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COURS DE MACROECONOMIE, S2, ENCG-SETTAT, ENSEIGNANT : B.

MOKHTARI

Introduction générale : L’approche macroéconomique

La microéconomie étudie les phénomènes économiques sous l’angle de l’unité


économique élémentaire (l’individu ou l’entreprise), ainsi que les modalités de
formation des prix des biens et services sur les marchés. Son but est avant tout
explicatif.

La macroéconomie étudie les phénomènes économiques sous l’angle des grands


ensembles de l’économie globale à l’échelle d’un pays tout entier, car c’est au
niveau de l’Etat que sont prises les décisions de politique économique.

La macroéconomie à la différence de la microéconomie s’intéresse au


fonctionnement de l’économie dans son ensemble. Plus exactement, la
macroéconomie étudie le comportement des variables (ou agrégats) de
l’économie et leurs interactions. La macroéconomie s’intéresse donc à la
production totale des biens et services, à la croissance de la production, à
l’inflation et au chômage, à la balance des paiements, etc...

L’analyse microéconomique, quoique utile pour l’étude du comportement


individuel de consommation, de production et d’échange, ne peut être
opérationnelle lorsqu’on s’intéresse au fonctionnement global de l’économie.
Elle ne peut nous fournir des explications à des distorsions économiques au
niveau national.

La macroéconomie supplie à cette insuffisance en étudiant exclusivement le


comportement global de consommation, de production, etc.

La différence d’analyse entre la microéconomie et la macroéconomie provient


du fait que l’on ne peut étendre le raisonnement microéconomique pur à des
phénomènes macroéconomiques. Le comportement macroéconomique diffère

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souvent du comportement microéconomique. Ceci confère à chacune des deux


disciplines une spécificité qui est lui propre.

Par ailleurs, l’étude du comportement et des interactions entre les variables


agrégées permet aux macro- économistes de formuler des politiques
économiques en vue d’atteindre un certain nombre d’objectifs, en agissant sur
des variables dites : instruments de politique économique (exemple :
l’investissement public, la taxation, etc..). Parmi les objectifs que l’on désire
atteindre généralement, on peut citer : la stabilité des prix, le plein emploi des
ressources y compris le facteur travail, une certaine croissance de l’économie
nationale.

Contrairement à la microéconomie où toutes les hypothèses sont explicites et


où les conséquences s’ensuivent avec une logique rigoureuse, la démarche
macroéconomique peut souvent apparaître arbitraire à ceux qui ne savent pas
décrypter le non-dit des modèles.

Il n’en reste pas moins vrai que les deux approches sont souvent
complémentaires et que la macroéconomie est mieux adaptée à l’étude de
certains problèmes (le niveau général des prix par exemple), alors que la
microéconomie est mieux à même de résoudre d’autres questions (l’allocation
des ressources rares et la formation des prix relatifs par exemples). Bien souvent,
les raisonnements microéconomiques sont implicites dans les théories
macroéconomiques, servent de justification intuitive des relations établies entre
agrégats.

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Chapitre 1 : Notions et concepts fondamentaux

1 - Notion d’« agent» :

Les agents sont des groupes d’individus ou des institutions qui ont un
comportement homogène. On regroupe les agents en fonction des principales
opérations qu’ils réalisent. Dans une économie fermée, il existe trois principaux
agents :

- Les ménages : achètent les biens et services et offrent le service travail.


Leur fonction principale dans l’économie est la consommation,
- Les entreprises : achètent le service travail et offrent les biens et
services. Leur fonction principale dans l’économie est la production
marchande,
- L’Etat : joue un rôle particulier de régulation et de transfert de revenus.
Sa fonction principale dans l’économie est la production non
marchande.

Remarque :
- En fonction des besoins de l’étude, il arrive qu’on introduise un nouvel
agent : les établissements de crédit (banques et assurances) qui
assurent le financement de l’économie.
- Lorsqu’on parlera d’économie ouverte sur l’étranger, nous
introduirons un quatrième agent qui est le reste du monde ou
l’extérieur, il assurera les échanges de biens et services et les transferts
de revenus entre les résidents et les non-résidents.

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2 - les variables de « stock » et de « flux »

2-1 - variable de « stock » :

Les variables de stock sont des variables qui peuvent être définies à n’importe
quel instant. Elles sont fixées.

Exemples : le stock de capital, le stock de monnaie, le niveau d’emploi, etc...

2-2 - variable de « flux » :

Les variables de flux sont des variables qu’on ne peut pas mesurer pour un
instant donné, mais uniquement pour une période déterminée. On ne peut pas
dire qu’à l’instant t, les ménages ont consommé tant de biens, mais uniquement,
pour une période donnée, la consommation a été de tant. La période peut être,
par exemple, le mois ou l’année.

Exemples : le revenu national, la consommation mensuelle, l’investissement


annuel, etc...

De plus parmi les variables de flux, il existe :

- Le flux réel : est un mouvement physique de biens et services entre


agents,
- Le flux monétaire : traduit la circulation de la monnaie d’un agent à
l’autre.
Chaque flux réel à nécessairement pour contrepartie un flux monétaire
équivalent. Pour cela, dans ce qui suit on ne parlera que des flux monétaires.

Exemple : les ventes de biens et services des entreprises aux ménages (flux réel)
ont nécessairement la même valeur que les achats par les ménages aux
entreprises (flux monétaire).

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3- exemple de stock et de flux : le facteur capital :

Les facteurs de production sont le travail et le capital, l’accumulation des moyens


de production susceptibles d’être, à tout moment, mobilisés pour intervenir
dans le processus de production porte le nom de stock de capital.

Ce stock de capital se subdivise lui-même en un stock de capital fixe et un stock


de capital circulant.

3-1- stock de capital fixe :


Il concerne l’ensemble des moyens fixes de production (les machines, les
bâtiments, etc..). L’acte consistant à accumuler du capital fixe porte le nom
d’investissement brut en capital fixe. Cet investissement peut porter
indifféremment sur des biens de production nouveaux (qui viennent s’ajouter au
stock préexistant de capital fixe) et sur des biens servant à remplacer ceux qui
sont usés ou obsolescents. Dans le premier cas, il s’agit d’investissement net et
dans le second cas de remplacement. On peut donc écrire :

I.B.C.F. = I.N.C.F. + I R. (Amortissement)

3-1-Stock de capital circulant :


Il comprend à la fois :

- Le stock de biens intermédiaires (ou fourniture) nécessaire pour faire


face aux délais de livraison des fournisseurs (en amont de la
production),
- Le stock de produits nécessaire pour faire face aux variations de la
demande (en aval de la production).
Les fournitures seront prélevées dans le stock de capital circulant et
transformées dans la production. Les biens produits viendront alimenter à

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nouveau le stock de capital circulant, et les livraisons faites aux clients réduiront
à leur tour ce stock, etc...

L’accumulation du capital circulant dépend donc des flux d’entrées (les achats
de fournitures et le stockage des biens produits) et des flux de sorties
(l’utilisation des fournitures en vue de produire et la vente des biens produits).

La différence entre ces deux catégories de flux porte le nom de variation de


stocks. Ces variations de stocks sont assimilées à un flux net (entrées – sorties)
de capital circulant, et qui peut être positif, négatif ou nul.

4- Notion de circuit :

Nous avons vu que les individus d’une collectivité peuvent être regroupés en
deux principaux agents : les ménages et les entreprises. Les échanges entre ces
deux agents peuvent être résumés schématiquement par le circuit suivant :

Offre du
service travail

Ménages Entreprises

Versement des salaires

Flux réel

Flux monétaire

Circuit économique simplifié

Les ménages offrent leur service travail (flux réel qui traduit la circulation
physique des biens et services) pour le compte des entreprises qui – en

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contrepartie – versent des salaires (flux monétaire qui traduit la circulation de la


monnaie).

Vente de titres
K Reste du monde M R X

D
K achat de titres

Marché Marché
des des biens
Recettes et
capitaux
Titres
B&S
Placements
consommés

Entreprises B&S produits Ménages


Travail
Travail

Marché Salaires
Salaires du
travail

Immigrés Salaires

Reste du monde
Salaires Emigrés

Equilibre sur les marchés dans le circuit économique : exemple de deux agents les
entreprises et les ménages

Ce deuxième schéma complète la première en présentant une vue d’ensemble.


Il s’agit de mettre en relation l’ensemble des agents macroéconomiques en
passant par les marchés .Sur le marché du travail, on trouve des intermédiaires
qui mettent en relation les offreurs d’emploi (les entreprises) et les demandeurs
d’emploi (les ménages) ; sur le marché des capitaux, les institutions financières
mettent en relations les agents à capacité de financement et les agents à besoin

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de financement ; sur le marché des biens et services, les producteurs (les


entreprises et l’Etat) offrent leur production aux autres agents (les ménages et
les entreprises). On constate que dans chaque marché l’offre est égale à la
demande.

5- Les notions de variables et d’équation :

5-1- Notion de variable :

On distingue :

- Les variables exogènes (ou explicatives, ou prédéterminées) sont des


variables déterminées en dehors du modèle étudié,
- Les variables endogènes (ou expliquées) sont des variables
déterminées par le modèle lui-même.
Exemple : la production Y dépend de deux facteurs de production : le capital
K et le travail L : Y  f ( K , L ) Une fois K et L déterminés, alors Y sera connu.

K et L sont des variables exogènes et Y est une variable endogène.

De plus parmi les variables exogènes, on distingue :

- Les variables exogènes contrôlées (ou instrumentales) sont des


variables qui sont à la disposition de l’Etat.
Exemples : le taux de pression fiscale, les dépenses gouvernementales, la
masse monétaire, etc...

- Les variables exogènes non contrôlées.


5-2- Notion d’équation :

Pour décrire un modèle macroéconomique, on utilise :

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1- Des équations de comportement : qui décrivent la réaction d’un agent


vis-à-vis d’un changement.
Exemple : C  f (Y ) est une équation de comportement car, selon les valeurs
prises par le revenu Y, il y aura une décision de consommation
correspondante. La variable exogène Y détermine la variable endogène C.

2- Des équations « identités » ou comptables : qui définissent simplement


des égalités comptables entre les ressources et les emplois.
Exemples : Y  C  I est une équation comptable. Elle ne définit pas un
comportement, mais simplement une égalité.

3- Des équations d’équilibre : qui représentent les égalités qui doivent être
vérifiées afin que le modèle ait une solution.
Y  C  I
Exemple : les équations   I  S qui est une équation d’équilibre.
Y  C  S

6- Notion de modèle :

Un modèle est une représentation simplifiée de la réalité. Il s’écrit dans un


langage mathématique et prend la forme de relations entre variables. Un
modèle est formé d’un ensemble d’équations qui décrivent des relations
interdépendantes entre variables, dont les unes sont endogènes (expliquées par
le modèle) et les autres exogènes (non expliquées par le modèle).

Les relations macroéconomiques sont généralement issues de la confrontation


d’hypothèses théoriques et d’observations empiriques à travers l’estimation
économétrique. Cette estimation permet, d’une part de tester certaines
hypothèses alternatives, d’autre part de calculer la valeur des paramètres d’un
modèle spécifié à priori.

On distingue :

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- Le modèle statique : dans lequel on fait abstraction de la dimension


temporelle. Il est utilisé dans les analyses de court terme.
- Le modèle dynamique : qui permet l’étude du comportement dans le
temps des variables économiques.
Exemple : la consommation dépendant du revenu de la période en cours et de
celui de la période antérieure (pour une périodicité trimestrielle ou annuelle) :

Ct  aRt  bRt 1  c (On dit que c’est un modèle à retards échelonnés.).

7- les marchés macroéconomiques :

Nous allons nous intéresser à quatre marchés :

- Le marché des biens et services ou des marchandises,


- Le marché du travail,
- Le marché des titres,
- Le marché de la monnaie.
7-1- le marché des biens et services :

Nous supposerons qu’il existe une seule marchandise abstraite


macroéconomique qu’on appellera production. Elle peut être soit
consommée soit incorporée dans le stock de capital (consommation ou
investissement). De plus, cette marchandise, en combinaison avec le facteur
travail, produira plus d’elle-même. Cette marchandise correspondra dans le
modèle macroéconomique au revenu (ou à la production) noté Y. On alors
équivalence entre la production nationale et le revenu national et ces termes
seront interchangeables.

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7-2- le marché du travail :

On considère qu’il n’existe qu’un seul type de travail qui constitue un des
facteurs de la production. Le travail est supposé homogène et parfaitement
divisible (c’est-à-dire que l’entreprise peut demander n’importe quelle
quantité de travail sur le marché). Le prix du travail est le taux de salaire. Du
moment qu’on considère un seul type de service travail, nous aurons par
conséquent un seul taux de salaire.

7-3- le marché des titres :

Un titre permet d’avoir un flux de revenu à chaque fin d’année. Il existe


plusieurs types de titres qui différent par leur nature, leur échéance et leur
liquidité. Parmi les titres on distingue :

- L’action : qui est un de propriété sur une partie du capital de l’entreprise,


- L’obligation : qui représente une créance sur l’entreprise.
Nous ne ferons aucune distinction entre les titres de long et de court terme,
avec ou sans risques, etc... Pour nous, tous les titres sont homogènes.

7-4- le marché de la monnaie :

On ne peut pas parler strictement du marché de la monnaie puisque la


monnaie sert de moyen d’échange, c’est-à-dire qu’elle facilité les
transactions. C’est donc un bien qui est échangé contre tous les autres. Ainsi,
dans le marché des biens et services, un agent qui achète un bien ou un
service offre la monnaie, et celui qui vend un bien ou un service demande la
monnaie.

Cependant, il y a une certaine offre de monnaie qui doit être détenue par
tous les agents. Il y a donc une demande collective de monnaie pour tous les

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besoins de transactions et éventuellement pour les besoins de spéculation.


Dans ce dernier cas, la monnaie est détenue en sa qualité d’actif pouvant
servir comme réserve de valeur.

Remarque :

Le marché du travail et celui des marchandises constituent le secteur réel de


l’économie,
Le marché des actifs financiers (les titres et la monnaie) constitue le secteur
monétaire de l’économie.

8- Les notions d’équilibre :

8-1- Définition de l’équilibre partiel :

On dit qu’un marché est en équilibre s’il y a égalité entre l’offre et la demande
sur ce marché. Cette notion est souvent associée au nom d’Alfred Marshall
(1842-1924).

8-2- Définition de l’équilibre général :

On dit qu’on a un équilibre général s’il y a égalité de l’offre de la demande sur


tous les marchés. Cette notion est souvent associée au nom de Léon Walras
(1834-1910).

Comme il y a interdépendance entre les marchés, les agents déterminent


simultanément leur échange pour tous les biens en fonction de l’ensemble des
prix.

L’équilibre partiel est un équilibre sur un marché. Par contre, l’équilibre général
est un équilibre simultané sur tous les marchés.

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Remarque : On ne s’intéresse à l’équilibre partiel d’un bien sur un marché que


lorsque ce bien n’est pas très dépendant des autres biens.

8-3- Définition de l’équilibre global :

On dit qu’on a un équilibre global, s’il y a égalité entre les grandeurs nationales.

Exemple : Il y a équilibre global quand il y a égalité entre la dépense nationale et


le produit national.

Remarque : On parle d’équilibre global en macroéconomie seulement, et


d’équilibre général et partiel en microéconomie.

Chapitre 2 : Les grandeurs macroéconomiques (Agrégats)

Dans la partie précédente de l’introduction générale, nous avons pu préciser la


spécificité de la macroéconomie par rapport à la microéconomie. Nous avons
surtout mis en évidence l’existence d’un problème au niveau de l’économie
globale qui ne peut se confondre avec la somme des problèmes au niveau des
agents individuels.

La théorie macroéconomique aura précisément pour but d’analyser les


grandeurs globales de l’économie et d’étudier leur comportement et surtout les
lois économiques qui les relient. Il convient avant d’entamer l’étude des
grandeurs (ou variables) macroéconomiques de commencer par les définir et de
préciser le cadre comptable dans lequel elles peuvent être étudiées.

1- La production :

La principale activité économique est celle de la production, c’est-à-dire celle qui


se traduit par la création de biens et de services propres à satisfaire les besoins
des individus et de la collectivité. Les biens et les services ne sont saisis qu’au

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moment où ils s’échangent : Seules les transactions (achats et ventes) qui


s’effectuent entre les agents permettent de les repérer et de leur attribuer une
valeur marchande. Le chiffre synthétique que l’on obtient en additionnant les
valeurs des biens et services ayant transité par le marché donne une idée sur le
niveau de l’activité économique.

Cependant, une simple addition de ces valeurs ne peut avoir une signification
économique en raison du double emploi, c’est-à-dire la prise en compte plus
d’une fois de la valeur d’un même bien dans ce calcul. Il faut en fait pour chaque
unité productrice déduire de la valeur des biens produits, la valeur des
fournitures achetées en vue de cette production (ou consommation
intermédiaire). On obtient ainsi ce qu’on appelle la valeur ajoutée de cette unité
productrice. La valeur ajoutée a la propriété d’être une grandeur additive.

L’entreprise achète des inputs et les transforme en biens de consommation.

Quand l’entreprise ne fait que transformer les biens semi-finis en biens finis, la
valeur qu’attribuera le marché à un produit fini est égale à la transformation faite
par l’entreprise plus la valeur déjà introduite dans le produit car c’est un produit
semi-fini.

Exemple : si dans un secteur s, nous avons n unités de production, alors la valeur


ajoutée du secteur est :

n
VA s   VA i , avec VAi est la valeur ajoutée de l’unité de production i du
i 1

secteur s, et qui est égale à la valeur de la production moins la valeur des inputs.

Valeur ajoutée = production – consommation intermédiaire

La valeur ajoutée d’un secteur est donc la somme des valeurs ajoutées des unités
de production de ce secteur.

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La valeur ajoutée au niveau global sera la somme des valeurs ajoutées de tous
les secteurs dans l’économie. On appelle cette somme le produit intérieur brut
(P.I.B). C’est ce chiffre qui caractérise le mieux le niveau d’activité économique.

S
Y  PIB   VA s , avec S est le nombre total des secteurs dans
s 1

l’économie.

2- La consommation :

La production que l’on vient de définir comme étant la somme des valeurs
ajoutées constitue l’ensemble des ressources auxquelles on réserve deux
catégories d’utilisation :

- La consommation finale présente,


- La mise en réserve en vue d’une production ou d’une consommation
future, c’est-à-dire un investissement.
On a pris soin en considérant le PIB égal à la somme des valeurs ajoutées,
d’éliminer les consommations productives. Il reste donc seulement les
consommations non productives (ou consommations finales) qui sont le fait
principalement des ménages et dans une moindre mesure des administrations :

La consommation des ménages est la valeur, au prix du marché, de l’ensemble


de leurs achats (principalement les biens de consommation courante). Certains
biens de consommation, dits durables, constituent un cas intermédiaire entre la
consommation et l’investissement et posent ainsi une difficulté (ou problème)
de classification. Par convention, en comptabilité nationale, les achats de biens
durables figurent dans la consommation, sauf pour les achats de logements
qu’on considère comme investissement.

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A la consommation des ménages, s’ajoute la consommation des administrations


et des institutions financières, comptabilisée en général en dehors du système
productif.

3- L’investissement :

L’investissement est constitué par l’ensemble des biens non consommés au


cours de l’année considérée. Il s’agit des biens mis en réserve.

On distingue trois catégories d'investissement :

- Les variations de stocks : sont les consommations différées de certains


biens,
- Les amortissements : sont les investissements destinés à compenser
l’usure des équipements existants. On parle dans ce cas de dépréciation
du stock de capital. Il s’agit d’un investissement de remplacement, pour
des raisons physique (dépréciation) ou économique (obsolescence),
- Les investissements nets : sont les acquisitions d’équipements nouveaux.
Définition : On appelle FBCF (formation brute du capital fixe), ou simplement
investissement brut, la somme des investissements nets et des
amortissements.

L’investissement peut être le fait de divers agents économiques. On peut dire


que :

- Les ménages investissent en logement pour eux-mêmes,


- Les entreprises investissent en achetant des biens d’équipements,
- Les administrations investissent pour produire des biens « collectifs »
(routes, écoles, hôpitaux, etc..).
Mais la majeure partie de l’investissement est l’affaire des entreprises.

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Le choix d’investir ne peut résulter que d’un calcul économique, c’est-à-dire d’un
raisonnement consistant à comparer : un sacrifice immédiatement consenti
(c’est le coût de l’investissement) à un revenu futur espéré (c’est l’avantage).

Cette analyse coût/avantage est au cœur de toute décision économique. Mais,


dans la mesure où elle repose sur un élément anticipé, elle est susceptible
d’erreur et implique donc toujours un risque.

4- L’épargne :

L’égalité précédente : PIB = C + I, peut être écrite de manière plus générale : R =


C + I. Cette égalité est en fait une condition d’équilibre et non une identité
comptable car elle exprime le fait que :

Ressources – Consommation = Investissement.

Autrement dit, d’après cette égalité, l’excédent des ressources sur la


consommation doit être égal à l’investissement. Néanmoins, l’excédent des
ressources sur la consommation, c’est-à-dire la partie non consommée des
ressources, n’est autre que l’épargne par définition.

L’épargne nationale est composée de l’épargne des ménages (placements,


thésaurisation, achats immobiliers et l’épargne contractuelle), l’épargne des
entreprises (bénéfices nets non distribués et amortissements) et l’épargne des
administrations qui est négligeable sinon négative, car l’Etat exprime toujours
un déficit budgétaire.

(S = R – C). Ce qui permet d’écrire l’équation d’équilibre :

L’épargne = l’investissement (S = I).

Remarque :

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- Quand I  S au niveau national, il y a un besoin de financement et donc un


recours aux emprunts étrangers,
- Quand I  S , il y a une capacité de financement (excès d’offre). La
différence sera stockée jusqu’à l’année prochaine (en économie fermée)
ou exportée (en économie ouverte).
Remarque : En fait, c’est Y qui est analysée selon deux optiques différentes :

- Optique de l’utilisation du revenu : on a Y = C + S,


- Optique de l’utilisation du produit : on a Y = C + I
5- Le produit intérieur brut :

5-1- Rappel :

Le produit intérieur brut mesure la production totale du pays.

Problème : on ne peut ajouter purement et simplement les productions


de chaque entreprise, car on compterait deux fois les consommations
intermédiaires.

Pour éviter ces doubles emplois, nous avons recours à la notion de la


valeur ajoutée.

La valeur ajoutée d’une entreprise est la différence entre sa production et


sa consommation intermédiaire.

Le PIB est donc la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises.

5-2- la notion du PIB à travers trois optiques :

Jusqu’à présent nous avons vu le produit intérieur brut sous deux optiques :

S
- L’optique production : Y  PIB   VA s et
s 1

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- L’optique utilisation ou dépense : PIB  C  I .


Il existe une troisième optique :

- L’optique affectation (ou rémunération des facteurs) : En effet, le PIB


correspond au coût de la main d’œuvre (c’est-à-dire la rémunération du
facteur travail ou salaires) et au coût des machines (c’est-à-dire la
rémunération du facteur capital).
Nous avons donc :

S
Y  PIB   VA s  C  I  salaires  revenus du capital .
s 1

5-3- les notions de PIB marchand et de PIB non marchand :

En comptabilité nationale, l’activité économique est divisée en deux sphères de


production :

- Une sphère marchande : constituée des entreprises (généralement


privées) ayant pour but de produire et de vendre leur production, en vue
de réaliser des profits.
- Une sphère non marchande : qui regroupe pour l’essentiel les
administrations, et qui ont pour vocation de rendre des services à la
collectivité. La production de cette sphère est forfaitairement financée par
la fiscalité. Le prix éventuel (ou la gratuité) n’a aucun lien avec le coût de
production.
Ainsi, le PIB sera divisé en deux parties :

- Le PIB marchand : est la production imputable, au cours d’une période


donnée, à la population occupée.
- Le PIB non marchand : par convention n’ayant aucun prix de marché, est
mesuré par le coût de sa production.

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Remarque :

Le PNB (produit national brut) permet de prendre en compte les flux :

- De certains résidents qui travaillent à l’étranger et qui rapatrient leurs


revenus,
- De certains non-résidents qui reçoivent des revenus d’entreprises
résidentes.
Nous avons donc :

PNB = PIB + revenus reçus du reste du monde – revenus versés au reste du


monde.

Le PNB est donc une évaluation de la richesse produite par tous les résidents.
Comme le PNB et le PIB ne différent que faiblement (de l’ordre de 5%), et que
cette différence n’a pas une signification importante pour la macroéconomie,
on peut donc la négliger et n’utiliser que le PIB.

- Le PIB réel et le PIB Nominal : on entend par PIB Nominal la valeur des
biens et services mesurée à prix courants, tandis que le PIB réel
représente la valeur des biens et services mesurée à prix constants.

Prix constant = prix courant corrigé des tensions inflationnistes

- Le déflateur du PIB : appelé aussi déflateur implicite des prix du PIB, il


mesure le niveau général des prix, c’est-à-dire le prix moyen des biens et
services produits dans une économie. Le déflateur du PIB est le rapport du
PIB Nominal au PIB réel.

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déflateur du PIB 
PIB no min al

 PQ avec t 0 est l ' année de base Le
PIB réel P Q
t0

déflateur du PIB mesure le prix de la marchandise abstraite production


par rapport à son prix au cours de l’année de base. On peut écrire
autrement son équation :
PIB no min al
PIB réel 
déflateur du PIB

Cette équation montre d’où le déflateur tire son nom : on l’emploie pour corriger
le PIB nominal de l’inflation afin d’obtenir la valeur réelle de la production.

- L’indice des prix à la consommation (IPC) mesure aussi le niveau général


des prix tout comme le déflateur du PIB. L’IPC mesure le prix moyen d’un
panier de biens et services achetés par les ménages.

IPC 
 PQ t0

P Q t0 t0

Trois points de différences entre le déflateur du PIB et l’IPC :

- Le déflateur mesure les prix des biens et services produits dans une
économie, tandis que l’IPC ne prend en compte que les prix des biens et
services achetés par les ménages ;
- Les prix des biens importés ne sont pas intégrés dans le déflateur et
apparaissent dans l’IPC ;
- L’IPC fixe les prix des biens et services, alors que le déflateur du PIB utilise
des pondérations évolutives.
6- L’emploi :

L’emploi est une donnée macroéconomique importante. Il constitue avec le


stock de capital les deux facteurs de production permettant la réalisation du PIB,
on note : Y  PIB  f ( K , L).

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Il est évident que le chiffre de la population totale ne constitue pas une grandeur
suffisamment précise et surtout significative pour l’appréciation du niveau
d’activité économique, car seule une fraction de la population totale est associée
au processus productif. Les dispositions légales réglementent les âges d’accès au
marché du travail (plus de 15 ans) et de la sortie du marché du travail (à 65 ans).

Les économistes s’intéressent plutôt à la population active qui représente le


potentiel de main-d’œuvre de la nation. Plus précisément encore, c’est la
population active disponible qui retient l’intérêt dans l’analyse
macroéconomique étant donné qu’elle inclut les chômeurs (ceux n’ayant pas
d’emploi et désirant en trouver) et qu’elle n’inclut pas tous ceux qui ne sont pas
disponibles (les étudiants, etc.).

La soustraction du nombre de chômeurs de la population active disponible


donne la population active occupée qu’on appellera le niveau d’emploi (N). Seul
le niveau d’emploi tel qu’il est défini ci-dessus donne une idée précise du niveau
d’activité économique, car la faiblesse du niveau d’emploi implique l’existence
de chômage et donc une activité faible (l’inverse est vrai aussi).

Si Lest la population active disponible, et U est la population au chômage, alors :

- Le niveau d’emploi N est tel que : N = L – U


- Le taux de chômage u est tel que : u = (U/L).100.
7- Les prix :

7-1- Le niveau général des prix :

Le niveau général des prix (P) est une caractéristique importante de la situation
économique. En réalité, il y a autant de prix que de biens, mais pour avoir un

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chiffre significatif permettant l’analyse macroéconomique, au lieu du catalogue


de l’ensemble des prix, on est amené à chercher un indice synthétique
rassemblant le prix de plusieurs biens et services. Un tel indice est appelé niveau
général des prix. En théorie macroéconomique, ce niveau représente l’indice des
prix de tous les biens et services qui constituent le PIB.

7-2- Le taux de salaire :

De la même manière, on définit au niveau macroéconomique un taux de salaire


qui synthétise les différents niveaux de salaire existant dans l’économie
considérée et qui correspondent à des qualifications différentes de la main-
d’œuvre. Ce taux de salaire peut, à titre d’exemple, être calculé en rapportant la
masse salariale globale au niveau d’emploi.

7-3- Le taux d’intérêt :

S’il est admis en théorie économique que les prix orientent les choix du
consommateur entre différents biens, le taux d’intérêt reflète quant à lui le choix
entre un bien présent et le même bien dans le futur. Un individu peut être
disposé à sacrifier sa consommation immédiate pour une consommation future
un peu plus élevée. S’il est indifférent pour ce même individu de disposer de 1Dh
immédiatement et de (1+r) Dh l’année prochaine, alors r serait le taux d’intérêt.
Par conséquent, toute décision de différer une consommation immédiate, c’est-
à-dire tout investissement, a un coût défini par le taux d’intérêt.

En fait, le taux d’intérêt dont il sera question en théorie macroéconomique est,


lui aussi, un taux synthétique de plusieurs taux d’intérêt susceptibles d’exister
sur le marché.

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8- La masse monétaire :

La masse monétaire est constituée des billets de banque mis en circulation par
la banque centrale et des dépôts à vue.

Les dépôts à vue sont des dépôts pouvant donner lieu à une émission de chèques
et donc pouvant être transformés en monnaie liquide. La monnaie possède par
définition le caractère de liquidité parfaite. Les autres placements financiers sont
par contre plus au moins liquides, selon que leur délai d’utilisation comme
moyen de paiement est plus au moins court.

Exemple : la souscription à un emprunt à un an est un placement non liquide


puisque sa transformation en monnaie, et donc son utilisation comme moyen de
paiement, ne pourra avoir lieu qu’au terme d’une année.

9- Le reste du monde ou l’extérieur :

Jusqu'à présent, nous avons considéré le cas d’une économie fermée n’ayant pas
d’échange avec l’extérieur. Nous avons parlé de ressources et d’emplois en
omettant une partie importante des ressources (importations : M) et une partie
importante des emplois (exportations : X) provenant de l’échange avec le reste
du monde. Pour mieux apprécier les ressources disponibles sur le marché
national, il faut donc tenir compte des exportations et des importations
(agrégats clés dans l’échange avec l’extérieur).

Par convention, l’évaluation des importations se fait au prix CAF (coût,


Assurance, Fret) et celle des exportations se fait au prix FOB (Free On Board). Ce
sont là aussi, des conventions de la comptabilité nationale.

Prix FOB = prix départ – usine + les frais de transport et de distribution jusqu’au
port d’embarquement.

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Prix CAF = prix FOB + les frais de transport et d’assurance du port


d’embarquement jusqu’au port de débarquement.

Prix départ douane = prix CAF + les droits de douane + les droits
d’enregistrement et de timbre + la taxe spéciale d’importation + TVA.

10-Analyse des agrégats de l’économie nationale :

L’économie nationale a été marquée, au cours de ces dernières années, par la


poursuite et l’approfondissement des réformes ce qui a permis, en dépit des
mutations rapides de l’environnement international et du contexte de crise
financière et économique , de consolider les acquis sans pour autant
compromettre la stabilité des équilibres fondamentaux et de renforcer la
résilience de l’économie marocaine qui lui a permis de limiter les impacts
négatifs de la crise financière et économique que le monde connaît depuis 2008.

Cette période s’est caractérisée par un excédent enregistré au niveau du compte


courant de la balance des paiements pour six années successives et par la
maîtrise de l'inflation et du déficit budgétaire témoignant ainsi non seulement
du renforcement de la vigueur de l'économie mais également de sa capacité
d'adaptation aux mutations mondiales, ainsi que par la réduction du poids de la
dette publique.

Selon les dernières statistiques publiées par la Banque africaine de


développement (BAD), le PIB marocain doit dépasser la barre de 120 milliards de
$ pour atteindre la valeur de 121,4 milliards de $ (en prix courants ou en valeur
nominale) en 2017 contre près de 113 milliards de $ en 2016. Cet indicateur de
croissance a presque doublé en 12ans, soit entre 2006 (66 milliards de $) et 2017.
Selon toujours la même source (BAD), le Maroc serait la 6 ème puissance
économique du continent africain derrière le Nigeria (581MM$), l’Afrique du sud

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(276 MM$), l’Egypte (264MM$), l’Algérie (170MM$) et le Soudan (124MM$). La


Banque estime que le Maroc fera mieux que la moyenne mondiale (+3,5% en
2017 et +3,6% en 2018), africaine (+3% en 2017 et + 3,7% en 2018) ou encore
nord-africaine (+3,1% en 2017 et +3,6% en 2018).

1. Tableau : Agrégats de l’économie marocaine (2006-2016)

PIB en Variation
Dépenses Exportation
Consommation Investissement de stock
Années publiques nette
Millions de $ millions de $ millions de $
millions de $ millions de $
millions
de $
2006 65 640,09 49 918,94 2 460,79 15 496,39 -3 595,55 775
2007 75 223,56 57 644,62 2 825,80 16 928,67 -6 857,05 792,48
2008 88 879,53 66 904,12 2 466,29 20 272,73 -11 901,99 3 652,77
2009 90 907,27 68 493,38 1 970,32 20 707,38 -9 989,20 3 632,26
2010 90 770,21 67 894,91 1 240,63 21 758,50 -8 923,63 3 460,84
2011 99 210,99 76 548,54 2 521,36 25 420,74 -13 006,96 4 388,94
2012 95 903,88 75 885,80 2 841,95 27 798,40 -13 808,01 3 435,34
2013 103 915,00 82 146,18 3 360,91 26 842,51 -13 730,99 3 631,74
2014 107 005,00 83 965,41 4 161,57 27 367,81 -12 851,62 2 662,94
2015 109 357,01 86 764,22 4 829,72 23 118,96 -13 213,64 2 732,16
2016 112 496,32 89 615,32 5 497,86 22 111,55 -13 159,34 2 500,16

2. Pourcentages des agrégats par rapport au PIB

Années C/PIB I/PIB G/PIB X-M/PIB ∆S/PIB


2006 76,05% 3,75% 23,61% -5,48% 1,18%
2007 76,63% 3,76% 22,50% -9,12% 1,05%
2008 75,28% 2,77% 22,81% -13,39% 4,11%
2009 75,34% 2,17% 22,78% -10,99% 4,00%
2010 74,80% 1,37% 23,97% -9,83% 3,81%
2011 77,16% 2,54% 25,62% -13,11% 4,42%
2012 79,13% 2,96% 28,99% -14,40% 3,58%
2013 79,05% 3,23% 25,83% -13,21% 3,49%
2014 78,47% 3,89% 25,58% -12,01% 2,49%
2015 79,34% 4,42% 21,14% -12,08% 2,50%
2016 79,66% 4,89% 19,66% -11,70% 2,22%

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3. Représentations graphiques des agrégats de l’économie marocaine

a- Produit intérieur brut :

PIB en millions de $
120 000,00 PIB
100 000,00
80 000,00
60 000,00
40 000,00 PIB
20 000,00
0,00
2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 Années

Commentaire :

Ce graphique présente l'évolution du PIB du Maroc entre 2006 et 2016. En 2006


le PIB marocain a augmenté jusqu'à 2008, il a connu une stabilité et puis il a
continué a augmenté encore depuis 2010, jusqu’en arrivant à 112 496,32
millions de $ en 2016.

b- Consommation

C en millions de $ Consommation millions de $


100 000,00

80 000,00

60 000,00
Consommation million de $
40 000,00

20 000,00

0,00
2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Années

Commentaire :

Les dépenses de consommation, ont progressé pendant toute la décennie, en


commençant en 2006 par une valeur équivalente à 49 918,94 M $ (76,05%), pour
atteindre89 615,32 M $ courant (79,66%).

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c- Investissement

I en millions de $
100 000,00
Investissement
90 000,00
80 000,00
70 000,00
60 000,00
50 000,00
40 000,00
30 000,00 Investissement
20 000,00
10 000,00
0,00
2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Années

Commentaire :

Le graphique présente l'évolution de l'investissement qui représente 3.8% du PIB


en 2006 et 2007 pour ensuite diminuer de façon remarquable jusqu'à 2010 puis
il augmente de façon continue jusqu'à 2016 avec en parallèle une augmentation
du PIB.

d- Dépenses publiques :

G en millions de $ Dépenses publiques


30000,00
25000,00
20000,00
15000,00 Dépenses publiques
10000,00
5000,00
0,00 Années
2005 2010 2015 2020

Commentaire :

En 2006, les dépenses gouvernementales ont connu une augmentation


régulière, de 15496,39 millions de $ jusqu'un maximum de 27798, 40 millions de
$ en 2012 puis elles sont diminuées vers une valeur de 22111,55 millions en
2016.

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e- Variation de stock :

ΔS en millions de Variation de stock


5000,00
4000,00
3000,00
2000,00
Variation de stock
1000,00
0,00
Années
2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018

Commentaire :

Commençant par 2006 la variation des stocks marocaine a subi une stagnation
jusqu'à 2007 puis une augmentation irrégulière pour une valeur maximale de
4388,94 millions de $ en 2011, après cette année elle a connu une évolution
irrégulière à la baisse vers un total de 2500,16 millions de $ relatif à cette période
de 2016.

f- Exportations nettes :

Exportations nettes
0,00
2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 Années
-2 000,00

-4 000,00

-6 000,00

-8 000,00 Exportation
-10 000,00 nette

-12 000,00

-14 000,00

-16 000,00 (X-M) en million de $

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Commentaire :

Le graphique montre l'évolution des exportations nettes marocaines qui ont


connu une forte baisse entre 2006 et 2016 atteignant une valeur minimale en
2007 avec une faible hausse jusqu'à 2010 où elles ont encore fleuri à la baisse.

11-Exercices du chapitre 1&2 :

Exercice n°1

On considère une économie composée de 4 consommateurs 1, 2, 3 et 4 et


chacun a une fonction de consommation individuelle notée (i = 1, 2, 3, 4)

C1  10  0,70Y1
C2  12  0,80Y2
C3  0,95Y3
C4  5  0,90Y4

1- Calculer la fonction de consommation agrégée dans le cas où la répartition


des revenus est uniforme (c’est à dire le poids de chaque revenu individuel
est égal à 1)
2- Même question dans le cas où les revenus des consommateurs 1 et 2
valent deux fois ceux de 3 et 4.

Exercice n°2

Soit une économie composée de deux entreprises E1 et E2 et de ménages qui


sont soit salariés soit actionnaires des entreprises.

E1 produit des biens intermédiaires qu’elle vend à E2 de valeur égale à 40.

E2 produit des biens de consommation finale d’une valeur égale à 100.

A- On suppose que tous les bénéfices de E1= 10 et E2 =20 sont distribués aux
ménages qui consomment tous leurs revenus.

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1- Etablir les comptes des ménages et des entreprises


2- Calculer le PIB
B- Supposons que l’investissement de remplacement représente la moitié
des bénéfices bruts de deux entreprises et que son produit soit tout entier
utilisé pour acheter des biens de capitaux à une entreprise intermédiaire
E3, laquelle n’a pas de consommation intermédiaire et ne fait ni bénéfice
ni perte. De plus, il n’y a pas d’investissement net.
1- Etablir les comptes de E1, E2, E3 et les ménages.
2- Calculer le PIB, le revenu R, la consommation C et l’investissement
national I
C- On suppose que E2 doit importer des matières premières de valeur égale
à 5, ce qui diminue d’autant son bénéfice net, et que, en contrepartie, E3
exporte des équipements de valeur égale à 5. La balance commerciale du
pays est donc en équilibre.
1- Etablir les comptes de E2, E3, des ménages et de l’extérieur
2- Calculer le PIB

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Exercice n°3 :

Le tableau suivant présente le PIB en $ courants et l’indice des prix pour


l’économie marocaine.

2012 2013 2014 2015 2016

PIB en milliards de $ 95, 90 103, 91 107,00 109, 35 112, 49


courants

Indice des prix 100 107,2 113,5 119,5 123,2

Calculer, pour chaque année, le PIB en $ constants (année de base 2012), l’indice
du PIB en $ constants et l’indice des prix en $ courants, base 100 en 2012.

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Chapitre 3 : Le modèle macroéconomique Keynésien :

La véritable critique de Keynes à l’égard de l’approche classique et néoclassique


se situe sur le plan des fondements microéconomiques de l’analyse
macroéconomique : Keynes a précisé que dans une situation d’information
imparfaite, on ne peut pas faire confiance au mécanisme des prix pour rétablir
rapidement l’équilibre sur tous les marchés.

Que se passe-t-il dans l’économie si les ajustements ne se font pas par le


système des prix (salaires, prix des biens, taux d’intérêt…), mais par les quantités
(production, consommation, emploi, chômage…) ?

1 : Le modèle Keynésien simplifié :

Ce chapitre sera consacré à la présentation simplifiée de l’approche


macroéconomique Keynésienne en mettant l’accent sur l’équilibre du marché
des biens et services, la fonction de consommation agrégée et le multiplicateur
de l’investissement.

1-1 - l’équilibre du marché des biens et services :

A- Le principe de la demande anticipée :

Comme nous l’avons déjà expliqué précédemment, l’équilibre sur le marché des
biens et services est assuré par l’égalité entre l’épargne et l’investissement et s’il
y a un déséquilibre, les fluctuations du taux d’intérêt ajustent automatiquement
l’offre à la demande (la loi des débouchés de J.B.SAY). Pour Keynes, et

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contrairement à la logique classique, c’est la demande effective à laquelle les


agents s’attendent à être confrontés à l’équilibre qui détermine l’offre. Au
chapitre précédent, toute l’analyse s’enchaînait à partir de l’offre de travail ;
dans le présent chapitre, le fonctionnement des différents marchés découle de
la demande de biens et services.

Les composantes de la demande sont donc, selon Keynes, la consommation et


l’investissement :

DG = C + I

Dans le modèle classique le volume de la production à l’équilibre ( Y * ) est


déterminé par le niveau d’emploi ( N * ) alors que dans le modèle Keynésien c’est
le volume de la production qui détermine le niveau d’emploi. De ce fait rien ne
garantit que ce niveau de production assure le plein emploi du facteur travail.
L’équilibre ainsi obtenu peut être un équilibre de sous-emploi qui n’est pas prévu
dans le modèle classique.

B- L’équilibre :

L’égalité entre l’investissement et l’épargne constitue toujours la condition


d’équilibre sur le marché des biens et services.

Y  C  I
En effet, si les équations comptables suivantes sont vérifiées  , alors
Y  C  S

l’équation d’équilibre est aussi vérifiée I = S.

Supposons que l’investissement est exogène ( I  I ), L’épargne sera


conditionnée par la détermination de la fonction de consommation
Keynésienne.

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1-2 - la consommation et l’épargne :

A- La fonction de consommation de Keynes :

Dans le modèle Keynésien, la consommation globale ne dépend que du revenu


réel Y. On peut donc écrire : C  C (Y )

Keynes fait l’hypothèse que les agents économiques augmentent leur


consommation (C) quand le revenu (Y) s’élève, mais ne consacrent qu’une
fraction de l’augmentation du revenu à la consommation. C’est ce que l’on
appelle : La loi psychologique fondamentale de Keynes.

La fonction de consommation Keynésienne est une fonction croissante du


C
revenu : (  0)
Y

a. La propension marginale à consommer (Pmc) :


La propension marginale à consommer mesure la variation de la consommation
globale induite par une variation infinitésimale du revenu national.

C
On note : Pmc = c = avec 0  c  1
Y

b. La propension moyenne à consommer (PMc) :


On appelle propension moyenne à consommer la part du revenu national qui en
moyenne consacrée à la consommation.

C
On note : PMc = c 
Y

B- La fonction d’épargne :

Selon Keynes, l’épargne (S) apparaît comme un résidu : elle est tout simplement
la partie du revenu national qui n’est pas consommée.

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On note : S  Y  C (Y )  S (Y ).

La fonction d’épargne est aussi une fonction croissante du revenu national


S
(  0) .
Y

a. La propension marginale à épargner (Pms) :


La propension marginale à épargner est le complémentaire par rapport à 1de la
propension marginale à consommer.

S
On note : s  1 c 
Y

b. La propension moyenne à épargner (PMs) :


La propension moyenne à épargner est la partie du revenu national qui est en
moyenne consacrée à l’épargne.

S
On peut écrire alors : PMs  s 
Y

Remarque:

- Pmc + Pms = 1
- PMc + PMs = 1

C- Représentation graphique :

a. La fonction de consommation :
La fonction de consommation peut avoir trois types de formulation
mathématique :

a-1. Fonction de consommation à long terme :

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Ce type de fonction a pour expression : C  C (Y )  cY dont la


représentation graphique est la suivante :

45°
Y

On remarque que la Pmc est constante et est égale à la PMc.

C C
On a :  c
Y Y

a.2- Fonction de consommation de court et moyen terme

Son expression est la suivante : C  cY  C0

Cette formulation montre que si le revenu national s’effondrait jusqu’à devenir


nul, une consommation minimale (C0 ) serait assurée grâce à l’épargne

constituée les années précédentes. Cette consommation est appelée


consommation incompressible.

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On remarque que la Pmc est inférieure à la PMc

Démonstration :

C C C
Pmc   c et PMc   c  0  Pmc  PMc
Y Y Y

On constate que la PMc est fonction décroissante du revenu national : quand le


revenu augmente la propension moyenne à consommer décroît régulièrement.

45°

a.3- La forme générale de la fonction de consommation :


La forme générale de la fonction de consommation agrégée a pour expression :

 C
 Y  c  0
C  C (Y ) 2
 C  0
 Y 2

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4

Y

b. La fonction d’épargne :
La fonction de l’épargne est une fonction croissante du revenu national :(
S
S  S (Y ) avec  0) .
Y

On suppose que la fonction de consommation Keynésienne est d’expression :


C  cY  C0

On a Y  C  S  S  Y  C  S  Y  cY  C0  S  (1  c)Y  C0  S  sY  C0

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C0

Y
S=0

 C0

1-4- Le multiplicateur de l’investissement :

Le multiplicateur de l’investissement peut être présenté dans sa version statique


et dans sa version dynamique. Chacune de ces versions peut être appréhendée
à partir des conditions d’équilibre du marché de biens et services :

Y  C  I
Offre globale = Demande globale   IS
Y  C  S

a. La version statique du multiplicateur de l’investissement :

L’équilibre sur le marché des biens et services est assuré par l’égalité entre
l’épargne et l’investissement :

I  I 0
I  S Avec 
C  cY  C 0

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Si l’investissement des entreprises enregistre un accroissement (I ) quelle sera


la conséquence sur le revenu global de l’économie ?

A l’équilibre on a :

Y  C  I  cY  C0  I
Y  C  I  cY  C 0  I (1)

Dans l’équation (1) on constate que C0 est une constante sa variation est nulle
(C0  0)

Cette équation devient :

Y  cY  I  Y  cY  I
Y 1
(1  c)Y  I   k
I (1  c )

k est appelé le multiplicateur statique de l’investissement

Ce multiplicateur de l’investissement peut être présenté graphiquement à partir


du diagramme à 45°.

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DG

45°
Y

Remarque :

- On constate que la variation de la production (Y ) est plus que


1
proportionnelle à la variation de l’investissement (I ) car : 1   
1 c

- De plus le multiplicateur de l’investissement dépend de la Pmc : plus la


Pmc augmente (c  1) plus k augmente, lorsque c  1  k   : le
multiplicateur de l’investissement est fonction croissante de la propension
marginale à consommer.
b. La version dynamique du multiplicateur de l’investissement :

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L’analyse dynamique présente le multiplicateur de l’investissement comme un


processus de vagues successives et d’amplitudes décroissantes comme le
montre le graphique ci-dessous :

DG
F
D
B

A partir de la situation initiale d’équilibre au point A* , l’accroissement I de


l’investissement entraîne celui de la demande globale d’un montant égal à I
(segment A* B). A son tour le revenu global (Y) augmente de façon induite d’un
montant Y  I (segment BC). L’accroissement du revenu global entraîne un
accroissement moindre de la consommation C  cY  cI ce qui permet
d’augmenter la demande globale (segment CD). La nouvelle augmentation cI
de la demande globale se transmet à nouveau intégralement au revenu global ;
un nouvel accroissement de la consommation d’un montant cY  c(cI )  c 2 I
est donc induit et ainsi de suite. Analytiquement, ce processus dynamique s’écrit
alors :

Y  I  cI  c 2 I  c 3 I  .........  c n 1 I

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Y  I (1  c  c 2  ....  c n1 )

1 cn
Y  I ( )  kI , avec k est le multiplicateur dynamique de l’investissement
1 c

Remarque :

1 cn 1
Si n tend vers l’infini,  , car 0  c  1
1 c 1 c

Exercice d’application :

Soit une économie fermée dont les caractéristiques sont les suivantes :

La propension marginale à consommer c  0,8

La consommation incompressible C0  50

L’investissement est exogène I  100

1- Déterminer le revenu global à l’équilibre


2- Déterminer la fonction de l’épargne
3- Représenter graphiquement l’équilibre
4- On suppose que l’Etat a décidé d’augmenter l’investissement des
entreprises de 50
a- Calculer le multiplicateur statique de l’investissement
b- Déterminer la nouvelle situation d’équilibre
c- Analyser le multiplicateur de l’investissement selon sa version
dynamique
1-5- les effets multiplicateurs et les politiques budgétaire et fiscale :

Le modèle Keynésien simplifié considère deux agents économiques : les


entreprises et les ménages. Pour faire apparaître explicitement les effets de la
politique budgétaire et fiscale, nous allons introduire un troisième agent

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macroéconomique : l’Etat. Cet agent intervient dans l’activité économique en


prélevant les impôts (T ) et en effectuant des dépenses publiques de
consommation et d’investissement (G ) .

Dans l’équation d’équilibre précédente ( Y  C  I ), la consommation et


l’investissement désignent donc à présent uniquement des dépenses privées.
Avec l’intervention de l’Etat, la consommation des ménages sera en fonction du
revenu disponible (Yd ) après déduction des impôts (T ) .

Y  C (Yd )  I  G
A l’équilibre on note :
Yd  Y  T  F

F : désigne le transfert de l’Etat effectué pour le compte des ménages.

La politique économique de l’Etat est nécessaire pour stimuler la demande


globale en situation de sous-emploi et freiner la demande en situation
d’inflation.

a. Le multiplicateur des dépenses publiques :


- On suppose que l’Etat stimule la demande globale par une augmentation
des dépenses gouvernementales (dG  0) sans être financée par une
augmentation des impôts (dT  0) .

Y  C (Yd )  I  G
Y  cYd  C0  I  G , on suppose F  0
Y  c(Y  T )  C 0  I  G

dY  c( dY  dT )  dC 0  dI  dG
dY  cdY  dG
dY (1  c )  dG
dY 1

dG 1  c

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On remarque que l’augmentation de G a entraîné une augmentation de la


production dans une proportion plus importante.

- On suppose que l’Etat augmente à la fois les dépenses gouvernementales


et les recettes fiscales (dG  0, dT  0) .

On suppose que la fonction de l’impôt a pour équation : T  tY  T0

t : taux d’imposition ou la propension marginale à imposer.

TO : l’impôt autonome.

Y  C (Yd )  I  G
Y  cYd  C0  I  G
Y  c (Y  T )  C0  I  G
Y  c (Y  (tY  To )  Co  I  G
dY  c(dY  (tdY  dTo )  dCo  dI  dG
dY  c(dY  tdY )  dG
dY  cdy  ctdY  dG
dY (1  c(1  t ))  dG
dY 1

dG 1  c (1  t )

On constate que l’effet de l’augmentation des dépenses publiques (G) financées


par les impôts sur le revenu national (Y) dépend de deux paramètres la
propension marginale à consommer (c) et le taux d’imposition (t).

- On suppose à cette fois ci que l’Etat augmente les dépenses publiques du


même montant que les recettes fiscales ( (dG  dT ) : théorème du budget
équilibré ou théorème de Havelmoo.

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Y  C (Yd )  I  G
Y  cYd  C0  I  G
Y  c(Y  T )  C0  I  G
dY  c (dY  dT )  dCo  dI  dG
dY  c (dY  dG )  dG
dY  cdY  dG  cdG
dY (1  c)  dG (1  c)
dY (1  c)
 1
dG (1  c)
On remarque le revenu national (Y) varie du même montant que les dépenses
publiques lorsque (dG  dT ) .

Exemple de l’effet d’une augmentation des dépenses gouvernementales de 1000dh avec


une Pmc = O,8 et une consommation autonome nulle.

Effets d’une hausse des dépenses gouvernementales de 1000dh

Supplément de G Supplément de Y (PIB) Supplément de Supplément de


revenus consommation

C= 0,8 Y

Départ 1000 1000 1000 800

Etape 1 0 800 800 640

Etape 2 0 640 640 512

Etape 3 0 512 512 409,6

Etape 4 0 409,6 409,6 327,68

Etape 5 0 327,68 327,68 262,14

Etape 6 0 262,14 262,14 209,71

Etape 7 0 209,71 209,71 167,76

Etape 8 0 167,76 167,76 134,21

Etape 9 0 134,21 134,21 107,37

… … … … …

Total 1000 5000 5000 4000

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Exemple de l’effet d’une augmentation des dépenses gouvernementales de 1000dh avec


une économie d’impôts (Pmc = O,8, une consommation autonome nulle, imposition
proportionnelle avec t = 0,2).

Effets d’une hausse des dépenses gouvernementales de 1000dh avec une économie d’impôts

Supplément Supplément Supplément Supplément Supplément Supplément de


de G de Y (PIB) de revenus d’impôt de revenu consommation
disponible

T=0,2Y RD= Y - T C = 0,8 RD C= 0,64 Y

Départ 1000 1000 1000 200 800 640 640

Etape 1 0 640 640 128 512 409,6 409,6

Etape 2 0 409,6 409,6 81,92 327,68 262,14 262,14

Etape 3 0 262,14 262,14 52,42 262,14 209,71 209,71

Etape 4 0 209,71 209,71 41,94 167,76 134,21 134,21

Etape 5 0 134,21 134,21 26,84 107,37 85,89 85,89

Etape 6 0 85,89 85,89 17,18 68,71 54,96 54,96

Etape 7 0 54,96 54,96 10,99 43 ,97 35,17 35,17

Etape 8 0 35,17 35,17 7,03 28,14 22,51 22,51

Etape 9 0 22,51 22,51 4,5 18,01 14,41 14,41

… … … … … … … …

Total 1000 2777 ,8 2777,8 555,56 2222,24 1777,79 1777,79

b. Le multiplicateur fiscal

On suppose que l’Etat stimule la demande globale par le fait d’accorder des
avantages fiscaux aux entreprises (dT  o) .

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Y  C (Yd )  I  G
Y  c(Y  T )  I  G
dY  cdY  cdT
A l’équilibre dY  cdY  cdT
dY (1  c)  cdT
dY c

dT 1  c

On remarque que si l’Etat subventionne les investissements des entreprises par


une aide fiscale, le revenu national augmente du montant de la variation des
c
recettes fiscales fois le multiplicateur fiscal ( ).
1 c

Exemple des effets d’une diminution des impôts forfaitaires de 1000dh sur l’activité
économique :

Effets d’une baisse des impôts de 1000dh

Baisse des impôts (T) Supplément de revenu Supplément de Supplément du PIB


disponible consommation

C = 0,8 RD

Départ 1000 1000 800 800

Etape 1 0 800 640 640

Etape 2 0 640 409,6 409,6

Etape 3 0 512 262,14 262,14

Etape 4 0 409,6 209,71 209,71

Etape 5 0 327,68 134,21 134,21

Etape 6 0 262,14 85,89 85,89

Etape 7 0 209,71 54,96 54,96

Etape 8 0 167,76 35,17 35,17

Etape 9 0 134,21 22,51 22,51

… … … … …

Total 1000 5000 4000 4000

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Exercices du chapitre 3 :

Exercice n°1 :

Soit une économie fermée décrite par les relations suivantes :

C = 0,75Yd +15 Yd = Y – T T = 0,20Y I = 90 G = 55

1- définir et calculer la propension moyenne à consommer.

2- définir et calculer la propension marginale à consommer.

3- calculer la valeur du revenu national à l’équilibre

4- sachant que le plein emploi est obtenu pour un revenu égal à 480, l’Etat décide
d’augmenter les dépenses publiques de 40.

a- déterminer les effets de cette politique sur le revenu national.

b- représenter graphiquement la situation d’équilibre

Exercice n°2 :

On donne les équations suivantes :

(1) Y = C + I (2) C = 2/3 Y + 2 (3) I = 1

1-déterminer les valeurs de Y et C à l’équilibre.

2- représenter graphiquement ces fonctions, ainsi que la fonction d’épargne.

3- on suppose une augmentation exogène de l’investissement de 1.

a- Calculer le multiplicateur de l’investissement

b- En déduire les valeurs à l’équilibre de Y et C.

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4-partant de la situation initiale (du début de l’exercice), on introduit l’Etat, qui


dépense G et qui prélève des impôts proportionnels au revenu :

T = 1/3 Y.
a- Calculer le multiplicateur des dépenses publiques
b- Calculer l’accroissement de G requis pour faire passer le revenu
d’équilibre à 10.

Exercice n°3.

Soit une économie fermée caractérisée par :

- La propension marginale à consommer = 0,8.


- La consommation incompressible = 100.
- L’investissement exogène = 200.
- L’impôt est proportionnel au revenu : T = 0,25 Y.

1- calculer la valeur du revenu national telle que le budget de l’Etat soit équilibré.
En déduire les valeurs T, G, Yd et C.

2- calculer le multiplicateur des dépenses publiques. En déduire le multiplicateur


de l’investissement.

3- on suppose un doublement exogène des dépenses publiques. Calculer les


nouvelles valeurs d’équilibre.

4- on suppose que la situation du début de l’exercice est celle de la période zéro


et que la consommation C d’une période dépend du revenu Y de la période
précédente. De plus, à la période 1, G a doublé par rapport à la période zéro et
demeure par la suite au niveau de la période 1.

a- calculer l’accroissement de Y entraîné par cette hausse de G.

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b- calculer les accroissements de Y au cours des cinq premières périodes.

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