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ENTRETIENS CÉLESTES

PAQUI

ENTRETIENS
CÉLESTES
Messages de l'Au-delà christique

Préface de Jean PRIEUR

ÉDITIONS FERNAND LANORE


1, rue Palatine - 75006 Paris
© Éditions Fernand Lanore, 1984.
ISBN: 2-85157-001-3
QJJI EST PAQJJI ?

par Jean Prieur

Au cours de l'été 1926, M. et Mme Godefroy, qui étaient en vil-


légiature à Arcachon, se rendirent au cimetière afin de prier sur
la tombe de leur jeune hôtelier qui venait de mourir. Ils furent
attirés par une chapelle toute neuve, style 1925, qui dominait
parmi les pins toutes les autres sépultures. Ils gravirent les mar-
ches, ils regardèrent à travers la grille en fer forgé : l'autel et les
murs étaient en marbre rose, une profusion de fleurs blanches
encadrait un portrait de jeune fille. Il y avait également une
sépulture la représentant, tout était clair et impeccable: on avait
l'impression que la chapelle était fréquemment visitée.
Les murs du monument portaient des inscriptions qui contras-
taient avec les habituels regrets iternels, lux perpetua luceai eis, requies-
cant in pace.: Certaines étaient empruntées aux Écritures :
Je suis la Résurrection et la Vie.
Ne cherchez point parmi les morts celui qui est vivant !
Il n'y a pas de proportion entre les souffrances du temps pré-
sent et la gloire à venir.

D'autres étaient des vers de grands poètes:

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses


L'espace d'un matin.

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme


Ouvre le firmament.

- VII-
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement.

D'autres étaient des citations philosophiques :


Mourir, c'est quitter l'ombre pour entrer dans la lumière.
Mourir, c'est naître à la vie.
La vie est un degré de l'échelle des mondes que nous devons
franchir pour arriver ailleurs.
Les morts ne sont pas les absents, mais les invisibles.
Mortel, la mort serait trop douce, si l'on devait montrer ce
qu'elle cache. Q!.te tes larmes s'arrêtent! Incline-toi et prie!
Une de ces inscriptions avait un caractère nettement personnel :
Vivante, elle a ensoleillé ma vie;
Disparue, elle m'a montré la lumière.
Q!.ti parlait ici ? Une mère sans doute. A ce moment, Yvonne
Godefroy éprouva une émotion intense, une compassion infinie
pour la mère douloureuse. Elle ressentit l'impérieux désir de la
connaître. Un jardinier se trouvait là, elle l'interrogea. Il lui
apprit qu'il s'agissait de Mme Lamarque, qui dirigeait un atelier
de couture à Arcachon et qui possédait aux Abatilles une villa
On gui Emen, en basque: on est bien chez nous.
C'est là que Paqui, la jeune fille du portrait était morte un an
plus tôt d'une grave sinusite frontale, elle n'avait que vingt ans.
Elle laissait une mère et un fiancé brisés par le désespoir.
Cependant, au moment où Yvonne Godefroy fit la connais-
sance de Mme Lamarque, ce désespoir avait fait place à l'apaise-
ment, car un ami habitant la région recevait depuis le mois
d'août 1925 des messages dont le premier disait ceci :
« Je suis montée au Ciel avec ravissement. Je suis heureuse et ne
vous ai pas quittés. Ne pleurez pas... mourir est une sublime
résurrection. »
Et le deuxième :

l « Si tu savais comme c'est merveilleux ici ! Non, non, il ne faut


pas que tu pleures, maman chérie. Ah ! si tu pouvais me voir !
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Moi, je te vois, je te caresse, je suis toujours ta Paqui, pareille,
exactement comme tu l'as aimée. Seulement, tes sens humains ne
j
te permettent pas de voir mon corps spirituel, incomparablement
plus beau que celui que j'ai laissé sur la Terre... »
~ Le bien que m'ont fait ces messages, déclara Mme Lamarque
à celle qui allait devenir une amie intime, le goût de vivre qu'ils
m'ont rendu, l'absolue certitude d'une vie éternelle qu'il m'ont
donnée par la connaissance de la vérité, sont des trésors trop pré-
cieux pour que je me résigne à les conserver égoïstement pour
moi.
Ces premiers messages, reçus par M. Peyrard, couvrent la
période 1925-1927 ; ils furent publiés dans une plaquette intitulée
Le Missel de Paqui. Le dernier date du 19 décembre 1927.
Exactement, douze jours plus tard, le 1er janvier 1928, à onze)
heures du soir, à l'hôtel où elle était descendue, Yvonne Gode-
froy, catholique pratiquante, qui ne s'était jamais occupée de spi-
ritisme ou de littérature, ressentit l'urgence d'écrire ce que lui dic-
tait une voix intérieure impérieuse et douce qui venait du monde
invisible. Elle prit un crayon et se mit à tracer d'une très grande
écriture penchée, qui n'avait aucun rapport avec la sienne, des
mots qui venaient sans effort, sans rature, d'un seul jet, sous
l'influence d'une sorte de musique émanant de son cœur.
Elle assistait, stupéfaite, à ce phénomène qu'elle pensait ne
jamais constater. Sans le vouloir, elle avait pris le relais du pre- )
mier scripteur qui, de 1928 à 1939, ne reçut plus rien.
Ces communications de janvier 1928 furent suivies de beaucoup )
d'autres, en tout 6 000 pages, parmi lesquelles un choix fut fait
par Mme Lamarque, aidée d'Yvonne Godefroy, et publié sous le
titre Entretiens cëleues. C'est ce texte que François Sorlot réédite
aujourd'hui, après ceux de Pierre Monnier et de Roland de Jouve-
nel.
Ces trois jeunes ont plus d'un point commun: ils sont enfants
uniques, très aimés, très aimants; ils sont comblés par la vie:
beauté, santé, intelligence, fortune, charme, chance; ils ont su
- IX-
qu'ils devaient partir et ont accepté leur mort prématurée; ils
étaient et ils sont de la Maison du Christ. Tous les trois s'adres-
sent à leur mère, mais Mme Lamarque, qui n'avait aucun don
psychique, a dû recourir à deux reprises, à une tierce personne.
Au cours de la guerre 1939-1945, tout en continuant à dicter à
Yvonne Godefroy, la jeune fille revint vers son premier scripteur
(
et lui transmit des messages qui furent ajoutés au Missel de Paqui.
Une réédition s'imposait. Mme Lamarque, sans doute sur le con-
seil de son beau-frère qui était prêtre, sollicita l'imprimatur. Pré-
sentée par l'éditeur la demande fut rejetée. Les autorités ecclésias-
tiques reconnaissaient que cette plaquette ne s'opposait en rien à
la doctrine catholique, mais elles précisaient en même temps que
leur autorisation ne pouvait être accordée qu'à des textes rédigés
par une personne vivant physiquement sur la Terre. Elles recon-
naissaient donc implicitement que, selon l'expression de William
Blake, l'auteur se trouvait dans l'éternité.
Deux solutions s'offraient alors: la première consistait à gom-
mer l'aspect communication avec l'Au-delà et à présenter le
recueil comme une suite de méditations ; c'est ce que fit Marcelle
de Jouvenel pour En absolue Fide7i1i, corrigeant les textes sur les
indications de son directeur de conscience, prenant ainsi le risque
de les dépersonnaliser et de les affadir. Mme Monnier, élevée
dans le protestantisme où n'existent, Dieu merci, ni imprimatur,
ni index, n'avait pas connu ce genre de soucis.
La seconde solution, qui emporta finalement l'adhésion de
Mme Lamarque et de ses amis, consistait à publier sans estampille
cette réédition du Missel. Paqui, d'ailleurs, les avait rassurés à
l'avance: « Pourquoi, si vous n'obtenez pas l'imprimatur de
l'Église, craindre pour nos conversations spirituelles permises par
Dieu ? Relisez les Écritures, les livres saints ! Chaque page contient
la constante intervention de l'invisible dans la vie terrestre, pour
aider et consoler les hommes. »
La Bible, en effet, regorge de ces phénomènes que l'on appelle

-x-
aujourd'hui paranormaux; j'en ai donné maints exemples dans
mes précédents ouvrages et j'en redonnerai d'autres.
Yvonne Godefroy s'était liée avec Mme Lamarque d'une amitié
qui dura jusqu'à la mort de cette dernière en 1950, à Ongui
Emen, là où Paqui s'était éteinte. Comme Marcelle de Jouvenel,
elle avait survécu vingt-cinq ans à son enfant.
La correspondante de Paqui faisait des séjours de plus en plus
fréquents à Arcachon, lieu essentiellement salubre, indispensable
à la santé de Pierre, son mari, dentiste, rue de Sèze, près de la
Madeleine. Il était atteint d'une tuberculose dont, à force de soins
et d'amour, elle réussit à le guérir. Très uni sur le plan spirituel
comme sur le plan sentimental, le couple fit en 1936, sur les con-
seils de Mme Lamarque, l'acquisition de la villa Lou Bet Sou, le
beau soleil. C'est là qu'Yvonne demeura bloquée pendant l'Occu-
pation, hébergeant dix-neuf personnes, tandis que son mari con-
tinuait d'exercer sa profession à l'hôpital Foch de Suresnes.
Elle se rendait dans la chambre de Paqui, fleurie journellement,
et la jeune fille continuait à dicter. Il s'agissait alors non plus de
dispenser des consolations après le deuil, mais de remonter le
moral français tombé au plus bas.
En 1941, alors que les Nazis sont au zénith de leur puissance, )
elle annonce leur chute : « Si une bande de criminels, déchaînés
par l'esprit du mal, a mis le feu dans le monde entier, leur châti-
ment sera terrible. »
En 1942, alors que la France est plongée dans un abîme)
d'humiliation et de désespoir, elle annonce sa résurrection: « Les
soldats du Christ combattent avec vous et triompheront. ~ spiri-
tualité de la France n'est pas éteinte. Voilée, elle revivra. Ecrasée,
elle se redressera. »
Cette gigantesque bataille sur la Terre comme au Ciel avait été)
annoncée par Anne-Catherine Emmerich, morte en 1824: « Cin-
quante ou soixante ans avant l'an 2000, Satan sera déchaîné. »
Soixante ans avant l'an 2000, cela donne bien les années 40 de
sinistre mémoire.
- XI-
Le 3 mars 1941, Yvonne Godefroy écrivait à un correspondant
inconnu cette lettre dont on a retrouvé le brouillon et qui fait
allusion aux heures douloureuses :
« Mon mari m'a transmis les deux lettres que vous avez eu la
gentillesse de nous écrire au sujet du livre qui a trouvé le chemin
de vos cœurs.
Ces Entretiens sont inspirés : avant d'écrire, je me recueille ; puis,
paisiblement, la rédaction vient ; il n' y a jamais une rature; pas
(
un seul mot n'a été changé au cours de l' œuvre dont le début
remonte au 1e r janvier 1928.
Je vous raconterai plus tard les circonstances qui ont accompa-
gné la floraison de ces roses mystiques.
Le Missel de Paqui, auquel il est fait allusion, est un livre de
même source, publié antérieurement.
Je suis infiniment heureuse que vous puisiez en ces pages récon-
fort et douceur. C'est en constatant combien d'âmes ont trouvé la
consolation et la lumière en ces écrits que nous avons décidé d'en
faire éditer une sélection.
Je pense souvent à votre fille isolée de sa famille ; elle vit des
heures bien douloureuses, mais elle puise en sa foi la force de
réagir. Comme elle doit vous remercier de l'avoir dirigée dans la
seule voie qui apporte l'espoir aux moments les plus tragiques ! Je
plains amèrement ceux qui n'ont point cette grâce ...
Mon Pierre est à Paris. J'ai passé le mois de janvier et une par-
tie de février avec lui, et à présent nous voilà séparés pour un
long mois ; il viendra dans les premiers jours d'avril. Il est fier de
votre appréciation élogieuse sur la présentation du livre, car c'est
lui qui a présidé au choix des moindres détails, il s'est appliqué à
ce que ce soit bien; >L
Il ressort de cette lettre qu'à la différence de Marcelle de Jouve-
nel, qui était seule pour mener le combat spirituel, Yvonne Gode-
froy, comme Mme Monnier, était constamment soutenue par son
mari qui partageait ses convictions et son désir d'apporter du
réconfort à ceux que déchirait la séparation.
- XII -
Sa modestie était si grande, son effacement si total que son
nom est absent d'Entretiens célestes. Ce nom, je le connaissais toute-
fois par la mère de Roland qui avait été en relations avec elle.
Mais, en 1967, au moment où pour écrire Les Témoins de l'Invisible,
je voulus prendre contact avec la correspondante de Paqui,
j'appris qu'elle venait de la rejoindre.
je me tournai alors vers Mme d'Hauteville, qui m'avait donné
de précieuses indications sur Pierre Monnier, son cousin et con-
temporain, ainsi que sur Miss Mortley, cette infirmière qui rece-
vait les messages de Bertha.
Mme d'Hauteville me dirigea vers son amie, Solange Lemaître,
auteur d'une précieuse anthologie de textes mystiques.
Solange Lemaître, qui avait bien connu Mme Lamarque, pour-
rait me parler d'elle et de sa fille. je lui téléphonai donc pour
prendre rendez-vous. Elle me répondit: « je suis extrêmement
malade; excusez-moi, je ne puis vous recevoir. Cependant, pour
que vous ne soyez pas trop déçu, je vais vous envoyer deux pho-
tos de Paqui. »
Ce qu'elle fit; son état s'aggrava rapidement et elle mourut
peu de temps après.
La première de ces photos, un instantané représentant Paqui de
profil, assise sur une terrasse au-dessus des pins, montrait un halo
au milieu du front, à l'endroit où l'avait frappée la maladie mor-
telle.
Sur la seconde, un portrait, apparaissait un beau visage, celui
d'une prédestinée, d'une mission née, visage transparent qui me
faisait penser à Simone de La Nuit de Novembre (l) dont le destin
avait tant d'analogie avec le sien.
A quelque temps de là, par suite d'un nouveau concours de cir-
constances favorables, je fis la connaissance d'une dame qui habi-
tait, au 4 de la rue de Sèze, l'appartement juste au-dessus des
Godefroy. C'est là qu'elle me reçut. Elle me décrivit Yvonne:

(I) Voir les (( Morts» ont donné signe de vie (Fernand Lanore),

- XIII -
blonde, les yeux gris vert, le regard penetrant, mince, très vive,
très élégante, une silhouette de jeune tille.
- Elle était catholique très fervente. Elle n'a jamais songé à
écrire, ni au sens littéraire, ni au sens psychique du terme. On ne
saurait à son sujet parler de psychose de deuil, puisqu'elle n'avait
pas connu Paqui.
- Par contre, Mme Lamarque, qui aurait tant voulu entrer
directement en communication avec sa fille, n'a jamais rien
obtenu. En aucun cas, ces messages ne sont le fruit du désir.
- Très étonnée de ce qui lui arrivait, elle avait posé la question
à Paqui: pourquoi moi? Réponse: « Nous avons des affinités
( d'âme. Voilà pourquoi tu as été choisie et possèdes ce privilège
merveilleux. » Yvonne considérait ce don comme un grand bon-
heur... qui s'ajoutait à celui d'une union harmonieuse de plus de
cinquante ans. Elle me dit un jour par manière de plaisanterie :
« Mon Pierre, je ne le laisserai pas longtemps seul... » En effet, il
décéda quinze jours après elle.
- Reste-t-il de la famille?
- Oui, des neveux! Je ne connais que leur nom: Noël. Je sais
aussi qu'ils ont en leur possession des messages inédits.
Qye de Noël dans l'annuaire du téléphone !
Il me fallut renoncer.
De nouveau, quelques années passèrent et c'est seulement en
1981 que, par l'intermédiaire d'une amie qui est aussi la petite-
nièce de Camille Flammarion, je fis la connaissance de la filleule
d'Yvonne Godefroy et de son petit-neveu, Yves Noël. Ils m'appor-
tèrent les précisions qui me manquaient, me permettant ainsi de
mieux cerner la figure de Paqui et de rendre un hommage mérité
à celle qui fut son scripteur.
Certains lecteurs trouveront peut-être un ton trop séraphique à
ces Entretiens célestes, mais il faut comprendre qu'il existe dans les
messages ce que j'appelle le phénomène de coloration dû à la fois
à l'inspirateur et au scripteur. Coloration de l'ancienne piété
catholique, celle de Thérèse de Lisieux, chez Yvonne Godefroy,
- XIV-
née en 1887, et chez Paqui, née en 1905. Coloration biblique chez
Pierre et Cécile Monnier qui, s'ils n'ont pas reçu la même forma-
tion que les deux précédentes, utilisèrent le même vocabulaire :
celui de la fin du XIX· siècle.
Coloration poétique chez Roland et Marcelle de Jouvenel dont
le style est nettement plus moderne. Coloration scientifique chez
Georges et Jeanne Morrannier qui, à la différence des trois cou-
ples précités, n'ont guère de préoccupations mystiques.
L'esprit et son correspondant parlent le langage de leur généra-
tion et de leur classe culturelle ; il ne saurait en être autrement,
puisque nous emportons dans l'autre monde nos catégories men-
tales.
Mais si le langage diffère, l'essentiel, le fond reste le même ; on
constate une convergence de pensée et de faits à la fois rassurante
et exaltante. Ce que disent ces jeunes, que la mort prématurée a
transformé en éclaireurs, confirme ce qu'avaient dit les spiritualis-
tes de tous les pays et de tous les temps, ce qu'avaient enseigné les
religions chrétiennes, non-chrétiennes et même pré-chrétiennes,
notamment celles d'Orphée, de Pythagore et de Zarathoustra. On
découvre qu'il existe une conception de l'Au-delà comme il.existe
un système métrique, un système chromosomique. Le destin post
mortem de l'homme est devenu aussi certain que son destin bio-
logique.
Cet ensemble de données fournies à la fois par les Écritures et
la tradition universelle, par les expériences psychiques spontanées
et les signes de vie que les « morts » nous envoient, ainsi que par
les messages venus des zones pures de l'Au-delà, nous permet de
dire à ceux qu'un deuil vient de frapper:
Celui que vous avez perdu n'est pas mort, il est ressuscité : il est
vivant d'une autre vie. Il est ressuscité après une courte période
de sommeil. Il est entré dans ce monde intermédiaire, qui n'est
pas ce que l'Évangile nomme ténèbres extérieures, qui n'est pas
davantage le Ciel, mais qui est une préparation à l'un ou l'autre.
Il est nécessaire de faire au départ la différence entre le monde
- xv-
intermédiaire ou monde des esprits, et les innombrables demeu-
res de la Maison du Père; entre la résurrection immédiate qui
donne accès à la survivance et la résurrection pour la Vie qui
donne accès au divers cieux.
Le monde invisible est triple: Cieux, Purgatoire, Enfer (langage
de l'Église catholique); Maison du Père ou Tabernacles éternels,
Hadès, Géhenne (langage du Nouveau Testament). De même, du
visible à l'invisible, il existe trois niveaux: la biosphère ou monde
naturel, la noosphère ou monde mental, la psychosphère ou
sphère des âmes. Il faut comprendre qu'il s'agit plus d'un emboî-
tement que d'une superposition: le Monde des Esprits est déjà
parmi nous.
Comme la destruction ne peut agir que sur la matière, la mort
n'a pas de prise sur ce qui est esprit; or, l'homme est esprit. Il est
un esprit incarné dans un corps physique, qui baigne dans un
autre corps appelé corps subtil, ou corps métaphysique. C'est le
corps métaphysique qui rend possible et pensable la survivance.
C'est lui notre vrai corps, notre vraie forme. C'est lui qui est le
support permanent de notre identité, de notre stabilité. Il n'y a
pas d'esprit sans substance, il n'y a pas de substance sans forme.
Celui que vous avez perdu n'est pas devenu une vapeur, il sub-
siste en forme humaine, avec ses pensées, ses souvenirs, son libre-
arbitre et ses sentiments.
A l'image du monde spirituel, l'homme est triple, il est esprit,
corps subtil et corps physique. Le corps spirituel est le support et
le moyen de l'immortalité. Il est le vrai corps, la vraie forme
humaine, celle qui ne change pas. Tandis que le corps physique se
renouvelle d'année en année, se transforme avec l'âge, vieillit,
décline, le corps métaphysique ne se modifie pas. Il est le principe
permanent de notre identité, de notre stabilité, de notre person-
nalité.
Le corps spirituel ou corps subtil, nous le possédons dès cette
terre. Il se forme en même temps que le corps physique. Il se
manifeste ici-bas en de rares circonstances: apparitions objectives
- XVI-
de vivants ou de défunts, dédoublement à la suite de transfusions
de sang, de narcoses, de coma provisoire. Dans ce dernier cas,
toute la conscience, toutes les perceptions se réfugient dans le
double qui voit alors le corps physique comme un objet extérieur,
étranger. Cette expérience que certaines personnes (même maté-
rialistes) ont faite est semblable à l'expérience de la mort. La seule
différence est que la mort est un dédoublement complet et défini-
tif.
Celui que vous avez perdu n'est pas seul: ceux qui l'ont pré-
cédé sont venus l'accueillir. Il a retrouvé ceux qu'il a aimés, ceux
qui l'ont aimé. Puis il ira rejoindre les esprits qui lui ressemblent,
en vertu de cette loi d'affinité qui gouverne l'autre monde.
Voici venir pour lui le temps des moissons, car le temps des
semailles fut celui de la terre. Ce que l'homme a semé, il le récol-
tera. S'il a semé du bien en pensées, en paroles, en actes, il récol-
tera de la lumière, donc de la joie ; la joie est liée à l'acte positif
comme la saveur au fruit. S'il a semé du mal, il sera dans les
ténèbres, donc dans l'angoisse. Et s'il n'a rien fait, ni bien ni mal,
il sera dans un état neutre, dans une sorte de grisaille qui n'est ni
le bonheur ni le malheur. Les états de ténèbres et de grisaille ne
durent pas toujours.
Celui que vous avez perdu continue d'exister avec sa pensée, sa
mémoire, son imagination, tout son acquis spirituel et affectif. Il
n'a pu emporter que les biens invisibles, toutes ces choses qui ne
sont pas en espace, mais en esprit: connaissances, souvenirs,
désirs, sentiments. Il s'était ainsi constitué un trésor, disons un
capital d'actions altruistes, de pensées positives. Son cœur, c'est-à-
dire son centre, l'essentiel de sa personnalité, se trouve là où se
trouve ce trésor.
Celui que vous avez connu vieilli, malade, handicapé est désor-
mais tel qu'il était dans la force de l'âge, bien portant et valide, si
son mental est bon. Les infirmités sont restées dans le tombeau
avec le corps physique. De l'autre côté, les aveugles voient, les
- XVII -
sourds entendent, les paralytiques marchent, les aliénés ont
recouvré la raison.
Il est un refrain que l'on entend souvent: « Personne n'est
revenu de là-bas pour nous dire ce qui en est! » Cette phrase
n'est pas nouvelle, on la trouve déjà dans quelques textes égyp-
tiens et grecs. Le matérialisme et le scepticisme sont vieux comme
le monde. Certes, personne n'est revenu en son corps physique,
détruit à jamais, mais certains sont revenus en leur corps spiriruel
et en esprit. Ils sont apparus à ceux dont les yeux spirituels sont
ouverts. Ils ont parlé en songe, ils ont dicté des messages qui
constituent un enseignement.
Réalisez ici-bas ce qu'il n'a pas eu le temps d'accomplir,
donnez-lui la possibilité d'agir à travers vous. Priez pour lui, priez
avec lui; ce n'est que dans la spiritualité que vous pourrez le
rejoindre. Tous les disparus, même ceux qui ne furent pas
croyants en ce monde, nous disent de prier; ils sont bien placés
pour savoir que la prière est le viatique indispensable pour la
seconde vie comme pour la première.
Mettez de l'ordre dans vos croyances, de façon à ne pas leper-
turber par des conceptions qui seraient erronées, et souvenez-vous
qu'il vous sera fait selon votre foi. Autrement dit, comme l'a
dicté Roland de Jouvenel, vous serez projeté dans la qualité de
vos pensées. Faites en sorte que votre qualité de pensée ne vous
sépare pas de lui.
S'il n'était pas chrétien, s'il n'était pas croyant, il est vivant
quand même. La résurrection immédiate est pour tous les hom-
mes, même pour ceux qui n'y croient pas. Ce n'est pas un fait
religieux, c'est un fait naturel et universel, qui concerne les hom-
mes de tous les temps et de toutes les races. Maintenant il sait,
maintenant il voit qu'il existe une vie spirituelle et, constatant
l'objectivité de l'esprit, il n'est plus loin de croire en Dieu.
Le Christ qu'il n'a pas pu ou qu'il n'a pas voulu connaître sur
la terre, il le rencontrera s'il le veut, et il finira alors par com-
prendre qu'Il est le chemin de la vie éternelle, que nul ne vient
- XVIII -
au Père que par Lui et que quiconque n'amasse pas avec Lui dis-
perse.
La résurrection immédiate en forme humaine dans un monde
spirituel substantiel, reflet de nos pensées et de nos actes, est un
fait universel, on pourrait presque dire biologique, et non une
récompense accordée aux croyants en général et aux chrétiens en
particulier.
Les ressuscités immédiats passent ensuite par une phase plus ou
moins longue de sommeil réparateur. Ce sommeil est provisoire.
Jamais il n'est question de sommeil jusqu'à la fin du monde,
jusqu'à la fin des temps. Le monde invisible n'est pas un gigan-
tesque dortoir. Ce n'est pas le royaume incolore des ombres:
pauvres larves attendant le retour du corps charnel. c'est le
royaume des vivants. « Nous sommes vivants, plus vivants que
jamais! » ·sont des termes qui reviennent dans tous les messages.
La survie est une supervie.
Cette survivance dans le Monde des Esprits est un état provi-
soire qui conduit soit à l'anéantissement de la seconde mort pour
ceux qui, en toute connaissance de cause, ont choisi le mal et
persévéré dans ses œuvres ; soit à la réincarnation, exceptionnelle
et volontaire, car c'est le désir qui fait renaître; soit à la vie éter-
nelle qui est de beaucoup la solution la meilleure.
Cette survivance est personnelle, consciente, active, évolutive :
1Survivance personnelle :
La survivance sans la personnalité, sans la mémoire, qui en est
le garant et la base, serait une duperie. Tout l'acquis spirituel et
intellectuel est conservé : les connaissances fixées dans le cerveau
spirituel ne se dispersent pas au moment de la destruction du cer-
veau physique. L'acquis terrestre est non seulement conservé mais
augmenté et amplifié. Le désincarné, en général, sait plus de cho-
ses que l'incarné, mais en aucun cas il ne possède l'omniscience :
attribut divin.
Le sexe, élément primordial de la personnalité, est conservé lui
aussi. L'époux retrouvera de l'autre côté son épouse, le fils
- XIX -
retrouvera sa mère, la. sœur retrouvera son frère. Si l'unisexe est
à la mode dans le monde occidental, il n'en est pas de même
dans le royaume des cieux. « Ils seront comme des anges» ne
signifie pas « ils seront asexués ».
Le langage des esprits s'effectue par la transmission de la pen-
sée. Cependant, les nouveaux venus s'illusionnent et croient
s'exprimer au moyen d'un langage articulé.
Suroivance active:
Qlle de fois Paqui parle de ses missions ! Et Pierre Monnier pré-
cise que la vie des Ressuscités n'est pas un doux farniente mais
une activité constante. Chacun choisit sa mission, chacun
demande à servir dans tel ou tel secteur correspondant à sa voca-
tion, réalisée ou non sur la terre. Certaines tâches, complexes et
importantes, sont confiées à des groupes d'esprits, des équipes.
Ces missions ont des objectifs très divers: accueil et instruction
des nouveaux venus, soins des corps spirituels des désincarnés et
même des incarnés, inspirations, enseignement, protection des
terrestres, assistance aux enfants...
Ces derniers continuent à se développer et à grandir comme ils
l'auraient fait sur la terre. On leur enseigne les leçons indispensa-
bles à leurs progrès, à leur croissance. Les tout-petits, qui
n'auraient aucun parent dans l'Au-delà, sont pris en charge -par
des mères adoptives qui se consacrent entièrement à eux et leur
donnent l'amour nécessaire. Ils montent rapidement, puisque le
royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.
Suroivance consciente :
L'homme-esprit est doué de sens spirituels, mais il ne perçoit
les choses terrestres qu'à travers nos sens. Il revoit par nos yeux
les paysages où il a vécu. Un voyage que nous ferons dans un lieu
où il connut quelque bonheur lui causera une joie immense.
L'homme-esprit voit l'intérieur de la matière, il perçoit à travers
les objets, mais sur ces derniers il n'a aucune action directe. Il
passe à travers les obstacles comme la lumière à travers les objets
transparents. Il peut selon son désir se rendre immédiatement
- xx-
d'un endroit à un autre, mais il n'a pas le don d'ubiquité: attri-
but divin.
De même que nous ne pouvons percevoir un esprit, un esprit
ne peut percevoir celui qui lui est supérieur. Cependant, s'il se
trouve seul et désemparé, il peut entendre sa voix et recevoir ses
conseils.
Suroivance évolutive :
L'upsilon, notre Y, était pour les Pythagoriciens le symbole du
choix qui, de façon constante, se présente à l'homme: qui dit
évolution, dit liberté. La liberté n'est pas le pouvoir de faire
n'importe quoi n'importe comment, mais de choisir entre le mal
et le bien, le faux et le vrai, le laid et le beau. La liberté, dont on
nous rebat les oreilles, c'est le recto. Le verso, dont on ne parle
jamais, c'est la responsabilité.
L'homme-esprit se retrouve dans une ambiance de lumière et
de joie si sa vie passée a été dans l'ensemble consacrée à ce qui
est bien, mais dans une ambiance obscure et angoissante dans le
cas contraire. Il se voit tel qu'il est, il se voit résultat de ce qu'il
fut: c'est l'heure du jugement. « L'homme meurt une fois, après
quoi vient le jugement» (Hébreux IX, 28).
Le mot grec, utilisé dans ce passage capital, est crisis, qui signi-
fie tout à la fois: séparation, triage, moment décisif, jugement,
crise.
Ce jugement premier, l'homme-esprit le prononce et se l'appli-
que lui-même. Il se juge sur ses actes, sur ses pensées et aussi sur
ses omissions, car le bien qu'on aurait pu faire et qu'on n'a pas
fait est une forme insidieuse et redoutable du mal.
Sur la terre, le bien et le mal, la vérité et l'erreur, mêlés inéluc-
tablement sont en conflit perpétuel. A cause de cette imbrication,
la terre est un séjour très dur. D'autant plus que la masse du mal
semble jusqu'à ce jour l'emporter sur la somme du bien qui doit
cependant avoir le dernier mot.
Dans les mondes spirituels, le bien et le mal ne peuvent coexis-
ter. Séparation et triage s'imposent. Le partage des brebis et des
- XXI-
boucs est une nécessité constante. Les bienfaisants doivent être
séparés des pervers; les véridiques, des imposteurs; ceux qui
disent le bien, de ceux qui maudissent et médisent.
L'homme-esprit rejoint donc la sphère qui correspond à son
mental et avec laquelle il était en affinité, consciente ou non, de
son vivant terrestre. Telle est la loi d'affinité spirituelle. De même
qu'un ballon monte plus ou moins haut, selon le gaz qui le gon-
fle, l'homme-esprit monte plus ou moins haut selon le sentiment,
le désir qui l'animent. Telle est la loi de densité spirituelle. Ces
deux lois sont le recto et le verso de la même réalité.
plus ou moins haut: voilà un terme d'espace, nous n'en avons
point d'autres. Tout notre vocabulaire se compose d'expressions
spatiales. Mais nous savons que, dans l'autre monde, à la notion
-d'espace et de temps se substitue celle d'état affectif. Sur la terre,
l'homme dépend du temps et de l'espace; son temps est déter-
miné par le soleil qui se lève aussi bien pour les injustes que pour
les justes. Dans l'autre vie, il existe un autre temps et un autre
espace qui tous deux dépendent de l'homme. Ce temps et cet
espace sont déterminé par la vie qu'il mène et les concepts qu'il
élabore. Chaque société spirituelle vit selon un temps qui lui est
propre ; celui de nos horloges n'a plus cours.
Tout acte renferme ses conséquences, comme le gland contient
le chêne. C'est la loi de cause à effet, que l'on peut appeler loi de
karma et qui s'exprime ainsi: « Ce que l'homme a semé, il le
moissonnera. Q!.ti sème le vent ici, récolte la tempête là-bas. Celui
qui prend l'épée périra par l'épée. » Il périra dans l'autre vie :
autrement dit, il connaîtra les souffrances et les angoisses qu'il
infligea à ses victimes.
Sans les avoir parcourues, Paqui connaît l'existence de ces sphè-
res opaques.
Mais cette loi de rétribution a un aspect positif: la compensa-
tion. Ceux qui ont semé dans les larmes moissonneront dans
l'allégresse.
Les hommes ne restent pas éternellement dans le Monde des
- XXII -
Esprits. Comme sur la terre, ils peuvent dire: « Nous n'avons pas
ici de cité permanente. » Le Monde des Esprits n'est pas, à la dif-
férence de la Jérusalem céleste, un ensemble de demeures, une
ville, mais un lieu de passage et de triage. Le moment est venu
où, à l'intérieur de l'homme, le bien doit être séparé du mal et le
vrai du faux : cela définitivement.
Telle est la nouvelle crisis, le jugement dernier. Dernier signifie
qu'il n'yen a pas d'autre après lui.
Nouvel Y, nouvelle bifurcation: soit la seconde mort, soit la vie
éternelle ; soit l'anéantissement, soit la joie sans déclin.
Si l'évolution a été positive, si l'homme-esprit s'est délibérément
orienté vers l'amour et le bien, il entrera dans les cieux. Il passera
de la survivance à la vie éternelle et son bonheur n'aura plus de
déclin. Mais qu'est-ce que la vie éternelle? La première réponse
qui vienne à l'esprit serait : la vie qui ne finit pas, la vie qui ne
saurait mourir. Mais la vie éternelle, c'est aussi et surtout:
La vie irréoersibl«. C'est la notion la plus accessible à notre enten-
dement. Les phénomènes biologiques sont irréversibles ; les phé-
nomènes psychiques et spirituels le sont aussi, en vertu du prin-
cipe fondamental d'unité de l'univers. Irréversible, cela signifie
que la vie sous tous ses aspects: biologique, psychique, spirituel,
éternel a un sens, c'est-à-dire une signification et une direction.
La vie sur tous les plans est essentiellement finalisée, la vie est
une flèche, un vecteur: symbolisme du fleuve.
La vie invisible. Invisible, comme tout ce qui vibre à une haute
fréquence. Les esprits sont (en général) invisibles pour nous. Les
anges sont invisibles pour les esprits.
La vie incorruptible, qui ignore tout ce qui amoindrit et tout ce
qui décline. Déjà, sur cette terre, il existe des choses non dégrada-
bles, par exemple l'or.
La vie essentielle, en dehors du temps et de l'espace, plus exacte-
ment en dehors de notre temps et de notre espace. Ce que nous
ne comprenons pas, nous le situons dans un autre temps; en réa-
lité, cela se situe dans un autre espace, celui du bien en soi, du
- XXIII -
vrai en soi, du beau en soi. Absolu de la vie dans l'éternel pré-
sent.
La vie connaissante, qui voit la raison dans la création et la raison
de toute création. « La vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent. »
La vie surabondante, la vie multipliée, accomplissement et dépasse-
ment de cette vie, la vie de plérôme et de plénitude.
La vie aimante, l'amour étant communion et communication des
consciences, recherche et découverte dans autrui de ce qu'il a
d'unique et de plus beau; l'amour étant le fruit de la liberté de
choix, Paqui nous le rappelle: Dieu étant tout amour ne force
point l'amour.

- XXIV-
AV ANT-PROPOS
POUR LA SECONDE ÉDITION

La première édition des « Entretiens célestes» étant épuisée, et de


nombreuses demandes de cet ouvrage étant parvenues à l'éditeur,
cette seconde édition a été mise en œuvre.
Bien des événements se sont déroulés depuis la première édition.
Aussi, de nouveaux entretiens ayant été reçus, au cours de ces années
d'épreuves, l'éditeur a pensé que le lecteur pourrait trouver quelque
profit à la lecture de ces pages, dont le texte est approprié à cette
période troublée.
Contrairement à ce qui a été fait pour les premiers « Entretiens
Célestes », les passages plus personnels n'ont pas été supprimés, afin
de conserver leur caractère à la fois large et intime à ces pages, que
le lecteur trouvera groupées dans le dernier chapitre de ce livre sous
le titre : « A.nnées d'épreuves ».
« Il Y a de ces êtres qu,i rayonnent, qui éblouissent, qui entraînent
tout dans leur sphère d'attraction autour d'eux, sans y penser, sans
le vouloir même. On dirait que certaines natures ont un système,
comme les astres, et font graviter les regards, tes âmes et les pensées
de leurs satellites dans leur propre mouvement. La beauté Physique
ou morale est leur puissance, la fascination est leur chaîne, l'amour
est leur émanation. On tes suit à travers la terre et jusqu'au ciel, où
elles se perdent jeunes; et quand on ne les voit Plus, l'œil reste comme
aveugle d'éblouissement.
«Ün ne regarde plus où l'on ne voit plus rien. Le vulgaire même
sent ces êtres supérieurs à je ne sais quels signes. Il les admire sans
tes comprendre, comme les aveugles de naissance qui sentent les
rayons sans le soleil... »
LAMARTINE.

Les Entretiens Célestes vous mettront en contact avec une de


ces âmes privilégiées. Puissent-ils vous apporter apaisement,
espérance et amour.
ENTRETIENS CÉLESTES

Ces enseignements, ces conversations célestes sont descendus


pour apporter aux âmes non seulement un peu de réconfort, mais
de la fraîcheur. Manne céleste, qui ne demande qu'à se répandre
sur tous ceux qui souffrent, car le doute est très douloureux pour
les âmes qui veulent comprendre et espérer. Alors, parfois, le
Ciel se courbe et s'ouvre pour donner la sécurité et l'espoir dans
la vraie Vie, aux âmes qui la cherchent.
Fleurs embaumantes, répandez-vous, et recouvrez de vos doux
pétales les âmes de bonne volonté. Fleurissez-les et écartez d'elles
tout chemin stérile et sec qui n'apporte que crainte et tiédeur.
Ayez confiance, Paqui vous le demande avec toute l'ardeur de
sa foi, de sa certitude, de son amour pour Dieu, et de sa tendresse
pour vous tous.
RÉPANDEZ

Enfants bénis du Ciel, soyez nos messagers fidèles, et répandez


autour de vous, sans jamais vous lasser, les fleurs célestes que
nos âmes vous envoient.
Ne négligez rien, enfants bénis de Dieu, pour faire tomber en
des cœurs stériles et secs la bienfaisante rosée que vous aurez
vous-mêmes reçue. Ce sera pour vous un gage de bonheur sur la
terre en attendant le grand bonheur du Ciel... Paqui vous bénit
et vous dit sa tendresse.
Je ne puis pas ce soir rester davantage ... Voulez-vous répandre
ma voix, et chanter pour moi sur terre les louanges de Dieu ?

PAQUI.

- 10-
PLUIE DU CIEL

Nous recevons les bienfaits de Dieu comme un gage de Sa bonté,


et nous les prenons comme un dépôt sacré venu de Là-haut, pour
les répandre en bas.
Je suis Paqui, fleur de Dieu.
Je suis Paqui, l'agneau blanc.
Je suis la Pâquerette du Grand Bouquet que vous connaîtrez
un jour. Ayez confiance, mes roses parfumeront votre âme comme
mon fluide guidera votre main.
Je suis la rosée bienfaisante du matin et le doux crépuscule du
soir. Je viens apaiser les tempêtes de l'esprit et répandre ma rosée
dans les âmes desséchées qui cherchent mon frais breuvage. Ah !
croyez, répandez la bonne parole; ne gardez rien pour vous, et
soyez les messagers fidèles, le trait d'union, vous qui savez et
recevez par nous la manne céleste sans laquelle tout meurt et se
dessèche.
Nous sommes un pain de Vie, cent fois plus utile que le pain de
blé dont vos corps, cependant, ne peuvent se passer. Laissez un
peu ce qui vousretient tant sur terre pour élever vos âmes au delà
des visions terrestres. Nous seuls avons, par Jésus, la Lumière, -;
celle qui ne s'éteint jamais et qui ne change de clarté que pour en 5
reprendre une plus éblouissante. Cette dernière ne sera que le pré-
lude d'une autre, dont la lumière sera encore mille fois plus grande,
ainsi de suite jusque dans le sein du Très-Haut.
Je forme des vœux célestes pour que les amis terrestres de ma
Maman chérie ne connaissent que joies et félicités, même dans
les heures noires. Ces heures ne sont noires que pour vous parce
que vos yeux humains sont fermés aux divines clartés, qui rendent
- II-
les épreuves et les larmes perlées de rayons lumineux et de roses
embaumantes.
Les roses, ici-bas, peuvent vous sembler des chardons; mais
n'oubliez pas que vous êtes ignorants, et que vos yeux ne doivent
s'ouvrir que lorsqu'ils se fermeront à la lumière du jour.

PAQUI.

- 12-
NOS ENTRETIENS

Lorsque vous faites un appel vers nos sphères bénies il est tou-
jours entendu. Nous répondons, nous accrochons le courant, mais
nos aides supérieurs peuvent être occupés, nous laisser sans ré-
ponse immédiate. Le courant, de ce fait, est moins intense. Je
puis, moi aussi, répondre à d'autres devoirs.
Mais si le contact est moins direct, le message plus terne, n'en
concluez pas qu'il soit uniquement du cerveau de l'écrivain; des
fluides moins puissants vous entourent : désirez que le prochain
soit meilleur, plus fort, plus instructif. Vous serez écoutés si vous
le demandez avec ferveur. Rappelez-vous que rien ne s'obtient
sans efforts. Le renoncement à soi-même, la méditation qui élève
l'âme vers le divin-et la détache un moment de tout ce qui l'alour-
dit, sont nécessaires. Persévérez, malgré les chutes de l'esprit vers
les contingences et les préoccupations matérielles. L'esprit n'est
pas l'âme: rien d'anormal à ce qu'il ne suive pas les aspirations,
les élans purs de l'âme vers Dieu, sans pour cela les gêner, les
alourdir, et rendre nos communications plus difficiles.
Ne vous inquiétez pas et persévérez : les chutes seront moins
fréquentes, moins longues, si vous habituez votre esprit à se déta-
cher, à être docile, et à se mettre sous la dépendance de l'âme, qui
est elle-même sous la dépendance du divin. Et si votre esprit en
déroute est aux prises avec les orages de la vie, ayez la volonté
de le mettre à l'abri, de l'arracher à tout ce qui le tient enchaîné
aux emprises mauvaises. Sachez faire le sacrifice qui coûte, deman-
dez Là-Haut la force nécessaire pour accepter la souffrance: le
fruit qui sortira de ce renoncement vous sera un gage de félicité
et vous aidera à retrouver le chemin de la lumière.
Soyez bon pilote. Par orage ou temps calme la barque doit avan-

- 13-
cer; il s'agit de la bien conduire (la barque, c'est votre âme), afin
que lorsque vous mettrez l'ancre, le jour du départ et de l'arrivée
définitive, votre Sauveur Jésus, et tous ceux que vous aimez
viennent à votre rencontre, et que vous puissiez suivre leur trace
lumineuse.
Ne voyez pas en nos entretiens un trop grand détachement de
la vie humaine mais simplement une aide que nous avons mission
de vous donner, pour mieux comprendre le but spirituel de votre
passage sur la terre.
J'aimais la vie, je la trouvais belle, tous les espoirs m'étaient
permis, j'étais entourée d'affections profondes : Dieu a soufflé
ma lumière terrestre, m'a reprise à peine éclose; la rose s'est effeuil-
lée... Mais, je vous l'ai déjà dit, je ne regrette rien, absolument
rien, parce que je n'ai rien perdu, et tout retrouvé. J'ai interrompu
un voyage agréable pour en entreprendre un autre magnifique,
dans d'autres sites, voilà tout; mais avec la joie immense de ne
pas perdre de vue, d'avoir toujours très près de moi les chers com-
pagnons de la première randonnée. Je puis les aimer autant, plus
et beaucoup mieux: Dieu m'a permis de devenir leur ange, leur
guide, leur soutien... Le principal attrait de nos causeries, ce qu'il
faut essentiellement en retenir, c'est que Paqui est pour vous
tout amour, qu'elle veut pénétrer vos cœurs de l'Amour pur, dont
Jésus est l'exemple.
Amour du divin Amour, amour du prochain, amour de la vérité,
amour de tout ce que Dieu a créé ... Lorsque vous aurez bien com-
pris la valeur de ce mot, votre ange sera satisfait; il aura vraiment
répandu des roses sur un coin de la terre, et cette terre ensemencée
par elle fleurira et refleurira... aucun zéphir ne pourra en ternir les
fleurs, et leur parfum deviendra l'encens dont Jésus se servira pour
faire refleurir d'autres fleurs: car rien ne se termine, - tout est
un éternel recommencement, mais sur un plan différent.

Vôtre à travers Dieu,


PAQUI.

-I4-
LES FLEURS SONT DES GRACES

Les grâces sont des :fleurs qui viennent de Dieu, sont de Dieu,
et reviennent à Dieu.
Les fleurs du Ciel tombent sur la terre comme une rosée bien-
faisante. Heureux sont ceux qui recueillent ce divin breuvage
pour en faire la nourriture de leur âme.
Les fleurs sont des grâces : la racine en est formée par l'Amour
divin; la fleur doit se répandre pour embaumer les humains.
Soyez les enfants bénis dont les mains se sont remplies avant Je
moment venu. Plus vous serez confiants, humbles, croyants, plus
vos connaissances seront vastes. Vastes, le mot est exact, si grand
vous paraît-il. Dieu peut tout, et pour vous, il semble ouvrir sa
bourse de diamants. Puisez-y l'éclat qui scintillera autour de vous
et qui fera sentir que vous êtes dans la Lumière, que vous savez
vous en servir pour donner aux autres ce qu'ils n'ont pas: la Clarté.
Soyez bons, soyez purs, donnez le meilleur de vous-mêmes, ne
gardez rien par-devers vous, vous recevrez davantage encore. Don-
nez à bon escient, c'est nécessaire pour que le but soit atteint.
Aux cœurs ouverts, aux âmes de bonne volonté, donnez, donnez!
Que vos doigts toujours ouverts ne marchandent pas la lumière
et les bienfaits que vous avez reçus et qu'il ne vous faut pas garder
sous peine de les perdre. Plus vous donnerez, plus votre provision
sera grande; vos greniers pleins de froment ne connaîtront pas
le vide; ils seront surchargés de ce froment afin que vous puissiez
y puiser ce que vous désirez répandre; restez convaincus que
seules, les mains ouvertes s'accrocheront dans la lumière sans
risque de chute.
« Venez à moi, vous tous qui souffrez, » a dit le Seigneur, « et

- 15-
vous serez consolés. » Jésus permet à ses anges de se servir de ces
magnifiques paroles; écoutez-les, venez vers nous, et quand les
nœuds des épreuves, des douleurs, des charges et des soucis semblent
vous accabler sans espoir d'en dénouer les fils, et qu'il vous faut
lutter contre toutes les ambiances mauvaises qui vous encerclent,
demandez de l'aide à vos anges, elle vous sera donnée. Restez
confiants; forts, mais humbles et petits; bons et charitables.
Donnez votre cœur, pardonnez, soyez indulgents, profondément
indulgents; ne jugez pas! Soyez Jésus au bord de la fontaine
lorsqu'il attendait les pécheurs pour les aider à se désaltérer;
soyez la source d'eau vive.
Dieu bénit les miséricordieux. Dieu a pitié, ayez pitié! Dieu
ferme souvent les yeux sur vos iniquités, fermez aussi les vôtres.
Le moindre effort vers la bonté, la charité, porte son fruit, ouvre
le cœur de Jésus. Laissez la porte de votre cœur ouverte à toutes
les misères; soyez généreux, indplgents sans faiblesse : imitez
Jésus, Il est le meilleur des Maîtres.

PAQUI.

- 16-
ICI LE VOILE SE DÉCHIRE

Ma clarté t'inonde, amie chérie, et plus que jamais tu sentiras


notre tendre union en l'amour divin. Des légions d'anges sont là
pour me soutenir, faire la chaîne très forte pour vous aider. vous
instruire et vous consoler. Ille faut pour que l'équilibre soit bon,
et que notre mission s'accomplisse.
Chacun de nous a besoin du secours céleste de beaucoup d'autres
pour mener à bonne fin une œuvre dictée par Dieu. Nous sommes
faibles malgré notre force et ne sommes rien encore à côté de ce
que nous serons au fur et à mesure de notre compréhension... Le
voile se déchire peu à peu, et nous sommes éblouis dès que nous
entrevoyons ce que la veille nous ne comprenions pas... Oh, que
c'est beau! quelle joie, quel bonheur d'être au Ciel, dirigés, ins-
truits par le Père, le Maître, le Créateur de toutes choses. Vous êtes
au milieu de fleurs spirituelles - déjà très belles pour vos yeux
humains. Préparez-vous bien, afin que lorsque ces yeux se fer-
meront .à la lumière du jour, nous puissions, avec la permission
de Dieu, vous montrer sans retard nos parterres fleuris ... Vous
serez enivrés et vous comprendrez pourquoi le petit ange était si
heureux et ne regrettait rien, même pas de laisser sa mère adorée,
son fiancé chéri, et toutes les petites joies qui paraissent si grandes.
parce que l'on ne connaît pas celles qui ne sont pas humaines, mais
mille fois plus douces et plus fortes.
Par moi, Dieu a permis que mes aimés sachent et me suivent.;
que faire pour le remercier? Aidez-moi, je ne suis qu'un petit
ange. Priez aussi, élevez vos âmes, répandez la parole de ce Dieu
si bon, si miséricordieux. Glorifiez son Nom, ne tarissez pas d'éloges,
ouvrez les yeux fermés, faites entendre les divines harmonies,

- 17-
2
écartez les doutes, renversez les erreurs... Aidez-nous, aidez Paqui,
qui désire faire du bien, donner de la joie aux êtres qui ne savent
pas, et qui souffrent sans rechercher le refuge, la guérison, où ils
se trouvent. Mon cœur déborde d'allégresse: je suis si parfaite-
ment heureuse d'être ici, au Ciel, et de sentir tous mes aimés en si
parfaite union vers nos sphères bénies! Je vous aime, je suis près
de vous par la douce communion de nos âmes, permise par Dieu,
car l'ange remplit sa mission avec la permission de Jésus.
Maman chérie, le Missel de Paqui consolera bien des cœurs
meurtris par la douleur. Ces cœurs en détresse retrouveront la
paix et la sérénité parce qu'ils auront compris que les bien-aimés
disparus à leurs yeux sont vivants, heureux, et ne regrettent rien
lorsqu'ils sentent que leurs aimés d'en bas comprennent la Vraie
Vie.
Ne dites plus: « Quel malheur de mourir si jeune et de laisser
toutes les joies terrestres. » - Dites seulement: « Dieu l'a rappelé,
béni soit le Seigneur, inclinons-nous devant ses décisions. Notre
cœur est brisé, nous ne comprenons pas encore, mais nous croyons
à la résurrection dans la Vraie Vie, et nous espérons tout de la
miséricorde divine. »
Pleurez, oui, mais priez, espérez, levez vos yeux, et n'entravez
pas, par votre révolte égoïste, la marche vers la Lumière de ces
âmes chéries, de ces transfigurés...
Maman chérie, à présent, pense et parle ainsi. Elle a tendu vers
moi, son ange adoré, son cœur meurtri pour que je le guérisse;
Dieu me l'a permis: j'ai consolé ma Maman en restant dans mon
Ciel... Sa tâche du reste n'est pas terminée : elle recueillera les
fruits de sa douleur; car les entretiens aussi seront lus, et porte-
ront la consolation dans des cœurs, désespérés... Peu ne croiront
pas; beaucoup seront fortifiés, et tous les liront avec plaisir, et
en ressentiront une douce émotion.
Oui, maman, quel chemin parcouru depuis quelques années,
lorsque, très gâtée, je jouissais près de toi de toutes les joies qu'une
petite fille tendrement aimée peut posséder sur terre. Nous ne nous

- 18-
doutions pas de ce que Dieu dans sa grande bonté, allait réclamer
de nous! non, nous ne pouvions prévoir le sublime privilège qui
nous échoierait ! J'ai tout accepté, j'ai remercié, je me suis remise
entièrement entre les mains de Dieu, mais j'ai tant prié que Dieu
m'a souri, et qu'il a accordé à son ange de partir tout en restant,
et de ne pas laisser la maman de l'ange sans le secours du petit
ange cueilli trop vite pour ce pauvre cœur humain de petite Ma-
man. J'ai obtenu tout de ce que je demandais... au delà même,
car notre union n'est-elle pas complète par cette belle chaîne
d'amour qui nous relie un peu plus chaque jour, et à laquelle
viennent s'ajouter de précieux maillons, faits de tous ces cœurs
qui s'accrochent à nous, qui s'enlacent, qui croient et espèrent
en moi... Je dis moi, mais c'est inexact, car je ne suis pas seule,
et vous le savez bien. J'emploie ce « moi», ce « je» pour donner
plus de charme à nos doux entretiens, mais moi, je ne suis rien,
je n'agis que très aidée par des légions de petits anges ailés; ils
quintuplent ma force, ils aident votre petite Paqui... Remerciez-
les souvent.
Anges du Paradis, je vous demande en grâce d'intercéder pour
moi auprès de Dieu le Père ~ qu'il permette à Paqui, notre sœur,
de nous transmettre les instructions utiles pour arriver vers Dieu
par le plus beau chemin, éviter les détours, les arrêts, les ornières...
Bons anges secourables, obtenez-le pour nous; que Paqui, par
son Dieu, soit douce messagère et vienne vers vos frères encore
dans le tombeau. Le tombeau des vivants est bien plus un tom-
beau que celui des cimetières où repose le corps, car le corps n'est
rien quand l'âme en est partie. Les humains ont l'âme prisonnière,
mais une fois dépouillée, allégée de l'enveloppe terrestre, si l'âme,
dis-je, est prête, elle ira droit au Ciel devant son Dieu, son Père
tendre et miséricordieux.

PAQUI.

-19-
LE MISSEL DE PAQUI

Le Missel de Paqui, que vous aimez faire lire à des âmes qui
pleurent un être chéri qu'ils croient perdu, est une preuve que
le ciel et la terre peuvent être en communion par permission
divine.
C'est le triomphe de l'Amour sur la mort, et vous pouvez dire
que le Missel de Paqui est une page d'amour pur d'un ange à sa
maman éplorée et désespérée. Des milliers d'anges me protègent
et m'aident à venir au devant de vo IS. Nous sommes forts, parce
que nombreux, et tous unis par la même pensée et pour hi. même
cause: aider à faire comprendre la tendresse de Dieu, consoler,
et faire naître de la joie au milieu de la plus profonde douleur-
joie spirituelle, vous comprenez bien, la seule qui demeure - et
afin de donner de la force aux âmes qui nous la demandent et
désirent mettre toute leur confiance et leur espoir en Dieu. Que
ces consolations célestes, ces lumières bienfaisantes rayonnent
autour de vous afin que vous les diffusiez et les distribuiez à votre
tour aux âmes qui souffrent dans l'obscurité et l'ignorance, et
vous collaborerez à notre douce mission.
Comment expliquer, dites-vous, la différence entre le charme
un peu puéril du Missel de Paqui et la forme de nos entretiens?
- Paqui, en parlant à Mamie, s'exprime en petite fille, traduisant
ses pensées de tendresse et de consolation comme si elle était
encore sur la terre, afin que sa maman aie confiance, et reconnaisse
en ces paroles les paroles mêmes de la petite Paqui à sa Mamie.
Vous comprenez bien que si nous parlons par images, ces images
sont pour vous, humains; car nous ne sommes plus que vibra-
tions, et nos corps n'existant plus, nous n'avons plus besoin de

- 20-
mots pour nous exprimer. Nous sentons, nous voyons tout par
fluides.. par rayonnements, vibrations, et quand nous vous par-
lons de « fleurs », de « parfums )), de « bijoux », c'est pour vous faire
comprendre combien tout est doux, pur, odorant, dans nos sphères
célestes.
Rien n'est plus difficile à nous que de communiquer avec vous,
de rentrer dans vos ambiances. Si j'osais employer ce mot, je
dirais: il nous faut faire une vraie gymnastique avec nos fluides
et nos rayons pour percer vos carapaces humaines. Il est doux et
fortifiant pour vos âmes de recevoir ces fluides: c'est un point
d'affirmation, c'est une barre sous le mot croyance, c'est une cer-
titude pour l'avenir. .. l'avenir qui est proche puisqu'une vie est
une seconde.
Ayez confiance en Paqui, qui n'est qu'un petit ange et ne con-
naît pas les innombrables choses qu'elle connaîtra au fur et à
mesure de son avancement. Brin par brin, fleur par fleur, une gerbe
se forme ...

PAQUI.

-21-
JE NE SAIS PAS TOUT

Pluie d'or, pluie divine, rosée bienfaisante, descends sur nous


pour apaiser nos terreurs, nos doutes et nos soucis. Nous avons
recours à toi, rosée céleste, pour nous endormir dans le calme
et la joie, et nous aider à traverser les brumes épaisses qui voilent
si souvent nos yeux. Ce trait sombre, ce doute, voile nos espé-
rances et nous rend faibles, sans forces pour t'appeler. Rosée du
Ciel, parcelle divine, tombe sur nous gJûutte à goutte, viens ra-
fraîchir nos fronts, ils sont brûlants, mais tu peux tout puisque
tu fais partie du Tout.
Cette prière dite, la paix divine descendra sur vos âmes; il
m'est doux de vous le dire, il est consolant à vous de l'entendre.
Je parle avec vous facilement, la chaîne est aussi forte que douce,
et il faut en remercier Dieu de tout votre cœur pour que la fusion
soit complète, encore plus complète. La crainte est vaine quoique
compréhensible en ton cas: il te faut m'écouter et tu ne m'en-
tends pas; il te faut écrire ce qu'en apparence on ne dicte pas.
Laisse-toi aller en toute simplicité, transmets ce qu'il m'est permis
de te dire, ce que je sais aussi, car je ne sais pas tout, je ne peux
savoir tout.
Mon âme éblouie connaît peu à peu les merveilleuses contrées,
les éblouissants passages; goutte à goutte, pas à pas, la compré-
hension m'est donnée. Un enfant ne voit pas le grand jour avant
que ses yeux ne s'accoutument à la lumière; vous-mêmes, adultes,
vous supportez malles rayons ardents du soleil. En quelque sorte,
Dieu, là-Haut, tamise sa lumière jusqu'au jour où il est possible
à l'âme de Le regarder en face dans toute sa magnificence, dans
toute son ampleur. Quelle sublime perspective, quelle certitude
- 22-
qui nouS aide à franchir avec des transports de joie la route encore
à faire. Quelle félicité d'être séparé de son corps de chair pour
être entièrement au service du Maître.
Patience, le temps est court, les jours passent vite, remplissez-
les bien, plus encore par votre vie, vos actes charitables, que par
ce que vous direz. L'exemple est communicatif, bienfaisant, actif
et pénétrant. Les plus ignorants regardent, sont imprégnés d'un
doux étonnement: celui-ci peut se transformer un jour, donc, le
grain est semé, la récolte se fera.
Étendez votre bonté sur tous ceux qui vous entourent, petits
et grands, mais surtout sur les déshérités, les méchants, les aigris,
les ignorants. Ils se diront sûrement en vous regardant vivre :
d'où lui vient ce reflet que je ne possède pas? Ils seront étonnés,
surpris, et peut-être touchés. Ceci, vous l'avez peut-être déjà
éprouvé en approchant certains êtres doués, en un mot, entourés
de la protection d'un des nôtres. Vous en ressentirez tout le charme
sans en comprendre l'origine. Maintenant que vous savez, recon-
naissez la bonté et la miséricorde divines, soyez nos messagers
sur la terre, nos tout petits témoins.
Je ferme vos yeux par un baiser de paix; gardez-le dans vos
cœurs, il est rafraîchissant, Maman chérie, il vient de ton ange
céleste.

PAQUI.

- 23-
MOURIR,
C'EST NAITRE A LA VIE

Je réponds à l'appel de ton cœur qui ne cherche que vérité.


Ne te trouble pas, notre union est forte et ne peut se rompre
pour de petits riens qui viennent entraver votre compréhension.
Autant que je pourrai la rendre claire et lumineuse à vos yeux
humains, je m'efforcerai de vous faire parvenir la petite étincelle
féconde en clartés spirituelles. Vois, ma main céleste se pose sur
ta main de chair: sens comme elle devient légère, rapide, pour
traduire nos pensées ... Remerciez Dieu d'une semblable bénédic-
tion qui te permet un tel bonheur: posséder un trait d'union avec
notre maison céleste, quel privilège! Vous êtes entourés d'amis
invisibles qui vous voient, vous aiment et vous protègent: deman-
dez-leur peu et vous recevrez beaucoup. Ce sont les messagers de
Dieu, ce Dieu si bon, si juste, si miséricordieux, qui cherche par
tous les moyens à se faire connaître, aimer, à guider et secourir
ses enfants bien-aimés. Et je voudrais vous faire réaliser à quel
point je suis heureuse ici pour ne rien regretter de ma vie terrestre
cependant si joyeuse. J'avais tout, ce n'était rien! et vous sai-
sirez combien mon ciel est magnifique lorsque vous comprendrez,
sans que votre cœur en souffre, que j'ai tout gagné en vous quit-
tant en apparence - car tout se gagne. Nos âmes sont plus unies,
je suis plus près de vous et dans la joie d'être au service de Dieu.
Distillez ce mot « au service de Dieu ». J'accomplis avec ravisse-
ment les tâches que le Maître m'a confiées; je m'occupe de vous,
amis chéris, et de bien d'autres encore; je me penche sur les âmes
qui souffrent, qui pleurent; j'essaie de les consoler, de leur faire
comprendre le pourquoi de la souffrance, que la Foi seule peut
éclairer.

-24-
Les humains ne peuvent réaliser que les plus belles transfor-
mations de l'âme s'opèrent dans la douleur! la rédemption par la
souffrance est un des mystères des lois divines les plus difficiles
à faire admettre au cœur humain qui se refuse à le comprendre.
Ma Mamie chérie, je l'ai conquise, elle m'a comprise, me sait
tout près d'elle; sa Foi, sa confiance en Dieu l'ont sauvée. C'est
en élevant son cœur, en se recommandant à Dieu, en lui faisant
don de son immense douleur, en me cherchant, enfin, là où je suis,
plus vivante que jamais, que la Foi l'a éclairée, et qu'elle a obtenu
cette grande sérénité qui lui permet de penser et de dire avec son
ange bien-aimé: Je ne regrette rien! tant elle est sûre, ma Mamie,
que sa petite Paqui est heureuse, joyeuse de vivre dans les sphères
de lumière, et que le jour où ses yeux se fermeront ici-bas sera le
commencement de notre bonheur sans fin. Plus vivantes, plus
heureuses que jamais, nous verrons Jésus nous sourire, et nous
ne nous quitterons plus.
D'ici là, ma tâche est lourde mais légère: lourde, parce que je
dois m'employer sans trêve pour gagner ce futur bonheur qui sera
plus complet encore, toujours plus grand par celui que je pourrai
donner aux âmes douloureuses à travers les mains de Jésus Tout
Amour. .. légère aussi, parce que mes missions sont belles, plaisent
au Seigneur et me remplissent de joies et d'extase. Tout cela n'est
que le prélude d'une éternité si belle qu'on ne peut la décrire:
il nous faudrait trouver un langage spécial, des mots de lumière,
que vous ne pourriez comprendre ici-bas.
Je ne sais pas tout, certes; je suis seulement le petit messager,
l'ange de Dieu, mais vous pouvez croire Paqui quand elle vous
invite à préparer ce ciel ineffable en vous appliquant à mener sur
la terre la vie d'amour que Jésus nous a tracée. Soyez vrais, sincères,
purs. Un humain, oui, peut être pur, la pureté humaine existe,
tout en étant limitée. A vous de défricher, de remplacer les mau-
vaises herbes par une rose parfumée dont vous distillerez le parfum
pour le distribuer autour de vous. Ah si vous connaissiez la dou-
ceur du regard de Dieu, pour ses enfants qui aiment, donnent leur

- 25-
cœur, et désirent aller à Lui! Il est toute indulgence, tout amour,
accepte les chutes et les arrêts, regarde sans courroux l'enfant qui
tombe par sa faute si l'enfant se repent, si des larmes sincères
coulent de son cœur. Il ouvre ses bras, efface le péché, pardonne
avec tendresse. Oh, croyez en Lui, amis chéris, et en sa grande
miséricorde.
Le petit ange de Dieu vous sourit. Un ange, c'est aussi une petite
parcelle divine ... c'est un rien au service du Grand des grands,
mais c'est une infime partie du Tout qui réunit les infimes parcelles
dans l'Unité de la Grande Rosace.
Ayez confiance, croyez, et aimez.

PAQUI.

-26-
SEMEZ LA BONNE GRAINE

La chaîne qui nous lie s'étendra et soutiendra aussi ceux qui


liront nos enseignements. Ils recevront le bon courant, en res-
sentiront les fluides bienfaisants. Aucun d'entre eux ne pourra
douter; quand il aura lu l'ensemble il se sentira imprégné, vivifié,
et combien plus prêt et plus fort pour lutter contre les mille riens
douloureux qui tenaillent le cœur des humains.
La vie est belle, mais semée de petits clous désagréables qu'il
vous faut arracher et repousser au loin pour pouvoir avancer vers
sa vraie lumière. Pour certains la beauté de la vie est complète-
ment voilée: ils n'en voient que les ombres, et pas le but lumineux.
Une part du voile sombre pourrait cependant s'éclaircir si l'on
voulait bien essayer de le soulever et de comprendre. Mais les
humains repoussent souvent la grâce qui les frôle pour se renfermer
dans une voie stérile et sèche qui n'apporte aux cœurs meurtris
que désespoir plus grand et vide plus complet. C'est pourquoi nous
devons nous efforcer d'éclairer et de diriger ces âmes. qui sombrent
dans leurs pensées douloureuses sans apercevoir le fil d'or qui,
toujours suspendu au-dessus de leur tête, pourrait seul les con-
soler si elles voulaient bien s'y accrocher. Aidez-nous à démontrer
que le fil existe, prouvez la force de la grâce à ressentir à son contact,
défrichez le terrain, semez la bonne graine, versez la rosée bien-
faisante, et la floraison ne tardera pas à éclore: la belle fleur s'épa-
nouira, vous en serez le petit jardinier, et vous ressentirez une
paix délicieuse qui vous préviendra que vos soins n'ont pas été
vains, qu'une fleur est née de votre âme, et que vous pouvez conti-
nuer à remplir votre tâche en passant à un autre parterre qui a
besoin de vos soins.
Ne vous découragez jamais; ne dites pas: « mauvais terrain, ne
perdons pas un temps précieux, n'éparpillons pas notre bonne
graine. » Dites plutôt: « ce terrain me semble ne posséder que terre
glaise et pierres dures, travaillons avec plus de courage encore,
Dieu nous aidera. » Et si la fleur qui vient n'est que pâquerette des
champs, ressentez-en plus de joie en vous-même: la victoire est
gagnée, les ronces sont coupées, cette petite fleur se transformera.
Travaillez avec confiance, ne faites pas de discours, prouvez par
votre vie qu'une flamme intérieure vous vient de là-haut, que vous
êtes aidés, dociles, prêts à ouvrir les mains pour répandre partout
le parfum enivrant que vous savez capter pour en profiter vous-
mêmes, mais encore plus pour le donner à ceux qui sont non loin
de vous.
Pourquoi cette permission divine si douce à nos âmes? Pourquoi
petite fleur de Dieu rappelée avant d'éclore au soleil des humains,
pourquoi ce privilège d'être l'enfant du ciel et l'enfant de Maman?
Dieu seul a le secret de cet immense bonheur; disons-lui avec un
élan- plein d'amour :
Père, Vous avez comblé et l'ange et la maman.
Nous savons apprécier ce privilège presque unique et nous Vous
adorons. Notre extase est si grande que nous ne regrettons aucune-
ment le lien brisé, car le lien d'à présent nous relie mille fois mieux.
Il faut qu'il soit très fort, car Vous savez, mon Dieu, ce qu'une
mère chérie peut aimer son enfant lorsqu'elle le possède sur son
cœur humain.
Maman si douce, je te couvre de mes plus beaux pétales: ils
embaument ton cœur.

PAQUI.

- 28-
LA COMMUNION DES SAINTS
PAR LA FORCE DE L'AMOUR

Les humains, je les aime; je les vois bien meilleurs qu'ils ne se


trouvent eux-mêmes. Ils sont si malheureux dans leur grosse en-
veloppe! il leur faut ' .•nt de courage, de patience, pour com-
prendre ce qu'ils ne peuvent voir, qu'une grande indulgence m'en-
vahit... Je ne veux voir en eux que ce qu'ils ont de bon, de pur,
leur bonne volonté. J'agite leurs qualités, je les mets en valeur...
c'est beaucoup mieux ainsi, amis chéris : ne pas trop regarder les
gros nuages noirs de la tempête, mais regarder et voir la tache de
soleil qui caresse l'eau, qui fait briller la terre et augmente le par-
fum des fleurs. Efforcez-vous, amis, de vous pénétrer de cette idée
et le bonheur de vivre sera plus doux pour vous.
Les êtres tourmentés souffrent, soyez-leur indulgents: ils luttent
et travaillent dans plus d'obscurité, mais si leur cœur est lacéré,
ulcéré, cela ne veut pas dire qu'il ne peut faire de progrès. Je me
penche sur tous ceux qui soupirent, et mon souffle allégé, souffle
céleste, arrive à faire sourire, à donner de l'espoir.
Ayez confiance et attendez : le temps ne passe pas sans faire
une œuvre bienfaisante: il apaise, il fortifie et met des lunettes
très claires sur des yeux très fermés. Il fait bien ce qu'il fait, mais
je n'aime pas qu'on le représente avec sa grande faux, c'est inexact.
Je le préférerais ayant à ses côtés des boîtes à casiers, des sacs
avec le mot « oubli )) pour y enfouir tout ce qui ne vaut rien; une
grosse éponge pour effacer ce qui ne peut rester sans ternir les
brillants rayons de la sérénité. Gardez en vous ces chauds rayons
si clairs; laissez-les cependant se répandre autour de vous sur
tout ce que vous touchez: il est si doux de donner de la joie, du
bonheur et de la lumière.

- 29-
La plus jolie grâce que Dieu, dans sa bonté, ait accordée à Paqui,
la voici: Dorer ce qui est terne, éclairer ce qui est sombre. Admi-
rable travail pour un ange, et mon pinceau s'agite avec ardeur
pour bien remplir ma tâche, toute faite de joies, de tendresse et
d'amour.
Je cherche encore pourquoi Dieu, dans son infinie miséricorde,
a bien voulu souffler très vite sur ma bougie ... la bougie de Paqui t
quelle petite chose à côté de notre Lumière, puis du grand phare
qui éclaire le monde. Lumière si puissante que rien ne peut éteindre
ses merveilleux rayons, non, pas même le mauvais souffle du mal
qui voudrait tout anéantir. Ayez confiance.
Pourquoi, dis-je, Dieu a-t-il soufflé sur Paqui pour lui accorder
tant de grâces d'amour? le méritais-je? Non, mais je sais recon-
naître, apprécier ces marques de tendresse. Je l'aime, j'obéis, et
je Le remercie.
Ma Mamie aussi est bien raisonnable. Crois bien, Mamie, que
ce mot si simple a une grande valeur, car il faut d'abord être très
raisonnable pour comprendre. Vois comme il est bien équilibré
ce petit rien de mot, si ordinaire en apparence, mais qui donne
des forces; c'est pourquoi je l'inscris sur vos fronts, amis chéris,
et c'est de la lumière.
A ma Mamie, un geste caressant, un mot de tendresse et d'amour,
un de ces riens qui font venir aux lèvres des mamans un délicieux
sourire, et à leurs yeux deux perles... Ces perles, je les cueille, je
les mets en écrin, et lorsque là-haut j'ouvrirai ce tout petit écrin,
mes deux perles seront deux merveilleuses roses rouges au parfum
enivrant: là, caché dans les fleurs, toujours et pour toujours, lisez
le mot Amour !

PAQUI.

- 30 -
ANNIVERSAIRE

L'anniversaire du doux réveil, voilà comment tu dois le nom-


mer et le vivre à présent, ce jour anniversaire de mon bonheur,
et du réveil de nos âmes vers la lumière. Ne prononce pas le
mot de mort, de départ; ces mots font mal à ton cœur, et ils
sont faux.
Non, je ne suis pas morte, et je ne t'ai jamais quittée, Maman
chérie. Je vis encore de ta tendresse, je t'aime, tu m'aimes, tu es
ma Mamie chérie et je suis ton ange d'amour; n'est-ce pas, Mamie?
Rien n'est triste à présent pour ton âme, et ton cœur puise une
immense force lorsqu'il vient se réchauffer aux rayons divins
que Dieu a bien voulu accrocher à mes ailes. Plus de désespoir,
ma Maman adorée; encore des larmes, mais de douces larmes
éclairées comme des flambeaux. Tu comprends mieux le pourquoi
de la souffrance, de la douleur, et du martyre de la séparation qui
t'a aidée à franchir des étapes et à gagner plus vite les sphères
élevées qui te rapprochent de ton Dieu, et de ton petit ange, qui
voudrait que tu saisisses encore plus parfaitement les grandes
Vérités Universelles.
Tu sais combien notre chaîne d'âmes est solide, tu comprends
que nous sommes légion pour former une Unité. Tu sais aussi com-
bien facilement l'équilibre de cette Unité peut se rompre si une
des âmes formant la légion se met en désaccord. Alors tout est à
recommencer, un nouveau travail s'impose pour tous.
Maman chérie, à présent que tu comprends un peu, tu vas prier
mieux encore pour que notre Unité soit splendide, qu'elle acquière
plus de force, si possible. Tu vas bien prier mon Jésus pour Lui
demander d'agrandir nos connaissances. Je dis: Nos, car j'ai le

- 3I~
grand désir de mieux le servir encore, avec plus de lumière et plus
de fruits. Sur terre, tu peux et tu dois augmenter ton bagage afin
d'être très préparée pour le grand voyage qui t'amènera vers nous.
Remercie Jésus d'avoir posé sur le front de son ange son étoile
lumineuse! je vais m'en servir pour montrer la route, car Paqui
préférerait être dans les ténèbres que de ne point transmettre ses
rayons lumineux et partager son bonheur avec ses aimés d'en bas.
En ce jour anniversaire de doux réveil, les anges fêtent Paqui ...
Les plus jolies fleurs de mon Paradis sont miennes, et je suis ra-
dieuse, puisque les fleurs de mon souvenir d'en bas sont sœurs de
celles du Paradis des anges; elles traduisent toutes la même pen-
sée: elles sont symbole d'amour. Oh, mes aimés chéris, c'est le
plus joli mot que Dieu vous ait donné, redites-le souvent, compre-
nez-le surtout!
Aimez, aimez tout ce qui vous entoure, même votre souffrance,
puisqu'elle vous élève, vous allège, vous porte plus près de Dieu,
et que d'elle fleuriront les plus belles fleurs d'amour. Vos cœurs
meurtris se pencheront avec plus de tendresse vers ceux qui
souffrent, vers ceux qui pleurent... vous saurez les consoler et
changer votre robe d'initiés contre leur défroque lourde et très
sombre. Dieu fera le reste par un geste d'amour, qui remplira votre
âme d'une paix céleste, pour vous prouver que Lui aussi vous
aime, et vous bénit.

PAQUI.

- 32-
LES ANGES GARDIENS

Les anges sont, par permission divine, au service des humains


pour les aider à gravir le rude chemin de la vie. Mais la chaîne ne se
lie que si les maillons se touchent, et pour que vos amis célestes
puissent vous secourir il faut que vos âmes s'y prêtent, que vous
ayez confiance en eux.
Rien ne nous sépare ; notre présence près de vous est réelle;
présence spirituelle, certes, mais plus efficace, plus fortifiante,
puisque c'est par l'âme que nous vivons et que nous sommes une
force. Il suffit d'un désir plein de tendresse, d'un appel, pour nous
transporter aussitôt vers l'âme qui aime et qui souffre.
Hélas, quand vos prières ne sont pas exaucées selon vos désirs
humains, vous doutez! vous croyez que vos anges sont indiffé-
rents ou impuissants à vous aider, et vous vous éloignez... Paqui
vous redit de rester confiants et de bien comprendre ceci: c'est
toujours pour le bonheur spirituel de l'âme choisie qu'il était pré-
férable que le destin s'achevât. Ne vous posez pas de questions
inutiles et déprimantes; - inutiles, parce que vous ne pouvez les
résoudre; déprimantes, parce qu'elles vous enlèvent la Foi, et
affaiblissent votre courage si nécessaire pour continuer votre
tâche.
Mettez votre main en toute confiance dans celle si sûre de Dieu,
dans celles de vos anges; luttez, certes, priez, mais ajoutez tou-
jours: Seigneur, que votre volonté soit faite et non la mienne,
Ayez la certitude qu'il n'y a d'injustice que celle créée par les
hommes et que, dès que vous aurez franchi nos contrées, vous irez
d'étonnement en étonnement. Vous ne rencontrerez que justice,
égalité, bonté; à valeur égale, bonheur égal; entr 'aide, solidarité

- 33-
et amour entre toutes les âmes qui s'unissent dans l'Amour uni-
versel. Et vous comprendrez alors, selon votre degré d'évolution
que ce que vous croyiez être une grande injustice était une néces-
sité pour l'élévation spirituelle des âmes éprouvées.
Tout est parfaitement fait, croyez-le; il ne peut y avoir d'erreur
dans les grands rouages de la justice divine. Ne demandez pas de
preuves matérielles et tangibles, nous ne pouvons vous en donner ~
mais ayez confiance, entièrement confiance, dans la miséricorde
infinie de Dieu; aidez vos Anges en aidant vos semblables qu i
sont encore dans l'obscurité. Vous avez en mains une lampe bril-
lante pour gravir le chemin, penchez-la quelquefois vers ceux que
vous apercevrez dans l'ombre, au bas de la côte. Vous montez.
tons vers le même but: aidez les retardataires si l'occasion s'en
présente, provoquez-la même, et que votre petite clarté devienne
un phare bienfaisant qui attire et console. Plus vous donnerez et-
plus vous recevrez, c'est la loi divine... et c'est tout le bonheur-
que je demande à mon Jésus de vous accorder: et puisqu'il m'a
laissé ma chère maman tout en me donnant des ailes, il m'ac-
cordera encore la joie de sentir mes amis heureux de secourir et
d'éclairer ceux qui n'ont pas encore le bonheur de posséder la vraie
lumière. Ainsi soit-il.

Bon ange, ange fidèle, veux-tu me guider toujours. Dirige mes


pas incertains : je ne suis qu'un enfant très petit, et combien
inhabile pour me conduire ! Enveloppe-moi de tes ailes : sois mes.
yeux, et j'irai droit vers le seul chemin que je désire connaître;
celui qui mène vers le Seigneur notre Dieu. Ange gardien, fidèle
ami, je te suis : sans toi, je ferais des chutes.

PAQUI.

- 34-
CAUSERIE INTIME

Mon sourire, tu le sens, et te voilà toute rassérénée, heureuse


de connaître encore le contact de ta Paqui chérie. Oui, c'est moi,
joyeuse de vous apporter de doux effluves du Paradis où je passe
pour descendre vers vous. Ce sont des fluides forts, ils vous don-
neront du bien-être, et comme ma provision est abondante, vous
pourrez y puiser, amis chéris. Quelle joie de vous parler ainsi;
il me semble que le lien s'élargit; il prend une force qu'il n'a
jamais eue jusqu'ici et nous communiquons aisément. Je vous
l'avais promis : j'ai demandé à Dieu de resserrer notre chaîne, il
a encore exaucé son ange. Continuez à prier, ne ménagez rien
pour gagner des échelons.ressayez de faire mieux encore, méditez
sur tout ce que Dieu dans sa bonté sans bornes fait pour vous;
ouvrez votre cœur, vos mains, soyez charitables.
Dieu m'a permis de m'unir à toi pour consoler ma maman chérie.
Nous avons des affinités d'âme, voilà pourquoi tu as été choisie,
et possèdes ce privilège merveilleux. Je t'aimais, mais tu as gagné
notre union en laissant ton cœur généreux se déployer pour con-
soler cette mère douloureuse, pour toi une étrangère, cependant.
Tu as trouvé les mots, les seuls, qu'il fallait dire pour calmer sa
détresse. Ses yeux déjà se levaient pour me chercher, mais ton
aide l'a fortifiée, son regard s'est fixé sur mon ciel, elle a trouve
mon chemin, elle est venue. Oh ! quel chemin parcouru pour elle
et pour moi depuis le jour où, s'oubliant totalement, elle a souri
à son ange, à son enfant retrouvée! Rien ne m'enchante tant que
votre affection... vos élans vers Paqui sont des roses qui m'ar-
rivent et me parfument l'âme. Imaginez que ces roses viennent
grossir la gerbe que Maman chérie m'adresse chaque jour; elle la

- 35-
compose avec tant d'amour, Mamie chérie, qu'elle illumine mon
Ciel!
Je veille sur vous; telle que vous me croyez, telle vous me sen-
tez, telle je suis: éprise de tout ce qui est beau, pur, et dans l'extase
de ce qui m'environne. Si vous êtes heureux de me lire, je suis
dans le ravissement de descendre vers vous. J'ai confiance en ma
chaîne comme vous avez confiance en moi. Nous sommes tous
réunis par une immense bonne volonté à accomplir ce que Dieu
demande en bas à ceux qui font le grand voyage terrestre, et en
haut ce qu'il attend d'un petit ange aux ailes d'or.
Dieu a bien fait de me reprendre. Il m'a reprise pour tout le
monde mais pas pour toi, Maman chérie, oh, non, tu le vois bien,
puisque je suis toujours avec toi, mieux que jamais. Il m'a cachée
pour que je sois encore plus avec toi seule. Tu me reconnais bien
quand je t'écris; tu retrouves mes phrases, mes élans de petite
fille. Ce message, vois-tu, est une visite: je suis là, je te caresse, te
parle; je touche tes beaux cheveux que le chagrin a blanchis, ils
sont très beaux ainsi; et puis, tu ne souffres plus, c'est fini; notre
petite causerie de ce soir aura encore chassé les petites douleurs
qui tenaillent ton cœur. Tu te sentais seule, allons! c'est fini ~ tu
as eu la visite de ton ange, tu souris, et lorsque ta lecture terminée
tu relèveras les yeux, je veux les voir joyeux à travers tes larmes
émues de reconnaissance. Ton âme merveilleuse, Mamie, vient
se fondre en la mienne, nous entendons toutes deux les harmonies
divines qui nous entourent. Oh, comme c'est beau! je voudrais
que tes sens humains les perçoivent ... Écoute, petite Maman,
reste en prière; elle est si belle, ta prière d'amour l je vais aller
vers Dieu pour la Lui transmettre aussi près que possible, car
mes ailes grandissent.
Tout ce qui m'environne est une splendeur, et les plus merveil-
leux sites d'en bas ne peuvent en donner la plus petite idée. Vous
viendrez, vous aussi, amis chéris, les admirer; et conduits par
Paqui, la route d'arrivée n'aura point de cailloux pour blesser
vos pieds, J6sus vous sourira.
Vivante plus que jamais je suis. Ah! vous tous qui me lisez, ayez
la Foi, l'espérance en vos cœurs, et pratiquez la charité.
Au revoir, à bientôt, à toujours. Mes roses sur vos yeux, mes
caresses sur vos âmes, en union avec Dieu. Ah t si vous saviez ce
qu'est Dieu, vous ne pourriez écrire ce mot, et vous ne voudriez
plus vivre, tant il fait bon mourir pour savoir ce qu'Il est.

PAQUI.

- 37-
L'AIDE ANGÉLIQUE

C'est une pluie d'étoiles lumineuses qui descendent vers toi,


que tu perçois comme une lumière venant éclairer ton esprit
a vant de commencer ton message.
Pour communiquer avec vous, nous ne descendons pas réelle-
ment; nous mettons nos fluides, nos rayons, en contact avec vos
âmes. De même, pour nous adresser plus haut, pour nous faire
aider, nous faisons une chaîne avec les âmes plus fortes, plus sa-
vantes, qui sont nos guides spirituels.
Je m'efforce d'avancer, de grandir, pour mieux vous initier,
mieux voir, et goûter ce qui m'entoure pour avoir plus de forces
à vous transmettre. Les anges doivent travailler s'ils veulent avan-
cer et comprendre vite ce que Dieu attend d'eux. La science et la
béatitude se gagnent et s'acquièrent comme sur terre par le 'tra-
vail, le renoncement et la soumission; mais ici tout est délices,
nous obéissons avec joie et remplissons nos missions avec amour.
Je suis parmi tant d'autres un ange privilégié; je peux donner
du bonheur, guider des âmes, les aider dans leur travail d'épura-
tion, et je ne cesse de bénir Dieu de pouvoir, avec son aide divine,
secourir et consoler.
Le jour de ma mort a vraiment été le jour de ma résurrection.
J'ai vu des merveilles sans passer par des ombres douloureuses.
J'ai tout accepté, je me suis soumise en fermant mes yeux, et le
réveil a été ici une apothéose. Je plains tous les malheureux qui
arrivent et ne voient rien; ils souffrent et se demandent ce qui
leur est arrivé; toutes leurs tares s'agrippent à eux, les encerclent
et leur arrachent des cris de désespoir. Et je ne trouve pas de mots
qui rendent ce que je ressens de pitié pour ces âmes ainsi chargées.
Il faut beaucoup prier pour elles; c'est le travail des anges d'aider

- 38 -
'ces malheureux, de les secourir, de les éclairer, mais il nous faut
beaucoup de soumission et une grande pureté pour les approcher
avec fruit pour eux.
Plus nos ailes grandissent en force, plus nous pouvons nous
pencher sur ce qui est détresse et souffrances. La mission en est
sublime et nous aspirons tous à en être dignes. Je comprends à
présent pourquoi, encore sur terre, la grande Petite Sœur Thérèse
déclarait si nettement qu'au Ciel elle voulait faire du bien sur la
terre: très éclairée, elle se rendait compte de ce que Dieu désirait
<l'elle, et, percevant les souffrances des malheureuses âmes, elle
se donnait déjà toute à sa tâche: faire du bien, consoler, rafraîchir
les âmes, faire descendre sur terre une pluie de roses.
Vous qui comprenez, vous savez ce que veut dire une pluie de
roses; vous connaissez la valeur des fleurs célestes; vous savez
qu'elles ne se fanent jamais et gardent un parfum qui, plus on le
respire, plus on aspire à le sentir encore et toujours. Ce sont les
:,grâces et les joies spirituelles qui ne sont que l'avant-goût de
notre paradis, mais qui surpassent le plus grand bonheur humain.
Plaignez sans les blâmer ceux qui ne vivent que dans un tour-
billon; ils sont aveuglés et perdent un temps précieux. Savoir
.s'arrêter quelques instants pour méditer, prier, ce ne sont pas des
moments perdus! ils vous seront comptés, au contraire, vous
aideront à libérer vos esprits de ce qui les étreint journellement,
à être plus forts spirituellement.
Les hommes font de multiples efforts pour augmenter leur bien-
être, leur fortune; mais très peu pensent à progresser dans la voie
spirituelle et la compréhension de la vie future. Soyez indulgents,
généreux, charitables. Prions, pour que notre belle chaîne qui
nous relie un peu plus chaque jour donne à tous ceux qui s'y confient
un bien-être de l'âme, un secours constant, un appui quotidien.
'Qu'ils sentent en leur cœur tomber goutte à goutte la rosée bien-
faisante de la petite Paqui; que Jésus et la Vierge Marie, notre
mère, qui me guident et me protègent, vous envoient les rayons
<de Dieu.

- 39-
Bons anges, guides donnés par Dieu, veuillez ne pas nous aban-
donner aux heures où, loin de votre pensée, nous nous laissons
entraîner par des actes qui vous remplissent de terreur et qui vous
font craindre pour nous le courroux de ce Père, cependant si indul-
gent. Aidez-nous pour écarter les forces mauvaises qui nous as-
saillent. Vous savez que si notre faiblesse est grande, notre bonne
volonté l'est aussi, et que nous désirons rester dans la voie vers
laquelle vous essayez de nous diriger et de nous maintenir jusqu'au
grand jour du réveil en Dieu. Et nous vous demandons aide et
protection en implorant votre secours si puissant à côté de notre
pauvre faiblesse humaine si trébuchante.

Ainsi soit-il.

- 40 -
LES ROSES
SONT DES ACTES DE BONTÉ

Je voudrais vous aider à méditer sur les vertus que Dieu aime
à voir fleurir dans le cœur de ses enfants: la bonté, la charité-
Semez des roses sur la route rocailleuse des âmes que Dieu a
placées sur votre chemin. Les roses sont les actes de bonté, les
devoirs accomplis, les paroles de paix, d'espoir, répandues à bon
escient.
Répandez, semez, ne ménagez pas votre peine, ne regrettez pas
les heures qui passent, profitez-en bien, au contraire; ne négligez
quoi que ce soit: le plus petit devoir a son importance, chaque
minute a son utilité si vous savez l'employer. Soyez bons, restez
vous. Levez les yeux pour implorer la grâce divine qui apportera
à votre âme cette force intérieure, cette sérénité qui illumine la
vie, et transforme en espérances toutes les tristesses, les déceptions
et les souffrances acceptées.
Soyez nos porte-paroles, nos messagers fidèles, accrochez-vous
à nos fils d'or pour venir puiser là-haut cette force d'amour qui
vous aidera à aimer vos semblables toujours davantage, même
ceux qui vous paraissent les moins intéressants : ils le sont tous;
leur ignorance doit vous les faire chérir davantage. Plaignez-les
de n'être encore qu'à cet échelon premier qui ne leur permet pas
de s'accrocher à nos fils d'or, et aidez-les à s'élever par vos pensées
et vos actes de bonté et d'amour. Soyez indulgents; l'indulgence
est un trésor dont il faut user, user toujours. Plus vous serez des
miséricordieux, plus vous vous rapprocherez de Dieu, et voudrez
le devenir davantage encore. Vous plaindrez ceux qui ne cherchent
que le mal et ne voient que ce qui est laid. Que la bonne volonté,

- 41 -
le désir d'aider vous montrent le chemin des cœurs douloureux,
des détresses qui ont besoin d'être secourues. Soyez justes, et
reconnaissez que si vous êtes des privilégiés vous devez aider
ceux qui ne le sont pas. Dites de bonnes paroles de douceur, de
bonté, d'indulgence; d'un mot dépendra peut-être toute la vie
morale d'un de vos frères; il faut si peu pour faire jaillir l'é-
tincelle lumineuse d'un cœur fermé jusqu'à ce jour. Une bonne
parole, quelle qu'elle soit, si peu favorablement accueillie qu'elle
paraisse l'être, fait son chemin et porte son fruit; la semence
n'est pas perdue: elle produira peut-être d'abord un produit de
second choix, lequel fera germer à son tour un fruit beaucoup
plus beau.
Vous dites une parole de conciliation, de paix, d'encouragement,
et il vous semble que l'âme à laquelle vous vous adressez ne l'a
pas comprise, reste fermée, rétive, et vous croyez avoir parlé dans
le vide. Mais, à l'heure voulue de Dieu, cette âme cherchera le
secret de votre rayonnement, et à son tour, si elle se trouve un
jour devant un cœur inquiet et tourmenté, elle pourra peut-être,
se rappelant vos bonnes paroles, semer elle aussi la consolation
et la paix.
Rien ne se perd. Les grâces viennent de Dieu et retournent à
Dieu. C'est pourquoi vous ne devez jamais regretter une bonne
parole qui n'a pas porté de fruits immédiats, car vous ne savez pas
l'œuvre que vous avez fait germer sans vous en douter.
Soyez humbles; ne dépassez pas vos droits et remerciez Dieu
des grâces qu'il vous a accordées. Dites-Lui, à ce Père, que vous
aspirez à mieux le servir encore. Pour cela, toujours plus haut en
baissant vos regards vers ceux qui souffrent, qui ont besoin de
vous par l'esprit, le cœur surtout. Le rayonnement vient d'en haut
pour s'étendre en bas: plus vous donnerez, plus vous recevrez, et
vous pouvez donner beaucoup avec l'apparence de distribuer très
peu, si vous donnez de tout votre cœur. Gardez-vous surtout d'éta-
ler une bonne action, elle perd toute sa valeur, et se transforme
vite en un péché d'orgueil. Pour paraître aux yeux de Dieu, il

- 42 -
faut s'attacher à ne point paraître, à disparaître aux yeux qui
n'ont pas besoin de savoir.
L'obscurité est parfois une éblouissante clarté.
Croyez en Paqui, qui va déposer aux pieds du Seigneur une
rose. Cette rose sera vos actes de bonté et d'amour.

PAQUI.

- 43-
LA MORT NE SÉPARE PAS

Non. la mort ne sépare pas puisque le meilleur de nous-même,


la pensée, l'âme, demeure, et ne meurt pas. L'amour est plus
fort que la mort: rien ne peut séparer ceux qui s'aiment en Dieu,
au delà des liens terrestres. La mort sépare moins que l'indiffé-
rence. La mort, c'est encore de l'amour pour celui qui comprend,
pour celui qui aime.
Tout ce qui est pur en vos âmes monte vers notre ciel pour nous
parler de vous. C'est ainsi que Mamie ne me quitte jamais, car
son cœur n'est-il pas la merveilleuse horloge? et chaque batte-
ment en est un doux tic-tac: les heures sonnent, son âme se donne;
l'aiguille tourne, le moment du revoir approche. Petite horloge
chérie, sonne, sonne nos heures en attendant que le gros carillon
se fasse entendre lorsque Dieu permettra à nos deux âmes de se
contempler face à face pour une extase sans fin...
Non, rien ne sépare, mais il faut attendre. La souffrance forge
le paradis de celui qui reste pour qu'il rejoigne vite celui que Dieu
reprend le premier. Comprenez, espérez, vous qui avez souffert
de l'affreuse séparation.
La mort n'est rien et réunit pour l'éternité les âmes qui s'aiment,
dans la Foi et la confiance en Dieu. Mais il faut prier, élever son
âme vers les sphères où vivent les âmes allégées de leur prison de
chair, ne pas les chercher là où elles ne sont plus, et attendre...
Je ne possède pas encore toute la lumière, mais j'ai tant prié
Jésus pour obtenir notre chaîne d'amour! il a souri, et l'a soudée
lui-même de ses divines mains. Remerciez-le de toute votre âme:
c'est la douce affirmation de la vie spirituelle, deIa communion
des âmes. Nous sommes des amis par l'âme, comprenez-en la dou-
ceur, et nous sommes heureux parmi les plus heureux d'être en
communication de la terre au ciel et du ciel à la terre.
Dieu permet à ses anges messagers de communiquer avec les
humains; d'autres que nous ont la joie de correspondre, d'envoyer
leurs pensées d'amour et de consolation aux êtres chéris qu'ils
ont laissés sur la terre, mais toujours pour une œuvre bienfaisante,
utile à l'âme humaine: donner la Foi, l'Espérance et l'Amour,
toute la vie de nos sphères de Lumière.
~l n'est pas donné à Paqui de vous décrire son ciel, l'ambiance
pure et lumineuse où elle se meut. Mais sachez bien que de tout
son amour elle veut vous guider, vous aider à vous élever pour
monter vers nos sphères lumineuses. Ne nous demandez pas des
enseignements qui touchent et intéressent vos plans terrestres.
Nos aspirations sont toutes différentes, comprenez-le. Ici, c'est
la splendeur, l'aurore éternelle, tandis que pour vous ce sont encore
de lourds crépuscules. Et pour les éclairer, il faut que nos ailes
s'élargissent, deviennent immenses pour pouvoir vous abriter et
être pour vous tous le plus puissant refuge, à l'heure fixée par
Dieu.
Harmonies du Ciel, harmonies de Jésus, qui éclairez et vivifiez,
pénétrez dans l'âme de mes aimés de la terre. Que vos sons harmo-
nieux et divins leur portent la céleste douceur de nos sphères
bénies.
De mon Paradis, je vous chéris; de mon Paradis j'adresse à
tous ceux qui connaissent Paqui des fleurs dont le parfum ne se
fanera point, parce qu'elles viennent du Paradis où tout est pur,
et où Jésus veut bien abaisser son regard, en permettant aux anges
de partager avec les humains leur moisson fleurie.

PAQUI..

- 45-
NOTRE CHAINE D'AMOUR

Le petit poussin blanc de ta vision est le symbole de votre


petitesse, de votre fragilité, mais aussi de la confiance que vous
pouvez avoir en notre force. Plus vous vous sentirez petits, fra-
giles, plus vous renforcerez la chaîne qui nous relie à vous, chaîne
d'amour soudée par Dieu, donc bénie et indissoluble.
Voyez: elle s'allonge de toutes les âmes que vous avez aidées
et consolées. Pas un maillon, une fois accroché ne se détache;
d'autres s'unissent, se soudent, au contraire, et cela à votre insu.
Continuez à semer la bonne parole que vous recevrez de vos amis
célestes; ouvrez les yeux fermés, donnez d'amples explications
si vous en voyez la nécessité ou la possibilité; sinon, taisez-vous
et priez, je vous aiderai, et vous sentirez l'appui de votre petit
ange, aidé de beaucoup d'autres qui tiennent en mains la chaîne
lumineuse.
Renforcez-la par votre confiance, votre Foi en la miséricorde
de ce Dieu tout amour qui ouvre pour vous, selon une expression
qui vous est devenue chère, sa bourse de diamants. Donnez sans
vous lasser la lumière que vous recevrez; donnez mais ne gaspillez
pas le bon grain; les paroles sont souvent utiles, mais le silence
est parfois nécessaire. Écoute ton âme dans le silence de ton cœur,
Jésus lui parle: la persévérance dans l'effort, dans la compréhen-
sion, dans la générosité du cœur, voilà ce qui est précieux aux yeux
de Dieu, notre Père.
Je respire très fort les effluves de mon ciel pour vous les faire
parvenir en ondes bienfaisantes. Grands et petits amis de Paqui,
croyez en ma tendresse, vous êtes à Paqui ce que la rose est à
l'abeille; comprenez, souriez, mes ailes vous sont doux berceau.
Ne vous tourmentez pas pour H ... Les prières de ses enfants ont
touché le cœur de Jésus. La prière en commun monte très haut
et vient comme une douce rosée rafraîchir nos contrées célestes
pour retomber en grâces bienfaisantes sur les cœurs douloureux.
Prière de l'enfant, quel pouvoir tu as sur le cœur de Jésus!

Jésus, permets à ta petite enfant de s'agenouiller tout près de


Toi, et de t'adresser à Toi seul une fervente prière... Je veux me
croire à tes côtés comme un de ces petits qui ont eu le grand bon-
heur de se trouver sur ton chemin lorsque tu étais sur la terre,
pendant le court séjour que tu as fait parmi nous. Je voudrais
sentir ta douce main se glisser sur ma tête en prière: tu me bénis,
tu m'attires sur ton cœur. Laissez venir à moi les petits enfants,
disais-tu, ne les repoussez pas, ils sont vrais, ils sont purs. Eh bien,
Jésus, j'ai foi en ta parole, je crois en ta bonté, et je te demande
de guérir ma maman. Donne-lui la force qui lui permettra d'être
plus que jamais ta servante fidèle; donne-lui la Foi, donne-lui la
paix et la sérénité. Je l'aime, ma maman! mon cœur saigne de ne
plus la voir sourire : Tu ne voudrais pas, Seigneur Jésus, voir
pleurer ta petite enfant! je t'implore, je te regarde avec mon âme
remplie d'amour, et, convaincue que Tu m'exauceras, mon doux
Jésus, je vais dormir en rêvant au doux sourire de ma maman.
Merci, Jésus!

PAQUI.

- 47-
MAMAN, JE SUIS HEUREUSE

Petite Maman chérie, ce message est pour toi, et je te dis:


Merci d'avoir si bien répondu à l'appel de ton enfant. J'ai jeté
un cri dans l'espace, tu as levé les yeux, j'ai pris ta douleur,
je l'ai transformée, tu rayonnes maintenant, et si ton corps humain,
par instants, souffre encore, ton âme est toute joyeuse et remplie
de bonheur.
A présent, ma maman, tu dois prier beaucoup. Il faut secourir
des âmes en détresse ; je t'aiderai ; à nous deux nous guérirons
des douleurs, nous donnerons du bonheur spirituel, et ce sera
encore du bonheur pour nous. Donne, donne toute ta pensée lorsque
tu crois pouvoir le faire, mais surtout montre ton front rayonnant
de ce bonheur spirituel qui est le plus grand, le plus doux qu'un
être puisse ressentir pendant sa traversée houleuse sur la terre.
Tu sais bien, ma Mamie, que tout ce que je dis, tu le ressens
très fort. Ton ange, ta Paqui, ne font qu'un; tu les possèdes; je
vis, je suis constamment près de toi. Quel miracle d'amour: un
ange petite fille, un ange qui caresse sa maman, veille sur elle
lorsqu'elle dort et vient la couvrir de ses ailes poudrées! Tiens,
Maman chérie, jamais à nous deux nous ne pourrons assez remer·
cier le Seigneur. Il nous comble, Il ne m'a jamais rien refusé. Oh!
comme je suis heureuse d'avoir quitté la terre, oui Maman, tu li;
bien, d'avoir quitté le monde des humains.
Jerne permets de te parler ainsi, Mamie, parce que je sais que
tu peux entendre ces paroles qui, dites il y a seulement quelques
mois, auraient broyé ton cœur de Maman inconsolable. Mais à
présent, Maman chérie, ton cœur est si grand, si élevé, que je peux
tout oser, car il comprend, il me sent, m'approuve. En un mot,
Mamie préfère son ange ainsi, sans son petit corps qui l'alourdis-
sait, n'est-ce pas, Mamie très chère à sa Paqui, la petite fleur du
bouquet de Jésus.
Lorsque vous prononcez ce Nom, amis, inclinez-vous très bas.
Oui, lorsque vos lèvres disent: Jésus, inclinez vos fronts en signe
de respect. Vous savez que Jésus, c'est le Maître suprême. Ah!
amis, quel merveilleux spectacle vous attend; quel bonheur pour
moi de vous préparer à ce grand jour qui vous révélera Dieu, Jésus,
le Verbe de Dieu. Ce jour-là, vous comprendrez que tous vos efforts
n'ont pas été vains, et que la sublime récompense dépasse tout ce
que vous pouviez imaginer. Vous serez dans l'extase, et le petit
ange sera heureux, heureux parce qu'il vous aime à travers ce
Dieu.

PAQUI.

-49-
CONTE DE NOËL

Noël! Jolie fête, pleine de promesses: l'Enfant Dieu nais-


sant! comprenez-en toute la grandeur, toute l'immensité!. ..
Veux-tu un petit conte de Noël, Mamie, trésor de mes vies?
oui, je dis bien: de mes vies, puisque je vis, je suis toujours ta
petite Paqui, plus vivante que jamais. Ce conte pourra paraître
puéril, mais toi, ma maman, je sais que ton âme forte pourra en
comprendre, en sentir toute la douceur et la tendresse.
Il était une fois une petite maman très heureuse parce que Dieu
lui avait envoyé en présent une petite poupée vivante, une petite
fille, pour sa plus grande joie, pour son plus grand bonheur. Toutes
deux vivaient sans soucis ... les heures faisaient place aux heures.
les jours succédaient aux jours, et la maman et la petite fille s'en-
dormaient dans leur bonheur, fermant les yeux, les oreilles. Mais
Dieu n'avait donné la poupée vivante que pour le bonheur de la
maman et de la petite fille, afin qu'elles comprennent, afin qu'elles
cherchent là où seulement était l'unique bonheur, celui qui, une
fois possédé, reste bien acquis, enfin, le bonheur qui n'est pas de
cette vallée... Alors Dieu, dans sa grande miséricorde, a réveillé
la maman et la petite fille. Il a cueilli l'enfant, d'abord, Il lui a
donné tout de suite une immense joie: Il lui a ouvert son Paradis.
et Il lui a donné une grande mission : celle de transmettre à sa
petite maman les lumières de son ciel. Et la petite fille, devenue
l'ange aux ailes d'or, a l'immense bonheur de guider sa maman.
de la préparer, de lui éviter toutes les vilaines et inutiles choses
de la terre, de lui montrer le chemin, de lui ouvrir les yeux afin
qu'ils s'habituent aux lumières célestes, et cela pour que, le mo-
ment venu, la petite maman à la poupée blonde quitte la vallée

- 50 -
de larmes et, d'un bond, se trouve transportée au Paradis des
anges.
Voilà l'histoire, la petite histoire de la Maman et de sa poupée
vivante; petit conte pour maman consolée, mais je comprends,
Mamie, combien de larmes ont coulé avant que tu puisses sourire
à la lecture de ce conte, bien puéril en apparence.
Oh, ma Mamie, tes larmes ont été l'échelle qui a permis à ta
Paqui de gravir la montagne qui la séparait de son Dieu. Cette
grande douleur de maman nous a servi à l'une et à l'autre: sans
toi, sans ton courage, ta foi, et la résignation de ton cœur, je ne
pourrais pas communiquer avec toi. Tu as forgé ma couronne et
la tienne, Mamie chérie.
Je suis vôtre ce soir. C'est fête. Avec vous, je serai à cette cha-
pelle, je serai le tabernacle de vos cœurs, et Jésus en descendant
vers vous passera par moi. Grande fête! Remercions-le de nous
permettre de nous unir ainsi.
Soyez gais, heureux; ne pensez pas à ce que vous croyez perdu.
Pas de regrets, mais des élans joyeux, des contacts d'âme à âme.
Vous êtes des privilégiés, le sentez-vous assez? Dans votre
soulier de Noël, je dépose ma pensée, celle qui rend fort, qui donne
la paix, qui fait vivre entre le Ciel et la terre... et vous n'aurez
plus qu'un petit pas à faire pour posséder le Ciel.

PAQUI.

- 51-
LA DOULEUR
POUR UNE MALADE
QUI SE DÉSESPÈRE

Tu es bien étonnée d'apercevoir en une couronne un agneau


blanc, et une petite croix de bois très simple. Il la porte avec
aisance et ne plie pas sous son poids.
H... est représentée par le petit agneau, et la croix est celle qui
pèse sur ses épaules. La croix accompagne l'agneau, et sans déses-
pérer elle doit l'accepter. Rien ne prouve qu'un jour cette croix,
portée avec courage, comme elle le fait du reste, ne se transfor-
mera point ... Elle fera place à la couronne que chaque humain
forge, et qui est faite de tous les soucis quotidiens qui tenaillent
le cœur, alourdissent l'esprit, parce qu'ils pèsent et nous font sen-
tir notre impuissance morale... De même la maladie est une vraie
croix, et tu la portes seule, tu ne sais pas déposer un peu de ton
fardeau dans le cœur de Jésus. Oh, grande enfant, comme Il t'ai-
derait ! comme tu Le sentirais soupeser ta peine! Il ne manquerait
pas de te prêter ses divines épaules, il serait près de toi. Pourquoi
ne pas te confier entièrement à Celui qui est venu nous secourir,
mourir en apparence après avoir atrocement souffert en son corps,
qu'Il avait voulu posséder faible pour nous ressembler.
Il te faut lever les yeux; viens en pensée, à présent que te voilà
maillon parfait de notre chaîne d'amour, viens près de Paqui...
toutes deux nous prierons le Seigneur, nous trouverons les mots
et surtout les élans du cœur qui Le toucheront, sois-en certaine, le
moment venu. Oui, je dis bien, le moment venu, tu seras exaucée...
En attendant, courage! ne te désespère pas; je veux t'aider aussi
et porter un peu cette croix qui te courbe, te pèse, et empêche ton
activité de se donner libre cours. Tu mèneras ton œuvre à bien,

- 55-
garde-toi du découragement, garde-toi de tout ce qui pourrait te
faire perdre ton équilibre moral. Repose-toi sur les êtres chéris
dont le ciel clément t'a entourée. Tu possèdes un joyau, garnis-
en ta croix, elle brillera, et tu la porteras presque avec joie, parce
que transformée, embellie et allégée.
Ne crois pas que Paqui te soupçonne de faiblesse, oh non, cou-
rageuse et vaillante enfant! ce petit mot est plus qu'un encoura-
gement, c'est une prière. N'y vois aucun reproche, même si petit
soit-il; c'est une clef faite par l'ange, heureux de te compter parmi
les maillons de sa chaîne d'amour.
Vois ma Maman chérie, comme elle embellit sa croix chaque
jour. Comme elle était lourde, cependant, pour ses petites épaules!
Autrefois écrasée sous son immense douleur, vois à présent comme
elle arrive à ne plus sentir son fardeau qu'elle a transformé. Oui,
Maman chérie, ta croix, tu l'as vaillamment portée; son poids te
faisait crier de douleur, mais Dieu a entendu ton cri à Lui adressé,
et qui était une prière, une demande fervente, un espoir. Car tu
n'as jamais pu croire à ma perte éternelle, tu n'as jamais voulu
supposer que tu devais renoncer à entendre ta Paqui, ses paroles
d'enfant, et à ne plus recevoir les caresses de ta toute petite. Tu
as eu raison, Maman chérie! Vois comme mon amour t'enveloppe,
t'environne. Si la croix, par moments, réapparaît et vient plie r
ton corps, c'est pour qu'il s'agenouille plus vite, et que tu puisses
prier avec encore plus de ferveur Celui qui nous a tant donné et
qui nous donnera plus encore. Notre félicité future ne peut pas se
dépeindre; et puis, je ne suis qu'un petit ange ingorant, mais con-
fondu de gratitude et rempli d'amour pour son Dieu.
Nous ne pouvons comprendre sur terre les rouages nécessaires
qui se meuvent et nous déchirent en passant. Pauvres petites
choses nous sommes, si nous ne nous remettons pas entièrement
entre les mains de Celui qui fait tourner la grande roue des mondes!
Nous sommes petits, oui, mais nous sommes une grande force si
nous possédons Dieu: alors, nous devenons une parcelle de ce
Tout et, lorsque l'heure viendra, nous comprendrons un peu, puis
")6-
mieux, puis tout à fait. Soyez la fleurette des champs, la violette
cachée; Dieu viendra vous cueillir, et dans Sa grande main l'humble
fleur sans valeur deviendra plus belle, plus odorante que la plus
jolie fleur cultivée par des mains de jardinier savant. Le grand jar-
dinier, c'est Dieu, ne nous y trompons pas.

PAQUI.

~ 57~
UTILITÉ DE LA SOUFFRANCE

Aimer et souffrir, c'est accomplir l'œuvre de Dieu, et je vou-


drais ce soir faire comprendre à vos cœurs angoissés l'utilité de
la souffrance acceptée comme œuvre divine, et vous faire entre-
voir la joie spirituelle de nos âmes lorsque, même au prix de mille
épreuves, nous vous voyons vous élever dans la lumière, aspirer
à la posséder toute entière, et à vous fondre en elle.
Dieu ne nous demande pas au-dessus des forces qu'Il nous a
accordées, et s'Il afflige nos cœurs c'est toujours pour sauver nos
âmes, pour que l'étincelle divine s'allume au contact de la douleur.
Des grâces et des rayons lumineux nous sont envoyés, et si vous
pouviez suivre ma pensée, je vous dirais que, non seulement vous
devez accepter la souffrance, mais encore l'aimer, car elle est
rédemptrice; c'est peut-être trop demander au cœur humain,
et vous me direz que bien des âmes se révoltent contre la souf-
france, contre les épreuves injustifiées de leur vie, crient à l'in-
justice, se replient, et s'enfermant dans la nuit du désespoir,
n'avancent pas; donc, souffrances inutiles, nuisibles à tout point
de vue.
Et je vous répondrai: non, la souffrance n'est jamais inutile!
l'âme, malgré son désespoir, son incompréhension, fait sa route
dans l'obscurité - route par conséquent plus longue, plus dou-
loureuse, semée d'obstacles qu'elle ne peut éviter, - mais avance
quand même, pour arriver un jour à souffrir en connaissance de
cause. Il est dans toute vie humaine des heures douloureuses qui
sont des degrés de l'échelle de la spiritualité. Nous sommes libres,
et pouvons par conséquent refuser de nous élever sur la marche
qui est bien souvent celle de la souffrance; nous refusons cet effort,

- 58-
mais alors il devra se faire plus tard, parfois même trop tard, dans
les sphères sombres de l'au-delà. Rappelez-vous que tout compte,
rien ne se perd...
Je ne suis qu'un petit ange au service de Dieu; je comprends
mal encore les purgatoires expiatoires, souvent affreux. Je ne les
approche pas; les enfers encore moins: pour descendre très bas
dans les sphères d'expiations, il faut être très fort, très pur, très
élevé. Mais plus tard, j'ai l'espoir que je serai une force; je me -1.
plongerai dans ces sphères pour ramener des âmes à la Lumière.
Les ramener, ce mot est complet, car vous comprenez bien qu'il
ne s'agit pas de les tirer pour les sauver; il faut les pénétrer de )
la divine lumière afin qu'elles-mêmes se tirent des profondeurs
obscures.
L'âme seule se sauve, s'élève, le jour où elle reconnaît son igno-
minie, demande à Dieu pardon de ses fautes, en ressent toute .2..
l'horreur, et se repent avec une profonde humilité. Nous les aidons,
mais c'est tout.
Je voudrais être grande, forte, avoir des ailes immenses, et
commencer ma vraie mission: ramener des âmes à Dieu. J'aurai
plus tard tout un troupeau à déposer aux pieds du Maître. Quelle
ivresse, quel bonheur! Je cueillerai ces âmes un peu partout, sur
terre principalement, mais plus tard...
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus connaissait sa tâche, et n'in-
ventait rien lorsqu'elle disait: « Je passerai mon ciel à faire du
bien sur la terre. » Grande sœur chérie, comme je voudrais te res-
sembler! mon amour des humains m'aidera à avancer. Je veux
tout pour eux, et Dieu m'exaucera... Pauvres et chers humains,
aveugles, aveuglés, sourds aux appels divins, je vous ouvrirai
les yeux, je ferai entendre vos oreilles, et cela, avec de l'amour,
et par l'amour, parce que vous souffrez, et que Paqui vous aime
et veut vous consoler.

PAQUI.

- 59-
Petite sœur Thérèse, je viens te demander de jeter dans l'espace
un bouquet de tes roses; elles nous parviendront en rosée bien-
faisante, et nos cœurs se sentiront baignés par une paix si douce
qu'ils sentiront le lien qui descend de ton âme. Tu te sers aussi
de pétales de roses; les tiens sont liens très forts, veux-tu nous les
donner? ... Petite sœur si grande, ton nom est dans les cœurs et
c'est sur toute la terre que l'on aime ton âme. Tes amis sentent
en toi l'univers contenu, et tu passes ton ciel à prier pour eux tous.
Tes mains ne répandent que roses, encore des roses! Merci.

- 60-
AU CHEVET
D'UNE -CHÈRE GRANDE MALADE

Tu as peine à croire que ta VISIOn est juste, réelle, puisque


tu peux nous voir toutes deux enlacées dans la même robe faite
d'épines blanches. Cependant tu ne te trompes pas; non, c'est
bien moi, ma pauvre chérie, ma sœur aimée. Nous ne nous
sommes pas quittées depuis le début de votre calvaire; je le
gravis avec vous deux, je marche à vos côtés, je pleure sur votre
douleur; et forcément elle est aveugle, votre immense détresse,
puisque vos yeux humains ne peuvent rien voir des merveilles
qui se forgent autour de vous, vos sens ne peuvent concevoir
l'utilité de la souffrance que vous endurez, votre martyre et toi.
Petite amie douloureuse, pleure, ma pauvre affligée, mais courbe
bien la tête, et si par hasard elle se redresse, que ce ne soit que
pour lever les yeux et prononcer ces mots: Père, nous remettons
nos âmes entre Vos mains, que Votre volonté soit faite et non les
nôtres, à nous qui ne pouvons comprendre vos desseins, et qui
ne pouvons que souffrir, sans nous révolter contre la douleur qui
tenaille et notre chair meurtrie, et notre cœur.
Je dis nous, car je sais tout ce que tu endures, je partage toute
ta détresse, je te soutiens, et j'ai passé à ta taille ma ceinture faite
d'azur, celle que Dieu ne réserve qu'aux anges. Il m'a permis
d'agir ainsi pour t'aider à supporter le poids de ta douleur, sans
cela elle t'aurait littéralement écrasée, et je ne pouvais laisser
ma sœur chérie se débattre seule en des heures si cruelles.
Les mots ne suffisent point, ils sont pauvres pour exprimer tout
ce que je désirerais te faire comprendre. La part que je prends
de ton fardeau est immense, appuie-le encore davantage sur moi,
ne crains pas de trop charger ton ange, il lui est doux de souffrir

-6I-
pour sa sœur terrestre, pour sa petite « martyre» selon la compré-
hension humaine, la « privilégiée II selon les lois et les desseins de
Dieu.
Je ne peux savoir si la petite bougie sera soufflée par le zéphyr
pour se transformer en une éblouissante clarté presque subite-
ment - car son bonheur éternel sera si puissant, si large, qu'il
dépassera de beaucoup tout ce que vous pouvez espérer pour elle
après cette période atroce où sa souffrance dépasse presque le
possible. Elle a tout accepté, son renoncement a été complet, elle
est corps et âme entre les mains du Maître, elle ne pose aucune
question. Quelle âme resplendissante elle possède! tout est trans-
lucide autour de son lit de douleur. Que ne pouvez-vous voir ce
que mes yeux contemplent! vous souffririez moins en attendant
de connaître l'avenir.
Vous ne devez et ne pouvez pas connaître le sort réservé à ceux
que vous chérissez, et notre séparation, cette interruption des
messages a été voulue, car je ne pouvais et ne savais rien te dire...
Il te fallait gravir l'escalier saint sans connaître ce qui t'attendait
aux divers paliers. Peu de jours à présent vous séparent de cet
avenir, et vous allez être fixés. Pour vos cœurs, je voudrais que
votre bougie garde sa flamme; pour vos âmes, la grande lumière
peut naître et viendra grandir la magnifique clarté que nous pos-
sédons ici. Nulle traversée houleuse à craindre; de toute décision
le bonheur jaillira, il ne sera pas le même, voilà tout. Un rien,
moins qu'un rien, peut ouvrir la grande porte et laisser passer
cette âme; je la vois magnifique. Ah, réjouissez-vous à travers
vos larmes de savoir que le corps n'est qu'un déchet dont il
faut se dépouiller tôt ou tard, mais que l'âme seule importe, et
doit retenir vos pensées.
Tu te révoltes, tu pleures, et ton crayon hésite à transcrire des
paroles si cruelles... Cruelles pour vous seulement, parce que vous
ignorez tout, vous devez ignorer tout, si pénible que cela puisse
vous paraître, car vous aimez humainement, et vous ne pouvez
vous faire à l'idée d'une séparation prochaine. Le temps n'est pas
-62-
venu, dites-vous ! Hélas, qu'en savez-vous? Laissez couler vos
larmes, elles retomberont en diamants sur la couronne de votre
malade, et la pareront encore. Vous ne lui faites du mal que si
vous vous révoltez pour elle, si vous n'acceptez pas sa souffrance
et la vôtre. Gardez votre Foi; soyez en ce moment la bouée dont
je vous ai parlé: laissez-vous ballotter par l'affreuse tempête en
vous disant très fort pour calmer vos alarmes : nous ne sombre-
rons point! non, quoi qu'il arrive, notre navire s'accroche au
port, la bouée tiendra, soutiendra notre barque; les tempêtes
finissent toujours par s'apaiser, l'essentiel est d'y faire face et de
lutter contre la fureur des flots.
Soyez le commandant serein qui donne ses ordres avec calme
et quiétude parce qu'il est le chef, qu'il prend et connaît ses res-
ponsabilités. Il dirige tout son monde; vous aussi, dirigez vos
angoisses, donnez vos ordres, et que votre âme reste calme, quoi
qu'il arrive, vous dis-je. Je vous promets l'arrivée saine au port;
votre ancre brille, enfants chéris. Confiance! Souriez à l'avenir,
au grand avenir, au seul qui vaille qu'on s'attache parce qu'il
demeure, lui. Il est proche, le temps n'est rien! quelques années...
des secondes, vous le savez déjà.
Nos doux entretiens reprendront vite: je dois, je peux revenir
vers vous, et si tu ne m'entends pas, petite sœur, je te supplie de
me croire à tes côtés. Mes ailes enveloppent ta chère malade, son
corps est léger, son âme dore mes ailes, je ne la quitte pas; c'est
moi qui porte l'étoile lumineuse qui brillera d'un si bel éclat sur
son front pâle. Comme elle est belle ainsi! un faisceau de prières
l'aide, ne croyez pas qu'elles sont inutiles parce qu'inefficaces à
vos yeux seulement; elles lui sont très précieuses. Oh, je comprends
votre douleur, je sais ce qu'il en coûte de voir souffrir des êtres
aimés, et d'attendre en frémissant. Priez et espérez!

PAQUI.
IMMORTALITÉ
(Deux heures après la mort d'une mère.)

Je veux t'aider, te soutenir, pour que toutes deux nous l'en-


tourions encore : toi, de ton immense tendresse, moi, ton ange,
de mes fluides légers et forts.
Alleluia! l'aube enfin se lève, le voile est déchiré, votre chérie
vit! Elle vit, vous dis-je, et bientôt son âme resplendira, son âme
verra les merveilles que Dieu réserve à ses élus. Oui, elle est l'élue
de ce bon Père ; ne pleurez pas sur elle, laissez vos âmes se réjouir
car c'est le bonheur, l'immense bonheur qu'elle a atteint. Enfants,
votre chérie est plus que sauvée; elle ne passera par aucune souf-
france expiatrice; sa couronne est tressée par sa douleur offerte,
et de merveilleux diamants en forment le contour.
Priez, priez, mais n'ayez aucun regret, aucune crainte; bientôt
c'est elle qui vous protégera; là-haut, elle continuera l'œuvre
que vous croyez achevée depuis qu'elle a fermé ses yeux à cette
petite lumière du jour terrestre. Bientôt vous sentirez son appui,
vous la verrez avec les yeux de l'âme, les seuls qui ne se ferment
point.
Je voudrais vous décrire l'ambiance où son âme repose. Elle
repose: reposez-vous, mais priez, priez beaucoup, vous qui l'ai-
mez et qu'elle chérit. Je suis là ; confiez-la moi entièrement. Paqui
veut vous aider, amis chéris, amis douloureux, mais que je retrou-
verai heureux et calmes parce que vous me comprenez, vos yeux
sont ouverts, vos âmes savent que le plus beau jour de la vie est
le dernier. Je redis bien, le dernier. Votre bien-aimée est donc au
plus beau jour de sa vie. Le corps n'est rien! remerciez le Seigneur.
Alleluia! vous chanterez, votre chérie est délivrée de ce qui
ne compte point. L'âme seule doit vous occuper en ces jours de
deuil. Amis, si les épines pénètrent bien avant dans vos chairs,
soyez persuadés que le sang qui coule de vos plaies est la rosée
bienfaisante qui fait germer et épanouir votre jardin éternel,
ainsi que le Sang précieux du Christ a permis la rédemption des
êtres. Ainsi, vos souffrances seront pour vous un bienfait et la
rédemption.
Gerbe magnifique, bouquet céleste, forme-toi au détriment de
nos jouissances humaines qui ne sont rien, qui ne servent à rien.
Gerbe céleste, je veux te voir fleurir et mes larmes te serviront
de sève et de rosée. Je veux tout accepter pour que tu demeures.
Ainsi soit-il.
Le glas, là-haut, n'est que joyeux carillon.
Les ténèbres ne sont que pour ceux qui ne connaissent pas le
chemin de la lumière.
Vos larmes peuvent couler, 'elles sont perles rares, mais vos
âmes doivent chanter les hymnes de l'Alleluia.
Avec sérénité Paqui vous laisse ; Paqui demeure en vos âmes.

PAQUI.

- 65-
ACCEPTATION

Paqui désire ardemment te consoler, réchauffer ton cœur qui


a froid, qui est brisé par cette dure « séparation ». Je n'écris ce
mot que pour vous, car il n'y a pas de séparation pour ceux qui
s'aiment, qui croient en la parole divine: « Je suis la Résur-
rection et la Vie », Et vous êtes de ces privilégiés, vous savez que
votre chère disparue, plus vivante que jamais, plus belle, plus
près de vous, bientôt vous adressera sa chère pensée. Elle se
reconnaîtra vite, je l'y aiderai, et mon contact lui sera doux
comme un rayon de soleil printanier.
Pleurez, mes chéris, mais remerciez Dieu; la grâce incommen-
surable qu'Il vous a donnée doit vous aider. Vos yeux pleurent,
vos âmes chantent; vos fronts se courbent sous le poids de votre
chagrin, mais le meilleur de vous-même est rempli d'allégresse.
Louons ensemble le Dieu de miséricorde qui vient de tendre ses
bras paternels à sa fille bien-aimée que vous pleurez. Réjouissez-
vous, vous dis-je, et prions afin qu'aucun nuage ne viennent bri-
ser son rêve, et que son repos soit doux et bienfaisant.

Mon Dieu, courbés sous notre peine, attristés, brisés, nous.


venons nous mettre sous votre divine protection. Croyez en vos.
enfants lorsqu'ils vous disent merci, lorsqu'ils vous rendent grâces.
Aidez-les à supporter cette peine qui étreint leur cœur, dites-leur
que Vous comprenez la perte terrestre qu'ils viennent de faire,
et donnez-leur la force de relever leur front pour que leurs yeux
Vous rencontrent, et qu'ils s'apaisent.
Mon Dieu, votre fille chérie a remis son âme entre vos divines.
mains avec une ferveur qui a touché votre cœur paternel; cer-
-66-
tainement Vous avez pardonné les fautes passagères et légères.
Toute sa souffrance, elle Vous l'avait offerte; ses petites mains
jointes Vous ont imploré avec tant de ferveur, que son âme tou-
chait déjà au firmament lorsque son corps meurtri gisait encore
vivant sur son lit de douleur. Tout cela, Père, nous aide à traverser
le chemin douloureux; nous souffrons atrocement mais nous avons
la certitude que bientôt, Vous-même, Vous ceindrez le beau front
disparu à nos yeux avec la magnifique couronne tressée de ses
souffrances et de son renoncement. Père, lorsque Vous nous verrez
les yeux remplis de larmes, regardez-les sans courroux; nous dési-
rons qu'elles Vous arrivent comme une rosée, et Vous apportent
tout ce que nous avons de plus pur en nous-mêmes. Point de ran-
cœur, point de révoltes, non! Seulement le chagrin de la sépara-
tion terrestre, joint à l'espoir certain du revoir définitif, bientôt,
près de Vous, avec Vous, et pour l'éternité. Ainsi soit-il.

PAQUI.
LES AMES SE RETROUVENT

Vois comme la Croix de ta vision devient transparente et légère


à porter; il te faut la sentir ainsi, à présent. Tu ne dois plus
ployer sous le poids de ta douleur, elle deviendra facile à suppor-
ter, parce que tu comprendras mieux que tout ce qui arrive est
bien, que Dieu a ses desseins que nous pouvons et ne devons point
connaître en ce monde. Ayez seulement confiance, remettez-vous
corps et âme entre ses mains, je ne vous le dirai jamais assez.
Ne cherchez point, ne vous demandez rien; au fur et à mesure
de votre avancement spirituel vous aurez des lueurs, vous verrez
mieux, vous accepterez sans révoltes, mais il vous faut encore
beaucoup prier. Restez en communion avec votre ange, demandez-
1ui beaucoup, il veut vous donner au delà de ce que vous pouvez
désirer.
Pensez avec une joyeuse espérance à votre chère disparue. Oui,
seulement disparue pour vos yeux, car si vous pouviez ainsi que
moi voir le rayonnement de son âme, vous n'auriez plus aucun
do ute. Elle vit plus et mieux qu'avec son corps humain: on est
si lourd, si gêné par ce vêtement terrestre dont on se dépouille
avec joie! l'âme alors dégagée se sent dans le ravissement, surtout
lorsque la préparation a été si parfaite.
Regretter ses souffrances serait folie. Vous assombririez son
bonheur. A peine éveillée, elle vous supplie par votre ange de ne
pas regretter les heures si douloureuses qui l'ont menée vers la
félicité. Son âme s'étonne à la vue de tant de merveilles; elle
regarde, sourit, se reconnaît, apprend, communique avec d'autres
âmes chères venues lui souhaiter la bienvenue.
Croyez-moi, les âmes se retrouvent; les rencontres sont suaves;
le revoir infiniment doux. Rien ne peut vous le décrire.

- 68-
Le crayon reste muet sur ce sujet grandiose, mais vous pouvez
voUS l'imagmer en plongeant vos âmes pour quelques secondes
dans nos sphères pures et divines où tout est amour. Dieu, ainsi
que je vous l'ai dit précédemment, tamise ses lumières afin que la
nouvelle née aux merveilles du Ciel ne soit point aveuglée par le
spectacle grandiose. C'est peu à peu, petit à petit, que les yeux de
l'âme voient, sentent ce qui l'entoure. Quel magnifique bonheur
attend l'âme prête, qui monte vers son Dieu, son Créateur, son
maître. Tout est harmonie, teintes ineffables, visions sublimes!
Tout cela ne peut se dépeindre, mais vous le goûterez un jour.
Votre aimée le goûte déjà : son sourire est plus doux encore
que celui que vous aimiez sur ses lèvres humaines. Ne pensez donc
plus à son corps, à ce qu'il devient... Peu importe! cherchez-la où
elle est, ici, dans nos paradis, heureuse, transfigurée. Son amour
pour vous reste intact, point essentiel qui doit seul vous retenir
et vous calmer.
La séparation physique est cruelle, certes, nous le comprenons
si nous nous rappelons que nous avons, nous aussi, été sur la terre,
avec un cœur humain; mais puique nous pouvons vous faire
entrevoir la différence du changement, le peu d'importance que
vous devez attacher à tout ce qui ne demeure pas, laissez-vous
guider, ne pleurez plus avec amertume vos aimés disparus qui
vivent dans la lumière, rayonnants, heureux, et ne regrettant
rien, rien, vous dis-je, puisqu'ils ne vous ont pas perdus. Et par
l'intermédiaire de votre ange, votre chérie vous dit: « Ne pleurez
pas l'âme envolée vers la lumière, car elle est dans un tel ravis-
sement que le passé cruel s'efface: ne pas le réveiller n'est-il pas la
sagesse? » Priez, levez vos yeux vers elle; sentez toute sa joie.
Mamie, je t'adresse toute la tendresse de mon cœur céleste, je
t'emporte dans mes ailes; tu deviens si légère que loin de peser,
tu m'aides à m'envoler vers mes missions célestes. Douce union,
Mamie chérie, en Dieu, à travers Dieu. Je t'aime.

PAQUI.
LA COMM.UNION DES AMES

C'est bien ton ange d'amour qui r~pond à ton appel pour
t'inonder de joies spirituelles, soutenir ta détresse, et vous trans-
mettre à tous les pensées de consolation et d'amour qui réjoui-
ront vos âmes et réchaufferont vos cœurs. Votre chérie est heu-
reuse près de nous, rassurez-vous. Pleurez, mais souriez en pensant
que les joies que la vie aurait pu lui réserver seraient bien ternes
à côté des splendeurs qui entourent sa spiritualité. Je la visite
souvent, et, sans me déplacer, sans que ma mission soit interrom-
pue, je puis lui transmettre les fluides rayonnants de notre force
et de notre tendresse.
Nous communiquons; nos âmes communient avec tant de
facilité que les mots ne sont pas assez simples pour vous le faire
comprendre. Vous pouvez juger sur la terre comment la pensée
transporte votre esprit immédiatement où vous voulez, à des dis-
tances inconnues. Mais la différence, c'est qu'ici les pensées nous
parviennent en vibrations que nous comprenons, que nous enten-
dons, frémissement doux et subtil, projections que nous lançons
et recevons quand nous en sentons la nécessité et que Dieu le per-
met, car, avant tout, nous obéissons, et avec quelle joie!
Je vous parle, bien entendu, de nos sphères blanches; car au
milieu d'autres, le désordre règne; les âmes lourdes, sans bonne
volonté, forgent des sphères épaisses où elles souffrent et où tout
est chaos. Je vous répète que ce sont les âmes lourdes qui forgent
leurs souffrances, et non Dieu lui-même, qui est toute bonté, toute
justice.
Certes, les liens ne se brisent pas lorsque l'on quitte la terre;
mais les amours, les affections, les tendresses, les amitiés.

- 70 -
s'étendent: tout pour tous. Vous ne pouvez saisir, vous dont les
amitiés sont si limitées, tellement exclusives! Ici, dans nos
sphères, nous sommes tous au service du Maître, dans l'amour
universel. Sauver, ramener, aider, aimer, pour arriver à l'Unité,
le But suprême, voilà ce que les hommes ne peuvent concevoir;
ils déforment, interprètent malles symboles, et leur donnent une
portée très différente de celle que Jésus cherchait à donner
Lui-même 1.
Vous qui savez, faites comprendre à ceux qui souffrent et
pleurent un être chéri, qu'ils peuvent pleurer, mais qu'ils doivent
lever les yeux de l'âme vers nos sphères bénies, les projeter, pleins
de larmes, oui, mais de larmes brillantes de pensées d'amour. Le
sentiment d'où le « moi » est exclu, les prières d'où l'égoïsme est
absent, sont pour ceux que vous pleurez parce que vous ne com-
prenez pas leur transformation, des forces et des appuis merveil-
leux. Vous leur créez des sphères plus douces, dans lesquelles ils
se reconnaissent, s'interrogent, puis travaillent avec calme pour
avancer et obtenir plus de compréhension dans leur vie nouvelle,
qui est totalement différente, heureusement, de celle qu'ils ont
abandonnée avec leur corps si lourd et si encombrant.
Je vous supplie, amis chéris, d'éclairer les douleurs. Entendez-
moi bien: Paqui vous demande d'éclairer les douleurs. Elles sont
si sombres, si amères, si accablantes, et si lourdes à porter quand
elles sont obscures! Quelle douce mission, d'apporter de la lumière
à des âmes en détresse, de pouvoir arriver à faire sourire à travers
les larmes! Je ne vous le répéterai jamais assez, vous pouvez
beaucoup, puisque vous avez beaucoup reçu, vous qui savez, et
qui avez la certitude que vos morts sont des vivants.
Soyez des apôtres, répandez la bonne parole, celle qui soutient,
qui console. Donnez votre main, attirez contre votre cœur, afin
qu'ils s'y blottissent, ces désespérés, et murmurez-leur tout près
de leur âme: ayez confiance, vous les reverrez, ces absents chéris;
1. Soyez Un, comme mon Père et moi sommes « Un », a dit Notre-Seigneur le
soir de la Cène.

- 71 -
la communication n'est pas rompue; ils vous aiment autant que
vous les chérissez; mais, haut les cœurs! ne les accablez pas, ces
aimés; ne les retenez pas; que vos élans de tendresse ne soient
qu'un chant de gloire qui les poussera vers les hautes sphères,
vers le parfait bonheur, plus près de Dieu, de la vérité, de la Lu-
mière.
Priez en communion de pensées avec vos anges. La communion
des âmes est un des plus beaux, des plus consolants mystères divins.
Rapprochez-vous de l'Eucharistie, don ineffable de Jésus, que vous
ne pouvez réaliser en entier, car vos esprits, vos cerveaux sont
trop pauvres. Soyez confiants et simples comme des tout petits;
la luminosité de vos âmes, seule, importe. Faites du bien, donnez
du bonheur, ne craignez jamais d'user votre cœur, il peut et doit
devenir de plus en plus grand. Voilà les bouquets que vous pouvez
nous lancer, et que nous irons avec des transports d'allégresse
déposer aux pieds de Dieu, en Lui demandant de répandre ces
fleurs, par vous lancées, en bienfaits infinis et en pensées d'amour.

PAQUI.

- 72 -
POUR UN JEUNE HOMME MOURANT

Paqui ne connaît point les desseins de Dieu. Votre angoisse


me traduit la gravité de l'heure. Que la volonté de Celui qui
détient tout soit faite! Prions avec une ferveur toute résignée
d'avance, si pénible soit-elle pour nous. Disons aussi que pour
l'âme qui quitte l'enveloppe, c'est une faveur indicible, car, pri-
vilégiée de ne pas conserver son écorce, elle s'élance dans nos
sphères pour jouir d'une lumineuse et grande clarté ... Prions...

Mon Dieu, nous vous supplions de nous laisser cet enfant. Pitié
pour la pauvre maman ployée sous la douleur, qui ne peut rai-
sonner, ni accepter la cruelle séparation. Vous avez donné à la
mère des fibres si intensément liées à l'enfant qu'elle a mis au
monde dans la douleur! Vous savez quel attachement puissant
est ancré dans tout son être. Pitié pour cette force, ne la brisez
pas, ne l'accablez pas à fond en lui retirant son fils. Nous supplions
Marie, la Mère douloureuse, d'intervenir auprès de Vous. N'a-t-elle
pas connu cet affreux arrachement ? Mieux que toutes nos paroles,
nos cris de douleur, Elle saura Vous exprimer notre demande.
Retardez mon Dieu, l'heure de cette âme; laissez-la près de nous,
et nous Vous promettons d'obtenir beaucoup d'elle et de celle
que vous aurez bien voulu épargner, pour qu'elle se grandisse...
Je sens le fil si mince... le souffle n'est plus souffle, mais Vous pou-
vez, Seigneur, entendre notre cri, notre espoir. Petite sœur Thé-
rèse, joignez-vous à nous. Saint curé d'Ars, intercédez pour nous,
pour Jacques, petite fleur de Dieu prête à quitter cette vallée de
larmes pour venir ici, resplendissante, se mêler au cortège des élus,
des privilégiés. Car ce serait un grand privilège.

-73-
Mère douloureuse, mère poignardée par le glaive, courbe ton
front, ploie le genou, quoi qu'il arrive. Ne te révolte pas, tu con-
naîtras toi aussi la joie de la mort.
Priez, priez. La prière est un levier puissant. Je suis avec vous,
sentez-moi, sentez Paqui, qui vous aime et pleure parce que vous
pleurez et ne comprenez pas encore ce qui se passe ici lorsque l'âme
prête, l'âme éclairée, se détache de la matière. Je la confie à ma-
man, cette mère douloureuse, à la mère consolée par la Lumière.

PAQUI.

-74-
MÈRE, RÉSIGNE-TOI

Oh, mère chérie, je te supplie de ne pas chercher à augmenter


ta torture. Ne cherche pas... Le fil apparent est rompu, mais ce
n'est qu'un fil, et tout le reste subsiste, et est mille fois plus impor-
tant. Cherche à présent ton chéri où il repose, et lorsque sur ton
sein tu presses son image, c'est bien lui que tu tiens. Il est là, il
repose, seulement transfiguré, plus beau, plus jeune, plus joyeux
que jamais. Ne regrette pas ses joies, il les possède toutes, et bien
d'autres encore. Il est l'enfant béni entre les enfants bénis. Donne-
le, ton fils !... Dis à Dieu: « Mon Père, je pleure l'enfant que vous
m'aviez donné, parce que mes yeux ne le voient plus, mais je sais
qu'il vit... Il fait un grand voyage sans sa petite maman, voilà
tout. Mais je sais qu'il n'est pas seul: des anges veillent sur lui,
des amis l'accompagnent, et des bien-aimés disparus à mes sens
me remplacent auprès de lui. J'ai foi en Vous, Seigneur, mais
mon cœur broyé ne peut encore accepter le sacrifice, et je cherche
malgré moi le petit être que j'ai porté, l'enfant que j'ai bercé,
l'homme qu'il était devenu, le cœur qui ne formait qu'un cœur
avec le mien. Vous comprenez ma douleur, soutenez-la ferme-
ment; je suis votre petite enfant, bercez-moi dans vos bras secou-
rables, et, transformée, apaisée, j'accepterai tout, mon Dieu.
Aucune révolte ne sortira de mon être; je ploie le genou, je penche
la tête, et je Vous dis: merci pour mon petit, fleur à peine éclose,
que Vous avez reprise avant qu'elle ne se fane, pour en parer Votre
Couronne, la couronne des élus. Petite fleur, je t'offre: va, fais ton
œuvre, tu ne m'appartiens plus, tu es la fleur du Seigneur. Em-
baume, parfume, et man âme se réjouira, puisque ta sœur Paqui
te servira de guide.»

-75-
Petite guide, parcelle divine, guide mon Jacques! Et Paqui
répondra: Mère chérie, compte sur la Pâquerette qui n'a quitté la
terre que pour s'effeuiller sur vous tous. Que Dieu est grand, d'ac-
corder un si immense bonheur à son ange d'amour pour le répandre
sur ses amis de la terre !
Je vous aime; ayez confiance. A toujours, tous en un.

PAQUI.

- 76 -
AINSI SOIT-IL

Mots simples mais puissants d'acceptation, d'abnégation, et de


renoncement, que cette maman, ms...lgré son immense douleur dont
il est impossible de mesurer l'étendue, doit arriver à prononcer
du plus profond de son âme et de son cœur, pour en sentir la
lumière : Ainsi soit-il!
Pauvre mater dolorosa ! Pauvre petite créature déchirée, répète
ces mots magnifiques, imprègne-toi de leur lumière. Nous te plai-
gnons, nous comprenons, nous pleurons avec toi, mais nous te
supplions de nous écouter. Pour cela, aussi longtemps que tu le
pourras, fais abstraction totale de ton pauvre cœur humain, de
sa souffrance atroce; laisse venir ton âme librement vers nous
pour y puiser force et réconfort. Et lorsque, passive, ton âme
entre nos mains célestes, tu nous écouteras, je te le dis et te le
redis encore, nous t'entourerons nous te soutiendrons, et tu enten-
dras le murmure de nos lèvres; le souffle, venant des sphères
divines t'apaisera, tu seras moins oppressée, tu comprendras
presque la beauté de ton sacrifice et son utilité pour le bonheur
de l'enfant que tu crois perdu à jamais. Et ton cœur dira: Ainsi
soit-il ! Que ton cœur broyé ne se révolte pas : rien n'est perdu,
ni lui, l'enfant au corps glorieux, ni ta souffrance, ni votre dou-
leur à tous... Faites-en une gerbe, offrez-la avec la conviction
qu'elle embaumera le paradis du cher petit qui s'est grandi dans
une si large mesure, en un bond de quelques heures à peine de
souffrances. Il a transformé sa vie, voilà tout. Oubliez-vous!
Oublie-toi, maman toujours chérie de ton petit. Ne te regarde
pas, porte tes yeux, ton cœur, tes paroles, tes aspirations, ta rai-
son de vivre, sur ceux qui t'entourent et sur bien d'autres encore;

-77-
la vue de la souffrance de tes semblables allégera la tienne, ton
âme s'élèvera, grandira; tu peux tout transformer. Je sens en
toi un grand avenir spirituel tout proche. Que les mots : Ainsi
soit-il, soient pour toi la lumière qui te suivra, le phare qui éblouira
ton âme. En les prononçant souvent tu en comprendras la gran-
deur. Oui, Ainsi soit-il; oui, Jacques est heureux; oui, moi, sa
maman, je le vois, je le regarde là où il se repose, parmi les roses
et les lys, dans les sphères bénies, allégé simplement de cette
enveloppe que nous quittons tous, plus ou moins tard, plus ou
moins tôt...
Mère douloureuse, accepte et oublie-toi, voilà la clé de la grande
porte qui te mènera très vite dans les jardins fleuris où tu com-
prendras et verras la joie de celui que tu pleures.
Et moi-même, ai-je jamais proféré un mot qui puisse vous faire
croire à la moindre petite amertume, au moindre petit regret?
Oh non, non; tout est joie dans nos sphères; relisez-moi depuis
le début de nos entretiens. Paqui vit heureuse, Paqui bénit sa
mort, Paqui ne voudrait pas reprendre son enveloppe. Alors,
amis chéris, si vous croyez à mes paroles, si vous croyez en Paqui,
la pâquerette du Seigneur, ne pleurez pas ce frère chéri de Paqui.
Il possédera lui aussi ce bonheur sans mélange... Laissez-le se
reposer, ne troublez pas son âme sereine; toute chose doulou-
reuse venant de vous le heurte... Si vous voulez l'aider, et fleurir
son lit de repos, que vos mains, légèrement, fassent le geste de
l'élever plus haut, doucement, très doucement; offrez-le à Dieu
en le couvrant de pensées calmes; elles se transformeront en arri-
vant, et prendront forme de fleurs rares et parfumées qui seront
douces et bienfaisantes pour lui. Tout cela avec calme. Vos yeux
peuvent pleurer, mais que votre âme veille auprès de lui, non pas
comme un vent glacial et chargé de tempête, mais comme un
zéphyr qui berce les heures de repos, les heures de doux sommeil,
avant le réveil dans le sein du Paradis des anges. Comprenez-moi
bien ; faites effort sur vous-mêmes pour lui.
Je vous enveloppe tous de ma tendresse plus grande que jamais,

- 78 -
plus profonde, et je vous murmure que jamais Paqui ne vous
laissera... Vous êtes attachés à elle par des liens tissés par la main
du grand Tisserand, Il sait les rendre indissolubles!

PAQUI.

Mon Père, Dieu Tout Puissant, nous nous remettons entière-


ment entre tes mains divines avec confiance et foi. Enlève de nos
cœurs cette amertume si torturante, vois notre peine affreuse.
Nous avons la volonté de mieux comprendre; nous levons les
yeux vers Toi pour que Tu y fasses pénétrer la lumière, que nous
la recevions, et que nos âmes y puisent cette compréhension de la
douleur dont tous les hommes ont soif.
Mon Dieu, vois notre bonne volonté; nous lançons dans l'es-
pace des paroles d'amour et de tendresse vers notre bien-aimé
parti vers plus de lumière, et nous disons avec ferveur et foi:
Ainsi soit-il, Ainsi soit-il.

-79-
VENEZ A MOI,
VOUS QUI SOUFFREZ

Nous sommes près de vos cœurs, amis qui souffrez, et essayons


de nous faire entendre, le plus souvent sans résultat, hélas, trop
alourdis que vous êtes par la matière et toutes les peines qui en
découlent. Oh, vous qui souffrez, écoutez nos paroles, comprenez-
en le sens : vos larmes seront moins amères et ne brûleront plus
votre cœur meurtri. Élevez votre âme, déposez votre fardeau
dans le cœur de Jésus. Il est le grand refuge, l'ami de tous, et
surtout de ceux qui pleurent.
Allez à Lui avec confiance et amour; que vos mains se joignent,
que vos genoux fléchissent devant le festin de Vie qu'Il vous a
préparé, que la communion avec le Divin vous apaise. Venez à
Lui, ô vous qui souffrez, et vous vous sentirez consolés. Oubliez
votre propre d'Ouleur pour en consoler de plus grandes encore, et,
pour l'amour de ceux que vous pleurez, donnez du bonheur à
d'autres cœurs meurtris, répandez la lumière que vous avez reçue.
Soyez nos messagers fidèles; faites connaître l'amour qui se
renonce, qui donne, et consolez ceux qui pleurent un être chéri
en leur enseignant qu'il faut le chercher parmi les vivants, et non
parmi les morts.
Notre vie, heureusement, est toute autre que la vôtre, Dieu
en soit loué! Nous ne voyons plus avec nos yeux de chair, nous
ne marchons plus au moyen d'un corps, mais nous vivons, nous
sommes des vivants: nous avons nos pensées, nos sensations, nes
joies, et quelles joies! Nous vous voyons et vous comprenons;
malgré notre transformation spirituelle nos affections demeurent,
et nous n'oublions pas.
Tout se transforme, tout se dépouille pour revêtir autre chose;

- 80-
la nature entière vous servira d'exemple si vous voulez bien réflé-
chir et méditer. Élevez les regards de votre âme vers ce Dieu conso-
lateur qui vous redit par ses messagers célestes: Vous tous qui
pleurez, venez à moi, et vous serez consolés, car Je suis la Résur-
rection et la Vie.
Priez; demandez sans rien exiger: voilà le secret du bonheur.
Priez la Vierge notre Mère. Comme elle est belle et grande, cette
Mère de notre Dieu; Son regard si doux éblouit mes yeux de petit
ange; dans ses rayons d'amour je plonge mon regard, j'y puise
de l'azur. Elle est douce, elle est Mère, elle sait tant aimer ceux
qui l'implorent avec foi! Ayez confiance en elle, demandez-lui
des grâces, inclinez-vous très bas; sa puissance est très grande
dans le cœur de Jésus, vous serez exaucés.
Mère, Marie, sois notre soutien, notre lumière. Guide-nous,
dirige nos pas hésitants, affermis notre foi, renforce notre persé-
vérance. Vois notre immense désir de demeurer des fidèles. Nous
manquons de force et nous savons que nous surmonterons toutes
les difficultés si tu veux bien être notre étoile lumineuse, notre
guide pour nous conduire vers notre Dieu, afin que nous nous
présentions à Lui sans honte, sans regrets.
Malgré toutes nos misères, nos erreurs, nos faiblesses, nous
arriverons avec des cœurs confiants en la miséricorde infinie de
ce Père, que nous aurons aimé, servi, avec le meilleur de notre
cœur, de notre âme. Guidés par notre divine Mère, nous avons la
certitude de devenir meilleurs malgré notre petitesse, et plus forts
pour accomplir notre tâche journalière et tous nos devoirs.

PA.QUI.

- 81-
LES VERTUS
OFFRANDE

Mon Dieu, je Vous donne mon cœur. » Début de prière qui


fera le sujet de notre causerie ce soir.
Donner son cœur à Dieu, le remettre entre ses divines mains,
c'est la clé du bonheur; c'est le secret pour ouvrir les portes les
mieux verrouillées; c'est le phare lumineux qui guide dans la nuit
de la vie. Par ce don de vous-même que vous faites à Dieu, il vous
les donne tous en retour, entendez-moi bien, tous, oui, tous.
Les épreuves, les soucis, les souffrances même vous paraîtront
plus légères puisque vous les offrirez à Dieu. Ce cœur, ne vous
appartenant plus, ne ressentira les chocs, les déceptions, les peines.
qu'à travers ce Dieu, ce Père auquel vous en aurez fait don. Vous
accepterez avec sérénité, parce que avec confiance et abandon.
les tristesses du voyage terrestre. Accepter, c'est semer; rien ne
se perd, et n'oubliez pas que sur certaines douleurs très profondes
fleurit et croît le plus beau jardin de Dieu.
Méditez bien ce début de prière : il est si grand, si complet!
et comprenez Paqui lorsqu'elle vous dit: « Donnez à Dieu le meil-
leur de vous-même et vous serez consolés. » Consolés, vous devez
l'être entièrement : oubliez-vous, répandez-vous, donnez-vous.
et vous verrez les épines s'arracher, les plaies se fermer; et si les
cicatrices restent visibles, qu'importe! Dieu fera fleurir, à l'en-
droit marqué du fer rouge de la souffrance les fleurs les plus rares
et les plus odorantes.
Oui, dites bien et souvent : « Mon Dieu, je vous donne mon
cœur n, et ajoutez: « Prenez-le sans retour, afin qu'il ne reprenne
plus sa place dans ce pauvre corps humain lacéré. A travers Vous.
Seigneur, il ne pourra acquérir que des forces. Grandi, transformé,

- 85-
illuminé, transpercé des flèches de l'Amour Divin, il donnera de
la lumière, redressera les faibles, ceux qui sont tombés, illuminera
ceux qui sont dans les ténèbres, dominera les erreurs ou les rendra
inoffensives. »
Quelle merveilleuse clé, mes aimés, vous avez dans les mains!
Oh oui, donnez entièrement votre cœur à Dieu, ne le reprenez
plus, et vous vaincrez. Amen.

PAQUI.

-86-
LA FOI

Je suis le Dieu de paix, la divine lumière. Venez très près de


Moi car je suis votre Père; croyez en ma bonté, elle ne manque
jamais à celui qui m'implore sans en rien exiger. » Exaucé? On
ne peut l'être toujours selon ses yeux de chair qui ne comprennent
pas les « pourquoi ", les « comment »,
L'existence de Dieu ne fait aucun doute dans des millions d'es-
prits, et pourtant dès que la communication entre le ciel et la
terre est établie, ils doutent, ils ont peur. Ils croient en Dieu,
l'implorent, et cependant ne désirent aucun lien tangible.
Pourquoi la terreur de l'au-delà, si pour eux Dieu existe, s'ils
'Croient à son amour de Père? Dieu est miséricordieux; il ne se
manifeste jamais pour frapper, mais pour donner l'espérance,
la consolation, et la foi la plus profonde. Avoir une communica-
tion directe avec le Ciel devrait être le suprême bonheur pour tout
croyant. Que d'arrêts dans la compréhension par des idées pré-
'Conçues d'esprits en retard qui voudraient les inculquer aux autres!
Ils ne comprennent pas, donc, cela n'existe pas ... ils ne voient pas,
donc, c'est faux ...
Quand vous ne pouvez saisir et comprendre les merveilleux
desseins de Dieu tout Amour, dites: je ne sais pas, je ne crois à
rien de ce que je ne vois pas; mais n'essayez pas dans votre igno-
rance, d'entraver la marche vers la vérité de ceux qui recherchent
la lumière et veulent avoir les yeux plus ouverts que les vôtres...
Craindre de se tromper, de rencontrer des fluides mauvais? Oui,
'Ceci serait plausible si nous ne vous couvrions pas de nos fluides
purs. Communiant en pensée avec des âmes pures, vous ne pouvez
en rencontrer d'impures.

- 87-
Sois sans crainte, tu ne peux écrire que de bons enseignements,
ils te viennent de vos amis célestes par permission divine, et nous
ne désirons que vous sentir plus éclairés, plus près de nous par
l'esprit, par l'âme, surtout. Ne crains pas de tromper les lecteurs
de ces feuillets: ceux qui liront ne douteront pas, sois en sûre;
ils seront étonnés, troublés, ne comprendront pas d'où vient ce
mystérieux charme qui les envahira, mais il opérera, là est le but
à atteindre. Le reste, la suite, viendra à leur insu, à votre insu.
Semez, Dieu fera germer. Faites comme le cultivateur qui ne
regarde pas pousser ses semences; il surveille de temps à autre,
et Dieu fait le reste.
Pour le cultivateur, Dieu, c'est la nature; s'il réfléchissait, il
tomberait en extase devant l'œuvre mvstérieuse et divine. Mais
il ne réfléchit pas, il ne sait pas; il sème, plante et pense qu'il est
tout naturel que cela pousse, sans songer à l'harmonie de cette
admirable création universelle qui se résume en un seul mot :
l'Amour de Dieu pour sa création et ses créatures.
Dieu envoie son Amour et ses grâces à celui qui Lui demande
avec confiance et humilité. L'esprit docile aide l'âme à s'élever,
à avancer vers la compréhension spirituelle. L'esprit rebelle, au
contraire, alourdit l'âme et l'empêche d'évoluer. Aidez de tout
votre pouvoir ceux qui sont dans l'obscurité et attendent la lumière.
Soyez le petit grain vivant de la fleur que le vent emportera sur le
sol qu'il devra féconder. De vos pensées pures et généreuses jaillira
comme une étincelle dont la petite lueur ira droit à l'âme qu'elle
devra éclairer... et plus tard la vérité illuminera à son tour ceux
qui ne comprennent pas encore les enseignements divins; ils ver-
ront la lumière, mais peut-être après, longtemps après le départ
terrestre; ils seront éblouis, mais combien retardés!
Pourquoi douter des Cieux, des anges, des saints? Quand le
doute remue un peu vos cœurs, priez, et restez en communion
avec le ciel par des pensées pieuses et ferventes. La Foi même la
plus ardente est sujette à des arrêts, à dei ténèbres où l'âme se
sent isolée, abandonnée. L'âme la plus forte, la plus fidèle, peut
- 88-
traverser ces crises d'obscurité. En les surmontant par la prière,
elle travaille et s'élève peut-être davantage qu'aux heures de
quiétude et de piété, si elle s'abandonne entièrement à la miséri-
corde divine avec humilité, confiance et amour.

Mon âme, veux-tu te transporter un peu au delà de la terre;


regarde plus près des cieux, éloigne-toi des soucis, des craintes,
des doutes. Viens te prosterner aux pieds de ton Sauveur; Il est
là, il t'attend, il t'écoute avec sa tendresse de Père. Demande-Lui
des grâces, celles qui rendent bon, pur, petit, sincère. Dis-Lui que
tu es sienne et que c'est pour toujours. Redis-Lui encore ta bonne
volonté, ton horreur du péché, ton désir de mieux faire. Mon âme,
dis tout cela, et tu me reviendras légère, forte, prête à secourir
mon esprit et mon corps, qui ne feront plus qu'un pour aimer le
Seigneur.

PAQUI.

- 89-
L'ESPÉRANCE

Demandez et vous recevrez,» a dit le Seigneur. « Frappez à


la porte, et l'on vous ouvrira. » Magnifiques et sublimes promesses
que beaucoup ne comprennent pas, ou rejettent.
La prière est un lien qui nous associe et relie le Ciel à la terre.
Pour bien prier utilement, il est nécessaire de vous détacher un
moment des plaisirs ou des soucis qui vous environnent. Quelques
secondes seulement suffisent pour un élan de votre âme vers Dieu,
l'implorer pour tous ceux qui souffrent, lui offrir vos douleurs,
vos épreuves, vos angoisses pour des âmes plus douloureuses
encore et plus misérables, car rappelez-vous que la prière égoïste
n'est pas écoutée et ne porte aucun fruit. Elle ne consiste pas non
plus en de vaines redites prolongées que les lèvres seules mur-
murent sans rien comprendre. Un très court mais fervent appel,
confiant, renouvelé souvent dans le silence de votre cœur, vous
rapprochera plus sûrement de la divine Miséricorde.
Vous ne pourrez tout d'abord vous maintenir que quelques
secondes avec votre Dieu, les anges et les sphères célestes, mais,
en persévérant, vous arriverez à prolonger vos méditations. Plus
vous poursuivrez, plus vous goûterez de douceurs infinies à vous
échapper des contacts humains, et ce qui était une fatigue devien-
'<ira une joie. Vous n'arriverez à un résultat tangible qu'avec beau-
-coup de persévérance. Ne soyez pas des exagérés; donnez à la
méditation, à la prière, le temps que vous ne prenez pas au devoir,
ni à personne; il ne faut pas tomber dans des scrupules mesquins
qui, loin d'élever l'âme et de la grandir, la diminuent et l'empêchent
<le progresser.
Mettez-vous au pied de la Croix, non avec crainte ni tristesse,
mais avec confiance et amour. Méditez sur le grand sacrifice que
J~sus a fait pour nous assurer la vie éternelle. Dites avec ferveur
que vous comprenez, et que vous désirez que ce sacrifice ne soit
pas inutile, mais retombe en grâces bienfaisantes sur l'humanité
entière. Que la passion du Christ soit pour vous l'échelle lumi-
neuse qui vous permet de gravir, de comprendre l'immense amour
de Dieu pour sa créature, si misérable soit-elle. Plus elle est misé-
rable d'apparence ou de fond, plus Jésus se rapproche, l'aime et
vient lui dire : « Relève-toi, je suis près de toi, tes péchés te sont
remis. »
Le mot échelle est une image. Car ce n'est jamais d'un bond
que l'on arrive à Dieu: il faut remonter un à un les degrés de la
vie, de la compréhension, de la souffrance offerte, retomber, par-
fois, d'un échelon si l'on désire en gravir deux à la fois, se blesser. ..
Ne vous désolez pas; Jésus lui-même pansera vos blessures si
vous voulez bien les lui offrir avec confiance. HIes consumera dans
son Amour; jamais il ne reste sourd à une demande bien formulée
sans en rien exiger. Remettez-vous entièrement à Sa volonté
divine, et, de toute votre foi, en terminant votre appel, prononcez
ces mots magnifiques de confiance et de renoncement: Ainsi soit-il!
Et si vous ne sentez pas le doux contact des divines mains de
Jésus, ne perdez pas confiance: Jésus est là tout près, et vos anges
vous promettent que vos efforts spirituels porteront tous leurs
fruits. Ce sera une jolie préparation pour le départ; ce départ
deviendra une arrivée. Voyez comme il est doux de pouvoir vous
donner cette espérance; arriver dès que vous aurez franchi les
voûtes moins basses que celles de votre terre, aidés et guidés par
vos anges.
Mais, en attendant cet ineffable moment, vivez heureux et en
paix sur la terre ; ne négligez aucun de vos devoirs ; ne laissez rien
au gré du vent en vous disant : « le Ciel y pourvoira»; en un
mot, soyez des actifs et des pondérés. Surtout laissez venir vos
âmes se retremper par la méditation dans les sphères célestes où
elles rencontreront vos anges qui vous aideront à être des éclairés,

- 91 -
des voyants aux yeux très grands ouverts dont les brouillards
humains ne ternissent plus l'éclat de leur lumière intérieure. Vos
efforts pour mieux faire seront nos efforts. Soyez patients et per-
sévérants : les progrès spirituels ne vont pas plus vite que si, brin
par brin, on confectionnait une gerbe de foin ... Mais ayez confiance.

PAQUI.

- 92 -
LA CHARITÉ

Aimez-vous les uns les autres », a dit le Seigneur. Voici ce soir


le sujet de notre causerie.
Jésus, en donnant au monde cette parole, cet enseignement,
lui donnait la clé du bonheur: la paix, la douceur de vivre avec
ses semblables dans l'amour et dans l'indulgence.
Jésus a montré l'exemple. Il a aimé, il a pardonné, s'est approché
avec tendresse du pauvre, du lépreux, du pécheur: « Femme, il
te sera beaucoup pardonné parce que tu as beaucoup aimé ! »
Jésus, tout amour, désirait que les hommes soient frères, éprou-
vant les uns pour les autres cette bonté, cette indulgence, cette
générosité, dont il nous donnait quotidiennement l'exemple. Il
aurait voulu voir sur tous les visages le reflet de l'amour, de ce
pur sentiment fraternel qui console et soutient. Il a prêché, a
développé sa pensée, il a demandé au monde de l'écouter et très
peu l'ont suivi, très peu l'ont compris. Il a été abandonné même
de ses disciples auxquels pourtant Il avait montré tant d'affection.
Il a souffert de se voir incompris plus encore que des souffrances
endurées pendant son calvaire... Il est mort sur la croix pour prou-
ver à tous son grand amour; et sa dernière parole a été une parole
de douceur et de miséricorde: « Père, pardonnez-leur, car ils ne
savent ce qu'ils font. »
Ah! suivez son exemple, à ce Dieu si généreux! soyez des petits
Christ. Aimez, aimez même ceux qui vous désirent du mal. Comme
lui, soyez bons, généreux. Comprenez tout ce que ce mot renferme,
tout ce qu'il veut exprimer: générosité de l'âme, la prière pour
tous d'où le soi égoïste est exclu; générosité de l'esprit, l'indul-
gence, la compréhension large des devoirs envers son prochain;

-93-
la générosité dans le jugement porté sur ses semblables; généro-
sité du cœur, qui consiste à se taire pour ne pas nuire, à être chari-
tables pour celui qui tombe, pour celui qui souffre par sa faute, ou
par la fatalité, charitables pour ceux qui ne le sont pas, charitables.
dans tous les jugements en général, parce que vous serez compré-
hensifs, bons et généreux.
Pardonnez, soyez des miséricordieux, mettez en vos cœurs de
la douceur par vos pensées pures, vos désirs de bonté. Jetez tout
cela au vent: la brise les déposera là où cela sera nécessaire et.
loin d'être inutiles, vos pensées d'amour fleuriront sur des terrains.
stériles peut-être jusqu'alors, et que Dieu fera germer.
Hélas, l'on s'aime de moins en moins sur la terre; et nous, qui
d'ici voyons la couleur des pensées, nous sommes épouvantés et.
désolés ... Et nous vous supplions de prier avec nous, de renforcer
notre force d'amour, afin que le Christ Jésus reçoive nos élans.
d'amour pur et s'en serve pour pacifier le monde.
La paix de l'âme, amis, c'est l'Amour, c'est ce fluide, c'est ce
goût d'être bon, de pardonner et d'être secourable, de voir son
frère humain heureux avant soi-même. Et sur la terre la paix ne
sera pas, tant qu'on s'appliquera à effacer ce mot qui brille dans
chaque atome de la création. Tant que les hommes ne compren-
dront pas, tant qu'ils n'auront pas senti ce sentiment de frater-
nité et d'amour les envelopper entièrement, il y aura toujours à
redouter les désordres inévitables, et les époques dites l( de cata-
clysmes Il. Aussi je vous le répète, amis chéris, vous qui avez reçu
les rayons d'amour et de compréhension, soyez généreux, répandez.
les autour de vous, afin que l'amour règne, enfin, sur l'humanité
entière, et répétons avec foi, espérance et amour les paroles du
Christ: Il Aimez-vous et aidez-vous les uns les autres. )) Ainsi soit-il

PAQUI.
LA CONFIANCE

Ayez confiance en Dieu; sans rien craindre, accrochez-vous


à la croix; si lourde, si grande, si pesante vous semble-t-elle, ne
désespérez pas; son poids est possible à supporter si vous savez
bien la mettre sur vos épaules. Elle vous meurtrit peut-être parce
que, mal en équilibre, vous faites des efforts désespérés pour qu'elle
ne vous écrase point.
Élevez votre âme; priez avec la conviction que Dieu, votre
Père, vous écoute et comprend ce que vous désirez lui faire per-
cevoir. Dites votre prière non pas avec vos lèvres, mais avec tout
votre être; appuyez-vous sur ce que le Christ a consenti pour que
vous viviez, pour que vous ayez droit au bonheur éternel, pour
que les morts ne soient que des vivants transfigurés.
Avec la Foi, la Confiance en Dieu, vous serez des forts, vous
vaincrez les alarmes, les doutes, les peines, les rancœurs, les décep-
tions. Vous porterez votre croix bravement et vous vous jouerez
des cailloux du chemin. Vous ne trébucherez pas si vos regards
sont levés vers le haut; mais vous êtes sûrs de succomber si vous
regardez avec anxiété les embûches de la route. La force vivi-
fiante vient d'en haut et non pas de la terre, croyez-le.
Votre main dans la Main de Jésus, bravez les tempêtes de la
vie. Montrez que vous savez diriger la barque dont vous êtes les.
mousses. Vous tenez le gouvernail, mais vous savez que Dieu est
le pilote, et qu'Il vous mènera au port : alors, qu'importent les.
orages qui rendent votre ciel pesant, couvert de nuages mena-
çants! Votre ange vous apporte l'arc-en-ciel, la traînée lumineuse
qui vous ouvre tous les espoirs.
Espérez, et n'oubliez pas d'aider vos frères retardés par 1'0u-

-95-
ragan. Soyez, amis chéris, des cœurs pleins de sentiments altruistes.
Donnez largement le pur froment que Dieu vous a confié pour le
distribuer aux âmes qui vous approchent et qui sont affamées.
Nourrissez les âmes aussi bien que les corps.
Il y a froment et froment, vous le savez déjà. La Foi, l'Espé-
rance, la Charité, contiennent l'essentiel des forces vivifiantes
et vous aideront à être des forts, des heureux dans les douleurs
les plus profondes.
Laissez les noirceurs noircir ceux qui veulent se laisser salir ;
laissez les méchants vomir leur méchanceté; vous ne pouvez
empêcher les vilaines pensées de se répandre, vous n'avez pas le
pouvoir des Apôtres! mais vous devez prier pour les méchants,
qui sont souvent des ignorants, et espérer toujours que le bien
vaincra le mal. En vous donnant à tous ceux qui pleurent et
souffrent, vous serez des petits apôtres, vous aurez rempli votre
tâche, et elle portera des fruits.
Soyez des forts et des courageux; faites en sorte que l'ange de
Dieu soit heureux d'avoir transmis la Divine Lumière dans l'es-
prit de ses amis. Vous êtes les enfants bénis de Dieu et vous devez
répandre cette Lumière. Celui qui vous approche doit se sentir
éclairé, et si vous ne faites pas le nécessaire pour la faire rayonner,
vous n'êtes pas dans la vérité. Soyez dans la vérité, répandez la
Lumière.

PAQUI.

-96-
L'HUMILITÉ

Une petite clef t'apparaît: elle est simple, sans aucune cise-
lure pour la rendre agréable à tes yeux; elle est le symbole de
la simplicité, de l'humilité qui vous ouvrira toutes les portes de la
sagesse, vous donnera la paix si précieuse du cœur et de l'âme,
et simplifiera toutes vos actions.
L'humilité est la vertu la plus chère au cœur de Jésus qui l'a
toujours pratiquée. Il nous demande de rester humbles, petits,
confiants dans la vérité, la miséricorde divines et dans la con-
naissance de notre misère et de notre ignorance.
Dites-vous bien que vous n'êtes rien, que seule votre bonne
volonté est grande. La vie n'est point faite de grandes choses,
d'événements sensationnels, de courage et d'héroïsme, pour les-
quels Dieu donne les grâces nécessaires et spéciales à un moment
difficile à passer. Mais la fidélité aux petites choses, la persévérance
dans les moindres petites actions journalières, si humbles, mono-
tones et douloureuses soient-elles, sont agréables à Dieu.
La douceur et la résignation plaisent à Jésus, car il sait et com-
prend quels efforts il faut faire pour bien adapter sa nature, rebelle
le plus souvent devant les épreuves et les petites souffrances de
la vie terrestre, déceptions, trahisons, qui brisent la meilleure
bonne volonté. Demandez du secours là seulement d'où il peut
vous venir; priea élevez votre âme; puis, pas à pas, gravissez
votre route, simplement, en offrant toutes vos peines, toutes vos
souffrances, au Dieu de bonté et de miséricorde; elles se transfor-
meront ainsi en une prière, elles deviendront le bien du Seigneur,
qu'Il conservera pour en orner votre âme le moment venu.
Restez des simples, des petits; ne cherchez pas à faire des actions

- 97-
d'éclat ; suivez simplement le chemin qui vous est tracé, ne regar-
dez pas plus loin. L'humilité est le plus grand mérite aux yeux:
du divin Maître.
Avant de remonter vers son Père, le Christ n'a-t-Il pas été le
plus humble sujet de ce Père? Voyez sa naissance, sa vie labo-
rieuse et cachée: quel sublime exemple! Pourquoi ne pas le suivre ?'
Et puisque cette phrase vous a paru jolie et pleine d'espérances.
je vous la répète, éCfutez-la : Soyez des frêles, des brins d'herbe;
laissez-vous fouler par les pieds ennemis, Dieu vous redressera.
et vous serez des grands. La récompense éblouira vos yeux, et la
petite clef vous ouvrira la porte des grandes joies de l'âme, de
l'esprit et du cœur.
Dieu est si bon, si indulgent aux petits, aux humbles, aux simples t
et les humains sont bien loin de comprendre l'ineffable bonheur
qui les attendrait s'ils étaient des enfants seulement, des petits.
qui lèveraient les yeux en disant simplement: Père, Père, je suis.
ton enfant et je t'aime.
Disons ensemble une prière que j'irai déposer aux pieds de
Dieu.

Mon Dieu, mon Père, je Vous demande instamment de m'aider


à gravir le sentier qui me mènera vers la compréhension des vertus.
que vous aimez. Je viens avec ma bonne volonté, mon immense
désir de bien faire; je me mets à vos divins pieds; je m'incline
et je laisse mon âme se plonger dans vos divins rayons. Ainsi.
toute baignée de lumière elle m'aidera à suivre la voie que vous.
m'avez tracée. Votre ange, Père, avec votre permission, me sou-
tiendra et son souffle doré me maintiendra et me fera avancer.
Avec le plus pur de moi-même, Seigneur, je vous dis merci pour
toutes les grâces que vous m'accordez. Je vous aime et je suis votre
enfant humble et confiant en votre miséricorde infinie. Amen.

PAQUI.

- 98--
LA BONTÉ

La volonté de Dieu la plus chère est de voir ses enfants s'ai-


mer et vivre en bonne intelligence. Il désire voir l'entente dans
les familles, dans les sociétés, dans toute réunion, et voir luire
dans les cœurs l'indulgence, la bonté et le pardon des offenses.
Hélas! voyez combien peu sa Volonté est respectée, comme
son sacrifice est incompris... Il est venu sur la terre pour nous
montrer la voie, nous aider, nous racheter, effacer les fautes, pré-
parer l'avenir; Il a souffert, Il est mort pour cette œuvre de
rédemption, et ses enfants n'ont pas compris; ils n'ont pas cru
en Lui, ils l'ont trahi ou se sont lavé les mains en signe d'indif-
férence. Depuis, les siècles ont passé, mais Dieu est resté, Lui.
Combien peu ont profité de cet immense sacrifice, combien peu
ont suivi ses Évangiles admirables, aussi forts que doux; combien
peu suivent ses enseignements!
Dieu désire que la bonté soit la base de tous les rapports entre
humains, que les déshérités soient protégés par les favorisés, que
ses commandements soient appris et respectés, que la franchise
et l'amour règnent sur terre, et rien de tout cela n'est accompli.
Que de déformations, de transformations malheureuses! Jésus
nous a tracé la route droite, simple, facile, pure, celle qui mène
vers le Père, mais nous avons préféré à cela les sentiers tortueux,
remplis de ronces et d'épines. Jésus pleure sur son œuvre incom-
prise; Il souffre parce qu'Il aime. Voyez ce que son cœur peut
ressentir lorsqu'il voit ce qui se passe dans sa maison terrestre;
que de siècles encore, que de temps perdu dans l'ignorance avant
que son immense sacrifice porte tous les fruits qu'Il en attend.
La communication avec les sphères célestes est utile, indispen-
sable, pour que la lumière inonde le monde. Les humains y tra-
vaillent, éclairés et guidés, et la transformation s'opérera. Si les
hommes savaient voir et comprendre la miséricorde divine, leur
cœur s'ouvrirait à toutes les espérances, la terre serait un coin
du Ciel, l'Amour y régnerait.
Méditez, soyez, restez petits. Cherchez les petits chemins, arra-
chez les épines autour de vous; soyez compatissants; regardez
avec amour les déshérités de la vie; tendez-leur une main secou-
rable, main douce, recouverte de velours pour ne pas les heurter.
Ne faites jamais le bien pour en obtenir une satisfaction autre
qu'une immense douceur en vous-même. Pas de satisfaction d'or-
gueil, pas de publicité... Que votre œil gauche ignore le doux
regard jeté par votre œil droit; que votre main gauche ignore ce
que donne la droite. En vérité, c'est ainsi que vous devez vivre,
c'est ainsi que vous devez agir. Suivez l'exemple de Jésus, dont
la pitié est incommensurable. Il est le frère des malheureux; Il
cherche les petits, les lépreux, les plus pauvres, et ne laisse jamais
un élan sans récompense.
La Vie que nous menons sur terre prépare notre éternité : Vie
laborieuse: éternité douce, sans parcours douloureux pour arriver
dans la lumière; Vie creuse, vie inutile, vie sans bonté: éternité
douloureuse, échelons épineux à gravir en se blessant à chaque
passage. Voyez vous-même comme le souvenir d'un devoir accom-
pli avec courage, énergie, vous laisse plus de bonheur que celui
d'un amusement où le plaisir est fugitif, et où, s'il se prolonge,
c'est souvent pour laisser une amertume, un regret. Ceci sans en
faire une généralité: un plaisir sain n'a rien qui puisse vous dimi-
nuer, vous amoindrir, bien entendu.
Priez; rien n'est plus doux au cœur de Dieu que le Pater, prière
admirable, mais que l'on dit si mal.

Père, entends tes enfants; ils viennent se prosterner devant


ta miséricorde, ton cœur s'ouvre pour les recevoir, tu les sens si
contrits, si fervents, que, fermant les yeux sur les fautes commises,
- 100-
tu ne vois en ce jour que ce qu'ils ont de bon. Nous désirons ta
grande lumière pour mieux te connaître et devenir meilleurs.
Père, fais descendre sur tes enfants l'étoile merveilleuse qui les
éclairera afin qu'ils ne soient plus dans l'ignorance des grandes
vérités, des vertus, que tu aimes, et que tes rayons se fondent en
eux pour qu'ils puissent mieux t'adorer et te faire aimer. Ainsi
soit-il.

PAQUI.

- JOI-
LIGNE DE CONDUITE

Nul n'est maître absolu de son esprit, de ses actes parfois, et


même de son cœur. C'est très vrai, mais on peut s'éloigner des
mauvaises ambiances et se réfugier dans la vérité, la beauté, la
pureté; le mal aura ainsi plus de peine et de difficultés à vous
frôler et à vous pénétrer. Convertissez vos cœurs; pleurez, aimez,
non pas dans l'isolement de l'égoïsme et de l'orgueil, mais dans
l'indulgence, la générosité et l'amour. Suivez Jésus, notre ami
dans la joie et dans la douleur. Et pour cela, essayons de tracer
une ligne de conduite.
Ne pas commercer sa journée sans élever sa pensée, son âme,
vers le firmament.
Mettre son cœur au service de Dieu.
Balayer de son esprit les sujets pouvant servir à la vengeance
ou à la rancœur.
Commencer sa journée avec des idées neuves, vierges de ces
riens auxquels nos pauvres sens humains donnent tant d'impor-
tance et qui troublent et entravent les élans de nos cœurs disposés
à l'indulgence.
Regarder avec sérénité la tâche à accomplir.
Donner notre temps dans la mesure du possible à tous ceux
auxquels il peut être utile.
Souriez au jour qui se prépare et aimez-vous plus encore que
la veille.
Pensez au lendemain avec calme et courage, même si de gros
soucis vous attendent. Offrez-les à Dieu en réparation de tout le
mal qui se fait; ne vous laissez jamais aller au désespoir, prenez
la grande main de Dieu, blottissez-vous dedans. demandez à vos

- mz-
anges, à vos aimés du Ciel de ne pas vous laisser seuls, et vous
verrez votre tâche réduite de moitié, votre courage relevé, et votre
cœur soulagé. Priez, et pensez à plus malheureux que vous; si
misérables, si tristes et douloureux que vous soyez, vous trouve-
rez toujours plus miséreux que vous. Alléger la souffrance de ses
semblables est le plus grand baume à la sienne propre. Les épreuves,
tous les humains en ont; ne cherchez pas à trouver les vôtres
plus lourdes que celles du voisin. N'oubliez pas que la vie est faite
pour accomplir un labeur, que ce labeur vous prépare un chemin
plus ou moins lumineux suivant vos mérites, vos sacrifices, votre
abandon à la volonté de Dieu.
Il vous est difficile de comprendre que plus vous avez à lutter,
à souffrir humainement, plus votre âme s'élève. L'élévation spi-
rituelle se fait plus dans la douleur que dans la joie; celle-ci nous
rend indifférents, égoïstes, oublieux de notre âme et de sa mission;
les larmes nous rapprochent de Dieu, nous font petits, humbles;
nous l'appelons pour nous secourir et c'est un élan d'humilité et
d'espoir qui nous sauve. Laissez crier vos cœurs, grincer vos
esprits, mais que votre âme, seul joyau qui scintille, pur diamant,
don de Dieu, prêt de Dieu, si je puis m'exprimer ainsi, que
votre âme reste sereine, confiante, au milieu de la plus grosse
bourrasque.
Pauvres et chers humains, Paqui voudrait vous faire comprendre
que Dieu est tout près de vous, se penche tendrement vers vos
misères les plus douloureuses. Approchez-vous tout près de Lui,
écoutez-le: vous saisirez peut-être mal ce que son amour vous
'Confiera, car vos esprits sont bornés, et vous ne pouvez aperce-
voir encore la lumineuse étoile de la souffrance acceptée et offerte.
Mais vous sentirez l'aide divine, vous serez plus confiants, plus
patients, comme de tout petits enfants qui tendent leur corps
douloureux vers la main tendre et secourable de leur maman,
gémissent, pleurent, mais se laissent panser parce qu'ils ont con-
fiance en son amour. Soyez comme des tout petits; laissez-vous
conduire, laissez-vous panser par la main de Dieu, la guérison est

- 103 -
certaine, pas toujours celle que nous désirons, mais celle qui nous
donne la paix et toutes les joies que Jésus nous a promises. Croyez
et espérez en Lui. Il est toute vérité.

PAQUI.

Mère douloureuse, nous venons te demander de baisser ton


regard vers ceux qui souffrent, qui pleurent, et dont les larmes
amères coulent sans qu'ils comprennent le fruit spirituel qu'elles
contiennent. Mère de douleur, toi qui as enduré le plus grand sup-
plice qu'une femme puisse connaître, intercède pour ces malheu-
reux. Donne la compréhension aux ignorants, la force plus grande
aux croyants, la patience aux désespérés.
Mère de notre Christ, Mère qu'Il nous a donnée avant de mou-
rir, sois-nous propice, ouvre nos yeux à ce qui est grand. pur. Que
nos actes ne nous fassent jamais rougir. Marie, Mère de notre
Dieu, accorde-nous la grâce de vivre comme le Christ nous l'a
enseigné; nous avons la volonté de suivre Ses enseignements,
mais nous manquons de persévérance.
Mère de notre Dieu, priez pour nous, maintenant et à l'heure
de notre mort.

Ainsi soit-il.

- 104 -
LE TRAVAIL
EST UNE PRIÈRE

Le devoir bien rempli est une prière, souvent plus agréable à


Dieu, plus profitable à l'âme qu'un murmure des lèvres, qu'une
prière, même fervente, faite à un moment oùle devoir impérieux
réclamerait votre travail, votre présence. Ce travail, ce labeur
quel qu'il soit, offrez-le à Dieu en une prière: demandez que le
fruit de votre peine se répande en ondes bienfaisantes sur les âmes
qui souffrent et attendent le rayon lumineux qui éclairera leur
obscurité, et aussi sur vos frères humains souffrants et mal-
heureux. Ceci peut se faire si promptement, si discrètement, et
vous ne pouvez vous douter des grâces qui seront ainsi amassées
et distribuées par vous. Ce sera la prière la plus agréable au cœur
du divin Maître; elle sera écoutée et portera tous les fruits que
vous désirez.
Ne soyez surtout pas des parasites de la société, des inutiles,
des oisifs ou des indifférents. Vous avez votre place dans cette
société, tenez-la, et tenez-la bien. Peu importent votre situation,
votre genre d'existence; chacun a sa tâche à remplir; petite ou
grande, elle a son importance et est sacrée aux yeux' de Dieu.
Soyez des travailleurs et non des agités; vous devez tous agir
et produire utilement pour cette société dont vous êtes une unité.
Intensifiez votre bonne volonté, ne négligez pas le moindre petit
devoir obscur, celui qui coûte parce qu'il est ignoré et ne vous met
aucunement en valeur, même à vos propres yeux, car il est insi-
gnifiant.
Vous ne pouvez juger: aucun devoir n'est inutile s'il est accompli
avec la volonté de le bien réaliser. Plus votre situation est aisée,
plus vous vous devez aux autres, et plus vous avez de devoirs à

- 10 5 -
remplir. Si au contraire vous devez être la fourmi laborieuse qui
exécute dans sa modeste sphère un travail énorme par la soli-
darité, la régularité parfois monotone, soyez-y fidèles et attachés.
Regardez le devoir en face, ne le fuyez jamais, ne le remettez pas au
lendemain, aussi pénible qu'il vous paraisse; nous ne savons pas
ce que demain réserve. Enfin, aidez vos semblables dans la mesure
de vos possibilités; et si votre cœur généreux saigne un peu et
crie à l'ingratitude, comprimez-le, ne le laissez pas s'amollir, il
s'amoindrirait. Pensez à celui du Maître, et dites-vous: qu'est-
ce? Rien! Jésus est l'exemple vivant que je dois suivre; tous les
devoirs tracés par le Père, Il les a accomplis avec obéissance,
humilité, générosité; plus tard, Il a réellement souffert de l'in-
gratitude des hommes, et rien ne l'a empêché de mener jusqu'au
bout la tâche de sacrifice et d'amour qui Lui était demandée.
Prenez à témoin toutes les douleurs du Christ, demandez-Lui
que les mérites de sa Passion vous aident et vous donnent les
forces et les qualités auxquelles vous aspirez pour bien remplir
vos tâches.
Soyez calmes, ayez en vous la paix, et si vous êtes agités par les
préoccupations journalières ou les épreuves de la vie, que ce ne
soit que superficiellement, au bord de vous-même, si je puis dire,
gardant au fond de votre âme la paix profonde que vous donne
la foi, pour rester forts, courageux, lutter et accomplir tous vos
devoirs.
Votre travail terminé, élevez votre esprit au-dessus de tous les
soucis. Déposez un moment votre fardeau, pensez à l'avenir, le
grand Avenir, le seul qui compte vraiment, l'avenir de votre âme
qui sera pour vous un grand matin si vous le préparez sans songer
seulement à l'automne où à l'hiver de votre vie... Ces quelques an-
nées-là, quelques secondes à peine, qu'il est nécessaire cependant
de bien employer, et ce n'est pas perdre son temps que de méditer
son programme spirituel. Priez, réfléchissez, cette halte ne sera
pas nuisible à vos devoirs d'état, bien au contraire, vous y revien-
drez avec un cerveau reposé, un front rafraîchi et une ardeur nou-

- 106-
velle. Pensez au petit chemin qui vous reste à parcourir par rap-
port à l'immense voyage que vous ferez ensuite et qui sera illu-
miné de tous vos devoirs bien remplis. Mais que ces pensées ne
soient ni lourdes, ni tristes. Aimez la vie que Dieu vous a tracée,
rendez-la belle, bonne et joyeuse par la quiétude de votre âme.
Vous pouvez progresser, vous le devez; vous avez les armes en
main, servez vous-en, car loin, de détruire, elles construisent, ces
armes faites de tous vos efforts, de votre volonté, de vos renoncia-
tions et de vos peines. Prier et travailler, ces deux mots. n'en
forment qu'un.' Comprenez-le bien, et gardez votre confiance en
Dieu. Il est le Grand Maître et vous jugera s.uivant vos actes.

PAQUl.

- 1.0.1-
BIENFAITS DE LA MÉDITATION

Les humains ne se recueillent pas assez, et la méditation, si


courte soit-elle, les élèverait cependant et les plongerait dans
des plans plus lumineux où ils pourraient puiser les forces né-
cessaires pour lutter et ne pas se laisser entraîner à des actes
douteux et malfaisants, qui alourdissent leur cœur de regrets et
de remords.
Ta vision de ce soir t'a conduit dans des sphères très blanches
où tu ne voyais que fluides limpides et fleurs d'un blanc unique et
transparent. Ces sphères très pures sont celles où nous venons
nous rafraîchir, reprendre des forces après les avoir laissées près
d'êtres qui en avaient particulièrement besoin et que nous sommes
heureux d'aider de nos lumières.
Sur terre v<?us devriez aussi le plus souvent possible rentrer
en votre jardin secret, y prendre le repos, les forces nécessaires
pour rendre les contacts de la vie journalière moins douloureux,
les mille soucis moins pesants et plus clairs. Voyez ces soucis,
quelle place vous leur permettez de prendre dans vos foyers, quel
honneur vous leur faites; ils sont rois! Sans rien exagérer ni dans
un sens ni dans un autre, ce qui serait un manque d'équilibre, ne
vous laissez pas envahir par ces petits riens qui vous pèsent, par
ces moucherons qui obstruent la beauté de votre tâche. Donnez
aux choses la valeur qu'elles ont, sans plus. Luttez, certes, dans
les moments difficiles, mais ne bâtissez pas de chimériques mon-
tagnes quand de délicieux vallons sont suffisants pour égayer la
route.
La vie, oui, a de cruels moments - nécessaires, indispensables,
puisque c'est par la souffrance, hélas, que l'âme s'élève et com-
- 108-
prend. Mais goûtez pleinement les heures douces, nécessaires elles
aussi, puisque Dieu les envoie ... Bien des êtres, direz-vous, ne
connaissent pas ces heures. Qu'en savez-vous? Et puis, si vous
avez raison, croyez que ces tourmentés, ces malheureux travaillent
et réparent. Nul ne connaît le pacte passé entre l'âme et Dieu et
nous ne pouvons juger. Ce que nous pouvons affirmer, c'est que
Dieu étant infiniment bon, infiniment juste, ne peut sans raison
accabler sa créature, la courber sous un joug injuste et inutile.
Les drames, les catastrophes ont un dénouement que nous ne
connaissons que rarement, mais il est toujours juste, et pour le bien
des âmes. Rappelez-vous que tout se paie, le bien comme le mal.
Accrochez-vous à tout ce qui est beau, pur, aimez la vérité,
fuyez les vains détours; soyez l'eau claire et limpide et non l'eau
trouble et croupissante, et ne vous penchez sur le laid, le mauvais,
l'impur que pour le transformer, l'écarter. C'est utile, c'est une
tâche admirable, que Jésus est venu nous enseigner; remercions-
le des grâces que nous avons reçues, mais ne jugez pas ceux qui
sont dans l'ignorance ou qui ne veulent pas voir. Dieu seul jugera.
Prions pour nos frères encore dans l'obscurité.

Mon Dieu, je vous adresse un fervent appel pour tous ceux qui
souffrent, qui sont dans les ténèbres et qui cherchent le chemin
lumineux qui les mènera vers vous. Envoyez-leur vos anges, vos
messagers : ils montreront la route, calmeront leurs angoisses et
donneront l'espoir à tous ces malheureux égarés. Je vous le de-
mande, Seigneur, avec tout mon cœur épris de tout ce qui vient
de vous; c'est un élan de Foi qui traverse l'espace et vient inter-
céder pour tous ceux qui ne croient pas en vous. Ils sont malheu-
reux; éclairez-les, que ma prière retombe sur eux et les rafraî-
chisse; toute mon âme est à vos pieds et vous crie pitié, miséri-
corde! Dispersez les ténèbres, ouvrez votre Ciel, Jésus l'a demandé
en mourant sur la Croix pour que les âmes vivent éternellement.
Ainsi soit-il!
PAQUI.

- 109 -
GRANDEUR DU LABEUR QUOTIDIEN

Toutes les âmes n'ont pas une grande mission à remplir sur
la terre, mais chacune a sa tâche dans le labeur quotidien et
doit avoir la résignation, la patience, le courage à la bien accom-
plir. Ne croyez pas que seuls ceux qui ont des missions en vue et
qui réalisent de grandes choses apparentes avancent plus vite
que les fourmis laborieuses. Non, le devoir suffit, l'élévation de
l'âme, la façon d'accomplir des petits riens, portent plus de fruits
que l'accomplissement d'un travail, si grand soit-il, s'il n'est accom-
pagné de cet obscur labeur de l'âme vers nos sphères remplies
de force et de lumière. Que la tige de vos âmes s'élève pour y puiser
la nourriture nécessaire et ne redescendre que fortifiée, plus prête
à accomplir la tâche qui vous-est assignée.
Les desseins du Créateur sont clairs en ce qui concerne le chemin
à parcourir; il est tracé dans son ensemble: plus haut, toujours
plus haut, plus clair, toujours plus clair. Et ne croyez pas que ce
but soit impossible à atteindre; ne vous inquiétez pas si la vie
quotidienne s'ingénie à vous barrer la route : la plus petite pensée
bien dirigée suffit.
Vouloir, voilà la clef qui vous ouvrira toutes les serrures. Vou-
loir être meilleur, vouloir s'y appliquer, vouloir rapporter les
menus faits et gestes au Bien, vouloir éviter toute peine même
légère à ceux qui vous entourent, prier avec toujours plus de fer-
veur sans se désespérer de la distraction subite, persévérer dans la
bonté, la charité, l'indulgence pour vos semblables... Rentrez
dans votre jardin secret lorsque la vie ordinaire vous procure un
doute, une souffrance, une déception amère; vous êtes pour votre
âme votre propre guérisseur, soyez au besoin des chirurgiens
- IIO-
conscients de la décision que vous devez prendre. Je vous ai dit
maintes fois que la volonté de vaincre ses défauts par des efforts.
journaliers ouvrait de grands horizons à l'âme.
Rappelez-vous la parole de Jésus: « Il y aura plus de place,
plus de joie dans le ciel pour un pécheur repenti, pour un seul, que
pour des justes demeurés fidèles sans avoir eu à lutter. »
En résumé, vivez votre vie avec calme, confiance; ne recher-
chez pas les complications qui nuisent à l'harmonie de vos âmes.
Que la lumière vous pénètre et vous aide à réaliser l'accep-
tation de toutes vos croix dans l'accomplissement de vos tâches.
ordinaires. Laissez vos aimés d'en haut vous ouvrir les yeux pour
y faire pénétrer l'esprit de vérité et de lumière, et croyez à la vie
intense de l'au-delà dans l'amour de tout ce qui est pur. Pour rien
au monde vos aimés ne voudraient redescendre dans la matière;
ce monde ne les intéresse plus; vos âmes seules font partie de nos
attaches, mais comme celles-ci ne sont point terrestres, vous ne
devez pas vous étonner de nos silences sur ce que vous croyez
être les faits importants de la vie. La vie de l'âme seule nous reste
dans la pensée, et je voudrais que vous entendiez notre appel
tendre et fort lorsque nous vous voyons plonger dans la matéria-
lité seule, sans penser à lever les yeux vers plus de clarté, plus de
lumière.
Amis chéris, supplions Dieu de nous donner des fiots de cette
clarté céleste et divine pour que nous la répandions sur cette huma-
nité souffrante et douloureuse, parce que, encore dans les ténèbres,
elle ne voit rien et ne sait rien.
Étoile lumineuse, étoile de Dieu qu'ont suivie les Mages, donne
au monde ta lumineuse clarté et sois le guide qui montre le chemin 6
aux hommes de bonne volonté. Amen.

PAQUI.

- III-
NE JUGEZ PAS

Si tu veux bien appliquer les paroles de Jésus, en comprendre


le sens vrai: « Ne sois le juge que de toi-même n, sois si tu peux
un juge sévère pour toi, mais lorsqu'il s'agit de juger le prochain,
sois très prudent dans ton verdict, et, encore mieux, juge-toi
incompétent.
Vous critiquez trop souvent, vous jugez trop sévèrement et
parfois injustement et c'est une habitude néfaste. Dès le jeune âge
il faut faire comprendre à l'enfant qu'il ne doit pas affirmer telle
ou telle chose lorsque cette affirmation veut porter un jugement
sur les personnes qui l'entourent ou qui l'instruisent même. Trop
de parents écoutent complaisamment l'enfant lorsqu'il critique
à tort et à travers le maître ou J'éducateur. Ne brimez pas ce petit
orateur, mais expliquez-lui qu'il ne doit pas juger, qu'il ne sait
pas, que les apparences sont souvent fausses, exagérées, enfin,
ouvrez son cœur à l'indulgence. Les enfants ne connaissent pas
la générosité de l'indulgence; il faut ouvrir ce petit cœur prêt à
blâmer, à griffer, à critiquer. La tâche est souvent difficile, mais
à part quelques rares exceptions, le résultat est rarement négatif;
le petit cerveau enregistre, le cœur s'ouvre et donne naissance à
cette jolie fleur odorante, à cette qualité qui fait tant défaut chez
les hommes, la générosité, et qu'on doit semer dans le cœur de
l'enfant.
Voyez vous-même combien il vous est difficile de rester neutres,
de ne pas sortir du plan juste; les griffes, comme chez les petits,
se montrent et font saigner sciemment, et c'est plus grave: faire
sciemment du tort à son prochain par son attitude, ses actes et
ses dires. Veillez bien à ne pas être du nombre de ceux-là; soyez
plu tôt des griffés que les griffeurs!
- II2-
La prière, la méditation sont indispensables et ont une force
incalculable pour l'évolution de l'âme. Mais les efforts sur soi-
même, les victoires remportées sur les travers qui peuvent nuire
en quoi que cé soit au prochain, sont d'une grande valeur aux
yeux de Dieu, et considérés comme de ferventes prières. Prier,
c'est élever son âme vers Dieu, implorer sa grâce, reconnaître sa
bonté, lui recommander d'exaucer nos aspirations pures, nous
remettre entièrement entre ses mains, n'avoir de volonté que la
sienne, et bien d'autres demandes d'où le soi est exclu ainsi que
tout sentiment personnel.
Croyez que lorsque vous vous débattez avec vos défauts, vos
imperfections, vos tares même, vous faites une prière aussi effi-
cace que lorsque vous élevez votre âme par des pensées ou par
des mots.
Faites souvent votre acte de contrition après votre examen de
conscience, puis faites un acte de foi et d'espérance. Demandez
ensuite que la charité s'exerce en vous sous toutes ses formes;
la charité qui consiste à se taire pour ne pas nuire n'est pas la plus
facile à appliquer par la nature humaine. Soyez charitables pour
celui qui tombe dans le mal; soyez charitables pour êelui qui souffre
par sa faute ou par la fatalité; soyez charitables pour ceux qui
ne le sont pas, c'est l'unique façon de leur faire voir par où ils
pèchent, sans les froisser; soyez charitables dans vos jugements
en général, vous en ressentirez une infinie douceur.
Soyez charitables; efforcez-vous d'être bons, justes, et vous
serez alors généreux vraiment, vous pourrez attendre pour vous-
mêmes la grande générosité de Dieu, le moment venu... Ne jugez
pas, pour ne pas être jugés...

PAQUI.

- II3-
LE CHEMIN
DU BONHEUR
DES ÉPINES... DES ROSES

Il faut regarder la vie bien en face, aimer d'elle tout ce qu'elle


a de beau, de bon, comprendre son intérêt considérable,-
le mot n'est pas trop fort, - et bravement accepter ce qu'elle a
de mauvais; savoir s'écarter du mal, s'approcher du bien; ouvrir
les yeux aux merveilles qui existent, les fermer aux horreurs;
entendre les douces et suaves harmonies, fermer les oreilles à
toutes les vilenies; dans la mesure du possible, et avec mesure
surtout, faire son chemin sans se griffer aux ronces que l'on peut
écarter. Mais, pour l'inévitable, sans aigreur, sans cris, sans ran-
cune et sans regrets amers et inutiles, le supporter.
Ne point se priver de la vue d'une rose parce que la tige a des
épines: tout est là. Méditez sur ces quelques phrases, elles suffisent
pour vous aider, et répondent à bien des questions que vous vous
posez, à des « pourquoi» qui vous font tant souffrir.
Rien ne doit vous laisser indifférent lors de votre voyage ter-
restre; l'orage passé, goûtez les heures qui suivent, les senteurs
après la pluie, les couleurs de l'arc-en-ciel. Un arc-en-ciel: voilà
ce que vos yeux de l'âme doivent apprécier; et ces yeux-là, si
vous les habituez à voir, voient si clairement.
Amis, tout passe, et passe vite! attachez-vous à tout ce qui est
beau et rend le cœur sinon joyeux, du moins apaisé. Je supplie
les égoïstes de se reconnaître tels qu'ils sont et de faire tous les
jours des efforts pour s'oublier en se donnant mieux aux autres.
Regardez autour de vous et non vous-même: ainsi, vous aimerez
mieux, et vous donnerez du bonheur. N'enfoncez point d'épines
dans le cœur de votre prochain : plus tard, elles vous feraient
saigner à votre tour.

- II7-
Je vous dis à bientôt; et mon âme allégée, entourée de rayons
lumineux, vous dit sa confiance et son bonheur céleste. Amis, si
la traversée de la vie réserve des passages à lames de fond, tenez
bien la barre. Pour vous, le port est certain, c'est Paqui, votre
Paqui, qui vous l'assure.
Pour ma Mamie, rayons de tendresse et d'amour de sa petite
Paqui à travers Dieu.

Vierge Marie, Mère chérie, viens à notre secours. Nous sommes


tes enfants, nous t'aimons; aide-nous dans les heures difficiles, dans
les heures de détresse, dans les heures de doute. Oh, ce doute 1...
Vierge notre Mère, écarte-le pour que nous soyons sans arrière-
pensée tout à Lui, tout à Toi, Mère de souffrance et d'amour. Avec
ton aide, nos épreuves nous deviendront plus légères; nous pren-
drons de la vie te qu'elle a de beau, de bon; nous la ferons belle
par le reflet de nos âmes quiètes; nous donnerons du bonheur et
nous en recevrons. Mère, accorde-nous cette grâce, ton ange te le
demande pour tes enfants. Vois leur immense désir de bien faire;
touche leur front de ton étoile d'or, l'étincelle divine en jaillira et
pénétrera leur âme d'une douce certitude. Tu as été la Mère dou-
loureuse, sois encore la Mère clémente, la Mère messagère de bon-
heur, et nous te redirons merci! Ainsi soit-il!

- IIS-
LE BONHEUR

Le bonheur, on le possède en soi lorsqu'on sait le laisser péné-


trer, lorsque l'âme est sereine, le cœur pur, et qu'on ne néglige
rien pour ressentir les bienfaits que Dieu met à la portée de
chacun. La miséricorde divine s'étend et se fait sentir en chaque
créature qui possède quelque bonne volonté.
L'indulgence règne dans nos sphères, et vous ne pouvez com-
prendre combien Dieu demande peu à sa créature. Il est toute
bonté et ne refuse aucun secours spirituel, mais ne peut accorder
ce qui est contraire à l'âme qui l'implore. Soyez moins compliqués,
demandez moins à la vie, et vous vous trouverez beaucoup plus
riches, non pas de richesses matérielles, ce n'est pas de ce plan
que nous parlons, mais de tous les biens que nous aimerions pos-
séder et dont le premier est la paix de l'âme, la compréhension;
car comprendre c'est aimer, c'est accepter. .. Votre prochain vous
semblera meilleur ou du moins moins mauvais; les vilenies du
monde se transformeront dans vos esprits, vous comprendrez
mieux, beaucoup mieux. Que comprendrez-vous? Vos esprits
seront-ils tout à coup des savants? Le monde, en quelques ins-
tants, sera-t-il meilleur et plus propre? Non, certes! mais vous
comprendrez une chose très importante : vous saurez que vos
cerveaux ne peuvent concevoir ni enregistrer les mystères de
l'univers tant que vous êtes alourdis par votre corps humain.
Restez calmes et confiants. Vous savez que l'injustice, la méchan-
ceté, et toutes les choses mauvaises ne passent pas les limites
célestes et que dans nos sphères bénies tout est pur et consolant.
La grande erreur des hommes est de croire qu'ils doivent posséder

- IIg-
le bonheur sur la terre. Il faut savoir attendre pour comprendre,
et savoir aimer pour pouvoir souffrir et accepter.
Pauvres cœurs remplis de bonne volonté et du désir de mieux
faire, attendez que la lumière éclaire vos âmes et vos esprits;
soyez des disciples de Jésus; qu'importent les orages qui rendent
votre route terrestre pesante et rude! vos anges vous montrent
l'arc-en-ciel, la belle traînée-lumineuse qui trace et éclaire le che-
,.. min que vous avez à parcourir. Nous faisons certes partie d'un
tout, mais nous ne devenons ce tout que lorsque nous sommes
dignes de le devenir. Comprendre l'essence divine de notre âme,
3 c'est déjà beaucoup, et c'est être très privilégiés de savoir que,
.. venant de Dieu, elle y retourne; que la plus basse, la plus endurcie
par le péché peut se racheter par la miséricorde infinie de Dieu
tout amour; que Dieu ne condamne pas qu'Il juge seulement;
qu'Il est le plus grand généreux des généreux, infiniment plus
que les hommes. qui ne comprennent pas que ce Dieu n'a qu'un
immense amour qu'Il répand sur les plus déshérités, sur les plus
condamnables au point de vue humain, s'il y a repentir sincère,
confiance et amour.
La seule crainte dont il faut que nos cœurs se pénètrent c'est
d'affliger ce Père si bon, si tendre, si miséricordieux, et que notre
plus grand désir soit de ne Lui faire aucune peine,
Résumons-nous : ayez confiance; ne cherchez pas au delà de
votre vue qui est très courte; attendez que la lumière vous éclaire:
attendez cette heure bénie où vos yeux enfin ouverts verront la
Lumière des lumières; et concevez que vous ne pouvez dès ici-
bas comprendre les mystérieux desseins de Dieu. Soyez humbles,
tout petits, mais dites avec humilité que vous deviendrez des
grands parce que vous êtes une parcelle du Grand des grands.
Mes amis, je demande à Dieu pour vous le bonheur ; pas celui
que la plupart des humains demandent, non, il ne vous suffirait
plus! Vous êtes déjà au-dessus du petit chemin qui y conduit. Je
demande pour vous le vrai bonheur qui donne les vraies joies spi-
rituelles dans la compréhension de la vérité, l'accomplissement
- 120-
de tous ses devoirs; le bonheur par le don de soi aux autres, l'oubli
de soi-même.
Paqui vous aidera et vous enverra, avec la permission divine,
les fluides forts et doux de son ciel béni.

PAQUI.

- 121-
LES HOMMES SONT AVEUGLES

Rassurez-vous, il ne sera demandé à chacun qu'en proportion


<le ce qu'il aura reçu. L'évolution est plus ou moins longue; mais,
à l'instant suprême, la différence est grande entre les éclairés et
les aveugles. Quelle allégresse pour les uns, et quel douloureux
réveil pour les autres; car les yeux les plus fermés, les plus
alourdis par leurs fautes entrevoient nettement ce qui aurait pu
être au lieu de ce qui est; et c'est là l'entrée de ce purgatoire qui
doit tailler, polir, transformer l'âme pour lui permettre d'avancer.
Cependant l'ivraie ne cache pas entièrement le petit grain sain
dont chaque âme est pourvue, et qui ne lèvera que lorsque l'âme
elle-même arrachera la mauvaise herbe qui l'étouffe.
Malgré les avertissements multipliés, la vue, la certitude de la
légèreté des choses de la terre, de leur fin plus ou moins proche et
pour un temps qui ne peut tarder, - car le temps n'est rien, -
ces pauvres humains restent aveuglés, vivent, agissent comme si
cette terre sur laquelle ils s'agitent ne devait jamais renfermer leur
cendre, et comme si Dieu ne devait jamais retrouver leur âme
face à face! Ils se croient éternels dans leur humanité, sans doute,
pillent autour d'eux comme si leur rapacité ne devait jamais
prendre fin, et comme si tous ces biens et richesses matériels ne
devaient pas être abandonnés sur la terre lors du départ où l'on
n'emporte avec soi que son bagage spirituel. Ah! que ne peuvent-
ils comprendre que ce corps pour lequel ils font souvent une be-
sogne ignoble est voué à une fin proche, et que la vue de leurs ini-
quités les couvrira de honte et de remords sitôt leurs yeux ouverts!
Pauvres humains aveugles et ignorants, que je voudrais avoir
le pouvoir de vous éclairer, tous et chacun, de la lumière si utile

- 122-
qu'est la compréhension de la vie, où tant de joies vous seraient
accordées sans la méchanceté, le mensonge et l'égoïsme des
hommes!
Pauvre et misérable humanité, je baise tes plaies avec amour,
je te prends sous mes ailes pour t'élever vers ce Dieu si bon, si
juste, que tu outrages avec tant de rage, d'orgueil et d'indiffé-
rence. Je l'implore et lui demande de verser sur toi ses baumes
bienfaisants, d'ouvrir tes yeux à la lumière et de faire entendre
à tes oreilles les harmonies si douces des grandes vérités.
Dieu nous sourit et exaucera nos prières; le règne de l'esprit
arrivera et écrasera la matière; courbez la tête et inclinez-vous
devant les épreuves, les événements que votre cerveau ne peut
comprendre; élevez vos âmes, rentrez en vous-mêmes, et recon-
naissez-vous tels que vous êtes en faisant votre examen de con-
science; arrachez de votre champ les herbes nuisibles, afin que le
grain lève et ne soit pas gêné par l'ivraie. Fuyez tout ce qui vous
trouble, tout ce qui n'est point clair. Soyez l'eau claire sur laquelle
la barque du Seigneur aime se poser pour vous conduire vers les
rives lumineuses. Bénissez le Seigneur, rendez grâces à notre Père
qui est au Ciel, élevez votre cœur bien haut en exprimant dans
des hymnes d'amour pur toute votre reconnaissance pour les
lumières que vous avez reçues et que vous voulez répandre pour
aider le petit ange à ouvrir des yeux fermés, à apprendre à con-
naître ct à adorer l'Amour qui console. Ainsi soit-il.

Mon Dieu, nous venons à Toi avec tout l'élan de nos cœurs
fervents; notre ignorance est grande, mais pas assez complète,
grâce à tes instructions, pour ne pas nous laisser comprendre que
l'évolution ne fera pas de progrès si l'humanité n'écrit pas le mot
« amour» devant toute entreprise. Il faut rayer l'égoïsme, le dé-
truire : avec lui, point d'avancement et de paix possibles. Père,
Toi si bon, veux-tu écrire en lettres d'or ce mot sublime qui devrait
régir le monde, « amour », et faire tomber dans le néant le fléau
qui le pourrit, « l'égoïsme». Nous te le demandons, Seigneur, au

- 12 3 -
nom de tous les opprimés, de tous les aveugles pour lesquels le
Christ, ton Fils, est descendu parmi nous. Exauce notre prière,
que ton flambeau d'amour et de lumière règne ici-bas, qu'il embrase,
qu'il éclaire les humains, car nous avons la sensation de retomber
dans les ténèbres, de ne plus sentir sur le monde ta bonté si secou-
rable. Au nom de tous, tes vrais enfants te le demandent, ceux
qui te connaissent, qui croient, qui t'aiment et qui espèrent en
ta miséricorde infinie. Ainsi soit-il.

PAQUI.

- 12 4 -
L'ORGUEIL EST NUISIBLE

L'orgueil est mauvais conseiller. Il devrait faire place à l'hu-


milité qui le combat et nous fait chercher près de Dieu les forces
nécessaires pour le vaincre. L'humilité a été la vertu préférée de
Jésus; l'orgueil est son contraire et domine hélas l'humanité.
Voyez autour de vous et constatez comment les hommes piétinent
tout devant eux pour arriver, dominer, gouverner; aucune sot-
tise ne les arrête: ils sautent par-dessus le bon sens, la logique,
la bonté, la vérité, pour bondir à leur but souvent louche et
contraire au bonheur de leurs semblables, car l'orgueil a pour
frère l'égoisme.
o vous qui croyez que votre tête est une puissance, que rien né
peut faire courber vos fronts chargés d'orgueil, dites-vous bien
que vous n'êtes que poussière, que vos corps disparaîtront bientôt,
et que vous n'avez de valeur que par l'âme si vous savez la grandir
et lui donner des ailes. Habituez votre esprit à méditer sur le néant
des choses humaines, rendez-vous compte de votre ignorance, de
votre petitesse, de votre nullité,et ne levez la tête que pour chercher
la vérité là seulement d'où elle peut vous venir: de l'exemple et
des enseignements du plus grand des humbles. Les vertus seules
vous donneront une valeur, la vraie, la seule qui nous suit après
le dépouillement, lorsque le corps qui est pour vous l'objet de tant
de sollicitude est rendu au néant, à la terre qui le ronge et le réduit
en cendres.
Ce qui demeure doit seul vous retenir. Pour vous bien connaître,
regardez-vous sans indulgence. Soyez humbles, petits; faites un
retour en arrière; effacez ce sentiment d'orgueil nuisible à tous
parce qu'il éteint les belles lueurs de l'âme et durcit le cœur. Puis,

- 125-
un élan vers une pensée d'amour, cet amour qui embellit et par-
fume tout, cet amour qui vous fait regarder avec indulgence le
méchant et le traître, celui qui vous désire du mal ou celui qui vous
en a fait. Mettez toujours un peu d'amour dans vos rapports avec
vos semblables et tout vous semblera meilleur, plus clair et moins
pesant.
Lorsqu'il s'agit des rapports quotidiens avec le dépôt sacré (la
famille) que Dieu vous a confié, il est encore plus aisé d'y mettre
et d'y mélanger de l'amour. Domptez votre orgueil, votre autc-
rité, votre égoisme ; pensez à la peine que vous faites, au temps
perdu qui ne se rattrape jamais; pensez à tout ce que vous jetez
au vent; pensez au remords que vous aurez plus tard, lorsqu'il
sera trop tard. Pensez à tout ce que vous gâchez faute de réflexion,
à défaut de la seule pensée qui devrait vous arrêter: « Je fais du
mal, je crée le mal, je fais mal, je me fais mal... Je veux réagir,
je réagirai en demandant l'aide plus haut que moi-même; j'écou-
terai la voix de ma conscience, et j'obtiendrai un résultat qui
dépassera ce que j'ose espérer. Car dompter un caractère est un
gros travail qui demande un effort constant, une persévérance sou-
vent mise à une rude épreuve. Qu'importe puisque la récompense
est au bout: la paix de votre âme et de votre esprit dès cette vie,
~ d'abord, puis plus tard, le grand bonheur qui est la récompense
4 la plus belle et qui vous donnera la vue de Dieu sans laquelle les
âmes souffrent atrocement sans jamais se consoler de cette pri-
vation, et que l'on nomme enfer.
Vous tous qui avez reçu la bonne parole, qui êtes des éclairés,
des initiés, soulevez ceux qui souffrent dans l'obscurité de cet
orgueil qui enferme le cœur humain dans une épaisse carapace.
Plongez-les dans nos rayons; instruisez ces ignorants, ne ménagez
rien, donnez-vous, donnez tout votre cœur, surpassez-vous: vous.
réussirez parce que vous serez aidés. Ne vous rebutez pas devant
les difficultés, relisez nos instructions. Nul ne sait ce qui peut jaillir
d'une âme; même si l'étincelle n'éblouit pas vos yeux, attendez
espérez, montrez-vous ce que vous êtes: petits, mais confiants.
- 126-
AVEUGLES VOLONTAIRES

Bien des chrétiens pensent qu'il est largement suffisant d'en-


tendre une messe dominicale, d'écouter l'Évangile sans le com-
prendre, puis de donner une obole. Rentrés chez eux, tout est
oublié: on mène son petit train de vie égoïste à sa guise, selon ses
désirs personnels, satisfait du devoir dominical accompli.
Je puis vous affirmer que ces chrétiens sont dans l'erreur ; ils
tiennent une lanterne à la main, mais elle n'est pas allumée et ne
peut répandre aucune lueur autour d'eux. Sachez que sans clarté
rien ne pousse, sans lumière rien ne vit; ces âmes-là n'avancent
pas; elles ne font rien pour mieux comprendre et sortir de l'obs-
curité dans laquelle les fruits ne mûrissent pas, la moisson pourrit,
les grains sont vides. Et ce n'est pas avec de tels produits que l'on
remplit les greniers dont nous avons déjà parlé.
Hélas, ils sont légion, les béats, les satisfaits, je dirai même les
sépulcres blanchis, qui lèvent la tête bien haute et regardent d'un
air dédaigneux ceux qui, en apparence, remplissent moins bien
leurs devoirs religieux. Ne vous y fiez pas, ne blâmez pas et ne
jugez pas; nul ne peut pénétrer une âme hormis Dieu seul; nul
ne peut approfondir ce qui se passe en elle, entre Dieu et elle sur-
tout. Occupez-vous de la vôtre, et faites en sorte que, le jour venu,
vos greniers soient remplis.
Vous savez qu'ils se rempliront d'autant plus vite et que votre
moisson sera de premier choix, si vous vous êtes oubliés pour
votre prochain, si vous avez travaillé pour lui et pour l'amour
de lui. C'est une erreur de croire que chacun doit travailler pour
soi-même. Jésus est venu nous démontrer que l'amour du pro-
chain, après celui de Dieu, passe avant tout: Il est mort par amour
- 128-
pour tous. Nulle ombre d'égoïsme dans sa vie, dans ses gestes,
dans ses actes, dans sa fin apparente : indulgence, miséricorde,
pardon. Prenez exemple, regardez, comparez; c'est effrayant et
bien triste de constater combien on s'écarte de sa doctrine et
combien peu on met ses Évangiles en pratique. L'Esprit-Saint
vous éclaire tous plus ou moins, mais vous n'entendez pas ce qu'Il
dit, parce que cela ne correspond pas à ce que vous désirez.
En paroles, certes, les Chrétiens sont instruits et connaissent
leur ligne de conduite; mais à part quelques exceptions, tout se
passe en paroles et le sous-entendu est celui-ci: « Faites ce que je
vous dis, mais non ce que je fais ou ferai. })
Aveugles volontaires, ouvrez les yeux à la lumière, celle qui
vient de Dieu, celle qui rayonne la bonté et l'amour. Soleil duquel
nous devrions vivre uniquement, rayons avec lesquels nous ré-
chaufferions la terre, lumière céleste, répands-toi, ouvre les portes,
pénètre et réchauffe les cœurs. Nous qui comprenons mieux et
qui cherchons à nous laisser pénétrer de tes divins rayons, nous
te le demandons plus encore pour nos frères, nos amis, et nos enne-
mis; que nos prières les soulèvent de leur obscurité pour qu'ils
arrivent vers toi et que tu les purifies. Esprit-Saint, rayon de Dieu,
source vive, désaltère la terre desséchée, stérile... Avec ton secours,
ton rayon divin, la moisson fleurira, car tu brûleras l'ivraie afin
que les épis mûrissent, et nourrissent nos frères.
Esprit-Saint, soleil divin, répands-toi, éclaire le monde car tu
es Dieu, et sans Dieu la terre se meurt.
Ainsi soit-il.

PAQUI.

- 12 9 -
LE DEVOIR DES ÉDUCATEURS
ET DES SUPÉRIEURS

La bonté, la générosité, l'indulgence, sont des vertus sœurs,


indispensables pour gravir avec fruits tous les échelons qui nous.
mèneront vers la lumière des lumières.
Peu connaissent les joies spirituelles; peu, très peu, peuvent
s'accrocher sciemment à la lumière divine. Éclairez ceux qui sont
dans les ténèbres par rapport à ce que vous avez reçu, regardez,
l'abîme entre votre bonheur et celui de certains autres. Comparez,
observez, et vous en retirerez des enseignements sérieux, vous.
aurez le désir de devenir meilleurs, plus indulgents. L'indulgence
doit vous accompagner; la bonté doit vous suivre. Ouvrez votre
cœur à tout ce qui est beau, bon et pur, mais aussi approchez-
vous avec humilité, douceur et compréhension de tout ce qui souffre.
Ayez des gestes de bonté, des pensées douces, des élans d'amour
qui ne viennent que du cœur, sans profit, sans calcul. Ayez pitié
enfin de toutes les misères, de toutes les faiblesses humaines. Que
l'amour de votre prochain vous pénètre, et que vous en compre-
niez toute la valeur.
Certes, vous devez imposer votre volonté si elle est juste, et
pour le bien; mais n'abusez pas de votre autorité, de votre supé-
riorité si elle existe. Avant de donner un ordre bref, de critiquer,
réfléchissez pour ne pas blesser. Soyez fermes; la faiblesse n'est
pas bonté et ne peut qu'amener le désordre là où elle règne, mais.
soyez justes, pour ceux qui vous sont confiés ou qui vous approchent
d'une manière ou d'une autre. Encouragez toutes les bonnes vo-
lontés; créez du bonheur, de la paix, de la joie autour de vous.
Jamais je ne vous le répéterai assez! aimez les petits, les enfants,
et comme Jésus soyez doux et tendres avec eux.

- 130 -
Lorsqu'Il parlait aux petits enfants, avec quelle tendresse, quel
visage radieux Il leur disait : « Venez, approchez, ne craignez
rien. » Avec quelle infinie douceur Il se penchait sur eux, les bénis-
sait, leur souriait. Leur parlait-Il jamais de l'enfer, de tortures,
de punitions? Non, son sourire ineffable leur montrait au con-
traire à ne point craindre le courroux du Maître, mais à l'aimer,
à ne pas lui faire de peine.
Faites ainsi, vous, les éducateurs; faites voir la vie sous un jour
favorable à ces âmes innocentes, encouragez les bonnes volontés,
montre? les roses aux enfants, cachez-leur les épines afin qu'ils
poussent et grandissent heureux, que leur cerveau et leur cœur
éclosent sans connaître déjà les misères et les vilenies commises
par les grands --- ils ont le temps. Soyez-leur indulgents. Soyez
fermes, certes, dans votre affection, votre douceur; ne laissez
pas leur tige délicate se couvrir de lichen, arrachez vite tout ce qui
ternirait leur âme, mais évitez d'obscurcir leur cœur et d'en faire
des aigris. Laissez-les rire, laissez-les éclore librement. Soyez les
doux rayons de soleil indispensables à leur jeunesse; comprenez
la tâche, la mission sacrée des éducateurs envers les âmes, les
jeunes cœurs à vous confiés.
Le devoir des supérieurs envers les inférieurs doit aussi avoir à
sa base la justice et la bonté. Renversez les rôles dans votre esprit
afin de rester dans un juste milieu et soyez sans faiblesse, toujours
indulgents. Ne demandez pas plus que l'on ne peut ou ne veut
vous donner; le devoir accompli est la seule récompense.
Et même envers les animaux, déployez toute votre pitié. Soyez
pour eux des maîtres, mais aimez-les; ne les frappez pas; ils ne
sont point que de la matière, ils souffrent, sentent, vous aiment
et vous sont attachés. Donc, ils ont en eux un sentiment, une intel-
ligence, - non point comme la nôtre, ne vous révoltez pas de mes
paroles - mais observez leur regard, leur attitude, et vous aurez
pitié de leur servitude, vous n'abuserez pas des supériorités qui
vous donnent sur eux pleins pouvoirs.
Méditez ces enseignements ; Jésus a été notre Maître, notre

- 131 -
premier prédicateur. Sur terre on oublie, et on s'imagine trop faci-
lement qu'il n'y a aucune importance à posséder ces qualités par
lesquelles notre prochain trouve en nous un appui. Pour certains,
c'est lettre morte... ils ne sont que des égoïstes, des inutiles, ne
pensant qu'à leur satisfaction personnelle, oubliant que tout se
paie, et que des comptes sévères leur seront demandés par leur
conscience même.
Regardez autour de vous, amis chéris, avec de bonnes lunettes
qui vous permettront d'y voir très clair pour aimer tous vos sem-
blables et vos frères inférieurs. Je vous aiderai de mon mieux en
vous envoyant les rayons de lumière, celle que mon Jésus me
donne, non pas pour que je la garde égoïstement, mais pour la
diffuser. Levez vos yeux vers nos sphères bénies: ils y puiseront
force, confiance, à travers ma tendresse, mon amour en Jésus,
avec Jésus, par Jésus.

PAQUI.

- 132 -
BiPüRTANCE DE LA VIE SPIRITUELLE

Il est impossible que toutes les âmes soient au même degré


d'évolution, de compréhension et, par conséquent, elles ne peuvent
fournir le même effort au même degré. Mais Dieu est juste,
comprend ses enfants et leur donne à chacun les grâces néces-
saires. Soyez confiants, et comprenez que toutes les âmes ne
peuvent arriver à la fin de leur vie terrestre avec le même bagage
spirituel. Sachez seulement pour votre consolation que dès que
vous aurez quitté votre enveloppe de chair, vous serez aidés, éclai-
rés, vous tous qui avez mis toute votre bonne volonté pour aimer,
comprendre et devenir meilleurs.
Heureux ceux qui se chauffent aux rayons du soleil divin, au
soleil de Dieu dont les rayons sont si doux et si forts. Heureux
ceux qui se reconnaissent petits, qui se font petits: ils grandissent
vite, leur tige puise déjà la rosée bienfaisante, la seule qui fasse
grandir. Soyez humbles, regardez-vous tels que vous êtes avec la
volonté de vous grandir aux yeux de Dieu tout en paraissant
petits aux yeux des humains, avec la volonté d'ouvrir vos cœurs
à l'indulgence, de ne jamais juger, et de ne voir que ce qui est
grand, beau, pur, dans vos semblables, sans regarder les petits
côtés et les questions mesquines auxquelles on s'attache sur terre
si volontiers et qui obscurcissent les grandes qualités de l'âme;
avec la volonté, enfin, de vivre comme on voudrait mourir. Pensez
à cette heure qui viendra, qui vient vite, très vite, et agissez en
vous mettant quelquefois devant l'heure dernière, devant Votre
Heure. Quelles seraient vos pensées, vos désirs, vos aspirations?
Si vous pensiez plus souvent avec calme, sans tristesse, sans crainte
et sans appréhension à ce passage obligatoire, vous réfléchiriez
que bien des choses auxquelles vous attachez une importance

- 133-
énorme sont vaines. A l'heure dernière, la crainte se fait dans
l'âme la plus obscure. On dit: « Dieu. me jugera. Non, vous vous
jugerez, plutôt; vos yeux verront clairement toutes vos fautes
et vous sentirez l'obligation de faire le travail d'épuration qui
n'a pas été fait.
Rappelez-vous .que rien ne se perd: tout repasse, tout revit, vos
bonnes et mauvaises actions. Chaque âme est responsable non seule-
ment du mal qu'elle a fait, mais aussi du bien qu'elle n'a pas su faire.
N'attendez pas cet instant, vos regrets seraient trop cuisants;
et tout en profitant de toutes les joies de la vie humaine, réflé-
chissez quelquefois à la Vraie Vie qui vous attend tous, et venez
en pensée communier dans nos jardins divins. Ayez la volonté de
régler votre vie de façon à vous garder un peu de temps et de
liberté pour penser à votre vie spirituelle. La vie vous harcèle et
grignote malheureusement la plus grande partie de votre courte
existence; mille chaînes vous attachent de leurs liens inutiles et nui-
sibles, et gardent votre âme emprisonnée sans pouvoir lui donner la
nourriture et le breuvage si nécessaire à son évolution. Comprenez
que votre passage terrestre est un échelon vers l'éternité; que chaque
jour doit mettre une pierre à l'édifice spirituel que votre bonne
volonté désire bâtir. Comprenez ce que Dieu tout amour demande à
ses enfants sans en rien exiger : Aimer. Comprenez surtout que
sur terre l'homme le plus savant est un ignorant; qu'il pourrait
apprendre pendant des siècles sans devenir même un petit éco-
lier quant à la connaissance universelle qu'il percevra plus tard.
Soyez donc humbles; avouez chaque jour dans vos prières
votre ignorance, votre faiblesse, mais votre Foi, votre confiance
en Jésus, en la bonté et en la justice du Maître, et dites:
Mon Dieu, seul, je ne suis rien, pas même un petit ver de terre,
mais avec vous, par vous, grâce à vous, à votre miséricorde infinie,
je deviens une parcelle divine. Avec votre appui, Seigneur, je
serai fort, je vaincrai: Vous serez moi, et je vivrai en Vous pour
III l'éternité. Ainsi soit-il.
PAQUI.

- 134-
LA SOLIDARITÉ DES AMES

Il Y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, a dit


Jésus; et nous, les amis de vos âmes, nous vous disons que la
vie que nous menons sur terre prépare ces demeures.
Rien ne se perd, ne l'oublions pas. L'âme emporte avec elle
les vertus et les fautes, les œuvres d'amour et de haine: elle fait,
avec ces bagages, son Ciel, son purgatoire ou son enfer.
Vous comprenez bien les degrés d'évolution d'une âme: deux
êtres peuvent vivre côte à côte et ressentir des vibrations tout à
fait différentes: sérénité, paix, trouble, regrets ou remords. Ainsi
le Ciel, le purgatoire, l'enfer, sont en l'âme même, un état d'âme
si vous préférez.
Le Ciel, c'est aimer; c'est l'Amour et la Lumière. Un des Para-
<lis de douceur, c'est la réunion d'âmes pures de même degré d'avan-
cement, de compréhension, qui se groupent, se réunissent, sentent
ensemble les mêmes délices, les mêmes joies, vont toujours vers
plus de lumière. Jésus les attire et chacune a sa mission dans
l'union, la solidarité: un pour tous, tous pour un.
Le purgatoire n'est pas un lieu: il est forgé, créé par l'âme même
qui le possède en soi, ressent toutes ses fautes, ses erreurs, et les
expie parce que tout se rachète, tout se gagne, tout se paie...
Pour l'enfer, c'est aussi les âmes qui le créent, le forgent avec leur
passé horrible, leurs mauvaises actions, la haine qui les anime en-
'Core. Ces âmes couvertes de fange ne veulent pas reconnaître leurs
fautes, refusant de s'humilier, de se repentir et de demander pardon.
L'obscurité qui les entoure, les ténèbres où elles se débattent
voilent la lumière que les anges essaient cependant de leur adresser
pour qu'elles s'y accrochent.

135 -
Priez pour les âmes du purgatoire, qui peinent et souffrent,
cherchent à se dégager et à monter vers la lumière. Ce sont des
âmes qui aspirent à la pureté et sont prêtes à s'y accrocher. Lancez
vos fluides purs vers elles, offrez vos soucis, vos épreuves, vos souf-
frances pour aider ces âmes, pour aider aussi vos anges, dont la
mission est de guider, et d'aller au-devant des esprits allégés qui
demandent de l'aide et de la lumière. Une âme qui appelle: avec
quelle ardeur nous répondons à ces vibrations, avec quel courage
nous traversons les couches épaisses qui nous séparent d'elles!
Nous travaillons tous à la collaboration: tous pour tous. Notre
ciel est solidarité et amour.
Vous aussi sur la terre vous devez vous aider et vous secourir,
penser à tous les ignorants qui cherchent la lumière et ne la trouvent
pas. Car vous savez qu'il ne suffit pas de confiner tous ses efforts
pour son avancement personnel, pour gagner son petit paradis,
non il faut penser à toutes les âmes, les embrasser dans un même
élan surtout les plus malheureuses.
Amis chéris, vous qui savez que le mot « Amour» doit fleurir
sur toutes les lèvres, soyez nos messagers fidèles et vous arriverez
à souder des maillons nouveaux à notre chaîne. Que vos mains
toujours ouvertes s'accrochent dans la lumière et vous rayon-
nerez sur tout ce qui vous entoure; vous consolerez, vous sème-
rez la bonne graine, et votre jardin fleurira. Les fleurs seront les
âmes qui se grouperont autour de vous. Avec elles vous progres-
serez encore, les efforts qui auront servi à les faire fleurir rejailli-
ront sur vous en des fluides puissants : alors les âmes que vous
aurez aidées vous aideront à leur tour.
Collectivité, tous pour tous, sur la terre comme au Ciel.

PAQUI.
LA CRÉATIOK
ŒUVRE D'AMOUR

Voie lactée d'une belle nuit d'été où vos yeux aiment se poser,
immensité de ce ciel constellé d'étoiles, splendeur de la nature,
spectacle grandiose, vous nous rapprochez de l'au-delà, parce
que nos âmes s'élèvent, sentent et voient Dieu dans son œuvre.
Vous vous sentez petits, tout petits et ignorants devant ce mer-
veilleux univers où tout est grandiose et mystérieux, don de
Dieu, rayonnement de beauté et d'amour.
Il est bien rare qu'un matérialiste, un incroyant même, ne soit
pas ému et ne sente pas la force, l'amour et la puissance de ce
Grand Créateur qui régit les mondes. Oui, méditez, élevez vos âmes,
adorez le Seigneur, admirez, c'est une prière qui montera très haut,
et tout bas murmurez: « Père, je crois en toi; Père, tu es, tu seras
et je vivrai en Toi pour l'éternité », Sublime spectacle qui me rap-
proche de mon Dieu, je me sens faible et grand. Faible, parce
que je suis un infiniment petit; grand, parce que je possède Dieu,
je crois en sa bonté, en sa puissance, je crois en son amour. Oui,
dites-Lui bien, à ce Dieu, que vous le remerciez et que vous Lui
demandez pardon au nom de tous les ignorants, les aveugles qui
regardent sans voir, qui entendent, parlent, sans comprendre, et
qui jouissent de tous les trésors que Dieu répand dans la nature
sans en remercier le Créateur. Dites-lui bien d'ouvrir les yeux à
ces aveugles mille fois plus à plaindre que ceux qui sont privés
de la lumière du jour cependant si belle, si douce, et si lumineuse.
Élevez vos âmes vers le grand firmament et recueillez-vous
dans ce silencieux spectacle qui vous réjouit et vous enchante
plus que toutes les œuvres d'art faites par les hommes. Encore,
sait-on dans quelle mesure l'homme agit seul avec son génie, cons-

- 137-
truit ou démolit sans le secours du Très-Haut? Dieu est là, près
de lui, pour les œuvres de beauté et d'amour, et les fils qui con-
duisent les grands ouvriers d'en bas sont sûrement mus par les
aides du Grand Ouvrier d'en haut.
Je vous enveloppe dans ce doux rayon de lumière qui vous parle
si bien de notre Dieu d'amour. Soyez toujours joyeux, heureux
quand vous en avez l'occasion, et sans arrière-pensée, aimez la
vie, Dieu vous l'a donnée; cueillez les fleurs des parterres, Dieu
les a semées; parcourez les beaux sentiers, Dieu les a créés; laissez
vos yeux admirer les beaux spectacles de la nature, Dieu leur a
donné leur splendeur, leurs teintes ineffables. Aimez tout ce qui
-est beau: le Christ posait avec délices ses yeux sur toutes les beautés
de la nature, œuvre d'amour et de consolation de son Père. Vous
aussi réjouissez-vous de la parcourir, d'en voir les splendeurs. Ici,
dans mon Paradis, je gravis les sentiers fleuris, j'aide des âmes à
moi confiées par Dieu et je vis dans l'extase en glorifiant Dieu
qui par ma mort m'a donné la vie et m'a permis de répandre les
fleurs que je cueille sous mes pas. Dieu est bon, infiniment tendre;
-et toutes les splendeurs de la nature sont une preuve de la ten-
dresse de Dieu.

PAQUI.

- 138 -
JÉSUS-CHRIST,
FILS DE DIEU

Tu désires qu'en ton cœur descende un océan de Foi, d'Espé-


rance et de Charité? Je veux, et avec quelle joie, amis, vous
aider et vous faire comprendre ce que vous désirez si ardemment
connaître.
Dieu existe, oui, c'est le Grand Tout. Dieu, c'est le centre de
l'immense rosace que l'on ne voit en entier que lorsque le degré Z
de compréhension a atteint son maximum. Vous sentez l'existence
de ce Tout créateur, de cette force qui régit tout ce qui se meut,
qui tient les fils, tous les fils, et sans qui rien ne peut garder l'équi-
libre. Vous êtes convaincus de la grande harmonie qui n'existe
en l'universalité que par Lui. Mais comment en saisir parfaite-
ment tous les rouages? C'est impossible, et je ne puis hélas moi-
même tout comprendre encore. Le voile est moins épais sur mes
yeux célestes que celui qui cache à vos regards de terriens toute
l'universalité, toute l'immensité, œuvre d'amour que vous con,
naîtrez et comprendrez plus tard, oh ! beaucoup plus tard.
Vous êtes dans le vrai quand vous croyez, quand vous pensez,"
même sans le comprendre, que Dieu, tout amour, s'est détaché
en partie des voûtes célestes pour descendre sur la terre, pour se A
rapprocher de ses créatures, les aimer et les sauver. Mais les hommes
n'ont pas voulu croire, n'ont pas voulu voir, n'ont pas voulu recon-
naître la personne divine, le Christ-Dieu.
Il a cependant donné toutes les preuves de sa divinité, mais
l'orgueil insensé des hommes a empêché la soumission de ces créa-
tures auxquelles Il avait laissé le libre arbitre, condition qui seule
peut amener une âme à son apogée de bonheur.
Oui, il est mort, le Christ-Dieu, pour aider et sauver les âmes,

- 139-
leur tracer la voie de douceur et d'amour, leur prouver la Résur-
rection et la Vie. Suivez la voie tracée par Jésus. Chaque Évangile
est un monde dans lequel vous pouvez puiser. Je vous éclairerai
si les symboles vous troublent, mais vos yeux déjà ouverts voient
ce que d'autres cherchent encore, et vous verrez votre horizon
spirituel s'étendre à l'infini. Chaque phrase méditée est un pas,
et vous serez aidés.
Jésus est descendu pour nous instruire; Il nous a tout laissé
pour arriver au Père; nous n'avons qu'à vivre en suivant ses
pensées. Les apôtres ont répandu partout ses sublimes paroles;
ils ont été marytrisés, mais le Christ, par eux, avait vu se fonder
son Église sur des bases solides. La parole de Jésus, c'est l'Église
même. L'Église, elle, vivra toujours; elle est la barque sacrée et
peut tenir contre toutes les tempêtes. Les erreurs même qui lui
font des blessures ne peuvent en altérer que la surface; le fond
reste immuable, car le fond, c'est Jésus.
Jésus demeure, sa lumière brille, elle est belle et pure, vous le
savez; rangez-vous à ses côtés et suivez-la.
Mon Dieu, Trinité Sainte, venez vers vos enfants. Éclairez-les,
mettez entre leurs mains une étoile céleste. Sa belle clarté les
guidera toujours, ce talisman les préservera. Ils suivront sa clarté,
arriveront au but : et ce n'est plus l'étoile qu'ils verront alors,
mais Vous mon Père et pour l'éternité.
Votre étoile, ici-bas, peut briller plus ou moins, à vous de l'am-
plifier, à vous d'en augmenter la clarté, amis chéris.

PAQUI.

- 140 -
DIEU AGIT DANS LE SILENCE

Mon contact devrait isoler ton âme et conduire ton esprit.


Ne t'inquiète d'aucun bruit extérieur. Que mon chant d'amour
te berce et conduise ta main. Tu as entendu en toi-même cette
phrase très juste : Il Dieu agit dans le silence n, et nous allons en
faire le sujet de notre méditation.
Ne croyez pas que je puisse vous donner les enseignements
clairs que vous lisez dans les livres saints: écrits dictés d'en haut
aussi, et facilement enregistrés par des eprits attentifs et doués
d'une vie intérieure de méditation et de contemplation. Un grand
calme est nécessaire pour que les âmes messagères puissent arriver
à vous. Dieu agit dans le silence ; Il est tout repos, tout calme,
toute pureté, et pour le bien goûter et sentir sa divine présence,
il est nécessaire de s'éloigner du monde bruyant et futile, d'élever
son âme dans le calme et la solitude, de rentrer quelques instants
dans son jardin secret.
Jésus est la Paix, recherche la gaix et la simplicité. La venue
du Christ sur la terre nous apprend mieux que tout enseignement
combien ce qui brille n'attire pas Dieu le Père: Jésus né dans une
pauvre étable, son adolescence laborieuse, sa vie cachée, obscure,
sans bruit, ni faste, ses apôtres: de simples pêcheurs, sa mort:
celle du plus misérable! Il est descendu sur la terre pour un acte
d'amour et sa Passion nous a prouvé tout-son Amour.
En Lui était le divin et cependant quand Il priait son Père Il
se retirait seul dans le silence de la montagne. Lui, le pur des
purs, nous a montré la route. Pourquoi dévions-nous du chemin
désigné par son auguste main ? Certes les hommes ne sont que
des hommes, mais ayant en eux une parcelle du divin: l'âme.
Si nous ne pouvons être parfaits, nous pouvons nous rapprocher

- 141 -
du Parfait des Parfaits. « Soyez Parfaits comme mon Père es t
Parfait, » a dit le Seigneur.
Laissez chanter en vous l'esprit divin; vous le possédez mais
ne l'écoutez pas, parce que vous attachez toujours trop d'impor-
tance à vos tribulations terrestres. Les hommes nous font l'effet
de tourner en rond comme des possédés pour sortir de la forte-
resse humaine sans y réussir, à cause de l'erreur gigantesque que
fait leur esprit en abaissant vers la matière le niveau élevé dans
lequel ils pourraient se maintenir, s'ils ne s'agitaient comme des
grelots. Ce son fêlé ne vaut rien pour entendre et écouter les har-
monies célestes qu'entendent seuls ceux qui savent prier et méditer
dans le silence et la solitude. Ne vous découragez pas; chaque
effort est une marche gravie de l'escalier si vaste, si élevé, qui
vous mènera vers la perfection. Vous gravissez tous l'échelle de
la science qui s'appelle douleur; et si vos pieds saignent parfois,
vos âmes se dégagent, s'éclairent au fur et à mesure de la montée
aride. A chaque échelon gravi, pensez à ceux qui montent comme
vous, mais sans lumière; éclairez-les si vous en avez la possibilité.
Imitez Jésus dans la mesure où vous le pouvez; soyez simples,
humbles et généreux.
Agissez dans la paix intérieure de votre cœur; ne vous laissez
rebuter par aucun échec; faites des efforts constants vers le mieux
en restant des simples, des vrais, des purs.
Écoutez votre âme dans le silence: le Seigneur lui parle, et Il
est tout Amour.
PAQUI.

~ Pour arriver à mieux comprendre, il faut apprendre à mieux


écouter. Écouter, c'est se recueillir; se recueillir, c'est se taire et
s'éloigner de tout ce qui peut empêcher d'entendre la parole de
Dieu. Oh oui, taisez-vous, recueillez-vous, et vous entendrez les
judicieux conseils des envoyés de Dieu. Le voile sera moins opaque,
vous entendrez dans le silence de votre cœur et vous recevrez les
rayons lumineux.

- 142 -
LA CROIX DE JÉSUS

Croix magnifique, symbole d'amour, de résignation, d'accep-


tation, d'humilité, croix merveilleuse qui as été pour nous la
Rédemption!. .. Les années, les siècles s'écoulent, et, fidèles, les
foules y pensent toujours car elle perpétue la descente de Jésus
sur la terre. Pensez-y, vous tous qui souffrez, et ne trouvez pas
la vôtre trop lourde pour vos épaules. Confiez-la à votre Sauveur,
votre frère dans la souffrance. Il vous aidera à la porter et elle
vous semblera plus légère. Croix de Jésus, symbole de Vie, source
vive d'indulgence et de pardon.
« Mon Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. »
Combien pourtant savent qu'ils font le mal et le font sciemment,
crucifiant Jésus pour la millième fois! Car Jésus, tout amour,
souffre toujours de l'incrédulité et de l'indifférence de ses frères.
Vous ne pouvez comprendre le martyre de sa Passion, sa douleur ~
car elle avait certes un côté humain, mais ce qui a souffert dans le
Christ bien plus que son corps, c'est son esprit divin qui embras-
sait l'ensemble des iniquités; les larmes de sang en sont le sym-
bole, elles ont coulé bien avant la flagellation. Jésus souffrait
atrocement parce qu'Il savait ce qui se passerait avec le recul
des années. Il voulait que son sacrifice éclaire le monde de lumière
et d'amour et ne voyait autour de Lui que traîtres, ennemis ou
indifférents. Les preuves de sa Divinité étaient niées par ceux qui
craignaient de voir leur pouvoir terrestre diminué. Jésus a bien
dit pourtant: « Mon royaume n'est pas de ce monde,» mais la folie
et l'orgueil des hommes n'a pas compris, et le Christ, bafoué par la
foule en délire a été chargé de sa Croix.
Amis chéris, nous qui savons et comprenons un peu, resserrons

- 143-
nos liens avec Lui, prouvons-lui par notre amour que nous com-
prenons son sublime sacrifice. Soyons ses vrais disciples, faisons
de loyaux efforts pour montrer à Jésus crucifié que nous acceptons
avec lui toutes les croix de la vie: épreuves, souffrances, soucis
et chagrins de toutes sortes, clous qui déchirent nos cœurs et
disons-lui :
« Mon Dieu, que votre volonté soit faite. Comme vous, Seigneur,
nous sommes sur la croix, broyés, déchirés. Mais nous compre-
nons que Dieu, la miséricorde infinie, ne nous laisse souffrir que
pour le bien de nos âmes et pour que nos yeux s'ouvrent à la lumière
et à la vérité. Et si nous faiblissons parfois, nous espérons que le
jour béni où nos yeux se fermeront pour s'ouvrir dans la vraie
patrie, cette croix deviendra notre char lumineux; nous l'aurons
transformée, elle nous conduira vers la lumière, vers la compté-
hension des choses célestes.»
En attendant ce jour béni, lorsque vous sentez cette croix peser
très fort sur vos épaules, amis de la terre, ne vous révoltez pas,
ne murmurez pas, ne blasphémez pas. Sur la couronne d'épines
qui encercle votre front doit fleurir une rose de joie spirituelle
dont les pétales retomberont comme une bénédiction sur les âmes
que vous aimez. Rappelez-vous que la souffrance est une mission
divine et que la Croix de Jésus n'est pas lourde à porter si on en
comprend tout l'amour.
Haut les cœurs, amis bénis du Ciel; soyez calmes, ne vous lais-
sez pas abattre par l'adversité, levez les yeux, vous nous trouverez
toujours sur votre route pour vous guider et vous aider. Dieu
donne à ses enfants pour qu'ils donnent à leur tour; aussi répan-
dez autour de vous sans jamais vous lasser la bienfaisante parole
que vous avez reçue.
Jésus est la Vérité ; c'est le Christ, c'est l'amour, c'est la croix.
Toujours vôtre dans mon ciel et près de vous dans l'élan de
tout l'être spirituel, le seul qui demeure et demeure à jamais.

PAQUI.

- 144-
DIEU ET NOUS
SUR LE PATER

Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-


nous du mal. »
Quels magnifiques fruits à retirer de la méditation de la der-
nière phrase du Pater, prière admirable et que l'on dit si mal, sans
bien penser à ce que les lèvres murmurent! Oui, demandez bien
au Seigneur la force de vous éloigner du péché ; d'en concevoir
le regret si vous y avez succombé, et de vous préserver de ces
chutes qui abaissent l'être humain au niveau de la brute. Dites-
lui de tout votre cœur: « Seigneur, guidez-nous, afin que nous
gardions un équilibre solide; tant de vilaines choses nous entourent,
nous éclaboussent quotidiennement, et nous sommes si faibles! »
Suppliez Dieu de vous écouter, et Il vous écoutera. Dites un Pater,
mais dites-le bien, avec un élan pur de toute votre âme. Les élans
purs, les prières ferventes sont des ponts-levis qui barrent la route
du mal sous toutes ses formes; les pensées pures écartent les mau-
vaises, soyez-en sûrs, et si vous avez le ferme propos de rester
dans le droit chemin, vous n'irez jamais bien avant dans le mal;
vos amis de là-haut, qui vous suivent et vous aident dans vos
prières, vous préviendront que le chemin mauvais est proche et
qu'il vous faut l'éviter.
Si vous n'avez su résister, un retour sur vous-même, un senti-
ment de contrition et de repentir vous aideront à relever le front
et à vivre en paix avec votre conscience. Mais j'ajoute, et j'insiste
amis chéris, que lorsque vous avez commis une faute envers le
prochain, il vous faut chercher à effacer ce mal dans la mesure du
possible, réparer de votre mieux en mettant tout amour-propre
de côté; car ce n'est qu'après une réparation nécessaire, même si

- 147-
elle est douloureuse, que vous pourrez avoir le cœur en paix.
Trop de gens s'imaginent que Dieu pardonne le coupable dès
qu'il se repent: il veut davantage. Il faut effacer le mal qu'on a
fait avec toute la responsabilité de ses actes; c'est ce qui coûte
le plus et que l'on fait le moins.
Oui, Jésus pardonne lorsqu'il sent le repentir sincère, prêt à se
racheter, à s'humilier. Jésus a tendu la main à la Samaritaine;
Il a été la source d'eau vive à laquelle elle a pu se désaltérer. Sui-
vez Jésus; ne condamnez pas les êtres qui évoluent dans le mal,
nul ne sait ce qui se passe dans une âme et il faut toujours espérer
pour elle. Lancez dans l'espace les pensées d'amour et de vérité
que vous recevez vous-même; aidez les malheureux qui répondent
mal à l'appel de la grâce parce qu'ils ne la sentent pas encore. Si
vous ne pouvez rien pour eux, priez et passez sans vous arrêter
dans les mauvaises ambiances, taudis louches, réunions malsaines,
dont les fluides mauvais sont toujours oppressants, désagréables,
nuisibles.
Les prières, les pensées d'amour pur contrebalancent les cou-
rants de l'esprit du mal. Liguons-nous, nous dans l'armée céleste,
vous encore sur terre, et ne formons qu'un bloc pour les abattre
et faire refleurir l'idée et le règne de Dieu, c'est-à-dire, tout ce
qui est pur, grand, harmonieux. De grands espoirs nous sont per-
mis; avec l'aide de Dieu nous parviendrons à avoir la victoire,
le Bien vaincra le Mal. La chaîne des élus est longue, forte, puis-
sante, et s'allonge chaque jour pour combattre afin que la volonté
de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel. Amen.

Mon Dieu, je te demande la force et la résignation pour ressem-


bler à Jésus, ton divin Fils, que tu as donné à l'humanité pour la
racheter par ses souffrances, ses douleurs sans nom. Donne-nous
la force nécessaire pour résister à toutes les tentations mauvaises,
pour mener à bien la tâche assignée, sans révolte, sans rancœur,
mais au contraire avec un cœur compatissant pour aimer et sou-
tenir les moins privilégiés. Nous savons que l'idée de justice n'est

- 14ti -
pas sur terre, mais que dès que nous aurons franchi ses limites,
nous serons éblouis parsa clarté. Seigneur, écarte les forces mau-
vaises et permets à Marie, ta divine Mère, d'écraser le démon sous
toutes les formes qu'il essaie de prendre pour se présenter aux
humains. Mon Dieu, donne-nous la persévérance, la résignation.
Le Bien triomphera si nous ne faisons qu'un bloc contre l'esprit
du mal. Ainsi soit-il.
La prière égoïste n'est qu'un acte sans fruits à espérer. C'est ce Q
que l'on ne comprend pas sur la terre où chacun s'efforce de bâtir A-
son home sans se soucier si le voisin aura ou non un toit.

PAQUI.

- 149-
ACCEPTER,
C'EST COMPRENDRE DÉJA

Le jour où vous aurez compris parfaitement d'une part la


force que vous pouvez puiser dans nos sphères pour vos travaux
d'en bas, et d'autre part la nécessité pour votre âme de s'isoler
un instant par la prière, afin de s'éloigner un peu de la matière
et de reprendre des forces vives où il yen a, vous serez plus forts,
plus courageux pour reprendre contact avec la vie, et vos besognes
journalières vous sembleront plus légères. Vous serez soutenus
par les fils que vous aurez attachés vous-même au firmament où
règne la paix, et où tout est simple et facile malgré l'activité qui
y règne, parce que chacun obéit avec docilité et amour.
Simple et facile ! Voilà deux mots difficiles à réaliser sur la terre
où les hommes embrouillent et compliquent tout par orgueil,
cupidité et égoïsme. Ah, si l'on pouvait anéantir ces plaies de l'hu-
manité, elle commencerait à sortir de l'ornière dans laquelle elle
est bien embourbée! Amis, répandez autour de vous cette lumière
d'en haut dont vous recevrez tant de rayons; aidez les plus misé-
reux afin qu'ils déposent leur besace devant la beauté d'une nuit
étoilée, tendresse de Dieu pour tous ses enfants. Élevons notre
âme, remercions-le avec ferveur, disons-lui que nous sommes ses
enfants, que l'éternité nous semblera trop courte pour l'adorer,
et que le jour béni où, vraiment purifiées, dégagées, nos âmes
feront partie de la Grande Rosace aux mille couleurs, nous serons
pénétrés d'une telle joie que nous regretterons de ne pas avoir
assez souffert, trouvant que la récompense reçue, que la vision
vécue dépassent tous nos espoirs, nous serons confondus devant
-7f le grand miracle: tous dans Un, Un pour tous; le divin retour-

- 150 -
nant au divin. Alors, nous comprendrons ces grandes vérités si
lumineuses de la Vie.
Amis, lorsque vous essayez de répandre la parole de Dieu, de
consoler ceux qui souffrent, dites bien que, ne pouvant comprendre
le pourquoi des événements (notre esprit, si élevé soit-il, étant
très borné parce que alourdi par la carapace épaisse de notre corps
et de nos sens), nous devons accepter notre destinée en mettant
toute notre confiance en Dieu.
Accepter, c'est comprendre déjà, car c'est le signe de la connais-
sance de la puissance du Maître. C'est une marque de confiance
et d'amour, car si vous vous abandonnez à Lui sans tout com-
prendre c'est que vous avez la Foi, ou que vous l'aurez. Dieu ne
peut pas donner la connaissance parfaite sur la terre; il nous faut
gagner cette science, en être, en devenir dignes, et cela ne se fait
pas en un jour. Malgré le tendre amour qui l'unit à son enfant,
une mère le met-elle au courant de la vie? Non, elle lui dose au fur
et à mesure cette science qu'elle a apprise elle-même au compte-
gouttes, c'est nécessaire. Dieu fait ainsi parce qu'Il nous aime.
Oh, oui, il nous aime d'un grand amour, rendons-nous à l'évidence:
tout ce qui nous entoure nous est une preuve tangible; la nature,
les fleurs, les animaux, tout nous parle de Lui et nous le fait adorer
comme le Créateur. Bénissons-le, aimons-le dans toutes ses Créa-
tures, tout simplement, si nous ne le comprenons pas. Et faisons-
nous humbles, tout petits, pour recevoir le Pain de Vie que Jésus
tout Amour a laissé au monde pour le vivifier.
Quel grandiose présent! Vous rendez-vous compte de ce que le
Christ a fait pour l'humanité? Quelle régénération constante et
perpétuelle que ce Pain, ce Vin, substances divines par la force
d'amour de Dieu! Mystère pour nous que ce divin descendant
dans la matière, mais mystère sublime que nous connaîtrons dans
toute sa beauté un jour, lorsque nous serons assez grands en lumi-
nosité.
Mais à tous je dis : confiance ! Dieu réserve aux âmes de bonne
volonté de tels bonheurs, de tels enchantements, que je ne ces-

- 151-
serai de venir vous l'affirmer et de vous assurer que notre union
est au delà des unions humaines; qu'un lien indissoluble nous
unit et que rien ne peut le rompre; que le Ciel et la terre ne font
qu'un pour ceux qui comprennent l'amour. Sublime privilège,
amis chéris, d'avoir été éclairés dès cette terre. Remerciez Dieu,
faites-le connaître, faites-le aimer, donnez à profusion toute la
lumière que vous recevez de vos aimés de là-haut, distribuez-la
à tous ceux qui la désirent, à ceux qui la cherchent, à ceux qui
l'attendent,et à ceux qui la repoussent et qui n'en sont pas dignes:
tous en seront imprégnés, et comme rien ne se perd, votre œuvre
de charité vivra et portera plus de fruits que vous ne pouvez l'es-
pérer.

PAQUI.

- 152-
SE RÉVOLTER
C'EST AIDER L'ESPRIT DU MAL

Pourquoi craindre de répéter de beaux et bons enseignements ?


Le joli bloc de cristal de roche ne se forme-t-il pas de gouttes
d'eau qui tombent inlassablement, goutte à goutte? Ainsi l'âme
a besoin de sa nourriture journalière : la prière, la méditation,
sans lesquelles il est impossible aux humains d'entrer dans le
sentier de la lumière, et de la compréhension des mystères de
l'au-delà. Car, non seulement ces pauvres humains ne voient pas,
ne comprennent pas les grands desseins de Dieu, mais malgré
leur ignorance, ils veulent conclure, trancher les questions sans
connaître les « pourquoi» de la grande Cause. De là les révoltes,
les retards dans l'évolution, et les ambiances mauvaises qui em-
poisonnent la terre et donnent aux forces du mal tant de priorité
sur l'ensemble.
Si nous comprenions bien sur la terre que la souffrance est le
seul rachat possible de nos fautes, et qu'en nous révoltant contre
nos épreuves successives nous augmentons la puissance du grand
révolté et de ses disciples (qui sont l'esprit du Mal lui-même, cause
de toutes souffrances), nous accepterions mieux notre destinée
puisqu'elle est voulue et tracée. Les âmes doivent suivre leur évo-
lution, et les souffrances de la vie terrestre sont un moyen, et non
une injustice.
Pour une âme éclairée, venue sur terre pour une mission et
acquérir plus de mérites dans l'ombre, des milliers d'autres se
débattent avec un lourd bagage et n'arrivent qu'avec beaucoup
de peine à s'alléger. L'aide ne leur est jamais refusée, mais il est
nécessaire que ces âmes s'élèvent, ne serait-ce que quelques secondes,
par la prière, la méditation, nourritures journalières de l'âme.

- 153-
Et s'il vous est difficile de soumettre votre esprit, toujours dis-
posé à s'évader vers les choses futiles, ne vous découragez pas:
ramenez-le patiemment un peu chaque jour; et pour cela, impo-
sez-vous la régularité dans vos devoirs envers votre âme. Peu
importent les tout petits résultats obtenus: les plus grands saints
ont connu ces heures douloureuses de sécheresse et d'obscurité,
qu'ils croyaient être solitude de l'âme; et vous n'êtes pas des
saints. Donc, avancez, avec vos faibles moyens, mais avancez,
sans comprendre et sans voir. Dieu est toute miséricorde; vous
comprendrez plus tard et votre obscurité se transformera en une
éblouissante clarté.
Pourquoi plus tard? demandez-vous. Voici ma réponse : De
l'hiver glacé ne jaillit pas spontanément la saison fleurie; la trans-
formation se fait petit à petit, le bourgeon d'abord, la feuille en-
suite; le blé en herbe, l'épi plus tard... Vous, de même, vous n'êtes
pas mûrs; suivez le chemin qui mènera votre âme vers cette matu-
rité, mais suivez la bonne route puisque l'on vous conduit avec
tant d'amour par la main. Cette petite main, c'est celle de votre
ange qui vous la donne toute entière afin qu'elle vous soit guide
complaisant et que notre collaboration vous soit douce.
Je mets tant de désirs purs dans mes pensées qu'elles vous
arriveront claires et chargées du meilleur de moi-même. Remer-
ciez Dieu qui a permis à un ange de prendre votre main et de lui
faire tracer les premières lignes du Grand Livre de Vérité que vous
lirez plus tard si aisément, et qui est tout Amour.

PAQUI.

- 154-
MÉDITATION,
PERSÉVÉRANCE ET CONSCIENCE

La méditation est indispensable; quelques instants avec vos


amis célestes que vous savez vivants, agissants, un élan vers le
haut, une fervente prière pour les âmes en souffrance, tous les
jours, ne l'oubliez pas - quelques minutes suffisent, - et vous
vous sentirez plus forts. Votre âme comme votre corps a besoin
de repos et de nourriture. Si occupés soyez-vous, il vous faut prendre
vos repas, cesser tout travail pour dormir, reprendre des forces:
eh bien, vos âmes ont faim aussi, sont altérées de vérité et de
lumière; et ce n'est que par la prière, la méditation vers les sphères
pures, élevées, qu'elles pourront y puiser la nourriture dont elles
ont besoin.
Entendez et écoutez les paroles de Jésus: « Que celui qui a
faim vienne à Moi et il sera rassasié; que celuitahui.soif demande à
boire, il sera désaltéré. » Venez, amis, puiser desfurces à la source
d'eau vive; vos anges vous aiment et vous aideront à maintenir
vos âmes dans la luminosité des grandes vérités. La Vérité, avec
un grand V, celle qui vient d'en haut et dans laquelle vous puisez,
qu'elle soit pour vous le flambeau lumineux qui vous aidera à
passer les heures sombres que tout humain rencontre sur sa route.
Restez confiants, petits: le Christ est pour les humbles, les vrais,
les purs, qui le recherchent et croient en son amour; et non pour
ceux qui, dans leur opulence, leur orgueil, n'ont même point un
quinquet pour éclairer leur route.
Les flots et les marées de la vie ne doivent pas emporter votre
petit bateau mouvant (votre esprit). Ayez la volonté de le main-
tenir loin des tempêtes; soyez bons pilotes, ne vous aventurez pas
inutilement dans les passes dangereuses car personne ne peut

- 155-
dire: je ne risque rien, je peux tout affronter. Rappelez-vous que
vous n'êtes rien sans l'aide divine. Craignez votre faiblesse humaine;
ne laissez pas votre équilibre moral se rompre par les souffles mau-
vais de l'existence, les agitations vaines et décourageantes. Que
de petits mensonges, de petits arrangements, entraînent une âme
droite vers les compromissions rabaissantes et la transforment
peu à peu, lamentablement, la précipitent vers l'abîme qui lui
fait perdre toute sensibilité ou susceptibilité de conscience! Telle
la petite barque qui résiste à la tempête et fait face courageuse-
ment à la fureur du vent, rentre au port fière d'avoir réussi, fière
de sa force et de son courage malgré sa coque endommagée, sa
voile déchirée, sachez ne pas faiblir. Pour vous, âmes fidèles, ce
seront les victoires remportées sur vous-mêmes, sur votre nature,
votre tempérament; la lutte est souvent dure et il vous faudra
déployer une grande persévérance jointe à' toute votre bonne vo-
lonté. Car rappelez-vous que la bonne volonté seule est une pauvre
petite qualité qui ne porte aucun fruit si elle n'est pas suivie par
cette autre si précieuse: la persévérance. C'est en mettant pierre
sur pierre, brique sur brique, qu'on arrive à construire un monu-
ment, aussi haut soit-il. L'essentiel est de ne pas rompre l'équi-
libre.
La vie que nous menons sur terre prépare notre éternité, nous
l'avons déjà dit, mais il est bon de se pénétrer de ces paroles et de
les méditer. Oui, les purgatoires existent, les laps de temps dou-
loureux durant lesquels l'âme se détache, s'épure, se dépouille de
tout ce qu'elle a emporté de mauvais en quittant la terre, cela
existe bien. Il ne faut pas croire que, bon ou mauvais, lorsque vient
le dernier soupir, ce qui ne meurt pas: l'âme, s'envole vers labéa-
titude éternelle sans payer la rançon. Ne plus se souvenir des
fautes commises au cours du voyage serait trop facile; être tous
égaux serait injuste. Chaque âme forge son purgatoire ou son para-
dis suivant sa vie terrestre. Tout être humain a une conscience;
chacun en reçoit bien les directives- plus ou moins, c'est la vérité;
elle est plus ou moins claire selon la vie morale; mais le plus mau-

- 156-
vais, le plus alourdi, entend un jour ou l'autre cette vo.x inté-
rieure qui parle en nous tous, mais que si peu veulent écouter.
Le royaume de Dieu est au dedans de vous.
Ne jugez pas devant les difficultés et les luttes de la vie; accep-
tez votre destinée en regardant bien franchement les charges et
les sacrifices qui vous sont demandés. Le don de soi, l'amour pur,
conduisent à la vérité. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, » a
dit Jésus, et Il a vaincu le monde.
Votre ange est tout à vous à travers Dieu qui lui permet ce soir
de cueillir les plus jolies fleurs de son paradis pour vous les faire
parvenir. Chaque pétale est un peu de Paqui. Recevez-les, ils
écarteront de vous les forces qui ne viennent pas de Dieu et qui
cherchent à pénétrer les hommes pour les tromper. Notre union
est bénie, elle est vraie, et c'est pour cela qu'elle est si douce.

PAQUI.

- 157-
SOYEZ TOUJOURS PRtTS

Soyez prêts pour la dernière heure que vous ne connaissez pas;


soyez toujours prêts, et pensez à ce départ, à ce retour à Dieu,
avec quiétude.
La naissance est attendue, mais pour remonter à Dieu c'est
autre chose. Prisonnière, enfermée et aveuglée par la carapace
humaine, l'âme attend son heure dans l'ignorance. La grande roue
tourne, fauche; nul ne connaît l'heure du rappel. Nul n'est exempt
de souffrances morales ou physiques, d'une maladie ou d'un acci-
dent. Soyez prêts, prêts à souffrir, prêts à partir, pour ne pas être
surpris.
La gaieté, l'amour de la vie ne doivent pas se ressentir de cette
préparation. Pensez à ce grand voyage qui doit se faire un jour
ou l'autre en jouissant pleinement de l'heure présente et de toutes
les beautés dont Dieu a comblé sa création. Soyez des enfants
dont les yeux voient au delà des petites misères humaines; ne
gâchez pas vos heures heureuses; ne regrettez pas celles qui passent;
votre âme, votre cœur, ne vieillissent pas; ils demeurent, la terre
ne les recouvrira pas.
Pour arriver à la sérénité devant la dernière heure il faut pos-
séder une grande Foi en la transformation, en ce mystère de la
Résurrection que le Christ est venu nous confirmer. Cette Foi,
vous la possédez, amis chéris; qu'elle soit douce à vos cœurs,
vous fortifie, et vous aide à continuer la route tracée avec sérénité
et confiance. Je vous parle de ce départ parce que je sais que je
peux le faire sans assombrir votre bonheur présent : les amis de
Paqui connaissent la lumière et les joies de la mort et ne peuvent
s'attrister d'y penser. Nous sommes des amis de l'âme, vous en

- IS8-
connaissez toute la douceur et croyez vos anges quand ils vous
disent que la tendresse et la miséricorde de Dieu sont infinies.
que la terre est un stage. Sage est celui qui comprend ainsi son
passage terrestre et n'en.attend pas autre chose que le but mer-
veilleux et lumineux: la compréhension, la purification, l'évolu-
tion de l'âme dans la Foi absolue d'une éternité d'amour.
Plus vous avancez dans la vie, plus vous devez être humbles,
généreux: c'est le sentier qui mène à la grande route lumineuse.
Soyez petits pour devenir des grands, non pas humainement par-
lant, mais plus grands dans la compréhension de cette Vie vers
laquelle vous allez à grands pas. Soyez le grain de blé perdu dans
un grand sac d'ivraie qui doit surmonter des milliers d'obstacles
pour voir la lumière, germer, produire de la vie. Si lourde soit la
tâche, elle n'est pas au-dessus de vos forces parce que vous avez
Dieu en vous et que vous faites partie de ce Tout, que vous êtes
une parcelle divine, ne l'oubliez pas, qui doit revenir au Divin.
Ne vous faites pas un monde de ce départ. Au moment suprême
la grâce vous est donnée pour passer sur l'autre rive, des mains
vous sont tendues, et l'on ne s'inquiète vraiment plus de ce corps
qu'on laisse à la terre. Si vous saviez combien au bord de la déli-
vrance de l'âme, c'est bon, ce « lâchez tout»! Quelle allégresse.
quelle joie merveilleuse! et c'est pour cela que je vous recommande
d'y penser, de le préparer, pour que, le moment venu, vous possé-
diez déjà la clarté. Il est utile de s'en occuper par avance. Vous
êtes sur la terre pour y passer, agir, travailler. Vous ne pouvez
toujours vivre entre le ciel et la terre, c'est vrai, mais vous pou-
vez, sans rien pour cela diminuer à votre œuvre terrestre qui doit
être vivante, agissante, productrice, vous élever par l'âme, vous
détacher, et évoluer en essayant de comprendre la séparation
de l'âme et du corps.
Ah, faites en sorte de ne pas avoir de regrets ni de remords le
jour de votre passage sur l'autre rive. Ce sera pour vous une aurore
de lumière si vous pouvez, sans arrière-pensée, sans remords,
joindre vos mains et dire: « C'est bien, que la volonté de Dieu

- 159-
soit faite! l'aube se lève, le voile se déchire, je suis heureux de
rentrer au service de Dieu. » Oh qu'il est doux, amis chéris, d'être
au service de Dieu et de pouvoir dire aux hommes que notre Père
est avant tout miséricordieux, qu'Il se penche avec tendresse
sur les cœurs les plus endurcis par le péché pour les aider de tout
son amour à se racheter et à préparer leur éternité.
Vous aussi, soyez indulgents les uns pour les autres; que vos
regards ne se croisent que pour s'adresser de la tendresse. Ne gas-
pillez pas un temps précieux qui plus tard vous sera si doux ou si
cruel à revivre par la pensée. Avez-vous déjà senti intensément
combien les doux sentiments de tendresse embellissent le cours
de la vie ? Oubliez-vous, pour aimer tous ceux qui vous entourent.
Se préparer à Vivre, c'est mourir à soi-même. Le ciel, c'est aimer,
c'est l'amour. Préparez votre ciel en aimant sur la terre, c'est
l'humble fleurette du ciel qui vous murmure ces paroles; qu'elles
vous soient douces, vous aident, vous fortifient et vous donnent
tout le bonheur, la paix du cœur qu'elle demande à Dieu pour
vous.

PAQUI.

- r60-
DIEU,
LUMIÈRE DES LUMIÈRES

Dieu, Lumière des lumières, ne se décrit pas; Il se révèle, Il se


goûte. Nous comprenons sa grandeur, nous vivons dans sa lumi-
nosité, nous sommes formés par cette luminosité que nous n'ap-
prochons qu'au fur et à mesure que la nôtre devient plus lumi-
neuse aussi, car les ténèbres ne se fondent pas dans la lumière,
comprenez... Lorsque mes yeux éblouis par tant de clarté ont pu
s'ouvrir aux merveilles qui m'entouraient et que j'ai commencé
à voir - à voir ! quel petit verbe pour exprimer une si grande
chose! - lorsqu'enfin ma compréhension plus subtile a permis
que j'entrevoie la grandeur de ce Tout qu'il me serait permis de -i
contempler, quelle joie merveilleuse fut la mienne! Comprendre
qu'un jour il me serait possible de ne plus former avec Lui qu'un .z
ensemble: me fondre en Toi pour l'éternité, Seigneur, quel sublime
appel!
Nous, vos amis célestes, qui ne sommes, croyez-le, que de tout
petits écoliers, mais dociles et confiants, nous voudrions vous faire
comprendre la grandeur, l'amour de ce Dieu, que vous êtes assez
instruits pour ne pas vous représenter assis sur un trône doré en
rendant la justice... Non, Dieu est l'amour dont vous pressentez
l'infini, et qui dépasse toutes vos conceptions humaines; c'est le
centre agissant, le Cerveau des grands cerveaux, l'Ensemble des
ensembles, la Lumière des lumières, et nous ne sommes par rap-
port à Lui, que les rouages infimes d'un splendide moteur. C'est
Lui qui dirige, qui est le centre, mais nous faisons partie cependant
de l'ensemble' ; le plus petit écrou a son utilité et il est nécessaire
que l'assemblage soit parfait pour qu'il n'y ait pas déséquilibre.
Mesurez la distance, remplissez humblement votre tâche jour-
- 161-
nalière : la plus petite a son importance, son utilité. Soyez des
humbles, des petits, c'est la manière la plus rapide d'arriver au
Grands des grands. Le Christ-Dieu, comment vous est-Il apparu ?
- Petit, humble, pauvre! Sa divine Mère ? - La plus simple,
la plus effacée, la plus douce des femmes! Soyez, vous aussi, des
simples, des petits. Remerciez Dieu de vous avoir éclairés dès
ici-bas. Tenez fermement dans vos mains cette petite lumière qui
ne peut pas s'éteindre. L'âme peut et doit grandir dès ici-bas,
devenir lumineuse, et répandre sa lumière sans en rien perdre :
au contraire, plus vous donnerez ce que vous aurez reçu, plus
votre provision augmentera. Offrez le meilleur de vous-même ;
si vous avez beaucoup, donnez beaucoup; si vous avez peu, don-
nez cependant ce peu sans arrière-pensée. Dieu vous aidera à le
grandir, ce peu, ce rien à vos yeux, si vous le lui offrez avec humi-
lité et confiance. Vous serez éclairés par les rayons d'amour que
vous distribuez autour de vous. Élevez vos cœurs; soyez les en-
fants bénis de Dieu qui veulent regarder la Lumière pour la pro-
jeter sur les aveugles qui vivent dans l'ombre et l'obscurité. Soyez
des phares qui éclairent et guident leurs frères vers la Lumière
des Lumières.

PAQUI.

- 162-
DIEU EST TOUT AMOUR

Dieu aime ses enfants et cherche à les pénétrer par tous les
moyens pour les soulever de terre, leur montrer le chemin lumi-
neux. Mais l'appel est souvent repoussé; les pensées d'amour,
le renoncement, l'oubli de soi-même, les souffrances, sont écartés
avec force, le mot jouissance est sur toutes les lèvres. L'être humain
ne cherche qu'à profiter du moment présent, et très souvent, au
détriment du prochain, on veut passer, se frayer un chemin sans
se demander sur quoi on marche, sans voir que très près c'est la
culbute forcée. Ces édifices de paille ne tiennent pas au moindre
vent. Essayez de faire comprendre à tous ces insensés, par tous
les moyens qui vous seront suggérés et qui pourront atteindre et
frapper leur esprit sinon leur cœur (lectures, théâtre, conversa-
tions, messages) qu'ils sont dans la plus profonde ignorance et
que, s'ils continuent, pour eux existeront les ténèbres.
Le plus mauvais, le plus ignorant, peut cependant entendre
cette voix intérieure, la conscience, qui parle en nous tous et qui
dit: « arrête-toi, écoute, je suis là, je veux que tu me croies, je suis
la vérité. » Dieu n'a pas créé le mal, je le répète, mais a laissé à sa
créature.le libre arbitre, la laissant libre de choisir la voie du Bien
ou du Mal. C'est le mal qui est en cause, si l'équilibre se rompt; et
cet équilibre se rétablit alors au détriment des êtres qu'il doit
bousculer. Peu importe! et c'est ce que vous ne pouvez pas saisir
parce que vous êtes avec vos corps de chair et que la souffrance
de ce corps vous est odieuse; Vous comprendrez plus tard qu'ici
l'âme seule a de l'importance. Le corps n'est rien, et c'est en cela
que vous méconnaissez Dieu. « Il n'est pas juste, pas bon, dites-
vous, puisque sa créature souffre avec sa permission! » Compre-
nez que Dieu, Tout Amour, nous aide à nous élever, à devenir
plus forts, plus grands, tel un jardinier qui n'hésite pas à couper
une partie des branches de ses rosiers pour que la plus belle s'épa-
nouisse et donne une fleur magnifique. Lorsqu'elle est à point, Il
la cueille pour en orner son paradis en donnant à cette fleur le
plus beau parfum et le plus grand bonheur.
L'âme est une fleur immortelle, et lorsqu'elle est arrivée au
summum de sa grandeur, elle n'a plus à lutter, elle reste au sein
:2 de Dieu, se confond en Dieu: elle devient parcelle divine, voilà
ce que vous comprendrez un jour, le jour qui n'aura pas de len-
demain, qui sera hier, aujourd'hui, et plus tard.
Le Christ rayonne sur le monde, suivez-le. Il est l'incarnation
même du plus beau sentiment qui existe: l'amour. Il représente,
Il incarne toutes les vertus, la douceur, l'abnégation, la résigna-
tion, la générosité, l'indulgence et la vérité. Que tous ceux qui
souffrent l'approchent, le prient: Il répond toujours, et du con-
tact divin la quiétude renaît, le calme fait suite à la tempête, le
cœur lacéré a trouvé le vrai refuge, et rien n'est perdu si l'on suit
Jésus, si on a confiance en Lui, en sa justice, malgré les apparences.
« Son royaume n'est pas de ce monde, )) c'est pourquoi vous' ne
pouvez comprendre, et vous vous révoltez lorsque vous n'êtes pas
exaucés suivant vos désirs humains. Ne concluez pas que vous
n'êtes point de son troupeau s'Il paraît oublier sa brebis blessée :
croyez qu'Il lui réserve la meilleure place, et qu'Il la prendra sur
son épaule pour lui éviter les trop grands heurts, si elle veut bien
s'y appuyer. Mais comprenez que vous ne serez aidés que pour
votre bien spirituel, votre évolution, et pas toujours comme il
vous serait agréable.
Soyez des Jésus, vous aussi, mes frères; pansez des douleurs,
criez à vos semblables que vous ne leur voulez que du bien; aimez-
les pour qu'ils deviennent meilleurs, moins cruels. La souffrance
les aveugle parfois, mais l'envie de la jouissance les encercle aussi
et leur fait commettre les crimes les plus odieux. Point n'est besoin
d'un couteau pour tuer son prochain: on le tue moralement sou-
vent, et plus cruellement.
Prions, amis chéris, et demandons que le revirement soit corn-
plet, que le règne de l'Esprit fasse son chemin, que la matière soit
vaincue, et que les hommes comprennent que sans l'Amour uni-
versel la terre ne sera jamais heureuse. La bonne semence jetée
ne se perd point et va germer là où elle doit mûrir et nourrir. Que
notre dernière phrase de cet entretien soit celle-ci : ({ Aimez-vous
les uns les autres. )) Répétons-la avec ferveur comme au temps
où elle sortait des divines lèvres du Christ.
Que tous vos gestes, vos paroles, vos actes tendent à mettre
en pratique ce que Jésus demandait, et ce pourquoi Il mourut:
pour l'A mour,

PAQUI.

- 1 65 -
LA MISÉRICORDE DIVINE

La prière est un élan d'amour, un appel vers l'amour qui par-


donne et qui aime, vers Dieu, dont la miséricorde est infinie.
C'est ce sentiment de la bonté du Maître dont nous voudrions vous
pénétrer pour vous soulever de terre, vous rendre petits, et con-
fiants dans la paix si précieuse que nous a donnée Jésus. La bonté
de Dieu est incommensurable; son Amour pour l'humanité sans
bornes. La miséricorde divine est toujours là, présente, prête à
nous aider, à nous pardonner, à nous consoler. Et si nous ne la
sentons pas, c ,est que nous omettons d e l" ecouter:
, nous bââtissons
.
le mur épais d'indifférence ou de révolte qui nous empêche de la
sentir vibrer en nous.
Si vous saviez pourtant combien Dieu demande peu à son enfant
pour lui ouvrir ses bras et lui dire: « Allons, viens, ou reviens,
enfant prodigue, mais enfant toujours chéri. » C'est dans le silence
de votre cœur que vous entendrez cette voix secrète qui trouve
toujours le moyen de se faire entendre si vous le demandez de toute
votre foi. Vos âmes doivent rester confiantes, sereines, si vous
vous remettez entre les mains de Jésus.
Remplissez la tâche qui vous est tracée avec courage et gaité ;
acceptez les épreuves, les échecs; luttez, les efforts sont néces-
saires, mais ayez confiance en fa miséricorde divine; et lorsque
}
votre âme est défaillante, votre esprit en déroute rempli de misères,
voire même de remords, demandez à Dieu sa manne bienfaisante.
Ah ! restez ses enfants, à ce Père si secourable; restez vrais, fer-
vents, chercheurs des vérités divines, et ne vous laissez pas amoin-
drir par ce que vous pourrez entendre, ce que vous pourrez voir.
Gardez devant les yeux la vision des misères humaines, non pour
-,.66-
en ressentir un malaise, un ennui quotidien, mais pour les soula-
ger. Donner, c'est aussi ouvrir son cœur, se donner sans rien en
espérer, sans rien demander. Tout est là : aimer, distribuer de
l'amour, faire naître de l'amour. Mettez-en dans vos moindres
actes; faites-en jaillir de toutes les sources, et spécialement tra-
vaillez à en faire germer là où le terrain vous semble stérile.
La haine enveloppe le monde: -combattez-la par l'amour. Ce
n'est qu'avec de la persévérance dans nos prières, de la patience
dans nos efforts, que nous arriverons au résultat spirituel auquel
nous aspirons. Il est impossible d'arriver au but sans avoir fait
toute la route pas à pas. Acheminez-vous doucement; mettez
toute votre bonne volonté pour franchir les obstacles, même les
plus douloureux; donnez-vous; oubliez-vous : c'est le véhicule
le plus rapide pour arriver vers la lumière.
Soyez heureux, parfaitement heureux et reconnaissants d'être
déjà des éclairés dans votre ignorance, et des éclairés parmi vos
frères qui marchent à tâtons et butent sur les cailloux blessants
de la route douloureuse et obscure. Remerciez le Seigneur avec
ferveur; ne vous lassez jamais de lui redire votre joie, votre bon-
heur, votre amour; ce mot qui contient l'Univers et que si peu
savent épeler, répandez-le autour de vous et que tous vos actes
ne soient qu'un acte d'amour envers vos frères et votre Dieu
d'Amour.

PAQUI.

- 167 -
F:ËTES CHRÉTIENNES
L'ANNONCIATION

L'Ange.du Seigneur a annoncé à Marie qu'elle serait la Mère


du Sauveur, etIl.a habité parmi nous ....et son peuple ne ra pas
reconnu..Heureux les. éclairés, heureux ceux dont les yeux sont
ouverts, le Royaume des Cieux est déjà leur demeure, une
demeure aimée que.I'on.n'habite pas encore .mais dont on connaît
l'endroit et les merveilles qui y sont entassées.
Aucune parole, si éclairée-soit-elle, ne peut vous donner la lu-
mière surle mystère qui entoure la naissance de jésus. Il faudrait
pour cela entrevoir le mystère de la Sainte Trinité; Troisper-
sonnes distinctes, dont leChrist Jésus, Verbe de Dieu.ts'est déta-
ché pour-sauver ses créatures, leur montrer le chemin dela vérité
et de la Vie. Un seul Dieu, Trinité Sainte, se rapprochant de l'hu-
manité jusqu'àse mêler à sa vit' par incarnation divine dans le
sein de Marie, la plus pure des vierges ... Quel don magnifique'!
Dieu a tant aimé le monde qu'Il a.donnéson 'Fils ponr lesau-
ver, lui laissant souffrir les pires douleurs, les pires outrages. De
Bethléem .au calvaire, Jésus .offrit pour nous sa pauvreté, son
humilité, ses tourments et son abandon. Et quand Jésus sur la
croix, abreuvé de douleurs, s'écrie: « Mon Père, pourquoi m'avez-
vous abandonné,» c'est que Jésus homme avait voulu sciemment
souffrir comme un humain dans sa chair, dans son esprit. Sans
cela, le Christ Dieu aurait d'un regard anéanti ses bourreaux et
réduit ses ennemis. Mais il obéit à Son Père et obtint par ce sublime
sacrifice que tous les affligés de la terre, ses frères, unissent leurs
souffrances aux siennes, et que tous ceux qui reconnaissent Dieu
pour leur Père puissent lui adresser une plainte, un appel filial,
dans un abandon total à sa volonté.

- 17I -
Vous ne pouvez réaliser complètement l'immense sacrifice du
pur Amour accompli par Jésus dans l'Incarnation. Que l'Éternel
ait consenti à descendre dans la chair devrait nous transporter
de reconnaissance et d'adoration. Glorifions Dieu en ce jour anni-
versaire de la plus grande preuve d'amour; inclinons-nous devant
une telle charité qui surpasse le plus grand don et s'est manifestée
plus encore par sa naissance, la crèche, que par sa mort, la croix.
Nous le comprenons mieux à présent que nous sommes allégés de
notre corps si pesant, que nous ne voudrions reprendre sans frayeur-
Priez pour tous ceux qui souffrent et ne comprennent pas le
grand sacrifice d'amour de Jésus. Priez pour que la lumière perce
les ténèbres et pénètre les âmes. N'essayez pas de vous expliquer
ce que vous ne pouvez comprendre; recherchez toujours à inten-
sifier votre lumière spirituelle. Car, chercher à augmenter la lumi-
nosité de l'âme, c'est se grandir: tout compte, et la bonne volonté,
en spiritualité, a toujours sa récompense. Mais j'ajoute aussi que
l'échelle des vérités ne se gravit pas à volonté; c'est une science
divine qu'il vous sera donné plus tard de connaître et de com-
prendre.
Dans nos sphères bénies, nous remplissons nos missions avec
joie et docilité. Un regard de Dieu nous pénètre de tant de dou-
ceur et de force à la fois que nous pouvons y puiser tous les rayons
d'amour et de vérité que nous devons vous transmettre ; gardez-
les, ils sont don de Dieu, tout Amour et Miséricorde pour ses
enfants.

PAQUI.

- 172 -
LA TOUSSAINT

Ce jour est grande fête dans l'au-delà. Les âmes se réjouissent


de l'union qui se fait entre la terre et le ciel dans un pieux sou-
venir, un élan de prières et d'amour. Vos pensées aimantes,
tendres et douces, arrivent à vos aimés disparus tels des rayons
lumineux et bienfaisants, de précieux parfums, qui les élèvent
et les allègent.
Pensez beaucoup à ceux qui sont partis avant vous, que vous
chérissez et qui ont emporté avec eux toutes les joies de votre
vie; mais ne leur adressez pas vos messages, vos pensées, sous
forme de fleurs stériles, c'est-à-dire désespoir, regrets égoïstes, qui
loin de les alléger et de les élever vers la lumière, les retiennent
et les arrêtent. Pleurez sur votre douleur, oui, mais, ayez vers eux
des élans de tendresse, d'amour et d'acceptation totale à la Volonté
du Maître.
Ne vous révoltez pas quand de jeunes corps sont ravis à votre
affection, à votre amour. Ne vous posez pas de questions angois-
santes; soyez assurés que ce que Dieu fait est bien fait pour l'ave-
nir de l'âme que vous pleurez sans comprendre les joies spirituelles
qu'elle goûte déjà. Et soyez certains que toutes les plus grandes
joies de la terre ne sont rien, ne valent rien, à côté de celles que les
âmes allégées de leur corps goûtent dans les sphères divines. Offrez
votre douleur, vos larmes,et votre sacrifice pour les âmes chéries
dont l'absence brise vos cœurs : ce sera une prière qui montera
comme un encens et se répandra en rayons bienfaisants; vos
absents chéris vous en seront reconnaissants et vous aideront à leur
tour dans la mesure de leurs possibilités pour que Dieu vous éclaire.
Amis chéris et privilégiés, vous qui avez beaucoup souffert,
mais entrevoyez un peu la lumière consolante de la transforma-

- 173-
tion, priez pour ceux qui ne comprennent pas encore les joies de
la mort et sa lumière. Malgré cette compréhension, dites-vous,
vos cœurs souffrent toujours et encore de la séparation, et vous
pleurez l'être chéri devenu invisible à vos yeux. C'est que, voyez-
vous, ce pauvre cœur humain a bien du mal à saisir les délices
de l'âme; il ne voit pas et ne comprend que très imparfaitement,
et il se désole quand au contraire il devrait louer et remercier
Dieu du bonheur spirituel et des joies divines accordées aux âmes
pures et de bonne volonté.
Élevez vos âmes, priez de tout votre cœur fidèle et fervent;
pensez à vos aimés qui vivent dans la joie et la lumière, mais
pensez aussi à ceux qui, moins heureux sont encore dans l'obscu-
rité, cherchent la porte de Dieu et attendent d'apercevoir la petite
lueur qui leur en montrera l'entrée. Appelez sur eux l'indulgence
du Maître, aidez-les à monter, à se dépouiller de la rude écorce
de leurs fautes, rendez-les plus légers par vos prières;
Il y a mille manières de prier : usez-en, et de tout votre cœur
dites: Il Mon Dieu, en cejourdegrande fête, permets à mon âme
de se mêler aux prières des élus. Je voudrais-être assez pur pour
entendre les divines harmonies de ton Paradis, que ma prière
monte vers toi et puisse t'implorer en union avec les âmes lumi-
neuses pour soulager et guérir les âmes souffrantes et malades;
ta miséricorde est infinie, Seigneur, et nous avons confiance en
ton Amour.»
o vivants, qui pleurez' vos disparus, ayez confiance, réjouissez-
vous. Vos aimés sont vivants, vous aiment, et veillent sur vous
de toute leur tendresse. Ayez confiance, aimez et priez': vous priez
pour des vivants et non pour des morts, Votre âme, vous le mur..
mure puisque, même incroyants, vous implorez en leur faveur
le Dieu de justice et de miséricorde. Je vous le répète, la. mort ne'
sépare pas comme l'indifférence: La mort, c'est encore de l'amour
pour celui qui comprend, pour celui qui aime, et qui croit err la
miséricorde de Dieu et en l'Éternel.
PAQUr.

- I7'l--
Mon Dieu, nous vous supplions d'ouvrir les yeux aux malheu-
reux égarés qui cherchent leurs disparus là où ils ne sont point.
Faites à ces infortunés le don que nous possédons; qu'ils com-
prennent, qu'ils regardent vers vous afin de trouver la voie qui les
mènera vers ceux qu'ils cherchent en vain ailleurs et pour les-
quels ils n'ont que larmes et désespoirs à offrir. Nous savons, Sei-
gneur, nous les privilégiés, que nous devons prier et offrir notre
douleur, l'unissant à celle de votre divine Mère la Vierge Marie,
pour que nos bien-aimés montent plus vite vers la lumière dans
la résurrection de la vraie vie. Éclairez les désespérés, Seigneur,
nous vous le demandons avec une grande ferveur, et nous vous
supplions de répondre à l'appel de vos enfants que vous avez
comblés d'immenses bienfaits spirituels.

Ainsi soit-il.

- I75-
LE JOUR DES MORTS
F:~TE DES VIVANTS

Vos pensées pieuses vont intensément vers vos chers disparus


en ces jours douloureux pour vous, glorieux pour nous: car
c'est jour de fête joyeuse dans nos sphères, où nous adorons Dieu
en le remerciant et en chantant ses louanges. C'est un parfum
d'amour, ondes vibrantes de tendresse, qui nous parvient, car il
semble que le Ciel à la terre désire se relier pour ne plus former
qu'un ciel: les hommes prient, se recueillent, lèvent les yeux vers
ce mystérieux au-delà, si près de leurs âmes en ces jours de fête.
Certes, vous ne devriez point pleurer vos morts, puisqu'ils sont
vivants. Vos sens ne vous permettant point de nous voir, de perce-
voir les contacts si doux de notre tendresse comme nous les per-
cevons nous-mêmes, vous êtes tristes, vous pleurez de ne plus
voir vos bien-aimés. Pleurez sur votre douleur humaine, oui, mais
réjouissez-vous de savoir vos chers disparus plus vivants que
jamais; laissez vos âmes écouter les hymnes des élus, et ne dites
point : « Pauvre enfant! il était si jeune! » La jeunesse offerte à
Dieu est bien placée; ce don lui vaudra mille grâces. Oh, mamans
désolées, plongées dans la douleur, écoutez le chant des anges;
laissez votre âme s'envoler pour quelques instants vers les sphères
bienheureuses, elle vous reviendra vivifiée, votre souffrance sera
plus légère, vous comprendrez que vos enfants vous le demandent
et veulent voir vos cœurs pleins d'espoir et de confiance.
Ce n'est qu'en s'élevant ainsi que les cœurs douloureux de la
terre allègent ceux dont l'âme aspire à des sphères élevées. Aidez-
les; ne soyez point pour eux chaînes pesantes par votre désespoir
incompréhensif à leur lumière. Priez avec eux; les prières sont
toujours d'un immense secours et hâtent le bonheur lumineux de
vos bien-aimés; de plus, elles renforcent la chaîne d'amour entre
les vivants d'en bas et ceux d'en haut. Rien de comparable à ces
élans purs d'où tout sentiment égoïste est exclu 1 et en réponse à
vos prières, si nous ne pouvons éviter dès larmes, nous avons la
joie de vous faire avancer dans la voie spirituelle, de vous soule-
ver un peu de terre, de vous aider, par notre tendresse toujours
plus près de vos cœurs, à supporter toutes les peines, même la
plus cruelle: la séparation physique, et à comprendre les bienfaits
immenses que vous pouvez retirer de vos souffrances si vous savez
les accepter et les diriger vers le Haut.
La lumière, voilà le plus grand don que Dieu donne à ses enfants
confiants, et dociles à ses lois divines. Confiance, amis chéris;
croyez Paqui lorsqu'elle vous dit que vos aimés sont dans la lu-
mière, et que vous, encore avec vos corps humains, vous êtes dans
les ténèbres, derrière une porte qui, lorsqu'elle s'ouvrira, vous
plongera dans la clarté éblouissante.
Restez toujours ceux qui demeurent. Croyez aux grandes et
seules vérités que le Christ est venu nous enseigner par sa vie, sa
mort, sa résurrection. Renforçons la chaîne.entre le ciel et la terre;
jetons de l'amour autour de nous; servons-nous de ce mot si grand,
et vivons, vous, pour aimer vos semblables, et nous, pour aimer,
soutenir et éclairer ceux qui ont besoin de notre secours.
Vivons! Nous sommes tous des Vivants.
Ne soyez plus incrédules devant les mystères qui ont été éclairés
par la croix.

Fleurs que nous déposons sur nos tombes chéries, Fleurs que
nous mettons auprès de vos souvenirs, Fleurs, vous êtes mes-
sagères; portez nos pensées, élevez nos âmes, rendez la commu-
nion plus étroite. Soyez aussi la chaîne, et que les yeux de nos
aimés, en se posant dessus, sentent notre tendresse. Fleurs odo-
rantes, messagères, petits liens, portez à nos aimés notre pensée
d'amour.
PAQUI.

- 177-
12
LA PENSÉE DEMEURE

Partis vers plus de lumière! Oui, vos bien-aimés disparus à,


vos yeux sont partis vers plus de lumière, mais ils ne sont pas.
morts - ce mot qui provoque en vos cœurs tant de douloureux:
tressaillements - ils sont des vivants de l'au-delà, des invisibles.
très actifs pour la plupart, qui aspirent à travailler plus intensé-
ment encore pour monter vers plus de lumière, pour comprendre
ce que Dieu désire d'eux, et pour vous aider, vous, les aveugles.
par rapport à eux qui ont les yeux grands ouverts et qui savent
que cette lumière se gagne, que tout doit s'acquérir, que la Vie
continue, que le néant n'existe pas.
L'espérance scintille dans nos sphères; et les plus malheureux
dans les purgatoires sont moins malheureux que les hommes dès
qu'une petite clarté leur permet de se reconnaître tels qu'ils sont,
dès qu'ils lèvent les yeux pour implorer le pardon des fautes com-
mises sciemment, dès qu'ils revivent leur mauvais passé, le re-
grettent en aspirant à mieux faire, et que leur orgueil est vaincu ..,
Ils ont alors la compréhension de ce que sera demain pour eux ;.
je dis « demain», car leur vue reste encore très bornée, mais la.
confiance, l'espoir, renaissent au fond d'eux-mêmes; leurs souf-
frances s'éclairent et deviennent moins lourdes et moins sombres,
Quand vous pensez à vos chers absents, le désespoir, la douleur
amère, ne doivent pas envahir vos cœurs puisque vous savez que
le meilleur de nous-mêmes reste en contact direct avec ceux que
nous aimons et qui nous aiment toujours. Ayez vers eux des élans.
d'amour pur; demandez que pour eux aussi la lumière s'intensifie,
qu'elle les éblouisse, qu'ils s'accrochent aux rayons lumineux
projetés vers eux pour les aider à s'élever et à s'éloigner des sphères
moyennes où ils végètent peut-être encore.
La prière est précieuse pour vos aimés: c'est un échange de
pensées pures et aimantes qui leur parviennent comme une rosée
bienfaisante, car la pensée seule demeure: tout le reste est vanité.
Méditez sur ces paroles et vivez en paix. Ne cherchez point le
trouble puisque vous pouvez regarder la lumière et qu'elle vous
est douce et vous réchauffe. Et si le doute vous accable, attendez,
et priez avec ferveur; ne craignez point: les plus grandes âmes
en ont été les victimes. Persévérez, et soyez assurés que vous êtes
plus près de la vérité que ces pauvres humains qui ne pensent
qu'à jouir de l'heure présente et ne reculent devant aucune mau-
vaise action pour avancer plus vite dans leur course au bonheur.
Ne donnez pas trop d'importance, dans votre attachement,
aux souvenirs matériels, souvenirs qui n'en sont plus, une fois
les intéressés partis pour des sites plus beaux et plus heureux.
Vous pouvez sans chagrin, sans remords, les donner à la flamme:
toute la pensée qui peut en rester, restera; l'inutile s'évaporera,
peu importe! c'est ainsi depuis des siècles, et ce sera ainsi demain,
et plus tard.
Croyez à la résurrection, triomphe de la vie sur la mort. Tous,
conscients de notre passé, nous nous jugerons face à face avec
cette balance redoutable de justice qui fixera notre grand avenir.
Mais d'ici là, que d'indulgence, que de bonté, de grâces, de la part
du divin Maître! Que de mains tendues pour vous remettre dans
le droit chemin ! que de lumières dirigées sur vos âmes pour les
inonder de rayons lumineux de compréhension! Oui croyez 'à
la Résurrection, et aussi à la Résurrection agissante de vos aimés
disparus à vos yeux. Croyez qu'ils ne sont pas morts dans le sens
où votre douleur le comprend: ce mot qui torture vos cœurs n'existe
pas. Vos aimés vivent, vous aiment, vous aident; et remerciez
le Seigneur qui fait de vos chéris des messagers de lumière et de
consolation.
Le Christ demeure : gardez en vos cœurs la paix qu'Il vous a
laissée.
PAQUJ

- 179-
nTE DU SOUVENIR,
F1tTE D'AMOUR

Fête lie tous les saints, fête des disparus qui ne sont pas encore
des saints, fête de tous vos aimés de là-haut, dont le souvenir
vous émeut et auxquels ce jour-là vous pensez plus particuliè-
rement, car leur disparition laisse à vos cœurs un vide bien diffi-
cilement effaçable, presque impossible à combler.
Pensez à eux avec espoir, confiance; ils sont disparus à vos
yeux, mais non pas perdus, puisque l'âme est immortelle et l'amour
immortel. Qu'importe l'espace qui nous sépare? Il n'existe d'ail-
leurs réellement que si vous nous ignorez, si la terre seule suffit
à vos aspirations, à vos joies, à vos esprits. Dieu ne sépare pas
ceux qu'Il a unis par l'âme: l'amour qui unit les âmes n'est pas
un feu qui s'éteint, mais une lumière, une flamme qui réchauffe
et éclaire, et qui nous réunira pour l'Éternité lorsque vous aussi
vous aurez quitté votre lourde enveloppe charnelle.
Priez avec ferveur en ce jour de fête pour que la Lumière inonde
et allège toutes les âmes. Beaucoup d'entre elles sont encore, sinon
dans les ténèbres, du moins dans des sphères de purification, de
dégagements. Priez avec la conviction que vous les aiderez: la
prière est une grande perforeuse dont vous ne soupçonnez pas la
puissance.
Pour ceux que vous avez vus partir ignorants de la grâce et
ignorants de ce qui les attend au delà de la terre, ayez une prière
spéciale; dégagez-les par un appel fervent vers les âmes libérées
qui jouissent de la vraie lumière et sont puissantes. Priez, mes
amis, pour ces connus et inconnus qui souffrent par ignorance
souvent, et qui, pour la plupart, n'ont pas eu les privilèges de la
connaissance et de la compréhension que vous avez eus. Pensez-y
- 180-
intensément en ces jours de communion entre le ciel et la terre,
touchante et unanime pensée d'amour où les cœurs, quels qu'ils
soient, croyants et incroyants, communient dans un pieux élan,
communion des âmes dans une même pensée de souvenir. Quel
spectacle grandiose pour nous, qui recevons en ondes lumineuses
et parfumées vos tendres pensées! que de vibrations fleuries nous
arrivent et viennent se joindre aux nôtres pour un merveilleux
et fécond travail.
Souvenez-vous et priez, en union avec les anges, pour les âmes
du purgatoire, qui souffrent réellement, toujours agitées par l'es- 2..
prit du mal si difficile à vaincre pour certains esprits, même libérés.
Écartez-le de ces âmes par vos pensées d'amour pur, vos prières
ferventes. Vous avez des armes puissantes, ne les mettez pas au -\
fourreau en ces journées bénies, mais au contraire, soyez de vail-
lants guerriers pour renforcer l'armée céleste. Priez, priez, la prière
est le lien qui unit ceux qui prient dans le ciel et ceux qui prient 3
sur la terre dans un même élan de justice, d'amour et de solidarité.
Les manifestations extérieures sont une force par l'union des
âmes dans une même pensée de piété : ne les dédaignez pas et
aidez ceux qui les organisent. Elles ont des vertus très grandes
et font du bien. Que vos âmes, amis chéris, communient en ce
jour béni avec les Saints, les Anges, les Bienheureux, les Privilé-
giés, qui prient pour que toutes les âmes jouissent un jour de la
Béatitude éternelle auprès de la Lumière des lumières, notre but
final à tous.

Fleurs qui ornez les tombes et qui fleurissez les souvenirs de


ceux que nous aimons, fleurs, soyez nos interprètes; puisez dans
nos cœurs ce que nous avons de meilleur; notre amour, notre sou-
venir fidèle, portez-les vers ces âmes heureuses ou souffrantes :
pour les unes, ce sera une grâce de plus, et pour les autres, un sou-
lagement, un espoir, une sécurité. Fleurs, que vos parfums soient
un encens qui parle pour nous; que nos chéris entendent la voix
de nos cœurs et qu'ils se réjouissent du souvenir ému que nous
-'- 181 -
gardons d'eux. Fleurs, fleurettes, qui recouvrez ce qui nous reste
d'eux, dites-leur bien que nous savons que le corps n'est rien, et
que si nous avons pleuré la cruelle séparation, nos âmes n'ont
qu'un but, qu'un désir: devenir, être, ou rester dignes d'eux, afin
de les rejoindre au moment et à l'heure fixés par Dieu.

PAQUI.

- r82-
JOYEUX NOËL

Joyeux Noël, amis chers à mon âme: oui, joyeux Noël ! Non
pas comme l'entendent certains humains, mais paix joyeuse de
l'âme, et fête du. Grand Amour qui se célèbre dans notre ciel
comme sur la terre, reconnaissants et émus du grand sacrifice qui
nous rappelle que Dieu nous a tout donné en nous donnant Jésus.
Noël! Comprenez la grandeur de cette fête ! Le Ciel et la terre
se confondent, et c'est le grand miracle de la Nativité. Je voudrais
vous convaincre tous, vous donner ma joie, ma confiance et mon
amour; jeter dans l'espace des mots si persuasifs, si clairs, que
vous ne puissiez douter de la clémence et de la bonté de Celui qui
a fait le ciel et la terre, l'Animateur et le Créateur. Ayez confiance
en Lui. Aujourd'hui, je vous demande de le voir SOU9 l'aspect du
petit enfant de la crèche; oubliez qu'Il est le Maître Universel,
le centre de tout ce qui existe ~ ne voyez que le doux Jésus, le
Jésus enfant qui demande la tendresse d'une mère, l'affection de
ses frères humains. Il n'a rien, moins que rien. Vous vous pencherez
sur sa couche si humble; vous l'aimerez tout simplement, et vous
vous sentirez le cœur rempli de joie et de tendresse pour I'appro-
cher. Demandez-lui de VO'\!l'S aider à devenir comme Lui, petit en
apparence, mais avec une âme éclaiirée, prête à s'élever, à. devenir
lumineuse pour suivre son exemple, 53: doctrine d'anwur et de
miséricorde. Un peu de 50Il immense sacrifice rejaillira:. sur 'Vous
et vous fera mienx accepter vos misères quotidienne!.
Joyeux et doux: Noël! Que- la paix: soit avec vous! La fête de
Noël est nn appel à l'humilité, à l'adoration du plus gtand, du
plus pttr, qui a voulu naître dans mle pauvre étable abandonnée
pour' nous prouver son amour pour les plus déshérités, les humbles,
les petits, dépourvus du nécessaire. Sa vie cachée avec Marie et

- 183 -
Joseph est une autre preuve de son amour pour les familles unies
et laborieuses... Plus tard, le choix de ses disciples parmi les moins
privilégiés de la vie, des simples, des pêcheurs...
Noël, c'est Jésus, c'est l'amour descendu sur la terre pour nous
montrer la lumière, la voie lumineuse et cachée de la souffrance
rédemptrice, et nous donner la vie, la vie spirituelle, la seule qui
demeure. Faisons comme les Mages: suivons cette lumière. Ils
ont tout quitté sans rien se demander, sans savoir où ils allaient,
pour rencontrer le Messie. Ayez confiance vous aussi, amis chéris;
suivez et aimez Jésus, et dites avec ferveur et amour :

Petit Jésus de la crèche, je te confie mon âme, seul bien précieux


que la terre ne recouvrira pas pour l'anéantir. Petit Jésus, Grand
Roi dont le royaume n'est pas de ce monde, Jésus notre Sauveur,
Jésus si doux, si docile, si aimant, ouvre nos yeux à la lumière
et ne nous laisse pas succomber à toutes les tentations mauvaises
de la vie. Donne-nous plus de douceur, de bonté d'indulgence
envers autrui; donne-nous l'esprit de justice qui nous manque si
souvent pour nos frères malheureux ou coupables. Jésus, que le
carillon qui annonce ta naissance au monde résonne dans notre
cœur rempli de bonne volonté afin que nous ne donnions, comme
Tu nous l'a montré, que de la joie, de la douceur, à tous les déshé-
rités qui habitent cette vallée de larmes ...
Petit Jésus, Divin enfant, donne-moi Ta paix. Tu es le bel
agneau blanc que Joseph portait et que Marie berçait... Tu peux
tout pour moi! Avec le brin de paille de ta crèche natale tu peux
me rendre pur, tout petit mais fort et croyant en ta vérité. Petit
Jésus si doux, je me prosterne à tes genoux; Tu es grand dans
la petitesse de ta crèche ... Je te remercie, je t'adore, et mes yeux
éblouis te contemplent au travers de mon Christ...
Paix aux âmes de bonne volonté : le Royaume des Cieux leur
appartiendra, elles connaîtront la béatitude éternelle. Amen.

PAQUI.

- 184 -
FËTEZ L'ENFANT-DIEU

Réjouissez-vous, voici Noël! et Noël, c'est l'annonce du bon-


heur dans la paix divine des âmes, c'est l'amour descendu sur la
terre.
Jésus, le Roi des rois, a consenti à descendre vers Ses créatures
pour les sauver de la misère - la grande misère des âmes, com-
prenez-moi bien, n'est-ce pas! Dieu s'est fait tout petit pour être2..
plus près de nous, de notre pauvre humanité, pour mieux nous
comprendre, se laisser approcher et chérir comme un tout petit.
Loin de tout faste Il grandira; loin de toute richesse Il tra-
vaillera, restera humble dans sa grandeur; simple dans son amour;
et lorsqu'Il commencera sa grande mission, lorsqu'Il se fera con-
naître au monde, Il sera toujours notre Ami, notre Frère, parce
que humble et doux Il restera, dans la vérité et dans la lumière.
Suivez-Le avec amour en ce jour anniversaire. Que tous vos
soucis s'apaisent! déposez un instant le lourd fardeau de la vie ;
ayez confiance, glorifiez et chantez Noël, la descente de Jésus
parmi nous, la descente qui nous permet toutes les espérances de
la Vie éternelle.
Penchez-vous sur le petit enfant-Dieu; dites-lui combien vous
vous sentez en confiance; faites vous petits, tout petits; puisez
en Lui, en toute humilité, ce qui vous manque; donnez-Lui vos
faiblesses, vos péchés: Il les consumera dans son amour miséri-
cordieux. Et surtout, regardez son visage d'enfant-Dieu: ne reflète-
t-il pas une sérénité absolue? Y voyez-vous autre chose que la
douceur, la tendresse, l'amour? Non! il sourit à Marie, à Joseph,
à tous ceux qui viennent vers Lui. Imitez-Le; soyez confiants, l
souriez à ceux qui vous entourent, donnez de la joie, du bonheur. {

- 185-
répandez vos cœurs sur la souffrance humaine, allégez-la le plus
possible mais ne vous révoltez pas contre elle: la douleur ouvre le
passage à la vie spirituelle de l'âme choisie par Dieu.
Ne jugez pas les misères: vous ne savez pas la moisson qui
fleurit sous son manteau en loques. Souriez à Jésus même au milieu
de vos larmes. Comme Il est bon, mon Jésus! qu'Il comprend le
cœur de tous ses enfants! Il sait que Paqui désire du bonheur.
du bonheur spirituel pour tous ceux que j'ai laissés sut: la. terre.
Il veut bien me permettre de répandre ma joie, et comme elle
m'inonde, vous êtes inondés. Bon et joyeux Noël de Paqui en
Jésus, par Jésus. Ainsi soit-il.

Petit Jésus, Divin enfant, donnez-nous votre paix. Nous sommes


aussi petits que vous paraissiez l'être dans votre pauvre étable.
Nous avons besoin de tout votre secours: il nous faut grandir,
nous instruire en Dieu, et nous ne comprenons pas. Petit Jésus,
soyez notre Maître, tel que Vous l'avez été dans le Temple: nous
Vous écouterons, nous Vous adorerons; l'Esprit Saint nous éclai-
rera et nous pourrons aussi devenir des apôtres.
Paix aux âmes de bonne volonté! Seigneur, mon Dieu, Jésus,
Vous qui ne faites qu'Un, nous Vous prions de nous aider, de
nous soutenir, et de nous rendre persévérants dans votre amour
et votre lumière. Amen.

PAQUI.

- r86-
PAQUES

Joyeuses Pâques! amis chéris. Je me penche vers vous très


près, afin que vous entendiez les harmonies célestes dont nous
sommes entourés en ces heures de fête joyeuse. Jésus est res-
suscité! Il est parmi ses enfants qui glorifient la Paix, sa Paix
qu'Il a apportée au monde en se sacrifiant pour lui et que si peu
ont comprise!
« Ne cherchez pas parmi les morts Celui qui est vivant... » Ces
paroles dites par un messager céleste sont toute l'explication de
la fête de Pâques. Pâques, c'est la résurrection; Pâques, c'est le
renouveau, c'est la grande espérance de la vie glorieuse.
La Naissance, la Mort, le Triomphe de Pâques, sont toutes les
phases de l'amour de Jésus. « Comme Je vous ai aimés, aimez-
vous les uns les autres. » Voilà ses dernières paroles d'ensei-
gnement.
Quand sur la terre comme dans le Ciel l'amour aura triomphé,
l'union et la paix universelles se manifesteront, Jésus nous l'a
promis. Oui, comprenez: plus de tombeau, plus de ténèbres, plus
d'injustices! la méchanceté, l'égoïsme vaincus. Vaincus par quoi? ...
Par l'Amour, amis chéris. Par l'amour, tout se vainc, rien ne
résiste. « Mourir à soi-même pour Vivre en Dieu pour les autres» :
ne fuyez jamais devant les difficultés de suivre un tel exemple.
Jésus a tout supporté: l'infamie, le Calvaire, les larmes de sang,
la tentation, le crucifiement, la mort. Et, plus cruelle encore que
la mort, l'ingratitude des hommes qu'Il cherchait et qu'Il vou-
lait sauver malgré eux: voilà ce dont le Christ a le. plus souffert.
La Croix de Jésus est Lumineuse, Créatrice, Consolatrice. Voyez
surtout en Elle le legs sacré, le levier puissant qui vous aidera à

- 187 -
vaincre tous les obstacles, tous les doutes qui assombrissent vos
cœurs.
Le Christ est ressuscité! le Christ est sorti du tombeau! -
vous aussi, vous sortirez glorieux des ténèbres : que vos âmes
chantent Alleluia! Alleluia!
Le grand jour! le beau jour que celui où le tombeau vide a
montré au monde qu'un Dieu, par Amour, s'était sacrifié, avait
pris les apparences de l'homme pour souffrir et mourir afin qu'ils
Vivent! C'est donc pour vous, pour nous tous, pour que nous
soyons sauvés, que Jésus est mort... Mais Pâques est venu; Jésus
est sorti du tombeau le troisième jour comme Il l'avait annoncé,
pour nous prouver la Résurrection et la Vie. Le Ciel et la terre
sont en fête : vous aussi, vous devez vous réjouir, remercier Dieu
de ce Rayon lumineux qui brille entre le Ciel et la terre.
Pâques est venu, c'est un heureux jour: soyez heureux malgré
tout. Continuez avec sérénité à répandre les effluves bienfaisants
que vous recevez vous-même. Regardez les malheureux qui ré-
pondent mal à l'appel, ne comprennent pas ... Ne les abandonnez
pas; passez, souriez, priez, espérez tout, ne craignez rien; vivez
dans la lumière, celle que nous vous tendons: le flambeau éternel,
la flamme de Dieu, qui ne s'éteint jamais.
Joyeuses Pâques, Pâques bénies dans la Paix de Jésus.

PAQUI.

- 188 ~
PENTECOTE

N'avez-vous pas eu votre Pentecôte, le jour où Dieu, dans sa


très grande miséricorde, mettant un trait d'union entre le Ciel
et la terre, a permis à Paqui de vous éclairer, de vous initier
aux beautés et aux joies de son Ciel, de vous faire goûter enfin à
la source d'eau vive de la vérité, de l'amour et de la miséricorde
divine, vous affirmant que vous étiez dans la bonne voie, mais
que vous deviez amplifier vos efforts dans la connaissance spiri-
tuelle afin de la rendre plus fructueuse pour vous, mais surtout
pour les âmes qui n'ont pas reçu la lumière et tâtonnent dans
d'épaisses ténèbres.
La connaissance très succincte que je puis vous transmettre
n'est-elle pas déjà pour vous une grande joie? Vous sentez que
vous possédez vraiment quelque chose de plus que ces pauvres
aveugles qui vivent dans l'ignorance, l'indifférence du don de
Dieu, et ne font aucun effort pour le connaître et le posséder. Priez
et remerciez Dieu de toute votre âme d'avoir été éclairés, vivifiés,
et demandez-lui la grâce d'être, vous aussi, des vrais disciples du
Christ, des apôtres; la foi et l'amour ont inondé leur âme, et les
ont rendus forts et capables de tous les sacrifices pour faire con-
naître la vérité.
En cette fête commémorative pensez aussi, amis très chers, à
votre propre initiation, à votre avancement dans la voie de la
compréhension. Rendez-vous compte que si vous n'êtes rien encore,
vous êtes cependant des privilégiés qui avez reçu des rayons de
lumière. Remerciez-en Jésus; priez, méditez; gardez en votre
main cette petite lampe qui ne peut plus s'éteindre et qui vous
guidera, lentement mais sûrement, vers le bonheur infini. N'as-

- 189 -
pirez pas à la grande lumière réservée à de très rares privilégiés :
contentez-vous de ce que vous possédez, en vous en servant utile-
ment. Soyez des petits apôtres; répandez votre joie spirituelle;
ne gardez pas pour vous égoïstement les rayons lumineux que vous.
avez reçus, le but ne serait pas atteint, ne l'oubliez pas, et, tout
en tenant fermement dans vos mains votre lumière, laissez fuser
entre vos doigts les divins rayons qui iront se poser sur des cœurs.
moins éclairés que les vôtres.
Donnez sans vous lasser et vous recevrez toujours davantage;
je vous l'ai maintes fois répété: consolez ceux qui souffrent sans
comprendre l'œuvre divine; donnez la certitude de la vie que vous.
avez en vos âmes, et vous atténuerez bien des doutes, bien des
désespoirs.

Divine lumière, doux rayon, éclaire notre obscurité, projette


tes rayons sur nous, inonde nos âmes; nous sommes isolés si nous.
ne te sentons pas. Plongés dans ton rayon, ô divine lumière, nous
ne risquons plus rien, notre ciel est gagné.
Rayon de Dieu, éclairez vos enfants remplis de bonne volonté
mais tellement ignorants et peu persévérants. Amen.

PAQUI.

- 190 -
L'ESPRIT-SAINT EN NOS AMES

Pour toi, Mamie chérie, la Pentecôte, la descente de l'Esprit-


Saint en ton âme lacérée a été le jour où j'ai pu te crier: « Je vis;
crois, espère, et attends.»
Ce jour-là, tu as compris que la terre n'était pas qu'un tom-
beau, que seul le corps y restait pour devenir poussière, mais que
l'âme, parcelle divine, incorruptible, éternelle, reprenant son essor
interrompu seulement pendant la petite traversée terrestre repar-
tait là où tout est beau, là où tout demeure... et que ce lieu où les
âmes se meuvent doit seul retenir notre attention. Mamie chérie
tu as eu, toi en particulier, la descente de l'Esprit-Saint, et tout
ton être a tressailli, tes larmes ont été moins amères, tu as souri
à Jésus, tu as gardé le contact avec ta petite fille à peine trans-
formée, à peine invisible, et tu as entendu le bruissement des ailes
que Dieu, dans sa miséricorde, avait attachées à ta petite Paqui
pour lui permettre d'être à la fois, et dans le ciel béni, et près de
sa maman, pour tarir ses larmes, lui faire entrevoir l'éclatante
lumière, lui ouvrir le grand livre de vérité, et l'aider à surmonter
les obstacles qui lui dérobaient le vrai visage de Jésus.
Demandons en ce jour la lumière, la compréhension. Que Dieu
permette que les ténèbres, qui rendent le monde si aveugle, fassent
place à la clarté dont les âmes ont autant besoin que le corps a
besoin de soleil. Que ces pauvres âmes crient, elles aussi: « Je
crois, j'aime, j'espère, j'attends, je me mets entre les mains de
ce Dieu qui ne me veut que douceur et joie, mais qui ne peut me
donner ce bonheur que si je fais les efforts nécessaires pour le
posséder... »
Voilà ce qu'il faut comprendre, ce qu'il faut accepter; et ce que
vous appelez injustice, écrasement de certains, acharnement du
sort qui encercle et broie des êtres plus que d'autres, sans discon-

- 191 -
tinuité, ces injustices apparentes, dis-je, ne les jugez pas. Savez-
vous ce qu'il peut y avoir derrière cette souffrance? Non! Il se
peut que ce soit accepté d'avance, pacte passé entre Dieu et l'âme
douloureuse, et que sur la douleur fleurisse le plus beau jardin de
Dieu. Vous ne pouvez et ne devez pas juger; mais ce qu'il vous
faut faire, c'est aider et consoler les accablés ces « peut-être privilé-
giés spirituellement parlant )), les soutenir, les protéger. Là est le
devoir, et en agissant ainsi, vous fleurissez, vous aussi, vos parterres,
vous y ajoutez des plantes rares aux parfums odorants. Le monde a
grand besoin d'être éclairé par l'Esprit-Saint. Aussi, prions avec
ferveur pour que la lumière divine inonde les humains, que la com-
préhension pénètre dans les âmes pour le bien de tous. Courage, dans
les heures les plus noires surtout: c'est là que les âmes fortes se
relèvent, que les plus faibles viennent chercher la chaleur bienfai-
sante, le pain de vie qui rend tout moins obscur, tout acceptable.
Je vous unis dans ma chaîne d'amour, je vous monte vers les
sentiers fleuris pour que vous vous y sentiez en parfaite sécurité.
La sécurité donnée par un petit ange du Seigneur! voilà qui peut
faire sourire bien des ignorants, mais pas vous, car vous savez de
quelle sécurité parle Paqui. Pas celle, bien sûr, que les humains
recherchent, mais celle que vous connaissez et qui demeure.
Maman chérie, je suis là, tout près de toi, avec mes vingt ans
immortels, toute ma jeunesse, ma joie, mes yeux gais, mon amour
filial et, sans rien omettre, c'est tout mon moi qui te visite en ce
jour. Je ris, je suis heureuse, ma joie tinte à tes oreilles en douces
harmonies; je berce tes rêves et tu me souris ... Tu as tout perdu,
disais-tu... Non; dis plutôt: je possède tout encore de ma petite
Paqui chérie, mais bien mieux, voilà tout.
Pâquerettes, roses et lis, fleurs pieusement déposées dans ma
chambrette rose, donnez à ceux qui la visitent la joie que je res-
sens en pensant à l'amour qui les y a fait mettre et qui les entre-
tient avec tant de fidélité. Petits liens, je vous chéris. A toujours.

PAQUI.
LE BIEN, LE MAL
ET NOTRE FINALITÉ

13
L'HEURE DE LA COMPRÉHENSION
VIENDRA PLUS TARD

En ta vision, tu sembles étonnée de me voir si lumineuse, et


je suis heureuse que tu sentes ainsi ma lumière plus vive, plus
forte, et que les rayons qui s'en dégagent te réchauffent et te
vivifient. C'est Dieu qui me transforme ainsi, Dieu, ce Père si bon,
si tendre, qui dore mes ailes et fait de Paqui une étoile scintil-
lante qui vient se poser sur vos yeux pour leur donner la Vue spi-
rituelle.
Ne cherchez pas à comprendre ce que vos cerveaux humains
ne peuvent enregistrer: cela vous est absolument impossible;
comprenez le sens de ces mots: absolument impossible, sur la terre,
de comprendre les problèmes de la vie et les desseins insondables
de Dieu.
Pouvez-vous demander à l'enfant de résoudre un problème à
peine déchiffrable pour des mathématiciens? Non, il ne le peut
pas, si intelligent soit-il. Or vous êtes aussi des enfants qui com-
mencez à peine à déchiffrer les premières lettres de l'alphabet
céleste. L'heure de la compréhension viendra plus tard... Elle
commence à peine pour moi qui suis pourtant dans la lumière.
Je comprends votre étonnement, vos doutes, vos angoisses devant
certaines douleurs, certaines catastrophes. Vous, privilégiés entre
tous, devriez moins en sentir l'acuité, moins douter, surtout, de la
justice divine; et votre petite Paqui vous supplie d'avoir confiance
en la grande miséricorde et en la justice absolue de Dieu. Les pro-
blèmes que vous posez ne peuvent être résolus sur la terre: le
royaume de Dieu n'est pas de ce monde. Et il vous faudra vous
élever, et faire de grands progrès dans nos sphères pures avant
d'en obtenir la solution et d'en comprendre la simplicité, oui, la

- 195-
très grande simplicité. Car ce n'est pas parce qu'un problème est
compliqué que nous ne le comprenons pas: c'est tout simplement
parce que nous sommes des ignorants qui avons encore tout à
apprendre.
Vous expliquer pourquoi des êtres anormaux, méchants et
cruels, font tant de mal sur la terre, et pourquoi Dieu n'écrase pas
de son bras puissant l'arbre corrompu qui porte de tels fruits?
Je ne le puis pas encore... D'ailleurs, si je vous disais que les souf-
frances atroces provoquées par cet arbre peuvent faire sortir des
merveilles, que cet arbre pourri fait germer des roses, vous ne
pourriez pas et ne voudriez pas le comprendre. Votre cerveau est
inapte à accepter ces pensées; vos cœurs repoussent encore l'idée
de la souffrance rédemptrice... et pourtant c'est une des grandes
lois divines. Ne vous posez aucune question que vous ne pouvez
résoudre; éloignez de votre esprit ce qui le trouble inutilement;
tendez-le vers la Beauté lumineuse, vers ce firmament constellé
d'étoiles scintillantes; que vos yeux n'y cherchent pas les pré-
mices de l'ouragan qui peut un jour se déchaîner. Cherchez et
suivez le sentier calme et lumineux, celui qui vous paraît le plus
convenable pour vous mener au but, et laissez la Providence agir.
Ne jugez pas à tort et à travers; plus tard, beaucoup plus tard,
vous serez aptes à comprendre, et trouverez bien mesquins vos
jugements humains actuels sur ce qui vous paraît bien ou mal,
juste ou injuste.
Ayez confiance, et soyez, amis chéris, de vrais disciples du Christ;
suivez ses enseignements, recherchez-les dans les moindres détails
de votre vie journalière: quelle générosité! quelle piété délicate,
quel amour pour tous ceux de son entourage, et pour tous en
général, quelle indulgente bonté! Ne jugez pas sur les apparences:
sont souvent bien plus près de Jésus ceux que vous êtes tentés
quelquefois de blâmer ou de fouler aux pieds.
Efforçons-nous de comprendre mieux et toujours mieux l'im-
mense charité du Christ. Quel magnifique exemple! et pourquoi
ne pas essayer de suivre très simplement les voies d'amour qu'il

- 196-
nous a tracées? Hélas! nous sommes tous des Pierre au jardin
des Oliviers et nous renions ce que nous devrions confesser tout
haut ...
Amis chéris, éloignez de vos cœurs les mesquineries qui enserrent
le cœur humain et l'étouffent; soyez vrais et généreux. Mon amour
pour cette pauvre humanité souffrante est si grand que je voudrais
pouvoir lui crier très fort de lever les yeux vers le Ciel afin que sa
souffrance devienne claire, lumineuse, légère... Et je remercie
Dieu de m'avoir cueillie si jeune, d'avoir fait de Paqui, qui le
méritait si peu, un petit ange des sphères de lumière et d'amour
et de me permettre d'en répandre les rayons sur mes amis de la
terre.

PAQUI.

- 197-
DIEU CRÉATEUR

Vous voudriez que nous vous aidions à saisir certains mystères


que votre raison accepte difficilement parce que vous ne pou-
vez les comprendre; et vous pensez que, pour nous le voile étant
moins épais, nous pourrions vous donner des éclaircissements,
afin que vous fassiez des progrès plus rapides. Nous le voudrions
bien, mais nous savons si peu et les mots sont si pauvres pour nous
traduire! Il nous faut puiser plus haut l'aide des âmes plus avan-
cées dans la compréhension des mystères; cela, nous l'obtenons
facilement, mais il est plus difficile de vous pénétrer; vos cerveaux
enregistrent mal, malgré l'ardeur et la bonne volonté.
Vous ne pouvez douter de l'existence de Dieu, ceci est clair et
ne fait aucun doute pour vos esprits. Du néant, de la matière,
toutes les merveilles de la nature se seraient confectionnées seules?
Comment ? Le cerveau refuse de croire à la matière se dégrossis-
sant toute seule; alors, il a fallu un maître, un ordonnateur, un
ouvrier, un guide, une tête! Appelez-le comme vous voudrez,
mais vous ne pouvez croire à autre chose: c'est Dieu qui a créé
les merveilles du monde.
Ceci dit, si vous croyez (et c'est le cas de la plupart) qu'un maître
a présidé à la création, si vous admirez son œuvre grandiose et
pleine de mystère, pourquoi vous refuser à admettre ce que votre
cerveau ne peut comprendre et qui trouble votre quiétude spiri-
tuelle, par exemple le mystère de l'Incarnation, de la Résurrec-
tion? Pourquoi ne pas admettre que ce même grand Fondateur
ait pu, ait voulu s'approcher de ce qu'Il avait créé avec tant
d'amour.
Je vous parlerai plus tard de ce merveilleux mystère de l'Eu-
charistie, dans lequel ce même Dieu se donne encore et toujours
à sa créature. Vous ne pouvez analyser ces Mystères? Qu'im-
porte! Venez avec tout votre cœur, avec toute la Foi dont vous
disposez; dites avec ferveur à ce Dieu caché: « Mon Dieu, je ne
suis rien, je ne comprends rien, je ne vois rien, mais me voici: que
votre volonté soit faite; envoyez-moi vos divins rayons, pénétrez-
moi, écartez les ténèbres, afin que le jour béni où je quitterai cette
écorce épaisse qui voile la lumière divine, je sois léger et je
m'élance sans tarder vers des sphères où vos élus pourront
m'initier très vite et m'aider à m'élever. Si je ne comprends pas
les mystères, si je ne puis goûter parfaitement les enseignements
des Évangiles, ce que je sais, Seigneur, c'est que j'ai conscience du
Bien et du Mal, que je désire que tous mes actes correspondent à
la volonté formelle de ne pas nuire, de ne pas trahir, et d'aimer.
mon prochain comme moi-même pour l'amour de Vous. Ainsi
soit-il.
Pourquoi, dites-vous, Celui qui du chaos a su faire sortir des
sites admirables, des plantes, des fleurs, Celui qui a si bien ordonné
les saisons, qui a permis au soleil de nous vivifier, de nous éclairer
et de nous chauffer sans nous brûler, qui a enfin créé tant de mer-
veilles, comment et pourquoi ce Dieu ne nous a-t-il pas tous faits
à son image, c'est-à-dire purs, dociles et bons dans toute l'accep-
tion du mot? A ceci je réponds: Dieu nous a créés avec une intel-
l'gence connaissant parfaitement le Bien et le Mal, discernant ce
que nous pouvons faire et ce que nous ne devons pas faire. Mais
Dieu, étant tout amour, ne force pas l'amour et nous a laissé le
libre arbitre, c'est-à-dire la faculté de choisir. Il créait un homme
animé de la parcelle divine, donc, conscient, et puisque nous étions
autre chose que ce qu'Il avait animé jusqu'alors, puisque nous
étions en quelque sorte des petits dieux possédant une parcelle
<le la divinité, nous devions dans une certaine mesure nous diriger.
Il nous mettait les armes en mains, libre à nous de nous en servir
'Comme bon nous semblerait. Hélas! les hommes ont préféré errer
sur le chemin du mal, de l'envie, de la haine, et s'éloigner du che-

- 199-
min de l'Amour; et le grand mal dont souffre le monde entier
c'est le manque d'amour; l'égoïsme règne en maître et ne peut
porter la paix au monde.
A tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui veulent bien avoir
confiance, Paqui se donne, se répand au service de Dieu. Aimez-
vous les uns les autres, tous! Dieu ne sépare pas ceux dont les
âmes se sont unies, Dieu ne crée pas pou):" anéantir. Les liens qui
se desserrent ne sont pas déliés par la main de Dieu. Dieu est infi-
niment juste, bon et miséricordieux. Ne cherchez point ce que
vous ne pouvez point comprendre sur les conditions et la nature
de la création universelle pour y trouver les raisons de croire ou
de nier ... La souffrance est un appel, parfois un châtiment, le plus
souvent un moyen de salut.
Je suis le petit ange de Dieu qui voudrait grandir pour mieux
adorer, mieux servir les desseins de Dieu. Priez avec Paqui pour
que le Divin parle mieux encore en vos âmes par ces messages,
don de Dieu, don d'un Amour absolument parfait. Vivez en lui,
par lui, c'est l'Amour divin.

PAQUI.

- 200-
NOUS NE POUVONS
PRÉDIRE L'AVENIR

Votre erreur est de croire que dès que nous sommes partis
de la terre, dès que nous avons laissé nos corps pour aller vers
des sphères plus légères, nous devenons savants et puissants, et
que nous pouvons si nous le voulons vous diriger, vous prévenir,
et vous prédire l'avenir. Si vous parliez de l'avenir, du seul qui
compte, nous pourrions déjà mieux vous répondre; mais votre
avenir à vous, celui qui vous intéresse et vous preoccupe le plus
pour le moment, est composé de quelques aimées qui vont suivre
celles que vous vivez - et, pour nous, il nous est impossible de
les prédire.
Nous ne devons et nous ne pouvons, pas plus que vous, être
éclairés sur votre sort immédiat. Quelques privilégiés sont parfois
partiellement éclairés mais combien d'erreurs se glissent! Vous
pensez que nous sommes plus clairvoyants, et que nous devrions 2-
vous aider, vous épargner les obstacles de la route? Des initiés,
certes, peuvent plonger dans les fluides du futur, mais c'est rare
et pas toujours strictement exact, car des courants s'interposent
et les détruisent quelquefois.
Ne nous demandez pas de vous prédire l'avenir et les événe-
ments qui doivent vous arriver avant votre mort. Nous ne savons
rien : votre âme seule nous intéresse; et si nous sommes par rap-
port à vous de grands privilégiés, nous ne savons pas tout. Nous
marchons avec confiance, certes, parce que nous entrevoyons la
lumière et la vérité. Nous sommes certains de devenir meilleurs,
plus éclairés; nous connaissons le but; nous avons entrevu la
divine rosace où nous viendrons un jour nous confondre avec le
Divin. Nous savons que nous avons une route extrêmement longue,
- 201-
et, laborieusement, nous nous mettons en route et au travail.
Ne vous troublez pas; gardez votre Foi, votre Sérénité. Laissez
passer les orages, les bourrasques de la vie: l'arc-en-ciel réappa-
raîtra et vous oublierez les moments douloureux. Nous compre-
nons, cependant, vos troubles et nous vous exhortons à la patience :
la sagesse le demande et votre sécurité morale l'exige. Faites ample-
ment votre devoir, vos devoirs, dis-je. Remplissez votre tâche
avec non seulement votre intelligence, mais avec votre cœur;
laissez-le déborder, répandez-vous, mais soyez calmes.
Si vous avez des doutes, des troubles de l'âme, tenez bon, et
dites-vous que de bien plus élevés que vous dans la lumière, de
grands privilégiés, des initiés, en ont eu de très grands, qu'ils en
'Ont atrocement souffert, et qu'un jour, tout est redevenu pour eux
simple et compréhensible. Dans ces moments de souffrance spiri-
tuelle, faites-vous petits, humbles, reconnaissez votre parfaite
ignorance, et, tout doucement la paix descendra en vous-mêmes.
Rien n'est plus doux que de s'abandonner dans la Grande main
de Dieu : elle se resserre sur vous sans vous broyer ; et si, en vous
façonnant, la souffrance vous arrache quelques plaintes, qu'elles
ne soient jamais amères. Ayez confiance, car le grand mortier
de Dieu ne détruit pas, il crée; et c'est toujours un chef-d'œuvre
qui sort des mains divines si vous vous abandonnez entièrement
au Maître, au Grand Constructeur des âmes.
PAQUr.

Mon Dieu, nous ne comprenons que bien peu de choses; nos


cœurs sont souvent angoissés et douloureusement surpris par la
marche des événements, aussi bien lointains que tout proches.
Nous sommes des révoltés parce que des ignorants, et nous avons
bien de la peine à réaliser notre avenir. Nous ne sentons et ne
voyons que l'heure présente, et c'est pourquoi nous sommes si
injustes. Mon Dieu ayez pitié de nous; que le flambeau des élus
se penche sur notre obscurité pour nous entourer de rayons lumi-
- 202-
neux. Donnez-nous la patience, la résignation, le courage; ouvrez
nos cœurs à la compassion; éloignez de nos esprits tout ce qui
peut leur nuire : donnez-nous la compréhension plus nette de nos
devoirs quotidiens; faites-nous humbles, petits, et que, par cette
humilité, nous parvenions à reconnaître que sans Vous, Seigneur,
nous ne sommes rien, mais qu'avec votre aide nous avons la per-
mission de tout espérer dans ce monde et surtout dans l'autre.
Ainsi soit-il.

- 2°3-
SPIRITUALri'É~·~ . . . ~·-I
N'EST PAS SPIRITISME.

La médiumnité existe, c'est indiscutable; les courants peuvent


être bons, peuvent être mauvais; des erreurs grossières se glissent
souvent entre les plans: méfiez-vous, la supercherie dépasse
de beaucoup la vérité pour certains phénomènes inférieurs et
sans valeur réelle, que réclament seuls les esprits inférieurs ou
retardés.
Autre chose était le don du grand Curé d'Ars, dont vous lisez
la vie curieuse et émouvante. Il ne faut pas oublier que si cet
esprit si grand, si pur, avait un don physique de médiumnité très
puissant, il avait surtout une âme très évoluée qui lui permettait
de lire dans la pensée de ses interlocuteurs et de correspondre
avec les sphères pures. Sans ce don spécial, certes, qui lui venait
de Dieu, il aurait pu posséder les mêmes vertus morales; son âme
très éclairée en aurait fait l'apôtre bien-aimé du Christ, mais il
n'aurait pas été le grand voyant, fouillant et mettant à jour les
.... plus noirs replis des âmes. Quel pacte avait été passé entre lui et
son Créateur? Était-il descendu spécialement pour une mission
déterminée? Avait-il demandé pour avancer plus vite ce don qui
3 a rempli son âme d'allégresse mais qui a fait tant souffrir son
corps? nous ne pouvons résoudre cette question, mais il est presque
certain que cette âme avait été choisie pour accomplir une mis-
"" sion sur la terre, et que Dieu la guidait. Son apparence était pauvre
et simple - à part quelques exceptions, c'est souvent sous une
enveloppe grossière que ces âmes admirables se révèlent. C'est
rarement sous les formes de la splendeur que Jésus charge une
âme de répandre sa voix d'une manière particulière... et les hommes
commettent les plus grandes erreurs sur la valeur spirituelle de

- 204 -
ces êtres; ils ne voient que l'écorce rude et épaisse qui cache la
pureté éblouissante de l'âme.
Des âmes moins évoluées communiquent aussi avec l'au-delà
sans être pour cela des prédestinées. Il faut, pour s'entendre à
travers les couches physiques très épaisses qui séparent la terre
de l'au-delà, posséder des fluides qui s'accrochent parfaitement.
L'accrochage est difficile et c'est permission divine très spéciale.
Profitez largement des enseignements que vous recevez par cette
voie. Que de cœurs brisés se plaignent de leur isolement spirituel
malgré leur désir d'un pur rapprochement avec l'invisible, et
réclament avec désespoir un signe de l'au-delà qui leur permettrait
d'entendre ceux qu'ils ne savent plus voir !... Nous chercher sur
le plan matériel est chose vaine; nous n'y venons, pour l'âme
qui nous aime et nous pleure, que lorsqu'elle s'est préparée à cette
communion par l'acceptation totalede la volonté du Maître. Et
dites bien à ceux qui pleurent un être chéri qu'ils ne le trouveront
point, ne sentiront point sa présence s'ils ne viennent pas le
rejoindre dans la spiritualité de leur Vie nouvelle.
Soyez sans crainte : les âmes pures ne peuvent communier
qu'avec le pur; l'arbre sain ne peut porter que de bons fruits.
Certains sujets, au contraire, n'ont de communication que sur '1'
des plans matériels. On ne peut s'y tromper : rien d'intéressant ~
ni de bienfaisant dans ces communications sans valeur spirituelle.
Il faut toujours se méfier de ces courants souvent trompeurs qui
peuvent être mauvais et dangereux. Les âmes de l'au-delà ne""
sont pas toutes remplies du désir d'aider les humains, pour la
bonne raison qu'elles ignorent encore la vraie voie lumineuse,
celle qui seule mène à Dieu, mais aussi parce qu'il y en a qui sont
encore malfaisantes.
En"restant des croyants, des purs, en vous mettant sous la pro-
tection du Pur des purs, vous ne risquez rien : il n'y a qu'une
morale comme il n'y a qu'une Vérité.

PAQUI.

- 205 -
LES CLEFS DU BONHEUR

C'est un trousseau qui est à la portée de beaucoup, non de tous.


puisque nous savons que pour certains, le Ciel semble amasser
tout ce qui peut accabler la créature humaine, que les catas-
trophes suivent les catastrophes, sans que l'on puisse expliquer
pourquoi, humainement parlant. Ces âmes, je le répète, ont des
pactes, des échelons à franchir, doivent réparer ou préparer, et
ceci, hélas, par la souffrance.
Ces clefs sont pour les privilégiés, les heureux de la terre, qui
ne savent pas se servir du trousseau mis à leur disposition: ils
sont légion, et n'en êtes-vous pas, amis chéris? Étudions donc ces
grandes et petites clefs pour nous apprendre à les manier et à nous
en servir. C'est simple mais il faut y penser, réfléchir et méditer.
La principale, celle dont vous devez vous servir en ouvrant les
yeux est celle qui ouvre le coffret de la bonne humeur, de l'endu-
rance, de la bonne volonté. D'elle dépendra la journée, par consé-
quent le bonheur et de votre esprit et de ceux qui vous entourent.
La deuxième sera la clef de l'équilibre; elle a beaucoup d'im-
portance pour vous aider à voir, à juger les choses à leur juste
valeur sans leur donner ni plus ni moins d'importance qu'il ne faut
pour que l'harmonie, l'équilibre de votre esprit ne se rompe pas.
La clef du devoir doit vous être précieuse; elle vous conseillera
d'être consciencieux, vigilants, et de ne jamais remettre au lende-
main, si possible, le travail qui vous appelle. Demain, mais c'est
peut-être jamais pour vous: nul ne connaît son heure... Travaillez.
faites bien ce que vous avez à faire pour pouvoir d'un cœur con-
tent vous exprimer ainsi: « J'ai fait tout ce que j'ai pu pour bien
faire et remplir ma tâche. )) Quelle qu'elle soit, humble, relevée.
une tâche est sacrée et a la même valeur pour Dieu.
- 206-
Mais la plus importante du trousseau, et qui ne doit jamais
vous quitter, celle qui ouvrira toutes les portes du bonheur, c'est
la clef du cœur, avec laquelle vous pouvez faire tant d'heureux
si vous le voulez bien et si vous savez vous en servir.
Crac, un petit tour: c'est un encouragement, un sourire. La
clef tourne : c'est une aide matérielle qui relève une détresse.
évite une souffrance. Ce sont enfin mille petits bonheurs par-ci,
par-là distribués à bon escient, et qui remplissent votre cœur de
joies intérieures.
Croyez qu'il est très difficile de bien manœuvrer son trousseau
car les clefs sont encore très nombreuses. Mais la bonne volonté.
le désir de s'oublier, d'ouvrir son propre cœur pour le plonger dans
tout ce qui souffre, tout ce qui peut recevoir secours et consola-
tion, vous aidera, vous donnera du courage. Bien d'autres clefs
font partie de ce merveilleux trousseau, et sont à la portée de
quelques-uns qui ne savent pas s'en servir. Ce serait long de les
énumérer toutes mais nous pouvons cependant mentionner celles
qui donnent les joies saines de la science intellectuelle: Elles ouvrent
l'esprit, elles divertissent le cœur, et peuvent avoir aussi une
répercussion sur l'entourage, puisqu'on devise, on instruit, on
donne de son savoir. Tout cela est utile et ouvre des horizons.
Pensez souvent aux clefs de Paqui ; petites ou grandes, modestes.
ou dorées, elles sont infiniment précieuses pour vous donner un
peu de bonheur sur la terre. Laissez de côté surtout celles qui vous
ouvriraient de vilains coffrets, contenant des pensées mauvaises.
égoïstes ou malsaines. Et gardez toujours en vous-mêmes surtout
la jolie petite fleur bleue: elle n'a pas d'âge puisque c'est la Jolie
fleur d'Amour que Dieu a créée pour parfumer et semer mille
joies.
Tenez-le bien fort en vos mains fermées mais toujours ouvertes.
ce trousseau merveilleux, qui vous permettra de franchir tous les
obstacles de la limite terrestre quand vous viendrez dans la lumière
v.vre la Vraie Vie.
PAQUI.

- 207 -
PORTE BONHEUR
(1 e r MAI)

Fête de la jolie petite fleur aux clochettes si blanches, petite


fleur au parfum subtil qui enchante, vous venez ouvrir la belle
saison, et l'on vous porte avec joie parce que vous êtes mes-
sagère de bonheur. Gardez bien dans vos cœurs, dans vos esprits,
le plus longtemps possible, toutes ces promesses joyeuses; le
bonheur accroché au bout des clochettes blanches, ne le laissez
pas échapper. Son bonheur, ne le fait-on pas soi-même en grande
partie? Il doit venir de notre cœur pour le répandre autour de
nous, et en donner sans compter. Le bonheur, on ne le possède
vraiment qu'en s'oubliant totalement soi-même et en ne songeant
qu'à celui qu'on va donner de-ci de-là. Si vous ne pensez qu'à
vous, à ce qui pourrait exister, à ce que vous n'avez pas et ne pou-
vez avoir, vous serez toujours des grincheux ou des exigeants,
dont l'exigence grandira et deviendra insupportable.
Le bonheur peut être grand sous de modestes dehors ; si vous
savez lui donner un visage gai, avenant, il deviendra plus grand
encore, et c'est bien simple. Pensez à telle bonne action que vous
allez faire, à telle démarche qui rendra un immense service, à une
visite que vous ne remettez pas à plus tard parce qu'elle va porter
de la joie à une ou un isolé qui vous attend. Mille riens peuvent
faire fleurir du bonheur, et vous devez avoir toute l'année la pos-
sibilité de sentir le parfum de cette fleur de printemps qui porte
du bonheur. Pour vous, ce ne sera pas à une date seulement, mais
toujours, que vous la posséderez cette petite fleur, et que vous
l'offrirez à votre entourage. Dans ceci il y a un tout petit ensei-
gnement que vous méditerez: Si les hommes avaient un peu de
bonne volonté, s'ils regardaient autour d'eux sans haine, sans
- 208-
rancœur, sans envie, que de muguets fleuriraient sous leurs pas,
et comme de bonnes senteurs se répandraient partout. L'ambiance
de la terre, si mauvaise parfois, ferait place à une atmosphère res-
pirable dont chacun bénéficierait. Et il faut que les heureux comme
vous, amis chéris, s'attachent à ne jamais ternir une ambiance.
Vous devez vous y appliquer et, par tous les moyens en votre pou-
voir, créer du bonheur et de la sérénité. Vous arriverez ainsi, non
pas à la perfection, qui n'est pas de la terre, mais vos cœurs, tou-
jours ouverts, vos cerveaux pondérés et prêts à se dominer pour
éviter le moindre conflit, vos âmes soulevées par nous, viendront
cueillir dans nos sphères les plus jolies petites fleurs à clochettes
pour les distribuer et en parfumer les humains vos frères.
Tout n'est que dépôt: ce que vous aurez distribué de joie et de
bonheur vous reviendra pour embellir vos pensées, vos actes et
vos efforts. Votre jardin secret sera magnifique, et le Grand Jar-
dinier, notre Maître d'Amour, aura de la joie à en parcourir les
beaux contours.

- 2°9-
NE VOUS RÉVOLTEZ PAS
DEVANT LES CATASTROPHES

Ne vous laissez pas accabler par ce que vous appelez « catas-


trophes», sur la terre. Ne vous posez pas de problèmes dont
la solution vous échappe, votre jugement ne pourrait être que
faux si vous vous placez uniquement sur le plan humain. Mais ne
confondez pas l'indifférence avec l'acceptation, la résignation, la
confiance en Dieu, qui vous aident à supporter les épreuves en
vous laissant toute la sensibilité de votre cœur, qui doit rester'
tendre, compatissant, généreux devant la douleur de vos frères.
Le livre des misères humaines est toujours ouvert; les pages se
noircissent, les noms, les douleurs s'y entassent. Bienheureux:
celui qui peut s'élever au-dessus de ses propres misères en les.
acceptant et en s'en servant pour plonger le regard de son âme
vers le Dieu d'amour et de consolation.
La mort fauche, et fauche des jardins en fleurs, dites-vous. Et
vous ne pouvez sentir la main de Dieu dans un acte qui brise, qui
broie, qui anéantit ... Ne vous révoltez pas! Les causes sont telle-
ment profondes, les buts tellement éloignés de notre faible com-
préhension! Une vie fauchée à son matin, cueillie par Dieu à son
aurore, peut être un immense bienfait; et il ne faut pas plaindre-
ces petits boutons de roses venus bien vite dans la lumière pour
s'épanouir loin des vicissitudes qui assaillent tous les humains;
- Oui, me direz vous, mais le désespoir de ceux qui restent qu'en
fais-tu? - C'est vrai, humainement il est horrible, je le sais, je
le sens, mais là encore connaissons-nous les desseins de Dieu?
Souffrir, c'est se préparer à vivre. C'est cruel à écrire, et pour
bien me comprendre il faut vous élever au-dessus de la terre;
car, sans cela à juste titre, vos cœurs se révolteraient et ne tireraient
\
- 210-
aucun profit de cet enseignement. Soyez assurés que Dieu est
juste, Dieu est bon; donc, des raisons au-dessus de vos raisons
dominent, et vous ne pouvez que prier de toute votre âme pour
les malheureux cœurs broyés, accablés par la douleur. Nous vous
affirmons une fois de plus que les plus grandes souffrances bien
dirigées seront récompensées au centuple, transformées en joies
et en bienfaits.
Méditez; voyez le rien que nous sommes humainement; com-
bien le fil de la vie est fragile et peut se couper au moment où vous
le croyez solide. Soyez toujours préparés; amassez le plus possible
de vertus spirituelles, sans jamais vous lasser de l'effort que cela
demande. Réfléchissez qu'il ne suffit pas de combiner et de faire
des plans pour vos biens et vos richesses matérielles; pensez aux
vrais plans, ceux que vous ne verrez que lorsque vous aurez quitté
tout, tout; mais pour un autre Tout plus grand, plus beau, plus
idéal et plus large.
Pour obtenir ce tout, il vous faut travailler non pas seulement
pour vos jouissances et vos biens terrestres, mais pour le joyau
que Dieu vous a confié, et qui doit Lui revenir sans avoir perdu
son scintillement, sa belle clarté.
Laissez la Providence agir. La Main du Maître est sûre; tendons-
lui la nôtre si faible et répétons avec ferveur que nous avons con-
fiance en Lui, en sa miséricorde et en sa compréhension de nos
faibles ressources. Ne cherchez pas à vous expliquer les catastrophes
les bouleversements mondiaux qui produisent tant de drames
douloureux. Tout cela a des causes profondes que je ne puis vous
expliquer, parce que au-dessus de moi-même, et au delà des âmes
sœurs qui me guident et me soutiennent.
Je vous répète que ma mission est de vous guider dans la voie
unique de l'avancement de vos âmes vers le Bien et l'Amour, pour
éviter et fuir le Mal. Mais comment pourrais-je vous expliquer le
mécanisme des astres, le pourquoi des catastrophes, et l'écrase-
ment des choses? Je ne suis rien, mais rien! heureuse de savoir
seulement que Dieu est infiniment miséricordieux, que l'injustice
- 2II-
est un mot humain, que la vie n'est rien mais cependant utile pour
évoluer, travailler sans perdre de temps, comprendre et mettre en
pratique les grandes vérités que Jésus est venu nous enseigner.
Ayez confiance en votre petit ange qui entrevoit les desseins de
Dieu très vaguement encore; car Paqui n'est qu'une petite éco-
lière, mais combien éprise, avide d'avancer dans la voie lumineuse
pour éclairer tous ses aimés.
PAQUr.

Une fleurette, un jour, s'est envolée au ciel. Elle était toute


blanche avec un petit cœur en or. Le voyage fut très beau; la
fleurette éblouie regardait autour d'elle; des guides invisibles
guidaient la fleur des champs. Les pétales ont grandi, la fleur est
plus jolie; mais dans le cœur en or, tout comme au premier jour,
si vous vouliez l'ouvrir vous y lirirez toujours le mot, le tendre
appel : Maman, Mamie, je t'aime.

PAQUr.

- 212-
VOIX DE LA CONSCIENCE

L'être humain a certainement en lui deux inspirations: le Bien,


le Mal. Il peut choisir et s'incliner vers le premier ou se laisser
attirer vers le second. Évidemment l'homme est faible, enclin à
trouver bien et naturel tout ce qui répond à ses besoins de jouir,
de posséder, sans s'inquiéter s'il le fait aux dépens des autres.
L'égoïsme, l'orgueil, sont des fléaux du monde, qui font sou-
vent de la terre un enfer, où chacun s'aime avant tout, ne veut
voir que lui, encore lui, piétinant tous ceux qui le gênent.
Ce Moi si lourd, si pesant, si contraire à l'amour que le Christ
nous a enseigné et qu'Il veut voir régner sur le monde, cet égoïsme,
étouffe la voix de la conscience, la rend indifférente; car aucun
de nous ne peut ignorer que, s'il se laisse entraîner par l'inspira-
tion mauvaise, c'est qu'elle lui apporte des joies immédiates,
répond à ses besoins de lucre, satisfait ses instincts matériels,
sensuels; tandis que le Bien, le Devoir a souvent un visage sévère
qui ne laisse miroiter à nos yeux que sacrifices, luttes contre nous-
mêmes.
Une porte sur laquelle la croix du Christ est dessinée nous appa-
raît : mais on a peur de l'ouvrir, cette porte, car on sait qu'on y
verrait la route que l'on redoute de suivre, le petit chemin cail-
louteux que Dieu a proposé à nos pas hésitants et au bout duquel
brille l'étoile lumineuse qui nous inondera de ses rayons bienfai-
sants; celle vers laquelle toute âme doit se diriger. Mais, vite, on
referme les yeux, on abandonne ce petit chemin tout droit pour
suivre les carrefours des grandes routes du monde, bruyantes et
sinueuses. On préfère la route large où, semble-t-il, il n'y aura aucun
obstacle à vaincre, mais sur laquelle on ne peut entendre les douces

- 21 3 -
harmonies divines, la voix secrète qu'entendent seuls ceux qui se
recueillent et ne demandent à la vie que ce qu'il faut lui deman-
der. Cela ne veut pas dire que nous devons repousser les heures
joyeuses que Dieu nous accorde; jouissez-en sans arrière-pensée,
il y a tant de joies saines et pures dont vous pouvez et devez pro-
fiter pendant votre voyage terrestre! Mais ce n'est pas assombrir
votre bonheur de penser quelquefois que la vie n'est pas faite pour
vivre pour soi-même, que le temps passe très vite et vous rapproche
de cet avenir auquel vous vous efforcez de ne pas penser, que vous
repoussez bien loin et qui est peut-être très près. Le temps perdu
vous laissera alors désespérés quand vous serez devant la réalité
et que vous comprendrez que se renoncer un peu à soi-même chaque
jour, c'est suivre Jésus, c'est avoir en main le flambeau qui éclai-
rera le petit chemin tout droit et obscur de la vérité.
Vous qui l'avez reçu, ce flambeau, ne le mettez pas sous le bois-
seau. Il faut qu'il éclaire tous ceux qui vous entourent et qui sont
dans l'ignorance au point de vue spiritualité. Persévérez, priez
pour éloigner les influences mauvaises et malfaisantes des cœurs
indifférents et ignorants. Ne vous découragez pas devant un échec;
nul ne connaît à fond les trésors qui peuvent surgir d'une âme,
même fermée. La prière est une lumière qui éclaire la plus pro-
fonde caverne.
Faites comprendre qu'il faut s'aimer sur la terre; que l'amour
rend tous les sacrifices possibles; que si la nature de l'être humain
est égoïste vous devez travailler à la transformer. Un petit pas
chaque jour, et vous arriverez à voir jaillir cette étincelle divine
que toute âme possède. Le forgeron peut vous donner une image
très exacte de la persévérance qu'il faut pour transformer un
ouvrage: il n'arrive pas d'un seul coup de marteau à forger la
pièce à laquelle il veut donner telle ou telle forme; il prépare le
foyer, la flamme, rougit le fer, tape, retape, jusqu'à ce que son
travail prenne la forme voulue. Ainsi pour vous, spirituellement.
Soyez des forgerons dociles, patients, maniez et remaniez sur l'en-
clume vos pensées, vos défauts; soyez sévères, persévérants;

- 21 4 -
oubliez-vous pour donner de la joie et du bonheur autour de vous,
aidez ceux qui sont faibles, relevez ceux qui tombent, et ne dites
.surtout jamais du mal de vos semblables, que vous ne pouvez
juger, ne pouvant vous mettre entièrement à leur place. Enfin,
profitez largement de tous les biens que comporte votre situation.
-en vous disant que ce n'est qu'un dépôt que vous devrez passer
un jour ou l'autre en d'autres mains, un bagage qui ne vous suivra
pas sur l'autre rive, où il n'y a plus ni orgueil, ni égoïsme, et où
tout est justice, où le bonheur sera en proportion de celui que vous
aurez donné, et augmentera en proportion de celui que vous don-
nerez. Car tout se gagne, rien ne se perd, vous le savez déjà. Dieu
bénira vos efforts, et vous donnera par l'intermédiaire du petit
ange les fluides et les parfums vivifiants du grand jardin de Dieu:
ils sont purs et doux à vos âmes.

PAQUI.

- 215-
AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES

L'amour, c'est la clef du Paradis, c'est Dieu, toute lumière,


toute joie.
Oui, le jour de la paix du Seigneur viendra, et il n'y aura plus
ni jour ni nuit, ni obscurité ni ténèbres, quand les hommes sui-
vront la route tracée par Jésus, et comprendront enfin l'amour
comme Il l'a enseigné.
Aimer, désirer le bonheur et le bien de ses frères, tel est l'en-
seignement de notre Maître qui doit rester le soleil des âmes, le
rayon lumineux que nous devons suivre et tracer à nos frères.
Faisons comprendre à ceux qui sont dans l'obscurité que la vie
n'est qu'un passage, qu'elle n'est ni le but, ni la fin, mais un moyen
pour suivre la route étroite du bonheur, c'est-à-dire de l'amour.
Route souvent âpre, longue, mais nécessaire pour avancer sage-
ment et sûrement.
Apprenez à diriger vos pensées vers le Bien, le Juste, le Beau.
La pensée a des ailes et pèse autant que les actes qu'elle fait naître.
Je voudrais vous pénétrer des conséquences néfastes ou bien-
faisantes de ces forces jamais perdues, et qui ne peuvent l'être:
Toutes les pensées, bonnes ou mauvaises, forment des ondes qui
s'en vont dans l'espace. Selon leur nature, elles se rejoignent, s'as-
semblent, et constituent des légions qui se heurtent les unes contre
les autres. Comme dans toutes les batailles, l'issue de la rencontre
dépend du plus fort. Si l'élément mauvais triomphe de l'élément
bon, c'est tout le mal qui retombe sur la terre. Au contraire, si
c'est la force bienfaisante, le bonheur, la paix descendent sur les
hommes.
Les sentiments de jalousie, de vengeance, d'orgueil, à plus forte
- 216-
raison de haine, créent des tourbillons qui expliquent ce qui se
passe en ce moment sur la terre. Imposez donc silence dans vos
âmes à ces maudits conseillers de la faiblesse humaine, toujours
prêts à profaner le sanctuaire de la parcelle divine, don de Dieu,
que chaque homme porte en soi et qui doit rester l'hostie pure du
tabernacle qu'est notre âme.
Luttez avec persévérance contre toute mauvaise pensée, peu-
plez de pensées pures, de rayons charitables, les champs de bataille
spirituels des troupes ailées; chargez vos armes de la poudre pure
de l'amour et de la charité, et vous verrez que peu à peu le ciel
obscurci se rassérénera, et que le soleil de la justice et de la paix
brillera de tout l'éclat de ses rayons, hélas encore bien voilés par
le brouillard des mauvais instincts des hommes.
Rien n'autorise à cesser d'être bons, généreux, miséricordieux,
indulgents. Ainsi, nous, bien que dans le bonheur de la patrie
céleste, nous compatissons aux misères humaines, et, de toutes
nos forces, aidons ceux qui veulent nous écouter, nous comprendre
pour éclairer, pour instruire à leur tour les ignorants et les aveugles
sur les grandes vérités de l'avenir qui les attend tous.
Confiance, amis chéris. Ne pensez jamais autrement que Juste,
Bon et Vrai. Vous ne savez pas de quel poids vous êtes chacun
dans la destinée du genre humain. Chaque seconde de vie compte,
et mériter le Ciel n'est autre chose que de l'avoir sans cesse cherché
dans les intimes profondeurs de l'âme, où se trouve le soleil de
Dieu. Amour, Joie, Lumière.
Une pluie de roses sur vos cœurs pour les distribuer autour de
vous.

PAQUI.

- 21 7 -
UN ATOME NE PEUT
EMBRASSER L'UNIVERS

Malgré votre Foi, vous êtes souvent ébranlés, déconcertés,


devant de douloureux et sombres drames de la vie de certains
êtres qui, pas plus mauvais que d'autres, meilleurs souvent,
semblent poursuivis par le malheur, de la naissance à la mort,
sans que l'on comprenne pourquoi cet acharnement du destin.
Aucune réponse ne peut venir éclairer ce problème de la destinée
des âmes, nul ne peut le résoudre sur la terre. Mais soyez certains
que Dieu est trop juste, trop miséricordieux, pour ne pas secourir
un être innocent, victime de misérables créatures, qui ne sont
nées, semble-t-il, que pour créer de la douleur autour d'eux.
Ne jugez pas; vous ne le devez et ne le pouvez : un atome ne
peut embrasser l'univers, et vous n'êtes qu'un atome; comment
voulez-vous comprendre les lois divines et les merveilleux des-
seins de Dieu? L'intelligence la plus subtile est incapable d'ap-
profondir et de donner une explication au mystère de la douleur.
La foi peut seule l'éclairer et nous ne répéterons jamais assez que
la souffrance est rédemptrice. Le Christ nous en a donné le pre-
mier l'exemple pour sauver le monde. Allez, ne doutez pas, et
soyez assurés que ceux que l'on peut appeler martyrs de la vie
ne sont jamais seuls pour gravir le calvaire s'ils s'appuient sur la
croix du Christ, lumière du monde, venu pour nous en montrer
le chemin. Dieu n'abandonne jamais sa créature; même lorsque
cette dernière semble ne pas sentir la présence divine, Jésus se
penche et console.
Oui, vous le savez à présent, les pires douleurs, si elles sont accep-
tées, dirigées, s'allègent. Dieu le veut ainsi; sa main qui frappe
guérit aussi. Après l'épreuve toujours utile à l'âme, ne donne-t-il

- 218-
pas les grâces nécessaires pour la supporter? Et si la blessure est
toujours visible aux yeux des humains, la guérison reste intime,
secrète, parfois. « Vous qui pleurez », a dit Jésus, '( venez à moi
et vous serez consolés.» Oui, amis chéris, ayez confiance en la
parole du Christ; allez à Lui, priez et soyez assurés qu'au point
de vue spirituel la souffrance est toujours grâce divine; l'âme
s'avance dans la voie lumineuse, et si les ronces de la route meur-
trissent vos membres et vos cœurs, elles se transformeront en gerbes
fleuries, car tout se transforme dans nos Paradis de lumière. Et
si les éprouvés de la vie peuvent lever leurs yeux remplis de larmes
vers Jésus, l'avenir pour eux sera magnifique, ils seront les enfants
bénis de Dieu.
Ne croyez surtout pas à l'oubli ou à l'indifférence du Créateur
envers sa créature qui souffre. Il est plus près encore de l'enfant
qui pleure, de l'enfant malheureux; Il se penche avec tendresse
pour le guérir, le consoler, mais il faut que l'enfant lui ouvre son
cœur, ses bras, pour que l'Ami Divin y verse d'abondantes et
bienfaisantes grâces.
Et aussi injuste en apparence que cela puisse vous sembler,
devant l'énormité de leurs fautes et leur aspect parfois révoltant,
priez pour les malheureux misérables qui sèment la terreur et la
désolation autour d'eux. Ne jugez jamais! Dieu seul sonde les
cœurs, et nous ne pouvons savoir ce qui se passe entre cette âme
et Dieu; ils expieront à leur tour, car rien ne se perd et il y a des
dettes très lourdes à payer.
Priez, et envoyez-leur vos pensées pieuses de pitié et de misé-
ricorde. Ces pensées généreuses viendront à l'heure voulue, avec
la permission divine, rafraîchir les fronts brûlants de haine et
d'envie, et pénétreront les cœurs secs de ces humains dont vous
êtes si éloignés par l'âme et les sentiments du cœur, mais qui sont
cependant, malgré leur bassesse, vos frères en Jésus-Christ, et
pour lesquels nous ne devons nous lasser de prier. C'est une tâche
sacrée qu'il faut remplir avec tout notre cœur.
La prière est une grande perforeuse, et lorsque vous ne com-

- 21 9 -
prenez pas ce qui vous trouble tant, accrochez-vous à votre foi,
et dites:
Mon Dieu, je ne comprends pas; les apparences m'oppressent;
mais je crois à ta tendresse, à ta miséricordieuse justice, et suis
persuadé que tout ce que tu fais est bien fait. Si ton auguste main
laisse le malheur s'appesantir sur nos êtres, si la douleur broie
nos cœurs, c'est que tu as sur nous de merveilleux desseins, et que
tôt ou tard nous en récolterons la moisson. De toute la ferveur
contenue dans nos cœurs nous te demandons, Seigneur, d'avoir
pitié de ces demi-fous qui sèment sur la terre le malheur et le déses-
poir. Pitié pour ces malheureux égarés qui semblent condamnés
à jamais, tant ils sont couverts d'ignominie. Éclaire leur obscurité
avec la souffrance acceptée de leurs victimes; éclaire-les, afin
qu'ils se repentent et tombent à tes genoux. Au départ, aide-les;
leurs souffrances seront sans bornes, puisqu'ils comprendront
mieux l'horreur de leurs fautes et l'étendue du châtiment qui leur
permettra de se racheter et de pénétrer plus tard dans les sphères
moins douloureuses. Nous Te le demandons, Seigneur, au nom
du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint. Ainsi soit-il.

PAQUI.

- 220-
L'ESPRIT DU MAL

La puissance du mal est une terrible réalité qu'il ne faut pas


nier. Les mauvais esprits, les âmes lourdes, sombres, chargées
de haine, et de mauvaises pensées sont légions, et entourent
l'humanité d'un souffle mauvais et malsain. Donnez à ce funeste
cortège le nom que vous voudrez, mais craignez-le: ce sont des
démons qui cherchent par tous les moyens à vous entraîner dans
leur sillage, font luire aux yeux des hommes les mirages trom-
peurs de volupté, d'orgueil et de mensonge. Fuyez-vous vous-
même lorsqu'un instinct impur ou malfaisant vous poursuit; il
vient toujours de ces esprits avides de vous accrocher, priez, éloi-
gnez-les par des pensées pures, des pensées d'amour.
Vous attirez et créez le mal en y cédant, car vous renforcez
la force de Satan et de ses disciples, tandis que vous le chassez,
le détruisez, par des pensées d'amour et de charité. Priez vos anges
gardiens; demandez-leur de l'aide quand vous sentez autour de
vous une ambiance de mauvaises tentations. Demandez à Dieu
de vous garder paisibles et de vous donner la joie que rien ne dé-
truit ; Dieu vous aidera à mettre de l'ordre et de l'harmonie dans
votre vie, et à remplir votre âme des choses qui sont seules dignes
d'elle, sans laisser les irritations, les souffles mauvais, les mesqui-
neries troubles de l'existence l'envahir au détriment des réalités
spirituelles.
Sur la terre vous rencontrez parfois de ces possédés du démon,
de ces esprits abjects et malfaisants, créés, dirait-on, pour faire
du mal, créer le mal, la souffrance autour d'eux et de ceux qui
les approchent : de ces êtres dont on désespère. Priez pour eux
si vous ne pouvez faire autre chose, mais ne désespérez jamais
- 221-
de ramener une âme vers le bien. Espérez envers et contre tout;
la grâce de Dieu est si forte, si grande, si miséricordieuse, qu'elle
peut pénétrer les plus endurcis dans le mal et leur ouvrir la porte
du repentir. Il faut si peu pour que la miséricorde divine fasse
son œuvre rédemptrice.
Vous qui savez un peu lire dans le grand livre de la vie, soyez
une force, une œuvre vivante, et rédemptrice aussi, près des mal-
heureuses âmes troubles, ou troublées par le malin. Plaignez-les;
vous ne pouvez en général rien pour elles que prier. Mais si l'oc-
casion se présente et que vous les approchiez, approchez-les sans
haine, sans rancœur; jetez au contraire autour d'elles de la clarté
par vos pensées pures et charitables; priez pour les alléger et que
l'esprit du mal s'éloigne d'elles.
Élevez vos pensées, vos cœurs, vers les sphères pures, et vous
ne serez jamais entourés de fluides mauvais: une rose produit-elle
du chiendent?
Faites attention cependant. L'eau pure peut se souiller au con-
tact de l'eau sale si elle s'y mélange... Ceci pour vous dire que vous
pouvez vous approcher du mal sans vous salir, si c'est pour aider
et consoler. Mais si vous ne pouvez qu'y perdre sans rien faire
gagner, si vous jugez de l'inutilité de vos efforts (ce qui est rare)
et que vous sentiez l'approche du danger pour votre âme, reculez,
éloignez-vous des mauvaises ambiances, pensez à l'eau pure qui
peut se troubler.
Je vous donne encore et toujours le meilleur de moi-même,
ma paix, ma confiance en Dieu, et mon amour pour tout ce qui
souffre et vit.

PAQUI.

- 222-
SUR LE LIBRE ARBITRE

Espérer posséder un jour une qualité que l'on n'a pas, faire de
très grands efforts sur soi-même pour y parvenir, c'est déjà aux
yeux de Dieu la posséder un peu.
Je vous répète souvent : faites de grands efforts, et ne vous
désolez pas si vous ne les sentez pas couronnés de succès; un éche-
lon est atteint, réjouissez-vous. La bonne volonté est un puissant
levier; elle vous met un peu à l'abri des tentations de l'esprit du
mal, elle lui barre la route, tandis que la moindre complaisance
pour nos défauts ou nos défaillances lui ouvre directement la porte,
et il s'y engouffre, méfiez-vous.
Pourquoi, direz-vous, l'Esprit du Mal existe-t-il, et pourquoi
Dieu tout-puissant, Maître de l'univers, Créateur de toutes choses. ~
pourquoi ne l'a-t-il pas anéanti à jamais? - Éternelle question. -l
à laquelle je réponds : les bons anges se sont soumis à la volonté
de Dieu, ils ont accepté sa tutelle, ils ont reconnu leur petitesse,
et se sont inclinés devant la Volonté suprême, tandis que d'autres
se sont cabrés; les orgueilleux se sont imaginés avoir la puissance
du Créateur parce que le Créateur les avait faits beaux et leur
avait donné certains pouvoirs... Dieu, vous le savez, a laissé à
l'homme le libre arbitre pour qu'il ait le droit, le pouvoir plutôt,
de se diriger vers ce qui est bien, ou vers ce .qui est mal; c'est ce
qui le différencie de ses frères inférieurs. Sur terre, nous devons
prendre nos responsabilités, certes atténuées, car il faut tenir
compte de bien des circonstances: de l'atavisme, et de bien d'autres
choses encore.
Mais si, comme une machine docile, l'homme écoutait ses ins-
tincts sans y mettre obstacle par ses pensées pures et ses efforts.
- 223-
vers le mieux, où serait son mérite? Comment gagnerait-il les

i
./1 échelons qui le rapprochent de Dieu, qui en font un esprit pur,
- digne de se fondre dans le divin d'où il est venu? Non, si terrible,
si décevant, si injuste que cela puisse paraître à nos yeux encore
voilés par des ténèbres, nous devons accepter cette idée que Dieu
a bien fait de nous donner le pourvoir de penser et d'agir en toute
liberté, en un mot, d'avoir conscience de notre personnalité.
1-
La responsabilité des individus, de certains surtout, est fort
2 l- atténuée et Dieu en tient un compte rigoureux. Peu cependant
sont complètement dans l'ignorance du mal qu'ils peuvent penser
ou faire; une lueur de vérité luit toujours un peu en eux-mêmes,
mais ils ne veulent ni la voir, ni l'entendre: ils ferment les yeux,
se révoltent sans essayer de mieux faire et d' écouter cette voix
secrète qui leur dit: où vas-tu? fais attention, réfléchis, ne laisse
pas l'esprit du Mal s'emparer de tout ton être, de tout ce qui s'agite
en toi l... Peu sont sincères avec eux-mêmes et avec ce qu'ils
paraissent vouloir soutenir.
Orgueil et cupidité, fléaux, vous le savez, qui perdent le monde l
Pour y remédier et obtenir un équilibre moins instable, un seul
moyen est en notre pauvre petit pouvoir: réagir contre nos ins-
tincts mauvais, s'attacher à devenir meilleurs, à aimer son voisin
même s'il n'a pas le bonheur de nous plaire, céder la place si elle
est bonne, se contenter de son sort, et ne jamais essayer de l'amé-
liorer aux dépens du prochain, s'il doit en souffrir. Cela semble
difficile, mais si chacun de nous s'efforçait de ne pas nuire, ce
serait l'acheminement vers des temps meilleurs.
Tout doit se payer, ne l'oubliez pas, et soyez sûrs que tout est
possible avec la force morale, la volonté suivie de la persévérance
à se vaincre soi-même, la confiance en Dieu et en ses anges, qui
sont ses messagers. Hélas, vous supposez souvent que nous res-
tons sourds à vos accents douloureux, à vos demandes; détrom-
pez-vous : mais sur vos actions purement humaines, nous ne pou-
VOTlS que très rarement avoir un pouvoir efficace, et vous n'auriez
plus d'ailleurs aucun mérite si nous étions assez puissants pour

- 224-
enlever tout ce qui vous gêne et vous fait souffrir sur votre route
terrestre. Pour vos âmes seulement notre pouvoir est très grand,
si vous avez la volonté de vous laisser pénétrer et aider par nous.
Réconfortante pensée, puisque pour le grand avenir, les âmes
seules importent, et que vous avez la certitude qu'elles seront
puissamment aidées et soutenues par vos amis du Ciel, en Dieu,
à travers Dieu.

PAQUI.

- 225-
LE MAL EST RÉPANDU PARTOUT

A travers les ténèbres qui obscurcissentle monde, votre lumière


intérieure doit être plus forte, plus intense, afin que cette clarté,
reflet de vos âmes qui viennent se plonger dans nos sphères pour
y recevoir la lumière, puisse se répandre et éclairer ceux qui sont
dans l'obscurité.
Le mal est répandu partout, et se répand sur l'humanité telle
la lave échappée d'un volcan en furie. Faites la part du feu, et,
sans vous révolter, priez pour les innombrables victimes prises
souvent parmi les moins coupables, les innocents même. Les
méchants, les malfaisants, ne sont pas seuls atteints, hélas, dans
les catastrophes, mais tous en retirent le fruit demandé, le fruit
accepté. Priez beaucoup et souvent. Demandez à Dieu la forcé
et la foi pour tous ceux qui souffrent, la pitié pour les bourreaux,
la lumière pour les aveugles... Que d'aveugles parmi les humains t
Cécité qui vient presque toujours de l'égoïsme dont l'homme se
plaît à s'entourer comme d'une carapace.
Comment Dieu ne laisserait-il pas les hommes se débattre,
lorsque les marques les plus profondes, les preuves les plus pro-
bantes, ne servent à rien et n'arrêtent point la main de ceux qui
veulent jouir, détruire et saccager pour mieux profiter encore aux
dépens de tout et de tous! Dieu ne frappe pas, certes, mais si ses
marques d'amour, ses avertissements n'arrêtent point la main
criminelle, cette main criminelle aura fatalement son heure dou-
loureuse. L'équilibre une fois rompu doit se rétablir; nous sommes
sur terre des êtres conscients, nous devons prendre nos responsa-
bilités.
Plaignez les êtres faibles, moutons qui suivent aveuglément

- 226-
les loups, deviennent à leur tour des loups, mordent, de crainte
d'être mordus à leur tour; les brebis qui ne suivent pas le Bon
Pasteur, tout en croyant bien faire, sont des victimes qui ne com-
prennent pas le mal. que l'on exige d'elles en les trompant.
Ayez confiance en Dieu. Une grande lumière est en formation,
qui apportera au monde une ère nouvelle de paix et de fraîcheur.
Mais elle est encore lointaine, et de grandes souffrances sont, hélas,
encore nécessaires pour éclaircir l'horizon. Le chemin est long,
et les pèlerins souffriront. Bien des voyageurs resteront en route
et tomberont pour la cause commune : peu importe! Que nos -\
âmes se réjouissent pour eux, ils escaladent ainsi des montagnes
très hautes, et pénétreront plus vite dans la Lumière des lumières, 3
but divin que doit atteindre chaque âme, parcelle divine, destinée
à se fondre dans le Divin.
Je sais que tout ceci dépasse vos possibilités de compréhension;
je vous demande seulement de garder votre confiance, de croire
en nous, en notre bonne foi, et de ne pas vous révolter ni vous
décourager devant les événements que vous ne comprenez pas.
Gardez votre main dans la main de Dieu, vous y serez en sécurité
et vous sentirez la force et la chaleur qu'il vous communiquera.
Chaleur des sphères divines et lumineuses, sois pour nos aimés
d'en bas la source de vie terrestre en attendant la Vraie Vie qu'ils
vivront plus tard, lorsqu'ils seront libérés des chaînes qui les
entravent et brisent souvent leur énergie.
Lumière des lumières, éclaire mes amis bien-aimés.
Ainsi soit-il.

PAQUI.

- 227-
LE MAL NE TRIOMPHERA PAS

Vous êtes épouvantés, dites-vous, de cet esprit satanique qui


dirige les peuples aveuglés d'égoïsme, et l'avenir de l'humanité
vous paraît s'assombrir et non s'éclairer. La charité, la vertu la
plus chère au cœur de Jésus, semble en effet être absente de bien
des cœurs, et la plupart des humains ont oublié la grande parole
que le Christ leur a laissée comme enseignement, clé de toute
paix.
« Aimez-vous les uns les autres.)) Le manque d'amour et de
solidarité sont la cause de la confusion morale et sociale, et de
tous les désordres et déséquilibres mondiaux. Nous voyons aussi
avec tristesse l'abandon de la prière. Priez avec plus de ferveur,
plus de confiance que jamais, et l'Esprit du Mal, ennemi de l'amour,
ne triomphera pas. L'union de prières vers le Dieu tout Amour,
le Dieu de Vérité et de Lumière le combattra, le détruira. Et je vou-
drais qu'un credo dominant la matière s'élève du monde ,entier
vers nos sphères célestes, et porte la confiance du peuple de Dieu
à ce Père qui attend, qui espère et qui aime. Oui, ayez confiance;
aimez et aidez vos semblables. Les plus méchants sont ceux que
vous devez approcher; vous réussirez peut-être à ouvrir leur cœur.
Ne vous rebutez pas; tout acte louable, même s'il ne réussit
pas à vos yeux, laisse une traînée lumineuse, non seulement autour
de celui qui la fait naître, mais enveloppe aussi celui qui la reçoit.
N'oubliez pas que le bien crée le bien et que le mal crée aussi du
mal, lui donne plus de force, plus de puissance et le multiplie.
Aidez, par vos pensées pures, par vos prières, vos amis célestes
qui bâtissent la forteresse devant laquelle l'Esprit du Mal vient
se heurter sans pouvoir pénétrer, construisent les fondations de

- 228-
la vie spirituelle qui le refoule, le rejette en arrière. Persévérez,
afin que l'âme de la vraie France, l'âme vaillante et pure encore
animée des grands principes de la vérité: la Foi, l'Espérance et
l'Amour, que cette âme, dis-je, puisse nous parvenir et nous aider
à construire les murailles solides de la spiritualité et de la vérité.
Dieu permet au Ciel de s'ouvrir à l'appel des âmes douloureuses
et désorientées; soyez nos messagers fidèles, choisis pour le bien
de tous; et, devant l'incrédulité, l'indifférence des sceptiques,
les sourires railleurs, ne vous découragez pas: le Christ les ren-
contra et continua sa mission.
Les humains semblent déchaînés, ou plutôt enchaînés sur un
chemin qui ne conduit que vers un but où l'Esprit du Mal est le
maître. Éclairez ceux que vous connaissez, ils en aideront d'autres;
et ayez confiance; nous voyons à l'horizon germer le grain de blé
que le Christ a semé et qui doit nourrir le monde. Les âmes se
ressaisiront mais pas sans souffrances; l'équilibre rompu par les
mauvais courants lancés en vents violents dans le monde ne se
rétablira qu'après des tempêtes douloureuses. Mais rien ne doit
ébranler votre Foi. Aidez, dans votre petite sphère, les âmes qui
se dévouent pour le Bien, et la France, amis, redeviendra la belle
et douce France; pays où l'on aime vivre.
Le chemin de la vie, c'est la vérité, la droiture et l'Amour. Déta-
chez-vous des ombres malsaines pour créer une atmosphère d'amour ;
ne repoussez jamais la main qui se tend; montrez votre quiétude;
votre espoir, votre confiance, et, sûrement, ceux qui vous approchent
trouveront dans votre rayonnement la source claire où ils pour-
ront se désaltérer et trouver enfin un apaisement à leur soif de
Vérité et d'Amour. Pour cela il vous faut grandir en spiritualité,
répandre les dons que vous avez reçus et qu'il ne faut pas garder
égoïstement pour vous, le but ne serait pas atteint.
Amis chéris, marchez le front haut, le cœur compatissant, la
main ouverte, et il vous restera encore un trésor assez volumineux
pour que vous n'ayez pas à regretter vos gestes généreux. Donnez
à profusion de la joie, du bonheur; créez autour de vous, sans

- 229-
marchander, du bien-être spirituel, une ambiance de douceur et
de paix, et vous recevrez au centuple ce que vous aurez distribué.
Que votre cœur soit le reflet de vos pensées spirituelles, et, dans
votre petite sphère, vous combattrez l'Esprit du Mal.
Élevez votre âme bien haut pour qu'elle reçoive la rosée bien-
faisante. Ne vous inquiétez pas si seul le bas de la tige (votre esprit)
est sombre, quand la fleur de votre âme, pensée d'amour resplendit;
et soyez assurés que Dieu n'abandonne jamais les enfants qui
viennent vers Lui avec leur bonne volonté, leur confiance et leur
amour.

PAQUI.

- 230 -
TOUT CE QUI VOUS PARAIT
DÉCONCERTANT SUR LA TERRE
A UN BUT CERTAIN

Les événements ont un but réparateur, et aussi préparateur;


et tout ce qui vous paraît déconcertant sur la terre a un but cer-
tain et magnifique. Bien des événements, des souffrances vous
paraissent inutiles, nuisibles, injustes et, sans réfléchir, sans savoir,
vous vous révoltez, vous n'admettez pas, vous blasphémez même.
Oh! je vous supplie, écoutez vos amis de là-haut quand ils vous
disent: courbez le front, acceptez et résignez-vous en reconnais-
sant que les hommes sont les seuls coupables, inaptes à juger et à
blâmer surtout ce qu'ils ne peuvent comprendre. Leur fol égoïsme,
la jouissance immédiate d'un bonheur matériel qui seulles préoc-
cupe, ont rompu l'équilibre qu'il faut rétablir. Taillés, fauchés,
rognés, peu importe ceux qui se trouvent dans l'engrenage: la
roue doit continuer de tourner pour abattre sa lourde besogne.
Croyez, et comprenez que tout ce qui arrive de grave, de mauvais,
de terrible sur la terre, est provoqué par le manque d'amour où
l'homme se complaît, cause initiale de ce déséquilibre qui fatale-
ment doit reprendre sa forme, sa route normale, en bousculant
et en torturant les fautifs. Je ne parle pas en particulier, vous me
saisissez: je parle de la grande roue tout entière, l'Universalité;
et je répète que les événements les plus douloureux, les grandes
catastrophes qui vous paraissent injustes ne le sont pas ; et s'ils
n'ont pas un but réparateur, ils peuvent en avoir un autre aussi
important.
Le petit machiniste qui tient à deux mains une minuscule ficelle,
voit-il l'ensemble du décor qui descend, et dont mille autres ficelles
sont en d'autres mains? Non! Sur terre, les choses peuvent vous
déconcerter, mais je vous adjure de ne pas vous révolter, d'ac-

- z3 I -
cepter et de vous remettre errtre les mains de Celui qui tient l'en-
semble du grand décor et qui est tout Amour. Humiliez-vous, dites
avec ferveur: c'est ma faute, c'est notre faute si nous sommes
plongés dans un monde qui ne veut rien savoir, rien céder, et dans
lequel les plus douloureux, les plus sanglants événements, n'as--
sagissent pas; même les plus prêts, les plus aptes à recevoir les
rayons lumineux ne savent pas les capter pour en être éclairés ct
en faire profiter les autres... Ne pas garder pour soi sa lumière,
s'oublier pour ceux qui ne l'ont pas reçue.
Ah ! si l'Église entière comprenait sa vraie mission : donner la
vraie lumière que Dieu a répandue sur la terre par son amour. ..
Vous qui savez, suivez-nous; soyez nos messagers fidèles, n'ou-
bliez pas notre pacte: « répandez autour de vous sans jamais vous
lasser, les fleurs célestes que le ciel vous envoie. )) Acceptez et priez;
n'ouvrez vos lèvres que pour déplorer le mal qui plonge les humains
dans les chemins obscurs, mais non pour blasphémer et penser que
le mal et la souffrance sont créés par Dieu. C'est sur terre que le
mal se crée; il faut le réparer, car tout doit se réparer, et à quel
prix souvent! échelon par échelon, vous devez gravir l'échelle de
la Vérité. Où serait votre mérite si vous descendiez sur la terre
tous égaux, éclairés, prêts? N'oubliez pas le libre arbritre : il
joue et vous permet d'avancer ou de rester sur place. Pour acqué-
rir plus de lumière, il faut lever les yeux où elle est et d'où elle
peut vous venir. Elle vous pénétrera forcément si vous persévérez
à la demander et à fixer vos yeux dessus. Mais vous ne la pos-
séderez vraiment tout à fait que lorsque vous aurez dépouillé ce
qui vous rend si lourds: ce corps pesant qui ne s'accroche qu'à
la matière et que vous chérissez tant.
En attendant, aidez-nous; rendez vos âmes plus légères, plus
lumineuses, en vous aimant les uns les autres, comme nous l'a
demandé Notre-Seigneur Jésus, tout Amour.

PAQUI.

- 232 -
CONFIANCE EN DIEU
VOUS DONNEREZ DE LA VIE

Il m'est très doux de répandre ma rosée, celle que Dieu, dans


sa grande bonté et par privilège très spécial, me permet de vous
transmettre directement. Votre Foi me facilite cette union et
l'amplifie chaque jour.
Méditez sur les précédents messages, ceux surtout où il est ques-
tion de la mort, ce mot qui terrifie les hommes, les affole littérale-
ment, parce qu'ils ne comprennent pas que la mort est la sortie
de prison de l'âme vers la lumière. Pourquoi se faire un monde
de ce qui n'est que transformation? Quelques pelletées de terre
sur un corps sans valeur, très viteréduit en une cendre grise!
Pensez surtout et seulement à l'âme qui va vers la lumière, vers
tout ce qui est beau, pur. Ah! ne la plaignons pas de quitter sa
prison! Si douillette soit-elle, c'est toujours d'une geôle que l'âme.
s'évade, emportant avec elle ses bonnes et mauvaises actions;
rien ne se perd, tout compte.
Aussi, priez avec ferveur pour les âmes du Purgatoire encore
dans les ténèbres. Aidez-les à s'alléger par vos prières. Si vous
saviez et compreniez combien d'âmes lourdes souffrent et cherchent
la porte de Dieu, attendant dans l'obscurité que l'on vienne les
éclairer, les conduire, vous auriez pitié, et vous nous aideriez par
?
vos prières à les sauver. Je ne parle que des contrées purgatorielles
où l'âme passe, reste un temps plus ou moins long et porte le poids
de ses fautes. Envoyez-leur souvent votre pieuse pensée; que vos
prières montent vers Dieu pour implorer sa miséricorde : aucun
appel ne reste sans réponse ; chaque élan de vos âmes porte ses
fruits.
Oh ! vous qui savez, amis chéris, vous, les privilégiés, priez avec

- 235-
un élan de tout l'être, et vous donnerez de la Vie. Vous ouvrirez
des âmes, vous répandrez aussi de la céleste lumière que vous
avez reçue. Vous avez une tâche à remplir, surpassez-vous, soyez
des apôtres, aidez-nous; vous le pouvez déjà par vos prières qui
nous arrivent en rayons très purs, et sont une force ... Vous secon-
dez nos efforts, vous coopérez à notre travail, et je vous promets
que, non seulement vous donnerez de la joie et de la vie, mais que
vous en serez aussi inondés.
Il est si doux de travailler au service de Dieu! comprenez ce
mot, distillez-en la beauté, la grandeur, et préparez votre future
demeure en priant pour vos frères malheureux. Ne gaspillez pas
vos heures, elles ,vous seront comptées. Ne les alourdissez surtout
pas sous le fardeau pesant qui s'accroche à toutes les actions où
l'égoïsme reste maître. L'orgueil, l'égoïsme sont les plus grands
poisons humains, les plus malfaisants, les plus destructifs; ils
engendrent tous les fléaux qui pèsent sur l'humanité. Sans eux
l'amour régnerait sur les cœurs régénérés. Aussi je vous répète,
essayez par vos exemples de bonté, de charité, de renoncement,
plus que par des paroles explicatives, de diminuer, autour de vous
du moins, l'intensité de ce fléau. Oubliez-vous, pensez, dans vos
prières même, plus aux autres qu'à vous-mêmes: ainsi seulement
elles porteront des fruits.
Petits, humbles, vous devez être et rester. .. L'âme scintille
en proportion de son humilité; plus vous vous oublierez, plus
grande sera la récompense de Dieu.
Croyez en l'amour de Paqui, qui s'est effeuillée pour que vous
Viviez et que vous donniez de la Vie.

PAQUI.
FIN D'ANNÉE

Voici Noël. Profitez de vos heures de détente et de calme pour


méditer sur la venue du Christ, son œuvre, la volonté qu'Il a
déployée pendant sa vie terrestre et les résultats obtenus. Soyez
les mages de la crèche et apportez à l'Enfant Jésus l'hommage
de votre respect, de votre confiance, de votre amour. Faites-lui le
don le plus beau, le plus grand, qu'un humain puisse faire: le don
de vous-mêmes, don suprême, - et ne vous reprenez pas, tout
est là.
Ayez confiance; regardez et suivez Jésus de la crèche à la croix.
N'a-t-il pas toujours été tout amour, qu'Il soit dans sa crèche
souriant à sa mère, à l'atelier de son père adoptif, plus tard dans
sa vie évangélique, plus tard encore pendant sa Passion, et au
moment de sa mort sur la Croix lorsqu'Il confie sa Mère douloureuse
à saint Jean? après sa Résurrection, encore, lorsqu'il visite et
console ses disciples bien-aimés, et qu'Il fait descendre sur eux
l'Esprit Consolateur qui ouvrira leur esprit sur les beautés des
enseignements qu'ils devront répandre, et qui leur fera comprendre
ce pourquoi la mort leur semblera douce et la palme du martyre
très enviable!
Ah, croyez à la tendresse du Père, quoi qu'il arrive, et priez
avec ferveur, pour demander que le monde, que Dieu a tant aimé,
devienne meilleur, que l'égoïsme trouve devant lui la barrière néces-
saire, et que les élans généreux, le désintéressement, le désir de
« un pour tous et de tous pour tous » prennent le pas sur cet égoïsme
qui cause tant de mal. Et dites bien très haut : « Dieu ne punit
pas! C'est l'individu qui se met aux mains les menottes, aux pieds
les entraves, qui le déchirent. »
Tout s'enchaîne, et l'équilibre est nécessaire à l'harmonie uni-

~ 237-
verselle. Ne doutez jamais de la miséricorde divine, et ne croyez
surtout pas à l'indifférence du Créateur envers sa créature. Sa
descente sur la terre a été la plus grande preuve d'amour qu'Il
pouvait donner à ses enfants qui ne l'ont pas compris. Pensez à
Jésus quand la souffrance vous accable; la souffrance est néces-
saire, le rachat ne se paie pas en monnaie d'argent. L'équilibre
est rompu, les digues du mal sont ouvertes et ce mal s'écoule et
se répand abondamment: la souffrance, l'acceptation, la prière,
seules, arrêteront cette lave qui plonge les humains dans une
obscurité totale. Mais le moment n'est pas encore venu. Priez,
n'essayez pas de comprendre les causes profondes qui bouleversent
le monde; Remerciez Dieu, en ce jour de Noël, de nous avoir donné
Jésus; unissons nos âmes pour l'adorer et le remercier; le ciel
et la terre se confondent, et c'est le grand miracle de la Nativité.
Oh ! vous tous qui êtes les enfants de Dieu, reconnaissez bien que
vous ne pouvez rien si vous ne suivez pas le chemin tracé par le
Christ. Suivez-le pas à pas; marchez dans son sillon; ne vous révol-
tez pas; ayez confiance et priez, pour éloigner le mal sous toutes
ses formes. Priez, et demandez à la Mère de Dieu de nous aider à
secourir ceux qui sont dans la peine. Elle a souffert avec tant de
résignation et tant de compréhension qu'elle nous est un exemple
à suivre dans les épreuves et la douleur, un refuge aussi vers lequel
vous entraînerez ceux dont la vie est un long martyre.
Notre maman du ciel... Ma maman de la terre 1. ..
Lorsqu'ici je prononce ce mat : Maman, de merveilleuses et
lumineuses vibrations m'environnent... Dieu n'a jamais mieux
fait que ce beau mot d'amour: Maman. C'est beau comme une
source d'eau vive caressée par les rayons tamisés du soleil. Maman,
c'est un parfum dont Dieu seul connaît la composition, il est ini-
mitable... Maman! c'est un chant si doux, si léger, que les anges
eux-mêmes ne peuvent en imiter les harmonies. Maman! C'est
toute la splendeur des mondes, et c'est tout le bonheur des petits
anges aux ailes d'or.
PAQUI.

- 238 -
DÉLIVREZ-NOUS DU MAL

J écris le mot « confiance» dans le cœur de mes amis, en lettres


faites avec les matériaux du Ciel: ceux-là seuls sont d'une qua-
lité qui ne peut décevoir. Ayez confiance dans le grand avenir..
Qui que vous soyez, de quelque peine que vous souffriez, ayez.
confiance, ne vous désespérez pas. L'avenir est à vous, et cela seul
doit retenir votre esprit. Rappelez-vous toujours que c'est vous
qui forgez cet avenir, que toutes les peines que vous pourrez res-
sentir se transformeront en joies, et que vous regretterez de ne pas.
avoir assez souffert tant la récompense sera belle.
Abandonnez-vous entre les divines mains de Jésus; faites vos
tâches avec un courage sans bornes; recommencez ce qui ne donne
pas le résultat attendu. Et lorsque, très las, vous pouvez en toute
sincérité vous dire: « j'ai fait de mon mieux, Dieu me jugera, »
alors, je vous supplie de poser votre besace et de vous endormir
en paix. Soyez des actifs, non des agités. Je vous l'ai déjà dit : ne-
demandez pas à la vie plus qu'elle ne peut vous donner; mais vous,
donnez-vous généreusement, sans compter. Aimez les déshérités;
les petits, les chétifs; répandez-vous et donnez de la joie. Si triste
que soit un cœur, s'il donne de la joie, il deviendra joyeux lui-
même, parce que cette joie qu'il aura fait éclore illuminera et trans-
formera sa tristesse.
Terminons l'année, mes chers aimés, par cet appel vers Dieu;
disons-lui: Délivrez-nous du mal, Seigneur, écartez, autant que
vous le pouvez sans nuire à notre a:vancement spirituel, ce fléau
qui couvre de boue l'humanité. Donnez au monde des yeux qui ne
voient que la lumière, des oreilles qui n'entendent que les cloches.
de la vérité ; rendez-noussourds aux discours des méchants, éloi-
gnez de nos cœurs toute souillure, faites-nous meilleurs; donnez.

- 239--'
à chacun la patience, afin qu'il vive en paix auprès de son frère
et de son ennemi; remplissez-nous du désir de mieux faire; appre-
nez-nous à nous taire et à écouter les divines harmonies spirituelles
qui ne peuvent résonner à nos oreilles que si nous les fermons aux
fanfares humaines. Rendez-nous plus dociles aux enseignements
du Christ. Nous sommes si loin de Lui, de sa doctrine, de la grande
lumière dont Il a inondé le monde! Que son immense amour ne
soit pas anéanti par l'égoïsme qui règne en maître, qui se fait roi
de l'univers. Donnez à nos cœurs assez d'amour pur pour que
nous soyons la fontaine de jouvence où les assoiffés viendront se
désaltérer. Que nos cœurs deviennent le refuge des déshérités;
que nous ayons la possibilité, nous aussi, de dire après le Christ:
Ô, vous qui souffrez, venez à nous et vous serez consolés. Donn~z­
nous cette force, mon Dieu; donnez à vos enfants cette volonté
de vous suivre, de ne vivre que pour se répandre en charité.
Oublions-nous; oubliez-vous; ne pensez à vous que pour VOU5
donner plus largement encore et toujours. Élevez vos âmes, et,
dans cette offrande, que Dieu ne vous sente pas seuls, mais qu'il
voie en votre geste les âmes que vous tentez de soulever vers lui,
et que vous lui offrez.
Amis chéris, l'ange du Seigneur vous adresse les effluves divins
de son Paradis, afin que, sur terre, vous soyez assurés que nous
sommes avec vous, et que le Ciel et la terre se rejoignent parfois
pour donner de la lumière. Ici, les âmes sont comme des fleurs
baignées par la rosée du matin. Des gouttelettes se forment, se
métamorphosent : pensées d'amour. Quel mystère et que c'est
beau! Quel réconfort aussi de se savoir petite goutte de rosée
faisant partie du Grand Amour.
Voyez l'aube de cette année avec sérénité. Mettez-vous au-
dessus des conflits mesquins. Au-dessus, il y a Dieu, la Vie, la
seule nécessaire, celle qui demeure. Et tout en remplissant votre
tâche journalière, très importante parcelle qui compte, vous le
savez, dites-vous que vous n'êtes sur terre qu'une barque fragile
dont le Grand Pilote est en Haut.
PAQUI.
- 240 -
ANNÉES D'ÉPREUVES
NOËL 1939

Dieu permet ce soir à votre ange d'être le rayon de lumière


qui inonde vos cœurs de confiance et de paix. Et je vais essayer
de vous attirer vers mon Ciel, où l'amour de Jésus est la source
divine pure et transparente, où se reflètent toutes les espé-
rances.
Que cette veillée de Noël, où vos cœurs sont lourds d'angoisse,
soit plus lumineuse, plus près encore de l'Enfant-Dieu qui est
descendu s'abriter dans une misérable crèche pour accomplir sa
mission divine, naître par amour des hommes, vivre pour les aimer, ~
et mourir pour qu'ils vivent éternellement dans les sphères bien-
heureuses réservées aux enfants de Dieu: appel sublime pour nos
âmes à la reconnaissance et à l'adoration éternelles.
Comprenez-le mieux encore ce soir, parce que vous souffrez.
Que cette souffrance, afin qu'elle soit rédemptrice pour tous,
soit faite non d'une peine qui revient à soi-même, mais d'une
peine qui va vers les autres. Agenouillez-vous humblement devant
l'Enfant Jésus, non pour l'implorer qu'Il arrête les combats et
vous donne la victoire, non! Priez pour les coupables, les respon-
sables, vous dont les yeux de l'âme sont ouverts et pour qui le
voile est en partie déchiré sur les vérités éternelles. Priez pour
qu'à leur tour ils soient éclairés; priez de toute la ferveur de votre
âme; demandez que l'étoile lumineuse guide et éclaire les loups
rapaces qui ont déclanché la tourmente. Ne jugez pas. Mais, plus
vous croyez que rien de noble n'existe dans leur soif de domina-
tion, plus vous devez implorer le secours et le pardon de Dieu
sur eux. Comprenez bien Paqui lorsqu'elle vous dit : ayez pitié
des misérables coupables, et priez pour que la porte du repentir

- 243-
s'ouvre sur eux afin que la justice divine ne les écrase pas, s'il en
est temps encore.
L'ange connaît les ambiances de supplices affreux que créent
les âmes plongées dans l'ombre du mal et qui ne pourraient se
relever, si Dieu, dans sa miséricorde infinie, n'envoyait ses anges,
pénétrés de la lumineuse puissance d'amour de Jésus, les éclairer,
les aider à comprendre et à se repentir. Aidez-nous par vos prières,
chers amis de mon âme! Acte sublime d'abnégation, de charité,
que je vous demande devant le berceau de paille de Jésus, notre
Sauveur.
Songez combien, Lui aussi a fait un sacrifice d'amour pur, d'ab-
négation, pour revêtir notre défroque humaine afin d'être plus
~ près de nous pour nous secourir, nous aimer, pardonner, et mourir
pour que nous vivions tous dans l'esprit de Dieu.
Oh, mon Dieu, merci! Paqui, de toute sa tendresse, son amour
pour l'humanité, vous tend dans un geste de prière et d'amour
tous ses frères qui souffrent dans cette vallée de larmes, tous,
même les plus méchants, et vous demande, Seigneur, de faire
encore des miracles comme au temps de votre vie terrestre. Faites
voir les aveugles, entendre les sourds, marcher les paralytiques!
Je vous demande, ô Jésus de la crèche, des miracles, des rayons
de lumière et d'amour pour tous les humains, tous aimés de Paqui,
qui désire, ainsi que sa grande Sœur du Ciel, faire du bien sur la
terre, et vivre là-haut en donnant de la joie en bas.
Jésus écoutera la prière de son ange. J'emporte et je Lui offre
toutes vos larmes, vos espoirs, vos craintes, pour les voir fleurir
et se transformer en joies, en certitudes dans la miséricorde et la
justice divines. C'est le présent de Noël du petit ange aux ailes
poudrées de lumière.
Je vous enveloppe et vous protège comme de petits poussins
à moi confiés. Jésus veillera sur vous et vous sourit, amis bien-
aimés. Ce soir, je me sens plus près encore de vos âmes inquiètes,
pieuses et ferventes; rien ne nous sépare. C'est aussi le présent
de Jésus à son ange: Il permet qu'elle glisse sur votre sol en restant

- 244-
près de Lui. Dites et redites avec moi: Merci, ô mon Jésus si ado-
rablement bon!
Courage et confiance! quoi qu'il arrive. La fleurette du Seigneur
effeuille sur vos âmes tous les pétales de roses de son Paradis fleuri,
et vous enveloppe des doux parfums du Ciel. Noël joyeux, à tra-
vers Jésus, en Jésus, qui nous a donné toutes les espérances de vie
et d'amour.

PAQUI.

- 245-
PAQUES 1940

Pâques! Fête de joie et d'espérance pour tous. Comprenez-en


la portée sur la terre. Jésus est ressuscité après avoir souffert,
après son grand sacrifice, après sa mise au tombeau. Il est ressus-
cité d'entre les morts, et a parlé à ses disciples. Peu ont cru, peu
profitèrent de la vérité qui leur a été révélée, peu comprennent
encore, hélas! Ne soyez pas du nombre des insensés; croyez,
réjouissez-vous, fortifiez votre foi.
Vous vivez des heures de ténèbres. N'êtes-vous pas, spirituel-
lement, sous la pierre lourde, dans le noir caveau, entourés du lin-
ceul. Sortez-en! vous en avez tous les moyens; vous êtes les maîtres
de votre destinée, vos maîtres, les maîtres de votre âme, de vos
pensées. Dégagez-vous de tout ce qui vous écrase et vous retient
au tombeau. Appelez vos anges, ils sont légion, et ne demandent
qu'à venir vers vous pour vous aider à vous dégager de vos liens.
Flambeaux en mains, ils vous dirigeront vers l'immense bonheur
des éclairés. Demandez avec confiance du secours spirituel, et
vous en recevrez au delà de vos espérances.
Quelle pitié de constater que ces pauvres hommes rampent
dans la fange sans faire le moindre geste pour s'élever vers la
lumière! Ils ne comprennent donc pas que Dieu seul, toute lumière,
tout amour, peut leur tendre l'échelle de vérité qui les élèvera du
bourbier où ils stagnent si lamentablement dans la misère et le
mensonge! Mais priez, priez donc! élevez vos âmes au-dessus de
toute matière, tendez-les avec ferveur vers Dieu juste et tout
amour. Il vous aidera, si vous le voulez, mais, encore une fois je
le répète, il faut le vouloir. Rien ne se fait seul, l'effort est indis-
pensable. Si vous compreniez bien vos devoirs, votre raison d'être,
et si vos actes étaient dictés par la raison, tout irait mieux, les
rouages qui tournent si mal se réengrèneraient normalement.
Oh! amis, qui avez reçu un peu de lumière de nos sphères bénies,
vivez dans l'esprit de Dieu, vie et amour. Soyez des ressuscités,
et, comme Jésus, sortez du tombeau pour ne jamais y redescendre.
Vous me comprenez? Votre dépouille pourra' un jour demander
la sépulture, mais ce ne sera que le déchet de vous-mêmes: cela,
aucune importance! C'est à votre âme que je parle, c'est votre
âme que j'appelle lorsque je vous dis: Ressuscitez! sortez vous-
mêmes du tombeau obscur où vous êtes enfermés! venez à Dieu,
votre Père, votre lumière, votre vie.
La terre est jonchée de ces malheureux ensevelis par eux-mêmes.
Que faut-il dire, que faut-il faire pour qu'ils comprennent et vivent
enfin! Soyez nos messagers fidèles, faites comprendre autour de
vous la nécessité de vivre en esprit de Dieu qui nous a comblés
de tous ses dons. Dites-le bien haut, afin que les hommes s'agitent
moins, et vivent mieux.
Pâques nous rappelle tout ce que Dieu, tout amour, a fait de
sacrifices pour nous sauver. Jésus, amour, a voulu naître, vivre,
souffrir et mourir pour nous tracer le chemin de la vie, nous faire
'Comprendre que le Père vit en nous et nous aime. Que sa sainte
volonté soit comprise et suivie!
Réjouissons-nous avec les Saintes Femmes, et racontons bien
haut autour de nous le grand miracle de ce jour. Vivez dans son
rayonnement. Soyez joyeux, amis, même dans les heures lçurdes,
puisque vous -en connaissez le but sacré. Remplissez tous vos
devoirs avec calme et sérénité: Dieu fera le reste, ne vous tour-
mentez pas. Il est le Grand Guide; mais rappelez-vous que vous
n'êtes pas attachés, vous êtes libres de suivre ou de vous guider
par vos propres moyens; libres de suivre la voie du Christ ou de
vous en écarter. Veillez à ce que votre flambeau ne s'éteigne pas.
Les hommes fuient tout ce qui pourrait diffuser, intensifier en
eux la lumière divine qui les gène ... mais qui deviendra plus éblouis-
sante, car, je vous le dis en vérité, le jour viendra où la terre et le

- 247-
Ciel se comprendront, et se fondront dans la même communion
d'amour. Priez, en union avec les anges au service de Dieu, que
Son règne arrive, règne d'amour universel.
A vous, à moi, à tous, Dieu fait entendre ses harmonies célestes;
et moi, votre petite Paqui, avec sa permission divine, je vous
entoure de tous ces sons divins, pour vous aider à vivre joyeux,
confiants, dans l'esprit de votre Dieu tout amour. Amen.
TOUSSAINT 1940

Après ta prière, tu vois le feuillage se dorer sur les arbres; puis,


la chute, rien ne peut l'arrêter, pour permettre à l'arbre une éclo-
sion nouvelle. C'est la loi de la nature à laquelle il faut se résigner
en entrevoyant l'espérance de la vie future; car rien ne meurt,
et c'est vers l'avenir qu'il vous faut diriger vos regards.
Vous souffrez de la chute de toutes vos espérances humaines;
je le comprends, mais je voudrais que vous puissiez voir combien
cette souffrance se transforme si vous la tendez vers votre Maître,
pour la régénération de votre pays, et si, bravement, de toute
votre âme, vous acceptez vos épreuves en disant: Non pas ce que
je veux, ô mon Dieu, mais ce que Tu veux. Nous ne comprenons
pas Tes desseins mais nous avons confiance, et nous savons que
nos yeux s'ouvriront, que nos oreilles entendront, lorsque nous
serons dégagés de notre lourde enveloppe qui nous cache la divine
lumière et la divine vérité.
Croyez Paqui lorsqu'elle vous dit d'avoir confiance. Plus que
jamais, je vous répète avec tout mon amour, toute ma tendresse:
acceptez vos souffrances, vos humiliations! toute acceptation
est déjà compréhension, donc, montée vers un degré supérieur,
évolution grandissante de votre âme vers la Paix que vous a lais-
sée le Seigneur.
« Je vous laisse Ma Paix! » a dit Jésus. Vivez avec cette paix
intérieure que personne ne peut vous ravir. Elle est vôtre et peut
se transformer en une paix toujours plus profonde, plus complète,
si vous voulez comprendre, aimer, vou. oublier vous-même pour
voir les choses et le prochain sur le plan universel. Car, aussi

- 249-
longtemps que vos âmes ne se seront pas ouvertes à la compré-
hension de l'amour, vous ne saurez déchiffrer l'énigme du don de
la vie. Et si les hommes sont si lâchement craintifs, c'est qu'ils
n'ont pas appris ni compris l'amour. Celui qu'ils éprouvent n'est
qu'égoïsme sous toutes ses formes, et cet amour-là se condamne
lui-même à sa perte.
Amis chéris, suivez votre petit ange. Faites la paix en vous-
mêmes. Soyez indulgents pour ceux qui ne connaissent pas Dieu
tout amour. Les pécheurs se repentiront, les méchants souffriront.
Ne jugez pas; chacun a son heure. Acceptez la vôtre sans limiter
le temps; hier, aujourd'hui et demain ne sont qu'un même instant,
et ce que vous considérez comme l'avenir n'est qu'une seconde
par rapport au seul avenir qui compte.
Tous ceux que vous fêterez demain sont un exemple frappant
de la transformation de la souffrance en une sérénité, en une paix
bienheureuse qui va toujours croissant au fur et à mesure des
échelons gravis. Les saints que vous honorez sont dans la joie
céleste après avoir eu leurs luttes, leur calvaire, leurs larmes de
sang. Tout se gagne, mais il faut vouloir: Dieu fait le reste, je
vous en donne l'assurance.
Vous vous vaincrez vous-mêmes si vous persévérez dans votre
volonté de mieux faire. Votre barque possède l'ancre qui attache,
qui retient; la tempête peut souffler, vous êtes à l'abri, au port;
Dieu est avec vous, Il veille, et votre petite Paqui est à vos côtés
dans la barque. Ensemble, adressons au Seigneur cette prière
fervente:
Mon Dieu, vois la souffrance de tes enfants, leur désir de bien
faire, leur bonne volonté d'accepter sans bien comprendre. Donne-
leur la Foi en tes desseins, l'espérance en l'avenir; élargis leur
cœur: qu'ils soient bons, charitables, indulgents pour toutes les
souffrances humaines quelles qu'elles soient. Et surtout, Seigneur,
donne leur le regret de leurs fautes, la force de ne point y retom-
ber et de mieux vivre Tes commandements, Ton Evangile d'amour
et de charité.

- 25 0 -
Je vous souris, je vous aime, je suis vôtre, et une pluie de
roses embaumantes vous recouvre : c'est Paqui ; c'est votre
ange, qui secoue ses ailes sur sa Mamie chérie et sur ses amis. A
toujours.

PAQUI.

- 251 -
CONFIANCE EN DIEU
DÉCEMBRE 1940

Bien loin 'de pouvoir arranger les choses à votre gré, si vous
vous laissez aller au découragement tout se compliquera autour
de vous et vous perdrez votre force morale si nécessaire en ces
heures de grande détresse douloureusement ressentie par tout
être qui comprend, qui regarde, et qui sent les forces mauvaises
qui pèsent sur le monde. Que ces temps vous servent, au contraire,
à élever vos âmes plus haut, où tout est lumière, vérités, afin de
mieux comprendre la justice de Dieu qui, par amour, a laissé le
libre arbitre s'agiter dans les esprits et les cœurs des humains,
pour que de cette lutte, de cette victoire remportée un jour sur
soi-même, la lumière divine jaillisse et éclaire les esprits.
Pensez au joyau que Dieu vous a donné : votre âme immor-
telle. En elle vit cette clarté éblouissante : « cherchez et vous
trouverez; demandez et vous recevrez li, a dit Jésus.
C'est toute vibrante de tendresse que je perçois vos désirs,
mais toute désolée lorsque vous ne cherchez pas la clarté là seule-
ment d'où elle peut jaillir et vous éblouir. Vous êtes plus près de
nous et nous pouvons mieux pénétrer vos cœurs lorsque votre
personnalité propre disparaît, se résorbe, s'oublie, souffre, pour
la collectivité toute entière. Vous avancez ainsi à grands pas vers
une compréhension supérieure. Prier, accepter les épreuves, souf-
frir avec une Foi confiante et éclairée: le Christ nous l'a enseigné
Lui-même lorsqu'Il est descendu sur la terre pour nous apporter
la Vie.
Amis chéris, ayez une confiance absolue en notre Père à tous.
Le Grand Berger des Cieux veut que son troupeau ne s'arrête pas
en route et que chaque brebis suive le bon chemin. A la brebis

- 252-
égarée, cependant, Il ne fera aucun reproche: point de courroux
dans son divin regard; la porte du bercail ne s'ouvrira que plus
grande pour la recevoir dès que cette brebis égarée voudra rentrer
par la porte du repentir et de l'amour. Dieu est toujours prêt à
ouvrir ses bras paternels: à vous de vous y blottir sans retard, là
est le salut et la victoire.
Dieu tout amour ne punit pas : ce sont toutes les erreurs des
hommes, leur aveuglement, qm retardent l'évolution du monde,
créent le mal, le déséquilibre et toutes les souffrances qui en dé-
coulent. Tout se paie; rien de bon ne pouvait se créer par tant
d'années de désordre. Vous deviez passer par ce chemin rocailleux
et vos pieds devaient saigner. L'équilibre rompu doit reprendre
son plan normal, le vent de folie et de haine doit faire place à la
brise tiède et légère de l'amour qui rafraîchit et vivifie.
Je voudrais trouver des mots qui tintent à vos oreilles comme
un pur cristal, une source d'eau limpide qui inonde vos cœurs de
confiance. Je voudrais vous faire percevoir des chants d'une très
douce harmonie. Je voudrais ouvrir davantage encore vos âmes,
vos cœurs, afin que vous y sentiez pénétrer tous les rayons d'amour
de votre petite Paqui, tout le souffle pur de l'ange du Seigneur.
Mais vous auriez le Ciel sur la terre, et ce serait trop beau: vous
désireriez vous envoler de suite et il est nécessaire d'attendre.
Paqui est dans un Paradis qu'elle ne peut vous décrire tant il
est fait de toutes les harmonies merveilleuses réunies dans une
même splendeur. Mes missions m'en éloignent parfois, mais par
une grâce spéciale l'ange emporte en ses ailes les effluves joyeuses
de son Ciel et les répand sans en rien perdre. Les fleurs que Dieu
me donne refleurissent plus nombreuses et plus brillantes à mesure
que je les distribue. Sur terre, vous qui savez un peu, amis chéris,
soyez comme l'ange du Seigneur: donnez-vous, répandez-vous,
aidez et consolez ceux qui souffrent, et loin de vous diminuer, vous
grandirez et sentirez le rayonnement du bonheur que vous dis-
tribuerez et qui .sera déjà pour vos âmes un peu du Paradis de
Paqui. Dieu a pour nous, pour mes aimés, mille complaisances.

- 253-
Répétons encore avec reconnaissance qu' « Il ouvre à ses enfants
sa bourse de diamants» pour qu'ils y puisent tous les trésors dont
ils ont besoin pour parcourir le voyage terrestre et arriver à bon
port. Comprenez le sens de ces paroles: je vous le dis en vérité,
les trésors que Dieu répand pour vous ne sont pas du domaine
humain; le plan spirituel seul nous occupe, et c'est par ses rayons
d'amour que vous recevrez les forces vivifiantes pour avancer
dans la vraie voie.
Pour toi, mon petit archet, ma douce et bien-aimée maman,
convaincue plus que jamais que nous ne nous sommes pas quit-
tées, nous vivons en accords d'harmonie que nous traduisons par
un mot qui nous résume et résume tout l'univers... et c'est, tu
le devines, le mot Amour: il dit tout.

PAQUI.

- 254-
NOËL I940

Pour ce Noël I940 il me faut déployer très grandes mes ailes


pour que vous veniez vous y blottir et écouter les chants
divins, les chants célestes. Les magnifiques harmonies qui m'en-
vironnent font à mon Ciel une ambiance si suave qu'il me
semble que vous allez, vous aussi, grâce à la bonté de Dieu qui le
permet, goûter ce soir une douceur d'espérance inaccoutumée.
Que cette nuit de Noël, amis chéris, vous inonde de lumière;
et pour que sa clarté vous éblouisse et vous ravisse, venez la puiser
avec humilité, douceur, acceptation auprès de l'Enfant Roi, de
l'Enfant Dieu, venu dans le monde des humains pour nous donner
cette divine lumière, cette manne céleste dont nous devrions vivre
et nous nourrir pour fortifier nos esprits et nos corps- ces pauvres
corps si lourds, si gênants, mais absolument utiles au dévelop-
pement de l'esprit parce que, par ce corps, nous souffrons, nous
luttons pour acquérir, et enfin comprendre le néant de la matière
et la supériorité de la vie spirituelle.
Oh! vous tous que j'aime avec ma sensibilité vive, mais dégagée,
comme je voudrais que vous compreniez bien! Je voudrais vous
dire tant de choses consolantes, car je sais combien il vous est
difficile, sur la terre, de vous détacher assez pour accepter et cher-
cher à acquérir et à comprendre cette science de la douleur. Oui,
fécondes, elles le seront, ces douleurs innombrables répandues
sur la terre pour sa rédemption. Toute larme peut devenir lumière.
rosée bienfaisante; toute volonté tendue vers ce qui grandit, élève
l'âme au-dessus de la matière, aide cette âme à gravir les échelons
nécessaires à son évolution, et concourt à l'évolution universelle.
En ces jours lourds d'angoisse, ne vous arrêtez pas devant les

- 255-
épines du chemin; avancez avec confiance, n'ayez pas une appré-
hension exagérée du lendemain.
Je voudrais que ce Noël, malgré sa tristesse, reste marqué en
vos âmes; non pas parce qu'il n'est pas matériellement le joyeux
Noël d'autrefois, mais parce que, surtout, vos cœurs lacérés
par tant de souffrances sont encore plus et mieux tendus vers ce
Messie, cet Enfant-Dieu qui descend dans sa crèche si froide pour
nous sauver, nous consoler, nous fortifier. « Vous tous qui pleurez,
venez à Moi, je vous consolerai», a dit Jésus. C'est Jésus encore une
fois, mes amis, qui va faire ce miracle d'amour entre le Ciel et la
terre: si vous le voulez bien vous le sentirez parmi vous. Il vient,
Il revêtira votre propre misère, votre petitesse; traqué comme
vous par des forces ennemies, Il en triomphera pour accomplir sa
mission d'amour dans le sacrifice de sa vie pour le bonheur de tous.
Faites votre devoir avec une conscience toujours en éveil; don-
nez à ceux qui vous entourent le meilleur de vous-mêmes. Ne ména-
gez pas votre peine; soyez des vigilants. Votre route est tracée par
le Divin Enfant en cette fête de la Nativité: Plus vous serez petits,
humbles, et plus la lumière vous visitera. Demandez-la sans amer-
tume, sans regrets, avec des cœurs confiants qui, certes, peuvent
saigner encore, mais ont l'immense désir de l'écolier qui veutap-
prendre parce qu'il aime le Maître, et a une infinie confiance en Lui.
Méditez, priez, pour que ce Noël soit plus fécond spirituellement
que les plus joyeux Noëls que vous avez vécus. Mettez-vous au-
dessus de vous-mêmes et des sacrifices qui coûtent. Vous êtes hu-
liés, angoissés par tant de misères; vous sombrez, croyant que
le Ciel vous abandonne! A la crèche, Marie n'avait rien pour Jésus;
des loques pour le couvrir, point de feu, point de lit, de la paille
et des êtres inférieurs, de braves bêtes: c'est tout! Joseph, désolé,
ne pouvait rien lui-même pour ses êtres chéris... Mais leur confiance
était sans bornes.
Aujourd'hui, vous aussi, vous souffrez. Mais, comme à la crèche,
vous êtes unis en famille. Remerciez Dieu: la famille est un don
de Dieu, ne l'oubliez pas. Pensez à ceux qui sont séparés, à ceux

- 256-
qui luttent et meurent pour leur cause. Priez pour que leur souf-
france leur soit une lumière. Ne plaignez pas ceux qui partent:
ils sont aidés dans leur sacrifice consenti, Dieu leur envoie ses
anges pour les fortifier.
Courage, confiance! Reconnaissez devant la crèche que tout
ce qui arrive devait arriver, que l'équilibre était rompu, que la
grande machine humaine avait ses rouages brisés, rouillés par
l'incompréhension des hommes. Il fallait un grand choc, il est
venu. Hélas, il brise vos cœurs! Priez pour qu'il ouvre les yeux
aux aveugles et que la victoire ne soit pas retardée... la victoire
sur vous-mêmes, et non celle des hommes.
Se vaincre chacun soi-même pour l'amour de tous, c'est assurer
la paix divine, la paix que Jésus a voulu laisser au monde. Mais,
je vous le dis encore, votre belle France n'est pas morte. Même
si vous deviez la voir coupée en petits morceaux divisés, séparés,
Dieu qui l'aime fera ce beau miracle, et les petits morceaux se
rejoindront un jour. Et si vos pas humains ne foulent plus la vallée
terrestre, d'ici, vous verrez votre belle France renaître dans l'union
spirituelle qui sera la victoire.
Noël, c'est l'espérance divine éternelle à travers la souffrance
passagère de la vie temporelle. Levez les yeux pour que ces souf-
frances deviennent claires, légères, lumineuses. Élevez-vous au-
dessus de cette douleur écrasante, égoïste, qui enferme le cœur
humain dans un cercle si serré qu'il en étouffe. Je vous aiderai:
Confiance, mes aimés. Ne vous découragez jamais même devant
les pires désespérances.
Horloge de la vie: heures roses, heures grises, heures noires:
quel splendide mécanisme dont les ouvriers hélas, restent sourds
et aveugles jusqu'à ce que la Grande Heure ait sonné. Joyeux
Noël pour vos âmes. Que vos yeux pleurent mais que vos âmes
chantent. Croyez Paqui en cette veillée de Noël, devant la crèche
de l'Enfant Jésus, l'Enfant Roi dont le royaume n'est pas de ce
monde, mais d'un monde de lumière et d'amour où nous nous
retrouverons tous unis en Dieu. Amen.

- 257-
ACCEPTONS NOTRE CROIX
1941

Au cours de ton recueillement tu as eu la vision de nombreuses:


petites croix qui vont se joindre, se fondre dans une autre-
beaucoup plus grande, que tu as senti être celle de Jésus: sym-
bole simple à expliquer : toutes ces petites croix représentent
vos angoisses, vos épreuves, vos souffrances, qu'il faut accepter
avec courage pour qu'elles puissent former un tout et que vous
deveniez des petits Christ. Amis de mon âme, comprenez et accep--
tez toutes vos croix. Regardez votre Christ, que vos yeux se posent
sur Lui avec la volonté de voir clair en Lui, à travers Lui. Serrez
la croix sur votre cœur, car c'est Dieu descendu sur la terre pour
que vous viviez; que la Vie, l'étincelle divine qui est en chacun
de nous se réveille à la flamme de Son amour. Méditez bien : Il
est là, sur la Croix; Il est l'image de la souffrance que vous res-
sentez tous en ce moment. Vous souffrez? Lui aussi avec Ses mains
transpercées, Ses pieds cloués... Vous êtes terrifiés, désespérés ?-
Lui aussi, car Il a compris que très peu suivraient sa doctrine-
à..:amour, et que Son sacrifice et Sa mort ne donneraient pas à tous
la Vie, celle qui demeure au delà de toutes les limites et que Jésus.
voulait donner au monde par son sacrifice consommé sur la Croix.
Commencée à la Crèche, puis au Calvaire, la Rédemption du
monde par l'amour du Christ continue dans les membres de son
corps mystique, l'Église universelle, nous tous, ses enfants. L'amour
sur terre, semble mort. La haine, l'esprit du mal, obscurcit les
consciences; l'œuvre du Christ est retardée. Une fois encore Dieu
vous appelle à l'amour et au renoncement pour achever l'œuvre.
Divine: répondez à Son appel.
La guerre? Mais Dieu ne l'a pas voulue! Ce sont les hommes.

- 258-
qui l'ont créée par leur inconscience, leur égoïsme, leur incom-
préhension des lois divines de la Vie. Et si une bande de crimi-
nels déchaînés par l'esprit du mal a mis le feu dans le monde entier,
leur châtiment sera terrible. Ils forgent eux-mêmes ce châtiment:
« l'éternel remords », Il faut les plaindre, prier pour eux malgré
les souffrances innombrables qu'ils répandent et répandront sur
tant d'innocentes victimes.
Souffrances inutiles, dites-vous. Là, je vous arrête. Vous ne
pouvez comprendre, mais ne croyez pas ces souffrances inutiles.
Rien ne se perd l Que d'aveugles verront, que de sourds enten-
dront, et que de sublimes parterres fleuriront dans les jardins éter-
nels sur cette immense douleur du monde! Restez calmes et con-
fiants dans les voies de Dieu. Chaque crime aura son châtiment,
chaque sacrifice aura sa résonance victorieuse.
Dieu est infiniment bon, infiniment miséricordieux, mais il est.
des heures où il est demandé une plus grande somme d'expiations.
et où des âmes réparatrices, choisies par Dieu, doivent prendre
leur vol toutes ensemble pour une charge héroïque contre les
démons déchaînés, dont le mirage s'évanouira devant la réalité
effroyable : le feu éternel du remords.
Mes aimés, suivez le Christ. Ne restez pas découragés sur le
bord de la voie sainte du sacrifice qui conduit à la vie. Soyez assu-
rés que si la terre entière s'écroulait, le Christ, Lui, demeurerait
plus vivant que jamais pour vous sauver. La lumière qui réchauffe,
qui éclaire, qui dirige les âmes, c'est l'Amour, c'est Jésus qui se
tient près de vous et vous tend la main. Ne repoussez pas la main
du Sauveur, elle est douce, elle est ferme et vous aidera à porter
votre croix.
Amis chéris, priez avec ferveur; ayez confiance et attendez
en élevant vers le Tout-Puissant des appels de Foi et d'Espérance.
Ici, dans nos sphères de lumière, nous sentons les prières ferventes
des vrais enfants de Dieu monter comme un encens qui parfume
et transforme les ténèbres de la terre en rayons lumineux. Je vous
promets que ces rayons sont précurseurs de l'Aurore qui vous

- 259-
portera le rameau d'olivier au milieu de votre déluge actuel.
Que vos âmes soient de plus en plus pénétrées de la Vie divine
qui est en vous. Aimez, comprenez, pour pardonner. Paqui, petite
fleur du Seigneur, s'effeuille sur vos cœurs pour vous entourer des
parfums d'amour de son Paradis. Je demande à Jésus, qui a pour
son ange toutes les complaisances, de vous bénir, de vous donner la
force de souffrir en vos cœurs, mais de réjouir vos âmes par une
confiance infinie en Son Amour. Comprenez Paqui, suivez-la
près du Christ qui demeure: c'est le chemin qui conduit à la Vie,
c'est-à-dire au Royaume de Dieu; et mettez en pratique ce pour-
quoi Jésus est mort sur la Croix: Aimez-vous les uns les autres!
Voyez combien peu sa parole a été écoutée! Priez avec nous, amis
chéris, pour qu'Il soit compris, suivi, et que Son règne arrive.
Je me penche sur vos âmes. Dieu permet que je vous enveloppe
des rayons lumineux de nos sphères célestes afin que vous soyiez
protégés et sans craintes. Votre petit ange vous aime et lance dans
l'espace une rose de lumière et d'amour.

PAQUI.

- 260-
SOYEZ DES ENFANTS DE LUMIÈRE
MARS 194:1:

« Soyez des enfants de lumière », Méditez sur ce sujet admi-


rable et si pressant, car le flambeau de la France doit raviver sa
flamme spirituelle, et tous ses enfants doivent s'unir dans l'Es-
prit divin, source d'éternelle charité, point lumineux qui nous
aidera à devenir transparents, indulgents, généreux. Dieu nous
désire ainsi. Et si depuis bien des années des êtres de malheur se
sont acharnés à éteindre ce flambeau spirituel par tous les moyens
en leur pouvoir, soyez assurés que la seule flamme qui pourra le
rallumer, le faire revivre, c'est l'Amour, l'Amour ardent et généreux
pour tous, dans l'Esprit de Dieu. Oui, soyons des enfants de lumière
pour que notre Père céleste soit satisfait de ses fils, et nous aide
à retrouver notre place féconde pour le bien de l'humanité.
Je dis: nous, car ici, dans nos sphères de lumière, nous travail-
lons intensément pour influer sur la destinée de la terre, en vous
environnant de nos rayons d'amour, pour vous aider à vous rap-
procher de la lumière, obscurcie par l'égoïsme et l'orgueil des
hommes, et vous apporter la preuve des réalités spirituelles de
la Vie immortelle de l'âme.
Amis privilégiés qui percevez nos pensées célestes, répandez
les richesses qui vous sont confiées. Conduisez-vous comme des
enfants de lumière en suivant la voie d'amour et de vérité tracée
par Jésus. Dieu est la source de Vie: élevez-vous jusqu'à Lui dans
une prière d'abandon et de Foi, et rappelez-vous qu'on ne peut
marcher sur le chemin de la perfection qu'en portant une croix:
sacrifice, renoncement, charité.
C'est au milieu des souffrances des grandes épreuves qu'il vous
faut lutter contre vous-mêmes, centre d'égoisme. Que votre prière
- 261-
soit une communion d'abandon et de confiance. Vos deux pieds
bien équilibrés sur le sol où vous êtes pour remplir tous vos devoirs,
que votre âme s'élève pour demander les forces spirituelles qui
aident à mieux les accomplir. Dès l'aube de votre journée, pensez-y
en l'offrant à Dieu. Chassez toutes pensées qui troublent votre
âme et votre cœur et ne vous apportent pas la quiétude de votre
conscience. Soyez un exemple de bonté, de charité, d'indulgence.
Né remettez pas au lendemain telle attitude meilleure que vous
sentez devoir prendre pour rayonner le bonheur, la paix, autour
de vous. Soyez généreux de toutes façons: en un mot, mettez de
l'harmonie là où il n'yen a pas.
Priez souvent, c'est le meilleur soutien. Prier est un élan de
quelques secondes vers le Haut; c'est se mettre en contact avec
Dieu, ne serait-ce qu'une minute, pour se détacher de la matière
lourde qui nous étreint et voile la lumière divine qui est en nous.
Vous êtes assez favorisés, amis chéris, pour mener à bien votre
tâche. D'autres, moins heureux, moins éclairés, cherchent et
désirent trouver la voie lumineuse; d'autres, encore plus déshérités,
ne songent même pas à la chercher. Ce sont ceux-là qu'il faut
éclairer. Notre chaîne d'amour est faite pour cette tâche: nous
devons la grandir, en purifier le métal, afin que les maillons soient
solides et se soudent à jamais dans l'amour divin.
C'est si beau de regarder ce qu'un groupe d'âmes peut devenir
au fur et à mesure de ses progrès spirituels! Se spiritualiser, c'est
chercher à réaliser Dieu en soi, c'est vouloir comprendre, vivre en
union avec la source divine: l'amour, la vérité, la lumière. Sans
vous lasser, cherchez Dieu en votre âme et Il répondra à votre
appel: je ne cesse de vous l'affirmer, et de vous dire aussi: con-
fiance r Ce sentiment d'abandon contient toutes les promesses,
tous les espoirs, et si vous êtes pénétrés de sa luminosité, il vous
conduira vers le chemin qui va vers notre Père tout amour et
miséricorde.
Ne vous contentez pas de vouloir: agissez, et vous triompherez,
aidés de tous vos amis célestes qui vous désirent vraiment lumière.

- 262-
Le moindre petit devoir accompli est un point de départ. Les Marie
et les Marthe arrivent au même résultat, et lorsque viendra le jour
béni de la résurrection, vous serez plus vivants que jamais par la
transformation opérée déjà en vous-mêmes dès ici-bas, et qui allé-
gera votre esprit, la seule chose qui demeure et est éternelle.
Priez, élevez vos cœurs, rayonnez autour de vous la lumière
que Dieu vous envoie par son petit messager. Si vous ne compre-
nez pas encore la grandeur de la souffrance rédemptrice, ayez en
vous-mêmes la certitude que, si les desseins de Dieu sont impéné-
trables, ils sont tout amour. Que vos yeux qui pleurent ne se
brouillent pas au point de ne plus apercevoir la splendide lumino-
sité qui vous entoure. Laissez-vous façonner par le Grand Cons-
tructeur : s'Il taille et si le travail fait crier votre chair, dites-vous
que cette chair avait besoin du bistouri pour renaître plus saine
que jamais. Ayez confiance en votre ange qui peut, par un privi-
lège spécial, pénétrer vos pensées de la lumière de son Ciel. Remer-
ciez Dieu avec Paqui de sa miséricordieuse bonté, et répandez
sans vous lasser la bienfaisante parole. Sans Dieu, la terre se des-
sèche, et, avec Son divin secours, la moisson fleurira, l'ivraie sera
brûlée afin que les épis dorés resplendissent et nourrissent vos
frères.
A ma Maman chérie, une pensée d'amour qui illumine son cœur,
et la fasse sourire au printemps qui a été pour elle et pour moi une
sublime résurrection.

PAQUI.
L'ORGUEIL ET L'ÉGOÏSME,
SOURCES DE TOUS LES MAUX
JUIN 1941

Je vous unis dans ma tendresse et suis heureuse de venir vers


vous, amis chéris, vous envelopper des rayons d'amour de nos
sphères célestes. Je vous sens si profondément attachés au petit
ange du Seigneur que je voudrais vous faire comprendre à travers
vos angoisses, vos souffrances, la valeur de la vie terrestre qui
prépare l'évolution de l'humanité pour le règne de la vérité, de la
lumière et de l'amour.
Oui, ayez une confiance absolue dans le Père céleste. Sa misé-
ricorde est infinie; Il ne punit pas; Il ne veut pas le châtiment;
mais Il laisse à chacun le libre arbitre, la disposition de soi. Parce
qu'Il nous aime, Il est infiniment juste, et je voudrais que vous
soyiez persuadés ce soir, après la lecture de ce message, que ce
n'est pas Dieu qui crée la souffrance, que c'est l'homme lui-même
qui la prépare par ses erreurs, son incompréhension du sens de
la vie. Dieu n'est pas le père courroucé, comme on vous le présente,
à l'heure du châtiment : Il est, au contraire, tout amour, et Il
nous appelle vers Lui, source de vie et de bonheur éternel.
L'orgueil, l'égoïsme, règnent en maîtres tyranniques sur la
terre : de là le déséquilibre qui produit toutes les catastrophes
dont le monde souffre en ce moment. Nous savons que les temps
actuels préparent une humanité plus évoluée, plus spiritualisée;
mais l'évolution ne se fait pas dans les jours fastes, vous le savez;
c'est par la douleur qu'une âme se grandit, c'est par la douleur
qu'une âme se purifie, s'allège, comprend, et se détache de la
matière. Que ce temps d'épreuves vous fasse méditer, et sentir
le pourquoi de la vie terrestre. Gravissez avec confiance l'échelle
de vérité, qui est douloureuse, et dont chaque échelon est une
épreuve à surmonter. Voici le moment pour tous de passer des
ténèbres à la lumière.
Soyez, amis chéris, vous qui êtes éclairés par les rayons de nos
sphères lumineuses, des êtres de lumière. Soyez bons; soyez justes,
persévérants dans la charité, et surtout indulgents à vos frères
misérables. Ce mot n'est pas trop fort: les hommes sont misé-
rables ! Ils ne veulent faire aucun effort spirituel, aucun sacrifice,
pour vaincre leur nature égoïste; ils s'enferment eux-mêmes à
double tour et étouffent dans la geôle où ils se sont enfermés et
dont ils ont jeté la clé très loin, comme pour ne point pouvoir
ouvrir leur prison.
Ne soyez pas ainsi! Quand vos cœurs sont chargés, levez les
yeux avec confiance: nous répondrons à vos appels, la source
divine qui est en vous se répandra en forces bienfaisantes, et vous
serez plus courageux pour poursuivre le chemin rocailleux de la
vie. J'irai plus loin: si le sang coule de vos blessures, vous bénirez
cette souffrance, parce que vous comprendrez combien elle vous
aide à avancer vers la lumière qui brille au bout de la route.
Croyez Paqui ! Vous ne devez pas être des aveugles inconscients;
vous montez vers la lumière splendide de l'amour; vous la goûtez
même avant l'heure des élus, chers amis de mon âme. Aussi, nous
vous supplions de travailler avec nous dans la moisson terrestre:
faites germer des épis dorés au milieu de l'ivraie; agrandissez la
chaîne d'amour. Paqui est si joyeuse lorsqu'elle accroche une âme
à sa ceinture d'ange! c'est si joli lorsque l'ange passe et que Jésus
sourit à la raie lumineuse qu'elle entraîne avec elle!
Je vous tiens tous, toutes, en mes ailes dorées. Vous faites partie
de mes missions, et j'aime toutes celles que Jésus me confie. Sau-
ver une âme qui appelle, éclairer un être au moment du départ,
entraîner celles qui, sans secours, ne trouveraient pas la vraie
route, sont de si douces, de si consolantes missions! Croyez que
beaucoup d'âmes appellent au secours et sont sauvées. Dieu est
si bon! vous ne pouvez le comprendre sur terre parce que l'on
ne sait pas apprendre à l'enfant qu'il est l'enfant de Dieu, et son

- 265 -
enfant tendrement aimé; qu'il a un Père en Lui, infiniment bon,
sur lequel toujours il doit s'appuyer. Que d'erreurs on commet!
quel voile épais obscurcit la lumière d'amour qu'est Dieu en nous!
J'aime vous parler de Dieu, de son œuvre d'amour merveil-
leuse, de sa miséricorde infinie, du grand avenir, le seul qui compte
pour l'esprit éternel. Je vous emporte dans mes ailes pour que
vous sentiez les effluves divins du Paradis où vit votre ange :
percevez-en les harmonies, et goûtez les senteurs du Jardin de
Dieu où l'on ne respire que l'amour. Les mots sont trop pauvres
pour exprimer la joie et le bonheur d'aimer qui font notre Ciel.
Plus tard, vous les vivrez, ces mots, vous ne les exprimerez plus:
vous en sentirez les merveilles. Que vos cœurs restent confiants,
joyeux. Je vous aime, et votre ange va de vous à Dieu et de Dieu
vers vous pour rayonner son amour. Amen.

- 266-
15 AOUT 1941

Je voudrais qu'en ce jour de fête anniversaire vos pensées,


vos prières, montent reconnaissantes et confiantes vers la Vierg e
Marie, notre Mère, la Mère de notre Sauveur, qui a souffert
toutes les douleurs, et qui, après avoir vécu sur la terre des
années infiniment douloureuses mais si fécondes pour l'humanité
entière, est partie, Elle aussi, dans la cité du bonheur éternel
rejoindre son Fils bien-aimé dans Sa vraie splendeur.
A travers Marie, que vos cœurs s'ouvrent à cette nécessité su-
prême de la souffrance rédemptrice. Mais, comme la Vierge Marie
et sainte Madeleine qui priaient et pleuraient au pied de la croix
et ne pouvaient retirer les clous de la chair du Christ bien-aimé,
ni supprimer Sa douleur, vous ne pouvez empêcher la souffrance
qui étreint l'humanité, souffrance indispensable pour le rachat
-des âmes, vous le comprendrez plus tard.
Croyez que tout ce qui est passager sur la terre, fiait, pour ren-
trer dans l'infini, la lumière et l'apothéose dans l'union en Dieu.
Méditez ces admirables espérances, élevez-vous, au-dessus de la
souffrance, vers la vérité: Dieu en tous, et tous en Dieu.
Ici, dans nos sphères célestes, ensemble nous appartenons à
Dieu, et, en Dieu, par Jésus et Marie, nous appartenons aux autres,
c'est admirable! Aimez, et vivez dans la joie d'aimer et de croire.
Que Marie soit votre étoile, elle vous guidera, dans ces heures
<l'épreuves innombrables qui menacent le monde, et fera descendre
en vos cœurs un océan de paix, de douceur et de calme, en vous
faisant comprendre ce qu'est la vie la plus douloureuse par rapport
à l'éternité.
Ne désespérez jamais, ayez confiance. Dieu, la miséricorde

- 267 -
infinie, donne à chacun les forces nécessaires. Sa main nous mène
jusqu'au bout du sacrifice à la minute même où nous pouvons
le supporter. De cette minute d'épreuve consentie jaillit la ren-
contre du Christ en nous-même, lumière éblouissante qui éclaire
les plus profondes, les plus cruelles souffrances, grâce divine incom-
parable 'qui nous agenouille reconnaissants au pied de la croix.
Ma Maman chérie vous dira bien haut que son immense douleur
a été illuminée par cette rencontre du Seigneur en son âme, et
que sa croix si lourde est devenue la lumière qui a inondé son
cœur d'espérance et d'amour.
Amis chéris, vous avez reçu des forces spirituelles assez puis-
santes pour vous abandonner avec confiance dans les Mains du
Maître, et regarder avec calme et courage ce que vous appelez
l'avenir. Des forces immenses vous environnent et sont à votre
portée pour vous soulever au-dessus des emprises terrestres et
de toutes les épreuves qu'elles comportent - nécessaires à toute
évolution, je le répète. - Si ces épreuves vous paraissent trop
lourdes, tel le voyageur à la tombée du jour, déposez la besace,
et attendez le prochain lever de soleil. Ceci, bien entendu, avec
l'idée de ne pas abandonner le fardeau, mais avec la volonté de
reprendre des forces et de le recharger avec confiance, en priant
Dieu, la Vierge Marie, et les Saints du royaume céleste de vous
aider à le soulever, de ne pas vous laisser seuls. Les Saints sont
de grandes Grâces de Dieu dans l'humanité; ils ont un immense
pouvoir, et si vous compreniez cette force d'amour, vous diriez:
Mon Dieu, votre œuvre est parfaite, je vous aime, j'ai confiance
en Votre miséricorde divine.
Oui, Dieu est tout amour, et Il a une incommensurable com-
passion pour les pécheurs. Comme Lui, soyez-leur indulgents,
ne jugez pas, et priez pour tous vos frères, coupables ou innocents.
Aimer, aimer comme un Ciel étoilé où se multiplient les étoiles
lumineuses, voilà la mission de Paqui, de ses amis, dans le cœur
de Jésus, par le cœur de Marie, notre Mère à tous.
Amour maternel, don divin, le plus beau, le plus complet que
- 268 -
Dieu a créé... Tant qu'il restera sur terre et au Ciel un Amour
Maternel, Satan sera vaincu et tous les espoirs fleuriront. Amen.

Mère miséricordieuse, permets à tes enfants de bien se laisser


diriger dans la voie qui les mènera vers la lumière éblouissante
dont leur parle le petit messager aux ailes d'or. Mère, toi qui souf-
fris sans jamais proférer une plainte, une parole amère, qui acceptas
tout ton long martyre sans rien demander, apprends-nous à faire
comme toi. Rends-nous humbles, confiants en la justice et la
miséricorde divines, afin que Dieu nous accorde Sa Paix dans la
lumière et dans l'amour.
LE MANQUE D'AMOUR,
VÉRITABLE MORT SPIRITUELLE
1941

Une pure lumière t'entoure, une douce ambiance s'en dégage:


écris, sans te soucier de ce que ta main tracera, puisque c'est
Paqui qui te guide, qui vous assure une fois de plus de la solidité
des fils qui vous relient à nos sphères bénies, et qui font de mes
aimés des privilégiés, des éclairés.
Pour communiquer avec vous, vous croyez qu'il faut beaucoup-
de forces. C'est vrai, et nous les concentrons, nous nous unissons
nombreux pour que nos pensées, qui sont vibrations, traversent
les couches terrestres et vous pénètrent. Mais, je vous le dis en
vérité, il faut surtout beaucoup aimer. Par l'amour, on obtient
tout : l'impossible devient possible, et c'est ce que les hommes.
comprennent si mal; ils ne cherchent pas à connaître cette source
divine et à en tirer tous les bienfaits. Et, si vous êtes arrivés à
cette détresse, à ce désastre au point de vue humain: la guerre.
c'est que l'humanité n'a pas encore compris la force de lumière
et de vérité qui est Dieu en vous, Amour et Vie.
Chers aimés de la petite fleur de Jésus, que l'amour vous pénètre
et vous élève toujours plus haut. Comprenez que l'amour, c'est
l'oubli de soi pour le bien de tous; c'est la charité complète, qui
ne se voit pas, mais qui rayonne; c'est le besoin de trouver son
semblable meilleur que soi, de voir toutes choses, bonnes ou mau--
vaises, à travers la lumière de Dieu, de tout tendre vers ce Dieu
d'amour, de tout .espérer, et de vivre pour tous, en n'espérant
que dans Un.
C'est par amour que le Christ a quitté le Ciel pour se mêler aux
hommes, leur donner l'exemple, leur tracer le chemin de la vie.
A-t-il été suivi, écouté? Non, avouez-le 1 L'amour pur est ce

-270 -
sentiment merveilleux, le Ciel même dans l'âme, le don de soi
sans rien demander en retour, que l'homme repousse et ne veut
pas connaître parce qu'il est fait de sacrifice, de détachement, de
renoncement à l'égoïsme, à l'orgueil, qui sont vos maîtres sur la
terre et dont vous êtes les esclaves. Amis chéris, détachez-vous.
du mauvais troupeau, essayez de comprendre, de vivre éclairés
des rayons lumineux que Jésus a laissés sur son passage: l'amour
pour tous ses frères.
Ce prochain, - direz-vous, - est-il assez intéressant, assez
compréhensif, pour que nous trouvions près de lui la raison de
nos renoncements? Je réponds tout de suite: NON! en grosses
lettres! Des déceptions, de grosses déceptions, vous attendent;
mais qu'importe! Il Y aura aussi des exceptions et ces exceptions
vous récompenseront au centuple des sacrifices accomplis, car.
par ces âmes reconnaissantes et privilégiées, vos cœurs auront
tant reçu qu'ils s'ouvriront toujours plus grands pour distribuer
ce butin d'amour qui est la clef de tous les bonheurs: bonheur
ineffable, bonheur complet, que vous pouvez goûter dès cette
terre. Croyez Paqui, et vous serez heureux au milieu même de
vos épreuves, parce que vous donnerez de la joie, de la fraîcheur,
chacun dans votre petite sphère. Sachez mesurer que Dieu ne
demande à chacun que ce qu'il peut donner. Mais que chacun aussi
comprenne qu'il doit distribuer le peu qu'il possède en lui, et qu'il
ne doit pas manquer de le faire, car, de tous ces manquants pro-
vient cet immense chaos, ce déséquilibre, dont vous pouvez mesu-
rer les effets.
Vous mourrez de ne pas savoir aimer! Méditez l'étendue de
cette phrase. La catastrophe actuelle vient de ce manque d'amour
pour tous, du grand au petit. C'est chacun pour soi, et c'est l'erreur
de plusieurs siècles. Regardez en arrière : il est impossible que
vous ne compreniez pas! Un monde nouveau doit naître dans.
l'union de l'esprit de Dieu, dans l'harmonie de l'amour universel.
C'est la volonté divine. Ne retardez pas son heure. Mettez chacun
votre pierre de sacrifice et d'amour à son avènement. Priez, amis.

- 271 -
chéris, pour que l'amour ouvre les mains, ouvre les cœurs, afin
que les hommes se comprennent, s'aiment, et se tendent des mains
fraternelles.
Je me penche sur vos âmes pour y verser les fluides rayonnants,
l'amour que nous puisons ici, pour vous éclairer, vous fortifier.
C'est une immense joie, une douce mission pour Paqui, d'être à
travers Jésus la petite hirondelle, messagère du printemps éter-
nel : l'amour infini de Dieu. Et croyez que je n'ai pas perdu une
parcelle de ma tendresse. Ma Maman chérie sait bien qu'elle a
toujours près d'elle sa petite fille à chérir. C'est le grand mystère
d'amour, ce sublime mystère que vous comprendrez un jour,
quand nous nous rencontrerons dans les serres du jardin de Jésus,
le vrai domaine de Dieu dans la lumière et l'amour. Amen.

- 27 2 -
PAR DIEU L'AMOUR TRIOMPHERA DE LA HAINE
1941

Vos cœurs sont oppressés, et je voudrais en vous transmettant


des pensées apaisantes, vous dire de ne pas vous laisser envahir
par les ondes troubles qui vous parviennent d'un peu partout,
de très loin et de très près. Vous ne pouvez voir que le côté
affligeant de ces terribles épreuves: l'envers si lumineux qui
explique tout vous est caché. Ne craignez pas! la lumière luit dans
les ténèbres; Dieu veille, et soyez assurés qu'à l'heure voulue sa
flamme divine embrasera le Ciel des âmes. Ce sera plus tard, sans
doute, et je comprends vos angoisses humaines.
Vous êtes effrayés, dites-vous, que la méchanceté, la cruauté,
les rancunes, les mensonges, la haine enfin, dominent le monde.
Ne vous égarez pas dans les eaux troubles qui ne reflètent pas
l'azur des cieux où je désire vous entraîner, même et surtout dans
les jours obscurs que vous vivez et vivrez encore. Comprenez
qu'il faut beaucoup aimer pour ne haïr jamais. Il faut posséder
Dieu en soi, Le réaliser, pour pardonner et comprendre dans la
vérité le sens et le but divin de la vie: l'Amour universel. De la
haine naît le bouleversement des esprits. Que de ruines matérielles
et spirituelles seront son œuvre malfaisante! Les hommes, pri-
sonniers de leurs passions, comprendront leurs erreurs et regarde-
ront alors plus haut, quand, meurtris par leurs fautes, ils auront
assez souffert pour entendre l'appel de Dieu. Toute souffrance
porte en elle ses fruits.
Gardez en vous-mêmes, amis chéris, la douce certitude que
l'Amour triomphera et terrassera les disciples de Satan, esprits
du mal pour lesquels vous devez beaucoup prier afin que la porte
du repentir leur soit ouverte. La prière est un levier plus néces-

- 273-
saire pour les assassins que pour les victimes. « Mon Père, pardon-
nez-leur, » a dit Jésus, « car ils ne savent ce qu'ils font». Prière
admirable, charité adorable qui éclaire notre chemin.
Ayez confiance, mes amis chéris; des âmes splendides de lumière
et de charité vous protègent et l'étoile du Ciel la plus lumineuse,
la Vierge Marie, notre Mère, toute puissante sur le cœur de Jésus,
se penchera sur la terre, la reliera aux sphères célestes et sera le
trait d'union entre Dieu et ses enfants bien-aimés.
Dieu n'abandonne pas ses créatures, mais comprenez que ces
créatures forgent elles-mêmes le mal dont elles souffrent, et qu'elles
seules sont responsables de leurs misères. Tant d'éléments, de
forces inconnues et lointaines sont causes du déséquilibre mondial t
Laissez les temps s'accomplir, ne vous découragez pas devant
toutes les défaites que vous constaterez autour de vous. La France
est comme une planète qu'un nuage cache momentanément; ce
nuage répandra des torrents d'eau: affrontez l'orage avec courage.
laissez-vous mener par le Maître, puisque vous savez que, guidés
par Ses mains divines, vous ne pouvez sombrer et que le soleil
brillera à nouveau. La France revivra quand l'harmonie, l'union.
règneront entre les âmes et les esprits de tous ses fils dans l'amour
universel qui sera sa renaissance.
Ne vous arrêtez pas sur les vilaines choses, les laideurs morales;
elles font mal! éloignez-les et mettez à l'honneur tout ce qui peut
vous donner de belles espérances ; répandez ces espérances à foi-
son autour de vous, donnez des paquets d'espoir, distribuez la.
moisson que vous serez venus chercher près de votre ange, qui
se fera aider pour vous donner en abondance cette manne céleste
que vous distribuerez encore et toujours autour de vous, et dont
vous garderez le parfum. Oui, aimez! ne jugez pas! et croyez que
si Dieu, tout amour, permet que tant de souffrances se répandent
sur la terre, c'est que la souffrance est rédemptrice, que, par elle.
l'âme, la seule partie de nous-même qui ne périt pas, s'allège, et
garde de cette souffrance comprise une lumière qui ne la quitte
que pour faire place à une plus belle encore... Avenir splendide.

- 274-
qui résume tout ce que le passage douloureux sur la terre prépare;
sublime certitude, ce lien avec l'amour: Dieu en nous, foyer lumi-
neux qui rayonne toutes les joies de l'âme, les meilleures, celles
qui ne déçoivent pas parce qu'elles demeurent, et grandissent
encore et toujours au fur et à mesure de nos évolutions progres-
srves.
Dites avec moi, avec une ferveur très profonde: Dieu est bon!
Dieu est juste, et je veux le servir et l'aimer jusqu'au dernier.
jour de ma vie terrestre pour vivre en Lui et en Son Amour la Vie
Éternelle. Amen,

- 275-
NOËL 1941.

C'est vraiment mon sourire, mon rayon de tendresse et d'amour


qui vous entoure et réchauffe vos âmes en réjouissant vos cœurs.
Je voudrais vous soulever des lourdes ambiances terrestres, vous
emmener en esprit dans nos sphères paisibles, harmonieuses et
lumineuses, afin que vous y puisiez assez de forces vives pour
bien supporter toutes vos épreuves et que vos fronts lourds d'an-
goisses se dégagent au contact de leur lumière bienfaisante.
Noël! Fête de l'Amour divin qui unit le Ciel à la terre; Amour
incomparable venu homme parmi les hommes pour les sauver
de la mort - la mort de l'âme, comprenez bien; Rayon de Dieu,
qui vient au-devant d'une humanité étouffée sous l'égoïsme, l'avi-
dité personnelle, pour lui montrer le chemin, la voie, la lumière
que doit suivre l'homme créé à l'image de Dieu.
Noël! Sentez ce que contient l'amour infini de ce mot qui nous
rappelle le plus grand sacrifice que Dieu ait pu faire pour Ses
enfants, et combien on devrait le glorifier avec la conviction qu'il
apporte la sérénité, la sécurité, dans l'espérance de la Vie éternelle.
Jésus est l'amour divin sous sa forme humaine, et la descente
de Jésus dans une famille pauvre, malheureuse, représente votre
état actuel; car, ainsi que la Sainte Famille, vous êtes malheureux;
mais, comme elle aussi, vous avez Dieu en vous, et par conséquent
vous possédez tout.
Méditez bien sur cette phrase et pensez que la vie terrestre n'a
d'importance que par son évolution, son ascension spirituelle,
seule raison, but essentiel de vos épreuves, de vos souffrances.
Que Jésus soit votre guide; demandez-Lui de vous garder pai-
sibles, confiants. Il vous aidera à mettre de l'ordre dans votre vie
et à remplir vos âmes des choses qui, seules, sont dignes d'elles.

- 276 -
A l'heure évolutrice que traverse la terre, vous ne pouvez voir
dans la grande détresse du monde le travail de l'Esprit universeL
Ayez confiance! Il faut que l'amour détruise la haine qui a plongé
les hommes dans la nuit la plus noire. Vous, mes aimés, vous n'avez
pas le droit de parler de cette nuit. La lumière vous a été donnée
en abondance, et avec l'appui de votre ange, vous entrevoyez ce
que sera le gai matin du réveil, lorsque l'aube ouatée fera place
à une lueur déjà vive, prélude d'un jour éclatant de lumière.
Soyez bons, miséricordieux, justes, indulgents à la misère hu-
maine. Paqui vous assure la victoire, non par une voie large à
marche triomphale, mais par la toute petite voie semée d'épines.
Croyez-moi, c'est la meilleure, n'en désirez pas d'autres. Suivez
Jésus, aimez-vous les uns les autres; aidez vos frères, tous vos
frères; ils sont tous les enfants de Dieu.
Aimer! c'est la vie, la joie du Ciel qui pourrait être aussi celle
de la terre, croyez-le. Si le monde entier souffre, c'est par sa faute,
par le déséquilibre qu'a créé son incompréhension des lois divines;
et il faut que l'immense travail de régénération se fasse par les
hommes; et il se fera, en dépit de tout ce qu'il laboure, qu'il écrase
et qu'il fauche. Il faut accepter sans comprendre; c'est très diffi-
cile pour vous, pauvres humains, et je comprends le pourquoi de
toutes les questions qui vous montent aux lèvres.
Ceux pris dans la tourmente? Direz-vous. Les innocents qui
sont martelés, pilonnés, écrasés? Ne craignez pas pour eux! Dieu
ne les abandonne pas. Il les soutient, les aide spirituellement, leur
donne les forces nécessaires; et les âmes pures qui quittent la
terre dans cette tourmente continuent à vivre plus intensément
pour collaborer au plan de Dieu, et à aider ceux qui restent dans
les ténèbres. Vous prenez trop la vie humaine pour une fin, une
terminaison, et vous êtes dans l'erreur. La mort est un affran-
chissement, un épanouissement, une sortie de prison. Il faut vous
habituer à la voir ainsi dans sa réalité, à en parler ainsi dans sa
vérité. L'amour a vaincu la mort, Jésus vous l'a affirmé ; elle est
la résurrection de l'esprit divin.

-- 277-
Ce départ prématuré de vos compagnons de route est doulou-
reux pour vous, je le comprends, et c'est pourquoi je m'efforce
de vous pénétrer de la Lumière de la mort. C'est aussi tout spé-
cialement pour aider ma Mamie que j'ai supplié Dieu de me laisser
pénétrer son âme très vite. Après mon départ, je ne voulais pas
que mes aimés sombrent dans la douleur; il me fallait faire très
vite pour les accrocher très vite à ma ceinture d'ange et les sou-
lever. Jésus, si adorablement bon, l'a permis, m'a souri, et aujour-
d'hui je peux soulever toute notre chaîne. Plus nombreux sont
les maillons, plus Paqui les manœuvre parfaitement, ce qui la
remplit de joie et de reconnaissance. Amis de mon âme, accrochez-
en encore! Paqui voudrait soulever le monde pour l'élever vers
le bonheur, la paix, l'amour, car l'amour, c'est Dieu.
Priez de toute votre âme, sans défaillance, pour que l'Amour
pénètre les âmes. Soyez en paix. Vous êtes dans la bouée de votre
ange, et si la tempête sévit, si les vents et les frimas vous secouent,
ayez confiance, vous ne sombrerez pas. Paqui tiendra, telle la
colombe, votre rameau d'olivier fleuri. Glorifions et chantons Noël
avec toute la joie et la sérénité de notre cœur. Dieu est avec vous,
et les anges vous enveloppent de leurs ailes en vous redisant encore
et toujours: aimez, aimez! La vie sur terre pourrait ressembler
à celle du paradis si vous vous aimiez tous les uns les autres. Amen.

- 278 -
PAQUES 1942.

Voici de nouveau le grand anniversaire de la Résurrection de


notre Sauveur. Essayons de nous reporter à l'époque bénie pour
l'humanité de son passage sur la terre. Méditons sa douloureuse
Passion, et établissons un parallèle entre l'époque troublée actuelle
et les possibilités que vous avez toujours à goûter les bienfaits de
son sacrifice d'amour.
Ne rejetez pas les fruits que Sa vie de Fils de l'homme a portés
au monde. Ne cherchez pas pourquoi Son sacrifice divin n'a pas
empêché les bouleversements, les épreuves douloureuses, et par-
ticulièrement l'époque affreuse que vous vivez. Vous ne pouvez
tout comprendre... Sujet vaste, sujet qui touche du fini à l'infini
et dont Paqui ne peut connaître encore et vous transmettre la
sublime substance. Mais, ce dont je veux vous assurer, ce sont les
bienfaits puissants, la richesse de vie, que vous pouvez retirer
<le cette descente sur terre de l'Esprit pur, Esprit de Dieu, Amour
infini, qui par son sacrifice a donné à l'humanité le pouvoir de se
racheter, de parfaire Son œuvre d'amour.
Soyez des témoins du parfait amour, forts de l'esprit qu'il vous
a donné, actifs et pleins de confiance dans ses promesses de lu-
mière et de miséricorde. Amour d'un Père dont le pardon est acquis
<l'avance au pécheur repenti, nous te remercions!
Relisez les Évangiles, nourrissez-en vos âmes. C'est le vrai livre
<le vie, les paroles, les actes mêmes de Jésus transcrits par ses
Apôtres. Des ignorants, certes! mais qui ont pu, dès qu'ils ont
reçu le souffle divin, Esprit de Dieu, sur leur esprit, transcrire la
Parole et la laisser au monde. Jésus a fait mieux encore: Il est
resté parmi nous, Pain de Vie, Nourriture essentielle de l'âme,

- 279-
dans une merveilleuse et divine communion qui nous est offerte
journellement par l'union dans l'amour de notre Sauveur, pour
nous maintenir en un équilibre assez parfait entre le corps et l'esprit,
et nous assurer la vie de l'âme, la seule qui demeure. Ne restez
pas sourds à la voix silencieuse qui se révèle en chacun de nous et
qui est Dieu en nous. Méditez ce don ineffable de Dieu en Jésus-
Christ, pour nous montrer le chemin et la vérité, la résurrection
de l'âme et son élévation à la vie radieuse du Ciel après son pas-
sage sur la terre, ensevelie dans la chair.
Au troisième jour, le tombeau était vide ... De même pour vous,
le tombeau, votre corps mortel, sera vide, et vous ressusciterez à
une existence nouvelle, esprit libre dans la vie spirituelle. La mort
n'est qu'une apparence, et vos âmes connaîtront vite, si elles le
méritent, leur joyeux jour de Pâques. Croyez-moi, amis chéris;
ceci est une vérité exprimée peut-être un peu difficilement, mais
si profondément consolante! Attachez-vous à en comprendre la
substance, riche de forces de vie, et à en accepter les conditions,
aussi douloureux que soit votre pèlerinage terrestre.
Priez pour que s'accomplissent, pour tous, les desseins admirables
de Dieu pour vos âmes. Aimez, soyez bons, généreux, miséricor-
dieux pour les pécheurs. Suivez Jésus avec confiance et amour.
Paqui vous soutient et vous aime avec toute la force que le Sei-
gneur veut bien accorder à son ange, et je Le supplie d'agrandir
mes ailes pour y blottir tous les aimés que je voudrais aider. Cha-
cun de vos efforts vers l'Amour m'aide à les grandir, et ce doux
gage de l'effort accompli est merveilleux. Croyez que rien ne se
perd, et, au point d'évolution où en sont tous les amis qui me
lisent, je voudrais qu'ils comprennent que, si la force des passions
et des vices de l'humanité est puissante, il y a possibilité pour
chacun de vous de les vaincre par des efforts journaliers; et cette
victoire sur vous-mêmes sera une force contre toutes les épreuves
de votre vie temporelle.
J'adore et je bénis Dieu d'avoir permis à son petit ange de le
servir si vite, de pouvoir aider sa Maman, ses amis, alors qu'ils sont
- 280-
encore sur la terre, à comprendre les joies radieuses de la Résur-
rection. Dieu d'amour, sois béni! Merci pour tes enfants.
Amis chéris, aimez-vous les uns les autres. Soyez des créatures
nouvelles qui doivent renaître à la vie de l'Esprit d'amour. Pâques,
c'est le renouveau, le grand espoir pour tous dans la certitude du
bonheur éternel. Amen.

- 281-
LA VICTOIRE SUR SOI-M:ËME
1942

C'est toute dorée par la lumière de mon Ciel que je réponds à


votre fervent appel. Aujourd'hui plus et mieux que jamais unis-
sons-nous pour implorer Dieu d'abord, parce que vous souf-
frez, pour qu'Il vous donne les forces divines qui soutiennent
et consolent, mais aussi, pour Le remercier. Car, bien que vous
ne puissiez le comprendre, la croix fleurit et portera les fruits de
toutes les souffrances acceptées. Vous êtes encore sous le tunnel
obscur et ne pouvez voir le panorama merveilleux qui éblouira
vos yeux à sa sortie. C'est si beau, ce que nous voyons ici dans le
champ des batailles spirituelles, que je voudrais vous en faire
-entrevoir la lumière.
Les soldats du Christ combattent avec vous et triompheront.
La spiritualité de la France n'est pas éteinte. Voilée, elle revivra;
écrasée, elle se redressera pour entendre la voix de l'espérance
divine qui ranimera son âme. Priez, refoulant tout sentiment qui
n'est pas de pur idéal, de patriotisme large, d'amour universel.
L'aube blanche se lève, un grand voile obscur se déchire, et vous
.allez mieux voir. Ne pensez pas, amis, que je vous apporte un
rameau d'olivier sans épines; des heures graves secoueront utile-
ment vos cœurs, et vous en ressentirez l'angoisse: si terrible soit
l'heure qui passe, ne désespérez pas! le travail vers le Bien qui
vaincra le Mal s'opère, et, ainsi que le sentier qui tourne en lacets
ne semble pas monter, le bien progresse cependant malgré la mau-
vaise volonté et l'incompréhension des hommes.
Laissez le temps faire son œuvre. Les peuples ne souffrent que
de leurs propres erreurs. Ne cherchez pas à en vouloir aux voisins,
.si coupables soient-ils, et comprenez que la première victoire à

- 282-
gagner, c'est sur soi-même, pour entraîner les autres. Ne regardez
pas en arrière: que vos yeux, au contraire, fixent l'étoile lumi-
neuse que Dieu montre à vos regards à travers la souffrance du
monde. Priez avec ferveur; demandez que la clarté spirituelle
devienne plus intense, qu'elle illumine les âmes, dirige les cœurs
et fortifie les pas. Soyez des enfants de Lumière et d'Amour; priez
avec nous pour que les consciences se réveillent, fût-ce au détri-
ment du bonheur terrestre; priez pour que le jour succède à l'aube,
que le soleil resplendisse, que votre nuit s'illumine des rayons
divins afin que la terre ne connaisse plus les ténèbres.
Je voudrais que ma petitesse d'ange du Seigneur vous fasse
entrevoir les sublimes desseins de Dieu pour lesquels vous êtes
sur la terre, accomplissant le voyage terrestre. Je voudrais que
vous compreniez que ce voyage est une étape parmi les étapes,
indispensable pour vous conduire, après les évolutions nécessaires,
vers votre but suprême : Dieu Tout Amour. Ne blasphémez pas
devant les épreuves, je vous en prie avec toute ma tendresse qui
vous désire dociles et soumis à la volonté divine. Les grandes véri-
tés vous seront révélées plus tard, beaucoup plus tard, lorsque
vous serez en mesure de les comprendre. Redites-vous que vous
ne verrez la vraie lumière que lorsque vos yeux de chair se ferme-
ront et permettront à ceux de l'âme de recevoir la clarté des cieux.
Assimilez en vous-mêmes cette pensée : alors vous vous sentirez
rassérénés sur tous les problèmes que vous vous posez, parce que
vous sentirez que vous ne pouvez dès ici-bas voir et comprendre
les desseins de l'amour divin. N'enfermez pas votre esprit sous
son égoïsme, ses préjugés, ses lamentations; ne vous posez pas
de questions qui apportent du trouble sans rien produire; sachez
seulement que Dieu est bon, juste, et ne châtie point; qu'Il vous
attend, anxieux de votre retour vers Lui qui ne sera ici, si vous
vous abandonnez avec confiance et amour à ce Père miséricor-
dieux, qu'un suave réveil, un glissement de la terre au Ciel, notre
vraie Patrie.
Je vous souris, je suis heureuse de converser avec vos âmes.

- 283 -
Dieu permet que je vous berce avec mes pensées d'amour, que
je vous enlace dans mes ailes pour que vous en sentiez la douce
protection : Il est si bon, si miséricordieux! Remerciez-Le de
permettre une union si jolie, rendez-la féconde, et soyez dignes
d'un si grand amour. Ne faiblissez pas, encouragez les découragés,
soutenez les opprimés et faites passer dans les cœurs qui saignent
un peu du baume que nous vous distribuons avec tant de largesse
et de générosité. Entraînez beaucoup d'âmes: Je voudrais crouler
sous ma chaîne, puisqu'elle est d'amour, et que l'amour, c'est
Dieu dans l'union du Ciel et de la terre. Plus vous serez nombreux
à vons unir, plus Jésus fortifiera mes ailes pour vous enlacer et
vous soutenir. Mes amis chéris, mes aimés, haut les cœurs! ayez
confiance. Que vos souffrances se transforment en de profondes
espérances, en chants d'amour et de reconnaissance. Amen.

- 28 4 -
NOËL 1942.

Que toutes les cloches annonçant la venue du Sauveur vibrent


à vos oreilles attentives. Écartez les sons de grelots du monde qui
ne vous apportent que haine, rancœur et division. Ne jugez pas !
Vous ne le pouvez absolument pas, car chacun, dans sa fausse
vérité, croit être dans la vérité. De là, de grosses erreurs.
Demandons avec humilité à Jésus de nous guider dans la voie
d'amour qu'Il est venu nous tracer: « Aimez-vous les uns les
autres comme Je vous ai aimés. » Soyez comme Lui, humbles,
charitables, doux et lumineux. Que ce dernier mot retienne vos
pensées; méditez-le, et, tout en vivant l'heure actuelle dans le
plus profond des gouffres, vous pourrez chacun vivre en lumière
et la rayonner autour de vous. Si vous savez demander, et garder
au plus profond de vous-mêmes ce que le Ciel, en sa miséricorde,
vous apporte en ce jour merveilleux de la Nativité, vous com-
prendrez et ressentirez les joies divines qui demeurent. Que ce
soit pour vous une nouvelle naissance J
Ne cherchez pas à comprendre le pourquoi des événements
douloureux qui incendient et bouleversent le monde. Vous ne
pouvez être aujourd'hui un des mages, puisque l'étoile lumineuse
n'est pas encore venue vous chercher pour vous conduire à l'étable
où repose le Petit Enfant Tout Lumière. Contentez-vous d'avoir
l'humilité, la douceur de la petite brebis qui, de son souffle, réchauf-
fait l'Enfant Jésus pour qu'Il n'ait pas froid. Attachez-vous avec
amour à ce que le Christ ne ressente jamais le froid de l'abandon
et de l'indifférence.
Comprenez la portée de cela; donnez-Lui toujours la meilleure
place dans votre cœur, et restez tous unis autour de Celui qui est

- 285 -
venu sur la terre pour y mourir afin que les hommes vivent éter-
nellement. Il a encore besoin de nous sentir tous vibrants, prêts
à tous les sacrifices, pour achever son œuvre divine. Suivez-Le,
Lui qui a tout subi pour que nos âmes pénètrent à jamais dans la
lumière. Tous dans Un, Un dans tous. Amis chéris, je vous invite
devant la plus humble des crèches dans la demeure du Christ,
royaume de Dieu en vous. Courbez vos fronts très bas, acceptez
toutes les souffrances nécessaires au relèvement spirituel de l'hu-
manité. Priez ardemment que Dieu vous ouvre les portes du repen-
tir et de la compréhension: Jésus Lumière vous ouvrira de son
petit doigt d'enfant; Il vous montrera le Ciel, votre patrie céleste,
qui seule doit retenir vos pensées. Celle de la terre passera, l'autre
sera pour l'éternité.
Ne croyez pas que Jésus, en descendant sur la terre, ne connais-
sait pas l'avenir de souffrances qui pèserait sur les hommes! Il
nous a donné l'exemple, tracé la voie à suivre pour en porter la
croix : l'amour qui, seul, fortifie.
Les temps devaient venir: ils sont venus! Vivez-les, amis chéris,
dans la vérité et la lumière. De ces jours malheureux, Paqui
vous promet qu'il en sortira des lueurs splendides qui se répan-
dront en ondes bienfaisantes sur ce pauvre monde. L'Enfant Jésus
de la crèche vous appelle; accourez vous prosterner humblement,
l'adorer et le remercier de son immense sacrifice qui ne peut être
vain; et unissez vos chants d'amour à nos chants célestes pour
bercer le sommeil du Fils de Dieu.
Attachez-vous à Marie, notre divine Mère, toute-puissante sur
le cœur de Jésus son divin Fils, pour qu'elle vous protège des
emprises du mal, et soyez joyeux dans la paix de votre cœur malgré
l'heure douloureuse, puisque vous connaissez le but lumineux de
votre chemin de croix.
Je suis là, près de vous. Je pense à tous, particulièrement à ceux
qui souffrent. Que ceux-là soient en paix: ils sont plus près de
Dieu qui les aime et les soutient. Je vous sens très unis par la
chaîne d'amour de Paqui; je vous aime tant, et vous entoure de
- 286-
mes ailes. Dieu est bon de permettre à son ange d'aider et de con-
soler ceux qui ont foi en sa mission. Je vous donne à tous rendez-
vous et vous veux très unis près de mon Jésus. Je vais travailler
mieux encore pour que vous sentiez près de vous votre petite amie
céleste, et que vous VelUS appuyiez sur sa force; afin que, dans la i
joie suprême, et dans le renoncement complet de vous-même, nous
nous fondions dans la divinité, but suprême de l'âme évoluée.-..2.
Courage, confiance! Que la joie soit dans vos cœurs. Je vous quitte,
mais vous ne me perdez pas. Paqui demeure, et là où vous êtes
elle est, et sera toujours votre petite Paqui.
Mamie chérie, joyeux Noël en Dieu! C'est à ses pieds que nous
nous sentons le plus intensément vivre unies à jamais pour l'éter-
nité. Noël! fête de joies et d'espérances, près de notre Jésus tout
amour! et Paqui, sa petite fleur aux pétales lumineux de rosée
et au cœur d'or, s'effeuille sur ton âme pour qu'elle rayonne de
bonheur et le répande autour d'elle.

PAQUI.

- 287 -
AVANCEMENT SPIRITUEL
PAR LE DON DE SOI-MtME
1943

Combien il m'est doux de venir vous assurer que la demeure


de Jésus sera votre demeure dès que vous aurez fait les efforts
nécessaires pendant votre voyage terrestre, pour avancer votre
évolution, votre montée vers la voie divine. Sachez franchir sans
craintes ce qui retarde votre compréhension spirituelle, car dès
que les yeux de l'âme s'ouvrent, le progrès suit. L'âme est si
heureuse de se sentir allégée qu'elle ne s'arrête plus et travaille
pour se libérer complètement de toutes les erreurs qui la rete-
naient enchaînée. Croyez que même pendant une courte vie l'âme
peut devenir lumineuse si elle ne laisse échapper aucun appel à
s'élever, par l'oubli d'elle-même et le don à la volonté divine. Elle
arrive alors à l'heure du départ déjà si détachée, si prête à faire
un rapide voyage dans les sphères de lumière, que c'est pour elle
un bonheur ineffable de se séparer du corps qui l'entravait, la
retenait prisonnière.
Vous vivez dans une société, un monde, qui ne pense pas, ou
ignore le but sacré auquel il est destiné. Mais vous, les amis de
Paqui, qui avez eu la douceur d'être éclairés, d'entrevoir les des-
seins de Dieu pour vos âmes, parcelles divines qui doivent Le
rejoindre, vous savez que tout se gagne, non sans persévérance,
et que vous devez avoir toujours assez de pouvoir sur vous-mêmes
pour vous arrêter au bord du puits et vous mirer dans l'eau claire
sans en rougir. Vous savez que vous donner, vous oublier dans le
sacrifice de vous-mêmes est un acte qui vous rapproche de Dieu.
La mission dont nous a chargé notre Maître est de vous éclairer,
de vous aider à porter votre croix pour faire, comme Jésus, le
sacrifice de vous-même dans l'amour et le renoncement.

- 288-
Ici, dans nos sphères célestes, nous faisons aussi ce que nous
pouvons appeler avec vous ce grand travail d'évolution dans
l'amour pour tous. Mais nous sommes dans la lumière, nous com-
prenons, et c'est admirable. Je voudrais pouvoir vous décrire ce
qui se passe autour de nous lorsque nous nous réunissons pour
faire rayonner nos pensées d'amour, mais les mots sont pauvres.
Ici, tout est vibration: c'est une éclosion de lumières, de fleurs
odorantes, une harmonie divine, un accord parfait de sensations
se joignant aux couleurs et nous donnant la certitude que l'amour
est la force de vie de la création entière. C'est un chant d'actions
de grâces vers Dieu, notre Lumière, notre Joie.
Il m'est si doux de vous parler de mon Ciel, de la miséricorde
divine qui m'a permis d'être la messagère de Jésus, privilège qui
nous unit avant l'heure. Je voudrais que vous en sentiez la dou-
ceur, qu'elle vous donne des ailes pour vous soulever de la matière
lourde qui vous écrase, que vous compreniez surtout l'humanité
souffrante telle qu'elle est: misérable, aveugle, abattue, et que
vous l'aidiez par vos prières, votre amour, à se relever. Pauvres
hommes, on les croirait habillés de plomb, retenus au sol par des
chaînes de forçat, les menottes aux mains! avec quelle facilité
pourtant ils pourraient se libérer de leurs entraves s'ils voulaient
bien lever les yeux et entendre la voix miséricordieuse de Dieu
qui les appelle à l'amour !
Unissons-nous pour que notre chaîne s'établisse rayonnante
entre nous et eux par vous, amis chéris. Nous vous chargerons
de fluides forts, vous y puiserez des forces vives que vous répan-
drez à votre tour pour le bien et la consolation de ceux qui souffrent
dans les ténèbres. C'est ainsi que nous construisons nos chaînes
d'amour, consolantes, libératrices. Aimer! c'est le seul but au
Ciel, il n'yen a pas d'autres: c'est Dieu en tous et tous en Dieu.
Aidez-nous, élevez votre âme, aimez et souriez à la vie en vous
donnant à tous ceux qui souffrent. Ne jugez pas les crimes dont
les hommes se rendent coupables les uns envers les autres, vous
n'y pouvez rien; priez pour eux, demandez à Dieu de les éclai-

- 289 -
rer, de les aider à bien mourir. Car la mort est une résurrection
et beaucoup seront élus par la grandeur de l'humble sacrifice de
leur vie pour un idéal vrai ou faux, mais pour eux véritable don
d'eux-mêmes.
Attendez dans le calme de vos âmes la fin de ce cauchemar.
C'est pour la terre un cataclysme douloureux mais nécessaire
comme ce que vous appelez la mort. Chaque être naît, vit, meurt,
En ce moment la terre meurt, mais je vous le dis en vérité, pour
renaître, et c'est cela qu'il faut retenir.
Je vous serre sur mon âme; sentez la tendresse de votre ange
qui vous entoure tous et toutes. Notre chaîne est longue, mais.
nous allons la doubler par l'amour, pour notre joie et pour la gloire
de Dieu. Amen.

- 290 -
PAQUES 1943.

Priez sans vous lasser! élevez votre âme, vos pensées, tou-
jours plus haut. C'est par la prière, l'élévation de l'âme vers
Dieu, que vous recevrez les forces vives, la lumière qui soulèvera
votre esprit vers la compréhension, et souvenez-vous que com-
prendre, c'est déjà accepter.
Que ce jour de Pâques soit pour vous une lumière, une pro-
messe accomplie de vie éternelle, celle que Jésus tout amour a
donnée au monde par sa résurrection, triomphe de la vie spirituelle
sur la mort qui détruit le corps périssable, mais ne peut toucher
l'âme immortelle. Gravissez le chemin couvert d'épines et d'or-
nières ; laissez déchirer toutes choses matérielles autour de vous;
mais que votre âme, dont les yeux sont fixés plus haut, essaye
de découvrir l'étoile scintillante, et vous la percevrez pour vous
guider au-dessus de tous les orages, même les plus violents. Élevez
vers Dieu vos cœurs confiants et reconnaissants, et dites avec
une ferveur pleine de foi et d'espérance cette prière d'offrande:
Dieu, Jésus, en ces temps de détresse et d'épreuves cruciales,
nous voulons suivre la voie d'abnégation que Tu as suivie toi-
même; suivre l'exemple de tous les sacrifices que Tu n'as pas
hésité à accomplir pour la rédemption de l'humanité. Tu étais
l'innocente mais volontaire victime expiatoire, l'agneau sans
tache immolé pour notre salut. Ta résurrection le troisième jour
sera aussi la nôtre; mais, n'étant pas des agneaux sans tache,
nous ne serons vraiment régénérés que lorsque nous aurons expié
nos fautes, arraché de nos cœurs l'ivraie que les jouissances égoïstes
y ont semé, et que nous entrerons vraiment dans la voie d'amour
que Tu nous a tracée. Aide-nous, Seigneur, à y parvenir.

- 29 1 -
Montrez par votre exemple, mes amis chéris, la volonté de cha-
rité et de soumission de ceux qui, pour suivre leur Maître, renoncent
à eux-même et se chargent chaque jour de leur croix. Acceptez
ces jours de tristesses, d'angoisses et d'humiliations avec vaillance
en vous mettant en face de la réalité. Vos cœurs sont troublés,
et vous demandez vainement à comprendre le mystère d'iniquités
qui écrase le monde. Chacun de vous l'a créé par ses manquements
à l'amour. Ne cherchez pas à faire l'examen de conscience du voi-
sin : le vôtre suffit pour vous faire comprendre une partie du pro-
blème qui se pose. Et, si, à côté de vous, l'orgueil, la cupidité et
l'égoïsme jouent un jeu dangereux, vous verrez s'effondrer toutes
ces ambitions égoïstes contraires à l'immortelle charité qui doit
unir tous les hommes et régir le monde dans la Paix divine.
L'équilibre rompu vous a jetés dans l'ornière dont vous ne pour-
rez sortir victorieux que par la transformation de chacun de vous
dans l'esprit divin, source de Vie: l'amour, enfin, qui par sa flamme
vaincra la haine. Vous êtes, pour le moment, devant un anéan-
tissement général, et, sans pouvoir en faire une exacte analyse,
vous sentez que quelque chose d'immense se prépare par la souf-
france de tous les peuples qui saignent et pleurent. Ne cherchez
pas le pourquoi, il dépasse de beaucoup ce que peuvent concevoir
vos cerveaux limités. Les instruments eux-mêmes sont débord-s.
emportés par des torrents tumultueux, et vont bien au delà de
ce qu'ils avaient prévu. A eux de comprendre que si leur équilibre
ne se stabilise pas, ils s'effondreront, plus misérables que jamais.
Ce qui doit retenir vos pensées, amis chéris, c'est que toute
souffrance bien comprise, bien dirigée, est rédemptrice, et porte
de magnifiques fruits de lumière - rayon de Vie qui fortifiera
vos âmes. - Dites-vous aussi que la pierre du sépulcre qui vous
écrase en ces temps douloureux sera levée un jour. Après un coma
dans les ténèbres, les hommes, aidés des forces divines, soulève-
ront la pierre qui les écrase. Elle est très lourde à basculer, mais
je vous affirme que l'amour qui remplira vos cœurs la rendra
légère, et que vous serez prêts à la résurrection. Vous garderez

- 292 -
en vous-mêmes les bienfaits de votre ensevelissement et vous regar-
derez avec joie le suaire, témoin de vos souffrances, de vos larmes
et de votre sang répandu pour la victoire sur vous-mêmes.
Courage et confiance! Plaignez tous ceux qui souffrent; priez
pour eux: ils sont tous vos frères, entendez-vous? tous vos frères.
De quelque côté qu'ils se trouvent, ils se croient des victimes et
sont surtout des ignorants. C'est pour cela qu'il faut beaucoup
prier afin que la lumière les éclaire, que leurs yeux voient, que
leurs oreilles entendent la vérité divine.
Dieu est le seul refuge; implorez-Le; dites-Lui: C'est à Toi,
Père, que nous demandons la clairvoyance, la charité pour tous;
et si, tels Jésus, en levant nos yeux angoissés vers Ta lumière,
nous nous permettons de Te dire: Père, écarte de nous ce calice,
nous ajoutons bien vite aussi: Que Ta volonté soit faite pour que
Ton règne arrive enfin!
Disons : Alleluia! Alleluia! puisque nous sommes certains que
le jour de la Résurrection viendra. Je dis: nous, pour vous bien
prouver que nous prions avec vous de tout notre amour, et que
nous verrons ensemble la gerbe magnifique composée de tant de
souffrances acceptées, de ce don de soi-même, de cet amour que
vous aurez pour tous vos frère. malheureux, amis et ennemis,
pour lesquels il faut beaucoup prier.
Joyeuses Pâques en Jésus, mes aimés. Écoutez Paqui, écoutez-
nous bien, car si nous vous crions confiance, c'est que Jésus a
glissé dans la bourse d'or de ses anges le ruban aux trois couleurs
symboliques pour qu'il ne se fane jamais. Et puis, n'oubliez pas
que Marie, la divine Mère, est l'étoile lumineuse qui vous guidera
et vous protégera. Amen.

- 293-
L'APPEL IRRÉSISTIBLE DE JÉSUS
27 JUIN 1943.

Jésus m'a dit: « Viens! » et je me suis élancée. Impossible


de résister à son appel: lorsqu'on entend Jésus vous dire avec
tendresse: Viens! qui n'accourrait se jeter avec amour à Ses
pieds? - Tout laisser, abandonner tout ce que l'on aime sur la
terre? direz-vous. Oui, et je ne regrette rien, car je n'ai rien
perdu en répondant au doux appel du maître. Rien n'est abandonné
de ce qui fait la joie de l'âme qui va au devant d'un autre bonheur
en possédant toujours le premier. Ai-je perdu ma Mamie, mon
chéri, et tous ceux que j'aimais? Ai-je abandonné cette tendre
Maman? - Non! elle est plus mienne que jamais, elle le sait
bien, et cependant je vis pour Jésus, en Jésus; je suis à son ser-
vice, je fais partie de sa milice sacrée et je n'ai pas assez de tout
ce qui vibre en moi pour Lui exprimer mon immense gratitude
et mon amour infini.
Plaindre ceux qui se transforment pour vivre en esprit, quelle
erreur! Mais comprenez donc une fois pour toutes que la mort
n'existe pas! Ceux qui partent dans la cité bénie vivent d'une vie
active et lumineuse, sont toujours eux-mêmes, plus eux-mêmes
dans la vérité, puisque libérésde leur prison charnelle.
Que vos cœurs humains soient broyés par la séparation, ceci
est légitime. Mais, dites-vous d'un être aimé qui part pour un
lointain voyage qu'il est mort? Vous regrettez son départ puisque
vous perdez son contact humain, mais vous n'en êtes pas déses-
pérés. Considérez les départs pour la Patrie Céleste comme un
lointain voyage qui vous assure le bonheur de l'être chéri dont
vous êtes séparés, et ne voyez pas seulement la défroque humaine
que vous mettez en terre et à laquelle vous attachez trop d'irn ..
portance. Le voyageur ne laisse-t-il pas ses vieux vêtements pour
n'emporter que ce qu'il a préparé pour son déplacement, laissant
par derrière lui tout ce qui n'est plus utile? Comprenez bien,
amis chéris, que nous, voyageurs célestes, nous sommes des vi-
vants très actifs, que nous travaillons au service de Dieu, dans
les demeures préparées par nous, et que notre bonheur est si grand
de rentrer dans la lumière que nous ne pouvons rien regretter de
ce que nous avons laissé sur la terre, puisque nous en possédons
le meilleur, c'est-à-dire l'âme de nos, aimés.
Il faut les plaindre et beaucoup prier pour eux, ceux qui ne com-
-prennent pas encore, je veux dire les âmes lourdes qui errent sans
trouver la lumière divine. Ils ne sont pas abandonnés, car nous
les aidons de tout notre pouvoir à se dégager des ombres qui les
accompagnent; et lorsque nous apercevons les rayons lumineux
descendre sur eux, le Ciel est en fête, et des hymnes de recon-
naissance montent vers ce Père si miséricordieux qui nous permet
de dégager les âmes en souffrance.
Priez vous aussi, mes chéris, pour que la lumière inonde les âmes
des sphères d'attente, purgatoire qui est un état d'âme, souffrances
qui préparent une évolution, pour l'esprit qui comprend ce qu'il
lui faut obtenir par son repentir, son amour, sa confiance, et l'ob-
tient toujours, car Dieu ne condamne pas sa créature, son enfant
prodigue.
Mes aimés, je vous laisse une traînée lumineuse, un parfum
subtil de toutes les fleurs qui m'environnent. La lumière céleste
-est tellement intense que le soleil de la terre lui-même est pâle
devant cette luminosité divine. Je vous blottis dans les plis de
ma robe d'ange. Ne craignez aucun obstacle. Je vous conduirai
de lumière en lumière, et c'est doux à votre ange de vous donner
-cette sécurité, chers élus avant l'heure. Je vous aime avec tout
mon cœur de petit ange au service de Jésus, notre doux et divin
Maître.

PAQUI.

- 295-
LA FORCE DE DIEU EN NOUS
1943·

Quand même je serais dans l'ombre de la mort, que craindrais-


je, puisque je suis avec Dieu. »
Oui, ayez confiance, quoi que vous fassiez, où que vous alliez,
accomplissez avec sérénité ce que vous croyez devoir entreprendre.
Bravement, sûrement, allez avec confiance vers vos devoirs en
vous disant toujours: Dieu est avec moi, donc je n'ai rien à craindre
par Lui, je suis une Force.
Bien, direz-vous, mais à notre époque de bouleversements, de
guerres fratricides, qui amènent tant de catastrophes, beaucoup
de ceux qui sont frappés, anéantis, sont partis ou restés où le
devoir les appelait. - Sans doute, mais ceux-là n'ont pas été
vaincus! ne les plaignez pas, ils sont demeurés des Forces puis-
qu'ils sont partis avec Dieu et se sont retrouvés avec Dieu, sou-
tenus, aidés de son invariable amour.
Je voudrais que vous compreniez que, quoi qu'il arrive, vous
êtes certains de ne jamais sombrer et d'arriver au port si vous
avez confiance en Celui qui n'abandonne jamais ses enfants. Pour
cela, il faut s'élever au-dessus de l'être mortel, réaliser la force de
Vie, la source divine, qui est Dieu en nous et nous permet de demeu-
rer en paix, de vaincre nos défaillances, nos révoltes contre toutes
les souffrances et les détresses de la vie humaine. Comprenez qu'il
n'y a pas d'épreuve qui ne soit un avertissement, un appel vers
la connaissance de la vie réelle qui est en nous: l'Amour Dieu.
Les temps sont révolus; les Écritures s'accomplissent, et si vos
cœurs saignent de tout le mal qui semble se répandre de plus en
plus sur la terre, que vos âmes restent en paix: elles sont parcelles
divines et connaîtront en leur temps la splendeur de la vraie vie
Dans la lumière et le bonheur de l'amour universel.
- 2g6-
Vos vies terrestre? quelques heures! rien! indispensables,
cependant, pour votre évolution. Ceci dit, profitez amplement
de toutes les joies que Dieu met entre vos mains. Tout ce qui est
beau, pur, doit réjouir vos yeux et vos cœurs, et tout ce qui est
laid doit être l'objet de vos soins assidus et éclairés, si vous avez
la possibilité de le transformer. Les choses de la terre sont éphé-
mères, et, tout en gardant le souvenir, le parfum des bonheurs
passagers, il faut savoir vous en détacher, aspirant ardemment.
au contraire, aux richesses de la vie spirituelle, la seule qui
demeure, toujours prêts à voir souffler votre petite bougie ter-
restre. Le flambeau divin qui est en vous prendra alors tout son
éclat et vous guidera vers votre nouveau chemin.
Ne vous troublez pas sur les événements qui se déroulent et
ne vous élevez pas contre les épreuves préparatoires à l'œuvre de
Dieu... elle est immense, et l'Aube se lève pour que le soleil divin
illumine le monde. Mais Dieu laisse les hommes libres de choisir
les moyens de sortir de l'ornière et de monter vers les sommets.
Ces pauvres humains rampent, se déchirent, parce qu'ils ne veulent
pas comprendre les lois divines de l'amour. Ceci compris, l'Uni-
vers serait transfiguré, les yeux verraient, les oreilles entendraient.
Cette lumière, voilée par l'aveuglement des hommes, éblouira
le monde, mais plus tard, beaucoup plus tard, hélas! Vous pou-
vez vous rendre compte, par ce que vous voyez autour de vous,
combien vous êtes loin du but suprême de la création : un pour
tous, tous dans un, dans l'amour universel. Les pantins qui s'agitent
et tirent les ficelles du drame que vous vivez sont des aveugles
et des ignorants, s'ils ne sont pas des disciples du mal; et ceux
qui en sont les acteurs exécutent les mouvements sans en rien
comprendre. Chaos, misères, souffrances, détresses de toutes sortes
en découlent: fruits merveilleux pour beaucoup, car ce que vous
appelez souffrance peut se traduire: rédemption. Et ceux dési-
gnés pour souffrir en ces temps de rénovation du monde s'élèvent
et gravissent par là même l'échelle de Vérité qui les acheminera
plus vite vers le but final: Dieu. Tout cela paraît peut-être bien

- 297-
difficile à saisir: ne jugez pas, ne craignez pas, Dieu est avec vous
si vous le voulez.
Je vous suis, je vous aime, et mes ailes vous sont un doux abri,
permis par Jésus. Que pourrais-je vous dire de mieux et de plus
tendre? Quels sont les mots qui pourraient traduire plus com-
plètement ma pensée, que de vous dire: Je suis tout amour, et,
de cet amour, vous faites partie. Quand je prononce ce mot lumi-
neux c'est tout un monde que j' agite et vous êtes de ce monde
puisque je vous aime. Oh oui! je vous aime l à travers ma Mamie
nos cœurs battent à l'unisson, Dieu en est le grand balancier.
Je termine par la phrase du début: Ayez confiance [ Mettez
œ mot dans tous vos projets, vos actes, vos pensées, et agissez
avec l'autre grand mot gravé au plus profond de vos cœurs: je
dis : avec amour. Qu'il remplisse votre vie et s'étende sur tout
ce qui vit et peut en ressentir les bienfaits.
Je vous dis: à toujours. Je vous couvre des fleurs que veut bien
me donner Jésus, et vais faire provision de joies célestes pour les
répandre sur la terre avec l'aide et la protection de Celui qui donne,
et qui aime tous ses enfants. Amen.

- 298-
NOËL 1943.

Plus que jamais, Paqui dit à ses amis chéris de se pencher


avec confiance et amour sur l'Enfant Jésus de la crèche, car bien
des sacrifices vous sont, et vous seront encore demandés dans
les heures pénibles que la terre traverse. Jésus peut vous
aider; Il est le divin modèle à suivre; Il est descendu sur la terre
pour que nos âmes vivent, et que nos humanités s'accrochent à
l'espérance, et passent leur vie terrestre avec la compréhension
du pourquoi de la souffrance qui étreint les cœurs et barre les joies
matérielles qui comptent pour vous plus que tout.
Noël, c'est le don de l'amour au monde, la paix, la sécurité qui
unit le Ciel à la terre! Et à vous, chers aimés, privilégiés qui avez
eu la grâce de ressentir le contact spirituel de nos sphères lumi-
neuses, Paqui peut dire: Joyeux Noël! Oui, joyeux Noël, malgré
les tristesses, les angoisses de l'heure grave que traverse le monde.
Oh! chers aimés, il faut beaucoup prier, beaucoup aimer. ..
Qu'il serait beau, ce Noël, si les hommes savaient y chercher et
y trouver la réponse à l'anxiété de leur âme, qui aspire au bonheur
dans la paix. Noël, c'est la joie, l'espérance pour tous les peuples.
Dieu a donné son Fils au monde pour unir et sauver tous ses en-
fants dans l'amour universel. Priez, et méditez cette pensée divine.
Jésus s'est incarné dans l'enveloppe charnelle pour faire revivre
en chacun de nous l'étincelle spirituelle, parcelle divine, Dieu en
nous, mystère incomparable. Oh! faites connaître, faites luire
cette lumière dont votre âme est inondée. Montrez simplement
l'amour de Dieu-Christ dans ce miracle accompli entre le Ciel et
la terre.
Le Ciel, c'est aimer tous, dans Un. Prier ensemble dans un but

- 299-
d'évolution spirituelle, c'est se rencontrer sur le même chemin;
et lorsque vos âmes s'élèvent, ferventes, dans un élan d'amour
pur vers notre Père céleste, dites-vous bien que nous joignons
nos voies aimantes pour implorer avec vous la paix et la frater-
nité entre tous les hommes.
A l'heure de la rénovation du monde, où tant de douleurs et
d'épreuves meurtrissent les cœurs, la souffrance réveille la sen-
sibilité spirituelle de beaucoup, parmi ceux qui pleurent. Et c'est
ce côté spirituel de la souffrance dans l'acceptation et l'amour
qui nous rapproche de Jésus, et porte toute sa valeur.
Ne nous demandez pas d'enlever de votre route les épines qui
font saigner vos cœurs et quelquefois votre chair! Nous n'en '-avons
pas le pouvoir; et l'aurions-nous, que notre tendresse, notre amour,
qui vous entourent alors plus que jamais, ne voient que les fruits
que vous retirez de ces passages douloureux, et nous prions notre
Père céleste qu'Il vous aide, vous soutienne, pour que brillent
au milieu de ces épines les rayons de Lumière qui éclaireront vos
épreuves, et vous donneront la force de les accepter, sinon joyeu-
sement, mais sans défaillances et sans révoltes. Oh! non seule-
ment gardez votre foi, amis chéris, mais grandissez-la. La lumière
se fera et vous éblouira.
Que ce Noël soit pour vous tous un Noël d'union et d'amour.
Jésus est né, image adorable de l'enfance entourée de la tendresse
maternelle, la plus belle que peut atteindre l'amour humain. Et
tous les cœurs de mamans percés par le glaive de la douleur n'en
sont qu'un dans l'amour de Jésus.
Je termine sur cette pensée d'amour qui va d'abord à ma Maman
chérie, et aussi vers vous tous, chers aimés, sur lesquels je déverse
tous les présents de Noël dont mes ailes sont chargées. A chacun ce
dont il a le plus besoin pour l'illuminer de la charité divine, et, en-
semble, remercions Dieu de toutes les grâces dont Il nous a com-
blés. Redites-vous souvent: Ayons confiance, soyons heureux spi-
rituellement, reconnaissons le privilège que nous possédons d'être
éclairés et de parcourir le chemin rocailleux de la vie le flam-

- 30 0 -
beau à la main. Ne pas cheminer dans la nuit est un bien pré-
cieux, dont il faut se réjouir et remercier le Seigneur. En y pensant
vous rendrez votre flambeau plus lumineux, surtout si vous le
penchez sur vos frères malheureux; car vous pouvez, sur terre
comme au Ciel, augmenter votre rayonnement spirituel. Donnez,
et vous recevrez, a dit Jésus.
Que ta vie, Mamie, soit une perpétuelle action de grâces pour
toutes les joies spirituelles que Dieu nous a permis de partager
avant la réunion éternelle, heure bénie entre toutes.
Plus unis que jamais dans l'amour de Jésus, je vous aime et
vous souris à travers la Lumière des lumières.

PAQUI.

- 30 1 -
LES PROMESSES DE DIEU S'ACCOMPLIRONT
1944·

Je peux d'autant mieux vous pénétrer que vous me livrez vos


âmes avec amour et un très grand désir de recevoir les effluves
bienfaisantes de nos sphères de lumière. Oui, je suis votre amie,
profondément attachée à vous par des liens dont les nœuds sont
tissés dans nos paradis fleuris par ce Dieu miséricordieux que nous
ne cessons de remercier avec une reconnaissance toujours gran-
dissante.
Je serai avec vous pendant vos heures de prière; je vous sou-
lèverai vers nos sphères pour que vos âmes dégagées de la lour-
deur humaine puissent monter vers le Christ et Lui demander
la Lumière pour le monde. Je désire que notre union soit telle
que nous ne· formions qu'une âme, qui soit la flamme qui éclaire
un peu la caverne d'ici-bas dans laquelle les hommes croupissent
sans chercher à en sortir pour respirer l'air pur des hauteurs, et
sentir la lumière de Dieu les pénétrer.
Prions avec toute notre ferveur, notre amour, et ayez confiance
avec une Foi infinie dans la miséricorde du Père. Il répond tou-
jours à l'appel de ses enfants. Ne vous troublez pas: tout ce qui
se passe sur la terre a un but défini et se fait dans l'ordre prévu.
Les hommes comprendront plus tard leurs erreurs, leurs pauvres
mauvais espoirs; et la domination ne se fera ni pour les uns ni
pour les autres. Il faut que tous les frères s'entendent, et qu'il n'y
ait plus de Caïn. Plus de tueries, de combinaisons mauvaises. La
rapacité des oiseaux de proie ne doit plus avoir le dessus. L'agneau
pourra se désaltérer sans craindre le loup; la couvée sortira sans
être dévorée par plus fort qu'elle. Tous, enfin, comprendront
qu'ils doivent s'entr'aider, s'aimer, pour que la paix règne sur

- 30 2 -
la terre, pour que le monde, enfin apaisé, connaisse le bonheur
pour lequel il a été créé. Les promesses de Dieu s'accompliront.
Priez avec ferveur pour que la lumière de l'Esprit-Saint éclaire
toutes les âmes. Priez beaucoup, les temps sont venus. Priez pour
les martyrs qui verseront leur sang pour leur cause; ils sont tous,
dans leur sincérité, leur sacrifice, soldats du Christ. Ne faites au-
cune différence pour les uns ou pour les autres: ils obéissent, ils
se donnent, ils meurent, chacun pour Ufl idéal élevé ou qu'ils croient
tel. Dieu seul jugera. Sont seuls et grands responsables les chefs
qui poussent aux luttes fratricides, et qui sèment la haine dans
les cœurs simples. Ceux-là rendront des comptes le moment venu.
Et combien ils sont nombreux! Car très loin il faut aller à la source
du mal pour comprendre ce que l'on paie aujourd'hui. Priez aussi
pour les coupables, les disciples du mal, et ayez confiance I le Bien
ressortira victorieux, et vous verrez l'amour refleurir sur la haine
destructrice.
Ne vous laissez pas abattre par les événements quels qu'ils
soient, ni ne vous réjouissez humainement de rien. Car, en vérité,
je vous le dis, les temps sont révolus, et les convulsions qui agitent
l'humanité feront encore trop de victimes pour que vous puissiez
humainement éprouver une vraie détente. Mais, je le répète, gar-
dez votre confiance. Priez pour que le règne de Dieu arrive et ne
soit pas retardé par l'incompréhension et la méchanceté des
hommes. Dieu est avec vous. Suivez-Le, son règne est tout amour.
Tendresses et caresses célestes de votre petit ange, fleurette de
la gerbe d'amour dont vous faites tous partie en Dieu.

PAQUI.

- 3°3-
PAQUES 1944.

Après tant d'entretiens et d'enseignements sur la lumineuse


fête de Pâques, trouverons-nous, pensez-vous, des mots pour
la traduire? Ëvidemment, les mots sont incomplets en regard de
l'infini.
Pâques, c'est Dieu lui-même, et Dieu ne s'explique pas. Nous
Le ressentons, dans nos paradis de lumière, par des sensations
toujours plus belles et différentes autant que nos âmes peuvent
les éprouver sans en être éblouies. Que pour vous ce jour soit béni
entre tous, puisqu'il apporte au monde la certitude de la vie éter-
nelle. « Je suis la Résurrection et la Vie n, a dit Jésus. Soyez, vous
aussi, des ressuscités, des Christ sortis du tombeau par la lumi-
nosité de vos âmes. Prosternez-vous bien bas pour adorer et remer-
cier ce Dieu d'amour qui a voulu revêtir notre pauvre humanité,
se faire humble et petit pour être plus près de nous et mieux nous
secourir dans toutes nos épreuves.
Il choisit la pauvreté, la vie rude des travailleurs, des humbles,
et méprisa les richesses pour en démontrer le néant et affirmer la
supériorité incomparable des biens spirituels. Beaucoup encore
ne le comprennent pas mieux que ceux qui ont décidé sa mort et
sa crucifixion sans vouloir le reconnaître pour leur Maître; et,
après bien des siècles, refusent de porter sa croix et de suivre ses
commandements d'amour.
Mes aimés, je sais que vous reconnaissez notre doux Jésus de
Nazareth comme le Fils de Dieu, Dieu lui-même, notre Roi dont
le royaume n'est pas de ce monde. Mais je vous demande avec
tout mon cœur de petit ange au service de Dieu d'avoir moins de
tiédeur, plus d'élans généreux dans le don de vous-mêmes, plus

- 304 -
de désintéressement dans vos actes, et surtout, plus de charité,
charité complète qui comprend un monde de choses. Que l'amour
dont votre ange vous entretient reste toujours vivant en vos cœurs.
Vivez dans cette source de lumière; aimez, distribuez toute la
bonté de votre cœur, effeuillez-vous, si je puis dire, et vous sentirez
en vous-mêmes une joie presque divine tant vous toucherez déjà
aux sphères célestes où tout est charité dans la Charité.
Répandez autour de vous cette manne céleste dont vous avez
été comblés. Il faut ouvrir les yeux, faire entendre les oreilles, le
moment est propjice, les temps sont venus. Répandez la bonne
nouvelle que Jésus est venu porter au monde: « Je vis, vous vi-
vrez. » « Celui qui croit en moi ne mourra jamais. ))
Ne vous désolez pas si la semence tombe dans un terrain sté-
rile, ou si l'ivraie se mêle aux bons grains; peu importe! vous ne
pouvez savoir si tout est perdu. Il suffit d'une étincelle pour rani-
mer une flamme; il suffit d'une bonne parole dite avec amour pour
qu'elle porte ses fruits tôt ou tard.
Soyez ce jeune rameau d'olivier précurseur des fêtes de Pâques.
Que vos tiges s'étendent et abritent des cœurs douloureux, les
soulèvent, les apaisent. Il y a tant de souffrances, tant d'aveugles,
et d'aveuglés surtout. Vos tiges plongent déjà dans la source d'eau
vive, source sacrée, source divine, et c'est pour cela que vous devez
et pouvez apaiser bien des défaillances. Douce mission, d'éclairer
les cœurs, de réveiller les âmes, de faire connaître Dieu. Le con-
naître, c'est l'aimer, c'est le bonheur infini dont nous vivons au
Ciel.
L'amour, quelle sublime réalité! et qu'il est regrettable que
vous ne puissiez encore comprendre que c'est l'essence même de
la vie, son but, la pensée divine qui vaincra la mort, amour de
tout ce qui vit et que Dieu a créé, amour sous toutes ses formes,
qui rend tout plus clair, plus beau, et efface toutes les laideurs.
La première pensée, devant la naissance d'un enfant, doit être
de le vouer à l'amour; plus tard, et au cours de sa jeune vie, de
développer cet admirable sentiment d'amour et de beauté, qui

- 30 5 -
est Dieu en nous. Par une permission divine, j'ai vite compris
la lumière de l'amour, et f'aime à vous en entretenir, à vous péné-
trer de ses rayons divins pour vous aider à traverser les brumes
épaisses qui bandent si souvent vos yeux.
Oui, aujourd'hui plus qu'hier, regardez au-dessus de vous-
mêmes et vivez dans l'amour en pensant à la sublime résurrection
du Christ, qui sera aussi la vôtre. Arrêtez-vous, amis; méditez
sur les choses périssables vers lesquelles vous courez sans réfléchir.
Comprenez que vous perdez tout en voulant tout avoir, car le tout,
c'est Dieu, c'est le Ciel,c'est notre avenir éternel, le seul qui compte,
votre bonheur dans le bonheur universel. Apprenez à aimer tous.
vos frères, les bons et les méchants, car, sans l'amour, l'humanité
tomberait dans le chaos, et trop de prières pures et ferventes
montent vers Dieu pour que le Bien ne triomphe sur l'esprit du
mal, et que le monde ne ressuscite, tel Jésus. Amen.

- 306-
LE RELÈVEMENT DE L'HUMANITÉ
SE FERA PAR L'AMOUR
1944·

Vous désirez une preuve, une certitude de notre présence, de


notre protection, et vous attendez de votre petite Paqui des
paroles qui consolent, qui fortifient et apaisent... Soyez calmes
et toujours confiants, dans ces heures graves où le mal semble
maître. Et si vos esprits sont torturés par la gravité des événe-
ments, que votre âme s'élève au-dessus de votre humanité pour
percer les ténèbres qui vous oppressent; qu'elle vienne se retrem-
per dans la lumière rafraîchissante de nos sphères célestes que
Dieu permet à ses anges de faire rayonner sur les cœurs qui veulent
bien la recevoir.
La vérité, en cette dure épreuve, n'est. nulle part. Les uns et
les autres sont dans l'erreur puisque la haine les dirige.·L'ouragan
fait rage de tous côtés et le bruit est tel, que nul ne peut entendre
la voix d'amour et de miséricorde qui appelle les hommes à la
fraternité, voudrait guérir tous les aveugles etleur faire comprendre
que seule l'union dans l'amour leur donnera droit au bonheur et
à la paix.
Mes amis bien-aimés, priez avec nous, avec ferveur et confiance.
L'armée céleste entoure vos âmes de forces puissantes, en ces
temps bénis de régénération où nous sommes tous unis pour la
victoire spirituelle, vous en nous, nous en vous. Nous ne pouvons
voir encore l'arc-en-ciel dissimulé derrière les gros nuages. Quoi
qu'il arrive, ne désespérez pas: les.rayons divinsperceront, et
illumineront les cœurs lorsqu'ils auront compris le pourquoi de
leurs souffrances rédemptrices. La lumière est et sera avec vous,
aujourd'hui comme hier, demain et toujours, vous a dit Jésus.
Paqui est heureuse de vous murmurer ces mots d'espérance et

- 307-
d'amour. A tous, je vous dis que la petite fleur du Seigneur s'ef-
feuille sur ses aimés afin que ses pétales les protègent contre tous
les vents malsains de la tempête. Priez, mes aimés, de toute votre
âme confiante en l'amour de notre Père. Paqui vous soutient.
Savez-vous que déjà Jésus permet à ses ailes de prendre de très
tendres couleurs dans lesquelles on y devine avec le flambeau
divin, ce bleu des cœurs purs, ce blanc, symbole de la milice des
vierges, et ce beau rouge qui parle de tous les amours, certes, mais
surtout de celui que nous devons à Dieu, d'abord, puis à cette
Patrie si cruellement blessée mais qui se relèvera dans l'harmonie
de l'amour universel pour lequel les hommes ont été créés. Je vous
aime, je vous souris, je plonge mes rayons dans votre ambiance.
Voyez mes couleurs célestes, mais d'abord Dieu dont je suis la
petite messagère, et remerciez-le; oh ! remerciez Dieu notre Père
et comprenez, oui, comprenez la valeur et la grandeur des événe-
ments qui se passent, et dépassent toute intelligence.
Dites avec moi, de toute votre ferveur, cette prière: « Mon Dieu,
comment vous exprimer notre reconnaissance et notre espoir infini.
Parachevez votre œuvre grandiose; donnez aux hommes la pos-
sibilité de se reprendre pour comprendre que l'Heure, votre Heure,
l'Heure de Dieu va sonner. Seigneur, avec une piété profonde, un
sentiment d'amour et de reconnaissance infiniment doux et con-
fiant, nous vous supplions d'arrêter les forces du mal qui se
répandent sur cette terre de douleur. Avec la Foi profonde de nos
âmes que vous avez bien voulu éclairer, notre cœur vous supplie pour
nos frères miséreux encore dans les ténèbres. Père, que votre divin
regard s'arrête sur cette terre déchirée par les forces destructrices,
afin que votre règne arrive, que l'arc-en-ciel brille de tous ses
feux et que les cloches célestes se joignant à nos cloches terrestres,
vous fassent parvenir le plus pur concert d'amour que le ciel et
la terre, enfin réunis, aient jamais fait entendre. Amen.

- 308 -
PENTECOTE 1944.

Rayon de nos sphères lumineuses, sois pour nos aimés d'en


bas la source de vie, en attendant la vraie Vie, celle qu'ils vivront
plus tard lorsqu'ils seront libérés des chaînes qui les entravent et
brisent souvent leur énergie. Lumière des lumières, éclaire mes
amis bien-aimés.
Que l'Esprit de Dieu pénètre la pauvre humanité souffrante de
ses puissants rayons de compréhension et d'amour! Telle est la
prière fervente qui monte de vos cœurs en ce jour de Pentecôte.
Car le monde est enveloppé de ténèbres si épaisses que vous vous
demandez avec angoisse comment se termineront de telles épreuves.
La prière elle-même semble apparemment impuissante à diriger
la main clémente de Dieu, et votre ange ne peut que vous redire:
Dieu, notre Père, est tout amour, justice et miséricorde. Des forces
vives, des rayons lumineux et puissants sont envoyés à la terre.
Mais les hommes ne veulent ni les voir ni les entendre; eux seuls
sont coupables et responsables de tous les maux qu'ils forgent eux-
mêmes. Leur conscience est si obscurcie par leurs passions, qu'ils
oublient et méconnaissent le sens et le but de la vie terrestre: de
là vient le déséquilibre, que rien ne pourra rétablir sans la volonté
de tous de vivre dans l'esprit divin, l'amour. Beaucoup de renon-
cements, de souffrances, seront nécessaires, puisque les hommes
ne veulent pas comprendre que, sans cette loi divine qui régit toute
la création, il ne peut y avoir de paix possible.
Vous, amis chéris, qui avez eu le privilège de recevoir un peu
de cette lumière, qui savez que la vie spirituelle est la vie réelle
de l'homme, gardez votre Foi, répandez-la, cherchez du secours
dans nos sphères bénies où Dieu rayonne lumière et forces vives,

- 30 9 -
et où nous apprenons à trouver la plénitude du bonheur dans le
bonheur de tous.
Aimer, se renoncer, se donner dans la charité pour tous, c'est
la vie du Ciel, qui peut être aussi celle de la terre, nous ne cessons
de vous le dire, comprenez-le! C'est le but que vous devez atteindre
pendant votre voyage terrestre. Qu'importe si le voyage n'apporte
au pèlerin que fatigue et douleur, si le terme est une splendeur
dont vous serez éblouis, émerveillés.
Jésus est venu sur la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Attachez-vous à cette pensée, répandez-la. Ayez confiance en Celui
qui peut tout. Que vos devoirs de chaque jour retiennent vos pen-
sées en laissant à votre esprit son pain de vie, le Christ, Dieu tout
amour; puis, mettez votre main dans la grande Main du Maître,
et quoi qu'il arrive, à l'heure dite, soyez sûrs que vous serez
accueillis par Lui comme ses enfants bien-aimés.
Oui, en ce jour de Pentecôte, fête de l'Esprit, demandez à l'Es-
prit-Saint de dissiper les ténèbres, d'éclairer le monde, afin que
les hommes comprennent que l'Amour Universel est le but glo-
rieux de la création, dans la paix, l'harmonie et le bonheur de
tous. Que l'Esprit-Saint vous aide à mieux envisager la petitesse
des choses humaines, auxquelles vous vous accrochez sans rien
en retirer, au détriment de votre vie spirituelle. Demandez-Lui
de fixer sur vos fronts l'étoile lumineuse qui permettra à vos cœurs
de rester calmes.confiants, afin que vos actes, vos gestes, deviennent
utiles à la Cause divine, la seule qui vaille la peine de fixer vos
désirs.
Priez, amis chéris, sans vous lasser, et attendez. Surtout, ne
jugez rien, ni personne, car il vous est impossible d'embrasser l'en-
semble d'un tel chaos universel, trop vaste et de causes trop loin-
taines, qui dépassent l'intelligence des plus intelligents.
Partis vers un but d'ambition et d'orgueil, les chefs de la terre
sont comme de pauvres bouchons secoués, renversés par les flots
en furie. Plaignez ces malheureux, mais n'essayez pas de porter
sur eux un jugement. Nul ne connaît, sauf Dieu, l'arrivée au port.

- 31 0 -
Les chaînes sont rompues, les digues ouvertes, plus de bouées
aux navires qui vont à la dérive, et la tempête déchaînée fait son
œuvre dévastatrice. Restez calmes, confiants. Remettez-vous
entre les mains de Dieu en un complet abandon, en ne laissant
jamais un acte de charité et de bonté passer à portée de votre
main et de votre cœur sans y répondre pleinement.
Paqui vous soutiendra toujours, et vous aidera à éclairer ceux
qui n'ont pas reçu vos privilèges spirituels. Et puisque vous êtes
les amis de Paqui, aidez-la par votre confiance, votre charité et
votre espoir. Laissez le désespoir pour ceux qui ne savent pas que,
derrière les ténèbres, luit la plus merveilleuse clarté. Vous tenez
entre vos mains un flambeau: rendez-le plus lumineux encore en
le penchant sur vos frères malheureux qui tâtonnent dans l'obscu-
rité et restent plongés dans leur profonde tristesse sans avoir été
visités par un petit ange du Seigneur.
Je vous aime, et l'amour, c'est Dieu. Dieu est tout amour. Je
suis vôtre et plus que jamais petite fleur qui s'épanouit dans le
sein de Dieu.

PAQUI.

- 3I I -
KOTRE DEMEURE
N'EST PAS DE CE MO:\DE
1944·

Ton impossibilité absolue de trouver un sujet avant de com-


mencer le message est une preuve qu'il te faut prier, élever ton
âme avant de recevoir l'inspiration de nos sphères célestes, et
que la bonté de Dieu est infinie.
Les enseignements ne manquent pas; mais, tout sentiment
étant vibration, je puise souvent dans vos pensées inquiètes les
sujets de nos entretiens, en ces heures de bouleversement où vous
avez besoin plus que jamais de calme et de confiance pour bien
remplir tous vos devoirs.
Vous ne voyez que les détails troublants qui semblent se com-
pliquer de jour en jour. Ouvrez vos âmes au-dessus des souffrances.
des laideurs morales, de l'âpre égoïsme adhérent à la vie maté-
rielle, et gardez votre Foi. Remettez-vous entièrement entre les
mains du Divin Maître, et soyez assurés qu'un jour, les fils em-
brouillés se dénoueront dans le resplendissement, dans le triomphe
de l'amour et de l'Esprit sur les œuvres mauvaises.
Vous êtes au sommet des temps douloureux : accrochez-vous
à la bouée qui est toujours à votre portée et vous mènera tout
droit au rivage béni: je veux parler de Notre Christ, tout amour,
vérité et justice, qui est venu sur la terre préparer la Croix, mis-
sionnaire de l'amour.
Vous savez que votre vraie demeure n'est pas de ce monde.
Dites-le, c'est bien; mais pensez-le, c'est mieux encore, car vous
en ressentirez les puissants bienfaits. Vos cœurs confiants seront
moins troublés par ce qui peut ou ne peut point arriver de mau-
vais, de pire, ou d'irréparable. Rien n'est irréparable, puisque la
mort même prépare à une autre vie et à d'autres tâches. Tout se

- 31 2 -
continue; les nouvelles générations viennent et prennent la place
de celles qui se déplacent - le mot est juste, et vous fera com-
prendre le peu d'importance que l'on devrait donner à ce que
vous appelez: la mort, et la grande importance qu'est la vie spi-
rituelle éternelle que vous préparez par votre vie terrestre et tem-
porelle.
Beaucoup sombreront avant que l'ouragan dévastateur se calme.
Priez pour tous ces frères qui connaîtront avant vous les mystères
de l'au-delà, la miséricorde et l'infinie justice divines. Demandez
humblement à Dieu de pardonner toutes vos fautes, toutes les
fautes causes du déséquilibre mondial qui entraîne tant de souf-
frances qui vous semblent injustes, mais seront rédemptrices parce
que Dieu tout amour le désire.
Ne désespérez pas de l'avenir. Ne vous troublez pas au delà
d'une limite permise à vos yeux déjà éclairés; et soyez assurés
que ceux qui tombent en martyrs pour une cause juste sont des
âmes privilégiées, qui arrivent dans la vraie Patrie avec un cri
de bonheur et de délivrance. Ne pleurez pas sur eux; ne les plai-
gnez pas! ils sont inondés de la lumière de la vérité qu'ils ont
cherché à défendre sur la terre. Que vos regrets, vos larmes, soient
une prière qui monte près de l'autel de Dieu, pour demander d'éclai-
rer les malheureux aveuglés par les passions humaines. Leur heure
viendra: Dieu permette qu'ils comprennent avant, et reconnaissent
que la violence, la haine, le meurtre fratricide, ne peuvent rien
apporter pour grandir une cause, quelle qu'elle soit! Ils tuent le
corps périssable, mais non l'esprit, l'âme qui appartient à Dieu et
dont l'œuvre se poursuit.
Priez avec ferveur, amis chéris. Je vous aiderai et vous sou-
tiendrai. Demandons à notre Père d'accorder aux humains l'équi-
libre, la sagesse, la raison; qu'ils comprennent enfin que la haine
est l'œuvre de Satan, et facilite tous ses desseins de destruction.
Combattez-la par l'amour: c'est la meilleure des armes. Servez-
vous-en pour tout et pour tous à chaque minute de votre vie ter-
restre. La religion céleste, c'est l'amour pour tous; c'est le levier,

- 31 3 -
le bouclier qui protège. Votre petite Paqui veille sur vos âmes,
parcelles divines que la méchanceté humaine ne doit pas altérer.
Calmez vos alarmes, que votre juste indignation s'apaise. Ayez
toujours survos lèvres et dans vos cœurs la divine prière de Jésus:
~cMon Père, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font. » Com-
prenez-en la grandeur, méditez-la; soyez généreux; aimez, pour
pardonner.
Je veux voir vos esprits, allégés de toutes les laideurs humaines,
connaître la paix profonde que donne la connaissance de Dieu, qui,
seule, apporte la douceur, la guérison aux souffrances humaines
et fait entrevoir les délices du Ciel. Terminons par cette prière:
Seigneur, que votre volonté soit faite, et que votre règne arrive!
Amen.

- 31 4 -
SUR LE DÉPART D'UN JEUNE ÉPOUX
1944

"C'est tout un cortège qui se mêle au bruissement de mes ailes


pour venir vous apporter la lumière de l'ambiance où vit celui
que vous pleurez. Réjouissez-vous, il est bien, et vos larmes, si
légitimes devant une si cruelle séparation, se tariraient si vous
pouviez le voir goûter ses joies célestes.
Amis, je crains de vous troubler et de vous faire murmurer:
« Alors, et nous? sans nous, comment peut-il être heureux? »
Aussi, bien vite, je vous confirme que n'ayant plus son cœur de
chair, il ne souffre plus par lui, et qu'au contraire, par son âme
libérée, il possède encore et mieux le contact des aimés qu'il a
laissés dans la vallée obscure, et qu'il peut mieux que jamais les
entourer de son amour. Comment, alors, serait-il attristé?
Le vide qui brise le cœur de sa bien-aimée, il ne le ressent pas,
lui, car elle est avec lui, plus près que jamais, vous dis-je, dans ce
présent qui est pour elle un regretté passé. Puissiez-vous saisir
que les libérés de la prison charnelle vous aiment autant, sinon plus.
que lorsqu'ils vous touchaient avec leurs sens humains; que le
contact humain ne leur manque absolument pas, car le contact
de leurs l( formes pensées» est bien supérieur à ce que vous pouvez
éprouver sur terre. Les pensées sont une puissante force, et les
pensées de prière et d'amour agissent aussi positivement que les
gestes provoqués par des sentiments de tendresse.
Mais je voudrais mieux vous faire comprendre que si vos bien-
aimés sont parfaitement heureux, ils le sont aussi par vous, par
votre amour et votre compréhension de la vie qui ne finit pas
ici-bas, puisque la mort est la continuation de la vie dans une trans-
formation spirituelle merveilleuse. Et leur sphère, si belle soit-

- 31 5 -
elle, selon le degré d'évolution de leur âme, leur paraîtrait moins
lumineuse, si leur joie et leur bonheur céleste n'étaient pas par-
tagés par les aimés qu'ils ont laissés sur la terre.
Être au service de Dieu, jouir des beautés, de la douceur des
sites célestes, et ne rien perdre des affections qu'on a laissées sur
terre, voilà le bonheur de ce que vous appelez le Paradis.
Amis que nous aimons, nous sommes près de vous, nous répon-
dons à votre appel, nous sentons vos angoisses, nous voyons vos
alarmes, mais nous vous disons: confiance, courage! Au cours du
Temps, vous ne vivez qu'une heure, et toute l'éternité heureuse
est devant vous. Déjà, vous savez que la porte est ouverte; vos
yeux, par votre ange, n'ont plus le bandeau qui aveugle. Nous vous
supplions d'avoir confiance en nos paroles: même mal retraduites,
nos pensées vous pénètrent, vous ne pouvez et ne devez pas en
douter; et lorsque Paqui vous dit que celui que vous pleurez est
dans la lumière, que son envol a été sublime, que rien ne l'a arrêté
parce qu'il était prêt, qu'il a terminé son pèlerinage terrestre dans
un idéal de justice et de paix, réjouissez-vous dans le fond de votre
âme, tout en laissant couler vos larmes.
Ici, c'est si beau, si pur, si léger, si harmonieux, que je voudrais
être encore plus éclairée, plus grande par la compréhension supé-
rieure pour me faire mieux comprendre et vous pénétrer davan-
tage. Mais, Dieu soit loué, nous sentons déjà que la bien-aimée
dont le cœur pleure la cruelle séparation est soutenue par la cer-
titude du contact de l'âme chérie de celui qu'elle pleure, par la
certitude de son amour, transformé, mais toujours plus grand,
plus complet et si tendre. La force de vivre, elle l'aura; le courage,
elle le possède; l'aide lui sera donnée pour continuer à remplir
tous ses devoirs. Sentez combien elle est entourée, depuis des
semaines d'angoisse et de douleur. Comment pourrait-elle avoir
tant de force et de calme devant une pareille douleur, si, de là-
haut, elle n'était aidée? Remerciez Dieu, ayez confiance.
Que ce mot de confiance, dans vos cœurs, prenne une signifi-
cation divine, et alors Paqui sera dans le ravissement, car Paqui,

- 316 -
c'est votre ange qui vous aime et vous protège. Dieu est bon de
permettre cette union si féconde. Priez, priez de toute votre fer-
veur : vous serez plus près encore de l'être chéri qui manque tant
à vos cœurs humains. La prière d'abandon, l'élévation des cœurs
vers Dieu Tout Amour, quel levier, amis chéris, dont il ne faut
vous lasser de vous servir! Priez, priez davantage encore en union
avec votre bien-aimé. Il vous demande de l'aider par vos prières
à ouvrir la porte du repentir, et à obtenir de Dieu le pardon, pour
toutes les âmes de ceux qui créent du mal. Priez, pardonnez.
SUR LE DÉPART D'UNE JEUNE FILLE
1947·

C'est avec une joie particulièrement forte et douce que je


réponds à votre appel. J'accours pour vous aider à soutenir
une maman accablée et aider un papa à mieux comprendre
encore le pourquoi de la souffrance, ses bienfaits, et leur expliquer
à tous deux le bonheur de ceux qui ont laissé cette terre de douleur
et qui se sont élancés vers les sphères pures et sereines.
Connaître Dieu, goûter sa vue, entendre les harmonies divines,
laisser tout ce qui n'est pas parfait, se mettre entièrement au ser-
vice de Jésus, notre Maître, notre frère, et Lui obéir avec délice:
quelle joie, quelle douceur!
0, croyez-moi, ne vous révoltez pas, baissez les yeux si vous ne
pouvez pas encore regarder la lumière trop intense, mais espérez,
espérez, amis que je verrai un jour quiets et remplis d'une joyeuse
espérance; oui, je vous le dis en vérité, une joyeuse espérance.
Paqui est là, elle vous regarde tous, et c'est bon de vous voir si
attentifs pendant que l'écrivain transcrit mes pensées, que je vou-
drais particulièrement tendres, affectueuses. J'aimerais que vous
me suiviez bien. J'ai été, moi aussi, une petite enfant heureuse,
sur terre, entourée d'un amour infiniment touchant et d'une ten-
dresse à nulle autre pareille; un amour maternel, c'est tout dire,
c'est la perle rare, et vous le savez bien. J'avais tout ce que l'on
peut demander sur terre, entendez-moi bien, mère douloureuse
que je prends en mes ailes d'ange, que je désire guérir, et que je
verrai sourire à travers ses larmes. Je le demande à Jésus et Il me
répond : Oui ! !
J'avais tout, vous dis-je; eh bien, à côté de ce que je possède

- 31 8 -
en mon Ciel béni, je n'avais rien. Voici pour que vous soyez assu-
rés tous deux de l'immense bonheur de votre enfant chérie, cueillie
en bouton et portée toute odorante et suave aux pieds de Jésus
Sauveur'. Tai pIus et mieux que sur terre; mes missions sont admi-·
rables ; ma vie est une perpétuelle joie, parce que je n'ai plus ce:
corps qui alourdit et qui empêche de goûter à tout ce qui est divin,
Mon bonheur n'a aucun nuage; je suis l'harmonie dans la divine,
Harmonie; aucun son discordant: tout est suave dans ce paradis
que connaît celle qui a quitté la vallée douloureuse et que vous
reverrez comme je la vois, oui, je la vois, et c'est déjà un ange aux
ailes d'or, et elle sourit avec bonheur à ses parents chéris, plus
près d'elle que jamais. Oui, vous êtes près d'elle et elle est près,
de vous; le voile n'est pas épais et je le tiens en mes mains; je-
tâcherai de l'alléger encore car je désire vous sauver, vous faire
comprendre que les disparus sont des vivants, qu'ils ne quittent
pas les êtres aimés laissés sur la terre, que la réunion sera splen-
dide le jour où les chers éprouvés, à leur tour, quitteront ce qui
les alourdit. Alors, ce sera le bonheur; l'entrevue viendra d'autant
plus vite que l'enfant chérie, l'ange céleste, accourra pour presser
sur son cœur ses deux aimés.
Ne désespérez pas; priez; travaillez; aidez ceux qui n'ont pas.
le bonheur de connaître, de savoir, que la mort n'existe pas, que
l'envol est un ravissement, et que Dieu est bon, bon, bon et misé-
ricordieux.
Maman chérie vous expliquera aussi bien que moi qu'avec la
volonté de connaître mieux le Ciel où vit son enfant, elle a doré
ce Ciel, elle a fait pousser mes ailes et m'a ouvert le grand livre
de la compréhension où je puise tant de bonheur, que je m'em-
presse de répandre sur ceux que Dieu veut bien me confier. Faites
comme ma Mamie d'amour. Mettez-vous tous deux aux pieds de
Jésus, laissez-Lui voir votre immense douleur, certes, mais votre
désir de vous instruire et d'approcher par cela même votre petite
fille chérie devenue « enfant de la lumière », C'est son nom, il est
beau, goûtez-en la grandeur, et votre petite sera dans le ravisse-

- 3I 9 -
ment. Elle vous aime, vous aime beaucoup, et, de cet amour,
elle vit, elle vit en Dieu. Amen.
A tous, mes baisers d'ange, mon sourire, mes roses odorantes;
que le parfum vous ravisse, vous soutienne et vous donne un avant-
goût de ce Ciel où nous sommes et où vous viendrez.
Oh ! je vous aime si tendrement, mes chéris. Je suis Paqui, la
fleur d'amour. A toujours! courage, confiance et foi.

- 320-
TABLE DES MATIÈRES

ENTRETIENS CÉLESTES.
Pages
Entretiens célestes . . . 9
Répandez . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Pluie du Ciel .. , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ......... II
Nos entretiens ..... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Les fleurs sont des grâces. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IS
Ici, le voile se déchire . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Le Missel de Paqui . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Je ne sais pas tout. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Mourir, c'est naître à la vie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Semez la bonne graine. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
La Communion des saints par la Iorce de l'amour. . . 29
Anniversaire. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Les anges gardiens. . . . ., . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Causerie intime. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3S
L'aide angélique. . . . . ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Les roses sont des actes de bonté. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
La mort ne sépare pas. .. . . . . . . . .. ........ 44
Notre chaîne d'amour. . . ........................ 46
Maman, je suis heureuse ,....................... 48
Conte de Noël.. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

LA DOULEUR.

Pour une malade qui se désespère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . S5


Utilité de la souffrance. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

- 32 1 -
Au chevet d'une chère grande malade. . . . . . . . . . . . . . . . 61
Immortalité. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Acceptation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Les âmes se retrouvent. .. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
La communion des âmes. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Pour un jeune homme mourant. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Mère, résigne-toi..... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Ainsi soit-il. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
Venez à moi, vous qui souffrez. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

LES VERTUS.

Offrande. . . . . .............................. 85
La Foi. . . . .. . . .. . .. .. . . . 87
L'Espérance. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
La Charité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
La Confiance. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
L'Humilité ,............................... 97
La Bonté. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . 99
Ligne de conduite. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 102
Le travail est une prière. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 105
Bienfaits de la méditation. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 108
Grandeur du labeur quotidien .... , . . . . . . . . . . . . . . . . .. IIO
Ne jugez pas..... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. II2

LE CHEMIN DU BONHEUR.

Des épines ... des roses. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. II7


Le bonheur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. II9
Les hommes sont aveugles. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 122
L'orgueil est nuisible. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 125
Aveugles volontaires. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 128
Le devoir des éducateurs et des supérieurs. . . . . . . . . . .. 130
Importance de la vie spirituelle. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . .. 133

- 32 2 -
La solidarité des âmes , . . . . . . . . . . . . . . . . .. 135
La création, œuvre d'amour. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 137
Jésus-Christ, fils de Dieu : . . . . . . . . . . . . .. 139
Dieu agit dans le silence. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 141
La Croix de Jésus. . . .. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 143

DIEU ET NOUS.

Sur le Pater. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 147


Accepter, c'est comprendre déjà.... , . . . . . . . . . . . . . . .. 150
Se révolter, c'est aider l'esprit du mal. . . . . . . . . . . . . . .. 153
Méditation, persévérance, conscience. . . .. . . . . . . . . . .. 155
Soyez toujours prêts.... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 158
Dieu, Lumière des lumières. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 161
Dieu est tout Amour. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
La miséricorde divine. . .. 166

F:~TES CHRÉTIENNES.

L'Annonciation. . . . . .. . . . . . . . . . . .. 171
La Toussaint. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 173
Le Jour des Morts, fête des Vivants. . . . . . . . . . . . . . . .. 176
La pensée demeure. . . . . . . . . . . . .•. . . . . . . . . . . . . . . . . .. 178
Fête du souvenir, fête d'amour. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . .. 180
Joyeux Noël. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 183
Fêtez l'Enfant-Dieu. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 185
Pâques. . . . . . 187
Pentecôte. . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 189
L'Esprit-Saint en nos âmes. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 191

LE BIEN, LE MAL ET NOTRE FINALITÉ.

L'heure de la compréhension viendra plus tard. . . . . .. 195


Dieu créateur. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 198

- 32 3 -
Nous ne pouvons prédire l'avenir. 201
Spiritualité n'est pas spiritisme. :. .. . . . . . 204
Les clefs du bonheur. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Porte-bonheur (1e r mai). . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Ne vous révoltez pas devant les catastrophes. . . . . . . . 210
Voix de la conscience. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 213
Aimez-vous les uns les autres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 216
Un atome ne peut embrasser l'univers. 218
L'esprit du mal. . . . .. 221
Sur le libre arbitre. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 223
Le mal est répandu partout. . .. . . . . . . . . . . . . 226
Le mal ne triomphera pas.. . " 228
Tout ce qui nous paraît déconcertant sur terre a un but
certain. . . . . . . . . . .. 231

CONFIANCE EN DIEu.

Vous donnerez de la Vie.... 235


Fin d'année . 237
Délivrez-nous du mal. .. 239

ANNÉES D'ÉPREUVES.

Noël 1939· ' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 243


Pâques 1940 , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 246
Toussaint 194 0 . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 249
Confiance en Dieu (1940). . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 252
Noël 1940 ' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 255
Acceptons notre croix (1941). . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 258
Soyez des enfants de lumière (1941). . . . . . . . . . . . . 261
L'orgueil et l'égoïsme, sources de tous les maux (1941). 264
Assomption 1941 . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 267
Le manque d'amour, véritable mort spirituelle (1941). 270
Par Dieu l'amour triomphera de la haine (1941). . . . .. 273

- 32 4 -
Noël 1941 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 276
Pâques 1942 . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 279
La victoire sur soi-même (1942). . .. . . . . . . . . . . . . . . . .. 282
Noël 1942 ..... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 285
Avancement spirituel par le don de soi-même (1943).. 288
Pâques 1943. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 291
L'appel irrésistible de Jésus (1943)· . 394
La Force de Dieu en nous (1943). . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. 296
Noël 1943· . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 299
Les promesses de Dieu s'accompliront (1944).. , . . . . . .. 302
Pâques 1944· . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 304
Le relèvement de l'humanité se fera par l'amour (r944)· 307
Pentecôte 1944· .... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 309
Notre demeure n'est pas de ce monde (1944)· . . . . . . . .. 312
Sur le départ d'un jeune époux (1944) . . . . . . . . . . . . . . .. 315
Sur le départ d'une jeune fille (1947) . . . . . . . . . . . . . . .. 318

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Aux éditions Fernand Lanore :

Œuvres de Jean Prieur:


- Cet au-delà qui nous attend.
- Les Tablettes d'or.
- L'Apocalypse, révélation sur la vie future.
- Navires pour l'Atlantide.
- Les Témoins de l'invisible.
- L'aura et le corps immortel.
- Les symboles universels.
- Swedenborg, biographie, anthologie.

Œuvres de Jeanne Morrannier :


- Après cette vie, on nous parle depuis l'autre monde.
- La mort est un réveil.
- La Science et l'Esprit.
Œuvres Marcelle de Jouvenel

- Au diapason du ciel.
- Quand les sources chantent.
- Au seuil du royaume.

- Lionel Hubert - Les Phénomènes psi.


- Wilfrid Chettéoui - La nouvelle parapsychologie.
- Colette Tiret - Le monde invisible vous parle.
- Paqui - Entretiens célestes.
- Nell Hugot - La source de l'équilibre humain.
- Roland et Louis - Spiritualisme, vers la lumière.
- André Denoyelle - Le monde de la lumière.
- Maryse Starace - La main, notre miroir fidèle.

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