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MA201.

Méthode des éléments finis (2014-2015) 1

Séance 3 : Coercivité et propriétés de H 1

Exercice 1 Etude élémentaire de la coercivité


Q1. Soient V = RN et S la sphère unité de V : S := {u ∈ V tel que kukV = 1 }.
Comme S est fermée et bornée dans RN (un espace vectoriel de dimension finie), on en
déduit que S est compacte.
Soit `a la fonction suivante :
`a : S → R
.
u 7→ a(u, u)
La fonction `a est continue sur S, qui est compacte : `a atteint son maximum et son
minimum sur S. Notons α le minimum : ∃umin ∈ S tel que `a (umin ) = α. Comme a est
définie-positive et umin 6= 0 (il est de norme un), on en déduit que α > 0.
Soit v ∈ V \ {0} quelconque. Posons u = v/kvkV : alors u ∈ S et l’on a `a (u) ≥ α, ce
que l’on peut réécrire par bilinéarité
a(v, v) ≥ αkvk2V .
On en déduit que a est coercive.

Q2.
(a) En dimension infinie, un ensemble fermé et borné n’est pas automatiquement
compact. On ne peut donc pas raisonner comme précédemment...
Qui plus est, nous avons le contre-exemple suivant : soit (ek )k∈N une base hilber-
tienne 1 de V . On peut écrire tout élément v de V sous la forme

( ∞ )1/2
X X
v= vk ek , avec ∀k ∈ N, vk = (v|ek )V , et kvkV = vk2 .
0 0

Pour définir une forme bilinéaire, il suffit de décrire son action sur tout couple
d’éléments de la base. Posons :
1
a? (ei , ej ) = δi,j , ∀i, j ∈ N.
j+1
On en déduit que

X vk2
a? (v, v) = .
0
k+1

1. On suppose ici que l’espace de Hilbert V est séparable, c’est-à–dire qu’il contient un sous-ensemble
dénombrable et dense. Comme V est en particulier un espace métrique, on peut montrer qu’il existe
une famille dénombrable qui en constitue une base. Et, pour finir, on peut orthogonaliser celle-ci...
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Par construction, a? est donc définie-positive. Par contre, elle n’est pas coercive,
puisque l’on a la relation limk→+∞ a? (ek , ek ) = 0 !
NB. Dans un espace de Hilbert séparable de dimension infinie, la sphère unité S
n’est donc jamais compacte ! Sinon, le raisonnement de la Q1 s’appliquerait, et il
suivrait que la forme a? , qui est définie-positive, est coercive...

(b) Par exemple, V = H 1 (]0, 1[), la forme bilinéaire a définie par


Z 1
∀u, v ∈ V, a(u, v) = u(x)v(x) dx
0

est définie positive de maniŔre évidente. Mais elle n’est pas coercive puisque pour

un (x) = cos(nπx), n ≥ 1

on a
1 1
a(un , un ) = et kun k2V = (1 + n2 π 2 )
2 2

Q3. Soit V = H 1 (]0, 1[) et la forme bilinéaire a définie par


Z 1 Z 1
0 0 2
∀u, v ∈ V, a(u, v) = u (x)v (x) dx − ω u(x)v(x) dx
0 0

avec ω ∈ R fixé. On montre facilement que


1
a(1, 1) = −ω 2 et ∀n ≥ 1, a(un , un ) = (n2 π 2 − ω 2 )
2
où on a choisi de nouveau un = cos(nπx). En particulier il existe un entier p assez
grand tel que a(up , up ) > 0. On montre alors qu’il existe une constante β telle que pour
u = 1+βup on ait a(u, u) = 0, avec u 6= 0. En effet, il suffit de remarquer que a(1, up ) = 0
et de choisir β telle que
a(1, 1) ω2
β2 = − =2 2 2 .
a(up , up ) p π − ω2
La forme bilinéaire a n’est donc pas coercive.

Exercice 2 Inégalités de Poincaré sur ]0, 1[


Q1. Tout d’abord, nous rappelons avoir démontré dans l’Ex3 que l’application trace
définie par

γ? : C 1 ([0, 1]) → R
v 7→ v(0)
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se prolonge de façon unique en une application linéaire et continue de H 1 (]0, 1[) dans R.

Soit v une fonction C 1 ([0, 1]), on peut écrire


Z x
∀x ∈ [0, 1], v(x) = v(0) + v 0 (y) dy. (1)
0

Par application de l’inégalité triangulaire au membre de droite (pour la norme de


L2 (]0, 1[; dx)), on déduit
Z 1  21 Z 1 Z x 2 ! 21 Z 1  21
2 0 2
|v(x)| dx ≤ v (y) dy dx + |v(0)| dx
0 0 0 0

2 ! 21
Z 1 Z 1
0
≤ v (y) dy dx + |v(0)|
0 0
Z 1  21
0 2
≤ |v (y)| dy + |v(0)|,
0

où on a utilisé l’inégalité de Cauchy-Schwarz pour obtenir la dernière inégalité. Ainsi en


utilisant des arguments de densité et de continuité de l’application trace en 0 on montre
que C1 = 1 est tel que
∀v ∈ H 1 (]0, 1[), kvkL2 (]0,1[) ≤ C1 kv 0 kL2 (]0,1[) + |v(0)| .
 

Q2. On a immédiatement, par définition de l’espace H01 (]0, 1[) que


∀v ∈ H01 (]0, 1[), kvkL2 (]0,1[) ≤ C1 kv 0 kL2 (]0,1[) . (2)
Remarquons que cette dernière inégalité est également vraie (de façon évidente) pour les
éléments de l’espace fermé de H 1 (]0, 1[) suivant :
{v ∈ H 1 (]0, 1[) tel que v(0) = 0}.
Enfin, en utilisant la relation
Z 1
v(x) = v(1) − v 0 (y) dy,
x

on pourrait montrer de la même façon que l’inégalité est vraie pour les éléments de
{v ∈ H 1 (]0, 1[) tel que v(1) = 0}.

Q3. Tout d’abord, en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on pourrait montrer, en


utilisant les mêmes arguments que dans l’Ex3, que l’application moyenne
m : C 1 ([0, 1]) → R
Z 1
v 7→ v(y) dy
0
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se prolonge de façon unique en une application linéaire et continue de H 1 (]0, 1[) dans R.

En intégrant pour v ∈ C 1 ([0, 1]) l’identité


Z x
v(x) = v 0 (z) dz + v(y),
y

sur [0, 1] par rapport à la variable y, on obtient


Z 1Z x
∀x ∈ [0, 1], v(x) = v 0 (z) dz dy + m(v).
0 y

D’où
1 x 1 1
Z Z Z Z
0
|v 0 (z)| dzdy + m(v)

∀x ∈ [0, 1], v(x) ≤
v (z) dz dy + m(v) ≤

0 y 0 0
Z 1
≤ |v 0 (z)| dz + |m(v)|.
0
R1
Par intégration directe des carrés sur ]0, 1[ : kvkL2 (]0,1[) ≤ k 0 |v 0 (z)| dz + |m(v)| kL2 (]0,1[) .
En appliquant à nouveau l’inégalité triangulaire (cf. les calculs après (1)), on en déduit
donc que pour v ∈ C 1 ([0, 1])

kvkL2 (]0,1[) ≤ kv 0 kL2 (]0,1[) + |m(v)|,

d’où par passage à la limite (avec C2 = 1)

∀v ∈ H 1 (]0, 1[), kvkL2 (]0,1[) ≤ C2 kv 0 kL2 (]0,1[) + |m(v)| .




Q4. Nous pouvons donc donner plusieurs exemples d’espace où la semi-norme H 1 est
en réalité une norme :
H01 (]0, 1[), v ∈ H 1 ([0, 1]) tel que v(0) = 0 , v ∈ H 1 ([0, 1]) tel que v(1) = 0 ,
 
 Z 1 
1
et v ∈ H ([0, 1]) tel que v(x) dx = 0 .
0

Exercice 3 Inégalités de Poincaré dans RN


Rappelons l’énoncé du théorème de Rellich :
Soit Ω un ouvert borné de Rn , de frontière ∂Ω "suffisamment régulière". Alors, de toute
suite bornée de H 1 (Ω), on peut extraire une sous-suite qui converge dans L2 (Ω).
A quoi ce résultat sert-il en pratique ?
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Q1. Raisonnons par l’absurde. On a alors le résultat :

∀C, ∃v ∈ H 1 (Ω), kvkL2 (Ω) > C k∇vkL2 (Ω)N + kγΓ vkL2 (Γ) .


On peut choisir en particulier C = n, pour n ∈ N \ {0}. Ainsi, il existe vn ∈ H 1 (Ω) tel


que
1
kvn kL2 (Ω) = 1, k∇vn kL2 (Ω)N + kγΓ vn kL2 (Γ) < . (3)
n
Par construction, on remarque que la suite (∇vn )n tend vers 0 dans L2 (Ω)N .

Par ailleurs, la suite (vn )n est bornée dans H 1 (Ω), puisque


1
kvn k2H 1 (Ω) = kvn k2L2 (Ω) + k∇vn k2L2 (Ω)N < 1 + < 2.
n2
D’après le théorème de Rellich, il existe une sous-suite extraite de (vn )n , toujours notée
(vn )n , qui converge fortement dans L2 (Ω), vers une limite v ∈ L2 (Ω). On a bien sûr
kvkL2 (Ω) = 1.

Que vaut ∇v, pris au sens des distributions ? Soit φ ∈ D(Ω)N . Nous avons :

h∇v, φi = −hv,
Z div φi (dérivation au sens des distributions)
=− v div φ dΩ (v ∈ L2 (Ω))
Ω Z
= − lim vn div φ dΩ (v = limn→+∞ vn dans L2 (Ω))
n→+∞ ZΩ

= + lim ∇vn · φ dΩ (intégration par parties)


n→+∞ Ω
=0 (limn→+∞ ∇vn = 0 dans L2 (Ω)N ).

Ainsi, ∇v = 0 ! Comme 0 ∈ L2 (Ω)N , v appartient donc à H 1 (Ω). Et puisque son gradient


est nul sur Ω connexe, on a v = cste.
Comme d’une part limn→+∞ vn = v dans L2 (Ω) et d’autre part limn→+∞ ∇vn = 0 = ∇v
dans L2 (Ω)N , on a en fait
lim vn = v dans H 1 (Ω).
n→+∞

Quel est l’avantage, par rapport à la convergence de (vn )n dans L2 (Ω) ? L’application
trace est continue de H 1 (Ω) dans L2 (∂Ω), mais elle n’est pas continue de L2 (Ω) dans
L2 (∂Ω).
De la convergence dans H 1 (Ω), on en déduit la convergence des traces (γΓ vn )n vers γΓ v
dans L2 (Γ). D’après (3), γΓ v = 0, or on sait que v = cste, d’où finalement v = 0 dans
Ω. Ceci contredit le fait que kvkL2 (Ω) = 1.

Q2. La procédure est quasi-identique à celle de la Q1. Raisonnons par l’absurde. On a


alors le résultat :

∀C, ∃v ∈ H 1 (Ω), kvkL2 (Ω) > C(k∇vkL2 (Ω)N + |m(v)|).


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On peut encore une fois choisir C = n, pour n ∈ N \ {0} : il existe vn ∈ H 1 (Ω) tel que
1
kvn kL2 (Ω) = 1, k∇vn kL2 (Ω)N + |m(vn )| < .
n
Par construction, on remarque que la suite (∇vn )n tend vers 0 dans L2 (Ω)N .
Par ailleurs, la suite (vn )n est bornée dans H 1 (Ω), puisque pour tout n ∈ N \ {0}, on a
kvn k2H 1 (Ω) < 2. D’après le théorème de Rellich, il existe une sous-suite extraite de (vn )n ,
toujours notée (vn )n , qui converge fortement dans L2 (Ω), vers une limite v ∈ L2 (Ω).
On a bien sûr kvkL2 (Ω) = 1.

Que vaut ∇v, pris au sens des distributions ? En utilisant exactement les mêmes
arguments qu’à la Q1, on montre que ∇v = 0 ! Comme 0 ∈ L2 (Ω)N , v appartient donc
à H 1 (Ω). Et puisque son gradient est nul sur Ω connexe, on a v = cste.

Mais dans ce cas R


v dΩ
Z
Ω 1
v= R =R lim vn dΩ = 0,

dΩ Ω
dΩ n→+∞ Ω
ce qui contredit l’égalité kvkL2 (Ω) = 1.

Q3. Si la forme linéaire L est telle que L(1) = 0, alors il n’existe pas de constante C3
telle que 
k1kL2 (Ω) ≤ C3 k∇1kL2 (Ω)N + |L(1)| ,
puisque k1kL2 (Ω) > 0, alors que le membre de droite vaut 0 !

Supposons maintenant que L(1) 6= 0 et raisonnons comme à la Q2 par l’absurde : on


commence par, pour tout n ∈ N \ {0}, il existe vn ∈ H 1 (Ω) tel que
1
kvn kL2 (Ω) = 1, k∇vn kL2 (Ω)N + |L(vn )| < ,
n
jusqu’à obtenir une limite v dans L2 (Ω) constante et telle que kvkL2 (Ω) = 1.

Comme d’une part limn→+∞ vn = v dans L2 (Ω) et d’autre part limn→+∞ ∇vn = 0 = ∇v
dans L2 (Ω)N , on a en fait
lim vn = v dans H 1 (Ω).
n→+∞

Puisque la forme L est continue sur H 1 (Ω), ceci implique que

L(v) = lim L(vn ) = 0.


n→+∞

Par linéarité, L(v) = L(v × 1) = v × L(1) et, comme L(1) 6= 0 on a nécessairement v = 0,


ce qui contredit finalement kvkL2 (Ω) = 1.
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Q4. Nous pouvons donc donner une classe d’espaces où la semi-norme H 1 est en réalité
une norme, soit
∀Γ ⊂ ∂Ω de mesure non nulle, VΓ = v ∈ H 1 ([0, 1]) tel que v|Γ = 0


et notamment
H01 (]0, 1[).
L’espace  Z 
1
V = v ∈ H ([0, 1]) tel que v dΩ = 0

convient aussi.

Exercice 4 Résolution du Laplacien

1. Soit le problème avec condition de Dirichlet homogène


Trouver u ∈ H 1 (Ω) telle que

−∆u = f dans Ω
. (4)
u=0 sur ∂Ω
avec f ∈ L2 (Ω). On montre facilement que ce problème est équivalent à la formu-
lation variationnelle suivante :
Trouver u ∈ H01 (Ω) telle que
Z Z
∇u · ∇v dΩ = f v dΩ, ∀v ∈ H01 (Ω). (5)
Ω Ω

On munit l’espace H01 (Ω) de la norme H 1 . En tant qu’espace fermé de H 1 (Ω) et


muni de cette norme,
R c’est bien un espace de Hilbert.
La forme `(v) = Ω f v dΩ est, de manière évidente, linéaire, et continue :
Z
1

∀v ∈ H0 (Ω), |`(v)| = f v dΩ ≤ kf kL2 (Ω) kvkL2 (Ω) ≤ kf kL2 (Ω) kvkH 1 (Ω) .

R
La forme a(u, v) = Ω
∇u · ∇v dΩ est, elle, clairement bilinéaire, et continue :
∀u, v ∈ H01 (Ω), |a(u, v)| ≤ k∇ukL2 (Ω)N k∇vkL2 (Ω)N ≤ kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) .
Il ne reste plus qu’à démontrer la coercivité de a pour pouvoir appliquer le théo-
rème de Lax-Milgram et conclure au caractère bien posé du problème. On a
Z
∀u ∈ H0 (Ω), a(u, u) = |∇u|2 dΩ = k∇uk2L2 (Ω)N ,
1

or d’après Ex12 et Ex13, la semi-norme H 1 (| · |1 := k∇ · kL2 (Ω)N ) est dans H01 (Ω)
une norme équivalente à la norme H 1 (k · kH 1 (Ω) ), c’est-à-dire qu’il existe C1 > 0
et C2 > 0 telles que
∀u ∈ H01 (Ω), C1 kuk2H 1 (Ω) ≤ k∇uk2L2 (Ω)N ≤ C2 kuk2H 1 (Ω) . (6)
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On a donc

∀u ∈ H01 (Ω), a(u, u) = k∇uk2L2 (Ω)N ≥ C1 kuk2H 1 (Ω) .

La forme bilinéaire a est donc coercive, le théorème de Lax-Milgram s’applique :


il existe une unique solution au problème (5) et donc au problème (4).

NB. Remarquons que puisque la semi-norme H 1 est une norme de l’espace


H01 (Ω), nous aurions pu, dès le départ, munir l’espace H01 (Ω) de cette norme. En
utilisant l’équivalence des normes (6), nous aurions montré de la même manière
que ` est linéaire continue et par ailleurs a est le produit scalaire associé à la
semi-norme H 1 . La conclusion aurait donc été la même en utilisant le théorème
de Riesz !
2. Soit le problème avec condition de Fourier non homogène
Trouver u ∈ H 1 (Ω) telle que

−∆u = f
(
dans Ω
∂u . (7)
+ λ u = g sur ∂Ω
∂n
avec λ > 0, f ∈ L2 (Ω) et g ∈ L2 (∂Ω). On montre rapidement que ce problème est
équivalent à la formulation variationnelle suivante :
Trouver u ∈ H 1 (Ω) telle que
Z Z Z Z
∇u · ∇v dΩ + λ uv dΓ = f v dΩ + gv dΓ, ∀v ∈ H 1 (Ω). (8)
Ω ∂Ω Ω ∂Ω
R R
La forme `(v) = Ω
f v dΩ + ∂Ω
gv dΓ est clairement linéaire. Pour la continuité,
notons que :
Z Z
1

∀v ∈ H (Ω), |`(v)| ≤ f v dΩ +
gv dΓ
Ω ∂Ω
≤ kf kL2 (Ω) kvkH 1 (Ω) + kgkL2 (∂Ω) kv|∂Ω kL2 (∂Ω) .
D’après la continuité de l’application trace :

∃C0 > 0, ∀v ∈ H 1 (Ω), kv|∂Ω kL2 (∂Ω) ≤ C0 kvkH 1 (Ω) ;

on déduit la continuité de la forme linéaire :

∀v ∈ H 1 (Ω),

|`(v)| ≤ kf kL2 (Ω) + C0 kgkL2 (∂Ω) kvkH 1 (Ω) .
R R
Le caractère bilinéaire de la forme a(u, v) = Ω ∇u · ∇v dΩ + λ ∂Ω uv dΓ est
évidente. Pour la continuité,

∀u, v ∈ H 1 (Ω), |a(u, v)| ≤ kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) + λ ku|∂Ω kL2 (∂Ω) kv|∂Ω kL2 (∂Ω) .

On utilise encore la continuité de l’application trace pour finalement avoir

∀u, v ∈ H 1 (Ω), |a(u, v)| ≤ (1 + λ C02 )kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) .


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Ici encore, il ne reste plus qu’à démontrer la coercivité de a. Notons que


Z Z
1 2
∀u ∈ H (Ω), a(u, u) = |∇u| dΩ+λ |u|2 dΓ = k∇uk2L2 (Ω)N +λ ku|∂Ω k2L2 (∂Ω) .
Ω ∂Ω

D’après Ex13-Q1 (avec Γ = ∂Ω) ou Ex12-Q1, on a


1 h i
kuk2L2 (Ω) ≤ k∇uk2L2 (Ω)N + ku|∂Ω k2L2 (∂Ω) ,
C1
avec C1 > 0 indépendant de u, soit finalement
h i
∀u ∈ H 1 (Ω), 2a(u, u) ≥ k∇uk2L2 (Ω)N + min(λ, 1) k∇uk2L2 (Ω)N + ku|∂Ω k2L2 (∂Ω)
min(λ, 1) min(λ, 1)
≥ k∇uk2L2 (Ω)N + kuk2L2 (Ω) ≥ min(1, )kuk2H 1 (Ω) .
C1 C1
Le théorème de Lax-Milgram s’applique et donne l’existence et l’unicité de la
solution de (8) et donc de (7).
3. Soit le problème avec condition de Neumann non homogène
Trouver u ∈ H 1 (Ω) telle que

−∆u = f dans Ω
(
∂u .
=g sur ∂Ω
∂n
avec f ∈ L2 (Ω) et g ∈ L2 (∂Ω).
— On remarque que si une solution existe, elle ne peut pas être unique. En effet,
on voit facilement que si u est solution alors u + cste (avec cste ∈ R) est
également solution.
— On ajoute la condition de moyenne nulle dans l’espace fonctionnel :
Z
1
V = {v ∈ H (Ω) : v dΩ = 0},

ce qui permet d’éliminer les constantes ! Le problème devient


Trouver u ∈ V telle que

−∆u = f dans Ω
(
∂u . (9)
=g sur ∂Ω
∂n
De plus, en intégrant la première équation sur Ω, on met en évidence une
condition nécessaire d’existence d’une solution qui est
Z Z
f dΩ + g dΓ = 0. (CN )
Ω ∂Ω

On suppose cette condition vérifiée dans la suite.


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— On montre, en utilisant les arguments vus en cours, que si u est solution de


ce problème (9) alors elle est solution de la formulation variationnelle :
Trouver u ∈ V telle que
Z Z Z
∇u · ∇v dΩ = f v dΩ + gv dΓ, ∀v ∈ V. (10)
Ω Ω ∂Ω

— Réciproquement si u est solution de (10), on veut raisonner au sens des dis-


tributions, cf. TD2, pour revenir au problème de départ. Mais une fonction-
test v ∈ D(Ω) n’appartient R pas toujours à V : l’idée est de faire intervenir
Ω v dΩ
v − m(v) ∈ V où m(v) = R est la moyenne de v. On écrit alors pour tout
Ω dΩ
v ∈ D(Ω)
Z Z
hf, vi = f v dΩ + gv dΓ car v |∂Ω = 0
ZΩ ∂Ω Z Z
= f (v − m(v)) dΩ + m(v) f dΩ + gv dΓ
ZΩ ZΩ Z∂Ω
= f (v − m(v)) dΩ − m(v) g dΓ + gv dΓ car (CN ) est vérifiée
ZΩ Z ∂Ω ∂Ω

= f (v − m(v)) dΩ + g (v − m(v)) dΓ
ZΩ ∂Ω

= ∇u · ∇ (v − m(v)) dΩ car u est solution de (10)


ZΩ
= ∇u · ∇v dΩ = h−∆u, vi

On a donc que −∆u = f au sens des distributions et comme f est dans L2 (Ω),
cette égalité est vraie presque partout. On retrouve maintenant la condition
aux limites en écrivant pour v ∈ H 1 (Ω) (et en notant que v − m(v) ∈ V ) :
Z Z Z
gv dΓ = g (v − m(v)) dΓ + m(v) g dΓ
∂Ω Z∂Ω Z∂Ω
= g (v − m(v)) dΓ − m(v) f dΩ car (CN ) est vérifiée
Z∂Ω ZΩ
= ∇u · ∇ (v − m(v)) dΩ − f (v − m(v)) dΩ
Ω Z Ω

−m(v) f dΩ car u est solution de (10)


Z Ω Z

= ∇u · ∇v dΩ − f v dΩ
ZΩ Ω Z
∂u
= (−∆u − f )v dΩ + v dΓ
ZΩ ∂Ω ∂n
∂u
= v dΓ.
∂Ω ∂n

Ci-dessus, on a intégré par parties pour obtenir l’avant-dernière égalité. Ceci


étant vrai pour tout v ∈ H 1 (Ω), on en déduit la condition aux limites de
Neumann sur ∂Ω comme habituellement.
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— Reste à savoir si le problème (10) est bien posé. Nous allons chercher à vérifier
les hypothèses du théorème de Lax-Milgram.
On munit l’espace V de la norme H 1 . En tant qu’espace fermé de H 1 (Ω), V
est bien un espace de Hilbert.
En utilisant les mêmes arguments R que pour R le cas des conditions de Fourier,
on montre que la forme `(v) = Ω f v dΩ + ∂Ω gv dΓ est linéaire et continue.
En utilisant les mêmes argumentsR que pour le cas des conditions de Dirichlet,
on montre que la forme a(u, v) = Ω ∇u·∇v dΩ est bilinéaire et continue. Pour
la coercivité, il suffit d’utiliser là aussi, l’équivalence de la semi-norme H 1 et
la norme H 1 dans l’espace V , qui a été prouvée dans Ex13-Q2 et Ex12-Q3.
En vertu du théorème de Lax-Milgram, sous réserve que (CN ) soit vérifiée, le
problème (10) et donc le problème (9) sont bien posés.

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