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Compte-rendu de la réunion IPv6 Task Force France

du 10/12/02

La deuxième réunion de la Task Force France s’est tenue le mardi 10 décembre dans les
locaux de l’ENST Paris de 14H à 18H. Elle a réuni une soixantaine de participants.
L’ordre du jour était le suivant :
• Présentation par M. Roland Montagne des études réalisées par l'IDATE pour la DiGITIP
et l'ART :
o les enjeux du déploiement du protocole IPv6,
o la migration vers IPv6.
• Présentation par M. Lionel Hoffmann de BOUYGUES TELECOM des problématiques
d’adressage pour les opérateurs de mobiles GPRS.

Présentation de Roland Montagne, de l’IDATE

Cette présentation porte sur 2 études menées simultanément pendant 9 mois. Pour récolter un maximum
d’indicateurs, deux types de sondages ont été mis en place : près de 50 entretiens téléphoniques et faces à faces,
avec des équipementiers, opérateurs fixes et mobiles, acteurs des mondes de l’aéronautique, des jeux vidéos, de
l’automobile et le grand public. A noter que les milieux académiques ont pas été interrogés en début de mission
avant de mener les entretiens « industriels ».

Les rapports sont disponibles sur les sites de l'ART http://www.art-telecom.fr/publications/etudes-ext.htm


et de la DiGITIP http://www.telecom.gouv.fr/documents/ipv6/body.htm.

MESSAGES CLÉS
- Equipementiers

Après un certain retard, les grands acteurs américains s’attaquent à l’IPv6. Ils ont du mal à convaincre leurs
clients du retour sur investissement autour des déploiements IPv6.

Les équipementiers japonais veulent être les premiers sur le marché IPv6, qui représente un relais de croissance
pour le renouvellement des parcs, cela sans surcoût d’équipements.

La compatibilité des routeurs d’accès se fera d’abord par une mise à jour software, puis par un renouvellement
hard.

- IP Mobile

Saut technologique identifié par le 3GPP (release 5).


Nokia, Ericsson sont actifs pour se positionner sur IPv6 et conditionnent le succès de cette technologie aux
terminaux GPRS puis UMTS double pile livrés à partir de 2003.

- Informatique

Les acteurs, serveurs et OS sont prêts à l’arrivée d’IPv6. D’ici fin 2002, les OS seront compatibles par défaut
IPv6.
Les fournisseurs d’accès applicatifs ne se prononcent pas sur l’IPv6 car il n’existe pas de demande claire des
entreprises, ni d’outils de gestion de réseaux IP compatible v6 à début 2002.

- Electronique Grand Public (EGP)

L’EGP est un enjeu d’avenir crucial pour Internet, et les japonais ont clairement de l’avance dans ce domaine.

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- Opérateurs

- Réseaux Fixes
La plupart sont attentistes car il n’existe pas de demande des clients ; ils ne voient donc pas d’action urgente
à mener.
En Asie, IPv6 est une opportunité pour se positionner dans la course au leadership. Les premières offres se
développent autour du Haut Débit et de l’ADSL.

- Réseaux de Mobiles
Les réseaux GPRS aujourd’hui lancés utilisent IPv4 + NAT.
Les premiers déploiements 3G se feront sur IPv4 + NAT car la release 5 (3GPP) ne sera pas déployée tout
de suite.

IMPACTS ÉCONOMIQUES
Les coûts matériels seront maîtrisés car le déploiement d’IPv6 sera progressif.
Les coûts seront principalement dus à la formation des personnels techniques.
Il y aura des coûts induits par la gestion simultanée des deux protocoles.
IPv6 peut remettre en cause le modèle client-serveur (chaque nœud, chaque terminal, devient un serveur
potentiel).

- ISP (Internet Service Providers)

Leur rôle est déterminant face à l’arrivée d’IPv6 : ils contrôlent le verrou de l’accès.

En Asie, le marché est perçu comme proche d’IPv6 avec les accès Haut Débit (ADSL sous v6), le succès
des applicatifs tels que les jeux en réseau, et les services IPv6 Gateways de NTT, ouverts aux ISP et grandes
entreprises depuis avril 2002 (une vingtaine de clients à l’heure actuelle).

En Chine, le déploiement d’IPv6 est perçu comme nécessaire car représentant la seule solution permettant
de pallier le manque d’adresses IP.

En Amérique du Nord / Europe, les ISP sont frileux : ils n’ont pas de visibilité claire sur les applicatifs
« IPv6 only », ni sur le retour sur investissement. Ils voudraient que soient inventés de nouveaux services
avec retour du « end-to-end ».
Pour le moment, ces ISP privilégient la stabilisation de leur modèle existant sous IPv4.

- Entreprises

Une neutralité globale des entreprises en tant qu’utilisatrices d’IP

o Avantages potentiels

- Simplicité de la gestion des réseaux et libération de l’entreprise de ses prestataires, d’où plus
de souplesse et de sécurité

o Pas d’urgence perçue

- Pas de visibilité
- Priorité à la pérennisation de l’environnement IPv4
- Les NAT sont perçus comme des remparts à la sécurité pour certains
- Crainte d’une mauvaise communication entre équipements v4 et v6
- Un manque d’informations sur le sujet est clairement ressenti, notamment au niveau des enjeux
techniques et économiques, des avantages et inconvénients d’IPv6, et des coûts engendrés par
le passage à IPv6.

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LIMITATIONS IPV4 ET AVANTAGES IPV6
- Limitations IPv4

La limite majeure est le manque d’adresses IP à moyen terme, avec une croissance annoncée des besoins autours
d’applicatifs consommateurs d’adresses permanentes, et une mauvaise répartition géographique au départ.

Pour le moment, NAT, CIDR, associés à une politique d’allocation des RIR sont efficaces face à ce problème ;
mais cela engendre un cercle vicieux face au développement des NAT, qui représentent tout de même un sérieux
obstacle au développement de l’Internet.

- Avantages IPv6

IPv6 donne accès à un immense espace d’adressage ainsi qu’à des fonctionnalités intéressantes (QoS,
autoconfiguration …).
Les FAI pourront allouer des adresses IPv6 fixes ; et pour les équipementiers (d’abord des télécoms), IPv6 sera
un levier de croissance certain.

- Les zones géographiques

Asie : volontarisme justifié par le manque d’adresses IPv4, et occasion de revenir sur les USA au sein de
l’Internet

Europe : attentisme actif :


- Les équipementiers sont actifs
- Les opérateurs et ISP attendent et se tiennent prêts
- Pour les entreprises utilisatrices d’Internet, IPv6 n’est pas prioritaire mais représente de
nouvelles perspectives pour l’aéronautique et l’automobile.
- La Communauté européenne adopte une attitude volontariste depuis la création de la Task
Force

Globalement, en Europe, beaucoup de tests sont réalisés et l’expertise technique est reconnue malgré peu de
déploiements commerciaux.

USA : un réveil tardif (mais réel ?)


- Les équipementiers leaders ont déjà des produits compatibles IPv6 (routeurs, serveurs)
- Les opérateurs et ISP se préparent timidement
- Microsoft développe des produits tous compatibles IPv6 ; il en est de même pour les autres
grands du secteur

Globalement, il y a beaucoup de tests « academics » aux USA.

L’importance de la sécurité et de la traçabilité semble pousser IPv6 aux USA, qui sont à la recherche de
solutions plus efficaces dans ces domaines.

STANDARDISATION ET NORMALISATION
IPv6 peut entamer une vie commerciale malgré des chantiers encore ouverts. Le problème du DNS reste le plus
sensible pour le développement international d’Internet (problèmes techniques par rapport à l’interopérabilité
v4/v6 dans la résolution des noms de domaines, et problèmes politiques car l’Asie et l’Europe disposent de
serveurs DNS IPv6 nationaux, mais toujours pas de DNS racine mondiale sous IPv6.)

Remarque est faite par Bernard Tuy (G6) qu’il n’y a plus de problème technique lié au DNS empêchant le
déploiement.

D’autres chantiers mineurs demeurent :


- Mobile IPv6
- Autoconfiguration

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- Champ Flow Label qui n’est pas encore défini par l’IETF

LES FACTEURS DÉCLENCHEURS DU DÉPLOIEMENT D’IPV6


o 1er rang

- Pénurie d’adresses
- Services mobiles "Always on"
- Terminaux double pile disponibles dès 2003

Néanmoins, le marché de la téléphonie mobile ne sera pas le marché précurseur pour l'introduction d'IPv6.

- Mobile IP et technologie WLAN : sur les réseaux publics, cela pourrait accélérer l'arrivée de
mobile IPv6 ; l'attitude des autorités de réglementation sera déterminante à ce niveau.

o 2ème rang

- Accès permanent haut débit consommateur d'adresses IP : au Japon, les premiers services
d'accès ADSL sous IPv6 ont déjà été commercialisés
- EGP (Electronique Grand Public) : levier de développement pour IPv6 unanimement reconnu ;
l'émergence se fera d'abord au Japon courant 2003

Remarque est faite qu’aujourd’hui l’ADSL est un facteur important de consommation d’adresses IP et que le
développement des accès permanent sur le fixe peut être considéré comme un facteur de 1er rang.

RISQUES ET CONSÉQUENCES
La procédure d'allocation des adresses sous IPv6 n'est pas encore finalisée.

Sur ce point, des progrès significatifs ont été réalisés, les politiques des RIR se sont simplifiées, même si il reste
des travaux à mener en particulier pour les opérateurs de mobiles qui commencent à déployer des services
internet.
.
Il existe en outre un risque de morcellement géographique et technologique.

Finalement, au niveau des enjeux industriels, de nouveaux modèles économiques sont à inventer (EGP,
domotique, automobile…).

ENJEUX CONCURRENTIELS ET RÉGLEMENTAIRES


L'arrivée d'IPv6 est un facteur de développement de la concurrence. Celle-ci s'intensifie sur les marchés existants
liés à l'Internet:
- Offre : diminution des barrières à l'entrée
- Demande : plus grande transparence de par l'autoconfiguration

Des marchés se créent, essentiellement autour des services.

- Marchés amont :
 services (solutions de transition)
 Matériels (peu probable pour routeurs et systèmes d'exploitation)

- Marchés aval :
 Selon le terminal d'accès à Internet (e.g. : PC, terminal mobile)

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 Selon les fonctionnalités offertes par le protocole IPv6 (e.g. : jeux distribués
et visioconférences)

Remarque est faite que les nouveaux marchés liés à l’utilisation d’IP dans l’ensemble des produits électroniques
(grand public et professionnel) représente le facteur le plus important de développement, et que de nombreuses
industries vont devoir prendre en compte les possibilités nouvelles de communication entre machines.

IDENTIFICATION DES GOULETS D'ÉTRANGLEMENT


- Maintien du mécanisme restrictif d'allocation d'adresses IP

Les RIR peuvent-ils retarder la butée de la pénurie des adresses IPv4 ?

- Les mécanismes juridiques de reprise des adresses non utilisées ne semblent pas être un moyen
déterminant.
- Une politique restrictive d'allocation et d'attribution des adresses IPv4 pourrait retarder la
pénurie des adresses IPv4. Mais dans ce cas, rendre difficile l’obtention d’adresses IPv4
pousseraient aussi les opérateurs et industriels à migrer sur IPv6.

- 3 Scénarios à l'arrivée d'IPv6

La pénurie d'adresses IP en Europe arrivera avant 2010, quand les mécanismes de NAT connaîtront leurs limites,
mais pas à court terme.

En Asie, il y a une adoption massive d'IPv6, qui repose sur la pénurie d'adresses dans cette zone.
- Scénario 1

Basculement rapide vers IPv6 – Faible probabilité

Hypothèses :
 dynamique forte du marché des services Internet mobile
 réseaux WLAN en forte croissance
 demande forte de la part des ménages en nouveaux services

- Scénario 2

Multimédia mobile – Probabilité moyenne

- Rencontre Offre & Demande de services multimédia mobiles (croissance par paliers du
nombre d'utilisateurs de services Internet mobile)
- Essor des réseaux WLAN

- Scénario 3

Transition modérée – Probabilité importante

- Diffusion restreinte de services de données à des segments d'utilisateurs avant-gardistes

CONCLUSION
L'arrivée d'IPv6 est inévitable, de par la pénurie en adresses IPv4. Aujourd'hui, la normalisation IPv6 est
suffisamment stable.

Les facteurs déclencheurs sont les services de données mobiles, l'accès Haut Débit et l'électronique connectée.

Les acteurs sont en ordre de marche dispersé : les équipementiers sont les plus engagés ; les opérateurs mobiles
ont identifié le saut technologique IPv6.

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Les acteurs asiatiques sont globalement précurseurs face à IPv6.

L'arrivée d'IPv6 peut intensifier la concurrence sur les marchés existants liés à l'accès Internet. De nouveaux
marchés liés aux services (et aux nouveaux produits « connectables ») sont susceptibles d'apparaître.

L’objectif de l’IPv6 Task Force est de ne pas « subir » l’arrivée d’IPv6 mais d’être proactif en identifiant et
favorisant l’émergence de nouveaux services et de nouveaux produits. En favorisant l’échange d’information
entre acteurs de différents domaines, l’IPv6 Task Force doit permettre de conforter des directions
industrielles (Patrick Cocquet).

Présentation de Lionel HOFFMANN, Bouygues Telecom

- La problématique des opérateurs mobiles -

La partie cœur de réseau passe vers IP dans le cadre du GPRS.

Au niveau du cœur de réseau GPRS de nouveaux équipements sont mis en place sur les réseaux de type
"paquets".

Le SGSN fait le lien entre les parties radio et data.


Le GGSN fait le lien avec les réseaux de data extérieurs au réseau GPRS.
L'UMTS est la nouvelle norme qui nécessitera l'installation d'un nouveau réseau radio complètement différent.

CONCEPT D'ARCHITECTURE GLOBALE


Backbone de transport (multiservice) : un certain nombre de clients sont interconnectés sur ce backbone
(réseaux clients externes ou internes). Il permet de mutualiser un certain nombre de plates-formes et de fonctions
telles que des points d'accès vers l'Internet, ou en direct de l'ALS ou tout autre moyen d'interconnexion.

VISION D'ENSEMBLE GPRS


- Réseau radio
- Backbone IP GPRS

La communication IP a besoin d'un backbone entre les SGSN et les GGSN. Pour bâtir un réseau backbone IP, on
a besoin d'un certain nombre de services IP (possibilité d'aller surfer sur Internet), mais on peut aussi offrir des
services applicatifs.

Pour que ces plates-formes applicatives fonctionnent, on a besoin de serveurs qui assurent le bon fonctionnement
du réseau IP, et de réussir à faire communiquer un mobile avec l'extérieur. Quand on allume un mobile, il
s'attache au réseau (= dialogue radio : identification et localisation entre mobile et SGSN). Une fois cet
attachement réseau effectué, on peut alors monter une session IP.

- 2 modes d’accès :
o Accès transparent : une fois que le GGSN est choisi, on récupère son adresse IP. On
crée un tunnel GTP entre le SGSN et le GGSN et quand le GGSN reçoit le tunnel
GTP, il sait qu'il doit authentifier le mobile au niveau IP (l'adresse vient du plan de
l'opérateur).

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o Accès non transparent : Les serveurs Radius et DHCP se trouvent chez le client, et
celui-ci alloue lui-même les adresses IP, parmi celles qu'il possède. Etablissement
d'un PDP context : session IP avec une adresse pour le moment privée.

LA PROBLÉMATIQUE D'ADRESSAGE
C'est une problématique majeure.
Bouygues Telecom utilise ses adresses
- pour les infrastructures (adressage privé ou public)
- pour les téléphones mobiles GPRS (dans l'immédiat, il s'agit d'adresses privées IPv4 car bien
s'il serait plus simple d’utiliser des adresses publiques, le manque d'adresses IPv4 publiques ne
permet pas de déployer l’Internet mobile en utilisant ce type d’adresses).

En ce qui concerne l'adressage public, BOUYGUES TELECOM est un ISP et dispose à ce titre d'une plage
d'adresses publiques (32 classes C).

Ces classes sont destinées aux infrastructures et non aux mobiles GPRS (selon la position du RIPE il y a un an).

Les adresses privées nécessitent un mécanisme de translation d'adresses en sortie (NAT-PT).

Des problèmes majeurs à ce mécanisme de translation d'adresses :

- Problème envers les obligations légales : il faut que les opérateurs soient en mesure de dire
quel abonné s'est connecté sur tel site (données à garder un an). Le fait d’utiliser des adresses
privés et des NAT oblige de « retrouver » dans les fichiers de log des routeurs NAT des
informations qu’il faut ensuite corréler (et synchroniser) avec les log des serveurs Radius et
DHCP. Autant dire que c’est très très compliqué !
- Certaines applications et protocoles s'accommodent mal de ce mécanisme et nécessitent une
"connectivité de bout en bout" (applications vidéos, real streaming, protocole IPSec…).
- S’il est possible à partir d’un terminal GPRS de créer une session IP, il est très difficile
(impossible ?) de créer plusieurs sessions sur des sites d’ISP différents à cause de la méthode
de tunnelling utilisée qui nécessite une adresse IP par session. On est loin d’un accès Internet
mobile équivalent au réseaux fixes.

La problématique d'adressage a été comprise par le RIPE qui, poussé par la GSMA, accepte aujourd'hui de
délivrer des adresses publiques pour les terminaux mobiles, sous certaines conditions et dans certaines
proportions :

- Le besoin en adresses publiques pour les terminaux mobiles d'un opérateur GPRS a été estimé
à moins de 20% du nombre total d'abonnés GPRS. Il s'agira de justifier l'utilisation de ces
adresses pour les applications ou abonnés qui les nécessitent vraiment.
- Des passerelles, relais ou "proxies" seront utilisés dans la plupart des cas pour les applications
de base permettant l'utilisation d'adresses privées sur les terminaux.

Bouygues Telecom s'est vu attribuer deux classes B supplémentaires dans ce cadre, mais ces dernières ne
suffiront pas à couvrir les besoins. De plus il est compliqué de devoir gérer dans le même réseau deux types
d’adresses !

Enfin, les adresses publiques aujourd'hui obtenues du RIPE pour les besoins terminaux sont des adresses IPv4 en
nombre limité. Côté IPv6, le RIPE semble avoir défini une "policy" pour l'obtention d'adresses IPv6, pour les
besoins standards des opérateurs, mais rien n'est clair concernant l'attribution d'adresses officielles IPv6 sur les
terminaux mobiles GPRS et les terminaux mobiles UMTS de demain.

LA PROBLÉMATIQUE DES ÉQUIPEMENTS TERMINAUX

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L'utilisation d'adresses publiques de type IPv6 sur les mobiles GPRS suppose des terminaux mobiles compatibles
IPv6 (pile IPv6).
Même si Nokia et Ericsson ont annoncé des terminaux compatibles IPv6 pour fin 2003, les équipementiers de
terminaux ne sont pas très "leaders".
De plus, IPv6 est préconisé par le 3GPP, dans le cadre de l'UMTS et du "tout IP" en release 5, voire release 6
maintenant ; mais pas pour d'autres utilisations.

LA PROBLÉMATIQUE ISP : LES APPLICATIONS


Dans le cas où les adresses IPv6 seraient disponibles sur les terminaux, le problème majeur des systèmes et des
applications compatibles se pose :
- Aucun intérêt particulier de disposer d'adresses IPv6 et de terminaux compatibles si pas de
serveurs radius et DHCP v6 stables pour l'authentification et l'allocation d'adresses. (à priori en
cours de finalisation).
- Plus important : un abonné disposant d'un terminal IPv6, mais ne pouvant accéder à aucun
service n'est pas intéressant pour un opérateur.

LA PROBLÉMATIQUE SUPERVISION : LES OUTILS DE SUPERVISION ET


D'EXPLOITATION

Aujourd'hui, il n'existe pas d'outil d'exploitation et de supervision sur IPv6 ; aucun "Framework" tel que HPOV,
TIVOLI ont véritablement intégré la composante IPv6, et aucun opérateur n'acceptera cela.

CONCLUSION
La plupart des opérateurs mobiles ont une infrastructure développée en IPv4, et qui fonctionne correctement
malgré certaines restrictions.

Mais les opérateurs mobiles vont avoir un besoin important d'adresses publiques pour les terminaux mobiles : le
NAT n'étant pas satisfaisant pour résoudre la problématique majeure de l'adressage des terminaux, IPv6 est pour
eux la solution à privilégier.

Les opérateurs ne peuvent cependant s'engager vers IPv6 qu'avec :


1. Une politique claire du RIPE définie pour l'allocation d'adresses IPv6 pour les terminaux.
2. Une disponibilité de terminaux mobiles compatibles IPv6 (annoncés en 2003 par Nokia et Ericsson)
3. Des serveurs web ISP fonctionnant sur IPv6.
4. Des outils de gestion et supervision compatibles sur IPv6.

Remarques (P. Cocquet) :


• Le point 1 nécessite une action auprès du RIPE qu’il est souhaitable de coordonner au niveau
français.
• Le point 3 est aussi important pour les opérateurs fixes que de mobiles. Une action doit être engagée
pour inciter les hébergeurs à passer les serveurs en double piles et permettre un accès IPv6 aux sites
d’hébergement.
• Je proposerai à la Task Force européenne de monter une journée spéciale pour les opérateurs de
mobiles. Il me semble important, compte tenu de la présentation de Lionel Hoffmann, de mener une
action concertée sur le sujet du déploiement des technologies IP par les opérateurs de mobiles.