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De l’interculturalité

Sommaire 
-Introduction

-Définition

- Notions

-Motivations de l’interculturalité

- Besoin à l’interculturalité

-Résultats de l’interculturalité

-Conclusion

Brahim Mouradi

Introduction

1
Parler de l’interculturalité aux temps d’alors c’est parler d’un sujet-
clé, un maître-mot, une question digne de toute réflexion et tout
effort déployé dans la perspective d’une pensée salvatrice et
libératrice. L’interculturalité est un besoin plus qu’une nécessité. ‘’Le
monde moderne a perdu son âme’’ avance Daryush Shayegan dans
son ouvrage intitulé la lumière vient de l'occident. Oui, notre monde
a perdu vraiment son âme la preuve c’est que le sens ou l’essence de
l’humanité a disparu, partant, de tout côté, partout dans le monde,
on ne voit que des guerres et des conflits qui sapent et détruisent
l’humanité. Le dialogue, les négociations, les discussions pacifiques
sont absents, on est dans une ère de barbarie où le plus fort dévore
férocement le plus faible, c’est ce que Thomas Hobbes appelle ‘’la
guerre du tout contre le tout’’. Alors, l’appel à l’interculturalité est
devenu de plus en plus un besoin sine qua non sinon une urgence.

Le souci du monde actuel est le vivre ensemble, le vivre


placidement et pacifiquement, pour cette raison, la question de
l’interculturalité nous est une priorité. Les hommes sont identiques
par nature et différents par culture : identiques parce qu’ils
appartiennent tous au même royaume, le royaume de l’humanité.
Nous sommes tous humains, c’est ce qui nous est commun, ce qui
nous réunit tous, mais, dès qu’on parle du monde sous forme des
pays, des nations, des communautés, on se trouve, tout d’un coup,
dans la zone des différences qui nous séparent. Ces différences se
manifestent à travers les cultures. L’humanité est une, c’est notre
seule et unique identité que nous partageons tous sans exception
aucune, mais quant à la culture, il s’agit des cultures multiples et
diverses, c’est notre différence. De ce fait, l’interculturalité, à dire
vrai, ne cherche pas à faire de cette richesse du monde,
culturellement, un tout homogène, mais seulement à établir des liens

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communicationnels entre des différentes cultures du monde où
chaque culture s’ouvre sur les autres cultures pour se nourrir tout en
gardant son identité et sa quiddité pour se défendre. Notre enjeu
crucial de cette analyse est d’essayer, quand cela nous est possible,
d’éclaircir le thème de l’interculturalité en approfondissant les
questions qui s’y rattachent. En effet, puisque toute étude d’un
phénomène, d’une question, d’une problématique commence par les
définitions, de notre part, nous devons essayer de définir
l’interculturalité comme notion.

1) Définition de l’interculturalité :
Les processus dynamiques engendrés par les interactions entre
cultures. Un mode particulier d’interactions et d’interrelations qui se
produisent lorsque des cultures différentes entrent en contact ainsi
que par l’ensemble des changements et des transformations qui en
résultent. Interculturalité : l’ensemble des processus psychiques,
relationnels, groupaux, institutionnels …générés par les interactions
de cultures, dans un rapport d’échanges réciproques et dans une
perspective de sauvegarde d’une relative identité culturelle des
partenaires en relation. L’interculturalité est la rencontre des cultures
dans un dialogue d’égal à égal érigé dans une perspective du respect
réciproque. Toutes les cultures, en elles, sont des unités closes
comme avance Régis Debray ‘’ toute culture est une clôture’’ mais
cette culture doit s’ouvrir sur les autres cultures afin de s’enrichir et
de se nourrir comme avance Edgar Morin ‘’ tout système vivant est
à la fois fermé pour défendre son identité fondamentale et ouvert
pour se nourrir ‘’ ajoutons à cela que, au sein de la même culture, on
trouve des cultures plusieurs et différentes, ce qui fait de nous des
êtres étrangers à nous-mêmes, cette étrangeté à soi doit se dépasser,
l’homme doit ériger des liens avec les autres pourvu qu’il ait une
reconnaissance réciproque enfin. A cet endroit Julia Kristeva, dans
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Etrangers à nous-mêmes avance ‘’ « Etrangement, l’étranger nous
habite : il est la face cachée de notre identité …De le reconnaître en
nous, nous nous épargnons de le détester en lui-même. Symptôme
qui rend précisément le « nous » problématique, peut-être
impossible, l’étranger commence lorsque surgit la conscience de ma
différence et s’achève lorsque nous nous reconnaissons tous
étrangers, rebelles aux liens et aux communautés. »

Alors ce que souhaite l’interculturalité, comme a jailli dans la


définition susmentionnée, c’est le dépassement de Soi, le rejet de
l’enfermement. L’interculturalité, de ce point, est la voie des voix, la
voix multiple, le chemin vers la rencontre. Mais cette rencontre ne se
fait pas toujours sans problèmes sinon problématiques épineuses,
comme le bien exprime Homi.k Bhabha ‘’l’interculturalité est le
point où deux ou plusieurs cultures se rencontrent, c’est aussi le
point où plusieurs problèmes surviennent’’ ces problèmes sont
nombreux, ils jaillissent surtout lors de la rencontre des cultures tels
le fanatisme, le sectarisme, l’intolérance, etc. Ce qui produit, partant,
un double rejet tel est affirmé par Edgar Morin disant ‘’ le rejeté
rejette ceux qui le rejettent’’.

Grosso modo, l’interculturalité est la rencontre des cultures, cette


rencontre a un espace, c’est l’ ‘’inter’’, ou ‘’entre’’ l’entre deux ou
plusieurs’’. Homi. K Bhabha appelle cet ‘’inter’’, quant à sa part,
l’interstice, ou ‘’l’espace interstitiel’’ Bhabha ajoute le terme ‘’ tiers-
espace’’ pour signifier le troisième espace produit par la rencontre
des cultures.

L’interculturalité, pour se définir plus nettement, se rattache à tant


de notons clés dont : la culture, le dialogue/la communication
interculturelle, l’acculturation, l’enculturation, l’endoculturation, la
transculturation, la transmission culturelle, la déculturation,

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l’aliénation, l’assimilation, l’identité, la civilisation, Autre / Autrui, la
globalisation…

- la culture : «  la culture c’est les comportements » C.L.Strauss.

Pour essayer de définir le sens du mot ‘‘culture’’ commençons par


citer H. Arendt « toute discussion sur la culture doit d’une manière
ou d’une autre prendre comme point de départ le phénomène de
l’art. Cependant, si la culture est l’art sont étroitement liés, ils ne
sont pas la même chose »

La culture alors est l'ensemble des connaissances, des savoir-faire,


des traditions, des coutumes, propres à un groupe humain, à
une civilisation. Elle se transmet socialement, de génération en
génération et non par l'héritage génétique, et conditionne en grande
partie les comportements individuels.

-le dialogue/la communication interculturel : est un échange de vues


ouvert et respectueux entre des individus et des groupes
appartenant à des cultures différentes, qui permet de mieux
comprendre la perception du monde propre à chacun. Dans cette
définition, l’expression "ouvert et respectueux" signifie fondé sur
l’égalité des partenaires; "échange de vues" correspond à toute
interaction constructive qui révèle des particularités culturelles ;
"groupes" recouvre tous les types de collectifs pouvant agir par le
biais de leurs représentants (famille, communauté, associations,
peuples) ; "culture" comprend tout ce qui est lié aux modes de vies,
coutumes, croyances et autres choses qui nous ont été transmis de
génération en génération, ainsi que les diverses formes de création
artistique ; "perception du monde" signifie les valeurs et les modes
de penser.

- l’acculturation : est l'ensemble des phénomènes qui résultent d'un


contact continu et direct entre des groupes d'individus de cultures
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différentes et qui entraîne des modifications dans les modèles
culturels initiaux d’un ou deux groupes. 
Il ne s'agit donc pas seulement de décrire la perte d'une culture
d'origine (déculturation) mais aussi, et peut-être surtout,
l'appropriation d'une nouvelle culture. On voit cependant que le
phénomène concerne l'immigré confronté à une nouvelle culture et
non les influences subies par une culture confrontée à l'immigration.

- l’enculturation : ou l'apprentissage par un individu de


connaissances possédées par son propre groupe. Elle se manifeste
notamment lorsqu'un pays enseigne à tous ses habitants, y compris
les minorités ethniques, la langue et la culture majoritaire. On
comprend ainsi le double danger qui touche à la culture de ces
minorités lorsque le pays est lui-même soumis à un processus
d'acculturation.

-l’endoculturation : qui désigne la transmission du savoir aux jeunes


par les anciens ou la famille. C'est à cette phase initiale de
l'enculturation que s'opère souvent les premières phases de fractures
entre générations. La tradition jugée dépassée s'oppose à l'attrait
pour une culture dominante.

-la transculturation : s'opère lorsque des changements se produisent


sous l'effet de facteurs internes, sans l'influence notable de contacts
extérieurs, c’est aussi le processus qui a lieu lorsqu’un groupe social
(communauté) reçoit et adopte les formes culturelles en provenance
d’un autre groupe. La communauté finit par remplacer, dans une
certaine mesure, ses propres pratiques culturelles.

-la transmission culturelle : La transmission culturelle a pour fonction


essentielle d’humaniser le petit de l’homme, d’en faire un homme à
son tour. Aussi, il n’y a pas de société humaine sans transmission
culturelle. Parce que l’homme est essentiellement culture et qu’il n’y

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a de culture que par la volonté de la transmettre d’une génération à
l’autre, ce qui s’appelle éduquer. Autrement dit, et pour reprendre
une formule célèbre d’Erasme, ‘’on ne naît pas homme, on le
devient’’, et on le devient en acquérant le code culturel d’une société
particulière, ce qui ne se fait pas sans effort ni sans une certaine dose
de contrainte, celle que la société exerce sur l’enfant afin de lui
inculquer le code culturel que les adultes, eux, possèdent, du moins
en principe.

La déculturation : est une perte de toutes les valeurs de référence,


sans assimilation en contre partie de celles des autres. Elle touche les
sociétés les plus archaïques, les plus vulnérables, mises en contact
brutal avec la culture occidentale.

- l’aliénation : c’est la valorisation excessive d’une culture étrangère


et de ses productions aux dépens de celles de sa propre culture. C’est
aussi placer une langue étrangère au-dessus de la sienne, au point
d’abandonner celle-ci. En ce qui nous concerne, il s’agit évidemment
de la langue française. On pourrait sans doute dire que cet état est
lié à un complexe d’infériorité dont les causes sont connues, un
complexe toujours vivant.

-L’assimilation : est une forme d'acculturation, au cours de laquelle


un individu ou un groupe abandonne totalement sa culture d'origine
pour adopter les valeurs d'un nouveau groupe. Celle-ci n'est qu'une
des phases possibles de l'acculturation et, si elle se réalise, elle n'en
sera que la phase terminale.

-L’identité : "Par une singulière équivoque, on cherche à confondre


deux notions pourtant bien distinctes : l'identité et l'égalité. L'une
réfère aux qualités physiques ou mentales des individus ; l'autre à
leurs droits sociaux et juridiques. La première relève de la biologie
et de l'éducation ; la seconde de la morale et de la politique.

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L'égalité n'est pas un concept biologique. On ne dit pas que deux
molécules ou deux cellules sont égales’’
François Jacob - Le jeu des possibles – 1981

‘’Mon identité c’est ce qui fait que je ne suis identique à aucune


autre personne’’ Amin Maalouf, les identités meurtrières

L’identité c'est ce qui permet d'identifier une personne. 


On a donc les paramètres morphologiques (qui nous permettent de
reconnaitre l'autre), les mesures bio métriques, la séquence ADN.
Mais c'est aussi l'ensemble de la personnalité, qui vous permet de
reconnaitre quelqu'un a ses écrits par exemple. Or cette personnalité
se modifie avec le temps: puisque nous sommes capables
d'apprendre, nous nous modifions en fait en permanence; ni tout à
fait la même, ni tout à fait un(e) autre ...
C'est ainsi que notre identité culturelle, qui peut se résumer à
l'ensemble des valeurs auxquelles on attache une grande importance,
peut évoluer doucement avec le temps. L'identité nationale, est par
essence un concept très flou. 
On pense que pour obtenir et conserver le respect des autres, nous
devrions toujours commencer une discussion par les valeurs qui nous
sont communes, avant de discuter des points de désaccord.

-Autre/Autrui : “Autrui, c’est l’autre, c’est-à-dire le moi qui n’est pas


moi” Sartre (L’Etre et le Néant)

“Autrui est le médiateur entre moi et moi-même […] Le Pour-soi


renvoie au Pour-Autrui” Sartre (L’Etre et le Néant)
“Le moi, devant autrui, est infiniment responsable” Levinas 
(Ethique et Infini)
L'autre est tout ce qui n'est pas moi (un objet, un animal, un
homme, etc.). Autrui désigne l'autre en tant

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que personne humaine et donc en tant qu'alter ego, c'est-à-dire en
tant qu'il est un autre moi-même. Autrui est donc à la fois un
autre moi, et un autre que moi. C'est cet entrelacement du même et
de l'autre en autrui qui fait l'objet d'un questionnement
philosophique.

Alors, à part les définitions que nous donne la philosophie, l’Autre


ou L’Autrui veut dire quelqu’un d’autre qui n’est pas moi. L’autre est
une différence, une spécificité, une unité à part entière. De là, dans la
perspective de l’interculturalité, on parle de l’Autre en tant que
culture, l’Autre qui nous est différent est porteur d’une culture
différente à la nôtre, partant, on évoque la question du dialogue et
de la communication interculturels pour aboutir, avec cet Autre, aux
points qui nous réunissent, sinon, seulement, qui nous poussent à
s’accepter les uns les autres.

-La globalisation : (ou globalization pour les anglo-saxons) est le


processus d'ouverture de toutes les économies nationales sur
un marché devenu planétaire. La mondialisation est favorisée par
l'interdépendance entre les hommes, la déréglementation,
la libéralisation des échanges, la délocalisation l'activité, la fluidité
des mouvements financiers, le développement des moyens de
transport, de télécommunication. C’est la définition générale de
notion, mais, pour nous, la globalisation doit être comprise dans le
champ de la culture, c’est alors la domination d’une seule culture, la
culture mondiale sinon, et c’est ce qui est pire, la domination la
culture américaine.

De toutes ces notions et bien d’autres dont on n’a pas parlé, on


constate que l’interculturalité est tout un palmarès rigide des
concepts, des visions, qui tendent à nous former un tout homogène,
un seul terme ‘’ interculturalité’. Les notions qui se rattachent à

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l’interculturalité la rendent de plus en plus complexe et, partant,
difficile d’être traitée indépendamment d’elles.

-Les motivations de l’interculturalité :

Nombreuses sont les motivations qui encouragent l’interculturalité,


il s’agit d’un ensemble d’activités, d’actions, d’actes, de méthodes …
qui ouvrent la voie de dialogue et de rencontre des cultures dont le
voyage, la langue, la traduction, la différence culturelle, la
colonisation, les médias, les réseaux sociaux, toutes ces voies et tant
d’autres facilitent les rencontres des différentes cultures, nous allons
essayer d’expliquer comment chacune d’elles contribue au processus
de cette rencontre.

Voyage : Dans le monde très varié des relations anciennes de voyage,


on peut mesurer la lente prise de conscience de l’identité culturelle
des autres civilisations et de leur légitimité. Des premières rencontres
où le geste, équivoque par nature, servit de mode de communication
aux enquêtes ethnologiques les plus savantes et les plus
modestement attentives de notre époque, il y a certes un progrès
dans l’appréhension de l’autre, dans la reconnaissance qu’on y
trouve d’un rameau de la commune humanité, il n’en reste pas moins
que l’équivoque est toujours au rendez-vous de l’interculturalité. Les
relations de voyage anciennes parlent de colonialistes persuadés de
servir l’humanité en ouvrant l’autre aux lumières de la raison, de
missionnaires soucieux de sauver des âmes égarées dans le péché,
d’hommes de lettres pour qui l’exotisme est la nourriture de leur
imaginaire. Ce sont les limites de la bonne volonté et les paradoxes
de l’ouverture à l’autre.

Les motivations du voyage sont multiples. Le voyageur visite les


sites, les endroits et les pays pour diverses raisons, parfois il part loin
de tout, loin des gens par envie de solitude pour passer des vacances.

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Parfois, il voyage pour faire des rencontres et partager des choses
avec les autres. Il part pour chercher un travail et faire des études,
ou, il voyage pour prendre part à des manifestations culturelles.

Les mouvements littéraires encouragent les écrivains à visiter


beaucoup les pays qu’ils voulaient décrire dans leurs œuvres et de ce
fait l’écrivain –voyageur vise à enrichir son esprit, son imagination
dans le but de la réalisation d’une œuvre littéraire, comme l’affirme
Adrien Pasquali. les écrivains essayent de relater ce qu’ils attesté lors
de leur voyage dans leurs écrits, c’est ce qu’on appelle ‘’la littérature
de relation’’ une littérature qui relate. Ajoutons à cela que le voyage,
à part son objectif littéraire, se fait pour d’autres buts dont le
commerce, le tourisme, la simple découverte, la conquête militaire …
de par ce genre du voyage, les voyageurs arrivent à découvrir une
autre facette de la vie, c’est l’autre avec sa charge culturelle. Cet
autre est un autre univers en lui, autre mode de vie que l’on doit
découvrir via le voyage. Le voyage alors joue un rôle crucial dans la
rencontre des cultures, par cette rencontre, les gens s’influencent et
peuvent être aussi bien changent. Cette influence s’élargit jusqu’à ce
qu’elle puisse toucher leur société. Par exemple combien de soldats
américains se sont convertis à l’Islam en Iraq lors de la guerre, et
réciproquement.

- la langue : l’étude d’une langue est en même temps l’étude d’une


autre culture. Toute langue est une culture, la culture qui s’y traîne.
«Chaque langue reflète et véhicule une vision du monde » G.
Mounin. Alors la langue n’est en principe qu’une autres culture, et
celui qui apprend une autre langue, qui consomme la littérature
étrangère ne fait qu’apprendre la culture de cette langue.la langue
est un canal via lequel passe la culture.

- la traduction :

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«Depuis les temps les plus anciens, la traduction est un des
moyens essentiels de la communication interculturelle, et l’un des
modes majeurs du croisement des cultures »1

Cette citation, elle seule, est susceptible de nous éclaircir le rôle de


la traduction dans les relations qui se tissent entre des cultures. Elle
se met à bâtir des liens de communication entre des différentes
civilisations du monde afin de dépasser ces malentendus qui font
souvent des barricades entres les hommes de différentes cultures. En
effet, si la traduction est une manière à part entière de la
transmission culturelle, les langues de l’humanité en font le pivot
central sur lequel l’assentiment humain se construit.

Tel qu’il est susmentionné, la traduction est bénéfique, elle établie


une communication interculturelle et également interlinguale, elle
permet de lire les productions des autres langues littéraire dans nos
langues, c’est-à-dire qu’elle apporte et rapproche des lecteurs,
curieux du savoir, les différents savoirs des autres. Mais selon les
théoriciens de la traduction, les traductions sont généralement
« infidèles » aux premiers textes, comme disait George Mounin. Les
traducteurs n’arrivent pas, parfois, à transporter et charrier toute la
charge sémantique de la langue du départ vers la langue d’arrivée.

Cependant, ce qui importe à cet égard est le rapprochement des


cultures et, partant, des hommes. Cette dimension n’est autre chose
que celle de l’humanisme. La traduction alors est humaniste, la
traduction s’avère comme si elle avait des sentiments à
communiquer via le travail qui exerce sur les langues. De ce fait,
toute langue est une pensée à part, et toute pensée est un sentiment
et sensation. La traduction dans son travail essaye de souder tous ces
sentiments, de les marier dans une et seule dimension : l’humanisme.
1
Edmond Cary, Comment faut-il traduire  ? Presses Universitaires de Lille, 1985, o :10.

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-la différence culturelle : l’homme est un explorateur par nature.
Certains écrivain appellent tout ce qui leur est étranger ‘’exotisme’’.
Mais, en gardant certaines nuances pour la signification de ce mot,
on dit que ‘’exotisme’’ a un sens péjoratif : tout ce qui est primitif,
rétrograde, non-civilisé, sauvage, en son état naturel. Pourtant,
‘’exotisme’’ peut signifier aussi tout ce qui est inconnu et que l’on
souhaiter découvrir telle est la mission des exploiteurs des autres
cultures. La culture étrangère, inconnue nous incite à nous efforcer
de la découvrir pour nous enrichir, car toute nouvelle culture nous
est un autre monde, un monde riche qui enrichit notre connaissance
et partant, notre identité. En outre, cette inclination vers la
découverte chez l’homme peut aussi bien s’expliquer par le retour
aux origines. Comment ? Nous avons avancé que l’humanité, en
principe, n’est qu’Une, ipso facto, ces différences qui nous séparent
doivent être découvertes et connues afin de rendre cette humanité
Une, afin de découvrir notre frère-homme sur la planète-mère aux
termes d’Edgar Morin. Paulo Coelho avance dans Brida ‘’ il est
malheureux que les gens ne voient que les différences qui les
séparent, et s’ils regardaient avec plus d’amour, ils discerneraient
ce qu’il y a de commun entre eux et la majorité des problèmes du
monde seraient résolus’’ alors, parce que nous sommes différents les
uns des autres culturellement, nous tendons à découvrir ces
différences et à les reconnaitre, car, le seul objectif qui nous motive
est notre première identité, l’identité naturelle qui est l’Humanité .

La colonisation : le phénomène de la colonisation quant à


l’interculturalité n’est souvent pas une motivation louable, car il crée
toute une sorte de domination du colonisé. Cela engendre une
dialectique un peu conflictuelle dont le colonisateur est un seigneur
tandis que le colonisé en est l’esclave, c’est semblable à la
dialectique de Hegel quant au seigneur et l’esclave. Alors, si ce

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phénomène implique la domination, les deux pôles de la dialectique
ne sont pas égaux, ce qui fait que le dialogue interculturel n’est
qu’une sorte d’utopie, car la culture qui doit être régner est celle du
colonisateur, en fait le colonisé ne fait que consommer la culture de
son seigneur, c’est ce que appelle Gramsci ‘’l’hégémonie culturelle’’ .

L’hégémonie culturelle serait bien expliquée dans le phénomène du


colonialisme ; le colonisé est sous la domination de la culture du
colonisateur, c’est une sorte de dépendance que l’hégémonie
culturelle. Mais, dans des cas, bien qu’ils soient rares, on trouve que
le colonisateur, lui aussi, est influencé par la culture du colonisé, là,
l’interculturalité peut jaillir comme interchangeabilité culturelle.

- les médias:
Les médias sont des flux internationaux responsables de l’interaction
de divers univers de définition. Ils peuvent être appréhendés par leur
capacité à produire des circonstances de rencontre interculturelle.
Inévitablement, ils occupent une place importante dans la vie sociale
et jouent certainement un rôle majeur dans la socialisation.les
médias rendent la planète comme une sorte d’une petite boîte qui
emboîte le monde entièrement. Grâce aux médias, on découvre
facilement l’autre avec sa culture et on peut voir et vivre le monde
dans une perspective de mondialisation. De nos places, de nos pays,
grâce aux médias, on apprend ce qui est l’Autre qui nous est différent
et très loin, partant,  Les médias exercent une grande influence non
seulement sur ce que nous pensons mais également sur la manière
dont nous agissons. Les médias ont dès lors un véritable rôle de
médiation à jouer pour encourager une prise de conscience
mondiale.

-Le besoin à l’interculturalité :

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La finalité principale de la pédagogie interculturelle est d’apprendre à
des personnes de cultures différentes à communiquer entre elles, à
mieux se connaître et à se découvrir au-delà des préjugés, des
stéréotypes et des clivages entre leurs cultures d’origine. Au niveau
politique, il s’agit d’effacer les séquelles des conflits passés (et d’en
prévenir de nouveaux), de contribuer à une meilleure entente entre
nations, de promouvoir un sentiment de solidarité, comme la
conscience d’une "citoyenneté universelle". Dans un monde
désormais globalisé, un monde qui voit les cultures s’imbriquer
davantage, il est important d’apprendre à mettre à profit la diversité
culturelle croissante des sociétés, la dynamique inhérente à chaque
culture, afin de créer des synergies pour inventer de nouvelles façons
de vivre ensemble et d’organiser les sociétés modernes. Le besoin à
l’interculturalité de ce fait est expliqué par les conflits qui règnent
aujourd’hui le monde. La diversité culturelle est vue comme un crime
ou un défaut, les Occidentaux par exemple reconnaissent la
différence culturelle mais non plus la diversité, car avec la
mondialisation, qui n’est en principe, selon les termes de E. Morin,
que l’américanisation du monde, les américains veulent faire de
monde un seul monde avec une seule culture, cela engendre le choc
des civilisations dont parle Samuel Philipe Huntington. En effet, le
besoin à l’interculturalité de plus en plus augmente, ce besoin
excessif qui soit veut rendre le monde divers culturellement et uni
humainement, car la diversité culturelle n’est que la richesse de
l’humanité.

-les résultats de l’interculturalité :

Dans son livre intitulé penser le Maghreb Abdelkébir khatibi dit :

‘’Ce que les hommes ont de plus identique est plus caché, ils cachent
leurs ressemblances’’

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Cette citation recèle un appel sérieux à bâtir des relations
interculturelles entre des différentes cultures. Les hommes sont
différents les uns des autres, oui c’est très reconnu, mais ils sont
aussi identiques. Cette identité commune est la motivation de ce
dialogue interculturel. Parce que les cultures ne sont que les
productions humaines, et les hommes sont identiques par nature au
niveau de leur humanité, ces productions ne sont que des ajouts de
richesse à l’homme. Alors, cet appel à l’interculturalité a engendré
plusieurs rencontres interculturelles à savoir la rencontre des
religions(le christianisme, l’Islam, le Judaïsme) sachant que la religion
n’est en principe qu’une partie de la culture globale d’une
communauté. Ajoutant à cela le dialogue de la culture occidentale et
orientale à travers le voyage, la traduction, les séminaires, les
rencontres… cela influence positivement sur la vision et la
représentation que chacun de nous a d’autres cultures. On a des
jugements hâtifs sur les autres cultures, mais, ces jugements doivent
êtres confirmés ou démentis par des rencontres, des découvertes, la
traduction… Nombreux sont actuellement ceux qui traitent par
exemple l’Islam de dédain et de mépris comme étant une culture
arriérée, une civilisation non-civilisée, une religion de fanatisme, de
terrorisme, et de violence car ils n’en comprennent que ce qui est
artificiel et ce qui est représenté par quelques musulmans qui sont
vraiment fanatiques et violents. Mais, toute civilisation, toute culture,
toute religion a des exceptions. Ce qui fait que ces exemples ne
confirment pas les jugements que quelques occidentaux en avancent
parfois. Alors, la vrai connaissance que l’on peut avoir d’une culture
ne se manifeste pas dans ces cas marginaux, artificiels, mais on doit
la sonder de l’intérieur afin d’arriver à ses fins fonds, à ses spécificités
les plus fines et les plus minutieuses. Alors, les résultats de ce
dialogue interculturel c’est qu’il est arrivé à saper les jugements
hâtifs, les préjugés, comme il favorise aussi le sens de l’humanité
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comme étant le seul moteur qui mobilise toute communication
interculturelle. Pour cette raison, les cultures d’aujourd’hui sont un
peu ouvertes au dialogue, elles acceptent l’interchangeabilité idéelle,
elles évitent le fanatisme et l’intolérance car elles sont convaincues
que l’interculturalité veut dire à Tout-monde que le monde n’est pas
un seul monde mais il est plusieurs mondes. De ce constat, contre le
fanatisme et l’ethnocentrisme soit l’interculturalité, notre monde en
a besoin. Ce n’est pas seulement pour découvrir ce que les autre
nomment avec mépris : l’exotisme, mais plus que cela, il s’agit à la
fois de la découverte et du respect. Mais, dans cette myriade de
questions de l’interculturalité, nous devons penser à l’unité et
l’authenticité culturelle. Car l’interculturalité ne veut pas dire le
mélange des culture et, partant, la perte de leur identité principale,
mais, à contrario, elle veut dire seulement un dialogue constructif qui
motive l’acception et la découverte de l’autre sans toucher à son
identité culturelle, parce que et comme le dit Régis Debray , ‘’toute
culture est une clôture’’ ce qui fait que l’authenticité culturelle de
chaque culture doit être respectée

Conclusion
Les rencontres interculturelles, l'interaction entre les cultures, les
échanges et la communication sont au cœur de l'interculturalité.
C'est aussi une approche qui implique que la diversité culturelle ne
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menace pas le tissu social d'une société, mais l'enrichit. C'est la
chance d'une plus grande cohésion sociale.
Pour apprendre à vivre l'interculturalité et favoriser la rencontre
interculturelle, il faut créer des espaces où les cultures peuvent non
seulement coexister, mais aussi interagir et apprendre à se connaître
au sein d'une même société. Ces lieux sont souvent : la littérature, la
traduction, les séminaires…
L'interculturalité « c'est le pari pour la rencontre et le respect ». La
rencontre interculturelle doit permettre de favoriser la paix plutôt
que la confrontation et la destruction ou la soumission de l'autre car
le souci le plus accablant de l’humanité surtout d’alors est le vivre
ensemble. Or le vivre ensemble ne se fait qu’à travers le respect
réciproque et l’acception de l’Autre comme il est et non comme on le
souhaite être.
Parler alors de l’interculturalité c’est, pour nous, parler d’un nouvel
humanisme. Si l’humanisme, au sens philosophique, est le fait de
mette l’homme au centre de toute question posée, l’interculturalité à
son tour parie pour faire de l’homme le centre de sa préoccupation
majeure comme disait, il y a longtemps Protagoras ‘’l’homme est la
mesure de toute chose’’. Alors l’enjeu crucial de l’interculturalité est
de faire des liens entre des diverses cultures du monde tout en
respectant leur identité et leur authenticité car cela sous-tend la
richesse de l’humanité comme avance Edgar Morin dans son livre
intitulé La voie, pour la venir de l’humanité ‘’ l’unité humaine
engendre la diversité humaine et la diversité humaine entretient
l’unité humaine, d’où le constat : la diversité est le trésor de l’unité
humaine ; l’unité est le trésor de la diversité humaine’’ 

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