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Fiscalité douanière

 Les composantes de la fiscalité douanière

- des droits et taxes relevant des attributions spécifiques de l’ADII tels que le droit d’importation ou les taxes intérieures de
consommation (CDII, tarifs des douanes et la loi sur les TIC);
- des droits ou taxes institués à l’initiative d’autres administrations ou organismes publics que l’administration des douanes est
chargée de percevoir pour leur compte, telles que la taxe parafiscale à l’importation et la taxe sur la valeur ajoutée.

 Principes généraux concernant la perception des droits et taxes d’importation et d’exportation

1) Le principe de généralité : l’équité fiscale

La fiscalité s’applique à tous de la même manière. Les marchandises importées ou exportées sont passibles, selon le cas, des droits et taxes
d’importation ou d’exportation quelle que soit la qualité de leur destinataire ou expéditeur, sauf dispositions particulières.

2) La qualité de redevable

Ont la qualité de redevables des droits de douane et des autres droits et taxes exigibles à l’importation et à l’exportation :

- le déclarant réputé propriétaire de la marchandise; ou


- le mandant du déclarant (personne physique ou morale); ou
- la caution (dans les cas des régimes économiques en douane, crédits d'enlèvement, obligations cautionnées)

3) Le principe de solidarité

Les redevables d’une même dette sont réputés débiteurs solidaires à l’égard de l’administration. La déchéance du terme encourue par l’un
d’eux produit effet à l’égard de tous.

4) Les règles en matière de liquidation des droits et taxes à percevoir

Les droits et taxes à percevoir sont ceux en vigueur à la date d’enregistrement de la déclaration en détail, sauf :

- dans le cas de déclaration déposée par anticipation


- en cas d’application de la Clause transitoire : l’opérateur économique peut bénéficier, pour les marchandises mises directement à
la consommation, de l’application du régime fiscal antérieur plus favorable, s’il justifie que : des titres de transport créés, avant
l’entrée en vigueur du texte instituant ou modifiant les quotités tarifaires, établissent que ces marchandises étaient, dès leur départ,
à destination directe et exclusive d’une localité du territoire assujetti ; ou qu’un crédit irrévocable et confirmé a été ouvert en
faveur du fournisseur étranger avant la date d’entrée en vigueur desdites mesures.
- en cas d’application du tarif le plus favorable : si les taux des droits de douane ont été réduits après la date d’enregistrement de la
déclaration en détail pour la consommation, le déclarant a, sur sa demande, droit à l’application du tarif le plus favorable, à
condition que la mainlevée des marchandises n’ait pas encore été donnée.

La liquidation de toutes sommes à percevoir par l’administration au titre des droits et taxes est arrondie au dirham supérieur.

5) Les règles régissant le recouvrement des droits liquidés

Les droits et taxes liquidés sont mis en recouvrement en vertu d’un titre de recette émis par l’ordonnateur des douanes auprès de qui est
domiciliée l’opération d’importation ou d’exportation.

I) Droits et taxes perçus à l’importation et à l’exportation hors taxes intérieures de consommation

1) Le droit d’importation : impôt à vocation économique

 Droits d’importation sur les produits industriels

En règle générale, la structure des taux du droit d’importation s’appliquant aux produits industriels importés au Maroc peut être résumée
comme suit :

 2,5% pour les biens d’équipement ;


 10% pour les matières premières, parties et pièces détachées et accessoires pour biens d’équipement ;
 17,5% pour les biens intermédiaires non fabriqués localement;
 25% ; 32,5% et 40% pour les produits finis de consommation courante, fabriqués localement.

 Droits d’importation sur les produits agricoles

Ces droits varient de 2,5% à 200%. Cet écart entre le taux minimum et maximum, beaucoup plus large par rapport à celui constaté pour les
produits industriels, s’explique par le fait que le Maroc, à l’instar du reste du Monde, veut protéger son agriculture.
2) Droits et taxes perçus accessoirement au droit d’importation

La taxe sur la valeur ajoutée constitue l’impôt, par excellence, qui draine le plus de recettes au budget général de l’Etat.

 La taxe sur la valeur ajoutée : un impôt neutre

La TVA est un impôt indirect sur les dépenses de consommation. Elle est payée par le consommateur et collectée par les entreprises qui
participent au processus de production et de commercialisation. Le montant de la taxe est proportionnel au prix de vente hors taxe.

Le principe est le suivant : l'entreprise majore son prix de vente du montant de la TVA qu'elle facture à son client et qu'elle reverse à l'Etat
après déduction des montants de TVA (opération dite de récupération de la TVA) qu'elle a dû payer à ses propres fournisseurs pour acquérir
les biens et services nécessaires à son activité.

La TVA est intégralement supportée par le consommateur, mais collectée de manière fractionnée par les "organismes assujettis" à la TVA
(entreprises, certaines professions indépendantes). Ceux-ci reversent à l'Etat la TVA en fonction de sa "valeur ajoutée" qui est la différence
entre la valeur finale des biens et services (prix de vente) et la valeur des biens et services utilisés dans le processus de fabrication.

La TVA est une taxe “ ad valorem” c’est à dire qu’elle s’applique à la valeur des marchandises, sauf cas particuliers où elle était spécifique
(vins, bières et ouvrages ou articles, autres que les outils, composés en tout ou en partie, d’or, de platine). A compter de la LDF 2020, la
TVA spécifique a été intégrée au niveau de la TIC.

L’assiette de la TVA à l’importation = valeur en douane + droit d’importation + (éventuellement les montants perçus au titre des TIC et ceux
perçus accessoirement aux DI ou autres taxes : TPI (valeur *0,25%, taxe sur le bois importé, taxe parafiscale sur les vins et bières, taxe
spéciale sur le ciment….)) * taux TVA %

- Fait générateur de la TVA à l’importation : cet événement est le dédouanement des marchandises, après leur entrée dans le
territoire assujetti, qui donne lieu à l’application des droits de douane et de la TVA. (collectée par l’ADII)

- Fait générateur de la TVA à l’intérieur : il est constitué par l’encaissement total ou partiel du prix des marchandises, des travaux
ou des services (collectée par la DGI)

La TVA est en principe ad-valorem. Les taux de la TVA sont :

- Taux normal : 20%


- Taux réduits : 7% ; 10% et 14% ;
- En sus de ces taux, on trouve des exonérations.

 La taxe parafiscale à l’importation pour le financement de la promotion économique et de l’inspection des exportations

Le taux de la taxe parafiscale sur les marchandises importées, destinée au financement de la promotion économique et de l’inspection des
exportations est fixé à 0.25% ad valorem.

Ne sont pas soumises à cette taxe :

- Les importations réalisées sous le bénéfice des régimes économiques en douane ;


- Les importations de matériels, outillages et biens d’équipement ainsi que leurs parties, pièces détachées et accessoires bénéficiant
des avantages fiscaux prévus par la charte de l’investissement;
- Les importations de marchandises bénéficiant d’exonération totale ou partielle du droit d’importation et des taxes d’effet
équivalent, dans le cadre d’accords ou conventions conclus entre le Maroc et certains pays ;
- Les importations de marchandises bénéficiant d’une exonération totale du DI et de la TVA à l’importation en application de la
législation en vigueur.

Le produit de la taxe parafiscale est versé mensuellement à l’agent comptable de chacun des organismes indiqués ci-après à concurrence de :

- 45% à l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations et 4% au titre de contribution de ladite
agence au financement des Associations Professionnelles légalement constituées et la Fédération Marocaine des Chambres de
Commerce, d’Industrie et de Services au titre de leurs actions de promotion économique;
- 37% à l’Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations;
- 8% à l’Agence Nationale pour la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises; et
- 6% à la Maison de l’Artisan.

La taxe est liquidée et recouvrée, les infractions constatées et réprimées et les poursuites effectuées comme en matière de douane.

 Les taxes sur le bois importé

Le taux est fixé à 12% ad-valorem pour les bois et ouvrages en bois importés (chapitre 44 du tarif des droits d’importation). La loi de
finances pour l’année 2012 étend l’application de cette taxe à tous les articles en bois relevant des chapitres 44 et 94 du tarif des droits de
douane à l’importation. Le taux est réduit à 6% ad-valorem pour :

- le bois brut non traité d’Okoumé en rondins d’une circonférence au gros bout supérieure ou égale à 60 cm (position tarifaire ex
4403.49).
- les produits relevant de la position n° 44.08 du tarif des droits de douane à l’importation.

Le produit de cette taxe est affecté au Fonds National Forestier.


 Taxes parafiscales sur les vins et bières

La taxe est applicable aux vins et bières importés ou produits localement et mis à la consommation; son assiette étant constituée par le
volume du produit taxable.

Le taux est fixé de manière spécifique à 5 dirhams l'hectolitre volume de bières et de vins de toutes qualités.

 La taxe de magasinage

La taxe de magasinage est perçue sur les objets et marchandises qui restent dans les locaux de l'administration à l'expiration d'un délai de 3
jours calculé depuis la prise en charge effective de ces objets et marchandises par l'administration.

La taxe de magasinage est calculée sur la première période taxée courant du lendemain de la date d’expiration du délai de trois jours :

- du 1er au 3e jour inclus : Exempt


- du 4e au 20e jour inclus : 4% ad valorem
- du 21e au 30e jour inclus : 7% ad valorem
- du 31e au 45e jour inclus : 14% ad valorem

La taxe de magasinage ne s’applique pas aux capitaux et objets destinés à l'usage personnel des voyageurs et non retirés.

Les capitaux et autres moyens de paiement non retirés par qui de droit, pendant le délai de quatre ans à compter de leur date de prise en
charge effective par l’administration, deviennent propriété de l’Etat.

 La taxe de contrôle et d’estampillage sur les tapis importés

Les tapis de l’artisanat importés (de pieds) sont assujettis à une taxe " d'estampillage" et de contrôle dont le taux est fixé à 5% ad-valorem.

La perception de la taxe de 5% ne s'appliquent pas, aux articles tels que les tapis de table, de bain, de jeu, de selle, tapis tressés et grossiers,
genre tapis brosse qui ne se rattachent pas à l'industrie des tapis proprement dite.

Les moquettes importées en pièces roulées et débitées en mètres sont dispensées du marquage et exonérés du paiement de la taxe de 5%.

 La redevance sur l’utilisation par les usagers des systèmes informatiques de l’ADII

Les taux de cette redevance sont fixés comme suit :

- 150 dirhams par déclaration d’importation déposée par procédé informatique (50 DH est affecté au profit du SEGMA ADII°;
- 500 dirhams par déclaration sommaire déposée par procédé informatique;
- 3 dirhams la page pour la communication aux usagers des sommiers et des états de gestion les concernant

Sont exonérées de cette redevance :

- les opérations réalisées pour le compte du Palais Royal, de l’administration de la Défense Nationale et les Administrations
chargées de la sécurité publique.
- les déclarations sommaires d’entrée aux MEAD (DS MEAD).

 La taxe de commercialisation de la pulpe sèche de betterave à l’importation

Le taux de ladite taxe est fixé à dix (10) dirhams par cent (100) kilogrammes de poids net.

Le produit de la taxe sur la commercialisation de la pulpe sèche de betterave est affecté au «fonds spécial de sauvegarde et de la protection
du cheptel ».

 La taxe spéciale sur les ciments

Le taux de la taxe spéciale de 100 DH par tonne sur les ciments aussi bien produits localement que ceux importés.

Le produit de la taxe sur le ciment doit être incorporé dans la valeur servant de base au calcul de la TVA

 La taxe spéciale sur le fer a béton

A l’importation, cette taxe doit être liquidée en même temps que les autres droits et taxes perçus à l’importation et son produit doit être inclus
dans l’assiette de calcul de la TVA à l’importation.

Le produit de cette taxe est à affecté au « Fonds de solidarité habitat et intégration urbaine » code rubrique n° 48.

 La taxe écologique sur la plasturgie


Le taux de la taxe écologique sur la plasturgie de 1% ad-valorem s’applique aux ventes sortie d’usine et aux importations des matières
plastiques et ouvrages en ces matières.

Le produit de la taxe écologique sur la plasturgie est affecté au « Fonds national pour la protection et la mise en valeur de l’environnement »
code rubrique 48-01.
 La taxe sur les transports privés de marchandises
Le taux de la taxe relative au permis de circulation est de 10 DH par tonne de poids autorisé en charge et par jour.

Cette taxe s‘applique à tous les véhicules immatriculés dans les pays non liés au Maroc avec des accords bilatéraux. Elle s’applique
également aux véhicules immatriculés dans les pays ayant conclu des accords bilatéraux avec le Maroc et dont les dispositions ne les
exemptent pas du paiement de cette taxe, à savoir: Allemagne, Autriche, Finlande, Portugal et Suède.

 Les droits de chancellerie

Les navires marocains ou étrangers embarquant dans un port étranger des marchandises ou des passagers à destination du Maroc, sont soumis
au paiement de droits de chancellerie (visa du manifeste, visa des listes de passagers embarqués).

3) Les droits et taxes perçus à l’exportation

Le principe fondamental au niveau international, consiste à exonérer les produits nationaux de toute fiscalité qui pourrait constituer un
handicap à leur compétitivité et donc au développement de l’industrie nationale. Actuellement, certains droits et taxes continuent à
s’appliquer mais le législateur marocain a entamé le processus de la suppression de la fiscalité applicable à des produits exportés.

La loi de finances pour l’année 2005, a supprimé les taxes parafiscales applicables à l’exportation suivantes : la taxe sur le maïs exporté ; le
prélèvement sur le crin végétal exporté.

La redevance sur l’exploitation des phosphates bruts exportés a été abrogée par la loi de finances 2008.

- Redevance sur l’utilisation par les usagers des systèmes informatiques de l’ADII : 50 dirhams par déclaration d’exportation
déposée par procédé informatique

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