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La valeur en douane

I) L’évaluation en douane à l’importation

L'évaluation en douane est une procédure douanière qui est appliquée pour déterminer la valeur en douane des marchandises importées et
ainsi déterminer le montant du droit exigible sur lesdites marchandises.

L'Accord de l'OMC sur la mise en œuvre de l'article VII du GATT prévoit que l'évaluation en douane doit se fonder sur le prix effectif des
marchandises importées, qui figure normalement sur la facture. Ce prix, après des ajustements éventuels, est égal à la valeur transactionnelle.

A défaut de valeur transactionnelle, l'Accord prévoit cinq autres méthodes d'évaluation en douane (dites de substitution) qui doivent être
appliquées dans l'ordre hiérarchique prescrit. Toutefois, l'ordre d'utilisation de la méthode déductive et de la méthode calculée peut être
inversé à la demande de l'importateur.
Ainsi, les six méthodes adoptées dans l'Accord sont:

- Méthode n°1: Valeur transactionnelle


- Méthode n°2: Valeur transactionnelle de marchandises identiques
Méthodes Méthodes comparatives
- Méthode n°3: Valeur transactionnelle de marchandises similaires
de - Méthode n°4: Méthode déductive
substitution - Méthode n°5: Valeur calculée
- Méthode n°6: Méthode de dernier recours

Méthode n°1 : La méthode de la valeur transactionnelle

L’article 20 du CDII, qui est une transposition des dispositions dudit Accord, dispose que : «La valeur en douane des marchandises
importées est la valeur transactionnelle, c’est à dire le prix effectivement payé ou à payer pour les marchandises lorsqu’elles sont vendues
pour l’exportation à destination du territoire assujetti, après ajustement, conformément à l’article 20 ter ci-dessous …. ».

- La vente : l’utilisation de la valeur transactionnelle implique obligatoirement que la marchandise à évaluer ait fait l’objet d’une
vente au moment de l’importation. En l’absence de vente, il n’y a pas de valeur transactionnelle ;

- Le prix effectivement payé ou à payer doit s’entendre du paiement total déjà effectué au moment du dédouanement ou à effectuer
après cette date, par l’acheteur au vendeur, ou au bénéfice de celui-ci pour les marchandises importées.

 Les conditions d’acceptabilité de la valeur transactionnelle

La valeur transactionnelle n’est acceptable que si les quatre conditions prévues par l’article 20.1° du CDII sont remplies :

1. absence de restriction sur la cession ou l’utilisation des marchandises importées autres que des restrictions qui :
- sont imposées ou exigées par la loi du pays d'importation (licence d’importation, normes, etc.);
- limitent la zone géographique dans laquelle les marchandises peuvent être vendues (accord de distribution régionale);
- n'affectent pas substantiellement la valeur des marchandises.
2. non-subordination de la vente à des conditions dont la valeur n’est pas déterminée ;
3. non-reversement au vendeur d’une partie ou de la totalité du produit de la revente;
4. inexistence de liens entre le vendeur et l’acheteur pouvant influencer le prix.

 Les ajustements de la valeur transactionnelle

 Eléments à ajouter :

La valeur transactionnelle est augmentée des éléments suivants dans la mesure où ils sont supportés par l’acheteur et non inclus dans la
facture et dès lors qu’ils sont quantifiables :

- commissions à la vente et frais de courtage, à l'exception des commissions d'achat ;


- contenants et emballage;
- intrants et éléments d'appui fournis par l’acheteur;
- redevances et droits de licences;
- produit d'opérations ultérieures de revente;
- frais de transport et d'assurance et frais connexes jusqu'au lieu d'importation.

 Eléments à retrancher :

La valeur transactionnelle est diminuée des éléments suivants:

- commissions à l’achat;
- frais relatifs aux travaux postérieurs à l'importation;
- droits, taxes, prélèvements et montants compensateurs à l'importation;
- frais de transport et de livraison après introduction du territoire assujetti;
- frais relatifs au droit de reproduction des marchandises importées sur le territoire assujetti;
- intérêts payés pour les marchandises;
- données et instructions contenues dans les supports informatiques (logiciels).
 Les méthodes d’évaluation dites «de substitution»

Ces méthodes de substitution ne sont utilisées que si la valeur transactionnelle n’a pas pu être déterminée selon les conditions énoncées dans
l’article 20 du CDII. Elles doivent être utilisées dans l’ordre prescrit par l’article 20 quater du CDII. Toutefois, l'ordre d'utilisation de la
méthode déductive et de la méthode calculée peut être inversé à la demande de l'importateur.

Méthodes n°2 et n°3 : Les méthodes comparatives

Cette méthode se subdivise en deux sous-méthodes : valeur transactionnelle de marchandises identiques et valeur transactionnelle de
marchandises similaires.

Marchandises identiques : des marchandises produites dans le même pays qui sont les mêmes à tous égards, y compris les caractéristiques
physiques, la qualité et la réputation. Des différences d'aspect mineures n'empêchent pas des marchandises conformes par ailleurs à la
définition d'être considérées comme identiques.

Marchandises similaires : des marchandises produites dans le même pays que les marchandises à évaluer qui, sans être pareilles à tous
égards, présentent des caractéristiques semblables et sont composées de matières semblables, ce qui leur permet de remplir les mêmes
fonctions et d'être commercialement interchangeables.

Lorsque la valeur en douane des marchandises importées ne peut pas être déterminée par application des dispositions de l’article 20, la valeur
en douane est la valeur transactionnelle de marchandises identiques ou similaires, vendues pour l’exportation à destination du territoire
assujetti et exportées au même moment ou à peu près au même moment que les marchandises à évaluer.

- Conditions de niveau commercial et de quantité : Pour ce faire, on se réfère, dans la limite du possible, à une vente de
marchandises identiques réalisées au même niveau commercial et portant sensiblement sur la même quantité que la vente des
marchandises à évaluer.

- Conditions de lieu et de temps : Il convient de se référer à une valeur transactionnelle de marchandises identiques ou similaires
produites de préférence par la même entreprise et, à défaut seulement, par une entreprise différente établie dans le même pays. De
plus, la comparaison doit être effectuée avec des marchandises identiques ou similaires importées dans un délai suffisamment
court, c'est-à-dire d'environ trois mois par rapport à la date d'importation des marchandises à évaluer, afin que les conditions
économiques et commerciales soient restées sensiblement les mêmes.

Si les Méthodes comparative sont non concluantes, il y a recours à la méthode déductive.

Méthode n°4 : La méthode déductive

Elle consiste à établir la valeur en douane en prenant comme base de calcul le prix unitaire correspondant au prix de vente dans le territoire
assujetti :

- des marchandises importées dans l'état où elles ont été importées. La vente à prendre en considération doit avoir été réalisée au
moment ou à peu près au même moment que l'importation des marchandises à évaluer.
- ou, à défaut, de marchandises identiques ou similaires à celles importées : mêmes conditions liées à l’état de produits, leurs
quantités et leurs délais de livraison que celles des marchandises importées.
- ou, à défaut, de marchandises vendues après ouvraison ou transformation. Ces ventes doivent avoir été faites à des acheteurs
non liés au vendeur et il doit être tenu compte de la valeur ajoutée par l'ouvraison ou la transformation.

 Les éléments à déduire

Les 3 catégories de valeurs établies (marchandises importées, identiques ou similaires et après ouvraison ou transformation), sont ajustées
par la déduction des éléments qui suivent :

- des commissions ou des marges usuelles pour bénéfices et frais généraux relatives aux ventes considérées dans le pays
d’importation ;
- des frais de livraison et frais connexes encourus dans le pays d’importation (du franchissement du territoire assujetti à la
commercialisation du produit) et éventuellement des frais de livraison jusqu’au lieu d’importation (lorsque les termes de paiement
sont FOB) ;
- des droits de douane et autres taxes nationales à payer dans le pays d’importation en raison de l’importation ou de la vente
des marchandises et inclus dans le prix de la revente de la marchandise.

Méthode n°5 : La méthode de la valeur calculée

La méthode de la valeur calculée, consiste à établir la valeur à déclarer à partir des éléments constitutifs du prix, c'est-à-dire des coûts de
production, communiqués par le producteur de la marchandise considérée. Elle est fondée sur la comptabilité commerciale du producteur.

 Eléments à prendre en compte pour la détermination de la valeur calculée

- Coût ou valeur des matières et des opérations de fabrication ou autres, mises en œuvre pour produire les marchandises importées
- Montant des bénéfices et des frais généraux, égal à celui qui entre généralement dans les ventes de marchandises de la même
nature ou de la même espèce que les marchandises à évaluer, qui sont faites par des producteurs du pays d'exportation pour
l'exportation à destination du pays d'importation,
- Frais de transport, d’assurance et de manutention jusqu’au lieu d’introduction du pays d’importation.

Méthode n°6 : La méthode dite du dernier recours.


Lorsque la valeur en douane des marchandises importées ne peut pas être déterminée conformément aux dispositions des articles 20, 20
quinquies, 20 sexies et 20 septies, elle sera déterminée par des moyens raisonnables compatibles avec les dispositions des articles 20 à 20
septies du présent code et les principes et les dispositions générales de l'article VII de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
de 1994 et sur la base des données disponibles au Maroc ».
Cet article ne donne pas de méthode d'évaluation spécifique. Mais les notes interprétatives de l'article 7 de l’accord (l’article 20 octies du
code) donnent quelques indications sur ce qu'il faut entendre par moyens raisonnables :

- Les valeurs en douane déterminées par application de l'article 20 octies devraient, dans la plus grande mesure possible, se fonder
sur des valeurs en douane déterminées antérieurement ;
- Les méthodes d'évaluation devraient être celles définies par les articles 20 à 20 septies mais appliquées avec une souplesse
raisonnable.

Les autres moyens raisonnables ne doivent pas être prohibées par ce même article et ne peuvent se fonder sur :

- Le prix de vente des marchandises produites dans le territoire assujetti ;


- Un système prévoyant l'acceptation à des fins douanières de la valeur la plus élevée de deux valeurs possibles ;
- Le prix de la marchandise sur le marché intérieur du pays d’exportation ;
- Le coût de production autre que les valeurs calculées ;
- Le prix des marchandises vendues pour l'exportation à destination d’un pays tiers (le prix fait pour un marché ne doit pas influer
sur la valeur en douane dans un autre marché) ;
- Des valeurs minimales (sauf pour les pays en développement qui peuvent conserver les valeurs minimales sur une base limitée et
à titre transitoire) ;
- Des valeurs arbitraires ou fictives (la valeur en douane doit être établie sur des critères compatibles avec la pratique
commerciale).

A l’exportation, la valeur en douane est la valeur au comptant et en gros de la marchandise au point de sortie et franche des droits et taxes
d’exportation.

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