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La mère fait du tricot 1

Le fils fait la guerre


Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est-ce qu'il fait le père ?
Il fait des affaires 5
Sa femme fait du tricot
Son fils la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils 10
Qu'est-ce qu'il trouve le fils ?
Il ne trouve rien absolument rien le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père fait des affaires lui la guerre
Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père 15
La guerre continue la mère continue elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça naturel le père et la mère 20
La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires
Les affaires la guerre le tricot la guerre
Les affaires les affaires et les affaires
La vie avec le cimetière.

Jacques Prévert est un poète Français né le 4 février 1900 mort le 11 avril


1977.Toute sa vie, Jacques Prévert témoignera d'un engagement politique sincère.
Surréaliste inclassable, certains observateurs n'hésitent pourtant pas à l'apparente
au courant libertaire. Il n'aura cependant qu’un véritable succès après sa mort. Il
est en effet aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands poètes du XX. Son
premier recueil de poèmes est Paroles. Publié en 1946, il recèle 91 poèmes
abordant les thèmes de la vie quotidienne, de la dénonciation de la violence, de
l’art et de la création ainsi que des valeurs de la famille. Le poème “Famille” se
situe dans ce dernier thème. Il traite d’une famille menant une vie normale et
tranquille, monotone. La seule anomalie présente dans ce texte est la singulière
intégration de la guerre que les personnages voient comme normale.
Comment au travers d’une scène familiale banale l’auteur arrive-il à dénoncer la
banalisation de la guerre ?
Nous verrons que la monotonie de la vie familiale et la normalisation de la guerre
mènent à une dénonciation de cette banalisation
I/ La monotonie d'une vie familiale
I/une structure exprimant la répétition
● énumération d’actions
● tjrs les mm sujets : père, mère, fils suivis des mm objets directs
● répétition de la syntaxe des phrases “
La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère”
● répétition des pronoms personnels sujets “Elle, Il” et des articles “Le, La”
● du vers 1 à 11 on à une répétition de l’organisation des phrases : 3-4 phrases
exclamatives, 1 phrase interrogative, 1 phrase qui répond à la question
posée.
● répétition des mm mots : “affaire” “guerre” “naturel” “trouver”
● Champs lexical de la monotonie “tricot, tricoter” “naturel” “continue”

II/Une répétition des sonoritées


● allitération filée en “l” qui possède un son lent, traînant, sur tout le poème
● allitération en “ère”qui se répète tous les vers ou tous les 2 vers
● allitération filée en “l” en début de quasiment tous les vers
● Poème composé d’un vocabulaire simple
● toutes ces répétitions de sonoritées et le vocabulaire pauvre du poème
exprime la banalité des action ici représentées

II/ La guerre normalisée


I/Une guerre parfaitement intégré au poème
● Ici la guerre est mêlée à la vie de famille
● la répétition mène à penser que rien ne choque personne
● la guerre est COD des verbes continuer, faire, que des verbes exprimants
une banalité
● ligne 16 parallélisme entre la mère qui fait une action banale et souvent
associé à l’ennuie, à la monotonie, du tricot, et entre la guerre
● on retrouve le mot guerre jusqu'à 7 fois dans le poème
● la guerre est abordée ici simplement et le nom “guerre” est le seul mot
ayant un rapport avec
● le mot “guerre” est quasiment tout le temps placé à la rime

II/Une mort et une guerre “normale”


● absence de réflexion sur la condition du fils
● ligne 20 le père et la mère trouvent cela “normal” ( adj ) qu’il meurt
● même après la vie des parents reprends son train monotone
● utilisation du champ lexical de la banalité (normal, naturel..)
● Le seul changement dans le poème est l'expression d’une négation quand le
fils meurt et le changement d'activité des parents qui vont désormais au
cimetière
● antithèse au dernier vers “la vie avec la mort” qui appuie sur l’aspect
monotonal et la “normalité” de la mort
III/ La dénonciation de la banalisation de choses aussi
horribles que la mort ou la guerre
I/L’Auteur remet en question cette “normalité”
● Par deux fois le narrateur pose une question sur la condition d’un
personnage ce qui exprime qu’il ya peut être une anomalie dans cette
condition
● Il utilise la conjonction de coordination “Et” pour montrer son dégoût, son
indignation de la passivité des personnages devant leur situation.

II/Une absence de sentiments


● le père et la mère ont tous deux un avis mais n’éprouvent rien
● comme montré dans le vers 12 le fils non plus n’a pas la capacité à réfléchir
ni à éprouver de sentiments
● aucun terme ne fait allusion à un quelconque sentiment. Même la mort ne
leur fait rien et venir au cimetière devient une action banale

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