k*P" est un (Z/pnZ)-module libre de base (x,),, ou ZJ est la classe de x, dans
k*/k*P".
b ) Pour tout j E J, écrivons la décomposition de x, suivant la base (cm),,,"
de k sur kP"(avec
les notations de l'exerc. 3, p. 69) :
X, = z
meM,
aJJ",Gm, a,,, E k.

Posons
(J,(x,) =
"CM"
z .r(aT,icm) pour tout j E J
et
o,(x) = z ( x ) pour x E k*P".
Alors ons'étend, de façon unique, en une application multiplicative de k* dans C/pn+ C, encore '
notée O , , et qui par passage au quotient, détermine l'inclusion de k* dans k = CIpC.
c ) Soit ol,une autre application multiplicative de k* dans C/p"+ ' C définissant l'inclusion de k*
dans k par passage au quotient. Alors pour tout x E k*, on a o , ( x ) = o(x) o i ( x ) , ou v est un
+
homomorphisme de k* dans le groupe multiplicatif (1 pC)/(l + pn+'C) trivial sur k*O". Une
famille quelconque (pj)j,, d'éléments de C/pnCdéfinit un tel homomorphisme par la formule
v(xj) = 1 + pPj pour tout j E J .
d ) Pour tout entier n 2 O et toute application multiplicative s, :k* -+ C/pn+'C définissant
l'inclusion de k* dans k par passage au quotient, il existe une application multiplicative
sn+ :k* -+ C/pn+'C qui détermine s, par passage au quotient.
e) Prouver qu'il existe une section multiplicative s : k -t C. On peut imposer à s de vérifier
~ ( 5 ,=
) z(E,,) pour tout h G A.
f ) Soit A un anneau local, séparé et complet. Soient k son corps résiduel, (<,),+ une p-base de k,
et pour h E A, al un relèvement de 5, dans A. Montrer qu'il existe une section multiplicative
k* -* A qui vérifie ~ ( 5 , =
) a,.

12) Soit A un anneau local complet dont le corps résiduel soit de caractéristique p.
a ) Soit x E mA. L'application n H ( 1 + x)" de Z dans 1 + m, se prolonge de façon unique en
une application continue de Z p dans 1 + m,, notée cc ti (1 + x)". On définit ainsi une structure
de Zp-module sur le groupe multiplicatif 1 + m,.
a
b ) Soit G la série formelle exp(- TP"/p")de l'exerc. 58, p. 68. L'application x ++ G(x) de
,>=O
m, dans 1 + m, est bijective.
42 EXERCICES AC lx.73
c) Soient k un corps parfait de caractéristique p, et cp un homomorphisme local de W(k) dans
A. Pour a E W(k), considérons la série cpE,(a, T) obtenue en appliquant cp aux coefficients de la
série EF(a, T) de l'exerc. 58, f), p. 68. Pour a E W(k), x E 1 + m,, posons x" = cpEF(ci, C1(x)).
Montrer qu'on définit ainsi une action du groupe additif W(k) sur l'ensemble 1 + m,, qui
prolonge l'action de W(F,) (identifié à Z,) définie en a). Montrer qu'on a en outre, pour a E Z,
et a E W(k), x E 1 + m,, la relation (xa)" = 2".
d) Utilisant l'exerc. 15, p. 44, prouver qu'on n'a pas toujours, pour a E Z, et a E W(k),
x E 1 + m,, la relation (xa)" = xa'. On n'a pas non plus toujours, pour a E W(k) et x, y dans
1 + m,, la relation (xyp = x"ya.

13) Soit A un anneau de valuation discrète complet de caractéristigue nulle, dont le corps
résiduel soit de caractéristique p. Soient K le corps de fractions de A, K uneclôture algébrique
oe K, munie de l'unique valyation v prolongeant celle de K (VI, 5 8, no 7), K le complété de K,
A l'anneau de valuation de K. Posons e = u ( p ) .
m
a) La série log(1 + x) = C ( - 1)'-'xi/; converge pour v(x) > O et définit des homomor-
i= 1
phismes de Z,-modules (cJ exerc. 12)
1og:l + m~ + k ,
1og:l + m, -+ K.
m
b) La série exp(x) = xi/; ! converge sur l'idéal a de K des éléments de valuation > e / ( p - 1),
i=O
et définit des homomorphismes de Z,-modules

c) Pour x E a, on a log(exp(x)) = x, log(1 + x) E a et exp(log(1 + x)) = 1 + x. Ainsi exp


définit des isomorphismes de Z,-modules

d'inverses définis par log.


d ) Le noyau de log sur 1 + m~ est formé des racines de l'unité dont l'ordre est une puissance de
p. L'image log(1 + mÂ)est égale à m i .

14) Soit A un anneau de valuation discrète complet, de caractéristique nulle, dont le corps
résiduel k soit parfait de caractéristique p. Soit K le corps des f ~ c t i o n de
s A. Soient n un entier
> 1 et une racine primitive pn-ièmede l'unité dans K. Soit K une clôture algébrique de K,
munie de l'unique valuation v prolongeant celle de K.
a ) Soit C le sous-anneau de Cohen de A, T son corps de fractions ; c'est un sous-corps de K.
L'isomorphisme canonique de W(k) sur C induit un isomorphisme de W(k) @, Q sur T.
Pour toute extension l de degré fini de k, le corps W(1) @, Q est une extension de degréBi de
W(k) Oz Q, galoisienne si 1 l'est. Si 1 est galoisienne, l'unique extension T, de T dans K iso-
morphe à W(1) 8, Q a un corps résiduel isomorphe à 1. En particulier le corps Tm,réunion des
corps T, quand 1 parcourt les extensions galoisiennes de degré $ni de k (dans une clôture
a é b r i q u e fixée de k), a pour corps rés-uel une clôture algébrique k de k. Il en est de même de
K. Pour chaque extension 1 de k dans k, on notera Tl l'unique extension de T dans T m dont le
corps résiduel soit le sous-corps 1 de k, et K, l'extension composée de K et Tl. Alors, si 1 est
galoisienne sur k, K, est galoisienne sur K et son groupe de Galois s'identifie canoniquement
au groupe de Galois de 1 sur k.
b) Soit k, la plus grande extension abélienne de k dans k dont le groupe de Galois est annulé
par p". Grâce à I'exerc. 19, p. 45, on a un isomorphisme canonique
Par A, V, p. 85, th. 4, on a un isomorphisme canonique
Gal(Kkn/K) -+ Hom(H,/KYP", P,~(K))
où H, = (KZnJP"n K*.
Prouver qu'il existe une unique application

telle que le diagramme suivant soit commutatif :

où la flèche verticale de droite désigne l'application qui a l'homomorphisme <p de H,/K*P" dans
pP,(K) associe l'homomorphisme $ de W,(k)/pW,(k) dans Z/pnZ défini par cwa'
= cp(E*(cc))
pour CL E W,(k)/bJW,(k). L'application E* est un isomorphisme.

15) Conservons les hypothèses et notations de l'exercice précédent.


a ) Soient N E W(k) et G E w($) vé-ant p(&)= CL (cf: p. 45, exerc. 19). Alors l'élément <P""
(p. 72, exerc. 12) du complété K de K ne dépend que de cc, il appartient à K, et on a
u(<""" - 1) 2 ep/(p - 1) (avec e = v(p))
(On pourra prouver l'égalité

ou x = 8-'(<) (loç. cit.) et où F désigne l'automorphisme de Frobenius de W(k).)


b) Pour cc E W(k), notons E**(a) la classe dans K*/K*," de <P"ü.Alors E**(a) vaut 1 si cc E pW(k)
ou si a E pnW(k). L'application de W,(k)/fiW,(k) dans K*/K*P" qui associe à la classe de
CL E W(k) l'élément E**(cc), prend ses valeurs dans H,/(K*)P" et vérifie les conditions de l'exerc.
14, b).

16) Soit A un anneau de valuation discrète complet, de corps résiduel k.


a) Prouver qu'il existe une section multiplicative cp :k* + A. (Si A contient un corps, utiliser
le Q: 3. Sinon, utiliser l'exerc. 11, p. 72.)
b) Soient t une uniformisante de A, 'e le groupe engendré par t, et cp :k* + A une section multi-
plicative. Le groupe multiplicatif du corps des fractions de A se décompose en un produit direct
'e x cp(k*) x (1 + m,).
c) S u ~ p o s o n A
s d'égales caractéristiques et soit K un corps de représentants. Alors A s'identifie
à l'anneau K[[T]] des séries formelles à coefficients dans K, et le groupe 1 + m, s'identifie a u
+
groupe A(K) = 1 TK[[T]] (cf: p. 56, exerc. 42). Si K est de caractéristique nulle, l'applica-
tion <p H $ log cp du groupe A(K) dans le groupe additif K[[T]] est un isomorphisme. Si A est
de caractéristique p, 1 + m, s'identifie au groupe W(A)L où L est l'ensemble des entiers positifs
premiers à p (utiliser les exerc. 40, h) p. 54 et 43, b), p. 57).

17) Soit A un anneau de valuation discrète complet, dont le corps résiduel k est parfait de
caractéristique p et dont le corps des fractions est de caractéristique 0. Soit f l'unique homo-
morphisme de W(k) dans A qui induise l'identité sur le corps résiduel k. Soit enfin K une uni-
formisante de A.
93 EXERCICES AC IX.75

a) Il existe un polynôme d'Eisenstein P à coefficients dans f (W(k)) tel que P(n) = O (utiliser
VIII, 5 5, no 4).
+
b) Soit e la valuation de p. Pour tout entier n > O, notons Un le groupe multiplicatif 1 m i ,
et posons h(n) = inf(np, n + e), el = e/(p - 1).Soit u la classe dans k* de px-'. Soit <p l'endo-
morphisme de U l qui à x associe xP. On a alors pour tout entier n 2 1, cp(U,) c U,(,,,
q(Un+') c U,(,,+, et l'homomorphisme induit <p, :U,/U,+, + U,(,,/U,(,,+, est un isomor-
'
phisme si n # el. Si n = el, y, est injective si et seulement si l'équation xP- + u = O n'a pas
de solution dans k, et surjective si et seulement si l'équation xP + ux = y a une solution dans
k pour tout y E k.
c) Les deux conditions suivantes sont équivalentes :
(i) A contient p racines p-ièmes de l'unité ;
(ii) el est un entier et l'équation xP-l + u = O a une solution dans k.
d ) La topologie induite sur U, par celle de A coïncide avec la topologie p-adique de U,.
e ) Soit S l'ensemble des entiers n 2 1 tels que A contienne p" racines p"-ièmes de l'unité. Alors
s = Card(S) est fini.
f ) Soit 1l'ensemble des entiers i étrangers à p et vérifiant 1 < i < e + el. Alors on a Card(1) = e
et l'image de N - {O) par h est N - (1 v {O)).
g ) Si el est entier et que <p,, n'est pas surjective, posons 1' = 1 u {e + el ) ; sinon, posons
1' = 1. Pour chaque entier i E If, soit IL. un élément de A de valuation i. Alors l'application de
W(k)' dans U, qui à (ai)i,,. associe f l ( 1 + ni)aLest surjective ; c'est un homomorphisme de
id'
Zp-modules.
h ) Soient n un entier > el et I(n) l'intervalle (n, h(n) - 1) de N. Pour tout entier i E I(n), soit
ni un élément de A de valuation i. Alors l'application de W(k)'(")dans U, qui à (ai)itl(n,associe
n
id(")
(1 + nip' est un isomorphisme de Zp-modules.
i) Supposons que k soit fini et notons d le degré sur Qp du corps des fractions de A. Alors le
Zp-module 1 + mq est isomorphe à (Z/p"Z) x ZP. (On pourra utiliser les questions précé-
dentes, ou bien utiliser l'exerc. 13, p. 73.)

1) Soient p un nombre premier, G le groupe libre à deux générateurs X et Y, Fp[G]l'algèbre du


groupe G sur F,. On pose Z = XY - YX et on note a l'idéal bilatère de Fp[G]engendré par les
éléments ZX - XZ, ZY - YZ et Z2. Posant A = F,[G]/a, on note 3 l'idéal bilatère de A
engendré par l'image de Z dans A (on notera encore X, Y, Z les images dans A de X, Y et Z).
a) Soit a un élément de A. Prouver qu'il existe deux familles à support fini d'éléments de F,,
soient (p,,p)(a,p,eZ2
et (qa,p)(,,p,tz2,
déterminées de manière unique par la condition

En déduire que l'algèbre quotient A13 est commutative et intègre, et que l'idéal 3 est contenu
dans le centre de A.
b) Pour tout couple (a, b) d'éléments de A, il existe un élément c de A tel qu'on ait
akb - bak = kak-'cZ pour tout entier k 2 0 .
En déduire que l'ensemble AP des puissances p-iémes des éléments de A est contenu dans le
centre de A.
c) La partie multiplicative S = A - 3 de A permet un calcul de fractions à droite et à gauche
(II, 3 2, exerc. 22). On notera B l'anneau de fractions de A ainsi construit.
(Pour vérifier par exemple que pour tout a dans A et tout s dans S, il existe b E A et t E S tels
que at = sb, prendre b = sp-la, t = sP et utiliser b).)
d ) Prouver que l'application canonique de A dans B est injective. (Remarquer que le noyau
de cette application est contenu dans 3 et raisonner comme dans a).)
e) Le centre de B contient Z. Si m est l'idéal bilatère de B engendré par Z, on a mZ = 0.
f ) L'idéal m est l'ensemble des éléments non-inversibles de B, et le corps B/m est isomorphe au
corps FJX, Y).
g) Prouver qu'il n'existe pas de sous-corps de B dont l'image dans B/m soit tout B/m.

Dans les exerc. 2 à 5, les anneaux topologiques (commutatifs) sont supposés linéairement
topologisés. Si A et B sont deux anneaux topologiques et que B est une A-algèbre, on dit que B
est une A-algèbre topologique si l'homomorphisme de A dans B qui définit la structure d'algèbre
est continu.

2) Soient A un anneau topologique, B une A-algébre topologique. On dit que B est une
'
A-algèbre formellement lisse si, pour toute A-algèbre topologique discrète C, tout idéal j de
C, de carré nul, et tout A-homomorphisme continu u :B -+ C/j, il existe un A-homomorphisme
continu v :B + C qui, par passage au quotient, induise u.
Soient A un anneau, B une A-algèbre. On dit que B est une A-algèbre lisse si B est une A-
algèbre formellement lisse quand on-munit A et B des topologies discrètes.
a ) Soient A un anneau topologique et B une A-algèbreformellement lisse. Soient C un anneau et
j un idéal de C. Munissons C de la topologie j-adique, et supposons C séparé et complet pour
cette topologie. Alors, pour tout A-homomorphisme continu u :B -+ C/j, il existe un A-homo-
morphisme continu v :B -+ C qui, par passage au quotient, induise u.
b) Soit A un anneau. Toute algèbre de polynômes sur A est une A-algèbre lisse.
c ) Soit A un anneau topologique. Si B est une A-algèbre formellement lisse et C une B-algèbre
formellement lisse, alors C est une A-algèbre formellement lisse.
d) Soient A un anneau topologique, B une A-algèbre formellement lisse, A' une A-algèbre
topologique. Alors la A'-algèbre topologique B @, A' (III, 5 2, exerc. 28) est une A'-algèbre
formellement lisse.
e) Soient A un anneau topologique, B une A-algèbre formellement lisse. Soit S (resp. T) une
partie multiplicative de A (resp. B) telle que l'image de S dans B soit contenue dans T. Alors
T 'B est une S 'A-algèbre formellement lisse (voir III, 5 2, exerc. 27 pour la topologie de T- 'B
et S ' A ) .
f ) Soient n un entier >, 1, A un anneau topologique, (B,),,,,, une famille de A-algèbres
topologiques. Pour que n Bi soit une A-algèbre formellement lisse, il faut et il suffit que Bi
i= 1
soit une A-algèbre formellement lisse pour 1 < i < n.
g) Soient A un anneau topologique, B une A-algèbre topologique, Â et B les séparés complétés
respectifs de A et B. Alors les trois conditions suivantes sont équivalentes :
(i) est une A-algèbre formellement lisse ;
(ii) est une 4-algèbre formellement lisse ;
(iii) B est une A-algèbre formellement lisse.
h ) Reprenons les notations et hypothèses de e). Alors B {T-'J est une A {S-' }-algèbre
formellement lisse.

3) Soient k un corps et A une k-algèbre commutative. Pour tout entier i 2 1 posons


Bi = A Q kA Bk... Bk A et munissons Bi de la structure de A-algèbre obtenue en faisant agir
i termes
A sur la première composante. Posons Cl = B,, C , = B,, C, = B, 8 B,, et définissons des
applications A-linéaires d , :C, + C, et d , :C , + C, par les formules

l Si A est une algèbre locale, noethérienne et complète sur un corps (discret) k, cette défini-
tion coïncide avec celle donnée en VIII, p. 98, exerc. 30, d'après l'exerc. 5 ci-après.
93 EXERCICES AC IX. 77

pour tout choix d'éléments x, y, z, a, P de A. On obtient ainsi un complexe de A-modules

Si N est un A-module, on dira qu'une application k-bilinéaire f : A x A + N est un 2-cocycle


si l'on a l'identité xf (y, z) - f(xy, z) + f (x, yz) - zf (x, y) = O pour x, y et z dans A, et qu'elle
est symétrique si l'on a f(x, y) = f(y, x) pour tout couple (x, y) E A x A.
a) Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) le complexe Hom,(C,(A), N) est acyclique pour tout A-module N ;
(ii) quel que soit le A-module N tout 2-cocycle symétrique f :A x A -t N est un 1-cobord,
+
c'est-à-dire de la forme f (a, b) = ag(b) bg(a) - g(ab) avec g E Hom,(A, N);
(iii) A est une algèbre lisse sur k.
b) Si A est un corps, les conditions précédentes sont aussi équivalentes à la condition que le
complexe C,(A) soit acyclique.

4) a) Soient k un corps et K une extension de k. Si K est séparable sur k, alors K est une
k-algèbre lisse. (Si K est une extension de type fini de k, utiliser la prop. 1 du Q: 3, no 2. Dans le
cas général, écrire K comme réunion d'extensions de type fini de k et utiliser l'exercice pré-
cédent.)
b) Soit A un anneau local séparé et complet contenant un corps k. Utilisant a), prouver que A
possède un corps de représentants. Si le corps résiduel de A est une extension séparable de k,
alors A possède un corps de représentants contenant k.

5) Soient A un anneau local noethérien contenant un corps k, et m l'idéal maximal de A. On


suppose que A est une k-algèbre formellement lisse (le corps k étant discret).
a) Soient K un corps de représentants de l'anneau A/m2 (exerc. 4 b)), et x, , ..., x, des éléments
de m dont les images forment une base du K-espace vectoriel m/m2. Soient K[X,, ..., X,]
l'anneau des polynômes en d variables X,, ..., X,, n son idéal engendré par XI, ..., X,, et cp
l'homomorphisme de K[X,, ..., X,] dans A/mZ qui à X, associe xi pour 1 < i < d et induit
l'identité sur K. Alors <p induit un isomorphisme de K[X, , ..., Xd]/n2sur A/m2.
b) Pour tout entier n 2 1, il existe un homomorphisme $,:A -. K[X,, ..., Xd]/nn+' qui, par
passage aux quotients induise < p l . Un tel homomorphisme ,$I est surjectif. ,
c) Pour tout entier n > 1, la longueur du A-module A/mn+' vaut au moins (d n , et yon a
dim(A) 2 d.
d) Pour toute extension k' de degré fini de k, et tout idéal maximal m' de l'anneau semi-local
A Qk k', l'anneau local (A Q, kt),,,.est régulier.

6) Soient k un corps et K une extension de k. On suppose que K est une k-algèbre lisse. Soit k'
une extension algébrique de degré fini de k.
a) L'anneau K Q, k' est produit d'un nombre fini d'anneaux locaux artiniens, qui sont des
k'-algèbres lisses (utiliser l'exerc. 2, p. 79.
b) L'anneau K Q, k' est réduit (utiliser l'exercice précédent).
c ) Le corps K est séparable sur k.

7) Soient k un corps, P son sous-corps premier, K une extension de k. Alors les conditions
suivantes sont équivalentes :
a) Toute dérivation de k dans un K-module M s'étend de façon unique en une dérivation de K
dans M.
b) On a Qp(K) = Qp(k) Q, K.
c) Le corps K est séparable sur k et Q,(K) = 0.
Si k est de caractéristique 0, ces conditions sont aussi équivalentes à la condition :
d) Le corps K est une extension algébrique de k.
Si k est de caractéristique non nulle p, elles sont aussi équivalentes aux conditions :
e) K = k Q,, KP.
f ) Toute p-base de k est aussi une p-base de K.
8) Soient k un corps et K une extension de k. On dit que K est formellement étale sur k si, pour
toute k-algèbre A, tout idéal a de A, de carré nul, et tout k-homomorphisme u de K dans A/a, il
existe un unique k-homomorphisme v de K dans A qui donne u par passage au quotient.
a) Si K est formellement étale sur k, les conditions équivalentes de l'exercice précédent sont
vérifiées. (Si M est un K-module, considérer la k-algèbre dont le k-espace vectoriel sous-jacent
est K @ M, M en étant un idéal de carré nul.)
b) Inversement, si les conditions équivalentes de l'exercice précédent sont vérifiées alors K
est formellement étale sur k. (Le corps K étant séparable sur k, l'exerc. 4 permet de prouver
l'existence de v.)
c) Soit B = (b,),,, une famille d'éléments de K telle que (db,),, soit une base de Q,(K) sur K.
Si K est séparable sur k, alors k(B) est une extension transcendante pure de k (utiliser le th. 2
de A, V, p. 125, le th. 1 de A, V, p. 97 et l'exerc. 6 de A, V, p. 165) et K est formellement étale
sur k(B).

9) Soient A un anneau local d'égales caractéristiques, m, son idéal maximal et k un sous-corps


de A. Alors le corps résiduel K, est une k-algèbre. On dit que k est un corps de représentants
faible de A si K, est formellement étale sur k (exerc. 8).
a) Si A possède un corps de représentants faible k, alors le séparé complété Â de A possède un
unique corps de représentants contenant l'image de k dans A.
b) Soit B un anneau local inclus dans A, d'idéal maximal m, = mA n B. Si K, est une extension
séparable du corps résiduel K, de B, tout corps de représentants faible de B est contenu dans un
corps de représentants faible de A (utiliser l'exerc. 8, c)).
c ) Soit B un anneau local inclus dans A, d'idéal maximal m, = m, n B. Supposons en outre
que A soit de caractéristique p non nulle et contienne Bp.Alors il existe un corps de représentants
faible de A qui contienne un corps de représentants faible de B.

1) Soit A un anneau semi-local noethérien intègre de dimension 1.


a ) La clôture intégrale de A est une A-algèbre finie si et seulement si le complété Â de A est
réduit. (Si A est réduit, utiliser le corollaire du th. 2 du (3 4, no 2. Pour l'implication dans l'autre
sens, se ramener au cas où A est intégralement clos, et raisonner comme dans la démonstration
du th. 3 du 9: 4, no 4).
b) Les trois conditions suivantes sont équivalentes :
(i) A est un anneau japonais;
(ii) A_ est un anneau de Nagata ;
(iii) A est réduit et si q,, ..., q, sont les idéaux premiers minimaux de Â, alors les corps ~ ( q , )
sont des extensions séparables du corps des fractions de A.

2) Soit A un anneau local noethérien de dimension 1. Alors les conditions suivantes sont
équivalentes :
a) A est régulier;
b) A est intégralement clos ;
c) A est un anneau de valuation discrète.

3) On dit qu'un anneau A est normal si Vanneau A, est intégralement clos pour tout idéal
premier p de A.
a ) Un anneau normal A est réduit et tout idéal premier p de A contient un seul idéal premier
minimal de A. Pour tout idéal premier minimal p de A, l'anneau A/p est intégralement clos.
b) Un anneau noethérien normal A est isomorphe ii un produit d'un nombre fini d'anneaux
noethériens intégralement clos.
c) Soient A un anneau noethérien normal et a un élément de A. Alors Ass,(A/aA) ne contient
pas d'idéal premier immergé (IV, 9 2, no 3, remarque).
54 EXERCICES

4) Soit A un anneau. On considère sur A les deux conditions suivantes :


(RI) Pour tout idéal premier p de A de hauteur < 1, I'anneau.A, est régulier.
(S2) L'ensemble AssA(A)et, pour tout élément simplifiable a de A, l'ensemble Ass,(A/aA) ne
contiennent pas d'idéal premier immergé.
Un anneau noethérien normal (exerc. 3) vérifie (Rl) et (S2). (Utiliser les exerc. 2 et 3, c).)

5) Soit A un anneau noethérien vérifiant les conditions (Rl) et (S2).


a) Montrer que A est réduit.
b) Soit a un élément simplifiable de A. Si un élément x de A est tel que son image dans A,
appartienne à UA, pour tout p E Ass,(A/aA), alors x appartient à UA. (Utiliser IV, 4 2, no 3,
prop. 5.)
c) Prouver que A est intégralement fermé dans son anneau total des fractions R. (Si a, b, cl, ..., c,
sont des éléments de A vérifiant
(i) b est simplifiable dans A,
+
(ii) (bK1a)" c,(b-'a)"-' + ... + c, = O dans R,
alors prouver successivement qu'on a a E bAp pour tout idéal premier p de hauteur 1 de A,
puis qu'on a a E bA.)
d) Prouver que A est normal. (Remarquer qu'un idempotent de R est entier sur A.)

6) a) Soient A un anneau, M un A-module fidèle et noethérien. Montrer que A est un anneau


noethérien.
b) Soient A un anneau et M un A-module fidèle de type fini. On suppose que pour toute suite
croissante d'idéaux (a,),,, de A, la suite des sous-modules (a,M),, de M est stationnaire. Alors A
est un anneau noethérien. (Par a), il suffit de prouver que M est un A-module noethérien. Se
ramener au cas où pour tout idéal non nul a de A, le A-module M/aM est noethérien et où,
pour tout sous-module non nul N de M, le A-module M/N n'est pas fidèle.)
c ) Soient B un anneau noethérien et A un sous-anneau de B tel que B soit une A-algèbre finie.
Alors A est un anneau noethérien. (Ceci permet de supprimer l'hypothèse que A soit noethérien
dans la prop. 2 du § 4, no 1.)

7) Soient A un anneau de Krull et P l'ensemble de ses idéaux premiers de hauteur 1.On suppose
que pour tout idéal premier p E P, l'anneau A/p est noethérien, et on note K le corps des
fractions de A. Prouver que A est noethérien.
(Soient p E P et x E K tels que v,(x) = 1 et v,(x) < O pour q E P - {p}. Posons B = A[x].
Alors on a les propriétés suivantes :
(i) p = xB n A ;
(ii) l'inclusion de A dans B induit, .
par passage aux quotients, un isomorphisme de A/p
-

sur B/xB ;
(iii) pour tout entier n 2 0, l'anneau B/xnB est noethérien;
(iv) pour tout entier n > O, l'anneau A/(xnB n A) est noethérien (utiliser l'exerc. 6);
(v) pour tout entier n > O, le A-module A/p(") est noethérien. On rappelle qu'on pose
p = A n pnAP, cf. IV, 3 2, exerc. 18.)
8) Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions. Soient B un anneau et <p :A + B
un homomorphisme d'anneaux qui fasse de B un A-module fidèlement plat. On suppose que B
n'a qu'un nombre fini d'idéaux premiers minimaux p l , ..., p,. Pour 1 6 i 6 n, on pose
Bi = B/p,, on note Li le corps des fractions de Bi et L l'anneau produit des Li. Enfin, on note
-
A la clôture intégrale de A, Bicelle de Bi.
a) L'homomorphisme de A dans L déduit de <p est injectif, et se prolonge en un homomor-
phisme injectif $ de K dans L.
b) On a A = +-'(fi Bi).(On pourra prouver que si x $-'(fi
~~

i=l
~
Bi) et si x' est son image
E - -
i=l
dans K 8, B, il existe un polynôme unitaire P à coefficients dans B tel que P(xf)soit nilpotent
dans K 8 , B.)
UOUKBAKI. - Algèbm m,»i>ii<lolive. - 7
9) Soient A un anneau noethérien intègre, K son corps des fractiong E une extension finie de K,
et A la fermeture intégrale de A dans E.
a) Si A est un anneau local de complété Â, alors (Â 0,A),,, est une Â-algèbre finie '. (Se
ramener au cas où K = E. Utilisant III, 9 3,4,;! cor. 2 du th. 3, prouver que les è l é ~ e n t non
s nuls
de A ne sont pas diviseurs de zéro dans A,,,. Prouver alors qu'il existe un A,,,-homomor-
phisme injectif de (Â 0,A),,, dans l'anneau total des fractions de Â., Conclure.)
h ) Pour tout idéal premier p de A, la ~(p)-algèbre (A @,~(p)),,,est finie. (Se ramener au cas
où A est local d'idéal maximal p. Remarquer alors que (A 8,~(p)),,, est un quotient de
6 @A Â), o K(P).)
10) Soient A u~ anneau noethérien local intègre, Â s_oncomplété, p,, ..., p, les idéaux premiers
minimaux de A, et pour 1 d i d n, posons Bi = A/pi.
a) L'anneau Bi est japcnais.
b) La clôture intégrale Bi de Bi est un anneau de Krull.
c) La clôture intégrale A de A est un anneau de Krull. (Utiliser l'exerc. 8 et VII, 5 1, no 3,
exem~les3 et 4.)
d ) A n'a qu'un nombre fini d'idéaux maximaux et leurs corps résiduels sont des extensions
finies de celui de A. (Utiliser l'exerc. 9, b).)
e) Pour tout idéal premier p de A, il n'y a qu'un nombre fini d'idéaux premiers de A au-dessus
de p, et les corps K(Y)sont des extensions finies de ~ ( p )(Se. ramener au cas où A est local
d'idéal maximal p.)

11) Soient A un anneau noethérien intègre, K son corps des fractions, E une extension finie
de K, A la fermeture intégrale de A dans E.
a) Pour tout idéal premier p de A, il n'y a qu'un nombre fini d'idéaux premiers de A au-dessus
de p et les corps K(Y)sont des extensions finies de ~ ( p )(Se . ramener au cas où A est local
d'idéal maximal p et où E = K, et utiliser l'exerc. 10.)
b) Soit P l'ensemble des idéaux premiers de hauteur 1 de A. Si p E P, alors A, est un anneau
de valuation discrète.
c) On a A = n A, (dans E).
P ~ P

12) Soient A un anneau intègre, A sa clôture intégrale. Soient a , , ..., a, des éléments non nuls
de & b i'idéal fractionnaire 1 Aa, de A.
-
i= 1
a) Il existe un idéal fractionnaire a de A tel que aa, c a pour 1 d i d r. On a aussi Cai c iî pour
1 d i $ r ; on rappelle (VII, 5 1, no 1) que iï est l'intersection des idéaux principaux frac-
tionnaires contenant a.
b) Soit y un élément non nul de 6. Alors

Ay-' 3 n Aa;' et iïc iîy-'.


i= 1

C) O n a 6 c K
d ) Soit z un élément de A:xb. Alors A contient 6z.
e) On a b c A:(A:Ab).
f ) Soient '$ un idéal divisoriel de A et p = Y n A. Alors p est divisoriel dans A. (Par e), on
obtient p" c Y. Mais on a aussi p" c A.)

13) Soient A un anneau noethérien intègre, K son corps des fractions, A sa clôture intégrale,
f un élément non nul de A, Y un idéal premier de hauteur 1 de A contenant f,p i'idéal premier

' Pour tout anneau B, on note Br,, le quotient de B par l'idéal des éléments nilpotents
de B.
94 EXERCICES AC IX.81

v
A n de A. Prouver qu'on a p E AssA(A/fA) en se ramenant au cas où A est local, d'idéal
maximal p et en établissant successivement sous cette hypothèse les assertions suivantes :
a) @
' est divisoriel (utiliser I'exerc. 10, c)).
b) p est divisoriel (utiliser l'exerc. 12, f)).
c) Si a,, ..., a, sont des éléments non nuls de K tels que
r
A:p = A + Aui, o n a p = n (Ana;'A)
i= 1 i= 1
et il existe un indice i tel que p = A n a,: 'A.
d) Il existe un élément non nul g de A tel que p E AssA(A/gA).
p Ass~(A/fA).
14) Soient A un anneau noethérien intègre, K son corps des fractions, A sa fermeture intégrale
dans une extension finie E de K. Alors A est un anneau de Krull. (Utiliser l'exerc. 11, c) et,
pour prouver que tout élément j' de non nul, n'appartient qu'à un nombre fini d'idéaux
premiers de hauteur 1, se ramener au cas où f E A, E = K, et utiliser les exerc. 13, b) et 11, a).)

15) Soient A un anneau noethérien, B une A-algèbre entière n'ayant qu'un nombre fini d'idéaux
premiers minimaux p l , ..., p,. Pour 1 < i < n, notons qi l'image réciproque de p, dans A
et supposons que ~ ( p soit
~ ) une extension finie de ~ ( q ~Alors,
). pour tout élément x de B, le
sous-espace topologique V(x) de Spec(B) n'a qu'un nombre fini de composantes irréductibles.
(Se ramener au cas où B est intégralement clos et contient A, et utiliser l'exerc. 14.)

16) Soient A un anneau noethérien intègre, A sa fermeture intégrale dans une extension finie
de son corps des fractions, B un anneau contenant A et contenu dans À. On pose Y = Spec(B)
et X = Spec(A). O n se propose de prouver que Y est un espace noethérien. Soit (f,),,, une
suite d'éléments de B. Pour n E N, soit Un = Spec(B,_).,. l'ouvert de Y défini par 1,. Posons
U = U U,,, F,, = U - U U,. O n notera F,, l'adhérence de F,, dans Y, G,, l'image de F,,
i,tN OSrnS,,
dans X, Gnl'adhérence de G, dans X, B, l'anneau réduit quotient de B tel que Spec(Bn) = F,,
-
f , l'image de f, dans B,.
a) O n a F, = v(~,B,) n U pour tout n E N. -
b) Supposons que pour un entier n E N, F,, n'ait qu'un nombre fini de composantes
irréductibles. Alors V ( ~ B , )n'a qu'un nombre fini de composantes irréductibles. (Appliquer
le résultat de l'exerc. 15 en utilisant aussi l'exerc. 11, a).)
c) Pour tout n E N, F, n'a qu'un nombre fini de composantes irréductibles.
d) Si A, est l'anneau réduit quotient de A tel que Spec(A,) = G,,, alors les idéaux premiers
minimaux de A, appartiennent à G,.
e) Soient n E N et x un tel idéal premier minimal de A,. Alors il existe un entier n' > n tel que
F,, ne contienne aucun point de Y au-dessus de x, et x n'appartient pas à G,,. (Utiliser l'exerc. 11,
a).)
f ) Pour n assez grand, F, est vide.
17) Soient A un anneau noethérien intègre et a # O un élément du radical de A. On fait les
hypothèses suivantes :
(i) AssA(A/aA) contient un seul élément minimal p ;
(ii) UA, = pA, ;,
(iii) A/p est integralement clos ;
(iv) la clôture intégrale A de A est une A-algèbre finie ;
(v) si q est un idéal premier de hauteur 1 de & alors q n A est un idéal premier de hauteur 1
de A.
Prouver que l'on a À = AXA est intégralement clos) et UA = p (donc A/aA est intégralement
clos). Pour cela, établir successivement les assertions suivantes :
6
a) A, et À, sont isomorphes et = pK est l'unique- - premier de A au-dessus de p.
idéal
b) De plus est l'unique élément mi.nima1 de AssA(A/aA).
AC IX .82 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS

- -
- fait
c) En - est le seul élément de AssA(A/aA).
d) A/aA est intègre et aA = p. - -
e ) A/p et A/; sont isomorphes et l'homomorphisme canonique de A/aA dans A/aA est sur-
jectif.

18) Soient A un anneau noethérien intègre, x un élément non nul de A. On suppose que A
est séparé et complet pour la topologie xA-adique et que pour tout idéal premier
p E Ass,(A/xA), l'anneau A/p est japonais. Prouver que A est japonais. (Soit A la fermeture
intégrale de A dans une extension finie de son corps des fractions.
a) L'anneau A étant de Krull (p. 81, exerc. 14), soient 1),, ..., 1),,les idéaux premiers de hau-
teur 1 de A contenant x.
b) Soit pi = wi n A. Alors on a pi E Ass,(A/xA) et K ( Y ~est ) une extension finie de ~ ( p , ) .
(Utiliser les exerc. 11 et 13, p. 80.)
c) A/gi
- -est un Alpi-module de type fini.
d) A/xA est un A/xA-module de type fini.
e ) A est séparé pour la topologie xA-adique.
Conclure comme dans la démonstration du th. 1 du 3 4 no 2.)

19) Soient A un anneau noethérien, a un idéal non nul de A. On suppose que A est séparé
et complet pour la topologie a-adique et que A/a est un anneau de Nagata. Prouver que A
est un anneau de Nagata. On pourra raisonner comme suit :
a) On suppose que A est intègre et que pour tout idéal premier non nul p de A, l'anneau A/p
est japonais. Soit A la fermeture intégrale de A dans s e extension finie de son corps des
fractions. Alors, pour tout idéal premier non nul '$ de A, l'anneau A/p est une algèbre finie
sur l'anneau A/(!@n A). (Utiliser l'exerc. 11, a), p. 80.)
b) Avec les mêmes hypothèses et notations qu'en a), prouver que A est noethérien. (Utiliser
les exerc.
- -
7, p. 79 et 14, p. 81.) Puis, raisonnant comme dans l'exercice précédent, prouver
que A/aA est un A-module de type fini, que A est séparé pour la topologie ax-adique et que A
est un A-module de type fini.

20) Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A distinct de A , ~ Âle séparé complété de A


pour la topologie a-adique. Si A/a est un anneau de Nagata, alors A est un anneau de Nagata.
(Utiliser l'exerc. 19.)

21) a) Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions. Si K est de caractéristique non
nulle p et si E est une extension finie radicielle du corps des fractions rationnelles K(X), il
existe une extension finie radicielle F de K et une puissance q de p telle que F(X114)soit une
extension de E.
b) Soit A un anneau de Nagata intégralement clos. Alors l'anneau de polynômes A[X] est
japonais.
c) Soit A un anneau de Nagata intégralement clos. Alors tout anneau de polynômes
A[X,, ..., X,] en un nombre fini d'indéterminées est un anneau de Nagata.

22) Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A distinct de A. On suppose que A est séparé
et complet pour la topologie a-adique et que A/a est un anneau de Nagata. Alors tout anneau
de séries formelles restreintes en un nombre fini d'indéterminées est un anneau de Nagata.
(Utiliser III, 9: 4, exerc. 7, et les exerc. 20 et 21 ci-dessus.)

a l fractions, Â le
23) Soient A un anneau semi-local noethérien réduit, R son a n n e a ~ ~ t o tdes
complété de A. Pour que A soit réduit, il faut et il suffit que R 8, A soit réduit.

24) Soient A un anneau semi-local noethérien, Â son complété, x un élément non nul du
radical de A. On suppose que Ass,(A/xA) ne contient pas d'idéal premier immergé et que, pour
tout p E Ass,(A/xA), l'anneau A, est régulier et l'anneau ~ ( pQA
) A réduit. Alors A est réduit.
(Raisonner comme dans la démonstration du th. 3, (i) 3 (ii) du 9 4 no 4.)
94 EXERCICES AC IX.83

25) Soient A un anneau noethérien intègre, X l'espace topologique Spec(A),Nor(X) l'ensemble


des points p de A tels que l'anneau local A, soit intégralement clos. (Si la clôture intégrale de A
est une A-algèbre finie, alors Nor(X) est ouvert dans X, cf. V, 8 1,no 5, cor. 5.)
Soit f un élément non nul de A tel que l'anneau A[f -'] soit intégralement clos.
a) Si un idéal premier p de A ne contient pas alors p appartient à Nor(X).
b) Soit E l'ensemble des idéaux premiers p de A, associés à AIfA, de hauteur z 1 ou bien de
hauteur 1 et tels que A, ne soit pas régulier. Alors on a
Nor(X) = X - iJ V(p)
P ~ E
(Utiliser les exerc. 4 et 5, p. 79.)
c) Nor(X) est ouvert dans X.

26) Soient A un anneau noethérien intègre, X l'espace topologique Spec(A), Nor(X) le sous-
espace de X introduit à I'exerc. 25, A la clôture intégrale de A. On suppose qu'il existe un élément
non nul f de A telque l'anneau A[f - '1 soit intégralement c-s, et que pour tout idéal maximal
m de A, l'anneau A, est une A,-algèbre finie. Considérons A comme limite inductive filtrante
croissante de sous-A-algèbres finies, A = lim(Aj)j,,. Posons Xj = Spec(Aj)et soit G, l'image
dans X de X! - Nor(X:l. ---*

a) Nor(X,) eh ouvert'dzns Xi. (Utiliser l'exerc. 25.)


b) G j est fermé dans X.
c) Il existe un indicej, E J tel que l'on ait G, = n Gi.
J ~ J
d) a i t p E Spec(A). Alors pour j G J assez grand, G j ne contient pas p.
e) A est une A-algèbre finie.

27) Soit A un anneau local noethérien intégralement clos. On suppose en outre que A est un
anneau de Nagata. Soit x un élément du corps des fractions K de A, n'appartenant pas à A.
Soient B I'anneau AIX]et p un idéal maximal de B contenant x. Posons 1 = xA n A.
u) Soient X une indéterminée et Q le noyau de I'homomorphisme de A[X] dans B qui applique
X sur x. Alors Q est engendré par les polynômes de la forme aX - b, où a et b sont des éléments
de A tels que ax = b, et 1 = xA n A est engendré par les termes constants b de ces polynômes.
De plus l'inclusion de A dans B induit un isomorphisme de A/I sur BIxB.
b) L'idéal 1de A est divisoriel.
c) Ass,(B/xB) ne contient aucun idéal premier immergé.
d) Soit q un idéal premier de B, associé à B,/xB,. Alors q n A est associé à A/I et les anneaux
A q net~(B,,), sont des anneaux de valuation discrète.
e) B,/q est un anneau de Nagata. (Remarquer que B/(q n B) est isomorphe à A/(q n A).)
f ) Le complété de B,/q est réduit.
g) Le complété de B, est réduit et la clôture intégrale de B, est finie sur B,,. (Utiliser I'exerc. 24.)

28) Soient A un anneau local noethérien intégralement clos, K son corps des fractions, x un
élément de K - A, B l'anneau A[x] et p un idéal maximal de B. Soient a, b des éléments non
nuls de A tels aue bx = a.

El
a) L'anneau B - est intégralement clos.
b) Il existe un bo$nôme unitaire f à coefficients dans A tel que f (x) E p.
c) Soient E le corps obtenu en adjoignant les racines de f (X)à K, A' la fermeture intégrale de A
dans E, Br l'anneau Af[x]. Soit p' un idéal maximal de B' au-dessus de p. Alors la clôture inté-
grale de Bb, est finie sur Bb.. (Utiliser l'exercice précédent.)
d) La clôture intégrale de Bi est finie sur BfP.(Utiliser I'exerc. 26.)
e) La clôture intégrale de B, est finie sur B,.

29) Soient A un anneau de Nagata intégralement clos, et x un élément du corps des fractions
de A, n'appartenant pas à A. Soient B l'anneau A[x] et a, b deux éléments non nuls de A tels que
bx = a.
AC IX. 84 ANNEAUX LOCAUX NOETHÉRIENS COMPLETS

a) L'anneau B
El-
L J
est intégralement clos.

b) Pour tout idéal maximal m de B, la clôture intégrale de Bmest une Bm-algèbrefinie. (Utiliser
l'exercice précédent.)
c) La clôture intégrale de B est une B-algèbre finie. (Utiliser I'exerc. 26.)

30) Soit A un anneau de Nagata. Alors toute algèbre de type fini sur A est un anneau de Nagata.
(Uiiliser les exerc. 21, p. 82 et 29.)
31) Soient A un anneau noethérien intègre et A la fermeture intégrale ge A dans une extension
finie de son corps des fractions. Si A est de dimension au plus 2, alors A est un anneau noethé-
rien. (Utiliser l'exerc. 7, p. 79, l'exerc. 14, p. 81 et le théorème de Krull-Akizuki (cJ. VII, 4 2,
no S).)

32) Soient A un anneau local noethérien intègre et K son corps des fractions. On suppose K de
caractéristique p non nulle. On suppose que A$ un anneau de Nagata et on note A le complété
de A. Soient p un idéal premier minimal de A et L le corps des fractions de A/p. Soient k un
corps de représentants faible de A, k' le corps de représentants de A contenant l'image de k
dans  (p. 78, exerc. 9, a)). Alors K est séparable sur k si et seulement si L est séparable sur k'.
(Remarquer que L est séparable sur K puisque A est un anneau de Nagata. Si K est séparable
sur k, prouver que toute dérivation de k' dans L s'étend en une dérivation de L dans L.)

APPENDICE

1) Soit 1un ensemble préordonné non vide filtrant à droite et soit (A,, qp,) un système inductif
d'anneaux relatif à 1. Pour chaque indice a dans 1, on se donne un idéal q, de A,. On suppose
qu'on a cpp,(q,) Ag = qP pour P. > a. On note A la limite inductive des A,, et pour a E 1, on
note q, :A, -+ A I'homomorphisme canonique. On pose

a) Si pour tout a E 1, q, est un idéal maximal de A,, alors q est un idéal maximal de A.
b) Si pour tout a E 1, q, est contenu dans le radical de A,, alors q est contenu dans le radical
de A.
c) Si pour tout a E 1 et tout $ E 1, tels que > a, I'homomorphisme qp, est fidèlement plat,
alors pour tout a E 1, q, est fidèlement plat.
Nous supposerons désormais que l'hypothèse de c) est vérifiée.
d) Si pour tout a E 1, A, est séparé pour la topologie q,-adique, alors A est séparé pour la
topologie q-adique.
e) Si pour tout a E 1, A, est noethérien et si A/q est noethérien, alors (1 + q)-'A est noethérien.
(Raisonner comme dans la démonstration de la prop. 1 de l'Appendice en utilisant en outre
le résultat suivant, qu'on démontrera :
Soient B un annea? commutatif, pun idéal de B, fi le séparé complété de B pour la topologie
p-adique, et i: B + B l'application canonique. Alors il existe un et un seul homomorphisme
d'anneaux_j :(13 p)-'B + B qui prolonge i Pour tout idéal maximal m de (1 + p)- 'B,
on a j(m) B # B.)

2) Soient A un anneau local, B un gonflement de A. Si A est séparé (pour la topologie définie


par I'idéal maximal nt,), B est séparé (pour la topologie définie par l'idéal maximal m,).

3) Soient k un corps imparfait de caractéristique p > O et R = k[T],,,. Soit a un élément


de k qui n'est pas une puissance p-ième. Montrer que l'anneau A = R[X]/(XP - aTP)est
local, intègre, et de corps résiduel k. Montrer que l'anneau B = A[Y]/(Yp - a), qui est un
gonflement de A, n'est pas réduit.
&P. EXERCICES AC IX.85

4) Soit A un anneau local muni d'une valuation v,. Soit B un gonflement de A. Montrer que
la valuation v, se prolonge, de manière unique, en une valuation v, de B, et que les groupes
de valeurs v,(A) et v,(B) coïncident. Si A est un anneau de valuation discrète, d'uniformisante x,
B est aussi un anneau de valuation discrète, dont une uniformisante est l'image de x dans B.

5) Soit A un anneau local, de corps résiduel K(A).Soit B un gonflement de A, de corps résiduel


K m .
a) Si K(B) = K(A),on a A = B.
b) Si K(B)est algébrique sur K(A),la A-algèbre B est entière.
c) Si K(B)est de degré fini sur K(A),B est un A-module libre ayant pour rang le degré de K(B)
sur K(A).

6) Soit A un anneau local de corps résiduel k. Soit 1 un ensemble d'indices. Montrer que
l'anneau A](X&,[ (cJ: App., exemple 2) qui est un gonflement de A, a pour corps résiduel
l'extension transcendante pure k((XJis,)de k.
Index d.es notations

Chapitre V III Reg(A), Sing(A) : VIII, p. 96, exerc. 16.


Lis(A) : VIII, p. 98, exerc. 25.
-
~ ( p )mA,
, K ~SM , : VIII, p. 1. a : VIII, p. 105, exerc. 9.
dim kr(X), dim(X) : VIII, p. 2.
dimdX) : VIII, p. 2.
codim(Y,X) : VIII, p. 4. Chapitre IX
dim(A) : VIII, p. 6.
dim,(A) : VIII, p. 6.
ht(a) : VIII, p. 8.
dimA(M), d i m ( ~ :)VIII, p. 10. s"; P,, In, F, : IX, p. 4.
[Y], Z(A) : VIII, p. 11.
z(M), Zsd, Z,, z a d , Z d: VIII, p. 11 SA,PA,l,, W(A), Wb), pN : IX, P. 6.
sr,,rd
e,esd,ead, : VIII, p. 12.
(PM) (condition) : VIII, p. 13.
FA,VA, F, V : IX, p. 8.
Z,V,(A),.rA,~: IX,p. 11.
W.(A) : IX. p. 12.
A((+)), (il VI11, p. 38.
L- J
:

F 6 G (pour F et G dans Z((T))) : VIII, p. 39. I(C) :Ïx, p. 18.


PM,Q, : VIII, p. 40. AIX[ : IX, p. 37.
c, : VIII, p. 41. A](X,),,,[ : IX, P. 39.
G"' : VI11, p. 43. sA: IX, p. 44, exerc. 15.
HM,, : VIII, p. 44. p, K ( 8 - '(A)), [O,a ) : IX, p. 45, exerc. 19.
HM,,: VIII, p. 44. 'UA: IX, p. 47, exerc. 22.
d,(M), e,(M) : VIII, p. 45. CWU(A): IX, p. 48, exerc. 23.
H,,, : VIII, p. 62. CW(A) : TX, p. 48, exerc. 24.
dimgr(H), htgr(p) : VIII, p. 63. J,@,jn,v,,@,:IX,p.50,exerc.28.
agr: VIII, p. 63. U(A), F,, V,, U(p) : IX, p. 52, exerc. 35 et 36.
M,, : VIIÏ, p. 65. xA : IX, p. 53, exerc. 37.
H, : VIII. o. 70. U,(A),.U,(A) ; U,,,(A) : IX, p. 53, exerc. 39.
e q ( ~ )eA(M),
, e(M) : VIII, p.72. pA, FA,f A : IX, p. 55, exerc. 41.
KM: VIII, p. 77. A(A), L : IX, p. 56, exerc. 42.
Specmax(A) : VIII, p. 81, exerc. 2. Rep,(A), R,(A) : IX, p. 64, exerc. 54.
dev(E) : VIII, p. 81, exerc. 4. Rep,(G), R,(G) : IX, p. 65, exerc. 55.
Kdev(M) : VIII, p. 81, exerc. 5. E(T), E,(a,T) : IX, p. 68, exerc. 58.
dim,(A) : VIII, p. 85, exerc. 16. A,,, : IX, p. 80, exerc. 9.
a,(n), d:(n), S,(T) : V111, p. 90, exerc. 7. Nor(X) : IX, p. 83, exerc. 25.
Index terminologique

Algèbre graduée régulière : VIII, p. 71.


Anneau caténaire : VIII, p. 9.
Anneau de Nagata : IX, p. 34.
Anneau de vecteurs de Witt : IX, p. 7.
Anneau de Witt universel : IX, p. 7.
Anneau équidimensionnel : VIII, p. 82, exerc. 10.
Anneau japonais : IX, p. 30.
Anneau local d'égales caractéristiques : IX, p. 28.
Anneau local régulier : VIII, p. 52.
Anneau noethérien régulier : VIII, p. 94, exerc. 6.
Anneau normal : IX, p. 78, exerc. 3.

Caténaire (anneau) : VIII, p. 9.


Caténaire (espace) : VIII, p. 5.
Chaîne : VIII, p. 1.
Codimension (de Y dans X) : VIII, p. 4.
Composante fantôme : IX, p. 7 et p. 12.
Corps de représentants : IX, p. 29.
Covecteurs de Witt : IX, p. 48, exerc. 24.
Covecteurs de Witt (unipotents) : IX, p. 48, exerc. 23.
Cycle : VIII, p. 11.

Décalage : IX, p. 8.
Déviation (d'un ensemble ordonné) : VIII, p. 81, exerc. 4.
Dimension (de Krull) d'un anneau : VIII, p. 6.
Dimension d'un anneau en un idéal premier : VIII, p. 6.
Dimension (de Krull) d'un espace : VIII, p. 2.
Dimension d'un module : VIII, p. 10.
Dimension valuative : VIII, p. 85, exerc. 16.

Eisenstein (polynôme d') : VIII, p. 56.


Equidimensionnel (anneau) : VIII, p. 82, exerc. 10.
Escalier : VIII, p. 92, exerc. 8.
Extrémités d'une chaîne : VIII, p. 1.

Famille sécante : VIII, p. 26.


Fermeture intégrale d'un idéal : VIII, p. 105, exerc. 9.
Fonction de Hilbert-Samuel d'un module filtré : VIII, p. 44.
Fonction de Macaulay : VIII, p. 90, exerc. 7.
Formellement lisse (algèbre) : VIII, p. 98, exerc. 30 et IX, p. 76, exerc. 2.

Gonflement d'un anneau local : IX, p. 38.


Gonflement élémentaire d'un anneau local : IX, p. 38.

Hauteur d'un idéal : VIII, p. 8.


Hironaka (lemme de) : VIII, p. 107, exerc. 22.
Hypersurface : VIII, p. 29.
lNDEX TERMINOLOGIQUE

Idéal premier au-dessus d'un autre : VIII, p. 1


Intersection complète : VIII, p. 103, exerc. 3.

Lieu singulier : V111, p. 96, exerc. 16.


Lisse (algèbre) : IX, p. 76, exerc. 2.
Lisse (idéal premier d'une algèbre) : VIII, p. 98, exerc. 23
Longueur d'une chaîne : VIII, p. 1.
Longueur d'un p-anneau : IX, p. 18.

h-anneau : IX, p. 59, exerc. 45.


h-idéal : IX, p. 63, exerc. 50.
h-morphisme : IX, p. 58, exerc. 45.
h-rang : IX, p. 59, exerc. 46.

Macaulay (fonction de) : VIII, p. 90, exerc. 7.


Macaulay (théorème de) : VIII, p. 93, exerc. 11.
Multiplicité (d'un module par rapport à un idéal) : VIII, p. 72.

Normal (anneau) : IX, p. 78, exerc. 3.

panneau : IX, p. 17.


Poincaré (série de) : VIII, p. 40.
Polynôme d'Eisenstein : VIII, p. 56.
Polynomiale à l'infini (application) : VIII, p. 88, exerc. 2.
Polynômes de Witt : IX, p. 1.
Pré-h-anneau : IX, p. 58, exerc. 45.

Régulier (anneau local) : VIII, p. 52.


Régulier (anneau noethérien) : VIII, p. 94, exerc. 6.
Régulière (algèbre graduée) : VIII, p. 71.
Représentants multiplicatifs : IX, p. 25.

Saturée (chaîne) : VIII, p. 1.


Sécante (famille, suite) : VIII, p. 26.
Série de Poincaré (d'un module gradué) : VIII, p. 40.
Série de Hilbert-Samuel (d'un module filtré) : VIII, p. 44.
Singulier (lieu) : VIII, p. 96, exerc. 16.
Sous-anneau de Cohen (d'un anneau local) : IX, p. 20.
Suite sécante : VIII, p. 26.
Superficiel (élément) : VIII, p. 79.
Superficiel d'ordre 6 (élément) : VIII, p. 79.
Système de coordonnées : VIII, p. 52.
Système de coordonnées gradué : VIII, p. 71.

Théorème de Chevalley : VIII, p. 101, exerc. 10.


Théorème de Nagata : IX, p. 32.

Vecteur de Witt : IX, p. 7.


Vecteur de Witt de longueur finie : IX, p. 12.
Table des matières

4 1. Dimension de Krull d'un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 . 1


1 . Dimension de Krull d'un espace topologique . . . . . . . . . . . . . VI11 . 1
2. Codimension d'une partie fermée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VIII.4
3 . Dimension d'un anneau, hauteur d'un idéal . . . . . . . . . . . . . . VITI .6
4. Dimension d'un module de type fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 . 10
5. Cycles associés a un module . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VIII . 1 1
5 2. Dimension des algèbres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VIII . 13
1 . Dimension et platitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VIII . 13
2. Dimension d'une algèbre de type fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 . 16
3. Dimension d'une algèbre entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 . 17
4. Algèbres de type fini sur un corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 . 19
5 3. Dimension des anneaux noethériens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. Dimension d'un anneau quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Dimension et suite sécantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Premières applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. Changements d'anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
5. Construction de suites sécantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
tj 4. Séries de Hilbert.Samue1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. L'anneau Z((T)). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Série de Poincaré d'un module gradué sur un anneau de
polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Série de Hilbert-Samuel d'un module bien filtré . . . . . . . . . . .
4. Degré de la fonction de Hilbert-Samuel . . . . . . . . . . . . . . . . .
5. Série de Hilbert-Samuel d'un module quotient . . . . . . . . . . . .
9: 5. Anneaux locaux réguliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. Définition des anneaux locaux réguliers . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Anneau gradué associé à un anneau local régulier . . . . . . . . .
3. Quotients d'anneaux locaux réguliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. Polynômes d'Eisenstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
"5. Structure des anneaux locaux noethériens réguliers complets,
tj 6. Dimension des anneaux gradués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 .62
1. Anneau filtré associé à un anneau gradué . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 .62
2. Dimension et chaînes d'idéaux gradués . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11.63
3. Dimension des modules gradués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 .65
4. Semi-continuité de la dimension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI11 .69
5. Algèbres graduées régulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VITI .70

Q: 7. Multiplicités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1 . Multiplicité d'un module relativement à un idéal . . . . . . . . . .
2. Multiplicités et extensions plates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Multiplicités et extensions finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. Multiplicités et suites sécantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
5. Eléments superficiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercicesduijl . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercicesdug2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercices du Q: 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercices du Q: 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercicesduij5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercicesdus6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercices du ij 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Q: 1 . Vecteurs de Witt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. Polynômes de Witt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Les applicationsf, v et CD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Construction de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. L'anneau W(A) des vecteurs de ~ i t. .t . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
5. L'homomorphisme F et le décalage V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
6. Filtration et topologie de l'anneau W(A) . . . . . . . . . . . . . . . . . .
7. Les anneaux W, (A) des vecteurs de Witt de longueur finie . . . .
8. L'anneau des vecteurs de Witt à coefficients dans un anneau de
. . .
caracteristique p . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Q: 2. Anneaux de Cohen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX . 17
1. p-anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX.17
2. AnneauxdeCohen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX.20
3. Existence et unicité des p-anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX .22
4. Représentants multiplicatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX .24
5. Structure des anneaux locaux noethériens et complets . . . . . . . IX .26
g 3. Corps de représentants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. Anneaux locaux d'égales caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Un théorème de relèvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Corps de représentants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
9: 4. Fermeture intégrale d'un anneau local complet . . . . . . . . . . . . . . . .
1. Anneauxjaponais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. ThéorèmedeNagata . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Quelques lemmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. AnneauxdeNagata . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Appendice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1. Limite inductive d'anneaux locaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Gonflement d'un anneau local . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. Existence des p-anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercicesdu$l . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercices du 5 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercices du Q: 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercicesdug4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercices de l'Appendice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Indexdesnotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Indexteminologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. .
Table des matieres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
~ N : E t e u r ~
120. boulevard Saint-Germain

1 75280 Paris Cedex 06


;ép& légal : Juin 1981 1
1 JOUVE
I8,nie Saint-Denis
75001 Paris
Dépôt légal : Juin 1983
No d'impression : 10714

Vous aimerez peut-être aussi