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Chapitre 1 :

Généralités sur les barrages


Introduction :

Les barrages sont généralement construits pour stocker l'eau pour usage domestique et industriel,
pour l'irrigation, la production d'électricité hydraulique ou de prévenir les inondations.

L’étude d’un barrage nécessite l’intervention de plusieurs disciplines scientifiques complémentaires


les unes des autres à cause de sa nature complexe et délicate. Les données environnementales de la
région, hydrauliques, géologiques et géotechniques combinées ensemble constituent le socle de ce
genre d’étude.

Ces données influencent toute la structure, notamment le choix des matériaux de son corps, de la
fondation et des mesures spécifiques de sécurité.

Une autre caractéristique de l’étude de ces ouvrages est l’incidence considérable des spécificités du
site sur la conception et le dimensionnement qui font de chaque ouvrage un cas particulier.

Le concept de sécurité pour les barrages d’accumulation repose sur les trois piliers : de la sécurité
structurale, de la surveillance et entretien, et de la planification en cas d’urgence. Cette structure et
les éléments de chacun de ces piliers sont une mise en œuvre logique de l'objectif ultime qui est de
garantir la sécurité en tout temps et en toute circonstance.

I. Situation des barrages au Maroc :

La sécurisation des ressources en eau reste une priorité pour le Maroc. Preuve en est que depuis
quelques années, de plus en plus de barrages sont construits un peu partout dans le pays. Le plus
gros, M’Dez, dans la province de Sefrou, devrait coûter 850 MDH pour une capacité de retenue
prévue de 700 millions de m 3 , soit le huitième du pays, en taille. La stratégie nationale de l’eau
retient une moyenne de trois grands barrages et 50 petits ouvrages par an. A titre d’illustration, le
budget alloué à la seule construction est passé de 500 à 600 MDH par an en 2003/ 2004 à 2, 2
milliards de DH pour l’année 2012. Grâce à la politique des barrages, le royaume dispose de plus de
139 grands barrages avec une capacité globale de plus de 17,6 Milliards de m3 , 13 ouvrages
hydrauliques de transfert des eaux (Débitance : 200m3 /s, Longueur 1100 km, Volume 2,5 Milliards
M3 /an) et plus d’une centaine de petits barrages et lacs collinaires. Mais assurément les plus
importants sont Al Wahda dans la province de Sidi Kacem (3,8 milliards de m3 ) et Al Massira dans
celle de Settat (2,7 milliards de m3).Ce qui retient l’attention, aussi, est qu’en 1971 le pays ne
comptait guère que 18 grands ouvrages d’art et seulement 11 en 1955. De gros efforts et des
investissements énormes ont donc été entrepris pour aboutir à la situation actuelle. Si l'évolution de
la conception des barrages a connu un rythme très lent pendant des siècles, en raison sans doute du
coût de ces ouvrages et des performances à atteindre en termes de sécurité, l'apparition dans les
années 1980 d'une nouvelle technique, le béton compacté au rouleau (B.C.R), a conduit à un
changement radical, et les nombreuses innovations qu'il a rendu possibles ont largement
révolutionné les habitudes en matière de conception, ainsi que les méthodes et délais de réalisation.
Développement de la construction des barrages au Maroc

II. Différents types de barrages :

Les barrages sont par définition des ouvrages hydrauliques disposés en travers d’un cours d’eau pour
créer une retenue ou exhausser le niveau en amont, ces types d’ouvrages barrent sur toute la largeur
une section d’une vallée et créer ainsi une cuvette artificielle géologiquement étanche.

Chaque structure et matériau de construction définit le type de barrage.

On distingue :

1. barrages en béton
 Barrage-poids (gravité)
 Barrages-voûtes
 Barrages à contreforts
 Barrages en béton compacté au rouleau (BCR)
2. Barrages en remblais
 Barrages en terre homogène
 Barrages à noyau
 Barrages à masque
3. Barrages mobiles
Ont une hauteur limitée, ils sont généralement édifié en aval du cours des rivières, de
préférence à l’endroit où la pente est la plus faible. On utilise généralement ce type de
barrage dans l’aménagement des estuaires et des deltas pour rendre les rivières navigables
en les canalisant.

III. Classification des barrages


Un barrage fluvial permet la régulation du débit d’une rivière ou d’un fleuve, l’irrigation des
cultures, une prévention relative des catastrophes naturelles (crues, inondations), par la
création de lacs artificiels ou de réservoirs. Un barrage autorise aussi sous certaines
conditions la production de forces motrices (moulin à eau) et d’électricité (on parle alors de
barrage hydro-électrique). La classification des barrages est faite en fonction des critères
suivants :
1. Les matériaux de construction
 Barrages rigides : en béton, béton compacté au rouleau (BCR), maçonneries.
 Barrages souples : en terre ou enrochement.
2. La façon à résister à la poussée de l’eau
 Barrages à stabilité de forme (barrages voutes) : sa forme arquée horizontalement et
verticalement, permet de reporter la poussée de l’eau sur les flancs de la vallée. Il doit
donc s’appuyer sur une fondation rocheuse résistante.
 Barrage à stabilité de poids (barrages poids) : un barrage poids est un barrage dont la
propre masse suffit à résister à la pression exercée par l’eau. Ce sont des barrages
souvent relativement épais, dont la forme est généralement simple (leur section
s’apparente dans la plupart des cas à un triangle rectangulaire)

La conception des barrages est un art difficile, du fait que les contraintes sont très
importantes, les conditions locales ne sont jamais identiques et les matériaux à utiliser
sont ceux disponibles à proximité. La nature de ces matériaux et celle de la fondation de
l'ouvrage orientent le choix du type d’ouvrage.

IV. Choix du site et du type du barrage


Les principaux critères à prendre en considération dans le choix du site et du type du
barrage sont les suivants :
1. La topographie et les apports du bassin versant :
i l’on excepte le cas des plans d’eau à vocation touristique et les petits barrages
hydroélectriques, c’est le volume de la retenue qui conditionne toute la conception
du barrage. On cherche en effet à disposer d’un volume d’eau pour le soutien
d’étiage, l’irrigation ou l’eau potable, ou bien d’un volume disponible pour amortir
une crue. Le tout premier travail consiste donc à calculer le volume d’eau d’une
cuvette, en plusieurs sites éventuellement. Un premier dégrossissage peut être fait à
l’aide de la carte IGN au 1/25 000, sauf pour les retenues de quelques dizaines de
milliers de m3. Le deuxième travail consiste à vérifier si le bassin versant autorise le
remplissage de la retenue et à calculer avec quel risque de défaillance
2. La morphologie de la vallée
En première approximation, une vallée large conviendra mieux à l’aménagement
d’un barrage en remblai. Un site étroit conviendra aussi à un barrage poids et un site
très étroit conviendra aussi à une voûte. Tout cela bien sûr sous réserve que les
fondations le permettent.

3. La géologie de la fondation
La nature, la résistance, l’épaisseur, le pendage, la fracturation et la perméabilité
des formations rencontrées au droit du site constituent un ensemble de facteurs
souvent déterminants dans la sélection du type de barrage.
On distingue plusieurs types de fondations :  FONDATIONS ROCHEUSES 
FONDATIONS GRAVELEUSES  FONDATIONS SABLO-SILTEUSES  FONDATIONS
ARGILEUSES

4. le régime des crues


Le coût des ouvrages d’évacuation des crues dépend des caractéristiques
hydrologiques du bassin versant. Dans le cas de bassin versant étendu et de crues
prévisibles sévères, il peut être intéressant de combiner évacuateur de crues et
barrage dans un ouvrage en béton déversant. Au contraire, un déversoir de petites
dimensions favorise plutôt le choix d’un barrage en remblai, toutes choses égales
d’ailleurs.
5. Les matériaux disponibles

6. Critère économique

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