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Ecole Nationale Supérieure de Biotechnologie

4eme année/Matière de Microbiologie industrielle

TD: Aération des bioréacteurs


Quel est le rôle principal de l’O2 dans le métabolisme bactérien?
I. Rappel sur le transfert de matière par diffusion

I .1 Flux de matière aux interfaces (LOI DE FICK)

fluide membrane fluide

dX
C1

C1i

C2
C2i

La loi de Fick décrit la diffusion de la matière dans un milieu binaire, Reliant le flux de matière au
gradient de concentration
dN dC
J’’= = -Da
dt dX

J" = exprime la vitesse de transfert de la matière (moles de soluté/h)


dN = nombre de molécules transférées pendant l'intervalle de temps dt (h) ou (s)
D = coefficient de diffusion (en m2/h) ou (cm2/s) Par convention il est toujours négatif dans
l'équation de Fick car le sens du flux va vers les faibles concentrations.
a = aire inter faciale (en m2) ou (cm2)
dC = variation de la concentration du soluté (en moles /m3) ou (en moles /cm3) au
cours de son chemin dx (en m ou cm) au travers de la membrane
On pose
KL = - D/X vitesse de transfert par unité de surface (en m/h ou cm/s)
L'équation prend la forme :
=
1.2 Flux de matière entre deux phases (GAZEUSE ET LIQUIDE)

fluide Liquide
PG C*

CL
P*
COTE GAZ
J" = KG a ( PG - P*) écart de pression (mmoles soluté/m3/h)
KG a = coefficient global de transfert volumique par rapport au film gazeux (m /h)
a = surface spécifique d'échange (m2)
PG = pression partielle du soluté dans la phase gazeuse (atm)
P* = pression partielle en (atm) en équilibre CL à l'interface
COTE LIQUIDE
J" = KLa ( C* - CL) écart de concentration
a = surface spécifique d'échange
KL a = coefficient global de transfert volumique par rapport au film liquide (m3/h)
C* = concentration du soluté dissous en équilibre avec la pression partielle PG dans
la phase gazeuse (loi de Henry) (mmoles/m3)
CL = concentration du soluté dans le liquide à proximité de la bulle de gaz
A L'EQUILIBRE L'EQUATION DE TRANSFERT EST :

dCL/dt = KLa ( C* -CL)

(Exprime la vitesse de transfert du soluté (moles du soluté / h) ou en (mmoles / h)


Il Rappel transfert de matière entre deux phases (LOI DE HENRY)

À température constante et à l'équilibre, la quantité de gaz dissout dans un liquide est


proportionnelle à la pression partielle qu'exerce ce gaz sur le liquide.

Gaz
A

A Liquide

PA = YA . PT
PA = Pression partielle de A dans le gaz
YA = fraction molaire dans la phase gazeuse
PT = Pression totale
Pression partielle

La pression partielle d'un gaz parfait i dans un mélange de gaz parfaits de pression totale p
tot est définie comme la pression pi qui serait exercée par les molécules du gaz i si ce gaz
occupait seul tout le volume offert au mélange, à la température de celui-ci. Elle correspond
donc à la contribution de ce gaz i à la pression totale du mélange. La pression partielle d'un
gaz est une mesure de l'activité thermodynamique des molécules de ce gaz. Les gaz se
dissolvent, diffusent et réagissent selon leur pression partielle et non pas selon leur
concentrations dans le mélange de gaz ou dans le liquide où ils sont dissout.
III Application a l'aération des fermenteurs

III.1 Le rôle de l'oxygène en fermentation

Les micro-organismes ne métabolisent l'oxygène que sous sa forme dissoute


La solubilité de l'oxygène est très faible en milieu aqueux (7mg dans l'eau à 25 °C) alors que la
demande des micro-organismes peut être de 3,5 g/l/h

BESOINS MAXIMA ET CONCENTRATION CRITIQUE D'OXYGENE


(Exprimée en milli moles /litre de milieu et par heure)

Conclusion
Ce qui nécessite un renouvellement permanent de la phase gazeuse (air) dans le milieu
liquide du fermenteur.
III.2 Technologie de l'aération

Industriellement on distingue plusieurs technologies de l'aération

- Fermentation à agitation et aération


-Fermentation à air lift
Fermentation à venturi
III.3 Transfert de l'oxygene dans les milieux de culture

L'oxygène étant très peu soluble dans l'eau (loi de Henry), l'étape limitante du transfert de
l'oxygène depuis la bulle de gaz vers la cellule microbienne est celle du transfert de l'oxygène
de l'interface air -liquide (étape 2)
Ce transfert s'effectue au travers de plusieurs films, chacun d'eux exerçant sur lui une
certaine résistance.

Etape 1= interface gaz-liquide, côté bulle, est doublé film gazeux


Etape 2= côté liquide, d'un film liquide, ce dernier exerce une grande influence sur le
transfert
Etape 3= oxygène dissous diffuse vers les cellules
Etape 4= au contact des cellules se trouve un nouveau film liquide
Etape 5= l'O2 doit pénétrer dans la cellule

On peut figurer alors ce qui se passe dans la cellule :


- Diffusion vers le site d'utilisation : les enzymes respiratoires dans les mitochondries =>
diffusion à travers le cytoplasme et la paroi.
III.4 Paramètres de la respiration microbienne

vitesse de respiration

r O2 = est la vitesse de respiration ou de consommation d'O2 (vitesse volumique)


ou demande en O2 en g par litre de milieu et par heure ou en ml O2 par litre
ou en mmoles O2 par litre

Vitesse spécifique de respiration

et QO2 = r O2 / X
(vitesse spécifique de respiration en g O2 / g de cellule sèche / heure)
X = (concentration cellulaire en g/1)
III. 5 Influence de l'oxygène dissous sur la respiration

La courbe suivante montre qu'il existe une concentration en O2 critique au-delà de laquelle la
vitesse spécifique de respiration est indépendante de (O2)

En considérant l'O2 comme un aliment (substrat) soumis à la loi de la cinétique de croissance, ce


phénomène suit le modèle de Monod.
Rappel sur la loi de monod

L'équation de Monod décrit le taux de croissance μ comme une fonction de la concentration


en substrat S de la façon suivante

où :
μ est le taux de croissance spécifique;
μmax est le taux de croissance maximale des micro-organismes;
S est la concentration du substrat limitant la croissance;
Ks est la constante de demi-vitesse c'est-à-dire la valeur de S quand μ/μmax vaut 0,5.
Les coefficients μmax et Ks sont empiriques. Ils diffèrent selon les espèces et sont basés sur les
conditions de milieu.
d'où µ = Qx = µ max (O2/(KO2+O2))

Le rendement de croissance microbienne par rapport


à l'aliment oxygène étant :

r x = YFx/O2.r O2 et X = (r x / µ)

A partir du rendement on exprime QO2 en fonction O2 dissous


III.6 Flux de transfert de l'oxygène
A- LA LOI DE FICK DONNE :
en absence de cellule :

- Flux de transfert d'oxygène (mole/h. m2) :

J"O2= r O2=KL(O2* - O2L) mole/ h. m2

- Vitesse de transfert d'oxygène (oxygen transfert rate, OTR) par unité de


volume de milieu

OTR = r O2= KLa (O2* - O2L) mole/ h. m2 ou mol/ h. m3

a = aire inter faciale de transfert (m2 / m3)


O2* = la concentration en oxygène du milieu saturé en air
O2L = la concentration en oxygène au temps t dans la phase liquide
KL a = coefficient de transfert volumique caractérise la capacité de transfert d'oxygène de
l'installation d'aération et donc c’est la capacité que on a à oxygéner un milieu de culture en
biréacteur dans des conditions données.
L'équation peut s'écrire aussi:

KLa O2* = coefficient de transfert maximal

O2L/O2* : pression d'oxygène dissout dans le milieu, PO2

En présence de cellules :

L'équation globale en présence de cellules microbiennes tient compte de la vitesse de


consommation d'O2 :
B- LA LOI DE HENRY DONNE :

PO2= H . C* => C* = O2* (mole/m3)

C* = concentration en oxygène dissous en équilibre avec la pression partielle dans la phase


gazeuse
III.7 Mesures des différents paramètres d 'aération

1) Mesure de la solubilité de l'oxygène dans un milieu (méthode de Cooper)

Le principe est basé sur l'oxydation du sulfite de sodium (Na2SO3)

Dosage en retour par un excès d'iode

Globalement, la quantité de thiosulfate est proportionnelle à la quantité d'oxygène présent


2) mesure du coefficient de transfert KLa d’un fermenteur

La mesure du KL.a d’un bioréacteur permet d’évaluer ses capacités à transférer l’O2.
Les sondes à oxygène permettent d’enregistrer en continu, la concentration en O2
dissous.

En utilisant la méthode de Cooper, il est possible de mesurer l'évolution de la concentration


en oxygène dans le fermenteur.
Le fermenteur est désaéré par injection d'azote ou du sulfite de sodium

On obtient :
Mesurer kLa offre des avantages importants:
- assurance que la croissance biologique n'est pas entravée par une concentration insuffisante en
oxygène
- meilleure capacité à ajuster avec précision la concentration en oxygène pour un traitement optimal
- prévention du gaspillage d'énergie et des coûts associés à des concentrations d'oxygène inutilement
élevées

C*
En absence de culture

La courbe Log ((C* - CL)/C*) = f (t) donne une droite de pente KLa

La même technique peut être utilisée avec une sonde PO2 : dans ce cas comme
précédemment :

log (1 – PO2) = KLa t

La courbe log (1 - PO2) = f (t) donne une droite de pente KLa


En présence de culture

on suppose que la croissance microbienne est nulle pendant la durée (brève) de la


manipulation. Les états initiaux et finaux sur le graphique correspondent à un état dynamique
stationnaire du bioréacteur pour lequel [O2]milieu culture ≈ constante = O2Leq.
on peux écrire :
O2leq - O2L
Log = - KL a t
O2leq - O20

Avec O20 = concentration en dioxygène dissous à l'instant t=0 en début de la phase de


reprise d'aération. Ici O20 ≠ 0% car sinon il y aurait mort cellulaire.
3- mesure du coefficient KLa C* d’un couple fermenteur
A- milieu hors fermentation

- Saturation du milieu en oxygène,


- Ajout de sulfite de sodium ( et ions Cu++ ou Co ++) en excès
- A l'aide d'une sonde PO2, on a le profil suivant :

Pendant un temps T la PO2 reste nulle =


transfert de l'O2 nécessaire pour réagir avec
l'excès de sulfite de sodium :

126 (g) Na2SO3 16 (g) O2


Na2SO3 KLa C* T
KLa C* = (Na2SO3/126) × (16/T)
B- milieu en fermentation

En fermentation, quand sont mesurés à la fois l'OUR et PO2, on obtient :

Le processus de fermentation est assez lent on peut écrire :


Exercice 01

1- Quel est le rôle principal de l’O2 dans le métabolisme bactérien ?

2- Le document suivant décrit l’évolution de la consommation en O2 dans un


réacteur pendant la croissance (les valeurs précisées en ordonnée sont celles
correspondant à ln X avec X en g/L)
- Repérer les différentes phases de croissance
- Préciser comment évolue la consommation en O2 et la demande en O2 pendant les
différentes phases de la croissance
- Quel est l’intérêt de déterminer la demande en O2 ?

Exercice 02 (utiliser Excel)

Avec un fermenteur de laboratoire contenant 1L de milieu de culture LB à 35°C. La vitesse de


rotation de la turbine rushton est de 200 rpm, le débit d'aération est de 1 VVM (60 L/h, 0,3
bar). Le temps de réponse de la sonde ampérométrique à dioxygène utilisée a été mesuré :
pour un passage de 0 à 100%, on obtient 98 % en moins de 20 s. On verra ainsi par la suite
que ce temps est suffisamment faible pour valider les mesures pendant la phase de reprise
d'aération.Voici les résultats obtenus :
Exercice 03 (utiliser Excel)

Un fermenteur de laboratoire contenant 1L de milieu de culture LB à 37°C est ensemencé


avec une souche E. Coli de 18 heures sur milieu LB. La vitesse de rotation de la turbine
rushton est de 200 rpm, le débit d'aération est de 1 VVM (60 L/h, 0,3 bar). Les mesures ont
été conduites environ 40 minutes après l'inoculation. Le temps de réponse de la sonde
ampérométrique à dioxygène utilisée a été mesuré : pour un passage de 0 à 100%, on obtient
98 % en moins de 20 s. On verra ainsi par la suite que ce temps est suffisamment faible pour
valider les mesures pendant la phase de reprise d'aération.Voici les résultats obtenus :
Déterminer le Kla et r O2 dans les conditions ci-dessus

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