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VIE DE RELATION : SYSTEME NERVEUX

Le système nerveux est un système biologique animal responsable de la coordination des


actions avec l'environnement extérieur et de la communication rapide entre les différentes
parties du corps. Les êtres vivants dotés d'un système nerveux sont nommés eumétazoaires.
Le système nerveux gère les informations sensorielles, coordonne les mouvements
musculaires et régule le fonctionnement des autres organes.

CHAPITRE I : GENERALITES
Le système nerveux est formé de l’ensemble des cellules nerveuses et des cellules gliales de
l’organisme. A ces tissus spécifiques s’ajoutent des structures non spécifiques (osseuses,
fibreuses, vasculaires) qui participent à la nutrition et à la protection.
Le rôle du SN :
- La coordination rapide entre différents organes et régions de l’organisme
- La régulation des réactions internes
- Son adaptation au milieu extérieur en déclenchant, contrôlant, modulant sa réaction.
Au cours de l’évolution le SN s’est spécialisé d’avantage pour atteindre une grande
complexité lui permettant à la fois :
- La mise en mémoire d’événements internes et externes
- L’adaptation très fine et rapide dans le temps et dans l’espace
- La régulation viscérale
- Le maintien du milieu intérieur
Cette évolution s’est traduite tant dans les formes que dans les fonctions. Chaque structure
acquiert une différenciation adaptée à l’espèce concernée. Le système nerveux peut être divisé
selon sa forme, sa topographie ou ses fonctions en système nerveux central et en système
nerveux périphérique (Figure 1).
-Le système nerveux central comprend l’encéphale ainsi que la moelle épinière. L’encéphale
correspond aux trois organes qui sont situés dans la cavité de la boîte crânienne qui sont le
cerveau, le cervelet et le tronc cérébral. La moelle épinière est située dans le canal rachidien
qui résulte de la superposition des vertèbres de la colonne vertébrale. Le système nerveux
central comprend la majorité des corps cellulaire des neurones et des synapses réalisant la
substance grise des centres nerveux, et de très nombreuses fibres nerveuses formant la
substance blanche. Il est condensé en un axe nerveux ou névraxe subdivisé en moelle épinière
(contenue dans le bulbe rachidien) et encéphale (protégé par la boite crânienne). Les
méninges et le liquide céphalo-rachidien (ou cérébro-spinal) complètent la protection du

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névraxe en s’interposant entre cette charpente rigide et dure, et le tissu nerveux mou et fragile.
Il est protégé par le squelette et il est constitué de l’encéphale (cerveau, cervelet, tronc
cérébrale) et de la moelle épinière.

Figure 1: Topographie du système nerveux

-Le système nerveux périphérique


Le système nerveux périphérique est composé des organes du système nerveux situés à
l’extérieur de la cavité crânienne et du canal rachidien donc à l’extérieur du système nerveux
central. Ces organes correspondent aux différents nerfs rattachés à l’encéphale ou à la moelle
épinière. Les nerfs qui se rattachent au tronc cérébral de l’encéphale sont appelés des nerfs
crâniens alors que ceux qui se rattachent à la moelle épinière sont des nerfs rachidien car ils
émergent du canal rachidien.
Par opposition au SNC, il se ramifie dans tout l’organisme ; il est composé de nerfs et de
ganglions.
Les nerfs sont des faisceaux de prolongement neuronique entourés par des gaines ; leurs
tailles et leur longueur sont extrêmement variables.

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Les ganglions sont des amas de corps cellulaires, localisés sur le trajet de certains nerfs
contenant ou non des synapses.

Il existe deux types de système nerveux :


- le système cérébro-spinal ou vie de relation formé par : l’encéphale, la moelle épinière et
les nerfs. Ces nerfs sont de deux groupes :
1) les nerfs issus de la moelle épinière et sortant par les trous intervertébraux, nerfs
spinaux ou rachidiens
2) les éléments nerveux issus de l’encéphale et sortant par des orifices de la base du
crane, nerfs cérébraux ou crânien.
-le système autonome ou de la vie végétative, comprenant des centres et des voies
sympathiques ou orthosympathiques et parasympathiques à destiné viscérale et somatique.
Pour se mettre en relation avec les différents organes et le milieu extérieur, le système
nerveux participe à la constitution de formations spécialisées: les récepteurs et les effecteurs.
L’unité fondamentale structurale du tissu nerveux est la cellule nerveuse ou neurone. Mais le
fonctionnement du SN exige souvent la mise en jeu obligatoire et simultanée de plusieurs
éléments structuraux réalisant alors une unité fonctionnelle. Cette unité neurale est souvent
qualifiée par sa localisation : ainsi, dénomme-t-on l’unité spinale, réticulaire, thalamique, etc.

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CHAPITRE II: EVOLUTION PHYLOGENETIQUE DES MOYENS DE
PERCEPTION
2.1 IRRITABILITE ET SENSIBILITE
L’irritabilité est la propriété générale de la matière vivante. Tous les êtres vivant sont
irritables, les végétaux y compris. Une cellule ou un corps est irritable si elle ou il réagit à
une stimulation venant de l’extérieur. Cette réaction peut être une déformation du corps, une
sécrétion, ou une excrétion. L’irritabilité est une propriété diffuse et grossière (elle s’étend à
tout le cytoplasme) parce qu’elle donne les mêmes réponses à différents stimuli. Cette
propriété a évolué chez les métazoaires. Elle représente ainsi la condition d’une fonction
autonome qui est la sensibilité. Les cellules qui l’exercent sont dites cellules sensibles.
Les cellules sensibles de métazoaires primitifs ayant acquis cette propriété sont les cellules du
revêtement externe ou ectoderme (Figure 2). Ces derniers perçoivent effectivement des
stimulations et réagissent avec leurs points de contact immédiat sans que les autres cellules ne
réagissent. Elles transmettent à leur tour l’excitation à des cellules réactionnelles situées dans
leur voisinage immédiat qui réagissent. Il s’ensuit une modification du milieu, qui entraine
une réaction motrice de l’animal. Cette réaction est une réponse adaptée, en accord avec la vie
de l’animal.
Dans la suite de l’évolution phylogénétique, les cellules sensibles subissent une
différenciation morphologique et structurale. On les appelle désormais, cellules nerveuse.
Certaines cellules vont émigrer en profondeur et envoyer des prolongements dans les muscles.
On distingue 2 catégories de cellules nerveuses ou neurones : les cellules nerveuses
sensitives (Figure 3) qui perçoivent les stimulations et les cellules nerveuses motrices
(Figure 4) chargées de les transmettre aux muscles, sous forme d’ordre de mouvements. Plus
tard, ces cellules motrices vont se grouper en des centres nerveux d’où un nouveau
perfectionnement. Entre les cellules motrices et les cellules sensitives, vient s’interposer un
nouveau neurone, c‘est le neurone d’association (Figure 5) dont certaines branches
s’articulent avec le neurone récepteur, alors qu’une autre va déclencher la réaction d’un ou de
plusieurs neurones moteurs situés plus loin.

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Figure 2: les cellules du revêtement externe ou ectoderme

Figure 3: Cellule nerveuse sensitive

Figure 4: Cellule nerveuse motrice

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a

b
Figure 5: les neurones d’association

Les neurones sensitifs vont se regrouper pour mener un autre perfectionnement. En des points
déterminés, ils vont constituer des rangées épithéliales des neurones sensitifs qu’on appelle
placodes entre lesquelles on trouve des cellules d’association (CNC).
Les placodes manifestent une certaine électivité et leurs éléments ne sont ébranlés que par une
catégorie donnée de sensation. Les placodes sont des cellules sensorielles. Chez les vertébrés,
les placodes sont les représentants des premiers organes de sens. Chez les vertébrés
supérieurs, certains éléments récepteurs ont émigré en profondeur et se rapprochent des

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centres nerveux: ce sont les cellules sensorielles ganglionnaires. Un prolongement de ces
cellules se dirige vers la périphérie et se met en relation avec les cellules épidermiques
transformés en vue de la réception des excitations. Ce sont les cellules sensorielles
accessoires. Les cellules sensorielles ganglionnaires transportent le message reçu à d’autres
neurones qui le propagent vers d’autres neurones, puis vers les neurones moteurs. On voit
qu’au fur et à mesure que les êtres acquièrent une organisation plus perfectionnée, les
neurones multiplient leurs relais et le système devient très complexe. Ce système agit en
harmonie avec les autres fonctions du corps, car l’être entier est une unité.

2.2- PERCEPTION DES EXCITATIONS


L’évolution phylogénétique des moyens de perception nous a montré qu’au début la
perception des excitations est d’abord rudimentaire puis elle s’affine et devient élective chez
certains métazoaires supérieurs. A partir de ce moment les organes de sens apparaissent. Les
êtres qui en possèdent perçoivent les stimulations extérieurs avec d’autant plus de finesse que
ces organes sont plus nombreux et plus développés. Par conséquent, la faculté de les adapter
aux modifications du monde extérieur, de profiter des signaux utiles et d’éviter les dangers
accroit. Pour cela les êtres disposent des organes différenciés pour la réception des
excitations.

2.2.1 Récepteurs et information : organes de sens


La perception des stimuli tant internes qu’externes est une propriété de la matière vivante. Au
cours de la phylogenèse (description de l’histoire évolutive des êtres vivants), cette propriété
va se perfectionner avec l’apparition de récepteurs capables de recevoir des stimulations de
plus en plus précises ou se spécialiser dans la réception d’un seul stimulus. Ainsi un récepteur,
au sens général est une structure capable de réceptionner un stimulus pour le transformer en
un influx nerveux qui pourra cheminer dans des voies nerveuses. C’est donc un traducteur.
On peut diviser les récepteurs en :
a. Extérocepteur, récepteur de contact ou à distance, recevant les informations extérieurs
(doux, dure, rugueux, froid, chaud) ;
b. Viscérocepteur (ou intérocepteur), récepteur renseignant sur le fonctionnement des viscères
(faim, soif, douleurs, ventre) ;
c. Propriocepteur, récepteur spécialisés dans les informations provenant de toutes les
structures somatiques.
Parfois les deux sont regroupés en intérocepteur.

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D’un point de vue fonctionnel, la classification anatomo fonctionnelle des sensibilités est la
suivante (tableau).

Sensibilité Aire superficielle S. epicritique Tactile


somesthésique (extéroceptive) Trichoesthésique (en
générale partie)
S. prothopatique Nociceptive
Thermique
Trichoesthésique (en
parle)
Pallesthésique
Aire profonde S.Osteo-arthro-
(proprioceptive) musculaire
(statique et dynamique)
Sensibilité Mecanoréception
viscérale Chémoréception
Nociception
Sensibilité Telesensibilité Vision
Spéciale Audition
Chemosensibilité Olfaction
Gustation
(en relation avec la
proprioception)

2.2.2. Localisation des récepteurs


a) sensibilité extéroceptive Elle est assurée par des récepteurs superficiels dont la situation
peut être épidermique, dermique, hypodermique et dont la complexité va de la terminaison
libre intra-épidermique à des corpuscules volumineux, complexes et profonds. Par exemple,
les pressions sont perçues par des corpuscules profonds et les déformations par des
corpuscules tactiles.
Certains extérocepteurs sont spécifiques :
-Au froid ou à la douleur
-A la vision et à l’audition (telesensibilité)

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-A l’olfaction et à la gustation (chemosensibilité) avec des récepteurs de contact comme les
cellules olfactives et les bourgeons du goût.
b) sensibilité proprioceptive
Ce sont des récepteurs profonds, servant à la sensibilité ostéo-arthro-musculaire. Les organes
de l’équilibration entrent aussi dans ce groupe.
Les plus connus sont les récepteurs musculaires comme les fuseaux neuromusculaires et les
organes neuro-tendineux.
Chez l’homme. L’organe d’équilibration comprend les 2 labyrinthes inclus dans les oreilles
internes.
c) sensibilité viscérale.
Elle est comparable dans les vaisseaux sanguins et les viscères creux avec des
chémorécepteurs et des mécanorécepteurs.
Les chémorécepteurs sont formés par des cellules spéciales incorporés entre le liquide
intraluminal et le nerf. Il n’existerait pas de fibres nerveuses intra épithéliales. Par contre on
trouve des mécanorécepteurs encapsulés dans les parois de divers organes. Certains sont
diffus ou compacts et seraient sensibles aux variations de tension.

2.2.3. Les organes de sens

A. les organes extéroceptifs ou organes des sens proprement dits (organes qui recueillent
les excitations venues du milieu extérieur)
La classification des organes des sens est basée sur la nature des excitants qu’ils perçoivent et
analysent.
- Les organes photorécepteurs sont ceux qui perçoivent la lumière et entrainent la vision des
objets.
- Les physio-récepteurs enregistrent les sens et déterminent leur hauteur et leur intensité.
- Les organes gusto-récepteurs sont les récepteurs du goût
- Les organes trago-récepteurs et thermo-récepteurs, renseignent réunis en un même dispositif
sur les sensations du tact, de la pression et de la chaleur.

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1) Organe photorécepteur
Les organes photorécepteurs sont représentés par les yeux. Chez les vertébrés supérieurs, ils
possèdent une membrane sensible, la rétine qui est à la fois la surface sensorielle et un centre
nerveux. On y trouve d’une part, les cellules visuelles (réceptrices) ou cellules à cône ou à
bâtonnet, et d autre part les cellules nerveuses, cellules bipolaires et cellules ganglionnaires.
L’impression enregistrée au milieu de la rétine se propage le long des trois groupes de
neurones (cellules visuelles, cellule bipolaire ou cellules ganglionnaires) avant de gagner le
cerveau par l’intermédiaire du nerf optique formé de fibres nerveuses issues de cellules
ganglionnaires. L’impression de lumières et de couleur dépend des modifications de
substances photochimiques. Chez les vertébrés, c’est le pourpre rétinien qui est l’un des
pigments visuels. Il est supporté par des cellules à bâtonnet. Ces cellules à cône qui perçoivent
les couleurs possèdent un pigment iodopsine qui subit une modification préalable. Ce sont
elles aussi qui permettent la vision nette des objets. Ceci se fait par l’enregistrement d’une
série de sensations élémentaires de quantités et d’intensité distincte dont la combinaison
reconstitue l’objet. Cette projection est assurée par le cristallin qui est une lentille biconvexe
grâce à laquelle l’image se forme sur le fond de l’œil au niveau de la fovéa. La mise au point
de cette image est réalisée grâce aux processus de l’accommodation.
Certains vertébrés à vision discerne comme le rongeur (citellus citellis), le spermophile, les
oiseaux (la poule) et les reptiles ne possèdent que des cônes au niveau de la rétine.
Chez certaines espèces invertébrées inferieurs, l’appareil de vision est représenté par une
tache pigmentaire. Chez d’autres, un cristallin s’y ajoute afin de concentrer les rayons
lumineux sur le pigment récepteur. Chez les arthropodes et les mollusques, les yeux
comportent un appareil d’ioptriphyia chargé de projeter une image sur ces derniers, la rétine
offre des variations. Les rapaces ont une double fovéa, ce qui leur permet d’avoir une vue
latérale bien perfectionnée.

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2-Organes gusto-récepteurs
La langue est l’organe principal du goût. Elle est composée de nombreux organes sensoriels,
appelés papilles, dispersés sur sa surface.
On regroupe les papilles d’après leur forme (Figure 6, ci-dessous) :
- papilles caliciformes
- papilles foliées
- papilles fongiformes
- papilles filiformes

Figure 6 : les différentes papilles de la langue


Les bourgeons du goût, situés dans les papilles de la langue, sont composés de nombreuses
cellules, qui se régénèrent tous les 10 à 14 jours (Figure 7 a et b, ci-dessous).

b
Figure 7: schéma de bourgeon gustatif

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Ils contiennent les récepteurs gustatifs permettant de discerner les quatre saveurs usuelles :
- le sucré
- le salé
- l’acide
- l’amer
Ces récepteurs sont essentiellement sur la langue, mais aussi sur le voile du palais, l’épiglotte
et les parois latérales et postérieures du pharynx.
D’après les références historiques, il existerait une disposition topographique (au niveau du
dos de la langue) de la sensibilité gustative, avec reconnaissance de ces quatre
saveurs (Figure 8, ci-dessous) :
- les papilles caliciformes qui sont regroupées et qui forment un « V » à l’arrière de la
langue seraient sensibles à l’amer
- les papilles foliées situées sur les bords de la langue, derrière les papilles caliciformes,
seraient sensibles à l’acide
- les papilles fongiformes, qui sont les plus abondantes et qui couvrent la pointe de la
langue, seraient sensibles au sucré et au salé.
- De forme conique, les papilles filiformes ne possèdent pas de bourgeons gustatifs et ne
jouent donc aucun rôle dans le goût.

Figure 8: Topographie de la sensibilité gustative

Les organes de sens sont des récepteurs complexes, spécialisés dans la réception de stimuli
correspondant aux 5 sens : OLFACTION, VISION, AUDITION, GUSTATION et TACT.
Chacun dépend d’un ou de plusieurs nerfs du Système Nerveux cérébro-spinal.

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OLFACTION VISION AUDITION GUSTATION TACT
Filet olfactif Nerf optique Partie cochléaire Nerf Tous les nerfs
du nerf intermédiaire+ spinaux et
cochleovestibulaire partie linguale certains
(8ème nerf du nerf crâniens
crânien)
glossopharyngien
(partie du 9ème
nerf crânien lié
à la langue)

Les organes de sens sont caractérisés par un récepteur sensoriel spécifique plus ou moins
complexe et des voies sensorielles spécifiques.

2.2.4- Organisation des récepteurs sensoriels


Dans tous les récepteurs il existe une portion sensorielle spécifique ; mais il est possible qu’un
certain nombre de structures viennent se surajouter pour accroitre la spécificité du récepteur
ou le protéger.

Portion sensorielle
C’est l’élément sensoriel au sens strict. On peut y trouver des cellules neurosensorielles,
lorsque le protoneurone et l’élément sensoriel sont confondus ou des cellules
pseudosensorielles s’articulant avec le protoneurone par une synapse sensori-dendritique.
Sa répartition est d’autant plus diffuse qu’il est moins spécialisé.
- Olfaction : taches jaune, recouvrant le toit des fosses nasales et le cornet supérieur
- Vision : rétine ou plus précisément les cônes et les bâtonnets.
- Audition : organe spiral (de corti) situé dans la cochlée.
- Gout : bourgeons du gout, repartis sur la muqueuse linguale et les muqueuses
avoisinantes.
- Tact : récepteurs repartis dans tout le revêtement cutané et a différentes profondeur
a) Système de sélection : le plus souvent le système de sélection est incorporé dans la partie
sensorielle du récepteur. Ainsi, pour la rétine, les cônes servent à la vision photonique
(couleur, lumière diurne), le bâtonnet à la vision scotopique (obscurité, noir, blanc).
De même, pour l’audition les cellules ciliées de la base de la cochlée perçoivent les
sons aigus alors que les graves sont reçus près de l’hélicotréma. Ou encore pour les
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mécanorécepteurs, la mise en activité est d’autant plus facile que la capsule est plus fine et le
récepteur plus proche du contact du stimulus.

b) Système d’accommodation (système d’adaptation, de concorder).


L’accommodation permet à l’œil humain de voir net à différentes distances : son
mécanisme met en jeu la contraction du muscle ciliaire, qui induit un bombement passif du
cristallin grâce au relâchement de son ligament suspenseur (appelé zonule). C’est ce
bombement (augmentation de la courbure) qui permet à l’œil d’atteindre la vergence
nécessaire à la vision rapprochée.
Le système d’accommodation est un filtre sélectif interposé entre le stimulus et le récepteur.
Pour la vision, l’iris règle l’importance du flux lumineux pénétrant dans la chambre
postérieure du globe oculaire, les muscles ciliaires permettent l’accommodation à la distance
en modifiant les courbures de la lentille ou cristallin. Pour l’audition, la musculature de la
chaine des osselets permet de tendre le tympan ou de diminuer le jeu de la platine stapedienne
dans la fenêtre ovale, afin d’adapter le récepteur à la qualité et à la quantité du flux sonore.

c) Appareil de protection
Il peut être couplé avec le système d’accommodation; ainsi, pour éviter un impact lumineux
trop intense sur la rétine, l’iris se contracte et ferme la pupille. Mais, à côté de ceci, un
appareil spécifique de protection peut exister, comme par exemple les paupières et les cils qui
protègent la cornée contre les poussières ou la sécrétion lacrymale qui assure l’humidification
de la cornée et donc sa transparence.
Tous ces systèmes de sélection, d’accommodation et de protection utilisent des mécanismes
nerveux, plus ou moins complexes.

2.2.5. Organisation des voies sensorielles


Les différentes voies sensorielles s’organisent selon le schéma général de la sensibilité tactile
:
TACT.
Le protoneurone a son origine dans le récepteur périphérique, son corps cellulaire dans un
ganglion du système cérébro-spinal, il pénètre dans le système nerveux central par une racine
dorsale, ou sensitive, et se termine dans un centre primaire spinal ou bulbaire. Le
deutoneurone a son corps cellulaire dans ce centre primaire, son axone croise la ligne médiane
et se termine dans le thalamus. Le troisième neurone est thalamo-cortical.

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Gustation
Le schéma est identique, seul l’étage périphérique présente une variante puisqu’il suit
seulement deux nerfs crâniens, le nerf intermédiaire et le nerf glosso-pharyngien.

Vision
Le protoneurone et le corps cellulaire du deutoneurone sont inclus dans la rétine. Les axones
du deutoneurone sont extra-nevraxiaux (nerfs optiques) et décussent (disposent en croix) à
50% réalisant le chiasma optique, au moment ou ils s’incorporent dans le cerveau.
Olfaction
C’est un sens primitif dont la voie ne comporte que des neurones ; le neurone périphérique
sert d’élément sensoriel ; le neurone central issu des cellules mitrales du bulbe olfactif se
terminent dans l’hypothalamus et le cortex olfactif.

B. origine embryologique des récepteurs et des voies nerveuses correspondantes


Tous les éléments sensoriels et nerveux sont d’origine neuroectoblastique. Mais, selon les
processus embryologiques, l’élément sensoriel et le protoneurone pourront provenir du
système nerveux central, des crêtes neurales ou des placodes. Les placodes sont des
épaississements de l’épiblaste conservant une potentialité de tissu
jeune, qui s’invagine ; le plus souvent, elles pénètrent en profondeur et s’isolent du
revêtement en formant une vésicule.
Les crêtes neurales sont aussi des épaississements neuroectoblastiques de la jonction entre
tissu nerveux et revêtement épidermique, qui s’enfoncent et conservant une disposition
métamérique.
-La placode olfactive s’invagine mais ne s’isole pas du revêtement ; elle est à l’ origine
du protoneurone de la voie olfactive ; elle donne les cellules olfactives situées dans
l’épithélium olfactif, dont le prolongement axonique pénètre dans le bulbe olfactif.
-Pour la vision, la placode de la lentille donne la lentille (cristallin) et ne participe pas
à la formation de l’élément sensoriel ; la rétine et le nerf optique proviennent du tube
neural.
-Les appareils de l’audition et de l’équilibration ont une origine similaire. La placode
optique donne les cellules ciliées, cellules pseudo sensorielles, et le protoneurone de la
voie acoustique ou vestibulaire.
-Une différenciation de certaines cellules du revêtement de la langue donne naissance à

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des cellules pseudo-sensorielles gustatives. Le protoneurone dérive des crêtes neurales
des nerfs crâniens correspondant, et il est en contact avec les bourgeons gustatifs par
des filets intra-épithéliaux issus du plexus sub-gemmal.
-Enfin pour le tact, si le protoneurone est toujours d’origine neurale (crête neurale), les
cellules sensorielles peuvent provenir soit de l’épiblaste pour les terminaisons
intraépidermiques, soit du mésoblaste ou du neurectoblaste pour les terminaisons
encapsulées.
NB : ainsi, seules les cellules olfactives et visuelles sont des cellules
neurosensorielles dites vraies ; les autres doivent être considérés comme des cellules
pseudo-sensorielles (para neurones). L’origine embryologique n’intervient pas
directement puisque la placode optique est à l’ origine de cellules pseudo sensorielles,
et que la placode de la lentille ne fournit aucun élément sensoriel ou nerveux. Ces
organes sont :
1) Les organes extéroceptifs : sous cette rubrique, on rassemble les organes destinés à
la réception des stimulations venues du dehors, il s’agit précisément des organes
sensoriels périphériques.
2) Les organes intéroceptifs : qui consistent en des zones sensitives situées au niveau
des organes internes
3) Les organes proprioceptifs : destinés à enregistrer les variations fonctionnelles de
certains organes et à renseigner les centres nerveux sur les excitations qu’ils ont à
leur faire parvenir.

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CHAPITRE III : LE SYSTEME NERVEUX DES INVERTEBRES AU VERTEBRES
Anatomie comparée
Le système nerveux est présent chez la majorité des animaux multicellulaires mais varie
grandement en termes de complexité. Les seuls animaux multicellulaires à ne pas présenter de
système nerveux sont les éponges, les placozoaires et les mésozoaires qui présentent une
organisation corporelle simple. Les radiaires présentent un réseau nerveux diffus primitif. A
l'exception de quelques vers simples, les autres animaux présentent un système nerveux
central au niveau de la tête qui se prolonge par une corde nerveuse au centre du corps d'où
irradient des nerfs vers le reste du corps. La taille du système nerveux varie de quelques
centaines de neurones chez le ver primitif à une centaine de milliards chez l'homme.

3.1 Le système nerveux des invertébrés.


Les invertébrés ont un système nerveux très différent de celui des vertébrés. Chez la plupart
des animaux peu évolués, les neurones sont regroupés en amas appelés noyaux ou ganglions.
Le système nerveux le plus simple est apparu chez les premiers animaux marins : les éponges
et méduses ont en effet un système nerveux relativement peu évolué. Chez ces animaux, le
système nerveux est juste une sorte de filet de neurones interconnectés entre eux, sans
véritable organisation à grande échelle. Le faible nombre de neurones de ces organismes rend
l'anatomie du système nerveux rudimentaire : pas de cerveau, ni de moelle épinière. Dans la
plupart des cas, les neurones ne sont pas concentrés à des endroits précis, mais sont dispersés
dans l'ensemble de l'animal. Cependant, certains animaux possèdent quelques ganglions, des
amas de neurones bien distincts, qui communiquent entre eux. La position de ces neurones
donne des indications sur leurs fonctions.
-Chez les éponges, il n'y a pas de système nerveux proprement dit : l'animal contient juste des
cellules effectrices (des sortes de cellules "musculaires") qui se contractent en réaction à des
stimuli précis.
-Les cnidaires (comme les méduses ou les hydres) et les cténophores possèdent un réseau
nerveux diffus plutôt qu'un système nerveux central. Chez la plupart des méduses le réseau
nerveux diffus est réparti plus ou moins uniformément dans le corps; chez les cténophores il
est concentré près de la bouche. Chez l’hydre le réseau nerveux est distribué sur tout le corps
sans organe central de contrôle. Les stimuli électriques sont transmis d’un neurone à l’autre
dans plusieurs directions. Les réponses impliquent une grande partie de tout l’organisme.
L’avantage d’un tel système est que les cnidaires peuvent réagir effectivement aux prédateurs
et proies venant de toutes les directions.

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L’hydre peut alors libérer ses nématocystes ou coordonner les mouvements de ses tentacules
pour saisir la proie.
Ce réseau nerveux diffus est constitué de neurones sensoriels qui réagissent à des signaux
chimiques, tactiles et visuelles; de neurones moteurs qui peuvent déclencher des contractions
à la surface du corps; et des neurones dits « intermédiaires » qui reconnaissent les schémas
d'activité des neurones sensoriels et envoient les signaux appropriés à des groupes de
neurones moteurs. Dans certains cas, ces neurones intermédiaires se regroupent sous forme de
ganglions.
-Chez certains cténaires, il existe deux réseaux nerveux distincts ; l’un assurant les
mouvements lents des tentacules et l’autre les mouvements rapides de la nage.
-Le système nerveux radial des étoiles de mer et les autres Echinodermes est un réseau
nerveux modifié. Il présente des réseaux sélectifs d’organisation de neurones différents
de ceux diffus des Diploblastiques. Chez les Echinodermes, il comprend un anneau
nerveux autour de la bouche. De cet anneau part de longues extensions nerveuses
radiales vers chaque bras. Les branches de ces nerfs forment alors des réseaux quelque
peu semblables à ceux de l’hydre qui coordonnent le mouvement nerveux de l’animal.
-Chez les animaux à symétrie bilatérale
Ce n'est qu'avec l'évolution que le système nerveux s'est vu obtenir une organisation plus
évoluée, des prémisses de la moelle épinière ou du cerveau étant présents chez certains vers
planaires. Les animaux à avoir un système nerveux digne de ce nom appartiennent au clade
des bilatériens c’est-à-dire les animaux à symétrie bilatérale. Le système nerveux est
généralement plus complexe, ces animaux se déplacent la tête en avant, avec des organes de
sens concentrés à l’avant du corps. Il peut ainsi détecter plus vite l’ennemie ou percevoir sa
proie et la capturer.
Les principales étapes de cette évolution du SN ont concernés :
- L’augmentation de nombre de cellules nerveuses
- La concentration de ces cellules en nerfs, en corde nerveuse, en ganglion puis en cerveau.
- La spécialisation des fonctions en cellules nerveuses :
* afférentes conduisant l’influx ver le Centre Nerveux
* efférentes qui conduisent l’influx du Centre Nerveux vers les structures réactionnelles
* effectrices qui conduisent l’influx vers les muscles et les glandes
- l’accroissement du nombre d’associations de neurones et une complexication des
contacts synaptiques
- et enfin la céphalisation ou formation de la tête et l’encéphalisation.

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On peut subdiviser les bilatériens en deux sous-clades appelés protostomiens et
deutérostomiens. Chez les protostomiens la corde neurale est ventrale, alors que les
deutérostomiens ont une corde neurale dorsale. De plus, on trouve quelques différences plus
subtiles dans l'organisation générale des systèmes nerveux. Nous passerons ensuite aux
mollusques et aux gastropodes, chez qui apparait une organisation dite tétraneurale du
système nerveux.
-Système nerveux de quelques protostomiens
Nous allons d'abord étudier les vers plats et annélides, qui ont les systèmes nerveux les plus
simples chez les protostomiens.
* Chez les planaires, vers plats, la région céphalique comporte une concentration
de nerfs =le ganglion cérébrale. Il sert de cerveau primitif et exerce une sorte de
contrôle sur le reste du système nerveux. Deux gros troncs nerveux longitudinaux
ventraux partent de ce ganglion cérébral. Des nerfs transversaux relient ces deux
troncs mais aussi le ganglion cérébral aux taches oculaires. Cette organisation est
décrite comme le type primitif de système nerveux.
* chez les annélides, on observe typiquement des chaines
nerveuses ventrales. Les corps cellulaires de nombreux neurones sont groupés dans
les ganglions. Les neurones afférents et efférents sont localisés dans les nerfs
latéraux qui relient les ganglions aux muscles et aux autres structures du corps.
Lorsqu’ un ver est décérébré, il demeure mobile comme auparavant, toutefois,
lorsqu’il rencontre un obstacle il persiste à passer au travers sans songer à le
contourner. L’on comprend ainsi que le cerveau ici est nécessaire pour adapter la
réponse au changement de l’environnement.
L'organisation tétraneurale
-Les mollusques sont à l'origine d'innovations supplémentaires par rapport aux vers plats et
annélides. En premier lieu, la "corde neurale" se subdivise en une fibre dans le dos de l'animal
et une autre sur son ventre. Les deux fibres sont donc appelées la corde dorsale et la corde
ventrale. Cette organisation avec un ganglion cérébral dont partent une paire de fibres ventrale
et une paire dorsale, est dite tétra-neurale. Sur l'ensemble de l'animal, on trouve cinq à six
paires de ganglions appelées ganglions buccaux, cérébraux, pleurals, pédieux, et abdominaux.
-Ces différents types de ganglions forment 3 paires de ganglions
- Le ganglion cérébral servant des centres de coordination pour les réflexes complexes
et ayant aussi une fonction motrice. Il est situé en position dorsale de l’œsophage
- Les ganglions viscéraux qui contrôlent l’ouverture et la fermeture de la coquille. Ils

19
sont repartis dans les différents organes.
- Les ganglions pédieux qui contrôlent le mouvement des pieds sont observés dans les
pieds.

L'apparition du cerveau par fusion de ganglions


Chez les arthropodes et les céphalopodes, les ganglions sensoriels se sont regroupés dans la
tête, au lieu d'être répartis sur la longueur de l'animal. Mais la corde ventrale existe toujours,
même qu'elle part des ganglions de la tête pour innerver le corps de l'animal. La raison de
cette organisation est que les yeux, oreilles, branchies, et autres organes sensoriels sont
regroupés au niveau de la tête. Ce processus de regroupement de tissus nerveux et d'organes
sensoriels au niveau de la tête constitue le processus de céphalisation.
Chez les céphalopodes, les neurones se concentrent dans la région centrale. Les
ganglions sont regroupés dans un anneau autour de l’œsophage, créant ainsi un cerveau
avec environ 168 millions de corps cellulaires. Le cerveau conserve une trace des ganglions
fusionnés, qui forment chacun un lobe. On trouve ainsi un lobe pour les ganglions pleuraux,
un autre pour les ganglions cérébraux, un autre pour les ganglions pédaux, un autre pour les
viscéraux, un autre pour les ganglions buccaux, etc. Mais d'autres lobes ou aires cérébrales
font leur apparition : des lobes olfactifs, visuels, etc.
Le cerveau apparait aussi chez les arthropodes, où il est couplé avec plusieurs cordes
neurales : deux ventrales et deux dorsales. Encore une fois, le cerveau nait de la fusion de
plusieurs ganglions, qui laissent une trace dans celui-ci sous la forme de lobes cérébraux. On
trouve en tout trois lobes : un protocerebrum, un deutocerebrum et un tritocerebrum.

3.2 Evolution du cerveau des vertébrés


L’animal reçoit constamment des excitations de nature différentes (lumineuse, sonores,
olfaction) du milieu extérieur. Chez les animaux inferieurs (hydraires, échinoderme) les
organes des sens sont plus ou moins repartis sur toute la surface du corps et ces
animaux sont dépourvus de tête. Mais au cour de l’évolution, c’est finalement la partie
antérieur du corps qui s’est le plus enrichie en organes des sens et qui tend a se
céphaliser de plus en plus. La tète s’individualise, devient la partie la plus riche en
organes sensoriels, en même temps que s’ouvre la bouche permettant la préhension des
aliments. Cette individualisation de la tête, ou céphalisation, va s’accompagner d’une
encéphalisation, c’est-à-dire de la localisation dans la tête des centres nerveux les plus
importants recevant les messages provenant des organes sensoriels et élaborant les

20
réactions. Cette encéphalisation est déjà ébauchée chez certains invertébrés.
Chez les hyponeuriens (annélides, mollusques, arthropodes), le cerveau est une
succession de trois masses ganglionnaires ; le protocérébron, le deutocérébron et le
tritocérébron, cette masse étant reliée à la chaine nerveuse ventrale (Figure 1).

Figure 1: cerveau montrant les trois masses ganglionnaires chez les insectes

L’encéphalisation, avec formation d’un encéphale véritable, débute chez les poissons, se
poursuit en s’accentuant jusqu’au mammifères et atteint son maximum chez l’homme (Figure
2) : tous les centres nerveux supérieurs sensitifs, moteurs, psychiques, sont alors localisés
dans la tête. Cette encéphalisation est donc particulièrement marquée chez l’homme où
les hémisphères cérébraux atteignent un développement des facultés psychiques et de
l’intelligence.
On pourrait donc supposer qu’un animal est d’autant plus intelligent que son cerveau
est plus lourd et plus volumineux. Mais un animal de grande taille a toujours un
cerveau plus lourd qu’un animal de taille plus réduite sans qu’il soit pour cela plus
intelligent. Exemple chez la baleine, l’encéphale pèse 6 kilo, chez l’homme il pèse que
1400 grammes.
On est conduit alors à envisager seulement le poids relatif de l’encéphale, c’est-à-dire
le rapport entre son poids et le poids du corps. On n’arrive cependant pas à une
satisfaisante car, par exemple, ce rapport est semblable pour l’homme et pour la souris.
En effet, pendant la croissance, le poids du corps grandit plus vite que le poids de
l’encéphale

21
(Figure 2 : Organisation schématique comparée des encéphales de vertébrés)
On préfère, actuellement, utiliser pour établir une comparaison valable le coefficient
d’encéphalisation établi par Dubois et Lapicque :
𝐄
K= 𝐏 x0.56

K= coefficient d’encéphalisation
E= poids de l’encéphale
P= poids du corps
Exemple de coefficient d’encéphalisation : homme 2.73 ; chien et chat 0.37 ; lapin
0.18 ; souris 0.06 à 0.09
Ce coefficient ne varie pas de façon continue d’un animal à un autre.
Ce coefficient permet d’établir une échelle de l’intelligence chez les animaux, qui est la
conséquence du nombre des cellules nerveuses du cortex cérébral. Il est certain que
les mammifères à cerveau lisse donc à surface du cortex plus réduite ont un indice
d’encéphalisation bien inferieur à celui des mammifères à cerveau plissé dont le cortex
acquiert ainsi une surface beaucoup plus vaste et un nombre de cellules plus grands.
Mais le nombre de cellule ne suffit pas pour déterminer l’intelligence de l’individu, ce
qui intervient aussi c’est la qualité des cellules nerveuse et l’éducation qu’entraine
leur fonctionnement prolongé.
Alors que le nombre globale de cellules nerveuse du cerveau est le même, ce qui a fait
dire à Louis Lapicque, physiologiste français (1866-1952) : << le progrès de
l’humanité se fait par la façon de se servir d’un cerveau surabondant en quantité de
neurones >>

22
Tous les vertébrés on la même structure de base du cerveau.
Chez l’embryon de vertébré, l’ébauche du SNC débute par une plaque neurale
dorsale qui se transforme ensuite en profondeur pour constituer le tube neural,
duquel dérivera en amont le cerveau et en aval la moelle épinière.
La région antérieure de ce tube est dilatée dès sa formation et elle se subdivise en trois
vésicules primaires. Le cerveau des vertébrés les plus primitifs consiste donc en trois
régions principales :
-Un cerveau antérieur : proencéphale, composé des lobes ou bulbes olfactifs
-Un cerveau moyen : mésencéphale contenant les lobes optiques
-Un cerveau postérieur : rhombencéphale formé (oreille interne et système latéral) du
cervelet et de la moelle épinière.

Ce stade va évoluer par la subdivision des différentes parties à l’exception du


Mésencéphale qui donnera les lobes optiques et les tubercules quadrijumeaux.
Le Proencephale se subdivisera en Télencéphale (hémisphères cérébraux) et
Diencéphale (Hypothalamus, hypo et épiphyses) ; le Rhombencéphale se subdivisera
en Métencéphale et Myélencéphale (moelle epiniere ) (Figure 3).

Figure 3: Différentes parties du cerveau des vertébrés

23
3.3. Anatomie du système nerveux des vertébrés
Le système nerveux est composé d’un système nerveux central et d’un système nerveux
périphérique.
L’encéphale, le cervelet, le tronc cérébral (bulbe rachidien + nerfs crâniens), la moelle
épinière appartiennent au système nerveux central (SNC).
Le système nerveux périphérique (SNP) est la partie du système nerveux formée de ganglions
et de nerfs qui fait circuler l'information entre les organes et le système nerveux central (SNC)
et réalise les commandes motrices de ce dernier.

3.3.1 Le système nerveux central ou névraxe


3.3.1.1. Anatomie de l’encéphale
Le cerveau des vertébrés comprend (Figure 4):
Le Télencéphale
Le diencéphale
Le mésencéphale
Le métencéphale
Le myélencéphale

Figure 4: Différentes parties de l’encéphale humain

a) Le Télencéphale
C’est une des parties du prosencephale. Son évolution aboutit a la formation des
hémisphères cérébraux, lesquels hémisphères sont secondairement très
développés chez les vertébrés supérieurs, de sorte qu’ils subissent une flexion en
arrière pour couvrir les organes postérieurs. La cavité interne se différencie en
ventricule 1 et en ventricule 2 qui communique avec le 3ème ventricule par le

24
trou de Monroe. Son prolongement antérieur donne les nerfs olfactifs qu’on
désigne sous le nom de nerf I. ces nerfs vont se ramifier sous forme de sacs
olfactifs. La partie inferieure donne le corps strié.

b) Le diencéphale
Il est relativement peu développé ; comme le télencéphale il provient du
prosencephale. Chez les mammifères il est recouvert d’hémisphères cérébraux.
Il constitue un relais fondamental. Il donne ventralement l’hypophyse et dorsalement
l’épiphyse. La cavité interne est le 3ème ventricule. Sur les côtés, on a l’organe pariétal. Cet
organe pariétal va émettre des nerfs qui sont les nerfs optiques (qui sont les nerfs II
céphalique).

c) Le mésencéphale
Il ne varie pas, la cavité interne du mésencéphale est l’aqueduc Sylvius. La partie supérieure
constitue le lobe optique tandis que la partie inferieure va porter le nom de pédoncule
cérébral. A ce niveau, il y a les nerfs III et IV qui sont des nerfs moteurs :
Nerf III= nerf oculomoteur
Nerf IV = nerfs pathétiques

d) Le métencéphale
Il va développer dans la partie supérieure le cervelet et dans la partie inferieure
le pont de varole.

e) Le myélencéphale
Il va donner dans la partie supérieure le bulbe rachidien et dans la partie
postérieure la moelle épinière. Tous les autres nerfs partiront :
Du bulbe rachidien : Nerf V = trijumeaux (moteur)
Nerf VI = oculomoteur (moteur)
Nerf VII= facial (moteur et sensitif)
Du nerf crânien : Nerf VIII = acoustique (sensitif)
Nerf IX = glosso-pharyngien (moteur et sensitif)
Nerf X = pneumogastrique (vague)
Nerf XI= spinal
Nerf XII = hypoglosse

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Cette anatomie est dérivée de l’anatomie humaine. Chez les anamniotes le spinal
n’existe pas et généralement il est confondu avec le pneumogastrique. Il en est
de même du nerf XII et XI. Chez certains animaux supérieurs, à l’exception de
l’homme, le spinal et l’hypoglosse existent, par contre il n’y a pas de nerf VII
facial.

3.3.1.2. Anatomie de la moelle épinière en coupe transversale


La moelle épinière (Figure 5) est la continuation du cerveau. Elle est parcourue par le canal
de l’épendyme qui est interne et en continuité avec les ventricules céphaliques.
De l’avant vers l’arrière, la moelle épinière est quelque peu aplatie et sa surface présente 2
dépressions linéaires : le sillon antérieur et le sillon postérieur. Elle est constituée de 2 types
de substances : la substance grise et la substance blanche.
La substance grise de la moelle épinière présente, en coupe transversale, la forme d’un H ou
d’un papillon. Cette substance grise présente des prolongements dorsaux et ventraux qui sont
les cornes. Les 2 prolongements postérieures de la substance grise sont appelées cornes
postérieures, tandis que les deux prolongements antérieures sont appelées cornes antérieures.
Les cornes postérieures contiennent des interneurones (neurones intermédiaires).
Les cornes antérieures renferment principalement des corps cellulaires de neurones moteurs.
Les axones des neurones vont se regrouper en substances blanche. La moelle épinière émet 31
paires de nerfs rachidiens. Chaque nerf a 2 racines : la racine dorsale sensitive et la racine
ventrale motrice. Ces deux racines vont se rassembler pour former un nerf mixte. Le nerf
mixte se scinde en 2 branches : une branche postérieure et une branche antérieure.

Figure 5 : Coupe transversale de la moelle épinière

26
3.3.2. Le système nerveux périphérique
Le système nerveux périphérique (SNP) est la partie du système nerveux formée des
ganglions et des nerfs à l'extérieur du cerveau et de la moelle épinière. Sa fonction principale
est de faire circuler l'information entre les organes et le système nerveux central (SNC). Le
système nerveux périphérique comprend le système nerveux somatique et le système nerveux
autonome.
Les nerfs constitutifs du système nerveux périphérique sont les nerfs crâniens et les nerfs
rachidiens. Dix des douze nerfs crânien proviennent du tronc cérébral tandis que les nerfs
spinaux prennent leurs origines au niveau de la moelle épinière.

3.3.2.1. Le système nerveux somatique


Il transmet les informations sensorielles de la peau, des muscles et des articulations via le
système sensoriel (afférent et ascendant). Il regroupe, d'un autre côté, les fibres motrices
primaires des muscles (efférent et descendant).
Il permet d'interagir avec le monde extérieur en participant à l'équilibre et la motricité. Pour
cela l'innervation somatique commande le tonus et la contraction des muscles du squelette.

3.3.2.2 Le système nerveux végétatif ou système nerveux autonome


Le système nerveux végétatif, appelé également système nerveux autonome, est un système
qui fonctionne de façon autonome pour assurer la régulation de différentes fonctions vitales
de l'organisme (digestion, respiration, rythme cardiaque circulation artérielle et veineuse,
pression artérielle, sécrétion et excrétion).
Le système nerveux autonome ou végétatif dirige les fonctions organiques internes, comme la
nutrition et l'homéostasie. Il ne gère pas les mécanismes volontaires et se distingue ainsi du
système somatique qui concerne les relations du corps avec le monde extérieur.
Il innerve essentiellement les organes internes. Les neurones sensoriels de ce système
transportent les informations des fonctions viscérales au système nerveux central. Ses moto-
neurones innervent les parties motrices des viscères, qui sont pour la plupart constituées de
muscles lisses à une exception près, le muscle cardiaque.
Il comprend trois sous-systèmes :
le système nerveux orthosympathique (relations d’alerte)
le système nerveux parasympathique (conditions normales)
le système nerveux entérique (système digestif)

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Le système nerveux sympathique, ou orthosympathique et le système nerveux
parasympathique interviennent tous deux sur les mêmes organes mais leur action est opposée.
Le système nerveux sympathique, ou orthosympathique est essentiellement excitateur, il
correspond à la mise en état d'alerte de l'organisme et à la préparation à l'activité physique et
intellectuelle. Il est associé à l'activité de 2 neurotransmetteurs : la noradrénaline et
l'adrénaline (les catécholamines). Ces neurotransmetteurs sont responsables de la dilatation
des bronches, de l’accélération de l'activité cardiaque et respiratoire, de la dilatation des
pupilles et de l’augmentation de la sécrétion. Le système orthosympathique a son origine dans
la substance grise de la moelle épinière et émet des fibres reliées à la chaine ganglionnaire. On
distingue 4 parties :
- Cervicale (3 ganglions)
- Thoracique (12 ganglions)
- Lombaire (4 ganglion)
- Sacrée (4 ganglions)
Le système nerveux parasympathique est essentiellement inhibiteur (ralentissement général
des organes, stimulation du système digestif). Il est associé à un neurotransmetteur :
l'acétylcholine. Le système parasympathique comprend tous les antagonistes de ceux du
sympathique. Ils ont leur origine dans le mésencéphale, le bulbe et dans les régions
pelviennes de la moelle épinière.

Schéma arc reflexe (Figure 6):


Une fois le Stimulus est émis, il est reçu par le récepteur qui le conduit au centre nerveux (à
travers les voies afférentes par les neurones sensitifs). Au niveau du centre nerveux
l’information est traitée et analysée puis il est traduit sous forme d’ordre aux effecteurs à
travers les voies efférentes qui vont en fin induire la réaction des organes cibles (muscles).

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Figure 6: schéma de l’arc reflexe

CONCLUSION
Au stade embryonnaire à trois vésicules, il n’y a pas de différenciation entre les
différentes classes des vertébrés. Par contre dès l’apparition des cinq vésicules, il est possible
de déterminer leur appartenance à un groupe particulier. Ces cinq parties du cerveau
contribuent donc à établir la systématique de l’individu. Le télencéphale est essentiellement
lié à l’olfaction. Ensuite, le diencéphale a été décrit comme étant le centre de régulation des
fonctions viscérales et endocrines. Nous retiendrons l’implication du mésencéphale dans la
vision. Celle-ci étant nécessaire à la majorité des vertébrés, le mésencéphale est relativement
bien développé dans la plupart des classes à des degrés différents selon l’opacité de l’eau, le
repérage de l’environnement pendant le vol, la localisation des proies, etc. Puis en ce qui
concerne le métencéphale, il a été démontré que son évolution aboutit au cervelet. Enfin, le
myélencéphale permet la régulation des fonctions végétatives essentielles.

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