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La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 263-264 – Comptabilité 163

Informations comptables et transparence


Les effets de l’adoption obligatoire
des normes IFRS sur la gestion du résultat
comptable :
une analyse de 100 entreprises françaises
par Yosr Hrichi

L
e décor actuel d’une économie globalisée, caractérisée par
une mobilité internationale des capitaux et stimulée par
une multiplication des innovations et une dérégulation des
marchés, a suscité un besoin croissant des normes comptables
internationales qui sont rendues d’application obligatoire pour
les comptes consolidés des sociétés cotées dès 2005.
La transition à ce référentiel marque une évolution de la culture
comptable désignée comme une « révolution » (Kerdrel, 2004) ou
« un changement de paradigme » (D. Ledouble, 2 005).
Pour ce, l’analyse de l’incidence de l’application des normes IFRS
sur les entreprises européennes était au centre de nombreuses
recherches depuis la décision d’adoption du Conseil Européen en
Yosr HRICHI 2002. En revanche, l’étude du phénomène de gestion du résultat
Unités de recherche en Banque, Assurance comptable dans le nouvel environnement gouverné par les IFRS
a fait l’objet d’un intérêt récent de la part de certains chercheurs
et Théorie Comptable (URBATHEC) qui ont décelé l’intérêt académique du sujet.
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Dans le cadre de ce travail, il nous semble judicieux d’analyser
Université Tunis - El Manar l’impact de l’adoption des IFRS sur la gestion du résultat comptable
Tunisie à travers une analyse comparative du sens, de l’étendue et de
l’ampleur de l’évolution des accruals discrétionnaires calculés
selon différents modèles de mesure entre la période de pré et
de post-adoption.

1. Gestion du résultat :
comparaison internationale, impact
de la méthode de normalisation
et effet de la transition aux IFRS
La gestion du résultat a été mise en lumière dès l’occurrence
des scandales financiers au début des années 2000 et a fait
l’objet d’une littérature abondante. Par contre, l’analyse de
l’influence de l’approche de normalisation ainsi que la diversité
de la pratique entre les différents blocs économiques n’ont pas
encore fait l’objet d’investigation approfondie.

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En s’intéressant à ces deux aspects, l’observation nous a révélé (Canada) et un autre appartenant au bloc Euro-Continental
l’existence de deux méthodes différentes de normalisation propre (France). Ce modèle développé en 2006 a prouvé que les motiva-
à chaque bloc économique à savoir une approche par les règles tions à la gestion du résultat au sein des entreprises françaises
illustrée par les normes américaines (US GAAP) et une approche sont spécifiquement liées à ses contrats d’endettement et ses
par les principes représentée par les normes IFRS. coûts politiques se manifestant dans les taux d’imposition tandis
que pour les entreprises canadiennes, les incitations à la gestion
du résultat sont principalement liées au marché des capitaux.
1.1. Diversité de la pratique entre le bloc
Euro-Continental et le bloc Anglo‑Saxon 1.2. Influence de la normalisation
La majorité des recherches traitant ce sujet se sont concentrées par les principes sur la gestion du résultat
sur des études comparatives entre la gestion du résultat au sein
des pays Euro-Continentaux par rapport à celle pratiquée dans les Quelle que soit l’approche normative qui gouverne les paysages
pays Anglo-Saxons afin de qualifier les facteurs d’influence selon comptables, les dirigeants parviennent à gérer les résultats
le système comptable d’appartenance. La conclusion commune comptables mais selon des modalités différentes.
à ces études révèle que les entreprises appartenant à des pays La méthode de normalisation par les principes accorde une
dotés de marchés boursiers développés, caractérisés par la primauté aux principes comptables, non pas aux règles, et
dispersion des structures de propriété et de forts mécanismes procure aux managers des marges étendues d’interprétation
de protection des investisseurs (bloc Anglo-Saxon) procèdent concrétisées dans des jugements et des estimations subjectifs
moins à la gestion du résultat en raison de leur engagement sur de la réalité économique.
le marché des capitaux en termes de transparence des comptes. Dans ce contexte, M. Barth et al. (2008) montrent que la souplesse
Dans ce contexte, C. Leuz et al. (2003) ont affirmé l’existence inhérente à des normes fondées sur des principes pourrait offrir
des écarts internationaux dans le comportement de gestion du des opportunités de gestion du résultat. Ces normes comptables
résultat entre 31 pays, dus à l’impact des facteurs institution- autorisent une grande latitude lors de l’application des principes,
nels, au degré de protection des investisseurs et aux normes un large spectre de choix comptables acceptables ainsi que de
comptables internationales et leurs exigences de divulgation. nombreux jugements subjectifs et des hypothèses. C’est précisé-
Ils ajoutent que le facteur institutionnel a un fort impact sur la ment cette subjectivité dans l’application des normes, qui permet
gestion du résultat et modélise les comportements opportu- l’épanouissement de la gestion du résultat (P.R. Brown, 1999).
nistes selon les caractéristiques propres de chaque pays (Haw, De même, G. Whittington (2 005) a analysé les problèmes
Huang, Wu, 2004). Par ailleurs, H. Daske et al. (2006) prouvent récurrents du reporting dans quelques systèmes comptables et
que les discontinuités dans la répartition des bénéfices sont a trouvé que le caractère vague des normes comptables peut
plus prononcées en Allemagne par rapport aux États-Unis et au induire en erreur les utilisateurs de l’information et encourager
Royaume-Uni. Par conséquent, la gestion du résultat est plus les manipulations.
répandue dans les pays de droit écrit par rapport à ceux du Dès lors, l’activité d’interprétation s’avère indispensable au
droit coutumier puisque ces deux blocs présentent des niveaux sein de cette approche normative. Pour effectuer ce rôle, un
différents d’exigence en termes de transparence et de qualité comité permanent appelé IFRIC (International Financial Reporting
(R. Bushman, Q. Chen, E. Engel, et A. Smith, 2004). Interpretation Committee) a été créé afin de fournir des commen-
De leur côté, L. Coppens et E. Peek (2 005) proposent que les taires sur les questions de reporting financier qui n’ont pas été
entreprises européennes appartenant à des pays ayant un spécifiquement traitées dans les normes IFRS.
fort alignement entre la fiscalité et la comptabilité gèrent leurs Cependant, l’IFRIC est accusé de causer des conflits d’inter-
résultats afin de manipuler leurs charges fiscales alors que les prétation accentués par l’absence d’une véritable instance
entreprises américaines gèrent le bénéfice dans un objectif de d’interprétation indépendante de l’IASB. D’ailleurs la crise de
conquête d’investisseurs potentiels sur les marchés de capitaux. 2008 a montré qu’une norme comptable ne peut pas se limiter
Nous pouvons ainsi prétendre que les pays qui se caractérisent à l’établissement d’un principe puisque dans des situations de
par une structure actionnariale concentrée, une faible protection crise, nous avons bien besoin de guides d’application précis.
des investisseurs ainsi qu’un marché de capitaux peu développé D’où le besoin imminent de revenir un peu sur une approche
présentent un risque de gestion du résultat beaucoup plus fondée sur les règles.
important que les pays qui assurent une protection des inves-
tisseurs, ont une structure actionnariale diffuse et un marché
financier développé. 1.3. Evolution de la gestion du résultat
Dans le même contexte et dans une étude empirique traitant après l’introduction des IFRS
cette diversité, H. Ben Othman et D. Zeghal (2006) ont examiné
les facteurs susceptibles d’influencer la gestion du résultat au Selon certains chercheurs, le standard normatif comptable
sein d’un pays appartenant au modèle comptable Anglo-américain international constitue une force institutionnelle qui permet

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d’améliorer la qualité de l’information (F. Yu, 2 005) et de diminuer En Suisse, P. Lapointe-Antunes et al. (2007) stipulent que les
la gestion du résultat puisque les IFRS sont plus précises et accruals discrétionnaires sont nettement plus faibles pour les
comportent moins d’options que les normes comptables locales entreprises cotées ayant adopté les IFRS. En revanche dans le
(B. Raffournier, 2008). contexte allemand, B. Van Tendeloo et A. Vanstraelen (2 005)
Dès lors, l’adoption de ce référentiel favorise une meilleure montrent que les entreprises ayant adopté les IFRS présentent
comparabilité de l’information et constitue une contrainte posée une stagnation des politiques de manipulation du résultat.
par la réglementation contre l’éventuelle discrétion comptable Dans une étude complémentaire en Allemagne faite par M.
des dirigeants. Paananen et H. Lin (2009), la recherche révèle que la gestion
Dans ce contexte, R. Cuijpers et W. Buijink (2 005) considèrent que du résultat est même plus développée lors de la post-adoption
la transition devrait améliorer le contenu informatif des chiffres et des IFRS mais plus faible au sein des entreprises suédoises
limiter les choix comptables discrétionnaires, réduisant ainsi les (M. Paananen, 2008). Une conclusion appuyée par Barth M. et
opportunités de gestion du résultat (D.L. Street et S.M. Bryant, al. (2008) qui montrent, dans une étude faite sur 23 pays, que
2000 ; C. Leuz et R. Verrecchia R., 2000 ; M. Lang et al. 2006). dans la période de post-adoption, les entreprises appliquant les
Par ailleurs, H. Ding et al. (2007) traitent le problème de conver- IFRS gèrent plus leurs résultats.
gence des normes locales par rapport aux IFRS et son impact En outre, en analysant le contexte de la Finlande, la Grèce,
sur la gestion du résultat. Ces chercheurs montrent que la diver- les Pays-Bas, la Suède et la Grande-Bretagne, F. Aubert et G.
gence est plus remarquable au sein des pays ayant des marchés Grudnitski (2010) indiquent que les accruals discrétionnaires
financiers moins développés et une plus grande concentration sont plus élevés sous l’empire des IFRS pour la Finlande, la
de la propriété. Grèce et la Suède et sont plus faibles pour le reste des pays.
En outre, ils examinent les conséquences économiques de ces Par ailleurs, Th. Jeanjean et H. Stolowy (2008) ont analysé
différences comptables et constatent qu’une divergence des l’évolution de la pratique au sein des entreprises australiennes,
pratiques locales de celles préconisées par les IFRS est associée françaises et anglaises. Ils ont conclu qu’après la transition aux
à une gestion du résultat plus importante. D’où l’impact négatif IFRS, la gestion du résultat a augmenté en France et est restée
de l’adoption des IFRS sur la gestion du résultat. stable au Royaume-Uni et en Australie.
A l’issue du modèle, H. Ding et al (2007) constatent une corré- De même G. Schneider et al. (2008), dans une étude faite sur 17
lation positive entre la présence de divergence et la gestion pays européens et sur plus de 18 000 observations, constatent
du résultat et aucune preuve d’association entre l’absence de que les sociétés appliquant les normes IFRS s’engagent plus
divergence et la gestion du résultat. ou moins dans la gestion du résultat selon leurs appartenances
Néanmoins selon d’autres chercheurs, malgré la normalisation économiques et leurs cultures comptables locales. Ils remarquent
comptable des règles et des pratiques, les états financiers une augmentation de la pratique en Allemagne, Autriche, Suisse,
des entreprises européennes d’une part et américaines d’autre France, Belgique et Pays-Bas et aucun changement dans la
part, restent non comparables et la gestion du résultat demeure gestion du résultat au Royaume-Uni, Irlande, Danemark, Finlande,
existante (M. Lang et al. 2006). Ainsi, les normes IFRS ne consti- Norvège et Suède.
tuent pas une contrainte à la gestion du résultat, au contraire, leur Ainsi à la lumière de ce qui est avancé, nous pouvons conclure
adoption semble accroître l’étendue du pouvoir discrétionnaire que dans les pays Anglo-Saxons caractérisés par des forts
des dirigeants en autorisant plusieurs autres choix comptables. mécanismes de protection de l’investisseur, les coûts de l’adop-
C. Disle et C. Noël (2006) montrent que l’application des IFRS tion des IFRS sont plus faibles et le niveau de la gestion du
implique « un jugement d’appréciation et formulation d’hypothèses résultat se stabilise après l’adoption (A. Dyck et L. Zingales,
afin de se conformer à l’approche économique et prédictive de 2004 ; A. Gaeremynck et al. 2007).
l’entreprise » ainsi, « les marges de manœuvre du comptable sont En revanche, dans les pays Euro-continentaux caractérisés par
tout simplement déplacées et non pas supprimées. » des faibles mécanismes de protection des investisseurs, la
De son côté, K. Schipper (2000) montre que la qualité des gestion du résultat est plus répandue puisque certaines entre-
rapports financiers ne dépend pas du référentiel comptable prises utilisent les IFRS comme façade afin d’accentuer leurs
adopté puisque même un référentiel de qualité peut autoriser comportements opportunistes de gestion (A. Ali et L.-S. Hwang,
une gestion accrue du résultat en cas de mauvaise application 2000 ; M. Hung, 2001).
de ses normes. C. Leuz et al. (2003) ajoutent que l’adoption Ainsi, la gestion du résultat est une pratique fortement influencée
des IFRS est dépourvue d’intérêt si leur application n’est pas par l’événement d’adoption des IFRS. Puisque la France appartient
renforcée par une réglementation stricte sanctionnant tout abus à l’Europe Continentale, et à l’instar des études antérieures (G.
d’utilisation. Schneider et al.2008 ; Th. Jeanjean et H. Stolowy, 2008), l’environ-
Après avoir exposé une littérature assez contradictoire sur nement IFRS peut être propice à plus de discrétions comptables
le sens de l’impact de l’adoption des IFRS sur la gestion du de la nouvelle approche fondée sur les principes, du contexte
résultat, nous présentons dans ce qui suit les études les plus même du changement ou même de l’utilisation du concept tant
saillantes ayant traité l’évolution de la pratique après 2 005 au controversé de la juste valeur. Ainsi, l’adoption des IFRS a un
sein de différents pays. effet positif sur la gestion opportuniste du résultat comptable.

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2. Méthodologie de recherche
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PPEit : immobilisations brutes hors immobilisations financières


de l’entreprise i à l’année t.
Notre investigation empirique se base sur un modèle inspiré de eit : terme d’erreur de l’entreprise i à l’année t.
l’étude de H. Chen et al. (2009) ayant mesuré l’évolution de la
gestion du résultat comptable sous l’empire du référentiel IFRS
en étudiant le sens et l’ampleur des accruals discrétionnaires.
2.2.2. Modèle de J. Jones modifié (1995)
Afin de vérifier notre hypothèse qui suppose que la gestion du P. Dechow et al. (1995) modifient le modèle de J. Jones (1991)
résultat est plus développée après l’adoption des IFRS, nous en ajustant la variation du chiffre d’affaires en fonction de la
testons l’évolution des accruals discrétionnaires en comparant variation des créances. Le modèle se présente comme suit :
leurs niveaux entre la période de pré (avant 2005) et de post- TAit/Ait-1 = α0 (1/Ait-1) + α1 (DRevit - DCREit)/ Ait-1) + α2 (PPEit/
adoption (après 2 005) au sein des entreprises françaises Ait-1) + eit. (2)
appartenant à l’indice SBF 120. Avec,
∆ CREit : variation des ventes à crédit nettes de l’entreprise i
entre l’année t-1 et l’année t.
2.1. Echantillon Toutes les autres variables sont conformes à (1).

Nous basons notre analyse sur un échantillon final, après


élimination des données non concordantes, composé de 100
2.2.3. Modèle de S.P. Kothari et al. (2 005)
entreprises appartenant à l’indice SBF 120. S.P. Kothari et al. (2 005) ont proposé un modèle d’estimation des
Nous focalisons l’analyse sur la période 2002-2008 en la décom- accruals associé à la performance et ajoutent la variable ROA au
posant entre une période qui s’étale de 2002 à 2004 (soumise modèle classique de Jones. Ce modèle se présente comme suit :
aux normes françaises) et une de 2005 à 2008 (gouvernée par TAit/Ait-1 = α0 (1/Ait-1) + α1 (DRevit/Ait-1) + α2 (PPEit/Ait-1)
les IFRS). + α3 ROAit + eit (3)
Avec,
ROA : le résultat net avant éléments extraordinaires d’une
2.2. Modèles d’accruals discrétionnaires entreprise i pour l’année t divisé par l’actif total de la fin de la
testés période antérieure.
Toutes les autres variables sont conformes à (1).
A l’issue de notre revue de littérature, nous avons supposé que
la gestion du résultat augmente après l’adoption des IFRS ce
qui se traduit empiriquement par la supériorité des accruals
2.2.4. Modèle de D. Cormier et I. Martinez
discrétionnaires constatés lors de la post-adoption par rapport (2006)
à ceux de la pré-adoption.
Lors de l’estimation des accruals discrétionnaires, nous avons D. Cormier et I. Martinez (2006) ont présenté un nouveau modèle
concentré nos analyses sur les modèles de J. Jones (1991), de de mesure d’accruals qui se présente comme suit :
J. Jones modifié (par Dechow et al. en 1995), de S.P. Kothari TAit/Ait-1 = α0 (Revit/Ait-1) + α1 (CFit-1/Ait-1) + α2 (PPEit/Ait-1)
et al. (2 005), de D. Cormier et I. Martinez (2006) et celui de K. + α3 NE (1/0) + eit. (4)
Raman et H. Shahrur (2008). Avec,
Le choix de ces modèles est justifié par leur puissance (J. Jones NE : “Negative Earnings” est une variable égale à 1 si l’entreprise
et J. Jones modifié) leur utilisation excessive dans la littérature dégage une perte et 0 si le résultat est bénéficiaire.
comptable (S.P. Kothari) ou leur contemporanéité (D. Cormier et Toutes les autres variables sont conformes à (1).
I. Martinez ; K. Raman et H. Shahrur).

2.2.5. Modèle de K. Raman et H. Shahrur


2.2.1. Modèle de J. Jones (1991) (2008)
Son modèle se présente sous la forme d’une régression estimée
pour chaque échantillon d’entreprise comme suit : K. Raman et H. Shahrur ont proposé de leur côté un modèle de
TAit/Ait-1 = α0 (1/Ait-1) + α1 [∆REVit/Ait-1] mesure de la gestion du résultat qui ajuste le modèle classique
+ α2 (PPEit/Ait-1) + eit (1) de J. Jones en ajoutant deux variables calculant la performance
Avec, (ROA) et la valeur du marché des capitaux propres (BM).
TAit : ajustements comptables totaux de l’entreprise i à l’année t ; Le modèle se présente comme suit :
Ait-1 : total actif de l’année précédente ; TAit/Ait-1 = α0 (1/Ait-1) + α1 (DRevit -DCREit)/Ait-1 + α2 (PPEit/
∆ REVit : variation du chiffre d’affaires de l’entreprise i entre Ait-1) + α3 ROAit + α4 BMit + eit. (5)
l’année t-1 et l’année t ; Avec,

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BM : le montant de l’actif total divisé par le total de l’actif moins statistique qui a augmenté en moyenne entre la période de pré
la valeur comptable des capitaux propres plus la valeur du marché et de post-adoption des IFRS.
des capitaux propres de l’entreprise i à l’année t.
Toutes les autres variables sont conformes à (1). Ceci peut être dû à une augmentation des ajustements comptables
agissant sur la mesure de la performance de l’entreprise.
Le tableau 2 expose les statistiques descriptives relatives aux
3. Résultats de la recherche accruals discrétionnaires selon les différents modèles d’esti-
empirique mation.
Il nous révèle que la moyenne des accruals discrétionnaires pour
la période post-adoption est supérieure à celle de la pré-adoption.

3.1. Statistiques descriptives (Selon Jones est -0,021670 avant 2005 et 0,0091563 après,
selon Jones modifié de -0,021788 avant et 0,0091295 après,
Nous présentons ci-joint les statistiques descriptives relatives selon Kothari -0,015535 avant et 0,0060814 après, selon Cormier
aux composantes des modèles des accruals discrétionnaires. et Martinez -0,013921 avant et 0,053947 après et selon Raman
Les statistiques descriptives des variables d’analyse sont et Shahrur -0,012051 avant et 0,0045300 après).
présentées dans le tableau 1.
Pour la période allant de 2002 à 2008, ces tableaux exposent
la moyenne, l’écart-type et la médiane des variables en décom- 3.2. Résultat de l’estimation des modèles :
posant l’analyse avant et après adoption.
Les résultats montrent que les différences de distribution entre Nous présentons ci-dessous les résultats de l’estimation des
toutes les variables composant les modèles sont significatives accruals discrétionnaires selon les cinq modèles de 1991 à 2008.
au seuil de 5 %. A l’issue de cette analyse, nous avons pu relever que le modèle
de D. Cormier et I. Martinez (2006) présente les coefficients les
Ainsi, les médianes du chiffre d’affaires (∆REV), des créances plus significatifs ainsi que le plus grand pouvoir explicatif de la
nettes (∆CRE) et des immobilisations brutes (PPE) ont sensible- qualité d’ajustement des modèles (R² ajusté).
ment augmenté lors de la post-adoption des IFRS. En revanche, Le tableau 4 nous informe sur l’ampleur et le sens de la gestion
la performance moyenne (ROA) qui s’avère positive est la seule du résultat dans le contexte IFRS tels que mesurés par des

Tableau 1. Statistiques descriptives des variables composant les modèles des DA

Avant 2005 Après 2 005


Moyenne Médiane Ecart-type Moyenne Médiane Ecart-type
TAit/Ait-1 -0,516 -0,053** 5,387 -0,048 -0,038** 0,115
∆REV 0,300 0,026** 2,095 0,175 0,073** 0,727
∆CRE 0,020 0,007** 0,073 0,018 0,012** 0,061
PPE 0,658 0,399** 0,779 0,619 0,413** 0,703
ROA 3,818* 3,688** 8,588 4,908* 4,810** 7,209
NE 0,156** 0,000** 0,364 0,103** 0,000** 0,304
BM 0,733 0,770** 0,255 0,705 0,721** 0,229
*** Différence significative au seuil de 1 %
** Différence significative au seuil de 5 %
* Différence significative au seuil de 10 %

Tableau 2. Statistiques descriptives relatives aux Accruals Discrétionnaires

IFRS = 0 IFRS = 1


Moyenne Ecart type Minimum Maximum Moyenne Ecart type Minimum Maximum
Modèle J_1991 -0,021670 0,11302 -1,0476 0,12257 0,0091563 0,066852 -0,21238 0,43391
Modèle JM_1996 -0,021788 0,11495 -1,0477 0,12437 0,0091295 0,067588 -0,21796 0,47430
Modèle K_2005 -0,015535 0,11093 -1,0028 0,10555 0,0060814 0,062721 -0,19765 0,42531
Modèle CM_2006 -0,013921 0,07967 -0,72876 0,12558 0,0058822 0,053947 -0,17348 0,31489
Modèle RS_2008 -0,012051 0,11384 -0,97701 0,12954 0,0045300 0,063457 -0,19815 0,46016

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Tableau 3. Résultat des régressions des modèles AD


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Modèle de Jones Modèle de Jones Modèle de Kothari Modèle de Cormier et Modèle de Raman et Shahrur
(1991) modifié (1995) (2 005) Martinez (2006) (2008)
Const -0,00270382 -0,00404761 -0,0347319** -0,0097285*** 0,0263559
(-0,2406) (-0,338) (-2,419) (-3,259) (0,6553)
1/Ait-1 -12,1113* -11,4536 -11,6702* -11,1575
(-1,751) (-1,571) (-1,717) (-1,576)
∆REV it/A it-1 3,7307 3,30011 -0,0693603
(1,177) (1,067) (-0,06443)
PPE it-1/A it-1 -0,0618666* -0,0585242 -0,0465617 -0,079631*** -0,0447449
(-1,671) (-1,472) (1,325) (-4,741) (-1,149)
(DRev it -DCRE it)/ A 3,74884 3,28594
it-1 (0,9891) (0,8992)
CF it-1/A it-1 -84,4042***
(-8,427)
NE -0,0934017**
(-2,061)
ROA 0,00179121*** 0,00837972***
(4,316) (5,035)
BM -0,0979263
R² ajusté 0,514692 0,502859 0,572548 0,726002 0,563940
Ficher 5,317170 5,107302 6,276601 11,67814 5,961909
(1,39e-29) (3,54e-28) (9,35e-35) (2,63e-62) (5,14e-32)
Durbin-Watson 1,580003 1,562972 1,566522 1,657852 1,550611

Tableau 4. Comparaison des AD entre la période de pré-adoption et de la post-adoption des IFRS

Observations Moyenne (Médiane) Significativité : T-test


Mesure Hypothèse Avant Après Avant Après Différence (test de MWW)
AD_J Après > Avant 120 284 -0,022 0,009 0,031* 0,006
      (-0,007) (0,004) 0,011* (0,0006)
AD_JM Après > Avant 119 284 -0,022 0,009 0,031* 0,007
      (-0,006) (0,004) 0,011* (0,0008)
AD_K Après > Avant 110 281 -0,016 0,006 0,022 0,056
      (0,000) (0,003) 0,003* (0,196)
AD_CM Après > Avant 120 284 -0,014 0,006 0,020* 0,014
      (-0,006) (0,003) 0,009* (0,0061)
AD_RSH Après > Avant 103 274 -0,012 0,005 0,017 0,164
      (0,000) (0,000) 0,000 (0,854)

accruals discrétionnaires estimés selon différents modèles. ment supérieur à 5 %). Toutefois, nous sommes prête à assumer
Nous pouvons ainsi conclure sur l’évolution de la gestion du un risque supérieur au seuil habituel de 5 % et par conséquent,
résultat au sein des entreprises françaises entre la période de la différence produite par ce modèle devient significative.
pré et de post-adoption des IFRS. – Non significative pour le modèle de K. Raman et H. Shahrur
De première vue, nous remarquons que pour tous les modèles, (2008) qui présente un risque de première espèce de 16,5 %,
la moyenne des accruals discrétionnaires pour la période post- beaucoup plus élevé même au seuil de 10 % qui représente le
adoption est supérieure à celle de la pré-adoption. plus grand risque à assumer.
Le test de différence de moyennes, révèle que cette différence Par ailleurs, nos résultats sont confirmés par le test non paramé-
est : trique de Mann-Whitney-Wilcoxon relatif à la différence de
– Significative selon le modèle de J. Jones (1991), de J. Jones médianes. Ce test offre des résultats concluants dans le cadre
modifié (1995) et de D. Cormier, I. Martinez (2006), avec des du modèle de J. Jones, de J. Jones modifié et de D. Cormier-I.
risques de première espèce largement inférieurs à 5 % ; Martinez puisque nous pouvons supposer sans risque de nous
– Probablement non significative pour le modèle de S.P. Kothari tromper (à hauteur de 0,06 % pour Jones, 0,08 % pour Jones
(2 005) car le risque de première espèce est de 5,4 % (légère- modifié et 0,61 % pour Cormier et Martinez) que les accruals

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La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 263-264 – Comptabilité 169

Conclusion

Informations comptables et transparence


discrétionnaires des modèles 1, 2 et 4 ont une médiane signifi-
cativement différente entre l’avant et l’après IFRS.
En revanche, nous remarquons que pour le modèle de S.P. Le recours à une comptabilité d’engagement a posé pour
Kothari et de K. Raman et H. Shahrur, la différence significative longtemps de nombreux problèmes d’ordre éthique. Pour ce,
des médianes des accruals discrétionnaires entre la période de un débat s’est ouvert depuis des années concernant l’usage
pré et de post-adoption est rejetée (risque de 19,61 % pour le efficace de l’information afin que la comptabilité ne soit pas l’art
troisième modèle et de 85,36 % pour le cinquième modèle) ce de masquer à ses partenaires les comportements opportunistes
qui confirme le test sur les moyennes qui révélait une différence des managers.
à la limite de la significativité pour le modèle de S.P. Kothari ou Dans ce contexte, la gestion du résultat comptable est récem-
absolument pas significative pour le modèle de K. Raman-H. ment définie par Kin Lo (2007) comme un vrai acte criminel et
Shahrur.
le sujet comptable le plus provocateur puisqu’il tolère et étudie
Ainsi, conformément à nos prévisions, nous remarquons que
des manipulations génératrices de multiples crises de confiance.
pour trois modèles estimés les moyennes et les médianes des
Compte tenu de l’importance du sujet, nous avons essayé de
accruals discrétionnaires sont significativement plus élevées
mettre en lumière différemment cette problématique, largement
dans la période de post-adoption des IFRS ce qui signifie l’épa-
traitée par la littérature antérieure, en revisitant les principales
nouissement de la gestion du résultat comptable et confirme
études traitant ces modèles de mesures afin de comparer
l’hypothèse de dégradation de la qualité de l’information après
l’introduction des IFRS. l’évolution des accruals discrétionnaires entre la pré et la post-
En revanche, pour les deux autres modèles testés, il est vrai que adoption des IFRS.
les accruals discrétionnaires estimés lors de la post-adoption Au bout d’une investigation empirique inspirée des travaux de H.
sont supérieurs à ceux de la pré-adoption, toutefois cette Chen et al. (2009), nous avons conclu que la gestion du résultat,
augmentation n’est pas significative. telle que mesurée par l’ampleur et le sens des accruals discré-
Les résultats de notre étude relative au contexte français ne tionnaires (selon cinq modèles de mesure), est plus répandue
corroborent pas les conclusions de H. Chen et al. (2009) qui au sein des entreprises françaises après l’introduction des
analysent l’évolution des accruals discrétionnaires au sein de IFRS en 2005.
15 pays européens et qui montrent une diminution des accruals
discrétionnaires après l’introduction des IFRS.
Par ailleurs, en ce qui concerne l’efficacité des modèles dans Bibliographie
la détection du comportement de gestion, si nous basons notre Articles
jugement uniquement sur la comparaison des accruals discré- Ali, A., Hwang L.-S. (2000), « Country-specific factors related to
tionnaires dégagés selon les cinq modèles d’estimation, nous financial reporting and the value relevance of accounting data.”
pouvons dire que c’est le modèle de J. Jones (1991) qui offre le Journal of Accounting Research 38 (1) (Spring) : 1-21.
résultat le plus solide puisque la différence (de moyennes et de Aubert F. et Grudnitski G. (2010), “IFRS adoption in the European
Union”, in : Law, Corporate Governance and Accounting. European
médianes) observée entre les 2 périodes est la plus significative
Perspectives (Ed. Victoria Krivogorsky), Routledge, London Series :
et puisque les risques de première espèce dégagés lors des
Routledge Studies in Accounting, 256 pages.
tests de moyennes (T-test) et des test de médianes (MWW) sont Barth M., Landsman W., Lang M. (2008), « International Accounting
les plus faibles comparativement à ceux des autres modèles. Standards and accounting quality. » Journal of Accounting Research,
Par contre, si nous tenons compte aussi de la qualité d’ajustement vol.46(3), pp.467-498.
des modèles (donc, le R² ajusté) c’est le modèle de D. Cormier-I. Ben Othman H. Zeghal D. (2006), « A study of earnings-management
Martinez qui combine à la fois le plus grand pouvoir explicatif motives in the Anglo-American and Euro-Continental accounting
(72.6 %) comparé aux autres modèles qui tournent autour de models : The Canadian and French cases. » The International Journal
50-55 % et des tests de différence de moyennes et de médianes of Accounting, vol.41, pp. 406-435.
Brown P.R. (1999), « Earnings Management : A Subtle (and
très concluants (risques de première espèce inférieurs à 1,5 %).
Troublesome) Twist to Earnings Quality », Journal of Financial
En conclusion, nous pouvons dire que l’adoption des IFRS en Statement Analysis, vol. 4, n° 2, hiver, pp. 61-63.
2005 a un effet positif sur la gestion du résultat comptable telle Bushman R., Chen Q., Engel E., and Smith A. (2004), “Financial
que mesurée par les accruals discrétionnaires. accounting information, organizational complexity and corporate
governance systems.” Journal of Accounting and Economics 37(2):
Ce résultat vient confirmer nos conclusions du premier chapitre 167–201.
et nous pouvons dire qu’au sein de 100 entreprises françaises Cormier D., Martinez I. (2006), « The association between manage-
appartenant à la SBF 120, la transition aux IFRS a un effet négatif ment earnings forecasts, earnings management, and stock market
valuation : evidence from French IPOs. » The International Journal
sur la qualité de l’information comptable telle que mesurée par
of Accounting, vol. 41, pp.209−236.
le lissage, la reconnaissance des pertes en temps opportun, la Coppens, L., Peek E. (2 005), « An Analysis of Earnings Management
gestion du résultat. Néanmoins, le référentiel permet d’améliorer by European Private Firms » Journal of International Accounting,
la pertinence des chiffres comptables. Auditing and Taxation, forthcoming.

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