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RESEAU LIBRE SAVOIR : DONNEUR UNIVERSEL

COORDONNATEUR TEL. 77-621-80-97 / 78-108-42-12

ETUDE DE L’OEUVRE AU PROGRAMME


LES CONTEMPLATIONS DE VICTOR HUGO

INTRODUCTION
Victor Hugo domine le 19e siècle par la durée de sa carrière littéraire et politique par la fécondité de son
génie et la diversité de son œuvre où se mêlent poésie, roman, nouvelle et théâtre. Cette œuvre riche et variée lui
vaudra d’ailleurs le prestige dont il jouit dans la littérature française. Il a évolué avec son époque dans son art et
dans ses réflexions en interprétant les mouvements d’opinions de ses contemporains. Il est persuadé que le poète a
un rôle à accomplir dans la société, c’est pourquoi il prend position par rapport à tous les débats politiques de son
temps. Il faudrait aussi souligner que c’est lui qui a défini les règles du drame romantique dans la Préface de
Cromwell en décembre 1827. Sa poésie dans les contemplations qui fait l’objet de notre étude a emprunté toutes
les formules poétiques qui vont de la poésie lyrique, à la poésie satirique en passant par la poésie épique. Dans le
cadre de cette étude, nous nous évertuerons à passer en revue sa vie son œuvre d’abord, avant de s’appesantir sur
la gestation des Contemplations, sur sa structure définitive ensuite, avant de la terminer par le résumé des deux
livres et les thèmes essentiels.
I/ BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Victor Hugo est né à Besançon en 1802 d’un père Lorrain Léopold Hugo, colonel, général d’empire puis
gouverneur et d’une mère Bretonne Sophie Trébuchet. Tour jeune il accompagne son père dans ses déplacements
de garnison. Son enfance est mouvementée entre Paris et les lieux de mutation de son père, entre l’amant de sa
mère (le général Victor Lahorie) et les maitresses de son père. A quatorze ans, le futur poète écrivit sur un cahier
d’écolier : « je veux être Chateaubriand ou rien ». A vingt ans, il publie un recueil d’odes (1822), encore classique
par sa forme mais plein d’audace, qui lui vaut une pension royale. Il le remaniera plus tard, sous le titre Odes et
Ballades (1828). Après la disparition de sa mère en 1822, il épouse Adèle Foucher, son ami d’enfance qui lui
donne quatre enfants : Léopoldine (1824), Charles (1826), François-Victor (1828) et Adèle (1830). En1827,
Drame injouable, le désigne comme le chef de cette nouvelle école, il y expose sa théorie du drame, condamnation
des règles classiques d’unité de lieu et de temps, recommandation de l’unité d’action, et enfin le droit et le devoir,
pour l’art, de représenter la réalité sous tous ses aspects, même les plus grotesques. Le 25 février 1830, Hernani,
donne à Hugo l’occasion de mettre lui-même en pratique ses principes. Le triomphe de la pièce voit s’affronter les
défenseurs de la tradition et les tenants des nouvelles doctrines au cours d’une soirée restée dans l’histoire sous le
nom de « bataille d’Hernani ». Hugo illustre ses théorie au théâtre, avec des drames passionnés comme le roi
s’amuse (1832), interdit par la censure, Lucrèce Borgia (1833) ou Ruy Blas. (1838). L’éclatante révélation d’Hugo
comme poète romantique commence en 1829 avec le recueil Les Orientales, nourri d’images de la Grèce en
flamme et de visions de villes espagnoles. Hugo n’a jamais vu l’Orient, mais il lit les récits des voyageurs. Dans
les feuilles d’automne (1831) et les Rayons et les Ombres (1840), s’affirment les thèmes majeurs de la poésie
hugolienne : la nature, l’amour, le droit du rêve. Dans les voix intérieures (1837) apparait le personnage
d’Olympio, double et interlocuteur du poète, qui fut immortalisé peu après par le célèbre poème « Tristesse
d’Olympio ! » dans les Rayons et les Ombres. Hugo va devenir le romancier du petit peuple évoluant du
catholicisme et du monarchisme vers une pensée libérale et sociale, vers la compassion pour le petit peuple. En
1831 parait, Notre-Dame de Paris, qui met en scène un couple devenu mythique, Quasimodo et Esméralda. Il
s’intéresse à la politique, à la misère ouvrière (Han d’Islande), s’interroge sur les moyens par lesquels le peuple
pourrait conquérir le droit à la parole (Notre-Dame de Paris). Malgré quelques démêlés avec la censure
(l’interdiction de Marion Delorme par exemple, en 1829) le succès ne se dément pas. En 1833, Hugo rencontre
Juliette Drouet, qui devait le suivre en exil et rester sa maîtresse dévouée pendant cinquante ans. Elu à l’Académie
Française en 1841, Victor Hugo est affecté, en 1843, par l’échec de son drame, les Burgraves, signe de la
décadence du théâtre romantique, et surtout par la mort tragique de sa fille Léopoldine, noyée dans la seine avec
son mari. Le poète compose les Contemplations (1856), mais les événements politiques lui réservent d’autres
tourments. Liberal et progressiste, Hugo n’accepte pas l’avènement de Louis-Napoléon Bonaparte par le coup
d’état du 2 décembre 1851 et il s’exile « je resterai proscrit, voulant rester debout ». D’abord à jersey, puis à
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Guernesey. Il continue, pendant ses dix-neuf ans d’exil, de vilipender Napoléon III tout en se consacrant à la
littérature. Poèmes d’exil, châtiments(1853), qu’il consacre à « Napoléon le petit », circule d’abord en contrebande
en France et contienne 6200 vers, organisés en sept parties donc chacune a pour titre une des formules utilisées par
Napoléon III pour justifier son coup d’Etat. Le recueil s’ouvre sur un poème Nox « nuit » qui fait allusion aux
ténèbres qui enveloppent le temps présent (le règne de Napoléon III) auquel répond un autre poème , lux «
lumière, jour », l’espérance d’un avenir meilleur. Dans les contemplations (1856) il se lance, à l’assaut de tous les
domaines de la connaissance, la nature, le moi, l’univers. L’œuvre s’articule autour de la terrible épreuve que fut la
mort de sa fille, les poèmes « autrefois » et « aujourd’hui » y évoquent Léopoldine. La légende des siècles(1959)
est le projet d’une époque qui embrasse la totalité de l’histoire et dont les poèmes illustrent la suite des âges. Hugo
publie ensuite les Misérables en 1862 accueilli avec enthousiasme par le public, tant en Europe qu’aux Etats Unis.
Le titre les Misérables désigne toutes les victimes d’un ordre social dont Hugo dénonce les rigueurs et les
injustices à travers les personnages principaux, Fantine, Jean Valjean, Cosette, Marius, Gavroche. Les travailleurs
de la mer (1866) ou l’homme qui rit (1869) sont des récits de la conquête de la nature par l’homme. Ces deux
ouvrages montrent l’échec de l’homme à reformer une société injuste et inégalitaire. Hugo revient triomphalement
en France en février 1870, il est élu député à La Constituante avec 214 169 voix. Il a de vastes projets, abolition de
la peine de mort, réforme de la magistrature, défense des droits de la femme, instruction obligatoire et gratuite,
création des Etats-Unis d’Europe. Au bout d’un mois, désillusionné, il démissionne. Hugo devient alors une sorte
de patriarche national des lettres. Il décède, le 22 mai 1885. Un cortège de plusieurs centaines de milliers de
personnes suivra, depuis l’Etoile jusqu’au Panthéon, le « corbillard des pauvres » qu’il avait réclamé. « Je donne
cinquante mille francs aux pauvres et je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de
toutes les Eglises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en dieu » : ce furent là ses dernières volontés.
II/ STRUCTURE DEFINITIVE :
Les Contemplations paraissent le 23Avril 1856 en deux tomes divisés chacun en trois livres. Le premier volume
intitulé « Autrefois », couvre une période de 13 ans (1830-1843) avec les sous-titres suivants : 1/ L’Aurore ; 2/
L’Ame en fleurs ; 3/Les luttes et les rêves. Dans ce livre, le poète relate le souvenir passé et perdu, les fêtes de
famille, la nature… Le deuxième volume intitulé « Aujourd’hui » renferme les titres suivants : 4/ Pauca meae ; 5/
En marche ; 6/ Au bord de l’infini. Ces trois livres s’inspirent du deuil, portent le souvenir de la disparue, la
solitude de l’exil, la révolte et la méditation sur la mort. Nous avons au total dans le recueil 156 poèmes plus un
poème liminaire et un poème dédicace. L’ensemble de l’œuvre est dominé par la mort de Léopoldine (le 4
Septembre 1843) et qui donne son sens et son organisation au recueil.
III/RESUME DE L’ŒUVRE :
A/ TOME I : « AUTREFOIS » :
1- Livre 1 : L’Aurore :
Le livre premier retrace la jeunesse et le génie du poète ami des êtres spontanés et des bêtes. Le poète évoque ses
souvenirs de collège (« A propos d’Horace »), ses premiers émois amoureux (« Lise »)…Il soutient aussi des
polémiques littéraires (« Réponse à un acte d’accusation ») contre les classiques et les bourgeois qui ne
comprennent pas la souffrance du génie créateur. Cependant il ya des consolations avec les premiers émois du
cœur adolescent, les promenades agrémentées de charmantes rencontres. Au terme de la jeunesse, au seuil de la
vie, le poète s’arrête pour envisager les luttes futures.
2-Livre 2 : l’âme en fleur :
C’est le livre des amours. Presque tous les poèmes sont inspirés par Juliette Drouet. Hugo raconte les premiers
temps de leur union, les promenades en forêt de Bièvre, les joies, les malentendus, les réconciliations. Ainsi dans
ce livre, Hugo parle de ses souvenirs, ses rêves de jeune homme dont le cœur est ouvert à l’amour. Ce jeune cœur
épanoui, rêveur, disposé à l’amour est présenté dans des poèmes d’une perfection parnassienne.
3-Livre 3 : Les luttes et les rêves :
C’est le livre de la pitié. Dans son poème « Mélancholia », Hugo donne quelques exemples navrants de la misère
dans les sociétés modernes. En effet, ce livre est beaucoup plus sérieux car le poète a un devoir social et
humanitaire parce qu’il a découvert que le mal semble régner sur le monde. Il entend de toutes parts les cris des
humbles en quête de consolation religieuse.
B/ TOME2 : « AUJOURD’HUI » :
1-Livre 4 : Pauca meae :
C’est le livre du deuil .Hugo médite sur le coup qui l’a frappé. Dans ce livre, c’est la souffrance qui s’exprime. Le
poète a un pressentiment, une mélancolie inexplicable le jour du mariage de sa fille. Il chasse cet instant en
songeant au bonheur qui s’ouvre devant sa chère Léopoldine. Quelques mois plus tard, la voilà morte. Le poète est
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accablé, les souvenirs l’assaillent, il se représente l’enfant disparue dans les moments les plus attendrissants («Elle
avait pris ce pli »). Parfois il trouve injuste cette souffrance (« Je fus comme fou »). Mais il finit par accepter la
volonté divine (« A Villequier »).Il se rend à l’évidence : la mort est partout destructrice et rien de terrestre ne peut
lui résister. Heureusement, l’âme elle, lui résiste.
2-Livre 5 : En marche:
C’est le livre de l’énergie retrouvée. Le poète expatrié s’arrache à ses tristesses et va chercher de nouvelles raisons
de vivre dans la méditation. C’est un homme mûri par la souffrance qui entreprend désormais de se dévouer à sa
tâche sûr qu’il est sur la bonne voie. Il a parfois des souvenirs d’enfance, des souvenirs de jeune homme amoureux
mais il reste ferme pour méditer. Il interroge la nature y voyant de nombreux symboles moraux. Hugo retrouve
l’esprit du Christ en vénérant l’esprit de pauvreté et en ayant une confiance totale en Dieu. Il conclut que le mal
moral est la source du malheur et que la source de toute joie se trouve dans la bonté.
3-Livre 6 : Au bord de l’infini :
C’est le livre des certitudes. Dans cette partie, le poète s’assimile à Prométhée : Il s’élève au dessus de la terre pour
ravir le secret de l’univers pour le donner aux hommes, ses compagnons de misère. Il se fait ici l’égal des
prophètes, des grands penseurs qui ont le pouvoir de sonder le grand mystère. Il est sûr que Dieu est omniprésent,
il faut lui faire confiance et entretenir l’espoir. Dans ce livre, les messages recueillis sont parfois contradictoires :
des poèmes d’angoisse (« Horace », « Pleurs dans la nuit ») voisinent avec des poèmes d’espérance (« Spes », «
Cadaver »). Mais l’espérance finit par l’emporter. Le livre s’ouvre sur deux poèmes qui montrent une route à
parcourir (« Le pont », « Ibo »), il s’achève par les prophéties rassurantes de « La bouche d’ombre » qui, au terme
du voyage, annonce l’échec final des puissances criminelles et l’avènement de l’universel pardon.
V/ LES THEMES ESSENTIELS
A/ La mer
Elle apparaît déjà dans son recueil les rayons et les ombres. Mais c’est surtout dans les Châtiments et les
Contemplations que ce thème va atteindre toute sa magnificence. La mer rythme la colère et la tristesse du poète.
Le plus souvent dans les Contemplations elle apparaît perfide et sombre parce qu’elle est fréquemment liée au
thème de la mort, depuis le tragique accident de Villequier.
B/ La mort
Le 09 septembre 1843, au retour d’un voyage dans les Pyrénées, Victor Hugo apprend dans un café de Rochefort
en lisant les faits divers du journal « le siècle » que sa fille Léopoldine, mariée le 15 février avait péri en mer avec
son mari le 04 septembre. Le désespoir du poète est affreux. Léopoldine était sa préférée. La solitude de Jersey, en
arrachant le poète de l’action politique lui fait découvrir la mer, qu’il associe sans cesse à la mort.
C/ Le sacré
Le dieu auquel Hugo s’offre parfois, n’est pas le dieu d’une église, ni d’un dogme. « Mage » inspiré, le poète par
son approche du mystère, du monde, s’inscrit dans la lignée des sages et des grands prophètes. Sa parole, « verbe »
sacré est instrument de révélation, et son lyrisme l’expression de l’universel. Ne disait-il pas « Hélas, quant je vous
parle de moi, je vous parle de vous ».
D/ La contemplation
Le poète dans sa solitude et la pauvreté intérieure, devient le contemplateur, qui est témoin de l’univers et de la
souffrance humaine. Triste, meurtri, mais serein il va découvrir une certaine paix intérieure en communiant avec la
nature. Hugo, visionnaire, pressent un monde au-delà du monde sensible.
E/ La souffrance
Elle est omniprésente dans le recueil surtout dans le Tome II « Aujourd’hui » où Hugo parle de sa souffrance après
la perte cruelle de sa fille Léopoldine. Les poèmes « demain dés l’aube », « Mors » ou «Je fus comme fou »
traduisent cet état du poète. Hugo devant la mort de sa fille ne trouvait pas pour la première fois ses mots. Il ne
peut plus jeter sur papier que des bribes de vers : aucune strophe complète, aucun poème. Il disait : « Le malheur
s’est jeté sur moi, brusque et terrible, ainsi que l’ennemi par la brèche d’un mur…. ».
CONCLUSION
En fin de compte, on peut retenir à l’issue de cette étude que les Contemplations font partie des œuvres les
plus illustres de la littérature française. Présenté comme le « journal d’une destinée », le recueil est l’un des chefs
d’œuvre de la littérature romantique dans le domaine de la poésie. Associant le lyrisme personnel avec
l’extériorisation des sentiments individuels teintés de joie, d’harmonie, de bonheur, de rêve et le lyrisme humain
traduisant la condition humaine, Hugo a su mettre son génie et son talent au service de l’homme à travers une
méditation sur la vie.

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