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Support Cours d’initiation à la linguistique

Semestre 4 Groupe 4

Objectifs

Remarque préliminaire : ce cours aurait dû être dispensé en première année de


licence et non en fin de deuxième année. En d’autres termes, il aurait été plus judicieux
de commencer par ce cours avant ceux de phonétique corrective (semestre 1) et
lexicographie (semestre 2) ; il serait utile de rappeler que ces dernières matières sont bien
des composantes de la linguistique !
Il s’agit d’une épistémologie de la linguistique c’est à dire une sorte d’étude critique de
cette science, destinée à déterminer son origine logique, sa valeur et ses portées (théorie de la
connaissance). Ce cours retrace donc le parcours de la réflexion sur le langage humain depuis
l’antiquité jusqu’à nos jours. Une partie est dédiée à l’apport des chercheurs et érudits arabes à
la linguistique dite moderne. D’innombrables ouvrages ont été publiés, à partir du 7ème siècle,
comme par exemple l’œuvre de al-‘yn de Al-farāhīdī1, alkitāb de Sibawayh, al-ẖaṣā’iṣ de Ibn-
jinnī et al-muzhar de Al-siyûṭī. Ladite partie est prise en charge à chaque fois par quelques
collègues parmi les spécialistes de langues et littératures arabes.

Contenu (Syllabus)

Introduction
La période des Omeyades et surtout dans celle des Abbassides (661-1258)
Al-farāhīdī1
Sibawayh
Ibn-jinnī
Al-siyûṭī
L’antiquité
La grammaire grecque
La grammaire romaine
La grammaire hindoue

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Le moyen âge
La Renaissance
L’imprimerie
Les grandes découvertes géographiques
Le XVIIème siècle
Le bon usage
L’école de Port Royal
La linguistique historique et comparatiste
La découverte du sanscrit et le concept de famille de langue
La philologie
Le Cours de Linguistique Générale
La rupture avec la normativité
Objet d’étude et science descriptive : langage, langue et parole
Synchronie et diachronie
La langue est composée de signes
La langue est un système de signes
La linguistique postsaussurienne
Le cercle de Prague
Le fonctionnalisme
La grammaire générative
La linguistique énonciative
La sociolinguistique

Bibliographie

Bally, Charles et Séchehaye Albert avec la collaboration de Riedlinger Albert (1972). Ferdinand
de Saussure Cours de linguistique générale. Paris : Editions Payot.
Baylon, Christian et Fabre Paul (2005). Initiation à la linguistique. Paris : Armand.
Baylon, Christian et Fabre, Paul (1978). La Sémantique. Paris : Editions Fernand Nathan.
Chiss, Jean-Louis, Filliolet, Jacques, Maingueneau, Dominique (2001). Introduction à la
linguistique française. Tome I : Notions fondamentales - Phonétique – Lexique. Paris :
Hachette.
Farago, France (1999). Le langage. Paris : Armand Colin.

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Genouvrier, Émile, Peytard, Jean (1970). Linguistique et enseignement du français. Paris :
Librairie Larousse.
Moeschler, Jacques, Auchlin, Antoine (2012). Introduction à la linguistique contemporaine.
Paris : Armand Colin.
Paveau, Marie-Anne, Sarfati, Georges-Élia (2010). Les grandes théories de la linguistique. De
la grammaire comparée à la pragmatique. Paris : Armand Colin.

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Faisant suite à ce que nous avons déjà entamé en classe, nous procéderons à un petit
rappel d’une petite revue historique relativement aux champs disciplinaires et aux différents
travaux ayant précédé la naissance de la linguistique.

Pour ce faire, nous dirons d’emblée que nous puiserons essentiellement dans un fond à
dominante européenne et outre atlantique sans pour autant passer sous silence les grammairiens
et autres chercheurs arabes qui se sont intéressés, depuis plusieurs siècles, à divers champs
disciplinaires ayant versé directement ou indirectement dans ce qui est communément appelée
la linguistique moderne ; un collègue du Département d’arabe s’est chargé de cet exposé que
nous vous transmettrons dès que possible.

La grammaire traditionnelle
La grammaire antique

Platon (429-347 av. J.C.), dans une perspective logique distingue les catégories du nom
et du verbe (mots pleins). Il pose le problème de savoir s'il y a une correspondance naturelle
entre la signification du mot et sa forme en se demandant si cette relation n'est fondée que sur
l'arbitraire. Ce problème débouche sur l'étymologie, une quête de l'origine des mots.

Aristote ajoute la catégorie de conjonction, c'est-à-dire la catégorie des mots qui ne


désignent pas un objet (mots vides), mais contribuent à édifier la proposition.

Les stoïciens sont les philosophes antiques qui se sont le plus occupés du langage. Leurs
réflexions sont éparses dans une théorie qui vise à enseigner à bien raisonner. Il faut attendre
les grammairiens d'Alexandrie pour qu'apparaissent les premières grammaires ayant pour but
de conserver, d'expliquer les œuvres des auteurs grecs classiques. Denys de Trace est l'auteur
de la première grammaire occidentale classique où sont repérées et décrites les catégories qui
vont venir jusqu'à nous. Par la suite, les grammairiens latins ont transmis les travaux des grecs.
Certains de ces auteurs feront autorité jusqu'au XIIe siècle en Europe.

La grammaire médiévale

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Les grammairiens médiévaux affinent la grammaire latine. Alexandre de Villedieu
(environ 1200) fait un résumé versifié de la grammaire latine à des fins pédagogiques. La
tendance générale, à cette époque, est que la grammaire est la même pour toutes les langues.

La Renaissance

La Renaissance s'intéresse tout autant au grec et au latin qu'aux langues vernaculaires


propres à chaque pays. En 1539, le français devient la langue de l'administration, alors que vers
1530 apparaissent les premières grammaires françaises. C'est l'époque des voyages et
l'apparition des dictionnaires polyglottes (c’est ce qui explique partiellement la prise en charge
de la lexicographie bien avant la lexicologie).

La grammaire classique

A partir du XVIIe siècle, avec Vaugelas, s'instaure la norme du bon usage. Ce point
de vue normatif va être d'une importance considérable jusqu'à nos jours. De cette époque date
la grammaire de Port-Royal (1660). L'étude des formes grammaticales y est subordonnée à une
théorie des relations logiques qui fondent la langue. Le langage est une représentation de la
pensée par des signes et en analysant un langage, ou plusieurs, on remonterait à l'origine d'une
langue qui coïnciderait avec la pensée.

Les Comparatistes et la linguistique historique

En 1786 l'Anglais Jones émet l'hypothèse que le sanskrit présente des ressemblances
frappantes avec le latin, le grec, le persan et d'autres langues. Par la suite, d'autres chercheurs
conforteront cette hypothèse ; c'est ainsi que surgit l'idée que toutes ces langues seraient issues
d'une hypothétique langue nommée l'indo-européen.

La littérature populaire suscite un grand intérêt dans la mesure où l'on pense atteindre
avec elle l'âme profonde du peuple. Le contexte scientifique de cette époque (Darwin) favorise
l'idée de considérer la langue comme un organisme en évolution constante. L'indo-européen est
alors conçu comme la langue mère dont dérivent les langues filles.

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Entre 1850 et 1875, la phonétique (étude de la production et de la substance physique
de la langue) tend à devenir une véritable science expérimentale. On s'intéresse aux dialectes
régionaux (création d'atlas géographiques).

Vers 1875, à Leipzig se forme un groupe de linguistes qui prennent le nom de "néo-
grammairiens". Ils estiment que la comparaison doit s'effectuer plus entre les langues proches
avec la langue mère et cette comparaison doit se tourner vers le présent. Ils accordent de
l'importance à la psychologie.

C'est grâce à une réflexion critique sur les acquis et les impasses de cette linguistique
que F. de Saussure va édifier son cours de linguistique « structurale ».

Le mot philologie au sens large s'emploie assez souvent pour désigner deux domaines,
la philologie au sens propre du terme (l'interprétation des textes) et la linguistique. Les anciens
grammairiens grecs et romains étaient des philosophes qui distinguaient les éléments de la
langue d'après des critères logiques et non proprement linguistiques.

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