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Les Confessions d’un enfant du siècle, Alfred de Musset

Musset est né en 1810 et mort en 1859. Il est né pendant la Conquête


Napoléonienne et a vécu pendant cette période de grands bouleversements vacillant
entre idéaux Républicains, rejet des ordres tels que le clergé et la noblesse qui
détenaient le pouvoir, et le rejet de la monarchie. Comme le dit si bien Musset, il est
« fils de l’empire et petit fils de la Révolution ». La monarchie est toujours en place
mais Louis 18 n’a pas eu d’autre choix ,après la chute de l’Empereur, que d’octroyé
une charte constitutionnelle qui garantisse les acquis de la Révolution de 1789.
L’Œuvre date de 1836 alors que l’auteur n’a que 26 ans. Six ans plus tôt, le peuple et
notamment les républicains se sont levés pour mener une nouvelle Révolution: les
Trois Glorieuses. La France reste malgré tout dans un régime monarchique mais elle
n’a plus foi en ce système et la jeunesse aspire à davantage de liberté et
d’indépendance.
A travers ce roman, Musset fait son autobiographie bien qu’il soit très jeune. Ses
aventures sont vécues par des personnages portant des noms fictifs. Le narrateur se
prénomme octave, une jeune homme de 19 ans, en qui on reconnait l’auteur à de
nombreuses reprises. Les épisodes qui nous sont rapportés sont enrichis de références
littéraires ou historiques qui découlent de ses lectures. On y trouve également
beaucoup de propos que Musset tînt dans ses correspondances avec George Sand, son
amie ,et très vite, son amour. Le livre fût d’ailleurs publié peu de temps après leur
rupture. Leur idylle a également donné lieu à d’autres ouvrages tels que « Elle et
Lui » de G. Sand et « Lui et Elle » par le frère de Musset lui-même. Les Confessions
d’un enfant du siècle n’est pas un simple roman autobiographique. Il prend également
des allures d’essai dans la mesure où Musset dresse le portrait d’une société, plus
particulièrement d’une génération qui est la sienne ainsi qu’une analyse historique,
sociale et politique de celle-ci. Au final, Musset nous parle d’une génération vivant un
malaise sociale, une génération sans repères, refusant le passé et incertaine quant à
son avenir.

Sur deux chapitres, Musset nous explique dans quel contexte s’est déroulée sa
jeunesse qu’il compare à un « membre pourri ».
Il n’est présent dans son récit qu’à travers ses opignons ou ses commentaires sur les
idées qu’il a pu rencontrer.
Il commence par l’époque de la gloire de l’empire de Napoléon. Il était alors très
jeune mais il est nécessaire de décrire cette tranche de l’Histoire car ce n’est qu’ainsi
que l’on peut comprendre ce qui caractérisera la génération qui vînt au monde en ces
temps troublés. Vient ensuite le temps de la déception, de l’errance, de l’épuisement
qui suivit la chute de l’empereur. C’est ici que Musset s’applique le plus à décrire les
sentiments éprouvés par ses contemporains en passant essentiellement par des récits
métaphoriques et des comparaisons.
Voici ce qu’on peut en retenir: lors des guerres menées par Napoléon, les hommes
sont sur le front, les femmes vivent dans l’inquiétude et enfantent ce que Musset
dépeint comme une « génération ardente, pâle, nerveuse ».
Le peuple est sous les ordres d’un « ogre » qui engloutie la vie de 300 000 jeunes gens
chaque année, la mort et le deuil cohabitent avec la joie des fanfares des retours de
troupes. Les enfants grandissent avec une seule idée en tête: la gloire guerrière, la
mort comme destin. Avec Napoléon, c’est tout ce à quoi se préparaient les jeunes qui
est tombé. Tout fût centré sur la guerre et la conquête, d’un coup tout s’effondre. Vers
quoi se tourner? La religion? Pour Musset, l’athéisme à fait des pauvres, des opprimés
un peuple désirant se venger des riches, les oppresseurs et obtenir les droits qui leur
sont refusés. En effet, ne plus croire en Dieu revient à ne plus espérer que justice soit
faite au portes du ciel et donc, à réclamer la justice sur terre, puisque tous sont des
hommes, fortunés ou non. C’est sans doute ce qui mena en partie aux révolutions.
Mais Musset fait également remarquer que l’espoir des pauvres a été vaincu par la
Restauration, qui réinstaure l’ancien système. Le peuple n’a donc plus ni foi en son
système politique, ni foi en la Religion. L’homme blasphème mais Musset considère
ceci comme une prière, un acte de provocation qu’il compare à l’adolescence en
prenant pour exemple des jeunes gens sortant du collège n‘ayant que le blasphème à
la bouche.
La paix étant revenu, la jeunesse à qui on conseil de rejoindre le clergé, ne peut s’y
résoudre depuis qu’elle a adopté les idées républicaines de liberté et de justice.
D’autre part, on ne sait vers quel régime se tourner après le départ de Napoléon, on
parlemente et la situation reste flou. Personne ne sait de quoi sera fait l’avenir.
L’auteur nous donne sa perception de la réaction des gens face à ce contexte: les plus
riches se perdent dans le libertinage, n’ayant plus foi en rien ni même en l’amour.
L’homme n’est plus qu’un être vivant dépourvu d’amour, dont les lois lui sont dictées
par l’argent. Ceci s’accompagne d’un éloignement des hommes et des femmes et de
leur mépris mutuel. Musset nous dit: « l’amour était traité comme la gloire et la
religion ».
Les moins riches épousent des carrières religieuses ou militaires ( sans grandes
convictions). Quant aux pauvres, ils survivent et mènent des actions sans but.
A cela s’ajoute l’influence des idées anglaises ( l’alliance créée contre Napoléon a
décidé du devenir de l’Europe), le puritanisme protestant qui mît définitivement fin à
toute joie.
Pour résumer les maux qui accablaient les enfants du premier empire, Musset fini par
conclure ainsi: « Tout ce qui était n’est plus; et tout ce qui sera n’est pas encore! ».

Il est rare de se glisser avec autant de facilité dans la peau d’une génération qui
n’est pas la notre. Alfred de Musset a réussit la mission qu’il s’était donnée: rendre
compte de la réalité morale et psychologique qu’il a connu au même titre que ceux qui
l’ont entouré. Ce roman déborde de sentiments humains et de réflexions sur la société
qui peuvent nous aider dans la compréhension de notre environnement social. En
effet, il n’est pas impossible d’établir des liens entre les remarques que fait l’auteur,
bien qu’il ait vécu deux siècle avant notre époque, et la société d’aujourd’hui. Dans la
suite du récit, nous découvrons comment Musset aborda son apprentissage de l’âge
adulte. En tant qu’étudiant, il n’est pas difficile de se sentir proche de ce qu’on lit et
même d’en tirer une moral. Pour moi, le jeune Musset était un être sensible,
intelligent et plein de nobles sentiments. L’amour, la justice et le bien semblaient au
cœur de ses aspirations. Trois mots qui sont souvent mis-à-mal tout comme le
souligne le parcours de l’écrivain. Cet écrit est donc lié au thème de génération car il
analyse celle qui a vécu: cette période incertaine qui amorça la fin du système
monarchique en France. On assiste aux dommages collatéraux, et on comprend alors
par quoi le peuple Français dût passer pour qu’à présent, nous bénéficions de ce que
l’on considère comme acquis.