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FONCTIONS
NUMERIQUES

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Fonctions Numériques
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A- / Ensemble de définition d’une fonction :

1- / Définition :
Soit f : A → B une fonction. On appelle ensemble de définition Df de f,
l’ensemble des éléments x de A qui ont une image dans B par f.

2- / Exemples :

Déterminer l’ensemble de définition Df de chacune des fonctions définies par.


x +1 x−4
a) f (x) = 3x2 + 4x – 9 ; b) f ( x) = ; c) f ( x) = ;
x − 7x + 6
2
x−5
d) f ( x) = − x 2 + 3x − 2 .

B- / Limites :
I- / Approche graphique :
La fonction f est donnée par sa courbe représentative ci-dessous.

1-/ Déterminer l’ensemble de définition Df de f.

2-/ Trouver lim+ f ( x) ; lim− f ( x) ; lim f ( x) ; lim f ( x)


x →0 x→0 x → −∞ x → +∞

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II-/ Calcul de limites :

1-/ Limites obtenues directement ou par transformation de l’expression :


a/ Fonctions Polynômes :
• Théorème 1 : À l’infini toute fonction polynôme a même limite que son
monôme de plus haut degré.
• Exemples : Calculer les limites suivantes
lim − x 3 + 2 x 2 − 5 x + 9 ; lim − 5 x 3 − 3x 2 + x + 4 ; lim 7 x 4 − 5 x 3 + 4 x 2 − 8 x + 1
x→−∞ x → +∞ x → −∞

b/ Fonctions Rationnelles :
• Théorème 2 : À l’infini toute expression se présentant sous la forme
d’une fraction a même limite que le rapport des monômes de plus haut
degré du numérateur et du dénominateur.
• Exemples : Calculer les limites suivantes
3x 3 − 5 x 2 + 6 x − 7 − 5x 2 + 7 x − 8 x3 − 8 x 3 + x 2 + 2x − 4
lim ; lim ; lim ; lim 3
x→−∞ 4 x 2 − 5x + 2 x → +∞ x 2 + 9x − 7 x→2 x − 2 x →1 x + 2 x 2 − 5x + 2

c/ Fonctions Irrationnelles :
Déterminer les ensembles de définition de chacune des fonctions puis
calculer les limites suivantes.
3− x+8 3− x +8
* f ( x) = ; lim ; **
x −1 x →1 x −1

f ( x) =
x2 + 2
3x − 6
; lim
x → −∞
x2 + 2
3x − 6
; lim
x → +∞
x2 + 2
3x − 6 x → −∞
(
; lim 3 x + 1 − x 2 + 3 x + 2 ; )
(
lim 3 x + 1 − x 2 + 3 x + 2
x → +∞
)
d-/ Fonctions Trigonométriques :
Retenons que pour x très voisin de zéro on a : sinx = x d’où
sin x sin ax tan x 1 − cos x 1 1 − cos x
lim = 1; pour a ≠ 0 lim =1 ; lim = 1 ; lim = ; lim =0
x→0 x x→0 ax x→0 x x → 0 x2 2 x→0 x

Exercices : Calculer les limites suivantes


 tan x − sin x  sin α x sin α x 1 − 2 cos x
lim   ; pour α ≠ 0 et β ≠ 0 lim ; lim ; lim
x → 0 x 3
 x →0 β x x → 0 sin β x x → 1 − 2 sin x
π
4
2-/ Limites obtenues par changement de variables :
2 sin x − 1 π
Exemple : limπ ; en posant x − = u on obtient Rép = − 3
x→
6
2 cos x − 3 6
3-/ Limites obtenues par encadrement :

a) Si f(x) ≤ g(x) et lim f ( x) = +∞ alors lim g ( x) = +∞ .


x → +∞ x→+∞

b) Si f(x) ≤ g(x) et lim g ( x) = −∞ alors lim f ( x) = −∞ .


x → −∞ x→−∞

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c) Exemple :
Soit f : x a f ( x) = x + 3 cos x .
Pour tout réel x on a : x − 3 ≤ f ( x) ≤ x + 3 .
• x − 3 ≤ f ( x) ; lim ( x − 3) ≤ lim f ( x) = −∞ ⇒ lim f ( x) = −∞ ;
x → −∞ x→−∞ x→−∞

• f ( x) ≤ x + 3 ; lim f ( x) ≤ lim ( x + 3) = +∞ ⇒ lim f ( x) = +∞ .


x → +∞ x→+∞ x → +∞

4-/ Théorème des gendarmes :


Soient f ; g et h trois fonctions telles que :

∀ x ∈ ] a ; b [ si f(x) ≤ g(x) ≤ h(x) et lim f ( x) = lim h( x) = l Alors lim g ( x) = l .


x →a x→a x→a

Exemple : Calculer
 sin 3 x  1 sin 3 x 1  sin 3 x 
lim  2  ⇔ − 1≤ sin 3 x ≤1 ⇔ − 2 ≤ 2 ≤ 2 ⇔ lim  2 =0
x → +∞  x + 1 x + 1 x + 1 x + 1 x → +∞  x + 1
5-/ Utilisation de la dérivée dans le calcul des limites :
f ( x) − f ( x 0 )
a) xlim = f ' ( x0 ) .
→x 0 x − x0
b) Exemples
tan x − 1 1 − cos x sin x sin x − sin 0
lim =2 ; lim = 0 ; lim = lim = (sin)' (0) = cos(0) = 1
x→
π π x →0 x x →0 x x →0 x−0
4 x−
4
C- / Continuité d’une fonction f :
1– Continuité en un point d’abscisse x0 :
a) Définition : Soit f une fonction numérique de la variable réelle x
d’ensemble de définition Df. On dit que f est continue au point
d’abscisse x0 de Df si et seulement si f ( x 0 ) est définie et lim f ( x) = f ( x 0 ) .
x → x0

 f est continue au po int   • f ( x 0 ) définie 


  ⇔  
 x 0 de D f   • xlim f ( x) = f ( x 0 ) 
   → x0 
b) Exemple :
x−2
– Soit f ( x) = . La fonction f est-elle continue en x0=1 ? ; en x0=0 ?
2x
x−2
– Soit f définie par f ( x) = .
x+2
 Déterminer l’ensemble de définition Df de f.
 f est-elle continue en x0 = 2 ?.
2– Prolongement par continuité en un point :
a) Définition :
 f est prolongeable par   • x 0 ∉ Df 
  si et seulement , si  
 continuité au po int x 0   • xlim f ( x) = l , l ∈ IR 
 → x0 
 g ( x) = f ( x) si x ≠ x0
Son prolongement est la fonction g définie par 
 g ( x0 ) = l

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b) Exemple et contre exemple :

x 2 − 4x + 3
– Soit f la fonction définie par f ( x) = ; f est-elle prolongeable par
x −1
continuité en x0 =1 ? si oui déterminer son prolongement g.

3
– Soit f définie par f ( x) = ; f peut-elle être prolongée par continuité en 0 ?.
x2

3– Continuité d’une fonction sur un intervalle I = [a ;b] :

Une fonction f est continue sur I = [a ; b] , si elle est continue en tout point de
I = [a ; b].

4– Théorème 3:
Toute fonction polynôme est continue sur ℝ.
Toute fonction rationnelle est continue en tout point de son ensemble de
définition.

5– Théorème 4 :
Si f et g sont deux fonctions respectivement continue en x0 ; alors les
f
fonctions ( f + g ) ; ( f − g ) ; ( f × g ) ; (λ f ) ( λ ∈ IR) ;   si g ( x) ≠ 0
g
sont continues en x0.

6– Théorème des valeurs intermédiaires :


a) Énoncé du théorème 5 :
Soit f une fonction continue sur un intervalle fermé [a ; b] et c un nombre
situé entre f (a) et f (b) inclusivement ; alors il existe au moins une valeur x
dans l’intervalle [a ; b] tel que f ( x) = c .

f(b)
(Cf)
c

f(a)

a x b

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b) Conséquence du Théorème 5 :

Si f est une fonction continue sur [a ; b] et si f (a) et f (b) sont de signes


contraires c'est-à-dire f (a) × f (b) < 0 alors l’équation f ( x) = 0 admet au moins
une solution α dans [a ; b] tel que f (α ) = 0 .
y
f(b)
(Cf)

a α2
0 α1 α3 x
b
f(a)

b) Théorème de la bijection :

Si f est une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle


I = [a ; b] alors f réalise une bijection de I = [a ; b] sur f ( I ) où f ( I )
est un intervalle.
De plus si f (a) et f (b) sont de signes contraires c'est-à-dire f (a) × f (b) < 0
alors l’équation f ( x) = 0 admet une solution unique α dans [a ; b] tel que
f (α ) = 0 .

f(b)

a
0 α b

f(a)

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7- Représentation graphique d’une bijection réciproque :

Pour représenter la courbe (Cf–1) de la bijection réciproque de la bijection f ;


on trace le symétrique orthogonal de la courbe (Cf) de f par rapport à la
première bissectrice d’équation y = x.

y Cf-1 1ère bissectrice : y = x

Cf

8- Rappels :

Soit f la fonction définie sur un intervalle I = [a ; b]. Soient x1 et x2 deux


éléments de I.
- Si x1 ≤ x2 ⇒ f(x1) ≤ f(x2) alors f est croissante sur I.
- Si x1 ≤ x2 ⇒ f(x1) ≥ f(x2) alors f est décroissante sur I.
- ∀x1 ε I, ∀ x2 ε I, si f(x1) = f(x2) alors f est constante sur I.

D- / Dérivée d’une fonction numérique :

1- Fonction dérivable en un point :


a) Définition : On dit qu’une fonction f est dérivable au point d’abscisse
x0 (ou admet un nombre dérivé au point x0) de son ensemble de
f ( x) − f ( x 0 )
définition si et seulement, si : xlim = A ; ( A∈ IR ) . A est noté
→x 0 x − x0
f ' ( x 0 ) et est appelé le nombre dérivé de la fonction f au point x0.

b) Exemples :

Etudier la dérivabilité de f en x0 dans les cas suivants


- f ( x) = x 2 + 2 x − 1 et x0 = 2 ;
- f ( x) = 1 − x 2 et x0 = − 1

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2- Équation de la tangente à la courbe en un point x0 :

L’équation de la tangente (T) à la courbe (Cf) de f au point d’abscisse x0 est


. (T) : y = f ’(x0)(x–x0) + f (x0) .
3- Remarque : Si le coefficient directeur f ’(x0) = 0, la tangente est
horizontale ou parallèle à l’axe des abscisses en x0.
4- Techniques de dérivation :
a) Formules de dérivation :
Soient f ; u et v des fonctions dérivables en un point x de l’intervalle I.
Fonction f définie par Fonction dérivée f ’ définie par
f ( x) = c f ’(x) = 0
f ( x) = x f ’(x) =1
f ( x) = ax f ’(x) = a
f ( x) = x n f ’(x) = n x n −1
f ( x) = ax n f ’(x) = an x n −1
1 −1
f ( x) = f ’(x) = 2
x x
f(x) = x 1
2 x
u= fn ( )
u ’ = f ' = n × f n −1 × f '
n

f =u +v f ’ = (u + v ) ’ = u ’ + v ’
f =u×v f ’ = (u × v ) ’ = u ’ v + v ’ u
u '
f =  u  u ' v − v' u
v f ’=   =
v v2
f ( x ) = u ( x) f ’ (x) =
u ' ( x)
2 u ( x)
f ( x) = u (ax + b) f ’ (x) = a × u ' (ax + b )

b) Dérivées de fonctions circulaires :

f ( x) = sin x f ’ ( x) = cos x
f ( x) = cos x f ’ ( x) = − sin x
f ( x) = sin(ax + b) f ’ ( x) = a cos(ax + b)
f ( x) = cos(ax + b) f ’ ( x) = −a sin(ax + b)
f ( x) = tgx 1
f ’ ( x) = 2
= 1 + tg 2 x
cos x
f ( x) = cot gx −1
f ’ ( x) = 2
= −(1 + cot g 2 x)
sin x

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Sinx
Dérivée
Primitive

N.B : Cette nouvelle technique que


je mets à votre disposition vous
permettra de retenir le plus – cosx cosx
simplement possible la dérivée O
et la primitive des fonctions
Sinus et Cosinus

– Sinx

c) Dérivée de la bijection réciproque :

(f )
−1
(a) =
1
[ ]
'
. −1
.
f' f (a)

5- Extension du nombre dérivé :

a) Point anguleux

Soit f une fonction numérique admettant au point x0 un nombre dérivé à gauche


f g' ( x 0 ) différent du nombre dérivé à droite f d' ( x 0 ) . On dit que la fonction f n’est
pas dérivable en x0 et le point d’abscisse x0 est un point anguleux de la courbe
(Cf).

y y

f(x0) f(x0)
M0 M0

x0 x x0 x

La courbe présente au point d’abscisse x0 deux demi tangentes.


– Une demi tangente à gauche de pente = f g' ( x 0 ) ;
– Une demi tangente à droite de pente = f d' ( x0 ) .

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b) Point de rebroussement ou un pic :

y
y
(Cf) f(x0) M0

f(x0) (Cf)
M0

x0 x x0 x

f (x) − f ( x0 ) f (x) − f ( x0 ) f (x) − f (x0) f (x) − f (x0)


Si lim− = −∞ et lim+ = +∞ ; Si lim− = +∞ et lim+ = −∞ ;
x → x0 x − x0 x → x0 x − x0 x→x0 x − x0 x→x0 x − x0
Alors la courbe (Cf) présente au point d’abscisse x0 Alors la courbe (Cf) présente au point d’abscisse
une demi-tangente verticale dirigée vers le haut. On x0 une demi-tangente verticale dirigée vers le bas.
dit que le point d’abscisse x0 est un point de On dit que le point d’abscisse x0 est un point de
rebroussement ou un pic. rebroussement ou un pic.

E- / Inégalités des Accroissements Finis :


Soit f une fonction dérivable sur I = [a ; b] où a et b sont des réels.
• Première Forme :
Si a ≤ b et si les réels m et M sont tels que : ∀ x ε [a ; b]
m ≤ f ’(x) ≤ M alors m(b–a) ≤ f (b) – f (a) ≤ M(b – a)

• Deuxième Forme :

Si k est un réel tel que : ∀ x ε [a ; b] = I ,


| f ’(x) | ≤ k alors | f (b) – f (a) | ≤ k |b – a|

 π
Exemple : soit f la fonction définie sur 0 ;  par f ( x) = sin x .
 4
 π 2
Démontrer que pour tout x de 0 ;  on a : x ≤ sin x ≤ x .
 4 2

F-/ Dérivabilité et continuité :


1- Théorème 6 : (admis)
Si une fonction numérique est dérivable en un point, elle est continue en ce point.
Par contre, une fonction continue en un point n’est pas nécessairement dérivable en
ce point.

2- Exemple : f : x ֏ f (x)= |x| est continue en x = 0, mais pas dérivable en x = 0.

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ÉTUDE D’UNE FONCTION NUMÉRIQUE
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I – Quelques propriétés géométriques :


1. Fonctions paires :
Une fonction numérique f d’ensemble de définition Df est dite paire si, et
seulement si ∀x ε Df, (–x) ε Df ; f (–x) = f (x).
La courbe (Cf) de f admet l’axe des ordonnées comme axe de symétrie.
2. Fonction impaire :
Une fonction numérique f d’ensemble de définition Df est dite impaire si,
et seulement si ∀x ε Df, (–x) ε Df ; f (–x) = – f (x).
L’origine du repère est centre de symétrie pour la courbe (Cf) de f dans un
repère cartésien.
3. Axe de symétrie d’une représentation graphique :
Dans un repère orthogonal la droite (D) d’équation x = a , ( a ε ℝ) est axe
de symétrie pour la courbe (Cf) de f , si et seulement si f (2a – x) = f (x).
4. Centre de symétrie d’une représentation graphique :
Le repère étant quelconque, le point I (a ; b) est un centre de symétrie
pour la courbe (Cf) de f si et seulement si, f (2a–x) + f (x)= 2b.
5. Fonctions périodiques :
Une fonction numérique f est périodique si, seulement si il existe un réel
strictement positif t tel que ∀x ε Df f (x+t) = f (x) .
On dit alors que t est une période de f .

– Si f(x) = cos(ax +b) alors la période T = ;
a

– Si f(x) = sin(ax +b) alors la période T = ;
a
π
– Si f(x) = tan(ax +b) alors la période T = .
a
II – Plan d’étude d’une fonction numérique :
Pour étudier une fonction numérique nous adopterons le plan suivant :
 Déterminer l’ensemble de définition (étudier la continuité)
 Etudier éventuellement la parité. Recherche de la période, des
symétries afin de réduire l’intervalle d’étude.
 Etudier les limites aux bornes de l’ensemble de définition ;
 Calculer la fonction dérivée et étudier son signe ; indiquer le sens de
variation.
 Consigner dans un tableau de variation les résultats précédents.
 Déterminer les points remarquables à l’étude de la fonction
 Points d’intersection de la courbe avec les axes de coordonnées
 Points d’inflexion etc.

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III – Exemple d’étude de fonctions polynômes :

1- Théorème 1: Si f admet un extremum relatif d’abscisse x0, alors fɅ(x0) = 0


ou f n’est pas dérivable en x0.

2- Théorème 2: Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ouvert ]a ; b[.


Si fɅ(x) s’annule en x0 de ]a ;b[ en changeant de signe, alors f admet un
extremum en x0.

3- Exemple : Soit f la fonction définie par f ( x) = x 3 − 3 x + 2 .


a) Etudier les variations de f ;

b) Montrer que f admet un point d’inflexion que l’on précisera. On


déterminera les intersections de la courbe (Cf) de f avec les axes de
coordonnées.
c) Tracer la courbe (Cf) de f dans un repère orthonormé. Quels sont les
extremums relatifs de f ?. En quels points sont-ils atteints ?.

IV – Exemple d’étude de fonctions rationnelles :

1- Recherche d’asymptotes parallèles aux axes de coordonnées :


a) Asymptote Verticale :

Si lim f ( x) = + ∞ ou − ∞ alors la droite d’équation x = a est asymptote


x→a
verticale à la courbe (Cf) de f .

y
La droite d’équation : x = a est
x=a
asymptote verticale à la courbe de f.

j
O x
i

(Cf)

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b) Asymptote horizontale :

Si lim f ( x) = L (réel ) ,alors la droite d’équation y = L est asymptote


x → +− ∞

horizontale à la courbe (Cf) de f .

y
y=L

La droite d’équation : y = L est


asymptote horizontale à la courbe de f.
j
O x
i
(Cf)

2x + 2
2- Exemple : Étudier et représenter la fonction f définie par f ( x) = .
x −1
3- Asymptote oblique :

• Si lim f ( x) = +− ∞ , alors il y a possibilité d’asymptote oblique en +− ∞.


x → +− ∞

• Si f ( x) = ax + b + C ( x) avec lim C ( x) = 0 ; alors la droite d’équation y = ax+b


x → +− ∞

est asymptote oblique à la courbe au voisinage de +∞ ou –∞.

• La droite (D) d’équation : y = ax + b est dite asymptote oblique à la


courbe au voisinage de de +∞ ou –∞ ; si et seulement, si
lim+ [ f ( x) − (ax + b)] = 0 .
x → −∞

4- Position de la courbe par rapport à son asymptote oblique :

Pour étudier la position de la courbe (Cf) de f par rapport à son asymptote


oblique (D) d’équation : y = ax + b ; on étudie le signe de f ( x) − (ax + b) dans Df.

1er cas : Si [ f ( x) − (ax + b) ] < 0 ; alors la courbe (Cf) est en dessous de (D).

2ème cas : Si [ f ( x) − (ax + b) ] > 0 ; alors la courbe (Cf) est au dessus de (D).

3ème cas : Si [ f ( x) − (ax + b) ] = 0 ; alors la courbe (Cf) coupe (D) en un point x0.

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x 2 − 5 x + 15
5- Exemple : Soit f la fonction définie par f ( x) = .
x−2
c
a) Déterminer les réels a, b et c tels que f ( x) = ax + b + ;
x−2
b) Montrer que la courbe (Cf) de f admet une asymptote oblique (D) à
préciser ;
c) Etudier la fonction f ;
d) Montrer que le point I (2 ; –1) est centre de symétrie pour la courbe (Cf) de
f ;
e) Etudier la position relative de (Cf) par rapport à (D) ;
f) Construire (D) et (Cf) dans un repère orthonormé.

6- Recherche de l’asymptote oblique :

Soit f une fonction de ℝ vers ℝ. S’il existe deux réels a et b tels que :

lim+
f ( x)
= a et lim [ f ( x) − ax ] = b , alors la courbe (Cf) de f admet
x → −∞ x x → +− ∞

pour asymptote la droite (D) : y = ax + b au voisinage de +∞ ou de –∞.

Dans cette recherche 5 cas peuvent se présenter qu’on résume dans le


tableau ci-dessous.

f ( x) lim [ f ( x) − ax ]
lim+ x → +− ∞
x → −∞ x

b ( b ε ℝ) Asymptote oblique :
y = ax + b.
Direction
asymptotique ∆ +∞ ou –∞
définie par la Branche parabolique
a ( a ε ℝ) de direction ∆.
droite d’équation :
y = ax Pas de limite

Direction
asymptotique ∆ Branche parabolique
+∞ ou –∞ définie par la de direction ∆.
droite d’équation :
x = 0.
Pas de direction
Pas de limite asymptotique

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FONCTIONS
EXPONENTIELLE
ET LOGARITHME

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Mathématique en Terminale S
Fonction exponentielle et logarithme

Table des matières

1 La fonction exponentielle 2

1.1 Existence et unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

1.2 Relation fonctionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

1.3 La notation ex . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

1.4 Variations et limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

1.5 Synthèse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 La fonction logarithme 6

2.1 Définition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

2.2 Relation fonctionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2.3 Variations et limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2.4 Synthèse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

3 Applications 10

3.1 Echelle semi-logarithmique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

3.2 Logarithme décimal et pH d’une solution aqueuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

3.3 Croissance ou décroissance exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

1
Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Section 1

La fonction exponentielle

1.1 Existence et unicité

Théorème
Il existe une unique fonction f dérivable sur R telle que f ′ (x) = f (x) quelque soit le réel x et
f (0) = 1 Cette fonction est appelée fonction exponentielle, notée exp.

On distingue deux étapes dans la démonstration de ce théorème.


D’abord, on admet (hors programme) l’existence d’une telle fonction. Remarquons tout de même que la
méthode d’Euler ✍ permet de construire approximativement la courbe représentative d’une telle fonc-
tion. Ensuite, on démontre l’unicité d’une telle fonction.
Démonstration de l’unicitéOn suppose qu’il existe une fonction g qui n’est pas l’exponentielle telle que
g ′ = g et g(0) = 1.
g(x)
On définit alors la fonction h définit pour tout réel x, par :h(x) = . La fonction h est parfaitement
exp(x)
définie car on démontrera un peu plus tard que exp(x) > 0, ∀x ∈ R.
La fonction est dérivable sur R et admet donc pour dérivée :

g ′(x) × exp(x) − g(x) × exp(x)


h′ (x) = = 0 car pour tout x ,g ′(x) = g(x)
(exp(x))2

Donc quelque soit le réel x, h′ (x) = 0 ; donc la fonction h est constante. Il existe donc k réel tel que,quelque
g(x) g(0)
soit le réel x, h(x) = k. Or h(x) = , donc h(0) = = 1. Finalement, quelque soit le réel
exp(x) exp(0)
x ,h(x) = 1 et finalement, g(x) = exp(x).Impossible car g n’est pas l’exponentielle.Donc la fonction est
unique.

1.2 Relation fonctionnelle

On considère deux réels x et y et n un nombre entier.

Propriété
exp(x + y) = exp(x) × exp(y)

✍. Cette méthode repose sur une approximation affine sur des intervalles d’autant plus petits que l’approximation est
bonne

2/12
Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Cette expression est appelée relation fonctionnelle. Elle est caractéristique ✍ des fonctions exponentielles.

Exercice 1 Soit x un nombre réel (quelconque quoi...).


x x
1. (a) Donnez deux expressions possibles pour exp( + ).
2 2
(b) En déduire que exp(x) ≥ 0, ∀x dans R.
2. On suppose qu’il existe un réel α tel que exp(α) = 0. En déduire alors que pour tout réel x,
exp(x) = 0.
3. Conclure.

Propriété
Quelque soit le réel x, exp(x) > 0

Autres conséquences.

Propriété
1 exp(x)
exp(−x) = exp(x − y) = exp(n × x) = (exp(x))n
exp(x) exp(y)

La démonstration est relativement simple.En effet exp(x) × exp(−x) = exp(x + (−x)) = exp(0) = 1. Ce
qui prouve la première. Le reste ne présente pas de difficultés.
On verra plus tard dans l’année le raisonnement par récurrence qui permettra la démonstration de la
dernière relation.

1.3 La notation ex

Considérons un entier n. Alors d’après l’une des formules précédentes, on peut écrire :

exp(n) = exp(n × 1) = exp(1)n = en

Le nombre exp(1) noté e admet une valeur approchée égale à 2,718...


On généralise en écrivant pour tout réel x,

exp(x) = ex

Cette notation présente des avantages et des inconvénients. Son écriture sous forme de puissance permet
de mobiliser des connaissances antérieures sur les puissances, mais attention par exemple exp(x + y) s’écrit
ex+y .

✍. Si une fonction f vérifie f (x + y) = f (x) × f (y) alors f est du type exponentielle

3/12
Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

1.4 Variations et limites

Théorème
La fonction exponentielle est strictement croissante sur R

Démonstration : La dérivée de la fonction exponentielle est la fonction exponentielle que l’on sait stricte-
ment positive sur R. Or si la dérivée f ′ d’une fonction f est strictement positive sur un intervalle alors la
fonction f est croissante sur cet intervalle.Donc la fonction exponentielle est croissante sur R.
Exercice 2 On considère la fonction f définie sur R par :

f (x) = xex − 1
1. Déterminer la dérivée f ′ de la fonction f puis déterminer son signe.
2. En déduire les variations de f sur R.
Conséquences du théorème :

Propriété
x < y ⇔ ex < ey et x = y ⇔ ex = ey

La croissance se traduit par une conservation de l’ordre.Ces relations sont utiles dans la résolution des
équations ou inéquations.

Exercice 3 Résoudre les équations suivantes :


2 2 −5x+7
1. ex = e2 2. e1−x = −1 3. ex =0

Propriété
lim ex = +∞
x→+∞

On désigne par cette limite, le comportement des valeurs de ex lorsque x devient très grand.
Démonstration :
On considère la fonction h définie pour tout x positif, par h(x) = ex − x. Cette fonction est dérivable et
h′ (x) = ex −1. Or pour tout x > 0, ex > 1 donc h′ (x) > 0 et h est croissante sur [0; +∞[. Or h(0) = 1 donc
quelque soit x > 0, h(x) > 0 ce qui s’écrit encore ex > x. Donc quand x augmente même considérablement
,ex aussi.

Propriété
lim ex = 0
x→−∞

Plus les valeurs de x diminuent plus les valeurs correspondantes de l’exponentielle se rapproche de 0.
1
La démonstration repose sur l’expression ex = −x vraie pour tout x et du résultat précédent.
e

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Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

1.5 Synthèse :

La fonction exponentielle est donc croissante, strictement positive et égale à sa dérivée pour tout nombre
x.
Elle vérifie de plus les relations algébriques précisées dans les propriétés suivantes :

Propriétés algébriques de la fonction exponentielle


Pour tous réels x et y et tout entier n,

ex 1
ex+y = ex × ey , ex−y = y
, e−x = x et (ex )n = ex×n
e e

5/12
Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Section 2

La fonction logarithme

On sait que la fonction exponentielle est strictement croissante de ] − ∞; +∞[ dans ]0; +∞[. Conséquence
directe et importante : l’équation ex = a admet :

— une solution unique si a > 0 ;


— aucune solution si a ≤ 0.
Dans le cas où la solution existe, on l’appelle logarithme népérien de a et on la note ln(a) ou ln a s’il
n’ y a pas d’ambigüité.

2.1 Définition et propriétés

Définition
La fonction qui à tout réel x strictement positif associe le nombre ln(x) est la fonction logarithme
népérien. On note f (x) = ln(x).

Les fonctions exponentielle et logarithme népérien sont réciproques l’une de l’autre, l’effet de l’un annulant
l’effet de l’autre.Leurs courbes représentatives sont alors symétriques par rapport à la droite d’équation
y = x.

−4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5 6

−1

−2

−3

−4

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Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Propriété
Soit x un réel quelconque et y un réel positif. Alors :

ex = y ⇔ x = ln(y)

Conséquences :

— ln(1) = 0 et ln(e) = 1
— ln(x) = 0 ⇔ x = 1 et ln(x) = 1 ⇔ x = e ; relations très utiles dans la résolution d’équations.

2.2 Relation fonctionnelle

Propriété
Pour tous réels x et y strictement positifs, on a :

ln(x × y) = ln(x) + ln(y)

C’est la relation caractéristique des fonctions logarithmes.Elles transforment des produits en somme.
Conséquences :

Propriété
Pour tous réels x et y strictement positifs et n entier, on a :

1 x
ln( ) = −ln(x) ;ln( ) = ln(x) − ln(y) ;ln(xn ) = n × ln(x)
x y

1

Remarque : Pour x > 0, x s’écrit aussi x 2 . En appliquant la dernière règle, on obtient une nouvelle
formule :

√ 1
ln( x) = ln(x)
2

2.3 Variations et limites

On admet le résultat suivant :

7/12
Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Propriété
1
La fonction ln(x) est dérivable sur ]0; +∞[ et ln′ (x) = .
x

Conséquence immédiate :

Propriété
La fonction ln(x) est strictement croissante sur ]0; +∞[.

En effet sa dérivée est strictement positive sur ]0; +∞[.Cette stricte croissance induit le résultat suivant :

Propriété
ln(x) = ln(y) ⇔ x = y

Cette proposition qui reste valable avec n’importe quel signe d’égalité, est importante dans la résolution
d’équations ou d’inéquations.
Enfin, on démontrera dans un autre chapitre les résultats suivants :

Définition
lim ln(x) = +∞ et lim ln(x) = −∞
x→+∞ x→0

Plus les valeurs de x se rapprochent de 0, plus la valeur de son logarithme tend vers −∞.
Les valeurs de ln(x) augmentent en même temps que celles de x ; en revanche, contrairement à l’expo-
nentielle, la progression est très lente. Par exemple, ln(x) > 20 dès que x dépasse 485 millions( à peu
près...) ✍ .

2.4 Synthèse :

La fonction logarithme népérien n’est définie que sur l’intervalle I =]0; +∞[.Elle est croissante sur cet
intervalle et s’annule en x = 1.
Elle vérifie de plus les relations algébriques précisées dans les propriétés suivantes :

✍. Par comparaison, ex > 20 dès que x ≃ 3 !

8/12
Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Propriétés algébriques de la fonction logarithme


Pour tous réels x et y et tout entier n,

x 1
ln(x × y) = ln(x) + ln(y), ln( ) = ln(x) − ln(y), ln( ) = −ln(x) et ln(xn ) = n × ln(x)
y x

Exercice 4 Résoudre les équations ou inéquations suivantes :

2
1. ex = 3 3. ln(x2 − x) = 1 5. (x + 3)ex = 0 7. e−x = 4
2. ln(2x) = 5 4. ln(x + 2) = 0 6. xln(x − 2) = 0

Gardons tout de même à l’esprit que ces équations gardent un caractère particulier ; elles sont ≪ résolvables ≫ par
des procédés algébriques. On pourra se rendre compte que ce n’est pas le cas de toutes les équations.
L’équation ex = x a par exemple une solution mais qui ne peut pas s’exprimer de façon exacte...

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Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

Section 3

Applications

3.1 Echelle semi-logarithmique

On considère la suite (Un ) définie pour tout entier n par : un = 2 × 3n .

1. Rappeler la nature de la suite (Un ).


2. A la calculatrice, déterminer les neufs premiers termes de la suites.
3. Pourquoi ne peut-on pas représenter le nuage de points (n, Un ) dans une échelle linéaire ?
4. On définit pour tout entier n,la suite (Vn ) par : Vn = ln(Un ).
(a) Déterminer la nature de la suite (Vn ).
(b) Quel serait l’allure du nuage de points (n, Vn ) dans un repère à échelle linéaire ?
5. Pour représenter sur un même graphique,des petites et grandes données, on peut utiliser un papier
semi-logarithmique. L’échelle en ordonnée n’est pas linéaire mais logarithmique. Par exemple l’écart
entre 10 et 20 est le même qu’entre 1 et 2 car :
20 2
ln(20) − ln(10) = ln( ) = ln( ) = ln(2) − ln(1)
10 1

104 ✻

103

100

10

1 ✲
10
0 50 100 150 200 250
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Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

3.2 Logarithme décimal et pH d’une solution aqueuse

En chimie, le pH d’une solution permet de mesurer son caractère acide, neutre ou basique.Le pH est un
nombre compris entre 1,0 et 13,0 pour des solutions diluées de concentration inférieure à 10−1mol.L−1 . ✍
A 25◦ C :

— si pH < 7 alors la solution est acide


— si pH > 7 alors la solution est basique
— si pH = 7, la solution est neutre.

Définition
On appelle logarithme décimal (log) du réel x strictement positif, le nombre :

ln(x)
log(x) =
ln(10)

Le logarithme décimal présente les mêmes caractéristiques algébriques que le logarithme népérien.Néanmoins,
on a :

log(10) = 1; log(100) = 2; ...; log(10n) = n

Enfin, pour toute solution aqueuse diluée, on a :

pH = −log[H3 O + ]

où [H3 O + ] est la concentration en ions H3 O + .


1. (a) Une solution possède une concentration en ions H3 O + égale à 5 × 10−9 mol.L−1 . Quel est son
pH ?
(b) L’étiquette d’une bouteille de coca cola indique pH = 2, 3. Quelle est la concentration en ions
H3 O + de cette eau gazeuse ?
(c) Que peut-on dire d’une solution dont la concentration en ions H3 O + est égale à 0, 10mol.L − 1 ?
(d) Quelle est la concentration en ions H3 O + d’une solution neutre à 25◦ C ?
2. Quelle est l’évolution du pH lorsque la concentration en ions H3 O + est divisée par 10 ? par 100 ?
3. Si on multiplie par 10 la concentration d’ions H3 O + dans une solution, diminue-t-on ou augmente
t-on le pH de cette solution ?
4. Donnez la formule qui donne la concentration en ions H3 O + en fonction du pH.
✍. mathematiques.ac-bordeaux.fr

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Fonction exponentielle et logarithme Terminale S

3.3 Croissance ou décroissance exponentielle

Une quantité suit une décroissance exponentielle si elle diminue selon un taux proportionnel à sa valeur.
En termes mathématiques, cela se traduit par l’existence d’un réel k tel que :

Q(t + h) − Q(t)
= −k × Q(t)
h

L’oeil averti reconnaı̂tra le taux instantané de la fonction Q en t dont la limite quant h tend vers 0 est
Q′ (t). D’où la recherche d’une fonction qui vérifie l’équation ✍ :

Q′ (t) = −k × Q(t)

La fonction f définie par :

f (t) = exp(−k × t) = e−k×t

est une solution du problème recherché.

3.5

3.0

La pente de la tangente en
2.5 A(a, Q(a)) est proportion-
nelle à Q(a), quelque soit le
2.0 b réel
A a

1.5

1.0

0.5

−0.2 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4 1.6 1.8

−0.5

✍. dite équation différentielle

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FONCTIONS
PUISSANCE

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1

La fonction puissance

Table des matières

1 Fonction puissance 2
1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

2 Etude de la fonction puissance 3


2.1 Variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Limite en l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Tableau de variation et courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.4 Étude d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.5 Étude d’une fonction classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 La racine n-ieme 8
3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Simplification et résolutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

4 Croissance comparée 9
4.1 En + l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 En moins l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.3 Application : exo type BAC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

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2 1 FONCTION PUISSANCE

1 Fonction puissance
1.1 Définition

Définition 1 : On appelle fonction puissance d’un réel a positif, la fonction f a


définie sur R par :

a>0 f a (x) = ax avec a x = e x ln x

√ √ 1 1
Exemple : 3 2 =e 2 ln 3 et 5− 2 = e− 2 ln 5
Remarque : Il s’agit de la généralisation de la fonction puissance avec les
entiers relatifs. Cependant cette généralisation se fait au détriment de la puissance
d’un nombre négatif qui était possible pour les entiers relatifs mais qui à cause de
ln a devient impossible pour une puissance réel.

(−3)5 est possible mais (−3) 2 n’existe pas !

Conséquence La fonction puissance est strictement positive du fait de sa


notation exponenetielle.
∀x ∈ R ax > 0

1.2 Propriétés
On retrouve les mêmes propriétés de la fonction exponentielle avec la fonction
puissance :

Propriété 1 : Pour tous réels positifs a et b, on a les égalités suivantes pour x et


y réels :

ln a x = x ln a
ax
a x +y = a x × ay et a x −y =
ay
( a x )y = a xy
( ab) x = a x × b x

1.3 Exercices
1) Résoudre dans R : 2x = 32x+1
On revient à la notation exponentielle :
e x ln 2 = e(2x+1) ln 3
x ln 2 = (2x + 1) ln 3
x (ln 2 − 2 ln 3) = ln 3
ln 3
x=
ln 2 − 2 ln 3

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3

 x
1 3
2) Résoudre dans R : =
3 2
On revient à la notation exponentielle :
1 3
e x ln 3 = eln 2
− x ln 3 = ln 3 − ln 2
ln 2 − ln 3
x=
ln 3
1 x
 
3) Résoudre dans R : √ 63
3
On revient à la notation exponentielle :
x ln √1
e 3 6 eln 3

1
− x ln 3 6 ln 3
2
1
− x 6 1 car ln 3 > 0
2
x > −2

S = [−2; +∞[
1√
2
4) Résoudre dans R ∗+ : x 6
2
On revient à la notation exponentielle :
√ 1
2 ln x
e 6 eln 2

2 ln x 6 − ln 2
ln 2
ln x 6 − √
2
− ln
√2
x6e 2

− ln
√2
S =]0; e 2 [

2 Etude de la fonction puissance


2.1 Variation
Soit la fonction f a définie sur R par : f a ( x ) = a x .
Comme a x = e x ln a , elle est continue et dérivable sur R car composition de
fonctions continues et dérivables sur R. On a alors :
 ′
f a′ ( x ) = e x ln a = ln a e x ln a = ln a a x

Le signe de la dérivée dépend donc du signe de ln a. On a alors :


• Si a > 1, on a alors ∀ x ∈ R f a′ ( x ) > 0 la fonction puissance est croissante.
• Si 0 < a < 1, on a alors ∀ x ∈ R f a′ ( x ) < 0 la fonction puissance est
décroissante.

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4 2 ETUDE DE LA FONCTION PUISSANCE

2.2 Limite en l’infini

a>1 0<a<1

 lim x ln a = +∞  lim x ln a = −∞
 
x →+∞ x →+∞
 lim e x = +∞  lim e x = 0
x →+∞ x →−∞
Par composition, on a Par composition, on a

lim a x = +∞ lim a x = 0
x →+∞ x →+∞

De même, on montre que : De même, on montre que :

lim a x = 0 lim a x = +∞
x →−∞ x →−∞

2.3 Tableau de variation et courbe

a>1 0<a<1

x −∞ 0 1 +∞ x −∞ 0 1 +∞
f a′ ( x ) + f a′ ( x ) −
+∞ +∞
f a (x)
a
f a (x) 1
1 a
0 0

a
O 1 O 1

2.4 Étude d’une fonction


Soit la fonction f définie sur R par : f ( x ) = x2x

1) Limite en +∞

lim 2x = +∞

x →+∞
Par produit lim x2x = +∞
lim x = +∞ x →+∞
x →+∞

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2.4 É TUDE D ’ UNE FONCTION 5

2) Limite en −∞.

forme indéterminée : ∞×0

On change la forme : f ( x ) = xe x ln 2

On pose alors : X = x ln 2, on a alors :

Si x → −∞ on a : X → −∞

Xe X
La fonction devient alors :
ln 2
or on sait que : lim Xe X = 0, donc on en déduit que :
X →−∞

lim x2x = 0
x →−∞

On en déduit une asymptote horizontale : l’axe des abscisses en −∞.

3) Variation

f ′ ( x ) = e x ln 2 + x ln 2e x ln 2
= (1 + x ln 2)2x

On sait que : ∀ x ∈ R 2x > 0 donc : :

signe f ′ ( x ) = signe(1 + x ln 2)

1
f ′ (x) = 0 ⇔ x=− (≃ −1, 14)
ln 2
On a donc le tableau de variation suivant :

1
x −∞ − +∞
ln 2
f ′ (x) − 0 +
0 +∞
f (x) 1

e ln 2

1 1 − 1 ln 2 1
 
f − =− e ln 2 =− (≃ −0, 53)
ln 2 ln 2 e ln 2

4) La courbe

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6 2 ETUDE DE LA FONCTION PUISSANCE

−5 −4 −3 −2 −1 O 1 2

−1

2.5 Étude d’une fonction classique


Soit la fonction définie sur R + par :
(
f (x) = xx pour x > 0
f (0) = 1

1) Étude de la continuité en 0
Pour x > 0, on a f ( x ) = e x ln x , on a alors les limites suivantes :
lim x ln x = 0

x →0+
Par composition lim x x = 1
lim e x = 1  x →0+
x →0+

Comme lim x x = f (0), la fonction est continue en 0.


x →0+

2) Étude de la dérivabilité en 0
f ( h ) − f (0)
Il faut étudier le rapport quand h tend vers 0.
h
f ( h ) − f (0) e x ln x − 1
=
h h
0
C’est une limite indéterminée du type . On change de variable : H = h ln h
0
Si h → 0 on a : H→0

On a alors :
f ( h ) − f (0) He H − 1 eH − 1
= H
= ln h
h ln h
H

eH − 1
Comme on sait que : lim = 1 et lim ln h = −∞, on a :
H →0+ H h →0+

f (h) − 1
lim = −∞
x →0+ h
f n’est pas dérivable en 0 mais sa courbe possède une tangente verticale en 0.

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2.5 É TUDE D ’ UNE FONCTION CLASSIQUE 7

3) Limite en l’infini

On montre facilement par produit et composition que :

lim x x = +∞
x →+∞

4) Variation

x x est dérivable sur R ∗+ car composition de fonctions dérivables sur cet inter-
valle. On a alors :

1
f ′ ( x ) = (ln x + x × ) e x ln x = (ln x + 1) x x
x

Comme x x est positive sur R ∗+ , on a :

signe f ′ ( x ) = signe(ln x + 1)

De plus, on a :

1
f ′ (x) = 0 ⇔ ln x = −1 ⇔ x= (≃ 0, 37)
e

Comme la fonction ln est croissante sur R ∗+ la fonction f ′ est négative puis


positive. On a alors le tableau de variation suivant :

1
x 0 1 +∞
e
f ′ (x) − 0 +
1 +∞
f (x) 1
e − 1e

1
 
1 1 1
f = e e ln e = e− e (≃ 0, 69)
e

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8 3 LA RACINE N-IEME

5) La courbe

2.0

1.5

1.0

1
e− e
0.5

O e 0.5 1.0 1.5

3 La racine n-ieme
3.1 Définition

Définition 2 : On appelle racine ne d’un nombre réel positif x, le nombre noté



n
x tel que :
√ 1
n > 2 et n x = x n


Remarque : Pour x = 0, on peut définir : n
0 = 0.
√ 1 √ 1
Exemple : 3 = 3 2 5 7 = 7 5

Conséquence Pour x et y postifs, si xn = y alors x= n y

3.2 Simplification et résolutions


√ √
√ √
4 x 4x
1) Simplifier les expressions suivantes : 3 36 et √
3
x
√ √
4 1
 1
4
3 3 = 3 × 36
6 2
√ √ 1 1
x 4x x2 × x4
1 3 1 3 √
3
= 1
= 32 × 32 = 32+2 x x3
= 32 = 9 1 1 1
= x 2 + 4 − 3 = x 12
5


2) Résoudre l’inéquation suivante dans R + : 3
x>8

3
x>8 ⇔ x > 83 ⇔ x > 512

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9

√ 6
3) Résoudre l’équation dans R ∗+ suivante : 3
x− √
3
−1 = 0
x

en multipliant l’équation par 3
x, on obtient :

3
2 √
x − 3 x−6 = 0

On pose alors X = 3
x, avec X > 0. L’équation devient :

X2 − X − 6 = 0

X ′ = −2 est racine évidente. De P = −6, on en déduit X ′′ = 3


Comme X ′ < 0, cette solution n’est pas retenue. On obtient alors :

X ′′ = 3 ⇔ x = 33 = 27

4 Croissance comparée
4.1 En + l’infini

Théorème 1 : Pour tout entier n > 1, on a les limites suivantes :

ln x ex
lim =0 et lim = +∞
x →+∞ x n x →+∞ xn

Remarque : La première limite a été vue dans le chapitre sur la fonction


logarithme. L’idée consiste à faire un changement de variable X = x n
Démonstration : De la deuxième limite. On utilise la notation exponentielle
pour x n . On a alors :

ex ex ln x
n
= n ln x
= e x−n ln x = e x(1−n x )
x e
ln x
Or on sait que lim = 0 donc on a :
x →+∞ x

ln x

lim 1 − n = 1
 ex
x →+∞ x par composition lim = +∞
lim e x = +∞ 
 x →+∞ xn
x →+∞

4.2 En moins l’infini

Théorème 2 : Pour tout entier n > 1, on a les limites suivantes :

lim x n ln x = 0 et lim x n e x = 0
x →0+ x →−∞

PAUL MILAN 22 mai 2012 T ERMINALE S


10 4 CROISSANCE COMPARÉE

Démonstration : Pour la première limite, on pose comme changement de


1
variable X = , on revient alors à une limite en +∞
x
Pour la seconde limite, le changement de variable est X = − x, on revient alors
à une limite en +∞.
Remarque : Je laisse au lecteur le soin de faire ces deux démonstrations

4.3 Application : exo type BAC


f est une fonction définie sur [0; +∞[ par :

 f ( x ) = 1 e− 1x pour

x>0

x2
 f (0) = 0

1) Démontrer que la fonction f est dérivable en 0.

2) Étudier les variations de f et sa limite en +∞.


3) On note T la tangente à la courbe C représentative de f au point d’abscisse x0 .
a) Écrire une équation de la tangente T en x0 à C .
b) Déterminer x0 pour que T passe par l’origine du repère orthonormal choisi.

4) Pour la valeur x0 trouvée, tracer T puis C (unité graphique 6 cm)

✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏

1) Pour montrer que f est dérivable en 0, il faut montrer que la quantité suivante
admet une limite finie en 0+
1 −1
f ( h ) − f (0) 2
e h −0 1
e− h
= h = 3
h h h
1
On pose : H = − , on a alors :
h
Si h → 0+ alors H → −∞

La quantité devient alors :


1
e− h eH 3 H
3
= 3 = − H e
h 1

H

Or on sait que lim H 3 e H = 0, donc on a :


H →−∞

f ( h ) − f (0)
lim =0
x →0+ h

Conclusion : f est dérivable (donc continue) en 0 et sa courbe admet une


tangente horizontale en 0.

PAUL MILAN 22 mai 2012 T ERMINALE S


4.3 A PPLICATION : EXO TYPE BAC 11

2) Variation : La fonction f est continue et dérivable sur ]0; +∞[. On a alors :

2 −1 1 1 −1
f ′ (x) = − e x + × e x
x3 x2 x2
1 −1
= e x (−2x + 1)
x4

1 −1
On sait que : ∀ x ∈ ]0; +∞[, on a e x >0
x4
On en déduit que :

signe de f ′ ( x ) = signe de (−2x + 1)

1
f ′ (x) = 0 ⇔ −2x + 1 = 0 ⇔ x=
2
1
Limite en +∞. On pose X = − , donc :
x

Si x → +∞ alors X→0

1 −1
On a : e x = X2 eX
x2
Or on sait que : lim X 2 e X = 0 par produit des limites.
X →0

Conclusion : lim f ( x ) = 0
x →+∞

Tableau de variation

1
x −∞ +∞
2
f ′ (x) 0 + 0 −
4
f (x) e2
0 0

1
1 1 −1 4
 
f = 1 e 2 = 2 ≃ 0, 54
2 4
e

3) a) Tangente T en x0

y = f ′ ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 )
− x1
e 0 1 − x1
= (−2x0 + 1)( x − x0 ) + e 0
x04 x02

PAUL MILAN 22 mai 2012 T ERMINALE S


12 4 CROISSANCE COMPARÉE

b) Si T passe par l’origine, si l’on fait x = 0 dans l’équation de T, on trouve


y = 0. On a alors :

− x1
e 0 1 − x1
(−2x0 + 1) x0 + e 0 =0
x04 x02
− x1
e 0
(−2x0 − 1 + x0 ) = 0
x03

− x1
e 0
Comme ne s’annule par, on a :
x03

3x0 − 1 = 0
1
x0 =
3

On a alors l’équation de T :

2 27
 
4 −3
y=3 e − +1 x ⇔ y= x
3 e3

1
 
4) Courbe et tangente : on a f ≃ 0, 44
3

1.0
T

4
e2
0.5
 
1
f 3

O 1 0.5 1.0 1.5 2.0


3

PAUL MILAN 22 mai 2012 T ERMINALE S


LE CALCUL
INTEGRAL

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COURS TERMINALE S LE CALCUL INTEGRAL

A. Notion d'intégrale
1. Aire sous la courbe
On définit le domaine plan, qu'on appellera aire sous la courbe C représentative
d'une fonction positive f sur un intervalle [a; b], la partie du plan délimitée par
l'axe des abscisses, les droites d'équation x = a et x = b et la courbe C.
Le plan est rapporté à un repère (O; i , j ).
L'unité d'aire (notée u.a.) est l'aire du rectangle défini par les unités des axes.

2. Intégrale d'une fonction positive


Définition : On considère une fonction f définie et positive sur un intervalle I, deux réels a et b de I tels que a < b, et C
la courbe représentative de f dans un repère du plan.
b

On définit l'intégrale de la fonction f sur l'intervalle [a; b], notée  f t  dt comme l'aire (en unités d'aire) de la partie
a

du plan délimitée par l'axe des abscisses, les droites d'équation x = a et x = b et la courbe C.
b b

Remarque: la variable t est appelée une variable muette. On peut écrire  f t  dt =  f u du = ...
a a
4

Exemple: On cherche à calculer 2 t1 dt . On trace la droite représentative


1

de la fonction f définie sur [1; 4] par f(t) = 2t – 1 . Cette fonction est positive
sur cet intervalle, et cette intégrale est égale à l'aire de la partie du plan
délimitée par l'axe des abscisses, les droites d'équation x = 1 et x = 4 et la droite
(d). Cette partie du plan est un trapèze dont l'aire égale
 petite base  grande base × hauteur
. Les sommets du trapèze sont les points
2
de coordonnées A(1; 0), B(1; 1), C(4; 7), D(4; 0).
ABCD×AD 17×3
L'aire est donc égale à = = 12 unités d'aire.
2 2

3. Extension à une fonction de signe quelconque


Si la fonction f continue sur [a; b] n'est pas positive sur tout
l'intervalle [a; b], alors l'aire A de la partie du plan délimitée par l'axe
des abscisses, les droites d'équation x = a et x = b et la courbe C
s'obtient de la façon suivante:
b

Si f est négative sur [a; b], alors  f t  dt = – A.


a

Si f est de signe quelconque sur [a; b], alors on détermine les


intervalles sur lesquels f est positive et ceux sur lesquels f est négative,
b

et  f t  dt = A1 – A2 + A3 – A4 + A5 (sur la figure ci-contre).


a

4. Valeur moyenne d'une fonction


Définition: On considère une fonction f définie sur un intervalle I, deux réels a et b de I tels que a < b.
b
1
La valeur moyenne de la fonction f sur [a; b] est le nombre réel  f t dt .
ba a
B. Propriétés de l'intégrale
1. Propriétés algébriques
On considère une fonction f définie sur un intervalle I et les réels a, b et c de I :
a
  f t  dt = 0.
a
a b

 On admet que  f t  dt =–  f t  dt .
b a
b c c

 Relation de Chasles:  f t  dt +  f t dt =  f t  dt .


a b a
b b b b b

 Linéarité :  kf t dt = k  f t  dt .  f tgtdt =  f t  dt +  gt dt .


a a a a a

2. Intégrales et inégalités
On considère deux fonctions f et g définies sur un intervalle I et les réels a et b de I tels que a  b :
a

 Positivité: Si f 0 sur [a, b], alors  f t  dt 0.


b
a a

 Ordre : Si f g sur [a, b], alors  f t  dt  gt dt .


b b
a

 Inégalité de la moyenne : Si pour tout x de [a, b], m  f(x)  M, alors m(b – a)   f t  dt  M(b – a), c'est-à-
b

dire que la valeur moyenne


de f vérifie m 
 M.
a

Si pour tout x de [a, b], | f(x)|  M, alors  f t  dt  M(b – a),


b

C. Primitives d'une fonction


1. Notion de primitive
Définition: On considère une fonction f définie sur un intervalle I. On appelle primitive de f sur I toute fonction F
dérivable sur I telle que pour tout x de I, F '(x) = f(x).

Exemple: Une primitive de la fonction f définie sur par f(x) = 2x – 1 est la fonction F définie par F(x) = x2 – x + 1.
2 x3
Une primitive de la fonction f définie sur par f(x) = x est la fonction F définie par F(x) = .
3
2. Ensemble des primitives d'une fonction et conditions initiales
Propriété : Toute fonction f continue sur I admet une infinité de primitives sur I.
Si la fonction F en est une, alors les autres primitives de f sont les fonctions de la forme F(x) + k avec k .
Propriété : Soit f une fonction continue sur un intervalle I, x0 dans I, et y0 un réel quelconque. Alors la fonction f admet
une unique primitive F telle que F(x0) = y0 (appelée condition initiale).
x 35
Exemple : La primitive de la fonction f définie sur par f(x) = x2 telle que F(1) = 2 est F(x) = .
3
3. Intégrale et primitive
Théorème : On considère une fonction f continue sur un intervalle I et a un réel de I.
x

La fonction F définie par F(x) =  f t  dt est la primitive de f qui s'annule en a.


a

Démonstration : La démonstration est faite dans le cas où la fonction f est positive et croissante. Soit x0 dans I et x x0 .
Pour tout réel t [x0 ; x], on a f(x0)  f(t)  f(x) par la croissance de la fonction f. Ainsi, par le théorème de la moyenne,
x

f(x0)(x – x0)   f t  dt  f(x)(x – x0).


x0

Pour c dans I, Posons S(c) l'aire du domaine plan délimité par la courbe Cf , l'axe des abscisses et les droites d'équation
x x x0

x = a et x = c. Par la relation de Chasles,  f t  dt =  f t  dt –  f t  dt = S(x) – S(x0) .


x0 a a

S  x  – S  x0 
Donc f(x0)(x – x0)  S(x) – S(x0)  f(x)(x – x0), d'où f(x0)   f(x). La fonction f étant continue,
x – x0
S x – S  x 0 
lim f  x = f(x ), et par le théorème des gendarmes lim = f(x0). Ainsi la fonction S est dérivable en x0 et
0
x  x0 x – x0
x  x0

S'(x0) = f(x0). Ceci est vrai pour tout x0 de I, donc S est dérivable sur I et S'(x) = f(x). Donc S est une primitive de f.
a

De plus, S(a) =  f t  dt = 0, donc S est la primitive de f qui s'annule en a.


a
b

Théorème : Soit f une fonction continue sur un intervalle I et a et b deux réels de I. Alors  f t  dt = F(b) – F(a) où
a
b

= [ F  t  ] = F(b) – F(a) .
b
F est une primitive quelconque de f . Notation :  f t  dt a
a
b

Démonstration : Soit F la primitive de f qui s'annule en a. Alors F(b) =  f t  dt .


a

Soit G une primitive quelconque de f. On sait que G est de la forme G(x) = F(x) + k avec k .
b

Donc G(b) – G(a) = F(b) + k – F(a) – k = F(b) =  f t  dt .


a

4. Tableau des primitives


Dans le tableau, u' est une Fonction Primitives Définie sur
fonction définie et continue sur
f(x) = a (constante) F(x) = ax + k
l'intervalle I.
f(x) = xn où n  \{– 1} 1 si n 0 et \{0} si n < 0
F(x) = x n 1 + k
Exemples : n 1
1 1 F(x) = lnx + k ]0; + [
f(x) = 2 sur *; f(x) =
x x
1
F(x) = + k. f(x) = ex F(x) = ex + k
x
f(x) = cosx F(x) = sinx
x 2 1
f(x) = 2x e sur ;
x 1 2 f(x) = sinx F(x) = – cosx
F(x) = e + k.
au' au I
u u
ln x u'e e I
f(x) = sur ]0; + [ est de
x
u'un où n  \{– 1} 1 n1 I si n 0 et
la forme u'u ; u
n1 I  {x, u(x)  0} si n < 0
1
F(x) = (lnx)2 + k. u' lnu u(x) > 0 sur I
2
u ln(– u) u(x) < 0 sur I

D. Intégration par parties


Propriété: On considère deux fonctions u et v dérivables sur un intervalle I et a et b deux réels de I.
b b

Alors  u xv '  x dx = [ u x v  x ] –


b

a
 u'  x v x dx .
a a

Démonstration : On sait que (uv)' = u'v + uv', ainsi uv' = (uv)' – u'v et en intégrant ces deux fonctions sur [a; b], on
b b b b

= [ u  x v  x ] –
b
obtient  u xv '  x dx =  u x v x ' dx –  u'  x v x dx a
 u'  x v x dx .
a a a a

Application : On peut alors calculer des intégrales portant sur des fonctions dont on ne peut pas facilement déterminer
une primitive. On peut aussi déterminer des primitives.
1

Exemples : a) Déterminer  xex dx . On pose v'(x) = e x


et u(x) = x . Alors v(x) = ex et u'(x) = 1.
0
1 1

Ainsi  xe x
dx = [ x ex ] 1 –  e x dx = 1e1 – 0 - [ ex ] 1 = e – (e – 1) = 1.
0 0 0 0

b) Déterminer une primitive de ln sur ]0; + [ : On cherche par exemple la primitive F de ln qui s'annule en 1.
x
1
On a donc F(x) =  ln t dt . On pose v'(x) = 1 et u(x) = lnx . Alors v(x) = x et u'(x) =
x
.
1
x x x

D'où F(x) =  ln x dx = [ t ln t ] x – t
1
dt = [ t ln t ] x –  1 dt = [ t ln t ] x – [ t ] = [ t ln t t ] = xlnx – x – 1.
x x

1 1 1 t 1 1 1 1 1

Cas des fonctions de la forme P(x)ex : on prend v'(x) = ex et u(x) = P(x) où P est un polynôme.
Cas des fonctions de la forme P(x)lnx : on prend v'(x) = P(x) et u(x) = lnx où P est un polynôme.

E. Calculs d'aires et de volumes


1. Calculs d'aires
Théorème : Soient f et g deux fonctions définies et continues sur un
intervalle I, a et b deux réels de I tels que a < b.
On note Cf et Cg les courbes représentatives de f et g dans un repère
orthogonal du plan.
Si pour tout x de [a; b], f(x)  g(x), alors l'aire comprise entre les deux
courbes Cf et Cg et les droites d'équation x = a et x = b est égale à
b

 g x f  xdx u.a.


a

Exemple: Déterminer l'aire comprise entre les courbes représentatives de la fonction carrée et de la fonction cube sur
l'intervalle [0; 1].
Ces deux courbes se coupent en trois points d'abscisses solutions de l'équation x3 = x2 , soit x(x2 – 1) = 0,
soit x(x – 1)(x + 1) = 0. Les solutions sont – 1, 0 et 1. Les solutions qui sont dans l'intervalle [0; 1] sont 0 et 1.
De plus, sur [0; 1], x3  x2 (on peut le montrer à l'aide d'un tableau de signes). Donc l'aire cherchée est égale à

[ ]
b
x3 x4 1
 x 2 x 3 dx =  1
=
12
u.a.
a 3 4 0

2. Calculs de volumes
L'espace est muni d'un repère orthogonal (O; i , j ,  k ).
On appelle unité de volume noté u.v. Le nombre || i ||×|| j ||×||  k ||.
On considère un solide limité par les plans d'équation z = a et z = b avec a < b.
Pour tout z tel que b , on note Pz le plan perpendiculaire à (Oz) et de cote z ,
S(z) l'aire de la section du solide par le plan Pz . Si S est une fonction continue sur
b

[a; b], alors le volume du solide est V =  S z dz u.v.


a

Volume d'un solide engendré par la rotation d'une partie de plan autour d'un axe
L'espace est rapporté à un repère orthogonal (O; i , j ,  k ), on considère la partie du plan (O; i , j ) délimitée par la
courbe d'équation y = f(x) et les droites d'équation x = a, x = b et l'axe (O; i ). En tournant autour de l'axe (O; i ),
cette partie de plan engendre un solide de résolution limité par les plans parallèles à (O; j ,  k ) d’abscisse respectives

a et b. La section S du solide par le plan parallèle à (O; j , k ) d'abscisse x est un disque de rayon f(x),
b b

donc d'aire f(x) . Le volume de ce solide est en unité de volume :  S x dx =  f x  dx .


2 2

a a
Courbe Solide de révolution engendré par cette courbe

Exemple: On considère le paraboloïde construit en faisant tourner la parabole d'équation y = x2 sur l'intervalle [0; 1]
autour de l'axe (Oy). Le paraboloïde est un solide compris entre les plans d'équations y = 0 et y = 1, et la section du
solide par le plan perpendiculaire à (O; j ) est un disque de rayon x, donc d'aire x2 = y.

[ ]
1
y2 
Alors le volume de ce paraboloïde (bol) =   y dy = 
2
1
=
2
u.v.
0 0
SUITES
NUMERIQUES

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Résumé du cours sur les suites.
1 Suites numériques réelles et principe de récurrence
1.1 Les deux façons de définir une suite numérique réelle
Définition. On note n0 un entier naturel (en général n0 = 0 ou n0 = 1)
.
Une suite numérique réelle est une application qui associe à tout entier
naturel n ≥ n0 un nombre réel qui est noté un .
Ce nombre est « le terme de la suite de rang n » et la suite est donc
définie « à partir du rang n0 ».

On peut définir une suite de deux façons complètement différentes :


– Soit on a un moyen de calculer la valeur de un connaissant le rang n : la
suite est donc définie par une fonction f du rang et on note un = f (n) .
Ex : un = 2n
– Soit on connaı̂t la valeur initiale de la suite un0 et on sait calculer la
valeur de la suite au rang n + 1 connaissant sa valeur au rang n :
un+1 = f (un ) .
Ex : u0 = 0 et un+1 = un + 2
Les deux exemples définissent la même suite qui n’est autre que la suite
des entiers naturels multiples de 2 .
Dans le premier cas la suite est définie par une fonction (sous-entendu :
du rang) et dans le second, elle est définie par une formule de récurrence

On commence par une propriété utile pour compter le nombre de termes


dans une somme.
Propriété. Soit a ≤ b deux entiers naturels. Le nombre d’entiers n com-
pris entre a et b est égal à b − a + 1 .
Ex : entre les entiers 15 et 20 (bornes comprises) on a exactement 6
entiers.

1.2 Le principe de récurrence


On considère une propriété qui dépend d’un entier naturel n : pour chaque
n , la propriété Pn est vraie ou fausse.

1
Théorème. Si les deux conditions suivantes sont réunies :
– Pn0 est vraie
– Pour tout n ≥ n0 , si Pn est vraie , alors Pn+1 est vraie
Alors on peut conclure que la propriété Pn est vraie pour tout n ≥ n0
On en déduit une formule pour la somme des entiers de 0 à n .
Propriété. Soit n un entier naturel et S = 0 + . . . + n la somme de tous
n(n + 1)
les entiers compris entre 0 et n. On a le résultat suivant : S =
2
On en déduit également une formule pour la somme des puissances d’un
nombre réel .
Propriété. Soit n un entier naturel , q un nombre réel et S = 1 + q +
. . .+q n la somme de toutes les puissances de q dont l’exposant est compris
entre 0 et n. On a le résultat suivant :
1 − q n+1 q n+1 − 1
= si q 6= 1


 1−q

q−1
S=



 n+1 si q = 1

2 Rappels de première : suites arithmétiques et suites


géométriques
2.1 Suites arithmétiques
Définition. Une suite (un ) définie à partir du rang n0 est arithmétique
lorsque pour tout entier naturel n ≥ n0 on a : un+1 = un + r où le
nombre r est une constante réelle appelée « raison » de la suite.
Remarque. Montrer qu’une suite est arithmétique revient donc à montrer
que la différence un+1 − un est constante.

Calcul d’un terme en fonction de son rang.

Propriété. Étant donnée une suite arithmétique de raison r définie à


partir du rang n0 , pour tout entier n ≥ n0 , on peut calculer le terme de
rang n par la formule suivante :
un = un0 + (n − n0 ) · r

2
Remarque. On calcule la raison d’une suite arithmétique dont on connaı̂t
u n − u n0
deux termes de rangs différents par la formule : r =
n − n0

Calcul de la somme de termes consécutifs.

Propriété. Étant donnée une suite arithmétique de raison r définie à


partir du rang n0 , on considère la somme de ses termes du rang n0 jusqu’à
un rang n ≥ n0 . Cette somme est notée :
S = un0 + un0 +1 + . . . + un
Le nombre de termes de cette somme est N = n − n0 + 1 et on a la
formule suivante :
u n + un
S=N· 0
2
Remarque. La somme est donc la moyenne du premier et du dernier terme
multipliée par le nombre de termes.

2.2 Suites géométriques


Définition. Une suite (un ) définie à partir du rang n0 est géométrique
lorsque pour tout entier naturel n ≥ n0 on a : un+1 = q · un où le nombre
q est une constante réelle appelée « raison » de la suite.
Remarque. Montrer qu’une suite qui ne s’annule pas est géométrique re-
un+1
vient donc à montrer que le quotient est constant.
un

Calcul d’un terme en fonction de son rang.

Propriété. Étant donnée une suite géométrique de raison q définie à


partir du rang n0 , pour tout entier n ≥ n0 , on peut calculer le terme de
rang n par la formule suivante :
un = un0 · q n−n0

Calcul de la somme de termes consécutifs.

Propriété. Étant donnée une suite géométrique de raison q définie à


partir du rang n0 , on considère la somme de ses termes du rang n0 jusqu’à
un rang n ≥ n0 . Cette somme est notée :
S = un0 + un0 +1 + . . . + un
Le nombre de termes de cette somme est N = n − n0 + 1 et on a la

3
formule suivante :

1 − qN
 un0 · 1 − q si q 6= 1



S=



 u ·N
n0 si q=1

3 Majoration et minoration d’une suite


Définition. Une suite (un )n≥n0 est « majorée par le réel M » lorsque
pour tout n ≥ n0 , on a :
un ≤ M
Remarque. Le réel M est alors appelé un « majorant » de la suite. De
plus, lorsqu’une suite est majorée, elle a une infinité de majorants.
Définition. Une suite (un )n≥n0 est « minorée par le réel m » lorsque
pour tout n ≥ n0 , on a :
un ≥ m
Remarque. Le réel m est alors appelé un « minorant » de la suite. De
plus, lorsqu’une suite est minorée, elle a une infinité de minorants.
Définition. Une suite (un )n≥n0 est « bornée » lorsque elle est à la fois
majorée et minorée.

4 Variations
4.1 Généralités
Définition. Une suite est « croissante » lorsque pour tout n ≥ n0 on a :
un ≤ un+1
.
Remarque. Pour montrer qu’une suite n’est pas croissante, il faut montrer
qu’il existe un rang particulier n1 pour lequel on vérifie un1 > un1 +1 .
Définition. Une suite est « décroissante » lorsque pour tout n ≥ n0 on
a:
un ≥ un+1
.

4
Remarque. Pour montrer qu’une suite n’est pas décroissante, il faut mon-
trer qu’il existe un rang particulier n1 pour lequel on vérifie un1 < un1 +1 .
Définition. Une suite est « monotone » lorsqu’elle est croissante ou
décroissante.

4.2 Méthodes
Il y a principalement quatre méthodes pour étudier les variations d’une
suite.

Étude du signe de la différence de deux termes consécutifs.


Dans tous les cas, on peut calculer la différence un+1 − un et étudier son
signe.
Si cette différence est toujouirs positive, la suite est croissante.
Si cette différence est toujouirs négative, la suite est décroissante.

Comparaison du quotient de deux termes consécutifs et de 1.


Uniquement dans le cas où on sait que tous les termes de la suite sont
un+1
strictement positifs, on peut calculer le quotient et le comparer à
un
1.
Si ce quotient est toujouirs plus grand que 1, la suite est croissante.
Si ce quotient est toujouirs plus petit que 1 , la suite est décroissante.

Étude des variations d’une fonction. Uniquement dans le cas où la suite
est définie comme une fonction du rang, c’est-à-dire où l’on a un = f (n),
on peut étudier les variations de f sur l’intervalle [0, +∞[ : les variations
de la suite sont identiques à celles de la fonction.

Raisonnement par récurrence. Pour montrer qu’une suite définie pour


tout entier naturel est croissante, on peut procéder ainsi :
1. On vérifie u0 ≤ u1
2. On suppose que pour un certain entier n, on a un ≤ un+1 et on
montre que cela implique nécessairement un+1 ≤ un+2
3. On peut alors conclure que la suite est croissante.

5
5 Limites
Dans cette section, tous les résultats énoncés sont admis.

5.1 Définition des limites


Une suite peut avoir une limite égale à +∞ ou à −∞ ou à un réel l .
Une suite peut également ne pas avoir de limite.

Limite infinie.

Définition. La suite (un ) tend vers +∞ lorsque pour tout réel K il existe
un rang n1 à partir duquel on a un > K.
Remarque. Il est équivalent de dire que les termes de la suite « sont plus
grands que tout réel à partir d’un certain rang ».
Définition. La suite (un ) tend vers −∞ lorsque pour tout réel K il existe
un rang n1 à partir duquel on a un < K.
Remarque. Il est équivalent de dire que les termes de la suite « sont plus
petits que tout réel à partir d’un certain rang ».

Limite réelle

Définition. La suite (un ) tend vers 0 lorsque pour tout réel e > 0 il
existe un rang n1 à partir duquel on a |un | < e.
Définition. La suite (un ) tend vers le réel l lorsque pour tout réel e > 0
il existe un rang n1 à partir duquel on a |un − l| < e.
Remarque. Il est équivalent de dire que la distance des termes de la suite
au réel l « est plus petite que tout réel strictement positif à partir d’un
certain rang ».

Convergence et divergence

Définition.
Une suite est « convergente » lorsqu’elle admet une limite réelle.
Une suite est « divergente » dans le cas contraire, c’est-à-dire lorsque
– ou bien elle admet une limite égale à +∞ ou à −∞
– ou bien elle n’admet pas de limite

6
5.2 Limites et opérations
Dans les tableaux qui suivent les nombres ` et `0 sont deux nombres réels.
Lorsque le résultat est noté ? ? ? , cela signifie qu’il est « indéterminé »
, c’est-à-dire varie selon la nature des suites utilisées.

Somme de deux suites

Si lim un = ` ` ` +∞ −∞ +∞
et lim vn = `0 +∞ −∞ +∞ −∞ −∞
Alors lim un + vn = ` + `0 +∞ −∞ +∞ −∞ ? ? ?

Produit de deux suites

Si lim un = ` ` 6= 0 ±∞ 0
et lim vn = `0 ±∞ ±∞ ±∞
Alors lim un · vn = ` · `0 ±∞ ±∞ ? ? ?
Lorsque le résultat est ±∞ , le signe est déterminé par la règle des signes
.

Inverse d’une suite

Si lim un = ` 6= 0 ±∞ 0 0+ 0−
1 1
Alors lim = 0 ? ? ? +∞ −∞
un `
Par définition lim un = 0+ signifie : lim un = 0 et la suite est strictement
positive à partir d’un certain rang.
De même, lim un = 0− signifie : lim un = 0 et la suite est strictement
négative à partir d’un certain rang.

un 1
Quotient de deux suites. On détermine la limite de = un · par
vn vn
application successive des théorèmes sur l’inverse d’une suite et sur le
produit de deux suites.

7
Cas d’indétermination. C’est le plus important à mémoriser :

1 ∞ 0
∞−∞ 0·∞
0 ∞ 0

5.3 Suite obtenue par composition d’une suite puis d’une fonc-
tion
Propriété. On considère la suite vn = f (un ) où f désigne une fonction
numérique réelle. Si on connaı̂t lim un = α et si on connaı̂t lim f (x) = β
x→α
, alors on a : lim vn = β.
Remarque. Dans cet énoncé, les symboles α et β désignent un réel ou
+∞ ou −∞.

5.4 Limites et relation d’ordre


Passage à la limite dans une inégalité.

Propriété. On considère deux suites (un ) et (vn ) toutes les deux conver-
gentes respectivement vers les réels ` et `0 . Si à partir d’un certain rang,
on a : un ≤ vn , alors on a :
` ≤ `0
Remarque. On dit qu’on peut « passer à la limite » dans l’inégalité un ≤
vn

Calcul d’une limite à partir d’inégalités.On ne peut pas appliquer les


théorèmes sur les opérations dans tous les cas, notamment lorsque l’une
des deux suites utilisées n’a pas de limite. Dans cette situation, les
résultats suivants sont souvent utiles.
Propriété. Si à partir d’un certain rang, on a : un ≤ vn et si lim un =
+∞, alors on a :
lim vn = +∞
Remarque. On dit aussi que si une suite est minorée par une suite qui
tend vers +∞ , alors elle tend elle-même vers +∞.
Propriété. Si à partir d’un certain rang, on a : un ≤ vn et si lim vn =
−∞, alors on a :
lim un = −∞

8
Remarque. On dit aussi que si une suite est majorée par une suite qui
tend vers −∞ , alors elle tend elle-même vers −∞.
Propriété. Si à partir d’un certain rang, on a : un ≤ vn ≤ wn et si
lim un = lim wn = ` où ` est un réel, alors on a :
lim vn = `
Remarque. Ce résultat est appelé « théorème des gendarmes ». On dit
aussi que si une suite est encadrée par deux suites qui tendent vers le
même nombre réel, alors elle tend elle-même vers ce réel.

6 Exemples de suites convergentes


6.1 Convergence de suites géométriques
Théorème. Soit q un réel différent de 0 et de 1. On a les résultats
suivants :
1. Si q > 1 , alors lim q n = +∞
2. Si −1 < q < 1 , alors lim q n = 0
Remarque. On peut compléter ces résultats par :
• si q = 1 , la suite (q n ) est constante et sa limite est 1
• si q = 0 , la suite (q n ) est constante à partier du rang 1 et sa limite est
0
• si q ≤ −1 , la suite (q n ) n’a pas de limite

6.2 Convergence monotone


Le résultat suivant qui est admis, est très utile pour montrer qu’une suite
est convergente : il ne permet pas cependant de calculer cette limite.
Théorème. Si une suite est croissante et majorée, alors elle est conver-
gente. De même, si une suite est décroissante et minorée, alors elle est
convergente.

6.3 Suites adjacentes


Définition. On considère deux suites (un ) et (vn ) définies à partir du
rang n0 . Elles sont dites « adjacentes » lorsque :
1. (un ) est croissante

9
2. (vn ) est décroissante
3. lim vn − un = 0
Théorème. Si deux suites sont adjacentes, alors elles convergent vers le
même nombre réel.

10
LES EQUATIONS
DIFFERENTIELLES

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Résumé de cours sur les équations différentielles.

Table des matières


1 Préliminaires et vocabulaire 2

2 ED linéaires d’ordre 1 à coefficients constants, homogènes 3


2.1 Forme de l’équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Exemples et contre-exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.3 Résultats du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.4 Exercice résolu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

3 ED linéaires d’ordre 2 à coefficients constants, homogènes 4


3.1 Forme de l’équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.2 Exemples et contre-exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.3 Résultats du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.4 Exos résolus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

4 ED linéaires d’ordre 2 à coefficients constants, avec second membre 5


4.1 Forme de l’équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4.2 Résultats du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.3 Liste d’exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.4 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.5 Exemple d’application du principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

5 ED linéaires d’ordre 1 à coefficients constants, avec second membre 8


5.1 Forme de l’équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.3 Résultats du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.4 Exercice résolu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

6 ED linéaires d’ordre 1 à coefficients variables 9


6.1 Premier cas : le coefficient dominant est égal à 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
6.2 Exo résolu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
6.3 Coefficient dominant variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

7 Résumé - marche à suivre pour traiter une ED 10


7.1 Coefs constants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.1.1 Sans second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.1.2 Avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.2 Coefficients non constants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
7.2.1 Sans second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
7.2.2 Avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Ce qui suit est un résumé de cours sur les équations différentielles (ou équadiffs, ou ED), orienté
vers la résolution d’exercices, sans preuves ou presque.

Un chapitre sur les équadiffs peut prendre plusieurs formes : liste de recettes de résolution, ou
bien quelque chose de plus joli, qui met l’accent sur les systèmes dynamiques et sur les problèmes
qualitatifs plutôt que sur la résolution : en fait, étant donnée une équadiff, il y a deux cas :
1) l’équation différentielle fait partie d’une très petite liste (qui vous semblera peut-être grande au

1
début), et on sait la résoudre explicitement ;
2) on ne sait pas résoudre l’équadiff ; il y a alors des outils théoriques de divers degrés de sophisti-
cation (de L1 jusqu’au niveau recherche) pour réussir à dire des choses sur les solutions, même sans
avoir de formule. Dire des choses sur les solutions, c’est par exemple réussir à tracer un tableau de
variations, savoir sire si la solution s’annule, si elle s’annule une infinité de fois, si elle est bornée,
si on peut l’encadrer par des fonctions connues, si elle est définie sur R ou si au contraire elle
(( explose en temps fini )), etc etc.

Vous croiserez des équadiffs tout au long de votre cursus, en maths bien sûr, mais aussi en phy-
sique, chimie, et sciences de l’ingénieur. Avec les équadiffs de ce semestre, on peut déjà étudier une
grosse quantité de phénomènes physiques. Ici, on se focalise sur le côté (( on résout des exos )), je
donnerai après des exercices supplémentaires qui viennent d’un contexte physique pour que vous
voyez à quoi ça peut servir.

1 Préliminaires et vocabulaire
Une équation différentielle est une équation dont l’inconue est une fonction. Cette fonction est a
priori définie sur une partie de R, son domaine de définition, et est à valeurs réelles, ou complexes.
Si on ne précise pas, l’inconnue est une fonction à valeurs réelles, et résoudre l’équation signifie
trouver toutes les solutions à valeurs réelles.

La fonction inconnue est en général notée y (parfois f , ou même x). La variable est habituel-
lement t. L’équation est une relation entre la fonction y, plusieurs de ses dérivées, et potentiel-
lement d’autres fonctions. Un exemple simple est y 0 (t) = sin(t), un exemple plus compliqué est
Arctan(y(t)) + (y 0 (t))2 = sin4 (t).

On ne note pas toujours la variable t : par exemple, on peut parfois écrire y 0 = sin(t) ou
y 00 + y 0 + 5y = cos(t). Cet abus de notation est souvent toléré. En théorie, il faudrait écrire
soit y 0 = sin (égalité de fonctions) ou bien alors y 0 (t) = sin(t) (égalité de réels, pour tout réel t).

Lorsque l’on écrit une équadiff que l’on va réutiliser, on lui donne en général un nom, souvent
une lettre, par exemple :
(E) 4y 0 + 5y = cos(t),
Le symbole (E) sert à désigner l’équation. On peut par la suite écrire que (( (E) admet des solu-
tions )), (( (E) est linéaire )), etc.

Lorsque l’on résout une équadiff, on cherche en général des fonctions définies sur un intervalle
de R le plus grand possible. Il n’existe pas toujours des solutions définies sur R, pour des raisons
diverses, évidentes ou pas. Exemple facile : l’équation différentielle y 0 = tan(t) n’a un sens que
sur le domaine de définition de la fonction t 7→ tan(t). Ca n’a donc pas de sens de chercher des
solutions définies sur R. Il y a parfois des raisons plus subtiles qui peuvent empêcher l’existence
de solutions sur R.

Une fois que l’on s’est fixé un intervalle I ⊂ R, résoudre l’équation sur I c’est trouver toutes
les fonctions f : I → R qui vérifient l’équation. L’ensemble de toutes les solutions peut être vide,
fini, ou infini, et il est parfois paramétré par plusieurs paramètres réels, ou complexes. Par exemple,
l’ensemble des solutions de l’équation y 00 = 0 est l’ensemble (de fonctions) :
{t 7→ λ.t + µ, λ, µ ∈ R}.
Une autre façon de rédiger est de dire que les solutions de cette équadiff sont de la forme t 7→ λ.t+µ,
où λ et µ sont des réels.

2
Dans la suite, on va s’intéresser à une liste précise d’équations, que l’on peut résoudre assez
facilement.

2 ED linéaires d’ordre 1 à coefficients constants, homogènes


2.1 Forme de l’équation
Ce sont des équations différentielles du type :

(E) ay 0 + by = 0,

où a et b sont des réels.

2.2 Exemples et contre-exemples


L’équation
3y 0 + 5y = 0
est une équadiff d’ordre 1 linéaire à coefficients constants, homogène. Les coefficients sont 3 et 5.
On dit aussi (( sans second membre )), au lieu de (( homogène )).

L’équation 3y 0 + 7y = tan(t) est linéaire d’ordre un mais n’est pas homogène, elle a un second
membre : tan(t). Les équations y 0 = y 2 et y 0 = sin(y) ne sont pas linéaires, elles dépendent de façon
non linéaire de y. L’équation y 0 + cos(t).y = 0 est linéaire d’ordre 1 mais un des coefficients (cos(t))
n’est pas constant, c’est une fonction de t. L’équation y 00 + 3y 0 + 2y = 0 est linéaire homogène à
coefficients constants, mais de degré 2.

2.3 Résultats du cours


1) Il y a toujours au moins une solution sur R : en effet, la fonction nulle est toujours solution.

2) Les solutions sur un intervalle quelconque peuvent toujours être prolongées en des solutions
sur R tout entier. On résout donc l’équation sur R, et les solutions sont définies sur R.

3) Si f est une solution sur R de (E), et que λ est un réel, alors λ.f est également une solu-
tion. Preuve : on dérive, on voit que ça marche.

4) Si f et g sont deux solutions sur R de (E), alors leur somme est solution aussi. Preuve :
dériver la somme, ça marche.

5) On en déduit que s’il y a deux solutions différentes, alors il y a une infinité de solutions.

6) Si a est un réel non nul, on peut diviser par a, ça ne change pas les solutions car les deux
équadiffs sont équivalentes. On peut donc supposer que a = 1 et on se ramène au cas général
suivant (la notation change donc légèrement) :

(E) y 0 + b.y = 0

7) Il y a alors deux cas : si b = 0, l’équation est y 0 = 0. Les solutions sur R de cette équation
sont les fonctions constantes sur R. Si b 6= 0, il y a toujours une solution non nulle : la fonction
f : t 7→ e−b.t (vérifier en dérivant). Comme on a vu n’importe quel multiple de cette fonction f est
également solution. Les fonctions de la forme t 7→ λe−b.t , où λ ∈ R, sont toutes des solutions de (E).

3
8) Théorème : toutes les solutions sont de la forme t 7→ λ.e−b.t , où λ ∈ R. Preuve : soit f
une fonction solution de (E) sur R. On cherche donc à montrer la fonction g : t 7→ f (t).eb.t est
constante sur R, et pour ça il suffit de montrer que sa dérivée est nulle. En dérivant g, on obtient
pour tout t ∈ R, l’égalité g 0 (t) = (f 0 (t) + b.f (t)).eb.t (formule de dérivation d’un produit). Donc
g 0 = 0 sur l’intervalle R car précisemment f est solution de (E), et donc g est constante. Notons
λ cette constante : on a donc, pour tout réel t, l’égalité f (t).eb.t = λ, c’est-à-dire f (t) = λ.e−b.t
comme annoncé.

2.4 Exercice résolu


Résoudre l’équation différentielle 3y 0 + 5y = 0.
5
Solution : l’équation est équivalente à l’équatio y 0 = − 35 y. Les solutions sont de la forme t 7→ λ.e− 3 t ,
pour λ un réel quelconque. Autrement dit, l’ensemble S des solutions est de la forme
5
S = {t 7→ λ.e− 3 t , , λ ∈ R}.

3 ED linéaires d’ordre 2 à coefficients constants, homogènes


3.1 Forme de l’équation
Ce sont les équations du type

(E) ay 00 + by 0 + cy = 0,

où a, b, c sont des réels. On suppose que a 6= 0, sinon l’équation est en fait de degré 1.

3.2 Exemples et contre-exemples


L’équation
y 00 + 2y 0 + 7y = 0
est linéaire d’ordre 2 à coefficients constants, homogène. Les coefficients sont 1, 2, 7. Par contre,

2y 00 + 3y 0 + 4y = t.et

est linéaire d’ordre 2 à coefficients constants (2, 3, 4), mais pas homogène, il y a un second membre :
tet .

3.3 Résultats du cours


Certaines remarques faites pour le degré 1 sont encore valables, mais pas toutes.

1) Il y a toujours au moins une solution sur R : la fonction nulle. Les solutions sont définies
sur R.

2) Tout multiple d’une solution est solution. La somme de deux solutions est solution. Donc
s’il y a deux solutions différentes, il y en a une infinité.

3) Le polynôme aX 2 + bX + c est appelé le polynôme caractéristique de l’équation (E).

4) Soit α une racine complexe de aX 2 + bX + c. Alors la fonction R → C, t 7→ eα.t est déri-


vable, et elle vérifie l’équation (E). On dit que c’est une solution complexe de (E). Par exemple,
si α est en fait un réel, alors on a directement une solution. Évidemment, tous les multiples sont
alors aussi solution.

4
5) Les solutions de (E) sont les suivantes :

– Si aX 2 + bX + c a deux racines réelles distinctes α et β, alors les solutions réelles de (E)


sont toutes de la forme
t 7→ λ.eα.t + µ.eβ.t ,
où λ et µ sont des réels.
– Si aX 2 + bX + c a une racine double (qui est forcément réelle, car le polynôme est réel) notée
α, alors les solutions réelles de (E) sont toutes de la forme
t 7→ (λt + µ)eαt ,
où λ et µ sont deux réels.
– Si aX 2 + bX + c a deux racines complexe conjuguées distinctes α et β = α, on peut présenter
les choses de deux façons. D’une part, les solutions complexes de (E) sont de la forme

t 7→ K.eαt + L.eβt ,
où K et L sont des complexes. Parmi ces solutions à caleurs complexes, certaines sont en fait
à valeurs réelles, très exactement si K = L car on se retrouve avec une expression du type
z + z. On obtient ainsi les solutions réelles. On peut aussi dire directement que les solutions
réelles sont de la forme
t 7→ e Re (α)t (λ cos( Im (α)t) + µ sin( Im (α)t)) ,
où K et L sont des réels. Il est conseillé d’écrire directement les solutions réelles.

Noter la ressemblance avec les suites récurrentes d’ordre 2.

3.4 Exos résolus


Exemple : résoudre l’ED y 00 − y 0 − 6y = 0.
Solution : le polynôme caractéristique de l’équation est X 2 − X − 6, ses racines sont −2 et 3. Les
solutions sur R de l’ED sont les fonctions de R dans R de la forme t 7→ λ.e−2t + µ.e3t , où λ et µ
sont des nombres réels.

Exemple : résoudre l’ED y 00 + 4y 0 + 4y = 0.


Solution : le polynôme caractéristique de l’équation est X 2 +4X +4. Il a une unique racine double :
−2. Les solutions sur R de l’équation sont les fonctions de R dans R de la forme t 7→ (λ.t + µ)e2t ,
où λ et µ sont des réels.

Exemple : résoudre l’ED y 00 + 4y 0 + 13y = 0.


Solution : le polynôme caractéristique de l’équation est X 2 + 4X + 13. Il a deux racines com-
plexes imaginaires conjuguées −2 ± 3i. Les solutions sur R sont les fonctions R → R de la forme
t 7→ K.e−2t cos(3t) + L.e−2t sin(3t).

4 ED linéaires d’ordre 2 à coefficients constants, avec se-


cond membre
4.1 Forme de l’équation
Le cas général est celui d’une équation
(E) ay 00 + by 0 + cy = g(t),

5
où a, b et c sont des réels, et g est une fonction de la variable réelle t, définie sur une partie de R.
On résout l’équadiff sur un intervalle maximal I sur lequel le second membre est défini. On suppose
ici que a 6= 0. Dans ce cas, quitte à diviser par a, on peut supposer que a = 1. On considère dans
la suite l’équation
(E) y 00 + by 0 + cy = g(t).

4.2 Résultats du cours


Cas particulier
Si b = 0 et c = 0, l’équation est en fait y 00 (t) = g(t). Ses solutions sont exactement les fonctions
dont la dérivée second est g. Il suffit donc de primitiver deux fois de suite g, en n’oubliant pas les
constantes d’intégration lorsqu’on primitive les deux fois. Par exemple, les solutions de l’équation
y 00 = sin(t) sur R sont les fonctions de la forme t 7→ − sin(t) + λ.t + µ, où λ et µ sont des réels.

Cas général

La technique est similaire à celle employée pour l’ordre 1 : il y a une équation homogène associée :

(E 0 ) y 00 + by 0 + cy = 0.

Cette nouvelle équadiff a un polynôme caractéristique associé X 2 + bX + c, et on sait résoudre


complètement l’équadiff (E 0 ), voir plus haut. Soit f une solution particulière de l’équation (E) sur
I. Alors, toutes les solutions de (E) sur I sont la somme de f , et d’une solution de (E 0 ). Il suffit
donc là aussi de trouver une solution particulière de (E), et de résoudre (E 0 ), pour déterminer
toutes les solutions de (E).

Pour trouver des solutions particulière, on se restreint à un petit nombre de cas faciles. Le cas
général ne sera pas traité ici.

Liste de seconds membres classiques On considère toujours l’équation (E). Dans ce para-
graphe, on donne une courte liste de seconds membres, et la forme sous laquelle on cherche une
solution particulière.

Si le second membre g(t) est du type er.t .P (t), où P ∈ Rd [X] est un polynôme de degré d, et
r est un réel qui n’est pas racine du polynôme caractéristique, alors il existe une solution particu-
lière sous la forme er.t .Q(t), où Q est un polynôme de degré d.

Si le second membre g(t) est du type er.t .P (t), où P ∈ Rd [X] est un polynôme de degré d, et
r est un réel qui est racine simple (mais pas double) du polynôme caractéristique, alors il existe
une solution particulière sous la forme er.t .Q(t), où Q est un polynôme de degré d+1, divisible par t.

Si le second membre g(t) est du type er.t .P (t), où P ∈ Rd [X] est un polynôme de degré d, et
r est un réel qui est racine double du polynôme caractéristique, alors il existe une solution parti-
culière sous la forme er.t .Q(t), où Q est un polynôme de degré d + 2 qui vérifie Q00 = P .

Ces trois résultats restent valides dans le cas où r est un nombre complexe : ce qui est impor-
tant, c’est de savoir si r est racines (complexe) simple, double, ou pas racine de du polynôme
caractéristique. Le cas complexe permet de traiter les cas où le second membre comporte des
termes trigonométriques.

Dans tous les cas, il s’agit de trouver explicitement le polynôme Q : on écrit que er.t .Q(t) est
solution de (E), on dérive une puis deux fois, et on identifie les coefficients. Ceci donne une sys-
tème linéaire qui permet de trouver les coefficients de Q.

6
4.3 Liste d’exemples
L’équadiff (E) y 00 −y 0 −6y = tet a pour polynôme caractéristique X 2 −X −6, donc les racines
sont −2 et 3. On cherche des solutions particulières de (E) sous la forme et (α.t + β).

L’équadiff (E) y 00 + 4y 0 + 13y = tet a pour polynôme caractéristique X 2 − X − 6, donc les


racines sont −2 ± 3i. On cherche des solutions particulières de (E) sous la forme et (α.t + β).

L’équadiff (E) y 00 − y 0 − 6y = te−2t a pour polynôme caractéristique X 2 − X − 6, donc les


racines sont −2 et 3. On cherche des solutions particulières de (E) sous la forme e−2t (α.t2 + β.t).

L’équadiff (E) y 00 + 4y 0 + 4y = tet a pour polynôme caractéristique X 2 + 4X + 4, donc −2


est racine double. On cherche des solutions particulières de (E) sous la forme et (α.t + β).

L’équadiff (E) y 00 + 4y 0 + 4y = te−2t a pour polynôme caractéristique X 2 + 4X + 4, donc −2 est


racine double. Alors t 7→ et (t3 /6 + t2 /2) est une solution particulière.

L’équadiff (E) y 00 +y = e2t cos(3t) = Re (e(2+3i)t ), et 2+3i n’est pas racine du polynôme caracté-
ristique X 2 + 1. On cherche des solutions particulières sous la forme t 7→ e2t (α. cos(3t) +β. sin(3t)).

L’équadiff (E) y 00 + y = cos(t) = Re (eit ), et i est racine simple du polynôme caractéristique


X 2 + 1. On cherche des solutions particulières sous la forme t 7→ α.t. cos(t) + β.t. sin(t).

4.4 Principe de superposition


Supposons que le second membre g de l’équation (E) soit la somme de deux fonctions g1 et g2 ,
définies sur un intervalle I. Considérons les deux équations différentielles :

(E1) y 00 + by 0 + cy = g1 (t),

(E2) y 00 + by 0 + cy = g2 (t).
Si f1 est une solution particulière de (E1) sur I, et f2 est une solution particulière de (E2) sur I,
alors f1 + f2 est une solution particulière de (E) sur I. Ceci permet de simplifier la situation. Par
exemple, pour trouver des solutions particulières de l’équadiff y 00 + y 0 + y = cos(t) + t4 , on cherche
une solution particulière de y 00 + y 0 + y = t4 , puis de y 00 + y 0 + y = cos(t), et on les ajoute, ce qui
donne une solution particulière de y 00 + y 0 + y = cos(t) + t4 .

4.5 Exemple d’application du principe de superposition


On se propose de résoudre l’équadiff

(E) y 00 − y = cos2 (t).

L’équation homogène associée (E 0 ) est y 00 − y = 0, son polynôme caractéristique est X 2 − 1 =


(X −1)(X +1), donc les solutions générales de l’équation homogène (E 0 ) sont de la forme λet +µe−t ,
où λ et µ sont des réels. Reste à trouver une solution particulière de (E). On linéarise le second
membre : cos2 (t) = cos(2t)+1
2 = 21 cos(2t) + 21 . Par le principe de superposition, il suffit donc de
trouver des solutions particulières des deux équadiffs y 00 − y = 12 cos(2t) et y 00 − y = 12 , puis de les
sommer, pour récupérer une solution particulière de (E). Pour la première, 2i n’est pas racine du
polynôme caractéristique, donc on cherche les solutions sous la forme t 7→ α. cos(2t) + β. sin(2t).
En injectant, on trouve −4α cos(2t) − 4β sin(2t) − α. cos(2t) − β. sin(2t) = 12 cos(2t), d’où −5α = 21
et β = 0. Une solution particulière de la première équation est donc t 7→ − cos(2t)
10 (réflexe : vérifier).
Pour la seconde équation, le second membre est un polynôme constant, on cherche une solution

7
constante, on voit que t 7→ − 12 convient (vérification triviale). Finalement, une solution particu-
lière de (E) est t 7→ − 12 − cos(2t)
10 . Comme toujours, on vérifie le calcul. Finalement, les solutions
de (E) sont de la forme t 7→ λet + µe−t + − 12 − cos(2t)
10 , où λ et µ sont des réels.

5 ED linéaires d’ordre 1 à coefficients constants, avec se-


cond membre
5.1 Forme de l’équation
Il s’agit d’équations linéaires du type :

(E) ay 0 + b.y = g(t).

où a, b sont réels et g est une fonction de la variable réelle t, parfois définie seulement sur certains
intervalles.

5.2 Exemples
Par exemple, l’équation
(E1) 2y 0 + 3y = tan(t)
Si I est un intervalle sur lequel le second membre est défini, alors on peut rechercher des
solutions de l’ED (E) sur I. Par exemple, ça n’aurait pas de sens de chercher des solutions sur R
de (E1), puisque le second membre tan(t) n’est pas défini sur R. Si a = 0 il n’y a rien à faire ou
presque. Sinon, quitte à diviser par a, on suppose que a = 1. On travaille donc avec l’équation

(E) y 0 + b.y = g(t).

5.3 Résultats du cours


Cas particulier
Si b = 0, l’équation est en fait y 0 (t) = g(t). ses solutions sont exactement toutes les primitives de
g. On se ramène donc à un problème de primitives (qui peut cependant être difficile).

Cas général
A l’équation non homogène (E) , on peut associer l’équation homogène

(E 0 ) y 0 + b.y = 0.

C’est une équation linéaire du premier ordre à coefficients constants, qui possède des solutions sur
n’importe quel intervalle I : les solutions sont de la forme t 7→ λ.e−b.t , où λ est un réel. Alors, si
f : I → R est une solution particulière de l’équation (E), toutes les solutions de (E) sont de la
forme t 7→ f (t) + λ.e−b.t , où λ est réel. Il suffit donc de trouver une solution particulière de (E), et
toute les solutions de (E 0 ), pour obtenir toutes les solutions de (E). Il s’agit donc de voir comment
obtenir une solution particulière de (E).

Contrairement aux équation d’ordre 2, on ne donne pas ici une liste de cas classiques, mais une
méthode générale, qui marche quelque soit le second membre : la méthode de la variation de la
constante.

On s’inspire de la forme générale des solutions de l’équation homogène (E 0 ), et on cherche des

8
solutions particulières de (E) sous la forme t 7→ λ(t)e−bt , où λ(t) est une fonction. On remplace
alors y par λ(t)e−bt , on dérive y sous cette forme avec la formule de dérivation des produits, et on
trouve la fonction λ0 . Ensuite, on calcule une primitive, ce qui donne un choix possible de λ.

5.4 Exercice résolu


Exemple : résoudre l’équadiff (E) y 0 + y = sin(t).
Solution : on cherche les solutions sur R. L’équation homogène associée est (E 0 ) y + y 0 = 0.
Ses solutions sur R sont de la forme t 7→ λ.e−t , où λ est un réel. Cherchons donc une solution
particulière de (E) sous la forme λ(t).e−t , où λ(t) est maintenant une fonction.
Remplaçons donc y par λ(t).e−t , dans l’équation (E). On obtient l’équation λ0 (t).e−t −λ(t).e−t +
λ(t).e−t = sin(t) c’est-à-dire λ0 (t).e−t = sin(t) donc λ0 (t) = sin(t).et . Pour trouver λ(t), il suffit
donc de calculer une primitive de sin(t).et , ce qui est facile en passant par les nombres complexes
t
(voir cours sur les primitives). On obtient λ(t) = e2 (sin(t) − cos(t)). (À constante près, mais il
suffit de prendre une primitive quelconque)
Donc une solution particulière de (E) est t 7→ 12 (sin(t) − cos(t)).
On en déduit enfin que les solutions de (E) sont de la forme :
1
t 7→ (sin(t) − cos(t)) + λ.e−t , où λ ∈ R.
2
(solution particulière de (E) trouvée grâce à la méthode de variation de la constante, plus solution
générale de l’équation homogène (E 0 ))

6 ED linéaires d’ordre 1 à coefficients variables


6.1 Premier cas : le coefficient dominant est égal à 1
Ce sont les équations du type :

(E) y 0 (t) + b(t)y(t) = g(t),

où b(t) et g(t) sont des fonctions définies sur un intervalle I de R, continues.
L’équation homogène associée à (E) est :

(E 0 ) y 0 (t) + b(t)y(t) = 0.

Soit t 7→ B(t) une primitive de t 7→ b(t). Alors, les solutions de (E 0 ) sont de la forme

t 7→ λe−B(t) ,

où λ ∈ R.

Si f est une solution particulière de (E) sur I, alors les solutions de (E) sont de la forme
t 7→ f + λe−B(t) . (somme d’une solution particulière, et de la solution générale de (E 0 )).

Pour trouver une solution particulière, on applique la méthode de la variation de la constante,


c’est à dire que l’on cherche la solution particulière sous la forme t 7→ λ(t)e−B(t) , où λ est une
fonction. On injecte dans (E), et on trouve la relation (faites le calcul et vérifiez) λ0 (t)e−B(t) = g(t),
c’est-à-dire λ0 (t) = g(t)eB(t) . Puis on primitive, ce qui donne λ(t). On obtient ainsi la solution
particulière λ(t)e−B(t) .

9
6.2 Exo résolu
Résoudre (E) y 0 + ty(t) = t.
Solution : la fonction t 7→ t est définie et continue sur R, et une primitive en est t 7→ t2 /2.
L’équation homogène associée est y 0 + ty(t) = 0 et ses solutions sur R sont donc de la forme
2
t 7→ λe−t /2 , où λ ∈ R. On cherche maintenant une solution particulière de (E) sous la forme
2 2
t 7→ λ(t)e−t /2 . On trouve donc la relation λ0 (t) = tet /2 . Cette fonction est facile à primitiver,
2
une primitive est t 7→ et /2 . Finalement, une solution particulière est la fonction constante t 7→ 1.
Les solutions de (E) sont donc de la forme
2
t 7→ 1 + λe−t /2
.

6.3 Coefficient dominant variable


Ce sont les équations du type :

(E) a(t)y 0 (t) + b(t)y(t) = g(t).

Il y a deux cas. Soit la fonction t 7→ a(t) ne s’annule pas. Dans ce cas, on divise tout par e(t) et
on se ramène au cas précédent. Soit la fonction t 7→ a(t) s’annule. Dans ce cas, on se place sur
un intervalle I sur lequel a(t) ne s’annule pas, on divise par a(t), puis on résout sur l’intervalle I.
Ensuite, on essaye de recoller les bouts, on verra sans doute ça en TD.

7 Résumé - marche à suivre pour traiter une ED


On se donne une ED, notée (E). Normalement, (E) est linéaire d’ordre 1 ou 2. Il y a trois
choses à faire pour bien commencer : déterminer l’ordre, savoir si l’ED est homogène ou pas (s’il
y a un second membre, il faut déterminer son domaine de définition et de continuité), et savoir
si les coefficients sont constants ou pas (s’ils sont variables, il faut déterminer leur domaine de
définition et de continuité, et savoir si le coefficient dominant peut s’annuler ou pas). En fonction
des réponses à ces questions, on fixe un intervalle I maximal sur lequel on résout l’ED.

7.1 Coefs constants


L’équation est du type

ay 0 + by = g(t) ou ay 00 + by 0 + cy = g(t).

Le second membre g(t) peut être nul, ou pas. On sépare les deux cas.

7.1.1 Sans second membre


L’équation est donc homogène, on peut résoudre (et donc on résout) sur R. Dans le cas où
l’équation est d’ordre 2, cela suppose de déterminer les racines du polynôme caractéristique aX 2 +
bX + c.

7.1.2 Avec second membre


On ne peut pas forcément résoudre sur R, ça dépend du second membre. Se placer sur un
intervalle maximal I contenu dans le domaine de définition et continuité du second membre, et
résoudre sur I. Déterminer l’équation homogène associée et la résoudre, comme plus haut. Ensuite,
on sait que les solutions générales sont somme d’une solution particulière et de la solution générale
de l’équation homogène associée. Pour trouver une solution particulière, deux cas :
– soit l’équation est d’ordre 1 et on applique la méthode de variation de la constante,

10
– soit l’équation est d’ordre 2, et le second membre appartient avec un peu de chance à la liste
donnée dans le cours, dans ce cas on cherche une solution particulière sous la forme donnée
dans le cours. Si le second membre est somme de termes classiques, appliquer le principe de
superposition. Si le second membre est un polynôme trigonométrique, linéariser et appliquer
le principe de superposition.

7.2 Coefficients non constants


Dans ce cas, normalement l’équation est du type :

a(t)y 0 (t) + b(t)y(t) = g(t).

Si le coefficient dominant a(t) n’est pas constant, on commence par se placer sur un intervalle
sur lequel il est défini et ne s’annule pas, puis on divise tout par le coefficient dominant.

Ensuite, on se place sur un intervalle maximal I contenu dans le domaine de définition et de


continuité des autres coefficients variables, et du second membre s’il y en a un. On résout l’ED sur
I.

7.2.1 Sans second membre


S’il n’y a pas de second membre, la résolution se réduit à un calcul de primitive du coefficient
variable.

7.2.2 Avec second membre


On commence par résoudre l’équation homogène associée, comme plus haut. Ensuite, on dé-
termine une solution particulière avec la méthode de variation de la constante.

11
LES NOMBRES
COMPLEXES

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LES NOMBRES COMPLEXES

I) Introduction

L’équation x + 17 = 16 n’a pas de solutions dans , mais elle en a dans un ensemble plus grand :  (x = –

1). De même, l’équation 3x = 1 n’a pas de solutions dans , alors que dans un ensemble plus grand,  par

exemple, il y en a une : x = 1/3. Et puis, l’équation x 2 = 2 n’a pas de solutions dans  ; il faut chercher dans

l’ensemble des nombres réels  pour en trouver.

Bref, quand une équation n’a pas de solutions, une démarche naturelle (et historique) consiste à en chercher
dans un ensemble plus grand. Au stade de nos connaissances actuelles, l’ensemble numérique le plus grand que

l’on a rencontré est . Pourtant, l’équation x 2 + 1 = 0 n’a pas de solutions dans ...

On va donc, dans ce chapitre « construire ? » ou plutôt imaginer un ensemble plus grand que  dans lequel

l’équation x 2 + 1 = 0 a des solutions. On l’appellera  : ensemble des nombres complexes. Le principal


2
élément de  se note i (i comme imaginaire). Le nombre i est tel que i = –1 ! L’équation ci-dessus possède

alors deux solutions : x 2 + 1 = 0 équivaut à x 2 - i 2 = 0 soit (x – i)(x + i) = 0 donc x = i ou x = –i.

II) Définitions et règles de calcul dans 

Définition 1
2
On note  l’ensemble des nombres de la forme Z = a + bi où i = –1 avec a et b réels.

Vocabulaire : le réel a s’appelle la partie réelle de Z et b la partie imaginaire.


Humour : la vie des hommes
On note : a = Re(Z) et b = Im(Z)
est complexe car elle
Exemples : Z1 = 3 + 2i ; Z2 = – 3i possède une partie réelle et

On a : Re(Z1) = 3 ; Im(Z1) = 2 ; Re(Z2) = 0 ; Im(Z2) = -3 une partie imaginaire.

Attention ! La partie imaginaire d'un nombre complexe est un nombre réel !

Théorème 1
Deux nombres complexes Z = a + bi et Z’ = a’ + b’i sont égaux si et seulement si a = a’ et b = b’.
2
Les règles de calcul dans  sont les mêmes que dans , en remplaçant i par –1.

En particulier, a + bi = 0 si et seulement si a = 0 et b = 0. On parle alors de nombre complexe nul.


Démonstration du théorème 1 :
¨ Montrons, pour commencer, l'équivalence : a + bi = 0 Û a = 0 et b = 0.
· Déjà, il est clair que si a = 0 et b = 0 alors a + bi = 0.
· Réciproquement, supposons que a + bi = 0. Montrons qu'alors, nécessairement, a = 0 et b = 0.
a 2
En effet si b ¹ 0, alors on pourrait écrire : i = - . Le nombre i serait réel et on ne pourrait avoir i = -1.
b
Donc b = 0. L'égalité a + bi = 0 se réduit à a + 0i = 0 d'où a = 0.
On a donc montré que si a + bi = 0 alors a = 0 et b = 0.

Nombres complexes page 1 G. COSTANTINI http://bacamaths.net/


¨ Considérons maintenant deux nombres complexes Z = a + bi et Z’ = a’ + b’i.
· Il est clair que si a = a’ et b = b’ alors Z = Z’.
· Réciproquement, supposons que Z = Z’. Alors, on a : (a - a’) + (b - b’)i = 0
Et d'après ce qui précède, a - a’ = 0 et b - b’ = 0 d'où a = a’ et b = b’.
2
Exemple : Z1 = 3 + 2i et Z2 = 2 – i ; calculer Z1 + Z2 ; Z1 ´ Z2 ; Z1 – Z2 ; Z1 + 2Z2 ; 2Z1 – 3Z2 ; Z .

Théorème 2
L’ensemble  est un sous ensemble de .

En effet, tout réel a peut s’écrire a = a + 0i. Les nombres de la forme bi s’appellent des imaginaires purs.
Remarques :
· Dans l'ensemble , il n'y a plus la notion d'ordre usuelle... On ne pourra pas, à ce niveau, comparer un
nombre complexe à un autre ou dire s'il est positif ou négatif etc ...

· On évitera l'usage abusif du symbole radical qui reste réservé aux réels positifs.

· Les applications Re :  ®  et Im :  ®  sont -linéaires. Cela signifie :

"Z, Z' Î , "l Î  : Re(Z + lZ') = Re(Z) + lRe(Z') et Im(Z + lZ') = Im(Z) + lIm(Z')

III) Représentation géométrique des nombres complexes


r r
Munissons le plan d’un repère orthonormé ( O, u, v ) .

Principe : à tout nombre complexe Z = a + bi, on peut associer le point M(a ; b). Exemples...
Vocabulaire : le point M(a ; b) s’appelle l’image du nombre complexe Z = a + bi.
le nombre complexe Z = a + bi s’appelle l’affixe du point M(a ; b). ("Affixe" est un nom féminin)
on note souvent Z = affixe(M) ou Z = aff(M)
® a
Autre interprétation : on peut également associer à chaque nombre complexe Z = a + bi le vecteur u
b
®
Ce vecteur u s'appelle le vecteur image du nombre complexe Z.
® -5
Exemple : si Z = –5 – 2i et M est l’image de Z, alors le vecteur OM est le vecteur image de M.
-2

L'affixe est souvent


Axe des imaginaires purs
notée entre
parenthèses derrière le
M(Z) point ou le vecteur.
b

®
v
®
Axe des réels
O a
u

® ® ® ®
Question : quelle est l'affixe de u , v ,- u et - v ?

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®
Application : si ZA est l’affixe de A et ZB l’affixe de B, alors l’affixe du vecteur AB est ZB – ZA :
®
affixe( AB ) = ZB – ZA
Démonstration : notons A(xA ; yA) et B(xB ; yB). Alors ZA = xA + yAi et ZB = xB + yBi.
® x - xA
Nous savons que les coordonnées de AB sont B .
yB - y A

Or, ZB - ZA = xB + yBi - xA - yAi = (xB - xA) + (yB - yA)i.


®
Donc l’affixe du vecteur AB est ZB – ZA.

Axe des imaginaires purs


B(ZB)

®
v A(ZA)
®
Axe des réels
O
u

®
Exemple : l'affixe du vecteur AB avec A(3 ; 5) et B(5 ; 8) est Z = 2 + 3i.
Ces applications permettent de traduire des problèmes de géométrie en relations entre nombres complexes. Par
exemple, on utilisera souvent que deux vecteurs sont égaux si et seulement si ils ont mêmes affixes. Ou encore,
on utilisera que l'affixe d'une somme de deux vecteurs est la somme des affixes de ces vecteurs :

® ® ® ®
aff( u + v ) = aff( u ) + aff( v )
Plus généralement, l'application aff : P ® , où P désigne le plan euclidien, est linéaire :
® ® ® ® ® ®
Pour tous vecteurs u et v et tout scalaire l Î , on a : aff( u + l v ) = aff( u ) + laff( v ).

IV) Conjugué d'un nombre complexe. Inverse d'un nombre complexe non nul

1
Soit à mettre sous la forme a + bi le nombre complexe suivant : Z = . Comment faire ?
2 + 3i

Définition 2
Le nombre complexe conjugué de Z = a + bi est le nombre complexe Z = a – bi.

Exemples : le conjugué de 9 – 4i est 9 + 4i. Cas particuliers : i = 0 + 1i = 0 - 1i = -i ; 7 = 7.

Vocabulaire : on dit que Z et Z sont des nombres complexes conjugués.

Remarque : Re(Z) = Re( Z ).

Conséquences : on a Z + Z = 2Re(Z) et Z - Z = 2iIm(Z), d'où les propriétés suivantes :

Z est réel Û Z = Z et Z est imaginaire pur Û Z = - Z

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Interprétation géométrique du conjugué : les images de deux nombres complexes conjugués sont symétriques
par rapport à l'axe des réels :
Axe des imaginaires purs

b M(Z)

®
v
®
Axe des réels
O a
u

-b M'( Z )

Théorème 3
Pour tout nombre complexe Z = a + ib, la quantité Z Z est un nombre réel :
2 2
ZZ = a + b .

Application : pour écrire les nombres complexes fractionnaires sous la forme a + bi, on multiplie le numérateur
et le dénominateur par la quantité conjuguée.
1 3 + 4i 3 + 4i 3 4
Exemples : = = = + i
3 - 4i (3 - 4i )(3 + 4i ) 25 25 25
1- i
= –i
1+ i

Théorème 4
Pour tout nombre complexe Z et Z', on a :

æZö Z
Z + Z ' = Z + Z' - Z = -Z ZZ ' = Z Z ' Zn = Z n ç ÷= (Z' ¹ 0)
è Z'ø Z'

Démonstration : Posons Z = a + bi et Z' = a' + b'i. Alors :

Z + Z ' = a + bi + a ' +b' i = (a + a ' ) + (b + b' ) i = (a + a') - (b + b')i

Z + Z ' = a + bi + a '+b ' i = a - bi + a' - b'i = (a + a') - (b + b')i

Donc Z + Z ' = Z + Z ' . Les autres égalités se démontrent de façon analogue.

Exemples :
4 - 5i 4 + 5i
· Le conjugué de Z1 = est Z1 = .
3+ i 3- i

2z 2 - i 2 z 2 - i 2z 2 + i
· Celui de Z = est Z = = .
5z + 1 5z + 1 5z + 1

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iz - 1
Exercice : déterminer le lieu des points M d'affixe z telle que soit réel.
z -i
iz - 1
Solution : pour z ¹ i, on a en posant z' = :
z -i
-iz - 1 iz - 1
z' Î  Û z ¢ = z' Û = Û (iz + 1)(i - z ) = (iz - 1)( z + i ) Û - z - i z z + i - z = i z z - z - z - i
z +i z -i
z' Î  Û 2i z z = 2i Û z z = 1
Notons, z = a + bi, ainsi : z' Î  Û a2 + b2 = 1

Or, l'ensemble des points M(a, b) pour lesquels a2 + b2 = 1 est le cercle de centre O et de rayon 1 (cercle unité)
iz - 1
Comme z ¹ i, le lieu des points M tels que soit réel est le cercle unité privé du point d'affixe i.
z -i

Application du théorème 4 : si un polynôme P admet un nombre complexe Z comme racine alors Z est aussi
une racine de P puisque, d'après le théorème 4 la conjugaison commute avec les exposants, les produits et la

somme : P( Z ) = P ( Z ) et donc si P(Z) = 0 alors P ( Z ) = 0 d'où P( Z ) = 0. Exemple : P(x) = x2 + x + 1. On

1 3 1 3
vérifiera que les nombres complexes j = - +i et j = - - i sont tous deux des racines de P.
2 2 2 2

V) Module et argument d'un nombre complexe

Voici la figure illustrant les deux définitions suivantes :


Axe des imaginaires purs

b M(Z)

|Z|
®
v q = arg(Z)
Axe des réels
O ® a
u

Définition 3

On appelle module d’un nombre complexe Z = a + bi la quantité positive |Z| = a 2 + b2

En fait, si Z est l'affixe d'un point M(a ; b), le module de Z n’est autre que la distance OM : OM = |Z|.
® a
Si Z est l'affixe d'un vecteur AB , le module de Z représente la distance AB : AB = |ZB - ZA|.
b

Exemples :
· Module de Z = -3 + 4i : |Z|2 = 9 + 16 = 25 donc |Z| = 5. Module de Z = 9i : |Z| = 9.
· On donne ZA = –1 + 3i ; ZB = 2 – i. A est l'image de ZA ; B est l'image de ZB ; calculer la distance AB :
®
l'affixe du vecteur AB est ZB – ZA = 3 – 4i donc AB = |ZB – ZA| = 32 + (-4) 2 = 5

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Remarques :
· |Z|  0 pour tout nombre complexe Z.

· |Z| = 0 équivaut à Z = 0.
2
· On a également (d'après le théorème 3) |Z| = ZZ ou encore Z = ZZ .

· Si Z = a + bi est réel (b = Im(Z) = 0), on a |Z| = a 2 = |a|. Le module d'un nombre réel est donc sa valeur
absolue, ce qui justifie la notation.

Exercice : Soient A(0 ; 4), B(3 ; 0) et C(6 ; 8). Quelle est la nature du triangle ABC ?

Définition 4
r ®
On appelle argument d’un nombre complexe Z non nul toute mesure en radians de l’angle ( u , OM ) .

On le note q = arg (Z)

Un nombre complexe possède une infinité d'arguments ! Si q est un argument de Z, tout autre argument de Z
est de la forme q + 2kp (k Î ). L'unique argument q appartenant à l'intervalle ]-p ; p] s'appelle l'argument
p p
principal. On notera par exemple arg(Z) = (2p) ou arg(Z) = modulo 2p pour signifier que arg(Z) peut être
4 4
p p
égal à mais aussi égal à n'importe lequel des nombres + 2kp où k Î .
4 4
r ®
Attention ! Le nombre complexe nul Z = 0 ne possède pas d'arguments car, dans ce cas, l'angle ( u , OM ) ne se
défini pas.
p p p
Exemples : arg(i) = (2p) ; arg(1) = 0 (2p) ; arg(-1) = p (2p) ; arg(-i) = - (2p) ; arg(1 + i) = (2p).
2 2 4
D'un manière générale, un réel positif a un argument nul modulo 2p, un réel négatif a un argument égal à p
p
(2p), un imaginaire pur dont la partie imaginaire est positive a un argument égal à (2p) et enfin un
2
p
imaginaire pur dont la partie imaginaire est négative a un argument égal à - (2p).
2

Méthode générale pour calculer l'argument principal d'un nombre complexe non nul :

D'après les relations métriques dans le triangle rectangle, on a (voir figure ci-dessus) :

a b
cos q = et sin q =
Z Z

Si les cosinus et sinus ci-dessus ont des valeurs remarquables, on peut trouver q directement, sinon, à l'aide
d'une calculatrice, on utilise la règle suivante :

æ a ö
"invcos" ç ÷ donne la valeur absolue de q
èZ ø
sin q donne le signe de q

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Exemples :

· Argument principal q de Z = -2 3 + 2i.


On a |Z|2 = a2 + b2 = 12 + 4 = 16 donc |Z| = 4. Nous devons maintenant résoudre le système suivant :

ì -2 3 - 3
ïïcos q = =
í 4 2
ïsin q = 2 = 1
ïî 4 2
5p
Comme nous avons une bonne connaissance du cercle trigonométrique, nous concluons q = .
6
· Argument principal q de Z = 3 - 4i.
On a |Z|2 = 9 + 16 = 25 donc |Z| = 5. Nous devons résoudre le système :
ì 3
ïcos q = 5
í 4
ïsin q = -
î 5
Ce ne sont pas des valeurs remarquables. La calculatrice donne |q|  0,9273 rad. Mais sin q est négatif,
donc q est négatif : q  -0,9273 rad.

Théorème 5 Propriétés des modules


Pour tous nombres complexes Z et Z' :
Module d'un produit : |Z ´ Z'| = |Z| ´ |Z'|. Et en particulier, si l est réel : |l Z| = |l| |Z|.
Z Z 1 1
Module d'un quotient : = (lorsque Z' ¹ 0) (et en particulier = )
Z¢ Z¢ Z Z

Inégalité triangulaire : |Z + Z'|  |Z| + |Z'|

Démonstration : |Z Z'|2 = Z Z' Z Z' = Z Z' Z Z = Z Z Z' Z =|Z|2|Z'|2 = (|Z||Z'|)2 donc |Z Z'| = |Z||Z'|

La deuxième propriété se démontre de façon analogue.


Quant à l'inégalité triangulaire, la figure suivante est plus parlante que n'importe quelle démonstration :
Axe des imaginaires purs
S(Z + Z')
M'(Z')

Soient M, M' et S les images respectifs de Z, Z' et


® M(Z)
Z + Z'. On a OS  OM + OM' donc |Z + Z'|  |Z| + |Z'|. v
Axe des réels
O ®
u

Une preuve rigoureuse de l'inégalité triangulaire sera donnée au §VI.

On dit que l'application  ® , Z a |Z| est une norme. Cela est dû au fait que l'on a les propriétés suivantes :

· |Z|  0 pour tout nombre complexe Z.

· |Z| = 0 équivaut à Z = 0.
· |l Z| = |l| |Z| pour tout nombre complexe Z et tout réel l.
· |Z + Z'|  |Z| + |Z'| pour tous nombres complexes Z et Z'.

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Théorème 6 Propriétés des arguments
arg( Z ) = - arg(Z) (2p) arg(-Z) = arg(Z) + p (2p) arg(- Z ) = p - arg(Z) (2p)

Ce théorème s'illustre sur la figure suivante :

Axe des imaginaires purs

b
N'( Z ) M(Z)

®
v q = arg(Z)
Axe des réels
-a O ® a
u

-b
N(-Z) M'( Z )

D'autres propriétés des arguments seront vues plus loin.


Exercice : Soit Z = x + iy avec Z ¹ 0. Démontrer que l'on a :

æ y ö
arg(Z) = p si Z Î *- et arg(Z) = 2 arctanç ÷ si Z Î  \ *- .
è Z + xø

Soit C le cercle de centre O et de rayon |Z|. Soient I, J et M les points d'affixes respectives |Z|, -|Z| et Z.
® ®
Soit q un argument de Z. On a donc ( OI , OM ) = q (2p).
M
y
D'après le théorème de l'angle au centre, on a :
® ® ® ®
2( JI , JM ) = ( OI , OM ) (2p) q
q I
J 2
x
® ® q
D'où : ( JI , JM ) = (p)
2 C
q y
Pour tout M Î C \ {J}, on a : tan = . Si M = J, on a : q = p
2 Z +x

D'où le résultat.

VI) Différentes formes d'écritures des nombres complexes

L'écriture Z = a + bi s'appelle la forme algébrique de Z (ou encore forme cartésienne)

Or, nous avons vu (paragraphe V) que a = r cos q et b = r sin q où r = |Z| et q = arg(Z). Le nombre complexe Z

peut donc s'écrire : Z = r (cos q + i sin q) ; cette écriture s'appelle une forme trigonométrique de Z.

Remarque : le nombre complexe nul Z = 0 n'a pas de forme trigonométrique (puisque pas d'argument).

Pour trouver une forme trigonométrique d'un nombre complexe Z il suffit de calculer son module et un
argument.

Théorème 7
Si Z = r (cos q + i sin q) avec r > 0 alors r = |Z| et q = arg (Z) (2p)
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Démonstration

On a : |Z|2 = r2 cos2 q + r2 sin2 q = r2

Or r > 0, donc |Z| = r.

Soit q' un argument de Z, alors : Z = r (cos q' + i sin q') = r cos q' + i r sin q'

Or par hypothèse Z = r (cos q + i sin q) = r cos q + i r sin q.

Et d'après le théorème 1, a' + b'i = a + bi équivaut à a' = a et b' = b donc r cos q' = r cos q et r sin q' = r sin q.

D'où : cos q' = cos q et sin q' = sin q

Ce qui implique : q' = q donc q = arg(Z)

p p
Exercice : déterminer une forme trigonométrique de Z = -2 æç cos + i sin ö÷ . Attention, l'écriture ci-contre n'est
è 5 5ø
pas une forme trigonométrique car un module ne peut être négatif. Transformons :

p p æ cos æ p + p ö + i sin æ p + p ö ö
Z = 2 æç - cos - i sin ö÷ = 2 ç ç ÷ ç ÷÷
è 5 5ø è è5 ø è5 øø
6p 6p 4p
Le module de Z est donc r = 2 et un de ses arguments est q = . (Argument principal : - 2p = - )
5 5 5

Les propriétés suivantes sur les arguments permettront de multiplier et diviser simplement deux nombres
complexes :

Théorème 8 Propriétés des arguments (bis)


Pour tous nombres complexes Z et Z' non nuls on a :
arg æç ö÷ = -arg(Z) (2p)
1
arg(ZZ') = arg(Z) + arg(Z') (2p) On notera l'analogie entre ces
èZø relations et les propriétés de la

arg æç ö÷ = arg(Z) - arg(Z') (2p)


Z n
arg(Z ) = n arg(Z) (2p) pour tout n Î  fonction logarithme.
è ¢ø
Z

Démonstration : utilisons des formes trigonométriques de Z et Z' :

Z = r (cos q + i sin q) et Z' = r' (cos q' + i sin q')

Ainsi :

ZZ' = r r' (cos q + i sin q) (cos q' + i sin q') = r r' (cos q cos q' - sin q sin q' + i (sin q cos q' + cos q sin q'))

Ce qui, d'après les formules trigonométriques d'addition donne :

ZZ' = r r' (cos (q + q') + i sin (q + q'))

Et comme r r ' > 0, on en déduit d'après le théorème 7 que :

|ZZ'| = r r' et arg(ZZ') = q + q' = arg(Z) + arg(Z') (2p)

D'où la première relation.

1 1 cos q - i sin q 1
= = = (cos(-q) + i sin(-q))
Z r(cos q + i sin q) r r

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arg æç ö÷ = -q = -arg(Z) (2p)
1
D'où :
èZø

D'où la seconde relation.

donc, d'après ce qui précède, arg æç ö÷ = arg(Z) + arg æç ö÷ = arg(Z) - arg(Z') (2p)
Z 1 Z 1
=Z´
Z¢ Z¢ è Z¢ ø è Z¢ ø

D'où la troisième relation.

Pour la dernière relation, distinguons trois cas :


n
· n>0: arg(Z ) = arg(Z ´ Z ´ ... ´ Z) = n arg(Z) (2p)

(Peut se démontrer proprement par récurrence)

· n < 0, alors en posant m = -n > 0 et en utilisant le cas précédent avec m > 0:

arg(Z ) = arg æç m ö÷ = m arg æç ö÷ = -m arg(Z) = n arg(Z) (2p)


n 1 1
èZ ø èZø
n
· Pour n = 0, la relation arg(Z ) = n arg(Z) (2p) est triviale.

Moralité : pour multiplier deux nombres complexes non nuls, on multiplie les modules et on additionne les
arguments. Pour diviser deux nombres complexes non nuls, on divise les modules et on soustrait les
arguments.

Exemple :
p p 2p 2p ö
Soit Z = 3 æç cos æç - ö÷ + i sin æç - öö æ
÷÷ et Z' = 2 ç cos + i sin ÷ . Calculer ZZ'.
è è 4ø è 4 øø è 3 3 ø
On pourrait s'en tirer avec la trigonométrie classique, mais les théorèmes 5 et 8 livrent directement le résultat :

5p 5p
ZZ' = 6 æç cos + i sin ö÷
è 12 12 ø

Définition 5

Pour tout réel q, on note eiq le nombre complexe cos q + i sin q.

eiq désigne donc le nombre complexe de module 1 et d'argument q : | eiq | = 1 et arg( eiq ) = q (2p).

p p
i -i
2 ip
Exemples : e i0
=1; e 2 = i ; e = -1 ; e
ip
=1; e 2 = -i

Un nombre complexe de module r et d'argument q s'écrit alors Z = r e iq .

Cette écriture est appelée une forme exponentielle de Z.

Remarque : le conjugué de eiq est e -iq .

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Une simple transcription du théorème 8, pour des nombres complexes de module 1 donne alors :

eiq
eiq ´ e iq' = ei( q + q ')
e iq'
= ei( q - q ') (e )
iq n
= einq pour n Î 

La notation exponentielle rend les calculs très simples, par exemple :


3p 2p p 17 p
i -i i Z 3 i 12
Si Z = 3 e 4 et Z' = 7 e 3 alors ZZ' = 21 e 12 et = e
Z' 7

Exercices :

(1 + i) 4
1) Déterminer la forme algébrique du nombre Z = .
( 3 - i) 3

Posons Z1 = 1 + i et Z2 = 3 - i.
Déterminons les formes exponentielles de Z1 et Z2 :
p
Comme |Z1| = 2 et arg(Z1) = (2p), on a :
4
p
i
Z1 = 2 e 4

D'où : Z14 = 4 eip = - 4

p
Comme |Z2| = 2 et arg(Z2) = - (2p), on a :
6
p
-i
Z2 = 2 e 6

p
-i
D'où : Z23 = 8 e 2 = -8i

Z14 1
Et finalement : Z= =- i
Z 23 2

2) Calculer (1 + i)14.
p
i
Posons Z = 1 + i. On a : Z= 2 e 4

7p 3p
i i
D'où : Z14 = 28 e 2 = 128 ei2p e 2 = -128 i

Énigme : où est l'erreur dans le calcul suivant :


e 2 ip = 1

(e )2 ip x x
En élevant à la puissance x : =1 =1
D'où : e 2 ipx = 1
p
1 i
En particulier pour x = : e 2 =1
4
D'où : i=1
Réponse : la relation e ( )iq n
= e inq
n'est pas valable si n =
1
4
.

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Une démonstration de l'inégalité triangulaire : " Z1, Z2 Î , |Z1 + Z2|  |Z1| + |Z2|

Lemme : Pour tous nombres complexes Z1 = r1 e iq 1 et Z2 = r2 e iq 2 , on a : |Re(Z1 Z2 )|  r1 r2.

Preuve du lemme : On démontre que l'application : j :  ´  ®


(Z1 ; Z2) a Re( Z1 Z 2 )
|Re(Z1 Z2 )| = |Re(r1 r2 e i(q1 -q2 ) )| = | r1 r2 cos(q1 - q2)|  r1 r2.
est un produit scalaire sur . Le lemme n'est alors autre que
l'inégalité de Cauchy-Schwarz. L'inégalité triangulaire en
Et, en particulier : Re(Z1 Z2 )  r1 r2. découle (voir la leçon sur le produit scalaire )

Démonstration de l'inégalité triangulaire :

|Z1 + Z2|2 = (Z1 + Z2) ( Z1 + Z2 ) = (Z1 + Z2)( Z1 + Z2 ) = Z1 Z1 + Z1 Z2 + Z2 Z1 + Z2 Z2 = r12 + (Z1 Z2 + Z1Z2 ) + r22

|Z1 + Z2|2 = r12 + 2 Re(Z1 Z2 ) + r22

Et d'après le lemme : |Z1 + Z2|2  r12 + 2 r1 r2 + r22  (r1 + r2)2

Et par croissance de la fonction racine carrée : |Z1 + Z2|  |Z1| + |Z2|

Remarque : cas d'égalité dans l'inégalité triangulaire : à quelle condition a-t-on : |Z1 + Z2| = |Z1| + |Z2| ?
D'après la démonstration faite ci-dessus, on a :
|Z1 + Z2| = |Z1| + |Z2| Û Re(Z1 Z2 ) = r1 r2 Û cos(q1 - q2) = 1 Û q1 - q2 = 0 (2p) Û q1 = q2 (2p)

D'où : |Z1 + Z2| = |Z1| + |Z2| Û O, M1 et M2 sont alignés dans cet ordre

VII) Formules de Moivre. Formules d'Euler

Théorème 9
Formules de Moivre : pour tout q Î  et tout n Î 

(cos q + i sin q)n = cos (nq) + i sin(nq) (cos q - i sin q)n = cos (nq) - i sin(nq)

eiq + e - iq eiq - e -iq


Formules d'Euler : cos q = sin q =
2 2i

Démonstration : utilisons les formes exponentielles :

( )
n
(cos q + i sin q)n = e iq = e inq = cos (nq) + i sin(nq)

D'où la première formule de Moivre. La seconde est obtenue en remplaçant q par -q.

eiq + e - iq = cos q + i sin q + cos(-q) + i sin(-q) = cos q + i sin q + cos(q) - i sin(q) = 2 cos q

eiq - e - iq = cos q + i sin q - cos(-q) - i sin(-q) = cos q + i sin q - cos(q) + i sin(q) = 2 i sin q
D'où les deux formules d'Euler.

Exemples :

1) Linéariser sin3 q et cos4 q.

2) Calculer cos(3q) et sin(3q) en fonction de cos q et sin q.

3) Démontrer que x 2 - 2xcos q + 1 = (x - eiq )(x - e -iq ).

æ e it ö æ 1 ö 1 1
4) Calculer Re ç it ÷ et Re ç it ÷ . (On trouve et - )
è e - 1ø è e - 1ø 2 2

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1 + i tan q p
5) Démontrer que e 2iq = pour q ¹ (2p).
1 - i tan q 2

u+v
6) Soient u et v deux nombres complexes distincts et de même module r. Alors est imaginaire pur.
u-v

æ n ö
ç å
7) Démontrer que sin(2n + 1)t = sin t ç 1 + 2 cos(2 pt ) ÷
÷
è p =0 ø
n
8) Calculer åe
p=0
ipt
.

p+ q
i p-q
9) On pose S = cos p + cos q et S' = sin p + sin q. Démontrer que S + iS' = 2 e 2 cos . En déduire des
2
expressions de S et S' sous forme de produits. Procéder de même avec T = cos p - cos q et T' = sin p - sin q.

VIII) Nombres complexes et géométrie


r r
Dans tout ce paragraphe, le plan est muni d'un repère orthonormal direct (O, u , v ) .

Rappelons que si ZA et ZB sont les affixes respectives de deux points A et B alors AB = |ZB - ZA|.

Théorème 10
Si A, B et C sont trois points deux à deux distincts du plan complexe d'affixes respectives a, b et c alors :
® ® æ b - cö
( CA ; CB ) = arg ç ÷ (2p)
è a - cø
® ®
Démonstration : les affixes des vecteurs CA et CB sont respectivement (a - c) et (b - c).
Par définition de l'argument :
® ® ® ®
arg(a - c) = ( u ; CA ) (2p) et arg(b - c) = ( u ; CB ) (2p)
Or, d'après la relation de Chasles sur les angles :
® ® ® ® ® ®
( u ; CB ) - ( u ; CA ) = ( CA ; CB ) (2p)
Et d'après le théorème 8 sur les arguments :
æ b - cö
arg(b - c) - arg(a - c) = arg ç ÷ (2p)
è a - cø
® ® æ b - cö
Donc : ( CA ; CB ) = arg ç ÷ (2p)
è a - cø

CAS PARTICULIERS de ce théorème : Il résulte du fait que un argument d'un réel est zéro (modulo p) et que
p
celui d'un imaginaire pur est égal à (modulo p) que :
2
b-c
· est réel Û les points A, B et C sont alignés
a-c
b-c
· est imaginaire pur Û les droites (CA) et (CB) sont perpendiculaires.
a-c

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Établissons maintenant le lien entre certaines fonctions complexes et certaines transformations du plan :
Considérons une fonction ¦ définie sur  à valeurs dans . Nous pouvons associer à cette fonction ¦ la

transformation ponctuelle T qui à chaque point M d'affixe Z associe le point M' d'affixe ¦(Z).

Théorème 11
®
Soit a un complexe et OA le vecteur image de a. La transformation ponctuelle associée à la fonction ¦ définie
®
sur  par ¦(Z) = Z + a est la translation de vecteur OA .

"Ajouter un nombre a c'est translater d'un vecteur d'affixe a"


Axe des imaginaires purs
M'(Z + a)
M(Z)

® A(a)
v
Axe des réels
O ®
u

Théorème 12

Soit a = eiq un complexe (de module 1). La transformation ponctuelle associée à la fonction ¦ définie sur  par

¦(Z) = aZ est la rotation de centre O et d'angle q.

"Multiplier par eiq c'est faire tourner d'un angle q autour de O"

Axe des imaginaires purs

M'(aZ)

M(Z)
Arg(a)
®
v Arg(Z)
Axe des réels
O ®
u

En particulier, la fonction ¦ définie sur  par ¦(Z) = iZ s'associe à un quart de tour de sens direct.
r r
ì u = v
® ® ï
Exemple : Soit u (x, y) un vecteur du plan (non nul) et v (x', y') tel que í r r p
ïî( u , v ) = 2
® ®
Exprimer les coordonnées de v en fonction de celles de u .
® ®
Notons z = r eiq l'affixe de u et z' celle de v .

On a donc : z' = iz = i r eiq = i r (cos q + i sin q) = r (-sin q + i cos q)


D'où : x' = - r sin q = -y et y' = r cos q = x

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LES NOMBRES COMPLEXES ET LA RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU SECOND DEGRÉ

ÉQUATIONS DU TYPE x2 = a où a est un réel et x quantité inconnue.

1. Rappeler les solutions de l'équation x 2 = a dans le cas où a  0.

( ) . En déduire que l'équation x


2
2. On suppose que a < 0. Vérifier que a = i - a 2
= a possède deux solutions
complexes que l'on précisera.

L'équation x 2 = a possède deux solutions dans  :

· Si a  0, ce sont les réels suivants :

· Si a < 0, ce sont les imaginaires purs conjugués suivants :

Applications :
Résoudre dans  les équations suivantes :
3 1
x2 = -3 z2 + = 0 z2 = cos2 q - 1 x+ =0
4 x

ÉQUATIONS DU TYPE ax2 + bx + c = 0 où a, b et c sont des réels avec a ¹ 0 et x quantité


inconnue.
Considérons le discriminant D = b2 - 4ac.

1. Rappeler les solutions de l'équation a x 2 + bx + c = 0 (a ¹ 0) lorsque D  0.

Rappelons (voir cours de Première) que l'équation a x 2 + bx + c = 0 (a ¹ 0) peut s'écrire de manière


équivalente :
2
æ bö D
çx + ÷ =
è 2a ø 4a 2

( )
2
2. On suppose que D < 0. Vérifier que D = i - D . En déduire que l'équation ci-dessus possède deux

solutions complexes que l'on précisera.

L'équation a x 2 + bx + c = 0 (a ¹ 0) possède deux solutions dans  :

· Si D  0, ce sont les réels suivants :

· Si D < 0, ce sont les complexes conjugués suivants :

À RETENIR : Dans , on peut toujours obtenir la factorisation suivante :

az2 + bz + c = a(z - z1)(z - z2) où z1 et z2 sont les racines du polynôme az2 + bz + c

Applications :
Résoudre, dans , les équations suivantes :

2z2 - 3z + 4 = 0 x2 - 2x + 2 = 0 2z4 + z2 - 10 = 0

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ARITHMETIQUE

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Lise Jean-Claude - Cours d’arithmétique -Terminale S

ARITHMETIQUE

Partie des mathématiques étudiant les propriétés élémentaires des nombres entiers.

Introduction : Le développement de l’informatique et plus généralement de ce qu’on appelle «le


numérique », est étroitement lié à l’arithmétique. Lorsqu’on a besoin de traiter des informations,
de faire fonctionner des documents multimédias (textes, sons, images) sur des machines, il est
souvent nécessaire de les coder.
Toute information peut être codée en utilisant des suites formées uniquement des deux symboles
0 et 1. On parle de représentation binaire …

< désigne l’ensemble des entiers naturels et  désigne l’ensemble des entiers relatifs

Les trois axiomes fondamentaux

Toute partie non vide de » admet un plus petit élément. (Faux dans  )

Toute partie non vide et majorée de » admet un plus grand élément.

Toute suite d’entiers naturels strictement décroissante est finie. (Faux dans  )

Divisibilité dans » : diviseurs, multiples d’un entier

Définitions : Soit a et b deux entiers relatifs.


On dit que a divise b s’il existe un entier q tel que b = a.q.
On écrit alors ab.
On dit aussi : «b est divisible par a »
«a est un diviseur de b ».
«b est un multiple de a ».

Théorèmes :
1) Si ab alors abc quel que soit l’entier c.
2) Si ab et si bc alors ac.
3) Si ab et si ac alors a divise toute combinaison linéaire de b et c, α.b + β.c
où α et β sont des entiers relatifs.
4) Si ab et b≠0 alors a≤b. Ainsi, tout entier non nul admet un nombre fini
de diviseurs.
5) Si ab et si ba alors a = ±b.

Démonstrations.

1) Si ab alors il existe un entier q tel que b = a.q. Alors b.c =(a.q).c = a.(qc) donc
abc.
2) Si ab et si bc alors il existe deux entiers q et r tels que b = aq et c = br donc
c=(aq)r = a(qr) d’où ac.
3) Si ab et ac alors il existe deux entiers q et r tels que b = aq et c = ar donc
αb + βc = α(aq) + β(ar) = a(αq + βr) donc a(αb + βc).

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Lise Jean-Claude - Cours d’arithmétique -Terminale S

4) Si ab et b≠0 alors il existe un entier q non nul tel que b = aq donc
b=aq et q≥ 1 d’où b≥a.
5) Si ab et ba alors a ≤ b et b ≤ a donc a=b, soit a = ±b.

Nombres premiers

Tout entier naturel n≠1 possède au moins deux diviseurs : 1 et n.

Exercice : chercher «tous » les diviseurs de 150, de 12, de 7 ….

150 1 71 12 1
75 2 62
Une disposition pratique : 50 3 43
30 5
25 6
15 10

Remarque : si n= p×q avec p≤q alors p≤ n . q p


En effet, (par l’absurde) si p> n alors q> n et pq > n !

Définition : Un entier naturel différent de 1 est dit «premier » si ses seuls diviseurs
positifs sont 1 et lui-même.

Par définition : 1 n’est pas premier.


0 n’est pas premier.
Quelques nombres premiers : ... 2, 3, 5, 7, 11, 13,... , 37, ...., 41,... , 19 999 999,...
(on démontrera que la suite des nombres premiers est infinie)

Division euclidienne

Propriété d’Archimède : Soit a un entier naturel et b un entier naturel non nul.


Alors il existe un entier naturel n tel que n.b ≥ a.
Preuve :
Si a = 0 alors n = 1 convient ; si a ≠ 0 alors n = a convient car b ≥ 1 implique a.b ≥ a.

Conséquence : étant donnés deux entiers naturels a et b (b ≠ 0), il existe un entier naturel
q tel que : bq ≤ a < b(q + 1) .

a est compris entre deux multiples consécutifs de b.


Intuitivement, les intervalles [[bq ; b(q + 1)[[ « recouvrent » l’ensemble  .
a

0 b 2b 3b ... bq b(q+1)

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Lise Jean-Claude - Cours d’arithmétique -Terminale S

Démonstration :
Soit E l’ensemble des entiers naturels n tels que n.b > a.
D’après la propriété d’Archimède, il existe un entier n tel que nb≥ a+1, soit nb>a donc E
n’est pas vide.
E possède donc un plus petit élément p. (cf. axiomes de » )
On a : p∈E mais p-1∉E, donc (p - 1)b ≤ a < pb
D’où qb ≤ a < (q+1)b en posant q = p − 1 .

Théorème : soit a un entier naturel et b un entier naturel non nul. Alors il existe un
unique couple d’entiers naturels (q ; r ) tels que a = b.q + r avec 0 ≤ r < b.

Démonstration :
Existence : d’après le résultat précédent, il existe q∈ N tel que qb  a< (q+1)b,
soit 0 ≤ a-bq < b.
En posant r = a - bq, on obtient : a = bq + r et 0 ≤ r < b.

Unicité :
Supposons trouvés deux couples (q1 ; r1) et (q2 ; r2) tels que
a = b.q1 + r1 et a = b.q2 + r2
avec 0 ≤ r1 < b et 0 ≤ r2 < b
En ajoutant membre à membre les inégalités 0 ≤ r1 < b et -b < -r2 ≤ 0 , on
obtient : -b < r1 - r2 < b
De plus, r1 - r2 = b.(q1 - q2) donc r1 - r2 est multiple de b.
Or le seul multiple de b strictement compris entre b et -b est 0.
On a donc r1 - r2 = 0. Par suite q1 - q2 = 0 soit q1 = q2 .

Division euclidienne dans  :

Théorème : soit a un entier relatif et b un entier relatif non nul. Alors il existe un
unique couple d’entiers relatifs (q ; r ) tels que a = b.q + r avec 0 ≤ r < b .

L’existence peut être prouvé à l’aide du résultat précédent. (exercice)


L’unicité se prouve de la même manière que dans la démonstration précédente. (exercice)

Définition : L’opération permettant de passer du couple ( a ; b ), a ∈ Î, b ∈ Î\{0} au couple


(q ; r) s’appelle « la division euclidienne de a par b ». a, b, q et r sont
respectivement le dividende, le diviseur, le quotient et le reste de cette division.

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Nombres ayant même reste dans la division euclidienne par un entier non nul –
notion de congruence - Compatibilité avec les opérations usuelles.

Définition : Lorsque deux entiers relatifs a et b ont le même reste dans la division
euclidienne par un entier naturel n non nul, on dit qu’ils sont congrus modulo n et
on note a ≡ b mod n.

Théorème :
Soit a et b deux entiers relatifs et n un entier naturel non nul.
Alors a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n si et
seulement si a – b est multiple de n.

Démonstration : a = nq + r , avec 0 ≤ r < n


b = nq’ + r’ , avec 0 ≤ r’< n
par différence on obtient : a – b = n(q – q’) + (r – r’), avec -n < r – r’< n
• si r = r’ alors a – b est multiple de n.
• si a – b est multiple de n alors r – r’ est un multiple de n,
or -n < r – r’< n donc r – r’ = 0 , soit r = r’.

Théorème : Soit a, b, a’, b’ des entiers relatifs et n un entier naturel non nul.
Si a et b ont respectivement les mêmes restes que a’ et b’ dans la division
euclidienne par n.
Alors dans la division euclidienne par n :
• a + b a le même reste que a’ + b’
• a – b a le même reste que a’ – b’
• ab a le même reste que a’b’
• ak a le même reste que a’k (pour tout k de » )

Démonstration : il existe des entiers q et q’ tels que :


a - a’ = nq
b – b’ = nq’
Alors, a + b = n(q + q’) + (a’ + b’)
a - b = n(q - q’) + (a’ – b’)
ab = n(nqq’ + qs + q’r) + a’b’
On montre par récurrence sur k que ak = nqk + a’k.

En termes de congruences, le théorème s’énonce :


Si a ≡ a’ mod n et b ≡ b’ mod n alors :
a + b ≡ a’ + b’ mod n
a - b ≡ a’ – b’ mod n
ab ≡ a’b’ mod n
ak ≡ a’k mod n

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Des critères de divisibilité

Exercice : énoncer un critère de divisibilité par 2

Divisibilité par 3

Exemple : 456 = 4 × 10² + 5 × 10 + 6


or 10 = 3 × 3 + 1 ; 102 = 3 × 33 + 1
donc 456 = 4 × (3 × 33 + 1) + 5 × (3 × 3 + 1) + 6
456 = 4 + 5 + 6 + (4 × 3 × 33 + 5 × 3 × 3)
456 = 15 + 3 × (4 × 33 + 5 × 3)
par suite 456 est divisible par 3 car 15 est divisible par 3 et réciproquement.

Démonstration du cas général :


(voir annexe 2 : systèmes de numération)

n = an an−1 ... a1a0 = a0 + a1×10 + … + an-1×10n-1 + an×10n


On a : 10 ≡ 1 mod 3 donc 10k ≡ 1 mod 3 pour tout entier k.
Par suite : n ≡ an + an-1 + …+ a1 + ao mod 3
n et an + an-1 + …+ a1 + ao ont le même reste dans la division par 3.
En particulier :

n est divisible par 3 si et seulement si an + an-1 + …+ a1 + ao est divisible par 3.

Démontrer les critères suivants :

Divisibilité par 5

n est divisible par 5 si et seulement si ao est divisible par 5.

Divisibilité par 9

n est divisible par 9 si et seulement si an + an-1 + …+ a1 + ao est divisible par 9.

Divisibilité par 11

n
n est divisible par 11 si et seulement si ∑ (−1)
k =0
k
ak est divisible par 11.

Conjecturer puis démontrer des critères de divisibilité par 13, 17, 19 et 25.

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PGCD et algorithme d’Euclide.

Définition :

On notera D(a) l’ensemble des diviseurs positifs d’un entier naturel a.


Soit a et b deux entiers naturels tels que l’un au moins est non nul.
Les ensembles D(a) et D(b) ont au moins un élément commun : 1.
L’ensemble D(a) ∩ D(b) est une partie non vide de » et majorée (par max(a ; b) ) donc possède
un plus grand élément appelé PGCD de a et de b (Plus Grand Commun Diviseur de a et de b).

Le PGCD de a et de b est noté a ∧ b ou pgcd ( a , b ).


Si a et b sont des entiers relatifs alors on définit pgcd ( a , b ) = pgcd ( a , b )

Exemple : pour déterminer le PGCD de 48 et 64,


- on peut écrire en extension les ensembles D(48) et D(64).
D(48) = {1, 2, 3, 4, 8, 12, 16, 24, 48}
D(64) = {1, 2, 4, 8, 16, 32, 64}
D(48) ∩ D(64) = {1, 2, 4, 8, 16} d’où pgcd(48 , 64) = 16.

- on peut utiliser l’algorithme d’Euclide décrit ci-dessous.

L’algorithme d’Euclide

Etape 1 : étant donnés deux entiers naturels a et b, avec b non nul, on fait la division euclidienne
de a par b. On a : a = b.q0 + r0 avec 0 ≤ r0 < b et on démontre que D(a) ∩ D(b) = D(b) ∩ D(r0).

Etape 2 : si r0≠0 on recommence l’étape 1 avec le couple (b ; r0). b = q1.r0 + r1 avec 0 ≤ r1 < r0.
On a alors D(a) ∩ D(b) = D(b) ∩ D(r0) = D(r0) ∩ D(r1).
Et ainsi de suite, on construit une suite d’entiers r0, r1, …rn vérifiant 0 ≤ rn< rn-1<…< r1 < r0 et
D(a) ∩ D(b) = D(rn-1) ∩ D(rn).
Ce processus est nécessairement fini car (rn) est une suite strictement décroissante d’entiers naturels.

Etape 3 : la dernière étape a lieu lors de l’apparition du premier reste nul,


Si rn = 0 avec rn-1≠0 on a D(a) ∩ D(b) = D(rn-1) ∩ D(0) = D(rn-1).
Le PGCD de a et de b est donc égal au dernier reste non nul obtenu dans les divisions successives.

Démonstrations :
• étape 1 : par double inclusion...
Soit c un élément de D(a) ∩ D(b). ca et cb donc ca – bq0
or r0 = a – bq0 donc cr0 , soit c∈ D(r0)
d’où c∈ D(b) ∩ D(r0).
Réciproquement, si c∈ D(b) ∩ D(r0) alors cb et cr0 donc cb.q0 + r0
or, a = b.q0 + r0 donc ca soit, c∈ D(a) ∩ D(b).
• étape 3 : D(0) = » ...

Remarque : on a prouvé que D(a) ∩ D(b) = D(a ∧ b).


L’ensemble des diviseurs communs de a et b est l’ensemble des diviseurs de leur PGCD.

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Autrement dit : da et db ⇔ dpgcd(a , b)


Exemple : Calculons le PGCD de 64 et 48 en utilisant cet algorithme.
64 = 48.1 + 16 TI 92 mod(64,48) = 16
48 = 16.3 + 0 mod(48,16) = 0.
donc pgcd(64,48) = 16

Quelques propriétés du PGCD :

a, b et k sont des entiers naturels non nuls.


pgcd(a,1) = 1 ; pgcd(a,a) = a ; pgcd(a,0) = a ; pgcd(a,b) = pgcd(b,a)
ab ⇔ pgcd(a,b) = a ; pgcd(ka,kb) = k × pgcd(a,b)
a b 1
Si ka et kb alors pgcd( , ) = × pgcd(a,b)
k k k
Si a est premier et a ne divise pas b alors pgcd(a,b) = 1 (exercices)

Entiers premiers entre eux

Définition :
Deux entiers naturels non nuls sont dits premiers entre eux lorsque leur PGCD est 1.

Théorèmes de Bézout et de Gauss

Calculons le PGCD (25 872, 484)


25 872 = 484×53 + 220
484 = 220×2 + 44
220 = 44×5 + 0 donc (25 872, 484) = 44.
On peut utiliser les calculs précédents pour écrire 44 comme combinaison linéaire
de 25 872 et 484.
44 = 484 - 2×220
= 484 - 2.(25 872 –484×53)
= 484×(1 + 2×53) + 25 872×(-2)

44 = (-2)×25 872 + 107×484 Cette égalité est appelée : identité de Bézout.

Théorème :
Soit a et b deux entiers naturels non nuls et d leur pgcd.
Il existe deux entiers relatifs u et v tels que a.u + b.v = d.

Démonstration :
Soit E = {n.a + m.b / n∈ » et m∈ » }
E ∩ »* ≠ ∅ car a∈ E (prendre n = 1 et m = 0)
E ∩ »* étant une partie non vide de » possède un plus petit élément ; notons-le d.
Comme d∈ E il existe deux entiers naturels u et v tels que d = a.u + b.v.
• E contient clairement tous les multiples de d.
• Réciproquement, soit x un élément de E ∩ »*
Il existe deux entiers q et r tels que : x = dq + r avec 0 ≤ r < d.
Alors r = x – dq donc r∈ E (différence de deux éléments de E).

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Si r était non nul, on aurait r∈ E ∩ »* ; impossible car r < d (plus petit élément
de E ∩ »* ), donc r = 0.
Par suite x est un multiple de d.
On a prouvé que E ∩ »* est l’ensemble des multiples de son plus petit élément d
Montrons que d est le PGCD de a et de b.
Soit d’ = a ∧ b
• d’a et d’b donc d’a.u + b.v donc d’d.
• da et db donc dd’.

d’d et dd’ donc d = d’.

Théorème de Bezout :
a et b sont premiers entre eux si et seulement si il existe deux entiers u et v tels
que au + bv = 1.

Preuve :
• Si a ∧ b = 1 alors 1= a.u + b.v comme conséquence immédiate du théorème
précédent avec d = 1
• Si a.u + b.v = 1 alors tout diviseur commun à a et à b divise a.u + b.v = 1
donc a ∧ b | 1, d’où a ∧ b = 1.

Remarque :
Les nombres u et v ne sont pas uniques.
Par exemple, 2 et 3 sont premiers entre eux.
En effet, 3 × 1 + 2 × (-1) = 1 ou 3 × (-5) + 2 × 8 = 1.

Théorème de Gauss :
Si a divise le produit bc et si a est premier avec b, alors a divise c.

Démonstration :
a divise b.c donc il existe un entier k tel que b.c = k.a
De plus d’après le théorème de Bézout, a et b étant premiers entre eux, il existe deux
entiers u et v tels que a.u + b.v = 1 ; en multipliant par c on obtient
a.u.c + b.c.v = c puis c = a.u.c + k.a.v soit c = a.(u.c + k.v)
d’où a divise c.

Conséquences :
Soit a, b , c trois entiers naturels non nuls.
1) Si a et b divisent c et si a et b sont premiers entre eux alors ab divise c.
2) Si un nombre premier p divise un produit ab alors p divise a ou p divise b.
(C’est un exercice !)

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Equations diophantiennes
Exemple de résolution dans » 2 de ax + by = d avec d = pgcd(a , b)

Un exemple : Soit à résoudre dans » , l’équation 9x + 6y = 15 (E)

• S’il existe une solution, 15 est une combinaison linéaire de 9 et de 6 donc leur PGCD
divise 15.
Or pgcd(9,6) = 3 et 15 = 3×5 donc l’équation (E) est équivalente à l’équation (E’) :
3.x + 2.y = 5 où 3 et 2 premiers entre eux.

D’après le théorème de Bézout, il existe u et v tels que 3.u + 2.v = 1.


Par exemple u = 3 et v = -4 (les coefficients de Bezout ne sont pas uniques)
On obtient une solution particulière de (E) en multipliant u et v par 5 :
xo = 5×3 = 15 et yo = 5×(-4)
(On vérifie que 9 × 15 + 6 × (-20) = 15 )
Existe-t-il d’autres solutions ?
• Si (x , y) est un couple de solutions de (E) , on a
9x + 6y = 15 or, 9xo + 6yo = 15
Après soustraction membre à membre et simplifications on obtient :
3.(x - xo) = 2.(yo - y)
Donc 2 divise 3.(x - xo) et puisque 2 et 3 sont premiers entre eux, 2 divise (x - xo)
(théorème de Gauss).
Il existe k tel que x = xo+ 2.k . Si bien que 3.2k = 2.(yo - y), par suite y = y0 – 3.k

• D’autre part, on vérifie immédiatement, que pour tout k de » , le couple (x , y) défini


précédemment convient.

Conclusion : l’ensemble des solutions de (E) est l’ensemble des couples d’entiers (x , y ) tels
que x = 15 + 2.k et y = -20 - 3.k où k est un entier relatif.

Remarques : notons d = pgcd(a , b)

On considère l’équation ax + by = c.
Si d ne divise pas c alors l’équation n’admet pas de solution.
Si d divise c alors on simplifie par d et on obtient une équation du type a’x + b’y = c’ avec
a’ et b’ premiers entre eux.

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PPCM de deux entiers naturels

Exemple : écrivons l’ensemble A des multiples strictement positifs de 12, puis l’ensemble B des
multiples strictement positifs de 15, puis A∩B. Alors on remarque que le plus petit élément de
A∩B est 60. C’est à la fois un multiple de 12 et de 15, d’où son nom... ppcm(12 ; 15) = 60.

Sur TI 92 Lmc(12, 15) = 60.

Définition : Soit a et b deux entiers naturels non nuls.


L’ensemble des multiples communs strictement positifs de a et de b est non vide (il contient
ab) donc il possède un plus petit élément appelé plus petit commun multiple de a et de b et noté
ppcm(a ; b).
Si a et b sont des entiers relatifs alors on convient que ppcm(a ; b) = ppcm( a , b )

Premières propriétés : a et b sont des entiers naturels non nuls.

ppcm(a , b) = ppcm(b , a) ; ppcm(a , a) = a


ppcm(a , 1) = a ; appcm(a , b) et bppcm(a , b)
Si a divise b alors ppcm(a , b) = b.
am et bm ⇔ ppcm(a,b) m

Lien entre PGCD et PPCM

Théorème : Soit a et b des entiers naturels non nuls.


Alors : pgcd(a , b) × ppcm(a , b) = ab

Démonstration :
Posons m = ppcm(a , b) , d = pgcd(a , b) ,
a b
a’ = et b’ = . a’ et b’ sont premiers entre eux.
d d
Remarquons que : ab = d2a’b’ = d × da’b’
• da’b’ = ab’ =a’b donc da’b’ est multiple de a et de b d’où m ≤ da’b’ .
• Il existe des entiers naturels non nuls p et q tels que m = pa et m = qb.
Comme pa = qb, on a pa’ = qb’ (en divisant par d).
Par suite b’pa’ et pgcd(a‘ , b’) = 1 donc b’p (théorème de Gauss).
Il existe un entier k ≥ 1 tel que p = kb’. On a donc m = kb’a = k(da’b’), d’où m ≥ da’b’ .

Conclusion : m = da’b’.
En multipliant par d , on obtient md = da’db’ = ab c.q.f.d.

Conséquences : a, b et k sont des entiers naturels non nuls.


• ppcm(ka , kb) = k × ppcm(a , b)
a b 1
• Si ka et kb alors ppcm( , ) = × ppcm(a,b)
k k k

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Algorithme d’essai de division par les nombres premiers successifs pour


reconnaître si un entier donné est premier

Théorème 1 : Soit n entier naturel strictement supérieur à 1, alors :


• n admet au moins un diviseur premier.
• Si n n’est pas premier, il admet un diviseur premier p tel que p ≤ n.

Démonstration :
Soit E l’ensemble des diviseurs de n strictement supérieurs à 1.
E n’est pas vide car il contient n.
E étant une partie non vide de » admet un plus petit élément p.
On sait que p > 1 et que p divise n.
Montrons que p est premier :
Soit q un diviseur de p strictement supérieur à 1.
q ≤ p et qn (car qp et pn)
donc q = p (p étant le plus petit élément de E).
Si n n’est pas premier, n s’écrit n = pk avec p≤ k (p étant le
plus petit des diviseurs de n strictement supérieurs à 1), d’où
p2≤ pk soit p2≤ n . c.q.f.d.

Comment savoir si un entier donné est premier ou non ?

Un entier naturel n > 1 est premier s’il n’est divisible par aucun nombre
premier inférieur à n.

D’où un algorithme de recherche de primalité par essai de division par les


nombres premiers successifs à partir de 2 :
Si n est divisible par 2, n n’est pas premier et c’est fini.
Sinon, on divise n par 3. Si 3n c’est fini
Sinon, on divise par l’entier premier suivant 5, etc...
On arrête les divisions au plus grand entier premier p tel que p ≤ n.
Encore faut-il connaître la liste des nombres premiers inférieurs à n !
Cf. annexe 1 : Crible d’Ératosthène

Exemple : n = 409 est-il premier ?


409 ≈ 20,22 On essaie donc les divisions successives par les entiers premiers
inférieurs ou égaux à 20 soit : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, et 19.
409 est premier.

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Existence d’une infinité de nombres premiers.

Théorème : l’ensemble des nombres premiers est infini.

Une démonstration par l’absurde


Soit E l’ensemble des nombres premiers.
Supposons que E est fini et que E contient n éléments p1, p2, p3,... , pn..
Considérons l’entier naturel a = p1 .p2 .p3 ....pn + 1.
a ≥ 2 donc a possède au moins un diviseur premier q.
q est l’un des pi donc q p1 .p2 .p3 ....pn , par suite q a – p1 .p2 .p3 ....pn , soit q1 donc
q = 1. Impossible car 1 n’est pas premier.
L’hypothèse « E fini » a conduit à une impossibilité donc E est infini.

Théorème : Tout naturel n, strictement supérieur à 1, peut s’écrire comme un produit de


nombres premiers. Cette décomposition en facteurs premiers est unique à
l’ordre près.

(L’unicité de la décomposition en facteurs premiers est admise )


Démonstration :
Soit n un entier naturel strictement supérieur à 1 donc n admet un diviseur premier p1 :
n = p1.a1 avec 1 ≤ a1 < n.
Si a1 =1 la démonstration est terminée.
Sinon a1 admet un diviseur premier p2 et a1 = p2.a2. tel que 1≤ a2 < a1.
Ainsi n = p1.p2.a2.
Si a2 =1 la démonstration est terminée.
Sinon a2 admet un diviseur premier p3 et a2 = p3.a3. tel que 1≤ a3 < a2.
Et ainsi de suite... on fabrique deux suites d’entiers naturels (pi) et (ai) telles que
n = p1.p2.p3... ak
La suite d’entiers naturels (ai) étant strictement décroissante est finie donc le processus
s’arrête pour un entier k tel que ak = 1.
Les termes de la suite des entiers naturels (pi) ne sont pas tous nécessairement distincts.
En regroupant les éléments égaux, on obtient une décomposition du type :
α
n = p1α1 .p 2α2 .p 3α3 ...p j j où p1 ,p2 ,…,pj sont des nombres premiers distincts
et α1 ,α2 ,…,αj des entiers naturels.

Exemples : 60 = 22.3.5. [Sur TI92 : mode «exact » et factor(60)]


4896 = 17.32.25.
méthode «manuelle » :
60 2
30 2
15 3
5 5
1 1

Attention : la TI92 ne cherche pas les facteurs premiers lorsqu’ils sont tous plus grands
que 65 521.

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Utilisations de la décomposition en produit de facteurs premiers :


a) Trouver tous les diviseurs d’un nombre.
b) Reconnaître si un nombre est un carré, un cube, etc…
c) Calculer un PGCD.
d) Calculer un PPCM.
e) Calculer la somme de tous les diviseurs d’un nombre.

Quelques curiosités :
Les nombres de Mersenne (1588-1648) de la forme 2p-1 où p est premier comme
par exemple 219 937-1, 221 701-1, 2132 049-1, 2216 091-, 2859 433-1 sont premiers mais il faut de gros
ordinateurs pour l’établir.
Fermat affirme en 1640 que «tous » les nombres du type Fn = 2 2 + 1 sont
n

premiers. Mais si ceci est vrai pour n = 0, 1, 2, 3, 4, Euler démontre que c’est faux pour
n = 5. D’après TI 92 : 2 2 + 1 = (641).(6700417) .
5

Actuellement, on sait que ces nombres sont composés pour 5 ≤ n ≤ 20 . Pour le reste...

Le plus grand nombre de Mersenne connu est 3*2^303093+1 (91241 chiffres), Jeffrey Young en
1998
Le plus grand nombre premier connu est 2^3021377 - 1 (909526 chiffres) trouvé par GIMPS en
Janvier 1998

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Annexe 1 :
Crible d’Eratosthène ( (-284) – (-192) av JC) :

Le crible d’Eratosthène est un algorithme permettant de déterminer la liste de tous les


nombres premiers inférieurs à un entier N donné (N > 1)
Description :
On construit une grille comportant tous les entiers de 1 à N.
On raye le 1.
On raye ensuite tous les multiples de 2 autres que 2.
Le premier nombre à rayer est 2×2 = 22.
Le premier nombre non rayé après 2 est un nombre premier car il n’est multiple d’aucun
nombre entier strictement compris entre 1 et lui-même. C’est 3.

On raye tous les multiples de 3 autres que 3. Le premier nombre à rayer est 3×3 = 32 car
2×3 est déjà rayé.
Le premier nombre non rayé après 3 est un nombre premier car il n’est multiple d’aucun
nombre entier strictement compris entre 1 et lui-même. C’est 5.

On raye tous les multiples de 5 autres que 5. Le premier nombre à rayer est 5×5 = 52 car
2×5, 3×5 et 4×5 ont déjà été rayés comme multiples de 2 et de 3.
Le premier nombre non rayé après 5 est un nombre premier car il n’est multiple d’aucun
nombre entier strictement compris entre 1 et lui-même. C’est 7.
Et on continue ainsi de suite …
L’algorithme se termine lorsqu’on a obtenu par ce procédé un nombre premier dont le
carré dépasse N. (le premier nombre à rayer serait alors en dehors de la grille !)
Les nombres qui n’ont pas été rayés sont les nombres premiers compris entre 1 et N.

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40
41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60
61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80
81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100
101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120
121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140
141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160
161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180
181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200
201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220
221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240
241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260
261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280
281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300
301 302 303 304 305 306 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320
321 322 323 324 325 326 327 328 329 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340
341 342 343 344 345 346 347 348 349 350 351 352 353 354 355 356 357 358 359 360

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Lise Jean-Claude - Cours d’arithmétique -Terminale S

Annexe 2 :
Systèmes de numération

Il ne faut pas confondre les nombres et leurs désignations. Les nombres préexistent
indépendamment de leur nom et la façon de les désigner dépend du langage, de codes choisis.

L’ensemble  des entiers naturels

La notion de nombre entier naturel se présente à l’intuition sous deux aspects principaux :

• l’aspect cardinal.
Intuitivement, il s’agit de « compter » le nombre d’éléments de divers « ensembles finis »

Deux ensembles sont dits équipotents si on peut établir une correspondance terme à terme
(une bijection) entre eux. On dit alors qu’ils ont autant d’éléments l’un et l’autre. Il s’agit
d’une notion très élémentaire, car on peut voir si deux ensembles sont équipotents sans
savoir compter.
Ainsi, les bergers de l’Antiquité utilisaient des cailloux (d’où le nom de «calcul») pour faire
rentrer le soir autant de moutons qu’ils en avaient fait sortir le matin; de même, lorsqu’on
voit de nombreux couples danser sur une scène, malgré l’animation et sans compter, on sait
immédiatement qu’il y a autant d’hommes que de femmes; remarquons enfin que, dès
l’école maternelle, les enfants savent qu’ils ont autant de doigts à une main qu’à l’autre, aux
mains qu’aux pieds, qu’il y a autant de tasses que de soucoupes, etc., et cela parce qu’ils
savent réaliser les bijections correspondantes.
On peut définir le nombre d’éléments d’un ensemble fini donné comme étant la propriété
commune à tous les ensembles qui lui sont équipotents. Par exemple, « deux » est la
propriété commune à toutes les collections comportant une paire d’éléments.

• l’aspect ordinal
Intuitivement, il s’agit de « numéroter » (les pages d’un livre, les jours, les abonnés, etc.)

Le nombre peut être défini comme étant un élément d’une suite organisée ayant les
propriétés suivantes :
- chaque élément a un successeur unique ;
- deux éléments différents ont des successeurs différents ;
- l’élément 0 n’est le successeur d’aucun nombre.
Le fait de mémoriser les éléments de cette suite (la comptine numérique) permet de garder
ou de transmettre la mémoire d’une quantité.

On peut sans danger confondre ces deux définitions, mais selon les situations, c’est l’aspect
ordinal ou l’aspect cardinal du nombre considéré qui intervient.

Désignations des nombres

Les hommes ont de tous temps cherchés des moyens pour désigner des quantités de plus en plus
grandes avec le moins de signes possibles. Chaque civilisation s’est donné un répertoire de
signes et des règles permettant d’écrire et d’énoncer les nombres ; c’est ce que l’on appelle un
système de numération.

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Lise Jean-Claude - Cours d’arithmétique -Terminale S

On peut citer les systèmes de numération Egyptien, Maya, Babylonien et Romain qui ont tous
leur lot de symboles et de règles propres. L’étude de ces systèmes permet de mieux prendre
conscience de l’ingéniosité de notre système de numération usuel actuel dit positionnel à base
dix.

Principe de la numération de position à base constante :

L’idée : pour dénombrer une quantité, on choisit une base, par exemple dix (les doigts des mains)
puis on fait des regroupements par paquets de dix ; on groupe ensuite les paquets obtenus par dix
et ainsi de suite …Les groupements successifs correspondent à de puissances de dix d’unités. On
note de droite à gauche les signes désignant les quantités de chaque groupement dans l’ordre des
puissances croissantes en utilisant le signe zéro pour marquer l’absence de groupement d’une
unité. De sorte qu’une unité de chaque ordre vaut dix unités de l’ordre précédent.

Exercice : utiliser ce procédé pour écrire en base trois les nombres de points
a) • • • • • b) • • • • •
• • • • • • • • • •
• • • • • • • • • •
• • • • • • •

Soit b un entier naturel fixé (b ≥ 2).


Par suite de l’unicité du quotient et du reste dans la division euclidienne, tout entier naturel a
s’écrit d’une manière et d’une seule sous la forme :
a = anbn + an-1bn-1 + …+ a1b + a0
où les a0 , a1, ..., an sont des entiers naturels strictement inférieurs à b et où an est non nul.

b
On dit alors que l’écriture an an −1 ... a0 est l’écriture de a en base b, et on exprime pratiquement
chaque nombre ai par un symbole (ou chiffre) d’une liste donnée de b symboles.

Plus généralement, lorsque aucune confusion n’est possible, on omet l’indication de la base, et
on écrit an an −1 ....a0 et même sans surligner an an −1 ....a0 .
2
Attention : il faut se garder de lire «mille un» pour 1001 ; on doit lire la suite des chiffres écrits
de gauche à droite dès que le nombre est écrit dans une base différente de dix.

Le système décimal est le système de numération de position où la base est dix, par exemple,
8345 signifie 8×103 + 3×102 + 4×10 + 5

Le système binaire est le système de numération de position où la base est deux: l’alphabet est
composé des deux seuls chiffres 0 et 1. Ce système est très utilisé, car les machines à deux états
(machines électriques ou électroniques, par exemple) peuvent réaliser une représentation des
nombres entiers par leur désignation binaire, les deux états de la machine étant, dans le code, la
traduction du 0 et du 1. Ainsi, «neuf» peut être codé par un top suivi de deux blancs puis d’un
autre top.
Lorsque la base est supérieure à dix, il est nécessaire d’adjoindre aux chiffres habituels de
nouveaux symboles. Par exemple, en base douze, on utilisera : « 0 », « 1 », « 2 », « 3 »,
« 4 », « 5 », « 6 », « 7 », « 8 », « 9 », « α », « β ».

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DENOMBREMENT

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1

Dénombrement

Table des matières

1 Dénombrer des listes 2


1.1 Permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Arrangement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 p-liste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Combinaison 5
2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Nombre de combinaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Un exemple : le jeu de cartes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Résumé des situations 8


3.1 Critères à retenir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.3 Combinaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Formules 9
4.1 Formules relatives aux combinaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 Triangle de Pascal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.3 Le binôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

PAUL MILAN 20 mars 2012 T ERMINALE S


2 1 DÉNOMBRER DES LISTES

1 Dénombrer des listes

Définition 1 : Une liste est une suite d’éléments ordonnés d’un ensemble
E. Une liste induit donc une notion d’ordre.

1.1 Permutation

Définition 2 : Une permutation de n éléments d’un ensemble E est une


liste de n éléments de cet ensemble E.

Remarque : Toutes les permutations d’un ensemble E représente toutes les


possibilités d’énumérer les éléments de cet ensemble E.
Exemples :
1) Trouver tous les classements possibles d’une épreuve sportive qui comporte
10 athlètes.
2) Trouver tous les anagrammes du mot « ACHILE ».
3) Trouver tous les nombres de 4 chiffres que l’on peut former avec les chiffres
de 1 789.

Théorème 1 : Le nombre de permutations d’un ensembleE de n éléments


est égal à :
n × (n − 1) × (n − 2) × · · · × 2 × 1 = n!
n! est appelé « factorielle n ». Par convention, on pose 0! = 1.

Exemples :
1) Le nombre de classements possibles d’une compétition avec 10 athlètes est :

10! = 10 × 9 × 8 × · · · × 2 × 1 = 3 628 800

2) Le nombre d’anagrammes que l’on peut former avec le mot « ACHILE » (6


lettres distinctes) est :

6! = 6 × 5 × · · · × 2 × 1 = 720

Par contre le nombre d’anagrammes avec le mot « ENSEMBLE » (8 lettres non


distinctes) n’est pas 8! , car les 3 « E » ne sont pas discernables. Les permuta-
tions possibles des 3 « E » sont de 3! = 6. On a donc compté avec 8! , 6 fois plus
d’anagrammes.
Le nombre d’anagramme du mot « ENSEMBLE » est donc de :

8!
= 8 × 7 × · · · × 5 × 4 = 6 720
3!

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1.2 A RRANGEMENT 3

3) Le nombre de nombres de 4 chiffres que l’on peut former à partir des chiffres
de 1 789 est égal à :
4! = 4 × 3 × 2 × 1 = 24

Il est important de se familiariser avec la notation factorielle. Voici quelques


exemples de simplification sans l’aide de la calculatrice.
21! 21 × 20!
➪ = = 21
20! 20!
6! − 5! 5!(6 − 1)
➪ = =5
5! 5!
6 × 4! 6 × 4! 6
➪ = =
5! 5 × 4! 5
9! 9 × 8 × 7 × 6 × 5!
➪ = = 126
5! × 4! 5! × 4 × 3 × 2
( n + 1) ! n ( n − 1) × ( n − 1) !
➪ = = n ( n − 1)
( n − 1) ! ( n − 1) !
1 1 ( n + 1) − 1 n
➪ − = =
n! (n + 1)! ( n + 1) ! ( n + 1) !
9×8×7×6×5 9!
➪ =
3×2 3! × 4!
( n + 2) !
➪ n(n + 1)(n + 2) =
( n − 1) !

1.2 Arrangement

Définition 3 : Un arrangement de p éléments d’un ensemble E de n


éléments (p 6 n) est une liste composée de p éléments distincts 2 à 2 de
l’ensemble E

Remarque :
➪ Une permutation de l’ensemble E est un arrangement des n éléments de E.
➪ Un arrangement peut être associé à p tirages successifs sans remise dans
une urne qui contient n éléments.
Exemples :
1) Trouver tous les tiercés, dans l’ordre, possibles avec 20 chevaux au départ.
2) Trouver tous les bureaux (président, vice-président, trésorier et secrétaire) que
l’on peut élire dans une association de 30 membres.
3) Trouver le nombre de tirages successifs, sans remise, possibles de 3 boules
dans une urne qui comporte 9 boules numérotées de 1 à 9.

PAUL MILAN 20 mars 2012 T ERMINALE S


4 1 DÉNOMBRER DES LISTES

Théorème 2 : Le nombre d’arrangement de p éléments d’un ensemble de


n éléments est égal à :

p n!
A n = n × ( n − 1) × · · · × ( n − p + 1) =
(n − p)!

Par convention, on a : A0n = 1

Exemples :
1) Le nombre de tiercés dans l’ordre avec 20 chevaux au départ est de :

A320 = 20 × 19 × 18 = 6 840

2) Le nombre de bureaux éligibles de 4 personnes d’une association de 30 mem-


bres est de :
A430 = 30 × 29 × 28 × 27 = 657 720
3) Le nombre de tirages successifs, sans remise, de 3 boules dans une urne com-
portant 9 boules numérotées de 1 à 9 est de :

A39 = 9 × 8 × 7 = 504

1.3 p-liste

Définition 4 : Une p-liste est une liste de p éléments distincts ou non d’un
ensemble E de n éléments.

Remarque : Une p-liste peut être associée à p tirages successifs avec remise
dans une urne qui contient n éléments.
Exemples :
1. Trouver le nombre de codes possibles à 4 chiffres pour une carte bancaire.
2. Trouver le nombre de numéros de téléphone portable possible (numéro
commançant par 06).
3. Trouver le nombre de résultats possibles lorsque l’on lance un dé à jouer
trois fois de suite.
4. Trouver le nombre de choix possibles pour ranger 5 paires de chaussettes
dans trois tiroirs.

Théorème 3 : Le nombre de p-liste dans un ensemble E à n éléments est


égal à :
np

Exemples :
1) Le nombre de code à 4 chiffres pour une carte bancaire est de : 104 = 10 000

PAUL MILAN 20 mars 2012 T ERMINALE S


5

2) Le nombre de numéros de téléphone portable possibles (06 plus 8 chiffres) est


de : 108 = 1 000 000
3) Le nombre de résultats possibles lorsque l’on lance un dé à jouer 3 fois de suite
est de : 63 = 216.
4) Le nombre de rangements possibles de 5 paires de chaussetes dans trois tiroirs
(il peut y avoir un ou 2 tiroir(s) vide(s)) est de : 35 = 243

2 Combinaison
2.1 Définition

Définition 5 : Soit E un ensemble de n éléments et p un entier tel que


0 6 p 6 n.
Une combinaison de p éléments de E est un sous ensemble de E à p éléments.

Remarque : Dans une combinaison, contrairement à une liste l’ordre n’in-


tervient pas. On peut alors associer une combinaison à un tirage simultanée de p
éléments dans une urne qui en contient n.
Exemples :
1) Soit un ensemble E = { a, b, c, d}. Les combinaisons de 2 éléments de E sont :
{ a, b} , { a, c} , { a, d} , {b, c} , {b, d} , {c, d}
2) Trouver le nombre de délégations de 4 personnes que l’on peut désigner dans
un groupe de 15 personnes.
3) Trouver le nombre de mains de 5 cartes possibles avec un jeu de 32 cartes.
4) Trouver le nombre de poignées de main échangées si toutes les personnes d’un
groupe de 18 se saluent de cette façon.

2.2 Nombre de combinaisons

Théorème 4 : Le nombre de combinaisons de p éléments dans un en-


semble E de n éléments (0 6 p 6 n) est égal à :

n × ( n − 1) × · · · × ( n − p + 1)
 
n n!
= =
p p! p!(n − p)!
 
n
On prononce : « C n p ».
p

Exemples :
1) Le nombre de délégations de 4 personnes que l’on peut désigner dans un
groupe de 15 personnes est :
15 15 × 14 × 13 × 12
 
= = 1365
4 4×3×2

PAUL MILAN 20 mars 2012 T ERMINALE S


6 2 COMBINAISON

2) Le nombre de mains de 5 cartes possibles avec un jeu de 32 cartes est de (avec


la calculatrice) :
32
 
= 201 376
5

3) le nombre de poignées de mains échangées dans un groupe de 18 personnes


est de :
18 18 × 17
 
= = 153
2 2

Il est bon de se familiariser avec cette formule dans un premier temps


6 6×5
 
➪ = = 15
2 2

12 12! 12 × 11 × 10 × 9
 
➪ = = = 495
8 8!(12 − 8)! 4×3×2

(75) 7! 6!3! 7!6!3! 7! × 6 × 5! × 3 × 2 1


➪ = × = = =
(96) 5!2! 9! 5!2!9! 5! × 2 × 7! × 8 × 9 4
   
n n
➪ Trouver n pour que : 3 = 14
4 2
On obtient alors :

n(n − 1)(n − 2)(n − 3) n ( n − 1)


3× = 14 ×
4! 2
(n − 2)(n − 3)
= 14
4
n2 − 3n − 2n + 6 = 56
n2 − 5n − 50 = 0

On calcule ∆ = 225 = 152 , on trouve alors la solution n = 10

2.3 Un exemple : le jeu de cartes


On tire cinq cartes d’un jeu de 32 cartes (du 7 à l’as). Combien y-a-t-il de mains
contenant :

1) Le valet de trèfle ?
2) Exactement deux cœurs ?
3) Exactement un roi, une dame et deux va-
let ?
4) Ni le roi de trèfle, ni un pique ?
5) Au moins un roi ?
6) L’as de pique et au moins deux trèfles ?
7) Exactement un roi et deux carreaux ?

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2.3 U N EXEMPLE : LE JEU DE CARTES 7

✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏

Pour résoudre ce type d’exercice, il est important de réaliser une partition de


ce jeu de 32 cartes.

Définition 6 : On appelle partition d’un ensemble E, un ensemble de


sous-ensembles Ei deux à deux disjoints dont l’union est cet ensemble E

E1 ∪ E2 ∪ · · · ∪ E p = E et ∀(i, j) Ei ∩ Ej = ∅

1) On réalise la partition composée du valet de trèfle et des 31 autres cartes.

1 Valet de trèfle 31 autres cartes

On obtient alors le nombre de combinaisons :


1 31
  
= 31 465
1 4

2) On sépare les cœurs des autres cartes.

8 cœurs 24 autres cartes

On obtient alors le nombre de combinaisons :


8 24
  
= 56 672
2 3

3) On sépare les rois, les dames, les valets des autres cartes.

4 rois 4 dames 4 valets 20 autres cartes

On obtient alors le nombre de combinaisons :


4 4 4 20
    
= 1 920
1 1 2 1

4) On sépare le roi de trèfle et les piques des autres cartes.

1 roi de trèfle 8 piques 23 autres cartes

On obtient alors le nombre de combinaisons :


1 8 23
   
= 33 649
0 0 5

5) Ici, une astuce consiste à passer par la combinaison contraire « aucun roi ».
On soustrait ensuite le nombre totale de mains possibles avec le nombre de
combinaisons contraires

4 rois 28 autres cartes

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8 3 RÉSUMÉ DES SITUATIONS

On obtient alors le nombre de combinaisons :


32 4 28
    
− = 103 096
5 0 5

6) On doit ici sommer les différentes possibilités : avoir l’as de pique avec 2
trèfles, l’as de pique avec 3 trèfles et l’as de pique avec 4 trèfles :

1 as de pique 8 trèfles 23 autres cartes

On obtient alors le nombre de combinaisons :


1 8 23 8 23 8 23
          
+ + = 8 442
1 2 2 3 1 4 0

7) Ici deux choix se présentent : soit on a le roi de carreau et 1 carreau supplé-


mentaire soit on a un roi (non de carreau) et deux carreaux.

1 roi de carreau 3 autres rois 7 autres carreaux 21 autres cartes

On obtient alors le nombre de combinaisons :


1 3 7 21 1 3 7 21
         
+ = 22 540
1 0 1 3 0 1 2 2

3 Résumé des situations


3.1 Critères à retenir
Les critères sont : les éléments peuvent-ils être répétés ? L’ordre des éléments
est-il à prendre en compte ?
On peut résumer les différentes réponses par le tableau suivant :

Les éléments Les éléments sont


Critères peuvent être répétés distincts

On tient compte de Utiliser des


Utiliser des p-listes arrangements
l’ordre

On ne tient pas Utiliser des


Hors programme ! combinaisons
compte de l’ordre

3.2 Exemples
1) Le loto : on tire, au hasard, 6 boules parmi 49. Combien de tirages possibles ? (On ne
tient pas compte du numéro complémentaire)
➪ Peut-on obtenir plusieurs fois le même numéro lors d’un tirage ?
Non ! Donc les éléments sont distincts.

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3.3 C OMBINAISONS 9

➪ L’ordre d’apparition des différents numéros a-t-il de l’importance ?


Non ! On considère les six numéros globalement ! Donc l’ordre n’a pas
d’importance.
Nous devons donc utiliser les combinaisons !

2) La course et le podium : dans une course de 100m, il y a huit partants numérotés


de 1 à 8. Sur le podium, il y aura les trois médaillés (or - argent - bronze). Combien y
a-t-il de podiums possibles ?
➪ Peut-on obtenir plusieurs fois le même numéro sur un podium ?
Non ! Un même coureur ne peut pas être à la fois médaillé d’or et d’argent !
Donc les éléments sont distincts.
➪ L’ordre d’apparition des différents numéros sur le podium a-t-il de l’impor-
tance ?
Oui ! Car les médailles sont différentes. Autrement dit l’ordre est ici déter-
minant.
Nous devons donc utiliser les arrangements !

3.3 Combinaisons
Quand on utilise plusieurs combinaisons, faut-il additionner ou multiplier ?
Cela dépend de la situation !
Concrètement :
➪ Si les différentes étapes sont reliées par un "et", on multiplie.
➪ Si les différents cas sont reliés par un "ou", on additionne.

4 Formules
4.1 Formules relatives aux combinaisons

Théorème 5 : Pour tous n et p, tels que 0 6 p 6 n, on a :


       
n n n n
1) = =1 3) =
0 n n−p p
   
n n 
n−1
 
n−1
  
n
2) = =n 4) + =
1 n−1 p−1 p p

Démonstration : Les 2 premières formules sont immédiate.


Formule 3 : Choisir p éléments dans un ensemble E qui en compte n revient
à ne pas choisir (n − p) élements dans E (le complémentaire). Leur nombre est
donc identique.
Formule 4 : Peut se démontrer de deux façon différente : soit à l’aide de la
formule des combinaisons, soit à l’aide de la partition de l’ensemble E

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10 4 FORMULES

1) A l’aide de la formule des combinaisons :

n−1 n−1 ( n − 1) ! ( n − 1) !
   
+ = +
p−1 p ( p − 1)!(n − p)! p!(n − 1 − p)!

On met au même dénominateur

( n − 1) ! × p + ( n − 1) ! × ( n − p )
=
p!(n − p)!
( n − 1) ! ( p − n − p )
=
p!(n − p)!
n!
=
p!(n − p)!
 
n
=
p

2) On considère un ensemble E de n éléments. Soit a un élément de E. Considé-


rons les sous ensembles de E à p éléments. Il y en a donc :
 
n
p

Parmi ces sous-ensembles, ceux qui contiennent a sont au nombre de :

1 n−1 n−1
    
=
1 p−1 p−1
Parmi ces sous-ensembles, ceux qui ne contiennent pas a sont au nombre de :

1 n−1 n−1
    
=
0 p p

On a donc bien :
n−1 n−1
     
n
+ =
p−1 p p

✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏✏
7
 
Exemple : Calculer .
5
D’après la série (1), on a :

7 7 7 7×6
     
= = = = 21
5 7−5 2 2

7 7
   
Exemple : Calculer + .
1 2
D’après la série (2), on a :

7 7 8 8×7
     
+ = = = 28
1 2 2 2

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4.2 T RIANGLE DE PASCAL 11

4.2 Triangle de Pascal


Grâce à la dernière série de formules, on peut remplir le tableau suivant, ap-
pelé triangle de Pascal

n\p 0 1 2 3 4 5 6 7 ...
0 1

1 1 1

2 1 2 1

3 1 3 3 1

4 1 4 6 4 1

5 1 5 10 10 5 1

6 1 6 15 20 15 6 1

7 1 7 21 35 35 21 7 1
... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

On a pour les cases rouges :

4 4 5
     
+ = ce qui donne 4 + 6 = 10
1 2 2

4.3 Le binôme de Newton

Théorème 6 : Pour tout entier naturel n, on a :


       
n n
n n n −1 n n− p p n n
( a + b) = a + a b+···+ a b +···+ b
0 1 p n

Soit encore :   n
n n n− p p
( a + b) = ∑ a b
p =0 p

Exemple : Developper ( x − 1)7 et (i + 1)6 .


D’après le binôme de Newton et le triangle de Pascal ci-dessus, on a :

( x − 1)7 = x7 + 7x6 + 21x5 + 35x4 + 35x3 + 21x2 + 7x + 1

(i + 1)6 = i6 + 6i5 + 15i4 + 20i3 + 15i2 + 6i + 1


= −1 + 6i + 15 − 20i − 15 + 6i + 1
= −8i

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12 4 FORMULES

Démonstration : Par récurrence :


Initialisation :
1 1
   
➪ pour n = 1, on a : a+ b = a + b = ( a + b )1
0 1

2 2 2 2 2
     
➪ pour n = 2, on a : a + ab + b = a2 + 2ab + b2 = ( a + b)2
0 1 2

On retrouve bien la formule aux rangs n = 1 et n = 2 (pour n = 0 immédiat)


Hérédité :
  n
n n− p p
➪ On admet que l’on a : ( a + b)n = ∑ a b
p =0 p

n +1 
n + 1 n +1− p p

➪ Montrons que : ( a + b ) n +1 = ∑ a b
p =0 p

On a :

( a + b ) n +1 = ( a + b ) n ( a + b )
n   n  
n n− p p n n− p p
=a∑ a b + b∑ a b
p =0 p p =0 p
n   n  
n n +1− p p n n − p p +1
= ∑ a b + ∑ a b
p =0 p p =0 p
n   n −1  
n +1 n n +1− p p n n − p p +1
=a + ∑ a b + ∑ a b + b n +1
p =1
p p =0 p

Dans la deuxième somme, on change p → p + 1, on obtient alors

n   n  
n +1 n n +1− p p n
=a + ∑ a b + ∑ an−( p−1) b p + bn+1
p =1
p p =1
p − 1
n   n  
n n +1− p p n
= a n +1 + ∑ a b + ∑ a n +1− p b p + b n +1
p =1
p p =1
p − 1
n    
n n
= a n +1 + ∑ + a n +1− p b p + b n +1
p =1
p p−1

D’après la formule sur les combinaisons, on obtient :

n 
n + 1 n +1 n + 1 n +1− p p n + 1 n +1
    
= a + ∑ a b + b
0 p =1
p n+1
n +1 
n + 1 n +1− p p

= ∑ a b
p =0 p

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4.3 L E BINÔME DE N EWTON 13

D’après l’initialisation et l’hérédité, on a bien :


n  
n n n− p p
∀n ∈ N ( a + b) = ∑ a b
p =0 p

Application : Nombre de sous-ensemble d’un ensemble E.


Soit un ensemble E qui contient n éléments.
Nous avons vu que le nombre de sous-ensemble à p éléments est égal à :
 
n
p

Le nombre de sous-ensemble - c’est à dire de 0 à n éléments - est donc de :


n  
n
∑ p
p =0

or si l’on calcule :
  n n  
n n n n− p p n
2 = (1 + 1) = ∑ 1 1 = ∑ p
p =0 p p =0

Théorème 7 : Le nombre de sous-ensembles que l’on peut former à partir


d’un ensemble E à n éléments est égal à :

2n

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PROBABILITES

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Probabilités – Terminale S

PROBABILITÉS

I. PROBABILITÉS ( RAPPELS)

a. Expériences aléatoires et modèles

Le lancer d’une pièce de monnaie, le lancer d’un dé … sont des expériences aléatoires, car avant
de les effectuer, on ne peut pas prévoir avec certitude quel en sera le résultat, résultat qui dépend en
effet du hasard.

A cette expérience aléatoire, on associe l’ensemble des résultats possibles appelé univers. Ses
éléments sont appelés éventualités.

♦ Les sous-ensembles de l’univers Ω sont appelés événements.


♦ Les événements formés d’un seul élément sont appelés événements élémentaires.
♦ Etant donné un univers Ω, l’événement Ω est l’événement certain.
♦ L’ensemble vide est l’événement impossible.

♦ L’événement formé des éventualités qui sont dans A et dans B est noté A ∩ B et se lit A inter B.
♦ L’événement formé des éventualités qui sont dans A ou dans B est noté A ∪ B et se lit A union B.

♦ Etant donné un univers Ω et un événement A, l’ensemble des éventualités qui ne sont pas dans A
constitue un événement appelé événement contraire de A, noté A .
♦ A et B sont incompatibles si et seulement si A ∩ B = ∅.

Pour décrire mathématiquement une expérience aléatoire, on choisit un modèle de cette


expérience ; pour cela on détermine l’univers et on associe à chaque événement élémentaire un nombre
appelé probabilité.

1
Probabilités – Terminale S

b. Probabilités sur un ensemble fini

Définition : Soit Ω = {a1, a2, …, an} un ensemble fini.


on définit une loi de probabilité sur Ω si on choisit des nombres p1, p2, …, pn tels que, pour
tout i, 0  pi  1 et p1 + p2 + … + pn = 1 ; pi est la probabilité élémentaire de l’événement {ai} et
on note pi = p({ai}) ou parfois plus simplement p(ai).

pour tout événement E inclus dans Ω, on définit p(E) comme la somme des probabilités des
événements élémentaires qui définissent E.

Propriétés

Parties de E Vocabulaire des événements Propriété


A A quelconque 0  p(A)  1
∅ Evénement impossible p(∅) = 0
E Evénement certain p(E) = 1
A∩B=∅ A et B sont incompatibles p( A ∪ B) = p(A) + p(B)
A A est l’événement contraire de A p( A ) = 1 – p(A)
A, B A et B quelconques p(A ∪ B) = p(A) + p(B) – p( A ∩ B)

Exercice n°1 :
On considère l’ensemble E des entiers de 20 à 40. On choisit l’un de ces nombres au hasard.
 A est l’événement : « le nombre est multiple de 3 »
 B est l’événement : « le nombre est multiple de 2 »
 C est l’événement : « le nombre est multiple de 6 ».
Calculer p(A), p(B), p(C), p(A ∩ B), p(A ∪ B), p(A ∩ C) et p(A ∪ C).

Définition : On dit qu’il y a équiprobabilité quand tous les événements élémentaires ont la
même probabilité.

Calculs dans le cas d’équiprobabilité

Dans une situation d’équiprobabilité, si Ω a n éléments et si E est un événement composé de m


card E
événements élémentaires : p(E) = où card E et card Ω désignent respectivement le nombre
card Ω
d’éléments de E et de Ω. On le mémorise souvent en disant que c’est le nombre de cas favorables
divisé par le nombre de cas possibles.

Remarque :
Les expressions suivantes « dé équilibré ou parfait », « boule tirée de l’urne au hasard »,
« boules indiscernables » … indiquent que, pour les expériences réalisées, le modèle associé est
l’équiprobabilité .
2
Probabilités – Terminale S

Exercice n°2 : avec un dé


On lance deux fois de suite un dé équilibré.
1°) Représenter dans un tableau les 36 issues équi probables .
2°) Calculer la probabilité des événements :
A : « on obtient un double » ; B : « on obtient 2 numéros consécutifs »
C : « on obtient au moins un 6 » ; D : « la somme des numéros dépasse 7 ».

Exercice n°3 : avec une pièce


On lance 4 fois de suite une pièce équilibrée.
1°) Dresser la liste des issues équiprobables.
2°) Quel est l’événement le plus probable : A ou B ?
A : « 2 piles et 2 faces »
B : « 3 piles et 1 face ou 3 faces et 1 pile ».

c. Variables aléatoires

Exercice n°4 :
On lance trois fois de suite une pièce de monnaie équilibrée. On gagne 2 € pour chaque résultat
« pile » et on perd 1 € pour chaque résultat « face ».
1°) Quel est l’ensemble E des issues possibles ?
2°) Soit X l’application de E dans  qui, à chaque issue, associe le gain correspondant.
a) Quelles sont les valeurs prises par X ?
b) Quelle est la probabilité de l’événement « obtenir un gain de 3 € » ? On note cette probabilité
p(X = 3).

On obtient une nouvelle loi de probabilité sur l’ensemble des gains E’ = X(E) = {-3 ;0 ;3 ;6 } ; nous la
nommons loi de probabilité de X :

Gain xi x1 = -3 x2 = 0 x3 = 3 x4 = 6
Probabilité 1 3 3 1
pi = p(X = xi) 8 8 8 8

Définition :
▪ Une variable aléatoire X est une application définie sur un ensemble E muni d’une
probabilité P, à valeurs dans .
▪ X prend les valeurs x1, x2, …, xn avec les probabilités p1, p2, …, pn définies par : pi = p(X = xi).
▪ L’affectation des pi aux xi permet de définir une nouvelle loi de probabilité. Cette loi
notée PX, est appelée loi de probabilité de X.

Remarque :
Soit X une variable aléatoire prenant les valeurs x1, x2, …, xn avec les probabilités p1, p2, …, pn. On
appelle respectivement espérance mathématique de X, variance de X et écart-type de X , les
nombres suivants :

3
Probabilités – Terminale S

▪ l’espérance mathématique est le nombre E(X) défini par : E(X) = ∑(p x ).


i i

i=1
n n
▪ la variance est le nombre V défini par : V(X) = ∑ pi (xi – E(X))2 = ∑ pi xi² – E(X)².
i=1 i=1

▪ l’écart - type est le nombre σ défini par : σ = V.

Exercice n°5 :
Un joueur lance un dé : si le numéro est un nombre premier, le joueur gagne une somme égale au
nombre considéré (en euros) ; sinon il perd ce même nombre d’euros.
1°) Si X est le gain algébrique réalisé, donner la loi de probabilité de X et calculer son espérance
mathématique et son écart-type.
2°) Le jeu est-il favorable au joueur ?

II. CONDITIONNEMENT

a. Arbres pondérés

Règles de construction
La somme des probabilités des branches issues d'un même nœud est 1.
La probabilité de l'événement correspondant à un trajet est le produit des probabilités des
différentes branches composant ce trajet.

Exemple
On jette une pièce.
▪ Si on obtient pile, on tire une boule dans l’urne P contenant 1 boule blanche et 2 boules noires.
▪ Si on obtient face, on tire une boule dans l’urne F contenant 3 boules blanches et 2 boules noires.
On peut représenter cette expérience par l'arbre pondéré ci-dessous :

1/3 p(P∩B) = 1/6


B

1/2 P
2/3 p(P∩N) = 1/3
N

3/5 p(F∩B) = 3/10


1/2 B

F
2/5
N p(F∩N) = 1/5

b. Probabilité conditionnelle

Exercice n°6 :
En fin de 1eS, chaque élève choisit une et une seule spécialité en terminale suivant les répartitions
ci –dessous :

4
Probabilités – Terminale S

Par spécialité :
Mathématique Sciences SVT
s Physiques
40% 25% 35%

Sexe de l’élève selon la spécialité :


Sexe / Spécialité Mathématiques Sciences physiques SVT
Fille 45% 24% 60%
Garçon 55% 76% 40%

On choisit un élève au hasard.


1°) Construire l’arbre pondéré de cette expérience aléatoire.
2°) a) Quelle est la probabilité de chacun des év énements suivants ?
F : « l’élève est une fille », M : « l’élève est en spécialité maths ».
b) Quelle est la probabilité que ce soit une fille ayant choisi spécialité mathématiques ?
c) Sachant que cet élève a choisi spécialité mathématiques, quelle est la probabilité que ce
soit une fille ?
On appelle probabilité de F sachant M cette probabilité (conditionnelle) et on la note pM(F) ou
P(F/M)
Quelle égalité faisant intervenir p(F ∩ M), p(F) et pM(F) peut-on écrire ?
Comparer p(F) et pM(F) et en donner une interprétation.
d) Sachant que cet élève a choisi spécialité SVT, quelle est la probabilité que ce soit une fille ?
e) Comparer pS(F) et p(F) , et en donner une interprétation.

Définition : p désigne une probabilité sur un univers fini Ω.


A et B étant deux événements de Ω, B étant de probabilité non nulle.
▪ On appelle probabilité conditionnelle de l’événement A sachant que B est réalisé le réel
P (A ∩ B )
noté p (A / B ) = .
p (A )
▪ Le réel p(A /B) se note aussi pB(A) et se lit aussi probabilité de A sachant B.

Remarque :
Si A et B sont tous deux de probabilité non nulle, alors les probabilités conditionnelles
p(A/B) et p(B/A) sont toutes les deux définies et on a : p(A ∩ B) = p(A/B)p(B) = p(B/A)p(A).

Exercice n°7 : Efficacité d’un test »


Une maladie atteint 3% d’une population donnée. Un test de dépistage donne les résultats suivants :
 Chez les individus malades, 95% des tests sont positifs et 5% négatifs.
 Chez les individus non malades, 1% des tests sont positifs et 99% négatifs.
On choisit un individu au hasard.
1°) Construire l’arbre pondéré de cette expérience aléatoire.
2°) Quelle est la probabilité
a) qu’il soit malade et qu’il ait un test positif ?
b) qu’il ne soit pas malade et qu’il ait un test négatif ?
c) qu’il ait un test positif ?
d) qu’il ait un test négatif ?
3°) Calculer la probabilité
a) qu’il ne soit pas malade, sachant que le test est positif ?
b) qu’il soit malade, sachant que le test est négatif ?
4°) Interpréter les résultats obtenus aux question s 3a et 3b.
5
Probabilités – Terminale S

III. INDÉPENDANCE

a. Événements indépendants

Définition : A et B sont 2 événements de probabilité non nulle.


▪ A et B sont indépendants lorsque la réalisation de l’un ne change pas la réalisation de
l’autre.
▪ A et B sont indépendants si et seulement si p(A/B) = p(A) ou p(B/A) = p(A).

Théorème :
Deux événements A et B de probabilité non nulle sont indépendants si et seulement si ils
vérifient une des trois conditions :
p(A/B) = p(A) ou p(B/A) = p(B) ou p( A ∩ B) = p(A)p(B).

Démonstration :
▪ Par définition, les deux premières sont équivalentes
▪ si p(A/B) = p(A) comme p(A ∩ B) = p(A/B)p(B) alors p(A ∩ B) = p(A) p(B)
p (A ∩ B)
▪ si p(A∩B) = p(A)p(B), comme p(B) ≠ 0, = p(A) c’est-à-dire pB(A) = p(A)
p (B)

Remarque :
Ne pas confondre événements indépendants et événements incompatibles.
▪ 2 événements A et B sont indépendants si p(A ∩ B)= p(A)p(B)
▪ 2 événements A et B sont incompatibles si A ∩ B= ∅.

Exercice n°8
On extrait au hasard un jeton d’un sac contenant six jetons : trois rouges numérotés 1, 2 et 3, deux
jaunes numérotés 1 et 2 , et un bleu numéroté 1.
On désigne respectivement par R, U et D les événements :
« le jeton est rouge », « le numéro est 1 » et « le numéro est 2 ».
Les événements R et U sont-ils indépendants ? Et les événements R et D ?

b) Indépendance de deux variables aléatoires

Définition : X et Y sont deux variables définies sur l’univers Ω d’une expérience aléatoire ;
X prend les valeurs x1, x2, …, xn et Y prend les valeurs y1, y2, …, yq.
Définir la loi du couple (X, Y) c’est donner la probabilité pi,j de chaque événement
[(X = xi) et (Y = yj)].

Remarque :
Les événements (X = xi) et (Y = yj) sont indépendants si : p[(X = xi) et (Y = yj)] = p(X = xi) × p(Y = yj)

6
Probabilités – Terminale S

Exercice n° 9
On tire au hasard une carte d’un jeu de 32 cartes. L’ensemble Ω des issues est alors l’ensemble des
32 cartes et le fait de tirer au hasard implique que les événements élémentaires sont équiprobables.
▪ On définit sur Ω la variable aléatoire X qui, à chaque issue, associe 1 si cette issue est un valet, 2 si
c’est une dame, 3 si c’est un roi, 4 si c’est un as et 0 si ce n’est pas l’une de ces figures.
Les valeurs de X sont donc x1 = 0, x2 = 1, x3 = 2, x4 = 3, x5 = 4.
▪ On définit sur Ω la variable aléatoire Y qui, à chaque issue, associe 1 si cette issue est un trèfle ou
un carreau, 2 si c’est un cœur, 3 si c’est un pique.
Les valeurs de Y sont y1 = 1, y2 = 2, y3 = 3.
1°) Définir la loi du couple (X, Y).( on pourra dr esser un tableau à double entrée)
2°) Donner les lois de X et de Y.
3°) X et Y sont-elles indépendantes ?

c) Probabilités totales

Définition : Soient Ω un univers associé à une expérience aléatoire et n un entier  2.


Les événements A1, A2, …, An forment une partition de Ω si les trois conditions suivantes sont
réalisées :
▪ pour tout i ∈ {1 ; 2 ;… ; n}, Ai ≠ 0.
▪ pour tous i et j (avec i ≠ j) de {1 ;2 ;…n}, Ai ∩ Aj ≠ ∅.
▪ A1 ∪ A2 ∪ … ∪ An = E.

Formule des probabilités totales


Soient A1, A2, …, An une partition de l’univers Ω constituée d’événements de probabilités
non nulles et B un événement quelconque contenu dans Ω.
Alors : p(B) = p(B ∩ A1) + p(B ∩ A2) + … + p(B ∩ An)
Ou p(B) = pA1 (B ) × p(A1 ) + pA2 (B ) × p(A2 ) + Κ Κ + pAn (B) × p(An ) .

Démonstration :
B = (B ∩ A1) ∪ (B ∩ A2) ∪ … ∪ (B ∩ An),
Les événements (B ∩ A1), (B ∩ A2), …, (B ∩ An) sont 2 à 2 incompatibles donc la probabilité de leur
réunion est la somme de chacun d’entre eux , on en déduit :
p(B) = p(B ∩ A1) + p(B ∩ A2) + … + p(B ∩ An).
et en utilisant que, pour tout i de {1 ; 2 ; … ; n}, p(B ∩ Ai)=pAi(B) × p(Ai), on obtient :
p(B)= pA (B) × p(A1 ) + pA (B) × p(A2 ) + Κ Κ + pAn (B) × p(An )
1 2

Exercice n°10 :
On dispose de deux urnes U1 et U2 indiscernables. U1 contient 4 boules rouges et trois boules vertes,
U2 contient 2 boules rouges et 1 boule verte .
On choisit une urne au hasard et on tire une boule de cette urne.
Calculer la probabilité pour qu’elle soit rouge.

7
Probabilités – Terminale S

d) Modélisation d’expériences indépendantes

On considère les deux expériences aléatoires suivantes :


▪ A : on lance une pièce de monnaie équilibrée, les issues de l’expérience sont notées P et F.
▪ B : on tire au hasard un jeton dans une urne qui contient trois jetons portant les lettres a, b et c.

Lorsqu’on effectue successivement les deux expériences A et B, l’issue de l’une quelconque des
deux expériences ne dépend pas de l’issue de l’autre.

Les issues de la nouvelle expérience qui consiste à effectuer successivement A et B sont des
listes d’issues telles que ( P ; c ), …
L’ arbre donnant toutes les listes de résultats possibles est :

(P ; a)
a

b (P ; b)
P

(P ; c)
c

(F ; a)
a

(F ; b)
F b

c (F ; c)

On modélise cette expérience aléatoire en définissant la probabilité d’une liste d’issues


comme le produit des probabilités de chaque issue.

IV. DENOMBREMENT

Un magazine propose à ses lecteurs une liste de 5 chanteurs célèbres a, b, c, d et E ; il leur


demande de choisir 3 des ces chanteurs et de les ranger par ordre de préférence sur un coupon
réponse à renvoyer au journal.

Exemples de réponses :

1:a 1:b 1:c


2:b 2:a 2:e
3:c 3:c 3:a

On veut dénombrer les différentes réponses possibles

8
Probabilités – Terminale S

a) Permutations

Définition : Soit E un ensemble à p éléments, on appelle permutation de E toute liste


ordonnée des p éléments de E .

Exemple :
Les permutations de { a, b, c } sont : abc, acb, bac, bca, cab, cba.
Elles sont au nombre de 3 × 2 × 1 = 6.

Définition : Le nombre p×(p – 1)×(p – 2)×…×2 × 1 se note p ! et se lit « factorielle p ».

Par convention, 0 ! = 1.

Exercice n°11 :
Avec les chiffres 5, 6, 7, 8 et 9 utilisés une et une seule fois, combien peut–on écrire de
nombres à 5 chiffres ?

b) Combinaisons

Définition : Soit E un ensemble à n éléments, on appelle combinaison de p éléments de E toute


partie de E formée de p éléments.

Exemple :
Les combinaisons de 3 éléments de E = { a, b, c, d, e } sont les groupes de 3 chanteurs (sans ordre) :
{a, b, c} ; {a, b, d} ; {a, b, e} ; {a, c, d} ; {a, c, e} ; {a, d, e} ; {b, c, d} ; {b, c, e} ; {b, d, e} ; {c, d, e}
Elles sont on nombre de 10. On note  3  = 10.
5

Propriété :
Soit E un ensemble non vide à n éléments et p un entier tel que 0 < p ≤ n, alors le nombre de
n
combinaisons à p éléments de E noté  p  vérifie :

n n!
p =
  p ! × (n – p) !

9
Probabilités – Terminale S

Triangle de Pascal et propriétés des combinaisons

n
On dispose les  dans un tableau à double entrée, appelé triangle de Pascal :
p

n \ p 0 1 2 3 4 5 …

0  0 = 1
0
1 1= 1 1= 1
0 1
2  2 = 1 2 = 2 2 = 1
0 1 2
3  3 = 1 3 = 3 3 = 3 3 = 1
0 1 2 3
4 4= 1 4 = 4 4 = 6 4 = 4 4 = 1
0 1 2 3 4
5  5 = 1 5 = 5  5  = 10  5  = 10 5 = 5 5 = 1
0 1 2 3 4 5

Propriétés :
Pour tous entiers p et n tels que 0 ≤ p ≤ n, on a :
▪  0  = 1 et  1  = n
n n

▪  p  =  n-p 
n n

▪  p  +  p+1  =  p+1 
n n n+1

Binôme de Newton
On observe que : (a + b) = 1a + 1b,
(a + b)² = 1a² + 2ab + 1b²,
(a + b)3 = 1a3 + 3a²b + 3ab² + 1b3.
On retrouve les coefficients du triangle de Pascal.

Propriété :
Pour tous réels a et b et tout entier naturel n, on a :
n
(a + b) = ∑. p  × an–p × bp
n n

p=0

Les nombres  p  sont appelés « coefficients du binôme ».


n

Exercice n°12 :
Développer les expressions suivantes : A =(x + 2)4 B = (x – 2)4
10
Probabilités – Terminale S

Exercice n°13 :
Dans un jeu de 32 cartes, on tire simultanément 3 cartes au hasard.
Quelle est la probabilité d’obtenir :
1°) Trois as.
2°) Trois cartes de même valeur.
3°) Deux cœurs et un pique.

Exercice n°14 :
Une urne contient : 5 boules n°10 ; 4 boules n°15 ; 3 boules n°20.
On tire simultanément 3 boules de cette urne. Les tirages sont équiprobables.
1°) Déterminer les probabilités suivantes :
A : « On tire au moins une boule n°15 »
B : « On tire trois boules portant trois numéros différents »
C : « On tire trois boules portant le même numéro »
D : « Parmi les trois boules, deux portent le même numéro »
2°) Il faut payer 51 € pour effectuer un tirage d e trois boules, et chaque tirage rapporte en
euros la somme des points marqués. Quelle est la probabilité d’être gagnant ?.

c) Autres dénombrements, hors programme

▪ P-listes : Il s'agit de compter toutes les listes possibles de p éléments parmi n en tenant
compte de l'ordre et avec répétitions des éléments. Le nombre de ces listes est n p .

▪ Arrangements : On choisit p éléments parmi n en tenant compte de l'ordre mais sans


n!
répétitions. Anp = n ( n − 1) Κ (n − p + 1) = !
( n − p )!

▪ Combinaisons : Une combinaison de p éléments de E est une partie de E qui contient p


éléments. On choisit p éléments parmi n mais sans tenir compte de l'ordre et sans
répétitions.

Types de Répétitions
Ordre Dénombrement
tirages d'éléments

Successifs Un élément peut être p


n p-listes
Avec remise On tient compte tiré plusieurs fois

Successifs
de l'ordre Anp arrangements
Avec remise Un élément n'est tiré

L'ordre
Simultanés qu'une seule fois C np combinatoires
n'intervient pas

11
Probabilités – Terminale S

V. LOIS DE PROBABILITE

a) Loi de Bernoulli

Définition : Une alternative est une épreuve à deux issues possibles :


▪ le succès, noté 1, de probabilité p,
▪ l’échec, noté 0, de probabilité q = 1 – p.
Sa loi de probabilité est appelée loi de Bernoulli de paramètre p.

Exemple :
Un dé cubique est mal équilibré : la probabilité d’obtenir 6 est de 1/7.
On appelle succès l’événement « obtenir 6 » et échec « obtenir un numéro différent de 6 ».
Cette expérience qui ne comporte que deux issues suit une loi de Bernoulli.
Si On effectue cinq fois cette expérience. On est en présence d’un schéma de Bernoulli.

Théorème :
Pour une loi de Bernoulli de paramètre p, l’espérance est p et l’écart type est pq

b) Loi Binomiale

Définition : Soit un schéma de Bernoulli constitué d’une suite de n épreuves.


Soit X la variable aléatoire égale au nombre de succès obtenus, alors :
n
P(X = k) =  × pk × (1 – p)n – k (0 ≤ k ≤ n)
k

Exemple :
Dans l’exemple précédent, on appelle X la variable aléatoire comptant le nombre de succès à l’issue des
5 lancés. On obtient les probabilités suivantes :
 5   1  6
P0 = P(X = 0) =  ×  0 ×  5 = 0,4627.
 0  7 7
P1 =0,3856 ; P2 = 0,1285 ; P3 = 0,0214 ; P4 = 0,0018 ; P5 = 0,0001.

Théorème :
Pour une loi Binomiale de paramètres n et p, l’espérance est np et l’écart type est npq

Exercice n°15 :
Un sac contient 20 jetons indiscernables au toucher.
Six d’entre eux sont rouges et les autres sont bleus.
1°) On tire un jeton au hasard. Quelle est la prob abilités p d’obtenir un jeton rouge ?
2°) On tire successivement 6 jetons un à un, avec remise.
a) Quelle est la probabilité P1 d’obtenir exactement trois jetons rouges ?
b) Quelle est la probabilité P2 d’obtenir exactement un jeton rouge ou un jeton bleu ?
c) Quelle est la probabilité P3 d’obtenir au moins quatre jetons rouges ?
12
STATISTIQUES

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C HAPITRE 14

C OURS : STATISTIQUES

Extrait du programme de la classe de Troisième :

C ONTENU C OMPÉTTENCES EXIGIBLES C OMMENTAIRES


Statistique Il s’agit essentiellement, d’une part
de faire acquérir aux élèves les pre-
miers outils de comparaison de sé-
ries statistiques, d’autre part de les
habituer à avoir une attitude de lec-
teurs responsables face aux infor-
mations de nature statistique.

Caractéristiques de Une série statistique étant don- On repère, en utilisant effectifs ou


position d’une série née (sous forme de liste ou de fréquences cumulées, à partir de
statistique tableau, ou par une représenta- quelle valeur du caractère on peut
tion graphique), proposer une va- être assuré que la moitié de l’effec-
leur médiane de cette série et en tif est englobée. Les exemples ne de-
donner la signification. vront soulever aucune difficulté au
sujet de la détermination de la va-
leur de la médiane.

Approche de caracté- Une série statistique étant donnée, L’étude de séries statistiques ayant
ristiques de dispersion déterminer son étendue ou celle même moyenne permettra l’ap-
d’une série statistique d’une partie donnée de cette série. proche de la notion de dispersion
avant toute introduction d’indice
de dispersion. On introduira l’éten-
due de la série ou de la partie
de la partie de la série obtenue
après élimination des valeurs ex-
trêmes. On pourra ainsi aborder
la comparaison de deux séries en
calculant quelques caractéristiques
de position et de dispersion, ou en
interprétant des représentations
graphiques données.

Initiation à l’utili- Les tableurs que l’on peut utiliser


sation de tableurs- sur tous les types d’ordinateurs per-
grapheurs en statis- mettent, notamment en liaison avec
tique l’enseignement de la technologie,
d’appliquer de manière rapide à des
données statistiques les traitements
étudiés.

3ème Page 1/7 Cours Stats


1 Définitions et vocabulaire des statistiques
Faire une étude statistique, c’est recueillir, organiser, synthétiser, représenter et exploiter des données,
numériques ou non, dans un but de comparaison, de prévision, de constat. . .
Les plus gros "consommateurs" de statistiques sont les assureurs (risques d’accidents, de maladie des
assurés), les médecins (épidémiologie), les démographes (qui étudient les populations et leur dyna-
mique) et sociologues (qui étudient les phénomènes sociaux humains), les économistes (emploi, conjonc-
ture économique), les météorologues . . .

La population est l’ensemble des individus sur lesquels portent l’étude statistique. Le caractère (ou
variable statistique) d’une série statistique est une propriété étudiée sur chaque individu.

Lorsque le caractère ne prend que des valeurs (ou modalités) numériques, on dit qu’il est quantitatif.
Sinon, on dit qu’il est qualitatif : les valeurs de la série ne sont pas des nombres.

Effectifs, effectifs cumulés, fréquences :


Ï A chaque valeur (ou classe) est associée un effectif n : c’est le nombre d’individus associés à cette
valeur.
Ï De même à chaque valeur (ou classe) est associée une fréquence f : c’est la proportion d’individus
associés à cette valeur. f est un nombre compris entre 0 et 1, que l’on peut écrire sous forme de pour-
centage.
n n
Ï Si N est l’effectif total (l’effectif de la population entière) alors on a f = (ou f = × 100 si on
N N
l’exprime sous forme de pourcentage).

Effectifs et fréquences cumulées :


Lorsque les valeurs sont rangées dans l’ordre croissant, on obtient l’effectif cumulé croissant d’une
valeur en additionnant son effectif à ceux qui le précèdent (on additionne à partir de la gauche du
tableau).
De la même manière, les fréquences cumulées croissantes s’obtiennent en divisant l’effectif cumulé
croissant par l’effectif total.
Pour obtenir les effectifs ou les fréquences cumulés décroissants, on additionne à partir de la droite
du tableau.
Remarque : les effectifs cumulés croissants indiquent quel est l’effectif de la série dont la valeur est
inférieure à une valeur donnée.
Exemple : Voici le relevé, par tranche d’âge, de la population en France métropolitaine pour l’année
2002 :
Tranche d’âge 0-19 ans 20-39 ans 40-59 ans 60-74 ans + 75 ans Total

Effectifs (en milliers) 14 988 16 371 15 758 7 727 4 499 59 343

Fréquences 25,3 % 27,5 % 26,6 % 13 % 7,6 % 100 %

Effectifs cumulés croissants 14 988 31 359 47 117 54 844 59 343 59 343

Fréq. cumulées croissantes 25,3 % 52,8 % 79,4 % 92,4 % 100 % 100 %

Par exemple, on peut lire dans ce tableau que 16 371 individus ont entre 20 et 49 ans, que 31 359 indi-
vidus ont 39 ans ou moins, que 26,6 % des individus ont entre 40 et 59 ans, ou encore que 79,4 % des
individus ont 59 ans ou moins.

3ème Page 2/7 Cours Stats


2 Représentation graphique d’une série statistique
2.1 Diagramme en bâtons
Lorsque le caractère étudié est quantitatif et discret, on peut représenter la série statistique étudiée par
un diagramme en bâtons :
la hauteur de chaque bâton est proportionnelle à l’effectif (ou à la fréquence) associé à chaque valeur.

Par exemple, voici le diagramme en bâtons représentant la série des notes obtenues par une classe à un
contrôle :

Notes 2 4 6 7 8 9 10 11 12 14 17 Total

Effectif 1 2 1 2 2 3 4 6 2 1 1 25

Fréquence % 4 8 4 8 8 12 16 24 8 4 4 100

6 Effectif

1
Notes
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

2.2 Histogramme
Lorsque le caractère étudié est quantitatif et continu, et lorsque les modalités sont regroupées en
classes, on peut représenter la série par un histogramme :

l’aire de chaque rectangle est proportionnelle à l’effectif (ou à la fréquence) associée à chaque classe

Lorsque les classes ont la même amplitude, c’est la hauteur de chaque rectangle qui est proportion-
nelle à l’effectif. Par exemple, voici un histogramme représentant la répartition des salaires dans une
entreprise :

Salaires 1000 É S < 1200 1200 É S < 1400 1400 É S < 1600 1600 É S < 1800 1800 É S < 2000 Total

Effectif 36 44 64 40 16 200

Fréquence 0, 18 0, 22 0, 32 0, 2 0, 08 1

3ème Page 3/7 Cours Stats


1 salarié

1000 1200 1400 1600 1800 2000

2.3 Diagramme circulaire


Enfin, lorsque le caractère est qualitatif, on représente la série par un diagramme circulaire ou semi-
circulaire ("camemberts") :

la mesure de chaque secteur angulaire est proportionnelle à l’effectif (ou à la fréquence) associé.

Par exemple, voici un diagramme circulaire représentant la répartition des adhérents à un club sportif :

Sport Tennis Football Handball Rugby Autres Total

Effectif 4 19 7 15 5 50

Fréquence % 8 38 14 30 10 100

Mesure de l’angle en degrés 28, 8 136, 8 50, 4 108 36 360

Football

Tennis

Handball
Autres

Rugby

3ème Page 4/7 Cours Stats


3 Mesures de tendance centrale : moyenne, médiane
3.1 Moyenne d’une série statistique
Ï Si la série est donnée sous la forme d’une liste

Par exemple, voici les notes obtenues à un contrôle par les 21 élèves d’une classe :
8 3 14 17 5 12 11 9 10 15 8 19 4 11 6 9 9 10 10 9 14
Pour calculer la moyenne de cette série de notes, on additionne toutes les notes, et on divise par le
nombre total de notes :
8 + 3 + 14 + 17 + 5 + 12 + 11 + 9 + 10 + 15 + 8 + 19 + 4 + 11 + 6 + 9 + 9 + 10 + 10 + 9 + 14 213
m= = ≈ 10, 14
21 21

Ï Si les valeurs de la série sont regroupées dans un tableau avec effectifs associés

Par exemple, voici les notes obtenues à un autre contrôle par les 25 élèves d’une autre classe :

Notes 2 4 6 7 8 9 10 11 12 14 17 Total

Effectif 1 2 1 2 2 3 4 6 2 1 1 25

La moyenne est alors dite pondérée par les effectifs.


Pour calculer cette moyenne, on commence par effectuer les produits des notes par les effectifs associés,
puis on additionne tous ces produits, et on divise la somme obtenue par le nombre total de notes :

2 + 4 × 2 + 6 + 7 × 2 + 8 × 2 + 9 × 3 + 10 × 4 + 11 × 6 + 12 × 2 + 14 + 17 234
m= = = 9, 36
25 25

Ï Si les valeurs de la série sont regroupées par classes

Par exemple, voici la répartition des salaires de 200 salariés d’une entreprise :

Salaires 1000 É S < 1200 1200 É S < 1400 1400 É S < 1600 1600 É S < 1800 1800 É S < 2000 Total

Centre 1100 1300 1500 1700 1900 1

Effectif 36 44 64 40 16 200

On considère alors qu’une classe donnée sera représentée, dans le calcul, par son centre, et on utilise le
centre de la classe pour calculer la moyenne pondérée par les effectifs :

1100 × 36 + 1300 × 44 + 1500 × 64 + 1700 × 40 + 1900 × 16 291200


m= = = 1456
200 200
On obtient une valeur approchée du salaire moyen réel.

3.2 Médiane d’une série statistique


Reprenons l’exemple des notes obtenues à un contrôle par les 25 élèves d’une classe :

Notes 2 4 6 7 8 9 10 11 12 14 17 Total

Effectif 1 2 1 2 2 3 4 6 2 1 1 25

3ème Page 5/7 Cours Stats


Nous avons calculé, dans le paragraphe précédent, que la moyenne de la classe valait 9, 34.
D’après le tableau qui présente la série, 11 élèves ont eu une note inférieure à la moyenne du contrôle,
alors que 14 élèves ont eu une note supérieure à la moyenne du contrôle.

on observe que la moyenne d’une série statistique dont les éléments sont rangés par ordre croissant
ne sépare pas ceux-ci - en tous cas, pas toujours - en deux parties de même effectif

Définition :
La médiane M d’une série statistique est la valeur qui partage la population étudiée en deux sous-
groupes de même effectif, chacun tels que :
– tous les éléments du premier groupe on des valeurs inférieures ou égales à M ;
– tous les éléments du deuxième groupe ont des valeurs supérieures ou égales à M .

Détermination de la médiane d’une série statistique

• A partir d’un tableau d’effectifs cumulés ou de fréquences cumulées


Exemple :
Reprenons l’exemple des notes obtenues à un contrôle par les 25 élèves d’une classe :

Notes 2 4 6 7 8 9 10 11 12 14 17 Total

Effectif 1 2 1 2 2 3 4 6 2 1 1 25

E.C.C.∗ 1 3 4 6 8 11 15 21 23 24 25 25

: Effectifs cumulés croissants
Les notes étant rangées dans l’ordre croissant, la case grisée indique que, de la 12ème à la 15ème , les
notes sont égales à 10.
Or 25 = 12 + 1 + 12 donc la médiane est la 13ème note c’est-à-dire 10.

Rang : 1r e 2e . . . 11e 12e 13e 14e . . . 25e


Notes : 2 4 ... 9 10 10 10 . . . 17
| {z } | {z }
12 élèves 12 élèves

On rappelle que la moyenne de la classe à ce contrôle était de 9,34, donc la médiane et la moyenne
sont (en général) différentes.
• À partir d’une représentation graphique
Une valeur approchée de la médiane peut être obtenue à l’aide de la courbe polygonale des effectifs
cumulés croissants (ou des fréquences cumulées) en lisant la valeur correspondant à la moitié de
l’effectif total (ou à une fréquence cumulée égale à 50 %) :
À la question "Quelle quantité d’eau buvez-vous par jour ?", les cinquante personnes interrogées ont
donné des réponses qui ont permis de compléter le tableau suivant :

Quantité d’eau (en L) [0 ;0,5[ [0,5 ;1[ [1 ;1,5[ [1,5 ;2[ [2 ;2,5[ [2,5 ;3[

Fréquences % 24 42 18 10 4 2

F.C.C.∗ % 24 66 84 94 98 100


: Fréquences cumulées croissantes
La courbe polygonale des effectifs cumulés est obtenue en joignant par des segments les points dont
l’abscisse est une valeur de la série (ou l’extrémité d’une classe) et dont l’ordonnée est l’effectif cumulé
correspondant à cette valeur :

3ème Page 6/7 Cours Stats


Fréquence cumulée
100 % ×
98 % ×
94 % ×

84 % ×
La médiane M est environ
égale à 0,8 L ;
en effet, la moitié des per-
66 % × sonnes interrogées consomme
moins de 0,8 L par jour (ou, ce
50 % qui revient au même, la moi-
tié des personnes interrogées
consomme plus de 0,8 L par
jour).
24 % ×

Quantité d’eau (en L)


0,5 0,8 1 1,5 2 2,5 3

4 Mesure de dispersion
Comparons les notes obtenues à un contrôle par deux classe différentes :
Classe n°1 :
Notes 2 3 6 7 8 9 10 11 13 14 15 17 Total

Effectif 1 1 1 2 2 3 3 6 2 2 1 1 25

La moyenne de cette classe à ce contrôle est égale à :


2 + 3 + 6 + 7 × 2 + 8 × 2 + 9 × 3 + 10 × 3 + 11 × 6 + 13 × 2 + 14 × 2 + 15 + 17 250
m1 = = = 10
25 25
La médiane de cette classe à ce contrôle est égale à :
la 13ème note (car 25 = 12 + 1 + 12) , c’est-à-dire que M1 = 10
Classe n°2 :
Notes 5 7 8 9 10 11 12 13 Total

Effectif 2 1 2 2 5 6 2 3 23

La moyenne de cette classe à ce contrôle est égale à :


5 × 2 + 7 + 8 × 2 + 9 × 2 + 10 × 5 + 11 × 6 + 12 × 2 + 13 × 3 230
m2 = = = 10
23 23
La médiane de cette classe à ce contrôle est égale à :
la 11ème note (car 23 = 11 + 1 + 11), c’est-à-dire que M2 = 10

Ces deux séries ne sont pas différenciables par les mesures de tendance centrale ; pourtant, on ne peut
pas dire la même chose des deux classes : elles n’ont pas le même profil !

Définition :
On appelle étendue d’une série statistique la différence entre la plus grande valeur de la série et la
plus petite. L’étendue est une mesure de dispersion des valeurs : plus l’étendue est grande, plus les
valeurs sont dispersées.

Ici, l’étendue de la série de notes de la classe n°1 vaut : 17 − 2 = 15 points.


L’étendue de la série de notes de la classe n°2 vaut, elle : 13 − 5 = 8 points.
On pourrait dire que la classe n°2 a eu des résultats plus homogènes que la classe n°1.

3ème Page 7/7 Cours Stats

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