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Institutions politiques

I) Introduction : État et Démocratie


- Une institution se distingue d’une organisation. Elle a pour vocation à proposer des
normes, un système de valeur à notre société.
De ce fait, au début des années 1980 :
- Une entreprise devient à proprement parlé une institution.
• Une institution politique : distinction de la politique et le politique
• La politique : scène sur laquelle s’affronte les individus et/ou les groupes pour la conquête
du pouvoir.
• Le politique : a un but dans la pérennité du groupe. Défense de l’identité du groupe.
- La détermination des rapports de commandements à obéissance. Cela renvoie à la nature
du régime politique, attachement des citoyens au régime politique.
Deux auteurs à citer :
- Julien Freund – « l’Essence du politique » ;
- Chantal Mouffe et la philosophie politique
• Depuis quelques années : rejet de la politique, catégorisation des médias.
2 citations en rapport avec ce rejet :
- « Les faits divers font diversion » de Pierre Bourdieu
- « Le crime est normal dans notre société » de Durkheim

La politique mène aussi à la résolution des conflits, à la pacification. Il a également un but décisif
dans la détermination des rapports sociaux.
« L’État a le monopole de l’exercice de la violence légitime » / Max Weber

• Il revient au politique de déterminer les rapports amis-ennemis (questions de défense, de


diplomatie) qui renforcent l’identité sociale du groupe.
Exemple d’un grand classique :
« Canards boiteux » de 1979 : résistance des mineurs en Grande Bretagne.
Margarette Thatcher dissout la Chambre des communes.

• Le régime politique est également lié à une crise démocratique :


- taux d’abstention de plus en plus important
- effondrement de la confiance politique qui devient un moindre moteur
- Il ne reste alors que de la détermination des rapports amis-ennemis (idéologie
rassemblement national)
Chapitre 1 : Qu’est qu’un État ?

A) Les éléments constituant un État


État : Conjonction de 3 éléments :
- Territoire => Existence physique
- Population
- Autorité publique à abstraction par des formes diverse de représentation de cette
autorité, par d’autre régimes politique :
- Monarchie ;
- République ;
- Dictature.

1) Le territoire
État sans territoire = Pas possible
à Constitue l’élément géographique indispensable à l’exercice du pouvoir. Il est très souvent
terrestre et limité par des frontières et continue.
Ex : Département d’outre-mer (DOM). (discontinu).
Territoire peut comporter des espaces aériens et parfois maritimes sur lesquels s’exerce la
souveraineté de l’état.
Si État annexé, conquis alors l’État n’existe plus. Le gouvernement peut être en exil mais jamais
l’État.
Ex : Guerre du Golfe (Janv. 1991) = Irak 🏴☠ Koweït et l’a annexé. Jusqu’à ce que le territoire
koweitien soit reconquis et libéré́. A ce moment-là l’état du Koweït n’existait plus cependant le
gouvernement était en exil à Londres.
le couloir de Danzig en Allemagne = En 1939, suite au traité de Versailles, l’Allemagne connaît
une séparation de la Prusse Orientale qui se détache de L’Allemagne

Toutefois, Doctrine Gaulliste : Idée que régime de Vichy ne représentais ni l’État français ni la
république entre 1940 et 1944 mais les forces de la résistance. Doctrine qui permet à la France
après la 2 GM de siéger au sein du Conseil de sécurité de l’ONU.
à Remise en cause par : Déclaration de Jacques Chirac en 1995, il reconnait la responsabilité de
l’état FR dans le génocide.
Le 27 octobre 1940, suite à̀ l'entrevue de Montoire du 24 octobre entre Pétain et Hitler, le General
de Gaulle déclare : « Il n’existe plus de gouvernement proprement français. En effet, l'organisme
sis à̀ Vichy et qui prétend porter ce nom est inconstitutionnel et soumis à l'envahisseur. Dans son
état de servitude, cet organisme ne peut être et n'est, en effet, qu'un instrument utilisé par les
ennemis de la France contre l'honneur et l'intérêt du pays. Il faut donc qu'un pouvoir nouveau
assume la charge de diriger l'effort français dans la guerre ».

2) La population = Somme des individus.


Tout territoire occupé par une population plus ou moins dense. C’est aussi une donnée
démographique, un État est plus ou moins peuplé.
Pdv Sociologique et Politique : population constitue les individus soumis à l’autorité de l’état.
Elle ne s’analyse pas son degré d’adhésion à cette autorité, son sentiment d’appartenance ou
d’identification a l’état.
Pop = peuple, nation à lien qui soude une population et la relie à l’autorité étatique.
XVIIIe siècle + Révolution FR met en avant les notions de peuple et de nation dans l’origine du
pouvoir, ont contribué́ à l’émergence de l’État moderne.
a) Peuple, Nation : le débat entre théoriciens de la souveraineté nationale et théorie de
la souveraineté populaire.

• Distinction entre le peuple et la nation


Peuple = Notion juridique, légitime du pouvoir donc de la légitimité du pouvoir.
Nation = Exprime le sentiment d’appartenance à un même ensemble, un vouloir vivre collectif,
appuyés sur des éléments liants commun.
• Distinction entre les partisans de la souveraineté nationale et partisans des théoriciens de
la souveraineté populaire.
Le courant de la philosophie des Lumières au XVIIIème siècle fait naitre chez les révolutionnaires
FR de 1789 la conception de nation, totalité abstraite, qui n’est réductible à aucune de ses
composantes. En plus des anciens éléments acquis (religion, culture…).

Il existe deux conceptions de la nation :


• Conception objective de la nation : Droit du sang
Appartenance à une nation résulte d’un partage d’un certains nombres d’éléments
« objectifs » (=> que la géographie, la langue, la religion et la « race »). Nationalité fondée
sur le droit du sang.
Exemple : Conception mise en avant par l’Allemagne (modèle allemand, modèle de la race
arienne – discrimination sociale, économique.
• Conception subjective de la nation : Droits du sol
Citoyenneté dépasse les enracinements particuliers. La nation repose sur l’attachement au
passé, mais aussi sur le désir de vivre-ensemble. La nation est en fait une construction
sociale et politique.
Ainsi, on considère généralement qu’en France, c’est l’État qui a fait la nation et qui a
particulièrement raffermie à la fin du XIXe siècle sous la IIIème République / 4 septembre
1870, Défaite de Sedan / Fin du 2nd Empire de Napoléon III.
Exemple : Quand la République est déclarée, on perd la Prusse (Alsace), ce qui va
renforcer la faiblesse du sentiment patriotique. Il faut comprendre les causes de la défaite.
26 aout 1789 DDHC définit l’article 3, le concept de nation “le principe de toute
souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer
d’autorité qui n’en émane expressément".

Édit de Villers Cotteret : 1539 OIL/OC


- On impose une langue commune en France
- La nation s’affirme pendant la Révolution Française. Fin de la souveraineté royale.

Ernest Renan : monarchiste,


Bruno Etienne :
• Souveraineté populaire et démocratie directe (p.8 du doc)
La paternité́ de la théorie de la souveraineté populaire est généralement accordée à J.- J
Rousseau (1712-1778), pour qui la souveraineté appartient au peuple.
Cela implique :
- Démocratie directe : Le peuple participe activement et directement sans intermédiaire au
pouvoir législatif. C’est le peuple qui vote les lois et qui se constitue en une assemblée.
Petite population sur un petit territoire.
- On a du mal à envisager une VIe République allant vers une démocratie directe
(Exemple : les réseaux sociaux mais il n’y aurait plus d’endroits réels pour le débat
public, représentation totale par tirage au sort)
- Engendre la question du Sénat : Les plus radicaux veulent que le Sénat soit transformé
en assemblée citoyenne.
- Ou bien la question de changer le mode de scrutin = surreprésentation de certains
partis (25% pour le Rassemblement National) = envisager d’établir un mode de scrutin
proportionnel pour permettre la diversification des partis.
- Démocratie semi-directe : En plus de la désignation de ses représentants, le peuple peut
participer à la fonction législative par le biais des referendums, d’un droit de veto
populaire ou d’un droit d’initiative populaire.
(Le référendum existe sous la V République : Article 11 et 89 de la Constitution)
à Cela suppose :
- Un fractionnement de la souveraineté, chaque citoyen possède une part de souveraineté «
s’il y a 10 000 citoyens, chaque citoyen a pour sa part la dix-millième partit de l’autorité
suprême » ;
- Uune conception de l’électorat en tant que droit qui appartient à̀̀ chaque citoyen, libre d’en
user ;
- Un suffrage universel ;
- Un mandat impératif, disposant que chaque représentant ne tient ses pouvoirs que de
ses électeurs, devant se conformer aux instructions et aux limites que ceux-ci ont posés,
et pouvant être à tout moment révoqué en cas de non-respect de son mandat.

Cela ne se finit pas par l’affirmation d’un droit de propriété comparé à celle de 1789 (DDHC).
Selon la théorie marxiste, la révolution de 1789 serait une révolution bourgeoise qui aurait aboutie
sur la finalité du droit de propriété.

- Robespierre et St Just défendent les thèses de Rousseau. Ils feront adopter par
Référendum, la constitution du 24 juin 1793. C’est un procédé de démocratie semi-directe.

• Souveraineté nationale et démocratie représentative


- Il va porter les idées d’un nécessaire corps de représentant. Sieyès était l’un des trois
consuls de Napoléon 1er (1830 : monarchie constitutionnelle).
- Pour Sieyès il nous faut des représentants car nous glissons vers une société de
commerce. Il faut accompagner le processus de division du travail, les individus sont
marqués par une forte activité économique donc il n’y a pas le temps pour s’engager.

La Théorie de la souveraineté national (REV FR) implique :


- Démocratie représentative : Le peuple ne peut exercer directement la souveraineté ;
- « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul
corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » (DDHC de
1789) la souveraineté revient à la Nation ;
- Conception de la Nation comme entité abstraite et indivisible qui ne se confond
pas avec l’ensemble des individus qui la composent ;
- Théorie de la représentation qui considère les volontés politiques des représentants
comme étant celles des représentés, celle de la Nation tout entière. Quand les
représentants décident, c’est la Nation qui a décidé ;
- Théorie du mandat représentatif s’oppose au mandant impératif : Le mandat émane de la
Nation entière. Selon cette théorie, le représentant est à distance des intérêts particuliers
de ses électeurs. Il ne doit en recevoir ni d’ordre, ni d’instructions. Il est responsable que
devant la nation. Le manat est considéré comme étant remis par la nation à l’institution
chargée de la représenter.
Exemple : Les députes sont députés de la Nation et pas d’une circonscription. Après la
perte de l’Alsace Loraine, les députés élus sont restés députés.

Distinction entre la République et Démocratie inspirée de R. Debray (à ne pas confondre avec


Michel Debré), qui fait de la médiologie. Il s’intéresse à l’efficacité du média.
• République : L’accent est mis sur les citoyens. Principe de démocratie libérale et anglo-
saxonne met l’accent sur l’individu.
• Démocratie repose sur l’intérêt général = somme des intérêts particuliers : Légitimité des
lobbies.
- Le citoyen se détache de ses enracinements par rapport à l’espace public de débat. Il se
met à distance de ses intérêts de classe, d’appartenances familiales et/ou religieuses. Un
citoyen c’est être : « a-situé », « a- historique », « a-sexué »
à Ce citoyen-là doit être un « saint-laïque ». C’est une notion critiquée par le marxisme =
invite les ouvriers à se situer dans le rapport des classes.
- Considérée comme un piège de la bourgeoisie.

Bernard Manin : « Principes du gouvernement représentatif » = rappellent que les démocraties


représentatives ne sont pas considérées comme de réelles démocraties, car il n’y a pas de
principe de tirage au sort.

Démocratie athénienne : Repose sur un principe de tirage au sort.


- Elle est différente de la démocratie représentative : Elle n’est pas considérée comme
une réelle démocratie. Elle repose sur un principe d’oligarchie à caractère méritocratique. Il
n’y a pas de principe de tirage au sort, ce qui amène à une dérive ploutocratique. (= les
représentants sont les plus riches au détriment des classes populaires).
- Dans notre société contemporaine = Surreprésentation des classes aisés (notamment la
République en Marche)

Michel Debré = Premier ministre de la Vème République (1959-1962 : carrière politique).


On assiste au commencement de l’effondrement de la clé de voûte concernant les institutions
politiques de l’époque.
- Article 11 : le chef de l’État et le gouvernement ont la possibilité d’interroger les Français
sur tous les sujets en usant de référendums.
- Article 89 : renvoie à l’idée que l’on peut réviser la constitution de la Vème République
par voie de référendum.

L’URSS s’inspirait de ces principes :


- Cette théorie repose sur un fractionnement de la souveraineté : Rousseau disait « s’il y a
10000 citoyens, chaque citoyen dispose de la 10000ème partie de l’autorité suprême »
- On assiste à une rupture avec la souveraineté nationale (entité abstraite et indivisible). Cela
implique le suffrage universel. L’électorat est conçu comme un droit et chaque citoyen est
libre d’en user ou pas. = valable aussi pour la souveraineté nationale. Il y a des
démocraties où le vote est obligatoire : Belgique, Argentine par exemple.
b) La construction sociale de la nation : résultat d’affrontements politiques.
• L’affrontement républicains/catholiques
A travers cette affrontements à la fin du XIXe siècle, on peut relever les différents éléments qui
font que la nation française est le résultat d’une construction sociale et politique, elle ne constitue
pas une donnée naturelle, mais un “habitus national en tant qu’ensemble de dispositions
conscientes et inconscientes qui structurent notre personnalité en lui imprimant ses
caractéristiques individuelles et collectives”.

2 conceptions de la nation s’affrontent :


- Conception fermée (catholiques)
- Conception ouverte (républicains)

• Conception fermée :
La nation relève d’une définition de type essentialiste en tant que “communauté de caractère,
historiquement stable, association d’hommes et de femmes spécialement engagés les uns
envers les autres et dotés d’un sens spécifique de leur vie commune”. Elle est donc issue d’un
courant traditionnaliste/ d’extrême droite représentant une forme de fermeture sociale.

On pose l’identité en privilégiant la permanence et le caractère exclusif de cette identité. C’est ce


qui se reproduit à l’identique dans le temps et assure une séparation avec l’étranger. Les nations
reposent sur des données ethnoculturelles, des faits naturels et nécessaires (conception
organique de la nation). Ainsi, selon les catholiques, l’identité nationale est à associer à l’Église
catholique, la France “fille ainée de l’Église”.
- On trouve dans un manuel chrétien d’instruction civique (Rondelet), l’idée que “la
civilisation française s’est organisée sous l’influence et par le dévouement de l’Église et, la
France n’est qu’une enfant trouvée sans passé ni origine. C’est cette même personne qui
a grandi et s’est développée depuis 1200 années”. Il y a là une conception naturaliste, on
hérite de ses ancêtres la culture nationale, on est proche de la notion de communauté
organique de “ceux qui s’aiment et se comprennent” (F. Tönnies). Appartenir à la Nation
c’est donc partager des notions culturelles.

• Conception ouverte :
Repose sur l’idée selon laquelle l’identité nationale peut être acquise et non pas seulement
prescrite. On pose l’identité nationale comme le résultat d’un travail historiquement et
culturellement daté d’homogénéisation culturelle qui vise à rendre identique les individus. La
nation est un construit social. C’est une conception contractualiste de la société dans laquelle
l’école joue un rôle essentiel permettant à l’individu de prendre conscience de la nation.

Repose sure :
- L’association d’un fondement sociétal (volonté individuel, contrat) à un fondement
communautaire (sentiment subjectif d’appartenir à une même communauté) : “on est de
la patrie qu’on aime et dont on veut être”.
- Une reconnaissance mutuelle par l’ensemble des citoyens d’une appartenance à une
communauté de valeurs qui impliquent que les particularités soient écartées. L’identité
nationale renvoie à l’État-nation dans sa totalité contre les identités périphériques.
Le modèle catholique est essentiellement basé sur la passion alors que le modèle républicain, lui,
est plutôt basé sur la raison et le contrat social.
- Norbert Elias : « La société de cour » = Il explique le diffusionnisme, les mœurs qui se
sont constitués à la cour de Versailles et qui se sont intériorisés et extériorisés au
monde
- Pierre Bourdieu : Sociologue qui s’est intéressé à la question des inégalités scolaires, à
la culture de la classe dominante, à ce choc culturel qui amène de ce fait un taux de
réussite plus élevé chez les classes dominantes.

Habitus :

• Processus de centralisation politique et administratif


- On sait que depuis les écrits d’Alexis de Tocqueville (aristocrate américain et auteur de
« l’Ancien Régime à la Révolution »
- Notre société est marquée par l’égalisation des conditions. La crainte de Tocqueville est
que le peuple renonce à la liberté au prix de l’égalité.
- La Révolution de 1789 poursuit l’idée monarchique. Pour lui, il n’y a pas eu de révolution
entre L’Ancien Régime à la Révolution.

Ø 1743-1751 :
Ø 1748-1753 : Fronde = Période marquante pour Louis XIV, il pouvait contrôler les
aristocrates en renfonçant l’attrait de la cour de Versailles pour qu’ils vivent avec lui pour
les avoir sous son contrôle et permettre ainsi au pouvoir de se concentrer uniquement à
Versailles.
Les Jacobins vont finir par l’emporter :
- Le peuple de Paris s’est soulevé entraînant la chute de Paris et de la monarchie
Selon Y Déloye (art : “La nation entre identité et altérité ”in idem), deux conceptions de la nation
s’affrontent à la fin du XIX° siècle, une conception fermée, celle des catholiques et une
conception ouverte celle des républicains.

Récapitulatif. On assiste donc à 3 modèles différents dans le modèle républicain.


1. Modèle assimilationniste (IIIème République-Seconde guerre mondiale) : vise à faire
disparaître tout particularisme culturel chez les individus. Il est remis en cause par la
décolonisation, et l’expression des mouvements régionalistes ; indépendantistes (Marche
des Beurs, uniformisation culturelle).
2. Modèle d’intégration (début des années 1980) : dans la communauté stato-nationale, les
individus doivent accepter des valeurs communes tout en exprimant leurs identités
périphériques.
3. Modèle d’insertion (actuel) : intégration des migrants dans la société.
Des associations se sont affirmées : « SOS racisme ». Elle mettait en avant très fortement le
modèle assimilationniste.
Nouveaux modèles : intégration = expression, libre expression.
• Un modèle républicain qui préserve le droit à la différence
Yves. Deloye : « Sociologie historique des politiques »
- Il relève le fait que si on soutient une conception / une vision subjective de la nation c’est
car les Allemands ont une vision, eux, objective de la nation.
- G. Clémenceau voulait lui, récupérer l’Alsace-Lorraine.

La loi Chapelier : 14 juin 1791 interdit les corporations, c’est-à-dire un système hiérarchique régulant
les rapports de travail. Le but était qu’il n’y ait pas de regroupements dans le marché du travail
(syndicats). Elle met en place une régulation des rapports de travail. Il n’y a pas de concurrence externe.
Elle s’inspire de la théorie de la souveraineté nationale, et du libéralisme économique

En France au cours du XIXème siècle, la construction d’un Etat-nation moderne de type


républicain a impliqué un bouleversement identitaire : L’identité nationale est devenue le
marqueur identitaire le plus puissant ; les autres identités sociales et culturelles ont été
dépolitisées.
Cette construction s'est donc traduite par le fait que chaque citoyen est rattaché à une
pluralité de groupes sociaux dont les systèmes de valeurs peuvent être contradictoires. La prise
en charge par le citoyen de la dimension civique et nationale de son identité est le résultat de
confrontations et d’affrontements entre ces diverses appartenances. Plus exactement, il s'agit de
préciser, que le modèle républicain qui s'impose à la fin du XIXème siècle instaure, un principe de
pluralisme social, une "liberté de faire société à part de la société politique"1, liberté qui n'existait
pas dans la cadre du modèle des révolutionnaires de 1789 dans la mesure où toutes formes
d'affiliations, de congrégations, de fédérations étaient prohibées.
A partir de ce constat, il convient de relever que le modèle républicain a conçu la citoyenneté
comme rupture entre la dimension civique et politique et la dimension sociale et culturelle
(effacement des liens sociaux et politiques d'avec la famille, la corporation, le territoire ou la
religion).
- Le moment électoral = Moment de reliance des individus à une communauté de destin.
Une unification linguistique est mise en place.
- L’espace publique = Espace autonome où s’exprime l’appartenance à la communauté
stato-nationale ; l’espace privée s’enrichit de toutes les valeurs particularistes. Cela ne
signifie pas pour autant que la détermination des fins individuelles relève exclusivement de
la sphère de la société civile, dans ce modèle, l'existence de l'espace public commun de
débat est la condition du maintien du pluralisme des fins individuelles.

Ce modèle aujourd’hui n’inspire plus les politiques publiques sous l’effet du développement d’un
discours et de pratiques relevant :
- Communautarisme : Tendance à l’institutionnalisme des identités collectives par le biais
d’associations représentatives (jeunes, femmes…), favorisant une fragmentation de
l’imaginaire citoyen, du corps national. Tendance qui génère une “ politisation nouvelle
des identités et des différences culturelles” risquant de remettre en cause “la capacité de
l’identité civique française à accueillir l’altérité”. Dans cette perspective, il relève un certain
nombre d'interrogations à propos de l'avenir du modèle de démocratie républicaine :
- Ou/et de l’utilitarisme : La diffusion d’un modèle pratico-fonctionnel de la démocratie
dans lequel chaque individu est amené, poussé, à exprimer ses intérêts particuliers dans
l’espoir que la politique sera capable d’assurer une harmonisation générale des intérêts
particuliers.
- Ou/et d’un libéralisme : Centré sur la question de la nécessaire préservation des libertés
individuelles, de la "liberté des modernes".
à Libéralisme qui insiste sur le nécessaire déplacement de "la souveraineté des citoyens
en corps vers la garantie des droits de l'individu", qui s'intéresse "moins aux instruments du
pouvoir des majorités qu'aux moyens de protéger les minorités", libéralisme qui met
l'accent sur "la régularité des procédures" plus que sur "l'objet de la délibération ou de
l'action publique".
ð Dans ces conditions, si l’on est attaché au modèle de la République (à distinguer des
démocraties anglo-saxonnes), il convient de se réinterroger sur ce qui fonde l’identité
nationale française, certes un passé, mais surtout un projet.

Document 3 p.9 :
- Il reste que ce modèle semble aujourd’hui ne plus inspirer les politiques publiques sous l’effet du
développement d’un discours et de pratiques relevant :
- Du communautarisme au sens d’une tendance à l’institutionnalisation des identités collectives par le biais
d’associations représentatives (homosexuels, jeunes, femmes, etc…), favorisant une fragmentation de
l’imaginaire citoyen, une représentation fragmentée du corps national.
- Tendance qui selon Y. Deloye, génère une « politisation nouvelle des identités et des différences
culturelles » risquant de remettre en cause « la capacité de l’identité civique française à accueillir
l’altérité ». Dans cette perspective, il relève un certain nombre d’interrogations à propos de l’avenir du
modèle de démocratie républicaine.
- Nous devons prendre nos distances par rapport à nos appartenances sur l’espace public de débat.
- Remise en cause du modèle républicain ?

Document 4 p.9 :
- ou/et de l'utilitarisme, c'est-à-dire de la diffusion d'un modèle pratico-fonctionnel de la démocratie dans
lequel chaque individu est amené, poussé, à exprimer ses intérêts particuliers (conformes à ses
appartenances communautaires, de classes, ou autres), dans l'espoir (!?) que le Politique sera capable
d'assurer une harmonisation générale des intérêts particuliers. Un des dangers de cette théorie est l’essor
de l’utilitarisme, du consumérisme au sein de la société. Risque d’entrer dans le cercle vicieux des
communautés divisibles à l’infini.

- ou/et d'un libéralisme centré sur la question de la nécessaire préservation des libertés individuelles, de la
"liberté des modernes », les individus sont protégés par un socle de droit.
- Libéralisme qui insiste sur le nécessaire déplacement de "la souveraineté des citoyens en corps vers la
garantie des droits de l'individu", qui s'intéresse "moins aux instruments du pouvoir des majorités qu'aux
moyens de protéger les minorités", libéralisme qui met l'accent sur "la régularité des procédures" plus que
sur "l'objet de la délibération ou de l'action publique"
- Dans ces conditions, si l’on est attaché au modèle de la République - à distinguer des démocraties anglo-
saxonnes -, il convient de se réinterroger sur ce qui fonde l’identité nationale française, certes un passé,
mais surtout un projet, comme le souligne Dominique Schnapper.

Document 5 p.9 :
- Dominique Schnapper est la fille de Raymond Aron. Celle-ci défend le modèle républicain et propose une
autre définition de la Nation.
- Elle distingue les différentes Nations en fonction de leurs projets politiques (idées, nationalité, emblème,
école, enseignement de l’histoire).
- Elle craint une remise en cause, une crise de régime politique.
- Autre exemple : L’Israël

C. La pensée révolutionnaire de 1789 : Son modèle de la nation et de la démocratie


Documents 6 et 7 :
- Burdeau définit le citoyen comme un saint-laïc.
- La Nation n’est pas définie par la somme des individus présents sur le territoire : c’est
une Notion abstraite. « Peuple de citoyens, il s’agit d’un peuple composé d’être
identiques, c’est-à-dire d’un peuple sans classe » (voir doc. 7 p.10)

• Une conception spécifique et restrictive du citoyen et du peuple


Lors du débat sur la notion de nation, il faut noter que les révolutionnaires français de 1789 ont
opté pour la théorie de la souveraineté nationale, les partisans de la souveraineté populaire
(Robespierre, Saint Just, …) avaient fait adopter la Constitution de 1793 (une Constitution au
caractère démocratique très avancée), mais ils ne l’appliquèrent jamais, et les thermidoriens
eurent raison de leur tête.
Cette théorie de la souveraineté nationale porte une conception spécifique et restrictive du
citoyen et du peuple.
- L’idée est que le citoyen est invité à être une sorte de saint-laïque.

Ø Comment les révolutionnaires de 1789 se situés dans leur rôle de représentant ?


Document 8 (Burdeau) : forme d’opposition entre ceux qui pensent qu’il suffit de mettre
sur les murs « liberté, égalité, fraternité » = liberté formelle et liberté réelle.
Quand on s’intéresse à la question de liberté, il faut distinguer selon Burdeau liberté et
libération. Elle n’a pas à être créée mais reconnue.
Socialistes et marxistes : l’homme attend la libération, selon eux ils font construire de
nouveaux rapports sociaux et ne pas juste proclamer l’idée de liberté.
Souveraineté nationale : ne débouche pas forcément le principe de suffrage universel

Document 9 (Rosanvallon) : en 1789, personne ne songe encore à l’instauration d’un pouvoir


confié au peuple. Totalité abstraite, hors d’atteinte de tout pouvoir humain.
- Rupture politique et sociologique= sacre de la volonté générale n’entraine pas le pouvoir
populaire. La nation ne se confond pas avec la somme des individus sur le territoire

• La théorie de la souveraineté nationale : Le refus d’une société de corps


La théorie de la souveraineté nationale est consacrée dans l’article 3 de la DDHC de 1789
disposant comme nous l’avons relevé que : “Le principe de toute souveraineté réside
essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane
expressément”.
- Conception qui s’appuie sur la nation : C’est une sorte d’entité abstraite indivisible qui
ne se confond pas avec l’ensemble des citoyens qui la composent. Il y a eu en fait
transfert de la souveraineté du roi au peuple en 1789, seul change donc le titulaire de la
souveraineté, ainsi la Constitution de 1791, affirme de manière absolue dans son Titre
III, article 1 : “La souveraineté est une, indivisible, inaliénable et imprescriptible.
Elle appartient à la Nation ; aucune section du peuple, ni aucun individu ne peut s’en
attribuer l’exercice”.
- Aucun individu ne peut s’en imprégner l’exercice. Entre l’État et l’individu : Il doit y avoir
un corps intermédiaire. Le régime que consacre la souveraineté nationale est un régime
plus démocratique que celui auquel il succède en 1791, mais il ne correspond pas au
contenu actuel en termes de démocratie, et d’ailleurs en 1791, la souveraineté
nationale ne débouche pas sur le suffrage universel.
- Selon Rosanvallon, cette théorie de la souveraineté nationale renvoie à l’idée qu’il doit
exister un rapport global et immédiat entre le peuple et ses représentants.
- L’idée est que la souveraineté nationale admet un refus « d’une société de communauté »
- La loi est l’expression de la volonté générale, il ne doit donc pas avoir de contre-pouvoir :
« Tout ce qui fait écran entre la Nation et ses élus est à priori suspect de dresser un obstacle
à l’expression de la volonté nationale et de constituer une machination contre la liberté »
(doc.11).

La reconnaissance des corps intermédiaires


- La distorsion entre le modèle révolutionnaire libéral et la réalité sociale allait également
amener le pouvoir politique à s’intéresser au monde du travail, et cela d’autant plus qu’il
craignait par-dessus tout la révolte des masses prolétaires, révoltes et émeutes qui partout
où elles éclataient, se révélaient particulièrement violentes et incontrôlables.

• Pourquoi il n’y a pas de décentralisation ? :


- C’est le fait qu’il n’y est pas d’accord sur le territoire national sur la nature du régime
politique, il y a encore des partisans de la monarchie et de la république.
Défendre ce concept, c’est donner potentiellement des pouvoirs locaux, et donc à des
adversaires, ennemis. On ne peut donc avancer vers ce concept.
- Exemple : 1815-1830 : décentralisation par les monarchistes qui n’a pas donné beaucoup
d’avancées.
- 1830 : mis en place d’une monarchie constitutionnelle = partisans de ce nouveau régime
étaient des partisans de la décentralisation (Tocqueville)
- Il faut attendre 1982 pour qu’il y ait les premières lois de décentralisation.

Bouretz et Evelyne Pisier : Le fonctionnement de l’état de la période révolutionnaire à la fin


de la seconde guerre mondiale.
- Il n’y a pas de statut de la fonction d’état, ce sont des commis qui servent l’état. Ils ne
peuvent pas être autre chose que le bras armé de la souveraineté nationale (administrations)
Il ne doit pas y avoir à l’intérieur de l’état une possibilité de contre-pouvoir. Il existait des
corps dans la fonction publique, c’étaient des corps à rotation techniques. Il faut donc
attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour envisager des statuts, des corps
administratifs à proprement parlé. (On crée l’ENA)
- Pour se faire, il apparaîtra inévitable aux yeux des républicains de reconnaître les corps
intermédiaires, surtout à partir du moment où les conservateurs (légitimistes et orléanistes
principalement) sont définitivement battus, après la crise du 16 mai 1877. A partir du
moment où le centre politique ne peut plus être perdu (victoire des républicains aux
élections), on peut envisager la perspective de laisser naître des formes de contre-pouvoirs
dans la société (reconnaissance des syndicats, progrès dans la décentralisation,
reconnaissance des mutuelles).

Document.12 (Tocqueville) :
Idée de Tocqueville : On demande aux citoyens d’exercer ses droits politiques, d’être un
peuple libre mais lorsque qu’il est confronté à l’administration il doit être « un bon serviteur »
Document.13 (CH. Mouffe) : principe de consensus conflictuel (document important p.11)
- Débat qui existe entre la droite et la gauche : idées combattues/débat dans l’adversité
- C’est l’idée que la communauté des citoyens permet de faire société à part, on
reconnaît le droit syndical, le droit d’association (1901) …
- Il faut démontrer de réelles alternatives, qui déterminent le clivage gauche-droite.
- On accepte ce conditionnement = « il existe toujours des points de vue de l’offre
électorale »
- Terme de pensée unique : jugement de valeur entre la pensée marquée plutôt à
gauche et la pensée unifiée sur les valeurs de notre démocratie
- L’élément du vivre ensemble : « l’atrophie du polemos » = ce qui éloigne peut-être les
classes populaires du champ politique c’est peut-être le fait que le langage de ceux
qui dominent n’est pas le même celui des classes populaires. Hazan « Les mots du
conflit »

D. Quel avenir pour l’État-nation ?

Le problème de la concordance de l’Etat avec la Nation est complexe et amène à de multiples


questions. Un constat s’impose :
- De nombreux États ne reposent pas sur un consensus national et rares sont les Etats-
nations comme la France.
- Dès lors, toute nation a-t-elle le droit à un Etat ?
- Si un État échoue à créer une nation, chacune des nations qui le composent est-elle
fondée à construire l’Etat qui la rassemblera ?
La désagrégation de l’Union Soviétique au début des années 1990 a illustré ces interrogations et
la guerre livrée aux Tchétchènes a apporté une démonstration dramatique de la complexité du
problème.
Exemple : Ruines de l’ex-Yougoslavie ont ressurgi de multiples nations qui se sont érigées en
Etats. Les Etats multinationaux sont le produit d’un mariage de nations qui constitue
difficilement une nation.
Le cas des États-Unis d’Amérique est plutôt exceptionnel dans sa réussite à générer
un sentiment national issu du mélange ethnique, linguistique et religieux qu’il
représente.
Les risques d’éclatement de l’Etat multinational, de divorce entre les différentes composantes,
communautés ou minorités s’accentuent lorsque le pouvoir étatique se démocratise, c’est à dire
prend en compte les différences.
Exemple : L’Espagne de l’après-franquisme a développé l’autonomie de ses communautés ;
l’État belge est en proie à de multiples restructurations pour survivre à l’affrontement de ses
communautés flamandes et wallonnes.
- Thèse de l’extrême droite : La multi-culturalité serait un danger.
- L’Italie connaît un risque de division entre le Nord et le Sud.

L’Etat-nation est aujourd’hui soumis à deux évolutions qui le remettent en cause :


- Les exigences des pouvoirs locaux à gérer de façon autonome leurs intérêts et à revendiquer
de ce fait des transferts de compétence qui prennent la forme d’une autonomie régionale plus
ou moins poussée ;
- Les contraintes que font peser sur lui une mondialisation des échanges et des communications
qui relativise l’existence des frontières et l’exercice de la souveraineté étatique.
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les organisations internationales et les Unions
d’Etats se sont multipliées sous différentes formes.
- Aux alliances diplomatiques : Succède des transferts de souveraineté qui modifient le
statut de l’Etat :
- La construction de l’Union européenne ne pose-t-elle pas avec une acuité tout à fait
nouvelle et unique dans l’histoire, la question de savoir comment redéfinir le statut de
l’Etat nation à l’intérieur d’ensembles géographiques transnationaux ?

2. L’autorité publique
Si l’Etat suppose un territoire et une population, c’est par l’autorité publique que se manifeste
son existence, sa souveraineté. L’Etat est une personne morale.
L’Etat n’est jamais donné, il est le produit d’une construction (avec la rencontre d’une population
et d’un territoire) ; le pouvoir crée les organes par lesquels se manifeste la puissance étatique.
- Il n’y a pas d’Etat sans autorité publique et les pouvoirs publics prennent des formes
multiples avec la mise en place d’un appareil institutionnel complexe.

- L’État, (autorité), a une personnalité juridique, il est une personne morale, ce qui permet
aux gouvernants d’agir en son nom. Cette notion de personnalité juridique nous ramène à
la notion de légitimité légale rationnelle analysée par Max Weber.
- Cette notion de personnalité juridique, nous amène à la définition classique de l’État pour
les constitutionnalistes : Il est une personne morale de droit public territoriale et
souveraine.
- L’État étant souverain, cette autorité publique habilite les gouvernants à contraindre en
son nom. Selon Max Weber, il dispose du monopole de l’exercice de la violence légitime.
A la différence des autres subordinations qui jalonnent la vie sociale, l’autorité publique
s’impose à ceux qui lui sont soumis : D’ordinaire, on ne choisit pas son Etat qui est celui
où l’on naît et où l’on vit.
- Aujourd’hui, les Etats existants sont presque tous souverains c’est-à-dire qu’ils jouissent
de pouvoirs publics pleinement compétents.
- Ce ne fut pas toujours le cas et le XXème siècle a contribué à la quasi-disparition de
situations de “non-Etats” qui se manifestaient sous forme de colonies, de protectorats ou
de territoires sous mandat et qui se caractérisaient par des statuts de dépendance à
l’égard d’une puissance dominante les privant de l’intégralité des prérogatives de la
souveraineté.

3 types de légitimité :
- Légitimité Traditionnelle : Employée sous l’ancien
- Légitimité charismatique : Forme de capacité à s’adresser au peuple et à manier le peuple.
(Exemple : les dictatures)
- Légitimité légale rationnelle : La plus marquante dans un régime démocratique. Elle repose
sur le fait que les citoyens obéissent aux lois et au chef de l’État.

B) Les différentes formes que peut revêtir un Etat

L’histoire de la naissance et de la construction de chaque Etat a contribué à lui donner sa forme :


- Un État a pu se constituer progressivement, par annexions successives, à partir d’un
noyau central : Exemple : France (Cf. Norbert Elias, « La dynamique de l’Occident »).
- Il peut être le fruit de l’union de plusieurs Etats qui décident de former une entité plus large
dans laquelle chacun se fond : Exemple : États-Unis d’Amérique.
Ces constructions ont produit deux grandes catégories d’États :
- États composés : États fédéraux ;
- États unitaires : Le pouvoir central peut accorder plus ou moins d’autonomie aux
différentes instances décentralisées de son territoire.
1. L’Etat composé

L’État composé : Constitué de plusieurs entités étatiques qui délèguent une partie seulement de
leur autorité publique à un État central :
- Les unit ou les fédère et exerce, en leur nom et sous leur contrôle, l’autre partie de la
puissance publique. La forme la plus connue d’Etat composé est l’Etat fédéral.

a) L’État fédéral
C’est un État d’État en ce sens qu’il est formé en ce sens qui gardent une part intacte de leur
souveraineté mais se groupent, de fédèrent en abandonnant une part de leurs compétences pour
créer un autre État qui les chapeautent.
Le critère de taille pourrait laisser penser que les États fédéraux visent à constituer de grandes
unités étatiques ne se vérifient pas toujours.
Dans un Etat fédéral, la constitution fédérale distingue généralement trois types de
compétences :
• Celles qui sont du ressort exclusif de l’Etat fédéral, telles que la défense, la politique
étrangère, l’émission de la monnaie ;
• Celles qui sont propres à chaque État fédéré ;
• Celles qui peuvent être partagées entre État fédéral et États fédérés.
- Suisse et Yougoslavie : Petite dimension, mais permettent de constituer une entité
multinationale.
- Fédéralisme : Existence d’États à une échelle quasi continentale (Australie, Inde, Brésil).
La forme fédérale reste cependant une exception comme mode d’organisation étatique puisque,
sur 180 États existants, seuls une dizaine constituent des fédérations.

b) Les caractéristiques d’un État fédéral.


Selon Jean Pierre Oppenheim et Emmanuel Le Masson : Principale originalité réside dans le fait
que dans une fédération coexistent des ordres juridiques différents puisque le caractère fédéral
permet la subsistance de gouvernements qui gardent des pans de puissance publique limités
mais intacts.
Il y a donc obligatoirement superposition d’ordres juridiques correspondant à la répartition des
compétences entre autorité fédérale et autorités fédérées.
Exemple : Lutte menée dans les années soixante par les Noirs Américains des États du Sud des
États-Unis, avec pour figure emblématique Martin Luther King, a illustré la complexité de cette
répartition, notamment dans le champ de l’instruction publique : Certains États fédérés sudistes,
tels l’Alabama, pratiquaient une ségrégation raciale dans les écoles alors que le droit fédéral
américain exigeait l’égalité des citoyens. Après des années d’affrontement, l’armée fédérale a
dû intervenir pour imposer le respect de la législation nationale.
Le fait qu’il n’existe pas un seul système de droit contribue donc à générer des inégalités sur le
plan juridique qu’illustrent aussi de façon presque caricaturale aux États-Unis toujours, les
disparités en matière de droit pénal concernant la peine de mort.

Dans un État fédéral, la constitution fédérale distingue 3 types de compétences :


- Ressort exclusif de l’État fédéral : La défense, la politique étrangère, l’émission de la
monnaie ;
- Propre à chaque État fédéré ;
- Peut être partagées entre État fédéral et États fédérés.
D’un État à l’autre, les règles de répartition des compétences peuvent varier.
Bien qu’elles aient des compétences spécifiques, les collectivités fédérées qui peuvent s’appeler
États, pays, province, communautés, etc…, participent au fonctionnement de l’État fédéral.
Au fond une fédération est marquée par :
- L’existence d’une constitution de l’Etat fédéral et l’existence d’Etats fédérés qui disposent
aussi d’une Constitution (on parle alors de fédéralisme de droit interne, à distinguer d’une
confédération qui est un fédéralisme de droit international, des Etats se lient au moyen de
traités internationaux et non au moyen d’une Constitution ;
- La France est un état unitaire mais les régions ne constituent pas d’états (contrairement
aux USA)
- L’existence de « trois lois » : Pour Charles Debbasch, Jacques Bourdon, Jean-Marie
Pontier et Jean Claude Ricci, une loi d’autonomie qui confère à chaque Etat fédéré des
compétences propres ; une loi de participation qui se traduit par le fait que les Etats
fédérés participent au fonctionnement de l’Etat fédéral au moyen d’une représentation
politique, une loi d’arbitrage qui se traduit par l’existence d’une Cour en charge de régler
les conflits de compétences entre Etats fédérés et Etat fédéral.

Les institutions de l’Etat fédéral tiennent toujours compte du caractère fédératif du pays en
créant une chambre chargée de représenter les instances fédérées au niveau législatif. On parle
alors de bicaméralisme fédéral :
Exemple : Le Bundestag en Allemagne, le Conseil de la Fédération en Russie ou le Sénat aux
États-Unis d’Amérique. Suisse, le caractère fédéral du pays interfère sur la composition de
l’exécutif, mais ce cas est exceptionnel.

Une fédération est le fait qu’il y est une constitution d’un état fédéral mais aussi pour les états
fédérés, elle se distingue d’une confédération. Chaque état dispose de compétence (loi
d’autonomie), chaque état doit participer par le biais d’un bicaméralisme fédéral il y’a une loi
d’arbitrage qui permet de régler les conflits entre les états.
Pour montrer que les états fédérés jouent un rôle conséquent dans l’état fédéral, le système va
laisser place au rôle des états fédérés.
Exemple : Si en Californie une majorité veut voter pour Trump (président des délégués des
états), la majorité des délégués si ce n’est l’ensemble des délégués de l’état vont alors voter pour
Donald Trump. Il n’y a donc pas d’intérêt premier à aller faire campagne dans des états où c’est
perdu d’avance !

c) Existe-t-il d’autres formes d’Etats composés que l’Etat fédéral ?


La réponse tourne autour des conséquences juridiques d’un transfert de compétences sans qu’il
y ait abandon de souveraineté.
Les organisations internationales qui sont composées d’Etats qui gardent intacte leur
souveraineté ne constituent pas d’entités étatiques nouvelles.
- La Confédération : Est une alliance d’États, généralement formalisée par un traité
international et non une Constitution qui, (Confédération du Rhin, Confédération
germanique) a permis à des Etats de nouer des liens sans générer de véritable structure
gouvernementale, les décisions se prenant à l’unanimité.
- Formellement on ne peut pas parler de fédération car il n’y a pas de constitution de l’UE.
- Juridiquement elle ressemblerait plus à une confédération car dans une fédération on
n’autorise pas des états à quitter l’État fédéral, on peut donc citer l’exemple du BREXIT en
UE qui a permis au Royaume-Uni de sortir de l’UE et de récupérer leur souveraineté
nationale.
En revanche, la construction de l’Union Européenne est totalement novatrice, certains
constitutionnalistes insistent sur son caractère hybride et d’autres évoquent un « objet politique
non identifié » : des Etats ont transféré des pans de leur souveraineté et des champs de
compétence à une superstructure étatique ; si les décisions restent prises par un conseil qui n’est
pas supranational puisque chaque Etat-membre y siège, l’application de la règle de la majorité,
dans un nombre croissant de domaines, fait qu’un Etat minoritaire se voit imposé une décision
contre laquelle il a voté.
Les Traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Lisbonne ont mis en place un processus de
fédéralisation qui fait bien apparaître, d’ores et déjà, l’Union Européenne comme un nouveau
type d’Etat composé.
- Question d’aujourd’hui : Le modèle de l’État-nation, largement hérité de la Révolution
française, n’a pas épuisé son efficacité historique et si la construction européenne
n’impose pas l’impérieuse nécessité de repenser le statut de la nation à l’intérieur
d’ensembles géographiques transnationaux ?
Ainsi l’idée de la nécessité de construire un « patriotisme constitutionnel » suppose la
construction d’un espace public démocratique européen, une large démocratisation des
institutions.
On sait que l’UE est marquée par l’existence de différents peuples, l’idée est que si l’on veut faire
unité de ces différents peuples, on ne peut imposer un même langage. Pour faire unité selon
Jurgend Habermas pour faire unité il faut créer un patriotisme constitutionnel.
- Jurgend Habermas développe ainsi l’idée de la nécessité de construire un « patriotisme
constitutionnel », ce qui suppose la construction d’un espace public démocratique
européen, une large démocratisation des institutions.
Mais justement, le caractère démocratique des institutions européennes n’est pas sans susciter
des interrogations au regard pour exemple :
- De la nécessité de l’unanimité des Etats membres de l’Union (27 Etats potentiellement 34
à ce jour) pour réviser les institutions ;
- Du rôle par trop prépondérant de la commission par rapport à celui du Parlement.
- Les peuples européens s’attachent à ce modèle-là.

2. L’État unitaire :
à Forme la plus répandue d’État. Les révolutionnaires français, après en avoir largement
débattu, ont opté pour le caractère unitaire du pays : “La République est une et indivisible”
selon la Constitution de 1792, et ce principe reste fondamental aujourd’hui encore en droit
constitutionnel français.
- Le caractère unitaire d’un pays : Il n’y a pas de partage de l’autorité publique, qu’il y a
unicité du pouvoir avec un seul législatif, un seul exécutif et un seul pouvoir judiciaire
(même s’il y a un dualisme juridictionnel droit privé/droit public comme en France). Ils
établissent des règles uniques pour l’ensemble du territoire quelles que soient les divisions
de celui-ci.
- Il y a un seul droit émis par le pouvoir central auquel est soumis l’ensemble des pouvoirs
locaux quel que soit leur autonomie.

Dans un Etat unitaire, l’autorité suprême peut être plus ou moins centralisée.
- Le centralisme se concrétise par le refus du pouvoir central de reconnaître un degré
d’autonomie à ses divisions territoriales et de garder sur leurs décisions un pouvoir
tutélaire au nom de l’intérêt général dont le pouvoir central est le garant.
- Faire une distinction entre un état unitaire centralisé et un état unitaire décentralisé.
En se décentralisant, un État unitaire, en maintenant l’unicité juridique du pays et en en contrôlant
le respect, peut accorder à ses divisions territoriales une autonomie suffisante pour se donner
des organes élus qui reçoivent de la loi certaines attributions qu’ils peuvent assumer de façon
autonome sous condition de respecter la règle de droit. La France n’est véritablement
décentralisée que depuis 1982. Mais un Etat unitaire, décentralisé ou pas, doit toujours irriguer
de son autorité l’ensemble du territoire.
Pour ce faire, il découpe celui-ci en circonscriptions administratives et y envoie des agents
publics placés sous son autorité hiérarchique et chargés de le représenter. Le rapport entre le
pouvoir central et les agents locaux est un rapport de déconcentration. En France, les services
déconcentrés sont qualifiés de services extérieurs et sont placés sous l’autorité coordonnatrice
du préfet.
Pour résumer, un Etat décentralisé doit être marqué par :
- L’existence de collectivités territoriales disposant d’une personnalité juridique morale de
droit public et de domaines de compétences propres, l’Etat central gardant cependant la
compétence des compétences ; on a l’impression du coup de ne pas bien percevoir la
différence entre un état unitaire et un état central
- La suppression de la tutelle de l’Etat central sur ces collectivités (contrôle d’opportunité
des décisions des collectivités : un maire, un préfet pouvait avant 1982 revenir sur les
décisions prises).
- L’élection par le peuple des représentants des collectivités territoriales. (nous somme
invités à voter pour les élections municipales, les représentants de la région…)
- C’est au passage en 1982 une idée par Mitterrand d’avancer vers une République
décentralisée, une forme d’aspiration à l’expression de droits particuliers pour obtenir plus
de libertés locales avec un autre objectif comme l’extension de la démocratie à un niveau
local.

La vraie question se pose : Est-ce que l’on a réussi à obtenir cette extension de la démocratie à
l’échelle locale ?
- Les politologues relèvent que dans certaines régions, le pouvoir se transmet de père en
fils. Ils ne sont pas sûrs qu’ils aient pleinement réalisés une démocratie locale.
3. Les régimes présidentiels et parlementaires :

2 façons d’envisager les relations entre les pouvoirs législatifs et exécutif :


- Une séparation rigide / stricte des pouvoirs (régime présidentiel)
- Une séparation souple des pouvoirs (régime parlementaire).

a) le régime présidentiel
àLa séparation rigide des pouvoirs caractérise le régime présidentiel
Selon Charles Debbasch, Jacques Bourdon, Jean Marie Pontier et Jean Claude Ricci : Régime
de séparation rigide des pouvoirs, l’exécutif et le législatif sont juridiquement indépendants et
égaux l’un de l’autre.
Cela signifie deux choses :
- L’exécutif tient son titre de la nation (ne signifiant point pour autant qu’il soit élu) et non de
l’assemblée et ne dépend pas de cette dernière quant à l’exercice de ses pouvoirs ; il ne
dépend pas du Parlement, il ne peut pas être remis en cause.
- Le législatif, n’est pas soumis à l’exécutif et exerce ses prérogatives de manière
indépendante.
Dans la réalité, il y a deux façons de concevoir un régime présidentiel :
- Reposant sur un isolement total des deux pouvoirs ;
- Reposant sur l’indépendance des pouvoirs.

• Le régime présidentiel reposant sur l’isolement des pouvoirs.


à Le système de l’isolement : Principe de la séparation des pouvoirs. Il consiste à cantonner
chacun des pouvoirs dans l’exercice de leur fonction, sans lui donner aucun moyen d’action
sur les autres pouvoirs.

• Statut des pouvoirs :


àSelon Charles Debbasch, Jacques Bourdon, Jean Marie Pontier et Jean Claude Ricci : Le
régime présidentiel reposant sur le principe de l’isolement suppose l’incompatibilité entre les
fonctions de ministre et les fonctions de membre de l’une des chambres (1791, 1795, 1958).
Le chef de l’État tire son titre de la Nation.
àDe plus, le chef de l’Etat n’est pas désigné par le parlement, il est soit héréditaire, soit élu par
un large collège de grands électeurs ou encore directement par le peuple.
Exemple : Vème République en 1958, un président élu par un collège de grands électeurs et
depuis 1962, élu directement par le peuple, première élection présidentielle au suffrage
universel sous la Vème République en 1965 : Glissement vers un régime présidentiel = Charles
de Gaulle ne voulait plus d’un chef de l’État qui soit dépendant des parlementaires.
àEnfin, les ministres et le chef du pouvoir exécutif n’ont pas la possibilité de s’adresser au
parlement (Constitution de l’an III, celle instituant le Directoire, les membres du directoire ne
pouvaient entrer au conseil des Anciens ou au conseil des Cinq Cents, les deux chambres
constituant le Parlement).
- Séparation des pouvoirs : France il n’y a pas de séparation physique entre les députés et
sénateurs qui se retrouvent à l’Assemblée Nationale pour débattre (idée plutôt
parlementaire)
- Article de 18 de la Constitution : Le chef de l’État ne peut pas venir en présence devant
les sénateurs, les députés = idée de régime présidentiel.
- Paradoxe : N. Sarkozy a démocratisé les institutions ⇒ Modification de l’article 18 pour
faire en sorte que le chef de l’État puisse rentrer dans les enceintes parlementaires pour
faire des discours. Cela remet en cause la séparation stricte des pouvoirs, cela rend le
régime parlementaire et non présidentiel.
• L’absence d’initiative législative à l’exécutif
Chaque organe est amené à exercer seule sa fonction, le législatif propose les lois et légifère,
l’exécutif ne fait qu’appliquer les lois et ne dispose d’aucune initiative en matière législative : dans
la constitution de 1791 au caractère présidentiel, l’exécutif ne possédait même pas le pouvoir de
réglementer.
Une telle vision de l’organisation des pouvoirs pose des problèmes lorsqu’il convient d’attirer
l’attention du législateur sur des problèmes urgents.

• Aucun moyen d’action entre les pouvoirs


Dans ce système, l’exécutif ne peut empêcher l’application des lois, il ne dispose pas de droit de
veto.
- Exemple : Le directoire (Constitution de l’An III) était obligé de promulguer les lois votées
par le corps législatif dans les deux jours qui suivaient leur réception.
En revanche, dans la constitution de 1791, le roi disposait d’un droit de veto, veto
suspensif, pouvant être levé, si trois législatures se prononçaient dans le même sens.
L’exécutif ne peut pas être mis en responsabilité devant l’assemblée, mais il existe là un véritable
danger en cas de multiplication des conflits entre exécutif et législatif. C’est ainsi, que le régime
politique des Etats-Unis apparaît plus pertinent, reposant plus sur l’indépendance des pouvoirs
que sur leur isolement.
- Exemple : En 1848, la monarchie constitutionnelle est renversée, la 2nd république est
mise en place. Le chef de l’État doit être désigné au suffrage universel, il en résulte le fait
que c’est Napoléon III est élu. Cela s’est terminé en coup d’état militaire = s’il n’y a aucun
moyen d’actions entre les pouvoirs cela peut être dangereux.

• Le régime présidentiel reposant sur l’indépendance des pouvoirs.


Ce régime est la conséquence de la séparation des pouvoirs, la constitution américaine de 1787
est fondée sur ce principe, chaque pouvoir se voit attribuer un domaine qui lui est réservé et sur
lequel l’autre pouvoir ne peut empiéter.
Ce faisant, les constituants entendaient établir l’indépendance et l’égalité d’influence de chaque
pouvoir, l’isolement des pouvoirs existe toujours par l’incompatibilité des fonctions d’agents
publics et des fonctions de parlementaire, les collaborateurs du chef de l’Etat ne sont pas
responsables devant les assemblées et n’y disposent pas d’un droit d’entrée et de parole,
l’exécutif ne dispose pas du pouvoir d’initiative des lois.
Pour autant l’isolement n’est pas total, en outre il existe des procédures permettant la mise en
relation des pouvoirs exécutif et législatif (droit de veto du Président). (Voir le document du
dossier documentaire sur l’impeachment aux Etats-Unis)

• Les déviations du système : le présidentialisme


Le présidentialisme se présente clairement comme une forme dérivée du régime présidentiel.
Etendu à l’Amérique Latine, il a servi de cadre au populisme. On ne peut utiliser ce terme pour
évoquer le cas de la Vème République, dans la mesure où le présidentialisme est une forme de
régime où la séparation des pouvoirs n’est jamais véritablement effective.
Le chef de l’Etat est généralement élu au suffrage populaire, direct ou indirect, et irresponsable
devant les chambres. Il dispose dans la plupart des cas de l’initiative des lois, concurremment
avec les chambres.
Un deuxième trait caractérise ce type de régime, le fait que le gouvernement est choisi par le
président et ne possède pas de chef.
- La Vème République c’est un régime parlementaire au Parlement rationnalisé = régime
semi présidentiel
b) Le régime parlementaire (ou gouvernement parlementaire) :
à Comme le régime présidentiel, une modalité du gouvernement représentatif. Il est fondé sur la
séparation des pouvoirs, mais cette séparation n’est pas une séparation rigide mais une
séparation souple, basée sur la collaboration des pouvoirs.
- Ce régime favorise la multiplication entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif.

à Les formes du régime parlementaire


- Séparation souple des pouvoirs
- Est le fruit d’une évolution historique (notamment en Grande-Bretagne où il s’agissait de
faire en sorte que le roi reste le chef de l’état mais qu’ensuite il y existe un gouvernement
pour diriger) : Comment conserver le roi ?

• Les principaux éléments du régime parlementaire


Traditionnellement, on distingue quatre éléments caractéristiques du gouvernement
parlementaire :
- Le dualisme de l’exécutif ;
- L’irresponsabilité du chef de l’État ;
- La responsabilité politique des ministres devant l’organe législatif ;
- Le droit pour l’exécutif de dissoudre tout ou partie de l’organe législatif.

• Le dualisme de l’exécutif
En régime parlementaire, les ministres composent le gouvernement au sens le plus restreint du
terme par rapport au chef de l’Etat. Ils forment un organe collectif appelé conseil des ministres
quand il est présidé par le chef de l’Etat, Conseil de cabinet quand il est présidé par le chef du
gouvernement. Cet organe dispose en principe d’attributions propres, il discute et arrête la
politique à suivre. Son rôle est ainsi très large, mais l’importance respective du chef de l’Etat et
du chef de gouvernement varie suivant les régimes.

• L’irresponsabilité du chef de l’État


Le chef de l’Etat peut être un monarque héréditaire ou une personne désignée par voie
d’élection. Une fois désigné, il ne peut être révoqué par les assemblées, il est irresponsable
politiquement (sauf en cas de haute trahison).
Il ne peut pas être renversé par le Parlement sauf en cas de trahison. C’est le cas dans les
institutions de la Vème République

L’irresponsabilité politique du chef de l’Etat s’exprime juridiquement par la règle du contreseing


ministériel. La plupart des actes du chef de l’Etat doivent, pour produire des effets juridiques,
porter à côté de sa signature celle d’un ministre au moins.

A l’origine, le but du contreseing était d’identifier la signature du chef de l’Etat, le ministre qui
contresignait pouvait être assimilé à un notaire qui authentifie un acte.
Le contreseing est devenu le moyen pour les ministres d’endosser la responsabilité des
actes pris juridiquement par le chef de l’État ; il signifie au minimum que le chef de l’Etat partage
le pouvoir exécutif avec le gouvernement, et, plus souvent encore, l’effacement plus ou moins
grand du chef de l’Etat.
Dans le cas de la constitution de 1958 qui reconnaît des pouvoirs conséquents au chef de l’Etat,
tous ses actes ne sont pas soumis au contreseing.
- Article 12 : Droit de dissolution, article 16, article 18, toute une série de disposition qui
n’insiste pas sur une contresignature
• La responsabilité des ministres
Les ministres sont responsables civilement des dommages qu’ils peuvent causer à autrui mais
aussi des crimes et des délits qu’ils peuvent commettre. Mais cette disposition n’est pas propre
au régime parlementaire.
Mais la responsabilité essentielle des ministres qui est propre au régime parlementaire est la
responsabilité politique devant la (bicamérisme inégalitaire, responsabilité seulement devant la
chambre basse) ou les chambres (bicamérisme égalitaire).
- Si l’on pense que les chambres ont capacité de renverser le gouvernement
(bicamérisme égalitaire)
- Si l’on pense qu’une chambre peut renverser le gouvernement (bicamérisme
inégalitaire)
Elle peut être individuelle ou collective. La mise en jeu de la responsabilité politique peut être à
l’initiative du parlement (IIIème République : Interpellation ; G.B, IVème et Vème République :
motion de censure ; Italie : motion de défiance) ou du gouvernement lui-même (question de
confiance posé à partir d’un texte de loi ou sur une politique générale).

Séparation souple des pouvoirs :


- mise en cause du gouvernement / on peut le renverser
- Droit de dissolution

• Le droit de dissolution
Le droit de dissolution est le droit reconnu à l’exécutif, soit le chef de l’Etat, soit le chef du
gouvernement, de mettre fin prématurément au mandat d’une assemblée (la chambre basse) en
provoquant ainsi de nouvelles élections.
- L’existence du droit de dissolution et l’existence de la responsabilité politique du
gouvernement impliquent la collaboration des pouvoirs.
§ Sous la IIIème République le droit de dissolution a été donné au chef de l’état,
§ Sous la IVème République c’était le chef du gouvernement et
§ Sous la Vème République on l’a réattribué » au chef de l’état :
§ Par le biais de l’article 12 de la constitution de la Vème République, il a ce droit une
fois par an.

• Les formes du régime parlementaire


Le régime parlementaire peut prendre habituellement deux formes : le régime parlementaire
dualiste et le régime parlementaire moniste.

• Le régime parlementaire dualiste


Le régime parlementaire dualiste est encore parfois appelé régime orléaniste du nom de la dynastie
des Orléans (1830-1848) = Monarchie constitutionnelle
C’est une “forme de gouvernement à base de régime représentatif et de séparation des pouvoirs
souple, dans laquelle une collaboration est établie entre le pouvoir exécutif et le Parlement
composé de deux chambres, et dans laquelle un contact continuel est maintenu entre ces deux
pouvoirs par l’intermédiaire d’un organe exécutif qui est le cabinet des ministres, lequel partage
avec le chef de l’Etat la direction du gouvernement, mais ne peut gouverner qu’en s’assurant la
confiance continue du parlement parce qu’il est politiquement responsable devant celui-ci”
(- M. Hauriou).

Avec l’accession au pouvoir de Louis-Philippe, une question se pose, quel doit être le rôle du chef
de l’Etat, deux positions se dessinent :
• Thiers : Le roi règne mais ne gouverne pas ;
• Guizot : Le trône n’est pas un fauteuil vide, le chef de l’état a vraisemblablement joué un
rôle
La caractéristique du régime parlementaire dualiste est l’intervention active du chef de l’Etat avec
droit de dissolution (6 dissolutions en 18 ans sous Louis Philippe durant la monarchie de Juillet) et
une double responsabilité des ministres devant la chambre et devant le chef de l’Etat.
- En France (1986- 1988 / 1993-1995 / 1997-2002), juridiquement, cette responsabilité des
ministres devant le chef de l’Etat n’existe pas, elle est faussée. Oui la Vème République
présente des caractéristiques d’un régime parlementaire dualiste mais celle-ci n’en fait pas
partie.
- Période de cohabitation était amené à enregistrer que la majorité à l’Assemblée nationale
n’était pas son bord politique
- 1986 : les socialistes perdent les élections législatives : Mitterrand nomme Chirac comme
Premier ministre, Chirac n’est pas responsable politiquement devant Mitterrand
- 1993 à nouveau la gauche perd les élections ; Mitterrand est amené à réaliser encore une
cohabitation
- 1997 : Dissolution de l’Assemblée nationale par Chirac, il nomme un premier ministre dont
les orientations sont conformes à l’Assemblée nationale : Jospin
Pour certains auteurs, la Vème République relève de ce type de régime : Droit de nomination et,
en pratique de révocation du Premier ministre ; droit de dissolution sans contreseing, intervention
active du chef de l’Etat dans la vie politique.

• Le régime parlementaire moniste


Le régime parlementaire moniste apparaît comme la forme la plus achevée de régime
parlementaire, dans la pratique, on a assisté à un glissement du dualisme vers le monisme de la
plupart des régimes parlementaires (G.B à partir du XVIIIème siècle).

L’expression régime parlementaire moniste ne signifie pas que l’exécutif serait monocéphale
mais que, en pratique, une seule volonté politique, la volonté gouvernementale se manifeste, ce
fut le cas sous la IVème et IIIème République, et c’est bien entendu le cas en G.B.
C) Les principes d’une démocratie libérale

Selon Jean Pierre Oppenheim et Emmanuel Le Masson : Le fait que le peuple légitime le pouvoir
en votant ne suffit pas à rendre un régime politique démocratique.
Cinq conditions au moins, sont requises pour qu’un régime satisfasse aux critères d’une
démocratie :
- Les titulaires du pouvoir doivent être désignés par le peuple ;
- Cette désignation se fait par la voie d’élections à périodicité fixe et à pluralité de
candidatures ;
- Personne, ne doit pouvoir s’approprier le pouvoir qui doit être partagé ;
- Le contrôle des gouvernants est organisé et garanti, ce qui suppose des droits à
l’opposition et la possibilité de l’alternance au pouvoir ;
- L’ensemble requiert l’existence, le respect de droits fondamentaux et de libertés
publiques.
à Selon Jean-Louis Quermonne : La démocratie est à la fois un principe de légitimité et un
régime politique.

En tant que principe de légitimité, la démocratie occidentale n’est pas une idée neuve.
- Elle est contemporaine des civilisations qui l’ont inventée : la Cité grecque et la Rome
républicaine.
- Elle n’est plus contestée aujourd’hui car : Elle a été supplantée pendant des siècles, par
des empires, des seigneuries et des monarchies absolues, Elle a failli être détruite au
cours de la seconde guerre mondiale par des régimes totalitaires.
Exemple : Analyse de F. Fukuyama sur « La fin des idéologies » : Qui faisait référence à la
démocratie qui convient à tous
Ou d’A. Sen sur un autre registre reliant développement et démocratie : il évoque le fait
qu’il y a nécessaire association entre développement économique et démocratie
Mais en tant que régime politique, parmi les quelques deux cents Etats qui se partagent le
monde, à peine un dixième la pratiquent.

En termes de démocratie, il y a très peu de pays qui applique cette idéologie parfaitement :
- En 2015, sur 167 états qui étaient étudiés, on en a relevé 20 qui étaient dans les bons
critères, 59 qui étaient considérés comme « démocratie imparfaite » et notamment la
France
- L’état qui arrive en dernier, c’est la Corée du Nord qui n’applique pas ce concept.

Il faut entendre par régime politique, “la forme que prend dans un groupe social donné la
distinction des gouvernants et des gouvernés”.
Un régime politique, c’est aussi une “certaine combinaison d’un système de partis, d’un mode de
scrutin, d’un ou plusieurs types de décisions, d’une ou plusieurs structures de groupes de
pression” (M. Duverger).
- En outre, on ne pouvait pas comprendre le fonctionnement de la Vème République si on
ne prenait en compte que les institutions de celles-ci.
Ainsi comme l’écrit G. Burdeau, on ne peut “(...) prétendre réduire à des problèmes de
techniques constitutionnelles les difficultés profondes que rencontrent l’établissement et le
fonctionnement loyal d’un régime démocratique”, les données sociales et économiques sont
au moins aussi importantes du point de vue du bon fonctionnement de la démocratie.
Un régime politique pour J.L Quermonne : "l’ensemble des éléments d’ordre idéologique,
institutionnel et sociologique, qui concourent à former le gouvernement d’un pays donné pendant
une période déterminée”.
Selon lui, il y a quatre composantes essentielles pour qu’un régime politique soit démocratique :
- Le principe de légitimité : une légitimité rationnelle démocratique ;
- La structure des institutions : Une démocratie pluraliste ;
- Le système des partis : Le multipartisme ;
- La forme et le rôle de l’État : Un État impartial.

1. le principe de légitimité : une légitimité rationnelle démocratique


Avant d’analyser le principe de légitimité, il nous faut avoir à l’esprit, ce que la notion de légitimité
signifie : est légitime, qui tient sa validité et son autorité de la loi, le terme de loi pouvant désigner
la loi positive ou la loi naturelle, ainsi, la légitimité peut s’opposer parfois à la légalité (droit naturel
contre droit positif).
D.Colas : « la légalité est la conformité à la loi (au règlement peu importe) telle qu’elle est établie
par les organes habilités, alors que la légitimité est l’adéquation entre un ordre et/ou une
institution et une exigence considérée comme supérieure. La légitimité peut donc être invoquée
contre la légalité ».

Pour proposer une définition plus précise de la légitimité et une analyse de celle-ci : Max Weber.
Cet auteur propose trois types idéaux de légitimités, nous dirions aujourd’hui, trois modèles de
légitimité :
- la légitimité traditionnelle ;
- la légitimité charismatique ;
- la légitimité légale-rationnelle.

a) La légitimité traditionnelle
à Repose sur un ensemble de coutumes sanctionnées par leur validité immémoriale et par
l’habitude enracinée en l’homme de les respecter. Elle peut s’analyser comme la conformité à
la tradition. Ce type de légitimité est la marque de l’Ancien Régime en France et des
monarchies d’une façon générale.
- Il faut comprendre que la légitimité de Louis XIV repose sur le respect des traditions mais il
existe des institutions sous la monarchie, sous l’Ancien régime.
- Il existe donc une forme de légitimité légale rationnelle.

b) La légitimité charismatique
Comme l’écrit Max Weber, dans son ouvrage, “Le Savant et le Politique”, « elle est celle qui se
caractérise par le dévouement, tout personnel, des sujets à la cause d’un homme et par leur
confiance en sa seule personne, en tant qu’elle se singularise par des qualités prodigieuses, par
l’héroïsme ou d’autres particularités exemplaires qui font le chef”.
- On l’associe toujours à Adolf Hitler, à Mussolini qui avait cette capacité d’agir sur les
foules par leur discours.

c) La légitimité démocratique et rationnelle


à Résulte de la conformité du pouvoir politique, non plus à la tradition ou aux actes d’un
personnage hors du commun, mais au principe rationnel qui préside au régime en vigueur. La
légitimité s’exprime désormais à travers la conformité des origines et des actes des pouvoirs
publics aux exigences de la démocratie.

On peut constater qu’en France, le principe aristo-monarchique de légitimité n’est plus, c’est le
principe de légitimité démocratique qui l’a emporté.
Dans un régime démocratique, si le pouvoir continue de venir d’en haut comme dans les
monarchies, la légitimité, elle, vient du bas, il faut un consentement à l’obéissance. En outre, le
pouvoir doit se limiter par rapport au nécessaire respect des droits des individus et par le
non atteint à la forme républicaine de gouvernement.
- Le pouvoir doit se limiter par rapport aux droits des individus mais aussi il ne doit pas
porter atteinte à la forme républicaine du gouvernement.
- Cela fait référence à la loi du 14 aout 1884 : Loi constitutionnelle qui précise qu’aucune loi
ne doit porter atteinte à la forme républicaine du gouvernement.
- Historiquement en 1884, les républicains l’ont emporté contre les monarchistes.

En revanche, un pouvoir démocratique doit être capable de pouvoir se défendre face aux
ennemis de la liberté.

2. La structure des institutions : Une démocratie pluraliste


J.L. Quermonne : La question de la structure des institutions s’interroge sur la gouvernabilité de
la démocratie. Il évoque le fait que pour J.J Rousseau, cela apparaît peu envisageable :
Mais J.L. Quermonne relève que pourtant la démocratie est définie comme le “Gouvernement du
peuple par le peuple et pour le peuple”, dans la proclamation de Gettysburg du Président
Lincoln, dont A. de Tocqueville a observé auparavant sur place qu’elle exprime “le
développement graduel de l’égalité des conditions, fait providentiel universel et durable”.
Et que dans cette devise, ce qui pose problème, c’est l’expression “gouvernement par le peuple”
qui renvoie à notamment la question du territoire de la démocratie. Nombre d’auteurs que le
gouvernement direct par le peuple n’est réalisable que sur un petit territoire avec une petite
population.
C’est pourquoi, au bout du compte, selon J.L. Quermonne, c’est Hans Kelsen qui l’emporte
aujourd’hui pratiquement dans la définition de la démocratie, “la démocratie est une tendance à
l’identification des gouvernants et des gouvernés ».

Le gouvernement du peuple par le peuple doit tendre au gouvernement de la majorité, ce qui


n’implique cependant pas la dictature de la majorité. Ici, nous ne sommes pas loin des idées de
Syeyès, la “pluralité est par elle-même l’expression légitime de la volonté générale”.
Mais pour éviter que la minorité ait juridiquement tort, parce qu’elle n’est pas politiquement
majoritaire, il faut un respect de la minorité par la majorité.
- Il faut bien distinguer dans une démocratie majorité et minorité.
- Marcel Gauchet : « Dans une démocratie, il s’agit de se mettre d’accord sur les principes
qui organiseront nos désaccords »

3°) Le système des partis : Le multipartisme


Pour J.L. Quermonne : Le respect de la minorité par la majorité implique que dans une
démocratie, on reconnaisse à l’opposition des droits et le premier de ces droits, c’est celui de
s’organiser en partis politiques, et le second de ces droits, celui de manifester son opposition, à
partir du moment où elle s’exprime dans le cadre des règles démocratiques.

Ainsi, l’Etat doit garantir le pluralisme.


Difficulté : Lutte entre l’opposition et la majorité peut tourner à la haine, d’adversaires devenir des
ennemis. La démocratie est ainsi soumise à la même loi que la monarchie, “ou bien elle est une
unité, ou bien elle n’est pas” (Ferrero).
Cela implique pour J.L. Quermonne des conditions à respecter par l’opposition et la majorité
pour que le système démocratique soit efficace et ne tourne pas à la guerre civile :
- Une majorité réelle ;
- Un fair-play réel entre adversaires (pas d’atteinte aux libertés d’expression, ...) ;
- Une volonté de la majorité de se soumettre loyalement à la souveraineté populaire ;
- Une minorité respectueuse des valeurs démocratiques ».
-
C’est en respectant ces principes, que la majorité et l’opposition unifient leur dualisme, en
devenant les deux organes solidaires de l’unique volonté générale.

Enfin reste, le principal élément qui permet à tout régime démocratique de sauvegarder l’unité :
“Le fruit le plus précieux de l’unification est l’attachement des masses aux institutions de la
démocratie : attachement nécessaire pour que la légitimité démocratique atteigne sa plénitude, et
dont le lien le plus fort est le respect” (G. Ferrero).

4°) La forme et le rôle de l’État : Un État impartial


• Question du rapport de l’État aux différentes classes sociales :
- Il ne faut pas que l’état soit l’état de la classe capitaliste, de la classe dominante.

L’équilibre entre les droits de la majorité, et de l’opposition, s’impose à toutes les tendances de
l’opinion.
Exemple : Le courant conservateur ou libéral, doit reconnaître la légitimité du pouvoir majoritaire,
même quand il est occupé par ses adversaires.
Remarque : Le courant socialiste, à la suite de J. Jaurès, a reconnu que “l’Etat n’exprime pas
une classe mais le rapport de classes, qu’il a donc bien pour fonction de maintenir, de protéger
les garanties d’existence, d’ordre de civilisation communes aux deux classes”.

En dehors de cet équilibre, il y a un risque d’affrontement, de “guerre civile froide”.


La démocratie, sur la base de ce pluralisme, peut être ainsi définie, comme “le gouvernement
du peuple exercé par la majorité librement exprimé de celui-ci, dans le respect du droit
pour la minorité de manifester son opposition".

Conclusion : Les Cinq traits de la démocratie pluraliste selon J.L. Quermonne


1. choix des gouvernants :
Il procède d’élections libres qui impliquent :
- Liberté de candidature (libre formation et libre fonctionnement des partis politiques) ;
- Liberté de suffrage (suffrage universel et égal des hommes et des femmes, et selon le
principe “one man, one vote”) ;
- Liberté du scrutin (secret (isoloir), égalité des conditions d’information et de propagande
au cours de la campagne électorale).
Il a fallu attendre 1913 en France pour disposer d’un isoloir.

2. exercice du gouvernement
- Il appartient à la majorité, se dégageant à l’occasion d’un scrutin direct ou indirect
On peut avoir des représentants qui s’éloignent de la réalité sociale.
On va élire des représentants qui vont voter pour d’autres personnes.

3. respect de la minorité
- Droit pour l’opposition à la libre critique
- Droit à l’alternance au pouvoir, situation complexe

4. Le constitutionnalisme
Les pouvoirs publics comme les citoyens, doivent respecter la constitution, ce qui entraine pour
les partis l’obligation de faire preuve d’un consensus minimum et pour les pouvoirs publics, de se
soumettre au contrôle de constitutionnalité et de la légalité de leurs actes par un organe
juridictionnel indépendant.
5. Droits fondamentaux des citoyens et le cas échéant des communautés intermédiaires
- Application de l’État de droit.
Il se soumet aux droits et doit respecter la hiérarchie des normes juridiques et il doit garantir les
droits et les libertés fondamentales des citoyens

III) LA DEMOCRATIE REPRESENTATIVE A l’EPREUVE DES MODES DE SCRUTIN

à Qu’il s’agisse de la délégation de son exercice ou de son exercice direct, la souveraineté


s’exprime par la reconnaissance à certains membres de la nation, qualifiés de citoyens
(souveraineté nationale), ou à l’ensemble du peuple (souveraineté populaire), du pouvoir de
participer d’une manière plus ou moins prononcée, suivant le type de régime, à la vie politique.
Ce pouvoir est appelé : Le droit de suffrage.
On va s’intéressé en plus aux fonctions de l’élection puis comment, le droit de suffrage peut se
manifester.

A) Conception de l’élection : Fonctions de l’élection et Droit de suffrage.

1. Les fonctions de l’élection.


La question qui est posée ici est de savoir à quoi sert une élection ?
Quatre fonctions lui sont généralement assignées :
- Une fonction de désignation des gouvernants ;
- Une fonction d’information sur les tendances politiques de l’opinion publique ;
- Une fonction de légitimation des pouvoirs publics ;
- Une fonction de pacification des rapports sociaux et politiques

a) Une fonction de désignation des gouvernants


Une élection : A pour objet de faire désigner les gouvernants par les gouvernés dans le cadre
des démocraties occidentales.
La loi constitutionnelle française du 3 juin 1958 l’explicite en proclamant : “Seul le suffrage
universel est la source du pouvoir ; c’est du suffrage universel ou des instances élues par lui que
dérivent le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif”.
Étymologie : (eligere=choisir) : Offre aux électeurs à intervalles réguliers, l’occasion de choisir
leurs gouvernants.
Rappel : Le choix existe dans les démocraties occidentales contemporaines, y compris aux
Etats-Unis. N'oublions pas les candidatures de R. Nader. Ce n'est donc pas l'absence de choix
qui explique l'abstention généralement.

De ce point de vue, les politologues soulignent l'existence de trois types d'abstentions :


- L'abstention des individus : Aucun vote, qu’aucune organisation n’est conforme à leurs
opinions ;
- L'abstention sanction : Exemple de la Belgique
- L'abstention qui résulte d'une incompréhension/méconnaissance des enjeux du
champ politique : Elle est celle qui caractérise les classes populaires (aujourd’hui, le
« premier parti » des ouvriers et des employés est celui de l’abstentionnisme et non le
Front national au passage, les ouvriers et les employés en France continuant à voter
majoritairement à gauche (Cf. les analyses d’A. Collowald) et les jeunes (18-25 ans) étant
en période de « moratoire électoral ».

b) Une fonction d’information sur les tendances politiques de l’opinion publique


La deuxième fonction d’une élection dans une démocratie occidentale est de dresser
officiellement l’état des tendances politiques.
Le résultat d’un scrutin permet de mesurer l’importance respective des différents partis et
familles politiques.
Il reste que les comparaisons sur longue période peuvent donner lieu à des difficultés
d'interprétations :
- Peut-on considérer que les femmes depuis 1945 votent de plus en plus à gauche ? (l’offre
électorale changeant, les analyses deviennent sur longue période difficiles : Ainsi les
orientations du parti socialiste aujourd’hui acceptant le principe d’une économie sociale de
marché régulée n’ont rien à voir avec celles qui consistaient à s’interroger sur le nombre
de jours dont le pouvoir disposait pour assurer une rupture avec le capitalisme - cf.
réflexion de J.P. Chevènement en 1981 -)
Suite à l’élection de Mitterrand en 1981, ministre de l’Industrie).
Il prononce : « Il nous reste 100 jours pour faire tomber le capitalisme »
- Si on regarde les élections depuis 1981 jusqu’à aujourd’hui, la gauche est minoritaire
comparée à la droite ;
- Droitisation de la société ;
- Les femmes ont tendance à voter plus à gauche depuis 1945.

c) Une fonction de légitimation des pouvoirs publics

• Une fonction essentielle : La légitimité démocratique du pouvoir


L’élection permet dans une démocratie occidentale de conférer ou de retirer aux pouvoirs publics
leur légitimité, cet aspect est apparu le plus fortement à l’occasion du référendum du 28 avril
1969, lorsque le général De Gaulle désavoué, quitta le pouvoir.

Il reste que l’usage du référendum par le général De Gaulle présentait pour le moins un caractère
par trop plébiscitaire : Le peuple n’était pas invité à se prononcer sur la question qui lui était
posée, mais plus fondamentalement à prolonger ou à interrompre le mandat du Chef de l’Etat,
celui-ci engageant systématiquement sa responsabilité dans le résultat du scrutin.

Depuis, la classe politique française considère : Certaines élections peuvent être l’occasion d’une
mise en jeu de la responsabilité politique du Président de la République devant les électeurs.
Ceci expliquer, le peu d’usage de l’appel direct au peuple depuis le général De Gaulle et ce
malgré l’extension du domaine de potentialité d’usage du référendum, en particulier en ce qui
concerne l’article 11 de la Constitution (cf.infra).

Inversement, on utilise la notion d’état de grâce : Qualifie la période succédant une élection
gagnée. A la suite d’une élection présidentielle, l’opinion publique mesurée par les instituts de
sondage, confère un surcroît de confiance au nouvel élu.

• Spécificité française : Le suffrage universel comme mode de légitimation de la


république
En France, le suffrage universel s’est identifié à la république et a constitué un principe de
légitimation de celle-ci contre la monarchie.
Les partisans de la monarchie se sont arc-boutés au suffrage censitaire, tandis que les partisans
de la République ont su attirer le peuple français par leur défense du suffrage universel (encore
réservé aux hommes).
d) Une fonction de pacification des rapports sociaux et politiques
Le principe de l’élection et le principe du suffrage universel sont un moyen de maintenir la paix
civile.
- Document numéro 40 (ou 46) à relire
Le suffrage universel et l'exercice du droit de suffrage restent cependant le moyen de tout
renverser (la perspective d’une révolution citoyenne ne relève point nécessairement de l’utopie).
L'histoire montre que l'abstentionnisme, le désengagement sont les garants du maintien de
l'ordre social, lequel est marqué par des rapports de domination de plus en plus subtil
(modernisation de la domination dans le travail, modernisation de la domination masculine…).

2. Le droit de suffrage
La notion de droit de suffrage doit être analysée sous deux aspects différents : Celui de son
étendue et celui de ses modalités.

a) De la conception de 1791 à une large universalisation du droit de suffrage


On oppose souvent le suffrage restreint au suffrage universel et l’on peut constater que la plupart
des démocraties occidentales sont passées progressivement du premier au second, sans pour
autant que l’on puisse donner une définition précise de la notion de suffrage universel.
Au départ, la conception révolutionnaire de 1791 était dite de l’électorat fonction et non de
l’électorat droit. En fait, le vote était conçu comme une fonction qui était reconnue par la nation
à certaines personnes qualifiées de citoyens. Il en résultait que le nombre de citoyens pouvait
être extrêmement réduit. Cette conception consacre donc un suffrage restreint.

Anecdote à savoir :
- Art 16 de la constitution de la V République : S’il y a disfonctionnement des pouvoirs
publics il y a atteinte au pouvoir

• Selon Pierre Rosanvallon, la Constitution de 1791 accorde le droit de suffrage à près de


4,5 millions de personnes, alors que la France compte 26 millions d’habitants, dont 6
millions d’hommes de plus de 25 ans, cela signifie que les restrictions ne sont pas du
même ordre que celles qui seront instaurées 25 ans plus tard par la monarchie censitaire
(72 000 électeurs en 1814, 241 000 en 1845).
• Les exclus du suffrage ne sont que les exclus de la nation : Aristocrates, étrangers,
femmes, marginaux déterritorialisés, criminels mis au ban de la société.

L’accès à la citoyenneté se confond avec la nationalité, et c’est l’implication civique et sociale


des individus, et non leur patrimoine génétique ou historique, qui est déterminante.
A la base de cette conception, on retrouve un principe qui anime encore aujourd’hui le droit de
suffrage universel.
En effet, derrière le droit de suffrage universel, il y a la notion d’autonomie de la volonté,
permettant de définir les sujets juridiques efficaces. Seuls les individus libres et autonomes
peuvent participer à la vie politique, l’histoire de l’extension du droit de suffrage est une histoire
de l’extension de la notion d’individu rationnel, libre et autonome.
Personnes exclue du droit de suffrage :
• Les mineurs sont écartés du droit de suffrage : L’enfant est un individu inachevé, un non
adulte, car non autonome, il revient à la famille d’assurer la production des individus, la
centralité de l’éducation trouve là aussi son origine, elle a pour fonction la formation
d’individus autonomes.
• Les aliénés (les fous) : Ne disposant ni de leur raison, ni de leur volonté libre.
• Les moines (avant) : “Un ecclésiastique est un être isolé, un moine est toujours un corps”
(Condorcet). En prononçant des vœux solennels qui l’attachent irrémédiablement à son
état religieux et à sa communauté, il abdique en effet sa liberté, il renonce à ce qui
constitue l’essence de l’individu moderne.
• Les domestiques (avant) : Ils symbolisaient la dépendance vis à vis d’un tiers, le
domestique est une partie de la maison, de la famille élargie, il n’est ni un individu
autonome, ni un travailleur indépendant.
• Les femmes : Elles n’étaient pas des individus, enfermées qu’elles étaient dans l’activité
domestique, extérieures à la société civile. Elle est identifiée à la communauté familiale,
dépouillée de son individualité (droit de vote des femmes, ordonnance du général De
Gaulle, 21 avril 1944)
Les partis politiques n’étaient pas pressés de leur accorder le droit de vote jugeant la
femme pas assez indépendante.
L’exclusion du droit de suffrage des femmes, des domestiques, des moines, est une exclusion
relevant d’une lecture particulière du social, de ce point de vue, cela revient à considérer le droit
de suffrage en 1791 comme un droit restreint en raison de condition sociale, et non en raison de
condition naturelle. Ce type de restriction a connu d’autres prolongements.
Exemple : 1791, était rejeté du droit de suffrage les vagabonds et les mendiants, car derrière
l’exercice du droit de vote, il y a toujours un impératif d’implication sociale.

Les militaires de carrière sous la IIIème République étaient exclus du droit de suffrage.
L’armée est la grande muette : le syndicalisme dans l’armée par exemple est interdit.

• Perception du social et droit de suffrage sont liés : Le droit de suffrage universel est
attribué au citoyens égaux, libres, rationnels et autonomes.
• Question : Qui est autonome, rationnel, libre ? : Une réponse qui varie avec le temps,
avec les modifications du social ou plus précisément de la représentation de la réalité
sociale (passage de la majorité de 21 à 18 ans), mais depuis l’instauration du suffrage
universel en France, toujours dans le sens d’une extension du droit de suffrage.
• Dans le programme de Lionel Jospin en 2002, figurait une proposition d’abaisser l’âge de
la majorité à 17 ans, proposition non nécessairement « ubuesque », permettant justement
de prendre en compte le « moratoire électoral » des jeunes, leur donnant plus de temps
pour exercer leur droit de suffrage. Dans certains États des États-Unis, l’obtention du
permis de conduire est possible dès l’âge de 14 ans.

b) D'autres conceptions ont orienté l'accès au droit de suffrage


On peut distinguer quatre types de limitations qui ne relèvent pas de la conception de 1791.

• Le suffrage a pu être restreint en raison de la naissance


On parle de suffrage héréditaire, seuls disposent du droit de vote, et peuvent intervenir dans la
vie publique, ceux qui disposent d’un titre qui leur a été donné à la naissance (organisation par
ordre).

• Le suffrage a pu être restreint en raison de la fortune des individus.


On parle de suffrage censitaire. Le cens est l’impôt payé par les citoyens. Seuls, ceux d’entre-
deux qui dépassent un certain montant d’impôts disposent du droit de vote.
Le suffrage censitaire : Le résultat d’une extension du modèle du citoyen propriétaire qui
constitue la référence en matière de droit politique au cours de la fin du XVIIIème siècle.
- Au départ : On pense que seuls ceux qui paient un impôt peuvent discuter de son montant
et de son affectation. Sous l’influence des physiocrates, on pense que seuls devaient
payer un impôt les propriétaires fonciers :
à “Si les assemblées représentatives ont pour but de discuter l’impôt et de faire connaître
au souverain les ressources et les forces du pays, elles ne concernent que ceux qui
sont directement impliqués. Mais pourquoi, demandera t’on légitimement, le citoyen
propriétaire et pas le citoyen “contributaire” (celui qui paie un impôt) ? »
- Réponse se trouve dans la doctrine des physiocrates. La terre étant pour eux le seul
fondement des richesses, la base normale de l’impôt ne peut être que le territoire. Le
membre de la nation est pour eux celui qui participe par sa production à l’enrichissement
de la société”. (P. Rosanvallon)
- Progrès de la science des richesses, de la science économique : Un passage de la notion
de citoyen propriétaire à celle de citoyen participant à l’enrichissement de la nation et
donc à ce titre exerçant un droit de suffrage.
Ici, c’est au fond plus l’histoire du droit de suffrage en Angleterre plutôt qu’en France.

• Le suffrage peut être restreint en raison de la “capacité des individus”.


On parle de suffrage capacitaire, il peut être utilisé de deux manières différentes :
- Système censitaire : Le suffrage capacitaire peut être un moyen de donner le droit de vote
à des individus remarqués pour leurs aptitudes intellectuelles, qui, sans cela seraient
exclus du suffrage.
- En tant que suffrage capacitaire pur : États Unis, pendant longtemps, il a constitué un
moyen d’éloignement du vote des noirs : On exigeait de tout électeur de savoir lire la
Constitution, voire de la commenter, ou encore la possession d’un permis de conduire.
Les classes les plus aisées se sentent plus légitime d'aller voter

c) Les modalités du suffrage.


Les modalités du suffrage ou modes de suffrage sont les distinctions opérées, à partir de divers
points de vue, entre les formes de votation :
- Suffrage direct ou indirect ;
- Vote individuel et vote plural ;
- Vote secret et vote public ;
- Vote facultatif et vote obligatoire ;
- Vote personnel, vote par procuration et vote obligatoire.

• Suffrage direct ou indirect


- Suffrage direct : Système dans lequel les électeurs désignent directement les élus.
- Suffrage indirect : Système à plusieurs degrés, les électeurs ⇒ électeurs primaires, se
contentent de désigner d’autres électeurs ⇒ électeurs secondaires.
Électeurs secondaires désignent directement soit :
à Les élus
àDes électeurs tertiaires chargés de désigner les élus, suivant que le suffrage est à deux
ou trois degrés.
Le suffrage indirect : Effet de tempérer les mouvements d’opinion. Il est utilisé en France
pour l’élection des sénateurs dans la Constitution de la Ve République.
Dès la Révolution, la question est posée, comment éviter des élections “tumultuaires”, la mise en
place de deux degrés dans l’élection était perçue comme un moyen de canaliser et d’épurer la
volonté populaire. Robespierre et Saint-Just s’opposeront à ce mode de suffrage, considérant
qu’il empêche la Convention de s’identifier au peuple, le suffrage indirect serait un écran
perturbateur entre les citoyens et le pouvoir.
• Vote individuel et vote plural
- Le vote est individuel lorsque chaque citoyen dispose d’une voix.
- plural lorsque la loi reconnaît à un citoyen le droit de voter plusieurs fois lors d’un même
scrutin, soit en raison de sa richesse, soit pour des raisons sociologiques (familiales ou
autres).

• Vote secret et vote public


Secret du vote est une garantie de la liberté, il ne s’est imposé que récemment (loi de 1817 et
1820), réellement appliqué en 1871, l’isoloir est utilisé pour la première fois aux élections
législatives du 26 avril 1914, après adoption de la loi du 29 juillet 1913.
- Isoloir permettant la discrétion du vote

• Vote facultatif ou obligatoire


Le vote est facultatif : L’électeur a le choix entre voter et s’abstenir. Il est obligatoire lorsque
l’abstention entraîne des sanctions.
Politiquement, on invoque, en faveur du vote facultatif, le principe de libéralisme qui,
traditionnellement est avant tout un individualisme ; en faveur du vote obligatoire, on invoque le
taux d’abstention qui pourrait atténuer les portées des consultations électorales et affaiblir le
régime politique.
On trouve aussi ici une justification juridique, les tenants du vote obligatoire considère le vote
comme une fonction, permettant la régulation du social, la cohésion sociale, la détermination de
l’intérêt général, les tenants du vote facultatif considère le vote comme un droit attaché à la
personne, pouvant l’exercer ou non, sans considération d’un quelconque intérêt collectif, le droit
de l’individu s’impose.
Dans la réalité, plusieurs pays ont mis en place le vote obligatoire,
Exemple : Belgique, Australie, Nouvelle Zélande

• Vote personnel, vote par procuration et vote par correspondance


L’électeur exerce son droit de vote lorsqu’il va déposer son bulletin dans l’urne. Pour lutter contre
les abstentions, les gouvernants ont peu à peu admis le vote par procuration et le vote par
correspondance.
- Vote par procuration : Confiance entre le mandant et le mandataire qui ressemble à une
abdication. En France, il a été généralisé par la loi du 31 décembre 1975 qui supprime le
vote par correspondance en raison de trop grands risques de fraudes.
B) Les modes de scrutin.
Le choix du mode de scrutin est indépendant du choix du mode de suffrage, toutes les
combinaisons sont possibles. Les scrutins se classent en deux grandes catégories :
- Les scrutins majoritaires ;
- Les scrutins proportionnels ;
- Scrutins mixtes.

1. Le scrutin majoritaire.
Le mode de scrutin majoritaire : Le plus simple et le plus efficace pour le choix des gouvernants,
première fonction d’une élection.
Il comporte deux principales variétés :
- Le scrutin majoritaire à un tour ;
- Le scrutin majoritaire à deux tours.

a) Le scrutin majoritaire à un tour


Il est le plus simple des scrutins, le ou les candidats ayant obtenu le plus grand nombre de
suffrages exprimés est ou sont proclamés élus.
Ce mode de scrutin peut être :
- Uninominal ;
- De liste.

• Le mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour.


Le scrutin uninominal : S’applique lorsqu’un seul siège est mis en compétition dans chaque
circonscription.
- Ce mode de scrutin est appliqué en Grande Bretagne, les députés de la Chambre des
communes (Le parlement étant composé de deux chambres, la chambre des communes
donc et la chambre des Lords) sont élus à partir de 635 circonscriptions.

• A noter que l’on peut être élu sans avoir eu 50% des suffrages exprimés, mais aussi qu’un
infime mouvement d’opinion peut provoquer un bouleversement majeur (effet de swing).
Problème lié au mode de scrutin uninominal résulte de la question du découpage des
circonscriptions.
Les mouvements de population, l’urbanisation, la désertification rurale remettent en cause le
découpage des circonscriptions, du moins si l’on veut une représentation équitable de la
population et des tendances politiques de l’opinion publique.

Ce découpage pose problème en France : C’est le ministère de l’intérieur qui s’en occupe, ce qui
peut entrainer un découpage partisan. Grande Bretagne, c’est une commission indépendante qui
en est chargé.
Avantage de ce de scrutin : Le fait de mettre en place des circonscriptions relativement petites,
contrairement au scrutin de liste où les circonscriptions sont relativement plus grandes, la relation
élu-électeurs est plus personnel.

• Le scrutin majoritaire de liste


à Se pratique lorsque plusieurs sièges sont à pourvoir dans une seule et même circonscription.
On distingue trois types :
- Listes bloquées : L’électeur ne peut choisir qu’entre plusieurs listes, sans modifier ni leur
composition, ni l’ordre de présentation des candidats, l’électeur doit rejeter ou prendre en
entier le ticket ;
- Scrutin plurinominal (ou de liste ouverte) : Permet aux électeurs de constituer leur propre
liste à la carte en piochant dans les listes en compétition les candidats de leur choix et en
les plaçant dans l’ordre de leur préférence ;
- Scrutin majoritaire de liste : Assorti du système des apparentements, mode de scrutin
utilisé en France en 1951 et 1956. En vertu de ce système à tour unique, si une liste
bloquée obtient la majorité des suffrages exprimés, elle emporte la totalité des sièges. Si
elle n’obtient pas la majorité absolue, les listes qui ont déclaré s’apparenter avant le
scrutin, et dont l’addition des suffrages atteint la majorité absolue, se répartissent entre
elles la totalité des sièges à la représentation proportionnelle. Seules sont écartées de cet
avantage, les listes non apparentées. Lorsque aucune liste ou aucun groupement de listes
apparentées n’obtien la majorité absolue des suffrages exprimés, il est fait application de
la représentation proportionnelle à l’ensemble des listes en compétition.
Peut constituer une solution pour atteindre l’objectif de parité hommes /femmes au sein de
l’Assemblée nationale en France

b) Le scrutin majoritaire à deux tours


- Être élu au premier tour : Candidat ou une liste doit recueilli la majorité absolue des
suffrages exprimés (c’est-à-dire la moitié plus un) et, dans certaines hypothèses, le quart
des électeurs inscrits ;
- Si aucun candidat, ni aucune liste n’a obtenu au premier tour la majorité absolue des
suffrages exprimés, il y a “ballotage”. Et un second tour est rendu nécessaire, au terme
duquel est élu le candidat ou la liste qui a recueilli la majorité relative, c’est à dire le plus
grand nombre de voix.
Le scrutin majoritaire à deux tours, tel qu’il est pratiqué, est presque toujours uninominal.
Pendant longtemps, il a présidé à l’élection des députés sous la III° République ; et il a été rétabli
sous la Vème République où il a été appliqué sauf aux élections législatives de mars 1986.

Découpage des circonscriptions, la dernière en date a été mise en œuvre par l'ordonnance n°
2009-935, finalement ratifiée, après deux navettes, par le Parlement (Assemblée et Sénat) le
21 janvier 2010. Validée par le Conseil constitutionnel le 18 février suivant, elle entrera donc en
application lors des élections législatives de 2012.
Maintiens de candidature au second tour, la Vème République a instauré le système des
candidatures réglementées. Cette deuxième variante peut revêtir deux degrés d’intensité. Le
premier consiste dans l’interdiction des candidatures nouvelles (possibilité sous la III°
République), seules peuvent se présenter au second tour ceux qui se sont présentés au premier
tour, le deuxième consiste à poser une condition pour l’accession au second tour, cela est le cas,
depuis la loi du 19 juillet 1976, pour être présent au second tour, il faut avoir recueilli au moins
12,5% des inscrits, soit nécessairement plus en pourcentage des suffrages exprimés (possibilité
de triangulaire, voire de quadrangulaire).

2°) Le scrutin à la représentation proportionnelle.

a) Les modalités de ce mode de scrutin


Ici le système apparaît simple dans son principe, mais extrêmement complexe dans ses
applications.
La représentation proportionnelle a pour but d’obtenir une distribution des sièges qui reflète la
répartition des suffrages.
- Exemple : Circonsiption comportant 1 000 000 électeurs inscrits et que tous participent au
vote, et que par conséquent nous avons 1 000 000 suffrages exprimés, aucun bulletin
blanc ou nul n’ayant été déposé.
Supposons : Il y 5 sièges à pourvoir, et que deux listes soient en compétition :
- La liste A obtient 500 500 suffrages
- La liste B, 449 500.
• Dans le cas d’un scrutin majoritaire de liste à un tour, la liste A remporté tous les sièges à
449 500 électeurs se sont déplacés pour rien.
• La représentation proportionnelle vise à éviter cette déperdition des suffrages, en l’espèce,
la représentation proportionnelle, avec un quotient électoral de 200 000, confère à la liste
A : 3 sièges et à la liste B : 2 sièges.
En réalité il existe deux types de représentation proportionnelle,
- La représentation proportionnelle intégrale ;
- La représentation proportionnelle approchée pouvant donner lieu à deux sous types de
représentation proportionnelle :
- La représentation proportionnelle à la plus forte moyenne ;
- La représentation proportionnelle au plus fort reste.

• La représentation proportionnelle intégrale


à La circonscription électorale est unique et coïncide avec l’ensemble du pays (mode d’élection
des députés au parlement européen depuis 1979 jusqu’en 2003 en France. Depuis cette date,
huit circonscriptions électorales ont été créées.
- En 2004 et en 2009 les élections européennes se sont déroulées selon ce nouveau
découpage remettant en partie en cause la parité hommes/femmes, ce que le Conseil
constitutionnel n’a pas jugé bon de sanctionner, au regard pourtant du texte
constitutionnel qui stipule que la « loi doit favoriser la parité » décision qu’il a prise
également lors de la modification du mode de scrutin du Sénat - application de la
proportionnelle dans les départements désignant plus de 4 sénateurs et non plus trois - ,
cf infra ).
Problème de ce mode de scrutin : Il déterritorialise les représentants de la nation.
Avantage : Il permet une parfaite représentation politique de l’opinion, chaque bulletin compte.
Cependant, pour éviter une trop grande fragmentation, un seuil est généralement fixé (5% des
suffrages exprimés de 1979 à 2004), cela permet d’éviter les listes « loufoques », types partisans
du « vol yoguique » pour que la paix règne dans le monde.

• La représentation proportionnelle approchée.


à Utilisé en France sous la IV° République principalement, le territoire est ici découpé en
circonscription.
IVème République : La circonscription choisie fut le département. Les listes départementales
comportaient un nombre de sièges variable en fonction du poids démographique de la
circonscription. C’est désormais le cas pour la désignation des députés européens.
A partir de ces deux types de scrutin, un problème reste posé :
- Opérer correctement l’attribution des sièges en fonction des voix obtenues par chacune
des listes en présence. On y procède en calculant d’abord le quotient électoral, c’est à
dire en divisant le nombre des suffrages exprimés par le nombre de sièges à pourvoir.
b) Les systèmes mixtes
Dans certains pays, on a associé les deux modes de scrutin : Le scrutin majoritaire et le scrutin
proportionnel.
- Allemagne : “Il s’agit d’un système de représentation proportionnelle personnalisée,
chaque électeur doit placer deux croix sur son bulletin. Dans une colonne, il vote pour un
homme, dans une autre pour un parti. La République fédérale est en effet divisée en
circonscriptions. Dans chacune, il n’y a qu’un seul député qui est élu à la majorité relative,
comme en Grande Bretagne.
Mais les “sièges directs” ne représentent que la moitié des candidats parlementaires. Les
autres membres du Bundestag proviennent des listes établies dans chaque land par les
partis. Les attributions de mandat sur ces listes sont effectuées de telle façon que chaque
parti dispose, sièges directs et mandats de liste additionnés, du nombre de députés qui lui
reviendrait d’après une représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, des
“secondes voix” ” (A. Grosser).
- France : Des mode de scrutin mixtes sont en œuvre pour les régionales et pour les
communes de plus de 3500 habitants.

c) Les effets politiques des modes de scrutin


L’idéal théorique : La transparence des modes de scrutin les rende sans effet sur les systèmes de
parti et sur le fonctionnement des régimes politiques.
Or tout mode de scrutin génère des comportements politiques particuliers chez les candidats et
chez les électeurs.

• Effets sur les partis politiques


M. Duverger : “Les partis politiques” (1951)
- Scrutin majoritaire à un tour ---> le bipartisme (les électeurs votent utile, les candidats
cherchent à se regrouper dans les partis les plus forts
- Scrutin majoritaire à deux tours ---> la bipolarisation (comportement de l’électeur :
Choix au premier tour, élimination au second tour)
- Représentation proportionnelle ---> multipartisme

• Effets sur les régimes politiques


- Scrutin majoritaire ---> efficace pour dégager une majorité homogène, cohérente et
claire
- Scrutin proportionnelle ---> juste
---> risque de régime des partis (candidats doit se plier aux
consignes du parti)

• Document n°53 :
L’incidence politique des modes de scrutin, le cas des élections législatives de 1986
(scrutin proportionnelle à la plus forte moyenne) et de 1993 (scrutin majoritaire à deux
tours).
Le cas des élections législatives de 1986 (scrutin à la proportionnelle
à la plus forte moyenne) et de 1993 (scrutin majoritaire à deux tours)
• On constater que :
- Le nombre de voix obtenus par le parti socialiste est divisé par deux entre 1986 et 1993, et
que, parallèlement, le nombre de sièges est divisé par quatre.
- Le RPR et l’UDF disposent à eux seuls de 276 sièges. Avec les divers droites (14 sièges),
ils disposent d’une majorité de 290 sièges sur 573, le minimum requis étant dans l’absolu
de 287 sièges (573/2 +1 = 287).
- Le scrutin majoritaire à deux tours à tendance à dégager plus facilement une majorité. En
effet, le score du RPR et de l’UDF est sensiblement identique lors de ces deux scrutins :
11 482 003 de voix obtenue, soit 41% des suffrages exprimés en 1986, 10 074 796 de
voix obtenue, soit 39,6 % des suffrages exprimés en 1993. Or on constate qu’en 1986, le
RPR et l’UDF disposent d’à peine 48 % des sièges en 1986, pour près de 78 % des sièges
en 1993. D’un côté, le scrutin proportionnel a du mal à dégager une majorité claire, d’un
autre côté, le scrutin majoritaire favorise une sur-représentation des vainqueurs.
Le scrutin proportionnel pour les élections législatives n’a été utilisé qu’une seule fois sous la
Vème République, justement lors des élections législatives de mars 1986, par initiative du
gouvernement socialiste de l’époque. Le scrutin majoritaire à deux tours a été rétabli par le
gouvernement de Jacques Chirac en 1986.

à Effets positifs des accords électoraux passés pour le second tour et les conséquences, au
contraire négatives, de l’isolement d’une formation en vue du second tour.
- Les écologistes, restés isolés, n’ont pas d’élus alors que les verts qui se sont associés,
dans ce cas, dès le premier tour, aux socialistes et aux radicaux ont plusieurs élus.
- De même, le parti socialiste (et ses alliés) ayant passé un accord avec le parti communiste
pour le second tour obtient, avec 1 % de différence en pourcentage au premier tour par
rapport à l’union RPR-UDF, quarante élus de plus que celle-ci à l’Assemblée nationale.
Cet accord bénéficie aussi au parti communiste qui, avec seulement 9,9 % de voix au
premier tour a eu trente-cinq élus au total alors que le front national, isolé, ne bénéficiant
donc d’aucun désistement, n’obtient qu’un siège malgré 15,3 % de voix au premier tour.

• Que représentent les


majorités ?
- En 1993, le RPR, l’UDF
et les DD représentaient
11192828 des suffrages
exprimés, soit 44%, mais ils
eurent en réalité 28,7% des
inscrits, mais 485 sièges sur
577, soit 84% des sièges.
- En 1997, la majorité
plurielle recueillit 11 281 583
des suffrages exprimés, soit
4405 % des suffrages, mais
ils eurent en réalité 28,7%
des inscrits, mais 311 sièges
sur 577, 53,9 % des sièges.

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