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Master 1- Géologie de l’ingénieur et Géotechnique UEF 1- Matière 1 : Complément de mécanique des sols

CHAPITRE 3 : CHARGES DE SURFACE EN MECANIQUE DES SOLS

3.1. Distribution des contraintes en profondeur sous l’effet des charges appliquées en surface

3.1.1. Cas des charges ponctuelles

 En 1885 Boussinesq a étudié la répartition des contraintes dans un massif élastique semi-infini
homogène et isotrope sous l’action d’une force ponctuelle Q appliquée à la surface du massif. Il
apparait, entre autres, que la contrainte sur une facette horizontale, en un point M situé à la
profondeur Z est orientée selon (OM) comme illustré sur la Figure 3.1 et que l’accroissement de
la contrainte verticale ∆σz par rapport à l’état de contrainte initial régnant dans le sol est donné
par la formule classique de Boussinesq (Costet et Sanglerat 1981, Fang 1991, Holtz et Kovacs
1991, McCarthy 2007, Budhu 2007 et autres):

∆σz = 3Q . Z 3 / 2π (r 2 + Z 2) 5/2 = 3Q / 2π. Z 2 [1 / [(1+ (r / Z) 2 ]5/2] (3.1)


∆σz = Q / Z 2 . IB (3.2)
Où IB = 3 / 2π. [1 / [(1+ (r / Z) 2 ]5/2] est le coefficient d’influence de Boussinesq.

La formule (3.1) peut s’écrire aussi sous la forme suivante :


∆σz = 3Q . Cos 5 θ / 2π. Z 2 (3.3)

en (kN)
o

Figure 3.1. Contrainte due à une charge ponctuelle - solution de Boussinesq (McCarthy 2007 modifiée)

La Figure 3.2 fourni les courbes d’égale contrainte verticale appelées aussi bulbes des
contraintes ou isobares de pression. En remarque que, plus la profondeur Z augmente, plus
l’intensité de la contrainte diminue, mais plus la zone influencée s’élargit.

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Q en kN Q en kN

80%

30%

10%

5%

Courbe d’égale contrainte


Z (m) Δσz = (5/100) Q

Figure 3.2. Distribution des contraintes d’après Boussinesq

 Certains dépôts de sols sédimentaires sont constitués d’une alternance de couches minces de sol
sableux (grossier, matériau relativement incompressible) et des sols limono-argileux à grains fins
(matériau compressible) ; tels que les dépôts d’argiles stratifiés. Dans ce cas de figure, l’équation
de Westergaard (1938) est recommandée pour évaluer l’accroissement de la contrainte verticale
en profondeur sous l’effet des charges ponctuelles appliquées en surface. Dans cette situation,
Westergaard suppose des couches minces d’un matériau homogène et anisotrope prises en
sandwich entre des feuilles espacées étroitement, infiniment minces de matériau rigide qui
permettrait la compression, mais aucune déformation latérale. Pour le cas où le coefficient de
Poisson est nul, l’équation de l’accroissement de la contrainte verticale ∆σz résultant de
l’application d’une charge concentrée en surface est réduite à (McCarthy 2007) :

∆σz = Q / π. Z 2 [1+ 2 (r / Z) 2 ] 3/2 (3.4)

∆σz = Q / Z 2 . Iw (3.5)

Où Iw = 1/π. [1+ 2 (r / Z) 2 ] 3/2 est le coefficient d’influence de Westergaard.

Les termes Q, r et Z sont tels que définis pour l’équation de Boussinesq dans la Figure 3.1.

Dans le cas des charges ponctuelles, le déplacement élastique vertical ∆z est calculé comme
suit (Budhu 2007) :
 
 
Q 1    2 1     1 
∆z = (3.6)
2 1/ 2 
r 
2
 r 
2. .E.Z 1      1   
   
Z 
  Z  

Où ν et E sont respectivement le coefficient de Poisson et le module de Young du sol.

3.1.2. Cas des charges linéaires

En se référant à la Figure 3.3, l’accroissement de contrainte due à une charge linéaire, Q (force
/unité de longueur), est donné par la relation suivante (Holtz et Kovacs 1991, Budhu 2007):

∆σz = 2Q. Z 3 / π (x 2 + Z 2) 2 (3.7)

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Q en (kN/ml)

M x

Figure 3.3. Contrainte due à une charge linéaire (McCarthy 2007 modifiée)

3.1.3. Cas des charges uniformément réparties


 Cas d’une charge uniforme sur une surface carrée, rectangulaire ou circulaire
Dans la pratique de la construction, la situation d’une charge ponctuelle concentrée est rarement
rencontrée. Plus couramment, les charges des ouvrages sont transmises par des fondations ou
semelles qui couvrent une superficie finie (fondations carrées, rectangulaires ou circulaires). Dans
d’autre cas, la nature de l’ouvrage lui-même impose directement le chargement sur une surface finie
(exemple des ouvrages en terre tels que les barrages et les digues).
Il s’agit de connaitre la distribution de ∆σz avec la profondeur par rapport à l’état de contrainte
initial régnant dans le sol, apporté par une contrainte q uniformément répartie appliquée en surface.
Toutes les solutions couramment utilisées ont été obtenues par intégration de la formule classique
de Boussinesq ou de celle de Westergaard, avec l’hypothèse que le chargement sur des incréments
infiniment petits de la surface de la fondation peut être supposé comme charge ponctuelle.
Les courbes d’égale contrainte verticale (appelées aussi isobares de pression) pour des fondations
carrées, rectangulaires ou circulaires peuvent facilement être utilisées pour déterminer la pression
verticale ∆σz à toute profondeur en dessous de la base d’une fondation. La profondeur Z à partir de
la surface du sol, et la distance r (ou x) du centre de la fondation sont exprimées en fonction de la
largeur de la fondation B. Dans le cas d’une fondation circulaire B représente le diamètre. Les
isobares de pression ci-dessous sont données en fonction de l’équation de Boussinesq ou de celle de
Westergaard. Les solutions les plus utilisées pour les fondations superficielles sont les suivantes :
- Contraintes sous une fondation filante, carrée ou circulaire uniformément chargée d’après
l’équation de Boussinesq (Figure 3.4).

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Semelle carrée Semelle filante

∆σz /q = 0.05

∆σz /q = 0.05

Z ∆σz

r
∆σz /q = 0.05
Semelle circulaire

Figure 3.4. Courbes d’égales contraintes verticales ∆σz sous une fondation filante, carrée ou circulaire,
d’après l’équation de Boussinesq

- Contraintes sous une fondation filante ou carrée uniformément chargée d’après l’équation de
Westergaard (Figure 3.5).
Semelle carrée Semelle filante

∆σ z /q = 0.05

Figure 3.5. Courbes d’égales contraintes verticales ∆σz sous une fondation filante ou carrée,
d’après l’équation de Westergaard
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- Contraintes sous une fondation circulaire uniformément chargée (Figures 3.6 et 3.7).
J = Δσz / q

Pour un calcul manuel :

Δσz = J . q (3.8)
3/ 2
 
 
J = 1  1 
  R 2 
1   O  
Z/Ro   Z  
J est appelé coefficient d’influence.

Z σz

Semelle circulaire

Figure 3.6. Variation du coefficient d’influence J en fonction de Z/Ro sous l’axe d’une fondation circulaire
uniformément chargée par la contrainte q

Pour déterminer l’accroissement de la contrainte verticale ∆σz à différents points sous une
fondation circulaire uniformément chargée par une contrainte q, la Figure 3.7 nous donne les
valeurs du coefficient d’influence J en fonction du rapport Z/Ro pour un massif élastique semi
infini.
Coefficient d’influence J

Les nombres sur les courbes


indiquent les valeurs de r/Ro
Z/Ro

Δσz = J . q /100

Figure 3.7. Diagramme du coefficient d’influence J pour un massif élastique semi infini sous une fondation
circulaire uniformément chargée, d’après Foster et Ashlvin, 1954

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Le tassement élastique vertical à la surface du sol ∆z sous une surface de chargement circulaire
flexible est calculé comme suit (Budhu 2007):

- Sous l’axe de la surface chargée : ∆z =



q B 1  2  (3.9)
E
- Sous le coin de la surface chargée : ∆z =
2 q B 1  2  (3.10)
 E
Où B = 2Ro est le diamètre de la surface chargée, ν le coefficient de Poisson du sol.

- Contraintes sous le coin d’une fondation rectangulaire uniformément chargée (Figure 3.8)

En pratique, plusieurs types d’ouvrages sont réalisés sur des fondations de forme rectangulaire.
L’accroissement de la contrainte verticale ∆σz en un point sous le coin d’une surface
rectangulaire de largeur B et de longueur L, peut-être évaluer par l’équation suivante (Budhu
2007) :
q  1 L.B L.B.Z  1 1 
∆σz =  tan  . 2  2  (3.11)
2  Z .R3 R3  R1 R2 

Où : R1 = (L2 + Z2)1/2, R2 = (B2 + Z2)1/2, et R3 = (L2 + B2 + Z2)1/2.

L’équation (3.11) peut s’écrire comme suit : ∆σz = q . Iz (3.12)

Iz est le coefficient d’influence.

Dans ce cas de figure, le coefficient d’influence pour les contraintes verticales est donné par la
relation développée par Newmark en 1935 pour la contrainte verticale sous le coin d’une surface
rectangulaire uniformément chargée (Holtz et Kovacs 1991, Budhu 2007) :

1  2 mn m 2  n 2  1  m 2  n 2  2   2 mn m 2  n 2  1 
 
Iz =  2  2   tan 1 (3.13)
4  m  n  m n  1  m  n  1 
2 2 2 2  m 2  n 2  m 2 n 2  1 
  

Où : m = B/Z, et n = L/Z.

Le coefficient d’influence Iz peut être tiré directement de l’abaque de Fadum, 1948 (Figure 3.8) en
fonction des paramètres interchangeables m et n (Holtz et Kovacs 1991, Smith et Smith 1998,
Gopal et Rao 2005, Smith 2014 et autres).

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Δσz = q. Iz

Valeurs de Iσ
n = L/Z
Figure 3.8. Variation du coefficient d’influence Iz sous le coin d’une fondation rectangulaire uniformément
chargée d’après Fadum, 1948

À la surface du sol, le coefficient d’influence Iz ne dépend pas des dimensions du rectangle et vaut
0,25.

L’accroissement de la contrainte verticale ∆σz produit au-dessous d’un point O quelconque par une
surface rectangulaire uniformément chargée peut être calculé par superposition des effets de
plusieurs rectangles auxiliaires comme l’indique la Figure 3.9 (Costet et Sanglerat 1981, Murthy
2002).
- Si O est un point situé à l’intérieur du rectangle de chargement ABCD comme le montre la
Figure 6.18a. Pour calculer l’accroissement de la contrainte verticale ∆σz à une profondeur Z
en dessous de ce point, la surface de chargement rectangulaire ABCD doit être divisée en
quatre rectangles marqués 1 à 4 dans la Figure 3.9a en traçant des lignes passant par le point
O qui constituera le coin commun des quatre surfaces obtenues. Pour chacun de ces
rectangles, calculer les rapports B/Z et L/Z. Les valeurs du coefficient d’influence Iz peut être
obtenu à partir de la Figure 3.8 pour chacun de ces rectangles et ∆σz total sera comme suit :

∆σz = q (Iz1 + Iz2 + Iz3 + Iz4) (3.14)


- Si O est situé à l’extérieur du rectangle de chargement ABCD (Figure 3.9b). Pour calculer
l’accroissement de la contrainte verticale ∆σz à une profondeur Z en dessous de ce point,
construire des rectangles comme indiqué sur la Figure 3.9b. Le point O est le coin du
nouveau rectangle OB1CD1. À partir de cette Figure, on peut voir que :
La surface concernée ABCD = OB1CD1 – OB1BD2 – OD1DA1 + OA1AD2 (3.15)

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L’accroissement de la contrainte verticale ∆σz à une profondeur Z en dessous du point O dû à


une surcharge q par unité de surface du rectangle ABCD est donné par l’expression suivante :
∆σz = q (Iz1 - Iz2 - Iz3 + Iz4) (3.16)

Les coefficients d’influence IZ1 à IZ4 correspond à chacune des surfaces de l’équation (3.15).


(a) le point O est situé à l’intérieur du rectangle (b) lorsque O est situé à l’extérieur du rectangle

Figure 3.9. Superposition des effets de plusieurs rectangles auxiliaires

Le tassement élastique vertical à la surface du sol ∆z sous une surface de chargement rectangulaire
flexible est calculé comme suit (Budhu 2007) :

∆z =

q B 1  2 
.I s (3.17)
E
Où Is est le facteur d’influence du tassement qui est fonction du rapport L/B (L est la longueur et B
la largeur de la surface rectangulaire chargée). E est le module de Young du sol.
En mettant ξs = L/B, les équations qui donnent le coefficient d’influence du tassement Is seront
comme suit :
1  1 1 s 
2
2 
- Au coin du rectangle (Giroud 1968) : Is = ln  s  1   s    s ln  (3.18)
   s 
 
2  1 1 s 
2
2 
- Au centre du rectangle (Giroud 1968) : Is = ln  s  1   s    s ln  (3.19)
   s 
 

Pour des valeurs de ξs ≥ 1, les équations (3.18) et (3.19) peuvent être simplifiées comme suit :

- Au coin du rectangle : Is = 0,31 ln (ξs) + 0,56 (3.20)

- Au centre du rectangle : Is = 0,62 ln (ξs) + 1,12 (3.21)

 Méthode approximative pour une charge de forme rectangulaire

Dans certains cas, il peut être suffisant de se servir d’une méthode approchée consistant à supposer
une diffusion en profondeur de la contrainte uniforme q suivant une pente de 2 en verticale pour 1
en horizontale. Cette méthode est parfois appelée la méthode 2 pour 1. Il s’agit d’une méthode
empirique basée sur l’hypothèse que la surface sur laquelle agit la sollicitation augmente de façon
systématique avec la profondeur (Holtz et Kovacs 1991). La même charge étant répartie sur une
aire croissante, alors la contrainte unitaire résultante diminue avec la profondeur comme l’indique la
Figure 3.10.

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À la profondeur Z, l’accroissement de la contrainte ∆σz sous une fondation rectangulaire


uniformément chargée de dimension L×B est alors estimé comme suit (Holtz et Kovacs 1991,
McCarthy 2007, Badhu 2007 et autres) :

∆σz = q.L.B / (L+Z) (B+Z) (3.22)

Par analogie, dans le cas d’une semelle filante de largeur B, à la profondeur Z, la largeur de l’aire de
répartition de la contrainte q est égale à (B+Z) pour une longueur unitaire de 1m linéaire et
l’accroissement de la contrainte ∆σz correspond à :

∆σz = q. B (1m) / (B+Z). (1m) (3.23)

Q=qLB
B

L
B

Z/2 B Z/2 B+Z

L+Z
B+Z

Figure 3.10. Méthode 2:1 pour la répartition des contraintes verticales avec la profondeur sous une fondation
rectangulaire uniformément chargée

 Cas d’un chargement de forme trapézoïdal

La distribution des contraintes en profondeur sous l’effet d’un chargement de forme trapézoïdale
représente aussi une intégration des équations de Boussinesq. Ce type de chargement correspond à
celui produit par un remblai de grande longueur tel qu’un remblai routier. Le coefficient d’influence
Iz est exprimé en fonction des dimensions du remblai a et b définies sur la Figure 3.11.
L’accroissement de la contrainte sous l’axe pour la moitié du remblai à une profondeur Z est
calculé par la formule suivante :
∆σz = q . Iz (3.24)

Avec Iz le coefficient d’influence de la contrainte déterminé par l’abaque de la Figure 3.11. La


valeur de la contrainte q à retenir est calculée à partir de la hauteur de remblai et de son poids
volumique apparent.

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Δσz = q. Iz

Figure 3.11. Valeurs des coefficients d’influences Iz sous un chargement demi-trapézoïdal de grande
longueur, d’après l’US Navy 1971 et Osterberg 1957

Si le remblai ne peut être considéré comme infiniment long, on combine la Figure 3.12 et la Figure
3.8 pour traiter les différentes configurations (Holtz et Kovacs 1991). Dans ce cas, la charge
trapézoïdale limitée en longueur sera traitée en deux parties à savoir la partie triangulaire de la
charge (Figure 3.12) et la partie rectangulaire en utilisant la Figure 3.8. Cette opération est possible
par ce que le principe de superposition des effets peut être appliqué aux matériaux élastiques.

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Figure 3.12. Valeurs des coefficients d’influences Iz pour une contrainte verticale sous les coins d’une
charge triangulaire de longueur limitée, d’après l’US Navy 1971

3.2. Quelques notions de déformations des sols


3.2.1. Tassements des sols
Lorsqu’un sol est soumis à des surcharges t’elles que celles transmises par les fondations d’une
structure, une digue ou un remblai, etc., il se produit des déformations dans le milieu. Comme ces
surcharges sont le plus souvent verticales, ces déformations sont particulièrement marquées dans la
direction même des forces appliquées qui s’ajoutent à la pesanteur. Les déformations verticales en
surface qui résulte de ces sollicitations sont appelées tassements (Costet et Sanglerat 1981, Holtz
et Kovacs 1991).

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Le tassement total St d’un sol sous une fondation est la résultante de trois composantes :

St = Si + Sc + Ss (3.25)
Avec, Si : le tassement immédiat ou instantané,
Sc : le tassement de consolidation,
Ss : le tassement secondaire.

3.2.2. Consolidation des sols :


En milieu complètement saturé, après un chargement rapide, c’est l’eau même qui prend tout
l’effort. Cette eau se met en mouvement conformément à la loi de Darcy et, dans la transmission
des charges, les grains se substituent progressivement à l’eau qui s’écoule à une vitesse fonction de
la perméabilité du milieu. Au bout d’un certain temps, toutes les charges se transmettent
directement de grain à grain, l’eau interstitielle a repris en chaque point la pression initiale qui
existait avant la mise en charge du milieu. On dit alors que le milieu est consolidé sous l’action des
forces extérieures considérées. L’équilibre final en milieu saturé se produit au bout d’un certain
temps, qui peut varier de quelques secondes ou minutes dans les milieux sablo-graveleux très
perméables, à plusieurs années ou dizaines d’années dans les argiles très peu perméables (Costet et
Sanglerat 1981). Par définition, le tassement de consolidation est le déplacement vertical de la
surface du sol correspondant à un changement de volume à n’importe quel stade du processus de
consolidation (Chelghoum 2006a).

3.2.3. Gonflement et retrait des sols argileux :

En dehors du phénomène de tassement, certains sols argileux peuvent subir des variations de
volume importantes, provoquées soit par un gonflement, soit par un retrait dus à une modification
généralement lente de l’état d’humidité du terrain naturel au voisinage immédiat de la
construction. Ces phénomènes sont particulièrement sensibles dans certains pays et régions à climat
sec, aride ou désertique. Dans le cas des ouvrages projetés sur des sols gonflants, l’ingénieur doit
distinguer les sols surconsolidés des sols normalement consolidés (Costet et Sanglerat 1981).
- Gonflement des sols surconsolidés : une forte surconsolidation peut être provoquée par une
cimentation des grains (dans ce cas il n’y a pas de risque de gonflement) soit par une succion
élevée de l’eau interstitielle. La succion correspond à une pression interstitielle négative.
L’équation classique (σ’ = σ - μ) montre que l’apparition d’un état de succion (∆μ négative)
correspond à une augmentation de la pression effective ∆σ’ selon un tenseur sphérique, c’est-à-
dire à une surconsolidation.
Dans le cas d’un sol à succion élevée contenant des argiles actives, telles que la montmorillonite,
une arrivée d’eau provoque un gonflement par élimination de cette pression de surconsolidation.
- Retrait et gonflement des sols normalement consolidés : le cas des sols argileux saturés
normalement consolidés dans lesquels la pression interstitielle est voisine de zéro est très
différent des sols surconsolidés. Si l’on provoque une succion dans un tel échantillon, il se
produit un phénomène de consolidation par expulsion d’eau. Le volume du sol diminue, il y a
donc retrait. Parallèlement il se produit une augmentation de la pression effective. Un tel état
de succion dans les couches superficielles peut être provoqué soit par des racines des arbres qui
absorbent souvent un volume d’eau important, soit par l’application d’un gradient thermique (par
exemple, près des chaufferies ou de certaines parties d’usines qui génèrent de la chaleur).
Naturellement, ces sols lorsqu’ils se réhydratent, soit sous l’action des intempéries, soit,
accidentellement, lors de fuites de canalisations d’eau, sont susceptible de gonfler.

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