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TITRE II 

: LES SOCIETES DE PERSONNES

Chapitre 1 : la société en nom collectif (SNC)

La SNC est le type même de la société de personnes, elle est constituée entre commerçants qui
acceptent de prendre des risques illimités et de s’investir personnellement dans la gestion, c’est
pourquoi elle comprend généralement peu d’associés (2 ou 3), et ne convient qu’aux petites
entreprises.

La SNC est régie par les articles 3 à 18 de la loi n° 05-96 (16 articles). De cette réglementation, il se
dégage que cette société se distingue par trois caractéristiques :

1/ tous les associés ont la qualité de commerçant

2/ les associés répondent indéfiniment et solidairement du passif social (société à risque illimité)

3/ les parts sociales ne peuvent être cédées qu’avec l’accord de tous les associés.

1/ la qualité de commerçant

Tout associé dans une SNC a la qualité de commerçant, tous les associés sont considérés comme
exerçant le commerce pour leur propre compte.

S’ils n’ont pas déjà la qualité de commerçant au moment de leur entrée dans la société, ils acquièrent
cette qualité par le seul fait de l’acquisition de la qualité d’associé.

En conséquence, en premier lieu les associés doivent avoir la capacité d’exercer le commerce. En
second lieu, ils ne doivent pas tomber sous le coup d’une interdiction, d’une déchéance ou d’une
incompatibilité.
En troisième lieu, la société est dissoute lorsqu’un jugement de liquidation judiciaire, une mesure
d’interdiction de la profession commerciale, ou une mesure d’incapacité est prononcée à l’égard d’un
associé sauf si la continuation de la société est prévue dans les statuts, ou si elle est décidée à
l’unanimité par les associés.

2/ l’obligation indéfinie et solidaire au passif social

Les associés sont tenus personnellement des dettes de la société sur la totalité de leurs biens, si la
société ne peut pas faire face à ses engagements, les créanciers sociaux peuvent se retourner contre les
associés. Toutefois, ils ne peuvent le faire qu’après avoir mis en demeure la société d’avoir à payer.

L’obligation au passif est indéfinie, c’est-à-dire que quel que soit le montant des dettes de la société,
les associés sont tenus de les acquitter sur leurs propres deniers. Elle est en outre solidaire, c’est-à-dire
que chaque associé peut être poursuivi pour la totalité du passif.

Le paiement de la totalité des dettes peut-être réclamé par les créanciers indifféremment à l’un
quelconque des associés.

3/ incessibilité des parts sociales

C’est la conséquence du caractère intuitu personae de la SNC, et de la solidarité qui existe entre les
associés.
Les parts ne peuvent être cédées entre associés ou au profit de tiers, qu’avec le consentement unanime
de tous les associés.

Cette modification substantielle du pacte social qui risque d’ébranler les fondements mêmes de la
société, doit être accordée par tous les associés. Cette règle est d’ordre public et toute clause contraire
est réputée non écrite (comme si elle n’a jamais existé).

En d’autres termes, les associés ne peuvent pas convenir librement des conditions de cession des parts.
Il en résulte qu’à défaut de consentement des autres associés, un associé peut rester prisonnier de ses
parts. Il n’existe aucune règle qui oblige la société ou les autres associés à racheter les parts de
l’associé qui veut se retirer de la société.

Le cessionnaire est subrogé purement et simplement dans les droits et obligations du cédant, il est tenu
solidairement avec les autres associés des obligations contractées avant son entrée dans la société.
Toute convention contraire n’a aucun effet à l’égard des tiers.

La cession doit être constatée par écrit à peine de nullité, elle n’est opposable à la société que si elle lui
a été signifiée ou acceptée par elle dans un acte ayant date certaine.

Ce formalisme peut-être allégé dans la mesure où, la loi prévoit que la signification peut être
remplacée par le dépôt au siège social d’un original de l’acte de cession contre remise par le gérant
d’une attestation de dépôt.

Pour l’opposabilité de la cession aux tiers, il faut en outre que la cession soit inscrite au registre du
commerce.

La SNC obéit à des règles particulières pour sa constitution, son fonctionnement et sa dissolution.

Para 1 : constitution de la SNC

A- conditions de fonds

1- les associés

Ils doivent être au moins au nombre de deux, aucun nombre maximum n’est prévu, seuls les
commerçants peuvent être associés dans une SNC.

2- le capital social

Le capital est une notion secondaire dans la SNC puisque les associés sont responsables indéfiniment
et solidairement du passif social. Les créanciers de la société sont considérés en même temps comme
les créanciers personnels des associés, c’est pourquoi la loi ne fixe pas de capital minimum et les
associés peuvent se contenter d’un capital symbolique.

3- la dénomination sociale

La SNC est désignée par une dénomination librement choisie par les associés à laquelle peut être
incorporé de manière facultative le nom d’un ou de plusieurs associés.

Cette dénomination doit être précédée ou suivie immédiatement de la mention en toutes lettres, «
société en nom collectif » dans tous les documents émanant de la société et destinés aux tiers, doivent
figurer la dénomination, la forme, le capital, le siège, le numéro d’immatriculation au registre du
commerce.
B- conditions de forme

En premier lieu, les statuts doivent être rédigés par écrit. En second lieu, ils doivent comporter 13
mentions obligatoires en particulier : l’état civil des associés, la forme de la société, l’objet, la
dénomination, le siège, le capital, les apports, le nombre des parts attribuées à chaque associé, la durée,
l’état civil des gérants, la date et la signature de tous les associés.

A défaut de satisfaire à l’une de ces conditions, la société est nulle.

C- conditions de publicité

Dans les 30 jours de la constitution, un original des statuts doit être déposé au greffe du tribunal du lieu
du siège social. Dans le même délai, il doit être procédé à la publication d’un extrait des statuts dans
un journal d’annonces légales et au bulletin officiel. Cet extrait doit reproduire les mentions
obligatoires qui doivent figurer dans les statuts.

Toute modification apportée aux statuts doit faire l’objet des mêmes formalités de dépôt et de
publicité.

L’inobservation des formalités de publicité lors de la constitution de la société, est sanctionnée par la
nullité de la société. Toutefois, l’action en nullité est éteinte lorsque la cause de la nullité a cessé
d’exister le jour où le tribunal statue au fond en première instance.
Le tribunal peut même d’office, impartir un délai pour couvrir la nullité.

Dans tous les cas, la nullité ne peut être prononcée qu’à l’expiration d’un délai de deux mois à compter
de la demande introductive d’instance.

Para 2 : fonctionnement

Trois organes participent au fonctionnement de la SNC :

1/ les gérants

2/ les associés non gérants

3/ les commissaires aux comptes s’il y a lieu

A- les gérants

La SNC est administrée par un ou plusieurs gérants :

1- statut juridique des gérants

a- nomination

Les gérants sont nommés par les statuts ou par un acte ultérieur. Ils peuvent être pris parmi les associés
ou en dehors des associés. La gérance peut être assurée par une personne physique ou par une personne
morale dans ce dernier cas, les dirigeants de la personne morale gérante sont soumis aux mêmes
conditions et aux mêmes obligations et encourent les mêmes responsabilités civiles et pénales que s’ils
étaient gérants en nom personnel.
La nomination des gérants doit se faire à l’unanimité sauf disposition contraire des statuts. Et si aucun
gérant n’est désigné, tous les associés sont considérés comme gérants et chacun d’eux peut accomplir
séparément des actes de gestion et engager la société par sa seule signature.

b- révocation

La loi prévoit trois modalités différentes de révocation :

Première hypothèse : Si tous les associés sont gérants ou s’il s’agit de gérant statutaire associé, la
révocation de l’un d’eux doit être décidée à l’unanimité des autres associés. Cette révocation entraîne
la dissolution de la société à moins que la continuation de la société ne soit prévue par les statuts ou
décidée à l’unanimité des autres associés.

En cas de continuation, le gérant révoqué peut décider de se retirer de la société, en demandant le


remboursement de ses droits sociaux.

Deuxième hypothèse : s’il s’agit de gérant associé non statutaire, la révocation sera décidée dans les
conditions prévues par les statuts. Ils peuvent prévoir soit l’unanimité, soit la majorité simple ou
qualifiée.

Dans le silence des statuts, la décision de révocation doit être prise à l’unanimité des autres associés.

Troisième hypothèse : le gérant non associé peut être révoqué dans les conditions prévues dans les
statuts, ou à défaut par une décision des associés prise à la majorité.

Dans toutes ces hypothèses si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à des
dommages-intérêts au profit du gérant révoqué.

2- les pouvoirs des gérants

Il faut distinguer selon qu’il s’agisse de la gestion dans l’ordre interne ou dans l’ordre externe.

a- dans les rapports avec les associés

Dans l’ordre interne, ce sont les statuts qui fixent les pouvoirs des gérants. Si les statuts n’ont rien
prévu, le gérant unique peut faire tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société.

Par actes de gestion, il faut entendre à la fois les actes d’administration et les actes de disposition
nécessaires à la réalisation de l’objet social et conformes à l’intérêt social.

En cas de pluralité de gérants, chacun peut agir séparément sauf la possibilité donnée à un cogérant de
s’opposer à toute opération avant qu’elle ne soit conclue.

b- dans les rapports avec les tiers

La société est engagée par les actes des gérants qui relèvent de l’objet social. Toute clause limitant les
pouvoirs des gérants est inopposable aux tiers.
En cas de pluralité de gérants, chacun détient la totalité des pouvoirs pour engager la société à l’égard
des tiers. L’opposition formée par un gérant aux actes d’un autre gérant est sans effet à l’égard des
tiers, sauf si ces derniers ont eu connaissance de cette opposition.

3- responsabilité des gérants

Les gérants sont responsables individuellement ou solidairement à l’égard des associés et à l’égard des
tiers. Cette responsabilité est individuelle lorsqu’on arrive à déterminer en cas de pluralité de gérants,
la part de chacun dans les actes dommageables. Sinon, il y a responsabilité solidaire de tous les
gérants.

En cas de redressement ou de liquidation judiciaire de la société, les gérants non associés peuvent être
condamnés au comblement de passif sur leurs deniers personnels, en cas de faute de gestion qui est à
l’origine du passif de la société. Le tribunal peut décider également l’extension de la procédure de
faillite aux gérants (non associés). Pour les gérants associés, ils subissent le sort de tous les associés,
c’est-à-dire qu’ils doivent être mis en faillite au même titre que la société.

B- les associés non gérants

Ces associés ont des pouvoirs légaux et des pouvoirs statutaires.

1- les pouvoirs d’origine légale

Ces pouvoirs sont au nombre de trois :

a- les modifications statutaires

Elles doivent être décidées par les associés à l’unanimité.

b- les associés doivent être réunis obligatoirement en


assemblée pour approuver les comptes annuels dans les six mois de la clôture de l’exercice.

A cet effet, ils doivent recevoir dans les 15 jours qui précèdent la réunion de l’assemblée, le rapport de
gestion établi par les gérants, les états de synthèse et le texte de résolutions proposées.

Si ce droit de communication n’est pas respecté, les délibérations de l’assemblée peuvent être
annulées. L’assemblée prend ses décisions à l’unanimité sauf si les statuts en disposent autrement.

c- les associés ont un pouvoir de contrôle individuel

Qui leur donne le droit deux fois par an de prendre connaissance au siège social des livres et des
documents sociaux et de poser par écrit des questions sur la gestion sociale auxquelles il doit être
également répondu par écrit.

Le droit de prendre connaissance emporte celui de prendre copie.

Ce pouvoir de contrôle permet aux associés qui ne gèrent pas, de se rendre compte par eux-mêmes de
la marche de la société à laquelle ils sont intéressés au plus haut point, dans la mesure où ils sont
responsables des dettes.

Tout associé qui exerce son droit de contrôle, peut se faire assister par un conseil.

2- les pouvoirs statutaires


Les statuts sont libres de conférer aux associés non gérants, le pouvoir d’autoriser certaines opérations
qui relèvent des pouvoirs légaux des gérants.

Ainsi, il est fréquent dans la pratique de subordonner à l’autorisation des associés, certains actes de
disposition comme la vente des biens de la société.

Cette limitation des pouvoirs des gérants est valable dans les rapports entre les associés (dans l’ordre
interne) mais elle est inopposable aux tiers.

C- le commissaire aux comptes

Un ou plusieurs commissaires aux comptes peuvent être nommés (pas une obligation) à la majorité des
associés. Cette nomination est obligatoire pour les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 50
millions de dirhams.

Même lorsque cette condition n’est pas réunie, tout associé peut demander au président du tribunal la
nomination d’un ou de plusieurs commissaires aux comptes.

Le statut du commissaire aux comptes est régi par la loi n° 17-95 sur les sociétés anonymes.

Para 3 : dissolution

La SNC est soumise aux causes de dissolution communes à toutes les sociétés, ainsi qu’aux causes
particulières suivantes qui affectent la personne des associés.

1- le décès d’un associé

Le principe est que la société prend fin par le décès de l’un des associés, c’est une dissolution de plein
droit qui est liée au caractère personnel de la SNC.

Cette dissolution automatique peut se révéler antiéconomique c’est pourquoi la loi a autorisé des
aménagements conventionnels pour permettre la continuation de la société.

Ainsi, les statuts peuvent prévoir des clauses de continuation. Les clauses les plus fréquentes dans la
pratique sont au nombre de deux :

a- continuation avec les associés survivants

Cette clause suppose que la société est composée de plus de deux associés. Dans ce cas, les héritiers de
l’associé décédé ont droit à la valeur de liquidation des droits sociaux de leur auteur. Cette valeur est
déterminée au jour du décès, à dire d’expert désigné par le tribunal.

b- continuation avec les héritiers

Il peut être prévu que la société continue avec les associés survivants et les héritiers de l’associé
décédé. Il y a donc transmission des parts du de cujus à ses héritiers.

Si un ou plusieurs héritiers sont mineurs :

En premier lieu, ils ne répondent du passif social qu’à concurrence de leur quote-part dans la
succession.
En second lieu, la société doit être transformée dans le délai d’un an à compter du décès en société en
commandite dont les héritiers mineurs deviennent les commanditaires.

A défaut de transformation, la société est dissoute.

2- la révocation du gérant statutaire associé

Cette révocation entraîne la dissolution de la société sauf si les statuts prévoient la continuation de la
société, ou si cette continuation est décidée à l’unanimité des autres associés.

3- liquidation judiciaire, interdiction ou incapacité d’un associé

Ces trois éléments entraînent la dissolution de la société à moins que sa continuation ne soit prévue par
les statuts ou que les autres associés ne la décident à l’unanimité. Dans ce cas, l’associé qui donne lieu
à dissolution est exclu de la société avec remboursement de la valeur de ses droits fixés à dire d’expert
désigné par le président du tribunal.

Chapitre 2 : la société en commandite simple

Cette forme de société est constituée par deux catégories d’associés qui sont soumis à des régimes
juridiques distincts.

En premier lieu, les commandités qui ont le statut d’associé en nom collectif et à ce titre, ils sont tous
commerçants, responsables indéfiniment et solidairement du passif social, et assumant seuls la gestion
de la société.

En second lieu, les commanditaires qui n’ont pas la qualité de commerçants, qui ne sont tenus de
passif social qu’à concurrence de leurs apports, et qui ne peuvent être gérants de la société.

La société en commandite simple trouve son origine dans le droit musulman et dans les pratiques du
commerce maritime du Moyen Âge.

D’une part, le droit musulman connaît la technique du ‫ ﻗﺮﺍﺾ‬qui fait participer un prêteur de son argent
aux résultats d’une entreprise, sans être tenu sur ses biens personnels. Cette technique a été imaginée
pour contourner l’interdiction du prêt à intérêt.

D’autre part, au Moyen Âge on pratiquait dans le commerce maritime le contrat de command, qui est
l’ancêtre de la société en commandite.

Il s’agissait pour un capitaliste de mettre à la disposition d’un navigateur un bateau, des marchandises
ou une somme d’argent pour entreprendre une expédition maritime. Les bénéfices retirés de cette
opération étaient partagés dans des proportions déterminées à l’avance entre le capitaliste et le
commandité (celui qui a été financé).

En définitive, la raison d’être des sociétés en commandite est de permettre aux détenteurs de fonds de
recueillir les fruits d’une activité commerciale sans l’exercer personnellement et en limitant leur
responsabilité au montant de leurs apports.

La société en commandite simple peut résulter d’une transformation légale de la SNC, lorsqu’à la suite
du décès d’un associé, la société continue avec les héritiers mineurs.

La société en commandite simple obéit pour sa constitution, son fonctionnement et sa dissolution aux
mêmes règles que la SNC sous réserve des dispositions particulières prévues aux articles 20 à 30 de la
loi n° 05-96.
1- dénomination

La dénomination peut incorporer le nom d’un ou plusieurs commandités. Cette dénomination doit être
précédée ou suivie immédiatement de la mention société en commandite simple.

2- statut de l’associé commanditaire

En premier lieu, l’apport d’un commanditaire peut être en numéraire ou en nature, il ne peut jamais
faire d’apport en industrie.

En second lieu, la société continue malgré le décès d’un commanditaire.

En troisième lieu, il est interdit aux commanditaires de faire des actes de gestion engageant la société
vis-à-vis des tiers, même en vertu d’une procuration.

Cette interdiction est édictée principalement dans l’intérêt des tiers et accessoirement ou incidemment
dans l’intérêt de la société.

D’une part, il est à craindre que les tiers en traitant avec les commanditaires soient amenés à penser
que ces derniers engagent leurs biens personnels.

D’autre part, les commanditaires n’étant pas responsables sur leurs biens, pourraient être tentés de ne
pas prendre suffisamment de protection et ce en engageant la société dans des opérations risquées.

L’interdiction ne vise que les actes de gestion externe, qui ne concernent que les rapports avec les tiers,
mais elle n’empêche pas les commanditaires de faire des actes de gestion interne et de s’immiscer dans
le fonctionnement de la société.

Ainsi, les commanditaires peuvent participer à la nomination, au remplacement ou à la révocation des


gérants, ils peuvent prendre part aux décisions collectives et ils peuvent également exercer leur droit de
contrôle et de surveillance.

Si un commanditaire contrevient à cette interdiction, les actes de gestion accomplis par lui seront
valables, mais il sera tenu solidairement avec les commandités des actes et engagements de la société
qui résultent des actes prohibés.

En définitive, la défense d’immixtion des commanditaires dans la gestion externe de la société, est la
condition de la limitation de leur responsabilité au montant des apports.

3- statut de l’associé commandité

En premier lieu, la société en commandite simple doit comprendre au moins deux associés, un
commandité et un commanditaire.

En second lieu, le décès d’un commandité entraîne la dissolution de la société, sauf si les statuts
prévoient la continuation de la société.

Si la société continue avec des héritiers mineurs, ces derniers deviennent des commanditaires.

4- décisions collectives des associés


Les statuts fixent les conditions de prise de décision. Toute modification des statuts doit être décidée
avec le consentement de tous les commandités et de la majorité en nombre et en capital des
commanditaires.

En conclusion, ce type de société est peu utilisé dans la pratique, compte tenu de la complication qui
résulte de la coexistence de deux catégories d’associés soumis à des régimes juridiques distincts.

Chapitre 3 : la société en participation

Ce type de société se distingue par deux caractéristiques fondamentales.

1/ l’absence de personnalité morale

Cela veut dire qu’elle n’existe que dans les rapports entre les associés, et n’est pas destinée en principe
à être connue des tiers.

Il s’ensuit que cette société n’a ni dénomination sociale, ni siège social, ni patrimoine.

2/ elle n’est soumise à aucune mesure de publicité et en particulier elle n’est pas immatriculée au
registre du commerce.

Cette société peut être civile ou commerciale en fonction de son objet. Lorsqu’elle a un caractère
commercial, les rapports entre les associés qu’on appelle les participants sont régis par les dispositions
applicables aux SNC avec responsabilité indéfinie et solidaire pour le passif social.

Il existe deux formules de société en participation :

En premier lieu, la société en participation occulte. C’est le cas lorsque les participants décident de ne
pas révéler l’existence de la société aux tiers, c’est la formule traditionnelle.

En second lieu, la société en participation ostensible dans laquelle les participants vont agir en qualité
d’associés au vu et au su des tiers.

La société en participation jouit d’une grande liberté contractuelle tant au niveau de sa constitution,
qu’au niveau de son fonctionnement et sa dissolution.

Para 1 : constitution

Les participants doivent être au nombre de deux, faire des apports, participer aux bénéfices, contribuer
aux pertes et être animés de l’affectio societatis.

S’il s’agit d’une société en participation occulte à caractère commercial, seul le gérant doit avoir la
capacité commerciale puisqu’il est le seul responsable à l’égard des tiers.

Si la société est ostensible, tous les associés doivent avoir la qualité de commerçant.

Les apports faits par les participants sont de simples apports en jouissance, chaque participant conserve
la propriété de son apport puisque la société n’a pas de patrimoine.

Aucune condition de forme ou de publicité n’est exigée, l’existence de la société pouvant être prouvée
par tous les moyens.
Para 2 : fonctionnement

A- dans les rapports entre associés

Les associés conviennent librement des conditions de fonctionnement de la société. A défaut, si la


société a un objet civil on fait application des règles du D.O.C sur la société civile.
Si elle a un objet commercial, il sera fait application des règles prévues pour les SNC.

Dans la pratique, la société en participation est administrée par un gérant qui engage par ses actes les
autres participants.

B- dans les rapports avec les tiers

1- les sociétés occultes

Les tiers qui par définition ignorent l’existence de la société, ne sont en rapport qu’avec le gérant.
Dans ses rapports avec les tiers, le gérant agit en son nom personnel et pour son propre compte. Tout
se passe comme si la société n’existait pas.

Les opérations effectuées par le gérant ne produisent effet que dans son patrimoine personnel. S’il
n’honore pas ses engagements envers les tiers, il peut être mis personnellement en redressement ou en
liquidation judiciaire.

Sur le plan fiscal, les bénéfices réalisés par la société en participation sont imposables au nom du
gérant.

En définitive, dans une société occulte, le gérant constitue un écran total entre les participants et les
tiers.

2- les sociétés ostensibles

Lorsque les participants agissent publiquement en qualité d’associés, chacun est tenu indéfiniment des
engagements souscrits par le gérant avec solidarité si la société est commerciale, sans solidarité si la
société est civile.

La révélation de la société aux tiers peut se faire de différentes manières notamment par la publicité,
par l’ouverture d’un compte bancaire au nom de la société, par des documents portant l’entête de la
société.

Para 3 : dissolution

A défaut de personnalité morale, la dissolution de la société n’entraîne pas sa liquidation mais


seulement un règlement de comptes entre les associés. Ces derniers qui ont conservé la propriété de
leurs apports vont les reprendre soit en nature soit en valeur.

Les bénéfices ou les pertes seront partagés entre les associés selon les dispositions contractuelles.

En conclusion, il convient de souligner que la société en participation présente l’avantage de la


simplicité, de la souplesse et de la discrétion.
C’est une structure légère et peu onéreuse en termes de coûts de constitution et de fonctionnement, elle
peut s’adapter à des opérations très variées :

D’abord, elle peut être utilisée pour des opérations ponctuelles ou de courte durée.

- c’est le cas pour la constitution d’un syndicat financier entre plusieurs banques pour placer des titres
émis par les sociétés. Cette technique a été utilisée en particulier pour toutes les privatisations qui ont
fait appel au marché financier.

- il en est de même pour la constitution de groupements entre plusieurs entreprises de travaux publics
pour réaliser les travaux.

- la coproduction en matière cinématographique.

Ensuite, elle peut être utilisée dans le domaine de la coopération interentreprises, pour entreprendre des
actions communes notamment en matière de sous-traitance ou pour la constitution de filiales
communes.

Ceci étant, la société en participation doit être distinguée des sociétés de fait et des sociétés créées de
fait.

1- la société de fait

La société de fait est une véritable société voulue et créée en tant que tel avec une forme bien
déterminée, mais par suite d’un vice affectant sa validité, ou d’une irrégularité entachant sa
constitution, la société sera annulée après avoir fonctionné pendant une certaine période.

En principe, cette nullité doit avoir un effet rétroactif c’est-à-dire faire que les actes accomplis par la
société sont censés n’avoir jamais existé.

Pour éviter les conséquences économiques et sociales néfastes d’une telle situation, les tribunaux ont
considéré qu’il existe dans ce cas une société de fait ou une société de droit dégénérée qui a fonctionné
valablement et qui doit normalement produire ses effets tant à l’égard des associés qu’à l’égard des
tiers, et ce depuis sa conception jusqu’au jour où sa nullité a été déclarée.

En conséquence, la nullité ne produira d’effets que pour l’avenir. Autrement dit, lorsque la nullité est
prononcée, elle va entraîner la dissolution et la liquidation de la société.

Cette dérogation au droit commun de la nullité s’explique par le fait que la nullité des contrats ne peut
pas s’appliquer à la société pour la simple raison que la société n’est pas un contrat comme les autres,
il donne naissance à une personne morale qui vit, qui accomplit des actes juridiques de tout genre qui a
un actif et un passif et qui est engagée vis-à-vis des tiers par différentes opérations.

Si on applique la rétroactivité, on doit considérer que cette personne morale n’a jamais existé, c’est
tout simplement nier l’existence d’une réalité qui doit s’imposer à tous.

D’ailleurs, la loi elle même a entériné cette jurisprudence en prévoyant que : « lorsque la nullité de la
société est prononcée, celle-ci se trouve de plein droit dissoute sans rétroactivité »
2- la société créée de fait

C’est un concept qui désigne la situation dans laquelle se trouvent deux ou plusieurs personnes qui se
sont comportées en fait comme de véritables associés mais sans en avoir pleinement conscience, et en
tous les cas sans avoir exprimé la volonté de constituer entre elles une société.
Ces personnes n’ont pas voulu au départ inscrire leur relation dans le cadre d’une société, mais ce n’est
que par une analyse juridique, a posteriori des liens existants entre ces personnes, que l’on s’aperçoit
qu’il y a tous les éléments de la société. La preuve de ces éléments constitutifs de la société peut être
rapportée par tout moyen.

Dans la pratique, on constate que les apports sont souvent des apports en industrie qui se manifestent
par la force de travail et par le temps passé à s’occuper des affaires communes.

Le domaine de prédilection des sociétés créées de fait se trouve dans les relations de famille entre père
et enfants, entre frères, entre époux. En France, il existe une jurisprudence très fournie sur les sociétés
entre concubins. (Pas reconnue au Maroc)

C’est à l’occasion d’un décès ou de la rupture des relations familiales ou conjugales que se pose le
problème de la liquidation de la société créée.

De même, en cas de succession portant sur une entreprise, lorsque les héritiers restent dans l’indivision
et participent ensemble à l’exploitation et à la gestion, ils passent du statut de co-indivisaires au statut
d’une société créée de fait.

Par ailleurs, cette technique de la société créée de fait peut également être invoquée par le créancier
d’une personne insolvable pour démontrer que sa créance est une créance sur une société créée de fait
entre son débiteur et une personne solvable ce qui lui permet de faire jouer les règles de la solidarité.

Lorsque l’existence de la société créée de fait est établie, on lui applique le régime juridique de la SNC
avec responsabilité indéfinie et solidaire des associés lorsque la société a un caractère commercial.

En définitive, la société créée de fait n’est souvent reconnue juridiquement que le jour où il doit être
procédé à sa liquidation. C’est la rupture volontaire ou involontaire des relations entre les associés ou
l’action du créancier qui mettent à jour l’existence de la société pour en demander la liquidation.

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