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Séance n°2 : L’acquisition de la personnalité juridique

I- Protection de l’enfant :

a) Document 1 :
La Cour de cassation réunie en Assemblée plénière a rendu un arrêt le 29 juin 2001,
celui du pourvoi n°99-85.973.
Le véhicule de M. Z, défendeur, a percuté le véhicule de Mme. X, demandeur,
enceinte de six mois le 29 juillet 1995. De cet accident, il en résulte qu’elle perd le fœtus.
Elle assigne donc en justice M. Z responsable de l’accident. Il n’y a aucun élément
dans l’arrêt sur ce qu’il s’est passé en première instance.
Un appel est donc interjeté devant la Cour d’appel de Metz qui condamne M. Z,
responsable de l’accident pour blessures involontaires sur Mme. X, son état alcoolique étant
de plus une circonstance aggravant. Cependant, la cour d’appel le relaxe du chef d’atteinte
involontaire à la vie de l’enfant à naître.
Mme. X se pourvoit alors en cassation avec comme argumentation que, sur la base
de l’article 221-6 du Code pénal, le défendeur devrait être condamné du chef d’homicide
involontaire. Ainsi, la Cour d’appel a violé les articles 111-3, 111-4 et 221-6 du Code pénal et
l’article 593 du Code de procédure Pénale.
Un enfant à naître et viable peut-il jouir de la personnalité juridique dans le cas où
celui-ci est considéré victime d’un homicide involontaire ?
La Cour de cassation, réunie en Assemblée Plénière, rejette le pourvoi, selon le motif
que le principe de légalité des délits des peines s’oppose à ce que l’incrimination prévue par
l’article 221-6 du Code pénal soit étendue au cas de l’enfant à naître dont le régime juridique
est particulier.

Portée :
Un tel jugement suscita bien entendu la sincère réprobation de l'opinion public, le
député Garraud, créateur d'un amendement rejeté au Sénat créant le délit d'interruption
involontaire de grossesse, qualifia même cette attitude de « nouvelle injustice par la non-
reconnaissance par l’État de leur situation ». En effet, il est très impopulaire de refuser de
traiter les enfants à naître comme des choses, car les morts et même les animaux à naître
bénéficient d'une protection pénale (respectivement : au titre de l'article L415-3 du code
de l'environnement ; 20 octobre 1998).
Bien entendu, en aucun cas, nous ne pouvons ignorer le but louable et nécessaire
poursuivi par le principe de légalité du crime et du châtiment : assurer la sécurité juridique
de tous les justiciables pour un procès équitable. Cependant, dans le cas d'un enfant à
naître, son application doit être trop stricte : une interprétation téléologique qui préserve
l'esprit du texte plutôt que sa seule lettre est la bienvenue. Si la Cour de cassation refuse
d'utiliser cette méthode, c'est sans doute pour ne pas se substituer au législateur pour
déterminer qui est ou qui est « autre », car sa définition a un impact évident sur
l'interruption volontaire de grossesse. Elle se limite donc à respecter ses principes de base
et à inviter les représentants du peuple à se prononcer sur les questions controversées de
l'avortement.

b) Document 2 :

Il s’agit d’un arrêt rendu par la cour d’appel de Pau en date du 5 février 2015, relatif à la question
d’homicide involontaire.
En l’espèce, un conducteur alcoolisé a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté une piétonne
enceinte de 6 mois. Le choc a alors causé de nombreuse blessure à la victime et a provoqué le décès,
in utero, de l’enfant qu’elle portait au moment des faits.

Le 14 février 2014, le tribunal correctionnel de Tarbes a déclaré coupable le conducteur d’avoir


involontairement causé la mort de l’enfant à naitre, ainsi que d’avoir causé une incapacité totale de
travail avec la circonstance qu'il se trouvait sous l’empire de l’alcool ainsi que d’avoir omis de rester
maitre de sa vitesse. La juridiction de première instance condamne le conducteur à une peine
d’emprisonnement de 3 ans assorti d’un sursis ainsi que d’une amende de 300 euros pour la
contravention.

Un appel de cette décision a été interjeté par le parquet général.

D’après la cour d’appel, le principe de la légalité des délits et des peines qui impose une
interprétation stricte de la loi pénale, s’oppose à ce que l’incrimination prévue à l’article 221-6 du
code pénal réprimant l'homicide involontaire d'autrui, soit étendue au cas de l'enfant à naître dont le
régime juridique relève de textes particuliers sur l'embryon ou le fœtus. C’est pourquoi selon la cour
d’appel, il n’est pas possible juridiquement de condamner le conducteur pour des faits d’homicide
involontaire.

La Cour d’appel doit donc répondre à la question suivante : Le décès d’un enfant à naitre, in utero,
suite à un accident peut-il être qualifié d’homicide involontaire ?

Dans cette affaire, la cour d’appel renvoie le conducteur des fins de poursuites concernant le fait
d’homicide involontaire. Elle ordonne cependant l’annulation de son permis de conduire avec
l’interdiction de repasser l’examen sur une durée de 3 ans, ainsi qu’à une peine d’emprisonnement
de 2 ans assortie de sursis, ainsi qu’une amende de 300 euros.

Portée

L’arrêt évoque l’acquisition de la personnalité juridique et plus particulièrement le statut de l’enfant


in vitro. La question de l’infraction d’homicide involontaire est à l’origine de nombreux débats. La
cour d’appel a appliqué dans cette affaire la jurisprudence de l’arrêt de l’assemblée plénière en date
du 29 juin 2001, qui énonce que le terme d’homicide involontaire est retenu uniquement dans le cas
ou les enfants sont nés vivants. Cependant, cette jurisprudence qui s’appuyait sur l’article 221-6 du
code civil, ne précise pas que la victime de l’accident doit être né pour que l’acte soit qualifié
d’homicide involontaire. Cette décision peut être contestée car elle implique également qu’aux yeux
de la loi l’enfant à naitre n’est pas considéré comme une personne mais comme une chose.
2. En quelques lignes, expliquez les conditions et les effets de la délivrance de l’acte
d’enfant né sans vie

Si l'enfant est mort-né (ou est né vivant mais non viable et décédé avant la déclaration de
naissance), l'officier d'état civil créera un certificat d'enfant inanimé. Il faudra fournir un
certificat médical d'accouchement. Le certificat est rédigé par un médecin praticien (médecin
ou sage-femme), indiquant l'heure, la date et le lieu de l'accouchement. L'enfant est inscrit dans
le livret de famille. Vous pouvez lui donner un nom. Cependant, il ne peut pas recevoir de nom
de famille et ne peut pas établir de lien de sang.

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