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Chapitre VI : Classification périodique

VI.1. Historique :

a) La découverte des éléments chimiques


En 1700, seuls 12 corps simples ont été isolés: l’antimoine, l’argent, l’arsenic, le fer, le
carbone, le cuivre, l’étain, le mercure, l’or, le phosphore, le plomb et le soufre. Les chimistes
découvraient que certains éléments possédaient des propriétés chimiques voisines, c’est ainsi
que naissait la théorie des triades. (Groupe de 3 éléments ayant des propriétés chimiques
voisines). En 1850, les techniques d’analyse évoluaient et une vingtaine de triades sont
identifiées. Ainsi le nombre des éléments connus est passé à 63 éléments chimiques.

b) Tableau périodique de Mendeleïev


Le tableau périodique des éléments, également appelé table de Mendeleïev, représente
tous les éléments chimiques, classés par leur numéro atomique Z croissant et organisés en
respectant la règle de Klechkowski. Ce tableau est Inventé par le chimiste russe Dimitri
Mendeleïev en 1869 qui construisit une table dont le grand intérêt était de proposer une
classification des éléments chimiques en vue de signaler la périodicité de leurs propriétés
chimiques. Ce tableau périodique a connu de nombreux Changements et qui est devenu un
référentiel universel pour les scientifiques. En février 2010, sa forme standard contenait 118
éléments (connus ou inconnus). En 8 Juin 2016, plusieurs cases étaient demeurés vides dans
la 7ème ligne, celles des éléments les plus lourds 113, 115, 117 et 118 dit « super lourd ».
Nihonium ( Nh, Z= 113)
Moscovium (Mc, Z= 115)
Tennesine (Ts, Z= 117
Oganesion (Og, Z=118)
Chimiste russe, né le 8 février 1834 et mort le 2
février 1907. Il est principalement connu pour son
travail sur la classification périodique des éléments,
publié en 1869 et également appelé « tableau de
Mendeleïev ». Il déclara que les éléments chimiques
pouvaient être arrangés selon un modèle qui permettait
de prévoir les propriétés des éléments non encore
découverts.
Dimitri Ivanovitch Mendeleïev

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VI.2. Description du tableau périodique :

Elle est constituée de 7 lignes appelées "périodes" et de 18 colonnes appelées


"familles".
- Le numéro atomique croît de gauche à droite dans une période et de haut en bas
dans une colonne.
- Les éléments d'une même période ont la même valeur du nombre quantique principal
maximal n.
- Les éléments appartenant à une même colonne ont généralement la même structure
électronique externe, donc souvent des propriétés chimiques ou physiques voisines (attention
: ne pas généraliser !).

VI.2.1. lignes ou périodes :


Périodes sont des éléments chimiques placés sur la même ligne horizontale avec un numéro
atomique Z croissant.
Exemple
Le Sélénium 34Se appartient à la 4ième période car « n » le plus élevé est 4
33As : [18Ar] 4s2 3d10 4p4

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La 6ème période comporte 32 éléments dont les lanthanides correspondant au remplissage
des sous-couches 6s 4f 5d 6p.
- On remplit le 6s par 2 électrons, on remplit le 5d par un seul électron.
- On rempli totalement le 4f, on revient pour compléter le 5d
- Puis on remplit totalement le 6p.
Les sous-couches ont toutes, ici, des énergies très voisines et la règle de Klechkowski
devient
peu fiable.

La 7ème période est incomplète. Elle débute par le remplissage de la sous-couche 7s (Fr,
Ra). Suit la série des actinides (Z ≥ 90), correspondant au remplissage de la sous-couche 5f.
La plupart de ces éléments sont radioactifs. L’uranium (Z=92) est l’élément naturel le plus
lourd. On a pu obtenir artificiellement des éléments plus lourds, jusqu’à Z=103.
VI.2.3. Blocs:
Le bloc s est composé de 2 colonnes (la s-couche « s » contient au maximun 2 e-)
Le bloc p est composé de 6 colonnes (la s-couche « p » contient au maximun 6 e-)
Le bloc d est composé de 10 colonnes (la s-couche « d » contient au maximun 10 e-)
Le bloc f est composé de 14 colonnes (la s-couche « f » contient au maximun 14 e-)
Un élément du bloc s, sa configuration électronique se termine par s
Un élément du bloc p, sa configuration électronique se termine par p
Un élément du bloc d, sa configuration électronique se termine par d
Un élément du bloc f, sa configuration électronique se termine par f

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VI.2.3. Groupes et colonnes:
Dans le tableau périodique il y a 18 colonnes ou groupes dont : 8 en sous-groupe A et 10 en
sous-groupe B.
Groupe A : concerne les blocs : s et p
Groupe B : concerne le bloc d
Les éléments de la même famille ont le même nombre d’électrons de valence.
Le numéro de la famille, correspond au nombre d’électrons de valence.
Un élément appartient à la famille A si ses électrons de valence sont repartis dans la
sous couche (n s) et ( n s n p).
Un élément appartient à la famille B si ses électrons de valence sont repartis dans la
couche n s (n-1)d.
S. Groupe A : les électrons de valence sont des électrons S ou P.
Structure nS nP

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Exemple
3Li : [2He] 2s1 groupe I et sous-groupe A on écrit IA
35Br : [18Ar] 4s2 3d10 4p5 groupe VII et sous-groupe A on écrit VIIA
25Mn : [18Ar] 4s2 3d5 groupe VII et sous-groupe B on écrit VIIB
48Cd : [36Kr] 5s2 3d10 groupe II et sous-groupe B on écrit IIB

Dans les exercices, si on demande le groupe, ça sous entend groupe et sous-groupe.

S. Groupe B. : Les électrons d interviennent comme électrons de valence.


Structure : ns2 (n-1)dx

Exemple

12Mg : [10Ne] 3s2 la colonne = 2 ( groupe IIA )


2 2
22Ti : [18Ar] 4s 3d la colonne = 4 ( groupe IVB )
2 10 2
32Ge: [18Ar] 4s 3d 4p la colonne = 14 ( groupe IVA )
2 2
14Si : [10Ne] 3s 3p la colonne = 4 ou 14 ???? ( groupe IVA )

Les deux éléments Ge et Si appartiennent au même groupe, donc automatiquement à la même


colonne. Ainsi on doit ajoute 10 pour la colonne. En effet, le chiffre 10 ici comble le vide qui
est observé pour les périodes 2 et 3.

Ainsi, Les éléments du bloc P se trouvent à partir de la colonne 13 et de ce fait si on trouve


une colonne parmi ces éléments égale à moins de 8 on lui ajoute 10.

8O : [2He] 2s2 2p4 la colonne = 6 + 10 = 16 ( groupe VIA )


30Zn : [18Kr] 4s2 3d10 la colonne = 12 ( groupe IIB )

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VI.3. Propriétés physiques des éléments :

Trois catégories :

Les métaux
Ils sont situés à gauche et au centre de la classification périodique : blocs s (hormis H), d, f et
une moitié du bloc p (en bleu-clair ou gris-clair sur la figure du tableau périodique : ex. Al,
Sn, Pb, Bi, Po ...).
- Ils sont tous solides à température ambiante (25°C), excepté le mercure (80Hg) qui est
liquide.
- Ils sont bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité.

Les non-métaux
- Ils sont situés à droite dans la classification périodique : seconde moitié du bloc p (en bleu
vert ou gris-foncé sur la figure du tableau périodique : ex. F, O, N, C, P ...).
- Ils sont solides ou gazeux à 25°C, exceptionnellement liquide (le dibrome, Br2).
- Ils sont mauvais conducteurs de la chaleur et ce sont des isolants électriques. (sauf le
carbone qui est isolant (diamant) ou conducteur (graphite)).

Les semi-métaux
A la frontière des deux catégories précédentes, ils se comportent comme des semi conducteurs
(composés dont la conductivité augmente avec la température, par exemple le Silicium (14Si)
et le Germanium (32Ge) utilisés en électronique).
Remarque : L'hydrogène est un cas à part : c'est un gaz moléculaire (H2) à 25°C. Il peut
donner un ion positif (H+), mais aussi l'ion hydrure (H-)

VI.4. Les grandes familles d’éléments

Les éléments d’un même groupe forment des familles (une couche de valence semblable).
Le bloc s : colonnes 1 et 2
• La colonne 1 rassemble les éléments alcalins de configuration électronique externe ns1
• La colonne 2 rassemble les alcalino-terreux de structure électronique externe ns2
Le bloc p : colonnes de 16 à 18
• La colonne 16 rassemble les chalcogènes de structure électronique externe ns2 np4.
• La colonne 17 rassemble les halogènes de structure électronique externe ns2 np5
• les gaz nobles sont de structure ns2 np6 (sauf He : 1s2). Ils possèdent tous une stabilité
particulièrement grande
Le bloc d : colonnes 3 à 12
Il rassemble les éléments de structure externe ns2 (n-1)dx. Ce sont les éléments de
transition.
Le bloc f
Ce sont les éléments de transition profonde
• Les Lanthanides (ou terres rares) qui correspondent à la sous-couche 4f
• Les Actinides (An) correspondent à la sous couche 5f,

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VI.5. Ion plus stable d’un élément chimique
Généralement, un ion est considéré stable si sa configuration externe est identique à celle d’un
gaz parfait :1s2 (2He) ou ns2 ….np6
Règle
Quand on arrache des électrons à un atome, on commence toujours par ceux qui appartiennent
à la couche la plus externe, c-à-dire au « n » le plus élevé. Dans le cas où nous avons le même
n, on commence à arracher du l le plus élevé.
Exemple
23V : [18Ar] 4s2 3d3
+
23V : [18Ar] 4s1 3d3 et non pas 23V+ : [18Ar] 4s2 3d2
Ici les électrons de la 4s sont plus éloignés du noyau, donc plus facile à arracher !
8O : [2He] 2s2 2p4
+
8O : [2He] 2s2 2p3
ici : p (l = 1) > s(l = 0) donc on commence à arracher du « p »
• Cas des éléments du bloc s
Ces éléments sont des métaux donc de bons conducteurs d’électricité et de ce fait perdent
facilement leur électrons pour donner des cations (ions chargés positifs) dont la structure est
celle du gaz rare qui les précédent.
Exemple :
3Li : [2He] 2s1 son ion le plus stable est Li+ = [2He] ou 1s2
11Na : [10Ne] 3s1 son ion le plus stable est Na+ : [10Ne] ou [2He] 2s2 2p6
20Ca : [18Ar] 4s2 son ion le plus stable est Ca2+ : [18Ar] ou [10Ne] 3s2 3p6
• Cas des éléments du bloc p
Ces éléments sont soit des métaux ou des non-métaux. Dans ce cas on cherchera les deux ions
que peut former un atome, positif (cation) et négatif (anion), et on choisira celui qui possède
la charge la plus petite en valeur absolue. Ici l’atome soit perd des électrons pour aboutir à la
structure du gaz rare qui le précède, soit il gagne des électrons pour avoir la structure du gaz
rare qui le suit.
Exemple
13Al : [10Ne] 3s2 3p1 peut former deux ions

Soit Al3+ : [10Ne] avec la perte de 3 électrons


ou Al5- :[18Ar] avec la capture de 5 électrons
Ainsi on choisira l’ion Al3+ qui met en jeu moins d’électrons

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6C : [2He] 2s2 2p2 peut former deux ions
Soit C4+ : [2He] avec la perte de 4 électrons
ou C4- :[10Ne] avec la capture de 4 électrons
Ici on a les deux possibilités, ainsi l’ion le plus stable est C4±
17Cl : [10Ne] 3s2 3p5 peut former deux ions
7+
Soit 17Cl : [10Ne] 3s0 3p0 avec la perte de 7 électrons ou Cl - : [10Ne] 3s2 3p6 avec la
capture de 1 électron On choisira l’ion Cl - qui met en jeu moins d’électrons
• Cas des éléments du bloc d
Ces éléments sont des métaux donc aussi des bons conducteurs d’électricité et ainsi perdent
facilement leurs électrons pour donner des cations (ions chargés positifs) dont la structure est
celle du gaz rare qui les précède ou qui possède la sous-couche « d » stable, c-a-dire en d5 ou
d10. Ici les électrons de la « s » sont arrachés toujours d’office car ils sont les plus externes du
fait que leur n est plus élevé. En réalité, il difficile de prévoir l’ion le plus stable d’un élément
du bloc « d » et il y a beaucoup de cas particuliers
Exemples
22Ti : [18Ar] 4s2 3d2 son ion le plus stable est Ti2+ : [18Ar] 4s0 3d0 ou [10Ne] 3s2 3p6
Ici on vide toute la couche de valence pour aboutir à la structure du gaz rare qui précède le Ti,
c'est-à-dire [18Ar].

26Fe : [18Ar] 4s2 3d6


Dans la pratique, on trouve que le fer présente deux ions stables Fe2+ et Fe3+.
Fe3+ : [18Ar] 4s0 3d5 et Fe2+ : [18Ar] 4s0 3d6
Ici les 2 électrons de la 4s sont arrachés en premier et d’office car ils appartiennent à une
couche externe.

28Ni : [18Ar] 4s2 3d8


Dans la pratique, on trouve que l’ion le plus stable du nickel et Ni2+
Ni2+ : [18Ar] 4s0 3d8
Les 2 électrons de la 4s sont les seuls arrachés
29Cu : [18Ar] 4s1 3d10
Le cuivre présente deux ions stables Cu + et Cu 2+
Cu + : [18Ar] 4s0 3d10 et Cu 2+ : [18Ar] 4s0 3d9
Les ions les plus stables de quelques éléments de la quatrième période sont présentés dans le
tableau suivant :
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Atome Configuration Ion plus stable Justification
19K [18Ar]4s1 K+ : [18Ar] ou [10Ne]3s23p6 Gaz rare, stable
20Ca [18Ar]4s2 Ca2+ : [18Ar] ou [10Ne]3s23p6 Gaz rare, stable
21Sc [18Ar]4s23d1 Sc3+ : [18Ar] ou [10Ne]3s23p6 Gaz rare, stable
30Zn [18Ar]4s23d10 Zn2+ : [18Ar]4s03d10 d10 est très stable
32Ge [18Ar]4s23d104p2 Ge±4 : [18Ar]4s03d10 ou [36Kr] d10 est très stable
33As [18Ar]4s23d104p3 As3- : [18Ar]4s23d104p6 Gaz rare, stable
34Se [18Ar]4s23d104p4 Se2- : [18Ar]4s23d104p6 Gaz rare, stable
35Br [18Ar]4s23d104p5 Br - : [18Ar]4s23d104p6 Gaz rare, stable

VI.6. Evolution et périodicité des propriétés physico-chimiques des éléments :

VI.6.1. Variation de Z

Sur une ligne de la classification, Z augmente régulièrement de la gauche vers la droite.


Sur une même colonne Z augmente de haut en bas.

VI.6.2. Rayons atomiques

Le rayon atomique est le rayon covalent, c'est-à-dire la demi distance entre les noyaux de
deux atomes adjacents.

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Dans une période, au fur et à mesure que le numéro atomique Z augmente, le rayon
atomique diminue.

Ceci peut être expliqué par l’augmentation de la charge nucléaire

⇒ Les électrons de valence sont plus fortement attirés par le noyau.

⇒ Diminution de la taille du noyau.

Dans un groupe : au fur et à mesure que le numéro atomique Z augmente le rayon


atomique augmente.

Etant donné que le nombre quantique principal n des orbitales de valence augmente, la
taille des orbitales augmente ⇒ la taille de l’atome augmente aussi.

VI.6.3. Energie d’ionisation

L’énergie d’ionisation est l’énergie nécessaire pour arracher un électron d’un atome ou
d’un ion à l’état gazeux :

X(g) → X+(g) + 1ē

Où X est un atome ou un ion dans son état fondamental.

Exemples :
Mg (g) → Mg+(g) +1ē I1: est appelé énergie de première ionisation I1=735 kJ/mol
Mg+ (g) → Mg++(g) +1ē I2: est appelé énergie de deuxième ionisation I2=1445 kJ/mol
Mg2+ (g) → Mg3+(g) +1ē I3: est appelé énergie de troisième ionisation I3=7730 kJ/mol
Mg3+ (g) → Mg4+(g) +1ē I4: est appelé énergie de quatrième ionisation I4=10550 kJ/mol

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On remarque, en général, que :

• Dans une période, l’énergie de première ionisation augmente au fur et à mesure


qu’on avance vers la droite. Ceci est expliqué par le fait que, pour un même niveau
quantique principal n, les électrons ajoutés n’exercent aucun effet d’écran important
qui s’oppose à l’attraction croissante du noyau (due à l’augmentation du nombre de
protons) ⇒ les électrons d’un même niveau n sont généralement plus fortement reliés
au fur et à mesure que l’on se déplace vers la droite dans une période ⇒ augmentation
générale des valeurs d’énergie d’ionisation.
• Dans un groupe, l’énergie de première ionisation diminue, lorsque le numéro
atomique Z augmente. En effet, l’électron de valence se trouve de plus en plus éloigné
du noyau. Lorsque n augmente, la taille de l’orbitale augmente ⇒ l’électron est plus
facile à arracher.

VI.6.3.1. Charge effective : Pour un atome polyelectronique, l’électron périphérique (par


exemple) est attiré par le noyau (Z), mais repoussé par tous les électrons internes (pas de la
même façon).C’est ce qu’on appelle un effet écran

Cette électron (ej) est attiré non pas par la charge Z du noyau, mais par une charge
effective Z* dont le calcul tient compte des répulsions des électrons internes selon la règle de
Slater suivante.

Z* = Z - ∑σ

Avec Z : le numéro atomique

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σ : Constante d’écran où la répulsion exercée par l’ensemble des électrons qui se trouvent sur
le même orbite et les orbites inférieurs de l’électron considéré.

σ 1s 2s 2p 3s 3p 3d 4s 4p 4d 4f
1s 0,31
2s 2p 0,85 0,35
3s 3p 1 0,85 0,35
3d 1 1 1 0,35
4s 4p 1 1 0,85 0,85 0,35
4d 1 1 1 1 1 0,35
4f 1 1 1 1 1 1 0,35

Exemple de calcul de charge effective:

Mn (Z=25) : 1s² 2s² 2p6 3s² 3p6 4s2 3d5


Z* = 25-1 (0,35) – 13(0,85) – 8(1) – 2(1) = 3,60
Ni (Z=28) : 1s² 2s² 2p6 3s² 3p6 4s2 3d8
Z* = 28-1 (0,35) – 16(0,85) – 8(1) – 2(1) = 4,05
Ni2+ (Z=28) : 1s² 2s² 2p6 3s² 3p6 4s0 3d8
Z* = 28-7 (0,35) – 18(1) = 7,55

VI.6.3.2. Energie d’ionisation : Pour un atome polyelectronique, l’énergie d’un électron i qui
se trouve sur un niveau n s‘écrit sous la forme

On peut avoir plusieurs ionisations successives.

A(g) → A+(g) + 1ē

A+(g) → A++(g) + 1ē

Ei = E A+ - EA

EA : énergie totale de A ; E +: énergie totale de A+

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Exemple :
En utilisant le modèle de Slater calculer les deux premières énergies d’ionisation de l’atome
de Potassium et comparer aux valeurs expérimentales.
K( Z = 19) : 1s2 ; 2s2 2p6 ; 3s2 3p6 ; 4s1
K+ (Z = 19) : 1s2 ; 2s2 2p6 ; 3s2 3p6
K2+ (Z = 19) : 1s2 ; 2s2 2p6 ; 3s2 3p5
EK = 2 E1 + 8 E2 + 8 E3 + E4
EK+ = 2 E1 + 8 E2 + 8 E3
EK2+ = 2 E1 + 8 E2 + 7 E'3
Première ionisation :
K è K+ + 1 e-
E.I.1 = EK+ - EK = - E4
Calcul de E4 :
K Z = 19 : 1s2 ; 2s2 2p6 ; 3s2 3p6 ; 4s1
Z* = 19 - ( 8 * 0,85 ) - 10 = 2,2
E4 = -13,6 * 2,22 / 16 = -4,1 eV
E.I.1 = 4,1 eV = 4,1 * 96,5 = 396 Kj.mol-1
Remarque : Conversion des eV en KJ.mol-1
On multiplie par e (charge élémentaire) puis par N (nombre d'avogadro) pour passer des eV
(sous entendu par atomes) au J.mol-1. Le produit F = N * e correspond à la charge d'une mole
d'électron et est appelé le Faraday, sa valeur est F = 96500 C.
Valeur expérimentale : 419 KJ.mol-1
Ecart : ( 396- 419 ) / 419 * 100 = 5.5 %
L'accord entre valeur calculée et valeur expérimentale est correct vu la simplicité du
modèle utilisé pour le calcul.
Deuxième ionisation :
K+ è K2+ + 1 e-
EK+ = 2 E1 + 8 E2 + 8 E3
EK2+ = 2 E1 + 8 E2 + 7 E'3
E.I.2 = EK2+ - EK+ = 7 E'3 - 8 E3
Calcul de E3 :
K+ Z = 19 : 1s2 ; 2s2 2p6 ; 3s2 3p6
Z* = 19 - ( 7 * 0,35 ) - ( 8 * 0,85 ) - 2 = 7,75
E3 = -13,6 * 7,752 / 9 = 90,76 eV

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Calcul de E'3 :
K2+ Z = 19 : 1s2 ; 2s2 2p6 ; 3s2 3p5
Z* = 19 - ( 6 * 0,35 ) - ( 8 * 0,85 ) - 2 = 8,1
E'3 = -13,6 * 8,12 / 9 = 99,14 eV
Calcul de E.I.2 :
E.I.2 = ( 7 * -99,14 ) - ( 8 * - 90,76 ) = 32,1 eV = 3095 eV
Valeur expérimentale : 3051 KJ.mol-1
Ecart : ( 3051 - 3095 ) / 3051 * 100 = 1,4 %

VI.6.4. Electronégativité

Soient deux atomes A et B. L’électronégativité caractérise la tendance qu’à un atome A à


attirer les électrons à lui en présence d’un autre atome B.

A(g) + B(g) → A-(g) + B+(g), on dira que A est plus électronégatif que B

• Dans une période, l’électronégativité augmente lorsqu’on se déplace vers la droite.


• Dans un groupe, l’électronégativité diminue lorsqu’on descend de haut en bas.

VI.6.5. Affinité électronique

L’affinité électronique Α est la quantité d’énergie associée à l’addition d’un électron à un


atome à l’état gazeux.

X(g) +1 ē → X-(g)

Si une réaction de capture d’électron est exothermique (dégage de l’énergie), la valeur de


l’affinité électronique pour cet électron est positive.

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• Dans une période, lorsque Z augmente, A augmente (en valeur absolue). Il y a
plusieurs exceptions à la règle. On peut expliquer la variation de A en fonction de Z
par une variation de la répulsion inter électronique selon la configuration électronique.
Exemples :

• Dans un groupe, A diminue en général (en valeur absolue) lorsque Z augmente parce
que l’électron ajouté doit occuper une orbitale de plus en plus éloignée du noyau

En résumé :

Exercice 1
1. Donner la configuration électronique des éléments suivants :
-
17Cl , 11Na+, 37Rb, 29Cu, 42Mo, 15P –

83
2. Situer ces éléments dans le tableau périodique en indiquant : la période, le groupe et la
colonne
3. Indiquer l’ion le plus stable pour chacun de ces éléments en justifiant votre choix.
4. Classer ces éléments par ordre :

Décroissant de leur électronégativité


Décroissant de leur énergie de première ionisation
Croissant de leur rayon covalent

Exercice 2

Soit les atomes et ions suivants : A, D, E, G et M avec :


• L’élément A est le quatrième alcalin
• L’atome D forme un ion plus stable D+2 qui a la même structure que le deuxième gaz rare
• Les atomes E et G appartient à la même période que le brome 35Br et possèdent chacun
quatre électrons de valence et que la masse du E est supérieure à celle du G.
• L’atome M est un halogène qui appartient à la même période que le cuivre 29Cu. Trouver la
configuration électronique de ces éléments.

Solutions des exercices :


Exercice 1 :
1) Configuration électronique
Espèce Structure de l’atome Structure de l’ion
-
17Cl [10Ne] 3s2 3p5 [10Ne] 3s 3p6
2
+
11Na [10Ne] 3s1 [10Ne] 3s0 ou [2He] 2s2 2p6
37Rb [36Kr] 5s1
29Cu [18Ar] 4s1 3d10
42Mo [36Kr] 5s1 3d5

15P [10Ne] 3s2 3p3 [10Ne] 3s2 3p4

2) Situer ces éléments dans le tableau périodique

Elément Période Groupe Colonne


17Cl 3 VIIA 17
11Na 3 IA 1
37Rb 5 IA 1
29Cu 4 IB 11
42Mo 5 VIB 6
15P 3 VA 15

On rappelle que pour chercher la position ou la situation d’un élément dans le tableau

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périodique c’est de donner ses coordonnées horizontale et verticale, c’est-à- dire période et
groupe(ou colonne). Dans le cas d’un ion, on donne la position de son atome correspondant.
3) Ion le plus stable

Elément Ion plus stable Justification


17Cl Cl- [10Ne] 3s2 3p6 = gaz rare donc structure très stable
11Na Na+ [2He] 2s2 2p6 = gaz rare donc structure très stable
37Rb Rb+ [18Ar] 4s2 3d104p6 = gaz rare donc structure très stable
+
29Cu 29Cu [18Ar] 4s0 3d10 d10 est une structure très stable
42Mo 42Mo+ [18Ar] 4s0 3d5 est une structure très stable
3-
15P 15P [10Ne] 3s2 3p6 = gaz rare donc structure très stable

4) Classement des éléments selon leur propriété.

Période 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
3 Na P Cl
4 Cu
5 Rb Mo

Pour l’électronégativité :

Période 3 (Cl > P > Na) > Période 4 (Cu) > Période 5 (Mo > Rb)

Cl > P > Na > Cu > Mo > Rb

Pour l’énergie d’ionisation c’est la même chose que l’électronégativité

Période 3 (Cl > P > Na) > Période 4 (Cu) > Période 5 (Mo > Rb)

Cl > P > Na > Cu > Mo > Rb

Pour le rayon c’est l’inverse de l’électronégativité :

Période 3 (Cl < P < Na) < Période 4 (Cu) < Période 5 (Mo < Rb)

Cl < P < Na < Cu < Mo < Rb

Justification
Pour l’électronégativité, selon une même période, elle augmente avec Z ou de gauche à droite
et selon un même groupe elle augmente quand Z diminue ou de bas en haut. L’énergie de
première ionisation évolue de la même manière que l’électronégativité alors que pour le rayon
c’est pratiquement l’inverse.

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Exercice 2 :

• L’élément A est le quatrième alcalin, donc il s’agit de : 37A : [36Kr] 5s1


Attention !
L’hydrogène n’est pas un alcalin et les alcalins commencent à partir de la deuxième période et
donc le premier alcalin correspond à n = 2 ( Li :[2He] 2s1)
• L’ion le plus stable D2+ = deuxième gaz rare = [10Ne] (10 électrons)
Ça veut dire que l’atome de D possède 12 électrons, donc 12D : [10Ne] 3s2
• Les atomes E et G appartient à la même période que le chlore 35Br
35Br : [18Ar] 4s2 3d10 4p5, donc E et G appartiennent à la quatrième période. Comme ils
possèdent chacun 4 électrons de valence, on aura donc deux structures possibles :
[18Ar] 4s2 3d2 ou [18Ar] 4s2 3d10 4p2
Comme la masse du E est supérieure à celle du G et on sait que Z augmente avec la masse,
alors on attribue les configurations comme suit :
22G : [18Ar] 4s2 3d2 et 32E : [18Ar] 4s2 3d10 4p2
• L’atome M est l’halogène qui précède le cuivre 29Cu
29Cu : [18Ar] 4s1 3d10, donc Cu appartient à la quatrième période.
L’halogène qui précède le cuivre doit appartenir automatiquement à la période avant la
quatrième, c'est-à-dire la troisième. L’halogène se termine toujours par ….np5
Ainsi en rassemblant les deux informations, on trouve : 17M : [10Ne] 3s2 3p5

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