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Université Mohamed premier

Ecole Nationale de Commerce et de Gestion-Oujda

2020-2021

Le Contrôle Budgétaire des Etablissements Publics et l'audit des


marchés publics

Problématique :

Le contrôle budgétaire des EP et l'audit des marchés publics contribuent-ils à la performance


de l'établissement public ? Comment mettre en œuvre cette mesure de performance ?

Option : Gestion
Filière : Audit et Contrôle de Gestion

Réalisé par : Encadré par :


OUAFI ilyas Mr. KCHIRI abdelmajid
2

Plan
Introduction .............................................................................................................................................................. 3
Partie I ........................................................................................................................................................................ 4
L’élaboration et le contrôle du budget des EPN ...................................................................................................... 4
Chapitre 1 ............................................................................................................................................................... 5
L’élaboration du budget ....................................................................................................................................... 5
Section 1 : l'élaboration du budget ................................................................................................................... 5
Section 2 : l'approbation du budget .................................................................................................................. 6
Chapitre 2 ............................................................................................................................................................... 7
L’exécution du budget........................................................................................................................................... 7
1. L’ordonnateur public : .............................................................................................................................. 7
2. Le comptable public : ................................................................................................................................ 7
Section 1 : en matière de dépenses .................................................................................................................... 8
Section 2 : en matière des recettes .................................................................................................................... 9
Chapitre 3 ............................................................................................................................................................. 10
Le contrôle budgétaire ........................................................................................................................................ 10
Section 1 : Les organes de contrôle, d’inspection et d’évaluation .................................................................. 10
Section 2 : les modalités d'exercices du contrôle budgétaire des EP .............................................................. 12
Chapitre 4 ............................................................................................................................................................. 14
Reddition de comptes des EP .............................................................................................................................. 14
Section 1 : le compte financier de l'agent comptable ...................................................................................... 14
Section 2 : le rapport financier de l’ordonnateur ........................................................................................... 14
Section 3 : le rapport spécial du contrôleur budgétaire ................................................................................. 14
Section 4 : l'approbation des comptes des EPN .............................................................................................. 15
Partie II ..................................................................................................................................................................... 16
La gouvernance et l'audit des marchés publics ...................................................................................................... 16
Chapitre 1 ............................................................................................................................................................. 17
Les modes de passation des marchés publics ..................................................................................................... 17
Section 1 : les types des marchés publics ........................................................................................................ 17
Section 2 : les modes de passation des marchés publics ................................................................................. 20
Section 3 : la procédure de passation des marchés publics ............................................................................ 21
Chapitre 2 ............................................................................................................................................................. 26
L’audit des marchés publics ............................................................................................................................... 26
Section 1 : Les marchés concernés .................................................................................................................. 26
Section 2 : La démarche d’audit des marchés publics ................................................................................... 27
Chapitre 3 : Cas pratique ..................................................................................................................................... 30
Conclusion ............................................................................................................................................................... 48
3

Introduction

L'administration marocaine a connu de nombreuses réformes au cours de cette décennie. Des expériences
innovantes ont été menées dans de nombreux domaines. Malgré ces nombreux acquis, l'action de
l'administration et son mode de fonctionnement font l'objet de critiques tant de la part de ses usagers que de
la part de la société civile. L'organisation, le rôle et les missions de nos administrations doivent en effet être
repensés et adaptés à un contexte politique, économique et social en pleine mutation. Notre administration est
désormais appelée à rendre ses services à des populations de plus en plus exigeantes et informées de leurs
droits et obligations
La nécessité de contrôle des établissements publics et de leurs budgets n’est qu’un dispositif pour mieux
maitriser l’administration publique et contribuer à plus d’efficacité et d’efficience en matière de dépenses
publiques, La Rareté des ressources financières et nécessité de préservation des deniers publics, surtout dans
un contexte de crise sont aussi des exigences pour l’établissement public, Exigences de la qualité des dépenses
publiques: contribuer à plus d’efficacité, et d’économie dans la gestion des finances publiques .
Exigences en matière de réalisation des objectifs du développement, Amélioration de la transparence et
modernisation de la gestion publique, sont tous des raisons pour lesquels on peut dire que l’établissement
public nécessite vraiment un contrôle pour bien préserver le patrimoine public.
Pour cela on trouve plusieurs lois et décrets qui régissent les transactions concernant le secteur public, et
plusieurs instruments sont mis en place pour maitriser et contribuer à la performance de l’établissement public
à savoir le décret royal 330-66 du 21-04-1967 de la comptabilité publique, le décret 2-12-349 des marchés
publics, la loi organique des finances 130-13, le dahir 1.15.05 concernant l’exécution de la loi 112-13 des
marchés publics, la loi 69-00 relative au contrôle financier de l’Etat sur les entreprises publiques, la loi 45-08
relative à l’organisation des finances des collectivités locales, le décret 2-98-401 relatif à l’élaboration et
l’exécution de la loi de finances.
« Sont fixées par décret pris sur proposition du ministre chargé des finances toutes les dispositions de nature
à assurer la bonne gestion des finances publiques notamment, les règlements relatifs à la comptabilité
publique, à la passation des marchés de l'Etat et au contrôle des dépenses de l'Etat. »1
Donc plusieurs dispositifs sont mis en place pour s’assurer de la performance des établissements publics, mais
est ce que ces dispositifs à savoir le contrôle budgétaire des EP et l’audit des MP contribuent-ils à la
performance requis au sein de l’établissement public ? et comment peut-on mettre en place ces mesures de
performance ? et quels sont ces instrument d’action pour s’assurer de la bonne application de ces mesures ?

1
L’article 68 de la loi organique de finances 130-13.
4

Partie I
L’élaboration et le contrôle du budget des EPN
5

Chapitre 1
L’élaboration du budget

La loi de finances de l'année est élaborée par référence à une programmation budgétaire triennale actualisée
chaque année en vue de l'adapter à l'évolution de la conjoncture financière, économique et sociale du pays. 2
Cette programmation vise notamment à définir, en fonction d'hypothèses économiques et financières réalistes
et justifiées, l'évolution sur trois ans de l'ensemble des ressources et des charges de l'Etat. Le contenu et les
modalités d'élaboration de cette programmation sont fixés par voie réglementaire.
Pour la comptabilité budgétaire:
- les recettes sont prises en compte au titre de l'année budgétaire au cours de laquelle elles sont encaissées par
un comptable public;
- les dépenses sont prises en compte au titre de l'année budgétaire au cours de laquelle les ordonnances ou
mandats sont visés par les comptables assignataires; elles doivent être payées sur les crédits de ladite année,
quelle que soit la date de la créance. 3
Donc nous voulons bien évoquer ici que les budgets des établissements publics sont bien pris en compte lors
de l’élaboration de projet de loi de finances de l’année car ce dernier doit être accompagné par un rapport sur
les entreprises et les établissements publics : « Le projet de loi de finances de l'année est déposé sur le bureau
de la Chambre des représentants, au plus tard le 20 octobre de l'année budgétaire en cours. Il est accompagné
des documents suivants : note de présentation de la loi de finances comportant des données concernant les
investissements du budget général ainsi que les impacts financiers et économiques des dispositions fiscales et
douanières proposées; rapport économique et financier; rapport sur les établissements et entreprises publics
; etc. 4»

Section 1 : l'élaboration du budget

Tout établissement public est tenu d’établir, chaque année, un projet de budget.
Le projet de budget de l’établissement public est élaboré par son directeur dans la limite des ressources
globales dont il doit justifier la prévision.
Le Contrôleur Budgétaire est associé, à titre consultatif, à toute la phase d’élaboration de projet de budget de
l’établissement public.
Il joint son avis écrit au projet de budget soumis au Conseil de Gestion.
Cet avis porte notamment sur :
 La réalité des recettes propres prévues par l’établissement public ;
 Le caractère exhaustif des dépenses prises en compte ;
 L’adaptation des crédits budgétaires sollicités aux charges découlant des missions imparties à
l’établissement public.
Le rôle du Contrôleur Budgétaire consiste à suivre la gestion de l’établissement en assistant le Directeur dans
l’élaboration du budget et en participant aux travaux du Conseil de Gestion, Le Contrôleur Budgétaire est

2
L’article 5 de la loi organique de finances 130-13
3
L’article 32 de la loi organique de finances 130-13
4
L’article 48 de la loi organique de finances 130-13
6

essentiellement dans cette fonction un lien et un instrument de dialogue entre l’établissement et l’autorité de
tutelle budgétaire.
Le projet de budget soumis au Conseil de Gestion n’a de sens que s’il est sincère, Il convient donc de recueillir
toutes les assurances en ce qui concerne la réalité des recettes propres prévues par l’établissement et le
caractère exhaustif des dépenses prises en compte.
Le Contrôleur Budgétaire qui assiste le Directeur de l’établissement dans l’élaboration du projet de budget,
tout en gardant son indépendance, apporte la garantie que ces recettes et ces dépenses ont été appréciées
correctement en l’état des informations disponibles.
Il donne à ce titre un avis motivé de façon à permettre au Conseil de Gestion et à toute autorité ayant à en
connaître, de disposer des éléments d’appréciation nécessaires à l’arrêté et à l’approbation du projet de budget.
Section 2 : l'approbation du budget
Après avoir arrêté définitivement en équilibre réel le projet de budget sur la base, d’une part, des ressources
propres de l’établissement et sur la base, d’autre part, des subventions et dotations retenues aux projets de
budget de l’Etat, le Conseil de Gestion le fait parvenir dans les délais requis au Ministre chargé du budget
sous couvert du Ministre chargé du département dont relève l’activité de l’établissement, soit avant le 30 juin
de la gestion précédant celle au titre de laquelle est établi le projet de budget.
Le Ministre de l’Economie et des Finances, peut renvoyer le projet de budget à la Commission Consultative
de Gestion et l’inviter à y apporter les modifications jugées nécessaires, y compris l’inscription d’office de
toutes dépenses obligatoires, dans le respect de l’équilibre budgétaire de l’établissement.
Cette étape franchie, le Directeur de l’établissement et ses collaborateurs présentent et défendent le projet de
budget en conférences budgétaires. Ce projet de budget intègre l’enveloppe initiale et les demandes
complémentaires relatives à des besoins non pris en compte.
Le budget définitif attribué à l’EPN à l’issue de la conférence budgétaire fait l’objet d’une loi ou d’une
ordonnance avant son exécution, Les budgets de tous les établissements publics figurent en annexe à la Loi
de Finances. Le budget de l’établissement public est exécutoire dès l’adoption par l’Assemblée National de la
Loi de Finances de l’exercice considéré, Les crédits ouverts sont limitatifs.
7

Chapitre 2
L’exécution du budget

Il existe une procédure de droit commun (normale) visant à faciliter l’exécution budgétaire dans certaines
hypothèses particulières et cela indépendamment de l’acte : acte de perception des ressources ou acte
conduisant à une acquisition ou à une dépense.
Lors ce qu’on parle de l’organisme public comme sa majesté le roi les a nommés (les établissements publics,
les collectivités locales, …) on parle sur deux intervenants qui sont l’ordonnateur public-ou un sous-
ordonnateur s’il existe- et le comptable public,5
1. L’ordonnateur public :
« Est ordonnateur public de recettes et de dépenses toute personne ayant la qualité au nom de l’organisme
public pour engager, constater, liquider ou ordonner soit le recouvrement d’une créance soit le paiement
d’une dette. »6
-Les ordonnateurs peuvent déléguer leur signature et, sous leur responsabilité et leur contrôle, instituer des
sous-ordonnateurs.
-Les ordonnateurs, leurs délégués, ainsi que les sous-ordonnateurs désignés doivent être accrédités auprès des
comptables assignataires des recettes et des dépenses dont ils prescrivent l'exécution. 7
2. Le comptable public :
« Est un comptable public tout fonctionnaire ou agent ayant qualité pour exécuter au nom de l’organisme
public des opérations de recettes ou de dépenses ou de maniement de titres. »8
-Les comptables publics sont seuls chargés : De la prise en charge et du recouvrement des ordres de recettes
qui leur sont remis par les ordonnateurs, des créances constatées par un contrat, un titre de propriété ou autre
titre dont ils assurent la conservation, ainsi que de l'encaissement des droits au comptant ;
- Du paiement des dépenses, soit sur ordre émanant des ordonnateurs accrédités, soit au vu des titres présentés
par les créanciers, soit de leur propre initiative, ainsi que de la suite à donner aux oppositions et autres
significations9.

-Les documents élaborés par l’Ordonnateur sont transmis à l’Agent Comptable qui les prend en charge dans
ses écritures et les notifie aux différents débiteurs ;
-Cette notification n’est soumise à aucune procédure particulière ;
-La notification de prise en charge revêt un aspect fondamental dans les fonctions des Comptables publics ;
-La notification signifie que le Comptable a réceptionné les documents de l’Ordonnateur, qu’il a passé les
écritures comptables et qu’il engage sa responsabilité ;

5
L’article 1, décret 330-66 de la comptabilité publique
6
L’article 3, décret 330-66 de la comptabilité publique
7
L’article 5, décret 330-66 de la comptabilité publique
8
L’article 3, décret 330-66 de la comptabilité publique
9
L’article 9, décret 330-66 de la comptabilité publique
8

- A la prise en charge de ces bordereaux, l’Agent Comptable peut formuler des rejets ; en matière de recettes
les rejets sont très rares.10
Donc il faut bien retenir l’incompatibilité entre les responsabilités de l’ordonnateur qui généralement le chef
du ministre concerné, et celles de comptable public ou d’agent comptable qui est une personne physique,
fonctionnaire au sein de l’organisme qui est chargé de paiement des dépenses et de recouvrement des créances
au nom de l’organisme.
Section 1 : en matière de dépenses
Les comptables publics sont tenus d’exercer avant visa pour le paiement, le contrôle de la validité de la
dépense.11
Concernant la procédure budgétaire normale en matière de dépenses, elle se passe par quatre phases :
1. L’engagement :
« L'engagement est l'acte par lequel l'organisme public crée ou constate une obligation de nature à entraîner
une charge »12
Constate ou crée la dette, autrement dit c’est le fait générateur d’une dette quel que soit une dette réelle, ou de
la simple constatation d’une dette née par ailleurs tout en restant dans la limité des autorisations budgétaires,
comme l’article 33 du décret 330-66 de la comptabilité publique stipule : « … Il doit rester dans la limite des
autorisations budgétaires et demeurer subordonné aux décisions, avis ou visas prévus par les lois ou
règlements »13

 L’engagement juridique :
Qui résulte de l’acte juridique c’est-à-dire après l’accomplissement de l’acte juridique concernant la
dette.
 L’engagement comptable :
Par lequel l’ordonnateur affecte l’autorisation pour la réalisation de la dépense mais après avoir
s’assurer des disponibilités et il reste dans la limite des autorisations contenues dans la loi de finances.14
2. La liquidation :
Il s’agit de vérifier d’abord l’existence réelle de la dette, tout en contrôlant le service, autrement dit il
faut s’assurer que le service a été bien effectué en vertu de la règle du service fait, et puis d’en arrêter
le montant de la dette. 15

3. L’ordonnancement :
« L'ordonnancement est l'acte administratif donnant, conformément aux résultats de la liquidation,
l'ordre de payer la dette de l'organisme public ; cet acte incombe à l'ordonnateur. »16
C’est la phase dans laquelle l’agent comptable reçoit l’autorisation de la part de l’ordonnateur pour
payer la dette, cette autorisation est sous-forme d’un document administratif s’appelle
ordonnancement, Il relève du seul Ordonnateur.

10
ENA, cours contrôle budgétaire, page 119
11
L’article 11, décret 330-66 de la comptabilité publique
12
L’article 33,77, décret 330-66 de la comptabilité publique
13
L’article 33, décret 330-66 de la comptabilité publique
14
L’article 33, décret 330-66 de la comptabilité publique
15
L’article 34, décret 330-66 de la comptabilité publique
16
L’article 35, décret de la comptabilité publique
9

Donc tous ces 3 étapes déjà évoquées concerne l’ordonnateur et constituent une phase administrative,
on revanche la dernière étape concerne le comptable public qui sera chargé lors de cette étape de vérifier
d’abord la réalité de la dépense, le servie fait, les calculs déjà fais lors de l’étape de liquidation,
autrement dit il effectue un contrôle de régularité, donc tout ça constitue une phase comptable.
4. Le paiement :
« Le paiement est l'acte par lequel l'organisme public se libère de sa dette. »17
Les ordonnances ou mandats ne peuvent être payés qu’après visa du comptable assignataire de la
dépense. 18
C’est la phase relevant de l’Agent Comptable, permet à l’EPN de se libérer de sa dette vis-à-vis du
tiers.
Remarque : lorsque le créancier refuse de recevoir le titre de paiement ou le paiement, l’ordonnateur
peut faire consigner par le comptable public le montant de paiement à la caisse de dépôt et de gestion
pour informer le créancier par lettre recommandée avec accusé de réception. 19

Section 2 : en matière des recettes

En matière de recettes, les comptables assignataires sont tenus d'exercer le contrôle de la régularité, de la
perception et de l'imputation ainsi que la vérification des pièces justificatives. 20
Ce qui concerne la procédure budgétaire en matière de recettes, il y trois intervenants :

1. L’ordonnateur :
Il ne s’agit pas pour lui de créer la dette, mais de constater la créance, d’en arrêter le montant et de
procéder à la mise en recouvrement.
2. Le contrôleur budgétaire :
Son rôle est d’effectuer les contrôles nécessaires permettant de déterminer la régularité de l’ordre des
recettes et de vérifier l’existence de l’autorisation parlementaire.
3. L’agent comptable :
Procède enfin à la prise en charge et au recouvrement des ordres de recettes.

17
L’article 41, décret de la comptabilité publique
18
L’article 40, décret de la comptabilité publique
19
L’article 39, décret 330-66 de la comptabilité publique
20
L’article 10, décret 330-66 de la comptabilité publique
10

Chapitre 3
Le contrôle budgétaire

Elles existent une multitude des contrôles qui ont pour objectif d’assurer l’efficacité, l’efficience et la
pertinence des dépenses publiques et de contribuer à une meilleure allocation des ressources de l’Etat, à savoir
la cour des comptes (CT), l’inspection générale des finances (IGF), les inspections générales des ministres
(IGM), l’inspection générale de l’administration territoriale (IGAT), le contrôle financier de l’Etat sur les
établissements et les entreprises publiques encadrée par la loi 69-00, les missions d’évaluation internes à
l’Etat,…etc.
Section 1 : Les organes de contrôle, d’inspection et d’évaluation
1. La cour des comptes (CT)
 Vérification et jugement des comptes :
La Cour Régionale des Comptes vérifie, instruit et juge, dans la limite de son ressort, les comptes des
collectivités locales et de leurs groupements ainsi que ceux des établissements publics placés sous leur tutelle.
Les collectivités locales et leurs groupements produisent annuellement à la CRC concernée, leurs comptes et
trimestriellement les pièces justificatives des recettes et dépenses.
Les comptables des autres organismes soumis au contrôle de la CRC doivent produire annuellement une
situation comptable retraçant les opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie tandis que les pièces
justificatives peuvent être consultées sur place.
La procédure d’instruction est similaire à celle suivie par la Cour des Comptes. Le Conseiller rapporteur, après
avoir accompli ses investigations, établit deux rapports.
Le premier présente les résultats de l’instruction du compte et relève s’il y a lieu des observations sur des faits
de nature à mettre en jeu la responsabilité, notamment de l’ordonnateur, du contrôleur ou du comptable dans
les matières juridictionnelles de la Cour Régionale.
Le deuxième reprend les observations sur la gestion de la collectivité locale, du groupement, de l’entreprise
ou l’établissement public concerné et qui ont trait à la compétence de la Cour Régionale en matière de contrôle
de la gestion.
Le premier rapport est remis à un Conseiller contre rapporteur désigné par le Président de la Cour Régionale.
Le Conseiller contre rapporteur doit dans un délai d’un mois donner son avis sur le premier rapport et le
transmettre au Procureur du Roi près la Cour Régionale qui le retourne, accompagné de ses conclusions, au
Président de la Cour Régionale pour inscription au rôle des audiences.
La Cour Régionale statue sur pièces et à huis clos après examen du rapport, des réponses du comptable, de
l’avis du contre rapporteur et des conclusions du Procureur du Roi.
La formation de jugement est composée de cinq magistrats, dont le Président. Elle se prononce à la majorité
des voix.
Si la Cour Régionale ne retient aucune irrégularité, elle statue sur le compte par un jugement définitif.
Lorsqu’elle établit l’existence d’irrégularités, elle enjoint au comptable par un jugement provisoire de produire
par écrit ses justifications ou de reverser les sommes qu’elle déclare comme étant dues à l’organisme public
concerné dans un délai de trois mois.
11

La Cour Régionale se prononce par un jugement définitif dans un délai ne dépassant pas un an à compter de
la date du jugement provisoire.
Le jugement définitif établit si le comptable public est quitte, en avance, ou en débet.
Il est à signaler qu’à l’instar de la Cour des Comptes, des passerelles sont établies entre le Jugement des
comptes, la discipline budgétaire et financière, la gestion de fait et l’action disciplinaire.

 Contrôle des actes budgétaires :


Le contrôle des actes budgétaires est une attribution spécifique des Cours Régionales des Comptes (CRC).
Elle traduit le rôle de conseil et d’arbitrage qu’elles sont appelées à exercer en matière d’exécution des budgets
des collectivités locales.
Ainsi, la Cour Régionale peut être saisie par le Ministre de l’Intérieur, le Wali ou le Gouverneur, de toute
question concernant l’exécution du budget d’une collectivité locale ou d’un groupement ; en particulier
lorsque le compte administratif d’une collectivité locale n’a pas été adopté par l’organe délibérant compétent.
La CRC rend un avis dans un délai maximum de deux mois à compter de sa saisine. Au vu de cet avis, le
Ministre de l’Intérieur, le Wali ou le Gouverneur décide des mesures à prendre et le cas échéant, procède à la
programmation du montant de l’excédent disponible de l’exercice concerné. Sa décision doit être motivée, si
elle n’est pas conforme à l’avis émis par la Cour Régionale des Comptes.

 Contrôle de la gestion :
Le Contrôle de la gestion : Les Cours régionales des comptes (CRC) contrôlent la qualité de la gestion des
services publics locaux ou décentralisés, des concessions et gestion déléguée de service public local, et des
entreprises dans lesquelles les collectivités locales, leurs groupements, les établissements publics locaux
possèdent une participation majoritaire au capital ou un pouvoir prépondérant de décision.
Contrôle de l’emploi des fonds publics : Les CRC contrôlent l’emploi des fonds publics reçus par les
associations ou tout autre organisme bénéficiant d’apports au capital de la part d’une collectivité locale ou de
tout organisme soumis au contrôle de la CRC. 21
2. L’inspection générale des finances (IGF)
L’IGF est un corps supérieur d'inspection des finances publiques créé par un texte de loi du 14 avril 1960 qui
fixe de manière précise ses attributions, missions et prérogatives. Placée sous l'autorité directe du Ministère
de l'Economie et des Finances, l’IGF exerce de larges prérogatives en matière de contrôle et d'audit. A cet
effet, L’IGF a pour pouvoir :
• Effectuer les vérifications des services de caisse et de comptabilité, deniers et matières, des comptables
publics et, de façon générale, des agents de l'Etat, des collectivités locales, des établissements et entreprises
publics et de tout organisme public ;
• Contrôler la gestion des comptables publics, des ordonnateurs, des contrôleurs et de tout administrateur pour
s'assurer de la régularité, de la sincérité, et de la matérialité des opérations enregistrées dans leurs comptes ;
• ils apprécient, par ailleurs, la qualité de leur gestion, la réalisation des objectifs assignés, les moyens utilisés,
les coûts des biens et services produits et leurs performances économiques et financières ;
• Contrôler la gestion des entreprises et des établissements publics.

21
Le site officiel de la cour des comptes, www.courdescomptes.ma
12

• Contrôler la gestion des sociétés concessionnaires ou gérantes d'un service public de l'Etat ou d'une
collectivité publique ;
• Contrôler la gestion des sociétés, syndicats, associations ou entreprises de toute nature et d'une façon générale
les personnes morales qui bénéficient du concours financier de l'Etat, des collectivités publiques ;
• Auditer et émettre une opinion sur les comptes des projets financés par les Gouvernements étrangers ou par
des organismes financiers internationaux ou régionaux dans le cadre de la coopération bilatérale ou
multilatérale ;
• Procéder, à la demande du Gouvernement ou du Ministre des Finances, à l'évaluation de politiques publiques
à caractère financier ou budgétaire. 22
Section 2 : les modalités d'exercices du contrôle budgétaire des EP
Le contrôle budgétaire des établissements publics ou des organismes publics est un terme au sens large, car le
contrôle budgétaire même s’il constitue une étape ultime après les deux premières qui sont l’étape
d’élaboration et celle d’exécution du budget, on peut avoir affaire à une sorte d’intervention du contrôleur
budgétaire aussi dans les deux premières étapes, par exemple le contrôleur budgétaire assiste l’ordonnateur
lors de l’élaboration du budget, aussi il intervient lors de l’exécution du budget lorsqu’il effectue un contrôle
de régularité, dans ce cas on parle de l’agent comptable ou le comptable public, et également il intervient lors
de l’étape du contrôle budgétaire qui nous venons d’expliquer dans cette section.
1. Rôle de conseiller de l’Ordonnateur :
 La phase d’élaboration du budget :
-Le Contrôleur Budgétaire assiste l’Ordonnateur dans l’élaboration du projet de budget de l’EPN ;
-Il est associé, à titre consultatif, à toute la phase de ladite élaboration.

 Le contrôle des ressources projetées :


-Il apporte la garantie que les recettes prévues au budget ont été appréciées correctement en l’état des
informations disponibles ;
- Que ces ressources sont sincères et conformes à la règlementation et aux textes régissant l’EPN ;
-Il apporte la garantie que les dépenses prévues au budget ont été appréciées correctement en l’état des
informations disponibles ;
-En outre, le contrôleur budgétaire s’appuie sur l’analyse de la situation financière de l’EPN, pour détecter et
maîtriser les risques financiers, évaluer la sincérité des prévisions de dépenses.

2. Rôle de contrôleur :
Le contrôle financier des organismes publics est réglementé par la loi 69-00, Dans son rôle de contrôleur, le
Contrôleur Budgétaire effectue :
 Un contrôle a priori : Le contrôle a priori, exercé par le Contrôleur Budgétaire est un contrôle sur
pièce de l’exécution du budget en recettes et en dépenses 23;

22
Le site officiel du ministre de l’économie et de finances, www.finances.gov.ma
23
L’article 26, loi 69-00 portant sur le contrôle financier de l’Etat
13

 Un contrôle concomitant : C’est une activité permanente de veille qui permet d’éviter tout
dépassement de crédit et la constitution de passif, à l’issue de ce contrôle, si l’exécution du budget de
l’établissement public paraît compromise, le contrôleur Budgétaire en rend compte par écrit au
Directeur de l’EPN, au Président du Conseil de Gestion et au Ministre de l’Economie et des Finances,
afin que puissent être prises les mesures de redressement nécessaires, Par conséquent, il importe que
l’état d’exécution des recettes soit mis mensuellement à la disposition du Contrôleur Budgétaire 24.
 Un contrôle de la réalité du service fait : Le « service fait » est un dispositif protecteur des deniers
publics qui interdit de payer une dépense publique, avant que les prestations, qu’elle rémunère, n’aient
été effectivement exécutées par le partenaire de l’EPN, ledit partenaire étant soit un fournisseur, soit
un agent, soit un missionnaire, soit un bénéficiaire de subvention. 25
 Un contrôle a posteriori : Pour mener à bien ses missions, le Contrôle Budgétaire dispose
principalement de deux types moyens d’action à l’exécution du budget et en fin de gestion. 26
A- Moyens mis en œuvre au cours de l’élaboration et des modifications de budget :

-L’avis motivé: En principe, le Contrôleur Budgétaire donne du point de vue financier son avis
motivé sur les projets de budget, les demandes de modification budgétaire en cours de gestion et
autres mesures pris par l’Ordonnateur, L’avis motivé a pour objet essentiel d’éclairer l’autorité
financière ou technique sur les besoins des services contrôlés.
B- Moyens mis en œuvre au cours de l’exécution :
Il s’agit de (moyens) ou d’actes qui permettent au Contrôleur Budgétaire de sanctionner le contrôle
exécuté par ses soins. Ces actes concernent :
-Le visa : Formalité obligatoire et préalable à l’acte de dépense. La délivrance du visa vaut
approbation de la dépense par le Contrôleur Budgétaire ;
-Le visa différé : Le Contrôleur Financier utilise le Visa Différé pour obtenir des informations ou
des renseignements qui font défaut au dossier ;
-Le visa avec observation : Il est délivré avec des réserves que le contrôleur a le devoir de formuler.
-Le refus de visa (ou rejet) : Le Contrôleur utilise le refus de visa pour manifester sa désapprobation
pour tous les dossiers ne remplissant pas les conditions de bonne gestion. Le refus de visa est motivé
et notifié à l’Ordonnateur.
C- Moyens mis en œuvre à la fin de l’exécution :
Le Contrôleur Budgétaire produit un rapport spécial, au vu du compte financier de l’Agent
Comptable et du rapport financier de l’Ordonnateur. Ce rapport retrace le suivi de l’exécution du
budget et analyse la gestion financière de l’exercice écoulé : Il expose les résultats des opérations
de contrôles effectués et les propositions d’amélioration de l’exécution du budget.

24
L’article 26, loi 69-00 portant sur le contrôle financier de l’Etat
25
L’article 26, loi 69-00 portant sur le contrôle financier de l’Etat
26
ENA, cours contrôle budgétaire
14

Chapitre 4
Reddition de comptes des EP

Au terme de chaque année, Chaque acteur de la gestion des établissements l’obligation de rendre compte de
l’utilisation des financements, sous forme de « comptes financier, de rapport financier ou encore de rapport
spécial ». Ces documents permettent à la fois de rendre compte de l’utilisation des financements mais
également de proposer l’affectation du résultat de l’année écoulée.

Section 1 : le compte financier de l'agent comptable


A la fin de l’exercice, l’Agent Comptable en fonction prépare le compte financier de l’établissement public
pour l’exercice écoulé. Le compte financier comprend :

 La balance définitive des comptes ;


 Le développement, par chapitre, des dépenses et des recettes budgétaires ;
 Le développement des résultats de l’exercice ;
 Le bilan ;
 Le cas échéant, la balance des comptes de valeurs.
L’Agent Comptable peut faire figurer en annexe au compte financier, toutes observations utiles. 27
Section 2 : le rapport financier de l’ordonnateur
-Au vu du compte financier, le Directeur dresse un rapport sur la gestion financière de l’établissement
pendant l’exercice écoulé ;
-Il établit ce même rapport en cas de passation de services:
 Au cas où le Directeur de l’établissement cesserait ses fonctions au cours de la gestion, il établirait
un même rapport concernant les opérations afférentes à la partie de la gestion écoulée ;
 Un exemplaire du rapport est communiqué par ses soins à son successeur à l’occasion de la
passation de services.
- Le rapport de gestion de l’Ordonnateur doit être accompagné d’un rapport d’activité qui décrit, pour
l’exercice concerné, l’activité et le fonctionnement de l’établissement ou service 28
Section 3 : le rapport spécial du contrôleur budgétaire
-Le Contrôleur Budgétaire établit, à son tour, et en neuf exemplaires également, un rapport sur l’exécution du
budget et sur la gestion financière de l’établissement public au cours de la gestion écoulée, dans un délai de
15 jours à compter de la réception du compte financier
-Le Contrôleur Budgétaire adresse trois exemplaires de son rapport au Ministre de tutelle technique de
l’établissement qui en transmettra un au Ministre de l’Economie et des Finances et un au Ministre chargé du
Budget;
- il adresse un exemplaire au Directeur de l’établissement ;

27
ENA, cours contrôle budgétaire, page 161
28
ENA, cours contrôle budgétaire, page 164
15

-Outre un exemplaire de son propre rapport, il conserve l’exemplaire du compte financier et le rapport du
Directeur.29
Section 4 : l'approbation des comptes des EPN
-Dans les trois mois de la fin de l’exercice, le compte financier accompagné du rapport sur la gestion financière
établi par le Directeur et du rapport du Contrôleur Budgétaire, est soumis à l’examen du Conseil de Gestion
qui l’arrête. -L’Agent Comptable peut demander que les observations du Conseil de Gestion soient annexées
au compte financier.30

29
ENA, cours contrôle budgétaire, page 167
30
ENA, cours contrôle budgétaire, page 168
16

Partie II
La gouvernance et l'audit des marchés publics
17

Chapitre 1
Les modes de passation des marchés publics

La passation des marchés publics est encadrée et réglementée par des décrets royaux à savoir le décret 2-12-
349 portant sur les marchés publics et leurs passations, qui a bien évoqué la définition du marché publics, les
types des marchés publics, les marchés qui doivent être contrôlés et audités, les responsabilités et les
intervenants lors de passation d’un marché.

Section 1 : les types des marchés publics


Le décret royal 2-12-349 a bien préciser la définition d’un marché public et les types des marchés publics.
1. Définition d’un marché public :
« Marché : contrat à titre onéreux conclu entre, d'une part, un maître d'ouvrage et, d'autre part, une personne
physique ou morale appelée entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services ayant pour objet l'exécution
de travaux, la livraison de fournitures ou la réalisation de prestations de services »31
Donc le marché public est un contrat signé entre deux parties, l’un qui le maitre d’ouvrage et l’autre qui une
personne physique ou morale qui peut être selon l’article soit un entrepreneur pour construire des
constructions, des locaux, des bâtiments, des terrains ou des infrastructures appartient à l’Etat, donc il s’occupe
des marchés de travaux, soit un fournisseur de matières premières, des matériels et fournitures, tel qu’il
mentionné au niveau de l’article 4 de décret 2-12-349 relatif aux marchés publics, donc il s’occupe des
marchés de fournitures, soit un prestataire de services, tels les services d'études et de maîtrise d'œuvre,
donc il s’occupe des marchés de services.
2. Les types des marchés publics :
 Selon la nature de marché :
On parle ici de cinq types de marché d’après le décret des marchés publics 2-12-349, on distingue :
A. Les marchés des travaux :
« Contrats ayant pour objet l'exécution de travaux relatifs notamment à la construction, à la
reconstruction, à la démolition, à la réparation ou à la rénovation, à l'aménagement et à
l'entretien d'un bâtiment, d'un ouvrage ou d'une structure ainsi que les travaux de
reboisements. »32
« Les marchés de travaux comprennent également les prestations accessoires aux travaux tels
que les sondages, les forages, les levées topographiques, la prise de photographie et de film,
les études sismiques ou études géotechniques et les services similaires fournis dans le cadre
du marché »33
-Donc le marché de travaux c’est un marché d’exécution des travaux de n’importe qu’il type quel que soit de
construction, de réparation, d’aménagement ou d’entretien d’une construction.
-il comprenne également les prestations accessoires aux travaux qui peuvent être considérés comme autant
d’un autre type de marché tout seul.

31
L’article 4, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
32
L’article 4, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
33
L’article 4, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
18

B. Les marchés de fournitures :


« Marchés de fournitures : contrats ayant pour objet l'achat ou la location avec option d'achat
de produits ou de matériels. Ces marchés englobent également à titre accessoire des travaux
de pose et d'installation nécessaires à la réalisation de la prestation. » 34
-alors que le marché de fournitures est un marché où se fiassent des opérations d’achat ou de location avec
option d’achat des biens matériels ;
-ce marché englobe également les travaux de poste et d’installation que nécessite l’exécution de la prestation ;
-on distingue dans les marchés de fournitures :
 Les marchés de fournitures courantes : où le maitre d’ouvrage acquis des biens et des matériels qui ne
doivent pas répondre nécessairement aux spécifications techniques exigées par lui ;
 Les marchés de fournitures courantes : où le maitre d’ouvrage acquis des biens et des matériels qui
doivent être fabriqués selon les spécifications techniques exigées par lui ;
 Les marchés de location avec l’option d’achat : ayant pour objectif la location des biens d’équipement
et de matériels et outillage avec une option d’achat, c’est à dire ils donnent la possibilité au locataire
d’acquérir tout ou une partie de bien loué à une date préalablement fixée.
Remarque : ce marché ne concerne pas l’achat ou la location avec l’option d’achat des biens
immobiliers.
C. Le marché de services :
« Marchés de services : contrats ayant pour objet la réalisation de prestations de services qui
ne peuvent être qualifiés ni de travaux ni de fournitures. »35
-donc le marché de services ayant pour objectif l’exécution des prestataires de services seules ;
-ce marché englobe à la fois les marchés suivants :

 Les marchés de prestations des études et de maitrise d’œuvres portant sur le droit de protection
intellectuelle ;
 Les marchés de services courants : ayant pour objectif la réalisation des services qui peuvent être
fournis sans spécifications techniques exigées par le maitre d’ouvrage ;
 Les marchés de location sans option d’achat (ne recouvre pas la location des biens immobiliers) ;
 Les marchés de prestations d’entretien, de maintenance des équipements, des installations et de
matériels, de nettoyage et de gardiennage des locaux administratifs, et de jardinage ;
 Les marchés de prestations d’assistance au maitre d’ouvrage ;
 Les marchés de prestations de formation ;
 Selon le mode d’exécution des marchés :

A. Les marchés-cadre :
« Lorsque la quantification et le rythme d'exécution d'une prestation, ayant un caractère
prévisible et permanent, ne peuvent être entièrement déterminés à l'avance. »36

34
L’article 4, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
35
L’article 4, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
36
L’article 6, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
19

-le marché-cadre est caractérisé par un minimum et un maximum de prestation qui doivent être arrêtés par
valeur et par quantité et fixés par le maitre d’ouvrage avant tout appel à la concurrence ou à la négociation ;
-le maximum ne doit pas être supérieure à deux fois le minmum ;
-ces marchés sont conclus dans une période n’excède pas l’année en cours, mais il se peut que le cahier de
prestations spéciales comporte une clause de tacite reconduction, c’est-à-dire avec cette clause les marchés-
cadres peuvent être reconduits tacitement d’année en année dans la limite de trois ans consécutives pour
certaines prestations et dans la limite de cinq ans consécutives pour d’autres ;
B. Les marchés reconductibles :
« Lorsque les quantités peuvent être déterminées, aussi exactement que possible, à l'avance
par le maître d'ouvrage et présentent un caractère prévisible, répétitif et permanent. »37
-le cahier des prestations spéciales (CPS) de ces marchés comporte une clause de tacite reconduction, ces
marchés sont reconduits tacitement d’année en année dans la limite de trois ans consécutives pour certaines
prestations et dans la limite de cinq ans consécutives pour d’autres ;
-ces marchés sont conclus dans une période n’excède pas l’année en cours ;
C. Les marchés à tranches conditionnelles :
« Les marchés à tranches conditionnelles sont des marchés pour lesquels il est prévu une
tranche ferme couverte par les crédits disponibles et que le titulaire est certain de réaliser, et
une ou plusieurs tranches conditionnelles dont l'exécution est subordonnée, d'une part, à la
disponibilité des crédits et, d'autre part, à la notification d'un ou plusieurs ordres de service
prescrivant son (ou leur) exécution, dans les délais prévus par le marché. »38
-donc ce marché comporte un tranche ferme dont le titulaire de marché est certain de réaliser et une ou
plusieurs tranches conditionnelles dont la réalisation et relatif à la disponibilité des crédits et également à la
notification des ordres de services ;
D. Les marchés allotis :
« Les travaux, fournitures ou services peuvent faire l'objet d'un marché unique ou d'un marché
alloti. »39
-c’est-à-dire que les marchés peuvent être des marchés allotis où le maitre d’ouvrage décompose le marché
en plusieurs lots (le métal, le bois, l’électricité, etc.), le maitre d’ouvrage a la possibilité soit de procurer la
totalité des lots à un seul concurrent et donc de passer avec lui un seul marché regroupant tous les lots, en
revanche le maitre d’ouvrage peut limiter le nombre des lots attribués à un seul concurrent pour des raisons
liées :
 À la sécurité de l'approvisionnement ;
 À la capacité des prestataires à réaliser le marché ;
 Au délai d'exécution ;
 Au lieu d'exécution ou de livraison40
-comme il peut que le marché soit un marché unique.
E. Les marchés de conception-réalisation :

37
L’article 7, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
38
L’article 8, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
39
L’article 9, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
40
L’article 9, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
20

« Lorsque la réalisation de projets d'infrastructure d'un type spécifique ou des prestations


particulières nécessitent des procédés spéciaux et des processus de fabrication étroitement
intégrés et exigeant dès le départ l'association du concepteur et du réalisateur de la prestation,
le maître d'ouvrage peut recourir à des marchés de conception-réalisation. »41
C’est-à-dire lorsque l’exécution d’un marché nécessite l’association du concepteur et du réalisateur, le maitre
d’ouvrage peut choisir un marché de ce type.
Section 2 : les modes de passation des marchés publics
« A l'exception des prestations architecturales régies par les dispositions du chapitre V, les marchés de
travaux, fournitures et services, sont passés par appel d'offres, concours ou selon la procédure négociée. »42
-Donc quel que soit le type du marché, il peut se passer soit selon le mode d’appel d’offres (ouvert, restreint
ou avec présélection) soit selon concours soit selon une procédure négociée soit sous forme des bons de
commande.
1. L’appel d’offres :
A. Appel d’offres ouvert :
« Il est dit "ouvert" lorsque tout concurrent peut obtenir le dossier de consultation et présenter
sa candidature. »43
-Un appel d’offres ouvert est caractérisé par la liberté de n’importe qu’il concurrent à déposer son dossier de
consultation en vue d’être titulaire de marché.
B. Appel d’offres restreint :
« Il est dit "restreint" lorsque seuls peuvent remettre des offres, les concurrents que le maître
d'ouvrage a décidé de consulter. »44
-Un appel d’offres restreint signifie que le maitre d’ouvrage a choisi des concurrents qui peuvent participer à
la concurrence et remettre les offres.
C. Appel d’offres avec présélection :
« Lorsque seuls sont autorisés à présenter des offres, après avis d'une commission d'admission,
les concurrents présentant les capacités suffisantes, notamment du point de vue technique et
financier. »45
L’appel d’offres avec présélection c’est lorsque la commission d’admission détermine les concurrents qui
peuvent présenter leurs offres après des analyses techniques et financières de leurs dossiers, pour identifier les
concurrents ayant les capacités suffisantes pour exécuter le marché.

2. Concours :
« Le concours met en compétition des concurrents, sur la base d'un programme, pour la réalisation d'une
prestation nécessitant des recherches particulières d'ordre technique, esthétique ou financier. »46

41
L’article 10, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
42
L’article 16, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
43
L’article 16, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
44
L’article 16, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
45
L’article 16, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
46
L’article 16, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
21

Comme l’article stipule, le concours permet aux différents concurrents de se compéter entre eux sur la base
d’un programme pour l’exécution des prestations nécessitant des recherches spécifiques particulières
techniques et financières.
3. La procédure négociée :
« La procédure négociée permet au maître d'ouvrage de négocier les conditions du marché avec un ou
plusieurs concurrents »47
Lors d’un marché passé selon la procédure négociée, le maitre d’ouvrage négocie avec les concurrents les
conditions du marché à savoir les modalités d’exécution, les prix, etc. ces conditions sont évoquées dans la
section III du chapitre IV du décret 2-12-349 relatif aux marchés publics.
4. Les bons de commande :
« Il peut être procédé, par bons de commande, à l'acquisition de fournitures et à la réalisation de travaux ou
services et ce, dans la limite de deux cent mille (200.000) dirhams toutes taxes comprises »48
-On parle des bons de commandes lorsque l’acquisition de fournitures et la réalisation des travaux et services
ne coutent plus de deux cent mille dirhams toutes taxes comprises (200000 MAD TTC) dans le cadre d’une
année budgétaire, par type de budget, en fonction de chaque ordonnateur et sous-ordonnateur et par nature de
prestations de même nature;
-À titre exceptionnel pour certains départements, il peut que le chef du gouvernement autoriser pour certaines
prestations par visa du ministre chargée de finances de dépasser la limite de deux cent mille dirhams (200000
MAD TTC) mais sans dépasser la limite de cinq cent mille dirhams (500000 MAD TTC).
Section 3 : la procédure de passation des marchés publics
1. L’appel d’offres ouvert ou restreint :
 L’appel d’offres ouvert ou restreint obéit à la même procédure :
A. L’appel à la concurrence ;
B. L’ouverture des plis en séance publique ;
C. L’examen des offres par une commission d’appel d’offres ;
D. Le choix par la commission d’appel d’offres l’offre la plus avantageuse à proposer au maitre
d’ouvrage ;
E. L’obligation pour le maitre d’ouvrage de communiquer aux membres de la commission d’appel
d’offres le montant de l’estimation prévue à l’article 5 du décret 2-12-349 relatif aux marchés publics,
cette communication doit être faire dans les conditions prévues à l’article 36 du même décret. 49
 Le dossier d’appel d’offres (à préparer par le maitre d’ouvrage) doit comporter les pièces suivantes :
a) copie de l'avis d'appel d'offres ou de la circulaire ;
b) un exemplaire du cahier des prescriptions spéciales ;
c) les plans et les documents techniques ;
d) le modèle de l'acte d'engagement ;
e) les modèles du bordereau des prix et du détail estimatif lorsqu'il s'agit d'un marché à prix unitaires
;
f) le modèle du bordereau des prix pour approvisionnements, lorsqu'il est prévu par le cahier de
prescriptions spéciales ;

47
L’article 16, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
48
L’article 88, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
49
L’article 17, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
22

g) pour les marchés à prix global, le modèle du bordereau du prix global et de la décomposition du
montant global par poste avec indication ou non des quantités forfaitaires ;
h) le modèle du cadre du sous-détail des prix ;
i) le modèle de la déclaration sur l'honneur ;
j) le règlement de consultation. 50
Remarque :
« Exceptionnellement, le maître d'ouvrage peut introduire des modifications dans le dossier d'appel d'offres
sans changer l'objet du marché. Ces modifications sont communiquées à tous les concurrents ayant retiré ou
ayant téléchargé ledit dossier, et introduites dans les dossiers mis à la disposition des autres concurrents. »51
 Le dossier administratif (à préparer par les concurrents) doit comporter les éléments suivants :
a) Une déclaration sur l'honneur, en un exemplaire unique, qui doit comporter les mentions prévues
à l'article 26 ;
b) L’original du récépissé du cautionnement provisoire ou l'attestation de la caution personnelle et
solidaire ;
c) Pour les groupements, une copie légalisée de la convention constitutive du groupement prévue à
l'article 157 ;52
 Le dossier technique (à préparer aussi par les concurrents) :
-Ce qui concerne les prestations courantes : « le dossier technique comprend une note indiquant les moyens
humains et techniques du concurrent et mentionnant éventuellement, le lieu, la date, la nature et l'importance
des prestations à l'exécution desquelles le concurrent a participé et la qualité de sa participation. »53
-Ce qui concerne les autres prestations, le dossier technique doit comporter les pièces suivantes :
 Une note indiquant les moyens humains et techniques du concurrent et mentionnant éventuellement,
le lieu, la date, la nature et l'importance des prestations à l'exécution desquelles le concurrent a participé
et la qualité de sa participation.
 Les attestations ou leurs copies certifiées, Chaque attestation précise notamment la nature des
prestations, leur montant et l'année de réalisation ainsi que le nom et la qualité du signataire et son
appréciation. 54
 Le dossier additif (à préparer par les concurrents) : Le dossier additif comprend toutes pièces
complémentaires exigées par le règlement de consultation en raison de l'importance ou de la
complexité de la prestation objet du marché. 55

2. L’appel d’offres avec présélection :


 L’appel d’offres avec présélection obéit à la procédure suivante :
A. Un appel à la concurrence ;
B. L’ouverture des plis en séance publique ;
C. L’examen des offres par une commission d'appel d'offres avec présélection ;
D. Le choix par la commission d'appel d'offres avec présélection de l'offre la plus avantageuse à
proposer au maître d'ouvrage ;

50
L’article 19, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
51
L’article 19, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
52
L’article 25, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
53
L’article 25, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
54
L’article 25, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
55
L’article 25, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
23

E. L’obligation pour le maître d'ouvrage qui procède à l'appel d'offres avec présélection de
communiquer, aux membres de la commission d'appel d'offres avec présélection le montant
de l'estimation.56
 Dossier de l'appel d'offres avec présélection (à préparer par le maitre d’ouvrage) doit comporter les
pièces suivantes :
-Au niveau de l’étape de présélection :57
A. Une copie de l'avis de présélection ;
B. Une note de présentation du projet qui doit indiquer notamment l'objet du marché, le contexte du
projet, le lieu d'exécution, la nature et la description sommaire de la prestation ;
C. Le modèle de la demande d'admission ;
D. Le modèle de la déclaration sur l'honneur ;
E. Le règlement de consultation.
-Au niveau de l’étape d’évaluation des offres :58
A. Le cahier des prescriptions spéciales ;
B. Les plans et les documents techniques ;
C. Le modèle de l'acte d'engagement ;
D. Les modèles du bordereau des prix, du détail estimatif et du bordereau des prix-détail estimatif
lorsqu'il s'agit d'un marché à prix unitaires ;
E. Pour les marchés à prix global, le modèle du bordereau du prix global et de la décomposition du
montant global par poste avec indication ou non des quantités forfaitaires ;
F. Le modèle du bordereau des prix pour approvisionnements ;
G. Le modèle de la décomposition du montant global par poste avec indication ou non des quantités
forfaitaires pour les marchés à prix global ;
H. Le modèle du cadre du sous-détail des prix.

 Le dossier administratif (à préparer par les concurrents) doit comporter :59


- Pour chaque concurrent lors de l'étape d'admission :
A. La déclaration sur l'honneur ;
B. La demande d'admission ;
C. Pour les groupements, la copie légalisée de la convention constitutive du groupement prévue
à l'article 157 ;
D. Pour les établissements publics, une copie du texte l'habilitant à exécuter les prestations objet
du marché.
- Pour les concurrents admis pour l'étape d'évaluation des offres, l'original du récépissé du cautionnement
provisoire ou de l'attestation de la caution personnelle et solidaire en tenant lieu.

 Le dossier technique (à préparer par les concurrents)60 : Le dossier technique comprend une note
indiquant les moyens humains et techniques du concurrent.

56
L’article 46, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
57
L’article 49, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
58
L’article 49, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
59
L’article 50, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
60
L’article 50, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
24

 Le dossier additif (à préparer par les concurrents) 61 : Le dossier additif comprend toutes pièces
complémentaires exigées par le règlement de consultation en raison de l'importance ou de la
complexité de la prestation objet du marché.

3. Le concours :62
 Le concours comporte :
A. Un appel public à la concurrence ;
B. Les concurrents désirant, y participer peuvent déposer une demande d'admission.
C. Seuls sont admis à déposer des projets, Les concurrents retenus par le jury de concours à l'issue
de la séance d'admission dans les conditions fixées à l'article 71 ;
D. Les projets proposés par les concurrents retenus sont examinés et classés par un jury ;
E. Le concours comporte l'ouverture des plis en séance publique.
F. Le président ouvre ces plis, vérifie la présence dans chacun d’eux des pièces exigées et en
dresse un état.
G. Cette formalité accomplie, la séance publique prend fin ;
H. Les concurrents et le public se retirent de la salle.
I. Les projets seront alors évalués par le jury à huis clos. Le jury peut consulter tout expert ou
technicien qui pourrait l’éclairer sur des points particuliers des projets proposés par les
concurrents. Il peut également, avant de se prononcer, charger une sous-commission pour
analyser lesdits projets
J. . Avant d’émettre son avis, le jury a la possibilité de convoquer les concurrents par écrit ou
par tout autre moyen approprié afin d’obtenir tout éclaircissement sur leurs projets. Il peut
aussi demander à un ou plusieurs concurrents d’apporter certaines modifications à leurs
projets.
K. Lorsque le programme du concours fixe le maximum de la dépense prévue pour l’exécution
du projet, le jury écarte tout projet dont le coût de réalisation excéderait le maximum susvisé.
L. Le jury classe les projets sur la base des critères figurant au règlement du concours et désigne
au maître d’ouvrage le concurrent classé le premier. Les critères prévus par le règlement de la
consultation doivent tenir compte notamment de la valeur technique et esthétique de chaque
projet, de son coût financier, ainsi que des conditions de son exécution.

 Le dossier de concours63 (à préparer par le maitre d’ouvrage) doit comporter :


A. Une copie de l'avis de concours ;
B. Le programme du concours ;
C. Le modèle de la demande d'admission ;
D. Le modèle de la déclaration sur l'honneur ;
E. Le règlement du concours.

4. Les marchés négociés 64


A. Le maitre d’ouvrage choisit après consultation des candidats et après la négociation avec tous
les concurrents les conditions du marché, un attributaire de marché. Ces négociations, qui ne

61
L’article 50, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
62
L’article 63, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
63
L’article 67, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
64
Audit interne des marchés publics, © Éditions Connaissances et Savoirs, 2017, page 60
25

peuvent porter sur l’objet et la consistance du marché peuvent concerner notamment le prix de
la prestation, le délai d’exécution ou la date d’achèvement ou de livraison ;
B. Les marchés négociés sont soit passés avec publicité préalable et mise en concurrence ou sans
publicité préalable et sans mise en concurrence ;
C. Lorsqu’il doit être procédé à un avis d’appel à la concurrence, le délai minimal entre la date de
parution de l’avis de publicité dans un journal au moins à diffusion nationale choisi par le
maître d’ouvrage et la date limite de réception des candidatures est de dix jours au moins ;
D. Etat. Les candidatures sont transmises par tout moyen permettant de déterminer de façon
certaine la date de leur réception et de garantir leur confidentialité ;
E. Le maître d’ouvrage dresse la liste des candidats invités à négocier. Il adresse simultanément
aux candidats une lettre de consultation et, le cas échéant, le cahier des prescriptions spéciales
ainsi que le règlement de consultation ;
F. Le maître d’ouvrage engage les négociations avec les candidats dont les capacités techniques
et financières sont jugées suffisantes ;
G. Le nombre de candidats admis à négocier ne peut être inférieur à trois, sauf si le nombre des
candidats qui ont répondu favorablement n’est pas suffisant ;
H. Au terme des négociations, le marché est attribué au concurrent retenu par le maître d’ouvrage
ayant présenté l’offre la plus avantageuse.
26

Chapitre 2
L’audit des marchés publics

L’audit des marchés publics permet aux services concernés de se faire une vision sur la pertinence des
procédures de passation en vue de déterminer si les fonds disponibles ont été utilisés de façon efficace.
Le décret sur les marchés publics a institué dans son article 86 l’obligation pour l’acheteur public de soumettre
certains marchés à des contrôles et des audits. Ainsi, les marchés et leurs avenants sont soumis aux contrôles
et audits qui peuvent être institués par le ministre concerné et qui peuvent porter sur tout le marché ou
seulement sur la préparation, la passation ou l’exécution du marché.
Section 1 : Les marchés concernés
 Par le contrôle et audit à l’initiative du ministre de l’intérieure 65:
« Les marchés des régions, des préfectures, des provinces et des communes et leurs avenants sont soumis, en
dehors des contrôles institués par les textes généraux en matière de dépenses desdites régions, des préfectures,
des provinces, et des communes, à des contrôles et audits à l'initiative du ministre de l'intérieur. »
-Donc les marchés des régions, des préfectures, des provinces et des communes dans leurs globalités sont
contrôlés et audités par le ministre de l’intérieure à part des contrôles effectués par les autres intervenants qui
sont bien évoqués dans les textes généraux ;
-Sont concernés par l’audit et le contrôle seules les marchés passés par les régions, les préfectures, les
provinces et les communes dont le montant excède trois million de dirhams toutes taxes comprises (3000000
MAD TTC) ;
-Sont concernés également par l’audit et contrôle les marchés négociés passés par les régions, préfectures,
provinces et les communes dont le montant des marchés excède un million de dirhams (1000000 MAD TTC) ;
-Les rapports d’audit et de contrôle sont à adresser au ministre de l’intérieure ;
-Le ministre de l’intérieure doit publier la synthèse des dits rapports dans le portait des marchés publics.

 Par le contrôle et l’audit à l’initiative du ministre concerné 66:


-Sont concernés par le contrôle et l’audit seuls les marchés dont le montant dépasse cinq million de dirhams
toutes taxes comprises (5000000 MAD TTC) ;
-Sont également concernés par l’audit et le contrôle les marchés négociés dont le montant dépasse trois million
de dirhams toutes taxes comprises (3000000 MAD TTC) ;
-Ces contrôles font l’objet des rapports à adresser au ministre concerné ou au directeur de l’établissement
publique concernée ;
Le ministre concerné ou le directeur de l’établissement publique concernée doit publier la synthèse des dits
rapports au portail des marchés publics.

65
L’article 142, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
66
L’article 165, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
27

Section 2 : La démarche d’audit des marchés publics 67


L’audit et le contrôle des marchés publics, portent à la fois lors de la phase de préparation, de passation et
celle de l’exécution des marchés publics et notamment sur :

 La régularité des procédures de préparation, de passation et d'exécution du marché ;


 L’appréciation de la réalité ou de la matérialité des travaux exécutés, des fournitures livrées ou des
services réalisés ;
 Le respect de l'obligation d'établissement des différents documents afférents au marché.
 Le respect de l'obligation de publication des différents documents afférents au marché prévus par le
présent décret ;
 La réalisation des objectifs assignés à la prestation ;
 L’appréciation des résultats obtenus au regard des moyens mis en œuvre ;
 Les conditions d'utilisation des moyens mis en œuvre ;
 L’appréciation du prix du marché au regard des prix pratiqués et l'évaluation des coûts des prestations
objet dudit marché ;
 L’opportunité et l'utilité des projets et prestations réalisés dans le cadre du marché.

1. La phase de préparation des marchés 68:

Dans la phase de préparation des marchés, l’audit doit porter sur la prise de connaissance de l’entité à
auditée l’objectif étant de comprendre le fonctionnement interne pour pouvoir exprimer une opinion
sur la fiabilité, la fidélité et l’intégrité des systèmes et des procédures d’approvisionnement. A partir
de ces éléments, l’auditeur pourra déterminer la nature, la durée et l’étendue des tests à effectuer.

A. La connaissance de l’entité à vérifier et du marché objet de l’audit :


Une analyse préalable de l’entité, une connaissance approfondie de l’environnement doivent aisément
permettre à l’auditeur d’exercer un choix sur les opérations auxquelles il faut accorder une priorité.
Cette prise de connaissance (collecte d’informations et de données) du domaine à auditer débute par
l’élaboration d’un programme d’intervention concernant :
- les domaines à auditer ;
- les sites (entités) à visiter ;
- les interviews à réaliser et les personnes à rencontrer ;
- les informations à recueillir ;
- les points critiques à bien comprendre ;
- les dates de début et de fin la phase d’étude.
B. La documentation nécessaire :

L’auditeur pour mener à bien sa mission d’audit des marchés publics doit se mettre à disposition :
- les dossiers marchés ;
- le programme prévisionnel ;
- les avis de publication ;
- les cahiers des clauses administratives générales (CCAG) ;
- les cahiers des prescriptions communes (CPC) ;
- les cahiers des prescriptions spéciales (CPS) ;
- les procès-verbaux d’ouverture des plis ;

67
L’article 165, décret 2-12-349 relatif aux marchés publics
68
Audit interne des marchés publics, © Éditions Connaissances et Savoirs, 2017, page 109.
28

- les dossiers relatifs aux avenants ;


- la décision de nomination des membres de commission d’ouverture des plis et commission technique
;
- l’estimation des coûts des prestations à réaliser ;
- les lettres de convocation des membres des commissions ;
- les rapports de présentation ;
- les rapports d’achèvement ;
- les différents correspondances et annonces des résultats… ;
- les dossiers d’engagement des dépenses ;
- les dossiers d’approbation des marchés ;
- les ordres de service de notification d’approbation des marchés ;
- les ordres de service de commencement de travaux ;
- les dossiers de démarrage des travaux ;
- les dossiers de résiliation ;
- les carnets d’attachement des décomptes ;
- les dossiers d’approbation des décomptes ;
- les dossiers de nantissement.
C. L’organisation de la mission :
L’organisation de la mission d’audit porte principalement sur deux axes principaux :
- Une organisation humaine : la nature technique de certains marchés nécessite des compétences
pointues pour assurer le contrôle de certains aspects de l’exécution. De ce fait l’auditeur pourra faire
appel à des spécialistes dans le domaine.
- Une organisation dans le temps : pour faciliter les prises de décision sur les aspects importants de la
mission, une note d’orientation doit être émise et ce pour synthétiser la phase de préparation. Elle
reprend tous les éléments qui concernent la mission en question, ses objectifs, et son organisation.
Cette note d’orientation se fera suivre par une lettre de mission à circulariser et qui constitue un
document contractuel entre l’auditeur et le prescripteur de l’audit.
D. L’examen du dossier d’appel d’offres :
Tous appel d’offres fait l’objet d’un dossier préparé par le maître d’ouvrage et qui doit comprendre les
pièces prévues à l’article 19 de décret 2013. Dans ce cadre, l’audite porte sur l’examen des pièces de
l’appel d’offres.
E. L’examen du Cahier des Prescriptions Spéciales (CPS) :
Les cahiers des prescriptions spéciales fixent les clauses propres à chaque marché et comportent la
référence aux textes applicables et l’indication des articles des cahiers des prescriptions communes et le
cas échéant, de ceux des cahiers des clauses administratives générales auxquels il est éventuellement
dérogé en vertu des dispositions desdits cahiers. Ces cahiers sont approuvés par l’autorité compétente.
F. L’examen du règlement de consultation (RC) :
Les appels d’offres et appels publics des candidatures font l’objet d’un Règlement de Consultation. Ce
dernier doit, par conséquent, être établi pour toute procédure d’appel à la concurrence, qu’il s’agisse d’une
procédure négociée avec mise en concurrence ou d’une procédure d’appel à la concurrence.
2. La phase de passation des marchés 69:

69
Audit interne des marchés publics, © Éditions Connaissances et Savoirs, 2017, page 113.
29

Au niveau de la phase de passation, l’audit porte sur l’évaluation et l’appréciation du mode de passation du
marché public, les clauses préparatoires ainsi que le déroulement de la procédure d’ouverture des plis des
concurrents et d’évaluation des offres. A cet égard, l’audit porte sur la décision de nomination des membres
de la commission d’ouverture des plis (la composition de la commission, la présence effective des membres…)
séance d’examen des échantillons selon l’article 33 de décret. De plus, veiller à ce que la séance publique
d’ouverture des plis a été effectuée à la date, heure et lieu fixés par l’avis de l’appel d’offres ou par la lettre
circulaire. L’audit porte également sur l’examen des dossiers administratifs et techniques (validité des pièces
exigées et leur conformité aux modèles types), évaluation de l’offre financière, l’éviction des concurrents, la
liste des concurrents admissibles, attribution des marchés (délai, affichage…) et approbation du marché par
l’autorité compétente (qualité du signataire, délai d’approbation).
3. La phase d’exécution des marchés 70:
S’agissant du volet d’exécution du marché, les auditeurs doivent s’assurer de la bonne exécution des
prestations objet de marché aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif. Ainsi ils doivent s’assurer du
respect des clauses contractuelles, des délais d’exécution, de la réception des prestations, règlement et
paiement.
A. Le règlement et le paiement des marchés :
L’objectif d’audit est de s’assurer que les paiements sont justifiés et faits conformément au contrat.
B. L’examen des décomptes :
Le contrôle qui demande le plus de temps est celui du calcul des décomptes de paiement. Il est dressé
mensuellement, ou à chaque fois qu’il est nécessaire, et à partir des attachements ou des situations
admises par le MO, un décompte provisoire des travaux exécutés et des approvisionnements réalisés
valant procès-verbal du service fait et servant de base aux versements d’acomptes à l’entrepreneur.
Les décomptes provisoires sont établis dans un délai n’excédant pas un mois après la date d’acceptation
des attachements par l’entrepreneur ou des situations par le maître d’ouvrage. Une copie de ce
décompte est transmise à l’entrepreneur dans un délai n’excédant pas 15 jours à partir de la date de
son établissement, lorsque le marché est nanti cette copie doit être accompagnée d’une attestation des
droits constatés signée par le MO conformément à la réglementation en vigueur.
C. Les acomptes :
Le paiement des acomptes s’effectue au même rythme que celui fixé pour l’établissement des décomptes
provisoires sauf retenue d’un dixième (1/10) pour garantie. Toutefois, le paiement des acomptes pourra être
effectué sans retenue de garantie si le CPS le prévoit expressément. Il est payé un acompte pour chaque
élément de mission terminé et approuvé par l’administration, après remise des dossiers et des calques
correspondants. L’analyse des risques développée dans ce chapitre m’a permis de proposer une démarche
d’audit des marchés publics destinée à aider l’auditeur dans l’accomplissement de sa mission dans ses
différentes étapes. Cet ouvrage ne prétend pas être exhaustif ni couvrir tous les risques qui peuvent exister. Le
questionnaire d’audit proposé facilitera l’exécution des travaux de contrôle et constitue une ligne directrice
susceptible d’adaptation en fonction des spécificités de l’organisation de la fonction achat du maître d’ouvrage
et de la complexité du contenu du marché à auditer (travaux, services, etc.). Les instances professionnelles
devraient mener une réflexion pour définir un cadre approprié pour l’intervention de l’auditeur et 118 mettre
en place des normes d’audit adaptées aux marchés publics. Des collaborations avec les autres organes de
contrôle (cour des comptes, IGF, etc.) devraient être prévues et organisées.

70
Audit interne des marchés publics, © Éditions Connaissances et Savoirs, 2017, page 113.
30

Chapitre 3 : Cas pratique


(Le cas du centre hospitalier universitaire Hassan II, 2012)71

Le CHH II est un établissement public de santé doté d’une personnalité morale et d’une autonomie financière,
sous la double tutelle technique et financière du Ministère de la Santé et du Ministère de l’Economie et des
Finances, et ayant l’autonomie de gestion. Il dispose d’un budget d’investissement et de fonctionnement ainsi
que d’un règlement propre fixant les conditions et les formes de passation des marchés lui permettant
l’acquisition d’infrastructures, d’ouvrages, de matériels, d’outils de travail et de MDM… Ainsi, l’essentiel
des acquisitions de cet établissement public se fait par des Appels d’Offres (AO), lesquels se chiffrent en des
centaines de millions (la part des achats des MDM représente 30 à 40% des achats totales du centre). C’est
donc dire l’importance et la nécessité d’un suivi rigoureux de ses AO et principalement ceux des MDM
(médicaments et dispositifs médicaux), qui relèvent du service de la Pharmacie Centrale vu son énorme budget
147.000.000,00, et vu le montant des médicaments périmés qui est de 2.930.862,99 qui représente 1,61% du
budget total des MDM selon le rapport d’activité de 2012, pour assurer un approvisionnement dans les
meilleures conditions de coût, de qualité et de délai.
Le CHH II dispose d’un service des marchés qui aide dans la gestion des marchés élaboration des cahiers des
charges, préparation des décomptes et suivi de l’exécution des marchés, etc.
La part des marchés passés par appels d’offres ouverts représente 90% alors que 10% par Bons de Commande.
De ce fait, il serait donc intéressant de donner dans un premier point un aperçu sur le CHH II, ensuite étudier
la procédure d’appel d’offres ouvert pratiquée au sein de cet établissement pour enfin traiter la manière avec
laquelle est menée dans la pratique l’audit interne des marchés publics
A. L’organisation de la direction de CHH II :
La direction comprend les organes de direction et de gestion Suivants :
- Le Secrétaire général :
Le secrétaire général assure sous l’autorité du directeur du CHH II, l’animation et la coordination sur les plans
administratif, financier et comptable de l’ensemble des entités composant le centre Hospitalier. Il veille à
l’application des décisions du directeur.
- La division des affaires médicales et des soins infirmiers :
Elle a pour mission outre la coordination, l’animation, l’encadrement et l’évaluation des activités des services
qui la composent, de :
- superviser la définition des programmes de soins, de coordonner l’élaboration des mesures d’organisation
des activités médicales et des soins infirmiers et de veiller à leur mise en place ;
- contribuer à la formation continue et de préparer avec les chefs des formations hospitalières les plans de
formation correspondants pour le perfectionnement des cadres médicaux et infirmiers ;
- contribuer en collaboration avec les responsables des formations hospitalières à résoudre d’éventuels
problèmes reliés à la dispensation des services médicaux et médicotechniques : définition des plans d’urgence,
gestion des durées de séjour, d’attente et de transfert des malades.

71
Audit interne des marchés publics, © Éditions Connaissances et Savoirs, 2017, page 119.
31

- La division des ressources humaines, de formation et de coopération :


Elle a pour mission de :
- élaborer une stratégie globale de la gestion des ressources humaines en tenant compte des spécificités du
CHH II;
- participer au recrutement et à l’élaboration des budgets concernant les dépenses directes et indirectes du
personnel relevant du statut particulier du Centre Hospitalier, en terme : d’embauches, de promotions et de
licenciements.
- La division des affaires financières de logistique et de maintenance “DAFLM” :
Elle comprend le service financier et comptable, le service des marchés et le service de logistique et de
maintenance, elle a pour mission de :
- préparer les prévisions budgétaires du CHH II en relation avec les formations hospitalières ;
- veiller à la continuité des financements nécessaires à l’activité du centre, en optimiser le coût à travers la
rationalisation des choix budgétaires et en rendant l’établissement aussi rentable que possible ;
- superviser et coordonner l’ensemble des opérations d’entretien courant, de réparation préventive et de
maintenance prédictive des équipements, installations et bâtiments.
- Le service d’audit et contrôle de gestion rattaché au directeur général :
Il est chargé de :
- élaborer les manuels de procédure de gestion de chaque centre de responsabilité au sein du CHH II;
- examiner et évaluer de façon régulière la pertinence et l’efficacité des performances à travers la bonne
exécution desdits manuels ;
- proposer des mesures pour l’amélioration du système du contrôle de gestion interne à tous les niveaux ;
- rendre compte des dysfonctionnements constatés et proposer les mesures correctives à prendre.
- Le service d’informatique et des statistiques est rattaché au secrétariat général :
Ce service est chargé de :
- assurer le suivi, la coordination et l’exécution des projets d’informatisation au niveau du centre tout en
garantissant la cohérence et l’intégrité du système d’information ;
- contrôler la qualité des applications développées par le service et exécuter les procédures de réception en
liaison avec les services utilisateurs de la production informatique ;
- élaborer et mettre à jour les sites intranet et internet du centre hospitalier.
- Le bureau d’ordre, de la documentation et des archives est rattaché au secrétariat général du Centre :
Ce service a pour mission de :
- rassembler, conserver et distribuer toute documentation technique ou administrative nécessaire à
l’information des cadres du CHH II qu’elle soit écrite ou électronique ;
- assurer la rédaction et la conservation des procès-verbaux des réunions.
B. Présentation du service des marchés :
32

Le service des marchés est une subdivision de la division des affaires financières de logistique et de
maintenance (DAFLM). Il est chargé de :
- participer à la définition de la politique de l’approvisionnement du centre hospitalier et d’assurer sa mise en
œuvre, ce qui inclut :
 La définition des éléments techniques des commandes (élaborées en collaboration avec les services
demandeurs) ;
 Traitement des offres financières des concurrents ;
 Le choix des principaux fournisseurs (respect des règles de la concurrence) ;
 La négociation des principaux concurrents.
- mettre à la disposition des formations hospitalières dans les meilleures conditions du coût, de qualité et de
délai, les produits pharmaceutiques, matériel médicotechnique et d’intendance…

Le service des marchés est constitué de :

Le chef du service des marchés

Unité de secrétariat

Unité d’engagement Unité d’engagement Unité de préparation et


des bons de des marchés de lancement du Unité de contrôle
commandes marché
-

 Unité du secrétariat :
Attributions :
- se charger des appels téléphoniques (contacter les sociétés pour compléter les dossiers par les pièces
manquantes…) ;
- préparer la situation des engagements ;
- préparer les avis d’AO et les demandes d’insertion ;
- lancer un avis rectificatif aux journaux et une demande d’insertion ;
- vérifier les journaux (vérifier la date d’ouverture des plis, vérifier si le montant de la caution ou le
numéro d’appel d’offres sont erronés…), (tâche collective) ;
- préparer les convocations et faire leur suivi.

 Unité de préparation et lancement des marchés :


Attributions :
- réception des besoins des formations hospitalières et des services,
33

- procéder à un récapitulatif par article et par lot,


- préparation du lancement d’AO,
- préparation du DAO,
- préparation des dossiers nécessaires à la séance d’ouverture des plis,
- élaboration des PV d’AO.

 Unité d’engagements des marchés :


Attributions :
- réceptionner le PV signé par la CAO ;
- lancer et afficher les résultats ;
- établir et envoyer la lettre d’attribution à l’attributaire jointe de la dernière page du marché ;
- établir un état d’engagement du marché concerné et un rapport de présentation (n° du marché,
notification d’attribution du marché, le montant d’estimation…) ;
- classer les dossiers des marchés ;
- traitement des cautions ;
- préparer les pièces du dossier du marché : attestation de
CNSS, attestation fiscale, déclaration sur l’honneur, acte d’engagement, les assurances…
- envoyer le dossier du marché à l’unité de contrôle.

 Unité d’engagement par BC :


Attributions :
- engager le BC et suivre les pièces ;
- engager les frais de remboursement ;
- suivre les frais de déplacement (vérifier les dates) ;
- suivre les ordres de mission ;
- suivre le registre des BC ;
- préparer la situation mensuelle des BC ;
- classer et mettre à jour les dossiers de BC, les frais de déplacement ;
- tenir un registre dans lequel est mentionné le n° d’ordre, la date, l’heure et le nom des fournisseurs
ayant retirés le dossier susmentionné ;
- recevoir, entre temps, les échantillons et les plis des soumissionnaires.

 Unité de contrôle
Attribution :
- réceptionner tout acte engagé (marchés finalisés, BC…) ;
34

- préparer en double exemplaire et transmettre au chef de service le dossier du marché pour vérification
finale ;
- transmettre le dossier au contrôleur d’Etat pour visa si le marché est supérieur ou égal à 500.000,00
;
- vérifier et préparer le marché pour le paiement ;
- préparer les situations des marchés visés et ceux non visés ;
- établir les états et les situations demandés par le contrôleur financier ;
- établir les situations des AO finalisés et des AO infructueux ;
- suivre le journal budgétaire.
C. La démarche d’audit des marchés :

1. Objectifs et contexte de la mission :


Conformément à la mission qui nous a été confié, nous avons procédé à l’audit du marché n° 06/2012 du
15/05/2012, par appel d’offres ouvert sur offres des prix relatif à l’achat des produits chimiques I, pour la
pharmacie centrale. L’objectif de la mission d’audit est de s’assurer que la passation du marché a été faite
conformément aux dispositions du décret n° 2-98-482 et du règlement du 01 Janvier 2009 relatif à la
gestion des achats et marchés du CHH II, et du respect des clauses contractuelles convenues avec le
titulaire du marché.
2. Préparation de l’appel d’offres :
a) Etablissement des besoins :
Etant donné qu’il s’agit d’achat des médicaments et des dispositifs médicaux onéreux engendrant un
financement très important en plus des laboratoires qualifiés, sa planification fait partie du chef de service
de la pharmacie centrale, du comité des médicaments, chefs des services hospitaliers et le directeur du
CHH II.
b) Eléments du dossier d’appel d’offres :
 Cahier des prescriptions spéciales (CPS) : Fixe les clauses propres pour ce marché, comporte
obligatoirement l’indication des articles des clauses administratives générales, auxquels il est
éventuellement dérogé, la référence aux textes généraux applicables, et l’indication des articles des
CPC.
 Règlement de la consultation (RC) : Comprend les prescriptions relatives aux conditions et formes de
passation de marché ainsi que les critères de choix des concurrents.
35

3. Passation du marché :

b. Publication de l’avis de l’appel d’offres n° 06/2012 Les supports de publication de l’avis d’AO n°
06/2012 sont :
36
37

Dans la séance à huit clos le président donne lecture des soumissionnaires admissibles cités. La CAO désigne
une sous-commission pour examiner des échantillons le 22/05/2012.
Durant la 2° séance publique du 18/06/2012, la commission procède à l’ouverture des enveloppes des
soumissionnaires retenus portant la mention « offres financières » et donne lecture de la teneur de l’acte
d’engagement.
A l’issue de cet examen la CAO prépare un procès-verbal (PV) daté et signé par le président et tous les
membres à travers lequel elle propose à l’autorité compétente de retenir les offres qu’elle a jugée intéressante
présentée par les sociétés retenues pour un montant total de 7.295.127,84 TTC. C’est la date d’achèvement
des travaux de la CAO.

- Signé par le Directeur du CHH II.


Suite à l’achèvement des travaux de la commission d’appel d’offres, le CHH II informe les différents
concurrents du résultat définitif de l’appel d’offres. Le maître d’ouvrage demande aux sociétés
adjudicataires de se présenter au service des marchés du CHH II en vue de signer le marché et informe par
38

écrit les autres concurrents dont l’offre n’a 143 pas été avantageuse de récupérer leurs dossiers administratifs
et techniques ainsi que l’acte de cautionnement provisoire.
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En outre, le rôle du contrôle interne au sein de l’administration doit être renforcé et systématiser. Les
différentes phases de l’achat doivent être distinguées pour permettre la création d’un contrôle interne et une
meilleure évaluation du travail de chaque intervenant. La phase de préparation à l’achat est importante. Ainsi
une importance toute particulière doit être donnée à la planification de la passation des marchés et à la
préparation des documents nécessaires. Dans ce cadre, les entités publiques doivent investir dans la
préparation de ces documents soit en confiant cette tâche à un bureau d’étude soit en recrutant les compétences
nécessaires. La préservation de la confidentialité des offres est une obligation de premier ordre qui revient au
maître d’ouvrage. Le service qui reçoit les offres doit être éclairé sur la responsabilité qu’il assume car
beaucoup de services ne sont pas conscients. Le maître d’ouvrage doit être sûr de la bonne tenue des registres
qui permettent de suivre les appels à la concurrence et les marchés en exécution. Toutes les informations utiles
dans ce sens doivent y être reportées. Les administrations doivent faire un effort dans la formation continue
au profit du personnel impliqué dans les procédures de 153 passation des marchés. Ce personnel a
généralement des profils de formation technique et s’est adapté à ces activités. L’administration est également
appelée à s’investir davantage dans l’informatisation des procédures et l’acquisition de logiciels de gestion
des marchés et des stocks ce qui automatise et facilite l’autocontrôle.
48

Conclusion

Le contrôle budgétaire des établissements publiques n’est pas encore bien effectué malgré les interventions
des différents organes de contrôle, car chaque intervenant exerce un contrôle de sa part, avec des différentes
méthodes et des déférentes outils, donc ce qu’on veut dire est que le contrôle budgétaires d’après mes
connaissances n’est pas encore bien installé d’une manière officielle auprès des établissements publiques, car
le contrôle peut être effectué par un comptable, par l’IGF, par IGAT, par la cour des comptes etc.
L’audit interne des marchés publics revêt une importance cruciale pour une meilleure rationalisation des
deniers de l’Etat qui comme toute ressource est par nature rare. Il ne saurait par conséquent être admis, qu’au
moment où ces fonds pourraient servir à l’application de la politique économique et sociale de l’Etat, à la
création des infrastructures de base dans l’intérêt des populations, les deniers publics soient détournés par des
fonctionnaires indélicats. La mauvaise gestion et la corruption font que lors de la réalisation des marchés
notamment de travaux, des sommes énormes sont souvent gaspillées avec les effets négatifs que cela comporte
pour le budget de l’Etat.
En tant qu’organe de contrôle, l’auditeur interne doit dépasser la simple recherche de conformité aux textes.
La découverte et la dénonciation de rapports de corruption, la recherche de causes ayant conduit à la mauvaise
planification, au gaspillage et à la mauvaise gestion sont des soucis qui doivent être présents chez l’auditeur
tout au long de la mission qui doit avoir aussi un effet préventif. 156 De ce fait, l’audit interne des marchés de
l’Etat doit devenir une activité constante qui doit être perçue comme un outil d’amélioration des performances.
Une meilleure utilisation des fonds publics est dans l’intérêt de tous les acteurs intervenant dans les marchés
publics, acheteurs comme fournisseurs. Les premiers optimisent leur rapport qualité/prix et les seconds
bénéficient d’une procédure transparente et de la possibilité de participer à de prochains marchés publics.
49

Bibliographie :

 Finances publiques ;
 La loi organique de finances 130-13
 Le décret 330-66 de la comptabilité publique ;
 Le décret 2-12-349 des marchés publics ;
 Les décrets de la réforme de l’administration ;
 ENA ;
 L’audit interne des marchés publics : théorie et pratique,2017
 Le site officiel du ministre de finances : www.finances.gov.ma ;
 Le site officiel de la cour des comptes : www.courdescomptes.ma.

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