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UNIVERSITE CADI AYYAD ‫جامعة القاضي عياض‬

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Faculté des Sciences Juridiques, ‫كلية العلوم القانونية‬
Économiques et Sociales ‫واالقتصادية واالجتماعية‬
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Marrakech - Maroc ‫ المغرب‬- ‫مراكش‬

Module : Comptabilité générale I

Filière : Économie et Gestion

Semestre : 1

Groupe : 1

Pr. Abdelfattah JAMAL

Année universitaire : 2020-2021


PLAN

INTRODUCTION GÉNÉRALE

CHAPITRE INTRODUCTIF

CHAPITRE I : LE COMPTE

CHAPITRE II : LE CADRE COMPTABLE ET LE

PLAN DES COMPTES

CHAPITRE III : LE SYSTÈME CLASSIQUE

CHAPITRE IV : LES ÉTATS DE SYNTHÈSE

CHAPITRE V : LA FACTURATION

CHAPITRE VI : LES EMBALLAGES

CHAPITRE VII : LES EFFETS DE COMMERCE


Introduction générale FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

INTRODUCTION GENERALE

Toute entreprise a pour but la vente de biens et de services lui permettant d’en tirer un revenu.
La réalisation de cet objectif nécessite, au préalable, des consommations de facteurs de
production (capital, travail). L’activité de l’entreprise consiste, donc, à réunir ces facteurs, à les
remettre en œuvre et écouler la production obtenue.

Pour ce faire, il s’établit nécessairement, pour une entreprise donnée, des relations avec d’autres
entreprises du même secteur ou d’un autre mais aussi avec des agents autres que les entreprises.
L’activité de cette entreprise se traduit, donc, par des échanges avec l’extérieur et par des
opérations internes à l’entreprise elle-même. Il en remettre des modifications de son patrimoine
qu’il importe de suivre et d’analyser. Cette tâche ne peut être accomplie que par la
comptabilité.

La comptabilité (mot qui vient du verbe compter) est une technique d’enregistrement de toutes
les opérations effectuées par l’entreprise, au cours d’une période déterminée appelée exercice
comptable. Elle permet de retracer chronologiquement et méthodologiquement les
changements apportés aux biens, créances et dettes de l’entreprise.

Elle a pour rôle :


 La collecte des informations ;
 L’enregistrement des informations ;
 Le traitement et l’analyse des informations ;
 La prévision, la prise de décision adéquate et le contrôle.

On distingue plusieurs types de comptabilité :

1. La comptabilité analytique qui a pour fonction la détermination des coûts, le calcul de prix
de revient, la détermination des prix de vente et enfin contrôle la rentabilité ;

2. La comptabilité budgétaire (dite aussi prévisionnelle) qui a pour fonction la détermination


d’un résultat prévisionnel pour une période définie ;

3. La comptabilité des sociétés qui s’intéresse à l’enregistrement des opérations de


constitution, de modification de capital, de répartition des bénéfices et de liquidation ;

4. La comptabilité générale (objet de notre cours) a pour fonction :


 L’enregistrement journalier des opérations de l’entreprise ;
 Et la détermination du résultat final.

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Chapitre introductif FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE INTRODUCTIF
I – Définition et rôles de la comptabilité générale

A - Définition
La comptabilité générale est un système d’organisation de l’information financière permettant
de saisir, classer, enregistrer des données de base chiffrées et de fournir, après traitement
approprié, un ensemble d’informations destinées aux différents utilisateurs.

B – Utilité de la comptabilité générale


La comptabilité est une technique et un outil indispensable et utile à tout agent économique :
consommateurs, entreprises, état, administrations, banques…

 Pour les chefs d’entreprises, elle aide à :


 Connaître la situation financière ;
 Orienter ses choix et ses décisions ;
 Mieux gérer ;
 Faire des projections et des prévisions dans le temps.

 Pour l’Etat
Les pouvoirs publics peuvent trouver dans la comptabilité de l’entreprise :
 Un ensemble d’informations nécessaires pour les statistiques macro-économiques ;
 Les éléments de calcul des sommes qui sont dues au trésor de l’état au titre des impôts et
taxes à régler ;
 C’est un outil de jugement par les tribunaux de commerce et d’instance, aux cours
d’appel.

 Pour les partenaires de l’entreprise


 Les employés cherchent à justifier un accroissement de leur revenu ;
 Les associés tendent d’y découvrir l’évolution future des valeurs de leurs titres ;
 Les créanciers de l’entreprise peuvent savoir la situation exacte de l’entreprise et sa
capacité de rembourser les dettes ;
 Les banquiers trouvent la possibilité de déterminer le niveau de crédit.

C- Caractère obligatoire de la comptabilité générale

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Chapitre introductif FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
La tenue de la comptabilité générale constitue une obligation légale pour toute entreprise, quelle que
soit sa nature juridique, sa taille ou son secteur d’activité. La loi n° 9-88 stipule : toute personne physique
ou morale ayant la qualité de commerçant (au sens du code de commerce) est tenue de tenir une
comptabilité qui doive satisfaire les conditions fondamentales suivantes :

 Tenir la comptabilité en monnaie nationale ;


 Employer la technique de la partie double.

II – Les opérations de l’entreprise : les flux

La vie économique de l’E/se est faite de multiples opérations que nous pouvons classer en :
 Opérations d’investissement-financement
 Opérations d’exploitation

A- Les opérations d’investissement-financement


Pour réaliser ses objectifs économiques, une entreprise doit acquérir des biens d’équipement
durables (Terrains, constructions, matériels…). On appelle investissement l’acquisition de ces
biens. On désigne par immobilisation ces biens d’équipement. Les opérations d’investissement
ou acquisition d’immobilisation sont généralement financées soit par:
Les capitaux propres à l’entreprise: le capital ;
Les dettes envers des prêteurs qu’on désigne par le nom de dettes de financement.

B- Les opérations d’exploitation


Ces opérations concernent l’achat de marchandises, de matières premières, les ventes de
marchandises ou de biens produits, les règlements d’une dette, les paiements des salaires. Elles
sont liées à un seul cycle d’exploitation.

C- Des opérations aux flux


En vue de leur analyse comptable, les opérations d’investissement financement et les opérations
d’exploitation doivent être étudiées de façon détaillée, par une décomposition en flux
élémentaires :
 Flux « externes », réel ou financiers, reliant l’entreprise et ses partenaires économiques ;
 Flux « internes », constatés au sein de l’entreprise, dans le cadre de son analyse et de son
calcul économique.

Cette analyse des opérations en termes de flux rend nécessaire une définition précise de ceux-
ci : les flux économiques sont des mouvements de valeurs homogènes : observés entre deux

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Chapitre introductif FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
agents économiques, appelé « flux externe » ou au sein de l’activité d’un même agent, appelé
« flux interne ».

Flux externes

Entreprise A Entreprise B

Flux internes

Atelier 1 Atelier 2

D- L’entreprise centre, centre d’échange de flux externes

 Principe
La majorité des opérations effectuées par l’entreprise avec les autres agents ont un
caractère bilatéral, elles procèdent de l’échange. L’exemple type est l’achat/vente d’un
payé au comptant :

Bien

Client Entreprise

Monnaie 1000 Dh

Le schéma ci-dessous représente une analyse de l’opération valable pour chacun des deux
agents, l’entreprise et le client.

Le client acquiert le bien à l’aide des fonds remis à l’entreprise (1000 Dh) en d’autres termes,
les 1000 Dh remis représentent le moyen d’obtenir le bien (emplois de fonds).

L’entreprise vend le bien et obtient en contrepartie les 1000 Dh représentent la valeur


monétaire du bien vendu.

On appelle EMPLOI la valeur obtenue par chaque agent en échange de la RESSOURCE qu’il
a fournie.
Pour le client Pour l’entreprise
Emploi : bien Emploi : Liquidité
Ressource :liquidés Ressource : Bien

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Chapitre introductif FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
Ces termes de Ressources et d’Emplois sont utilisés dans un sens bien précis :
 Ressource, au sens de sources de valeur ;
 Emploi, au sens d’emploi de valeur.

 Les types de flux externes


On distingue trois types de flux externes : les flux réels, les flux quasi-réels et les flux
financiers.
a- Les flux réels : ils portent des biens et des services vendus par l’entreprise,
 Pour le vendeur, ces flux constituent une ressource de vente (flux sortant de l’E/se)
 Pour l’acheteur, ils sont des emplois en achats de marchandises, ou de matières
(opération d’exploitation), ou en investissements (matériels et équipements). Ce sont
des flux entrant dans l’E/se.

b- Les flux quasi-réels


Ils portent sur des prestations fournies par les agents économiques autres que les
entreprises industrielles et commerciales. On peut les décomposer en flux de travail, flux
de prestations financières, et flux de prestations publiques.
 Fux de travail dont la contrepartie est représentée par le montant des salaires zr
charges sociales versés par l’E/se à son personnel.
Travail

Entreprise Personnel

Salaires
 Flux des prestations financières dont la contrepartie est représentée par les
intérêts à payer aux établissements bancaires.
Services

Entreprise Banque

Intérêts

 Flux de prestations publiques dont la mesure (indice) est le total des impôts à
payer
Impôts

Entreprise Etat

Services
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Chapitre introductif FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
c- Les flux financiers
Les flux financiers se décomposent en :
 Flux de monnaie et de quasi-monnaie (chèque) ;

 Flux de créances-dettes dont il convient d’analyser la nature spécifique : la majorité


des opérations économiques ne se dénouent pas par un paiement immédiat
(comptant), mais le plus souvent par un paiement différé (opération dite à
« crédit »).
Il résulte de ce décalage un lien de droit entre le vendeur et l’acheteur :
 Le vendeur possède une créance sur l’acheteur ;
 L’acheteur a une dette envers le vendeur.

Bien B

Entreprise (acheteur) Entreprise (vendeur)

Créances / dettes

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Chapitre I FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE I : LE COMPTE

I – Notion de compte
Un compte, par convention, est un tableau, qui retrace l’évolution historique des éléments de
l’entreprise.
Il est divisé en deux parties :
 La partie gauche réservée aux emplois, s’appelle Débit
 La partie droite réservée aux ressources, s’appelle Crédit
 La différence entre le total du débit et le total du crédit s’appelle le solde
 Si le total du débit est supérieur au total du crédit, le solde est débiteur
 Si le total du crédit est supérieur au total du débit, le solde est créditeur
 Si le total du débit est égal au total du crédit, le solde est nul

II – Présentation du compte
Il existe plusieurs façons de tenir un compte mais quel que soit la présentation, le compte doit
contenir les informations suivantes :
 La date de l’opération
 Le libellé de l’opération
 Le montant imputé
 Le solde

Nous distinguons trois présentations du compte :

 Compte à colonnes séparées


 Comptes à colonnes mariées
 Compte schématique (en T)

A- Compte à colonnes séparées

C’est un compte dont la colonne « Débit » située à gauche, est séparée de la colonne « crédit »
qui est située à droite.

Numéro et intitulé du compte


Débit Crédit
Dates libellés Débit Dates Libellés Crédit
Indiquer les Indiquer les
Date de Date de
Définir montants Définir montants
l’opération l’opération
l’opération inscrits au l’opération inscrits au
débit crédit
Total du débit Total du crédit
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Chapitre I FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

B- Compte à colonnes regroupées ou mariées

C’est un compte dont la colonne « Débit » est située à côté de la colonne « crédit »

Numéro et intitulé du compte


Mouvements Soldes
Dates Libellés
Débit Crédit Débiteurs Créditeurs
Débit  Crédit Débit  Crédit
Solde débiteur Solde créditeur
Totaux

C- Compte schématique

Pour des raisons de simplicité et de commodité au niveau des exercices de comptabilité, on


utilise le tracé schématique sous forme de T

Débit N° et intitulé du compte Crédit

Vocabulaires liés au compte

 Débiter un compte : c’est porter une somme à son débit ;


 Créditer un compte : c’est porter une somme à son crédit ;
 Le libellé enregistre la pièce justificative de l’opération ou la nature de celle-ci
(ex : n° de la facture…) ;
 L’inscription d’une somme au débit ou au crédit d’un compte est appelé :
Imputation ;
 Le solde d’un compte est la différence entre le total de ses débits et le total de
ses crédits. Trois cas peuvent se présenter :

 Si le total débit > au total crédit : solde Débiteur


 Si le total débit < au total crédit : solde Créditeur
 Si le total débit = au total crédit : solde Nul

III – Le principe de la partie double

Selon le principe de la partie double, chaque opération nécessite au moins deux comptes, cela
se traduit par une double écriture qui inscrit le même montant dans les deux parties qui sont
affectées simultanément.

Grâce à cette double inscription non seulement la valeur de l’opération est inscrite en
comptabilité, mais aussi sa nature, ses causes et ses effets.

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Chapitre I FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Exemple 1 : soit une opération dont le montant est de 2000.00, cette opération concerne deux
comptes quelconques A et B

Débit Compte A Crédit Débit Compte B Crédit

2000.00 2000.00

Débit = Crédit
Le principe de la partie double est respecté

Exemple 2 : soit une opération dont le montant est de 2000.00, cette opération concerne trois
comptes quelconques A, B et C

Débit Compte A Crédit Débit Compte B Crédit Débit Compte C Crédit


2000.00 1000.00 1000.00

A = B+ C
Le principe de la partie double est respecté

III –Fonctionnement des comptes


La comptabilité générale utilise plusieurs types de comptes répartis comme suit

Le bilan Le CPC
Les comptes Les comptes Les comptes de Les comptes de
d’actif de passif charges produits

Ces différents comptes sont mouvementés suivant le principe ci-après :

- Pour les comptes du bilan

Les comptes d’Actif Les comptes du Passif


E R E R
Débit (+) Crédit (-) Débit (-) Crédit (+)

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Chapitre I FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

- Pour les comptes du CPC

Les comptes de charges Les comptes de produits


E R E R
Débit (+) Crédit (-) Débit (-) Crédit (+)

Exemple 1:
Le 01/04 : achat de marchandises à 30 000 dhs, réglée en espèces

On constate que :
 Le compte achat de marchandises a augmenté donc il sera débité
 Le compte caisse a diminué donc il sera crédité

(+) (-)
D Achats de M/ses C D Caisse C
30 000 30 000

Exemple 2:
Le 02/04 : versement de 50 000 dhs d’espèces à la banque
On constate que :
 Le compte banque a augmenté donc il sera débité
 Le compte caisse a diminué donc il sera crédité

(+) (-)
D Banque C D Caisse C
50 000 50 000

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Chapitre II FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE II : LE CADRE COMPTABLE ET LE PLAN DES


COMPTES

Le plan des comptes permet de normaliser la comptabilité de l’entreprise. Il est le plus souvent
dressé à partir du plan des comptes du PCM.

I- La codification décimale des comptes


Le PCM classe les comptes de l’entreprise en utilisant la codification décimale. Les
opérations de l’entreprise sont notées, en ce qui concerne.
 Le bilan, dans les classes 1à 5
 Classe 1 : Comptes de financement permanent
 Classe 2 : Comptes d’actifs immobilisés
 Classe 3 : Comptes d’actif circulant (hors trésorerie)
 Classe 4 : Comptes de passif circulant (hors trésorerie)
 Classe 5 : Comptes de trésorerie.

 Le CPC, dans les classes 6 à 8


 Classe 6 : Comptes de charges
 Classe 7 : Comptes de produits
 Classe 8 : Comptes de résultats

 L’analyse des charges et des produits


 Classe 9 : Comptes analytiques

 L’information pour les opérations particulières


 Classe 0 : Comptes spéciaux
1. Définition

Le plan comptable général des entreprises PCGE présente la liste des comptes à utiliser par les
entreprises ainsi que leurs règles de fonctionnement.

Par ailleurs, l’ensemble des comptes sont présentés en deux modèles :


 Le modèle normal : de droit commun prévu pour les moyennes et grandes entreprises
dont le CA 7,5 millions DH.
 Le modèle simplifié : prévu pour les entreprises de petite taille dont le CA  7,5
millions DH.
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Chapitre II FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

2. Codification

Le classement des comptes est fait selon une codification décimale, un compte comporte au
moins 4 chiffres :

 Le 1er chiffre permet d’identifier la classe


 Le 2ème chiffre permet d’identifier la rubrique
 Le 3ème chiffre permet d’identifier le poste
 Le 4ème chiffre permet d’identifier le compte lui même
 Le 5ème compte permet d’identifier le sous-compte ou compte divisionnaire
Tableau de codification
Niveau Objet Code d’identification Elément concerné
er
1. Classe/ Masse Le 1 chiffre indique la classe
12 Rubrique Les 2 1ers chiffres indiquent la rubrique
123 Poste Les 3 1ers chiffres indiquent le poste
1234 Compte Les 4 1ers chiffres indiquent le compte
12345 Sous- compte Les 5 1ers chiffres indiquent le sous-compte

3. Exemple
Le compte : 2331 Installation techniques, dans ce compte :
2 : Le premier chiffre représente la classe : C’est la classe 2 (Actif immobilisé).
23 : Les deux premiers chiffres représentent la rubrique : C’est la rubrique23 (Immobilisations
corporelles).
233 : Les trois premiers chiffres représentent le poste : C’est le poste 233 (Installations
techniques, matériel et outillage).
2331 : Les quatre premiers chiffres permettent d’identifier le compte lui-même : C’est le
compte 2331 « installation techniques ».

II- Principes de la comptabilité générale


Chaque entreprise doit établir des états de synthèse qui donnent une image fidèle de son
patrimoine, de sa situation financière et de son résultat, pour obtenir cette image fidèle, elle doit
respecter un certain nombre de principes fondamentaux qui sont la base d’une comptabilité
normalisée et unifiée.

Ces principes fondamentaux sont au nombre de sept :

 Continuité d’exploitation : l’entreprise est présumée établir ses états de synthèse dans
la perspective d’une poursuite normale de ses activités ;

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Chapitre II FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

 Permanence des méthodes : l’entreprise est censée établir ses états de synthèse en
appliquant les mêmes méthodes et les mêmes règles de présentation d’un exercice à
l’autre ;

 Coût historique : les éléments d’actif du bilan doivent être gardés à leur valeur
d’entrée, laquelle valeur doit rester intangible quelle que soit la valeur actuelle de l’élément
considéré ;

 Spécialisation des exercices : selon lequel les charges et les produits doivent rattachés
à l’exercice qui les concernent effectivement et à celui la seulement ;

 Prudence : en vertu de ce principe, les produits ne sont pris en compte que s’ils sont
définitivement acquis à l’entreprise, quant aux charges, elles sont comptabilisées dès lors
qu’elles sont probables ;

 Clarté : les opérations et les informations doivent être inscrites dans les comptes sans
compensation entre elles ;

 Importance significative : est significative toute information susceptible d’influencer


l’opinion que les lecteurs des états de synthèse peuvent avoir sur le patrimoine, la situation
financière et les résultats de l’entreprise.

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Chapitre III FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE III : LE SYSTÈME CLASSIQUE


I- Présentation du système classique
Pratiquement, le système classique d’enregistrement comptable se déroule selon le schéma suivant :

Schéma d’organisation du système classique

1- Pièces comptables

Travaux
2- Journal quotidiens

3- Grand livre

4- Balance
Travaux
mensuels

Bilan
CPC Travaux
ETIC de fin
d’exercice

Il se déroule généralement, en 5 étapes :

Etape n° 1 : Les documents de base (factures, talons de chèques, avis bancaire, reçus, pièces
de caisse, etc.) sont classés, référencés et conservés pour contrôle, voire pour preuve. Ils
constituent les pièces justificatives de la comptabilité. Ces pièces doivent être garder par
l’entreprise pour une période de 10 ans à compter de leurs dates.

Etape n° 2 : Cette phase permet à la fois :


 L’analyse des flux en débits et en crédits ;
 L’enregistrement chronologique des opérations. Cet enregistrement se fait dans
un livre comptable obligatoire : le journal
Le journal doit être numéroté (pages), daté, et paraphé par le greffier du tribunal de commerce,
selon l’ordre chronologique et sans ratures ni blanc.
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Chapitre III FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Etape n° 3 : Elle consiste à reporter les écritures du journal sur le grand livre, où sont
regroupés, d’une façon schématique, les comptes inscrits au journal selon l’ordre du plan
comptable. L’établissement du grand livre est aussi obligatoire.

Etape n° 4 : Le regroupement des comptes du grand livre, le plus souvent chaque mois, en un
seul tableau récapitulatif appelé balance, le but est de contrôler périodiquement les comptes,

Etape n° 5 : L’établissement des états de synthèse : Le Bilan, le CPC et l’ETIC sur la base
de la balance.

II- Les supports comptables

1. Le journal
Il s’agit d’un registre dont la tenue est obligatoire, et dans lequel les opérations sont enregistrées
au jour le jour. Il se présente sous la forme suivante :

Date de l’opération
ex :(12/11/2007)
N° du Intitulé du compte Somme débitée
compte débité (ex : 5000,00)
débité (ex : banque)
(ex : 5141) Intitulé du compte Somme créditée
N° du crédité (ex : 5000,00)
compte (ex : ventes de
crédité marchandises)
(ex : 7111)
Libellé de l’opération (ex : facture n°A25)

Total à reporter dans la page suivante ………… ……........

Chaque « article » du journal correspond à une opération.


Le libellé fournit une explication de l’opération et les références du document de base (N° de
la facture, N° du chèque …).

A la fin de chaque page du journal on procède à la totalisation des sommes inscrites au débit et
au crédit. Cette totalisation permet de s’assurer que :

Total des débits = Total des crédits

Le total inscrit à la fin d’une page est reporté au début de la page suivante ;
Ainsi l’analyse opérée dans le journal permet l’enregistrement chronologique des opérations,
mais aussi le contrôle des enregistrements avant même l’inscription dans les comptes.

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Chapitre III FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

2. Le grand livre
C’est un document dont la tenue est aussi obligatoire en vertu de la loi. Le grand livre regroupe
l’ensemble des comptes de l’entreprise, il est établi par report des écritures du journal.

Ainsi, si le journal enregistre les opérations par ordre chronologique, dans le grand livre ces
opérations sont regroupées dans les comptes. Chaque compte enregistre l’ensemble des
mouvements qui l’ont concerné au cours de la période.

Le grand livre sert de base à l’établissement de la balance.

3. La balance
La balance est une liste générale de tous les comptes. La balance n’est pas obligatoire, elle
revêt, toutefois, une grande importance car elle permet de vérifier si les enregistrements ont été
fait correctement, et ce par la vérification des deux égalités :
Σ Débits = Σ Crédits
Σ Soldes débiteurs = Σ Soldes créditeurs
La balance se présente comme suit :

Noms Solde de début de Mouvement de la Soldes de fin de


N° des
des période période période
compte
compte Débiteur Créditeur Débiteur Créditeur Débiteur Créditeur
s
s s s s s s s

Totaux T1 T2 T3 T4 T5 T6
Pour contrôler, il faut s’assurer des égalités suivantes : T1=T2 ; T3=T4 et T5=T6.

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Chapitre IV FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE IV : LES ÉTATS DE SYNTHESE

Les états de synthèse sont des documents qui doivent être produits par l’entreprise et qui doivent
respecter des normes légales. Ces documents sont le bilan, CPC, ESG, TF et ETIC. Les
entreprises réalisant un CA  7,5 Millions DH doivent élaborer seulement le Bilan et le CPC.
I- Le Bilan
1. Définition du bilan
Le bilan est un document comptable que chaque entreprise doit produire au moins une fois par
an, il doit obéir à des normes de présentation légales.

Le bilan fait le point sur la situation du patrimoine de l’entreprise à un moment donné, il résume
ce que possède l’entreprise et ce qui constitue l’origine de ce qu’elle possède.

Le bilan se présente sous forme d’un tableau divisé en deux parties :


 La partie droite représente les ressources de financement de l’entreprise et dite Passif
 La partie gauche représente les emplois des ressources (utilisations des fonds) et dite Actif
BILAN au 31/12/N
Actif du Bilan (emplois) Passif du Bilan (ressources/ origines)
Ensemble des biens que l’entreprise Origine de financement des biens figurant à
possède l’actif

Le Bilan décrit de deux façons différentes les mêmes richesses càd que les richesses qui se
trouvent au Passif sont représentées autrement dans l’actif d’où l’égalité : Actif = Passif

2. Présentation du bilan
Les entreprises sont tenues à respecter une présentation normalisée du bilan qui s’inspire du
code général de la normalisation comptable (C.G.N.C).
Le bilan est composé ainsi des éléments suivants :

Actif Montants Passif Montants


Financement
Actif immobilisé
permanent
Actif circulant hors Passif circulant hors
trésorerie trésorerie
Trésorerie d’actif Trésorerie du passif

a) Le Passif

Il est subdivisé en 3 grandes masses


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Chapitre IV FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

 Le financement permanent
 Le Passif circulant hors trésorerie
 La Trésorerie du Passif

 Le financement permanent

Il Comprend les sommes qui appartiennent au propriétaire de l’entreprise : ce sont les capitaux
propres (Apport/capital) et les sommes correspondant à des dettes à plus d’un an (Emprunt,
fournisseurs d’immobilisations…) ce sont des dettes de financement. Il comprend toutes les
ressources qui sont durable à la disposition de l’entreprise

Le passif circulant hors trésorerie

Il comprend les sommes dues à des tiers (personnes extérieures de l’entreprise et qui ont des
relations avec elle), créanciers de l’entreprise lorsque ces dettes sont nées à intervalle moins
d’un an : ce sont des dettes du passif circulant hors trésorerie (dettes fournisseurs, fournisseurs
effet à payer, créditeurs divers…).

La trésorerie - passif


Elle concerne les sommes dues à des banques (banques solde créditeur).
b) L’actif
Il est subdivisé en 3 grandes masses
 L’actif immobilisé
 L’actif circulant hors trésorerie
 La trésorerie –actif.

L’actif immobilisé
Il comprend l’ensemble des biens et des droits qui ont pour vocation de rester durablement dans
l’entreprise, il est subdivisé en :
 Immobilisations en non-valeur
 Immobilisations incorporelles
 Immobilisations corporelles
 Immobilisations financières

L’actif circulant hors trésorerie


Il comprend l’ensemble des biens et des droits qui ne sont pas destinés à rester durablement
dans l’entreprise c’est à dire ils ont une durée inférieure à une année, il se compose des stocks,
des créances de l’actif circulant, des titres et valeurs de placement.

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Chapitre IV FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

La Trésorerie – actif

Elle comprend les disponibilités et les liquidités de l’entreprise (avoir en banque, en CCP et les
espèces en caisse).
3. Variation du bilan (le résultat)

A la fin d’un exercice comptable (après plusieurs opérations faites par l’entreprise), le bilan fait
apparaître une différence entre le total actif et le total passif. Cette différence correspond à un
résultat réalisé par l’entreprise.
Résultat = Total Actif – Total Passif

Deux situations peuvent se présenter :

 Cas du résultat bénéficiaire

 Si Total Actif > Total Passif le résultat est un bénéfice


A enregistrer dans le bilan aux capitaux propres avec un signe (+)

 Cas du résultat déficitaire

 Si Total Passif > Total Actif le résultat est une perte


A enregistrer dans le bilan aux capitaux propres avec un signe (-)

II- Le compte de produits et de charges (CPC)


2.1 Définition du CPC

Le CPC est un état de synthèse qui regroupe tous les éléments ayant concouru à la
formation du résultat de l’entreprise : ce sont d’une part les différents biens et services
consommés pour les besoins de l’activité (charges) et d’autre part les produits de
l’entreprise.
- Les charges peuvent être considérées comme les dépenses supportées par une
entreprise pour son activité. Elles peuvent être directement liées à la nature d’activité
exercée, elles sont dites alors : charges d’exploitation (achats de marchandises,
salaires…), elles peuvent avoir un caractère financier (intérêts dus, …), elles peuvent
être non courantes (pénalités…).

- Les produits comprennent tous les revenus qui résultent de l’activité de l’entreprise.
Ils peuvent être liés à l’exercice normal de l’activité. Ils sont qualifiés alors de
produits d’exploitation (ventes de marchandises…), ils peuvent avoir un caractère
financier (intérêts reçus, …), ils peuvent être exceptionnels (prix de cession
d’immobilisations…).
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Chapitre IV FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

2.2 Structure générale du CPC

Les charges et les produits sont classés en trois catégories


 Les produits d’exploitation (71) : ils reflètent les gains réalisés dans le cadre de
l’activité économique de l’entreprise : exemple ventes de marchandises.
 Les charges d’exploitation (61) : elles reflètent les dépenses liées à l’activité de
l’économique de l’entreprise : Exemples : achats de matières premières et de
marchandises, salaires, cotisations sociales versées…
 Les produits financiers (73) : ils reflètent les gains réalisés grâce à l’activité de
financement de l’entreprise : Exemple : intérêts perçus sur les sommes placées.
 Les charges financières (63) : elles reflètent les dépenses liées à l’activité de
financement de l’entreprise : Exemple : intérêts payés sur l’argent emprunté.
 Les produits non courants (75) : ils reflètent les produits à caractère exceptionnel :
Exemple : vente d’une immobilisation.
 Les charges non courantes (65) : elles reflètent les dépenses impliquant des charges à
caractère exceptionnel : Exemple : pénalités.

La structure du CPC est donc sous la forme suivante :


N° Produits et charges Montants
I Produits d’exploitation

II Charges d’exploitation
III Résultat d’exploitation (I-II)
IV Produits financiers

V Charges financières
VI Résultat financier (IV-V)
VII Résultat courant (III+VI)
VIII Produits non courants

IX Charges non courantes


X Résultat non courant (VIII-IX)
XI Résultat avant impôts (VII+X)
XII Impôt sur le résultat
XIII Résultat net d’impôts (XI-XIII)

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE V : LA FACTURATION
Généralement, les opérations qui sont fréquemment réalisées par les entreprisses sont celles de
l’achat et de vente dans le cadre de son activité principale. Ces opérations d’achat/vente sont
concrétisées, dans la réalité, par des documents commerciaux, appelés : Factures.
Les factures donc, sont la base de l’enregistrement de ces opérations dans la comptabilité de
l’entreprise.
On distingue généralement deux types de factures :
 La facture « Doit » ;
 La facture « Avoir »

I- La facture « DOIT »

1. Présentation de la facture « Doit »

A. Définition

La facture est un document établi et adressé par le fournisseur au client lors de la vente des
biens ou des services. Elle constate les conditions de vente (quantité, prix unitaire, réductions,
référence…) ainsi que le montant total que le client doit payer au fournisseur.

B. Nécessité de la facture

La facture est obligatoire (article 37 relatif à la facturation de la loi sur la TVA) pour toutes les
opérations effectuées entre les entreprises. Elle constitue la preuve de l’opération d’achat ou de
vente entre vendeurs (fournisseurs) et acheteurs (client). Elle constitue également une source
d’informations dans la mesure où elle doit faire apparaître :
• Le nom, l’adresse et le numéro du registre de commerce du fournisseur (vendeur) ;
• Le nom et l’adresse du client (acheteur) ;
• La date de l’établissement de la facture ;
• Désignation de la nature de la marchandise ou service vendu ;
• La quantité, le prix unitaire et le montant net à payer ;
• Et éventuellement les réductions commerciales ou financières, la TVA et les frais de
transports quand ceux-ci existe.

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

C. Présentation

Société ………
Adresse ……….
Tel : …………
N° Patente : …………
N° Identification fiscale : …………

« Doit »

Entreprise ………
BP : ………………
CASABLANCA.

Facture N° 49, …….le : 02/02/2008


Prix
Référence Désignation Quantité Montant
unitaire
E-2014 Bureau E 2 2 450.00 4 900.00

KI-13 Table 6 chaises 4 1 990.00 7 960.00

Net à payer : 12 860.00

Arrêter la présente facture, à la somme de douze mille huit cents soixante dirhams.

Règlement à crédit dans 3 mois

2. Enregistrement comptable de la facture « doit »


A. Facture sans réductions ni majorations
a. Facture d’achat ou vente au comptant
 Exemple
Le 01/02/2008, l’E/se RACHDI a vendu des marchandises à son client NADIR au comptant
par chèque bancaire, Montant 12 000.00 Dhs, facture n°79.
TAF : Enregistrer cette facture chez le client et chez le fournisseur ?
 Enregistrement
Ecriture chez le client
6111 Achat de M/ses 12 000.00
Banques 12 000.00
5141 Facture n°79

22
Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Ecriture chez le fournisseur :


5141 Banques 12 000.00
7111 Ventes de M/ses 12 000.00
Facture n°79

b. Facture d’achat ou de vente à crédit


 Exemple
Le 03/02/2008, l’E/se KHALIDI a vendu des produits finis à son client Nassim d’un montant
de 4 200.00 Dhs. Cette facture (n° A14/08) est réglée dans 2 mois.
TAF : Enregistrer la facture chez le client et chez le fournisseur ?
 Enregistrement
Ecriture chez le client
6111 Achat de M/ses 4 200.00
Fournisseurs 4 200.00
4411 Facture n° A 14/08
Ecriture chez le fournisseur :
3421 Clients 4 200.00
7111 Ventes produits finis 4 200.00
Facture n° A 14/08

B. Facture avec réductions


Les factures qui constatent les opérations d’achats et de ventes peuvent comporter des
réductions de prix. Ces réductions sont de deux types : A caractère commercial et à caractère
financier.
a. Les réductions commerciales
 Définition.
Les réductions commerciales sont accordées par le fournisseur au client pour des raisons
commerciales. Elles sont au nombre de trois :
• Le rabais : C’est une réduction accordée par le fournisseur à son client sur le prix de vente
convenu pour tenir compte d’un défaut de qualité ou de la non-conformité des
marchandises livrées ou d’un retard de livraison.
• La remise : C’est une réduction accordée habituellement sur le prix de vente pour tenir
compte de l’importance de la vente, ou de la qualité du client.
• La ristourne : C’est une réduction accordée sur l’ensemble d’opérations réalisées avec le
même client pendant une période donnée.

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

 Exemples
Exemple n°1 : Le 15/01/2008, Jamal a adressé à son client Rachid la facture n°15, portant sur
une vente de 200 articles à 20 Dhs l’un. Il lui a accordé une remise de 10%.
TAF
1) Dresser la facture n° 15
2) Enregistrer la facture chez Jamal et chez Rachid

Correction
1) La facture n°15 :
JAMAL Le 15/01/2008
Doit
RACHID
Facture n°15
Désignation Montant
Montant brute (200 * 20) 4 000.00
Remise (4 000.00 * 10%) 4 00.00
Net Commercial (Net à payer) 3 600.00

2) Enregistrement comptable :

Ecriture chez RACHID

6111 Achat de M/ses 3 600.00


4411 Fournisseurs 3 600.00
Facture n° 15
Ecriture chez JAMAL :
3421 Clients 3 600.00
7111 Ventes de M/ses 3 600.00
Facture n°15

Exemple n°2 : Le 18/01/2008, la S/te ATLAS a vendu des produits à son client RACHADI.
La facture (n°85/08) compte un montant brut de 24 000.00 Dhs (960.00 * 25), une remise de
5% et 3%, et un rabais de 2%.
TAF
1) Dresser la facture n° n°85/08
2) Enregistrer la facture chez la S/té ATLAS

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Correction
1) Facture n° 85/08

ATLAS Le 18/01/2008
Doit
RACHADI
Facture n°85/08
Désignation Montant
Montant brut (960.00 * 25) 24 000.00
Remise (24 000.00 * 5%) 1 200.00
Net commercial 1 22 800.00
Remise 3% (22 800.00*3%) 684.00
Net commercial 2 22 116.00
Rabais (22 116.00*2%) 442.32
Net à payer (Net Commercial 3) 21 673.68

2) Comptabilisation :

3421 Clients 21 673.68

7121 Ventes de produits fabriqués 21 673.68


Facture n° 85/08

 Remarques
 Les réductions commerciales se calculent en cascade et toujours avant les réductions
financières.
 Les réductions commerciales accordées sur facture Doit ne sont jamais comptabilisées
et seul le Net commercial est pris en compte.
b. Les réductions financières : Escompte de règlement (ou escompte financier)
 Définition
C’est une réduction à caractère financier accordée par l’entreprise à ses clients pour règlement
au comptant ou anticipé, c’est-à-dire avant la date prévue.
 Exemple
Le 06/01/2008, ATLAS vend des M/ses au comptant en espèce au client Ahmed, MB :
3 200.00, remise 8%, escompte 2% (facture n°54).

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
TAF
1- Dresser la facture n° 54
2- Comptabiliser cette facture chez les deux parties
Correction
1- Facture n° 54
ATLAS Le 06/01/2008
Doit
Ahmed
Facture n° 54
Désignation Montant
Montant brut 3 200.00
Remise (3 200.00*8%) 256.00
Net commercial 2 944.00
Escompte (2 944.00*2%) 58.88

Net à payer (Net financier) 2 885.12

2- Comptabilisation :
Chez ATLAS
5161 Caisses 2 885.12
6386 Escompte accordé 58.88

7121 Ventes de M/ses 2 944.00


Facture n° 54
Chez Ahmed
6111 Achat de M/ses 2 944.00
5161 Caisses 2 885.12
7386 Escompte obtenu 58.88
Facture n° 54

C. Facture avec majorations


En plus des réductions commerciales et financières, la facture « doit » peut comporter aussi des
majorations. Il s’agit essentiellement de la Taxe sur la valeur Ajoutée (TVA) et éventuellement
les frais de transport (le port).
a. La Taxe sur la Valeur Ajoutée TVA
 Définition
Instituée au Maroc en 1985, la TVA est un impôt indirect qui frappe non pas les revenus, mais
les dépenses (la consommation). C’est le consommateur final qui supporte la TVA.

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

L’entreprise ne joue que le rôle d’intermédiaire entre lui et l’Etat, comme il le montre le
schéma ci-après :
TVA TVA
Le consommateur final L’entreprise L’Etat

 Base de calcul de la TVA

La TVA se calcule en appliquant le taux de la TVA sur le montant hors taxe (H.T) après les
réductions commerciales (sur le net commercial) ou financières (sur le net financier). On obtient
alors le prix toutes taxes comprises (TTC).
La TVA est une majoration, elle s’ajoute au prix de Marchandises.

 Taux de la TVA

Les taux de la TVA appliqués au Maroc sont

Taux Nature des produits


7 % (Taux super réduit) Eau, médicaments, fournitures scolaires, ……
10 % (Taux réduit) Tourisme, intérêts servis par la banque.
14 % (Taux intermédiaire) Transport, thé, café,….
20 % (Taux normal) Tous les autres produits ou services

 Exemple
Le 14/01/2008, l’E/se JAMALI a vendu de la marchandise à 1 400.00 Dhs. Elle a accordé une
remise de 10% à son client. Taux de la TVA 20%. Facture n° K12.
TAF : Dresser la facture n° K12 ?

Correction
Désignation Montant
Montant brut 1 400.00
Remise 10% (1 400.00 * 10%) 140.00
Net Commercial (Montant HT) 1 260.00
TVA 20% (1 260.00 * 20%) 252.00
Montant TTC (Net à payer) 1 512.00
Remarque
TTC = HT + TVA
Pour un taux de 20%

27
Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

TTC = Prix (HT) + Prix (HT) x 0,2


TTC = 1,2 HT
D’où : HT = TTC / 1,2
 Comptabilisation de la TVA
La TVA est supporté par le consommateur final, Elle ne constitue ni une charge, ni un produit
pour l’entreprise, elle est considérée alors comme :
 Une dette pour le fournisseur (vendeur) car il doit la verser à l’Etat, comptabilisé au
crédit du compte 4455 : Etat TVA facturée ;
 Une créance pour le client (acheteur) car il a le droit de la récupérer auprès de l’Etat,
comptabilisé au débit du compte 3455 Etat TVA Récupérable.
Remarque
Le compte 3455 Etat TVA récupérable est scindé en deux sous comptes :
 34551 Etat TVA récupérable sur immobilisation
 34552 Etat TVA récupérable sur charge

 Application
Le 22/01/2008, l’E/se JAMALI a reçu la facture n°422 auprès de son fournisseur ATLAS BOIS
contenant les éléments suivants :
Marchandises : 40 000.00 Dhs, remise 5%, escompte 3%, TVA 20%.
La facture est réglée au comptant par chèque bancaire.
TAF
1. Etablir la facture n° 422
2. Enregistrer cette facture chez l’E/se JAMALI et chez ALTAS BOIS
Correction
1. La facture n° 422
Désignation Montant
Montant brut 40 000.00
Remise 5% (40 000.00 * 5%) 2 000.00
Net Commercial (Montant HT) 38 000.00
Escompte 3% (38 000.00 * 3%) 1 140.00
Net financier HT 36 860.00
TVA 20% (36 860.00* 20%) 7 372
Montant TTC (Net à payer) 44 232.00

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
2. Comptabilisation
Chez LAMALI :
6111 Achat de M/ses 38 000.00
34552 Etat TVA récupérables/Charges 7 372.00
7386 Escomptes obtenus 1 140.00
5141 Banques 44 232.00
Facture n° 422

Chez ATLAS BOIS :

5141 Banques 44 232.00


6386 Escomptes accordés 1 140.00
4455 Etat TVA facturé 7 372.00
7111 Ventes de M/ses 38 000.00
Facture n° 422

b. Le transport
Les frais de transport sont engagés pour livrer la marchandise au client. Ils figurent sur la facture
« doit » uniquement lorsqu’ils sont à la charge du client. Ils constituent alors pour lui une
charge d’exploitation enregistrée dans le compte : 6142 transports ou précisément le sous
compte : 61425 : transport sur achat.

Transport

À la charge du fournisseur À la charge du client

Le transport ne figure pas sur la facture

Assuré par le client Assuré par le fournisseur

Le fournisseur fait appel à un Le fournisseur utilise ses


Le transport ne figure transporteur: propres moyens :
pas sur la facture
Port récupéré / débours Port forfaitaire

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

 Port forfaitaire (assuré par les moyens propres du fournisseur)


 Principe
La livraison de la marchandise est assurée par le fournisseur lui-même et par ses propres
moyens, mais elle est à la charge du client ;
Le fournisseur dans ce cas estime les frais de transport qu’il facture au client ;
De point de vue comptable, ses frais de transport sont considérés comme un élément de prix de
vente, ils sont enregistrés au crédit du compte : 7127 Ventes et produits accessoires ;
Ils sont taxés au même taux de TVA que les marchandises.
 Exemple
Le 01/02/2008, la Ste ATLAS a envoyé un lot de marchandise à son client ALI ;
Le 05/01/2008, Ali reçoit la facture n°12/08 de son fournisseur ATLAS mentionnant les
éléments suivants :
MB : 20 000.00 Dhs, remise 10%, port forfaitaire 800.00 Dhs, TVA 20%. Facture réglée dans
un mois.
TAF
1. Etablir la facture n° 12/08
2. Enregistrer cette facture
Correction
Désignation Montant
Montant brut 20 000.00
Remise 10% (20 000.00 * 10%) 2 000.00
Net Commercial (Montant HT) 18 000.00
Port forfaitaire 800.00
Montant HT 18 800.00
TVA 20% (18 800.00* 20%) 3 760.00
Montant TTC 22 560.00

Chez le fournisseur

3421 Clients 22 560.00


4455 Etat TVA facturé 3 760.00
7111 Ventes de M/ses 18 000.00
7127 Vente et Produis access. 800.00
Facture n° 12/08

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL
Chez le client

6111 Achat de M/ses 18 000.00


34552 Etat TVA récupérables/Charges 3 760.00
6142 Transport 800.00
4411 Fournisseurs 22 560.00
Facture n° 12/08

 Transport assuré par un tiers : Port débours ou récupéré


 Principe
Le port est payé dans un premier temps par le fournisseur à un tiers (transporteur CTM par
exemple) ;
Il est ensuite facturé au client au même temps que la marchandise ;
Le fournisseur joue alors le rôle d’intermédiaire entre le transporteur et le client ;
Le taux de la TVA sur ce transport est de 14%.
 Exemple
Le 15/01/2008, Fouad commerçant à Guélmim, a versé 684.00 Dhs en espèce à la Sté CARRE
pour le transport des produits finis envoyés à son client Jamal commerçant à Tan-Tan. Facture
n°12 ;
Le 18/01/2008, Fouad a envoyé à son client Jamal la facture n° B40 comportant : Produits finis
14 000.00 Dhs, remise 5%, TVA 20%, plus la facture n°12 de la Sté CARRE.
TAF
1. Dresser les factures n°12 et n° B40
2. Passer les écritures nécessaires chez le client et chez le fournisseur
Correction
Facture n° B40

Facture n°12
Désignation Montant
Désignation Montant MB 14 000.00
Frais transport 600.00 Remise 5% 700.00
TVA 14% 84.00 Net commercial 13 300.00
Montant TTC 684.00 TVA 20% 2 660.00
Montant TTC 15 960.00

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Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Enregistrement comptable

Chez le fournisseur
6142 Transport 600.00
34552 Etat TVA récupérables/Charges 84.00

5161 Caisses 6840.00


Facture n° 12

3421 Clients 16 644.00

4455 Etat TVA facturé 2 660.00


7121 Ventes de M/ses 13 300.00
6142 Transport 600.00
34552 Etat TVA récupérables/Ch 84.00

Facture n° B/40
Chez le client
Aucune écriture

6111 Achat de M/ses 13 300.00


34552 Etat TVA récupérables/Charges 2 744.00
6142 Transport 600.00

4411 Fournisseurs 16 644.00

Facture n° 12 et n° B40

II- La facture « AVOIR »

Une facture ordinaire (Doit) constate la créance du fournisseur (vendeur) sur le client
(l’acheteur), une facture Avoir constate, à l’inverse, une dette du fournisseur envers le client
pour les raisons suivantes :
 Un retour de marchandises ou de produits non conformes ou défectueux du client au
fournisseur ;
 Des réductions (commerciales ou financières) accordées par le fournisseur à son client
après la facturation initiale.

1. Retour de marchandises

A. Principe
Le retour de marchandises de l’acheteur au vendeur donne lieu à une diminution totale ou
partielle de la créance initiale du fournisseur sur le client.
32
Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Le retour de marchandises doit s’effectuer dans les mêmes conditions que la facture
Doit (réductions commerciales, financières, TVA) ;
Les retours sont comptabilisés en diminution des produits et des charges ; on annule l’écriture
initiale par contre passation aussi bien chez l’acheteur que chez le vendeur.

B. Exemple

Le 03/01/2008, La Sté NAIBA reçoit, de son fournisseur JILALI la facture n° 857 relative à un
achat de marchandises à crédit pour un montant brut de 25 000.00 Dhs. Remise 5%, escompte
1%, TVA 20%.
Le 22/01/2008, la société retourne la moitié des marchandises achetées après un constat de non-
conformité.
Le 24/01/2008, elle reçoit de son fournisseur l’avoir n° A24 correspondant.
TAF
1. Etablir les deux factures
2. Procéder à l’enregistrement des deux factures chez l’entreprise et son fournisseur

Correction

Facture Doit n° 857 Facture Avoir n° A 24


Désignation Montant Désignation Montant
MB 25 000.00 MB (25 000.00/2) 12 500.00
Remise 5% 1 250.00 Remise 5% 625.00
NC 23 750.00 NC 11 875.00
Escompte 1% 237.50 Escompte 1% 118.75
NF 23 512.5 NF 11 756.25
TVA 20% 4 702.5 TVA 20% 2 351.25
Net à payer 28 215.00 Net à votre crédit 14 107.50

Enregistrement comptable
Chez le fournisseur (JILALI)

3421 Clients 28 215.00


6386 Escomptes accordés 237.50
4455 Etat TVA facturé 4 702.50
7111 Ventes de M/ses 23 750.00
Facture n° 857
33
Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

7111 Ventes de M/ses 11 875.00


4455 Etat TVA facturée 2 351.25
3421 Clients
6386 Escomptes accordés 14 107.50
Avoir n° A24 118.75

Chez le client (Sté NAIBA)


6111 Achat de M/ses 23 750.00
34552 Etat TVA récupérables /Charges 4 702.50
4411 Fournisseurs 28 215.00
7386 Escomptes obtenus 237.50
Facture n° 857

4411 Fournisseurs 14 107.50


7386 Escomptes obtenus 118.75
6111 Achat de M/ses 11 875.00
34552 Etat, TVA récupérables sur charges 2 351.25
Avoir n° A24

2. Les réductions hors facture Doit


Les réductions commerciales ou financières sont parfois accordées au client après établissement de la
facture initiale. Elles font donc l’objet d’une facture Avoir.
A. Les réductions commerciales
a. Principe
Les réductions commerciales peuvent faire l’objet d’une facture Avoir dans le cas où elles sont
obtenues après la facture initiale ;
Ces réductions doivent être comptabilisées ;
Les réductions commerciales qui font l’objet de la facture Avoir sont considérées pour :
 Le fournisseur comme une diminution des produits inscrite au débit des comptes :
 7119 : RRR accordés par l’E/ses (pour les marchandises) ou
 7129 : RRR accordés par l’E/se (pour les produits finis ou services).
 Le client comme une diminution des charges inscrite au crédit des comptes :
 6119 RRR obtenus sur achat de M/ses ;
 6129 RRR obtenus sur achats consommés de MF.

b. Exemple

Le 01/02/2008, la société NAIBA reçoit de son fournisseur la facture Avoir n° A25 relative à
un rabais supplémentaire de 4% calculé sur le montant net des marchandises conservées.
TAF
1. Etablir la facture
2. Procéder à son enregistrement comptable
34
Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Correction

Désignation Montant
Montant net (23 750.00- 11 875.00)*4% 475.00
Escompte 1% (475.00 * 1%) 4.75
NF 470.25
TVA 20% 94.05
Net à votre crédit 564.30

Enregistrement comptable
Chez le fournisseur

7119 RRR accordés par l’E/se 475.00


4455 Etat, TVA facturée 94.05
3421 Clients 564.30
7386 Escomptes accordés 4.75
Facture n° A25
Chez le client :
4411 Fournisseurs 564.30
7386 Escomptes obtenus 4.75
6119 RRR obtenus sur Achat de M/ses 475.00
34552 Etat, TVA récupérables/ charges 94.05
Facture n° A25

B. Les réductions financières

a. Principe

L’escompte faisant l’objet d’une facture Avoir est comptabilisé de la même façon qu’un
escompte figurant sur une facture Doit ;
L’escompte accordé sur une facture d’avoir est ainsi enregistré :
 En charge financière chez le fournisseur. Compte : 6386 ; escomptes accordés.
 En produits financiers chez le bénéficiaire. Compte ; 7386 ; escomptes obtenus.

b. Exemple

Le 18/01/2008, Ali adresse à son client Rachid la facture Doit n° 13 contenant : MB : 15 000.00
Dhs, remise 10%. TVA 20%
Le 20/01/2008, Ali adresse à Rachid une facture Avoir n° A 54 contenant un escompte de 1%
oublié sur la facture Doit n° 13.

35
Chapitre V FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

TAF
1. Reconstituer les factures correspondantes
2. Passer ces opérations au journal de Ali et celui de Rachid
Correction
Facture Doit n° 13 Facture Avoir n° A 54
Désignation Montant Désignation Montant
MB 15 000.00 Escompte 1% (13 500.00 *1%) 135.00
Remise 10% 1 500.00 TVA 20% 27.00
Net commercial 13 500.00 Net à votre crédit 162.00
TVA 20% 2 700.00
Net à payer 16 200.00

Enregistrement comptable

Chez le fournisseur
3421 Clients 16 200.00
4455 Etat TVA facturé 2 700.00
7111 Ventes de M/ses 13 500.00
Facture n° 13
6386 Escomptes accordés 135.00
4455 Etat, TVA facturée 27.00
3421 Clients 162.00
Avoir n° A 54
Chez le client :
6111 Achat de M/ses 13 500.00
34552 Etat TVA récupérables /Charges 2 700.00
4411 Fournisseurs 16 200.00
Facture n° 13
4411 Fournisseurs 162.00
34552 Etat, TVA récupérables/charges 27.00
7386 Escomptes obtenus 135.00
Facture Avoir n° A 54

36
Chapitre VI FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Chapitre VI : LES EMBALLAGES


I - Définition

Les emballages sont des objets qui servent à contenir, ou à conserver (conditionner) les produits
ou les marchandises vendus aux clients.

II - Classification des emballages

Emballages

Emballages commerciaux Matériel d’emballages

Emballages perdus Emballages Récupérables Emballages mixtes

Emballages Récupérables Emballages Récupérables


non identifiables identifiables

Le matériel d’emballage : Ce sont des emballages qui servent aux seuls besoins internes de
l’E/se, ils ne sont pas destinés à être livrés aux clients. Exemples : citerne de stockage ;

Les emballages commerciaux : Ce sont les emballages qui sont livrés à la clientèle en même
temps que leur contenu (M/ses ou produits), ainsi on distingue :
1. Les emballages perdus à faible valeur unitaire, tel que cartons, sachets en plastique
ou en papier …, leur valeur est incluse dans le prix de ce qu’ils contiennent ;
2. Les emballages récupérables que l’E/se peut les récupérer des clients dont on
distingue entre :
 Les emballages récupérables non identifiables comme les bouteilles en verre, les
palettes…qu’on ne peut pas les identifier.
 Les emballages récupérables identifiables unité par unité se sont des emballages
dont les caractéristiques techniques les rendent reconnaissables
individuellement. Exemples : citernes, conteneurs…
Les emballages mixtes : qui sont destinés à être utilisés indifféremment comme perdus ou
récupérables.
37
Chapitre VI FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

III – Les opérations sur les emballages

A. Les achats des emballages

1. Exemples

L’E/se « Huile Maroc » a réalisé les opérations suivantes :


05/02/2008 : Achat de 20 000 bouteilles en plastiques à 0.60Dhs l’unité, TVA : 20 %, facture
n°212 payable fin de mois.
09/02/2008 : Acquisition de 6 citernes à 3 500.00 Dhs l’unité, destinées au stockage des huiles,
TVA : 20% facture n° 720 payable dans 6 mois.
13/02/2008 : Achat de 200 caisses à 75.00 Dhs l’unité, destinées à être livrées aux clients et
récupérées par la suite (dont 20 caisses sont numérotés) TVA 20%. Facture n° 314
payable par chèque bancaire.

TAF

1) Faites le décompte des factures n°212,720et 314


2) Passer au journal de l’E/se « Huile Maroc » ces opérations

Correction
Le décompte des factures
05/02/2008 09/02/2008
Facture n°:212 Doit Facture n°:720 Doit
MB 20000*0.60 12000,00 MB (3500*6) 21000,00
TVA 20% 2400,00 TVA (20%) 4200,00
Net à payer TTC 14400,00
Net à payer TTC 25200,00

13/02/2008
Facture n°:314 Doit
MB (caisses non numérotées) : 13500,00
180*75 1500,00
MB (caisses 2700,00
numérotées) :20*75 300,00
TVA 20% sur caisses non
numérotées
TVA 20% sur caisses
numérotées
Net à payer TTC 18000,00

38
Chapitre VI FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Enregistrement comptable

05/02/08
61231 Achats d’emballages perdus 12 000,00
34552 Etat TVA récupérables/charges 2 400,00
4411 Fournisseurs 14 400,00
Facture n° 12
09/02/08
2332 Matériel et outillage 21 000,00
34551 Etat TVA récupérable sur immobilisations 4 200,00
4481 Dettes sur acquisition d’immobilisations 25 200,00
Facture n° :720
13/02/08
2333 Emballages récupérables identifiables 13 500,00
34551 Etat TVA récupérable sur immobilisation 2 700,00
61231 Achats d’emballages récupérables non identifiables 1 500,00
34552 Etat TVA récupérable/charges 300,00
Banques 18 000,00
Facture n° 314

B- La consignation des emballages

1. Définition

La consignation des emballages est assimilée au prêt d’emballages, moyennement un dépôt de


garantie (somme d’argent) versé et qui serais remboursé au moment du retour des emballages.
Le prix de consignation est généralement supérieur à la valeur réelle des emballages, ce qui
décourage le client à les conserver.

2. Exemple

Le 18/02/2008, la Sté SBGS a vendu des produits finis à son client Supermarché TADART.
Facture n° 41/08, MB : 14 000.00 Dhs, remise 5%, escompte 2%, TVA 20%, emballages
consignés 300 caisses à 25 Dhs l’une. Facture payable dans un mois.

TAF

1. Présenter la facture n° 41/08


2. Enregistrer la chez le fournisseur et chez le client

39
Chapitre VI FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Correction
La facture n° 41/08

18/02/2008
Facture n°: 41/08 Doit
MB 14 000.00
Remise 5% 700.00
Net commercial 13 300.00
Escompte 2% 266.00
Net financier 13 034.00
TVA 20% 2 606.80
Emballages consignés (300 * 7 500.00
25.00)
Net à payer TTC 23 140.80

Enregistrement comptable
Chez le fournisseur (SBGS)
18/02/08
3421 Clients 23 140.80
3686 Escomptes accordés 266.00
7121 Ventes de biens produits 13 300.00
4455 Etat, TVA facturée 2 606.80
4425 Clients, Dettes pour
emballages et matériel 7 500.00
consignés
Facture n° 41/08

Chez le client (Supermarché TADART)


18/02/2008
6111 Achat de M/ses 13 300.00
34552 Etat, TVA récupérables/Charges 2 606.80
3413 Frs, créances pour emballages et matériel à rendre 7 500.00
4411 Fournisseurs 23 140.80
7386 Escomptes obtenus 266.80
Facture n° 41/08

3. Remarque

 Le montant de la consignation constitue une dette conditionnelle pour le fournisseur à


l’égard du client inscrit au crédit du compte : 4425 Clients, Dettes pour emballages et
matériel consignés ;
 Il est une créance conditionnelle pour le client à l’égard du fournisseur inscrit au débit
du compte : 3413 Frs, créances pour emballages et matériel à rendre.
40
Chapitre VI FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

C- La restitution ou retour des emballages consignés (Cas normal)

1. Principe

La restitution ou le retour des emballages consignés est l’opération par laquelle le client rend
les emballages au fournisseur, entraînant une extinction de sa dette envers lui.
Plusieurs cas peuvent se présenter :
 La restitution normale : Prix de reprise = Prix de consignation ;
 La restitution où : Prix de reprise < Prix de consignation ;
 La restitution totale ;
 La restitution partielle.
 La non restitution.
Dans ce point, nous étudierons uniquement le cas normal (Prix de consignation = Prix de
reprise).

2. Exemple

Le 22/02/2008, Le client Supermarché TADART a retourné la totalité des emballages consignés


au prix de reprise de 25.00 Dhs. Facture Avoir n° 20

TAF : Enregistrer l’écriture chez le client et chez le fournisseur

Correction

Chez le fournisseur

22/02/2008
4425 Clients, Dettes pour emballages et matériel consignés 7 500.00
3421 Clients 7 500.00
Facture n° 20
Chez le client
22/02/2008
4411 Fournisseurs 7 500.00
3413 Frs, créances pour emballages et matériel à rendre 7 500.00
Facture n° 20

Remarque
La restitution des emballages par le client fait l’objet d’une facture Avoir.

41
Chapitre VII FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

CHAPITRE VII : LES EFFETS DE COMMERCE


Introduction

Les règlements des opérations effectuées par les entreprises peuvent être au comptant (en
espèce, par chèques bancaires ou postaux, virement) ou à crédit.
Les règlements à crédit peuvent être se matérialiser par des effets de commerce.
On distingue généralement deux types des effets de commerce :
 La lettre de change (ou traite) ;
 Le billet à ordre.

I- Présentation des effets de commerce

A- la lettre de change

1. Présentation : Voir document n°1

2. Définition

La lettre de change peut-être définie comme un écrit par lequel un créancier, appelé « Tireur »,
donne l’ordre à son débiteur, appelé « Tiré », de payer une certaine somme, appelée « Valeur
nominale » à un tiers, appelé « Bénéficiaire », ou à lui-même, à une date déterminée d’avance,
appelée « Echéance ».
La lettre de change est l’effet de commerce le plus utilisé dans les transactions commerciales.

3. Précision

La lettre de change est émet par le fournisseur (tireur) et doit être acceptée par le client (tiré) ;

4. Schématisation

La lettre de change met généralement en relation trois personnes :

Ordre de paiement

Tireur Tiré
(Le créancier) (Le débiteur)

À lui même

Au profit de
Bénéficiaire
(Tierce personne)

42
Chapitre VII FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

B- Le billet à ordre

1. Définition

Le billet à ordre est un écrit par lequel une personne, appelée « souscripteur », s’engage à payer
à une autre personne, appelée « bénéficiaire », une certaine somme à une date déterminée à
l’avance (échéance).

2. Précision

Le billet et émet et payé par le souscripteur (Client)

3. Schématisation
Engament de paiement
au profit de
Bénéficiaire Souscripteur
(Créancier) (Débiteur)

II- Création des effets de commerce

1. Exemple

Le 02/01/2014, la société « ATLAS » vend à crédit des marchandises à la société


« RACHADI » pour un montant de 10 0000 Dh (H.T), remise 10% et TVA 20%. Facture n°
34 ;
Le 07/01/2014, la société « ATLAS» tire sur son client, une traite n°12 à l’échéance fin Janvier,
en règlement total de la facture n° 34. La traite a été acceptée le même jour par le tiré ;
TAF
Passer les écritures nécessaires relatives à cette opération chez le tireur et chez le tiré

Correction

Chez le fournisseur
02/01/014
3421 Clients 10 800.00
7111 Ventes de M/ses 9 000.00
4455 Etat, TVA facturée 1 800.00
Facture n° 34
07/01/014
3425 Clients, effets à recevoir 10 800.00
3421 Clients 10 800.00
Traite n° 12

43
Chapitre VII FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Chez le client
02/01/014
6111 Achat de M/ses 9 000.00
34552 Etat, TVA récupérable/Charges 1 800.00
4411 Fournisseurs 10 800.00
Facture n° 34
07/01/014
4411 Fournisseurs 10 800.00
4425 Fournisseurs, effets à payer 10 800.00
Traite n°12
2. Remarque

Les effets de commerce ne sont enregistrés dans la comptabilité qu’après l’acceptation du tiré.

III- Les opérations sur les effets de commerce


Un détenteur d’un effet de commerce peut attendre l’échéance pour l’encaissement de cet
l’effet ou l’utiliser sans attendre l’échéance :
 Soit pour obtenir, en cas de besoin, de liquidité immédiate. On parle alors de l’escompte.
 Soit pour régler une dette. On parle alors de l’endossement.

La circulation des effets

Avant l’échéance A l’échéance

Endossement
(Effet comme moyen de
Encaissement
paiement)

Escompte
(Effet comme moyen de
financement)

A- L’encaissement des effets de commerce

Le tireur présente l’effet à l’encaissement à sa banque qui se chargera du recouvrement


(règlement) de la traite auprès de la banque du tiré. La banque prélève en contre partie des
commissions.

1. Remise de l’effet à l’encaissement

Le 03/01/2014, l’E/se ATLAS présente l’effet n° 87, d’une valeur nominale de 8 000.00 Dhs,
échéance du 31/01à l’encaissement auprès de banque.

44
Chapitre VII FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

TAF

Présenter les écritures nécessaires chez le tireur et chez le tiré

Correction
Chez le tireur
03/01
5113 Effet à encaisser ou à l’encaissement 8 000.00
3425 Clients, effet à recevoir 8 000.00
Effet n° 87
Chez le tiré : Aucune écriture
2. Réception de l’avis de crédit
Le 06/01/2014, l’E/se a reçu l’avis de crédit n° 325, comportant des commissions de 20.00 Dhs,
TVA 10% ;
TAF : Présenter les écritures chez l’E/se ATLAS et chez son client
Correction
Chez le tireur
06/01
5141 Banques 7 978.00
6147 Services bancaires 20.00
34552 Etat, TVA R/Charges 2.00
5113 Effet à encaisser ou à l’encaissement 8 000.00
Avis de crédit n° 325
Chez le tiré
06/01
4415 Fournisseurs, effet à payer 8 000.00
5141 Banques 8 000.00
Bordereau d’encaissement n°

B- L’escompte des effets de commerce


En cas de difficulté financières, l’E/se peut négocier l’effet auprès de sa banque.
La remise à l’escompte (ou négociation) de l’effet est une opération qui consiste à céder
(vendre) un effet à la banque avant l’échéance, moyennant des agios.
Nous distinguons deux étapes :

1. La remise de l’effet à l’escompte

Le 20/01/2014, l’E/se Atlas remet à sa banque la traite n°12 d’une valeur nominale de 14 000.00
Dhs, au 20/03/2014 ;

45
Chapitre VII FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Le 22/01/014, L’E/se reçoit le bordereau d’escompte n° 18 : taux d’escompte 8%, Commissions


45.00 Dhs HT, TVA 10%.

TAF

Passer les écritures comptables chez les deux parties

Correction

Chez l’E/se ATLAS


20/01
Aucune écriture
22/01
5141 Banques 13 742.60
6311 Intérêts des emprunts et dettes 183.55
6147 Services bancaires 45.00
34552 Etat, TVA R / Charges 28.85
5520 Crédit d’escompte 14 000.00
Bordereau d’escompte n° 18
Chez le tiré : Aucune écriture
2. A l’échéance de l’effet
A l’échéance, l’E/se doit constater la sortie définitive de son effet dans son portefeuille
Chez l’E/se
20/03
5520 Crédit d’escompte 14 000.00
3425 Client, effet à recevoir 14 000.00
Effet n°12
Chez le tiré
20/03
4415 Fournisseurs, effet à payer 14 000.00
5141 Banques 14 000.00
Effet n° 12

C- L’endossement des effets de commerce

1. Principe

Le porteur de l’effet de commerce peut l’utiliser aussi pour régler ses propres dettes. Cette
opération est appelée : Endossement d’un effet de commerce.
L’endossement consiste à écrire au dos de l’effet la formule de l’endossement « Veuillez payer
à l’ordre de … », Suivie de la date de l’endossement et la signature de l’endosseur (ancien
porteur de l’effet).

46
Chapitre VII FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

2. Exemple

Le 04/01/2014, l’E/se ASSAT endosse la traite n° 623/08, tirée sur RACHADI, d’un montant
de 2 400.00 Dhs à fin mars, à l’ordre de son fournisseur Ali en règlement partiel d’une dette de
6 200.00 Dhs. Le reste est payé par ASSAT par chèque bancaire n° A 4714.
TAF
Présenter les écritures nécessaires chez l’endosseur et chez l’endossataire
Correction

Chez l’endosseur
04/01
4411 Fournisseurs 6 200.00
3425 Client, effet à recevoir 2 400.00
5141 Banques 3 800.00
Traite n° 623/014, Chèque n° A4714
Chez l’endossataire
04/01
3425 Clients, effets à recevoir 2 400.00
51111 Chèque en portefeuille 3 800.00
Clients 6 200.00
Traite n° 623/014, Chèque n° A4714

47
Bibliographie FSJES-Marrakech-S1 – Groupe 1 Pr. Abdelfattah JAMAL

Bibliographie

 Aaouid, B., (2015), Comptabilité générale conforme au plan comptable marocain tome
1/ concept de base, opérations courantes. 1ère édition, Imprimerie Papeterie EL
WATANIA, Marrakech
 Abou El Jaouad, M., (2011), Comptabilité générale approfondie, Casablanca. Édition
Maghrébines
 Al Hamany, B., (2008), Comptabilité générale : mécanismes des opérations courantes
et de fin d’exercice, Casablanca : Toubkal et Institut Supérieur du Génie Appliqué (IGA)
 Benraiss, A., GRINE, A & Loulid, M., (2007), Exercices corrigés de comptabilité
générale: les opérations courantes, Imprimerie Papeterie EL WATANIA, Marrakech
 Fouguig, B & Fechtali A., (2013), La comptabilité générale des entreprises marocaines,
Casablanca : Edit Consulting SA
 Kabbaj, S & Youssef, S., (2010), Comptabilité Générale: Principes, techniques, outils.
El Mohammedia : Edisoft.
 Karim, K., (2012), Techniques de comptabilité générale, Rabat : Top presse.
 Karimi, T., (2001), Manuel de comptabilité générale, Fès
 Laaribi, M., (2014), Comptabilité générale, Casablanca
 Zemari, M., (2006), Initiation pratique à la comptabilité générale marocaine,
Casablanca Édition Maghrébines
 Zghaida, A., (2013), Comptabilité générale, Tétouan

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