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PREVOYANCE ET

ASSURANCES DE GROUPE

Professeur : Mr Pierre DEVOLDER

(pierre.devolder@uclouvain.be )

Option : Actuariat-Finance

Année universitaire : 2017-2018


TABLE DES MATIERES :

TITRE 1 : LA RETRAITE

Première Partie : Généralités sur les régimes de retraite

Chapitre 1 : Régimes de retraite


Chapitre 2 : Eléments de démographie
Chapitre 3 : Systèmes généraux de financement

Deuxième Partie : Les régimes en capitalisation

Chapitre 4 : Méthodologie générale de la capitalisation


Chapitre 5 : Capitalisation individuelle
Chapitre 6 : Capitalisation collective

Troisième Partie : Les régimes en répartition

Chapitre 7 : Régimes hybrides DB/DC


Chapitre 8 : Répartition par points
Chapitre 9 : Comptes notionnels

TITRE 2 : LA PREVOYANCE DECES

Chapitre 10 : Assurances décès en prestations définies


Chapitre 11 : Assurances décès en contributions définies

TITRE 3 : LES NORMES COMPTABLES

Chapitre 12 : Normes comptables IAS 19

TITRE 4 : COMPLEMENTS SUR LA CAPITALISATION

Chapitre 13 : Evolution aléatoire des taux de rendement


Chapitre 14 : Gains et pertes actuarielles

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BIBLIOGRAPHIE :

Ouvrage de référence du cours :

DEVOLDER P. : Le financement des régimes de retraite , Economica, Paris, 2005

Ouvrages de base :

ANDERSON A.W. : Pension mathematics for actuaries, Actex


Publications,Connecticut, 1992

THULLEN P. : Techniques actuarielles de la Sécurité Sociale , BIT, Genève,1974

Lectures complémentaires :

BERIN B.N. : The fundamentals of pension mathematics, Society of Actuaries, New


York, 1986

BLAKE D. : Pension Finance, John Wiley, Chichester, 2006

Sur les retraites au Maroc :

SADEK A.M. : Les retraites : crises, enjeux et perspectives , Centre d’Etudes et de


recherches documentaires, Mohammedia, 2006

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TITRE 1 : LA RETRAITE

PREMIERE PARTIE :

GENERALITES SUR LES REGIMES DE


RETRAITE

CHAPITRE 1 : REGIMES DE RETRAITE

1.1.THÉORIE DES TROIS PILIERS

Historiquement, la notion de régime de retraite, en tant que mécanisme systématique et


organisé sur une base légale ou réglementaire d'octroi de prestations aux personnes
âgées, est relativement récente.
Qu'il s'agisse de régimes de sécurité sociale mis en place au niveau de l'ensemble d'un
pays, de régimes de retraite professionnels s'adressant à tous les membres d'une
profession ou encore de plans complémentaires créés au sein des entreprises, on peut
affirmer qu'il s'agit essentiellement de créations du XXe siècle.
La conception moderne en matière de régimes de retraite repose sur la théorie des trois
piliers.
Un régime évolué de retraite doit reposer sur trois composantes, complémentaires et de
nature très différente :

- un premier pilier : la SECURITE SOCIALE organisée au niveau général


d'un pays et permettant d'octroyer un premier niveau de base en matière de
pension.

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- un second pilier : les REGIMES PROFESSIONNELS organisés au sein
d'une entreprise ou d'un secteur d'activité, octroyant à chacun des affiliés de
ces régimes un complément à la sécurité sociale.

- un troisième pilier : l'EPARGNE INDIVIDUELLE organisée au libre


choix de chacun.

Chacun de ces piliers a ses propres modes de fonctionnement, le caractère plus ou moins
collectif du pilier influant fondamentalement sur son mode d'organisation.
Les premier et second piliers seront dénommés ci-après régime de retraite.

Le tableau ci-dessous permet de se faire une première idée des différences


fondamentales entre la sécurité sociale et les régimes professionnels.

Premier Pilier Deuxième Pilier


(Sécurité Sociale) (Régimes Professionnels)
(Régime de base / Régime général) (Régimes complémentaires)

1°) Système organisé au sein d'un 1°) Système organisé au sein d'une
pays et concernant par définition entreprise ou d'un secteur
une population importante. d'activité ou d'une profession et
pouvant concerner aussi bien
des effectifs importants que des
populations très réduites.

2°) Système supposé pérenne 2°) Système pouvant s'arrêter

3°) Communauté de risque ouverte 3°) Communauté de risque fermée

4°) Possibilité de transfert de charges 4°) Principe d'autofinancement


entre génération

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L'importance prise respectivement par le premier et le deuxième pilier peut varier
fortement d'un pays à l'autre, en fonction des évolutions historiques.
On peut distinguer historiquement 2 modèles de base qui ont influencé le développement
des régimes, chacun répondant à une certaine philosophie du rôle de la Sécurité Sociale :

- le modèle de BISMARCK

Les prestations de retraite octroyées par la sécurité sociale sont la contrepartie octroyée par
la collectivité, de la création de richesse dont celle-ci est redevable au travailleur.

Il s'agit d'un principe d'assurance, et il y a logiquement une proportionnalité importante


entre les revenus d'activité et les prestations de retraite octroyées

- le modèle de Beveridge

Les prestations de retraite octroyées par la sécurité sociale ont pour objectif de subvenir
aux besoins fondamentaux de l'individu.

Il s'agit plutôt d'un principe d'assistance, les prestations sont naturellement beaucoup plus
uniformes et largement moins généreuses que dans le premier système.

1.2. PRESTATIONS D'UN REGIME DE RETRAITE

On distingue 2 grands systèmes qui diffèrent dans la façon dont les avantages à la
retraite sont calculés au profit des affiliés :

- les régimes à prestations définies ( DB = Defined Benefits)

- les régimes à contributions définies ( DC = Defined Contributions)

Il se développe aussi des systèmes intermédiaires hybrides : CB = Cash Balance

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1.2.1. Les régimes à prestations définies

Ces régimes, basés sur une optique de revenu de remplacement, définissent


explicitement les prestations octroyées en fonction de différents paramètres tels que la
durée d'affiliation et les salaires d'activité.

Par exemple :

Rente de retraite = 30 % de la moyenne des salaires des 5 dernières années


d'activité.

Les prestations étant ainsi définies, il s'agit de les financer : le financement des régimes
à prestations définies est l'un des aspects les plus importants de la théorie actuarielle des
pensions.

L'avantage de tels régimes est clairement la transparence vis-à-vis des affiliés,


parfaitement au fait du niveau des prestations qu'ils recevront.

Inversement, le coût est inconnu a priori … et peut réserver des surprises.

1.2.2. Les régimes à contributions définies

Ces régimes, basés plutôt sur une optique d'épargne, définissent explicitement les
cotisations qui seront versées au régime. Les prestations obtenues en découlent selon
des règles définies. C'est donc ici le niveau du financement qui est défini a priori, les
prestations devant être adaptées afin d'assurer l'équilibre du régime.

Par exemple :

Cotisation retraite = 10 % du salaire

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L'avantage de tels régimes est bien sûr la maîtrise du coût, connu dès l'abord. Le prix à
payer est une relative insécurité pour les affiliés sur le niveau effectif des prestations
octroyées par le régime.

L'exemple élémentaire suivant permet d'illustrer le niveau très variable des prestations
que peut générer un système en contributions définies, en fonction du profil de carrière
de l'affilié :

Exemple 1 :

- Cotisation : 10 % du salaire

- Taux de capitalisation : 4 %

- 3 catégories de salariés

- Age d'affiliation : 20 ans

- Age de la retraite : 60 ans

L'épargne accumulée à la retraite est convertie en rente viagère; on suppose que le prix de
rente à 60 ans est de 10 (a60 = 10).

Les profils de carrière des 3 catégories sont les suivants (évolution des salaires) :

Age A B C

20 - 29 100 75 100

30 - 39 125 100 200

40 - 49 125 150 400

50 - 59 125 150 600

On ignore l'effet de la mortalité durant la période d'activité.

En notant Si j le salaire de l'année j pour la catégorie i, on peut calculer les grandeurs


suivantes :

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59
- somme des salaires de carrière :  S i j   i1
j  20

1 59
- salaire moyen de carrière :  S i j   i2 
40 j  20

59 60  i
- épargne accumulée à la retraite :  i3    0, 1 S ij . 1,04 
j  20

- rente obtenue à 60 ans :


1 1
 i4    i3    3 
a 60 10 i

Le tableau suivant résume les résultats obtenus :

A B C

i1 4.750 4.750 13.000

i2 118,75 118,75 325

i4  111,2 102,2 239,4

On peut exprimer la rente obtenue en pourcentage du dernier salaire d'activité ( "taux de


remplacement") ou du salaire moyen de carrière :

A B C

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 i4  89 % 68 % 40 %
S i 59

 i4  94 % 86 % 74 %
 i2

On constate que le système est très défavorable aux profils de carrière dynamiques et
privilégie plutôt les profils plats.

1.2.3. Les régimes de type cash balance

Il s’agit de régimes proches des contributions définies : on définit une cotisation de base
qui est inscrit sur le compte de l’affilié et qui sera revalorisée, non pas à l’aide de vrais taux
de rendement (inconnus au départ) mais à l’aide d’un taux d’intérêt prédéfini une fois pour
toutes (par exemple contributions de 8% des salaires capitalisées à du 4%).

1.3. FORMULE DES PRESTATIONS

Une fois le choix effectué entre prestations définies et contributions définies, il s'agit de
définir les formules de référence.

1.3.1 Régimes à prestations définies


Classiquement, ces régimes définissent une rente de retraite (revenu périodique payable à
partir de l'âge de la retraite). Ils peuvent également prévoir un capital unique à l’âge de la
retraite.

La rente de retraite notée RR est une fonction de plusieurs variables, généralement :

- le salaire d'une ou plusieurs années de carrière


- la durée de la carrière
- des plafonds permettant d'écrêter ou de découper en tranches les salaires
- des prestations obtenues par d'autres régimes.

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On peut écrire une formule très générale de la forme :
RR = g(N). f(S) – M
Les trois principaux choix à effectuer sont :

1°) la définition du salaire pris en compte (fonction f(S))


2°) la prise en compte de la durée de carrière (fonction g(N))
3°) les éléments soustractifs éventuels (élément M)

1°) Définition du salaire de référence

En notant S j (j = x 0 ,… , x r  1) le vecteur des salaires réels d'activité

entre l’âge d'affiliation x 0 et l’âge de retraite x r , on détermine généralement


les salaires à prendre en compte dans la formule de retraite, par les 2 opérations
suivantes :

a) écrêtement / découpe en tranches

Les salaires peuvent être plafonnés :

 
S j  min S j , Pj où Pj = plafond de l'année j

Ils peuvent être également découpés en tranches :

  
S j  k 1 . min S j , Pj  k 2 . max S j  Pj ; 0 

où Pj = plafond de l'année j
k1 et k2 sont 2 coefficients définis dans le plan.

Par exemple :
Salaire de référence = 100% salaire annuel jusqu’à 25.000 EUROS +
75% du solde

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b) nombre de salaires pris en compte
On rencontre classiquement les systèmes suivants :

- « flat rate » : indépendant du salaire ; forfait par année de carrière

- moyenne de carrière

Le salaire de référence est la moyenne arithmétique des salaires de


carrière éventuellement écrêtés.

xr 1
1
S
xr  x0
S
j  x0
j

- moyenne de carrière indexée

Les salaires historiques sont indexés à la date de la retraite :

xr 1
1
S
xr  x0

j  x0
S j gj

où g j = facteur d'indexation entre l'âge j et l'âge de la retraite xr .


Ce facteur d’indexation est commun à tous ; il corrige donc l’inflation
générale mais pas les hausses individuelles en cours de carrière.

- salaire final

A l'inverse, on ne tient compte ici que du dernier salaire d'activité

S  S xr 1

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- moyenne des n dernières années
On tient compte des n derniers salaires d'activité :

n
1
S
n

j 1
S xr  j

Travailler en moyenne de carrière ou en salaire final change fondamentalement


l'amplitude des prestations comme le suggère l’exemple suivant :

Exemple 2

Soit un régime octroyant une rente de retraite égale à 75 % de la moyenne des


salaires de carrière. Que représente ce régime, exprimé en pourcentage du salaire final ?

Hypothèses - x 0 = 20

- x r = 60
- salaire initial unitaire S20 = 1 croissant en progression
géométrique d'un facteur (1 + j)

La rente octroyée peut s'écrire :


1 39

 1  j
k
RR = 75 %
40 k0

1 1  j40  1
= 75 %
40 j

En exprimant la rente en pourcentage du salaire final :

1 1  j  1
40
RR
TR   75 %  75%. 
S59 40 j 1  j39

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Le tableau ci-dessous donne en fonction du taux de progression des salaires la
valeur du paramètre  :

j 
2% 70 %
5% 45 %
10 % 27 %

A l'inverse, un régime basé sur le salaire final s'il protège mieux l'affilié, peut réserver des
surprises en termes de coût comme le montre l’exemple suivant :

Exemple 3

- carrière entre les âges de 20 ans et 60 ans

- salaire initial unitaire S20 = 1 évoluant selon la grille suivante :

Age Salaire

20 - 29 1

30 - 44 1,2

45 - 54 1,5

55 - 58 1,8

59 1,9

- le régime octroie une rente égale à 50 % du salaire final.

- on suppose que le financement est assuré en cours de carrière par des


versements constants basés sur le salaire connu au moment du calcul (le
dernier salaire connu sert à tout instant d’estimateur du salaire final).

- taux d'actualisation : 4 %

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- pas de mortalité avant la retraite

- prix de rente à 60 ans : a60 = 10

On s'intéresse à l'évolution du pourcentage de contribution au régime, c’est-à-


dire le rapport entre la cotisation à verser et le salaire

- La cotisation initiale est donnée par :


0,5 v 40
p 20  x 10 = 0,051
a 40

1
où v=
1,04

  1  v  1,04
40
a 40
0,04

Le taux de contribution initial est donc de 5,1 %.

- A 30 ans, l'augmentation de salaire oblige à prévoir un complément de


cotisation entre cet âge et l'âge de la retraite :

0,5  0,2 v 30
p 30  p 20   10
a30

= 0,051 + 0,017 = 0,068

Le taux de contribution devient :

0,068
 30   0,056
1,2

- De même, aux âges suivants, on obtient :

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Age Taux de
contribution

20 - 29 5,1 %

30 - 44 5,6 %

45 - 54 9,3 %

55 - 58 22,6 %

59 46,6 %

Les augmentations de salaire fin de carrière provoquent donc une explosion du coût dans ce
type de plan.

2°) Définition de la durée de carrière :

Généralement, les prestations sont reliées à la durée de carrière, à l'aide de


fractions du type :
N
 
N TOT

où N = durée de carrière prise en compte pour l'affilié ;

N TOT = durée de carrière maximale prise en compte.

En ce qui concerne la durée de carrière N prise en compte, différentes possibilités se


présentent. Le problème se pose classiquement lorsqu'un plan est mis en place alors que
les salariés comptent déjà des années de service dans l'entreprise.

On peut dans ce cas :

- ne compter les années de service que postérieures à l'affiliation au plan :

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N1 = Age à la retraite - Age à l'affiliation

- compter également les années entre l'entrée en service et l'âge d'affiliation :

N2 = Age à la retraite - Age à l'entrée en service

On parle dans ce cas de reconnaissance des "services passés initiaux (ou "back
service").

- ne revaloriser qu'une partie de ces services passés, par exemple :

N3 = N1 + min (N2 - N1; M)

où M est un nombre fixe d'années pour tous les affiliés (maximum).

Suivant l'âge à l'entrée et l'âge à l'affiliation, le financement des services passés initiaux
peut représenter un coût très important comme le montre l’exemple suivant :

Exemple 4

- Mêmes hypothèses que l'exemple 3.

- On suppose que tous les affiliés sont entrés en service à 20 ans, et


que le plan reconnaît les services passés.

- Pour un affilié âgé de 40 ans à l'instauration du plan, on a :

- services futurs : N1 = 20

- services passés : N2 = 20

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Taux de contribution - services futurs :

20 0,5 v 20
 40 N 2    10   0,081
40 a 20

Taux de contribution - services passés :

20 0,5 v 20
 40 N 1    10   0,081
40 a 20

Contribution totale :

 40   40 N1    40 N 2   0,162

Le tableau ci-dessous donne les taux de contribution en fonction de l'âge à


l'instauration du plan.
TABLEAU : évolution des taux de contribution pour services passés et
services futurs

Âge à Taux de Taux de Taux de


l'instauration x contribution contribution contribution total
services passés services futurs (1) + (2)
(1) (2)

20 0 5,1 % 5,1 %

30 2,1 % 6,4 % 8,6 %

40 8,1 % 8,1 % 16,2 %

50 30 % 10 % 40 %

55 77,7 % 11,1 % 88,8 %

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x  20 0,5 v 60  x
La colonne (1) est donnée par :  x N1     a 60
40 a 60  x

60  x 0,5v 60  x
La colonne (2) est donnée par :  x N 2     a 60
40 a 60  x

a 60  10
Avec : 1
v
1,04

Ce tableau met en évidence la croissance exponentielle du taux de


contribution des services passés.

3°) Eléments soustractifs

Les plans de pension pouvant se superposer les uns aux autres (comme par
exemple un plan de second pilier venant s'ajouter un régime de base du
premier pilier), il n'est pas rare que certaines formules prennent en compte
les prestations déjà garanties par d'autres plans.

Deux techniques sont classiquement utilisées à cet égard :

a) la formule "offset" :

On déduit explicitement les prestations d'un autre plan.

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Exemple : rente de retraite donnée par :

N
RR  (70 % S  R SS )
40

où N = durée de carrière

S = dernier salaire = S xr  1

R SS = rente octroyée par le régime général de sécurité sociale

L'objectif de ce plan est donc d'octroyer un niveau global de retraite


correspondant à 70 % du dernier salaire, en ce compris la pension de premier
pilier.

b) la formule "step rate" :

Généralement les régimes de sécurité sociale ne prennent en compte dans les


formules de prestation, les salaires que jusqu'à un certain plafond. La
tranche de salaire supérieure à ce plafond ne donne donc droit à aucune
pension au niveau du premier pilier.

Il semble naturel dans ce contexte, dans le cadre d'un plan complémentaire


de second pilier, d'octroyer des prestations plus importantes sur la tranche de
rémunération au-dessus du plafond.

L'exemple ci-dessous montre comment peut se justifier une telle


construction :

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Exemple

- Comme dans l'exemple précédent, on veut octroyer un niveau global


de pension correspondant à 70% du dernier salaire.
- On suppose que le régime de base octroie jusqu'à un certain plafond
de rémunération noté P, une rente de retraite correspondant pour une carrière
de 40 ans à 50 % du dernier salaire.

On a donc dans ce cas :

R SS 
N
40
50 % . min S xr  1,P  

L'objectif du plan de second pilier peut alors s'écrire :

50 % min S x 1 , P 
N N
RR  70 % S x r 1

40 40 r


N
40

20 % min S x r  1, 
P   70 % max S x r 1  P, 0 

Par rapport à la formule offset, cette formule présente un double avantage :

- plus grande simplicité de calcul et de communication aux


affiliés : elle ne dépend que d'un montant du régime de base, le plafond; il
n'est plus nécessaire de calculer la formule précise de premier pilier.

- moins grande dépendance directe au régime de base


notamment en cas de modification de ce dernier.

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Remarque :. Rente ou capital ?

Les exemples développés précédemment définissent les prestations sous forme de rente
(revenu périodique payable à partir de l'âge de la retraite); c'est évidemment la forme la
plus naturelle de prestations d'un régime de retraite s’agissant somme toute de garantir des
revenus de remplacement.
Des alternatives sous forme de prestation en capital existent néanmoins. Ce choix entre
rente et capital peut se situer à 2 niveaux :

a) au niveau de la définition même de la formule de retraite :

Plutôt que de garantir une rente régulière payable à partir de l'âge de la retraite, on
verse un capital unique payable une fois à l'âge de la retraite.

Exemple

Garantie à l'âge de la retraite d'un capital retraite CR correspondant à 3


fois la moyenne des salaires des 5 dernières années d'activité, pour une
carrière de 40 ans :

N 1 5
CR  3 (  Sx i )
40 5 i  1 r

b) au niveau de la liquidation effective des prestations : certains plans,


même si ils sont formulés au départ sous forme de rente (respectivement de capital)
peuvent offrir l'option à l'affilié de recevoir les prestations plutôt sous forme de
capital (respectivement de rente).

Le facteur de passage de rente en capital s'appelle prix de rente.

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Un plan en capital prévoyant un capital retraite CR donne droit à l'âge de la
retraite à une rente de retraite RR donnée par :

1
RR  CR
axr

Quelques formules en prestations définies


En combinant les différents éléments décrits ci dessus on peut générer diverses
formules de prestations ; nous donnons ci dessous à titre d’exemples quelques
plans types.

Plan 1 : formule forfaitaire :


N
R F
45
avec : - R = rente de retraite annuelle
- N = durée de la carrière depuis l’affiliation au plan, limitée à 45 ans
- F= forfait annuel égal par exemple à 5.000 EUROS

Plan 2 : formule sur salaire final :

N
R 50% S x 1
40 r

avec : - R= rente de retraite annuelle


- N = durée de la carrière depuis l’entrée en service, limitée à 40 ans
- S x r 1 = dernier salaire annuel d’activité de la carrière avant l’âge de

retraite xr
L’écriture de la formule sous cette forme suggère l’objectif global du plan pour
une carrière complète de 40 ans : obtenir la moitié du salaire final.
On peut alternativement écrire l’objectif sous la forme :

R  N (1,25% S x 1 ) r

suggérant que chaque année de service prestée engendre une part de rente égale
à 1.25% du dernier salaire.

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Plan 3 : formule sur salaire final par tranche :

N*
R ( 20% min( S x 1 ; P)  75% max(S x 1  P;0))
40 r r

avec : - R = rente de retraite annuelle


- N* = durée de la carrière depuis l’affiliation au plan limité à 40 ans
- S x r 1 = dernier salaire annuel d’activité de la carrière avant l’âge de

retraite xr
- P=plafond fixé à 25.000 EUROS
L’objectif du plan est d’obtenir pour une carrière complète une rente de retraite
correspondant à 20% du dernier salaire jusqu’au plafond et 75% de la partie du
dernier salaire excédant ce plafond.

Plan 4 : formule sur salaire moyen écrêté des 5 dernières années :


N
R 60% S(5)
45

avec : -R= rente de retraite annuelle


- N = durée de la carrière depuis la date d’affiliation, limitée à 45 ans

- S(5)  moyenne des 5 derniers salaires annuels d’activité, chacun


d’entre eux étant limités à un montant maximum de 40.000 EUROS
L’objectif du plan est d’obtenir est d’obtenir pour une carrière complète une
rente de retraite correspondant à 60% de la moyenne des 5 derniers salaires de
la carrière, chacun d’entre eux étant limités à un plafond de 40.000 EUROS.

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Plan 5 : formule sur moyenne de carrière :

N
R 75% S
40
avec : -R= rente de retraite annuelle
- N = durée de la carrière depuis l’âge d’entrée en service x0
x r 1
1
- S  moyenne des salaires d’activité=
xr  x0
S
j x 0
j

A nouveau cette formule explicite l’ambition du plan pour une carrière


complète de 40 ans : obtenir ¾ du salaire moyen d’activité.

On peut alternativement noter en remarquant que : N  x r  x 0 :


x 1

R  (1.875%)  S x
xx 0

suggérant cette fois que chaque année de service engendre une part de rente
correspondant à 1.875% du salaire de l’année.

Plan 6 : formule offset sur salaire final :


N
R 80% S x 1  R SS
40 r

avec : - R= rente de retraite annuelle


- N = durée de la carrière depuis l’entrée en service, limitée à 40 ans
- S x r 1 = dernier salaire annuel d’activité de la carrière avant l’âge de

retraite xr
- RSS = rente obtenue par un régime de base de sécurité sociale
L’objectif du plan est d’obtenir pour une carrière complète 80% du dernier
salaire, en tenant compte de la prestation de retraite déjà octroyée par le régime
général de sécurité sociale.

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Plan 7 : formule en capital par tranche :

N
C ( 2 min(S x 1 , P)  5 max(S x 1  P;0))
45 r r

- C = capital disponible à l’âge de la retraite


- N = durée de la carrière depuis l’affiliation au plan, limitée à 45 ans
- S x r 1 = dernier salaire annuel d’activité de la carrière avant l’âge de

retraite xr
- P=plafond fixé à 25.000 EUROS

L’objectif du plan est d’obtenir à l’âge de la retraite un capital égal à deux fois
le dernier salaire jusqu’au plafond et 5 fois la partie de salaire excédant ce
plafond. Ce capital disponible à l’âge de la retraite peut être converti en une
rente de retraite à l’aide d’un coefficient de conversion en rente sur une tête :
C
R
ax r

1.3.2. Régimes à contributions définies

Le régime doit définir le niveau de contribution à verser par les affiliés et/ou par
l’employeur. Dans un régime à contributions définies, la responsabilité de l’employeur
se termine au moment où il a versé la contribution. Celle-ci est généralement investie
dans des actifs financiers et l’affilié aura le produit de ce que donneront les rendements
de ces actifs. On rencontre entre autres dans la pratique les formules suivantes :

- cotisations en pourcentage des salaires :


par exemple : cotisation retraite = 5 % salaire

- cotisations en pourcentage des salaires plafonnés :


cotisation retraite = 7 % min (salaire; M) où M est un plafond

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 26


- cotisations par tranches :
cotisation retraite = 5 % min (salaire; M) + 10 % max (salaire - M; 0)

- cotisations croissantes :

Le pourcentage de cotisation à appliquer au salaire est croissant avec l'âge.

Par exemple :

cotisation retraite = 2 % salaire (20  x < 35)

3 % salaire (35  x < 50)

4 % salaire (x  50)

(x étant l'âge de l'affilié).

- cotisation par tranche et croissante :

combinaison des 2 variantes vues ci-dessus.

A l'instar des plans à prestations définies, les plans en cotisations définies peuvent selon
les cas prévoir une liquidation de l’épargne en capital et/ou en rente.

Remarquons enfin que certains plans en contributions définies prévoient aussi un taux
de rendement minimum garanti (soit garanti par un assureur soit garanti par
l’employeur).

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 27


1.4. METHODES DE FINANCEMENT

Dans un plan à prestations définies, une fois fixées les prestations, il s'agit de définir la
façon de les financer, autrement dit de calculer les cotisations à verser en vue d'honorer
les promesses du régime.
De même dans un plan à cotisations définies, il y a lieu, à partir des cotisations, de
déterminer les prestations dues.

La liaison entre prestations et cotisations dans un régime de retraite est basée sur 2
notions fondamentales :

- la communauté de risque

- la relation d'équivalence actuarielle.

La communauté de risque est un sous-ensemble de la population rendu solidaire dans le


financement de la retraite.

La relation d'équivalence actuarielle exprime alors pour chacune des communautés de


risque, l'équilibre entre prestations et cotisations :

valeur actuelle des cotisations pour la communauté = valeur actuelle des


prestations pour la communauté

On remarquera déjà que, contrairement aux principes actuariels classiques utilisés


en assurance vie, on ne demande nullement ici nécessairement un équilibre moyen
cotisation / prestation au niveau de chaque individu; l'équivalence est jugée au niveau
d'un collectif à définir.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 28


Le choix du type de communauté de risque va engendrer des méthodes différentes de
financement.

En vue de visualiser facilement les communautés de risque, un outil utile est le


diagramme de LEXIS; il s'agit d'un graphe à 2 dimensions, l'abscisse représentant le
temps courant, l'ordonnée d'âge.

Une ligne de vie représente dans ce graphe l'évolution d'un individu au cours du
temps.

x ligne de vie
(âge)

t (temps)

On peut distinguer 2 classes de méthodes extrêmes engendrées par des communautés de


risques très différentes :

- la capitalisation individuelle

L'équilibre cotisation / prestation est réalisé au niveau de chaque ligne de


vie d'un individu. On peut donc dire que chacun finance sa propre retraite;
s'il y a solidarité, c'est au niveau de la cohorte de tous les individus nés la
même année au travers de l’utilisation d’une table de mortalité. Il n'y a par
contre aucune solidarité entre générations.

Une communauté de risque est dans ce cas une diagonale dans le


diagramme de LEXIS.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 29


- la répartition pure

L'équilibre cotisation / prestation est réalisé à chaque instant, en mettant


en parallèle les cotisations versées par les actifs et les prestations à verser
aux retraités.

La communauté de risque est donc constituée de l'ensemble des cotisants et


bénéficiaires existant à un même instant; elle est représentée par une
verticale dans le diagramme de LEXIS.

On peut déjà à ce stade relever quelques caractéristiques générales de ces 2


systèmes antagonistes :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 30


Répartition pure Capitalisation individuelle

- Résistance à l'inflation - Dépendance forte à l'inflation

- Dépendance forte à - Résistance à l'évolution


l'évolution démographique démographique

- Solidarité inter- - Equité au niveau individuel


générationnelle

Répartition pure Capitalisation individuelle

- Hypothèse sous-jacente de - Pérennité non indispensable


pérennité du système

- Rétroactivité facile en cas - Rétroactivité difficile en cas de


de création d'un régime création d'un régime

- Pas de constitution de - Provisions importantes


provision

Il est d'usage dans le débat sur les retraites d'opposer avec passion ces 2 systèmes qui
effectivement, de par leur nature, présentent des traits à la fois extrêmes et violemment
contrastés.

C'est oublier qu'il existe entre ces deux extrêmes, toute une palette de méthodes
intermédiaires qu'on peut regrouper en 3 familles :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 31


a) la répartition étalée

La communauté de risque est constituée par l'ensemble des actifs et retraités


présents, non plus seulement en un instant mais durant T années.

b) la répartition des capitaux de couverture

La communauté de risque est constituée d'une part, par l'ensemble des


actifs présents en un instant, d'autre part, la génération partant à la retraite à
cet instant.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 32


c) la capitalisation collective

La communauté de risque est constituée par les lignes de vie de plusieurs


cohortes, solidarisées dans le financement.

Dans toutes ces méthodes, il y a constitution de provisions, leur


importance variant selon la méthode retenue.

1.5. VEHICULES DE FINANCEMENT D'UN REGIME

Le véhicule de financement d'un régime de retraite est le support financier qui sous-tend
la construction.

Si les premiers piliers, de nature étatique et le plus généralement en répartition, sont


gérés dans le cadre des budgets de la sécurité sociale, les régimes de second pilier
présentent des formes variées, justifiées par la gestion financière des provisions
constituées (la répartition y étant rare).

Citons ici 4 constructions possibles :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 33


1°) Réserves internes (BOOK RESERVE) :

Les engagements de pension contractés par l'entreprise dans le cadre d'un plan de
pension de second pilier sont inscrits directement au passif du bilan de l'entreprise.

Les actifs représentatifs de ces engagements sont mélangés avec les autres actifs.

BILAN SYNTHETIQUE AVANT CREATION DU PLAN

ACTIF PASSIF

Placements immobiliers Fonds propres

Placements mobiliers Dettes

Trésorerie

BILAN SYNTHETIQUE APRES CREATION DU PLAN

ACTIF PASSIF

Placements immobiliers Fonds propres

Placements mobiliers Dettes

Trésorerie Provision pour engagement


de pension

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 34


Les avantages de ce système sont :

- une structure souple, peu coûteuse, ne nécessitant pas une construction


parallèle

- la possibilité d'injecter une partie du cash généré dans des investissements


structurels.

Les dangers sont :

- la faillite : les affiliés sont mis sur le même pied que les autres créanciers
et risquent de perdre tout ou partie de promesses contractées.

- la liquidité : la politique d'investissement dans des biens structurels peut


poser des problèmes graves de liquidité lorsque des prestations importantes doivent être
payées aux retraités.

Le risque de faillite fait que ce système est interdit dans de nombreux pays; il est
utilisé en Allemagne, mais assorti d'une assurance insolvabilité obligatoire souscrite par
l'entreprise.

2°) Réserves externes (PENSION FUND)

En vue de la gestion de son régime de retraite, l'entreprise crée une entité juridique
autonome ayant sa propre structure bilantaire et dont l'objectif unique est la réalisation
du plan de pension; c'est la notion de fonds de pension.
Les flux financiers sont donc :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 35


Cotisation Prestation

Entreprise Fonds de pension Retraités

Le fonds de pension a sa propre structure bilantaire, son unique passif étant par
définition les engagements de pension contractés par l'entreprise :

ACTIF PASSIF

Placements immobiliers Provision pour engagement


de pension

Placements mobiliers

Trésorerie

Ce mécanisme permet donc de répondre aux deux objections du système de réserve


interne :

- la faillite : en cas de faillite de l'entreprise, les provisions de pension sont


totalement protégées des créanciers extérieurs et restent acquises aux
affiliés.

- la liquidité : le fonds de pension ayant ses propres actifs, a sa propre


politique financière tenant compte des échéanciers de pension (ce qu'on
dénomme "gestion actif passif" ou ALM - "asset and liability management").

L'inconvénient majeur est évidemment le coût administratif généré puisqu'il faut


créer et gérer un organisme complémentaire à l'entreprise.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 36


Ce système est largement répandu dans les pays anglo-saxons (Royaume Uni, Etats-
Unis, Pays-Bas) et concerne plutôt les grandes entreprises.

3°) Fonds sectoriels / Fonds multi-employeurs

Certains régimes de pension complémentaires sont communs à tout un secteur


d'activité; dans d'autres cas, des entreprises, appartenant ou non à un même groupe
financier, peuvent décider de gérer en commun leur plan de pension respectif.

Ces cas de figure motivent l'existence de fonds de pension, ne concernant plus une seule
entreprise mais plusieurs entreprises.

Les flux sont alors :

Entreprise 1

Entreprise 2 Fonds de pension Retraités

Entreprise n

La construction permet le partage des frais inhérents à la création et gestion du fonds


entre les différents membres du pool, ce qui en fait une solution mieux adaptée que la
précédente pour les petites et moyennes entreprises.

Des règles précises doivent bien sûr être prévues en cas de retrait ou de faillite d'un des
membres de ce pool; le degré de solidarité entre les membres, notamment au niveau du
financement, doit également être mentionné.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 37


4°) Assurances collectives / Assurances de groupe

Une autre façon pour l'entreprise d'externaliser ses engagements de pension mais
cette fois sans devoir créer une structure propre, est de confier la gestion de son plan de
retraite à un assureur.

Les flux sont donnés par :

Primes prestations

Entreprises Compagnie d'assurance Retraités

Les engagements de pension sont cette fois inscrits au passif du bilan de l'assureur
(poste "réserves mathématiques"); les législations prévoient généralement que les
assurés bénéficient d'une créance privilégiée sur ce poste.

En cas de faillite de l'assureur, les provisions constituées sont donc protégées.

Au niveau de la gestion financière, celle-ci est effectuée par l'assureur avec selon les cas
une plus ou moins grande intervention de l'entreprise; dans ce contexte, une garantie de
taux d'intérêt peut être offerte par l'assureur.

Ce système présente les mêmes avantages prudentiels que les fonds de pension; il ne
nécessite pas de devoir mettre en place une structure autonome.

Il permet facilement d'octroyer des garanties de taux aux affiliés mais les coûts
d'intermédiation de l'assureur doivent bien sûr être pris en considération (frais de gestion
réclamés et marge bénéficiaire dégagée par l’assureur) .

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 38


CHAPITRE 2: ELEMENTS DE DEMOGRAPHIE

2.1. DIAGRAMME DE LEXIS

La démographie s'intéresse à l'évolution dans le temps des effectifs d'une population


déterminée, généralement analysée par âge.

Les deux variables principales d'analyse sont donc le temps (t) et l'âge (x).

Le diagramme de LEXIS permet de visualiser dans un plan à 2 dimensions ces 2


variables ainsi que la progression d'une population.

Un individu dans ce plan est caractérisé :

- par un point d'entrée (x0, t0)

selon le problème étudié x0 peut représenter la naissance (x0 = 0); il peut


également représenter l'entrée en service dans une entreprise si on s'intéresse
à l'évolution de son effectif.

- par un point de sortie x N , t 0  x N  x 0 

selon les cas, x N peut être l'âge de décès ou l'âge de la retraite x r

- par une diagonale rejoignant ces 2 points et appelée ligne de vie

Une verticale dans ce diagramme représente l'ensemble de la population


présente en un instant.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 39


Une horizontale dans ce diagramme représente l'évolution dans le temps
d'une classe d'âge fixé.

2.2. MODELES DISCRETS DE POPULATION

Un modèle de population consiste à décrire l'effectif d'une population vu


comme fonction de deux variables : le temps et l'âge.
On suppose l'horizon de temps discret, de la forme :
T   t 0 , t 0  1, t 0  2, .... t 1

On observe donc la population, par exemple tous les ans ou tous les mois à dates
fixes.

Au niveau des âges, on discrétise également l'échelle (en arrondissant par exemple l'âge
exact à 6 mois près) :

X   x 0 , x 0  1, x 0  2,...., x N 

On note alors :

L x, t ; x  X; t  T la fonction de population donnant à la date t, l'effectif


de la population d'âge x.

La population totale à la date t sera notée :


xN
N t    L x, t 
x  x0

La fonction L de deux variables permet de faire une triple analyse :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 40


- pour t = t  fixé : L est vu comme fonction de l'âge

L x , t , L x
0

0  1, t * , .... L x N , t   

On représente communément cette suite sous forme d'un graphe appelé


pyramide des âges

- pour x = x  fixé : L est vu comme fonction du temps

L x  , t 0 , L x  , t 0  1, .... L x  , t1  

permettant de suivre au cours du temps l'évolution en effectif d'une classe


d'âge fixe.

- pour x et t reliés par : x  x   t  t 

L x  , t  , L x   1, t   1, L x   2, t   2,... 

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 41


permettant de suivre l'évolution d'une cohorte d'âge initial x  au temps

t x   X, t   T .

La dynamique des populations tente de comprendre l'évolution des effectifs à


partir de deux phénomènes explicatifs :

- les entrées dans la population (naissance, immigration, embauche,…)

On notera  E x, t ; x  X, t  T

la fonction donnant à la date t l'effectif des nouveaux entrants à l'âge x.

- les sorties de la population (décès, émigration, démission,…)

  
On notera p t x, x ' ; x , x '  X, t  T 

les probabilités de survie dans la population (probabilité étant à la date t et à


l'âge x dans la population, d'encore y être à l'age x').

Ces différentes fonctions de population sont reliées par la relation de


renouvellement, basée sur le suivi d'une cohorte :

h
L x  h, t  h  L x, t   p t x, x  h   E x  k, t  k   p t  k x  k, x  h
k 1

exprimant simplement que pour être présent dans h années dans la population, il
faut soit y être initialement et y avoir survécu, soit y être entré entre-temps et avoir
également survécu.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 42


Un cas particulier important est celui où les entrées se font à un âge unique (par
exemple les naissances à l’âge x = 0).

On a dans ce cas :

 E t  x  x0
E x, t   
 0 x  x0

La relation de renouvellement se réduit alors à :

L x, t   E t  x  x 0  . p t  x  x 0  x 0 , x 

Si on suppose de plus les probabilités de survie indépendantes du temps, il vient :

L x, t   E t  x  x 0   p x 0 ; x 

2.3. POPULATIONS STATIONNAIRES

Parmi l'ensemble des populations, la démographie s'intéresse tout particulièrement à


certaines classes de populations; ces dernières présenteront notamment en matière
de retraite, des propriétés de stabilité temporelle en termes de charges.

1° Population à l'état stationnaire relatif

Une population est dite à l'état stationnaire relatif lorsque sa fonction de


population satisfait au critère de séparation :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 43


L x, t    t   x 

où  est une fonction uniquement du temps

 est une fonction uniquement de l'âge.

De telles populations ont une pyramide des âges de forme constante dans le temps;
en particulier les ratios suivants sont constants :

a) ratio entre les effectifs de deux classes d'âge :

L x 2 , t   x 2    t   x 2 
 
L x 1, t   x 1    t   x 1 

b) ratio entre les effectifs de deux sous-groupes de la population :

x4 x4 x4
 L x, t   L x, t'  x 
x  x3 x  x3 x  x3
 
x2 x2 x2
 L x, t   L x, t'   x 
x  x1 x  x1 x  x1

2°. Population à l'état stationnaire absolu

Une population est dite à l'état stationnaire absolu lorsque sa fonction de


population est indépendante du temps :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 44


L x, t    x 

3. Construction de populations stationnaires

Les hypothèses suivantes permettent de générer des populations stationnaires :

a) les entrées dans la population se font à un âge uniforme noté x0 ;

b) les probabilités de survie sont indépendantes du temps.

Dans ce cas, la fonction de population peut s'écrire:

L x, t   E t  x  x 0   p x 0 ; x 

D'une manière générale, cette expression ne satisfait pas au critère de séparation


Par exemple, si la fonction des entrées est une fonction linéaire, on a :

E  t  x  x 0    K  t  x  x 0 

L x, t   K t  x  x 0   p x 0 ; x 
qui n’est pas séparable.

Par contre, si la fonction des entrées est une fonction exponentielle, il vient :

E  t   A  e t

E  t  x  x 0    A  e t  x  x 0 

L x, t   A  e  t  x  x0   px 0 ; x 
  
 A  e  t  e   x  x 0   p x 0 ; x  

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 45


qui est bien séparable.

L'effectif total de cette population est donnée par :

xN
N t    L x, t 
x  x0

 xN 
 e  t    A  e    x  x 0   px 0 ; x   C  e  t
 x  x0 

(effectif de forme exponentielle)

En particulier :

si  > 0 : on a une population en croissance

 = 0 : on a une population à l'état stationnaire absolu

 < 0 : on a une population en décroissance.

2.4. RATIOS DEMOGRAPHIQUES

Il est de tradition en sécurité sociale de partitionner la population globale en trois sous-


groupes d'âges :

- les jeunes : x   0, x 1 

- les actifs : x   x 1, x r 

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 46


- les retraités : x   x r , 

On peut alors introduire les différents ratios suivants, en supposant un modèle


discret de population.

a) Quotient de vieillesse : c’est le rapport entre l’effectif des retraités et l’effectif des
actifs


 L x, t 
x  xr
soit Q V t  
xr  1
 L x, t 
x  x1

Il mesure la dépendance des retraités par rapport aux actifs; il joue un rôle
important en théorie des retraites.

b) Taux de support potentiel : c'est l'inverse du quotient de vieillesse; il mesure le


nombre d'actifs par retraité :

1
T S P t  
Q V t 

c) Coefficient d'intensité de vieillissement

Il permet de mesurer au sein de la population des retraités, la proportion au-delà


d'un certain âge (par exemple 80 ans) :

en posant : x r  x v  

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 47



 L x, t 
x  xv
C I V t  

 L x, t 
x  xr

d) Quotient de jeunesse : c’est le rapport entre l’effectif des jeunes et l’effectif


des actifs

x1 1
 L x, t 
x 0
QJ t  
xr  1
 L x, t 
x  x1

e) Coefficient de dépendance

C'est la somme du quotient de vieillesse et du quotient de jeunesse; il mesure


le degré global de dépendance de la population inactive ("jeunes" et "vieux")
par rapport à la population active.

x1  1 
 L x, t    L x, t 
x 0 x  xr
C D t   Q V t   Q J t  
xr  1
 L x, t 
x  x1

A titre d'exemple, le tableau ci-dessous donne une projection de quelques


ratios démographiques pour les prochaines décennies concernant la
population belge, en prenant comme bornes des classes d'âge :

x1 = 20 (entrée dans la vie active)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 48


xr = 60 (âge de retraite)

xv = 80 (âge de survieillissement)

2000 2010 2020 2030 2040 2050

Quotient de vieillesse 40,06 % 44,1 % 53,0 % 63,3 % 67,0 % 68,9 %

Taux de support 2,5 2,27 1,89 1,58 1,49 1,45

Intensité de vieillissement 16,8 % 21,5 % 20,8 % 22,4 % 28,1 % 31,9 %

Coefficient de dépendance 83,9 % 85,3 % 94,2 % 106,4 % 110,0 % 112,0 %

Ces projections sur les 50 prochaines années prévoient ainsi pour la Belgique

- une croissance de plus de 70 % du quotient de vieillesse

- 2,5 actifs pour un retraité aujourd'hui contre moins de 1,5 à terme;


- un quasi-doublement de l'intensité de vieillissement;

- un coefficient de dépendance dépassant l'unité (plus d'inactifs que d'actifs).

Application aux populations stationnaires

Dans le cas d'une population stationnaire, ces différents coefficients démographiques sont
constants dans le temps puisque dans ce type de population, les ratios entre classes d'âge ne
se modifient pas dans le temps.
Ceci explique l'intérêt théorique de ce type de population dans les problèmes de sécurité
sociale.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 49


INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 50
CHAPITRE 3 : SYSTEMES GENERAUX DE
FINANCEMENT

3.1. EQUATION GENERALE D'EQUILIBRE ACTUARIEL D'UN REGIME DE


RETRAITE

L'équation d'équilibre d'un régime de retraite est basé sur le principe


d'équivalence actuarielle entre prestations et contributions : les prestations
futures doivent être financées soit par les contributions futures, soit par la
réserve initiale existante éventuelle.

En théorie des retraites, cette équivalence ne s'exprime pas d'une manière


générale au niveau de chaque individu (on ne cherche pas nécessairement
l'équité à un niveau individuel) mais bien au niveau de l'ensemble d'un collectif.

On a donc la relation suivante :


individus
valeur actuelle des contributions + réserve initiale


individus
valeur actuelle des prestations

En vue d'introduire les relations de base entre réserves, prestations et


contributions, on suppose un régime démarrant à l'instant t = 0 et disposant
d'une réserve initiale notée V(0) = V0 .

On notera :

- (s) = le taux de cotisation moyen du régime à l'instant s

- s s  = le salaire moyen à l'instant s de la population des actifs

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 51


x r 1
- S s   L x, s s s = la masse salariale totale en s
x  x1

- p s  = la prestation de pension moyenne payée à l'instant s



- B s   L x, s p s = les prestations totales payées en s
x  xr

- i = le taux de capitalisation des réserves sur une période.

On peut alors obtenir une première expression des réserves du régime ( il s’agit
ici de réserves collectives valables pour toute la population et non pas
individuelles ), sous forme rétrospective (on supposera ici salaires et prestations
payables anticipativement) :

t 1
V t   V 0   1  it    s  S s   B s  1  it  s
s0

Cette relation permet d'en obtenir une seconde, appelée formule de récurrence
des réserves :

V t  1  V t    t   S t   B t   1  i

ou encore sous forme différentielle :

 V  t  1  V  t  1  V  t   i  V  t      t  S  t   B  t   .(1  i)

exprimant que l'accroissement des réserves du régime provient :

- des intérêts sur les réserves existantes

- de l'excédent des contributions par rapport aux prestations.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 52


L'équation d'équilibre actuariel permet enfin d'exprimer les réserves sous une
forme prospective :

Réserve = valeur actuelle des prestations futures


- valeur actuelle des contributions futures

 
V t    B s   1  i  s  t     s S s  1  i s  t 
st st

L'équilibre actuariel entre prestations et contributions s'exprime alors


simplement en égalant à tout instant les deux de la réserve du régime : égalité
entre réserves rétrospectives (« ce qu’on a ») et réserves prospectives (« ce
qu’on devrait avoir ») :

t 1
V 0  1  it    s S s  B s 1  it  s 
s0
 
 B s1  i
 s  t 
   s S s  1  i s  t 
st st

Dans un régime à prestations définies le vecteur { B } est fixé; une méthode de


financement est alors un vecteur {  } qui satisfait à cette relation; on
remarquera qu'il existe une infinité de solutions; chaque solution correspond à
une méthode de financement particulière.

A l'inverse dans un régime à contributions définies, le vecteur {  } est fixé et


les prestations octroyées par le régime doivent être telles que la relation
d’équilibre soit vérifiée.

Différentes méthodes de financement peuvent être mises dès à présent en


évidence :

- cas limite n° 1 : on se fixe comme contrainte d'avoir à tout instant des


réserves nulles (on suppose bien sûr qu'on démarre avec un niveau nul de
réserve) : V (t)  0  t.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 53


La relation de récurrence montre que pour qu'il en soit ainsi, il faut que :

 t   S t   B t   0 t

 ce qui conduit dans un régime à prestations définies au taux de


cotisation :

B t 
 t  
S t 

 ce qui conduit dans un régime à cotisations définies aux prestations :

B t    t . S t 

 t  S t 
ou p t   

 L x, t 
x  xr

Cette méthode est appelée REPARTITION PURE.

- cas limite n° 2 : on se fixe comme contrainte, en prestations définies, de ne


plus devoir rien payer comme contributions futures :  (t)  0  t.

La réserve initiale doit donc dans ce cas être suffisante pour financer
l'ensemble des prestations futures du régime.


V 0    B s 1 i
s

s0
 

  L x, sp s1 i


s

s  0 x  xr

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 54


Cette méthode est appelée INITIAL FUNDING; c'est évidemment la
méthode qui génère les réserves les plus importantes ( équivalent d’une
prime unique en assurance vie).

- une autre méthode peut être mise en évidence en se fixant cette fois comme
contrainte , partant d’une réserve nulle, d’avoir un taux de cotisation
constant dans le temps : (t)=  t.
( équivalent de primes annuelles constantes en assurance vie)

 B(s)(1  i) s

 s 0

 S(s)(1  i)
s 0
s

 

  L( x, s)p (s)(1  i)
s 0 x  x r
s

  x r 1

  L( x, s)s(s)(1  i)
s  0 x  x1
s

Cette méthode est appelée PRIME MOYENNE GENERALE .

D’une manière générale, dans un régime en prestations définies, nous appellerons


méthode de financement admissible tout vecteur {  } satisfaisant à la relation
d'équilibre tel que les réserves engendrées soient comprises à tout instant entre les 2
premiers cas limite :

 
0  V t     L x, s p s 1 i
 s  t 

st x  xr

Nous rejetons donc les méthodes, qui, quoique équilibrée actuariellement,


peuvent conduire à certains moments à des réserves négatives.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 55


A titre de contre-exemple, on peut envisager le cas suivant, où rien n'est
payé pendant une période T :

V 0   0
 s  0 s  0, ...., T  1


et  T  S T    B s 1 iT  s
s0

Cette dernière relation, reflétant un paiement intégral comme dans le cas de


l'initial funding mais effectué cette fois trop tard, illustre le caractère
d'équilibre actuariel de la méthode; néanmoins si des prestations sont à
verser avant l'époque T (B(s)  0 s < T), les réserves seront négatives.

Les réserves globales V(t) d'un régime de retraite peuvent d'une manière
générale se décomposer en deux parties :

V t   Vr t   Va t 

a) Vr (t) =réserves nécessaires pour financer en totalité les retraites des


individus déjà pensionnés en t

 t   x

=  
x  xr st
L  x  s  t,s  p  s 1  i 
t s

Ce niveau de réserve est indépendant du choix de la méthode de


financement utilisée.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 56


b) Va (t) = réserve des actifs

 V t   Vr t 

Par définition la réserve des actifs est l’excédent des réserves par rapport à la
réserve des retraités.

On peut alors classer les différentes méthodes de financement, selon le signe


de ces différentes réserves :

1°) méthode de répartition pure

V t   0
Va t    Vr t   0

Le régime ne dispose d’aucune réserve ; la réserve des retraités constitue une


dette à charge des actifs

2°) méthode de répartition des capitaux de couverture

V t   Vr t 
Va t   0

Le régime dispose en permanence exactement du montant nécessaire à la


réserve des retraités ; les actifs ne disposent d’aucune réserve mais ne sont
titulaires d’aucune dette.

3°) méthodes de capitalisation

V t   Vr t 
Va t   0

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 57


La réserve des retraités est financée et les actifs disposent d’une réserve
strictement positive.
D’une manière générale, le monde de la répartition correspond aux
méthodes à réserves d’actifs négatives ; le monde de la capitalisation aux
méthodes à réserves d’actifs positives.

3.2. CLASSIFICATION DES PRINCIPALES METHODES DE FINANCEMENT

On se placera ici dans le cadre d'un régime à prestations définies; selon le plus ou moins
grand degré de capitalisation du régime, nous introduirons les principales familles de
méthodes de financement.

Nous passerons en revue successivement :

- la répartition pure;

- la répartition étalée;

- la répartition des capitaux de couverture;

- la capitalisation individuelle.

3.2.1. La répartition pure

La répartition pure est basée sur le principe d'équivalence à tout instant entre d'une part,
les cotisations versées par les actifs et, d'autre part, les prestations de pensions versées à
tous les retraités.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 58


En notant : - p t   la pension moyenne à verser en t

- s t   le salaire moyen en t

-  R t   le taux de cotisation en répartition pure

il vient :

- Cotisations récoltées en t :

x r 1
 R t . s t   L x, t 
x  x1

- Dépenses de pension en t :


p t    L x, t 
x  xr

- Application du principe d'équivalence :

x r 1 
 R t . s t   L x, t   p t   L x, t 
x  x1 x  xr

c'est-à-dire :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 59


p t 
 L x, t 
 R t  
x  xr

s t 
x r 1

 L x, t 
x  x1

= tr(t) . QV (t)

où tr (t) = paramètre socio-économique

= taux de remplacement

= rapport entre la pension moyenne et le salaire moyen

QV (t) = quotient de vieillesse

= paramètre démographique

Le taux de cotisation en répartition est le produit du quotient de vieillesse


par le taux de remplacement.

Lorsque le taux de remplacement est constant, on parle d'un régime à


maturité. D'autre part, on sait que dans une population stationnaire, le
quotient de vieillesse est constant.

Dans une population stationnaire et pour un régime de pension à


maturité, le taux de cotisation en répartition est donc constant.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 60


3.2.2. La répartition étalée

La répartition étalée se base sur les mêmes principes que la répartition, mais plutôt
que d'égaler recettes et dépenses sur une période, on en égalise les valeurs actuelles sur
plusieurs périodes :

Valeur actuelle des cotisations des actifs perçues entre t et t + T

Valeur actuelle des pensions payées aux retraités entre t et t + T

Analytiquement, il vient :

- valeur actuelle des cotisations sur [ t, t + T ] :

T  xr  1 
 Re t    s t  s    L x, t  s v s
s0  x  x1 

1
avec v   facteur d'actualisation
1 i

- valeur actuelle des dépenses sur [ t, t + T) :

T   
 p t  s    L x, t  s  v s
s0  x  xr 

- application du principe d'équivalence :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 61


T 

 p t  s  L x, t  s  v s

 Re t  
s0 x  xr
T xr  1

 s t  s   L x, t  s  v s

s0 x  x1

En particulier, si la population est à l'état stationnaire relatif, il vient :

T 

 p t  s   t  sx   v s

 Re t  
s0 x  xr
T xr  1

 s t  s   t  sx   v s

s0 x  x1

   T 
   x    p t  s   t  s  v s 
 xx   s0 
  r   
 xr  1
  T 
   x     s t  s  t  s  v s 
xx  s  0 
 1   

 QV  tr t 

où QV est le quotient de vieillesse

tr t  est le taux de remplacement moyen pondéré entre t et t + T.

Si on suppose de plus que les salaires et pensions évoluent de la même manière (taux de
remplacement constant)

p( t  s)  k  s t  s 

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 62


 Re t   QV  k

et on retrouve la méthode de répartition pure.

L'utilisation de la répartition étalée, qui consiste à niveler les taux issus de la répartition
pure n'a donc de sens que quand la population n'est pas stationnaire ou quand le taux de
remplacement n'est pas constant.

Il y a lieu de noter que la méthode de répartition étalée peut ne pas toujours être
utilisée car pouvant déboucher sur des réserves négatives.

Ainsi, si au démarrage du plan, et en l'absence de réserves préexistantes, on a :

B 0 
 Re 0   R 0  
S 0 

la formule rétrospective des réserves donne :

 
V 1   Re 0  S 0   B 0   1  i
 B 0  
  S 0   B 0  1 i  0
 S0  

En réalité, la méthode de répartition étalée est utile lorsqu'on est en phase de


croissance importante des charges dans le modèle de répartition; la répartition étalée
permet alors de préfinancer la hausse des taux et de la niveler sur une période de temps
fixée.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 63


3.2.3. La répartition des capitaux de couverture

Cette méthode est basée sur le principe d'équivalence entre d'une part, les cotisations
versées par les actifs sur une période et, d'autre part, les capitaux constitutifs permettant
de financer jusqu'au décès les pensions de la génération partant à la retraite lors de cette
période.

Analytiquement, il vient :

- Cotisations récoltées en t (cf. répartition pure) :

xr  1
 cc t   s t    L x, t 
x  x1

- Dépenses - capitaux constitutifs en t :

 L x, t  x  x  p t  x  x  v
x  xr
r r
x  xr

- Application du principe d'équivalence :

 L x, t  x  x   p t  x  x   v
r r
x  xr

 cc t  
x  xr
xr  1
s t   L x, t 
x  x1

En particulier, si on suppose :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 64


- une population à l'état stationnaire absolu :

L x, t   x 

- des retraites indexées en progression géométrique de taux j :

p t  x  x r   p t  1 j
x  xr

On a :

  x   p t 1 j
x  xr
 v x  xr
 cc t  
x  xr
xr  1
s t    x 
x  x1


 x r   p t    x   x  1 j
x  xr
r  v x  xr
x  xr
 xr  1
s t    x 
x  x1

 x r  
 tr t   p x ; x   1 j
x  xr
 xr  1 r  v x  xr
 x 
x  x1
x  xr

 x r 
 xr  1
 tr t  a x
 x 
r

x  xr


où a xr   p( x ; x ).(1  j)
x  xr
r
x  xr
v x  xr est le prix de rente indexé.

Dans ce cas, le taux de cotisation peut ainsi s'écrire comme le produit de 3 termes :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 65


- un terme démographique, donnant le rapport entre l'effectif de la classe
partant à la retraite et l'effectif total des actifs;

- un terme socio-économique donné par le taux de remplacement;

- un terme viager, représentant un prix de rente indexé.

Remarque : comme en répartition, la méthode des capitaux de couverture peut être


étalée sur plusieurs années donnant naissance à la répartition étalée des capitaux de
couverture.
L’équivalence actuarielle peut s’écrire dans ce cas :

Valeur actuelle des cotisations des actifs perçues entre t et t + T

Valeur actuelle des capitaux constitutifs pour les générations partant à la retraite entre t
et t + T .

Analytiquement il vient :
- valeur actuelle des cotisations sur [ t, t + T ] :

T  xr  1 
 cc e t    s t  s   L x, t  s v s

s0  x  x1 

- valeur actuelle des capitaux constitutifs sur [ t, t + T) :

T 

  L( x, t  s  x  x r ) p t  s  x  x r   v s x  xr
s  0 x  xr

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 66


- application du principe d'équivalence :

T 

  L( x, t  s  x  x r ) p t  s  x  x r  v s x  xr
 cc e t  
s  0 x  xr
T xr  1

 s t  s  L x, t  s  v
s0 x  x1
s

3.2.4. La capitalisation individuelle

Chaque actif finance durant sa vie active, sa propre retraite. Il y a dans ce cas
équivalence individu par individu entre la valeur actuelle des cotisations versées durant
l'activité et la valeur actuelle des pensions payées après retraite.

Analytiquement, pour le groupe entrant à l'instant t en activité (instant de calcul), on a :

- valeur actuelle des cotisations :

en posant c  t, x  le taux de cotisation à appliquer à l'âge x au temps t+x-x1 :

x r 1


x  x1
L  x; t  x  x1   s  t  x  x1  c  t, x   v x  x1

- valeur actuelle des dépenses :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 67


 L x; t  x  x  p t  x  x  v
x  xr
1 1
x  x1

- application du principe d'équivalence

x r 1

 L  x; t  x  x   s  t  x  x     t, x   v
x  x1
1 1 c
x  x1


 L  x; t  x  x   p  t  x  x   v
x  xr
1 1
x  x1

   t, x  ,   t, x
c 1 c 1  1 ,.... c  t, x r  1  doit satisfaire à cette relation.

Il existe donc une infinité de méthode de capitalisation individuelle.

On peut envisager le cas particulier où on impose comme contrainte


complémentaire un taux de cotisation constant tout au long de la carrière :

c  t, x1  , c  t, x1  1 ,....  c  t, x r 1  c (t)

On a alors :

 L  x; t  x  x  p  t  x  x  v
x  xr
1 1
x  x1

c (t)  x r 1


x  x1
L  x, t  x  x1  s  t  x  x1  vX  X1

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 68


Si l'on suppose de plus :

- une population à l'état stationnaire absolu

- des retraites indexées en progression géométrique de taux j

- des salaires indexés en progression géométrique de taux k (retraites et salaires


pouvant être indexés à des taux différents) :

  x   p  t  x  x1   1  j
x  xr
r  v x  x1
x  xr
c (t)  x r 1

  x  .s  t   1  k 
x  x1
 v x  x1
x  x1

  x r  x r  x1  
 v    x   x r 1 jx  x r  v x  x r
p t  x r  x 1    x 1   x  xr
 
s t 
xr 1

 x   x 1  1  k  1  v x  x1
xx

x  x1

p t  x r  x 1  a (xjr)
  E x1 
s t 
x r  x1
a (xk ) ;x  x1
1 r

Dans ce cas, le taux de cotisation est le produit des 3 éléments suivants :

p t  x r  x 1 
- un taux de remplacement représentant le rapport entre le
s t 
premier arrérage de pension et le premier salaire

- un différé entre l'âge d'entrée en service et l'âge de la retraite

- le rapport entre 2 annuités.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 69


3.2.5. Illustration numérique

On se propose de comparer les différentes méthodes de financement, dans le cas


simple suivant :

a) On considère une population initiale de 600 personnes distribuées par la


fonction de population :

10 20  x < 30

L(x,0)= 20 30  x < 50

10 50  x < 60

0 x  60

b) L'unique cause de sortie de la population est le décès supposé se faire de


manière uniforme à 75 ans.

c) au niveau des entrées, on suppose :

 alternative 1 : une population fermée sans remplaçants

 alternative 2 : une population ouverte : chaque individu partant à


la retraite fixée à 65 ans est supposé remplacé par un actif de 20 ans :

E (20, t) = L (65, t)

d) on travaille avec un taux d'intérêt nul

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 70


e) on instaure en t = 0, un plan de pension octroyant à 65 ans une pension égale
à la moitié du salaire final. Les salaires sont supposés uniformes; ni les
salaires ni les pensions ne sont indexés.

On compare, pour les 2 alternatives, 3 méthodes de financement : répartition pure,


répartition des capitaux de couverture, capitalisation individuelle.

Alternative 1 : population fermée

- méthode de répartition pure

compte tenu des hypothèses, le taux de cotisation à chaque instant est donné
par :

effectif des retraités


 R t   0,5 
effectif des actifs

Il vient successivement :

- t<5 :  R t   0 (pas de retraités)

10
- t=6 :  R 6   0,5  0,0085 (première génération
590
de retraités)

20
- t=7 :  R 7   0,5  0,017
580

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 71


100
- t = 15 :  R 15   0,5  0,1
500

9 x 10  1 x 20
- t = 16 :  R 16   0,5  0,11
480

200
- t = 25 :  R 25   0,5  0,33
300

200
- t = 35 :  R 35   0,5 1
100

- t > 35 : il n'y a plus d'actif et le régime doit s'arrêter; plus aucune


prestation ne peut être versée, ni aux actifs du moment, ni aux
générations déjà retraitées.

- méthode de répartition des capitaux de couverture

Dans ce cas le prix de rente à 65 ans est égal à 10 :

a 65  10

et le taux de cotisation est donné par :

effectif par tan t à la retraite


 cc t   0,5  a 65 
effectif des actifs

Il vient successivement :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 72


- t<5 :  cc t   0

10
- t=6 :  cc 6   0,5  10   0,085
590

10
- t=7 :  cc 7   0,5  10   0,086
580

10
- t = 15 :  cc 15  0,5 10   0,1
500

20
- t = 16 :  cc 16   0,5  10   0,21
480

20
- t = 25 :  cc 25   0,5  10   0,33
300

200
- t = 35 :  cc 35   0,5  10  1
100

- t > 35 : il n'y a plus d'actif et le financement doit s'arrêter; les actifs


présents à ce moment n'auront jamais de pension; par contre, les
générations déjà pensionnées continueront de toucher intégralement leur
pension.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 73


- méthode de capitalisation

Chacune des classes d'âge paiera un taux de cotisation différent, mais


supposé constant tout au long de la carrière.

En notant c(x), le taux de cotisation pour la classe d'âge initial x en t = 0 (x


compris entre 20 et 60), on a :

 c x   0,5  a 65 / 65  x 

- groupe ayant 20 ans en t = 0 :

0,5 x 10
 c 20    0,11
45

- groupe ayant 30 ans en t = 0

0,5 x 10
 c 30    0,14
35

- groupe ayant 50 ans en t = 0 :

0,5 x 10
 c 50    0,33
15

- groupe ayant 60 ans en t = 0 :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 74


0,5 x 10
 c 60   1
5

Commentaire

Cet exemple simpliste permet de mettre en évidence dans une population fermée
les phénomènes de première et de dernière génération et l'antagonisme fondamental de
traitement entre répartition pure et capitalisation.

Considérons d'abord la première génération de retraités, c'est-à-dire le groupe âgé


initialement de 60 ans.

 en répartition pure :

ce groupe ne verse aucune cotisation et reçoit une retraite pleine jusqu'au décès.

 en capitalisation :

ce groupe doit financer en 5 ans la totalité de sa charge de pension


et a un taux de cotisation maximal.

La répartition octroie donc par rapport à la capitalisation un cadeau dit cadeau


de première génération.

De manière contrastée, considérons la dernière génération de la population


c'est-à-dire le groupe âgé initialement de 20 ans :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 75


 en répartition pure :

ce groupe a dû payer (pendant 35 ans) des cotisations de plus en


plus importantes, pour, arrivé à la retraite, ne recevoir aucune prestation.

 en capitalisation :

ce groupe peut étaler sa charge sur 45 ans et a un taux de cotisation


minimal; ses prestations de retraite sont assurées.

Le cadeau de première génération en répartition se transforme donc dans une


population fermée en …. un cauchemar de dernière génération.

Alternative 2 : population ouverte :

- méthode de répartition pure

Compte tenu des hypothèses de remplacement, la population des


actifs garde constamment un effectif fixe de 600 unités.

Le taux de cotisation devient donc :

effectif des retraités


 R t   0,5 
600

Il vient successivement :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 76


- t<5 :  R t   0

10
- t=6 :  R 6   0,5   0,0083
600

20
- t=7 :  R 7   0,5   0,016
600

100
- t = 15 :  R 15   0,5   0,083
600

9 x 10  1x 20
- t = 16 :  R 16   0,5   0,092
600

200
- t = 25 :  R 25   0,5   0,166
600

200
- t = 35 :  R 35   0,5   0,166
600

Le système peut se poursuivre indéfiniment.

- méthode de répartition des capitaux de couverture

La conclusion est la même qu'en répartition pure; tous les


dénominateurs sont remplacés par l'effectif constant de 600 et le système
peut se poursuivre.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 77


- méthode de capitalisation

Pour les générations présentes en t = 0, le taux de cotisation est le


même qu'en population fermée (pas de solidarité entre générations).

3.3. CAPITALISATION OU REPARTITION : LE PARADOXE DE


SAMUELSON

On se propose ici de trouver une relation d'équivalence théorique entre un


système de répartition pure et un système de capitalisation : peut-on obtenir
des conditions permettant d'assurer la suprématie d'une des deux méthodes
de financement ?

Il convient pour ce de se placer en régime stationnaire où le régime de


retraite est supposé exister déjà depuis suffisamment longtemps et n'est pas
voué à une disparition prochaine.

En effet, à défaut, on se retrouve dans les phénomènes dits de première et de


dernière génération où la comparaison est biaisée.

Le phénomène de première génération est celui se présentant à la création ex


nihilo d'un régime de retraite; dans ce cas, l'effectif initial de retraités, bien
que n'ayant jamais cotisé, pourra recevoir directement en répartition une
retraite pleine : c'est le cadeau de première génération. Au contraire, en
capitalisation, à défaut d'avoir cotisé, ces retraités "initiaux" n'auront droit à
aucune prestation.

De manière symétrique, le phénomène de dernière génération se présente


lorsque le financement du régime s'arrête définitivement; dans ce cas, les
actifs ayant cotisé précédemment, ne recevront plus aucune prestation en

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 78


répartition alors qu'en capitalisation ils récupéreront une retraite
correspondant aux sommes épargnées précédemment.

Dans ces 2 situations limites, la comparaison entre répartition pure et


capitalisation tourne donc à l'évidence.

Plaçons-nous donc en régime stationnaire en vue d'éviter ces cas extrêmes.

Les hypothèses retenues pour la comparaison seront les suivantes :

a) hypothèses démographiques

La population, modélisée de manière discrète, est stationnaire; la


fonction de population est de la forme :

L x, t   A  e  t e   x  x1  p x 1 ; x 

x0 = âge d'entrée dans la population

x1 = âge d'entrée dans la vie active

xr = âge de retraite

b) hypothèses macro économiques

On pose :  = taux de croissance des salaires

 = taux d'intérêt

s( t ) = salaire moyen à l'instant t

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 79


c) hypothèses sur le plan de retraite

On suppose fixé le taux de cotisation sur les salaires, noté  ; on


veut comparer les prestations obtenues d'une part en répartition, d'autre
part en capitalisation.

On notera : Pr (t) = prestation obtenue en répartition

Pc (t) = prestation obtenue en capitalisation

En répartition, il suffit d'égaler recettes et dépenses à l'instant t (approche


verticale) :

Recettes à l'instant t :

xr  1
Re c t    s t   L x, t 
x  x1
xr  1
   A  s t  e  t  e  x  x1  p x 1; x 
x  x1

Dépenses à l'instant t :


Dep t  r t    L x, t 
x  xr

 A  r t   e  t  e   x  x1  p x 1 ; x 
x  xr

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 80


En égalant recettes et dépenses, il vient :

xr  1

e    x  x1 
p x 1; x 
r t     s t  
x  x1

e   x  x r 
p x 1; x 
x  xr

   s t   ()

En capitalisation, il y a lieu d'égaler sur toute la durée de la carrière


supposée débuter à l'instant t, la valeur actuelle des cotisations à la valeur
actuelle des prestations (cohorte entrant dans la vie active en t).

Recettes actualisées à l'instant t :

xr  1
Re c t  L x 1, t     s t   e  x  x1   e   x  x1   p x 1; x 
x  x1
xr  1
 L x 1, t    st   e     x  x1  p x 1; x 
x  x1

Dépenses actualisées à l'instant t :


Dep t  L x 1, t   Pc t   e  x  x1  e   x  x1  p x 1; x 
x  xr

En égalant recettes et dépenses, il vient :

xr  1

 e     x  x1  p x 1; x 
c t     s t 
x  x1

e      x  x1 
p x 1; x 
x  xr

   s t       

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 81


La comparaison des relations obtenues montre que les prestations générées
en répartition et en capitalisation sont de même forme et sont liées à la
fonction  dont il y a lieu d'étudier le comportement.

xr  1
 e   x  x1  p x 1, x 
x  x1
Soit    
   x  x 
e 1 p x 1, x 
x  xr

avec : - x1 < xr < 

- p (x1, x) > 0

Montrons que la fonction  est non décroissante : posons pour ce :

xr  1
 x 1; x r  1   e   x  x1 p x 1, x 
x  x1


  x  x1 
 x r ;    e p x 1, x 
x  xr

Il vient :

 xr  1 

 x r ;      x  x 1  e   x  x  p x 1, x    x1, x r 1. ()
1

  x  x1 
  x ; 
r
2

où :

 ()    x  x 1 e   x  x1  p x1, x 
x  xr

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 82


   x  x1 
On a :  x  x 1  e p x 1; x   x r  x 1   x r ; 
x  xr

et
xr  1
 x  x1  e   x  x1 p x1; x   x r  x 1   x 1; x r  1
x  x1

et finalement :

 x r  x 1   x 1; x r  1   x r ;   x r  x 1   x r ,   x 1, x r  1

  x r , 2
 0.

Corollaire :

 étant une fonction monotone non décroissante , on a :

r t   c t       

La répartition sert des prestations supérieures à celles de la capitalisation si le


taux d'accroissement de la population est supérieur à la différence entre le
taux d'intérêt et le taux de croissance des salaires.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 83


Dans ce cas, le cadeau de première génération de la répartition se "propage"
de génération en génération : grâce à la dynamique importante de la
démographie, chaque génération reçoit plus en prestations que la valeur
capitalisée de ses cotisations : c'est le paradoxe de Samuelson ou encore
paradoxe de la Sécurité Sociale : le cadeau de première génération n'est
jamais payé et au contraire chaque génération reçoit un cadeau
"intergénérationnel".

Au contraire, en période de taux d'intérêt élevé sur le marché ( >  +  ), la


capitalisation doit être préférée.

Il y a également lieu de souligner un phénomène d’irréversibilité entre


répartition et capitalisation dans le cas où l’on désirerait modifier la
technique de financement et passer de l’un à l’autre en cours de
développement d’un régime de retraite.
Si le régime est en capitalisation, le passage en répartition est très facile ; il y
a même libération de réserves devenues inutiles en répartition et qui peuvent
être récupérées à d’autres fins ( par exemple diminution de la dette
publique). Par contre le passage de répartition à capitalisation est beaucoup
plus délicat pour les générations plus âgées qui n’ont jamais eu l’occasion
d’épargner ; il y a alors risque temporaire d’un double financement : les plus
jeunes doivent continuer à payer les pensions en cours en répartition et par
ailleurs ils commencent à épargner pour eux-mêmes. Ce problème de
transition de la répartition à la capitalisation est donc très délicat !

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 84


DEUXIEME PARTIE
LES REGIMES EN CAPITALISATION

CHAPITRE 4 : METHODOLOGIE GENERALE DE LA


CAPITALISATION

4.1. CARACTERISTIQUES ET CLASSIFICATION DES REGIMES PAR


CAPITALISATION

Comme déjà précisé, la plupart des régimes professionnels complémentaires de


retraite fonctionnent par capitalisation. Ces méthodes sont donc très
importantes en pratique.
Rappelons que la possibilité d'arrêt de tels régimes à tout moment - ne fut-ce
que par disparition de l'entreprise - commande d'avoir au moins réservé la
totalité des droits des personnes déjà retraitées.

La capitalisation se caractérise par des réserves d'actifs positives :

V t   Vr t   Va t 

où Vr (t) est la réserve globale nécessaire pour financer en totalité les droits
des personnes déjà retraitées.
Va (t) est le solde des réserves, propriété des adhérents actifs.

Les techniques de capitalisation génèrent par définition des réserves d'actifs


strictement positives.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 85


Il n'existe pas une méthode de capitalisation, mais bien une infinité; deux
critères permettent de caractériser les différentes techniques :

a) la vitesse de formation des réserves

b) le caractère individuel ou collectif de la méthode.

Détaillons ces deux aspects :

a) La vitesse de formation des réserves

Une technique de capitalisation va conduire à préfinancer durant la période


d'activité le montant nécessaire à l'âge de la retraite pour provisionner en
totalité l'engagement.
La vitesse à laquelle se forme ce préfinancement durant la période active peut
évidemment être très variable comme l'illustre l'exemple suivant :

EXEMPLE
- plan de pension en prestations définies

- âge de la retraite : 65 ans

- âge d'affiliation : 25 ans

- méthode n° 1
"initial funding" : versement d'une prime unique à 25 ans finançant la totalité
de l'engagement.

- méthode n° 2
"late funding" : financement par versements périodiques entre 60 et 65 ans.

Ces deux méthodes, toutes deux de capitalisation puisque générant des réserves
d'actifs strictement positives, sont clairement contrastées et extrêmes : au

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 86


financement maximal de la première, répond un rythme bien lent pour la
seconde.

b) le caractère collectif ou individuel

On distingue deux grandes familles de méthodes de capitalisation selon leur


degré de solidarité ou d'individualisation dans le phénomène de capitalisation :

- capitalisation individuelle : méthodes dans lesquelles les réserves globales


du régime V(t) peuvent à tout moment être individualisées par affilié.

V t    V   t 
i

où V i 
t  est la réserve de l’individu i

- capitalisation collective : méthodes dans lesquelles les réserves globales


ne sont pas individualisables et servent globalement pour l'ensemble du
collectif.

En partant de la relation prospective de la réserve globale, il vient :

 
V t    B s 1  i s  t     s S s1  i s  t 
st st

Bien entendu, dans cette relation collective, tant les prestations que les salaires
peuvent être individualisés, on peut donc écrire ( en notant    sur les
i
individus i ) :

 
V t     B i s1  i s  t     s  S i s1 i s  t 
st i st i

où B i s = prestation probabilisée payée à l'individu i à l'instant s

S i s  = salaire probabilisé de l'individu i à l'instant s.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 87


Cette relation ne peut être individualisée que si le taux de cotisation est
également déterminé actuariellement individu par individu et non pas pour tout
le collectif; dans ce cas, il vient :

 
V t     B i s1 i s  t      is S is1 i s  t 
st i st i

  
    B i s1 i s  t     i s  S is1 i s  t  
i s  t st 

  V i t 
i

où V i t  = réserve individuelle de l'affilié i.

L'équilibre actuariel est alors exigé affilié par affilié : c'est la capitalisation
individuelle.

Par contre, quand le taux de cotisation est défini, par la méthode non pas
individuellement, mais collectivement, une telle décomposition n'a pas de sens
et on se trouve alors en capitalisation collective.

Par définition, les régimes de type contributions définies en capitalisation


seront en capitalisation individuelle; nous nous intéresserons dans la suite aux
régimes en prestations définies, sauf mention contraire explicite.

4.2. LES FONCTIONS DE BASE EN CAPITALISATION

Pour l'ensemble des méthodes de capitalisation -individuelles ou collectives-,


on peut définir un certain nombre de fonctions de base qui permettent de
caractériser le financement.

Toute méthode de capitalisation engendre 2 mécanismes qu'il convient de


quantifier :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 88


 un mécanisme de fixation des charges annuelles : les cotisations à verser

 un mécanisme de formation progressive des réserves et tout


particulièrement des réserves d'actifs. Ce phénomène va engendrer à la fois un
phénomène d'actifs et un phénomène de passifs.

Nous définissons ci-dessous ces fonctions de base dont les modes de calcul,
variables selon les méthodes envisagées, seront décrites en détail aux deux
chapitres qui suivent .

Compte tenu des habitudes en la matière, nous utiliserons assez


systématiquement des appellations anglo-saxonnes; nous nous risquerons à une
traduction libre de ces notions.

a) Accrued Liability (Passif Actuariel) :

Provision globale représentant la dette vis-à-vis des affiliés; il s'agit donc


d'un élément bilantaire de passif.
Nous noterons AL (t) la valeur à l'instant t.

b) Assets / Fund (Actifs représentatifs) :

Valeur représentative des actifs en support du passif actuariel ; il s'agit donc


d'un élément bilantaire d’actif.
Nous noterons F (t) la valeur à l'instant t.

c) Normal Cost (coût normal) :

Cotisation périodique à verser selon des conditions standards générées par la


méthode choisie.
Nous noterons NC (t) la valeur à l'instant t.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 89


d) Unfunded Accrued Liability (Passif non financé)

Partie non financée du passif actuariel; c'est à tout instant la difference entre
"Accrued Liaibility" et "Assets".
Nous noterons UAL (t) la valeur à l'instant t.

e) Adjustment (cotisation d'ajustement) :

Complément de cotisation par rapport au normal cost, en vue de combler le


passif non financé.
Nous noterons ADJ (t) la valeur à l'instant t.

f) Global cost (coût global)

Cotisations totales à verser résultant du normal cost et de la cotisation


d'ajustement.
Nous noterons C(t) la valeur à l'instant t.

Les éléments "Accrued Liability" et "Normal Cost" sont typiquement des


éléments de passif, définis à partir d'hypothèses actuarielles; ces deux notions
sont liées par la relation prospective des réserves :

AL t     B i s 1  i s  t    NC s 1 i s  t 


st i s

 PVFB t   PVFNC T 

où PVFB (t) = present value of future benefits


= valeur actuelle des prestations futures

PVFNC (t) = present value of future normal costs


= valeur actuelle des coûts normaux futurs

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 90


L'élément "Assets" est bien sûr un élément d'actif; l'actif détenu peut différer du
passif actuariel pour diverses raisons.

On aura donc d'une manière générale :

UAL (t) = A (t) - F (t)

Quant à la cotisation d'ajustement, elle peut être unique ou étalée dans le


temps :

- ajustement unique : ADJ (t) = UAL (t)

UAL t 
- ajustement étalé : ADJ t  

a

où ä est une annuité financière ou viagère sur une durée fixée.

Le coût total du plan de pension est bien sûr donné par :

C (t) = NC (t) + ADJ (t)

Dans une méthode de capitalisation individuelle, le principe d’équilibre


actuariel trouve à s’appliquer individu par individu et l'ensemble de ces
fonctions de base sont individualisées par affilié.
On peut écrire par exemple :

AL t    ALi t 
i

NCt    NC i t 
i

où   somme sur tous les affiliés au plan en t.


i

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 91


Dans une méthode de capitalisation collective ces fonctions de base restent par
essence collectives et ne font l’objet d’aucune individualisation ; seul
l’équilibre au niveau du collectif est recherché.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 92


CHAPITRE 5 : METHODES DE CAPITALISATION
INDIVIDUELLE

5.1. PRINCIPES GENERAUX DE LA CAPITALISATION INDIVIDUELLE

On se placera ici dans le cadre d'un engagement de retraite à prestations


définies, organisé au sein d'un second pilier et financé par capitalisation
individuelle .

Chaque individu finance donc pour son propre compte sa retraite; l'ensemble
des notions traditionnellement collectives dans un régime de retraite, telles que
réserves ou cotisations, sont ici individualisées par affilié.

Le principe de base de la capitalisation individuelle est d'avoir, pour chaque


individu, financé en totalité durant la vie active l'engagement de pension à
payer à partir de l'âge de la retraite.

Il existe de nombreuses méthodes de capitalisation individuelle, chacune étant


caractérisée par son propre rythme de constitution des provisions nécessaires et
donc une répartition différente dans le temps du financement.

Trois critères permettent de générer les principales familles de capitalisation


individuelle :

- première critère : méthodes avec ou sans projection

- second critère : méthodes en primes constantes ou en primes uniques


successives

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 93


- troisième critère : méthodes avec ou sans distinction des services passés
initiaux

Premier critère :

méthodes sans projection : méthodes où on ne tient compte que des données


financières connues au moment du calcul (salaires, plafonds,…).

méthodes avec projection : méthodes où on tient compte de projections des


données financières à l'âge de la retraite.

Second critère :

méthodes en primes uniques successives : (UNIT CREDIT METHOD)


méthodes visant à répartir l'engagement de pension en unités égales à financer
chaque année en primes uniques (financement annuel intégral de portions
fixées des prestations).

La contrainte porte donc sur le passif actuariel; le normal cost en résultera.

méthodes en primes constantes : (LEVEL PREMIUM METHOD)


méthodes visant à financer l'engagement par des versements annuels constants
ou stables.

La contrainte porte donc cette fois sur le financement, le passif actuariel en


résultera.
On peut déjà illustrer simplement cette différence d’approche sur une opération
de capital différé que l’on désire financer par des versements périodiques.
La solution traditionnelle utilisée en assurance vie consiste à travailler en
primes constantes.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 94


En considérant un capital unitaire payable en cas de vie à l’âge x+n, la prime
constante p à verser anticipativement chaque année entre les âges x et x+n est
donnée par :

Ex
p n

ä x ,n

Cette méthode , interprétée en termes d’amortissement, conduit à financer


chaque année une portion du capital ; la prime versée l’année t (
0  t  n ) permet de financer un morceau de capital noté Kt donné par :

p Ex
Kt   n

n t E xt n  t E x  t ä x ,n

En particulier le premier élément est donné par :


1 1
K0  
ä x ,n n

Compte tenu de la croissance du prix du différé, la fonction K est décroissante.


La méthode des primes constantes génère donc une politique d’amortissement
décroissante.
Cette interprétation alternative conduit naturellement à envisager une autre
forme de financement : plutôt que d’envisager des primes constantes on désire
obtenir un amortissement linéaire du capital.
Chaque année la prime pt à verser sera solution de l’équation :

pt 1
Kt  
n t E x t n
La prime est donc cette fois variable, croissante dans le temps et donnée par :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 95


1
pt  nt E xt
n
Cette approche alternative du financement d’une opération de capital différé en
primes périodiques correspond à la méthode dite des primes uniques
successives en théorie des retraites.

Troisième critère :

Lorsqu’à l’affiliation au plan le régime reconnaît des services prestés


antérieurement ( par exemple depuis l’entrée en service) , certaines méthodes
financent de manière séparée ces services passés initiaux.

Ces trois critères de distinction croisés permettent de mettre en évidence les


grandes méthodes suivantes de capitalisation individuelle.

Non Projeté Projeté

Primes UNIT CREDIT COST PROJECTED UNIT


uniques (UC) CREDIT COST (PUC)

Primes INDIVIDUAL LEVEL PROJECTED


constantes PREMIUM INDIVIDUAL
(ILP) LEVEL PREMIUM
(PILP)

Primes INDIVIDUAL WITH PROJECTED


constantes SUPPLEMENTAL INDIVIDUAL
avec LIABILITIES SUPPLEMENTAL
séparation des (ISL) LIABILITIES
services (PISL)
passés ENTRY AGE NORMAL
initiaux (EA) PROJECTED ENTRY
AGE NORMAL (PEA)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 96


En vue de comparer les différentes méthodes, nous les appliquerons sur un plan
de pension standard; il s'agit d'un régime visant à octroyer pour une carrière de 40
ans une pension correspondant à 50 % du dernier salaire d'activité, payable à partir
de 60 ans.
Pour chaque affilié au régime, il y a lieu de disposer à 60 ans d'une réserve donnée
par :
N
V60  50 % S 60   a 60
40

où N = durée de carrière prise en compte (N  40).

S (60) = dernier salaire d'activité

a60 = prix de rente à 60 ans

 x 1 k 
 x  60

 
x  60  60 1 ix  60

où  x  est la table de mortalité ;


i est le taux d'actualisation
k est le taux d'indexation de la rente
(la rente de retraite étant supposée sur une seule tête; ce coefficient sera
dans la suite un simple facteur multiplicatif).

5.2. UNIT CREDIT COST

On considère un affilié entré en service et affilié en t = 0 à l'âge x0.


On a en résumé le schéma suivant sur l'échelle du temps :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 97


t=0 t T

x0 x xr = 60

affiliation instant quelconque retraite


de calcul

L’objectif de la méthode est, compte tenu des données observées en un instant


quelconque de calcul, de détenir la réserve permettant de servir en totalité à la
retraite les prestations correspondantes aux années déjà prestées.
Cette philosophie de financement est sous tendue par l’idée que chaque année
prestée donne droit à une fraction complémentaire de l'engagement.
Le but est donc d'avoir à tout instant t (fin d’année) en termes de passif
actuariel :
t
AL t  50 % St  1  a 60  60  x Ex
40

Le coût normal NC(t) est le montant nécessaire pour faire passer le montant de
réserve du niveau ALt au niveau AL t  1 un an après (cotisation supposée

payable en début d’année, réserves calculées en fin d’année) .


La première année, la méthode donne l’initialisation suivante :

1
NC 0  50 % S0  a 60  60  x E x
40 0 0

Ensuite par récurrence, il vient :

NC t  1 = normal cost à payer en t + 1

t2
= 50 % S t  1a 60  60  x 1 E x  1
40

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 98


 t 1 
-  50 % S t a 60  60  x E x  1 Ex
 40 
=
 
 1 t 1 
 40 50 % S t  1  40 50 % S t  1  S t   a 60 60  x 1 E x 1
   
 

coût de l'année revalorisation du passé


Ce montant va donc croître en cours de carrière pour deux raisons : croissance
du prix du différé et terme de revalorisation du passé à croissance linéaire.
De même le taux de cotisation va aussi croitre !

L’initialisation de cette méthode lors de l’affiliation au plan est modifiée


substantiellement lorsqu’il y a reconnaissance d’années de service antérieures à
l’affiliation.

1° si comme supposé ci-avant il n’y a pas reconnaissance d’années antérieures


à l’affiliation la durée totale de la carrière est donnée par : N  T  x r  x 0

Le premier normal cost correspond alors simplement au financement d’une


année de service et est donné par :

1
NC 0  50 % S0  a 60  60  x 0 E x0
40

2° s’il y a reconnaissance d’années de service antérieures à l’affiliation la


méthode va induire un financement initial important correspondant au
rattrapage intégral de ces années. Ce financement initial est appelé back service
initial.
En notant N1 le nombre d’années reconnues antérieurement à l’affiliation ( par
exemple N1= x0 – xe où xe est l’âge d’entrée en service dans l’entreprise) la
durée totale de la carrière est donnée par :
N = N1 + T= (x0 – xe) + ( xr – x0).

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 99


Dans ce cas le premier normal cost outre le financement de l’année en cours
doit également prendre en charge en totalité le poids du passé :

N1  1
NC 0  50 % S0  a 60  60  x 0 E x0
40

De la même manière les normal cost ultérieurs deviennent :

 
 1 t 1 N1 
NC t 1   50 % S t  1  50 % S t  1  S t   50%( S( t  1)  S( t ))  a 60 60  x 1 E x 1
40  40 40 
 

Ces cotisations sont formées de trois composantes :


- le coût de l’année
- la revalorisation des services reconnus depuis l’affiliation
- la revalorisation des services reconnus antérieurs à l’affiliation

La reconnaissance de services antérieurs à l’affiliation a donc des effets de


propagation dans le financement tout au long de la carrière et pas seulement à
l’affiliation.

5.3.PROJECTED UNIT CREDIT

Le principe est identique à celui de la méthode Unit Credit mais pour éviter au
maximum l'effet du terme de revalorisation, on travaille avec des salaires projetés.

Le salaire à l’instant t de calcul S(t) est remplacé par un estimateur du salaire


final, par exemple :

S  t   S t  1 g
60  x 1

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 100


La variation de ce salaire projeté d'une année à l'autre est alors donné par :

S  t   S t  1 g
60  x 1

S  t  1  S t  1 1 g
60  x  2

S t  1
 S t    1 g
60  x  2

S t 
 S t   1 gr t   1 g
60  x  2

où gr (t) est le taux de progression réel des salaires.

Finalement :
1  g r t 
S  t  1  S  t  
1 g

Les deux estimateurs projetés coïncident si le taux de progression réel


correspond aux hypothèses a priori.

En appliquant à ces salaires projetés la technique unit credit sans


reconnaissance de services antérieurs à l’affiliation il vient :

 1
NC t  1   50 % S  t  1 
t 1
 

50 % S * t  1  S  t    a 60  60  x 1 E x  1
 40 40 
 1 t 1 g t   g 
 50 % S  t  1  50 % S  t  r a  E
 40 40 1 g  60 60x 1 x  1

Le second terme de revalorisation est nul lorsque la réalité suit les hypothèses.

D’une manière analogue lorsqu’il y a reconnaissance de services passés initiaux


la formule générale du normal cost devient :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 101


 1 N  t 1 g t   g 
NC t 1   50 % S  t  1  1 50 % S  t  r a  E x 1
 40 40 1 g  60 60  x 1

5.4. INDIVIDUAL LEVEL PREMIUM

L’objectif de la méthode est de déterminer une cotisation qui, toutes autres choses
étant égales, restera constante jusqu'à l'âge de la retraite.
Le point de focalisation n'est plus sur le passif actuariel comme en Unit Credit mais sur
le financement et sa stabilité.
La première cotisation, supposée payable annuellement par anticipation, sera donnée par
le principe d'équivalence actuarielle :

valeur actuelle de cotisations constantes sur la carrière

valeur actuelle des engagements

L’initialisation de la méthode se fait donc de la manière suivante :

N
 x
NC 0  a  50 % S 0  a 60  60  x 0 E x 0
0, 60  x 0 40

N
50 % S 0  a 60 60  x 0 E x 0
NC 0  40
a x
0, 60  x 0

C'est le prix d'un capital différé à primes annuelles constantes de capital égal au
capital constitutif de la promesse de pension :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 102


N  60  x 0 E x 0
NC 0   50 % S 0   a 60 
 40  x
 a
0, 60  x 0

Cette prime restera constante tant que le capital assuré restera constant, c'est-à-
dire tant que le salaire restera constant.

En pratique, les augmentations annuelles de salaire vont obliger à assurer des


compléments de capital et donc payer des compléments de prime.

Ainsi, si en t = 1, le salaire passe de S(0) à S(1), on aura :

NC1  NC 0   NC1

où  NC1 est la prime annuelle constante à payer à partir de l'âge x0 + 1, pour


assurer un capital égal à :

N
50 %  S1  S0  a 60
40

On a donc :

N  60  x 0  1E x 0  1
NC1   50 %  S 1 a 60  
 40  a x  1, 60  x 1
0 0

D'une manière générale, la prime se calculera par récurrence :

NC t  1  NC t  NC t  1

N  60  x0  t 1E x 0  t 1
où NC t  1   50 %  S t  1a 60  
 40  a 
x 0  t 1, 60  x 0  t 1

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 103


Ces compléments de prime deviennent de plus en plus coûteux par un double
effet : actualisation sur une période plus courte et répartition sur un nombre
plus réduit de versements.
Ainsi ce que l'on espérait voir rester constant au départ ne le reste plus du tout
a posteriori du fait des écarts de salaires.
Il y a enfin lieu de noter que cette méthode peut s’appliquer indistinctement
qu’il y ait ou non reconnaissance de services passés initiaux. Lorsqu’on désire
financer de manière séparée les services passés il y a lieu de faire appel à la
méthode Individual with supplemental liability

5.5. INDIVIDUAL WITH SUPPLEMENTAL LIABILITY

Lorsqu’il y a reconnaissance de services passes initiaux ceux-ci peuvent faire


l’objet d’un financement séparé ; la méthode individual with supplemental
liability consiste à décomposer le financement total du plan en deux parties :
- la partie des engagements relatifs aux services passés initiaux est financée en
unit credit cost ;
- le solde des engagements financés est financé en individual level premium.

Concrètement on calcule les engagements initiaux relatifs aux services avant


affiliation :

N1
K1  50 % S0  a 60
40

Le normal cost de la méthode chaque année est alors celui obtenu en individual
level premium ,après avoir soustrait le montant fixe K 1 des engagements
totaux :

N  60  x 0 E x 0
NC 0   50 % S 0  a 60  K 1 
 40  x
 a 0 , 60  x
0

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 104


Les normal cost ultérieurs se calculant à l’aide des mêmes formules de
récurrence :

NC t  1  NC t  NC t  1

N  60  x0  t 1E x 0  t 1
avec : NC t  1   50 %  S t  1a 60  
 40  a 
x 0  t 1, 60  x 0  t 1

D’autre part le montant K1 doit bien sûr faire l’objet d’un financement
complémentaire donné en unit credit par la prime unique initiale suivante qui
viendra s’ajouter la première année au normal cost NC 0 :

N1
ADJ (0)  50 % S0  a 60  60  x 0 E x0
40

C(0)  NC 0  ADJ(0)

Remarquons que le coût initial d’ajustement ADJ(0) peut également être étalé
sur plusieurs années ( par exemple sur une durée fixe de 5 ans).

5.6. PROJECTED INDIVIDUAL LEVEL PREMIUM

Le principe est identique à celui de la méthode individual level premium mais pour
éviter les augmentations de cotisation en cours de carrière, on travaille avec des salaires
projetés.

Comme dans la méthode projected unit credit on substitue au salaire S, un


salaire projeté S* donné par exemple par :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 105


S  t   St  1 g
60  x 1

Si la croissance réelle suit l'hypothèse, les primes obtenues seront cette fois
constantes.
Sinon, il conviendra d'assurer un complément de capital donné par :

N  60  x 0  t 1E x0  t 1
NC t  1   50 % (S * ( t  1)  S * ( t )) a 60  
 40  a 
x 0  t 1, 60  x 0  t 1

Remarquons que la méthode conduit généralement à des cotisations


particulièrement élevées les premières années compte tenu de l’anticipation de
l’inflation future sur toute la carrière
( préfinancement très important). En particulier le taux de cotisation ( rapport
entre le normal cost et le salaire) sera décroissant dans le temps.
On peut également dans cette méthode financer de manière séparée les services
passés initiaux ; la méthode est identique à celle de l’individual with
supplemental liability si ce n’est que tous les éléments sont projetés.

5.7. PROJECTED INDIVIDUAL LEVEL PERCENT

L’objectif est similaire à celui de la méthode projected individual level premium


mais cette fois la stabilité du financement est recherchée non pas en absolu mais en
pourcentage des salaires.
La méthode vise donc à définir un taux de cotisation sur salaire le plus stable
possible tout au long de la carrière et ce individu par individu. Il s’agit de ce fait
d’une méthode projetée.

Le taux de cotisation être obtenu par la relation d'équivalence actuarielle :

valeur actuelle des cotisations à taux constant


=
valeur actuelle des engagements projetés

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 106


Donc :

60  x 0  1
1
 S 0  1 g 
n
 p x0
n0 1 in n

=
N
50 % S 01  g 
601  x
 a 60 0
60  x 0 Ex
40 0

Le taux de cotisation est donné par :

N
50 % S 01  g 
60  x
. a 60  60  x E x
0

 40 0 0

60  x  1
1
S 0(1  g)  1  g 
0
n
 p
n0 1  i n n x 0

La première prime est donnée par :

NC 0    S 0

N
50 % S 01  g 
60  x
. a 60  E x
0

 40
0

60  x  1
1
(1  g )  1  g 
0
n
 p
n0 1  i n n x 0

1 g 1
Posons  (j = taux d'intérêt réel)
1 i 1 j

On a alors :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 107


N
50 % S 0 . a 60  60  x 0 E xj
NC 0  40
0

(1 g)a
 j
x 0 , 60  x 0

où les éléments actuariels E  j et a


  j sont calculés au taux d'intérêt réel .

Cette formule est donc similaire à celle du normal cost en individual level
premium si ce n’est l’utilisation d’un taux réel dans les facteurs d’actualisation.

5 8. ENTRY AGE

La méthode individual level premium occasionne de par les augmentations


de salaires successives des compléments de cotisation ; ces compléments sont
de plus en plus onéreux du fait de la croissance du taux de prime .
L’idée de la méthode entry age est de faire fi de ce vieillissement et de
continuer à appliquer obstinément dans le calcul des normal cost successifs le
prix initial du différé à l’âge à l’entrée.
Cette erreur conduit bien sûr à mettre en évidence un déficit ( unfunded accrued
liability) qu’il conviendra d’amortir par une cotisation d’ajustement venant
s’ajouter au normal cost.

Il s'agit donc à nouveau d'une variante de la méthode individual level premium


qui peut s’utiliser avec ou sans projection. Nous développerons ci-dessous la
méthode sans projection

Nous supposerons ici en toute généralité que l’âge d’entrée est différent de
l’âge d’affiliation, ce qui occasionnera dès le début du financement un déficit :

y x xr = 60

âge entrée âge


en service d'affiliation

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 108


La première cotisation est donnée par :

- en individual level classique :

1 60  x E x
NC 0  C 0 

a x, 60  x
N
où C 0  50 % S 0   a 60
40

- en entry age :

60  y E y
NC 02   C 0 
a
y, 60  y

On a bien sûr NC 02   NC 01

Le paiement de ce montant constant NC 02  entre l’âge d’affiliation et l'âge de

la retraite provoque donc un déficit initial donné par :

UL 0 = unfunded liability
= valeur actuelle des engagements - valeur actuelle des versements futurs

 C 0  60  x E x  NC 02  a
x, 60  x

60  y E y
 C 0  60  x E x  C 0   a

a x, 60  x
y, 60  y

 
a 
 x, 60  x 
 C 0  60  x E x  60  y E y   
 a 
 y, 60  y 

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 109


C0  E
 
  60  y E y   60  x x a  a x, 60  x 

a  E
60  y y y, 60  y

y, 60  y

 1 
 NC 02    a
y, 60  y
 
a x, 60  x

 x  y E y 

NC 02 
 a
y, x  y
xy Ey

C'est la réserve qui aurait été accumulée à l'âge x s'il y avait eu versement de

primes constantes NC 2  depuis l'âge d’entrée y.

Ce déficit UL0 est amorti soit en une fois soit en m versements égaux ( par
exemple sur 5 ans) :

ADJ 0   UL 0

UL 0
ou ADJ 0  
 x
a
0, m

La cotisation totale en Entry age est :

C(0)  NC 02   ADJ 0 

Les années suivantes, les augmentations de salaires provoquent à nouveau des


déficits qu'il faut amortir.

A l'instant t + 1, le normal cost est :

 N  60  y E y
NC t  1   50 % S t  1 a 60  
 40  a 
y, 60  y

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 110


Le prix du différé est toujours à l'âge à l'entrée y. Le passage de NC t à NC t  1

crée un nouveau déficit donné par :

 NC t  1
 UL t  1  
a y, x  t  1 y
x  t  1 y E y

La méthode provoque donc une accumulation d'amortissement de déficits.


On peut d’autre part montrer sans difficulté que lorsque les déficits successifs
sont amortis en versements constants sur la durée restant à courir jusqu’à l’âge
de la retraite la méthode entry age est identique à la méthode individual level
premium.
En pratique la logique de la méthode conduit à amortir les déficits sur une
période plus courte ( par exemple 5 ans) , ce qui conduit donc à un financement
plus important en début de carrière.

5.9. PRERETRAITE ET ANTICIPATION ACTUARIELLE

Une des possibilités souvent offerte dans les plans de pension est de partir de
manière anticipée et d’obtenir directement une prestation dès l’âge de départ. Il
s’agit là d’un phénomène particulièrement présent en Europe ( l’âge effectif de
fin de carrière professionnelle étant dans de nombreux pays largement inférieur
à l’âge légal de la retraite).

L’impact en termes financiers est considérable puisqu’il y a à la fois réduction


du nombre de cotisations et accroissement de la durée de prestation. Les
systèmes légaux de retraite organisent généralement des mécanismes de
pénalités, des coefficients réducteurs venant diminuer la rente payée. Ces
réductions souvent jugées excessives par les bénéficiaires sont pourtant souvent
totalement insuffisantes actuariellement.
A titre d’exemple considérons un régime octroyant à 65 ans pour une durée
complète de carrière fixée à 45 ans une rente de retraite correspondant à 20%

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 111


du dernier salaire.

En cas de départ anticipé on applique souvent une réduction linéaire sur les
prestations :

-soit en jouant simplement sur le nombre d’années valorisées :


45
- départ à 65 ans : rente = 20% S
45
40
-départ à 60 ans : rente = 20% S
45
et donc une réduction des prestations de 11%.

-soit en appliquant une réduction forfaitaire par année d’anticipation ; par


exemple réduction de 5% par année ( 25% pour 5 ans d’anticipation).

Ces réductions sont souvent jugées excessives par le bénéficiaire.


Mais sont-elles suffisantes d’un point de vue actuariel ?

L’exemple suivant de calcul en capitalisation permet d’en douter et illustre


l’importance des pénalisations qu’il faudrait techniquement appliquer pour que
les anticipations soient neutres au niveau du coût du plan de pension.

Exemple de calcul d’anticipation :


Hypothèses
- pension unitaire à partir de 65 ans
- financement de 20 à 65 ans par méthode Unit Credit Cost
- pas de mortalité jusque 65 ans
- prix de rente : annuité certaine jusqu’à l’âge fixe de décès fixé à 80 ans
- taux d'actualisation : 4 %

Le calcul de la rente acquise à 60 ans est alors donné par :

- Réserve constituée à 60 ans :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 112


5
40  1   65
V60  x  xa
45  1,04 

-Conversion de cette réserve en rente à 60 ans :

V60  k a 60

où k sera le coefficient de réduction à appliquer.

5
40  1   65  k a 60
Donc :   a
45  1,04 

40  1 
5
 65
a
k  
45  1,04   60
a

D'une manière générale, s'il y a anticipation de n année, le coefficient devient :


n
45  n  1  a  65
k n   
45  1,04  a  65 n

Ainsi pour une anticipation de 5 ans et un taux d’actualisation de 4 % on a :

40  1  a
5

k 5      65
45  1,04  a 60
5
40  1   1  v 15 
  
 
20 
45  1,04  1 v 
40 0,444735
 x 0,8219 x
45 0,543613
= 0,888 x 0,8219 x 0,81811
= 0,5971

soit une réduction de 40% très largement supérieure aux réductions


traditionnellement rencontrées.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 113


L’importance de cette pénalité est liée à la juxtaposition de trois effets de
réduction induits par le coefficient k (n) :
45  n
- le premier terme illustre le fait qu’il manque n cotisations ;
45
n
 1 
- le second terme   illustre le fait que le capital constitutif doit être
 1,04 
disponible n années plus tôt que prévu ;
a 65
- le troisième terme illustre le fait qu’il faudra payer plus d’arrérages
 65 n
a
de rente que prévu.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 114


CHAPITRE 6 : METHODES DE CAPITALISATION
COLLECTIVE

6.1. PRINCIPES GENERAUX DE LA CAPITALISATION COLLECTIVE

Comme au chapitre 5 on considère un engagement de pension à prestations définies,


organisé au sein d’un second pilier mais cette fois financé par capitalisation collective.

Il n’y a donc plus d’individualisation des éléments de réserve et de


contributions mais une vision globale au niveau du collectif ; le financement se
fait de manière solidaire au sein de celui-ci sans qu’il n’y ait recherche
d’équilibre pour chaque individu.

L’objectif principal des méthodes de capitalisation collective est de dégager un


financement global du plan qui respecte une certaine stabilité dans le temps ; on
désire par exemple que le taux de cotisation encore appelé taux de dotation et
défini comme le rapport entre les cotisations totales à verser chaque année et la
masse salariale soit le plus constant possible dans le temps.
Cette considération conduit à ce que les principales méthodes de capitalisation
collective utilisées en pratique sont des méthodes de type projetées.

Au sein de ces techniques collectives on peut distinguer deux grandes


philosophies :
-les méthodes de nivellement
-les méthodes de capitalisation collective intégrale.

Les méthodes de nivellement consistent à travailler en deux étapes : on calcule


d’abord les charges prévisionnelles du plan sur un horizon de temps défini par
utilisation d’une méthode de capitalisation individuelle ; dans un deuxième

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 115


temps on nivelle les charges globales ainsi mises en évidence.

Les méthodes de capitalisation collective intégrale au contraire ne s’appuient


pas sur une méthode individuelle mais projettent directement l’ensemble du
collectif. Au sein de cette famille, la distinction entre les grandes méthodes
tient surtout à la façon de financer les services passés initiaux à la création du
plan.

Comme en capitalisation individuelle, certaines méthodes financent de manière


séparée ces services passés initiaux ; le tableau ci-dessous synthétise ces
différents cas :

Projeté

Montants AGGREGATE COST (AGC)


constants

Montants ATTAINED AGE NORMAL


constants avec ( services passés valorisés en
séparation des unit credit) ( AAN)
services passés
initiaux FROZEN INITIAL
LIABILITY
(services passés valorisés en
entry age) (FIL)

En vue d’illustrer ces diverses techniques nous envisagerons le plan de retraite


standard déjà étudié et prévoyant à partir de 60 ans une pension correspondant à
50% du dernier salaire annuel d’activité pour une carrière complète de 40 ans.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 116


6.2. TECHNIQUE DE NIVELLEMENT ET FONDS DE FINANCEMENT

Les techniques de nivellement se basent sur une architecture du


financement du plan de retraite à 2 étages :

-étage 1 : application d’une méthode donnée de capitalisation individuelle avec


comptes individuels
-étage 2 : nivellement des charges globales résultant de l’étage 1 et
alimentation d’un fonds de nivellement appelé aussi fonds de financement

La procédure de calcul comprend trois étapes :

1ère étape : application de la méthode choisie de capitalisation individuelle


pour la première année

2ème étape : projection sur un nombre fixé d’années des primes individuelles à
l'aide :

 d'hypothèses financières :
- croissance des salaires
- taux d'actualisation

 d'hypothèses démographiques :
- sorties (décès, démission, retraite)
- entrées : éventuels remplaçants

3ème étape : nivellement de ces charges.

L’exemple suivant décrit la procédure pour le plan de pension


standard considéré :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 117


N
Rente = 50 % Sfinal à 60 ans
40

- soit  = { 1, 2, …., K } l'ensemble des affiliés présents en t = 0


- on suppose qu'il n'y a pas revalorisation de services passés
- on choisit comme méthode individuelle de base l'UNIT CREDIT COST
- on note : - x j = âge initial en t = 0 de l'individu j

- S j 0   salaire initial de l'individu j

1ère étape

- calcul des primes individuelles de première année :

p j 0   prime de l'individu j en t = 0

1
p j 0   50 % S j 0   a 60  60  x j E x j
40

coût total : P 0    p j 0 
j

2ème étape - projection sur T années (en général T entre 10 et 20 ans)

1
50 % S j * t   S j * t  1  a 60  60  x  t E x  t
t 
p j * t    50 % S j * t  
 40 40  j j

si x j  t  60

= 0 si x j  t  60

(on fait ici l'hypothèse d'absence de remplaçants).


Pour le traitement projeté Sj (t) on peut par exemple utiliser une croissance
géométrique :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 118


S j * t   S j 0  1 g
t

3ème étape - nivellement sur les T années

Remplacer le vecteur de primes variables par un financement stable en


pourcentage de la masse salariale.
Pour un fonds de nivellement initial nul (F(0) = 0), le taux de nivellement  sera
solution de l'équation d'équivalence actuarielle :

T 1
1  xj  t T 1
1  xj t
  p j * t    =     S j * t   
t 0 j  1 it  xj t 0 j  1 it  xj

Le taux  ne dépend :

- ni du temps (exigence de stabilité temporelle)


- ni des individus (étage de capitalisation collective)

La solution est donc :


T 1
1  xj  t
  p j * t 
t 0 j  1 it  xj

T 1
1  xj  t
  S j * t 
t 0 j  1 i t
 xj

qu'on note parfois en abrégé :

PVFP

PVFS

où PVFP = present value of future premiums


PVFS = present value of future salaries

Si le fonds F(0) initial est non nul, il suffit de le retrancher de la PVFP :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 119


PVFP  F0 

PVFS

Une fois le taux de dotation calculé, on peut calculer la dotation (  le coût à


payer au plan) :

D 0      S j 0 
j 

Ce versement D(0) est comparé au montant P(0) nécessaire à l'alimentation des


contrats individuels :

 si D(0) < P (0) : la méthode ne peut être utilisée


 si D(0) > P(0) : le solde D(0) - P(0) alimente le fonds de nivellement :

F(0+) = D(0) - P(0)

L'année suivante, le fonds est devenu avant financement :

F(1-) = F (0+) . (1 + i) = ( D(0) - P(0) ) (1 + i)

et après versement en t = 1 :

F(1+) = F(1-) + D(1) - P(1)

D'une manière générale, on a :

D t      S j t 

F(t-) = F (t - 1+) . (1 + i)

F(t+) = F (t-) + D(t) - P(t)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 120


Si la réalité suit les hypothèses, le fonds F est nul au terme de la période.

Les avantages et inconvénients de la méthode peuvent être synthétisés ainsi :

Avantages de la méthode de nivellement

La méthode combine les caractéristiques de la capitalisation individuelle et de


la capitalisation collective :

 comme en capitalisation individuelle :


il y a mise en évidence claire des réserves individu par individu
("transparence des droits acquis").

 comme en capitalisation collective :


il y a recherche d'une stabilité collective du financement au plan.

Inconvénients de la méthode de nivellement

La méthode nécessite à la fois :


- un double calcul (calculs de primes individuelles et d'un taux collectif)
- une double gestion (contrats individuels et fonds de nivellement).

La technique de nivellement, qui vient se superposer à une méthode de financement,


en vue d'en égaliser les effets, peut s'appliquer d'une manière très générale à toute
méthode de financement, en ce compris la répartition; nous en illustrons ici
l'application à la répartition pure, dans le cadre de la gestion de régimes de sécurité
sociale. Cette méthode est parfois aussi appelée « méthode de la prime échelonnée »
et est utilisée notamment au Maroc dans les régimes de sécurité sociale ( CMR /
CNSS).
On considère un régime en prestations définies financé en répartition pure.

On projette en t = 0 l'évolution future des recettes et dépenses du régime, sur base

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 121


d'hypothèses démographiques et financières, et ce pour une durée fixée .
On note :

- S (s) (s = 0, 1,…, N - 1) la masse salariale à l'instant soumise à cotisation

- B (s) (s = 0, 1,…, N - 1) les prestations totales à payer l'année s

- R(s) = le taux de cotisation en répartition donné par :

Bs 
 R s 
S(s)

On désire substituer au vecteur de cotisation variable

(R(0), R(1)…, R(N-1) ) un vecteur de cotisation contant ,  ...  .

On applique pour ce le principe d'équivalence actuariel entre les deux


vecteurs de cotisation :

N1 N 1
   S t  v  t
  R t  S t  v t
t 0 t 0

N 1

  R t S t  v t
t 0
 N 1

 S t  v
t 0
t

ou

Le taux nivelé est donc la moyenne pondérée des taux par les masses
salariales actualisées.

En notant DN (s) la cotisation à verser pour la méthode de nivellement, on a :

DN s    S s

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 122


La différence entre cette dotation et la cotisation en répartition pure destinée à payer
les prestations, alimente un fonds appelé fonds de nivellement dont l'évolution est
donnée par :

F0      R 0   S 0 

F 1  F 0   1 i      R 1  S 1

F k   F k  1 1 i      R k   S k  (1 k  N  1)

Au terme de la période de nivellement (k = N), ce fonds de nivellement est nul :

FN     R N  1.  S N  1  1 i  ....     R 0  S 0   1  i N


 N 1  N 1
     S  j 1 i N  j     R  j S  j1  i N  j
 j0  j0
 
  N 1  N 1 
 1 i N       S  j 1 i  j     R  j S  j1  i j 
 j0  j0
   

= 0 par définition de  .

Lorsque le vecteur de charge  R 0 ,  R 1...,  R N  1 est quelconque, le


fonds de nivellement peut devenir négatif, et la méthode ne peut s'appliquer.

Il y a donc lieu de vérifier cet élément avant d'appliquer la méthode.

Il en va ainsi lorsque le taux initial des cotisations croît avec le temps :

 R 0    R 1...,   R N  1

C'est évidemment le cas standard où la méthode trouve toute sa raison d'être :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 123


l'application d'un taux nivelé  (avec  R 0      R N  1 ) conduit à payer plus
les premières années pour éviter de devoir payer trop les années suivantes.
Considérons, à titre d'exemple dans ce cadre, le cas où la masse salariale et les
charges de pension sont en progression géométrique, les charges croissant plus
rapidement que les salaires :

B t   B 0  1 k t
S t   S 0  1 r t

B0 1 k
0  et 1 g  1
avec S0 1 r

B t 
et donc  R t  
S t 
t
B  1 k 
 0  
S0  1 r 
  0 1  gt

Les taux de cotisations sont donc en progression géométrique et sont croissants.


Le nivellement va donc fournir de bons résultats.
Le taux nivelé est donné par :

t
N 1
 1 
  0 1  g   S0 1  r   
t t


t 0  1 i 
t
t  1 
N 1

 S0 1  r   
t 0  1 i 
t
N 1
 1 k 
  
 0 
t0  1 i 
t
N 1
 1 r 
  
t0  1 i 

 0 
1  a  1  a 
N

1  b  1  b
N

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 124


1 k
où a 
1 i
1 r
b
1 i

6.3. AGGREGATE COST METHOD

L’aggregate cost method est une véritable méthode de capitalisation collective


visant à obtenir sur une population donnée un financement stable en pourcentage de
la masse salariale, sur la durée de vie des affiliés au plan.

Par rapport à la méthode de nivellement :


1) il n'y a plus 2 niveaux mais uniquement un seul étage, le niveau collectif
2) la projection se fait sur la durée de vie et non pas sur une période fixe pour
tous.

Considérons à nouveau le plan prévoyant une rente de retraite de :

N
RR  50 % S final à 60 ans
40

- soit  = { 1, 2, …, K } l'ensemble des affiliés présents en t = 0

- pour chaque individu, on effectue 2 projections :

a) projection des prestations :

Bj (0) = prestation projetée de l'individu j estimée à l'instant 0

Nj
50 % S j 0   1 g
60  x j  1
=
40

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 125


b) projection des salaires :

S j t   salaire projeté en t de l'individu j

 S j 0   1 gt

On détermine alors deux aggrégats :

1) l'aggrégat des prestations :

PVFB = present value of future benefits


  B j 0   a 60  60  x j E x j
j 

2) l'aggrégat des salaires :

60  x j  1

PVFS    Sj t   t E x j
j t 0

On calcule enfin le taux de dotation par équivalence actuarielle entre l'aggrégat


des prestations et l'aggrégat des cotisations :

60  x j  1

 B j 0  a 60  60  x E x = j j
    Sj t  t E x j
j  j  t 0

et donc :

 B j 0  a 60  60  x j Ex
j 
j
PVFB
 60  x j  1

PVFS
  Sj t   t E x j
j  t 0

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 126


Il est intéressant de comparer cette formule du taux de dotation avec la formule
du taux obtenu dans la méthode de nivellement : par exemple les
dénominateurs représentent tous deux une somme de valeurs actuelles de
salaires futurs mais l’ordre des signes de sommation est inversé :
- en nivellement on travaille sur une période fixe de temps et ensuite on observe
durant cette période les individus présents ;
- en aggregate cost on travaille avec une génération d’individu et ensuite on
observe chaque individu jusqu’ à son âge de retraite.
Dans le cas où le fonds initial est non nul, il suffit de le retirer de la PVFB :

PVFB  F 0 

PVFS
Une fois le taux calculé, la charge de première année est :

D0   NC0      S j 0 
j 

Cette dotation alimente le fonds collectif (il n'y a plus de contrats ou de


comptes individuels); ce fonds collectif reçoit de l'intérêt et sert à payer
directement les prestations.

D'une manière générale, le fonds collectif obéit à la relation de récurrence :

Ft    F t  1  D t  1 1  i t   B t 

où D(t - 1) = dotation payée au fonds


it = taux de rendement observé du fonds
B(t) = prestations payées par le fonds

Si la réalité suit exactement les hypothèses le taux  pourra rester constant.

En pratique, il y aura des écarts et le taux est régulièrement recalculé par la


formule :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 127


PVFB t   F t 
 t  
PVFS t 

où -F(t) = avoir réel du fonds à l'instant t

-PVFS(t) = valeur actuelle à l'instant t des salaires futurs (postérieurs à


l'instant t)

60  x j  t 1

PVFS( t )    Sj s s E x  t j


j s0

avec :
S j * (s)  S j t   1 g
st

-PVFB(t) =valeur actuelle à l'instant t des prestations postérieures à t


donné par :

PVFB( t )   B t   a
j 
j 60  60  x j  t E x j  t

avec :

Nj
50 % S j t   1 g
60  x j  t  1
B j (t ) 
40

Comme dans le cas du nivellement, la méthode peut parfois conduire à des


valeurs négatives du fonds en cours de projection et devoir donc de ce fait être
rejetée comme l’illustre le cas simple suivant :

CONTREXEMPLE SIMPLE :

- 2 affiliés présents en t = 0 :

j = 1 : x1 = 60 entrée en service : 25 ans

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 128


j = 2 : x2 = 40 entrée en service : 25 ans

- Plan prévoyant à 65 ans un capital unique égal à :

N
x 5 S final
40

où N est compté depuis l'entrée en service.

- Hypothèses financières et démographiques :

- salaire unitaire pour tous


- ni inflation ni mortalité
- actualisation au taux zéro

L'application de l'aggregate cost donne alors :

2x5 1
- Taux de dotation :   
5  25 3
2
- Dotation : D =
3
Cette dotation reste constante durant 5 ans.

En t = 5, le fonds a un avoir égal à :

2 10
F5   5 x 
3 3

ce qui est insuffisant pour payer la prestation de l'individu 1 :

 
F 5 
10
3
5  
5
3

La méthode ne peut donc être appliquée.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 129


Remarquons qu'en terme d'équilibre final, on retrouve en fin de parcours le
montant nécessaire :

  1
F25   F 5   20 x
3
5 20 15
    5
3 3 3

c'est-à-dire de quoi payer le second capital.

La méthode doit néanmoins être rejetée dans ce cas car le fonds est passé par
une valeur négative. On assiste en fait ici à un cas simple de transfert
intergénérationnel de charges.
Comme illustré dans ce calcul la raison de ce déséquilibre est à trouver dans le
financement des services passés initiaux, reconnus par le plan mais non
provisionnés à l’origine ; l’aggregate dilue ce financement sur la durée de
carrière résiduelle moyenne du groupe et n’induit donc pas une vitesse
suffisante d’alimentation.
En vue d’éviter ce type de problème, des variantes de l’aggregate peuvent être
élaborées visant à traiter de manière autonome ce problème de reconnaissance
de services non financés.

6.4. ATTAINED AGE NORMAL

Dans cette variante de l’aggregate cost on maintient l’idée de niveler au


mieux les charges futures projetées mais tout en évitant simultanément les
problèmes de fonds insuffisant.

Dans cette perspective le financement des services passés initiaux n ‘est plus
intégré dans le calcul du taux d'aggregate mais fait l'objet d'un amortissement
séparé et accéléré.
La valorisation de ces services passés se fait à l’aide de la méthode unit credit

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 130


et fait l’objet d’un financement complémentaire soit en une fois soit amorti sur
un nombre fixé d’années.

L’exemple suivant illustre le processus.

Exemple :

Considérons le plan suivant :

N
RR  50 % S final à 60 ans
40

où N est compté depuis l'entrée en service.

1ère étape :

On calcule la prime unique globale qui couvre pour tous les affiliés les services
passés initiaux :

N1j
UL0    50 % S j 0   a60  60  x j E x j
j  40

où N1j = durée de service pour l'individu j entre l'entrée en service et la création

du plan.

Ce montant est au départ non financé.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 131


2ème étape :

On calcule un taux d'aggregate en ne tenant pas compte de cet engagement :

PVFB  UL 0 

PVFS

Le coût normal est donné comme en aggregate par:

NC 0      S j 0 
j 

3ème étape :

Un financement complémentaire doit être prévu pour amortir la dette UL(0).

Par exemple, un financement en m années :

UL0 
ADJ 0  

am

La dotation totale est alors :

D 0   NC 0   ADJ 0 
UL 0 
    S j 0  
j  a
m

EXEMPLE

Reprenons le contrexemple de l’aggregate cost , traité cette fois en attained age


et montrons que cette fois il n’y a plus de problème de fonds négatif.

L'application de l'attained age donne cette fois :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 132


- prime unique initiale : UL(0) = (35/40+15/40)5 = 6,25
(supposée payée en une fois initialement)
2 x 5  6,25
- Taux de dotation :    0,125
5  25
- Dotation : D = 0,125 x 2 = 0.25

Cette dotation reste constante durant 5 ans.


En t = 5, le fonds a un avoir égal à :

1
F5  6,25  5 x  7,5
4

ce qui est à présent suffisant pour payer en t=5 la prestation de 5.


Au terme on aura :
1
F25  7,5  5  20 x 5
8
ce qui permet de payer la dernière prestation.

La méthode peut donc être appliquée cette fois.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 133


TROISIEME PARTIE
LES REGIMES EN REPARTITION

CHAPITRE 7 : REGIMES HYBRIDES DB/DC

Les régimes classiques de pension, qu’il s’agisse de systèmes de sécurité


sociale ou de plans de pensions complémentaires, obéissent, au niveau du
design des prestations, à une des deux logiques suivantes :
- soit un régime en contributions définies : régime qui définit explicitement le
niveau des contributions à payer par la génération des travailleurs actifs ; les
prestations de retraite en découlent par équivalence actuarielle.
- soit un régime en prestations définies : régime qui définit explicitement le
niveau des prestations de retraite à verser ; le niveau des contributions en
découlent aussi par équivalence actuarielle.
L’objectif de ce chapitre est de recadrer ces deux mécanismes dans un
environnement de financement en répartition et de montrer qu’ils constituent
deux techniques extrêmes à côté desquels on peut développer de nombreuses
autres solutions. Nous présentons en particulier la règle de Musgrave qui se
veut un intermédiaire entre DB et DC purs et qui vise à garantir un taux de
remplacement constant mais en net de cotisation. D’autres schémas
intermédiaires entre DB et DC seront aussi présentés.

7.1 Equilibre en répartition et la règle de Musgrave


Nous nous plaçons dans un régime en répartition pure et adoptons les
notations suivantes :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 134


  taux de cotisation
S =salaire moyen des actifs
P  pension moyenne des retraités
N A  nombre d'actifs cotisants
N R  nombre de retraités (7.1)

La relation d’équilibre actuariel de la répartition peut s’écrire sous forme d’égalité


de l’agrégat des contributions et de l’agrégat des prestations :

 .S. N A  N R .P (7.2)
Introduisons les ratios classiques suivants :
- taux de remplacement moyen (ou encore « benefit ratio ») noté δ et égal au
rapport entre la retraite moyenne et le salaire moyen des actifs :

P

S (7.3)

- ratio de dépendance noté D et égal au rapport entre le nombre de retraités et le


nombre d’actifs cotisants au régime :

NR
D
NA (7.4)
La relation d’équilibre (7.2) peut alors s’écrire :

  .D (7.5)

Le ratio de dépendance est essentiellement un ratio d’ordre démographique (rapport


des effectifs de deux classes d’âge) mais il contient aussi de manière endogène une
composante économique puisqu’on s’intéresse ici aux actifs cotisants.
Considérons une situation initiale équilibrée (notée par l’état 1) satisfaisant
donc à la relation :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 135


1  D1. 1 (7.6)

Supposons à présent que le système évolue vers un nouvel état noté état 2,

caractérisé par un autre ratio de dépendance noté D 2 . Dans le contexte de

vieillissement de la population il est normal de supposer en général D 2  D1 .


Compte tenu de ce risque affectant le régime de retraite, et donc son équilibre, il

convient de déterminer de nouvelles valeurs 2 et 2 , respectivement pour le taux


de remplacement moyen et le ratio de dépendance, satisfaisant à la relation générale
d’équilibre (7.5) :

2  D 2 . 2 (7.7)

Nous avons une équation pour deux degrés de liberté à choisir ( 2 et 2 ). Il existe
donc à priori une infinité de solutions admissibles. Il est bien sûr intéressant de

relier la solution envisagée au couple initial 1 et 1 .


Dans ce modèle on appellera règle d’ajustement automatique un mécanisme qui

définit le nouveau couple taux de remplacement/taux de cotisation ( 2 , 2 ) à partir


d’une part du couple initial

( 1 , 1 ) et des valeurs successives du ratio de dépendance D1 et D2 .


Une première solution simple consiste à maintenir constant un des deux paramètres
et déterminer l’autre paramètre en vue de satisfaire la relation (7.7) ; on génère en fait
de cette façon les mécanismes bien connus d’une part de DB (prestations définies) et
d’autre part de DC (contributions définies) :

a) dans un régime en prestations définies (DB), le taux de remplacement  doit


rester constant ; l’ajustement porte donc en totalité sur le taux de cotisation (risque
pris en charge uniquement par les actifs).
On a alors les deux contraintes suivantes compte tenu des relations (7.6) et (7.7) :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 136


2  D 2 .  2
1
2  1 
D1
dont la solution est :

2  1  
D2
2  1.
D1 (7.8)
En particulier, lorsque le ratio de dépendance augmente, le taux de cotisation
augmente dans la même proportion.

b) dans un régime en contributions définies (DC), le taux de cotisation  doit rester


constant ; l’ajustement porte donc en totalité sur le taux de remplacement (risque pris
en charge uniquement par les retraités).
On a alors les deux contraintes suivantes compte tenu des relations (7.6) et (7.7) :

2  D 2 .  2
2  1  D1.1
dont la solution est :

2  1  
D1
2  1.
D2 (7.9)
En particulier, lorsque le ratio de dépendance augmente, le taux de remplacement
diminue dans la même proportion.

Mais indépendamment de ces deux politiques d’adaptation, il existe une infinité


d’autres méthodes qui vont simultanément modifier la valeur du taux de
remplacement et celle du taux de cotisation.

c) Musgrave (1981) a proposé un autre invariant que le taux de remplacement ou le


taux de cotisation et qui conduit à une forme de partage de risque entre les actifs et
les retraités.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 137


On définit le ratio de Musgravc, noté M, comme le rapport entre la pension
moyenne et le salaire moyen net de cotisation retraite. Le taux de remplacement
« brut » (7.3) devient alors une sorte de taux de remplacement net donné par
l’expression :

P 
M 
S (1  ) (1  ) (7.10)

Il exprime un rapport de pouvoir d’achat, tenant compte qu’une partie du salaire des
actifs est destiné à financer les retraites et ne peut être distribué aux actifs
(contrairement aux retraites supposées non soumises au taux de cotisation retraite).

Dans un plan en DB, le ratio de Musgrave augmente lorsque le ratio de dépendance


augmente :
2 1
M2  
(1   2 ) (1  1D 2 / D1 )
On pourrait donc considérer qu’un tel régime favorise en termes de pouvoir d’achat
les retraités au détriment des actifs.

Dans un plan en DC, le ratio de Musgrave diminue lorsque le ratio de dépendance


augmente :

2 1 D
M2   . 1
(1  2 ) (1  1 ) D 2
On pourrait considérer cette fois qu’un tel régime défavorise en termes de pouvoir
d’achat les retraités au profit des actifs.

La règle de Musgrave vise à stabiliser ce ratio M en cas de modification du ratio de


dépendance (maintien du ratio de pouvoir d’achat des retraités et des actifs) :

M1  M 2  M (7.11)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 138


Ce type de plan sera dénommé ici dans la suite « Defined Musgrave » ( DM).
On peut alors obtenir aisément dans un tel régime, l’évolution du taux de cotisation et
du taux de remplacement. Compte tenu de (7.7) et de la relation :
2 2
M 
(1  2 ) (1  D 2  2 )
il vient successivement:
M
2 
1  M.D 2 (7.12)

D 2 .M
2 
1  M.D 2 (7.13)

On peut aussi comparer l’évolution de ces deux grandeurs d’une période à l’autre :

a) formule de récurrence du taux de remplacement :


M  / (1  1 )
2   1
1  M.D 2 1  1 .D
2
1  1
1
 1.
1  1.(D 2  D1 ) (7.14)
Dans un plan DC , le nouveau taux de remplacement était donné par :
D1
2  1.
D2 (7.15)
Dans un plan DB , le taux de remplacement reste par définition constant :

2  1 (7.16)

Montrons qu’un plan de type Defined Musgrave (DM) peut être considéré en termes
d’évolution du taux de remplacement comme un intermédiaire entre prestations
définies (DB) et contributions définies (DC).

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 139


Propriété 7.1. :

Si le ratio de dépendance augmente ( D 2  D1 ) et si le taux initial de cotisation

satisfait la condition 0  1  1 , on a l’inégalité suivante en terme de taux de


remplacement:

1 D
1  1.  1. 1
1  1 (D 2  D1 ) D2 (7.17)

2 DB   2 DM   2 DC
Ou:

Preuve:
(i)
1
1  1.
1  1 (D 2  D1 ) est une conséquence directe de la condition D 2  D1

(ii)
1 D
1.  1. 1
1  1 (D 2  D1 ) D2

est équivalent à : D 2  D1.(1  1 (D 2  D1 ))

Ou à : D 2  D1  D1.1 (D 2  D1 )  1.(D 2  D1 )

Ou enfin à : 1  1

b) formule de récurrence du taux de cotisation :


1 / D1
D2 .
D 2 .M 1  1
2  
1  M.D 2 1  D . 1 / D1
2
1  1
D2
 1.
D1  1.(D 2  D1 )
Dans un plan DB, le nouveau taux de contribution était donné par :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 140


D2
2  1.
D1
Dans un plan DC, le taux de remplacement reste par définition constant :

2  1

On a la propriété suivante pour le taux de contribution analogue à la propriété 7.1 :

Propriété 7.2. :

Si le ratio de dépendance augmente ( D 2  D1 ) et si le taux de cotisation initial

satisfait la condition 0  1  1 , on a l’inégalité suivante en terme de taux de


cotisation :

D2 D
1  1.  1 . 2
D1  1 (D 2  D1 ) D1 (7.18)

1DC  2 DC  2 DM  2 DB
Ou:
Preuve:
(i)
D2
1  1.
D1  1 (D 2  D1 )

Est équivalent à : D1  1 (D 2  D1 )  D 2

ou: 1  1
(ii)
D2 D
1.  1. 2
D1  1 (D 2  D1 ) D1 est une conséquence directe de la

relation D1  1.(D 2  D1 )  D1

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 141


Les formules (7.17) et (7.18) montrent que la règle de Musgrave peut être vue
comme un intermédiaire entre DB et DC purs en termes de taux de contribution et
taux de remplacement. Dans un plan « Defined Musgrave » (DM), en cas de choc
démographique, ces deux taux bougent tous les deux en sens opposé ; Aussi bien les
contributeurs au plan que les bénéficiaires sont donc affectés. En cas de hausse du
ratio de dépendance (vieillissement de la population), on assistera simultanément à
une hausse du taux de cotisation et à une baisse du taux de remplacement. Le
phénomène inverse se produira en cas de baisse du ratio de dépendance.

Le Tableau 7.1 ci-dessous résume les trois formules (DB, DC, and DM).

TABLEAU 7.1: Formules du taux de cotisation et du taux de remplacement en


DB, DC et DM

Taux de cotisation Taux de


remplacement
Defined Benefit D2 2  1  
2  1.
D1

DefinedContribution 2  1   D1
2  1.
D2

Defined Musgrave D2 1
2  1. 2  1.
D1  1.(D 2  D1 ) 1  1.(D 2  D1 )

7.2. Partage des risques

La règle de Musgrave présentée ci-avant permet, contrairement aux formules


classiques en prestations définies ou en contributions définies, de partager les risques
entre les deux générations (actifs et retraités). Mais ce n’est bien sûr qu’une formule
particulière. On peut développer toute une famille de formules intermédiaires entre
DB et DC. Chaque formule se différentie des autres par le niveau de partage de
risques entre actifs et retraités. Les formules DB et DC apparaissent dans ce contexte
comme deux extrêmes, l’une où la totalité du risque est pris en charge par les actifs,
l’autre par les retraités.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 142


En vue d’introduire cette famille de formules intermédiaires, nous partons d’un état
initial satisfaisant à la relation d’équilibre (7.6).
Une modification dans le ratio de dépendance D va générer de nouvelles valeurs
pour le taux de contribution et le taux de remplacement, satisfaisant toujours la
relation d’équilibre :

2  D 2 . 2 (7.19)
En vue de mettre en évidence la variation d’un état à l’autre des taux de cotisation et
de dépendance , introduisons la notation suivante :

2  1 (1    )
2  1 (1    ) (7.20)
Les paramètres λ représentent donc des taux de variation. La notation choisie suggère
comme déjà illustré précédemment que les taux de cotisation et de remplacement sont
de nature à bouger en sens opposé.

Les relations (7.6) et (7.19) permettent d’obtenir un lien entre ces paramètres :
D2
(1    )  .(1    )
D1 (7.21)
On peut aussi mettre en évidence un coefficient de partage du risque qui
compare les efforts d’adaptation au risque démographique supportés par les actifs et
les retraités :


 (7.22)

Calculons d’abord les valeurs de ce coefficient dans les trois formules mises en
évidence au paragraphe 7.1 (DB, DC, DM).

a) Dans un plan en prestations définies (DB), nous avons par définition :


  0
L’équation (7.21) donne alors l’autre paramètre :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 143


D2
1   
D1
D 2  D1
 
D1 (7.23)
Le coefficient de partage des risques devient :
   (7.24)

b) Dans un plan en contributions définies (DC), nous avons par définition :


  0
L’équation (7.21) donne alors l’autre paramètre :
D2
1 (1    )
D1
D 2  D1
 
D2 (7.25)
Le coefficient de partage des risques devient :
0 (7.26)

c) Dans un plan en Defined Musgrave, en utilisant le tableau 7.1, il vient :


- pour le taux de cotisation:

D2
2  1.  1.(1    )
D1  1.(D 2  D1 )

(D 2  D1 )(1  1 )
 
D1  1.(D 2  D1 )
- pour le taux de remplacement:

1
2  1.  1.(1    )
1  1.(D 2  D1 )

1.(D 2  D1 )
 
1  1.(D 2  D1 )
Le coefficient de partage des risques devient donc :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 144


  (D 2  D1 ).(1  1 ) 1  1.(D 2  D1 )
  .
  D1  1 (D 2  D1 ) 1.(D 2  D1 )
1  1 1
  1
1 1 (7.27)
Pour des valeurs habituelles du taux de cotisation ( π < 0.5) , ce coefficient de
partage des risques est supérieur à 1, suggérant qu’en acceptant cette mesure , les
cotisants délivrent en DM un plus grand effort proportionnel que les retraités. Ce
système DM peut donc être considéré comme plus proche d’un système DB pur que
d’un système DC pur.

Remarque :
Remarquons que dans la formule Defined Musgrave, ce coefficient de partage des
risques ne reste pas constant mais dépend du taux de cotisation, lui-même variable
dans cette philosophie. Il en résulte que dans un modèle multi périodes avec
applications annuelles successives de la règle de Musgrave, le coefficient de partage
des risques se modifiera au cours du temps.

Complémentairement aux trois formules de base développées ci avant, nous


pouvons envisager d’autres formes de partage de risque.

d) A titre d’exemple, un candidat naturel serait d’avoir un système avec un


coefficient de partage des risques toujours égal à 1. Nous pourrions appeler ce
régime DE (Defined Equal sharing).

Dans un tel cas, on a :       


L’équation (7.21) devient alors :
D2
(1   )  .(1   )
D1
D2  D1

D 2  D1 (7.28)

Compte tenu de la relation (7.20), les nouveaux taux de cotisation et de


remplacement deviennent respectivement :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 145


2D 2
2  1.
D1  D 2
2D1
2  1.
D1  D 2 (7.29)

e) D’une manière générale, on peut caractériser un plan de pension par son degré de
solidarité entre actifs et retraités au travers de son coefficient  . Sur cette base, on
peut considérer qu’un valeur  >1 ( resp.  <1) génère plus d’efforts de la part des
cotisants ( resp. des retraités), les formules classiques DB et DC étant les cas limites.
Dans une formule où ce coefficient  est constant, on a les deux relations :

D2
(1    )  (1    )
D1
   . 
La solution en termes de λ est donnée par :
D 2  D1
  () 
D 2  .D1
D2  D1
  ()  .
D 2  .D1

Les taux de cotisation et de remplacement deviennent:


D2 .(1  )
2  1.
D 2  .D1
D1.(1  )
2  1.
D 2  .D1 (

7.3 Modèle en temps continu


Les modèles présentés aux sections 7.1 et 7.2 ont été développés en temps discret.
On peut également envisager une modélisation en temps continu qui va nous
permettre de mettre en évidence des équations différentielles des grandeurs et en
comprendre la dynamique locale.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 146


Nous utiliserons dans ce contexte les notations suivantes qui généralisent les
t  0,T   R
notations antérieures mais avec un indice de temps :
S(t)  salaire moyen à l'instant t
P(t)= pension moyenne à l'instant t
N A (t)  nombre d'actifs cotisants à l'instant t
N R (t)  nombre de retraités bénéficiaires à l'instant t
(t)=taux de cotisation à l'instant t (7.38)

On utilisera aussi le taux de remplacement moyen et le ratio de dépendance donnés


respectivement par :
P(t)
(t) 
S(t)
N (t)
D(t)  R
N A (t)
On peut alors mettre en évidence des recettes et des dépenses instantanées :
Recettes t  (t).S(t).N A (t)
Dépenses t  P(t).N R (t)
L’égalité entre recettes et dépenses en répartition conduit à l’équation d’équilibre :
(t).S(t).N A (t)  P(t).N R (t)

P(t) N A (t)
(t)  .
S(t) N R (t)
P(t)
(t)  .D(t)
S(t) (7.39)

(t)  (t).D(t) (7.40)

La relation d’équilibre de la répartition (7.39) est l’équivalent en temps continu de la


relation discrète (7.5). Le facteur de risque dans cette relation (variable indépendante)
est le ratio de dépendance D. En supposant ces fonctions déterministes du temps
suffisamment régulières, on peut mettre ces relations sous forme différentielle.
En passant au logarithme la relation (7.38) :

ln (t)  ln D(t)  ln P(t)  ln S(t)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 147


en différentiant :
d(t) dP(t) dS(t) dD(t)
  
(t) P(t) S(t) D(t) (7.41)

Cette relation exprime que la variation proportionnelle du taux de cotisation est


causée par deux effets :

dP(t) dS(t)
  différentiel entre retraite et salaire
P(t) S(t)
dD(t)
 effet vieillissement
D(t)

On peut également mettre en évidence une relation similaire pour le taux de


remplacement en différentiant de façon similaire la relation (7.39) ; on obtient alors :
d(t) d(t) dD(t)
 
(t) (t) D(t) (7.42)
exprimant que la variation du taux de cotisation résulte de la superposition de la
variation du taux de remplacement et du ratio de dépendance.
Dans cette relation, la variation du ratio de dépendance D est un effet exogène au
régime (effet du vieillissement) ; suite à cette variation, il convient d’ajuster le taux
de cotisation et le taux de remplacement en vue de toujours satisfaire à la relation
d’équilibre (7.41). Différentes formules d’ajustement sont possibles (une équation à
deux inconnues).
On peut mettre en évidence naturellement dans ce contexte les deux solutions
extrêmes classiques que sont les prestations définies (DB) sur salaire final et les
contributions définies (DC).
Cas 1 : prestations définies
Le taux de remplacement reste constant. La relation (7.41) devient donc :
d(t) dD(t)

(t) D(t) (7.43)
exprimant que la totalité du risque démographique pèse sur les actifs. Une
augmentation du ratio de dépendance se répercute totalement sous forme
d’augmentation du taux de cotisation.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 148


La relation (7.40) implique par ailleurs :
dP(t) dS(t)

P(t) S(t) (7.44)
Les retraites suivent parfaitement l’évolution des salaires.

Cas 2 : contributions définies


Le taux de cotisation reste constant. La relation (7.41) devient donc :
d(t) dD(t)

(t) D(t) (7.45)
exprimant que la totalité du risque démographique pèse sur les retraités. Une
augmentation du ratio de dépendance se répercute totalement sous forme de
diminution du taux de remplacement.
La relation (7.40) implique par ailleurs :
dP(t) dS(t) dD(t)
 
P(t) S(t) D(t) (7.46)
Le rythme d’évolution des retraites est impacté en totalité par le risque de
vieillissement.

Cas général : partage du risque démographique


Plutôt que d’impacter en totalité, soit le taux de cotisation, soit le taux de
remplacement, on peut songer à un partage des risques. L’effet différentiel du
dD(t)
vieillissement D(t) sera alors réparti selon une proportion (éventuellement variable

dans le temps) (t) sur le taux de remplacement et une proportion 1  (t) sur le taux

de cotisation (avec : 0  (t)  1 ).


La relation (7.42) peut en effet s’écrire :
d(t) d(t) dD(t)
 
(t) (t) D(t)

On répartit alors l’effet vieillissement de façon à satisfaire globalement (7.42) :


d(t) dD(t)
 (1  (t)).
(t) D(t) (7.47)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 149


d(t) dD(t)
  (t)).
(t) D(t) (7.48)

La fonction (.) peut s’interpréter comme un facteur d’ajustement automatique au


risque démographique, à choisir en fonction du degré de solidarité voulu entre
retraités et actifs

(   0 en DB ;   1 en DC ).
En choisissant en particulier un facteur  constant ( 0    1 ), on a pour le taux de
cotisation :
d(t) dD(t)
 (1  ).
(t) D(t) (7.49)

dont la solution est :


(t)  A.D(t)1 (7.50)

Où A est une constant définie par les valeurs initiales :


0
A
D10
Compte de la relation (7.39) il vient alors directement pour le taux de
remplacement :
(t)  A.D(t) (7.51)

Les relations (7.50) et (7.51) ci-dessus illustrent bien en fonction de la valeur  la


répartition souhaitée de l’effet de vieillissement sur le financement et les prestations.
En particulier pour   1/ 2 , une même proportion du risque démographique affecte
la variation du taux de cotisation et du taux de remplacement
On peut également retrouver dans cette formalisation en temps continu la règle de
Musgrave introduite ci-avant. La formule de Musgrave est basée sur l’invariant
suivant (cf. (7.10)) :
P(t) (t)
M 
S(t) (1  (t)) (1  (t))
En passant au logarithme et en différentiant, il vient successivement :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 150


ln (t)  ln M  ln(1  (t))
d(t) d(t)

(t) 1  (t)

En substituant dans (7.42), il vient :


d(t) d(t) dD(t)
 
(t) 1  (t) D(t)
d(t) (t) dD(t)
.(1  )
(t) 1  (t) D(t)
Finalement :
d(t) dD(t)
 (1  (t)).
(t) D(t) (7.52)

Par analogie à la relation (7.47), on en déduit que la règle de Musgrave correspond


à un coefficient d’ajustement  égal au taux de cotisation :
(t)  (t))

Appliquer la règle de Musgrave conduit donc à affecter une proportion (t) de la


variation instantanée du ratio de dépendance sur le taux de remplacement et la

proportion complémentaire 1  (t) sur le taux de cotisation.


On peut obtenir une solution explicite de l’équation différentielle (7.52) :
Propriété 7.3
La formule de Musgrave conduit en temps continu aux formes suivantes du taux de
cotisation et du taux de remplacement :
K.D(t)
(t) 
1  K.D(t) (7.53)
K
(t) 
1  K.D(t) (7.54)
Preuve :
L’équation différentielle de Musgrave (7.51) peut se mettre sous forme
logarithmique :
d ln (t)
 d ln D(t)
1  (t) (7.55)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 151


En posant Z(t)  ln (t) et Y(t)  ln D(t) :
dZ(t)
 dY(t)
1  e Z( t )
En tenant compte de la primitive suivante :
dx
 1 e x
 x  ln(1  e x )

il vient en intégrant les deux membres de (7.55) :


(t)
ln  ln D(t)  K
1  (t)
et donc finalement :
K.D(t)
(t) 
1  K.D(t)
et par l’équation générale d’équilibre (7.40) :
(t) K
(t)  
D(t) 1  K.D(t)
où K est une constante liée aux conditions initiales :
0
K
D0 .(1  0 )
Exemple
On suppose que le ratio de dépendance D suit un processus de retour à la moyenne
de la forme suivante :
D(t)  D0 .et  Dl .(1  et )

Cette relation exprime que le ratio de dépendance part initialement de la valeur D0 et


converge asymptotiquement vers la valeur Dl , la vitesse de la convergence étant

contrôlée par le paramètre  .


Considérons les hypothèses suivantes :
- le ratio de dépendance D est égal initialement à D0 = 40% et en phase de croissance

vers une valeur limite Dl = 66%. Le paramètre  est égal à 5%.


- le taux initial de cotisation est de 20% . Le taux de remplacement initial est donc de
50%.
Les graphiques ci-dessous illustrent l’évolution dans le temps sur un horizon de 40
ans, d’une part du taux de remplacement, d’autre part du taux de cotisation dans 4

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 152


régimes : DB (prestations définies), DC (contributions définies), DM (règle de
Musgrave) et DE (coefficient   1 / 2 ).

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 153


CHAPITRE 8 : REGIMES DE REPARTITION PAR
POINTS

8.1. REPARTITION ET CONTRIBUTIONS DEFINIES

La plupart des régimes financés par répartition sont de type "prestations


définies". Mais rien n'empêche de concevoir des régimes en répartition
construits dans une optique de contributions définies.

Il faut dans ce cas définir en fonction des cotisations versées le niveau des
prestations à octroyer. Dans une technique de capitalisation individuelle pure,
cette liaison est naturelle : les prestations sont générées par la valeur accumulée
des cotisations durant la vie active.

Une telle relation semble plus difficile dans une philosophie de répartition
compte tenu de son aspect d'instantanéité.

La technique de répartition par points introduite dans certains régimes de


retraite en France (régimes complémentaires pour salariés et cadres) a été
historiquement parmi les premiers systèmes de ce type visant en une
accumulation virtuelle sous forme de points.
Plus récemment le système dit des comptes notionnels a inspiré les régimes de
sécurité sociale de plusieurs pays. Ce système sera présenté au chapitre 9.

8.2. LA TECHNIQUE DES POINTS DE RETRAITE

On suppose un régime prévoyant une cotisation fixe en pourcentage du salaire


pris en considération; il peut s'agir du salaire complet ou d'une tranche de
salaire comprise entre deux plafonds définis. Chaque année, le versement par

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 154


l'affilié de sa cotisation lui donne droit à un certain nombre de points de
retraite.
Le nombre de points est donné par le rapport entre la cotisation versée et un
salaire de référence identique pour tous, appelé prix d'acquisition du point.
Ce système est utilisé notamment au Maroc par la CIMR ( Caisse
Interprofessionnelle Marocaine des retraites).
En notant :

- S(i) (t) : le salaire de référence en t de l'individu i.

-  : le taux de cotisation fixe au régime

- Sr (t) : le prix du point en t

- n(i) (t) : le nombre de points acquis l'année t,

on a :

n i t    
S t 
(i )
(
S r t 

A l'âge de la retraite, l'affilié a ainsi acquis un nombre total de points égal à :

t 2 i   1
i   n i t 
t  t1 (i)

où t1(i) est l'instant d'affiliation au plan de l'individu i

t2(i) est l'instant de retraite de l'individu i.

A partir de l'instant t2(i) une prestation de retraite notée Pi(t) pourra être versée
l'année t à l'individu i, selon la formule :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 155


i 
 i  t   V t   t  t 2 i

où VP(t) est la valeur du point de retraite en t.

La valeur du point de retraite VP(t) est fixée de telle manière à respecter au


niveau de l'ensemble du régime le principe d'équilibre actuariel.

Il y a donc lieu, comme dans un système classique de répartition, d'égaliser à


tout instant, cotisations perçues et pensions payées.

Les cotisations perçues l'instant t sont données par :

  S i  t 
i

où la sommation porte sur tous les individus i actifs à l'instant t et cotisant au


régime.

Les prestations à verser l'instant t sont données par :

Vt      j
j

où la sommation porte sur tous les individus j retraités à l'instant t.

La valeur du point est donc donnée par :

  S i  t 
V t   i
(
 
j
j

On peut obtenir une formule plus explicite de cette valeur si on suppose un


salaire moyen constant pour tous les individus.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 156


S i  t   s t  = salaire uniforme en t.

On a alors en suivant les notations du chapitre 3 :

Cotisations perçues en t :

xr  1
  s t   L x, t 
x  x1

Dépenses de pension en t :


V t   L x, t   x r , t  x  x r 
x  xr

où  (x r , t  x  x r ) est la somme des points accumulés à la retraite à l'âge

xr pour la génération partie à la retraite à la date t - x + xr.

x r 1
s t  x  y 
 x , t  x  x   
r r
y  x1

S r t  x  y 
Il vient donc en se plaçant dans le cas d’un salaire uniforme posé égal au salaire
de référence :

x r 1 x r 1
 s  t   L  x, t  .s (t)  L(x, t)
V  t  
x  x1 x  x1

 

 L  x, t     x , t  x  x   L(x, t)..(x
x  xr
r r
x xr
r  x1 )

1
 s (t).
QV(t).(x r  x1 )

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 157


8.3. RENDEMENT D'UN REGIME DE REPARTITION PAR POINTS

En vue de mesurer la performance d'un régime de répartition par point, on peut


introduire une notion de rendement.
On définira le rendement comme le montant de retraite acquis en contrepartie
d'une cotisation contractuelle unitaire payée la même année.

Une contribution unitaire à l'instant t donnera droit par définition à


1
points, et la retraite correspondante sera donnée par :
S r t 

1
r t   Vt  
S r t 

Le rendement ainsi défini se présente donc comme le rapport entre la valeur du


point et le prix d'acquisition du point.

En se plaçant dans l'hypothèse d'un salaire uniforme précisément égal au salaire


de référence, les formules permettent d'obtenir le rendement :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 158


V t 
r t  
S r t 
xr  1
  L x, t 
x  x1


 L x, t   x r , t  x  x r 
x  xr

xr  1
  L x, t 
x  x1


 L x, t    x r  x 1 
x  xr

xr  1
 L x, t 
x  x1


x r  x1   L x, t 
x  xr

1
r t  
x r  x1  Q V t 
Le rendement du régime est donc de nature purement démographique,
inversement proportionnel au quotient de vieillesse. En particulier pour une
population stationnaire, ce rendement est constant.
Le tableau ci-dessous donne pour diverses valeurs du quotient de vieillesse et
pour une durée de carrière de 40 ans, les valeurs correspondantes du
rendement :

QV Rendement

0,30 8,33 %

0,40 6,25 %

0,50 5,00 %

0,60 4,17 %

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 159


8.4. EQUILIBRE ACTUARIEL PAR GENERATION

La valeur du point étant identique pour tous dans la technique développée ci-
dessus, et le nombre de points étant figé à l’âge de la retraite, il en résulte que
les arrérages de rente réellement perçus par les retraités connaîtront une
évolution incertaine et non nécessairement en phase avec un taux d’indexation
naturel sur un indice de prix ou un indice de salaire. En fonction de l’évolution
démographique, les rentes peuvent même décroître dans le temps. En vue de
pallier ce problème et de protéger le pouvoir d’achat des retraités, on peut
imposer une forme prédéterminée d’indexation après la retraite.
Dans ce cas la valeur du point ne concerne que la génération partant à la retraite
l’année considérée. Il y a donc calcul distinct par génération.
Les dépenses totales du régime deviennent alors :


VP( x r , t ) L( x r , t ) N( x r , t )   VP(x, t ) L( x, t ) N(x
x  x r 1
r ,t  x  xr )

où :

1°) VP( x r , t )  valeur du point pour la génération partant à la retraite en t

2°) VP( x , t ) ( x  x r )  valeur du point pour les générations déjà retraitées ;


cette valeur est supposée indexée à l’aide d’un taux de revalorisation gt et est
donc donnée récursivement par :

VP( x , t )  VP( x  1, t  1) (1  g t )

En équilibrant recettes et dépenses, on obtient la valeur du point pour la


génération partant à la retraite :

x r 1 
 s(t)  L(x, t)   L(x, t) VP(x  1, t  1) (1  g t )N(x r , t  x  x r )
x  x1 x  x r 1
VP(x r , t) 
L(x r , t) N(x r , t)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 160


Cette méthode fait peser tout le risque démographique sur les actifs puisqu’une
fois retraités les affiliés ont une garantie financière inconditionnelle
d’indexation de leur prestation.
Le facteur d’indexation choisi est généralement lié soit à l’évolution d’un
indice de prix (le pouvoir d’achat des retraites est alors maintenu) soit à
l’évolution d’un indice de salaires (le niveau des retraités évolue alors en
parallèle à celui des actifs).

8.5. TAUX D’APPEL DES COTISATIONS

Une autre technique pour garantir une stabilité des prestations est d’introduire
un découplage entre d’une part les cotisations réellement payées et d’autre part
les cotisations prises en compte dans le calcul des points. On entre alors en
réalité dans un mélange entre DC et DB.
On a la relation suivante :

Taux de cotisation effectif= Taux de cotisation contractuel X taux


d’appel des cotisations

où :

- taux de cotisation effectif : taux réellement payé par les actifs ( soit par
cotisations sociales soit par impôt , CSG,…) ;
- taux de cotisation contractuel : taux pris en compte dans l’attribution des
points de retraite ;
- taux d’appel des cotisations : coefficient correcteur permettant de réaliser
l’équilibre en répartition compte tenu d’une contrainte sur la valeur du point (
par exemple une règle automatique d’indexation). Lorsque ce coefficient est
inférieur à 1, des points complémentaires peuvent être octroyés sans paiement
de cotisation ; au contraire lorsqu’il est supérieur à 1, une partie des cotisations
payées n’ouvre de droit à aucune prestation.

En cas d’utilisation d’un taux d’appel α , les recettes du système deviennent :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 161


x r 1
 (1   t ) s  t    L  x, t 
x  x1

Si une valeur unique du point est déterminée ( équilibre standard), les règles de
calcul du nombre de points ne sont pas modifiées ; par contre la valeur du point
devient :

x r 1
(1   t )  s  t   L  x, t 
V  t  
x  x1

 L  x, t   N(x , t  x  x )
x  xr
r r

Cette technique du taux d’appel n’est bien sûr qu’un voile pudique cachant un
déséquilibre du système. Elle remet d’ailleurs quelque peu en cause
l’appellation stricte de régime en contributions définies puisque les cotisations
sont amenées à fluctuer en fonction d’objectifs de prestations.
On est dans un régime mixte contributions définies/prestations définies.

Dans un calcul par génération, on peut également introduire ce concept de taux


d’appel. On peut alors dans cette optique considérer trois paramètres de
contrôle sur l’équilibre global du régime : la valeur du point pour les nouveaux
retraités de l’année, le taux d’indexation des anciennes retraites et le taux
d’appel des cotisations. Ces trois paramètres ( VP, g , α ) obéissent à l’équation
d’équilibre actuariel :

x r 1 
(1   t ) s(t)  L(x, t)   L(x, t) VP(x  1, t  1) (1  g t )N(x r , t  x  x r )
x  x1 x  x r 1
VP(x r , t) 
L(x r , t) N(x r , t)

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 162


REMARQUES :

1°) Compte tenu de son caractère virtuel, la méthode permet d'octroyer des
points complémentaires pour des périodes antérieures à l'affiliation mais
reconnues dans le cadre du plan de retraite. Ce problème se pose notamment
lorsqu'on instaure un plan (problème de la première génération); on peut dans
ce cas tant pour les actifs que les retraités à l'instant initial, reconstituer des
salaires et donc des points, même s'il s'agit de périodes non cotisées.
On retrouve ici la force de la répartition qui permet directement d'octroyer des
prestations d'un niveau cohérent, y compris dans la phase de démarrage du
régime.

2°) Plutôt que d’être un pourcentage fixe, la cotisation peut également être
définie par tranches, comme dans un régime classique en contributions

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 163


CHAPITRE 9 : SYSTÈME DES COMPTES
NOTIONNELS

9.1.. INTRODUCTION

Une autre alternative récente dans le cadre de régimes en répartition est celle
des comptes notionnels.
Il s'agit de régimes, qui, bien que fonctionnant au niveau du financement en
répartition, visent, au niveau des prestations à dupliquer un régime en
contributions définies par capitalisation.

Un certain nombre de pays se sont engagés ces dernières années dans cette
voie; citons l'Italie, la Pologne ou encore la Suède. Il s’agit de l’avis de
beaucoup d’experts d’un système prometteur pour l’avenir des régimes de
sécurité sociale. Il est à l’étude dans de nombreux pays.

9.2. PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT :

Plutôt que de déterminer, comme dans un régime classique de répartition en


prestations définies, les prestations en fonction du salaire final ou d'une
moyenne de salaires, on se base ici sur une équivalence actuarielle entre
cotisations versées durant la période d'activité et pensions versées à partir de
l'âge de la retraite, afin de déterminer les prestations à verser. Ce calcul se fait
bien entendu individu par individu.

Tout se passe donc comme si chaque affilié disposait d'un compte d'épargne,
transformé à l'âge de la retraite en rente.

Bien sûr, ces comptes sont virtuels et ne servent que d'intermédiaire de calcul;

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 164


nous sommes bien ici en répartition, en principe sans vraie réserve ( ni
individuelle ni collective).

L'objectif de la méthode est à la fois l'équilibre actuariel et l'équité; chacun


recevant une prestation basée sur son propre apport financier au régime.

Au niveau d’un individu i, la pension de retraite à verser à partir de l’âge xr,


notée P ( i ) ( x r ) et supposée indexée annuellement ensuite d’un facteur (1+g) est

solution de l’équation d’équivalence actuarielle suivante exprimée à l’âge de la


retraite :

xr  1
 xr  1 
 x 
P (i) ( x r )  a    S i  x   1 r j 
 jx 
r
x  x1

 x 

1 gx  x p x ; x 
r

où : a r 
x  x 1  i 
xx r
r
r

avec g = taux de revalorisation annuel de la rente

S i x  : salaire de l'individu i à l'âge x

 : taux de cotisation ( système en contributions définies)

rj : taux de capitalisation virtuel entre l’âge j et l’âge j+1

Il y a donc équivalence entre :


- le capital constitutif à l’âge de la retraite d’une rente indexée de montant
initial P ( i ) ( x r ) ;

- l’épargne fictive accumulée à l’âge de la retraite par capitalisation de


toutes les cotisations

Elle peut également se mettre sous la forme simplifiée :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 165


P (i) (x r )  G .C

1
où : G  est appelé coefficient de conversion ;
äxr

C = capital virtuel accumulé à l’âge de la retraite.

L’objectif est donc de définir des prestations plus équitables au niveau


individuel (au sens que chacun obtient du régime ce qu’il y a versé) tout en
préservant la dynamique de la répartition.
On remarquera également que le coefficient de conversion G dépend de
probabilité de survie estimée à l’âge de la retraite (le calcul de conversion se
faisant à cet âge) ; ce coefficient est donc amené à évoluer génération après
génération. La méthode induit ainsi naturellement une prise en compte d’un des
deux risques démographiques mis en évidence précédemment : le risque de
longévité, et ce contrairement à la technique de répartition par points présentée
précédemment.
En particulier si le taux de revalorisation g est égal au taux d’actualisation i , le
coefficient de conversion est égal à l’inverse de l’espérance de vie à l’âge de la
retraite.

9.3.. COMPTES NOTIONNELS ET PRESTATIONS DEFINIES

En réalité, la technique des comptes notionnels, sous une apparence de


contributions définies, conduit à un système de type prestations définies tenant
compte des salaires de l’ensemble de la carrière (système de type moyenne de
carrière indexée).

En effet dans un système de type prestations définies sur moyenne de carrière


revalorisées la prestation de pension d’un individu i peut s’écrire :

 x 1
r

P (i) (x r )  
(x r  x 1 ) x x
S( i ) ( x ) g(x)
1

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 166


où : - g(x) est la fonction de revalorisation des salaires entre l’âge x et la
retraite,
- α est le pourcentage accordé par le régime.

D’autre part, la formule des comptes notionnels conduit à la prestation de


pension :

x 1
1 x 1 ( i )
r r

P (i) (x r )    S ( x ) ( (1  rj ))
ä x xx
r 1 j x

L’équivalence entre les deux expressions se fait naturellement en posant :


x r 1
- fonction de revalorisation des salaires : g ( x )   (1  rj )
j x

( x r  x 1 )
-pourcentage accordé par le régime :    G (x r  x1 )
äx r

Ainsi un système de comptes notionnels correspond à un système de prestations


définies sur moyenne de salaires revalorisées où :

- la fonction de revalorisation est construite à partir des taux de capitalisation


virtuelle ;
- le taux de prestation est le produit du taux de cotisation, du coefficient de
conversion et de la durée complète de carrière.

En particulier dans les systèmes de comptes notionnels où le taux de


capitalisation virtuelle est lié à la progression des salaires ( ce qui est le cas par
exemple en Suède) on obtient une fonction de revalorisation classique basée sur
un indice d’évolution salariale.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 167


Si le système des comptes notionnels peut donc apparaître comme une autre
façon de formuler un régime en prestations définies en moyenne de carrière, on
notera néanmoins le caractère adaptatif de la technique : alors que dans un
régime classique en prestations définies, le pourcentage α accordé par le régime
est un paramètre exogène et fixe du système ( sa remise en cause ne manquant
pas de provoquer la colère des affiliés), en comptes notionnels ce coefficient
tiendra compte au travers du coefficient de conversion G , de l’évolution de
l’espérance de vie.

9.4. COMPTES NOTIONNELS ET ANTICIPATION ACTUARIELLE :

Un autre avantage de la technique de comptes notionnels est sa neutralité


actuarielle en cas d’anticipation ou d’ajournement de l’âge de la retraite (… ce
qui n’est pratiquement jamais le cas des régimes classiques en prestations
définies).
En effet, la formule de calcul de la prestation notionnelle, exprimée sous
l’hypothèse d’un départ à l’âge légal de la retraite xr , trouve aussi bien à
s’appliquer à un autre âge effectif de prise de la pension.

Si l’affilié prend sa retraite à un autre âge noté x* ( avec x*<xr en cas


d’anticipation et x*>xr en cas d’ajournement), le principe d’égalité des
cotisations et des dépenses s’exprime à cet âge et la formule devient :
x* 1
 x* 1 
P ( x * )  a x * 
(i)
   Si  x   1  rj 
x  x1  j x 
Pour une anticipation, on remarquera qu’il y aura d’une part dans le membre de
droite moins de cotisations payées ( termes de la somme) revalorisées moins
longtemps ( termes du produit) et d’autre part dans le membre de gauche des
prestations à payer plus longtemps ( annuité plus importante). La méthode
intègre donc bien automatiquement les 3 facteurs d’une actualisation actuarielle
précise.
En notant C le capital virtuel accumulé à l’âge effectif de prise de la pension,
on a donc :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 168


1
P ( i ) ( x*)  C
ä x*
Par rapport à une liquidation à l’âge normal de la retraite il y a donc application
d’un coefficient correcteur :
P ( i ) ( x*)  G  x* C

äx
avec :  x*  r

ä x*
Le coefficient de correction sur la formule des prestations pour tenir compte
d’un âge effectif de départ différent de l’âge légal de la retraite s’exprime donc
sous la forme d’un rapport d’annuités.

En particulier :
-en cas d’anticipation (x* < xr) :  x*  1 : la prestation est réduite
actuariellement ;
- en cas d’ajournement (x* > xr) :  x*  1 : la prestation est majorée (
incitation directe à différer la prise de pension).

Cette correction automatique dans ce cadre notionnel est beaucoup plus


problématique dans les régimes classiques en prestations définies :

- alors que la pénalité est implicite en notionnel, elle doit être explicitée dans un
régime en prestations définies et peut donc être perçue de manière très négative
pour les affiliés ;

-la pénalité utilisée est souvent de forme linéaire ( réduction du taux α au


prorata du nombre d’années d’affiliation par rapport au nombre d’années
théoriques jusqu’ à l’âge de la retraite) ; on peut montrer que généralement
cette pénalité est largement insuffisante par rapport à la pénalité actuarielle
développée ci-dessus ;

-peu d’incitants existent en cas d’ajournement de la retraite ;le coefficient α est

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 169


rarement revu à la hausse.
Cette neutralité actuarielle du phénomène d’anticipation dans les régimes en
comptes notionnels en constitue certainement un des atouts majeurs à la
lumière notamment des deux éléments suivants :

- 1°) l’importance actuelle des pensions prises de manière anticipée par rapport
aux âges légaux de retraite ; ainsi une partie importante des dérives de coût
constatées dans des régimes de sécurité sociale proviennent de conditions
d’anticipation trop généreuses ;

-2°) l’intérêt pour le futur d’inciter l’individu à différer librement sa prise de


retraite, et ce indépendamment de mesures obligatoires plus contraignantes de
relèvement de l’âge légal de retraite ; il faut alors que le régime traite de
manière équitable ces ajournements volontaires de retraite.

9.5. EQUILIBRE ACTUARIEL :

Il est naturel de se poser la question de l’équilibre collectif de la méthode : la


formule des comptes notionnels définit pour tous les retraités un niveau de
pension ; un financement en répartition pure de taux de cotisation  permet-il
vraiment d’assurer ce niveau de prestations sans déficits et sans excédents ?

Cette question est intimement liée à la recherche d’une équivalence entre


répartition et capitalisation (le financement étant supposé en répartition et les
prestations définies en capitalisation virtuelle) ; on peut donc appliquer ici les
conditions de Samuelson.
Ainsi dans le cadre d’une population stationnaire la relation d’équilibre de
Samuelson stipule l’égalité entre le taux de capitalisation et la somme du taux
de croissance des salaires et du taux de croissance de la population (ces
différents taux étant exprimés en continu):



INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 170


avec :
e   (1  i)  facteur de capitalisation
e   (1  g)  facteur d' indexation
e   facteur démographi que

Montrons alors que le choix suivant pour les taux de capitalisation virtuels
permet l’équilibre actuariel en répartition :

e  e  
1  rj   ( j  x 1,.., x r  1)
1p j 1p j

On suppose pour ce comme précédemment un salaire moyen et une pension


moyenne uniforme :

Si  x   S( x )  S( x1 ). e( x  x1 )  S( xr ). e  ( x r  x ) i
P ( xr )  P( xr )
(i )

La relation d’équilibre peut alors s’écrire :

xr 1

e ( x r  x )
P( xr )   e( x  x r ) e  ( x  x r ) x  xr pxr     Sx1  e( x  x1 )
x xr x  x1 xr  x px

En isolant le taux de cotisation  et en tenant compte de l’équilibre entre les


paramètres (      ) il vient :


P ( x r )  e  ( x  x ) r
xxr px r
x x r
 x r 1
S( x 1 )  e
 ( x  x1 )
e ( x x ) / x x p x
r
r
x  x1

En multipliant haut et bas cette expression par A x r  x1 p x1 e  t e   ( xr  x1 ) on a :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 171



P( x r ) A e  t  e  ( x  x ) 1
x  x1 px 1
x x r
 x r 1
A e  t  e  ( x  x )
 ( x r  x1 )
S( x 1 ) e 1
x  x1 px 1
x  x1

ce qui peut encore s’écrire :


P ( x r )  L( x , t )
x x r
 x r 1
S( x r )  L( x , t )
x  x1

Cette dernière expression est bien compatible avec l’hypothèse de financement


en répartition : le numérateur représente à l’instant t la masse des dépenses
alors que le dénominateur représente le montant total des salaires soumis à
cotisation.

Compte tenu de la forme optimale des facteurs de capitalisation, l’expression


de la prestation peut alors s’écrire :

x r 1
 S( x1 ) e ( x r  x 1 )
e
x  x1
( x r  x )
/ x r  x px
P ( xr )  

e
x xr
 ( x  x r )
x xr pxr

Cette dernière expression peut se mettre sous la forme suivante :

 x , x
a  x 1I
P ( xr )   S( xr ). 1 r

x r  x1

E x1 . a x r

où tous les éléments actuariels classiques sont calculés à un taux d’actualisation


égal non pas à un taux de capitalisation mais au taux d’accroissement de la
population  :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 172


x r 1

a  e  ( x  x 1 )
x  x1 p x1
x 1, x r  x1 I
x  x1

x r  x1 E x1  x r  x1 p x 1 e  ( x r  x 1 )

 x 
a e  ( x  x r )
x xr px r
r
x xr

En particulier dans une population à l’état stationnaire absolu ( =0) il vient :

x r 1  

a  x  x1 p x1   x  x1 p x1   x  x1 p x1
x 1, x x I
r 1
x  x1 x  x1 x  xr


 (1  e x )  1 x r  x1 px 1

x x r
xxr px r

 (1  e x )  1 x r  x1 p x (1  e x )
1 r

x r  x1 E x1  x r  x1 p x1

 x  
a xxr p x r  1 e x r
r
x xr

La relation de la prestation octroyée par le régime devient donc dans ce cas


particulier :

1 e x 1
P( x r )   S( x r ) (( ) 1
 1)
1 e x r x r  x1
px 1

La formule permet également facilement de calculer le taux de


remplacement offert par un tel régime sous forme de multiple du taux de
cotisation :


a
P( x r ) x 1 , x r  x 1I
tr   .
S( x r ) ) x r  x1 Ex1 ax r


les différents éléments actuariels étant à nouveau actualisés au taux


d’accroissement de la population.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 173


TITRE 2 : LA PREVOYANCE DECES

CHAPITRE 10 : ASSURANCES DECES en prestations


définies

10.1.INTRODUCTION :

Un plan de prévoyance prévoit généralement à côté de la couverture retraite


une assurance décès pour les héritiers de l’affilié en cas de décès de celui-ci.
Le décès peut avoir lieu avant ou après l’âge de la retraite. Les couvertures sont
généralement différentes dans ces 2 cas et nous les traiterons successivement.
D’autre part, comme déjà souligné dans la première partie, il y a lieu de distinguer les
régimes en prestations définies et les régimes en contributions définies.
Ce chapitre 10 sera consacré aux couvertures décès dans un plan à prestations définies.
Les 2 premiers paragraphes concernent les couvertures décès avant l’âge de la retraite ; la
section 10.4 sera consacrée à la couverture en cas de décès après l’âge de la retraite.

10.2. TYPES DE PRESTATIONS ET BENEFICIAIRES :

Lorsqu’on veut dans un plan à prestations définies ( c’est à dire un plan où l’on décide
d’abord des prestations) mettre en place des couvertures en cas de décès avant l’âge de la
retraite, on envisage généralement les possibilités suivantes :

- un capital décès payé une fois au moment du décès et défini généralement en


pourcentage du salaire au moment du décès ( par exemple 3 fois le salaire annuel) ;

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 174


- une rente viagère ou temporaire au profit du conjoint survivant, exprimée généralement
en pourcentage de la rente de retraite prévue
( par exemple 50% de la rente de retraite définie dans le plan retraite).

- une rente temporaire d’orphelin payable aux enfants jusqu’à un certain âge ( par
exemple 21 ans) .

10.3. FINANCEMENT :

D’une manière générale, le financement de ces couvertures décès peut se faire soit en
assurances temporaires de durée 1 an soit en assurance temporaire nivelée.
Nous développons ci dessous les formules de tarification d’une part pour une assurance
d’un capital, d’autre part pour une rente au profit du conjoint survivant.

Nous noterons dans tout ce chapitre :

x= âge initial de l’affilié lors de l’affiliation au plan


y= âge initial du conjoint
n= durée totale d’affiliation
t= le temps courant ( 0 < t < n)

10.3.1. Financement d’un capital décès :

A titre d’exemple supposons que le plan prévoit en cas de décès avant retraite un capital
donné par :

CD( t ) 3 S( t )

où S(t) représente le salaire annuel au moment du décès.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 175


1° cas : financement par assurance temporaire décès un an ( AT 1 an) :

Dans ce cas, chaque année on paie une prime de risque représentant exactement le risque
de décès sur un an.

La cotisation décès de l’année t ( hors frais) sera alors donnée par :

( t )  CD( t ) q x  t v 1 / 2

2° cas : financement par assurance nivelée :

La première année on calcule une prime annuelle sur toute la durée :

A1x n
(0)  CD(0)
a x ,n

Où :
n 1
A 1
xn   j p x q x  j v j1 / 2
j0

Ensuite les années suivantes on calcule des compléments de prime annuelle en cas
d’augmentation du capital décès.
Ainsi en t=1 on aura :

A1x 1, n 1
(1)  (0)  (CD(1)  CD(0))
a x 1,n 1

D’une manière générale :


A 1x  t , n  t
( t )  ( t  1)  (CD( t )  CD( t  1))
a x  t ,n  t

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 176


10.3.2. Financement d’une rente en cas de décès :

A titre d’exemple considérons un plan retraite qui prévoit à l’âge de 65 ans une rente de
retraite donnée par la formule :

N
RR ( t )  50% S( t )
40

Le plan de prévoyance prévoit par ailleurs une rente en cas de décès payable viagèrement
au profit du conjoint survivant et correspondant à la moitié de cette rente ( on dit alors que
la rente de retraite est réversible à 50% ) :

N
RD( t )  50% RR ( t )  25% S( t )
40
On peut à nouveau financer cet avantage décès soit en temporaire annuelle soit en
temporaire nivelée :

1° cas : financement par assurance temporaire décès un an ( AT 1 an) :

La cotisation décès à payer l’année t est donnée par :

( t )  RD( t ) a y t 1 / 2 q x  t v 1 / 2

2° cas : financement par assurance nivelée :

La première année on calcule une prime annuelle sur toute la durée ; le cas est plus
complexe que pour une assurance décès classique : en effet le capital décès à prévoir
chaque année est cette fois variable car il correspond à un capital constitutif d’une rente à
l’âge atteint. On a dans ce cas une formule du type :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 177


n 1

a
j 0
y  j1 / 2 j p x q x  j v j1 / 2
(0)  RD(0)
a x ,n

Ensuite, les années ultérieures la prime se calcule de manière récurrente :

n  t 1

a
j0
y  t  j1 / 2 j p x  t q x  t  j v j1 / 2
( t )  ( t  1)  ( RD( t )  RD( t  1))
a x  t ,n  t

Remarque : correction d’âge :


Pour toutes ces opérations, pour le calcul de l’âge de la seconde tête y , parfois on utilise
l’âge exact du conjoint ; parfois, on travaille avec l’hypothèse d’âges égaux entre les
conjoints ( x=y).

10.3. 3. Financement d’une rente temporaire d’orphelin :

Une rente temporaire d’orphelin est de la même nature qu’une rente en cas de décès ; la
seule différence est qu’il s’agit d’une rente temporaire et non pas viagère comme c’est
généralement le cas pour le conjoint survivant.
Par exemple la rente est payée au maximum jusqu’à la majorité de l’enfant.
Le financement se fait par assurance temporaire un an
Il suffit alors de remplacer dans la formule correspondante l’annuité viagère sur la tête y
par une annuité temporaire :

( t )  RTO( t ) a y  t 1/ 2 , n  t 1/ 2 q x  t v 1 / 2

où RTO(t) est la rente d’orphelin à assurer l’année t.


Remarquons que parfois, compte tenu souvent de leur faible niveau, ces rentes temporaires
d’orphelins font l’objet d’une tarification globale ; plutôt que de prendre en compte l’âge
de chaque affilié et l’âge de chacun des enfants à couvrir, on utilise des âges moyens
appliqués indistinctement à toute la population.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 178


On suppose alors dans la formule de la cotisation ci dessus par exemple x+t=35, y+t+1/2=
10 et n-t-1/2=11

10.4. COUVERTURE DU DECES APRES LA RETRAITE :

Lorsqu’on veut aussi accorder des prestations en cas de décès après l’âge de la retraite, on
ne peut évidemment poursuivre le paiement d’une assurance décès une fois le travailleur
parti à la retraite.
On intègre alors dans la prestation à assurer à l’âge de la retraite une partie réversion
destinée à financer cette couverture. Implicitement, une partie de la couverture retraite est
donc destinée à financer ce risque de décès après la retraite.
Des modalités particulières existent selon que le plan retraite de base est exprimé en rente
ou en capital.

10.4.1. Plan retraite en capital :

Considérons par exemple un plan retraite en capital prévoyant à 65 ans un capital retraite
multiple du salaire final ; on peut alors modifier le coefficient multiplicateur du salaire en
fonction de l’état civil pour donner un capital plus élevé pour les affiliés mariés ( « capital
pour 2 personnes » ) ; par exemple, un capital retraite donné par la formule :

N
CR ( t )  5 S( t ) pour les affiliés mariés
40
N
CR ( t )  3 S( t ) pour les affiliés célibataires
40

10.4.2. Plan retraite en rente :

Dans le cas où le plan retraite prévoit une rente de retraite, l’ajout d’une couverture décès
après la retraite se fait par une réversion de la rente.

Considérons à titre d’exemple un plan retraite prévoyant à l’âge de la retraite une rente
correspondant à 50% du dernier salaire au profit de l’affilié.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 179


On suppose au surplus que le plan prévoit une réversion de cette rente à hauteur de 2/3 au
profit du conjoint.

Sans la réversion, le capital constitutif à assurer à l’âge de la retraite xr dans le plan retraite
s’élève à :

N
CR ( t )  50% S( t ) a x
40 r

En ajoutant la réversion, on a :

N
CR ( t )  50% S( t ) (a x  2 / 3 (a y  a x y ))
40 r r r r

avec : a x r y r   t p x r t p yr v t ( rente sur 2 têtes)


t

Notons que le terme (a y  a x y ) est appelé rente de survie.


r r r

Le financement de ce capital retraite majoré CR se fait alors selon les techniques de


financement de la retraite vues au titre 1.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 180


CHAPITRE 11 : ASSURANCES DECES en contributions
définies

11.1. INTRODUCTION :

Lorsque le plan retraite est de type contributions définies, deux possibilités se


présentent pour adjoindre une couverture décès : par intégration dans la contribution
définie ou par ajout d’un plan décès autonome (formule parfois appelée plan combiné).
Nous étudierons ci dessous successivement ces 2 possibilités ; nous terminerons comme au
chapitre 10 par le cas du décès après retraite.

11.2. DECES INTEGRE DANS LA CONTRIBUTION DEFINIE :

Dans ce cas la contribution définie fixée par le plan servira aussi bien à constituer des
prestations à la retraite que des prestations en cas de décès avant retraite.
Plutôt que d’être portée dans une combinaison d’assurance de type capital différé sans
remboursement, les contributions sont versées dans une combinaison d’assurance
comprenant du décès. Bien entendu, les prestations retraite dans ce cas seront moindres
puisque amputées du coût de cette couverture décès.
En vue de se fixer les idées, considérons un plan en contributions définies égal à 5% du
salaire :

( t )  5% S( t )

11.2.1. Plan sans garantie décès ( assurances de capitaux différés) :

En l’absence de couverture décès, ces primes sont portées en capital différé dans
remboursement.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 181


Ainsi en travaillant en primes constantes, le capital assuré la première année
d’affiliation sera donné par :

ax n ax n
CR (0)  (0)  5% S(0)
n Ex n Ex

Les années suivantes, en fonction de l’évolution des salaires, la contribution évoluera et


donnera naissance à un capital retraite donné récursivement par :

a xt nt
CR ( t )  CR ( t  1)  ( ( t )  ( t  1))
nt E xt
Si le plan de retraite est exprimé en rente, il vient successivement pour la rente assurée :
première année :
ax n ax n
RR (0)  (0)  5% S(0)
a xn n E x a xn n E x
années ultérieures :
a xt nt
RR ( t )  RR ( t  1)  ( ( t )  ( t  1))
a xn nt E xt

11.2.2. Plan en capital avec garantie décès ( assurances mixtes de capitaux) :

Dans ce cas la contribution est portée dans une assurance de capitaux de genre mixte qui
prévoit un certain rapport entre le capital décès à payer en cas de décès avant la retraite et
le capital vie à payer à l’âge de la retraite. On parle d’une assurance mixte de capital 10/X (
10= capital décès ; X= capital retraite) .
Parfois le plan offre le choix à l’affilié de la combinaison ou propose des combinaisons en
fonction de son état civil et de ses charges de familles.

Par exemple :
- mixte 10/20 pour célibataires
- mixte 10/10 pour mariés sans enfants
- mixte 10/5 pour mariés avec enfant

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 182


En reprenant le cas d’un plan en contributions définies de 5% du salaire, on a la première
année :

ax n
- capital décès de première année : CD(0)  (0)
A1x n  X / 10 n E x
X
- capital retraite de première année : CR (0)  CD(0)
10

Ensuite de manière récurrente, on a pour l ‘année t :

a xt nt
CD( t )  CD( t  1)  ( ( t )  ( t  1))
A1x  t n  t  X / 10 nt E xt

X
CR ( t )  CD( t )
10

11.2.3. Plan en rente avec garantie décès (assurances mixtes de rente):

On peut également porter les contributions définies dans une opération de rente prévoyant
une rente de retraite à l’âge de la retraite et une rente décès en cas de décès avant l’âge de
la retraite. On parle alors d’une assurance mixte de rente. Il y a lieu de fixer dans ce cas un
taux de réversion R donnant le pourcentage de réversion au décès ( par exemple rente de
retraite réversible à 2/3 en cas de décès , R= 2/3).

Les rentes assurées la première année d’affiliation sont données par :

rente de retraite initiale :


ax n
RR (0)  (0) n 1
a x  n n E x  R  a y  j1/ 2 j p x q x  j v j1 / 2
j 0

rente décès assurée en cas de décès la première année :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 183


RD(0)  R ( RR (0))

Ensuite de manière récurrente, on a pour l ‘année t :

rente de retraite assurée en t :

a x t nt
RR ( t )  RR ( t  1)  ( ( t )  ( t  1)) n  t 1
a x n nt E xt  R a
j0
y  t  j1 / 2 j p x  t q x  t  j v j1 / 2

rente décès assurée en cas de décès entre t et t+1 :

RD( t )  R ( RR ( t ))

11.3. DECES NON INTEGRE DANS LA CONTRIBUTION DEFINIE :

Il s’agit d’une formule mélangeant la logique des contributions définies pour la retraite et
celle des prestations définies pour le décès. On parle de « plan combiné ».
La cotisation de base en contributions définies est totalement affectée au plan retraite
comme décrit au paragraphe 11.2.1.
En plus de cette cotisation retraite, le plan prévoit une cotisation décès complémentaire
permettant d’assurer un certain niveau de prestations décès ( soit un capital soit une rente) .

A titre d’exemple considérons le plan suivant :


- cotisation retraite : 5% des salaires
- plan décès : capital décès égal à 3 fois le salaire annuel.

Ce capital décès doit alors être financé comme décrit au paragraphe 10.3.1. du chapitre 10.
Ainsi si le financement se fait par assurance temporaire décès un an, la cotisation totale à
payer au plan sera donnée chaque année par :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 184


( t )  5% S( t )  3 S( t ) q x  t v 1 / 2

11.4. DECES APRES LA RETRAITE :

Comme dans le cas des prestations définies, on peut tenir compte de couvertures décès
après la retraite. Considérons à titre d’exemple le cas d’un plan de retraite exprimé en rente.
Si le plan prévoit uniquement une réversion de la rente après la retraite, les formules du
paragraphe 11.2.1. sont à adapter en intégrant dans le prix de rente une réversion d’un
niveau R fixé (même philosophie qu’au paragraphe 10.4.2) :

première année :
ax n
RR (0)  (0)
(a x  n  R (a y n  a x  n y n )) n E x
années ultérieures :
a x t nt
RR ( t )  RR ( t  1)  ( ( t )  ( t  1))
(a x  n  R (a y  n  a x n y n )) n  t E x  t

Le plan peut aussi prévoir que la rente est réversible en cas de décès aussi bien avant
qu’après l’âge de la retraite.

Il vient alors pour la rente de retraite par exemple la première année :

ax n
RR (0)  (0) n 1
(a x n  R (a y n  a x  n y n )) n E x  R  a y j1 / 2 j p x q x  j v j1 / 2
j 0

La rente décès avant ou après la retraite étant donnée par l’application du coefficient de
réversion R sur la rente de retraite ainsi déterminée.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 185


TITRE 3 : Les normes comptables

CHAPITRE 12

NORMES COMPTABLES IAS 19

L’importance des plans de pension et leur incidence sur la vie financière des
entreprises ont amené à définir des règles strictes quant à la comptabilisation
des plans de pensions. Initiées aux États-Unis (normes FAS), ces normes sont
devenues des standards internationaux (normes IAS).
L’objectif de ce chapitre est de présenter les principes retenus et leur mise en
application concrète.

12.1. CONTRAINTES DE COMPTABILISATION

Les normes de comptabilisation des plans de pension complémentaire sont


apparues aux États-Unis dans les années 60. L’objectif poursuivi était de reconnaître
dans les comptes de l’entreprise l’existence de promesses contractuelles engendrées par
un plan de pension.
Ainsi la première norme appelée APB applicable dès 1966 visait à ne pas attendre l’âge
de la retraite pour tenir compte d’une promesse de pension.
Les deux principales normes aujourd’hui d’application ( au demeurant très proches dans
leurs principes et leurs modalités d’application) sont d’une part le FAS 87 ( « Financial
Accounting Standards ») du côté américain et l’IAS 19 (« International Accounting
Standards ») du côté européen. Elles revêtent un caractère obligatoire notamment pour
les sociétés désirant être cotées en bourse.
Remarquons que ces normes touchent également d’autres prestations complémentaires
accordées par un employeur (soins de santé…) ; nous nous limiterons ici à l’aspect
retraite.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 186


On peut résumer ainsi les principaux objectifs visés par ces normes :
- décrire de manière détaillée comment l’entreprise doit impacter ses comptes ( dette
dans le bilan ; charge dans le compte de résultats) ;
- aider la communauté financière à avoir une vue plus précise sur la situation de
l’entreprise ( mesure de la « fair value ») ; éviter notamment l’existence de passifs
sociaux cachés ;
- permettre la comparaison objective des états financiers et des performances de diverses
entreprises indépendamment du choix de financement ;
- éviter de reporter dans le temps des charges générées par un plan de pension ; on peut
comparer à cet égard ces normes à de sains principes d’amortissement : on affecte à un
exercice comptable les charges qui lui reviennent ; or, même si une prestation de
pension n’est payée qu’à partir de l’âge de la retraite, elle est incontestablement
construite tout au long de la carrière active.
En particulier le recours à des méthodes de répartition (« pay as you go ») est rendu
impossible.

En vue de rencontrer ces buts, des méthodes standards de financement sont prévues.
L’employeur reste libre d’appliquer la méthode de financement de son choix mais une
comptabilisation normée selon une méthode uniforme lui est imposée.
Au niveau des modalités, une distinction nette est faite entre les plans à contributions
définies et les plans à prestations définies :

- le traitement des plans en contributions définies est direct et très simple : l’obligation
de l’employeur se résume au paiement annuel des cotisations telles que stipulées par le
plan ; il suffit donc d’intégrer cette charge dans le compte de résultats ;

-le traitement des plans en prestations définies est évidemment beaucoup plus complexe
et forme vraiment le corps de ces normes. Contrairement aux plans en contributions
définies, les risques d’actifs (évolution des valeurs représentatives) et de passifs
(évolution démographique) retombent cette fois sur l’employeur. En vue d’évaluer au
moins le plan, il s’agira à la fois de préciser de manière cohérente les hypothèses de
projection utilisées et d’utiliser une méthode standard de financement ; à cet égard, les
normes sont basées sur la méthode « projected unit credit » qui est donc devenue
l’étalon de mesure des plans de pension. Le choix de cette méthode à ce niveau peut

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 187


trouver diverses justifications, notamment :
-1°) méthode individuelle permettant donc un strict contrôle des droits des uns et des
autres ;
-2°) méthode basée sur la reconnaissance des services déjà prestés illustrant ainsi le lien
avec les méthodes comptables d’amortissement ;
-3°) protection des droits acquis garantis par les années déjà prestés par l’affilié ;
-4°) méthode avec projection prenant donc mieux en compte le caractère dynamique et
permettant notamment d’éviter en grande partie les phénomènes de « pension gap ».
Le prix à payer est une complexité de traitement, certains y voyant une raison de se
détourner des plans en prestations définies pour aller plutôt vers des formules en
contributions définies.
Même si d’autres causes telles que la plus grande mobilité de l’emploi ou la fin d’un
certain paternalisme jouent également un rôle dans ce domaine il est incontestable qu’on
a pu voir ces dernières années une désaffection croissante vis à vis des plans en
prestations définies que ce soit aux États-Unis ou en Europe.

12.2. DÉFINITION DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS :

Nous nous placerons ici dans le cadre d’une entreprise ayant choisi un plan de pension
en prestations définies. Nous détaillerons les modalités prévues par les normes IAS19.

Ces normes sont basées sur trois grands traitements d’un plan de pension :

1°) Measurement : description de la méthode actuarielle utilisée et des hypothèses de


projection à utiliser.
2°) Recognition : deux éléments importants à calculer :
- passif du bilan : provisions : Defined Benefit Liability
- compte de pertes et profits : charge annuelle : Pension Cost
3°) Disclosure : éléments à décrire dans les annexes au bilan.

L’évaluation du plan comprend trois phases importantes :


-1° la fixation des hypothèses ;
-2° le calcul du passif du plan ;

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 188


-3° le calcul de la charge annuelle du plan.

2.1. Fixation des hypothèses :

Les principales hypothèses à poser sont d’ordre financier et d’ordre démographique :


-D’ordre financier (basé sur market expectations):

- taux d'actualisation (discount rate) : taux servant à la


détermination de la valeur actuelle des engagements ; rendement
d’obligations sans risque dont la duration correspond à la durée des
engagements ; noté i1 ;

- taux d’augmentation des salaires et des plafonds de sécurité


sociale.

-D’ordre démographique (basé sur past experience – best estimate) :

- taux de mortalité avant et après retraite ;


- autres causes de sorties éventuelles (invalidité, turnover,…)

- âge de la retraite

En matière de fixation de ces hypothèses, les principes suivants sont


recommandés :
- les hypothèses doivent correspondre à la meilleure estimation des
paramètres ( principe du » best estimate » et du « market expectations ») ;
- elles sont de la responsabilité de l’employeur avec avis obligatoire d’un
auditeur et avis recommandé d’un actuaire ;
- les normes IAS requièrent de plus une cohérence globale entre les
paramètres.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 189


2.2. Calcul des passifs actuariels :

L’estimation du passif est basée sur la méthode « Projected Unit credit ».


D’une manière générale, la valeur du passif sera donnée par une expression globale pour
tous les participants du type DBO ( Defined Benefit Obligation) :

DBO   affiliés
(Proba de survie dans le plan)  ( facteur d'actualisation)  cash flow

Les cash flows étant projetés (prise en compte des accroissements futurs de salaire) et
basés sur les années de services déjà prestées à la date d’évaluation.

L’actualisation se faisant entre la date d’évaluation et l’âge de la retraite.

Lorsque les cas flows ne sont pas projetés (UC non projeté) , on parle d’ABO
( Accumulated Benefit Obligation).

On calcule en fin de chaque année ( 31 /12 ) trois éléments :

- DBO = Defined Benefit Obligation = provision globale en projected unit credit

- Assets = valeur marché des actifs ( Fair Value)

- Defined Benefit Liability = DBO - Asset

EXEMPLE :

Formule du plan = capital à 65 ans =10% du dernier salaire par année de carrière
Données individuelles de l’affilié :
âge au 31/12/2014 = 40 ans
entrée en service à 25 ans
salaire au 31/12/2014 = 35.000 €
Hypothèses :
- taux d’actualisation = 3%
- taux de croissance des salaires = 3.5%

- probabilité de survivre dans l’entreprise entre 40 et 65 ans = 90 %

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 190


On calcule les éléments suivants :

Projected benefit = prestation projetée à l’âge de la retraite

PB  10% 15  35.000€  (1, 035)25  124.070 €

Defined Benefit Obligation au 31/12/2014 = provision actuelle

1
DBO  90%   124.070 €  53.331€
1, 0325
Si les assets ne valent par exemple au 31/12/2014 que 21.000 €, l’entreprise doit mettre
au passif un poste Defined Benefit Liability = 53.331€ - 21.000 € = 32.331 €

2.3. Charge annuelle du plan :

Le coût de pension à comptabiliser chaque année dans le compte de résultat est


constitué des éléments suivants :

1) ( Current) Service Cost

Valeur actuelle des prestations attribuées pour l'année de calcul et


supposé versé fin d’année.

Exemple : Plan assurant à 60 ans une rente de 50 % du dernier traitement pour une
carrière de 40 ans :

 1 
SC t   50% T * ( t )  nt E x  t a 60   1 i1 
 40 

où le salaire T* est un salaire projeté.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 191


2) Net Interest Cost

Coût d'intérêt technique sur la différence entre le DBO et les Assets =

Différence entre l’interest cost ( coût d’intérêt sur le DBO) et l’interest

Income (revenu d’intérêt au discount rate sur les assets)

N IC t  i1  [DBO - Assets]

D’autres dépenses annuelles doivent nécessairement passer directement dans le bilan


(fonds propres) et non pas pour le compte de pertes et profits
(OCI = Other Comprehensive Income) :
- Actuarial gains or losses on DBO
- Actuarial gains or losses on asset
- Asset management fees

Les autres fees doivent être ajoutés au coût annuel à passer en pertes et profits.

EXEMPLE: calcul au 1/1/2015 de la charge estimée pour l’année 2015 :


- current service cost : coût de l’année valorisé en fin d’année :

53.331
SC   (1, 03)  3.662€
15

- interest cost = DBO x Discount rate

IC  53.331 (0, 03)  1.600€

- basic cost = SC + IC = 3.662 + 1.600 = 5.262 €

- interest income = 21.000€ x 0,03 = 630€

- Administration cost = 95€

Pension expense 2015 = 3.662 +1.600-630+95 = 4727 €

Plaçons-nous à présent un an plus tard au 31/12/2015.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 192


On va comparer à cette date du 31/12/2015 :
- expected DBO versus actual DBO (passif estimé versus passif réel)
- expected asset versus actual asset (actif estimé versus actif réel)

La différence entre la réalité ( actual) et les hypothèses ( expected) devra faire l’objet d’une
correction ( actuarial gains and losses ) . Ces gains / pertes actuarielles peuvent provenir,
soit d’une différence entre la réalité observée à posteriori et les hypothèses fixées à priori,
soit d’un changement dans les hypothèses utilisées par l’actuaire (par exemple changement
du discount rate).
Les « Actuarial losses ( gains) sont donnés par :
(Actual DBO – Expected DBO) + (Expected Asset – Actual Asset)
Comptablement, ces gains / pertes actuarielles ne sont pas intégrées dans le compte de
pertes et profits mais rejoignent directement le bilan en fonds propres (poste OCI – other
comprehensive income).

Exemple :

Au 31/12/2015 : salaire réel a cru de 5% (et non pas de 3,25%)


On suppose que fin 2014, l’employeur paie une vraie cotisation de 1.900€

Expected DBO 31/12/2015 = DBO 31/12/2014 + service cost + interest cost


= 53.331 € + 3.662 € + 1.600 € = 58.593 €
Expected asset 31 /12/2015 = Asset 31/12/2014 + interest income+ cotis – admin cost
= 21.000€ + 630€ + 1.900€ - 95 € = 23.435 €

Actual DBO 31/12/2015 = ?


1
 10%  15  35.000  1, 035 
25
DBO31/12/2014  90%   53.331€
1, 03 25

1
 10%  16  36.750  1, 035 
24
DBO31/12/2015  91%   60.103€
1, 03 24

Actual Asset = 23.480 € ( assumption)


Actuarial losses for 2015 = (60.103 – 58.593) + (23.435 – 23.480) = 1.465 €

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 193


Au niveau du bilan on a donc :

- Liability on 31/12/2014 :
DBO 53.331€
- Asset - 21.000€
Defined Benefit Liability = 53.331 – 21.000 = 32.331€

- Liability on 31/12/2015 :
DBO 60.103€
- Asset - 23.480 €
Defined Benefit Liability = 60.103 – 23.480 = 36.623 €

Il y a donc ici une augmentation du Defined Benefit Liability de 36.623 – 32.331 = 4.292 €

La réconciliation peut se faire de la façon suivante :

Pension Income 2015 = 4.727€


- Cotisations payées = -1.900€
OCI = +1.465€
4.292 €

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 194


TITRE 4 : COMPLEMENTS SUR
LA CAPITALISATION

CHAPITRE 13 : EVOLUTION ALEATOIRE DES TAUX DE


RENDEMENT

13.1. INTRODUCTION / NOTATIONS :

On considère un régime de retraite en prestations définies ( DB ) financé en capitalisation


individuelle. On calcule donc un normal cost NC et un actuarial liability AL pour chaque
affilié au plan de retraite. Ensuite on somme sur l’ensemble du collectif.
On peut donc écrire pour la cotisation totale réelle :
C( t )   NC( x, t )  ADJ ( t )
x ind

Pour déterminer la valeur de l’ajustement ADJ, on utilisera ici la méthode dite « spread
method » consistant chaque année à calculer l’unfunded liability (UL) total et à l’amortir
financièrement sur une période donnée, notée dans la suite M ( M étant un entier supérieur
ou égal à 1 ).
Un des objectifs de ce chapitre sera de voir s’il y a de meilleurs choix à faire pour ce
paramètre M.
Autrement dit, a-t-on intérêt à amortir les déficits constatés sur une période plus ou moins
longue ?
Selon la « spread method » , il vient donc :
1 1
ADJ ( t )  . UL( t )  .( AL( t )  F( t ))
a M a M
F( t )  valeur du fonds (actifs)
AL( t )   AL( t, x )
x  ind .

On peut alors écrire une relation reliant le fonds aux contributions et qui constitue une

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 195


relation de « feed back » négatif :
1
C( t )   NC( x, t )  a
x  ind
( AL( t )  F( t ))
M (13.1)
  NC( x, t)  k.( AL( t )  F( t ))
x ind

1
avec : k  facteur d' amortissement
a M

Nous modéliserons dans la suite les grandeurs F et C par des processus stochastiques dont
la source d’aléa étudiée réside uniquement dans les taux de rendement des actifs du fonds.

13.2. MODELE STOCHASTIQUE DU FONDS :

On s’intéresse à un modèle stochastique d’investissement et à son incidence sur l’évolution


du fonds et des contributions reliés par l’équation (13.1). On supposera par contre la
stationnarité de tous les autres phénomènes (démographie, inflation,..).
Le modèle développé ici est basé sur les différentes hypothèses suivantes :

(H1) : Toutes les hypothèses actuarielles à priori sont vérifiées à posteriori sauf le taux
d’intérêt.
(H2) : La population affiliée au plan est à l’état stationnaire absolu.
(H3) : On travaille en valeur déflatée ; on ignore donc l’inflation et les taux d’intérêt
utilisés sont en fait des taux d’intérêt réels. Les pensions sont supposées être indexées
comme les salaires.
(H4) : Pour l’évaluation actuarielle à priori, on utilise un taux d’intérêt fixe (taux
d’actualisation), noté dans la suite i .
(H5) : Le taux de rendement réel pour la période (t,t+1) est une variable aléatoire notée
i(t+1)
Les rendements constituent donc une suite de variables aléatoires.
(H6) : Tous ces rendements ont une même moyenne : E(i(t))= i* .
Lorsque i=i* , l’évaluation actuarielle est dite correcte en moyenne.
(H7) : Les contributions et les prestations sont supposées versées annuellement
anticipativement. Les évaluations sont effectuées annuellement (modèle temporel discret).
(H8) : La valeur initiale disponible du fonds est connue et est donnée par la valeur

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 196


positive :
F(0)  F0

La conséquence de ces hypothèses est que les grandeurs suivantes sont constantes dans le
temps :

NC   NC( x, t )  normal cos t total


x

AL   AL( t, x )  actuarial liability total


x

B   B( x , t )  prestations totales payées


x

S   S( x , t )  masse salariale totale


x

D’autre part, on peut obtenir une relation d’identité entre ces grandeurs.
D’une manière générale, on a la relation de récurrence suivante sur les passifs actuariels
(relation de récurrence fondamentale de la réserve prospective) :
AL( t  1)  (1  i).( AL( t )  NC( t )  B( t ))
Compte tenu de la constance de ces grandeurs dans ce modèle il vient :
AL  (1  i ).( AL  NC  B) (13.2)
On peut notamment en tirer la relation suivante liant les prestations aux contributions et au
coût d’intérêt sur le passif :
i
B  NC  .AL (13.3)
(1  i)

On peut obtenir des relations similaires cette fois entre les éléments d’actif :
F( t  1)  (1  i( t  1)).( F( t )  C( t )  B) (13.4)
Les contributions étant définies par la relation de feed back résultant de (13.1):
C( t )  NC  k.( AL( t )  F( t )) (13.5)

En vue d’étudier le comportement des processus fonds F et contributions C ( notamment


leurs espérances et leurs dispersions) , il convient de choisir un modèle pour le processus
i(t) des taux de rendements.
Nous allons ici ajouter les deux hypothèses suivantes quant à ce processus :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 197


(H9) : Les variables aléatoires i(t) sont supposées indépendantes et identiquement
distribuées.
(H10) : les deux premiers moments des ces taux existent et sont donnés par :
E(i( t ))  i*  i
Var (i( t ))   2

13.3. COMPORTEMENT ASYMPTOTIQUE DU FONDS ET DES CONTRIBUTIONS :

Notre objectif dans cette section est, compte tenu des hypothèses (H1) à (H10) , de
déterminer, si elles existent, les valeurs asymptotiques des espérances et des variances du
fonds et des contributions :
EF( )  lim t E( F( t )) EC( )  lim t E(C( t ))
Var F( )  lim t Var ( F( t )) Var C( )  lim t Var (C( t ))
Ceci nous permettra de voir vers où converge le fonds de pension en régime de croisière.

13.3.1. Calcul des moments du premier ordre :


Calculons d’abord l’espérance du fonds pour un temps fini.
Compte tenu de (13.4) , il vient :
F( t  1)  (1  i( t  1)).( F( t )  C( t )  B)
 (1  i( t  1)).((1  k ) F( t )  NC  B  k.AL)

Ce qui peut récursivement s’écrire sous la forme :


F( t  1)  w( t  1).q.F( t )  r 
où :
1  i( t  1)
w( t  1) 
1 i
q  (1  i ).(1  k )
r  (1  i ).( NC  B  k.AL)
Compte tenu de l’hypothèse (H9) d’indépendance des taux de rendement et de l’hypothèse
(H10), l’espérance est alors solution du schéma récursif :

EF( t  1)  q.EF( t )  r (13.6)


dont la solution est donnée par :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 198


1  qt
EF( t )  q t .F0  r. (13.7)
1 q

En ce qui concerne le moment des contributions , on sait par (13.1) que :


C( t )  NC  k.( AL  F( t ))
Et donc :
EC( t )  NC  k.( AL  EF( t ))
Soit explicitement :
1  qt
EC( t )  NC  k.( AL  ( F(0).q t  r. )) (13.8)
1 q

On obtient alors la propriété asymptotique suivante qui nous dit que quelle que soit leur
valeur initiale, les processus fonds et contributions convergent vers leur base actuarielle :

PROPOSITION 13.1 :
Si 0 < q < 1 , alors on a :
lim t EF( t )  AL
(13.9)
lim t EC( t )  NC
Démonstration :

Si 0 < q < 1 , la relation (13.7) permet de passer à la limite :


r
lim t EF( t ) 
1 q
Calculons cette limite en tenant compte notamment de la relation (13.3) :
r (1  i)( NC  B  k.AL)

1 q 1  (1  i )(1  k )
(1  i) k(1  i)  i
 .( AL )
1  (1  i)(1  k ) (1  i)

 AL
La relation sur les contributions découlent alors directement de (13.8).

Remarque 13.1 :
Que signifie en pratique la condition : 0 < q < 1 ?

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 199


Ce nombre q est explicitement donné par :
1
q  (1  i )(1  k )  (1  i )(1  )
a M
(a M  1)(1  i )

a M
a M 1
 ( pour M  1)
a M

Pour un taux d’évaluation i > 0 , ce ratio est donc bien tel que :

a M 1
0 1
a M

On obtient donc le corollaire suivant qui est une condition suffisante d’existence
asymptotique :
COROLLAIRE 13.1 :
Si la période d’amortissement est strictement supérieure à 1 ( M > 1 ) et si le taux
d’évaluation ( qui est aussi le rendement moyen des actifs ) est strictement positif ( i>0),
l’espérance mathématique du fonds tend asymptotiquement vers le passif actuariel.

Remarque 13.2 :
Examinons en détail le cas où M=1 (c’est-à-dire un amortissement immédiat de tout déficit
/ surplus constaté) .
On a alors : k =1 et q =0
La relation (13.7) devient :
EF( t )  r
 (1  i)( NC  B  AL)
i
 (1  i)( NC  ( NC  AL  AL)
1 i
 AL

Dans ce cas, l’espérance du fonds est déjà en période finie à son niveau asymptotique AL.
Remarque 13.3 :
L’hypothèse d’égalité entre le taux actuariel d’évaluation i et le taux de rendement moyen
des actifs i* (cf. hypothèse (H10)) joue évidemment un rôle central dans ces différents
résultats.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 200


Examinons ce qui se passe lorsque ces deux taux diffèrent.
La relation (13.6) devient alors :
1 i*
EF( t  1)  .(q.EF( t )  r )
1 i
 q * .EF( t )  r *
1 i* 1 i*
en ayant posé : q*  q et r*  r.
1 i 1 i
Il en résulte que si q* < 1 , on a une convergence asymptotique vers :

r* r 1 i*
EF( )   .
1  q * 1  (1  i*)(1  k ) 1  i
1  i * k (1  i )  i
 AL. .
1  i k (1  i*)  i *
 AL. f (i, i*)

Le niveau d’équilibre AL est donc perturbé par une fonction de i et de i* qui satisfait aux
propriétés suivantes :
1°) f(i,i) = 1
2°) f(i,i*) >1 lorsque i* > i et f(i,i*) < 1 lorsque i* < i
Ceci est un corollaire de la croissance de la fonction d’une variable réelle :
1 x
h( x ) 
( k(1  x )  x )
dont la dérivée première est donnée par :
1
h' ( x )  >0
( k(1  x )  x ) 2
Sous la condition de convergence ( q* < 1), on en déduit logiquement que lorsque le taux
actuariel est inférieur au taux de rendement des actifs ( donc quand la performance des
actifs est meilleure qu’attendue), la convergence de l’espérance du fonds se fait vers un
niveau supérieur à celui du passif actuariel ( et inversement).

13.3.2. Calcul des moments du deuxième ordre :


Calculons à présent les dispersions du fonds et des contributions autour de leur valeur
moyenne calculées ci-avant.
Démontrons la proposition suivante :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 201


PROPOSITION 13.2 :
La variance du fonds obéit à la relation de récurrence :
Var F( t  1)  a.VarF( t )  b. ( EF( t  1)) 2 (13.10)

a  (1  k ) 2 ((1  i) 2   2 )  (1  k ) 2 .y 2
Avec : 2
b
(1  i ) 2
Ce qui permet d’obtenir explicitement la variance du fonds et des contributions :
t
Var F( t )  b.  a t  j ( EF( j)) 2
j1 (13.11)
Var C( t )  k 2 . Var F( t )

Démonstration :
On part de la relation de récurrence du fonds :
F( t  1)  w( t  1).q.F( t )  r 
Compte tenu de l’hypothèse d’indépendance des rendements financiers annuels, on peut en
déduire le moment d’ordre 2 ( indépendance entre les variables w(t+1) et F(t)) :
E( F 2 ( t  1))  E( w 2 ( t  1)).E((qF( t )  r ) 2 )
D’autre part :
1 1
E( w 2 ( t  1))  E((1  i( t  1)) 2 )  ((1  i ) 2   2 )
(1  i ) 2
(1  i) 2

2
 1
(1  i ) 2
Et par la relation (13.6) :
E((qF( t )  r ) 2 )  E(((q( F( t )  EF( t ))  (q.EF( t )  r )) 2 )
 q 2 .VarF( t )  ( EF( t  1)) 2

Donc :
2
E( F 2 ( t  1))  (1  ).(q 2 .VarF( t )  ( EF( t  1)) 2 )
(1  i) 2

Finalement la variance recherchée devient :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 202


Var F( t  1)  E( F 2 ( t  1))  ( EF( t  1)) 2
2 2
 (1  ).q .VarF( t ) 
2
( EF( t  1)) 2
(1  i) 2
(1  i ) 2

 a. Var F( t )  b. ( EF( t  1)) 2


Avec :
2
b
(1  i ) 2
2
a  q 2 .(1  )
(1  i) 2
2
 (1  i ) 2 (1  k ) 2 (1  )
(1  i) 2
 (1  k ) 2 ((1  i) 2   2 )
Ce qui démontre la relation (13.10) dont la relation (13.11) est un corollaire immédiat
(solution du schéma discret aux différences).

Ces résultats finis permettent à nouveau d’obtenir des valeurs asymptotiques sous certaines
conditions sur les paramètres :
PROPOSITION 13.3 :
Si a < 1 , alors les variances asymptotiques du fonds et des contributions existent et sont
données par :
( AL) 2
lim t Var F( t )  b.
1 a
(13.12)
( AL) 2
lim t Var C( t )  b.k 2 .
1 a
Démonstration :
Résulte directement de la relation (13.11) et du fait que EF(t) converge vers AL.

Remarque 13.4 :
Que signifie en pratique la condition : a <1?
Pour ce calculons ce nombre a et transformons la condition sur a en une condition sur k
donc sur M (c’est-à-dire la période d’amortissement) :

a  (1  k ) 2 ((1  i ) 2   2 )

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 203


La relation a < 1 est donc équivalente à :
1
k 1 
1
((1  i ) 2   2 ) 2

En remplaçant k en fonction du taux i :


i 1
 1
(1  v )(1  i )
M 1
((1  i) 2   2 ) 2

En isolant la valeur de M il vient :

1 (1  i)(1  b) 0,5  1
M  M*  ln( ) (13.13)
ln(1  i ) (1  b) 0,5  1

2
avec : b
(1  i) 2

Contrairement au cas de l’espérance où la condition de convergence sur q était trivialement


vérifiée (cf. remarque 13.1), on a cette fois une vraie condition sur les paramètres. On
obtient donc le corollaire suivant qui nous dit qu’il ne faut pas amortir sur une durée trop
longue (donc ne pas rejeter les charges du passé dans un futur trop lointain en choisissant
une période d’amortissement trop longue) si on veut qu’il n’y ait pas explosion de la
dispersion des processus :

COROLLAIRE 13.2 :
Lorsque le taux d’évaluation est strictement positif et quand la période d’amortissement M
est inférieure à la valeur limite M* définie en (13.13), alors le fonds et les contributions
admettent des variances asymptotiques finies.

ILLUSTRATION NUMERIQUE :
Le tableau ci-dessous donne la valeur limite M* pour diverses combinaisons du taux
moyen et de sa volatilité :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 204


Valeur limite M* :
i=1% i=5%
σ=5% 223 78
σ=15% 66 37
σ=20% 42 28

13.4. PERIODE OPTIMALE D’AMORTISSEMENT :

Nous venons d’obtenir une valeur limite supérieure pour la période d’amortissement M si
on désire éviter une explosion de la dispersion mais en dessous de cette limite, y a-t-il de
meilleurs choix que d’autres ? Peut-on selon un critère à définir établir une période
optimale d’amortissement ?
Un critère qui vient spontanément à l’esprit serait de minimiser conjointement la variabilité
à la fois du fonds (intérêt des affiliés) et des contributions (intérêt de l’entreprise). On
travaille pour ce asymptotiquement.
Etudions les valeurs limites de la variance du fonds et des contributions en fonction du
paramètre d’amortissement k (et donc indirectement en fonction de la période
d’amortissement M).
Il vient d’abord pour la variance du fonds tenant compte de (13.12) :
AL2
Var F( )  b.
(1  a )
(13.14)
2
 ( AL) 2 f ( k )
(1  i) 2
En posant :
1 1
f (k)  
(1  (1  k ) .((1  i )   )) (1  (1  k ) 2 y 2 )
2 2 2

Avec : y 2  (1  i) 2   2
Remarquons qu’on retrouve la condition limite vue à la remarque 13.4.
En effet pour que cette variance soit finie et positive, il faut que f(k) le soit , c'est-à-dire :
1
k 1 
y

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 205


Ce qui est bien la condition limite trouvée sur k.

De même pour les contributions, on a :


AL2
Var C( )  b.k 2
(1  a )
(13.15)
2
 ( AL) 2 g( k )
(1  i ) 2

En posant :
k2
g( k ) 
(1  (1  k ) 2 .y 2 )

Il s’agira donc d’étudier le comportement des fonctions f et g en fonction de k (donc de M).


En ce qui concerne d’abord la variance du fonds , on a la propriété suivante :

PROPOSITION 13.4 :
La variance asymptotique du fonds est une fonction croissante de la durée d’amortissement.
Démonstration :
Comme la fonction k est une fonction décroissante de M, il suffit de montrer que la
fonction f(k) est une fonction décroissante de k .
Calculons pour cela sa dérivée première qui est bien négative ( k étant plus petit que 1) :
 2(1  k ) y 2
f ' (k)  0
(1  (1  k ) 2 y 2 ) 2

La situation est quelque peu différente pour les contributions car contrairement à la
fonction f(k), la fonction g(k) n’est pas monotone.
En effet on a la propriété suivante :
PROPOSITION 13.5 :
La variance asymptotique des contributions est d’abord une fonction décroissante de M
pour M < M** puis devient une fonction croissante de M pour M > M**.
La valeur de M** étant donnée par :
1 vy 2  1
M **   ln( 2 ) (13.16)
ln(1  i ) y 1
avec : v  1 /(1  i )
Démonstration :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 206


Analysons cette fois le comportement de la fonction g(k).
En dérivant, il vient :
(1  (1  k ) 2 y 2 ).2k  k 2 .2(1  k ) y 2
g' ( k ) 
(1  (1  k ) 2 y 2 ) 2
2ky 2 ( k  (1  1 / y 2 )) 2ky 2
  h( k )
(1  (1  k ) 2 y 2 ) 2 (1  (1  k ) 2 y 2 ) 2
La fonction h(k) linéaire change donc de signe pour la valeur k* donnée par :
k*  1  1 / y 2
La dérivée est positive pour k > k* (fonction croissante) et négative pour k < k* (fonction
décroissante) . Pour k = k* , on a une valeur minimale de la variance.
La conclusion est donc la même en passant à la variable M.
La valeur limite M** correspondant à la valeur k* peut alors être déterminée aisément ; il
suffit de résoudre l’équation :
1
 1  1 / y2
a M**

Il s’agit donc de résoudre en M en fonction de β une relation du type :


1 1  vM
 1 /((1  i) )
a M i
dont la solution est :
1 i
M ln(1  )
ln v (1  i )
En substituant β par sa valeur , il vient finalement :
1 iv
M **   ln(1  )
ln(1  i) (1  1 / y 2 )
1 vy  1
 ln( )
ln(1  i) y 1

Les propositions 13.4 et 13.5 jointes nous permettent de définir une zone d’optimalité pour
le paramètre M :
COROLLAIRE 13.3
La région optimale d’investissement se situe dans l’intervalle :
1  M  M **
En effet, dans cet intervalle , on se situe dans une région où si on fait croître M on a

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 207


simultanément une croissance de la variance du fonds ( désavantage !) mais une
décroissance de la variance des contributions ( avantage). Par contre à droite de M**, les
deux variances deviennent croissantes et il n’y a plus aucun intérêt à faire croitre la durée
d’amortissement.

ILLUSTRATION NUMERIQUE :
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de M** pour diverses combinaisons du taux moyen
et de sa volatilité :

Valeur limite M** :


i=1% i=5%
σ=5% 60 14
σ=15% 28 11
σ=20% 19 10

En pratique beaucoup de fonds de pension utilisent une période d’amortissement entre 10 et


15 ans, ce qui semble être cohérent avec ces valeurs.
Remarque 13.5
Vérifions que la borne optimale M** est bien inférieure à la durée maximale M* définie
précédemment. Il suffit pour ce de vérifier les valeurs de k correspondant à ces deux
valeurs de M sont dans l’ordre inverse, c'est-à-dire : k** > k
En effet on a :
k **  1  1 / y2  k  1  1/ y

puisque y 2  (1  i) 2   2 > 1

13.5. COMPORTEMENT EN TEMPS FINI :

Nous venons d’étudier le comportement asymptotique des moments mais que se passe-t-il
pour des temps finis ? Les conclusions en termes de période optimale d’amortissement
restent-elles d’application ?
Partons pour ce des relations (13.7) et (13.9) qui permettent d’écrire pour un temps t fini :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 208


EF( t )  q t .F(0)  AL(1  q t )
 AL  q t ( F(0)  AL)

Avec : q  (1  i)(1  k )  (1  i)(1  1 / a M )


Cette espérance finie dépend donc en général de M contrairement à l’espérance
asymptotique.
En vue de se concentrer sur la dispersion et de pouvoir comparer des variances
correspondantes à des durées différentes d’amortissement, on neutralise cette dépendance
de l’espérance finie à la durée en choisissant dès le départ un niveau de fonds égal au passif
actuariel :
F(0)  AL
On a alors dans ce cas :
EF( t )  AL
EC( t )  NC
Etudions alors en fonction de M les variances finies Var F(t) et Var C(t)

La relation (13.11) tenant compte de la constance de l’espérance du fonds devient :


t
Var F( t )  b. a t  j ( AL) 2
j1
(13.17)
1  at
 b.( AL) 2
1 a
De même :
1 at
Var C( t )  b.( AL) 2 k 2 (13.18)
1 a

On peut montrer :
- que Var F(t) reste une fonction croissante de la durée d’amortissement
- que par contre la forme de Var C(t) peut être différente : pour certaines valeurs de t , Var
C(t) reste toujours une fonction décroissante de M. Toutes les valeurs de M sont alors
admissibles !!!

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 209


CHAPITRE 14
GAINS ET PERTES ACTUARIELLES

Ce chapitre présente diverses techniques d’amortissement des écarts actuariels provenant


de différence entre d’une part les hypothèses utilisées et d’autre part la réalité. Après avoir
rappelé les principales sources d’écart et présenté les techniques standards
d’amortissement, nous montrons comment quelques-unes unes des grandes méthodes de
capitalisation individuelle et collective réagissent.

14.1. ORIGINE DES GAINS ET PERTES ACTUARIELLES

Les méthodes de financement en capitalisation individuelle ou collective telles que


présentées aux chapitres 5 et 6 sont basées sur diverses hypothèses d’évolution future de
l’environnement : taux de croissance des salaires, taux d’actualisation, évolution de la
mortalité.
Même si l’actuaire prend les plus grandes précautions pour utiliser des estimateurs précis
de ces grandeurs, des écarts à posteriori se produiront entre les valeurs attendues des
paramètres et les valeurs réellement observées :
- écart entre le taux d’actualisation et le taux réel de rendement des actifs représentatifs ;
- écart entre le taux prévu de croissance des salaires et les augmentations effectives ;
- écart entre la table de mortalité.
D’autre part l’actuaire peut également en cours de vie du plan être amené à devoir modifier
pour le futur certains paramètres de projection au vu de l’évolution réelle des indices
correspondants.
Enfin les prestations prévues par le plan peuvent également faire l’objet de modifications
un certain moment suite à un remaniement du plan ( par exemple révision à la hausse de
l’objectif de retraite).

Ces différents éléments provoquent un déséquilibre entre l’actif et le passif du plan qu’il
convient d’adresser ; on peut distinguer dans ce contexte deux situations selon que le
responsable du déséquilibre est l’actif ou le passif du plan de retraite :

- écart d’actif : déséquilibre lié à une évolution différente de l’actif par

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rapport aux hypothèses retenues dans le passif actuariel ; dans ce cas l’estimation du passif
actuariel n’est pas modifiée mais un gap non prévu, positif ou négatif, se produit vis à vis
des actifs.
En reprenant les fonctions de base de la capitalisation , la grandeur AL(t) reste inchangée
mais la valeur du fonds F prend une valeur F*(t) différente de la valeur F(t) attendue.

Ces écarts trouvent leur origine par exemple dans une évolution à posteriori différente de la
mortalité ou du taux de rendement des actifs ;

- écart de passif : déséquilibre lié à une modification instantanée du passif


actuariel du fait soit d’un changement d’hypothèses de projection actuarielles, soit d’une
révision du plan de pension. Cette fois la valeur du fonds correspond à sa valeur attendue
F(t) ; par contre le passif actuariel passe d’une valeur prévue AL(t) à une nouvelle valeur
AL*(t).

On peut bien évidemment assister à un cumul des 2 sources d’écart : par exemple les taux
de rendement diffèrent largement de l’hypothèse initiale ; il y a donc écart d’actif.
Simultanément ce divorce significatif et considéré comme durable par l’actuaire entre
hypothèse et réalité conduit à une révision de l’hypothèse sur le taux d’actualisation.

Cet écart actif – passif crée un passif non financé :

UAL(t) = AL(t) – F(t)

Lorsque ce passif non financé est positif ( situation de perte) il convient d’amortir ce gap
selon une méthode actuarielle.
Par contre, lorsque le passif non financé est négatif ( situation de gain), on peut soit
maintenir pour des raisons prudentielles l’excédent, soit revoir à la baisse les cotisations
futures du plan ; à l’extrême, on peut assister à un « chômage » temporaire des cotisations :
l’excédent est tel que le plan peut ne plus être alimenté pendant une certaine période par de
nouvelles contributions.

L’objectif de ce chapitre est de montrer comment quelques-unes des grandes méthodes de

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financement décrites aux chapitres 5 et 6 réagissent à ces écarts.
On traitera ici les 3 méthodes principales suivantes :
-la méthode de type unit credit ,
-la méthode de type individual level premium,
-la méthode de type aggregate.

14.2.AMORTISSEMENT EN UNIT CREDIT COST( NON PROJETE) :

On s’intéresse au plan de pension standard prévoyant une rente correspondant à la


moitié du dernier salaire d’activité. On se place dans l’hypothèse d’absence de
reconnaissance de services passés initiaux. On suppose qu’à l’instant t le passif actuariel
et le fonds sont en équilibre et donnés par la relation :

t
AL( t )  F( t )  50 % St  1 a 60  60  x E x
40

La cotisation à verser en t en l’absence de pertes ou gains actuariels est donnée par la


relation :

 
1 t 
NC t   50 % S t   50 % S t   S t  1  a 60 60 x Ex
40 40
    
 

Ce montant permet effectivement lorsque les hypothèses suivent la réalité de passer de


AL(t) à AL(t+1) et représente donc dans cette hypothèse la contribution de l’année ( en
supposant en t l’équilibre : AL(t)=F(t) ).

En effet on peut écrire la relation de récurrence suivante :

AL( t  1)  ( AL( t )  NC t ) / 1 E x  ( F( t )  NC t )/ 1 E x  F( t  1)

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exprimant que le passage d’un état à l’autre du passif est financé du point de vue de
l’actif d’une part par les revenus, d’autre part par le paiement du normal cost.

14.2.1. Écart d’actif :

Considérons d’abord le cas d’un écart d’actif ; dans ce cas, les formules de
passif actuariel ne sont pas modifiées et la contribution à payer doit toujours
permettre de passer du niveau AL(t) au niveau AL(t+1).

En réalité, le différé s’appliquant sur un élément d’actif doit être calculé à


l’aide d’éléments réels ( taux de rendement effectif entre t et t+1 et loi de survie
réelle) ; la formule suppose donc implicitement que ces bases sont identiques à
celles utilisées dans le passif actuariel :

1
1 Ex  1p x
1 i

En cas d’écart d’actif, ce différé diffère de celui exprimé en bases techniques :

1
1 Ex*  1p x *
1 j

parce que le taux de rendement effectif j diffère du taux actuariel i et/ou parce
que la survie réelle diffère de la survie des tables.

Dans ce cas, la relation classique d’équilibre n’est plus vérifiée.

En termes d’actifs, le paiement de la cotisation normale NCt ainsi que


l’évolution réelle de l’intérêt et de la mortalité entre les instants t et t+1 permet
de faire passer le fonds du montant F (t) à un montant noté F*(t+1 ) donné
par :

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F * ( t  1 )  ( AL( t )  NC t ) / 1 E x *
1 1
 (AL( t )  NC t ) / 1 E x  (AL( t )  NC t ) (  )
1Ex 1
Ex *
 AL( t  1)  UAL( t  1)

Le montant UAL(t+1) représente un déficit d’actif par rapport au passif


actuariel. On peut mettre en évidence à titre d’exemple deux sources classiques
d’erreur en supposant à chaque fois qu’il n’y a qu’une seule source d’écarts :
1°) rendement financier réel j différent du taux à priori i :
Le déficit correspond alors à un différentiel de taux sur le passif :
1
UAL( t  1)  ( AL( t )  NC t ). .(i  j)
px
2°) pas de mortalité constatée en pratique :
Le déficit correspond alors au qx sur le passif :
1 i
UAL( t  1)  ( AL( t )  NC t ). . qx
px
La logique de la méthode unit credit visant à avoir à tout moment une réserve
correspondant aux services passés incite à financer en une seule fois ce
montant.
Dans ce cas la cotisation à verser à l’instant t+1 devient :
1 1
C( t  1)  NC t 1  UAL( t  1)  NC t 1  ( AL( t )  NC t ) (  )
1Ex 1Ex *

Parfois plutôt que d’être financé en une fois ce déficit peut également être
amorti sur un nombre fixé d’années.
Rappelons que, dans cette formule, le montant UAL peut selon les cas être
positif (perte actuarielle - complément de financement à effectuer) ou négatif (
gain actuariel – réduction de financement) ; en particulier en cas de gain
important ( UAL supérieur à NC ), on se trouve en situation de chômage de
cotisation.

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14.2.2. Écart de passif :

Considérons à présent la situation d’un écart de passif résultant par exemple


d’une modification dans certaines des hypothèses actuarielles utilisées dans la
détermination du passif actuariel ; en supposant qu’il n’y ait pas d’écart d’actif,
la relation ( et donc le paiement du normal cost) conduit à un passif actuariel
correspondant aux anciennes bases techniques :

AL( t  1)  (AL( t )  NC t ) / 1 E x  ( F( t )  NC t )/ 1 E x  F( t  1)

t 1
 50 % St  a 60  60  x 1 E x 1
40

Mais la modification des hypothèses actuarielles en t+1 conduit à un nouvel


objectif de passif actuariel noté AL*(t+1)et donné par :

t 1
AL * ( t  1)  50 % St  a 60 * 60  x 1 E x 1 *
40
les éléments actuariels a 60 * et 60  x 1 E x 1 * étant calculés à l’aide des
nouvelles hypothèses ( taux d’actualisation et/ou table de mortalité).
Dans ce cas il y a donc un déficit donné par :

UAL( t  1)  AL * ( t  1)  AL( t )
a 60 * E x 1 *
 AL( t  1) ( 60  x 1
 1)
a 60 60  x 1 E x 1

Comme vu ci dessus cet écart peut être financé directement en s’ajoutant au


normal cost de l’année ou il peut être amorti sur une période fixée.

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 215


A titre d’exemple supposons par exemple que l’on change uniquement le taux
d’actualisation dans la partie de la carrière qui précède la retraite. En notant j le
nouveau taux d’actualisation à appliquer, il vient :

(1  i ) 60x 1
UAL( t  1)  AL( t  1) (  1)
(1  j) 60x 1
Le facteur d’exposant dans cette formule peut conduire à un passif actuariel
conséquent !
Exemple : si le taux passe de 5% à 4% ( ce qui correspond juste sur une base
annuelle à 1% de différentiel d’intérêt) , le passif actuariel en pourcentage de la
provision représente, pour une durée restante de 30 ans , 33%.

14.2.3. Modification du plan:

Enfin on peut envisager comme source d’écart une modification dans la


définition même des garanties offertes aux affiliés en cours de route.

À titre d’exemple, supposons qu’à l’instant t+1 le plan passe d’un objectif de
50% du dernier salaire à un objectif de 60% du dernier salaire avec rattrapage
intégral des années déjà prestées ( la nouvelle formule s’applique à effet
rétroactif depuis l’affiliation) ; il y a là également un écart de

passif, le passif actuariel passant d’un niveau :

t 1
AL( t  1)  50 % St  a 60  60  x 1 E x 1
40

à un nouveau niveau :

t 1
AL * ( t  1)  60 % St  a 60  60  x 1 E x 1
40

Le déficit dans ce cas est donc simplement :

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t 1
UAL( t  1)  10 % St  a 60  60  x 1 E x 1
40

Ce déficit pouvant à nouveau être financé soit en une fois soit être amorti sur
un nombre fixé d’années.

Remarquons enfin qu’en cas de cumul de différentes sources d’écart il suffit de


superposer les diverses corrections vues ci-dessus.

14.3. AMORTISSEMENT EN INDIVIDUAL LEVEL PREMIUM

Examinons à présent comment la méthode individual level premium réagit aux


écarts actuariels lorsque les amortissements se font de manière implicite ou
explicite.

On suppose que jusqu’à l’instant t il n’y a eu aucune source de gains ou pertes


; on introduit ensuite entre les instants t et t+1 un écart soit d’actif soit de
passif.
À l’instant t, le normal cost de la méthode peut s’écrire :

NC t  NC t 1  NC t

N  60  x 0  t E x 0  t
NC t   50 %  S t a 60  
 40  a 
x 0  t , 60  x 0  t

Au niveau du passif actuariel, celui-ci peut s’écrire à l’aide d’une formule


rétrospective exprimant la réserve comme somme capitalisée des versements
passés antérieurs à l’instant t ; en l’absence d’écart actuariel, ce montant est
aussi égal au fonds :

t 1
AL( t )  F( t )   NC j / t j Ex 0 j
j 0

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 217


En l’absence d’écart entre les instants t et t+1, on peut exprimer le normal cost
à l’instant t+1 en fonction de ce passif actuariel d’une manière alternative à la
formule classique : le normal cost à l’instant t+1 est le montant qui permet de
financer par versements égaux le solde des engagements non encore
provisionnés .

N  1
NC t 1   50 % S t  1 a 60 60  x 0  t 1 Ex 0  t 1
( AL( t )  NC t ) / 1 E x 0 t   a
 40 x 0  t 1, 60  x 0  t 1

Le passif actuariel obéit d’autre part à la même formule de récurrence qu’en


unit credit .

14.3.1. Écart d’actif :

Considérons à présent le cas d’un écart d’actif entre les instants t et t+1.
On peut définir alors comme en unit credit un déficit d’actif par rapport au
passif actuariel :

1 1
UAL( t  1)  ( AL( t )  NC t ) (  )
1 Ex 0 t 1 Ex 0 t
*

Si l’on désire maintenir la philosophie de base de la méthode individual level


premium visant à niveler les charges par des versements constants, il y a lieu
d’amortir ce déficit sur le restant de la carrière. L’amortissement du déficit de
nature implicite vient dans ce cas rejoindre le normal cost.
Il vient alors pour ce normal cost :

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 218


N  1
NCt 1   50 % S t  1 a 60 E x0 t 1  ( AL(t )  NCt ) / 1 E x0 t  UAL(t  1)
 ax0  t 1, 60  x0  t 1
60 x0  t 1
 40

ou encore :

N  1
NC t 1   50 % S t  1 a 60 Ex ( AL( t )  NC t ) / 1 E x * 
 a x
60 x 0  t 1 0  t 1 0 t
 40 0  t 1, 60  x 0  t 1

en tous points comparables à la formule sans écart si ce n’est que le différé


entre les instants t et t+1 n’est plus calculé dans les bases techniques mais à
l’aide des paramètres réels.

Une autre approche est de pratiquer un amortissement explicite et de financer


séparément ce déficit soit en une fois soit sur une durée fixée.

En cas d’amortissement unique, la cotisation totale à verser à l’instant t+1 est


donnée comme en unit credit par :

1 1
C( t  1)  NC t 1  UAL( t  1)  NC t 1  ( AL( t )  NC t )(  )
1 Ex 0 t 1 Ex 0 t
*

14.3.2. Écart de passif :

Examinons à présent le cas d’un écart de passif résultant d’une modification


dans les hypothèses actuarielles à l’instant t+1. Dans le cas standard où l’on
désire définir un nouveau normal cost constant dans les nouvelles bases
techniques, il suffit d’adapter dans la formule les éléments actuariels qui font
l’objet d’une révision :

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N  1
NC t 1 *   50 % S t  1 a 60 * 60 x 0  t 1
Ex 0  t 1
* ( AL( t )  NC t ) / 1 E x 0 t   a
 40 x 0  t 1, 60  x 0  t 1
*

14.3.3.Modification du plan :

La même logique peut être utilisée lorsque l’écart de passif est provoqué non
pas par une modification des hypothèses mais un changement du plan de
retraite.
Ainsi dans l’hypothèse déjà rencontrée où l’objectif du plan de pension passe
de 50% à 60% avec effet rétroactif le nouveau normal cost est donné par :

N  1
NC t 1 *   60 % S t  1 a 60 Ex  AL( t  1) / 1 E x  t  
 a x
60 x 0  t 1 0  t 1
 40
0

0  t 1, 60  x 0  t 1

14.4.AMORTISSEMENT EN AGGREGATE COST

L’étude des gains et pertes actuarielles dans la méthode aggregate cost


prend une forme particulière : par sa structure, cette méthode ne permet pas de mettre en
évidence de manière explicite un écart entre passif actuariel et valeur des actifs.
L’amortissement se fait donc toujours par définition de manière implicite.

En effet, la formule de calcul du taux de dotation au régime mélange déjà des éléments
de passif ( la valeur actuelle des prestations futures) et le fonds :

PVFB t   F t 
 t  
PVFS t 
Qu’il s’agisse d’écarts d’actif ou d’écarts de passifs, l’application de l’aggregate cost ne
va pas conduire au calcul d’un déficit à amortir selon un plan à définir comme dans les

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 220


deux autres méthodes vues ci-dessus mais simplement au calcul d’un nouveau taux de
dotation qui intègre ces modifications d’environnement. On pourrait donc dire de ce fait
que la méthode amortit par définition et automatiquement tout écart observé en cours de
vie du plan sur la durée résiduelle du financement. C’est évidemment une facilité de la
méthode ; mais c’est aussi un danger puisqu’on
ne mesure jamais vraiment les erreurs du passé, si ce n’est au travers de variation forte
du taux de dotation. Il s’agit là d’une des raisons pour lesquelles cette méthode est
parfois rejetée en pratique.

Plus précisément en cas d’écart d’actif entre les instants t et t+1, le fonds passe d’un
niveau attendu F(t+1) à un nouveau niveau F*(t+1) ( par exemple du fait d’un
rendement différent de celui attendu).
Dans ce cas, le taux de dotation initialement donné par :

PVFB t  1  F t  1
 t  1 
PVFS t  1
devient :

PVFB t  1  F * t  1
 * t  1 
PVFS t  1

De même, en cas d’écart de passif, que celui-ci soit provoqué par un changement
d’hypothèses actuarielles ou par un changement de plan, le taux de dotation devient :

PVFB * t  1  F t  1
 * t  1 
PVFS * t  1

où les éléments PVFB*(t+1) et PVFS*(t+1) sont calculés à l’aide des nouvelles


hypothèses.

FIN

INSEA Prévoyance et assurance de groupe Devolder 2018 221


Méthodes de capitalisation individuelle

Données
Age x0 55
Age xe 40
Salaire S0 45.000 €
Taux d'actualisation i 5%
Taux de projection g 3%
a60 15
pas de mortalité

Objectif 1%*5*S59*a60 si pas de reconnaissance du BS


1%*20*S59*a60 si reconnaissance du BS
1%
nbre d'années de cotisation 5
Nbre d'années de carrière 5 sans BS
Nbre d'années de carrière 20 avec BS

Résolution
On demande de comparer la charge du plan en pourcentage de la masse salariale pour les 5 prochaines années, en comparant les 5
méthodes possibles de capitalisation individuelle.
On demande de plus d'envisager la reconnaissance de 15 années (55-40) de back service.
Remarques :
1) On suppose que le taux de croissance réel des salaires est égal au taux de projection.
2) La taille de l'effectif de la population n'a pas d'importance, puisqu'on est en capitalisation individuelle.

On peut calculer le capital constitutif de la rente qui sera obtenu à 60 ans pour toute la population:
sans back-service K 37.986 €
avec back-service K 151.944 €

A. Sans reconnaissance des années de back-service

1. Unit credit cost


t Age nEx (fin) S NC ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 5.289 € 0 € 5.289 € 11,75% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 5.720 € 167 € 5.886 € 12,70% 5.553 €
2 57 0,8638 47.741 € 6.186 € 360 € 6.546 € 13,71% 12.012 €
3 58 0,9070 49.173 € 6.690 € 585 € 7.275 € 14,79% 19.486 €
4 59 0,9524 50.648 € 7.235 € 843 € 8.078 € 15,95% 28.099 €
5 60 1 / 0 0 0 / 37.986 €

2. Projected Unit credit cost


t Age nEx (fin) S NC ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 5.953 € 0 € 5.953 € 13,23% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 6.250 € 0 € 6.250 € 13,48% 6.250 €
2 57 0,8638 47.741 € 6.563 € 0 € 6.563 € 13,75% 13.125 €
3 58 0,9070 49.173 € 6.891 € 0 € 6.891 € 14,01% 20.673 €
4 59 0,9524 50.648 € 7.235 € 0 € 7.235 € 14,29% 28.942 €
5 60 1 / 0 0 0 / 37.986 €

3. Individual Level Premium


t Age nEx (fin) S axn K NC ǻK ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 4,5460 33.750 € 5.817 € 5.817 € 12,93% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 3,7232 34.763 € 5.817 € 1.013 € 224 € 6.041 € 13,03% 6.108 €
2 57 0,8638 47.741 € 2,8594 35.805 € 5.817 € 1.043 € 315 € 6.356 € 13,31% 12.756 €
3 58 0,9070 49.173 € 1,9524 36.880 € 5.817 € 1.074 € 499 € 6.855 € 13,94% 20.068 €
4 59 0,9524 50.648 € 1,0000 37.986 € 5.817 € 1.106 € 1.054 € 7.909 € 15,61% 28.269 €
5 60 1 / / 37.986 €

4. Projected Individual Level Premium


t Age nEx (fin) S axn K NC ǻK ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 4,5460 37.986 € 6.547 € 6.547 € 14,55% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 3,7232 37.986 € 6.547 € 6.547 € 14,13% 6.874 €
2 57 0,8638 47.741 € 2,8594 37.986 € 6.547 € 6.547 € 13,71% 14.093 €
3 58 0,9070 49.173 € 1,9524 37.986 € 6.547 € 6.547 € 13,31% 21.672 €
4 59 0,9524 50.648 € 1,0000 37.986 € 6.547 € 6.547 € 12,93% 29.630 €
5 60 1 / / 37.986 €

5. Projected Individual Level Percent

VA des prestations futures 29.763 €


VA de la masse salariale future 216.590 €
Taux de cotisation 13,74%

t Age nEx (fin) S NC ǻK ǻNC NC total NC/S AL


0 55 0,7835 45.000 € 6.184 € 6.184 € 13,74% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 6.369 € 6.369 € 13,74% 6.493 €
2 57 0,8638 47.741 € 6.560 € 6.560 € 13,74% 13.505 €
3 58 0,9070 49.173 € 6.757 € 6.757 € 13,74% 21.069 €
4 59 0,9524 50.648 € 6.960 € 6.960 € 13,74% 29.217 €
5 60 1 / / 37.986 €

B. Avec reconnaissance des années de back-service

1. Unit credit cost


t Age nEx (fin) S NC ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 84.621 € 0€ 84.621 € 188,05% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 5.720 € 2.666 € 8.385 € 18,09% 88.852 €
2 57 0,8638 47.741 € 6.186 € 3.063 € 9.249 € 19,37% 102.099 €
3 58 0,9070 49.173 € 6.690 € 3.507 € 10.198 € 20,74% 116.916 €
4 59 0,9524 50.648 € 7.235 € 4.004 € 11.239 € 22,19% 133.469 €
5 60 1 / 0 0 0 / 151.944 €

2. Projected Unit credit cost


t Age nEx (fin) S NC ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 95.241 € 0 € 95.241 € 211,65% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 6.250 € 0 € 6.250 € 13,48% 100.004 €
2 57 0,8638 47.741 € 6.563 € 0 € 6.563 € 13,75% 111.566 €
3 58 0,9070 49.173 € 6.891 € 0 € 6.891 € 14,01% 124.036 €
4 59 0,9524 50.648 € 7.235 € 0 € 7.235 € 14,29% 137.473 €
5 60 1 / 0 0 0 / 151.944 €

3. Individual Level Premium


t Age nEx (fin) S axn K NC ǻK ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 4,5460 135.000 € 23.268 € 23.268 € 51,71% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 3,7232 139.050 € 23.268 € 4.050 € 895 € 24.163 € 52,13% 24.432 €
2 57 0,8638 47.741 € 2,8594 143.222 € 23.268 € 4.172 € 1.260 € 25.423 € 53,25% 51.024 €
3 58 0,9070 49.173 € 1,9524 147.518 € 23.268 € 4.297 € 1.996 € 27.419 € 55,76% 80.270 €
4 59 0,9524 50.648 € 1,0000 151.944 € 23.268 € 4.426 € 4.215 € 31.634 € 62,46% 113.074 €
5 60 1 / / 151.944 €

4. Projected Individual Level Premium


t Age nEx (fin) S axn K NC ǻK ǻNC NC total NC/S AL
0 55 0,7835 45.000 € 4,5460 151.944 € 26.189 € 26.189 € 58,20% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 3,7232 151.944 € 26.189 € 26.189 € 56,50% 27.498 €
2 57 0,8638 47.741 € 2,8594 151.944 € 26.189 € 26.189 € 54,86% 56.371 €
3 58 0,9070 49.173 € 1,9524 151.944 € 26.189 € 26.189 € 53,26% 86.687 €
4 59 0,9524 50.648 € 1,0000 151.944 € 26.189 € 26.189 € 51,71% 118.520 €
5 60 1 / / 151.944 €

5. Projected Individual Level Percent

VA des prestations futures 119.052 €


VA de la masse salariale future 216.590 €
Taux de cotisation 54,97%

t Age nEx (fin) S NC ǻK ǻNC NC total NC/S AL


0 55 0,7835 45.000 € 24.735 € 24.735 € 54,97% 0€
1 56 0,8227 46.350 € 25.477 € 25.477 € 54,97% 25.972 €
2 57 0,8638 47.741 € 26.241 € 26.241 € 54,97% 54.021 €
3 58 0,9070 49.173 € 27.028 € 27.028 € 54,97% 84.275 €
4 59 0,9524 50.648 € 27.839 € 27.839 € 54,97% 116.869 €
5 60 1 / / 151.944 €
A. Sans reconnaissance des années de back-service

Evolution du taux de cotisation 1. Unit credit cost


17%
16% 2. Projected Unit credit cost
15%
3. Individual Level Premium
14%
13%
4. Projected Individual Level
12% Premium
11% 5. Projected Individual Level Percent
0 1 2 3 4

Evolution des réserves 1. Unit credit cost


40.000 €

2. Projected Unit credit cost


30.000 €

3. Individual Level Premium


20.000 €

10.000 € 4. Projected Individual Level


Premium

0€ 5. Projected Individual Level Percent


0 1 2 3 4 5

B. Avec reconnaissance des années de back-service

Evolution du taux de cotisation 1. Unit credit cost

211%
2. Projected Unit credit cost
171%

131% 3. Individual Level Premium

91%
4. Projected Individual Level
51% Premium
11% 5. Projected Individual Level Percent
0 1 2 3 4

Evolution des réserves 1. Unit credit cost


150.000 €
2. Projected Unit credit cost
120.000 €

90.000 € 3. Individual Level Premium


60.000 €
4. Projected Individual Level
30.000 € Premium

0€ 5. Projected Individual Level Percent


0 1 2 3 4 5

Conclusions
Sans reconnaissance des années de back-service :
UC C'est la méthode qui commence avec le taux le plus faible, mais termine avec le taux le plus fort.
En effet, On doit rattraper l'évolution salariale sur une durée de plus en plus courte.
PUC Méthode la plus stable après la méthode PILP. L'évolution salariale est anticipée, les droits acquis sont explicites.
ILP Meilleure que la méthode UC car on essaie de lisser la charge. On n'anticipe cependant pas l'évolution salariale.
PILP On a lissé la charge en tenant compte d'une part de l'évolution salariale et d'autre part de l'actualisation.
Néanmoins, si les primes sont constantes, la charge de cotisation va à l'inverse de l'évolution salariale : on paie plus
au début et moins à la fin.
PLP On tient compte de l'évolution salariale à la fois en terme de projection des salaires et en terme de pouvoir d'achat,
et de l'anticipation actuarielle. En conséquence, le taux de cotisation est constant.

Attention que ceci n'est vrai que si la réalité correspond aux hypothèses considérées dans le calcul du taux de cotisation.
Si ce n'est pas le cas, toutes les méthodes avec projection devront contenir des termes correctifs tenant compte de l'écart.
En ce qui concerne l'évolution des réserves, on observe que les méthodes projetées entraînent logiquement des réserves plus importantes.

Avec reconnaissance des années de back service:


Les deux méthodes sans lissage, càd UC et PUC rattrapent en une fois les années de back-service.
En conséquence, elles présentent un niveau de réserves constamment supérieur aux méthodes ILP, PILP et PLP.
Dans le cas de la méthode UC, le back-service devra de plus être considéré jusqu'à la fin du plan en ce qui concerne le terme de rattrapage
salarial…
ANNEXE 2

CAPITALISATION COLLECTIVE

AGGREGATE COST METHOD

Enoncé

Soit une entreprise dont la structure initiale est décrite par le tableau suivant :

Age Initial Effectif Salaire initial Age à l’entrée


30 20 30.000 30
45 15 35.000 35

Taux de croissance des salaires :3%


Taux d’actualisation : 4%
Pas de mortalité avant la retraite

On instaure un régime de prévoyance visant à octroyer à 60 ans une rente égale à 1%


du salaire moyen des deux dernières années de carrière par années d’affiliation depuis
l’entrée en service
Le prix de rente est de 15.

a) Calculer la charge à payer les deux premières années en utilisant la méthode


projected unit credit.

b) La troisième année, l’entreprise décide de passer en aggregate cost.


Calculer le taux de dotation et la dotation les troisième et quatrième année.

Solution
Notons :
Groupe A : l’ensemble des affiliés d’âge initial = 30
Groupe B : l’ensemble des affiliés d’âge initial = 45

a) méthode projected unit credit cost :

Calcul des primes individuelles de première année :

 30.000 × 1.03 28 + 30.000 × 1.03 29 


Pj A (0) = 1% ×   × a60 × 30 E 30 = 3.221,9639
 2 
 35.000 × 1.0313 + 35.000 × 1.0314 
PjB (0) = (10 + 1) × 1% ×   × a60 ×15 E 45 = 47.797,1347
 2 

1
Calcul des primes individuelles de deuxième année :
 30.000 × 1.03 28 + 30.000 × 1.03 29 
Pj A (1) = 1% ×   × a60 × 29 E 31 = 3.350,8424
 2 

 35.000 × 1.0313 + 35.000 × 1.0314 


PjB (1) = 1% ×   × a 60 × 14 E 46 = 4519,0018
 2 

Charge première année et deuxième année :

P (0) = 20 × 3.221,9639 + 15 × 47.797,1347 = 781.396,2985


P (1) = 20 × 3.350,8424 + 15 × 4.519,0018 = 134.801,875

b) aggregate cost method

PVFB( 2) − F (2)
τ ( 2) =
PVFS (2)
F (2) = P (0) × 1,04 2 + P(1) × 1,04 = 985.352,1965
 30.000 × 1,03 2 × 1,03 26 + 30.000 × 1,03 2 × 1,03 27  1
PVFB A (2) = 20 × 30 × 1% ×   × 15 × = 2.090.925,69
 2  1,04 28
 35.000 × 1,03 2 × 1,0311 + 35.000 × 1,03 2 × 1,0312  1
PVFBB (2) = 15 × 25 × 1% ×   × 15 × = 1.762.410,7114
 2  1,0413
PVFB(2) = 3.853.336,4014
PVFS ( 2) = 22.528.562,0791

τ (2) = 0,1273 SOIT 12,73 %

Ainsi, on obtient pour les dotations en t=2 et t=3 :

[ ]
D(2) = τ (2) × 20 × 30.000 × 1,03 2 + 15 × 35.000 × 1,03 2 = 151.934,14
D(3) = D(2) × 1,03 = 156.492,17

2
INSEA

PREVOYANCE et ASSURANCE DE GROUPE


EXERCICES

Prof . Pierre DEVOLDER

1. capitalisation individuelle

On considère un régime de retraite prévoyant à 65 ans pour 45 ans de service une rente égale
à 45 % de la moyenne des deux derniers salaires annuels.
Soit un affilié entrant dans le régime à 50 ans mais entré dans l’entreprise à 35 ans, le plan
reconnaissant l’ensemble de la carrière.
Ses salaires réels évoluent de la façon suivante les trois premières années :

Age salaire
50 32000€
51 36000 €
52 36000 €

a) Calculer le normal cost à verser les trois premières années selon les méthodes individual
level premium et projected unit credit ; justifier les différences observées dans l’évolution des
taux de cotisation.
Les hypothèses de projection sont les suivantes :
- taux d’actualisation : 3 %
- taux de projection des salaires : 5 %
- pas de mortalité avant retraite
- prix de rente : 12

b) Calculer l’Actuarial Liability en projected unit credit après 3 ans

2. capitalisation collective

Soit une entreprise dont la structure initiale est décrite par le tableau suivant :

Age initial Effectif Salaire initial Age à l’entrée


35 10 30.000 30
40 10 40.000 35

Les hypothèses sont les suivantes :


Taux de croissance des salaires : 3%
Taux d’actualisation : 3%
pas de mortalité avant retraite

INSEA 1
On instaure un régime de prévoyance visant à octroyer à 65 ans un capital égal à 10% du
salaire final par année de carrière reconnue .
On dispose initialement d’un fonds de 100.000 €.

a) Calculer le taux de cotisation et la contribution totale en « aggregate cost » la première


année, sans et avec reconnaissance des services passés
b) que devient la contribution de première année si on utilise plutôt la méthode « attained
age » ?
c) Sachant que le taux de rendement des actifs la première année n’a été que de 1% et que les
salaires n’ont réellement cru que de 1,5%, recalculer le taux de cotisation en t = 1 en
« aggregate cost » sans services passés

3. répartition

On considère une population dont la structure est donnée par :

L(x,0) = 1000 pour tout x compris entre 25 et 62 ans.


Chaque personne arrivant à l’âge de la retraite fixé à 65 ans est remplacée par 2 actifs de 25
ans
La moitié de la population décède à 70 ans, l’autre moitié à 73 ans.
On institue en t=0 un régime de retraite visant à garantir à partir de 65 ans un taux de
remplacement de 60 %.
Taux d’actualisation : 3%
Taux de croissance des salaires : 2%

Comparer les 10 premières années l’évolution du taux de contribution en répartition pure et en


répartition des capitaux de couverture. Justifier les différences constatées.
Comparer ces taux au taux de contribution en capitalisation pour les nouveaux entrants au
système.

4. nivellement

On considère un plan de pension dont la cotisation annuelle initiale totale s’élève à 10.000 € .
Sur les 5 prochaines années on s’attend à ce que cette cotisation augmente chaque année d’un
même montant égal à 1000 €. La masse salariale initiale s’élève à 200.000 €. Elle est
supposée croître chaque année de 3%.

Calculer le taux de nivellement sur 5 ans sur base d’un taux d’actualisation de 8% et la valeur
du fonds de nivellement après 2 ans.

INSEA 2

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