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Droit pénal

I- Définition :

Le droit pénal a pour objet l’étude de la règle du droit pénal, ce droit détermine :

 Les infractions
 Les sanctions
 Les conditions de la responsabilité pénale

II- Les branches du droit pénal :

A- Branches fondamentales :

1- Droit pénal général :

C’est la branche qui étudie les règles générales applicables à toutes les infractions, il regroupe
l’ensemble des règles qui constituent le fonds commun à toutes les infractions

2- Droit pénal spécial :

C’est la branche qui étudie les règles spéciales propres à chaque infraction au code pénal. Les
infractions sont regroupées en plusieurs catégories selon leur nature

3- Droit de la procédure pénale :

C’est l’ensemble des règles dites (règles de forme) qui concernent l’organisation de la justice pénale,
les compétences des juridictions pénales, le déroulement du procès pénal depuis la constatation de
l’infraction jusqu’à l’application de la sanction

B- Branches secondaires:

1- Droit pénal des affaires


2- Droit international pénal
3- Droit pénal comparé
III- Caractères du droit pénal :

Le droit pénal présente 4 caractères majeurs :

1- Le droit pénal est un droit normatif : il édicte des normes (règles), énonce ce que l’on doit
faire ou ne doit pas faire
2- Le droit pénal est un droit sanctionnateur : les règles de droit pénal impliquent l’existence
d’une sanction à caractère spéciale, cette sanction est répressive (‫)زجرية‬
3- Le droit pénal a un caractère subsidiaire (‫ )فرعي‬: il ne devrait intervenir qu’en cas
d’insuffisance des sanctions civiles
4- Le droit pénal fait appel aux sciences criminelles :
 La criminologie : science qui cherche les causes individuelles et sociales des actes criminels
et étudie la personnalité des délinquants
 La criminalistique : science qui a pour mission la détermination des causes de décès
 La politique criminelle : l’ensemble des procédés par lesquels le corps social organise la
réponse au phénomène criminel
L’infraction
I- Définition : l’infraction est un acte interdit par la loi sous la menace d’une sanction

II- Les éléments constitutifs de l’infraction : 3 éléments

1- Elément légal :

L’exigence d’un texte préexistant qui détermine l’infraction et la sanction

Principe : ni fraction, ni peine sans texte légal

Conséquences de ce principe :

a) La loi est la seule source du droit pénal


b) Le législateur doit définir en termes clairs et précis les éléments de toute infraction$
c) Le juge ne peut pas compléter une loi insuffisante ou appliquer une sanction autre
que celle prévue par loi, pour ne pas tomber dans l’arbitraire

2- Elément matériel : c’est la réalisation même de l’infraction, toutes les infractions ne


se réalisent pas de la même façon, on distingue :
a) L’infraction consommée :
La réalisation d’une infraction consommée suppose trois éléments :
 Une initiative physique de la part du coupable
 Un résultat dommageable
 Un lien de causalité entre l’acte et le résultat

b) L’infraction non consommée : c’est la tentative


La tentative est une action coupable, mais qui n’a pas accomplit l’intégralité de ses
éléments constitutifs (3 en haut)

Problématique : a partir de quel moment on peut qualifier une tentative comme punissable ?

1) Conditions d’une tentative punissable : 2 conditions

- Un commencement d’exécution : un individu commence à réaliser une infraction, mais


interrompu dans son action par la survenance d’un événement extérieur qui l’empêche à
terminer.
- Absence de désistements volontaire : le commencement d’exécution a été suspendu par des
circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.

Ce désistement doit réunir des conditions pour que l’infraction soit impunissable :
 Le désistement doit être antérieur à la consommation de l’infraction
 Le désistement doit être volontaire

2) Répression de la tentative :
o S’il s’agit d’un crime : la tentative est assimilée au crime consommé et réprimé
comme tel (art.114)
o S’il s’agite d’un délit : la tentative est punissable si la loi le prévoit expressément
(art.115)
o Il n’ya pas de tentative réprimée en matière de contravention
o Pour l’infraction impossible : la jurisprudence criminelle est favorable pour la
répression de l’infraction impossible, elle la considère comme hypothèse particulière
de tentative, exemple : cambriolage d’une maison vide)

3- Elément moral :

L’élément moral dénommé également élément intellectuel ou psychologique, c’est l’état d’esprit de
l’agent au moment où il accomplissait son acte, la faute peut être :

o Soit d’intention, élément nécessaire de tout crime ou délit.


o Soit d’imprudence ou de négligence

 Faute intentionnelle ‫النية االجرامية‬


a) Intention coupable : ou dol général
 L’intention coupable c’est la volonté orientée vers l’accomplissement d’un acte interdit
par la loi pénale en connaissance du caractère illégal de l’acte.
 Mobile : sentiment qui détermine l’action (jalousie, haine…)
 Dol spécial : certaines infractions nécessitent une donnée psychologique supplémentaire
qui va compléter la simple volonté de commettre l’infraction, cette donnée c’est le dol
spécial.

b) Faute non intentionnelle : absence de volonté de l’agent à désirer le résultat, l’agent a


commis une faute mais d’imprudence ou de négligence.

Classifications des infractions :

 Distinction fondamentale (légale) :


 Crime : infraction la plus grave puni de réclusion de 5ans à peine de mort
 Délit :
o Délit correctionnel : puni d’une peine de 2ans à 5ans
o Délit de police : puni d’une peine de moins de 2ans
 Contravention : moins d’un mois de détention

 Autres distinctions (Doctrinales) :


 A propos de l’élément matériel :

 Infractions d’action ou d’omission:


o Infractions d’action ou de commission: Se caractérise par un élément matériel
consistant à exécuter un acte positif interdit
o infractions d’omission : qui consiste en une simple abstention

 infractions instantanées ou continues


o infractions instantanées : dont l’exécution se réalise d’une manière immédiate.
o infractions continues ou successives : vont s’échelonner dans le temps

 infractions simples, complexes et d’habitude


o infractions simples: se réalise par l’accomplissement d’un seul acte matériel.
o infractions complexes : l’accomplissement de plusieurs actes qui concourent à
une fin unique.
o infractions d’habitude : exige la répétition d’actes identiques. L’exigence conduit
à ne retenir l’infraction qu’à partir du moment où l’acte est répété

 infractions matériels et infractions formelles


o infractions simples: se réalise seulement par la survenance d’un résultat.
o infractions formelles: dont l’élément matériel est constitué indépendamment du
résultat, exemple : le crime d’empoisonnement (art 398)

 A propos de l’élément moral :

 infractions intentionnelles
o elles supposent élément moral une intention coupable

 infractions non intentionnelles


o elles supposent comme élément moral une simple faute d’imprudence ou de
négligence

Le délinquant
I- Définition : le délinquant c’est le personnage de l’infraction, c’est celui qui commet
l’infraction
II- La participation criminelle:
A) La pluralité des participants à l’infraction :

L’infraction, peut être le fait de plusieurs participants :

1) L’acteur principal : l’auteur matériel de l’infraction, c’est le personnage qui commet


matériellement l’infraction
2) le co-auteur : celui qui pris part de l’exécution matérielle de l’infraction, en principe, il est
traité comme l’auteur puisqu’il réuni en sa personne tous les éléments généraux et
spéciaux de l’infraction
3) l’auteur moral : c’est l’auteur intellectuel, il agit en coulisse, n’a pas commis
matériellement l’infraction, mais profite de l’impunité de certaines personnes (mineurs,
aliéné mental) en les poussant à commettre matériellement des infractions, desquelles il
tire profil, exemple (prostitution des jeunes filles, mendicité, trafics de drogues…)

4) le complice : celui qui apporte son concours à la réalisation de l’infraction. Pour etre
punissable, la complicité doit prendre l’une des formes énoncées par l’article 129 du
code pénal :
 la provocation : le provocateur est celui qui incite l’auteur ou co-auteurs à
commettre une infraction en utilisant les moyens précisés dans l’art. 129-1 (Don,
promesse, menaces, ordre…), pour qu’il soit punissable, il faut qu’il utilise ses
moyens.
 Fourniture de moyens : il s’agit de fournir les moyens matériels, en connaissance de
cause, ayant servi à l’action
 Aide ou assistance : apportée par le complice pour faciliter la préparation et la
consommation de l’infraction.
 La fourniture d’un logement : lieu de retraite ou de réunion.
Conditions de complicité : les conditions requises pour pouvoir sanctionner pénalement
un complice sont 3 :
1. Le fait principal doit être qualifié crime ou délit
2. Le fait principal doit être punissable
3. Participation en connaissance de cause

La répression de la complicité : la doctrine est partagée entre 2 thèses :

1. La criminalité et pénalité d’emprunt : principe de l’assimilation du complice à


l’auteur principal, du fait que le complice emprunte sa criminalité à l’auteur
principal et mérite donc la même sanction encourue par l’auteur principal.
2. La complicité-délit unique : selon cette thèse, le complice commet un délit
distinct de celui de l’auteur principal, et le complice peut être puni même si
l’auteur principal n’est pas puni, exemple (suicide, aliénation mentale…)
3. Position du code marocain :
En principe, le code marocain adopte la première théorie, selon l’art.130, en cas
de crime et délit, et non en cas de contravention
Toutefois, certains articles permettent d’adopter exceptionnellement la théorie
de complicité-délit unique, par exemple :
 Aide ou assistance pour faciliter le suicide est punissable, alors que le suicide
n’est pas punissable.

La responsabilité pénale
 Les personnes responsables : art. 132
 L’aliénation mentale (art. 134 à 137)
 La minorité pénale (art. 138 à 140)

La responsabilité pénale : toute personne saine d’esprit et capable de discernement est


personnellement responsable des infractions qu’elle commet, et des tentatives de crimes et de
certains délits
Les causes de l’’irresponsabilité pénale : Dites aussi les causes de non imputabilité, il s’agit des
causes subjectives d’irresponsabilité pénale, elle joue en faveur de l’auteur et ne profite pas aux
autres (complice, auteur) moral), il s’agit essentiellement de l’aliénation mentale et la minorité
pénale auxquelles s’ajoute la contrainte

1- L’aliénation mentale :il s’agit soit d’un trouble des facultés mentales (‫ )خلل عقلي تام‬soit d’un
affaiblissement des facultés mentales (‫)ضعف عقلي‬

Les conditions dans le premier cas (art.134) la juridiction pénale déclare l’irresponsabilité totale de
la personne à la suite de ce trouble (L’impossibilité de comprendre ou de vouloir), mais à trois
conditions :

 Le moment, il doit y avoir un lien entre l’acte reproché et l’existence du trouble (non
antérieur)
 L’étendue ou le degré de l’aliénation, il s’agit de L’impossibilité de comprendre ou de
vouloir qui est toujours nécessaire et qui suppose que le trouble susceptible de produire
une exonération totale de responsabilité
 Se rapporte au caractère naturel de cet état, c.à.d. état non induit par la consommation
des stupéfiants par exemple

Les conditions dans le deuxième cas (art.135) : est partiellement irresponsable, celui qui au moment
de l’infraction, se trouvait atteint d’un affaiblissement des ses facultés mentales de nature à réduire
sa compréhension ou sa volonté.

Il est à souligner que le bénéfice de cette cause de non imputabilité relève de l’appréciation concrète
du juge.

2- La minorité pénale: le mineur délinquant a toujours été traité différemment de l’adulte, la


minorité demeure une cause d’irresponsabilité, le code pénal marocain distingue entre le
mineur de moins de 12 ans non capable de discernement et le mineur de 12 ans à 18 ans,
capable de discernement.
a) Art 138, aucune peine ne peut être prononcée, sauf des mesures de protection,
d’assistance de surveillance et d’éducation
En effet, en cas de crime, le tribunal peut appliquer le régime de garde provisoire ou une
ou plusieurs mesures de protection et de rééducation

b) Art 139, le mineur de 12 ans à 18 ans est pénalement considéré comme partiellement
irresponsable en raison d’une insuffisance de discernement, la spécifié du droit pénal des
mineurs exige que la peine prononcée tienne compte de l’état de minorité, le mineur
bénéficie de l’excuse atténuante de minorité.
En cas de délit, le juge applique les mesures de protection, d’assistance, de surveillance
et d’éducation.
En cas de crime, le juge peut appliquer le régime de garde provisoire ou une ou plusieurs
mesures de protection et de rééducation qui peuvent être complétées par des sanctions
pénales.

3- La contrainte: est un événement qui détruit la volonté de l’agent en le poussant


irrésistiblement à commettre un acte incriminé par la loi.
a) les formes de la contrainte :
 Physique : force exercée directement sur le corps de la personne par un
événement naturel, animal ou une autre personne
 Morale : consiste en une pression extérieure exercée sur le mental de façon à le
priver du libre exercice de sa volonté, on distingue :
 contrainte Morale interne : sentiments, colère, jalousie, haine
 contrainte Morale externe : prend souvent la forme de menaces

b) les conditions de la contrainte :


 Caractère irrésistible de la contrainte : ne peut être analysés comme source
d’irrésistibilité qu’à la condition d’avoir été irrésistible, le sujet est priver de la
volonté et se trouve dans l’impossibilité absolue de respecter la règle de droit.

 Caractère imprévisible de la contrainte : la contrainte ne doit pas résulter d’une


faute antérieurement commise par l’agent.

Sanction
Section 1 / Notion et caractères générales :
I. Définition :
La peine est la sanction infligée à l’auteur de l’infraction par le juge répressif, on distingue :
 Peines encourues : la peine que le législateur met à la disposition du juge répressif.
 Peines prononcées : la peine que le juge répressif inflige au délinquant.
 Peines exécutées : la peine que le condamné subit concrètement suite à un procès

II. Caractère de la peine:


1- Légale : pas de peine sans texte, c’est la loi qui détermine les peines, la légalité des
peines implique que la nature et le minimum et le maximum de la peine soient prévus
précisément par le législateur
2- Egale pour tous : on ne doit pas tenir compte pour prononcer la peine du rang social, de
race ou ethnie… du coupable, l’individualisation des peines doit être fondée sur la faute
et la personnalité du délinquant et non sur les conditions sociales, son rang, sa race…
3- Personnelle : seul le coupable doit être atteint par la sanction pénale, non des tiers
(proches, parents, famille..)

III- Fonctions de la peine:


La peine doit remplir trois fonctions essentielles :
1. Fonction morale (justice) : la peine doit donner la satisfaction d’un besoin de justice en
imposant au coupable la réparation de sa faute, au mal commis doit correspondre un
mal subit
2. Fonction de prévention ou d’intimidation: la fonction de la peine n’est pas strictement
tournée vers le passé mais il exerce un rôle de prévention, cette intimidation est à la fois
individuelle : celui qui a subi une sanction une fois hésitera à récidiver
Collective : les peines sévères engendre une intimidation collective

3. Fonction de réadaptation et d’amendement: les sanctions aujourd’hui sont orientées


vers la réinsertion et la réadaptation sociale du coupable à travers des mesures
éducatives et curatives.

Section 2 / Différentes peines et mesures de sûreté :


Le code pénal marocain distingue deux formes : peines classiques ou mesure de sûreté :

Peines classiques :
 Les peines principales :

 Les peines criminelles: il s’agit de :


o La peine de mort
o La réclusion perpétuelle ou réclusion à temps
o La résidence forcée
o La dégradation civique

 Les peines délictuelles: il s’agit de :


o L’emprisonnement : moins de 5ans
o L’amende= peine patrimoniale qui consiste à payer pour le trésor une somme d’argent
déterminée (art.35)
o
 Les peines contraventionnelles principales (art.18) sont:
o La détention de moins d’un mois
o L’amende de 30 à 1200dh

 Les peines accessoires :


Dites également complémentaires, puisqu’elles complètent les peines principales ou elles sont les
conséquences d’une peine principale, les peines sont accessoires quand elles ne peuvent être
infligées séparément ou qu’elles sont les conséquences d’une peine principale.

Mesures de sûreté :

Le code pénal marocain distingue entre les mesures de sûreté personnelles et les mesures de sûreté
réelle.

 les mesures de sûreté personnelles : il s’agit des mesures suivantes


1) la relégation : mesure applicable aux récidives, elle consiste dans l’internement dans un
établissement de travail
2) l’obligation de résider dans un lieu déterminé applicables dans les infractions contre la
sûreté de l’état ou infractions terroristes
3) l’interdiction de séjour
4) l’internement judicaire dans un établissement psychiatrique
5) le placement judiciaire dans un établissement thérapeutique
6) le placement judicaire dans une colonie agricole
7) l’incapacité d’exercer toutes fonctions ou emplois publics
8) l’incapacité d’exercer toutes professions, activités ou art, subordonnés ou non à une
autorisation administrative
9) la déchéance des droits de puissance paternelle : mesure applicable aux ascendants
ayant commis un crime ou un délit sur leur enfants mineurs
10) la soumission du condamné à un traitement psychologique approprié

 les mesures de sûreté personnelles : il s’agit des mesures prévues à l’art.62 du CPM
1. la confiscation des objets ayants un rapport avec l’infraction ou des objets nuisibles ou
dangereux
2. la fermeture de l’établissement qui a servi à commettre une infraction

 les mesures applicable aux mineurs : il s’agit principalement de :

1. les mesures de garde provisoire :


Parmi ces mesures prévues à l’art. 471 :
Le placement du mineur auprès d’un centre d’observation
Le placement du mineur dans une section d’accueil
La remise du mineur à un service ou établissement public chargé de la protection de
l’enfance ou à un établissement hospitalier
Section 2 / L’individualisation de la peine:
Le juge quand à la détermination de la peine et de son taux dispose d’un pouvoir discrétionnaire, il
s’agit du principe de l’individualisation de la peine, qui a pour objectif de rendre au juge la liberté
d’appréciation des faits.

Mesures de peines :

Soucieux d’adapter la peine encourue aux situations particulières, le législateur définit lui-même
certaines règles d’adaptation de la sanction aux circonstances de la commission de l’infraction et la
responsabilité de son auteur.

Les circonstances aggravantes :

1- La récidive : cause d’aggravation pénale pouvant intervenir pour toute les infractions (art
154 à160), permet au juge de prononcer une peine plus lourde, elle implique l’existence de 2
conditions :
a) Une condamnation irrévocable (‫ )نهائية‬pour une première infraction càd 3 points :
- Une condamnation au sens pénal
- Doit être irrévocable
- La condamnation doit être prononcée par une juridiction marocaine

2- Les circonstances aggravantes spéciales : ce sont les faits définis par la loi, il n’ya pas de
circonstances aggravantes laissées à l’arbitraire du juge

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