Vous êtes sur la page 1sur 29

Le cycle cellulaire

La division cellulaire est le mode de multiplication de toute cellule. Chaque cellule mère se divisant en
cellules-filles (deux le plus souvent). C'est donc un processus fondamental dans le monde vivant, puisqu'il est
nécessaire à la régénération de tout organisme. La division cellulaire est un processus essentiel au
développement embryonnaire, mais également vital pendant toute la vie de l’organisme adulte. Tous les jours
un milliard de cellules doivent être renouvelés, pour remplacer les cellules qui sont perdues de façon continue,
en particulier au niveau de la peau, du tube digestif et du système hématopoïétique. Ce mécanisme de division
cellulaire est extrêmement complexe et régulé par un grand nombre de protéines intervenant très transitoirement
et dans un ordre précis, permettant ainsi la succession précise des différentes étapes du cycle cellulaire.

Chez les Eucaryotes (caractérisés principalement par des cellules qui possèdent un noyau ) on distingue deux
types de division cellulaire :

L’interphase
très longtemps considérée comme une phase de repos, elle est aujourd’hui l’étape cruciale de la régulation.
SPF :Facteur « Start Promoting Factor “: Facteur cytodéclencheur de S
MPF ouMaturation Promoting Factor 
Les kinases qui controllent le cycle cellulaire sont surnommées cyclin-dependant-kinaese (cdk) car ne peuvent
être active sans la présence des proteines cyclines. Différentes cyclines sont impliquées dans les différentes
phases du cycle cellulaire (désignée A.B.D.E) et sont rapidement dégradées par ubiquitine/protéasome dés que
leur rôle est achevé (d’où le nom cycline).

En absence de stimulation, les cyclines ne sont pas présentes, les cdks sont donc libres, inactives. Les cdks sont
structurées en deux lobes, un lobe N terminal riche en feuillets beta, un lobe C terminal riche en hélices alpha.
L'intersection des deux domaines forme une poche qui correspond au site catalytique dans lequel se loge l'ATP.

Avant stimulation, le site catalytique de la kinase est inaccessible pour l'ATP car la kinase adopte une
configuration bloquée. Les boucles PSTAIRE (d'aprés le nom des acides amines qui la composent) et T-loop
(qui porte la Thréonine 160 phosphorylée par CAK) masquent l'entrée du site catalytique, ces deux domaines
sont les zones de régulation de la cdk.
La cycline interagit avec les deux lobes N et C terminal et établit des contacts directs avec les domaines
PSTAIRE et T-loop. Ces contacts entrainent des changements de configuration importants, le T-loop est
déplacé de 20 angstroms tandis que l'hélice PSTAIRE subit une rotation de 90 degrés.
Ce mouvement déplace un acide glutamique du domaine PSTAIRE vers l'intérieur du domaine catalytique où il
permet la fixation et l'orientation de l'ATP en vue de la réaction de transfert d'un phosphate vers le substrat
(Rb).
Le déplacement du T-loop permet l'accés au site catalytique qui est normalement obstrue, sa phosphorylation
sur la thréonine 160 stabilise ce mouvement et maintient l'ouverture.

La boucle T bloque le site actif de CDK. On a vu comment la liaison de cyclines active les CDK en déplaçant la
boucle T de l’entrée du site active. Il semble que cet effet n’est pas suffisant pour l’activation complète des
CDK. Une phosphorylation de la Thr 160 dans la boucle T provoque l’ajustement final pour activer les CDK.
L’enzyme qui catalyse cette réaction a reçu le nom de CAK pour « CDK activating kinase », mais son identité
n’est pas encore très claire.

Les protéines inhibitrices ckI :

 Selon leur action ; on trouve2catégories :

1- ceux qui inhibent le complexe cycline/cdk

* Les membres de la famille CIP inhibe les cycline exp: p21

* Les membres de la famille KIP inhibe les kinases exp: p27et p57

2- ceux qui entrent en compétition avec les cyclines pour la liaison aux cdk.

les membres de la famille (p16 ; p15 ; p18 et p19) (dit aussi INK4)

Régulation des complexes

L'ensemble du processus peut être décomposé en trois temps :

1. Formation d'un stock de Cycline B / Cdk1 inactif (pré-MPF).


2. Activation de ces complexes.

3. Action de ces complexes.

Constitution d'un stock de Cycline B / Cdk 1 inactif (Pré-MPF)

La Cycline B s'accumule progressivement pendant les phases S et G2, ce qui conduit à une accumulation
graduelle du complexe au fur et à mesure que la cellule approche de la mitose. La Cdk1 est alors phosphorylée
sur la thréonine 161 par la CAK (Cycline H / Cdk7), mais reste inactive à cause de la phosphorylation de 2
acides aminés voisins (tyrosine 15 et thréonine 14) par la protéine Wee-1. Ainsi, quand la cellule atteint la fin
de la phase G2, elle contient un abondant stock de Cycline B / Cdk1 ( stock de pré-MPF inactif) prêt à agir mais
dont l’activité est réprimée par la présence de 2 groupes phosphate qui bloquent la kinase.
Pré-MPF = Cycline B / Cdk1 Tr 161p, Tr 14p, Ty 15p

La cycline B est synthétisée en permanence mais dégradée (APC-PR) de M à S

Stock de Cycline B / Cdk 1 inactif. Cdk 1 s'associe à la cycline B, et est phosphorylée par CAK et Wee 1.
[Cliquez sur la figure pour accéder à une explication animée]

Activation brutale des Cycline B / Cdk1

L'activation du stock de Cycline B / Cdk1 est le résultat d'une série de réactions interdépendantes :

Lorsque la réplication est terminée, la phosphatase Cdc25 n'est plus séquestrée dans le cytoplasme et passe dans
le noyau, et en fin de phase G2, la phosphatase Cdc 25 est activée, probablement par phosphorylation par la
kinase Polo. Cdc 25 a alors pour action d'enlever les deux phosphates inhibiteurs de Cycline B / Cdk 1. Ceci
permet l'activation d'une petite partie du stock de Cycline B / Cdk1 .
Cdk 1 peut alors phosphoryler Cdc 25 (sur un site différent de celui de la kinase Polo). Cette phosphorylation
active Cdc 25 : Cycline B / Cdk 1 active donc son propre activateur (Processus d'auto-activation). Dans le
même temps, Cycline B / Cdk 1phosphoryle Wee 1, inhibant cette protéine : Cycline B / Cdk1 inhibe donc son
propre inhibiteur.

Ce double mécanisme de rétrocontrôle positif permet d'obtenir rapidement et de façon irréversible une grande
quantité de complexes Cycline B / Cdk1 actifs (Feed-back positif).
Kinases cycline dépendantes, famille d’enzyme dont les cyclines sont les cofacteurs. D’expression souvent
ubiquitaire, leur activité fluctuante au cours du cycle cellulaire est due à l’expression étroitement régulée des
cyclines. Il existe des inhibiteurs spécifiques de cdk, dont certains sont considérés comme des gènes
suppresseurs de tumeurs.
Les CDKs sont tellement importantes que ce n’est pas suffisant de les contrôler par l’association des cyclines et
des cycles de phosphorylation dé- phosphorylation. Une famille de protéines connues sous le nom de CKI
contrôlent aussi les CDK. La découverte des CKIs simultanément dans plusieurs labos illustre comment la
recherche sur le cycle cellulaire était active au début des années 90. La première CKI a été découverte par le
labo de David Beach comme une protéine de 21 kD qu’immunoprecipite avec Cdk2 (p21), aussi par le labo de
Bert Vogelstein comme un gène induit par p53 (WAF1), par le labo de Steven Elledge qui a utilisé les systeme
à double hybride pour isoler une « Cdk2 interacting proteine » (Cip1), par le labo de David Morgan comme une
« Cdk Associated protéine de 20kD » (CAP20) et par le labo de Jim et Olivia Smith comme une protéine
responsable de la sénescence cellulaire. Peut après Manuel Serrano aussi dans le labo de David Beach découvre
la p16 et un an plus tard le labos de Charles Sherr, Joan Massagué et James Roberts découvrent la p27.
Régulation des complexes cycline/CDK par les inhibiteurs de CDK

L’un des mécanismes importants permettant de réguler l'activité des complexes cycline/Cdk est leur interaction
avec des protéines inhibitrices). Sept inhibiteurs de Cdk, les CKI, ont été décrits et peuvent être divisés en deux
familles : la famille Ink4 (p16, p15, p18, et p19) et la famille Cip/Kip (p21, p27, et p57)

Les membres de la famille INK4 se lient spécifiquement aux kinases CDK4 et CDK6, qu’ils inhibent en
empêchant la liaison de la cycline D. De ce fait, la protéine Rb reste sous sa forme hypophosphorylée ce qui a
pour conséquence d’induire l’arrêt du cycle cellulaire en G1.

Les membres de la famille Cip/Kip se lient aux complexes cycline/Cdk en formant des hétérotrimères . La p27
est un gène suppresseur de tumeur bien établi, qui empêche la progression cellulaire en phase S en bloquant les
complexes cycline E/Cdk2 et cycline A/Cdk2. La p21 a une spécificité plus large, puisqu’elle inhibe l’activité
des complexes cycline E, cycline A/Cdk2 et cycline B/Cdk1. La protéine p21 interagit également avec la
machinerie transcriptionnelle en se liant à PCNA, une ADN polymérase impliquée dans la réplication de l’ADN
et sa réparation. La p21 est donc l’un des principaux médiateurs de l’arrêt du cycle cellulaire en réponse à
divers stress cellulaires, et sa transcription peut être activée en réponse à ces stress et être placée sous la
dépendance de p53 qui agit alors comme facteur de transcription (Kim TK 1997). Ainsi, diverses perturbations
(lésions de l’ADN, hypoxie ou surexpression d’oncogènes) augmentent les niveaux cellulaires de p53 et
augmentent également son activité, principalement par sa phosphorylation sur la sérine 15 et sur la sérine 20.
La stabilisation de p53 induit l’expression de p21 qui s’accompagne de l’arrêt du cycle cellulaire, et de
l’expression de gènes impliqués dans l’apoptose (Bax, DR5, Noxa, Fas).

Ces deux protéines p53 et p21 sont donc des régulateurs majeurs du cycle cellulaire en induisant des arrêts dans
la progression du cycle, mais elles interviennent également dans le processus de mort cellulaire programmée ou
apoptose.

Mécanismes de contrôle :

A- Le contrôle du pt R : ce pt est contrôlé par 1 protéine Rb ; E2F et par des complexes cyclines D-
cdk ou cyclines E- cdk. RCG.

- le géne Rb : Le gène Rb (nom provenant d'un cancer le Rétinoblastome, touchant les cellules de la rétine) se
situe sur le chromosome 13q14. C'est le seul gène qui a été entièrement caractérisé .
Le gène Rb produit une phosphoprotéine de 928 acides aminés (105 à 110kDa) qui a pour fonction de réguler la
prolifération cellulaire, c'est à dire l'entrée en phase S du cycle cellulaire. Cette protéine se localise dans le
noyau des cellulles.

-La protéine R b (rétinoblastoma protein) :C’est une phosphoprotéine nucléaire ; désignée par le sigle car
l’absence ou la mutation du gène de cette protéine est à l’origine du rétinoblastome.

Structure de la protéine Rb:

 La poche A/B se lie au facteur de transcription E2F


 Le secteur d'oligomérisation se lie avec les cyclines
Le gène RB (pour rétinoblastome) code pour une protéine RB qui inhibe la prolifération cellulaire en contrôlant
le cycle cellulaire par l'intermédiaire du facteur transcriptionnel E2F. Ce facteur E2F stimule la transcription de
gènes conduisant à la synthèse d'enzymes impliquées dans la division cellulaire : la dihydrofolate réductase
(DHFR), la thymidine kinase (TK), la thymidylate synthase (TS), la DNA polymérase, les Cdk (cyclin
dependant kinases), le Cdc (autre kinase dépendant de la cycline A) et l'E2F lui-même. La protéine RB à l'état
non phosphorylé se lie à  l'E2F et l'empêche de jouer son rôle d'activateur de transcription des gènes
précédemment cités. Par contre, lorsqu'il est phosphorylé, il se détache du facteur E2F qui, dès lors, devient
actif. La phosphorylation de la protéine RB est assurée par les Cdk4 et2 liés aux cyclines D et le Cdk2 lié à la
cycline E.
Interférence des virus avec la régulation du cycle cellulaire via pRB. A) Le cycle cellulaire consiste en
alternance de deux phases, une phase de synthèse d’ADN (phase S) et une phase de séparation de chromosomes
(phase M), interrompues par les intervalles (gap) G1 et G2. Dans les cellules en repos (phase G0), le facteur de
transcription E2F est inactivé par l’interaction avec la protéine pRB. Les facteurs de croissance induisent la
sortie de la phase G0 et induisent le cycle cellulaire. La cycline D (dont le gène est activé par des facteurs de
croissance) s’associe à une protéine kinase cycline-dépendante (CDK), qui procède à son tour à la
phosphorylation (P) de la protéine pRB. La protéine pRB hyperphosphorylée est inactivée et libère le facteur
E2F qui est ainsi activé. L’expression des gènes qui sont sous le contrôle du E2F permet la transition du cycle
cellulaire vers la phase de synthèse d’ADN (phase S). B) Les virus animaux et les virus de plantes encodent des
protéines qui s’attachent à la protéine pRB, libérant ainsi le facteur E2F et enclenchant la phase S du cycle
cellulaire. Les noms des protéines virales sont indiqués dans les boîtes rouges et grises, les noms des virus
correspondants sont indiqués entre parenthèses
The G1/S cell cycle checkpoint controls the passage of eukaryotic cells from the first ‘gap’ phase (G1) into the
DNA synthesis phase (S). Two cell cycle kinases, CDK4/6-cyclin D and CDK2-cyclin E, and the transcription
complex that includes Rb and E2F are pivotal in controlling this checkpoint. During G1 phase, the Rb-HDAC
repressor complex binds to the E2F-DP1 transcription factors, inhibiting the downstream transcription.
Phosphorylation of Rb by CDK4/6 and CDK2 dissociates the Rb-repressor complex, permitting transcription of
S-phase genes encoding for proteins that amplify the G1 to S phase switch and that are required for DNA
replication. Many different stimuli exert checkpoint control including TGFb, DNA damage, contact inhibition,
replicative senescence, and growth factor withdrawal. The first four act by inducing members of the INK4 or
Kip/Cip families of cell cycle kinase inhibitors. TGFb additionally inhibits the transcription of Cdc25A, a
phosphatase that activates the cell cycle kinases. Growth factor withdrawal activates GSK3b, which
phosphorylates cyclin D, leading to its rapid ubiquitination and proteosomal degradation. Ubiquitination,
nuclear export, and degradation are mechanisms commonly used to rapidly reduce the concentration of cell-
cycle control proteins

B- Contrôle du pt G2 :

- Il faut que la totalité de l’ADN soit répliqué ; que l’environnement soit favorable ; que la taille de la cellule
soit suffisante pour que le point G2 accorde l’autorisation à la cellule de passer en phaseM. C’est le MPF qui
entre en jeu dans ce contrôle.
The G2/M DNA damage checkpoint prevents the cell from entering mitosis (M phase) if the genome is
damaged. The Cdc2-cyclin B kinase is pivotal in regulating this transition. During G2 phase, Cdc2 is
maintained in an inactive state by the kinases Wee1 and Myt1. As cells approach M phase, the phosphatase
Cdc25 is activated, perhaps by the polo-kinase Plk1. Cdc25 then activates Cdc2, establishing a feedback
amplification loop that efficiently drives the cell into mitosis. DNA damage activates the DNA-PK/ATM/ATR
kinases, initiating two parallel cascades that inactivate Cdc2-cyclin B. The first cascade rapidly inhibits
progression into mitosis: the CHK kinases phosphorylate and inactivate Cdc25, which can no longer activate
Cdc2. The second cascade is slower. Phosphorylation of p53 dissociates it from MDM2, activating its DNA
binding activity. Acetylation by p300/PCAF further activates its transcriptional activity. The genes that are
turned on by p53 constitute effectors of this second cascade. They include 14-3-3s, which binds to the
phosphorylated Cdc2-cyclin B kinase and exports it from the nucleus; GADD45, which apparently binds to and
dissociates the Cdc2-cyclin B kinase; and p21Cip1, an inhibitor of a subset of the cyclin-dependent kinases
including Cdc2 (CDK1)

La protéine p53 : le gardien du génome

Le suppresseur de tumeur p53 est une protéine qui joue un rôle majeur dans la prévention du développement
tumorale . En effet, p53, qui est codée par un gène localisé sur le bras court du chromosome 17, est une protéine
dite anti-oncogène. Sa fonction de suppresseur de tumeur est principalement due à son activité de facteur de
transcription, qui active plusieurs gènes en réponse à différents types de stress, qu’ils soient génotoxiques ou
encore cytotoxiques

Différents facteurs de stress activent la protéine p53, qui à son tour active différents gènes cibles, permettant
finalement de provoquer les réponses cellulaires appropriées
LA PROTEINE  P 53

Le gène p53 est situé en position sur le chromosome 17p13.1 Le gène a été très conservé pendant l'évolution. 

Structure biochimique

La protéine p53 est une phosphoprotéine de 393 acides aminés de poids moléculaire 53 kDa. On la trouve en
très petite quantité dans les cellules normales, mais en grande abondance dans les cellules transformées en
culture ou dans les tumeurs humaines.

Aspect Structural ET functionel de la p53

Il y a 4 domaines conservés dans la P53

1. le domaine N-terminal est requis pour la transactivation transcriptionnel

2. un domaine de sequence-specificque à la liaison a l’ A DN

3. domaine de tetramerisation a coté du domaine the C-terminal

4. le domaine C-terminal qui interagit directement avec le simple brin d’ADN.


Les segments indiqués par les flèches sont très conservés tout au  long de l’évolution. Dans la région  amino-
terminale, on note le site de   l’activation de la transcription. Il est inhibé soit par la protéine mdm2 (augmentée
dans certains    cancers du sein) ou par la protéine AdE1b, des adénovirus pouvant provoquer des tumeurs
expérimentales (inhibition de la fonction p53). En milieu de molécule, se trouve le site de liaison spécifique
avec le DNA. Dans la région carboxy-terminale, se trouve le site favorisant la polymérisation qui est nécessaire
à l’activité de reconnaissance du DNA.

Pour être active, elle doit agir sous forme de tétramère. Aussi, une simple lésion sur une des protéines
constitutives suffit à supprimer ou diminuer sa fonction

p53, p63 et p73 : une famille de protéines

Il a récemment été mis en évidence le fait que p53 avait une homologie structurale avec deux autres protéines
que sont p63 et p73. Cette homologie aurait tendance à suggérer que ces trois protéines aient des fonctions
biologiques proches. Pourtant, la réalisation de souris knock-out pour p53 donne des souris ayant un phénotype
normal mais développant des tumeurs de façon spontannée. Les souris knock-out pour p63 montrent une
mortalité post-natale, une dysplasie ectodermique, un palais fendu, et des défauts de formation des membres.
Enfin, les souris dont le gène de p73 a été inactivé affichent des défauts de la neurogénèse. De plus, les
protéines p63 et p73 sont très peu mutées dans les cancers humains.

p53 est une protéine qui répond aux stimuli génotoxiques alors que les deux autres protéines semblent
intervenir dans le développement et la différenciation tissulaire. Pourtant, malgré ces différences, ces trois
protéines semblent coopérer lors de la réponse à un génotoxique.

Deux rôles particuliers sont dévolus à cette protéine : soit l'arrêt du cycle cellulaire entre la phase G1 et la phase
S, soit la mort cellulaire par une phénomène d'apoptose. 

La protéine p53 se lie avec une séquence spécifique de DNA (c'est donc un facteur de transcription) aboutissant
à une interaction avec le cycle cellulaire par l'intermédiaire d'un gène appelé WAF1 / Cip1, (pour Wild Type
p53-activated fragment et cdk2 inhibiting protein) dont la protéine p21 se lie aux kinases cdk2, et inhibe leur
activité. 

La cellule s'arrête avant la synthèse du DNA et peut réparer d'éventuels dommages. 


De nombreux stimuli provoquent l'augmentation de la p53, notamment l'irradiation par les rayons X ou
gamma. 

Dans d'autres cellules, l'augmentation de la protéine p53 induite par l'irradiation provoque l'induction de
l'apoptose ou mort programmée, que l'on peut interpréter comme la solution préférentielle pour l'organisme
quand la réparation du DNA n'est pas possible. 

Structure de la protéine

La protéine p53 est une protéine de 393 résidus d’acides aminés lui conférant une masse moléculaire d’environ
53kDa. Elle a pu être détectée au niveau du noyau de la cellule, du cytoplasme et du réticulum endoplasmique.
Des études ont également montré une localisation à la membrane de la mitochondrie, permettant une activation
directe de protéines telles que BAX, pour induire l’apoptose.

Comme le montre la figure 1, elle est organisée en plusieurs domaines, avec un domaine de transactivation
(TAD) à l’extrémité amino terminale, suivi d’un domaine riche en proline (PRD), d’un large domaine de
fixation à l’ADN (DBD), d’une séquence intervenant dans la tétramérisation (4D), et une séquence régulatrice
contenant le signal de localisation nuclaire (CTD) en C-terminal.
Dans les conditions physiologiques, la protéine p53 est présente en faible quantité dans la cellule. En effet, lors
de sa synthèse dans le cytoplasme, elle est tout de suite prise en charge par la protéine mdm2. Cette dernière est
une protéine E3 ligase, qui va charger la protéine p53 avec plusieurs chaînes d’ubiquitine, entraînant sa
dégradation dans le protéasome (structure protéique cylindrique contenant des protéases et dont la fonction est
de dégrader les protéines dans la cellule).

Lors d’un stress, l’association entre p53 et mdm2 est abolie, p53 peut alors migrer dans le noyau. En effet, la
cellule stressée exprime fortement le facteur de transcription E2F1. Ce dernier est capable d’induire la synthèse
de la protéine ARF qui peut alors dégrader mdm2, permettant ainsi une stabilisation de p53 et l’augmentation
de son taux intracellulaire. Comme tout facteur de transcription, p53 peut se fixer à l’ADN pour pouvoir activer
les gènes qu’il active ou réprime, tels que p21, bax, puma. . . Pour cela, p53 doit également être acétylée par la
protéine CBP1 . Cette acétylation s’effectue sur les lysines en position 320 et 382, et permet d’augmenter la
liaison à l’ADN de p53. Elle peut ainsi se lier à l’ADN et permettre à l’ARN polymérase d’être recrutée sur ses
gènes cibles.

On notera que les modifications post-traductionnelles détaillées ici sont loin d’être les seules, p53 est une
protéine extrêmement régulée et ses modifications post-traductionnelles sont très complexes.

La protéine p53 est la gardienne de l’intégrité du matériel génétique de la cellule. Elle se trouve être exprimée
dans des cellules soumises à un stress et en particulier lors de stress induisant des mutations.
The p53 network – survival and cell death regulation.
In a normal growing viable cell, the p53 protein is in a metastable state, i.e. p53 is susceptible to targeted
ubiquitination and subsequent proteasomal degradation. Mdm2 directly interacts with p53 and thereby catalyzes
ubiquitination of p53. Ubiquitination of p53 can be reversed by the action of the deubiquitinating enzyme
HAUSP which thereby can rescue p53 from degradation (see also paragraph 1.2.3.2). p53 is stabilized in
response to genotoxic stress such as DNA damage which leads to the phosphorylation of p53 at several specific
serine and threonine residues. Stabilized and activated p53 can translocate into the nucleus where it activates
the transcription of proapoptotic genes and suppresses the transcription of antiapoptotic genes what under
certain conditions can result in the induction of apoptosis. p53-mediated apoptosis signalling is dependent on
the interplay of many regulatory factors, including protooncogenes as well as tumor-suppressors. Mdm2
activity is positively regulated by the action of the Akt kinase: when Mdm2 is phophorylated by Akt, Mdm2 is
able to translocate from the cytosol to the nucleus where it unfolds its inhibitory effect on p53. Akt kinase, on
the other hand, is activated in response to survival signals coming from growth factor receptors. This is
therefore an instructive example for the negative regulation of proapoptotic, p53-mediated signals by survival
signalling. Whereas Akt kinase positively regulates Mdm2 activity, Mdm2-mediated suppression of p53 is
blocked by the a ction of the ARF tumor suppressor. By binding to Mdm2, ARF prevents the interaction
between Mdm2 and p53 and therefore stabilizes and activates p53. ARF expression is dependent on the
transcription factor E2F-1 which is regulated by the retinoblastoma (Rb) tumor-suppressor and by the action of
oncogenes. As an example, mitogenic signals lead to the activation of oncogenes such as c-myc and ras which
among others activate E2F-1, resulting in increased ARF activity, stabilization of p53 and induction of
apoptosis. Therefore, increased mitogenic signalling or inappropriate oncogenic activity not necessarily causes
excessive proliferation but in cells with intact p53 signalling pathways can act as apoptosis inducers.

Binding of p53 to DNA. The p53 tetramer (shown in gold, blue, green and magenta) binds to DNA (in
silver at bottom) and causes the expression of the p21 protein.

Structure of p53 bound to DNA illuminates how mutations in this tumor suppressor protein cause cancer

The p53 "tumor suppressor" protein binds to DNA to regulate cell growth; mutations that cause this function to
go awry often result in cancer. P53 functions as a pair of dimers, but the only previous p53/DNA structure
contained only a monomer. Now Ronen Marmorstein and colleagues, using CHESS data, have determined the
structure of a p53 core domain dimer in complex with DNA. This structure reveals that mutations at the dimer
interface, as well as at the protein-DNA interface, can cause cancer, and allows construction of a model for the
active p53 tetramer.
p53 and MDM2 form an auto-regulatory feedback loop. p53 stimulates the expression of MDM2; MDM2
inhibits p53 activity because it blocks its transcriptional activity, favours its nuclear export and stimulates its
degradation. Different cellular signals, such as DNA-damage or oncogene activation, induce p53 activation.
DNA damage favours p53 phosphorylation, preventing its association with MDM2. Activated oncogenes
activate the ARF protein, which prevents the MDM2-mediated degradation of p53. Similarly, inhibitors of the
p53–MDM2 interaction should activate p53 tumour-suppressor activity in tumour cells that express wild-type
p53. These compounds, because they bind to MDM2, could also affect the p53-independent activities of
MDM2.

Points de transition essentiels

L'existence de mécanismes de surveillance En plus des Cdk, molécules permettant le passage d'une phase à
l'autre et l’enchaînement des événements du cycle, existent des mécanismes capables de surveiller des
processus très importants du cycle, de détecter des anomalies et d’imposer l’arrêt du cycle si des anomalies sont
constatées. Ces mécanismes interviennent lorsque des lésions ( DDCP = DNA Damage Checkpoint ) ou des
anomalies de réplication de l'ADN ( RCP = Réplication Checkpoint ) sont détectées, ou pour contrôler que les
chromatides-sœurs vont bien se répartir équitablement dans les deux cellules filles (MCP = Mitotic
Checkpoint ). Ils assurent en quelque sorte le « contrôle qualité » du cycle cellulaire. En effet, si seules les Cdk
intervenaient, l'enchaînement des phases du cycle pourrait continuer à avoir lieu, même si l’ADN était
endommagé, ce qui conduirait finalement à des anomalies génétiques ou chromosomiques graves pour les
cellules, par exemple perte d'un chromosome ou d'un morceau d'ADN.

points de transition essentiels


DDCP et transition G1/S
RCP et transition G2/M
MCP et transition métaphase-anaphase
Loss of p14 or amplification of MDM2 is associated with
lack of p53 mutation. These alternative mechanisms for
p53 degradation occurs by binding to overexpressed
MDM2 or by loss of p14 expression that should result in
hyperactive MDM2 and enhanced degradation of p53
La perte de p53 nécessite l’inactivation des deux allèles du gène p53. Cette constatation permet de définir p53
Localiser les points chauds de la molécule :
comme un gène suppresseur de tumeur, de la même façon que le gène Rb. p53 peut être inactivé par différents
mécanismes :

- Mutation du gène p53

La fonction de p53 peut être perdue par des mutations somatiques sur le gène p53. Alors que les autres gènes
suppresseurs de tumeurs sont souvent inactivés par délétions, modifications structurales dues à des mutations
ou mutations non-sens, l’inactivation du gène p53 est due à des mutations faux-sens dans 75% des cas chez
l’Homme, et 95% de ces mutations sont localisées dans le domaine de liaison à l’ADN (Magali Olivier et al.
2002). La protéine p53, qui est un facteur de transcription, se fixe à l’ADN en réponse à un stress cellulaire.
Conséquences de l'activité des complexes Cycline B / Cdk1

Globalement, l'activité kinase de ce complexe permet de provoquer de très nombreux évènements de la mitose :

- La condensation des chromosomes.


- La désorganisation de l'enveloppe nucléaire.
- Le réarrangement du cytosquelette de tubuline et l'assemblage du fuseau mitotique.
- L'attachement des chromosomes répliqués au fuseau.
- Le réarrangement de l'actine.
- La réorganisation du Golgi et du Reticulum Endoplasmique.
- La dégradation de la Sécurine et de la Cycline B par APC - Cdc 20 (ce qui permet la sortie de la
mitose).

Exemple : désorganisation de l’enveloppe nucléaire :

La phosphorylation des lamines (filaments intermédiaires du noyau) par la Cycline B / Cdk 1 au début de la
mitose provoque leur dépolymérisation. Or ces lamines étaient associées à l'enveloppe nucléaire, et
permettaient de la structurer. En conséquence, leur dépolymérisation a pour effet de désorganiser l’enveloppe
nucléaire qui se disperse en petites vésicules. Certaines lamines (les lamines B) restent ancrées dans les
vésicules d'enveloppe nucléaire car elles sont isoprénylées (ancre lipidique). Les lamines ont des séquences de
liaison aux chromosomes, ce qui facilite la reformation de l'enveloppe nucléaire autour de ceux-ci en fin de
mitose. Le processus inverse a lieu à la télophase, en fin de mitose, lorsque les lamines seront déphosphorylées.

Dépolymérisation des lamines et désorganisation de l'enveloppe nucléaire

L’activation du complexe Cdk 1 / Cycline B nécessaire pour que l'entrée en mitose se réalise permet à la cellule
de contrôler ce moment clé de son cycle cellulaire.

Description histologique de la phase M

La phase M s'observe facilement au microscope, avec la condensation des chromosomes (prophase) dans le
noyau encore intact. Puis survient la séparation des deux centrosomes qui se placent aux deux pôles (ou asters)
d'un faisceau de microtubules et de protéines, le fuseau mitotique. Puis les microtubules astériens se
désagrègent et de nouveaux microtubules s'assemblent en se dirigeant vers les chromosomes très condensés.
L'enveloppe nucléaire se disperse. Les chromosomes s'alignent au milieu du fuseau, pour former la plaque
métaphasique (métaphase).

Les différentes étapes de la mitose.

En [1] et [2]Prophase : condensation des chromosomes et séparation des centrosomes.

En [3], les chromatides se séparent et migrent fers les pôles du fuseau.

En [4], la division cellulaire est accomplie (télophase).


Apres avoir vu les deux principaux points de contrôle de la division cellulaire ceux de G1-S et G2-M on
citera la présence de contrôle aussi en mitose/

Blocage de la transition métaphase- anaphase :

Point de surveillance de l'attachement correct des chromosomes au fuseau : transition métaphase /


anaphase

L'attachement correct des chromosomes au fuseau mitotique en plaque métaphasique est indispensable au
déclenchement de l'anaphase. Le contrôle de cet attachement représente un point de surveillance important, au
cours de la mitose.

Un mécanisme opère pour s’assurer que tous les chromosomes sont correctement attachés au fuseau avant que
la séparation des chromatides-sœurs n’ait lieu. Les chromosomes non attachés au fuseau bloquent la séparation
de toutes les chromatides-sœurs

Normalement, à l'anaphase, les chromatides-soeurs se séparent lorsque la séparase (une protéase) détruit par
protéolyse spécifique la cohésine qui les maintient rassemblées. Or, tant que les chromosomes métaphasiques
ne sont pas correctement attachés au fuseau par leurs kinétochores (et, il suffit qu'un seul ne le soit pas), la
séparase est inhibée par la sécurine. La destruction de la sécurine est sous la dépendance de l'APC-
Cdc20 (APC = Anaphase Promoting Complex, ubiquitine ligase active lorsqu'elle est associée à la protéine
Cdc20) qui reste inhibée par la protéine Mad2 tant que les chromosomes ne sont pas tous correctement
attachés.

Chaque kinétochore non correctement attaché au fuseau envoie un signal inhibiteur bloquant l’activation de
APC-Cdc20. Ce signal généré par le kinétochore non attaché correspond à la protéine Mad2 : un seul
kinétochore mal attaché a pour conséquence la liaison de Mad2 sur le complexe APC-Cdc20, et ainsi son
inhibition. Une fois que tous les kinétochores sont attachés, Mad2 n’est plus activée et ne peut plus inhiber le
complexe APC-Cdc20 qui devient actif, ce qui permet la destruction de la sécurine et la séparation des
chromatides pour leur ascension polaire opposée.
Le point de contrôle de l'attachement correct au fuseau. 

Tant qu'il reste au moins un kinétochore non associé au fuseau, celui-ci émet un signal négatif, grâce à Mad2,
qui aboutit à maintenir l'inhibition de la sécurine sur la séparase. Sans séparase active, la transition vers
l'anaphase ne se réalise pas (voir le chapitre sur le passage métaphase anaphase

La sortie de mitose

Après la migration des chromosomes aux pôles du fuseau, les processus inverses de la prophase doivent avoir
lieu.

L’inactivation du complexe Cycline B / Cdk 1 a lieu essentiellement par la protéolyse ubiquitine-dépendante de


la cycline B. L’ubiquitinylation de la cycline est causée par le complexe APC - Cdh1 (Cdc 20 homolog). En
effet, pour ubiquitinyler la Cycline B, l'APC a besoin d'une autre sous-unité de spécificité de substrat différente
de Cdc 20, la Cdh1

La dégradation protéolytique de la cycline B par les enzymes du protéasome nécessite que la cycline soit au
préalable reconnue et « marquée » par des chaînes d’ubiquitine par l’APC/Cdh1. Il faut remarquer que c’est le
complexe Cycline B / Cdk1 actif qui est lui-même à l’origine de l’activation de la dégradation de la cyline B, sa
sous-unité activatrice. En effet, c’est lui qui, lorsque la cellule entre en mitose, provoque la préactivation de
l'APC en le phosphorylant. Lorsque ces complexes seront devenus actifs, l’ubiquitinylation de la cycline B aura
lieu.

Vous aimerez peut-être aussi