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§108 - Généralités.

B H
Le trait d’union , comme son nom l’indique, est un signe d’unité.
Il ne faut pas le confondre avec le tiret , qui est plus long et qui a d’autres fonctions (§ 135) .
a) Le trait d’union rétablit l’unité d’un mot que le scripteur a scindé, soit parce que la place lui manque pour écrire ce mot entièrement sur
une ligne, soit parce qu’il veut reproduire un débit haché :
[…] en vociférant : « C’est for-mi-dable ! » (Beauvoir, Tout compte fait, p. 95.)
Le trait d’union pour un mot coupé au bout d’une ligne est appelé division par les imprimeurs. Les coupures doivent respecter les règles de
la syllabation graphique ; elles sont données au § 20. — Selon l’usage ordinaire, le trait d’union n’est pas répété au début de la ligne où se place
la deuxième partie du mot. Mais on comprend qu’un ouvrage attentif à la graphie comme le Trésor préfère la répétition.
b) La fonction principale du trait d’union est de constituer une suite de mots en unité R , surtout pour la distinguer d’autres suites. Nous
distinguons les unités lexicales (§ 109) et les unités grammaticales (§ 110) .
On peut trouver gênant que le trait d’union avec cette valeur se trouve à la fin d’une ligne : il s’y distingue mal de la division signalée dans
a . Dans la pratique, il est parfois difficile d’éviter cet inconvénient (sinon en répétant le signe au début de la ligne suivante, procédé rarement
appliqué : § 20, R, 4 ), qui, du reste, choque moins que la succession de deux traits d’union ayant des fonctions différentes.
c) Dans une description linguistique, le trait d’union se met avant ou après (selon leur destination) les éléments de formation des mots afin
de les distinguer des mots ordinaires :
Le suffixe ment, le préfixe pré-. — Emploi analogue dans la coordination : État de pré- ou infravie (§ 264, c) .

B
M. Mathieu-Colas , Les mots à trait d’union. Problèmes de lexicographie informatique. P., Didier, 1994.

H
Le trait d’union tel qu’il était employé d’abord dans les textes latins imprimés avait la forme d’un oméga majuscule renversé. On le trouve dès
1530 dans un texte français imprimé par Robert Estienne. C’est Olivétan, dans sa traduction de la Bible (1535), qui donna au signe sa forme
définitive en s’inspirant de l’hébreu.

R
Des auteurs se plaisent parfois à lier par des traits d’union certains mots dont l’ensemble est présenté comme une espèce de formule :
Et c’est ainsi que le bonheur-satisfaction-de-la-vanité entre dans le bonheur-qui-s’obtient-sans-qu’on-y-pense (Montherl., Jeunes filles, p.
140). — La petite-femme-qui-aime-bien-les-bêtes (Colette, Paix chez les bêtes, p. 33).

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