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UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNYD’ABIDJAN

UFR Information Communication et Arts

Département des Sciences de l’information et de la Communication

Option : Communication Politique et des Organisations

COMMUNICATION GOUVERNEMENTALE DANS LA

GESTION DE LA CRISE D’AGROBUSINESS EN COTE

D’IVOIRE

MÉMOIRE DE MASTER

Présenté par TOURE Abdoul Rahim

Sous la supervision de M. KRA Kouassi Raymond


Professeur Titulaire

Sous la Direction de M. BAMBA SIDIKI


Maitre-Assistant

Année académique : 2021-2022

1
2
DEDICACE

A nos regrettés parents TOURE HARAMATOU et TOURE MAHAMAN, pour


tous leurs sacrifices, leur amour, leur tendresse, leur soutien et leurs prières tout
au long de nos études. Bien que vous soyez partis très tôt, vous restez
éternellement dans mon cœur. Sachez que je vous porte dans mes prières jour et
nuit, afin que DIEU vous accorde un repos paisible de là où vous êtes.

A notre oncle OUATTARA MAHAMA qui n’a ménagé aucun effort en nous
prenant sous son aile après le décès de nos géniteurs. Il a ainsi mis à notre
disposition, tout moyen qu’un élève ou un étudiant a besoin pour réussir dans les
études.

A nos chers frères et sœurs, en somme à toute notre, pour leurs encouragements
et appuis permanents, pour leurs soutiens tout au long de mon parcours
universitaire,

Que ce travail soit l’accomplissement de vos vœux tant allégués, et le fruit de


votre soutien infaillible.

Merci d’être toujours là pour moi !

3
REMERCIEMENTS
Notre profonde gratitude va à l’endroit de toutes les personnes qui, de près ou de
loin, ont contribué à l’élaboration de notre mémoire.
Nous tenons tout particulièrement à remercier Monsieur BAMBA, docteur à
l’université Felix Houphouët-Boigny d’Abidjan. En tant que Directeur de
mémoire, il nous a soutenus, encouragés, guidés dans notre travail et nous a
aidés à trouver des solutions pour avancer.
Nous adressons nos sincères remerciements à tous les professeurs, intervenants
et toutes les personnes qui par leurs paroles, leurs écrits, leurs conseils et leurs
critiques ont guidé notre réflexion et ont accepté de nous rencontrer et de
répondre à nos questions durant nos recherches.
Nous remercions toute notre famille qui a été un soutien de taille dans chaque
étape de notre formation jusqu’à ce jour.
Nous ne saurions terminer cette partie sans remercier au préalable DIEU Le
Tout-Puissant, de nous avoir donné la santé et la volonté d’entamer et de
terminer ce mémoire.

4
SOMMAIRE

DEDICACE…………………………………………………………………….2
REMERCIEMENTS……………………………………………………………3
SOMMAIRE……………………………………………………………………4
INTRODUCTION...............................................................................................5
PARTIE I : CADRE THEORIQUE….................................................. ..............8
CHAPITRE I : JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET ET
PRESENTATION
DU PROBLEME………………………………………………………… …….9
CHAPITRE II : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ET DEFINITIONS DE
NOTIONS………………………………………………………………………18
DEUXIEME PARTIE : CADRE METHODOLOGIQUE……………...…… ..
60
CHAPITRE III : METHODES DE COLLECTE DES INFORMATIONS… …
61
CHAPITRE IV : LES LIMITES ET LES DIFFICULTES DE
L’ETUDE…… ..61
TROISIEME PARTIE : PRESENTATION ET INTERPRETATION DES
RESULTATS……………………………………………………………..…....65
CHAPITRE V : PRESENTATION DE RESULTATS.................. ...............….67
CHAPITRE VI : INTERPRETATION DES RESULTATS ... ………..………90
CONCLUSION ………………………………………………………………..97
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………101
TABLE DE MATIERES……………………………………………………..108
ANNEXE……………………………………………………………………..111
QUESTIONNAIRE…………………………………………………………..112

5
INTRODUCTION
« La communication est-elle la voie de salut pour l'institution ? », se demandait
René Lourau dans Dictionnaire critique de la communication. D'autres encore
vont plus loin dans leur élan dubitatif, estimant que la communication n'est pas
la panacée à tout. Mais à l'heure de la société de la connaissance, la marche du
monde et des hommes s'imagine difficilement en dehors de la communication.
La communication est au centre des relations interpersonnelles et
professionnelles, dans les foyers comme aux lieux de travail. Elle donne aux
Hommes de se rencontrer, de se parler, de prendre des défis communs, de se
mobiliser pour les relever, de se faire connaître, de vendre, etc. « Vivre, c'est
communiquer », écrivait Dominique Wolton. Il faut admettre avec lui qu'au-delà
de certaines dénégations théoriques de l'intérêt de la communication, celle-ci
s'est imposée dans la pratique comme une stratégie d'actions, aussi bien dans les
entreprises, dans les associations, dans les administrations publiques, dans les
projets et programmes que dans les gouvernements.

La communication gouvernementale est ainsi un moyen pour diriger


convenablement et répondre aux aspirations de la population, le gouvernant se
doit d’entreprendre une politique de communication qui procède d’une stratégie
globale de la circulation transversale de l’information, visant à entreprendre une
campagne pour l’éveil des consciences, afin de susciter l’adhésion de la
population aux mesures qui sous-tendent la mise en œuvre du processus de
développement et de règlements distorsions sociales.

En contexte nord-américain, l'appellation réfère à l'ensemble des phénomènes de


production, de traitement, de diffusion et de rétroaction de l'information qui
reflète, crée et oriente les débats et les enjeux publics ; la communication
publique étant non seulement le fait des médias mais aussi des institutions,
entreprises, mouvements et groupes qui interviennent sur la place publique
(Beauchamp, 1991, XIII). Dans cette optique, la communication
gouvernementale s'avère l'une des formes prise par la communication publique,
en l'occurrence celle de toutes les organisations gouvernementales qui réfère
généralement à la communication formelle qui tend à l'échange et au partage
d'informations d'utilité publique, ainsi qu'au maintien du lien social, et dont la
responsabilité incombe à des institutions publiques (Zémor, 1995:5). Cette
communication est donc celle des "services publics de l'État", par opposition à la
communication gouvernementale, en tant que communication politique dont le
domaine central est celui des consultations électorales pour le choix des
représentants, celui des partis politiques et celui des pouvoirs, également prévus
par la Constitution (président de la République, gouvernement, parlement,
assemblées et exécutifs des collectivités territoriales) (1995: 1 12)

Toutefois en Afrique, plus particulièrement en côte d’ivoire, en matière de


communication gouvernementale, de multiples voix se font entendre dans
l’espace public aboutissant souvent à une sous-estimation de celle-ci. Pire,
Nombreuses sont celles qui critiquent négativement la communication
gouvernementale ivoirienne en disant qu’elle serait peu persuasive face à la
gestion d’une crise. Des exemples de ce type de situation sont malheureusement
pléthoriques et éloquents. C’est le cas de l’affaire agrobusiness qui a fait bruit
pendant un bon moment et qui est toujours resté sans suite. En effet, depuis
2008, des opérateurs économiques appartenant à des entreprises développent un
modèle économique adossé à l’agriculture et à des financements participatifs
promettant un retour sur investissement (RSI) de l’ordre allant de 300% à
1000% du capital investi sur une durée de 6 mois et demi. Poussant ainsi
pratiquement toutes les couches socioprofessionnelles (cadres, banquiers,
journalistes, fonctionnaires, planteurs…) à souscrire à ces activités. Toutefois,
ces sociétés d’agrobusiness fonctionnaient très bien et amorçaient un essor
remarquable jusqu’à ce que vers fin 2016, elles se voient confrontées à plusieurs
problèmes au point d’être fermées. Au fait, selon bon nombre de personnes, des
structures financières et surtout le gouvernement ivoirien, il semblerait qu’elles
ne reposent pas sur un modèle économique sain, viable et avéré en bref qu’elles
sont illégales. Du coup le gouvernement ivoirien a décidé, via diverses menaces,
qu’elles cessent toutes leurs activités. Provoquant alors des grognes chez les
souscripteurs qui cherchaient à comprendre pourquoi une telle décision brusque.
Ce qui nous amène, à travers notre étude, à nous questionner sur le caractère
performatif de la communication de l’exécutif (gouvernement) face à une crise.
C’est-à-dire qu’il s’agira pour nous d’identifier et d’évaluer les méthodes
communicationnelles employées par le gouvernement durant la crise. Aussi
déterminerons-nous le niveau de satisfaction des souscripteurs et initiateurs du
projet agrobusiness concernant la stratégie communicationnelle du
gouvernement pour gérer cette crise.
PREMIERE PARTIE :
CADRE THEORIQUE
Cette première partie de notre travail nous amènera, tout d’abord, à
justifier notre choix concernant l’étude sur la communication gouvernementale
ivoirienne dans l’affaire agrobusiness. Ensuite suivront le problème de recherche
y compris nos questions, nos objectifs et nos hypothèses de recherches suivis du
cadre théorique de notre étude. Enfin, nous ferons une revue bibliographique en
nous basant sur des documents en rapport avec notre thématique.

CHAPITRE I : JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET ET


PRESENTATION DU PROBLEME

1. Intérêt et justification de choix


1.1. Intérêt personnel

La problématique des gestions de conflits par les autorités demeure la


raison de nombreux débats, projets et campagnes de sensibilisation, ces
dernières années à travers le monde entier. Ces tentatives de résolutions ont pour
la plupart fini par des réussites et/ou des échecs.

En effet, la Côte d’Ivoire a été confrontée à une crise d’agrobusiness qui s’est
surtout perçue par des marches dans certaines localités de la capitale
économique ainsi que dans certaines villes de l’intérieur. Pour régler cela, nous
avons vu la participation de plusieurs groupes dont parmi eux figure l’Etat.

Ainsi notre intérêt personnel pour ce sujet vient donc du fait que nous nous
intéressons particulièrement à ce que le gouvernement ivoirien a pu faire pour
résoudre cette crise. En outre, nous avons pour ambition de comprendre le rôle
que l’Etat a joué dans l’affaire. Sur quoi s’est-il basé pour s’ingérer dans une
affaire aussi privée que celle-ci ? Son ingérence a-t-il eu d’impact dans le
règlement de la crise ?
1.2. Pertinence scientifique du sujet

Le sujet de notre étude est un sujet d’actualité. Des études antérieures ont
déjà été faites sur les gestions de crise par les autorités. Toutefois, cette
thématique d’agrobusiness a été abordée très peu lors des colloques, des
conférences, dans des articles scientifiques, des mémoires et des thèses. Ainsi à
travers cette étude, nous pensons pouvoir apporter notre modeste contribution en
tant que jeune chercheur à la recherche scientifique en mettant en relief la
stratégie communicationnelle que les autorités ivoiriennes ont utilisée dans le
règlement de l’affaire agrobusiness et quels genres d’impacts en ont découlé.

1.3. Pertinence sociale du sujet

Sur le plan social, cette recherche répondra aux attentes et inquiétudes de


la population surtout des souscripteurs concernant l’affaire agrobusiness. Ils ont
besoin de comprendre ou en est l’affaire et de savoir ce qu’a fait l’Etat de façon
concrète. Alors un tel sujet trouve sa pertinence dans le fait qu’il peut démontrer
à tous la contribution du gouvernement et son impact dans cette affaire.

2. PROBLEME DE RECHERCHE

Depuis le dernier trimestre de l’année 2016, une crise sans précédent bat
le plein en Côte d’Ivoire à la suite de décisions prise par le gouvernement
ivoirien, contre environ une trentaine d’entreprises opérant dans l’agro-
pastorale, et identifiées de fait à ce jour sous le vocable de « sociétés
d’agrobusiness ».

Ayant choisi de faire usage et de vulgariser des techniques culturales innovantes


à haut rendement connues et pratiquées en silence par certaines entreprises
locales depuis quelques années déjà, et ailleurs où cela est encouragé, elles ont
proposées aux populations ivoiriennes de leur mettre à disposition leur expertise
en la matière, par le biais de contrat de prestations de services, sans pour autant
que les uns et autres n’aient à fournir davantage d’efforts en raison de leurs
occupations professionnelles respectives diverses et peut-être contraignantes,
leur rétrocédant après une période définie, les revenus tirés des ventes qui
résulteraient des récoltes relatives. Ces revenus, allant parfois jusqu’à 300%
s’obtiennent par l’application de techniques culturales connues et à la portée de
tous, alliant usage de semences à haut rendement, engrais organiques particuliers
et arrosage par système goutte à goutte. Tout cela, se faisant avec l’assistance
d’experts israéliens, russes et allemands selon leurs domaines de compétences
respectifs.

Le Ministère de l’Agriculture, et en particulier le Centre National de Recherches

Agronomiques (CNRA) maîtrise parfaitement le sujet, et d’ailleurs un média de


la place, « Le Journal de l’économie », publie très régulièrement des articles à ce
sujet. Un exemple concert est cela de la variété de piment appelé « Piment
Rocoto » qui permet à tout exploitant agricole, novice assisté ou expert,
d’obtenir des rendements allant jusqu’à 15 millions de francs CFA sur 1 hectare,
après avoir investi environ 2 millions de francs CFA au démarrage ; soit, pour le
cas d’espèce, plus de 500% de rendement, et donc, bien plus que ce que
proposent ces entreprises.

Ce business model est intitulé « plantation clé en main », tout comme le


proposait la défunte Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA) pour
des cultures pérennes comme le palmier à huile et l’hévéa, sans que cela ne pose
de problèmes à personne. Plusieurs ivoiriens et non ivoiriens de couches sociales
diverses s’y sont donc intéressées afin d’améliorer leurs conditions de vie, pour
certains, là ou d’autres y ont trouvé une alternative à l’incapacité des banques
locales de financer leurs projets personnels.

Dans le cas d’espèce, l’export offrant bien plus de revenus que le marché local,
cette option a donc été retenue comme circuit principal de distribution choisi par
ces sociétés, bien qu’une partie des produits récoltés soient écoulée localement.
Cela a marché et marche très bien et vos propres investigations, que nous
encourageons, d’ailleurs, vous aideront à en savoir plus sur la question.

Fort de leurs prouesses respectives, l’une d’elles, MONHEVEA.COM,


partenaire principal de l’Association des Souscripteurs de Monhévéa.com
(ASM), a su tiré son épingle du jeu, en se donnant tous les moyens pour y
arriver.

Après environ quatre (4) années d’activités avec des débuts timides
officiellement en 2013, elle est parvenue à se hisser au sommet comme leader de
ce secteur au point de se constituer en un groupe de sociétés intégré et
multidisciplinaire, et a été adulée et convoitée tant par ses pairs qui l’ont copié,
que par nos autorités locales ces dernières années au regard de sa force, ses
revenus financiers, ses acquis, ses actions et son impact dans le secteur agricole.

Cela lui a valu d’avoir été invitée, avec d’autres entreprises, à représenter
fièrement notre pays à l’Expo de Milan 2015, de faire des présentations de son
expertise à l’assemblée nationale devant les parlementaires pour le
développement de l’agriculture dans les collectivités régionales, de recevoir
l’appui du gouvernement ivoirien à travers le CEPICI pour la construction de
deux (2) usines de transformation de maraîchers à Koliakro, ou encore d’être le
sponsor officiel des dernières Journées Nationales de la Valorisation de
l’Agriculture (JNVA). Et même, une distinction au nom de notre gouvernement,
par les mains du Ministre

ALLAH Kouadio Rémi a été décernée au Groupe AGRONOMIX, pour


l’ensemble des actions menées et celles en cours pour la redynamisation de
l’agriculture en Côte d’Ivoire, à travers l’usage des nouvelles techniques
culturales à haut rendement, la mécanisation, la transformation ; et cette liste est
non exhaustive.
Aujourd’hui, cette société a acquis une notoriété internationale et se compose de
seize (16) sociétés présentes dans une dizaine de pays et opérant dans divers
secteurs d’activités (agropastorales, transit, boisson, communication, sécurité,
immobilier, finance…) ou elle a créé des centaines d’emplois directs (environ
500) et indirects et projetait en créer d’autres avec l’ensemble de ses projets
pour lesquels elle avait obtenu la bénédiction et l’assistance du gouvernement
ivoirien, à travers notamment le Ministère de l’Agriculture dirigé à ce jour par le
Ministre Sangafowa COULIBALY, et les autres ministères concernés de près
par ces projets ainsi que le CEPICI de Monsieur Esmel ESSIS, en collaboration
avec des partenaires internationaux.

Ce faisant, elle a, pour ce qui la concerne, été enregistrée légalement au CEPICI,


pour un objet social su et connu de tous, a payé régulièrement ses impôts, taxes,
droits de douane et autres droits afférents à son activité en tant qu’opérateur
économique responsable exerçant sur le territoire national, et l’ensemble de ses
contrats de prestation conclus avec les souscripteurs que nous sommes ont tous
faits l’objet d’enregistrement officiels dont les frais relatifs ont été, durant toutes
ces années, reversés dans les caisses de l’Etat.

Et, se conformant au Code (ivoirien) d’investissement, elle a investi dans


l’acquisition de gros engins et équipements quasi inexistants auparavant dans ce
secteur d’activités, des fois avec des avantages ou allègements fiscaux, autant
qu’elle a rempli les conditions nécessaires pour l’obtention des agréments
nécessaires à l’exercice de ses activités selon son objet social.

D’ailleurs, le nouveau Président de BAD (Banque Africaine de Développement)


fait de l’agrobusiness (agribusiness) l’un de ses principaux chevaux de bataille,
au regard du potentiel dont dispose notre continent, en disant qu’il serait le
pourvoyeur des prochaines grosses fortunes du continent.

Et, à la Conférence Internationale sur l’Emergence en Afrique (CIEA 2017) qui


s’est tenue récemment ici à Abidjan, le Président Macky Sall du Sénégal,
témoignait de ce que l’agrobusiness est l’un des trois (3) piliers de l’économie
de son pays, tout comme c’est également le cas dans plusieurs autres pays à
travers le monde.

Mais, contre toute attente, le gouvernement décide de tout arrêter et décrète que
c’est une arnaque, prétendant que cette entreprise ainsi que ces consœurs, ont
exercé dans l’illégalité depuis toutes ces années, alors que l’implication de nos
autorités gouvernementales (ministres, élus locaux et responsables d’institution)
qui les ont accompagnées et ont aussi profité des revenus de cette activité, n’est
un secret pour personne.

Elles ont aussi bénéficié de l’appui et la collaboration des banques locales qui, à
cet effet, leur ont même confectionnés des documents commerciaux portant
leurs logos conjoints, comme cela a été le cas avec NSIA Banque et
ECOBANK, incitant leur personnel et leurs propres clients à y investir, au
regard de la crédibilité affichée, et allant jusque même à leur octroyer des prêts à
cette fin. Et dès lors, certaines d’entre elles, pour des raisons non encore
élucidées ont commencé à mener une bataille farouche à la limite de l’éthique
bancaire, contre les entreprises de ce secteur et MONHEVEA.COM, en
particulier, tandis que d’autres, craignant un risque de non-paiement des prêts
octroyés, se sont livrées à une traque sans merci de leurs clients et employés
ayant investi dans l’agrobusiness, comme c’est le cas par exemple à NSIA
Banque.

Ainsi ces entreprises qui étaient considérées par tous comme des pourvoyeuses
d’emplois et de richesses et qui avaient les plus grands soutiens sont devenues,
du jour au lendemain, des sociétés à abattre. Dès lors, commence la crise, et
plusieurs chefs d’accusation sont reprochés par notre gouvernement à une
trentaine d’entreprises exerçant selon ce business model de « plantation clé en
main ». Ce sont notamment : des promesses de rendement trop élevés,
l’inexistence de terres culturales, l’escroquerie, le blanchiment d’argent etc.
Mais le plus étonnant dans l’affaire, c’est que les souscripteurs eux-mêmes
affirment avoir toujours reçu leurs RSI auprès de ces entreprises que le
gouvernement accuse. Quel paradoxe ? A cet effet, voici ce que dit un
souscripteur à propos du groupe AGRONOMIX, « Nous n’avons jamais été
escroqués par cette entreprise et YAPI Christophe a toujours honoré ses
engagements contractuels et continuait de le faire jusqu’à ce que notre
gouvernement s’y est immiscé, prétendant nous protéger de celui qui aide à
réduire la pauvreté, crée des emplois et valorise le pays le chômage, tandis que
fermant les yeux sur les nombreux scandales d’abus de biens sociaux et de
détournements de fonds dans plusieurs sociétés d’Etat et institutions, les
engagements non respectés pour les logements sociaux, et bien d’autres alors
qu’aucun des souscripteurs ne s’est une fois plaint contre ces entreprises ».

C’est donc à juste titre que l’on a initié la présente étude dont le thème est : «
Communication gouvernementale ivoirienne dans la gestion de l’affaire
agrobusiness ». Et qu’il est important de faire, dans le contexte actuel.

Ainsi donc sommes-nous amenés à nous demander :

Quels sont les mécanismes, et les modalités explicatifs de la communication


gouvernementale Ivoirienne concernant l’affaire agrobusiness ? : Organisation
face à la crise.

Le gouvernement à travers sa communication est-elle parvenu à convaincre sa


population ? Les souscripteurs et initiateurs du projet agrobusiness ont-ils eu
satisfaction après les actions menées par le gouvernement ivoirien pour gérer
cette crise ?

Pour mieux répondre à ces interrogations, nous nous sommes donnés


comme objectif de connaitre l’ensemble des moyens, des méthodes et des
mesures communicationnels utilisés par le gouvernement, dans la gestion de
cette affaire.
Il s’agit plus spécifiquement de :

 D’identifier les moyens communicationnels utilisés dans la gestion de la


situation de crise

 D’évaluer la méthode communicationnelle employée par le gouvernement


au travers des articles et des communiqués produits

 Déterminer le niveau de satisfaction des souscripteurs et des initiateurs du


projet concernant la stratégie de communication du gouvernement

 Faire des propositions sur le plan communicationnel qui pourraient


favoriser le règlement satisfaisant de cette crise et ce en rapport a d’autre
situation similaire vécu ailleurs.

Au regard des différents objectifs et questions, plusieurs hypothèses se


dégagent :

 Les moyens communicationnels utilisés seraient inappropriés.


 La méthode communicationnelle employée par le gouvernement ivoirien
serait peu persuasive.
 La stratégie de communication du Gouvernement occasionnerait des
insatisfactions.
CHAPITRE II : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ET DEFINITIONS DE
NOTIONS

A. Généralités sur l’agrobusiness


En économie politique, l'agriculture est définie comme le secteur d'activité dont
la fonction est de produire un revenu financier à partir de l'exploitation de la
terre (culture), de la forêt (sylviculture), de la mer, des lacs et des rivières
(aquaculture, pêche), de l'animal de ferme (élevage) et de l'animal sauvage
(chasse). Dans le langage courant, on distingue pour plus de commodité,
l'agriculture au sens strict (culture ou travail de la terre) qui concerne la
production végétale, de l'élevage qui, elle concerne la production animale. La
culture est divisée en grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux et
quelques légumes), en arboriculture fruitière, en viticulture, en sylviculture et en
horticulture. Quant à l'élevage, elle vise à faire naître des animaux pour la
consommation directe (viande) ou pour leurs produits (lait, œuf, laine, miel...).

De la révolution néolithique via la révolution verte jusqu'à nos jours, plusieurs


systèmes agricoles ont pu être identifiés : l'agriculture intensive, l'agriculture
biologique, l'agriculture durable, l'agriculture raisonnée, l'agriculture
biodynamique, l'agriculture de subsistance, l'agriculture extensive, l'agriculture
paysanne, l'agriculture vivrière, l'agriculture de rente, l'agriculture de précision.
Il sera successivement abordé d'une part, l'agriculture extensive, pour la
similitude de ses caractéristiques avec l'agriculture Ivoirienne, d'autre part,
l'agriculture intensive au regard de la politique agricole actuelle.
1. Présentation de l’agrobusiness

La littérature existante oppose très souvent l’agrobusiness et l’agriculture


familiale. Cependant, il sera démontré dans la suite du rapport que
l’agrobusiness concerne toutes les exploitations qui commercialisent leurs
productions ou achètent des intrants, ce qui inclut aussi les petites exploitations.
L’assimilation entre l’agrobusiness et les grandes exploitations provient d’une
opposition courante entre agriculture familiale et agriculture de marché. Si la
finalité première de l’agriculture familiale est de garantir l’autosuffisance
alimentaire des membres de la famille, il faut dans un second temps développer
un cadre favorable à la vente des produits pour augmenter les revenus et avoir
des activités plus rémunératrices pour lutter contre la pauvreté et l’insécurité
alimentaire. L’Organisation de Coopération et de développement économiques
(OCDE) insiste sur le fait que l’agrobusiness repose sur de grandes exploitations
utilisant des moyens de production modernes et oppose l’agrobusiness et
l’agriculture familiale : « Le terme agrobusiness fait référence aux exploitations
dont la logique de production est orientée vers le marché. Ce type
d’exploitations utilise généralement d’importants capitaux et entretient des liens
étroits avec les chaînes d’approvisionnement en intrants, de transformation et de
marketing ou est même impliqué dans ces activités. L’agro-business ne se
confond pas avec le type d’agriculture familiale orientée vers le marché. Celui-
ci, bien que produisant essentiellement pour le marché, représente des
exploitations dont la main d’œuvre est essentiellement familiale et l’utilisation
de capitaux reste modeste » (OCDE, 2005). Un autre document de
l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de
l’OCDE donne également une définition de l’agrobusiness : « A côté de
l’agriculture familiale s’est développé l’agrobusiness. Ce dernier fait référence
aux exploitations de grande taille orientées vers la commercialisation, utilisant
d’importants capitaux et entretenant des liens étroits avec les chaînes
d’approvisionnement en intrants, de transformation et des circuits de
commercialisation. L’industrie de transformation agroalimentaire est un des
aspects de l’agrobusiness » (FAO, OCDE, 2007). Ces définitions considèrent
donc, comme la plupart des documents consultés, que l’agrobusiness ne
concerne que les grandes exploitations détenant du capital et des moyens
modernes et se développe à côté de l’agriculture familiale qui utilise des
techniques traditionnelles. Derrière ces considérations, l’agrobusiness est
associé à une agriculture industrielle et capitaliste. Différents documents
opposant l’agrobusiness et l’agriculture familiale donnent des exemples vécus
démontrant le partenariat entre l’agrobusiness et l’agriculture familiale et ainsi le
rôle joué par les sociétés agricoles privées d’agrobusiness dans l’accès des
petites exploitations à l’innovation agricole. Le partenariat entre la petite
agriculture familiale et les grandes exploitations plus modernes représente alors
une opportunité de répondre aux préoccupations en matière de productivité, de
compétitivité et aux exigences de standards de qualité requis pour les produits
orientés vers le marché international. Ainsi, l’entreprise coton (ivoire coton) est
une grande société agricole travaillant avec de petites exploitations via les
organisations de producteurs pour disposer de la qualité et des quantités
nécessaires à l’exportation (OCDE, 2005). Il existe ici un lien entre
l’agrobusiness et les petits producteurs de l’agriculture familiale permettant à
ces derniers un meilleur accès à l’innovation grâce : (i) à la fourniture par les
sociétés d’agrobusiness des services nécessaires pour la production (engrais,
semences, crédit…) ; (ii) à la garantie de marchés offerte par les sociétés
d’agrobusiness aux produits des exploitants familiaux impliqués dans ce
partenariat. L’OCDE prend également l’exemple du Nigeria à travers la «
Okomu oil Palm Company » qui a une approche tournée vers la
contractualisation avec des exploitations familiales pour la production des fruits
de palmier à huile (OCDE, 2007). Ce partenariat Agrobusiness/Exploitants
familiaux, tout en offrant une garantie de marché, assure également aux petits
producteurs l’accès aux intrants et au crédit. Après avoir repris les éléments
opposant l’agrobusiness et l’agriculture familiale dans la littérature, il est alors
important de donner précisément la définition retenue de l’agrobusiness. Il sera
démontré que l’agrobusiness ne concerne pas uniquement les grandes
exploitations et que le rôle des petites exploitations dans la commercialisation
des produits agricoles peut être très fort en AOC.

2. La pyramide de Ponzi élément de l’agrobusiness

Les chaînes de Ponzi, du nom de l’escroc de Boston Charles Ponzi, inventeur


d’un montage financier qui s’effondra en 1920, sont une forme de fraude
financière dans laquelle les participants sont rémunérés avec l’argent placé par
les souscripteurs ultérieurs, et non par de vrais bénéfices tirés de placements ou
d’activités commerciales. Ils attirent en général les épargnants en leur offrant
des rendements supérieurs à ce que toute activité légitime peut offrir. Le taux de
croissance des nouvelles entrées de fonds doit être exponentiel pour pouvoir
rémunérer les adhérents, et le système craque inévitablement quand les besoins
de fonds dépassent les nouveaux apports. La plupart des adhérents perdent alors
leurs placements, même si les premiers dont les fondateurs peuvent bénéficier de
hauts rendements ou de rentes exceptionnelles à condition de s’être retirés à
temps.
3. Définition d’agrobusiness

 Concept d’agrobusiness

Il semble très important d’avoir une définition claire et précise de


l’agrobusiness. La première étape consiste à voir que l’agrobusiness peut
concerner les petites exploitations. Puis il s’agira de revenir sur le concept de
chaîne de valeur qui est un élément fondamental de la notion d’agrobusiness.
Enfin, à partir de tous les éléments précédents, la notion d’agrobusiness sera
définie.

 Agrobusiness et petites exploitations

Le clivage souvent retrouvé entre agriculture familiale et agrobusiness provient


du fait que l’agriculture familiale est présentée dans la plupart des analyses
comme étant associée à une culture extensive, utilisant systématiquement des
techniques traditionnelles, reposant sur une absence de professionnalisme, ou
encore comme étant caractérisée par une économie de subsistance. Pourtant, il
apparaît que des petits producteurs familiaux ont montré leur capacité à accroître
de manière significative leur productivité en utilisant des techniques modernes
comme la mécanisation (culture attelée, motoculteur, tracteur…), des engrais
minéraux, des semences sélectionnées et des méthodes intégrées de lutte contre
les ravageurs, la maîtrise des circuits et des réseaux d’irrigation plus ou moins
complexes, etc. L’agriculture familiale n’est pas inconciliable avec une
agriculture moderne et commercialisant les surplus de production. Un document
de Belières et alii (2002) a étudié les capacités d’innovation, d’adaptation ainsi
que l’efficacité des exploitations familiales, en prenant les exemples du Delta du
fleuve Sénégal et de l’Office du Niger au Mali. Il ressort de l’étude que
l’agriculture familiale s’est adaptée au contexte de libéralisation et de mutations
institutionnelles et a amélioré la productivité des facteurs de production.
L’agriculture familiale peut utiliser des techniques relativement modernes et
commercialiser les surplus de production. L’agrobusiness concerne toutes
activités qui vont du processus de production à celui de la commercialisation des
produits. L’agrobusiness regroupe différents types d’exploitations, qu’elles
soient grandes, moyennes ou petites. Il est susceptible de soutenir l’ensemble
d’une filière agricole en apportant plus à la chaîne de valeur globale et profite
donc à tous les acteurs, y compris les petits producteurs et les populations plus
vulnérables. Il est important de revenir sur cette notion de filière et de chaine de
valeur.

 Filière agricole et chaine de valeur

La notion de filière s’est construite avec le temps et les travaux des différents
auteurs s’intéressant à ce sujet. Selon Garrouste (1984), ce concept n’est pas
évident à appréhender puisque les notions sont aussi nombreuses que le nombre
de chercheurs qui s’y intéressent. La filière est définie comme une succession
d’opérations permettant de produire un bien, mais il faut aussi considérer
l’ensemble des techniques et technologies nécessaires, les relations de
complémentarité, de cheminement entre ces étapes, les résultats économiques,
l’ensemble des acteurs ainsi que leurs stratégies et les relations (de
complémentarité, de dépendance, de hiérarchie) existant entre eux. C’est à partir
de la deuxième moitié des années soixante-dix que le concept de filière a été
utilisé dans le domaine de l’économie agricole. Selon Fraval, « une filière
agricole est centrée sur un produit agricole de base et sur tout ou partie de ses
transformations successives. En analyse économique, une filière peut être
considérée comme un mode de découpage des systèmes productifs privilégiant
certaines relations d’interdépendance. Elle permet de repérer des relations de
linéarité, de complémentarité et de cheminement entre les différents stades de
transformation » (Fraval, 2000). L’analyse par la « chaîne de valeur » a été
introduite en 1986 par Michael Porter et consiste à décomposer une activité en
étapes d'opérations élémentaires et à identifier les sources d'avantages de
chacune d’elles. On retrouve donc la même logique qu’avec l’analyse par filière.
La communauté scientifique s’attache aujourd’hui plus à ce concept qu’à celui
de filière. Etant donné que les transformations et transactions des produits ont
lieu du producteur au consommateur, au sein d'une filière d'activités
interdépendantes, leur valeur augmente successivement. Selon le site de la FAO,
le terme « chaîne de valeur » est donc utilisé pour caractériser cet ensemble de
liens et de réseaux interconnectés et coordonnés, qui se mettent en place en
continu de la production primaire jusqu’au consommateur. La production agro-
alimentaire, la transformation et la distribution dans le monde sont de plus en
plus organisées en chaînes de valeur étroitement reliées, où les flux d'intrants, de
produits, d'information et de ressources financières sont coordonnés de manière
étroite entre les agriculteurs, les transformateurs, les distributeurs et les autres
acteurs économiques.

 Définition retenue de l’agrobusiness

En reprenant tous les éléments précédents, l’agrobusiness regroupe des


opérateurs économiques dont l'activité est de générer un surplus important de
production agricole commercialisable. En d'autres termes, il concerne ceux qui
investissent ou qui cherchent des opportunités d'investissement dans le secteur
agricole pour aller au-delà de l'autosuffisance alimentaire.

Tous les types d’exploitations, qu’elles soient grandes ou petites, peuvent être
concernés par cette définition de l’agrobusiness. La petite exploitation familiale
n’est pas toujours associée à des techniques de production traditionnelles et
rudimentaires. Des exemples nous ont montré sa capacité à s’adapter à la
libéralisation et à la mondialisation en augmentant les rendements et les
productivités des facteurs de production. L’agrobusiness est lié à la
commercialisation des produits agricoles et regroupe toutes les activités
nécessaires, de la production à la vente (transformation, stockage, transport,
etc.). Les opérations de transformation et de commercialisation des produits
représentent les étapes les plus importantes quand on parle d’agrobusiness.
B. Généralités sur la communication gouvernementale
1. Définition et historique de la communication gouvernementale dans le
monde
1.1. Notion de communication gouvernementale

Les communications gouvernementales sont intrinsèquement liées au


phénomène de rétroaction entre la population et le gouvernement. Par
conséquent, il est « normal » que ce dernier tente de s'approprier le contrôle des
appareils de communication (Bernier, 1988, p. 23).
Selon Anne-Marie Gingras, on ne peut pas vraiment situer la naissance de la
communication et de la propagande gouvernementale puisqu’elles sont
nécessaires à la gestion des affaires publiques de toutes les époques. La
communication est essentielle pour le gouvernement afin de conserver une
cohésion sociale, maintenir ou fabriquer le consentement et lutter pour
l'obtention et le maintien du pouvoir. Elle existe et est présente, peu importe le
type de régime (Gingras, 200 3, p. 3). Même dans les régimes totalitaires, les
dirigeants ne peuvent, à long terme, se maintenir en position d’autorité sans
rechercher une quelconque reconnaissance de cette légitimité de la société
civile. On ne gouverne pas en vase creuse. « La communication loge au cœur de
l'organisation politique parce qu’elle s'est installée aux rênes du pouvoir ou s’y
est maintenue en exigeant de convaincre » (Ibid.). Machia-42.
Machiavel dit dans le Prince que « la meilleure de forteresses pour les dirigeants
consiste à ne pas être haï du peuple », ce qui suppose une disposition d’esprit
favorable à l'égard de celui-ci, du moins en apparence, et la capacité de la faire
connaître ». (Ibid., p. 4). Le principe de la persuasion présuppose une
participation citoyenne dans la vie politique et ce concept n’est pas nouveau.
Déjà, dans la Grèce antique, les citoyens se rassemblaient dans ce qu'on appelait
l'agora pour y discuter et délibérer. L’espace public en tant que concept a tout
d’abord été défini par Kant pour qui il représente « la sphère intermédiaire qui
s’est constituée historiquement, au moment des Lumières, entre la société civ ile
ct l'État » (Schmidt, 1996, p. 58-60). C’est l’espace auquel tous les citoyens ont
accès pour se rassembler et formuler une opinion publique. Hannah Arendt
précise le concept en y insérant l'élément de la politique qu’elle définit comme «
l’organisation du peuple qui vient de ce que l'on agit et parle ensemble, et ce
dans son espace véritable qui s'étend entre les hommes qui vivent ensemble dans
ce but, en quelque lieu qu'ils se trouvent » (Arendt, 1998, p. 27). Les échanges
dans les polis se cristallisent au moment de la décision et se basent sur la
persuasion qu’Arendt définit comme « la mise en commun des meilleurs
arguments pour aboutir à une décision » (Ibid., p. 26). Quant à Habermas, il
décrit l'espace public comme étant « le processus au cours duquel le public
constitué d’individus faisant usage de leur raison s'approprie la sphère publique
contrôlée par l'autorité et la transforme en une sphère où la critique s’exerce
contre le pouvoir de l'État » Habermas, 1978, p. 35). À cet effet, la
communication gouvernementale revêt d’un intérêt particulier pour la société
démocratiques dotées de régimes représentatifs. Cette « démocratie » étant
fondée sur les préceptes de la légitimité du peuple, de son opinion et de sa
participation dans l’espace public, il faut à tous les moins pouvoir compter sur
son appui pour gouverner. Les systèmes politiques fondés sur la représentativité
doivent nécessairement obtenir l'approbation de la population qu'ils représentent
et cela, plus souvent qu'à tous les quatre ou cinq ans, périodes séparant deux
élections successives. Ces systèmes doivent aussi maintenir des lieux de débats
citoyens et instaurer un jeu social visant à obtenir l’appui populaire (Gingras,
2003, p. 4).
Malgré que les réflexions à son sujet ainsi que son utilisation soient
omniprésentes à toutes les époques et dans tous les régimes, la communication
gouvernementale n’est devenue un champ d’études interdisciplinaire qu'à partir
du XX ème siècle et s'est institutionnalisée partir des années 1970. Les sept
premières décennies du XX ème siècle ont été monopolisées par des études
portant sur l'influence des médias sur la formation d'opinions individuelles et
collectives. Différents termes ont été utilisés pour la désigner dans le discours
sur la formation des opinions : la propagande, la persuasion, l’opinion publique,
le symbolisme, le langage politique, la publicité, le marketing ou la réception
(Ibid., p. 5).
Le premier réflexe lorsqu'on nous parle de communication gouvernementale est
de croire que ce sont les communications officielles de l’appareil du
gouvernement servant à informer des politiques mise en place, des services
offerts ou des responsabilités qui nous incombent.
Cependant, comment parvenir à faire la part des choses entre cette information
qui se veut « neutre » et celle qui se veut orienter et teinter de l’idéologie de
ceux qui nous gouvernent ?
Pour Robert Bernie, les communications gouvernementales sont étroitement
associées au phénomène des échanges entre l'État et la population (2001, p. 1)
alors que pour Isabelle Gusse, « la communication gouvernementale correspond
[...] à la production d’informations portant sur les politiques publiques et
décisions gouvernementales et d'annonces dites d'utilité publique ou d'intérêt
général » (2013, p. 1 8). L'objectif majeur de la communication en politique est
de persuader en séduisant. Pour sa part, Jacques Gerstlé cible bien l'enjeu de la
communication politique : « […] c'est l’ensemble des techniques et procédés
dont disposent les acteurs politiques, le plus souvent les gouvernants, pour
séduire gérer et circonvenir l'opinion » (1992, p. 28). Dominique Wolton, quant
à lui, définit la communication politique comme étant un « espace où
s'échangent les discours contradictoires des trois acteurs qui ont la légitimité à
s'exprimer publiquement sur la politique et qui sont les hommes politiques, les
journalistes et l'opinion publique au travers des sondages » (1989, p. 29)
1.2. Historique de la communication gouvernementale
Pour diriger convenablement et répondre aux aspirations de la population, le
gouvernant se doit d’entreprendre une politique de communication qui procède
d’une stratégie globale de la circulation transversale de l’information, visant à
entreprendre une campagne pour l’éveil des consciences, afin de susciter
l’adhésion de la population aux mesures qui sous-tendent la mise en œuvre du
processus de développement.
On ne peut mener une telle mission avec le maximum d’efficacité sans
s’appuyer sur des supports jouissant d’une crédibilité certaine. Ainsi, il ne
faudrait pas perdre de vue que les principaux vecteurs de la communication, en
l’occurrence les médias, obéissent encore à certaines conceptions du rôle de la
presse aux toutes premières et qui sont amplement à innover.
A l’époque, les organes d’information avaient pour principale activité de
répercuter les mots d’ordre venus du sommet de l’Etat. Il n’était pas facile de
transcender des instructions devant être exécutées rigoureusement, parfois en
dépit du code déontologique. Nul ne se préoccupait alors de l’impact réel sur le
public des messages ainsi véhiculés. On pouvait de la sorte passer à côté de
l’objectif final qui consistait à éveiller les consciences au regard des
préoccupations nationales : on parle d’une communication propagandiste
Le concept de la propagande en tant que procédé de persuasion, tel que défni par
Bernier 29, soit « une forme de communication qui tente d 'obtenir une réponse
favorable du récepteur à l'égard de l’idée, du produit ou du service qui en fait
l'objet » (Berni er, 2001, p. 2), remonte à la Grèce antique et s 'étend à travers
l'histoire moderne. L'utilisation du mot propagande provient du Congregatio de
Propaganda Fide qui a été mis en place p ar l'Église catholique en 1622 afin
d’harmoniser le message ecclésiastique et de consolider son pouvoir. Bien loin
des connotations péjoratives qui lui sont prêtées de nos jours, cette appellation
était jugée comme une entreprise morale par les autorités catholiques (Combs et
Nimmo , 1993, p . 201). À cette époque, le mot « propagande » désignait «
l'usage systématique de l'éducation pour reconquérir les cœurs et les esprits de
ceux qui se sont lai és influencer par la Réforme protestante » (Bernier, 2001, p.
IX).
Les dirigeants d’alors ne pouvaient pas admettre qu’une telle campagne de
sensibilisation ne devrait pas être perçue comme une propagande outrancière au
profit du seul pouvoir politico-administratif pour tenter d’enraciner et de
consolider son image de marque dans le terroir.
En réalité, on ne comptabilise plus les actions de sensibilisation qui ont été
entamées sur le terrain. En dépit de tous les efforts déployés, elles se sont
malheureusement déroulées souvent dans le désordre et terminées quelquefois
dans la confusion. Les nombreux animateurs, qui se présentaient devant les
mêmes auditoires pour tenir des propos parfois contradictoires, n’avaient peut-
être pas suffisamment été imprégnés des objectifs à atteindre afin de les
expliquer, avec concision et clarté, à leurs interlocuteurs. En l’absence d’une
politique cohérente de communication, les missions ne pouvaient qu’être lancées
au hasard, en fonction des impératifs mal maîtrisés.
C’est parce que le développement constitue une activité ad vitam aeternum que
l’homme se retrouve tout au long de son processus. Ce leitmotiv n’aura de sens
véritable que si cet homme est pleinement informé, donc parfaitement conscient
de la portée réelle des actions initiées pour son bien-être social. En effet Il fut un
moment où la communication gouvernementale comportait plusieurs chaînes de
transmission des messages.
Ainsi, les multiples campagnes, menées par les services de l’animation au
développement, de la vulgarisation économique, des radios-clubs, de
l’alphabétisation et des mouvements de jeunes, ont certes connu quelques effets
notables, mais le résultat des efforts financiers et techniques n’a pas été à la
hauteur des espérances au niveau des Etats parties. Même si, d’après les
investigations, le contenu des messages a été écouté, il ne semble pas avoir été
entendu puisqu’il manquait à la méthode d’approche beaucoup d’éléments
susceptibles d’enclencher cette mobilisation générale et une prise de conscience
collective.

2. Présentation de la communication gouvernementale ivoirienne
2.1. Concept de développement

 De 1960 à 1990

Florissant à l’époque coloniale, avec la multiplication des titres, le paysage


médiatique ivoirien va se réduire aux seuls médias d’Etat, dès l’accession de la
Côte d’Ivoire à l’indépendance le 07 août 1960. Cette nouvelle donne cadrait
sans doute avec l’unicité des partis politiques, sous la bannière du P.D.C.I.-
R.D.A., obtenue quelques mois avant l’indépendance du pays.

En effet, après avoir œuvré pour la phagocytose des principaux partis de


l’opposition, afin de muer le P.D.C.I.-R.D.A. en parti dominant ou unique, Félix
Houphouët-Boigny, président de cette formation politique, déclara l’opposition
hors la loi en septembre 1959 : ‘‘Tant que la masse me fera confiance, il y aura
aune autorité, une autorité juste mais une autorité indiscutée’’2 Il ne faisait que
confirmer ainsi une volonté d’embrigader l’opposition déjà exprimée lors de
l’adoption de la Constitution ivoirienne : tant que la masse nous fera confiance
nous n’admettrons aucune opposition ou aucun parti qui mettrait en cause le
régime que librement nous avons choisi. Ceci étant affirmé, je répète qu’il y a
une place pour une opposition’’.

Un rôle d’accompagnement

En fait, la principale mission assignée aux médias d’Etat, au lendemain de


l’indépendance, fut d’accompagner le développement du pays en servant de
relais aux ordres du gouvernement et du parti au pouvoir, le P.D.C.I. L’extrait
d’allocution ci-dessous (prononcée par Félix Houphouët-Boigny, Président de la
République de Côte d’Ivoire, au XIIIe congrès de l’Union Internationale des
Journalistes de la Presse de langue française) éclaire davantage sur le rôle
dévolu aux médias ivoiriens avant la réinstauration du multipartisme.
« Dans nos pays africains, si la presse et l’information ont eu, au moment de la
lutte pour l’indépendance politique, un rôle d’éveil des consciences des hommes
au bénéfice de ces admirables devises que sont la liberté, l’égalité et la
fraternité, elles sont devenues les supports des réalités visibles, des problèmes
concrets.

Ces partis sont : le PPCI (Parti Progressiste de Côte d’Ivoire), le SFIO (Section
Française de l’Internationale Ouvrière), le BDE (Bloc Démocrate Eburnéen),
l’EDICI (Entente des Indépendants de la Côte d’Ivoire). In Fraternité du 25
septembre 1959 In La semaine en Afrique Occidentale Française du 6 avril 1959
espérances raisonnables, c’est-à-dire que la presse et l’information sont
maintenant des moyens indispensables et nécessaires de la bataille pacifique
pour le développement dont le but est le bonheur de l’homme ivoirien (…). Il
s’agit en effet de faire participer à cette lutte toutes les couches sociales de la
nation dans la stabilité, sans oublier que l’essentiel de notre force réside dans
l’appui des masses rurales, et que la condition de réussite de toute politique de
développement repose sur leur capacité de production ; celle-ci à son tour étant
conditionnée par une claire compréhension des options et de l’action du parti et
du gouvernement (…) ». Au cours de ce congrès, Laurent Dona Fologo,
Ministre de l’Information à l’époque, tout en reprenant les principales idées du
Président Houphouët-Boigny, a réfuté l’image de caisse à résonance associée
aux médias ivoiriens de l’époque :

« Nous ne nous contentons pas d’enregistrer ou de transmettre. Nous devons


nous appliquer à expliquer sans relâche, à aller sans cesse au-devant des
questions et des préoccupations légitimes entraînées par des évolutions
nouvelles ; en bref, instruire, informer et se sentir concernés au plein sens du
terme par les attentes et les objections de ceux qui ont quelque raison parfois de
mal comprendre et de se croire tenus à l’écart de ce qui se décide et de ce qui se
fait. En d’autres termes, notre information doit être à tout moment apte à être
transformée en un dialogue fécond pour le développement et l’épanouissement
des masses. » In Fraternité du 25 septembre 1959 In La semaine en Afrique
Occidentale Française du 6 avril 1959. En décembre 1976, à l’occasion d’un
séminaire sur l’information, Mathieu Kra, alors Ministre d’Etat, Ministre de
l’Intérieur, a donné comme suit son opinion sur le rôle des médias : « Les
moyens modernes de l’information sont, pour l’essentiel, des organes de l’Etat
ivoirien et leurs servants sont des militants du PDCI. Ce métier n’est pas un
métier d’artiste où l’on puisse tolérer des cabotins. Il y faut des militants, prêts à
prendre leur part de sacrifices personnels à la construction nationale… Votre
rôle est de faire comprendre le pourquoi et le comment des facteurs de vie qui
conditionnent le développement et non de rendre du papier en excitant des
curiosités malsaines, des instincts contenus, des sentiments morbides. » Source :
Le Nouvel Horizon, n° 19, le 28, février, 1991, P. 6. En clair, dans ces médias
d’Etat il n’y a point de place pour porter la contradiction aux actions entreprises
par le gouvernement et le parti au pouvoir. Quels étaient alors les principaux
organes d’informations avant 1990 ?

■ La presse

Pour ce qui concerne la presse, l’on avait :

- Abidjan matin créé en janvier 1956, dont le tirage passe de 7000, cette année-
là, à 9000 exemplaires en 1958.

- Fraternité Matin qui le 09 décembre 1964 prend la place d’Abidjan matin. Il


tire alors à 12000 exemplaires.

- Fraternité dont le premier numéro a paru le 24 avril 1959. Il était l’organe


d’information du P.D.C.I.-R.D.A. Fraternité et Fraternité Matin vont constituer
les deux principaux organes de presse de la Côte d’Ivoire de cette époque.

- Fraternité Hebdo qui remplace Fraternité en 1969, dix ans après sa création. Il
passe à 16 pages au lieu de douze pour Fraternité.
Le 02 juin 1961, la création de l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) assure une
information régulière à ces organes ainsi qu’à la radio et à la télévision. Cette
agence publiera un bulletin quotidien qui est une sorte de journal du soir : « AIP
Information », mais dont la diffusion est volontairement très limitée.

 Eburnéa, mensuel lancé en mars 1967. il est créé par l’AIP en vue
de suppléer à l’absence d’un magazine ivoirien. Il se voulait un
organe de réflexion et d’analyses liées à l’actualité.
 Ivoire Dimanche, hebdomadaire paru pour la première fois le 14
février 1971. Il était le complément dominical de Fraternité Matin.
 Ivoir’ Soir, mis sur le marché le 11 mai 1987. C’est un support du
groupe de presse Fraternité Matin. Jusqu’à sa suspension en 2002,
Ivoir’ Soir était édité par la Société Ivoirienne d’Imprimerie. Il était
un journal à vocation culturelle. Mais il a cessé de paraître depuis le
premier trimestre 2003 à cause des difficultés financières que
traversait le groupe qui assurait son édition.

En définitive, avant le 03 mai 1990, date du retour effectif au multipartisme,


deux médias audiovisuels (Radio, Télévision) et quatre (4) organes de presse
(Fraternité Matin, Ivoir’ Soir, Ivoire Dimanche et Fraternité Hebdo devenu Le
Démocrate sous l’ère multipartite) totalement acquis à la cause du parti au
pouvoir, étaient les journaux ivoiriens qui traitaient l’actualité.

 De 1990 à aujourd’hui : explosion des presses

La libéralisation de l’espace politique ivoirien, le 03 mai 1990, a eu pour


corollaire l’éclatement du paysage médiatique marqué par la parution tous
azimuts d’organes d’informations. Ce phénomène a été plus marquant dans le
domaine de la presse où, de juillet 1990 à la mi-août 1996, l’on a enregistré la
parution de 181 supports d’informations générales, culturelles, politiques,
sportives, satiriques, féminines…3 Les titres évocateurs de ces organes, dont la
plupart ont disparu du marché quelque temps seulement après leur création, sont
révélateurs du nouvel état d’esprit (fortement marqué par la liberté d’expression)
qui prévaut depuis la réinstauration du multipartisme :

- La Voie, Le Nouvel Horizon, Notre Temps, Liberté, Le Démocrate, Téré


(soleil), l’indépendant, Le Changement, Plume Libre, Le Dénonciateur, Le
Virage,

Réalités, Le Défi, Le Regard, La Nouvelle Nation, Eclosion, Le Combattant,


Côte d’Ivoire Nouvelle, Le Jeune Démocrate, L’œil du Peuple, Le Nouvel Elan,

L’Alternative, Nouvelle ère, etc.

Parmi les journaux parus après le 03 mai 1990, l’on note aussi bien des
quotidiens, des hebdomadaires, des mensuels que des périodiques. Ils sont soient
‘‘indépendants’’, soient proches de l’opposition ou du parti au pouvoir, le
P.D.C.I.

2.2. Atouts et outils

La communication est structurée principalement autour de la télévision, de la


radio et de la presse. L’accès à l’information publique est régi par la loi n° 2013-
867 du 23 décembre 2013 qui renforce les droits des citoyens en la matière.

Le paysage médiatique ivoirien actuel est assez diversifié et varié avec


l’existence de la presse, de médias numériques, de radios privées non
commerciales, de radios commerciales, de 4 distributeurs de bouquets de
télévision par satellite et l’autorisation récente de 4 chaînes de télévisions
privées commerciales.

 De la presse écrite

Nomenclature de la presse
La presse représente l’un des secteurs médiatiques les plus prolifiques. Au
troisième trimestre 2016, le Conseil National de la Presse (CNP) a enregistré un
total de 114 publications régulières réparties comme suit2 :

- quotidiens : 23

- hebdomadaires : 51

- bihebdomadaires : 3 (L'Eléphant Déchainé, l'Arc en ciel, Vedette Magazine),

- mensuels : 28

- bimensuels : 3 (Apocalyspe, Sentiers d'Afrique, Event Program)

- bimestriels : 6 (Mon miroir, Irh Mag, Koundan Magazine, Secrétaire, Le

Démocrate Mag, Dunya)

- Spéciaux et hors-séries : 2 (Spécial L’Intelligent d’Abidjan, Spécial Islam


Info).

L’on constate qu’entre 2015 et fin septembre 2016, le paysage médiatique s’est
enrichi de six (6) publications. Par contre le nombre de quotidiens a baissé d’un
point. En revanche les hebdomadiers et bihebdomaires ont connu une poussée de
dix points, passant de 44 à 54. 29

Typologie et essai d’arbre généalogique

La presse ivoirienne émane de plusieurs obédiences, genres et spécificités. Elle


est soit proche du pouvoir gouvernant (Fraternité Matin, Le Patriote, Le
Nouveau Réveil, Nord Sud Quotidien), soit de l’opposition (Notre Voie, La
Voie Originale, Le Temps, Le Quotidien d’Abidjan) ou relativement neutres
(Soir Info, L’Inter, L’Intelligent d’Abidjan). L’on note aussi des supports qui
diffusent des informations à caractère

- religieux (chrétien, musulman : Le dominical, Islam info)

- sportif (Le sport, Le foot, Ases mimosa, Les Aiglons)


- féminins (Femme d’Afrique, Mousso d’Afrique)

- culturels et people (Top visages, VIP Mag, Zaouli, Life)

- économique (Tribune de l’économie, PME-PMI Magazine)

- agricole (L’Agriculteur, Le Planteur)

- humoristique et satirique (Gbich)

- de santé (Magazine Santé-MS)

- de faits divers (Allo police)

- d’investigation (L’Eléphant déchaîné)

- d’entreprise, corporatiste (Notre Cité Treichville, journal de la mairie de

Treichville ; Echo du Haut-Sassandra, publication du Conseil régional du Haut

Sassandra)

- gratuit (Le Codivoirien, Abidjan Planet).

Ces publications sont éditées en format tabloïd (la plupart des quotidiens), poche

(Abidjan Planet), magazine (pour les supports people, glamour), sur support
papier journal (cas des quotidiens) ou papier glacé, de luxe pour les magazines
(de mode, showbiz).

Par ailleurs, dans l’imagerie populaire, émerge une autre catégorisation relative
aux accointances idéologiques de certains supports. Ainsi, sont regroupées sous
le vocable de journaux bleus toutes publications proches de l’opposition
ivoirienne :

Notre Voie,

La Voie originale, Le Temps, Le Nouveau Courrier, Le Quotidien d’Abidjan.

Les journaux verts sont quant à eux réputés proches du parti au pouvoir :
Fraternité Matin,

Le Patriote,

Le Nouveau Réveil.

Cette métaphore teintée de bleu et de vert est inspirée des couleurs dominantes
de la charte graphique des Unes de ces journaux. Elle marque aussi la forte
bipolarisation de la presse ivoirienne.

Par ailleurs, une observation méthodique du paysage médiatique ivoirien permet


de constater que certains journaux sont des excroissances ou des
démembrements d’autres supports.

 De la presse numérique

De création récente, elle est tout aussi foisonnante que la presse. Mais
contrairement à cette dernière, elle est moins structurée. Ce qui rend
l’identification des supports qui la composent fastidieuse. Néanmoins, le Réseau
des Professionnels de la Presse en ligne de Côte d’Ivoire (REPRELCI) a initié
un travail de recensement dont la dernière date de 2015. Il en dresse un
répertoire en cinq (5) principales catégories1 :

- Journaux en ligne : 41 :

- Agrégats ou portails : 10

- WebTV : 4

- Web-Radio : 1

- Agence de presse : 3.

Soit un total de 59 supports qui diffusent de manière régulière l’information sur


Internet. Mais le nombre des éditeurs de droit ivoirien d’informations sur le web
y est largement supérieur. D’après un rapport de recensement des sites web
d’informations remis aux autorités du pays le 21 janvier 2015, le secteur
emploie plus de 316 personnes, dont 186 journalistes professionnels, soit
20,66% des journalistes professionnels de la Côte d’Ivoire.

Toujours selon le rapport, 80% des sites Internet d’informations emploient au


moins un (01) journaliste professionnel, tandis que 61% des sites disposent d’un
siège. 36% ont un registre de commerce, quand seulement 1% d’entre eux a un
hébergeur basé en Côte d’Ivoire.
 La radio

Il existe deux catégories de radio. Les radios de service public et les radios
privées.

Les radios de service public concernent principalement les chaînes de la


Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) : Radio Côte d’Ivoire et Fréquence 2
qui ont vocation à émettre sur toute l’étendue du territoire national et Radio
Bouaké, à vocation régionale. Quant au radio privé nous n’en parlerons pas dans
le cadre de cette étude.

 La télévision

Les chaînes nationales En attendant le démarrage effectif des activités des


quatre (4) chaînes de télévisions privées commerciales récemment autorisées,
l’espace audiovisuel national est dominé par les chaînes publiques regroupées au
sein de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) avec :

- 3 chaînes de télévision dont une à vocation nationale (RTI 1) ; une de


proximité (RTI 2) rayonnant sur Abidjan et ses environs, Man, Koun-Fao,
Bouaké ; et une régionale (RTI Bouaké). Il convient de noter qu’avec
l’avènement du satellite, RTI1 RTI2 (bien qu’ayant une zone d’émission limitée
par onde hertzienne) peuvent être captées par les usagers abonnés aux bouquets
dédiés.

 L’Agence Ivoirienne de Presse

L’AIP est une agence de service public créé le 2 juin 1961 par la loi N° 61-200
du 2 juin 1961 pour permettre à la Côte d’Ivoire d’assurer sa souveraineté en
matière de collecte et de redistribution de l’information nationale et mondiale.
Elle a le statut d’un Etablissement Public National à caractère Administratif dont
le siège se trouve à Abidjan-Plateau, Avenue Chardy.
Elle a pour objet la collecte, le traitement et la distribution de l’information aux
organes de presse et autres usagers contre paiement. Elle est dirigée par un
Conseil de gestion et une direction centrale.

D’entreprise Publique à sa création, l’AIP est devenue une direction du


Ministère de l’Information pendant de nombreuses années avant d’être érigée en
Etablissement Public National à caractère administratif par le décret N° 91-181
du 27 mars 1991 modifié par le décret n° 2013-28 du 23 janvier 2013.

Dotée de la personnalité civile et de l’autonomie de gestion, elle est soumise à la


tutelle administrative et technique du Ministère de la Communication, et à la
tutelle économique et financière du Ministère de l’Economie et des Finances.

2.3. Stratégie de communication

L’une des clefs majeures de la politique de la communication gouvernementale


consistera à faire connaître, à travers les méthodes les plus compréhensibles par
tous, les rouages, le fonctionnement et les formes d’intervention des différentes
structures de l’Etat, pour que les habitants des villes et de la campagne puissent
bénéficier des retombées d’un service public des plus efficients. Vérifié de visu
sur le terrain, le système actuel de l’information ne peut permettre à la masse de
prendre conscience de la gravité de la situation d’extrême pauvreté qui
caractérise le milieu rural Ivoirien.

Au demeurant, il est difficile de faire comprendre, même à certains agents de


l’Etat, que la côte d’ivoire est classée parmi les derniers du monde sur le plan de
l’indice du développement humain. Ils mettent en doute une telle assertion,
d’autant plus qu’ils ne découvrent pas sur les écrans de la télévision nationale
des personnes en train de mourir d’inanition. Il faudrait nécessairement un cadre
cohérent d’une communication concertée pour les persuader que le pays a
besoin d’un sursaut collectif pour ne pas rester constamment à la traîne des
autres nations du monde. Les responsables ont souvent déploré la dispersion des
efforts dans les investissements. S’il y avait un centre national d’intégration de
tout le système de la communication et une interrelation entre les différentes
structures de l’Etat, on pourrait éviter des interventions désordonnées pour que
plusieurs projets ne s’implantent pas dans le même secteur et entreprennent des
actions similaires.

Il a, en outre, été constaté que l’absence d’un Centre de documentation contribue


à accentuer le déficit de la communication. Avec un tel instrument, les
partenaires au développement pourraient avoir accès à des informations leur
permettant de réorienter leurs actions vers des zones insuffisamment dotées.

La communication devra jouer un rôle primordial au niveau des collectivités au


moment où on parle de plus en plus de la décentralisation. Elle signifie, pour le
technicien, la prise en charge par les populations de leur propre destin, sans
interférence du pouvoir central. Comment les populations pourront-elles
assimiler facilement ces notions de décentralisation ainsi que ses contenus et
contenants sans une communication soutenue? Cette décentralisation ne peut
être effective que lorsque les populations auront pris conscience de la portée de
son impact. D’où l’impérieuse nécessité d’établir un pont pour une
communication fluide entre le niveau central, régional, local et les populations.

La plupart des personnes rencontrées ont été formelles: l’absence d’informations


utiles et leur ignorance du fonctionnement de l’appareil administratif les
éloignent de plus en plus des réalités nationales. C’est pourquoi l’Etat se doit
d’actionner en permanence tous les supports de la communication pour attirer
l’attention de toutes les composantes de la communauté nationale sur les
difficultés auxquelles il est confronté. Ils sont légion ceux qui continuent de
croire que les Ivoiriens, laissés à eux-mêmes, ne pourront pas développer un
pays qui a besoin du concours agissant des institutions internationales pour son
redressement.
 POUR OPÉRER DES CHANGEMENTS DANS LES
COMPORTEMENTS

La communication gouvernementale vise à établir une interrelation entre les


différents structures de l’Etat, entretenir un dialogue des plus fructueux entre
l’administration et les différentes couches de la communauté nationale, en
mettant en œuvre tous les supports y afférents, afin de faciliter la circulation de
l’information et faire que la transparence et la bonne gouvernance se traduisent
par des réalités concrètes. La réussite d’une telle opération passe nécessairement
par un changement de mentalité et de comportement à tous les niveaux.

Ce n’est pas seulement la population analphabète qu’il faut sensibiliser, mais


aussi les fonctionnaires et cadres de conception, afin qu’ils ne soient pas coupés
de la réalité du terroir et soient amenés à se rapprocher davantage des paysans
dont certains se rappellent encore les avatars du système colonial. Pour une
population en grande majorité analphabète, la communication ne devrait pas se
limiter à la propagation des messages; elle doit aussi comporter des éléments
démonstratifs puisque le paysan, fidèle à ses réflexes d’antan, est beaucoup plus
sensible à l’aspect physique d’une campagne de sensibilisation.

La mise en œuvre de la communication nécessitera de solides assises et de


puissants moyens de persuasion, tellement les défis sont nombreux et les
chemins parsemés d’obstacles. Pour une population qui exerce des activités
comme facteur de survie, il n’est pas facile de lui faire comprendre que la
richesse d’un pays repose sur le travail et la qualité des prestations. L’envergure
de la tâche à entreprendre est telle que, quarante ans après l’accession du Niger à
la souveraineté internationale, le problème de la prise de conscience collective
se pose encore avec beaucoup d’acuité. Dans un point de presse diffusé
récemment sur les antennes nationales, le Ministre de la Justice, Garde des
Sceaux, avait fait état d’une rencontre qui avait regroupé des magistrats, des
auxiliaires de la justice et des représentants des bailleurs de fonds, pour procéder
à un diagnostic des maux qui assaillent la justice nigérienne et envisager des
solutions à mettre en œuvre. Il a surtout été question des ressources humaines et
de l’insuffisance des moyens matériels. Dans un pays où la population a soif de
justice, avec des voix qui s’élèvent de plus en plus pour dénoncer l’impunité et
réclamer plus d’équité dans le traitement des dossiers, il faudra nécessairement
mettre un accent particulier sur le problème d’une communication sectorielle
pour expliquer en détail et en langues nationales les mécanismes de
fonctionnement de cette institution pour rapprocher ainsi, progressivement, la
justice des justiciables. C’est par défaut d’une communication appropriée
pouvant leur apporter les éclaircissements indispensables que la plupart des
Nigériens ignorent encore la nature de leurs devoirs, de même que les
dispositions prévues par le législateur pour leur conférer des droits. Depuis
toujours, l’opinion savait que la police et les tribunaux traitent des questions
concernant les délits de droit commun mais elle ignore parfois que même l’Etat
peut être interpellé si, par la faute de ses agents, il a été amené à commettre des
erreurs préjudiciables.

A travers toutes les régions visitées, les populations insistent surtout sur
l’instauration d’une plus grande justice pour ne pas créer inutilement des
sentiments de frustration. Elles semblent disposées à apporter leur soutien
inconditionnel à l’Etat dans le cadre de sa mission en vue d’améliorer leurs
conditions de vie. Mais il y a des préalables pour donner un contenu à cette
profession de foi et leur permettre de s’exprimer pour faire part de leurs
desiderata aux décideurs.

 LES LEADERS D’OPINION

Pour que la communication soit effective sur le terrain, il faudra identifier des
personnes ressources pour s’atteler à cette délicate mission. L’éloquence et le
bagout qui représentent des atouts considérables pour convaincre lors des
rencontres à caractère politique, n’ont pas les mêmes effets sur le comportement
du paysan. Il lui faut des éléments plus probants et des faits matériels pour
l’amener à réagir autrement. C’est dans cette optique qu’on a tendance à
favoriser les leaders d’opinion. Mais il serait souhaitable de se poser la question
de savoir comment définir un leader d’opinion. Est-ce que la réputation que l’on
confère à ces «guides» concorde avec la réalité? Qui, parmi ces leaders
d’opinion, est en mesure de véhiculer la communication pour entretenir un
dialogue avec la base, transmettre le message qu’il faut pour inciter le monde
rural à s’investir pleinement dans le processus du développement?

Au niveau où se situent des pays comme le Niger, il est absolument nécessaire


de prendre en compte, avec toute la considération requise, l’autorité de la
chefferie traditionnelle et de ne pas la considérer comme une structure ancestrale
dépassée pouvant constituer un obstacle aux changements pour amorcer le
développement. Quels que soient votre degré de compétence et les moyens à
votre disposition, vous ne pouvez d’emblée mener des actions de développement
en direction des habitants du terroir sans la présence effective et le concours
agissant de la chefferie traditionnelle. Un responsable administratif,
nouvellement affecté dans une localité, aura nécessairement besoin de l’appui de
ces responsables coutumiers pour connaître l’état d’esprit de ses administrés,
afin de mieux cerner les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Au-delà des
statistiques, les résultats de l’implication des chefs traditionnels sur le terrain
sont si probants qu’il s’est même constitué des réseaux au niveau des chefs de
village, des chefs de quartier et des autres leaders d’opinion, pour reprendre en
chœur le message qu’ils ont véhiculé. En le dotant de moyens conséquents, on
pourrait obtenir beaucoup plus facilement le déclenchement du volontariat rural
pour appuyer ainsi les missions effectuées par les responsables administratifs.
En réalité, il ne devrait surgir aucun hiatus entre les actions des cadres chargés
des collectivités territoriales et les campagnes de sensibilisation de l’autorité
coutumière, des activités qui peuvent en fait se dérouler conjointement puisque
visant le même objectif.

 LES MÉDIAS D’ETAT

Informer, éduquer et distraire étaient le triptyque du fondement de base de la


mission des médias. Cette activité comportait néanmoins des axes prioritaires
qui consistaient en la collecte et le traitement des informations afin d’expliquer
les orientations définies par les pouvoirs publics pour soutenir l’action de l’Etat,
tout en justifiant les tenants et esquisser les perspectives à atteindre. Dès le
départ, les organes publics d’information étaient au service de l’Etat dont ils
servent les intérêts essentiels et dans le prolongement desquels se trouve celui de
la Nation. C’est dans ce cadre que les médias représentent un trait d’union entre
l’Etat et les populations. Entretenir par conséquent la communication entre
l’administration et les administrés, en établissant un dialogue permanent, des
relations de compréhension réciproque devraient finalement aboutir à des
rapports harmonieux indispensables à toute action de développement. Les
informations ainsi véhiculées devraient contribuer à lever des équivoques,
dissiper au besoin tout malentendu pouvant naître à la suite de positions et
opinions divergentes avec les pouvoirs publics. Mais près de cinquante ans après
l’apparition des médias au Niger, c’est toujours la complexité des relations entre
les gouvernements et les journalistes qui constituent l’un des freins à l’action des
médias d’Etat. On a voulu transformer le journaliste en un observateur privilégié
afin qu’il puisse alerter l’administration, pour que ses défaillances, ses
manquements et des insuffisances à l’endroit du peuple puissent être corrigés.

Mais la volonté du pouvoir de contrôler l’information s’est heurtée à la velléité


d’indépendance des rédactions, certains journalistes ayant été formés dans des
pays ayant une autre conception de la presse. Cette tentation de se dégager de la
tutelle étatique se justifie, pour les hommes de presse, par un nécessaire besoin
de crédibilité aux yeux de l’opinion publique. D’où des malentendus et des
récriminations de part et d’autre.

 COMMENT INSTAURER UNE DYNAMIQUE INTERNE À LA


COMMUNICATION AU SEIN DES MINISTÈRES ?

Le déficit de la communication, qui a constitué l’obstacle majeur ayant entravé,


des années durant, l’instauration d’un dialogue visant à rapprocher
l’administration des administrés et freiné la circulation des informations entre
les différents compartiments de la société nigérienne, a été douloureusement
ressenti lorsqu’il s’est agi de la mise en œuvre du programme d’ajustement
structurel. On s’était aperçu que la principale difficulté consistait à obtenir
l’adhésion de la population à des programmes nécessitant de durs choix sociaux.

C’est pour l’aider à combler ce flagrant déficit de communication que la Banque


mondiale a accordé à la partie nigérienne une subvention destinée à l’élaboration
d’une stratégie pour renforcer les mécanismes de communication.

L’étude, menée en ce sens par un cabinet de consultants international, a accéléré


l’institution d’un Centre de coordination de la communication gouvernementale
créé par un arrêté du Premier Ministre en date du 26 juillet 1999, structure
placée sous l’égide d’un Comité interministériel de la communication
gouvernementale mis sur pied par le gouvernement le 20 cx août 1998. Dans ses
recommandations, un Consultant international a esquissé les principes directeurs
devant régir une communication gouvernementale, c’est-à-dire:

1. le droit du citoyen à l’information;

2. l’obligation, pour le gouvernement, de fournir à la population toutes les


indications lui permettant de comprendre les options retenues;

3. la nécessité, pour le gouvernement, de s’informer en retour des options et


préoccupations de ses populations;
4. l’évaluation sans complaisance de chaque campagne d’information.

Le Centre de coordination de la communication gouvernementale, devenu


opérationnel, mène présentement ses activités en fonction du canevas ainsi tracé,
en vue notamment:

 d’envisager les dispositions nécessaires pour amorcer une dynamique de


la communication, afin qu’elle prenne de l’ampleur au sein des structures
administratives de l’Etat;
 de veiller à une cohérence dans les interventions, pour une meilleure
compréhension du public cible;
 d’éviter les formes d’intervention contradictoires de l’administration
autour d’une même question, surtout en direction des bailleurs de fonds
 de faire jouer les règles de la démocratie pour que l’Assemblée nationale
puisse exercer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale;
 de veiller à la libre circulation de l’information pour limiter les
cloisonnements entre les différents services;
 d’envisager la mise au point d’un réseau Intranet auquel tous les
Ministères et autres démembrements de l’Etat pourront accéder et
procéder directement à des échanges de données.

Mais les journalistes en service dans les médias publics et en poste dans les
cellules de la communication des autres ministères n’ont pas la même
compréhension du problème ; ils ont fait remarquer que la création du Centre
n’a pas fondamentalement changé les habitudes des bénéficiaires des prestations
de la presse d’Etat qui conservent toujours les mêmes réflexes et la même
approche par rapport aux problèmes de la communication.
DEUXIEME PARTIE :
CADRE DE REFERCENCE et METHODOLOGIE
D’ETUDE
Chapitre III : CADRE THEORIQUE DE REFERENCE
Selon Paul N’DA, le cadre de référence définit la perspective théorique
particulière selon laquelle le problème de recherche sera abordé, traité et placé
l’étude dans le contexte de signification.

Il est question ici de souligner les théories de communication qui sous-tendent le


libellé du thème soumis à notre étude. Pour ce faire, des théories sur lesquelles
nous nous sommes appuyés pour la conduite de ce travail, se sont offertes à
nous. Il s’agit, entre autres, de :

 La théorie des jeux

 Le modèle de l’agenda-setting

I. La théorie des jeux

Cette théorie est un outil utile pour étudier les situations où plusieurs
acteurs ont à prendre une décision dont dépend un résultat qui les concerne tous.
On y recourt pour les questions relatives aux conflits politiques, militaires,
sociaux. « un jeu »,écrit GINGRAS, comprend des joueurs( chacun cherchant à
prendre l’avantage dans un débat ou problème où les règles sont établies), une
procédure (les règles du jeu ), un environnement (dont le caractère est soit
certain, risqué, soit incertain) etc. la théorie des jeux considère toujours les
procédures de recherche d’équilibre lorsqu’il y a conflit ou crise, c’est-à-dire
une situation qui serait acceptable pour tous les joueurs.

Pour ce qui est de notre travail, nous utiliserons cette théorie pour expliquer les
discussions observées entres les souscripteurs, le gouvernement et les sociétés
d’agrobusiness. Chaque cherche, à travers des arguments, à montrer qu’il a
raison et que les autres doivent l’accepter. Ainsi l’Etat particulièrement a fait
toute une campagne médiatique pour faire croire à la population que les
entreprises d’agrobusiness étaient dans le faux, l’illégal.
II. Le modèle de l’agenda-setting

Ce modèle date de 1972 et s’inscrit dans le champ de recherche sur les


usages des médias et les satisfactions qu’ils apportent au public. Ce modèle
comprend trois techniques de base dites agendas. Il s’agit de l’agenda des
médias, l’agenda des hommes politiques et l’agenda de l’opinion publique.

Pour ce qui est de notre travail, nous utiliserons l’agenda des médias et celui des
hommes politiques. Ces auteurs estiment que les hommes politiques utilisent les
médias pour faire de la propagande en diffusant les informations qu’ils veulent
que la population accepte.

Dans ce volet de notre travail, nous allons présenter les méthodes que nous
avons choisies pour la collecte des informations, les méthodes d’analyse des
résultats obtenus ainsi que les limites et difficultés observées dans la réalisation
de ces travaux.

CHAPITRE III : METHODES DE COLLECTE DES INFORMATIONS

1. Etude qualitative

Pour la collecte des données, nous avons réalisé une étude documentaire, à partir
d’une étude qualitative qui consiste à comprendre et à expliquer les mécanismes
des motivations, d’attitudes, des freins observés dans la communication
gouvernementale ivoirienne. Cela à partir d’analyse des propos recueillis (notes,
vidéos, écrits de presse proche du gouvernement concernant les déclarations
d’acteurs du gouvernement dans la gestion de l’affaire d’agrobusiness). Nous
portons dans notre travail de recherche une attention particulière aux
productions discursives des acteurs afin d’étudier l’évolution de leurs discours et
déclarations, d’analyser la dialectique qui se joue entre convergence et
divergence et afin d’y rechercher les traces de la construction d’un langage
commun, condition de toute démarche collective. Nous avons associé pour
l’étude de notre corpus l’analyse de contenu et l’analyse de discours
(déclarations et articles) selon la définition qu’en donne Simone Bonnafous.

« L’analyse du discours s’intéresse à la forme du message médiatique, politique,


public, gouvernemental, organisationnel, etc., en rapport avec son lieu social de
production (le contexte historique et sociologique, le média, le parti politique, le
gouvernement, l’entreprise, etc.). C’est donc une démarche fondée sur la
linguistique, mais qui fait le lien entre le discours et le social, entre le verbal et
l’institutionnel, entre les mots, les figures, les arguments et ceux qui les
énoncent, dans leur dimension aussi bien individuelle que collective » (2006,
213).

Nous pouvons dégager plusieurs niveaux dans notre analyse du corpus. Lors
d’une première phase, l’analyse thématique et lexicale d’un échantillon de
messages nous permet de repérer les convergences/divergences présentes dans
les discours (thèmes et vocabulaire communs). L’analyse thématique recense les
tendances des différents discours, son but est d’aboutir à une grille catégorielle
indiquant la fréquence d’apparition des thèmes. L’analyse lexicale quant à elle,
s’attache à étudier le vocabulaire, les caractéristiques grammaticales, les
qualificatifs employés dans les discours des uns et des autres. Cette analyse d’un
échantillon est complétée par une méthode de statistique lexicométrique sur
l’ensemble du corpus avec le logiciel Wordmapper (de Grimmersoft) pour
découvrir des évolutions, des régularités et des ruptures, qu’une lecture cursive
ne permet pas de déceler. Cette grille d’observation constitue un métalangage
sur la situation. Elle enregistre dans un nombre restreint de catégories (items)
des comportements délimités comme frappants permettant de voir le degré, la
fréquence de leur apparition dans cette situation particulière ou d’en comparer
plusieurs.
2. Etude quantitative

Critère d’inclusion
Pour ce personnel, il s’agit des souscripteurs aux différents produits
d’agrobusiness qui étaient disponibles pendant la période de l’enquête et qui ont
bien voulu répondre au questionnaire.

Critère de non inclusion


Pendant la période de l’enquête, les personnes qui étaient malades et qui n’ont
voulu nous accorder d’interview n’ont été pas pris en compte.

Enfin un questionnaire est adressé, à un échantillon de 35 souscripteurs pris de


manière aléatoire pour une étude quantitative. Cette étude a été réalisée pour
compléter les résultats de l’étude qualitative. Elle a pour objectif de recueillir les
sources de motivation et les points d’insatisfaction des souscripteurs
d’agrobusiness à l’égard de la communication du gouvernement dans la gestion
de la crise. Un échantillonnage dirigé ou par choix raisonné a été effectué. On
demande selon le quota de 35 au total un nombre d’entrevues dans divers
groupes établis en fonction du secteur géographique, de l’âge, du sexe ou
d’autres caractéristiques.

La méthode de collecte a été les entretiens libres semi – directifs qui ont été
réalisés à l’aide d’un questionnaire qui contenait des questions fermées (pour
avoir des réponses précises de la part des interviewés), des questions ouvertes
(pour laisser les interviewés s’exprimer librement) et des questions préformées
(avec des propositions de réponses et la possibilité d’en proposer d’autres).le
dépouillement et traitement des données obtenues s’est fait à l’aide du logiciel
sphinx.
CHAPITRE IV : LES LIMITES ET LES DIFFICULTES DE L’ETUDE

Les recherches que nous avons réalisées permettent de mieux connaître la


stratégie de communication gouvernementale quant à la gestion de l’affaire
d’agrobusiness aussi bien dans ses aspects positifs que négatifs. Au demeurant,
elles souffrent de quelques imperfections :

 Nous n’avons pas travaillé sur les points de satisfactions et


d’insatisfactions des membres du gouvernement et des partenaires
agricoles de la cote d’ivoire (le personnel)
 La difficulté à obtenir des documents qui indiquent sur les clauses entre
l’état de Côte d’Ivoire et les responsables d’agrobusiness. L’obtention de
ces informations relève d’appels téléphoniques ou d’interrogations de
personnes ressources travaillant dans des entreprises
 Les difficultés physiques puisque les travaux de recherche nécessitaient
bien souvent que le chercheur soit plein d’énergie et de tonus pour
travailler sous stress, tension et faire face aux difficultés de tous ordres
(déplacements incessants sur de longues distances, plusieurs corrections à
effectuer, longues attentes pour être reçu en rendez – vous par les
personnes ressources susceptibles de nous fournir des informations qui
peuvent améliorer le contenu de notre travail…..).
 Les nombreux problèmes financiers rencontrés pour la réalisation de ces
travaux de recherche.

Ces limites peuvent certes atténuer la fiabilité de notre étude mais elles ne
doivent aucunement constituer un frein à la mise en œuvre de la stratégie que
nous allons proposer.
TROISIEME PARTIE :
PRESENTATION ET
INTERPRETATION DES RESULTATS
D’ETUDE
CHAPITRE V : PRESENTATION DES RESULTATS

1. Moyens communicationnels utilisés dans la gestion de la crise


d’agrobusiness

 Médias audio-visuels

Figure 1: Idrissa Koné l’administrateur séquestre sur le plateau de la RTI pour


montrer l’état d’avancement des remboursements (19 mars 2018)

La RTI (RADIODIFFUSION TELEVISION IVOIRIENNE) a été le canal


audio-visuel le plus privilégié dans 60% des interventions des membres du
gouvernement à charge du dossier agrobusiness.

Cependant on note quelques sorties télévisées de ces personnes sur certains


médias privés notamment BUSINESS 24, AFRICA 24 et AFRICANEWS.
 Presse écrite

Fraternité Matin est le journal de la république, il fut le choix privilégié


parmi les presses écrites dans 45% des interventions du gouvernement.

Figure 2: Affaire Agrobusiness : Les banques s’engagent à collaborer avec


l’État Publié le vendredi 2 juin 2017.
Le patriote, journal proche du parti au pouvoir, fait partir des canaux utilisés
par le gouvernement dans la gestion de la crise d’agrobusiness.
F le patriote dans ses apparitions du 16 juin 2017 et du 09 aout 2017 faisant
état du remboursement des souscripteurs et de la somme déboursée.

 Presse audio

L’AIP (agence ivoirienne de presse) à travers fréquence 2 et Radio cote


d’ivoire fut à ce niveau utilisé dans la quasi-totalité des interventions audio.
Cela à partir de communiqués.
 Internet et réseaux sociaux

Le portail officiel (Gouv.ci) fut utilisé à cet effet dans 60% des cas, à travers des
comptes rendu, des conférences de presses ; la publication d’article et des
communiqués.

Figure 3: conférence de presse de l’administrateur séquestre.


 Aussi le site officiel du ministère de l’agriculture
(http://www.agriculture.gouv.ci) a servi pour la cause.

 Enfin site le d’Abidjan news (https://news.abidjan.net/)

Figure 5 : photo d’illustration d’abidjan.net lors de conférence de presse 01


juin 2017
Figure 6 : KONE Bruno porte-parole du gouvernement (photo d’illustration
abidjan.net).
2. Méthodes de communication employées

Communiqué du conseil des ministres du 25 janvier 2017

 La mise en garde

Figure 7 : extrait du communiqué de conseil des ministres (article


commodafrica) http://www.agriculture.gouv.ci/accueil/actualite/10.
 La prise de monopole

Extrait : « Au titre du Ministère de l’Economie et des Finances, en liaison avec


le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural :

Le Conseil a adopté une communication relative aux conclusions du Groupe de


Travail sur les entreprises dites d’agro-business.

Face à la prolifération des entreprises dites d’agro-business et aux risques que


celles-ci pourraient faire courir au secteur financier et aux populations, un
groupe de travail a été mis en place en novembre 2016 avec pour mission, de
conduire une étude permettant d’informer les plus hautes autorités sur
l’ampleur du phénomène, d’en évaluer les risques et de prendre les décisions
appropriées. Ce groupe de travail comprenait notamment le Trésor Public, la
Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’Association
Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers de Côte d’Ivoire
(APBEF-CI), la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières
(CENTIF), la Direction de la Police économique et financière (DPEF), le
Centre National de Recherche agronomique.

Au terme des travaux du groupe, il ressort, entre autres, que le nombre


d’entreprises dites d’agro-business est de vingt-huit (28) avec des souscripteurs
estimés à 36 699 personnes physiques, résidentes et non-résidentes, pour un
montant de capital investi qui s’élève à 66 milliards de francs CFA. Aussi, les
soldes disponibles sur les comptes bancaires de ces entreprises s’élèvent à 22
745 067 272 francs CFA, les Retours Sur Investissement (RSI) proposés à très
court terme (3 à 6 mois), vont de 300 à 1000% du capital investi, ce qui
correspond à un engagement global estimé à 660 milliards de francs CFA. Par
ailleurs, les RSI payés aux souscripteurs ne proviennent pas des revenus issus
de la vente des récoltes mais plutôt des nouvelles souscriptions.
Ainsi, compte tenu de l’ampleur du phénomène et de l’importance des risques
auxquels les populations sont exposées, le Conseil a décidé de rendre publiques
les conclusions du rapport susmentionné, d’étendre la mesure de surveillance
des comptes de ces entreprises aux dirigeants sociaux et à leurs ayants-droit, et
de renforcer la sensibilisation des populations sur les risques liés à ces
activités. Par ailleurs, le Conseil invite les autorités judiciaires, d’une part, à
accélérer les procédures en cours en vue du remboursement des souscripteurs
sur la base des ressources disponibles sur les comptes des entreprises dites
d’agro-business et, d’autre part, à engager des poursuites judiciaires contre les
dirigeants sociaux des entreprises en faute ».

L’emploi des syntaxes (suivi, poursuite judiciaire et remboursement) suppose


une reprise des choses en mains ; tout en maintenant une fermeté dans la
gestion.

 L’accalmie par la communication interactive : remboursement

Bruno Koné porte-parole du gouvernement : « L’administrateur séquestre a dit,


hier, avoir rencontré des difficultés –prévisibles eu égard à la complexité du
dossier- dont la plus significative a été la réticence des banques à exécuter
l’ordonnance de payement des souscripteurs délivrée par la justice ivoirienne. «
Les principales difficultés rencontrées l’ont été avec les banques qui
souhaitaient une sécurité juridique plus renforcée de l’opération de
remboursement des souscripteurs » (répondant à un journaliste de soir info 24
aout 2017)

Ainsi se déroule une séance de travail conduite par le Procureur de la


République avec les responsables juridiques et judiciaires des Banques en
présence de l’Agent Judiciaire du Trésor le mardi 02 mai 2017.
(https://finances.gouv.ci/actualites/65-contenu-dynamique/actualite/476-
remboursement-des-souscripteurs)

A l’issue de ces différentes rencontres avec la Justice, les banques se sont


engagées à participer de manière effective au processus de remboursement des
souscripteurs par l’enrôlement et le paiement effectif.
Figure 7 : communiqué du trésor ivoirien sur le mode de remboursement

Idrissa Koné administrateur séquestre : « Au 31 décembre 2017, les


souscripteurs qui étaient déjà payés étaient au nombre de 21 337. A ce jour, ce
sont globalement 23 378 qui ont été payés »

Enfin, le lundi 28 mai 2017 l’Administrateur Séquestre a eu une séance


d’échange et d’informations avec les représentants des souscripteurs. Cela a
permis d’appréhender leurs préoccupations afin de mieux les adresser.

Selon l’administrateur séquestre en charge du dossier agrobusiness, au 28 février


2018, au total 54 181 souscripteurs ont été recensés, y compris les omissions et
les retardataires.

Idrissa Koné : « Nous faisons beaucoup plus un travail de suivi, c’est pourquoi
nous ne faisons pas beaucoup de communication sur le processus de
remboursement », a-t-il déclaré, assurant qu’il n’y a aucun blocage et aucune
rétention d’informations
 La fermeture

Communiqué issu de l’enquête :

Figure 8 : article de journaux proche du gouvernement relevant les conclusions


de l’enquête et de la décision de fermeture.

 Une communication stratégiquement à effets graduelles selon les


circonstances
3. Caractéristiques et Niveau de satisfaction des souscripteurs et
des initiateurs du projet
1. Niveau de revenu annuel

80%

80%

70%

60%

50%

40%

30%
20%

20%

10%
0% 0%

0%
%

Aucun moyen (30.000-250.000)


faible (1000-30.000) elevée ( 250.000 et plus)

Figure 9 : répartition des enquêtés selon le revenu financier mensuel.

La quasi-totalité des souscripteurs interrogés avait un niveau de revenu financier


élevé.
2. Avez-vous entendu parler de communication Gouvernementale

20%

oui
non

80%

Figure 10 : Avis sur l’existence de la communication Gouvernementale.

La quasi-totalité des enquêtés affirme n’avoir pas entendu parler de la


communication gouvernementale
3. Communication à dominante ascendante

40%

35%

30%

25%

40%
20%

30% 30%
15%

10%

5%

0%
oui non je ne sais pas

Figure 11 : impression des souscripteurs sur l’ascendance de la stratégie de


communication

40% des interlocuteurs trouvent que cette communication est à dominante


ascendante.
4. Services de communication gouvernementale les plus utilisés

Tableau I : répartition des services de communication gouvernementale selon


les enquêtés

service(s) de communication gouvernemental(s) N %


RTI 25 50%
fraternité matin 1 2%
FREQUENCE 2 3 6%
journal officiel 1 2%
page officiel de réseau social 1 2%
PATRIOTE 1 2%
portail gouvernement 1 2%
Presse écrite 1 2%
RADIO CI 15 30%
site internet 1 2%
Total 50 100%

Pour les souscripteurs interviewés la RTI et RADIO-CI sont les plus connus
comme étant des services de communication gouvernementale.
5. Caractéristique des messages utilisés

80.00%

80%

70%

60%

50%

40%

30% 20.00%

20%

10% 0.00%

0%
%

clarté réalisme niveau de details

Figure 12 : avis des interlocuteurs sur les traits caractéristiques du message.

Pour 80% des interlocuteurs les communications du gouvernement ne


souffraient d’un aucun niveau de détails, mais manquaient de réalisme souvent
(20% des cas).
6. Disposition perçues

Tableau II : répartition des impressions des souscripteurs

Dispositions perçues N %

Réticence à perdre le contrôle 1 10%

Manque de résilience psychologique 1 10%

Pas ou peu d'échanges 30 60%

Sentiment d'injustice, Sentiment de perte 40 80%

80% des interviewers affirmaient ressentir un sentiment d’injustice et de perte.

Pour 60% des enquêtés il n’y a eu peu ou pas trop d’échanges.


7. Analyse statistique : relation entre facteurs d’explicatifs du niveau de
perception de la stratégie communicationnelle du gouvernement

Test de corrélation de Pearson

Tableau III : Matrice de corrélation (Pearson)

Avez- La
vous Communication
entendu est-elle à
parler dominante Caractéristique Disposition
Variables CG Ascendante s du message s perçues
Avez-vous
entendu parler
CG 1 -1,000 0,693 0,500
La
Communication
est-elle à
dominante
Ascendante -1,000 1 -0,693 -0,500
Caractéristiques
du message 0,693 -0,693 1 0,971
Dispositions
perçues 0,500 -0,500 0,971 1

Les valeurs en gras sont différentes de 0 à un niveau de signification alpha=0,05

Selon la matrice corrélation, il existe une forte corrélation entre la connaissance


de l’existence de la communication gouvernementale, et le fait de la qualifier
d’ascendante.

En effet, il existe aussi une corrélation entre les caractéristiques du message


(information) et la disposition perçu chez nos souscripteurs. C’est à dire que la
qualité de l’information ou les valeurs intrinsèques de la stratégie de
communication gouvernementale influencent la manière dont elle est comprise
ou reçue par les cibles (interlocuteur).
Tableau IV : P-values

Avez- La
vous Communication
entendu est-elle à
parler dominante Caractéristiqu Dispositio
Variables CG Ascendante es du message ns perçues
Avez-vous
entendu parler
CG 0 0,000 0,512 0,667
La
Communication
est-elle à
dominante
Ascendante < 0,0001 0 0,512 0,667
Caractéristiques
du message 0,512 0,512 0 0,154
Dispositions
perçues 0,667 0,667 0,154 0

Les valeurs en gras sont différentes de 0 à un niveau de signification alpha=0,05.

Les variables connaissance de l’existence de la communication gouvernementale


et communication à dominance ascendante sont négativement corrélées. Cette
corrélation est très hautement significative, avec p < 0,0001. En conséquence
les souscripteurs ayant une idée de ce que représente la communication
gouvernementale, définissent aisément le caractère ascendant de cette
communication. Ce qui n’est pas le cas pour les souscripteurs qui n’ont pas
connaissance de cette thématique.

Tableau V : Coefficients de détermination (R²)


La Communication
Avez-vous est-elle à
entendu dominante Caractéristiqu Dispositio
Variables parler CG Ascendante es du message ns perçues
Avez-vous
entendu parler CG 1 1,000 0,481 0,250
La Communication
est-elle à
dominante
Ascendante 1,000 1 0,481 0,250
Caractéristiques
du message 0,481 0,481 1 0,942
Dispositions
perçues 0,250 0,250 0,942 1
0.9
0.6
0.3
0.0
G te ge es Avez -vous entendu parler CG
C an sa çu
rler en
d
m
e s
pe
r
La Communication est-elle à
pa sc u ns
dominante Ascendante
ndu teA e sd sitio
e n u o Caractéristiques du message
ent ina stiq isp
us m ri D Dispositions perçues
-vo à do acté
r
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-e lle Ca
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es
n
tio
ci a
un
m
C om
La

Figure 13 : Carte de corrélation

Cette carte montre en résumé qu’il existe des corrélations entre :

 Etre imprégné de l’existence de la communication gouvernementale et maitriser le caractère ascendant ou descendant


 Les qualités de communication et sa perception par les intervenants
CHAPITRE VI : INTERPRETATION DES RESULTATS

1. Moyens communicationnels utilisés dans la gestion de la crise


d’agrobusiness
1.1. Médias audiovisuels

Le gouvernement ivoirien a mobilisé d’énormes moyens de communication. Au


niveau de l’audiovisuel, La RTI (RADIODIFFUSION TELEVISION
IVOIRIENNE) a, à travers la RTI1, consacré de nombreux temps d’antenne à la
gestion de la crise d’agrobusiness. Nous avons en illustration, le journal télévisé,
l’organisation de débats sur le sujet. Idrissa Koné, l’administrateur séquestre en
charge de cette affaire, a fait plus de 8 apparitions télévisées à cet effet. Opter
pour ce média audio-visuel à caractère national et bénéficiant d’audience
raisonnable, témoigne d’une volonté affichée de décrisper la situation. Se
référant à la communication gouvernementale, Smith et Smith Y(1994)
soulignent que les dirigeants politiques contemporains doivent élaborer et
partager des explications convaincantes et des justifications des valeurs, des
besoins et des objectifs par l’usage de médias préférentiels en rapport avec les
concitoyens.

Cependant le faible usage des médias tels que BUSINESS 24, AFRICA 24 et
AFRICANEWS ne démontre pas d’une réelle volonté dans la gestion efficace de
la crise. Cela ferait montre d’une duplicité lié à la complexité de la
communication gouvernementale. Car ces médias ont souvent relayé des actions
entreprises par les souscripteurs tels que les settings, des conférences presse etc.,
que la télévision (RTI1) n’a pas mentionné dans ces reportages ou informations,
sur toute la durée du problème. Pour ce faire, les auteurs comme Banyongen,
2016
Coombs, 2010, et Libaert (Thierry), 2010 affirment que « les gouvernements
dans leurs politiques doivent nourrir et soutenir, une image de fiabilité, une
réputation de compétence managériale et une rhétorique cohérente qui
coordonne les perceptions politiques de divers publics ».
1.2. Presse écrite, réseaux sociaux et internet
A ce niveau le gouvernement a préconisé les journaux proches de la république
et du parti au pouvoir (RHDP), tels que : FRATERNITE MATIN, Le
PATRIOTE et les sites officiels de la présidence de République et du
gouvernement. A un certain niveau, il Abidjan.net comme les canaux officiels
de communication, taxant les autres diffusions soit de « Fake news » ou de non
avérés. Cependant dans un contexte social délétère, où les couches sociales sont
fissurées, cela n’honore pas le caractère d’impartialité de la communication
effectuée autour de la gestion de la crise d’Agrobusiness. Or La communication
devrait jouer un rôle primordial au niveau des collectivités au moment où on
parle de plus en plus de la décentralisation. Elle signifie, pour le technicien, la
prise en charge par les populations de leur propre destin, sans interférence du
pouvoir central. (Gerstlé Jacques, 2004).
C’est pourquoi l’Etat se doit d’actionner en permanence tous les supports de la
communication pour attirer l’attention de toutes les composantes de la
communauté nationale sur les difficultés auxquelles il est confronté. Car ils sont
légion ceux qui continuent de croire que les souscripteurs, sont laissés à eux-
mêmes, et ne pourront pas développer leur « rêve » qui a besoin du concours
agissant des institutions nationales et internationales pour son redressement.
Ainsi pour Bernier .M (2018) la course de l’audimat amène souvent les chaînes
d’information continue à accorder une attention particulière aux événements les
plus à même de nourrir des crises. Cette pratique sert souvent les intérêts des
groupes de pression et, involontairement, en l’occurrence les gouvernements.
2. Méthodes de communication : Analyse de corpus

 Au titre du Ministère de l’Economie et des Finances, en liaison avec le


Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural

« Ainsi, compte tenu de l’ampleur du phénomène et de l’importance des risques


auxquels les populations sont exposées, le Conseil a décidé de rendre publiques
les conclusions du rapport susmentionné, d’étendre la mesure de surveillance
des comptes de ces entreprises aux dirigeants sociaux et à leurs ayants-droit, et
de renforcer la sensibilisation des populations sur les risques liés à ces
activités. Par ailleurs, le Conseil invite les autorités judiciaires, d’une part, à
accélérer les procédures en cours en vue du remboursement des souscripteurs
sur la base des ressources disponibles sur les comptes des entreprises dites
d’agro-business et, d’autre part, à engager des poursuites judiciaires contre les
dirigeants sociaux des entreprises en faute » . On observe une fermeté dans la
déclaration du conseil ; cependant il nie tout implication en rejetant la faute de
façon systématique sur les responsables et dirigeants d’agro-business et se fait
brusquement Garant du remboursement des souscripteurs. De ces constats, l’on
peut s’interroger sur le performatif de la communication gouvernementale dans
l’espace public : une complexité de la communication gouvernementale. La «
complexité » est souvent présentée comme une alternative pour désigner les
réalités difficilement saisissables en incitant le chercheur à dépasser les
raisonnements simplistes. Par ailleurs, comme nous le préconise Gaye (2016)
pour cerner la notion de complexité, une digression par son étymologie est
nécessaire « pour mieux comprendre son ambition ». Dans ce dessein, Morin
(1990, p. 21) est de bons conseils :

« Au premier abord, la complexité est un tissu (complexus : ce qui est tissé


ensemble) de constituants hétérogènes inséparablement associés : elle pose le
paradoxe de l’un et du multiple. Au second abord, la complexité est
effectivement le tissu d’événements actions, interactions, rétroactions,
déterminations, aléas qui constituent notre monde phénoménal ». Extrait du
communiqué du conseil des ministres (juin 2017)

Ces états de fait désigne un État partagé entre d’un côté son imputation, et de
l’autre côté, sa députation selon le modèle théorique d’Almeida (2007, p .122).
L’imputation est « un terme important en droit et en comptabilité » puisqu’il est
au fondement de la responsabilité (Ibidem). Elle renvoie à la légitimité des urnes
qui ont porté les principaux acteurs de la communication gouvernementale au
pouvoir. La communication s’effectue donc dans ce cadre que l’État revendique
pour dépasser toutes critiques, mais aussi pour affirmer plus facilement son
autorité.

 Interview Bruno Koné porte-parole du gouvernement :

« L’administrateur séquestre a dit, hier, avoir rencontré des difficultés –


prévisibles eu égard à la complexité du dossier- dont la plus significative a été
la réticence des banques à exécuter l’ordonnance de payement des
souscripteurs délivrée par la justice ivoirienne. « Les principales difficultés
rencontrées l’ont été avec les banques qui souhaitaient une sécurité juridique
plus renforcée de l’opération de remboursement des souscripteurs » (répondant
à un journaliste de soir info 24 aout 2017).

L’Exposition des difficultés observées, fait courir l’espoir démontrant du travail


qui est effectué en amont : le gouvernement est conscient des enjeux. Pour
Söderlund (Malin), 2011 lorsqu’on est Consciente des enjeux, la couverture
médiatique en temps de crise semble occuper une place centrale dans les travaux
de cette instance. Dans un tel contexte tourmenté, les pouvoirs publics n’ont pas
le choix de le faire suivre d’intervention présidentiel. Puisque la communication
présidentielle bénéficie d’une attention particulière des médias. Par exemple, le
silence du chef de l’État sur un sujet peut être traduit comme une minimisation
du problème. Selon Gierke (cité par Blanchet, 2011, p. 17) « le soutient de
l’individu ne peut pas être pensé indépendamment de la communauté à laquelle,
il appartient ». Il s’agit, par-là, de souligner la diversité des voix de la
communication étatique qui est d’une importance capital dans la gestion de
crise.

 Conférence de presse Idrissa Koné administrateur séquestre :

« Au 31 décembre 2017, les souscripteurs qui étaient déjà payés étaient au
nombre de 21 337. A ce jour, ce sont globalement 23 378 qui ont été payés » le
lundi 28 mai 2017

« Nous faisons beaucoup plus un travail de suivi, c’est pourquoi nous ne faisons
pas beaucoup de communication sur le processus de remboursement ». Ce
dernier joue, comme nous l’annoncions plus haut, un rôle de relais entre les
citoyens et les membres de l’exécutif. Ensuite, nous avons le président de la
République, élu au suffrage universel. Il est dans l’obligation de rendre compte
de ses actes aux citoyens, une manière de rechercher en filigrane leur
consentement. Pour Vaagan (R), 2008 La confiance, la compétence et la
cohérence sont donc trois dimensions de l'espace dans lequel opère la
communication gouvernementale. Paradoxalement, ils constituent également
trois domaines de faiblesse potentielle auxquels les gouvernements sont
confrontés en cas de la survenance de crise comme celle-ci.

3. Caractéristiques et Niveau de satisfaction des souscripteurs et des


initiateurs du projet

80% des interviewers affirmaient ressentir un sentiment d’injustice et de


perte. Et pour 20% le gouvernement faisait preuve d’irréalisme. Pour eux il y
a une polyphonie de la communication gouvernementale, or le dire c’est
aussi pointer le positionnement « flou » des pratiques de l’exécutif. Celui-ci
serait partagé, d’une part, entre l’injonction de faire de la communication
publique par la transmission des informations publiques et les enjeux
politiques du contexte. Pour le premier aspect, nous retiendrons l’acception
selon laquelle l’information publique s’inscrit dans « une logique d’action et
de résultat. Il s’agit donc d’une communication stratégique » (Balima, 2000,
p.219). Précisément, c’est une « communication didactique qui appelle de la
part des destinataires une activité d'apprentissage, de commentaire ou de
mise en œuvre » dans ce contexte. Le choix des mots traduit la priorité
accordée à l’un ou l’autre des aspects. Pour mieux clarifier nos propos, un
détour par Castoriadis (1999) s’impose.
Ce philosophe postule que toute société est régie par ce qu’il qualifie de «
significations imaginaires sociales », lesquelles ont une fonction de
consolidation du lien social, ce sont par exemples le « tabou », la « vertu », la
« nation », « Dieu », etc. Elles sont « imaginaires », et « non pas
rationnelles, fonctionnelles […] elles ne peuvent être effectives et
effectivement vivantes qu’aussi longtemps qu’elles sont fortement investies et
vécues par des êtres humains » (p. 133). En résumé, cet « imaginaire institué
» a pour rôle principal d’instaurer des limites et des valeurs. Cependant,
Castoriadis appelle à une distinction avec « l’imaginaire instituant ». Celui-
ci, renvoie « à une vie fantasmatique, individuelle et collective, apparaissant
lors de crises historiques et politiques, voulant mettre en question les
institutions et mœurs estimés sclérosés du passé » (Ansart-Dourlen, 2005).
Ainsi le cadre « place le contexte, le parcours de l’individu et sa perception
des événements au centre de l’analyse d’une situation » (Hervé-Bazin, 2009,
p.86). À partir de ce principe, il faut comprendre que les discours sont
produits dans un cadre singulier que seule la connaissance du contexte
permet d’analyser et de comprendre. Par ailleurs, le cadrage est aussi à
envisager telle une méthode persuasive pour parler comme Gerstlé (2004,
p.89). L’activité renvoie, cette fois, à la « définition d’un problème […] par
la présentation sélective, par discrimination de certaines considérations qui
induit ou oriente vers une interprétation particulière de l’objet ».

Finalement, la force discursive instituante participe à la mise en visibilité de


certaines facettes du discours au détriment d’autres. Ainsi, en filigrane, l’on
peut d’ores et déjà souligner l’apparition de certains enjeux politiques dans le
traitement de la crise. Pour Goffman (1974, p.9) la société n’est qu’un jeu où
l’individu cherche à ne pas « perdre la face » pour rester en société. Il
articule d’ailleurs cette notion de « face » avec celle de « cadre ». Pour le
sociologue canadien, le cadre se focalise sur l’interaction, la face de
l’individu et les normes dictées par la société. La face est « la valeur sociale
positive qu'une personne revendique effectivement à travers une ligne
d'action que les autres supposent qu'elle a adoptée au cours d'un contact
particulier » (Ibidem)
CONCLUSION
La réalisation de notre étude fait suite à une crise économique dans le secteur
agricole pilier de l’économie Ivoirienne. Des milliers de personnes dans le but
d’améliorer leur condition de vie ont souscris à l’offre Agrobusiness et se sont
vu « gruger » par les responsables après certaines années de succès. Face à cette
situation qui avait entrainé et occasionné des troubles à l’ordre public et des
settings dans la capitale économique ivoirienne Abidjan, le gouvernement
Ivoirien se devait de réagir.

Devant une telle catastrophe, la déclaration donnée par le porte-parole du


Gouvernement, à chaud, est loin de rassurer et fédérer les souscripteurs. Il s’agit
d’une « bourde » communicationnelle à travers un discours défaitiste. « Ainsi,
compte tenu de l’ampleur du phénomène et de l’importance des risques auxquels
les populations sont exposées, le Conseil a décidé de rendre publiques les
conclusions du rapport susmentionné, d’étendre la mesure de surveillance des
comptes de ces entreprises aux dirigeants sociaux et à leurs ayants-droit, et de
renforcer la sensibilisation des populations sur les risques liés à ces activités. Par
ailleurs, le Conseil invite les autorités judiciaires, d’une part, à accélérer les
procédures en cours en vue du remboursement des souscripteurs sur la base des
ressources disponibles sur les comptes des entreprises dites d’agro-business et,
d’autre part, à engager des poursuites judiciaires contre les dirigeants sociaux
des entreprises en faute ».

S’agissant du Gouvernement, elle qualifiera cette survenue en plein jour et à


quelques mètres du siège du ministère de l’intérieur d’incident !
La nécessité et l’urgence de repenser la communication du gouvernement à la
suite ces actes confus ne sont plus à démontrer. Le gouvernement va devoir faire
face à une crise particulière, avec en son cœur le sentiment de peur, d’anxiété et
de fermeté.

Ensuite, nous avons convoqué la métaphore de la polyphonie pour témoigner la


pluralité des acteurs et des discours singuliers circulant en matière de
communication gouvernementale. Enfin, en prenant appui sur la crise de
l’agrobusiness, nous avons parlé de communication protéiforme pour traduire
les particularités et les ambiguïtés qui caractérisent la communication
gouvernementale.

Ainsi la nécessité et l’urgence de repenser la communication de crise du


gouvernement à la suite de ce genre de crise après l’épisode des placements
d’argent en 2008 ne sont plus à démontrer.

Notre objectif à travers ce travail est de favoriser la prise en charge de la crise et


de évaluer la stratégie de communication gouvernementale de gestion cette
crise. D’une telle nécessité sans pour autant prétendre qu’une bonne
communication se suffirait à elle-même pour résorber une quelconque crise.

Nous avons insisté sur le rôle joué par les cadres dans l’exécution du processus
de communication. Ainsi, l’exécutif est au carrefour de logiques qui se
répercutent sur sa communication : enjeux politiques, enjeux sociaux.

Nous sommes parvenus à la conclusion que la communication du gouvernement


est ponctuelle, circonstanciée, hybride, complexe, et protéiforme. Laissant du
coup les souscripteurs sur leurs fins et dans une confusion totale. En outre, dans
un autre ouvrage écrit par PARIZOT Bruno, AAEPEDITON Avril 2017 et
intitulé L’affaire des RSI, le scandale de l’agrobusiness en Côte d’Ivoire, il est
dit que le gouvernement a fait une mauvaise communication. Selon ce
document, non seulement l’Etat Ivoirien a réagi tardivement mais a eu du mal à
s’expliquer concernant leur décision de suspendre les activités des sociétés
d’agrobusiness alors que ces dernières devaient aux souscripteurs. Perdant à cet
effet le peu de crédits qu’il avait car dans la réalité, les autorités ne disent pas les
vrais motifs ou donnent un ensemble de motifs d’infractions, sans en
explications concrètes or ce que souhaite la population, c’est la vérité. Selon
l’auteur, le gouvernement a fait un coup de théâtre le 1er février en
reconnaissant que l’infraction principale de ces entreprises concernerait l’appel
public à l’épargne et la violation de la loi bancaire et la règlementation sur les
valeurs mobilières. Alors qu’il n’en est rien de cela.

C’est au regard de tout cela que l’apprentissage post-gestion de crise trouve


toute sa pertinence. Cette phase est souvent occultée dans les plans de crise alors
qu’elle permettrait de capitaliser sur les résultats pour pouvoir améliorer les
performances et les réponses futures. Il est important d’encourager les
démarches de retour d’expérience en les dépolitisant. Le retour d’expérience
peut parfois s’apparenter à un exercice au travers duquel le décideur cherche à
se justifier, se mettre en valeur. Il ôte la démarche de retour d’expérience de sa
finalité principale à savoir « chercher des informations émanant des opérations
ou des exercices, de les exploiter pour les traduire en enseignements qui
conduiront des adaptations ».

Notre travail peut être approfondi dans deux sens :

 D’une part, la conduite d’entretiens directs avec des acteurs-clés pourrait


compléter la compréhension des éléments de contexte notamment en ce
qui concerne l’architecture institutionnelle et l’articulation entre les
différents services de communication.
 D’autre part, il nous semble intéressant de réévaluer l’impact auprès de
l’auditoire. Dans un contexte caractérisé par une méfiance à l’égard de la
classe politique, la qualité de la communication et sa cohérence peut être
vue comme un levier pour renouer avec les citoyens.
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Immanuel Kant était un philosophe allemand fondateur de l'idéalisme


transcendantal qui a exercé une influence considérable sur l'idéalisme allemand,
la philosophie analytique, la phénoménologie et la philosophie postmoderne.

Hannah Arendt était une philosophe allemande connue pour ses travaux sur
l'activité politique, le totalitarisme et la modernité.
Jürgen Habermas est un théoricien allemand en philosophie et en sciences
sociales. Il est l'un des grands représentants de la deuxième génération de l'École
de Francfort et de la théorie critique.

Anne Marie Gingras, dans La communication politique : état des savoirs,


enjeux et perspectives, parle d'interdisciplinarité de la communication, de la
philosophie, de la psychologie, de la psychologie sociale, de la sociolinguistique
et de la science politique.

Isabelle Gusse est professeure et directrice du programme de baccalauréat en


communication, politique et société (BCPS) à l'université du Québec à Montréal.

Jacques Gerstlé est professeur de sciences politiques à l'Université de Pa ris 1.

Dominique Wolton est directeur de recherche au CRS en sciences de la


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Guide d’entretien – Chef du Service Channel Management et Fidélisation


(annexe

Honoré Christophe YAPI (Président-Directeur Général du Groupe


AGRONOMIX S.A) Le patron du groupe présente ici, les dernières innovations
apportées á la gestion de ses activités

Jeune Afrique (2009). Scandale au Sénégal: 133.000 EUR offerts par le


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TABLE DES MATIERES

DEDICACE……………………………………………………………………2

REMERCIEMENTS…………………………………………………………..3

SOMMAIRE…………………………………………………………………...4

INTRODUCTION……………………………………………………………..5

PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE……………………………….8

CHAPITRE I : JUSTIFICATION DU CHOIX DE SUJET ET


PRESENTATION DU
PROBLEME………………………………………………………………9
1. Intérêt et justification de choix…………………………………….9
1.1. Intérêt personnel………………………………………….9
1.2. Pertinence sociale………………………………………...10
1.3. Pertinence scientifique……………………………………10
2. Présentation du
problème…………………………………………...10
3. Cadre théorique de référence……………………………………….16
3.1. La théorie des jeux……………..…………………………17
3.2. Le modèle de l’agenda
setting…………………………….18

CHAPITRE II : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ET DEFINITIONS DE


NOTIONS……………………………………………………………………...18

A. Généralité sur
l’agrobusiness…………………………………………….18
1. Présentation de l’agrobusiness………………………………
20
2. Définitions d’agrobusiness et conditions requises pour son
développement ……………………..
……………………….22
2.1. Concept d’agrobusiness……....….......22
2.2. Conditions pour son développement....25
3. Atouts et contraintes du développement de l’agrobusiness…
28
3.1. Avantages……………………………28
3.2. Contraintes………………......………31
B. Généralité sur la communication gouvernementale…………………….35
1. Définition et historique de la communication
gouvernementale dans le monde………………………….35
1.1. Notion de communication
gouvernementale…………………………35
1.2. Historique de la communication
gouvernementale…………………………37
2. Présentation de la communication gouvernementale
ivoirienne………………………………………………….39
2.1. Concept de développement………………39
2.2. Limites……………………………...……43
2.3. Atouts et outils……………………………
45
2.4. Stratégie de communication : cas
pratique.50

DEUXIEME PARTIE…………………………………….……………………60

CHAPITRE III : METHODES DE RECUEIL DES INFORMATIONS………61

1. L’étude qualitative…..…………..………………………………61
2. L’étude quantitative……………………..………………………62

CHAPITRE IV : LES LIMITES ET LES DIFFICULTES DE L’ETUDE…….63

TROISIEME PARTIE : PRESENTATION ET INTERPRETATION DES


RESULTATS…………………………………………………………………..65

CHAPITRE V : PRESENTATION DES RESULTATS………………………66

1. Moyens communicationnels utilisés dans la gestion de la crise


d’agrobusiness………….……………………………………….66
2. Méthodes de communications employées………………………71
3. Caractéristiques et niveau de satisfaction des souscripteurs et
initiateurs du projet……………………………………………...75

CHAPITRE VI : INTERPRETATION DES RESULTATS........................….90


1. Moyens communicationnels utilisés dans la gestion de la crise
d’agrobusiness…………………………….…………………90
1.1. Medias audiovisuels..............................….90
1.2. Méthodes de communication : Analyse de
corpus…………………………………….92
1.3. Caractéristiques et niveau de satisfaction des
souscripteurs et des initiateurs du projet….94

CONCLUSION…………………………….……………………………..……98

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………..101

TABLE DE MATIERES……………………………………..………………108

ANNEXE……………………………………………………………..………111

QUESTIONNAIRE…………………………………………………………..112
ANNEXE
Caractéristique socio professionnelle
 Sexe

MASCULIN FEMININ

 Niveau d’étude

1. NON SCOLARISE 3. SECONDAIRE

2. PRIMAIRE 4. SUPERIEUR

 Qualification professionnelle

1. TRAVAILLEUR DU 4. COMMERÇANT

2. FONCTIONNAIRE 5. PLANTEUR

3. SANS PROFESSION
 Niveau de revenue par mois

Aucun Faible [0-30.000]

Moyen [30000-250.000] Elevé [250.000 et plus]

Connaissance des souscripteurs sur la communication du gouvernement

Avez –vous entendu parler de la communication gouvernementale ?

Oui Non

Comment avez-vous découvert les organes de communication du gouvernement ?

Par presse écrite Par réseaux sociaux et internet

Par presse audio visuelle Je ne sais pas

La Communication est-elle à dominante descendante ?

Oui Non
Pouvez-vous indiquer le(s) service(s) de communication gouvernementale
que vous avez observée au cours de cette période ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
Evaluation de cette communication par les souscripteurs d’agrobusiness

 Caractéristiques du message

Clarté réalisme niveau de détails

 Réactivités de la communication
Décalage dans l’information

Oui Non
Facile pour les acteurs

Oui Non

 Dispositions perçues

Réticence à perdre le contrôle

Manque de résilience psychologique

Pas ou peu d’échanges

Sentiment d’injustice; Sentiment de perte

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