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Table des matières

I Calcul vectoriel 1
1 Dénitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1 Grandeur scalaire et grandeur vectorielle . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Vecteur libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.3 Bipoint . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.4 Vecteur lié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.5 Vecteurs linéairement dépendants et vecteurs linéairement indépen-
dants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.6 Base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6.2 Base orthogonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6.3 Base orthonormée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.6.4 Base orthonormée directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.6.5 Choix d'une base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.7 Composantes d'un vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.8 Repère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.9 Coordonnées d'un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.10 Composantes d'un vecteur lié associé à un bipoint . . . . . . . . . . 7
2 Opérations sur les vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1 Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.3 Application aux vecteurs d'une base orthonormée . . . . . 9
2.1.4 Expression analytique dans une base orthonormée . . . . . 9
2.1.5 Norme d'un vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Produit vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.3 Application aux vecteurs d'une base orthonormée . . . . . 11
2.2.4 Expression analytique dans une base orthonormée . . . . . 12
2.2.5 Interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3 Double produit vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3.2 Expression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Chapitre I
Calcul vectoriel
Le calcul vectoriel est un outil mathématique indispensable en Mécanique et en Phy-
sique d'une manière générale, car beaucoup de grandeurs physiques (force, vitesse, champ
électrique, etc.) sont représentées par des vecteurs.
Dans ce qui suit, on se donne un espace métrique, c'est-à-dire un espace ane A auquel
on a associé un espace vectoriel euclidien E. Les éléments de A sont des points, ceux de
E des vecteurs. Sauf mention contraire, A et E sont de dimension trois.

1 Dénitions
1.1 Grandeur scalaire et grandeur vectorielle

Une grandeur scalaire (ou un scalaire) est une grandeur pouvant être totalement dénie
par un nombre algébrique unique exprimé dans un système d'unités déni.
Exemples
La masse d'un corps, le diamètre d'une surface circulaire, l'aire de la surface en
question, la durée qu'un véhicule met à parcourir une certaine distance sont des
grandeurs scalaires. Notons que contrairement à ce que ces exemples peuvent laisser
entendre, un scalaire n'est pas nécessairement positif.
Une grandeur vectorielle est une grandeur dont la dénition nécessite, non plus un,
mais trois nombres.
Exemple
Deux avions peuvent voler en ligne droite à la même vitesse, mais selon des tra-
jectoires diérentes (gure I.1). La description du mouvement de chacun de ces deux
appareils nécessite donc d'introduire la notion d'orientation. Dans un espace à trois
dimensions, on peut montrer que cela nécessite deux nombres (ou paramètres) sup-
plémentaires.

1.2 Vecteur libre




Tout vecteur V d'un espace vectoriel est dit libre, et se caractérise par (gure I.2) :


 sa norme (ou module ou intensité) notée ∥ V ∥ qui est un scalaire positif,
 son support (ou direction),
2 Chapitre I. Calcul vectoriel

9 0 0 k m /h

9 0 0 k m /h

Figure I.1

 son sens (à une direction donnée correspondent deux sens).


s u p p o rt
V
m e
n o r

Figure I.2  Vecteur libre

1.3 Bipoint

On appelle bipoint un ensemble ordonné de deux points A et B (gure I.3). On le


note : (A, B). A est l'origine du bipoint, B son extrémité.
B

Figure I.3  Bipoint

1.4 Vecteur lié




Pour tout bipoint (A, B), il existe un vecteur V tel que (gure I.4) :
−→ − →
AB = V
−→ −→
Autrement dit, à tout bipoint (A, B) on peut faire correspondre un vecteur AB . AB ,

→ −
→ −→
ou ( V , A), est appelé vecteur lié. V est appelé vecteur libre associé au vecteur lié AB .
B
V V
A A

Figure I.4  Vecteur lié

On peut dire qu'un vecteur lié est un vecteur libre doté d'un point d'application.
Remarques

→ −

1. V (ou − V ) est le vecteur directeur de la droite passant par les points A et B .


2. Cette droite est le support de V .

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1. Dénitions 3

1.5 Vecteurs linéairement dépendants et vecteurs linéairement

indépendants

− −

Deux vecteurs U et V sont linéairement dépendants s'il existe entre eux une relation
linéaire, c'est-à-dire une relation de la forme :

− →

U = λV (I.1)
λ étant un scalaire. Autrement dit, l'un des vecteurs peut s'exprimer en fonction de l'autre.
On dit également que les deux vecteurs sont colinéaires.
D'un point de vue géométrique, deux vecteurs sont linéairement dépendants si et
seulement si leurs supports sont parallèles (gure I.5).
A l'inverse, deux vecteurs sont linéairement indépendants si et seulement si leurs sup-
ports ne sont pas parallèles (gure I.6). Contrairement au cas précédent, on ne peut
exprimer l'un des vecteurs en fonction de l'autre.

V V
V
U
U U

Figure I.5  Deux vecteurs linéairement dépen- Figure I.6  Deux vecteurs li-
dants néairement indépendants


− −
→ −

D'une manière générale, n vecteurs V 1 , V 2 , . . . , V n sont dits linéairement dépendants
s'il existe entre eux une ou des relations linéaires. Dans le cas contraire, ils sont dits
linéairement indépendants.
Le nombre maximum de vecteurs linéairement indépendants dans un espace donné est
égal à la dimension de cet espace.
Dans le cadre de ce cours, savoir traduire géométriquement les notions abordées dans
le présent paragraphe dans le cas de deux vecteurs et de trois vecteurs sut amplement.
Il nous reste donc à examiner le cas de trois vecteurs. Ceux-ci sont linéairement dé-
pendants si et seulement si ils sont coplanaires, c'est-à-dire s'ils appartiennent à un même
plan (gure I.7). Ces trois mêmes vecteurs sont linéairement indépendants si et seulement
si ils ne sont pas coplanaires (gure I.8).

V
W W
V
U U

Figure I.7  Trois vecteurs linéaire- Figure I.8  Trois vecteurs linéaire-
ment dépendants ment indépendants

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4 Chapitre I. Calcul vectoriel

Remarque
Comme on peut le constater à l'examen des gures I.7 et I.8, pour déterminer si
les trois vecteurs sont coplanaires ou non, il convient dans un premier temps de faire
coïncider leurs origines (gure I.9).

o r ig in e V
e x tr é m ité

Figure I.9  Origine et extrémité d'un vecteur

1.6 Base

1.6.1 Dénition
On appelle base d'un espace vectoriel tout système de trois vecteurs linéairement
indépendants (donc non coplanaires).
Dans ce qui suit, sauf mention contraire, on considère une base, notée b, et formée des
vecteurs ⃗e1 , ⃗e2 et ⃗e3 (gure I.10). On écrit alors :

b = (⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 )

Remarques
1. De toute évidence, il existe une innité de bases pour un même espace vectoriel.
2. La base d'un espace à deux dimensions est formée de deux vecteurs (non coli-
néaires).

e 2 e 2
e 3 e 3

e 1 e 1

Figure I.10  Base quelconque Figure I.11  Base orthogonale

1.6.2 Base orthogonale


Une base est dite  orthogonale  si ses vecteurs sont deux à deux orthogonaux (gure
I.11).

⃗e1 ⊥ ⃗e2 , ⃗e1 ⊥ ⃗e3 , ⃗e2 ⊥ ⃗e3 (I.2)

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1. Dénitions 5

1.6.3 Base orthonormée


Une base est dite  orthonormée  si elle est orthogonale et que ses vecteurs sont
 unitaires , c'est-à-dire de normes égales à l'unité.

 ⃗e1 ⊥ ⃗e2 , ⃗e1 ⊥ ⃗e3 , ⃗e2 ⊥ ⃗e3
(I.3)

∥⃗e1 ∥ = ∥⃗e2 ∥ = ∥⃗e3 ∥ = 1

1.6.4 Base orthonormée directe


Une base b = (⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 ) est dite  directe  ou  positive  si un observateur placé sur
⃗e3 et regardant ⃗e1 voit ⃗e2 à sa gauche : c'est la règle dite  du bonhomme d'Ampère 
(gure I.12). Si dans les mêmes conditions l'observateur voit ⃗e2 à sa droite, alors la base
est dite  indirecte  ou  négative  (gure I.13).
Parmi les autres règles permettant d'obtenir une base directe, mentionnons celle dite
 des trois doigts de la main droite  illustrée par la gure I.14 et celle dite  du tire-
bouchon .
Il est important de saisir que l'ordre des vecteurs est primordial ! Ainsi, si (⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 )
est directe, alors (⃗e2 , ⃗e1 , ⃗e3 ) par exemple est indirecte. Si (⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 ) est indirecte, alors
(⃗e2 , ⃗e1 , ⃗e3 ) par est directe. Une base orthonormée est donc un triplet ordonné.

e 3 e 3

e 2 e 2

e 1 e 1

Figure I.12  Base orthonormée directe Figure I.13  Base orthonormée indirecte

e 1

e 2

e 3

Figure I.14  Règle des trois doigts de la main droite

Remarque
Si la base (⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 ) est directe/indirecte, alors les bases (⃗e2 , ⃗e3 , ⃗e1 ) et (⃗e3 , ⃗e1 , ⃗e2 )
obtenues par permutation circulaire des trois vecteurs sont également directes/indirectes.

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6 Chapitre I. Calcul vectoriel

1.6.5 Choix d'une base


Une base, de par son type (orthonormée, orthogonale ou quelconque) et les vecteurs
qui la composent, doit être adaptée au problème à résoudre. Concernant le type, sauf cas
particuliers, une base orthonormée est celle qui facilite les calculs.
Nous nous limiterons donc à de telles bases. De plus, nous les choisirons directes an
de pouvoir utiliser le produit vectoriel qui sera abordé ultérieurement.

1.7 Composantes d'un vecteur




Etant donné une base b = (⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 ), tout vecteur V peut s'exprimer comme suit :


− ∑ i=3 ∑
V = Vi ⃗ei = Vi ⃗ei = V1 ⃗e1 + V2 ⃗e2 + V3 ⃗e3 (I.4)
i=1 i

Les coecients V1 , V2 et V3 (ou les coecients Vi ), qui sont des scalaires, sont appelés


composantes de V dans la base b.
On peut également noter :


V1 V V1

→ → 1
− −
→ −

V = V2 ou V = V2 ou V =  V2  ou V = (V1 , V2 , V3 )
b V3 V3 V3
la base devant être précisée si plusieurs ont été dénies.
Il est important de noter que les composantes d'un vecteur dépendent de la base
choisie.

1.8 Repère

Un repère R est l'ensemble formé d'un point O, appelé origine, et d'une base b (gure
I.15). On note alors :
R = (O, b) ou R = (O, ⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 )

Un repère muni d'une base orthonormée directe est dit orthonormé direct.
Les axes passant par O et de vecteurs directeurs ⃗e1 , ⃗e2 et ⃗e3 (gure I.16) sont appelés
axes du repère. Si ces axes sont désignés Ox1 , Ox2 et Ox3 , alors on note également :
R = Ox1 x2 x3

1.9 Coordonnées d'un point

Les coordonnées d'un point P dans le repère R sont les composantes dans la base b
−→
du vecteur OP (gure I.17).
En désignant par x1 , x2 et x3 les coordonnées du point P , on notera :


x1 x1

P = x2 ou P =  x2  ou P = (x1 , x2 , x3 )
x3 x3

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1. Dénitions 7

x 3

e 3

e 3

O O
e 2 x 2
e 2
e 1
e 1
x 1

Figure I.15  Repère : origine, base Figure I.16  Repère : origine, base, axes
e 3

P
O P
O
e 2

e 1

Figure I.17  Repère et point

1.10 Composantes d'un vecteur lié associé à un bipoint

−→
Soit un vecteur lié AB (gure I.18). Puisque :
−→ −→ −−→ −−→ −→
AB = AO + OB = OB − OA

on peut écrire symboliquement :

−→
Composantes de AB = Coordonnées de B − Coordonnées de A (I.5)

e 3

O A B
A e 2

e 1

Figure I.18  Repère et bipoint

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8 Chapitre I. Calcul vectoriel

2 Opérations sur les vecteurs


2.1 Produit scalaire

2.1.1 Dénition

→ −
→ −
→ −

On appelle produit scalaire de deux vecteurs U et V le scalaire noté U · V et déni
comme suit :

→ − → −
→ − → →
− → −
U · V = ∥ U ∥ ∥ V ∥ cos( U , V ) (I.6)


→ −
→ −
→ →
− −
→ −

où ∥ U ∥ et ∥ V ∥ représentent les normes de U et de V respectivement, ( U , V ) l'angle
que ces deux vecteurs font entre eux (gure I.19).

V (U ,V )

Figure I.19  Angle entre deux vecteurs


→ −
→ − → −

∥ V ∥ cos( U , V ) représente la projection orthogonale de V sur un axe de vecteur di-

− −
→ −
→ −→ −
→ −

recteur U (gure I.20), ∥ U ∥ cos( U , V ) celle de U sur un axe de vecteur directeur V .

Remarque
Un axe se caractérise par son support et un sens suivant ce support. Il convient
de le distinguer d'une droite !

Cas particulier
Si l'un des deux vecteurs, que nous noterons alors ⃗u, est unitaire (c'est-à-dire de
norme égale à l'unité), alors le produit scalaire s'écrit :


− −
→ −

V · ⃗u = ∥ V ∥ cos( V , ⃗u) (I.7)



et représente la projection orthogonale de V sur un axe de vecteur unitaire ⃗u (gure
I.21).

D D
U u
V V 1

V c o s (U ,V ) V u

Figure I.20 Figure I.21

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2. Opérations sur les vecteurs 9

2.1.2 Propriétés
1. Commutativité ou symétrie :

→ −→ −→ −→
U ·V =V ·U

2. Multiplication par un scalaire :



→ − → −
→ − →
(λ U ) · V = λ( U · V )

3. Distributivité par rapport à l'addition vectorielle :



→ − → − → − → − → − → − →
(U + V ) · W = U · W + V · W

4. Le produit scalaire est nul si l'un des deux vecteurs est nul ou si les deux vecteurs
sont orthogonaux (gure I.22).

→ −
→ →
− →
− −

5. Pour tout vecteur V , V · V = V 2 , appelé carré scalaire de V , est toujours positif.
6. Le produit scalaire est indépendant de la base.

9 0 °
V
U

Figure I.22  Vecteurs orthogonaux

2.1.3 Application aux vecteurs d'une base orthonormée


De la dénition du produit scalaire découlent les relations suivantes :
⃗e1 · ⃗e1 = 1 , ⃗e1 · ⃗e2 = 0 , ⃗e1 · ⃗e3 = 0
⃗e2 · ⃗e1 = 0 , ⃗e2 · ⃗e2 = 1 , ⃗e2 · ⃗e3 = 0 (I.8)
⃗e3 · ⃗e1 = 0 , ⃗e3 · ⃗e2 = 0 , ⃗e3 · ⃗e3 = 1

ou encore, de manière synthétique :


{
1 si i = j
⃗ei · ⃗ej = (I.9)
0 si i ̸= j

2.1.4 Expression analytique dans une base orthonormée



→ −

Formons le produit scalaire des deux vecteurs U et V :
( i=3 ) ( j=3 ) i=3 j=3

→ −→ ∑ ∑ ∑∑
U ·V = Ui ⃗ei · Vj ⃗ej = Ui Vj (⃗ei · ⃗ej )
i=1 j=1 i=1 j=1

= U1 V1 (⃗e1 · ⃗e1 ) + U1 V2 (⃗e1 · ⃗e2 ) + U1 V3 (⃗e1 · ⃗e3 )


+ U2 V1 (⃗e2 · ⃗e1 ) + U2 V2 (⃗e2 · ⃗e2 ) + U2 V3 (⃗e2 · ⃗e3 )
+ U3 V1 (⃗e3 · ⃗e1 ) + U3 V2 (⃗e3 · ⃗e2 ) + U3 V3 (⃗e3 · ⃗e3 )

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10 Chapitre I. Calcul vectoriel

Parmi les neuf produits scalaires ⃗ei · ⃗ej , les seuls non nuls sont (voir relations (I.8)) :

⃗e1 · ⃗e1 = ⃗e2 · ⃗e2 = ⃗e3 · ⃗e3 = 1



− − →
U · V s'écrit alors :

− − →
U · V = U1 V1 + U2 V2 + U3 V3 (I.10)

En pratique, on procède souvent de la manière suivante :


   
U1 V1

→ − →
U · V =  U2  ·  V2  = U1 V1 + U2 V2 + U3 V3 (I.11)
U3 V3

Cas particulier


Si U est l'un des vecteurs de la base b, alors nous avons :


V · ⃗ei = Vi (I.12)


Autrement dit, le produit scalaire d'un vecteur V et du i-ième vecteur de la base


b est égal à la i-ième composante dans b de V .

2.1.5 Norme d'un vecteur


La norme d'un vecteur a déjà été évoquée à plusieurs reprises. Rappelons qu'il s'agit


d'un scalaire positif dont voici à présent l'expression pour un vecteur V :

→ √→
− → − √−

∥V ∥ = V · V = V 2 (I.13)

D'après la relation (I.10), dans une base orthonormée on a :





∥V ∥ = V12 + V22 + V32 (I.14)

2.2 Produit vectoriel

2.2.1 Dénition

− −
→ −
→ −

On appelle produit vectoriel de deux vecteurs U et V le vecteur noté U ∧ V tel que
(gure I.23) :
1. sa direction soit orthogonale au plan formé par ces deux vecteurs,

→ −
→ −
→ −

2. U , V et U ∧ V (dans cet ordre !) forment un trièdre direct,
3. sa norme soit égale à :

→ − → −
→ − → →
− → −
∥ U ∧ V ∥ = ∥ U ∥ ∥ V ∥ | sin( U , V )| (I.15)

→ − → →
− →

( U , V ) étant l'angle que U et V font entre eux.

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2. Opérations sur les vecteurs 11

U V
V
(U ,V )
U
P

Figure I.23  Produit vectoriel de deux vecteurs

2.2.2 Propriétés
1. Anticommutativité ou antisymétrie :

→ − → −
→ − →
U ∧ V = −V ∧ U

2. Multiplication par un scalaire :



→ − → −
→ − →
(λ U ) ∧ V = λ( U ∧ V )

3. Distributivité par rapport à l'addition vectorielle :



→ − → − → → − − → − → − →
(U + V ) ∧ W = U ∧ W + V ∧ W

4. Le produit vectoriel est non nul si et seulement si les deux vecteurs sont linéairement
indépendants. Il en découle qu'il est nul si l'une des deux conditions suivantes est
vériée :
(a) l'un des deux vecteurs est nul,
(b) les deux vecteurs sont colinéaires.

→ −
→ −
→ −

5. U , V et U ∧ V forment une base directe.

2.2.3 Application aux vecteurs d'une base orthonormée


De la dénition du produit vectoriel découlent les relations suivantes :


⃗e1 ∧ ⃗e1 = 0 , ⃗e1 ∧ ⃗e2 = ⃗e3 , ⃗e1 ∧ ⃗e3 = −⃗e2


⃗e2 ∧ ⃗e1 = −⃗e3 , ⃗e2 ∧ ⃗e2 = 0 , ⃗e2 ∧ ⃗e3 = ⃗e1 (I.16)


⃗e3 ∧ ⃗e1 = ⃗e2 , ⃗e3 ∧ ⃗e2 = −⃗e1 , ⃗e3 ∧ ⃗e3 = 0

A titre d'exemple, détaillons la détermination de ⃗e2 ∧ ⃗e1 . D'après la dénition du


produit vectoriel, ce vecteur :
 a pour norme ∥⃗e2 ∧ ⃗e1 ∥ = ∥⃗e2 ∥ ∥⃗e1 ∥ | sin(⃗e2 , ⃗e1 )| = 1,
 est orthogonal au plan formé par ⃗e2 et ⃗e1 , donc colinéaire à ⃗e3 .
⃗e2 ∧ ⃗e1 vaut donc +⃗e3 ou −⃗e3 . Par ailleurs, (⃗e2 , ⃗e1 , ⃗e2 ∧ ⃗e1 ) doit être une base directe.
Pour trancher, on peut, par exemple, procéder par élimination : si ⃗e2 ∧ ⃗e1 = ⃗e3 alors
(⃗e2 , ⃗e1 , ⃗e2 ∧ ⃗e1 ) est une base indirecte, puisque c'est une permutation non circulaire de
(⃗e1 , ⃗e2 , ⃗e3 ). On en déduit que ⃗e2 ∧ ⃗e1 = −⃗e3 . Une autre méthode, plus rapide, consiste à
appliquer la règle du bonhomme d'Ampère en s'appuyant sur la gure I.12.

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12 Chapitre I. Calcul vectoriel

2.2.4 Expression analytique dans une base orthonormée



→ −

Formons le produit vectoriel des deux vecteurs U et V :
( i=3 ) ( j=3 )

− →− ∑ ∑ ∑
i=3 ∑
j=3
U ∧V = Ui ⃗ei ∧ Vj ⃗ej = Ui Vj (⃗ei ∧ ⃗ej )
i=1 j=1 i=1 j=1

= U1 V1 (⃗e1 ∧ ⃗e1 ) + U1 V2 (⃗e1 ∧ ⃗e2 ) + U1 V3 (⃗e1 ∧ ⃗e3 )


+ U2 V1 (⃗e2 ∧ ⃗e1 ) + U2 V2 (⃗e2 ∧ ⃗e2 ) + U2 V3 (⃗e2 ∧ ⃗e3 )
+ U3 V1 (⃗e3 ∧ ⃗e1 ) + U3 V2 (⃗e3 ∧ ⃗e2 ) + U3 V3 (⃗e3 ∧ ⃗e3 )

Finalement, en tenant compte des relations (I.16) :


→ − →
U ∧ V = (U2 V3 − U3 V2 ) ⃗e1 + (U3 V1 − U1 V3 ) ⃗e2 + (U1 V2 − U2 V1 ) ⃗e3 (I.17)

Il est dicile (mais pas impossible) de retenir ce résultat. Heureusement, il existe des
méthodes très simples permettant de le retrouver (gures I.24 et I.25).
En pratique, on procède de la manière suivante :
    
U1 V1 U2 V3 − U3 V2

→ − →
U ∧ V =  U2  ∧  V2  =  U3 V1 − U1 V3  (I.18)
U3 V3 U1 V2 − U2 V1

U 1 V 1
C o m p o s a n te 1 U 2 V 2
U 2 V 3 U 3 V 2
U 3 V 3

U 1 V 1 U 1 V 1
U 2 V 2 C o m p o s a n te 2 U 2 V 2 U 3 V 1 U 1 V 3
U 3 V 3 U 3 V 3

U 1 V 1
U 1 V 2 U 2 V 1
C o m p o s a n te 3 U 2 V 2
U 3 V 3

Figure I.24  Première méthode de détermination du produit vectoriel

2.2.5 Interprétation géométrique



→ − → −
→ − →
| U ∧ V | représente l'aire du parallélogramme construit sur U et V (gure I.26).

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2. Opérations sur les vecteurs 13

U 1 V 1
U 2 V 2
C o m p o s a n te 1 U 2 V 3 U 3 V 2
U 3 V 3
U 1 V 1

U 1 V 1
U 1 V 1
U 2 V 2
U 2 V 2 C o m p o s a n te 2
U 3 V 3
U 3 V 3 U 3 V 1 U 1 V 3
U 1 V 1
U 1 V 1

U 1 V 1
U 1 V 2 U 2 V 1
U 2 V 2
C o m p o s a n te 3
U 3 V 3
U 1 V 1

Figure I.25  Seconde méthode de détermination du produit vectoriel

V (U ,V )

Figure I.26  Parallélogramme construit sur deux vecteurs

2.3 Double produit vectoriel

2.3.1 Dénition

→ −
→ −

Soit trois vecteurs U , V et W . On appelle double produit vectoriel le vecteur :

→ − → − →
U ∧ (V ∧ W) (I.19)

2.3.2 Expression

− →
− − →
U ∧ ( V ∧ W ) peut s'exprimer comme suit :

→ − → − → −
→ − → −→ −
→ − → − →
U ∧ (V ∧ W) = (U · W) V − (U · V ) W (I.20)

La relation ci-dessus est dite formule de Gibbs.



→ −
→ −
→ −
→ −

Le vecteur U ∧ ( V ∧ W ) appartient donc au plan formé par les vecteurs V et W .

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