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Support du cours « Production d’énergie électrique »

Troisième année licence "Electromécanique"

Assuré par Prof. Z.AZZOUZ

Département d’Automatique

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Chapitre I: Généralités

I.ECO-CONCEPTION et DEVELOPPEMENT DURABLE

I.1 Développement durable

I.1.1 Définitions

Développement durable (Dd) : Selon la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement (Commission Brundtland, CMED), le
développement durable est le développement qui répond aux besoins de la génération présente sans compromettre la possibilité de développement
des générations futures. Ainsi la notion de développement durable se traduit par un avenir équilibré entre société, économie et environnement (Fig. 1).

Selon la norme Iso 14062, le Dd est défini comme étant l’intégration des contraintes environnementales dans la conception des produits et services,
selon une approche globale et multicritères.

Fig.1 Schématisation du principe de développement durable

Environnement : Système complexe comprenant des éléments en interrelation à savoir :

 Les milieux physiques (eau, air, sols),


 Les êtres vivants
 Les ressources naturelles.

Les activités humaines ont des impacts négatifs sur l’environnement à savoir :

 Epuisement des ressources naturelles,


 Changement climatique
 Pollution de l’eau, de l’air et des sols,
 Déchets,
 Bruit,
 Dégradation des espaces naturels et du cadre de vie,
 Atteintes à la biodiversité.

I.2 Eco conception

Conception

Critères intéressant les concepteurs : les attentes des clients, la maîtrise des coûts, la faisabilité technique.L’éco-conception ajoute une nouvelle
dimension : la prise en compte de l’environnement.

Produit

Selon le document* FD X 30-310 de l’AFNOR (1998): La notion de produit recouvre à la fois les biens et les services.

L’éco-conception peut s’appliquer aux produits (biens et services) de tous les secteurs tels que le secteur des produits électriques et électroniques, de
l’ameublement, des produits ménagers, des emballages, des produits de construction, des transports, des services touristiques, …

* Document normatif de référence dans lequel on trouve les principes de base et les différentes stratégies en matière de prise en compte de
l’environnement dans la conception des produits.

Actions d’éco-conception :

Il existe plusieurs types de produits :

Dans les produits consommateurs d’énergie, l’action d’éco-conception consiste à agir sur la phase d’utilisation !

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Exemples:

Utilisation du photocopieur, Ecogeste : Recto-verso

Eclairage, Ecogeste : lampe économique

Dans les produits « jetables »(usage unique, courte durée de vie)

Action d’éco-conception : Agir à la source par le choix de matière à polluants réduits ou l’utilisation de matériaux recyclés.

Exemple :

Réalisé à partir de la matière recyclée

L’éco-conception est une composante du management environnemental

La Prise en compte de l’environnement passe par des :

 Mesures curatives : on constate une pollution, on installe un système de dépollution pour la traiter (adoptées au début-1960-1980).

Exemple: Filtrage de la fumée dégagée par les centrales (usines) thermique de production d’énergie électrique

 Mesures préventives (appliquée de 1980 jusqu’à l’an 2000): on constate une pollution, on met en place des mesures technologiques
(Limitation ou abandon de la production de voitures thermiques à essence ou diesel, Filtres anti-pollution)et organisationnelles (Réduction de
la vitesses des s voitures, limitation de la circulation automobile :pair, impair, gratuité des transports en commun électriques)pour l’éviter.
 Eco-conception (concept utilisé depuis 2000 valable au moins jusqu’à 2020)

Cela suppose pour le fabricant :


 Connaître et optimiser les flux de matières et d’énergie
 Anticiper et respecter au moindre coût les réglementations environnementales
 Répondre aux attentes naissantes du marché
 Accroître la confiance du consommateur
Pour le consommateur :
 Bénéficier de produits éco-conçus : adaptation au besoin et durabilité des produits
 Préserver ou améliorer son cadre de vie
 Réaliser des économies lors de l’utilisation des produits
Et pour la collectivité

 Réaliser des économies d’énergie


 Diminuer les coûts de traitement des déchets
 Diminuer les coûts induits par les pollutions et les risques
 Gérer à long terme les ressources naturelles

Eco-concevoir un produit passe par :

 L’identification de ses impacts environnementaux


 La définition pour les impacts, des étapes du cycle de vie les plus problématiques
 L’évaluation des possibilités d'amélioration
 L’action de façon optimale sur les impacts environnementaux
 L’économie des matières premières, l'eau, l'énergie
 L’utilisation des éco-matériaux
 La non transformation ou dégradation du milieu naturel et du cadre de vie
 L’utilisation de technologies propres
 L’optimisation de techniques de production
 L’augmentation de la durée de vie des produits
 Le recyclage et la valorisation des produits en fin de vie

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Et la réduction :

 Des gaz à effet de serre


 De l’impact sur la couche d’ozone
 De la toxicité,
 De l’acidification de l’air
 De l’impact sur la santé
 Du volume et du poids des emballages
 De l'eutrophisation de l'eau (asphyxie par apport de substances nutritives-tel que le phosphore et l’azote- des écosystèmes
aquatiques résultant de la prolifération d’algues consommant l’O2 nécessaire à la vie de l’écosystème)
 Des bruits intérieurs et extérieurs
 De la production de déchets
 Des déplacements et privilégier les moyens de transports propres

Principe de l’éco conception

L’étude de l’éco conception concerne plusieurs champs disciplinaires et englobe de nombreux thèmes (Fig.2).

1. Enjeux
2.Evaluation
Industriels et
environnementale
Sociétaux

5. Valorisation
Eco-conception

4. 3.Etude
Managementd’ent technique
reprise

Fig.2 Thèmes intervenant dans l’éco conception

L’évaluation environnementale et la conception de produit plus respectueux de l’environnement constituent les deux disciplines essentielles. A cela
s’ajoutent les aspects organisationnels, l’analyse du contexte avec ses enjeux et la valorisation que peut en tirer l’entreprise.

Enjeux industriels et sociétaux de l’éco conception

Le contexte externe aux entreprises agit fortement sur leur démarche de développement de produits ou services (produits industriels, services ou
procédés ecoconçus). Les enjeux industriels et sociétaux d’éco conception sont liés à la fois aux politiques de développement durable et aux politiques
industrielles dans le monde.

La pression sociétale et la prise de conscience de la dépendance industrielle aux ressources sont venues renforcer la prise en compte de
l’environnement dans le développement de nouveaux produits. C’est dans ce contexte général qu’émerge l’écoconception avec des enjeux spécifiques.

Évaluation environnementale

Pour éco-concevoir un produit, il faut passer par une phase d’évaluation de son effet sur l’environnement (étude des impacts environnementaux).

a)Enjeux environnementaux

• L’eau
• L’air
• Les sols
• La biodiversité
• L’énergie
• Les nuisances
• Les déchets

A/Enjeu de l’Eau (des fleuves, des mers, des nappes phréatiques)


Il faut savoir que l’eau douce représente 0,5% des réserves d’eau. La consommation (dont 70% est réservée aux besoins de l’agriculture)dépasse la
capacité de régénération de l’eau. De plus la distribution (au niveau mondial) est non homogène, les disponibilités en eau potable diminuent. Ainsi,
des estimations prévoient qu’en 2025, un quart de la population mondiale en manquera. Cette pénurie à pour cause l’agriculture intensive et
l’augmentation de la population.

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B/L’Air

La qualité de l’air s’est dégradée. Il comporte des composés organiques volatils (COV), de la poussière et des particules cancérigènes
Gaz à effet de serre
Effet de serre désigne le réchauffement de la terre par effet des gaz dans l’atmosphère (sans effet de serre la température de la terre serait proche de
18°C). Cet effet est responsable de l’augmentation de la température moyenne de la terre de 0,5°C depuis 1800 (réchauffement climatique).

Principales causes des gaz à effet de serre :


 L'Énergie fossile libère du C02.
 L'Élevage des animaux libère du méthane.

Il faut savoir qu'une augmentation de 1% de CO2 dans l’atmosphère entrainera une élévation de la température de la terre de 1 à 6°C dans 100 ans ...

Quels sont les gaz à effet de serre


 Gaz carbonique (C02) : provient de la combustion des énergies fossiles et déforestation
 Méthane (CH4)provient de l’élevage des ruminants, la culture du riz, les décharges d’ordures ménagères, des exploitations pétrolières et
gazières
 Halocarbures (HFC, CFC et PFC) tels que les gaz réfrigérants pour climatisations et les gaz propulseurs d’aérosols
 Protoxyde d’azote (N2O) : provenant des engrais azotés et procédés chimiques
 Hexafluorure de soufre (SF6) : contenu dans les transformateurs électriques

C/Les sols

La pollution des sols influe sur l’agriculture et les nappes phréatiques. Parmi les causes de pollution des sols on note :
 Les rejets industriels tels que l’épandage de lisiers (lisier = engrais organique valorisé, opération consistant en l’utilisation de déchets
spécifiques et à les répartir sur des cultures) et la circulation automobile
 Les boues …

D/La Biodiversité

Le terme « diversité biologique », a été inventé par le biologiste américain Thomas Lovejoy, en 1980. Plus tard en 1985, est né le terme« biodiversité »
lors de la préparation du « National Forum on Biological Diversity », organisé par le « National Research Council » en 1986.

Première définition du terme « diversité biologique » dans la convention sur la diversité biologique (CDB): 1ere convention internationale, ratifiée par
190 pays à ce jour.

La Biodiversité est définie comme étant l'e Ensemble des milieux naturels et des formes de vie (plantes, animaux, champignons, bactéries, virus…)
ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d’une part, entre les organismes vivants eux-mêmes, d’autre part, entre ces organismes et
leurs milieux de vie.

Il faut savoir que :


- Environ 1,8 million d’espèces animales et végétales différentes ont été décrites à la surface de notre planète...
- La moitié des espèces vivantes (1.4 million) que nous connaissons pourrait disparaître d’ici un siècle !!!
- Le Rythme actuel de leur disparition : 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction !
- Accélération de l’érosion exclusivement liée aux activités humaines.

Conséquences économiques de la biodiversité


 Fourniture de biens irremplaçables et indispensables à notre survie (nourriture, oxygène, matières premières…),
 Existence d’espèces (insectes, chauves-souris, oiseaux…) assurant la pollinisation des végétaux (sans pollinisation, nos fruits et légumes
disparaîtront des étalages)
 Les milieux naturels contribuent à une épuration naturelle de l’eau, à la prévention des inondations, à la structuration des paysages et à
l’amélioration de notre cadre de vie…

Par ailleurs, d’après l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature):


 1 plante sur 5 menacée de disparition
 1 oiseau sur 8, un mammifère sur 5 menacés d’extinction.

La cause humaine étant impliquée pour 80% des cas.

Causes majeures :
- Fragmentation et destruction des milieux naturels (urbanisation croissante et expansion des terres agricoles)
- Surexploitation d’espèces sauvages (surpêche, déforestation, braconnage…) ;
- Pollutions (d’origine industrielle, agricole…) ;
- Changement climatique (effet direct ou indirect sur la biodiversité).

E/L’énergie

Sur l’aspect énergétique on assiste à :


 Une surconsommation d’énergie fossile (non renouvelable) : charbon, pétrole, gaz
 Des réserves limitées (50 ans pour pétrole, 100 ans pour gaz, 200 ans pour charbon)
 Des émissions de gaz à effet de serre contribuant à l’élévation de la température.
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F/Les nuisances

 Sonores
 Visuelles
 Olfactives

G/Les déchets

La gestion des déchets passe par :


 La diminution des quantités et des volumes
 La diminution de leur nocivité
 Leur recyclage et valorisation

Conséquences du Réchauffement climatique


 Elévation de la température des continents
 Fonte des glaciers aux pôles d’où élévation du niveau de la mer
 Augmentation de la désertification
 Augmentation des phénomènes météorologiques violents

Empreinte écologique
Est définie par l’Indice du poids qu’un individu fait peser sur l’environnement c’est-à-dire la surface productive pour assurer le maintien de son niveau de
vie. Ainsi on estime qu’en surface, et selon son niveau de vie, quatre planètes seraient nécessaires à l’européen, huit à l’américain et une demi-planète au
citoyen africain. Les systèmes de production doivent être 10 fois plus éco-efficients !!!

b)Enjeux économiques
Ils passent par :
 L’intégration des coûts de fin de vie* des produits et les coûts de « pollution »
 La diminution des coûts de matière première, des taxes et des impôts « écologiques », des assurances et des déchets et rejets.

La fin de vie d'un produit a plusieurs explications : Il peut s'agir d'une demande du marché, ou du développement et d'innovations technologiques qui amènent à modifier le produit, ou encore de
l’hypothèse où les produits s'améliorent tout simplement avec le temps et se trouvent remplacés par des technologies dotées de plus de fonctionnalités.

Étude technique du produit


L’étude technique du produit est nécessaire à son amélioration afin de répondre aux enjeux identifiés lors de l’analyse du contexte d’éco conception.
L’évaluation environnementale directe ou indirecte du produit servira de point de départ à l’amélioration de ses performances environnementales.

Management d’entreprise
Les entreprises des pays industrialisés travaillent presque exclusivement dans un contexte normatif. Ce contexte normatif concerne le produit lui-même
et l’entreprise dans son fonctionnement. Sur la base de ce fonctionnement d’entreprise, l’écoconception nécessite des modifications de l’organisation
pour s’intégrer de manière efficace et pérenne.

Valorisation de l’éco conception

Le fait d’engager une démarche d’éco conception engendre à priori un avantage pour la société et la nature. Cette démarche est par conséquent
valorisante. L’entreprise qui investit dans ce type de démarche doit également en tirer profit.

II.ENERGIES RENOUVELABLES (EnR) ET NON RENOUVELABLES (NEnR)

II.1 Généralités

II.1.1 Quelques définitions

Sources d’Energies Renouvelables : ce sont des sources qui se renouvellent et qui ne s’épuiseront donc jamais à l’échelle du temps humain !

Les sources renouvelables sont :


 L’énergie solaire,
 L’énergie éolienne,
 L’énergie hydraulique,
 L’énergie géothermique,
 L’énergie marine,
 L’énergie issue de la biomasse.

Sources d’Energies Non Renouvelables: Ces sont les énergies fossiles comme le pétrole, le charbon et le gaz dont les gisements limités peuvent être
épuisés.

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II.1.2 Problématique des NEnR

 Nous consommons chaque jour dans le monde 100 millions de barils de pétrole (1 baril = 167 litres), soit chaque jour 16 milliards 670 millions de
litres qui partent en fumée dans l'atmosphère.
 Avec le développement de la Chine ou de l’Inde et l’augmentation continue de la consommation américaine, les prix du pétrole s’envolent ce qui
pourrait entrainer un choc pour les économies mondiales.
 Au rythme actuel, il reste environ 40 à 60 ans de pétrole, 70 à 90 ans de gaz naturel, et plus de 200 ans de charbon ; de quoi rendre notre
atmosphère irrespirable en libérant, entre autres, le puissant gaz à effet de serre qu'est le CO2, lequel met environ un siècle avant d'être
totalement réassimilé par les océans et le vivant.
 A cause de l'emballement du réchauffement climatique qui résultera inévitablement de cette surabondance de CO2, puis à cause de la raréfaction
des ressources énergétiques fossiles, notre civilisation telle que nous la connaissons sera amenée à disparaître, en risquant d'entraîner dans sa suite
95% des espèces vivantes.
 A partir de l'année 2300, le taux de gaz toxiques que nous aurons rejeté dans l'environnement pendant plus de 300 ans, commencera à décroître.
L'humanité, si elle existe encore, sera alors obligée de s'en remettre à 100% aux énergies renouvelables. Mais ce devrait être fait depuis longtemps
si les nations adoptent rapidement des mesures mondiales de sagesse capables d'éviter le pire.

II.1.3 Perspectives et enjeux des EnR

Les (EnR) sont des d’énergies encore peu compétitives sur le plan économique et sans soutien des pouvoirs publics. Elles constituent un volet important
des bilans énergétiques du futur, à la fois pour des raisons :
 De sécurité d’approvisionnement,
 De sécurité environnementale (CO2 et déchets) et de développement local.

Les EnR sont au cœur des controverses sur l’avenir énergétique du monde (importance des réserves fossiles, place du nucléaire, crédibilité du stockage
du CO2, ampleur des actions de maîtrise de la demande, etc.).

II.1.4 Diversité des filières des EnR

Les EnR comprennent un ensemble de filières suivantes :


 Filière basée sur une énergie photonique : l’énergie solaire, qui provient du flux de photons solaires sur la surface terrestre.
 Filière basée sur des énergies mécaniques : éolienne, hydraulique gravitaire, énergie des courants de marées ou des vagues produites par le vent.
 Filière basée sur des énergies thermiques : la géothermie qui exploite le flux de chaleur qui provient des couches profondes de la terre, l’énergie
thermique des mers qui exploite les différences de température entre la surface et les couches profondes des mers tropicales.
 Filière basée sur des énergies de combustion : d’un combustible ou d’un carburant renouvelable, qu’on appelle biomasse, tiré de la matière organique
(les plantes, les arbres, les déchets animaux, etc.), elle-même fabriquée grâce au soleil par la photosynthèse du carbone

Ces filières ont comme point commun le fait que ce sont des énergies de flux et non pas des énergies de stockage à l’échelle humaine. Elles se
différencient par :
 Le type de vecteur énergétique qu’elles produisent (électricité, chaleur, combustible ou carburant),
 Le caractère plus ou moins modulaire des équipements qu’elles mobilisent (de la maison individuelle au grand barrage hydroélectrique),
 Leur degré de maturité technico-économique (du bois combustible traditionnel aux nouvelles couches minces photovoltaïques),
 L’importance des interactions qu’elles entretiennent avec d’autres secteurs de l’activité humaine (agriculture, eaux et forêts, logement, déchets, etc.),
 La nature des contraintes environnementales qu’elles génèrent (faune aquatique, paysage, etc.).

Remarques
1. Seuls l’hydroélectricité et le bois-énergie pèsent lourdement aujourd’hui dans les bilans énergétiques.
2. D’autres filières émergent d’une manière significative (éolien, solaire, biocarburants).
3. D’autres, filières sont au stade de la recherche ou de la réalisation de pilotes (géothermie des roches profondes sèches, nouvelles couches minces
photovoltaïques, etc.).

II.1.5 Atouts et handicaps des énergies renouvelables

 Les sources d’EnR, en dehors de la géothermie, sont issues de l’activité solaire à travers divers processus. Elles s’inscrivent dans des cycles naturels et
sont de ce fait généralement moins agressives pour la santé et l’environnement que les sources fossiles ou nucléaires.
 Les EnR sont très souvent mises en avant par des promoteurs comme une solution alternative lorsqu’un pays adopte un moratoire sur l’énergie
nucléaire*, alors qu’en général, elles ne couvrent pas le même type de demande. Cette dernière attitude leur a valu en retour une hostilité de
principe injustifiée de la part de certains décideurs (cas de la France).
 Les sources d’ER ont en général un coût plus élevé que les énergies traditionnelles.

*: Suspension volontaire de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans le domaine de la production de l’énergie électrique

II.1.6 Aspects économiques des EnR

L'utilisation accrue des EnR entraînera automatiquement :


 Le développement d'activités économiques nouvelles dans les divers secteurs économiques primaire, secondaire, tertiaire, et permettra de
développer des branches existantes et de créer des branches nouvelles.
 Cette utilisation accrue des EnR aura également un effet négatif sur certaines branches de l'économie :
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- La disparition de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d'emplois liés aux énergies traditionnelles (mazout, gaz, charbon notamment)
- Les pays producteurs de ces énergies pourront être touchés.

Dans le secteur primaire :


 Le développement de la très ancienne énergie tirée du bois (l'industrie du bois emploie près de 100,000 personnes en Suisse)
 L’énergie tirée de la biomasse, et particulièrement du biodiesel, un des carburants de l'avenir. Le développement d'activités dans ce secteur
permettra de soutenir la paysannerie dans sa difficile mutation et ainsi de maintenir, voire de créer des emplois dans ce secteur.

La filière biocarburant diesel ou gazole (biodiesel) correspond aux EMAG (Esters Méthyliques d’Acides Gras), qui sont fabriqués à partir d’huiles
végétales, de graisses animales ou d’huiles usagées recyclées. Ces biocarburants peuvent être utilisés purs comme au Brésil (éthanol) ou en Allemagne
(biodiesel), ou comme additifs aux carburants classiques (d’origine fossile).

Dans le secteur secondaire : relatif aux PME (petites et moyennes entreprises) et industries développant des produits en relation avec les ER.

Dans le secteur du tertiaire (secteur des services) : ce secteur sera moins touché. Cependant, une augmentation du travail pour les architectes et les
ingénieurs sera observée. Dans ce secteur, prime donc l’intelligence !

Enfin dans le domaine des EnR Il est indispensable, dans un premier temps, d'investir dans la formation afin d'augmenter le niveau de compétence du
personnel destiné à gérer ce domaine. Investir dans la formation, mais également dans la recherche : c'est seulement à cette condition que l'industrie
restera compétitive et que nous pourrons éliminer certains inconvénients freinant le développement des énergies renouvelables (toxicité pour le gibier
du colza, matière première à la base du biodiesel par exemple).

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CHAPITRE II : CENTRALES THERMIQUES

II.1 Centrales thermiques à flamme

Les centrales thermiques à flamme transforment en électricité une énergie mécanique obtenue à partir d’une énergie thermique. Les centrales
thermiques à flamme fonctionnent avec l’énergie thermique produite en brûlant un combustible fossile (gaz, charbon ou fioul) ou de la biomasse solide
:

• Dans une chaudière, qui transfère la chaleur dégagée par la combustion à l’eau, produisant de la vapeur. La pression exercée par la vapeur fait
tourner une turbine à vapeur, qui entraîne un alternateur. L’alternateur convertit l’énergie mécanique fournie par la rotation de la turbine en énergie
électrique,
• Dans une turbine à combustion (TAC), couplée à un alternateur

On a donc deux types de centrales thermiques à flammes : les centrales à turbine à vapeur (fonctionnant au charbon, gaz naturel, fioul ou avec de la
biomasse solide) et les centrales à turbine à gaz (fonctionnant au gaz naturel ou au fioul liquide).

II.1.1 Centrales thermiques à flamme à turbine à vapeur

 Centrales au charbon

Les centrales au charbon les plus répandues dans le monde dans les pays disposant de réserves importantes (Etats-Unis, Russie, Chine, Allemagne…),
bien que cela soit le mode de production électrique le plus émetteur de gaz à effet de serre.En France, les centrales à flamme étaient utilisées jusqu’aux
années 80 comme moyen de production de base. Depuis le développement du nucléaire, elles sont utilisées en période de pointe pour répondre aux
pics de consommation.

A-Fonctionnement

1. Combustion : On brûle le charbonbroyé (poudre) au niveau de la chaudière


L’Énergie chimique changée en énergie thermique.
2. Production de vapeur d’eau
Les molécules d’eau bougent à grande vitesse.
L’énergie thermique est changée en énergie cinétique.
3. Enclenchement de la turbine : La vapeur fait ensuite tourner une turbine.
L’énergie cinétique est changée en énergie mécanique de rotation.
4. Production d’électricité : La turbine entraîne l’alternateur.
L’énergie mécanique est changée en énergie électrique.

Fig. 3 Schéma de principe d’une centrale thermique à flamme

La combustion : Le charbon réduit en poudre est brûlé dans les brûleurs d'une chaudière pouvant mesurer jusqu'à 90 m de hauteur.
La production de vapeur : La chaudière est tapissée de tubes dans lesquels circule de l'eau froide. En brûlant, le combustible dégage de la chaleur qui va
chauffer cette eau. L'eau se transforme en vapeur, envoyée sous pression vers les turbines.
L’enclenchement de la turbine : sous l’effet de la vapeur, la turbine tourne
La production d'électricité : Dans son mouvement ; la turbine accouplée à l’alternateur, entraîne ce dernier à la même vitesse qu’elle. Grâce à l'énergie
fournie par la turbine, l'alternateur produit un courant électrique alternatif. Un transformateur élève la tension du courant électrique produit par
l'alternateur pour qu'il puisse être plus facilement transporté dans les lignes à très haute et haute tension.
Le recyclage : À la sortie de la turbine, la vapeur est à nouveau transformée en eau grâce à un condenseur dans lequel circule de l'eau froide en
provenance de la mer ou d'un fleuve. L'eau ainsi obtenue est récupérée et circule à nouveau dans la chaudière pour recommencer un autre cycle. L'eau
utilisée pour le refroidissement est restituée à son milieu naturel ou renvoyée dans le condenseur. Les fumées de combustion sont dépoussiérées grâce
à des filtres et sont évacuées par des cheminées.

B-Production

Puissance produite: De quelques dizaines à quelques centaines de mégawatts dans les dernières décennies.
Contraintes géographiques: D’importantes quantités d’eau sont nécessaires pour le refroidissement des centrales thermiques, c’est pourquoi on les
installe généralement aux abords d’un cours d’eau.
Exploitation: Très modulables et mobilisables rapidement, les centrales thermiques au charbon peuvent être utilisées en période de pointe, pour
ajuster la production à l’augmentation de la demande.

C- Environnement

Ressources :Le charbon fait partie des ressources fossiles non renouvelables. Cependant, c’est le combustible fossile dont les réserves sont les plus
abondantes (200 ans environ).
Pollution :La production d’électricité à partir du charbon est grande émettrice de CO2. Ainsi en France, en 2012, le charbon (3,3% de l’électricité
produite) est responsable à lui seul de près de 60% des émissions de CO2 de l’ensemble de la production électrique. La combustion du charbon émet
d’autres polluants : oxydes de soufre (SO2, SO3), oxydes d’azote (NOx), cendres et fumées chargées en dioxines, métaux lourds (mercure, arsenic) ou
éléments radioactifs (uranium, thorium, radium, radon…). L’extraction du charbon cause des fuites de méthane, gaz à effet de serre plus puissant que le
CO2.

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Impacts sur la santé et la biodiversité : L’exploitation du charbon cause d’accidents de mines (effondrements, coups de grisou) et de maladies
professionnelles des mineurs (silicose, cancer du poumon). Les cendres sont les déchets produits par la combustion du charbon, stockées à proximité
des sites de production. La combustion du charbon concentre dans les cendres la radioactivité naturelle du minerai, en la multipliant par 7 à 10. Les
cendres volantes se répandent dans les milieux naturels et contaminent les sols, les eaux de surface, les nappes phréatiques et l’atmosphère par des
polluants chimiques ou radiologiques. Les radionucléides peuvent ainsi contaminer la chaîne alimentaire (animaux broutant l’herbe, fruits et légumes),
et exposer les populations humaines vivant à proximité ou travaillant sur ces sites (par ingestion, inhalation ou contact cutané). On appelle cela la «
radioactivité naturelle technologiquement renforcée ».

Solutions pour limiter les impacts: La reprise des cendres pour valorisation répond aux objectifs du développement durable : elles sont utilisées pour la
fabrication de bétons, ciments, parpaings, utilisés dans le bâtiment et les travaux publics, pour la voierie (sous-couches routières), ou le drainage de
terrains de sport. Cependant, l’effet radiologique des ciments et bétons utilisés dans le secteur résidentiel est encore mal connu. Certains sites de
stockage ont été revégétalisés et utilisés pour les loisirs (chasse, pêche, randonnée, sport) ou même l’agriculture, sans que le potentiel toxique ait été
étudié.

D-Enjeux socio-économiques

Impacts socio-économiques : Les centrales à charbon sont actuellement très compétitives, notamment à cause de l’abondance et du faible coût du
combustible et à cause du faible coût du CO2 (moins de 10 euros la tonne en 2012)

Selon le niveau de prix du CO2, investir dans les technologies permettant de limiter les émissions de CO2 n’est donc pas forcément plus économique que
de payer les pénalités d’émissions. A l’avenir, une taxe carbone plus élevée devrait rendre les centrales, au charbon, moins compétitives face aux
centrales moins émettrices de CO2.

Perspectives d’avenir
 Limiter les rejets polluants : Divers dispositifs existent déjà actuellement pour limiter les rejets de SOx et de NOx, notamment par des technologies
de traitement des fumées.
 Réduire les émissions de CO2 En France, un plan national de gestion durable des déchets radioactifs a été mis en place en 2006, visant le respect de
la protection de la santé des personnes et de l’environnement. Depuis, des analyses et des mesures sont menées, faisant primer le principe de
précaution, mais aussi afin de faire évoluer la réglementation.

Résumé des avantages et inconvénients des centrales à charbon

Avantages Inconvénients

 Construction rapide  Source d’énergie non renouvelable


 Technique bien connue  Pollution : poussières et atmosphérique
 On peut l’installer presque partout.  Pluie acide et gaz à effet de serre
 Bonne production  Coût de production parfois très élevé.
 Système d’appoint lorsque la demande est forte  Conséquences à long terme sont majeures pour l’environnement
 Faible coût de construction

 Centrales au fioul (fuel)

Le Fioul est un dérivé du pétrole obtenu par raffinage de ce dernier.

A-Fonctionnement : Identique à celui des centrales à charbon, sauf que le fioul est vaporisé en fines gouttelettes avant de le brûler.

B-Production

Puissance produite: Ce type de centrale utilise le fioul comme combustible dans une chaudière produisant de la vapeur, afin de faire tourner une
turbine couplée à un alternateur. La puissance installée des centrales thermiques au fioul se situe généralement entre 250 à 750 MW par unité de
production.
Contraintes géographiques: Lorsqu’elles utilisent des turbines à vapeur, les centrales au fioul ont besoin d’importantes quantités d’eau pour leur
refroidissement, c’est pourquoi on les installe généralement aux abords d’un cours d’eau. Les turbines à combustion, qui présentent l’avantage d’être
plus réactives (démarrage en 20 minutes), ne nécessitent pas de source froide de type rivière (pas de vapeur).
Exploitation: Très modulables et mobilisables rapidement, les centrales thermiques au fioul sont utilisées en période de pointe, pour ajuster la
production à l’augmentation de la demande. Elles fonctionnent entre 200 et 1500 heures par an.

C-Environnement

Ressources : Le fioul est un hydrocarbure dérivé du pétrole (source NRN). Les réserves prouvées de pétrole représentent, à consommation inchangée,
environ 20 -80 ans max de consommation. Donc un épuisement du stock avant la fin du sièclequi se traduira par une augmentation des coûts liés à sa
raréfaction. Cette augmentation des coûts + les émissions de CO2 produites par sa combustion conduisent à trouver des alternatives à son utilisation.
Pollution : L’impact environnemental le plus inquiétant de la combustion du fioul est l’émission de quantités importantes de CO2, gaz à effet de serre
responsable du dérèglement climatique. Utilisé pour la production électrique, le fioul est plus polluant que le gaz naturel, et moins que le charbon. La
combustion du fioul émet également des dioxydes de soufre (SO2), responsables de pluies acides, et des oxydes d’azote (NOx). Le raffinage du pétrole
pour obtenir le fioul est aussi source de pollution (oxydes de soufre, oxydes d’azote, composés organiques volatils, particules, monoxyde de carbone,
benzène, et de nombreux gaz à effet de serre).
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Impacts sur la santé et la biodiversité : L’extraction du pétrole a des impacts sur les écosystèmes et la biodiversité, la santé des travailleurs ou des
populations locales. L’extraction des sables bitumeux (pétrole sale) est la plus polluante (émission de CO2, pollution d’énormes quantités d’eau créant
des lacs toxiques, contaminant les sols, les rivières, les plantes). Le transport maritime et l’extraction du pétrole offshore exposent aux risques de
marées noires, dont les effets sont désastreux sur les fonds marins et les zones côtières. Les dégazages illégaux déversent dans la mer d’importantes
quantités d’hydrocarbures

Solutions pour limiter les impacts:

 Utilisation de technologies dépolluantes pour réduire les émissions de SO2 et de NOx (centrales de production électrique, raffineries).
 Respect des conventions internationales de réduction de la pollutions (Protocole de Kyoto, pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre/
Convention MARPOL contre la pollution marine).

D-Enjeux socio-économiques

Impacts socio-économiques. Le recours aux centrales thermiques au fioul est actuellement en perte de vitesse à cause :

• De l’augmentation des coûts du pétrole,


• Des difficultés géopolitiques que peut poser son approvisionnement (dépendance vis-à-vis du Moyen Orient),
• De sa raréfaction future,
• De ses effets négatifs sur l’environnement et le dérèglement climatique

En tant que source d’énergie primaire pour la production électrique, il existe de nombreuses énergies de substitution des centrales à fioul (renouvelables
ou non).
Perspectives d’avenir
Si le remplacement du pétrole ne pose pas de problème pour la production électrique, ce n’est pas le cas pour les autres utilisations tel que les
transports et la fabrication de produits dérivés (plastiques, textiles synthétiques, engrais…). Les énergies fossiles abondantes et peu coûteuses par le
passé ont structuré notre économie, notre développement, nos modes de vie. La nécessité de se passer à terme des énergies fossiles nous obligera à
repenser la ville, l’habitat, la mobilité, l’agriculture… bref, à changer quelque peu le monde !

 Centrales au gaz naturel

A-Fonctionnement : Les centrales au gaz naturel fonctionnent comme les centrales au fioul, mais brûlent du gaz au lieu du fioul. Elles sont peu
répandues et progressivement remplacées par les centrales à turbine à gaz. Le gaz naturel est injecté directement dans la chaudière, sans traitement
préparatoire.

Fig. 4 Schéma de principe d’une centrale thermique à flammes à turbine à vapeur fonctionnant au gaz naturel

B-Production

Une centrale thermique au gaz utilise un gaz à fort pouvoir calorifique, tel le gaz naturel, pour produire de l’électricité.

Contraintes géographiques: D’importantes quantités d’eau sont nécessaires pour le refroidissement des centrales thermiques, c’est pourquoi on les
installe généralement aux abords d’un cours d’eau.

C-Environnement

Ressources : Le gaz est une énergie fossile non renouvelable. Les réserves de gaz naturel sont plus importantes que les réserves de pétrole, mais elles
aussi sont mal réparties géographiquement (concentrées pour les 2/3 en Russie et au Moyen-Orient). La France est très dépendante des importations.
Les réserves sont estimées à plus de 60 ans à consommation inchangée. Mais si l'on remplaçait le pétrole et le charbon par le gaz pour réduire les
émissions à effet de serre, les réserves ne seraient plus que de 17 ans. Aussi, l'abandon du nucléaire au profit du gaz par certains pays pourrait accélérer
la consommation des ressources.
Pollution : Le gaz naturel offre un bilan environnemental très favorable dans la production d’électricité. Les émissions de CO₂ liées à son utilisation
sont deux fois moins élevées que celles des centrales à charbon les plus performantes. De plus, contrairement au charbon, il ne contient quasiment pas
de soufre et sa combustion ne produit ni particules de poussière ni odeurs. Les émissions de NOx et de SOx sont aussi très limitées.
Impacts sur la santé et la biodiversité :L’extraction des gaz non conventionnels semblerait encore présenter des risques environnementaux.

11
La technologie de fracturation hydraulique pour l'extraction des gaz de schiste fait l’objet d’études approfondies pour éviter tout risque de pollution des
nappes phréatiques, afin de pouvoir bénéficier de ces nouvelles ressources d’énergie. Les perspectives d’exploitation des hydrates de méthane, dont les
réserves sont particulièrement importantes (zones polaires et en eaux très profondes), sont encore incertaines compte tenu des défis technologiques et
des risques liés à leur exploitation.

Solutions pour limiter les impacts:


 La technologie du refroidissement du circuit par air de la partie turbine à vapeur permet de limiter les consommations d’eau de manière
significative par rapport aux centrales utilisant le refroidissement par eau, et permet également d'éviter le réchauffement des cours d'eau ou
étendues d'eau concernés.
 Le gaz naturel liquéfié (GNL) permet le transport du gaz par méthaniers. Cela limite les problèmes de sécurité, notamment géostratégique, liés au
transport par gazoduc. Le GNL étant un combustible très inflammable en cas de fuite, les systèmes de contrôle et de sécurité mis en place rendent
les accidents peu susceptibles de se produire. Contrairement aux pétroliers, aucune perte de cargaison, naufrage ou accident aux conséquences
majeures n’a été enregistré pour les méthaniers.

D-Enjeux socio-économiques
Le gaz est concurrencé par le charbon, qui malgré son mauvais bilan environnemental connaît un regain d’intérêt du fait de son faible coût.
La pénalisation des émissions de gaz à effet de serre, via un coût du carbone plus important, pourrait inverser la tendance en faveur du gaz.

Perspectives d’avenir
Considéré comme un combustible souple, efficace, facile à stocker, à transporter, à utiliser, générant moins de gaz à effet de serre que les autres
combustibles fossiles, et face à une demande qui ne cesse d’augmenter, le gaz est amené à jouer un rôle important dans le mix énergétique de demain.
La sécurisation des approvisionnements, du transport et du stockage devient ainsi un enjeu géostratégique majeur pour les pays qui, comme la France,
dépendent de son importation.

 Centrales à biomasse solide

Les centrales à biomasse solide mettent en œuvre une combustion directe de la biomasse au sein d'une chaudière, afin de produire de la vapeur à haute
température et à haute pression. Cette vapeur entraine une turbine qui génère de l'électricité via un alternateur. Une grande majorité des centrales
biomasses produisant de l’électricité fonctionnent en cogénération, en valorisant l’énergie thermique contenue dans la vapeur en sortie de turbine.

La biomasse solide regroupe le bois, les déchets de bois, les granulés et autres déchets végétaux et animaux (graisses). Les centrales de taille industrielle
privilégient les plaquettes ou les granulés de bois comme combustible qui facilitent le stockage et les opérations de manipulations. La reconversion de
centrales thermiques à flamme conventionnelles à charbon en centrales biomasse est une option connaissant un intérêt croissant.

II.1.2Centrales thermiques à flammes à turbine à gaz (ou à turbine à combustion :TAC)

A-Fonctionnement :

Les centrales thermiques à flammes à turbine à gaz comprennent :

 Les centrales à cycle simple, constituées d’une turbine à combustion fonctionnant au gaz entraînant un alternateur

Fig. 5 Schéma de principe d’une centrale thermique à flammes à turbine à gaz à cycle simple

De l’air frais est injecté dans un compresseur. Une fois comprimé à haute pression, l’air est propulsé dans la chambre de combustion.L’air comprimé
est mélangé à du combustible (gaz naturel ou fioul domestique) dans une chambre de combustion. Cette combustion produit des gaz chauds appelés
gaz à combustion. Ces gaz chauds sont propulsés dans une turbine génératrice d’électricité, avant d’être rejetés par une cheminée.

 Les centrales à cycle combiné, de plus en plus répandues grâce à leur rendement énergétique plus élevé (jusqu’à 60%). La chaleur contenue dans les
fumées à la sortie de la turbine à combustion est récupérée pour produire de la vapeur alimentant une turbine à vapeur.

Fig. 6 Schéma de principe d’une centrale thermique à flammes à turbine à gaz à cycle combiné

12
Les centrales à turbines à gaz utilisent habituellement comme combustible le mazout léger ou le gaz naturel. Elles portent ce nom parce que c'est le gaz
issu de la combustion qui actionne la turbine à gaz (ou turbine à combustion). La puissance installée des centrales à combustion les plus récentes se
situe entre 400 et 800 MW. Les turbines à combustion sont également répandues pour la production décentralisée dans l'industrie ou le tertiaire,
notamment pour un fonctionnement en cogénération ce qui augmente encore plus significativement leur rendement (80 à 90%). L'intérêt de la
cogénération sur les TAC réside dans la haute température des fumées de combustion, dont la chaleur peut être récupérée et valorisée sans affecter la
production électrique.

Principe de la cogénération

Fig. 7 Schéma de principe d’une centrale thermique à flammes à turbine à gaz (cycle simple) avec cogénération

B-Production

Contraintes géographiques : D’importantes quantités d’eau sont nécessaires pour le refroidissement des centrales thermiques à gaz, c’est pourquoi on
les installe généralement aux abords d’un cours d’eau. Par contre pour les centrales à turbines à gaz elles ne nécessitent pas de grands cours d’eau (type
rivière).

Exploitation : Les centrales à cycle simple sont surtout utilisées comme centrales de pointe, en raison de leurs coûts d'exploitation élevés découlant de
la forte consommation d'un combustible qui est relativement cher, pour assurer un complément de production en cas de forte demande ponctuelle
(heures de pointe). Ces centrales ont l'avantage de pouvoir être mises en marche et arrêtées en quelques minutes seulement (12-20min), alors que les
autres types de centrales thermiques ont besoin de délais plus longs.

Les centrales à cycle combiné sont utilisées en semi-base et pour les périodes de pointe. Rapidement mobilisables, elles peuvent être utilisées pour
compenser les variations rapides de puissance des parcs éoliens (variations de la force du vent) ou des centrales photovoltaïques (passages de nuages).

On distingue trois types de périodes de production et de consommation électrique :

Période de base :La période de base ou « de ruban » correspond à l’électricité produite et consommée toute l’année et en permanence (7/7 et 24/24).
En France cette production de base est assurée par le nucléaire et l’hydraulique « au fil de l’eau ». Elle inclue également la production « obligatoire »
correspondant aux rachats d’électricité (éolien, photovoltaïque, cogénération).
Période de semi-base :La période de semi-base correspond à l’électricité produite en complément de la production de base, sur des durées d’utilisation
annuelles moyennes, lorsque la consommation augmente en hiver (notamment en journée pendant la semaine).Cette production est assurée en France
par la production hydraulique modulable (barrage de retenue), et le parc thermique à flamme.
Période de pointe :La période de pointe correspond à l’électricité produite pour réponde aux pics de consommations d’électricité, lors des périodes les
plus chargées de l’année. Ces pics de consommation hivernaux, qui représentent généralement quelques dizaines ou quelques centaines d’heures par
an, ont généralement lieu vers midi et aux alentours de 20 heures. Comme pour la période de semi-base, la production de pointe en France est assurée
par les barrages de retenue et les centrales thermiques, mobilisables très rapidement. Les turbines à combustion sont également utilisées.

C-Environnement

Ressources : Le gaz est une énergie fossile non renouvelable. Les réserves de gaz naturel sont plus importantes que les réserves de pétrole, mais elles
aussi sont mal réparties géographiquement (concentrées pour les 2/3 en Russie et au Moyen-Orient). Les réserves sont estimées à plus de 60 ans à
consommation inchangée. Mais si l’on remplaçait le pétrole et le charbon par le gaz pour réduire les émissions à effet de serre, les réserves ne seraient
plus que de 17 ans. Aussi, l’abandon du nucléaire au profit du gaz par certains pays pourrait accélérer la consommation des ressources.

Pollution : Le gaz naturel offre un bilan environnemental très favorable dans la production d’électricité. Les émissions de CO2 liées à son utilisation sont
deux fois moins élevées que celles des centrales à charbon les plus performantes. De plus, contrairement au charbon, il ne contient quasiment pas de
soufre et sa combustion ne produit ni particules de poussière ni odeurs. Les émissions de NOx et de SOx sont aussi très limitées.

Impacts sur la santé et la biodiversité : L’extraction des gaz non conventionnels semblerait encore présenter des risques environnementaux. La
technologie de fracturation hydraulique pour l’extraction des gaz de schiste fait l’objet d’études approfondies pour éviter tout risque de pollution des
nappes phréatiques, afin de pouvoir bénéficier de ces nouvelles ressources d’énergie. Les perspectives d’exploitation des hydrates de méthane, dont les
réserves sont particulièrement importantes (zones polaires et en eaux très profondes), sont encore incertaines compte tenu des défis technologiques et
des risques liés à leur exploitation.

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D-Enjeux socio-économiques

Impacts socio-économiques : La technologie du cycle combiné contribue fortement à l’augmentation de l’utilisation du gaz dans le domaine de la
production d’électricité. Cependant, le gaz est concurrencé par le charbon, qui malgré son mauvais bilan environnemental connaît un regain d’intérêt du
fait de son faible coût. La pénalisation des émissions de gaz à effet de serre, via un coût du carbone plus important, pourrait inverser la tendance en
faveur du gaz. Pour certains partisans de la sortie du nucléaire, les cycles combinés gaz, au côté de l’efficacité énergétique et des énergies
renouvelables, constituent un recours indispensable.

Perspectives d’avenir : Considéré comme un combustible souple, efficace, facile à stocker, à transporter, à utiliser, générant moins de gaz à effet de
serre que les autres combustibles fossiles, et face à une demande qui ne cesse d’augmenter, le gaz est amené à jouer un rôle important dans le mix
énergétique de demain. La sécurisation des approvisionnements, du transport et du stockage devient ainsi un enjeu géostratégique majeur pour les
pays (comme la France), dépendent de son importation.

Rappels

Efficacité énergétique : En général, elle désigne le fait d’utiliser moins d’énergie qu’avant pour fournir des services énergétiques équivalents. Nos
activités quotidiennes sont très énergivores, qu’il s’agisse de chauffer ou refroidir dans les bâtiments, ou encore d’utiliser des appareils et des services
électriques. L’étiquetage énergétique est une mesure permettant de déterminer l’efficacité énergétique des appareils, du matériel ou des bâtiments.

Exemple de l’éclairage dans nos maisons. Jusqu’à il y a quelques années, les lampes à incandescence étaient la norme. Mais, l’utilisation de nouvelles
technologies, comme les lampes fluorescentes ou les LED, permet désormais de fournir la même puissance d’éclairage tout en réduisant de manière
considérable la consommation d’énergie !

Mix énergétique :Pour satisfaire ses besoins énergétiques, chaque pays utilise dans des proportions différentes les énergies dont il dispose : c’est ce
qu’on appelle le mix énergétique. S’il est très différent d’un pays à l’autre, le mix énergétique est, à l’échelle du monde, dominé à plus de 80 % par les
énergies fossiles.

Résumé des avantages et inconvénients des centrales à TAC

Avantages Inconvénients

 Mise en marche et arrêt rapide  Fonctionnement coûte cher.


 Source d’appoint  Pétrole
 Production moyenne  Pollution atmosphérique
 Située proche des centres  Source d’énergie non renouvelable
 Conséquences à long terme sont majeures pour l’environnement

14
CHAPITRE III : GROUPES ELECTROGENES

III.1 Généralités

Pour pallier les éventuelles insuffisances et défaillances occasionnelles des réseaux publics, les groupes électrogènes (GE), des sources d’énergie
électrique mobiles ont été développées et perfectionnées. Aujourd’hui elles deviennent essentielles et répondent à plusieurs enjeux selon leurs
utilisations:
• Enjeux humains : dans le domaine médical, des vies étant en jeu, la moindre panne du réseau public doit être immédiatement compensée par des
générateurs secondaires.
• Enjeux de sécurité : dans le secteur bancaire ou dans un Datacenter, s’assurer qu’aucune donnée n’est corrompue en cas de coupure de courant est
primordial.
• Enjeux financiers : le coût d’une défaillance électrique pour une banque, un chantier, un Datacenter est colossal.

L’entraînement des GE utilisés pour les applications industrielles ou tertiaires est généralement assuré par :
• Un moteur diesel,
• Une turbine à gaz, ou
• Une turbine à vapeur.

Les turbines sont principalement utilisées pour les groupes des centrales électriques de production, alors que les moteurs diesel sont utilisés aussi bien
en production qu’en secours. Le choix du moteur est déterminé par des éléments tels que : la disponibilité et les conditions d’approvisionnement d’un
type de fuel. L’utilisation du moteur diesel est cependant très fréquente

Remarque : Dans la plupart des installations industrielles l’objet principal n’est pas la production d’énergie électrique. L’installation pourrait avoir un ou
plusieurs groupes électrogènes produisant l’énergie électrique nécessaire en secours.

Puissance nominale (utile) d’un GE


La puissance utile d’un GE est probablement le critère le plus important à définir.
La puissance active délivrée dépend du type de fuel utilisé et des conditions du site, y compris la température ambiante, la température du fluide de
refroidissement, l’altitude et l’humidité relative. Elle dépend également des caractéristiques de la charge telles que les possibilités de surcharge et les
variations de charge dans le temps. La norme ISO 3046-1 pour les moteurs diesel indique trois variantes pour la définition de la puissance nominale et
précise la définition des capacités de surcharge. La notion de puissance se définit donc par :

- La puissance continue: Le moteur peut fournir 100 % de sa puissance nominale pendant une durée non limitée. C’est la notion utilisée pour un groupe
de production.
- La puissance principale (PRP) : Le moteur peut fournir une puissance de base pendant une durée non limitée et 100 % de la puissance nominale
pendant une certaine durée. Cette durée, ainsi que la puissance de base, n’est pas la même pour tous les constructeurs. Un exemple typique serait
une puissance de base de 70 % de la puissance nominale et 100 % de la charge nominale pendant 500 heures par an.
- La puissance de secours puissance maximale que le GE (travaillant exclusivement en secours) peut délivrer, durant une période limitée
(généralement moins de 500 heures par an).

Lorsqu’un GE est utilisé comme source principale d’énergie électrique, il convient de tenir compte des éléments suivants :
 Pouvoir fonctionner en parallèle avec d’autres groupes et/ou avec le réseau,
 Prévoir de longues périodes de maintenance,
 Assurer le démarrage autonome,
 Tenir compte de la vitesse : une vitesse lente augmente la longévité du groupe (d’où la limite de 750 tmin pour les moteurs diesel).

Et s’il est utilisé en groupe de secours :

 Assurer la rapidité et la fiabilité du démarrage et de la prise en charge,


 Réaliser un système fiable de délestage pour éviter la surcharge ou le décrochage,
 Permettre des tests périodiques en charge,
 Assurer le fonctionnement en parallèle avec le réseau si le groupe doit être utilisable pour passer les périodes de pointe,
 Fournir si nécessaire le courant magnétisant pour les transformateurs de distribution.

Une application courante des GE est d’alimenter les onduleurs (également nommés UPS ou ASI) durant les coupures du réseau public.

III.2 Modes d’utilisation des Groupes électrogènes

Selon le lieu dans lequel un groupe est déployé et les enjeux auxquels il répond, son utilisation, rendement et importance varient grandement.
 Production de pointe : Le GE est utilisé pour couvrir les besoins en pointes du réseau électrique public. En fonctionnement normal du réseau, le
générateur se trouve en mode « stand-by », et n’entre en activité que pour compenser les pointes de consommation électrique. Cette technique est
majoritairement utilisée dans des pays en voie de développement, lorsque le réseau principal ne suffit plus à alimenter les infrastructures en
développement d’une région.
 Production d’énergie électrique : Le GE sert à la production énergétique, alimentant un réseau de distribution. Ce type d’installation trouve son
application sur des sites où le réseau de distribution public est inexistant, et techniquement ou économiquement impossible à mettre en place, tel
qu’en montagne, ou encore dans une mine. La durée de fonctionnement annuelle de ces GE est souvent très élevée.

15
 Production de secours : Les GE de secours sont destinés à approvisionner un établissement en courant électrique en cas de panne du réseau public.
Ils se mettent automatiquement en route dès qu’une panne est détectée. Ils sont mis en place dans des bâtiments où les pannes de courant
induisent une mise en danger de vies humaines (hôpitaux ou maisons de retraite) ou des pertes de productivité (banques ou Datacenters).
 Production de secours inversé : Pour des sites où la production d’électricité constante est critique, comme le site de lancement de la navette Ariane
(Kourou) ou l’éclairage d’un stade de Football, un groupe électrogène est chargé de la production d’énergie principale. Si celui-ci venait à avoir une
défaillance technique, le relai est assuré par le réseau public.

III.3 Description Générale

Chaque GE comporte une plaque d’identification généralement fixée sur le carter d’alternateur et/ou l'enveloppe du tableau. Cette plaque comporte les
informations nécessaires à l’identification du GE et ses caractéristiques de fonctionnement. Ces informations comprennent :

 Le numéro du modèle,
 Le numéro de série,
 Les caractéristiques de sortie comme : la tension, les phases et la fréquence, la puissance de sortie en kVA et kW, et le type de service.

Le système de refroidissement du moteur comprend un radiateur, un ventilateur de grande puissance de type soufflant et un thermostat. L’alternateur
est équipé de son propre ventilateur interne pour refroidir ses composants. La puissance électrique de sortie est produite par un alternateur
correctement calibré. Le moteur et l’alternateur sont accouplés et montés sur un châssis en acier très résistant.

III.4 Types de GE

 Les groupes mobiles : Les groupes mobiles nécessitent d'être le plus compact possible et proposent des puissances domestiques (1 à 6 kW pour les
portatifs) jusqu'à 10 kW maximum pour les déplaçables dans des tensions de courant standard 230 V monophasé et 400 V triphasé.
 Les groupes fixes : Les groupes fixes peuvent être imposants pour proposer des tensions élevées, des puissances beaucoup plus importantes et
embarquer des systèmes plus poussés.

III.5 Fonctionnement des GE

Démarrage et arrêt des GE : L’utilisation courante du GE étant la fourniture d’énergie en secours, il est important de prendre certaines précautions pour
s’assurer de l’entrée en service rapide et correcte en cas de nécessité (démarrage).

Un exemple des précautions à prendre est la lubrification (huile moteur), ainsi que le maintien à une température constante de l’eau de refroidissement
lorsque le groupe est à l’arrêt.

Avant d’arrêter un GE, il faut réduire son débit à zéro en transférant la charge sur d’autres sources, puis ouvrir le disjoncteur. Le groupe devra tourner
quelques minutes à vide pour permettre son refroidissement avant son arrêt. Dans certains cas il est nécessaire de continuer le système de
refroidissement après l’arrêt afin d’éliminer la chaleur latente de la machine.

Remarque : Il est nécessaire de faire fonctionner un GE périodiquement. Pour une installation pouvant supporter une coupure brève, l’ouverture du
disjoncteur d’alimentation normale démarre automatiquement le GE qui prend alors en charge l’alimentation de secours. Après un temps de
fonctionnement déterminé, on peut ouvrir le disjoncteur d’alimentation de secours et fermer le disjoncteur “normal”.

III.6 Centrales électriques diesel

Les centrales diesel sont constituées de plusieurs groupes électrogènes. Elles sont utiles particulièrement dans les régions éloignées. Elles desservent en
majeure partie des communautés isolées. Les centrales diesels alimentent ainsi des réseaux de distribution autonomes.

Fig. 8 Photo d’une centrale diesel

Résumé des avantages et inconvénients des centrales diesel

Avantages Inconvénients
 Construction facile
 Idéale pour une région isolée, là où le transport d’électricité est impossible ou trop coûteux.  Fonctionnement coûteux :
 Entretien du moteur et prix du diesel.
 Pollution atmosphérique
 Source d’énergie non renouvelable.
 Conséquences à long terme sont
majeures pour l’environnement 16
CHAPITRE IV : CENTRALES NUCLEAIRES

IV.1 Généralités sur l’énergie nucléaire

L'énergie nucléaire est produite par les noyaux des atomes qui subissent des transformations, ce sont les réactions nucléaires.

Il existe deux types d'énergies nucléaires :


 Fission : employée dans les bombes A et dans les centrales nucléaires courantes.

Fig. 9Réaction de fission

 Fusion : utilisée par les étoiles pour rayonner de l'énergie.

Ainsi, La fission de 1 gramme d'uranium 235 produit autant d'énergie thermique que la combustion de 1,6 tonnes de fuel ou de 2,8 tonnes de charbon.
L'uranium (en fait de l'oxyde d'uranium UO2, se présentant sous forme de poudre noire) est le combustible le plus utilisé. Cependant, certains réacteurs
utilisent du combustible MOX, qui contient du plutonium.

Les applications de l'énergie nucléaire concernent, pour l’essentiel :

Dans le domaine civil


 La production d'électricité dans des centrales nucléaires.
 La propulsion navale (principalement pour les flottes militaires, dans les sous-marins et les porte-avions).
 La production d'isotopes radioactifs utilisés dans l'industrie (radiographie de soudure par exemple) et en médecine (médecine nucléaire et
radiothérapie).
 La production de chaleur pour alimenter un réseau de chauffage, le dessalement de l'eau de mer ou la production d'hydrogène.

Dans le domaine militaire


 Les armes nucléaires.
 La propulsion navale.

IV.2 Centrales nucléaires

Près d’un cinquième de l’énergie mondiale est produite par des centrales nucléaires.Suivant le cas, une centrale nucléaire peut être composée de deux à
six unités de production ; chaque unité étant essentiellement équipée d’un réacteur nucléaire et d’un groupe turbo-alternateur produisant l’électricité.

IV.2 .1 Principe général d’une centrale nucléaire

Dans un réacteur la fission (« casse ») du noyau de l’atome d’uranium 235 ou de plutonium produit beaucoup de chaleur. L’énergie nucléaire se change
alors en énergie thermique. Avec cette chaleur on produit de la vapeur. L’Énergie thermique est alors transformée en énergie cinétique. La vapeur fait
tourner ensuite la turbine à vapeur. L’énergie cinétique est dans ce cas changée en énergie mécanique de rotation. La turbine entraîne alors
l’alternateur (générateur). Dans ce cas, l’énergie mécanique est changée en énergie électrique.

Un réacteur nucléaire permet de produire à volonté une réaction de fission en chaîne et d’en régler l’intensité. Plusieurs technologies savent
transformer en électricité l’énergie produite par cette réaction. Parmi elles, les filières à eau sous pression, REP et à eau bouillante, REB, équipent la
majorité du parc électronucléaire mondial. Dans un réacteur nucléaire, la réaction en chaîne est maîtrisée et se maintient à un rythme de fissions
constant grâce à des barres de contrôle qui régulent le nombre de neutrons et à un modérateur qui régule leur vitesse (ralentissement des neutrons afin
d’augmenter les chances qu’ils provoquent une fission). L’énergie libérée sous forme de chaleur doit être récupérée pour produire de l’électricité. C’est
le caloporteur, un fluide pouvant être un gaz ou un liquide, qui joue ce rôle. Le caloporteur s’échauffe au contact du combustible chauffé par les fissions.
En circulant autour des barreaux d’uranium, il récupère la chaleur du combustible pour la transporter hors du cœur du réacteur.

IV.2 .2 Différentes filières de centrales nucléaires

 Filière à eau pressurisée (réacteur nucléaire à eau pressurisée : REP


 Filière "à eau bouillante : REB
 Filière à l’eau lourde : REL
 Filière à neutrons rapides : RNR

17
1. Filière à eau pressurisée : Dans les REP(PWR), un pressuriseur maintient l’eau à une pression suffisamment élevée pour l’empêcher de bouillir et la
garder sous forme liquide. Les REP sont les plus utilisés dans le monde (66 % du parc actuel en puissance installée) et équipent la totalité du parc
électronucléaire français (19 centrales, 58 réacteurs). Celui-ci est le plus important au monde au regard de la production nationale d’électricité
(autour de 80%). Elles utilisent l’eau ordinaire comme fluide modérateur et caloporteur.

Fig. 10 Constitution du réacteur à eau pressurisée (REP)

2. Filière "à eau bouillante : Dans les REB (BWR), l’eau entre en ébullition et se transforme en vapeur à l’intérieur même de la cuve. Les pompes de
recirculation forcent l’eau qui n’a pas été vaporisée à retourner dans le cœur, accélérant le mouvement de la circulation naturelle. La vapeur produite
est acheminée directement par des tuyauteries "vapeur" vers le turboalternateur. L’enceinte de confinement empêche la dissémination de produits
radioactifs en cas d’endommagement du cœur. Les REB utilisent aussi l’eau ordinaire comme fluide modérateur et caloporteur.

Fig. 11 Constitution du réacteur à eau bouillante (REB)

3. Filière à l’eau lourde : Dans Les REL : l’eau lourde est utilisée comme modérateur (cas du Canada avec les réacteurs de type CANDU.) et comme
caloporteur. L'eau lourde, D2O, est une combinaison d’oxygène et de deutérium (atome d’hydrogène lourd) par opposition à l’eau ordinaire, H 20,
souvent appelée “eau légère”.L’intérêt de l’eau lourde est qu’elle absorbe moins les neutrons que l’eau ordinaire, ce qui permet d’utiliser l’uranium
naturel comme combustible et de se passer ainsi de l’enrichissement. Les autres propriétés physiques de l’eau lourde étant voisines de celles de l’eau
ordinaire, on peut également l’utiliser comme caloporteur.
4. Filière à neutrons rapides : Dans les RNR : les neutrons n’ont pas besoin d’être ralentis. Le fluide caloporteur est soit un métal liquide (souvent le
sodium) soit un gaz inerte (l’hélium). Leur combustible contient du plutonium, élément artificiel qui, comme l’uranium 235, possède la propriété
d’être fissile. Les RNR n’ont pas de modérateur.
La filière des RNR rapides a essentiellement fait l’objet d’expérimentations industrielles. Elle constitue le socle des développements des réacteurs de
prochaine génération, à l’horizon 2040.

IV.2 .3 Constitution d’une centrale nucléaire à eau pressurisée

1. Le circuit primaire : Composé du réacteur relié par des tuyauteries aux générateurs de vapeur (3 ou 4 générateurs suivant la puissance de la
centrale)Dans le réacteur, la fission des atomes d'uranium produit une grande quantité de chaleur. Cette chaleur fait augmenter la température de
l'eau qui circule en boucle grâce à de puissantes pompes et s’échauffe en traversant le cœur du réacteur à 320 °C. L'eau est maintenue sous forte
pression (155 bars grâce à un pressuriseur) pour l'empêcher de bouillir (reste à l’état liquide). Ces matériels sont implantés dans un bâtiment confiné
en acier, dénommé Bâtiment du Réacteur (BR). Du fait des rayonnements émis par le réacteur, l’eau du circuit primaire est radioactive. Ce circuit
fermé est appelé circuit primaire.
2. Le circuit secondaire : Le circuit primaire communique avec un deuxième circuit fermé, appelé circuit secondaire par l'intermédiaire d'un générateur
de vapeur. Dans ce générateur de vapeur, l'eau chaude du circuit primaire chauffe l'eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur (à la
manière d’un échangeur de chaleur). Cette vapeur sous pression (58 bars – 77 bars) alimente la turbine qui entraîne à son tour un alternateur. Elle
s’échappe ensuite de celle-ci vers le condenseur composé d’un ensemble de tubes parcourus par de l’eau froide prélevée au milieu aquatique (fleuve,
rivière, mer)  Transformation de la vapeur en eau froide. Reprise par de puissantes pompes, l’eau parcourt le poste d’eau(réchauffage de l’eau)
puis le circuit d’alimentation des générateurs de vapeur pour recommencer son cycle. N’étant pas en contact direct avec l’eau du circuit primaire,
l’eau du circuit secondaire n’est pas radioactive.

3. Circuit tertiaire (Circuit de refroidissement) : Le refroidissement du condenseur peut être assuré en circuit « ouvert » ou en circuit dit
« fermé ».

18
En circuit ouvert, l’eau prélevée au milieu aquatique parcourt l’intérieur des tubes du condenseur en s’échauffant à leur contact puis retourne
directement au milieu aquatique. Dans ce cas, l’énergie thermique extraite du condenseur est intégralement transférée au milieu aquatique.
En circuit « fermé » : Si le débit de la rivière est trop faible, ou si l’on veut limiter son échauffement, on utilise des tours de refroidissement, ou
aéroréfrigérants. L’eau chaude provenant du condenseur, répartie à la base de la tour, est refroidie par le courant d’air qui monte dans la tour
(l’énergie thermique extraite est cédée en quasi-totalité -96-98 %- à l’atmosphère). L’essentiel de cette eau retourne vers le condenseur, une petite
partie s’évapore dans l’atmosphère, ce qui provoque ces panaches blancs caractéristiques des centrales nucléaires (Attention : certaines centrales
thermiques possèdent le même système de refroidissement). Ce circuit fait l’objet d’un appoint d’eau prélevée en rivière et d’une purge continue par
laquelle une faible partie de l’énergie thermique est transférée au cours d’eau. Les appoints et purges permettent de limiter l’encrassement et
l’entartrage des circuits. Cependant, le nettoyage physique à l’aide de filtres, boules abrasives, …) ainsi que les traitements chimiques (antitartre)
restent nécessaires.

Refroidissement en circuit ouvert Refroidissement en circuit fermé

Fig. 12 Refroidissement d’un réacteur nucléaire à eau pressurisée

4. Grâce à l'énergie fournie par la turbine, l'alternateur produit un courant électrique alternatif. Ce courant (tension 20 ou 24 kV) est envoyé sur un
poste de transformation (où un transformateur élève la tension de ce courant électrique afin qu'il puisse être plus facilement transporté dans les lignes
très haute tension) avant de partir sur le réseau de transport électrique Très Haute Tension (400 kV).

Résumé des avantages et inconvénients des centrales nucléaires

Avantages Inconvénients

 Produit beaucoup d’électricité.  Déchets radioactifs difficiles à gérer


 Coût de production intéressant  L’extraction de l’uranium empoisonne
 Près des grands centres environnement et populations
 Énergie propre pour l’atmosphère.  Délai de construction (années)
 Utilise peu de combustible  Coût de construction et de démolition élevé
 Demande beaucoup de sécurité et d’entretien
pour éviter un accident grave.
 Conséquences à long terme sont majeures pour
l’environnement

Remarque : Les déchets nucléaires sont nocifs et impossibles à éliminer. Ils sont radioactifs pour des temps allant jusqu’à plusieurs siècles ou plusieurs
millions d'années, l'enfouissement serait une solution criminelle

19
Chapitre V: Les Centrales hydrauliques ou hydroélectriques

V.1 Introduction

L’hydroélectricité ou production d’électricité par captage de l’eau est apparue au milieu du XIXe siècle. L‘a force de l’eau (énergie hydraulique) fait
tourner une turbine qui entraîne un générateur électrique qui produit de l’électricité.

L'énergie hydraulique : C’est l'énergie générée lors du déplacement ou de l'accumulation d'un fluide incompressible telle que l'eau douce ou l'eau de
mer.
L’énergie hydraulique est aujourd’hui la source d’énergie renouvelable la plus utilisée pour la production d’électricité dans le monde. Avec 3490 TWh,
l’énergie hydraulique a contribué environ 16 de la production d’électricité mondiale en 2011. L’énergie hydraulique représentait 11% de la production
d’électricité en France en 2006, soit 61 TWh.

Comme les autres énergies renouvelables, l’énergie hydraulique offre plusieurs atouts : elle produit de l’électricité sans émettre de C02 ni de déchets
tout en préservant les énergies fossiles.

Les points forts de l’énergie hydraulique sont aussi :

 Sa capacité à fournir la charge de base,


 Ses capacités d’accumulation et de stabilisation du réseau,
 Son caractère décentralisé.

Cette énergie conserve un fort potentiel dans la transition énergétique mondiale visant à délaisser les sources d’énergies conventionnelles au profit
d’une utilisation accrue des énergies renouvelables.

V.2 Centrales hydrauliques ou hydroélectriques

L'énergie hydraulique est l'énergie générée lors du déplacement ou de l'accumulation d'un fluide incompressible telle que l'eau douce ou l'eau de mer.
L’énergie hydraulique est la première source d’énergie renouvelable dans le monde et représente 20% de l’électricité produite. Comme les autres
énergies renouvelables, l’énergie hydraulique offre plusieurs atouts : elle produit de l’électricité sans émettre de C02 ni de déchets tout en préservant
les énergies fossiles.
Une centrale hydraulique produit de l'électricité grâce à une chute d'eau, entre deux niveaux de hauteurs différentes, qui met en mouvement une
turbine reliée à un alternateur.

V.2.1 Constitution/fonctionnement d’une centrale hydraulique basée sur une retenue d’eau

1/ La retenue d’eau : Le barrage retient l'écoulement naturel de l'eau. De grandes quantités d'eau s'accumulent et forment un lac de retenue. L'usine
est souvent en contrebas du barrage.

2/ La conduite forcée de l’eau : Une fois l'eau stockée, des vannes sont ouvertes pour que l'eau s'engouffre dans de longs tuyaux métalliques
appelés conduites forcées. Ces tuyaux conduisent l'eau vers la centrale hydraulique, située en contrebas. La plupart des centrales hydrauliques en
France sont automatisées. Chaque centrale se met en marche selon un programme prédéfini en fonction des besoins en électricité.

3/ La production d’électricité : À la sortie de la conduite, dans la centrale, la force de l'eau fait tourner une turbine qui fait, à son tour, fonctionner
un alternateur. Grâce à l'énergie fournie par la turbine, l'alternateur produit un courant électrique alternatif. La puissance de la centrale dépend de la
hauteur de la chute et du débit de l'eau. Plus ils seront importants, plus cette puissance sera élevée.

4/ L’adaptation de la tension : Un transformateur élève la tension du courant électrique produit par l'alternateur pour qu'il puisse être plus
facilement transporté dans les lignes à très haute et haute tension. L'eau turbinée qui a perdu de sa puissance rejoint la rivière par un canal spécial
appelé canal de fuite.

Photo d’un barrage Principe de production d’énergie hydroélectrique

Fig.13 Centrale hydroélectrique

V.2.2Différents types de centrales hydroélectriques

Il existe une grande diversité d'installations hydroélectriques, en fonction de leur situation géographique, du type de cours d'eau, de la hauteur de la
chute, de la nature du barrage et de sa situation par rapport à l'usine de production électrique.

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 Les centrales de basse chute (centrales au fil de l'eau), se trouvent sur les grands fleuves ou sur les grandes rivières et fonctionnent au fil de l'eau
avec un débit important et un dénivelé faible avec une chute de moins de 30 m. Ne disposant pas de capacité pour retenir l'eau (dans ce cas, il n'y a
pas de retenue d’eau), elles turbinent en continu le débit du cours d'eau (l'électricité est produite en temps réel). Ces centrales utilisent des turbines
de type Kaplan et produisent en moyenne 37 TWh par an.

Fig.14 Centrale hydroélectrique de basse chute (au fil de l’eau)

 Les centrales de moyenne chute (centrales fonctionnant par éclusées), se trouvent en moyenne montagne et dans les régions de bas-relief. Elles
sont caractérisées par un débit moyen et un dénivelé assez fort avec une chute comprise entre 30 et 300 m. Elles utilisent les réserves d'eau
accumulées sur des courtes périodes. Ces centrales d’éclusée servent pour la régulation journalière ou hebdomadaire de la production (turbinent en
période de pointe de consommation). Ces centrales produisent en moyenne 30 TWh par an et utilisent des turbines de type Francis.

Fig.15 Centrale hydroélectrique de moyenne chute

 Les centrales de haute chute, se trouvent en altitude. Elles sont caractérisées par un débit faible et un dénivelé très fort avec une chute supérieure à
300 m. Le barrage s'oppose à l'écoulement naturel de l'eau pour former un lac de retenue. Ce lac est alimenté par l'eau des torrents, la fonte des
neiges et des glaciers. En France, la plus grande hauteur de chute est celle de Portillon en Haute-Garonne (1 420 m). Les usines de lacs disposent de
plus de 400 heures de réserves. Leur rapidité de démarrage permet de répondre aux besoins de consommation, notamment en hiver. Les centrales
de lac utilisent des turbines de type Pelton.

Fig.16 Centrale hydroélectrique de haute chute

 Les centrales de pompage-turbinage (STEP) qui utilisent un réservoir en amont et un réservoir en aval. Entre ces 2 réservoirs l'eau est pompée vers
l'amont en période de basse consommation quand l'électricité est abondante et turbinée vers l'aval en période de pointe de consommation. Ces
centrales au rendement global de l'ordre de 75% produisent environ 5 TWh/an. La technique de pompage-turbinage est une technologie éprouvée
connue depuis la fin du 19 ème siècle. Utilisée à travers le monde, elle permet de stocker de grande quantité d'énergie électrique par l'intermédiaire
de l'énergie potentielle de l'eau. Utilisant cette technique, les stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) permettent d'éviter le gaspillage
d'énergie pendant les heures creuses (nuit, week-end) en exploitant le surplus d’électricité durant ces périodes en pompage et en restituant une
partie de cette énergie électrique (75%) par turbinage en période de besoin d’électricité (pour pallier par exemple à l'intermittence de la production
électrique du secteur éolien et solaire ou en cas de pic de consommation).

Principe du pompage-turbinage
Une centrale hydroélectrique réversible (pompage ou turbinage) est utilisée pour transférer l'eau entre deux bassins situés à des altitudes
différentes. Lorsque le réseau fournit un surplus d'électricité (heures creuses ou pic de production) l'eau du bassin inférieur est pompée dans le
bassin supérieur. Sous l'effet de la pesanteur, cette masse d'eau représente une future capacité de production électrique. Lorsque le réseau
connaît un déficit de production électrique, la circulation de l'eau est inversée. La pompe devient alors turbine et restitue l'énergie accumulée
précédemment. L'opération engendre au max 25% de perte, mais permet de stocker de l'énergie inutilisée.

21
Fig.17 Centrale hydroélectrique de pompage-turbinage

V.2.3 Avantages et Inconvénients des centrales hydroélectriques

Avantages

 Grande production d’électricité


 Facilitée d'entretien et faible usure du matériel qui travaille à vitesse et à température modéré
 Haut niveau de rendement des machines, capable de transformer 90% de l’énergie de l'eau en énergie mécanique
 Faible cout d’exploitation
 Souplesse d’exploitation
 L’énergie hydraulique est une énergie rapidement mobilisable : en quelques minutes, les plus grands barrages produisent 14000 MW sur les
23000 MW du parc de production hydraulique français
 L'énergie hydraulique est économique à double titre. D'une part, ressource de base, l'eau, est gratuite et renouvelable. D' autre part, elle
permet d'économiser le combustible nucléaire ou fossile. De plus cela crée des avantages dans le domaine des loisirs (création de lac et de
station balnéaire)
 Faible coût de production pendant plusieurs années
 Énergie propre : Pas de pollution atmosphérique
 Source d’énergie renouvelable, l’eau

Inconvénients

 Délai de construction assez grand.


 Modification du paysage-aspect naturel du site (cas des barrages)
 Risque de pour les personnes en aval (barrage qui lâche !)
 Parfois loin des grands centres nécessitant donc de grandes lignes de transport.

22
Chapitre VI : Energies éoliennes

VI.1 Principes d’aérodynamique

Pour comprendre le mode de fonctionnement d'une éolienne, il faut introduire quelques concepts d'aérodynamique. Parmi ces concepts on note :

• La portance et la trainée.
• Le décrochage.
• Les forces aérodynamiques sur le rotor d'une éolienne.
• Réglage de la puissance motrice : calage et décrochage.
• La trainée induite : aile d'envergure finie.

A-Génération de la portance et de la trainée d'un profil d'aile

Une aile d'avion ou d'éolienne est un corps à 3 D spatiales, elle se caractérise par son profil. De ce profil découle la portance et la traînée mais aussi la
finesse de l’aile et quelques autres paramètres.

Profil de l’aile : Le profil de l’aile est le contour de la voilure, vu de côté, sur une section donnée. Nous obtenons ce profil si nous « coupons » l’aile et
que l’on regarde la découpe.

Une aile d'avion (ou d'éolienne) est un corps à 3 dimensions spatiales possédant:
 Une certaine longueur de corde (direction "x"),
 Une certaine cambrure (direction "y")
 Une certaine envergure (direction "z").

De manière générale, il est assez difficile de considérer ces trois dimensions simultanément. On considère généralement lesdeux dimensions qui
contiennent le phénomène physique dominant (cambrure et corde).

Fig.18 Profil d’une aile d’avion (éolienne)

À gauche, illustration du concept d'aile en 3-D avec une cambrure (direction"y"), une envergure L (direction "z") et une corde C (direction
"x"). Le profil d'aile (surface grisée) est obtenu en "découpant" une section de l'aile en un point le long de l'envergure.

À droite, vue de profil d'une pale d'éolienne qui donne un bon aperçu d'un profil d'aile. Ici, il s'agit du profil en bout d'aile.

On analyse donc les phénomènes physiques au moyen de profils 2D d'aile. Ce profil est constitué, d'une part, d'un bord d'attaque, d'un bord de fuiteet
d’une corde qui relie ces deux extrémités.

Fig.19 Profil 2D d'une aile d’avion(éolienne)

Si on place ce profil d'aile placé dans une soufflerie, la corde présente un certain angle avec la vitesse de l'air en amont, V. Cet angle s'appelle l'angle
d'attaque(AOA pour "angle of attack“). Plus cet angle est important, plus les filets d'air sont déviés par le profil. En d'autres termes, la présence de l'aile
réorganise localement l'écoulement de l'air (autour du profil). La partie du profil entre le bord d'attaque et de fuite orientée vers le haut est
appelée, extrados, tandis que l'autre moitié orientée vers le bas est appelée, intrados. Du côté de l'extrados, l'aile a fait accélérer l'écoulement (la
vitesse V de l’écoulement d’air augmente). Par contre, elle a ralenti l'écoulement côté intrados (V diminue).

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D'après les lois de la physique une telle accélération est accompagnée d'une diminution de pression alors que la décélération engendre une
augmentation de la pression. Comme la pression est différente au-dessus et en dessous de l'aile, les forces de pression sur l'aile ne sont pas identiques
au-dessus et en dessous ce qui implique une force résultante orientée vers le haut. C'est cette force qui permet aux oiseaux ou aux avions de voler. Elle
est d'autant plus importante que l'angle entre l'axe du profil, c'est-à-dire la corde, et la vitesse de l'air amont, V, est important.

Cette force résultante peut, comme toute force, se décomposer en plusieurs composantes. Dans notre cas, on considère la composante dans la
direction de l'écoulement, la force de trainée (D drag"), et la force dans la direction perpendiculaire à l'écoulement, la force de portance (L comme
"lift").

B-Décrochage
On a vu que la force résultante (suite aux forces de pression exercées sur une aile notamment la force de portance), augmente avec l'angle d'attaque du
profil. Cependant il y a une limite à cette croissance :c’est le phénomène de décrochage (ou "stall" en anglais).

Fig.20 Exemple d’une courbe de portance en fonction de l'angle d'attaque

Explication du phénomène de décrochage


Dans le cas d'un profil à angle d'attaque inférieur à la limite de décrochage, les trajectoires du fluide, à savoir l'air, sont infléchies par la présence du
profil (voir figure ci-dessous). On a dans ce cas une accélération côté extrados et une décélération côté intrados, accompagnée d'une diminution et une
augmentation de pression, respectivement. Cette différence de pression sur les deux faces du profil est la base de la génération de portance.

Fig.21 Trajectoires d’un fluide en écoulement normal

Dans le cas d'un profil qui décroche les angles d'attaques sont trop importants et le fluide ne parvient plus prendre les trajectoires imposées par le profil
(fortement incliné). Les trajectoires de fluides ont tendance à rester plus proches de leur situation initiale (avant que l'aile ne passe). Comme il y a moins
de déformation de trajectoire, il y a moins d'accélération du fluide côté extrados du profil. Du coup, la dépression est moins importante et, sans
surprise, la portance devient moins importante.

Fig.22Trajectoires d’un fluide correspondant à la phase de décrochage

C-Forces aérodynamiques sur le rotor d'une éolienne (cas d’une éolienne à axe horizontal)

Dans le cas d’une éolienne, il faut considérer en plus des notions, de profil d'aile, de corde, d'angle d'incidence ainsi que de trainée et de portance, la
vitesse de rotation des pales qui, en pratique, est plus grande/à la vitesse du vent.

Fig.23 Vitesses et forces exercées sur un profil d'une éolienne

Illustration de la résultante des forces


Illustration de l’angle d'incidence (α), de engendrée par la vitesse du vent et la
l’angle de calage (β) et de la vitesse rotation de l'éolienne.
relative (Va ).

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Influence de la vitesse de rotation sur l'angle d'attaque et l'intensité de la vitesse

Considérons un profil d'une pale de notre éolienne, obtenu en "coupant" l'aile à une certaine hauteur, r, comprise entre le moyeu et l'extrémité de la
pale. Vu du haut, cela donne la figure ci-contre où la grande flèche noire indique le sens de rotation. Si l'éolienne a une vitesse de rotation de n (Hz ou
tours/seconde), alors à la hauteur du profil, la vitesse tangentielle de la pale induite par la rotation, Up, est de :

Up = n.(2..r) en [m/s], toujours dans le sens de rotation.

On voit clairement que la vitesse Up augmente proportionnellement avec la hauteur le long de la pale (r). La vitesse tangentielle maximale sera obtenue
en bout d'aile.

En plus de la vitesse de rotation, on a toujours la vitesse du vent, Vv, mesurée loin en amont de l'éolienne. L'écoulement est déjà influencé par la
présence de l'éolienne avant d'arriver au niveau du rotor si bien qu'il est partiellement freiné avant d'atteindre celui-ci.

Si on place notre repère de vitesse sur le profil d'aile, il faut alors combiner la vitesse de rotation de l'éolienne, U, à cette hauteur, à la vitesse 2/3 V du
vent pour obtenir la vitesse du vent relative rencontrée par le profil de l'éolienne, Va. C'est cette vitesse qu'il faut connaître pour pouvoir estimer la
force qui sera exercée sur le profil de la pale. En effet, on connaît maintenant la vitesse de l'écoulement (la norme du vecteur Va) mais aussi son angle
d'attaque. Comme on l'a introduit ci-dessus, il ne suffit pas de connaître la vitesse du vent, Vv. La vitesse tangentielle, Up, induite par la rotation
influence significativement l'écoulement qui sera reçu par le profil.

Angle de calage : l’angle de calage ("pitch angle" en anglais) se définit comme étant l'angle entre le plan de rotation et la corde du profil. Contrairement
à l'angle d'attaque, il ne dépend pas de conditions de l'écoulement. Il s'agit d'un paramètre géométrique que l'on peut adapter. En effet, l'angle
d'attaque dépend des conditions de fonctionnement. Dans le cas de notre éolienne, il dépend de la vitesse du vent, de la vitesse de rotation ainsi que de
l'orientation de la corde du profil (autrement dit de l'angle de calage).

Fig.24 Représentation schématique de la variation de l'angle de calage des pales d'une éolienne

On peut faire varier l'angle de calage en faisant tourner la pâle autour de son axe, tel qu'illustré dans la figure ci-dessus. On voit qu'en modifiant cet
angle, on modifie l'angle d'attaque et par conséquent la force qui sera exercée sur le rotor. Le pivotement des pales peut être réalisé par des
actionneurs électromécaniques ou par un système hydraulique.

Vrillage de l'aile (pâle)

Comme la vitesse relative, Vr, augmente avec la hauteur de long de la pâle, la géométrie de celle-ci est adaptée à cette augmentation de vitesse. On voit
notamment la diminution de l'angle de calage avec la hauteur pour garder l'angle d'attaque comparable tout le long de la pâle. C'est cette variation qui
donne un aspect vrillé à la pâle.

Caractéristiques de la force exercée sur le profil d'une éolienne

On voit que la vitesse relative caractérisée par une certaine intensité et une direction décrite par l'angle d'attaque, induit une force sur le profil. Cette
force F, se décompose en une composante tangentielle, FT qui contribue positivement à la rotation de l'éolienne, c'est l'effet utile recherché (du moins
pour toutes éoliennes basées sur la portance), et une composante axiale FN perpendiculaire au plan de rotation qui n'a aucun effet utile. Au contraire,
cette force axiale soumet l'éolienne par sa poussée à une contrainte mécanique importante. C'est l'élément dominant lors du dimensionnement du mât
d'une éolienne.

Fig.25 Bilan des forces exercées sur le profil d'une éolienne

Si on décompose la force aérodynamique selon sa composante de portance et de trainée, on en déduit les propriétés suivantes :

 La portance L, contribue positivement à la rotation de l'éolienne. En d'autres termes, elle induit une force dans le sens de rotation, c'est l'effet utile
recherché. C'est aussi pourquoi on dit que ces éoliennes sont basées sur la portance.

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 La trainée, D, contribue négativement à la rotation de l'éolienne. En d'autres termes, elle induit une force dans le mauvais sens, c'est un effet
parasite. Elle diminue le rendement de conversion de l'énergie cinétique du vent en énergie mécanique sur le rotor. C'est pourquoi, tout comme un
planeur, les pâles d'une éolienne sont conçues pour minimiser la trainée et obtenir ainsi les meilleurs rendements.

D-Réglage de la puissance d’une éolienne : calage et décrochage

Pour faire fonctionner une éolienne correctement, on doit pouvoir jouer sur les paramètres aérodynamiques des pâles pour contrôler la vitesse de
rotation ainsi que la puissance soutirée au vent :
 Dans le cas de vents importants, le rotor peut être soumis à des forces mécaniques qui peuvent dépasser les contraintes admissibles. En
outre, la puissance fournie par le rotor est limitée par la puissance maximale de la génératrice.
 Dans le cas de fonctionnement normal, on doit pouvoir fonctionner à la vitesse de rotation souhaitée ou du moins, prédéfinie.

Il y a deux grandes manières de faire varier, et donc de contrôler, la force aérodynamique sur le rotor d'une éolienne :

Première solution: changer l'angle d'attaque et diminuer la surface au vent, balayée par l'éolienne.
Deuxième solution: décaler le rotor ("yawing" en anglais) par rapport à la direction du vent (selon un axe vertical pour un décalage gauche-droite, ou
selon un axe horizontal pour mettre incliner le rotor vers l'horizontal).

VI. 2 Caractéristiques et types d’éoliennes

VI. 2.1 Caractéristiques

Une éolienne tourne pour une vitesse du Vent > 15km/h (4m/s). La vitesse optimale (assurant un rendement maximal) est de 40‐50km/h (12m/s).
Lorsque la vitesse est supérieure à 50km/h (12m/s)et < 90km/h (soit 25m/s), on doit la ralentir en agissant sur l’inclinaison des pales, par freinage
mécaniques ou aérodynamiques. Pour des vitesses supérieures à 90km/h (soit 25m/s) on opère au blocage du rotor à l’aide de freins mécaniques ou
aérodynamiques pour des raisons de sécurité.

VI. 2.2 Types d’éoliennes: On distingue notamment quatre types d’installations :

 Mini‐micro‐éoliennes (souvent intégrées au bâtiment) : production ~100kW/an (faible) rotor ~1,75m, Puissance crête ~70W.
 Éoliennes sur un terrain individuel : rotor ~10m de diamètre, mat de 15m (max), production ~40MWh/an, puissance crête de 15kW.
Cahier des charges exigeant qu’elles soient performantes dans des écoulements perturbés, acceptées du public, à faibles nuisance sonore,
esthétiques…
 Fermes éoliennes ou parcs éoliens (3 à 10 machines distantes de 200m sur 10ha) qui constitue l’essentiel des installations avec une production
~5GWh/an, puissance crête de 2MW, nacelle ~72 tonnes située à 80‐100m de haut comprenant des pales (automatiquement orientables pour
s’adapter à la vitesse du vent, stabiliser la vitesse de rotation du rotor et améliorer le rendement du générateur électrique) de 45‐70m de
diamètres, pour un poids total ~250 tonnes. On trouve de plus « lourdes éoliennes » en Allemagne (6MW, rotor de 126m de diamètre, 131m de
haut).
 Fermes éoliennes en mer (10km des côtes, 25 à 30m de profondeur).

VI.3 Centrales éoliennes

L'énergie éolienne est une forme indirecte de l'énergie solaire. L’absorption du rayonnement solaire dans l’atmosphère engendre des différences de
température et de pression qui mettent les masses d’air en mouvement, et créent le vent. Avec l’eau et le bois, le vent a été une des premières
ressources naturelles à avoir été utilisée pour faciliter la vie de l’homme. En maîtrisant la force du vent, l’homme a pu naviguer et découvrir de nouvelles
terres ou encore moudre les grains avec des moulins à vent. Aujourd’hui, l’énergie éolienne permet de produire de l’électricité grâce aux éoliennes.
L'énergie éolienne peut être utilisée de deux manières :

 Conservation de l'énergie mécanique : le vent est utilisé pour faire avancer un véhicule, pour pomper de l'eau ou pour faire tourner la meule d'un
moulin.
 Transformation en énergie électrique : l‘éolienne est couplée à un générateur électrique pour fabriquer du courant continu ou alternatif. Le
générateur est relié à un réseau électrique ou bien fonctionne de manière autonome avec un générateur d'appoint et/ou un parc de batteries ou un
autre dispositif de stockage d´énergie.

Par ailleurs, pour constituer une centrale éolienne, il faut disposer d’un grand nombre d’éoliennes (ferme d’éoliennes).

VI. 3.1Constitution/Fonctionnement d’une éolienne

L’éolienne est constituée des éléments suivants :

 Les fondations (la base)


 La tour comprend un mât vertical et un système de levage
 Une hélice
 Un rotor
 Une nacelle

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Les fondations (la base)

Réalisées à l’aide de blocs de béton armé de plusieurs centaines de tonnes. Par exemple, pour une éolienne de 80 m de haut, il faut des blocs de 400
tonnes de béton et de fer d'armature enterrés de 5 à 6m de profondeur. Au-dessus de ces fondations, une autre dalle est coulée afin de fixer la
première partie du mat de l'éolienne permettant et de maintenir la structure globale.

Fig.26 Constitution d’une éolienne/fondations

La tour

Comprenant un mât vertical tubulaire et creux servant à tenir l’hélice en hauteuret un système de levagefixé à la partie supérieure du mât.

Fig.27 Constitution d’une éolienne/mât


Une ouverture en bas du mât permet d’accéder aux différents équipements de l’éolienne parmi lesquels :

Le transformateur (derrière une armoire de couplage au réseau électrique) qui permet d’augmenter la tension de l’électricité produite afin de
l’injecter sur le réseau
Lescellules et disjoncteurs de protection
Les prises de connexion électrique pour le raccordement au câble d’évacuation d’énergie
L’unité de traitement d’information et de commande (calculateur : commande des moteurs d’orientation de la nacelle face au vent, freinage…).

L’hélice

Composée de trois pales portées par un rotor et installées au sommet du mât et qui vont « capter » le vent et tourner grâce à lui. Les pales permettent
ainsi de transformer l’énergie cinétique (énergie que possède un corps du fait de son mouvement) du vent en énergie mécanique. Le vent fait tourner
les pales entre 10 et 25 tours par minute. La vitesse de rotation des pales est fonction de la taille de celles-ci. Plus les pales seront grandes, moins elles
tourneront rapidement.

Le rotor

Partie rotative de l’éolienne placée en hauteur afin de capter des vents forts et réguliers. Il est couplé à l’arbre moteur sur lequel se trouvent fixées les
trois pales de l’hélice. Ces pales qui sont en matériau composite, sont mises en mouvement par l’énergie cinétique du vent. Reliées par un moyeu, ces
dernières peuvent en moyenne mesurer chacune 25 à 60 m de long et tourner à une vitesse de 5 à 25 tr/min.

Fig.28 Constitution d’une éolienne/hélice-rotor

La nacelle

Structure montée au sommet du mât abritant les différents éléments mécaniques. Elle repose sur un roulement comportant un mécanisme
d’orientation face au vent : le « yaw ».

27
Dans la nacelle sont embarqués :
 L’arbre moteur, les roulements et paliers
 Le multiplicateur de vitesse (éventuellement !)
 Le frein (régulateur de vitesse)
 Le générateur
 Le système de régulation électrique (pour ralentir le rotor du générateur en cas de surrégime)
 La girouette :
 L’anémomètre
 L’armoire de couplage au réseau électrique
 Les composants auxiliaires comprenant les pompes et les circuits hydrauliques, les ventilateurs et le circuit de conditionnement de l’air, etc.

Fig.29 Constitution d’une éolienne /Nacelle/Girouette et anémomètre

1. Le multiplicateur de vitesse : Présent uniquement dans certains types d’éoliennes selon la technologie du générateur adoptée Il est équivalent à une
boite à vitesse et sert à augmenter le nombre de tours de l’hélicedonc d’accélérer le mouvement lent des pales permettant de produire plus
d’électricité avec moins de vent.
2. Le frein : Le système de verrouillage du rotor est équipé d’un frein servant au ralentissement de l’héliceen cas de vitesse du vent > 50km/h et à son
arrêt si elle atteint les 90 km/h (30 tr/min), pour éviter qu’elle ne décroche et s’envole. Ce frein est actionné suite à une mesure de la vitesse du vent
par un capteur (anémomètre).
3. Le générateur : Transforme l’énergie mécanique en énergie électrique qui sera injectée dans le réseau électrique. Le choix du générateur est crucial,
car c'est lui qui détermine la future production d'électricité.Le générateur d'une éolienne domestique est une machine synchrone(fonctionnant en
alternateur c'est-à-dire qu‘elle produit du courant électrique alternatif).Les génératrices des éoliennes doivent pouvoir fonctionner avec une source de
puissance mécanique (couple) très fluctuante. A noter aussi que La plupart des générateurs ont besoin de tourner à grande vitesse (de
1 000 à 2 000 tours par minute) pour produire de l’électricité.
3.a) Tension de la génération électrique : Sur les grandes éoliennes (P ≥ 100 à 150 kW), la tension générée par l'éolienne est le plus souvent un
courant alternatif triphasé de 690 V. Le courant est ensuite conduit à travers un transformateur pour augmenter la tension à
approximativement 10 kV à 30 kV (selon le standard du réseau électrique local).
3.b) Fonctionnement: Le générateur fonctionne en mettant un champ magnétique, créé par des aimants, en mouvement. Ce mouvement est créé
par la rotation des pales. Donc, plus le champ magnétique est fort et le mouvement rapide, plus il y aura d'électricité produite.
3.c) Placement du générateur : On distingue deux placements suivant le type d'éolienne :
 Le générateur est le plus souvent situé en bas du pylône, pour une éolienne verticale,
 Le générateur est installé généralement en haut du mât, directement derrière les pales, pour une éolienne horizontale.

A noter que pour une utilisation domestiqueavec stockage du courant issu de l’éolienne, il faut convertir le courant alternatif en courant continu
avant de le stocker sur des batteries. Ceci est effectué à l’aide d’un régulateur muni de redresseur intégré. Ce courant sera à nouveau converti en
courant alternatif en sortie des batteries par un onduleur pour pouvoir être utilisé dans la maison.

3.d) Types de générateurs utilisés : Il existe deux grandes familles de générateurs à courant alternatif :
o Les Génératrices Asynchrones (GAS)
o Les Génératrices Synchrones (GS)

Génératrices Asynchrones(GAS) : dans lesquelles les fréquences des champs magnétiques rotoriques et statoriques sont différentes. Elles sont
utilisées dans la majorité (90 % des éoliennes installées dans le monde fonctionnent sur le principe du multiplicateur à très fort couple et de forte
puissance) des éoliennes puissantes (plus de 1 kW), car elles peuvent supporter des variations de vitesse présentes en cas de rafales. Elles impliquent
néanmoins l’utilisation d’un multiplicateur de vitesse entre le rotor et le générateur. Cependant, vu que le vent étant par nature de vitesse variable, la
variation de vitesse des pales entraîne une usure rapide du multiplicateur (qui tombe en panne) ce qui nécessite des changements fréquents de ce
dernier (d’où un surcoût !). Un autre inconvénient lié à l’utilisation du multiplicateur réside dans son coût élevé.Par ailleurs, le multiplicateur est un
système mécanique possédant un rendement très faible, il va donc pénaliser le rendement total de l'éolienne. La solution à tous ces inconvénients
étant bien sûr d’éviter d’utiliser le multiplicateur de vitesse en connectant directement l'alternateur aux pales. Ceci est rendu possible en utilisant des
génératrices de type synchrone à attaque directe spéciales dans lesquelles on a un gain notable en rendement et en dimensions (plus compactes). En
effet, il s’agit de génératrices à aimants permanents terres rares à haute énergie (en remplacement des bobines d’excitation au rotor des génératrices
synchrones classiques). Dans ce cas, la génératrice se trouve directement reliée au rotor.

Génératrices Synchrones (GS) : dans lesquelles les fréquences des champs magnétiques rotoriques et statoriques sont identiques. Les GS également
appelées alternateurs, sont utilisées pour les très petites éoliennes (moins de 1 kW), dans ce cas le générateur est directement relié au moyeu de
l’hélice (sans multiplicateur de vitesse) : éoliennes à entrainement direct classique. Un autre avantage de l’entrainement direct est la réduction du
poids des pales et de la nacelle de l'éolienne (jusqu'à 35 % sur une machine de 5 MW).

4. La girouette : l'efficacité maximum de l'éolienne est obtenue lorsque l'hélice est face au vent. Ainsi, la girouette permet à l'éolienne de rester dans
l'axe du vent. Fixé sur la nacelle, cet appareil mesure la direction du vent et, par l’intermédiaire de moteurs électriques, va faire tourner l’éolienne
pour que l’hélice se trouve exactement face au vent et ainsi optimiser son rendement.

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5. L’anémomètre : C’est un petit appareil qui permet de mesurer la vitesse (ou la pression) du vent.Sur une éolienne, ce dispositif permet d’activer des
freins lorsque les vents dépassent une certaine vitesse afin de bloquer les palles. En cas de vents violents, elles risqueraient de se détériorer en
tournant trop vite.
6. L’armoire de couplage au réseau électrique : elle rend compatible l’énergie produite par l’éolienne avec celle du réseau ce qui consiste à transformer
la tension qui est aux alentours de 690 V à une grande tension (20 000 volts) et la réinjecte dans celui-ci pour être distribuée aux consommateurs.
7. Les composants auxiliaires tel que :
Les systèmes de régulation de la vitesse des pales /systèmes de freinage des pales
La production d'énergie d'une éolienne dépend du vent qui n'est pas régulier. Une éolienne doit donc posséder un régulateur de vitesse pour éviter
l'emballement de la rotation des pales (et donc l’endommagement) lorsque la vitesse de ces dernières est trop élevée.
L’aérogénérateur (éolienne) usuel est prévu pour fournir un rendement maximal pour des vitesses du vent comprises entre 15 km/h (4m/s) et 50
km/h (14m/s).Pour une vitesse du vent > 50 km/h, les aérogénérateurs sont malmenés (fonctionnement non souhaité) ce qui nécessite un freinage
(donc une régulation de la vitesse).
Régulation de la vitesse/Systèmes de freinage des pales : Il existe différents systèmes de régulation :
 Régulation aérodynamique des pales
 Régulation mécanique
 Régulation électronique

VI. 3.2. Différentes formes d’application de l’énergie éolienne


Parmi les différentes formes d’application de l’énergie éolienne, on opère une distinction entre :
 Les installations terrestres (ou onshore),
 Offshore (en mer)
 Les petites installations éoliennes.

L’énergie éolienne onshore devrait prendre une importance croissante dans le moyen terme dans le domaine de la stabilité du réseau. Mais l’énergie
éolienne offshore pourra aussi être amenée à contribuer à l’approvisionnement en charge de base grâce aux vitesses constantes du vent et aux facteurs
d’utilisation élevés en haute mer.

VI. 3.3. Avantages et Inconvénients des centrales éoliennes

Avantages
 Énergie propre
 Source d’énergie renouvelable : Le vent
 Utile dans les régions éloignées
 Excellent système d’appoint : en hiver il y a plus de vent et l’air est plus dense donc plus efficace.
Inconvénients

 Nécessite de grand parc pour avoir une bonne production.


 Pollution visuelle
 Danger pour les oiseaux là où il y a des migrations.
 Il n’y a pas toujours du vent

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Chapitre VII : L’Energie solaire

VII.1 Introduction

Le Soleil nous envoie chaque jour une quantité considérable d’énergie, qu’on peut récupérer sous forme de chaleur ou transformer en électricité. Le
rayonnement solaire capté par la surface terrestre se divise en rayonnement direct, qui nous parvient en ligne droite par temps clair, et en rayonnement
diffus, qui est dispersé ou réfléchi par des composants de l'atmosphère.

Les centrales solaires sont une technologie relativement récente, possédant un important potentiel de développement. Elles offrent une opportunité
aux pays ensoleillés comparable à celle des fermes éoliennes pour les pays côtiers. Les endroits les plus prometteurs pour l'implantation de ces
technologies sont ceux du sud-ouest des États Unis, l'Amérique du Sud, une grande partie de l'Afrique, les pays méditerranéens et du Moyen Orient, les
plaines désertiques d'Inde et du Pakistan, la Chine, l'Australie, etc.

Dans beaucoup de régions du monde, un km2 de terrain suffirait à générer jusqu'à 120 Gwh d'électricité par an, grâce à la technologie des centrales
solaires. Cette énergie est équivalente à la production annuelle d'une centrale classique de 50 MW.

Le chauffe-eau solaire est un système qui sert à produire de l’eau chaude avec l’énergie solaire.

VII.1 Centrales solaires

Il existe deux principaux types de « centrales » solaires à savoir :


 Lescentrales solaires thermodynamiques à concentration (thermosolaires)
 Les centrales solaires photovoltaïques

Les centrales solaires thermodynamiques à concentration ont une inertie thermique qui permet de limiter l’intermittence (production d’électricité en
continu pendant la journée même lors des passages nuageux) et de fournir de l’électricité la nuit. Ceci est obtenu grâce au stockage thermique de
plusieurs heures qu’on peut réaliser dans ce type de centrale. En revanche, les centrales photovoltaïques peuvent perdre 80% de leur puissance en
quelques secondes lors de passages nuageux.

VII.1.1 Centrales solaires thermodynamiques àconcentration

Le rayonnement est concentré en un point ou en une ligne, où l'énergie thermique est transmise au fluide caloporteur. L'intensité de la concentration
est définie par le facteur de concentration. Plus celui-ci est élevé, plus la température atteinte sera importante. Les centrales solaires
thermodynamiques peuvent être classées en quatre filières technologiques suivant deux systèmes de concentrations (deux filières/système de
concentration).

Système de concentration linéaire, il englobe les filières suivantes :


Filière des centrales à collecteurs (miroirs) cylindro-paraboliques
Filière des centrales à collecteurs linéaires de Fresnel

Système de concentration par foyer, il englobe les filières suivantes :


Filière des centrales à tour
Filière des centrales à collecteurs paraboliques : Dish-Stirling

 Systèmes de concentration linéaire

Centrales à collecteurs (miroirs) cylindro-paraboliques

C’est la filière la plus éprouvée des techniques de concentration solaire et la plus fréquente. Elle est actuellement utilisée par les plus puissantes
centrales solaires au monde dans le Sud-ouest des Etats-Unis et dans le Sud de l’Espagne. L'installation typique est constituée de trois éléments
principaux : le champ solaire, le système de transfert de la chaleur et le système de génération électrique.

Fig.30 Installation typique d’une centrale solaire à concentration linéaire utilisant des miroirs cylindro-paraboliques

Le champ solaire comprend :


Le collecteur composé de rangées de longs miroirs, cylindro-paraboliques en verre de 100 à 800 m2 , qui tournent autour d’un axe horizontal
pour suivre la course du soleil et qui concentrent les rayons du soleil sur des tubes placés à l’axe focal du concentrateur et dans lesquels
circule un fluide caloporteur (huile synthétique).
Un système de poursuite solaire ayant pour rôle d'adapter l'inclinaison du collecteur de manière à ce que la radiation solaire incidente soit
toujours perpendiculaire à ce dernier.

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Le système de transfert de la chaleur: Le fluide caloporteur, généralement une huile de synthèse, chauffé lors du passage dans les tubes, circule à
travers une série d’échangeurs de chaleur pour produire de la vapeur surchauffée à la température de 400°C sous une pression de 100 bars. Il constitue
ainsi la source chaude d’un cycle vapeur classique à resurchauffe.

Le système de génération électrique : vapeur surchauffée qui fait fonctionner une turbine à vapeur qui à son tour fait tourner un générateur électrique.

Avantages et Inconvénients des centrales solaires à concentration linéaire utilisant les miroirs cylindro-paraboliques

Avantages
 Source d’énergie inépuisable et gratuite
 Pas d’émission polluante
 Peut fonctionner sans intermittence

Inconvénients
 Nécessite un fort ensoleillement et une zone chaude
 Surface au sol importante
 Un terrain assez plat (pente maximale de 3%) et rectangulaire est requis.
 L’huile thermique utilisée pose des problèmes : elle se dégrade chimiquement à partir de 400°C ce qui limite le rendement du cycle
thermodynamique du fait de la limitation de la température de la source chaude ; elle se solidifie à 12°C et il peut être nécessaire la nuit ou en hiver
de consommer du combustible fossile dans l’unique but de la garder fluide ; enfin l’huile est inflammable et présente un risque environnemental.

Centrales à collecteurs (miroirs) linéaires de Fresnel

La filière Fresnel est une variante de la filière à collecteurs cylindro-paraboliques. Elle est simple et peu coûteuse. Cette technologie est encore au stade
de la démonstration. Son principe est basé sur l’utilisation de miroirs plans moins chers que les réflecteurs paraboliques. Cependant, cette filière
possède les plus faibles performances optiques et le plus faible rendement solaire-électrique annuel net (10%).

Principe : Les collecteurs sont des miroirs en bandes parallèles disposés à plat et près du sol. Ils pivotent en suivant la course du soleil pour rediriger et
concentrer en permanence les rayons solaires vers un tube ou un ensemble de tubes récepteurs linéaires fixes. En circulant dans ce récepteur (tube)
horizontal, le fluide thermodynamique peut être vaporisé puis surchauffé jusqu’à 500°C (100 bars). La vapeur alors produite actionne une turbine qui
produit de l’électricité. Le cycle thermodynamique est généralement direct, ce qui permet d'éviter les échangeurs de chaleur.

Fig.31 Centrale solaire à concentration linéaire utilisant des miroirs linéaires de Fresnel

Remarques : Le lavage des miroirs peut s’automatiser. Il n’y a pas de solution de stockage mature dans cette filière. Les applications d’hybridation avec
des centrales conventionnelles ainsi que la production de chaleur industrielle sont très intéressantes pour cette filière. Un terrain assez plat (pente au
plus de 5%) est requis.

Avantages et Inconvénients des centrales solaires à concentration linéaire utilisant les miroirs de Fresnel

Avantages
 Les miroirs plans sont plus simples à fabriquer et meilleur marché que les paraboliques et cylindro-paraboliques.
 Moins de prise au vent (évite d’être arrachée), infrastructure moins importante qu’une centrale à capteurs cylindro-paraboliques.
Inconvénients
 Performances optiques inférieures d’environ 30% par rapport aux réflecteurs paraboliques et cylindro-paraboliques.

 Systèmes de concentration par foyer

Centrales solaires à Tour

Principe: Les centrales à tour utilisent un champ de miroirs orientables (héliostats) qui suivent individuellement les rayons du soleil incidents et les
réfléchissent avec précision en direction d’un récepteur placé au sommet d’une tour. Le facteur de concentration peut dépasser 1000; ce qui permet
d’atteindre des températures importantes allant de 600°C à 1000°C au niveau d’un fluide caloporteur.

Fig.32 Centrale solaire à concentration par foyer : Centrale à Tour

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Deux principales technologies existent dans cette filière à savoir :

Les systèmes à caloporteur : sels fondus.


Les systèmes à caloporteur : eau/vapeur.

D’autres versions existent (encore à l’étude) notamment celles qui utilisent l’air comme fluide caloporteur

SYSTEMES A CALOPORTEUR : SELS FONDUS

Principe général :Les rayons du soleil sont focalisés par l’ensemble des miroirs sur le récepteur de chaleur situé en haut de la tour.

Les sels fondus* (fluide caloporteur à l’état liquide), pompés dans un bac « froid », circulent dans le récepteur où ils sont chauffés par le rayonnement
solaire. La température des sels passe alors de 288° C (sels froids, température maintenue élevée > T solidification des sels à l’aide de résistances
chauffantes électriques)à plus de 566° C.

Fig.33 Centrale solaire à concentration par foyer : Centrale à Tour à sels fondus
Les sels chauds sont ensuite stockés dans un bac « chaud » (réservoir calorifugé capable de contenir une grande quantité de sels fondus chauds) ce qui
permet de stocker de la chaleur.
Une partie de ces sels chauds est envoyée au bas de la tour, pour passer dans un échangeur de chaleur où circule de l’eau qui se transforme en vapeur
(Les hautes températures atteintes dans le récepteur permettent de produire de la vapeur surchauffée dans le groupe vapeur).
La vapeur obtenue actionne une turbine entraînant une génératrice de courant : production d’électricité pendant la journée.
La nuit (ou bien lors des passages nuageux de la journée), on puise les sels chauds du bac « chaud »et on les renvois vers l’échangeur pour produire
l’électricité suivant le cycle habituel.

* Sels fondus-Mélange de nitrate de sodium NaN03, de nitrate de potassium KN03 et de nitrite de sodium NaN02. Le mélange le plus couramment utilisé,
est usuellement nommé H.T.S. (Heat Transfer Salt) composé de 53% KN03 , 40% NaN02 et de 7% NaN03. Leurs principaux avantages sont de pouvoir
fonctionner à la pression atmosphérique pour des températures comprises entre 150 et 550 oC.

Avantages et Inconvénients des centrales solaires à concentration par foyer (centrale à tour à sels fondus)

Avantages
 Température des sels élevée permettant la production de la vapeur sous pression ce qui accroît rendement.

Inconvénients
 La température de solidification des sels fondus qui est de l’ordre de 250 °C qui nécessite un maintien à chaud (280°C) permanent des circuits pour
éviter les problèmes de bouchons (solidification au niveau d’une vanne, d’un réservoir de stockage…, dans ce cas le système doit être mis en arrêt
pendant une longue période afin d’enlever tous les blocs de sel étrangers impactant considérablement sur la rentabilité du système).
 Cette technologie requiert une étape d’échange thermique supplémentaire qui augmente le coût d’investissement de la centrale et en diminue
légèrement son rendement global.

SYSTEMES A CALOPORTEUR : EAU/VAPEUR

Principe : le fluide caloporteur eau-vapeur permet d’être directement utilisé dans le cycle thermodynamique de la turbine. Cela permet d’éviter une
étape supplémentaire d’échange thermique et donc de réduire le coût d’investissement et d’augmenter légèrement le rendement global. Ainsi, la
chaleur obtenue au niveau du récepteur, traversé par l’eau comme fluide caloporteur, transforme cette eau en vapeur. Cette vapeur maintenue sous
pression (surchauffée : 150 bars et 550°C) fait tourner une turbine qui entraîne un alternateur qui produit un courant électrique alternatif.

Fig.34 Centrale solaire à concentration par foyer : Centrale à Tour à eau/vapeur

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Avantages et Inconvénients des centrales solaires à concentration par foyer (centrale à tour à eau/vapeur)

Avantages
 Grande simplicité du procédé
 Puissance considérable (chaleur très importante !).

Inconvénients
 L’utilisation de tubes (dans le récepteur) alimentés en eau à haute pression pour le maintien de l’eau à l’état liquide s’accompagne de corrosion
donc un entretien couteux.
 Le stockage de vapeur requiert de larges containers possédant des murs très épais dus à la pression élevée nécessaire à une turbine à vapeur.
Cela a pour conséquence d’augmenter considérablement les coûts du stockage.

Centrales solaires à collecteurs paraboliques : Dish-Stirling

Ce système est constitué de trois éléments principaux : le concentrateur solaire (collecteur parabolique), le récepteur solaire placé au foyer du
concentrateur et le moteur Stirling couplé à une génératrice électrique.

Les collecteurs paraboliques possédant une surface réflective de verre ou de plastiquefonctionnent d'une manière autonome. Ils s’orientent
automatiquement et suivent le soleil (tout au long de la journée, le socle de la parabole s’oriente automatiquement face au soleil pour suivre sa course et
ainsi profiter d’un ensoleillement maximum) afin de réfléchir et de concentrer les rayons du soleil vers un point de convergence appelé foyer
(récepteur). Le récepteur solaire (placé au foyer du concentrateur parabolique) est en fait une enceinte fermée contenant du gaz* qui est monté en
température (700÷1000°C) sous l'effet de la concentration. Il s’en suit alors un entraînement d’un moteur Stirling qui convertit l’énergie solaire
thermique en énergie mécanique puis en électricité via un couplage à une génératrice.

* Le fluide de travail (gaz : hélium ou hydrogène à une pression de 200 bars) du moteur Stirling est alternativement chauffé (700 °C ) et refroidi (par
l'air ambiant, brassé par un ventilateur à l'arrière du moteur) dans un cycle fermé. Il se détend lorsqu’il est chauffé dans le récepteur solaire (source
chaude) et il est comprimé lorsqu’il est refroidi. La puissance récupérable sur l’axe moteur est la différence entre le travail fourni lors de la détente du
fluide et le travail utilisé par le fluide (gaz) lors de sa compression.

Avantages et Inconvénients des centrales solaires à collecteurs paraboliques Dish-Stirling

Avantages
 Modularité : Ils peuvent être installés dans des endroits isolés, non raccordés au réseau électrique.
 Possèdent les meilleurs rendements solaire-électricité (29.4%).
Inconvénients
 Stockage d’énergie électrique (ou de chaleur) impossible.

Fig.35 Principe de la concentration par foyer : collecteurs paraboliques : Dish-Stirling

Fig.36 Centrale solaire à concentration par foyer : Centrale à collecteurs paraboliques : Dish-Stirling

VII.1.2Centrales solaires photovoltaïques

Elles sont basées sur une technologie qui permet la transformation directe de l’énergie lumineuse du soleil en énergie électrique : la cellule
photovoltaïque.
Principe de fonctionnement d’une cellule solaire photovoltaïque : Les cellules solaires photovoltaïques sont composées d’un ou plusieurs matériaux
semi-conducteurs et permettent de convertir directement l’énergie solaire en énergie électrique. Pour provoquer cet effet, appelé effet
photoélectrique, le matériau semi-conducteur doit être « dopé ». Du fait de l’apport d’éléments chimiques, on obtient deux couches, une couche
conductrice « P » avec un excédent de porteurs de charge positifs et une couche conductrice « N » avec un excédent de porteurs de charge négatifs.

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Ce déséquilibre entraîne la formation d’un champ électrique interne à la jonction qui provoque une séparation de charge en cas d’exposition à la
lumière (excitation par les photons de la lumière). Les porteurs de charge ainsi libérés peuvent être évacués par des contacts métalliques et utilisés
directement comme courant continu (CC) par un appareil électrique ou être injectés dans le réseau sous forme de courant alternatif (CA) via un
onduleur intercalé. Les cellules photovoltaïques sont la plupart du temps reliées en modules pour atteindre des capacités plus élevées.

Fig.37Illustration de l’effet photovoltaïque se produisant sur une cellule solaire photovoltaïque

Principe d’une centrale solaire photovoltaïque

Une centrale solaire photovoltaïque est constituée d’un ensemble de modules solaires photovoltaïques, chaque module étant formé d’un certain
nombre de panneaux eux-mêmes constitués de plusieurs cellules. La puissance d’une centrale solaire photovoltaïque est proportionnelle à la surface de
modules installée. Le rayonnement solaire est capté par les cellules photovoltaïques qui produisent du courant continu. Les onduleurs convertissent la
tension continue en tension alternative compatible avec le réseau de distribution. L’énergie produite est consommée localement ou envoyée sur le
réseau électrique.

Fig.38 Schéma de fonctionnement d’une centrale photovoltaïque

Technologie utilisée pour la fabrication des cellules photovoltaïques

On utilise actuellement avant tout du silicium pour la fabrication des cellules photovoltaïques car c’est le second élément le plus courant sur terre et son
obtention est donc peu chère. En plus du silicium, d’autres éléments, comme le cuivre, le gallium ou le cadmium, sont utilisés en photovoltaïque. On
distingue généralement les technologies à couches épaisses et à couches minces.

Le jour, les cellules (appelées aussi photopiles) créent, grâce au soleil, de l'électricité que l'on utilise directement. La nuit, comme il n'y a pas de soleil, on
ne peut pas produire d'électricité. On a donc besoin de batteries pour alimenter les appareils électriques. Ces batteries sont chargées le jour grâce aux
photopiles et se déchargent la nuit. Actuellement, 1 mètre carré de photopiles au silicium cristallin produit 100 Watt.

Avantages et Inconvénients des centrales solaires photovoltaïques

Avantages
• Haute fiabilité, pas de pièce mobile (sauf sur des systèmes de suiveurs solaire, le mouvement est cependant très lent)
• Système silencieux
• Entretien réduit, coût de fonctionnement faible

Inconvénients
• Production d’électricité uniquement le jour
• Coût de fabrication élevé
• Rendement faible

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Chapitre VIII : Piles à combustible (PAC)

VIII.1 Généralités sur les PAC

Une pile à combustible (PAC) est un générateur d'électricité qui transforme directement l'énergie d'une réaction chimique en courant électrique de
façon continue. Elle permet donc de convertir directement de l’énergie chimique de combustion (oxydo-réduction) en énergie électrique, en chaleur et
en eau. La différence entre une PAC et une pile normale (ou une batterie) est que la PAC n'utilise pas des couples rédox métalliques, mais
un combustible (H2, méthanol, éthanol, …), et un comburant (O2) et qu’elle peut être alimentée de façon continue en combustible et comburant. Il faut
enfin noter que la PAC, en soit, n’est pas une technologie qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, ni de produire de l’électricité
propre : tout dépend du type de combustible utilisé.

VIII.1.1 Avantages des PAC


 Le combustible utilisé (H2 notamment) est très abondant
 La conversion directe (sans combustion !) de l’énergie chimique en énergie électrique permet d’avoir un rendement électrique élevé (40-60%).
 Production d’eau et de chaleur (qui peut être valorisée !)
 Réduction des émissions de CO2
 Emissions faibles ou nulles (NOx, SO2, poussières, CO)
 Contrairement aux piles traditionnelles ou aux batteries, dans une PAC l’énergie n’est pas stockée dans le volume fini de la pile lui-même, mais
dans des réservoirs de gaz qui peuvent alimenter la PAC de manière continue.
 Les PAC possèdent une bonne capacité énergétique comparée à celle des batteries (à poids égal une PAC peut générer 1000 fois plus
d’électricité qu’une batterie normale au plomb et 200 fois plus qu’une batterie Li-Ion).
 Maintenance réduite
 Fiabilité

VIII.1.2 Inconvénients des PAC


 Technologie délicate : problèmes de corrosion des électrodes, de durée de vie des catalyseurs, d’humidification des électrodes, d’évacuation de
la chaleur en l’absence d’une valorisation locale.
 Leur coût qui reste assez élevé (coût du H2-production et distribution*, coût du catalyseur en platine élevé! **).
 Durées de vie encore insuffisantes malgré les progrès enregistrés (A titre d’exemple, une PAC-développée par la société anglaise ACAL Energy-,
placée dans une voiture électrique peut fonctionner 8.000 heures sans dégradation, ce qui correspond à plus de 300.000 km, soit l’espérance de
vie d’un moteur diesel).

* La quasi-totalité de l'hydrogène produit aujourd'hui, essentiellement pour des applications industrielles (chimie et raffinage), provient de la
décomposition d'hydrocarbures -des énergies fossiles donc - et ces procédés émettent d'importantes quantités de CO2 et d'autres polluants. Une
autre solution moins polluante pour produire l’H2 repose sur l'électrolyse "haute température" (décomposition de l'eau H2O en hydrogène et oxygène
à l'aide d'un courant électrique). Mais tant l'électrolyse que la haute température nécessitent une grosse dépense d'énergie (problème de Coût).

** Le coût de la platine, représente 25% du coût total d'une PAC actuellement (Il faut environ 0,1mg de platine/cm2 d’électrode d’une PEMFC).

VIII.1.3 Historique

L’histoire du développement de la PAC couvre plus de 170 ans.


1839 : Le chimiste allemand Christian Schönbein découvre l’effet PAC.
1842 : Le chimiste anglais William R. Grove réalise le premier modèle en laboratoire de la PAC.

Les recherches sont ensuite abandonnées pendant près d’un siècle.


1932: L’anglais Francis Thomas Bacon reprend les études au sujet de la PAC.
1953: Francis T. Bacon réalise un premier prototype de 1kW, puis 5 kW.
1959: Francis T. Bacon réalise un deuxième prototype de 5 kW, ce prototype servira de modèle pour les futures PAC utilisées lors des
missions spatiales Apollo.
1965: La pile à combustible est pour la première fois utilisée (les astronautes des capsules GEMINI consomment l'eau produite par les
générateurs électriques de leur vaisseau). En France, de nombreuses sociétés françaises s'y intéressent : GAZ DE FRANCE, ALSTHOM,
THOMSON, IFP, ONIA, RENAULT, etc. Cependant, les recherches sont à nouveau arrêtées en 1981 pour des raisons techniques.
Milieu des Années 90 : Début du développement de la PAC dans le domaine du transport (automobile notamment). A la fin de cette
décennie, les recherches vont être encouragées et financées (en partie) par l’État, qui crée en 1999 le Réseau de recherche technologique
'pile à combustible'. Ce réseau rassemble de nombreuses entreprises, centres de recherche et universités françaises. Environ 20 millions
d'euros ont été mis à disposition pour assurer le financement de ces projets pour la période 1999-2000. Cependant, depuis l'incident du
dirigeable allemand Zeppelin en 1937, l'hydrogène apparait aux yeux de l'opinion public comme extrêmement dangereux et la pile à
combustible fait peur!

Par ailleurs, les PAC ont connu des progrès technologiques majeurs à l’occasion des programmes spatiaux américains (Gemini et Apollo). La PAC
bénéficie d’investissements considérables de recherches développement dans le monde (évalués entre 4 et Mds de $US par an), en provenance
essentiellement de l’industrie automobile et des agences gouvernementales. Les sociétés industrielles spécialisées dans le domaine dépenseraient de
l’ordre de 260 m$ par an.

VIII.1.4 Fonctionnement général des PAC

Le cœur d’une PAC est constitué de trois éléments:

 Une électrode émettrice d’électrons (anode oxydante)


 Une électrode collectrice d’électrons (cathode réductrice)
 Un électrolyte séparant les deux électrodes

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Les PAC sont constituées d’un assemblage de cellules électrochimiques (anode- cathode), d’où l’appellation « pile ».Suite à des réactions chimiques à
l’anode (oxydation) et à la cathode (réduction), un courant électrique continu apparait dans le circuit extérieur. Le principe de la pile à combustible
repose sur une réaction chimique simple :
Hydrogène + Oxygène → Electricité + Eau + Chaleur : 2 H2 + O2 →2 H2O

Fig.39 : Constitution et principe de fonctionnement d’une PAC (illustration pour la PAC de type PEMFC)

Remarques :
 La tension aux bornes d’une cellule est souvent de l’ordre de 0,7 V. L’association en série d’un certain nombre de cellules permet d’obtenir
des tensions et courants électriques adaptés aux besoins. Certains types de PAC sont capables de délivrer des puissances électriques
conséquentes, de l’ordre du mégawatt (106W).
 Le nombre de cellules fixe la tension, la surface d’une cellule fixe l’intensité du courant, le produit des deux fixe la puissance. Le rendement
global varie (selon les piles) de 35 à 55 % en production électrique. Si la production de chaleur est utilisée (cogénération) le rendement peut
atteindre 75 à 90 %.
 Le courant électrique créé par la pile est continu. Par conséquent, pour certaines applications (courant domestique par exemple), il devra
être transformé en courant alternatif au moyen d’un onduleur.

VIII.1.5 Principaux domaines d’application des piles à combustible :


 Les transports : voitures électriques, bus, aéronefs ;
 Les appareils portables : ordinateurs, téléphones, DVD, …
 La production stationnaire d’électricité et la cogénération chaleur/électricité ;
 Les applications militaires (la défense : sous-marins, …)
 L’espace (générateur spatial, applications civiles et militaires).

Chaque domaine d’application exige des puissances électriques, des températures de fonctionnement, des modes d’alimentation en combustibles
(hydrogène, méthanol, oxygène…) correspondant à un type de pile.

VIII.1.5 Classification des PAC

Les PACpeuvent être classées selon plusieurs critères à savoir :la nature de leur électrolyte, la température de fonctionnement, la nature du combustible
(solide, liquide, acide, basique) et le design et les matériaux des électrodes.

Classification selon la nature de l’électrolyte


PAC à électrolyte liquide
 PAC Alcaline à électrolyte liquide (AFC)
 PAC à Carbonate fondu (MCFC)
 PAC à Acide phosphorique (PAFC)
 PAC alimentée par du méthanol (DMFC) et PAC à éthanol direct (DEFC)
PAC à électrolyte solide
 PAC alcaline à membrane électrolyte solide (SAMFC)
 PAC à Membrane échangeuse de protons (PEMFC)
 PAC à Oxyde solide (SOFC) et PAC à céramique protonante (PCFC)
PAC à électrolytes acides (ions H+ migrant de l’anode vers la cathode):PEMFC, DMFC, DEFC et PAFC
PAC à électrolytes basiques (ions négatifs migrant de la cathode vers l’anode): AFC, SAMFC, MCFCSOFC et PCFC

Classification selon la température de fonctionnement


 Les PAC à basse température (20-100°C):PEMFC, DMFC, DEFC, AFC etSAMFC.
 Les PAC à moyenne température (200°C):PAFC
 Les PAC à haute température : SOFC (800-1000°C), PCFC (350-600°C) et MCFC (650°C).
Classification selon la nature du combustible
 Hydrogène pur
 Combustible contenant du H2 (extraction avec reformage interne ou externe):Biomasse, Gaz naturel, Méthanol (éthanol)
Classification selon le design et les matériaux des électrodes

36
VIII.2 Etude du fonctionnement des PAC selon le critère de la température de fonctionnement

VIII..2.1 Fonctionnement des PAC à basse température(20-100°C)

 Piles à combustible à membrane échangeuse de protons PEMFC (Polymer Exchange Membran Fuel Cell)

CONSTITUTION

L’électrolyte : membrane polymère conductrice de protons. Les électrolytes des PEMFC fonctionnent pour des températures comprises entre 60 et
90°C, à des pressions comprises entre 0,1 MPa à 0,5 MPa. Ils ont la propriété de conduire, directement d’une électrode à l’autre, des molécules ionisées
et de faire barrage aux électrons en les obligeant à passer par le circuit extérieur de la pile où leur énergie électromotrice peut être exploitée
(récupération d’un courant).

Les deux électrodes : anode et cathode, composées de particules de Carbone et recouvertes de Platine qui joue le rôle de catalyseur (favorise la
réaction d’oxydation du H2, qui est le combustible de la pile, et de réduction de l’oxygène contenu dans l’air).

Plaques de diffusions : appelées aussi backing, elles entourent les électrodes et servent :
- À la diffusion des gaz jusqu’aux électrodes
- Au transfert des électrons
- À la gestion de l’eau en l’évacuant ou en humidifiant la membrane

Plaques bipolaires : servent à :


- Collecter le courant
- Séparer les gaz à l’anode et à la cathode.

Fig.40 : Constitution d’une PEMFC

FONCTIONNEMENT

L’alimentation de la PEMFC se fait par une injection continue de combustible (H2 généralement) à partir d’un réservoir à l’anode, et une injection du
dioxygène (O2) de l’air ou l’air lui-même à la cathode.

Principe de la réaction chimique: Il s’agit d’une combustion électrochimique et contrôlée de dihydrogène (H2) et de dioxygène (O2), avec production
simultanée d’électricité, d’eau et de chaleur, selon la réaction chimique de fonctionnement de la pile.
La réaction comprend l’oxydation d’un combustible (H2) à l’anode et la réduction d’un oxydant (O2 ou l’air) à la cathode.

Fig.41 : Fonctionnement d’une PEMFC

Réaction d’oxydation : Oxydation catalytique, en présence de platine, de l’hydrogène qui se dissocie de ses électrons : H2 → 2H+ + 2e-

Les électrons sont captés par l’électrode et, ne pouvant traverser l’électrolyte, sont contraints de circuler dans un circuit électrique externe, ce qui crée
un courant électrique continu. L’anode constitue la borne négative.En parallèle, les ions H + traversent l’électrolyte et arrivent sur la cathode, où a lieu la
réaction de réduction de l’oxygène en présence de la platine : les ions H+ se combinent à la molécule O2 et aux électrons pour former de l’eau, qui est
évacuée sous forme de vapeur. La réaction produit également de la chaleur. Pour que la réaction ait lieu, on utilise un catalyseur, le plus souvent de
platine. Ce dernier a pour rôle d’augmenter la vitesse de réaction sans pour autant être consommé lui-même. Le catalyseur est disposé sur l’anode et
sur la cathode.

37
Réaction de réduction : à la cathode on assiste à une réduction catalytique, en présence de platine, de l’oxygène qui capture les ions H+ ayant traversé
l’électrolyte et les électrons arrivant du circuit extérieur. La réaction produit de la chaleur et de l’eau : ½ O2 + 2H+ + 2 e- → H2O + chaleur, la cathode est
la borne positive.

L'équation globale de la réaction étant :O2 (gaz)+ 2H2(gaz) →2H2O (gaz) +Q (chaleur)

La réaction est exothermique c'est-à-dire qu'il y a dégagement de chaleur au sein de la pile (pouvant dépasser exceptionnellement 100 °C!). La vapeur
d’eau produite sort de la pile en emportant une part de l’énergie thermique. Cette chaleur peut être mise à profit : chauffage, source d’eau chaude.

AVANTAGES
Le rendement des PEMFC peut atteindre 50 %.
Fonctionnement à relativement basse température : 60 à 90 °C, adapté à de nombreuses applications,
Démarrage et réchauffement rapides ; elle n'a pas donc pas besoin d'isolant thermique.
Absence d’émissions polluantes (si on utilise de l’hydrogène pur comme combustible).
Robustesse liée à la nature solide de l’électrolyte (solide)
Bonne densité de puissance (la PEMFC est compacte et légère)

INCONVENIENTS

Longévité limitée de l’électrolyte qui ne supporte pas le fonctionnement sous 0 °C (ce qui nécessite de la réchauffer par temps froid) et au-
delà de 100 °C (ce qui nécessite un refroidissement).
Très sensible à la pollution extérieure
Coût relativement élevé de la membrane (en Nafion, très cher) et des catalyseurs
Assèchement de la membrane (nécessite humidification)
Coût relativement élevé (notamment celui lié à la platine : 0,2 à 1mg/cm2 d’électrode)
L’utilisation des PEMFC embarquées sur des véhicules automobiles se heurte à deux difficultés :
 La quantité de platine au cm2 de membrane, qui doit encore diminuer pour une utilisation massive ;
 Le stockage de l’hydrogène sous haute pression (700 bars) ou liquide et la chaîne de distribution de ce vecteur énergétique encore à
organiser.

APPLICATION

La puissance de sortie varie de 50 mW à 250 kW. Ces piles constituent actuellement la principale technologie :

Des applications : du secteur des transports,


Applications fixes de faibles dimensions,
Micro-applications,
Applications compactes portatives.

 Piles à combustible à membrane échangeuse de protonsà méthanol DMFC (Direct Methanol Fuel Cell)

Ce sont des PEMFC, avec comme combustible le méthanol. Le méthanol (CH3OH) qui est un alcool (alcool éthylique) est facilement stockable(car liquide
à température ambiante), et est facilement produit dans l’industrie.

CONSTITUTION

Idem que celle de la pile PEMFC sauf que le catalyseur à l’anode est composé d’un mélange de Ruthénium et de Platine afin d’empêcher l’altération de
la pile avec le monoxyde de carbone.

FONCTIONNEMENT

Les DMFC sont basées sur l'oxydation du méthanol sur une couche de catalyseur (mélange de platine et de ruthénium au niveau de l’anode) afin de
former du CO2. Donc à l'anode, cet alcool perd de l'hydrogène et donne du gaz carbonique, en même temps que des électrons.De l'eau est consommée
à l'anode et est produite à la cathode.

Les protons (ion H+) sont transportés au travers de la membrane échangeuse de protons vers la cathode où ils réagissent avec de l'oxygène de l’air
(réduction) afin de produire de l'eau (en captant des électrons) et de la chaleur. La réduction de l’O2 de l’air est rendue possible grâce à la platine fixée
sur la cathode.Les électrons sont transportés via un circuit externe de l'anode vers la cathode, procurant ainsi de l'énergie aux équipements externes.

Réactions chimiques dans la pile à méthanol :

Réaction au niveau de l'anode : CH3OH + H2O CO2 + 6 H+ + 6 e-

Réaction au niveau de la cathode : 3/2 O2 + 6 H+ + 6 e- 3H2O

Réaction globale: CH3OH + 3/2 O2 CO2+ 2H2O + Chaleur, donc production de CO2!

38
AVANTAGES

 Alimentées directement en méthanol : On évite le reformage (opération d’extraction du H2 à partir d’hydrocarbures) et le stockage de l’H2 (stockage
plus facile du méthanol ne nécessitant ni hautes pressions, ni températures basses car il est liquide à température ambiante, dans ce cas l'hydrogène
n'est pas stocké dans un volumineux réservoir, il est fourni sous forme de méthanol (CH3-OH) en solution dans l'eau).
 La densité énergétique volumique du méthanol(quantité d'énergie obtenue lors de l'utilisation d'un volume donné de méthanol) est beaucoup plus
importante que celle de l'hydrogène, même lorsque ce dernier est fortement comprimé.
 Perspective de progrès (technologie récente)

INCONVENIENTS

 Le besoin en eau limite la densité énergétique du combustible.


 Toxicité du méthanol.
 Technologie non démontrée pour des puissances >1kW (dégradation des cellules).
 Coût élevé dû à l’utilisation de la platine à raison de 2mg/cm2 d’électrode.
 La membrane utilisée dans la DMFC, similaire à celle des piles PEMFC, ne bloque pas complètement le passage de méthanol (diffusion du méthanol),
soluble dans l’eau, vers la cathode. Ce phénomène de de l’anode vers la cathode (appelé « cross-over ») a une influence négative sur les propriétés de
la pile se traduisant par :
 Une perte d’énergie car le méthanol traversant l’électrolyte n’est pas utilisé pour la réaction d’oxydation ;
 Une réduction de l’activité de la cathode, certains sites actifs du catalyseur étant impliqués dans la réaction d’oxydation du méthanol ayant
traversé la membrane, avec formation de CO2** à la cathode ; le rendement de la réduction d'oxygène à la cathode diminue (ce qui affecte donc
le rendement global de la pile).
 Un empoisonnement du catalyseur (platine) du côté de la cathode par le méthanol d’où une réduction graduelle de l’activité catalytique.

Remarques :

 On trouve aujourd’hui des piles dont le méthanol (toxique pour l’homme) est remplacé par de l’éthanol (DEFC), moins toxique et ayant une
meilleure densité énergétique (quantité d’énergie produite kWh/kg).
 L’un des grands freins à l'utilisation de ce type de pile est notamment la difficulté de transport des cartouches de méthanol (toujours interdites
dans les avions en décembre 2016).

**La production de CO2 à la cathode implique un processus supplémentaire nécessitant sa neutralisation.

APPLICATION

Au niveau technologique actuel, les DMFC ont une puissance limitée, mais peuvent stocker de l'énergie dans de faibles volumes. Ceci signifie qu'elles
peuvent produire une faible quantité d'énergie sur une longue période. Ce fonctionnement rend les DMFC appropriées dans les applications liées aux
téléphones ou ordinateurs portables.

 Piles à combustible à membrane échangeuse de protonsà éthanol DEFC : Direct Ethanol Fuel Cell, pile à combustible à éthanol direct

Suivant le développement de la pile à combustible de type DMFC, d’autres combustibles utilisables directement, comme l’éthanol (C2H5OH), ont soulevé
un intérêt croissant.

CONSTITUTION

Idem que celle de la DMFC avec cependant une membrane électrolyte composite (enrichie de nanoparticules de silice ; sous forme de micro-billes de
dioxyde de silicium). Elle ne laisse pas passer l’éthanol (phénomène de cross-over).

FONCTIONNEMENT

Réactions chimiques

A l’anode (électrode négative) : C2 H5OH (liq) + 3H2O (liquide) 2CO2 (gaz)+ 12H+ (aqueuse) +12e-

Les ions H+ traversent l’électrolyte et à l’électrode positive, qui joue le rôle de cathode, le dioxygène gazeux est réduit en eau.

A la cathode : O2 (gaz) + 4H+ (aq) + 4e- 2 H2O (liq)

La réaction globale est :C2 H5OH (liq) + 3O2 (gaz) 2CO2 (gaz)+3 H2O (liq)

AVANTAGES

- L’éthanol est produit à partir de composés d’origine agricole donc renouvelables. En effet, l’éthanol peut être obtenu en grandes quantités à partir
de la biomasse sur la base d’un procédé de fermentation de ressources renouvelables comme le sucre de canne, le blé, le maïs ou la paille. Cet
éthanol « bio-généré » (appelé bio-éthanol) est intéressant car il ne modifie pas le taux de CO2 atmosphérique.
- La chaîne d'approvisionnements de l’éthanol est déjà en place.
- L’éthanol reste le combustible le plus simple d’utilisation pour un usage large par les consommateurs.
- L’éthanol est beaucoup moins toxique que le méthanol.

39
- L’éthanolest un liquide riche en hydrogène et sa densité énergétique théorique est plus importante (8 kWh/kg comparé à 6,1 kWk/kg pour le
méthanol).

INCONVENIENTS

Les performances des PAC à l’éthanol sont actuellement inférieures à celles des piles au méthanol. Des problèmes techniques restent posés tels que :

- La dégradation des catalyseurs par les sous-produits de décomposition formés à l’issue de la réaction d’oxydation catalytique de l’éthanol comme
de l’aldéhyde acétique (CH3CHO) ou l’acide acétique (CH3COOH) en plus du gaz carbonique (CO2). En effet, ces composés réduisent le rendement et
doivent être éliminés.
- La production d’éthanol agricoleest un sujet faisant l’objet de polémiques, certains craignant qu’elle se fasse au détriment des cultures
alimentaires.

Remarque : Les PAC à utilisation directe d’éthanol (DEFC) sont encore au stade du développement (non encore commercialisées). Seuls des prototypes
ont été construits. Si des solutions sont apportées aux problèmes techniques qui se posent encore.

APPLICATION

Technologie prometteuse pour les applications de faible puissance (technologies portables -téléphonie ou ordinateurs). Les DEFC sont destinées à
l’alimentation des systèmes micro-électroniques (micro-piles alimentant les agendas électroniques de poche, les téléphones portables,).

 Piles à combustible alcaline AFC : Alkaline Fuel Cell

L’AFC est l’une des plus anciens dispositifs de PAC.Le premier prototype de pile à combustible alcaline a été présenté en 1953 par l’ingénieur
britannique Francis-Thomas Bacon. Ce type de pile à combustible fait l’objet de réalisations dans le domaine spatial depuis les années 1960.

CONSTITUTION

Electrolyte (assure la conduction des ions OH-): Dans les applications terrestres, l’électrolyte (solution aqueuse-liquide- d’hydroxyde de potassium : KOH
avec une concentration variant de 30 à 40 %) est mis en circulation grâce à une pompe, alors que dans les applications spatiales, l’électrolyte est
immobilisé par imprégnation d’une membrane.
Les catalyseurs : pour la réaction d’oxydation (anode) de l’hydrogène sont à base de nickel ou du platine-palladium.
Les catalyseurs :pour la réduction de l’oxygène (cathode) sont à base d’oxyde de nickel, d’argent ou de platine-or.
Les électrodes : sont en carbone ou en nickel poreux.
Combustible : le Dihydrogène (H2).

FONCTIONNEMENT

Dans ce type de pile, ce sont des ions hydroxydes (HO-) qui se déplacent dans un électrolyte constitué d’une solution basique (d’où le terme « alcalin »),
comme par exemple de l’hydroxyde de potassium (KOH). Il s’agit d’une oxydo-réduction, électrochimique et contrôlée, d’hydrogène et d’oxygène, avec
production simultanée d’électricité, d’eau et de chaleur.

A la cathode, la borne positive, l’O2 réagit avec l’eau (présente dans la solution alcaline) selon la réaction :

O2 (gaz)+ 2 H2O(liq) + 4 e- → 4 (OH-, aq) : il s’agit d’une réduction.

Les ions (HO-) vont ensuite migrer jusqu’à l’anode, où ils vont réagir avec le H2 pour libérer des électrons et de l’eau selon la réaction d’oxydation :

H2 (gaz) + 2(OH-, aq)→ 2H2O(liq) + 2 e-. L’eau, produite à l’électrode négative, est rejetée dans l’électrolyte, d’où elle doit ensuite éliminée.

Fig.42 : Fonctionnement d’une AFC

Réaction chimique globale : 2H2 (gaz) + O2(gaz) → 2H2O (liq) + Q (chaleur)

AVANTAGES
 Leur température de fonctionnement dans une gamme large (25 à 260°C),
 La performance de la cathode est nettement plus élevée que celle des piles à acide (bon rendement)
 Leur très faible coût de fabrication : l’électrolyte est un produit très courant et le catalyseur le plus utilisé, le nickel, bien moins cher que le platine des
autres piles à combustible.
 Produisent de l’eau pure ; voilà pourquoi la NASA les a incluses dans leurs fusées pour fournir aux occupants à la fois électricité et boisson.
 Peuvent produire jusqu’à 20 kW d’énergie électrique ; leur efficacité avoisine les 70%.

40
INCONVENIENTS
 Un empoisonnement rapide de l’électrolyte par le CO2 (quiforme des carbonates de potassium K2CO3et précipitent à la surface des électrodes,
diminuant ainsi leur activité) si on utilise l’air ambiant (contenant du CO2) à la cathode dans les applications terrestres (véhicules électriques
notamment). Ce type de pile n’a donc d’intérêt que si l’on dispose d’hydrogène et d’oxygène purs (ce qui augmente leur coût de fonctionnement).
 L’électrolyte est liquide et corrosif (durée de vie plus faible que d’autres piles). L’utilisation de polymères échangeurs d’ions hydroxydes comme
électrolyte est solution souvent envisagée. Il s’agit alors de pile alcaline solide (Solid Alkaline Fuel Cell, SAFC).
 La présence d'eau, qui est un produit de réaction, diminue la performance de l'électrolyte en le diluant.

APPLICATIONS

Domaine spatial essentiellement (pour le moment !)

 Piles à combustible alcalineà membrane électrolyte solide SAMFC : Solide AlkalineFuel Cell
La SAMFC est une hybridation d’une PEMFC avec une AFC.

CONSTITUTION

La SAMFC étant une hybridation de la PEMFC avec une AFC, sa structure ne diffère pas de celle des PEMFC.

FONCTIONNEMENT
A l'anode, la pile est alimentée avec un combustible liquide (alcools tels que le méthanol, l’éthanol, l’éthylène glycol et des solutions de borohydrure de
sodium ou bien un mélange à base de glycérol).
En présence des ions OH- (présents dans l’électrolyte),si le combustible est du méthanol (CH3OH) il y’à libération par oxydation du CO2, de l’eau et des
électrons. En revanche, si le combustible est un mélange de glycérol on assiste à une libération d’une molécule type mésoxalate (COO- - CO – COO-), de
l’eau et des électrons.

A la cathode, la pile est alimentée en oxygène humidifié. L’oxygène, l’eau et les électrons reçus à travers le circuit électrique (libérés par oxydation)
extérieur, vont réagir par réduction pour former les ions OH- qui vont traverser l’électrolyte en direction de l’anode pour boucler le circuit électrique.

Etapes de fonctionnement
1. Oxydation à l’anode du combustible ce qui entraine la production d’eau (H2O), de CO2 (si combustible=méthanol) et d’électrons.
2. Transfert vers l’anode des ions (OH-) à travers l’électrolyte (membrane polymère qui contient les ions OH-)
3. Réduction à la cathode de l’oxygène de l’air se terminant par la production d’ions (OH-).

Si Combustible = Méthanol (CH3OH)


Réactions chimiques mises en jeu:

Anode : CH3OH + 6OH- → CO2 + 5 H2O + 6e- : Réaction d’oxydation

Cathode : 3/2 O2 + 3 H2O + 6e- → 6 OH- : Réaction de réduction de


l’oxygène

Equation générale : CH3OH + 3/2 O2 → 2 H2O + CO2

Fig.43 : Fonctionnement d’une SAMFC au méthanol

Si Combustible = Glycérol (CH2OH-CHOH-CH2OH


A l'anode, la pile est alimentée par un mélange à base de glycérol. Le combustible en
e- e- présence des ions OH- (présents dans l’électrolyte) libère une molécule type
mésoxalate (COO- - CO – COO-), de l’eau et des électrons.
CH2OH-CHOH-CH2OH+12OH-→ COO--CO-COO-+10H2O+ 10e-
Combustible e- O2+H2O
(glycérol)
e- A la cathode, la pile est alimentée en oxygène humidifié. L’oxygène, l’eau et
Libération: les électrons reçus à travers le circuit électrique extérieur, vont réagir pour
Combustible appauvri OH-
former les ions OH- qui vont traverser la membrane électrolyte en direction de
+
Produits de réactions l’anode pour boucler le circuit électrique : O2 +2H2O + 4e- →4OH-
+
H2O
O2

Cathode
Electrolyte
Anode 2H2O + O2 +4e- 4OH-
CH2OH-CHOH-CH2OH+12OH- COO- - CO – COO- + 10H2O + 10e-Fig.44 : Fonctionnement d’une SAMFC au glycérol

41
AVANTAGES
Leurs électrodes permettent une utilisation moindre de métaux nobles, remplacés par le cobalt, l’argent ou le nickel, et donc une réduction de coût.
L’oxydation du méthanol s’effectuait mieux en milieu basique qu’en milieu acide, ce qui permet l’utilisation de métaux non-nobles.
La réduction de l’oxygène à la cathode est meilleure à pH élevé (PH>7 pour les solutions basiques).
Pas de problème de fuite du méthanol dans la membrane (électrolyte)

INCONVENIENTS
L’utilisation du méthanol fait de la SAMFC un système moins propre, à cause de la formation de CO2, gaz à effet de serre. Néanmoins, pour des
raisons d’infrastructure, de coût et de sécurité, notamment si l’application concerne les transports, le méthanol, qui est un liquide, présente des
avantages intéressants sur l’hydrogène.
Faible conductivité (par rapport aux PEMFC) de l’électrolyte solide.
La chaleur libérée par une SAMFC est négligeable devant celle d’une PEMFC.

APPLICATION

Applications de petite puissance (1 à 20 Kw) telle que l’électronique portable.En effet, la SAMFC vise principalement la production d’énergie électrique.
A cause de sa faible densité de puissance, ses applications sont aujourd’hui limitées à l’usage exclusif dans le domaine de l’électronique portable.
Cependant, en fonction du combustible utilisé, la SAMFC peut être utilisée en même temps comme générateur électrique et comme générateur des
sous-produits chimiques à valeur ajoutée dans l’industrie (se dit d’un produit dont la transformation va faire augmenter de façon considérable la valeur
commerciale)

VIII..2.2 Fonctionnement des PAC à moyenne température(200°C)

 Piles à combustible à acide phosphorique PAFC : Phosphoric Acid Fuel Cell

Ce sont des piles qui ont la technologie la plus mature(développées depuis les années 60) ; plus de 200 unités sont installées dans le Monde et
fonctionnent dans des banques, des hôtels, des hôpitaux et dans des postes de police. C’est donc une technologie très avancée en termes de
développement et de commercialisation.La technologie PAFC, comme son nom l’indique, utilise de l’acide phosphorique comme électrolyte, et elle est
tolérante aux impuretés issues de l’opération d’extraction de l’H2 (reformage) tel que le CO2.La forte chaleur dégagée par la pile permet son utilisation
pour la cogénération.
Par ailleurs, la technologie PAFC fonctionne à des températures de 150 °C à 220 °C, des pressions pouvant aller de 0,1 MPa à 0,8 MPa, avec un
rendement électrique compris entre 37 et 42 %, et un rendement global en cogénération (électricité et chaleur produite) de 85 %. Elle permet
notamment de répondre aux besoins sur des puissances importantes (100 kWe à 1MWe). Les coûts de ces solutions et les délais importants de mise en
service ont réduit considérablement l’intérêt commercial de cette technologie, au profit des PEMFC.

HISTORIQUE

La pile à combustible à acide phosphorique est issue des travaux de G.-V. Elmoreet H.-A. Tanner qui ont mis en évidence en 1961 l’intérêt de l’acide
phosphorique mélangé à de la poudre de silice. Elle a connu une première application en 1965 à des fins militaires. Une centrale de 1 MW utilisant cette
pile a été construite en 1978. C’est aujourd’hui une technologie mature pour les applications fixes. Quelques essais ont également été effectués pour les
applications portables et les transports publics.

CONSTITUTION

L’électrolyte est de l’acide phosphorique liquide (H3PO4)maintenu dans une matrice poreuse (stabilisé-non circulant- dans une matrice de poudre de
silice-carbure de silicium-CSi).
Les électrodes sont faites d’un mélange Pt/C avec un liant en PTFE (Polytétra-Fluoro-Ethylène ou Teflon). L’ensemble forme une structure poreuse pour
faciliter la circulation du gaz et de l’eau produite à la cathode. Le support des électrodes est une structure en graphite qui sert aussi de collecteur de
courant.
Le catalyseur des deux électrodes est de la platine ou un mélange de platine et de nickel.

Fig.45 : Constitution d’une PAFC

FONCTIONNEMENT

Elle fonctionne sur la base d’une oxydoréduction électrochimique avec de l’oxygène et de l’hydrogène et permet la production d’électricité, d’eau et de
chaleur. Sa température de fonctionnement est très critique, en général autour de 200°C :

42
< 150°C, la conductivité ionique de l’électrolyte est faible ;
>210°C, sa structure se modifie et l’électrolyte se décompose ;
< 190°C, l’électrolyte se dissout dans l’eau ;
L’électrolyte a aussi tendance à se figer et augmenter de volume à une température < 42°C.

Fig.46 : Fonctionnement d’une PAFC

Réactions électrochimiques

Les réactions sont les mêmes que pour la pile à combustible PEMFC.

Ainsi, à l’électrode négative, qui joue le rôle d’anode, le dihydrogène est oxydé selon la demi-réaction : 2 H2(gaz) ==> 4 H+(aq) + 4 é

Les ions H+ traversent l’électrolyte et à l’électrode positive, qui joue le rôle de cathode, le dioxygène est réduit selon la demi-réaction :

O2 (gaz) + 4 H+(aq) + 4 é ==> 2 H2O(liq)

Réaction Globale de la pile: 2 H2(gaz) + O2 (gaz) ==> 2 H2O(liq)

AVANTAGES

 La conductivité de l’électrolyte liquide est plus élevée que celle des électrolytes solides.
 Facilité de fabrication,
 Meilleure tolérance de l’électrolyte vis-à-vis du CO à cause de la température de fonctionnement (comprise dans la gamme 150 à 220°C). Cette
température est contrôlée grâce à un fluide (air, eau ou huile circulant dans des plaques de refroidissement intercalées entre les cellules) pour éviter
l'évaporation de l'électrolyte.
 L’électrolyte est peu sensible aux impuretés, notamment au CO2, ce qui permet de travailler facilement avec de l’air à la place de l’oxygène pur (plus
économique) ou avec des gazissus du reformage et donc contenant du CO2.
 L'intérêt des PAFC réside aussi dans l'utilisation de la chaleur produite: celle-ci a une température autour de 85°C (de plus hautes températures sont
possibles) et une température de retour de 40°C, le rendement thermique de la pile dépendant du niveau exact de ces deux températures.

Ces facteurs ont facilité le développement commercial de ce type de PAC.

INCONVENIENTS

 L’électrolyte étant très corrosif, la durée de vie des électrodes est limitée.
 Le démarrage est assez lent.
 Une bonne maîtrise de la température est indispensable pour assurer des conditions de fonctionnement correctes (il se solidifie à 42°C ce qui
impose de maintenir la pile au-dessus de cette température à l'arrêt)
 Pertes en acide sur une longue durée de fonctionnement
 Le rendement électrique qui est de 40% environ, diminue avec la durée de vie : il passe à 38% après 8000 h de fonctionnement et diminue encore
avec le temps : cet effet est dû à l'évaporation de l'électrolyte et à la corrosion des électrodes.

APPLICATION

Les PAFC sont souvent utilisés dans les applications à forte demande d'énergie, telles que les hôpitaux, les écoles et les centres de fabrication et de
transformation.

VIII..2.3 Fonctionnement des PAC à haute température

Pile à oxyde solide SOFC : Solid Oxide Fuel Cell, (800÷1000°C)

HISTORIQUE

Dans les années 1930 en Suisse, Emil Baur et Hans Preis ont expérimenté des PAC à haute température avec un oxyde solide comme électrolyte. Les
recherches ont ensuite repris à la fin des années 1950, durant lesquels divers centres de recherche aux Pays-Bas et aux Etats-Unis ont amélioré les
connaissances sur la technologie des électrolytes solides.

43
Plus tard, dans les années soixante, des chercheurs de Westinghouse réussirent enfin à faire fonctionner une cellule, utilisant un oxyde de zirconium et
un oxyde de calcium (1962). Enfin, au début des années 80 que les développements ont véritablement débuté et que les performances se sont
améliorées significativement (1983 chez Argonne National Laboratory, 1985 chez ECN, Pays-Bas et 1989 chez Ceramatec, USA, par exemple).

CONSTITUTION

Structure essentiellement composée de deux électrodes séparées par un électrolyte solide, conducteur des ions O2-.

Combustibles : Sont très variés avec possibilité ou non de reformage interne (production locale du H2 à partir du méthane par exemple).
Electrodes : Le matériau généralement utilisé à l’anode est du nickel poreux ou un mélange de nickel et d’oxyde de zirconium dopé à l’yttrium.

Les matériaux de la cathode fonctionnent en conditions très oxydantes(air ou O2+ haute température), ce qui interdit l’emploi de matériaux classiques
et oblige à l’utilisation de matériaux nobles* et/ou exotiques**, plus onéreux donc. Le matériau le plus utilisé à la cathode est un manganite de
lanthane, dopée au strontium.

L’électrolyte : C’est une céramique : l’oxyde de zirconium (ZrO2) dopée à l’oxyde d’yttrium (Y2O3). A haute température, cet oxyde est un conducteur
ionique (O2-).

Remarque : En février 2017, des chercheurs sud-coréens annoncent qu'ils ont développé une pile SOFC travaillant dans la gamme 400-500°C, grâce à un
nouvel électrolyte en film mince (Zirconate de barium - BZY) conducteur d'ions hydrogène au lieu d'ions oxygène (O2 --). Ce type de pile est généralement
baptisé PCFC (ProtonicCeramic Fuel Cell).

Le catalyseur : Ce type de pile n’a pas besoin de catalyseurs précieux tels que le platine. Les plus utilisés sont à base de nickel et d’oxydes :

- À l’anode : un cermet*** Ni-YSZ (Ni + zircone stabilisée à l’Yttrium),


- À la cathode : un composé de type LaxSr1-xMnO3.

Les plaques bipolaires : Elles ont pour fonction de collecter le courant et d’assurer la distribution de combustible et d’air. Les matériaux utilisés
dépendent des technologies développées et du niveau de température souhaité : ce peut être du chromite de lanthane dopé au magnésium (pour les
températures supérieures à 900°C), ou des alliages à base de chrome et de fer. Dans le cas de piles fonctionnant à une température inférieure à 700°C,
ces plaques peuvent être en acier inoxydable.

* L'or (Au), l'argent (Ag), le rhodium (Rh), l'osmium(Os), le palladium(Pd), le ruthénium (Ru), l'iridium (Ir) et le platine (Pt).
**Ferrites, Inconel, Molybdène, Nickel et ses alliages, Tungstène, Nimonic
***Cermet = matériau composite composé d’un renfort en céramique (Cer) et d’une matrice métallique (Met).

Les interconnexions :sont généralement, du fait de la haute température, en céramique.

Température de fonctionnement: Elle se situe traditionnellement autour de 1000°C, mais la recherche de l’abaissement du coût et de l’amélioration de
la tenue mécanique de la structure conduit les chercheurs à abaisser cette température autant que possible, tout en la maintenant au-dessus de 650°C
quand on souhaite utiliser un hydrocarbure et procéder à un reformage interne (gaz naturel, par exemple). En alimentation hydrogène, les japonais ont
réussi à abaisser cette température à 550°C.

FONCTIONNEMENT

Le principe de fonctionnement des SOFC est basé sur le mécanisme suivant: le dioxygène est dissocié à la cathode, puis l’anion migre à travers
l’électrolyte conducteur ionique à haute température et va se combiner à l’anode avec le dihydrogène, pour former de l’eau et libérer des électrons.

Fig.47 : Fonctionnement d’une SOFC

Réactions

A la cathode : réduction catalytique du dioxygène : O2 (gaz) + 4 e- →2O2-

A l’anode : oxydation catalytique du dihydrogène qui capture les ions oxydes O2-qui ont traversé l’électrolyte pour donner de la chaleur et de l’eau :
2H2(gaz)+2O2-→2H2O + Q (chaleur) + 4e-

Réaction globale:2H2(gaz)+O2(gaz)→ 2H2O(gaz)

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AVANTAGES
 Pas de platine et de métaux précieux
 Le rendement électrique maximal d’une SOFC alimentée en hydrogène est évalué à 60% (la pile à combustible peut donc convertir 60% de
l’énergie du carburant hydrogène en électricité). Le haut niveau de température de la chaleur rejetée (500 – 700°C) permet d’améliorer
sensiblement ce rendement en valorisant cette chaleur par couplage avec une turbine à gaz suivie éventuellement d’une dernière
récupération de chaleur, destinée au chauffage, par exemple.
 La température élevée de fonctionnement et la formation de vapeur d’eau permettent un reformage interne (direct ou indirect), à l’anode,
d’un combustible carboné (gaz naturel, kérosène, méthanol, etc …). Cette caractéristique fait que la pile SOFC, qui peut, bien évidemment,
être alimentée directement en hydrogène, est parfois, et de ce fait, décrite comme une pile au gaz naturel (reformeur intégré à l’anode).
 Ce niveau de température permet à ces piles d’être beaucoup moins sensibles que les autres aux impuretés contenues dans le combustible.
Par exemple, le monoxyde de carbone CO, impureté pour une pile de type PEM, devient au contraire un combustible pour une pile de type
SOFC !
 Les prototypes les plus puissants sont actuellement de 250 kW mais des projets à 2 MW sont à l’étude.
INCONVENIENTS

 La haute température (1000°C!) de fonctionnement est obligatoire pour permettre à l’électrolyte de posséder une conductivité suffisante.
Mais cette température élevée contraint les matériaux (actuellement, les efforts de développement se concentrent sur la recherche de
nouveaux matériaux plus stables à ces hautes températures et sur la diminution de la température de fonctionnement en dopant l’électrolyte
d’autres composés).
 Perte de conductivité des zircones avec le temps
 Aciers spéciaux nécessaires (plaques bipolaires)

APPLICATIONS

Les Piles à combustible à oxyde solide (SOFC) sont utilisées dans une gamme d'applications, allant des petits groupes électrogènes auxiliaires
résidentiels fournissant de la chaleur et de l'électricité aux maisons, aux gros groupes électrogènes stationnaires pour les grands bâtiments et les
entreprises.

Pile à combustible à céramique protonante PCFC : Protonic CeramicFuel Cell,(350÷600°C)

La pile PCFC est une variante de la pile SOFC. C’est une pile à haute température fonctionnant à température plus basse que la SOFC : 350 - 600°C. Elle
repose sur un transfert au sein d'une céramique de protons (au lieu d'ions négatifs O2-, le cas de la SOFC) qui ont une conductivité élevée à ces hautes
températures.

FONCTIONNEMENT

Une température élevée de fonctionnement est indispensable afin d'atteindre un bon niveau de rendement énergétique électrique avec les piles à
hydrocarbure. Les PCFC peuvent fonctionner à de hautes températures et oxydent, de manière électrochimique, des combustibles fossiles directement
à l'anode. Cela élimine l'étape intermédiaire de production d'hydrogène du procédé de reconstitution qui est déjà lui-même assez coûteux. Les
molécules gazeuses du combustible hydrocarboné sont absorbées à la surface de l'anode en présence de vapeur d'eau, et les atomes d'hydrogène sont
suffisamment excités pour être absorbés dans l'électrolyte dont le dioxyde de carbone agit comme produit de réaction d'origine.

De plus, les PCFC possèdent un électrolyte solide, ce qui implique que la membrane ne peut s'assécher comme dans les piles à combustible PEM, ou
que le liquide s'échappe comme pour les PAFC.

Fig.48 : Fonctionnement d’une PCFC

Pile à carbonate fondu MCFC : Molten Carbonate Fuel Cell, 650°C

Carbonates fondus : L’utilisation des carbonates fondus pour des dispositifs technologiques ou industriels se concentre très majoritairement sur des
compositions alcalines (Li2CO3, Na2CO3 et K2CO3), sous forme pur ou de mélanges, et qui contiennent parfois une certaine proportion de carbonates
alcalino-terreux (CaCO3, BaCO3...). La température de fusion des carbonates alcalins purs est comprise entre 1000 et 1200 K environ.

HISTORIQUE

 La pile à combustible MCFC a pour origine les travaux du chercheur suisse Emil Baur qui, dans les années 30, a expérimenté des piles à
combustible avec comme électrolytes des carbonates fondus. Les problèmes de conductivité électrique et de réactions chimiques secondaires
incontrôlées l’ont amené à abandonner cette technologie.
 Peu avant 1960, deux scientifiques néerlandais, G.-H.-J. Broers et J.-A.-A. Ketelaar ont conçu une cellule avec un électrolyte de carbonate de
lithium et de sodium dans une matrice d’oxyde de magnésium. Dans les années 1960, Texas Instrument a fabriqué des piles de ce type pour des
applications militaires.

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 Puis au début des années 90, la société japonaise Ishikawajima Heavy Industries (IHI) assemble et teste avec succès une pile de 1 kWe qui
fonctionne 10 000 heures, après quoi plusieurs autres sociétés japonaises se lancent dans cette technologie, suivies par la société américaine
Energy Research Corp (devenue Fuel Cell Energy).

CONSTITUTION

Structure essentiellement composée de deux électrodes (l’anode et la cathode) séparées par un électrolyte liquide, conducteur des anions CO3.

L’anode est généralement réalisée en alliage nickel-chrome contenant au moins 10% en masse de chrome. Une barrière poreuse est souvent mise en
place entre l’anode et l’électrolyte pour éviter le passage de gaz d’une électrode à l’autre.
La cathode est généralement réalisée en oxyde de nickel. Un des problèmes de ce type de pile est le risque de dissolution de cet oxyde dans l’électrolyte
et sur l’anode, conduisant ainsi à un court-circuit. Ainsi, d’autres alliages (ferrates et manganates de lithium, éventuellement dopés de cobalt, cuivre ou
magnésium) sont parfois utilisés. Le besoin de CO2 à la cathode nécessite une récupération du CO2 produit à l’anode.
Les plaques bipolaires, sont en acier inoxydable (ou alliages à base de nickel) protégé par traitement de surface (couche de nickel à l’anode, par ex.).
Le catalyseur : La température élevée de fonctionnement permet aux MCFC d'utiliser des catalyseurs sans platine au moyen d'un processus appelé «
reformage interne », qui réduit le coût global du système. Il n’y a donc pas de catalyseur précieux comme dans les piles à plus basse température. Le
nickel rapporté sur l’oxyde de magnésium ou l’aluminate de lithium a une activité catalytique suffisante pour assurer l’oxydation de l’hydrogène et le
reformage sur l’anode à 650°C avec un rendement proche de 100%. A la cathode, le catalyseur est NiO + Li.
L’électrolyte est un mélange de carbonates (généralement de lithium et potassium) qui a une tendance à migrer et donc que l’on stabilise, par
absorption dans une matrice céramique isolante et chimiquement inerte.
Température et pression de fonctionnement : dans le cas de reformage interne, le meilleur rendement de reformage étant obtenu à basse pression, la
pile fonctionnera à une pression proche de l’ambiante et à une température voisine de 650°C.
Evacuation de la chaleur : le reformage interne facilite beaucoup l’évacuation de la chaleur dans la mesure où cette opération est endothermique
(absorbe la chaleur). Dans le cas d’un reformage externe, plus facile à gérer mais moins performant, la chaleur évacuée est utilisée en partie pour
chauffer la vapeur nécessaire au reformage, le reste de l’énergie nécessaire à cette opération étant assuré par les imbrûlés (CO et CH4) sortant de
l’anode.
Combustibles : Les MCFC peuvent également utiliser le gaz naturel directement comme source de combustible, car ses températures élevées
permettent le reformage interne du gaz naturel en hydrogène dans le système lui-même.

FONCTIONNEMENT
Il s’agit d’une oxydo-réduction électrochimique et contrôlée d’hydrogène et d’oxygène, avec production simultanée d’électricité, d’eau et de chaleur,
selon la réaction chimique globale connue : H2+1/2O2→H2O

Alimentation directe en Hydrogène


Réactions électrochimiques

A l’anode :2 H2 + 2 CO32− → 2 H2O + 2 CO2 + 4 e-

A la cathode: O2 + 2 CO2 + 4 e− → 2 CO32−

La réaction globale:2H2+ O2→2H2O

Fig.49 : Fonctionnement d’une MCFC alimentée directement par de l’Hydrogène

Alimentation en gaz naturel

Réactions électrochimiques
A l’anode : Une première réaction de reformage interne (dans le cas d’une alimentation en gaz naturel):CH4 + 2 H2O 4 H2 + CO2

Puis: H2 + CO3- 2 -
H2O + CO2 + 2 e + traces de CO et CO + CO3- 2 -
2 CO2+ 2 e (pour les traces de CO)

A la cathode:O2 + 2 CO2 + 4 e- 2 CO32-

AVANTAGES
 Les MCFC peuvent atteindre des rendements de 50 à 60% et de 70 à 80% dans les applications de cogénération.
 Ces piles à combustible sont généralement déployées dans des applications stationnaires, fournissant une alimentation primaire et de
secours de haute qualité aux services publics et aux entreprises.
 La MCFC fait partie des piles dites à « électrolyte liquide », fonctionnant à haute température (vers 650°C) ; cette haute température permet
:
- Une valorisation intéressante des calories rejetées à haut niveau thermique, et en particulier le couplage avec une turbine à gaz en aval.
- Le reformage direct à l’anode de combustibles type hydrocarbures.
INCONVENIENTS
- La gestion d’un électrolyte liquide et les risques de corrosion, par comparaison avec l’électrolyte solide de la SOFC,
- La nécessité d’injecter à la cathode le CO2 récupéré à l’anode, ce qui complique le système.

APPLICATIONS

Les industriels américains, européens et japonais poursuivent le développement de la MCFC.Ses applications sont tournées vers le stationnaire dans la
gamme des centaines de kW.
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