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i

Epigraphe

L'Unité africaine est, avant tout, un royaume politique qui ne peut être
conquit que par des moyens politiques. L'expansion sociale et économique
de l'Afrique ne se réalisera qu'à l'intérieur de ce royaume politique, et
l'inverse n'est pas vrai.

Kwame N’krumah

« Unis nous résistons ». Discours prononcé le24 mai 1963à l'ouverture du premier sommet
de l'Organisation pour l'Unité africaine (OUA) à Addis-Ababa, en Éthiopie.
ii

A mon brave père Alexandre ILUNGA TSHIPAMBA ;

A ma chère mère Marie MUTUAMBILE ;

Et à tous mes frères et sœurs ILUNGA(s),

Je dédie ce mémoire.

Ilunga wa Ilunga Alexandre- Junior


iii

Liste desSigles, abréviations et acronymes

ADIE  : Agence pour de développement d’information environnementale

APSA  : Architecture de paix et sécurité en Afrique

AC : Afrique Centrale

ACP : Afrique, Caraïbe, Pacifique

APE : Accord de Partenariat Economique

BCE  : Banque Centrale Européenne

CAE : Communauté d’Afrique de l’Est

CBLT  : Commission du Bassin du Lac Tchad

CCI : Contribution Communautaire d’Intégration

CDS  : Commission de Défense et de Sécurité

CEA : Commission Economique pour l’Afrique

CEEAC : Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale

CEDEAO : Communauté Economique pour le Développement des Etats de

l’Afrique de l’Ouest

CEMAC  : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale

CEPGL  : Communauté Economique des Pays de Grands Lacs

CER : Communauté Economique Régionale


iv

CICOS : Conférence Internationale pour le basin du fleuve Congo-Oubangui et de la


Sanga

CPR : Comité de Pilotage Régional

CPLP : Communauté des Pays de Langue Portugaise

COMESA : Common Market of East and Southern Africa

COPAX : Conseil de Paix et Sécurité de l’Afrique Centrale

COMELEC : Comité maghrébin de l’électricité

COREP  : Commission Régionale des Pêches du Golfe de Guinée

COMIFAC : Commission des Forêts d’Afrique Centrale

CRCN  : Conseil Régional de Coordination et de Négociation

CRESMAC  : Centrale de coordination Régional pour la Sécurité Maritime de

l’Afrique

DIPEM : Département Intégration, Physique, Economique et Monétaire

EM : Entreprises Multinationales

ECOSOC : Conseil Economique et Social

FOMAC : Force Multinationales d’Afrique Centrale

MARAC : Mécanisme d’Alerte Rapide d’Afrique Centrale

MICOPAX : Mission de Consolidation de paix en Centrafrique

NEPAD : Nouveau Partenariat Pour de Développement de l’Afrique


v

OCFSCA  : Organisation pour la Conservation de la Faune Sauvage d’Afrique

ONU : Organisation des Nations Unies

OIG : Organisation Inter- Gouvernementale

PAC- AC  : Politique Agricole Commune de l’Afrique Centrale

PRSA-AC  : Programme Régional de Sécurité Alimentaire

PAL : Plan d’Action de Lagos

PAM : Pacte d’assistance Mutuelle

DIPEM : Département Intégration, Physique, Economique et Monétaire

PDDAA : Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine

PDCT- AC : Plan Directeur Consensuel de Transport en Afrique Centrale

PFR : Point Focal Régional

PEAC : Pool Energétique d’Afrique Centrale

PPET : Programme Pilote d’Electrification

PMA : Pays Moins Avancés

PRSA- AC : Programme Régional de Sécurité Alimentaire de l’Afrique Centrale

PUC : Presses Universitaire du Congo

PUF : Presses Universitaires de France

PUZ : Presses Universitaires Zaïroise

PVD : Pays en Voix de Développement


vi

RAPAC : Réseau des Aires Protégés d’Afrique Centrale

RDC : République Démocratique du Congo

REPAC : Réseau des Parlementaires de l’Afrique Centrale

SADC : Communauté de Développement de l’Afrique Australe

TEC : Tarif Extérieur Commun

TIC : Tarif Intérieur Commun

TIC : Technologie de l’Information et de la Communication

TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée

UA : Union Africaine

UDEAC : Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale

UE : Union Européenne

UMA : Union du Maghreb Arabe

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest- Africaine

ZEL : Zone de Libre-Echange


vii

Remerciements

Nous sommes redevable de l’aide apporté par notre directeur de mémoire le professeur Jean-
Désiré Ingange wa Ingange ainsi que à l’assistant Jean-Pierre Munzongo pour son
encadrement. Un grand merci au Chef des travaux Bob Yondar, car c’est en participant au
séminaire que nous avons pu étoffer notre mémoire. Ma gratitude à Valérie Ntumba
Tshipamba pour son amour, son soutien et son attention. Nous tenons également à exprimer
notre gratitude à nos amis qui ont concourus d’une manière ou d’une autre à l’élaboration de
ce mémoire :Cédric Kana et Sarah Kalonzo Meta.Toute ma reconnaissance à mes parents et
ma famille pour leur soutien matériel et leurs encouragements.

Ilunga wa Ilunga Alexandre- Junior


1

INTRODUCTION

Depuis plusieurs décennies, l’Afrique Centrale s’est résolument tournée vers l’intégration
régionale pour faire face au défi de la mondialisation. Cette voie est en effet considérée
comme stratégique pour promouvoir un développement durable et inscrire positivement
l’Afrique dans la mondialisation. Cependant, en dépit de ces enjeux, l’Afrique n’arrive
toujours pas à réussir une véritable intégration car les différents projets allant dans ce sens
n’ont pas apporté les résultats escomptés. Voilà ce qui justifie le dévolue porté sur ce sujet
qu’est l’évaluation de l’action de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique
Centrale dans l’intégration de la région, sujet qui exige pour être bien abordé que soient
détailler la revue de la littérature(1),poser la problématique(2), formuler les hypothèses(3),
ressortir l’objet et intérêt du sujet(4), préciser la méthodologie des recherches (5), délimiter
le champ d’étude (6) et énoncer le plan(7).

1. Revue de la littérature

Les théories relatives à l’intégration régionale sont développées surtout autour des zones de
libre-échange et des unions douanières. Pourtant la notion de l’intégration requiert des
implications politiques qui ne sont forcément pas les zones de libre-échange et des unions
douanières.

Selon le professeur Ndeshyo, l’intégration régionale est une contrainte résultant de


l’intensification des échanges de biens et services et de l’accélération des mouvements des
capitaux, la perspective de la signature des accords de partenariat économique. Ainsi en
évaluant la CEEAC, l’auteur conclut que cette communauté n’a pas atteint un niveau
significatif de l’intégration économique qu’est la Libre Circulation de Personnes et de
Biens1.

Fulbert Sassou dans son analyse, ressort que dans la gestion autonome des Etats africains
depuis leur accession aux indépendances, aucun n’est devenu une puissance industrielle

1
Ndeshyo Ruhihose (O), Manuel de Droit Communautaire africain Tome I introduction générale : objet, sources,
caractéristiques et domaines, éd. Etat et Société, Kinshasa, 2011, p.285.
2

faute d’une prise de conscience des différences des économies africaines très faibles2. Ce qui
nous paraît être à la base de la faiblesse des organisations internationales d’intégration
africaines, si l’on s’en tient à l’approche de cet auteur.

Pour Hervé Dévillé une intégration n’est complète que lorsqu’il y a un marché commun
compléter par une union de sa politique fiscale et monétaire, l’élaboration de différents
schémas de coopération et de coordination macroéconomique ayant comme but final la
création d’une politique commune couvrant les domaines le plus important des politiques
économiques.3

Si plusieurs études montrent que l’action de l’intégration ne se résume que par les échanges
commerciaux, les zones de libre-échanges, les unions douanières, bref par l’intégration
économique ; cependant il semble que l’intégration politique a précédé de loin l’intégration
économique. La théorie de l’intégration trouve ses origines dans les sciences politiques
contemporaines dans le domaine des relations internationales4.Cela est d’autant vrai car
estiment les professeurs Ndeshyo et Ntumba Luaba, le sous-développement économique
africain est étroitement lié au sous- développement politique. Ils arguent en disant, les
régimes politiques africains demeurent dans leur large majorité fort récents, autoritaires,
personnalisés, dépendants et instables.5

Ainsi donc, l’originalité de cette étude résulte de fait qu’elle évalue l’action de la CEEAC
aussi bien sur l’aspect politique qu’économique. Car après la redynamisation de cette
organisation, elle s’est assigné d’autres objectifs dans le domaine de la coopération, paix,
sécurité, et d’appui au processus électoral des Etats membres.

2
Sassou Attisso (F), De l’Unité de Nkrumah à l’Union africaine de Kadhafi, éd. L’Harmattan, Paris, 2008, p. 155.
3
Hervé Deville, L’intégration des espaces économiques, éd. Académia Bruylant, Paris, 2003, p.179.
4
Makthar Diouf, Intégration économique : perspective africaines, éd. Publisud , Dakar, 1984, p.17.
5
Ndeshyo Ruhihose, Ntumba Luaba et Dhendonga, L’antidérive de l’Afrique en désarroi, éd. PUZ, Kinshasa, 1985,
p.328.
3

2. Problématique

Alors que les idées de Kwame Nkrumah semblaient êtres rejetées au moment de la création
de l’OUA, elles ont été relayées par la suite, parMouammar al-Kadhafi et, autour de lui,
AbdoulayeWade. Ces derniers militants pour la création des États-Unis d’Afrique. 6Ils ont
cependant rencontré des résistances faceà une autre tendance qui est de l’unification
graduelle de celle-ci.

De ce fait, il se produit à l’échelle de l’Afrique deux courants doctrinaux. A côté de ceux qui
rêvent, sous une forme ou sous une autre, de la création d’un corps politique organisé,
d’autres auteurs pensent qu’il est préférable, dans un premier temps, d’habituer les Etats à
coopérer en créant dans tous les secteurs d’activités où les besoins d’une action commune est
indispensable, des organisations internationales aussi nombreuse et aussi variées que la
nature des problèmes à traiter. L’idée est qu’en multipliant les liens économiques on
habituera les peuples à prendre conscience qu’au-delà de l’ethnie, de la nation, de l’Etat, il
existe des communautés plus vaste et plus aptes à transcender les différences et à éviter des
conflits7. Ce qui nous rappelle les termes des tenants de la seconde thèse : Soyons réalistes,
nous tenons à souligner qu’en ce moment l’idée de former une union des Etats unis
d’Afrique est prématurée. Il faut préparer les esprits dans les divers pays africains. Partir
du connu pour arriver à l’inconnu.Disait Houphouët Boigny.

Ce point de vue semble ne pas apporter des réponses attendues pour résoudre les problèmes
qui ont milités à la création de l’OUA. Selon Professeur Gonidec, il y a quelque naïveté à
vouloir séparer ce qui est politique et ce qui est technique car tout se tient. Parce qu’il ne sert
pas à grand-chose, par exemple, de développer l’éducation par le moyen d’une organisation
internationale telle que UNESCO, si par ailleurs ceux qui en sont les bénéficiaires ne
trouvent pas des emplois correspondant à leurs capacités.

Ces divergences des vues démontrent que la quête permanente de l’unité africaine s’est
heurtée à d’énormes difficultés qui ont actionné l’adoption du Traité d’Abuja qui institua la
Communauté Economique d’Afrique en 1991 qui prévoyait l’union africaine comme étant le
6
Ndeshyo Ruhihose (O),Manuel de Droit Communautaire africain, op.cit, p. 311.
7
Gonidec (P.F.), Les organisations internationales africaines, éd. L’Harmattan, Paris, 1987, pp.29-S.
4

point d’achèvement de l’intégration du continent africain en l’an 2025. C’est dire que de
l’OUA à l’UA, le mobile demeure le même, une Afrique unie. A l’heure actuelle, les
antagonismes sont mis des côtés, et c’est l’impérative unité de l’Afrique qui est visée au
regard du régionalisme et de la mondialisation ; et les dirigeants africains en voient la
nécessité d’accélérer l’intégration de l’Afrique. Aussi le NEPAD, outre sa mission
traditionnelle, ce programme se veut un appui aux efforts des Etats membres des
communautés économiques régionales afin de créer un environnement favorable à
l’intégration du continent.

A ce titre, l’intégration régionale apparaît comme la réponse la plus adéquate au-delà de


l’Etat-nation post colonial. Ce mécanisme, au regard de la taille des pays africains,
permettrait à ces derniers de faire ensemble ce qui, à l’échelle d’un seul Etat, aurait été
difficile, voire impossible à réaliser. Malgré l’échec de certaines organisations des premières
heures, cette espérance demeure chez les africains.

A la lumière du Plan d’Action de Lagos qui avait préconisé la création d’institutions


multinationales africaines, l’Acte Final de Lagos considèrera la création et le renforcement
des communautés économiques régionales comme une étape vers l’établissement progressif
d’un marché commun africain, prélude à une communauté économique africaine8.

Cette situation a permis à l’OUA de se faire donc l’idée de diviser l’Afrique en cinq grandes
régions pour accélérer l’intégration de tout le continent : Nord, Ouest, Centre, Est et Sud9
bien que la contigüité géographique ne suffit pas à elle seule pour justifier cette subdivision.
Du reste, cette subdivision traduit l’idée selon laquelle il faut doter chaque région de sa
propre communauté appelée à intégrer ses Etats membres pour qu’à la fin des intégrations de
ces régions, que l’Afrique toute entière soit intégrée.

Toutefois note François Borella, l’évolution de l’unité africaine peut se résumer en deux
propositions : les Etats africains ont provisoirement à toute fusion entre eux, les formules
fédérales et les structures trop rigides avaient fait la preuve de leur inadaptation à la réalité
8
Ndeshyo Ruhihose, Ntumba Luaba et Dhendonga, L’antidérive de l’Afrique en désarroi, op.cit, p.104.
9
Ndeshyo Ruhihose. et Ntumba Luaba, La stratégie de l’organisation de l’unité africaine pour le développement, éd.
PUZ, Kinshasa, 1981, p.42.
5

actuelle ; aucune tentative nouvelle n’est enregistrer. Quant aux regroupements fonctionnels,
leur évolution se marque par un échec évident des regroupements à fonction essentiellement
politique et un succès fragile de ceux dont les fonctions sont économiques et techniques10.

C’est alors queles dirigeants de l'UDEAC (Union Douanière et Economique de l’Afrique


Centrale) se sont accordés sur le principe pour former une communauté économique plus
large des Etats d'Afrique centrale qu’est la Communauté Economique des Etats de l’Afrique
Centrale.Etant reconnue par l’U.A comme un vecteur de l’intégration, l’objectif
fondamental poursuivi par la CEEAC concerne la promotion et le renforcement d’une
coopération harmonieuse et un développement dynamique, équilibré et autoentretenu dans
tous les domaines de l’activité économique et sociale en vue de réaliser l'autonomie
collective et d'élever le niveau de vie des populations11.

Considérant la nécessité et l’importance de l’intégration africaine, quels sont les différents


objectifs que s’est assigné la CEEAC ? Quel est l’état de son action dans l’intégration sa
région ? Quels en sont les obstacles ? A quel degré d’intégration se trouve la CEEAC après
plus d’un tricennal ?

Malgré les nobles objectifs, la dynamique de l’intégration de cette région semble


foncièrement marquer un recul certain qui s’est manifesté par sa longue léthargie ; car le
fonctionnement de ses institutions a été mis en veilleuse pendant toute une décennie, et la
Cour supranationale que le traité institue n’a jamais vu le jour.

3. Hypothèses

Certes, la CEEAC conduit le processus d’intégration régionale de l’Afrique Centrale


préconisée par l’Union Africaine et il y est reconnu. Elle s’est donné, outre ses missions

10
François Borella, « Le Regroupements africains et l’OUA », lu sur www.persée.fr, annuaires français de droit
international, le 4 mai 2015.
11
Article 4 alinéa 1 du Traité instituant la CEEAC.
6

traditionnelles de coopération et d’intégration régionale, celle de la promotion de la paix et


de la stabilité en Afrique centrale, ainsi que celle de l’appui au processus électoral dans les
Etats membres.

Nous sommes aussi d’avis que l’Afrique centrale est le carrefour de toutes les autres quatre
régions du continent africains. A elle seule, elle conditionne le succès de l’intégration à
l’échelle de l’Afrique toute entière. Autrement dit, sans une Afrique centrale intégrée, il n’y
aurait pas de convergence des autres régions pour l’intégration d’un marché commun
africain12.C’est-à-dire la CEEAC occupe une place charnière et stratégique en Afrique. Elle
est la seule région limitrophe de toutes les autres régions du continent. Ainsi, à travers le
Cameroun, et le Tchad, elle sert de passerelle vers l’UMA et la CEDEAO. Le Burundi, la
RCA, la RDC et le Rwanda permettent de relier le COMESA, alors que l’Angola et la RDC
se prolongent jusqu’en Afrique Australe (SADC). Cette situation géographique particulière
explique en partie la multi appartenance de certains pays aux CER limitrophes. En effet,
outre la CEEAC, à laquelle tous les pays d’Afrique centrale sont rattachés, le Burundi, la
RDC et le Rwanda sont membres du COMESA, tandis que l’Angola et la RDC
appartiennent aussi à la SADC. Enfin, la RCA et le Tchad sont membres de la Communauté
des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD)

Cependant, la CEEAC qui doit jouer un rôle très important, semble jusque là marquer un
recul et n’avoir pas donné les résultats escomptés.

La difficulté insurmontable de l’étude de l’intégration internationale note le professeur


Ndeshyo, réside dans l’incertitude de mesurer et de quantifier l’existence de la volonté
politique des acteurs et décideurs nationaux en faveur de l’intégration régionale. A y
regarder de plus près, le retard de l’intégration de la CEEAC serait la faible traduction dans
les faits de la volonté politique des Etats. Comme nous le savons ; la volonté politique est la
pièce maîtresse de l’intégration et en détermine son avenir. Cette difficulté semble être due
par-dessus tout du fait de l’instabilité des régimes politiques ainsi que les conflits
interétatiques de toutes sortes.

12
Ndeshyo Rurihose (O), Manuel de droit communautaire, op.cit, p.183.
7

La question de la stabilité régionale en Afrique centrale est intimement liée à l’autre question
de la paix13.L’Afrique Centrale est aujourd’hui le théâtre des conflits de tout- genres. Ce qui
justifie l’adoption de certains instruments visant à la stabilité de la région. C’est le cas de par
exemple du pacte de non-agression entre Etats de la CEEAC de Yaoundé 8 juillet 1996, du
pacte d’assistance mutuelle entre les Etats de la CEEAC (Malabo 24 février 2002), du projet
d’une force multilatérale de l’Afrique centrale (FOMAC).

Un autre problème auquel serait confrontée la CEEAC, est que la faiblesse des économies de
ses Etats membres traduit la dérive de cette organisation. La disparité d’économie faible des
Etats rendent difficile la réalisation de l’intégration. Les Etats dans leur majorité ne versent
plus ou carrément pas leurs cotisations. Ce qui nous amène à dire que les communautés
économiques régionales africaines sont pour l’Union Africaine ce que les Etas sont pour ces
communautés. Voilà ce qui serait à la base de la faiblesse de la CEEAC à rendre effective
l’intégration de sa région.

Le bilan de la CEEAC ne paraît pas fameux. S’il faut admettre les efforts de cette
communauté dans certains domaines comme les missions de paix et sécurité menées dans
quelques Etats membres, jusqu’à ce jour, elle n’a pas encore atteint l’étape de la libre
circulation de personnes et des biens. L’obstacle majeur ici étant le visa. Le commerce intra-
régional connait un faible taux de croissance faute d’une zone de libre-échange effective et
de l’union douanière chimérique.

En somme, nous sommes tentés de dire que les divergences d’intérêts, la disparité des
économies des Etats de la CEEAC, les différents conflits interétatique dans la communauté ;
frontaliers, ethniques, l’instabilité des régimes politique qui entraine parfois les conflits de
leaderships ne permettent nullement l’émergence de la CEEAC. Bien plus, nous disons sans
une harmonisation des vues politique ni la réévaluation des économies des Etats, sans une
paix dans la région, l’intégration ne sera qu’un colosse au pied d’argile.

4. Objet et intérêt du sujet

13
Biyoya Makutu (P), Diplomatie congolaise régionale : nouveaux fondement, défis et enjeux, Ed. L’Harmattan, Paris,
2008, p.155.
8

Il est nécessaire en liminaire de préciser l’objet de notre recherche avant de nous lancer à
l’intérêt que nous avons à exploiter un tel sujet.

Il sera question d’identifier les objectifs de la CEEAC. Faire une évaluation synoptique, voir
ce qui a été déjà fait et ce qui ne l’a pas encore été. Chercher à savoir le pourquoi et proposer
des pistes de solution afin de renforcer le processus de l’intégration de l’Afrique centrale.

Outre l’objet, la présente étude aura, d’une part, le mérite de mettre à la disposition de tout
intellectuel désireux de cogiter sur l’intégration régionale africaine un outil de travail
judicieux (intérêt théorique).D’autre part, ce travail appelle à la prise de conscience des
leaders africains de l’intérêt que présente l’intégration régionale en tant que facteur apte à
contribuer, non seulement à leur développement économique, mais également à leur
intégration dans l’économie mondiale. L’intégration et la coopération régionales peuvent
aider l’Afrique à résoudre un certain nombre de problèmes (intérêt pratique).

5. Orientation méthodologique

Toute recherche scientifique nécessite pour son aboutissement et sa cohérence, une certaine
méthodologie bien définie afin non seulement d’orienter son élaboration mais aussi de
faciliter son appréhension. Ainsi nous avons fait usage de certaines méthodes et techniques.

a. Méthodes

La méthode étant l’ensemble des opérations intellectuelles permettant d’analyser, de


comprendre et d’expliquer la réalité étudiée,14 nous avons ainsi utilisé les méthodes
suivantes :

 La méthode systémique. La CEEAC étant un élément du système d’intégration


africaine15, il nous a été impérieux d’utiliser d’abord la méthode systémique pour
autant elle fait observer en décrivant le fonctionnement détaillé d’un système dans
son ensemble ;
14
Loubet Del B (J-L), Initiation aux méthodes des sciences sociales, un document produit en version numérique par
Emile Tremblay, 2000, pp.27-32.
15
Lire à ce sujet le professeur Ndeshyo dans son ouvrage les systèmes d’intégration africaine.
9

 Ensuite la méthode fonctionnelle. Elle qui fait regarder de plus près, en décrivant les
fonctions liées à une institution, à un organe,… sur leurs activités ou sur l’énigme à
l’étude, cette méthode nous permet de dénudé les fonctions de la CEEAC, étudier ses
institutions afin de mener à bien l’évaluation de son action ;

 Enfin nous avons utilisé la méthode comparative. Celle-ci par définition fait
l’observation de deux ou plusieurs sujets, institutions, organisations de même nature
ou de nature différente pour établir la différence ou la ressemblance entre eux16. Cette
méthode nous permettra de cerner les avancées d’autres communauté économique
régionales dans l’intégration de leurs régions, mesurer l’ampleur de l’action de la
CEEAC, d’apprécier le rythme et le degré d’engagement des acteurs et appuyer les
actions qui sont déjà menée en ce sens.

a. Techniques

La méthode qui est certes une démarche qui conduit à la collecte des données, ne peut être
utilisée sans son outil qu’est la technique. Les techniques sont des outils utilisés dans la
collecte des informations qui devront, plus tard, être soumises à l’interprétation et à
l’explication grâce aux méthodes17.

Pour ce faire nous avons usés des techniques ci-après :

 Technique documentaire (non vivante) qui consiste à mettre un trait d’union entre le
chercheur et les documents contenant les informations se rapportant à la question
sous examen ;
 Technique de questionnaire (vivant) à travers laquelle nous avons élaboré les
questions d’investigation pour que le succès de notre recherche ne soit compromis ;
 Nous avons aussi utilisé la technique de l’information à travers laquelle nous
recueillons les données auprès des personnes ou organes censés les détenir.
16
Mukuna-Mutanda wa Mukendi (P), et Ilunga-Tshipama wa-Mbayi (B),Méthodologie de la recherche scientifique : de
la direction à l’évaluation d’un travail de fin d’étude, éd. Presse de la Funa, Kinshasa, 2005, pp.100-104.
17
J.W.Goode, Methods in social research, cité par Shomba Kinyamba in Méthodologie de la recherche scientifique : les
ficelles de captage et les logiques d’analyse des données, éd. PUK, Kinshasa, 2012, p.33.
10

6. Délimitation de la recherche

Restreindre son champ d’investigation ne devrait pas être interprétée comme une attitude de
faiblesse ou de fuite de responsabilité. Mais, bien au contraire, comme une contrainte de la
démarche scientifique. Toute démarche scientifique procède fatalement par un découpage de
la réalité. Il n’est pas possible d’étudier tout à la fois, ou, à partir d’un fait étudié, de
parcourir tous les éléments influents jusqu’aux extrêmes limites de la terre et jusqu’au début
des temps18.

Notre étude comporte une triple limitation. Celle-ci est à la fois temporelle, spatiale et
matérielle.

Temporellement, nous partirons de 1983 date à laquelle la communauté économique des


Etats de l’Afrique centrale a été instituée à nos jours. Du point de vue spatial, seule
l’Afrique centrale ferra l’objet de cette investigation. Cependant, dans cette étude
l’expression« Afrique centrale » ne peut s’entendre que selon la CEEAC. Nous écartons la
CEMAC pour autant qu’elle ne regroupe que les Etats qui ont pour monnaie le franc CFA,
quoiqu’étant en Afrique centrale. Aussi, nous écartons la CEPGL qui ne regroupe que les
Pays des grands Lacs.

Matériellement, notre investigation porte essentiellement sur l’actif de cette organisation


dans le processus de l’intégration de sa région de sa création jusqu’à ces jours.

7. Enoncé du plan

La présente étude, hors-mis l’introduction et la conclusion comprend quatre chapitres dont


l’architecture se présente comme suit :

- Chapitre I : Généralités sur l’intégration ;


- Chapitre II : Présentation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique
Centrale ;
- Chapitre III : Evaluation de l’intégration de la communauté ;

18
Shomba Kinyamba (S), op.cit, p.33.
11

- Chapitre IV : Problèmes et perspectives d’avenir.

CHAPITRE I: GENERALITES SUR L’INTEGRATION

L’intégration n’est pas un concept nouveau en sciences sociales. Sa définition soulève un


certain nombre de problèmes liés aux différentes formes et nuances qu’elle renferme. C’est
ainsi qu’on parle de l’intégration socioculturelle, de l’intégration professionnelle, de
l’intégration économique, de l’intégration politique etc. seules le deux dernières formes
d’intégration nous intéressent ici.
12

Section 1. Ebauche sur les notions et définition de l’intégration

Peu de mots ont eu la fortune de l’expression "intégration" dans le discours des juristes, des
politologues, des spécialistes de relations internationales et des leaders politiques en Afrique.
Cette omniprésence du terme dans le lexique ne rend cependant pas toute la clarté désirable
de la notion et de son contenu. Bien au contraire, la surexploitation de l’expression amène
souvent la confusion, d’où la nécessité d’esquisser la notion et relever quelques définitions y
relatives.

§1.Esquisse notionnelle de l’intégration

En liminaire, signalons qu’il arrive de fois, sans vouloir altérer le sens, que le concept
coopération soit employer en lieu et place de celui de l’intégration et vice versa. Cependant
la coopération au sens technique du terme dit le professeur Gonidec, est quelque chose de
plus que la simple concertation occasionnelle à propos d’un problème déterminé. A
l’inverse, elle est quelque chose de moins que l’intégration. A ce titre, il définit la
coopération comme étant un mode des relations politique poursuivie pendant une certaine
durée de temps et destinée à rendre plus intimes, grâce à des mécanismes permanents, les
relations internationales dans un ou plusieurs domaines déterminés, sans mettre en cause
l’indépendance des unités concernées. Tandisque l’intégration peut être perçue sous deux
angles : l’angle dynamique comme un processus, sous l’angle statique comme le
renforcement de capacité d’une situation19. De ce fait, il ressort que dans la coopération les
entités conservent leurs souveraineté sans exception aucune. Ce qui n’est pas le cas dans
l’intégration que nous analyserons dans la partie consacrée à la définition du concept (§2).

Un autre concept qui peut prêter à confusion avec celui de l’intégration est la mondialisation.
Cette dernière ne peut nullement signifier l’intégration car actuellement le monde ou mieux
l’univers n’est pas totalement intégré en ce sens qu’il ne constitue pas un corps coordonné et
dirigé par une seule autorité ; le monde au quel l’on aspire, appelé synarchie. Actuellement,
la mondialisation traduit tout simplement la rapidité, la facilité et l’ampleur avec lesquelles

19
Gonidec (P.F.), op.cit, p.53.
13

les capitaux, les biens, les services, les technologies, les personnes, les cultures,
l’information et les idées franchissent les frontières20.

Ainsi séparée l’intégration d’avec la coopération et la mondialisation, l’intégration est à sont


tour un concept qui, à son énoncé au travers une étude sémantique, fait ressortir des attributs
applicables à de nombreuses disciplines. Par l’étendue de son champ d’action et
d’investigation, elle touche bon nombre de domaine.

En droit international de développement, il est fait un distinguo entre l’intégration


économique et l’intégration politique. De cette distinction une question s’impose ; Peut-on
séparer l’économie de la politique ? Makthar Diouf révèle que, historiquement, l’intégration
politique à précédé de loin l’intégration économique. Et que les premières tentatives de
construction théorique en la matière ont été le fait de politologues. Selon cet auteur, la
dimension politique est toujours présentée à la fois comme base de regroupement et comme
mobile de regroupement. Tous pays qui se lancent dans une politique d’intégration
économique visent toujours un but politique21. A en croire R. Sanwald et J. Stohler cité par
Makthar, l’intégration est davantage souhaitable du point de vue politique que du point de
vue économique.Inéluctablement c’est dans la sphère de sciences politique contemporaine
précisément dans le domaine des relations internationales que l’on trouve les bases de
l’intégration politique mais aussi le cadre de l’intégration économique.

L’auteur Claude N’KODIA note dans son ouvrage « l’intégration économique : les enjeux
pour l’Afrique Centrale »  que suite aux différentes crises qui jalonnaient l’histoire de nos
sociétés, l’intégration est toujours apparu comme la solution de recours face aux désordres
économiques et sociaux. Moteur à la fois de cohésion, d’harmonisation et de coordination,
l’action d’intégrer s’est toujours située au centre des préoccupations nationales et
internationales. On y a recouru, quand il a fallu gérer les crises socio -politiques à l’instar
des crises de politique de développement des départements et territoires d’Outre-mer en
France, politique d’immigration française ou américaine22.
20
Philip H. Gordon et Sophie Meunier, Le nouveau défi français. La France face à la mondialisation, Ed. ODILE JACOB,
Paris, 2002, p.21.
21
Makthar Diouf, op.cit, p.127.
22
N’kodia (C)., L’intégration économique  : les enjeux pour l’Afrique centrale, éd. L’Harmattan, Paris, 1999, p.17.
14

De ce fait, l’on se demande quand est-ce qu’on se trouve dans une intégration politiqueou
économique. D’abord l’approche politique postule que l’intégration ne peut se réaliser que
sur base de trois théories23 :

1. Théorie fédéraliste

Une fédération est comprise sous l’angle juridique comme un groupement de collectivités
politiques qui abandonnent sur une base égalitaire une partie de leurscompétences au profit
de la communauté. C’est- à-dire qu’on quitte le niveau de l’intégration pour celui de l’Etat
fédéral24.

Celle-ci se révèle lorsque les communautés politiques sont réunies sous une règle commune
mais conservent leur autonomie. Certains auteurs pensent, à l’instar de LABANA, que le
fédéralisme apparaît comme le meilleur moyen d’unifier les peuples qui ont déjà en commun
certaines caractéristiques comme la langue, la culture, ou simplement l’aire géographique,
mais qui forment des Etats séparés25.

Trois conditions concourent à la réalisation du fédéralisme savoir :

- La réunion de plusieurs éléments ethnique, communauté de langue et de cultures.


- L’identité de vue, d’options politiques, économiques, culturelles et sociales.
- Un certain équilibre dans la conscience collective, entre ce sentiment d’appartenance
au groupe total et le sentiment d’appartenance au groupe partiel.

Notons que, une critique est faite à l’égard de cette théorie de l’intégration du fait qu’elle
attache plus d’importance aux options politiques et aux facteurs historiques, alors qu’elle
néglige les facteurs économique et sociaux pourtant fondamentaux.

2. Théorie fonctionnaliste

23
Labana Lasay’abar, Les relations internationales  : présentation panoramique et approches théoriques, éd.
Médiaspaul, Kinshasa, 2006, p.176-183.
24
Mpongo Bokako Bautolinga (E), Institutions politiques et droit constitutionnel, éd. Université africaine, Kinshasa,
2001, p.136.
25
Labana Lasay’abar, op.cit, p.178.
15

Les lacunes qu’a présenté la théorie fédéraliste ont conduis certains auteurs à envisager une
autres théorie appelée fonctionnaliste. Selon les tenants de cette théorie en l’occurrence
Mitrany et E. Haas cité par LABANA, l’hypothèse est faite de la nécessité de créer, pour
chaque problème qui touche la communauté, des organisations spécifiées ou techniques. Une
vue qui n’est pas partagée par le professeur Gonidec qui pense lui, qu’il ne sert à rien de
séparer la politique de la technique car tout se tient (cfr. Supra : problématique)26.

Autre difficulté que révèle cette théorie est qu’elle présente un caractère limitrophe en ce
sens qu’elle est propre à l’Europe. Aussi, procédé par une intégration fonctionnelle ne
conduit pas automatiquement à l’intégration politique.

3. La théorie des communications

Cette théorie met l’accent sur l’évolution de la technologie. Elle se fonde sur le flux des
transactions sociales avec les indices tels que : le courrier, les communications
téléphoniques, le montant des transactions commerciales et les échanges des étudiants.

A coté de tenant de la théorie de l’intégration politique il y a l’approche économique de


l’intégration qui en revanche postule sur quatre formes d’intégration27 pour déboucher à une
intégration totale.

a. L’intégration par les échanges

Celle-ci implique l’abolition des barrières nationales dans les transactions économique entre
les Etats membres afin que les facteurs de production puissent circuler librement au sein
d’une aire régionale donnée.

b. L’intégration par le protectionnisme minimum

Elle consiste à rechercher un niveau de libéralisation des échanges le plus poussé dans la
région tout en s’assurant d’un niveau de protection élevée à l’intérieure de la zone par
rapport à l’extérieur. Il s’agit en quelque sorte de décourager les entrées de produits

26
Labana Lasay’abar, op.cit, p.177.
27
Barthelemy Biao, Intégration en Afrique Centrale : bilan et perspective, Ed. Kathala, Paris, 2003, p.30.
16

extérieurs à la zone pour permettre aux activités interrégionales de s’épanouir et devenir plus
compétitives.

c. L’intégration par la production

Dans ce cas, il appartient aux Etats, par une politique interventionniste, de favoriser la
création de pôles régionaux industriels et énergétiques, d’infrastructure de transport et de
télécommunication et de provoquer la substitution aux importations.

Les économistes identifient différentes étapes du processus d’intégration économique.


D’après Balassa, l’intégration économique consiste en cinq étapes. Ces phases sont celles de
la Zone de libre échange, de l’Union douanière, du marché commun et de l’Union
économique, et enfin de l’intégration économique totale.

Bela Balassa a identifié cinq formes de base qu’une intégration économique doit prendre28.

La première et la moins compliquée consiste en la création d’une zone de libre échange


dans laquelle les tarifs et les restrictions quantitatives sont éliminés dans le commerce entre
les pays participants, même si chacun garde ses structures tarifaires par rapport aux pays non
participants.

Deuxièmement, l’union douanière qui s’ajoute à la zone de libre échange, l’égalisation des
tarifs par les pays participants vis-à-vis des importations en provenance des États non
membres (c'est-à-dire la mise en œuvre du Tarif Extérieur Commun ou TEC).

Troisièmement, le marché commun qui implique le libre échange des produits,


marchandises entre les pays participants, un TEC et l’élimination des restrictions sur la libre
circulation des facteurs de production (c'est-à-dire la main d’œuvre et les capitaux) entre les
États membres.

Quatrièmement, l’union économique qui ajoute au cadre du marché commun, un certain


niveau d’harmonisation des politiques économiques nationales en vue de la suppression de la
discrimination qui était due aux disparités antérieures entre les pays participants à cause de
28
Ingange wa Ingange (J.D.), Cours de droit communautaire africain, notes polycopiées, ULK, 2015.
17

ces politiques nationales différentes (p.ex. la mise en place d’une Banque Centrale dotée
d’un certain nombre de pouvoirs supranationaux).

Enfin, l’intégration économique totale présuppose l’unification des politiques monétaire,


fiscale, sociale etc., et demande la mise en place d’une autorité supranationale dont les
décisions ont force obligatoire sur les Etats membres (c'est-à-dire en fait l’établissement
d’une fédération politique).

Ceci présente le modèle type de l’intégration économique qui soit accepté par la doctrine
abondante.

Cette intégration présente quelques avantages notamment29 :

1. Création d’opportunités commerciales. Tous les pays qui suivent l’intégration


économique peuvent choisir entre un énorme éventail de biens et de services.
L’introduction de l’intégration économique permet d’obtenir les biens et services à
bon marché. Ceci parce que la suppression des barrières au commerce réduit ou
supprime entièrement les tarifs. La réduction des taxes et des prix permet
d’économiser de l’argent que les pays peuvent utiliser pour se procurer d’autres
produits et services. Les États membres disposent ainsi d’une vaste sélection de biens
et services qui n’étaient pas disponibles antérieurement peuvent acquérir des biens et
services qu’ils paient moins cher après la réduction ou la suppression des tarifs ;
encourager l’augmentation des échanges commerciaux entre les pays membres car
l’argent économisé sur l’achat des marchandises à bon marché peut être utilisé pour
acquérir de nouveaux produits et services30.
2. Opportunités d’emploi. Les différentes options disponibles dans l’intégration
économique aident à libéraliser et encourager les échanges commerciaux. Ceci
conduit à l’expansion du marché grâce à laquelle des montants importants de capitaux
sont investis dans l’économie du pays. Ceci crée des opportunités d’emplois pour les
personnes à travers le monde. Les travailleurs se déplacent ainsi d’un pays à l’autre à
la recherche d’emplois et de meilleurs salaires. A mesure que l’intégration
29
Etat de l’intégration en Afrique, troisième publication de la Commission de l’Union Africaine, juillet 2011, p.18.
30
Etat d’intégration en Afrique, troisième publication de la Commission de l’union africaine, 2011, p.18
18

économique encourage la libéralisation du commerce et l’expansion du marché, les


investissements accrus dans le pays et une plus grande diffusion de la technologie,
elle crée encore plus d’opportunités d’emplois pour les personnes qui se déplacent
d’un pays à l’autre pour trouver du travail et gagner plus d’argent. Par exemple, les
industries qui utilisent la main d’œuvre non qualifiée ont tendance à déplacer leurs
unités de production dans les pays où la main d’œuvre coûte moins cher, dans le
cadre d’une coopération régionale31.
3. Avantageux pour les marchés financiers. L’intégration économique est
extrêmement bénéfique pour les marchés financiers, car elle facilite aux sociétés
l’emprunt de capitaux à un taux d’intérêt concessionnel. Ceci parce que les liquidités
des marchés de capitaux élargis augmentent et la diversification qui en résulte réduit
les risques qui accompagnent les investissements intensifs32.
4. Elle augmente les investissements étrangers directs. L’intégration économique
favorise l’accroissement de l’argent des investissements étrangers directs (IED). Une
fois que les sociétés se lancent dans les IED, à travers de nouvelles opérations, la
fusion, la prise de contrôle ou l’acquisition, elles deviennent des entreprises
internationales. Les pays qui ont des économies plus importantes ou qui sont
géographiquement proches des économies importantes dans une région donnée
peuvent s’attendre à un accroissement des IED en rejoignant le processus
d’intégration que les pays qui ont une petite économie ou qui sont situés à la
périphérie33.
5. Intégration politique. Les pays qui s’engagent dans l’intégration économique
forment un regroupement et acquièrent une influence politique plus importante que
celle d’un pays individuel. L’intégration est une stratégie essentielle pour la solution
des problèmes d’instabilité politique et de conflits entre les personnes, qui peuvent
affecter une région. Elle constitue également un outil efficace pour faire face aux
défis socioéconomiques qui accompagnent la mondialisation34.

31
Idem, p.19.
32
Ibidem.
33
Etat d’intégration en Afrique, troisième publication de la Commission de l’union africaine, op.cit, p.19
34
Idem.
19

6. Favorable à une réelle convergence économique. L’intégration régionale peut être


favorable à une réelle convergence économique entre les pays membres à travers
l’ouverture des marchés à la concurrence étrangères, résultant du démantèlement des
barrières bureaucratiques et stratégiques à l’entrée et du retrait des contraintes à la
libre circulation des capitaux, de la main d’œuvre et d’autres ressources35.
7. Elle brise les monopoles locaux existants. La libéralisation du commerce et
l’accroissement de la mobilité des facteurs de production entre les pays membres
contribuent à la suppression des monopoles locaux existants et font évoluer les
structures jusque-là imparfaites de la concurrence vers un idéal de la concurrence
parfaite. Les marchés plus compétitifs font gagner en efficacité en termes
d’amélioration de l’allocation des ressources et d’abaissement des coûts de
production, et de productivité accrue et diversifiée36.

Comme nous le verrons dans les lignes suivantes, lignes qui retracent l’histoire de
l’intégration en Afrique, l’approche africaine de l’intégration, diffère de l’approche
théorique préconisée par Bela Balassa. L’Afrique offre une approche de l’intégration
échelonnée qui doit s’accomplir suivant un calendrier spécifique. Ces étapes doivent être
mises en œuvre d’abord aux niveaux régional et enfin au niveau continental.

La compréhension des notions ci-haut élucidées est étroitement liée l’appréhension et à la


circonscription de la définition du concept intégration.

§2. Esquisse définitionnelle

Face à la recrudescence des relations internationales, plusieurs Etats africain à l’accession à


l’indépendance se sont résolument détournés du bilatéralisme au multilatéralisme appelé
régionalisme, que dans le jargon de relations internationales l’on qualifie de globalisation.

Ces Etats africains en particulier et le continent africain en générale considèrent l’approche


intégrationniste comme étant un salut pour le développement du continent dès lors que les

35
Ibidem.
36
Ibidem.
20

obstacles au marché, capitaux, services et personnes seront supprimés à l’échelle des


différentes régions, et par ricochet sur l’échiquier continental.

Si étymologiquement le mot intégration qui vient du latin « integrare » signifie renouveler,


rendre entier, action de faire entrer une partie dans un tout ; son étude sémantique présente
divers sens.

On parle aussi de l’intégration professionnelle, le procédé qui permet de placer un individu


dans une entreprise pour y apporter ses compétences acquises au cours de sa formation.

Le concept intégration est polysémique. Perroux pense que le concept de l’intégration est
multidimensionnel, il renvoie tour à tour à la réalisation d’un projet politique, aux étapes du
processus d’intégration et au processus lui-même. A chaque avancée, des bribes ou pans de
souveraineté sont en principe abandonnés, concédés au profit d’un niveau supérieur
d’interdépendance voulu et organisée. Au stade ultime, on assiste à la fusion des économies
nationales dans un espace unifié et homogène soumis aux impulsions d’une volonté politique
commune37.

Les multiples intrications que peut présenter le concept intégration nous amène à
circonscrire le domaine de notre recherche. D’où la nécessité de préciser ici que, dans le
cadre de cette étude, l’intégration dont il s’agit est celle usitée dans le domaine de relations
internationales et du droit international.

Selon Lieber cité par LABANA, l’intégration peut être définit comme le rassemblement des
parties dans un tout ou la formation d’une interdépendance. Selon ces auteurs,
politiquement, l’intégration représente des relations de communauté ou une forte cohésion
entre des peuples appartenant à une entité politique. Il implique des liens de réciprocité, la
conscience d’une identité de groupe et une identité de soi38.

Karl Deutsh fait ressortir deux types d’intégration : amalgamée et pluraliste. Par amalgamée,
il entend la fusion de deux ou plusieurs entités antérieurement indépendantes en une seule

37
Perroux (F), L’Europe sans rivages, Paris, P.U.F., 1954, p. 149.
38
Labana L., op.cit, p.177.
21

unité plus large dotée d’un certain type de gouvernement commun. Pour l’intégration
pluraliste, l’auteur laisse entendre que les entités antérieures à l’unité conservent leur
indépendance39. Cette opinion est rejetée par Gonidec qui pense que seule l’intégration
amalgamée est la vraie, car l’intégration pluraliste manifeste une sorte de coopération qui
serait à la base d’un processus d’intégration. En ce sens, la coopération serait le moyen et
l’intégration une fin ultime.

En somme, plusieurs auteurs s’accordent pour définir l’intégration comme étant à la fois un
processus et une situation qui, à partir d’une société internationale morcelée en unités
indépendantes les unes des autres, tendent à leur substituer de nouvelles unités plus ou moins
vastes, dotées au minimum du pouvoir de décision soit dans un ou plusieurs domaines
déterminés, soit dans l’ensemble des domaines relevant de la compétence des unités
intégrées, à susciter, au niveau des consciences individuelles, une adhésion ou une
allégeance et à réaliser, au niveau des structures, une participation de tous au maintient et au
développement de la nouvelle unité40.

Cette définition a le mérite d’être au tant longue. Parce qu’en son sein, elle englobe non
seulement les caractéristiques : processus et situation. En sus, elle s’applique à tous les
modèles d’intégration proposés par l’approche politique et/ou économique.

Ainsi définie, un élément majeur est à retenir,l’intégration renvoie au régionalisme, c’est-à-


dire une région déterminée sans frontières où les entités composantes abandonnent de
manière partielle ou totale leurs souverainetés.

Intégrer les peuples, les territoires, les marchés, la production, les marchandises, les
politiques… est donc l’apanage des différentes formes d’intégration. Toutefois, le but ultime
de l’intégration est la mise en place d’une autorité supranationale éclipsant complètement les
gouvernements des Etats membres dans leur souveraineté.

Section 2. Brève historique de l’intégration en Afrique

39
Karl Deutsch, political community and north atlantic area, Ed. Princeton University Presse, Londres, 1957, p.6. 
40
Gonidec, op.cit, p.54.
22

Nous nous gardons ici de parlé des étapes qui ont précédées la création de l’Organisation de
l’Unité Africaine (OUA) pour de raison de commodité. Ainsi, ils ne seront épinglés que
deux grandes époque qui ont jetés les jalons de l’intégration en Afrique, la période sous
l’égide de l’OUA et la période sous l’égide de l’Union Africaine (UA).

§1. Sous l’égide de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA)

L’intégration régionale en Afrique a toujours été le principal objectif des États africains
depuis la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) d’alors. Les États membres
ont fait un certain nombre de déclarations dans le but de faire avancer le processus
d’intégration. De même, le Traité d’Abuja, le Plan d’Action de Lagos, pour ne parler que de
ceux-là, mettent l’accent sur la nécessité de promouvoir l’intégration régionale en Afrique.

A l’accession à l’indépendance des certains Etats africains, environ trente, les présidents de
ces Etats se sont réunis du 24 au 25 Mai à Addis-Abeba capitale de l’Ethiopie pour créer une
organisation qui regrouperait tous les Etats africains en vue d’une unité de l’Afrique.
Cependant tous ne partagèrent pas la même vue sur le concept « unité » de l’Afrique. Et de
cette divergence, vont naître deux groupes ; un appelé groupe des radicaux et l’autre, groupe
des modérés.

D’abord le groupe dit des radicaux, groupe qui se réunira à Casablanca comptait le Maroc,
l’Algérie, l’Egypte, le Mali, la Guinée. Ces derniers concevaient l’unité de l’Afrique comme
étant une rupture radicale avec les anciennes métropoles qui constituait pour eux, un freinage
au décollage de l’Afrique vers le développement et donc, il fallait que les Etats africains
franchissent ses obstacles en créant une Afrique sans frontières.

Ensuite le groupe dit des modérés, groupe qui se réunira à Monrovia composé de douze Etas
de l’Afrique francophone noire, qui pour eux, l’indépendance ne constituait nullement une
rupture avec les anciennes métropoles mais plutôt une étape des relations internationales ;
pensaient plus à une structure qui regrouperait certes, tous les Etats africains mais tout en
respectant leur souveraineté et les frontières établis par la conférence de Berlin. Etant
majoritaire, ce groupe convoquera une conférence en 1962 à Monrovia, laquelle sera
boycottée par le groupe de Casablanca. Naquit alors des antagonismes sur la conception de
23

l’unité de l’Afrique qui à notre avis compromettra directement ou indirectement l’avenir


même du continent noir.

Enfin, comme le consensus est le propre des africains, l’empereur Hailé Sélassié convoquera
une assise constitutive de l’OUA et le 25 mai 1963 la charte de l’OUA fut signé et par le
groupe de Monrovia et par celui de Casablanca. Unéchec pour les tenants de l’intégration
immédiate.

L’analyse faite par nous de l’adoption de la charte de l’OUA laisse entrevoir que cette charte
était une charte de compromis ou il fallait servir tout le monde sur un plateau d’or. Tout
ceux-ci ont contribué ardemment au déclin de l’OUA au regard de nombre de missions lui
assignées. L’OUA a eu des missions qui se contredisaient les unes des autres. Par exemple,
l’OUA qui était appelée à conduire progressivement l’unité africaine n’a pas pu atteindre cet
objectif parce qu’en même temps, elle était appelée à faire respecté le principe de
l’intangibilité des frontières acquises de la colonisation, des renforcer les souverainetés
nationales. Un amalgame des missions dont la réalisation impliquerait l’abandon des unes au
profit des autres.

Toutefois, les compromis n’ont pas tués les espoirs africains à une Afrique unie. La
détermination de l’Afrique à démanteler les entraves au commerce en vue de créer un
marché commun s’est manifestée par une série d’accords régionaux et sous-régionaux dont
le Plan d’action et l’Acte final de Lagos, le Traité d’Abuja, les Traités portant création des
Communautés économiques régionales (CER) et l’Acte Constitutif consacrant l’avènement
de l’Union africaine. Malgré l’appel lancé dès les premières années d’indépendance par
certains leaders africains en vue de promouvoir l’intégration de l’Afrique, ce n’est qu’à
partir des années 1970 et 1980 que des dispositions concrètes ont été prises afin de relancer,
ou de créer, des institutions d’intégration économique dans toutes les sous-régions. En 1990
lors de la session extraordinaire de l’Organisation de l’unité africaine, le Plan d’action et
l’Acte final de Lagos ont été adoptés, jetant ainsi les jalons d’un processus pour une
intégration économique plus poussée de l’Afrique.
24

Le Plan d’action de Lagos, adopté en avril 1980 face à la détérioration de la situation


économique en Afrique, proposait une stratégie pour engager l’Afrique sur la voie du
développement durable qui allait à contre-courant des politiques suivies depuis les années
60.

Ce plan préconisait trois objectifs:

- Une croissance économique forte et durable;


- La transformation des structures économiques et sociales, et
- Une base de ressource durable.

Une intégration aux niveaux régional et sous-régional constituait le principal mécanisme


pour restructurer le continent africain fragmenté et le transformer en entités économiques
régionales et sous-régionales plus cohérentes et plus robustes. L’objectif fondamental du
Plan d’action de Lagos restait une intégration régionale effective passant par
l’autosuffisance, au niveau national et sur le plan collectif41.

Les engagements du Plan de Lagos ont connu un début d’application avec la signature à
Abuja en 1991 du Traité instituant la Communauté Economique pour l’Afrique (CEA). Ce
Traité connu communément sous le nom du le Traité d’Abuja est entré en vigueur le 12 mai
1994. L’objectif du Traité d’Abuja est la promotion du développement économique, social et
culturel, mais aussi l’intégration des économies africaines afin d’assurer une autosuffisance
et une croissance économique endogène du continent africain. L’objectif ultime de la CEA
est de promouvoir la coopération et le développement de toutes les activités pouvant
permettre d’augmenter le niveau de vie des populations africaines, de maintenir une
stabilité économique, et d’établir une relation harmonieuse entre les pays membres.

Le Plan d’action de Lagos suivi par le Traité d’Abuja instituant la Communauté économique
africaine ainsi que la mise en place des communautés économiques régionales sont
considérés comme les fondations du processus de l’intégration économique africaine. Le
traité d’Abuja a fixé les phases et le calendrier pour la consolidation de l’intégration
41
Le développement économique en Afrique, renforcé l’intégration économique régionale pour le développement de
l’Afrique, rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, 2009, p.9.
25

économique au niveau sous-régional de telle sorte que les CER constituent les composantes
sur le plan continental de la Communauté Economique Africaine, et maintenant de l’Union
africaine. Par ailleurs, de nouvelles Communautés économiques régionales (CER) ont été
mise en place pour servir de piliers à la Communauté économique africaine conduisant à
l’intégration régionale.

Cependant pour parachever la progression vers l’intégration le Traité d’Abuja signé le 3 juin
1991 et est entré en vigueur le 12 mai 1994 fait de l’intégration son cheval de bataille en
incitant les États africains à s’efforcer de renforcer les Communautés Économiques
Régionales (CER), en assurant en particulier la coordination, l’harmonisation et l’intégration
progressive de leurs activités en vue de la réalisation de la Communauté Économique
Africaine (CEA), qui devait être graduellement mise en place au cours d’une période de
transition de trente quatre (34) ans subdivisée en 6 étapes de durées variées.

Ces étapes ce présentaient comme suit :

 Première étape qui devrait s’achever en 1999 est la Création de blocs dans les régions
qui n’en ont pas encore ;
 Deuxième étape qui devrait s’achever en 2007 est le renforcement de l’intégration à
l’intérieur des CER et harmonisation entre les CER ;
 Troisième étape qui devrait s’achever en 2017) Mise en place d’une Zone de Libre
échange et d’une Union Douanière au sein de chacun des blocs régionaux;
 Quatrième étape : Coordination et harmonisation des systèmes tarifaires et non
tarifaires au sein des CER en vue de la mise en place d’une zone de libre échange,
devant déboucher sur une union douanière continentale, qui devrait être fin près en
l’an 2019 ;
 Cinquième étape : l’an 2023, Création d’un Marché Commun Continental Africain
MCA) ;
 Sixième étape : en l’an 2028 mise en place d’une Union Économique et Monétaire
continentale et d’un Parlement ;
26

L’on peut dès lors constater que l’OUA n’était seulement une organisation politique, une
entreprise de libération, oui, car conçue à ces fins. Mais l’OUA s’est imprégner aussi de la
question du développement de l’Afrique. Il s’agit d’une libération totale de l’Afrique ; c’est-
à-dire libérer l’Afrique de toutes les servitudes de la dépendance politique, économique et
culturelle. C’est ce que l’on constate à la lumière du programme de priorités adopté par la
CCEG de l’OUA d’alors. Parmi ces priorité, on peu cité :

 L’intensification de la coopération en vue de définir et de réaliser des projets


intéressant les marchés de plusieurs pays ;
 La mobilisation des ressources financières internes en vue de créer des fonds
africains au service du développement ;
 L’accélération du processus de développement industriel du continent, en mettant
tout particulièrement l’accent sur les projets multinationaux :
 L’augmentation des échanges commerciaux interafricains grâce à une meilleure
connaissance des ressources et production économique de chacun des pays ;
 L’harmonisation et la coordination des législations et des pratiques douanières ;
 L’intensification de la coopération monétaire et la mise en œuvre d’accords de
paiement entre les Etats africains ;
 La promotion d’un réseau routier panafricain ;
 La coopération entre les compagnies africaines de transport aérien dans le but
d’accroitre les échanges et le tourisme ;
 La réalisation d’un réseau panafricain de télécommunication ;
 L’utilisation commune des systèmes d’éducation supérieure et de formation des
cadres en matière de développement économique et social ;
 L’harmonisation des législations sociales et ouvrières ;
 La mise en place d’un système interafricain d’assistance technique (échange de
cadre et de main d’œuvre) ;
 L’assistance aux organisations non gouvernementales en vue de réaliser leur unité
et de les associer aux travaux de l’OUA.
27

Du reste, quelques progrès qui ne peuvent êtres remis en cause, ont été réalisés sous l’égide
de l’OUA. Parmi les missions lui assignées, il y a celle de la conduite d’autres territoires
encore sous l’empire de la colonisation à l’indépendance. Dans ce domaine, l’OUA a œuvré
grand dans la libération de la Rhodésie actuelle Zimbabwe, la Namibie et les peuples
autochtones de l’Afrique du Sud qui était aux prises de l’apartheid.

Quelques déclarations ont été faites en ce sens, savoir :

- La déclaration d’Accra de 1969 pour accélérer le combat contre le colonialisme ;


- Le manifeste de Lusaka de 1969 sur l’Afrique australe, en l’occurrence la Rhodésie
du Sud et l’Afrique du Sud, deux territoires en proie aux discriminations raciales et
l’apartheid ;
- La déclaration de Mogadiscio de 1974 condamnant tout dialogue avec les régimes
minoritaires blanc et d’Afrique australe.

Autre succès de l’OUA est le règlement de conflit qui opposait la Somalie à l’Ethiopie au
sujet de la province de l’Ogaden.

Force est cependant de constater qu’un merveilleux plan d’amélioration de condition de vie
des peuples africains, le Plan d’Action de Lagos, ne connaîtra même pas un début de mise
en application. A en croire Fulbert Sassou, l’Afrique a pour coutume d’élaborer des grands
projets sans suite. Les chefs d’Etat du continent excellent dans les grands discours et
l’élaboration de plans destinés à la consommation des peuples. La volonté politique n’est
jamais présente42.

Au regard de différentes violations des droits de l’homme dont souffraient les peuples
africains dès l’accession au pouvoir de certains régimes dictatoriaux, l’OUA a pu adopter
bon nombre d’instruments protégeant les droits de l’homme. Celui qui nous paraît le plus
connut est la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples adopté à Nairobi en
1983.

42
Sassou Attisso (F), op.cit, p.103.
28

Malgré de nombreuses tentatives depuis 1979, les États membres de l'OUA n'ont pas pu
s'entendre sur les amendements à la Charte de 1963. Finalement, un Sommet extraordinaire
de l'OUA tenu à Syrte, en Libye, le 9 septembre 1999 (Déclaration de Syrte) a appelé à la
création d'une Union africaine en conformité avec les objectifs fondamentaux de la Charte
de l'OUA et les dispositions du Traité d’Abuja, donnant lieu à l'Acte constitutif de l'Union
africaine.

Nous nous réservons de dire que c’est un échec, mais la mission principale assignée à
l’OUA, était la réalisation de l’unité africaine ; mission noble qu’elle n’a jamais réalisée et
qui a justifié sa liquidation.

§2. Sous l’égide de l’Union africaine (UA)

Si les résultats produits par l’OUA ne sont pas fameux, du moins, il faut reconnaitre que le
rêve africain n’est pas éteint. Cette organisation n’a peut être pas donné les résultats
escomptés mais elle est le début d’autres aspirations et elle a eu sa raison d’existé.En
succédant à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), l’Union africaine (UA) se donne pour
ambition de renouveler et de consolider le projet d’intégration politique et économique dont
les bases avaient été jetées en 1963. L’intégration totale de l’Afrique qui était l’objectif final
de l’OUA se verra anticipée par l’adoption de l’acte constitutif de l’Union Africaine. S’il
faut le dire, l’UA n’est que l’OUA décapitée.

Chronologiquement, le sommet extraordinaire de Syrte convoqué par Kadhafi le 9 septembre


1999 qui a abouti par une déclaration énonciative de l’UA.Ensuite le 36 ème sommet de
l’OUA de Lomé qui eut pour finalité l’adoption du projet de la création de l’Union
Africaine. Le deuxième sommet extraordinaire de Syrte aura objet défendre le projet de
l’UA.Enfin, le 37ème sommet de Lusaka qui a proclamé la fin de l’OUA et la naissance de
l’UA.
29

L’étape ultime fut le 9 juillet 2002, à Durban, en Afrique du Sud, la 38 ème Conférencedes
chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA proclamant la naissance officiellede l’Union
africaine.

L’on peut remarquer qu’en dépit de la période d’un an au cours duquel les nouvelles
institutions de l’UA devraient être mise en place, les leaders africains se sont résolument
décidés d’ouvrir une nouvelle page de l’intégration du continent.

Cependant la lecture des circonstances qui ont conduit à la création de l’OUA puis l’UA
ressort deux traits caractériels. Pour ce qui est de l’OUA, la charte instituant cette
organisation revêt un caractère consensuel tandis que l’acte constitutif de l’UA a un
caractère anticipatif.

A savoir que, depuis la création de l’OUA, le groupe de Monrovia pensait à une intégration
progressiste de l’Afrique, cette marche progressiste de l’intégration mettait l’accent sur la
promotion au niveau des régions africaines, des organisations inter- Etas. Selon les
concepteurs, ces organisations devaient favoriser l’intégration régionale, l’unité des Etats par
régions et au finish, l’unité africaine. L’Afrique a été divisée en cinq régions dont chacune
devrait disposait d’une organisation inter- Etats d’intégration que l’on appelle des
Communautés Economiques Régionales (CER).

D’aucuns affirment que la répartition de l’Afrique en cinq région n’a pas de soubassement.
Aucun critère objectif n’était pris en compte pour parvenir à une telle répartition des régions
africaines si ce n’est que la contigüité géographique.

Rappelons cependant que, dans les relations internationales contemporaines, la région résulte
d’un découpage conventionnel de la scène internationale. Celle-ci étant structurée par
l’Organisation des Nations Unies, les régions correspondent aux continents conventionnels :
l’Afrique, les Amériques, l’Asie, l’Europe... Partant de cette définition,
conventionnellement, l’Union Africaine est l’organisation régionale du contient africain. La
région est divisée en cinq sous – régions : Afrique du Nord, Afrique Centrale, Afrique de
30

l’Ouest, Afrique de l’Est et Afrique australe, bien qu’au départ, l’on considérait les "régions"
(en fait les sous- régions) comme l’antithèse de l’Organisation continentale43.

Dans une acceptation moins rigoureuse et plus large, le terme région est parfois utilisé en
Afrique pour désigner les sous-régions. Il a été utilisé à partir de 1963 dans l’expression
"groupements régionaux" à propos de la structuration en dessous de l’OUA. Aujourd’hui, si
on l’emploie, il doit être entendu dans le sens générique du phénomène des groupements
d’Etats. C’est dans ce sens que l’UEMOA ou la CEMAC sont appelées des organisations
régionales tout comme la CEDEAO, la CEEAC ou la COMESA.

L’on peut donc s’apercevoir que l’UA est donc une étape anticipé de l’OUA qui était prévu
pour 2028. Dans la création de l’UA, l’idée maîtresse est d’accélérer le processus
d’intégration du continent noir. Cette idée on la trouve dans l’article 3 de l’acte constitutif de
l’UA44.

La crainte ici est que l’on soit butés aux mêmes problèmes qu’a connut l’OUA pour réaliser
l’intégration du fait non seulement de nombre élevé des objectifs à atteindre, mais aussi de la
confusion qu’entretiennent les point 2 et 3 de l’Acte Constitutif. Aupoint 2 de l’acte
constitutif de l’UA, l’organisation se donne encore la mission de défendre la souveraineté,
l’intégrité territoriale et l’indépendance des Etats membres ; des missions qui jadis, sous
l’égide de l’OUA, étaient anti-intégrationniste s’il faut le dire : « Retour à la case du
départ ».Comment peut-on réaliser l’intégration du continent si les Etats membre de l’UA
sont encore possessifs à l’égard de leurs souverainetés, intégrité territoriale et indépendances
dès lors que l’intégration implique l’abandon partiel des souverainetés des entités qui
composent la communauté.

L’UA poursuit donc à ces jours l’intégration préconisée par le traité d’Abuja qui avait pour
objet renforcer les communautés économique régionale existantes et en créer là où elles

43
Bilan sur l’intégration régionale en Afrique, rapport de la 21 ème assemblée régionale de l’assemblée parlementaire de
la francophonie du 9 au 11 mai 2013.
44
L’article 3 de l’acte constitutif de l’union africaine fixe les objectifs de l’organisation et dans son point 1 il est dit
clairement que l’UA a pour objectif entre autre accélérer l’intégration politique et socio- économiques.
31

n’existent pas. Et c’est dans cette optique qu’évolue la Communauté Economique des Etats
de l’Afrique Centrale (CEEAC) qui mérite notre attention particulière.

CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES


ETATS DE L’AFRIQUE CENTRALE

Section 1. Historique, structures et objectifs de la CEEAC

§1. Historique

Nonobstant l’encouragement au processus d’intégration par les organisations africaines


successives, l’OUA puis UA, qui n’ont cessé de voir dans le mouvement communautaire une
panacée au sous développement du continent, la France a une grande influence dans
l’histoire de l’intégration en Afrique centrale45. Les Etats de l’Afrique centrale francophone
vont intégrer dès les indépendances, dès règles constitutionnelles qui autorisent
l’engagement des Etats dans un projet d’intégration régionale de type communautaire, voire
dans une fédération d’Etat.

45
Article 53 de la constitution française. Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à
l'organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l'État, ceux qui modifient des dispositions de nature
législative, ceux qui sont relatifs à l'état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de
territoire, ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu'en vertu d'une loi. Plusieurs Etats africains francophones ont
intégrés des dispositions similaires à celle de la constitution française comportant le caractère communautaire.
32

La création de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale remonte à 1981


lorsqu’au cours d'une réunion au sommet de Décembre 1981 les dirigeants de l’Union
Douanière et Economique de l’Afrique Centrale (UDEAC) ont acceptés de former une union
économique plus large. Le 18 Octobre 1983 les Etats membres de l'UDEAC et de la
Communauté économique des États des Grands Lacs (CEPGL) (Burundi, Rwanda et la R.D.
Congo) ainsi que Sao Tomé et Principe vont s’accordés pour créer la CEEAC. L’Angola est
resté un observateur jusqu'en 1999, quand il décida de devenir membre part entière.

La CEEAC qui n’a commencé à fonctionner qu’en 1985, est restée inactive pendant
plusieurs années en raison des diverses difficultés : les difficultés financières dues au non-
paiement des cotisations, les difficultés dues aux conflits qui ont caractérisée la région des
Grands Lacs. La guerre en RDC a été particulièrement controversée, comme le Rwanda et
l'Angola se sont battus sur les côtés opposés.

En février 1998 un sommet extraordinaire de la CEEAC fut convoqué par le Président


Pierre Buyoya du Burundi qui s'est tenue à Libreville. Les chefs d'Etat et gouvernement se
sont engagés à sortir l'organisation de cette longue léthargie. Le Premier ministre angolais a
également indiqué que son pays allait devenir un membre à part entière.

Lors de ce sommet un budget de 10 millions de francs français fut approuvé pour


l’année1998 et demandé au Secrétariat de:

- Obtenir une assistance de la CEA pour évaluer les activités opérationnelles du


secrétariat, d'évaluer les contributions dues par les États membres, et les salaires et les
structures salariales des employés du secrétariat;

- Convoquer une réunion extra- ordinaire du Conseil des ministres dès que possible
afin d'évaluer les recommandations de la CEA, le Conseil devrait ensuite élaborer des
propositions pour une nouvelle structure administrative pour le secrétariat et les
contributions révisées dues par chaque Etat membre.

Le 21 Janvier 1999 au Gabon, un mini-sommet des dirigeants de la CEEAC a eu lieu. Les


dirigeants ont discutés des problèmes concernant le fonctionnement de la CEEAC et la
33

création d'un Vice- Secrétaire général troisième poste, désigné pour l'Angola. Ainsi,
l’Angola va officiellement rejoindre la Communauté au cours de ce sommet.

La CEA a à nouveau confirmé l'importance de la CEEAC comme la communauté


économique majeure en Afrique centrale à la troisième réunion préparatoire de son Conseil
économique et social (ECOSOC) en Juin 1999. En raison de l’inactivité qui l’a caractérisait,
la CEEAC qui a été désignée l'un des piliers de la Communauté économique africaine, neva
formellement entrée en contact avec la CEA qu'en Octobre 1999 par la signature du
Protocole sur les relations entre la CEA et le Bureau Régional des Communautés
économiques.

La 10èmesession ordinaire des Chefs d'Etat et de gouvernement ont eu lieu à Malabo en Juin
2002. Ce Sommet a décidé d'adopter un protocole sur la création d'un Réseau des
Parlementaires de l'Afrique centrale (REPAC) et à adopté les ordres permanents du Conseil
de paix et de sécurité en Afrique centrale (COPAX), y compris la Commission Défense et
Sécurité (CDS), la Force multinationale de l'Afrique Centrale (FOMAC) et le Mécanisme
d'Alerte Précoce de l'Afrique Centrale (MARAC).

La 11ème session ordinaire des Chefs d'Etat et de gouvernement tenue à Brazzaville en


Janvier 2004 a accueilli favorablement le fait que le Protocole relatif à la création d'un pacte
de sécurité mutuelle en Afrique centrale (COPAX) avait reçu le nombre requis de
ratifications pour entrer en vigueur. Le Sommet a également adopté une déclaration sur la
mise en œuvre du NEPAD en Afrique centrale ainsi que d'une déclaration sur l'égalité des
sexes.

Dans la perspective de relever le défi de l’intégration, les pays membres de la CEEAC ont
adopté dès 2007 un plan stratégique d’intégration, et une vision à l’horizon 2025. De ce fait,
elle entend faire de la région un espace de paix, de solidarité, de développement équilibré et
de libre circulation des personnes, des biens et des services.

Pour la réalisation de cette vision, la Conférence des Chefs d’États et de Gouvernement de la


communauté a donc décidé pour la période allant jusqu’en 2015, de retenir trois axes
suivants auxquels devront se concentrer les activités de la Communauté. Il s’agit de :
34

1. Paix, sécurité et stabilité, notamment le fonctionnement du Conseil de paix et de


sécurité en Afrique centrale (COPAX) ;

2. Infrastructures, comprenant les Transports, l’Énergie, l’Eau, les Technologies de


l’Information et de la Communication.

3. L’Environnement, incluant la gestion des écosystèmes du Bassin du Congo.

Ces trois axes sont complétés par la consolidation de l’union douanière et la mise en œuvre
de la Politique Agricole commune

La redéfinition de ses missions fait de la CEEAC une organisation en gestation qui s’oriente
désormais vers des activités militaire de maintien de la paix et de sécurité ; assez éloignées
des objectifs de départ qui avaient trait au développement économique. La multiplication des
conflits armés, qui sont autant de freins au développement, justifient cette orientation.

A. Etats membres de la CEEAC

La CEEAC compte au jour d’aujourd’hui onze Etats, savoir : la République d’Angola, le


Burundi, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée
équatoriale, la République Démocratique du Congo, le Sao tomé et principe, le Tchad.Lors
du 16ème sommet de la CEEAC organisé en Ndjamena au Tchad tenu le 25 mai 2015, la
République du Rwanda a décidé de réintégrer la Communauté économique des Etats de
l’Afrique centrale (CEEAC) qu’elle avait librement décidé de quitter en 2007 pour
concentrer sa présence et ses actions au sein de la communauté des Etats de l’Afrique de
l’Est dont elle est également membre.

Le Rwanda devient, par ailleurs, le premier pays de la CEEAC dont la langue officielle est
l’anglais, le français étant devenu la 2ème langue après une reforme radicale. L’Angola et
Sao Tome & Principe, deux autres pays membres de la CEEAC, ont le portugais comme
langue officielle alors que la Guinée Equatoriale a pour première langue l’espagnol et le
français comme 2ème langue. Le Cameroun, autre pays moteur de la CEEAC est bilingue
(français – anglais) avec le français comme première langue.
35

B. Le siège

Le siège de la CEEAC se trouve à Libreville capitale de la République du Gabon.

§2. Objectifs de la Communauté46

 L'élimination, entre les Etats membres, des droits de douane et toutes autres taxes
d'effet équivalent à l'importation et à l'exportation des marchandises;
 L'abolition, entre les Etats membres, des restrictions quantitatives et autres entraves
au commerce;
 L'établissement et le maintien d'un tarif douanier extérieur commun;
 L'établissement d'une politique commerciale à l'égard des Etats tiers;
 La suppression progressive, entre les Etats membres, des obstacles à la libre
circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et au droit
d'établissement;
 L'harmonisation des politiques nationales en vue de la promotion des activités
communautaires, notamment dans les domaines de l'industrie, des transports et
communications, de l'énergie, de l'agriculture, des ressources naturelles, du
commerce, de la monnaie et des finances, des ressources humaines, du tourisme, de
l'enseignement et de la culture de la science et de la technique;
 La création d'un Fonds de coopération et de développement;
 Ledéveloppement rapide des Etats membres sans littoral, insulaires, partiellement
insulaires, semi-enclaves, et/ou appartenant à la catégorie des pays les moins avancés;
 Toute autre activité visant à atteindre les objectifs communautaires que les Etats
membres pourront entreprendre en commun.

§3. Les Organes de la CEEAC, leur fonctionnement et compétences

1. La Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement

Ce dernier est l’organe suprême de la communauté. Il se compose des chefs d’Etat et de


Gouvernement des Etats membres de la communauté. Elle définit la politique générale et les
46
Traité instituant la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale en son article 4 du chapitre II.
36

grandes orientations de la Communauté, oriente et harmonise les politiques socio-


économiques des Etats membres.

La Conférence se réunit une fois par an en session ordinaire. Elle peut être convoquée en
session extraordinaire à l’initiative du Président de la Conférence ou à la demande d’un Etat
membre sous réserve de l’approbation des deux tiers de ses membres.

La présidence de la Conférence est assurée chaque année par l’un des chefs d’Etat selon
l’ordre alphabétique de désignation des Etats membres établit dans son Traité.

Rappelons que, une critique est faite de cette structuration des organisations internationales
africaines. L’on assiste à une sorte de politisation des ces dernières. D’où la supercherie est
devenue le principe et la rigueur l’exception. Face à l’exigence de vouloir réunir la majorité
des Chefs d’ Etats, l’organisation est censé ôter de l’ordre du jour certains points qui
friseraient la division au point de pousser certains chefs d’Etat à renoncer à leur participation
personnelle. Cela est évident que face à un différend opposant les Etats membres de
l’organisation, la conférence s’engloutie dans une partialité ou impuissance qui ne dit pas
son nom.

2. Le Conseil des ministres

Le conseil des ministres de la Communauté se compose des ministres chargés des questions
de développement économique ou de tout autre ministre désigné à cette fin par chaque Etat
membre.

IL est chargé de formuler des recommandations à l’intention de la Conférence sur toute


action tendant à la réalisation des objectifs de la Communauté dans le cadre de la politique
générale et des grandes orientations définies et arrêtées par la Conférence.

Le Conseil se réunit deux fois par an en session ordinaire. L’une des sessions doit précéder
la session ordinaire de la Conférence. Toute fois il peut se réunir en session extraordinaire à
l’initiative de son Président ou à la demande d’un Etat membre, sous réserve de
l’approbation des deux tiers de ses membres.
37

La présidence du Conseil est assurée par le Ministre de l’Etat dont le Chef d’Etat préside la
Conférence.

3. La Cour de justice

Une Cour de justice qui n’a jamais vu le jour depuis l’entré en vigueur du traité. Elle devrait
assurer le respect du droit dans l’interprétation et l’application du Traité instituant la
Communauté et statuer sur les litiges dont elle peut être saisie en vertu des dispositions du
Traité.

La composition, la procédure, le statut et les autres questions concernant la Cour devront


êtres déterminés par la Conférence.

Cependant, il sied de noter qu’au regard de certaines Communautés Economiques


Régionales de l’Afrique que la non- effectivité de cette juridiction supranationale de la
CEEAC dénote le retard certains qu’accuse cette communauté dans le processus de
l’intégration de la région.

Certaines CER, comme la CEDEAO s’illustre dans la justice communautaire. En 2010, la


Cour de Justice de la CEDEAO s’était illustrée dans deux affaires :

Après le Coup d’Etat au Niger, la Cour de la CEDEAO avait jugé que malgré cet acte, les
droits d’un président reversé devaient être intégralement respectés. La Cour avait condamné
pour arrestation et détention arbitraires et libération de l’ex-chef de l’Etat avait été
ordonnée47.

La Cour de la CEDEAO a aussi dans l’affaire Hissein Habré c/ République du Sénégal,


fustigé le pouvoir constituant, jugeant que celui-ci avait violé le principe absolu de non
rétroactivité de la loi pénale48.

47
ARRÊT N° ECW/CCJ/JUD/05/10 du 08 Novembre 2010.
48
ARRÊT N° ECW/CCJ/JUD/06/10 DU 18 Novembre 2010.
38

Au regard de ces différente décisions, Stéphane BOLLE, maître de conférence49 soulève une
question qui s’impose, celle de savoir si la Cour de Justice de la CEDEAO serait-elle en
passe de devenir la juridiction d’appel ou de cassation des cours constitutionnelles des Etats
Ouest-africains ?

4. Le Secrétariat général

Le Secrétariat général de la CEEAC, principal administrateur exécutif de la communauté


établit annuellement le programme d'action de la Communauté, prépare et exécute les
décisions et les directives de la Conférence et les règlements du Conseil, assure la promotion
des programmes de développement et les projets communautaires.

Le Secrétariat général comprend un Secrétaire général, des secrétaire généraux adjoints, un


contrôleur financier, un agent comptable et le personnel que peut exiger le fonctionnement
de la Communauté.

5. La Commission consultative

La Commission Consultative étudie ou instruit, sous la responsabilité du Conseil des


Ministres, les questions et les projets que lui soumettent les autres Institutions.

A la différence de l’UE la commission consultative de la CEEAC s’avère être obsolète. La


Commission Européenne est le représentant de l’intérêt général de l’Union Européenne et
exerce deux fonctions à la fois, celle de l’exécutif de l’Union et celle de gardienne des
traités50, par rapport à sa tâche, la commission européenne dispose d’un large champ de la
politique communautaire51.On peut dès lors constater un « paternalisme tyrannique » dans la
répartition des compétences entre les organes principaux de l’organisation. Ceci est le propre
de toutes les organisations internationales africaines. Plus de pouvoir est accordé à la
Conférence des chefs d’Etat et des gouvernements qui du reste se réunissent pour peux de
49
www.la-constitution-en-anfrique.org.
50
Anna D et Eddy F, Introduction aux relations internationales, éd. Ellipses, Paris, 2014, p.107.
51
La commission européenne est à l’origine de toute action de la communauté, puisque c’est à elle qu’il incombe de
présenter au conseil au conseil des propositions et des projets de réglementation communautaire (droit d’initiative), in
ABC du droit communautaire, par Klauss-Dieter B, commission européenne.
39

temps pour traiter les problèmes touchant des grandes communautés comme la CEEAC.Plus
préférable est, au regard de l’étendue de la CEEAC et le nombre des problèmes à traiter, de
créer un organe plus dynamique, politiquement indépendant et où les agents de cet organes
seront plus permanents.

Outre ces organes principaux, la communauté dispose des organes techniques spécialisés que
nous verrons de manière exhaustivedans le chapitre consacré à l’évaluation de l’intégration
de la CEEAC, parce que ces sont des organes qui entrent dans la politique sectorielle de
développement, un des volets d’intégration de la CEEAC. Ces organes sont créés dans les
domaines spécifiques et agissent dans le cadre des missions confiées à chaque domaine. Ils
sont crées en application des protocoles annexes au Traité ou peuvent être créés par la
Conférence sur recommandation du Conseil.

§4. Les principes de la CEEAC

Les principes de la CEEAC sont épinglés à l’article 3 du traité l’instituant qui visent à
respecter les principes du droit international qui régissent les relations entre les Etats.

 Le principe de souveraineté ;

 Le principe d'égalité et d'indépendance de tous les Etats ;

 Le principe du bon voisinage ;

 Le principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures ; et

 Le principe de non recours à la force pour le règlement des différends et le respect de


la prééminence du droit dans leurs rapports mutuels.

Les organisations internationales africaines semblent toutes reprendre in extenso les


principes énumérés dans l’acte constitutif de l’union africaine. Cependant, non seulement
que certains de ces principes sont propres aux organisations internationales de coopération
mais ils nous paraissent incommodes au processus d’intégration. Par exemple, il est un
principe de trop voire une entrave à l’intégration que de vouloir intensifier la souveraineté
40

des Etats membre d’une communauté intégrée. A l’inverse, comment réaliser l’intégration
s’il on entend consolider sa souveraineté et son indépendance ?

CHAPITRE III : EVALUATION DE L’ACTION DANS LE PROCESSUS


D’INTEGRATION DE LA CEEAC

Le traité instituant la CEEAC s’inscrit en droite ligne dans l’esprit du Plan d’Action de
Lagos et l’Acte Final de Lagos. Il s’agit de créer, en Afrique Centrale comme dans les autres
régions du continent, un espace économique intégré, avec notamment la réalisation d’un
marché commun, une coopération poussée en matière de monnaie et paiement et la mise en
œuvre de politique sectorielles communes ; le tout devant conduire à un développement
harmonieux et équilibré des Etats membres.

Cependant, les modalités de la mise en place de la communauté sont fixées à l’article 6 du


traité instituant l’organisation. Cette mise en place devrait se réaliser en 3 étapes durant une
période de 12 ans en raison de 4 ans par étape52. Etant mis en veilleuse pendant au moins une

52
l’article 6 du traité instituant la CEEAC divise les étapes de la mise en place de la communauté comme suit :Première
étape : stabilité du régime fiscal et douanier en vigueur à la date de l'entre en application du Traité, et élaboration des
études afin de fixer le calendrier pour l'élimination progressive des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce
intra-communautaire fixation d'un calendrier des hausses ou des baisses des tarifs douaniers des Etats membre vers
un tarif extérieur commun; la deuxième étape : création d'une zone de libre échange (application du calendrier pour
l'élimination progressive des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce intra communautaire); la troisième
étape : mise en place de l'union douanière (adoption du tarif extérieur commun).
41

décennie, cette communauté économique se revitalise plutôt dans le domaine de maintient de


la paix et sécurité de la région.

Sur ce, notre évaluation devra se faire suivant les 3 axes de la vision stratégique à l’horizon
2015 que l’organisation à adopté depuis sa redynamisation.

Ce chapitre a le mérite d’analyser succinctement les implications de la communauté dans les


différents axes suivants : le Marché commun (section1), les politiques sectorielles de
développement (section 2), la coopération pour la paix, la stabilité et la sécurité régionale
(section 3).

Section 1. La mise en place du Marché commun au sein de la CEEAC

Un marché commun, ou marché intérieur, fait référence au marché économique sur lesquels
les agents économiques peuvent acheter et vendre librement des biens et services, sans droits
de douane et avec libre circulation et même réglementations53. Cette expression qui se réfère
habituellement à la Communauté économique européenne, peut également désigner toute
union douanière visant à éliminer toutes les barrières commerciales entre les pays membres
du groupe et à mettre en place un tarif extérieur commun applicable aux importations en
provenance des pays non membres54.

Le développement du commerce intra-africain est considéré comme l’élément essentiel de la


stratégie actuelle55. Plusieurs auteurs s’accordent pour affirmer que l’Afrique a un commerce
extraverti, et que ce commerce ne profite pas amplement à l’Afrique et aux africain, mais
profite très largement à l’occident vers qui l’Afrique se tourne.

53
Hervé Deville, op.cit p.179.
54
Economie mondiale. Un défi pour la coopération internationale, Publié par le Département de l’information des
Nations Unies.
55
Ndeshyo , Ntumba Luaba et Dhendonga, l’antidérive de l’Afrique en désarroi, op.cit, p.98.
42

Cela est d’autant vrai que dans le processus d’intégration l’accroissement du commerce
intra-régional constitue depuis toujours un souci majeur des Etats et de leurs communauté
économique d’intégration.

Malgré l’importance accordée à cette question et les nombreux accords régionaux


commerciaux mis en œuvre en vue de promouvoir le commerce régional, la part des
échanges internes des Communautés économiques régionales (CER) dans leur commerce
total est restée assez faible56.

Le marché commun pour la CEEAC découle de la juxtaposition des objectifs d’union


douanière et de libre circulation des personnes définis aux chapitres 4, 5 et 6, et aux annexes
I à VIII du traité. Aux termes de l’article 27, les Etats membres doivent procéder à
l’élimination des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce intra-régional et à la mise
en œuvre d’un tarif extérieur commun.

Durant les huit premières années de son existence, la CEEAC a adopté un programme de
libération des échanges à exécuter par étapes. Á travers un processus de réduction
progressive et de suppression éventuelle des obstacles aux échanges intra-CEEAC, la
Communauté envisage de devenir une union douanière après la création d’une zone de libre
échange.

Des protocoles ont été adoptés en vue de supprimer les obstacles tarifaires et non-tarifaires57
et de mettre en œuvre des programmes complémentaires de nature à améliorer les échanges
et assurer un meilleur développement tels que l’harmonisation des politiques macro-
économiques, le développement des infrastructures en matière de transport et de
communication etc. Cependant, l’instabilité politique dans la sous-région a entraîné la
cessation complète des échanges, de la coopération en général et l’arrêt des programmes
d’intégration mis en place.

56
Mahamat Abdoulahi : « Évaluation des efforts d’intégration régionale en Afrique en vue depromouvoir le commerce
intra-africain », in Centre africain pour les politiques commerciales, CEA N° 30, 2005.
57
Les barrières non tarifaires renvoient aux mesures législatives nationales, notamment contingents d’importation,
réglementations applicables en matière de santé, de sécurité et d’emballage et méthodes d’évaluation douanière, qui
restreignent, intentionnellement ou non, les courants d’importations.
43

A l’heure actuelle, il y a un ferme engagement de la part des États membres de la CEEAC de


revitaliser la Communauté à travers de plus grandes allocations budgétaires et l’adoption de
programme de redressement. On s’attend à ce que cette initiative insuffle une nouvelle
dynamique à la CEEAC. Aucun des objectifs du programme de libéralisation des échanges
n’a été atteint.

Au regard du Traité instituant la Communauté économique africaine qui contient une série
d’articles régissant la libéralisation du commerce des marchandises, les pays africains ont
convenu, au niveau de chaque CER, de l’établissement progressif d’une union douanière
après une période transitoire de 8 ans58, par le biais de l’élimination des droits de douanes59,
des barrières non tarifaires comprenant les contingentements et les restrictions ainsi que des
obstacles d’ordre administratif au commerce ou toute autre barrière non tarifaire et
l’établissement d’un tarif extérieur commun60.

Au demeurant, le Programme d’intégration adopté par la CEEAC, est analogue à celui


adopté par le traité d’Abuja en ce sens qu’un calendrier a été défini pour la réalisation de la
Communauté Economique. La différence principale est que, dans le cas de la CEEAC,
l’Article 6 prévoit que la Communauté soit réalisée sur une période de 12 ans, décomposée
en trois phases de 4 ans, à compter de l’entrée en vigueur du Traité. Par ailleurs, le Traité
prévoit :

 La mise en place progressive d’une Union Douanière, impliquant la suppression de


droits de douane ainsi que les barrières non tarifaires ; le calendrier adopté indique
que les membres devront éviter d’instituer de nouveaux droits de douane sur les
échanges entre les Etats membres ou d’augmenter les droits existants ;
 L’étape suivante devait consister à créer une zone de libre‐échange par la réduction et
la suppression des droits de douane entre les Etats membres ; dans le cadre de la
création d’une union douanière, un TEC devait être institué par la suppression des

58
Article 29 du traité instituant la communauté économique de l’Afrique.
59
Article 30 du traité instituant la communauté économique de l’Afrique.
60
Article 32du traité instituant la communauté économique de l’Afrique.
44

différences entre les tarifs respectifs des membres et l’adoption de nomenclatures


douanières et statistiques communes ;
 La troisième phase débouchera donc sur la création d’une union douanière.

§1. Quid de l’union douanière de la CEEAC

Suivant ses modalités, le traité instituant la CEEAC étant en vigueur déjà en 1985, la zone de
libre- échange devait être atteint en 1993 et celle de l’union douanière en 1997. Une
élaboration des études devrait être faite afin de fixer le calendrier pour l'élimination
progressive des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce intra-communautaire. Une
fixation du calendrier des hausses ou des baisses des tarifs douaniers des Etats membre vers
un tarif extérieur commun.

Dans le sens de cette juxtaposition, il y a lieu de souligner que la CEEAC a adopté au cours
du premier trimestre 2004 les textes relatifs à la mise en place de son schéma de
libéralisation des échanges en vue de la création de sa zone de libre-échange à l’horizon
2008. Une union douanière était prévue d’être mise sur pied à la fin de cette même année,
mais des obstacles d’ordre politique et financier ont retardé l’exécution de ce plan,
l’instabilité politique ayant aussi imposé la remise sine die de la mise en œuvre des
protocoles visant à faciliter la circulation des biens et des services.

Certains projets allant dans l’optique de la libéralisation des échanges commerciaux ont été
élaborés. Une antichambre de l’union douanière s’est constituée au sein de la CEEAC en
adoptant les règles d’origine. Dans l’application des mesures douanières ou politique
commerciale, la notion d’origine joue un rôle fondamental, surtout lorsque certaines mesures
préférentielles ou, au contraire, restrictive doivent être réservées aux productions d’un pays
ou d’un ensemble déterminé de pays. Dans les échanges entre les Etats membres de
groupements économiques, les règles d’origine interviennent pour définir les conditions
auxquelles les marchandises échangées entre les Etats membres doivent répondre pour
pouvoir bénéficier de l’exemption des droits de douanes61.

61
Ntumba Luaba Lumu, La Communauté économique européenne et les intégrations régionales des pays en
développement, éd. Bruylant, Bruxelles, 1999, p.326.
45

Les États membres de la CEEAC ont adopté un plan tendant à supprimer progressivement
les droits de douane sur les échanges intracommunautaires avec l’introduction de ce qui est
appelé le tarif préférentiel de la CEEAC. Le calendrier arrêté pour la réduction envisagée
des droits de douane se présentait de la manière suit: pour les produits traditionnels de
l’artisanat, les produits locaux autres que les minéraux, une réduction de 100% à partir du
1er juillet 2004 et, pour les minéraux et les produits manufacturés jouissant du statut de
produits d’origine communautaire, une réduction de 50% à partir du 1er juillet 2004, 70 %
en janvier 2005 ; 90 % en janvier 2006 et 100 % en janvier 2007.

Outre, la CEEAC a entrepris un processus d’harmonisation des politiques commerciales


(règles d’origine, réduction tarifaire) avec la CEMAC. La CEMAC et la CEEAC se sont
mises d’accord sur les questions telles que la TVA, les règles d’origine et les moyens
d’identification de l’origine d’un produit62.

L’on peut également se féliciter de la CEEAC qui prend des initiatives allant dans ce sens
d’autant plus que ces règles d’origines constituent un instrument essentiel de la politique
commerciale. Elles définissent les critères auxquels une marchandise doit satisfaire pour
pouvoir être considérée comme originaire d’un pays donné et bénéficier, par voie de
conséquence, d’un régime préférentiel.

De ce qui précède, la CEEAC accuse une lenteur criant dans la matérialisation d’une union
douanière effective. Etant la charnière de l’intégration continentale africaine elle devrait y
accorder plus d’attention parce qu’une union douanière effective au sein de la CEEAC
traduirait le vœu de l’OUA d’alors qui entendait que la coopération interafricaine se réalise
au bénéfice de l’Afrique.

Sur ce, cette coopération doit porter sur des secteurs essentiels correspondant aux besoins
essentiels des peuple d’Afrique et amorcer le processus d’une stratégie multinationale de
développement et d’industrialisation, dixit le Professeur Kamanda63.

62
Etat de l’intégration régionale en Afrique IV : Développer le commerce intra-africain, rapport de la commission
économique pour l’Afrique 2010.
63
Kamanda wa Kamanda, Le défi africain  : Une puissance économique qui s’ignore, éd. ABC, Paris, 1976, p.47.
46

§2. Qu’en est-il de la Zone de libre-échange de la CEEAC

Les avantages les plus importants des zones de libre-échange se trouvent essentiellement
dans les gains escomptés d’un marché élargi. Avec une circulation libre et sans entrave des
biens et services, les investissements s’adaptent plus facilement à la demande et à l’offre sur
le marché dans la ZLE ; ce qui entraîne une allocation de ressources plus efficace.

La Zone de libre-échange constitue une étape sur la voie de la plus profonde intégration
économique régionale, essentielle pour la réalisation de la stratégie et des objectifs de la
CEEAC.

Les pays de la CEEAC ont institué une Zone de libre échange en 2004 dont le protocole
entré en vigueur en 2007. A ce jour, ce processus a connu du retard dans sa mise en place.
Cela serait dû aux appartenances à géométrie variable. L’appartenance du Burundi à l’Union
douanière de la CAE et des relations commerciales poussées de l’Angola avec la SADC
(Namibie ; Afrique du Sud) qui serait à la base du retard de la mise en place d’une ZLE au
sein de la CEEAC. Pour ce faire, il serait judicieux pensent d’aucuns, d’instaurer des liens
commerciaux privilégiés entre les pays de la CEMAC et les autres pays non membre de
l’union douanière de la CEMAC.

Cela est d’autant vrai que la CEEAC se montre préoccupée sur le retard pris dans la mise en
œuvre de divers programmes liés aux questions économiques et infrastructurelles. Elle a
entériné les différentes recommandations faites par le Conseil des Ministres dans ce domaine
et a donné les directives et orientations pour accélérer la mise en œuvre de marché commun,
notamment l'accélération du processus de la mise en place de la Zone de Libre Echange et
l'Union Douanière dans la perspective de la construction du Marché Commun Régional et
Continental conformément au Programme Minimum d'Intégration (PMI) et à l'Agenda 2063
de l'Union Africain ; l'accélération par le Conseil Régional de Coordination des
Négociations (CRCN) et le Conseil des Ministres en charge des Accords de Partenariat
Economique des négociations sur les Accords de Partenariat Economique en vue de la
conclusion d'un APE complet avec l 'Union Européenne;…64

64
Communiqué final du 16ème sommet de la CEEAC tenu à N’Djamena le 25 mai 2015.
47

Notons que l’UE a entrepris des négociations par blocs régionaux pour des Accords de
partenariat économique (APE) notamment la CEEAC. Cependant, ces négociation se heurte
à d’énormes difficultés sur la pertinence des ces APE et suscitent de vives inquiétudes au
sein des populations africaines.

Ntumba Luaba Lumu rappelle que la politique de coopération avec les intégrations
régionales du tiers monde est apparue assez tardivement. Il a fallu attendre l’affirmation
complète de la personnalité de la communauté européenne sur la sciène internationale et le
déploiement de sa diplomatie au niveau mondial pour voir les objectifs et les domaines de
soutien à la coopération régionale, établie entre ses partenaires en voie de développement,
précisés et étendus.65

Aujourd’hui, les APE entre l’UE et les organisations d’internationales d’intégration africaine
paraissent comme un accomplissement d’un vœu pieux de l’Europe à aider les Etats en
développement dans leurs efforts d’intégration. C’est une vocation naturelle, note le Ntumba
Luaba Lumu, grâce aux principes sur lesquels l’Union européenne repose et grâce aux
expériences qu’elle a pu faire avec le PVD en général. Elle est appelée à encourager
systématiquement et à apporter une assistance technique à la coopération régionale entre
PVD, à aider ceux-ci à organiser et renforcer leur coopération économique à l’échelle
régionale66.

De nos jours, les APE conclus entre l’UE et la CEEAC visent l'institution d'une zone de
libre-échange entre les deux parties, ce qui signifie l'application du principe de réciprocité
dans le démantèlement des barrières douanières. Plusieurs Etats membres de la CEEAC
redoutent de ces accords pour la seule bonne raison quelles fragilisent leurs économies,
même s'ils sont destinés à leur offrir un accès quasi-total au marché européen, avec franchise
de droits de douane et sans limitation de quotas.

La CEEAC qui compte 11 Etats membres, sept sont dans le groupe des Etats ACP qui
constitue un vaste ensemble caractérisé aussi par une forte concentration du plus grand
nombre de pays les moins avancés (PMA) au monde. Plusieurs Etats membres remettent en
65
NTUMBA LUBA LUMU, op.cit., p.41.
66
Idem, p.61.
48

cause le bénéfice des ces accords car estiment-ils, c'est un avantage de peu d'effet ; mis à
part le pétrole pour le cas de l'Angola et de la Guinée équatoriale, les PMA de manière
générale sont des économies faiblement structurées, sans grand-chose à offrir au partenaire
européen. D'où la difficulté pour les ACP de former une communauté d'intérêts homogène,
ce qui n'est pas pour rendre la tâche aisée à l'UE dans les négociations sur les APE.

Il en va de soi, car plusieurs opinionss’accordent pour dire ; si la convention de Lomé serait


parmi les innovations dans la coopération Eurafrique, en revanche, elle contient peu des
mécanismes stimulants pour faciliter d’une part la libération et l’expansion des échanges
interafricains, d’autre part l’instauration d’une stratégie commune de développement.

L'Afrique Centrale fait face à l'UE en trainant des défis majeurs. Sa contrainte principale est
sa faible intégration économiquement extravertie, insuffisamment dotée en matière
d'infrastructures et politiquement instable du fait des conflits qui minent de nombreux pays ; 
elle a beaucoup de mal à se donner une vision commune sur l'intégration et de s'entendre sur
les coûts et avantages de l'intégration régionale sur chaque pays. Pour pouvoir renforcer
l'intégration régionale en Afrique centrale  l'APE devrait contribuer à la consolidation de la
ZLE entre les pays de la CEEAC, à l'harmonisation des politiques commerciales entre les
deux institutions régionales (CEMAC, CEEAC), et entre les pays de la CEEAC67.

Pour faire face aux difficultés rencontrées par les deux ZLE d'Afrique Centrale, les pays de
la région ont fait le choix politique de fusionner  les deux zones au profit de la CEEAC. Ce
choix s'inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du plan de Lagos dont l'objectif était  de
bâtir l'intégration africaine à partir des Communautés économiques régionales (CER)68.
Logiquement, l'APE avec l'UE devrait être négocié par  la CEEAC mais la configuration
régionale retenue pour porter la négociation de l'APE est un mixte composé des pays
Membres de la CEMAC et  São Tomé-et-Príncipe et la RDC. Cette configuration ne
correspond  à aucun des regroupements régionaux existants et pose donc un défi pour la
construction d'un marché commun en Afrique Centrale. Car la signature d'un accord de libre

67
Ben Hammouda(h.), Bekolo Ebe (b.), et Touna mama (sous la direction de), L'intégration Régionale en AC: Bilan et
perspectives,  KARTHALA, Paris, 2003, p.37.
68
Organisation de l'Unité Africaine,Traité instituant la Communauté Economique Africaine, Abuja, 3 juin 1991.
49

échange entre les pays  engagés dans la négociation de l'APE en AC69et l'UE pourrait
contribuer à compliquer d'avantage l'intégration de ces pays dans la CEEAC, compte tenu du
sentiment d'exclusion lié aux regroupements régionaux, et des effets négatifs de la
superposition des ACR dans la  région ACP70.

Toutefois, le Cameroun depuis 2007 a conclut avec l’UE un APE d'étape ou encore
intérimaire. L’APE camerounais avec l'UE s'inscrit dans une dynamique d'ensemble avec les
autres pays de la CEEAC.

Par rapport à la ZLE CEEAC, cet accord ne pose aucun problème de droit dans la mesure où
les autres pays de la zone ont la latitude de maintenir des droits de douane sur les produits en
provenance du Cameroun, mais non originaires de ce pays. Il en sera de même pour l'APE
régional Afrique Central dont l'incidence sur les flux commerciaux des pays signataires vers
l'Angola et le Burundi serait presque nulle.

Sans subjectivité aucune, les accords de partenariat économique sont certes une initiative
louable qui pourra permettre l’essor des économies des Etats de l’Afrique centrale. Mais une
entorse fait son apparition, c’est l’improductivité dont fait montre l’Afrique et faute d’une
industrialisation adéquate et une intégration profonde.

Le niveau des échanges avec le reste du monde et celui des échanges intracommunautaires
restent faibles en Afrique centrale. La part des exportations de l’Afrique centrale dans les
exportations mondiales demeure limitée comparée aux autres régions du continent. Les
exportations d’Afrique centrale, restent dominées par un nombre limité de produits (pétrole
et autres matières premières). Le commerce intra-communautaire de l’Afrique centrale ne
constitue qu’une faible part du commerce total de la région, la faiblesse des échanges
intracommunautaires reflète en partie les difficultés d’exportation liées principalement à
l’absence d’infrastructures et à la faible diversification des économies nationales71.
69
CEMAC,Feuille de route des négociations des Accords de Partenariat Economique (APE) Entre l'AC et l'UE, Brazzaville,
juillet 2004, consulté sur le lien  http://www.apeafriquecentrale.org/, consulté le 7 juillet 2015 à 10 :34.
70
Aka Bedia (F.), Impacts économiques de la superposition d'ACRs dans les régions ACP et incidences possibles sur les
futurs APE régionaux, Passerelles, volume X, numéro 1, Avril - Mai 2009, pp. 3-6.
71
Document de stratégie d’intégration régionale, publication de la banque africaine de développement, février 2011.
50

En sus de leur appartenance commune à la CEMAC et à la CEEAC, la plupart des pays


d'AC sont aussi Membres d'autres regroupements régionaux comme  la CEN-SAD, le
COMESA, la SADC et la CAE.  Cela en rajoute à la situation déjà complexe des pays
d'Afrique centrale et rend plus difficile l'élaboration et la mise en œuvre de politique de
d'intégration cohérente.

Toutefois, Kotcho Bongkwaha pense quel'Accord de partenariat économique ne pourra être


un catalyseur pour l'intégration régionale en AC que sous  quelques conditions : Que l'APE
s'étende à l'espace communautaire CEEAC au lieu du regroupement hybride actuel ; Qu'il
contribue à l'achèvement rapide de la mise en place de l'union douanière CEEAC ; Que des
investissements appropriés soient faits  pour le renforcement des capacités de mise en œuvre
des instruments de politique commerciale au sein de la CEEAC ; Que les engagements de
libéralisation que prendront les pays de la CEEAC tiennent compte de leurs niveaux de
d'intégration économique et commerciale72.

Il serait plus salutaire pour les africains si la CEEAC arrivé, hors tout accord de partenariat
économique quelconque, de mettre en place une zone de libre-échange entre ses Etats
membres.Accroitre son industrie pour favoriser une flotte commerciale importante et
développer de fortes exportations de produits manufacturés. Si l’on en croit à Gerbet
Pierre73, la liberté des échanges permettrait la division internationale du travail, la répartition
des productions selon la loi des coûts comparatifs, le développement de la concurrence et
l’esprit d’innovation ; l’extension du marché entrainerait le développement de la production
de masse et la baise des prix.

§2. De la Libre circulation des personnes

En son contenu exhaustif, la libre circulation renvoie à un package englobant les personnes,
les biens, les services et les capitaux ; c’est en quoi elle est d’abord et pour l’essentiel une
question économique, puisqu’elle est la condition complétive et déterminante dans
l’établissement d’un marché commun. Mais la perception courante reste focalisée sur la libre
72
Kotcho Bongkwaha Jacob, « Les effets systémiques de l’APE sur l’intégration régionale en Afrique Centrale »,article
publié sur le site www.icst.org, le 15 August 2011 consulté le 8 juillet 2015 à 14h 10.
73
Gerbet P, La naissance du marché commun, éd. complexe, Bruxelles, 1987, p.17.
51

circulation des personnes, autour de laquelle se développent des sentiments partagés, très
souvent des velléités nationales74.

Le sommet de N’Djamena de 25 mai 2015de la Communauté Economique des Etats de


l'Afrique Centrale a tiré une sonnette d’alarme en appelant à la mise en œuvre des
décisionsrelatives à la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace CEEAC.Les
Etats s’accordent pour dire, l'absence de la libre circulation des personnes à  l'intérieur de
l'espace CEEAC, reste l'un des principaux défis pour concrétiser la zone de libre échange
dont le démarrage et la mise en œuvre étaient fixés en 2012 conformément au calendrier de
l'UA qui prévoit la zone de libre échange continentale opérationnelle en 2017.

Le plus grand retard enregistré dans l’action de la CEEAC est celle de la concrétisation de la
libre circulation des personnes. La grande difficulté étant le visa imposé par les Etats
membres. Dans cet état des choses, la réalisation d’un marché commun reste hypothétique.

L’engagement de la CEEAC en vue de promouvoir la libre circulation des personnes au sein


de cet espace communautaire est permanent depuis la signature du Traité instituant cette
entité régionale en 1983. Le Traité constitutif de la CEEAC contient des dispositifs
juridiques rappelant l’importance de la libre circulation des personnes l’article 4.1 annonce
parmi les objectifs, « la suppression progressive, entre les Etats membres, des obstacles à la
libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et au droit
d’établissement.

Outre le Traité, ces dispositifs juridiques s’adossent au protocole relatif à la libre circulation
et au droit d’établissement des ressortissants des Etats membres, un document adopté en
1983 (annexe 7 du Traité). Ce protocole prévoit un schéma volontariste selon lequel des
mesures devant promouvoir la libre circulation et le droit d’établissement devraient être
appliquées dans un délai de quatre à douze années.

74
Ndione B., L’Afrique Centrale face aux défis migratoires, Publication de l’Union européenne, Bruxelles, 2007.
52

Les dispositifs juridiques de la CEEAC en matière de libre circulation des personnes en vue
de renforcer l’intégration régionale découlent d’une part du Traité constitutif et du Protocole
sur la libre circulation et au droit d’établissement des ressortissants des Etats membres
(Annexe 7 du Traité), et d’autre part d’un certain nombre de décisions prises par la
Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement au cours de certaines sessions ou sommet.
Dans les documents fondateurs, on trouve des dispositifs qui concernent la définition et les
conditions d’adhésion à la CEEAC au regard du mouvement, de l’entrée/la sortie et le séjour
des ressortissants ainsi que d’autres catégories de personnes (Article 2 du protocole), la libre
circulation des travailleurs (Article 3), la liberté de circulation, de séjour et d’établissement
des ressortissants de la CEEAC dans n’importe quel Etat membre (Articles 4 et 40 du traité
constitutif).

Ayant pour vocation à se constituer en communauté intégrée, la CEEAC se prescrit dans la


libre circulation des personnes; d’autant plus que les partenaires au développement, l’érigent
de plus en plus en paramètre de crédibilité.

Sept ans après la création de la CEEAC, du fait d’un surplace constaté dans ce domaine, la
décision n° 03/CCEG/ VI/90 du 26 janvier 1990 relative à la libre circulation de certaines
catégories de ressortissants des Etats membres à l’intérieur de l’espace communautaire est
adoptée. A l’orée du trentième anniversaire de cette organisation, la libre circulation des
personnes dans l’espace communautaire est encore et toujours à l’état de projet non
accompli totalement.

Aux 15èmeet 16ème sommets ordinaires de la CEEAC l’un de dossier spécial traité est celui de
libre circulation des personnes dans cette zone d’intégration.

En fait, la libre circulation des personnes au sein de la CEEAC butte sur un déficit en
matière de gouvernance globale et cohérente, et à l’existence de discontinuités d’actions
entre le niveau communautaire et le fonctionnement au quotidien au sein des Etats membres.
De ce fait, la CEEAC accuse un retard considérable en matière de libre circulation, par
rapport aux autres Communautés Economiques Régionales (CER) de l’Afrique ; l’Afrique
de l’Ouest fait figure de ‘’bon élève’’ en la matière, au regard de ce qui se passe ailleurs.
53

Aujourd’hui la question de la libre circulation des personnes se pose comme un obscuri


libelli dont il faudra élucider. C’est bien du devoir de l’Etat de rassurer ses citoyens en
répondant à leurs appréhensions. Comme à une pathologie, il convient d’abord d’opposer un
diagnostic juste. Dans cette perspective, il semble que la question de la libre circulation des
personnes en zone CEEAC se pose sur un triple plan : au plan technique, au plan politique et
au plan psycho-anthropologique75.

D’abord sur le plan technique c’est la question de la sécurité des biens et des personnes, car
à un espace de libre circulation doit pouvoir correspondre un espace de sécurité. Il y a en
effet une réelle difficulté pour nos Etats à contrôler leurs frontières, les flux migratoires, la
mobilité et l’établissement des personnes sur leurs territoires. Toutes choses propres à créer
le scepticisme.

Le maître-mot au plan technique c’est donc le contrôle, pour lequel il faut se donner les
moyens budgétaires conséquents destinés notamment au recrutement et à la formation des
personnels qualifiés ainsi qu’à l’acquisition et à la maintenance des équipements nécessaires.

Ensuite sur le plan politique c’est la question de la légitimité de l’action publique par rapport
au ressenti ou à la perception des populations. En effet, le concept de l’intégration lui-même
n’ayant pas encore prospéré dans la culture individuelle et collective, l’engagement
communautaire est souvent perçu au mieux comme une fantaisie, au pire comme une atteinte
aux intérêts nationaux. Autrement, les engagements communautaires des Etats doivent êtres
intériorisés dans la culture et les mœurs du commun de mortel.

C’est pourquoi il faudra présenter l’intégration comme un espace de solidarité aussi,


entendue convergence d’intérêts. Au plan politique, le maître-mot c’est donc la légitimité
pour laquelle il faut une action de pédagogie tous azimuts.

Enfin sur le plan socio-anthropologique : C’est la question du complexe de la différence. On


a peur d’être envahi ou de perdre ses valeurs et ressources. Tant des problèmes de
différences qui freinent l’effectivité de la libre circulation des personnes. Pourtant, l’histoire
75
Analyse faite par Aimé Mfoula-Nghanguy,ancien Conseiller Politique du Secrétaire général de la CEEAC, recueillis sur
www.gabonnews.com, consulté Jeudi 17 mars 2015.
54

contemporaine, montre à quel point la migration a pu contribuer à la vitalité des pays de


destination ou de transit76, sans que ne disparaissent ni le sentiment national ni l’exercice de
la puissance publique.

Ici le maître-mot est donc la confiance qu’il faut construire vis-à-vis de soi et vis-à-vis de
l’Autre, de sorte que la rencontre soit sereine et féconde.

Outre les entraves sus évoquées, la divergence des législations nationales constitue
également un obstacle majeur.Chacun des onze pays membres de la CEEAC dispose de sa
propre législation en matière d’entrée, de séjour et d’établissement des étrangers sur son
territoire. A ce jour, il n’y a pas d’harmonisation formelle des législations nationales en
matière migratoire entre les Etats membres de la CEEAC, et pourtant, ces derniers se sont
engagés au niveau communautaire depuis lors, en érigeant le processus de la libre circulation
des personnes en une loi en vue de la promotion de l’intégration régionale.

Cette problématique réside dans deux points : le premier est celui de renforcement
souverainetés. Les législations nationales dans le domaine des migrations sont fondées sur
le contrôle de l’entrée, de la sortie, du séjour et de l’établissement des ressortissants des
autres Etats membres de la CEEAC. Le deuxième point est que dans les législations
nationales, la libre circulation des personnes qui est favorisée au profit des ressortissants des
pays frontaliers pour leurs entrées, un bref séjour et leur sortie lorsqu’ils traversent la
frontière de leur pays vers un autre, le statut de l’étranger frontalier bénéficie d’un traitement
particulier presque dans toutes les législations nationales relatives au régime des étrangers77.

La libre circulation des personnes dans l’intégration économique présente un grand enjeu.
Elle assure la présence de l’économie communautaire dans la mondialisation.

76
33ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, Ouagadougou, 18 janvier
2008,l’approche commune de la CEDEAO sur la migration. Les Etats membres de la CEDEAO réaffirment le principe
énoncé lors des conférences de Rabat et Tripoli selon lequel les migrations internationales ont des effets positifs dans
les pays d’accueil et d’origine lorsque les flux sont bien gérés. Ils rappellent que toutes les régions du monde ont
bénéficié des apports de la migration, à un moment de leur histoire, dans le cade de leur processus de développement.
77
Ndione B., op.cit, p.36.
55

En dépit des obstacles sus évoqués auxquels est confrontée la politique de la libre
circulationil en découle trois grands groupes d’obstacles : la première série d’obstacle sont
les tracasseries administratives le long des couloirs et corridors de transport que prennent les
populations en mouvement, les tracasseries routières, le nombre élevé de barrages érigés par
les forces de l’ordre et de barrières illégales érigées à la sauvette ainsi que les problèmes
d’insécurité routière.

La deuxième provient de la non- disposition des documents de voyage communautaires et de


la non- généralisation de la suppression des contrôles pour l’entrée, le séjour et la sortie. Le
fait que les documents de voyage communautaires ne sont pas encore opérationnels et qu’il
n’y a pas de passeport communautaire de la CEEAC constitue un obstacle à la libre
circulation des personnes. Si il y a des obstacles à l’entrée, d’autres s’érigent quant au séjour
et à l’établissement. En fermant les options de l’emploi aux étrangers, qu’ils soient
communautaires de la CEEAC ou non, cela ne facilite pas l’horizon de séjourner longtemps
et encore moins de s’établir pour une longue durée78.

Enfin, le dernier obstacle découle du fait que l’espace CEEAC est strié par trois
organisations économiques sous-régionales : la Communauté Economique et Monétaire de
l’Afrique Centrale (CEMAC), la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs
(CEPGL) et la Communauté des Pays de langue portugaise (CPLP) ; celles-ci créent
subrepticement des dynamiques particulières encourageant la libre circulation des personnes
dans le micro-espace particulier tout en obstruant celle-ci au niveau du grand espace de la
CEEAC. C’est la prise en compte de cet obstacle qui pousse la CEEAC à rationaliser les
relations avec les autres organisations sous-régionales79.

Il s’agit d’une des régions en retard dans le domaine de l’intégration régionale, en particulier
en matière de libre circulation des personnes, des biens et des services. Cela est dû
principalement à la médiocrité du réseau régional d’infrastructures et à l’imposition, pour
des raisons de sécurité, de visas entre certains États membres. Néanmoins, la CEEAC

78
Voir Commission de l’Union Africaine, Libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux,
Département des affaires économiques, Avril 2008.
79
Ndione B., op.cit, p.39.
56

s’emploie à améliorer la situation. Ainsi, une convention sur la coopération et l’assistance


judiciaire a-t-elle été conclue; on s’attend à ce qu’elle soit adoptée par l’Assemblée des chefs
d’États et de gouvernement. Une fois qu’elle le sera, la région commencera à mettre en
œuvre le protocole sur la libre circulation des personnes adopté en 2007.

En mars 2006, le Conseil des ministres des affaires étrangères, les ministres chargés de
l’immigration et les ministres de la Justice ont adopté une convention sur la coopération et
l’entraide judiciaire. Cet instrument visait à faciliter l’adoption d’une décision sur la libre
circulation des personnes à l’intérieur de l’espace communautaire au sujet de certaines
catégories de nationaux des États membres de la CEEAC. Par ailleurs, la décision de libre
circulation de certaines catégories d’agents économique n’est pas toujours globalement
effective au sein de l’organisation. Le professeur Ndeshyo relève l’insuffisance caractérisée
des engagements financiers qui conduit à la perturbation du fonctionnement de la plupart des
institutions mises sur pieds au niveau régional80.

En définitive, disons que la question de la libre circulation des personnes au sein de la


CEEAC demeure encore un mythe. Si nous voulons la concrétiser, il est probable d’aborder
la réalisé avec les moyens d’appropriation du processus d’intégration régionale, en tant
qu’opportunité structurelle et structurante de la gouvernance contemporaine ; le rôle de
l’Etat, des élites et de toute la société doit être déterminé.

L’union douanière et la libre circulation des personnes et des biens qui constituent la
circulation des facteurs de production forme l’ossature du marché commun de la CEEAC tel
que prévus par le traité. Cependant ce marché commun peine dans sa mise en place. Ce
dernier non seulement adopte les caractéristiques de la zone de libre-échange en éliminant
les barrières tarifaires et non tarifaires, mais aussi celle de l’union douanière, en établissant
un tarif extérieur commun, en outre, elle permet la libre circulation des facteurs de
production, des biens et des services en son sein.

Alors qu’un marché commun repose sur la politique commune en matière monétaire et
commerciale des Etats membres de la communauté économique, la CEEAC se heurte à

80
Ndeshyo Ruhihose O., Manuel du droit communautaire, op.cit, p.201.
57

plusieurs difficultés dans sa mise en place. Parmi ces difficultés l’on peut citer
l’inconvertibilité les une des autres des monnaies des Etats de la région.

Philippe Mocellin affirme l’importance d’une politique commune monétaire en mettant en


exergue la résistance de l’Euro face à la dernière crise mondiale. Il affirme que l’Euro est
devenu, au fil du temps et après avoir surmonté des conjonctures difficiles, une véritable
monnaie de référence à l’échelle mondiale. La monnaie européenne s’est affirmé tout au
long de ces mois de crise en tant qu’instrument économique de régulation, mieux encore,
elle s’est imposée comme un puissant ferment d’intégration européenne, les Etats ayant
accepté d’abandonner leur souveraineté monétaire et de s’en remettre à la gestion fédérale
aux travers de l’action de la BCE81.

En sus de la difficulté relative à la politique commune monétaire, il sied d’épingler aussi


l’appartenance multiple à certaines zones de libre-échange et de marché commun d’autres
CER, tel est le cas avec la RDC qui a intégré la zone de libre-échange du COMESA.

De ce fait, l’on peut se demander qu’elle est l’importance d’entre en union économique ?

Françoise Drumets et Christian Pfister notent dans l’ouvrage intitulé Politique Monétaire
que le succès de la zone euro dont le périmètre s’élargit progressivement et développement
corrélatif de projet d’union économique et monétaire dans diverses régions du monde
conduisent à s’interroger sur les motifs d’enter dans une union économique te monétaire et le
choix des pays participants ainsi que la conduite de la politique monétaire en union
économique et monétaire et les relations avec les politiques économiques82. Sur ce, ils notent
l’endogénéité et la crédibilité de la politique monétaire.

D’abord, l’intégration commerciale et la corrélation des cycles augmenteraient en union


économique et monétaire car une monnaie unique a pour effet d’éliminer le risque de
change, de réduire le coût de l’information et d’augmenter la transparence des prix,
stimulant la concurrence et les échanges intra-industriels et favorisant de ce fait une
81
Philippe Mocellin, L’essentiel des relations internationales et de la géopolitique contemporaine, éd. Lestenso, Paris
2015, p.17.
82
Françoise Drumets et Christian Pfister, Politique monétaire, éd. De boeck, Bruxelles, 2010, p.166. et s.
58

synchronisation des cycles, bien au-delà de ce qu’un régime de taux de changes fixes serait
en mesure de produire83.

En suite ils relèvent la crédibilité accrue de la politique monétaire. Les pays dont les
performances anti- inflationnistes ont été médiocres ont intérêt à rejoindre une union où la
politique monétaire est de la responsabilité d’une banque centrale régionale car les coûts de
parvenir à un équilibre de faible inflation sont réduits par rapport à la situation où la
politique monétaire n’est pas crédible84.

Section 2. L’intégration sectorielle de développement

Le traité de la CEEAC a établi un lien direct entre commerce et développement. L’espace


régional n’est pas seulement conçu comme une réponse à l’exigüité des marchés nationaux,
mais aussi et surtout comme un cadre de développement multisectoriel, avec les objectifs
communs tel qu’en matière de85 :

 Transport et communication ;

 Mise en valeur des ressources naturelles et énergétiques ;etc.

Cette approche combinée marché, convergence macro-économique politique sectorielles


communes est devenues, à juste titre, une constante dans les Traités régionaux africains.
Toutefois, la mise en œuvre de ces politiques communes de développement s’est avérée être
le maillon faible de cette nouvelle approche de l’intégration en Afrique. Faute de moyens
financiers requis, peu de projets ou programmes sectoriels régionaux ont vu le jour86.

Au niveau de la CEEAC, il est à craindre que ces domaines de coopération ne restent gelés
au stade des définitions de stratégie et autres études de faisabilité, ou, au mieux, très en
retard par rapport aux schémas de libéralisation des échanges. Le développement des
infrastructures de transport, la promotion d’un secteur productif intégré ou la mise en valeur
83
Françoise Drumets et Christian Pfister, op.cit, p.166. et s.
84
Idem, p.171.
85
Etude sur le mécanisme de financement autonome de la CEEAC, op.cit, p. 18.
86
Idem.
59

des ressources naturelles et énergiques requièrent généralement des financements massifs, et


à long terme, difficilement mobilisable par les seules Etats africains dont la dépendance à
l’occident est aux bailleurs de fonds ne cesse de leur maintenir sous une emprise qui ne dit
pas son nom.

L’intégration étant multisectorielle, ici n’est pas le lieu de faire l’évaluation de l’action de la
CEEAC dans tous les secteurs au risque d’une incommodité structurelle et une pédagogie
indigeste. Cependant, nous avons stigmatisé quelques uns qui nous on paru indispensables à
cette évaluation : Le secteur infrastructurel : transport et communication, le secteur de
ressources naturelles et énergétiques.

§1. Infrastructure

A. Transport

Le transport et la communication constituent ce que l’on appelle intégration physique des


Etats. Notons que tous les principaux cadres de développement en Afrique, qu’ils soient
présents ou passés comme le Plan d’action de Lagos, le Traité d’Abuja instaurant la
Communauté économique africaine, l’Acte constitutif de l’Union africaine et le Nouveau
partenariat pour le développement de l’Afrique… mentionnent d’une manière ou d’une autre
l’importance du transport et de la facilitation des échanges pour le développement du
continent.

Ainsi donc, dans le domaine des transports et communications, la CEEAC a développé un


plan directeurdynamique, flexible etinclusif ainsi qu’un plande priorités qui ont étéintégrés
dans le plan duNEPAD à court terme,concernant lestransports. Le plan directeur consensuel
de transport en Afrique centrale a été élaboré pour relancer les secteurs des chemins de fer et
des routes ainsi que le transport par eau autour de la région des Grands Lacs et ouvrir la voie
et relier les capitales de la CEEAC par des routes bitumées avant 2010.

Qui plus est, la CEEAC et la SADC construisent ensemble le pont ferroviaire et routier de
Brazzaville –Kinshasa sur le fleuve Congo. Ce pont permettra d’achever une liaison routière
60

manquante de la route transafricaine Tripoli-Windhoek-Le Cap et ajoutera une liaison de


chemin de fer au réseau ferroviaire Pointe-Noire-Afrique australe.

La conférence du 25 mai 2015 a également mis l’accent sur la révisiondu Mécanisme de


suivi du Plan Directeur Consensueldes Transports en Afrique Centrale.

1. Transport routier

Leprojet du jet de pont Kinshasa- Brazzaville n’est pas le seul. Autres initiatives ont été
entreprises dans le domaine de transport. Quant au transport routier,  la CEEAC poursuit la
mise en œuvre du projet PDCT –AC particulièrement en ce qui concerne :

a. Le lancement et le début des projets d’étude du pont route/rail et de l’extension du


chemin de fer Kinshasa –Ilebo,
b. Les travaux sur le premier tronçon de la route Ketta –Djoum ;
c. La route Doussala / Dolisie,
d. Le tronçon de route Ouesso Sangmelima sur la route Yaoundé-Brazzaville,
e. Le lancement du premier programme pilote de facilitation des transports sur le
corridor CEEAC Brazzaville et Yaoundé y compris la construction du premier poste
de contrôle frontalier unique entre le Cameroun et le Congo.
f. La signature des applications de financement et de protocoles d’accord et début des
‘études sur les projets de ponts sur le fleuve Ntem entre le Cameroun et la Guinée
Equatoriale,
g. Pont proposé entre Bangui et Zongo sur l’Oubangui
h. redynamisation des travaux préparatoires de la première table ronde des donateurs sur
le financement du premier programme prioritaire PDCT –AC.

2. Transport aérien

L’organisation a mise sur pied un programme dénommé Plan d'Action pour l'amélioration
du transport aérien en Afrique Centrale.
61

a. Portée du plan

Dans le transport aérien,Tous les États membres de la CEEAC sont couverts par des projets
entrant dans le cadre des programmes de création des capacités de l’agence de contrôle. Le
Code de l’aviation civile de l’Afrique centrale a été adopté par les ministres responsables de
l’aviation civile le 11 juin 2012 à Bujumbura.Le Secrétariat général de cette communauté
avait, depuis, entrepris la mise en œuvre du Plan d’action des transports aériens en Afrique
central pour 2008 -2015. Entre 2009 et 2010, il a été prévu de réaliser ce qui suit:

- L’organisation de la réunion du comité directeur,


- La validation du plan d’action détaillé, et

- Le lancement de l’étude sur la création de l’agence de contrôle du trafic aérien.

3. Transport maritime

L’Afrique centrale intervient dans le transport maritime à travers les services de cabotage
(transport sur de courtes distances entre deux pays, de marchandises et ou passagers). Mais
ce mode de transport n’est pas bien développé dans la sous région en dépit du fait que
pratiquement tous les pays de la sous-région ont une façade sur la mer ou sont traversés par
des voies d’eau intérieure navigables. Il existe pourtant un nombre important de ports dont
celui de Douala, qui draine à lui seul plus de 98% du trafic de marchandise de la zone
CEMAC. L’Angola dispose également de cinq ports commerciaux dont trois sont desservies
par les lignes de chemin de fer du réseau national. Comme les autres modes de transports
présentés précédemment, les ports de l’Afrique Centrale sont marqués par une dégradation
des infrastructures et des équipements qui nécessitent d’importants travaux de rénovation et
de modernisation.

Par ailleurs, les coûts des transports en Afrique centrale restent très élevés, en raison
notamment de la systématisation de la pratique des escortes douanières et policières des
camions, de l’existence de nombreux postes de contrôle, des attentes prolongées aux
frontières, des interdictions de traverser certaines localités à certaines heures. Aussi, des
initiatives sur la facilitation du transport de transit dans les couloirs sont en cours, avec l’aide
62

des partenaires au développement. La mise en œuvre du PDCT-AC renforcera sans nul doute
l’intégration physique et économique de la CEEAC.

L’on note que intégration dans les transports a été la plus rapide dans la SADC et le
COMESA, tandis que la connectivité des transports demeure relativement faible au sein de
la CEEAC en partie à cause de la topographie difficile et des conflits décourageants.

Afin de renforcer l’intégration régionale dans le bassin du Congo et de promouvoir une


coopération solide entre les États en matière de navigation fluviale, les experts de la
Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et ceux de la
République Démocratique du Congo, avec l’appui technique et financier de la CEA, ont
élaboré et fait adopter en 1999, par l’ensemble des États concernés, le « Code de Navigation
Intérieure CEMAC/RDC »87.

Une organisation spécialisée est aussi créées à cette fin. L’Accord instituant un régime
fluvial uniforme et créant la CICOS et son Additif, signés respectivement le 21 novembre
1999 et le 22 février 2007, confient à la CICOS deux missions principales :

 la promotion de la navigation intérieure;


 la gestion intégrée des ressources en eau.

Le territoire de compétence de la CICOS est l’ensemble du bassin versant du fleuve


Congo situé sur les territoires des Etats membres.

Afin de réaliser ces missions, la CICOS s’est donné comme objectifs de:

 garantir la gestion durable des voies navigables;


 harmoniser la réglementation en matière de transport fluvial pour la sécurité de la
navigation et la promotion de l’environnement;
 intégrer tous les usages des ressources en eau dans la planification régionale;
 optimiser les allocations d’eau par usage;
 partager entre les États les bénéfices générés par les usages de l’eau;
87
Etude sur le mécanisme de financement autonome de la CEEAC, op.cit, p. 18
63

 soutenir le développement et lutter contre la pauvreté dans la sous-région;


 promouvoir la sécurité alimentaire.

§2. Quid de la communication et les TIC ?

Ce secteur est d’une importance cruciale pour l’intégration régionale. Un investissement


financier important est indispensable dans ce domaine si l’on veut parvenir à une croissance
économique et à un développement durable. Même dans les régions à prédominance
agricole, où vit la majorité des africains, les TIC sont nécessaires. On a assisté ces derniers
temps à une augmentation de la demande de téléphones cellulaires au détriment des lignes
fixes.

Le Secrétariat de la CEEAC s’était fixer de poursuivre le processus d’harmonisation des


politiques nationales et des dispositions règlementaires régissant les télécommunications et
les TIC, en mettant un accent particulier sur la validation de la politique et de la stratégie
régionales sur la bande large en zone CEEAC ; Développement d’ARTAC et lancement de
l’étude de faisabilité de l’Observatoire Régional/TIC en Afrique Centrale.

La CEEAC est en arrière en ce qui concerne le développement dans le domaine des TIC.
Même si le secteur de la téléphonie mobile a connu un essor rapide au cours de ces dix
dernières années, le niveau de développement des réseaux d’infrastructures est très
insuffisant.

En reconnaissance de l’importance de l’infrastructure des technologies de l’information et de


la communication dans le processus de développement et d’intégration régionale, le
Secrétariat général de la CEEAC a décidé d’élaborer un programme régional pour le
développement des technologies de l’information et de la communication au profit des États
membres.

A cet égard, il a été demandé d’obtenu de la CEA, un appui technique et financier pour
l’élaboration d’une stratégie pour le développement des TIC en Afrique Centrale. Des sous
programmes communautaires sur les infrastructures, les réseaux de bande large,
l’interconnexion, le renforcement des capacités, l’harmonisation des politiques et des cadres
64

statutaires, sont en cours d’élaboration. Il est également envisagé de mettre en place un


organe chargé de l’évaluation et suivi de l’impact de la mise en œuvre de ces différents
programmes sur le développement communautaire. La mise en œuvre des différents
programmes des TIC demande des moyens financiers que la CEEAC souhaite obtenir de ses
partenaires. A cet égard, la CEEAC exprime le besoin de voir les partenaires accorder leur
appui pour la mise en œuvre de ses programmes.

L’impact des révolutions technologiques sur l’Afrique reste encore marginal. L’expérience
montre que les sauts technologiques sont difficiles, et que l’efficience des nouvelles
technologies dépend de la capacité du tissu social et économique à se les approprier.

Nonobstant ce constat général peu reluisant, il convient de noter que l’Afrique Centrale
connaît depuis le début des années 2000, un dynamisme de ce secteur des
télécommunications, des TIC en particulier, avec l’apparition de la téléphonie mobile et le
développement de l’Internet. Toutefois l’espace CEEAC accuse un retard dans l’approche
régionale de développement intégré des TIC. Et comme pour les autres secteurs de
l’économie, la région enregistre aussi de grandes disparités dans le secteur des TIC,
disparités observables au niveau des infrastructures et des réseaux, de la pénétration et de
l’adoption des évolutions technologiques, de la disponibilité des ressources humaines, et
même dans une certaine mesure au niveau du cadre législatif et réglementaire88.

Ainsi, la CEEAC  se présente être mieux outillée, plus expérimentée et bien placée
statutairement pour représenter et défendre les intérêts des Etats de l’Afrique Centrale dans
tous les secteurs de développement. Néanmoins, les Communautés Economiques Régionales
ont besoin des organismes spécialisés à l’instar de PEAC, COMIFAC, COREP en tant que
relais indispensables pour l’exécution des programmes et projets sectoriels.

88
Voir vision stratégique de la CEEAC à l’horizon 2015.
65

§3. La mise en œuvre des ressources naturelles et énergétiques

La vision d’intégration continentale de l’OUA-UA met l’accent sur une coopération


interétatique en vue de l’exploration, la valorisation, la production, la transformation et la
conservation des ressources naturelles, y compris les ressources du fond marin et des eaux
communes. Les régions (CER) doivent notamment créer des institutions multinationales
sous-régionales et régionales pour réaliser l’inventaire et l’exploitation des ressources
naturelles communes, établir un programme régional commun de conservation, d’utilisation
judicieuse des données sur les ressources naturelles89.

Autrement, quant à la politique sectorielle de développement le Secrétariat général de la


CEEAC dispose d’un service de l’environnement et des ressources naturelles rattaché à la
Direction de l’Agriculture et de l’Environnement, une des trois directions du Département
Intégration, Physique, Economique et Monétaire (DIPEM).

Cette politique est mise en œuvre dans les Etats par le Secrétariat général de la Communauté
qui s’appuie sur ses institutions spécialisées que sont :

 le Pool Energétique d’Afrique Centrale (PEAC) pour les questions liées à l’énergie ;
 la Commission de Pêche du Golfe de Guinée en matière (COREP) pour les questions
liées aux ressources halieutiques et aquacoles ;
 la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et ses institutions
partenaires que sont :
- le Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC),
- l’Organisation pour la Conservation de la Faune Sauvage d’Afrique (OCFSA);
- l’Agence pour le Développement de l’Information Environnementale (ADIE) ;
- l’Organisation Africaine du Bois (OAB).

Dans la perspective d’intégration régionale, sans occulté le transport et la communication


sus vus, il requiert l’étude des organes spécialisé techniques pour conduire l’intégration de la
politique sectorielle de développement de la CEEAC.

89
Ndeshyo, Ntumba Luaba, Dhendonga, op.cit, p.95.
66

En ce qui concerne les ressources naturelles, la CEEAC dispose d’un organe chargé des
questions environnementales.

A. LaCommission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC)

La base légale de cet organe fut posée en 1999 par la Déclaration de Yaoundé faite à l'issue
du Sommet des Chefs d'État du Cameroun, République du Congo, Gabon, Guinée
Équatoriale, République Centrafricaine, Tchad. Cette déclaration reconnaît que la protection
des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo fait partie intégrante du processus de
développement et réaffirme l'engagement des signataires à travailler en collaboration pour
promouvoir l'utilisation durable des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo.

La COMIFAC fut mandatée de coordonner le suivi des activités relatives à la mise en œuvre
de la déclaration dans la région. Le Plan de Convergence de la COMIFAC adopté par les
Chefs d'État d'Afrique Centrale en 2005 définit les stratégies d'intervention régionales des
états de la sous-région et des partenaires au développement.

Le Plan de convergence comprend les axes stratégiques suivants:

- Harmonisation des politiques forestières et fiscales

- Connaissance de la ressource

- Aménagement des écosystèmes

- Conservation de la diversité biologique

- Valorisation durable des ressources forestières

- Développement des activités alternatives et réduction de la pauvreté

- Renforcement des capacités / participation des acteurs / information / formation

- Recherche - développement
67

- Développement des mécanismes de financement

- Coopération régionale et partenariat

Le COMIFAC dispose d’une plate forme dont certains organes coordination s’appliquent sur
quelques axes du plan de convergence sous-régional notamment :

1. Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale

Ce réseau fédérateur a le mandat de la COMIFAC pour l'application de l'axe 4 du plan de


convergence sous-régional, relatif à la conservation de la biodiversité. Le RAPAC est
une organisation non gouvernementale sous-régionale à vocation environnementale, à
caractère technique et scientifique. Il se veut une plateforme d'harmonisation, de
coordination, d'échange et d'appui entre les acteurs concernés par la gestion des aires
protégées et par la valorisation des ressources naturelles.

Sa mission essentielle est d’appuyer la conservation de la diversité biologique et la gestion


durable des ressources naturelles dans et autour des aires protégées d'Afrique centrale, par le
développement d'un réseau efficient et solidaire, promouvoir la gouvernance professionnelle,
l'harmonisation des politiques et des instruments de gestion.

Des résultats concrets sont enregistrés dans la défense et développement du réseau des aires
protégées notamment:

 Renforcement du statut juridique des aires protégées (Sao Tomé et Principe) ;


 Organisation des 1ères Journées des Aires Protégées ;
 Appui dans le plaidoyer pour la survie des rhinocéros blancs du nord de la RDC dans
le cadre de la Coalition pour la conservation au Congo (COCOCONGO) ;
 Appui à la création de l'aire transfrontalière Sena Oura-BoubaNdida entre le Tchad et
le Cameroun ;
 Etude sur le développement de l'écotourisme ;
 Etude sur l'identification des activités génératrices de revenus à la périphérie des aires
protégées ;
68

En perspectives le RAPAC projette de :

 Développement d'un système d'information en vue de contribuer à la mise en place de


l'observatoire des Forêts d'Afrique Centrale.
 Systématisation de l'évaluation de l'efficacité de gestion des aires protégées.
 Elaboration du référentiel des métiers de la conservation en collaboration avec le
RIFFEAC et ECOFAC.
 Appui à la définition des normes d'élaboration des plans de gestion et à la formation.
 Etudes comparatives et d'harmonisation des législations et outils de gestion des aires
protégées.
 Echanges d'expérience sur la gestion des conflits Homme-Faune.
 Reportage photographique sur les sites pilotes.
 Identification des mécanismes de financement durable.

Reconnaissons aussi que l’eau est indispensable au développement. Mais l’Afrique étant
l’un des continents les plus arides du monde, la baisse des ressources en eau disponibles
combinée à une demande croissante est susceptible d’engendrer des conflits autour des
ressources en eau, aussi bien à l’intérieur d’un même pays qu’entre plusieurs pays.L’Afrique
centrale dispose d’abondantes ressources en eau.

C’est ainsi que soucieux de renforcer la coopération régionale, les pays africains ont
commencé à signer des accords sur les cours d’eau transfrontaliers dans les années 1960.
Mais ces tentatives de coopération portaient essentiellement sur la mise en valeur commune
et l’utilisation partagée de cours d’eau transfrontaliers et de bassins lacustres en tant que
sources d’eau douce. A quelques exceptions près, peu d’attention a été apportée à la mise en
place de dispositions réglementaires ni d’objectifs communs pour ce partage de l’eau90.

Plusieurs actions menées dans la gestion des eaux démontrent à suffisance l’importance dans
le renforcement de la coopération régionale. A l’instar de l’adoption en 2000 de la Vision
Africaine sur l’Eau pour 2025, l’institutionnalisation du Conseil des ministres africains sur
l’eau en 2002 et l’adoption de la Déclaration d’Accra sur l’eau et le développement durable.
90
Etat de l’intégration régionale en Afrique, publication de la Commission économique pour l’Afrique, 2010, p.191.
69

Ces initiatives ont placé les enjeux liés à l’eau au premier plan des préoccupations de
développement en Afrique. Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique
(NEPAD) qui met l’accent sur la coopération régionale et l’intégration est une autre étape
décisive dans ce processus qui offre une rare opportunité de mettre en cohérence les
politiques nationales et sous-régionales de gestion des ressources en eau91.

C’est dans cet ordre que laCEEAC a fait dela Commission Internationale Congo-Oubangui-
Sanga (CICOS)une institution spécialisée de la région. Cette OIG dont le siège se trouve en
RDC a un objectif très spécifique, celui de la Navigation sur le Basin des fleuves des pays :
RCA, Congo, Cameroun, RDC.

Au lendemain des indépendances, l’intérêt d’exploiter les ressources en eau du fleuve Congo
est devenu majeur. Le besoin de concertation en la matière s’est fait de plus en plus ressentir.
Les accords inter-états de l’Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale
(UDEAC) et la République Démocratique du Congo matérialisent la convergence d’intérêts
économiques vitaux entre les États. Ceux-ci s’inspirant des cadres de coopération et
d’expériences héritées des puissances coloniales, ont développé d’autres mécanismes de
coopération bilatérale (Congo-Centrafrique, Congo-République Démocratique du Congo) et
multilatéraux (Congo-République Centrafricaine-République Démocratique du Congo)92.

B. Pool Energétique de l’Afrique Centrale (PEAC)

Dans le secteur énergétique la CEEAC dispose aussi d’un organe spécialisé. Adopté à
Kinshasa le 14 février 2003, le PEAC est chargé de la mise en œuvre de la politique
énergétique et du suivi des études, de construction des infrastructures communautaires et des
échanges de l’énergie sur l’ensemble des pays de la CEEAC.

Par son potentiel hydroélectrique 57 % de l’Afrique et d’autres ressources énergétiques, le


PEAC entend créer à l’horizon 2025, un Marché de libre d’échanges d’énergie dans l’espace
et en dehors de la zone CEEAC à travers des boulevards énergétiques interconnectés.

91
Idem.
92
www.cicos.int consulté le 07 juin 2015.
70

Ses principaux objectifs sont :

1. Sécuriser l’approvisionnement d’énergie électrique des pays membres


2. Faciliter et coordonner la réalisation des projets d’infrastructures électriques
régionales ;
3. Améliorer l’intégration des marchés nationaux des pays membres en vue de la
création d’un Marché Régional de l’électricité (par la mise en place des instruments
du Marché) ;
4. Accroître le taux d’électrification régionale et satisfaire toutes les formes de demande
d’énergie électrique.

L’objectif du PEAC est de réaliser l’interconnexion des réseaux électriques nationaux de


tous les États membres de la Communauté, dans le but d’assurer un approvisionnement
approprié en électricité en comptant surtout sur le grand barrage hydroélectrique d’INGA en
République Démocratique du Congo.

La situation énergétique des pays de l’espace CEEAC est loin d’être satisfaisante. Elle
constitue un handicap à la mise en place d’une structure industrielle performante endépit de
l’immensité du potentiel hydroélectriqueexistant. Laconsommation des ménages est
actuellement dominée par la biomasse (bois de feu,charbon de bois, etc.), et l’électrification
reste encore limitée aux grands centresurbains, alors qu’une part importante de la population
vit dans les zones rurales etpéri – urbaines.

Le recours aux énergies renouvelables demeure encore faible,comme dans la plupart des
pays en développement. Des meilleures perspectivesrégionales se dessinent
progressivement, notamment pour la mise en valeur dupotentiel d’INGA en RDC ou
l’interconnexion des réseaux. Dans la zone CEMAC, laGuinée Équatoriale s’est engagée
dans le cadre du pôle énergétique sous régionalà participer au financement du barrage
hydroélectrique de Memvé’élé (Cameroun),qui a vocation de couvrir le déficit énergétique
du réseau sud Cameroun etd’approvisionner les autres pays de la sous région.

La CEEAC a préconisé le Pool Energétique de l’Afrique Centrale au regard de l’immense


potentiel hydroélectrique (150GW), dont environ 70% en RDC, notamment à Inga (44GW).
71

La capacité installée actuelle est de 5 gigawatts, dont un peu plus de la moitié en RDC. Le
futur barrage « Grand Inga » aura une capacité totale de 40 GW. Le site d’Inga alimente la
région en électricité et des projets sont en cours pour des réseaux d’interconnexions avec les
pools d’Afrique de l’Ouest et de l’est, ultérieurement, avec le Comité maghrébin de
l’électricité (COMELEC) à travers le Soudan et l’Egypte, et peut-être avec l’Europe. Le
Grand Inga sera le plus grand projet hydroélectrique intégrateur du continent93.

Les Etats et Sociétes Membres du PEAC sont :

Angola Empresa Nacional de Electricidade - ENE –EP Empresa de


1
Distribucao de Electricidate – EDEL
2 Burundi Régie de Production et de Distribution d'Eau et d'Electricité –
REGIDESO
3 Cameroun AES- Société Nationale d'Electricité - AES SONEL

4 Centrafrique Energie Centrafricaine – ENERCA


5 Congo Société Nationale d'Electricité – SNE
6 Gabon Société d'Eau et d'Energie du Gabon – SEEG
7 Guinée Equatoriale Sociedad de Electricidad de Guinea Ecuatorial – SEGESA
8 R.D. Congo Société Nationale d'Electricité –SNEL
Sao Tomé EMpresa de Agua e Electricidade –EMAE
9
&Principe
1 Société Nationale d'Electricité Tchad- SNET
Tchad
0
Source :www.peafriquecentrale.org

Notons qu’un projet d’une importance capitale est pris dans le cadre du secteur de l’énergie
par cette organisation spécialisée de la CEEAC, le projet pilote d’électrification
transfrontalière. Le tableau synoptique et descriptif dressé ci-dessous élucide l’état du projet.

N° Intitulée des Projets Situation actuelle

1 Electrification de Zongo Etudes APD et DAO terminées et validées aux


93
Publication de la commission économique pour l’Afrique sur l’état de l’intégration en Afrique, développer le
commerce intra- africain, 2010, p.71.
72

(RDC) à partir de Bangui réunions statutaires d’avril 2012 à Bangui.


(RCA)
Financement de réalisation à recherché
2 11 Electrification de 7 Etudes APD et DAO terminées et validées aux
villages (RCA) à partir de réunions statutaires d’avril 2012 à Bangui.
Mobaye (RDC
Financement de réalisation à recherché
3 12 Electrification de Léré, Etudes APD et DAO terminées et validées aux
Pala, Ribao, Momboré, réunions statutaires d’avril 2012 à Bangui.
Mamboroua et Binder (Tchad)
Financement de réalisation à recherché
à partir de Guider (Cameroun)
4 Electrification de Bongor Etude APD et DAO terminées et validées aux réunions
(Tchad) à partir de Yagoua statutaires d’avril 2012 à Bangui.
(Cameroun)
Financement en cours à la BDEAC
5 Electrification de Datcheka, En recherche de financement pour les études
Fianga et Gounougaya
(Tchad) à partir de Doukoula
(Cameroun)
6 Electrification des provinces En recherche de financement pour les études.
du Sud Cameroun, de Wele Accord inter gouvernement en cours
Ntem du Gabon, de Kye Ntem
et Wele Nzas de la Guinée
Equatoriale
7 Electrification de Mbinda et Etude APD et DAO terminées et validées aux réunions
Mayoko (Congo) à partir de statutaires d’avril 2012 à Bangui.
Lékoko (Gabon)
Financement le Gouvernement congolais en cours
8 Electrification de Divinié Réalisé
(Congo) à partir de Malinga
(Gabon)
9 Electrification de Bambana Etude à réaliser dans le cadre du financement PPET 2
(Congo) à partir de de la BAD accord de don signé en avril 2012
Boumango (Gabon)
10 Electrification de Lékéti et En recherche financement pour les études
73

Okoyo (Congo) à partir de


Léconi (Gabon)
11 Electrification de Medjeng En recherche de financement pour les études.
(Gabon) à partir de Mongomo Accord inter gouvernement en cours
(Guinée Equatoriale)
12 Enforcement del’alimentation Etude APD et DAO terminées et validées aux réunions
de Noqui et ses environs statutaires d’avril 2012 à Bangui.
(Angola) à partir de Matadi Financement de réalisation à recherché
(RDC)
13 Electrification de Maquela do Etude à réaliser dans le cadre du financement PPET 2
Zombo (Angola), Kimbetele, de la BAD accord de don signé en avril 2012
Luvaka, Kimpangu et
Ngidinga (RDC) à partir du
poste HT de Kwilu (RDC)
Source :www.peafriquecentrale.org

L’étude faite du PPET laisse entrevoir que, quoique le projet soit d’une importance cruciale,
la réalisation totale reste aléatoire parce que tributaire d’un financement hypothétique.
Quatre de ces projets, le financement pour la réalisation est à rechercher, deux, le
financement sont en cour, cinq sont encore en phase de la recherche pour le financement de
l’étude. Un seul de ces projets à été réalisé.Du reste, la mise en place concrete de ce projet
prête flanc à la critique. Les projets conçus sont tributaires des financements plus extravertis
et aléatoire. Mieux ça sera d’instituer des cotisations obligatoires des Etats membres au
budget opérationnel.

§4. Développement de l’agriculture et l’alimentation

Le PAL demande aux Africains la conclusion des accords sous-régionaux en matière de


sécurité alimentaire. La création d’un organe de secours alimentaire s’avère indispensable de
manière à aider les pays membres en cas d’une grave pénurie alimentaire.

Même si les Etats devront aux moyens de l’accroissement des échanges commerciaux, à des
échanges de main-d’œuvre et de technologie, à la formation en commun du personnel
74

technique, des programmes communs de développement aux niveaux régional, élargir leur
coopération économique ; ils devront adopter des projets communs en vue de l’évaluation,
de l’exploitation rationnelle et de la gestion des stocks de poisson à l’échelon sous-régional,
assurer l’expansion des échanges inter- régionaux des produits de la pêche et de l’élevage,
renforcer les organisation régionaux de production forestière94.

L’agriculture et l’alimentation font partie intégrantes du plan d’intégration de la zone


CEEAC. C’est dans cet optique que l’organisation est munie des certains organismes
techniques, d’où dans le domaine de l’agriculture, La Commission Régionale des Pêches du
Golfe de Guinée, COREP en sigle, est une organisation intergouvernementale et une
institution spécialisée de la C.E.E.A.C. Elle a été créée par la Convention relative au
développement régional des pêches dans le Golfe de Guinée signée le 21 juin 1984 à
Libreville au GABON.

La mission de la COREP se résume dans son objectif global qui consiste à assister les Etats
membres en vue de protéger et de mettre en valeur, de façon durable, les ressources
halieutiques ainsi qu’à promouvoir le développement de l’aquaculture, dans la perspective
de maximiser l’exploitation des potentialités des milieux aquatiques et de garantir le bien-
être du plus grand nombre des habitants.

Le choix de cet objectif global est lié au fait que le secteur des pêches joue un rôle multiple
dans l’économie des Etats parties de la COREP, notamment par :

 sa contribution à la sécurité alimentaire ;

 sa participation à la lutte contre la pauvreté ;

 le fait que le poisson est la principale source de protéines animale ;

 son apport en devises étrangères ;

 les possibilités liées à la création de richesses et d’emplois durables.

94
Ndeshyo, Ntumba Luaba, Dhendonga, système d’intégration africaine, op.cit, p.94.
75

Pour les Etats Membres de la COREP, les besoins de coopération au niveau sous-régional
sont nombreux, notamment du fait de :

 la nature intégrée des écosystèmes côtiers et marins ;

 l’interface terre mer des pays insulaires et des complexes hydrauliques et grands
fleuves continentaux ;

 la diversité des niveaux de développement économique et social ;

 la diversité concernant la dotation en ressources naturelles ;

 la diversité d’histoire, de cultures et de langues ;

 la similitude des besoins dont la satisfaction serait facilitée par la mise en commun
des moyens régionaux disponibles, à savoir : les ressources humaines, les ressources
financières, les structures de formation et de recherche, ainsi que les moyens et
capacités pour le Suivi, contrôle et surveillance ainsi que les infrastructures de base,
etc.

 L’objectif global implique les objectifs spécifiques suivants qui consistent à :

 promouvoir la conservation et la protection des ressources halieutiques  et des


écosystèmes aquatiques ;

 mettre en place une politique coordonnée et harmonisée de règlement de l’accès et de


l’allocation des droits de pêche ;

 promouvoir les investissements privés ainsi que les investissements publics dans les
domaines institutionnels (structures de gestion, de formation et de recherche) et des
infrastructures.

Principales orientations de la convention se résume sur un accent particulier sur les questions
suivantes après la révision de la convention instituant le COREP
76

 L’harmonisation des politiques halieutiques des Etats parties ;

 La promotion d’une coopération active en matière de développement et


d’aménagement des pêcheries dans les Etats parties ;

 La détermination d’une attitude concertée à l’égard de l’activité des navires de pêche


des Etats tiers en accordant un traitement favorable aux unités de pêche sous pavillon
des Etats parties ;

 La promotion de la constitution d’entreprises conjointes de pêche entre ressortissants


des Etats parties ;

 La préservation et la protection des écosystèmes aquatiques, tant en eaux maritimes


qu’en eaux continentales ;

 La coordination et le suivi des programmes de recherche et de formation en matière


des pêches et d’aquaculture ;

 L’évaluation des ressources se trouvant dans les eaux relevant de la souveraineté ou


de la juridiction de plusieurs Etats parties ;

 Le traitement, l’analyse et la mise à disposition des Etats parties des données


scientifiques et techniques ainsi que les informations sur les pêches et l’aquaculture;

 L’intéressement des autres Etats parties sans littoral aux mesures de conservation et
de gestion des ressources halieutiques du Golfe de Guinée ;

 Le développement responsable de l’aquaculture dans les zones relevant de la


juridiction des Etats parties ;

 Le développement responsable de l’aquaculture dans les écosystèmes aquatiques


transfrontières ;
77

 La mise en place d’un cadre juridico administratif efficace aux niveaux local, national
et régional, aux fins de la conservation des ressources halieutiques et de
l’aménagement des pêcheries.

La CEEAC a élaboré un programme régional de sécurité alimentaire et une politique


agricole commune. Des unités de transformation de produits agricoles, comme le café, le
coton, le cacao et le bois, ont été créées dans un certain nombre de pays de la CEEAC. La
grande préoccupation qui demeure est que ces unités accroissent l’effectivement lavaleur
ajoutée de ces produits et amélioreront les revenus des producteurs.

Par ailleurs, il faut noter que le PDDAA s`exécute sur fond de crise financière mondiale et
de prix encore élevés des denrées alimentaires en Afrique. Cette situation menace les acquis
économiques et politiques réalisés par le continent africain ces dix dernières années. La
perspective d`une croissance économique durable pour l`Afrique se renforcerait si les
accords d`intégration et de coopération régionale se raffermissent. Cette intégration va
permettre à l`Afrique de traiter et d`exploiter des domaines et des produits présentant des
avantages concurrentiels.

Ceci est d’autant important qu`en Afrique, 60 à 85% des emplois sont assurés par
l’Agriculture. Ce contexte socio-économique appelle à la relance de la croissance du
continent à travers ce secteur. Le cadre macroéconomique de la zone de la Communauté
Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) révèle une croissance réelle moyenne
de 11% en 2007 et une inflation en dessous de 10%. Le PDDAA reste un enjeu important
pour développer le secteur agricole. Le futur agricole du continent en général et de la région
de l’Afrique Centrale en particulier, reposera en grande partie sur ce processus95.

La coordination dans la mise en œuvre du PDDAA est déférée aux Communautés


Economiques Régionales (CER) en tant que piliers de l’intégration du continent dans le
contexte de l’Union Africaine. Aussi, en Afrique Centrale, la CEEAC a fait sien le PDDAA.

95
Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine, Plan stratégique et opérationnel d’appui au
PDDAA 2010-2014, Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, Février 2010.
78

Le présent Plan Stratégique et Opérationnel a été élaboré selon une consultation


participative, sous la direction du Secrétariat Général de la CEEAC, avec l’appui technique
de la Banque mondiale. Il sera un ‘’stimulus’’ important pour l’élaboration et la mise en
œuvre des programmes d’investissement agricole dans la sous-région. Il est intimement lié
au processus du PDDAA et est élaboré sur les fondements de la relance du développement
de l’Agriculture, à travers le Programme Régional de Sécurité Alimentaire (PRSA-AC) et la
Politique Agricole Commune de l`Afrique Centrale (PAC-AC). Ce plan stratégique et
opérationnel constituera la base et l`orientation du Secrétariat Général de la CEEAC dans la
mise en œuvre du processus du PDDAA en Afrique Centrale.

Pour ce qui est de l’industrie, les objectifs de la CEEAC comprennent l’harmonisation des
politiques de développement industriel, une répartition équilibrée des industries entre les
Etats membres, l’adoption et l’application d’un code d’investissement commun
etl’installation d’entreprises industrielles d’assise régionale. Il en résulte que la coopération
industrielleréussie nécessite d’accorder une place plus importante au secteur privé.

Section 3. Le mécanisme de la CEEAC de prévention, gestion et règlement des conflits

La paix est inéluctablement indispensable au développement. Il va sans dire qu’un espace


qualifié de théâtre des conflits : guerre civil, agression, mutinerie… n’est pas favorable aux
investissements de grande envergure pouvant amener la région à la croissance économique.

Originellement confinées à la mission d’intégration économique, les organisations sous-


régionales ont progressivement pris en compte le lien étroit existant entre la paix et le
développement et se sont en conséquence investies dans le domaine de la prévention, de la
gestion et du règlement des conflits. En Afrique centrale, la CEEAC a emboîté le pas à cette
nouvelle dynamique en s’engageant résolument dans la promotion des mesures de confiance
en vue de la prévention des conflits et du maintien de la paix.

La régionalisation est d’abord conçue comme un processus économique. Ainsi, le traité


constitutionnel définit-il les objectifs de la CEEAC comme étant, dans chacun des cas, la
promotion de la coopération socio-économique en vue d’encourager un développement
harmonieux, équilibré et durable des Etats membres.
79

L’instabilité de la région a effectivement encouragé les membres de la CEEAC à faire du


maintien de la sécurité et la paix un nouvel objectif central. En plus, les Etats se sont
progressivement rendus compte, notamment après les expériences d’hibernation de la
CEEAC que le développement économique et la promotion des échanges commerciaux
intra-régionaux s’avèrent être des tâches difficiles si un ou plusieurs pays membres
connaissent des crises et des tensions internes.

C’est dans cette perspective, qu’a eu lieu la nouvelle réorientation de l’organisation vers
des thématiques, non pas directement liées à la coopération économique mais touchant plus
aux défis sur le plan sécuritaire, d’où la CEEAC a institué le COPAX dont il sied d’en
esquisser la structure et le fonctionnement.

§1. Le conseil de paix et de sécurité de la CEEAC

L’Afrique centrale par le biais de la CEEAC a institué en date du 25 février 2000 à


Yaoundé96 le COPAX (Conseil de paix et de sécurité) organe opérationnel qui constitue le
principal instrument de la prévention et du règlement des conflits dans la sous-région. Le
conseil de paix et de sécurité comprend quatre organes principaux dont les compétences sont
définies de l’article 7à 19du protocole.

Grosso modo, la mission générale du COPAX est de prévenir, de gérer et de régler les
conflits intra-régionaux97. Dans ce cadre, il peut procéder au déploiement de missions civiles
et militaires d’observation destinées à maintenir ou à rétablir la paix dans la sous-région98.

A. Présentation du COPAX

1. La Conférence des Chefs d’État de la CEEAC

Elle est l’instance suprême et l’organe de décision du COPAX. Ses compétences sont
définies à l’article 8 du protocole.99

96
Décision n° 001/Y/février du 25 février 1999.
97
Article 2 du protocole au traité instituant la CEEAC portant création du COPAX.
98
Article 3, idem.
80

2. Le Conseil des ministres

Il est composé des ministres des affaires étrangères, des forces armées et de la sécurité
intérieure, le Conseil est l’organe d’exécution et de suivi des décisions de la Conférence.

3. La Commission de défense et de sécurité (CDS)

C’est un organe consultatif composé des chefs d’état-major des forces armées, des chefs de
police et des experts des ministères en charge des questions de diplomatie, de défense et de
sécurité. La CDS examine plusieurs questions (administratives, techniques et logistiques),
évalue les besoins des opérations du maintien de la paix et organise des manœuvres
militaires périodiques conjointes (art. 5, al. 2).

4. Le Secrétariat général de la CEEAC

Le Secrétariat, qui comprend un Secrétaire général adjoint chargé des questions de paix et de
sécurité, est l’organe administratif du COPAX.

Le COPAX qui a pour mission la prévention, gestion et règlement des conflits dispose,
outres les organes principaux, de deux organes subsidiaires :

1. Le Mécanisme d’alerte rapide (MARAC)

Il s’agit d’un système de collecte, à l’échelle de chaque pays membre, de l’information


tactique et stratégique sur les risques, les causes et les dynamiques conflictuelles dans la
CEEAC. L’information, traitée par le Centre d’observation et de surveillance, alimente en

99
Aux termes de l’article 8 la conférence des chefs d’Etats du COPAX Décide des mesures appropriées de
prévention, de gestion et de règlement des conflits, et notamment de l’opportunité d’une action militaire ; Décide de
la constitution d’une force sous-régionale de maintien de la paix appelée Force multinationale d’Afrique centrale
(FOMAC), composée d’unités civiles et d’unités militaires et/ou des polices issues des armées nationales et
mobilisables en tant que de besoin ; Veille au bon fonctionnement du Mécanisme d’alerte rapide de l’Afrique centrale
(MARAC) ; Nomme le Représentant spécial pour chaque opération et détermine son mandat ; Nomme le commandant
de la Force, son adjoint et le Chef d’État-Major pour une mission et une durée déterminées ; Prend toutes les
initiatives conformes aux missions du COPAX ;Décide des mesures d’assistance humanitaire en cas de crise ou de
conflits ouverts.
81

principe une banque de données sur la sous-région et permet de structurer et de mettre en


action les capacités intégrées (négociation, résolution des problèmes, médiation, facilitation
et assistance technique).

2. La Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC)

Elle est le bras armé du COPAX. Elle est une force, non permanente, constituée de
contingents nationaux interarmées, de polices et de modules civils, en vue d’accomplir, à
titre préventif ou opérationnel, des missions de paix, de sécurité et d’assistance humanitaire.
Elle est mobilisée à l’issue de la saisine, soit par un État membre, soit par l’ONU ou l’UA.
Son déploiement est géré par les instances politiques de la COPAX (conférence des chefs
d’État et de gouvernement qui prend toutes les décisions engageant le COPAX, le conseil
des ministres chargé du suivi et de l’exécution des décisions de la conférence et composé des
ministres des Affaires étrangères ou des Relations extérieures, de la Défense ou des Forces
armées, de l’Intérieur ou de la Sécurité, ou de tout autre ministre commis par son État)100.

La FOMAC peut également être déployée à titre préventif, tout comme elle peut être chargée
de missions de désarmement, de démobilisation et de consolidation de la paix, d’opérations
de maintien de l’ordre et de lutte contre la criminalité (article24), ainsi que d’activités
d’assistance humanitaire.

Un instrument qui vient faire corps avec l’architecture de paix et de sécurité de la CEEAC
est Le Pacte d’assistance mutuelle (PAM). Il est instrument d’entente par lequel les États
membres se proposent, dans la limite de leurs possibilités, de prêter main forte à l’un des
signataires victime d’une agression armée, et à mettre des contingents de leurs armées à la
disposition de la FOMAC. La mise en branle (saisine) de chacun de ces instruments est
assujettie à la demande formelle de l’un des États membres ou son représentant.

100
Elie Mvie Meka, Architecture de la sécurité et gouvernance démocratique dans la CEEAC, Friedrich Ebert Stiftung,
Presses universitaires d'Afrique, Yaoundé, 2007, pp. 80-85.
82

L’on se demande ici, au regard de l’architecture de paix et sécurité continentales et


régionales, est-ce qu’il n’y a pas lieu de croire à une dualité ou un duel. En d’autres termes,
quelle est la place du COPAX dans l’APSA ?

B. La place de l’architecture de paix et sécuritérégionale de la CEEAC dans celle de


l’Union africaine (APSA)

La complémentarité interinstitutionnelle pose la nécessité, pour la CEEAC d’adapter ses


instances, organes et moyens, à ceux relevant de l’APSA. Cette exigence s’inscrit sur deux
postulats : juridique et institutionnel.

1. Sur le plan juridique

Sur le plan juridique, il s’impose deux paliers de sécurité collective africaine (APSA et
COPAX), une obligation d’éviter des chevauchements juridiques. En effet, il ne saurait aller
à l’avantage d’un fonctionnement harmonieux et cohérent de l’APSA, que l’architecture
propre aux mécanismes régionaux contrevienne juridiquement ou pose des obstacles
juridique, à toute initiative relevant de l’APSA et tendant au règlement d’un conflit au sein
d’une CER concernée. C’est la glose de l’article 1.a, aux termes duquel « le conseil de paix
et de sécurité et le président de la commission harmonisent et coordonnent les activités des
mécanismes régionaux dans le domaine de la paix, de la sécurité et de la stabilité, afin que
ces activités soient conformes aux objectifs et aux principes de l’union ». Qui plus est, il
convient d’éviter des antagonismes juridiques. Le constat reste celui de l’existence du
conseil de paix et de sécurité de la CEEAC, en dépit de la création du CPS.

Quelques aspects relatifs aux incohérences juridiques méritent d’être évoqués ici pour mieux
illustrer l’étendue de la situation. Il s’agit, par exemple, du pouvoir reconnu, par l’article 9
du protocole du COPAX, à la conférence des chefs d’Etats de ce conseil, d’apprécier
l’opportunité de toute initiative contribuant à la consolidation ou au rétablissement de la paix
et de la sécurité à l’intérieur de la communauté ou à ses frontières. Or, il est for probable que
parmi les 15 membres du CPS, qu’il se trouve un Etat d’Afrique centrale impliqué dans le
83

conflit à régler. Ce cas de figure peut constituer un obstacle au moment d’exécuter


l’éventuelle décision prise par le CPS contre ledit Etat, puisque d’une part, l’exécution de
cette mesure doit, en quelque sorte, être entérinée par la conférence des Chefs d’Etat du
COPAX et, d’autre part, ledit Etat est appelé à juger de l’opportunité de son exécution. Cela
est d’autant plus évident parce que les décisions de l’instance supérieure du COPAX (la
conférence des Chefs d’Etats) sont prises par consensus ou à l’unanimité.

2. Sur le plan institutionnel

En tout état de cause, il n’y a, a priori aucun obstacle à tirer par exemple de l’existence
concomitante du MARAC et du Système continental d’alerte rapide. Cependant, c’est au
niveau des instances comme le Conseil des ministres et la Conférence des Chefs d’Etats du
COPAX, face à la réunion des Ministres et celle des Chefs d’Etats et de Gouvernement du
CPS, qu’il conviendrait de régler la dualité afin d’éviter qu’elle ne constitue un duel, et
clarifier la place de l’Afrique centrale dans l’Architecture de Paix et Sécurité Africaine.

Ceux-ci impliquent la nécessité d’harmonisation et d’uniformisation des textes et des


organes des décisions dans le domaine de la gestion des conflits.

§2.Les avancées de la CEEAC dans la prévention, gestion et règlement des conflits

Malgré les obstacles qui freinent la mise en place effective de l'architecture de paix et de
sécurité en Afrique centrale, quelques avancées mérite d’être signaler.

A. La mission de consolidation de paix en République Centrafrique

La première expérience de la CEEAC dans le domaine de maintient de paix est la Mission


de consolidation de la Paix du COPAX (MICOPAX). Alors sous la tutelle de la CEMAC
sous le nom du FOMUC, la CEEAC a pris la commande dans la gestion de la crise en
Centrafrique. Ce passage témoigne de l'importance que la CEEAC a prise en matière de
sécurité par rapport à la CEMAC qui constitue son noyau dur et qui était intervenue en 2002
en réponse à un besoin immédiat et selon les paramètres de l’accord politique qu’il fut alors
possible de trouver sans que l’institution ait un mandat dans ce domaine. Le passage de
84

témoin de la CEMAC à la CEEAC est conforme au schéma continental de l’Architecture


africaine de paix et de sécurité (APSA) qui confie à la seconde la responsabilité de prévenir
les conflits et ramener la paix en Afrique centrale.

Les activités et les responsabilités de la mission ont ainsi été largement accrues lors de ce
passage. Cependant, la MICOPAX est majoritairement financée par la Commission
européenne et la France. Ce qui pose un problème sur l'autonomie de l’opération. La
MICOPAX souffre d'un manque de moyens matériels et humains, à l’image des difficultés
rencontrées par la CEEAC.

Les avancées en matière de paix et de sécurité en Afrique centrale ne se manifestent pas


uniquement par la MICOPAX. L’enjeu de la piraterie constitue également une motivation
pour la mise sur pied d’une composante maritime de la FOMAC.

Les mécanismes de paix et de sécurité en Afrique centrale connaissent une mise en


application difficile, mais la MICOPAX, placée sous l'égide de la CEEAC en 2008 en
témoigne les premières avancées et constitue une impulsion pour la mise en place effective
de la composante Afrique centrale de la Force africaine en attente, la FOMAC. Cette
difficulté de la mise en œuvre de l’architecture de paix et sécurité en Afrique centrale risque
de demeurer une évidence au regard des problèmes de sécurité maritime dont souffre
également la région.

La piraterie et l’insécurité maritimes constituent un défi majeur pour les Etats de l’Afrique
centrale. Si la violence armée fut dès les années 70 présente dans les eaux du Golfe de
Guinée, elle résultait avant tout à l’époque de l’action de groupes d'insurgés revendiquant
une meilleure distribution des recettes du pétrole au Nigéria. Elle s’est étendue
progressivement vers le Sud, ayant profité de l’insécurité provoquée par les tensions nigéro-
camerounaises sur la péninsule de Bakassi pour prendre aujourd’hui de plus en plus des
formes criminelles.

La majorité des Etats de la CEEAC est affectée et quatre d’entre eux (« zone D »), le
Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon et Sao Tomé et-Principe ont engagé une action
commune.
85

Au regard de l'insécurité grandissante dans le Golfe de Guinée, la CEEAC a pris la décision


de coordonner les efforts des Etats membres pour lutter contre la piraterie. Il s’agit donc
d’un volet important de sa politique sécuritaire. Lors d'une réunion du Conseil des Ministres
du COPAX tenue en 2008, il fut décidé d'une stratégie de sécurisation des intérêts en mer
des membres de la CEEAC et en septembre 2009, des patrouilles régulières ont été engagées
dans la zone D. Un nouveau plan de surveillance de la même zone a été convenu début 2011.

Un organisme, le Centre de coordination régionale pour la sécurité maritime de l'Afrique


(CRESMAC), est en cours de montage pour coordonner la mise en œuvre de la stratégie.
Celle-ci s'articule selon plusieurs axes, notamment : gestion communautaire de l'information,
surveillance communautaire, harmonisation de l'action des Etats en mer, acquisition et
entretien des équipements majeurs.

Cependant, la question des financements demeure problématique. Cet enjeu de sécurisation


maritime implique également plusieurs des Etats de l’Afrique de l’Ouest (dont le Nigéria) :
une coopération entre la CEEAC et CEDEAO est donc en cours de mise en place, les Etats-
Unis et les Nations unies s’avérant les principaux promoteurs de ce rapprochement.

B. La CEEAC face à la crise de boko haram

S’il est vrai que la secte islamiste boko haram menace le plus le Nigéria Etats membre de la
CEDEAO, la menace qu’il représente reste imminente face à certains Etats de l’Afrique
centrale, à l’instar du Tchad et du Cameroun. Ce qui ne laisse pas indifférent l’organisation à
la quelle ils font parties.

Des ces implications de la CEEAC face à la lutte contre la secte islamiste boko haram nous
retiendrons la déclaration de Yaoundé. Cette conférence a le mérite d’alloué une somme de
50 milliards de Francs CFA au Cameroun et le Tchad101. Cela se fait sous la couverture des
mécanismes prévus par le protocole relatif au COPAX et le Pacte d’assistance mutuelle entre
les Etats membres de la CEEAC.Au demeurant, cette conférence a eu pour but d’adopter une
stratégie collective des pays membres de la CEEAC. 8700 soldats issus des pays de la
101
Communiqué finale de la session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat du COPAX, consacrée à la lutte
contre le groupe terroriste boko haram du 16 février 2015 tenue à Yaoundé.
86

Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Commission du


Bassin du Lac Tchad (CBLT) et du Benin devraient être mobilisés pour combattre la secte
Boko Haram, et constituer ainsi la Force multinationale mixte.

Sans vouloir puiser dans la géostratégie, les efforts consentis par les Etats membres de la
CEEAC sont certes peu, mais une stratégie pour résoudre des problèmes auxquels un Etat
ne saura résoudre isolément.

§3. La CEEAC et une entraide judiciaire communautaire

Un domaine qui mérité une attention soutenue. La CEEAC dans le domaine de la justice
n’est pas restée en marge. Bien qu’une communauté économique, elle a manifesté un intérêt
particulier dans ce secteur en adoptant en 2006 une convention en matière de coopération et
l’entraide judiciaire.

Dans l’optique d’assoir une justice communautaire efficace, la CEEAC a passé des accords
de coopération et entraide judiciaire avec d’autres CER : le COMESA et la SADC,
cependant, d’aucun seront tenter de croire que la coopération et l’entraide judiciaire
sortiraient de la compétence des CER.

Deux raisons concourent à la légitimité et à la légalité des compétences pénales de la


CEEAC, du COMESA et de la SADC. Leur action dans le domaine de la coopération pénale
entre leurs Etats membres se justifie par leur appartenance au système d’intégration africaine
qui prône ardemment la lutte contre l’impunité, et par la conjonction au sein de leurs traités
constitutifs des compétences d’intégration et de coopération les plus larges possibles à leur
profit.

D’une part, la CEEAC, le COMESA et la SADC font partie du «système d’intégration


africaine»102. Ils sont présentés comme des piliers de l’intégration du continent, surtout
puisque c’est sur eux que repose la responsabilité de faire avancer l’ensemble du processus,
en attendant de faire jonction ensemble pour la concrétisation d’une véritable communauté

102
A ce sujet, lire Ndeshyo ruhihose (O), Système d’intégration africaine.
87

économique africaine à l’échelle continentale, il va sans dire qu’ils sont au centre du système
d’intégration africaine.

D’autre part, il n’existe pas de contradiction, mais de complémentarité, entre une


organisation d’intégration et une organisation de coopération ou de coordination. Autrement
dit, une organisation d’unification est nécessairement aussi de coordination; cependant que
le contraire n’est pas vrai. C’est pourquoi la CEEAC, le COMESA et la SADC disposent, en
plus de leurs pouvoirs d’intégration, de compétences de coordination des rapports entre leurs
Etats membres, y compris dans le domaine pénal103.

En effet, les traités constitutifs de ces communautés économiques régionales leur confèrent
des compétences générales, dans tous les secteurs d’intégration et de coopération. L’article 3
du Traité instituant la CEEAC précise les objectifs pour lesquels la Communauté a été créé,
y compris «toutes autres activités visant à atteindre les objectifs communautaires que les
Etats membres pourront entreprendre en commun». Cette disposition est confirmée à
l’article 68 du Traité et qui étend la compétence d’harmonisation des politiques des Etats
membres à tous «les domaines où cette harmonisation pourrait être considérée comme
nécessaire ou souhaitable pour le fonctionnement et le développement efficace et
harmonieux de la Communauté et pour l’application des dispositions du présent Traité».

Sur le plan de principes de fonctionnement, chaque communauté est fondée, à l’instar de


l’Union africaine, sur le respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit. Ces principes
sont par ailleurs précisés dans les textes additionnels adoptés principalement par la CEEAC
et la SADC dans le domaine de la paix et de la sécurité. Le Protocole relatif au Conseil de
paix et de sécurité de l’Afrique centrale (COPAX), adopté le 24 février 2000 à Malabo
(Guinée équatoriale), prévoit davantage que le COPAX «veille au renforcement de la
coopération dans les secteurs… de la lutte contre les crimes transfrontaliers, le terrorisme
international,…le trafic illicite d’armes,…et de tous les autres éléments connexes ».

Malgré toutes ces initiative, l’inefficacité ou mieux la faible productivité de la CEEAC est
du à l’absence de volonté politique des Etats membres à pouvoir coopérer effectivement
103
« La coopération judiciaire pénale fondée sur les traités de la CEEAC, duCOMESA et de la SADC » Par BALINGENE
KAHOMBO, article tiré sur internet.
88

sous son maillon institutionnel ; et de la lutte de leadership entre les dirigeants des Etats
membres.
89

CHAPITRE IV. LES OBSTACLES A L’INTEGRATION REGIONALE DE


L’AFRIQUE CENTRALE (CEEAC) ET PERSPECTIVES D’AVENIRS

Les organisations internationales africaines peinent à se définir. On leur reproche souvent


l’inefficacité criant dans la manifestation des actes exprimant leurs implications dans le
domaine pour lequel elles ont été instituées.

Cela est d’autant vrai qu’un constat se dégage après quelques décennies. Les organisations
internationales africaines n’ont pas pu donner le résultat escompté si ce ne sont que des
projets ou déclaration qui ne se traduisent guère en action. Ce qui nous permet de croire qu’il
y a certainement des bonnes raisons ou mieux des obstacles qui ne permettent pas cette
avancée en matière d’intégration régionale.

Dans ce chapitre, nous nous proposons d’élucider les entraves à l’intégration de l’Afrique
centrale et un temps soit peu, faire quelques projetions.

Section 1. Obstacles à l’intégration de la CEEAC

La CEEAC qui est appelé à être la plaque tournante de l’intégration continentale, le


carrefour, piétine dans la matérialisation de la mission lui assignée104.

Il est sans nul doute que les entraves à l’intégration de l’Afrique centrale sont liées aux
moyens d’ordre institutionnels, financiers ainsi que matériels. A ceux-ci il faudrait y ajouter
les obstacles dus aux différentes crises politiques des Etats membres, les guerres intra-
régionales, les velléités d’indépendances et de nationalités, et, la non-appréhension du
processus d’intégration par les acteurs non-étatiques.

§1. Obstacles d’ordre institutionnel

En liminaire, les obstacles institutionnels se traduisent en premier lieu par la non-mise en


place de la juridiction communautaire censée connaitre de l’interprétation et veillé à

104
Le Plan d’Action de Lagos est le traité qui a été adopté pour créer les communautés économiques régionales dans les
régions qui n’en comptaient pas et renforcer celles existantes. C’est en cela que la CEEAC qui existait avant le plan
d’action de Lagos a reçu la mission d’intégrer l’Afrique centrale.
90

l’application du Traité, mais aussi connaitre des éventuels différends qui pourront naître
entre les Etats membres. Cela s’explique du fait que la session ordinaire de 2015 a fait de
cette question une préoccupation majeure et initier une réforme institutionnelle profonde
de la CEEAC.

Le professeur Ndeshyo note deux indicatifs des obstacles institutionnels105 :

A. Le déséquilibre institutionnel

En observant ledéséquilibre dans l’attribution des compétences aux structures d’intégration,


le professeur Ndeshyo note quele fonctionnement interne de la CEEAC ne favorise pas le
traitement dynamique des dossiers. L’organisation est centralisée tant au niveau politique
qu’administratif, d’où une lenteur décisionnelle et la difficulté de s’adapter aux changements
de circonstances. Au niveau politique, la prise de décision dépend des Chefs d'État, qui se
réunissent peu, tandis qu’au niveau administratif, le Secrétariat général a un fonctionnement
fortement hiérarchisé.

B. Les appartenances à géométrie variable et le chevauchement de programmes

En sus, le chevauchement des organisations régionales et sous-régionales qui est à la base


d’une confusion. La superposition des objectifs et même des projets entre organisation de la
région n’est pas moins de nature à rajouter à la confusion.

Si au niveau des autres régions, les CER ont fait des efforts pour mettre en place des
mécanismes pour coordonner leurs activités, notamment en termes des mémorandums
d’entente, des réunions de coordination périodique, des examens de programmes et des
comités de mise en œuvre communs, quoique de manière certes limitées, cela n’a pas encore
été tout à fais le cas pour les communautés de l’Afrique Centrale, hormis le cas de la
coopération ponctuelle entre la CEEAC et la CEMAC en matière de sécurité commune
comme ce fut le cas dans la consolidation de la paix en RCA.

105
Ndeshyo Ruhihose (O), Manuel du droit communautaire, op.cit, p.202.
91

Les regroupements dans la composition de nombreuses communautés économiques


régionales entraînent une duplication des efforts et une mauvaise utilisation des ressources.
Ils compliquent les efforts d’harmonisation et de coordination et retardent la fusion des
communautés économiques régionales dans l’Union africaine. Face à cette situation,
d’aucuns réclament une rationalisation de l’intégration. Le vaste débat qui s’est ouvert sur ce
thème a produit des résultats tangibles et permis une définition plus claire des mandats,
objectifs et responsabilités des institutions qui sont au service des mêmes pays.

L’Afrique compte actuellement 14 groupements d’intégration régionale, dont deux au moins


sont présents dans toutes les sous-régions. En Afrique de l’Ouest, l’Union économique et
monétaire ouest-africaine (UMEOA) et l’Union du fleuve Mano coexistent avec la
Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’Afrique centrale
compte trois groupements: la Communauté économique des États d’Afrique centrale
(CEEAC), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la
Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).

Chaque pays africain appartient au moins à une CER. L’exemple le plus éloquent ici est le
cas de la RDC qui à seule a adhéré à plusieurs communautés économiques régionales : La
CEPGL, la CEEAC, le COMESA, la SADC. Le Rwanda qui a réintégré la CEEAC le 25
mai 2015 est aussi membre de la CAE. L’appartenance multiple et le chevauchement
peuvent créer des difficultés en termes de coordination/harmonisation des politiques et des
programmes. Par exemple, un pays qui est membre de plusieurs CER doit faire face aux
complications liées à l’application de différents programmes de libéralisation des échanges
commerciaux. Ainsi, pour que les CERs réussissent leurs schémas de libéralisation des
échanges, il serait important d’initier un processus de rationalisation institutionnelle afin de
permettre aux CERs de gérer différents instruments et programmes sans être confrontées à
des objectifs contradictoires.

Les CERs et les mécanismes nationaux doivent être renforcés afin de veiller à une mise en
œuvre effective des décisions et des mesures. Le fait que la plupart des CERs disposent d’un
pouvoir très limité, et quelquefois d’aucun, ne permet pas d’avancer dans le cadre de la mise
en œuvre de décisions communément acceptées par les Etats membres. En tant qu’entités
92

chargées du suivi et de la coordination des activités liées aux décisions et protocoles de leurs
Etats membres au niveau de leur sous-région, les moyens d’action des CER doivent être
pleinement renforcés pour que celles-ci puissent veiller à l’application des décisions prises
en commun, et imposer des sanctions en cas de non-respect des décisions.

Il découle des appartenances multiples des avantages et inconvénients ci après :

A. Avantages

 Rationalisation des potentialités économiques;


 Accès aux larges marchés régionaux afin d’écouler les différentes productions où le
pays a des avantages comparatifs ;

B. Inconvénients

 Une ouverture excessive du marché national risque de générer la fermeture ou faillite


des industries locales et augmenter le chômage;
 Le versement des quottes- parts de contribution pour la participation dans plusieurs
CER ayant parfois les mêmes objectifs frise le gaspillage, et pèse beaucoup sur le
trésor public;
 Risque d’instaurer une concurrence déloyale sur le marché national.

Il sied de noter cependant que la pluri-appartenance aux CER en Afrique Centrale pose enfin
le problème fondamental de la définition et de la détermination de l’Afrique Centrale en tant
qu’entité géopolitique ainsi que de l’émergence d’une identité régionale et de l’engagement
irréversible des pays dans le processus d’intégration.

Somme toute, l’appartenance multiple entraine de chevauchement quant à la qualité de


membres tout en éprouvant les ressources, par ailleurs fort limitées, que l’Etat concerné
consacre à l’intégration régionale. Aussi le double emploi qui leur caractérise et, est à la base
d’une inefficacité de CER entrainant ainsi, par le fait du statu quo, les faibles résultats en ce
qui concerne la libre circulation de personnes, marchandise et de capitaux
93

Au nombre des entraves auxquelles se heurte la communauté économique des Etats de


l’Afrique centrale, il sied de présager quelque issus de secours.

§1. Obstacle d’ordre financier et matériel

A. Le sous- financement

L’une des questions majeures dans tout système d’intégration économique est celle de son
financement. La problématique du financement du processus d’intégration est à l’origine des
difficultés que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale a connues entre
1992 et 1998. Certes la rupture de la paix dans la majorité des Etats membres est souvent
cité comme référence du fait de ses conséquences en termes de troubles sociopolitiques et de
conflits armés dans la majorité des Etats membres qui ont conduits à la cessation des
activités de la CEEAC. En sus, il est aussi admis que l’irrégularité des contributions des
Etats membres est aussi à l’origine de la cessation des activités de la CEEAC.

La caisse de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) souffre


encore de quelques problèmes en matière d’argent. Seuls 5 pays  parmi les 10, sans parler du
Rwanda qui vient de réintégré la communauté, versent régulièrement leurs contributions
statutaires. Cette irrégularité dans les cotisations des 5 restants constitue un frein dans le
financement du processus d’intégration régionale. En effet, celle-ci n’arrive pas à dégager
les fonds nécessaires pour financer les travaux. A l’origine, les Etats membres avaient mis en
place un mécanisme de financement appelé contribution communautaire d’intégration.

A ce jour, le Budget de l'exercice 2015 est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de


Quarante-deux milliards quatre cent vingt-cinq millions six cent soixante-cinq mille cent
soixante-neuf (42 425 665 169) Francs CFA ; (89 317 189,83 dollars américains)106.

Au nombre des problèmes qui touchent les Etats membres de la CEEAC, leur situation
conjoncturelle ne leur permet pas dans leur budget de faire face au processus d’intégration.
Un tableau synoptique montre les budgets 2015 de chaque Etats membres de la CEEAC,

106
Communiqué final de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de la CEEAC du mai 2015.
94

hors mis le Rwanda, qui s’avèrent insuffisants pour y insérer le soutient au processus
d’intégration.

Source : www.ceeac-eccas.org.

De la précarité des budgets des Etats membres,des réductions des financements des projets
ont été envisagés, notamment de 500.000.000 FCFA pour la ligne ‘’200 Nepad’’,
1.300.000.000 FCFA pour la ‘’201-Copax’’, 367.322.084 FCFA pour la ligne ‘’6200-
recrutement’’, auxquelles s’ajoutent l’augmentation des arriérés des Etas membres, d’un
montant de 7.968.999.496 FCFA.

Le conseil des ministres a missionné à cet égard le secrétariat général pour prendre contact et
plaider auprès de tous les Etats membres cette question du financement de la CEEAC, et
notamment des contributions communautaires d’intégration (CCI) et de la zone de libre
échange.

Pour ce qui est de la hauteur des contributions, la CEEAC avait fixait l’équivalent de 0,4%
des importations en provenance de l’extérieur de la zone comme cote part. Rien que pour
son fonctionnement, la CEEAC a besoin d’un budget de 600.000 dollars pour les impératifs
du comité de pilotage. Ce budget vient d’être adopté par la dernière réunion ministérielle.
Par ailleurs, la communauté reste constituée par des Etats ayant des pouvoirs économiques
95

relativement différents en matière pondérale. L’Angola par exemple, représente 48,5% de la


valeur économique globale de toute la région, tandis que la république du Sao Tomé et
Principe n’en représente que 0,1%. Si le rythme des cotisations continue à poser problème,
la CEEAC aura du mal à atteindre ses objectifs. A titre d’exemple, la communauté et
l’Union Africaine se sont fixés pour objectif de mettre en place une zone de libre-échange
effective d’ici l’horizon 2017. Pour ne pas avoir à retarder indéfiniment ce délai, il va falloir
que les différents pays apportent leur contribution, non seulement pour soutenir
financièrement les travaux, mais également pour consolider la confiance entre les Etats
membres.

Le tableau ci- dessus présente les contributions en pourcentage des Etats membres pris par
groupe.

Pays % de contribution
Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatorial 13%
Tchad, Congo RD 10%
Burundi, Centrafrique, Sao Tomé et principe 5%
Source : Etude pour la quantification des scenarios de la rationalisation des communautés
économiques régionales (CER) publication de l’UA

B. Défaut des matériels

Ici n’est pas le lieu pour énumérer de manière limitative les manques dont souffre
l’organisation. Qu’à cela ne tiennent, l’attribution d’un terrain de sept hectares par le Gabon
pour la construction du siège de l’organisation témoigne à suffisance les obstacles matériels
auxquels est butée cette organisation.

Au delà des ces problèmes financiers et matériels, les pays ne sont pas convaincus des
avantages attendus des communautés économiques régionales sous-financés, sachant que,
depuis leur création, ces entités n’ont pas engagé beaucoup de gains ou, si gain il y a, ils ne
sont encore apparents.
96

Les pays ont adhéré aux communautés économiques régionales sans avoir réfléchi
suffisamment à l’importance de l’engagement politique nécessaire pour appuyer l’initiative
d’intégration par des moyens financiers107. C’est ainsi que s’impose la problématique
d’appartenance multiples des Etats aux CERs.

Section 2. Perspectives d’avenir

§1. L’industrialisation de l’Afrique Centrale

C’est à Makthar diouf que revient le mérité de la pensé de l’entreprenariat et industrialisation


en Afrique. Il note que l’histoire apporte un démenti aux propos selon lesquels l’esprit
d’entreprise est étranger à l’Afrique. Seulement, cela ne signifie pas qu’il ne se pose pas de
problèmes au développement de l’entreprise africaine après la colonisation. Il faut bien
reconnaître que les entrepreneurs africains, dans leur grande majorité, continuent à
privilégier la liquidité et la rentabilité à court terme. Ils opèrent encore davantage dans le
commerce et les activités de services que dans l’industrie. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il
n’existe pas encore en Afrique depuis les indépendances, une véritable politique de
promotion de l’entreprise industrielle. L’Etat africain englué dans ses énormes dépenses
improductives de gaspillage et de prestige a tendance à regarder l’opérateur économique
avant tout comme une proie fiscale. L’excessive pression fiscale (impôts direct, mais aussi
impôts indirects, sur les agents de production comme l’eau, l’électricité, les
communications) est actuellement un obstacle majeur à l’épanouissement de l’entrepreneur
africain. A cela s’ajoutent la non disponibilité de facilités de crédit et le manque de
formation technique dans des domaines tels que la comptabilité, la gestion financière et le
marketing, au niveau d’un groupe social qui compte encore un grand nombre de non
alphabétisé. Il se pose aussi, bien entendu, le problème des débouchées. Il est difficile
d’envisager même dans le moyen terme, que des industriels africains puissent être des
concurrents sérieux sur les marchés américains et européens. Mais ils peuvent faire leur
apprentissage de la compétition sur les marchés régionaux africains. Encore faut-il pour cela

107
Munzongo Munyama, Le financement de l’intégration de l’Afrique Australe par la Communauté de Développement
de l’Afrique Australe, « la SADC », mémoire de licence, Université Libre de Kinshasa, 2009-2010.
97

que l’intégration économique régionale passe du domaine des intentions et des déclarations à
celui de la réalité108.

Sur cet aspect, l’industrialisation de la zone CEEAC se présente comme instrument


d’autonomie et d’accélération du développement économique. Ce serait répondre à
l’invitation du PAL de créer des structures de coordination de la coopération industrielle
africaine, à encourager le commerce interafricain des produits manufacturés africains et la
consommation des produits industriels régionaux, à assurer la création des zones de
coopération industrielle comportant la suppression des barrières douanières.

§2. L’autofinancement

La main tendue de l’organisation pour l’accomplissement de ses objectifs jette le discrédit


sur son lendemain. La médaille de l’idée de l’autofinancement nous la devons à Kwame
Nkrumah qui disait « Si la coopération économique et technique entre les africains est
possible, pourquoi la lier au marché commun, organisation européenne, destinée à servir les
intérêts européens »109.

Certaines années, moins de la moitié des contributions de la CEMAC et du COMESA ont


été acquittées, alors que les fonds extrabudgétaires du COMESA et de la SADC ont dépassé
les contributions des États membres. L’écart existant entre les besoins des communautés
économiques régionales et les contributions des États membres est déjà grand et les
projections donnent à penser qu’il va encore se creuser.

L’exemple de ces trois communautés économiques régionales est représentatif de la situation


qui prévaut sur le continent:

 Les communautés économiques régionales qui demandent la même contribution à


tous leurs membres doivent en fixer le montant en prenant comme référence les
108
Makthar Diouf, « Esprit d’entreprise et opérateurs économiques en Afrique », in la renaissance africaine comme
alternative au développement : les termes du choix politique en Afrique, sous la direction de Jose Do-NASCIMENTO, éd.
l’Harmattan, Paris, 2008, p.116.
109
Cité par Ntumba Luaba in La Communauté économique européenne et les intégrations régionales des pays en
développement, op.cit, p. 320.
98

capacités de leur membre le plus pauvre. Pour ces communautés, le budget ne peut
répondre aux besoins et il risque de rester insuffisant pendant longtemps;
 Les communautés économiques régionales qui déterminent les quotes-parts de leurs
membres en fonction d’un principe d’équité tiennent compte de la capacité de
paiement de chacun.

L’expérience montre que ces formules ne parviennent pas à couvrir les besoins financiers ou
qu’elles ne sont plus viables avec le temps.Au vu de l’inadéquation de plus en plus grande
entre les ressources mobilisées à partir des budgets nationaux et les missions assignées aux
institutions de coopération, le principe d’un financement autonome a été progressivement
intégré dans les traités régionaux, notamment ceux des communautés économiques
africaines et de plus en plus, dans les accords constitutifs des autres OIGs de développement.

C’est dans cette optique que la CEEAC à institué le prélèvement de taxe sur les importations
provenant de pays tiers. L’on constate l’accent mis sur ce mécanisme de prélèvement de
taxe depuis le 2007110. De tels systèmes d’autofinancement sont fiables, ils permettent des
flux de ressources prévisibles et empêchent la rétention des fonds par les États membres car
les fonds sont déposés sur des comptes dans une banque centrale, auxquels seule
l’organisation a accès.

Ce mécanisme adopté par la CEEAC a comme objectif premier : la consolidation du


processus d’intégration régionale, et réaliser ainsi l’étape I du calendrier de mise en œuvre
du traité d’Abuja. Le dispositif à mettre en place pour la CEEAC devra permettre un
financement substantiel et régulier des trois à quatre instruments identifiés au chapitre
précédent et de ceux qui viendraient à être crées ultérieurement. Les ressources attendues de
ce mécanisme devront couvrir notamment :

 Les budgets de fonctionnement du secrétariat général, des institutions spécialisées et


des autres de la communauté ;
 Les budgets du fond de compensation ;

110
Communiqué final de la 13ème session ordinaire de la conférence des chefs et de gouvernement de la CEEAC du 30
octobre 2007.
99

 Les dotations en capital du Fonds de Coopération et de Développement ;


 Les besoin des instruments de la politique régionale en matière de paix de sécurité ;
 Le coût de réalisation des projets et programmes.

Qui plus est, les ressources générées par des mécanismes d’autofinancement sont plus
susceptibles de répondre aux besoins des communautés économiques régionales que les
contributions des États membres. Les projections des recettes d’une taxe communautaire,
selon des hypothèses hautes et basses, montrent que, s’il peut arriver que ce mécanisme ne
couvre pas les besoins des communautés économiques régionales, il réduirait nettement le
déficit de financement.

L’état financier des communautés économiques régionales indique clairement que le


système des contributions n’est pas viable à long terme. Dans l’avenir immédiat, la seule
option crédible, autre que le recours au financement extérieur, semble être les modalités
d’autofinancement, mais les pays doivent les négocier avec soin pour en préserver les
caractéristiques uniques:

 L’autonomie des ressources acquises par rapport aux budgets nationaux.


 Le caractère automatique de la taxe, afin de garantir un flux régulier de ressources;
 La croissance soutenue et la viabilité des ressources. Le flux de ressources devrait au
moins permettre de maintenir constantes les capacités des institutions régionales et
étendre les activités d’intégration;
 L’équité des contributions. Les mécanismes d’autofinancement doivent être
équitables pour garantir une viabilité à long terme. L’équité ne veut pas dire l’égalité
mathématique mais une égalité relative, fondée sur la capacité de contribuer de
chaque pays.

Toutefois, l’on note très peu de progrès ont été faits et que les versements des Etats membres
ont même substantiellement diminué, au point être, dans le budget général, inférieur à la
contribution des partenaires.
100

Jusqu’à présent, la question du financement de l’intégration régionale en Afrique s’est


surtout posée pour le fonctionnement de la Communauté économique africaine et des
communautés économiques régionales. Avec la création de l’Union africaine, elle a pris une
nouvelle ampleur. Outre les frais de fonctionnement des communautés économiques
régionales, il faut désormais financer les réunions de la Conférence des chefs d’État et de
gouvernement de l’Union, du Parlement panafricain, du Conseil exécutif et du Conseil
économique, social et culturel, et le fonctionnement de la Commission.

En somme, nous disons que l’état financier des communautés économiques régionales
indique clairement que le système des contributions n’est pas viable à long terme. Dans
l’avenir immédiat, la seule option crédible, autre que le recours au financement extérieur,
semble être les modalités d’autofinancement.

L’impact de l’autofinancement de la CEEAC n’est guère à celui d’autres CER. Les


mécanismes d’autofinancement permettront de réduire la dépendance actuelle, et pourront
même l’éliminer. S’il peut arriver que ces mécanismes ne couvrent pas les besoins des
communautés économiques régionales, ils réduiraient néanmoins le déficit de financement.

§3. Rationalisation des CERs

Une abondante littérature étaye de manière quasi-totale l’importance de la rationalisation des


CERs. En ce qui concerne la CEEAC, il y a chevauchement de son programme avec celle de
la CEMAC d’où la nécessité de présager une rationalisation dans une approche constructive.

La rationalisation n’implique nullement le retrait d’un Etat dans une CER ou une autre. La
rationalisation est un examen de la position de chaque Etat par rapport à son appartenance à
une CER en vue de son optimisation111.

La coordination et l’harmonisation des activités des communautés économiques régionales


figurent parmi les principales préoccupations du programme d’intégration africaine. L’UA
considère les communautés économiques régionales comme les piliers de l’intégration

111
Etude pour la quantification des scenarios de la rationalisation des communautés économiquesrégionales, rapport
de l’UA Mai 2011.
101

économique du continent. Ces communautés ont à leur actif d’importants acquis dans les
domaines du commerce, de l’infrastructure, des biens collectifs régionaux, notamment la
sécurité et la paix.

L’Acte constitutif de l’Union africaine rappelle l’importance d’une démarche harmonieuse


pour réaliser cette dernière. Un consensus politique solide est nécessaire pour une telle unité
d’objectifs et d’action.

La plupart d’entre elles n’ont pas encore mis en œuvre des législations du travail communes,
ni officialisé le droit de résidence et d’installation, et sont en retard dans presque tous les
domaines essentiels pour la réussite d’une union économique et l’harmonisation des
politiques fiscales.

Comment rationaliser les communautés économiques régionales ? Pour assurer la


rationalisation il faudrait :

Partager une vision qui met les communautés économiques régionales en harmonie avec
l’Union Africaine ; Améliorer les résultats des communautés économiques régionales ;
Préserver la pertinence géographique ; Elargir l’espace économique et commercial de
l’Afrique aux fins de production et d’investissement ; et mettre au point des mesures
transitoires pour remplacer progressivement les arrangements institutionnels actuels

Cette rationalisation requière les consentements de ces Etats à adhéré dans les CER appelée
« retrait fusion » et devra aussi faire face aux obstacles d’ordre juridique : transfert des
fonctions, droit, obligations, normes, patrimoines et dettes…
102

En conclusion de ce chapitre, des entraves qui maintiennent la zone CEEAC en statu quo
méritent une action collective. Une intégration ascendante, c-à-d qui part de mouvement
social est impérieuse pour l’essor de la CEEAC.

Les ajustements structurels112 des économies étatiques, la consolidation de la paix


interétatique, la réforme institutionnelle profonde de l’organisation, tous sont impératifs pour
que la CEEAC atteigne les résultats escomptés ; au cas contraire rappelons que, il sera
toujours difficile pour les intégrations régionales africaines de croître et de prospérer si la
stabilité politique et économique des Etats n’est pas assurer.

CONCLUSION

Que représente la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale face aux enjeux
d’intégration africaine ? Quelles sont des avancées enregistrées par cette communauté près
d’une décennie depuis sa redynamisation ? Quelle perspective qu’offre la CEEAC ?
112
L’expression ajustement structurel désigne toute la série de réformes de la politique économique mise en œuvre
dans des dizaines de pays en développement. Il suppose une transformation fondamentale de l’économie d’un pays. Il
est considéré comme essentiel lorsqu’un pays se trouve confronté à un ou plusieurs des facteurs suivants  : l’économie
ne se développe pas ; l’inflation est sévère ; le gouvernement ne peut pas honorer ses obligation au titre de la dette
extérieur ; ou la balance des paiements est en crise, c’est- à- dire les devises disponible sont très inférieures à ce
qu’elles devraient être pour pouvoir payer les sommes dues à l’étranger.
103

Inéluctablement, de la CEEAC depuis sa redynamisation, on note un certains nombres


d’avancées. Ce serait être pessimiste de mauvais goût s’il faudrait tout remettre en cause
autant que ce serait prendre des risques démesurés s’il faudrait affirmer que la CEEAC a un
parcours irréprochable. Le résultat demeure certes mitigé, mais il reste encore trop à faire.

Au regard de l’évaluation que nous avons eu l’honneur de faire, la stratégie d’intégration à


l’horizon 2015 dont la CEEAC s’était fixé, il en découle que certains secteurs important à
l’intégration ont semblés êtres négligés ou mieux, mis dans les oubliettes. Le secteur de la
libération du commerce a connu moins d’implication des Etats membres. La zone de libre-
échange adopté en 2004 peine dans sa mise en œuvre par les Etats membres. Plusieurs
obstacles : barrières, taxation, tracasseries administratives et autres rendent ce protocole
instituant la ZLE obsolète. La problématique de la libre circulation des marchandises, des
personnes et des capitaux n’est pas prise à bras le corps ; la plus grande difficulté ici étant le
visa. Dans le domaine de l’industrie, la CEEAC semble trainée le pas. Pas assez des grandes
initiatives prises dans ce domaine.

D’autres communautés, à l’instar de la CEDEAO, ont largement avancées dans la libre-


circulation en mettant en place un passeport communautaire. D’autres encore ont excellées
dans les échanges commerciaux à l’instar de la CEMAC.

La raison en est que l’intégration régionale de l’Afrique a souffert de lacunes dans la mise en
œuvre des traités, de l’incapacité de prévenir et résoudre définitivement les conflits, et du
manque de ressources pour appuyer l’intégration, entreprise à long terme et à haute intensité
de capital..

Le schéma d’intégration de la CEEAC n’a pas connu de mise en œuvre effective depuis sa
création en 1983. Outre les problèmes génériques des CER (manque de volonté politique,
problèmes de gouvernance et la prolifération d’organisations régionales inefficaces), l’une
des raisons était que la Communauté a été paralysée depuis 1992 par des crises socio-
politiques et des conflits armés ayant affectés sept des onze pays membres. Il faut mettre en
exergue les conflits armés qui ont miné les pays membres de la CEEAC au plan interne et
104

même intra-communauté. Le cas figure est celui de l’agression de la RDC par le Rwanda et
le Burundi.

De manière générale, les échanges commerciaux entre les pays africains se heurtent à de
nombreux obstacles dans le cadre de leurs efforts visant à mettre en œuvre les programmes
de libéralisation des échanges. Au nombre de ces facteurs, on peut citer les problèmes
relatifs à l’appartenance à plusieurs organismes, le suivi des décisions régionales, les
structures de productions, la crainte de la perte de revenus et les mécanismes de
compensation, les obstacles non tarifaires, la paix et la sécurité, et l’engagement vis-à-vis
des idéaux de l’intégration régionale.

L’appartenance multiple et le chevauchement créent des difficultés en termes de


coordination, d’harmonisation des politiques et des programmes. Ainsi, pour que les
communautés économiques régionales réussissent dans le cadre de la mise en œuvre de leurs
schémas de libéralisation des échanges, il serait important d’initier un processus de
rationalisation institutionnelle afin de permettre aux communautés économiques régionales
de gérer différents instruments et programmes sans être confrontées à des objectifs
contradictoires.

Cela étant, L’intégration étant le vœu du développement, les Etats africains qui sont
développé ou mieux, avancé, doivent apporter leurs soutiens aux autres Etats moins avancés.
Mettre en place des mécanismes régionaux par exemple dans le secteur alimentaire afin de
lutter contre l’insécurité alimentaire qui sévit bon nombre d’Etat de la région.

Ceci n’est possible que dans l’amélioration des infrastructures des transports. L’amélioration
de service de transit en faveur des pays sans littoral, de mettre à la disposition de PAMA des
facilités d’accès à la mer et aux aménagements portuaires de manière à les désenclaver et de
développer les transports multimodaux.

La paix et la sécurité ont un rôle crucial en ce qui concerne la mise en œuvre des
programmes de libéralisation des échanges commerciaux. Par conséquent, la paix, la sécurité
et la résolution des conflits doivent mériter une attention de tous les instants afin de créer un
environnement propice pour les activités des communautés économiques régionales.
105

A cet égard, un environnement sans conflit et une stabilité macroéconomique assurée sont
indispensable pour une libéralisation efficace du commerce et pour les activités du secteur
manufacturier car ils peuvent renforcer la confiance des investisseurs. Les communautés
économiques régionales pourraient appuyer les efforts en matière de règlement des conflits
en mettant en place des systèmes d’alerte rapide pour déchiffrerles signes précurseurs de
conflits au sein des pays membres et entre eux, prendre rapidement les mesures qui
s’imposent et prévenir les conflits ou limiter voire enrayer leur progression. Les obstacles à
l’intégration régionale en Afrique sont de divers ordres. Aux obstacles physiques tenant à
l’état rudimentaire des réseaux de transport, s’ajoutent les difficultés qui empêchent les
accords destinés à faciliter les opérations de transport entre les États de produire leur plein
effet.

Tout de même, la CEEAC a pu mettre en place un projet d’une importance capital qui est en
cours de réalisation et dont bon nombre des actions ont étés menées en ce sens. Le
Programme pilote d’électrification transfrotalière adopté à Kinshasa en 2003.

Dans le domaine de l’agriculture, la CEEAC a fait sien le PDDAA. Au niveau régional, par
l’entremise du Secrétariat Général de la CEEAC, le PDDAA permettra de renforcer les
capacités de formulation des politiques et des programmes de sécurité alimentaire des EM et
de la région. Le PDDAA visera notamment : la définition des axes de la politique agricole
régionale ; (ii) une amélioration de la communication et de la circulation de l’information
entre la CEEAC, ses EM et ses autres partenaires ; une meilleure gestion des ressources
partagées ; la promotion de partenariats avec les autres acteurs clés du processus du PDDAA
; une meilleure coordination et l’alignement de l’appui technique et financier. Dans ce cadre,
le Secrétariat Général de la CEEAC mettra en place une « équipe régionale »
pluridisciplinaire, dénommée Comité de Pilotage Régional (CPR), dont le secrétariat sera
assuré par le Point Focal Régional (PFR, déjà en place).

Sans remettre en cause les efforts fournis par la CEEAC dans l’intégration de la région.
Cette institution s’affirme un temps soit peu dans le domaine de maintien de paix.
L’exemple le plus éloquent à souligné en caractère gras d’imprimerie, est la MICOPAX et
son soutien aux Etats touchés par le groupe terroriste Boko Haram.
106

En définitive, les résultats ne sont guère fameux au regard de son potentiel. Son avenir doit
être encore défini pour n’est pas donné raison au professeur Ndeshyo qui pense que bon
nombre d’organisations internationales africaines mènent une vie végétative que l’on ne
tardera pas à leur décerner un certificat de décès.

Pierre Lanarès affirme que « nos contemporains sont fatigués de ces luttes entre nations ou
entre blocs internationaux et aspirent à vivre une ère fraternelle. L’idée est séduisante, mais
lorsqu’il s’agit pour un peuple de renoncer à son identité, à ses traditions, à sa souveraineté
pour se soumettre à un pouvoir impersonnel et incontrôlable, on heurte à de sérieuses
hésitations113.

L’avenir de la CEEAC requiert plus la volonté politique des Etats membres. Pour y parvenir,
l’idée de fédération doit refléter chez les africains en générale, et les responsables politiques
en particulier, un souci de servir (par le moyen d’une organisation politique et économique
efficace à réaliser dans les meilleurs délais), au lieu de n’être qu’une expression
démagogique dilatoire répétée sans conviction du bout des lèvres. Il sied de précipiter
l’Afrique sur la pente de son destin.

Ces mots du professeur Biyoya parachèvent notre œuvre : on peut ainsi appliquer aux
relations internationales africaines, les schémas d’une structure théorique à trois dimensions
ou niveau d’analyse, à savoir, le niveau de l’acteur national ; le niveau de l’acteur
interétatique, le niveau de l’acteur systèmique. La prise en compte des variations des
contextes internationaux et de leur impact sur le degré d’autonomie du système d’intégration
africaine conduit à envisager l’étude des relations internationales africaines selon un double
niveau interne et externe, un niveau horizontal et verticale des relations de paix et de sécurité
ou de stabilité régionale et internationale, des relations ou transnationales à côtés des
politiques étrangères des Etats et des Communautés régionales114.

113
Lanarès (P), Faire face au désordre mondial, éd. Vie et santé, Dammarie lès Lys, p.30.
114
Biyoya Makutu K. (p), Comprendre les relations internationales, les anciens et les nouveaux paradigmes, éd.
Médiaspaul, Kinshasa, 2015, p.146.
107

BIBLIOGRAPHIE

I. Instruments juridiques

 Acte constitutif de l’Union Africaine adopté en 2001 à Addis Abéba et entré en vigueur
en 2002.
 Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine adoptée à Addis Abéba le 25 Mai 1963 et
entrée en vigueur en Septembre 1963.
108

 Pacte de non-agression entre les Etats membres de la CEEAC adopté à Yaoundé le 08


Juillet 1996.
 Pacte d’assistance mutuelle entre les Etats membres de la CEEAC adopté à Malabo
2000.
 Protocole relatif au Conseil de Paix et Sécurité en Afrique Centrale adopté à Malabo le
24 février 2000.
 Traité d’Abuja adopté le 03 Juin 1991 et entré en vigueur en 1994.
 Traité instituant la CEEAC adopté en Octobre 1983 à Libreville.

II. Ouvrages

 Anna D et Eddy F, Introduction aux relations internationales, éd. Ellipses, Paris,


2014, 293pages.
 Biyoya Makutu K. P, Diplomatie congolaise régionale : nouveaux fondement, défis
et enjeux, Ed. L’Harmattan, Paris, 2008, 171pages.
 Biyoya Makutu K. P, Comprendre les relations internationales, les anciens et les
nouveaux paradigmes, éd. Médiaspaul, Kinshasa, 2015, 156pages.
 Bruno B.E., Hakim Ben H. et Touna M, intégration en Afrique Centrale : bilan et
perspective, Paris, Ed. Kathala, 2003, 311pages.
 Françoise Drumets et Christian Pfister, Politique monétaire, éd. De boeck, Bruxelles,
2010, 243pages.
 Gerbet P, La naissance du marché commun, ed. complexe, Bruxelles, 1987, 189p.
 Gonidec P.F., Les organisations internationales africaines, éd. L’Harmattan, 1987,
303pages.
 Hervé Devillé, L’intégration des espaces économiques, éd. Académia Brylant, Paris,
2003.206 pages.
 Jose Do-NASCIMENTO, la renaissance africaine comme alternative au
développement : les termes du choix politique en Afrique, éd. l’Harmattan, Paris,
2008, 359pages.
 Kamanda Wa Kamanda, Le défi africain : Une puissance économique qui s’ignore,
éd. ABC, Paris, 1976, 149pages.
109

 Klauss-Dieter B, ABC du droit communautaire, commission européenne. 115 pages.


 Lanares P, Faire face au désordre mondial, éd. Vie et santé, Dammarie lès Lys, 1993,
259pages.
 Labana Lasay’Abar, Les relations internationales : présentation panoramique et
approches théoriques, éd. Médiaspaul, Kinshasa, 2006, 210 pages.
 Loubet Del Bayle J-L., Initiation aux méthodes des sciences sociales, un document
produit en version numérique par Emile Tremblay, 2000, 272pages.
 Mpongo Bokako Bautolinga E, Institutions politiques et droit constitutionnel, éd.
Université africaine, Kinshasa, 2001,
 Makthar Diouf, Intégration économique : perspective africaines, éd. Publisud ,
Dakar, 1984, 281pages.
 Mukuna-Mutanda Wa Mukendi P, Et B.Ilunga-Tshipama Wa-Mbayi, Méthodologie
de la recherche scientifique : de la direction à l’évaluation d’un travail de fin d’étude,
éd. Presse de la Funa, Kinshasa, 2005, 75 pages.
 Mononi Asuka Ngongo Et Koli Elombe, L’organisation de l’unité africaine vingt ans
après des espoirs deçus, PUZ, Kinshasa, 1988, 209pages.
 Mvie Meka E., Architecture de la sécurité et gouvernance démocratique dans la
CEEAC, Presses Universitaire d’Afrique, Yaoundé, 2007, 553 pages.
 Ntumba Luaba Lumu, la communauté économique européenne et les intégrations
régionales des pays en développement, éd. Bruylant, Bruxelles, 1999, 533pages.
 Ndeshyo, Ntumba Luaba Et Dhendonga, L’antidérive de l’Afrique en désarroi, éd.
PUZ, Kinshasa, 1985, 473pages.
 Ndeshyo Ruhihose O, Manuel de Droit Communautaire africain Tome I introduction
générale : objet, sources, caractéristiques et domaines, éd. Etat et Société, Kinshasa,
2011, 566pages.
 Ndeshyo ruhihose. et Ntumba Luaba, La stratégie de l’organisation de l’unité
africaine pour le développement, éd. PUZ, Kinshasa, 79pages.
 N’kodia C., l’intégration économique : les enjeux pour l’Afrique centrale, éd.
L’Harmattan, Paris, 2000, 200pages.
110

 Ndione B., Etude sur l’Afrique Centrale face aux défis migratoires, Publication de
l’union européenne, Bruxelles, 2014. 177 pages.
 Perroux F, L’Europe sans rivages, Paris, P.U.F, 1954, 859pages.
 Philippe Mocellin, l’essentiel des relations internationales et de la géopolitique
contemporaine, éd. Guilino, Paris 2015, 112pages.
 Philip h. gordon et sophie meunier, le nouveau défi français. La France face à la
mondialisation, Ed. ODILE JACOB, Paris, 2002, 241 pages.
 Sassou Attisso F, De l’unité de Nkrumah à l’union africaine de Kadhafi, éd.
L’Harmattan, Paris, 2008, 224pages.
 Shomba Kinyamba S, Méthodologie de la recherche scientifique : les ficelles de
captage et les logiques d’analyse des données, éd. PUK, Kinshasa, 2012, 223pages.

II. Thèses et mémoires

 Gnimpiemba Tannang E, Droit matériel et intégration sous-régional en Afrique


Centrale (Contribution à l’étude des mutations recentes du marché intérieur et du
droit de la concurrence CEMAC), Thèse de doctorat en Droit et financement de
développement, université de NICE-SOPHIA ANTIPOLIS, Mars 2004.
 Opara Opimba L., L’impact de la dynamique de l’intégration régionale sur les pays
de la SADC : une analyse théorique et empirique, thèse de doctorat en sciences
économique, Université Montesquieu-Bordeaux, Mars 2009.
 Munzongo Munyama J.P, Le financement de l’intégration de l’Afrique Australe
par la Communauté de Développement de l’Afrique Australe, « la SADC »,
mémoire de licence, Université Libre de Kinshasa, 2009-2010.

III. Autres documents

 Bilan sur l’intégration régionale en Afrique, rapport de la 21ème assemblée régionale


de l’assemblée parlementaire de la francophonie du 9 au 11 mai 2013.
 Document de stratégie d’intégration régionale, publication de la banque africaine de
développement, février 2011.
111

 Etat de l’intégration en Afrique, 3ème publication de la Commission de l’Union


Africaine, juillet 2011.
 Etat de l’intégration régionale en Afrique IV : Développer le commerce intra-
africain. Rapport de la commission économique pour l’Afrique 2010.
 Etude pour la quantification des scenarios de la rationalisation des communautés
économiques régionales, Rapport de l’UA Mai 2011.
 Etat de l’intégration en Afrique, développer le commerce intra- africain, rapport de
la commission économique pour l’Afrique, 2010.
 Évaluation des efforts d’intégration régionale en Afrique en vue de promouvoir le
commerce intra-africain », CEA N° 30, 2005.
 Le développement économique en Afrique, renforcé l’intégration économique
régionale pour le développement de l’Afrique, rapport de la Commission
économique pour l’Afrique de nations unie, 2009.
 Libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, Rapport de
la Commission de l’Union Africaine, département des affaires économiques, Avril
2008.

IV. Sites internet

 www.peafriquecentrale.org
 www.gabonews.com
 www.cicos.info
 www.ceeac-eccas.org
 www.au.int

TABLE DES MATIERES

Epigraphe................................................................................................................................ i

Liste des Sigles, abréviations et acronymes...........................................................................iii

Remerciements.....................................................................................................................vii
112

INTRODUCTION..................................................................................................................1

1. Revue de la littérature...................................................................................................1

2. Problématique...............................................................................................................3

3. Hypothèses....................................................................................................................6

4. Objet et intérêt du sujet.................................................................................................8

5. Orientation méthodologique..........................................................................................8

6. Délimitation de la recherche.......................................................................................10

7. Enoncé du plan............................................................................................................11

CHAPITRE I: GENERALITES SUR L’INTEGRATION....................................................12

Section 1. Ebauche sur les notions et définition de l’intégration........................................12

§1. Esquisse notionnelle de l’intégration........................................................................12

§2. Esquisse définitionnelle............................................................................................20

Section 2. Brève historique de l’intégration en Afrique.....................................................22

§1. Sous l’égide de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).....................................22

§2. Sous l’égide de l’Union africaine (UA)....................................................................29

CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS


DE L’AFRIQUE CENTRALE..............................................................................................32

Section 1. Historique, structures et objectifs de la CEEAC...............................................32

§1. Historique.................................................................................................................32

§2. Objectifs de la Communauté....................................................................................35

§3. Les Organes de la CEEAC, leur fonctionnement et compétences............................36

§4. Les principes de la CEEAC......................................................................................40


113

CHAPITRE III : EVALUATION DE L’ACTION DANS LE PROCESSUS


D’INTEGRATION DE LA CEEAC.....................................................................................41

Section 1. La mise en place du Marché commun au sein de la CEEAC...........................42

§1. Quid de l’union douanière de la CEEAC..................................................................44

§2. Qu’en est-il de la Zone de libre-échange de la CEEAC............................................46

§2. De la Libre circulation des personnes.......................................................................51

Section 2. L’intégration sectorielle de développement......................................................59

§1. Infrastructure............................................................................................................60

A. Transport..................................................................................................................60

§2. Quid de la communication et les TIC ?....................................................................64

§3. La mise en œuvre des ressources naturelles et énergétiques.....................................66

§4. Développement de l’agriculture et l’alimentation.....................................................75

Section 3. Le mécanisme de la CEEAC de prévention, gestion et règlement des conflits. 79

§1. Le conseil de paix et de sécurité de la CEEAC............................................................80

§2. Les avancées de la CEEAC dans la prévention, gestion et règlement des conflits....84

§3. La CEEAC et une entraide judiciaire communautaire..............................................87

CHAPITRE IV. LES OBSTACLES A L’INTEGRATION REGIONALE DE L’AFRIQUE


CENTRALE (CEEAC) ET PERSPECTIVES D’AVENIRS................................................90

Section 1. Obstacles à l’intégration de la CEEAC.............................................................90

§1. Obstacles d’ordre institutionnel................................................................................90

Section 2. Perspectives d’avenir........................................................................................97

§1. L’industrialisation de l’Afrique Centrale..................................................................97

§2. L’autofinancement....................................................................................................98
114

§3. Rationalisation des CERs.......................................................................................101

CONCLUSION................................................................................................................... 104

BIBLIOGRAPHIE..............................................................................................................109

TABLE DES MATIERES..................................................................................................113

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