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La dissertation n’est pas une récitation de connaissances

La dissertation n’est un déballage d’opinions

Elle est une réflexion critique (voir le sens exact de ce mot) menée à partir de connaissances
établies !
Tout ce qui suit a pour vocation de vous guider dans la rédaction votre dissertation. Les
réponses aux différentes questions ne servent qu’à vous aider à trouver ce qui pose problème
et à préparer des arguments en faveur de différentes thèses possible à propos de la question.
Le cours ne peut être directement utilisé. Il sert principalement à montrer comment se pose
des problèmes et comment on tente d’y réponde. C’est un modèle de réflexion. Certains
points abordés en cours permettent de cadrer la réflexion.

I Méthode de dissertation

1°) Prenez connaissance et étudiez le document « technique de dissertation simplifiée »


2°) Prenez connaissance de la « Grille d’évaluation » à la fin de ce document. Il s’agit d’une
grille qui rappelle ce qui doit être, d’un point de vue général, travaillé pour une dissertation.
3°) Prenez connaissance et étudiez les pages consacrées à la méthode de dissertation dans
votre manuel scolaire.

Sujet de dissertation : Notre nature nous indique-t-elle ce que nous devons faire ?

Les réponses et informations que vous allez collecter grâce aux consignes qui suivent ne
constituent pas une partie de la dissertation dans laquelle il s’agirait de réciter des définitions,
de préciser des distinctions etc. Cela doit vous servir à préparer votre réflexion et à savoir
quelles sont les éléments lexicaux utiles pour préciser la pensée. Pour répondre à certaines
questions, vous pouvez utiliser les dictionnaires philosophiques (ils ont pour avantage de
préciser les différents sens des termes et les différents problèmes que posent certaines
notions. De plus ils proposent succinctement un aperçu de la thèse de quelques auteurs), les
encyclopédies comme « Universalis », votre manuel scolaire, le document « lexique philo »
(attention dans ce document les définitions sont sommaires : il sert juste de repère rapide) …

I Vers une problématisation de la question

1°) Analyse des termes de la question


Que faut-il entendre par « notre nature » ? Il y a deux sens. La notre en tant qu’individu et la
notre en tant que membre de l’espèce humaine. Pour ces deux sens, la question prend des
aspects différents. Précisez ces sens.
Qu’est-ce qu’une « indication » ? Quelle différence peut-on faire entre indication et
détermination ? Celui qui ne suivrait pas une indication ne ferait-il pas pour autant ce qui est
dans sa nature ?
Le mot devoir se comprend en 2 sens distincts. Un sens utilitaire et un sens moral. Voici 2
exemples « Si je veux planter un clou je dois me servir d’un marteau » et « je dois être
honnête ». Expliquez les deux sens d’après ces exemples ? Ici, si vous voulez aller plus loin,
vous pouvez vous aider de Kant en étudiant ce qu’il appelle « impératif hypothétique » et
« impératif catégorique » ?

2°) Analyse de la question


Quelle sont dans nos expressions courantes, celles qui semblent dire que nous ferions mieux
de suivre notre nature pour savoir comment bien agir ? Est-ce valable pour les deux sens du
mot devoir ?
Par exemple je cite un passage de Maslow (psychologue) : « La nature humaine porte en elle
la réponse aux questions : comment puis-je être bon ? comment puis-je être heureux ?
comment puis-je être fécond ? L’organisme nous indique ce qui lui est nécessaire (et par
conséquent ce qu'il privilégie) en tombant malade lorsqu'il est privé de ces valeurs et en se
développant lorsqu'il est satisfait. » Peut-on, comme il l’affirme sans nuance, mettre sur le
même plan la morale (ce qui relève des codes sociaux) et la santé (ce qui relève du
biologique) ?
Constatez que les lois humaines (les règles et les codes) contredisent assez souvent ce que
« notre instinct » nous pousserait à faire. Le droit ne redresse-t-il pas les “travers” les
“défauts” de la nature ? Que faut-il en penser ?
Quelles ambigüités pouvez-vous identifier ? Par exemple, une connaissance correcte de la
nature nous permet de comprendre que l’excès de sucre, la consommation de tabac sont
mauvais pour la santé. Nous ne l’ignorons pas et pourtant nous sommes nombreux à ne pas
« suivre » cette indication. Autre exemple : nous jugeons de certaines conduites comme étant
contre nature et le condamnons à ce titre. Pourtant, bien que celui qui urine dans la rue à la
vue de tout le monde accomplisse un geste naturel (il évacue ses déchets corporels) comme
n’importe quel animal, nous condamnons ce geste parce qu’il n’est pas conforme à nos règles
sociales, alors qu’il est naturel. Que penser de ces deux exemples ?
3°) Pourquoi une telle question se pose-t-elle ? Si nous y répondions affirmativement quelles
seraient alors les conséquences morales, politiques et sociales ? Qu’est-ce qu’une telle
réponse impliquerait ? Pour répondre ç cela demandez vous quelles sont les difficultés que
nous rencontrons en matière de morale, de droit ou de justice lorsque nous cherchons à établir
des principes universels… que nous souhaitons absolument légitimes et partagés par tous ?
3°) Formuler un problème à partir de vos réflexions précédentes

III Références, lectures et sources d’information

On ne pense pas seul. D’autres ont déjà réfléchi à ces questions. Il faut en prendre
connaissance pour orienter sa propre pensée. En l’occurrence, pour répondre aux questions
précédentes vous aurez préalablement consulté ces sources (ci-dessous) d’information.
1°) Les textes étudiés en classe à propos de la nature sont une ressource importante. On doit
retrouver dans la dissertation des « traces » de ces lectures pour étayer vos arguments.
2°) Vous consulterez votre manuel scolaire aux chapitres consacrés à la nature. Vous y
trouverez des textes qui proposent des arguments intéressants.
3°) On trouve une encyclopédie philosophique très sérieuse en ligne : https://encyclo-philo.fr/
Néanmoins, pour cette dissertation il n’existe pas encore d’articles dédié à la notion de nature.
Il va falloir, pour cette fois chercher ailleurs. Une encyclopédie comme Wikipédia est tout à
fait exploitable.
4°) On trouve sur le net des sites qui proposent des « ébauches de dissertation » pour ce sujet
ou pour d’autres semblables. C’est une très mauvaise idée de croire que ces ébauches doivent
être utilisées sous forme de copier-coller. C’est même à prohiber. De plus, ces sites ne
proposent pas de traiter la dissertation mais proposent des pistes à explorer. Explorez-les,
c’est bien. Contentez vous de ce qui est dit et recopiez le, ce n’est pas bien… et d’aucune
utilité pour votre apprentissage.
5°) Vous trouverez dans votre manuel pages 20 et 21 un extrait de la philosophie d’Epicure à
propos de la relation bonheur et nature. Vous pouvez largement vous en inspirer. Vous lirez
aussi les textes de Rousseau page 26, Sartre page28, Aristote page 30. Ils contiennent des
idées très utiles pour comprendre les enjeux du problème. Il va sans dire que ce ne sont pas là
les seules sources de réflexion. Trouvez en d’autres.

IV Moments importants pour la rédaction

Il faut établir un plan auquel vous devrez vous tenir. Qu’allez-vous développer comme idée ?
Je vous propose deux plans possibles… mais qui n’en excluent pas d’autres qui
conviendraient mieux à votre réflexion. Mais il est pratique quand nous souhaitons défendre
une thèse de commencer par les arguments contraires pour les réfuter ensuite et enfin
s’avancer vers une réponse qui soutient cette thèse. Il ne s’agit pas comme on le croit souvent
de se limiter à recenser les arguments « pour » et les arguments « contre »… en regardant ce
qui pèse le plus lourd. Il faut apprendre à développer des arguments qui ne sont pas ceux
auxquels nous adhérons afin de leur opposer dans un second temps les réfutations efficaces…
en vue de défendre notre thèse. Une thèse n’est donc pas un simple point de vue, ni une
opinion, c’est une idée qui repose sur la compréhension de tous les arguments connus,
possible, défendus et qui distingue parmi eux ceux qui résistent le mieux à la réfutation. En
conséquence, la rédaction de votre dissertation n’est possible qu’après avoir bien réunis,
compris et analysés ces arguments. La rédaction est la mise en forme finale après le travail de
réflexion et l’étude préalable.

Premier plan possible


Si vous souhaitez défendre la thèse selon laquelle notre nature ne peut pas nous indiquer ce
que nous devons faire, vous pouvez suivre le plan suivant :
Première partie : quels sont les arguments que vous proposez et les connaissances qui les
soutiennent qui permettent de répondre en premier positivement à cette question ?
Deuxième partie : quelles sont ensuite les réfutations, les critiques, les limites que vous
formuleriez contre ces arguments ?
Troisième partie : où trouvons-nous les indications de ce que nous devons faire si ce n’est pas
dans notre nature ? Peut-on même prétendre que quelque chose pourrait nous servir de guide a
priori.
Second plan possible
Si vous souhaitez soutenir la thèse contraire.
Première partie : quels sont les arguments que vous proposez et les connaissances qui les
soutiennent qui permettent de répondre en premier négativement à cette question ?
Deuxième partie : quelles sont ensuite les réfutations, les critiques, les limites que vous
formuleriez contre ces arguments ?
Troisième partie : Le secret de notre bonheur repose sur une connaissance bien pensée de
notre nature. Il ne s’agit pas de suivre tout ce qui nous parait bon mais de savoir ce qui est bon
pour le suivre : nuance.

 Evidement quel que soit le plan choisi, il conviendra toujours de discuter ce qu’on
entend par « la nature », « notre nature », « devoir faire »… C’est dans la difficulté à
définir les choses simplement que se trouve les raisons de la question du sujet !

 Il est indispensable de retrouver dans le développement des « connaissances » issues


des lectures. Il ne s’agit pas de réciter ce qu’a dit tel ou tel auteur, mais d’utiliser ce
qu’il vous enseigne pour développer votre réflexion.

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